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Hauts Grades

Voyage dans le Rite d’élévation au 3ème Degré Symbolique

2 Septembre 2013 , Rédigé par N\ F\ Publié dans #Planches

T\ R\ M\, et vous tous VV\ MM\ SS\ et FF\ en vos grades et qualités,

J’ai choisi de visiter le Rituel d’élévation au 3ème degré Symbolique et de relater autant se faire que peut, mon « vécu » Maçonnique.
D’emblée, je tiens à signaler que de ce qui suivra, je n’ai aucune prétention de vouloir remettre en cause le Rituel. Je me pose simplement des questions auxquelles je vais essayer de répondre.
Je vais simplement essayer d’exprimer mon ressenti devant la cérémonie d’Exaltation à la Maîtrise construite autour du mythe d’Hiram.
Je suis conscient que ce Rituel soit basé sur une légende.

Pour définir ce qu’est une légende, je citerais notre T\ Ill\ F\ Bayard qui dit : « une légende, par son caractère humain, reflète une mort initiatique volontairement occulté mais qui en marque les valeurs éternelles ». La légende d’Hiram est le récit mythique fondateur de la F\ M\. Alors, comme tout récit mythique, celui-ci s’adresse à l’intuition de chaque Frère et son enseignement doit être compris sur le mode paraboles. Notons au passage qu’étant une légende, c’est la raison pour laquelle le Mythe d’Hiram n’est pas décrit de la même façon suivant les Rites ; que le récit de cette mort et son exposition diffèrent. Au Rite Français, les outils et les endroits du corps atteint par les coups sont différents. Le récipiendaire assiste en simple spectateur tandis qu’au REAA, il participe. Pour ma part, je débattrais du mythe suivant le REAA que je connais le mieux.
Je vais commencer par un bref aperçu sur l’existence du 3ème degré, de l’insertion du mythe d’Hiram :
A quand remonte l’origine du 3ème Degré et l’insertion du mythe d’Hiram ?
Dans les temps anciens où la Loge était uniquement opérative, il n’existait qu’un seul degré, celui de Compagnon (fellow-craft). Puis par la suite, au fur et à mesure que les LL\ « acceptèrent » des maçons n’appartenant pas à la corporation des bâtisseurs, apparaît le grade « d’apprenti enregistré ». Et comme toute assemblée de personnes, il a fallu un dirigeant. Apprentis et Compagnons travaillèrent en Loge sous la direction d’un Maître. Par Maître, il fallait désigner uniquement une fonction réservée à un ancien surveillant. Il faut préciser qu’à ses débuts, le grade de M\ ne faisait aucune allusion à une quelconque mise en scène symbolique faisant ressusciter Hiram en la personne du nouveau maître. C’était en quelque sorte une fonction réservée aux chefs enseignants. Un mythe, part, généralement d’une base historique. Le fait générateur est alors modifié dans une perspective morale, jusqu’à être transformé en une portée symbolique. Le mythe est l’expression subjective la plus adaptée possible pour permettre la transmission d’une morale de manière atemporelle, malgré un vocabulaire, une culture dans lesquels cet enseignement va devoir se propager. Au fil du temps, comme tout processus initiatique commençant par la mort du néophyte, il ne restait plus qu’à trouver le héros mythique qui l’incarnerait. C’est là que nos anciens ont fait appel à Hiram. L’origine d’insertion de cette légende est un peu confuse. Certains historiens la font remonter entre les années 1720-1730. Qu’importe…
Que dit donc ce mythe ?
C’est la légende du plus grand des Maîtres qui se fait assassiner, déporter et enterrer pour avoir refusé de dévoiler les mots sacrés des Maîtres à ses assassins.
La légende dit qu’il fut touché par 3 coups, le dernier étant celui qui l’acheva.
Ses assassins seraient 3 de ses Compagnons , qui sentaient la fin du chantier arriver et ne souhaitaient plus attendre de faire leur temps pour être des égaux aux MM\.
L’élévation à la Maîtrise n’est que la mise en scène de cet assassinat.
