fondements bibliques de la FM

Dimanche 16 décembre 2012 7 16 /12 /Déc /2012 09:31

La personnalité de Salomon, son existence et sa geste, ses multiples dons de pacificateur, de constructeur, de magicien, auront été repris dans les traditions les plus variées, les domaines les plus étranges. Le fils du roi David apparaît dans les mythes du compagnonnage puis dans ceux de la franc-maçonnerie, développés par les savants oxoniens du XVIIe siècle, comme Elias Ashmole, admis dans une loge opérative, ou plusieurs membres éminents de la Société Asiatique, au XIXe siècle. Peut-être avaient-ils suivi les consignes exprimées par Jung : « Les légendes ont remplacé les outils rationnels : on y recherche les correspondances des personnages et des événements par une étude historique, biblique, l’archéologie, la philosophie dans un souci de l’appliquer à soi-même. La légende, au plan ésotérique, est une composante de la Tradition, une révélation exemplaire et sacrée, constituant un modèle pour la recherche humaine ».

I – Salomon dans l’histoire

Salomon n’est pas mentionné dans les annales mésopotamiennes. La tradition phénicienne est légendaire, Salomon aurait vendu à l’Etat Tyrien la ville de Khorbat Khozli et la Plaine d’Acre pour 120 talents d’or, et aurait eu recours au professionnalisme d’un bronzier tyrien, Hiram (cf Bible, 1R7, 15-47). Les relations avec l’Egypte, qui de toute façon, à l’époque, était la puissance dominante, et Salomon dut accepter de se placer dans l’orbite politique de ce pays qui imposait la pax egyptica, sont relevées dans la Bible uniquement, même le mariage de Salomon avec la fille du Pharaon Siamoun (976-954) de la XXe dynastie. Une trace littéraire cependant, les Cantiques des Cantiques, ou chant de Salomon à la Soulamite parait influencée par les poèmes d’amour égyptiens de la XVIIIe dynastie (autour de 1500 avant J.C.). Quant au Yemen et à la Reine de Saba, les Sabéens commenceront à être connus hors de leurs frontières au VIIIe siècle avant J.C. seulement.
Des doutes sont émis par les deux spécialistes sur l’authenticité des textes bibliques. Le « Livre des Rois », qui traite abondamment de la construction du palais de Salomon, de celle du temple et de son mobilier, de l’établissement de douze préfectures, quadrillant les territoires s’étendant de l’Oronte ( ?) à Gaza, est rédigé dans une langue tardive qui souligne les additions nombreuses présentant un aspect légendaire ou moralisateur : la sagesse de Salomon par rapport à la conduite désordonnée de ses successeurs (Roboam entre autres), avec le partage entre deux Etats (Juda et Israël), conséquence des fautes de Salomon. Les « Psaumes » attribués à Salomon seraient du Ier siècle avant J.C. et « Le Livre des Chroniques » du 2e siècle avant J.C., puisqu’il met en valeur la préséance de la classe sacerdotale de cette époque. En fait en 63 avant J.C., une fièvre eschatologique se répand en Judée, préfigurant la destruction définitive du Temple (74 après J.C.).

II - Mondialisation de la symbolique salomonienne

A)Dans le domaine religieux
Salomon se trouve présent dans les représentations iconographiques des Chrétiens d’Occident comme d’Orient, dans la fresque de Piero Della Francesca intitulée « La rencontre de Salomon avec la Reine de Saba » ou dans cette église Saint-Clément à Ohrid, en Macédoine (début du XIVe siècle) où autour du Pantocrator on découvre avec Adam, les deux ancêtres de Jésus, le roi David barbu et son fils imberbe le Roi Salomon. Au cours du Colloque, il aura été évoqué le roi de Bretagne Salomon, et Salomon le Savoyard. On connaît le rôle politique des prétendues dynasties salomoniennes en Ethiopie, et la présence constante de Salomon, représenté en Constantin, dans les psautiers ou le rôle qu’on lui fait jouer, associé au roi des forgerons, parfois privé de trône par un démon (source coranique), dans l’art talismanique des sceaux et des étoiles à huit branches dans ce pays.
Les références à Salomon, particulièrement vénéré dans le monde islamique, sont au nombre de 17, dans 8 sourates. S’il n’est pas associé à la construction du Temple, M. L. de Premare a montré cependant que la sourate 52, versets 1 à 8, rappelait le livre des Rois I, 7, 3 et la sourate 36, le Livre de Jérémie. Avant même l’apparition de l’Islam, le poète arabe Dabira fait l’éloge du roi de Hira en le comparant à Salomon. Là aussi, ses dons de magicien, de manipulateur des djinns, reconnus dans le Coran influencèrent les occultistes arabes qui semblent avoir créé le mythe du sceau de Salomon. La plupart des pays musulmans évoquent cette personnalité prophétique, spirituelle, voire magique, comme au Yemen (M. Christian Robin), en Iran (M.Assadallah Melikian-Chirvani), en Afghanistan et à la cour des Empereurs Moghols (Mme Corinne Lefèvre), et en Asie Centrale où M.Thierry Zarcone a recensé les lieux dédiés au fils de David.

