Théosophie

Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /Mars /2010 09:46

Le nombre 7, depuis que la Société Théosophique fut fondée le 17 Novembre 1875, a toujours joué un rôle important dans toutes ses affaires, et, bien entendu, les symboles qui concernent spécialement la Société, ou lui appartiennent, sont au nombre de sept. Ces symboles sont: premièrement, le sceau de la Société; deuxièmement, le serpent qui se mord la queue; troisièmement, la croix gnostique à côté de la tête du serpent; quatrièmement, les triangles entrelacés; cinquièmement, la croix ansée placée au centre; sixièmement, l'épingle de la Société composée d'une croix ansée entourée d'un serpent et formant ensemble les lettres T.S .; septièmement, OM, le mot sacré védique.

    Le sceau de la Société contient tous ces symboles énumérés, excepté Aum, et il en est la synthèse. En réalité, il exprime ce qu'est, en soi, la Société, et il renferme ou devrait renfermer, sous une forme symbolique, les doctrines auxquelles beaucoup de nos membres adhèrent.

    Pour être digne de ce nom, un symbole doit être contenu dans l'idée ou les idées qu'il a pour objet de représenter. Ainsi, le symbole d'une maison ne pourrait jamais être une proue de navire ou une aile d'oiseau, mais il faut qu'il soit contenu de quelque façon dans la forme même de la maison; autrement dit, il doit constituer une partie effective de celle-ci, choisie pour représenter ou remplacer la maison dans son entier. Il n'est pas nécessaire que la totalité soit figurée: on peut employer une forme ou une sorte inférieure pour représenter une autre forme supérieure de la même catégorie. Le mot symbole est dérivé de termes grecs qui signifient mettre ensemble, c'est-à-dire réunir. Pour être juste et correct, un symbole doit être tel qu'aussitôt perçu par un individu versé dans le symbolisme, sa signification et son application deviennent aisément compréhensibles. Les Egyptiens représentaient le retour de l'âme à sa source, après l'épreuve subie dans la Salle des Deux Vérités, par un globe ailé, car un globe est le symbole soit de l'Ame suprême, soit d'un fragment de celle-ci, et les ailes figuraient sa vie et son envol vers les sphères supérieures. Dans une autre branche de leur symbologie, ils représentaient la justice par une balance à la pesée rigoureuse; tandis que, dans la Salle des Deux Vérités dont il vient d'être question, ils utilisaient le mode d'expression précédent et symbolisaient l'homme pesé par la justice; dans un plateau de la balance, le coeur symbolisait l'homme se mesurant au poids de la plume de la vérité placée dans l'autre.

    Il existe une figure hiéroglyphique égyptienne très étrange et qui mérite d'être étudiée par les esprits curieux. Nous ne ferons que l'évoquer en attirant l'attention sur la mine de renseignements précieux contenue dans la méthode que les Egyptiens utilisaient pour figurer leurs conceptions relatives au macrocosme. Parmi les nombreux papyrus qui sont actuellement au British Museum, il y a un dessin représentant un globe soulevé par un scarabée à l'aide de sa tête et de ses pattes antérieures, l'animal lui-même se tenant dressé sur une sorte de piédestal qui comprend certaines divisions et dont l'aspect général ressemble à une section de sablier traversée de lignes horizontales qui se prolongent de chaque côté. Ce piédestal représente la stabilité, mais que signifie ou que cache le tout ? Ceux qui peuvent se contenter de suggestions n'ont qu'à songer au rapport qui existe entre le Soleil et la Terre dans sa révolution le long de son orbite.

    Mais poursuivons notre analyse : le second symbole est le serpent qui se mord la queue. C'est la sagesse et l'éternité. C'est l'éternité qui,  n'ayant ni commencement ni fin, est représentée par le serpent avalant sa queue. Il existe un ancien symbole hermétique semblable à celui-ci, mais où le cercle est formé de deux serpents entrelacés chacun mordant la queue de l'autre. Sans aucun doute, ce symbolisme a trait à la dualité du Tout manifesté; de là ces deux serpents inextricablement entrelacés.

