Planches

Mardi 2 septembre 2014 2 02 /09 /Sep /2014 07:36

Cette planche s'intitule Feu, Fer, Forge, car cette trilogie a pris une grande place dans ma vie, tant sur un plan pratique et opératif, que symbolique, voici près de 15 ans, et grâce à laquelle j'ai le plaisir de me trouver parmi vous ce soir, puisque c'est bien grâce au feu et à la forge que la Maçonnerie m'a un jour tendu les bras.

La forge m'ayant souvent amené à me dire que je refaisais des gestes accomplis à l'identique par les forgerons depuis des millénaires, j'ai eu envie de me replonger dans le passé, mais ce passé s'il remonte à un peu plus de 3000 ans pour le travail de forge du fer, à près de 5000 ans pour le bronze, remonte à près de 500 000 ans pour que les hommes et le feu commencent leur histoire commune. Et quelques relectures récentes comme "la guerre du feu" de Rosny aîné, et "pourquoi j'ai mangé mon père" de Roy Lewis m'ont amené à voir avec d'autres yeux. Mais avant de commencer, lequel d'entre nous n'a jamais été fasciné devant le spectacle d'un feu de cheminée, par le travail d'un forgeron devant le blanc éblouissant du feu de forge, et l'éclat du métal rougeoyant ?
Depuis toujours, le feu nous fascine, nous hypnotise, et je me dis que si nous, avec une culture technique et scientifique ressentons encore ces émotions, qu'en a-t-il été il y a des milliers de siècles....

Alors si vous le voulez bien, fermez un instant les yeux, vous qui me lisez, et accompagnez-moi dans un voyage, que j'espère un peu initiatique : car ce soir, ce n'est pas un Franc-Maçon de la Grande Loge de France au début du XXIème siècle, un peu forgeron à ses heures, qui va vous parler du feu, mais un homme, non, un hominien, enfin un de ces êtres, il y a près de 500 000 ans, pas encore tout à fait un homme, et plus vraiment tout à fait un singe, un de nos ancêtres, qui vivait, nu, quelque part, sur le continent Africain, dans des conditions d'existence terriblement difficiles.
Notre ancêtre à tous, et déjà notre frère.
Pour lui, l'Univers se résumait à un concept : la survie; il possédait déjà peut-être en guise de vocabulaire quelques mots, enfin quelques grognements, et Teilhard de Chardin disait de lui : "Il est entré sans bruit sur la scène du monde. Mais il couvre l'Ancien Monde... Déjà certainement, il parle, il vit en groupe. Et déjà, il fait du feu..."
Trois points marquent et différencient cet homme :
- Son intelligence, qui entre autre lui permet de fabriquer...
les premiers outils.
- Ensuite le rire, propre de l'homme, d'après Bergson.
- Enfin la maîtrise du feu "signe éblouissant des hommes"
Pour cet homme déjà intelligent mais craintif, le monde qui l'entoure, pour son esprit encore fruste, pas encore analytique, n'est que symbole, peur et incompréhension, émerveillement, violence et mort, vivre ou être tué, manger pour survivre, ou être mangé... Et le monde alentour se résumait à peu de choses, la terre qui le portait et le nourrissait, l'eau pour boire, le vent dont il ne savait pas encore qu'il était fait d'air, et le plus terrible de tout ces symboles : le feu...

Cette chose vivante, terrifiante, rouge et orange, magique et rugissante, effrayante, fruit du courroux des Dieux d'en haut quand il tombait du ciel lors des orages, ou fruit de la colère des Dieux d'en bas quand la montagne se mettait à cracher du feu, symbole d'une bête vivante, et bien qu'immatérielle, aux dents terribles et à la morsure atrocement douloureuse, à l'appétit féroce et qui détruisait tout leur univers quand elle se mettait à courir plus vite qu'un cheval au galop, et qu'elle dévorait tout sur son passage, hommes, bêtes, arbres... Et cet homme a du se dire un jour que si tous les animaux étaient aussi effrayés que lui devant le feu, s'il pouvait maîtriser, apprivoiser cette bête, ce pourrait être un moyen de protéger sa horde des animaux sauvages...
Qu'a dû penser cet homme, qui déjà cherchait à domestiquer le feu, a-t-il voulu défier les Dieux tel Prométhée ?
La conquête du feu symbolise déjà le courage et l'intelligence qui lui permirent de surmonter sa peur.
Car cet Homo Prométhéus s'en alla un beau jour dérober le feu aux Dieux, découvrit qu'en plongeant un bâton dans ce feu, il pouvait en voler un peu et le rapporter dans sa grotte, il apprit à l'entretenir, à le nourrir, et miracle, les bêtes fauves qui la nuit venaient s'attaquer aux petits, aux malades, aux plus faibles se tenaient désormais respectueusement à distance. Pour ces hommes il devint rapidement symbole de sécurité, de vie, et de chaleur, vénéré tel un Dieu, et la nuit qui était si froide, les obligeant à se tenir pelotonnés les uns contre les autres, la nuit se réchauffait grâce au feu, et plus extraordinaire encore, les ténèbres, si sombres et si effrayantes étaient vaincues : l'homme en domestiquant le feu... venait de découvrir...
la Lumière... quelle magnifique initiation et quelle a dû être leur émotion...
Vous venez d'assister en direct à ce qui fût probablement la première cérémonie initiatique de l'histoire de l'humanité, vraie dans sa simplicité, émouvante dans sa grandeur quand le bandeau des ténèbres est tombé, fraternelle dans cette communion des hommes, femmes et enfants réunis autour du feu, par une véritable chaîne d'union...
A-t-il ressenti peut être en se brûlant ou en mettant le feu autour de lui, ce qu'ont pu éprouver les Rutherford et les Curie, Einstein et Oppenheimer perçant les secrets de la matière, et les premiers physiciens atomistes de Los Alamos en 1945, découvrant la puissance monstrueuse du feu de l'atome... et se disant ensuite devant leur boîte de Pandore : "Mon Dieu, qu'avons-nous fait ?"
Ce qui devint certainement un rite magique et religieux leur permettait d'empêcher la mort du soleil, la permanence du feu assurait leur protection, leur sécurité et les faisait peut-être déjà rêver d'immortalité... car l'animal le plus faible de la savane, ce petit être si peu protégé par une peau fragile, un maigre pelage, aux ongles et aux dents quasiment inutiles, à la vitesse de course ridicule, ce petit prédateur malingre et chétif se mua d'un coup en seigneur et maître de la brousse et de la savane, le chassé devint chasseur, la proie devint le plus grand des prédateurs.
La possession du feu venait de lui apporter le pouvoir, toute la puissance du monde, et allait lui permettre de dominer toutes les autres créatures de l'univers... et l'Univers lui-même... Peut-être est cette communion avec l'harmonie universelle que nous revivons lors de nos tenues, quand nous recréons un nouveau monde, sacré, par la montée de la Lumière... Il est vrai que les rites initiatiques redonnent en général au feu une importance ancestrale de purification et de rapprochement avec le cosmos que nos sociétés modernes ont peut être perdu...
Et de ce jour, au lieu de se blottir dans l'effroi dès la tombée du jour, ils se regroupèrent autour du feu le soir, la vie sociale naissait et avec elle le développement du langage, car je me plais à imaginer que l'homme a dû éprouver le besoin de communiquer le soir autour du feu... Education des jeunes, apprentissage, partage des connaissances, premiers mots d'amour peut-être... au coin du feu, déclarer sa flamme à celle que l'on aime...
La Lumière... symbole de la Vie, cette vie très vite il éprouva le besoin de la représenter sur un support, les parois de pierre de ses cavernes, représentation de la vie, de la chasse, de son monde... le feu était devenu Lumière, la Lumière éclairant le fond de la grotte était devenue mère de l'Art, et probablement la représentation artistique fut-elle ainsi la mère de sa spiritualité... La Lumière donna ainsi naissance à la Beauté...
Sécurité, chaleur, protection et lumière, pensée symbolique et artistique, l'homme commençait ainsi à goûter à ce qui allait lui devenir le plus cher : la liberté.
Un jour il ramassa une bête tombée par accident dans le feu ou victime d'un incendie de forêt, ça sentait bon, il goûta et en apprécia le goût et surtout la facilité extraordinaire pour mastiquer par rapport à la viande crue, il venait d'inventer la cuisson des aliments... et la nouvelle cuisine, car les aliments cuits se digéraient mieux que crus, et peut-être maintenant mieux nourri, vécut-il plus longtemps en meilleure santé, et put-il ainsi développer son intelligence, son esprit, curieux et inventif... et ce feu maintenant de plus en plus domestiqué et dompté, symbole de progrès et d'évolution, lui donna la puissance, la maîtrise du monde... mais peut-être aussi déjà le commencement de la folie des hommes, Force, Beauté, oui, mais peut-être pas Sagesse... (science sans conscience, dira-t-on plus tard...) et d'après Joseph Rosny Aîné, la première guerre des hommes a été... la guerre du feu... Un véritable voyage initiatique, série d'épreuves, et la quête du feu y était assimilée à une véritable lutte du bien contre le mal... entre le héros et ses adversaires, ou ses frères félons, mauvais compagnons retrouvés dans ce récit. Mais en regardant entre les lignes, le bien et le mal sont liés dans le feu...
La civilisation vient de prendre naissance, et ce symbole de progrès, déjà si ambivalent, peut se muer très facilement et rapidement en symbole de destruction... Il est la vie, mais il est la mort. Il éclaire, mais il aveugle aussi. Il cuit la nourriture, mais il brûle, il sert aussi à durcir la pointe des épieux de bois et des flèches, comme plus tard on trempera l'acier des armes, et les armes de chasse s'améliorant, la capture du gibier devint plus aisée, on pouvait s'attaquer à ceux dont la peau résistait, le gibier devenait abondant, le feu permit ainsi de ne plus avoir faim. Mais si l'industrie de la chasse s'améliore, l'industrie de la guerre ne va pas tarder à naître, et rapidement l'instinct de l'homme, instinct de possession, de territorialité, la défense du feu et de la tribu va amener les premiers affrontements humains, et les armes qui servaient à manger... et à se protéger... vont bientôt commencer à servir à tuer des hommes...
Revenons un instant, et gardez encore un peu les yeux clos, asseyez vous là, autour du feu parmi la horde, la horde devenue tribu maintenant depuis des lunes et des lunes et des lunes grâce à la protection du feu, et regardez là en face, celui qui taille des silex, ces pierres, dures, qui servent à dépecer les animaux, à racler la terre, à cueillir des fruits, à fixer au bout des lances, à couper des branches pour allumer le feu...
Vous allez assister à ce qui fût probablement le moment initiatique le plus fort de l'histoire de l'humanité, comparable au moins à la découverte de l'atome et pensez simplement à celui qui un jour eût l'idée ingénieuse et extraordinaire de comparer ces petites lueurs qui apparaissaient au bout d'un silex percuté avec une autre pierre (de la marcassite en général, contenant du minerai de fer) de les comparer au feu allumé à l'entrée de la grotte, ce feu qu'il fallait entretenir et nourrir, question de vie ou de mort, tout le monde n'ayant pas un orage ou un volcan à sa disposition immédiate... et qui réalisa que ces petites choses rouges au bout des silex, en tombant dans de la paille ou des feuilles sèches ... pouvaient démarrer un feu... dans l'esprit de celui qui le premier a fabriqué du feu, l'exaltation, l'émotion ont dû porter son âme au niveau des Dieux, dont il n'aurait plus à dépendre pour devenir leur égal, et pourquoi pas d'ailleurs envisager de les supplanter... D'ailleurs l'histoire nous rappelle que Zeus n'a pas vraiment aimé les exploits de Prométhée et qu'il le lui fit bien savoir... Mais quel plus beau symbole pour nous Franc-Maçons, que l'homme tirant le feu et la Lumière des pierres ... Pour nous, il a été le premier des alchimistes... communiant avec la matière et l'univers ...
Le pouvoir, la puissance, la domination, et l'orgueil venaient de naître au bout des doigts et de deux cailloux, et pour peu qu'il ait gardé pour lui ce secret, le maître du feu devenait le maître de la horde... le maître du monde... le premier tyran de l'histoire...
Par ailleurs la protection qu'apportait le feu impliquait sa possession et son entretien permanent sous peine de redevenir l'un des animaux les plus faibles de la nature, à nouveau à la merci des grands fauves. L'entretien du feu impliquait une présence permanente au foyer, le déplacement était périlleux, et le transporter entraînait le risque de le perdre ou de le voir mourir... Mais à partir de l'instant où le feu devenait productible à volonté, l'éloignement devenait possible en toute sécurité, et si la possession du feu symbolisait la liberté de la horde sur son territoire, sa fabrication amena la liberté dans l'espace, l'homme pût voyager, s'éloigner, acquérir la connaissance d'autres lieux, d'autres êtres, d'autres civilisations... La production d'une flamme en fît ainsi le symbole de l'ouverture sur le monde. Peut être le passage de l'ésotérisme à l'exotérisme ...
Il est ainsi le symbole du génie de l'homme qui a su passer de la terreur du feu à son observation, puis à la compréhension des avantages qu'il pourrait en retirer, pour en arriver à s'en emparer et enfin à le produire lui-même.
Car l'homme, ternaire achevé, d'après Guy PIAU, se composerait de trois éléments, trois principes : le corps, l'âme et l'esprit. Le corps est né de la terre, à laquelle on peut logiquement rajouter l'eau, il est donc l'élément matériel, la substance au sens étymologique du terme, et le siège des sensations. L'âme serait née du ciel, de l'air donc, elle est l'élément animique, sensibilité et sentiments... L'esprit lui serait né de l'Esprit Saint, du feu, il est intelligence, pensée, idée ... L'âme anime le corps et l'esprit l'éclaire. Ainsi en produisant le feu, l'homme s'est accompli dans sa totalité, il a achevé lui-même sa création.
Revenons un instant sur le feu et ce qu'il représente, car nul symbole ne semble aussi ambivalent : le feu réchauffe, éclaire, protège, mais peut aussi brûler, tuer, tout dévorer sur son passage, expression de la colère de la nature, foudre ou lave, ou de la folie des hommes. Le bien-être et la vie d'un côté, la souffrance et la mort de l'autre. Il est flamme divine, symbolisée par l'Esprit Saint, le Buisson Ardent apparu à Moïse, mais il est également les flammes vengeresses de l'Enfer, symbole de la punition. Il est purificateur, mais aussi châtiment. Il est le symbole du foyer, vénéré dans la Rome antique par les Vestales, symbole de vie au solstice à la Saint-Jean, hommage sacré dans nombre de cultures, anciennes ou modernes, les Egyptiens de l'Antiquité le vénéraient comme ils vénéraient le soleil, il est l'âme de notre Soldat Inconnu, symbole du héros et du martyr anonyme, il est le symbole du début des travaux et de la vie en Loge, et il est, des quatre éléments de notre tradition symbolique ... le seul que nous sachions produire... Et par parenthèse, le seul contre lequel nous ayons dû lever une armée, et oui, pour le combattre, en créant les pompiers... les soldats du feu. Pas besoin de soldats de la terre, de l'air ou de l'eau...

Et s'il est de tous temps chaleur et lumière, vie et force, énergie et puissance, il est aujourd'hui le premier outil de nos industries, le moteur de nos voitures, la flamme du serment Olympique, le laser qui rend la vue en recollant une rétine et permet de retrouver la lumière, mais, détourné de son utilisation pacifique par les hommes, il est aussi bûcher de l'Inquisition, horreur à Verdun ou Stalingrad, Dachau ou Auschwitz, Hiroschima et Nagazaki, bêtise ou faiblesse humaine à Tchernobyl ou à Toulouse, et démence criminelle en septembre 2001 à New York... il est ainsi le symbole absolu du pouvoir, de la force de l'homme et de son absence fréquente d'humilité et de sagesse, et comme tous les symboles il n'est que ce que nous en ferons. Voyez ces deux tours gigantesques, joyaux d'architecture et symboles de la puissance, et peut-être de la démesure de l'homme, réduites en cendres dans une apocalypse de fer et de feu...
Le feu a permis à l'homme de survivre puis de vivre, puis d'explorer le monde, puis de s'y adapter, et enfin de le dominer. Il est notre chemin en humanité, et il est notre devenir. Car d'une manière ou d'une autre, le feu détruira notre monde : si nous restons sages, notre étoile, le soleil, devenu une géante rouge s'embrasera dans environ 3,5 milliards d'années, et engloutira notre Terre et tout notre système solaire, tout notre univers, dans une gigantesque apocalypse de feu cosmique. Et si nous ne sommes pas restés sages, nous aurons largement devancé le soleil et accompli son travail bien avant lui. Le feu qui donna à l'homme la domination sur le monde lui donna aussi le pouvoir de se détruire. Il nous rappelle ainsi de temps en temps à l'ordre, ayons donc la sagesse de l'écouter.
Et pensons nous, amis lecteurs, nous qui allons dîner tout à l'heure sans songer que nos aliments ont été cuits sur une plaque à gaz à allumage piézo-électrique ou peut être même une plaque à induction, nous qui allons pour certains craquer une allumette ou utiliser un briquet pour allumer une cigarette, pensons nous à ce que ce geste si anodin aurait pu représenter pour les hommes pendant des centaines de milliers d'années, et jusqu'à une époque très récente, et encore de nos jours pour une partie de l'humanité, un simple briquet serait un objet presque magique, un trésor sans prix... et nous : "t'as du feu...?" et même pour finir et changer de symbole, nous représentons nous le trésor inimaginable pour une plus grande partie de l'humanité encore, que constitue un simple robinet d'eau pure ... Le feu devient ainsi le symbole de notre richesse, tout comme l'eau, symboles bien mal partagés de nos jours, mais en fin de compte, nous qui les possédons tous, l'air que nous polluons et la terre que nous salissons, nous ne prenons pas soin de nos quatre symboles de base ...
Difficile alors de ne pas penser qu'allumer un feu de cheminée ou me servir un verre d'eau sont des gestes qui devraient nous ramener à l'humilité.

Source : www.ledifice.net

Par E\ V\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 10:28

La planche qui me vaut l’honneur d’être devant vous ce midi a pour thème « Le Bon sens en ce 21ème siècle ». J’aimerai voir avec vous ce qu’il est fondamentalement ce « bon sens » et vers quoi il peut nous mener en ce siècle qui commence :
Rappelons tout d’abord ce que Descartes dit du Bon Sens : Il serait la puissance de bien juger et distinguer le vrai d'avec le faux. Il s’appellerait indifféremment « bon sens », « raison » et même « évidence ».
De plus, il faut souligner que cette notion de sens commun se rapporte à une forme de connaissance regroupant les savoirs socialement transmis et largement diffusés dans une culture donnée : tels que les normes, les valeurs, et symboliques.
Ce bon sens ou « raison » est alors à imaginer en dehors des platitudes du style : « il faut se couvrir quand il fait froid » et l’observer dans plusieurs contextes (les questions de pouvoir, d’éthique, de philosophie de vie, etc…), suivant le niveau de connaissance des uns et des autres, et l’implication de cœur ou de passion de l’un ou de l’autre dans l’affaire…
Mais Boileau, à l'instar de Littré rappelle que si «Tout doit tendre au bon sens…, pour y parvenir, le chemin est glissant et pénible à tenir; pour peu que l’on s'en écarte, aussitôt on se noie
Aussi peut-on se poser la question du « Bon sens » dans notre société occidentale en ce début du 21e siècle …qui a l’air de se noyer.
Là Descartes explique dans son discours de la Méthode :
« la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses.»
Sachant que La Bruyère soupire en parlant de la conduite humaine : «Qu'il est difficile d'être content de quelqu'un !» on cherchera à savoir si on parle avec une présupposée commune, un acquis commun, un but commun… Et l’on verra en définitive si l’on a un « bon sens » commun.
La chose est d’autant plus sensible que les « bons sens » peuvent être divers et contraires suivant ce qui est placé dans une société en priorité suivant des projets : des vues économiques et commerciales, sociales, morales, etc…
Rappelons-nous les catastrophes nucléaires au Japon : du bon sens technique et économique de fabriquer ces centrales face à la mer, on est rapidement passé après les soubresauts de la nature, à la mise en lumière d’un autre bon sens un peu oublié, celui de la sécurité, qui aurait du être suivi …et CQFD ne pas construire en ces endroits. Et ainsi, par effet domino, on voit des vérités de bon sens particuliers qui tout à coup sont vues avec le recul, donnant un bon sens, une évidence dirais-je… plus générale et globale… à cause des implications multiples que l’on y découvre, ou que l’on ne refuse plus de voir.
Prenons ensemble quelques points forts de nos questionnements au 21e siècle :
- L’éducation
- L’égalité entre l’homme et la femme
- La bonne gestion des deniers personnels
- La fin de vie

- L’éducation
Montesquieu écrivait dans L’Esprit des Lois : « La plupart des peuples anciens vivaient dans des gouvernements qui ont la vertu pour principe ; et lorsqu’elle y était dans sa force, on y faisait des choses que nous ne voyons plus aujourd’hui et qui étonnent nos petites âmes.
Leur éducation avait un autre avantage sur la nôtre ; elle n’était jamais démentie. Epaminondas, la dernière année de sa vie, disait, écoutait, voyait, faisait… les mêmes choses que dans l’âge où il avait commencé d’être instruit…
Aujourd’hui, nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celle de nos pères, celle de nos maîtres, celle du monde. Ce qu’on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières. Cela vient en quelque sorte du contraste qu’il y a parmi nous entre les engagements de la religion et ceux du monde ; chose que les anciens ne connaissaient pas ».
Ainsi d’une part, recevons nous aujourd’hui plusieurs types d’éducation : celle de nos parents charnels ou de substitution, celle de nos précepteurs institutionnels tels que les maitres d’école, les éducateurs et autres personnes ayant autorité sur nos jeunes âmes, sans oublier la quantité incroyable de maitres à penser non répertoriés comme tels, mais d’une impitoyable efficacité qui se montre sur les petits et grands écrans et ailleurs encore.
D’autre part, nous nous rendons compte que la lettre et l’esprit des éducations dispensées par l’un ou l’autre se rapprochent parfois et s’opposent souvent.
Alors comment : Garder un esprit serein ? Garder ses sens et apprendre avec « bon sens » et vivre pleinement ? Pour cela où trouver ce bon sens ? Quelle sera la vision de l’éducation dans sa méthode et dans son contenu qui sera vu par l’homme et la société dans laquelle il évolue, comme étant raisonnable et de bon sens ?
Serait-ce celui ou celle qui va dans l’esprit d’ambiance locale, comme parfois souligné « chute de toute barrière morale qu’elle soit religieuse ou laïque dans les domaines des mœurs au profit d’une vue consumériste de la liberté ? », ou l’« absence de projet de société qui fait que chaque fondement se trouve chahuté, déboulonné avec pour unique lietmotiv celui de faire ce qui nous plait sans explorer les conséquences funestes ? » Ou encore le « bon sens » nous guiderait-il a ne pas se poser trop de questions et se laisser aller à l’influence du courant majoritaire dans lequel nous baignons… avec seule direction celle du gouvernail de la vie, ou de survie ?
Là nous toucherions à ce qui est appelé la tyrannie de la majorité sous influence : En Chine par exemple, plus d’un milliard de chinois pensent avec leur bon sens que l’homosexualité est une maladie mentale, ou encore qu’il est normal de pratiquer l’avortement jusqu’au jour de la naissance supposée de l’enfant. Leur bon sens ? Une vue philosophique et une appréciation spécifique de la place de l’homme et sa valeur individuelle au sein de leur société.
Dans bien des états, d’orient à l’occident, on verra aussi …que la peine de mort est le fruit d’un raisonnement qu’il est impensable de remettre en cause. Par contre chez nous, le « bon sens » tel qu’il a été éduqué nous dicte d’autres voies dans tous ces domaines.

