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Jeudi 24 juillet 2014 4 24 /07 /Juil /2014 07:11

A l’issue du deuxième des cinq voyages du rituel de réception au deuxième degré que le futur Compagnon effectue avec la règle et le levier, le frère Expert lui fait lire un cartouche sur lequel est inscrit :

« Dorique, Ionique, Corinthien, Toscan, Composite »

Ces termes font référence aux ordres d’architecture grecs et romains. Le sujet de méditation qui est ainsi proposé au récipiendaire est donc l’architecture, l'art de bâtir des édifices. Comme la musique est l’art d’assembler harmonieusement les sons dans le respect de la vibration naturelle des corps sonores, l’architecture est l’art d’assembler les matériaux dans le respect des lois physiques, au moyen d’outils, pour en faire des édifices harmonieux. Les deux arts sont fondés sur l’harmonie de rapports, de proportions qui se laissent ramener à des nombres.
Architecture vient du grec archè, le commencement, le commandement, le principe et de tektonikos, le charpentier ou le bâtisseur, littéralement le bâtisseur des origines.
L’architecture serait ainsi un ordre soumis, tout comme l’Univers, à l’archè, au principe du nombre. L’un des traits qui demeureront ceux de la philosophie grecque est en effet l’idée selon laquelle le monde est tout à la fois un et multiple, un monde où la pluralité des éléments et des puissances est dominée et compensée par une loi abstraite d’équilibre et d’harmonie régie par le nombre.
Les hommes ont connu le nombre en se référant à la nature. Ce sont les ancêtres qui ont su lire dans la nature ce qui y fait force de loi : c’est-à-dire le langage des chiffres, de la géométrie, des proportions.
De fait la référence à nos prédécesseurs est constante dans le rituel du second voyage du Compagnon.
Il est ainsi dit :
« Ce sont les matériaux, les outils, les chefs-d’œuvre de cet art (l’architecture) que vous voyez figurés dans nos ateliers et sur les tableaux de nos loges… Tout cela concourt à la construction du temple que nous élevons en continuant la tâche de nos prédécesseurs. Il n’importe que le temps ait respecté leurs œuvres ou qu’il les ait recouvertes de la poussière de l’oubli. Le Grand Art de la maçonnerie demeure pour attester l’élévation de leur pensée, l’étendue de leurs connaissances et la splendeur de leur génie ».
Le second voyage a, à mon sens pour objectif, d’amener le Compagnon à rendre hommage aux grands anciens opératifs, aux savants, aux chercheurs, aux bâtisseurs, aux explorateurs qui ont modelé le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui et qui nous l’ont légué en héritage.

DORIQUE, IONIQUE, CORINTHIEN, TOSCAN, COMPOSITE

Les ordres ou styles architecturaux sont à la fois système de formes, de proportion et langage décoratif. Au sein de ces ordres, la colonne qui définit les proportions générales et son chapiteau qui détermine le style sont les éléments les plus importants.

Il y a deux ordres fondamentaux crées par les grecs, le Dorique (qui vient du continent, de la péninsule du Péloponnèse) et l'Ionique (qui vient des îles et de la côte orientale de la mer Égée).
Ces deux ordres ne se résument pas au style des colonnes et des chapiteaux. Ils régissent également l'agencement des lieux et les proportions des éléments constituant le monument auxquels ils s'appliquent.
L'ordre Corinthien n'est pas un style en lui-même, c'est l'ordre Ionique avec un chapiteau à feuilles d'acanthe. A ces trois ordres grecs, les romains ont ajouté 2 variantes : le Toscan et le Composite pour constituer les chapiteaux des cinq ordres d’architecture du rituel d’initiation du Compagnon.
Le premier texte qui définit les cinq ordres classiques est le traité d’architecture en dix volumes « De Architectura »dédié à l’Empereur Auguste par l’architecte romain Vitruve vers 25 avant J.-C .
L’homme, créature la plus parfaite parce que formée à l’image de Dieu, microcosme reflétant le macrocosme, apparaît selon Vitruve comme le modèle à suivre dans une architecture en quête de perfection. Le rituel de la cérémonie de réception au second degré est dans la lignée de cette approche anthropomorphique quand il dit : « A l’image harmonieuse des colonnes qui s’élevaient à l’entrée du temple de Salomon, soyez vous-même une colonne vivante qui s’élève vers les hauteurs, tout en vous appuyant sur la terre qui vous a donné naissance. Vous deviendrez ainsi l’un des piliers inébranlables de notre temple ».
Comment ne pas penser en lisant ce passage du rituel à ces vers de Baudelaire dans les correspondances :
La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers

DORIQUE
L’ordre Dorique, le plus simple, le plus « masculin », a vu le jour vers -630 dans le Péloponnèse. La colonne massive n'a pas de base, le chapiteau est lisse et simple. Vitruve rapporte dans son traité d’architecture l’origine mythique de la colonne Dorique : « Ils cherchèrent un moyen de faire des piliers à la fois assez forts pour soutenir le poids de l’édifice et agréables à la vue. Pour cela ils prirent la mesure du pied d’un homme qui est la sixième partie de sa hauteur, ils se réglèrent sur cette proportion de sorte qu’en donnant une grosseur quelconque à la tige de leurs colonnes ils la firent six fois aussi haute et c’est ainsi que la colonne Dorique fut employée dans les édifices avec la proportion, la force et la beauté du corps d’un homme ».
Le Parthénon à Athènes et le temple d’Héra sont sans doute les temples grecs les plus représentatifs du style Dorique.
Ce style était répandu en Grèce et dans les colonies grecques qu’étaient alors le sud de l’Italie et la Sicile.

IONIQUE
L’ordre Ionique est apparu une centaine d’années après l’ordre Dorique dans les îles de la mer Egée et en Ionie, une région qui se situait sur la côte ouest de l’actuelle Turquie. La colonne Ionique est plus élancée. L‘élévation du fût est de huit à douze fois sa base. Le chapiteau est décoré de volutes en forme de cornes de bélier qui évoquent des cheveux féminins.
La légende, toujours véhiculée par Vitruve, veut que des populations de l'Asie mineure sous la conduite d'Ion, un de leurs chefs, voulurent élever un Temple magnifique à Ephèse en l'honneur de Diane. Ils cherchèrent, pour décorer ce monument, un nouvel ordre d'architecture d’une beauté plus délicate que le Dorique et susceptible de recevoir plus d'ornements. Comme l'ordre Dorique avait été déterminé sur le corps de l'homme, ils imaginèrent de régler les proportions du nouvel ordre sur la taille des femmes grecques. Poussant encore plus loin l'imitation, ils ont donné au chapiteau la forme des boucles de leurs cheveux et ils cannelèrent les colonnes pour imiter les plis de leurs vêtements.
Le flacon du parfum Organza de Givenchy emprunte à l’évidence à la symbolique de la colonne Ionique.
Le temple d’Athéna Niké
]  , déesse de la victoire et protectrice d'Athènes, construit en -423 dans cette ville est emblématique du style ionique, lequel poussé à son extrême logique, aboutit au portique des Caryatides de l'Érechthéion. Ce temple de style ionique fut construit entre -421 et -406 en l'honneur d'Athéna et de Poséidon sur l’acropole d’Athènes. Il comprend trois portiques, dont celui des Caryatides à l'arrière. Les colonnes de ce portique sont constituées des statues de six jeunes filles revêtues de grandes robes commémorant la défaite des habitants de Carya, dans le
Péloponnèse, coupables de s’être alliés aux Perses. La fonction de support exprime visuellement l’asservissement de ces femmes.

CORINTHIEN
L’ordre Corinthien tire son nom de la cité de Corinthe. Il ne s’agit pas d’un ordre à proprement parler mais d’une colonne Ionique avec un chapiteau à feuilles d’acanthe.
Vitruve, rapporte ainsi la légende de sa création : Une jeune fille de Corinthe, étant morte, sa nourrice posa sur son tombeau un panier contenant ses objets familiers. Pour protéger son contenu, elle mit une tuile sur le dessus. Le panier ayant été placé sur une racine d'acanthe,
les feuilles et les tiges l'enveloppèrent bientôt et contraintes par la tuile, se recourbèrent, formant ainsi des volutes. Le sculpteur athénien Callimaque passant auprès de ce tombeau, séduit par cette disposition inattendue des feuilles autour de la corbeille, décida de l'imiter et de l'adapter aux colonnes qu'il réalisait en réglant sur ce modèle les proportions et le style de l’ordre Corinthien.
Selon Vitruve si la colonne Dorique symbolise le corps de l’homme, l’Ionique celui de la femme, l’ordre Corinthien symbolise le corps de la jeune fille. La référence à un végétal permet également d’en faire le symbole de la nature.
Le chapiteau Corinthien est élégant et son décor est touffu. Il donne un sentiment de luxe et de richesse. S’il a été rarement utilisé dans la Grèce antique, ce style se retrouve fréquemment dans le Rome antique. Le Panthéon à Rome en est un exemple.
Dans sa pièce Les Amours de Psyché et de Cupidon Jean de La Fontaine prête les paroles suivantes à Psyché quand elle découvre le palais de l’amour :
« Ces ordres dont les Grecs nous ont fait présent,
Le dorique sans fard, l’élégant ionique,
Et le corinthien superbe et magnifique,
L’un sur l’autre placés, élèvent jusqu’aux cieux
Ce pompeux édifice où tout charme les yeux ».


L’ORDRE TOSCAN est transposé du Dorique. La colonne Toscane comprend une base et son chapiteau est souligné par une astragale.

L’ORDRE COMPOSITE se distingue par un chapiteau qui réunit les volutes du chapiteau Ionique et les feuilles d'acanthe du chapiteau Corinthien.

UNIVERSALITE DES ORDRES ANTIQUES D’ARCHITECTURE

Il n’est guère d’autre domaine de l’art occidental où l’héritage grec se soit pérennisé autant qu’en architecture : les ordres progressivement mis au point par les grecs se sont transmis – tour à tour enrichis, mêlés, simplifiés, abâtardis, puis apurés et combinés de nouveau – jusqu’au seuil du XXe siècle, en sorte que toute l’architecture monumentale de pierre de l’Occident a, pendant vingt-cinq siècles, parlé peu ou prou ce langage clairement articulé, auquel elle a su faire dire des choses bien différentes.
Les ordres grecs sont basés sur les proportions humaines, ce qui est l’un des moyens les plus remarquables de relier l’homme à son habitat et aux bâtiments publics. L’usage des ordres classiques est la manière de refléter les idéaux démocratiques qui guident la plupart des nations du monde. En effet la démocratie ou pouvoir du peuple est née à Athènes, en Grèce, il y a environ 2.500 ans, en même temps donc que se sont développés les ordres classiques d’architecture.
Nombre de bâtiments publics, dans le monde entier et à commencer à Madagascar intègrent dans leur conception des éléments de ordres classiques. Il en est ainsi du palais du pierre, aujourd’hui bien solitaire, qui enserrait Manjakamiadana, du Palais du Premier Ministre, du palais de justice de Ranavalona II à Andohalo, construit dans le plus pur style Ionique, de l’école de médecine, des belles maisons de la ville haute. Faut-il s’en étonner lorsque l’on sait que c’est un franc-maçon, le missionnaire-architecte écossais James Cameron qui, à la demande de la Reine Ranavalona II, en 1869, a recouvert le Palais de Manjakamiadana, d'une ossature en pierre qui est devenue l’archétype de la maison traditionnelle malgache avec ses éléments caractéristiques : colonnes de pierre ou de brique à chapiteau soutenant une varangue, avec dans certains cas une tour d’angle. Trois ordres d’architecture se superposent au palais de pierre de Manjakamiadana, au premier niveau, de solides piliers carrés qui rappellent le style Dorique, au second niveau des demi-colonnes cannelées à chapiteau Corinthien et au troisième niveau des demi-colonnes cannelées à chapiteau Composite.

HOMMAGE A LA GRECE ANTIQUE

Les symboles maçonniques ont quatre origines principales : cosmique, biblique, « compagnonnique » et Pythagoricienne. Phytagore est né à Samos vers -57O sur les rives de la mer Egée, là où s’est développé, à la même époque, l’ordre Ionique.
La référence aux ordres d’architecture dans notre rituel me paraît donc un hommage rendu à l’école Pythagoricienne et plus largement à la civilisation Grecque antique à laquelle nous devons tant.
Vers le VI° siècle av. J.‑C., le long de la côte de l'Asie Mineure, en Ionie, survint le plus invraisemblable des développements : le « miracle grec », qui dura près de huit siècles. En plein milieu de l'univers mythique, une poignée d'hommes exceptionnels parvinrent à renverser la vapeur et à semer les germes d'un nouvel univers qui allait sonner le glas de l'ancien.

Les Grecs introduisirent l'univers scientifique, qui est encore le nôtre aujourd'hui. Au lieu de s'abandonner aveuglément aux Dieux et de se contenter d'observer les événements naturels sans les comprendre, les Grecs eurent l'intuition révolutionnaire que le monde pouvait être disséqué en ses différentes composantes et que la raison humaine était capable d'appréhender les lois qui régissent le comportement de ces composantes et leurs interactions entre elles. La nature pouvait être sujet de réflexion et de spéculation. La compréhension des lois naturelles qui était réservée exclusivement aux Dieux dans l'univers mythique était partagée par l'homme dans l'univers scientifique.
Munis de cette inébranlable confiance en la capacité de la raison humaine, les Grecs se mirent au travail. La structure de la matière, la nature du temps, les phénomènes biologiques, géologiques et météorologiques, rien n'échappa à leur regard curieux et inquisiteur. Leucippe et Démocrite morcelèrent la matière en atomes indivisibles, une vision qui demeure d'actualité. Pythagore, en élaborant ses théorèmes, fonda les mathématiques et Euclide bâtit sa géométrie.
De cette intense fébrilité intellectuelle émergea un nouvel univers qui prit ses distances avec l'univers mythique.

LE SYMBOLISME DES TROIS ORDRES ET DES TROIS PILIERS

Il y a dans les ateliers travaillant au Rite Ecossais Ancien et Accepté (R\E\A\A\) trois petites lumières placées sur trois colonnes/chandeliers représentatifs des trois principaux ordres d’architecture. Ces colonnes sont appelées dans le catéchisme de l’apprenti les trois grands piliers qui soutiennent la loge et président à la construction des francs-maçons.
La première marche de l’Orient et l’entrée du Temple déterminent un rectangle de largeur 3 et de longueur 4 au centre duquel se trouve le pavé mosaïque, sur lequel est tracé le tableau de loge entouré des trois piliers/chandeliers. Cet endroit délimité par les trois petites colonnes me paraît être le Saint des Saints, la véritable représentation symbolique du Temple, ce qui peut expliquer l’utilisation de colonnes grecques.
Un Temple bancal en apparence puisqu’il ne compte que trois colonnes, ce qui ne permet pas d’assurer un équilibre satisfaisant, bancal en apparence seulement puisque si les trois piliers visibles sont la représentation au sein du cosmos de l’homme (ordres Dorique et Ionique) et de la nature (ordre Corinthien), le quatrième pilier est bien là mais invisible, indicible. Il représente ce que l’on pressent mais que nul homme ne peut voir : Le Grand Architecte de l’Univers, le G\A\D\L\U\, le principe créateur, la vérité, la lumière, que nous recherchons tous consciemment ou inconsciemment, en doutant un peu tout en caressant le secret espoir de trouver un sens à notre existence. Cet état d’esprit est celui de Voltaire lorsqu’il dit :
L'Univers m'embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n'ait point d'horloger.
De toute façon les francs-maçons en bons disciples des chevaliers du Graal, savent que ce qui importe c’est la quête et non le Graal.
Ce qui se trouve autour de cet endroit saint que nul ne foule des pieds, le reste de l’atelier, représente à mon sens le cosmos avec la voûte étoilée, la lune, le soleil, l’étoile flamboyante, l’étoile polaire, l’axe du Monde, le nadir, le midi, l’Orient l’Occident, autant de références géographiques qui me donnent l’impression d’être au dehors, d’ailleurs les deux grandes Colonnes J\et B\ne sont t-elle pas à l’extérieur du Temple puisqu’elles font référence aux colonnes qui étaient placées à l’extérieur du Temple de Salomon, à gauche et à droite de la porte d’entrée. Si je peux les voir cela ne signifie t-il pas que je suis moi aussi à l’extérieur et que le véritable Temple, symbolisé par les trois piliers, est le monde profane ?
Les trois petites lumières occupent une place importante dans notre rituel puisque nos travaux débutent par leur allumage placé sous trois invocations :
A la colonne Ionique « Sagesse » dédiée au V\M\ et plus largement aux MM\de la loge correspond l’invocation :
« Que la Sagesse préside à la construction de notre édifice »
Notre rituel fait correspondre à la colonne Ionique, symbole féminin, la sagesse. Il est de fait que la sagesse au sens d’un comportement juste et raisonnable est le plus souvent l’apanage de la femme que de l’homme, elle qui conçoit, qui porte puis élève les enfants apparaît comme plus mesurée, plus réfléchie, moins aventureuse que l’homme.
Dans la mythologie romaine la, sagesse est personnifiée par un dieu femelle, la déesse Minerve, fille de Jupiter équivalente d'Athéna dans la mythologie grecque. Fière et belliqueuse, elle était la déesse des guerriers, la protectrice de la maison et de l'État, l'incarnation de la sagesse, de la pureté et de la raison. Minerve était aussi la protectrice des arts, de l'artisanat et des métiers.
La Sagesse au sens religieux de la connaissance inspirée des choses divines et humaines, apanage de Salomon, bâtisseur du Temple de Jérusalem, est logiquement une vertu associée au Vénérable Maître qui dirige nos travaux.
Dieu dit à Salomon : Puisque c'est là ce qui est dans ton coeur, puisque tu ne demandes ni des richesses, ni des biens, ni de la gloire, ni la mort de tes ennemis, ni même une longue vie, et que tu demandes pour toi de la sagesse et de l'intelligence afin de juger mon peuple sur lequel je t'ai fait régner, la sagesse et l'intelligence te sont accordées. (Chroniques 1- 11 et 12).
La sagesse dans la perspective des âges de la vie est l’apanage de la vieillesse car on ne reçoit pas la sagesse, elle résulte d’une longue expérience. Il faut la découvrir soi-même tout au long de sa vie en polissant sa pierre au contact des autres pierres du Temple car elle est un point de vue sur les êtres et le monde.
A la colonne Dorique « Force » dédiée au 1ér S\donc aux CC\correspond l’invocation :
« Que la Force le soutienne »
L’ordre Dorique est le plus masculin des trois ordres grecs, il donne aux édifices construits dans ce style la proportion, la force et la beauté du corps d’un homme nous dit Vitruve. Il est donc logique de lui faire correspondre la Force, le premier surveillant et par extension les Compagnons qui n’ont qu’une religion le Travail. A ce titre ils sont les ouvriers à qui l’on a confié un instrument inconnu de l’apprenti, le levier qui en multipliant nos forces nous permet de placer aux endroits utiles les pierres destinées à l’érection du Temple nous dit le rituel de réception du Compagnon.
Dans la perspective des âges de la vie la Force est l’apanage de l’âge mûr où l'homme a atteint son plein développement. D’ailleurs ne dit-on pas d’un homme en pleine possession de ses moyens qu’il est « dans la force de l’âge ».
A la colonne Corinthienne « Beauté » dédiée au 2éme S\donc aux jeunes frères AA\correspond l’invocation :
« Que la Beauté l’orne »
Le chapiteau Corinthien est le plus élégant, il donne un sentiment de luxe et de richesse, il paraît donc logique de lui faire correspondre la Beauté et les jeunes apprentis qui, muets et de ce fait quelque peu passifs, sont réduits à orner la colonne du Nord.

