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Hauts Grades

Vide dans le symbolisme maçonnique

6 Avril 2012 Publié dans #Planches

Les symboles peuvent être présents ou absents de nos loges.
Ils sont absents lorsque par une démarche cognitive, nous constatons un déséquilibre logique dans les symboles qui nous entourent, déséquilibre qui provoque notre réflexion.
L’absence, le vide de symbole, se découvre en relation avec les autres symboles.
L’absence de symbole peut prendre la valeur de symbole, c’est ce que nous nous proposons d’explorer. Cette lecture du symbolisme maçonnique m’est propre et n’aura d’intérêt que si elle vous incite à entrer dans la voie qui vous amène à votre propre effort de découverte et de compréhension.
Il n’y a pas de vérité maçonnique mais seulement une démarche basée sur le symbolisme qui nous incite à voir différemment la réalité du monde.
Dans cette présentation, je vais faire référence à différents degrés mais par allégories compréhensibles des seuls « initiés ».
Si vous voulez en savoir plus, à vous de progresser dans la voie maçonnique, le secret crée le vide, le vide incite à la découverte, la découverte provoque notre progression, c’est l’essence même de la démarche maçonnique.

La source est dans le vide
Le vide est le moteur de toutes nos actions qu’elles soient dans le domaine profane ou spirituel.
L’utilisation du vide est largement présente dans la méthode maçonnique :
· Vide de lumière qui permet de découvrir la confiance dans l’autre
· Vide de parole qui permet de découvrir la parole de l’autre
· Vide de sens qui permet de découvrir l’inutilité de la pensée spéculative
· Vide de finalité qui permet de découvrir sa propre finalité

Par ce que le rituel maçonnique met en place une coupure avec l’espace et le temps profane, par ce qu’il modifie les règles du jeu en passant d’un monde à un autre, il permet la découverte d’un nouvel univers d’expérience.
Cette rupture permet d’induire un « vivre autrement ».

La méthode maçonnique intervient à plusieurs niveaux dont le premier est en relation avec le signe pénal du premier degré, avoir la gorge tranchée correspond à la remise en cause de nos certitudes intellectuelles.
La pensée est imprégnée de préjugés sociaux.
Le symbole de la gorge tranchée indique ce qu’il faut faire en de réaction contre ces préjugés de la vie courante. Entre le monde des psychopathes et le monde des gens normaux la distance n’est que celle du passage à l’acte.
Le vide induit par le rituel peut et doit être mis à profit pour prendre conscience de l’émergence de la pensée et du contrôle de l’émergence de la pensée.
Le passage du monde profane au monde spirituel se traduit d’abord par le tarissement de la pensée profane.
En uniformisant les tenus, les paroles et les actes… le rituel supprime les différentiations qui font naître dans le monde profane l’envie de possession.
En supprimant l’envie de possession et en engourdissant l’émergence des pensées par une phraséologie répétitive, le rituel permet de se mettre en état de réceptivité.
C’est seulement dans cet état que l’alchimie maçonnique peut prendre son envol.

Le Grand architecte de l’univers (GADLU)
Le concept du GADLU permet de ne pas nommer Dieu, en ne nommant pas Dieu le concept est acceptable par tous quelle que soit leur religion.
Mais si nous nous plaçons dans un espace temps plus large, le concept permet de prendre en compte l’aspect temporel de l’existence des Dieux.
Un cimetière des Dieux devrait être créé pour bien prendre conscience de cette dimension temporelle.
Dans ce cimetière nous trouverions l’ensemble des panthéons sumérien, égyptien, grecque, romain, celte… sur chaque tombe il serait possible d’indiquer la période de naissance et la période de mort du Dieu ainsi que la cause de sa mort. Il serait aussi possible d’indiquer une biographie du Dieu, sa couverture géographique et temporelle, les éléments historiques qui ont marqués son règne… et aussi, les éléments de croyances, de rituels, de livres de la loi sacrée qui ont pu accompagner le Dieu.
Cela peut-être, aurait une incidence positive sur les certitudes induites par certains noms de Dieu parmi tant de Dieux.