- L’égalité entre l’homme et la femme
La philosophie des Lumières occidentale a posé, au moins dans ses principes, l'égalité entre homme et femme, appartenant au même genre humain. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ne les distinguent d’ailleurs pas.
Ainsi voit-on que les combats pour cette égalité ont touché toutes les facettes de la relation homme-femme-enfants, remettant en cause les fondements de la société occidentale judéo-chrétienne. Mais ce qui est considéré comme une vraie avancée a bouleversé la donne sur de nombreux points.
1-Des altérations du modèle de distinction entre l’un et l’autre sexe se sont fait jour, nous poussant à revoir le modèle social du couple, que dire, de la famille, comme cellule primaire de la société : ce n’est plus l’homme et la femme comme deux parties dissemblables et égales transmettant la vie ; mais 1+1 quelque soit le sexe transmettant la vie selon de nouveaux plans. Et le rôle parental de se voir redistribué dans cette configuration même.
2-Des altérations par ce que certains appelleraient « abus de position dominante » de la femme …de par ce que la nature l’en a fait l’unique sexe gestateur et procréateur de la race humaine. Pardonnez ce raccourci, mais : L’un a la graine, l’autre a le ventre… Et là, d’égalité il n’y a pas. De nombreuses lois qu’elles soient dans le cadre du droit à l’avortement, de la reconnaissance de paternité et autres, nous montrent cette non égalité entre l’homme et la femme. La graine peut être prise là où elle se trouve sans que l’on dise au « Male » ce que l’on en fera. En outre si la femme est considérée de fait comme mère car ayant porté l’enfant à naitre, l’homme n’est pas implicitement reconnu comme père car ayant donné cette même graine.
Verra-t-on un jour le géni-sorcier de l’homme aller vers une égalité totale de l’homme et de la femme, qui le poussera à faire procréer la femme sans l’assistance de l’homme et l’homme sans l’assistance de la femme… comme dans certains films ou livres d’anticipation ? Verra-t-on la naissance de la race des femmes et celle des hommes qui devront au nom de cette égalité cohabiter ?
Aussi, où en est le « bon sens » ? Où a-t-il sa place ? Quel sera-t-il demain et que définira-t-il comme « raisonnable » ?

- La bonne gestion des deniers personnels
Il existe une littérature assez abondante sur le thème de la « bonne gestion », et Antoine Pinay « le sage de Saint Chamond » a été longtemps la référence politique en la matière. Il disait d’ailleurs du libéralisme : « c’est le régime qui implique le plus de rigueur volontaire et de sens de l'intérêt collectif. Il ne s'accommode ni de la fraude en matière fiscale, ni de la rouerie en matière commerciale ». On pourrait se demander avec un brin d’ironie : où sont ses disciples ? Laissons la gestion des biens de l’état et l’administration des entreprises pour se concentrer sur la gestion des biens personnels. Le « bon sens » ici se trouve bizarrement réduit à une notion des plus abstraite… « Vivre avec ce qu’on a » disent les uns. « Ne pas s’alarmer de la vie à crédit que l’on peut s’offrir » rétorquent les autres. « Garder une pomme pour la soif » reprennent d’autres encore… Et chacun de mettre le doigt sur un point philosophique ou d’intérêt purement politico-commercial pour juger d’une posture ou d’une autre. Citons quelques positionnements encore : « La jouissance vaut mieux que la possession » ; « créons des besoins car il faut faire tourner l’économie » ; «interdisons la fumée de tabac partout, car il faut que l’homme vive et consomme » ; « acceptons-là partout car sinon il y aura trop de retraités à payer »… Et la publicité de se faire l’écho démultiplicateur de l’influence pour l’une ou l’autre posture.
Enfin, dans cette attitude de gestion des deniers personnels on se rend compte d’une prise de conscience (ou ne serait-ce qu’un dictat de certains pour d’autres raisons moins louables…) d’une prise de conscience, dis-je de couleur verte ! Une moralisation de l’achat de par la vision catastrophiste donnée soit par les médias (sur le travail des enfants dans certains pays… donc n’achetez plus telle ou telle marque de chaussure) ou par les politiques même (sur le péril de l’emploi par chez nous si tout est produit « ailleurs », le réchauffement de la planète, la pollution…). On se posera la question : Est-ce que le bon sens du 21ème siècle prendra une vraie couleur humaine et plus préservatrice de l’environnement qu’au 20ème siècle ???
Si tel est le cas, il faudra savoir si… La mort programmée des biens de consommation que le courtier en bourse Bernard London a théorisé en 1929, année du fameux krach boursier de Wall Street, expliquant ses avantages pour relancer l’économie…. va être reprogrammée pour plus de liberté individuelle, moins de gaspillage et une consommation revue en quantité et qualité.
Autre point : un fabricant de maisons, (phénix pour ne pas le nommer) a bien compris qu’il fallait prendre la course à l’écologie au sérieux… mettant en vente une maison nommée « la maison du bon sens », éco-respectueuse… etc. Un vrai slogan type « moralisateur ».
Enfin, verrons-nous un autre « bon sens » que celui des producteurs et financiers ? Verrons-nous émerger un autre type de production et consommation rendant plus libre l’un et l’autre ? Est-ce que ce bon sens sera malgré tout soumis à un dictat ? Celui de la tyrannie du vert ? Celui de la tyrannie de l’anti consumérisme ?

- La fin de vie
« Il n’y a qu’une justice, c’est face à la mort » disaient les anciens… parmi lesquels mon propre grand-père.
M. Donat Decisier, membre du groupe de la confédération générale du travail (activités santé CGT) et membre de la section des affaires sociales écrivait lui dans un avis « Longtemps, la mort a été familière aux vivants. Le mourant était parfaitement au fait de sa fin prochaine et nul ne songeait à la lui cacher. Dans l'antichambre de la mort, il s'attachait à accomplir les dernières formalités.
On a peine à imaginer aujourd'hui de telles scènes, tant l'approche de la mort dans nos sociétés modernes a changé. La mort, le mourant, tout ce qui peut les entourer dans la représentation que l'on s'en fait remettent en cause l'image que nos sociétés veulent renvoyer d'elles-mêmes. La mort est une anomalie. On la tait, on la cache.
Sans doute aussi, les progrès considérables et fulgurants de la médecine et de la thérapeutique au cours de ces soixante dernières années, en repoussant toujours plus loin les limites de la vie, ont-ils contribué à façonner les mentalités. La médecine elle-même, cultivant volontiers une idéologie de puissance face à la maladie, a conforté cette tendance consistant à traiter la pathologie ou l'organe plutôt que la personne malade, à écarter la mort des trajectoires possibles.
Quel est le « bon sens » à suivre ? Qu’est-ce que la vie dans notre définition actuelle ? Qu’elle est l’existence dans notre définition actuelle ? Et pourquoi veut-on vivre ? Et pourquoi ne veut-on pas mourir ?
Certains verront l’utilité de la vie dans le sens philosophique utilitaire …comme un certain Saint-Paul qui disait avec sa vue spirituelle : « si je m’en vais, je suis plus près de mon Dieu, si je reste, je peux encore être d’une utilité quelconque pour mes frères ».
D’autres estimeront que l’âge avancé est un don qu’il faut savoir apprécier, indépendamment de ce que l’on fait de son temps d’existence.
Dans les services hospitaliers les différences d’opinion de bon sens se côtoient, se sentent et se pratiquent : Le bon sens là, y perd son sens, …et la raison ses raisons.
Verra-t-on alors au-delà de pilules et soins de jouvence super-vitaminés « une progression technique qui fera aller l’homme dans la voie du clonage humain, banque d’organe sur pieds et déclaré sans âme pour se donner bonne conscience », comme dans un film d’anticipation ? Et vers quelle vue ira-t-on pour définir l’humain ?
Verra-t-on aussi le remplacement de la chair par les micromachines ? Bref, que veut l’homme ? Veut-il rejoindre les mythiques Mathusalem, Enoch, Tubalcaïn et autres patriarches …à la vie longue de plusieurs centaines d’années ? Quelle classe d’hommes pourra accéder à « ces pratiques retardatrices de l’échéance ultime » ?
Et tout cela en amputant du discours toute la partie dite « question de société à grande échelle » avec le vieillissement de la population, les éventuelles tensions à venir allant vers un racisme anti-vieux qui pourrait être qualifié de « raisonnable » par certains aux vues soi disant cartésiennes, mais surtout « eugénistes ».
Est-ce qu’un certain eugénisme a plusieurs facettes deviendra dans la société de demain un « bon sens » comme un certain Hitler a pu faire croire en son temps à des jeunes de cours primaire en Allemagne, qu’il était raisonnable de ne pas soigner des attardés mentaux, car improductifs pour la société et aux soins couteux sans raison… ?
Le contrôle des naissances poussé à l’extrême dans certains pays comme en Chine communiste ou en Inde du temps d’Indira Gandhi avec la stricte observance du principe de l’enfant unique pour l’un et la stérilisation des populations sans leur demander leur avis pour l’autre, laisse dubitatif sur un pouvoir déshumanisé et nos rapports avec nos propres contemporains dans certains contextes.
On parlera aussi de l’étape ultime : Du libre choix de mourir dans la dignité pour les personnes âgées …va-t-on aller dans le choix pour l’autre, par la culpabilisation du vieux qui vit encore ? La fameuse assertion « la vie ne vaut plus la peine d’être vécue » va-t-elle aller jusqu’aux excès tels que nous les voyons dans la chirurgie plastique qui est partie de la réparation des gueules cassées (louable en soit), vers la folie du bistouri qui charcute en tout « bon sens » et choix « libre », les jeunes filles pré pubères parce que certains estiment que « c’est mon choix », ou du côté du médecin, « c’est son choix » ? Va-t-on revenir aux agissements vus dans certaines nations et la notre dans les villages jusqu’au fin du 19ème siècle, que l’ancien se sentant une charge se laissait mourir « logiquement, car le bon sens faisait que c’était comme ça » ?

Ma Conclusion sur le bon sens en ce siècle naissant serait :
D’une part :
N’oublions-nous pas qu’il n’y a pas de « bon sens » sans un chemin à fouler et emprunter, par définition « dans le bon sens et non à contre sens » ! Et pour la « raison », sa signification est non seulement « la raison dans l’appréciation du raisonnable », mais aussi « raison dans l’expression de la réponse aux questionnements sur le pourquoi des choses ».
Ainsi, sachant que la liberté humaine ne va pas sans conscience humaine et sans raison humaine, si on parle de liberté, on parle de limites, et si on parle de chemin, on parle de bordures du chemin et de destination à ce chemin. Et c’est peut-être ce qui nous manque dans ce siècle individualiste.
Sans voie ou projet de société, comme le porte par exemple l’idéal franc-maçon avec sa recherche du bien, du beau et du bon, la question du vrai et du faux se fait jour avec plus de finesse encore : Mais vrai, dans quoi ? Faux, pourquoi ? Et par rapport à quelle vision ? Tout est relatif, n’est-ce pas ???
D’autre part :
Si nous regardons même l’idéal qui est le notre, la ligne de conduite, son bon sens en question …doit être soumis à des intérêts, des vues supérieures, que nous nous voulons d’ailleurs voir répandues et partagées : Les valeurs inscrites dans la déclaration internationale des droits de l’homme, mais son pendant aussi, qui est l’action issue d’un projet muri !
Alors, oui !
L’expression du bon sens n’est pas fixe, très relatif même, mais répond à une certaine dynamique, selon les groupes sociaux, les intérêts et les transformations qui s’y opèrent en eux.
Plus il se transforme et plus il s’adapte dans un idéal humaniste respectueux, il n’en est alors que plus respectable. Sa légitimité s’affirme comme le résultat d’une mise au point, ainsi est-il nécessaire de le respecter et de s’y soumettre.
Les responsables athées ou religieux, les dirigeants de nations ou groupes plus restreints, doivent sans cesse être à l’écoute du bien être et du mouvement de la société, afin d’appliquer en bon sens tout ce qui est bon pour le temps et l’endroit où l’on est. Nous devons ainsi écarter les idées toutes faites, les slogans impropres car non adaptés. Nous devons par contre nous attacher à un idéal fort, qui transcende notre petitesse.
J’ose espérer que l’usage du « bon sens » qui sera le notre ne sera pas dans une réponse d’adaptation et de suivi des mouvements du monde seul, mais une vraie action créative, positive et constructive, …pour une amélioration de la société dans un but clairement défini : le bien de l’humanité entière dans tous ses aspects : son esprit, son âme et son corps pour certains, son esprit et son corps pour d’autres… dans ce qu’elle est, un tout à multi-facettes en interrelation avec chacune de ses composantes. Parmi celles-ci je mentionnerai : la nature, l’environnement social et culturel.
Bref, nous devons prendre un continuel souci de nous maintenir ouverts à la vérité et, comme dit Montaigne, être « en puissance de bien juger ». Et au fait qu’est-ce que le « Bien » ? Tissot le définit : « c’est ce qui doit être fait par un être raisonnable ».

J’ai dit !

Source : www.ledifice.net

Par M\ D\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 28 août 2014 4 28 /08 /Août /2014 13:32

Faire une planche symbolique mes Frères, c’est essayer de traduire ce que l’on ressent à la vue d’une image, d’un outil ou à l’écoute d’une phrase dont on ne perçoit pas immédiatement le sens, ou tout simplement comme ce soir, c’est vous faire partager le bonheur que j’ai à remplir mon rôle de second surveillant que vous m’avez confié.
M’occupant de l’instruction des Apprentis, étant attentif à leurs premiers pas, vous comprendrez aisément que ma planche leur est tout naturellement destinée, tant ils ont contribué sans le savoir à la poursuite de mon propre perfectionnement , de ma quête personnelle qui est bien loin d’être achevée.
La charge de second surveillant est d’une importance capitale et l’on se rend rapidement compte que l’on est confronté à une mission de grande difficulté. L’Initiation est le commencement d’une vie nouvelle, l’entrée dans la tradition maçonnique. Cette tradition que la stricte observance du rituel nous habilite et nous invite à transmettre. Le rituel, par des phrases simples, parfois curieuses, nous aident dans notre cheminement car il nous amène à nous poser des questions, à nous interroger sur tout ce qui nous entoure. L’initiation est donc l’entrée dans une vie nouvelle et dès le début de l’instruction des Apprentis, on va rassurer les uns qui désespèrent devant le silence des outils, on va tempérer les autres qui trépignent d’impatience et voudraient posséder le livre de la connaissance si tant est qu’il puisse exister.
Patience mes Frères Apprentis, si notre progression se fait degré par degré ce n’est pas un hasard. Le nouvel initié est une graine en germination et l’Initiation lui a donné le souffle nécessaire pour démarrer sa croissance. Combien c’est passionnant mes Frères de contribuer à ce chamboulement progressif ! Les réunions d’Apprentis auxquelles plusieurs Maîtres de la loge ont participées cette année, et d’autres participeront l’année prochaine, ont pour but d’éveiller la conscience de chacun point de départ du développement intérieur.
Comment ? En les invitant, après leur visite des profondeurs de la terre dans le cabinet de réflexion, à pénétrer leur moi profond pour apprendre à mieux se connaître. C’est la démarche fondamentale, c’est l’œuvre quotidienne et constante, qui se traduit par un cheminement dont le but est la recherche de la vérité, leur vérité.
Oubliées toutes les certitudes de la vie profane. C’est en se laissant aller au fil d la perpendiculaire, symbole du second surveillant, que l’on retrouve peu à peu notre innocence primordiale. C’est en voyageant sans cesse que les symboles muets deviennent vivants et nous conduisent ainsi à une réflexion intérieure. Il est grand temps mes frères apprentis de tendre l’oreille du cœur pour écouter ce que nous dit le silence. Faites fi de la réalité et des apparences, car tout ce que vous cherchez au loin se trouve peut-être autour de vous dans cette loge.
Est-ce la raison qui guide vos pas ? Moi je vous demanderai d’imaginer, de rêver, d’essayer de traduire vos émotions, d’avoir la pensée intuitive et l’imagination créatrice. Bien sûr, il faut se livrer et quelque fois ce n’est pas facile. Mais rien n’est ridicule, tout à un sens et peu à peu à force de travail, vous trouverez peut-être le fil de votre propre réalité. Comme il n’est pas facile de la trouver, la méthode initiatique nous indique un axe de travail vertical, la perpendiculaire dont j’ai déjà parlé. Il faut sans cesse redescendre en soi pour mieux s’élever. C’est le moyen qui nous permet d’échapper à notre nature matérielle et progressivement de passer d’un plan à un autre : du matériel vers le spirituel. Mais nous avons besoin d’un support pour réaliser cela. Alors la Franc Maçonnerie nous a transmis un rituel. Pourquoi un rituel ? tout simplement parce qu’il nous conditionne, nous prédispose à entendre ce que l’on ne peut recevoir dans le monde profane. On est ainsi en situation de sentir toute cette richesse qui nous entoure. Peu importe si l’on se sent perdu. Il n’y a pas que le visible qui doit guider vos pas. Fouillez, gratter, chercher autre chose. Battez vous contre vous même, c’est ainsi que vous avancerez. Cette lutte symbolique, ce combat intérieur que vous avez décidé de mener vous pouvez en sortir vainqueur à force de travail et de volonté.
Vous êtes sur le chemin du connais-toi toi même. Le silence que vous êtes tenu d’observer va vous aider dans ce sens car il est la condition nécessaire pour mieux se connaître et ainsi progresser. Ce silence qui nous dit qu’il y a de la vie qu’il y a de l’être. L’Être avec un grand « E » serait en nous et contribuerait sans que nous le sachions à la construction de notre être ? Nous, si petits, porterions nous en notre sain l’immensité ? Je ne puis répondre à ces questions car j’en suis bien incapable.
Cependant, comme moi, vous avez prêté un serment. Il est de votre devoir de le respecter car il est tout simplement. Faire son devoir ne requiert aucun motif. Pourquoi je le fais ? Tout simplement parce que je me dois de le faire. Comme moi vous avez un projet. Celui de votre propre perfectionnement. Nous avons donc en commun le même projet. Vous comprenez alors que le perfectionnement de l’un profite non seulement à vous même mais aussi au groupe tout entier. C’est cela la Franc Maçonnerie : l’amélioration de chacun profite au collectif et vice versa.
Chaque Franc Maçon doit être son propre créateur. Vous êtes l’outil et l’objet de votre travail, vous êtes un être en devenir. Peu à peu mes Frères Apprentis vient la paix intérieure, la tranquillité obtenue dans le partage et la fraternité. C’est au fond de nous mêmes que nous sommes le plus près de nos frères. Ce lien qui nous unit est invisible mais il est si indéfectible qu’il nous unit pour toujours à nos Frères qui nous ont quitté. Lorsque je pense à cela , je mesure la chance que j’ai d’appartenir à la franc maçonnerie. Alors mes frères ne nous égarons pas sur les sentiers fleuris, poursuivons notre tache et que la joie soit dans les cœurs !

