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histoire de la FM

Mercredi 15 mai 2013 3 15 /05 /Mai /2013 19:49

Une bonne nouvelle pour la GLNF ! 

« Bien-aimé frère,

J'ai la grande joie de vous faire part de la lettre que nous venons de

recevoir de la Grande loge de Washington D.C. qui nous annonce le plein

rétablissement de ses relations fraternelles avec la Grande Loge Nationale

Française. Cette décision, capitale pour notre obédience, a été prise à l'occasion de

la communication semestrielle de cette Grande Loge qui figure parmi les

plus importantes d'Amérique du Nord.

Réjouissons-nous de voir ainsi se poursuivre une dynamique, laquelle, aux

dires du Grand Maître de la Grande loge de Washington, Teko Foly, vient

couronner les efforts de rétablissement de l'harmonie et de la paix à la

GLNF. Les encouragements que contient cette lettre pour maintenir notre action

nous vont droit au cœur et nous incitent à persévérer tous ensemble dans

la voie que nous poursuivons avec bonheur depuis quelques mois.

Recevez, mes bien-aimé frères, l'assurance de ma fraternelle affection. »

Jean-Pierre Servel

Par T.D - Publié dans : histoire de la FM
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Samedi 6 avril 2013 6 06 /04 /Avr /2013 17:11

La Naissance d’une nouvelle loge est toujours un événement important pour une obédience et pour la Franc-Maçonnerie, cela annonce la transmission d’une connaissance initiatique et la pérennité d’une culture. Le Samedi 13 Avril 2013à 14h30 verra à Nantes l’allumage des feux de la RespectableLoge « Adhuc Stat » n°8 au Rite Ecossais Rectifié « mixte » sous les auspices de laGrande Loge Mixte Nationale.

Cette journée fera date car « Adhuc stat » n°8 sera la première Respectable Loge mixte au RER de l’ouest de la France. Nous souhaitons vivre dans l’harmonie du Rite Ecossais Rectifié 1782 défini par Jean-Baptiste Willermoz au convent de Wilhelmsbad et transmis à la Respectable Loge « La Triple Union » à l’Orient de Marseille en 1802. Certain Frères, peuvent voir avec la mixité dans la pratique du rite une entorse à ce dernier, mais Jean-Baptiste Willermoz avait consenti à recevoir sa Sœur, Madame de Provensal, ce qui nous invite à faire de même dans la sérénité et l’amour de notre prochain ainsi que pour la bienfaisance, si chère au RER. Nous saurons accueillir des sœurs et des frères de différents rites et obédiences dans l'esprit de la franc-maçonnerie universelle. Afin que chacun puissent avoir une « culture » commune du rite, les tenues seront dans un premier temps axées sur des instructions  et des  discours  concernant les particularités du régime ainsi que des travaux réalisés individuellement ou collectivement. L’accueil de cherchant sera un élément de réflexion et non une course effrénée, l’accent sera mis sur la transmission des valeurs et principes de l’Ordre du RER. Nous sommes encore peu nombreux, si des Sœurs et/ou des Frères, pratiquant le RER ou non, souhaitent nous rejoindre ce sera avec plaisir que nous les recevrons, la liste des membres pétitionnaires et fondateurs est encore ouverte et le sera jusque fin Mars. Nous vous invitons tous à participer à cet événement ,Fraternelles accolades à toutes et tous O :.K :.

Vous pouvez nous contactez www.glmn.fr ou par mail sur adhucstat44@gmail.com

Par GLMN - Publié dans : histoire de la FM
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Vendredi 8 mars 2013 5 08 /03 /Mars /2013 16:51

"Tous les hommes sont nés libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité".
Déclaration des Droits de l'Homme - Nations Unies 1948.

Conscients du fait que les innombrables francs-maçons de cette planète multiculturelle sont membres de différentes obédiences maçonniques,
Considérant qu'un franc-maçon ne peut pas divulguer la doctrine ou les règles de son obédience à un membre d'une autre obédience,
Convaincus que tous les francs-maçons - malgré les différences entre les obédiences autonomes - ont toujours été des frères et le seront toujours,

Assurés que tous les francs-maçons ont le droit de chercher l'obédience maçonnique qui leur convient le plus,

Convaincus de l'idée que la concurrence pacifique entre les doctrines maçonniques ne peut être obtenue que par un droit illimité de visiter les obédiences autres que la sienne,
Moralement convaincus que la règle biblique de l'hospitalité dans la vie de tous les jours doit s'appliquer davantage encore dans les relations maçonniques,
Certains que les principes universels de fraternité des Nations-Unies mentionnés ci-dessus doivent s'appliquer aux francs-maçons,
Etant tous les jours témoins de la tolérance croissante avec laquelle les églises chrétiennes ouvrent leurs temples à d'autres croyances chrétiennes,
Vivant avec l'expérience qu'en Europe les droits constitutionnels du citoyen individuel ont de plus en plus d'influence sur le droit civil concernant les associations et les clubs;
Persuadés que nous sommes aussi les porte-parole des francs-maçons féminins, qui ne sont pas admises à nos tenues,
Nous, les soussignés, déclarons que toutes les limites imposées aux francs-maçons pour leur interdire la visite de loges d'autres obédiences sont incompatibles avec :

Les lois bibliques,
en particulier avec les instructions de Jahweh (3.Moïse 19,33f), avec la doctrine de Moïse (5.Moïse 24,17f), avec les verdicts des Juges (Juges 19,20-23) et avec les exhortations de Job (Job 31-32);

