Géopolitique

Lundi 29 octobre 2012 1 29 /10 /Oct /2012 07:36

L’observateur français, aussi bien le citoyen que le politique, aborde rarement ce qui touche à la société américaine avec sérénité. Nous sommes fréquemment dans le registre du « rejet- fascination ». La Franc-maçonnerie américaine n’échappe pas, elle non plus, à ce phénomène, pas plus qu’aux visions souvent caricaturales d’un « pays monde » qui, en raison même de l’espace que de l’extrême diversité des microcosmes, des strates et des apports culturels, religieux et philosophiques, est complexe à cerner et donc à analyser.

Le rêve américain, celui de changer le monde en exerçant un « leadership consensuel », pour emprunter la formule à Zbigniew Brezinski, ne peut être compris si on n’intègre pas dans le raisonnement cet ensemble complexe fait d’espérance, d’histoire, de religions et de franc-maçonnerie. S’agissant de la Franc-maçonnerie, elle est depuis les débuts de la Nouvelle Angleterre, et donc bien avant la création des Etats-Unis, consubstantielle à la société américaine. Ce qui n’est d’ailleurs pas en contradiction avec un attachement viscéral aux religions dans un pays de trois cent millions d’habitants dont moins de deux pour cent seulement se reconnaissent dans la libre pensée. Là n’est pas le débat, mais c’est un élément fréquent d’incompréhension dans notre pays. Toujours est-il que le fait maçonnique compte et a toujours compté. Et ceci, même si officiellement, et pour des raisons historiques particulières au pays que nous verrons, les Francs-maçons affirment volontiers un détachement de façade par rapport aux faits politique et confessionnel. Il est patent, pour qui côtoie les acteurs au Congrès américain notamment, que cette posture est pure fiction. Par nature, et peut-être plus qu’ailleurs, le rôle de l’Ordre maçonnique, ou plus exactement des individualités y appartenant, est discret, à défaut d’être vraiment secret. Cela étant l’histoire et ses fluctuations n’épargne pas plus la Franc-maçonnerie américaine qu’il n’exonère les Eglises dont l’influence s’érode. Même si le facteur maçonnique demeure une réalité à prendre encore en compte, l’érosion de son influence réelle dans le monde « profane » est un fait objectif que nul ne saurait nier. On assiste à un recentrage qui n’est pas dénué d’intérêt et qui à lui seul pourrait faire l’objet d’un ouvrage d’analyse approfondie et nuancée.

Un bref aperçu historique est indispensable pour saisir toute l’ampleur de fait maçonnique au niveau national et régional dans l’hémisphère occidental, c'est-à-dire dans le continent tout entier. Les esprits, les mentalités, le cours de l’histoire et la géopolitique en ont été profondément imprégnés et souvent infléchis depuis les premières heures. Il suffit pour s’en convaincre de penser aux liens puissants entretenus depuis Washington avec les « Libertadors », tous Francs-maçons pour bouter l’Espagne hors de la « sphère d’influence naturelle » des Etats-Unis : Simon Bolivar, fondateur du Congrès de la Grande Colombie dont il fut Président et qui avait été initié au Grand Orient de France ; José Antonio Sucre, qui livrera avec succès bataille aux Espagnols au Pérou et au Haut Pérou, pays ensuite nommé Bolivie en hommage à Bolivar ; José Marti, le héros Franc-maçon cubain que Fidel Castro a érigé en symbole de l’affirmation nationale. Mais il est des faces moins vertueuses : la doctrine Monroe, édictée par un Président américain et Franc-maçon. Et plus près de nous, l’appui fatal apporté au Franc-maçon et général Pinochet…contre un autre Franc-maçon, chef d’Etat chilien au destin tragique : Salvador Allende. C’est dire toute la complexité du sujet.

L’HISTOIRE

Les premières loges dans les colonies américaines n’apparaissent de façon certaine et documentée que vers 1730. Mais il est probable que des Maçons aient émigré avant cette date. Soit ils ne s’étaient pas constitués en Loges, soit les documents des premiers Ateliers maçonniques ne nous sont pas parvenus car ils ont été victimes de vicissitudes et des incertitudes de l’époque des pionniers. Certains auteurs n’ont néanmoins pas hésité à spéculer sur une activité précoce et structurée de maçons anglais, écossais ou irlandais dans le « Nouveau Monde ». Nous préfèrerons nous en tenir aux faits établis et documentés.