J’ai dit V\M\ 
 

Source : www.ledifice.net

Par S\ A\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 26 août 2014 2 26 /08 /Août /2014 06:57

Que représente le suicide pour l'initié ? Peut-il être et doit-il être un aboutissement ? Peut-il être et doit-il être toujours envisagé comme une défaite, voire une lâcheté et une démission ? Comment peut-il nous concerner, qu'il entre ou non dans les recours possibles auxquels nous pouvons songer ?

Une première réflexion s'impose quant au terme de suicide lui-même. Formé de deux mots latin, sui « de soi-même » et cidium du verbe cedere tuer, ce terme de suicide n'est guère employé dans la langue française avant le XVIlle siècle. Voltaire s'en est servi dans son commentaire de l'esprit des lois en 1778 alors que Montesquieu ne l'employait pas. Le mot se trouvera dans la troisième édition du dictionnaire de l'Académie la même année. Quelle formule utilisait-on auparavant ? Montesquieu parle d'homicide de soi-même ou même de mort volontaire. Il semble, cependant, que l'expression la plus couramment employée ait été se défaire soi-même. On la trouve utilisée comme terme technique dans les textes juridiques qui traitent du suicide et Voltaire l'emploie encore. Se défaire soi-même, se suicider, dans aucun des deux cas, on ne trouve sur le plan étymologique, l'évocation du meurtre : commettre un meurtre, se dit occidere. C'est le mot utilisé par la Vulgate pour le sixième commandement. Nous reviendrons sur cette question. Bornons-nous simplement à remarquer que sur le plan du vocabulaire les expressions « se défaire » puis « se suicider » ne comportent pas l'évocation péjorative du meurtre, ce qui est particulièrement intéressant par rapport aux lois, us et coutumes des pays chrétiens qui interdisaient le suicide et le sanctionnaient au nom de la morale et de la religion. « Le suicide, pourra encore écrire Jean-Jacques Rous­seau, en plein XVIIIe siècle, siècle bien peu religieux pourtant, est une mort furtive, honteuse, c'est un vol fait au genre humain. »

Les maçons que nous sommes doivent me semble-t-il, être sensibles au symbolisme de langage. Aussi, l'étymologie comprise dans sa dimension symbolique doit-elle constituer un précieux outil de réflexion. Et je trouve pour ma part extrêmement révélateur que des siècles de censures et d'interdits religieux ainsi que tout un arsenal de lois répressives n'aient pas réussi à forger des expressions péjoratives pour signifier la mort volontaire. Cela devrait suffire pour nous inciter à nous poser la question du bien- fondé de ces interdits surtout si nous songeons qu'un certain nombre de sociétés fort civilisées et fort respectables, loin de condamner systématiquement le suicide, le prônaient, au contraire dans certains cas. Je songe à la société japonaise, entre autres.

Pour sérier notre problème nous laisserons de côté toute cette question de suicide dans les autres civilisations pour ne nous préoccuper que de la nôtre et des deux sources qui, en gros, l'ont formée : l'Antiquité gréco-romaine et la Bible.

L'Antiquité gréco-romaine admettait le suicide sous l'influence de la philosophie stoïcienne. La loi romaine ne poursuivait le suicide que quand celui-ci était accompli pour échapper à un châtiment capital. La peine était la confiscation des biens par le fisc. Et encore y avait-il des accommodements dans ce domaine si le suicide faisait faire à l'Etat l'économie d'un procès. Moyennant un arrangement financier avec l'Empereur celui qui recevait l'ordre de se suicider, pouvait tester en faveur des siens, même si par son suicide il échappait à la peine capitale. Par contre, tous les autres motifs étaient parfaitement admis et ce, grâce à la très grande influence de la morale stoïcienne dont il nous faut dire maintenant quelques mots, car celle-ci n'est pas sans rapport avec certains de nos principes maçonniques. Je voudrais pour cela citer un passage du traité de Cicéron « de fins des biens et des maux », un des rares exposés d'ensemble de la morale stoïcienne qui est, d'ailleurs, sans doute, beaucoup plus une traduction d'un traité grec remontant à la fin de l'ancien stoïcisme plutôt qu'une œuvre composée par Cicéron lui-même. Avant de citer ce passage, il me faut rappeler une notion importante pour la compréhension de ce texte comme du stoïcisme en général et qui est celle du convenable ou encore du rôle de l'office : en grec kathékon, en latin officium. Les passions constituent l'ennemi essentiel du sage stoïcien parce qu'elles l'empêchent de remplir le rôle, l'office que la nature lui a assigné ; aussi, l'on peut dire, et je cite, ici, Lafon dans son livre sur les stoïciens (page 96) : « quand un homme fait ce qui convient à l'homme ses actes s'expliquent. Convenable se dit de tout acte susceptible d'une explication raisonnable. Le convenable pour chaque être, c'est son rôle, son office, sa fonction. Comme chaque être tient son rôle de la nature, l'origine du convenable doit être cherchée dans les tendances premières de cette nature ; et le premier convenable, le premier office, consiste à obéir à ses tendances. De cet office primordial dérivent tous les autres. »

Ecoutons, maintenant, Cicéron traiter du problème du suicide : Comme tous les convenables procèdent des choses moyennes, l'on dit, non sans motif, que toutes nos réflexions se rapportent à elles, entre autres la question de savoir si nous devons quitter la vie ou y demeurer. Sont-ce les états conformes à la nature qui dominent chez un homme, alors il est convenable de rester en vie ; si ce sont les états contraires qui paraissent dominer ou sur le point de dominer, il est convenable de quitter la vie »... et plus loin, « Souvent le convenable pour le sage est de s'écarter de la vie, alors qu'il est au comble du bonheur, s'il peut le faire à propos ; car les stoïciens pensent que la vie heureuse, c'est-à-dire la vie conforme à la nature est liée à l'opportunité des actes. Ainsi, la sagesse prescrit qu'on l'abandonne (la vie) si le sage a profit à l'abandonner (pages 284-285).

Ainsi, le suicide n'est-il envisagé, ici, ni comme une défaite, ni comme une démission, ni comme une lâcheté. Tout au plus, peut-on parler de fuite devant ce qui peut apparaître au sage comme dégradant, comme contraire aux aspirations de sa nature profonde ou encore de nature à troubler l'équilibre auquel il a pu parvenir. Ainsi, l'a bien exprimé et vécu Henry de Montherlant, un authentique stoïcien et je cite, ici, l'un de ses carnets : « Va jouer avec la poussière » (pages 118 et suivantes) « on se suicide par peur de ce qui va être et il faudrait fouetter jusqu'au sang les gens qui osent flétrir cette peur quand, eux, ils n'ont rien à craindre. On se suicide par respect pour la raison quand l'âge ou la maladie enténèbrent la vôtre et qu'y a-t-il de plus honorable que ce respect de la raison ? On se suicide par respect pour la vie quand votre vie a cessé de pouvoir être digne de vous et qu'y a-t-il de plus honorable que ce respect de la vie ? » Henry de Montherlant n'a pas triché avec ses exigences ; contrairement beaucoup d'écrivains et de philosophes volontiers matamores, il avait un courage à la hauteur de sa plume. Sa mort volontaire, sinon l'approbation, mérite le respect. De toutes les justifications et explications données, en effet, par les stoïciens sur le suicide, il ressort, en effet, une idée fondamentale, une idée maîtresse qui ne peut nous laisser insensibles, nous maçons, et qui est la maîtrise de soi. Comme le sage stoïcien, nous devons, en effet, tendre à la maîtrise de nos passions par la découverte de nos convenables de ce qui est conforme à notre nature. Il va sans dire qu'une pareille démarche est inaccessible à la masse qui la traduirait immédiatement en licence ou en laisser-aller un peu comme le font les ignorants à vernis culturel pour qui épicurisme signifie bon vivant voire débauché. La découverte de ses « convenables » pour reprendre cette notion stoïcienne, n'est possible que dans le cadre d'une véritable ascèse, ce à quoi devrait mener la quête initiatique. Parvenu aux stades élevés du « connais-toi toi-même », l'homme doit savoir à quoi s'en tenir, sur lui, sur les autres et en particulier sur les éléments qui donnent de la valeur à sa vie. Au nom de qui alors, je vous le demande, pourrions-nous, en tant que maçon condamner la mort volontaire de celui pour qui la continuation de la vie aboutirait à la souffrance stérile et dégradante. Au nom de la seule raison, aucune condamnation n'est sérieusement possible à moins d'un recours à de subtils artifices et surtout d'une révélation religieuse. Et de fait, c'est au nom de la religion que certains ont établi les censures les plus rigoureuses en assimilant le suicide au meurtre et en rappelant que toute vie appartient à Dieu. Nous verrons plus loin ce qu'il faut en penser. Constatons simplement que la démarche initiatique, pour qui la maîtrise des passions est un des buts essentiels, ne peut condamner systématiquement le suicide pourvu que celui-ci intervienne comme signe de réelle maîtrise et non comme signe d'abandon. Entachera-t-il la gloire du Grand Architecte de l'Univers ?

Disons tout de suite qu'au sens où nous entendons ce symbole, c'est-à-dire le principe d'ordre de la création et non un Dieu personnel, la réponse est non. La création, en effet, est pleine de morts et de souffrances sans explication, sans raison, ce qui ne permet pas de dire que cette création constitue en elle-même un appel à la vie à tout prix. Ou alors peut-on tout au plus dire que si appel à la vie il y a, toute forme de vie ne saurait être réputée sacrée et respectable.

Dans la nature comme chez les humains en particulier, il existe, nous le savons, des formes de vie nuisibles qui n'ont absolument rien de sacré. Tous les systèmes moraux désireux de maintenir une forme de vie organisée admettent alors fort bien qu'au nom de ce maintien, on élimine, d'une manière ou d'une autre, les formes de vie nuisibles. On tuera des microbes, on abattra un bandit. Ce qui revient à supprimer un type de vie pour en sauvegarder un autre. Pourquoi un tel raisonnement appliqué à soi-même contrarierait-il alors l'ordre de l'univers ? La seule objection qu'on puisse sérieusement lui faire ne se situe pas au niveau des principes qui président à une telle application mais à la justesse du raisonnement. Autrement dit et pour en rester au seul niveau de la raison, je ne me sens pas le droit en tant que maçon de décréter que celui qui renonce à la vie parce que celle-ci va devenir insupportable et partant nuisible pour lui-même et pour les, autres, qui donc supprime sa vie par refus de voir celle-ci se pervertir, épargnant aux autres et à lui-même des épreuves pénibles, celui-là porte atteinte à l'ordre de l'Univers alors que cet ordre de la Création pour rester ordre implique la mort et la souffrance.

Et la seule question qui pour l'initié doit se poser est la suivante : le suicidé a-t-il oui ou non bien apprécié sa situation, a-t-il eu raison vus ses « convenables », pour reprendre le terme stoïcien, de mettre fin à ses jours ? Si oui, sa mort n'est pas une régression dans son ascension initiatique, elle peut même lui avoir fait franchir une étape supplémentaire, je ne pense pas à la mort en elle-même comme suprême initiation débouchant sur l'Orient Eternel, non, je pense tout simplement à l'idée de la mort immédiate, de la mort prochaine, notion essentielle dans notre quête initiatique et que notre rituel nous rappelle de multiples manières. Les gestes, les actes, les pensées, les écrits qui viennent de celui qui se prépare à une mort volontaire peuvent donc être compris comme autant de rites initiatiques. Ils symbolisent la mort sans être la mort elle-même au même titre que ce que nous utilisons dans nos rituels. Aussi, le suicide stoïcien a-t-il une réelle valeur initiatique. Seulement comme tout ce qui touche à l'initiation, il ne peut concerner qu'un petit nombre d'individus. Pour la grande majorité des individus, le suicide reste sans grande valeur spirituelle. Il a souvent le goût amer de la défaite, de la défaite du suicidé et de son entourage. La vocation exotérique des Eglises devrait donc fatalement les pousser à condamner le suicide et à le ranger dans le domaine des maux. Il était alors normal que les sociétés de chrétienté le considérassent comme crime et leur médecine comme folie. Crime et folie, deux termes qui traduisent bien chacun dans leur domaine la faiblesse humaine perçue au niveau sociologique. Mais qu'en est-il exactement au niveau de la Bible dont les Eglises juive, chrétienne et musulmane s'inspirent pour condamner le suicide ? C'est là une question que nous devons maintenant nous poser, avant d'aller plus loin dans notre réflexion sur le suicide et l'initiation, non seulement parce que nous l'avons dit au début de cette planche, notre civilisation a été marquée par le judéo-christianisme, mais encore parce que dans nos Temples la Bible est le volume de la Loi Sacrée, une des trois grandes lumières de la Franc-Maçonnerie régulière dont la fonction ne doit pas être seulement décorative. Or, il est frappant de constater que, dans cette Bible, il n'y a aucune condamnation explicite du suicide et que, par ailleurs, les cas de suicide y sont assez rares. Il est vrai qu'on ne se tue pas chez les juifs comme l'a fort bien montré Durckheim, nous reviendrons sur cette question. Si l'on écarte, en effet, les faux suicides qui sont le sacrifice de Samson faisant écrouler le temple de Dagon sur les ennemis d'Israël et sur lui-même (juges 16-29 ss.) et les suicides de Abimelec (juges 9-54) Saül et son écuyer (1 Sam 31-4 et ss.) et du général Zimri (1 Rois 16-18) qui ne font que devancer une mort certaine qui aurait eu en plus l'inconvénient d'être accompagnée de honte et d'outrages, il ne reste, en fait que deux suicides, celui d'Achitophel et de Judas. Vous connaissez l'histoire de Judas, moins celle d'Achitophel. Ce dernier était conseiller du roi David et avait une très grande réputation de sagesse. On l'écoutait donc toujours. Quand il prend le parti d'Absalon qui s'était révolté contre son père David, le roi David est terrorisé à l'idée que les révoltés vont avoir avec eux un aussi habile conseiller et il demande, alors, à Dieu de réduire à néant les conseils d'Achitophel. Et c'est ce qui se produisit. Achitophel donne à Absalon un bon conseil que celui-ci pour son malheur ne suit pas. De dépit Achitophel va se pendre. Le seul aspect négatif sur le plan moral de cette histoire est qu'Achitophel avait trahi David comme d'ailleurs Judas avait trahi Jésus. Leur mort par suicide peut donc apparaître comme un châtiment. Cependant, la Bible n'en donne aucun commentaire. La situation d'Achitophel et de Judas était sans issue, le suicide par désespoir apparaît donc dans ces deux récits comme une solution logique.

Sur quoi se basera-t-on, alors, pour condamner le suicide. Sur une interprétation du commandement « tu ne commettras pas de meurtre », improprement traduit par « tu ne tueras point ». Je dis improprement car le mot hébreu employé désigne lui le meurtre et non l'action de tuer que la Bible permet dans certains cas : dans le châtiment des criminels et dans le métier de soldat. Et encore faudra-t-il attendre le Ive siècle avec saint Augustin pour que soit faite l'assimilation du suicide au meurtre. Et il faudra encore attendre le Vle siècle pour que le Concile d'Orléans en 553 refusât les rites funéraires aux suicides religieux, puis le Concile de Prague en 562 pour que ce refus s'étendît à tous les suicidés. Les Conciles suivants comme celui de Troyes en 578 confirmèrent ces dispositions en faisant du suicide une des conséquences de l'inspiration démoniaque. Saint Thomas qui fixera pour longtemps la doctrine catholique sur ce point en fera un crime plus grave que l'homicide ordinaire.

Ainsi, écrira-t-il, dans la Somme théologique : « l'homicide de soi-même l'emporte d'autant plus en gravité sur les autres homicides que l'amour qu'on se doit à soi-même doit être le type de l'amour qu'on doit aux autres hommes ». Ainsi, le suicide devient-il le péché du péché par ce que s'opposant à l'un des plus grands commandements : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».Comment en est-on arrivé là, pourquoi cette escalade dans la condamnation ? Je crois personnellement que les persécutions dont les chrétiens ont été l'objet au cours des premiers siècles ont joué leur rôle. Le martyr, ne l'oublions pas, donnait la certitude du salut. D'où la recherche du martyr quelquefois si insistante qu'elle peut être assimilée dans bien des cas à de véritables suicides. La mort intervient alors comme la séparation définitive d'un monde jugé méprisable et la porte ouverte sur le Royaume de Dieu. Quand les persécutions cessèrent au Ive siècle, justement, il y eu un vide. Les souffrances et la mort manquèrent à certains et ce d'autant plus que la vie en ce monde apparaissait comme toujours méprisable. A ceux qui se lancèrent dans l'ascèse désordonnée destinée à provoquer la mort lente par des souffrances purificatrices, l'Eglise proposa des règles monastiques pour limiter les dégâts, à ceux qui préfèreraient des solutions plus rapides, elle opposera une condamnation sans appel du suicide qui alla en s'aggravant. Le sommet étant atteint par le Moyen Age. Au fond, l'Eglise a voulu endiguer l'instinct de mort au niveau des masses comme les sentiments masochistes. Au niveau où elle se situait, elle ne pouvait pas faire de détail. Même démarche dans l'Islam et le judaïsme. Il n'en est pas de même, par contre, pour un ordre initiatique qui, parce qu'il fait appel à la réflexion personnelle à partir de symboles, ne peut s'adresser valablement qu'à une élite. Voilà pourquoi je ne me suis pas senti le droit de rejeter le suicide stoïcien. Certes, cette position n'est pas sans danger. Et il est toujours à craindre, y compris dans un groupe comme le nôtre, que de pareils propos et surtout ceux qui vont suivre en conclusion, puissent être compris à tort comme faisant finalement l'apologie du suicide.

Dans son admirable étude sociologique sur le suicide, Durckheim classe dans l'ordre suivant les confessions religieuses quant à l'importance du nombre de suicides ; en tête, le protestantisme, puis le catholicisme, en dernier et loin derrière, le judaïsme. Il remarque que la culture n'est pas sans jouer un rôle ce qui appuie cette remarque de Voltaire : « les sauvages ne s'avisent pas de se tuer, c'est un raffinement de gens d'esprit ». Mais là n'est pas la cause essentielle car celle-ci ne joue absolument pas pour le judaïsme qui, en Europe, détient le record absolu dans le domaine de l'instruction. La cause fondamentale et qui doit nous faire réfléchir est le libre examen et le manque de structures ecclésiastiques qui placent le protestant devant une liberté plus grande que le catholique ou le juif. Celui qui peut plus librement qu'un autre réinventer pour lui-même, non pas l'essentiel de sa foi mais simplement sa formulation, celui qui a moins de comptes à rendre à un clergé qu'à Dieu seul, celui-là dispose plus facilement de sa vie. Et ce qui achève de prouver cette démonstration, c'est que, parmi les pays protestants, celui qui a le taux de suicide le plus faible est l'Angleterre dont l'Eglise est la plus structurée.

Ne risquons-nous pas, alors, nous maçons, par notre exhortation à la constante recherche de la vérité et de la perfection, par notre refus dans le cadre maçonnique des dogmes, ne risquons-nous pas par notre proximité avec la morale stoïcienne, ne risquons-nous pas de dépasser la simple compréhension du suicide dans certains cas pour en arriver à l'incitation. Je ne le crois pas.

Car la liberté maçonnique avec tout ce qu'elle implique est vécue dans un cadre précis qui est celui de la loge et du rituel, structure solide mais non étouffante qui doit et qui peut donner le sentiment à celui qui en fait partie, qu'il appartient à un groupe réel. Cette notion de conscience du groupe est de première importance dans la dissuasion du suicide. Pour Durkheim, c'est elle qui donne au judaïsme le taux plus bas, avec il est vrai, comme facteur supplémentaire les menaces permanentes de l'antisémitisme. Les groupes, les peuples qui ont à lutter pour la vie, et ce quels qu'en soit les motifs, ne se suicident pas. Le Franc-Maçon qui n'a été persécuté que rarement et peu de temps, en Occident du moins, ne saurait être retenu de se suicider pour ce dernier facteur. Par contre, la conscience d'appartenir à une loge, à une véritable famille de frères où il a à poursuivre une recherche spirituelle, non pas seul mais aidé par les autres et par un rituel, tout cela devrait le retenir et éviter le suicide démission, le suicide fuite, le suicide lâcheté. Si ceux-ci interviennent quand même, alors l'échec de groupe est certain. Tous les suicides ne méritent cependant pas ce qualificatif, en particulier le suicide stoïcien quand il est commandé par l'honneur et par l'esprit de sacrifice. Peut-on, dans ces conditions, parler d'échec du groupe, d'échec de la Loge ?