Dans la perspective des âges de la vie la Beauté est l’apanage de la jeunesse qu’on appelle encore le bel âge. Les trois invocations se rapportent ainsi aux trois âges de la vie de l’homme et aux qualités qui s’y rapportent. Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses mœurs » disait Boileau.
Il est un parallèle intéressant à ce stade à faire avec l’architecture puisque Vitruve, encore lui, insistait déjà dans son recueil d’architecture sur la nécessité de savoir conjuguer la recherche de la solidité avec celles de la commodité et de la beauté. Solidité/Force, commodité/Sagesse, beauté : la triade vitruvienne hante aujourd’hui encore l’esprit des architectes. Elle correspond au principal défi qu’il leur faut relever dans l’exercice de leur métier. Pour un édifice donné, les aspects et les choix relatifs à son usage interagissent en effet avec les préoccupations esthétiques et cette interaction, loin d’être constamment harmonieuse, se présente souvent sous la forme de conflits qu’il faut arbitrer.
Nos travaux s’achèvent par l’extinction des trois petites lumières.
A la colonne Ionique « Sagesse » correspond l’invocation :
«Que la paix règne sur la terre !»
Référence à la matière inerte qui ne se reproduit pas, au monde minéral qui est le support inanimé du monde vivant : du virus, qui est à la frontière du minéral et du vivant, en passant par les bactéries, les algues, les orchidées, les vers de terre, les sauterelles, les poissons, les mammifères, l’homme donc. Sagesse et Paix sont deux concepts parfaitement concordants.
A la colonne Dorique « Force » correspond l’invocation :
«Que l’amour règne parmi les hommes !»
Référence à l’amour, à la procréation, à la reproduction, l’apanage du règne du vivant. Telle est la volonté de Dieu exprimée dans la Genèse 1-22 :
"Soyez féconds, multipliez, emplissez l'eau des mers et que les oiseaux multiplient sur la terre"
Par analogie avec l’architecture il est possible d’avancer que l’amour est le moyen de bâtir l’homme quoi de plus logique dés lors de lui faire correspondre la colonne Dorique Force qui est le symbole du Compagnon, du travail, de l’acte de construire proprement dit.
Paix – Amour ce n’est rien d’autre, traduit en anglais, que le « Peace and Love » ou le « faites l’amour pas la guerre » du mouvement hippie. Les francs maçons en précurseurs et en inspirateurs du mouvement hippie ! C’est aussi cela l’universalité des valeurs.
A la colonne Corinthienne, « Beauté » correspond l’invocation :
«Que la joie soit dans les cœurs !»
Référence au bonheur, par extension et au plan biologique, au plaisir. De surcroît la perception de la beauté provoque tout naturellement chez l’homme des sentiments de joie et de plaisir provenant non pas du cœur mais plutôt du cerveau.
Il me paraît possible de résumer ainsi les trois invocations : faites l’amour, pas la guerre ainsi vous vivrez heureux et vous vous multiplierez. N’est-ce pas là une définition de l’humanisme ?
Toute la philosophie, tout l’humanisme pourrait se résumer à ce seul mot «bonheur», soyez heureux, rayonnez le bonheur autour de vous, dans le cœur de vos frères profanes, de votre prochain. N’est-ce pas là le but ultime de nos travaux.
Toutes les actions de tous les hommes pour peu que l’on se donne la peine d’éliminer toutes les scories, tous les habillages, tous les faux-fuyants qui sont le lot de notre vie en société et de notre rapport aux autres, nous ramènent à deux fonctions fondamentales qui sont communes, non seulement à l’homme, mais plus largement au règne animal et au règne végétal.
La première fonction des êtres vivants est justement de rester vivants, de maintenir leur structure biologique, en agissant sur le monde extérieur pour se nourrir (travailler, chasser) et se protéger des agressions.
La seconde fonction est celle qui nous pousse à procréer afin de répliquer le plan de notre structure contenu dans nos gènes, ce support biologique d’information écrit dans un alphabet de 4 lettres.
Pourquoi un mammifère procrée ? Pourquoi une plante ou un virus se reproduit ? Seul le G\A\D\L\U\ détient sans doute la réponse à cette question.
Pour maintenir ma structure biologique j’ai besoin que « la Paix règne sur la Terre ». Si je dois me battre je risque de perdre la vie et de ne pas pouvoir arriver à l’âge de la maturité sexuelle où je pourrais semer ma graine d’éternité, faire des enfants qui porteront puis reproduiront mes propres gènes. Ces enfants pour se reproduire devront eux même atteindre l’âge de la maturité sexuelle et ont besoin pendant leur croissance particulièrement longue d’un environnement sécurisé, donc de paix.
« Que l’amour règne parmi les hommes », cette invocation fait référence à la seconde fonction fondamentale, la procréation. Mais qu’est l’amour de son prochain sans le bonheur, sans le plaisir, sans que « la Joie soit dans les cœurs » ? Ferait-on l’amour à sa compagne sans plaisir biologique ? En effet pour procréer encore faut-il que les individus aient envie de copuler, processus qui, du froid point de vue d’un extra-terrestre doit apparaît non hygiénique et, ma foi, plutôt répugnant. Le sexe est dans la mémoire morte, au sens informatique du terme, de tout cerveau normalement constitué, nous sommes génétiquement programmés pour craquer devant les formes féminines, le satiné d’une peau de femme. Ulysse a dû ordonner qu'on l'attache au mât de son navire pour ne pas succomber au chant des sirènes:
Se lancerait-on dans des travaux de table si le fait de manger pour maintenir notre structure biologique ne nous procurait pas un plaisir certain. L’adage dit il faut manger pour vivre, reste que nombre d’entre nous, dont je fais partie, vivons entre autre pour le plaisir de manger.
J’ai dit Vénérable Maître.


source :
www.ledifice.net

Par J\ L\ - Publié dans : Planches
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Mercredi 23 juillet 2014 3 23 /07 /Juil /2014 09:32

Je me permets de dédier ma planche à la mémoire d'un de nos FF qui vient de partir pour l’éternel Orient, de là où il est il m’a lancé l’inspiration alors que j’étais à cours d’imagination. Je ne puis commencer cette présentation sans être obligé de passer par une description quelque peu académique mais nécessaire. J’y présente les ordres d’architecture un à un en établissant un parallèle avec notre symbolique, je développerai ensuite mon thème de façon plus personnelle, résultat de mon parcours de Compagnon. Nous trouvons d’abord : Les ordres grecs

 1) L'ordre dorique. Le Larousse nous indique que c'est : l'ordre le plus simple, le plus mâle des trois ordres d'architecture ; il est aussi le plus ancien. C'est le premier ordre d'architecture. Pour nous Maçons, la colonne dorique évoque l'idée de force et de grandeur, fortification de la raison et de la volonté les pieds directement sur terre comme la colonne de cet ordre aux vertus masculines. C'est la colonne du premier surveillant FORCE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle nord-ouest (Septentrion-occident).

 2) L'ordre ionique. Le Larousse indique que c'est : l'un de cinq ordres d'architecture caractérisé surtout par un chapiteau orné de deux volutes. C'est le deuxième ordre d’architecture. Pour nous Maçons, la colonne ionique évoque le sentiment, la sensibilité, l'intuition et l'imagination toutes qualités féminines entre toutes. C'est la colonne de notre vénérable maître en loge : SAGESSE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle sud-est (Orient-midi).

 3) L'ordre corinthien. Le dictionnaire indique que c'est : le troisième et plus riche des ordres d'architecture. Pour nous Maçons, dans notre loge écossaise la colonne corinthienne est la plénitude de la beauté. C'est la colonne de notre deuxième surveillant : BEAUTE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle sud-ouest (Midi-occident). En même temps que la beauté c'est l'ordre le plus libre de tous, variation dans ses cannelures, ses proportions, sa décorations. C'est l'ordre de l'invention et de la nouveauté. Viennent ensuite : Les ordres romains

 4) L'ordre composite ou romain Ordre formé du mélange de l'ordre ionique et de l'ordre corinthien. C'est le quatrième ordre d'architecture. Pour nous Maçons, cet ordre n'est pas présent en loge. N'a-t-il qu'un rôle symbolique avec l'ordre toscan afin d’amener du chiffre 3 de l'apprenti au chiffre 5 du compagnon, soit 3 + 2. Mais je pense qu'il n'a pas que cette symbolique. Le fait que les romains l'emploient pour orner essentiellement leurs arcs de triomphe, n'y a-t-il pas le symbole du triomphe de la lumière éclairant le genre humain de par l'association féminine de l'ordre ionique et de celui plus masculin de l'ordre corinthien.

5) L'ordre toscan. Le dictionnaire Larousse indique que c'est : Le plus simple des ordres d'architecture, chez les romains c'est une déformation de l'ordre dorique. Pour nous Maçons, cet ordre est plus énigmatique, les anciens, eux-mêmes, ne l'utilisèrent qu'en de rares exceptions. Est-ce un complément architectonique enrichissant pour la beauté, genre de chapiteau androgyne de l'ordre dorique qui serait devenu carré ? 5 ordres d’architecture auxquels correspondent les 5 voyages d’initiation du compagnon. 5 c’est aussi les cinq coups de maillet lors de l’ouverture de nos tenues au grade de compagnon. Ce sont encore les 5 officiers qui éclairent la loge : Le Vénérable maître, le Premier et le Second surveillant, l’orateur et le secrétaire qui sont les 5 lumières de la loge. Mais encore les 5 pointes de l’étoile flamboyante qui nous ramène aux 5 sens et à la divine harmonie du nombre d’or. Elle est complétée par la lettre G de la géométrie qui contribue à la bonne construction de notre tabernacle intérieur et symbolique gouverné par l’intelligence humaine dont nous avons doté le G\ A\ D\ L\ U\. Le chiffre 5 est le nombre de l’union pythagoricienne, c’est aussi le chiffre du centre de l’harmonie et de l’équilibre. Symbole de l’homme qui devient le tabernacle parfait comme nous allons le voir.

1er voyage, avec le maillet et le ciseau, les 5 sens sur la colonne de la beauté, ordre corinthien, correspondant à la 1ère année des études de l’initié.

2ème voyage, avec la règle et le compas, les 5 ordres d’architecture sur la colonne de la force, ordre dorique, correspondant à la deuxième année des études de l’initié. C’est la base solide sur laquelle viennent s’étayer les autres étages de notre élévation vers la lumière, tels les palais renaissance où l’ordre dorique est réservé au rez-de-chaussée dans l’ornementation de la façade. Ce deuxième voyage est la préparation de la décoration d’un tabernacle digne de la majesté du Grand Architecte de l’Univers. Ce tabernacle…c’est vous, c’est moi, c’est nous, c’est l’homme, l’être de chair, celui qui doit être droit physiquement et moralement, juste dans ses relations avec ses semblables et ses proportions humaines divinement harmonisées. Le compas, emblème de la sagesse, de la prudence et de la circonspection, nous aide à mesurer les angles et à établir ces proportions c’est l’ordre ionique à deux volutes. La règle c’est la rectitude de notre esprit et de nos actes. Il ne faut pas oublier que l’architecture est le sujet de mes études après la connaissance de « soi-même ». C’est l’art le plus beau et le plus noble. Ce construire soi-même avec le soin extrême dû au temple, tabernacle qui accueillera le Grand Architecte de l’Univers.

3e voyage, avec une règle et une pince, les 7 arts libéraux sur la colonne de la sagesse. La sagesse de l’ordre ionique qui reprend, par la forme de ses deux volutes qui se font face, les deux plateaux de la balance qu’il faut équilibrer. Ordre féminin qui vient nous rappeler que tout être humain possède la bivalence du masculin et du féminin qui se complète et forme un équilibre à toute justice par leur union dans un être.

4e voyage, avec la règle et l’équerre, voyage de la connaissance des sphères, propriétés de la Sphère céleste et de la Sphère terrestre…

5e voyage … Libre fin du cours de mes études, capable de transmettre ce qui m’a été donné. « Rendre à ceux qui viennent après lui l’instruction qu’il a reçue lui-même de ceux qui l’ont précédé, tel est le principal objet de l’initiation au second Degré ». Une fois que l’ordre dorique, ordre masculin a servi de base à l’édifice, l’ordre ionique suit pour établir une juste proportion et enfin l’ordre corinthien de la beauté finit cette construction pour la ramener au chiffre un et achever dans la perfection ce tabernacle. L’ordre corinthien orné de feuilles d’acanthe est là pour nous rappeler que le mal, symbolisé dans les épines de la plantes, doit contrebalancer la beauté de la forme des feuilles afin d’en mieux profiter. C’est un peu le pavé mosaïque entre blanc et noir. Ses piquants symbolisent encore le triomphe de l’architecte qui a surmonté les difficultés de sa tâche. Les deux autres ordres sont inconnus dans le rite et je ne vois pas comment les rattacher. Peut-être est-ce le symbole des organes dont on ne connaît pas la fonction et que l’on découvre au fur et à mesure de notre progression, comme toutes choses dans la nature qui ne sont jamais créées pour rien et dont le sens caché n’apparaît que bien plus tard. Ou bien est-ce l’inconnu, la non connaissance, l’inexpliqué qui reste toujours ou qui découle de ce que l’on à découvert. Mon chemin ne s’arrêtant pas à ce degré, sans doute en percevrai-je le sens plus tard. Enfin, ce tabernacle construit le long de ma vie maçonnique ressemble à s’y méprendre à ma loge mère. A l’heure ou je devrais retourner à l’Orient éternel, mon âme, cet enfant nu s’approchera du temple, lieu du passage, elle abordera par le pied gauche les trois marches du temple, elle frappera trois fois aux portes d’airains entrouvertes, passera les deux colonnes Boaz et Jakin, entrera, fera les trois pas de l’apprenti, pour glisser vers ce pas compagnonnique qui m’amènera entre les colonnes force et beauté, au loin la colonne sagesse qui délimiteront mon carré long recouvert du pavé mosaïque des actes, bons ou mal, blancs ou noirs, de ma vie. Derrière, les grenades seront épanouies, telles des sexes de femmes me rappelant mes origines, le début et la fin. En face, baignant dans une grande clarté venant des trois fenêtres de la loge, l’étoile flamboyante entre le soleil et la lune. Michel m’accueillera avec sa balance sur laquelle mon âme montera. J’espère que la droite du niveau du balancier rencontrera en son milieu, en rectitude, la perpendiculaire du fléau. Puis, pour passer du zénith au nadir, ainsi délimité, mon âme s’élèvera par le fil à plomb vers le Grand Architecte de l’Univers. Je passerai dans le giron d’Abraham, qui me prendra en charge pour que mon âme devenue cette pierre cubique, à peu près polie, s’ajuste aux autres pierres pour ériger la Jérusalem céleste, le nouveau temple de Salomon. A moi Abraham, je suis ton frère…Cinq coups,…Schibboleth.

J’ai dit V\ M\

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
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Mardi 15 juillet 2014 2 15 /07 /Juil /2014 07:16

Dans la progressivité de la démarche maçonnique au REAA, les grades dits de vengeance ou grades d’élus, succèdent aux grades de perfectionnement. C’est dans un groupe d’hommes éclairés, zélés et fidèles, prudents et équitables, ainsi que vertueux, c’est à dire hommes de qualité et de confiance que seront élus ceux à qui on confiera la mission de châtier les assassins d’Hiram. On constatera également, au fil de l’histoire que, de simple chargé de mission désigné par le Sort parmi plus de 90 postulants, l’Elu s’élève progressivement vers la notoriété après s’être illustré par ses actes, pour atteindre un rôle social élevé, au service de l’intérêt commun. Mais traitons d’abord de la légende et de la scène  qui est présentée aux récipiendaires du premier grade dit de vengeance.

1 er acte : 

L’histoire se situe sous le règne du roi Salomon, après que le grand architecte chargé des travaux de construction du Temple ait été assassiné par les 3 mauvais compagnons avides de connaître le mot de passe des Maîtres. Apprenant par Pérignan, un étranger, (le dieu Hermès ou nouvelle manifestation du hasard ?) La cachette d’un des meurtriers, le sage roi Salomon envoie 9 Maîtres pour l’appréhender et le livrer à la justice, chiffre choisi en souvenir des 9 maîtres qui sont partis à la recherche de la sépulture d’Hiram. L’un d’entre eux, le zélé Johaben, déjà rencontré comme secrétaire intime outrepasse sa fonction en exécutant le mauvais compagnon au lieu  de le livrer à la justice et ne doit son salut qu’à ses pairs qui plaident pour lui devant Salomon.

Analyse du tableau.

La légende est illustrée par un tableau, véritable  document pédagogique alchimique. Au travers les époques, les multiples représentations qu’en ont tiré les artistes, j’en ai trouvé 4, représentées ici. Qu’y a t il là ? Un individu, le meurtrier endormi, dans un décor plein de symboles. Citons-les: Un buisson ardent - La fontaine - La caverne - Le poignard - La lampe et, présents dans certaines représentations, L’étoile -L’arc-en-ciel - L’escalier à 9 marches. Auxquels on peut ajouter l’étranger, absent ici mais parfois représenté sous les traits d’un chien, soit 9 symboles. Présent devant lui, l’Elu se trouve ébloui par l’éclat du buisson ardent, représentation allégorique de la divinité, porteuse du commandement « Tu ne tueras point » placé là pour lui rappeler la limite de son action, et obtenir la bonne réponse, se saisir du meurtrier et l’amener devant la justice. Au-delà, l’initié découvre, la caverne où le criminel s’est réfugié, lieu sacré image brute du monde dépourvue des valeurs fondamentales qu’il était censé construire, la sagesse, la force, et la beauté. Il ne peut être confondu avec le cabinet de réflexion, car le coupable y dort, pour oublier je pense, mais il n’a pas tout oublié, il reste à son  chevet une toute petite lumière, peut être celle du remord. Quant au M. il connaît le chemin à parcourir pour accomplir sa mission, mais il est seul et démuni. En effet, il n’a pas d’outils, ni équerre ni compas, ni aucun de ceux qui ont accompagnés ses voyages vers la quête mais il aperçoit un poignard- posé là par qui? -, instrument ambivalent de la tentation purificatrice empreint de noblesse avec sa poignée d’or et sa lame d’argent. Seul avec sa loi morale encore fragile et sa soif de vengeance, c’est la première fois qu’il se trouve devant son devoir; auparavant il ne s’est qu’engagé à le faire, maintenant il doit l’accomplir. Qu’elle va être sa réaction ? Il décide d’avancer, d’avancer seul et se dirige vers la caverne, dépasse le buisson ardent et poursuit son chemin. Il fait les 9 pas, effaçant successivement les commandements transmis par Moise, oubliant ainsi sa Loi Morale, action régressive irréversible car le mal attire le mal. Saura-t-il en pénétrant dans la caverne y retrouver trouver la pierre cachée des sages ? Il n’est pas à cet instant dans un état de calme réflexion mais sous l’emprise du tumulte de l’émotion. Le combat entre le buisson et la grotte, entre le bien et le mal est d’ors et déjà perdu. Et, entré, se saisissant du poignard, il transgresse le dernier commandement, il frappe, il frappe en criant « NEKAM », cri par lequel on excite quelqu'un à la vengeance. Au front d’abord pour effacer le geste mortel ayant mit fin aux jours de l’Architecte, acte magique, le semblable appelant le semblable, puis au cœur pour  recréer l’harmonie détruite sans percevoir, sourd au dernier message, « NEKAH » du supplicié, qu’en agissant ainsi, en se conduisant lui-même comme un assassin, il a détruit la sienne. Enfin, il parachève l’extinction de sa soif de vengeance d’abord en le  décapitant, châtiment humiliant car réservé aux apprentis, matérialisant ainsi ce qu’il considère comme son triomphe, puis en se purifiant à la source. C’est dans les yeux de ses compagnons qu’il lit la  bassesse de son comportement social, découvre que, ses passions ayant asservi son zèle,  la sauvagerie de son action a fait de lui un être aussi méprisable que celui qu’il a châtié.  Prise de conscience tardive par ces mots BEGOHAL-KOL de ce qu’il aurait du combattre, de ce qui est caché en lui. Sensible à l’intercession des autres Elus, à leur  commune alliance fraternelle en faveur du pardon d’un acte outrancier mais réalisé par devoir au nom de la justice, Salomon, réussit lui, le roi, à surmonter une phase d’emportement, pour évoluer vers plus de discernement, leçon ainsi donnée à Johaben. D’ailleurs, Salomon qui est, lui, au courant du plan du Grand Architecte ne pouvait que pardonner. Et pour montrer que, malgré cet excès la justice à  triomphé, la tête du meurtrier est exposée à la porte du Temple, là ou a été frappé l’Architecte Cette histoire est édifiante par la pertinence de la démarche éducative. Voilà un homme, curieux par essence, instruit d’humanisme, déjà prévenu des conséquences de ses possibles errements qui échoue, instantanément, encore emporté par ses passions. Je vois dans ce psychodrame une expérience aussi nécessaire que les travaux pratiques complétant un cours magistral. C’est grâce à ce parcours, démarche nécessaire, que la connaissance théorique et livresque de la vengeance se métamorphose en connaissance pratique parla vengeance. Mais évitons de généraliser, la maçonnerie est spéculative et ce récit n’est qu’une légende. Nous restons toujours des enfants, nous ne savons ni lire (le monde) ni écrire (notre morale) et comme eux sommes normalement attirés parla transgression, expérience de la vie. Ces histoires qu’on leur raconte pour les éduquer contribuent à leur éducation et les préviennent des risques encourus.