Les annales de la « Grande Loge de Saint John » de Philadelphie comportent le premier document, daté du 30 juillet 1733, relatant la nomination par le Vicomte de Montagu, Grand Maître de la Grande Loge d’Angleterre, d’un Grand Maître provincial d’Amérique du Nord. Nous assistons alors aux prémices d’une activité maçonnique annonciatrice d’évolutions qui bientôt conduiraient à l’indépendance proclamée le 4 juillet 1776 à Philadelphie. En effet, Benjamin Franklin affirme très tôt l’identité américaine, y compris dans l’espace maçonnique, en éditant dès 1734 la première version américaine d’un texte maçonnique fondateur : les Constitutions d’Anderson. Il n’est pas excessif d’affirmer que des Maçons américains furent parmi les futurs artisans et acteurs majeurs de la fondation d’une nouvelle Nation américaine.

Ils figurent au nombre des pairs d’un « establishment » fondateur dont le rôle sera durable et l’influence profonde. Benjamin Franklin en fut l’une des figures les plus emblématiques. A la fois diplomate, écrivain, scientifique, inventeur, homme politique , fin stratège et homme d’affaires avisé, il fut tout à la fois un Franc-maçon américain de son temps les plus engagés dans une démarche intégrant et conciliant philosophie des Lumières et action politique. Vénérable Maître de la célèbre Loge « Les Neufs Sœurs », alors qu’il était Ambassadeur dans notre capitale, il y côtoya les Encyclopédistes qui en étaient presque tous membres et fut intimement mêlé aux grands enjeux de pouvoir au moment où se jouait une redistribution des cartes des puissances dans le monde. Nous verrons d’ailleurs un peu plus loin combien cet acteur précoce sera plus tard un important inspirateur des mouvements d’émancipation du colonisateur espagnol en Amérique latine.

Mais il serait erroné d’en conclure pour autant à l’unanimité du corpus maçonnique car la philosophie fondamentale de l’Ordre s’y prêterait fort mal contrairement à l’imagerie d’Epinal. En effet, ici point de « Grands Maîtres inconnus » qui régenteraient les consciences. La philosophie fondamentale de l’Ordre reposant sur la liberté de conscience, et le libre examen d’inspiration très protestante, l’objectif original des Loges est de « réunir ceux qui autrement seraient éternellement demeurés épars », pour reprendre la formulation du Pasteur James Anderson, rédacteur des Constitutions portant son nom. Il n’est donc pas surprenant que les Loges maçonniques américaines du XVIIIè siècle, comme celles de nos jours, furent traversées de courants contraires. Certains Maçons demeuraient attachées à la Couronne britannique. Les autres figuraient parmi les acteurs souvent les plus en vue de la « Révolution », c’est-à-dire de l’indépendance. Les turbulences qui traversent alors la société outre Atlantique n’épargnent donc pas les Maçons américains qui se querellent alors aussi sur des options doctrinales entre tenants de l’école des « Anciens » et de celle des « Modernes » dont il serait fastidieux et de peu d’intérêt d’exposer ici la signification.

MACONNERIE ET POUVOIR

Pour prendre la juste mesure de l’influence précoce considérable qu’a pu avoir la pensée universaliste maçonnique sur la société américaine, il suffit de visiter le Panthéon des hommes politiques, diplomates, militaires, penseurs, philosophes qui ont forgé cette jeune Nation. George Washington, premier Président des Etats-Unis, en est par excellence la figure emblématique et on ne compte plus le nombre d’ouvrages consacrés à ce pan maçonnique très remarqué de sa personnalité, ni les tableaux ou gravures le représentant en décor maçonnique posant la première pierre de l’édifice du Congrès. C’est un véritable culte que lui vouent les Maçons américains, au point d’avoir érigé un imposant mémorial à sa gloire sur un promontoire à Alexandrie, dans l’Etat de Virginie proche de la capitale fédérale. Depuis, la galerie des quatorze Présidents maçons qui se sont succédés, jusqu’à Gérald Ford, atteste d’une solide tradition. Elle semble pourtant s’être perdue à partir des années soixante-dix. Pour autant, croyance, religions et maçonnerie font bon ménage aux Etats-Unis. Le Président néo-conservateur George W. Bush, bien connu pour sa religiosité d’autant plus active qu’elle fut une révélation tardive, n’eut aucune hésitation à prêter serment lors de son investiture en 2001 sur la « Bible maçonnique »*), celle là même sur laquelle George Washington avait commis le même acte.