Avant d'y répondre je voudrais vous citer deux courts passages du livre de Durkheim que j'approuve entièrement :

« Dans l'ordre de la vie, rien n'est bon sans mesure. Un caractère biologique ne peut remplir les fins auxquelles il doit servir qu'à condition de ne pas dépasser certaines limites. Il en est ainsi des phénomènes sociaux. Si, comme nous venons de le voir, une individuation excessive conduit au suicide, une individuation insuffisante produit le même effet. Quand l'homme est détaché de la Société, il se tue facilement, il se tue aussi quand il y est trop fortement intégré » (page 233).

Puis plus loin : « chaque sorte de suicide n'est donc que la forme exagérée ou déviée d'une vertu ». Ne vous semble-t-il pas, qu'on nous parle, ici, de la situation commune à tout initié. Par son idéal de bâtisseur, celui-ci est fortement intégré à la Société aussi bien sous sa forme profane qu'initiatique mais par la nature même de la démarche initiatique essentiellement individualiste et spirituelle, il est aussi détaché de cette Société qu'elle s'appelle l'Humanité, son Eglise, son pays, sa famille, sa loge. De toutes les structures humaines même de celles qui lui sont les plus chères, un initié ne saurait être l'esclave au sens où il leur sacrifierait quoi que ce soit aux dépens de sa quête initiatique qui ne peut être qu'ascendante.

Constamment, il doit lutter contre tout ce que ces différentes structures humaines comportent de négatif et de profane, d'éléments qui tirent l'homme vers le bas pour le ramener dans les ténèbres d'où l'initiation l'a fait sortir. Selon le sens qu'un homme a donné à sa vie et nul n'a alors le droit de juger car ce choix appartient à chaque individu, cet homme sera sensible aux défauts d'une telle structure humaine plutôt qu'à telle autre. Et cette sensibilité pourra être si forte qu'aucune contrepartie venant d'ailleurs sera de nature à l'apaiser. Nous devons donc admettre que lorsqu'un initié se trouve dans l'impossibilité de continuer certaines luttes sous peine de déchoir et de remettre en cause ce qu'il a conquis, celui-ci affiche alors son mépris pour la vie en la quittant parce que celle-ci est devenue ou risque de devenir trop profane. Il agira, alors, dans la logique de son initiation, et la loge ne pourra considérer son brusque départ comme un échec.

L'initiation n'est-elle pas au fond un suicide permanent ? Ne nous apprend-on pas, en effet, tout au long de notre vie initiatique, à tuer en nous le profane. Et tout cela a procédé d'un libre choix quand nous avons voulu frapper à la porte du Temple parce que nous éprouvions le besoin d'un supplément d'âme et que nous en avions assez d'une certaine forme de vie. Nous avons accepté, alors, un certain nombre de démarches pour préparer notre mort initiatique, nous avons mis de l'ordre en nous, nous avons réfléchi et médité et nous avons alors suivi des rites de mort et de résurrection. Avons-nous pris vraiment tout cela au sérieux ? Si oui et c'est le seul cas qui m'intéresse, nous ne devrions pas avoir de peine à imaginer la même démarche avec quelques variantes et je dis la même démarche car les rites ne ressemblent au point que quelquefois ils se confondent. Seulement l'épée peut ne pas être symbolique, elle peut être remplacée par un vrai poignard ou par d'autres choses qui font que la mort n'est plus symbolique mais effective. Celui qui agit ainsi s'est peut-être trop laissé détruire par la lumière initiatique et à l'instar de certains Indiens adorateurs du soleil fixant constamment leur Dieu de leur regard, sera-t-il devenu aveugle ? Mais il est aussi permis de penser qu'il a bien compris cette leçon particulière de l'initiation, cette leçon de flammes et de cendres. Ecoutons encore Montherlant : « Cet attrait semblable à celui de l'abîme de détruire avant de mourir une partie au moins de ce qu'on a écrit. J'ai pensé d'abord que c'était pour montrer à quel point on s'en fichait. Ensuite, j'ai pensé que c'était la même mécanique que le suicide. Dans le suicide on n'est pas libre entièrement puisque de toute façon on devra mourir ; on est libre pour les circonstances et pour l'heure (du moins si tout va bien). En détruisant une partie de ce qu'on a écrit, convaincu que tout le sera un jour, par le temps ou par les hommes, on se donne là aussi une certaine liberté quant à la mort de son œuvre. On choisit la partie que l'on détruit et l'heure où on la détruit. C'est comme avec le suicide, une parcelle de liberté dans la nécessité ». (« Carnets », ma Marée du Soir, page 77, année 1969). Le sens de l'honneur, la défense d'une idée, la protection de ceux que l'on aime peuvent donc conduire d'authentiques initiés à choisir la solution du suicide. Habitués à la mort, exercés à s'en approcher, ils ont pu tout naturellement songer à la voir de plus près. Et si c'était là, compte tenu des éléments donnant à leur vie sa valeur, la seule parcelle de liberté qu'il leur restât dans la nécessité où ils se trouvaient, je considère qu'ils ont agi en maçons accomplissant le sacrifice suprême pour rester libres jusqu'au bout.

Mais il va de soi que le choix d'une semblable solution implique une réelle maîtrise dans le domaine de l'initiation. Il est difficile de dire de quelqu'un avec certitude qu'il y est parvenu comme d'affirmer qu'il n'y ait pas parvenu. Tout ce que l'on peut dire, c'est que cet état de maîtrise est certainement fort rare et que nous avons raison de nous considérer comme étant toujours des apprentis même si nous ne le pensons pas autant de fois que nous le disons. Il faudra donc toujours y regarder à deux fois avant d'interrompre un apprentissage. C'est la raison essentielle pour laquelle le suicide ne saurait être encouragé chez nous. Il doit néanmoins être compris et accepté dans les cas d'exception où il apparaît comme une expression de la liberté et l'évolution initiatique.

Publié dans le PVI N° 37 - 2éme trimestre 1980

Source : www.ledifice.net

 

Par Michel VIOT. - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 31 juillet 2014 4 31 /07 /Juil /2014 07:57

La Franc-Maçonnerie militaire a joué un rôle essentiel dans l'apparition en France de la Maçonnerie spéculative. Avant 1789, les Loges militaires qui existaient dans la plupart des régiments de l'armée royale initiaient au hasard des déplacements, d'une garnison à l'autre, des aristocrates, des bourgeois, des commis d'administra­tion, des avocats, des religieux qui allaient devenir un peu plus tard les animateurs des Loges sédentaires.

Plus tard, sous le Premier Empire, ce furent les Loges militaires de la Grande Armée qui propagèrent la Franc-Maçonnerie dans toute l'Europe, notamment en Belgique, en Allemagne, en Autriche, en Pologne, en Italie, en Espagne, initiant un peu partout dans les terri­toires occupés et y donnant naissance à une Maçonnerie locale là où elle n'existait pas encore, réveillant ailleurs de vieilles Loges qui étaient en sommeil depuis un certain temps. Par un étrange para­doxe, ce furent ainsi les militaires francs-maçons de l'armée impé­riale qui propagèrent à travers l'Europe l'idéal de la Révolution française de 1789.

Officiers et hommes de troupes se retrouvaient fraternellement unis dans la Loge, sans aucune distinction de grades. Ainsi, en 1779, La Parfaite Union du régiment du Vivarais avait comme Vénérable le simple soldat Dupred, alors que le capitaine Charles de Roux l'assistait comme Secrétaire.

En 1773, la Loge Saint-Charles des Amis Réunis, installée au sein du régiment de Saintonge, avait pour Vénérable le fourrier La­bouisse. Elle comptait parmi ses membres le comte de Bérenger, mestre de camp.

Il n'est pas inutile de rappeler que, bien avant la création en 1717 de la Grande Loge de Londres, la Franc-Maçonnerie dans sa forme spéculative, avait été introduite en France par des militaires. Lorsque la reine Henriette, fille du roi de France Henri IV, épouse du roi d'Angleterre Charles r, s'était réfugiée au château de Saint- Germain, la plupart des officiers écossais de sa suite appartenaient à des Loges anglaises qu'ils s'étaient empressés de reconstituer en exil.

Dès 1689, à Saint-Germain-en-Laye, une Loge jacobite, La Bonne Foi, existait au régiment de Dillon des gardes écossais. Plusieurs autres Loges stuartistes furent ouvertes en France dès 1690. Dans des conditions identiques, des marins et des soldats participèrent à la fondation des premières Loges spéculatives en territoire fran­çais. Ainsi, en 1732, des officiers de marine anglais séjournant à Bordeaux y ouvrirent la Loge L'Anglaise qui existe encore de nos jours.

De nombreux officiers français furent initiés à cette époque. En 1736, plus de deux cents officiers de hauts grades assistaient à la Tenue maçonnique pour laquelle le chevalier de Ramsay écrivit son célèbre Discours, premier essai de réforme de l'Ordre maçonnique. Ce fut à ce moment que fut initié le Maréchal d'Estrées.

Le premier Grand Maître français, Louis de Pardaillan de Gon­drin, duc d'Antin et d'Epernon, élu le 24 juin 1738, était lui-même colonel du régiment de Royal-Marine.

Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont, qui fut appelé à lui succéder en 1743, avait fait ses preuves sur le champ de bataille. Il fut désigné par ses Frères de préférence au prince de Conti et au Maréchal de Saxe.

Il y eut ainsi une longue période pendant laquelle les militaires exercèrent l'autorité suprême dans l'Ordre maçonnique en France. Au tableau des Grands Officiers pour l'année 1773 figurent ainsi le Frère de Montmorency-Luxembourg, brigadier des armées du roi ; le colonel d'infanterie de Buzançais ; le mestre de camp de cava­lerie Rohan-Guéménée ; le colonel d'infanterie de Lauzun ; le colo­nel d'infanterie Bacon de la Chevalerie ; le colonel du régiment de Champagne Colbert, marquis de Seigneley ; le maréchal de camp prince de Tarente ; le mestre de camp des dragons prince de Pigna­telly ; le colonel d'infanterie vicomte de Rouait ; le colonel d'infanterie chevalier de Launey ; le lieutenant-colonel Giraud-Destours ; le colonel comte d'Ossun ; le mestre de camp de cavalerie marquis de Clermont-Tonnerre, d'autres encore.

Tous les régiments possédaient alors une ou plusieurs Loges maçonniques.

Il suffit par ailleurs de consulter les tableaux des Loges pari­siennes avant 1789 pour y trouver en très grand nombre des mili­taires de toutes les armes et de tous les grades.

Tout naturellement, les soldats francs-maçons prirent fréquem­ment l'initiative de créer des Loges civiles et sédentaires dans les villes où ils étaient affectés. Ce fut ainsi que le capitaine Frignet, du Royal-Lorraine-Cavalerie, fut en 1748 le fondateur à Rennes de La Parfaite Union, une Loge qui devait devenir plus tard la Mère- Loge de la Maçonnerie bretonne. De même, en 1756, ce fut la Loge militaire Les Frères Unis, au régiment de Thianges-Dragons, qui installa à Laval la Loge sédentaire L'Union, composée essentielle­ment de petits bourgeois.

En 1768, lorsque L'Heureuse Rencontre fut installée à Brest, elle comptait parmi ses fondateurs une majorité d'officiers.

Les archives de la Franc-Maçonnerie française permettent de suivre les régiments dans leurs successifs déplacements. Prenons l'exemple de La Parfaite Union, Loge militaire du régiment Royal­Roussillon-Cavalerie. Elle se trouve en garnison à Hesdin en 1774 lorsqu'elle ouvre ses travaux sous la direction du capitaine de More­ton-Chabrillant. En 1775, lorsqu'elle initie le comte des Rieux et le comte de Carné, elle tient ses assises dans le Temple de la Loge de Rennes.

De la même façon, nous pouvons suivre pendant plus de vingt ans dans ses déplacements la Loge militaire de l'Orléans-Dragons. Des noms connus figurent sur les tableaux des Loges militaires. Le sous-lieutenant Alexandre de Musset, grand-oncle du poète, appar­tenait à La Concorde, Loge du régiment d'Auvergne. Le baron de Montboissier-Beaufort-Canillac, gendre de Malesherbes, fut Véné­rable de L'Amitié à l'Epreuve, la Loge de l'Orléans-Dragons. Le duc de Richelieu, futur Premier ministre du roi Louis XVIII, fut l'orateur des Dragons Unis, au régiment des Deux-Ponts-Dragons. Percy, l'un des rénovateurs de la chirurgie militaire, fut le Secrétaire des Frères Unis, au régiment de Berry-Cavalerie. Le célèbre Choderlos de Laclos, l'auteur des « Liaisons dangereuses «, fut le Vénérable de L'Union, au corps d'artillerie de Toul.

Lafayette et Rochambeau étaient eux-aussi francs-maçons.

Axel de Fersen, colonel du Royal Suédois, l'homme qui organisa la fuite à Varennes de la famille royale, appartenait à L'Olympique de la Parfaite Estime. Dans cette Loge il retrouvait un lieutenant- général qui se nommait... Charles d'Estaing.

Le célèbre mathématicien Gaspard Monge fut en 1779 l'Orateur de L'Union Parfaite du Corps du Génie où il avait été initié. La Tour d'Auvergne, le premier grenadier de France, tombé au champ d'hon­neur le 27 juin 1800, appartenait à une Loge bretonne.

Il demeure que la période la plus faste de la Maçonnerie mili­taire, ce fut indéniablement celle du Premier Empire, avec les francs-maçons Junot, Pichegru, Mac Donald, Beurnonville, Kléber, Brune, Joseph.et Jérôme Bonaparte, Sérurier, Kellermann, Mortier, Ney, Lannes, Lefebvre, Murat, Augereau, Moreau, Exelmans, Suchet, Oudinot, Bernadotte, Molitor, sans oublier le général Hugo, père de Victor, qui appartenait à L'Amitié d'Aix-en-Provence et à La Concor­de de Bastia.

Faire aujourd'hui le tour de Paris par les boulevards extérieurs c'est s'offrir l'occasion de saluer l'un après l'autre les plus grands noms de la Maçonnerie militaire.

N'oublions pas le maréchal Masséna, duc de Rivoli, qui avait été initié à Toulon en 1784 par la Loge Les Enfants de Minerve. Quant à Grouchy, celui de Waterloo, il appartenait à La Candeur de Strasbourg.

Dans toute l'histoire de la Franc-Maçonnerie universelle aucune date n'est plus douloureuse que celle du 18 juin 1815. Ce jour-là, dans la plaine de Waterloo, se retrouvèrent face à face les francs- maçons français du Frère Grouchy, les francs-maçons anglais du Frère Wellington, les francs-maçons prussiens du Frère Blücher. La fine fleur des Loges militaires de la Grande Armée disparut dans la charge héroïque de la Haie-Sainte que commandait le franc-maçon Lassale.

Quelques-uns des plus grands noms de la Marine figurent éga­lement sur les tableaux des Loges, notamment ceux du corsaire Surcouf et du corsaire Bompard, du bailli de Suffren, de l'amiral Villaret de Joyeuse, de l'amiral Bruix, de l'amiral Magon de Médine qui trouva la mort à Trafalgar.

Les marins français participèrent activement à l'implantation et au développement de la Maçonnerie aux Antilles, à Saint-Do­mingue, aux Indes, au Moyen-Orient et en Amérique Latine. Un mili­taire comme le comte de Grasse-Tilly propagea de la même façon et organisa dans plusieurs pays d'Europe, notamment en Belgique et en Espagne, le système des Hauts Grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

La liste est longue des soldats francs-maçons qui, sous les différents régimes, furent élevés à la dignité de Maréchal de France. Les plus connus sont Augereau, Bernadotte, Exelmans, Joffre, Keller­mann, Lefebvre, Masséna, Murat, Ney, Soult et Suchet. Pendant la guerre de 1914-1918, le Grand Maître de la Grande Loge de France était le général Peigné. Une Loge parisienne de son Obédience porte aujourd'hui son nom.

Entre 1919 et 1940, et depuis 1944, de nombreux officiers d'ac­tive furent Vénérables de Loges écossaises et plusieurs d'entre eux furent appelés à siéger au Conseil Fédéral de la Grande Loge de France.

Ainsi, la tradition de la Franc-Maçonnerie militaire se prolonge. Elle constitue à coup sûr l'une des plus belles pages de l'histoire de la Franc-Maçonnerie française.

MAI 1982 Publié dans le PVI N° 46

Source : www.ledifice.net

Par PVI - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 28 juillet 2014 1 28 /07 /Juil /2014 07:24

« M. des Cér. - Quel est le nom des apprentis, qui leur sert de mot de reconnaissance?
PHALEG
M. des Cér. - Que signifie ce mot ?

Dieu m’a créé. »
Rite Ecossais Rectifié Rituel d’Apprenti

Le Rejet des métaux de J.B. Willermoz

On notera que dans ses cahiers, concernant l'agent inconnu, Willermoz précise que le message qui lui est délivré « tente, d'une part, de « dévaloriser » si l'on peut dire, ou de minimiser l'importance du personnage clé de la Légende du Troisième Grade, d'autre part, à l'inverse, tente de revaloriser le grade d'Elu, de même que les grades de vengeance que Willermoz avait tant décrié, et enfin, et surtout, de substituer le mot de passe du 1er grade à savoir Tubalcaïn! par Phaleg ». Néanmoins, et avant de continuer la lecture de cet article, je ne saurais trop attirer l'attention du lecteur sur deux éléments qui me paraissent fondamentaux dans l'apparition de Phaleg au premier degré du RER. Tout d'abord la présence effective de membres du groupe des Illuminés de Bavière au Convent de Wilhelmsbad et, en second lieu, le fait que Weisthaupt, fondateur des Illuminés et Louis Claude de Saint-Martin entretenaient de bonnes relations...... c'est à dire que ceux dont l'objet était la "dispersion" de la culture chrétienne et celui qui insista auprès de Willermoz afin qu'il remplace le nom du forgeron fondeur par celui du Roi constructeur de Bable se connaissaient bien.... la dispersion est donc le Maître mot car "Phaleg" ne signifie pas "Dieu m'a créé" mais "Dieu a dispersé"..... Ce « mot de passe » dont certains prétendent qu'il fut hérité de la franc-maçonnerie dite Noachite est resté jusqu’à nos jours, dans la pratique du Régime Écossais rectifié, celui des Apprentis. Il y a remplacé celui utilisé au Rite importé de la Grande Loge de Londres de 1717, Tublacaïn, et qui deviendra le Rite des « moderns », lequel donnera naissance à la plupart des avatars connus sur le continent. Passer de Tubalcaïn à Phaleg n’est pas innocent à cette époque, parce que cela revient, dans un certain contexte ultraciste et mystique très influent dans la maçonnerie savoiso-lyonnaise, à revendiquer un retour à une chrétienté plus rigoureuse, plus "intégriste" ( c'est d'ailleurs l'argument premier et la sollicitation de Louis Claude de Saint Martin auprès de Willermoz en ce sens qui emporta la décision) et d'argumenter d'un rapprochement de la maçonnerie des « ancients » ( argument aussi hypothétique que reposant sur l'ignorance de ce qu'elle pouvait être réellement... mais ne leur jetons pas la pierre, 90% de ceux qui parlent des "ancients", même encore aujourd'hui, ne les ont pas étudiés). Le pauvre Saint Martin, très influencé par Adam Weisthaupt, n'en avait très probablement pas fréquenté beaucoup car il ne retint que l'affirmation de Dermott en 1788, qui clamait que « Les Innovations qui se sont glissées sournoisement dans la maçonnerie... tendent à dénaturer l'intégrité du système. Il est du devoir de la Confrérie de s'en protéger. Nous croyons néanmoins que le moment est proche où ces désagréments disparaîtront et que la maçonnerie retrouvera ses marques1 ». Hypothétique, dis-je parce que les "ancients" dont il est question, bien que catholiques majoritairement n'utilisaient pas Tubalcaïn au Premier degré du Rite... et pas du tout Phaleg...

