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Jeudi 31 juillet 2014 4 31 /07 /Juil /2014 07:57

La Franc-Maçonnerie militaire a joué un rôle essentiel dans l'apparition en France de la Maçonnerie spéculative. Avant 1789, les Loges militaires qui existaient dans la plupart des régiments de l'armée royale initiaient au hasard des déplacements, d'une garnison à l'autre, des aristocrates, des bourgeois, des commis d'administra­tion, des avocats, des religieux qui allaient devenir un peu plus tard les animateurs des Loges sédentaires.

Plus tard, sous le Premier Empire, ce furent les Loges militaires de la Grande Armée qui propagèrent la Franc-Maçonnerie dans toute l'Europe, notamment en Belgique, en Allemagne, en Autriche, en Pologne, en Italie, en Espagne, initiant un peu partout dans les terri­toires occupés et y donnant naissance à une Maçonnerie locale là où elle n'existait pas encore, réveillant ailleurs de vieilles Loges qui étaient en sommeil depuis un certain temps. Par un étrange para­doxe, ce furent ainsi les militaires francs-maçons de l'armée impé­riale qui propagèrent à travers l'Europe l'idéal de la Révolution française de 1789.

Officiers et hommes de troupes se retrouvaient fraternellement unis dans la Loge, sans aucune distinction de grades. Ainsi, en 1779, La Parfaite Union du régiment du Vivarais avait comme Vénérable le simple soldat Dupred, alors que le capitaine Charles de Roux l'assistait comme Secrétaire.

En 1773, la Loge Saint-Charles des Amis Réunis, installée au sein du régiment de Saintonge, avait pour Vénérable le fourrier La­bouisse. Elle comptait parmi ses membres le comte de Bérenger, mestre de camp.

Il n'est pas inutile de rappeler que, bien avant la création en 1717 de la Grande Loge de Londres, la Franc-Maçonnerie dans sa forme spéculative, avait été introduite en France par des militaires. Lorsque la reine Henriette, fille du roi de France Henri IV, épouse du roi d'Angleterre Charles r, s'était réfugiée au château de Saint- Germain, la plupart des officiers écossais de sa suite appartenaient à des Loges anglaises qu'ils s'étaient empressés de reconstituer en exil.

Dès 1689, à Saint-Germain-en-Laye, une Loge jacobite, La Bonne Foi, existait au régiment de Dillon des gardes écossais. Plusieurs autres Loges stuartistes furent ouvertes en France dès 1690. Dans des conditions identiques, des marins et des soldats participèrent à la fondation des premières Loges spéculatives en territoire fran­çais. Ainsi, en 1732, des officiers de marine anglais séjournant à Bordeaux y ouvrirent la Loge L'Anglaise qui existe encore de nos jours.

De nombreux officiers français furent initiés à cette époque. En 1736, plus de deux cents officiers de hauts grades assistaient à la Tenue maçonnique pour laquelle le chevalier de Ramsay écrivit son célèbre Discours, premier essai de réforme de l'Ordre maçonnique. Ce fut à ce moment que fut initié le Maréchal d'Estrées.

Le premier Grand Maître français, Louis de Pardaillan de Gon­drin, duc d'Antin et d'Epernon, élu le 24 juin 1738, était lui-même colonel du régiment de Royal-Marine.

Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont, qui fut appelé à lui succéder en 1743, avait fait ses preuves sur le champ de bataille. Il fut désigné par ses Frères de préférence au prince de Conti et au Maréchal de Saxe.

Il y eut ainsi une longue période pendant laquelle les militaires exercèrent l'autorité suprême dans l'Ordre maçonnique en France. Au tableau des Grands Officiers pour l'année 1773 figurent ainsi le Frère de Montmorency-Luxembourg, brigadier des armées du roi ; le colonel d'infanterie de Buzançais ; le mestre de camp de cava­lerie Rohan-Guéménée ; le colonel d'infanterie de Lauzun ; le colo­nel d'infanterie Bacon de la Chevalerie ; le colonel du régiment de Champagne Colbert, marquis de Seigneley ; le maréchal de camp prince de Tarente ; le mestre de camp des dragons prince de Pigna­telly ; le colonel d'infanterie vicomte de Rouait ; le colonel d'infanterie chevalier de Launey ; le lieutenant-colonel Giraud-Destours ; le colonel comte d'Ossun ; le mestre de camp de cavalerie marquis de Clermont-Tonnerre, d'autres encore.

Tous les régiments possédaient alors une ou plusieurs Loges maçonniques.

Il suffit par ailleurs de consulter les tableaux des Loges pari­siennes avant 1789 pour y trouver en très grand nombre des mili­taires de toutes les armes et de tous les grades.

Tout naturellement, les soldats francs-maçons prirent fréquem­ment l'initiative de créer des Loges civiles et sédentaires dans les villes où ils étaient affectés. Ce fut ainsi que le capitaine Frignet, du Royal-Lorraine-Cavalerie, fut en 1748 le fondateur à Rennes de La Parfaite Union, une Loge qui devait devenir plus tard la Mère- Loge de la Maçonnerie bretonne. De même, en 1756, ce fut la Loge militaire Les Frères Unis, au régiment de Thianges-Dragons, qui installa à Laval la Loge sédentaire L'Union, composée essentielle­ment de petits bourgeois.

En 1768, lorsque L'Heureuse Rencontre fut installée à Brest, elle comptait parmi ses fondateurs une majorité d'officiers.

Les archives de la Franc-Maçonnerie française permettent de suivre les régiments dans leurs successifs déplacements. Prenons l'exemple de La Parfaite Union, Loge militaire du régiment Royal­Roussillon-Cavalerie. Elle se trouve en garnison à Hesdin en 1774 lorsqu'elle ouvre ses travaux sous la direction du capitaine de More­ton-Chabrillant. En 1775, lorsqu'elle initie le comte des Rieux et le comte de Carné, elle tient ses assises dans le Temple de la Loge de Rennes.

De la même façon, nous pouvons suivre pendant plus de vingt ans dans ses déplacements la Loge militaire de l'Orléans-Dragons. Des noms connus figurent sur les tableaux des Loges militaires. Le sous-lieutenant Alexandre de Musset, grand-oncle du poète, appar­tenait à La Concorde, Loge du régiment d'Auvergne. Le baron de Montboissier-Beaufort-Canillac, gendre de Malesherbes, fut Véné­rable de L'Amitié à l'Epreuve, la Loge de l'Orléans-Dragons. Le duc de Richelieu, futur Premier ministre du roi Louis XVIII, fut l'orateur des Dragons Unis, au régiment des Deux-Ponts-Dragons. Percy, l'un des rénovateurs de la chirurgie militaire, fut le Secrétaire des Frères Unis, au régiment de Berry-Cavalerie. Le célèbre Choderlos de Laclos, l'auteur des « Liaisons dangereuses «, fut le Vénérable de L'Union, au corps d'artillerie de Toul.

Lafayette et Rochambeau étaient eux-aussi francs-maçons.

Axel de Fersen, colonel du Royal Suédois, l'homme qui organisa la fuite à Varennes de la famille royale, appartenait à L'Olympique de la Parfaite Estime. Dans cette Loge il retrouvait un lieutenant- général qui se nommait... Charles d'Estaing.

Le célèbre mathématicien Gaspard Monge fut en 1779 l'Orateur de L'Union Parfaite du Corps du Génie où il avait été initié. La Tour d'Auvergne, le premier grenadier de France, tombé au champ d'hon­neur le 27 juin 1800, appartenait à une Loge bretonne.

Il demeure que la période la plus faste de la Maçonnerie mili­taire, ce fut indéniablement celle du Premier Empire, avec les francs-maçons Junot, Pichegru, Mac Donald, Beurnonville, Kléber, Brune, Joseph.et Jérôme Bonaparte, Sérurier, Kellermann, Mortier, Ney, Lannes, Lefebvre, Murat, Augereau, Moreau, Exelmans, Suchet, Oudinot, Bernadotte, Molitor, sans oublier le général Hugo, père de Victor, qui appartenait à L'Amitié d'Aix-en-Provence et à La Concor­de de Bastia.

Faire aujourd'hui le tour de Paris par les boulevards extérieurs c'est s'offrir l'occasion de saluer l'un après l'autre les plus grands noms de la Maçonnerie militaire.

N'oublions pas le maréchal Masséna, duc de Rivoli, qui avait été initié à Toulon en 1784 par la Loge Les Enfants de Minerve. Quant à Grouchy, celui de Waterloo, il appartenait à La Candeur de Strasbourg.

Dans toute l'histoire de la Franc-Maçonnerie universelle aucune date n'est plus douloureuse que celle du 18 juin 1815. Ce jour-là, dans la plaine de Waterloo, se retrouvèrent face à face les francs- maçons français du Frère Grouchy, les francs-maçons anglais du Frère Wellington, les francs-maçons prussiens du Frère Blücher. La fine fleur des Loges militaires de la Grande Armée disparut dans la charge héroïque de la Haie-Sainte que commandait le franc-maçon Lassale.

Quelques-uns des plus grands noms de la Marine figurent éga­lement sur les tableaux des Loges, notamment ceux du corsaire Surcouf et du corsaire Bompard, du bailli de Suffren, de l'amiral Villaret de Joyeuse, de l'amiral Bruix, de l'amiral Magon de Médine qui trouva la mort à Trafalgar.

Les marins français participèrent activement à l'implantation et au développement de la Maçonnerie aux Antilles, à Saint-Do­mingue, aux Indes, au Moyen-Orient et en Amérique Latine. Un mili­taire comme le comte de Grasse-Tilly propagea de la même façon et organisa dans plusieurs pays d'Europe, notamment en Belgique et en Espagne, le système des Hauts Grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

La liste est longue des soldats francs-maçons qui, sous les différents régimes, furent élevés à la dignité de Maréchal de France. Les plus connus sont Augereau, Bernadotte, Exelmans, Joffre, Keller­mann, Lefebvre, Masséna, Murat, Ney, Soult et Suchet. Pendant la guerre de 1914-1918, le Grand Maître de la Grande Loge de France était le général Peigné. Une Loge parisienne de son Obédience porte aujourd'hui son nom.

Entre 1919 et 1940, et depuis 1944, de nombreux officiers d'ac­tive furent Vénérables de Loges écossaises et plusieurs d'entre eux furent appelés à siéger au Conseil Fédéral de la Grande Loge de France.

Ainsi, la tradition de la Franc-Maçonnerie militaire se prolonge. Elle constitue à coup sûr l'une des plus belles pages de l'histoire de la Franc-Maçonnerie française.

MAI 1982 Publié dans le PVI N° 46

Source : www.ledifice.net

Par PVI - Publié dans : Planches
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Lundi 28 juillet 2014 1 28 /07 /Juil /2014 07:24

« M. des Cér. - Quel est le nom des apprentis, qui leur sert de mot de reconnaissance?
PHALEG
M. des Cér. - Que signifie ce mot ?

Dieu m’a créé. »
Rite Ecossais Rectifié Rituel d’Apprenti

Le Rejet des métaux de J.B. Willermoz

On notera que dans ses cahiers, concernant l'agent inconnu, Willermoz précise que le message qui lui est délivré « tente, d'une part, de « dévaloriser » si l'on peut dire, ou de minimiser l'importance du personnage clé de la Légende du Troisième Grade, d'autre part, à l'inverse, tente de revaloriser le grade d'Elu, de même que les grades de vengeance que Willermoz avait tant décrié, et enfin, et surtout, de substituer le mot de passe du 1er grade à savoir Tubalcaïn! par Phaleg ». Néanmoins, et avant de continuer la lecture de cet article, je ne saurais trop attirer l'attention du lecteur sur deux éléments qui me paraissent fondamentaux dans l'apparition de Phaleg au premier degré du RER. Tout d'abord la présence effective de membres du groupe des Illuminés de Bavière au Convent de Wilhelmsbad et, en second lieu, le fait que Weisthaupt, fondateur des Illuminés et Louis Claude de Saint-Martin entretenaient de bonnes relations...... c'est à dire que ceux dont l'objet était la "dispersion" de la culture chrétienne et celui qui insista auprès de Willermoz afin qu'il remplace le nom du forgeron fondeur par celui du Roi constructeur de Bable se connaissaient bien.... la dispersion est donc le Maître mot car "Phaleg" ne signifie pas "Dieu m'a créé" mais "Dieu a dispersé"..... Ce « mot de passe » dont certains prétendent qu'il fut hérité de la franc-maçonnerie dite Noachite est resté jusqu’à nos jours, dans la pratique du Régime Écossais rectifié, celui des Apprentis. Il y a remplacé celui utilisé au Rite importé de la Grande Loge de Londres de 1717, Tublacaïn, et qui deviendra le Rite des « moderns », lequel donnera naissance à la plupart des avatars connus sur le continent. Passer de Tubalcaïn à Phaleg n’est pas innocent à cette époque, parce que cela revient, dans un certain contexte ultraciste et mystique très influent dans la maçonnerie savoiso-lyonnaise, à revendiquer un retour à une chrétienté plus rigoureuse, plus "intégriste" ( c'est d'ailleurs l'argument premier et la sollicitation de Louis Claude de Saint Martin auprès de Willermoz en ce sens qui emporta la décision) et d'argumenter d'un rapprochement de la maçonnerie des « ancients » ( argument aussi hypothétique que reposant sur l'ignorance de ce qu'elle pouvait être réellement... mais ne leur jetons pas la pierre, 90% de ceux qui parlent des "ancients", même encore aujourd'hui, ne les ont pas étudiés). Le pauvre Saint Martin, très influencé par Adam Weisthaupt, n'en avait très probablement pas fréquenté beaucoup car il ne retint que l'affirmation de Dermott en 1788, qui clamait que « Les Innovations qui se sont glissées sournoisement dans la maçonnerie... tendent à dénaturer l'intégrité du système. Il est du devoir de la Confrérie de s'en protéger. Nous croyons néanmoins que le moment est proche où ces désagréments disparaîtront et que la maçonnerie retrouvera ses marques1 ». Hypothétique, dis-je parce que les "ancients" dont il est question, bien que catholiques majoritairement n'utilisaient pas Tubalcaïn au Premier degré du Rite... et pas du tout Phaleg...

Sans penser, à aucun moment, que Willermoz ait pu avoir quelque influence sur le conflit anglais qui opposait les deux maçonnerie (il eut fallu pour cela qu'il les fréquentât), nous sommes bien obligés de constater une certaine convergence de vues. Aucune précision n’a jamais été donnée concernant ces marques, que la maçonnerie devait retrouver... et l'on sait, sauf à en ignorer le contenu, qu'il ne s'agit pas du degré de Maître de Marque... néanmoins, les « ancients » précisaient dans le « Ahiman Rezon », que les maçons étaient descendants de Noé, nous verrons plus loin l’importance de cette affirmation, et, de ce fait, qu’ils devaient respecter la religion du pays dans lequel ils se trouvaient pourvu qu'elle soit fondée sur la chrétienté. Exigence qui n’existe pas sous cette forme chez Anderson. Outre ce choix dans le conflit qui opposait les deux Grandes Loges en Angleterre et dont l’Europe maçonnique ne manquait pas d’être informée, la modification du mot de passe revient aussi, et plus philosophiquement cette fois, à substituer la forge au bénéfice de la dispersion du Verbe. Ce point est loin d’être anecdotique dans une pratique maçonnique qui réintégrera les dimensions et les formes de ce même Verbe en le faisant chair dans l’esprit de l’Evangile de Saint Jean. Le choix est clair et le déterminisme délibérément chrétien qui disperse la forge de Caïn au bénéfice de la Parole perdue. Il n’est plus question d’une construction pluridisciplinaire, d’un architecte polytechnicien, mais bien de la pierre de faîte qui avait été rejetée. S'agissant d'une démarche dont l’objectif était de « réintégrer » la Franc-maçonnerie de l’époque dans une forme de chrétienté rigoureuse dominée par les ultra racistes et d’en conforter l’objet par un thésaurus compatible avec une foi catholique stricte, ou, pour le moins, de « rectifier » les errements déistes du courant anglais des « moderns », il ne paraît pas surprenant outre mesure que les mythes relatifs de trop près aux descendances de Caïn et rappelant par trop les anciennes croyances liées à la forge aient été « mis de côté ». On peut donc penser qu’à la suite de l’intervention de l' « Agent Inconnu », et tout autant sur les insistances répétées de ses Maîtres martinistes qui militaient activement pour la disparition des références à la descendance de Caïn comme une garantie de réaffirmation chrétienne, Willermoz ait pu terminer, en 1785, son dernier rituel et, ainsi conforté par ses Maîtres en « sciences mystiques », rejeter les métaux qui restaient, pour eux-tous, un rappel trop manifeste de la chute de l’Homme. Cependant, les relations de Willermoz avec cet inconnu épistolaire ne sont pas les seules sources auxquelles ait puisé le Lyonnais. On gardera en mémoire que c’est en 1765 que le fondateur du RER constitue, à Lyon, à la suite des Chapitres de Metz, un « Chapitre des Chevaliers de l’Aigle Noir, Rose Croix ». C'est-à-dire, un an avant la publication, par le Frère Bérage2 de sa traduction du « Septième degré de la Maçonnerie » ; le grade de « Noachite » ou « Chevalier Prussien », devenu, depuis, le 21ème degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté et introduit en France vers 1757. Le nom même de « Chevalier prussien », à ce moment de la réforme entamée de la Stricte Observance Templière, n’est probablement pas du au hasard. C’est la logique de son intégration dans le corpus des Aréopages des Degrés Philosophiques du Rite Ecossais Ancien et Accepté qui pourrait paraître étonnante dans la mesure où son contenu renvoi apparemment de manière trop précise à l’origine Templière de la maçonnerie et, plus particulièrement à une origine chevaleresque « teutonique » pour n’être que philosophique. Dans sa version ultime du Rite Ecossais Rectifié, Jean-Baptiste Willermoz, fidèle en cela au courant de pensée qui prétend que la construction de la Tour de Babel est la véritable origine de la franc-maçonnerie, introduit, au grade d’Apprenti, un personnage pour le moins Noachite puisqu’il est déjà l’un des éléments fondamentaux des hauts grades :« Phaleg ».