Le volume de la loi sacré
De la même manière, le volume de la loi sacré permet de ne pas nommer un volume sacré parmi les volumes sacrés. Le rituel dans ces annexes fait référence à un certain nombre d’entre eux, un nombre fini. Au-delà de ces volumes, le concept de loi sacrée permet d’imaginer un plus petit commun multiple des différents contenus.
Pour en avoir lu la plupart, il me parait évident que ce plus petit commun multiple n’existe pas. Il faut donc rechercher ailleurs une signification à ce symbole. Les symboles absents peuvent se combiner les uns aux autres.
Pour le volume de la loi sacré, lors d’un certain degré, il faudra se questionner sur le symbole associé à la quatrième colonne et nous pouvons aisément déduire de cette certaine cérémonie que ce symbole est le compas.
L’équerre revenant au maître de la loge, le compas revenant à la quatrième colonne, les pages du livre peuvent tourner librement au vent des trois fenêtres Le symbole de statique devient dynamique, il est donc loisible d’imaginer que les volumes de la loi sacrée sont infiniment plus nombreux qu’il y parait.
Cela nous incite à en prendre connaissance, à les lire réellement, c’est à dire avec l’esprit de découverte des compagnons pour en suite réaliser notre chef d’œuvre, c'est-à-dire vivre notre propre spiritualité.
En mettant en œuvre la succession du triangle des trois colonnes, du carré du pavé mosaïque et de nouveau du triangle des trois colonnes, nous créons une spirale centripète qui nous amène au centre de l’espace sacré, lieu d’une extrême quiétude dans lequel la fusion du 9 et du 1 peut se faire pour que jaillisse la quatrième colonne.
Rappelons-nous les signes des compagnons sur les pierres des édifices, certains sont visibles d’autres pas. Le dynamique a créé le statique, la vie temporelle s’est inscrit dans la vie spirituelle, l’œuvre a été accomplie pour durer, les individualités se sont fondues dans le grand tout commun de l’œuvre.

Les signes pénaux
Les signes pénaux indiquent la suppression d’une partie de l’individu, selon le degré, c’est l’intellect qui est supprimer, la gorge tranchée et dans les autres, ce sera notre capacité de compassion, ne parle-t-on pas d’homme de cœur ou encore de courage comme l’indique l’expression « la peur au ventre ». Lorsque l’on a retiré à l’individu toutes ces valeurs sociétales que reste-t-il en réalité si ce n’est sa véritable nature.
Ceci est en liaison avec un autre symbole absent, la quatrième colonne qui apparaît par l’action des trois dans une union qui fait la force. C’est alors que la découverte de la loi sacrée devient notre, car libéré de notre gangue sociétale, il est possible d’entendre la vérité au plus profond de nous.
Comme nous venons de le voir les pages du volume de la loi sacrée peuvent tourner librement ! Enfin considérons l’outil que j’attribue à la quatrième colonne, le compas, il permet l’ouverture dans une dimension limitée car au-delà, il perd sa valeur d’usage.
Cela nous indique que notre vision ne peut être que parcellaire et permet ainsi de combiner la démarche de connaissance avec le respect du GADLU.
Pour renforcer cette impression nous avons la voûte étoilée, car nous construisons un temple sans toit, c’est donc dans cette fusion avec l’univers que nous devons découvrir cette loi sacrée, notre loi sacrée. Autant dire que ce que nous cherchons à l’extérieur est à l’intérieur.
L’alchimie maçonnique fait le lien entre le microcosme et le macrocosme. Nous avons exploré la méthode maçonnique pour découvrir notre microcosme, un tableau de loge qui représente la loge est inclu dans un tableau de loge qui comporte un pavé mosaïque sur lequel nous devrons à nouveau dessiner un tableau de loge et cela sans fin possible. Le vide encore une fois nous montre comment sortir du dilemme par deux moyens : la voûte étoilée et la houppe

La voûte étoilée
Il y a quelque chose de blizzard dans ce temple, nous travaillons dans le secret entouré de mur, derrière une porte gardée, et nous n’avons pas de toit au-dessus de notre tête.
Cette absence de toit peut être analysée comme une incitation à la verticalité. Il est cependant difficile de comprendre cette appellation « la voûte étoilée » dans la mesure ou les maçons travaillent de midi à minuit, c’est à dire une moitié de journée et une moitié de nuit.
Les maçons sont privés des beautés de l’aurore mais peuvent voir l’incendie du couchant, lorsque le maître de la loge indique qu’il faut se tourner vers la lumière ce n’est pas vers l’orient qu’il faudrait regarder mais à la verticale car à ce moment précis il est midi.
La voûte sera réellement étoilée qu’à la fermeture des travaux.
Pourquoi notre rituel fait l’éloge de l’orient alors que le temps maçonnique ne nous donne pas accès au symbole même de l’orient qu’est la naissance d’un nouveau jour ? Pourquoi la fermeture des travaux n’est pas une vraie fermeture car ils se poursuivent par des agapes fraternelles ?
Le rituel nous indique qu’il faut analyser l’avenir à la lumière du passé mais nous projette systématiquement dans le passé qui est représenté par l’occident même si l’occident vient après l’orient car nous entrons à reculons en regardant l’étoile. Il est possible de voir dans cet enchevêtrement de symboles la fusion de futur et du passé par un juste équilibre dans le présent.
La signification est clairement « être présent dans le présent », c’est à dire être totalement en accord avec ce que nous faisons à l’instant ou nous le faisons. Le grand œuvre, au sens maçonnique du terme, revient à la fusion de l’esprit, de l’acte et de la matière sur laquelle nous travaillons.