Sans penser, à aucun moment, que Willermoz ait pu avoir quelque influence sur le conflit anglais qui opposait les deux maçonnerie (il eut fallu pour cela qu'il les fréquentât), nous sommes bien obligés de constater une certaine convergence de vues. Aucune précision n’a jamais été donnée concernant ces marques, que la maçonnerie devait retrouver... et l'on sait, sauf à en ignorer le contenu, qu'il ne s'agit pas du degré de Maître de Marque... néanmoins, les « ancients » précisaient dans le « Ahiman Rezon », que les maçons étaient descendants de Noé, nous verrons plus loin l’importance de cette affirmation, et, de ce fait, qu’ils devaient respecter la religion du pays dans lequel ils se trouvaient pourvu qu'elle soit fondée sur la chrétienté. Exigence qui n’existe pas sous cette forme chez Anderson. Outre ce choix dans le conflit qui opposait les deux Grandes Loges en Angleterre et dont l’Europe maçonnique ne manquait pas d’être informée, la modification du mot de passe revient aussi, et plus philosophiquement cette fois, à substituer la forge au bénéfice de la dispersion du Verbe. Ce point est loin d’être anecdotique dans une pratique maçonnique qui réintégrera les dimensions et les formes de ce même Verbe en le faisant chair dans l’esprit de l’Evangile de Saint Jean. Le choix est clair et le déterminisme délibérément chrétien qui disperse la forge de Caïn au bénéfice de la Parole perdue. Il n’est plus question d’une construction pluridisciplinaire, d’un architecte polytechnicien, mais bien de la pierre de faîte qui avait été rejetée. S'agissant d'une démarche dont l’objectif était de « réintégrer » la Franc-maçonnerie de l’époque dans une forme de chrétienté rigoureuse dominée par les ultra racistes et d’en conforter l’objet par un thésaurus compatible avec une foi catholique stricte, ou, pour le moins, de « rectifier » les errements déistes du courant anglais des « moderns », il ne paraît pas surprenant outre mesure que les mythes relatifs de trop près aux descendances de Caïn et rappelant par trop les anciennes croyances liées à la forge aient été « mis de côté ». On peut donc penser qu’à la suite de l’intervention de l' « Agent Inconnu », et tout autant sur les insistances répétées de ses Maîtres martinistes qui militaient activement pour la disparition des références à la descendance de Caïn comme une garantie de réaffirmation chrétienne, Willermoz ait pu terminer, en 1785, son dernier rituel et, ainsi conforté par ses Maîtres en « sciences mystiques », rejeter les métaux qui restaient, pour eux-tous, un rappel trop manifeste de la chute de l’Homme. Cependant, les relations de Willermoz avec cet inconnu épistolaire ne sont pas les seules sources auxquelles ait puisé le Lyonnais. On gardera en mémoire que c’est en 1765 que le fondateur du RER constitue, à Lyon, à la suite des Chapitres de Metz, un « Chapitre des Chevaliers de l’Aigle Noir, Rose Croix ». C'est-à-dire, un an avant la publication, par le Frère Bérage2 de sa traduction du « Septième degré de la Maçonnerie » ; le grade de « Noachite » ou « Chevalier Prussien », devenu, depuis, le 21ème degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté et introduit en France vers 1757. Le nom même de « Chevalier prussien », à ce moment de la réforme entamée de la Stricte Observance Templière, n’est probablement pas du au hasard. C’est la logique de son intégration dans le corpus des Aréopages des Degrés Philosophiques du Rite Ecossais Ancien et Accepté qui pourrait paraître étonnante dans la mesure où son contenu renvoi apparemment de manière trop précise à l’origine Templière de la maçonnerie et, plus particulièrement à une origine chevaleresque « teutonique » pour n’être que philosophique. Dans sa version ultime du Rite Ecossais Rectifié, Jean-Baptiste Willermoz, fidèle en cela au courant de pensée qui prétend que la construction de la Tour de Babel est la véritable origine de la franc-maçonnerie, introduit, au grade d’Apprenti, un personnage pour le moins Noachite puisqu’il est déjà l’un des éléments fondamentaux des hauts grades :« Phaleg ».

Dans le même temps qu'il élimine « Tubalcain », il rejette les « métaux » et procède à la suppression des « fondeurs » et des « forgerons ». Ce n'est pas, non plus, une surprise que la lignée de Caïn et ses forgerons soient enlevés au profit d'un roi-architecte qui voulut gagner le séjour de Dieu par l'érection d'une tour dont l'ambition était d'atteindre le séjour de Dieu. Mais surtout et en toute logique, à la suite de Martinès de Pasqualy qui constate la chute de l'homme hors du domaine spirituel dans la matière et incite à œuvrer pour l'accomplissement d'un retour vers l'esprit, il coupe la branche Caïnite de la symbolique maçonnique au grade d'apprenti maçon, celle qui laisse perdurer les artisans de la chute de l'Homme. Dans cette perspective, Martinez lui-même mais aussi J. Boehme, Swedenborg et Saint-Martin sont considérés comme missionnés par Dieu, éclairés par la lumière de la Sophia, la Sagesse d'intelligence, des Illuminés. On comprend qu'il y ait, après la Chute, deux postérités et deux humanités. La seconde postérité d'Adam, qui est celle de Seth, s'est rendue susceptible de réconciliation ne serait-ce que par l'Alliance conclue avec Noé et ses fils. Celle de Caïn doit encore être réconciliée. "Elle paie encore le tribut à la justice du Créateur3" et Tubalcain fermait la boucle. Ceux qui composent l'Assemblée des élus qui seuls ont été réconciliés par la venue du Christ sont missionnés dans le plan du rachat divin et reçoivent l'inspiration intellectuelle, la gnose, SOPHIA, ce sont les "illuminés". Même si le concept de dispersion de la parole ne constituait pas une nouveauté à cette époque, il est bien évident que sa personnification dans l’architecte de Babel avait largement disparu de la pratique du rite français sur lequel s’appuyait Willermoz. Ce n’était pas une nouveauté, néanmoins, les rituels du RER de 1785 replacent la Tour de Babel dans le cadre de l’Apprentissage maçonnique comme un élément qui n’aurait jamais du être occulté. Cela est confirmé dans les pratiques rituelles depuis au moins 1744, selon le témoignage de l’ouvrage « le parfait maçon », certaines pratiques maçonniques liaient le noachisme et la mythologie adamique à l’apprentissage, laissant les colonnes d’Enoch et la Tour de Babel. Au compagnonnage4.

Phaleg, l'architecte de la Tour et la maçonnerie noachite

Selon Albert Galatin MacKey, c’est tout naturellement que la Franc-maçonnerie Noachite s’est inscrite dans la chaîne symbolique de la franc-maçonnerie bien qu’à l’origine elle ait été conçue pour rester un système indépendant qui aurait substitué Noé à Salomon et Phaleg, constructeur de la Tour de Babel, à Hiram. De ce qu’il est possible de comprendre des anciennes légendes fondatrices de la maçonnerie, du moins, telles qu’elles ressortent des manuscrits gothiques, il n’est pas inimaginable qu’une ancienne légende relative à la Chute ou à un mythe nécromantique de même nature que celui qui a survécu ait donné à Noé le rôle de Père fondateur. Des fragments d’une telle légende auraient pu survivre et être intégrés dans le corpus symbolique de la maçonnerie spéculative du XVIIIème siècle alors que d’autres disparaissaient. Les souvenirs récurrents auraient alors servi de base à la fondation de cette maçonnerie. En effet, la légende de Noé n’a jamais été bien loin ; en 1738, « Noachidæ » apparait dans les Constitutions d’Anderson. Il est défini relativement aux familles ou tribus de la descendance des fils de Noé, Sem, Cham, et Japhet. Ces légendes affirment même que le premier Grand Maître des Maçons était Ham, fils de Noé et bâtisseur de la première ville, Shinaar. Comme à l’habitude, on le voit, les légendes maçonniques sont loin d’être vérifiables, particulièrement dans la Bible puisque cette légende ne tient compte ni de Caïn, ni de Hénoch ( Gen. 4 ;17), mais, là encore, il s’agit de la descendance de Caïn. Cette création de Shinaar donne néanmoins l’assurance du lien entre Noé, sa descendance et la maçonnerie opérative. Sans trop de conjectures hasardeuses, on peut raisonnablement reconstruire le processus par lequel la légende d’Hiram trouve sa place en maçonnerie. Les opératifs du moyen âge connaissaient Hiram et le Roi Salomon, les certitudes en sont données par les descriptions de Naym Green, Minus Green ou Nayman the Grec dans les anciens devoirs, en effet, ce maçon qui enseigna la maçonnerie à Charles Martel était réputé avoir travaillé sur le chantier du temple de Salomon avec Hiram. Certaines différences notoires dans les définitions des rôles des différents personnages laissent, cependant, entendre, que leur identification à cette époque n'implique pas que l'on ait conçu, pour eux, les mêmes rôles. L’architecte était donc connu, à défaut de la légende nécromantique qui le met en scène et il y a de fortes probabilités pour que cette légende fut d’abord celle racontant les faits et geste de Noé et de Cham et ayant pour but de démarrer une histoire du Temps permettant de mémoriser les évènements et leurs conséquences. Mentionné 7 fois dans la Bible, Phaleg, de la 4ème génération des fils de Noé, fut, comme son père, Roi de Babylone, lieu dont le nom signifie « la confusion », architecte de la Tour de Babel, il aurait vécu de -2247 à -2208 avant l'ère chrétienne. Il n'apparait que durant les chronologies généalogiques des livres du Pentateuque et de Saint Luc. Ainsi, il est dit que Phaleg, aussi appelé Palag ou Péleg, est le 13ème descendant de la dynastie de Seth, fils d'Héber, (Gen.11;16), descendant de Sem, fils de Noé. Les rosicruciens et les Illuminés du XVIIème siècle qui introduisirent la mystique en maçonnerie à partir du début du XVIIIème siècle, non seulement connaissaient la légende de Noé, mais encore la transposaient eux-mêmes dans leurs propres mythes fondateurs en insistant sur les aspects dramatiques, comme celui de la montagne du déluge sous laquelle gît la dépouille de Christian Rozencreutz. Les rédacteurs modernes pourraient alors tout à fait facilement introduire Hiram et les grands projets de Salomon dans le paysage postdiluvien de la première alliance. Phaleg peut alors retrouver sa place, au moment du passage de l’opératif au spéculatif, alors que le monde change sous l’influence des lumières et de la révolution industrielle des années 1700. Les Écritures précisent que son père lui donna le nom de Phaleg, פּלג (pâlag), qui signifie à la fois « partage » et « tremblement de terre », parce que c'est de son temps l'on commença à partager la terre (Gen 10 :25 et 1Chr 1;19 – on remarquera que ces deux versets sont quasiment identiques5). Soit que Noé ait commencé à partager les terres à ses neveux après le déluge, quelques années avant la construction de Babel, soit que Phaleg soit venu au monde l'année même de l'entreprise de Babel et de la confusion des langues, soit que Héber, par un esprit prophétique, ait donné à son fils le nom de Phaleg quelques années avant la tour de Babel6 (Gen. 11; 5 à 8 – Dt 32;8). Il n'en demeure pas moins que, selon les Écritures, la lignée dans laquelle il s'inscrit est assez bien définie et que, dans la liste des engendrements, on le retrouve porteur de la lignée d'Abram. Ainsi, d'Arphaxad, fils de Sem, par Salé, par Heber (Hébreux), par Phaleg, par Réu, par Sarug, par Nachor naquit Tharé qui engendra Abraham. Celui-ci eut trois femmes : Cétura, qui lui donna entre autres fils : Madian... Agar qui lui donna Ismaël... et Saraï, l'épouse légitime, qui lui donna Isaac. Celui-ci engendra Esau et Jacob (Israël). De ce dernier est issu le peuple des Hébreux. Selon l'historien américain P. K. Hitti7, ce peuple hébreu émigra en Palestine, à travers la Syrie entre 1500 et 1200 av. J.-C. Ce fut la seconde émigration, bien définie dans le temps et l'histoire, d'un peuple sémite vers le Croissant fertile. Il naquit en l'an du monde 1757, avant Jésus-Christ; soit, 2243, avant l'ère vulgaire 2247. Ce qui embarrasse ici les interprètes, c'est,

1° que Phaleg n'est venu au monde que cent ans après le déluge. Or il semble qu'alors le nombre des hommes n'était pas encore assez grand pour faire une entreprise comme celle de Babel.

2° que Jectan, frère de Phaleg, avait déjà treize fils au temps de la dispersion arrivée après la confusion de Babel (Ge 10 :26-28). Phaleg étant né l'an 34 de Héber, (Ge XI, 16), il est impossible que Jectan, son frère, ait pu avoir ce nombre d'enfants lors de la naissance de Phaleg. Il semble donc qu'il n'est pas né au temps de la dispersion. A cela on peut répondre que Moïse a rapporté les noms des treize fils de Jectan dans la Genèse, (Ge 10, 26), par anticipation, quoiqu'ils ne fussent nés qu'assez longtemps après la confusion de Babel? Mais comme ils occupèrent un assez grand pays, il était important de les faire connaître, et de les nommer parmi les autres descendants de Noé, qui se partagèrent les provinces d'Orient. Quoi qu'il en soit, Phaleg, âgé de trente ans, engendra Réu (Ge 11 :18), et mourut âgé de deux cent trente-neuf ans.

Histoire de Phaleg

Phaleg, qui avait conçu l'idée de la tour de Babel et en avait dirigé la construction.
La tour de Babel, le mot Babel signifiant en hébreu "confusion" "Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont la tête soit dans les cieux. "Après qu’ils eurent jeté les fondations de cet édifice, le Seigneur, dit encore l'Ecriture, jeta les yeux sur la terre et vit l’orgueil des enfants des hommes. Il descendit sur la terre pour confondre leurs projets téméraires. A cette fin, il mit la confusion dans les langues des ouvriers. Phaleg, se sentant coupable, se condamna à une pénitence rigoureuse, il se retira dans le nord de l'Allemagne, où il arriva après bien des peines et des fatigues endurées dans des pays déserts où il n'avait trouvé pour toute nourriture que des racines et des fruits sauvages.
Dans cette région, que l'on appelle la Prusse, il construisit quelques cabanes pour se mettre à l'abri des intempéries.
ll érigea un Temple en forme de triangle, dans lequel il s'enfermait pour implorer la miséricorde de l'Eternel et la rémission de son péché. L'an 553, en fouillant à quinze coudées de profondeur dans les mines de sel de Prusse, on découvrit un bâtiment de forme triangulaire au milieu duquel se trouvait une colonne de marbre blanc. Sur sa base, toute cette histoire était écrite en hébreu.
A côté de cette colonne, il y avait un tombeau de grès, contenant de la poussière et une pierre d'agate portant l'épitaphe suivante:
" Ici reposent les cendres de l'architecte de la tour de Babel.
Le Seigneur eut pitié de lui, parce qu'il devint humble."

Le texte de la colonne nous dit aussi que Phaleg était fils d'Eber, dont le père était fils d’Arpaxad, qui était fils de Shem, fils aîné de Noé. Mot de passe au 21ème degré REAA – « Noachite » ou « Chevalier Prussien » : Phaleg (dit d’une façon lourde et empreinte de tristesse).

1 Cf. la lettre adressée en 1788 par le Grand Secrétaire des Ancients à Lord Elcho, Grand Maître de la Grande Loge d'Ecosse (Charles Bolton 1897, Grand Master's Lodge No. 1: 22, cité par Hextall, AQC ( Ars Quatuor Corronatum – revue de la Loge de Recherche Ars Quatuor Corronati ) 23: 48. Citée aussi par Alain Bernheim in « ÉTUDES MAÇONNIQUES - MASONIC PAPERS - LA FRANC-MAÇONNERIE, L’ANGLETERRE ET LES MYTHES » : « The Innovations which have of late crept into Masonry in this Kingdom ... as they tend to affect the integrity of the system, it is the duty of the Brotherhood to discountenance. We trust the time is not far distant when, sensible of the inconvenience as well as the fault of the Deviation, they will come back within the Landmarks of the Craft. » Trad JJ.

2 « Les plus secrets mystères des hauts grades de la maçonnerie dévoilés, ou, Le vrai Rose-Croix » - Par Bérage - Publié « à Jérusalem » en 1766.

3Cf. Martinez de Pasqualy « traité de la réintégration des êtres ».

4 Cf. « Le parfait maçon : les débuts de la maçonnerie française (1736-1748) » : anthologie Par Johel Coutura, Société française d'étude du XVIIIe siècle, Collaborateur Société française d'étude du VIIIe siècle - Publié par Université de Saint-Etienne, 1994

5Gen 10:25 « Il naquit à Héber deux fils: le nom de l'un était Péleg, parce que de son temps la terre fut partagée, et le nom de son frère était Jokthan. » 1Ch 1:19 « Il naquit à Héber deux fils: le nom de l'un était Péleg, parce que de son temps la terre fut partagée, et le nom de son frère était Jokthan. » L'identité presque parfaite de ces deux versets n'est pas chose courante dans le Pentateuque et mérite d'être soulignée. En général, la répétition de termes ou de commandement indique leur importance car l'Éternel ne se répète jamais. On retrouve Phaleg dans Luc 3;35, c'est à dire la généalogie de Jésus.

6Cf. RP. Dom Augustin Calmet in « Dictionnaire, historique, critique, chronologique, géographique et littéral de la Bible » - Chez Marc Bousquet à Genève 1730

7Philip Khuri Hitti fut un Historien spécialiste de l'Islam décédé en 1978, fondateur du département d'études du proche-orient à l'Université de Princeton,

Source : http://truthlurker.over-blog.com/article-36031099.html

Par Lurker - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 25 juillet 2014 5 25 /07 /Juil /2014 07:44

L'ordre Dorique 


Dans les temps les plus reculés, partout dans le monde, les peuplades nomades se déplaçaient librement en érigeant des pierres dressées, symbole de la flamme céleste, lumière qui éclaire l'esprit humain. Tous avaient en commun une vision unitaire du monde, du visible, à l'inaccessible à l'esprit humain. 
Plus tard l'homme imaginatif doublé de sa ferveur religieuse, donna naissance aux Tumulus, Dolmens et bien d'autres créations. 
Puis se dressèrent à travers le monde: pyramides, pagodes, basiliques, temples et 
cathédrales: ouvrages des compagnons opératifs           
Le 2è voyage initiatique invite les compagnons en devenir, à cultiver les 5 ordres d'architecture que sont: le dorique, l'ionique, le corinthien, le toscan et le composite. 
5 ordres représentent 5 marches à gravir dans l'évolution du compagnon en construction. 
Pour cela et lors de ce voyage, 2 outils symboliques lui sont offerts: la règle, synonyme de la loi morale, dirige notre conduite et le levier qui nous permettra après ciselage, de poser notre pierre en vue de l'érection du Temple symbolique. 
L'architecture de la colonne de pierre du F :.M :. Opératif est comparable à l'architecture du corps humain : une base, un corps de pierres ciselées et empilées et un chapiteau, cette colonne a évolué dans l'histoire. Pour la 2è citée : des pieds, un corps soutenu par 33 vertèbres empilées et une tête dotée d'une intelligence qui doit évoluer dans le temps. Cette colonne multi séculaire du F\ M \ Opératif est riche en enseignements; donnons-lui la parole. 
L'ordre Dorique est le plus ancien des ordres d'architecture grecque : Le Parthénon en Grèce en est le type (447 AV JC). Harmonie des proportions, il est austère, puissant et robuste. Beauté et raison sont étroitement liées dans la colonne Dorique. Elle repose avec simplicité directement sans base sur le soubassement (stylobate).Elle est courte et massive, elle évoque force et grandeur. Sa hauteur est égale à 8 fois son diamètre de base. Son pourtour est creusé de 20 cannelures formant des crêtes vives, réduites à 16 par les Romains qui ajoutèrent une base. Son chapiteau rectangulaire est peu élevé. En fait, les phénomènes de forme qui sont apparus aux différentes époques dans l'architecture et la décoration dans les différents pays, sont tantôt de l'ordre spirituel, comme les proportions ou les styles, tantôt d'ordre plus matériel comme les éléments ornementaux empruntés tri souvent à la nature. Ils participent à la vie sociale et morale comme des êtres animés. Ils l’expriment dans l'image offerte par l'évolution des goûts comme par l'évolution des meurs. 2 colonnes symboliques prennent une place essentielle dans notre Ordre. C'est Hiram de Tyr qui coula les 2 colonnes d'airain pour le temple de Salomon, nous dit le livre des Rois. Il les nomma Jakin et Boaz. Cet artisan était rempli de sagesse, d'intelligence et de science. L'airain, alliage sacré est synonyme d'immortalité et d'inflexible justice. II est aussi le signe de l'alliance indissoluble du ciel et de la terre. Hiram coula aussi un chapiteau pour chaque colonne, orné de 200 grenades où figuraient des lys, le tout relié par 7 chaînettes festonnée.
Boaz signifie « en force » ; Cette colonne est peinte en bleu considéré comme passive, féminine associé à la lune. Elle se dresse à l'intérieur du temple de la loge, à la porte de l'occident, à gauche en entrant, coté nord. C'est la colonne des apprentis dans le silence et la pénombre du septentrion. Du mot Boaz ressort toute la signification du cabinet de réflexion : descente en soi même vers la source de lumière intérieure et profonde. EN FORCE, c'est la force profonde qui vient de cet approfondissement intérieur. Cette colonne nous parle du travail de l'apprenti ; un peu de lumière naîtra du travail au fond de soi permettant la fermentation intérieure et l'éclosion de l’œuf : renaissance de l'apprenti. 
Les grenades, fleurs de lys et chaînettes, préfigurent respectivement ordonnées : le cycle de germination des graines en terre au solstice d'hiver et renaissance de l'apprenti. Puis restitution de l'apprenti à la vie pure et enfin notre chaîne d'union où l'apprenti est soutenu par ses frères dans la lente progression de sa construction, vers la connaissance de soi. 
Jakin signifie : « qui établira », qui fondera. Cette colonne est de couleur blanche. Elle est considérée comme active et masculine. Associée au soleil, elle est à droite en entrant dans le temple. C'est la colonne du midi, la colonne des compagnons pèlerins, dans le sillage de la pleine lumière. Grenades, chaînettes et fleurs de lys préfigurent sur cette colonne d'autres aspects symboliques: fécondation du monde ensemencé par l'homme ouvert à l'univers, ardeur du F :.M :; vers un idéal commun et enfin : élévation vers le plus haut de la connaissance, vers la perfection, vers le divin. 
Jakin nous parle aussi d'autre chose : c'est l'action de la main, du toucher, du façonnage. C'est la main qui sent et qui crée jusqu'à l'aboutissement final. Cette colonne nous parle bien de l'action qui prend la mesure de l'homme et qui agit sur la création dans une œuvre de perfectionnement cosmique. C'est à la colonne J que le compagnon peut prendre la parole car il a acquit la capacité intérieure de dire une parole : c'est donc là qu'il reçoit son salaire. Boaz et Jakin symbolise l'accession au spirituel en interaction permanente 
Approfondissement intérieure de l'apprenti, expression extérieure et action sur le monde du compagnon en progression vers la maturité féconde. 
Après la colonne, laissons parler le cœur : C'est par la Foi qui n'est autre que la lumière de l'esprit nourrie par l'Amour, que nous parviendrons avec sagesse et intelligence à insérer notre pierre ciselée; dans notre temple commun, celui d'une société plus humaine ; La parole est donnée à l'ordre Ionique. 

