Chevalerie

Lundi 14 octobre 2013 1 14 /10 /Oct /2013 12:19

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Par Légion Etrangère - Publié dans : Chevalerie
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Jeudi 1 novembre 2012 4 01 /11 /Nov /2012 08:48

Les loges maçonniques du XVIIIème siècle dans le secret de leurs travaux ont su marier la tradition opérative et la chevalerie.

La recherche de la lumière semble être à l’origine de l’association des dernières voies initiatiques encore praticables en occident. La franc-maçonnerie est le grand réceptacle traditionnel d’éléments très anciens et hautement symboliques. Elle fut composée dés son ouverture spéculative par de nombreux officiers et chevaliers de noblesse. Ces derniers voulaient redonner corps à une tradition alliant action et spiritualité. Il ne faut donc pas s’étonner qu’au Siècle des Lumières, la loge maçonnique devienne la crypte protégeant le trésor des anciennes initiations.

Trois courants ont présidé à la naissance de la franc-maçonnerie " spéculative " : le courant opératif - celui du métier qui repose sur les connaissances géométriques qui sont la base de l’architecture - le courant religieux ésotérique - avec son contre-versant hermétique qui libère le langage du dogme, et le courant chevaleresque qui engage enfin le maçon spéculatif dans un combat.

Les deux premiers sont bien connus. Le troisième mérite un certain nombre d’éclaircissements pour comprendre son extraordinaire adaptation inspirant la plupart des rituels des différents rites.

Il existe une symbolique et d'une mythologie commune entre chevalerie et maçonnerie. L'idéal chevaleresque est une source profonde du système écossais, et de la coutume écossaise depuis Robert de Bruce et la légende de la pierre de Scone. Cet idéal fonde le pouvoir royal plus que le pape lui-même.

La chevalerie se réclame comme la franc-maçonnerie d’une tradition immémoriale.

Les traces sont anciennes et partent de la tradition primordiale. La caste guerrière est toujours présente dans toutes les civilisations. Elle remplit une fonction indispensable à l’édifice testamentaire et se réfère à l’idéal et à un imaginaire agissant se traduisant dans l’engagement du corps jusqu’au sacrifice. C’est par le sacrifice qu’elle établit un lien supérieur avec le créateur ou le centre ontologique. Dans l’Ancien Testament, Dieu interdit à David de construire le Temple, car il appartient à cette caste guerrière et à trop de sang sur les mains. Les deux Saint-Jean dont se réclame la franc-maçonnerie sont les descendants du roi David au même titre que le Christ. À ce titre les maçons peuvent aussi se réclamer de la caste chevaleresque.

L’esprit chevaleresque connut son plein développement au moyen-âge puis s’ennoblira au point de perdre la couleur du sang et l’idée d’un centre totalisant. Sa présence au plan initiatique sera entretenue dans des cercles fermés tels la" Massénie du Saint-Graal " ou les "Fidèles d'Amour " chers à Dante. La démarche gibeline de restauration du pouvoir impérial face au Pape sera un support puissant qui fit choisir Jérusalem plutôt que Rome dans tous les rituels maçonniques, y compris les rituels catholiques ou Stuardistes. C’est l’esprit du Temple dans sa construction, sa destruction et sa libération qui motivera les deux initiations. La première bâtit le temple la seconde le libère.

La chevalerie en franc-maçonnerie nous vient de la légendaire Écosse, du moins celle que sur le continent, le génie français put imaginer.

La Légende de Saint André évangélisant l’Écosse, l’ordre chevaleresque de Saint André du Chardon ainsi que les tombes
templaro-maçonniques d'Écosse appuyées par la symbolique profonde de la très curieuse chapelle de Rosslyn, bâtie par les Sinclair, rejoignent la légende des templiers réfugiés en Écosse et mystérieux acteurs de la victoire de Bannockburn. De cet ensemble mythique se dégage le sentiment qu’une vérité universelle fut importée en Irlande et en Écosse et que les loges opératives et les chevaliers « acceptés »en furent dépositaires.

Les ordres chevaleresques structurèrent la chevalerie occidentale : celui du Temple, bien sûr, mais aussi celui de Saint-Lazare, des Hospitaliers de Saint Jean, des Chevaliers du Saint-Sépulcre ou des Chevaliers teutoniques. Ils vont ordonner la quête autour de cause et d’actes spécifiques.

Le sens symbolique donne mission à l'Ordre Écossais de créer un authentique Empire spirituel en faisant de ses adeptes de nouveaux Chevaliers de l'Esprit.

Ainsi le chevalier-maçon du XXIème Siècle, ne se considère plus comme gardiens in situe du Temple et de la Terre Sainte. Les défaites subies et la chasse dont ils furent victimes orientent les chevaliers à promouvoir leur temple intérieur, dans l’idée fraternelle de rependre la lumière autour d’eux. Cette notion fut apprise en Orient.

Le mariage de la truelle et de l’épée.

C’est ainsi que nous aurions pu intituler notre recherche. Le mariage de la truelle et de l’épée fut basé à la fois sur une nécessité et sur un consentement mutuel.

La nécessité découle de la source vétérotestamentaire qui indique que pour rebâtir le Temple détruit il faut marier la truelle et l’épée. D’autres facteurs historiques ont créé un rapprochement entre une corporation initiatique et les ordres de chevalerie dès le moyen-âge.

La présence de la chevalerie dans le système maçonnique pose un certain nombre de questions qui sont loin d’être résolues. Cependant, il est possible d’émettre un certain nombre d’hypothèses qui à défaut d’être démenties par la recherche historique ou prouvée par des documents authentiques, alimentent et densifient la mythologie maçonnique qui ne s’en lasse pas.

Notre article fait suite à celui paru dans la RDM2 page 134, et tente d’apporter quelques précisions. On retrouvera certains développements plus adaptés aux grades de chevalerie de la franc-maçonnerie du Rite Ecossais dans sa version primitive en consultant le Maître parfait Ecossais et le Chevalier de saint André aux Editions du Maçon.

La légende, tout autant que l’histoire, fonde l’imaginaire du maçon et du chevalier ouvrant ainsi de véritables et valables perspectives initiatiques pour lesquelles, il faut en convenir, une sèche rationalité ne ferait pas l’affaire. L’initiation maçonnique comme l’initiation chevaleresque nous propulsent au seuil du monde de la connaissance, qui n’est pas inconnu des Francs-Maçons. En effet, la pratique de nos ainés constitue un véritable patrimoine initiatique que nous transmettons d’initié en initié. Ce trésor se niche non pas dans les soubassements de notre conscience, mais bien au contraire dans ce que j’appellerais une supra conscience. Cette supra conscience se situe au fond de notre boîte crânienne et ne demande qu’a être réveillée par l’intuition du cœur.

Assis sur le seuil de la perception d’une totalité, nous sommes pris de vertige face aux profondeurs de l’Être et à l’infini de l’univers. Franchir ce seuil consiste à harmoniser l’être et le tout, autrement dit, faire en sorte que l’homme pentagramme devienne hexagramme. Embrasser en tant qu’homme une totalité qui nous dépasse, tel est le but et l’apport de la chevalerie.

Pour atteindre cet objectif, il faut se réapproprier les états inférieurs de l’être puis progresser au plan initiatique jusqu'à n’être non plus un corps réagissant, ni même un homme « bien pensant » et bien construit, mais un homme « esprit ». Seul l’esprit est capable d’embrasser le Tout.

À ce stade, c’est l’imaginaire qui sert de support de projection mentale pour réaliser ce dessin initiatique. L’imaginaire se nourrit de vécu et d’espoir ; il active le corps pour atteindre un état de délivrance ou de libération de l’esprit. Nous voyons poindre l’idée du sacrifice utile qui deviendrait un passage, que nous trouvons dans la légende d’Hiram comme dans la chevalerie terrestre et céleste.

Nous verrons à quel point l’imaginaire, devenu réalité efficace dans un espace cérébral appelé « imaginal », peut intervenir dans les modalités d’expression d’une pensée devenue foi conceptuelle ou idéal. Se posera le problème du contact entre Dieu et l’homme. Pour le chevalier, le contact se fait « entre Ciel et Terre », dans un monde médian.

Ainsi le penser et l’agir du franc-maçon ou du chevalier, passe par une conception consciente et modélisée par l’initiation. L'initiation est une expérience vécue par le jeu du rituel. Qu’elle soit de métier ou d’armes, l’initiation induit des comportements d’une grande cohérence logique, qui sont fondés sur les intuitions plus que des raisonnements. L’intuition et favorisée par l’acquis ancestral de schémas que les mythes nous relatent. Les mythes sont agissants comme les symboles. Nous les avons en nous dans la plénitude de leurs significations, héritage du souvenir d’un lointain passé que d'aucuns qualifient d’âge d’or de l’humanité.

C’est ainsi que nous pouvons affirmer que la franc-maçonnerie symbolique traditionnelle et spirituelle, dans ses développements modernes, a su préserver un symbolisme de tradition, né d’une intuition fondée sur des images projetées en soi.

Cette relation entre les projections personnelles et la culture traditionnelle des symboles fait apparaitre une universalité symbolique transculturelle et transfrontalière. Ce constat nous pousse à considérer le symbolisme traditionnel comme une modalité d’expression première qui échappe à la babélisation des langues.

Toutes les traditions de par le monde font une place de choix au bâtisseur et au combattant. Nous en pressentons la complémentarité, il nous faudra la démontrer.

Un bref aperçu historique peut-il nous conforter sur l’existence d’un lien entre franc-maçon et chevalerie ?

Pour y répondre, il faut constater une évidence : un chevalier est par nature un homme d’armes, un militaire qui porte l’épée. Mais il est vrai que les ordres de chevalerie ont adoubé des nobles qui n’ont pas eu de fonction militaire. C’est le décorum chevaleresque qui prit le pas sur la tradition de l’adoubement entre hommes d’armes, ceci résulte d’une dénaturation par la noblesse du sens premier de la chevalerie. Rien ne dit cependant que cet adoubement nobiliaire n’excluait les notions d’idéal et de sacrifice. Nous dirons simplement que cette évolution fit sortir des douves l’adoubement pour l’installer dans les dorures de la cour.

Notre deuxième constat porte sur l’installation d’un nombre important d’officiers et bas officiers Écossais et Irlandais sur le continent en 1688 dans le sillage des Stuarts en exil. Ils pratiquaient le Rite Ecossais en loges militaires et l’esprit chevaleresque était présent sur les colonnes. Un certain nombre de ces officiers étaient membres d’ordre chevaleresque, ou avaient déjà la qualité de maître Écossais.

Le XVIIe siècle voit l’arrivée dans l’Ordre artisanal, héritier des corporations de métiers appelé Craft en Angleterre, de l’Ordre chevaleresque, ou du moins d’hommes titrés dans la hiérarchie militaire. Parmi ces non opératifs, on peut citer deux cas reconnus. Sir Robert Moray officier au service des Stuarts fut reçu en 1641 dans une loge décentralisée d’Edinburgh. Elias Ashmole capitaine de l’Armée de Charles 1er Stuart est fait franc-maçon le 16 octobre 1646 à Warrington. Tous les deux sont officiers portant l’épée, et ont démontré des qualités chevaleresques. On notera qu’ils furent reçus dans des loges dotées de surveillant et n’ont pas de maître de loge, ce qui correspond à l’organisation des loges écossaises de l’époque. Évidemment, ce fait sera éludé dans les constitutions d’Anderson de 1717. Le pasteur Anderson défend le point de vue « whig » ainsi que Désaguliers qui est appointé par Georges 1er. Rien n’est divulgué dans les constitutions sur les sources opératives écossaises à cause de leurs implications Stuartistes.

On cite le registre de la Loge Coustos Villeroy[1][2]qui en fait état d’une pratique chevaleresque en 1737. Le registre critique une pratique imposée par la loge du Grand Maître jacobite et catholique Lord Darwentwater. Il s’agissait lors des réceptions de tenir l’épée à la main, comme il est fait en chevalerie.

En Écosse la lettre de la grande Maîtresse des franches maçonnes à Harding l’imprimeur, nous dit : la Loge du Temple de Salomon devenue « la loge de Saint Jean de Jérusalem(…) la plus ancienne et la plus pure (…) et la fameuse vieille loge écossaise de Kilwinning » ont eu des rapports avec les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ou chevaliers de Malte de l’Ordre des hospitaliers. On notera que la plupart des loges se nommaient loge de Saint-Jean et qu’au nom de ce lien historique et mythique, vers 1745 elles se transformèrent en loge de Saint-Jean de Jérusalem dont celle du Grand Maître le conte de Clermont.

On associe le caractère immémorial de la loge Kilwinning, aux liens particuliers entretenus avec certains ordres de chevalerie durant les croisades. C’est donc dès l’origine de Kilwinning qu’un lien est évoqué avec l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem plutôt que l’ordre du Temple. Le manuscrit Stuartiste n° 3077 de la bibliothèque Calvet à Avignon en atteste en 1780 : « Pourquoi nos assemblées sont dédiées à Saint-Jean ? – C’est pour apprendre aux maçons combien ils doivent être unis puisqu’ils s’assemblent sous les auspices de celui qui ne prêcha jamais que la paix, la concorde, et l’amour de ses frères ; d’ailleurs les maçons s’étant unis aux chevaliers de Saint Jean ils en adoptèrent le patron. »

La référence à l’Ordre du Temple apparaît en Allemagne vers 1733 d’après Le Forestier. Il fit une carrière intéressante, mais écourtée en France par l’œuvre de Willermoz et le Convent de Wilhelmsbad en 1782 et par l’intention de la SOT de rétablir l’ordre du Temple ce qui ne pouvait convenir aux lois des pays.

Le lien chevaleresque préexistait, la question du lien avec la chevalerie du Temple se pose, car Jean Baptiste Willermoz lui-même reconnaissait que dans sa propre Loge dès 1752 on y faisait référence dans la transmission du 4em grade pour présider la loge. « J’apprenais mystérieusement à ceux auxquels je conférais le 4em grade de la Loge, qu’ils devenaient successeurs des Chevaliers (Templiers) et de leurs connaissances, je l’ai ainsi répété pendant dix ans comme je l’avais appris de mon prédécesseur, qui l’avait appris lui-même par une ancienne tradition, dont il ne connaissait pas l’origine. »

Cette transmission était sans rapport direct avec les prétentions de la SOT créée en 1755 par baron du Hund (eques ab Ense) qui prévalait en Allemagne.

La question du lien entre la franc-maçonnerie et la chevalerie du Temple avec les deux grades consacrés à cet effet à savoir l’Écuyer Novice et le Chevalier du Temple fut sévèrement critiqué par Robert Ambelain par un article paru en 1974 : « Si on discute encore sur les origines des emprunts à la tradition chevaleresque dans la confection des échelles de grades maçonniques, sur la part de Ramsay, sur les initiatives allemandes, sur la valeur de la tradition de Kilwinning, personne ne conteste que la référence à l’institution de la chevalerie est entrée telle quelle dans la tradition maçonnique, sinon comme un corps étranger au moins avec le destin d’un greffon. »

On notera que cette assertion est à replacer dans la filiation directe avec la chevalerie du temple, mais ne remet pas en cause le lien initiatique du bâtisseur et du chevalier. Robert Ambelain semble privilégier le lien par les trois composantes qui sont l’apport de Ramsay, la tradition kilwinnienne, et une certaine interprétation allemande. Le greffon ne fut pas le fait du hasard et trouve sa justification moins dans le désir de chevalerie que dans une connexité historique et légendaire propre à l’Écosse. C’est ce que tenterons de démontrer.

Peut-on faire remonter à une date plus antérieure le mariage de la truelle à l’épée ?

En Écosse la légende historique attachée au grade de saint André du Chardon fait une référence expresse à l’aide apportée par des templiers en exil de France incorporés aux loges de maçons opératifs et qui firent la victoire de Robert Bruce à la bataille de Bannockburn en 1314. Ici commence l’histoire ou la légende fondatrice des grades de chevalerie écossaise du Chardon d’Écosse qui nourrit le Maître Ecossais-Chevalier de Saint-André au Rite Ecossais Primitif. L’Ancienne Alliance entre L’Écosse et la France fut aussi vecteur de transmission de légende et traditions qui par mimétisme et du fait de l’exil de 1688 se transfèrent de l’Écosse à la France.

Nous pensons au surplus qu’un rapprochement est à faire entre le destin des Stuarts dans la perte et la tentative de reconquête du trône d’Angleterre par Jacques II et la légende d’Hiram. Au demeurant le mythe Hiramique de la parole perdue s’inspire à notre sens, de la perte de la pierre de Scone par les dynasties Écossaise au profit des Anglais. Depuis 847, elle fut en effet la pierre du sacre des rois Ecossais, sur laquelle ils se tenaient debout pour recevoir l’onction.

La pierre taillée ou gravée est l’œuvre du maçon antique. Symboliquement c’est le maçon qui fait les fondations du pouvoir royal. Importée des lointaines contrées de l’Orient en Irlande, elle fut transportée en Écosse. Selon la tradition, le royaume appartiendrait aux Écossais tant que la pierre resterait dans leur pays. Confisquée en 1296, la pierre fut prise par Édouard Ier comme butin de guerre et emportée à l'abbaye de Westminster où elle fut placée sous la King Edward's Chair 

Les rois Anglais s’en servirent pour leur sacre dans la position assise comme en signe de domination du symbole. La pierre du destin perdue il fallut en trouver une de substitution et donc il y a assimilations entre la parole perdue et la pierre du sacre perdue .Retrouver la pierre de Scone c’est retrouver la plénitude des pouvoirs des souverains écossais, et la voix au chapitre .Cette pierre du sacre est par sa nature symbolique pierre venue du ciel ou en rapport avec le divin. Elle est une clef de voûte et une porte sur le céleste. C’est un deuxième point qui vient alimenter l’origine écossaise du mythe d’Hiram où finalement le chevalier combattant pour la reconquête est acteur de l’histoire.