La dignité humaine,
en particulier avec les réalisations socio-historiques de l'humanisme, avec les valeurs et les normes chrétiennes et celles du siècle des Lumières, et avec leur traduction dans la Constitution de l'Allemagne en son Art.1.
Le droit du citoyen à l'autodétermination informelle ayant été confirmé par un verdict de la Cour Constitutionnelle d'Allemagne en date du 15 Décembre 1983, renvoyant au principe par lequel les droits constitutionnels ont une influence sur le droit civil (ce qui, à son tour renvoie à la vie de la communauté des francs-maçons);

Les droits de l'Homme,
et en particulier avec la Déclaration des Droits de l'Homme des Nations Unis de 1948,
Art. 1 (Tous les hommes sont égaux en dignité et se rencontrent dans un esprit de fraternité),
Art. 18 (sur la liberté de conscience et la liberté de religion),
Art. 19 (sur le droit de collecter et de distribuer de l'information)
Art. 20 (sur le droit d'association et de réunion paisible),
Art. 27 (sur le droit de participation à la vie culturelle de la communauté),
Art. 30 (sur l'interdiction des lois par lesquels les droits mentionnés sont limités).
Nous, les soussignés, nous soumettons dès à présent à ces règles et estimons qu'elles ont priorité sur tout autre règlement administratif ou législatif établi par des organisations humaines et leurs représentants.
.
Mannheim, le 25 Novembre 1995

Source : http://www.almauniverselle.fr/

Par Manifeste de Mannheim - Publié dans : histoire de la FM
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Dimanche 3 mars 2013 7 03 /03 /Mars /2013 16:28

La première Tenue commune entre les quatre Grandes Loges engagées dans le recomposition du paysage maçonnique français à la suite de la Déclaration de Bâle et dans l’édification, pour ce faire, d’une Confédération des Obédiences maçonniques traditionnelles et régulières, s’est déroulée ce mercredi 27 février 2013 dans le Grand Temple de la Grande Loge de France.

Ce processus qui a été annoncé lors de la déclaration du 31 janvier 2013 poursuit sereinement son cours.

Les quatre Grands Maîtres, Jean-François Buherne pour la Grande Loge Indépendante de France (GLIF), Alain Juillet pour la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF), Jean Dubar pour la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (la GLTSO) et Marc Henry pour la Grande Loge de France, ainsi que des délégations composées de frères de ces obédiences, ont assisté, dans la perspective de permettre une meilleure connaissance des Rites et des rituels entre Frères appartenant à des traditions maçonniques différentes, à une Tenue remarquablement menée par la loge « Les Compagnons Ecossais » N°766 de la Grande Loge de France.

Il s’agissait évidemment lors de cette tenue de présenter le Rite Ecossais Ancien et Accepté qui est le Rite de la Grande Loge de France. D’autres tenues communes seront également organisées par la suite dans les autres obédiences afin de présenter à tous les autres rites pratiqués par les trois autres obédiences.

Reprenant la thématique de la planche originale présentée par un Frère Maître de l’Atelier « Les Compagnons Ecossais» à propos de la dualité et du pavé mosaïque, le Très Respectable Grand Maître Marc Henry a fait le constat que plutôt que le système dépassé dans lequel chacun ne voyait que sa seule vérité, nous pouvions espérer être à l’aube d’une nouvelle organisation, permettant à chacun de s’enrichir de la différence de l’autre, comme le suggère l’Écossisme qui valorise les oppositions nécessaires et fécondes, en même temps que le respect d’autrui.

A l’issue de la Tenue, les participants ont fait part de leur émotion et de leur profonde satisfaction d’avoir participé à cette première manifestation concrète, lors d’une tenue rituelle, de l’élan fraternel qui vise à rassembler, tout en respectant les particularismes de chaque obédience et de chaque rite, plus de 50 000 francs-maçons réguliers de notre pays autour à la fois de valeurs et de principes fondamentaux communs.

Les échos venus de l’étranger, tant d’Europe que des Etats-Unis au lendemain de la Conférence des Grands Maîtres Américains de Kansas City permettent – au-delà de la désinformation à laquelle certains n’arrivent pas à renoncer – d’envisager très positivement l’avenir de cette construction commune, pour davantage de fraternité au travers d’un authentique universalisme initiatique.

Source : http://www.jlturbet.net/article-premiere-tenue-confederale-a-la-grande-loge-de-france-115791375.html

Par Jean-Laurent Turbet - Publié dans : histoire de la FM
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Vendredi 22 février 2013 5 22 /02 /Fév /2013 17:41

Les Maçons Traditionnels Libres constatent que le pluralisme des rites est désormais une réalité maçonnique qui doit être admise. Ils affirment qu’à travers ce pluralisme des rites une recherche initiatique méthodique et prudente doit permettre de retrouver l’essence traditionnelle de la Maçonnerie. Les rites ne s’excluent pas, ils se complètent. Ils doivent cependant conserver tous leur plus grande pureté ainsi que leurs traditions et usages propres. Un Maçon peut pratiquer plusieurs rites mais il faut dans ce cas qu’il s’abstienne soigneusement de les mêler par ignorance ou par un désir irréfléchi de bien faire.
Les Maçons Traditionnels Libres font choix à ce jour de trois rites :

  • Le Rite Français Traditionnel (Rite Moderne Français Rétabli, issu de la Grande Loge de 1717).
  • Le Rite Ecossais Rectifié (issu en 1778 et 1782 de la Stricte Observance).
  • Le Rite Anglais Style « Emulation » (issu en Angleterre de l’Union de 1813).