2eme acte:

Lorsque la cachette des 2 autres assassins est révélée, Salomon envoie 15 maîtres que, cette fois, il choisi (dont Johaben encore et les huit précédents) pour les capturer. Pourquoi 15 maintenant ? Certains auteurs interprètent ce nombre comme la somme 3+5+7 expression du choix de maîtres ayant parfaitement  intégré les enseignements successifs des 3 degrés des loges bleues. Cette fois, pas de vengeance, les fugitifs sont capturés, couverts de chaînes aux maillons en forme d’équerre et de compas. Ainsi, prisonniers de ce qu’ils avaient voulu conquérir sans le mériter ils sont traduits devant Salomon qui les fait enfermer dans une tour. C’est là, dans cet endroit rappelant la tour de Babel, lieu ou aucun dialogue n’est plus possible que ces criminels, coupables d’avoir essayé de voler les mots de maître pourront, dans le silence, prendre conscience de la démesure  de leur orgueil dans le temps qui leur est laissé pour, peut être, se repentir de leur acte en attendant leur jugement. Puis ils sont exécutés. Le chaos qu’ils ont engendré, est censé être réparé par celui que l’on créée dans leur chair, par leur souffrance lors du supplice et que, ainsi, l’ordre universel soit reconstruit, renaisse. C’est pour la justice encore, en absence de jurisprudence, le temps de la loi du talion. De nos jours, on dirait que le désir d’ordre était, là, supérieur à l’idéal de justice. Aujourd’hui, le dieu de vengeance et de châtiment a cédé la place au dieu d’amour et de pardon. La souffrance n’est plus rédemptrice ni pour l’individu ni pour la société.

3eme acte

On dit que ce grade est celui de la récompense, j’y vois plutôt celui d’une nouvelle conscience. Ce qui leur a été demandé, leur action pratique au service du Devoir, leur à permis, en étant descendus au fond de leur conscience de remonter vers la lumière avec une détermination renforcée et définitivement acquise. On les dit Sublimes matérialisant ainsi le changement d’état de leur démarche spirituelle. Et Chevaliers, donc à cheval, maîtrisant leur monture c’est à dire leur coté animal, bien loin de la confusion des centaures, capables d’avancer plus rapidement sur le chemin, armés du poignard qu’ils conservent à leur coté pour rappeler la détermination sans faille de faire taire leur ego. L’épée, ou glaive qu’ils reçoivent et la devise «Vaincre ou mourir» ainsi que ce qu’ils ont accompli les met définitivement, car il y a changement d’état, sur la voie sacrée, c’est à dire jusqu’au sacrifice, par le pouvoir de l’esprit imprégné d’un idéal de justice et d’équité, triomphant de l’ignorance et du fanatisme grâce au  progrès conjoint de la connaissance et de la morale

Les maîtres mots sont :

  Maîtrise de soi, de l’exercice de sa fonction, dans l’action pour une grande cause.

  Transcendance par franchissement de la frontière des émotions permettant l’accord

de l’action et de l’esprit.

La méthode maçonnique, spirale ascendante revenant  cycliquement sur les enseignements précédents, les a transformés en hommes sages, maîtres de leurs passions, ce sont des humanistes guerriers, leur connaissance les rend «vrais en toutes circonstances».

Conclusion

Dans ces grades d’Elus, grades d’immanence, le REAA propose, une consolidation de l’instruction du degré précédent par un travail pratique sur le Devoir.

  La fatalité ils l’ont rencontrée à la mort du RMHiram.

  Ils ont su se plier à la nécessité de venger l’art Royal.

  La destinée, le sort, ne les a pas tous récompensés mais tous  ont accomplit leur

Devoir.

Il enseigne par la pratique que, puisque l’ennemi est en nous, l’esprit humain ne peut chercher la vérité qu’en luttant contre ses propres imperfections. Pour atteindre la vérité, la transgression expérimentale, les erreurs, sont nécessaires à condition qu’elles soient à postériorité analysées  pour se nourrir de leur enseignement et alimenter sa morale. C’est par ces actions (expérience pratique de la vie initiatique continuée à l’extérieur du Temple) que l’initié trouve ou retrouve l’étincelle divine qui est en lui, aidé par les symboles semés dans l’inconscient par l’expression d’un dessein intelligent le guidant vers la vérité donc vers la liberté pour plus de spiritualité, de conscience et d’amour à la suite de l’accomplissement d’une mission à haute valeur morale, quelle que soit la façon dont on l’a remplie. Un jour, un ami dans la détresse m’a demandé de le conseiller sur le chemin à choisir pour s’en sortir. Je me suis servi de mon expérience pour lui répondre. Il a suivi mes conseils et, plus tard, m’en a remercié. C’est une des rares fois ou je me suis senti un homme véritable. Mes Frères, j’ai dit.

Source : L.P. Le Parthénon

Par Jean-Claude L. - Publié dans : Planches
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Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 07:50

Certains s’accordent historiquement à situer la création des grades d’élus dans l’écosse du 17ème 18ème siècle.
La société écossaise de cette époque fonctionne sur le mode du clan (gaélique : clannad, famille) Un clan est une famille ou un groupe d’individus ayant des liens de parenté très forts, vivant sous la conduite d’un chef ; Les membres d’un clan portent le même nom parfois précédé du mot fils de :
A l’époque l’appartenance à un clan se signale par les couleurs particulières par un insigne portant les armoiries, autour de cet insigne est disposé un « moto » : une devise.
Vers 1740/1745 le grade d’élu apparaît à Lyon (1743) venant d’écosse.
En Angleterre en écosse comme en France déjà à ces époques la violence était quotidienne, et la vengeance une conduite naturelle, n’oublions pas au passage que la violence et la vengeance sont le fondement de la vie sociale des structures claniques. (Vendetta).
Dans une France du 18ème emprunte de christianisme, violence et vengeance étaient des conduites plutôt naturelles (les églises chrétiennes ne condamnaient pas la peine capitale, elles la prononçaient confiant son exécution au bras séculier).
Eliminant de ses rituels les pratiques violentes, morbides, sanguinaires le rite français propose une maçonnerie qui change d’état d’esprit, et de nature.
Si la vengeance est un thème populaire pour l’art et la culture à travers l’histoire, les exemples ne manquent pas, j’avoue que j’ai été très surpris de le rencontrer dans la maçonnerie.
Il faut bien s’éveiller à la connaissance !!!
Au commencement c’était les plus forts qui régnaient, les dieux, les sociétés antiques et féodales et même contemporaines …
Interrogeons nous dans quelles mesures et pourquoi les rapports de droit constituent un dépassement sur rapports de force. L’inspiration première du droit c’est d’essayer d’établir des rapports humains sur autre chose que la force, à savoir, la vengeance.
Dans un rapport de droit, je sais à quoi m’attendre de la part d’autrui, et de son côté, autrui sait à quoi s’attendre de ma part.
Le rapport humain devient prévisible, il y a des règles du jeu, tandis que dans le rapport de force tout est imprévisible, tous les coups sont permis.
L’homme, que la tradition philosophique et religieuse occidentale définit comme un « animal rationnel » est par nature un être doué de raison : cette faculté dont il dispose et que nous nommons raison lui permet effectivement de se distinguer des animaux chez qui il est parfois possible de reconnaître une certaine intelligence, mais non la raison.
Supposé inné dans la
conscience humaine : il y aurait en chaque être humain un « sens de la justice
» qui le rendrait apte à évaluer et juger les décisions et les actions, pour lui-même et pour autrui.
Alors quelles sont les raisons précises qui poussent les hommes à renoncer à l’exercice de la raison ?
La raison nous distingue des bêtes qui elles n’en ont pas un peu mais au contraire « en ont point du tout » comme l’affirme Descartes (dans la cinquième partie du Discours de la Méthode)
La raison est le « propre » de l’homme : la raison humaine appartient en effet à l’homme, non pas seulement à tous les hommes, mais à tout homme possible.
Commune à tous les hommes, il convient donc de considérer la raison humaine comme une structure stable, solide qui peut être perçue comme la puissance de vérité en l’homme, une faculté de l’esprit humain qui garantit que notre pensée est, ou peut être vraie.
Cette faculté de raisonner permet à l’homme de bien juger et de discerner le vrai du faux, le juste de l’injuste.
L’être humain, qualifié d’homme raisonnable tant qu’il en possède la raison, dispose de cette puissance particulière lui offrant la possibilité d’user avec discernement des représentations pour connaître les choses et les évaluer à leur juste valeur.
Les Hommes observent leur intérêt suivant leur seul instinct et sans jamais se soucier d’autrui ou de l’avenir. C’est une vision presque « animale » de l’Homme, présenté comme un être déraisonnable gouverné par ses seuls désirs et instinct. Et bien qu’elle puisse sembler exagérée, elle nous éclaire sur la nécessité des lois pour éviter que le monde ne soit constamment le théâtre de conflits d’intérêts personnels.
Pour bien faire la distinction entre justice et vengeance, il faut nous pencher sur certains aspects de la nature humaine Pour Spinoza « ...nulle société ne peut subsister sans [...] des lois qui modèrent et contraignent l’appétit du plaisir et les passions sans frein. » car ce sont ces « passions sans frein » qui sont, en autres choses, à l’origine de la vengeance.
Spinoza considère que la faiblesse humaine vient de la recherche de richesse, de plaisirs sensuels et de gloire : des biens périssables.
La loi du Talion, qui était en vigueur en Grèce antique instituait un
code qui exigeait que le coupable subisseune punition du même ordre que le tortqu'il avait commis
. Ce qui rendait la vengeance personnelle légale puisqu’elle apparaissait déjà comme légitime. En effet la vengeance repose avant tout sur un principe d’honneur. On ne peut laisser une action impunie si elle salit l’honneur d’une famille.
Les lois et la justice auraient donc pour fonction de limiter les conséquences de l’intempérance humaine.
Mais peut-on et doit-on vraiment exiger de la justice qu’elle assouvisse notre souhait de vengeance ? Est-ce bien là le rôle réel de la justice ?
Dans son Manifeste contre la peine de mort Robert Badinter écrit: la vengeance est dans la nature de l’être humain. En effet, on parle bien d’instinct de vengeance, la vengeance apparaît donc comme nécessaire à l’homme. Les familles des victimes réclament souvent la peine de mort pour venger le parent qu’elles ont perdu.
Rousseau propose de: séparer force (vengeance) et droit (justice), la force fera toujours des mécontents enclins à la revanche, c’est un principe inégalitaire.
Pour Alain aussi, l’idée d’une justice vengeresse n’est pas concevable ; en effet il prône « le droit par la paix » : il demande une certaine entente avant le procès, les deux partis doivent accepter le jugement quel qu’il soit, qu’il satisfasse leur intérêt ou pas, et qu’ils devront se mettre d’accord sur ces principes avant le procès ;
Bien que la vengeance soit ancrée dans la nature de l’homme et qu’elle ait certaines utilités pour certains, elle ne peut exister dans une société évoluée elle risque de réduire cette dernière en un état de nature désorganisée où la violence régnerait.
En revanche la justice
concept et principephilosophique et moral reposant sur le respect du Droit et de l’équité comme fondement de la vie sociale et de la civilisation
, punit pour montrer l’exemple et pour dissuader les autres de faire le même mal et non pas tellement pour venger les victimes.
De plus est il est concevable que l’Etat, la justice, puissent délivrer une punition dans le seul but d’une vengeance.
La vengeance est l’utilisation de la force alors que la justice est celle du droit, et le droit par la force ou la force par le droit seraient une contradiction évidente dans les termes. La justice doit faire régner la loi et donner une certaine sécurité en se servant des lois instituées et approuvées démocratiquement par tous, et non en s’abaissant à cet instinct basique et violent qu’est la force.

VENGEANCE - JUSTICE

Deux termes proches étymologiquement :
Justice vient du grec « judicare » qui signifie « faire le droit »
Et vengeance vient du grec « vindicare » ou « réclamer justice ».
Toutefois la justice est liée au droit positif, qui vise à ordonner la cité vers le Bien, alors que la vengeance est considérée comme l’expression d’un mal. Si la Justice apparaît comme une institution, la vengeance reste une « organisation individuelle » c'est-à-dire le « droit d’un seul ou d’un petit groupe » qui s’exerce sur un seul en représailles.
« Ma
vengeanceest perdues'il ignore en mourantque c'est moi qui le tue
. » Il faut que cela se sache.
Si le châtié ignore par qui et pourquoi il est châtié, la vengeance ne s’exerce plus.
Celle-ci tient à trois points :
Le mobile de l’action, la connaissance mutuelle d’une « faute à venger » et la connaissance de l’identité de l’auteur du châtiment lorsque celui-ci s’exerce.
En effet la vengeance prend tout son sens si la victime connaît son agresseur au moment de l’action, ceci lui permettra de déterminer le mobile de l’action, qui est lié à une action précédente. Avec la vengeance s’exerce le sentiment de culpabilité, qui justifie en quelque sorte ce désir de vengeance.
La vengeance reste avant tout une affaire de passions, une incapacité des hommes à entendre raison et à remettre à la « justice-institution » une affaire qu’ils jugent personnelle.
La raison pourrait se définir comme la capacité à contrôler les élans, les sentiments, et à soumettre nos décisions à un examen du logos, en vue de faire un choix rationnel.

Pour Nietzsche le rapport élémentaire et fondamental entre les Hommes c’est l’échange. C’est pourquoi il considère le premier cadre qui a été institué pour les échanges comme la première forme de cadre légal. L’Homme fixe la valeur des objets, qui ne se limite pas à leur valeur d’usage. « Toute chose à son prix, tout peut être payé »
Il apparaît donc que pour vivre en société, le plus calmement possible, puisque ceci semble être le but de la vie en communauté, il convient de trouver un autre mode de justice que la justice personnelle, ou vengeance.
D’autre part, la solution semble résider dans la mise en place d’une organisation régulant la vengeance et lui donnant un autre caractère. Ainsi le droit positif a pour but de codifier les pratiques institutionnelles de la cité. Il semble tout d’abord avoir pour objectif de corriger les relations entre les hommes, Le droit prévoit les déviances possibles et leur attribue une punition, Le droit positif apparaît comme l'ensemble des
règlesdéfinissant ce qui est légal et illégal, dans une société donnée. L'institution du droit positif signale la séparation entre la puissance matérielle (capacité de faire) et le pouvoir forme
l (droit de faire). Nul n'est autorisé à faire tout ce qu'il aurait la capacité physique ou mentale de faire. Ceci a pour but d’éviter les phénomènes d’escalade de violence et de réguler les rapports entre les hommes.
On remarque donc que les thèmes de Justice et de Vengeance sont étroitement liés et que la Justice elle-même incarne une certaine idée de vengeance, conceptualisée certes à travers une réparation des dommages et une condamnation.
Robert Badinter, dans son discours de 1984 contre la peine la mort, affirmait qu’il ne faut pas utiliser la peine de mort comme vengeance, car la vengeance c’est refaire le même mal à celui qui nous en a causé, c’est en autre s’abaisser à son niveau.
C’est pour cela qu’il faut laisser à l’Etat le soin de punir les coupables. C’est ce que dira Max Weber : « L’Etat est la seule source de violence légitime. »

SUR QUOI FONDER LE DROIT DE PUNIR ?

Si l’humanité était naturellement bonne et respectueuse envers autrui, la punition n’aurait pas lieu d’exister. En effet, depuis que l’homme a eu besoin d’autrui, il a du abandonner l’état de nature où le seul droit était celui du plus fort, pour passer à l’état social en échangeant et partageant une partie de sa liberté naturelle.
Comme Salomon l’état jouit de la légitimité ses fonctions régaliennes Définissent le
droit et rendre la justice
il détient ainsi le privilège de punir.
Le respect de la règle qui régit la société, l’application d’une sentence punitive qui correspond à la contrepartie des dommages commis et qui reconnaît les tords causés à la victime.
Selon Hegel, on honorerait le criminel en lui infligeant une punition. On le traiterait ainsi, comme un être rationnel, et on lui attribuerait le suprême honneur, qui est de le traiter comme un être ayant le droit de bénéficier du droit. Pour Hegel, ce qui ne serait pas légitime, ce serait que le criminel ne soit pas puni. En effet punir une personne ne revient pas à la punir pour l’individu qu’elle est, mais pour l’acte qu’elle a pu commettre.
Pour Platon, il est juste de « châtier » celui qui a commis une injustice car c’est « ce qu’il y a de pire pour son âme ». Ne pas lui infliger de punition serait alors la pire des punitions puisque son âme ne pourrait se repentir. En effet il est juste de punir une personne ayant commis une injustice dès lors où c’est un homme juste qui prononcera la peine.
De la simple réprimande jusqu’à la sanction suprême. La punition serait ainsi dans l’absolu une forme d’éducation permettant d’empêcher toute forme de récidive.
La punition acte légitime dès lors qu’elle est prononcée dans le but unique de sanctionner le fait du coupable et non la personne elle-même. Elle repose ainsi sur un fondement objectif, et non subjectif, ou arbitraire.
La justice étant collective et dépassionnée contrairement à la vengeance individuelle qui le plus souvent est le fait d’une personne ou d’un petit groupe animés de passion et de rancune
Dans toute société de droit l’application de la justice répond au respect de la règle qui régit la société et à l’application d’une sentence punitive qui correspond à la contrepartie des dommages commis et qui reconnaît les tords causés à la victime.

J’ai dit,

Source : www.ledifice.net

Par Jean Michel C\ - Publié dans : Planches
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Jeudi 10 juillet 2014 4 10 /07 /Juil /2014 07:01

Sans remonter à l'Homme de Neandertal, force et de constater que Dame Justice n'est plus très bien dans ses « baskets », trop d'erreurs sont commises qui ne sont jamais réparées ou si peu.

De Socrate à Outreau combien de juges ont eu des certitudes de culpabilité.