L’ensemble des points légendaires sortis des brumes des Highlands vont faire conjuguer la Quête chevaleresque et l’art de bâtir des maçons. Chacun dans son ordre va raconter la même histoire et tendre vers la même lumière par des chemins différents.

En filigrane la question qui se pose sera le lien entre la pierre du sacre et la chevalerie de la reconquête.

Nous pensons que l’Écosse et ses légendes sont une source sérieuse et parfois négligée qui permet d’expliquer une des formes primitives de la franc-maçonnerie chevaleresque, soit une maçonnerie de la reconquête. Nous en tiendrons compte dans cette étude sur la franc-maçonnerie et la chevalerie.

Sommes-nous certains que ce qui lie la franc-maçonnerie à la chevalerie ne soit rien d’autre qu’un gout immodéré des maçons du XVIIIe siècle pour les titres et le port de l’épée ?

Nous voyons trop de commentaires dévalorisants sur ce point, et nous souhaitons en savoir plus. Je ne pense pas que des générations de francs-maçons soient tombées sous les coups de leur égo, au point d’embrasser des titres ronflants, creux, et sans portée aristocratique réelle. Déjà Maitre, l’âge aidant, ils développent une sagesse qui les éloigne d’un titre qu’ils ne peuvent pas faire valoir. Le goût pour les titres et les honneurs n’ont pas fondé la relation initiatique entre le franc-maçon et le chevalier.

L’attraction pour la chevalerie semble liée par l’essence de la chevalerie authentique dont le Temple et les Hospitaliers ne sont que des surgeons aux ordres et dans un idéal particulier impliquant le service de l’Église et du Nouveau Testament. Ainsi, nous plaçons la relation entre la franc-maçonnerie et la chevalerie à un niveau supérieur à toutes les branches contingentes de l’ordre chevaleresque.

Nous pensons que l’association des deux branches initiatique s’est faite parle haut, c'est-à-dire par l’essence même de l’art de bâtir et de combattre.

Dans le cadre d’une première réponse à ce mariage du maçon et du chevalier, nous avons une réponse que nous avions déjà étudiée au premier degré dans l’étude sur la symbolique des outils : L’idée dirige la force et la force réalise l’idée. Cette expression signifiait dans un étonnant aller-retour, la complémentarité indispensable et équilibrée entre la matière et l’esprit, et plus précisément entre le ciseau et le maillet. Désormais nous élevons, comme il se doit, notre réflexion à un niveau supérieur : l’idée est l’idéal du chevalier, la force est la technicité réalisatrice et opérative du maçon et enfin l’épée axiale qui est l’expression de la volonté divine.

Une deuxième question se pose, pourquoi le chevalier intervient en franc-maçonnerie après l'émergence de celle-ci ?

On pourrait être tenté de faire une hiérarchie entre le détenteur de l’idée inscrite dans le ciel et son exécuteur terrestre. Cette réponse biaisera l’intérêt des deux voies traditionnelles qui sont complètes et autonomes par leur nature propre. Il ne peut donc y avoir de subordination. On peut simplement répondre à cet ordonnancement qu’un chevalier dûment adoubé peut s’intégrer au rite initiatique de la franc-maçonnerie et c’est ce que firent les templiers réfugiés en Écosse en 1314. Ceci fait partie intégrante de l’histoire réelle et mythique du REP notamment. De même le RER indique que trois chevaliers du temple fuient en Écosse dans des cavernes prés d’Heredom. Ils rejoignent les chevaliers de Saint André du Chardon d’Écosse. En 1340 ils fondèrent l’ordre maçonnique, ordre préparatoire à l’admission dans l’ordre équestre. Le RER explique ainsi la complémentarité de l’ordre maçonnique et de l’ordre équestre, le premier servant de vivier au second. Ceci ne suppose pas une hiérarchie qui minore l’ordre maçonnique.

L’erreur d’une interprétation simpliste serait d’installer la dépendance d’une tradition au profit exclusif de l’autre. Elle suppose une hiérarchie ce qui en matière de voie initiatique ne peut être admis. Chacune des deux voies se suffit à elle-même. Il faut trouver une autre explication.

Il est un fait incontestable qu’il a toujours existé une perméabilité entre les voies initiatiques. Elles sont composées d’éléments comparables dans leur progression et finissent comme nous le savons par se réunir au sommet. Pourtant dans cette suite logique mettant le travail de la matière par la sueur avant le sacrifice par le sang, nous avons dans le jeu d’échec un début de réponse. Le cheval ou cavalier se déplace sur l’échiquier d’une manière particulière. Il commence sa course comme les pas d’un apprenti, puis emprunte ceux du compagnon et pour finir comme un maître. Donc le cavalier connait déjà les pas et la progression du maçon. Le cycle chevaleresque se caractérise par la maîtrise de l’animalité du cheval à l’égal du maçon qui maîtrise sa propre animalité. Le chevalier se situe plus haut en intermédiation sur son cheval avec le ciel, alors que le maçon a les pieds sur terre et sous terre en creusant les fondations. Dernier point, si le cavalier démarre sur une case noire il finit sur une case blanche et le cavalier est la seule pièce qui peut sauter les obstacles.

Nous en déduisons qu’aucune subordination entre les deux voies n’est acceptable. Cependant la classification subterrestre et terrestre de l’une a pour complément la classification terrestre et céleste de l’autre. On établit une superposition. Le chevalier doit récapituler l’initiation maçonnique dans sa progression spirituelle. Il n’y a donc pas de subordination, mais une superposition correspondante à la nature des trois voies initiatique.

Le lien est-il matériel ou spirituel ?

Ce qui est transmis au plan initiatique, ne peut concerner une cause réduite au plan matériel, quelque soit d’ailleurs, la noblesse de l’objet social. Il est bien entendu qu’en matière initiatique ni la cause territoriale ni la cause religieuse ne peuvent dominer la cause spirituelle. Il faut admettre qu’aucune reconstruction du temple de Salomon ne peut perdurer au plan matériel. Seule la reconstruction au plan spirituel est possible. En conséquence, le mélange des causes matérielles et spirituelles porte à confusion.

Il faut voir dans le message initiatique de ces chevaliers un trésor qui n’est ni sonnant ni trébuchant. Il en est de même en alchimie, on ne peut confondre l’aspect spirituel, et la pratique du souffleur qui chercherait la richesse matérielle.

Le lien existait bien au plan de l’enseignement alchimique, spirituel et céleste, avec une chevalerie éclairée. Le maître maçon et le chevalier se purifiaient à la même fontaine située au pied du mont Scion ou était construit le Temple. À cette fontaine appelée SHIloha, ils pratiquaient la purification rituelle notamment des mains et des yeux, avant de se mirer dans l’eau, puis se rendaient au Temple…

Rappelons que l’armement de chevalier est effectif au REP et au RER et qu’il n’implique pas une appartenance à l’Ordre du Temple trop contingent en regard de sa nature. L’arment produit donc des effets liés à l’éveil de l’esprit, et la notion d’imaginaire commun.

Nous pouvons donc affirmer que le seul élément humain et matériel ne peut suffire à établir un lien. Le liant s’exprime dans la quintessence de ses propres valeurs dans les deux ordres. Ils aboutissent tous les deux au sacrifice, d’Hiram d’un coté et de Saint-André de l’autre. On voit bien que le premier appartient à l’univers de l’Ancien Testament, et que le second est sur le chemin du Nouveau sans renier l’Ancien. Les deux suppliciés partagent une renaissance pour ne pas dire une ressuscitation en esprit.

Ce qui est transmis lors de l’initiation ou de l’adoubement ce sont des éléments hautement symboliques. La transmission d’une cause matérielle ne peut s’inscrire dans le plan divin. La matérialité est par définition une dégénérescence de l’esprit au sens métaphysique. La cause reste dans tous les cas spirituelle, elle permet la réalisation de l’homme sur le plan matériel. Bien tailler sa pierre ou défendre une cause juste ne peut se faire qu’en fonction d’une Loi venue d’en haut. Ladite Loi organise un retour au divin, libérant l’esprit contenu dans la matière.

Voici donc la nature d’un lien spirituel qui est commun aux deux ordres. L’épée céleste vient en aide à la truelle terrestre pour la construction du Temple de Jérusalem.

Cette association dans le même corps situe ce dernier en tant que médiateur entre terre et ciel. Une épée viendra désormais défendre le temple contre la perte du sens du divin. L’homme dans sa faible nature cède régulièrement à son animalité symbolisée par retour de l’adoration des idoles.

Le lien entre la franc-maçonnerie et la chevalerie se situe dans une cause commune aux deux traditions qui est cette exigence de connaissance spirituelle et sacrée, faisant participer l’homme au grand dessin de la création.

Cet aspect chevaleresque en franc-maçonnerie trouvera sa confirmation dans les écrits de Ramsay.

Le chevalier Ramsay, chevalier de l’ordre de Saint-Lazare dans ses deux célèbres discours dont celui de 1738 associa la chevalerie à la franc-maçonnerie. Sur les origines de la franc-maçonnerie, il évoque les Ordres de Chevalerie et cite « nos ancêtres les croisés » dont le langage secret « rappelle le souvenir, ou de quelque partie de notre Science, ou de quelque vertu morale, ou de quelque mystère de la Foi. »

Il y aurait donc un « mystère » à découvrir, certainement de nature initiatique, soit un enseignement ou un éveil qui lierait la Franc- maçonnerie et la Chevalerie dans une même finalité. Cette finalité se distingue du lien spirituel que nous avons vu précédemment. Elle se fonde sur un souvenir commun d’un épisode guerrier remontant aux destructions successives du Temple à Jérusalem, à la reconquête des lieux Saints par les croisades, puis à la destruction de l’Ordre du Temple en 1314. Ainsi se perpétue le cycle de la construction destruction à travers les âges. C’est le grand souvenir et le grand rendez-vous aux pieds de la muraille entre Occident et Orient. L’affrontement est fondateur et se reproduit inéluctablement en divers mondes et époques. C’est au moment des croisades que nous sommes rentrés dans la période d’une redécouverte spirituelle et intellectuelle de l’Orient. Cette redécouverte peut se décrire comme un élargissement de l’esprit . L’élargissement donne accès au sacré au-delà du dogme religieux. C’est particulièrement vrai dans l’échange intellectuel et technique apporté par l’occupation musulmane sur la péninsule ibérique.

L’affrontement fusionnel Orient-Occident, ensemença les deux civilisations pour les ressemblances et les racines qu’elles avaient en partage. Si le fait fonde l’histoire, le souvenir teinté d’idéaux alimente le mythe qui se charge d’expliquer l’origine. La quête du Graal ou de la Lumière est un dérivatif de ce souvenir commun.

Cette finalité originelle apparaît clairement dans la construction et la défense du Temple de Salomon, l’épée dans la main droite et la truelle dans la gauche.

Que faut-il bâtir, que faut-il défendre ?

Un centre point ce contact entre la création et Dieu, qui porte en lui, dans son architecture même le plan divin qui n’est rien d’autre que l’expression d’une loi universelle.

De tout cela l’homme n’est qu’un témoin devenu acteur par son initiation à ce secret, un médiateur entre la Terre et le Ciel. Il n’est plus un démiurge, car il a bien compris les limites de l’exercice, il veut retrouver et défendre la maison des origines, qui n’est autre que le retour au centre primordial.

C’est ce que nous appellerons le secret du chevalier écossais de Ramsay. Recouverte d’un voile d’une bienséance diplomatique, une vérité se laisse entrevoir dans ses deux discours.

Nous devons d’abord rechercher ce qui est véritablement initiatique dans la chevalerie, en recherchant les éléments rituéliques et symboliques qui autorisent un véritable "commencement".

(…) suite à paraître.

Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org/

Par E.°.R.°. - Publié dans : Chevalerie
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Jeudi 1 novembre 2012 4 01 /11 /Nov /2012 08:31

L’évolution française de la Franc-maçonnerie fut l’occasion de lier deux voies initiatiques : la voie matérielle représentée par l’art royal et la voie guerrière représentée par la chevalerie. Il ne s’agit pas pour nous de confirmer l’historicité des allégations reliant la franc-maçonnerie aux tailleurs de pierre ou aux templiers. La part légendaire et mythique fait partie intégrante de l’effet initiatique recherché dans la société des francs-maçons.

Dans les deux cas, nous assistons à la transformation de l’individu soit par le travail de la matière et l’identification de « l’œuvrier » à son objet, soit par l’art de la guerre et l’esprit de sacrifice dans un désintéressement total. Par analogie, l’une ou l’autre voie initiatique, fait éclore la dimension spirituelle et divine de l’être. Ainsi, travailler la matière consiste à en libérer ou délivrer cette parcelle divine qui y réside ; en parallèle, la solitude du chevalier dans une quête d’un Grall aussi hypothétique qu’intérieure soutient l’image de l’amour d’un Dieu, moins anthropomorphique que johannique, qui transcende la destinée de son propre corps. Cette double démarche ne pouvait que remporter un vif succès, tant il est vrai que l’aspiration au sublime dépasse les aspects religieux et schismatiques. Ce goût du sacrifice et de la mission à accomplir complète admirablement la base maçonnique des trois degrés.

Le premier a apporter la richesse chevaleresque et Templiere en complément de l’art royal, fut le Chevalier André-Michel Ramsay. Ce dernier fut qualifié de« Universae religionis vindex et martyr » soit « Défenseur et martyr de la religion universelle ».

C’est de spiritualité dont il s’agit, car toute cette hiérarchie codifiée et traditionnelle n’était là que pour servir la tradition et donc protéger la Terre Sainte. À ce titre, elle noue de contacts avec l’Orient au cours des nombreuses croisades et favorisa l’enrichissement des gens de mestier, dans l’art de bâtir notamment. La truelle et l’épée vont se retrouver dans les mêmes lieux, pour les mêmes causes, dans une communion de sacrifice, ce qui cimentera leur destinée.

Témoin et acteur du génie français, cinquante ans après l’implantation des premières loges en France, cet homme aux multiples facettes, a su poser la pierre d’angle du système français qui, loin de renier son grand frère anglais, va apporter une source mythique nouvelle à la franc-maçonnerie continentale. Il est, avec Charles Radclyffe, l’un des fervents propagateurs de la franc-maçonnerie à la française. Tirant les leçons de la constitution (sous la protection royale de Georges 1er) de la Grande Loge de Londres, on peut imaginer qu’il souhaite ne pas soumettre l’ordre à la férule du pouvoir royal.

Le promoteur de L'Écossisme est de nos jours considéré comme une grande figure de la franc-maçonnerie spéculative. L’Homère de la franc-maçonnerie est initié à la "Horn Lodge" de Londres en mars 1730, où fut aussi initié Montesquieu, le Chevalier de Ramsay fut l'orateur bien connu de la Loge "Le Louis d'Argent", à l'Or. de Paris.

Sa vie ne fut pas qu’un tissu de réussites. On notera qu’il fut traité de plagiaire par Voltaire,  pour avoir repris dans ses différents écrits des fractions d’auteurs antérieurs sans les citer. Le voyage de Cyrus en fut l’exemple. Montesquieu lui aussi franc maçon dira de lui « C’était un homme fade ».

Son système à l’instar de celui d’Anderson et Désaguliers repose sur un œcuménisme maçonnique visant à réunir ce qui, d’une certaine façon, est devenu épars, en dominant les oppositions latentes des différentes religions. Les temps difficiles ont provoqué guerres et dissensions entre les hommes des mêmes peuples : « Au delà des peuples et des frontières nous réunirons des hommes épris de symbolisme et de traditions antiques immémoriales, antédiluviennes et noachites, mus par l’idée que la connaissance combat les antagonismes engendrés de l’ignorance et que l’origine des savoirs et des croyances naît d’une seule source, la religion universelle. »

Les similitudes avec Anderson sont telles qu’on parlera de l’Anderson français qui minorant la filiation des bâtisseurs maçon, prétend à une filiation plus noble, vers la chevalerie des croisades, sans pour autant que le terme templier soit prononcé. Depuis John Locke la tolérance est de mise, les guerres de religion et les tentatives de coups d’État qui perdurent durant plusieurs décennies font avancer l’idée à la suite de la Royale Society, que l’art de vivre ensemble repose sur la tolérance et l’universalisme.

André-Michel de Ramsay est né à Ayr, en Écosse, en 1686. Il est d'origine noble. Son père était calviniste ; sa mère anglicane. Studieux, renfermé, écartelé par des parents de confessions différentes qui manifestement ne partageaient pas la même vérité religieuse. Ce fut là sa première épreuve reposant sur un antagonisme familial dont le traumatisme conduit le jeune Ramsay à élaborer de manière plus ou moins consciente une technique de ré-appropriation, en épousant lui-même vingt ans plus tard, une troisième voie catholique. Terminant brillamment ses études en théologie à Glasgow et à Édimbourg, nous le retrouvons bientôt aux Pays-Bas, havre de liberté religieuse. Hanté par les problèmes spirituels qui avaient marqué ses jeunes années, il fréquente le milieu " rosicrucien " qui tenait Jacob Böhme en haute estime. Le cordonnier Jacob fut l’inspirateur d’un dimensionnement ésotérique qui n’était déjà plus enseigné dans les différentes confessions. Maîtrisant parfaitement le français, il devient en 1709 le familier de Fénelon, l’archevêque, dont il subit l’influence et se convertit au catholicisme. 