Ils estiment que la réunion de ces trois systèmes, égaux en intérêt et en valeur initiatique, a de fortes chances de rassembler la quasi totalité de la tradition maçonnique et que tous les autres systèmes sont composés des mêmes éléments, parfois avec moins de cohérence.
Chacun de ces trois rites comporte un ou plusieurs grades complémentaires qui sont conférés dans des organismes nettement distincts des Loges symboliques et de leur fédération.

Chaque rite doit être pratiqué dans le respect absolu des textes et définitions fondamentaux à savoir :

  • Pour le Rite Français Traditionnel (Rite Moderne Français Rétabli), les schémas directeurs reconstitués selon les textes français des XVIIe et XIXe siècles et les vieux documents anglais et écossais sur les rituels et les instructions par demandes et réponses, dont le plus ancien actuellement connu remonte à 1696.
  • Pour le Régime (ou Rite) Ecossais Rectifié, les textes définitifs rédigés à Lyon de 1785 à 1787 sous la direction de Jean-Baptiste Willermoz et selon les schémas adoptés au Convent de Wilhelmsbad (1782).
  • Pour le Style « Emulation », les textes actuellement en usage dans la Loge de Perfectionnement Emulation.


Enfin les Maçons Traditionnels Libres portent tout leur intérêt à la Maçonnerie opérative d’avant 1717 ainsi qu’aux systèmes opératifs qui auraient survécu jusqu’à nos jours et se réservent soit de les pratiquer soit d’y puiser les enseignements nécessaires à une meilleure compréhension de leurs rites.
Ils adoptent les armes accordées en 1472 à la Compagnie des Maçons de Londres et sa plus ancienne devise : « God is our Guide », « Dieu est notre guide », qui doit s’entendre dans tous les sens mais aussi et surtout au sens opératif, en se souvenant que l’Eternel sur le Sinaï guida Moïse en lui donnant tous les plans du Tabernacle, qui devait lui-même être le modèle du Temple élevé à Jérusalem sous les ordres du Roi Salomon, avec l’aide du Roi Hiram de Tyr et le précieux concours d’Hiram Abif.
Cette charte a été adoptée à l’unanimité en tenue de Loge Nationale le 26 Janvier 1969."

Source : http://logenationalefrancaise.fr/les-textesfondateurs/pre-requis/extrait-charte-maconnerie-traditionnelle-libre

Par LNF - Publié dans : histoire de la FM
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Vendredi 22 février 2013 5 22 /02 /Fév /2013 15:10

J'ai le regret de t'informer que le Conseil National de la Loge Nationale Française a décidé de suspendre sa participation au chantier de la confédération."

Ainsi commence la lettre que Robert GUINOT, Président du Conseil National de la LNF, a adressé vers 18h00 ce 21 février, à Marc HENRY, Grand-Maître de la Grande Loge de France.

La LNF prend acte de la situation actuelle des négociations, met en avant ses priorités et observe les points de désaccords.

Parmi ceux-ci, la question des intervisites, maintes fois évoquées dans ces colonnes ! La LNF n'envisage pas une seule seconde de rompre avec ses pratiques de 45 années basées sur la création d'un "espace de débat à toutes les composantes de la Franc-maçonnerie". 

 

La goutte d'eau.

Mais le plus surprenant vient du début de cette lettre qui expose le facteur déclenchant de cette décision sur laquelle revient François Koch

Roger Dachez, président de l'Institut Maçonnique de France, historien reconnu de la Franc-Maçonnerie, a été interdit de parole par le Conseil Fédéral de la GLDF dans deux loges de cette obédience à la suite d'un article qu'il a signé, parmi tant d'autres, dans le numéro spécial "d'Historia-Le point", article sur les origines de la GLDF et dont certains hiérarques de la rue Puteaux y ont vu une trahison ! Le titre de l'article : "La Grande Loge de France existe sans discontinuer depuis 1738 : FAUX !" 

L'explication assez maladroite donnée par Marc Henry enfonce un peu plus le clou :

Le Conseil Fédéral s'est ému de l'article d'Historia, factuellement faux, et j'ai proposé aux deux loges ayant invité Dachez d'y associer un historien à nous."

Ce qui, on en conviendra, chez une obédience qui s'interdit toute considération politique, relève pour le moins d'une connotation ... mal maitrisée !

Ce qui provoque ce commentaire de Roger Dachez :

Il est hors de question que j'aille parler en loge sous le contrôle d'un commissaire politique. J'ai d'ailleurs écrit à Marc Henry que je ne suis pas un collaborateur de l'Encyclopédie soviétique. C'est une atteinte à ma réputation internationale d'historien de la franc-maçonnerie."

 

Mais quelle mouche a piquée la rue Puteaux ?