Combien d’Innocentes victimes d’un appareil judiciaire grippé sont montées sur les échafauds. Que ceux-ci soient de hache ou de neuroleptiques le couperet est là bien réel, l'erreur est là présente.

Trop souvent, l'erreur judiciaire commence par un bon gros déni.

Souvenons-nous aussi que nos RITUELS, nos règlements, nos statuts, regorgent du mot JUSTICE ?

Les « Instructions » du premier au trente-troisième degré parlent JUSTICE.

Pour le Maçon Lambda qui a une « culture » juridique qui ne dépasse guère les séries TV et qui n'a jamais était confronté à l'appareil judiciaire. Il pense, et c’est normal que sa justice va bien, que les dérapages des magistrats sont pour les autres pays, ou exagération journalistiques.

Bien entendu dans la plus grande majorité des cas tout va bien. La justice passe et passe bien. Mais, hélas, ce n'est pas toujours le cas. Et quand ça passe mal, ce n'est pas seulement qu'une simple crise de foie, mais bien d'une perforation d'estomac, d'un cancer.

Ce préambule étant terminé passons au Morceau d’Architecture de ce Midi.

Le titre en est :

Comment réaliser des Dénis de justice et pour quelles raisons en mettre sur pied ?

Pour le chroniqueur judiciaire et le public qui fréquentent les couloirs des Palais de Justice, pour les journalistes qui interviewent les justiciables (surtout les avocats) - en France, en Belgique, en Suisse, où n'importe où ailleurs - les ingrédients, les recettes sont toujours les mêmes.

Seules les épisses changent, rendant l'assaisonnement plus où moins indigeste pour les justiciables qui subissent les oukases des juges.

[Loin de nous l'idée de mettre tous les magistrats dans le même panier, mais nous gardons en mémoire que l'esprit de corporation et par essence blocage. Cet esprit très Fraternel permet de joyeux repas entre gens de Robe, mais assure un silence condamnable en cas de dérapages].

Les gens de presse, le public avide de la vie des accusés, constatent qu'il y a plusieurs styles de Dénis de Justice.

On peut les classer dans sept grandes catégories.

1) Déni de justice simple : Le plus courant ! Facile à réaliser.

Un justiciable Lambda dépose une requête pour récupérer son bien. Le juge chargé de traiter ce dossier, pour une raison quelconque le laisse traîner dans un coin de son bureau, de nouvelles requêtes, venant quotidiennement grossir les « chemises » et autres « cartons d'archivages ».
Les suppliques des citoyens ne sont que quérulences aux yeux des magistrats, peu importe l'exactitude des demandes.

Les piles s’épaississent très rapidement. Au bout de quelques jours, le dossier de notre brave citoyen Lambda sera « perdu » noyé dans un local d'archives bien trop petit.

Et lorsque le dossier ressortira, la prescription aura passé comme la « Grande Faucheuse ».

2) Déni de Justice Judiciaire : Le plus pratiqué ! Avec un peu d'habitude certains magistrats deviennent de véritables professionnels de ce genre de déni.

Le juge chargé du cas demandera : Des nouvelles pièces, des actes de toutes sortes, en vois-tu en voilà, à la pelle, en pagaille ! Il lui manquera toujours des « écritures ». Une nouvelle question à un nouveau témoin.

Après plusieurs longs mois, voire de nombreuses années, il faudra une kyrielle de cartons d'archivages pour contenir cette quérulence. La prescription venant clore les débats. Débats qui n'ont jamais eu lieu.

Le Déni est consommé.

Et lorsque le dossier ressortira, la prescription aura passé comme la « Grande Faucheuse ».

3) Déni des Conseils Juridiques : Le plus coûteux ! Il faut bien faire gagner sa vie à des camarades de faculté.

Même principe que pour le Déni Judiciaire - Juridique mais cette fois-ci sur le dos des mandants respectifs [honoraires]. Les Études d'avocats demanderont réciproquement et conjointement (versus) des actes, des comparutions, de nouveaux témoins, des mémoires complémentaires, des mémoires supplétifs, des expertises, des compléments d'expertises, des contres expertisent, des compléments de contres expertises et ainsi de suite.

Le juge sachant que ses deux amis de la Faculté de Droit ont de la peine à joindre les deux bouts, jouera le jeu. Il pourra rajouter de lui-même quelques actes de procédure pour faire bonne mesure. Pour faire durer ce procès (la presse nous relate de tels faits).

Nous ne comptons pas les appels, les recours, les demandes de révisions qui ne seront jamais considérées comme des quérulences maladives ! Puisque, ce sont les avocats qui déposent des écritures et font durer le litige. Mais, uniquement comme la recherche de la Vérité Jurisprudentielle.

(Tous ceux qui fréquentent les Palais de Justices du monde entier vous conteront les anecdotes où au bout de plusieurs années les partis ne savent même plus pourquoi elles sont convoquées).

Et lorsque ce dossier ressortira des oubliettes, la prescription aura passé comme la « Grande Faucheuse ».

4) Déni de Justice Étatisé. Le plus discutable ! Très répandu ? Plus les politiques se réclament de démocratie, plus ce type de déni est fréquent.

Le justiciable Lambda assurant sa défense seule (cela évite les cas décrits aux numéros trois et quatre). Cette pratique est très mal vue des fonctionnaires [juges - greffiers – secrétaires] - les avocats n'aiment pas non plus que les justiciables se défendent sans leur aide…pas seulement parce qu'ils ne peuvent pas produire des honoraires en voici en voilà, …mais pour quantité de raison, trop longue à expliquer ici.

Un seul exemple : Bien souvent, les « conseils juridiques » ne connaissent des dossiers de ses mandants uniquement pas la page de couverture.

Entre deux yeux : je peux vous dire que bien des conseillers juridiques ont passé plus de temps à la cafétéria de leurs facultés de droit que sur les bancs des amphithéâtres…

Bien des conseillers juridiques ne connaissent même pas le dossier de leur mandant, seuls leurs stagiaires l'ont ouvert et comme ces stagiaires passent leurs examens, …je vous laisse deviner le reste.

M’a dit un jour un ténor du Palais qui partait jouer au golf avec l’une de ses stagiaires…

Notre citoyen Lambda se verra après deux ou trois démarches guère plus. Être déclaré recourricient. (Si la partie adverse a accès dans l'Antre du Pouvoir Judiciaire « les jeux ne sont fait rien ne va plus », une seule démarche engendrée par un justiciable suffit amplement).

Si, notre justiciable insiste un brin, le juge où son greffier trouvera un psychologue pour déclarer le justiciable Lambda trop tenace Malade Mental [psychose progressive/processive]. Maladie qui n'existe que dans la littérature des juristes…et encore…mais pas dans les livres des psychologues ? Allez savoir pourquoi ? (depuis que j'ai écrit ce Tracé, les grandes « Pharma » ont introduit cette notion dans la « Bible » des maladies neuroleptiques il faut bien vendre les petites pilules - mais ceci est une autre Planche…).

Du reste, l'expert n'aura bien souvent qu'à signer des copier-coller préparés longtemps d'avance. Le traitement de texte et les courriels permettant cet exercice qui fait gagner bien du temps. Mais ne diminuent absolument pas les frais d'expertise.

Il est entendu que toute contre-expertise sera écartée, que toute expertise faite par un grand et sérieux psychologue sera, elle aussi, écarte.

Il arrive même selon certains médias que le « malade » ne voie jamais son expert ou après que l'expert ait renvoyé l'expertise. Les règles de déontologie sont aussi souples qu'un élastique, mais ça, c'est une autre histoire...

Et lorsque le dossier ressortira, si, il ressort, la prescription aura passé comme la « Grande Faucheuse ».

5) Déni de Justice Administratif. Peu connus du grand public ! Ce déni permet quelques jolis paris et des bonnes bouf.

Une fois déclaré malade mentale, zinzin en somme, notre justiciable se verra affublé d'un tuteur, souvent camarade de faculté des greffiers et des juges (qui sont devenu juges parce qu'ils n'ont pas pu rester avocats.)

Les rapports des Conseils Supérieurs de la Magistrature nous content ces faits.

Ce tuteur attendra une bonne année pour convoquer son pupille et il lui apprendra, qu'il n'a pas encore pu prendre connaissance du dossier.

Il demandera des pièces au Conseil Supérieur de la Magistrature ou à un autre service de l'État, pièces qui sont déjà dans le dossier de son/sa pupille, qui sont devenues obsolètes. Il oubliera de demander les P.-V. des séances pouvant disculper son/sa pupille.

Quoi qu'il en ait l'obligation d'agir avec l'accord de son pupille, il n'en tiendra aucunement compte ? Il agira en électrons libres et comme un électron, il prendra des décisions sans en référer à quiconque.

[Sauf à la partie qui spolie son/sa pupille cela va de soi.]

Normal, il a besoin de justifier ses prestations. Pour perdre du temps et augmenter ses honoraires, il pourra aussi demander le téléphone, l'adresse de sa/son pupille...car dans son service, il n'y a pas d'annuaire téléphonique, son département à des restrictions budgétaires… Que voulez-vous, il faut bien perdre du temps ?

Il demandera des actes judiciaires. Un exemple : Le Conseil Supérieur de la Magistrature qui se réunira pour savoir si, il enverra des copies des p.-v. Qui figurent déjà dans le dossier. Retour à la case départ. Et patati et patata.

Ce paragraphe n'est pas une redondance, c'est une réalité triste, mais une triste réalité. Et lorsque le dossier ressortira la prescription aura passé comme la « Grande Faucheuse ».

6) Déni de Justice Partie de Ping-pong. Technique mise sur pied dans le but de provoquer un « pétage de plomb » de la part du justiciable.

Pratiquement inconnu du grand public, mais bien connu des pupilles en tous genres surtout des pupilles mis sous tutelles dans « Les Dénis De Justice Etatisés ».

Le Tuteur de point 5 étant tellement mauvais qu'il devient gendarme (les pauvres, ils n'ont déjà pas assez à faire comme ça). Il passe son mandat à une avocate stagiaire, bien entendu qui n'a pas le temps de voir le dossier, il est évident que cette jeunesse n'a aucun pouvoir. Elle ne peut prendre aucune décision. C'est une de ses collègues nommée ad-interime (genre travail temporaire fait dans le cadre des réinsertions de chômeurs sans formations) qui peut et doit recommencé à se demander comment faire pour perdre son temps et enfin arrivé à la prescription.

Mais comme cette intérimaire est en attente d'un bambin, en vacances en congé pour déménager… Vous voyez le topo. Et lorsque le dossier ressortira la prescription aura passé comme la « Grande Faucheuse ».

7) Le déni de justice de confusion. C'est celui qui ne permet plus aux médias de démêler l'embrouille et fait passer tout justiciable pour un psychopathe.

Ressemble à une salade russe la saveur et l’arôme en moins.

Le service des Tutelles ou le défenseur ou etc. cherchant à ne pas défendre un justiciable confond volontairement les bulletins de salaire, jamais fournis et des quittances. Puis il se substitue purement et simplement à un Tribunal avec l’accord d'un juge du Tribunal des Tutelles.

Véridique tristement véridique.

Le justiciable Lambda aura beau demander par des requêtes, des doléances des revendications, des protestations, des demandes, etc. des renseignements, il n'obtiendra jamais rien.

Si, il demande aux politiques d'intervenir, il pourra le faire, mais qu'en période électorale après ne plus compter sur les élus du peuple comme les juges, ils s'enferment dans des tours d'Ivoire, toutes bien fermées…les @ sont fermés, voir ils passent sous le contrôle de l'administration, les courriers sont perdus, …par la poste bien entendu.

Mes Biens Aimées Sœurs, Mes Biens Aimés Frères, En Vos Grades et en Qualités.
Vous qui décorez l’Orient de vos Augustes Lumières,
Vénérable Maître,
J’ai dit

 

source : www.ledifice.net

Par J\ K\ - Publié dans : Planches
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Mercredi 9 juillet 2014 3 09 /07 /Juil /2014 08:05

Ma première rencontre avec la justice au RER commence en chambre de préparation :

Sur le premier tableau il m’est dit que la justice exige de moi un travail pénible en cherchant, persévérant et soufrant, pour trouver au fond de moi le lien qui m’uni avec un être qui soit plus près de moi que celui qui m’a donné la vie. Les maximes de ce premier tableau m’affirment qu’il est près de moi mais que je m’en suis éloigné et que je dois m’en rapprocher par mes désirs et ma soumission à ses lois. Ce premier tableau me mets face à mon état déchu et d’obscurité et me laisse espérer en une lumière qui m’est promise. En témoignent les guides présents sur la table : la parole divine exprimée par la présence de la Sainte bible et cette lumière vacillante d’une simple bougie qui me font penser que je ne suis pas seul.

Dans notre rituel la justice est nommée comme un attribut du Grand Architecte de l’Univers dès l’invocation d’ouverture de la loge : « Grand Architecte de l’Univers, Etre éternel et infini, qui est la bonté, la justice et la vérité même… »

Cette justice me sera révélée lorsque je recevrai la première lumière lors de ma réception :

Le second surveillant après m’avoir ôté le bandeau me montre de la pointe de son épée le mot « justice » et les épées des frères tirées vers moi, puis le vénérable m’explique que les lois de la justice sont éternelles et immuables et que je ne dois pas avoir peur des sacrifices qu’elle exige mais être juste avec tous les hommes en faisant fi de mes passions et de mes intérêts personnels. Je vois déjà se profiler mon futur travail sur la pierre brute que je suis.

Je ne peux pas parler de la justice sans aborder la clémence qui lui est associée et tempère ses rigueurs a ceux qui se soumettent à ses lois. C’est ainsi que je peux en déduire dès à présent que la justice divine qui m’as envoyé dans ce corps et ce monde matériel pour la faute que j’ai commise moi-même en m’éloignant de ses lois me permet par sa clémence de retrouver en moi la petite lumière de la souvenance de mon état originel et l’espoir de la réintégration possible.

La clémence n'est pas une des 4 vertus « cardinales » citées en maçonnerie, mais elle est néanmoins une vertu. Je dirais qu'elle est une « sous vertu » de par sa position à l'occident ; elle est nécessaire et soutient la vertu de justice située à l'orient, premier endroit dévoilé au candidat.

Que suggère la justice à l'orient ? Une connaissance de soi, d'être juste envers soi-même et envers autrui :

Et que suggère cette vertu de clémence, située à l'occident ? A nous rappeler que nous ne serons jamais seuls dans ce long et pénible « périple » de la connaissance de soi ; la clémence nous aidera à supporter les vicissitudes et les difficultés ; enfin, cela me rappelle la clémence d'un certain Jésus envers les hommes de mal.

Justice, Clémence : tout est dit pour préparer le candidat à devenir un homme de désir. On peut dissocier Justice divine et justice nécessairement faillible des hommes (ne pas oublier le symbole de la justice à la fois les yeux bandés et armée d'un glaive), dissocier la justice de la Clémence c'est :

- oublier le cœur (le maçon dont le cœur ne s'ouvre point aux besoins et aux malheurs des autres hommes est un monstre dans la société des frères).
- oublier le chemin montré par le Christ et la nécessité de pardon (si vous apercevez dans cette Loge un ennemi seriez-vous prêt à lui pardonner ?)
- oublier que l'on doit tendre vers le mieux.

Pour moi l'une ne va pas sans l'autre. Tout ceci me sera confirmé lors du retour à la lumière. « SIC TRANSIT GLORIA MUNDI » me libère des illusions qui disparaissent plus vite que l’éclair et le Vénérable Maître m’incite à aimer exclusivement la vérité et la justice afin d’acquérir un bonheur solide et durable.

Lors de la remise du tablier d’apprenti le vénérable Maître m’indique que sa blancheur nous indique la pureté qui est le but de nos travaux que nous cherchons à recouvrer et que c’est avec l’aide de la justice, la droiture du cœur et l’innocence des mœurs que nous y parviendront.

Dans l’instruction aux apprentis par questions réponses il est demandé :

« Que venez-vous faire en loge comme apprenti ? » la réponse est que je viens apprendre à vaincre mes passions, à surmonter mes préjugés et à soumettre mes volontés aux lois de la justice pour faire de nouveaux progrès en maçonnerie.

« Pourquoi ce faible rayon de lumière est-il accordé à l’apprenti ? » Pour lui faire connaitre les lois de la justice et lui apprendre qu’il doit s’y soumettre.

« Es-ce là mon frère le seul fruit de ses travaux ? » afin d’augmenter son courage, on lui montre à l’occident la clémence, qui arrête les rigueurs de la justice.

L’apprenti apprend par cette épreuve que malgré sa faiblesse et ses erreurs, il ne doit pas désespérer d’atteindre son but s’il renonce lui-même à la vengeance et use de modération et d’indulgence avec les autres hommes.

« Que signifie ce glaive sur le cœur ? » Que le vrai maçon doit toujours être prêt à sacrifier ce qu’il a de plus cher, pour la justice et la vertu, et qu’il ne doit pas murmurer dans l’infortune. Je vois ici un appel à sortir du monde de la dualité et s’orienter vers le monde intérieur reflet de l’unité Divine.

C’est donc après que le vénérable m’ai frappé par trois coup sur la tête du compas posée sur mon cœur que je fus renvoyé à l’occident ou j’y ai reçu d’abord un faible rayon de lumière qui, en me découvrant la justice et la clémence m’a fait espérer mon avancement dans l’Ordre.

En fin d’instruction par questions réponse le vénérable Maître nous exhorte à nous souvenir que nous sommes toujours en présence du Grand Architecte de l’Univers et que devant lui tous les instants seront à jamais marqué par nos actions ainsi, nous ne devons jamais nous écarter devant nos frères et les autres hommes des lois de la justice et de la charité. Notre Ordre est un Ordre chevaleresque qui doit nous mener à une bienfaisance active basée sur les lois de la justice et de la charité.

Dans la règle maçonnique à l’article premier chapitre 2 il nous est rappelé que nous ne pourrions pas supporter le regard de Dieu si dans sa bonté paternelle il ne nous avait envoyé un réparateur pour nous aider à nous racheter de nos erreurs et que sans lui nous serions abandonnés aux égarements de la raison et livrés à la justice Divine.

Le tableau de la Loge lui aussi présente la Justice (c'est la fait que la colonne soit tronquée, la Chute) et la Clémence (elle reste ferme sur sa base : l'homme a toujours les moyens de retourner vers sa « vraie patrie »).

Je pense que la Justice est la Loi Universelle intangible, la CLEMENCE est la qualité à acquérir pour rebâtir la colonne brisée, ou tronquée.

Etre clément avec soi. Etre clément avec tout le monde, y compris la vie, car la clémence c'est surtout accepter de ne pas savoir, et donc, de ne pas juger, et donc, de pardonner.

En pardonnant, on se donne les moyens d'être en harmonie avec la JUSTICE, et donc, de se rapprocher de la réconciliation... La Clémence est la première porte pour accéder à la Bienfaisance.

Le symbolisme de la réception au 1er grade du R.E.R., souvent fort méconnu par les F\ F\ et S\ S\ des autres rites, est tout simplement prodigieux. Comme chaque apprenti le sait, l'homme est l'image de Dieu même si c'est une image défigurée.

Or Dieu a des qualités et l'homme a des qualités. Ainsi, si l'homme veut être semblable à Dieu, les qualités de l'homme doivent être semblables à celles de Dieu.

On peut donc très bien considérer que les vertus de l'homme doivent être semblables aux vertus de Dieu. Ainsi tout comme Dieu est juste, l'homme aussi est appelé à être juste, et tout comme Dieu est clément, de même l'homme est appelé à être clément. A partir de là, il faut se rappeler que Dieu a fait agir sa justice lorsqu'il a exclu l'homme de sa proximité avec Dieu. Mais, Dieu a aussi fait agir sa clémence lorsqu'il a laissé à l'homme, ainsi éloigné de lui, tous les moyens pour retrouver cette proximité perdue.