M\ B

L'Ordre Ionique 


Le sujet de ce soir m'a permis de me replonger sur mes deux années maçonniques passées à vos côtés. Grâce à cela je vais vous livrer mon sentiment profond, mes pensées actives. Je vous livrerai mon travail intérieur, mon voyage vers mon être le plus profond. Ce voyage qui m'a permis et continue encore à établir mon temple intérieur. 
L'ordre d'architecture Ionique ; lorsque je me suis penché sur ce sujet, je suis resté perplexe, profane devant la complexité de cette réalisation. 
L'histoire nous donne comme origine : les Grecs étant passés dans l'Asie mineure sous la conduite d'Ion, un de leurs chefs, voulurent élever un temple magnifique à Ephèse en l'honneur de Diane. lis cherchèrent, pour décorer ce monument, un nouvel ordre d'Architecture qui, sans être moins régulier que le Dorique, offrit un genre de beauté plus délicate, et qui fût susceptible de recevoir plus d'ornements. Comme l'ordre Dorique avait été déterminé sur le corps de l'homme, ils imaginèrent de régler les proportions du nouvel ordre sur la taille plus délicate des femmes Grecques. Poussant loin l'imitation, ils copièrent les boucles de leurs cheveux, ce qui donna lieu aux volutes du chapiteau, et ils cannelèrent les colonnes pour imiter les plis de leurs vêtements. Ce nouvel ordre fut nommé Ionique. 
L'ordre ionique est l'un des trois ordres de l'architecture grecque, caractérisé surtout par un chapiteau orné de volutes et une colonne élancée ornée de cannelures profondes et possédant une base moulurée. 
Les ordres d'architectures sont le départ de la construction d'édifices toujours présents de nos jours (Acropole, cathédrales,...). La précision de ces réalisations, les matières nobles employées ont permis de les faire perdurer dans les âges et les différentes générations. 
La méthode maçonnique sur cet ordre nous a été transmise par nos frères opératifs. 
Je pense qu'il faut prendre en compte plusieurs perceptions qu'offre à notre compréhension cet ordre.
Sur un plan maçonnique je pense que nous pouvons prendre l'inspiration du chapiteau ionique et de sa colonne qui pourrait venir du temple d'AthénaNikè qui me dévoile tout d'abord le sentiment de ‑ RASSEMBLEMENT: La forme d'ensemble du chapiteau rassemble deux formes, relie la face avant et la face arrière de chaque volute. 
Cela nous plonge dans le rassemblement des francs maçons et de leurs idées. Nous sommes tolérants et nous nous acceptons tels que nous sommes. Nous sommes liés par notre serment et par notre existence. 
Puis un sentiment ‑ INCOMMENSURABLE: La synchronisation parfaitement symétrique, bien équilibrée donne à la structure une dimension de grandeur et de gigantisme. La colonne si bien tendue, érigée vers l'infini. 
Comme le fil à plomb garant d'une profondeur spatiale du zénith au nadir. De notre existence d'homme vers les étoiles vers l'intouchable ou presque. Maintenant, 
- Expression du CONTINU : Les volutes forment un ensemble de courbe continu qui va de l'une jusqu'à l'autre, mais cette courbe est marquée par des étapes qui sont bien séparées: d'abord elle a la forme d'une spirale, puis elle se transforme en souple horizontale un peu creusé au sommet du chapiteau, puis elle devient la spirale opposé sur l'autre côté du chapiteau. 
Ces étapes peuvent être rapportées à celles franchit par le franc-maçon tout au long de son cheminement initiatique, du commencement vers l'infini. Du cabinet de réflexion ou une renaissance à lieu pour perdurer vers une progression lente mais constante. 
Voyons maintenant un autre sentiment qui m'est propre :
‑ Expression du LIE : le chapiteau est obtenu au moyen de diverses formes bien séparées visuellement qui sont parfaitement liées ensemble par leur emboîtement mutuel. 
Nous sommes comme les doigts d'une seule main, nous sommes liés pour la vie. Quoique différents, comme de diverses formes existantes en architecture, nous nous reconnaissons comme frère. 
II est donc nécessaire de toujours tailler sa pierre de plus en plus adroitement et finement afin de tenter de devenir un homme libre tant dans sa vie maçonnique que dans sa vie profane afin d'apporter sa pierre à l'édifice. 
Cette transmission de savoir et d'allégeance nous permet avec force de passer de l'état de franc maçon opérateur à franc maçon spéculatif. Ce message de la tradition transmis depuis des âges nous permet d'asseoir toute notre logique. Nous utilisons des outils de bâtisseurs. Nous taillons notre pierre brute pour approfondir notre pensée. C'est en participant à la construction de l'édifice, du temple que nous contribuons à consolider la franc- maçonnerie. 
Ces ordres peuvent se rapprocher aux trois colonnes du temple qui peuvent être symbolisées par la sagesse, force et beauté. La sagesse qui dirige et nous guide, la Force qui nous soutient dans toutes nos difficultés et la beauté qui orne notre conscience 
La colonne de mon grade est là pour me guider sur le chemin initiatique du compagnon. 
II ne faut pas oublier en conclusion que les cinq ordres, le Toscan, le Dorique, l'Ionique, le Corinthien et le Composite correspondent à la base, à la perpendiculaire, au diamètre, à la circonférence et à l'équerre. 

O\ C\ 

L'ordre Corinthien 


L'évolution de l'architecture grecque nous amène au 3è ordre fondamental qui apparu au Vé et IVe siècle av JC, l'ordre Corinthien. II se caractérise par une colonne à 24 cannelures et 18 rayons, mais pas de base, son chapiteau orné de feuilles d'acanthe d'où émergent 4 volutes, donne à cette colonne d'origine ionique un couronnement bien venu, par son efflorescence de plus en plus haute et touffue. 
Ce chapiteau connaît un vif succès car en plus de son aspect esthétique, il résout le problème du chapiteau ionique qui avait l'inconvénient de ne pas être identique sur toutes ses faces et en particulier aux colonnes d'angle. Ce nouvel ordre allie désormais la force à l'élégance, supplantant le dorique majestueux par la simplicité de sa colonne trapue posée directement sur le soubassement, et l'élégance du ionique due à sa colonne élancée reposant sur une base et son chapiteau décoré de volutes en forme de corne de bélier. 
Cette évolution, cet embellissement architectural, me ramène sur un plan maçonnique à notre recherche perpétuelle à nous améliorer en travaillant sur notre pierre cubique, en la façonnant coup après coup aidé du maillet et du ciseau, en effet la connaissance acquise en tant qu'apprenti associé à l'énergie, nous apporte la force pour gommer les aspérités, polir ensuite notre pierre nous ouvrant ainsi peu à peu la voix de la sagesse. 
II me reviens sans cesse en tête un des symboles de l'apprenti qu'est la perpendiculaire, ce chemin vers le haut et le bas, qui nous est si bien transmis par Hermès Trismégiste dans la table d'émeraude, dont le but essentiel est de ce connaître soi même, pour trouver sa place dans l'univers, et comprendre que le sens de notre quête est la vie par l'amour. Nous passons de la perpendiculaire au niveau en tant que compagnon, nous avons acquis assez de connaissance de l'intérieur comme vers l'extérieur pour enfin envisager une construction sur des bases solides, qui nous permettrons de nous élever vers le ciel comme les colonnes du temple, les compagnons étaient d'ailleurs appelés au moyen âge, les enfants de Salomon, autrement dit nous suivons l'enseignement de nos maîtres, garant de la tradition maçonnique, au service de cette veuve et de ces orphelins. 
Le 1er exemple connu de l'ordre corinthien se trouve au temple d'Apollon de Bassae­Phigalie (fin du Vé siècle). Callimachus, célèbre sculpteur, serait l'inventeur du style corinthien, et Vitruve qui fut un grand constructeur à l'époque de jules César, nous conte dans son livre IV sur l'architecture la touchante histoire du chapiteau corinthien. II compare les proportions des trois ordres grecs à celles de l'homme, la femme et de la jeune fille. La délicatesse de cette jeune fille à qui l'âge rend la taille plus dégagée et plus susceptible de recevoir les ornements qui peuvent augmenter la beauté naturelle. 
C'est une projection de l'être humain, de soi même, de l'intérieur vers l'extérieur, chercher sans cesse au fond de soi le meilleur, et ensuite le partager, l'offrir au monde. Je me rends compte que l'art de l'architecture prend comme source d'inspiration les proportions humaines pour les élever en édifices dédier dans la plupart des cas aux dieux, dans le seul but de rapprocher l'homme de Dieu, mais aussi de rapprocher Dieu de l'homme. Non pas que nous ayons besoin de croire qu'il existe un être supérieur et puissant qui créa l'univers, mais croire simplement que nous pouvons nous élever spirituellement pour mieux comprendre notre univers et accepter que nous ne somme qu'un avec lui, nous servant pour cela de nos 5 sens indispensable à notre croissance et notre recherche. 
Ce style corinthien traversera le temps et les époques, il connaîtra différentes phases, tantôt enrichi, mêlé, tantôt simplifié ou abâtardi jusqu'à l'aube du 20ème siècle. On retrouvera au moyen âge l'emploi de colonnes antiques dans certaines basiliques, voire même la juxtaposition, dans une même file de colonnes, de chapiteaux ioniques, composites et corinthiens, de fûts de diamètre, de hauteur et de types variés. Cette diversité liée d'abord à la difficulté de trouver du marbre en quantité suffisante, devient après l'époque carolingienne un véritable goût, et l'on verra des basiliques italiennes devenir de véritables musés d'art antique. Le chapeau corinthien demeurera longtemps la base du décor monumental. 
Nous voyons au centre de notre temple, posée sur le pavé mosaïque, les 3 colonnettes, représentant chacune une style et positionnées en loge suivant un ordre architectural mais aussi symbolique. 
En effet, la colonne Dorique qui est la plus ancienne, la plus trapue et la plus résistante était vouée au niveau du rez-de-chaussée qui porte le poids de l'édifice, on la retrouve en loge à l'orient face au vénérable qu'elle représente, portant lui-même le poids de notre atelier. 
La colonne tonique, plus qui était destinée aux premiers étages des édifices se trouve sur la colonne Boaz et face au 1er surveillant qu'elle représente, lui-même après le vénérable, supportant une partie du poids de l'édifice et surtout du bon accomplissement du travail des compagnons. Enfin La colonnette corinthienne qui était vouée aux second étages des constructions, placée en loge devant la colonne Jakin, est associé au 2é surveillant qui accompagne les apprentis, et assiste le vénérable et le 1er surveillant dans nos travaux de loge. 
L'art architectural ne cesse d'évoluer à travers les âges, utilisé pour édifié des temples à la gloire des dieux, s'enrichissant toujours plus par la tradition des siècles passés, cet art nous démontre que les croyances et les idées changent et passent, alors que les lois de l'équilibre et de la géométrie restent à jamais, elles sont la vrai tradition de notre construction personnelle, car elles ont l'avantage d'unir les hommes qui recherchent dans l'harmonie du monde, le modèle de leur équilibre intérieur. 

J\-P\ G\ 

Ordre Composite et Ordre Toscan 


Je prendrai la suite de mes frères en traitant les ordres architecturaux ou l'on peut trouver deux types d'ordres qui sont : les ordres GRECS (dorique, ionique et corinthien) et le sujet de mon travail: les ordres Romains (Composite et Toscan). 
Je commencerai par la définition de ces différents ordres, puis je vous donnerai mon sentiment personnel car je pense qu'il est plus intéressant qu'une copie mal faite d'ouvrage. Maintenant, en tin que compagnon, vous m'avez donné le droit à la parole. 
C'est avec humilité que je vais la prendre car le verbe en est lié. Nous travaillons dans 
des Loges de St Jean, l'Evangile selon St jean. 
Saint Ignace d’Antioche ne parle‑t‑il parle du « Verbe sorti du Silence » ? ... 
Ordre composite 
C'est un mélange savant d'ionique et de corinthien, c'est à dire que nous retrouvons en dessous, la volute ionique et au-dessus une échine taillée en oves. 
C'est au 16eme siècle que les architectes imaginèrent cet amalgame car ils en avaient remarqué un exemple dans l'arc de Titus. (cet arc commémore la prise de Jérusalem 70 ans après JC ) 
L'ordre composite allie la force dans la beauté, le tout supporté par un pilier lisse, blanc donc vierge et le tout posé sur la terre ou fondation : nos racines, le premier voyage que l'apprenti à vécu. 
Le compagnon devra donc faire preuve de beauté dans son action. 
Ordre toscan C'est une imitation de l'ordre dorique Grec. Les Romains l'employèrent avant de faire la conquête de la Grèce. Sa principale caractéristique est l'absence de tout ornement, la pureté simple de l'art. 
Durant notre initiation au 2 e degré et pendant notre 2e voyage, deux outils nous sont remis : La règle ‑ représentant la loi morale ‑ et le levier ‑ multipliant nos forces. 
Nous retrouvons cet alliage dans le composite (la force et la beauté, levier et règle). 
Nous sommes au grade de compagnon chacun de nous doit transmettre le savoir acquis pendant la période d'apprentissage. 
Je citerai Vitruve « une construction ne tient debout que si les règles sont appliquées ». 
Comme dans toute société il y a des lois, des règles à respecter, afin que chacun puisse s'épanouir grâce au bienfait de cette forme de liberté donnée. 
Par contre comme nous l'indique le rituel « Ses divers styles se sont succédés dans le temps suivant l'évolution du goût des constructeurs, mais tous ont eu pour objet l'harmonie des édifices qu'ils devaient ériger. » 
A nous d'adapter notre savoir par rapport à la situation. La recherche de la vérité n'est pas une science exacte car nous ne sommes confrontés qu'à des êtres vivants donc évoluant eux aussi, à des civilisations et dans des sociétés tributaires des mêmes éléments. 
Un, deux et trois ....La force, la beauté, la sagesse. 
Ces ordres d'architecture nous révèlent encore que tout est symboles; oui, mais je découvre une autre face cachée qui est l'élévation de la pensée par la connaissance que définirai par la naissance de l'être. Je suis encore dans cet état latent, c'est pour cela que l'on ne peut pas parler de maîtrise. 
Il faut que j'essaye de tout emboîter pour pouvoir poursuivre mon chemin avant de vouloir le partager. 
Nous avons dit, Vénérable Maître. 

Source : www.ledifice.net

Par G\ S\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 24 juillet 2014 4 24 /07 /Juil /2014 07:11

A l’issue du deuxième des cinq voyages du rituel de réception au deuxième degré que le futur Compagnon effectue avec la règle et le levier, le frère Expert lui fait lire un cartouche sur lequel est inscrit :

« Dorique, Ionique, Corinthien, Toscan, Composite »

Ces termes font référence aux ordres d’architecture grecs et romains. Le sujet de méditation qui est ainsi proposé au récipiendaire est donc l’architecture, l'art de bâtir des édifices. Comme la musique est l’art d’assembler harmonieusement les sons dans le respect de la vibration naturelle des corps sonores, l’architecture est l’art d’assembler les matériaux dans le respect des lois physiques, au moyen d’outils, pour en faire des édifices harmonieux. Les deux arts sont fondés sur l’harmonie de rapports, de proportions qui se laissent ramener à des nombres.
Architecture vient du grec archè, le commencement, le commandement, le principe et de tektonikos, le charpentier ou le bâtisseur, littéralement le bâtisseur des origines.
L’architecture serait ainsi un ordre soumis, tout comme l’Univers, à l’archè, au principe du nombre. L’un des traits qui demeureront ceux de la philosophie grecque est en effet l’idée selon laquelle le monde est tout à la fois un et multiple, un monde où la pluralité des éléments et des puissances est dominée et compensée par une loi abstraite d’équilibre et d’harmonie régie par le nombre.
Les hommes ont connu le nombre en se référant à la nature. Ce sont les ancêtres qui ont su lire dans la nature ce qui y fait force de loi : c’est-à-dire le langage des chiffres, de la géométrie, des proportions.
De fait la référence à nos prédécesseurs est constante dans le rituel du second voyage du Compagnon.
Il est ainsi dit :
« Ce sont les matériaux, les outils, les chefs-d’œuvre de cet art (l’architecture) que vous voyez figurés dans nos ateliers et sur les tableaux de nos loges… Tout cela concourt à la construction du temple que nous élevons en continuant la tâche de nos prédécesseurs. Il n’importe que le temps ait respecté leurs œuvres ou qu’il les ait recouvertes de la poussière de l’oubli. Le Grand Art de la maçonnerie demeure pour attester l’élévation de leur pensée, l’étendue de leurs connaissances et la splendeur de leur génie ».
Le second voyage a, à mon sens pour objectif, d’amener le Compagnon à rendre hommage aux grands anciens opératifs, aux savants, aux chercheurs, aux bâtisseurs, aux explorateurs qui ont modelé le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui et qui nous l’ont légué en héritage.

DORIQUE, IONIQUE, CORINTHIEN, TOSCAN, COMPOSITE

Les ordres ou styles architecturaux sont à la fois système de formes, de proportion et langage décoratif. Au sein de ces ordres, la colonne qui définit les proportions générales et son chapiteau qui détermine le style sont les éléments les plus importants.

Il y a deux ordres fondamentaux crées par les grecs, le Dorique (qui vient du continent, de la péninsule du Péloponnèse) et l'Ionique (qui vient des îles et de la côte orientale de la mer Égée).
Ces deux ordres ne se résument pas au style des colonnes et des chapiteaux. Ils régissent également l'agencement des lieux et les proportions des éléments constituant le monument auxquels ils s'appliquent.
L'ordre Corinthien n'est pas un style en lui-même, c'est l'ordre Ionique avec un chapiteau à feuilles d'acanthe. A ces trois ordres grecs, les romains ont ajouté 2 variantes : le Toscan et le Composite pour constituer les chapiteaux des cinq ordres d’architecture du rituel d’initiation du Compagnon.
Le premier texte qui définit les cinq ordres classiques est le traité d’architecture en dix volumes « De Architectura »dédié à l’Empereur Auguste par l’architecte romain Vitruve vers 25 avant J.-C .
L’homme, créature la plus parfaite parce que formée à l’image de Dieu, microcosme reflétant le macrocosme, apparaît selon Vitruve comme le modèle à suivre dans une architecture en quête de perfection. Le rituel de la cérémonie de réception au second degré est dans la lignée de cette approche anthropomorphique quand il dit : « A l’image harmonieuse des colonnes qui s’élevaient à l’entrée du temple de Salomon, soyez vous-même une colonne vivante qui s’élève vers les hauteurs, tout en vous appuyant sur la terre qui vous a donné naissance. Vous deviendrez ainsi l’un des piliers inébranlables de notre temple ».
Comment ne pas penser en lisant ce passage du rituel à ces vers de Baudelaire dans les correspondances :
La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers

DORIQUE
L’ordre Dorique, le plus simple, le plus « masculin », a vu le jour vers -630 dans le Péloponnèse. La colonne massive n'a pas de base, le chapiteau est lisse et simple. Vitruve rapporte dans son traité d’architecture l’origine mythique de la colonne Dorique : « Ils cherchèrent un moyen de faire des piliers à la fois assez forts pour soutenir le poids de l’édifice et agréables à la vue. Pour cela ils prirent la mesure du pied d’un homme qui est la sixième partie de sa hauteur, ils se réglèrent sur cette proportion de sorte qu’en donnant une grosseur quelconque à la tige de leurs colonnes ils la firent six fois aussi haute et c’est ainsi que la colonne Dorique fut employée dans les édifices avec la proportion, la force et la beauté du corps d’un homme ».
Le Parthénon à Athènes et le temple d’Héra sont sans doute les temples grecs les plus représentatifs du style Dorique.
Ce style était répandu en Grèce et dans les colonies grecques qu’étaient alors le sud de l’Italie et la Sicile.