L’inquiétude de son âme l’incite à une tolérance partisane. Il devient franc-maçon et écrit de nombreuses lettres à Salignac avec l’intitulé, « Mon Très Cher Frère... ». Ramsay devient précepteur des grands. Il est aussi écrivain et agent diplomatique des Stuarts chassés de Grande-Bretagne. En 1723, le Régent le crée Chevalier de l’ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, soit le plus ancien ordre hospitalier, fondé à l’origine en 1120 pour porter assistance aux pèlerins en route pour les lieux Saints. Cette appartenance ne sera pas sans conséquences sur la théorie Templiere et chevaleresque des origines maçonniques. En 1724, il réside à Rome pendant dix mois auprès de Jacques III, en qualité de précepteur de son fils Charles-Edouard. Dans la même année, Ramsay est à Paris, coresponsable du Club de l'Entresol. C’est l’époque des clubs dans l’imitation des clubs anglais, qui réunissent des bourgeois, des nobles et intellectuels, dont Montesquieu, pour examiner les grands problèmes de société. La police du Régent considère cette société comme contraire aux intérêts du pouvoir et le Club de l'Entresol est fermé. En 1727, Ramsay publie son Voyage de Cyrus, qui fit l’objet d’un grand tirage. Il est déjà franc maçon, ayant était reçu d’après P.Chevalier dans la Loge Saint Thomas n°1 de Lord Derwenwater.

Le voyage de Cyrus, est une imitation dans le goût de Télémaque écrit par son mentor Fénelon. Au cours de ses voyages, le jeune Cyrus est instruit par des Sages de l'Antiquité et plusieurs chapitres contiennent de claires allusions maçonniques. Pour être succincts, nous remarquons la présence de Pythagore, l’éloge du silence via Harpocrate. L’initiation maçonnique est illustrée par la captivité et la libération d’Aménophis. Il s’agit d’après nous d’une transposition du rituel de Maître, car on y voit défiler la scénographie Hiramique dans la plupart de ses détails. Dans un courrier adressé au Marquis de Caumont en Avignon le 25 novembre 1729, il écrit : « j’ai développé plusieurs dogmes de l’antiquité et plusieurs points de la théologie et de la mythologie des anciens qui ont un rapport avec nos sacrés mystères » plus loin « je confirme de plus en plus que toutes les traditions anciennes…sont des rayons et des écoulements de la religion primitive de Noé » 

La date de 1727 semble correspondre à l’arrivée du troisièmegrade de la Franc-maçonnerie spéculative. Ramsay se trouve à nouveau à un carrefour historique. En 1728, nous retrouvons le Stuartiste catholique Michel de Ramsay en Angleterre, où il obtient quelques soutiens, ce qui reste étrange dans le contexte politique. En effet, il est admis dans deux compagnies scientifiques de la plus haute renommée : The Gentlemen's Society et la Royal Society. Cette dernière ayant été fondée au précédent siècle par Elias Ashmole et quelques autres rose-croix. Pendant ce séjour à Londres, Ramsay fut aussi l'ami d'Anderson, fondateur de la Mother Lodge de 1717. Certains ont pu affirmer que le chevalier avait joué un double jeu, voir même qu’il avait trahi la cause Stuartiste. Ensuite, il retourne sur le continent et joue un rôle prépondérant dans les loges françaises Stuardistes qui avaient précédé le phénomène Orangiste Anglais. Il devient, par sa double culture maçonnique anglaise et écossaise stuartiste, le promoteur de l’adaptation française, inaugurant l’écossisme qui fera florès. Il est potentiellement le trait d’union pacificateur des deux maçonneries. Même si les loges anglaises et écossaises se fréquentent, elles furent dans la période précédente, des lieux de conspiration. Il ne faut pas perdre de vue que les Stuarts ne désespèrent pas de reconquérir le pouvoir détenu par les Hanovriens, jusqu’aux environs de 1750.
Est-ce pour mener à bien la mission secrète dont il est chargé par les Stuarts que Ramsay, en 1730, accepte de devenir précepteur dans l'illustre famille de Bouillon ? Le duc régnant comptait parmi ses ancêtres Godefroy de Bouillon et Turenne, famille dont il rédigera les mémoires. Ladite famille avait fait partie de la fronde et se retrouvait mise à l’index par le pouvoir absolu du roi. Les grandes familles du Royaume avaient supporté impatiemment le joug pesant de Versailles. La régence et donc l’affaiblissement relatif du pouvoir royal favorisent la renaissance de l’esprit de la Fronde. La famille de Bouillon qui régnait sur une principauté indépendante dans les Ardennes, était un acteur important du mouvement, fier de son sang, allié des Stuarts, avec lesquels le duc partageait une tradition ésotérique très ancienne. Sa généalogie rivalisait avec celle des Bourbons. Le duc régnant était grand-maître de l'Orient de Bouillon, maçonnerie à tendances spiritualistes et même magiques, qui groupait des personnalités de premier rang et fédérait un grand nombre de loges militaires. Ainsi, l'armée du roi de France portait en son sein une maçonnerie non française par ses origines. Les loges militaires reprenaient les usages des loges régimentaires Écossaises et Irlandaises. Ramsay, précepteur du prince de Turenne, fonde une loge à Château-Thierry, fief de son maître. Certains considèrent qu’il fut à l’origine de la création du rite de Bouillon ou du rite de Ramsay.
Cette affirmation est reprise aujourd’hui par un certain nombre de Loges qui s’en réclament. En 1735, âgé de quarante-six ans, il épouse Marie de Nairne, vingt-quatre ans, fille d'un noble Écossais de haut lignage, le baron David de Nairne, héraut d'armes de l'Ordre du Chardon, ordre chevaleresque des Stuarts. (Ceci accrédite la connexion Templière dans l’établissement et la pratique d’un éventuel rituel de Ramsay). Cet ordre avait été créé en 1314 par le roi d'Écosse Robert Bruce, après sa victoire de Bannockburn, afin de récompenser les Templiers qui, réfugiés dans ses États après l'inique procès, avaient largement contribué à la défaite des Anglais.

Dès 1735 commence de circuler, sous le manteau, ce fameux Discours de Ramsay qui est, en quelque sorte, la charte de la Maçonnerie moderne. Les idées ici développées sont innovantes voir gênantes pour l’institution ... D'abord, Ramsay signale l'universalisme de l'Ordre. Le franc-maçon y apparaît pour la première fois comme un citoyen du monde. Avec une certaine audace en cette première moitié du XVIIIe siècle, il blâme l'esprit de conquête et le patriotisme guerrier. L’origine chevaleresque et croisée de l’ordre est mise en avant, réfutant la thèse opérative de son ami Anderson. Par extension on parlera d’origine Templière. Il s’appuie sur l’encyclopédie des savoirs et connaissances donnant à la démarche maçonnique son esprit et sa fonction universelle.
Ainsi Ramsay, tout en sollicitant la protection des princes
lance un appel à tous les francs-maçons par delà les frontières. Il s’agit de ménager le pouvoir en place, sans lui être inféodé.

Cet élan est emprunté à Fénelon son mentor religieux, dont il est utile de rappeler deux citations : « Je préfère ma famille à moi-même, ma patrie à ma famille, et le genre humain à ma patrie ». Dans Télémaque on relève : « Tout le genre humain n’est qu’une famille dispersée sur la face de toute la terre. Tous les peuples sont frères et doivent s’aimer comme tels. »

Nous pensons que le chevalier Ramsay n’avait ni l’envergure ni le talent pour fonder un système de sa propre volonté. C’est d’autres frères, en quête d’une filiation autre que l’Anglaise issue du système des « moderns », qui s’emparèrent d’un discours qui ne fut probablement pas lu par son auteur, le cardinal Fleury , ministre du Roi, l’en ayant dissuadé.

Michel de Ramsay meurt à Saint-Germain-en-Laye, le 7 mai 1743. L'acte de décès est signé du Comte de Derwenwater venu enterrer son Grand Orateur et du comte d'Engletown, tous deux " frères " d’une des premières loges spéculatives de France.

La première version du discours avait vocation à être lue devant les Loges Jacobites parisiennes réunies le 26 décembre 1736 dans la Loges Saint Thomas 1er, la veille de l’élection de Charles Radclyff, Lord Derwenwater son ami, au poste de Grand Maître des loges Jacobites.

Cette version cristallise les fondamentaux de l’écossisme ramsayen dont nous produisons ici quelques extraits :

«Le goût suprême de l'Ordre et de la symétrie et de la projection ne peut être inspiré que par le grand Géomètre architecte de l'Univers dont les idées éternelles sont les modelles du vray Beau»

«Noé doit être regardé comme l'auteur et l'inventeur de l'architecture navale aussi bien que le grand maître de notre ordre»

Tout comme Anderson, il s’appuie sur le mythe fondateur connu des francs-maçons. Il prend le contre-pied d'Anderson pour qui la Franc-maçonnerie se développe en Angleterre jusqu’aux constitutions de 1723, Ramsay la fait passer de Grande-Bretagne en France qui va devenir le centre de l'Ordre.

«... Noé, Abraham, les patriarches, Moyse, Salomon, Cyrus avaient été les premiers grands Maîtres. Voilà, Messieurs, nos anciennes traditions ; voici maintenant notre véritable histoire. Du temps des guerres saintes dans la Palestine, plusieurs princes, seigneurs et artistes entrèrent en société, firent vœu de rétablir les temples des chrétiens dans la terre sainte »,

« Rappelèrent tous les signes anciens et les paroles mystérieuses de Salomon, pour se distinguer des Infidèles et se reconnaître mutuellement... dès lors nos loges portèrent le nom de loges de Saint-Jean »… .

« Cette union se fit en imitation des Israëlites lorsqu'ils rebâtirent le second temple ; pendant que les uns maniaient la truelle et le compas, les autres les défendaient avec l'épée et le bouclier» …

«Depuis ce temps, la Grande-Bretagne devint le siège de la Science arcane, la Conservatrice de nos dogmes et la dépositaire de tous nos secrets. Des Iles Britanniques «L'antique science» commence à passer dans la France, la nation la plus spirituelle de l'Europe va devenir le centre de l'Ordre et répandra sur nos statuts, les grâces, la délicatesse et le bon goût, qualités essentielles dans un ordre dont la base est la Sagesse, la Force et la Beauté du génie. »…

Nous donnons dans l’article suivant la deuxième version. Celle-ci devait être soumise au Cardinal de Fleury qui la désapprouve et ne fut publié qu’après sa mort. Nous sommes toujours dans la période de régence. C’est le Cardinal de Fleury qui dirige le royaume compte tenu de l’âge de Louis XV. Celui-ci est hostile à l’ouverture d’un front anti- Hanovrien cristallisé dans la franc-maçonnerie Stuartiste. L’ambiance générale est assez hostile à la franc-maçonnerie, des descentes de police sont organisées dans les loges, de nombreux nobles en font partie et déjà la Hollande et la Suède prennent des mesures d’interdiction. Suite à une enquête de quatre mois, le Cardinal de Fleury interdit la Franc-maçonnerie le 2 août 1737. Le Vatican emboîte le pas avec la publication de la bulle papale « in eminenti apostolatus specula » le 24 avril 1738, qui interdit à tous les francs-maçons d’appartenir à une loge, sous peine d’excommunication. Cette hostilité du Pape fut contre productrice. La bulle affaiblit les loges Stuartistes catholiques au profit des loges orangistes favorable au pouvoir en place à Londres. Le soutien recherché auprès des autorités par Ramsay fut un échec. Le Cardinal de Fleury avait fait savoir son désaccord. Cependant, les deux discours vont rester la plate-forme intellectuelle de l’ensemble d’une Franc-maçonnerie en France et à l’étranger, qui ne se retrouve pas dans le dictat de Londres.

Note de synthèse N°1- préalable à l'etude de la chevalerie maçonnique-( E.°. R.°. RL ecossais de saint jean)

Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org

              

 

Par E.°. R.°. - Publié dans : Chevalerie
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Samedi 6 octobre 2012 6 06 /10 /Oct /2012 08:55

Voici une société secrète (ultra)royaliste et catholique, née sous l'Empire et dissoute vers la fin de la Restauration, qu'il me paraît intéressant de connaître ; je vous propose donc quelques extraits de l'article Wikipédia dont vous pourrez lire l'intégralité ici.

L’ordre des Chevaliers de la Foi est une société secrète qui a été fondée en 1810 pour défendre le catholicisme et la monarchie légitime. Durant la période du Premier Empire, il avait pour objectif le rétablissement de la monarchie française. Puis durant la Restauration, les Chevaliers se sont organisés dans la tendance parlementaire des Ultra-royaliste, avant de se disperser d'eux-mêmes en 1826.

 