Déchu de notre origine céleste par notre propre faute qui consista à s’éloigner de la présence divine et de ses lois, la justice du grand Architecte de l’Univers nous a relégués dans ce corps de chair et ce monde matériel, mais dans sa clémence il nous a envoyé un réparateur sous la forme de son fils unique le christ afin de nous aider à nous souvenir de notre état originel et nous permettre de retrouver la lumière de cet état autorisant l’espérance d’une réconciliation afin de rendre possible la réintégration pour tous.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Par T\ B\ - Publié dans : Planches
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Lundi 7 juillet 2014 1 07 /07 /Juil /2014 06:53

Le Devoir est l’application de la loi morale, la nécessité que l’homme se doit à lui-même et envers les autres, que l’homme devrait posséder dés sa maturité …; Quand je dis maturité, Je veux dire lâge ou l’homme, en pleine possessions de ses moyens de réflexions personnelles ; devrait être capable de discerner le juste milieu qui lui permet d’évoluer pour devenir réellement un homme,… Un être humain, qui, quel que soit la situation à laquelle il se trouve confronté, sache conserver sa dignité et être capable d’affronter le miroir de sa conscience en toute sérénité pour avancer vers la lumière.

DEVOIR INTEGRITE CONSCIENCE.

Nous les retrouvons dans le rituel complet de suspension des travaux du premier degré de notre rite.
Commençons par le devoir que je considère comme une obligation morale intérieure que l’on devrait s’imposer et que nous devrions tous posséder…
Encore faut t’il que tout êtres la possèdent ! Est-ce vraiment le cas ?... Je ne suis pas certain de répondre par l’affirmative…
Les hommes de devoir semblent se raréfier de nos jours au profit d’un vieil adage :

Après moi le déluge
Et certains individus semblent dépourvus de sens moral

Il existe deux devoirs.
Le premier est une règle dans toutes sociétés qui se veulent démocratique.
C’est le Devoir Civique qui s’impose à toutes sociétés organisées sur une constitution votée démocratiquement par les représentants d’une nation et qui garantit les libertés individuelles.
Mais ; s’il est imposé par voie de contrainte sans compensations de droits, il relève de la dictature. Ce n’est plus un devoir. C’est une obligation sous menaces de représailles, sur la personne qui se refuse à exécuter ce qui n’est plus une nécessité mais une contrainte au profit d’une oligarchie.
Le deuxième Devoir est personnel puisqu’il s’agit de Devoir Moral.
En fait le problème est bien la. Car le devoir moral découle de ce que nous nommons la conscience. Encore faut-il accepter d’écouter la voie de la conscience.Tout êtres possèdent le libre choix d’écouter cette voie ou de la laisser en sourdine pour vivre avec ses passions qui ne reflètent pas toujours ce que nous sommes réellement.
Je suis persuadé ; et ceci est une affirmation ! Que bien des hommes, en faisant fi de l’intégrité qu’ils devraient conserver ; s’accaparent la moralité à leurs besoins propres ! …
Caste… famille sociale …ethnie… parti politique ou corporatisme dont ils dépendent au détriment des autres et d’eux même …
Quand je dis eux même … Je veux parler de la vraie personnalité individuelle que possède chaque être humain qui est toujours sous l’influence du groupe dont il est membre, alors qu’il appartient à ce que nous appelons communément : L’Humanité.
La diversité réunit dans un ensemble : le Tout en Un. Ce qui devrait être harmonie n’est que cacophonie. Sommes-nous si égoïstes au point d’ignorer l’autre?
Le Devoir moral devrait se situer au dessus de toutes luttes partisanes.
Ce dernier ne réapparait que si l’humanité est en danger. Mais une fois le danger écarté ; le partisanisme revient au galop. Chaque clan voulant le pouvoir pour lui-même pour imposer ses idées qui sont les meilleures ; cela va de soi !...
Ce qui m’amène la remarque suivante : la plupart du temps le devoir moral s’exerce en fonction des éducations religieuses ou civiques imposées par la société à laquelle nous appartenons malgré nous.
La liberté, c’est d’être capable de se libérer de tous ces carcans qui nous empêchent d’entrevoir la lumière au delà de nos mesquineries matérielles et de nos préjugés culturels, imposées par l’influence de certaines minorités qui ne possèdent que l’intérêt de leurs clans qui sont toujours lucratifs pour garder leurs pouvoirs de mercantiles.
Le Devoir moral devrait posséder l’impartialité et la lucidité de jugement avant toutes décisions qui entrainent un acte juste. Malheureusement ; bien souvent nos préjugés culturels prennent le pas sur la raison… Ce qui devient un handicap pour la réflexion qui se voile de l’obscurantisme.
Regardez autour de vous, voyez dans quelle monde nous vivons et vous verrez que mes remarques ne sont pas celles d’un rêveur.
Le Devoir moral devrait se réaliser sur l’équilibre du jugement personnel ; au delà des influences extérieures qui agissent sur notre comportement malgré nous…
Ce Devoir n’est-il pas une nécessité pour évoluer ?...
Seul avec nous même, nous devons oser affronter le miroir pour accepter le combat avec le plus terrible des ennemis : nous même...
Le premier pas dans un voyage est celui qui compte le plus disait Lao Tseu., car il nécessite la volonté d’agir.
On distingue plusieurs devoirs moraux. Le premier est celui qui ne coute rien et qui peut s’accomplir par amour propre vis-à-vis du regard des autres,… ou pour se dire : j’ai fait ma bonne action
Par exemple : donner un chèque annuel à une organisation caritative, qui sera déductible des revenus ; ou bien donner la pièce à un sdf. Ce devoir n’amène ni contraintes ni réflexions.
Certaines personnes portées vers l’altruisme et qui s’affranchissent des limites de la loi en se dirigeant dans l’humanitaire, s’oriente vers ce que nous pourrions nommer :

Morale caritative.

Cette dernière intervient chez des personnes qui possèdent l’éthique de la bonne action indéniable, comme les restos du cœur, ce qui en fait n’est plus une bonne action mais un devoir spontané contre le refus d’une injustice qui atteint la dignité humaine et qui peut être éliminée par la pureté des intentions d’aller vers le bien.
Il y a également celui qui n’écoutant que son courage décide d’intervenir pour sauver une vie, mais risque la sienne. Ce qui est également un devoir spontané…
Maintenant, prenons pour exemple une personne qui décide de faire opposition à un ordre arbitraire dont elle n’est pas la victime mais simple spectateur…
La décision de lutter contre l’injustice vient du sentiment qu’elle ne doit pas rester impassible devant cette décision qui atteint sa conscience et l’insurge. Le fait de désobéir devient un devoir parce qu’elle estime qu’il y a atteinte à la dignité d’autrui.
Mais autrui, n’est ce pas notre semblable ? Et s’il n’est pas respecté, si sa dignité est atteinte ne le sommes nous pas également ?.... Respecter autrui c’est se respecter.
Autrui n’est il pas un autre moi, autre que moi ?
En exécutant mon devoir je réalise ce que je pense être nécessairement accompli parce que mon choix est allé vers le bien, parce que ma conscience m’a guidé vers un acte décidé seul et désintéressé.
Si c’est un acte intéressé ce n’est plus un devoir… Pure vanité ! C’est une recherche de privilèges ou de distinctions pour se distinguer des autres et en obtenir le respect. Alors que ces derniers ne doivent être attribués que sur le bien de l’utilité publique.
Le devoir qui est une exigence morale, n’existe que par sa distinction de la bonne volonté qui repose sur la pureté des intentions de l’homme : c’est la conscience morale spontanée ; elle n’existe que par la nécessité de ce qui est nécessairement accompli est bien. C’est la pureté de l’intention qui tient à la pensée dont l’essence est la liberté et qui permet de conserver la dignité en accomplissant ce que l’homme reconnait être juste, pour être humain et digne de sa conscience.

Mais qu’est ce que la conscience morale ?

C’est ce qui nous fait juge de nous même. En ce cas le devoir devient une obligation intérieure que l’on s’impose. Mais c’est aussi la liberté intérieure de penser. Elle désigne le sentiment intérieur d’une norme du bien et du mal qui nous dit comment apprécier les valeurs des conduites humaines, qu’il s’agisse des nôtres ou de celle d’autrui. C’est un retour sur nous même.
C’est ce que nomme Rousseau : la voie de la conscience. La même en tout homme. Malgré la diversité et la variabilité des mœurs et des connaissances : Elle est universelle, elle est la voie de la nature : Tout vient de l’intérieur, nous même…
À condition de bien vouloir l’écouterCette conscience qui rend semblable l’homme à dieu…
Si Rousseau la considère non pas comme un jugement mais comme un sentiment ; Kant la considère au contraire, comme l’expression de la raison pratique.
Mais, une personne dépourvue de sentiments est elle capable de raison ? Celle-ci sera encline à suivre le chemin de ses désirs et de ses passions uniquement pour en jouir !
Pour Bergson, la conscience est le produit d’un conditionnement social et pour Freud l’héritière direct du surmoi ; instance pourtant en majeure partie inconsciente. Cette dernière représentant l’intériorité de l’être…
Combien d’êtres vivent ? Combien d’êtres fonctionnent ? Voici une question intéressante que nous devrions nous poser quelquefois !
Pour Pascal : la conscience équivaut à la pensée qui nous révèle les limites de notre existence… Est ce la pensée qui oppose l’homme au reste de la création ?... Pensée qui fait la grandeur de l’homme qui lui révèle également la misère de sa condition et qui le sort d’une vie inerte ; végétative….
Nous possédons ce que les autres règnes n’ont pas.
Le minéral existe parce qu’il a une structure, c’est une chose et c’est tout. La plante existe et sent, possède une forme de vie végétative sans mouvements, mais non insensible au milieu sonore. L’animal existe, sent et connaît, sait qu’il connait et possède une sensibilité.
Mais l’homme, existe, sent, connaît, sait qu’il connaît et possède une réflexion sur soi :
Conscience… du latin : Cum : avec. Scienta : science, donc un attribut humain !
C’est bien cet attribut qui nous distingue des autres règnes et qui permet à l’humain de s’élever dans sa condition. Condition que nous cherchons à rendre toujours meilleure, ce qui se fait par la découverte de l’égo.
Cependant certains d’entre nous sont capables de dépasser la sphère de l’ego pour faire abstraction d’eux même au profit des principes universels qui supporte la vie.
A ce stade apparaît l’amour inconditionnel de son prochain, le sens vivant de la compassion et le fondement dans le sacré. Le respect de la vie sous toutes ses formes.
Ces personnes qui atteignent ce niveau sont très rares : Bouddha, Jésus, Gandhi, Martin Luther King, Sœur Theresa et Sœur Emmanuelle, le Dalai Lama, appartiennent à cette catégorie.
C’est ce que j’appelle des hommes de cœur… Chez les soufis les mystiques sont :

Les hommes du cœur.

En Orient, cet organe vital est le siège de la spiritualité et la base de la nature intellectuelle de l’homme. C’est aussi la conscience révélée dans la quintessence des êtres crée afin que Dieu puisse contempler l’homme par ce moyen. C’est le trône de Dieu et son temple dans l’homme. En Occident, le cœur est le siège de l’affectivité.
Est-il possible d’être sans sentiments ? Il existe malheureusement ce genre d’individus ; fort rares, je l’admets…
Pour les autres, dont nous sommes membres…
Je reconnais pour ma part que je raisonne par la sensibilité que je possède ; mais pas par sensiblerie qui ; elle, affecte la réflexion… Certain se contentent de fonctionner et n’écoute non pas la voie de la conscience mais celle de leur passions…
La passion est un sentiment que nous subissons sans comprendre et qui affecte l‘évolution de la conscience pour trouver la paix intérieure. C’est une émotion incontrôlable qui ne dévoile pas obligatoirement le microcosme de chaque être et qui mérite une planche. Mais peut-on l’éviter ?... Ceci demande réflexions.
L’intégrité de nos réflexions doit se réaliser au delà des passions et des influences extérieures que nous subissons malgré nous dans le monde moderne ; et ces dernières sont assez nombreuses et puissantes pour manipuler les consciences de bien de nos semblables. Aussi nous faut-il redoubler de calme intérieur et de méfiance pour conserver un jugement sain de ce que nous nommons :

Valeur Morale.

Cette dernière peut englober beaucoup de valeurs ou de principes qui peuvent influencer des personnes naïves ou peu soucieuses de réflexions appliquant à la lettre l’enseignement manipulateurs de pseudos mentors ,ou soi disant gardien du dogme et diriger les masses populaires vers les pires excès.
Gardons nous bien de ceux là, il nous suffit d’observer ce que peut provoquer la dérive de ceux qui se prétendent les gardiens des valeurs morales en regardant leurs résultats.
Heureusement la Franc Maçonnerie est bien au dessus de toutes ses mesquineries qui pourrissent la vie des hommes.
La Valeur Morale, la vrai Valeur Morale est celle qui nous élève vers un monde ou la condition est une ascension de la pensée et non pas une régression vers l’animalité.
Ce qui serait une tendance ces dernières décennies me semble- t‘il !
La Valeur morale s’impose à la conscience comme un idéal que l’homme ne dispose pas, mais qu’il souhaite. C’est l’homme, qui les invente à partir de ce qu’il juge être bon ou mauvais. De là, découle des dérives que je nomme dogmatiques ; celles ci peuvent engendrer l’extrémisme…
Religieuses ou athées ; dans les deux cas elles rejettent les idées de différences d’opinions qui doivent être combattues au profit de l’uniformité de la pensée, puisqu’ ‘elles agissent sur les écrits religieux, et de certains philosophes dont les interprétations servent à manipuler à des fins d’asservissements et de contrôle à des pouvoirs oligarchiques.
Nous devons garder cette indépendance qui se situe au delà des discordes partisanes oligarchiques, dont nos congénères semblent dépendants et que le prosélytisme de ces dernières affecte et influence les masses pour nous écarter du chemin de lumière qui est le seul chemin que l’homme doit prendre pour s’élever afin de retrouver ce qui nous manque :
La Sagesse et la Sérénité qui permettent de concevoir et d’entreprendre une vie ou l’homme peut marcher en paix sur terre parmi ses frères.

J’ai dit !

source : www.ledifice.net

Par P\ P\ - Publié dans : Planches
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Jeudi 3 juillet 2014 4 03 /07 /Juil /2014 06:59

"La croyance désigne toute certitude sans preuve ...
Lorsque la croyance est volontaire et jurée d'après
la plus haute idée que l'on se fait du devoir humain, son vrai nom est la foi"
Alain.

Penser est un long travail et une paix préalable. Sortant des forêts pleines de dieux l'homme, au bord de la falaise reconnut son redoutable royaume. Et c'est alors qu'il osa penser. Penser n'est pas croire. Peu de gens comprennent cela. Presque tous, et même ceux qui se défendent le plus de croire, cherchent obstinément quelque chose qu'ils puissent croire. Nous nous accrochons tous, plus ou moins, à nos idées et nous n'aimons pas toujours que l'on veuille nous les enlever.
La croyance désigne une disposition involontaire à accepter, sans preuve, une doctrine, un jugement ou un fait. La croyance désigne toute certitude sans preuve et les degrés du croire sont les suivants :
- Croire par peur ou par désir, ce que l'on redoute ou ce que l'on souhaite ;
- Croire par coutume ou par imitation ;
- Croire les rois, les riches, les orateurs, les prêtres ;
- Croire les vieillards, les traditions ;
- Croire ce que tout le monde croit, par exemple que l'Australie existe ;
- Croire enfin ce que les plus savants affirment en accord avec des preuves, par exemple que la terre tourne.
Lorsque la croyance est volontaire et jurée d'après la plus haute idée que l'on se fait du Devoir Humain, son vrai nom est la foi. Le fondement de la croyance de notre époque se trouve dans les créations mythiques dont le couronnement est le mythe chrétien. Croire est agréable. Mais c'est une ivresse dont il faut se priver. Ou alors il faut dire adieu à la Liberté, à la Justice et à la Paix. Le doute est le sel de l'Esprit, car sans la pointe du doute, toutes les connaissances sont bientôt pourries. Le doute est un passage et pour l'essayer, il faut d'abord sentir sous le pied, une inébranlable résistance. Ainsi le doute est-il, en un sens, le premier signe de la certitude.
Un croyant est un homme qui prend comme preuve sa propre humeur. Et contre cette mauvaise science, il faut seulement la volonté, le refus de croire, l'impiété délibérée. Il faut dire non aux signes, il n'y a pas d'autre moyen de les comprendre, mais toujours se frotter les yeux et scruter le signe. C'est cela même qui est veiller, autrement c'est dormir. Il faut percer l'apparence, car croire, c'est ne rien savoir. C'est même ne rien vouloir savoir. L'incrédulité est un bon mouvement. Sans l'incrédulité, la foi ne serait pas connue. Il faut partir de la stupide croyance. Il faut se sauver de là, toujours.
Seulement, il y a croire et croire. Et la différence apparaît dans les mots croyance et foi. Lorsqu'on dit qu'un homme est crédule, on veut dire par là qu'il subit l'apparence. Mais quand on dit d'un homme d'action qu'il a la foi, on veut exprimer justement le contraire. En fait, ceux qui refusent de croire sont des hommes de Foi. Croire à la Paix est foi. Mais il faut alors la vouloir. La foi est courage. Vouloir la Paix, tenir fermement cette espérance, c'est refus de croire, c'est la Foi.
Kant nous éclaire le chemin pour comprendre ce qu'est la foi. Il y a deux ordres des choses : celles qui sont et celles qui seront parce qu'on les voudra. Le ciel, au dessus de nos têtes est un symbole des choses qui sont. L'univers est un fait, il faut ici que la raison s'incline. Il faut qu'elle se résigne à dormir avant d'avoir compté les étoiles. Sans chercher dieu, pour savoir si le monde est bon ou mauvais. Car le monde n'est ni bon, ni mauvais. Il existe, c'est tout. Il faut donc ici ne pas croire, mais savoir.
Mais je ne sais pas si la Justice sera, car le futur n'appartient pas au savoir. Je dois croire qu'elle sera : voilà l'objet de la foi. Quand on voit qu'un homme qui entreprend quelque chose doute déjà de réussir avant d'avoir essayé, on dit qu'il n'a pas la foi. Vouloir, sans croire que l'on pourra vouloir sans un grand serment, ce n'est pas vouloir. Le plus haut devoir humain est qu'il faut croire, croire en sa propre volonté, comme l'entend Auguste Comte lorsqu'il affirme : "qu'il n'y a qu'un Dieu, l'Humanité et qu'une Providence, la Volonté raisonnable des Hommes".
L'histoire de Jeanne d'Arc est plus belle que la légende d'Hercule. Car Hercule avait la force. Jeanne n'eut que la foi. La foi contre la religion, la justice affirmée, la révélation directe, le vrai miracle qui est de Foi et d'Action, l'Amour combattant. Cette belle histoire finit tragiquement par le retour des évêques, des hiérarchies, des dogmes. C'est par les mêmes forces que la Révolution a fini par l'Empire : la crédulité contre la foi.
Il y a dans Jeanne, une idée flamboyante, une idée qui parle. Prodigieux mouvement de la Pensée, car cette idée veut être réalisée. Jeanne change les choses par bonne volonté, par liberté, sous l'idée d'un Devoir impérieux. Son Dieu l'inspire, mais ne l'aide pas. Aucun Dieu invisible ne marche à côté d'elle. En fait, Jeanne est seule, l'Idée est seule, partout seule. Et le bûcher de la fin éclaire le commencement. Car un vrai miracle, selon l'ordre traditionnel, descend du ciel sur les hommes. Le miracle de Jeanne était seulement dans le coeur. Il n'y aurait donc qu'à vouloir pour changer tant de choses. Prodigieux exemple. Et l'on finit par considérer comme magie noire et diabolique ce miracle de la volonté, ce dangereux miracle.
La médiocrité s'est bien vengée. Jeanne qui était l'esprit et la volonté a été brûlée par la bureaucratie de ce temps là. Mais le Peuple éclaire la Pensée lorsqu'il veut que le mot coeur exprime à la fois l'Amour et le Courage, vérité que le bourreau n'a pas brûlée. Ainsi, il y a la foi de Jeanne et la foi de ceux qui l'ont brûlée. Et j'y vois deux religions ennemies, deux Dieux en lutte : un dieu qui est chose et un Dieu qui est Esprit. Il n'est d'ailleurs pas rare que l'on croie en Dieu comme aux sorciers. Alors, le jugement se plie, l'homme se fait petit, adorateur, il croit aux sorciers, mais il applaudit aussi quand on les brûle. La vie est alors prosternée et il y a une manière de se tenir à genoux qui vous jette à quatre pattes.
Jeanne connut un autre Dieu, un autre culte, d'autres preuves. Elle se parla à elle-même, dans le silence. Elle s'éveilla à elle-même, elle jugea ce qui existait et le dit injuste. Cette foi s'éleva contre toutes les forces. L'Esprit décidait souverainement : Je dois, je veux, je vaincrai. Révélation par le dedans, Dieu Esprit. La croyance est esclavage, guerre et misère. La foi est à l'opposé de la croyance. La foi en l'Homme, c'est la foi en l'Esprit vivant. C'est une Foi qui secoue le dormeur.
Mais il y a aussi de vrais Croyants : un petit nombre de ceux qu'on ne peut atteler, qui ne croient à rien. Ceux-là ont la foi, la Foi qui sauve. Ainsi croyance et foi ne sont pas de l'ordre du savoir ou de la connaissance, mais bien de l'ordre de la conscience. D'où l'inévitable impuissance des mots pour exprimer ce qui relève de l'indicible.
"Il n'est pas sûr que les chemins s'ouvriront si on a la foi, mais il est sûr que tous les chemins seront fermés si l'on n'a pas d'abord la foi. Si l'on y regarde bien, la foi ne peut aller sans l'espérance et il y a un genre d'espérance et aussi un genre de foi qui concernent tous les hommes et dont le vrai nom est charité". - Alain.