Notre compatriote La Fayette, lui aussi Maçon et jeune protégé de George Washington, s’il n’accéda pas aux responsabilités suprêmes, figure toujours au rang des héros de l’Indépendance ainsi que des Maçons connus et toujours adulés des Américains. Il n’est pas une localité américaine qui n’ait pas sacrifié au culte de sa mémoire en baptisant une rue ou une place de son nom. Il ne fut d’ailleurs pas le seul Français et Maçon à se distinguer à cette époque en Amérique. Il figure en bonne compagnie à côté de l’Amiral de Grasse vainqueur de la fameuse bataille de Yorktown qui devait donner le signal décisif de l’indépendance. C’est dire aussi combien faits d’armes, diplomatie et maçonnerie, constituent des liens précoces entre l’Amérique en devenir et la France. Ils n’en furent pas pour autant de véritables gages de relations sereines, nous le savons et c’est avec un regard toujours suspicieux que l’Oncle Sam observe la politique étrangère de notre pays dans son « back yard ». Tout comme notre revendication à être acteur régional au titre de nos Départements des Antilles et de Guyane. Or c’est cela et une volonté politique de notre pays, pas toujours clairement affirmée d’ailleurs, qui nous vaut le statut d’Observateur auprès de l’Organisation des Etats Américains, comme notre place dans d’autres organismes régionaux.

LES MOMENTS D’INCERTITUDE ET LE MOUVEMENT ANTI-MACONNIQUE.

La bonne appréhension du contexte nécessite de consacrer un bref développement aux incertitudes graves auxquelles la Franc-maçonnerie a été confrontée et qui ont profondément marqué les mentalités. En effet, l’enracinement religieux des Maçons américains ne les a pas exonérés de périodes difficiles et de grandes incertitudes. Vers 1820 émerge un « Parti Chrétien » dont le programme est ouvertement antimaçonnique. Cette formation prospère alors son fond d’inquiétude de nombreux pasteurs protestants percevant la Maçonnerie comme une force spirituelle rivale, susceptible d’empiéter sur le périmètre d’influence chrétien. Une mystérieuse « affaire Morgan », savamment orchestrée et instrumentalisée, devait conduire à des accusations jamais établies. Elle devait pourtant marquer le début d’un affrontement sans merci. Il s’en fallut de peu pour que, en 1830, le candidat du « Parti Chrétien », Thurlow Tweed, ne fût élu à la Présidence américaine, ce qui eut signifié l’interdiction des Loges dans le Nouveau Monde. Il est essentiel de connaître cet épisode de l’histoire américaine pour comprendre que par la suite, et jusqu’à nos jours, soucieux de ne pas s’exposer à un débat délicat avec les tenants du néo-protestantisme baptiste, les Maçons américains s’appliquent à composer avec les états-majors ecclésiastiques en tenant une ligne médiane très aseptisée. La conjugaison du fait religieux et de celui maçonnique est, en Amérique, une dimension que leurs amis européens, et français plus particulièrement, pétris de culture républicaine et laïque, ont quelque difficulté à saisir. Mais il ne faut pas perdre de vue que la société américaine s’est construite et structurée dès la première période du « Mayflower » autour du libre exercice religieux, pierre angulaire de la « laïcité américaine ». En effet, les premiers émigrants protestants venus des Pays-Bas ou d’Angleterre avaient souvent franchi le pas, essentiellement pour cette raison. Ils étaient à la recherche d’une nouvelle terre promise. Ce sont eux qui ont aussi forgé cette communauté « WASP » (White, American, Saxon, Protestant). Ils constituent le noyau dur et résistant d’une nouvelle aristocratie américaine de la côte Est dont sont issues les premières Loges. Aujourd’hui encore, et en dépit de l’œuvre de Martin Luther King, la ségrégation entre les Maçons descendants d’esclaves d’origine africaine et les autres, en majorité blancs, est un fait qui trouble l’observateur extérieur tant cette distinction est en flagrante contradiction avec le principe d’humanisme universel, aspect fondamental de la Maçonnerie.

Mais revenons un instant au fait religieux et à la relation qu’ont les Francs-maçons américains avec celui-ci. Le contexte religieux des origines, précédemment évoqué, continue de peser sur la société américaine contemporaine. Et ce malgré sa capacité extraordinaire à absorber les vagues d’immigration qui modifient considérablement les rapports démographiques au bénéfice des asiatiques et des latinos américains de surcroît plus natalistes. Un sondage effectué dans le cadre de la campagne présidentielle américaine de novembre 2004 confirmait une tendance constante : 95 % des Américains y déclaraient croire en Dieu. En dépit du principe ancré dans la constitution américaine de séparation de l’Eglise et de l’Etat, le mouvement de renouveau et de ferveur religieuse des « Born again », c’est-à-dire de ceux qui, comme le Président George W. Bush, sont « nés une deuxième fois » en trouvant la foi qu’ils affichent dans la vie publique, est un facteur dont le poids dans la campagne électorale républicaine n’a pas été négligeable. Les Maçons américains font partie intégrante de ce paysage et si l’observateur veut échapper à un lourd contresens, il lui faut éviter de céder à la facilité intellectuelle en tentant de rapprocher la démarche de Maçons américains, profondément déistes, de celle laïque, dominante chez les Maçons libéraux ou « adogmatiques » en Europe latine et catholique. L’Amérique protestante des « Pères fondateurs » n’a pas été confrontée au rapport de force avec le pouvoir temporel et spirituel, à l’exception près, mais fort différente, de la farouche querelle qui a opposé les Maçons jusqu’en 1984 à la puissante secte des Mormons. Celle-ci semble d’ailleurs avoir puisé certains éléments de sa « liturgie » dans des rituels maçonniques. Cette confusion des genres tout à fait douteuse n’était assurément guère propice à la sérénité.