Histoire des Chevaliers


1810: La Fondation
Ferdinand de Bertier de Sauvigny (1782-1864) est reçut en 1807 à la Congrégation, il participé en 1809 avec ses amis Mathieu de Montmorency et Alexis de Noailles à la propagation de la bulle d'excommunication de Pie VII contre Napoléon. Durant la période de l’empire, il cherche avec son frère Bénigne-Louis à unifier et regrouper toutes les forces de résistance royalistes. Ils étaient fascinés par la Franc-Maçonnerie qu'ils pensaient être le principal outil de la Révolution Française. Les deux frères souhaitaient transposer le système maçonnique au service de l'Église et du roi, ils ont donc "infiltré" des loges pour en étudier le fonctionnement. Une foi Bénigne-Louis arrêté en 1807 par la police Impériale, Ferdinand a dû réaliser son projet seul. Il a fondé en 1810 l'ordre des Chevaliers de la Foi, institution qui repose sur une structure identique à la franc-maçonnerie, sur des valeurs chevaleresques du Moyen-Age et sur une discipline militaire. On peut remarquer par ailleurs que les fondateurs de cette société qui associe trône et autel font partie d'une génération assez jeune ayant vaguement connu l'ancien régime, contrairement à la période de leur formation qui a été la Révolution Française et sa déchristianisation. Finalement c'est cette génération royaliste non émigrée qui a fait monter les effectifs des Chevaliers.
1810-1814 : De la clandestinité aux premiers complots
Sous l’Empire, le principal objectif des Chevaliers était de garder contact avec les royalistes et transmettre les nouvelles d’un hypothétique retour Bourbon. Les ordres et les nouvelles se véhiculaient oralement, aucune trace ne devait rester, au risque de se faire prendre par la police Impériale.
Le système et le réseau d’informations royalistes étaient tellement bien rodés que même le courrier officiel n’arrivait pas aussi vite en province.
On peut se demander si pendant l’Empire, les Chevaliers avaient projeté de prendre de force le pouvoir et de restaurer la monarchie. Et bien non, avec leur fonctionnement clandestin, l’organisation est restée faible en influence. Le recrutement restait quasiment dans la sphère aristocratique, mise à part à Paris et à Toulouse où on peut voir des traces d’éléments populaires dans les bannières. Insurrection violente, coup d’état armé, ou actions contre-révolutionnaires n’ont jamais été à l’ordre du jour de l’organisation sous l’Empire, alors que Ferdinand de Bertier croyait que seul un mouvement royaliste national indépendant des alliés et sous l'Empire pouvait rétablir correctement le trône de France.
Le rôle des Chevaliers en attendant était de créer un esprit favorable aux Bourbons. Grâce à la propagande et au travail de sape, ils ont réussis à rappeler l’existence des princes légitimes, à réchauffer les souvenirs de l’ancien régime, et à exciter leur milieu contre l’Empereur. Pendant la "libération" alliée, les Chevaliers tentent surtout de faire pression sur les anglais, les autrichiens, les prussiens et les russes pour les aider ou du moins pour ne pas les empêcher de rétablir la monarchie.
Au printemps 1812, Louis XVIII apprend l'existence des chevaliers de la foi, grâce à Alexis de Nouailles qui vient d'arriver en Angleterre.
Ferdinand de Bertier a été à Bordeaux en 1813 pour fédérer trois organisations monachistes (l'ex-Institut Philanthropique, la Garde Royale de Saint Germain et la Bannière de Bordeaux) sous la direction d'un comité mixte.
Début octobre 1813, Louis XVIII écrit aux Chevaliers: "Le temps de se montrer plus efficacement est arrivé". Le 9 octobre, le Conseil Supérieur se réunit chez Mathieu de Montmorency et travaille une stratégie de restauration, il pense d'abord à un débarquement allié en Bretagne et une insurrection royaliste à l'intérieur, mais le plan de l'opération n'est jamais parvenu entre les mains de Louis XVIII, le porteur s'étant fait arrêter en train d'embarquer pour l'Angleterre.
En fin d'année 1813, Ferdinand de Bertier prend la direction des bannières de Garonne comme lui avait demandé le Conseil Supérieur. Depuis le château de sa sœur Mme de Solages, il impulse une vive propagande dans les départements du Tarn et de la Haute-Garonne, pour finalement préparer une insurrection à Rodez.
1814 : L'Avant Restauration
En janvier le maire de Bordeaux, Jean Batiste Lynch prend contact la Bannière Bordelaise et promet sa fidélité à la cocarde blanche, avec trois de ses conseillers municipaux, . Au moi de février près de 200 Chevaliers se trouvèrent à Rodez, dans un château près de la ville. Ferdinand de Bertier avait prévu le coup dans la nuit du 16 au 17 février. Des rumeurs circulaient et parlaient du complot, c'est pourquoi au dernier moment les renforts toulousains reculèrent et firent demi-tour. Ferdinand de Bertier a dû annuler l'opération.
À l'arrivée des troupes alliées pour la Campagne de France, les Chevaliers ont tentés de manifester leurs joies. À Troyes, une petite manifestation royaliste s'est produite à l'arrivée des prussiens. En Franche-Comté, pendant que les autrichiens nommaient un gouverneur militaire, les Chevaliers de la bannière de Dijon, ont arboré la cocarde blanche.
Les alliés loin d'être partout très favorables à une restauration des Bourbons essayaient au départ d'ignorer les royalistes. Les autrichiens et les russes par exemple hostiles aux Bourbons les ont sévèrement réprimés à Dijon, malgré une tentative de conciliation entreprie par Alexis de Nouailles auprès du tsar Alexandre Ier de Russie.
Le douze mars bordelais, une opération des Chevaliers de la foi
À Bordeaux, en mars, Arthur Wellesley de Wellington décida d'investir la ville sous les acclamations populaires, les autorités locales impériales se sont alors cachées du coté droit de la Gironde. Le maire Lynch et la bannière locale ont arrêté le convoi anglais le 12 mars 1814 avant d'avoir eu l'assurance que les troupes n'interviendraient pas en cas de restauration (sauf si l'ordre publique était troublé). Lynch symboliquement avait sorti une cocarde blanche et crié "vive le roi!" Quelque temps plus tard il imposa à la garde nationale la cocarde monarchique, puis il fit remplacer tous les emblèmes impériaux de la ville par des insignes royalistes. L'archevêque de l'époque à Bordeaux, Aviau du Bois de Sanzay, férorce opposant au Concile de Paris en 1811 participa avec le maire à l'accueil de Louis de France (1775-1844), fils du futur Charles X, sur le parvis de la cathédrale de Bordeaux devant une foule en liesse. Après cette date le prince Bourbon organisa un gouvernement royal qui devait étendre son pouvoir sur toute la région. En 1820, en souvenir de ces événements Louis XVIII, nomma l'enfant du fils de son frère Henri d'Artois duc de Bordeaux. Le reste de la France apprend petit à petit la nouvelle de l'opération bordelaise surtout en Vendée, où les royalistes sont très excités par ces événements. Ils se sont réveillés pour fixer la date du 11 avril comme celle du soulèvement général de la France.
La faiblesse des Chevaliers parisiens
Bine que le conseil supérieur des Chevaliers de la foi se tienne à Paris, l'activité de la société reste difficile dans la capitale. La plupart des grandes figures de l'ordre ont été envoyées en Province pour soulever la population. Le 31 mars, après la Bataille de Paris et la fuite de l'impératrice Marie-Louise d'Autriche alors que les rues sont pleines de monde, un groupe de Chevaliers tente quand même de provoquer une manifestation royaliste, sans y parvenir.
1814/1815: La Première Restauration
Une fois Bonaparte déchu par le Sénat le 3 avril et exilé à l’île d’Elbe, les royalistes se regroupèrent autour des Chevaliers. Ils ne pouvaient pas intervenir directement sur les puissances étrangères pour restaurer l'exact ancien régime, sachant que Talleyrand essayait d'être au maximum indépendant de la société secrète pour négocier avec le Tzar Alexandre Ier de Russie.
À Toulouse, le 12 avril après que l'occupant Arthur Wellesley de Wellington ait prit connaissance de la situation parisienne, la population put s'associer aux manifestations organisées par les Chevaliers pour faire leur révolution locale.
Malgré une forte implantation dans le sud de la France, les Chevaliers n'ont pas pu s'opposer à la Charte de 1814. Ils sont donc restés quasiment inactifs durant la Première Restauration.
1er mars/18 juin 1815 : Les Cent-Jours
Louis de France appelé aussi Duc d'Angoulême se servant des pleins pouvoirs que lui a conférés Louis XVIII le 5 mars, organise depuis Barcelone le retour du roi. Il s'est beaucoup appuyé sur les Chevaliers de la foi, qui était la seule organisation présente sur tout le territoire, avec l'expérience de la clandestinité, la passion des complots, et la structure militaire qui peut assurer des opérations insurrectionnelles. Ils vont donc encourager les désertions et organiser neuf bataillons de volontaires royaux, les futurs Verdets, de la couleur de la livrée du comte d'Artois. Dans la nuit du 15 au 16 juin ces bataillons ont joué un rôle important en débarquant secrètement près d'Aigues-Mortes, pour ensuite prendre le contrôle et le commandement des départements de l'Hérault, des Bouches-du-Rhône, de la Lozère et du Gard au nom de Louis XIX (le Duc d'Angoulême).
1815-1826 : La Seconde Restauration
La Chambre Introuvable
Durant la nouvelle période qui s'annonçait avec la Restauration de 1815, les Chevaliers ont retrouvé une nouvelle activité dans l'ombre des Parlementaires, pour s'opposer au binôme ministériel Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord et Joseph Fouché et au dissident orléaniste. Les Chevaliers habitués à l'ordre et à la hiérarchie ont réussi à influencer et à imposer leur méthodes à tout le parti qui obéissait à une discipline de fer. C'est dans ces conditions qu'est élue les 14 et 22 août 1815 la Chambre introuvable dominée par les Ultra. Ils ont fondé dès 1815, lors de la première session parlementaire, une bannière qui dirigeait la tendance politique, alors que, rappelons-le, au départ les Chevaliers avait été fondés surtout dans un but religieux pour d'une part contrecarrer le pouvoir des maçons et d'autre part pour pallier la faiblesse du clergé après le Révolution Française.
La Terreur Blanche
Les Chevaliers partout où ils se trouvaient ont participé à la terreur légale dite "Blanche". Ils ont donc pratiqué les poursuites, les traques, les jugements, et sans doute aussi les meurtres et les massacres contre les auteurs de près ou de loin des Cent-Jours. Par exemple certains historiens avancent le fait que les Chevaliers de la Foi seraient à l'origine de l'Affaire Fualdès.
La bannière parlementaire, par l'intermédiaire du parti ultra, pousse le gouvernement au renforcement de cette terreur blanche. Des excès font craindre au roi une nouvelle révolution, il a donc mit fin à la terreur blanche en dissolvant la Chambre ultra-royaliste dite "Introuvable" le 5 septembre 1816.
Le Parti Ultra-royaliste
Des comités secrets réfléchissaient à des stratégies politiques pendant que le parti se réunissait chez le député Piet pour donner les mots d'ordres aux non-Chevaliers.
Villèle avant 1822, était un des leaders de la tendance parlementaire ultra et membre du conseil supérieur des Chevaliers. Il a donc souvent pu utiliser la société secrète pour influencer le groupe parlementaire. Par exemple en 1819, il a délibérément eu recours à une manipulation stratégique dite "circonspect", pour imposer le vote de six douzièmes provisoires, afin de permettre au modéré Élie Decazes d'avoir six mois supplémentaires avant le vote du budget. Sans l'appui des Chevaliers Villèle était seul contre "la faction des impatients", menée par François Régis de La Bourdonnais qui voulait faire une contre-révolution très rapide, c'est à dire ils voulaient faire un 1789 à l'envers et en 1819 ils voulaient renverser le Président du Conseil, sans attendre que celui-ci limoge tous les ministres.
1821 : Le ministère Villèle
Jean-Baptiste comte de Villèle plus connu sous le nom de Joseph de Villèle, est nommé premier ministre le 14 décembre 1821. C'est le premier ministre ultra-royaliste de la Restauration. Les Chevaliers étant toujours aussi nombreux et influents, imposent deux ministres au comte. Le ministère de l'Armée a été offert à Victor duc de Bellune, un Pair de France qui a été maréchal de l'Empire avant de suivre le roi à Gand. Les affaires étrangères ont été directement à Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval. Ce dernier tenait les Chevaliers de la Foi d'une main de fer vu le prestige de son nom et la renommé de son réseau. Villèle l'a donc nommé contre les conseils du Roi, qui avait peur du poids politique que cela donnait aux Chevaliers. Villèle souvent surnommé la "Taupe" a préféré avoir Mathieu de Montmonrency près de lui pour limité son influence sur l'Ordre, ce qui permit à Adrien de Rougé de prendre la tête de la société durant le mandat ministériel du Grand maitre. Dès 1822 le poids des Chevaliers était considérable, et l'idéologie ultra influençait le pouvoir. Les Chevaliers ont entre autres poussé la religion au premier plan de la politique avec l'outrage à la religion d'État et aux cultes reconnus mais aussi le retrait symbolique des restes de Voltaire et de Rousseau du Panthéon de Paris pour le rendre au culte Catholique, le remplacement des recteurs d'académies et des grands-maitres d'universités par le clergé et la nomination de pairs ecclésiastiques à la Chambre des pairs. Ils ont aussi influencé la politique sur les questions de libertés d'expression avec les lois de mars 1822 sur le régime de la presse qui avait pour but de liquider la presse libérale grâce à une autorisation préalable.
Après avoir fait démissionner de son ministère Mathieu de Montmorency en décembre 1822, et bien que ce dernier continuait à soutenir son gouvernement dans lequel Chateaubriand avait un portefeuille, il écarta le duc Victor du pouvoir militaire en octobre 1823.
1826 : La Dissolution
Au début le parti est fort et unifié mais une foi entré en contre-opposition de droite en 1824 pendant le règne de Charles X, il était depuis le ministère Villèle, une majorité divisée à la chambre des députés. Villèle n’est pas assez « ultra » pour certains députés déçus. Malgré les tentatives de cohésion et de stabilité de la droite de la part des Chevaliers de la Foi, une opposition de droite se forme derrière des personnalités comme François Régis de La Bourdonnais . En 1826, Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval et Ferdinand de Bertier de Sauvigny décident de dissoudre les bannières par opposition à la politique de Villèle. À partir de ce moment la majorité tomba dans une crise et finit par s’effriter sans le ciment que représentait les Chevaliers à la chambre. Le reste de l'organisation en France s'est auto-dissoute, elle n'a plus jamais eu d'apparition ou de refondation publique depuis ce jour.

Source : http://trone.forumpro.fr/t299-les-chevaliers-de-la-foi

Par X - Publié dans : Chevalerie
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Samedi 6 octobre 2012 6 06 /10 /Oct /2012 08:53

Le fondateur

L'abbé Michael J. McGivney est né à Waterbury, le 12 août 1852. Il était l'aîné d'une famille de treize enfants dont six sont décédés en bas âge. Ses parents, Patrick et Mary (Lynch) McGivney, sont arrivés aux États-Unis au cours de la grande vague d'immigration irlandaise du 19e siècle.

Michael J. McGivney a fréquenté les écoles de la classe ouvrière de Waterbury. Puis, après la guerre civile, alors que l'industrie métallurgique du Connecticut est en plein essor, il quitte l'école à l'âge de treize ans pour aller travailler. Son emploi dans le service de fabrication de cuillers d'une usine de cuivre, apporte un peu plus d'argent pour subvenir aux besoins de la famille. En 1868, à l'âge de seize ans, il quitte l'usine.

Avec l'objectif d'accéder à la prêtrise, il voyage jusqu'au Québec en compagnie du pasteur de Waterbury. Inscrit au collège de St-Hyacinthe, il travaille fort sur les matières qui vont le préparer au séminaire. Deux années académiques suivent, d'abord au séminaire Notre-Dame des Anges... et, par la suite, pendant une année au Collège Sainte-Marie, à Montréal.

À court d'argent et inquiet du sort de sa famille, il retourne vivre aux États-Unis. Puis, sur l'invitation de l'évêque de Hartford, il entre au séminaire St. Mary à Baltimore, au Maryland. Après quatre années d'études, le 22 décembre 1877, il est ordonné prêtre dans l'historique cathédrale de l'Assomption à Baltimore, par l'archevêque Mgr James Gibbons. Quelques jours plus tard, en présence de sa mère, il célèbre sa première messe en l'église de l'Immaculée-Conception de Waterbury.

L'abbé McGivney commence son ministère le jour de Noël 1877, en tant que vicaire à l'église St. Mary de New Haven. Il se dévoue constamment auprès des jeunes de la paroisse, en tenant des classes de catéchisme et en organisant une société d'abstinence totale contre l'alcoolisme.

En 1881, il commence à explorer avec un groupe de laïcs, la possibilité de fonder une société de bienfaisance, catholique et fraternelle. Àune époque où les clubs paroissiaux et les sociétés fraternelles avaient beaucoup d'attrait, le jeune prêtre pensa qu'il y avait moyen d'oeuvrer à la fois à l'affermissement de la foi et au soulagement des familles pauvres, décimées par la maladie ou la mort de celui qui assurait le gagne-pain.

Il fait part de son concept à Mgr Lawrence McMahon, évêque de Hartford, qui l'approuve. Il se rend jusqu'à Boston au Massachusetts, pour discuter avec des représentants du "Catholic Order of Foresters " (société de secours mutuel); puis il voyage jusqu'à Brooklyn pour consulter la Légion de bienfaisance catholique. Il rencontre aussi d'autres prêtres de son diocèse. Partout où il le peut, il recueille l'information qui aiderait les laïcs catholiques à s'organiser en société de secours mutuel.

Voyant la possibilité de lier le catholicisme à l'américanisme, à travers la foi et la vision audacieuse du découvreur du Nouveau Monde, l'abbé McGivney suggéra d'abord le nom "Fils de Colomb", mais à la suggestion de ses collaborateurs, l'appellation "Chevaliers de Colomb" fut adoptée, et c'est le 29 mars 1882, que la législature du Connecticut octroie une charte aux Chevaliers de Colomb, établissant ainsi formellement qu'il s'agit d'une corporation légale.

Après sept ans de ministère dans la paroisse St. Mary, il est nommé pasteur de la paroisse St. Thomas à Thomaston, Connecticut, une ville industrielle située à seize kilomètres de sa ville natale. Tout en combattant le déficit de la paroisse et se dévouant généreusement pour ses ouailles, il continue en même temps de servir l'Ordre colombien, à titre d'Aumônier Suprême. Il est de plus en plus engagé personnellement dans l'effort de promotion de l'Ordre dans les divers États américains.

De santé plutôt frêle, l'abbé McGivney est soudainement atteint d'une sérieuse pneumonie en janvier 1890. La maladie persiste et il décède le 14 août de la même année, à l'âge de trente-huit ans.

Présidée par l'évêque de Hartford, auquel s'étaient joints soixante-dix prêtres, la messe des funérailles réunit une foule considérable à laquelle participaient plusieurs dirigeants municipaux, et de nombreux Chevaliers venus des cinquante-sept Conseils déjà créés.

En treize années de sacerdoce, le dévouement et la compassion de l'abbé McGivney ont gagné l'amour de ceux qu'il servait. Sa profonde piété, son leadership et sa facilité à administrer, lui ont apporté la loyauté et l'affection de milliers de personnes qui le connaissaient tant comme prêtre, que fondateur de l'ordre des Chevaliers de Colomb.

Les Chevaliers poursuivent leur prière pour que soit reconnue dans l'Église la sainteté de ce fidèle serviteur.

Les racines du mouvement

C'est en février 1882, à New Haven au Connecticut, que l'abbé Michael McGivney et ses compagnons forment le mouvement.

Le mouvement devient un Ordre dès le début. Les hommes regroupés dans cet Ordre portent le nom de "Chevaliers". Christophe Colomb est choisi le patron de l'Ordre.

La nature

Le premier élément de sa nature: c'est un mouvement qui unit des hommes de foi et qui, de par la volonté de son fondateur, n'est pas rattaché à la structure juridique de l'Église. Ce n'est pas un mouvement religieux ou d'action catholique, ni un mouvement social, mais essentiellement un ORDRE DE LAìCS CATHOLIQUES APPELÉS "CHEVALIERS DE COLOMB".

Le deuxième élément de sa nature: c'est une SOCIÉTÉ FRATERNELLE DE SECOURS MUTUEL ÀFORME FÉDÉRATIVE: l'assurance constitue un lien d'appartenance avec le mouvement; c'est un moyen pour atteindre les objectifs fixés et aider la veuve et l'orphelin; comme caractéristiques - elle ne détient pas de capital-actions et ne vise pas le profit - elle fonde ses activités sur la charité et la fraternité - sa portée est éminemment sociale.

Les objectifs

L'article 2 de la Charte, Règlements et Constitution de l'Ordre définit les objectifs du fondateur comme suit : procurer une aide financière à ses membres, à leurs familles et ayants droit; procurer secours et assistance à ses membres malades, invalides et nécessiteux, de même qu'à leurs familles; encourager, parmi ses membres et leurs familles, des relations sociales et intellectuelles; promouvoir et diriger des oeuvres éducatives, charitables, religieuses et sociales; procurer des secours en cas de guerre et de désastres civils.

Les caractéristiques

Mouvement de laïcs catholiques

Dès sa fondation, c'est un mouvement fondé pour les laïcs, appartenant à des laïcs, administré et dirigé par des laïcs.