Dans le même temps qu'il élimine « Tubalcain », il rejette les « métaux » et procède à la suppression des « fondeurs » et des « forgerons ». Ce n'est pas, non plus, une surprise que la lignée de Caïn et ses forgerons soient enlevés au profit d'un roi-architecte qui voulut gagner le séjour de Dieu par l'érection d'une tour dont l'ambition était d'atteindre le séjour de Dieu. Mais surtout et en toute logique, à la suite de Martinès de Pasqualy qui constate la chute de l'homme hors du domaine spirituel dans la matière et incite à œuvrer pour l'accomplissement d'un retour vers l'esprit, il coupe la branche Caïnite de la symbolique maçonnique au grade d'apprenti maçon, celle qui laisse perdurer les artisans de la chute de l'Homme. Dans cette perspective, Martinez lui-même mais aussi J. Boehme, Swedenborg et Saint-Martin sont considérés comme missionnés par Dieu, éclairés par la lumière de la Sophia, la Sagesse d'intelligence, des Illuminés. On comprend qu'il y ait, après la Chute, deux postérités et deux humanités. La seconde postérité d'Adam, qui est celle de Seth, s'est rendue susceptible de réconciliation ne serait-ce que par l'Alliance conclue avec Noé et ses fils. Celle de Caïn doit encore être réconciliée. "Elle paie encore le tribut à la justice du Créateur3" et Tubalcain fermait la boucle. Ceux qui composent l'Assemblée des élus qui seuls ont été réconciliés par la venue du Christ sont missionnés dans le plan du rachat divin et reçoivent l'inspiration intellectuelle, la gnose, SOPHIA, ce sont les "illuminés". Même si le concept de dispersion de la parole ne constituait pas une nouveauté à cette époque, il est bien évident que sa personnification dans l’architecte de Babel avait largement disparu de la pratique du rite français sur lequel s’appuyait Willermoz. Ce n’était pas une nouveauté, néanmoins, les rituels du RER de 1785 replacent la Tour de Babel dans le cadre de l’Apprentissage maçonnique comme un élément qui n’aurait jamais du être occulté. Cela est confirmé dans les pratiques rituelles depuis au moins 1744, selon le témoignage de l’ouvrage « le parfait maçon », certaines pratiques maçonniques liaient le noachisme et la mythologie adamique à l’apprentissage, laissant les colonnes d’Enoch et la Tour de Babel. Au compagnonnage4.

Phaleg, l'architecte de la Tour et la maçonnerie noachite

Selon Albert Galatin MacKey, c’est tout naturellement que la Franc-maçonnerie Noachite s’est inscrite dans la chaîne symbolique de la franc-maçonnerie bien qu’à l’origine elle ait été conçue pour rester un système indépendant qui aurait substitué Noé à Salomon et Phaleg, constructeur de la Tour de Babel, à Hiram. De ce qu’il est possible de comprendre des anciennes légendes fondatrices de la maçonnerie, du moins, telles qu’elles ressortent des manuscrits gothiques, il n’est pas inimaginable qu’une ancienne légende relative à la Chute ou à un mythe nécromantique de même nature que celui qui a survécu ait donné à Noé le rôle de Père fondateur. Des fragments d’une telle légende auraient pu survivre et être intégrés dans le corpus symbolique de la maçonnerie spéculative du XVIIIème siècle alors que d’autres disparaissaient. Les souvenirs récurrents auraient alors servi de base à la fondation de cette maçonnerie. En effet, la légende de Noé n’a jamais été bien loin ; en 1738, « Noachidæ » apparait dans les Constitutions d’Anderson. Il est défini relativement aux familles ou tribus de la descendance des fils de Noé, Sem, Cham, et Japhet. Ces légendes affirment même que le premier Grand Maître des Maçons était Ham, fils de Noé et bâtisseur de la première ville, Shinaar. Comme à l’habitude, on le voit, les légendes maçonniques sont loin d’être vérifiables, particulièrement dans la Bible puisque cette légende ne tient compte ni de Caïn, ni de Hénoch ( Gen. 4 ;17), mais, là encore, il s’agit de la descendance de Caïn. Cette création de Shinaar donne néanmoins l’assurance du lien entre Noé, sa descendance et la maçonnerie opérative. Sans trop de conjectures hasardeuses, on peut raisonnablement reconstruire le processus par lequel la légende d’Hiram trouve sa place en maçonnerie. Les opératifs du moyen âge connaissaient Hiram et le Roi Salomon, les certitudes en sont données par les descriptions de Naym Green, Minus Green ou Nayman the Grec dans les anciens devoirs, en effet, ce maçon qui enseigna la maçonnerie à Charles Martel était réputé avoir travaillé sur le chantier du temple de Salomon avec Hiram. Certaines différences notoires dans les définitions des rôles des différents personnages laissent, cependant, entendre, que leur identification à cette époque n'implique pas que l'on ait conçu, pour eux, les mêmes rôles. L’architecte était donc connu, à défaut de la légende nécromantique qui le met en scène et il y a de fortes probabilités pour que cette légende fut d’abord celle racontant les faits et geste de Noé et de Cham et ayant pour but de démarrer une histoire du Temps permettant de mémoriser les évènements et leurs conséquences. Mentionné 7 fois dans la Bible, Phaleg, de la 4ème génération des fils de Noé, fut, comme son père, Roi de Babylone, lieu dont le nom signifie « la confusion », architecte de la Tour de Babel, il aurait vécu de -2247 à -2208 avant l'ère chrétienne. Il n'apparait que durant les chronologies généalogiques des livres du Pentateuque et de Saint Luc. Ainsi, il est dit que Phaleg, aussi appelé Palag ou Péleg, est le 13ème descendant de la dynastie de Seth, fils d'Héber, (Gen.11;16), descendant de Sem, fils de Noé. Les rosicruciens et les Illuminés du XVIIème siècle qui introduisirent la mystique en maçonnerie à partir du début du XVIIIème siècle, non seulement connaissaient la légende de Noé, mais encore la transposaient eux-mêmes dans leurs propres mythes fondateurs en insistant sur les aspects dramatiques, comme celui de la montagne du déluge sous laquelle gît la dépouille de Christian Rozencreutz. Les rédacteurs modernes pourraient alors tout à fait facilement introduire Hiram et les grands projets de Salomon dans le paysage postdiluvien de la première alliance. Phaleg peut alors retrouver sa place, au moment du passage de l’opératif au spéculatif, alors que le monde change sous l’influence des lumières et de la révolution industrielle des années 1700. Les Écritures précisent que son père lui donna le nom de Phaleg, פּלג (pâlag), qui signifie à la fois « partage » et « tremblement de terre », parce que c'est de son temps l'on commença à partager la terre (Gen 10 :25 et 1Chr 1;19 – on remarquera que ces deux versets sont quasiment identiques5). Soit que Noé ait commencé à partager les terres à ses neveux après le déluge, quelques années avant la construction de Babel, soit que Phaleg soit venu au monde l'année même de l'entreprise de Babel et de la confusion des langues, soit que Héber, par un esprit prophétique, ait donné à son fils le nom de Phaleg quelques années avant la tour de Babel6 (Gen. 11; 5 à 8 – Dt 32;8). Il n'en demeure pas moins que, selon les Écritures, la lignée dans laquelle il s'inscrit est assez bien définie et que, dans la liste des engendrements, on le retrouve porteur de la lignée d'Abram. Ainsi, d'Arphaxad, fils de Sem, par Salé, par Heber (Hébreux), par Phaleg, par Réu, par Sarug, par Nachor naquit Tharé qui engendra Abraham. Celui-ci eut trois femmes : Cétura, qui lui donna entre autres fils : Madian... Agar qui lui donna Ismaël... et Saraï, l'épouse légitime, qui lui donna Isaac. Celui-ci engendra Esau et Jacob (Israël). De ce dernier est issu le peuple des Hébreux. Selon l'historien américain P. K. Hitti7, ce peuple hébreu émigra en Palestine, à travers la Syrie entre 1500 et 1200 av. J.-C. Ce fut la seconde émigration, bien définie dans le temps et l'histoire, d'un peuple sémite vers le Croissant fertile. Il naquit en l'an du monde 1757, avant Jésus-Christ; soit, 2243, avant l'ère vulgaire 2247. Ce qui embarrasse ici les interprètes, c'est,

1° que Phaleg n'est venu au monde que cent ans après le déluge. Or il semble qu'alors le nombre des hommes n'était pas encore assez grand pour faire une entreprise comme celle de Babel.

2° que Jectan, frère de Phaleg, avait déjà treize fils au temps de la dispersion arrivée après la confusion de Babel (Ge 10 :26-28). Phaleg étant né l'an 34 de Héber, (Ge XI, 16), il est impossible que Jectan, son frère, ait pu avoir ce nombre d'enfants lors de la naissance de Phaleg. Il semble donc qu'il n'est pas né au temps de la dispersion. A cela on peut répondre que Moïse a rapporté les noms des treize fils de Jectan dans la Genèse, (Ge 10, 26), par anticipation, quoiqu'ils ne fussent nés qu'assez longtemps après la confusion de Babel? Mais comme ils occupèrent un assez grand pays, il était important de les faire connaître, et de les nommer parmi les autres descendants de Noé, qui se partagèrent les provinces d'Orient. Quoi qu'il en soit, Phaleg, âgé de trente ans, engendra Réu (Ge 11 :18), et mourut âgé de deux cent trente-neuf ans.

Histoire de Phaleg

Phaleg, qui avait conçu l'idée de la tour de Babel et en avait dirigé la construction.
La tour de Babel, le mot Babel signifiant en hébreu "confusion" "Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont la tête soit dans les cieux. "Après qu’ils eurent jeté les fondations de cet édifice, le Seigneur, dit encore l'Ecriture, jeta les yeux sur la terre et vit l’orgueil des enfants des hommes. Il descendit sur la terre pour confondre leurs projets téméraires. A cette fin, il mit la confusion dans les langues des ouvriers. Phaleg, se sentant coupable, se condamna à une pénitence rigoureuse, il se retira dans le nord de l'Allemagne, où il arriva après bien des peines et des fatigues endurées dans des pays déserts où il n'avait trouvé pour toute nourriture que des racines et des fruits sauvages.
Dans cette région, que l'on appelle la Prusse, il construisit quelques cabanes pour se mettre à l'abri des intempéries.
ll érigea un Temple en forme de triangle, dans lequel il s'enfermait pour implorer la miséricorde de l'Eternel et la rémission de son péché. L'an 553, en fouillant à quinze coudées de profondeur dans les mines de sel de Prusse, on découvrit un bâtiment de forme triangulaire au milieu duquel se trouvait une colonne de marbre blanc. Sur sa base, toute cette histoire était écrite en hébreu.
A côté de cette colonne, il y avait un tombeau de grès, contenant de la poussière et une pierre d'agate portant l'épitaphe suivante:
" Ici reposent les cendres de l'architecte de la tour de Babel.
Le Seigneur eut pitié de lui, parce qu'il devint humble."

Le texte de la colonne nous dit aussi que Phaleg était fils d'Eber, dont le père était fils d’Arpaxad, qui était fils de Shem, fils aîné de Noé. Mot de passe au 21ème degré REAA – « Noachite » ou « Chevalier Prussien » : Phaleg (dit d’une façon lourde et empreinte de tristesse).

1 Cf. la lettre adressée en 1788 par le Grand Secrétaire des Ancients à Lord Elcho, Grand Maître de la Grande Loge d'Ecosse (Charles Bolton 1897, Grand Master's Lodge No. 1: 22, cité par Hextall, AQC ( Ars Quatuor Corronatum – revue de la Loge de Recherche Ars Quatuor Corronati ) 23: 48. Citée aussi par Alain Bernheim in « ÉTUDES MAÇONNIQUES - MASONIC PAPERS - LA FRANC-MAÇONNERIE, L’ANGLETERRE ET LES MYTHES » : « The Innovations which have of late crept into Masonry in this Kingdom ... as they tend to affect the integrity of the system, it is the duty of the Brotherhood to discountenance. We trust the time is not far distant when, sensible of the inconvenience as well as the fault of the Deviation, they will come back within the Landmarks of the Craft. » Trad JJ.

2 « Les plus secrets mystères des hauts grades de la maçonnerie dévoilés, ou, Le vrai Rose-Croix » - Par Bérage - Publié « à Jérusalem » en 1766.

3Cf. Martinez de Pasqualy « traité de la réintégration des êtres ».

4 Cf. « Le parfait maçon : les débuts de la maçonnerie française (1736-1748) » : anthologie Par Johel Coutura, Société française d'étude du XVIIIe siècle, Collaborateur Société française d'étude du VIIIe siècle - Publié par Université de Saint-Etienne, 1994

5Gen 10:25 « Il naquit à Héber deux fils: le nom de l'un était Péleg, parce que de son temps la terre fut partagée, et le nom de son frère était Jokthan. » 1Ch 1:19 « Il naquit à Héber deux fils: le nom de l'un était Péleg, parce que de son temps la terre fut partagée, et le nom de son frère était Jokthan. » L'identité presque parfaite de ces deux versets n'est pas chose courante dans le Pentateuque et mérite d'être soulignée. En général, la répétition de termes ou de commandement indique leur importance car l'Éternel ne se répète jamais. On retrouve Phaleg dans Luc 3;35, c'est à dire la généalogie de Jésus.

6Cf. RP. Dom Augustin Calmet in « Dictionnaire, historique, critique, chronologique, géographique et littéral de la Bible » - Chez Marc Bousquet à Genève 1730

7Philip Khuri Hitti fut un Historien spécialiste de l'Islam décédé en 1978, fondateur du département d'études du proche-orient à l'Université de Princeton,

Source : http://truthlurker.over-blog.com/article-36031099.html

Par Lurker - Publié dans : Planches
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Vendredi 25 juillet 2014 5 25 /07 /Juil /2014 07:44

L'ordre Dorique 


Dans les temps les plus reculés, partout dans le monde, les peuplades nomades se déplaçaient librement en érigeant des pierres dressées, symbole de la flamme céleste, lumière qui éclaire l'esprit humain. Tous avaient en commun une vision unitaire du monde, du visible, à l'inaccessible à l'esprit humain. 
Plus tard l'homme imaginatif doublé de sa ferveur religieuse, donna naissance aux Tumulus, Dolmens et bien d'autres créations. 
Puis se dressèrent à travers le monde: pyramides, pagodes, basiliques, temples et 
cathédrales: ouvrages des compagnons opératifs           
Le 2è voyage initiatique invite les compagnons en devenir, à cultiver les 5 ordres d'architecture que sont: le dorique, l'ionique, le corinthien, le toscan et le composite. 
5 ordres représentent 5 marches à gravir dans l'évolution du compagnon en construction. 
Pour cela et lors de ce voyage, 2 outils symboliques lui sont offerts: la règle, synonyme de la loi morale, dirige notre conduite et le levier qui nous permettra après ciselage, de poser notre pierre en vue de l'érection du Temple symbolique. 
L'architecture de la colonne de pierre du F :.M :. Opératif est comparable à l'architecture du corps humain : une base, un corps de pierres ciselées et empilées et un chapiteau, cette colonne a évolué dans l'histoire. Pour la 2è citée : des pieds, un corps soutenu par 33 vertèbres empilées et une tête dotée d'une intelligence qui doit évoluer dans le temps. Cette colonne multi séculaire du F\ M \ Opératif est riche en enseignements; donnons-lui la parole. 
L'ordre Dorique est le plus ancien des ordres d'architecture grecque : Le Parthénon en Grèce en est le type (447 AV JC). Harmonie des proportions, il est austère, puissant et robuste. Beauté et raison sont étroitement liées dans la colonne Dorique. Elle repose avec simplicité directement sans base sur le soubassement (stylobate).Elle est courte et massive, elle évoque force et grandeur. Sa hauteur est égale à 8 fois son diamètre de base. Son pourtour est creusé de 20 cannelures formant des crêtes vives, réduites à 16 par les Romains qui ajoutèrent une base. Son chapiteau rectangulaire est peu élevé. En fait, les phénomènes de forme qui sont apparus aux différentes époques dans l'architecture et la décoration dans les différents pays, sont tantôt de l'ordre spirituel, comme les proportions ou les styles, tantôt d'ordre plus matériel comme les éléments ornementaux empruntés tri souvent à la nature. Ils participent à la vie sociale et morale comme des êtres animés. Ils l’expriment dans l'image offerte par l'évolution des goûts comme par l'évolution des meurs. 2 colonnes symboliques prennent une place essentielle dans notre Ordre. C'est Hiram de Tyr qui coula les 2 colonnes d'airain pour le temple de Salomon, nous dit le livre des Rois. Il les nomma Jakin et Boaz. Cet artisan était rempli de sagesse, d'intelligence et de science. L'airain, alliage sacré est synonyme d'immortalité et d'inflexible justice. II est aussi le signe de l'alliance indissoluble du ciel et de la terre. Hiram coula aussi un chapiteau pour chaque colonne, orné de 200 grenades où figuraient des lys, le tout relié par 7 chaînettes festonnée.
Boaz signifie « en force » ; Cette colonne est peinte en bleu considéré comme passive, féminine associé à la lune. Elle se dresse à l'intérieur du temple de la loge, à la porte de l'occident, à gauche en entrant, coté nord. C'est la colonne des apprentis dans le silence et la pénombre du septentrion. Du mot Boaz ressort toute la signification du cabinet de réflexion : descente en soi même vers la source de lumière intérieure et profonde. EN FORCE, c'est la force profonde qui vient de cet approfondissement intérieur. Cette colonne nous parle du travail de l'apprenti ; un peu de lumière naîtra du travail au fond de soi permettant la fermentation intérieure et l'éclosion de l’œuf : renaissance de l'apprenti. 
Les grenades, fleurs de lys et chaînettes, préfigurent respectivement ordonnées : le cycle de germination des graines en terre au solstice d'hiver et renaissance de l'apprenti. Puis restitution de l'apprenti à la vie pure et enfin notre chaîne d'union où l'apprenti est soutenu par ses frères dans la lente progression de sa construction, vers la connaissance de soi. 
Jakin signifie : « qui établira », qui fondera. Cette colonne est de couleur blanche. Elle est considérée comme active et masculine. Associée au soleil, elle est à droite en entrant dans le temple. C'est la colonne du midi, la colonne des compagnons pèlerins, dans le sillage de la pleine lumière. Grenades, chaînettes et fleurs de lys préfigurent sur cette colonne d'autres aspects symboliques: fécondation du monde ensemencé par l'homme ouvert à l'univers, ardeur du F :.M :; vers un idéal commun et enfin : élévation vers le plus haut de la connaissance, vers la perfection, vers le divin. 
Jakin nous parle aussi d'autre chose : c'est l'action de la main, du toucher, du façonnage. C'est la main qui sent et qui crée jusqu'à l'aboutissement final. Cette colonne nous parle bien de l'action qui prend la mesure de l'homme et qui agit sur la création dans une œuvre de perfectionnement cosmique. C'est à la colonne J que le compagnon peut prendre la parole car il a acquit la capacité intérieure de dire une parole : c'est donc là qu'il reçoit son salaire. Boaz et Jakin symbolise l'accession au spirituel en interaction permanente 
Approfondissement intérieure de l'apprenti, expression extérieure et action sur le monde du compagnon en progression vers la maturité féconde. 
Après la colonne, laissons parler le cœur : C'est par la Foi qui n'est autre que la lumière de l'esprit nourrie par l'Amour, que nous parviendrons avec sagesse et intelligence à insérer notre pierre ciselée; dans notre temple commun, celui d'une société plus humaine ; La parole est donnée à l'ordre Ionique. 