Lors de mon exaltation à la maîtrise, pendant la mise en scène, l’on a demandé au néophyte que j’étais de montrer ses gants et son tablier afin de les examiner. Il a été conclu que mes gants et mon tablier étaient pures et que j’étais alors innocent. Mes alibis sont-ils vraiment fondés ? Les preuves de mon innocence sont assez légères : mes décors sont blancs, mais cela ne prouve rien. Sachant que Hiram a été assassiné de 3 coups portés par 3 outils différents, pourquoi n’a t’on pas demandé mes outils pour savoir s’ils n’étaient pas maculés de sang. L’une des preuves également de mon innocence était que j’avais enjambé le cadavre sans frémir. Léger non, comme argument ! Je me pose donc la question à savoir comment savait-on que c’était des Compagnons. Le Rituel y répond (et je cite) : « Par les outils abandonnés près du corps et par la position de celui-ci » (fin de citation). Les maîtres arrivés à la sépulture le reconnaissent grâce au compas et l’équerre disposés respectivement au pied et à la tête du corps. Un peu étonnant de confirmer que ce meurtre est commis par des Compagnons lorsque l’on sait que le Maître, par excellence, a acquis les connaissances qui lui permettent d’utiliser tous les outils qui lui ont été confiés jusqu’à présent. Et que ces outils ne sont pas la « propriété » d’un degré spécifique. Un Maître aurait pu être alors l’assassin. La sépulture est retrouvée également grâce à une branche d’Acacia. Est-ce le fruit d’un hasard ou devons-nous prendre ceci comme un repère Maçonnique? C’est tout de même troublant pour des Comp Comp\ que de repérer l’endroit à l’aide de cette branche qui est l’apanage des Maîtres. Ensuite, un assassin pour ne pas se faire prendre n’aurait laissé aucun indice susceptible de le nuire. Et encore une fois, comment peut-on être si sûr que ceci est le fait de Compagnons, et non d'Apprentis, de MM\ ou tout simplement d’illustres inconnus à la seule vue des outils et de l’Acacia ? Et encore, 9 MM\ vont à la recherche du cadavre. Je me demande donc comment cela se fait-il qu’aucun de ces MM\ ne connaît le Mot. D’après certains écrits, il semblerait qu’ils ne connaissaient que l’aspect extérieur, et non pas le vrai sens. Mais pourquoi Hiram avait-il gardé la véritable parole à lui seul ? Ne faisait-il pas confiance à ses pairs ? Peut-être voulait-il garder la Lumière à lui-seul et que donc aucun autre Maît\ ne connaissait le mot ! Dans ce cas, la véritable parole était par définition obsolète puisque Hiram était le seul à la connaître. Hiram était le Maître par excellence. Il était reconnu pour sa Sagesse. Alors chose étrange, les Maîtres étaient tout d’un coup si peu sûrs d’Hiram qu’ils envisagèrent sa trahison, c’est pourquoi ils changèrent les signes et mots. Cela suppose donc que les maîtres connaissaient le Mot Originel. Ce qui contredit l’ignorance de ces MM\ puisque pour changer, il faut posséder le mot originel. Je ne comprends donc pas comment la perte d’un mot empêche de retrouver les secrets véritables des maîtres, cela aurait été possible à la rigueur si l’on se disait que n’ayant pas le mot de maître, l’on ne pouvait pas accéder aux degrés supérieurs et pourtant, à l’époque, il n’y avait que 3 degrés. Et mis à part Hiram, il y avait certainement d’autres maîtres aussi qualifié, l’un d’entre eux aurait pu prendre la relève ! Cependant, toute cette mise en scène spécifique à chaque rite n’est donc pas à prendre au sens littéral, mais plutôt, essayer d’en dégager les perceptions. Hiram renaît-il vraiment ? A mon humble avis, Hiram ne renaît pas, c’est un nouveau maître qui surgit (résurrection mise à nouveau debout). J’en veux pour preuve : la parole est perdue ! Si en étant élevé à la maîtrise, je devenais réellement Hiram (ou reconnaissais en temps que), je me saurais souvenu sûrement de cette fichue parole ! Mes SS\ et mes FF\ m’ont dit que j’étais Maître et pourtant, je ne l’avais toujours pas trouvé. Mais bon, en tout bon Maç\, je ne désespère pas, je cherche… Cependant, je n’emploierais pas cette notion de résurrection au sens employé au 3ème degré, c’est-à-dire re-naissance de Hiram. Je ne crois pas que cette mort soit une résurrection d’Hiram, je crois plutôt que c’est une métamorphose, passage d’un stade à un autre à l’image de la chenille qui devient papillon. La chair du néophyte le quitte et une autre repousse. A la mort fictive succède la renaissance Symbolique. « Perit ut vivat » = il meurt afin qu’il vive. Un autre point du Rituel est la marche à reculons lors de l’entrée dans le temple. Pourquoi suis-je rentré à reculons ? Cette marche rend aveugle comme le profane avec son bandeau. Le Temple est sombre et la seule chose que s’offre à mon regard est l’Etoile Flamboyante. Je découvre donc l’Etoile Flamboyante à un endroit différent de celui que j’avais connu auparavant. Cette Etoile symbolise également l’état du Compagnon qui n’a pas encore atteint la maîtrise : il est tourné vers le passé et ne peut encore voir l’avenir de face. L’avenir lui sera redoutable, il devra se retourner et affronter la mort en face. J’y vois également 2 autres interprétations :