En outre, les écailles des reptiles représentent l'image des facettes du diamant qui symbolisent la diversité infinie des aspects de la sagesse ou de la vérité. Cela n'est pas dû à un manque de cohérence ou de valeur dans la vérité elle-même, mais seulement aux divers points de vue que chaque individu peut saisir au sujet de l'Unique Vérité. Ces facettes réfléchissantes sont les êtres qui composent le macrocosme, chacun ne se développant que jusqu'à un certain degré, et par suite, ne pouvant apprécier et refléter que la dose particulière de sagesse qui lui est échue. En passant mainte et mainte fois par la forme humaine, l'individu développe lentement d'autres pouvoirs variés, et apprécie plus de vérité, de sorte qu'à la longue il s'unit au tout: c'est alors un homme parfait, capable de connaître et de ressentir complètement son union avec le tout. Il a atteint le Yoga le plus élevé. Ainsi, au cours de nos expériences, dans l'histoire et l'ethnologie, nous trouvons des individus, des nations et des races, dont le manque de sensibilité envers certaines idées ou, au contraire, dont le pouvoir de les saisir, ne peuvent s'expliquer autrement que par les doctrines de la réincarnation et de karma. Si ces doctrines ne sont pas admises, on ne peut échapper à une négation vide de sens.

    Il n'est pas nécessaire d'exprimer la dualité de l'Âme Suprême par deux serpents, parce que dans la troisième partie formant également le sceau, cette idée est symbolisée par les triangles entrelacés. Celui dont le sommet est tourné vers le haut est blanc, l'autre est noir avec la pointe dirigée vers le bas. Ils sont entrelacés, parce que lors de sa manifestation, la nature double du Suprême ne se sépare pas en ses parties distinctes. Chaque atome de matière, ou tout au moins ce qu'on appelle ainsi, possède également son atome d'esprit. C'est ce que la Bhagavad Gîta appelle Purusha et Prakriti, et Krishna déclare qu'il est à la fois Purusha et Prakriti, qu'il est le meilleur et le pire des hommes. Ces triangles signifient également "l'univers manifesté". C'est l'un des plus anciens et des plus beaux symboles qui existent; on le retrouve chez toutes les nations, non seulement chez celles qui vivent actuellement, mais aussi sur les monuments, les sculptures et les autres vestiges de grandes races qui nous ont légué ces édifices gigantesques et silencieux - silencieux si l'on considère le son de la voix humaine, mais vibrants de paroles pour ceux qui se donnent la peine d'écouter. Ils semblent remplis d'idées maintenant transmuées en pierres.

    Les triangles assemblés de la sorte forment en leur espace intérieur, une figure plane à six côtés. C'est là le monde manifesté. Six est le nombre représentant le monde, et 666 est le grand mystère qui se rattache au symbole. Saint Jean parle de ce nombre. Autour de ce centre héxagonal, se trouvent les six triangles pénétrant dans le monde spirituel et touchant le serpent de la sagesse où s'inscrit la figure. Dans un livre ancien, la même idée est représentée par la grande tête du Seigneur qui s'élève au-dessus de l'horizon de l'océan de matière, et par les bras levés de manière à constituer la moitié supérieure du triangle tourné vers le haut. C'est le "long visage", qu'on appelle aussi macroprosopus. Au fur et à mesure qu'il s'élève lentement et majestueusement, l'eau tranquille qui s'étend en-dessous, en donne un reflet renversé, ce qui produit le double triangle complet. Le triangle inférieur est généralement sombre et sévère d'aspect, mais en même temps sa partie supérieure est elle-même lumière, car elle est formée par la tête majestueuse de cet Adam Kadmon. C'est ainsi que ces triangles se fondent l'un dans l'autre. Et ceci est un parfait symbolisme car l'image représente nettement la façon dont le jour se fond dans la nuit et le mal dans le bien. En nous se trouvent les deux aspects ou, comme le dit le chrétien Saint Paul, l'homme naturel et l'homme spirituel se combattent constamment si bien que ce que nous voudrions faire nous ne le pouvons pas, ce dont nous désirerions ne pas nous rendre coupables, nous le faisons, poussés par la moitié sombre de notre être. Pour notre part, nous nous sentons incapables de tenter en quelques mots d'expliquer ce grand symbole. Consultez Hermès, Saint Jean, la Cabale, les livres hindous, ce qui vous plaira, et vous découvrirez les sept fois sept significations des triangles entrelacés.