M\ B

L'Ordre Ionique 


Le sujet de ce soir m'a permis de me replonger sur mes deux années maçonniques passées à vos côtés. Grâce à cela je vais vous livrer mon sentiment profond, mes pensées actives. Je vous livrerai mon travail intérieur, mon voyage vers mon être le plus profond. Ce voyage qui m'a permis et continue encore à établir mon temple intérieur. 
L'ordre d'architecture Ionique ; lorsque je me suis penché sur ce sujet, je suis resté perplexe, profane devant la complexité de cette réalisation. 
L'histoire nous donne comme origine : les Grecs étant passés dans l'Asie mineure sous la conduite d'Ion, un de leurs chefs, voulurent élever un temple magnifique à Ephèse en l'honneur de Diane. lis cherchèrent, pour décorer ce monument, un nouvel ordre d'Architecture qui, sans être moins régulier que le Dorique, offrit un genre de beauté plus délicate, et qui fût susceptible de recevoir plus d'ornements. Comme l'ordre Dorique avait été déterminé sur le corps de l'homme, ils imaginèrent de régler les proportions du nouvel ordre sur la taille plus délicate des femmes Grecques. Poussant loin l'imitation, ils copièrent les boucles de leurs cheveux, ce qui donna lieu aux volutes du chapiteau, et ils cannelèrent les colonnes pour imiter les plis de leurs vêtements. Ce nouvel ordre fut nommé Ionique. 
L'ordre ionique est l'un des trois ordres de l'architecture grecque, caractérisé surtout par un chapiteau orné de volutes et une colonne élancée ornée de cannelures profondes et possédant une base moulurée. 
Les ordres d'architectures sont le départ de la construction d'édifices toujours présents de nos jours (Acropole, cathédrales,...). La précision de ces réalisations, les matières nobles employées ont permis de les faire perdurer dans les âges et les différentes générations. 
La méthode maçonnique sur cet ordre nous a été transmise par nos frères opératifs. 
Je pense qu'il faut prendre en compte plusieurs perceptions qu'offre à notre compréhension cet ordre.
Sur un plan maçonnique je pense que nous pouvons prendre l'inspiration du chapiteau ionique et de sa colonne qui pourrait venir du temple d'AthénaNikè qui me dévoile tout d'abord le sentiment de ‑ RASSEMBLEMENT: La forme d'ensemble du chapiteau rassemble deux formes, relie la face avant et la face arrière de chaque volute. 
Cela nous plonge dans le rassemblement des francs maçons et de leurs idées. Nous sommes tolérants et nous nous acceptons tels que nous sommes. Nous sommes liés par notre serment et par notre existence. 
Puis un sentiment ‑ INCOMMENSURABLE: La synchronisation parfaitement symétrique, bien équilibrée donne à la structure une dimension de grandeur et de gigantisme. La colonne si bien tendue, érigée vers l'infini. 
Comme le fil à plomb garant d'une profondeur spatiale du zénith au nadir. De notre existence d'homme vers les étoiles vers l'intouchable ou presque. Maintenant, 
- Expression du CONTINU : Les volutes forment un ensemble de courbe continu qui va de l'une jusqu'à l'autre, mais cette courbe est marquée par des étapes qui sont bien séparées: d'abord elle a la forme d'une spirale, puis elle se transforme en souple horizontale un peu creusé au sommet du chapiteau, puis elle devient la spirale opposé sur l'autre côté du chapiteau. 
Ces étapes peuvent être rapportées à celles franchit par le franc-maçon tout au long de son cheminement initiatique, du commencement vers l'infini. Du cabinet de réflexion ou une renaissance à lieu pour perdurer vers une progression lente mais constante. 
Voyons maintenant un autre sentiment qui m'est propre :
‑ Expression du LIE : le chapiteau est obtenu au moyen de diverses formes bien séparées visuellement qui sont parfaitement liées ensemble par leur emboîtement mutuel. 
Nous sommes comme les doigts d'une seule main, nous sommes liés pour la vie. Quoique différents, comme de diverses formes existantes en architecture, nous nous reconnaissons comme frère. 
II est donc nécessaire de toujours tailler sa pierre de plus en plus adroitement et finement afin de tenter de devenir un homme libre tant dans sa vie maçonnique que dans sa vie profane afin d'apporter sa pierre à l'édifice. 
Cette transmission de savoir et d'allégeance nous permet avec force de passer de l'état de franc maçon opérateur à franc maçon spéculatif. Ce message de la tradition transmis depuis des âges nous permet d'asseoir toute notre logique. Nous utilisons des outils de bâtisseurs. Nous taillons notre pierre brute pour approfondir notre pensée. C'est en participant à la construction de l'édifice, du temple que nous contribuons à consolider la franc- maçonnerie. 
Ces ordres peuvent se rapprocher aux trois colonnes du temple qui peuvent être symbolisées par la sagesse, force et beauté. La sagesse qui dirige et nous guide, la Force qui nous soutient dans toutes nos difficultés et la beauté qui orne notre conscience 
La colonne de mon grade est là pour me guider sur le chemin initiatique du compagnon. 
II ne faut pas oublier en conclusion que les cinq ordres, le Toscan, le Dorique, l'Ionique, le Corinthien et le Composite correspondent à la base, à la perpendiculaire, au diamètre, à la circonférence et à l'équerre. 

O\ C\ 

L'ordre Corinthien 


L'évolution de l'architecture grecque nous amène au 3è ordre fondamental qui apparu au Vé et IVe siècle av JC, l'ordre Corinthien. II se caractérise par une colonne à 24 cannelures et 18 rayons, mais pas de base, son chapiteau orné de feuilles d'acanthe d'où émergent 4 volutes, donne à cette colonne d'origine ionique un couronnement bien venu, par son efflorescence de plus en plus haute et touffue. 
Ce chapiteau connaît un vif succès car en plus de son aspect esthétique, il résout le problème du chapiteau ionique qui avait l'inconvénient de ne pas être identique sur toutes ses faces et en particulier aux colonnes d'angle. Ce nouvel ordre allie désormais la force à l'élégance, supplantant le dorique majestueux par la simplicité de sa colonne trapue posée directement sur le soubassement, et l'élégance du ionique due à sa colonne élancée reposant sur une base et son chapiteau décoré de volutes en forme de corne de bélier. 
Cette évolution, cet embellissement architectural, me ramène sur un plan maçonnique à notre recherche perpétuelle à nous améliorer en travaillant sur notre pierre cubique, en la façonnant coup après coup aidé du maillet et du ciseau, en effet la connaissance acquise en tant qu'apprenti associé à l'énergie, nous apporte la force pour gommer les aspérités, polir ensuite notre pierre nous ouvrant ainsi peu à peu la voix de la sagesse. 
II me reviens sans cesse en tête un des symboles de l'apprenti qu'est la perpendiculaire, ce chemin vers le haut et le bas, qui nous est si bien transmis par Hermès Trismégiste dans la table d'émeraude, dont le but essentiel est de ce connaître soi même, pour trouver sa place dans l'univers, et comprendre que le sens de notre quête est la vie par l'amour. Nous passons de la perpendiculaire au niveau en tant que compagnon, nous avons acquis assez de connaissance de l'intérieur comme vers l'extérieur pour enfin envisager une construction sur des bases solides, qui nous permettrons de nous élever vers le ciel comme les colonnes du temple, les compagnons étaient d'ailleurs appelés au moyen âge, les enfants de Salomon, autrement dit nous suivons l'enseignement de nos maîtres, garant de la tradition maçonnique, au service de cette veuve et de ces orphelins. 
Le 1er exemple connu de l'ordre corinthien se trouve au temple d'Apollon de Bassae­Phigalie (fin du Vé siècle). Callimachus, célèbre sculpteur, serait l'inventeur du style corinthien, et Vitruve qui fut un grand constructeur à l'époque de jules César, nous conte dans son livre IV sur l'architecture la touchante histoire du chapiteau corinthien. II compare les proportions des trois ordres grecs à celles de l'homme, la femme et de la jeune fille. La délicatesse de cette jeune fille à qui l'âge rend la taille plus dégagée et plus susceptible de recevoir les ornements qui peuvent augmenter la beauté naturelle. 
C'est une projection de l'être humain, de soi même, de l'intérieur vers l'extérieur, chercher sans cesse au fond de soi le meilleur, et ensuite le partager, l'offrir au monde. Je me rends compte que l'art de l'architecture prend comme source d'inspiration les proportions humaines pour les élever en édifices dédier dans la plupart des cas aux dieux, dans le seul but de rapprocher l'homme de Dieu, mais aussi de rapprocher Dieu de l'homme. Non pas que nous ayons besoin de croire qu'il existe un être supérieur et puissant qui créa l'univers, mais croire simplement que nous pouvons nous élever spirituellement pour mieux comprendre notre univers et accepter que nous ne somme qu'un avec lui, nous servant pour cela de nos 5 sens indispensable à notre croissance et notre recherche. 
Ce style corinthien traversera le temps et les époques, il connaîtra différentes phases, tantôt enrichi, mêlé, tantôt simplifié ou abâtardi jusqu'à l'aube du 20ème siècle. On retrouvera au moyen âge l'emploi de colonnes antiques dans certaines basiliques, voire même la juxtaposition, dans une même file de colonnes, de chapiteaux ioniques, composites et corinthiens, de fûts de diamètre, de hauteur et de types variés. Cette diversité liée d'abord à la difficulté de trouver du marbre en quantité suffisante, devient après l'époque carolingienne un véritable goût, et l'on verra des basiliques italiennes devenir de véritables musés d'art antique. Le chapeau corinthien demeurera longtemps la base du décor monumental. 
Nous voyons au centre de notre temple, posée sur le pavé mosaïque, les 3 colonnettes, représentant chacune une style et positionnées en loge suivant un ordre architectural mais aussi symbolique. 
En effet, la colonne Dorique qui est la plus ancienne, la plus trapue et la plus résistante était vouée au niveau du rez-de-chaussée qui porte le poids de l'édifice, on la retrouve en loge à l'orient face au vénérable qu'elle représente, portant lui-même le poids de notre atelier. 
La colonne tonique, plus qui était destinée aux premiers étages des édifices se trouve sur la colonne Boaz et face au 1er surveillant qu'elle représente, lui-même après le vénérable, supportant une partie du poids de l'édifice et surtout du bon accomplissement du travail des compagnons. Enfin La colonnette corinthienne qui était vouée aux second étages des constructions, placée en loge devant la colonne Jakin, est associé au 2é surveillant qui accompagne les apprentis, et assiste le vénérable et le 1er surveillant dans nos travaux de loge. 
L'art architectural ne cesse d'évoluer à travers les âges, utilisé pour édifié des temples à la gloire des dieux, s'enrichissant toujours plus par la tradition des siècles passés, cet art nous démontre que les croyances et les idées changent et passent, alors que les lois de l'équilibre et de la géométrie restent à jamais, elles sont la vrai tradition de notre construction personnelle, car elles ont l'avantage d'unir les hommes qui recherchent dans l'harmonie du monde, le modèle de leur équilibre intérieur. 

J\-P\ G\ 

Ordre Composite et Ordre Toscan 


Je prendrai la suite de mes frères en traitant les ordres architecturaux ou l'on peut trouver deux types d'ordres qui sont : les ordres GRECS (dorique, ionique et corinthien) et le sujet de mon travail: les ordres Romains (Composite et Toscan). 
Je commencerai par la définition de ces différents ordres, puis je vous donnerai mon sentiment personnel car je pense qu'il est plus intéressant qu'une copie mal faite d'ouvrage. Maintenant, en tin que compagnon, vous m'avez donné le droit à la parole. 
C'est avec humilité que je vais la prendre car le verbe en est lié. Nous travaillons dans 
des Loges de St Jean, l'Evangile selon St jean. 
Saint Ignace d’Antioche ne parle‑t‑il parle du « Verbe sorti du Silence » ? ... 
Ordre composite 
C'est un mélange savant d'ionique et de corinthien, c'est à dire que nous retrouvons en dessous, la volute ionique et au-dessus une échine taillée en oves. 
C'est au 16eme siècle que les architectes imaginèrent cet amalgame car ils en avaient remarqué un exemple dans l'arc de Titus. (cet arc commémore la prise de Jérusalem 70 ans après JC ) 
L'ordre composite allie la force dans la beauté, le tout supporté par un pilier lisse, blanc donc vierge et le tout posé sur la terre ou fondation : nos racines, le premier voyage que l'apprenti à vécu. 
Le compagnon devra donc faire preuve de beauté dans son action. 
Ordre toscan C'est une imitation de l'ordre dorique Grec. Les Romains l'employèrent avant de faire la conquête de la Grèce. Sa principale caractéristique est l'absence de tout ornement, la pureté simple de l'art. 
Durant notre initiation au 2 e degré et pendant notre 2e voyage, deux outils nous sont remis : La règle ‑ représentant la loi morale ‑ et le levier ‑ multipliant nos forces. 
Nous retrouvons cet alliage dans le composite (la force et la beauté, levier et règle). 
Nous sommes au grade de compagnon chacun de nous doit transmettre le savoir acquis pendant la période d'apprentissage. 
Je citerai Vitruve « une construction ne tient debout que si les règles sont appliquées ». 
Comme dans toute société il y a des lois, des règles à respecter, afin que chacun puisse s'épanouir grâce au bienfait de cette forme de liberté donnée. 
Par contre comme nous l'indique le rituel « Ses divers styles se sont succédés dans le temps suivant l'évolution du goût des constructeurs, mais tous ont eu pour objet l'harmonie des édifices qu'ils devaient ériger. » 
A nous d'adapter notre savoir par rapport à la situation. La recherche de la vérité n'est pas une science exacte car nous ne sommes confrontés qu'à des êtres vivants donc évoluant eux aussi, à des civilisations et dans des sociétés tributaires des mêmes éléments. 
Un, deux et trois ....La force, la beauté, la sagesse. 
Ces ordres d'architecture nous révèlent encore que tout est symboles; oui, mais je découvre une autre face cachée qui est l'élévation de la pensée par la connaissance que définirai par la naissance de l'être. Je suis encore dans cet état latent, c'est pour cela que l'on ne peut pas parler de maîtrise. 
Il faut que j'essaye de tout emboîter pour pouvoir poursuivre mon chemin avant de vouloir le partager. 
Nous avons dit, Vénérable Maître. 

Source : www.ledifice.net

Par G\ S\ - Publié dans : Planches
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Jeudi 24 juillet 2014 4 24 /07 /Juil /2014 07:11

A l’issue du deuxième des cinq voyages du rituel de réception au deuxième degré que le futur Compagnon effectue avec la règle et le levier, le frère Expert lui fait lire un cartouche sur lequel est inscrit :

« Dorique, Ionique, Corinthien, Toscan, Composite »

Ces termes font référence aux ordres d’architecture grecs et romains. Le sujet de méditation qui est ainsi proposé au récipiendaire est donc l’architecture, l'art de bâtir des édifices. Comme la musique est l’art d’assembler harmonieusement les sons dans le respect de la vibration naturelle des corps sonores, l’architecture est l’art d’assembler les matériaux dans le respect des lois physiques, au moyen d’outils, pour en faire des édifices harmonieux. Les deux arts sont fondés sur l’harmonie de rapports, de proportions qui se laissent ramener à des nombres.
Architecture vient du grec archè, le commencement, le commandement, le principe et de tektonikos, le charpentier ou le bâtisseur, littéralement le bâtisseur des origines.
L’architecture serait ainsi un ordre soumis, tout comme l’Univers, à l’archè, au principe du nombre. L’un des traits qui demeureront ceux de la philosophie grecque est en effet l’idée selon laquelle le monde est tout à la fois un et multiple, un monde où la pluralité des éléments et des puissances est dominée et compensée par une loi abstraite d’équilibre et d’harmonie régie par le nombre.
Les hommes ont connu le nombre en se référant à la nature. Ce sont les ancêtres qui ont su lire dans la nature ce qui y fait force de loi : c’est-à-dire le langage des chiffres, de la géométrie, des proportions.
De fait la référence à nos prédécesseurs est constante dans le rituel du second voyage du Compagnon.
Il est ainsi dit :
« Ce sont les matériaux, les outils, les chefs-d’œuvre de cet art (l’architecture) que vous voyez figurés dans nos ateliers et sur les tableaux de nos loges… Tout cela concourt à la construction du temple que nous élevons en continuant la tâche de nos prédécesseurs. Il n’importe que le temps ait respecté leurs œuvres ou qu’il les ait recouvertes de la poussière de l’oubli. Le Grand Art de la maçonnerie demeure pour attester l’élévation de leur pensée, l’étendue de leurs connaissances et la splendeur de leur génie ».
Le second voyage a, à mon sens pour objectif, d’amener le Compagnon à rendre hommage aux grands anciens opératifs, aux savants, aux chercheurs, aux bâtisseurs, aux explorateurs qui ont modelé le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui et qui nous l’ont légué en héritage.