La première est qu’il revient en arrière sur sa vie avant de re-franchir la porte de l’Occident symbolisant l’Orient Eternel.
Par corrélation la seconde, est qu’il renaît et fait le chemin inverse pour corriger les erreurs qu’il aurait commises.
L’Or\ symbolise la naissance. Le récipiendaire rentre à reculons, le dos tourné vers l’Or\.
J’aurais pu continuer mes délires et trouver encore des divergences dans le Rit\. Mais, je m’arrêterais là.
Mes propos ne prétendent pas décrire l’exhaustivité symbolique de ce degré, mais plutôt d’essayer d’exprimer mon vécu devant ce mythe.
Quelle est donc la morale de ce mythe ? Qu’ont voulu nous dire nos anciens ?
Je crois que ce mythe est un psychodrame mis en scène pour éveiller notre esprit. Nous sommes tous des futurs Hiram par excellence.
Le candidat n’est pas seulement invité, en tout cas au REAA, tant dans le cabinet de réflexion qu’à la cérémonie au 3ème à réfléchir abstraitement sur la mort, mais à passer par la mort d’une manière qui pour être figurine, ne l’en marque pas moins profondément aux niveaux psychologiques et spirituels. Le niveau moral et spirituel ne sont pas toujours faciles à séparer ! Pour s’améliorer, nous devons tout au long de notre vie faire face à des conflits intérieurs, nous devrons mourir symboliquement à chaque fois que besoin sera. Nous devrons enterrer nos vices, faire le deuil de ce qui nous empêche de progresser (je pense au deuil d’un amour, au patient sortant d’une analyse psychanalytique) pour re-naître revitalisé. A mon entendement, la mort d’Hiram symbolise la Loi de la Régénération ; c’est la mort symbolique de tout être qui aspire à passer d’une vie qu’il connaît à une vie idéale qui ne peut être atteinte qu’après le passage par certaines épreuves. Une signification plus proprement spirituelle dans l’élévation est la nécessité de mourir pour accéder à la vie véritable. Tout d’abord, Apprenti, le récipiendaire meurt au monde profane. Pour le reste, il ne possède pas encore les clés d’une connaissance suffisante et c’est par le biais de certains « outils » qu’il va progresser « en soi » (silence de rigueur) vers un autre état de conscience. Ensuite Compagnon, sorti du mutisme, il va préparer ses voyages grâce à une plus grande connaissance et de nouveaux outils. Et donc, le Maître qui aura vécu cette lente préparation/maturation va subir et ré-intégrer sa source originelle dans l’épreuve de la mort physique, allégorique de « la chair quitte les os » pour ouvrir son esprit. La vie, la mort, la résurrection ou la transformation. C’est une sorte de grand jeu où l’on doit se placer tour à tour à la place des mauvais compagnons et d’hiram. En outre, pour savoir ce que nos anciens voulaient nous révéler, il suffit de se poser la question à savoir qui sont ces mauvais compagnons et qu’est-ce qui les a poussés à agir ainsi. A mon sens, les mauvais compagnons incarneraient la volonté d’apprendre, l’impatience, la vanité. Le mythe veut qu’ils soient des assassins, mais, peut-on leur reprocher de vouloir aller de l’avant. Le chantier étant achevé, chacun serait parti dans une direction différente et ils n’auraient plus eu les moyens d’avancer. La méthode employée pour y aboutir est certes à condamner, mais nous devons peut-être y voir une volonté ardente de progresser.
Hiram incarne l’Honneur et la Sagesse.
Qu’ai-je donc appris jusqu’à présent ? Synthèse de mon parcours…
Le Maître que je suis est-il arrivé au bout de son chemin ?
Non, catégoriquement. Mais cette fois-ci, je crois que je possède suffisamment d'éléments afin de décider de la direction à prendre.
Apprenti, je suivais les pas de mes aînés. J’étais un peu perdu dans cette nouvelle société. Très vite, je me suis acclimaté et ai commencé mon travail ! Compagnon  j’ai essayé de voyager, d’aller de moi-même vers d’autres lieux, mais ai très rapidement retroussé chemin et suis revenu sur mes pas. Mes pas étaient encore hésitants. Je n’avais pas encore la faculté de m’éloigner sans m’égarer, mais cela m’a permis de connaître mes faiblesses et les améliorer. Maît\, j’ai maintenant le bagage suffisant pour voyager du Nord au sud en passant par l’est et l’ouest. Ces 3 degrés m’ont beaucoup appris. Mais je crois que c’est au grade d’App\ que j’ai vraiment bataillé fort avec mon MOI Intérieur. Je suis mort à ma vie profane, ma vie d’adolescent pour accéder à la vie de l’initié. C’est peut-être mes élans de jeunesse