Mouvement paroissial

Son caractère catholique, familial et protecteur de la foi facilite son acceptation au Québec. Avec les années, les Conseils vont se multiplier pour se retrouver au-delà de cinq cent quarante (540) aujourd'hui. C'est donc dire que les Chevaliers de Colomb couvrent une grande partie du territoire des diocèses du Québec.

Mouvement exclusivement masculin

L'Ordre des Chevaliers de Colomb, société fraternelle de secours mutuel, regroupe des HOMMES de foi. Il est, dès sa fondation, un mouvement EXCLUSIVEMENT MASCULIN.

Mouvement semi-secret

Seules les cérémonies d'accueil conservent un rituel strictement réservé aux membres, ce qui en fait un mouvement considéré comme "semi-secret".

Les principes

Dès 1882, l'abbé McGivney adopte comme principes de son Ordre fraternel de catholiques, CHARITÉ et UNITÉ. Quelques années plus tard, deux autres principes s'ajoutent: la FRATERNITÉ (1885 ) et le PATRIOTISME (1899).

Même s'ils ne sont pas inscrits dans la "Charte, Règlements et Constitution", ces quatre principes, constituant les quatre pôles des cérémonies d'accueil, sont considérés comme les piliers de la vie colombienne. Ils doivent orienter les actions des Chevaliers, et leurs attitudes dans le quotidien.

Les conditions d'appartenance

Les conditions d'appartenance à l'Ordre colombien ont été clairement établies dès l'origine dans la Charte officielle de 1882 (Article 101). Elles s'énoncent comme suit :

Seuls les catholiques pratiquants et en union avec le Saint-Siège sont éligibles et autorisés
à appartenir à l'Ordre. Un candidat doit être âgé d'au moins dix-huit ans à son dernier
anniversaire de naissance.

L'expression "CATHOLIQUE PRATIQUANT"

Ces dernières années, l'expression "CATHOLIQUE PRATIQUANT" a soulevé chez plusieurs des interrogations inusitées et a provoqué certaines interprétations pour le moins fantaisistes. C'est en vue de répondre à ces questions et de supprimer toute équivoque nuisible que, lors d'un Congrès provincial, tenu à Montréal, au mois d'avril 1993, les délégués ont accepté la Résolution 12A (celle-ci émanant des recommandations résultant de la consultation générale tenue auprès des membres). En voici la teneur:

·         être baptisé dans l'Église catholique;

·         professer la foi de l'Église catholique;

·         vivre la pratique chrétienne dans ses dimensions de fraternité, de célébration, d'éducation de la foi et d'engagement en son milieu.

À noter que l'état matrimonial réclame une double considération:

·         présenter une situation de stabilité, c'est-à-dire: s'inscrivant dans une continuité à caractère prolongé;

·         présenter une situation de responsabilité, c'est-à-dire: se manifestant par le maintien des obligations parentales.

Il est important de mentionner que l'interprétation locale de l'expression "catholique pratiquant" n'a force d'application qu'au Québec seulement.

Source : http://www.chevaliersdecolomb.com/mouvement.html

Par X - Publié dans : Chevalerie
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Dimanche 30 septembre 2012 7 30 /09 /Sep /2012 09:27

Les opérations spéciales sont des actions militaires menées par des unités des forces armées spécialement désignées, organisées, entraînées et équipées, pour atteindre des objectifs stratégiques définis par le CEMA. Utilisant des techniques opérationnelles et des modes d'action inhabituels aux forces conventionnelles, ces actions sont menées en temps de paix, crise ou guerre, indépendamment des opérations conventionnelles ou en coordination avec celles-ci. Ce sont des opération militaires ouvertes ou couvertes commandées par le CEMA. Ce ne sont pas des opérations clandestines. Elles se distinguent des opérations conventionnelles par un cadre espace-temps différent, la nature de leurs objectifs, des modes opératoires particuliers et la discrétion qui entoure leur préparation et leur exécution.

Missions :

Il existe trois grands types de missions réalisées par le COS : les missions de renseignement, d'action et d'environnement.

Missions de renseignement :

acquisition du renseignement sur les milieux physique et humain,

acquisition du renseignement sur les forces en présence et en particulier au-delà de la zone de déploiement du dispositif français ou allié,

acquisition du renseignement sur les objectifs humains ou d'infrastructure, et participation éventuelle à la désignation d'un objectif.

Missions d'action :

attaques d'objectifs (centre de gravité ou point décisif),

neutralisation d'installations, de réseaux ou des lignes de communication,

capture ou récupération de personnel ou de matériel,

actions de diversion ou de déception,

contre-terrorisme (libération, reprise de contrôle),

fourniture d'appuis spéciaux (commandement, transport, feu…).

Missions d'environnement :

formation, conseil et encadrement d'unités militaires étrangères dans le cadre d'une assistance à des forces amies,

participation au processus d'évaluation et d'aide à la décision, notamment lors de l'ouverture d'un théâtre d'opérations,

protection de personnalités.

L'officier général commandant des opérations spéciales est le conseiller du CEMA pour l'emploi des forces spéciales . Il est responsable de la planification, de la préparation et de la conduite des opérations spéciales. En matière d'entraînement, il planifie et conduit les exercices et les échanges interarmées et interalliés. A cette occasion, il peut contrôler les capacités détenues par les unités de forces spéciales participantes au cours de la validation des compétences. En matière organique, il a surtout un rôle consultatif et fédérateur auprès des états-majors d'armées auxquels il exprime ses besoins en terme de capacités attendues. Les états-majors d'armées sont responsables de la mise sur pied de ces capacités par une politique adaptée de recrutement, d'équipement et de préparation opérationnelle des forces.

L'état-major du COS :

Cet état-major opérationnel interarmées se situe depuis l'année 2006 sur la Base Aérienne 107 de Villacoublay. Il est composé de 70 personnes appartenant aux trois armées ainsi que des 4 représentants des directions et services : un conseiller santé, deux officiers de liaison de la Gendarmerie Nationale et un ingénieur de la Délégation Générale pour l'Armement.

La réserve du COS :

Le COS dispose également d'une composante interarmées d'environ 150 réservistes. Ce réservoir, composé d'experts de haut niveau, est spécifique au COS et lui apporte un complément précieux dans des domaines particuliers tels que l'Expertise Initiale de Théâtre (EIT). Les spécialités les plus recherchées sont celles qui touchent directement au fonctionnement des institutions et des entreprises essentielles (juristes, ingénieurs, spécialistes du genre génie civil, experts des zones géopolitiques concernées,…) afin de mener les expertises initiales sur les théâtres d'opérations.

Les unités de forces spéciales.

11 unités des trois armées sont dédiées au COS :

unités des forces spéciales de l'armée de terre (BFST) : le 1er RPIMa de Bayonne, le 13ème RDP de Dieuze et le Détachement ALAT des Opérations Spéciales (DAOS) situé à Pau.

unités des forces spéciales de la Marine (ALFUSCO) : les commandos Trépel, Jaubert, de Penfentenyo et de Montfort, basés à Lorient, et le commando Hubert à Saint-Mandrier.

unités des forces spéciales de l'armée de l'air (BFS) : le commando parachutiste de l'Air n°10 (CPA10) et l'escadron de transport POITOU (ET POITOU), basés à Orléans, l'escadrille spéciale Hélicoptères (ESH) basée à Cazaux.

D'autres capacités dites conventionnelles, issues de différentes unités militaires, peuvent ponctuellement être employées pour des opérations. Tous les hommes appartenant à des unités des forces spéciales (environ 3 000 militaires) sont protégés par l'arrêté du 15 septembre 2006 relatif au respect de l'anonymat.

Source : http://www.defense.gouv.fr/ema/interarmees/le-commandement-des-operations-speciales/le-cos-presentation

Par Defense-Gouv - Publié dans : Chevalerie
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Dimanche 30 septembre 2012 7 30 /09 /Sep /2012 09:20

Il ne fait aucun doute que Sparte, cité-État du Péloponnèse, a joué un rôle prépondérant dans l’histoire de la Grèce antique. Reconnue pour le courage, la résistance et l’efficacité de son infanterie au combat, cette cité belliqueuse présentait également une société extrêmement unie et fonctionnelle, hautement hiérarchisée, où la raison d’État primait toujours sur l’individu. Totalement soumise à la volonté des aînés, l’éducation rude et exigeante imposée aux jeunes Spartiates avait-elle un impact suffisant pour que ceux-ci constituent la base d’une société docile et guerrière ? Pour répondre à cette question, nous analyserons les liens entre les différents aspects de l’éducation des jeunes à Sparte ainsi que leurs effets sur la personnalité et le caractère des individus.

L’éducation donnée aux jeunes Lacédémoniens (Spartiates) était probablement la plus physiquement éprouvante qui ait existé. Si les faibles n’avaient aucune place dans cette société, ce n’était pas par cruauté mais par nécessité. En effet, la société spartiate était composée à environ 97% d’hilotes, esclaves sans liberté travaillant pour les Égaux, (homoioi), citoyens aristocrates, seuls à posséder des droits civiques et dont les enfants étaient également les seuls à recevoir l’instruction militaire dont il est question ici. Pour garder la domination sur cette impressionnante population asservie, les Égaux se devaient d’être forts, puissants et infaillibles physiquement. Ainsi, chaque enfant nouveau-né était présenté par son père à un conseil des Anciens qui décidait si l’enfant était digne de devenir citoyen spartiate ou non. « S’il est jugé faible ou contrefait, il est jeté sans merci aux Apothètes, gouffre voisin du Taygète. » Parfois, un enfant rejeté avait plus de chance. Il était simplement abandonné dans la ville et peut-être était-il recueilli par une âme charitable, probablement un hilote !!!

Une fois l’enfant officiellement approuvé par les Anciens, il était laissé aux soins de sa mère jusqu’à l’âge de sept ans. À ce tournant de sa jeune vie, il était arraché à sa famille pour apprendre la dure vie du Spartiate modèle, entouré de jeunes de son âge. La famille ne constituait pas un noyau social très important dans la société spartiate; il arrivait même que des maris demandent à de jeunes hommes robustes de féconder leurs femmes, elles-mêmes vertueuses et de solide constitution, afin de donner naissance à des enfants génétiquement bien prédisposés. Même si le mari adoptait ensuite cet enfant, ce croisement n’avait souvent pour but que de perpétuer une race forte pour l’État spartiate. Ainsi, dès le début, les enfants étaient perçus davantage comme un apport pour le bon fonctionnement de la cité que comme un motif de fierté familiale.

Dès l’âge de sept ans, on rassemblait les enfants en plusieurs groupes, sous la surveillance d’un instructeur nommé paidonome et de quelques jeunes auxiliaires. Les jeunes étaient contraints de s’organiser eux-mêmes en une sorte de micro-société (la bande) dont ils choisissaient un chef et où ils devaient coopérer en vue du bon fonctionnement général. Ils vivaient toujours ensemble, partageant les jeux, les travaux et obéissant à une discipline stricte. Par ce mode de vie, on voulait leur inculquer le respect de la hiérarchie auquel ils seront soumis plus tard.

À l’âge de douze ans, le jeune qu'on appelait pais, passait à un autre niveau d’éducation. On lui fournissait un seul manteau grossier qu’il portait en tout temps et on le soumettait à l’autorité de chefs plus âgés qui avaient pour mandat de resserrer la discipline. Par exemple, les maigres rations ne lui permettant pas de se nourrir à sa faim, on encourageait le jeune pais à voler de la nourriture en ville. Par contre, s’il était surpris dans l’acte, on le rouait de coups et on le fouettait, non pas parce qu’il avait commis un larcin, mais bien parce qu’il s’était fait prendre. Ainsi les jeunes Spartiates continuaient de s’endurcir physiquement, tout en pratiquant la ruse; ils apprenaient par la même occasion à devenir des individus autonomes. Les pais dormaient ensemble dans un dortoir, sur des paillasses de roseaux. C’est là que commençait une tradition purement dorienne - celle des relations amoureuses, sinon sensuelles, entre enfants et adultes - qui était nécessairement liée à la vie commune et séparée que menaient les jeunes mâles. «Entre l’amant et l’enfant qu’il avait distingué s’établissait une étroite solidarité; l’amant servait à la fois de tuteur et de modèle, et ces liens d’une nature si particulière, que l’on retrouve chez d’autres peuples doriens, créaient une émulation qui servait à développer encore la valeur guerrière. »

À seize ans, au tournant de l’adolescence, les pais devenaient des ilènes. À cette époque de leur instruction, les jeunes ilènes passaient par une longue et éprouvante succession d’initiations et d’épreuves diverses, ponctuée de danses et de fêtes. La dernière de ces épreuves, celle qui consacrait le passage de l’ilène à un « homme fait », était dénommée la cryptie. Elle consistait en un exil du jeune éphèbe (ilène de dix-huit à vingt ans) en dehors des limites de la ville, où celui-ci devait subsister en volant sa nourriture tout en évitant le moindre contact avec des Égaux spartiates. De nombreuses interprétations existent sur cette épreuve ultime, certaines racontant que les ilènes la subissant se voyaient octroyer le droit de surprendre et de tuer tout hilote qu’ils trouveraient attardé sur son champ, après la tombée de la nuit.

Après environ treize années d’entraînement physique intense, de discipline étouffante, de tests et compétitions où il devait prouver sa valeur, le jeune Spartiate était enfin considéré comme un homme fait, un homme libre ayant sa place parmi les Égaux. Pourtant, avant l’âge de trente ans, le jeune homme devenu hoplite (fantassin) devait encore dormir et habiter avec ses camarades et cela, même s’il était marié. De plus, il n’avait que très peu de droits politiques et devait poursuivre le service militaire jusqu’à l’âge de soixante ans, moment où il pourra enfin faire partie de la Gérousia, le conseil des Anciens. Habitué à la rigueur de la discipline militaire qui régnait dans sa cité, le guerrier spartiate ne se plaignait pas de son statut et faisait preuve de patience silencieuse. Son instruction avait fait de lui un membre productif et obéissant de la société et un combattant hors pair, ce qui, sans conteste, faisait de l’armée de terre spartiate la plus efficace et disciplinée de toute la Grèce antique. Par ailleurs, les Spartiates semblent avoir eu un réel talent pour la musique, grâce à leur grande maîtrise du rythme et, bien qu’étant lettrés uniquement par nécessité, leurs pensées se formulaient avec précision et concision, véhiculant des concepts bien définis d’honneur et de vertu qui affirmaient avec force la suprématie lacédémonienne.

Bien qu’étant une oligarchie fort restrictive au niveau des droits, la société spartiate, contrairement à la démocratie établie à Athènes, permettait une participation relativement importante des femmes au sein de la société. Premièrement, les femmes spartiates, contrairement aux Athéniennes, n’étaient pas confinées au gynécée; elles pratiquaient entre elles, au même titre que les garçons, des activités physiques diverses. De plus, elles portaient des tuniques légères et, comme les hommes, participaient nues à certaines cérémonies. Bien que n’ayant aucune possibilité de siéger à un poste dans l’organisation politique spartiate, les femmes prenaient pleinement la place qui leur revenait et avaient souvent beaucoup d’influence auprès de leurs maris. Leur éducation, similaire à celle des hommes, leur permettait également de constituer des éléments productifs essentiels au fonctionnement et au maintien de la société spartiate, ne serait-ce que pour la perpétuation de ces guerriers solides, fiers et belliqueux.

Ainsi, on peut affirmer sans crainte de se tromper que l’éducation des jeunes a eu un lien direct et évident sur le type de société observé à Sparte. En effet, leur éducation était une opération complète les préparant aux épreuves et aux situations, aussi bien civiles que militaires, qu’ils auraient à affronter plus tard. Les jeunes Spartiates, devenus Égaux, étaient donc parfaitement préparés au maintien d’une société répondant en tous points aux valeurs qui leur avaient été inculquées. Le Passé composé, no 5 (mars 2003)

© CVM, 2004 Joël Borduas (Histoire et civilisation)

La bataille des Thermopyles – Après être passées par la Thessalie, les soldats perses descendirent vers le sud. La flotte, quant à elle, attendit pendant une dizaine de jours afin que la jonction entre les troupes terrestres et maritimes puisse avoir lieu au bon moment.

Eurybiade, voyant arriver cette imposante escadre, préféra quitta l’Artémision, longeant le canal d’Eubée jusqu’à Chalcis, où il prit position.

Voyant le repli de leur adversaire, la flotte perse décida de descendre plus vers le sud. Cependant, une violente tempête s’abattit sur les Perses, qui perdirent en quelques jours plusieurs centaines de navires (entre 300 et 400.).

Apprenant la nouvelle, Eurybiade décida de reprendre sa position à l’Artémision. C’est alors qu’Achéménès, l’amiral de la flotte perse, décida de faire diversion. Il envoya 200 navires contourner l’Eubée par le sud, mais ces derniers furent pris dans une nouvelle tempête, et sombrèrent tous.

En août 480 avant Jésus Christ, les Perses décidèrent alors de s’attaquer aux Thermopyles. Cependant, bien que disposant d’une armée supérieure en nombre, les Perses ne parvinrent pas à prendre le défilé, vaillamment défendu par Léonidas.

C’est alors que les Grecs furent trahis par un citoyen de Malia nommé Ephialtès. Ce dernier révéla aux Perses qu’il existait un sentier qui leur permettrait de prendre Léonidas et ses troupes à revers.