Pourquoi choisir comme cible, qui plus est à un moment délicat du processus de RPMF, un franc-maçon de la classe et de l'élévation de Roger Dachez ? Très sincèrement cela rélève au mieux d'un manque évident de discernement. La conférence qu'il donnait hier soir rue Cadet aura montré aux nombreuses et aux nombreux participants d'abord l'étendue et la précision de ses connaissances et surtout sa capacité à en parler d'une manière singulièrement efficace. Sous ses mots, les réalités complexes deviennent des choses palpables, perceptibles, des petits êtres presque familiers... Et ce n'est pas si simple par exemple de faire comprendre d'abord ce qu'est l'esprit anglais du XVIII° siècle au moment de la rédaction des Constitutions d'Anderson, les deux rédactions (1728 et 1739) et leurs différences ; puis en quoi l'esprit anglais nécessite de notre part une attention particulière pour saisir le véritable sens donné à la religion dans une société presbytérienne, nous qui sommes issus d'une société "post catholique". Mais je reviendrai prochainement sur cette conférence.

Pourquoi avoir été aussi irrespectueux de l'esprit d'indépendance de Roger au point de proposer qu'il soit accompagné d'un "historien à nous" ? Plus qu'une indélicatesse, c'était une provocation ! Ce fut ressenti comme tel. 

 

De fortes tensions entre les futurs confédérés.

Certes, on sentait bien depuis quelques temps une certaine montée de pression autour des questions comme la conception du GADLU, l'initiation des femmes et particulièrement celle des "intervisites".

Sur ce dernier point, la position de Marc Henry était très différente de celle d'Alain Juillet qui, finalement, souhaitait continuer l'habitude d'ostracisme prise à la GLNF : interdiction de toute intervisite avec des "non réguliers". Mais il y était légitimement fondé puisque c'est l'exigence de la Déclaration de Bâle... 

Pour Marc Henry, les 5 Grandes Loges régulières européennes ont considéré et ont déclaré que la GLDF travaillait d'une manière régulière, puis sont venues lui proposer de prendre la tête d'un travail de refondation. Le Grand Maître de la GLDF a cru pouvoir considérer que, dans ces conditions, les Grandes Loges prendraient la GLDF comme elle était !

Position logique mais bien hasardeuse avec des partenaires comme la GL-AMF d'Alain Juillet, puis la GLIF, nouveaux nés de quelques semaines à quelques jours, et très influencées encore par la "mère" GLNF. Et surtout n'ayant JAMAIS vécu que dans l'ostracisme le plus total des interdictions d'intervisites  ! 

 

Quelles conséquences au départ de la LNF ?

Elle est surtout morale et stratégique.

Morale car la position de sérieux et d'une certaine sagesse de la LNF va, maintenant qu'elle quitte le processus, avoir tendance à accentuer les tensions autour de l'opposition ouverture-intransigeance.

Stratégique car les relations à 4 partenaires ne sont plus arbitrables de la même manière, et en tout état de cause, qu'à 5. Ce qui risque de favoriser les tendances centrifuges et de préparer d'autre(s) départ(s)...  

 

Et puis, il y a les regards extérieurs.

Ce sont eux qui vont proposer d'accorder ou non la "Régularité".

D'abord les 5 Grandes Loges européennes avec le leadership de la Grande Loge Régulière de Belgique. Elles vont devoir réexaminer les nouvelles conditions du processus et proposer un arbitrage sur les questions en suspens.

Ensuite la réunion des Grands Maîtres des Grandes Loges Régulières américaines, à Kansas City. Faisant un bilan de leurs relations, établies, suspendues ou annulées, avec les autres Grandes Loges Régulières dans le monde, elles dressent un état par pays. Il semblerait que pour la France, leur avis s'orienterait vers une rédaction du type : "la situation de la GLNF va en s'améliorant". Si cela se confirmait, le message envoyé serait clair : absence totale de prise en compte de la RPMF et attente que la situation se rétablisse sous la Grande Maitrise de Jean-Pierre Servel pour renouer leurs relations avec elle... Ce dernier étant d'ailleurs présent  avec Jean-Claude Tardivat, de même qu'Alain Juillet.

Et ainsi de suite jusqu'à ce que, après que toutes les Grandes Loges se seront prononcées sur la situation française, la Grande Loge Unie d'Angleterre puisse se prononcer, rappelant ainsi, mais est-ce vraiment contesté, que c'est elle qui décide !  

 

Alors quid de la GLDF ?

Les Grandes Maîtrise d'Alain Graesel et d'Alain-Noêl Dubard auront préparé un projet qui s'est développé en partie avant et en partie avec la crise de la GLNF. Ce projet, Marc Henry en aura hérité lors de son élection. Mais, chose curieuse, le pilotage en a été confié à Alain-Noel Dubard... Si l'on se rappelle que Marc Henry a été le candidat malheureux contre AN Dubard, on ne peut imaginer contexte moins favorable !

Dans ces conditions, ne serait-il pas injuste que Marc Henry payât le prix fort d'un échec de ce processus alors qu'il n'en avait pas réellement la maîtrise ?

Le débat est maintenant entre les mains des Frères de la GLDF. Et dans la diversité des arguments, peut-être est-il utile de rappeler que le GODF est aussi une tradition d'accueil et que les visiteuses et les visiteurs, d'où qu'ils viennent, sont les bienvenus...

 

 Source : http://www.souslavouteetoilee.org/

 

Commentaire : si vous voulez lire la lettre de Robert GUINOT à Marc Henry, allez sur le site ci-dessus

Par Gérard Contremoulin - Publié dans : histoire de la FM
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Dimanche 17 février 2013 7 17 /02 /Fév /2013 16:58

Je recherche pour un Frère le règlement intérieur de la Loge des « Neuf Sœurs ».