Pour le reste, les baptistes, méthodistes, presbytériens ou épiscopaliens américains conjuguent sans états d’âme, pratique religieuse et un engagement maçonnique à caractère essentiellement caritatif et donc peu suspect de réflexions ésotériques sulfureuses. Seule l’Eglise catholique, dont l’influence aux Etats-Unis est loin d’être négligeable, et va même en s’accroissant avec l’afflux de populations latino-américaines, adopte une posture hostile face à ce qu’elle considère toujours être une cause d’excommunication ou pour le moins de refus des sacrements. Nombre de Francs-maçons catholiques américains, bien que transgressant cet interdit, n’en éprouvent pas moins un réel désarroi. Celui-ci est assez grand pour que des démarches aient été entreprises par des dignitaires maçonniques américains en 2000 pour tenter, en vain, d’infléchir la position du Vatican. Il n’aura sans doute pas échappé à la Curie romaine, dans son analyse lucide des enjeux, que le corps maçonnique américain, même s’il représente encore de puissants effectifs (estimés à quelque un million cinq cent mille membres aujourd’hui) a amorcé – à la différence de ce que nous pouvons constater par exemple en France- depuis plusieurs années déjà un déclin et qu’il est figé dans une posture frileuse, de plus en plus décalée par rapport à la société contemporaine. Les effectifs s’en ressentent. Des quelque quatre millions de Maçons que comptait le pays à la fin de la deuxième guerre mondiale, il ne reste même plus aujourd’hui la moitié. L’assiduité toute relative de ses membres conduirait à juger ces statistiques encore flatteuses. Les optimistes en tirent la conclusion que l’Ordre se régénère et ne conserve aujourd’hui que ses éléments les plus engagés ou les plus purs. Une analyse peut être plus réaliste y verra un véritable déclin qui pourtant ne signifie pas une « disparition annoncée ». Ce phénomène de déclin est lié à plusieurs facteurs. L’absence de message fort et capable de sensibiliser une jeunesse portant en elle le rêve messianique américain de changer le monde, semble en être un essentiel. Les Maçons américains sont confinés dans un univers où sont proscrites toutes réflexions politiques ni mêmes sociétales. Dès lors, est-il surprenant que la jeunesse américaine ne soit guère attirée par un corps proposant en quelque sorte un substitut ou simulacre de religion?

LA POLITIQUE AMERICAINE ET LE FAIT MACONNIQUE

Pour autant, il ne faut pas méconnaître l’influence politique des Maçons élus au Congrès américain, même s’il est difficile de mesurer celle-ci avec précision. Toutefois, la prépondérance croissante du Congrès sur la scène politique américaine – et ce phénomène a encore été accentué par la récente victoire électorale des Démocrates en 2006 - permet de supposer que, finalement et pour autant qu’ils auraient un message spécifique à délivrer, ces élus Maçons pourraient peser d’un certain poids. Mais rien ne corrobore une telle hypothèse qui relève de nos jours des fantasmes entretenus par ceux qui ignorent les réalités. Cette influence ne se retrouve pas non plus au plus haut niveau de l’Etat. Gérald Ford fut, nous l’avons vu, le dernier Président Maçon. Mais la proximité politique de la majorité des Maçons avec le parti républicain est une constante dont les pages les plus glorieuses ne furent certes pas écrites à l’époque du Maccartisme, ni par le tant redouté et peu scrupuleux chef du FBI, Howard.