Léonidas, se rendant compte de la manœuvre des Perses, renvoya ses alliés grecs. Il décida de rester sur place, seulement accompagné de 300 Spartiates, afin que l’armée grecque puisse se retirer en bon ordre et se réorganiser.

Les troupes de Xerxès, ayant réussi à encercler les Spartiates, les tuèrent tous, jusqu’au dernier.

Plus tard, un mausolée fut érigé en ce lieu, portant l’inscription suivante : Passant, va dire à Sparte qu'ici ses fils sont morts pour obéir à ses lois.

Par Joël Borduas - Publié dans : Chevalerie
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Samedi 8 septembre 2012 6 08 /09 /Sep /2012 14:55

L’évolution française de la Franc-maçonnerie fut l’occasion de lier deux voies initiatiques : la voie matérielle représentée par l’art royal et la voie guerrière représentée par la chevalerie. Il ne s’agit pas pour nous de confirmer l’historicité des allégations reliant la franc-maçonnerie aux tailleurs de pierre ou aux templiers. La part légendaire et mythique fait partie intégrante de l’effet initiatique recherché dans la société des francs-maçons.

Dans les deux cas, nous assistons à la transformation de l’individu soit par le travail de la matière et l’identification de « l’œuvrier » à son objet, soit par l’art de la guerre et l’esprit de sacrifice dans un désintéressement total. Par analogie, l’une ou l’autre voie initiatique, fait éclore la dimension spirituelle et divine de l’être. Ainsi, travailler la matière consiste à en libérer ou délivrer cette parcelle divine qui y réside ; en parallèle, la solitude du chevalier dans une quête d’un Grall aussi hypothétique qu’intérieure soutient l’image de l’amour d’un Dieu, moins anthropomorphique que johannique, qui transcende la destinée de son propre corps. Cette double démarche ne pouvait que remporter un vif succès, tant il est vrai que l’aspiration au sublime dépasse les aspects religieux et schismatiques. Ce goût du sacrifice et de la mission à accomplir complète admirablement la base maçonnique des trois degrés.

Le premier a apporter la richesse chevaleresque et Templiere en complément de l’art royal, fut le Chevalier André-Michel Ramsay. Ce dernier fut qualifié de« Universae religionis vindex et martyr » soit « Défenseur et martyr de la religion universelle ».

C’est de spiritualité dont il s’agit, car toute cette hiérarchie codifiée et traditionnelle n’était là que pour servir la tradition et donc protéger la Terre Sainte. À ce titre, elle noue de contacts avec l’Orient au cours des nombreuses croisades et favorisa l’enrichissement des gens de mestier, dans l’art de bâtir notamment. La truelle et l’épée vont se retrouver dans les mêmes lieux, pour les mêmes causes, dans une communion de sacrifice, ce qui cimentera leur destinée.

Témoin et acteur du génie français, cinquante ans après l’implantation des premières loges en France, cet homme aux multiples facettes, a su poser la pierre d’angle du système français qui, loin de renier son grand frère anglais, va apporter une source mythique nouvelle à la franc-maçonnerie continentale. Il est, avec Charles Radclyffe, l’un des fervents propagateurs de la franc-maçonnerie à la française. Tirant les leçons de la constitution (sous la protection royale de Georges 1er) de la Grande Loge de Londres, on peut imaginer qu’il souhaite ne pas soumettre l’ordre à la férule du pouvoir royal.

Le promoteur de L'Écossisme est de nos jours considéré comme une grande figure de la franc-maçonnerie spéculative. L’Homère de la franc-maçonnerie est initié à la "Horn Lodge" de Londres en mars 1730, où fut aussi initié Montesquieu, le Chevalier de Ramsay fut l'orateur bien connu de la Loge "Le Louis d'Argent", à l'Or. de Paris.

Sa vie ne fut pas qu’un tissu de réussites. On notera qu’il fut traité de plagiaire par Voltaire pour avoir repris dans ses différents écrits des fractions d’auteurs antérieurs sans les citer. Le voyage de Cyrus en fut l’exemple. Montesquieu lui aussi franc maçon dira de lui « C’était un homme fade ».

Son système à l’instar de celui d’Anderson et Désaguliers repose sur un œcuménisme maçonnique visant à réunir ce qui, d’une certaine façon, est devenu épars, en dominant les oppositions latentes des différentes religions. Les temps difficiles ont provoqué guerres et dissensions entre les hommes des mêmes peuples : « Au delà des peuples et des frontières nous réunirons des hommes épris de symbolisme et de traditions antiques immémoriales, antédiluviennes et noachites, mus par l’idée que la connaissance combat les antagonismes engendrés de l’ignorance et que l’origine des savoirs et des croyances naît d’une seule source, la religion universelle. »

Les similitudes avec Anderson sont telles qu’on parlera de l’Anderson français qui minorant la filiation des bâtisseurs maçon, prétend à une filiation plus noble, vers la chevalerie des croisades, sans pour autant que le terme templier soit prononcé. Depuis John Locke la tolérance est de mise, les guerres de religion et les tentatives de coups d’État qui perdurent durant plusieurs décennies font avancer l’idée à la suite de la Royale Society, que l’art de vivre ensemble repose sur la tolérance et l’universalisme.

André-Michel de Ramsay est né à Ayr, en Écosse, en 1686. Il est d'origine noble. Son père était calviniste ; sa mère anglicane. Studieux, renfermé, écartelé par des parents de confessions différentes qui manifestement ne partageaient pas la même vérité religieuse. Ce fut là sa première épreuve reposant sur un antagonisme familial dont le traumatisme conduit le jeune Ramsay à élaborer de manière plus ou moins consciente une technique de ré-appropriation, en épousant lui-même vingt ans plus tard, une troisième voie catholique. Terminant brillamment ses études en théologie à Glasgow et à Édimbourg, nous le retrouvons bientôt aux Pays-Bas, havre de liberté religieuse. Hanté par les problèmes spirituels qui avaient marqué ses jeunes années, il fréquente le milieu " rosicrucien " qui tenait Jacob Böhme en haute estime. Le cordonnier Jacob fut l’inspirateur d’un dimensionnement ésotérique qui n’était déjà plus enseigné dans les différentes confessions. Maîtrisant parfaitement le français, il devient en 1709 le familier de Fénelon, l’archevêque, dont il subit l’influence et se convertit au catholicisme.

L’inquiétude de son âme l’incite à une tolérance partisane. Il devient franc-maçon et écrit de nombreuses lettres à Salignac avec l’intitulé, « Mon Très Cher Frère... ». Ramsay devient précepteur des grands. Il est aussi écrivain et agent diplomatique des Stuarts chassés de Grande-Bretagne. En 1723, le Régent le crée Chevalier de l’ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, soit le plus ancien ordre hospitalier, fondé à l’origine en 1120 pour porter assistance aux pèlerins en route pour les lieux Saints. Cette appartenance ne sera pas sans conséquences sur la théorie Templiere et chevaleresque des origines maçonniques. En 1724, il réside à Rome pendant dix mois auprès de Jacques III, en qualité de précepteur de son fils Charles-Edouard. Dans la même année, Ramsay est à Paris, coresponsable du Club de l'Entresol. C’est l’époque des clubs dans l’imitation des clubs anglais, qui réunissent des bourgeois, des nobles et intellectuels, dont Montesquieu, pour examiner les grands problèmes de société. La police du Régent considère cette société comme contraire aux intérêts du pouvoir et le Club de l'Entresol est fermé. En 1727, Ramsay publie son Voyage de Cyrus, qui fit l’objet d’un grand tirage. Il est déjà franc maçon, ayant était reçu d’après P.Chevalier dans la Loge Saint Thomas n°1 de Lord Derwenwater.

Le voyage de Cyrus, est une imitation dans le goût de Télémaque écrit par son mentor Fénelon. Au cours de ses voyages, le jeune Cyrus est instruit par des Sages de l'Antiquité et plusieurs chapitres contiennent de claires allusions maçonniques. Pour être succincts, nous remarquons la présence de Pythagore, l’éloge du silence via Harpocrate. L’initiation maçonnique est illustrée par la captivité et la libération d’Aménophis. Il s’agit d’après nous d’une transposition du rituel de Maître, car on y voit défiler la scénographie Hiramique dans la plupart de ses détails. Dans un courrier adressé au Marquis de Caumont en Avignon le 25 novembre 1729, il écrit : « j’ai développé plusieurs dogmes de l’antiquité et plusieurs points de la théologie et de la mythologie des anciens qui ont un rapport avec nos sacrés mystères » plus loin « je confirme de plus en plus que toutes les traditions anciennes…sont des rayons et des écoulements de la religion primitive de Noé »

La date de 1727 semble correspondre à l’arrivée du troisième grade de la Franc-maçonnerie spéculative. Ramsay se trouve à nouveau à un carrefour historique. En 1728, nous retrouvons le Stuartiste catholique Michel de Ramsay en Angleterre, où il obtient quelques soutiens, ce qui reste étrange dans le contexte politique. En effet, il est admis dans deux compagnies scientifiques de la plus haute renommée : The Gentlemen's Society et la Royal Society. Cette dernière ayant été fondée au précédent siècle par Elias Ashmole et quelques autres rose-croix. Pendant ce séjour à Londres, Ramsay fut aussi l'ami d'Anderson, fondateur de la Mother Lodge de 1717. Certains ont pu affirmer que le chevalier avait joué un double jeu, voir même qu’il avait trahi la cause Stuartiste. Ensuite, il retourne sur le continent et joue un rôle prépondérant dans les loges françaises Stuardistes qui avaient précédé le phénomène Orangiste Anglais. Il devient, par sa double culture maçonnique anglaise et écossaise stuartiste, le promoteur de l’adaptation française, inaugurant l’écossisme qui fera florès. Il est potentiellement le trait d’union pacificateur des deux maçonneries. Même si les loges anglaises et écossaises se fréquentent, elles furent dans la période précédente, des lieux de conspiration. Il ne faut pas perdre de vue que les Stuarts ne désespèrent pas de reconquérir le pouvoir détenu par les Hanovriens, jusqu’aux environs de 1750.
Est-ce pour mener à bien la mission secrète dont il est chargé par les Stuarts que Ramsay, en 1730, accepte de devenir précepteur dans l'illustre famille de Bouillon ? Le duc régnant comptait parmi ses ancêtres Godefroy de Bouillon et Turenne, famille dont il rédigera les mémoires. Ladite famille avait fait partie de la fronde et se retrouvait mise à l’index par le pouvoir absolu du roi. Les grandes familles du Royaume avaient supporté impatiemment le joug pesant de Versailles. La régence et donc l’affaiblissement relatif du pouvoir royal favorisent la renaissance de l’esprit de la Fronde. La famille de Bouillon qui régnait sur une principauté indépendante dans les Ardennes, était un acteur important du mouvement, fier de son sang, allié des Stuarts, avec lesquels le duc partageait une tradition ésotérique très ancienne. Sa généalogie rivalisait avec celle des Bourbons. Le duc régnant était grand-maître de l'Orient de Bouillon, maçonnerie à tendances spiritualistes et même magiques, qui groupait des personnalités de premier rang et fédérait un grand nombre de loges militaires. Ainsi, l'armée du roi de France portait en son sein une maçonnerie non française par ses origines. Les loges militaires reprenaient les usages des loges régimentaires Écossaises et Irlandaises. Ramsay, précepteur du prince de Turenne, fonde une loge à Château-Thierry, fief de son maître. Certains considèrent qu’il fut à l’origine de la création du rite de Bouillon ou du rite de Ramsay . Cette affirmation est reprise aujourd’hui par un certain nombre de Loges qui s’en réclament. En 1735, âgé de quarante-six ans, il épouse Marie de Nairne, vingt-quatre ans, fille d'un noble Écossais de haut lignage, le baron David de Nairne, héraut d'armes de l'Ordre du Chardon, ordre chevaleresque des Stuarts. (Ceci accrédite la connexion Templière dans l’établissement et la pratique d’un éventuel rituel de Ramsay). Cet ordre avait été créé en 1314 par le roi d'Écosse Robert Bruce, après sa victoire de Bannockburn, afin de récompenser les Templiers qui, réfugiés dans ses États après l'inique procès, avaient largement contribué à la défaite des Anglais.

Dès 1735 commence de circuler, sous le manteau, ce fameux Discours de Ramsay qui est, en quelque sorte, la charte de la Maçonnerie moderne. Les idées ici développées sont innovantes voir gênantes pour l’institution ... D'abord, Ramsay signale l'universalisme de l'Ordre. Le franc-maçon y apparaît pour la première fois comme un citoyen du monde. Avec une certaine audace en cette première moitié du XVIIIe siècle, il blâme l'esprit de conquête et le patriotisme guerrier. L’origine chevaleresque et croisée de l’ordre est mise en avant, réfutant la thèse opérative de son ami Anderson. Par extension on parlera d’origine Templière. Il s’appuie sur l’encyclopédie des savoirs et connaissances donnant à la démarche maçonnique son esprit et sa fonction universelle.
Ainsi Ramsay, tout en sollicitant la protection des princes, lance un appel à tous les francs-maçons par delà les frontières. Il s’agit de ménager le pouvoir en place, sans lui être inféodé.

Cet élan est emprunté à Fénelon son mentor religieux, dont il est utile de rappeler deux citations : « Je préfère ma famille à moi-même, ma patrie à ma famille, et le genre humain à ma patrie ». Dans Télémaque on relève : « Tout le genre humain n’est qu’une famille dispersée sur la face de toute la terre. Tous les peuples sont frères et doivent s’aimer comme tels. »

Nous pensons que le chevalier Ramsay n’avait ni l’envergure ni le talent pour fonder un système de sa propre volonté. C’est d’autres frères, en quête d’une filiation autre que l’Anglaise issue du système des « moderns », qui s’emparèrent d’un discours qui ne fut probablement pas lu par son auteur, le cardinal Fleury , ministre du Roi, l’en ayant dissuadé.

Michel de Ramsay meurt à Saint-Germain-en-Laye, le 7 mai 1743. L'acte de décès est signé du Comte de Derwenwater venu enterrer son Grand Orateur et du comte d'Engletown, tous deux " frères " d’une des premières loges spéculatives de France.

La première version du discours avait vocation à être lue devant les Loges Jacobites parisiennes réunies le 26 décembre 1736 dans la Loges Saint Thomas 1er, la veille de l’élection de Charles Radclyff, Lord Derwenwater son ami, au poste de Grand Maître des loges Jacobites.

Cette version cristallise les fondamentaux de l’écossisme ramsayen dont nous produisons ici quelques extraits :

«Le goût suprême de l'Ordre et de la symétrie et de la projection ne peut être inspiré que par le grand Géomètre architecte de l'Univers dont les idées éternelles sont les modelles du vray Beau»..

«Noé doit être regardé comme l'auteur et l'inventeur de l'architecture navale aussi bien que le grand maître de notre ordre».

Tout comme Anderson, il s’appuie sur le mythe fondateur connu des francs-maçons. Il prend le contre-pied d'Anderson pour qui la Franc-maçonnerie se développe en Angleterre jusqu’aux constitutions de 1723, Ramsay la fait passer de Grande-Bretagne en France qui va devenir le centre de l'Ordre.

«... Noé, Abraham, les patriarches, Moyse, Salomon, Cyrus avaient été les premiers grands Maîtres. Voilà, Messieurs, nos anciennes traditions ; voici maintenant notre véritable histoire. Du temps des guerres saintes dans la Palestine, plusieurs princes, seigneurs et artistes entrèrent en société, firent vœu de rétablir les temples des chrétiens dans la terre sainte »,

« Rappelèrent tous les signes anciens et les paroles mystérieuses de Salomon, pour se distinguer des Infidèles et se reconnaître mutuellement... dès lors nos loges portèrent le nom de loges de Saint-Jean »… .

« Cette union se fit en imitation des Israëlites lorsqu'ils rebâtirent le second temple ; pendant que les uns maniaient la truelle et le compas, les autres les défendaient avec l'épée et le bouclier» …

«Depuis ce temps, la Grande-Bretagne devint le siège de la Science arcane, la Conservatrice de nos dogmes et la dépositaire de tous nos secrets. Des Iles Britanniques «L'antique science» commence à passer dans la France, la nation la plus spirituelle de l'Europe va devenir le centre de l'Ordre et répandra sur nos statuts, les grâces, la délicatesse et le bon goût, qualités essentielles dans un ordre dont la base est la Sagesse, la Force et la Beauté du génie. »…

Nous donnons dans l’article suivant la deuxième version. Celle-ci devait être soumise au Cardinal de Fleury qui la désapprouve et ne fut publié qu’après sa mort. Nous sommes toujours dans la période de régence. C’est le Cardinal de Fleury qui dirige le royaume compte tenu de l’âge de Louis XV. Celui-ci est hostile à l’ouverture d’un front anti- Hanovrien cristallisé dans la franc-maçonnerie Stuartiste. L’ambiance générale est assez hostile à la franc-maçonnerie, des descentes de police sont organisées dans les loges, de nombreux nobles en font partie et déjà la Hollande et la Suède prennent des mesures d’interdiction. Suite à une enquête de quatre mois, le Cardinal de Fleury interdit la Franc-maçonnerie le 2 août 1737. Le Vatican emboîte le pas avec la publication de la bulle papale « in eminenti apostolatus specula » le 24 avril 1738, qui interdit à tous les francs-maçons d’appartenir à une loge, sous peine d’excommunication. Cette hostilité du Pape fut contre productrice. La bulle affaiblit les loges Stuartistes catholiques au profit des loges orangistes favorable au pouvoir en place à Londres. Le soutien recherché auprès des autorités par Ramsay fut un échec. Le Cardinal de Fleury avait fait savoir son désaccord. Cependant, les deux discours vont rester la plate-forme intellectuelle de l’ensemble d’une Franc-maçonnerie en France et à l’étranger, qui ne se retrouve pas dans le dictat de Londres.