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Mardi 1 juillet 2014 2 01 /07 /Juil /2014 07:21

Le 23 octobre 1921, la Grande Loge de France avait été l'une des Puissances maçonniques qui avait signé la déclaration de principe du Congrès International de Genève.

Cette déclaration précisait notamment :

— La Franc-Maçonnerie a pour devoir d'étendre à tous les membres de l'humanité les liens fraternels qui unissent les Francs- Maçons sur toute la surface du globe.

A ce principe, la Grande Loge de France n'a jamais failli depuis ce jour.

Le 25 avril 1922, le Conseil Fédéral adressait une circulaire à toutes les loges pour leur demander d'organiser les secours pour les victimes de l'effroyable famine qui régnait alors en Russie.

Dans les temples de la rue Puteaux, siège de l'Obédience, plusieurs Loges regroupaient alors les exilés Russes. Au banquet du Convent de 1923, ce fut le frère Kousmins-Karavaeff, de la Loge « Astrée » qui prit la parole au nom des Francs-Maçons russes pour remercier la Grande Loge de France de l'accueil qu'elle avait réservé à ses compatriotes exilés.

Ce fut à ce moment que l'Obédience fut proclamée « Terre d'asile maçonnique ». En fait, il n'y avait là que la confirmation d'une tradition très ancienne. Déjà, au début du XVllle siècle, les premières loges spéculatives implantées en France dans la région de Saint-Germain-en-Laye avaient été créées par des officiers écossais et irlandais obligés de fuir leur pays après la défaite des Stuarts.

Il demeure que ce fut après la guerre de 1914-1918 que les réfugiés politiques affluèrent dans les temples de la rue Puteaux. Les Loges travaillant en langue russe au sein de la Grande Loge de France devaient tenir un congrès à la fin de janvier 1949 et rappeler leur histoire déjà vieille de 27 années.

— La Loge « Astrée », créée en 1922, se voulait gardienne des anciennes traditions de la Maçonnerie russe ; elle s'intéressait surtout aux questions philosophiques et sociales.
— « L'Aurore boréale », créée en 1924, se consacrait à des recherches métaphysiques.
— « Hermès », créée elle aussi en 1924, s'intéressait surtout aux problèmes économiques.
— « La Toison d'or », créée en 1924, regroupait essentielle­ment des originaires du Caucase, de la Géorgie, de l'Arménie et des montagnards mahométans.
— La Loge « Gamaïounne », fondée en 1930, s'efforçait avant tout de répondre aux aspirations d'une nouvelle génération d'émi­grés.
— La Loge « Lotos », fondée en 1933, regroupait des Frères qui cherchaient à développer dans la Franc-Maçonnerie les affinités nées dans l'exil.

La « Toison d'or » allait donner naissance à deux nouvelles Loges. Les montagnards et les Géorgiens créaient en effet « Pro­méthée » alors que les autres membres de la Loge se regroupaient au sein de « Jupiter » qui allait devenir le plus actif des Ateliers russes de la Grande Loge de France.

Il existait, bien entendu, entre ces différentes Loges de même tradition, des collaborations étroites. Ainsi, « Hermès » avait pris en charge la formation maçonnique des jeunes Frères de tous les Ateliers russes de Paris.

Il suffit aujourd'hui encore de parcourir l'annuaire de la Grande Loge de France pour constater que chaque nouvelle persécution dans un pays d'Europe a provoqué tout naturellement la naissance, au sein de notre Obédience, d'une nouvelle Loge d'accueil regrou­pant des Francs-Maçons en exil.

La Loge espagnole « Francisco Ferrer » a commencé ses travaux à Paris en 1910. La Loge « Rafla Libera » a vu le jour en 1913. La même année naissait la Loge espagnole - Plus ultra ».

Le 13 avril 1924, le Conseil Fédéral élevait une double protes­tation, d'une part contre la déportation du professeur Miguel de Unamuno, recteur de l'Université de Salamanque, d'autre part contre la condamnation en Russie des professeurs de Kiev.

Le Convent de 1926 adressa un message de sympathie à tous les persécutés politiques du monde.

C'était alors la montée du nazisme en Allemagne.

Le 6 mai 1933, la Grande Loge de France s'associait à la résolution prise à Bruxelles par le Comité Exécutif de l'Associa­tion Maçonnique Internationale qui déclarait :

« Le Comité Exécutif, profondément ému par les violences et les mesures d'exception dont sont l'objet dans certains pays, et particulièrement en Allemagne, plusieurs catégories de citoyens en raison uniquement de leurs origines, de leurs croyances ou de leurs opinions, fidèle aux principes de liberté, de tolérance et de justice qui sont à la base de l'Ordre Maçonnique, stigmatise devant la conscience humaine ces procédés de persécution indignes de nations civilisées, assure toutes les victimes de la sympathie agissante et incite toutes les puissances maçonniques du globe à s'unir pour assurer le respect des principes de liberté et de dignité humaine qui sont l'honneur de notre civilisation. »

A partir de 1934, ce sont les Francs-Maçons allemands, per­sécutés par le nazisme, qui se regroupent au sein de la Grande Loge de France.

En 1939, à la veille de la guerre, la dernière grande cérémo­nie maçonnique célébrée dans le temple de la rue Puteaux est l'intégration solennelle à la Grande Loge de France de la Loge

« Mozart », fondée par des Frères autrichiens qui ont été chassés de leur pays par l'arrivée des troupes hitlériennes.

En cette circonstance, le Grand Maître Michel Dumesnil de Gramont déclare :

« Frères de « Mozart », quelques-uns d'entre vous sont parfois venus remercier en ma personne la Grande Loge de France de l'hospitalité qu'elle a été heureuse de vous accorder et de l'empressement avec lequel elle vous a octroyé une patente de constitution. Croyez-le, ce n'est pas à vous de nous remercier.

C'est à nous bien plutôt de vous témoigner notre gratitude pour votre exemple de fidélité à l'Ordre Maçonnique que vous nous apportez aujourd'hui. C'est à nous, Maçons libres encore de poursuivre leurs travaux, de proclamer notre reconnaissance envers vous, Maçons proscrits qui, en ces jours chargés d'angoisse, êtes venus nous donner une retentissante profession de foi et d'espérance maçonnique. »

Le Vénérable de la nouvelle Loge, après avoir évoqué plusieurs des dignitaires autrichiens déjà tombés dans les bagnes nazis, répond alors au Grand Maître :

« Si je regarde ce Temple brillamment illuminé, je pense douloureusement à ce carré long de la Grande Loge de Vienne dans lequel nous avons reçu la lumière. Il est détruit, à moins que l'on en ait fait un musée antimaçonnique. On a pu détruire nos Temples, ô mes Frères, ils ne tueront jamais l'Esprit. »

L'écho de ces paroles prophétiques ne s'est pas encore dissipé dans le Temple de la rue Puteaux que déjà commence pour les Francs-Maçons français le temps des épreuves et des persécu­tions.

A la fin de la guerre, on vit renaître les Maçonneries allemande, autrichienne et italienne. Par contre, les Loges durent se mettre en sommeil en Pologne, en Roumanie, en Tchécoslovaquie, en Yougos­lavie. En Espagne et au Portugal, les Francs-Maçons étaient tou­jours traqués.

« Copernic », Loge de tradition polonaise, avait été créée en 1940 à Paris, « Exilio », de Montpellier, regroupe des républicains espagnols à partir de 1945. A Toulouse, ce fut à partir de 1946 la Loge « Reconstruction », puis à Paris à partir de 1947, la Loge « Espafia ».

En 1951, deux Loges de tradition roumaine virent le jour : « La Chaîne d'union » et « La Roumanie unie ». Elles ont depuis donné le jour à « La Chaîne d'union écossaise ».

« Martinovics », fondée en 1956, est une Loge de tradition hongroise.

Terre d'accueil maçonnique, la Grande Loge de France l'a été également par les positions publiques qu'elle a su prendre contre toutes les intolérances et toutes les iniquités. Depuis, nous avons vu venir à tous nos Frères d'Egypte, d'Indochine, d'Afrique du Nord.

Au Convent de 1950, présentant un panorama de la Franc- Maçonnerie Universelle, Michel Dumesnil de Gramont, alors Grand Chancelier de la Grande Loge de France, affirmait que la Maçonnerie de l'Europe représentait la Maçonnerie militante et souf­frante. « C'est elle, disait-il, qui définit une politique propre à satis­faire un désir d'universalisme fraternel ».

Le Convent de 1956 entendit et discuta un rapport sur les Maçonneries persécutées à travers le monde.

Au Convent de 1972, les Députés des Loges votèrent une motion par laquelle la Grande Loge de France dénonçait la violence raciale et politique au nom de laquelle venaient d'être commis les crimes qui avaient ensanglanté les Jeux Olympiques de Munich.

Aujourd'hui encore, il n'est de semaine où nous ne devions accueillir quelques-uns de nos Frères sud-américains, qu'ils aient été chassés de chez eux par une dictature militaire ou par une révolution populaire.

Chez nous, ils ne trouvent pas seulement le secours matériel et l'accueil que nous leur devons. Ils trouvent surtout la chaleur d'une fraternité retrouvée.

C'est le Grand Maître de la Grande Loge d'Iran (en exil) qui confiait récemment au Grand Maître de la Grande Loge de France :

« Depuis que l'intolérance et le fanatisme on détruit nos Temple, et nous ont chassés de notre patrie, c'est seulement dans votre maison qu'il nous arrive d'oublier que nous sommes des exilés. »

Publié dans le PVI N° 42 - 3éme trimestre 1981

 

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Vendredi 27 juin 2014 5 27 /06 /Juin /2014 07:33