L’Amérique a certes démontré qu’elle est, par excellence, comme Alexis de Tocqueville l’avait si bien analysé dans son remarquable ouvrage « De la Démocratie en Amérique », un laboratoire d’agrégation de la chose nouvelle. Le courant maçonnique américain n’en est aujourd’hui certainement pas, ou plus, la meilleure manifestation. La posture qu’adoptent les gérontes qui la dirigent, dépourvus de toute volonté ni capacité à animer l’Ordre, ni à conduire aucun débat d’idées, ne paraît pas être annonciatrice d’un futur radieux. Ceux qui pourraient contribuer à forger la conscience américaine dans les grands débats ont cédé le pas aux « Think Tanks », ces réservoirs de stratèges et de prévisionnistes qui préparent l’avenir sans y ajouter nécessairement ce zest d’humanité, comme élément pivot, que revendiquent les adeptes de la démarche maçonnique. Au moment où la chose économique tend, un peu partout à l’échelle planétaire, à prendre le pas sur l’humanisme et la spiritualité, le champ laissé libre par la Maçonnerie américaine ne peut être occupé que par ceux qui ont un message doctrinal à proposer. C’est ce qu'ont bien compris les responsables religieux néo-protestants nourris d'une eschatologie pré-millénariste appelant au rassemblement. C’est ici un constat sans acrimonie et dépassant les clichés. Le déficit de dialogue et d’écoute tolérante, respectueuse des options différentes, surtout depuis le 11 septembre 2001, recèle de fortes potentialités de tensions auxquelles la démarche maçonnique aurait des pistes de réflexion à proposer. Il faut donc espérer un sursaut. Peut-être, dans ce grand pays où tout est possible, le signal donné par les électeurs lors des élections législatives de novembre 2006 en constitue-t-il les prémices ? Il reste à souhaiter que ceux des Maçons américains qui sont conscients de ces enjeux, oseront apporter leur concours à préserver l’Amérique et le monde des incertitudes d’une aventure messianique dont l’engagement porteur de tous les risques au Proche-Orient, et pas seulement en Irak ni en Iran, autorise à s’inquiéter.

Source : http://sog1.free.fr/Articles/ArtdeKeghel207.04FM.usa.htm

Par Alain de KEGHEL - Publié dans : Géopolitique
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 20:24

4-La formation progressive de l’École géopolitique française

 

Depuis trente ans et en fonction de l’actualité, l’équipe de Y Lacoste mène un travail comparatif de réflexion et d’observation portant sur l’analyse précise d’un certain nombre de cas concrets, des situations géopolitiques particulièrement compliquées. En 1986, paraissent, les trois tomes de Géopolitiques des régions françaises , trente auteurs presque tous géographes montrant ainsi que l’analyse géopolitique ne se limite pas aux conflits entre États et qu’elle est éclairante au sein d’une même nation, du fait des rivalités électorales entre partis politiques. En 1988, Michel Foucher publie Fronts et frontières – Un tour du monde géopolitique. En octobre 1989 débute le premier séminaire de la Formation doctorale de géopolitique, à l’université Paris VIII (« Vincennes » à Saint-Denis). Coïncidence, un mois plus tard tombe le « mur de Berlin ». En 1990, l’effondrement des régimes communistes dans les pays d’Europe de l’Est ouvre des perspectives géopolitiques nouvelles et, fin 1991, l’annonce stupéfiante de la dislocation soudaine de l’Union soviétique provoque en France un redoublement d’intérêt pour toutes les questions géopolitiques, aussi bien dans les milieux de droite que de gauche. Est alors mis en chantier un gros Dictionnaire de géopolitique (Flammarion, 1993-95) sous la direction de Y. Lacoste, avec une centaine d’auteurs

 

Des jeunes gens qui avaient déjà « fait de l’histoire » ou du droit, des sciences politiques ou de la géographie, dans diverses universités, poussèrent leur intérêt pour la géopolitique, en souhaitant y consacrer des années de recherches, afin de soutenir d’abord un DEA puis une thèse en géopolitique, portant sur l’analyse très approfondie d’une situation géopolitique précise. C’est pour les accueillir et les guider qu’en 1989 que Y Lacoste,à l’université Paris VIII,  constitue le Centre de recherches et d’analyses géopolitiques qui sera en France pendant quinze ans l’unique Formation doctorale de géopolitique. Elle a accueilli de jeunes chercheurs venus de diverses universités françaises et européennes, notamment de Russie et des pays d’Europe médiane. Chaque année, est menée à bien une trentaine de solides mémoires de recherche pour le DEA de géopolitique devenu depuis deux ans un master de recherches et c’est au total une cinquantaine de thèses de doctorat de géopolitique qui ont été soutenues. Chacune d’elles est une étude approfondie d’un espace de conflit et une contribution originale à la réflexion théorique en géopolitique.

 

Ces succès ont permis en 2002, toujours à l’université Paris VIII et dans le même esprit, la création de l’Institut français de géopolitique. Celui-ci comprend un master de recherches avec deux spécialités : une spécialité recherche « Géopolitique, enjeux territoriaux et rivalités de pouvoirs » et une spécialité professionnelle « Géopolitique locale, aménagement, gestion et enjeux territoriaux ». Plusieurs thèses de géopolitique y sont soutenues chaque année.. Il existe donc désormais une école française de géopolitique.

 

Son influence commence à se faire plus ou moins entendre dans diverses universités et surtout dans de nombreuses écoles de commerce où des géographes enseignent désormais la géopolitique. Un master de géopolitique existe depuis peu à l’université Paris I et à l’École normale supérieure (rue d’Ulm) avec la participation de Michel Foucher qui, avant d’être ambassadeur, a dirigé le Centre d’analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères.