Note de synthèse N°1- préalable à l'etude de la chevalerie maçonnique-( E.°. R.°. RL ecossais de saint jean)

Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org

Par E.°. R.°. - Publié dans : Chevalerie
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Samedi 8 septembre 2012 6 08 /09 /Sep /2012 14:33

Les loges maçonniques du XVIIIème siècle dans le secret de leurs travaux ont su marier la tradition opérative et la chevalerie.

La recherche de la lumière semble être à l’origine de l’association des dernières voies initiatiques encore praticables en occident. La franc-maçonnerie est le grand réceptacle traditionnel d’éléments très anciens et hautement symboliques. Elle fut composée dés son ouverture spéculative par de nombreux officiers et chevaliers de noblesse. Ces derniers voulaient redonner corps à une tradition alliant action et spiritualité. Il ne faut donc pas s’étonner qu’au Siècle des Lumières, la loge maçonnique devienne la crypte protégeant le trésor des anciennes initiations.

Trois courants ont présidé à la naissance de la
franc-maçonnerie " spéculative " : le courant opératif - celui du métier qui repose sur les connaissances géométriques qui sont la base de l’architecture - le courant religieux ésotérique - avec son contre-versant hermétique qui libère le langage du dogme, et le courant chevaleresque qui engage enfin le maçon spéculatif dans un combat.

Les deux premiers sont bien connus. Le troisième mérite un certain nombre d’éclaircissements pour comprendre son extraordinaire adaptation inspirant la plupart des rituels des différents rites.

Il existe une symbolique et d'une mythologie commune entre chevalerie et maçonnerie. L'idéal chevaleresque est une source profonde du système écossais, et de la coutume écossaise depuis Robert de Bruce et la légende de la pierre de Scone. Cet idéal fonde le pouvoir royal plus que le pape lui-même.

La chevalerie se réclame comme la franc-maçonnerie d’une tradition immémoriale.

Les traces sont anciennes et partent de la tradition primordiale. La caste guerrière est toujours présente dans toutes les civilisations. Elle remplit une fonction indispensable à l’édifice testamentaire et se réfère à l’idéal et à un imaginaire agissant se traduisant dans l’engagement du corps jusqu’au sacrifice. C’est par le sacrifice qu’elle établit un lien supérieur avec le créateur ou le centre ontologique. Dans l’Ancien Testament, Dieu interdit à David de construire le Temple, car il appartient à cette caste guerrière et à trop de sang sur les mains. Les deux Saint-Jean dont se réclame la franc-maçonnerie sont les descendants du roi David au même titre que le Christ. À ce titre les maçons peuvent aussi se réclamer de la caste chevaleresque.

L’esprit chevaleresque connut son plein développement au moyen-âge puis s’ennoblira au point de perdre la couleur du sang et l’idée d’un centre totalisant. Sa présence au plan initiatique sera entretenue dans des cercles fermés tels la" Massénie du Saint-Graal " ou les "Fidèles d'Amour " chers à Dante. La démarche gibeline de restauration du pouvoir impérial face au Pape sera un support puissant qui fit choisir Jérusalem plutôt que Rome dans tous les rituels maçonniques, y compris les rituels catholiques ou Stuardistes. C’est l’esprit du Temple dans sa construction, sa destruction et sa libération qui motivera les deux initiations. La première bâtit le temple la seconde le libère.

La chevalerie en franc-maçonnerie nous vient de la légendaire Écosse, du moins celle que sur le continent, le génie français put imaginer.

La Légende de Saint André évangélisant l’Écosse, l’ordre chevaleresque de Saint André du Chardon ainsi que les tombes
templaro-maçonniques d'Écosse appuyées par la symbolique profonde de la très curieuse chapelle de Rosslyn, bâtie par les Sinclair, rejoignent la légende des templiers réfugiés en Écosse et mystérieux acteurs de la victoire de Bannockburn. De cet ensemble mythique se dégage le sentiment qu’une vérité universelle fut importée en Irlande et en Écosse et que les loges opératives et les chevaliers « acceptés »en furent dépositaires.

Les ordres chevaleresques structurèrent la chevalerie occidentale : celui du Temple, bien sûr, mais aussi celui de Saint-Lazare, des Hospitaliers de Saint Jean, des Chevaliers du Saint-Sépulcre ou des Chevaliers teutoniques. Ils vont ordonner la quête autour de cause et d’actes spécifiques.

Le sens symbolique donne mission à l'Ordre Écossais de créer un authentique Empire spirituel en faisant de ses adeptes de nouveaux Chevaliers de l'Esprit.

Ainsi le chevalier-maçon du XXIème Siècle, ne se considère plus comme gardiens in situe du Temple et de la Terre Sainte. Les défaites subies et la chasse dont ils furent victimes orientent les chevaliers à promouvoir leur temple intérieur, dans l’idée fraternelle de rependre la lumière autour d’eux. Cette notion fut apprise en Orient.

Le mariage de la truelle et de l’épée.

C’est ainsi que nous aurions pu intituler notre recherche. Le mariage de la truelle et de l’épée fut basé à la fois sur une nécessité et sur un consentement mutuel.

La nécessité découle de la source vétérotestamentaire qui indique que pour rebâtir le Temple détruit il faut marier la truelle et l’épée. D’autres facteurs historiques ont créé un rapprochement entre une corporation initiatique et les ordres de chevalerie dès le moyen-âge.

La présence de la chevalerie dans le système maçonnique pose un certain nombre de questions qui sont loin d’être résolues. Cependant, il est possible d’émettre un certain nombre d’hypothèses qui à défaut d’être démenties par la recherche historique ou prouvée par des documents authentiques, alimentent et densifient la mythologie maçonnique qui ne s’en lasse pas.

Notre article fait suite à celui paru dans la RDM2 page 134, et tente d’apporter quelques précisions. On retrouvera certains développements plus adaptés aux grades de chevalerie de la franc-maçonnerie du Rite Ecossais dans sa version primitive en consultant le Maître parfait Ecossais et le Chevalier de saint André aux Editions du Maçon.

La légende, tout autant que l’histoire, fonde l’imaginaire du maçon et du chevalier ouvrant ainsi de véritables et valables perspectives initiatiques pour lesquelles, il faut en convenir, une sèche rationalité ne ferait pas l’affaire. L’initiation maçonnique comme l’initiation chevaleresque nous propulsent au seuil du monde de la connaissance, qui n’est pas inconnu des Francs-Maçons. En effet, la pratique de nos ainés constitue un véritable patrimoine initiatique que nous transmettons d’initié en initié. Ce trésor se niche non pas dans les soubassements de notre conscience, mais bien au contraire dans ce que j’appellerais une supra conscience. Cette supra conscience se situe au fond de notre boîte crânienne et ne demande qu’a être réveillée par l’intuition du cœur.

Assis sur le seuil de la perception d’une totalité, nous sommes pris de vertige face aux profondeurs de l’Être et à l’infini de l’univers. Franchir ce seuil consiste à harmoniser l’être et le tout, autrement dit, faire en sorte que l’homme pentagramme devienne hexagramme. Embrasser en tant qu’homme une totalité qui nous dépasse, tel est le but et l’apport de la chevalerie.

Pour atteindre cet objectif, il faut se réapproprier les états inférieurs de l’être puis progresser au plan initiatique jusqu'à n’être non plus un corps réagissant, ni même un homme « bien pensant » et bien construit, mais un homme « esprit ». Seul l’esprit est capable d’embrasser le Tout.

À ce stade, c’est l’imaginaire qui sert de support de projection mentale pour réaliser ce dessin initiatique. L’imaginaire se nourrit de vécu et d’espoir ; il active le corps pour atteindre un état de délivrance ou de libération de l’esprit. Nous voyons poindre l’idée du sacrifice utile qui deviendrait un passage, que nous trouvons dans la légende d’Hiram comme dans la chevalerie terrestre et céleste.

Nous verrons à quel point l’imaginaire, devenu réalité efficace dans un espace cérébral appelé « imaginal », peut intervenir dans les modalités d’expression d’une pensée devenue foi conceptuelle ou idéal. Se posera le problème du contact entre Dieu et l’homme. Pour le chevalier, le contact se fait « entre Ciel et Terre », dans un monde médian.

Ainsi le penser et l’agir du franc-maçon ou du chevalier, passe par une conception consciente et modélisée par l’initiation. L'initiation est une expérience vécue par le jeu du rituel. Qu’elle soit de métier ou d’armes, l’initiation induit des comportements d’une grande cohérence logique, qui sont fondés sur les intuitions plus que des raisonnements. L’intuition et favorisée par l’acquis ancestral de schémas que les mythes nous relatent. Les mythes sont agissants comme les symboles. Nous les avons en nous dans la plénitude de leurs significations, héritage du souvenir d’un lointain passé que d'aucuns qualifient d’âge d’or de l’humanité.

C’est ainsi que nous pouvons affirmer que la franc-maçonnerie symbolique traditionnelle et spirituelle, dans ses développements modernes, a su préserver un symbolisme de tradition, né d’une intuition fondée sur des images projetées en soi.

Cette relation entre les projections personnelles et la culture traditionnelle des symboles fait apparaitre une universalité symbolique transculturelle et transfrontalière. Ce constat nous pousse à considérer le symbolisme traditionnel comme une modalité d’expression première qui échappe à la babélisation des langues.

Toutes les traditions de par le monde font une place de choix au bâtisseur et au combattant. Nous en pressentons la complémentarité, il nous faudra la démontrer.

Un bref aperçu historique peut-il nous conforter sur l’existence d’un lien entre franc-maçon et chevalerie ?

Pour y répondre, il faut constater une évidence : un chevalier est par nature un homme d’armes, un militaire qui porte l’épée. Mais il est vrai que les ordres de chevalerie ont adoubé des nobles qui n’ont pas eu de fonction militaire. C’est le décorum chevaleresque qui prit le pas sur la tradition de l’adoubement entre hommes d’armes, ceci résulte d’une dénaturation par la noblesse du sens premier de la chevalerie. Rien ne dit cependant que cet adoubement nobiliaire n’excluait les notions d’idéal et de sacrifice. Nous dirons simplement que cette évolution fit sortir des douves l’adoubement pour l’installer dans les dorures de la cour.

Notre deuxième constat porte sur l’installation d’un nombre important d’officiers et bas officiers Écossais et Irlandais sur le continent en 1688 dans le sillage des Stuarts en exil. Ils pratiquaient le Rite Ecossais en loges militaires et l’esprit chevaleresque était présent sur les colonnes. Un certain nombre de ces officiers étaient membres d’ordre chevaleresque, ou avaient déjà la qualité de maître Écossais.

Le XVIIe siècle voit l’arrivée dans l’Ordre artisanal, héritier des corporations de métiers appelé Craft en Angleterre, de l’Ordre chevaleresque, ou du moins d’hommes titrés dans la hiérarchie militaire. Parmi ces non opératifs, on peut citer deux cas reconnus. Sir Robert Moray officier au service des Stuarts fut reçu en 1641 dans une loge décentralisée d’Edinburgh. Elias Ashmole capitaine de l’Armée de Charles 1er Stuart est fait franc-maçon le 16 octobre 1646 à Warrington. Tous les deux sont officiers portant l’épée, et ont démontré des qualités chevaleresques. On notera qu’ils furent reçus dans des loges dotées de surveillant et n’ont pas de maître de loge, ce qui correspond à l’organisation des loges écossaises de l’époque. Évidemment, ce fait sera éludé dans les constitutions d’Anderson de 1717. Le pasteur Anderson défend le point de vue « whig » ainsi que Désaguliers qui est appointé par Georges 1er. Rien n’est divulgué dans les constitutions sur les sources opératives écossaises à cause de leurs implications Stuartistes.

On cite le registre de la Loge Coustos Villeroy qui en fait état d’une pratique chevaleresque en 1737. Le registre critique une pratique imposée par la loge du Grand Maître jacobite et catholique Lord Darwentwater. Il s’agissait lors des réceptions de tenir l’épée à la main, comme il est fait en chevalerie.

En Écosse la lettre de la grande Maîtresse des franches maçonnes à Harding l’imprimeur, nous dit : la Loge du Temple de Salomon devenue « la loge de Saint Jean de Jérusalem(…) la plus ancienne et la plus pure (…) et la fameuse vieille loge écossaise de Kilwinning » ont eu des rapports avec les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ou chevaliers de Malte de l’Ordre des hospitaliers. On notera que la plupart des loges se nommaient loge de Saint-Jean et qu’au nom de ce lien historique et mythique, vers 1745 elles se transformèrent en loge de Saint-Jean de Jérusalem dont celle du Grand Maître le comte de Clermont.

On associe le caractère immémorial de la loge Kilwinning, aux liens particuliers entretenus avec certains ordres de chevalerie durant les croisades. C’est donc dès l’origine de Kilwinning qu’un lien est évoqué avec l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem plutôt que l’ordre du Temple. Le manuscrit Stuartiste n° 3077 de la bibliothèque Calvet à Avignon en atteste en 1780 : « Pourquoi nos assemblées sont dédiées à Saint-Jean ? – C’est pour apprendre aux maçons combien ils doivent être unis puisqu’ils s’assemblent sous les auspices de celui qui ne prêcha jamais que la paix, la concorde, et l’amour de ses frères ; d’ailleurs les maçons s’étant unis aux chevaliers de Saint Jean ils en adoptèrent le patron. »

La référence à l’Ordre du Temple apparaît en Allemagne vers 1733 d’après Le Forestier. Il fit une carrière intéressante, mais écourtée en France par l’œuvre de Willermoz et le Convent de Wilhelmsbad en 1782 et par l’intention de la SOT de rétablir l’ordre du Temple ce qui ne pouvait convenir aux lois des pays.

Le lien chevaleresque préexistait, la question du lien avec la chevalerie du Temple se pose, car Jean Baptiste Willermoz lui-même reconnaissait que dans sa propre Loge dès 1752 on y faisait référence dans la transmission du 4eme grade pour présider la loge. « J’apprenais "mystérieusement" à ceux auxquels je conférais le 4eme  grade de la Loge, qu’ils devenaient successeurs des Chevaliers (Templiers) et de leurs connaissances, je l’ai ainsi répété pendant dix ans comme je l’avais appris de mon prédécesseur, qui l’avait appris lui-même par une ancienne tradition, dont il ne connaissait pas l’origine. »

Cette transmission était sans rapport direct avec les prétentions de la SOT créée en 1755 par baron du Hund (eques ab Ense) qui prévalait en Allemagne.

La question du lien entre la franc-maçonnerie et la chevalerie du Temple avec les deux grades consacrés à cet effet à savoir l’Écuyer Novice et le Chevalier du Temple fut sévèrement critiqué par Robert Ambelain par un article paru en 1974: « Si on discute encore sur les origines des emprunts à la tradition chevaleresque dans la confection des échelles de grades maçonniques, sur la part de Ramsay, sur les initiatives allemandes, sur la valeur de la tradition de Kilwinning, personne ne conteste que la référence à l’institution de la chevalerie est entrée telle quelle dans la tradition maçonnique, sinon comme un corps étranger au moins avec le destin d’un greffon. »

On notera que cette assertion est à replacer dans la filiation directe avec la chevalerie du temple, mais ne remet pas en cause le lien initiatique du bâtisseur et du chevalier. Robert Ambelain semble privilégier le lien par les trois composantes qui sont l’apport de Ramsay, la tradition kilwinnienne, et une certaine interprétation allemande. Le greffon ne fut pas le fait du hasard et trouve sa justification moins dans le désir de chevalerie que dans une connexité historique et légendaire propre à l’Écosse. C’est ce que tenterons de démontrer.

Peut-on faire remonter à une date plus antérieure le mariage de la truelle à l’épée ?

En Écosse la légende historique attachée au grade de saint André du Chardon fait une référence expresse à l’aide apportée par des templiers en exil de France incorporés aux loges de maçons opératifs et qui firent la victoire de Robert Bruce à la bataille de Bannockburn en 1314. Ici commence l’histoire ou la légende fondatrice des grades de chevalerie écossaise du Chardon d’Écosse qui nourrit le Maître Ecossais-Chevalier de Saint-André au Rite Ecossais Primitif. L’Ancienne Alliance entre L’Écosse et la France fut aussi vecteur de transmission de légende et traditions qui par mimétisme et du fait de l’exil de 1688 se transfèrent de l’Écosse à la France.

Nous pensons au surplus qu’un rapprochement est à faire entre le destin des Stuarts dans la perte et la tentative de reconquête du trône d’Angleterre par Jacques II et la légende d’Hiram. Au demeurant le mythe Hiramique de la parole perdue s’inspire à notre sens, de la perte de la pierre de Scone par les dynasties Écossaise au profit des Anglais. Depuis 847, elle fut en effet la pierre du sacre des rois Ecossais, sur laquelle ils se tenaient debout pour recevoir l’onction.