IONIQUE
L’ordre Ionique est apparu une centaine d’années après l’ordre Dorique dans les îles de la mer Egée et en Ionie, une région qui se situait sur la côte ouest de l’actuelle Turquie. La colonne Ionique est plus élancée. L‘élévation du fût est de huit à douze fois sa base. Le chapiteau est décoré de volutes en forme de cornes de bélier qui évoquent des cheveux féminins.
La légende, toujours véhiculée par Vitruve, veut que des populations de l'Asie mineure sous la conduite d'Ion, un de leurs chefs, voulurent élever un Temple magnifique à Ephèse en l'honneur de Diane. Ils cherchèrent, pour décorer ce monument, un nouvel ordre d'architecture d’une beauté plus délicate que le Dorique et susceptible de recevoir plus d'ornements. Comme l'ordre Dorique avait été déterminé sur le corps de l'homme, ils imaginèrent de régler les proportions du nouvel ordre sur la taille des femmes grecques. Poussant encore plus loin l'imitation, ils ont donné au chapiteau la forme des boucles de leurs cheveux et ils cannelèrent les colonnes pour imiter les plis de leurs vêtements.
Le flacon du parfum Organza de Givenchy emprunte à l’évidence à la symbolique de la colonne Ionique.
Le temple d’Athéna Niké
]  , déesse de la victoire et protectrice d'Athènes, construit en -423 dans cette ville est emblématique du style ionique, lequel poussé à son extrême logique, aboutit au portique des Caryatides de l'Érechthéion. Ce temple de style ionique fut construit entre -421 et -406 en l'honneur d'Athéna et de Poséidon sur l’acropole d’Athènes. Il comprend trois portiques, dont celui des Caryatides à l'arrière. Les colonnes de ce portique sont constituées des statues de six jeunes filles revêtues de grandes robes commémorant la défaite des habitants de Carya, dans le
Péloponnèse, coupables de s’être alliés aux Perses. La fonction de support exprime visuellement l’asservissement de ces femmes.

CORINTHIEN
L’ordre Corinthien tire son nom de la cité de Corinthe. Il ne s’agit pas d’un ordre à proprement parler mais d’une colonne Ionique avec un chapiteau à feuilles d’acanthe.
Vitruve, rapporte ainsi la légende de sa création : Une jeune fille de Corinthe, étant morte, sa nourrice posa sur son tombeau un panier contenant ses objets familiers. Pour protéger son contenu, elle mit une tuile sur le dessus. Le panier ayant été placé sur une racine d'acanthe,
les feuilles et les tiges l'enveloppèrent bientôt et contraintes par la tuile, se recourbèrent, formant ainsi des volutes. Le sculpteur athénien Callimaque passant auprès de ce tombeau, séduit par cette disposition inattendue des feuilles autour de la corbeille, décida de l'imiter et de l'adapter aux colonnes qu'il réalisait en réglant sur ce modèle les proportions et le style de l’ordre Corinthien.
Selon Vitruve si la colonne Dorique symbolise le corps de l’homme, l’Ionique celui de la femme, l’ordre Corinthien symbolise le corps de la jeune fille. La référence à un végétal permet également d’en faire le symbole de la nature.
Le chapiteau Corinthien est élégant et son décor est touffu. Il donne un sentiment de luxe et de richesse. S’il a été rarement utilisé dans la Grèce antique, ce style se retrouve fréquemment dans le Rome antique. Le Panthéon à Rome en est un exemple.
Dans sa pièce Les Amours de Psyché et de Cupidon Jean de La Fontaine prête les paroles suivantes à Psyché quand elle découvre le palais de l’amour :
« Ces ordres dont les Grecs nous ont fait présent,
Le dorique sans fard, l’élégant ionique,
Et le corinthien superbe et magnifique,
L’un sur l’autre placés, élèvent jusqu’aux cieux
Ce pompeux édifice où tout charme les yeux ».


L’ORDRE TOSCAN est transposé du Dorique. La colonne Toscane comprend une base et son chapiteau est souligné par une astragale.

L’ORDRE COMPOSITE se distingue par un chapiteau qui réunit les volutes du chapiteau Ionique et les feuilles d'acanthe du chapiteau Corinthien.

UNIVERSALITE DES ORDRES ANTIQUES D’ARCHITECTURE

Il n’est guère d’autre domaine de l’art occidental où l’héritage grec se soit pérennisé autant qu’en architecture : les ordres progressivement mis au point par les grecs se sont transmis – tour à tour enrichis, mêlés, simplifiés, abâtardis, puis apurés et combinés de nouveau – jusqu’au seuil du XXe siècle, en sorte que toute l’architecture monumentale de pierre de l’Occident a, pendant vingt-cinq siècles, parlé peu ou prou ce langage clairement articulé, auquel elle a su faire dire des choses bien différentes.
Les ordres grecs sont basés sur les proportions humaines, ce qui est l’un des moyens les plus remarquables de relier l’homme à son habitat et aux bâtiments publics. L’usage des ordres classiques est la manière de refléter les idéaux démocratiques qui guident la plupart des nations du monde. En effet la démocratie ou pouvoir du peuple est née à Athènes, en Grèce, il y a environ 2.500 ans, en même temps donc que se sont développés les ordres classiques d’architecture.
Nombre de bâtiments publics, dans le monde entier et à commencer à Madagascar intègrent dans leur conception des éléments de ordres classiques. Il en est ainsi du palais du pierre, aujourd’hui bien solitaire, qui enserrait Manjakamiadana, du Palais du Premier Ministre, du palais de justice de Ranavalona II à Andohalo, construit dans le plus pur style Ionique, de l’école de médecine, des belles maisons de la ville haute. Faut-il s’en étonner lorsque l’on sait que c’est un franc-maçon, le missionnaire-architecte écossais James Cameron qui, à la demande de la Reine Ranavalona II, en 1869, a recouvert le Palais de Manjakamiadana, d'une ossature en pierre qui est devenue l’archétype de la maison traditionnelle malgache avec ses éléments caractéristiques : colonnes de pierre ou de brique à chapiteau soutenant une varangue, avec dans certains cas une tour d’angle. Trois ordres d’architecture se superposent au palais de pierre de Manjakamiadana, au premier niveau, de solides piliers carrés qui rappellent le style Dorique, au second niveau des demi-colonnes cannelées à chapiteau Corinthien et au troisième niveau des demi-colonnes cannelées à chapiteau Composite.

HOMMAGE A LA GRECE ANTIQUE

Les symboles maçonniques ont quatre origines principales : cosmique, biblique, « compagnonnique » et Pythagoricienne. Phytagore est né à Samos vers -57O sur les rives de la mer Egée, là où s’est développé, à la même époque, l’ordre Ionique.
La référence aux ordres d’architecture dans notre rituel me paraît donc un hommage rendu à l’école Pythagoricienne et plus largement à la civilisation Grecque antique à laquelle nous devons tant.
Vers le VI° siècle av. J.‑C., le long de la côte de l'Asie Mineure, en Ionie, survint le plus invraisemblable des développements : le « miracle grec », qui dura près de huit siècles. En plein milieu de l'univers mythique, une poignée d'hommes exceptionnels parvinrent à renverser la vapeur et à semer les germes d'un nouvel univers qui allait sonner le glas de l'ancien.

Les Grecs introduisirent l'univers scientifique, qui est encore le nôtre aujourd'hui. Au lieu de s'abandonner aveuglément aux Dieux et de se contenter d'observer les événements naturels sans les comprendre, les Grecs eurent l'intuition révolutionnaire que le monde pouvait être disséqué en ses différentes composantes et que la raison humaine était capable d'appréhender les lois qui régissent le comportement de ces composantes et leurs interactions entre elles. La nature pouvait être sujet de réflexion et de spéculation. La compréhension des lois naturelles qui était réservée exclusivement aux Dieux dans l'univers mythique était partagée par l'homme dans l'univers scientifique.
Munis de cette inébranlable confiance en la capacité de la raison humaine, les Grecs se mirent au travail. La structure de la matière, la nature du temps, les phénomènes biologiques, géologiques et météorologiques, rien n'échappa à leur regard curieux et inquisiteur. Leucippe et Démocrite morcelèrent la matière en atomes indivisibles, une vision qui demeure d'actualité. Pythagore, en élaborant ses théorèmes, fonda les mathématiques et Euclide bâtit sa géométrie.
De cette intense fébrilité intellectuelle émergea un nouvel univers qui prit ses distances avec l'univers mythique.

LE SYMBOLISME DES TROIS ORDRES ET DES TROIS PILIERS

Il y a dans les ateliers travaillant au Rite Ecossais Ancien et Accepté (R\E\A\A\) trois petites lumières placées sur trois colonnes/chandeliers représentatifs des trois principaux ordres d’architecture. Ces colonnes sont appelées dans le catéchisme de l’apprenti les trois grands piliers qui soutiennent la loge et président à la construction des francs-maçons.
La première marche de l’Orient et l’entrée du Temple déterminent un rectangle de largeur 3 et de longueur 4 au centre duquel se trouve le pavé mosaïque, sur lequel est tracé le tableau de loge entouré des trois piliers/chandeliers. Cet endroit délimité par les trois petites colonnes me paraît être le Saint des Saints, la véritable représentation symbolique du Temple, ce qui peut expliquer l’utilisation de colonnes grecques.
Un Temple bancal en apparence puisqu’il ne compte que trois colonnes, ce qui ne permet pas d’assurer un équilibre satisfaisant, bancal en apparence seulement puisque si les trois piliers visibles sont la représentation au sein du cosmos de l’homme (ordres Dorique et Ionique) et de la nature (ordre Corinthien), le quatrième pilier est bien là mais invisible, indicible. Il représente ce que l’on pressent mais que nul homme ne peut voir : Le Grand Architecte de l’Univers, le G\A\D\L\U\, le principe créateur, la vérité, la lumière, que nous recherchons tous consciemment ou inconsciemment, en doutant un peu tout en caressant le secret espoir de trouver un sens à notre existence. Cet état d’esprit est celui de Voltaire lorsqu’il dit :
L'Univers m'embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n'ait point d'horloger.
De toute façon les francs-maçons en bons disciples des chevaliers du Graal, savent que ce qui importe c’est la quête et non le Graal.
Ce qui se trouve autour de cet endroit saint que nul ne foule des pieds, le reste de l’atelier, représente à mon sens le cosmos avec la voûte étoilée, la lune, le soleil, l’étoile flamboyante, l’étoile polaire, l’axe du Monde, le nadir, le midi, l’Orient l’Occident, autant de références géographiques qui me donnent l’impression d’être au dehors, d’ailleurs les deux grandes Colonnes J\et B\ne sont t-elle pas à l’extérieur du Temple puisqu’elles font référence aux colonnes qui étaient placées à l’extérieur du Temple de Salomon, à gauche et à droite de la porte d’entrée. Si je peux les voir cela ne signifie t-il pas que je suis moi aussi à l’extérieur et que le véritable Temple, symbolisé par les trois piliers, est le monde profane ?
Les trois petites lumières occupent une place importante dans notre rituel puisque nos travaux débutent par leur allumage placé sous trois invocations :
A la colonne Ionique « Sagesse » dédiée au V\M\ et plus largement aux MM\de la loge correspond l’invocation :
« Que la Sagesse préside à la construction de notre édifice »
Notre rituel fait correspondre à la colonne Ionique, symbole féminin, la sagesse. Il est de fait que la sagesse au sens d’un comportement juste et raisonnable est le plus souvent l’apanage de la femme que de l’homme, elle qui conçoit, qui porte puis élève les enfants apparaît comme plus mesurée, plus réfléchie, moins aventureuse que l’homme.
Dans la mythologie romaine la, sagesse est personnifiée par un dieu femelle, la déesse Minerve, fille de Jupiter équivalente d'Athéna dans la mythologie grecque. Fière et belliqueuse, elle était la déesse des guerriers, la protectrice de la maison et de l'État, l'incarnation de la sagesse, de la pureté et de la raison. Minerve était aussi la protectrice des arts, de l'artisanat et des métiers.
La Sagesse au sens religieux de la connaissance inspirée des choses divines et humaines, apanage de Salomon, bâtisseur du Temple de Jérusalem, est logiquement une vertu associée au Vénérable Maître qui dirige nos travaux.
Dieu dit à Salomon : Puisque c'est là ce qui est dans ton coeur, puisque tu ne demandes ni des richesses, ni des biens, ni de la gloire, ni la mort de tes ennemis, ni même une longue vie, et que tu demandes pour toi de la sagesse et de l'intelligence afin de juger mon peuple sur lequel je t'ai fait régner, la sagesse et l'intelligence te sont accordées. (Chroniques 1- 11 et 12).
La sagesse dans la perspective des âges de la vie est l’apanage de la vieillesse car on ne reçoit pas la sagesse, elle résulte d’une longue expérience. Il faut la découvrir soi-même tout au long de sa vie en polissant sa pierre au contact des autres pierres du Temple car elle est un point de vue sur les êtres et le monde.
A la colonne Dorique « Force » dédiée au 1ér S\donc aux CC\correspond l’invocation :
« Que la Force le soutienne »
L’ordre Dorique est le plus masculin des trois ordres grecs, il donne aux édifices construits dans ce style la proportion, la force et la beauté du corps d’un homme nous dit Vitruve. Il est donc logique de lui faire correspondre la Force, le premier surveillant et par extension les Compagnons qui n’ont qu’une religion le Travail. A ce titre ils sont les ouvriers à qui l’on a confié un instrument inconnu de l’apprenti, le levier qui en multipliant nos forces nous permet de placer aux endroits utiles les pierres destinées à l’érection du Temple nous dit le rituel de réception du Compagnon.
Dans la perspective des âges de la vie la Force est l’apanage de l’âge mûr où l'homme a atteint son plein développement. D’ailleurs ne dit-on pas d’un homme en pleine possession de ses moyens qu’il est « dans la force de l’âge ».
A la colonne Corinthienne « Beauté » dédiée au 2éme S\donc aux jeunes frères AA\correspond l’invocation :
« Que la Beauté l’orne »
Le chapiteau Corinthien est le plus élégant, il donne un sentiment de luxe et de richesse, il paraît donc logique de lui faire correspondre la Beauté et les jeunes apprentis qui, muets et de ce fait quelque peu passifs, sont réduits à orner la colonne du Nord.

Dans la perspective des âges de la vie la Beauté est l’apanage de la jeunesse qu’on appelle encore le bel âge. Les trois invocations se rapportent ainsi aux trois âges de la vie de l’homme et aux qualités qui s’y rapportent. Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses mœurs » disait Boileau.
Il est un parallèle intéressant à ce stade à faire avec l’architecture puisque Vitruve, encore lui, insistait déjà dans son recueil d’architecture sur la nécessité de savoir conjuguer la recherche de la solidité avec celles de la commodité et de la beauté. Solidité/Force, commodité/Sagesse, beauté : la triade vitruvienne hante aujourd’hui encore l’esprit des architectes. Elle correspond au principal défi qu’il leur faut relever dans l’exercice de leur métier. Pour un édifice donné, les aspects et les choix relatifs à son usage interagissent en effet avec les préoccupations esthétiques et cette interaction, loin d’être constamment harmonieuse, se présente souvent sous la forme de conflits qu’il faut arbitrer.
Nos travaux s’achèvent par l’extinction des trois petites lumières.
A la colonne Ionique « Sagesse » correspond l’invocation :
«Que la paix règne sur la terre !»
Référence à la matière inerte qui ne se reproduit pas, au monde minéral qui est le support inanimé du monde vivant : du virus, qui est à la frontière du minéral et du vivant, en passant par les bactéries, les algues, les orchidées, les vers de terre, les sauterelles, les poissons, les mammifères, l’homme donc. Sagesse et Paix sont deux concepts parfaitement concordants.
A la colonne Dorique « Force » correspond l’invocation :
«Que l’amour règne parmi les hommes !»
Référence à l’amour, à la procréation, à la reproduction, l’apanage du règne du vivant. Telle est la volonté de Dieu exprimée dans la Genèse 1-22 :
"Soyez féconds, multipliez, emplissez l'eau des mers et que les oiseaux multiplient sur la terre"
Par analogie avec l’architecture il est possible d’avancer que l’amour est le moyen de bâtir l’homme quoi de plus logique dés lors de lui faire correspondre la colonne Dorique Force qui est le symbole du Compagnon, du travail, de l’acte de construire proprement dit.
Paix – Amour ce n’est rien d’autre, traduit en anglais, que le « Peace and Love » ou le « faites l’amour pas la guerre » du mouvement hippie. Les francs maçons en précurseurs et en inspirateurs du mouvement hippie ! C’est aussi cela l’universalité des valeurs.
A la colonne Corinthienne, « Beauté » correspond l’invocation :
«Que la joie soit dans les cœurs !»
Référence au bonheur, par extension et au plan biologique, au plaisir. De surcroît la perception de la beauté provoque tout naturellement chez l’homme des sentiments de joie et de plaisir provenant non pas du cœur mais plutôt du cerveau.
Il me paraît possible de résumer ainsi les trois invocations : faites l’amour, pas la guerre ainsi vous vivrez heureux et vous vous multiplierez. N’est-ce pas là une définition de l’humanisme ?
Toute la philosophie, tout l’humanisme pourrait se résumer à ce seul mot «bonheur», soyez heureux, rayonnez le bonheur autour de vous, dans le cœur de vos frères profanes, de votre prochain. N’est-ce pas là le but ultime de nos travaux.
Toutes les actions de tous les hommes pour peu que l’on se donne la peine d’éliminer toutes les scories, tous les habillages, tous les faux-fuyants qui sont le lot de notre vie en société et de notre rapport aux autres, nous ramènent à deux fonctions fondamentales qui sont communes, non seulement à l’homme, mais plus largement au règne animal et au règne végétal.
La première fonction des êtres vivants est justement de rester vivants, de maintenir leur structure biologique, en agissant sur le monde extérieur pour se nourrir (travailler, chasser) et se protéger des agressions.
La seconde fonction est celle qui nous pousse à procréer afin de répliquer le plan de notre structure contenu dans nos gènes, ce support biologique d’information écrit dans un alphabet de 4 lettres.
Pourquoi un mammifère procrée ? Pourquoi une plante ou un virus se reproduit ? Seul le G\A\D\L\U\ détient sans doute la réponse à cette question.
Pour maintenir ma structure biologique j’ai besoin que « la Paix règne sur la Terre ». Si je dois me battre je risque de perdre la vie et de ne pas pouvoir arriver à l’âge de la maturité sexuelle où je pourrais semer ma graine d’éternité, faire des enfants qui porteront puis reproduiront mes propres gènes. Ces enfants pour se reproduire devront eux même atteindre l’âge de la maturité sexuelle et ont besoin pendant leur croissance particulièrement longue d’un environnement sécurisé, donc de paix.
« Que l’amour règne parmi les hommes », cette invocation fait référence à la seconde fonction fondamentale, la procréation. Mais qu’est l’amour de son prochain sans le bonheur, sans le plaisir, sans que « la Joie soit dans les cœurs » ? Ferait-on l’amour à sa compagne sans plaisir biologique ? En effet pour procréer encore faut-il que les individus aient envie de copuler, processus qui, du froid point de vue d’un extra-terrestre doit apparaît non hygiénique et, ma foi, plutôt répugnant. Le sexe est dans la mémoire morte, au sens informatique du terme, de tout cerveau normalement constitué, nous sommes génétiquement programmés pour craquer devant les formes féminines, le satiné d’une peau de femme. Ulysse a dû ordonner qu'on l'attache au mât de son navire pour ne pas succomber au chant des sirènes:
Se lancerait-on dans des travaux de table si le fait de manger pour maintenir notre structure biologique ne nous procurait pas un plaisir certain. L’adage dit il faut manger pour vivre, reste que nombre d’entre nous, dont je fais partie, vivons entre autre pour le plaisir de manger.
J’ai dit Vénérable Maître.


source :
www.ledifice.net

Par J\ L\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 23 juillet 2014 3 23 /07 /Juil /2014 09:32

Je me permets de dédier ma planche à la mémoire d'un de nos FF qui vient de partir pour l’éternel Orient, de là où il est il m’a lancé l’inspiration alors que j’étais à cours d’imagination. Je ne puis commencer cette présentation sans être obligé de passer par une description quelque peu académique mais nécessaire. J’y présente les ordres d’architecture un à un en établissant un parallèle avec notre symbolique, je développerai ensuite mon thème de façon plus personnelle, résultat de mon parcours de Compagnon. Nous trouvons d’abord : Les ordres grecs

 1) L'ordre dorique. Le Larousse nous indique que c'est : l'ordre le plus simple, le plus mâle des trois ordres d'architecture ; il est aussi le plus ancien. C'est le premier ordre d'architecture. Pour nous Maçons, la colonne dorique évoque l'idée de force et de grandeur, fortification de la raison et de la volonté les pieds directement sur terre comme la colonne de cet ordre aux vertus masculines. C'est la colonne du premier surveillant FORCE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle nord-ouest (Septentrion-occident).