 

Ainsi depuis trente ans s’est constitué progressivement, sous l’impulsion de Y Lacoste, un groupe nombreux et relativement cohérent de jeunes spécialistes de géopolitique, (le terme de géopoliticien a la connotation fâcheuse de politicien), ce qui est pour le moment un cas exceptionnel au plan mondial. Toutefois, ils ne sont pas les seuls à analyser des rivalités de pouvoirs étatiques ou nationaux, car il existe en France, comme dans divers pays européens et surtout aux États-Unis, de nombreux centres de recherches sur les « relations internationales ». Cette expression désigne des problèmes très comparables à ceux dont il est question en géopolitique. Cependant, les spécialistes de relations internationales, qu’ils aient une formation d’historiens ou surtout de science politique, n’utilisent guère le mot géopolitique. À son encontre, il ne s’agit plus guère du tabou d’antan, mais surtout de leur méconnaissance du raisonnement géographique.

 

Le champ de la géopolitique, tel que le conçoit l’École géopolitique française est en fait plus large que celui des relations internationales puisque celle-ci prend en compte des conflits locaux, par exemple entre des tribus ou au sein de grandes agglomérations urbaines où il s’agit de conflits entre bandes rivales. Certes l’approche en termes de relations internationales est particulièrement efficace pour l’analyse des rapports diplomatiques, commerciaux, financiers et culturels entre les États, mais la géopolitique est mieux armée pour l’étude des conflits sur « le terrain », en raison de la place qu’elle accorde aux raisonnements géographiques surtout s’ils sont menés à différents niveaux d’analyse spatiale. L’étude d’un grand phénomène politique comme l’islamisme relève tout autant des spécialistes des « relations internationales » que de la géopolitique……….

 

 

Source d’analyse :   cnrs.revues.org

 

 

Par robert - Publié dans : Géopolitique
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 20:21

3-La brusque réapparition du mot géopolitique en 1979

 

En janvier 1979, le mot géopolitique réapparut brusquement dans la presse, et tout d’abord dans Le Monde, pour désigner un événement tout à fait inattendu et spectaculaire : la guerre qui venait d’éclater, pour une question de frontière, entre les Khmers rouges et le Vietnam communiste. Non seulement ce conflit, si les Américains tentaient d’en profiter, pouvait relancer la guerre de trente ans dans cette partie du monde, mais il pouvait aussi provoquer une troisième guerre mondiale, la Chine communiste attaquant « pour le punir » le Vietnam que soutenait l’Union soviétique. L’enjeu territorial explicite du conflit Vietnam-Cambodge justifiait l’emploi du terme géopolitique et les censeurs se tinrent cois devant ce conflit entre pays communistes. Quelques mois plus tard, le départ des Américains d’Iran, chassés par la révolution de Khomeiny, fut présenté à juste titre dans la presse comme un grand changement géopolitique et l’année 1979 se termina par un changement non moins grand, lui aussi dénommé géopolitique : l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques dont on pouvait craindre qu’ils foncent vers les « mers chaudes ».

 

Le mot géopolitique apparut dans la presse comme un mot neuf, du fait de la longue période d’oubli durant laquelle il avait été proscrit. Mais surtout il ne « collait » pas avec les discours qui depuis des décennies opposaient «monde libre » et « bloc socialiste ». Les journalistes ne savaient pas trop ce que pouvait signifier ce mot de géopolitique et certains pensèrent même qu’il s’agissait d’une science nouvelle. Toujours est-il qu’il provoquait l’attention des lecteurs, surpris de l’importance que pouvaient prendre des données géographiques et inquiets des conséquences internationales que pouvaient avoir des rivalités de pouvoirs sur des territoires, même de modestes dimensions. Les journalistes étaient demandeurs d’explications sur ce qu’était géopolitique, mais, parmi les géographes consultés, la plupart d’entre eux, pris de court, rejetèrent dans l’idéologie du nazisme ce terme qu’en vérité, ils ne connaissaient guère. En effet dans la corporation hiérarchisée qu’ils constituent à l’université, il était devenu quasiment de règle (non dite) depuis les débuts du XXe siècle (par souci « d’objectivité scientifique » ?) d’éviter de traiter les questions de pouvoirs et de territoire.

 

C’est à ces questions que s’intéressait depuis plusieurs années la petite équipe constituée par Y Lacoste et ce fut elle qui prit le risque de reprendre, chez les géographes, le terme de géopolitique. À la différence de Ratzel et de ses épigones qui se référaient à de soi-disant lois géopolitiques pour prouver le bien-fondé des visées allemandes sur tel ou tel territoire, en passant sous silence les droits des autres peuples, cette équipe a posé comme principe de la nouvelle géopolitique qu’il fallait, par souci d’honnêteté et d’efficacité, confronter méthodiquement les points de vue des protagonistes. En effet, chaque portion de territoire que se disputent deux ou plusieurs forces politiques fait l’objet de représentations géopolitiques contradictoires où se mêlent des valeurs symboliques antagonistes et des arguments historiques qui privilégient telle ou telle période de l’histoire pour en passer d’autres sous silence.

 

(à suivre )

Source d’analyse :   cnrs.revues.org

Par robert - Publié dans : Géopolitique
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 19:43

2-Le mot géopolitique frappé d’interdit et cependant banalisé 1945-198...

 

 

Aussi dès la fin de la seconde guerre mondiale, toute allusion à la géopolitique, jugée alors théorie spécifiquement nazie, fut proscrite dans tous les pays européens et aux États-Unis. Ensuite, durant des décennies, il fut moralement interdit de parler de géopolitique à propos de toutes questions relatives à des territoires, qu’il s’agisse des accords de Yalta, de la division de l’Allemagne et de ses nouvelles frontières, ou celles de la Pologne, de la partition de l’Inde après l’indépendance, de la Corée ou du Vietnam en 1954, etc. En URSS comme dans d’autres États « socialistes », ce fut un crime grave durant des décennies que de parler de géopolitique et la géographie humaine y fut même interdite par crainte de dérive géopolitique. En France, le mot géopolitique resta moralement proscrit (notamment durant la guerre d’Algérie) sous l’effet d’une stricte vigilance idéologique de gauche dans les milieux intellectuels, sauf quand il servait à diaboliser l’impérialisme américain.

 

Durant des décennies, les souvenirs les plus épouvantables du nazisme ont donc été associés au mot géopolitique, mais si quelques lecteurs en cherchaient alors la signification dans un dictionnaire, le Larousse ou le Robert, les définitions qu’ils y trouvaient, étaient d’une étonnante sérénité naturelle. Le Grand Larousse Universel (1962) définit la géopolitique comme « l’étude des rapports qui unissent les États, leurs politiques et les lois de la nature, ces dernières déterminant les autres ». Dans la dernière édition du Petit Larousse 2008, la géopolitique est « l’étude des rapports entre les données géographiques et la politique des États ». Pour le Robert, et c’est encore le cas aujourd’hui, la géopolitique « est l’étude des rapports entre les données naturelles de la géographie et la politique des États ». Pas la moindre allusion à l’implication de la géopolitique (ou plus exactement de discours géopolitiques d’un certain type) dans les plus grandes tragédies du XXe siècle. Est-ce l’effet d’une règle lexicographique qui serait d’éviter de mettre en cause une forme d’» étude » (sinon de discipline) considérée comme scientifique ?

 

Le préfixe « géo » implique la géographie, mais dans ces dictionnaires celle-ci est réduite aux données naturelles, celles-ci étant jugées fondamentales, et ce en dépit des géographes eux-mêmes qui récusent le « déterminisme » des dites données naturelles sur les activités humaines. Ces prétendues définitions de la géopolitique qui perdurent dans de larges milieux intellectuels et qui proclament dans « la politique des États » la place déterminante des « données naturelles », font curieusement silence sur le rôle de l’histoire. Pourtant son importance est d’évidence considérable dans tout problème géopolitique, ne serait-ce que dans le tracé de toute frontière et plus encore de celles qui sont contestées. Les « données naturelles » sensées déterminer la politique des États, ne changeant que sur des milliers ou des millions d’années et les « lois de la nature » étant éternelles, on devrait être logiquement réduit, en matière de géopolitique, à des lieux communs du genre « l’Angleterre est une île », « le Japon est un archipel » ou l’immensité du territoire de la Russie.

 

Ce ne sont évidemment pas ce genre de banalités géographiques qui explique le succès croissant du mot géopolitique depuis une vingtaine d’années en France. Succès d’autant plus étonnant que la géographie, réduite à une fastidieuse discipline scolaire, est – à la différence de l’histoire – assez mal vue des intellectuels. Le mot géopolitique est pourtant devenu aujourd’hui un terme à la mode. Il subit depuis peu une véritable inflation sémantique, à telle enseigne par exemple que des philosophes anglo-saxons « postmodernes » séduits par les discours de leurs confrères parisiens, dissertent sur « la géopolitique de la connaissance et de la différence coloniale ».