La pierre taillée ou gravée est l’œuvre du maçon antique. Symboliquement c’est le maçon qui fait les fondations du pouvoir royal. Importée des lointaines contrées de l’Orient en Irlande, elle fut transportée en Écosse. Selon la tradition, le royaume appartiendrait aux Écossais tant que la pierre resterait dans leur pays. Confisquée en 1296, la pierre fut prise par Édouard Ier comme butin de guerre et emportée à l'abbaye de Westminster où elle fut placée sous la King Edward's Chair.

 

Les rois Anglais s’en servirent pour leur sacre dans la position assise comme en signe de domination du symbole. La pierre du destin perdue il fallut en trouver une de substitution et donc il y a assimilations entre la parole perdue et la pierre du sacre perdue Retrouver la pierre de Scone c’est retrouver la plénitude des pouvoirs des souverains écossais, et la voix au chapitre. Cette pierre du sacre est par sa nature symbolique pierre venue du ciel ou en rapport avec le divin. Elle est une clef de voûte et une porte sur le céleste. C’est un deuxième point qui vient alimenter l’origine écossaise du mythe d’Hiram où finalement le chevalier combattant pour la reconquête est acteur de l’histoire.

L’ensemble des points légendaires sortis des brumes des Highlands vont faire conjuguer la Quête chevaleresque et l’art de bâtir des maçons. Chacun dans son ordre va raconter la même histoire et tendre vers la même lumière par des chemins différents.

En filigrane la question qui se pose sera le lien entre la pierre du sacre et la chevalerie de la reconquête.

Nous pensons que l’Écosse et ses légendes sont une source sérieuse et parfois négligée qui permet d’expliquer une des formes primitives de la franc-maçonnerie chevaleresque, soit une maçonnerie de la reconquête. Nous en tiendrons compte dans cette étude sur la franc-maçonnerie et la chevalerie.

Sommes-nous certains que ce qui lie la franc-maçonnerie à la chevalerie ne soit rien d’autre qu’un gout immodéré des maçons du XVIIIe siècle pour les titres et le port de l’épée ?

Nous voyons trop de commentaires dévalorisants sur ce point, et nous souhaitons en savoir plus. Je ne pense pas que des générations de francs-maçons soient tombées sous les coups de leur égo, au point d’embrasser des titres ronflants, creux, et sans portée aristocratique réelle. Déjà Maitre, l’âge aidant, ils développent une sagesse qui les éloigne d’un titre qu’ils ne peuvent pas faire valoir. Le goût pour les titres et les honneurs n’ont pas fondé la relation initiatique entre le franc-maçon et le chevalier.

L’attraction pour la chevalerie semble liée par l’essence de la chevalerie authentique dont le Temple et les Hospitaliers ne sont que des surgeons aux ordres et dans un idéal particulier impliquant le service de l’Église et du Nouveau Testament. Ainsi, nous plaçons la relation entre la franc-maçonnerie et la chevalerie à un niveau supérieur à toutes les branches contingentes de l’ordre chevaleresque.

Nous pensons que l’association des deux branches initiatique s’est faite parle haut, c'est-à-dire par l’essence même de l’art de bâtir et de combattre.

Dans le cadre d’une première réponse à ce mariage du maçon et du chevalier, nous avons une réponse que nous avions déjà étudiée au premier degré dans l’étude sur la symbolique des outils : L’idée dirige la force et la force réalise l’idée. Cette expression signifiait dans un étonnant aller-retour, la complémentarité indispensable et équilibrée entre la matière et l’esprit, et plus précisément entre le ciseau et le maillet. Désormais nous élevons, comme il se doit, notre réflexion à un niveau supérieur : l’idée est l’idéal du chevalier, la force est la technicité réalisatrice et opérative du maçon et enfin l’épée axiale qui est l’expression de la volonté divine.

Une deuxième question se pose, pourquoi le chevalier intervient en franc-maçonnerie après l'émergence de celle-ci ?

On pourrait être tenté de faire une hiérarchie entre le détenteur de l’idée inscrite dans le ciel et son exécuteur terrestre. Cette réponse biaisera l’intérêt des deux voies traditionnelles qui sont complètes et autonomes par leur nature propre. Il ne peut donc y avoir de subordination. On peut simplement répondre à cet ordonnancement qu’un chevalier dûment adoubé peut s’intégrer au rite initiatique de la franc-maçonnerie et c’est ce que firent les templiers réfugiés en Écosse en 1314. Ceci fait partie intégrante de l’histoire réelle et mythique du REP notamment. De même le RER indique que trois chevaliers du temple fuient en Écosse dans des cavernes prés d’Heredom. Ils rejoignent les chevaliers de Saint André du Chardon d’Écosse. En 1340 ils fondèrent l’ordre maçonnique, ordre préparatoire à l’admission dans l’ordre équestre. Le RER explique ainsi la complémentarité de l’ordre maçonnique et de l’ordre équestre, le premier servant de vivier au second. Ceci ne suppose pas une hiérarchie qui minore l’ordre maçonnique.

L’erreur d’une interprétation simpliste serait d’installer la dépendance d’une tradition au profit exclusif de l’autre. Elle suppose une hiérarchie ce qui en matière de voie initiatique ne peut être admis. Chacune des deux voies se suffit à elle-même. Il faut trouver une autre explication.

Il est un fait incontestable qu’il a toujours existé une perméabilité entre les voies initiatiques. Elles sont composées d’éléments comparables dans leur progression et finissent comme nous le savons par se réunir au sommet. Pourtant dans cette suite logique mettant le travail de la matière par la sueur avant le sacrifice par le sang, nous avons dans le jeu d’échec un début de réponse. Le cheval ou cavalier se déplace sur l’échiquier d’une manière particulière. Il commence sa course comme les pas d’un apprenti, puis emprunte ceux du compagnon et pour finir comme un maître. Donc le cavalier connait déjà les pas et la progression du maçon. Le cycle chevaleresque se caractérise par la maîtrise de l’animalité du cheval à l’égal du maçon qui maîtrise sa propre animalité. Le chevalier se situe plus haut en intermédiation sur son cheval avec le ciel, alors que le maçon a les pieds sur terre et sous terre en creusant les fondations. Dernier point, si le cavalier démarre sur une case noire il finit sur une case blanche et le cavalier est la seule pièce qui peut sauter les obstacles.

Nous en déduisons qu’aucune subordination entre les deux voies n’est acceptable. Cependant la classification subterrestre et terrestre de l’une a pour complément la classification terrestre et céleste de l’autre. On établit une superposition. Le chevalier doit récapituler l’initiation maçonnique dans sa progression spirituelle. Il n’y a donc pas de subordination, mais une superposition correspondante à la nature des trois voies initiatique.

Le lien est-il matériel ou spirituel ?

Ce qui est transmis au plan initiatique, ne peut concerner une cause réduite au plan matériel, quelque soit d’ailleurs, la noblesse de l’objet social. Il est bien entendu qu’en matière initiatique ni la cause territoriale ni la cause religieuse ne peuvent dominer la cause spirituelle. Il faut admettre qu’aucune reconstruction du temple de Salomon ne peut perdurer au plan matériel. Seule la reconstruction au plan spirituel est possible. En conséquence, le mélange des causes matérielles et spirituelles porte à confusion.

Il faut voir dans le message initiatique de ces chevaliers un trésor qui n’est ni sonnant ni trébuchant. Il en est de même en alchimie, on ne peut confondre l’aspect spirituel, et la pratique du souffleur qui chercherait la richesse matérielle.

Le lien existait bien au plan de l’enseignement alchimique, spirituel et céleste, avec une chevalerie éclairée. Le maître maçon et le chevalier se purifiaient à la même fontaine située au pied du mont Scion ou était construit le Temple. À cette fontaine appelée SHIloha, ils pratiquaient la purification rituelle notamment des mains et des yeux, avant de se mirer dans l’eau, puis se rendaient au Temple…

Rappelons que l’armement de chevalier est effectif au REP et au RER et qu’il n’implique pas une appartenance à l’Ordre du Temple trop contingent en regard de sa nature. L’arment produit donc des effets liés à l’éveil de l’esprit, et la notion d’imaginaire commun.

Nous pouvons donc affirmer que le seul élément humain et matériel ne peut suffire à établir un lien. Le liant s’exprime dans la quintessence de ses propres valeurs dans les deux ordres. Ils aboutissent tous les deux au sacrifice, d’Hiram d’un coté et de Saint-André]de l’autre. On voit bien que le premier appartient à l’univers de l’Ancien Testament, et que le second est sur le chemin du Nouveau sans renier l’Ancien. Les deux suppliciés partagent une renaissance pour ne pas dire une ressuscitation en esprit.

Ce qui est transmis lors de l’initiation ou de l’adoubement ce sont des éléments hautement symboliques. La transmission d’une cause matérielle ne peut s’inscrire dans le plan divin. La matérialité est par définition une dégénérescence de l’esprit au sens métaphysique. La cause reste dans tous les cas spirituelle, elle permet la réalisation de l’homme sur le plan matériel. Bien tailler sa pierre ou défendre une cause juste ne peut se faire qu’en fonction d’une Loi venue d’en haut. Ladite Loi organise un retour au divin, libérant l’esprit contenu dans la matière.

Voici donc la nature d’un lien spirituel qui est commun aux deux ordres. L’épée céleste vient en aide à la truelle terrestre pour la construction du Temple de Jérusalem.

Cette association dans le même corps situe ce dernier en tant que médiateur entre terre et ciel. Une épée viendra désormais défendre le temple contre la perte du sens du divin. L’homme dans sa faible nature cède régulièrement à son animalité symbolisée par retour de l’adoration des idoles.

Le lien entre la franc-maçonnerie et la chevalerie se situe dans une cause commune aux deux traditions qui est cette exigence de connaissance spirituelle et sacrée, faisant participer l’homme au grand dessin de la création.

Le souvenir et le sacré et son utilisation. Cet aspect chevaleresque en franc-maçonnerie trouvera sa confirmation dans les écrits de Ramsay.

Le chevalier Ramsay, chevalier de l’ordre de Saint-Lazare dans ses deux célèbres discours dont celui de 1738 associa la chevalerie à la franc-maçonnerie. Sur les origines de la franc-maçonnerie, il évoque les Ordres de Chevalerie et cite « nos ancêtres les croisés » dont le langage secret « rappelle le souvenir, ou de quelque partie de notre Science, ou de quelque vertu morale, ou de quelque mystère de la Foi. »

Il y aurait donc un « mystère » à découvrir, certainement de nature initiatique, soit un enseignement ou un éveil qui lierait la Franc- maçonnerie et la Chevalerie dans une même finalité. Cette finalité se distingue du lien spirituel que nous avons vu précédemment. Elle se fonde sur un souvenir commun d’un épisode guerrier remontant aux destructions successives du Temple à Jérusalem, à la reconquête des lieux Saints par les croisades, puis à la destruction de l’Ordre du Temple en 1314. Ainsi se perpétue le cycle de la construction destruction à travers les âges. C’est le grand souvenir et le grand rendez-vous aux pieds de la muraille entre Occident et Orient. L’affrontement est fondateur et se reproduit inéluctablement en divers mondes et époques. C’est au moment des croisades que nous sommes rentrés dans la période d’une redécouverte spirituelle et intellectuelle de l’Orient. Cette redécouverte peut se décrire comme un élargissement de l’esprit ; L’élargissement donne accès au sacré au-delà du dogme religieux. C’est particulièrement vrai dans l’échange intellectuel et technique apporté par l’occupation musulmane sur la péninsule ibérique.

L’affrontement fusionnel Orient-Occident, ensemença les deux civilisations pour les ressemblances et les racines qu’elles avaient en partage. Si le fait fonde l’histoire, le souvenir teinté d’idéaux alimente le mythe qui se charge d’expliquer l’origine. La quête du Graal ou de la Lumière est un dérivatif de ce souvenir commun.

Cette finalité originelle apparaît clairement dans la construction et la défense du Temple de Salomon, l’épée dans la main droite et la truelle dans la gauche.

Que faut-il bâtir, que faut-il défendre ?

Un centre point ce contact entre la création et Dieu, qui porte en lui, dans son architecture même le plan divin qui n’est rien d’autre que l’expression d’une loi universelle.

De tout cela l’homme n’est qu’un témoin devenu acteur par son initiation à ce secret, un médiateur entre la Terre et le Ciel. Il n’est plus un démiurge, car il a bien compris les limites de l’exercice, il veut retrouver et défendre la maison des origines, qui n’est autre que le retour au centre primordial.

C’est ce que nous appellerons le secret du chevalier écossais de Ramsay. Recouverte d’un voile d’une bienséance diplomatique, une vérité se laisse entrevoir dans ses deux discours.

Nous devons d’abord rechercher ce qui est véritablement initiatique dans la chevalerie, en recherchant les éléments rituéliques et symboliques qui autorisent un véritable "commencement".

(…) suite à paraître.

Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org/

 Commentaire T.Dalet : Ramsay, Chevalier de l'Ordre de St Lazare, très intéressant, les Loges Stuartistes , l'Ordre du Chardon d'Ecosse, les loges militaires écossaises et irlandaises composées d'authentiques Chevalier , Sir Robert Moray, finalement les origines de la Chevalerie Maçonnique seraient à chercher en Ecosse et en Irlande plutôt qu'à Lyon. Les " de mystérieusement sont un ajout de ma part. 

Par E.°.R.°. - Publié dans : Chevalerie
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Mercredi 29 août 2012 3 29 /08 /Août /2012 18:03

L'Ordre de Charles XIII pourrait-être l'une des réponses à la récurrente question de savoir si la "Chevalerie maçonnique" possède une fontaine d'honneur suffisante pour être considérée à l'équivalence de la chevalerie d'épée...?

Carl Frédérick von Eckleff fonde le 26 Décembre 1759 le rite maçonnique dit Suédois de stricte observance "Eques a soles vivicante" rituel fondateur de la franc-maçonnerie suédoise et norvégienne dont il devient le Grand-Maître.

Dignitaire de cette institution le Duc Carl von Södermanland lui succède comme Grand-Maître le 3O Novembre 1774.

Après la révolution et la déposition de son neveu Gustave IV, le Duc Carl von Södermanland monte sur le trône sous le nom de Charles XIII et ce en 18O9.

Le 27 Mai 1811, Charles XIII décide la fondation d'un Ordre chevaleresque éponyme exclusivement réservé aux Francs-Maçons Suédois de stricte observance. L'institution est limitée en plus des princes royaux à 27 membres civils et 3 ecclésiastiques. Ces récipiendaires devaient au préalable à cet honneur être titulaires du dixième grade ou degré du rite Suédois du Chapitre des Illuminés de Stockholm (Dignitaire Chevalier de la Croix Rouge du Temple). Nous nous garderons bien de prendre position sur l'imaginaire ou réelle succession de l'Ordre du Temple en Franc-Maçonnerie?

Les mauvaises langues prétendent que le roi créa cette dignité aristocratique réservée aux Francs-Maçons en reconnaissance de leurs actions ayant favorisé son accession au trône, mais que ne dit-on pas!

Les membres uniquement nommés par le souverain, portent un costume de velours or, des bottes de mousquetaires, un col de dentelle, un manteau blanc frappé de la croix pattée de gueules, insigne de l'Ordre au cou (Croix rouge) et épée au côté.

Pour être membre de l'Ordre il faut donc être initié Franc-Maçon et posséder les hauts grades néanmoins les princes royaux sont membres au berceau et considérés comme initiés de fait (c'est il me semble le seul exemple. Existe-t-il une cérémonie quelconque à l'imitation,si j'ose dire du baptême, nous aimerions bien le savoir...???)

La Reine Elisabeth Charlotte de Schleswig-Holstein-Gottorp ne pouvant avoir d'enfant Charles XIII adopte dès son accession au trône le prince Christian-Auguste d'Augustenbourg, qui décédé un an après et ne connu donc l'Ordre de Charles XIII. Sans successeur et en pleine crise politique le roi va adopter comme prince royal le Maréchal Jean-Baptiste Bernadotte, prince de Pontecorvo, initié au Grand-Orient de France il en est Grand-Officier d'Honneur. Dès sa réception comme prince suédois Charles XIII lui remet la responsabilité de l'Ordre maçonnique suédois avec le titre de "Procuratores Salomonis", se réservant la dignité de "Vicarius Salominis, sacrificatus, illuminatus, Magnus Jéhovah", titre toujours porté par le roi de Suède dit Maître-Régnant de l'Ordre maçonnique.

A la mort de Charles XIII (1818) le Prince royal de Suède et de Pontécorvo monte sur le trône sous le nom de Jean XIV héritant bien sur de l'ensemble des titres, dignités et responsabilités de son prédécesseur.

Comme nous l'avons dit le titre de "Vicaire de Salomon" est toujours porté par le roi en exercice ce qui en fait avec l'accord du clergé luthérien "comme le représentant du Christ ici bas" et ce depuis le 5 Mars 1780.

Les modifications de la constitution suédoise feront du premier né royal le futur souverain qu'il soit homme ou femme. C'est une princesse qui actuellement est donc héritière de la couronne et qui de ce fait va se retrouver chef de la maçonnerie suédoise, maçonnerie reconnue par l'Angleterre le 8 Mai 1799. Une femme sera donc pour la première fois responsable d'une maçonnerie régulière, le reine Elisabeth II n'en étant que la protectrice.

Après un tél événement il sera très difficile aux obédiences adogmatiques de refuser l'initiation aux femmes, mais cela est une autre histoire...

  

Par Ordre St Sauveur Mt-Réal - Publié dans : Chevalerie
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