DORIQUE, IONIQUE, CORINTHIEN, TOSCAN, COMPOSITE

Les ordres ou styles architecturaux sont à la fois système de formes, de proportion et langage décoratif. Au sein de ces ordres, la colonne qui définit les proportions générales et son chapiteau qui détermine le style sont les éléments les plus importants.

Il y a deux ordres fondamentaux crées par les grecs, le Dorique (qui vient du continent, de la péninsule du Péloponnèse) et l'Ionique (qui vient des îles et de la côte orientale de la mer Égée).
Ces deux ordres ne se résument pas au style des colonnes et des chapiteaux. Ils régissent également l'agencement des lieux et les proportions des éléments constituant le monument auxquels ils s'appliquent.
L'ordre Corinthien n'est pas un style en lui-même, c'est l'ordre Ionique avec un chapiteau à feuilles d'acanthe. A ces trois ordres grecs, les romains ont ajouté 2 variantes : le Toscan et le Composite pour constituer les chapiteaux des cinq ordres d’architecture du rituel d’initiation du Compagnon.
Le premier texte qui définit les cinq ordres classiques est le traité d’architecture en dix volumes « De Architectura »dédié à l’Empereur Auguste par l’architecte romain Vitruve vers 25 avant J.-C .
L’homme, créature la plus parfaite parce que formée à l’image de Dieu, microcosme reflétant le macrocosme, apparaît selon Vitruve comme le modèle à suivre dans une architecture en quête de perfection. Le rituel de la cérémonie de réception au second degré est dans la lignée de cette approche anthropomorphique quand il dit : « A l’image harmonieuse des colonnes qui s’élevaient à l’entrée du temple de Salomon, soyez vous-même une colonne vivante qui s’élève vers les hauteurs, tout en vous appuyant sur la terre qui vous a donné naissance. Vous deviendrez ainsi l’un des piliers inébranlables de notre temple ».
Comment ne pas penser en lisant ce passage du rituel à ces vers de Baudelaire dans les correspondances :
La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers

DORIQUE
L’ordre Dorique, le plus simple, le plus « masculin », a vu le jour vers -630 dans le Péloponnèse. La colonne massive n'a pas de base, le chapiteau est lisse et simple. Vitruve rapporte dans son traité d’architecture l’origine mythique de la colonne Dorique : « Ils cherchèrent un moyen de faire des piliers à la fois assez forts pour soutenir le poids de l’édifice et agréables à la vue. Pour cela ils prirent la mesure du pied d’un homme qui est la sixième partie de sa hauteur, ils se réglèrent sur cette proportion de sorte qu’en donnant une grosseur quelconque à la tige de leurs colonnes ils la firent six fois aussi haute et c’est ainsi que la colonne Dorique fut employée dans les édifices avec la proportion, la force et la beauté du corps d’un homme ».
Le Parthénon à Athènes et le temple d’Héra sont sans doute les temples grecs les plus représentatifs du style Dorique.
Ce style était répandu en Grèce et dans les colonies grecques qu’étaient alors le sud de l’Italie et la Sicile.

IONIQUE
L’ordre Ionique est apparu une centaine d’années après l’ordre Dorique dans les îles de la mer Egée et en Ionie, une région qui se situait sur la côte ouest de l’actuelle Turquie. La colonne Ionique est plus élancée. L‘élévation du fût est de huit à douze fois sa base. Le chapiteau est décoré de volutes en forme de cornes de bélier qui évoquent des cheveux féminins.
La légende, toujours véhiculée par Vitruve, veut que des populations de l'Asie mineure sous la conduite d'Ion, un de leurs chefs, voulurent élever un Temple magnifique à Ephèse en l'honneur de Diane. Ils cherchèrent, pour décorer ce monument, un nouvel ordre d'architecture d’une beauté plus délicate que le Dorique et susceptible de recevoir plus d'ornements. Comme l'ordre Dorique avait été déterminé sur le corps de l'homme, ils imaginèrent de régler les proportions du nouvel ordre sur la taille des femmes grecques. Poussant encore plus loin l'imitation, ils ont donné au chapiteau la forme des boucles de leurs cheveux et ils cannelèrent les colonnes pour imiter les plis de leurs vêtements.
Le flacon du parfum Organza de Givenchy emprunte à l’évidence à la symbolique de la colonne Ionique.
Le temple d’Athéna Niké
]  , déesse de la victoire et protectrice d'Athènes, construit en -423 dans cette ville est emblématique du style ionique, lequel poussé à son extrême logique, aboutit au portique des Caryatides de l'Érechthéion. Ce temple de style ionique fut construit entre -421 et -406 en l'honneur d'Athéna et de Poséidon sur l’acropole d’Athènes. Il comprend trois portiques, dont celui des Caryatides à l'arrière. Les colonnes de ce portique sont constituées des statues de six jeunes filles revêtues de grandes robes commémorant la défaite des habitants de Carya, dans le
Péloponnèse, coupables de s’être alliés aux Perses. La fonction de support exprime visuellement l’asservissement de ces femmes.

CORINTHIEN
L’ordre Corinthien tire son nom de la cité de Corinthe. Il ne s’agit pas d’un ordre à proprement parler mais d’une colonne Ionique avec un chapiteau à feuilles d’acanthe.
Vitruve, rapporte ainsi la légende de sa création : Une jeune fille de Corinthe, étant morte, sa nourrice posa sur son tombeau un panier contenant ses objets familiers. Pour protéger son contenu, elle mit une tuile sur le dessus. Le panier ayant été placé sur une racine d'acanthe,
les feuilles et les tiges l'enveloppèrent bientôt et contraintes par la tuile, se recourbèrent, formant ainsi des volutes. Le sculpteur athénien Callimaque passant auprès de ce tombeau, séduit par cette disposition inattendue des feuilles autour de la corbeille, décida de l'imiter et de l'adapter aux colonnes qu'il réalisait en réglant sur ce modèle les proportions et le style de l’ordre Corinthien.
Selon Vitruve si la colonne Dorique symbolise le corps de l’homme, l’Ionique celui de la femme, l’ordre Corinthien symbolise le corps de la jeune fille. La référence à un végétal permet également d’en faire le symbole de la nature.
Le chapiteau Corinthien est élégant et son décor est touffu. Il donne un sentiment de luxe et de richesse. S’il a été rarement utilisé dans la Grèce antique, ce style se retrouve fréquemment dans le Rome antique. Le Panthéon à Rome en est un exemple.
Dans sa pièce Les Amours de Psyché et de Cupidon Jean de La Fontaine prête les paroles suivantes à Psyché quand elle découvre le palais de l’amour :
« Ces ordres dont les Grecs nous ont fait présent,
Le dorique sans fard, l’élégant ionique,
Et le corinthien superbe et magnifique,
L’un sur l’autre placés, élèvent jusqu’aux cieux
Ce pompeux édifice où tout charme les yeux ».


L’ORDRE TOSCAN est transposé du Dorique. La colonne Toscane comprend une base et son chapiteau est souligné par une astragale.

L’ORDRE COMPOSITE se distingue par un chapiteau qui réunit les volutes du chapiteau Ionique et les feuilles d'acanthe du chapiteau Corinthien.

UNIVERSALITE DES ORDRES ANTIQUES D’ARCHITECTURE

Il n’est guère d’autre domaine de l’art occidental où l’héritage grec se soit pérennisé autant qu’en architecture : les ordres progressivement mis au point par les grecs se sont transmis – tour à tour enrichis, mêlés, simplifiés, abâtardis, puis apurés et combinés de nouveau – jusqu’au seuil du XXe siècle, en sorte que toute l’architecture monumentale de pierre de l’Occident a, pendant vingt-cinq siècles, parlé peu ou prou ce langage clairement articulé, auquel elle a su faire dire des choses bien différentes.
Les ordres grecs sont basés sur les proportions humaines, ce qui est l’un des moyens les plus remarquables de relier l’homme à son habitat et aux bâtiments publics. L’usage des ordres classiques est la manière de refléter les idéaux démocratiques qui guident la plupart des nations du monde. En effet la démocratie ou pouvoir du peuple est née à Athènes, en Grèce, il y a environ 2.500 ans, en même temps donc que se sont développés les ordres classiques d’architecture.
Nombre de bâtiments publics, dans le monde entier et à commencer à Madagascar intègrent dans leur conception des éléments de ordres classiques. Il en est ainsi du palais du pierre, aujourd’hui bien solitaire, qui enserrait Manjakamiadana, du Palais du Premier Ministre, du palais de justice de Ranavalona II à Andohalo, construit dans le plus pur style Ionique, de l’école de médecine, des belles maisons de la ville haute. Faut-il s’en étonner lorsque l’on sait que c’est un franc-maçon, le missionnaire-architecte écossais James Cameron qui, à la demande de la Reine Ranavalona II, en 1869, a recouvert le Palais de Manjakamiadana, d'une ossature en pierre qui est devenue l’archétype de la maison traditionnelle malgache avec ses éléments caractéristiques : colonnes de pierre ou de brique à chapiteau soutenant une varangue, avec dans certains cas une tour d’angle. Trois ordres d’architecture se superposent au palais de pierre de Manjakamiadana, au premier niveau, de solides piliers carrés qui rappellent le style Dorique, au second niveau des demi-colonnes cannelées à chapiteau Corinthien et au troisième niveau des demi-colonnes cannelées à chapiteau Composite.

HOMMAGE A LA GRECE ANTIQUE

Les symboles maçonniques ont quatre origines principales : cosmique, biblique, « compagnonnique » et Pythagoricienne. Phytagore est né à Samos vers -57O sur les rives de la mer Egée, là où s’est développé, à la même époque, l’ordre Ionique.
La référence aux ordres d’architecture dans notre rituel me paraît donc un hommage rendu à l’école Pythagoricienne et plus largement à la civilisation Grecque antique à laquelle nous devons tant.
Vers le VI° siècle av. J.‑C., le long de la côte de l'Asie Mineure, en Ionie, survint le plus invraisemblable des développements : le « miracle grec », qui dura près de huit siècles. En plein milieu de l'univers mythique, une poignée d'hommes exceptionnels parvinrent à renverser la vapeur et à semer les germes d'un nouvel univers qui allait sonner le glas de l'ancien.

Les Grecs introduisirent l'univers scientifique, qui est encore le nôtre aujourd'hui. Au lieu de s'abandonner aveuglément aux Dieux et de se contenter d'observer les événements naturels sans les comprendre, les Grecs eurent l'intuition révolutionnaire que le monde pouvait être disséqué en ses différentes composantes et que la raison humaine était capable d'appréhender les lois qui régissent le comportement de ces composantes et leurs interactions entre elles. La nature pouvait être sujet de réflexion et de spéculation. La compréhension des lois naturelles qui était réservée exclusivement aux Dieux dans l'univers mythique était partagée par l'homme dans l'univers scientifique.
Munis de cette inébranlable confiance en la capacité de la raison humaine, les Grecs se mirent au travail. La structure de la matière, la nature du temps, les phénomènes biologiques, géologiques et météorologiques, rien n'échappa à leur regard curieux et inquisiteur. Leucippe et Démocrite morcelèrent la matière en atomes indivisibles, une vision qui demeure d'actualité. Pythagore, en élaborant ses théorèmes, fonda les mathématiques et Euclide bâtit sa géométrie.
De cette intense fébrilité intellectuelle émergea un nouvel univers qui prit ses distances avec l'univers mythique.

LE SYMBOLISME DES TROIS ORDRES ET DES TROIS PILIERS

Il y a dans les ateliers travaillant au Rite Ecossais Ancien et Accepté (R\E\A\A\) trois petites lumières placées sur trois colonnes/chandeliers représentatifs des trois principaux ordres d’architecture. Ces colonnes sont appelées dans le catéchisme de l’apprenti les trois grands piliers qui soutiennent la loge et président à la construction des francs-maçons.
La première marche de l’Orient et l’entrée du Temple déterminent un rectangle de largeur 3 et de longueur 4 au centre duquel se trouve le pavé mosaïque, sur lequel est tracé le tableau de loge entouré des trois piliers/chandeliers. Cet endroit délimité par les trois petites colonnes me paraît être le Saint des Saints, la véritable représentation symbolique du Temple, ce qui peut expliquer l’utilisation de colonnes grecques.
Un Temple bancal en apparence puisqu’il ne compte que trois colonnes, ce qui ne permet pas d’assurer un équilibre satisfaisant, bancal en apparence seulement puisque si les trois piliers visibles sont la représentation au sein du cosmos de l’homme (ordres Dorique et Ionique) et de la nature (ordre Corinthien), le quatrième pilier est bien là mais invisible, indicible. Il représente ce que l’on pressent mais que nul homme ne peut voir : Le Grand Architecte de l’Univers, le G\A\D\L\U\, le principe créateur, la vérité, la lumière, que nous recherchons tous consciemment ou inconsciemment, en doutant un peu tout en caressant le secret espoir de trouver un sens à notre existence. Cet état d’esprit est celui de Voltaire lorsqu’il dit :
L'Univers m'embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n'ait point d'horloger.
De toute façon les francs-maçons en bons disciples des chevaliers du Graal, savent que ce qui importe c’est la quête et non le Graal.
Ce qui se trouve autour de cet endroit saint que nul ne foule des pieds, le reste de l’atelier, représente à mon sens le cosmos avec la voûte étoilée, la lune, le soleil, l’étoile flamboyante, l’étoile polaire, l’axe du Monde, le nadir, le midi, l’Orient l’Occident, autant de références géographiques qui me donnent l’impression d’être au dehors, d’ailleurs les deux grandes Colonnes J\et B\ne sont t-elle pas à l’extérieur du Temple puisqu’elles font référence aux colonnes qui étaient placées à l’extérieur du Temple de Salomon, à gauche et à droite de la porte d’entrée. Si je peux les voir cela ne signifie t-il pas que je suis moi aussi à l’extérieur et que le véritable Temple, symbolisé par les trois piliers, est le monde profane ?
Les trois petites lumières occupent une place importante dans notre rituel puisque nos travaux débutent par leur allumage placé sous trois invocations :
A la colonne Ionique « Sagesse » dédiée au V\M\ et plus largement aux MM\de la loge correspond l’invocation :
« Que la Sagesse préside à la construction de notre édifice »
Notre rituel fait correspondre à la colonne Ionique, symbole féminin, la sagesse. Il est de fait que la sagesse au sens d’un comportement juste et raisonnable est le plus souvent l’apanage de la femme que de l’homme, elle qui conçoit, qui porte puis élève les enfants apparaît comme plus mesurée, plus réfléchie, moins aventureuse que l’homme.
Dans la mythologie romaine la, sagesse est personnifiée par un dieu femelle, la déesse Minerve, fille de Jupiter équivalente d'Athéna dans la mythologie grecque. Fière et belliqueuse, elle était la déesse des guerriers, la protectrice de la maison et de l'État, l'incarnation de la sagesse, de la pureté et de la raison. Minerve était aussi la protectrice des arts, de l'artisanat et des métiers.
La Sagesse au sens religieux de la connaissance inspirée des choses divines et humaines, apanage de Salomon, bâtisseur du Temple de Jérusalem, est logiquement une vertu associée au Vénérable Maître qui dirige nos travaux.
Dieu dit à Salomon : Puisque c'est là ce qui est dans ton coeur, puisque tu ne demandes ni des richesses, ni des biens, ni de la gloire, ni la mort de tes ennemis, ni même une longue vie, et que tu demandes pour toi de la sagesse et de l'intelligence afin de juger mon peuple sur lequel je t'ai fait régner, la sagesse et l'intelligence te sont accordées. (Chroniques 1- 11 et 12).
La sagesse dans la perspective des âges de la vie est l’apanage de la vieillesse car on ne reçoit pas la sagesse, elle résulte d’une longue expérience. Il faut la découvrir soi-même tout au long de sa vie en polissant sa pierre au contact des autres pierres du Temple car elle est un point de vue sur les êtres et le monde.
A la colonne Dorique « Force » dédiée au 1ér S\donc aux CC\correspond l’invocation :
« Que la Force le soutienne »
L’ordre Dorique est le plus masculin des trois ordres grecs, il donne aux édifices construits dans ce style la proportion, la force et la beauté du corps d’un homme nous dit Vitruve. Il est donc logique de lui faire correspondre la Force, le premier surveillant et par extension les Compagnons qui n’ont qu’une religion le Travail. A ce titre ils sont les ouvriers à qui l’on a confié un instrument inconnu de l’apprenti, le levier qui en multipliant nos forces nous permet de placer aux endroits utiles les pierres destinées à l’érection du Temple nous dit le rituel de réception du Compagnon.
Dans la perspective des âges de la vie la Force est l’apanage de l’âge mûr où l'homme a atteint son plein développement. D’ailleurs ne dit-on pas d’un homme en pleine possession de ses moyens qu’il est « dans la force de l’âge ».
A la colonne Corinthienne « Beauté » dédiée au 2éme S\donc aux jeunes frères AA\correspond l’invocation :
« Que la Beauté l’orne »
Le chapiteau Corinthien est le plus élégant, il donne un sentiment de luxe et de richesse, il paraît donc logique de lui faire correspondre la Beauté et les jeunes apprentis qui, muets et de ce fait quelque peu passifs, sont réduits à orner la colonne du Nord.