    OM est la syllabe sacrée védique: répétons-la en dirigeant notre pensée vers sa vraie signification. Dans le petit cercle placé sur le serpent, se voit une croix dont les extrémités sont recourbées. On l'appelle Croix Gnostique. Parmi d'autres idées, elle symbolise l'évolution car la courbure de ses pointes est causée par la révolution des deux diamètres du cercle. Le diamètre vertical représente l'esprit descendant qui sectionne en deux la ligne horizontale. Après quoi, la révolution autour du grand cercle commence et ce mouvement est figuré dans le symbole par les extrémités recourbées. Dans le chapitre III de la Bhagavad Gîtâ, Krishna dit: "Celui qui, jouissant coupablement de la satisfaction de ses passions, n'apporte pas sa contribution au maintien de la rotation de la roue ainsi mise en mouvement, celui-là vit en vain". Cela signifie que nous devons aider à faire tourner la grande roue de l'évolution et non nous y opposer; nous devons essayer de contribuer au Grand Oeuvre qui consiste à retourner à la source d'où nous sommes issus et nous efforcer constamment de transmuer la nature inférieure en supérieure et cela non seulement en nous-mêmes, mais aussi chez nos semblables et dans le monde animé tout entier.

    Cette croix est aussi le symbole du chakra hindou ou du disque de Vishnou. Dans le Mahâbhârata, est décrit le conflit entre les Asuras et les Dévas, désireux de s'approprier le vase d'Amrita le nectar d'immortalité issu de l'océan après un laborieux barattement, vase que les Asuras voulaient s'approprier. Le conflit commença lorsque Rahu², un Asura, prenant la forme d'un Deva, se mit à boire l'ambroisie. Dans ce cas, l'Amrita est la sagesse spirituelle, l'existence matérielle, l'immortalité et le pouvoir magique. On découvrit la fraude de Rahu avant qu'il n'ait avalé l'ambroisie et c'est alors que le combat commença.   

    "Au milieu de cette hâte fébrile et de la confusion du combat, Nara et Narayana entrèrent ensemble dans le camp. Narayana voyant un arc céleste dans les mains de Nara, se rappela son chakra, le destructeur des Asuras. L'arme fidèle, prête à l'appel du mental, tomba du ciel avec une vitesse vertigineuse, admirable, mais d'un aspect terrible. Lorsqu'il arriva sur le camp, luisant comme la flamme du sacrifice et répandant la terreur à l'entour, Narayana, ayant courbé son bras droit comme la trompe de l'éléphant, lança l'orbe pesante, le messager rapide, ruine glorieuse des villes ennemies, grondant comme le feu final destructeur, bondissant avec une force dévastatrice, tuant des milliers d'Asuras dans son vol rapide, brûlant et consumant comme le feu ardent, et détruisant tout ce qui voulait s'opposer à lui. Après un temps, il remonta aux cieux d'où il était venu." (Mahâbhârata, Livre I, Chap. 15).

    Ezechiel, chez les Juifs, vit cette roue, alors qu'il se trouvait parmi les captifs près du fleuve Chebar en Chaldée. Dans un vision, lui furent montré les quatre bêtes et l'homme de l'Apocalypse et avec eux, "pour chacune des quatre figures", il y avait une roue de la couleur d'un béryl; elles formaient "comme une roue dans une roue" et elles suivaient partout les créatures vivantes, "car l'esprit des créatures vivantes était dans les roues". Tout ceci lui parut effrayant car il dit: "Et quand ils partirent, j'entendis un bruit, comme le bruit des grandes eaux, comme la Voix du Tout-Puissant, un bruit de tumulte comme le bruit d'une armée."

    Beaucoup d'autres significations sont cachées dans ce symbole comme dans tous les autres.

       Au centre des triangles entrelacés, se trouve la croix ansée. Celle-ci est aussi extrêmement ancienne. On la retrouve fréquemment dans les anciens papyrus égyptiens. Elle représente la vie. Lorsque Isis se tient devant le candidat, ou l'âme, à son arrivée, elle tient dans une main cette croix, tandis que le candidat lève la main pour ne pas regarder son visage. Dans un autre papyrus, on voit une figure ailée dont les ailes sont attachées aux bras et, dans chaque main, on trouve la même croix. Entre autres choses, nous voyons ici à nouveau les deux diamètres, horizontal et vertical, mais cette fois unis au cercle qui est placé au-dessus d'eux. Ce symbole est identique à l'ancien signe astrologique de Vénus. Mais dans le sceau, sa signification principale et la plus importante se rapporte à l'homme régénéré. Ici, au centre, après avoir traversé les différents degrés et cycles, l'esprit et la matière sont unis dans l'homme intelligent et régénéré qui se tient au milieu, connaissant toutes choses dans l'univers manifesté. Il a triomphé de la mort et tient en main la croix de vie.

    Le dernier symbole théosophique est constitué par l'épingle de la Société, adoptée dans les premiers temps de son histoire, mais fort peu employée maintenant. Elle est constituée de la croix que nous venons d'examiner, et d'un serpent enroulé autour d'elle de manière à former le monogramme T.S.

    Ce qui précède n'épuise pas le sujet. Tout symbole doit avoir sept significations importantes, et chacun de ceux que nous avons étudiés peut donner lieu à ce nombre d'interprétations. Il serait utile d'en faire une étude intelligente, car lorsqu'on médite sur un symbole réel, incarnant plusieurs conceptions, l'idée seule de ce symbole suggère immédiatement dans le mental toutes les pensées qui s'y rapportent.

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Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /Mars /2010 09:41

 L'idée est avancée ici qu'une étude impartiale de l'histoire, de la religion et de la littérature montrera l'existence, remontant aux temps anciens, d'un grand corps de doctrine philosophique, scientifique et éthique, formant, dans ces domaines, la base et l'origine de toutes les conceptions similaires des systèmes modernes. C'est une doctrine à la fois religieuse et scientifique, affirmant que la religion et la science ne devraient jamais être séparées. Elle présente de sublimes enseignements religieux et idéalistes, mais, en même temps, fait valoir que tout ce qu'elle contient peut être démontré à la raison et qu'il n'y a pas de place pour d'autre autorité que celle-ci. Ainsi est écartée l'hypocrisie qui consiste à affirmer des dogmes en invoquant une autorité dont personne ne peut démontrer qu'elle repose sur la raison. Ce corps de doctrine archaïque est connu sous le nom de " Religion-Sagesse " et a toujours été enseigné par ses adeptes, ou ses initiés, qui la préservent à travers les âges. En se basant sur cette Religion-Sagesse et sur d'autres doctrines démontrées, on arrive à la conclusion que l'homme, étant esprit et de nature immortelle, peut perpétuer ce qui constitue le véritable aspect de sa vie et de sa conscience. Ceci a été réalisé de tout temps par les êtres appartenant à la plus haute élite de la race humaine, membres d'une noble et antique fraternité qui se consacrent au développement de l'homme du point de vue de l'âme, ce qui, pour eux, implique l'ensemble des processus d'évolution sur tous les plans. Les initiés, étant liés par la loi de l'évolution, doivent travailler avec l'humanité, dans la mesure où le permet son développement. Aussi, d'âge en âge, promulguent-ils inlassablement la même doctrine, qui s'obscurcit périodiquement chez les diverses nations et dans les différentes parties du monde. Telle est la Religion-Sagesse, et ils en sont les gardiens. À certains moments, ils se présentent aux nations comme de grands Instructeurs, ou comme des " Sauveurs " , qui ne font que promulguer à nouveau les anciennes vérités et le système éthique du passé. Cette Religion-Sagesse affirme que l'humanité est capable d'un perfectionnement illimité, à la fois en qualité et dans l'échelle du temps, ces Sauveurs et Adeptes-initiés étant présentés comme des exemples illustrant cette possibilité.

    C'est de cette fraternité d'hommes parfaits, vivants et actifs à l'heure actuelle, que H.P. Blavatsky a déclaré avoir reçu les directives pour présenter, une fois de plus, les idées de jadis. De ces Sages, elle a reçu également un certain nombre de clefs qui permettaient de déchiffrer les doctrines anciennes et modernes, mais qui avaient été perdues au cours des luttes du monde moderne en marche vers la civilisation. Ils lui communiquèrent aussi certaines doctrines réellement très anciennes mais entièrement nouvelles pour l'époque présente, sous une forme exotérique quelconque ; elle les a fait connaître dans ses écrits, parmi d'autres clés, à ses compagnons et au grand public. Ainsi, outre le témoignage de tous les temps, trouvé dans les annales de toutes les nations, nous recevons ici cette affirmation moderne, explicite, que l'ancienne fraternité d'Adeptes - toujours attentifs au bien de l'homme et dépositaires de la connaissance - existe toujours sur cette terre et se préoccupe du développement de la race humaine.

    La Théosophie postule un principe éternel appelé " l'Inconnu " , qui ne peut jamais être appréhendé comme un objet de connaissance, si ce n'est à travers les manifestations qui en émanent. Ce principe éternel est en toute chose et en tout être - il est toute chose et tout être. Périodiquement - et dans l'éternité des temps - il se manifeste puis se retire de la manifestation. Dans ce flux et ce reflux, l'évolution se poursuit, et elle-même constitue le progrès de la manifestation. L'univers que l'on perçoit est la manifestation de cet Inconnu, aussi bien comme Esprit que comme Matière, l'un et l'autre n'étant, pour la Théosophie, que les deux pôles opposés du principe unique inconnu. Ils coexistent et ne sont ni ne peuvent être séparés l'un de l'autre, ou, comme le disent les écritures hindoues, il n'existe aucune particule de matière sans esprit, ni aucune particule d'esprit sans matière. En se manifestant, l'Esprit-Matière se différencie selon une échelle descendante, sur sept plans, de densité croissante, jusqu'à celui que perçoivent nos sens, la substance y étant toujours essentiellement la même mais ne différant qu'en degré d'un plan à l'autre. Ainsi compris, l'univers entier est vivant, aucun de ses atomes ne pouvant d'aucune façon être considéré comme mort. Il est également conscient et intelligent, sa conscience et son intelligence étant présentes sur tous les plans, bien qu'obscurcies au niveau le plus bas. Sur le plan qui est le nôtre, l'Esprit vient à se focaliser dans tout être humain qui le lui permet, par un choix délibéré, mais le refus de cette possibilité est la cause de l'ignorance, du péché, de toute misère et de toute souffrance. Dans tout le cours des temps, certains êtres ont atteint cet état élevé et sont devenus, par leur développement, semblables à des Dieux ; ils participent activement à l'œuvre de la Nature et continuent, de siècle en siècle, d'élargir le champ de leur conscience et d'étendre la portée de leur maîtrise dans le gouvernement de la Nature. Telle est la destinée de tous les êtres ; c'est pourquoi la Théosophie, qui postule au départ la perfectibilité de la race humaine, rejette l'idée d'une perversité innée, sans possible régénération, et propose un sens à la vie et un but qui soit en harmonie avec les désirs ardents et la nature réelle de l'âme, et tende, en même temps, à détruire le pessimisme avec le désespoir qui l'accompagne.