 

( à suivre)

 

Source d’analyse :   cnrs.revues.org

Par robert - Publié dans : Géopolitique
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 18:06

1-Première phase : la géopolitique allemande, 1890-1945 

 

En 1887, le grand géographe Friedrich Ratzel qui est déjà l’auteur d’une vaste Anthropogéographie (1882), publie en 1887 une Politische Geographie. C’est par la contraction de ces deux termes, sous la plume de Rudolf Kjellen, un juriste suédois (germanophile) devenu géographe, qu’est apparu quelques temps plus tard le mot Geopolitik. Cette géopolitique allemande s’est abusivement réclamée des thèses biologiques de Darwin, en prétendant qu’entre les peuples, existait une sélection naturelle, facteur de progrès, comparable à celle qui existe entre les espèces animales. Ce discours pseudo-scientifique connut un succès d’autant plus grand en Allemagne qu’il fournissait une commode « justification » scientifique à l’expansion pangermaniste. Aussi le terme de géopolitique ne fut guère utilisé par l’École géographique française qui s’était développée fin XIXe, à l’exemple de l’École géographique allemande.

 

Fort prisé dans les milieux dirigeants du Reich à la veille de la première guerre mondiale, le mot Geopolitik, après la défaite de 1918, trouva, par l’entremise des professeurs de lycée, un large écho dans l’opinion allemande pour la pousser à dénoncer les injustices du Traité de Versailles et préparer la revanche.

 

La géopolitique fut célébrée par les nazis comme « la science allemande » et ceux-ci en firent la justification prétendument scientifique des besoins d’» espace vital » du peuple allemand. La géopolitique fut aussi le grand argument du stupéfiant pacte germano-soviétique d’août 1939, Staline s’étant laissé séduire par l’idée d’un pacte continental, dont la première étape fut le partage de la Pologne. La gravité de cette erreur stratégique apparut aux Soviétiques en juin 1941, lorsque l’armée du Reich n’ayant alors plus rien à craindre à l’ouest (après la défaite française de juin 1940) se lança brusquement à la conquête de l’Union soviétique. Les SS entreprirent l’extermination des populations juives et slaves des territoires du futur Grand Reich, la génétique ayant été invoquée pour affirmer qu’il s’agissait de races inférieures ou impures.

 

( àsuivre)

 

Source d’analyse :   cnrs.revues.org

Par robert - Publié dans : Géopolitique
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 17:45

Rivalités de pouvoirs ou d’influences sur des territoires, rivalités pour le contrôle ou la domination de territoires de grande ou de très petite taille, rivalités entre des pouvoirs politiques de toutes sortes, et pas seulement entre des États, mais aussi entre des tribus, des mouvements politiques ou religieux... tel est le sens qu’Yves Lacoste donne au mot géopolitique.

 

Le plan de cette série de découverte sera :

1-Une première phase : la géopolitique allemande, 1890-1945

2-Le mot géopolitique frappé d’interdit et cependant banalisé 1945-198...

3-La brusque réapparition du mot géopolitique en 1979

4-La formation progressive de l’École géopolitique française

 

Les conflits pour des territoires existent depuis des millénaires (et d’abord pour des territoires de chasse), entre des tribus, des cités, des empires, des peuples et des nations. Quelques-unes de ces guerres ont chacune fait l’objet de récits historiques écrits par des chefs de guerre victorieux (César, La guerre des Gaules) ou des témoins privilégiés (Thucydide et l’Histoire de la Guerre du Péloponnèse). Mais nous dirons qu’il faut attendre le XIXe siècle, pour que ces conflits pour du territoire ou des étendues marines commencent à faire l’objet d’études comparatives et systématiques qui prennent en compte non seulement les forces en présence, mais surtout les multiples caractéristiques géographiques des espaces disputés.

Certes la géographie (étymologiquement, dessiner la terre et d’abord des cartes) est un des tout premiers savoirs scientifiques. Il a 2500 ans d’existence, depuis Hérodote et ses Enquêtes et il s’est étendu et précisé au cours des siècles au fur et à mesure des mesures et des observations faites par les conquérants, les navigateurs et les explorateurs. C’est seulement au début du XIXe siècle, après les guerres napoléoniennes, et tout d’abord en Prusse, que la géographie commence à faire l’objet d’un enseignement destiné non plus seulement aux chefs de guerre, mais aussi à des milieux sociaux de plus en plus larges (et même aux élèves des écoles) et qu’elle devient – d’abord à l’université de Berlin – discipline universitaire pour former des professeurs de lycée ; tout ceci n’est pas sans rapport avec le mouvement pour l’unité allemande. Cette géographie universitaire qui produit des classifications et des outillages intellectuels, se compose progressivement de secteurs de plus en plus nombreux : géographie des formes du relief, géographie des climats, de la végétation... de la population, géographie économique, géographie politique. C’est à partir de ce dernier secteur que va se constituer la géopolitique.

 

( àsuivre)

Source d’analyse :   cnrs.revues.org

 

 

Par robert - Publié dans : Géopolitique
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