Dans la perspective des âges de la vie la Beauté est l’apanage de la jeunesse qu’on appelle encore le bel âge. Les trois invocations se rapportent ainsi aux trois âges de la vie de l’homme et aux qualités qui s’y rapportent. Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses mœurs » disait Boileau.
Il est un parallèle intéressant à ce stade à faire avec l’architecture puisque Vitruve, encore lui, insistait déjà dans son recueil d’architecture sur la nécessité de savoir conjuguer la recherche de la solidité avec celles de la commodité et de la beauté. Solidité/Force, commodité/Sagesse, beauté : la triade vitruvienne hante aujourd’hui encore l’esprit des architectes. Elle correspond au principal défi qu’il leur faut relever dans l’exercice de leur métier. Pour un édifice donné, les aspects et les choix relatifs à son usage interagissent en effet avec les préoccupations esthétiques et cette interaction, loin d’être constamment harmonieuse, se présente souvent sous la forme de conflits qu’il faut arbitrer.
Nos travaux s’achèvent par l’extinction des trois petites lumières.
A la colonne Ionique « Sagesse » correspond l’invocation :
«Que la paix règne sur la terre !»
Référence à la matière inerte qui ne se reproduit pas, au monde minéral qui est le support inanimé du monde vivant : du virus, qui est à la frontière du minéral et du vivant, en passant par les bactéries, les algues, les orchidées, les vers de terre, les sauterelles, les poissons, les mammifères, l’homme donc. Sagesse et Paix sont deux concepts parfaitement concordants.
A la colonne Dorique « Force » correspond l’invocation :
«Que l’amour règne parmi les hommes !»
Référence à l’amour, à la procréation, à la reproduction, l’apanage du règne du vivant. Telle est la volonté de Dieu exprimée dans la Genèse 1-22 :
"Soyez féconds, multipliez, emplissez l'eau des mers et que les oiseaux multiplient sur la terre"
Par analogie avec l’architecture il est possible d’avancer que l’amour est le moyen de bâtir l’homme quoi de plus logique dés lors de lui faire correspondre la colonne Dorique Force qui est le symbole du Compagnon, du travail, de l’acte de construire proprement dit.
Paix – Amour ce n’est rien d’autre, traduit en anglais, que le « Peace and Love » ou le « faites l’amour pas la guerre » du mouvement hippie. Les francs maçons en précurseurs et en inspirateurs du mouvement hippie ! C’est aussi cela l’universalité des valeurs.
A la colonne Corinthienne, « Beauté » correspond l’invocation :
«Que la joie soit dans les cœurs !»
Référence au bonheur, par extension et au plan biologique, au plaisir. De surcroît la perception de la beauté provoque tout naturellement chez l’homme des sentiments de joie et de plaisir provenant non pas du cœur mais plutôt du cerveau.
Il me paraît possible de résumer ainsi les trois invocations : faites l’amour, pas la guerre ainsi vous vivrez heureux et vous vous multiplierez. N’est-ce pas là une définition de l’humanisme ?
Toute la philosophie, tout l’humanisme pourrait se résumer à ce seul mot «bonheur», soyez heureux, rayonnez le bonheur autour de vous, dans le cœur de vos frères profanes, de votre prochain. N’est-ce pas là le but ultime de nos travaux.
Toutes les actions de tous les hommes pour peu que l’on se donne la peine d’éliminer toutes les scories, tous les habillages, tous les faux-fuyants qui sont le lot de notre vie en société et de notre rapport aux autres, nous ramènent à deux fonctions fondamentales qui sont communes, non seulement à l’homme, mais plus largement au règne animal et au règne végétal.
La première fonction des êtres vivants est justement de rester vivants, de maintenir leur structure biologique, en agissant sur le monde extérieur pour se nourrir (travailler, chasser) et se protéger des agressions.
La seconde fonction est celle qui nous pousse à procréer afin de répliquer le plan de notre structure contenu dans nos gènes, ce support biologique d’information écrit dans un alphabet de 4 lettres.
Pourquoi un mammifère procrée ? Pourquoi une plante ou un virus se reproduit ? Seul le G\A\D\L\U\ détient sans doute la réponse à cette question.
Pour maintenir ma structure biologique j’ai besoin que « la Paix règne sur la Terre ». Si je dois me battre je risque de perdre la vie et de ne pas pouvoir arriver à l’âge de la maturité sexuelle où je pourrais semer ma graine d’éternité, faire des enfants qui porteront puis reproduiront mes propres gènes. Ces enfants pour se reproduire devront eux même atteindre l’âge de la maturité sexuelle et ont besoin pendant leur croissance particulièrement longue d’un environnement sécurisé, donc de paix.
« Que l’amour règne parmi les hommes », cette invocation fait référence à la seconde fonction fondamentale, la procréation. Mais qu’est l’amour de son prochain sans le bonheur, sans le plaisir, sans que « la Joie soit dans les cœurs » ? Ferait-on l’amour à sa compagne sans plaisir biologique ? En effet pour procréer encore faut-il que les individus aient envie de copuler, processus qui, du froid point de vue d’un extra-terrestre doit apparaît non hygiénique et, ma foi, plutôt répugnant. Le sexe est dans la mémoire morte, au sens informatique du terme, de tout cerveau normalement constitué, nous sommes génétiquement programmés pour craquer devant les formes féminines, le satiné d’une peau de femme. Ulysse a dû ordonner qu'on l'attache au mât de son navire pour ne pas succomber au chant des sirènes:
Se lancerait-on dans des travaux de table si le fait de manger pour maintenir notre structure biologique ne nous procurait pas un plaisir certain. L’adage dit il faut manger pour vivre, reste que nombre d’entre nous, dont je fais partie, vivons entre autre pour le plaisir de manger.
J’ai dit Vénérable Maître.


source :
www.ledifice.net

Par J\ L\ - Publié dans : Planches
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Mercredi 23 juillet 2014 3 23 /07 /Juil /2014 09:32

Je me permets de dédier ma planche à la mémoire d'un de nos FF qui vient de partir pour l’éternel Orient, de là où il est il m’a lancé l’inspiration alors que j’étais à cours d’imagination. Je ne puis commencer cette présentation sans être obligé de passer par une description quelque peu académique mais nécessaire. J’y présente les ordres d’architecture un à un en établissant un parallèle avec notre symbolique, je développerai ensuite mon thème de façon plus personnelle, résultat de mon parcours de Compagnon. Nous trouvons d’abord : Les ordres grecs

 1) L'ordre dorique. Le Larousse nous indique que c'est : l'ordre le plus simple, le plus mâle des trois ordres d'architecture ; il est aussi le plus ancien. C'est le premier ordre d'architecture. Pour nous Maçons, la colonne dorique évoque l'idée de force et de grandeur, fortification de la raison et de la volonté les pieds directement sur terre comme la colonne de cet ordre aux vertus masculines. C'est la colonne du premier surveillant FORCE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle nord-ouest (Septentrion-occident).

 2) L'ordre ionique. Le Larousse indique que c'est : l'un de cinq ordres d'architecture caractérisé surtout par un chapiteau orné de deux volutes. C'est le deuxième ordre d’architecture. Pour nous Maçons, la colonne ionique évoque le sentiment, la sensibilité, l'intuition et l'imagination toutes qualités féminines entre toutes. C'est la colonne de notre vénérable maître en loge : SAGESSE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle sud-est (Orient-midi).

 3) L'ordre corinthien. Le dictionnaire indique que c'est : le troisième et plus riche des ordres d'architecture. Pour nous Maçons, dans notre loge écossaise la colonne corinthienne est la plénitude de la beauté. C'est la colonne de notre deuxième surveillant : BEAUTE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle sud-ouest (Midi-occident). En même temps que la beauté c'est l'ordre le plus libre de tous, variation dans ses cannelures, ses proportions, sa décorations. C'est l'ordre de l'invention et de la nouveauté. Viennent ensuite : Les ordres romains

 4) L'ordre composite ou romain Ordre formé du mélange de l'ordre ionique et de l'ordre corinthien. C'est le quatrième ordre d'architecture. Pour nous Maçons, cet ordre n'est pas présent en loge. N'a-t-il qu'un rôle symbolique avec l'ordre toscan afin d’amener du chiffre 3 de l'apprenti au chiffre 5 du compagnon, soit 3 + 2. Mais je pense qu'il n'a pas que cette symbolique. Le fait que les romains l'emploient pour orner essentiellement leurs arcs de triomphe, n'y a-t-il pas le symbole du triomphe de la lumière éclairant le genre humain de par l'association féminine de l'ordre ionique et de celui plus masculin de l'ordre corinthien.

5) L'ordre toscan. Le dictionnaire Larousse indique que c'est : Le plus simple des ordres d'architecture, chez les romains c'est une déformation de l'ordre dorique. Pour nous Maçons, cet ordre est plus énigmatique, les anciens, eux-mêmes, ne l'utilisèrent qu'en de rares exceptions. Est-ce un complément architectonique enrichissant pour la beauté, genre de chapiteau androgyne de l'ordre dorique qui serait devenu carré ? 5 ordres d’architecture auxquels correspondent les 5 voyages d’initiation du compagnon. 5 c’est aussi les cinq coups de maillet lors de l’ouverture de nos tenues au grade de compagnon. Ce sont encore les 5 officiers qui éclairent la loge : Le Vénérable maître, le Premier et le Second surveillant, l’orateur et le secrétaire qui sont les 5 lumières de la loge. Mais encore les 5 pointes de l’étoile flamboyante qui nous ramène aux 5 sens et à la divine harmonie du nombre d’or. Elle est complétée par la lettre G de la géométrie qui contribue à la bonne construction de notre tabernacle intérieur et symbolique gouverné par l’intelligence humaine dont nous avons doté le G\ A\ D\ L\ U\. Le chiffre 5 est le nombre de l’union pythagoricienne, c’est aussi le chiffre du centre de l’harmonie et de l’équilibre. Symbole de l’homme qui devient le tabernacle parfait comme nous allons le voir.

1er voyage, avec le maillet et le ciseau, les 5 sens sur la colonne de la beauté, ordre corinthien, correspondant à la 1ère année des études de l’initié.

2ème voyage, avec la règle et le compas, les 5 ordres d’architecture sur la colonne de la force, ordre dorique, correspondant à la deuxième année des études de l’initié. C’est la base solide sur laquelle viennent s’étayer les autres étages de notre élévation vers la lumière, tels les palais renaissance où l’ordre dorique est réservé au rez-de-chaussée dans l’ornementation de la façade. Ce deuxième voyage est la préparation de la décoration d’un tabernacle digne de la majesté du Grand Architecte de l’Univers. Ce tabernacle…c’est vous, c’est moi, c’est nous, c’est l’homme, l’être de chair, celui qui doit être droit physiquement et moralement, juste dans ses relations avec ses semblables et ses proportions humaines divinement harmonisées. Le compas, emblème de la sagesse, de la prudence et de la circonspection, nous aide à mesurer les angles et à établir ces proportions c’est l’ordre ionique à deux volutes. La règle c’est la rectitude de notre esprit et de nos actes. Il ne faut pas oublier que l’architecture est le sujet de mes études après la connaissance de « soi-même ». C’est l’art le plus beau et le plus noble. Ce construire soi-même avec le soin extrême dû au temple, tabernacle qui accueillera le Grand Architecte de l’Univers.

3e voyage, avec une règle et une pince, les 7 arts libéraux sur la colonne de la sagesse. La sagesse de l’ordre ionique qui reprend, par la forme de ses deux volutes qui se font face, les deux plateaux de la balance qu’il faut équilibrer. Ordre féminin qui vient nous rappeler que tout être humain possède la bivalence du masculin et du féminin qui se complète et forme un équilibre à toute justice par leur union dans un être.

4e voyage, avec la règle et l’équerre, voyage de la connaissance des sphères, propriétés de la Sphère céleste et de la Sphère terrestre…

5e voyage … Libre fin du cours de mes études, capable de transmettre ce qui m’a été donné. « Rendre à ceux qui viennent après lui l’instruction qu’il a reçue lui-même de ceux qui l’ont précédé, tel est le principal objet de l’initiation au second Degré ». Une fois que l’ordre dorique, ordre masculin a servi de base à l’édifice, l’ordre ionique suit pour établir une juste proportion et enfin l’ordre corinthien de la beauté finit cette construction pour la ramener au chiffre un et achever dans la perfection ce tabernacle. L’ordre corinthien orné de feuilles d’acanthe est là pour nous rappeler que le mal, symbolisé dans les épines de la plantes, doit contrebalancer la beauté de la forme des feuilles afin d’en mieux profiter. C’est un peu le pavé mosaïque entre blanc et noir. Ses piquants symbolisent encore le triomphe de l’architecte qui a surmonté les difficultés de sa tâche. Les deux autres ordres sont inconnus dans le rite et je ne vois pas comment les rattacher. Peut-être est-ce le symbole des organes dont on ne connaît pas la fonction et que l’on découvre au fur et à mesure de notre progression, comme toutes choses dans la nature qui ne sont jamais créées pour rien et dont le sens caché n’apparaît que bien plus tard. Ou bien est-ce l’inconnu, la non connaissance, l’inexpliqué qui reste toujours ou qui découle de ce que l’on à découvert. Mon chemin ne s’arrêtant pas à ce degré, sans doute en percevrai-je le sens plus tard. Enfin, ce tabernacle construit le long de ma vie maçonnique ressemble à s’y méprendre à ma loge mère. A l’heure ou je devrais retourner à l’Orient éternel, mon âme, cet enfant nu s’approchera du temple, lieu du passage, elle abordera par le pied gauche les trois marches du temple, elle frappera trois fois aux portes d’airains entrouvertes, passera les deux colonnes Boaz et Jakin, entrera, fera les trois pas de l’apprenti, pour glisser vers ce pas compagnonnique qui m’amènera entre les colonnes force et beauté, au loin la colonne sagesse qui délimiteront mon carré long recouvert du pavé mosaïque des actes, bons ou mal, blancs ou noirs, de ma vie. Derrière, les grenades seront épanouies, telles des sexes de femmes me rappelant mes origines, le début et la fin. En face, baignant dans une grande clarté venant des trois fenêtres de la loge, l’étoile flamboyante entre le soleil et la lune. Michel m’accueillera avec sa balance sur laquelle mon âme montera. J’espère que la droite du niveau du balancier rencontrera en son milieu, en rectitude, la perpendiculaire du fléau. Puis, pour passer du zénith au nadir, ainsi délimité, mon âme s’élèvera par le fil à plomb vers le Grand Architecte de l’Univers. Je passerai dans le giron d’Abraham, qui me prendra en charge pour que mon âme devenue cette pierre cubique, à peu près polie, s’ajuste aux autres pierres pour ériger la Jérusalem céleste, le nouveau temple de Salomon. A moi Abraham, je suis ton frère…Cinq coups,…Schibboleth.

J’ai dit V\ M\

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
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Mardi 15 juillet 2014 2 15 /07 /Juil /2014 07:16

Dans la progressivité de la démarche maçonnique au REAA, les grades dits de vengeance ou grades d’élus, succèdent aux grades de perfectionnement. C’est dans un groupe d’hommes éclairés, zélés et fidèles, prudents et équitables, ainsi que vertueux, c’est à dire hommes de qualité et de confiance que seront élus ceux à qui on confiera la mission de châtier les assassins d’Hiram. On constatera également, au fil de l’histoire que, de simple chargé de mission désigné par le Sort parmi plus de 90 postulants, l’Elu s’élève progressivement vers la notoriété après s’être illustré par ses actes, pour atteindre un rôle social élevé, au service de l’intérêt commun. Mais traitons d’abord de la légende et de la scène  qui est présentée aux récipiendaires du premier grade dit de vengeance.

1 er acte : 

L’histoire se situe sous le règne du roi Salomon, après que le grand architecte chargé des travaux de construction du Temple ait été assassiné par les 3 mauvais compagnons avides de connaître le mot de passe des Maîtres. Apprenant par Pérignan, un étranger, (le dieu Hermès ou nouvelle manifestation du hasard ?) La cachette d’un des meurtriers, le sage roi Salomon envoie 9 Maîtres pour l’appréhender et le livrer à la justice, chiffre choisi en souvenir des 9 maîtres qui sont partis à la recherche de la sépulture d’Hiram. L’un d’entre eux, le zélé Johaben, déjà rencontré comme secrétaire intime outrepasse sa fonction en exécutant le mauvais compagnon au lieu  de le livrer à la justice et ne doit son salut qu’à ses pairs qui plaident pour lui devant Salomon.

Analyse du tableau.

La légende est illustrée par un tableau, véritable  document pédagogique alchimique. Au travers les époques, les multiples représentations qu’en ont tiré les artistes, j’en ai trouvé 4, représentées ici. Qu’y a t il là ? Un individu, le meurtrier endormi, dans un décor plein de symboles. Citons-les: Un buisson ardent - La fontaine - La caverne - Le poignard - La lampe et, présents dans certaines représentations, L’étoile -L’arc-en-ciel - L’escalier à 9 marches. Auxquels on peut ajouter l’étranger, absent ici mais parfois représenté sous les traits d’un chien, soit 9 symboles. Présent devant lui, l’Elu se trouve ébloui par l’éclat du buisson ardent, représentation allégorique de la divinité, porteuse du commandement « Tu ne tueras point » placé là pour lui rappeler la limite de son action, et obtenir la bonne réponse, se saisir du meurtrier et l’amener devant la justice. Au-delà, l’initié découvre, la caverne où le criminel s’est réfugié, lieu sacré image brute du monde dépourvue des valeurs fondamentales qu’il était censé construire, la sagesse, la force, et la beauté. Il ne peut être confondu avec le cabinet de réflexion, car le coupable y dort, pour oublier je pense, mais il n’a pas tout oublié, il reste à son  chevet une toute petite lumière, peut être celle du remord. Quant au M. il connaît le chemin à parcourir pour accomplir sa mission, mais il est seul et démuni. En effet, il n’a pas d’outils, ni équerre ni compas, ni aucun de ceux qui ont accompagnés ses voyages vers la quête mais il aperçoit un poignard- posé là par qui? -, instrument ambivalent de la tentation purificatrice empreint de noblesse avec sa poignée d’or et sa lame d’argent. Seul avec sa loi morale encore fragile et sa soif de vengeance, c’est la première fois qu’il se trouve devant son devoir; auparavant il ne s’est qu’engagé à le faire, maintenant il doit l’accomplir. Qu’elle va être sa réaction ? Il décide d’avancer, d’avancer seul et se dirige vers la caverne, dépasse le buisson ardent et poursuit son chemin. Il fait les 9 pas, effaçant successivement les commandements transmis par Moise, oubliant ainsi sa Loi Morale, action régressive irréversible car le mal attire le mal. Saura-t-il en pénétrant dans la caverne y retrouver trouver la pierre cachée des sages ? Il n’est pas à cet instant dans un état de calme réflexion mais sous l’emprise du tumulte de l’émotion. Le combat entre le buisson et la grotte, entre le bien et le mal est d’ors et déjà perdu. Et, entré, se saisissant du poignard, il transgresse le dernier commandement, il frappe, il frappe en criant « NEKAM », cri par lequel on excite quelqu'un à la vengeance. Au front d’abord pour effacer le geste mortel ayant mit fin aux jours de l’Architecte, acte magique, le semblable appelant le semblable, puis au cœur pour  recréer l’harmonie détruite sans percevoir, sourd au dernier message, « NEKAH » du supplicié, qu’en agissant ainsi, en se conduisant lui-même comme un assassin, il a détruit la sienne. Enfin, il parachève l’extinction de sa soif de vengeance d’abord en le  décapitant, châtiment humiliant car réservé aux apprentis, matérialisant ainsi ce qu’il considère comme son triomphe, puis en se purifiant à la source. C’est dans les yeux de ses compagnons qu’il lit la  bassesse de son comportement social, découvre que, ses passions ayant asservi son zèle,  la sauvagerie de son action a fait de lui un être aussi méprisable que celui qu’il a châtié.  Prise de conscience tardive par ces mots BEGOHAL-KOL de ce qu’il aurait du combattre, de ce qui est caché en lui. Sensible à l’intercession des autres Elus, à leur  commune alliance fraternelle en faveur du pardon d’un acte outrancier mais réalisé par devoir au nom de la justice, Salomon, réussit lui, le roi, à surmonter une phase d’emportement, pour évoluer vers plus de discernement, leçon ainsi donnée à Johaben. D’ailleurs, Salomon qui est, lui, au courant du plan du Grand Architecte ne pouvait que pardonner. Et pour montrer que, malgré cet excès la justice à  triomphé, la tête du meurtrier est exposée à la porte du Temple, là ou a été frappé l’Architecte Cette histoire est édifiante par la pertinence de la démarche éducative. Voilà un homme, curieux par essence, instruit d’humanisme, déjà prévenu des conséquences de ses possibles errements qui échoue, instantanément, encore emporté par ses passions. Je vois dans ce psychodrame une expérience aussi nécessaire que les travaux pratiques complétant un cours magistral. C’est grâce à ce parcours, démarche nécessaire, que la connaissance théorique et livresque de la vengeance se métamorphose en connaissance pratique parla vengeance. Mais évitons de généraliser, la maçonnerie est spéculative et ce récit n’est qu’une légende. Nous restons toujours des enfants, nous ne savons ni lire (le monde) ni écrire (notre morale) et comme eux sommes normalement attirés parla transgression, expérience de la vie. Ces histoires qu’on leur raconte pour les éduquer contribuent à leur éducation et les préviennent des risques encourus.

2eme acte:

Lorsque la cachette des 2 autres assassins est révélée, Salomon envoie 15 maîtres que, cette fois, il choisi (dont Johaben encore et les huit précédents) pour les capturer. Pourquoi 15 maintenant ? Certains auteurs interprètent ce nombre comme la somme 3+5+7 expression du choix de maîtres ayant parfaitement  intégré les enseignements successifs des 3 degrés des loges bleues. Cette fois, pas de vengeance, les fugitifs sont capturés, couverts de chaînes aux maillons en forme d’équerre et de compas. Ainsi, prisonniers de ce qu’ils avaient voulu conquérir sans le mériter ils sont traduits devant Salomon qui les fait enfermer dans une tour. C’est là, dans cet endroit rappelant la tour de Babel, lieu ou aucun dialogue n’est plus possible que ces criminels, coupables d’avoir essayé de voler les mots de maître pourront, dans le silence, prendre conscience de la démesure  de leur orgueil dans le temps qui leur est laissé pour, peut être, se repentir de leur acte en attendant leur jugement. Puis ils sont exécutés. Le chaos qu’ils ont engendré, est censé être réparé par celui que l’on créée dans leur chair, par leur souffrance lors du supplice et que, ainsi, l’ordre universel soit reconstruit, renaisse. C’est pour la justice encore, en absence de jurisprudence, le temps de la loi du talion. De nos jours, on dirait que le désir d’ordre était, là, supérieur à l’idéal de justice. Aujourd’hui, le dieu de vengeance et de châtiment a cédé la place au dieu d’amour et de pardon. La souffrance n’est plus rédemptrice ni pour l’individu ni pour la société.

3eme acte

On dit que ce grade est celui de la récompense, j’y vois plutôt celui d’une nouvelle conscience. Ce qui leur a été demandé, leur action pratique au service du Devoir, leur à permis, en étant descendus au fond de leur conscience de remonter vers la lumière avec une détermination renforcée et définitivement acquise. On les dit Sublimes matérialisant ainsi le changement d’état de leur démarche spirituelle. Et Chevaliers, donc à cheval, maîtrisant leur monture c’est à dire leur coté animal, bien loin de la confusion des centaures, capables d’avancer plus rapidement sur le chemin, armés du poignard qu’ils conservent à leur coté pour rappeler la détermination sans faille de faire taire leur ego. L’épée, ou glaive qu’ils reçoivent et la devise «Vaincre ou mourir» ainsi que ce qu’ils ont accompli les met définitivement, car il y a changement d’état, sur la voie sacrée, c’est à dire jusqu’au sacrifice, par le pouvoir de l’esprit imprégné d’un idéal de justice et d’équité, triomphant de l’ignorance et du fanatisme grâce au  progrès conjoint de la connaissance et de la morale

Les maîtres mots sont :

  Maîtrise de soi, de l’exercice de sa fonction, dans l’action pour une grande cause.

  Transcendance par franchissement de la frontière des émotions permettant l’accord

de l’action et de l’esprit.

La méthode maçonnique, spirale ascendante revenant  cycliquement sur les enseignements précédents, les a transformés en hommes sages, maîtres de leurs passions, ce sont des humanistes guerriers, leur connaissance les rend «vrais en toutes circonstances».

Conclusion

Dans ces grades d’Elus, grades d’immanence, le REAA propose, une consolidation de l’instruction du degré précédent par un travail pratique sur le Devoir.

  La fatalité ils l’ont rencontrée à la mort du RMHiram.

  Ils ont su se plier à la nécessité de venger l’art Royal.

  La destinée, le sort, ne les a pas tous récompensés mais tous  ont accomplit leur

Devoir.

Il enseigne par la pratique que, puisque l’ennemi est en nous, l’esprit humain ne peut chercher la vérité qu’en luttant contre ses propres imperfections. Pour atteindre la vérité, la transgression expérimentale, les erreurs, sont nécessaires à condition qu’elles soient à postériorité analysées  pour se nourrir de leur enseignement et alimenter sa morale. C’est par ces actions (expérience pratique de la vie initiatique continuée à l’extérieur du Temple) que l’initié trouve ou retrouve l’étincelle divine qui est en lui, aidé par les symboles semés dans l’inconscient par l’expression d’un dessein intelligent le guidant vers la vérité donc vers la liberté pour plus de spiritualité, de conscience et d’amour à la suite de l’accomplissement d’une mission à haute valeur morale, quelle que soit la façon dont on l’a remplie. Un jour, un ami dans la détresse m’a demandé de le conseiller sur le chemin à choisir pour s’en sortir. Je me suis servi de mon expérience pour lui répondre. Il a suivi mes conseils et, plus tard, m’en a remercié. C’est une des rares fois ou je me suis senti un homme véritable. Mes Frères, j’ai dit.

Source : L.P. Le Parthénon

Par Jean-Claude L. - Publié dans : Planches
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Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 07:50

Certains s’accordent historiquement à situer la création des grades d’élus dans l’écosse du 17ème 18ème siècle.
La société écossaise de cette époque fonctionne sur le mode du clan (gaélique : clannad, famille) Un clan est une famille ou un groupe d’individus ayant des liens de parenté très forts, vivant sous la conduite d’un chef ; Les membres d’un clan portent le même nom parfois précédé du mot fils de :
A l’époque l’appartenance à un clan se signale par les couleurs particulières par un insigne portant les armoiries, autour de cet insigne est disposé un « moto » : une devise.
Vers 1740/1745 le grade d’élu apparaît à Lyon (1743) venant d’écosse.
En Angleterre en écosse comme en France déjà à ces époques la violence était quotidienne, et la vengeance une conduite naturelle, n’oublions pas au passage que la violence et la vengeance sont le fondement de la vie sociale des structures claniques. (Vendetta).
Dans une France du 18ème emprunte de christianisme, violence et vengeance étaient des conduites plutôt naturelles (les églises chrétiennes ne condamnaient pas la peine capitale, elles la prononçaient confiant son exécution au bras séculier).
Eliminant de ses rituels les pratiques violentes, morbides, sanguinaires le rite français propose une maçonnerie qui change d’état d’esprit, et de nature.
Si la vengeance est un thème populaire pour l’art et la culture à travers l’histoire, les exemples ne manquent pas, j’avoue que j’ai été très surpris de le rencontrer dans la maçonnerie.
Il faut bien s’éveiller à la connaissance !!!
Au commencement c’était les plus forts qui régnaient, les dieux, les sociétés antiques et féodales et même contemporaines …
Interrogeons nous dans quelles mesures et pourquoi les rapports de droit constituent un dépassement sur rapports de force. L’inspiration première du droit c’est d’essayer d’établir des rapports humains sur autre chose que la force, à savoir, la vengeance.
Dans un rapport de droit, je sais à quoi m’attendre de la part d’autrui, et de son côté, autrui sait à quoi s’attendre de ma part.
Le rapport humain devient prévisible, il y a des règles du jeu, tandis que dans le rapport de force tout est imprévisible, tous les coups sont permis.
L’homme, que la tradition philosophique et religieuse occidentale définit comme un « animal rationnel » est par nature un être doué de raison : cette faculté dont il dispose et que nous nommons raison lui permet effectivement de se distinguer des animaux chez qui il est parfois possible de reconnaître une certaine intelligence, mais non la raison.
Supposé inné dans la
conscience humaine : il y aurait en chaque être humain un « sens de la justice
» qui le rendrait apte à évaluer et juger les décisions et les actions, pour lui-même et pour autrui.
Alors quelles sont les raisons précises qui poussent les hommes à renoncer à l’exercice de la raison ?
La raison nous distingue des bêtes qui elles n’en ont pas un peu mais au contraire « en ont point du tout » comme l’affirme Descartes (dans la cinquième partie du Discours de la Méthode)
La raison est le « propre » de l’homme : la raison humaine appartient en effet à l’homme, non pas seulement à tous les hommes, mais à tout homme possible.
Commune à tous les hommes, il convient donc de considérer la raison humaine comme une structure stable, solide qui peut être perçue comme la puissance de vérité en l’homme, une faculté de l’esprit humain qui garantit que notre pensée est, ou peut être vraie.
Cette faculté de raisonner permet à l’homme de bien juger et de discerner le vrai du faux, le juste de l’injuste.
L’être humain, qualifié d’homme raisonnable tant qu’il en possède la raison, dispose de cette puissance particulière lui offrant la possibilité d’user avec discernement des représentations pour connaître les choses et les évaluer à leur juste valeur.
Les Hommes observent leur intérêt suivant leur seul instinct et sans jamais se soucier d’autrui ou de l’avenir. C’est une vision presque « animale » de l’Homme, présenté comme un être déraisonnable gouverné par ses seuls désirs et instinct. Et bien qu’elle puisse sembler exagérée, elle nous éclaire sur la nécessité des lois pour éviter que le monde ne soit constamment le théâtre de conflits d’intérêts personnels.
Pour bien faire la distinction entre justice et vengeance, il faut nous pencher sur certains aspects de la nature humaine Pour Spinoza « ...nulle société ne peut subsister sans [...] des lois qui modèrent et contraignent l’appétit du plaisir et les passions sans frein. » car ce sont ces « passions sans frein » qui sont, en autres choses, à l’origine de la vengeance.
Spinoza considère que la faiblesse humaine vient de la recherche de richesse, de plaisirs sensuels et de gloire : des biens périssables.
La loi du Talion, qui était en vigueur en Grèce antique instituait un
code qui exigeait que le coupable subisseune punition du même ordre que le tortqu'il avait commis
. Ce qui rendait la vengeance personnelle légale puisqu’elle apparaissait déjà comme légitime. En effet la vengeance repose avant tout sur un principe d’honneur. On ne peut laisser une action impunie si elle salit l’honneur d’une famille.
Les lois et la justice auraient donc pour fonction de limiter les conséquences de l’intempérance humaine.
Mais peut-on et doit-on vraiment exiger de la justice qu’elle assouvisse notre souhait de vengeance ? Est-ce bien là le rôle réel de la justice ?
Dans son Manifeste contre la peine de mort Robert Badinter écrit: la vengeance est dans la nature de l’être humain. En effet, on parle bien d’instinct de vengeance, la vengeance apparaît donc comme nécessaire à l’homme. Les familles des victimes réclament souvent la peine de mort pour venger le parent qu’elles ont perdu.
Rousseau propose de: séparer force (vengeance) et droit (justice), la force fera toujours des mécontents enclins à la revanche, c’est un principe inégalitaire.
Pour Alain aussi, l’idée d’une justice vengeresse n’est pas concevable ; en effet il prône « le droit par la paix » : il demande une certaine entente avant le procès, les deux partis doivent accepter le jugement quel qu’il soit, qu’il satisfasse leur intérêt ou pas, et qu’ils devront se mettre d’accord sur ces principes avant le procès ;
Bien que la vengeance soit ancrée dans la nature de l’homme et qu’elle ait certaines utilités pour certains, elle ne peut exister dans une société évoluée elle risque de réduire cette dernière en un état de nature désorganisée où la violence régnerait.
En revanche la justice
concept et principephilosophique et moral reposant sur le respect du Droit et de l’équité comme fondement de la vie sociale et de la civilisation
, punit pour montrer l’exemple et pour dissuader les autres de faire le même mal et non pas tellement pour venger les victimes.
De plus est il est concevable que l’Etat, la justice, puissent délivrer une punition dans le seul but d’une vengeance.
La vengeance est l’utilisation de la force alors que la justice est celle du droit, et le droit par la force ou la force par le droit seraient une contradiction évidente dans les termes. La justice doit faire régner la loi et donner une certaine sécurité en se servant des lois instituées et approuvées démocratiquement par tous, et non en s’abaissant à cet instinct basique et violent qu’est la force.

VENGEANCE - JUSTICE

Deux termes proches étymologiquement :
Justice vient du grec « judicare » qui signifie « faire le droit »
Et vengeance vient du grec « vindicare » ou « réclamer justice ».
Toutefois la justice est liée au droit positif, qui vise à ordonner la cité vers le Bien, alors que la vengeance est considérée comme l’expression d’un mal. Si la Justice apparaît comme une institution, la vengeance reste une « organisation individuelle » c'est-à-dire le « droit d’un seul ou d’un petit groupe » qui s’exerce sur un seul en représailles.
« Ma
vengeanceest perdues'il ignore en mourantque c'est moi qui le tue
. » Il faut que cela se sache.
Si le châtié ignore par qui et pourquoi il est châtié, la vengeance ne s’exerce plus.
Celle-ci tient à trois points :
Le mobile de l’action, la connaissance mutuelle d’une « faute à venger » et la connaissance de l’identité de l’auteur du châtiment lorsque celui-ci s’exerce.
En effet la vengeance prend tout son sens si la victime connaît son agresseur au moment de l’action, ceci lui permettra de déterminer le mobile de l’action, qui est lié à une action précédente. Avec la vengeance s’exerce le sentiment de culpabilité, qui justifie en quelque sorte ce désir de vengeance.
La vengeance reste avant tout une affaire de passions, une incapacité des hommes à entendre raison et à remettre à la « justice-institution » une affaire qu’ils jugent personnelle.
La raison pourrait se définir comme la capacité à contrôler les élans, les sentiments, et à soumettre nos décisions à un examen du logos, en vue de faire un choix rationnel.

Pour Nietzsche le rapport élémentaire et fondamental entre les Hommes c’est l’échange. C’est pourquoi il considère le premier cadre qui a été institué pour les échanges comme la première forme de cadre légal. L’Homme fixe la valeur des objets, qui ne se limite pas à leur valeur d’usage. « Toute chose à son prix, tout peut être payé »
Il apparaît donc que pour vivre en société, le plus calmement possible, puisque ceci semble être le but de la vie en communauté, il convient de trouver un autre mode de justice que la justice personnelle, ou vengeance.
D’autre part, la solution semble résider dans la mise en place d’une organisation régulant la vengeance et lui donnant un autre caractère. Ainsi le droit positif a pour but de codifier les pratiques institutionnelles de la cité. Il semble tout d’abord avoir pour objectif de corriger les relations entre les hommes, Le droit prévoit les déviances possibles et leur attribue une punition, Le droit positif apparaît comme l'ensemble des
règlesdéfinissant ce qui est légal et illégal, dans une société donnée. L'institution du droit positif signale la séparation entre la puissance matérielle (capacité de faire) et le pouvoir forme
l (droit de faire). Nul n'est autorisé à faire tout ce qu'il aurait la capacité physique ou mentale de faire. Ceci a pour but d’éviter les phénomènes d’escalade de violence et de réguler les rapports entre les hommes.
On remarque donc que les thèmes de Justice et de Vengeance sont étroitement liés et que la Justice elle-même incarne une certaine idée de vengeance, conceptualisée certes à travers une réparation des dommages et une condamnation.
Robert Badinter, dans son discours de 1984 contre la peine la mort, affirmait qu’il ne faut pas utiliser la peine de mort comme vengeance, car la vengeance c’est refaire le même mal à celui qui nous en a causé, c’est en autre s’abaisser à son niveau.
C’est pour cela qu’il faut laisser à l’Etat le soin de punir les coupables. C’est ce que dira Max Weber : « L’Etat est la seule source de violence légitime. »

SUR QUOI FONDER LE DROIT DE PUNIR ?

Si l’humanité était naturellement bonne et respectueuse envers autrui, la punition n’aurait pas lieu d’exister. En effet, depuis que l’homme a eu besoin d’autrui, il a du abandonner l’état de nature où le seul droit était celui du plus fort, pour passer à l’état social en échangeant et partageant une partie de sa liberté naturelle.
Comme Salomon l’état jouit de la légitimité ses fonctions régaliennes Définissent le
droit et rendre la justice
il détient ainsi le privilège de punir.
Le respect de la règle qui régit la société, l’application d’une sentence punitive qui correspond à la contrepartie des dommages commis et qui reconnaît les tords causés à la victime.
Selon Hegel, on honorerait le criminel en lui infligeant une punition. On le traiterait ainsi, comme un être rationnel, et on lui attribuerait le suprême honneur, qui est de le traiter comme un être ayant le droit de bénéficier du droit. Pour Hegel, ce qui ne serait pas légitime, ce serait que le criminel ne soit pas puni. En effet punir une personne ne revient pas à la punir pour l’individu qu’elle est, mais pour l’acte qu’elle a pu commettre.
Pour Platon, il est juste de « châtier » celui qui a commis une injustice car c’est « ce qu’il y a de pire pour son âme ». Ne pas lui infliger de punition serait alors la pire des punitions puisque son âme ne pourrait se repentir. En effet il est juste de punir une personne ayant commis une injustice dès lors où c’est un homme juste qui prononcera la peine.
De la simple réprimande jusqu’à la sanction suprême. La punition serait ainsi dans l’absolu une forme d’éducation permettant d’empêcher toute forme de récidive.
La punition acte légitime dès lors qu’elle est prononcée dans le but unique de sanctionner le fait du coupable et non la personne elle-même. Elle repose ainsi sur un fondement objectif, et non subjectif, ou arbitraire.
La justice étant collective et dépassionnée contrairement à la vengeance individuelle qui le plus souvent est le fait d’une personne ou d’un petit groupe animés de passion et de rancune
Dans toute société de droit l’application de la justice répond au respect de la règle qui régit la société et à l’application d’une sentence punitive qui correspond à la contrepartie des dommages commis et qui reconnaît les tords causés à la victime.

J’ai dit,

Source : www.ledifice.net

Par Jean Michel C\ - Publié dans : Planches
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Jeudi 10 juillet 2014 4 10 /07 /Juil /2014 07:01

Sans remonter à l'Homme de Neandertal, force et de constater que Dame Justice n'est plus très bien dans ses « baskets », trop d'erreurs sont commises qui ne sont jamais réparées ou si peu.

De Socrate à Outreau combien de juges ont eu des certitudes de culpabilité.

Combien d’Innocentes victimes d’un appareil judiciaire grippé sont montées sur les échafauds. Que ceux-ci soient de hache ou de neuroleptiques le couperet est là bien réel, l'erreur est là présente.

Trop souvent, l'erreur judiciaire commence par un bon gros déni.

Souvenons-nous aussi que nos RITUELS, nos règlements, nos statuts, regorgent du mot JUSTICE ?

Les « Instructions » du premier au trente-troisième degré parlent JUSTICE.

Pour le Maçon Lambda qui a une « culture » juridique qui ne dépasse guère les séries TV et qui n'a jamais était confronté à l'appareil judiciaire. Il pense, et c’est normal que sa justice va bien, que les dérapages des magistrats sont pour les autres pays, ou exagération journalistiques.

Bien entendu dans la plus grande majorité des cas tout va bien. La justice passe et passe bien. Mais, hélas, ce n'est pas toujours le cas. Et quand ça passe mal, ce n'est pas seulement qu'une simple crise de foie, mais bien d'une perforation d'estomac, d'un cancer.

Ce préambule étant terminé passons au Morceau d’Architecture de ce Midi.

Le titre en est :

Comment réaliser des Dénis de justice et pour quelles raisons en mettre sur pied ?

Pour le chroniqueur judiciaire et le public qui fréquentent les couloirs des Palais de Justice, pour les journalistes qui interviewent les justiciables (surtout les avocats) - en France, en Belgique, en Suisse, où n'importe où ailleurs - les ingrédients, les recettes sont toujours les mêmes.

Seules les épisses changent, rendant l'assaisonnement plus où moins indigeste pour les justiciables qui subissent les oukases des juges.

[Loin de nous l'idée de mettre tous les magistrats dans le même panier, mais nous gardons en mémoire que l'esprit de corporation et par essence blocage. Cet esprit très Fraternel permet de joyeux repas entre gens de Robe, mais assure un silence condamnable en cas de dérapages].

Les gens de presse, le public avide de la vie des accusés, constatent qu'il y a plusieurs styles de Dénis de Justice.

On peut les classer dans sept grandes catégories.

1) Déni de justice simple : Le plus courant ! Facile à réaliser.

Un justiciable Lambda dépose une requête pour récupérer son bien. Le juge chargé de traiter ce dossier, pour une raison quelconque le laisse traîner dans un coin de son bureau, de nouvelles requêtes, venant quotidiennement grossir les « chemises » et autres « cartons d'archivages ».
Les suppliques des citoyens ne sont que quérulences aux yeux des magistrats, peu importe l'exactitude des demandes.

Les piles s’épaississent très rapidement. Au bout de quelques jours, le dossier de notre brave citoyen Lambda sera « perdu » noyé dans un local d'archives bien trop petit.

Et lorsque le dossier ressortira, la prescription aura passé comme la « Grande Faucheuse ».

2) Déni de Justice Judiciaire : Le plus pratiqué ! Avec un peu d'habitude certains magistrats deviennent de véritables professionnels de ce genre de déni.

Le juge chargé du cas demandera : Des nouvelles pièces, des actes de toutes sortes, en vois-tu en voilà, à la pelle, en pagaille ! Il lui manquera toujours des « écritures ». Une nouvelle question à un nouveau témoin.

Après plusieurs longs mois, voire de nombreuses années, il faudra une kyrielle de cartons d'archivages pour contenir cette quérulence. La prescription venant clore les débats. Débats qui n'ont jamais eu lieu.

Le Déni est consommé.

Et lorsque le dossier ressortira, la prescription aura passé comme la « Grande Faucheuse ».

3) Déni des Conseils Juridiques : Le plus coûteux ! Il faut bien faire gagner sa vie à des camarades de faculté.

Même principe que pour le Déni Judiciaire - Juridique mais cette fois-ci sur le dos des mandants respectifs [honoraires]. Les Études d'avocats demanderont réciproquement et conjointement (versus) des actes, des comparutions, de nouveaux témoins, des mémoires complémentaires, des mémoires supplétifs, des expertises, des compléments d'expertises, des contres expertisent, des compléments de contres expertises et ainsi de suite.

Le juge sachant que ses deux amis de la Faculté de Droit ont de la peine à joindre les deux bouts, jouera le jeu. Il pourra rajouter de lui-même quelques actes de procédure pour faire bonne mesure. Pour faire durer ce procès (la presse nous relate de tels faits).

Nous ne comptons pas les appels, les recours, les demandes de révisions qui ne seront jamais considérées comme des quérulences maladives ! Puisque, ce sont les avocats qui déposent des écritures et font durer le litige. Mais, uniquement comme la recherche de la Vérité Jurisprudentielle.

(Tous ceux qui fréquentent les Palais de Justices du monde entier vous conteront les anecdotes où au bout de plusieurs années les partis ne savent même plus pourquoi elles sont convoquées).

Et lorsque ce dossier ressortira des oubliettes, la prescription aura passé comme la « Grande Faucheuse ».

4) Déni de Justice Étatisé. Le plus discutable ! Très répandu ? Plus les politiques se réclament de démocratie, plus ce type de déni est fréquent.

Le justiciable Lambda assurant sa défense seule (cela évite les cas décrits aux numéros trois et quatre). Cette pratique est très mal vue des fonctionnaires [juges - greffiers – secrétaires] - les avocats n'aiment pas non plus que les justiciables se défendent sans leur aide…pas seulement parce qu'ils ne peuvent pas produire des honoraires en voici en voilà, …mais pour quantité de raison, trop longue à expliquer ici.

Un seul exemple : Bien souvent, les « conseils juridiques » ne connaissent des dossiers de ses mandants uniquement pas la page de couverture.

Entre deux yeux : je peux vous dire que bien des conseillers juridiques ont passé plus de temps à la cafétéria de leurs facultés de droit que sur les bancs des amphithéâtres…

Bien des conseillers juridiques ne connaissent même pas le dossier de leur mandant, seuls leurs stagiaires l'ont ouvert et comme ces stagiaires passent leurs examens, …je vous laisse deviner le reste.

M’a dit un jour un ténor du Palais qui partait jouer au golf avec l’une de ses stagiaires…

Notre citoyen Lambda se verra après deux ou trois démarches guère plus. Être déclaré recourricient. (Si la partie adverse a accès dans l'Antre du Pouvoir Judiciaire « les jeux ne sont fait rien ne va plus », une seule démarche engendrée par un justiciable suffit amplement).

Si, notre justiciable insiste un brin, le juge où son greffier trouvera un psychologue pour déclarer le justiciable Lambda trop tenace Malade Mental [psychose progressive/processive]. Maladie qui n'existe que dans la littérature des juristes…et encore…mais pas dans les livres des psychologues ? Allez savoir pourquoi ? (depuis que j'ai écrit ce Tracé, les grandes « Pharma » ont introduit cette notion dans la « Bible » des maladies neuroleptiques il faut bien vendre les petites pilules - mais ceci est une autre Planche…).

Du reste, l'expert n'aura bien souvent qu'à signer des copier-coller préparés longtemps d'avance. Le traitement de texte et les courriels permettant cet exercice qui fait gagner bien du temps. Mais ne diminuent absolument pas les frais d'expertise.

Il est entendu que toute contre-expertise sera écartée, que toute expertise faite par un grand et sérieux psychologue sera, elle aussi, écarte.

Il arrive même selon certains médias que le « malade » ne voie jamais son expert ou après que l'expert ait renvoyé l'expertise. Les règles de déontologie sont aussi souples qu'un élastique, mais ça, c'est une autre histoire...

Et lorsque le dossier ressortira, si, il ressort, la prescription aura passé comme la « Grande Faucheuse ».

5) Déni de Justice Administratif. Peu connus du grand public ! Ce déni permet quelques jolis paris et des bonnes bouf.

Une fois déclaré malade mentale, zinzin en somme, notre justiciable se verra affublé d'un tuteur, souvent camarade de faculté des greffiers et des juges (qui sont devenu juges parce qu'ils n'ont pas pu rester avocats.)

Les rapports des Conseils Supérieurs de la Magistrature nous content ces faits.

Ce tuteur attendra une bonne année pour convoquer son pupille et il lui apprendra, qu'il n'a pas encore pu prendre connaissance du dossier.

Il demandera des pièces au Conseil Supérieur de la Magistrature ou à un autre service de l'État, pièces qui sont déjà dans le dossier de son/sa pupille, qui sont devenues obsolètes. Il oubliera de demander les P.-V. des séances pouvant disculper son/sa pupille.

Quoi qu'il en ait l'obligation d'agir avec l'accord de son pupille, il n'en tiendra aucunement compte ? Il agira en électrons libres et comme un électron, il prendra des décisions sans en référer à quiconque.

[Sauf à la partie qui spolie son/sa pupille cela va de soi.]

Normal, il a besoin de justifier ses prestations. Pour perdre du temps et augmenter ses honoraires, il pourra aussi demander le téléphone, l'adresse de sa/son pupille...car dans son service, il n'y a pas d'annuaire téléphonique, son département à des restrictions budgétaires… Que voulez-vous, il faut bien perdre du temps ?

Il demandera des actes judiciaires. Un exemple : Le Conseil Supérieur de la Magistrature qui se réunira pour savoir si, il enverra des copies des p.-v. Qui figurent déjà dans le dossier. Retour à la case départ. Et patati et patata.

Ce paragraphe n'est pas une redondance, c'est une réalité triste, mais une triste réalité. Et lorsque le dossier ressortira la prescription aura passé comme la « Grande Faucheuse ».

6) Déni de Justice Partie de Ping-pong. Technique mise sur pied dans le but de provoquer un « pétage de plomb » de la part du justiciable.

Pratiquement inconnu du grand public, mais bien connu des pupilles en tous genres surtout des pupilles mis sous tutelles dans « Les Dénis De Justice Etatisés ».

Le Tuteur de point 5 étant tellement mauvais qu'il devient gendarme (les pauvres, ils n'ont déjà pas assez à faire comme ça). Il passe son mandat à une avocate stagiaire, bien entendu qui n'a pas le temps de voir le dossier, il est évident que cette jeunesse n'a aucun pouvoir. Elle ne peut prendre aucune décision. C'est une de ses collègues nommée ad-interime (genre travail temporaire fait dans le cadre des réinsertions de chômeurs sans formations) qui peut et doit recommencé à se demander comment faire pour perdre son temps et enfin arrivé à la prescription.

Mais comme cette intérimaire est en attente d'un bambin, en vacances en congé pour déménager… Vous voyez le topo. Et lorsque le dossier ressortira la prescription aura passé comme la « Grande Faucheuse ».

7) Le déni de justice de confusion. C'est celui qui ne permet plus aux médias de démêler l'embrouille et fait passer tout justiciable pour un psychopathe.

Ressemble à une salade russe la saveur et l’arôme en moins.

Le service des Tutelles ou le défenseur ou etc. cherchant à ne pas défendre un justiciable confond volontairement les bulletins de salaire, jamais fournis et des quittances. Puis il se substitue purement et simplement à un Tribunal avec l’accord d'un juge du Tribunal des Tutelles.

Véridique tristement véridique.

Le justiciable Lambda aura beau demander par des requêtes, des doléances des revendications, des protestations, des demandes, etc. des renseignements, il n'obtiendra jamais rien.

Si, il demande aux politiques d'intervenir, il pourra le faire, mais qu'en période électorale après ne plus compter sur les élus du peuple comme les juges, ils s'enferment dans des tours d'Ivoire, toutes bien fermées…les @ sont fermés, voir ils passent sous le contrôle de l'administration, les courriers sont perdus, …par la poste bien entendu.

Mes Biens Aimées Sœurs, Mes Biens Aimés Frères, En Vos Grades et en Qualités.
Vous qui décorez l’Orient de vos Augustes Lumières,
Vénérable Maître,
J’ai dit

 

source : www.ledifice.net

Par J\ K\ - Publié dans : Planches
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Mercredi 9 juillet 2014 3 09 /07 /Juil /2014 08:05

Ma première rencontre avec la justice au RER commence en chambre de préparation :

Sur le premier tableau il m’est dit que la justice exige de moi un travail pénible en cherchant, persévérant et soufrant, pour trouver au fond de moi le lien qui m’uni avec un être qui soit plus près de moi que celui qui m’a donné la vie. Les maximes de ce premier tableau m’affirment qu’il est près de moi mais que je m’en suis éloigné et que je dois m’en rapprocher par mes désirs et ma soumission à ses lois. Ce premier tableau me mets face à mon état déchu et d’obscurité et me laisse espérer en une lumière qui m’est promise. En témoignent les guides présents sur la table : la parole divine exprimée par la présence de la Sainte bible et cette lumière vacillante d’une simple bougie qui me font penser que je ne suis pas seul.

Dans notre rituel la justice est nommée comme un attribut du Grand Architecte de l’Univers dès l’invocation d’ouverture de la loge : « Grand Architecte de l’Univers, Etre éternel et infini, qui est la bonté, la justice et la vérité même… »

Cette justice me sera révélée lorsque je recevrai la première lumière lors de ma réception :

Le second surveillant après m’avoir ôté le bandeau me montre de la pointe de son épée le mot « justice » et les épées des frères tirées vers moi, puis le vénérable m’explique que les lois de la justice sont éternelles et immuables et que je ne dois pas avoir peur des sacrifices qu’elle exige mais être juste avec tous les hommes en faisant fi de mes passions et de mes intérêts personnels. Je vois déjà se profiler mon futur travail sur la pierre brute que je suis.

Je ne peux pas parler de la justice sans aborder la clémence qui lui est associée et tempère ses rigueurs a ceux qui se soumettent à ses lois. C’est ainsi que je peux en déduire dès à présent que la justice divine qui m’as envoyé dans ce corps et ce monde matériel pour la faute que j’ai commise moi-même en m’éloignant de ses lois me permet par sa clémence de retrouver en moi la petite lumière de la souvenance de mon état originel et l’espoir de la réintégration possible.

La clémence n'est pas une des 4 vertus « cardinales » citées en maçonnerie, mais elle est néanmoins une vertu. Je dirais qu'elle est une « sous vertu » de par sa position à l'occident ; elle est nécessaire et soutient la vertu de justice située à l'orient, premier endroit dévoilé au candidat.

Que suggère la justice à l'orient ? Une connaissance de soi, d'être juste envers soi-même et envers autrui :

Et que suggère cette vertu de clémence, située à l'occident ? A nous rappeler que nous ne serons jamais seuls dans ce long et pénible « périple » de la connaissance de soi ; la clémence nous aidera à supporter les vicissitudes et les difficultés ; enfin, cela me rappelle la clémence d'un certain Jésus envers les hommes de mal.

Justice, Clémence : tout est dit pour préparer le candidat à devenir un homme de désir. On peut dissocier Justice divine et justice nécessairement faillible des hommes (ne pas oublier le symbole de la justice à la fois les yeux bandés et armée d'un glaive), dissocier la justice de la Clémence c'est :

- oublier le cœur (le maçon dont le cœur ne s'ouvre point aux besoins et aux malheurs des autres hommes est un monstre dans la société des frères).
- oublier le chemin montré par le Christ et la nécessité de pardon (si vous apercevez dans cette Loge un ennemi seriez-vous prêt à lui pardonner ?)
- oublier que l'on doit tendre vers le mieux.

Pour moi l'une ne va pas sans l'autre. Tout ceci me sera confirmé lors du retour à la lumière. « SIC TRANSIT GLORIA MUNDI » me libère des illusions qui disparaissent plus vite que l’éclair et le Vénérable Maître m’incite à aimer exclusivement la vérité et la justice afin d’acquérir un bonheur solide et durable.

Lors de la remise du tablier d’apprenti le vénérable Maître m’indique que sa blancheur nous indique la pureté qui est le but de nos travaux que nous cherchons à recouvrer et que c’est avec l’aide de la justice, la droiture du cœur et l’innocence des mœurs que nous y parviendront.