qui m’ont poussé à croire que je pouvais changer le monde en un instant. La Vérité que je croyais détenir, mon côté trop fougueux et dynamique, ma volonté de « servir » et me rendre utile m’incitèrent à vouloir donner mon opinion à tout bout de champ ; également sur les questions pour lesquelles, je n’avais pas encore, me disait-on, acquis l’âge. Et c’est en essayant d’appliquer une certaine sorte de modestie et de respecter le silence de mon degré et par le soutien de FF\ et SS\, que j’y suis arrivé à bout. Là, est toute la Symbolique du breuvage au 1er Degré. Avec persévérance et patience, on arrive souvent à nos fins. D’autre part, au premier degré, le plus difficile a été le Silence. Ce Silence a été très lourd à surmonter. Rester passif, assister en spectateur me rongeait de l’intérieur. Je bouillonnais d’envie de m’exprimer, de pouvoir participer. J’ai dû changer à plusieurs reprises de ciseaux, devenus usés et désuètes à force de coups. Et c’est ma pauvre Pierre Brute qui en a souffert. Elle était constamment ruée de coups qui pleuvaient de tous les sens… Apprenti, j’ai été ces mauvais compagnons, avide de connaissance, avec une rage de vouloir progresser et ainsi pouvoir être « l’égal » de mes FF\. J’aspirais à des « valeurs sûres » sans toutefois vouloir me faire endoctriner, me faire imposer une ligne de conduite. Mais la chose la plus drôle, c’est que devenu Compagnon; je ne ressentais plus cette dynamique de vouloir intervenir sur les sujets aussi facilement. J’ai pris conscience de mon ignorance. Mais également du pouvoir de la Parole. Et là, je n’avais plus qu’à utiliser le seul et même ciseau pour polir ma Pierre. Quel soulagement pour ma modeste Pierre ! Maît\, après être né une seconde fois en étant App\ ; le temps est pour moi de me métamorphoser. Je dois rayonner d’avantage ! Par ailleurs, étant sincère et spontané de nature, certaines réflexions que j’ai tenues, avaient irrité certains FF\ et SS\. Cela me coûta à plusieurs reprises la foudre de mes aînés. Cela a été pénible à vivre. Loin de moi, était l’idée de les vexer. C’est simplement que, de par ma nature, je ne peux adhérer au moule de la bienveillance voulant toujours faire attention aux susceptibilités de chacun. Je ne sais pas être hypocrite. Je ne sais faire ou dire quelque chose dans le seul but de faire plaisir à autrui. Mes actes sont gratuits et n’ont aucune portée matérialiste. Je n’attends rien en retour. Je suis conscient de la différence de mon F\, je l’accepte naturellement. Mais cette différence ne doit pas être un obstacle, une entrave mais doit plutôt savoir cohabiter. Je pense au pavé mosaïque et l’alternance du blanc et du noir. L’ADN du monde est d’ailleurs symbolisée par ce pavé mosaïque. Je pense aussi à la 4ème colonnette que nous sommes tous. Cette colonnette virtuelle est à mon entendement chaque maçon et l’ensemble des maçons en général. Chacun apportant sa Pierre à l’Edifice, à sa formation. Pour conclure, en entrant en Maçonnerie , nous recherchons tous la Sagesse. Etant actuellement Maître, puis-je prétendre être un Sage ? On ne peut devenir Maître, c'est à dire Sage si on n’est pas tombé plusieurs fois, si le chemin n'a pas été tortueux, si on a évolué en ligne droite monotone. L’Exaltation à la Maîtrise n’est pas une fin en soi.
Je crois que toute la Symbolique des 3 voyages au 1er degré est importante. N’étant pas détenteur de la Vérité, notre chemin est continuellement semé d’embûche que nous devons franchir pour avancer.
Au 3ème degré, on prétend être « arrivé ». Mais en réalité on est arrivé...apprenti de nouveau.
On pense être le Sage, on ne l'est que par le nom. C'est maintenant que TOUT commence.
Je crois qu’une longue route m’attend et ne verrai le bout du tunnel qu’une fois avoir franchi la porte de l’Or\ Eternel.
Mon rôle, à présent, est d’éclairer les App App\ et Comp Comp\ et leur montrer le bon exemple…
Je dispose d’assez d’outils pour également continuer mon chemin et cette fois-ci pouvoir modifier ma trajectoire autant de fois que nécessaire sans m’égarer. Tous les outils en ma possession me permettront de passer du mauvais comp\ à Hiram avec lucidité.
Je n’ai pas de réponse à toutes ces questions. J’ai simplement tenté d’y apporter ma timide Lumière.
Je souhaite simplement qu’au fil des degrés, je trouve au fur et à mesure les réponses à ces zones d’ombres.

J’ai dit, T\ R\ M\

Source : www.ledifice.net

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