Merci.

Par T.D - Publié dans : histoire de la FM
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Mardi 12 février 2013 2 12 /02 /Fév /2013 06:45

« Willermoz a conté ses entrevues avec Cagliostro à Charles de Hesse (Lettre du 6 au 8 novembre 1784. (« Il venait dans le désir d'établir le rite égyptien en France et son chef-lieu à Lyon. Il avait jeté les yeux pour cela sur la Loge de la Bienfaisance de Lyon ») ; il en fit part aussi, d'une façon plus officielle, au duc d'Havré de Croy, le 13 décembre 1785 (Lyon, ms. 5458, pièce 11). Ils eurent ensemble quatre entretiens longs et graves, dont le dernier ne dura pas moins de cinq heures. La dernière conversation porta sur la nature de Jésus-Christ. « Il parut, écrit Willermoz, embarrassé et hésita. Il termina cependant par déclarer que Jésus-Christ n'est pas Dieu, qu'il était seulement fils de Dieu, comme lui Cagliostro, et un philosophe. Je lui demandai comment donc il expliquait tels et tels passages de l'Évangile qu'il avait nommés quelquefois. Il prétendit que tous ces versets étaient faux et ajoutés au texte. Il me demanda à son tour quelle était ma croyance sur ce point. Je lui fis ma profession de foi. » (Willermoz, Lettre à Ch. de Hesse, 8, 9 novembre 1784).L'aventurier sentit que la partie était perdue. Mais il était homme à chercher avantage même d'une défaite. Celle-là lui permettait de revenir sur ses embarrassantes promesses. Il allégua qu'étant donnée cette différence de croyance, il lui était impossible de donner aucune preuve de son pouvoir. À quoi l'autre répliqua qu'une différence d'opinion n'empêchait pas les faits. Cagliostro persista dans son refus. Willermoz fit remarquer que c'était manquer à la parole donnée. Cagliostro prétendit qu'on la lui avait extorquée. Willermoz se fâcha devant une mauvaise foi aussi impudente." (A. Joly, Un mystique lyonnais et les secrets de la franc-maçonnerie, 1730-1824, Protat Frères, 1938, pp. 209- 211).

Par A.Joly - Publié dans : histoire de la FM
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Lundi 11 février 2013 1 11 /02 /Fév /2013 06:55

MS fg 5.458 Page 11 bibliothèque de lyon

Lettre du F :. Willermoz ainé, membre du directoire écossais d’auvergne séant à Lyon, et chancelier général du ressort provincial, au TRF Duc De Havré et de Croy grand maître provincial du ressort et vénérable maître de la respectable loge de la bienfaisance à l’orient de paris ; l’an de la vrai lumière le 13 décembre 5785. A Lyon  

TRF

C’est depuis dix jours seulement que j’ai reçu la lettre daté du 25 gbre dernier que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser pour le directoire. J’y ai présenté aussitôt les divers objets mentionné dans votre lettre et sur lesquels vous désirez connaitre sa manière de pensée.

La séance a été employée plutôt en examen et réflexions sur les questions proposées qu’en délibération positive. C’est la substance de ces réflexions que je suis chargé de vous présenter T.R.F.

Le directoire n’a point été étonné de voir par ces à coté de vos propositions, le vif intérêt que vous paraissez prendre a la satisfaction de la respectable loge que vous présidez et celle de tous ses en particulier ; mais comme vous avez donné constamment en toute occasion des preuves non équivoques de votre zèle et de votre attachement pour le Régime rectifié et pour le maintien des lois qui peuvent rendre ce régime particulièrement utile à tous ses membres successivement, le Directoire se flatte que son illustre Maître Provincial ne désapprouvera pas pour l’accomplissement d’un but si important il soit sur quelques uns des points proposés d’un avis différent de celui du Vénérable Maître de la Respectable loge de la bienfaisance à paris.

Les réflexions du Directoire ont eu pour base la connaissance de l’esprit du régime rectifié ; connaissance qui vous est trop familière pour avoir besoin d’être rappelée ici, puisque ce ne serait qu’au nom d’un corps dont vous êtes le chef et l’organe ; et si je le fais, c’est plutôt pour ceux à qui vous jugerez à propos dans un temps ou dans l’autre de le faire connaitre, afin qu’ils voient alors que c’est moins votre opinion que celle du corps entier,  que vous lui présenterez.

Le Régime rectifié a un but général qui lui est commun avec tous les autres régimes maçonniques. Ce but est le point de ralliement de tous les régimes : voila pourquoi il y a entre les uns et les autres des rapports respectifs. Mais ce but n’est pas exclusif : il est même le moindre, car il n’explique ni les symboles ni les emblèmes maçonniques, qui cependant doivent être un jour expliqués dans leurs vérités ;  et tous les régimes qui n’ont pas les lumières nécessaires pour les expliquer ainsi à ceux dont le temps est venu, sont des régimes arbitraires qui ne sont point dans la vérité maçonnique.

Ce n’est point à nous à juger aucun cas ces régimes, mais nous pouvons dire avec confiance que c’est aux fruits qu’ils portent eux même, et à ceux qu’ils font produire dans leur sein que tout homme réfléchi pourra fort aisément les juger .On est aussi fondé à juger que tout homme qui porte le titre de maçon, s’il ne manifeste pas en lui les fruits de la vérité, n’est pas dans un régime vrai, ou est, quel qu’il soit, indigne d’y être.

Le but de bienfaisance tout louable qu’il est, n’exigeant par lui-même ni mystère ni serment et n’expliquant rien, ne peut être le vrai but de l’initiation maçonnique.

Le régime rectifié a un but plus essentiel celui de former des hommes vertueux qui le soient non par pure spéculation, comme cela arrive si souvent mais d’une manière active qui les rende capables de connaître ensuite et quand il plaira à Dieu, tout ce qui peut faire ou commencer ici bas le vrai bonheur de l’homme. Ainsi il admet dans les loges tous les hommes vertueux et tous ceux qui désirent de bonne foi de le devenir, pour leur en procurer en leur temps  les fruits.

Mais tous ceux qui ne se rangent eux même par l’effet d’une volonté propre et ferme dans l’une de ses classes, y sont déplacés et ne doivent point être étonné de si voir oubliés, jusqu’à ce qu’ils soient élevés eux même convenablement.

Quoiqu’il soit interdit dans le régime rectifié comme dans tous les autres, de se livrer dans nos assemblées à aucune discussion dogmatique il n’en est pas moins vrai que le régime ne reconnait pas de véritable vertu, si elle n’est fondée sur les bases sacrées de la religion et comme aussi il n’y a pas deux religions vraies le Sérénissime Grand Maître général de l’ordre rectifié eut raison d’inscrire dans sa lettre circulaire de 1779 ces paroles remarquables

Et qui dit un vrai Maçon,

Dit un vrai chrétien.

 Car ces deux titres sont inséparables dans la vraie et primitive institution maçonnerie qui a été si fort défigurée par tous.

Ces principes dont je viens de faire une exposition sommaire, et qui seront mieux développés dans le nouveau code des règlements maçonniques, qui paraîtra (j’espère) dans le courant de l’année prochaine, sont l’unique et inviolable base de toutes les opérations du Directoire général du ressort provincial, soit pour les délibération journalières, soit pour les constitutions des nouveaux établissement maçonniques, et l’avancement des F.F. dans les hauts grades du régime, comme il ne marche jamais que tenant à la main une règle positive, qui manque presque partout ailleurs, il est moins exposé à errer qu’on ne l’est ailleurs, ou l’arbitraire suppléé forcement au défaut de loi positive. Il ne pourrait s’écarter de la sienne sans s’exposer au danger de manquer le but, et s’il le manquait devenu par la indigne du dépôt de lumière qui lui est confié pour préparer successivement le bien de tous, ce dépôt lui serait bientôt retiré, et il mériterait dès lors le reproche juste et amer de tous ceux qui entrant successivement dans la même carrière, se verraient privés de la portion de lumière qui leur était destinée et qu’ils devraient recevoir par lui.

Car se sont les grades les plus élevés sans les instructions qui les accompagnent et qui les expliquent et qui ne se trouvent pas partout ? Voila la cause de cette inflexibilité qu’on a tenté quelque fois de reprocher au régime, et pour lui au Directoire, qui uni a son chef provincial, en est l’organe, lorsqu’il a résisté à des considérations particulières ou locales, qui paraissent être d’un grand poids aux yeux de chaque prétendant, mais qui n’étaient rien aux yeux d’une administration éclairée, qui ne doit considérer dans l’homme prétendant , quelque décoré qu’il puisse être, que l’homme même, tel qu’il est aux yeux de la divinité.

L’administration Directoriale vient d’en faire dans le courant de cette l’année, une pénible expérience envers un illustrissime frère déjà très avancé dans les hauts grades du régime, et frère d’un roi régnant actuellement en Europe, qui présumant que le régime possédait des lumières essentielles qui ne sont pas ailleurs, demandant un aveu sur ce point et s’il pouvait y participer, elle eut le courage et dut l’avoir de lui dire verbalement par ses députés qu’elles existaient, mais qu’il ne pouvait pas y participer, parce qu’il y avait en lui des défauts personnels qui y mettaient obstacle ; qu’il devait travailler à les détruire, que lorsqu’il y aurait réussi , on lui offrirait ce qu’il désirait actuellement s’il y était destiné ; mais qu’il ne devait pas le demander, avant qu’on le lui offrit. On a aujourd’hui la satisfaction d’apprendre qu’il y travaille sérieusement.

Il y a bien des régimes différents dans la maçonnerie, on peut cependant la réduire à quatre classes principales.

Il y en a de bons (c'est-à-dire) les régimes qui dirigent les maçons vers un vrai but, bon et essentiel, qui est le seul fondamental, tel est le régime rectifié, qui est peut-être aujourd’hui le seul de cette classe.

Il y en a des nuls, c'est-à-dire, qui n’ont ni vices ni systèmes dangereux, mais aussi qui manquent de tous moyens et lumières nécessaires pour conduire les maçons au vrai but fondamental ;  tel sont le régime national français et peut-être aussi tous les régimes nationaux.

Il y en a d’illusoires et dangereux : illusoires en ce qu’ils ne peuvent donner, dangereux en ce qu’ils excitent la cupidité et la curiosité pour le merveilleux, et comme il y a plus de Maçons curieux que de vraiment vertueux, ils détournent la multitude du gout et de la recherche du vrai but fondamental.

Enfin il y en a qui sont essentiellement mauvais et corrompus ; mais heureusement le nombre en est rare,  surtout en Europe, où ce régime existe plutôt chez des individus pervertis que dans des sociétés entières.

Le régime que Cagliostro a voulu établir en France,  sous le nom de rit Egyptien,  est mixte et participe aux deux dernières classes. Il est illusoire et trompeur en plusieurs points sur lesquels il veut s’en faire « accroire » ; dangereux et mauvais en quelques autres qui pourraient avoir plus de réalité, mais heureusement pour ses sectateurs, le moderne instituteur de ce régime mixte, n’est pas assez savant en cette partie,  pour le rendre aussi mauvais qu’il aurait pu le devenir entre ses mains, et la Divine providence, qui veille au bien des humains, en a arrêté les progrès dés sa naissance. Je puis parler pertinemment de cet homme et de ses principes.

 Arrivé à Lyon en octobre 1784, il avait projeté d’empoisonner le Régime Rectifié, par le Directoire de Lyon, dont il me savait membre, en m’offrant de m’établir personnellement dépositaire général de tout son savoir et de tous ses secrets, si je voulais favoriser la propagation de son régime.

Je ne m’en défiais encore aucunement parce qu’il m’avait fait inviter le lendemain de son arrivée, sous un nom qui m’était inconnu, ce qui donna lieu à plusieurs longues conférences, après lesqu’elles ayant reconnu les dangers et la perversité de ses principes, je lui tournai le dos en l’assurant qu’il ne me verrait plus.

D’après cet exposé sommaire, il est aisé de conclure que les loges réunies n’ont rien à gagner hors de leur propre régime, qu’elles ne peuvent que s’affaiblir en contractant trop d’affinité avec les régimes nuls, et qu’elles ne peuvent que perdre avec les autres, mais comme il existe un traité d’union entre les Directoires de France et le grand Orient de France , le Directoire ne veut y mettre aucun obstacle, mais ceux qui fréquentent les loges françaises n’ont pas encore bien senti la différence.

L’on ne peut recevoir les hauts grades que là où il y a Régence Ecossaise, or  il n’y a encore à Paris, ni collège, ni Régence, il faut donc se transporter où il y en a et plus on différera de s’y transporter jusqu'à ce que le nombre soit complet, plus aussi on retardera la formation de ses collèges, et de la Régence Ecossaise à Paris.

Les hommes s’accoutument à se créer des obstacles factices, comme ils se créent des besoins factices. Mais si tous ceux qui sont dignes des hauts grades ne sont pas assez  libres pour se déplacer, il convient que ceux qui sont plus libres le fassent les premiers ; c’est toujours un acheminement pour la formation de l’ensemble.

Signé   Willermoz

Chancelier Général du Ressort Provincial  

Transcription d’après original Olivier Kummer

Par JBW - Publié dans : histoire de la FM
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Lundi 11 février 2013 1 11 /02 /Fév /2013 06:53

En 1785, Jean-Baptiste Willermoz décrivait Lyon comme « l’un des principaux centre de l’illuminisme et des sociétés secrètes, le confluent de tous les rites ». Lui-même a fortement contribué à la construction de l'imaginaire magique et mystérieux attaché à la ville. Né en 1730 dans le quartier de Saint-Nizier à Lyon, ce mystique a joué un rôle clé dans la constitution du système des hauts grades maçonniques. A vingt ans déjà, J.B. Willermoz entre dans sa première loge et poursuit dès lors l’œuvre maçonnique jusqu’à sa mort. Lyon est réputée comme étant le berceau des sciences occultes grâce aux nombreuses figures emblématiques qui y ont vécu tout en y inscrivant leurs rites. On compte parmi eux Cagliostro qui fit de l’ombre à J.B. Willermoz : se démarquant par son rite égyptien, il fonda la loge de La Sagesse Triomphante dont il fut le Grand Cophte. Elle fut le théâtre d’apparitions énigmatiques qui échauffèrent les esprits.

Parallèlement à l’éparpillement des sociétés secrètes, Lyon est touchée par l’influence du magnétisme animal dont F.A. Mesmer est le fondateur. Selon lui, l’univers baigne dans un fluide magnétique permettant la propagation de courants d’énergie qui pénètrent tous les corps vivants ; la santé ou les maux de chacun sont liés à des déséquilibres de ce fluide dont il est nécessaire de contrôler la circulation harmonieuse. C’est dans ce contexte de l’apogée du mesmérisme que ces sociétés mystiques expérimentent une nouvelle pratique, celle du somnambulisme magnétique, fondé par le marquis de Puységur. Selon cette méthode, un médecin, par le magnétisme, plongeait dans un état de sommeil une jeune femme – naturellement plus sensible disait-on. En raison de ses vertus thérapeutiques, le somnambulisme magnétique était prescrit pour soigner et traiter les maux les plus persistants. Ses adeptes, insérés dans des courants spiritualistes issus de l’illuminisme et des mouvements théosophiques, s’intéressèrent aussi aux propriétés du somnambulisme. Ils étaient en quête d’un message divin, de signes de l’au-delà. Ces somnambules devinrent en leurs mains d’étranges outils théologiques, des instruments aptes répondre aux questions métaphysiques.

Le 8 novembre 1784, Willermoz écrit : « Il s’est formé à Lyon une société magnétisante sur des principes plus harmonieux et plus certains que ceux de M. Mesmer ». Il s’agit de La Concorde, société dans laquelle une douzaine de francs-maçons travaillaient à la guérison d’autrui. Dès l’automne 1784, quatre jeunes filles, dont Jeanne Rochette, furent présentées à La Concorde pour y recevoir des soins.

Tout commença pour cette jeune femme lorsque la famille Sabots de Pizay l’emmena prendre les eaux du Mont Dore, pour la soigner de ses crises nerveuses, en même temps que leur fils qui souffrait du cœur. Ce dernier mourut en octobre 1784 et Mme de Pizay n’eut pas d’autre choix que de mettre la jeune femme entre de meilleures mains pour la guérir par cure magnétique. Dans un premier temps, Jeanne Rochette fut confiée au doyen du chapitre de Saint-Jean, le comte Castellas, qui la magnétisa dès le 6 novembre 1784. Peu après, l’histoire de la demoiselle prit soudainement une nouvelle tournure. Dès février 1785, d’après les témoins qui eurent la possibilité de l’observer, la somnambule aurait eu des sommeils « plus tranquilles et plus intéressants » dans la mesure où ils commencèrent à « fixer l’attention sur divers objets dont elle avait vaguement la vision » précise Willermoz. Ce dernier fut alors convié aux crises et décida de prendre en note les « sommeils » de Mlle Rochette – dont le nom est ici raturé – durant deux ans, de mars 1785 à août 1787. Bien qu’irrégulières, les séances furent toutes retranscrites méticuleusement, constituant ainsi « onze cayers », consultables à la Bibliothèque Municipale de Lyon. Seul un petit groupe d’élus pouvait participer aux crises somnambuliques ; on compte parmi eux J.B Willermoz et son frère, le médecin Pierre-Jacques Willermoz. Ce docteur en médecine de la faculté de Montpellier avait remporté un concours de chimie en 1761. Bien que ses capacités scientifiques aient été largement prouvées, il s'intéressa tout de même aux questions paranormales. Pour les autres spectateurs, l’occasion d’assister aux séances se fit plus rare ; ils devaient présenter une requête précise, soumise à l’accord de Jeanne Rochette. C’est de cette manière que « Mme Pizay mère » eut le droit de participer à la séance du 22 avril 1785, en raison de la mort récente de son fils.

Les récits de ses sommeils étaient assez décousus et farfelus. S’y mêlaient aussi bien des éléments de la vie réelle que des entités de l’au-delà. Le sommeil du 22 avril 1785 en est un parfait exemple. La visionnaire voit en apparition des anges et des saints, côtoyant les proches de ceux qui l’observent. Les parents, les membres de la famille, les disparus, les amis morts des personnes présentes aux crises somnambuliques occupent les sommeils de Jeanne Rochette. La somnambule évoque d’ailleurs le cadavre du jeune Sabot de Pizay, qu’elle aperçoit suspendu. Elle voit les proches de son entourage entourés de flammes, comme l’oncle de J.B. Willermoz, mais elle peut tout aussi bien les voir baignés de lumière. Elle les dit « délivrés », comme la mère de J.B. Willermoz, ou encore dans le tourment.

Pour assister aux sommeils, une condition était nécessaire, voire indispensable et Jeanne Rochette était intransigeante à ce sujet. La somnambule devait pouvoir faire entièrement confiance aux témoins. Plus qu’un futile caprice, la confiance avait, d’après elle, un impact direct sur la qualité de ses sommeils et par conséquent de ses révélations. La jeune femme fait référence deux fois à cette notion de confiance le 22 avril. Elle explique qu’elle a été limitée dans ses visions parce que Mme de Pizay et le médecin Willermoz ont manqué de confiance. A l’inverse, elle affirme à J.B. Willermoz qu’elle a pu lui faire part de ce qui se passait entre ce dernier et sa mère, parce qu’il a pleinement eu confiance en elle .

D’après J.B. Willermoz, il s'agit de bien plus qu’un récit fantastique où cohabitent le réel et le mystique et dans lequel se déroulent des événements curieux : la visionnaire aurait vraiment un don de clairvoyance. Le magnétiseur raconte lui-même que la somnambule lui a assurément prédit des événements qui avaient eu lieu entre sa mère et lui. Finalement, plus qu’un simple rôle de visionnaire, Jeanne Rochette revêt un nouveau statut : celui d’un oracle délivrant un enseignement spirituel.

En raison du succès qu’elle suscite auprès de ses élus, de leur écoute attentive et obéissance suprême, Jeanne Rochette acquiert un certain aplomb et devient une sorte d’intercesseur entre les vivants et les morts. La somnambule délivre une instruction morale, une initiation à ses assistants. Dès avril 1785, elle se présente comme investie de la mission de ramener ces hommes à Dieu. Au fur et à mesure des séances, une doctrine sur le somnambulisme magnétique semble se constituer par les recommandations que fait la jeune femme durant ses sommeils. Elle établit une sorte de code, de règles à respecter et, devenant très exigeante, elle demande une participation active au groupe de disciples qui s’est formé autour d’elle, notamment la prière pour les morts. Dans sa relation aux personnes qui la magnétisent ou l’observent, on constate qu’elle s’attribue les mêmes fonctions qu’un prêtre : elle conseille, bénit, et remet même les fautes, ou plutôt annonce le pardon au nom des saints patrons.

Source : http://atelier-histoire.ens-lyon.fr/AtelierHistoire/episodes/view/46

Par Marjorie Larquey - Publié dans : histoire de la FM
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