Quel est le devoir en Loge d'un bon Maçon?
Cette question est souvent posée dans notre rituel, et si il existe des bons Maçons, n'exercent-ils leur devoir qu'en Loge?
Existe-t-il une règle Maçonnique copiée sur celle des Templiers?
Si oui, il serait souhaitable de bien connaître l'origine d'un rite que bon nombre de profanes assimilent aux Templiers.
Ce qui est certainement étrange, pour tous ceux qui frappent à la porte du Temple, c'est la pratique d'un rite dit "chevaleresque" et d'origine "écossaise".
D'où vient ce mystère et peut-on trouver un lien entre les moines soldats de l'Ordre du Temple et la Maçonnerie Ecossaise.
Car il s'agit bien d'un mystère pour celui qui porte l'épée en Loge et qui prête serment sur l'Evangile de Saint-Jean. Peut-on s'imaginer être des descendants d'un Ordre, dont ses actes guerriers ont marqué à tout jamais la Chrétienté.
Cette question appelle des réponses, même si elles sont supposées. Et si l'histoire y répond en partie, il serait bon d'en faire un inventaire afin de comprendre la complexité du Régime Ecossais Rectifié.
Bien sûr, ce travail n'est qu'approximatif et restera inachevé, cependant je vais essayer de remonter le temps et de découvrir la trame de ce que j'appellerai "le mystère du Temple".
Si les Templiers étaient connus à cause des Croisades en Terre Sainte, bon nombre de personnes pensent qu'ils ont disparu après leur arrestation.
Mais qu'en est-il exactement?
Officiellement baptisée "Ordre des Pauvres Chevaliers du Temple de Salomon" l'Organisation fut fondée en 1118 par HUGUES DE PAYNS pour escorter les pèlerins qui se rendaient en Terre Sainte. Pendant les 9 premières années, les chevaliers restèrent 9, puis l'Ordre s'ouvrit et ne tarda pas à devenir une force considérable au Moyen Orient et dans toute l'Europe.
HUGUES DE PAYNS entreprit alors un voyage en Europe pour solliciter des terres et de l'argent auprès des rois et des nobles. Il visita l'Angleterre en 1129 où il fonda le premier site Templier à Londres.
Comme tout moine, un Templier faisait voeux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, et il était contraint au besoin de tirer l'épée contre les ennemis du Christ. L'image des Templiers devint inséparable des croisades organisées pour chasser les infidèles de Jérusalem et maintenir la ville sous domination Chrétienne.
C'est en 1128 que le Concile de TROYES déclara officiellement le Temple Ordre religieux et militaire. L'artisan principal de ce mouvement, BERNARD DE CLAIRVAUX, dirigeait l'Ordre Cistercien et il fut canonisé. Il rédigea la "Règle des Templiers", qui s'inspirait de celle des Cisterciens.
La richesse du Temple résulte en partie de sa Règle : tout nouveau membre devait céder ses biens à l'Ordre, qui s'enrichit parallèlement grâce aux donations massives de terres et d'argent de nombreux rois et de nobles. Ils devinrent les premiers banquiers internationaux, malgré le fait que leurs hommes de troupe étaient impécunieux.
Les Templiers étaient aussi célèbres pour leur vaillance au combat jusqu'à la témérité. Leur Règle leur interdisait de se rendre en combat si l'adversaire n'était pas au moins 3 fois plus nombreux. Ils constituaient des forces spéciales, un corps d'élite avec Dieu et l'argent dans leur camp. Malgré leurs efforts, la Terre Sainte tomba peu à peu aux mains des Sarrasins. En 1291, la ville d'ACRE, ultime territoire Chrétien était perdue à son tour.
Sans emplois, mais toujours riches et arrogants, les Templiers suscitaient un vif ressentiment car ils étaient exemptés de taxes et ne devaient allégeance qu'au Pape. En 1307, s'amorça leur déclin. Le Roi de France PHILIPPE LE BEL orchestra la destruction du Temple avec la complicité du Pape. Des ordres secrets furent transmis aux émissaires du Roi et le Vendredi 13 Octobre 1307 les Templiers, cernés de toutes parts, furent arrêtés, torturés et brûlés vifs, mais en fait peu d'entre eux furent exécutés.
Leur Grand Maître, JACQUES DE MOLAY, fut brûlé sur l'Ile de la Cité, à l'ombre de Notre-Dame de Paris, et sur les milliers d'autres, seuls ceux qui refusèrent de passer aux aveux, ou qui se rétractèrent, furent tués.
Malgré ce qu'on a pu leur faire avouer sous la torture, il semble quand même que les Templiers aient bel et bien été engagés dans des activités mystérieuses, voire occultes. Parmi ces confessions forcées, un certain FOULQUES DE TROYES aurait eu des déclarations énigmatiques, notamment en ce qui concerne Jésus et un grand secret (??).
Les Templiers vénéraient JEAN LE BAPTISTE, et l'Agneau de Dieu était un de leurs symboles essentiels, qui devint d'ailleurs l'un de leurs sceaux officiels, surtout dans le midi. On leur avait octroyé, au début de leur règne, une aile complète du Palais Royal de Jérusalem, qui aurait été construit sur les fondations du Temple de Salomon, dont les Templiers tiraient leur nom.
Certains disent que les Templiers espéraient trouver en Terre Sainte l'Arche d'Alliance et qu'ils auraient découvert des documents cachés provenant de la même source que les manuscrits de la Mer Morte.
Le Symbole Templier le plus connu était une croix rouge sur fond blanc, qu'ils portaient toujours sur eux, ils étaient considérés comme les chevaliers dévoués du Christ et les gardiens de l'idéal chrétien.
Les Commanderies qu'ils construisirent avaient la particularité d'être toutes à moins d'une journée de cheval les unes des autres, facilitant ainsi leurs communications.
L'aspect ésotérique de l'histoire du Temple est important et le Languedoc-Roussillon était la patrie de l'Ordre, en dehors de la Terre Sainte, comme les Cathares.
Certains documents prouvent qu'au plus fort de la Croisade Albigeoise, les Templiers hébergeaient des Cathares en fuite, allant même jusqu'à leur prêter main forte contre les croisés. Les inquisiteurs en avaient connaissance puisqu'ils firent déterrer des Cathares en Terres Templières, ceux-là mêmes qui torturèrent les Templiers par la suite. Certains pensent que Templiers et Cathares partageaient une connaissance secrète aux implications explosives.
Beaucoup de Templiers eurent néanmoins la vie sauve lors de ce sinistre Vendredi 13 Octobre 1307, et ils furent même autorisés à reformer l'Ordre sous un nom différent, alors que tous leurs biens avaient été confisqués.
Deux pays offrirent asile aux chevaliers en fuite : l'ÉCOSSE et le PORTUGAL, et dans ce dernier, ils prirent le nom de "Chevaliers du Christ".
Pour les historiens et les exégètes, les Templiers existent toujours malgré plusieurs schismes, et ouvreraient désormais au sein de différentes organisations.
L'Ordre du Temple était en fait composé de 7 cercles "extérieurs", consacrés aux petits mystères, et de 3 cercles "intérieurs", correspondant à l'initiation aux grands mystères. Le "noyau", lui, rassemblait les 70 Templiers interrogés par CLEMENT V, après les arrestations de 1307. Ce qui fait dire que le Pape avait certainement infiltré le noyau dur et secret des Templiers, sinon la coordination des inquisiteurs n'aurait pas pu être possible.
Un groupe intérieur pouvait demeurer occulte parce que les Templiers formaient essentiellement une école de mystères, reposant sur l'initiation. La plupart des Chevaliers du Temple n'étaient que de simples soldats chrétiens, alors que le cercle intérieur favorisait l'étude active de sujets ésotériques et religieux. Ils cherchaient les secrets de l'univers et eurent accès à une sagesse traditionnelle fort ancienne.
Ce mode de fonctionnement protégeait les véritables dirigeants de l'Ordre, car les Templiers des cercles inférieurs ne connaissaient pas les secrets des cercles supérieurs, un peu comme en maçonnerie où le mystère est souvent savamment entretenu entre les différents niveaux de la hiérarchie.
Les Templiers pratiquaient aussi l'alchimie et la légende rapporte que leur fortune ou leur trésor serait issu du plomb transformé en or.
Ce qui est curieux, c'est cette vénération que les Templiers portaient à "MARIE-MADELEINE". Dans leur règle, ils devaient allégeance à Béthanie, le Château de MARIE et de MARTHE. L'absolution Templière disait ceci : "Je prie Dieu qu'il pardonne vos péchés, comme il les a pardonné à Sainte Marie-Madeleine et au larron sur la croix".
Autre particularité, durant son premier siècle d'existence, l'Ordre acceptait des femmes qui prêtaient serment, surtout dans le Languedoc, alors qu'une modification ultérieure de la Règle interdisait spécifiquement aux Templiers de les accepter dans leurs rangs, afin de respecter le code chevaleresque et le célibat imposé aux moines soldats.
Ce qui est le plus étonnant, c'est que les Templiers marchèrent vers l'abattoir comme des agneaux, lors de leur arrestation, sans demander de renforts à l'étranger et sans vraiment se défendre contre les inquisiteurs, ce qui n'était pas coutumier dans la pratique de leur règle.
Certains, comme le Trésorier de l'Ordre, glissèrent à travers les mailles du filet, comme s'ils avaient bénéficié de complicités. Même la célèbre flotte Templière disparut et ne fut pas mentionnée lors des confiscations infligées par le Roi de France. Sans doute existait-il un complot prévu par le Pape et certains Templiers, afin d'éviter les débordements de l'Ordre et le rendre clandestin. Il n'existe à ce jour aucune trace de ces éventuels accords secrets, sauf peut-être dans les archives du Vatican.
Les Templiers avaient des connaissances secrètes et employaient un Code connu sous le nom d'ATBASH, qui, appliqué au nom de la mystérieuse idole templière à tête coupée appelée "BAPHOMET", on obtient le terme grec "SOPHIA", qui signifie "sagesse", en hébreu on dit "HOKMAH". La Sophia a été présentée par les Juifs et les chrétiens comme la "compagne de DIEU", qu'elle influence et conseille.
La Sophia se situait au centre de la cosmologie gnostique. Dans le texte de NAG HAMMADI, découvert en 1947 en Egypte, intitulé "PISTIS SOPHIA", elle est intimement associée à Marie Madeleine. En tant que HOKMAH, elle est la clé de la compréhension gnostique de la KABBALE, système occulte influent à la base de la magie médiévale et renaissante. Chez les gnostiques, elle correspondait à la déesse grecque ATHENA et à l'égyptienne ISIS, parfois appelée SOPHIA. Ce qui fait dire que les Templiers croyaient fermement en un principe féminin.
Les églises bâties par les Templiers étaient le plus souvent circulaires, parce qu'ils croyaient que tel était le Temple de Salomon. Peut-être le symbole d'un univers rond, mais plus probablement celui de la féminité. Cercles et cycles sont toujours associés aux déesses et au principe féminin, tant en ésotérisme qu'en biologie.
Le cercle est un archétype universel, les tertres funéraires préhistoriques étaient déjà circulaires car ils représentaient le ventre de la Terre, permettant ainsi une renaissance en esprit. Les hommes faisaient le lien entre la rondeur du ventre d'une femme enceinte et la pleine lune, qui en vint à symboliser la "maternité" de la déesse. Quoi qu'il en soit, l'Eglise Romaine déclara officiellement hérétiques les églises circulaires.
Les Templiers furent aussi les principaux instigateurs de la construction des grandes cathédrales gothiques, en particulier celle de Chartres. On les trouve aussi à l'origine des Guildes de Bâtisseurs, notamment celles des maçons, et leur écriture codée correspondait à une connaissance ésotérique templière.
SAINT-BERNARD, Patron des Templiers, avait défini Dieu comme étant "longueur, largeur, hauteur et profondeur", et les Templiers étaient eux-mêmes de grands bâtisseurs et de grands architectes.
Le plan des Cathédrales était conçu pour prendre en compte les principes d'une géométrie sacrée, dont certaines proportions géométriques sont en résonance avec l'harmonie divine. Voilà qui éclaire la déclaration de PYTHAGORE : "tout est nombre" et conforte l'idée que les mathématiques sont le langage par lequel Dieu ou les Dieux s'adressent à l'homme. Cette architecture ésotérique utilisait "la proportion dorée", c'est-à-dire la proportion parfaite, étant en quelque sorte une forme de panacée. Il y avait donc un sens dans la forme et une harmonie dans la proportion.
Le légendaire Temple de Salomon était pour les Templiers, comme aujourd'hui pour les Maçons, le plus beau fleuron de la géométrie sacrée. Il provoquait une réaction qui transcendait les 5 sens. Il était en résonance unique avec l'harmonie céleste. Sa longueur et sa largeur, sa hauteur et sa profondeur reproduisaient les proportions idéales de l'univers, le nombre d'or. Le Temple de Salomon était, en d'autres termes, l'âme même de Dieu, burinée dans la pierre.
Les Templiers étaient des êtres pragmatiques, qui recherchaient toujours l'application pratique d'une connaissance ésotérique. D'après eux, Dieu avait véritablement enseigné l'application pratique de la géométrie sacrée par le biais de l'architecture. Ils gravaient ainsi des messages codés dans la pierre afin de rappeler les principes hermétiques des maçons et des chevaliers.
SALOMON, fils du ROI DAVID, le légendaire héros Juif, construisit donc un temple d'une beauté inégalée, en utilisant les matériaux les plus fins et les plus riches, par l'intermédiaire de HIRAM ABIFF. Du marbre, des pierres précieuses, des bois aromatiques et les tissus les plus délicats furent utilisés pour que DIEU lui-même se sente chez lui. En son cour se trouvait le Saint des Saints, la mystérieuse "ARCHE D'ALLIANCE", qui devait répandre de grandes bénédictions sur les "justes", mais aussi détruire les "pécheurs". Les Templiers ont peut-être vu là l'arme ultime, et sont-ils partis à sa recherche?
La décoration des Cathédrales nous fournit des indications sur l'idée que les Templiers se faisaient de "l'Arche". Les allusions bizarres de ces constructions gothiques nous renvoie à l'Alchimie, pratiquée par les Templiers.
L'Alchimie nous viendrait des anciens égyptiens, via les arabes dont le mot dérive. Il englobait un ensemble d'activités et des modes de pensée : "magie, chimie, philosophie, hermétisme, géométrie sacrée et cosmologie".
Elle s'intéressait aussi à la recherche génétique et à des méthodes visant à ralentir le processus de vieillissement voire même à reproduire l'immortalité physique, sans doute est-ce là l'ancêtre de la chimie moderne et de la science actuelle.
Pour l'Eglise Romaine, tout Alchimiste était par définition hérétique, et cette pratique devint "l'Art noir".
L'Alchimie d'alors comptait plusieurs niveaux : "l'exotérique", qui consistait en un travail et une expérimentation sur les métaux, pour atteindre le Grand Ouvre en transmutant un métal vil en or. Et "l'ésotérique", où l'individu accède à l'illumination spirituelle et se trouve physiquement revitalisé grâce à un processus magique, qui l'amène au Grand Ouvre, acte d'initiation suprême.
Le symbole alchimique du Grand Ouvre est l'hermaphrodite, qui est littéralement la fusion du Dieu HERMES et de la Déesse APHRODITE. Certains imaginent que la réussite alchimique produirait une transformation si profonde, que celui qui y parviendrait risquerait de changer de sexe, ce qui est une pure légende médiévale.
Les cathédrales gothiques abritent nombre de curieux personnages, des démons aux hommes végétaux. Une sculpture de la cathédrale de Nantes représente une femme qui se regarde dans un miroir, l'arrière de sa tête étant le visage d'un vieillard. A Chartres, la pseudo Reine de SABA porte la barbe. On trouve ainsi des symboles alchimiques dans toutes les cathédrales associées aux Chevaliers du Temple.
Les Templiers connaissaient les propriétés de la terre et choisissaient un lieu en raison de la nature spécifique de son sol. Ils gravaient des symboles alchimiques dans ses pierres et laissaient des traces d'influences cathares et musulmanes. Ils fondèrent ainsi un hôpital pour Templiers en un lieu où le sol avait des propriétés curatives, et bien sûr on y trouvait des symboles alchimiques. En France, les anciennes propriétés templières sont d'ailleurs devenues des centres alchimiques majeurs.
Pour les Templiers, toute démarche alchimique débute par la quête du GRAAL, qui est l'allégorie du voyage spirituel du Héros vers sa propre transformation intérieure. L'expérience du GRAAL était exclusivement réservée aux plus grands initiés, dont l'objet, quel qu'il soit, était toujours gardé par des femmes. Aujourd'hui, le SAINT GRAAL désigne souvent un objectif illusoire et représente un symbole de perfection. Le GRAAL est un objet mystérieux, un trésor gardé dans une caverne, dit-on. Dans la légende, le GRAAL est une coupe dans laquelle JESUS aurait bu lors de la Cène. JOSEPH D'ARIMATHIE, un riche ami de JESUS, recueillit dans cette coupe le sang versé lors de la crucifixion, et qui se révéla posséder des propriétés miraculeuses.
La quête du SAINT GRAAL s'accompagne d'innombrables dangers tant physiques que spirituels. Dans toutes les versions de l'histoire, la coupe est à la fois objet concret et symbole d'éternité; le quêteur devant affronter toutes sortes d'ennemis et notamment des êtres surnaturels. Les plus anciennes versions de cette légende s'inspirent des mythes Celtes du ROI ARTHUR et de sa Cour. La première romance du GRAAL est une oeuvre inachevée de CHRETIEN DE TROYES datant de 1190, dont la ville qui porte son nom était le siège de la première commanderie templière et un centre kabbalistique connu.
Les Templiers vouaient aussi un culte à JEAN BAPTISTE. Dans la version de CHRETIEN DE TROYES, le Héros se nommait PEREDUR et le GRAAL était un plateau ou un plat sur lequel se trouvait une tête coupée. Rappelons que JEAN BAPTISTE fut décapité par HERODE ANTIPAS , celui-là même à qui il reprochait d'avoir épousé l'ex-femme de son demi-frère. Pour certains Juifs de cette époque, JEAN BAPTISTE était considéré comme le vrai messie et JESUS son disciple. Le moment critique de cette version, donc, est le moment où le Héros ne pose pas la question qui s'impose, ce péché d'omission le mettant alors en danger extrême.
Une autre version datant de 1205 laisse apparaître un Chevalier nommé GAWAIN, qui cherche l'épée qui a tranché la tête de JEAN BAPTISTE, et qui, par magie, saigne tous les jours à midi. Dans PERLESVAUS, écrit par un moine de l'abbaye de GLASTONBURY, les servants d'élite du GRAAL portent des vêtements blancs marqués d'une croix rouge, comme les Templiers.
Dans PARZIVAL, datant de 1220, le Château du GRAAL est un lieu secret gardé par les Templiers qualifiés d'hommes baptisés. Pour les gardiens du SAINT GRAAL, qui était le sang royal, le grand secret renvoie à une filiation sacrée liée à JESUS et MARIE MADELEINE. Ce Château aurait été identifié comme étant celui de MONTSEGUR, alliant ainsi Templiers et Cathares, gardiens d'un trésor inestimable. Le GRAAL étant ici symbolisé par une pierre, aussi appelée "pierre de mort" ou "pierre philosophale".
Les templiers sont donc à l'origine de nombreuses légendes et d'un symbolisme chrétien très poussé. Ils étaient censés posséder un reliquaire d'argent en forme de crâne de femme du nom de "CAPUT" qui veut dire "tête". Ils auraient aussi possédé l'index droit de JEAN BAPTISTE, souvent représenté avec l'index droit levé rituellement et peint par LEONARD DE VINCI.
Il faut rappeler qu'un mythe tenace fait état d'une relique détenue par les Templiers, contenant la tête du BAPTISTE, qu'ils auraient exhumé du Temple d'HERODE à Jérusalem. Les Templiers seraient ainsi liés à la décapitation et au fléau, 2 éléments majeurs du cycle du GRAAL.
Une autre tradition, semble-t-il plausible, indique que les romances du GRAAL furent inspirées par une "Eglise cachée" liée aux Templiers. La tradition JOHANNITE fait état d'une école mystique chrétienne fondée par JEAN L'EVANGELISTE et reposant sur des enseignements secrets transmis par JESUS. Cette connaissance ésotérique ne transparaissant pas dans les enseignements de l'Eglise de PIERRE.
Cette connaissance secrète basée sur l'Alchimie et la sexualité sacrée, incarnée par MARIE MADELEINE, connue aussi par les Cathares, a-t-elle été enfouie dans l'oubli? Toute survivance templière implique la transmission de grands secrets à travers une tradition occulte toujours active. Des secrets concernant le savoir scientifique des anciens alchimistes et des traditions ésotériques orientales, qui seraient toujours disponibles aujourd'hui.
Le mouvement Templier ne s'est pas éteint et certains Chevaliers ont réussi à fuir, notamment en Grand Bretagne. En Angleterre, par exemple, EDOUARD II refusa de croire les Templiers coupables des crimes dont on les accusait, s'engageant même dans un débat fiévreux avec le Pape et s'opposant à l'emploi de la torture.
En Allemagne, HUGO DE GUMBACH, Maître Templier, fit une entrée spectaculaire au Concile ouvert par l'Archevêque de Metz. Revêtu de son armure et accompagné de 20 Chevaliers triés sur le volet, il déclara que le Pape était un suppôt de Satan et qu'il devait être déposé. Il déclara que ses hommes étaient prêts à se soumettre à la justice divine en combattant l'ensemble des participants au Concile. Les charges furent abandonnées et les Chevaliers allèrent clamer partout leur innocence.
En Aragon et en Castille, les Archevêques qui présidaient le procès des Templiers, les ont déclaré innocents en 1312, malgré les ordres du Pape quant à la dissolution de l'Ordre. En France, peu d'entre eux furent exécutés et la plupart furent libérés après avoir abjuré. Ils reformèrent l'Ordre dans d'autres pays et certains rejoignirent les Ordres existants, comme les "Chevaliers Teutoniques". La plupart de leurs terres furent distribuées à leurs rivaux les "Chevaliers Hospitaliers". En Ecosse et en Angleterre, les propriétés templières restèrent aux mains des mêmes familles jusqu'en 1650.
La Franc-maçonnerie s'est ainsi développée en Ecosse sous l'influence de Templiers isolés, avant de se répandre en Angleterre en 1603, après l'accession au trône du Roi Ecossais JACQUES IV. Les Templiers seraient ainsi à l'origine de la révolte des paysans en 1381 qui s'en prirent aux biens de l'Eglise et des Chevaliers Hospitaliers. Néanmoins, la Maçonnerie des débuts était une école de mystères avec des initiations solennelles s'inspirant de traditions occultes anciennes ; visant ainsi à provoquer une illumination transcendantale et à tisser des liens intimes entre les Frères.
JOHN ROBINSON affirme détenir des preuves de l'existence de loges maçonniques dès les années 1380, un traité alchimique datant de 1450 utilise le terme "Franc-maçon", les premières références connues datant de 1614. Lors de la création de la ROYAL SOCIETY en Angleterre, il est fait état d'un "Collège invisible" original des Franc-maçon, formé en 1645.
L'actuelle Maçonnerie est apparue le 24 Juin 1717, jour de la Saint-Jean Baptiste, et constituée par la Grande Loge.
Il est avéré que la Maçonnerie était déjà une véritable société secrète avant sa fondation officielle. Certains prétendent descendre des guildes médiévales anglaises de tailleurs de pierres, qui utilisaient des gestes et des signes de reconnaissance secrets, ainsi que la géométrie sacrée.
Ces tailleurs de pierres auraient hérité leur connaissance secrète des bâtisseurs du Temple de Salomon.
Par contre les Templiers écossais actuels affirment descendre des Chevaliers fugitifs, qui avaient hérité de la flotte templière. Ils se battirent contre les anglais à la bataille de BANNOCKBURN le 24 Juin 1314, jour de la Saint-Jean Baptiste ; un contingent de Chevaliers du Temple assurant la victoire à la 11ème heure. Certains édifices portent les traces de cette tradition templière et maçonnique comme la chapelle de ROSSLYN à côté d'Edimbourg, qui fut bâtie entre 1450 et 1480.
Cependant en 1329, l'ombre de l'autorité Papale plana une nouvelle fois sur les Templiers lorsqu'il fut question de lever une croisade contre l'Ecosse. Les Templiers écossais jugèrent alors plus prudents de rentrer dans la clandestinité comme leurs Frères européens. Ce serait là une origine de la Franc-Maçonnerie.
Un écossais, ANDREW MICHAEL RAMSAY, Chevalier de l'Ordre de Saint-Lazare, fit un discours mémorable en 1737 à Paris, lors d'une réunion maçonnique où il fit la première allusion officielle au fait que les Francs-maçons descendraient des Templiers. Peut-être est-ce la raison de l'excommunication de l'ensemble de la Fraternité Maçonnique par le Pape l'année suivante.
L'inquisition n'hésitât pas à arrêter et torturer des Francs-maçons suite à la publication de cette bulle papale.
Par la suite, un certain Baron VON HUND affirma avoir été initié dans un Ordre Maçonnique du Temple à Paris en 1743, il ouvrit des Loges fondées sur une tradition qu'il nomma « STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE », plus connue en Allemagne sous le nom de « CONFRERIE DE JEAN BAPTISTE ». L'histoire précisait que lors de la condamnation du Temple, certains chevaliers s'étaient enfuis en Ecosse et avaient poursuivi l'idéal Templier tout en élisant régulièrement leurs Grands Maîtres. Le Baron VON HUND disait détenir une liste recensant tous les Grands Maîtres successeurs de JACQUES DE MOLAY dans la clandestinité, ce que les historiens n'ont jamais pu découvrir. Il se disait aussi détenteur de la patente Templière héritée des descendants de ces Grands Maîtres Templiers.
En fait la « STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE » était essentiellement un réseau alchimique de pure tradition templière. La Franc-maçonnerie Templariste se trouva alors établie des 2 côtés de l'Atlantique, ce qui influença certainement la pratique du RITE ECOSSAIS, dont le RITE ECOSSAIS RECTIFIE et le RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE sont particulièrement actifs en France. Certains ont même suggéré que les Templiers s'étaient cachés dans les hauts grades de la Maçonnerie, ce qui est difficile à vérifier quand on connaît l'hermétisme des Rites Ecossais.
Les Maçons Français, par contre véhiculaient une curieuse légende relative à « MAITRE JACQUES », personnage mythique et Saint Patron des guildes de tailleurs de pierres Français au Moyen Age. Il aurait été l'un des Maîtres Maçons qui ouvrèrent à la construction du Temple de Salomon. Après la mort d'HIRAM ABIFF, il quitta la Palestine avec 13 Compagnons et fit voile vers MARSEILLE. Les partisans de son pire ennemi, le Maître Maçon « FRERE SOUBISE », ayant décidé de le tuer, il se retira dans la caverne de la SAINTE BAUME, celle-là même qui aurait abrité MARIE MADELEINE. En vain, il fut trahi et assassiné. Aujourd'hui encore, bon nombre de Maçons vont en pèlerinage sur le site le 22 Juillet, jour de la Sainte Marie Madeleine, ainsi que certains Compagnons du Devoir, que l'on peut considérer comme des Maçons opératifs de l'ancienne tradition.
Un autre candidat au titre d'héritier de la connaissance ésotérique des Templiers est le mouvement de la « ROSE-CROIX ». L'hermétisme serait à l'origine de la renaissance et des Rose-Croix, alors que le gnosticisme donna naissance à l'hérésie Cathare. Tous 2 découlent des mêmes idées cosmologiques. Dans la hiérarchie des « mondes » et des « sphères », la matière occupe l'échelon le plus bas, le plus élevé revenant à Dieu. L'homme étant un être divin « emprisonné » dans une enveloppe matérielle, mais renfermant toujours une étincelle divine. Les hermétistes disaient souvent : « ne savez-vous pas que vous êtes des Dieux ? ». Les gnostiques expriment cette notion en termes religieux, ils prônent que « la réunion avec le Divin serait le salut ».
Le gnosticisme et l'hermétisme s'inspirent tous 2 des idées développées en Egypte, et plus particulièrement à Alexandrie aux 1er et 2ème siècles avant notre ère. Les Evangiles gnostiques découverts à NAG HAMMADI en 1947 comprennent des dialogues d'HERMES TRISMEGISTE. Il s'agirait d'une cinquantaine d'Evangiles rejetées par l'Eglise de PIERRE lors du Concile de NICEE devant ordonner le nouveau testament, et cachés en Egypte jusqu'à leur découverte.
La cosmologie de la PISTIS SOPHIA, l'Evangile gnostique qui attribue un rôle si important à MARIE MADELEINE, ne diffère guère de celle des mages de la renaissance. Les mêmes idées, la même culture, la même époque et le même lieu ont donné naissance à l'Alchimie, qui est née dans l'Egypte des premiers siècles de notre ère.
HERMES TRISMEGISTE aurait écrit : « quel miracle que l'Homme ! » cette exclamation sous-entend que l'Humanité renfermerait une étincelle divine. Contrairement aux Catholiques, les gnostiques et les hermétistes ne se considèrent pas comme des créatures inférieures et perdues, vouées au purgatoire, sinon à l'enfer. De la conscience de leur étincelle divine découlait le respect de soi et la confiance, l'ingrédient magique permettant à l'Homme de réaliser son potentiel, telle était la clé de la renaissance.
La naissance de l'hermétisme, quant à lui, était attribuée à HERMES TRISMEGISTE , auteur du légendaire « CORPUS HERMETICUM » et à sa table d'émeraude, sur laquelle étaient gravés des secrets profonds.
Les Rosicruciens par contre devaient leur nom à leur fondateur mythique « CHRISTIAN ROSENKREUZ », qui serait mort en 1484 à l'âge de 106 ans. Il aurait voyagé à travers l'Egypte et la Terre Sainte en quête d'une connaissance secrète qu'il aurait transmis à ses adeptes, ceux-là mêmes qui auraient joué un rôle important dans le développement de la Franc-Maçonnerie. Les 2 premiers Maçons Anglais connus : « ELIAS ASHMOLE » et l'alchimiste « ROBERT MORAY », auraient été liés au mouvement de la Rose-Croix. Ainsi donc, dans certaines formes de Maçonnerie, on vit apparaître les grades de « Chevalier du Temple » et de « Rose-croix ».
Les branches de la Franc-maçonnerie « occulte » remontant à la « Stricte Observance Templière » du Baron VON HUND, se développèrent surtout en France, et la clé en est fournie par le « RITE ECOSSAIS RECTIFIE », spécifiquement consacré aux études occultes dont certains insistent sur ses origines templières. Cette forme de Maçonnerie entretiendrait les liens les plus étroits avec les sociétés Rosicruciennes. Sa création remonte à 1778 lors d'un convent de Maçons Templaristes à Lyon.
En 1782, toutes les obédiences européennes se réunirent à Wilhelmsbad, dans la Hesse, sous la présidence du DUC DE BRUNSWICK, afin de régler la question de la relation maçonnique avec l'Ordre du Temple. Ce fut la fin de la Stricte Observance Templière du Baron VON HUND, mais les Templaristes firent reconnaître le RITE ECOSSAIS RECTIFIE, succédant ainsi au dernier rite templier.
Tous les Maçons se réfèrent au mystérieux « fils de la veuve ». Dans les rites égyptiens cette veuve n'est autre qu'ISIS. JACQUES-ETIENNE MARCONIS DE NEGRE fonda en 1838 le rite de MEMPHIS qui se prétendait descendre de la tradition templariste du Baron VON HUND.
Par contre, un peu avant, en 1804 BERNARD RAYMOND FABRE-PALAPRAT fonda « l 'ORDRE MILITAIRE DU TEMPLE DE JERUSALEM » et celui-ci prétendait détenir son autorité de la « Chartre de transmission de JOHANNES MARCUS LARMENIUS, nommé Grand Maître Templier par JACQUES DE MOLAY en 1324 ».FABRE-PALAPRAT a utilisé le « LEVITIKON » pour fonder son Eglise JOHANNITE néo-Templière, qui est une version de l'Evangile de JEAN aux accents nettement gnostiques remontant au 11° siècle.
Le « LEVITIKON » comprend 2 parties : la 1ère reprend les doctrines religieuses communicables aux initiés, que l'on retrouve dans le rituel des 9 grades de l'Ordre du Temple, et la 2ème est identique à l'Evangile de JEAN sans les 2 derniers chapitres.
Le « LEVITIKON » évoque une tradition du Moyen Orient utilisée par la secte JOHANNITE. JESUS y est présenté comme un initié aux mystères d'OSIRIS, il serait un simple mortel et non le fils de Dieu, mais le fils illégitime de MARIE. D'après cette secte le dogme de l'Immaculée Conception aurait été l'invention des Evangélistes pour occulter l'illégitimité de JESUS et le fait que sa mère ignorait l'identité de son père. Tous les chefs Johannites adoptèrent le titre de CHRIST, selon le terme grec original « CHRISTOS », qui pouvait désigner tout initié gnostique.
Rappelons que la légende d'OSIRIS, à laquelle fait allusion le LEVITIKON est une pure tradition égyptienne. OSIRIS était l'époux de sa soeur ISIS, la belle déesse de l'amour, de la guérison et de la magie. Leur frère SETH, qui désirait ISIS, complota pour assassiner OSIRIS. Ses complices surprirent ainsi OSIRIS, le démembrèrent et dispersèrent les morceaux de son corps. Désespérée, ISIS sillonna le monde pour les retrouver avec l'aide de NEPTHIS, elle aussi déesse et épouse de SETH. Toutes les 2 retrouvèrent les membres d'OSIRIS, à l'exception du phallus. Après les avoir rassemblé, ISIS utilisa un phallus artificiel pour concevoir HORUS, puis elle aurait eu ensuite une relation avec SETH, semblant ainsi obéir à un désir de vengeance.
HORUS, alors adolescent, prit ombrage de cette liaison, y voyant une trahison à la mémoire de son père OSIRIS. Il s'opposa alors en duel à SETH qu'il tua, mais y perdit un oil dans le combat. Il fut guéri et l'oil d'HORUS devint l'un des talismans magiques les plus appréciés en Egypte.
D'après FABRE-PALAPRAT, JESUS, initié au culte d'OSIRIS aurait transmis sa connaissance à JEAN « le bien-aimé » et ces enseignements secrets auraient influencé les Chevaliers du Temple.
HUGUES DE PAYNS et les Chevaliers fondateurs du Temple auraient donc été des initiés Johannites. Les Templiers se laissèrent ensuite corrompre par l'amour du pouvoir et de la richesse. Le Roi de France et le Pape ne pouvant tolérer que la vraie nature des Templiers soit connue, inventèrent-ils les accusations « d'idolâtrie, d'hérésie et d'immoralité ». Cependant, avant son exécution, JACQUES DE MOLAY aurait organisé et institué la Maçonnerie occulte selon ELIPHAS LEVI. Ce que contestent les partisans du « RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE », en prétendant que les Rosicruciens n'auraient pas adopté des doctrines templières, mais qu'ils se seraient fondus aux groupes templiers survivants en prenant JEAN L'EVANGELISTE comme Patron.
A l'origine, lorsque GODEFROY DE BOUILLON aurait rencontré des représentants d'une mystérieuse « EGLISE DE JEAN » appelés « les Frères d'ORMUZ », il aurait constitué un gouvernement secret auquel l'Ordre du Temple se conforma. Les Templiers auraient donc été créés pour épouser les idéaux de cette mystérieuse EGLISE DE JEAN.
Les Chevaliers du Temple et les Maçons ont adopté 2 traditions, celle de JEAN BAPTISTE et celle de JEAN L'EVANGELISTE. Les 2 « JEAN » comptent ainsi beaucoup pour la fraternité. Cette double vénération s'est établie au fil des ans, alors que cette allégeance à 2 Saints Chrétiens a complètement occulté le nom de JESUS. D'après la Maçonnerie Ecossaise, les initiés se sont transmis les secrets des premiers Templiers, et l'Evangile de JEAN, sur laquelle est prêté serment, renfermerait des secrets occultes.
Une légende plus récente nous renvoie à RENNES LE CHATEAU où l'ABBE SAUNIERE aurait fait une découverte liée aux secrets occultes des Templiers et des Cathares, ce que revendique un mystérieux Ordre : « LE PRIEURE DE SION », à l'origine semble-t-il de la création de l'Ordre du Temple et dont ses illustres Grands Maîtres auraient été ISAAC NEWTON, LEONARD DE VINCI ou encore ANDRE MALRAUX.
Cet Abbé aurait pratiqué le RITE ECOSSAIS RECTIFIE suivant une branche de la Maçonnerie occulte descendant des Templiers. Le Temple qu'il aurait d'ailleurs construit rassemble tous les symboles du Temple de Salomon ainsi que des rites écossais.
Le mystère du RITE ECOSSAIS RECTIFIE, hérité de la lignée des Templiers, renferme-t-il un enseignement secret lié à l'Evangile de JEAN, dont l'un est exotérique et l'autre ésotérique, réservé uniquement au cercle des initiés ?
La résurrection n'est semble-t-il pas un miracle, mais une épreuve initiatique au cours de laquelle le profane vit une mort et une renaissance symbolique avant de recevoir les enseignements secrets, composés avant tout de traditions orales et d'éveil à la spiritualité.
Les écoles de mystères remontent aux Grecs, aux Romains, aux Babyloniens et aux Egyptiens. En fait le Temple et les Maçons en ont repris le principe, en proposant un enseignement gradué pour ceux qui gravissent les échelons abrupts de l'initiation. La sagesse n'y étant accessible que d'après le mérite, un disciple ne reçoit l'illumination que si ses maîtres spirituels le jugent prêt.
JEAN LE BAPTISTE, prônait un acte initiatique unique, transcendant, avec lequel l'individu devait se confesser et se repentir. Le baptême, en tant que symbole extérieur et visible d'un renouveau spirituel intérieur, fait appel à la régénérescence du corps et de l'esprit. Ainsi, les 2 Saints JEAN font parti d'un cycle de mort et de renaissance.
Dans le prologue de l'Evangile de JEAN il est dit : « au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu ». Le concept de Verbe « LOGOS » semble féminin et le fait d'aller vers Dieu suggère la démarche d'un Homme cherchant l'unité avec la Femme. Ce principe peut être Alchimique si l'Homme conscient de son état, cherche son salut en retrouvant l'unité philosophique et primordiale. Ce que les Templiers pratiquaient d'une façon initiatique pour atteindre la connaissance, en passant par tous les stades intermédiaires.
Le Temple de Salomon fut bâti sur le modèle des temples phéniciens, lesquels se calquaient sur ceux de l'ancienne Egypte. Pour certains, les gravures sur l'Arche d'Alliance représenteraient YAHVE et une divinité féminine. « La Sagesse », en grec « SOPHIA » et en hébreu « CHOKMAH », est représentée par une femme, dont il est dit qu'elle coexista avec YAHVE avant le commencement. Cette allégorie de la Sagesse Divine influence l'Homme en quête de sa propre sagesse, telle qu'elle était au commencement.
Si le RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE vit le jour en 1804 à Charleston aux USA, MARTINES DE PASQUALLY fonda en 1761 l'ORDRE DES ELUS COHENS, d'origine Espagnole, il aurait été lié à l'ORDRE DES DOMINICAINS dont il aurait eu accès à ses archives. Il possédait une patente accordée à son père CHARLES EDWARD STUART, le rattachant à la Maçonnerie Ecossaise que soutenait le Baron VON HUND.
Son secrétaire, LOUIS CLAUDE DE SAINT-MARTIN, philosophe et occultiste, fonda un nouveau rite : « le RITE ECOSSAIS REFORME » affilié à la STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE, lors du Convent de Lyon en 1778, convoqué par JEAN BAPTISTE WILLERMOZ, Membre des ELUS COHENS. Ces Rites Ecossais s'unirent pour devenir le RITE ECOSSAIS RECTIFIE, dont les 3 premiers grades furent mis en place jusqu'en 1782 et jusqu'en 1805 pour la finition des derniers.
JOSEPH DE MAISTRE, un proche de WILLERMOZ, était un Chevalier de l'ORDRE DE SAINT-LAZARE de la branche Italienne. Ainsi le Chevalier RAMSAY était lui aussi un Chevalier de SAINT-LAZARE dont les rituels remonteraient à 1649. Il fut le précurseur de l'Ecossisme en France dans la première moitié du 18ème siècle. Il serait aussi à l'origine de la création d'un rite maçonnique chevaleresque vers 1728, qui aurait pris le nom de RITE DE BOUILLON, ce qui nous ramène au symbolisme du Saint-Sépulcre et de Saint-Lazare, ainsi qu'aux bases de la Chevalerie hiérosolomitaine des années 1097 à 1100.
Sur le plan ethnologique et sociologique, les racines des Chevaleries occidentales sont issues de la distribution des castes dans la mouvance indo-européenne aux alentours de 1500 ans avant J.C.
Au 8ème siècle, dans les rites Germains, des traces de rituels faisaient des jeunes mâles de la tribu des « Chevaliers », lorsqu'ils avaient prouvé leurs qualités de cavaliers et de combattants. Au 12ème siècle, plusieurs Ordres s'attribuent le concept de la « Chevalerie » : l'ORDRE SOUVERAIN DE MALTE, l'ORDRE DU SAINT-SEPULCRE ou l'ORDRE DE SAINT-LAZARE. Mais ce sont surtout les Templiers, dont leur filiation serait antérieure à leur création officielle, qui développèrent la Chevalerie religieuse.
La Chevalerie médiévale ne pouvait être que catholique, apostolique et romaine, et réservée qu'à des initiés. Mais d'autres Chevaleries se sont développées, comme celle du ROI ARTHUR au cours du 6ème siècle.
Au moyen âge, SAINT-BERNARD fut le promoteur des Chevaleries médiévales dont les adeptes auraient été surnommés « FILS DE LA VALLEE ». La milice du Temple adopta d'abord la règle de SAINT-AUGUSTIN lors de sa création en 1118. Puis en 1128, lors du Concile de Troyes, SAINT-BERNARD leur donna une règle définitive issue de la règle Cistercienne, et il bâtissait toujours ses monastères dans les vallées, contrairement à la règle de SAINT-BENOIT qui construisait en haut des collines. L'Ordre des moines soldats se développa jusqu'au 16ème siècle avec la mise en place de la Compagnie de Jésus de SAINT-IGNACE DE LOYOLA : « les JESUITES ».
Si les Chevaliers du Christ, appelés aussi Fils de la Vallée, à cause du mélange de la foi en l'idéal monastique et du code de la Chevalerie sur fond de structure féodale, n'avaient qu'un seul but : « que le Saint-Sépulcre soit Chrétien », ils devaient tout abandonner pour l'Ordre. Les bases de la Chevalerie occidentale sont avant tout axées sur la valeur et le dévouement, et un « Chevalier » était sélectionné surtout pour ce qu'il était. Ce concept se retrouve d'ailleurs dans le RITE ECOSSAIS RECTIFIE.
Les qualités de la plus belle Chevalerie sont : le courage et la vaillance, mais aussi la foi profonde, le respect des valeurs ainsi que l'élévation spirituelle nécessaire à la relativisation des choses matérielles, comme le pouvoir, l'argent et les honneurs. L'exemple archétypal étant GODEFROY DE BOUILLON.
Néanmoins, on peut considérer que le RITE ECOSSAIS RECTIFIE est Chrétien, dans le sens le plus large et le plus élevé. Le Rite est Chevaleresque comme dans l'archétype de GODEFROY DE BOUILLON : aptitude à l'engagement, respect de l'Etat, respect de la hiérarchie, etc. Il est aussi Hospitalier, au travers de la notion de bienfaisance, car le Maçon doit s'impliquer, dans la mesure de ses moyens, pour soulager les malheurs des autres. Il est aussi marqué par l'illuminisme du 18ème siècle suivant l'héritage de MARTINEZ DE PASQUALLY. Le RER n'est pas tenu pour une vérité et sa profondeur appelle aussi l'humilité.

CONCLUSION :
L'Ordre du Temple était un Ordre militaire et féodal, il ne fut jamais un Ordre Hospitalier basé sur la bienfaisance et la charité Chrétienne dans son sens large et indéfini. Selon DANIEL LIGOU, auteur du « dictionnaire de la Franc-Maçonnerie », le Templarisme Maçonnique est donc une pure légende, et il convient de la considérer comme telle.
L'Ordre de SAINT-LAZARE fait référence à LAZARE : Seigneur de Béthanie, frère de MARTHE et de MADELEINE, qui employait ses biens à soulager les pauvres. Il exerçait l'hospitalité envers les Chrétiens et il trouva une terre de refuge en Provence, après la mort du Christ , en compagnie de ses deux sœurs et d'autres personnages légendaires. Cet Ordre était donc Hospitalier et la bienfaisance était l'axe fondamental de ses actions dans le monde.
Cet Ordre se rapproche du RER actuel, mais le symbolisme employé aux 3 premiers grades fait aussi référence aux symboles des Compagnons du Devoir ainsi qu'aux Guildes des constructeurs de Cathédrales.
On peut aussi considérer que le Maçons Ecossais devient un Chevalier dans l'Ordre intérieur, après avoir construit son propre Temple de Salomon, symbole de base de bon nombre de mouvements Chrétiens.
A la mort de WILLERMOZ, en 1824, le RER qui était surtout pratiqué au sein du GODF, fut mis en sommeil, mais néanmoins récupéré par le PRIEURE D'HELVETIE en Suisse. Lors de sa réactivation en France, en 1913 par CAMILLE SAVOIRE, EDOUARD DE RIBAUCOURT et BALTARD, le Rite avait reçu une impulsion nettement Templière qu'il n'avait pas auparavant.
Le GRAND PRIEURE INDEPENDANT DES GAULES, fondé en 1935 , fut donc à l'origine de la réinsertion du RER en France. Il s'incorpora ensuite à la GLNF, qui se scinda en deux en 1958, donnant naissance à la GLTS OPERA et à son Prieuré : « LE PRIEURE DE FRANCE ».
Aujourd'hui, le RER est surtout pratiqué au GO, à la GLNF et à la GLTSO, mais il a le choix de ses options, compte tenu des différents Prieurés dont il dépend. La Maçonnerie Ecossaise a donc une spécificité nettement Hospitalière et Chevaleresque, influencée par différents courants liés à son histoire mouvementée, dont à l'origine se trouve l'ORDRE DU TEMPLE et la STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE, sans oublier les symboles des constructeurs de Cathédrales.
Ce passé riche est certainement à la base d'une tradition solide dont le rituel est l'aboutissement sacramentel. Peut-être devrait-il s'ouvrir à la modernité et s'impliquer davantage dans des tâches plus charitables et bienfaisantes. La devise des CBCS n'est-elle pas : « MELIORA PRAESUMO » ?
V\M\ et vous mes FF\, J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
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