    Selon la Théosophie, le monde est le produit de l'évolution issue du principe éternel ; partant des toutes premières formes de vie les plus inférieures, elle est guidée, au fil de son progrès, par des entités intelligentes pleinement développées, provenant d'autres évolutions plus anciennes. Ce monde inclut aussi les Ego, ou esprits individualisés, qui sont la raison d'être de son émanation et y participent activement. Ainsi, l'homme, tel que nous le connaissons, est considéré comme un esprit conscient - la fleur de l'évolution - avec d'autres classes moins élevées d'entités conscientes ; celles-ci, bien que moins avancées que lui, dans les règnes inférieurs où elles se trouvent, progressent toutes néanmoins, dans le sens ascendant, et sont destinées un jour à atteindre notre stade humain actuel, alors que nous aurons gagné nous-mêmes un niveau supérieur. Du fait de sa plus grande perfection, la conscience de l'homme est capable de passer de l'un à l'autre des plans de différenciation mentionnés. Si, par erreur, il prend l'un ou l'autre de ces plans pour la réalité qu'il est dans son essence, il s'égare dans l'illusion ; le but visé par l'évolution est donc de lui donner la complète conscience de soi, afin qu'il puisse accéder à des degrés plus élevés dans la progression de l'univers. Une fois atteint le stade humain, il doit, par son évolution, gagner de l'expérience, tout en contribuant à élever et purifier les divers plans de matière avec lesquels il a affaire, de telle sorte que la voix de l'esprit puisse être pleinement entendue et comprise.

    L'homme est un être religieux, étant un esprit enfermé dans la matière - laquelle est, pour sa part, spirituelle en essence. Pour entrer en contact avec tous les plans de la Nature que comporte l'évolution, cet homme - qui est esprit - a besoin de véhicules ; et ce sont ces véhicules qui font de lui un être complexe et composite, sujet à l'erreur mais, en même temps, capable de s'élever au-dessus de toutes les illusions et de conquérir le plus haut sommet. Il est une image en miniature de l'univers car, en tant qu'esprit, il se manifeste à lui-même au moyen de sept différenciations. Pour cette raison, il est décrit en Théosophie comme un être septuple. Si l'on se limite à une division triple de l'homme, la division chrétienne (qui comprend corps, âme, esprit) est exacte en soi, mais elle ne saurait répondre aux problèmes de la vie et de la Nature, à moins d'admettre — ce qu'elle ne fait pas — que chacune de ces trois divisions est à son tour divisible, en permettant ainsi d'obtenir un total de sept principes [qui sont indiqués comme il suit]. L'Esprit se tient seul au sommet, puis vient l'âme spirituelle, ou Buddhi, comme on l'appelle en sanskrit. Buddhi est, parmi tous les autres principes, celui qui participe le plus de l'esprit, et il est relié à Manas — le mental en sanskrit. Ces trois principes constituent, chez l'homme, la véritable trinité, l'aspect impérissable, l'entité pensante réelle, qui vit sur terre dans d'autres véhicules, plus denses, servant à son évolution. En dessous de cette trinité, par ordre de qualité, se trouve le plan des désirs et des passions qui est partagé avec le règne animal ; ce plan, dénué d'intelligence réfléchie, produit l'ignorance découlant de l'illusion. Il est à distinguer de la volonté et du jugement et doit, par conséquent, avoir sa place dans cette classification. Sur notre plan terrestre se trouve la vitalité brute, qui se manifeste non comme esprit, dont elle tire son essence, mais comme énergie et mouvement. Étant commune au monde objectif tout entier, et pénétrant partout, elle doit avoir aussi sa place dans cette classification ; la part de cette vitalité que l'homme utilise est abandonnée à la mort du corps. Pour finir, avant le corps objectif, il y a encore le modèle, ou le double, de l'enveloppe physique extérieure. Ce double est le corps astral, appartenant au plan astral de matière, moins dense que les molécules physiques, mais d'une texture plus ténue et plus résistante, et susceptible d'une plus longue durée. C'est le modèle original du corps ; il permet aux molécules physiques de se disposer et d'apparaître objectivement sur ce moule qui les laisse aller et venir, jour après jour, suivant le processus que l'on connaît, tout en conservant cependant au corps la forme et le modelé définis que leur assigne le double astral intérieur. Ces quatre enveloppes ou principes inférieurs [désirs, vitalité, corps astral et corps physique] constituent la partie transitoire, périssable, de l'homme et non l'homme lui-même ; ils forment, à tout point de vue, l'instrument qu'il utilise, qui est abandonné à l'heure de la mort comme un vieux vêtement, et se trouve reconstruit à chaque nouvelle naissance avec les matériaux du grand réservoir de la Nature. C'est la trinité permanente qui, comme il a été dit plus haut, constitue l'homme réel, le penseur, l'individualité qui passe de demeure en demeure, en acquérant de l'expérience à chaque nouvelle naissance, tout en goûtant plaisir et souffrance suivant le mérite de ses actions. C'est là l'homme qui se trouve au centre [de cet ensemble complexe, comme une unité] : l'âme-esprit vivante.

    Cet homme spirituel, qui a toujours existé et est intimement impliqué dans l'évolution, est soumis entièrement à la loi de cause et d'effet, du fait qu'en lui-même il est précisément cette loi ; la présence même de cet homme, qui, par ailleurs, apparaît sur notre plan comme disposant d'une force de caractère, de capacités et d'opportunités dans la vie très différentes, tout cela demande à être expliqué, ainsi que la raison de ces différences. C'est la doctrine de la réincarnation qui fournit toutes les réponses. Elle peut se traduire comme il suit : l'homme, considéré comme penseur, composé d'âme, mental et esprit, occupe des corps successifs, vie après vie sur la terre, qui est la scène de son évolution et où il doit, en obéissant aux lois mêmes de son être, aller jusqu'au bout de cette évolution une fois qu'elle a commencé. Dans chacune de ses existences, il est connu des autres hommes sous les traits d'une personnalité, mais, dans toute l'immensité de l'éternité, il demeure un individu unique porteur en lui-même d'un sentiment d'une identité, indépendante d'un nom, d'une forme ou du jeu de la mémoire.

     Cette doctrine est le fondement même de la Théosophie, car elle explique la vie et la Nature. Elle constitue un aspect de l'évolution, car réincarnation signifie réincorporation, et comme l'évolution ne pourrait se poursuivre sans réincorporation, elle est l'évolution elle-même, dans son application à l'âme humaine. Mais c'est aussi une doctrine qui a eu cours à l'époque que l'on assigne à la vie de Jésus et elle fut enseignée aux premiers temps du christianisme. Aujourd'hui, elle est tout autant nécessaire à cette religion qu'à toute autre pour expliquer les textes, réconcilier la justice de Dieu avec l'aspect brutal et implacable de la nature et de l'existence pour un grand nombre de mortels, et jeter une lumière accessible à la raison sur tous les problèmes qui nous tourmentent dans notre voyage à travers ce monde. La différence immense — et injuste, si l'on adopte toute autre doctrine — qui existe entre celui qu'on appelle " sauvage " et l'homme civilisé, du point de vue capacités, caractère et opportunités dans la vie, ne peut être comprise qu'avec cette doctrine ; et, dans notre société, les différences du même genre ne peuvent s'expliquer que par la réincarnation. Elle réhabilite la Nature et Dieu et purifie la religion de la souillure dont l'ont entachée les êtres humains en postulant des croyances dépeignant le créateur comme un démon. La vie et le caractère de chaque homme sont le résultat de ses existences et de ses pensées antérieures. Chaque être est son propre juge, son propre bourreau, car c'est sa propre main qui forge l'arme qui va œuvrer à sa punition, et chacun, par sa propre vie, gagne la récompense à venir et s'élève à des sommets de connaissance et de puissance pour le bien de tous ceux qui peuvent être laissés après lui. Rien n'arrive par hasard, par faveur ou d'une façon partiale, mais tout est placé sous le règne de la loi. L'homme est un penseur, et par ses pensées, il crée les causes qui produiront malheur ou félicité ; car ce sont ses pensées qui produisent ses actes. Il est le centre d'où provient toute perturbation de l'harmonie universelle et c'est à lui, le foyer initial, que doit retourner la perturbation de manière à rétablir l'équilibre, car la Nature œuvre toujours dans le sens de l'harmonie. L'homme poursuit sans cesse une série de pensées, qui remonte au lointain passé, en produisant continuellement action et réaction. Il est ainsi responsable de toutes ses pensées et de tous ses actes : en cela, sa complète responsabilité se trouve établie ; son propre esprit est l'essence de cette loi et pourvoit sans cesse à la compensation qui convient à toute perturbation, et assure l'ajustement de tous les effets. Telle est la loi de karma ou de justice, appelée parfois la loi éthique de causalité. Elle n'est pas étrangère aux écritures chrétiennes, car Jésus et Saint Paul l'ont tous deux clairement énoncée. Jésus a déclaré que nous serions jugés de la façon dont nous aurons jugé, et que nous serions mesurés à l'aune dont nous aurons mesuré les autres. Et saint Paul a dit : " Frères, ne vous abusez pas ; on ne se moque point de Dieu, car ce que l'homme sème il le récoltera aussi " [Galates, VI, 7].  II n'est possible de semer et de récolter de la sorte que si l'on adopte les doctrines de karma et de réincarnation.

    Que dire maintenant de la mort et de l'au-delà ? Le ciel est-il ou non un lieu ? La Théosophie enseigne, conformément à tous les textes sacrés, qu'après la mort l'âme gagne un état de repos. Ceci provient de sa propre nature. L'âme est un penseur et pendant la vie elle ne peut réaliser et mettre à exécution toutes les myriades de pensées qu'elle nourrit, ni même une infime partie de ces pensées. Aussi, après la mort, lorsqu'elle a rejeté le corps et le corps astral et qu'elle se trouve libérée de l'emprise des passions et des désirs, ses forces naturelles s'expriment immédiatement, et elle conçoit ses pensées sur son propre plan, revêtue d'un corps d'une texture plus fine que les précédents, convenant à cet état d'existence. Cet état est appelé " devachan " . C'est là précisément l'origine des descriptions du Ciel communes à toutes les religions, mais cette doctrine est très clairement exprimée dans le bouddhisme et l'hindouisme. Cet état correspond à une période de repos, car, en l'absence du corps physique, la conscience ne se trouve plus dans le rapport étroit avec la nature visible qu'elle pouvait avoir sur le plan matériel. C'est cependant un état d'existence réel, et pas plus illusoire que la vie sur terre ; c'est là que s'épanouit l'essence des pensées de l'existence, dans ce qu'elles avaient de plus élevé - selon ce que permettait le caractère de l'homme incarné - et qu'elle se trouve emmagasinée par l'âme et le mental. Lorsque la force animant ces pensées est complètement épuisée, l'âme est entraînée à nouveau vers la terre, vers le milieu qui correspond suffisamment à sa nature pour lui permettre de poursuivre convenablement son évolution. Ces alternances entre des états successifs se poursuivent jusqu'à ce que l'homme, par des expériences répétées, se libère de l'ignorance et réalise en lui-même l'unité effective de tous les êtres spirituels. Alors, il accède à des degrés plus élevés et plus universels, sur le chemin de l'évolution.

    La Théosophie ne présente pas une éthique nouvelle, car, pour elle, la véritable éthique est la même pour toujours. Mais, dans les doctrines de la Théosophie, nous trouvons les bases raisonnables et philosophiques qui fondent l'éthique et incitent, d'une façon naturelle, à la mettre en pratique. La Fraternité Universelle sera réalisée en agissant envers les autres comme vous voudriez qu'ils agissent envers vous, et en aimant votre prochain comme vous-mêmes. Telle est la voie déclarée comme bonne et juste par tous les instructeurs des grandes religions du monde.

 

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