 2) L'ordre ionique. Le Larousse indique que c'est : l'un de cinq ordres d'architecture caractérisé surtout par un chapiteau orné de deux volutes. C'est le deuxième ordre d’architecture. Pour nous Maçons, la colonne ionique évoque le sentiment, la sensibilité, l'intuition et l'imagination toutes qualités féminines entre toutes. C'est la colonne de notre vénérable maître en loge : SAGESSE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle sud-est (Orient-midi).

 3) L'ordre corinthien. Le dictionnaire indique que c'est : le troisième et plus riche des ordres d'architecture. Pour nous Maçons, dans notre loge écossaise la colonne corinthienne est la plénitude de la beauté. C'est la colonne de notre deuxième surveillant : BEAUTE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle sud-ouest (Midi-occident). En même temps que la beauté c'est l'ordre le plus libre de tous, variation dans ses cannelures, ses proportions, sa décorations. C'est l'ordre de l'invention et de la nouveauté. Viennent ensuite : Les ordres romains

 4) L'ordre composite ou romain Ordre formé du mélange de l'ordre ionique et de l'ordre corinthien. C'est le quatrième ordre d'architecture. Pour nous Maçons, cet ordre n'est pas présent en loge. N'a-t-il qu'un rôle symbolique avec l'ordre toscan afin d’amener du chiffre 3 de l'apprenti au chiffre 5 du compagnon, soit 3 + 2. Mais je pense qu'il n'a pas que cette symbolique. Le fait que les romains l'emploient pour orner essentiellement leurs arcs de triomphe, n'y a-t-il pas le symbole du triomphe de la lumière éclairant le genre humain de par l'association féminine de l'ordre ionique et de celui plus masculin de l'ordre corinthien.

5) L'ordre toscan. Le dictionnaire Larousse indique que c'est : Le plus simple des ordres d'architecture, chez les romains c'est une déformation de l'ordre dorique. Pour nous Maçons, cet ordre est plus énigmatique, les anciens, eux-mêmes, ne l'utilisèrent qu'en de rares exceptions. Est-ce un complément architectonique enrichissant pour la beauté, genre de chapiteau androgyne de l'ordre dorique qui serait devenu carré ? 5 ordres d’architecture auxquels correspondent les 5 voyages d’initiation du compagnon. 5 c’est aussi les cinq coups de maillet lors de l’ouverture de nos tenues au grade de compagnon. Ce sont encore les 5 officiers qui éclairent la loge : Le Vénérable maître, le Premier et le Second surveillant, l’orateur et le secrétaire qui sont les 5 lumières de la loge. Mais encore les 5 pointes de l’étoile flamboyante qui nous ramène aux 5 sens et à la divine harmonie du nombre d’or. Elle est complétée par la lettre G de la géométrie qui contribue à la bonne construction de notre tabernacle intérieur et symbolique gouverné par l’intelligence humaine dont nous avons doté le G\ A\ D\ L\ U\. Le chiffre 5 est le nombre de l’union pythagoricienne, c’est aussi le chiffre du centre de l’harmonie et de l’équilibre. Symbole de l’homme qui devient le tabernacle parfait comme nous allons le voir.

1er voyage, avec le maillet et le ciseau, les 5 sens sur la colonne de la beauté, ordre corinthien, correspondant à la 1ère année des études de l’initié.

2ème voyage, avec la règle et le compas, les 5 ordres d’architecture sur la colonne de la force, ordre dorique, correspondant à la deuxième année des études de l’initié. C’est la base solide sur laquelle viennent s’étayer les autres étages de notre élévation vers la lumière, tels les palais renaissance où l’ordre dorique est réservé au rez-de-chaussée dans l’ornementation de la façade. Ce deuxième voyage est la préparation de la décoration d’un tabernacle digne de la majesté du Grand Architecte de l’Univers. Ce tabernacle…c’est vous, c’est moi, c’est nous, c’est l’homme, l’être de chair, celui qui doit être droit physiquement et moralement, juste dans ses relations avec ses semblables et ses proportions humaines divinement harmonisées. Le compas, emblème de la sagesse, de la prudence et de la circonspection, nous aide à mesurer les angles et à établir ces proportions c’est l’ordre ionique à deux volutes. La règle c’est la rectitude de notre esprit et de nos actes. Il ne faut pas oublier que l’architecture est le sujet de mes études après la connaissance de « soi-même ». C’est l’art le plus beau et le plus noble. Ce construire soi-même avec le soin extrême dû au temple, tabernacle qui accueillera le Grand Architecte de l’Univers.

3e voyage, avec une règle et une pince, les 7 arts libéraux sur la colonne de la sagesse. La sagesse de l’ordre ionique qui reprend, par la forme de ses deux volutes qui se font face, les deux plateaux de la balance qu’il faut équilibrer. Ordre féminin qui vient nous rappeler que tout être humain possède la bivalence du masculin et du féminin qui se complète et forme un équilibre à toute justice par leur union dans un être.

4e voyage, avec la règle et l’équerre, voyage de la connaissance des sphères, propriétés de la Sphère céleste et de la Sphère terrestre…

5e voyage … Libre fin du cours de mes études, capable de transmettre ce qui m’a été donné. « Rendre à ceux qui viennent après lui l’instruction qu’il a reçue lui-même de ceux qui l’ont précédé, tel est le principal objet de l’initiation au second Degré ». Une fois que l’ordre dorique, ordre masculin a servi de base à l’édifice, l’ordre ionique suit pour établir une juste proportion et enfin l’ordre corinthien de la beauté finit cette construction pour la ramener au chiffre un et achever dans la perfection ce tabernacle. L’ordre corinthien orné de feuilles d’acanthe est là pour nous rappeler que le mal, symbolisé dans les épines de la plantes, doit contrebalancer la beauté de la forme des feuilles afin d’en mieux profiter. C’est un peu le pavé mosaïque entre blanc et noir. Ses piquants symbolisent encore le triomphe de l’architecte qui a surmonté les difficultés de sa tâche. Les deux autres ordres sont inconnus dans le rite et je ne vois pas comment les rattacher. Peut-être est-ce le symbole des organes dont on ne connaît pas la fonction et que l’on découvre au fur et à mesure de notre progression, comme toutes choses dans la nature qui ne sont jamais créées pour rien et dont le sens caché n’apparaît que bien plus tard. Ou bien est-ce l’inconnu, la non connaissance, l’inexpliqué qui reste toujours ou qui découle de ce que l’on à découvert. Mon chemin ne s’arrêtant pas à ce degré, sans doute en percevrai-je le sens plus tard. Enfin, ce tabernacle construit le long de ma vie maçonnique ressemble à s’y méprendre à ma loge mère. A l’heure ou je devrais retourner à l’Orient éternel, mon âme, cet enfant nu s’approchera du temple, lieu du passage, elle abordera par le pied gauche les trois marches du temple, elle frappera trois fois aux portes d’airains entrouvertes, passera les deux colonnes Boaz et Jakin, entrera, fera les trois pas de l’apprenti, pour glisser vers ce pas compagnonnique qui m’amènera entre les colonnes force et beauté, au loin la colonne sagesse qui délimiteront mon carré long recouvert du pavé mosaïque des actes, bons ou mal, blancs ou noirs, de ma vie. Derrière, les grenades seront épanouies, telles des sexes de femmes me rappelant mes origines, le début et la fin. En face, baignant dans une grande clarté venant des trois fenêtres de la loge, l’étoile flamboyante entre le soleil et la lune. Michel m’accueillera avec sa balance sur laquelle mon âme montera. J’espère que la droite du niveau du balancier rencontrera en son milieu, en rectitude, la perpendiculaire du fléau. Puis, pour passer du zénith au nadir, ainsi délimité, mon âme s’élèvera par le fil à plomb vers le Grand Architecte de l’Univers. Je passerai dans le giron d’Abraham, qui me prendra en charge pour que mon âme devenue cette pierre cubique, à peu près polie, s’ajuste aux autres pierres pour ériger la Jérusalem céleste, le nouveau temple de Salomon. A moi Abraham, je suis ton frère…Cinq coups,…Schibboleth.

J’ai dit V\ M\

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 15 juillet 2014 2 15 /07 /Juil /2014 07:16

Dans la progressivité de la démarche maçonnique au REAA, les grades dits de vengeance ou grades d’élus, succèdent aux grades de perfectionnement. C’est dans un groupe d’hommes éclairés, zélés et fidèles, prudents et équitables, ainsi que vertueux, c’est à dire hommes de qualité et de confiance que seront élus ceux à qui on confiera la mission de châtier les assassins d’Hiram. On constatera également, au fil de l’histoire que, de simple chargé de mission désigné par le Sort parmi plus de 90 postulants, l’Elu s’élève progressivement vers la notoriété après s’être illustré par ses actes, pour atteindre un rôle social élevé, au service de l’intérêt commun. Mais traitons d’abord de la légende et de la scène  qui est présentée aux récipiendaires du premier grade dit de vengeance.

1 er acte : 

L’histoire se situe sous le règne du roi Salomon, après que le grand architecte chargé des travaux de construction du Temple ait été assassiné par les 3 mauvais compagnons avides de connaître le mot de passe des Maîtres. Apprenant par Pérignan, un étranger, (le dieu Hermès ou nouvelle manifestation du hasard ?) La cachette d’un des meurtriers, le sage roi Salomon envoie 9 Maîtres pour l’appréhender et le livrer à la justice, chiffre choisi en souvenir des 9 maîtres qui sont partis à la recherche de la sépulture d’Hiram. L’un d’entre eux, le zélé Johaben, déjà rencontré comme secrétaire intime outrepasse sa fonction en exécutant le mauvais compagnon au lieu  de le livrer à la justice et ne doit son salut qu’à ses pairs qui plaident pour lui devant Salomon.

Analyse du tableau.

La légende est illustrée par un tableau, véritable  document pédagogique alchimique. Au travers les époques, les multiples représentations qu’en ont tiré les artistes, j’en ai trouvé 4, représentées ici. Qu’y a t il là ? Un individu, le meurtrier endormi, dans un décor plein de symboles. Citons-les: Un buisson ardent - La fontaine - La caverne - Le poignard - La lampe et, présents dans certaines représentations, L’étoile -L’arc-en-ciel - L’escalier à 9 marches. Auxquels on peut ajouter l’étranger, absent ici mais parfois représenté sous les traits d’un chien, soit 9 symboles. Présent devant lui, l’Elu se trouve ébloui par l’éclat du buisson ardent, représentation allégorique de la divinité, porteuse du commandement « Tu ne tueras point » placé là pour lui rappeler la limite de son action, et obtenir la bonne réponse, se saisir du meurtrier et l’amener devant la justice. Au-delà, l’initié découvre, la caverne où le criminel s’est réfugié, lieu sacré image brute du monde dépourvue des valeurs fondamentales qu’il était censé construire, la sagesse, la force, et la beauté. Il ne peut être confondu avec le cabinet de réflexion, car le coupable y dort, pour oublier je pense, mais il n’a pas tout oublié, il reste à son  chevet une toute petite lumière, peut être celle du remord. Quant au M. il connaît le chemin à parcourir pour accomplir sa mission, mais il est seul et démuni. En effet, il n’a pas d’outils, ni équerre ni compas, ni aucun de ceux qui ont accompagnés ses voyages vers la quête mais il aperçoit un poignard- posé là par qui? -, instrument ambivalent de la tentation purificatrice empreint de noblesse avec sa poignée d’or et sa lame d’argent. Seul avec sa loi morale encore fragile et sa soif de vengeance, c’est la première fois qu’il se trouve devant son devoir; auparavant il ne s’est qu’engagé à le faire, maintenant il doit l’accomplir. Qu’elle va être sa réaction ? Il décide d’avancer, d’avancer seul et se dirige vers la caverne, dépasse le buisson ardent et poursuit son chemin. Il fait les 9 pas, effaçant successivement les commandements transmis par Moise, oubliant ainsi sa Loi Morale, action régressive irréversible car le mal attire le mal. Saura-t-il en pénétrant dans la caverne y retrouver trouver la pierre cachée des sages ? Il n’est pas à cet instant dans un état de calme réflexion mais sous l’emprise du tumulte de l’émotion. Le combat entre le buisson et la grotte, entre le bien et le mal est d’ors et déjà perdu. Et, entré, se saisissant du poignard, il transgresse le dernier commandement, il frappe, il frappe en criant « NEKAM », cri par lequel on excite quelqu'un à la vengeance. Au front d’abord pour effacer le geste mortel ayant mit fin aux jours de l’Architecte, acte magique, le semblable appelant le semblable, puis au cœur pour  recréer l’harmonie détruite sans percevoir, sourd au dernier message, « NEKAH » du supplicié, qu’en agissant ainsi, en se conduisant lui-même comme un assassin, il a détruit la sienne. Enfin, il parachève l’extinction de sa soif de vengeance d’abord en le  décapitant, châtiment humiliant car réservé aux apprentis, matérialisant ainsi ce qu’il considère comme son triomphe, puis en se purifiant à la source. C’est dans les yeux de ses compagnons qu’il lit la  bassesse de son comportement social, découvre que, ses passions ayant asservi son zèle,  la sauvagerie de son action a fait de lui un être aussi méprisable que celui qu’il a châtié.  Prise de conscience tardive par ces mots BEGOHAL-KOL de ce qu’il aurait du combattre, de ce qui est caché en lui. Sensible à l’intercession des autres Elus, à leur  commune alliance fraternelle en faveur du pardon d’un acte outrancier mais réalisé par devoir au nom de la justice, Salomon, réussit lui, le roi, à surmonter une phase d’emportement, pour évoluer vers plus de discernement, leçon ainsi donnée à Johaben. D’ailleurs, Salomon qui est, lui, au courant du plan du Grand Architecte ne pouvait que pardonner. Et pour montrer que, malgré cet excès la justice à  triomphé, la tête du meurtrier est exposée à la porte du Temple, là ou a été frappé l’Architecte Cette histoire est édifiante par la pertinence de la démarche éducative. Voilà un homme, curieux par essence, instruit d’humanisme, déjà prévenu des conséquences de ses possibles errements qui échoue, instantanément, encore emporté par ses passions. Je vois dans ce psychodrame une expérience aussi nécessaire que les travaux pratiques complétant un cours magistral. C’est grâce à ce parcours, démarche nécessaire, que la connaissance théorique et livresque de la vengeance se métamorphose en connaissance pratique parla vengeance. Mais évitons de généraliser, la maçonnerie est spéculative et ce récit n’est qu’une légende. Nous restons toujours des enfants, nous ne savons ni lire (le monde) ni écrire (notre morale) et comme eux sommes normalement attirés parla transgression, expérience de la vie. Ces histoires qu’on leur raconte pour les éduquer contribuent à leur éducation et les préviennent des risques encourus.

2eme acte:

Lorsque la cachette des 2 autres assassins est révélée, Salomon envoie 15 maîtres que, cette fois, il choisi (dont Johaben encore et les huit précédents) pour les capturer. Pourquoi 15 maintenant ? Certains auteurs interprètent ce nombre comme la somme 3+5+7 expression du choix de maîtres ayant parfaitement  intégré les enseignements successifs des 3 degrés des loges bleues. Cette fois, pas de vengeance, les fugitifs sont capturés, couverts de chaînes aux maillons en forme d’équerre et de compas. Ainsi, prisonniers de ce qu’ils avaient voulu conquérir sans le mériter ils sont traduits devant Salomon qui les fait enfermer dans une tour. C’est là, dans cet endroit rappelant la tour de Babel, lieu ou aucun dialogue n’est plus possible que ces criminels, coupables d’avoir essayé de voler les mots de maître pourront, dans le silence, prendre conscience de la démesure  de leur orgueil dans le temps qui leur est laissé pour, peut être, se repentir de leur acte en attendant leur jugement. Puis ils sont exécutés. Le chaos qu’ils ont engendré, est censé être réparé par celui que l’on créée dans leur chair, par leur souffrance lors du supplice et que, ainsi, l’ordre universel soit reconstruit, renaisse. C’est pour la justice encore, en absence de jurisprudence, le temps de la loi du talion. De nos jours, on dirait que le désir d’ordre était, là, supérieur à l’idéal de justice. Aujourd’hui, le dieu de vengeance et de châtiment a cédé la place au dieu d’amour et de pardon. La souffrance n’est plus rédemptrice ni pour l’individu ni pour la société.

3eme acte

On dit que ce grade est celui de la récompense, j’y vois plutôt celui d’une nouvelle conscience. Ce qui leur a été demandé, leur action pratique au service du Devoir, leur à permis, en étant descendus au fond de leur conscience de remonter vers la lumière avec une détermination renforcée et définitivement acquise. On les dit Sublimes matérialisant ainsi le changement d’état de leur démarche spirituelle. Et Chevaliers, donc à cheval, maîtrisant leur monture c’est à dire leur coté animal, bien loin de la confusion des centaures, capables d’avancer plus rapidement sur le chemin, armés du poignard qu’ils conservent à leur coté pour rappeler la détermination sans faille de faire taire leur ego. L’épée, ou glaive qu’ils reçoivent et la devise «Vaincre ou mourir» ainsi que ce qu’ils ont accompli les met définitivement, car il y a changement d’état, sur la voie sacrée, c’est à dire jusqu’au sacrifice, par le pouvoir de l’esprit imprégné d’un idéal de justice et d’équité, triomphant de l’ignorance et du fanatisme grâce au  progrès conjoint de la connaissance et de la morale

Les maîtres mots sont :

  Maîtrise de soi, de l’exercice de sa fonction, dans l’action pour une grande cause.

  Transcendance par franchissement de la frontière des émotions permettant l’accord

de l’action et de l’esprit.

La méthode maçonnique, spirale ascendante revenant  cycliquement sur les enseignements précédents, les a transformés en hommes sages, maîtres de leurs passions, ce sont des humanistes guerriers, leur connaissance les rend «vrais en toutes circonstances».

Conclusion

Dans ces grades d’Elus, grades d’immanence, le REAA propose, une consolidation de l’instruction du degré précédent par un travail pratique sur le Devoir.

  La fatalité ils l’ont rencontrée à la mort du RMHiram.

  Ils ont su se plier à la nécessité de venger l’art Royal.

  La destinée, le sort, ne les a pas tous récompensés mais tous  ont accomplit leur

Devoir.

Il enseigne par la pratique que, puisque l’ennemi est en nous, l’esprit humain ne peut chercher la vérité qu’en luttant contre ses propres imperfections. Pour atteindre la vérité, la transgression expérimentale, les erreurs, sont nécessaires à condition qu’elles soient à postériorité analysées  pour se nourrir de leur enseignement et alimenter sa morale. C’est par ces actions (expérience pratique de la vie initiatique continuée à l’extérieur du Temple) que l’initié trouve ou retrouve l’étincelle divine qui est en lui, aidé par les symboles semés dans l’inconscient par l’expression d’un dessein intelligent le guidant vers la vérité donc vers la liberté pour plus de spiritualité, de conscience et d’amour à la suite de l’accomplissement d’une mission à haute valeur morale, quelle que soit la façon dont on l’a remplie. Un jour, un ami dans la détresse m’a demandé de le conseiller sur le chemin à choisir pour s’en sortir. Je me suis servi de mon expérience pour lui répondre. Il a suivi mes conseils et, plus tard, m’en a remercié. C’est une des rares fois ou je me suis senti un homme véritable. Mes Frères, j’ai dit.

Source : L.P. Le Parthénon

Par Jean-Claude L. - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

  • Hauts Grades Maçonniques
  • : Hauts Grades Maçonniques
  • : Blog de recherche sur la Franc-Maçonnerie, la Spiritualité et l'Esotérisme dédié à mon ancêtre James O'Kelly, Franc-Maçon catholique. Erin Go Bragh !
  • Contact

liens

Compteurs

   un compteur pour votre site
                  1646 ABONNES A LA NEWSLETTER              
    2747 ARTICLES PUBLIES     

Le blog de la RL L.Dermott

            Loge Dermott

http://logedermott.over-blog.com

 

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés