fondements historiques de la FM

Dimanche 4 novembre 2012 7 04 /11 /Nov /2012 08:23

     

 Dans ce passage, il est question des Mages, de Mythras et de Zoroastre. Vous verrez les similitudes entre ce qu'avaient instauré les Lévites dans leur Institution ainsi que l'Eglise catholique Romaine, notamment la fête du 25 décembre où soit disant Yeshoua serait sensé être né. Vous verrez aussi que ce que prêchait les Mages était fort ressemblant à ce que prêchait le Galiléen, notamment le Aime ton prochain comme toi-même... ce qui nous incite fortement à penser que la Grande Âme du Libérateur s'est bien incarné en Zoroastre aussi après Hermès et tant d'autres... la dernière Incarnation étant bien entendu celle qui eut lieu en Palestine voilà plus de deux mille ans. A quand la prochaine ? A moins qu'elle n'ait déjà eu lieu... "Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

DES BASILIDIENS
Les Basilidiens paraissent absolument sortir des Esséniens et être mélangés avec les Gnosticiens.

Basilide disait à ses adeptes : « Vous devez tout connaître, et personne ne vous connaîtra ».
Il nous reste de leur ancienneté, des monumens dans les Abraxas qui renferment des signes mystérieux et que nous rapporterons en son lieu. Le nom d'Abraxas, qui se trouve gravé sur une quantité de pierres des premier et second siècles de l'ère chrétienne, donne en lettres grecques la valeur de trois cent soixante-cinq , le même nombre des degrés du fameux cercle d'or du tombeau d'Orcmaudyas, toujours relatif au cours annuel du Soleil. La cuirasse de Pharaon-Amasi, consacrée à Minerve dans l'île de Rhodes, était remarquable par la trame, dont le fil était tordu en trois cent soixante-cinq autres, allusion à la durée de l'année ; preuve nouvelle que les religions anciennes doivent leur origine à l'Astronomie.
Les Basilidiens avaient deux images au lieu d'une seule, comme les Gnosticiens; l'une avait barbe, et l'autre sans barbe ; ces simulacres étaient allégoriquement honorés par eux.
St Irenée a cru que c'étaient les images de Jupiter et de Minerve, et s'en est prévalu pour les accuser d'idolâtrie. Basilide obligeait ses Disciples à se taire pendant cinq ans, comme jadis les Disciples de Pythagore. Il croyait ce temps nécessaire à la préparation de l'initiation et pour être à même de recevoir la Gnosin ou la science humaine. Un seul entre mille était admis au sanctuaire, à la connaissance de ce qui regarde la Divinité ; et sur dix mille initiés, deux seulement étaient agréés pour participer entièrement à la révélation entière de tous les secrets arrachés à la nature. Ces sectes étaient toutes des écoles de philosophie.
M. Ouvaroff croit que dans l'initiation supérieure, en parlant des mystères anciens, on devait se borner à démontrer l'unité de Dieu et l'immortalité de l'âme, par des arguments philosophiques ; ce qui paraît en opposition aux témoignages suivants.
Clément d'Alexandrie, Strom. V, 2, dit expressément, en parlant des grands mystères : « Ici finit tout enseignement, on voit la nature et les choses ».
Ce qu'on ne peut révoquer en doute, c'est que, lors de l'existence de ces premières sociétés, que nous appelerons toujours juives - chrétiennes , les notions de morale étaient très-répandues et connues du vulgaire; et si elles eussent fait l'essence des mystères, elles ne pouvaient aucunement mériter les magnifiques éloges des hommes, des savants de l'antiquité, qui ont cru que dans ces sociétés il existait la révélation des sublimes vérités, et que leur institution en était l'unique objet.
Après cette remarque, il est très-évident que ces sociétés et leurs mystères auraient cessé d'exister du moment où les vérités secrètes eussent été enseignées publiquement; et pour lors, Pindare, Platon, Cicéron, Epictète n'en auraient aucunement parlé avec tant d'admiration, si le Hiérophante s'était occupé de leur apprendre avec tant d'apprêts et avec tant de secret, ses opinions, ses doctrines et celles de son ordre et société, lorsqu'on eut pu trouver et apprendre tous ces enseignements dans des livres et dans des écoles publiques. Observons qu'à ces époques , la morale et la philosophie avaient atteint un si haut degré d'élévation, qu'aucune notion sur la première ne pouvait rester inconnue et inaccessible; il paraît, pour lors, que, dans l'initiation de ces sociétés, on devait découvrir aux initiés de grandes vérités morales et philosophiques, cachées au vulgaire, conservées par des traditions orales qui remontaient au premier âge du monde. Ces connaissances, placées au milieu du polythéisme, formaient l'essence et la doctrine secrète des mystères.
Cette hypothèse concilie les contradictions apparentes du système religieux des Anciens sur la matière et sur l'âme, et s'accorde parfaitement avec les traditions orales des Croisés, et en particulier des Templiers, qu'on prétend être les instituteurs des Maçons. Il faut remarquer ici que plusieurs Sts-Pères de l'Eglise donnent des notions très-intéressantes sur les mystères, et en font tour-à-tour des éloges brillants ou des peintures odieuses.
St Clément d'Alexandrie, qui passait pour avoir été initié, et Eusèbe, Prepar. Evang. II, 2, tantôt leur prêtent le but le plus frivole et même le plus honteux, les transforment en école d'athéisme (cohort ad Gentes), tantôt ils prétendent que les vérités qu'on y enseignait avaient été dérobées par les philosophes à Moïse, à Salomon et aux Prophètes (Strom. V, page. 650); et même, selon ce dernier, ce sont les philosophes qui ont établi les mystères (Strom. V, page. 681). Tertullien, plus logicien, en attribue l'invention au Diable (de Preser, ad Hoeret. 40.) Arnobe, Athenagore et S. Justin en ont tous parlé de la même manière.
Leurs éloges et leurs blâmes peuvent être également vrais, sans en être moins désintéressés. Ici il faut distinguer deux époques. Il est certain que de grands abus s'étaient glissés dans les mystères. La corruption avait commencé à répandre quelques notions sur les cérémonies qui s'y pratiquaient, et l'indiscrétion des mystes avait divulgué des symboles ; tout tendait à profaner les mystères déjà déchus de leur dignité primitive. Mais si nous nous rapportons aux temps où les mystères fleurissaient, les témoignages en leur faveur sont unanimes; partout ils sont présentés comme l'origine des arts, des sciences, des lois. Il est bien naturel que ces mystères étant l'appui du polythéisme après la corruption sacerdotale, les Saints-Pères, qui suivaient une doctrine différente, les regardaient comme les foyers de l'erreur, et ne pouvaient dans leur intérêt mettre assez d'ardeur à les discréditer.
Après les divulgations et le discrédit par les ennemis de la science, il est facile d'en déduire que les emblèmes religieux égyptiens, grecs, juifs, chrétiens, gnosticiens, de la Cabale, romains et autres, n'étaient intelligibles qu'aux seuls initiés (En preuve que les emblèmes qui dérivaient de la religion égyptienne étaient mystérieux à tout autre qu'aux initiés, on lit dans Eusèbe , de Prep. Evang., lib. II, « qu'entre les prêtres égyptiens, il y avait une caste qui ne s'occupait, même au temps de Joseph l'historien, que de l'interprétation des hiéroglyphes. » Le Sacerdoce et l'initiation étant perdus, ont donné lieu à établir mille erreurs.) ; c'est ce qui amène le vulgaire à se former à cet égard des systèmes de théologie sur le polythéisme. Nous avons dit que les secrets des initiés étaient consignés oralement ; le temps, les révolutions, les guerres ont fait perdre une partie de ces doctrines ; il n'est resté dans les Temples que leurs enseignes. Le vulgaire, qui n'approfondit jamais rien, en établissant sa théologie, a cru voir dans ces emblèmes des signes d'idolâtrie, et en fit des religions monstrueuses. Il y a des critiques qui pensent que la religion de Rome n'en a pas été exempte.
Il résulte de ce qui précède, que des peuples entiers se sont formé un système à leur gré de la Divinité apparente ; ils établirent des légendes et des heureuses nouvelles, pour donner quelque ombre de raison à un culte qui n'était plus soutenu par la tradition orale des initiés anciens, qui se trouvait inconnu au vulgaire, et qui devint par-là absurde et monstrueux.
La généralité des Philosophes égyptiens, grecs, romains, comme aussi les Saints-Pères se firent un système à part, et les sentiments des uns détruisirent souvent ceux des autres.
DES MAGES
Une religion très-répandue dans l'Orient, et de laquelle plusieurs autres sont sorties, fut celle de Mythras dont les initiés s'appelaient Mages. Plusieurs savans ont même cru, peut-être trop légèrement, que la légende sacrée de Jésus n'était qu'une imitation de celle de Mythras, par la ressemblance des mystères de la naissance, des pérégrinations, des prédications, des travaux, de leur mort, de leur résurrection, et que ces deux religions n'étaient dans le fait que les divers aspects du Soleil relativement à notre terre. Suivant d'autres opinions, les mystères maçonniques en tiraient leur origine.
Les mystères de Mythras étaient représentés dans un antre sacré, l'époque en était fixée au vingt-cinq décembre, au moment où les prêtres voyaient paraître, à minuit, la constellation de la Vierge qui ouvrait à son déclin l'année en donnant la naissance au Soleil qui paraissait comme un enfant s'appuyant sur son sein maternel.
Plusieurs rites maçonniques ont conservé le grade de Mage, il figure pour l'avant-dernier échelon dans le système des Illuminés, et pour le dernier dans celui de la stricte observance, il se trouve dans différents autres systèmes en Allemagne plus qu'ailleurs; c'est ce qui a induit plusieurs écrivains à croire que la Maçonnerie n'était que la religion des Mages.
Le mot Mage dérive de Mog, qui, dans la langue ancienne des Persans, signifie adorateur ou prêtre consacré au Soleil.
L'objet apparent de cette religion était l'adoration de cet astre ; or, comme les religions conservent, malgré elles, leurs anciennes affinités et consanguinités, ainsi dans les Evangiles, ce sont des Mages qui arrivent à Bethléem adorer Jésus, ce qui fit croire à des critiques que Jésus ne pouvait être que l'allégorie du Soleil (L'allégorie du Soleil et son emblème, conservé dans tous Temples maçonniques, est conservé encore de nos jours par des corporations sacerdotales, comme par les Jésuites : la médaille (Planche II, n.° 15) frappée pour le Chapitre major de St Thomas  d'Aquin, en 1789, lors de l'exaltation au royaume d'Espagne de Charles IV, qui porte un Soleil rayonnant de lumière, emblème de son culte, est une preuve que le Sacerdoce chrétien ne l'a pas oublié.), car le culte de cet astre était aussi le seul apparent qui existât chez les Mages.
Le culte du Soleil, très-ancien en Orient, se perd dans l'antiquité, on ignore son origine et l'on doute même que Zoroastre en soit l'instituteur ou le réformateur; car ce nom même signifie l'ami du feu, de la lumière ; aussi des auteurs ont-ils cru que par l'explication de de ce même nom, on avait voulu désigner une société religieuse; ils pensent que Zoroastre n'a jamais existé, s'appuyant sur ce que son histoire est remplie de miracles, d'apparitions de la Divinité, d'Anges, de Démons; en second lieu, parce qu'elle est écrite en style tout-à- fait oriental ; ils prétendent encore que l'Histoire de la Création du Monde a quelques analogies avec celle de l'Israélite Moïse, de même que ses prières ressemblent un peu à celles du roi Psalmiste. Nous n'entrerons pas dans ces sublimes questions de suprématie qui partagent tant de savans, nous adopterons l'existence de cet homme, croyant qu'il peut avoir établi le culte du Soleil et même avoir écrit tout ce qu'on lui attribue.
Zoroastre néanmoins, comme Moïse, pour affermir son pouvoir par le culte, publia qu'il avait reçu son Code de Dieu en personne, ce que des faiseurs de religions imitèrent postérieurement.
Ce code, une fois reçu, fut enfermé dans le sanctuaire du Temple, la Bible, l'Alcoran le furent de même; le code de Zoroastre devenu sacré n'a pu plus être communiqué, ni aux profanes ni aux étrangers.
Ainsi que dans plusieurs cultes, les Mages devaient lire à toutes les fêtes quelque passage de cette Ecriture-Sainte aux fidèles, et Zoroastre l'écrivit avec les caractères de cette langue perse qui se perdit après Cyrus.
Ce code est connu sous le nom de Zend - Avesta ; il est divisé en deux parties , comme le Deutéronome et le Lévitique.

La première traite du devoir de tous les hommes en général, et en particulier des hommes religieux. La seconde traite de la liturgie et des cérémonies dans le culte.
Tous les écrits attribués à Zoroastre sont compris dans le Zend-Avesta. Jadis ils étaient au nombre de vingt-un, dont sept traitaient de la Création du Monde, sept de morale et de politique et sept de la physique et d'astronomie. Selon Bundari, les livres de Zoroastre remplissaient 12 000 peaux de bœuf. (Pastoret, Zor. Conf. Mahom.) Selon l'opinion la plus accréditée, son dogme et sa doctrine existaient en Assyrie et à Babylone longtemps avant la fondation de l'empire des Perses, ce qui prouve sa haute antiquité.
Les Mages, depuis que l'histoire en fait mention , firent une caste à part du peuple, comme les Lévites d'Israël : un Lévite, un Mage naquit toujours d'un Lévite et d'un Mage. Comme les anciens Patriarches juifs (D'après l'Hexaméron de St Eustache, Abraham avait épousé sa sœur. Les prêtres égyptiens épousaient même leur mère ; néanmoins la nature ne rétrograde qu'avec peine : l'on sait qu'à Athènes aussi on pouvait épouser sa sœur.), les Mages se mariaient avec leurs sœurs et leurs filles, les fils avec leurs mères, en cas de décès du père. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que le Patriarche Loth épouse ses deux filles à la fois. Il paraît que les privilèges de ces castes et leur religion n'ont eu qu'un même berceau ; car comment expliquer l'analogie frappante qui existe dans leurs coutumes?
La caste des Mages, à son origine, comme celle des Lévites, était peu nombreuse ; par la suite, elle se multiplia extraordinairement ; au commencement, elle ne possédait que des bourgs. Peu après, elle obtint des villes ; arrivée par-là à un haut degré de force physique, les Mages et les Lévites, se fiant sur leur nombre, cherchèrent des révolutions, intriguèrent contre les gouvernements et les Rois.
Sozamène II, pag. 73, dit que la caste des Mages était anciennement divisée en trois classes : 1° les Erbids, prêtres apprentis; 2.° les Mobids, professes-maitres; 5."les Destours-Mobids, prêtres accomplis (Maîtres Parfaits).
Aujourd'hui, aux Indes orientales, ces classes se subdivisent ainsi :
1° Les Erbides, qu'on initie par la purification de l'eau et du feu , professent les études relatives aux initiations, étudient les cérémonies, et les jours de fête lisent au public l'Izechne et le Vendidal, qui traitent des devoirs des hommes. Lorsque, par l'exercice de ces premières fonctions sacerdotales, par leur zèle, par leur étude, ils se trouvent instruits, ils deviennent
2.° Mobids. C'est cette classe qui s'occupe de l'interprétation des autres livres de Zend-Avesta, écrits dans l'ancienne langue. Si, après un certain temps, le Mobids n'arrive pas à expliquer et comprendre ces livres , il entre dans les
3.° Destours. Cette classe se borne à l'étude de la loi du Zenda et du Pehlvi, c'est une classe stationnaire; le Mobid qui a pu expliquer et entendre les autres ouvrages du Zend-Avesta devient
4.° Destours Mobids. Il est à la tête des Mobids : de cette quatrième classe, les plus savans et les plus anciens deviennent
5.° Destours de Destours qui équivalent aux Grands-Prêtres juifs et aux Evêques chrétiens, ils décident des points difficiles et de la loi divine, qui, comme dans toutes les religions, est écrite aussi obscurément que possible. Les sages législateurs des cultes ont toujours écrit de manière que partout il faut des interprètes. Les Destours des Destours décident les cas de conscience, et en vertu de cette grâce spéciale que Dieu leur a accordé en personne, les croyans leur paient la dîme. Il paraît que partout où il y a des interprètes de la loi divine, on ne dispense pas gratuitement les dons célestes.
Un Apôtre de Jésus en a fait un devoir à ses frères, qui ne se sont guère mis en peine d'observer, en leur disant : Date gratis quod gratis accepistis.
Les préceptes du Zend-Avesta sont simples, ils sont ceux de la loi juive et chrétienne ; c'est Dieu même qui parle :

« Il y a moi, seul Dieu. Il y a deux principes, un bon, l'autre mauvais ; lumière et ténèbres."

«Ne vous souillez pas ; instruisez les ignorants ; bénissez les mariages ; fréquentez vos Temples : méditez avec respect le Zend-Avesta qui doit seul être votre loi ; que ceux qui voudraient l'adultérer soient punis éternellement par le Ciel ».
Les préceptes des Archi-Mages sont les suivants :

« Ne soyez ni ambitieux ni vains; relevez la dîme des peuples; soyez miséricordieux, c'est le plus bel emploi des richesses que le Ciel vous accorde ; lavez-vous souvent; ayez votre habitation prés du Temple pour y entrer sans être aperçu ; surpassez les autres Mages en vertu et en connaissances de la vraie science; ne craignez que moi, Dieu ; reprenez les méchants. de quel rang qu'ils soient, sans indulgence ; portez la vérité devant les Souverains; souvenez vous de moi, Dieu, jusqu'à la consommation des siècles qui sera faite par le feu ( Le dogme du Jugement et de la Fin du Monde a été enseigné chez les Chrétiens bien après celui des Mages.). Ainsi soit-il ».
Nous croyons inutile de faire sortir des comparaisons de ces préceptes, avec ceux transmis oralement aux initiations égyptienne, juive et chrétienne.
Le temps , qui altère et change tout, malgré la simplicité de ce dogme, amena des hérésies, comme nous le verrons à l'article de Mânes. Dès-lors les Mages se divisèrent, s'anathématisérent réciproquement. Le sujet de la question était sur la priorité dans l'existence des deux principes, bon et mauvais, et sur celle de savoir si les deux principes étaient coéternels avec l'Etre premier, Dieu. La philosophie du Zend-Avesta passa dans l'Asie occidentale et en Grèce, chez les Persans, chez les Arabes, chez les Juifs ; pour ce dernier peuple, composé de pasteurs paresseux et ignorants, il fallut, après la captivité de Babylone, qu'on lui traçât un code religieux, qui, émanant des susdits principes, lui offrît une histoire et des fastes. Ce livre, qui date de cette époque incertaine, fut dicté par l'emphase orientale, et orné de systèmes obscurs qu'il est impossible à la raison humaine de débrouiller, et dont l'interprétation devait se refuser aux recherches les plus obstinées de ses interprètes.
La philosophie religieuse du Zend-Avesta existe dans la Bible : elle arriva en Judée et dans l'Arabie après la captivité des Juifs en Babylone ; mais avec elle les visions et les fables orientales dépouillées, par la nature de ce peuple, de toute science, et en particulier de l'astronomie, qui ne fut conservée que secrètement dans les mystères d'Hiram et dans la loi orale ; pour lors, ce livre sacré ne fut rempli que de Démons, d'Anges, de visions, de miracles ; ce qui a défiguré entièrement l'ancien culte des Mages.
La Divinité apparente des anciens Mages perses, était Mythras, auquel on avait adjoint Orosraade et Orimane, le bon et le mauvais principe ; Mythras était par-là un et triple : c'est de là que Platon emprunta sa Trinité, et d'où différentes religions tirèrent la leur, à en croire de hardis critiques. M. Anquetil du Peron séjourna exprès aux Indes pour connaître la religion des Parsis, chez lesquels la religion de Mythras s'est réfugiée.
Il a même traduit le Zend-Avesta et autres ouvrages attribués à Zoroastre.

   

Source : http://graal.over-blog.com/article-7290500.html

 

   

 

Par Fr.°. Reghellini de Shio - Publié dans : fondements historiques de la FM
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Vendredi 14 septembre 2012 5 14 /09 /Sep /2012 07:51

Il y a peu d’Auteurs anciens qui ne parlent de cette fameuse conquête. Elle a exercé l’esprit de nos savants, qui ont fait beaucoup de dissertations sur ce sujet, & M. l’Abbé Banier, qui en a inséré plusieurs dans les Mémoires de l’A­cadémie des Belles Lettres, regarde ce fait com­me si constant, qu’on ne peut, dit-il (Mytlolog T. III. P.198.), le détacher de l’histoire ancienne de la Grèce, sans renverser presque toutes les généalogies de ce temps-là. Nous avons un Poème là-dessus sous le nom d Orphée ; mais Vossius prétend que ce Poète n’en est pas l’Auteur, & que ce Poème n’est pas plus ancien que Pisistrate (Vossius de Poëti Græcis & Latinis, cap.9.). On l’at­tribue à Onomacrite, & l’on dit qu’il fut composé vers la 50e. Olympiade. Il pourrait bien se faire que cet Onomacrite n’en fût pas l’Auteur, mais seulement le restaurateur, ou qu’il en eut recueilli tous les fragments dispersés, comme Aristarque ceux d Homère. Apollonius de Rhodes en composa un sur la même matière vers le temps des premiers Ptolomées. Pindare en fait un allez long détail dans la quatrième Olympique, & dans la troisième Isthmique ; beaucoup d’autres Poètes font de fréquentes allusions à cette con­quête. Mais ce qui prouve l’antiquité de cette fa­ble, c’est qu’Homère en dit deux mots dans le douzième Livre de l’Odyssée M. l’Abbé Banier trouve une erreur dans cet endroit de ce dernier Poète, & dit qu’il fait parler Circé de certaines roches errantes comme situées sur le détroit qui sépare la Sicile de l’Italie, & qu’elles sont en effet à l’entrée du Pont-Euxin. Pour ajuster cette expédition aux idées de M. l’Abbé Banier, ces roches ne sauraient à la vérité se trouver au lieu marqué dans Homère ; mais j’aurais cru qu’il était plus à propos de chercher les moyens d’ac­corder M. l’abbé Banier avec Homère, que d’accuser ce Poète d’erreur, pour éluder les difficultés que cet endroit faisait naître.Il est aisé de se tirer d’embarras quand on a recours à de semblables ressources. Homère avait sans doute ses raisons pour placer là ces roches errantes ; car la plupart des erreurs que l’on trouve dans ce Poète, & dans les autres inventeurs des fables, semblent y être mises avec affectation, comme pour indi­quer à la postérité que ce sont des fictions pures qu’ils débitent, & non de véritables histoires. Les lieux que l’on fait parcourir aux Argonautes, les endroits où on les fait aborder sont si éloignés de la route qu’ils auraient dû & pu tenir ; il y a même une impossibilité si manifeste qu’ils aient tenu celle dont Orphée parle, qu’on voit claire­ment que l’intention de ce Poète n’était que de raconter une fable.

 

Les difficultés qui se présentent en foule à un Mythologue qui veut trouver une véritable histoire dans cette fiction, n’ont pas rebuté la plu­part des savants. Eustathe (Sur le vers 686 de Denys Perigete.) parmi les Anciens, l’a regardé comme une expédition militaire, laquelle, outre l’objet de la Toison d’or, c’est-à-dire, selon lui, le recouvrement des biens que Phryxus avait emportés dans la Colchide, avait encore d’autres motifs, comme celui de trafiquer sur les côtes du Pont-Euxin, & d’y établit quelques colonies pour en assurer le commerce. Ceux qui ont voulu ramener la plupart des Fables an­ciennes à l’Histoire Sainte, comme le P. Thomasin & M. Huet, se sont imaginés y voir l’histoire d’Abraham, d’Agar & de Sara, de Moïse & de Josué. En suivant de pareilles idées, il n’est point de fables, si palpablement fables qu’elles soient, qu’on ne puisse y faire venir.

Eustathe, pour accréditer son sentiment, dit qu’il y avait un nombre de vaisseaux réunis en une flotte, dont le Navire Argo en était comme l’Amiral ; mais que les Poètes n’ont parlé que d’un seul vaisseau, & n’ont nommé que les seuls chefs de cette expédition. Je ne pense pas qu’on en croit cet Auteur sur sa parole, puisqu’il n’en a d’autre garant que la raison de convenance, qui exigeait que les choses fussent ainsi pour que son sentiment pût se soutenir. M. l’Abbé Banier, qui suit assez bien Eucasthe dans ce genre de preuves, décide hardiment que cette expédition n’est point le mystère du grand œuvre. A-t-il pro­noncé avec connaissance de cause ? avait-il lu les Philosophes ? avait-il même du grand œuvre l’idée qu’il faut en avoir ? Je répondrais bien qu’il n’en connaissait que le nom, mais nullement les principes.

 

Pour donner une idée juste de cette fiction, il faudrait prendre la chose dès son origine, expli­quer comment cette prétendue Toison d’or fut portée dans la Colchide, & faire toute l’histoire d’Athamas, d’Ino, de Nephelé, d’Hellé & de Phryxus, de Léarque & de Mélicette ; mais comme nous aurons occasion d’en parler dans le quatrième Livre, en expliquant les Jeux Isthmiques, nous entrerons seulement dans le détail de cette expédition, en suivant ce qu’Orphée & Apollonius en ont rapporté.

 

Jason eu pour père Eson, Créthéus pour aïeul, Eole pour bisaïeul, & Jupiter pour trisaïeul. Samère fut Polimede, fille d’Autolycus, d’autres disent Alcimede, ce qui convient également pour le fond de l’histoire, suivant mon système. Tyro, fille de Salmonée, élevée par Créthéus, frère de celui-ci, plut à Neptune, & en eut Nélée & Pélias ; elle ne laissa pas ensuite d’épouser Cré­théus son oncle, dont elle eut trois fils, Eson, Pherès & Amithaon. Créthéus bâtit la ville d’Iolcos, donc il fit la capitale de ses Etats, & laissa en mourant la couronne à Eson. Pélias, à qui Créthéus n’avait point donné d’établissement, comme ne lui appartenant pas, se rendit puissant par ses intrigues, & détrôna Eson. Jason qui vint au monde sur ces entrefaites, donna de la jalousie & de l’inquiétude à Pélias, qui chercha en conséquence tous les moyens de le faire périr. Mais Eson, avec son épouse, ayant pénétré les mauvais desseins de l’usurpateur, portèrent le Jeune Jason, qui s’appelait alors Diomede, dans l’antre de Chiron, fils de Saturne & de la Nym­phe Philyre, qui habitait sur le Mont Pélion, & lui confièrent son éducation. Le Centaure passait pour l’homme le plus sage & le plus habile de son temps. Jason y apprit la Médecine & les Arts utiles à la vie.

 

Ce jeune Prince, devenu grand, s’introduisit dans la Cour d’Iolcos, après avoir exécuté de point en point tout ce que l’Oracle lui avait prescrit. Pélias ne douta pas que Jason ne s’ac­quît bientôt la faveur du Peuple & des Grands. Il en devint jaloux, & ne cherchant qu’un hon­nête prétexte pour s’en défaire, il lui proposa la conquête de la Toison d’or, persuadé que Jason ne refuserait pas une occasion si favorable d’acquérir de la gloire. Pélias, qui en connaissait tous les risques, pensait qu’il y périrait. Jason prévoyait lui-même tous les dangers qu’il avait à courir. La proposition fut néanmoins de son goût, & son grand courage ne lui permit pas de ne point l’accepter.

 

Il disposa donc tout pour cet effet, & suivant les conseils de Pallas, il fit construire un vaisseau, auquel il mit un mât fait d’un chêne par­lant de la forêt de Dodone. Ce vaisseau fut nom­mé le Navire Argo ; & les Auteurs ne sont pas d’accord sur le motif qui le fit nommer ainsi. Apollonius, Diodore de Sicile, Servius & quel­ques autres prétendent que ce nom lui fut donné, parce qu’Argus en proposa le dessein ; & l’on varie encore beaucoup sur cet Argus, les uns le prenant pour le même que Junon employa à la garde d’Io, fils d’Arustor ; mais Meziriac (Sur l’Ep. Hypsiphile à Jason.) veut qu’on lise dans Apollonius de Rhodes, fils d’Alector, au lieu de fils d’Arestor. Sans entrer dans le détail des différents sentiments au sujet de la dénomination de ce vaisseau, que l’on peut voir dans plusieurs Auteurs, je dirai seulement qu’il fut construit du bois du Mont Pélion, sui­vant l’opinion la plus commune des Anciens.

 

Prolémée Ephestion dit, au rapport de Photius, qu’Hercule lui-même en fut le constructeur. Laraison que M. l’Abbé Banier apporte pour re­jeter cette opinion, n’est point du tout con­cluante à cet égard. Quant à la forme de ce vaisseau, les Auteurs ne sont pas plus d’accord entre eux. Les uns disent qu’il était long, les autres rond ; ceux-là, qu’il avait vingt-cinq rames de chaque côté ; ceux-ci qu’il en avait trente ; mais on con­vient en général qu’il n’était pas fait comme les vaisseaux ordinaires. Orphée & les plus anciens Auteurs qui en ont parlé, n’ayant rien dit de cette forme, tout ce que les autres en rapportent n’est fondé que fur des conjectures.

 

Toutes les circonstances de cette expédition prétendue souffrent contradiction. On varie & sur le Chef & fur le nombre de ceux qui l’ac­compagnèrent. Quelques-uns assurent qu’Hercule fut d’abord choisi pour Chef, & que Jason ne le devint qu’après qu’Hercule eut été abandonné dans la Troade, où il était descendu à terre pour aller chercher Hylas. D’autres prétendent qu’il n’eut aucune part à cette entreprise ; mais le sen­timent ordinaire est qu’il s’embarqua avec les Argonautes. Quant au nombre de ceux-ci, on ne peut rien établir de certain, puisque des Auteurs en nomment dont les autres ne font aucune mention. On en compte communément cinquante, tous d’origine divine. Les uns fils de Neptune, les autres de Mercure, de Mars, de Bacchus, de Jupiter. On peut en voir les noms & l’histoire abrégée dans le Tome troisième de la Mythologie de M. l’Abbé Banier, page 211 & Suiv. où il explique le tout conformément à ses idées, & décide à son ordinaire qu’il faut rejeter ce qu’il ne peut y ajuster. Il admet, par exemple, dans le nombre de ces Argonautes, Acaste, fils de Pélias, & Nélée, frère de celui-ci. Y a-t-il appa­rence, si cette expédition était un fait véritable, qu’on eût supposé que Pélias, persécuteur & en­nemi juré de Jason ; ce Pélias même qui n’engageait ce neveu dans cette expédition périlleuse, que parce qu’il regardait sa perte comme assurée, eût permis à Acaste de l’y accompagner, lui qui ne cherchait à faire périr Jason que pour conserver la couronne à ce fils ? On ne manquerait pas de raison pour en rejeter d’autres que ce savant Mythologue admet sur la foi d’autres Auteurs ; & il serait aisé de prouver qu’ils ne pouvaient s’y être trouvés, suivant le système de ce savant ; mais il faudrait une discussion qui n’entre pas dans mon plan.

 

Lorsque tout fut prêt pour le voyage, la troupe de Héros s’embarqua, & le vent étant favorable on mit à la voile, on aborda en premier lieu à Lemnos, afin de se rendre Vulcain favorable. Les femmes de cette Isle ayant, dit-on, manqué de respect à Vénus, cette Déesse, pour les en punir, leur avoir attaché une odeur insupportable, qui les rendit méprisables aux hommes de cette Isle. Les Lemniennes piquées complotèrent entre elles de les assassiner tous pendant leur sommeil. La seule Hypsiphile conserva la vie à son père Thoas, qui pour lors était Roi de l’Isle, Jason s’acquit les bonnes grâces d’Hypsiphile, & en eut des enfants.

Au sortir de Lemnos, les Tyrrémens leur livrèrent un sanglant combat, où tous ces Héros furent blessés, excepté Glaucus qui disparut, & fut mis au nombre des Dieux de la mer (Pausis dans Athen. 1. 7. c. 12.), De­là ils tournèrent vers l’Asie, abordèrent à Marsias, à Cius, à Cyzique, en Ibélie : ils s’arrêtè­rent ensuite dans la Béblycie, qui était l’ancien nom de la Bithynie, s’il faut en croire Servius (Sur le 5e. liv. de l’Enéide, v. 373.), Amycus qui y régnait, avait coutume de défier au combat du ceste ceux qui arrivaient dans ses Etats. Pollux accepta le défi, & le fit périr sous ses coups. Nos voyageurs arrivèrent après cela vers les Syrtes de la Lybie, par où l’on va en Egypte. Le danger qu’il y avait à traverser ces Syrtes, fit prendre à Jason & à ses compagnons le parti de porter leur vaisseau sur leurs épaules pendant douze jours, à travers les déserts de la Lybie ; au bout duquel temps ayant retrouvé la mer, ils le remirent à flots. Ils furent aussi ren­dre visite à Phinée, Prince aveugle, & sans cesse tourmenté par les Harpies, dont il fut délivré par Calais & Zethès, enfants de Borée, qui avaient des ailes. Phinée, devin & plus clairvoyant des yeux de l’esprit que de ceux du corps, leur in­diqua la route qu’ils devaient tenir. Il faut, leur dit-il, aborder premièrement aux Inès Cyances, (que quelques-uns ont appelées Symplegades, ou écueils qui s’entre heurtent ). Ces Isles jettent beaucoup de feu ; mais vous éviterez le danger en y envoyant une colombe. Vous passerez de-là en Bithynie, & laisserez à côté l’Isle Thyniade. Vous verrez Mariandynos, Achéruse, la Ville des Enetes, Carambim, Halym, Iris, Thémiscyre, la Cappadoce, les Calybes, & vous arri­verez enfin au fleuve Phasis, qui arrose la terre de Circée, & dé-là en Colchide où est la Toison d’or. Avant d’y arriver les Argonautes perdirent leur Pilote Tiphis, & mirent Ancée à sa place.

 

Toute la troupe débarqua enfin sur les terres d’ Ætes, fils du Soleil & Roi de Colchos, qui leur fit un accueil très gracieux. Mais comme il était extrêmement jaloux du trésor qu’il possédait, lorsque Jason parut devant lui, & qu’il eut été informé du motif qui l’amenait, il parut consentir de bonne grâce à lui accorder sa demande ; mais il lui fit le détail des obstacles qui s’opposaient à ses désirs. Les conditions qu’il lui prescrivit étaient si dures, qu’elles auraient été ca­pables de faire désister Jason de son dessein. Mais Junon qui chérissait Jason, convint avec Mi­nerve qu’il fallait rendre Médée amoureuse de ce jeune Prince, afin qu’au moyen de l’art des enchantements dont cette Princesse était parfaite­ment instruite, elle le tirerait des périls où il s’exposerait pour réussir dans son entreprise. Médée prit en effet un tendre intérêt à Jason ; elle lui releva le courage, & lui promit tous les se­cours qui dépendaient d’elle, pourvu qu’il s’engageât à lui donner sa foi.

La Toison d’or était suspendue dans la forée de Mars, enceinte d’un bon mur, & l’on ne pouvait y entrer que par une seule porte gardée par un horrible Dragon, fils de Typhon & d’Echidna. Jason devait mettre sous le joug deux Taureaux, présent de Vulcain, qui avaient les pieds & les cornes d’airain, & qui jetaient des tourbillons de feu & de flammes par la bouche & les narines ; les atteler à une charrue, leur faire labourer le champ de Mars, & y semer les dents du Dragon, qu’il fallait avoir tué aupara­vant. Des dents de ce Dragon semées devaient naître des hommes armés, qu’il fallait extermi­ner jusqu’au dernier, & que la Toison d’or serait ainsi la récompense de sa victoire.

Jason apprit de son amante quatre moyens pour réussir. Elle lui donna un onguent dont il s’oignit tout le corps, pour se préserver contre le venin du Dragon, & le feu des Taureaux. Le second fut une composition somnifère qui assoupirait le Dragon sitôt que Jason la lui aurait jetée dans la gueule. Le troisième une eau limpide pour éteindre le feu des Taureaux ; le quatrième enfin une médaille, sur laquelle le Soleil & la Lune étaient représentés.

 

Dès le lendemain Jason muni de tout cela se présente devant le Dragon, lui jette la compo­sition enchantée ; il s’assoupit, s’endort, devient enflé & crève. Jason lui coupe la tête, & lui arrache les dents. A peine a-t-il fini que les Taureaux viennent à lui, en faisant jaillir une pluie de feu. Il s’en garantit en leur jetant son eau limpide. Ils s’apprivoisent à l’instant ; Jason les saisit, les met sous le joug, labour le champ & y sème les dents du Dragon. Tout aussitôt en voit sortir des combattants ; mais suivant, toujours les bons conseils de Médée, il s’en éloigne un peu, leur jette une pierre qui les met en fureur ; ils tournent leurs armes les uns contre les autres, & s’entre-tuent tous. Jason délivré de tous ces périls, court se saisir de la Toison d’or, revient victorieux à son vaisseau, & part avec Médée, pour retourner dans sa patrie.

 

Telle est en abrégé la narration d’Orphée, ou, si l’on veut, d’Onomacrite. M. l’Abbé Banier dit que l’Argonaute Orphée avait écrit une relation de ce voyage en langue Phénicienne. Je ne vois pas sur quoi ce Mythologue fonde cette supposi­tion. Orphée n’était pas Phénicien ; il accompagnait des Grecs, & il écrivait pour des Grecs. Brochart lui aura sans doute fourni cette idée, parce qu’il prétendait trouver l’explication de ces fictions dans l’étymologie des noms Phéniciens. Mais ce système ne peut avoir lieu à l’égard de l’expédition des Argonautes, dont tous les noms font Grecs & non Phéniciens. Si Onomacrite a fait son Poème Grec sur le Poème Phénicien d’Orphée, & qu’il n’entendît pas cette dernière langue, comme le prétend M. l’Abbé Banier, Onomacrite aura-t-il pu suivre Orphée ? Si l’on me présentait un Poème Chinois que Je n’entendisse pas, pourrais-je le traduire ou l’imiter ?

 

La relation d’Apollonius de Rhodes, & celle de Valerius Flaccus ne différent guère de celle d’Orphée ; mais plusieurs Anciens y ont ajouté des circonstances qu’il est inutile de rapporter. Ceux qui ont lu ces Auteurs y ont vu que Médée, en se sauvant avec Jason, massacra son frère Absyrthe, le coupa en morceaux, & répandit ses membres sur la route, pour retarder les pas de son père, & de ceux qui la poursuivaient ; qu’étant arrivée dans le pays de Jason, elle rajeunit Eson, père de son amant, & fit beaucoup d’autres pro­diges. Ils y auront lu que Phryxus traversa l’Hellespont sur un Bélier, arriva à Colchos, y sacri­fia ce Bélier à Mercure, & en suspendit la Toison, dorée par ce Dieu, dans la forêt de Mars ; qu’enfin de tous ceux qui entreprirent de s’en emparer, Jason fut le seul à qui Médée prêta son secours, sans lequel on ne pouvait réussir.

 

Avant d’entrer dans le détail des explications Hermétiques de cette fiction, voyons en peu de mots ce qu’en ont pensé quelques savants accré­dités. Le plus grand nombre l’a regardée comme la relation d’une expédition réelle, qui contribuait beaucoup à éclaircir l’histoire d’un siècle, dont l’étude est accompagnée de difficultés sans nombre. M. le Clerc (Bibliot. Unîv. c.21.) l’a prise pour le récit d’un simple voyage de Marchands Grecs, qui entreprirent de trafiquer sur les côtes Orientales du Pont-Euxin. D’autres prétendent que Jason fut à Colchos pour revendiquer les richesses réelles que Phryxus y avait emportées, d’autres enfin que c’est une allégorie. Plusieurs ont imaginé que cette prétendue Toison d’or devait s’entendre de l’or des mines emporté par les torrents du pays de Colchos, que l’on ramassait avec des toisons de Bélier ; ce qui se pratique encore aujourd’hui en différents endroits. Strabon est de ce dernier sentiment. Mais Pline pense avec Varron que les belles laines de ce pays-là ont donné lieu à ce voyage, & aux fables que l’on en a faites. Palephate, qui voulait expliquer tout à sa fan­taisie, a imaginé que sous l’emblème de la Toison d’or, on avait voulu parler d’une belle statue de ce métal, que la mère de Pélops avait fait faire, & que Phryxus avait emportée avec lui dans la Colchide. Suidas croit que la Toison d’or était un livre de parchemin qui contenait l’Art Her­métique, ou le secret de faire de l’or. Tollius a voulu, dit M. l’Abbé Banier, faire revivre cette opinion, & a été suivi par tous les Alchimistes. Il est vrai que Jacques Tollius dans son Traité Fortuita, a adopté ce sentiment ; mais M. l’Abbé Banier, en disant que tous les Alchimistes pensent comme lui, donne une preuve bien con­vaincante qu’il n’a pas lu les ouvrages des Philosophes Hermétiques, qui regardent la fable de la Toison d’or, non pas comme Suidas & Tol­lius, mais comme une allégorie du grand œuvre, & de ce qui se passe dans le cours des opérations de cet Art. On en sera convaincu si l’on veut prendre là peine de lire les ouvrages de Nicolas Flamel, d’Augurelle, de d’Espagnet, de Philalèthe, &c. Quelques Auteurs ont tenté de donner à cette fable un sens purement moral ; mais ils ont échoué : d’autres enfin forcés par l’évidence ont avoué que c’était une allégorie faite pour expliquer les secrets de la Nature, & les opéra­tions de l’Art Hermétique, Noël le Comte est de ce sentiment (Mythol. 1 6. c. 8.), quant à cette fiction, sans cependant l’admettre pour les autres. Eustathius parmi les Anciens l’explique de la même sorte dans des notes sur Denis le Géographe.

 

Examinons légèrement ces différentes opi­nions, le Lecteur pourra, juger ensuite quelle est la mieux fondée. Quelque différentes & extravagantes que soient, au moins en apparence, les relations des Auteurs, tant de l’allée que du retour des Argonautes, on prétend tirer de l’existence réelle de ces lieux qu’on leur fait parcourir une preuve de la réalité de cette expédition. De graves Historiens les ont en conséquence adop­tées en tout ou en partie, tels qu’Hétacée de Milet, Timagete, Timée, &c. Sirabon même, qui n’y ajoute pas foi, fait mention des monuments trouvés dans les lieux cités par les Poètes. Mais ne sait-on pas qu’une fiction, un roman, n’ont de grâce qu’autant que ce qu’ils mènent sur la scène approche du vrai ? Le vraisemblable les fait prendre pour des histoires ; sans cette qua­lité, on n’y verrait qu’une fable pure, aussi puérile & aussi insipide que les Contes des Fées. L’existence réelle des lieux de ces pays-là ne saurait d’ailleurs former une preuve, pas même une présomption pour établir la réalité de cette histoire, puisque Diodore de Sicile (Liv. a. ch. 6.) assure positivement que la plupart des lieux de la Grèce ont tiré leurs noms de la doctrine de Musée, d’Orphée, &c. Or la doctrine de ces Poètes était celle qu’ils ap­prirent des Prêtres d’Egypte, & l’on a vu ci-devant que celles des Prêtres d’Egypte était la Philosophie d’Hermès, ou l’Art Sacerdotal, appelé de­puis l’Art Hermétique.

 

Mais ce qui prouve clairement que l’histoire des Argonautes n’est pas véritable, c’est que le temps, les personnes & leurs actions, jointes aux circonstances qu’on en rapporte, ne sont point du tout conformes à la vérité. Si l’on fait atten­tion au temps, il sera aisé de voir combien se sont trompés ceux qui ont voulu en déterminer l’époque. Les savants ont trouvé un si grand em­barras à ce sujet, qu’ils n’ont pu s’accorder entre eux. Presque tous ont pris pour point fixe l’événement de la guerre de Troye, parce qu’Ho­mère dans son Iliade nomme quelques-uns de ces guerriers, ou leurs fils, ou leurs petits-fils comme ayant assistés à cette seconde expédition. Mais pour avoir un pôle fixe, avec lequel on pût faire comparaison, il eût fallu que l’époque même de la guerre de Troye fût déterminée ; ce qui n’est pas, comme nous le démontrerons dans le sixiè­me livre. Ces deux époques étant donc aussi in­certaines l’une que l’autre, elles ne peuvent se servir de preuves réciproques ; & tous les raisonnements que nos savants font en conséquence, tombent d’eux-mêmes. Toute l’érudition que l’on étale à ce sujet, n’est que de la poudre que l’on nous jette devant les yeux. Que Castor & Pollux, Philoctete, Euryalus, Nestor, Ascalaphus, Jalmenus & quelques autres soient supposés s’être trouvés aux deux expéditions, on prouverait tout au plus par-là qu’elles ne furent pas beaucoup éloignées l’une de l’autre ; mais cela n’en déterminerait pas l’époque précise. Les uns, avec Eusebe, mettent entre ces deux événements une distance de 96 ans, les autres, avec Scaliger, en comptent seulement 20 ; &M. l’abbé Banier, pour partager le différend, ne met qu’en­viron 35 ans.

 

Apollodore fait mourir Hercule 55 ans avant la guerre de Troye (Clem. d’Alex. Strom. 1.I.). Hérodote ne compte qu’environ 400 ans depuis Homère jusqu’à lui, & près de 500 depuis Hercule jusqu’à Homère, quoiqu’il ne mette qu’environ 160 ans d’inter­valle entre ce dernier & le siège de Troye. Her­cule, suivant Hérodote, serait mort plus de 500 ans avant ce siège ; il faut donc en conclure qu’Hercule ayant été du nombre des Argonau­tes, cette expédition doit avoir précédé de 300 ans la prise de Troye. Mais, suivant ce calcul, comment quelques-uns des Argonautes, ou leurs fils auraient-ils pu se trouver à cette dernière ex­pédition ? Hélène, qu’on dit en avoir été le sujet, eût été alors une beauté bien surannée, & peu capable d’être la récompense du jugement de Paris. Cette difficulté a paru si difficile à lever, que quelques Anciens, pour se tirer d’embarras, ont imaginé qu’Hélène, comme fille de Jupi­ter, était immortelle. Tous les Argonautes étant fils de quelque Dieu, ou descendus d’eux, ne pouvaient-ils pas avoir eu le même privilège ? Hérodote parle à la vérité de ce siège de Troye ; mais les difficultés & les objections qu’il se fait à lui-même sur sa réalité, & les réponses qu’il y donne, prouvent assez qu’il ne le croyait pas vé­ritable. Nous discuterons tout cela dans le sixième Livre.

 

Une autre difficulté non moins difficile a ré­soudre, se présente dans Thésée & sa mère Æthra. Thésée avait enlevé Ariadnee, & l’abandonna dans l’Isle de Naxo, où Bacchus l’ayant épousée, en eut Thoas, qui devint Roi de Lemnos & père d’Hypsiphile, qui reçue Jason dans cette Isle ; Thésée eut donc pu alors avoir été l’aïeul d’Hypsiphile, Æthhra sa bisaïeule. Comment celle-ci aura-t-elle pu se trouver esclave d’Hélène dans le temps de la prise de Troye ? Il n’est pas possible d’accorder tous ces faits, en n’admettant même avec M. l’Abbé Banier que 35 ans de distance entre ces deux événements.

 

Thésée avait au moins 30 ans, lorsqu’il en­treprit le voyage de l’Isle de Crète, pour déli­vrer sa patrie du tribut qu’elle payait à Minos ; puisqu’il avait déjà fait presque toutes les grandes actions qu’on lui attribut ; & qu’il avait été re­connu Roi d’Athènes. Æthra devait par conséquent en avoir au moins 45. Depuis ce voyage de Thésée jusqu’à celui des Argonautes, il doit s’être écoulé environ 40 ans ; puisque Thoas na­quit d’Ariadne, devint grand, régna même dans l’isle de Lemnos, & eut entre autres enfants Hypsiphile, qui regnait dans cette Isle, lorsque Jason y aborda. Les Auteurs disent même que Jason racontait à Hypsiphile l’histoire de Thésée, comme une histoire du vieux temps.

Nouvelle difficulté. Toute l’Antiquité con­vient que Thésée, âgé au moins de cinquante ans, & déjà célèbre par mille belles actions, ayant appris des nouvelles de la beauté d’Hélène, résolut de l’enlever. Il fallait bien qu’elle fût nubile, puisque d’anciens Auteurs assurent que Thésée, après l’avait enlevée, la laissa grosse entre les mains de sa mère Æthra ; d’où elle fut ensuite retirée par ses frères Castor & Pollux. Ce fait doit avoir nécessairement précédé la conquête de la Toison d’or, à laquelle ces deux frères assis­tèrent. Que nos Mythologues lèvent toutes ces difficultés, & tant d’autres qu’il serait aisé de leur faire. Et quand même ils en viendraient à bout d’une manière à satisfaire les esprits les plus difficiles, pourraient-ils se flatter d’avoir dé­terminé l’époque précité du voyage des Argo­nautes ? Loin que M. l’Abbé Banier dans ses Mé­moires présentés à l’Académie des Belles Lettres, & dans sa Mythologie, ait touché le but à cet égard, il semble n’avoir écrit que pour rendre cet événement plus douteux.

 

Venons à la chose même. Peut-on regarder comme une histoire véritable, un événement qui ne semble avoir été imaginé que pour amuser des enfants ? Persuadera-t-on à des gens sensés que l’on ait construit un vaisseau de chênes parlants ; que des Taureaux jettent des tourbillons de feu par la bouche & les narines ; que des dents d’un Dragon semées dans un champ labou­ré, il en naisse aussitôt des hommes armés qui s’entre-tuent pour une pierre jetée au milieu d’eux ; enfin tant d’autres puérilités qui sont sans exception toutes les circonstances de cette célèbre expédition ? y en a-t-il une seule en effet qui ne soit marquée au coin de la Fable, & d’une Fable même assez mal concertée, & très insipide, si l’on ne l’envisage pas dans un point de vue allégorique ? C’est sans doute ce qui a frappé ceux qui ont regardé cette relation comme une allégorie prise des mines qu’on supposait être dans la Colchide. Ils ont approché plus près du vrai, & plus encore ceux qui l’ont interprétée d’un livre de parchemin qui concernait la manière de faire de l’or. Mais quel est l’homme qui pour un tel objet voulût s’exposer aux périls que Jason surmonta? De quelle utilité pouvaient leur être les conseils de Médée, ses onguents, son eau, ses pharmaques enchantés, sa médaille du Soleil & de la Lune, &c ? Quel rapport avaient des Bœufs vomissant du feu, un Dragon gardien de la porte, des hommes armés qui sortent de terre, avec un livre écrit en parchemin, ou de l’or que l’on ramasse avec des Toisons de Brebis ? Etait-il donc nécessaire que Jason ( qui signifie Médecin ) fût élevé pour cela sous la discipline de Chiron ? Quelle relation aurait encore avec cela le rajeu­nissement d’Eson par Médée après cette conquête ?

Je sais que les Mythologues se sont efforcés de donner des explications à toutes ces circonstan­ces. On a expliqué le char de Médée traîné par deux Dragons, d’un vaisseau appelé Dragon ; & quand on n’a pu réussir à y donner un sens même forcé, on a cru avoir tranché le nœud de la difficulté en disant avec M. l’Abbé Banier (Mythol. T. III. p. 259.) : C’est encore ici une fiction dénuée de tout fondement. Ressource heureuse ! pouvait-on en imaginer une plus pro­pre à faire disparaître tout ce qui se trouve d’embarrassant pour un Mythologue ? Mais est-elle capable de contenter un homme sensé, qui doit naturellement penser que les Auteurs de ces fic­tions avaient sans doute leurs raisons pour y introduire toutes ces circonstances ? Presque toutes les explications données par les Mythologues, ou ne portent sur rien, ou sont imaginées pour élu­der les difficultés.

Par Dom Antoine Joseph Pernety - Publié dans : fondements historiques de la FM
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Vendredi 14 septembre 2012 5 14 /09 /Sep /2012 07:24

Selon la Fable, était fils d'Eson et de Polymède, fille d'Autolicus. Il eut Créthée pour aïeul, Eole pour bisaïeul, qui était fils de Jupiter. Eson avait pour frère un nommé Pélias, sous la tutelle duquel il mit Jason ; mais la mère de celui-ci le mit entre les mains de Chiron pour y apprendre la Médecine. Etant devenu grand et bien instruit, il redemanda à Pélias le royaume que son père Eson lui avait laissé en mourant. Pélias ne voulut consentir à cette restitution, qu'à condition que Jason irait préalablement faire la conquête de la Toison d'Or . Ce que Jason exécuta, après s'être associé cinquante braves compagnons presque tous descendus des Dieux comme lui. Ayant donc préparé tout ce qu'il crut nécessaire pour cette expédition, Pallas lui conseilla la construction et la forme du navire, dont le mât fut fait d'un chêne pris dans la forêt de Dodone. Il aborda d'abord à Lemnos pour se rendre Vulcain propice, puis à Marsias, à Cius, en Ibérie, à Bébrycie et vers les Syrtes de Lybie, où ne pouvant passer, ses compagnons et lui portèrent le navire Argo sur leurs épaules pendant douze jours, et le remirent en mer ; et après avoir vaincu tous les obstacles qui s'opposaient à leur dessein, ils arrivèrent enfin à Colchos, où, par l'art de Médée, ils vinrent à bout d'enlever la Toison d'or.
Si peu que l'on veuille prêter d'attention à cette histoire fabuleuse, et que l'on soit instruit des mystères de l'art Chymique, si peu même que l'on ait lu les livres des auteurs qui en traitent, l'on reconnaîtra aisément que cette prétendue histoire n'est qu'une allégorie du grand œuvre, comme on va le voir par l'explication suivante.
Jason tire son étymologie du grec, et ne veut dire autre chose que l'Art de guérir. Jason ne fut jamais Médecin ou Chirurgien, puisqu'il n'a jamais existé en réalité ; mais la Fable dit qu'il fut instruit par Chiron, le même qui instruisit aussi Hercule et Achille
. Chiron lui apprit donc l'expérience manuelle, Médée la théorie nécessaire pour la perfection de l'œuvre. Jupiter un de ses ancêtres; et Médée, femme de Jason, était petite-fille du Soleil et de l'Océan, et fille d'Aetès, dont les sœurs étaient Circé l'Enchanteresse, et Pasiphaé qui engendra le Minotaure. La mère de Médée fut Idie, aussi Enchanteresse, par où l'on peut juger que cette parenté ne pouvait pas mieux convenir qu'à Jason, qui devait être un grand Médecin, et un grand Scrutateur des choses naturelles. Il se choisit cinquante compagnons de voyage, tous issus des Dieux. On en peut voir les noms dans l'histoire de la Fable. La navire Argo fut construite des chênes de Dodone, qui donnaient des oracles. Cette grosse et grande masse fut portée par cinquante hommes dans les déserts de la Lybie pendant douze jours ; Orphée son Pilote ne la gouvernait que par sa musique et son chant ; enfin ce navire périt de vieillesse, ensevelit Jason sous ses débris, et fut mis au rang des astres. Que veulent dire tous ces lieux où aborda le navire ? Pourquoi d'abord à Lemnos, pour se rendre Vulcain favorable ? Pourquoi Euripyle donna-t-il de la terre en présent à Jason ? C'est qu'Euripyle était fils de Neptune que de l'eau on fait de la terre, et que de cette terre il faut faire de l'eau ; c'est aussi de cette terre que Médée augura bien de l'expédition. Ce n'est pas aussi sans raison que Phinée fut délivré des Harpies par Calaïs et Zetès, tous deux fils d'Eole ; puisque basile Valentin dit dans sa sixième Clef, que deux vents doivent souffler, l'un le vent d'orient, qu'il appelle vulturnus et l'autre le vent du midi, ou Notus. Après que ces deux vents auront cessé, les Harpies seront mises en fuite, c'est-à-dire, les parties volatiles deviendront fixes.
Ils trouvèrent aussi sur leur route les deux rochers Cyanées, dont il faut éviter l'écueil au moyen d'une colombe ; cette colombe que signifie-t-elle autre chose que la matière parfaite au blanc ? Ce qui marque infailliblement que l'œuvre tend à sa perfection, et n'a presque plus d'écueils à craindre.
Ceux qui désirent une explication chymique plus détaillée, trouveront de quoi se satisfaire amplement dans le chapitre 1 du livre 2 des Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées.

source : http://www.boutiquefs.com/

Par Dom Antoine Joseph Pernety - Publié dans : fondements historiques de la FM
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 07:26

On ne s'attarde guère aujourd’hui, à rechercher dans la symbolique maçonnique dite Moderne, les origines des outils qui nous sont proposés et que par habitude nous manipulons en Loge. C’est ainsi que peu à peu, au fil des générations montantes, nous avons perdu le sens du sacré et que se sont crées des mouvances parallèles qui n’ont plus de Maçon que le nom, bien que l’esprit traditionnel y soit préservé lors des cérémonies d’intronisation.

Si pour certains d’entre nous, les symboles et les nombres utilisés par la Franc maçonnerie sont les éléments familiers d'un langage universel inscrit dans notre cosmologie, nombre de Sœurs et de Frères initiés aux différents Rites de nos obédiences ne réalisent pas toujours la portée symbolique des outils qu'ils observent et manipulent en Loge. Leur regard est naturellement attiré par les éléments les plus remarquables, mais ils se contentent trop souvent des explications volontairement succinctes trouvées dans leurs rituels. Aussi, les sujets dont je souhaiterais vous parler ce soir, concernent l’origine égyptienne de quelques uns de ces symboles qui n’appartiennent pas en propre à la Franc-maçonnerie mais que nous véhiculons dans nos rituels sans toujours en connaître le sens caché.

Nombre d’éléments présents dans nos Loges attestent que notre spiritualité est solaire. L’invocation que nous faisons lors de l’ouverture des travaux « à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers », introduit cette notion importante, que nous symbolisons par des signes plus ou moins parlants tels que le Soleil et la Lune, l’espace sacré recevant le Pavé Mosaïque où le Delta Lumineux. Pour les anciens égyptiens, notre Grand Architecte était symbolisé sous le nom de Rê par le disque solaire, non pas comme étant Dieu mais comme étant sa première manifestation dans le monde visible. Il se manifeste par la Lumière qu’il diffuse, et qui crée la vie. Il n’est pas le « Dieu créateur de toutes choses », mais le principe de mutation des ondes dites cosmiques qu’il véhicule et qu’il transforme en énergie créatrice.

En Egypte, la base de la Grande Pyramide du Pharaon Khéops formait un carré rigoureusement orienté, tandis que sa pointe culminant en plein centre, à 144 mètres d’altitude, symbolisait l’origine de toute création. Du fin fond de l’Univers symbolisé par le point, la Lumière descendait éclairer la Terre symbolisée par le Carré.

Comme les égyptiens qui considéraient le pronaos, cette sorte d’antichambre à la porte close par un sceau d’argile au chiffre du roi, comme un lieu consacré, au centre de laquelle était positionné la pierre cubique à pointe contenant l’une des manifestations divines de l’Enneade (groupe des neuf divinités de lamythologie égyptienne rassemblant toutes les forces présentes dans l’univers : le démiurge Atoum, l’humidité Tefnout, l’air Chou, la terre Geb, le ciel Nout, Osiris, Isis, Seth et Nephthys), les Maçons consacrent leurs Loges à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers dont ils symbolisent la présence par différents tableaux posés sur un Pavé Mosaïque, entouré sur trois de ses angles par des colonnettes de différents styles. Pour nous Maçons, comme pour les anciens égyptiens, cet espace réputé sacré, symbolise la Terre comme faisant partie intégrante de l’Univers qui l’entoure.

C’est pour en faire la démonstration que nos illustres prédécesseurs ont choisi la forme du Carré afin de permettre à ce symbole de se manifester. Aujourd’hui, certaines Loges représentent le Pavé Mosaïque en additionnant deux triangles aux proportions pythagoriciennes, pour former un Carré Long sur lequel sont tracés 108 cases, soit 12 de l’Orient à l’Occident, et 9 du Nord au Midi. Faisant abstraction des dogmes anciens, la géométrie, si chère à notre Ordre de bâtisseurs, nous enseigne ce pourquoi ce symbole fut choisi. En effet, si l’on additionne les angles qui gravitent autour du Carré, nous en totalisons 12 à 90 degrés, soit 1080 degrés. C’est parce qu’aucune autre figure géométrique que le Carré Long n’aurait pu convenir, que celle-ci a été choisie, aussi bien par les égyptiens que par la Franc maçonnerie.

Au centre de nos Loge, représenter la Terre au sein de l’Univers, permet de comprendre ce que symbolise le Grand Architecte de l’Univers. Celui ci est en nous et autour de nous. Il totalise symboliquement les 1080 degrés que nous avons déjà définis autour de notre planète, auxquels s’ajoutent les 360 degrés qui se trouvent à l’intérieur du point, du cercle, du carré ou de toute représentation graphique, voir humaine, soit 1440 degrés. C’est ce nombre qui fut attribué au Grand Architecte de l’Univers par les prêtres égyptiens et les bâtisseurs de cathédrales, et qui fut retenu pour symboliser notre Univers. Ce calcul peut paraître un peu fou voire du domaine de la superstition. Pourtant, ce nombre revient trop souvent pour qu’il ne soit question que d’une simple coïncidence.

144 millions de kilomètres séparent la Terre de l’astre Solaire qui, pour les spiritualistes que nous sommes ou souhaitons devenir, serait la première manifestation visible d’un Univers incommensurable. La méthode de calcul attestée par nos scientifiques précise qu’à la vitesse de la lumière, soit 300 000 kilomètres à la seconde, la lumière met 8 minutes à nous parvenir, soit 8 minutes de 60 secondes que multiplie 300 000 kilomètres, cela fait bien 144 millions de kilomètres.

Est-ce un hasard si au cadran de nos montres, les 24 heures de la journée font au total 1440 minutes ? Est-ce le hasard qui fait que le temps de la création inscrit dans les arcanes de la Genèse, celle de Moïse, augmentée des apports égyptiens, soit également symbolisé par ce nombre ? En effet, nous trouvons que sous les images naïves des enseignements de la Bible et des livres sacrés se cache une clef universelle. Il y est enseigné par exemple que "Dieu créa le monde en six jours ". Six jours, cela fait bien six fois 24 heures soit 144 heures. Etait-ce au hasard que les égyptiens de l'Ancien Empire, soit environ 2800 ans avant notre ère, ont choisi de considérer le nombre 144 comme étant à la fois, le Chiffre de la Terre et son nom numérique, l'inscrivant dans la géométrie de la Grande Pyramide symbolisant, mieux qu'aucune autre forme, le faisceau de lumière éclairant notre planète ?

Coïncidence, serez-vous peut être encore tenté de dire. Non ! Il ne saurait y avoir de coïncidence touchant un nombre qui se retrouve dans la Genèse, dans la Pyramide, sur le cadran de nos montres et dans un jour de rotation terrestre. Tout le mystère de notre Univers s'ordonne d'après ce nombre, repose sur lui et nous découvrons, grâce à lui, que l'unité de loi engendre l'unité de fait. 144, est donc le nombre clef, le nombre parfait, le nombre de notre univers, le nombre qui est le nom chiffré de notre planète et, en quelque sorte, la clef de la lumière. C’est pourquoi il est symbolisé dans nos Temples et qu’il peut être utile de le savoir.

D’autres symboles décorant nos ateliers, attestent que notre spiritualité est d’origine solaire. La Voûte Etoilée, le Soleil et la Lune, l’étoile flamboyante, la forme pyramidale du triangle, la référence à la Lumière etc. L’énergie cosmique y est aussi parfois suggérée par la présence d’un fil à plomb symbolisant l’Axe du monde sur le centre du tableau de Loge où du Naos selon le rite choisi par les ateliers. Sa verticalité est également représentée sur le décors des Premier et Second Surveillant. Elle manifeste la présence du Grand Architecte de l’Univers. Son peson symbolise le sommet d’une pyramide formée avec les angles du Pavé Mosaïque, protégeant ainsi virtuellement la formalisation de notre Ordre qu’est le Tableau de Loge. Dans les Rite égyptiens, les trois Grandes Lumières que sont l’Equerre, le Compas et la Règle, ainsi que la Lumière Eternelle sont posés sur une table triangulaire appelée Naos, de manière à les positionner au centre même de la Pyramide, lieu que les Anciens égyptiens avaient choisi avec soin pour y installer le coffre ouvert symbolisant le martyr et la résurrection d’Osiris dans la Chambre dîte « du Roi ».

Ici tout est symbole rappellent nos Rituels. Le Livre de la Loi Sacrée, posé sur l’Autel des Serments en est l’un des plus significatifs. Ce symbole est souvent controversé lorsqu’il s’agit d’un ouvrage comme la Bible ou le Coran Pourtant ce livre, ouvert sur le Prologue de Saint Jean n’est pas réducteur au point de symboliser une religion, fut-elle d’Etat. Initiatique par essence, il propose dans son Ancien Testament, l’idée d’une humanité plongée dans l’ignorance, qui dans une période historiquement troublée reçoit une révélation, qui par la suite la conduira sur un chemin d’initié, guidée par les enseignements du Maître. Anecdotique, la Bible, comme le Livre des Morts égyptien, est une compilation d’ouvrages anciens. Elle correspond à une période de l’histoire Judéo-chrétienne dont les religions méditerranéennes se sont inspirées. En s’appropriant ces textes et en superposant le dogme à l’histoire, les religions chrétiennes et coraniques, ont détourné leur sens initiatique. C’est pourquoi, depuis la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la Franc maçonnerie laïque et républicaine préconise l’invocation au progrès de l’Humanité, et la possibilité de remplacer la Bible par le Livre Blanc, afin d’éviter tout amalgame avec la religion.

Il est remarquable de constater que lorsque l’Expert et le Maître des Cérémonies forment la voûte sacrée au dessus de l’Autel des Serments, ils forment un angle de 108 degrés équivalent à celui du Delta Lumineux, sous lequel les trois Grandes Lumières sont présentes et posées, comme pour le Naos égyptien, sur un socle à mi-hauteur de la pyramide ainsi formée. Seule différence notable, dans nombre d’Ateliers, le Pommeau de la Canne du Maître des Cérémonies qui logiquement devrait se trouver au sommet de ce triangle pour symboliser la lumière manifestée du Grand Architecte de l’Univers sur les outils censés la représenter, est souvent gardé dans la main, modifiant le sens allégorique de son action.

Tous ces symboles nous renvoient à cette étroite relation entre l’astre solaire et la Loge. Ils participent notamment à l’ouverture de nos travaux, quand la lumière est la plus courte, lorsque la distance entre ce qui pour nous symbolise le Grand Architecte de l’Univers, et le lieu de sa manifestation.

La voûte étoilée composées de petites étoiles à cinq branches est elle aussi un symbole égyptien. Peinte sur le plafond des tombeaux royaux, elle représentait le monde où séjournaient les dieux. Lorsque pharaon, considéré par le peuple comme un dieu vivant, rejoignait, au crépuscule de sa vie, l’Orient éternel, une nouvelle étoile était censée s’allumer dans le ciel. En Egypte, il n’y eu jamais d’autres formes d’étoiles que celles à cinq branches que nous observons au plafond de nos ateliers. Dans nos Loges, les travaux sont couverts par le Grand Architecte de l’Univers que symbolise cette voûte étoilée.

A l’Orient, la Lune et le Soleil sont représentés. Si les symboles sont universels et n’appartiennent à personne, c’est la manière de les conjuguer entre eux qui personnalise notre Ordre. Comme le précisent nos rituels respectifs, nous travaillons de midi plein à minuit plein, c'est-à-dire lorsque ces deux astres sont à leur zénith. C’est pourquoi les carreaux du Pavé Mosaïque sont alternés Blanc et Noir. Cependant ces deux astres ainsi positionnés derrière le Vénérable Maître, suggèrent également le sens de rotation des planètes et des énergies. Ainsi, c’est parce que la course du soleil se fait de la droite vers la gauche, c'est-à-dire en sens inverse des aiguilles de la montre, que nous marchons de la gauche vers la droite. Nous ne fuyons pas devant les énergies qui circulent dans la Loge, nous marchons au devant d’elles et nous nous en imprégnons. C’est aussi pourquoi à la clôture des travaux nous croisons les bras pour entrer dans la Chaîne d’Union. Bras droit sur bras gauche, la main droite donne ce que la gauche a reçu. Notre propre énergie peut ainsi circuler à contre courant, et chaque participant agissant comme une pile en série sur son voisin, se charge ou se décharge au gré des travaux perçus durant nos tenues. Cette Chaîne d’union qui permet le partage des énergies accumulées durant les travaux, et donne à chacun le sentiment positif d’être en harmonie avec les autres participants, d’être sur la même longueur d’onde en somme, se retrouve dans le symbolisme égyptien. Les dieux principaux de l’Ennéade, sont très souvent représentés se tenant par la main formant une chaîne autour d’un point central symbolisant la manifestation du dieu unique. Cependant, intercesseurs entre dieu et les hommes, ceux-ci se tiennent respectueusement le dos tourné au centre, tandis que nous nous faisons face. Quoiqu’il en soit, le symbolisme égyptiens et celui des Francs maçons se rejoignent pour faire circuler leurs énergies en sens inverse des aiguilles de nos montres.

La Lune, quant à elle, est toujours représentée montante, car c’est une loi de la nature, bien connue des cultivateurs. C’est à la Lune montante considérée comme bénéfique que tout ce qui doit sortir de terre doit être planté. C’est donc un rappel pour l’Initié, du long cheminement souterrain qui, au cours de ses premiers voyages, l’ont conduit des ténèbres du cabinet de réflexion aux lumières de l’Orient.

C'est pourquoi eux aussi l’utilisèrent comme symbole. Cependant, si la lumière du Soleil, chargée d’énergie positive, était qualifiée « d’ombre de dieu » par les prêtres égyptiens, ceux ci s’interrogeaient gravement sur cet Astre qui pouvait n’être qu’un miroir reflétant des ondes cosmiques venues d’au-delà de notre système solaire.

Placé entre la Lune et le Soleil, le Delta Lumineux symbolise sur un plan spirituel, la présence du Grand Architecte de l’Univers et son principe créateur. C’est pourquoi nous y trouvons parfois inséré le nom de « Jehova » ou tout autre symbole s’y rapportant. On retrouve ce Delta inscrit sur le Tableau de Loge sous l’apparence d’un fronton surmontant une sorte de tabernacle posé sur les marches de l’Orient. Dans le Saint des Saints des temples égyptiens, le Naos où reposait la statue en Electrum du dieu tutélaire, avait exactement la même forme, les mêmes proportions et la même fonction que l’édifice que nous symbolisons ainsi. Il est remarquable de constater que l’angle au sommet du fronton maçonnique et celui du Naos égyptien sont rigoureusement calculé à 108 degrés, tout comme celui du Delta Lumineux qui se décompose en deux triangles pythagoriciens reliés ensembles par leur base.

D’autres symboles égyptiens que l’on retrouve en maçonnerie sont souvent mal ou pas du tout représentés. C’est le cas de la Corde formant des Lacs d’Amour qui ceinture nos Loges et se termine par deux Houppes dentelées sur les Colonnes d’Occident. Si notre Ordre s’identifie par ses symboles aux bâtisseurs d’antan, il est raisonnable de penser que cette corde avait une fonction opérative pour l’élaboration de leurs chefs d’oeuvres. C’était donc un outil usuel, au même titre que les maillets, ciseaux et autres symboles présents dans nos ateliers. Il est donc logique que cette corde soit représentée, et qu’utilisée par nos pairs comme instrument de mesure, elle puisse comporter 12 nœuds. Les Anciens Egyptiens ont utilisé la corde à 12 nœuds pour tracer sur le sol le triangle rectangle dits de Pythagore aux proportions de 3, 4, 5, qu’ils retournaient sur son hypoténuse pour former le carré long.

Initialement, les nœuds formés aux deux extrémités étaient fermement serrés de manière à empêcher les fils qui la composaient de se détresser. Contrairement aux cordes modernes en nylon dont on peut brûler les bouts, les cordes de chanvre utilisées par nos prédécesseurs ne pouvaient être terminées que par des nœuds qui, pour être serrés, nécessitaient une sur longueur d’une coudée. On attribua à cette partie de corde détressée, tombant de chaque côté des colonnes J et B une signification symbolique que l’on appela des « houppes dentelées ». Partant de la colonne B pour rejoindre la colonne J (ou réciproquement selon le Rite) ces filaments de chanvre qui viennent s’entrecroiser pour former une corde bien solide, symboliseraient la multitude des Sœurs et les Frères qui quittent le monde profane pour venir s’unir dans le Temple. A l’autre extrémité, ces mêmes filaments qui se dénouent représenteraient les mêmes Sœurs et Frères repartant vers le Monde Profane, chargés des énergies bienfaitrices échangées dans la Loge. Cependant, la Chaîne n’est pas rompue pour autant car elle s’ouvre sur l’humanité puisque notre devoir est de transmettre au dehors les bienfaits acquis dans nos Temple.

12 nœuds composent cette corde, et nous travaillons de midi à minuit, soit 12 heures. Mais pourquoi commencer la journée à midi, alors que le soleil se lève entre 6 et 8 heures du matin selon la saison et que celui-ci se couche environ 12 heures plus tard obligeant les maçons à s’éclairer pour achever leur journée de travail. En vérité, le Maçon ne peut travailler efficacement sur lui-même que s'il a pu faire un premier bilan de sa vie, débarrassé des contraintes obérant sa liberté (enfants à élever, situation professionnelle etc...),en fait, symboliquement au Midi de son existence. Il peut alors se consacrer à développer sa spiritualité jusqu'à l'heure de son ultime initiation que le profane appelle la mort, et que les Maçons nomment l'Orient éternel, au Minuit de son existence terrestre.

Bien que nombre de Maçons le réfutent énergiquement, la Franc maçonnerie spéculative pourrait être née en Egypte il y a environ 5000 ans. En effet, si l’on peut affirmer que la Maçonnerie opérative serait née avec la première construction édifiée en pierre datant d’environ 30 siècles avant notre ère, la maçonnerie spéculative, quant à elle, remonterait au projet même de cette première réalisation. Car pour finaliser une œuvre structurée, il faut avant tout l’avoir imaginée, en avoir conçu le concept, en avoir étudié les formes en fonction du but recherché, et avoir déterminé la méthode avec les moyens à disposition. Il ne s’agit pas là de minimiser le rôle de l’ouvrier maçon qui, à son niveau, aura créé l’outil et façonné la pierre. Il s’agit de comprendre quelles étaient ses motivations, quel était le moteur de son génie.

Aux époques archaïques, où les Rois se prétendaient « Suivants d’Horus », et où la religion d’état s’appuyait sur la cosmogonie, l’astronomie et l’astrologie, le ciel était symbolisé par la déesse Nout, dont le corps formait la voûte céleste. A Louxor, dans la Vallée des Rois, peint sur le plafond des tombes de certains Grands Pharaons du Nouvel Empire, on peut voir une scène tout à fait significative se comparant à notre propre symbolisme de la corde qui ceinture nos Loges. La déesse du ciel dont le corps est parsemé d’étoiles, y est représentée avalant chaque soir le soleil et l’accouchant chaque matin. Entre sa bouche et son sexe, sont dessinés 12 soleils indiquant que durant la nuit celui ci continuait sa course. Alors, pourquoi le corps de la déesse du ciel ceinturant la Terre ne pourrait-il symboliser la voûte étoilée de notre temple et la corde à 12 noeuds qui la ceinture, ancrée sur les colonnes du Temple ? Pourquoi les doigts des pieds et des mains de la déesse ne symboliseraient-ils pas seraient ils pas les houppes dentelées et les soleils présents dans son corps, des Lacs d’Amour. Plutôt que d’observer notre environnement sur un plan horizontal, si comme le suggèrent les Tableaux de Loge, nous verticalisons ce sur quoi nous marchons, les colonnes sur la Terre et les astres dans le ciel, nous retrouverions bien ce schéma de la déesse Nout protégeant nos travaux.

Au plafond des temples et des tombes égyptiennes les 12 heures du jour et les 12 heures de la nuit sont symbolisées par des Soleils, or un détail quasi-insignifiant pour les occidentaux atteste que cette scène pourrait se comparer au symbolisme maçonnique prétendant que nous travaillons de Midi à Minuit. Dans cette scène tirée du Livre des Morts égyptien, devant le sexe de la déesse Nout, un Scarabée d'or, reçoit dans ses ailes le premier Soleil de la journée. Ce petit animal qui pousse sa boule de Terre à reculons, contenant sa nourriture ainsi que sa progéniture, nous rappelle que celui-ci, trop engourdit par le froid de la nuit pour pouvoir s’envoler, doit attendre le moment favorable où ses ailes sont chauffées par le soleil, c'est-à-dire à midi, lorsque sa lumière est au zénith. Suivent les douze Soleils symbolisant les heures de la journée, dont le dernier est avalé par la déesse. Ces observateurs de la nature et des astres que furent les égyptiens, nous ont transmis, gravés dans ce matériau réputé incorruptible qu’est la pierre, des images symboliques dont furent tirés un grand nombre de nos propres symboles. Peut être faut il chercher les fondements de leur pensée pour résoudre certaines énigmes aujourd’hui incompréhensibles par un esprit trop matérialiste.

En tant que fils du dieu Rê dont il porte le signe hiéroglyphique devant le cartouche portant son nom, le pharaon était supposé être détenteur du savoir et garant des traditions. Suivant d’Horus et es qualités, il était également le Grand Maître de la corporation de bâtisseurs qui, vivant généralement en autarcie pour protéger les secrets dont ils étaient détenteurs, se reconnaissaient par des signes et se présentaient vêtus d’une sorte de baudrier, comme les Maçons d’aujourd’hui.

Le roi dans ses fonctions officielles, ainsi que les prêtres architectes lorsqu’ils étaient assis, se tenaient dans la position du Maître en sagesse, c'est-à-dire les mains posées bien à plat sur les cuisses et le dos bien droit. Dans nos Loges, c’est ainsi que travaillent les Sœurs et les Frères.

Tous les symboles auxquels nous sommes confrontés en Loge ont leur interface égyptienne. Que ce soient l’Equerre, le Niveau ou la Perpendiculaire, le Maillet la Règle et le Ciseau, tous ces outils furent utilisés à des fins opératives certes, mais par des Artisans ayant reçu par Initiation une formation théologique. Car toute matière ayant été manifestée par le dieu créateur de toutes choses, nul ne pouvait en modifier la forme si ce n’était pour le glorifier. En s’identifiant à l’outil qui symbolise son action, le Maçon lui aussi, s’initie au sens du sacré. Depuis des millénaires, des femmes et des hommes ont sublimé leur foi en édifiant des tombes, des chapelles et des Temples. Ils ont choisi la pierre, plus pérenne que le bois pour y inscrire ce qui les rassemble et véhiculer leurs ancestrales Traditions. C’est pour eux, et grâce à eux que nous sommes ensemble aujourd’hui. Hier, ils bâtissaient avec des pierres de carrière, des Temples à la Sagesse, demain nous construirons le monde avec des mots, avec des idées, parce que nous avons acquis la liberté de nous exprimer autrement. L’Art et les Sciences d’autrefois nous montrent le chemin, aussi faut il en prendre conscience. L’Initiation maçonnique est un moyen d’éveil parmi d’autres et les symboles nous permettent d’appréhender toutes nos différences dans un climat serein. Encore faut il laisser nos métaux à la porte du Temple, et écarter tout dogme de nos travaux.

J’ai dit

Paris le 4 juin 2007

Source http://www.ordoabchaos.net

 

Par Robert MINGAM (Droit Humain) - Publié dans : fondements historiques de la FM
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Mardi 3 janvier 2006 2 03 /01 /Jan /2006 16:41

1. L'architecture est une science qui embrasse une grande variété d'études et de connaissances ; elle connaît et juge de toutes les productions des autres arts. Elle est le fruit de la pratique et de la théorie. La pratique est la conception même continuée et travaillée par l'exercice, qui se réalise par l'acte donnant à la matière destinée à un ouvrage quelconque, la forme que présente un dessin. La théorie, au contraire, consiste à démontrer, à expliquer la justesse, la convenance des proportions des objets travaillés.

 

2. Aussi les architectes qui, au mépris de la théorie, ne se sont livrés qu'à la pratique, n'ont pu arriver à une réputation proportionnée à leurs efforts. Quant à ceux qui ont cru avoir assez du raisonnement et de la science littéraire, c'est l'ombre et non la réalité qu'ils ont poursuivie. Celui-là seul, qui, semblable au guerrier armé de toutes pièces, sait joindre la théorie à la pratique, atteint son but avec autant de succès que de promptitude.

 

3. En toute science, et principalement en architecture, on distingue deux choses, celle qui est représentée, et celle qui représente. La chose représentée est celle dont on traite ; la chose qui représente, c'est la démonstration qu'on en donne, appuyée sur le raisonnement de la science. La connaissance de l'une et de l'autre paraît donc nécessaire à celui qui fait profession d'être architecte. Chez lui, l'intelligence doit se trouver réunie au travail : car l'esprit sans l'application, ou l'application sans l'esprit, ne peut rendre un artiste parfait. Il faut qu'il ait de la facilité pour la rédaction, de l'habileté dans le dessin, des connaissances en géométrie ; il doit avoir quelque teinture de l'optique, posséder à fond l'arithmétique, être versé dans l'histoire, s'être livré avec attention à l'étude de la philosophie, connaître la musique, n'être point étranger à la médecine, à la jurisprudence, être au courant de la science astronomique, qui nous initie aux mouvements du ciel. 

 

4. En voici les raisons. L'architecte doit connaître les lettres, afin de pouvoir rédiger avec clarté ses mémoires. La connaissance du dessin le met à même de tracer avec plus de facilité et de netteté le plan de l'ouvrage qu'il veut faire. La géométrie offre plusieurs ressources à l'architecte : elle le familiarise avec la règle et le compas, qui lui servent surtout à déterminer l'emplacement des édifices, et les alignements à l’équerre au niveau et au cordeau. Au moyen de l'optique, les édifices reçoivent des jours à propos, selon les dispositions du ciel. A l’aide de l'arithmétique, on fait le total des dépenses, on simplifie le calcul des mesures, on règle les proportions qu'il est difficile de trouver par les procédés que fournit la géométrie. 

 

5. Il faut qu'il soit versé dans l'histoire : souvent les architectes emploient dans leurs ouvrages une foule d'ornements dont ils doivent savoir rendre compte à ceux qui les interrogent sur leur origine. Ainsi, qu'au lieu de colonnes, on pose des statues de marbre, représentant des femmes vêtues de robes traînantes, qu'on'appelle cariatides, et qu'au-dessus on place des modillons et des corniches, voici l'explication qu'il pourra donner de cet arrangement. Carie, ville du Péloponnèse, se ligua autrefois avec les Perses pour faire la guerre à la Grèce. Les Grecs, ayant glorieusement mis fin à cette guerre par la victoire, voulurent marcher immédiatement contre les Cariates. La ville fut prise, les hommes passés au fil de l'épée, la cité détruite, les femmes traînées en servitude. Il ne leur fut point permis de quitter leurs longues robes ni les ornements de leur condition afin qu’elles n'en fussent point quittes pour avoir servi au moment du triomphe, mais que, portant à jamais le sceau infamant de la servitude, elles parussent souffrir la peine qu'avait méritée leur ville. Aussi les architectes du temps imaginèrent-ils de les représenter dans les édifices publics placées sous le poids d'un fardeau, pour apprendre à la postérité de quelle punition avait été frappée la faute des Cariates.

 

6. Les Lacédémoniens agirent de la même manière, lorsque, sous la conduite de Pausanias, fils de Cléombrote, ils défirent avec une poignée d'hommes, à la bataille de Platée, l'armée innombrable des Perses. Après avoir triomphé avec gloire, ils firent servir les dépouilles de l'ennemi à l'érection d'un portique qu'ils appelèrent Persique, trophée qui devait rappeler aux générations futures leur courage et leur victoire. Les statues des captifs vêtus de leurs ornements barbares y av'aient été représentées soutenant la voûte, afin de punir leur orgueil par un opprobre mérité, de rendre la valeur des Lacédémoniens redoutable à l'ennemi, et d'inspirer à leurs concitoyens, à la vue de ce témoignage de bravoure, une noble ardeur pour la défense de la liberté. Telle est l'origine de ces statues persiques, que plusieurs architectes ont fait servir au soutien des architraves et de leurs ornements ; c'est par de semblables inventions qu'ils ont enrichi et embelli leurs ouvrages. Il y a d'autres traits de ce genre dont il faut que l'architecte ait connaissance. 

 

7. La philosophie, en élevant l'âme de l'architecte, lui ôtera toute arrogance. Elle le rendra traitable, et, ce qui est plus important encore, juste, fidèle et désintéressé : car il n'est point d'ouvrage qui puisse véritablement se faire sans fidélité, sans intégrité, sans désintéressement. L'architecte doit moins songer à s'enrichir par des présents qu'à acquérir une réputation digne d'une profession si honorable. Tels sont les préceptes de la philosophie. C'est encore elle qui traite de la nature des choses, que les Grecs appellent φυσιολογία ; il lui importe de la bien connaître, pour être en état de résoudre quantité de questions, comme lorsqu'il s'agit de la conduite des eaux. Dans les tuyaux dirigés, par différents détours, de haut en bas, sur un plan horizontal, de bas en haut, l'air pénètre de bien des manières avec l'eau ; et comment remédier aux désordres qu'il occasionne, si dans la philosophie l'on n'a pas puisé la connaissance des lois de la nature ? Qui voudrait lire les ouvrages de Ctesibius, d'Archimède et des autres auteurs qui ont traité de cette matière, ne pourrait les comprendre, sans y avoir été préparé par la philosophie. 

 

8. Pour la musique elle est indispensable afin que l'on saisisse bien la proportion canonique et mathématique, et que l'on tende convenablement les balistes, les catapultes, les scorpions. Ces machines, en effet, ont des chapiteaux qui présentent à droite et à gauche les deux trous des hemitonium (demi-tension) à travers lesquels on tend, à l'aide de vindas ou vireveaux et de leviers, des câbles faits de cordes à boyau, qui ne sont fixés, arrêtés que lorsque celui qui gouverne la machine a reconnu que les sons qu'ils rendaient étaient parfaitement identiques. Les bras, en effet, que l'on courbe à l'aide de ces tensions, après avoir été bandés, doivent frapper l'un et l'autre de la même manière et avec la même force ; s'ils n'ont point été également tendus, il deviendra impossible de lancer directement le projectile.

 

9. La musique est encore nécessaire pour les théâtres où des vases d'airain, que les Grecs appellent ἠχεῖα  (ton), sont placés dans des cellules pratiquées sous les degrés. Les différents sons qu'ils rendent, réglés d'après les proportions mathématiques, selon les lois de la symphonie ou accord musical, répondent, dans leur division exacte, à la quarte, à la quinte et à l'octave, afin que la voix de l'acteur, concordant avec la disposition de ces vases, et graduellement augmentée en venant les frapper, arrive plus claire et plus douce à l'oreille du spectateur. Quant aux machines hydrauliques et autres semblables, il serait impossible de les construire sans la connaissance de la musique. 

 

10. L'étude de la médecine importe également à l'architecte, pour connaître les climats, que les Grecs appellent κλίματα, la qualité de l'air des localités qui sont saines ou pestilentielles, et la propriété des eaux. Sans ces considérations, il ne serait possible de rendre salubre aucune habitation. Il doit aussi savoir quelles lois règlent, dans les bâtiments, la construction des murs communs, pour la disposition des larmiers, des égouts et des jours, pour l'écoulement des eaux et autres choses de ce genre, afin de prévenir, avant de commencer un édifice, les procès qui pourraient survenir aux propriétaires après l'achèvement de l'ouvrage, et d'être en état, par son expérience, de mettre à couvert, dans la passation d'un bail, et les intérêts du locataire, et ceux du propriétaire : car si les conditions y sont posées conformément à la loi, ils n'auront à craindre aucune chicane de la part l'un de l'autre. L'astronomie lui fera connaître l'orient, l'occident, le midi, le nord, l'état du ciel, les équinoxes, les solstices, le cours des astres : à défaut de ces connaissances, il sera incapable de confectionner un cadran. 

 

11. Puisque l'architecture doit être ornée et enrichie de connaissances si nombreuses et si variées, je ne pense pas qu'un homme puisse raisonnablement se donner tout d'abord pour architecte. Cette qualité n'est acquise qu'à celui qui, étant monté dès son enfance par tous les degrés des sciences, et s'étant nourri abondamment de l'étude des belles-lettres et des arts, arrive enfin à la suprême perfection de l'architecture. 

 

12. Peut-être les ignorants regarderont-ils comme une merveille que l'esprit humain puisse parfaitement apprendre et retenir un si grand nombre de sciences ; mais lorsqu'ils auront remarqué la liaison, l'enchaînement qu'elles ont les unes avec les autres, ils auront moins de peine à croire à la possibilité de la chose : car l'encyclopédie se compose de toutes ces parties, comme un corps de ses membres. Aussi ceux qui, dès leur jeune âge, se livrent à l'étude de plusieurs sciences à la fois, y reconnaissent certains points qui les rattachent entre elles, ce qui leur en facilite l'étude. Voilà pourquoi, parmi les anciens architectes, Pythius, auquel la construction du temple de Minerve, à Priène, a valu une si grande réputation, dit dans ses mémoires que l'architecte, initié aux arts et aux sciences, doit être plus en état de réussir que ceux qui, par leur habileté et leur travail, ont excellé dans une chose seulement ; ce qui n'est pourtant pas d'une rigoureuse exactitude. 

 

13. En effet, il n'est pas nécessaire, il n'est pas possible que l'architecte soit aussi bon grammairien qu'Aristarque, aussi grand musicien qu'Aristoxène, aussi habile peintre qu'Apelle, aussi célèbre sculpteur que Myron ou Polyclète, aussi savant médecin qu'Hippocrate ; il suffit qu'il ne soit pas étranger à la grammaire, à la musique, à la peinture, à la sculpture, à la médecine : il est impossible qu'il excelle dans chacune de ces sciences ; c'est assez qu'il n'y soit pas neuf, un si grand nombre de sciences ne peut en effet donner à espérer qu'on arrive jamais à la perfection dans chacune d'elles, quand l'esprit peut à peine en saisir, en comprendre l'ensemble. 

 

14. Et ce ne sont pas seulement les architectes qui, dans toutes les sciences, ne peuvent atteindre à la perfection ; ceux-là même qui se livrent spécialement à l'étude d'un art, ne peuvent pas tous venir à bout d'y exceller. Comment donc si, dans une science qu'elles cultivent particulièrement, quelques personnes seulement, dans tout un siècle, parviennent si difficilement à se distinguer, comment un architecte, qui doit faire preuve d'habileté dans plusieurs arts, pourrait-il, je ne dirai pas n'en ignorer aucun, ce qui serait déjà bien étonnant, mais même surpasser tous ceux qui, uniquement livrés à une science, y ont déployé autant d'ardeur que de talent ? 

 

15. En cela Pythius me parait s'être trompé ; il n'a pas pris garde que dans tous les arts il y avait deux choses à considérer, la pratique et la théorie ; que de ces deux choses la première, je veux dire la pratique, appartient spécialement à ceux qui exercent, et que la seconde, c'est-à-dire la théorie, est commune à tous les savants. Des médecins, des musiciens pourront bien disserter sur le battement des artères, sur la cadence ; mais s'il est question de guérir une blessure, d'arracher un malade au danger, ce ne sera point au musicien qu'on aura recours, mais bien au médecin, qui se trouvera alors dans son propre élément : de même qu'on n'ira pas mettre un instrument de musique entre les mains du médecin, si l'on veut avoir l'oreille charmée par des sons harmonieux.

 

16. Un astronome et un musicien peuvent également raisonner sur la sympathie des étoiles qui en astronomie se fait par aspects quadrats et trines, et sur celle des consonances qui a lieu par quartes et par quintes en musique ; ils peuvent encore discourir avec le géomètre sur l'optique, qui s'appelle en grec λόγος ὀπτικὸς ; dans toutes les autres sciences, beaucoup de points, pour ne pas dire tons, ne sont communs que pour le raisonnement ; mais il n'appartient véritablement qu'à ceux qui se sont particulièrement exercés dans un art, de raisonner de choses pour lesquelles la main d'œuvre, la pratique leur a donné une grande habileté. Aussi me paraît-il en savoir assez, l'architecte qui, dans chaque science, connaît passablement les parties qui ont rapport à sa profession, afin que, si besoin est d'émettre un jugement basé sur de bonnes raisons, il ne reste point court. 

 

17. Quant il ceux qui ont reçu de la nature assez d'esprit, de capacité et de mémoire pour pouvoir connaître à fond la géométrie, l'astronomie, la musique et les autres sciences, ils vont au delà de ce qu'exige la profession d'architecte, et deviennent des mathématiciens. Aussi peuvent-ils apporter plus de lumière dans la discussion, parce qu'ils ont pénétré plus avant dans l'étude de ces sciences. Mais ces génies sont rares ; il s'en trouve peu comme ces Aristarque de Samos, ces Philolaüs et ces Archytas de Tarente, ces Apollonius de Perga, ces Ératosthène de Cyrène, ces Archimède et ces Scopinas de Syracuse, qui, avec le secours du calcul, et la connaissance qu'ils avaient des secrets de la nature, ont fait de grandes découvertes dans la mécanique et la gnomonique, et en ont laissé de savants traités à la postérité.

 

18. Mais puisque la nature, loin de prodiguer de tels moyens à tous les hommes, ne les a accordés qu'à quelques esprits privilégiés, et que pourtant il est du devoir de l'architecte d'avoir des notions de toutes ces sciences, puisque la raison, vu l'étendue des matières, ne lui permet d'avoir des sciences que ce qu'il lui est indispensable d'en connaître, sans exiger qu'il les approfondisse, je vous supplie, César, aussi bien que ceux qui doivent-lire mon ouvrage, d'excuser les fautes que vous pourrez rencontrer contre les règles de la grammaire. Rappelez-vous que ce n'est ni un grand philosophe, ni un rhéteur éloquent, ni un grammairien consommé dans son art, mais simplement un architecte avec quelque teinture de ces sciences, qui s'est imposé la tâche d'écrire ce traité. Mais quant à ce qui constitue la science architecturale, je me fais fort, si toutefois je ne m'abuse pas, d'établir ex professo dans cet écrit, tous les principes qui en découlent, non seulement pour ceux qui se livrent à la Pratique, mais encore pour tous ceux qui ne désirent en avoir que la théorie.

 

 

 

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Mardi 3 janvier 2006 2 03 /01 /Jan /2006 16:37

Les différentes espèces de maçonnerie sont : la maillée, qui aujourd'hui est partout en usage, et l'ancienne, qu'on appelle, irrégulière. La plus belle des deux est la maillée ; mais elle est sujette à se lézarder, parce que de tous côtés les lits et les joints se séparent. La maçonnerie irrégulière, au contraire, dont les moellons sont placés les uns sur les autres de manière à s'enchaîner entre eux, ne flatte pas autant l'oeil que la maillée, mais elle est plus solide.
L'une et l'autre espèce de maçonnerie demandent des pierres de très petit module, afin que les murs faits à force de mortier de chaux et de sable, puissent durer plus longtemps : car les pierres qui sont d'une substance molle et sans densité attirent et absorbent l'humidité du mortier ; mais que le mortier soit répandu avec profusion dans l'ouvrage, le mur ayant plus d'humidité, ne séchera pas aussi vite, et les matériaux seront mieux liés ; l'humidité du mortier vient-elle à être attirée par les pores des pierres, la chaux se sépare du sable et se dissipe, les moellons n'ont plus rien qui les unisse, et les murailles affaiblies tombent en ruine.
C'est ce qu'il est facile de remarquer dans quelque, monuments des environs de Rome Les parements des murs avaient été faits avec du marbre et des pierres de taille ; le dedans avait été rempli de blocaille : le temps, la sécheresse du moellon ont fait disparaître la force du mortier, et les joints se séparent, et tout s'écroule, tout tombe.
Pour éviter cet inconvénient, conservez un vide au milieu des parements de la muraille, à laquelle vous donnerez deux pieds d'épaisseur ; remplissez-le de pierres rouges carrées, ou de briques, ou de cailloux dispose comme la pierre de taille, et avec des crampons de fer et du plomb, liez les deux parements. Par ce moyen, votre ouvrage qui n'aura point été fait tout à la fois, mais par reprises, pourra sans altération durer éternellement, parce que les lits intérieurs de pierres et les joints étant parfaitement coordonnés, parfaitement liés entre eux, empêcheront que le mur ne s'affaisse, et les parements si bien attachés l'un à l'autre ne pourront être ébranlés.
Pour la même raison, nous ne devons point rejeter l'espèce de maçonnerie employée par les Grecs, quand ils ne se servent pas de cette pierre tendre que l'on polit pour la mettre en oeuvre. Ils se contentent, au lieu de pierres de taille, de cailloux ou de pierres dures qu'ils arrangent comme des assises de briques en les posant en liaison les unes sur les autres, ce qui donne à cette espèce de maçonnerie une solidité que rien ne peut ébranler. Elle se fait de deux casanières : l'une que l'on appelle Þsñdromon, l'autre ceudisñdromon.
L'Þsñdromon est celle dont les assises sont toutes d'une égale hauteur ; la ceudisñdromon, celle dont les assises présentent une épaisseur inégale. Ces deux espèces sont solides, en ce que les pierres, à cause de leur compacité et de leur dureté, loin de pouvoir absorber l'humidité du mortier, la lui conservent au contraire extrêmement longtemps, et les lits de pierres, étant parfaitement unis et dressés au niveau, empêchent que les matériaux ne s'écroulent, et cas assurent à jamais la solidité par le poids égal qui règne dans toute la longueur des murs, et qui prévient tout tassement inégal.
Il est une troisième manière, que l'on appelle ¦mplekton, dont se servent nos villageois. Les pierres qui forment les parements sont unies. On remplit le milieu avec du mortier, dans lequel on jette pêle-mêle des pierres, sans autre liaison que celle que leur donne le hasard. Mais nos maçons, pour accélérer leur travail, font des assises composées de plusieurs pierres superposées, et n'ont égard qu'aux parements, dont ils garnissent l'intérieur avec des fragments de moellons qu'ils mêlent avec le mortier. Aussi y a-t-il dans cette espèce de maçonnerie trois couches de mortier, deux pour l'enduit des parements, et la troisième au milieu pour le blocage. Les Grecs ne font point ainsi : ils posent leurs pierres à plat, et font dans toute la longueur du mur des assises en liaison, qui ne laissent point au milieu de vide à remplir ; ces pierres qui de chaque parement vont se réunir à l'intérieur pour former l'épaisseur des murs, dans toute leur étendue, les rendent déjà fort solides ; mais ils placent encore de deux en deux des pierres à double parement, appelées diatñnoi, qui, en traversant les murs dont elles lient les deux faces, en assurent parfaitement la solidité.
Si quelqu'un veut faire l'application des règles posées dans cet ouvrage pour le genre de maçonnerie qu'il aura choisi, il sera à même de lui donner toutes les conditions de durée. Ce n'est pas la maçonnerie à laquelle une pierre tendre, facile à tailler, donne une apparence de beauté, qui peut durer le plus longtemps sans tomber en ruine. Aussi, lorsque des experts sont nommés pour apprécier des murs extérieurs, ils ne les estiment pas air prix de construction ; mais après avoir examiné le mémoire de l'architecte, ils déduisent du prix qu'ils ont coûté autant de quatre-vingtièmes qu'il y a d'années d'écoulées depuis l'achèvement des murs, et ne font payer que ce qui reste, de toute la somme, leur avis étant qu'ils ne peuvent durer au delà de quatre-vingts ans.
Quant aux murs de briques, pourvu qu'ils aient conservé leur aplomb, ils n'éprouvent aucune réduction de prix ; ce qu'ils ont coûté à faire dans le principe est ce qu'ils sont estimés valoir encore. Voilà pourquoi, dans quelques villes, les édifices tant publics que particuliers, et même les maisons royales sont, comme ou peut le voir, construites en briques : tel est à Athènes le mur qui regarde le mont Hymette et le Pentélique ; tels, à Patras, les temples de Jupiter et d'Hercule, bien que, dans ces édifices, les architraves et les colonnes soient de pierre. En Italie, à Aretium, on voit encore un ancien mur de briques parfaitement bâti ; et, à Tralles, le palais des rois Attaliques, que l'on donne toujours pour demeure à celui qui remplit les fonctions de grand prêtre de la ville. A Lacédémone il y avait, sur certaines murailles, des peintures que l'on a enlevées en sciant les briques. Enchâssées dans du bois, elles ont été apportées au lieu où se tiennent les comices, pour honorer l'édilité de Varron et de Muréna.
Le palais de Crésus est aussi construit avec les briques. Les habitants de Sardes l'ont consacré aux citoyens qui, par leur grand âge, ont acquis le privilège de vivre en repos dans un collège de vieillards appelé Gérusie. Dans la ville d'Halicarnase, celui du puissant roi Mausole, bien que les marbres de Proconnèse y brillent de tous côtés, a des murailles de briques qui, offrant encore aujourd'hui une solidité remarquable, sont recouvertes d'un enduit si poli qu'elles semblent avoir la transparence du verre. Et certes ce ne fut pas le manque de ressources qui força le roi de faire construire de si pauvres murailles, lui dans les coffres duquel venaient s'entasser d'immenses tributs, lui le naître de toute la Carie.
Quant à son habileté et à ses connaissances en architecture, elles nous seront prouvées par les monuments qu'il éleva. Ce roi était né à Mylasse ; mais voyant dans Halicarnasse un site que la nature elle-même avait fortifié, une place avantageuse pour le commerce, un port commode, il y établit sa demeure. Ce lieu ressemblait à un amphithéâtre. La partie basse, voisine du port, fut destinée à devenir la place publique. A la moitié de la colline, qui était de forme arrondie, il fit ouvrir une large et vaste place, au milieu de laquelle fut construit cet admirable mausolée qu'on a mis au nombre des sept merveilles du monde. La partie la plus élevée fut couronnée par le temple de Mars, où l'on voyait une statue colossale, appelée Žkrñliyow, ouvrage du célèbre sculpteur Télocharès, ou de Timothée, comme le pensent quelques historiens. A la pointe droite de la colline, il fit bâtir les temples de Vénus et de Mercure auprès de la fontaine Salmacis.
C'est à tort qu'on attribue, aux eaux de cette fontaine le pouvoir de rendre malades d'amour ceux qui en boivent. Pourquoi cette fausse opinion s'est-elle répandue dans le monde ? On ne sera peut-être pas fâché de le savoir. Ce qu'on dit de la propriété que doit avoir cette fontaine, de rendre efféminés et lascifs ceux qui y boivent, ne peut être fondé que sur ce que les eaux en sont d'une grande limpidité et d'un goût délicieux. Or, lorsque Mélas et Arevanias emmenèrent d'Argos et de Trézéne des habitants pour fonder en ce lieu une colonie commune, ils en chassèrent les barbares cariens et lélègues. Ceux-ci, s'étant réfugiés dans les montagnes, se réunissaient par bandes pour faire des incursions dans le pays, et le ravageaient par leurs cruels brigandages. Plus tard, un des colons, dans l'espoir de faire quelques profits, pourvut de tout ce qui était nécessaire une taverne qu'il bâtit auprès de cette fontaine, des eaux de laquelle il avait reconnu la bonté. Par l'exercice de son métier, il réussit à avoir ces barbares pour pratiques. S'y rendant d'abord un à un, ils finirent par se mêler aux réunions des Grecs ; puis, s'étant insensiblement dépouillés de leur naturel dur et farouche, ils s'habituèrent sans contrainte à prendre la douceur de leurs moeurs. Ce ne fut donc pas à une prétendue corruption qu'on y aurait puisée, que cette fontaine dut sa renommée, mais bien aux relations auxquelles elle donna lieu, relations qui firent pénétrer dans l'âme adoucie des barbares les charmes de la civilisation.
Il me reste maintenant, puisque je me suis laissé entraîner à énumérer les constructions de Mausole, à en donner une description entière et exacte. J'ai dit que du côté droit se trouvaient le temple de Vénus et la fontaine dont je viens de parler. On voit du côté gauche le palais que ce roi fit construire selon son goût. Il a vue, vers la droite, sur la place publique, sur le port et sur joute la ligne des murailles, et, vers la gauche sur un autre port caché au pied de la montagne, et disposé de manière à ce qu'on ne puisse ni voir, ni connaître ce qui s'y passe ; le roi seul, de son palais, peut, sans que personne le sache, donner aux matelots et aux soldats les ordres qu'il lui plaît.
Après la mort de Mausole, Artémise, son épouse, monta sur le trône. Les Rhodiens, indignés de voir une femme régner sur toutes les villes de la Carie, arment une flotte, et mettent à la voile pour aller s'emparer de ce royaume. A cette nouvelle, Artémise équipe une flotte, la cache dans ce port avec des matelots et des soldats, et ordonne au reste des citoyens de se tenir sur les remparts. Les Rhodiens ayant mis en ligne dans le grand port leur flotte tout appareillée, la reine fait donner du haut des murs un signal pour faire entendre que la ville va leur être livrée : tous sortent de leurs vaisseaux pour entrer dans la ville. Artémise fit incontinent ouvrir le petit port, d'où l'on vit son armée navale gagner la mer pour de là se porter dans le grand. Ses soldats et ses matelots paraissent, s'emparent des vaisseaux vides des Rhodiens, et les emmènent en pleine mer. Les Rhodiens, n'ayant aucun moyen de fuir, furent passés au fil de l'épée sur la place publique, où ils se trouvèrent cernés.
Cependant Artémise fait monter sur les vaisseaux des Rhodiens ses soldats et ses matelots, et cingle vers Rhodes. Les habitants, à la vue de leurs vaisseaux couronnés de lauriers, s'imaginant que c'étaient leurs concitoyens qui revenaient victorieux, reçurent leurs ennemis. Alors la reine, après s'être emparée de l'île, après en avoir fait mettre à mort les principaux habitants, éleva au milieu de la ville de Rhodes un trophée de sa victoire, et fit faire deux statues de bronze, l'une représentant la cité des Rhodiens, l'autre sa propre image qui imprimait au front de sa rivale les stigmates de la servitude. Dans la suite, les Rhodiens, arrêtés par leurs scrupules, parce qu'il est défendu d'enlever les trophées consacrés, construisirent autour de ce lieu un édifice, et, comme les Grecs l'entourèrent d'une barrière pour le mettre à l'abri des curieux, ils le firent appeler baton.
Puis donc que des rois si puissants n'ont point dédaigné de faire bâtir des murs de brique, eux que leurs revenus et les dépouilles de l'ennemi mettaient à même d'en avoir en moellon, en pierre de taille et même en marbre, je ne pense pas qu'il faille condamner l'usage de la brique dans la construction des édifices, pourvu qu'il soit bien appliqué. Je vais dire pourquoi le peuple romain n'a point voulu l'admettre dans Rome, sans oublier les raisons qui l'ont fait rejeter.
La loi ne permet point de donner aux murs extérieurs plus d'un pied et demi d'épaisseur, et les autres, pour qu'il y ait moins d'espace de perdu, ne doivent pas être plus épais. Or, de telles murailles ne peuvent pas supporter plus d'un étage ; autrement il importerait qu'elles eussent dans leur épaisseur deux ou trois rangs de briques. Et dans une ville aussi majestueuse et aussi peuplée, il eût fallu un développement immense d'habitations. Aussi, comme l'espace que comprend l'enceinte de la ville n'est point assez vaste pour loger une si grande multitude, force a été d'avoir recours à la hauteur des édifices. Et, grâce au mélange d'assises de pierres, de chaînes de briques, de rangées de moellon, les murs ont pu atteindre une grande élévation ; les étages se sont assis les uns sur les autres, et les avantages se sont multipliés en raison de l'augmentation du nombre des logements. Les murs ayant donc, par la superposition des étages, pris un grand développement en hauteur, le peuple romain s'est créé de belles habitations sans difficulté.
Après avoir expliqué comment dans Rome, le peu d'espace a fait bannir l'usage de la brique pour la construction des murs, je vais marquer pour le cas où on l'emploierait hors de la ville, le moyen de la faire durer longtemps sans réparation. Sur le haut des murs, au-dessous du toit, il faut construire avec des tuiles une bordure d'un pied et demi de hauteur, et lui donner la saillie d'une corniche : parce moyen on pourra éviter les accidents qu'ils éprouvent ordinairement. En effet, la couverture venant à perdre des tuiles, brisées ou emportées par le vent, la pluie ne manque pas de se répandre par là sur les flancs de la muraille ; mais l'entablement dont nous venons de parler empêchera qu'elle ne soit endommagée : la saillie de la corniche rejettera loin de son parement toutes les gouttes d'eau qui tomberont, et de cette manière la garantira, sans qu'elle perde rien de sa solidité.
A l'égard de la tuile, il est impossible de juger au premier coup d'oeil si elle est bonne ou mauvaise pour la construction ; on ne peut en apprécier la bonté que lorsqu'elle a été exposée sur un toit au mauvais temps et à la chaleur. Car, soit qu'elle n'ait point été faite avec de bonne terre, soit qu'elle n'ait point été assez cuite, on en reconnaîtra bientôt la mauvaise qualité, quand elle aura été éprouvée par la gelée et par le givre. Celles donc qui n'auront pu subir cette épreuve ne seront pas propres à soutenir le poids d'une construction. Aussi n’y aura-t-il guère que les murs construits avec les vieilles tuiles d'un toit qui pourront avoir une longue durée.
Quant aux murs de cloison, je voudrais qu'on n'y eût même jamais pensé : car autant ils sont commodes sous le rapport du peu de temps et de place qu'exige leur construction, autant ils sont dangereux et préjudiciables, en ce qu'ils semblent être des fagots tout prêts pour l'incendie. Aussi vaut-il mieux, à mon avis, les construire avec des tuiles, quoique cela soit plus dispendieux, qu'avec du bois, qui offre, il est vrai, plus d'économie, mais aussi plus de danger. Il y a plus, c'est que, si vous les recouvrez d'un enduit, il s'y fera des crevasses le long des montants et des traverses : car sous le crépi dont on les couvre, ces bois prennent l'humidité qui les gonfle ; puis, quand ils viennent à sécher, ils se rétrécissent, et par cet amincissement font fendre l'enduit, quelque solide qu'il soit. Mais, si quelques personnes sont forcées d'avoir recours à ces murs par le désir d'avoir plus tôt fait, ou par le manque de ressources, on par la nécessité de soutenir un plafond qui menace de se fendre, voici ce qu'elles devront faire. Que les fondements soient continués jusqu'à une certaine hauteur au-dessus du sol, afin qu'ils ne soient en contact ni avec le mortier ni avec le pavé du plancher. Car s'ils s'y trouvent engagés, ils pourrissent à la longue ; ils finissent par s'affaisser ; ils perdent leur aplomb, et les crevasses font disparaître la beauté de l'enduit. Ce que j'avais à dire sur les murailles et sur la bonne ou mauvaise qualité des matériaux généralement employés à leur construction, je l'ai dit aussi bien que j'ai pu. Il me reste maintenant, comme l'indique la nature du sujet, à parler des planchers, des matériaux propres à leur confection, et des moyens de se les procurer tels, qu'ils puissent être de longue durée.

   

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Vendredi 9 septembre 2005 5 09 /09 /Sep /2005 00:00

David, roi d'Israël, ayant formé le projet d'élever un temple à l'Éternel, amassa, pour cet effet, d'immenses trésors..... Mais ce roi ayant quitté les sentiers de la vertu, et s'étant rendu indigne de la protection du grand Architecte, la gloire d'élever un temple au maître de l'Univers, fut donné à son fils Salomon.

Avant de commencer ce grand édifice, Salomon en fit part au roi de Tyr, son voisin, son ami et son allié, qui lui envoya Hiram, architecte célèbre. Salomon ayant reconnu les vertus et les grands talens d'Hiram, le distingua bientôt par les postes les plus éminens , et lui confia la direction des ouvriers et le soin de dresser les plans.

Les travaux étaient immenses, et le nombre des ouvriers nécessaires leur étant proportionné, il avait fallu les distribuer en plusieurs classes, et leur affecter un salaire proportionné à leurs talens. Ces classes furent divisées en apprentis, en compagnons et en maîtres. Chacun de ces grades avait des signes et des mots pour se faire reconnaître, et recevoir le salaire de leur ouvrage et de leur peine.

Les app.·. s'assemblaient à la colonne B; les compagnons à la colonne J, et les maîtres dans la chambre du milieu.

Quinze compagnon voyant le temps presque fini, et qu'ils n'avaient pu obtenir les mots de maîtres, parce que leur temps n'était pas encore expiré, convinrent de les obtenir par force du R.·. Hiram, à la première occasion, afin de passer pour maîtres dans d'autres pays, et en recevoir la paie .

Douze de ces compagnons se rétractèrent, les trois autres, nommés Jubelas, Jubelos et Jubelum, s'obstinèrent dans leur dessein. Ces trois compagnons sachant qu'Hiram allait tous les jours à midi faire sa prière dans le temple, pendant que les ouvriers se reposaient, furent se placer à chacune des portes.

Jubelas, à la porte du sud.

Jubelos, à celle de l'ouest.

Jubelum, à celle de l'est.

Là, attendant le moment où Hiram se présenterait pour sortir. Hiram dirigea d'abord ses pas vers la porte du sud, où Jubelas lui demanda le mot de maître; à quoi il répondit qu'il ne devait pas le recevoir de cette manière, qu'il fallait attendre avec patience que son temps fût fini; qu'au surplus il ne pouvait le donner seul, qu'il devait être accompagné des rois d'Israël et de Tyr, aux termes de son serment, de ne le donner qu'avec eux assemblé. Jubelas, peu satisfait de cette réponse, lui donna un coup de règle de 24 pouces, au travers de la gorge.

Le très-respectable maître Hiram s'enfuit à la porte de l'ouest, où il trouva Jubelos qui lui fit la même demande, et sur son refus, ce deuxième lui porta un coup violent avec une équerre dont il était armé.

Hiram, ébranlé du coup, rappela ses forces, et se sauva à la porte de l'est: mais il y trouva Jubelum, qui lui fit la même demande que les deux autres, et qui, sur son refus, lui asséna un si terrible coup de maillet sur le front, qu'il l'étendit mort à ses pieds.  

Les trois assassins s'étant rejoints, ils se demandèrent réciproquement la parole de maître; mais voyant qu'ils n'avaient pu l'obtenir, et désespérés d'avoir commis un crime sans utilité, ils ne songèrent plus qu'à en dérober la connaissance. À cet effet, ils enlevèrent le corps d'Hiram, et le cachèrent sous des décombres, et dans la nuit ils le portèrent hors de Jérusalem, sur une montagne, et l'enterrèrent. Le R.·. maître Hiram ne paraissant plus aux travaux comme à son ordinaire, Salomon fit faire les plus exactes recherches, mais inutilement.

Lorsque les douze compagnons qui s'étaient rétractés, soupçonnèrent la vérité, ils se réunirent, et résolurent entr'eux d'aller trouver Salomon, avec des gants blancs, comme le témoignage de leur innocence, et l'informèrent de ce qui s'était passé.

Salomon envoya ces douze compagnons à la recherche de leur maître Hiram, leur ordonna, dans le cas où ils le trouveraient, de chercher sur lui la parole de maître, et leur observant que s'ils ne pouvaient pas la retrouver, elle était perdue, attendu qu'il n'y avait que trois personnes qui la connussent, et qu'elle ne pouvait être donnée que par ces trois personnes réunies, dont Hiram faisait partie. Il leur observa, en supposant qu'il fût mort, que pour l'avenir le premier signe et le premier mot qui seraient fait et prononcé en retrouvant et en exhumant le corps de ce R.·. maître, seraient substitués aux anciens signe et mot de maître.

Ces compagnons ayant la promesse de Salomon d'être récompensés par la maîtrise, s'ils parvenaient au but de leur recherche, partirent, et se divisèrent en quatre bandes.

Trois allèrent vers le nord, trois au sud, trois à l'ouest et trois à l'est.

Une de ces quatre bandes descendit la rivière de Joppa: un d'eux s'étant reposé à côté d'une roche, il entendit de terribles lamentations par l'ouverture du rocher. Prêtant l'oreille, il entendit une voix qui disait: Oh! que j'eusse eu plutôt la gorge coupée, la langue arrachée jusqu'à la racine, et que j'eusse été enterré dans les sables de la mer à la basse marée et à une encablure de distance du rivage où la mer flue et reflue deux fois par jour, plutôt que d'avoir été complice de la mort de notre regretté maître Hiram!

Oh! dit un autre, que mon coeur ait été arraché de mon sein, et jeté pour servir de proie aux vautours, plutôt que d'avoir été complice de la mort d'un aussi bon maître!

Mais, hélas! dit Jubelum: Je l'ai frappé plus fort que vous deux, puisque c'est moi qui l'ai tué! Que j'eusse eu mon corps séparé en deux, une partie au midi, une autre au nord, et mes entrailles réduites en cendres et jetées aux quatre vents, plutôt que d'avoir été le meurtrier de notre respectable maître Hiram!

Ce compagnon, après avoir entendu ces plaintes lamentables, appela les deux autres compagnons; ils convinrent entre eux d'entrer dans l'ouverture du rocher, de se saisir des ouvriers, et de les transporter devant le roi Salomon; ce qu'ils exécutèrent.

Ces meurtriers avouèrent à Salomon ce qui s'était passé et le crime qu'ils avaient commis, et témoignèrent le désir de ne pas survivre à leur forfait.

En conséquence, Salomon ordonna que leur propre sentence fût exécutée, puisqu'ils avaient désigné eux-mêmes le genre de leur mort, et ordonna qu'il fût fait ainsi:

Jubelas eut la gorge coupée.

Jubelos eut le coeur arraché.

Jubelum eut le corps coupé en deux parties, l'une fut jetée au nord, l'autre au midi.

Salomon ayant ainsi vengé la mort du R.·. maître Hiram-Abif renvoya les mêmes compagnons pour remplir leur première mission.

Ces douze compagnons partirent une seconde fois, et voyagèrent pendant cinq jours sans rien trouver.

Ces compagnons ayant rendu compte à Salomon de l'inutilité de leur recherche, il ordonna à neuf maîtres de faire une seconde recherche. Ceux-ci furent sur le mont Liban, et le deuxième jour, l'un d'eux, excessivement fatigué, voulut se reposer sur un petit monticule. Là, il aperçut des branches d'arbres nouvellement coupées et plantées dans la terre. Il les arracha, et vit par-là que la terre avait été fraîchement remuée. Après avoir sondé la fouille dans ses trois dimensions, largeur, longueur et profondeur, il appela ses camarades, et leur fit part de sa découverte. Ensuite ils se mirent à ôter la terre avec beaucoup de précaution, et parvinrent à trouver ainsi le corps de notre R.·. maître Hiram, qui avait été assassiné; mais n'osant, par respect, pousser leur recherche plus loin, ils recouvrirent la fosse; et pour reconnaître le lieu, ils coupèrent une branche d'acacia, qu'ils plantèrent dessus, et se retirèrent vers Salomon, auquel ils firent leur rapport.

Salomon, pénétré de la plus vive douleur, jugea que ce ne pouvait être effectivement que son grand architecte Hiram. Il leur ordonna d'aller faire l'exhumation du corps, et de le rapporter à Jérusalem. Ces anciens maîtres se revêtirent de leur tablier et de gants blancs. Rendus au mont Liban, le deuxième jour, ils firent la levée du corps.

 

Par 1810 GUIDE DES MACONS ECOSSAIS - Publié dans : fondements historiques de la FM
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Vendredi 9 septembre 2005 5 09 /09 /Sep /2005 00:00

«David ne laissa à son successeur, Salomon, que les fleurs et les délices de la royauté. La sagesse qu'il avait reçue du ciel se dévoilant tous les jours aux yeux de l'univers par des prodiges, il s'attira l'admiration de tous les peuples et on accourut de tout côté pour entendre ses oracles et voir les merveilles de son règne. Cette sagesse céleste dont il était doué, sa prudence plus qu'humaine et la vaste étendue de ses lumières, faisaient l'admiration générale.

«Il pensa à se faire bâtir un palais plus digne de la majesté royale que celui que David avait occupé, sans cependant oublier que l'édifice du Temple était la grande entreprise de son règne et que c'était surtout pour la consommer que le Seigneur lui avait mis la couronne sur la tête. Aussi ne perdit-il pas de vue depuis l'instant de son avènement au trône l'édification de ce grand ouvrage.

«Il fit assembler de nouveaux ouvriers et de nouveaux matériaux plus riches et en plus grande abondance que n'avait fait David. Il les fit transporter à Jérusalem pour les y employer. Il occupa à cet ouvrage cent cinquante mille hommes dont soixante-dix mille servaient au transport des matériaux, quatre-vingt mille taillaient les pierres dans [les] carrières, outre trois mille six cents inspecteurs qui veillaient sur les travaux et trois cents qui avaient la conduite de tout l'ouvrage.

«Les choses ainsi disposées, et Salomon ne trouvant pas dans son royaume des maîtres assez habiles dans l'architecture et un assez grand nombre d'ouvriers pour mettre en œuvre les cèdres du Liban, il tourna ses vues sur Hiram, roi de Tyr, le constant ami et allié de son père qui avait renouvelé son alliance à son avènement au trône d'Israël.

«Il lui écrivit donc une lettre pour le prévenir de l'édification du Temple de l'Éternel et le prier de lui procurer un ouvrier qui sût travailler l'or, l'argent, le cuivre, le fer, qui sût employer habilement la pourpre, l'écarlate et la hyacinthe, et qui fût expérimenté dans la sculpture et l'architecture afin qu'il pût l'établir maître et mettre sous sa direction les ouvriers que le roi David et lui avaient eu soin de rassembler. Il lui demanda aussi des bois de cèdre, de genièvre et de pin du mont Liban et lui offrit de payer ceux de ses sujets qu'il voudrait employer à ses travaux, promettant de leur donner vingt mille mesures de blé et autant d'orge, vingt mille pièces de vin et autant d'huile, et le pria de lui faire savoir si cette proposition lui convenait et si ses offres étaient suffisantes.

«Le roi Hiram se porta avec plaisir à servir son allié et lui répondit en ces termes par son ambassadeur : "Je ferais ce que vous souhaitez de moi pour les bois du Liban, et autres, qui vous sont nécessaires ; à l'égard du savant homme que vous cherchez pour conduire votre ouvrage, je vous envoie ce qu'il vous faut, très content de vous faire un si beau présent. C'est un de mes sujets nommé Hiram Abif, né d'un père tyrien nommé Hur et d'une mère originaire de la ville de Dan de votre tribu de Nephtali.

«"C'est d'ailleurs un homme très sage et un prodige d'habileté, d'adresse et de prudence. Je l'honore, je l'aime comme mon propre père et vous le recommande comme mon fils.

«"Il possède dans un degré éminent l'art de toutes les teintures de pourpre, d[e] hyacinthe et d'écarlate. Mais ce qui vous fera encore plus de plaisir dans la circonstance présente, et qui vous le rendra plus cher, c'est qu'il a un génie rare pour l'invention et un goût exquis pour le dessin. Il va vous joindre incessamment et je vais tout de suite mettre un nombre suffisant de mes sujets à vous couper du bois dans mes forêts du mont Liban que je vous ferai transporter au port de Joppé où vous pourrez les faire prendre et transporter jusqu'à Jérusalem, acceptant pour mes sujets qui travailleront pour vous les conditions que vous m'offrez."

«Tous les préparatifs étant faits et réglés par la sagesse de Salomon, et ayant établi le sublime Hiram Abif pour chef de ses travaux, il fit le dénombrement des prosélytes établis dans son royaume. On en compta cent cinquante-trois mille six cents qui furent tous employés aux ouvrages intérieurs ou extérieurs du Temple. On en marqua soixante et dix mille pour servir de manœuvres et pour porter des fardeaux. C'est ce nombre, M.·. F.·., qui fait l'époque et l'histoire des App.·. F.·. M.·., le premier grade symbolique que vous avez obtenu.

«Quatre-vingt mille furent envoyés dans les montagnes pour y tailler des pierres qu'on ôtait des carrières. C'est l'époque de l'histoire des Comp.·. et le 2e grade symbolique que vous avez reçu.

«Trois mille trois cents commandaient aux travailleurs et ils conduisaient l'ouvrage, et trois cents autres, qui avaient une inspection plus générale, présidaient à tout l'ouvrage sous les ordres d'Hiram, veillant avec zèle partout où leur présence était nécessaire. Ceux-ci sont l'époque symbolique du grade de M.·. que vous allez recevoir et dont je vais vous confier le secret et tout le sublime qu'il renferme. Redoublez votre attention !

«Quand tous les matériaux furent préparés, on commença la superbe bâtisse du Temple. Cette époque historique si célèbre pour les Hébreux, et plus encore pour les F.·. M.·., fut la quatre cent quatre-vingtième [année] depuis le passage de la mer Rouge, la quatrième du règne de Salomon et la première du jour du mois...

«Hiram, qui avait la direction de cette vaste entreprise, s'aperçut au bout de quelque temps qu'il payait au-delà de ce que pouvait monter un pareil nombre d'ouvriers, et cela par la voie de trois perfides Comp.·. qui faisaient, au sixième jour établi pour le paiement, avancer un grand nombre d'étrangers pour recevoir des salaires, comme s'ils eussent été réellement du nombre des travailleurs, et partageaient ensemble leur vol et leur butin.

«Hiram alors assembla tous les ouvriers et leur fit prêter un serment qui rendait inviolable le secret qu'il avait à leur confier. Cela fait, il les divisa en trois classes, comme il avait déjà fait, et fit d'abord celle des App.·. qui étaient au nombre de soixante et dix mille et leur donna un signe, un mot, une marche et un attouchement, pareils à ceux que vous [avez] reçus dans ce grade. Cela devait servir à les faire connaître quand ils viendraient le samedi au soir recevoir leur salaire. Il leur défendit de divulguer ces choses à personne et, pour les en empêcher, il leur fit faire la promesse que vous avez faite vous-même et leur désigna la colonne J à gauche du Temple pour y recevoir leur salaire.

«Il fit ensuite avancer les Comp.·., qui étaient au nombre de quatre-vingt mille, auxquels il donna un signe, un mot, une marche et un attouchement différents des premiers, pareils à ceux que vous avez reçu dans ce grade, sous promesse de ne point les divulguer, et leur assigna la colonne B pour recevoir leur salaire.

«Enfin, il fit la classe des M.·. qui étaient au nombre de trois mille six cents auxquels il donna des signes, des mots et des attouchements et une marche pour se reconnaître différents de ceux qu'avaient les App.·. et les Comp.·., leur fit faire serment de ne point les révéler et leur assigna le propitiatoire pour recevoir leur salaire qui était plus fort que ceux des deux autres classes.

«Tels furent les arrangements, mon F.·., que le grand homme, le premier Grand M.·. symbolique de la F.·. M.·., avait pris pour les secrets des paiements. C'est lui que représente dans nos L.·. le V.·. G.·. M.·.. Salomon lui donna deux adjoints qui portaient le nom de Survts.

«L'un payait les Comp.·. à la colonne B, et l'autre les App.·. à la colonne J, et sont représentés dans nos L.·. par les 1er et 2e Survts.

«Il arriva de cet arrangement que les trois Comp.·., ne pouvant plus voler l'argent destiné au paiement des ouvriers, et peu contents de leur paie, résolurent d'extorquer celle de M.·. en tâchant de se procurer le signe, le mot et l'attouchement de ce grade en le demandant à Hiram, qui leur répondit qu'ils n'étaient pas encore en état de travailler aux ouvrages de M.·., mais qu'ils n'avaient qu'à s'appliquer, et qu'aussitôt qu'ils seraient en état, il les ferait M.·. avec plaisir.

«Ces malheureux, mécontents de cette réponse, résolurent d'avoir de force ce qu'ils étaient indignes d'avoir par leur mérite, et s'y prirent de cette manière.

«Le T.·. R.·. M.·. Hiram était dans l'usage sur la fin du jour de faire la revue générale des travaux du Temple qui, pour lors, étaient déjà forts avancés. Ces trois scélérats attendirent que tous les ouvriers fussent sortis et se postèrent, un à la porte de l'Orient, l'autre à celle de l'Occident et le troisième à la porte du Midi.

«Hiram, seul ce soir-là, ayant fait la ronde à l'ordinaire et examiné les travaux du jour, se retirait au palais du roi. Il trouva à la porte de l'Occident un de ces scélérats qui l'attendait et qui, s'approchant de lui, en exigea le signe, le mot et l'attouchement de M.·.. Hiram le lui refusa en lui disant qu'il lui donnerait quand il en serait digne. L'infâme persista toujours à les lui demander, mais voyant qu'il ne pouvait l'obtenir du vertueux Hiram, il lui donna un coup de règle sur la tête qui l'étourdit. Mais, ayant repris ses esprits, il fut pour sortir par la porte du Midi où il trouva un autre de ces Comp.·. qui lui fit la même demande. Il reçut la même réponse du R.·. Hiram. Ce misérable, voyant qu'il ne pouvait rien obtenir, emporté par sa rage, lui donna un coup de marteau sur l'épaule qui le meurtrit cruellement. Il eut encore la force de se sauver à la porte de l'Orient, mais, y étant parvenu avec bien de la peine, il y trouva le troisième de ces scélérats qui le menaça de le tuer s'il ne lui donnait le mot, le signe et l'attouchement de M.·.. Hiram lui représenta avec douceur qu'il ne pouvait [les] lui donner ainsi et que son application au travail lui procurerait cet avantage un jour. Le forcené persista à le vouloir de force et, enflammé de colère par le refus d'Hiram, il lui déchargea un terrible coup de levier qui l'étendit mort à ses pieds.»

Ici, on étend le Récipiendaire sur le tombeau d'Hiram, on le couvre d'un drap noir, on lui met sur la tête un linge blanc ensanglanté qui était sur la tête du dernier M.·.. On allume neuf bougies autour du cercueil. Les FF.·. se placent des deux côtés en silence et on n'entend que quelques gémissements: «il est mort... il est tué», etc.

Alors le [T.·. R.·.] s'approche du cercueil et continue :

«Victime de son zèle et de son secret, exemple à jamais mémorable pour tous les M.·., le R.·. Hiram aima mieux mourir que de trahir son [serment]. Soyons donc, dans tous les temps, aussi fermes et aussi courageux que lui, à quelques épreuves que nous soyons mis. Ainsi périt le plus Vble et le premier M.·. que nous ayons eu.

«Dès qu'il fut mort, les trois assassins le cachèrent sous un escalier dérobé à l'Orient du Temple, voulant le porter sans risque pendant la nuit sur le mont Ebron, lieu qu'ils avaient choisi pour la sépulture.

«La nuit étant enfin venue, ils le transportèrent sur cette montagne. Comme ils étaient à creuser la terre, [l'] un d'eux dit qu'on ne devait pas ignorer que le roi Salomon ferait faire toutes les recherches possibles s'il ne voyait pas Hiram, que cette montagne étant un lieu où les ouvriers travaillaient, on découvrirait aisément leur crime. C'est pourquoi, ils marquèrent le lieu de la sépulture d'une grosse branche d'un acacia pour reconnaître l'endroit où ils mettaient le cadavre, dans l'intention de venir le prendre la nuit suivante et le transporter dans un endroit plus éloigné, dans le cas que Salomon n'aurait pas fait des recherches à cet égard.

«Hiram était dans l'usage d'aller tous les jours rendre compte à Salomon de ce qui s'était passé dans la journée et prenait avec lui les arrangements nécessaires pour la perfection du Temple. Le roi ne le voyant point paraître, et ignorant l'accident qui lui était arrivé, ordonna des recherches les plus vives pour avoir des nouvelles de son cher Hiram, voulant qu'on le trouvât mort ou vif, et promit à cet effet des récompenses à ceux qui pourraient le découvrir.

«Il fit aussi un édit par lequel il déclarait que nul ouvrier ne serait payé jusqu'à ce que l'on eût des nouvelles d'Hiram, et pour en avoir de promptes, il députa neuf M.·. à qui il ordonna de ne point revenir qu'ils n'en eussent de nouvelles.

«Ces neuf M.·. se donnèrent rendez-vous en se désignant l'endroit où ils devaient se trouver le huitième jour. Ensuite, ils se dispersèrent et se divisèrent en trois bandes. Trois sortirent par la porte de l'Occident, trois par celle du Midi et trois par celle de l'Orient, dans le dessein de ne point retourner s'ils n'en avaient point de nouvelles. Ils cherchèrent inutilement pendant huit jours et ce ne fut que le soir du neuvième que, s'étant tous rejoints à l'Orient du Temple, fort chagrins, ils firent leur prière, et comme ils la finissaient, ils aperçurent dans le firmament une étoile qui, par son éclat au-dessus des autres et les feux qu'elle jetait, ressemblait aux rayons du Soleil. Ils la fixèrent avec étonnement et dirent qu'il y avait dans cette apparition quelque chose de miraculeux. Ils montèrent sur le mont Ebron où l'un d'eux, voulant considérer cette étoile flamboyante, s'appuya sur la branche d'acacia plantée sur la fosse d'Hiram qui tomba. S'apercevant que la terre avait été remuée à cet endroit, il appela ses compagnons qui présumèrent l'accident arrivé à leur R.·. M.·. et convinrent que le premier signe qu'ils feraient en découvrant son corps serait à l'avenir le signe de M.·., le premier signe pouvant être connu des meurtriers leur devenant inutile. Ils convinrent de même de l'attouchement et du mot et réformèrent ainsi le grade de M.·. en empêchant l'abus que les meurtriers auraient pu faire du secret de la M.·., en supposant qu'ils eussent réussi de lui arracher son secret avant sa mort. «S'étant rangés autour de la fosse de sept pieds en longueur, trois en largeur et cinq en profondeur, ayant découvert le corps d'Hiram qui était déjà corrompu, ils firent tous le signe d'horreur qui est encore le signe de M.·.. (Tous les M.·. font le signe.)

«Ensuite, l'un d'eux s'approchant de ce corps, lui prit un doigt de la main droite en prononçant «J.·.», et le doigt se détacha du corps et lui resta dans la main. Un second s'approcha, prit un autre doigt en prononçant «B.·.», qui se détacha de même que le premier. Enfin, un troisième s'étant approché du cadavre, lui mit pied contre pied, genou contre genou, son bras gauche derrière le corps, appuyant son estomac contre son estomac, et lui ayant cramponné la main droite au-dessus du poignet avec la sienne, il réussit à le relever en prononçant «M.·. B.·.», qui est encore le mot sacré du M.·..»

 

 

  

Par rituel du Duc de Chartres 1784 - Publié dans : fondements historiques de la FM
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Vendredi 9 septembre 2005 5 09 /09 /Sep /2005 00:00

Mon cher Frère, pour commencer à vous instruire des mystères de la Maîtrise, il est bon de vous dire que notre respectable Maître Adoniram, grand Architecte duTemple de Salomon, possédant les secrets de la Maîtrise, aima mieux souffrir la mort que de révéler les dits secrets. Je pense que vous êtes dans les mêmes sentimens ; c'est pourquoi je me vois forcé de vous traiter de la même manière dont il fut traité par trois scélérats de Compagnons, qui attentèrent à sa vie pour avoir la paye de Maître. Du premier coup il fut étourdi, du second il trébucha, & du troisième il fut renversé. Mon cher Frère, c'est à vous que j'adresse la parole : Vous représentez ici notre très-respectable Maître, repo-sant dans le Saint des Saints ; c'est ce que je vais vous expliquer par un récit abrégé de la vie & de la mort de ce grand Homme. D A V I D, Roi d'Israël, ayant formé le projet d'élever un Temple à l'Eternel, amassa pour cet effet de riches trésors. Mais ce grand œuvre était réservé à son fils S A L O M O N, à qui Dieu donna le don de sagesse par son esprit, de force par sa puissance, & de beauté par ses richesses. SALOMON ayant pris l'année, le mois & le jour, pour commencer ce grand Edifice, en fit part à H I R A M, Roi de Tyr, son voisin, son ami & son allié, qui lui envoya les Cèdres du Liban tous taillés & prêts à poser ; SALOMON en fit de même dans les carrières, pour les pierres dont il avait besoin pour la construction de son Temple : mais HIRAM lui fit un bien plus précieux don en la personne d'Adoniram, issu de son sang, fils d'une veuve de la tribu de Nephtali ; son père se nommait HUR, excellent ouvrier dans l'Architecture & dans la fonte des métaux. SALOMON connaissant ses vertus, son mérite & ses talents, le distingua par le poste le plus éminent, lui donnant la conduite du Temple, & la direction des Ouvriers. Mais comme les Ouvriers étoient en grand nombre, il les sépara en trois classes, les Apprentifs, les Compagnons & les Maîtres, & leur donna à chacun d'eux un signe, une parole & un attouchement, pour pouvoir se faire connoître, & recevoir leur salaire. Trois scélérats de Compagnons, remplis d'avarice & d'envie, voulant toucher la paye de Maître, projetterent de l'avoir de force, ou la vie de notre très-respectable Maître Adoniram. Pour cet effet, l'un se place à la porte de l'occident du Temple, le second à la porte du midi, & le troisième à la porte du nord. Adoniram, selon sa coutume, vers la fin du jour, s'en vint pour faire la visite des travaux, afin d'en rendre compte à SALOMON, & entra dans le Temple par la porte de l'occident, où il trouva le premier de ces malheureux, qui lui demanda avec violence la paye de Maître ou la vie. Adoniram surpris, lui répondit néanmoins avec douceur : Mon Frère, ce n'est point de cette façon que je l'ai acquise ; travaillez, méritez, & vous l'aurez. Non content de cette réponse, ce téméraire le frappa d'un coup de règle, qui le fit fuir vers la porte du midi, où il trouva le second de ces scélérats, qui lui fit la même demande : Adoniram lui fit la même réponse. Ce malheureux le frappa d'un coup de rouleau qui l'étourdit ; &, fuyant vers la porte du nord, il trouva le troisième, qui l'arrêta, en lui demandant la parole de Maître, ou la vie. Mais Adoniram persista avec fermeté & courage à garder son secret : c'est de ce troisième malheureux qu'il reçu un furieux coup de maillet, qui le fit tomber mort vers la porte de l'orient. Ils se rassemblèrent entre eux, se demandèrent la parole de Maître ; voyant qu'ils ne l'avoient pas & honteux de leur crime, ils calevèrent le corps de notre respectable Maître, le portèrent hors du Temple, le cachèrent sous des décombres, dans l'intention, furtivement de nuit, de l'enlever & de le porter hors de Jérusalem ; ce qu'ils firent. Trois, cinq & sept jours se passèrent sans que SALOMON vit son grand Architecte ; il en fut fort inquiet, & ordonna à neuf des plus jeunes Maîtres d'aller à la découverte, & de lui en apporter des nouvelles. Trois partirent par la porte de l'orient, trois par la porte du midi, & trois par la porte de l'occident ; ils convinrent entr'eux de ne point s'éloigner les uns des autres plus loin que la voix humaine ne puisse s'entendre. L'un d'eux, fatigué de sa course, & voulant se reposer au pied d'une colline, s'aperçut que la terre étoit fraîchement remuée ; il s'en approcha, & en fouillant, il trouva le corps de notre respectable Maître Adoniram. Il appelle ses camarades qui, à sa voix, s'approchent de lui ; il leur fait part de la triste découverte : mais par respect, n'osant y toucher, ils recouvrirent la fosse, & se trouvant proche de là un arbre nommé Acacia, ils en arrachèrent une branche, la plantèrent sur l'endroit, pour pouvoir le reconnoître, & s'en retournèrent à Jér usalem, rendre compte à SALOMON de la perte de son grand Architecte. SALOMON, pénétré de la plus vive douleur, déchira ses vêtemens, & jura qu'il en seroit fait vengeance : il ordonna à neuf des plus anciens Maîtres, d'aller faire l'exhumation du corps, & de le rapporter à Jérusalem, avec pompe funèbre. Les Maîtres convinrent entr'eux, dans la crainte que par le force des tourmens & violence, le mot de Maître n'eut transpiré, que le premier signe, parole et attouchement qui seroit fait & proféré à la levée du corps, serviroit à l'avenir pour les Maîtres. De plus, ils se revêtirent de tabliers & gants de peau blanche, pour preuve de leur innocence, & qu'ils n'avoient point trempé leurs mains dans le sang innocent. Le plus ancien d'entr'eux s'avança, (en cet endroit, le Vénérable Maître, en continuant son Discours, opère & relève le Récipiendaire en lui donnant l'ac-colade) & en découvrant le gazon, dont ceci nous sert de symbole, il le prit par JAKIN, mais le doigt lui resta dans la main ; il le prit par BOOZ, de même, la chair étant putréfiée, les os quittèrent la peau ; mais pour plus de fermeté, il le prit par les cinq points de la Maçonnerie, que nous nommons la Grippe, & le releva de cette façon ; pied contre pied, genou contre genou, estomac contre estomac, la main derrière le dos, il proféra ces mots, M. B. qui signifie, le corps est corrompu ;ils le rapportèrent à Jérusalem, où SALOMON, pour récompenser ses vertus, son mérite & ses talens, le fit inhumer dans le sanctuaire du Temple, & fit mettre sur son tombeau une médaille d'or en forme de triangle, où étoit gravé JEHOVA, l'ancien mot de Maître, qui signifie le nom de Dieu en Hébreu. Son cercueil étoit de marbre noir, de sept pieds de long, cinq de large & trois de profondeur.

 

 

 

 
Par 1780 NOUVEAU CATHECHISME - Publié dans : fondements historiques de la FM
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Jeudi 1 septembre 2005 4 01 /09 /Sep /2005 00:00

 

Juillet & Aouft 1782

Nous Grand Maître général, Maîtres Provinciaux, grands Officiers, Préfets & Députés des Chapitres du St\0\ des Chevaliers bienfaifans & des Francmaçons réunis fous le régime rectifié légitimement affemblés en Convent général à Wilhelmsbad près de Hanau pour affermir l'édifice maçonnique confié à nos soins, rectifier les principes & le but de cet Ordre ancien, & réunir fes différentes parties par des liens communs & durables; avons arrêté & ftatué ainsi qu'il fuit.

Convaincus dès les premiers pas de nos travaux, que pour entretenir l'activité entre les diverfes parties de l'Ordre, & établir peu à peu une uniformité de principes, rits, & obligations, il étoit néceffaire, de créer un centre refpectable, où elles viendroient toutes aboutir ; & confidérant que notre régime doit fa confervation aux foins infatigables du Ser.me F.‑. FERDINANDUS a Victoria ( in feculo Duc de Brundvic & Lunébourg) nous n'avons cru pouvoir mieux folemnifer notre reconnoiffance qu’en Le confirmant dans la dignité de Chef fuprême de toutes les r rectifiées, qui Lui a déjà été conférée au convent de Kohlo en 1772. & y ajoutant celle de grand ‑ Maître général de toutes les provinces de l'Ordre des Chevaliers bienfaifans & des Maçons rectifiés, que le voeu unanime de toutes les nations s'eft empreffé de lui offrir ‑ Enjoignons en conféquence à tous les Chapitres, r et frères qui fuivent notre régime, de Lui rendre en cette qualité l'hommage dû aux vertus éminentes dont Il préfente fans ceffe le modèle; Lui avons transmis par un acte folemnel, & exprimant notre confiance entière, 1e droit de convoquero & préfider les Convens générauxet de diriger par le fecours des Maîtres Provinciaux & autres chefs, les divers établiffemens de l'Ordre : & avons reçu en échange de Lui une capitulation, gage des principes fages, qui le dirigeront dans l'adminiftration de l'Ordre, & de la liberté qui doit en animer les travaux. Enjoignons pareillement à tous les établiffemens tant maçonniques que de l'Ordre intérieur de reconnoitre pour fecrétaire général de l'Ordre entier le R\ F\ ab Urna (Schwarz) & d'ajouter foi à tout ce qui fera expédié de fa part, comme chargé de la confiance particulière de l'Eminent.me Grand Maître. Pour faire paffer enfin à la poftérité un monument de notre heureufe réunion fous un Chef commun & refpectable par tant de vertus, nous avons arrêté, qu'il feroit frappé une médaille avec fon bufte & une dévife relative à l'époque fortunée de notre convent.

Un de nos premiers foins s'eft tourné vers l'authenticité du fiftème que nous avons fuivi jufqu'aujourd'hui & le but final, où il doit conduire nos frères.

Après  plufieurs recherches curieufes fur l'hiftoire de l'Ordre des Templiers, dont on dérive celui des Maçons, qui ont été produites, examinées & comparées dans nos conférences, nous nous fommes convaincus, qu'elles ne préfentoient que des traditions & des probabilités fans titres authentiques, qui puiffent mériter toute notre confiance . & que nous n'étions pas autorifés fuffifamment à nous dire les vrais & légitimes fucceffeurs des T\ que d'ailleurs la prudence vouloit que nous quittions un nom, qui feroit foupçonner le projet de vouloir reftaurer un Ordre profcrit par le concours des deux puiffances, & que nous abandonnions une forme qui ne quadreroit plus aux moeurs & aux befoins du fiècle.

En conféquence nous déclarons, que nous renonçons à un fiftème dangereux dans fes conféquences, & propre à donner de l'inquiétude aux Gouvernemens: & que fi jamais quelque Chapitre ou quelque frère formoit le projet de reftaurer cet Ordre, nous le désavouerions comme contraire à la première loi du Maçon, qui lui ordonne de refpecter l'autorité fouveraine. A cet effet & pour décliner à jamais toute imputation finiftre & démentir les bruits femés indifcrettement dans le public : nous avons dreffé un acte foufcrit par nous tous & au nom de nos commettans, par lequel nous confacrons cette détermination fage, & proteftons au nom de tout l'Ordre des Francmaçons réunis & rectifiés devant Dieu & nos frères, que l'unique but de notre affociation eft de rendre chacun de fes membres meilleur & plus utile à l'humanité par l'amour & l'étude de la vérité, l'attachement le plus fincère aux dogmes, devoirs & pratiques de notre fainte religion chrétienne, par une bienfaifance active, éclairée & univerfelle dans le fens le plus étendu & par notre foumission aux loix de nos patries refpectives.

Nous ne pouvons cependant nous diffimuler, que notre Ordre a des rapports réels & inconteftables avec celui des T\ prouvés par la tradition la plus confiante, des monumens authentiques & les hiéroglyphes mêmes de notre tapis: qu'il paroit plus que vraifemblable que l'initiation maçonnique plus ancienne que cet Ordre, a été connue à plufieurs de ces Chevaliers & a fervi de voile à quelques autres au moment de leur cataftrophe pour en perpétuer le fouvenir. En conféquence,et pour fuivre tous les veftiges d'un Ordre, qui paroit à un grand nombre de frères avoir poffédé des connoiffances précieufes,et auquel nous devons la propagation de la fcience maçonnique nous nous fommes crus obligés de conferver quelques rapports avec lui &  de configner ces rapports dans une inftruction hiftorique. & comme nous devons à l'ancien fiftème un plan de Coordination utile & des divifions avantageufes pour maintenir le bon ordre, & qu'en renverfant la forme extérieure de notre gouvernement nous romprions fans motif les liens, qui uniffent les différentes parties ; nous avons arrêté, que ces rapports feroient confervés dans un Ordre équeftre, connu, fous le nom de  Chevaliers bienfaifans & chargé du régime & de l'adminiftration des claffes fimboliques.

Nous avons divifé la réception dans cet Ordre intérieur en deux époques avons arrêté le rituel pour la réception des novices, qui doivent être inftruits des devoirs, dont ils contractent l'engagement, & avons approuvé l'efquiffe du cérémonial de l'armement même des chevaliers, qui reçoivent cette dignité comme récompenfe de leurs efforts dans la carrière de la bienfaisance, qui nous a été préfentée, & dont la rédaction a été confiée au F\ a flumine (de Turkheim). Mais comme quelques Provinces ou Préfectures pourroient avoir quelque raifon particulière, pour ne pas fe fervir de cette dénomination de Chevaliers bienfaifans & de la formule de leur réception, ou être gênés par des circonftances locales, dont nous remettons le jugement à la prudence de notre Éminentiffime G\M\G\; nous voulons & entendons leur laiffer la liberté d'y ajouter les modifications jugées convenables, fans rompre ou altérer pour cela leur union avec l'enfemble de l'Ordre, dont la connexion plus étroite a été un des principaux mobiles de nos travaux.

Avons accordé pareillement aux trois Provinces françoifes, qui depuis leur réforme nationale avoient adopté le titre de Chevaliers bienfaifans de la Cité Sainte, auquel elles attachoient un prix particulier, la liberté de continuer de s'en fervir.

En confervant enfin à cette Chevalerie chrétienne une croix, un habillement uniforme, les noms d'Ordre & la bague pour fe reconnoitre, nous préfcrivons pour les dattes I'ufage de l'Ere du falut & du calendrier réformé, en aboliffant dans les actes celui de l'Ere de l'Ordre établie auparavant.

Notre attention principale s'eft portée fur les rituels des trois premiers grades, bafe commune de tous ceux, qui s'appellent Maçons. Occupés à réunir fous une feule bannière les autres régimes, nous fentions, qu’il étoit impoffible de l’effectuer, fans conferver tous les emblêmes effentiels & en féparer ceux que l’efprit du fiftème y avoit ajoutés.

Pénétrés intimement, que les hiéroglyphes de ce tableau antique & inftructif, tendoient à rendre l'homme meilleur & plus propre à faifir la vérité, nous avons établi un comité, pour rechercher avec le plus grand foin, quels pouvoient être les rituels les plus anciens, & les moins altérés; nous les avons comparé avec ceux arrêtés au Convent des Gaules, qui contiennent des moralités fublimes & en avons déterminé un pour les grades d'Apprentif, Compagnon & Maître, capable de réunir les r divifées jufqu'ici, & qui fe raprochât le plus de la pureté primitive. Nous publions ce travail, & invitons nos r à le méditer & à le fuivre ; permettant aux Provinces, qui auroient des obfervations à y faire, de les communiquer à notre Emment.me G\M\ général d'ici à un an.

& comme dans prefque tous les régimes il fe trouve une claffe Écoffoife, dont les rituels contiennent le complément des fimboles Maçonniques, nous avons jugé utile, d'en conferver une dans le nôtre, intermédiaire entre l'Ordre fimbolique & intérieur; avons approuvé les matériaux fournis par le comité des rituels, & chargé le R\F\ ab Eremo, (WiIIermoz) d'en faire la rédaction.

Nous avons lieu d'efpérer qu'établiffant pour première loi des principes de tolérance pour les autres régimes, & ceux d'une bienfaifance active, éclairée & univerfelle pour caractériftiques du nôtre ; nous obtiendrons la réunion défirée avec tous les bons Maçons : but que nous nous propofons principalement, & déclarons que nous ne reconnoitrons pour fauffes & contraires à la vraie Maçonnerie, que ces ret ces grades dont les principes feroient oppofés à la religion, aux bonnes moeurs & aux vertus fociales.

Malgré que nos r fe foient toujours empreffées d'epfeigner à leurs membres les préceptes de la morale la plus pure & de graver furtout dans le coeur des nouveaux‑reçus les leçons de la fageffe & de la vertu : nous avons cru devoir faire compofer une règle générale pour tous les Maçons, qui leur traçât avec énergie ce qu'ils doivent à Dieu, à leur prochain, à eux‑mêmes, à leurs frères & à l'Ordre en général; nous avons par conféquent adopté une règle, écrite dans les deux langues, pour être lue au Candidat lors de fon initiation, & avons donné pareillement notre fanction à une paraphrafe de cette même règle contenue en neuf articles, pour être foumife à fa méditation ultérieure & être lue quelquefois l'année dans nos r.

et comme les Chevaliers bienfaians fe dévouent plus particulièrement à la défenfe de notre fainte religion, chrétienne, de l'innocence opprimée & de l'humanité fouffrante, & que nos fonds font confacrés à des établiffemens de bienfaifance, nous avons fait rédiger une règle, qui leur expliquât d'une manière plus pofitive leurs engagemens & les principes, qui doivent diriger l'Ordre Equeftre ; voulons & entendons, que cette règle, foit adoptée par tout Chevalier, comme norme de fa conduite dans l'Ordre, & lui foit lue lors de fa réception foit dans l'original latin, foit dans une des traductions.

Le défaut d'un bon code de loix, qui établiffe d'un côté autant d'uniformité qu'il eft poffible entre les différens établiffemens fans trop gêner d'un autre côté les convenances locales, eft caufe des variations & des

fchifmes que l'Ordre des Maçons a éprouvé, jufqu'ici. Nos Convens antérieurs ont déjà fenti la néceffité d'y porter remède, & celui des Provinces françoifes a fourni des efquiffes précieufes : nos vues ont dû s'arrêter fur le même objet: & nous avons vu avec plaifir un plan pour claffer les différentes parties de cette législation, par le F\ a fonte irriguo (de Kortum). Nous en avons difcuté plufieurs principes, & nous les communiquerons à toutes les Préfectures pour faire leurs obfervations fur ce travail. Mais nous aurions prolongé nos féances au delà du tems limité par les occupations civiles de nos députés, fi nous avions voulu en entreprendre la rédaction.

Nous nousfommes donc bornés, à approuver l'introduction à ce code, dans laquelle on fait fentir la néceffité des loix pofitives, les abus & les erreurs, qui jusfqu'ici ont infefté l'Ordre; les moyens de lui rendre fa pureté, & le précis des vues générales de l'Ordre, & des principes, qui doivent diriger la conduite de fes établiffemens & de fes membres. Nous enjoignons aux r de méditer fouvent cette introduction: & eftimons qu'on s'en fervira avec fuccès pour donner aux r d'un régime étranger une idée favorable du nôtre & les amener à la réunion que nous défirons.

Nous avons enfin chargé les FF\ a fonte irriguo, a circulis (Comte de Virieu) a Lilio convallium (Bode) a flumine (de Turkheitn) de la rédaction de ce code; les priant chacun d'en faire deux: dont l'un trace des principes fimples & fondamentaux, qui puiffent convenir à toutes les Provinces; & l'autre foit détaillé & motive les différentes loix générales & locales même, qu'ils croiront les meilleures pour que chaque Province puiffe y puifer à fon choix ce qui lui fera le plus convenable.

Nous comptons envoyer le travail de ces quatre frères. Aux Provinces, & lorfque celles‑ci auront communiqué leurs obfervations fur ces ouvrages, nous remettrons tous ces matériaux au F\ab Equo bellicofo (de Rofskampff) que nous avons défigné comme une perfonne agréable à tous, pour rédiger un feul code général.

Après avoir fixé un centre commun, nous devions nous occuper des parties conftituanteset fupérieures dans l'Ordre & revoir la matricule générale des Provinces qui relèvent immédiatement du grand‑Maître général.

Faisant donc droit fur les demandes du grand Prieuré d'Italie, ci‑devant un des deux grands Prieurés de la Ville accordées depuis plufieurs années par le voeu unanime des Provinces, exprimées vis‑à‑vis du Ser.me F\ a Victoria, nous le séparons du grand Prieuré d' allemagne & y joignant l'Archipel & la Grèce, le proclamons Province du S\ 0\ confidérant en outre, qu'ayant renoncé au fiftème de reftauration de l'Ordre des Templiers, il feroit peu conféquent & peu analogue à cette détermination de conferver l'ancien Ordre de la matricule : nous recevons entre nos mains toutes les grandes charges de l'Ordre annexées jadis aux maîtrifes provinciales, fans qu'aucun membre individuel, de l'Ordre puiffe en être revêtu dorénavant. Abrogeons les anciennes dénominations des Préfectures & Commanderies comme relatives entièrement à l'Ordre des Templiers, déclarons que le nombre des Provinces ne devra pas être borné néceffairement à celui de IX. mais qu'il dépendra des circonftanceset des befoins de l'Ordre; que cependant pour le moment nous ne voyons pas de néceffité de l'augmenter, puifque les deux Provinces qui portoient le nom d'Arragon & de Léon dans l'Ordre, ne font pas en activité, qu'il nous refte peu d'efpoir de porter les établiffemens Maçonniques de la grande Bretagne à une réunion folide & convenable, & que nous croyons devoir déclarer ces trois places vacantes. Partant de ce principe nous affignons le premier rang à celle de la Baffe‑Allemagne, qui portoit jufqu'ici, dans l'Ordre le nom de Vll.e comme à la plus ancienne des reftaurées; confervons à l'Auvergne, l'Occitanie & la Bourgogne leur rang de Il. III. & V. que cette dernière a déclaré expreffément vouloir conferver; accordons le titre de IV. à l'Italie; celui de Vl.e à la haute Allemagne & vû la requête des établiffemens du S\ 0\ dans les états Autrichiens, tendante à être réunis conformément aux voeux de leur Augufte Souverain en une Province, ou corps national, & le confentement des autres Provinces, furtout de celles fpécialement intéreffées, proclamons la Province d'Autriche Vlle dans l’Ordre, la compofant des chapitres de Vienne, Hongrie & Tranfylvanie,et y ajoutant la Préfecture de Prague, & les établiffemens en Gallicie & Lodomérie, appartenans jufqu' aujourd'hui à la I.e Démembrons en outre la Lombardie Autrichienne du reffort de la IV.eet la Flandre Autrichienne de celui de la V.e pour les réunir à cette nouvelle Province. & défirant enfin ménager toutes les voies de conciliation au Chapitre national de la Suède, dont nous ne pouvions reconnoître l'érection en IX.e Province, comme faite fans le concours des autres Provinces; mais confidérant en même tems que la Ruffie, qui devoit faire partie du reffort de la Suède d'après d'anciennes conventions, étoit un pays vafte, réuni fous une fouveraîne puiffante, qui verroit avec peine une dépendance étrangère, & contenant déjà beaucoup d'établiffemens d'ordre prêts à embraffer notre régime, & qui avoient demandé expreffément d'être réunis en Province féparée; nous proclamons la Ruffie VIII.e Province du S\ 0\et laiffons ouvert le rang de IX.e pour le Chap.e de la Suède, qui paroît attacher quelque prix à ce titre & à cette dénominationet avec lequel nous nous emprefferons de renouer les liens de la fraternité dès que des circonftances heureufes nous en préfenteront les moyens.

& comme nous avons adopté le principe, de réunir dans un reffort les établiffemens, qui font fous une même domination du moment que l'autorité fouveraine paroit le défirer; nous faifons droit fur la demande faite au nom du Révérendiffime Maître Provincial & de la IVe Province dite Italie ; pour réclamer la Préfecture de Chambéry, qui avoit jufqu'à ce jour fait partie de la II.e Province.

Les limites, entre les trois Provinces françoifes enfin, ayant été changées par le Convent national des Gaules, nous les rétabliffons dans l'état où elles étoient avant cette époque,furtout entre la Il.eet Ill.e ; invitons la Il.eet V.e à définir les leurs à l'amiable, à recourir en cas de différent à l'arbitrage de S.E.G.M.e G. & furtout la II.e à dédommager la V.e par une répartition plus égale de leur reffort; de la partie confidérable qui vient d'être retranchée à la dernière par les ceffions faites à la Province d'Autriche.

Les Préfectures relèveront immédiatement des Provinces fans inftances intermédiaires des Prieurés ; fi nous défirons d'un côté, que cette forme foit obfervée dans les Provinces nouvellement établies, nous n'entendons pas d'un autre gêner la volonté & les vues locales de celles, qui exiftent déjà fous une autre forme, & accordons nommément à la Il.eet IVe Province la liberté néceffaire de conferver les divifions de leur Provinces en Prieurés, & de fubordonner leurs Préfectures à ceux‑ci.

Ayant déjà conclu avec la r nationale d'Hollande il y a trois ans un traité d'union & de fraternité, qui a été fuivi peu après de l'établiffement d'un Chap.e à La Haye, nous avons admis le Député de ce Corps natio­nal à nos conférences, & celui‑ci nous ayant expofé le voeu du Chap.e des Bataves, de devenir grand Prieuré de la VI.e ayant fon Directoire & fon Chapitre féparé de celui de la haute Allemagne, & immédiatement foumis au Ser.e M.e Provincial, fans l'intervention d'un Chap.e Provincial: nous élevons ledit Chapitre des Bataves de l'avis & de confentement du Sen.e F\ a Leone réfurgente, Maître Provincial de la VI.e (Prince Charles de Heffe ‑ Caffel) & de fon conclave Provincial, en grand Prieuré exemt; & reconnoiffons pour grand Prieur le Ser.e F\ Fridericus a feptem fagittis (Prince Frédéric de Heffe-Caffel.)

Les FF\ de la Pologne nous ayant fait une demande pareille par le F\ a fonte irriguo leur Député ; nous n'avons pas encore cru leurs établiffemens confolidés fuffifamment pour pouvoir y déférer, & les retenons encore quant à préfent fous le Chap.e Provincial de la I.e mais en même tems nous avons ftatué, qu'en cas que plufieurs établiffemens réunis fous une feule domination, jaloufe de leur indépendance, nous demandaffent une exiftence féparée, & qu'il n'y eut pas encore un nombre de Chapitres convenable, pour être érigés en Province, ou que d'autres motifs s'y oppofaffent; on pourra leur accorder le rang & titre de grand Prieuré exemt, immédiatement, foumis à notre G\ M.e Général.

Quant au G. Prieuré d'Helvétie, nous entendons, que le concordat, qui a été fait entre lui & notre Chap.e provincial de la V.e foit exécuté & maintenu, & que les établiffemens Maçonniques de la Suiffe jouiffent des exemtions, qui leur y font affurées, en continuant de reconnoître le Maître & Chap.e Provincial de la V.e pour leurs fupérieurs.

Rien ne nous tenant à coeur autant que de faire régner la concorde & la bonne harmonie entre les différens établiffemens d'une même Province, nous voyons avec peine la mésintelligence, qui divife depuis plufieurs années les deux Prieurés de Bordeaux & de Montpellier dans la III.e Prov.e. La médiation de notre Em.e G. M. Général & des II.eet V.e Provinces ayant été infructueufes jufqu'ici, nous efpérions les terminer en ce Convent à la fatisfaction commune ; mais le Chap.e de Bordeaux n’ayant pas répondu à l'invitation de comparoître en Convent, celui de Montpellier a réclamé nos confeils fraternels & un arrêt conciliatoire, quoique définitif fur, les limites, privilèges & rapports de ces deux r ; nous les invitons donc à fe rapprocher & à oublier le paffé . chargeons les FF\ a circulis & a Capite Galeato (Marquis de Chef de bÏen) d'interpofer à cet effet leurs bons offices : autorifons le Chap.e de Montpellier à exercer d'ici à la fin de 1783 dans tout le reffort de son Prieuré, & paffé cette époque, dans tout celui de la IlI.e Prov.e tous les droits des fupérieurs, jufqu'à ce que le Cha.e de Bordeaux accède aux arrêtés de ce convent, & approuve ce que Montpellier aura fait dans l'intervalle : avertiffons le Chap.e de Bordeaux de ne pas procéder à une élection d'un Maître Provincial fans le concours de celui de Montpellier, & autorifons ce dernier paffé le 1er  janvier 1784 d'y procéder feul en cas que Bordeaux ne fe foit pas mis en règle d'ici à ce terme : entendons enfin qu'en cas de formation du nouveau Chap.e Provincial on partage les charges entre les deux Prieurés & qu'un commiffaire de S. E. le G.M.e G. y affifte la première fois, pour y remplir les fonctions de médiateur.

S\E\ le G. M. G. ayant trouvé convenable pour le bien. de la I.e Province, que fon Directoire foit transféré de Brunsvic ,  nous propofons aux grands Officiers & Préfectures, de l'établir à Weymar vû la fûreté dont on y jouiroit pour les archives. Transférons pareillement de l'avis & voeu du Maître Provincial & du Chap.e de la VI.e le Directoire de la haute Allemagne de Meinungen à Heidelberg, & en proclamons Préfident le R\ F\ a Tumba Sacra (Baron de ‑DablBerg). Sur la demande faite au nom des FF\et r du Palatinat & accueillie favorablement par la VI.e Province, nous proclamons en fon nom la Préfecture du Palatinat: reconnoiffons pareillement fur le confentement de la I.e Province le Chapitre Prépofitural de Brémen comme Préfecture exemte : & érigeons enfin de l'exprès confentement du Révérendiffime M.e Provincial du Chap.e Provincial & Vifiteurteur général de la V.e la Commanderie du S\ 0\ à Metz en Préfecture régulière, fauf à la faire inftaller légalement par un Commiffaire de la Province.

Pour affurer le bon ordre dans nos ret en voir épurer de plus en plus la compofition, nous avons dès actuellement fixé quelques principes, qui doivent entrer dans le nouveau code. Nous établissons donc les r Écoffoifes compofées des Écoffois de l’arrondiffementet préfidées par le Commandeur de maifon Député‑Maître, comme Infpectriceet première inftance des r bleues ou fimboliques; n'accordant aux Écoffois d'autre prérogative en r bleue que celle des Maîtres, à moins qu'ils foient officiers de la r lefquels formeront un Comité à la demande des Vénérables pour préparer les affaires à délibérer par devant les r.

Fixons dorénavant le nombre effentiel de ceux‑ci à fept, favoir le Vénérable, les deux Surveillans, l'Orateur, le Secrétaire, le Tréforier & Éléemofinaire, auxquels chaque r pourra adjoindre un Maître des Cérémonies & un Économe ; enjoignons aux r de ne recevoir aucun Candidat au deffous de 21 ans accomplis, & prouvé par extrait baptiftaire: en faifant remife d'un an à ceux qui feront préfentés par leurs pères, membres de la r ; mais en n'accordant aucune difpenfe & exigeant que jufqu'à l'âge de 25 ans on rapporte le confentement du père, à moins que le fils ne foit émancipé, & pour ne pas multiplier à volonté les réceptions & borner le nombre des membres par r nous faifons la loi expreffe, que jamais aucune r ne pourra être compofée de plus de 54 frères & que du moment que ce nombre fera rempli, on ne puiffe recevoir qu'en cas de vacance.

Nous avons enfin arrêté, qu'au défaut du Vénérable Maître, la r ne foit pas préfidée par l'Ex‑maître, mais que le droit de Préfidence foit alors dévolu au 1er  Surveillant & que celui ‑ là rentre du moment de la ceffation de fes fonctions, dans la claffe des Écoffois & ne conferve d'autre prérogative que celle de porter à la boutonnière une petite marque, de fon ancienne dignité.

& comme enfin nous fommes plus jaloux de perfuader que de contraindre, & que nous repofant tranquillement fur la bonté de nos intentions, nous n'avons eu d'autre but que celui d'épurer notre régime & d'y réunir tous les frères, qui font animés de l'amour du bien; nous n'avons pas jugé convenable d'exiger une acceptation pure & fimple de nos Chapitres mais nous leur laiffons la liberté d'examiner d'ici à la fin, de 1783 nos opérations & de déclarer au bout de ce terme, s'ils veulent en acceptant le travail du Convent continuer d'adhérer à notre régime, ou s'ils préfèrent de s'affocier à tel autre. Nous ne craignons pas d'avancer que celui qui fera fondé fur les bafes les plus folides & qui enfeignera avec le plus de fuccés les vérités religieufes & morales, & les vertus fociales & patriotiques; préfentera les moyens les plus efficaces pour exercer la bienfaifance dans toute fon étendue, devra néceffairement entraîner la confiance de tous ceux, qui favent apprécier ces avantages.

NousGrand Maître général & membres Capitulaires du Convent réitérons & déclarons, que ces arrêtés font conformes aux délibérations générales & doivent guider les Chapitres & les r auxquelles ils feront duement infinués par les Directoires Provinciaux.

En foi de quoi nous les avons tous figné de notre nom.

Fait à Vilhelmsbad le I.er septembre 1782

               

 

Par texte original - Publié dans : fondements historiques de la FM
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