Dans l’instruction aux apprentis par questions réponses il est demandé :

« Que venez-vous faire en loge comme apprenti ? » la réponse est que je viens apprendre à vaincre mes passions, à surmonter mes préjugés et à soumettre mes volontés aux lois de la justice pour faire de nouveaux progrès en maçonnerie.

« Pourquoi ce faible rayon de lumière est-il accordé à l’apprenti ? » Pour lui faire connaitre les lois de la justice et lui apprendre qu’il doit s’y soumettre.

« Es-ce là mon frère le seul fruit de ses travaux ? » afin d’augmenter son courage, on lui montre à l’occident la clémence, qui arrête les rigueurs de la justice.

L’apprenti apprend par cette épreuve que malgré sa faiblesse et ses erreurs, il ne doit pas désespérer d’atteindre son but s’il renonce lui-même à la vengeance et use de modération et d’indulgence avec les autres hommes.

« Que signifie ce glaive sur le cœur ? » Que le vrai maçon doit toujours être prêt à sacrifier ce qu’il a de plus cher, pour la justice et la vertu, et qu’il ne doit pas murmurer dans l’infortune. Je vois ici un appel à sortir du monde de la dualité et s’orienter vers le monde intérieur reflet de l’unité Divine.

C’est donc après que le vénérable m’ai frappé par trois coup sur la tête du compas posée sur mon cœur que je fus renvoyé à l’occident ou j’y ai reçu d’abord un faible rayon de lumière qui, en me découvrant la justice et la clémence m’a fait espérer mon avancement dans l’Ordre.

En fin d’instruction par questions réponse le vénérable Maître nous exhorte à nous souvenir que nous sommes toujours en présence du Grand Architecte de l’Univers et que devant lui tous les instants seront à jamais marqué par nos actions ainsi, nous ne devons jamais nous écarter devant nos frères et les autres hommes des lois de la justice et de la charité. Notre Ordre est un Ordre chevaleresque qui doit nous mener à une bienfaisance active basée sur les lois de la justice et de la charité.

Dans la règle maçonnique à l’article premier chapitre 2 il nous est rappelé que nous ne pourrions pas supporter le regard de Dieu si dans sa bonté paternelle il ne nous avait envoyé un réparateur pour nous aider à nous racheter de nos erreurs et que sans lui nous serions abandonnés aux égarements de la raison et livrés à la justice Divine.

Le tableau de la Loge lui aussi présente la Justice (c'est la fait que la colonne soit tronquée, la Chute) et la Clémence (elle reste ferme sur sa base : l'homme a toujours les moyens de retourner vers sa « vraie patrie »).

Je pense que la Justice est la Loi Universelle intangible, la CLEMENCE est la qualité à acquérir pour rebâtir la colonne brisée, ou tronquée.

Etre clément avec soi. Etre clément avec tout le monde, y compris la vie, car la clémence c'est surtout accepter de ne pas savoir, et donc, de ne pas juger, et donc, de pardonner.

En pardonnant, on se donne les moyens d'être en harmonie avec la JUSTICE, et donc, de se rapprocher de la réconciliation... La Clémence est la première porte pour accéder à la Bienfaisance.

Le symbolisme de la réception au 1er grade du R.E.R., souvent fort méconnu par les F\ F\ et S\ S\ des autres rites, est tout simplement prodigieux. Comme chaque apprenti le sait, l'homme est l'image de Dieu même si c'est une image défigurée.

Or Dieu a des qualités et l'homme a des qualités. Ainsi, si l'homme veut être semblable à Dieu, les qualités de l'homme doivent être semblables à celles de Dieu.

On peut donc très bien considérer que les vertus de l'homme doivent être semblables aux vertus de Dieu. Ainsi tout comme Dieu est juste, l'homme aussi est appelé à être juste, et tout comme Dieu est clément, de même l'homme est appelé à être clément. A partir de là, il faut se rappeler que Dieu a fait agir sa justice lorsqu'il a exclu l'homme de sa proximité avec Dieu. Mais, Dieu a aussi fait agir sa clémence lorsqu'il a laissé à l'homme, ainsi éloigné de lui, tous les moyens pour retrouver cette proximité perdue.

Déchu de notre origine céleste par notre propre faute qui consista à s’éloigner de la présence divine et de ses lois, la justice du grand Architecte de l’Univers nous a relégués dans ce corps de chair et ce monde matériel, mais dans sa clémence il nous a envoyé un réparateur sous la forme de son fils unique le christ afin de nous aider à nous souvenir de notre état originel et nous permettre de retrouver la lumière de cet état autorisant l’espérance d’une réconciliation afin de rendre possible la réintégration pour tous.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Par T\ B\ - Publié dans : Planches
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Lundi 7 juillet 2014 1 07 /07 /Juil /2014 06:53

Le Devoir est l’application de la loi morale, la nécessité que l’homme se doit à lui-même et envers les autres, que l’homme devrait posséder dés sa maturité …; Quand je dis maturité, Je veux dire lâge ou l’homme, en pleine possessions de ses moyens de réflexions personnelles ; devrait être capable de discerner le juste milieu qui lui permet d’évoluer pour devenir réellement un homme,… Un être humain, qui, quel que soit la situation à laquelle il se trouve confronté, sache conserver sa dignité et être capable d’affronter le miroir de sa conscience en toute sérénité pour avancer vers la lumière.

DEVOIR INTEGRITE CONSCIENCE.

Nous les retrouvons dans le rituel complet de suspension des travaux du premier degré de notre rite.
Commençons par le devoir que je considère comme une obligation morale intérieure que l’on devrait s’imposer et que nous devrions tous posséder…
Encore faut t’il que tout êtres la possèdent ! Est-ce vraiment le cas ?... Je ne suis pas certain de répondre par l’affirmative…
Les hommes de devoir semblent se raréfier de nos jours au profit d’un vieil adage :

Après moi le déluge
Et certains individus semblent dépourvus de sens moral

Il existe deux devoirs.
Le premier est une règle dans toutes sociétés qui se veulent démocratique.
C’est le Devoir Civique qui s’impose à toutes sociétés organisées sur une constitution votée démocratiquement par les représentants d’une nation et qui garantit les libertés individuelles.
Mais ; s’il est imposé par voie de contrainte sans compensations de droits, il relève de la dictature. Ce n’est plus un devoir. C’est une obligation sous menaces de représailles, sur la personne qui se refuse à exécuter ce qui n’est plus une nécessité mais une contrainte au profit d’une oligarchie.
Le deuxième Devoir est personnel puisqu’il s’agit de Devoir Moral.
En fait le problème est bien la. Car le devoir moral découle de ce que nous nommons la conscience. Encore faut-il accepter d’écouter la voie de la conscience.Tout êtres possèdent le libre choix d’écouter cette voie ou de la laisser en sourdine pour vivre avec ses passions qui ne reflètent pas toujours ce que nous sommes réellement.
Je suis persuadé ; et ceci est une affirmation ! Que bien des hommes, en faisant fi de l’intégrité qu’ils devraient conserver ; s’accaparent la moralité à leurs besoins propres ! …
Caste… famille sociale …ethnie… parti politique ou corporatisme dont ils dépendent au détriment des autres et d’eux même …
Quand je dis eux même … Je veux parler de la vraie personnalité individuelle que possède chaque être humain qui est toujours sous l’influence du groupe dont il est membre, alors qu’il appartient à ce que nous appelons communément : L’Humanité.
La diversité réunit dans un ensemble : le Tout en Un. Ce qui devrait être harmonie n’est que cacophonie. Sommes-nous si égoïstes au point d’ignorer l’autre?
Le Devoir moral devrait se situer au dessus de toutes luttes partisanes.
Ce dernier ne réapparait que si l’humanité est en danger. Mais une fois le danger écarté ; le partisanisme revient au galop. Chaque clan voulant le pouvoir pour lui-même pour imposer ses idées qui sont les meilleures ; cela va de soi !...
Ce qui m’amène la remarque suivante : la plupart du temps le devoir moral s’exerce en fonction des éducations religieuses ou civiques imposées par la société à laquelle nous appartenons malgré nous.
La liberté, c’est d’être capable de se libérer de tous ces carcans qui nous empêchent d’entrevoir la lumière au delà de nos mesquineries matérielles et de nos préjugés culturels, imposées par l’influence de certaines minorités qui ne possèdent que l’intérêt de leurs clans qui sont toujours lucratifs pour garder leurs pouvoirs de mercantiles.
Le Devoir moral devrait posséder l’impartialité et la lucidité de jugement avant toutes décisions qui entrainent un acte juste. Malheureusement ; bien souvent nos préjugés culturels prennent le pas sur la raison… Ce qui devient un handicap pour la réflexion qui se voile de l’obscurantisme.
Regardez autour de vous, voyez dans quelle monde nous vivons et vous verrez que mes remarques ne sont pas celles d’un rêveur.
Le Devoir moral devrait se réaliser sur l’équilibre du jugement personnel ; au delà des influences extérieures qui agissent sur notre comportement malgré nous…
Ce Devoir n’est-il pas une nécessité pour évoluer ?...
Seul avec nous même, nous devons oser affronter le miroir pour accepter le combat avec le plus terrible des ennemis : nous même...
Le premier pas dans un voyage est celui qui compte le plus disait Lao Tseu., car il nécessite la volonté d’agir.
On distingue plusieurs devoirs moraux. Le premier est celui qui ne coute rien et qui peut s’accomplir par amour propre vis-à-vis du regard des autres,… ou pour se dire : j’ai fait ma bonne action
Par exemple : donner un chèque annuel à une organisation caritative, qui sera déductible des revenus ; ou bien donner la pièce à un sdf. Ce devoir n’amène ni contraintes ni réflexions.
Certaines personnes portées vers l’altruisme et qui s’affranchissent des limites de la loi en se dirigeant dans l’humanitaire, s’oriente vers ce que nous pourrions nommer :

Morale caritative.

Cette dernière intervient chez des personnes qui possèdent l’éthique de la bonne action indéniable, comme les restos du cœur, ce qui en fait n’est plus une bonne action mais un devoir spontané contre le refus d’une injustice qui atteint la dignité humaine et qui peut être éliminée par la pureté des intentions d’aller vers le bien.
Il y a également celui qui n’écoutant que son courage décide d’intervenir pour sauver une vie, mais risque la sienne. Ce qui est également un devoir spontané…
Maintenant, prenons pour exemple une personne qui décide de faire opposition à un ordre arbitraire dont elle n’est pas la victime mais simple spectateur…
La décision de lutter contre l’injustice vient du sentiment qu’elle ne doit pas rester impassible devant cette décision qui atteint sa conscience et l’insurge. Le fait de désobéir devient un devoir parce qu’elle estime qu’il y a atteinte à la dignité d’autrui.
Mais autrui, n’est ce pas notre semblable ? Et s’il n’est pas respecté, si sa dignité est atteinte ne le sommes nous pas également ?.... Respecter autrui c’est se respecter.
Autrui n’est il pas un autre moi, autre que moi ?
En exécutant mon devoir je réalise ce que je pense être nécessairement accompli parce que mon choix est allé vers le bien, parce que ma conscience m’a guidé vers un acte décidé seul et désintéressé.
Si c’est un acte intéressé ce n’est plus un devoir… Pure vanité ! C’est une recherche de privilèges ou de distinctions pour se distinguer des autres et en obtenir le respect. Alors que ces derniers ne doivent être attribués que sur le bien de l’utilité publique.
Le devoir qui est une exigence morale, n’existe que par sa distinction de la bonne volonté qui repose sur la pureté des intentions de l’homme : c’est la conscience morale spontanée ; elle n’existe que par la nécessité de ce qui est nécessairement accompli est bien. C’est la pureté de l’intention qui tient à la pensée dont l’essence est la liberté et qui permet de conserver la dignité en accomplissant ce que l’homme reconnait être juste, pour être humain et digne de sa conscience.

Mais qu’est ce que la conscience morale ?

C’est ce qui nous fait juge de nous même. En ce cas le devoir devient une obligation intérieure que l’on s’impose. Mais c’est aussi la liberté intérieure de penser. Elle désigne le sentiment intérieur d’une norme du bien et du mal qui nous dit comment apprécier les valeurs des conduites humaines, qu’il s’agisse des nôtres ou de celle d’autrui. C’est un retour sur nous même.
C’est ce que nomme Rousseau : la voie de la conscience. La même en tout homme. Malgré la diversité et la variabilité des mœurs et des connaissances : Elle est universelle, elle est la voie de la nature : Tout vient de l’intérieur, nous même…
À condition de bien vouloir l’écouterCette conscience qui rend semblable l’homme à dieu…
Si Rousseau la considère non pas comme un jugement mais comme un sentiment ; Kant la considère au contraire, comme l’expression de la raison pratique.
Mais, une personne dépourvue de sentiments est elle capable de raison ? Celle-ci sera encline à suivre le chemin de ses désirs et de ses passions uniquement pour en jouir !
Pour Bergson, la conscience est le produit d’un conditionnement social et pour Freud l’héritière direct du surmoi ; instance pourtant en majeure partie inconsciente. Cette dernière représentant l’intériorité de l’être…
Combien d’êtres vivent ? Combien d’êtres fonctionnent ? Voici une question intéressante que nous devrions nous poser quelquefois !
Pour Pascal : la conscience équivaut à la pensée qui nous révèle les limites de notre existence… Est ce la pensée qui oppose l’homme au reste de la création ?... Pensée qui fait la grandeur de l’homme qui lui révèle également la misère de sa condition et qui le sort d’une vie inerte ; végétative….
Nous possédons ce que les autres règnes n’ont pas.
Le minéral existe parce qu’il a une structure, c’est une chose et c’est tout. La plante existe et sent, possède une forme de vie végétative sans mouvements, mais non insensible au milieu sonore. L’animal existe, sent et connaît, sait qu’il connait et possède une sensibilité.
Mais l’homme, existe, sent, connaît, sait qu’il connaît et possède une réflexion sur soi :
Conscience… du latin : Cum : avec. Scienta : science, donc un attribut humain !
C’est bien cet attribut qui nous distingue des autres règnes et qui permet à l’humain de s’élever dans sa condition. Condition que nous cherchons à rendre toujours meilleure, ce qui se fait par la découverte de l’égo.
Cependant certains d’entre nous sont capables de dépasser la sphère de l’ego pour faire abstraction d’eux même au profit des principes universels qui supporte la vie.
A ce stade apparaît l’amour inconditionnel de son prochain, le sens vivant de la compassion et le fondement dans le sacré. Le respect de la vie sous toutes ses formes.
Ces personnes qui atteignent ce niveau sont très rares : Bouddha, Jésus, Gandhi, Martin Luther King, Sœur Theresa et Sœur Emmanuelle, le Dalai Lama, appartiennent à cette catégorie.
C’est ce que j’appelle des hommes de cœur… Chez les soufis les mystiques sont :

Les hommes du cœur.

En Orient, cet organe vital est le siège de la spiritualité et la base de la nature intellectuelle de l’homme. C’est aussi la conscience révélée dans la quintessence des êtres crée afin que Dieu puisse contempler l’homme par ce moyen. C’est le trône de Dieu et son temple dans l’homme. En Occident, le cœur est le siège de l’affectivité.
Est-il possible d’être sans sentiments ? Il existe malheureusement ce genre d’individus ; fort rares, je l’admets…
Pour les autres, dont nous sommes membres…
Je reconnais pour ma part que je raisonne par la sensibilité que je possède ; mais pas par sensiblerie qui ; elle, affecte la réflexion… Certain se contentent de fonctionner et n’écoute non pas la voie de la conscience mais celle de leur passions…
La passion est un sentiment que nous subissons sans comprendre et qui affecte l‘évolution de la conscience pour trouver la paix intérieure. C’est une émotion incontrôlable qui ne dévoile pas obligatoirement le microcosme de chaque être et qui mérite une planche. Mais peut-on l’éviter ?... Ceci demande réflexions.
L’intégrité de nos réflexions doit se réaliser au delà des passions et des influences extérieures que nous subissons malgré nous dans le monde moderne ; et ces dernières sont assez nombreuses et puissantes pour manipuler les consciences de bien de nos semblables. Aussi nous faut-il redoubler de calme intérieur et de méfiance pour conserver un jugement sain de ce que nous nommons :

Valeur Morale.

Cette dernière peut englober beaucoup de valeurs ou de principes qui peuvent influencer des personnes naïves ou peu soucieuses de réflexions appliquant à la lettre l’enseignement manipulateurs de pseudos mentors ,ou soi disant gardien du dogme et diriger les masses populaires vers les pires excès.
Gardons nous bien de ceux là, il nous suffit d’observer ce que peut provoquer la dérive de ceux qui se prétendent les gardiens des valeurs morales en regardant leurs résultats.
Heureusement la Franc Maçonnerie est bien au dessus de toutes ses mesquineries qui pourrissent la vie des hommes.
La Valeur Morale, la vrai Valeur Morale est celle qui nous élève vers un monde ou la condition est une ascension de la pensée et non pas une régression vers l’animalité.
Ce qui serait une tendance ces dernières décennies me semble- t‘il !
La Valeur morale s’impose à la conscience comme un idéal que l’homme ne dispose pas, mais qu’il souhaite. C’est l’homme, qui les invente à partir de ce qu’il juge être bon ou mauvais. De là, découle des dérives que je nomme dogmatiques ; celles ci peuvent engendrer l’extrémisme…
Religieuses ou athées ; dans les deux cas elles rejettent les idées de différences d’opinions qui doivent être combattues au profit de l’uniformité de la pensée, puisqu’ ‘elles agissent sur les écrits religieux, et de certains philosophes dont les interprétations servent à manipuler à des fins d’asservissements et de contrôle à des pouvoirs oligarchiques.
Nous devons garder cette indépendance qui se situe au delà des discordes partisanes oligarchiques, dont nos congénères semblent dépendants et que le prosélytisme de ces dernières affecte et influence les masses pour nous écarter du chemin de lumière qui est le seul chemin que l’homme doit prendre pour s’élever afin de retrouver ce qui nous manque :
La Sagesse et la Sérénité qui permettent de concevoir et d’entreprendre une vie ou l’homme peut marcher en paix sur terre parmi ses frères.

J’ai dit !

source : www.ledifice.net

Par P\ P\ - Publié dans : Planches
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