La houppe et la chaîne d’union
Nous avons ici deux symboles identiques, l’un représente la réalité continue de l’autre. Ils sont cependant inversés : lors de la chaîne d’union, l’ouverture de la chaîne se fait à l’orient, le maître de la loge ne noue pas ces bras pour être rattaché aux autres frères. Dans la houppe, les nœuds sont continus à l’orient et ils n’en existent pas à l’occident. Dans la houppe, le rôle du maître de la loge est rempli par l’ensemble du monde profane. C’est le signe de la non-différentiation entre le monde spirituel et le monde matériel. Le monde matériel peut et doit être spiritualisé par le travail.
C’est à dire que le travail maçonnique prend sa véritable réalité dans le travail profane. Un vrai maçon est déjà un bon professionnel, la maçonnerie apporte une prise de conscience de la dimension spirituelle du travail. Cette intersection symbolique entre la chaîne d’union et la houppe donne une autre dimension au pavé mosaïque, il devient le symbole de la non différentiation des deux mondes.

Le moi et le non-moi
Une des difficultés de la démarche consiste à prendre conscience de la valeur d’usage de notre « moi » pour participer à l’œuvre. Le « moi » est nécessaire pour passer à l’acte, il est le moteur de l’action, mais le « moi » ne doit pas en être la finalité. La finalité de l’action est l’œuvre elle-même. Le « moi » est mis en exergue pour nous inciter à progresser vers une certaine forme d’excellence.
Les grades, les métiers de la loge sont autant d’éléments qui nous permettent de valoriser notre progression au service de la loge. Ils constituent une sorte de reconnaissance du travail accompli et nous obligent à découvrir de nouvelles facettes de nos capacités.
Mais le « moi » doit disparaître dans l’œuvre qui n’est pas le propre d’un mais de tous dans une action harmonieuse. De la même manière, dans le monde profane au terme de notre vie, notre acceptation de la mort sera plus facile si le bilan s’exprime en terme d’harmonie qu’en terme de kilos euros accumulés.

Les nombres pour preuve
Le pavé est de 12 sur 6. Ces dimensions ne donnent qu’un seul chiffre 12+6 = 18 et 8+1 =9 ; 12*6 = 72 et 7+2 = 9, il est composé de 36 blancs soit 3+6 = 9 et de 36 noirs qui donne aussi 9; 9+9 = 18 = 9. Lorsque l’on donne une valeur numérique aux lignes et aux colonnes, la somme des abscisses et des ordonnées permet de calculer une valeur numérique à chaque carré, la somme des valeurs est alors 720. Si on recommence la même opération avec le produit on obtient 1638. Ces deux nombres ont encore pour valeur 9. Le chiffre du pavé est obligatoirement 9, il nous faut donc découvrir le complément à 10 pour arriver à la connaissance.
Le 9 entre aussi dans un autre symbolisme que constituent les métiers dans la loge.
On site 3, 5 et 7 pour arriver à une loge juste et parfaite mais si vous comptez correctement vous vous rendrez compte qu’il y a 9 métiers qui permettent de faire fonctionner correctement une loge. C’est par l’exercice de ces 9 métiers que l’on expérimente les différentes facettes de ce que doivent être les qualités nécessaires pour faire entrevoir la lumière de Saint Jean dans le monde profane. Pour vous convaincre observer que le neuvième et le dernier des métiers de la loge se trouve à l’occident en la personne du Couvreur.
Cette fonction achève le cycle de l’expérimentation des métiers des officiers. L’unité est hors de la loge. Nous pouvons, dans ce cas, dire que ce que nous cherchons à l’intérieur est à l’extérieur.

Synthèse
La maçonnerie est un loisir un peu plus intelligent que les autres loisirs.
Ce loisir prend la forme d’un grand rébus pour lequel personne n’a découvert une unique réponse.
Comme tous les vrais loisirs, la maçonnerie permet de jouer comme dans le monde réel mais avec des petits camarades de jeux tolérants et compréhensifs, c’est pour cela que l’on les appelle frères.

Source : http://esmp.free.fr

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robert 06/04/2012 19:37


la partie: "les nombres pour preuve" est bien menée!


Pour ceux que cela ne rebute pas, je vous invite à lire les travaux d'Arturo Reghini.......une mathématique symbolique de très haut niveau !........un éblouissement de l'esprit !!