B)Dans le domaine du compagnonnage
Dans chaque ville médiévale, s’étaient établies des corporations, chargées de défendre les intérêts professionnels des artisans et ouvriers, et qui étaient dirigées par les « maîtres de métiers ». Parallèlement à ces organismes locaux, des ouvriers itinérants, indépendants, se regroupèrent dans des sociétés compagnonniques (le terme de « frère » pour cet emploi était apparu dès 842), qui établirent des règles strictes garantissant la défense mais aussi la compétence de ses membres. Le terme de « compagnonnage » était apparu dès 779 et les différentes promotions dans les corps de métier s’effectueront par initiation tenue à l’abri des regards étrangers. Le « Compagnon Fini » est celui qui a passé toutes les épreuves et est devenu « maître » dans sa profession. Le terme apparaît en 1080, celui d’apprenti en 1175. Les apprentis et les compagnons font l’objet d’un enseignement initiatique basé sur des légendes tirées de la Bible. Ainsi des chérubins (ceux qui gardent l’entrée du devir, le lieu le plus secret du temple de Jérusalem) sont sculptés sur le couvercle du cercueil des compagnons menuisiers. Le patronage de Saint Jean Baptiste est également invoqué en liaison avec le « Quatuor Coronati », quatre tailleurs de pierre exécutés par Dioclétien vers 300. Les confréries qui apparaissent à la fin du XIIIe siècle conservent une orientation professionnelle en même temps que charitable, dans l’esprit catholique également.
Les textes fondateurs du Compagnonnage sont disséminés dans 130 manuscrits rédigés aux XIIIe et XIVe siècles et que la revue de la Grande Loge de Londres, « Ars Quatuor Coronatorum » a publiés.
Ainsi, en 1268, « Le Livre des Métiers » d’Etienne Boileau recense cent un métiers, et la promotion interne qui les gère, soit les apprentis, les compagnons et les maîtres. La construction des cathédrales s’appuie sur trois métiers principaux, les tailleurs de pierre, les menuisiers et les forgerons ; leurs membres se réunissent dans des « loges », installées, soit dans la crypte des cathédrales, soit dans un bâtiment annexe comme à Strasbourg. En 1283, Louis IX nomme Grand Maître de la maçonnerie opérative son compagnon croisé Guillaume de Saint-Petbus. Les membres de cette maçonnerie opérative, appelés parfois « gavots » adoptent le nom de « Enfants de Salomon » (comme le signale Villard de Honnecourt à l’époque). C’est que pour eux, la construction d’une cathédrale est une réplique de la construction du Temple de Jérusalem. Le document appelé « Regius » (1390) décrit les sept « arts libéraux » et a comme titre « Ici commencent les statuts de l’enseignement de la géométrie selon Euclide » . « Géométrie » a le sens de « maçonnerie ». On enseigne aux apprentis que la « géométrie » a été préservée du déluge, retrouvée par Hermès, petit-fils de Noé, et qu’elle a été révélée à Charles Martel, dont un des architectes de la cour aurait participé à l’édification du temple de Jérusalem. Ainsi le mythe de Salomon se trouve adopté par la philosophie compagnonnique.
Le Mouvement va connaître un certain nombre de scissions. En 1400, à Orléans, au moment de la reconstruction d’une des tours, un affrontement entre compagnons et moines surgit, et les « indépendantistes » prennent le nom d’Enfants de Maître Jacques (référence au Grand Maître des Templiers, Jacques de Molay ?) ou « Compagnons du Saint-Devoir de Dieu » tandis que les catholiques fervents s’intitulent « Enfants du Père Soubise (référence à un bénédictin du XIIIe siècle ou à un « maître artisan » de Salomon) ». En 1404, le roi Charles V réforme les corps de métiers parisiens relatifs aux compagnons maçons et charpentiers. Un autre texte constitutif des « anciens devoirs » paraît en 1410 sous le titre de « Manuscrit Cook ».
Au XVIe siècle des intellectuels comme François Rabelais (1483-1553) ou des inventeurs comme Bernard Palissy (1510-1590) vont être reçus en loge opérative comme « maçon accepté ». Dans le « Tiers Livre », Rabelais évoque la légende de Renaud de Montauban, qui aurait tué un neveu de Charlemagne, et se serait réfugié sur le chantier de la future cathédrale de Strasbourg. Il se serait conduit comme un excellent ouvrier, mais victime de la jalousie de ses collègues, aurait été assassiné. Ce thème sera repris dans la maçonnerie du XVIIIe siècle avec l’allusion au meurtre d’Hiram, l’architecte en chef de Salomon.
Au XVIIe siècle, s’instaure une tradition écossaise de la maçonnerie opérative, particulièrement à Kilwinning. Un ouvrage polémique « Le Mot du Maçon », publié en 1637 décrit la forme primitive de ce rite maçonnique. On sait que la maçonnerie spéculative écossaise jouera un rôle important dans le développement de la maçonnerie française avec l’exil des partisans de la dynastie Stuart en France.
En 1646, à Oxford, Elias Ashmole (1617-1692) alchimiste célèbre, est également initié à la maçonnerie opérative, et plusieurs personnalités scientifiques oxoniennes joueront un rôle dans la création de la Grande Loge de Londres, à laquelle appartiendront 24 membres de la fameuse « Royal Society ».
A Perth, en 1658, les diplômes de maître maçon (« freeman ») et de compagnon de métier font référence au « Temple de Salomon », comme source des métiers. A la fin du siècle, à Aberdeen, on voit sur les tableaux de deux personnalités de la ville, Alexandre Petersen, diacre, et président de la Corporation d’Aberdeen, et Patrick Whyte, maître-serrurier, qu’ils sont peints, entourés des deux colonnes symboliques du Temple de Salomon.
La Franc Maçonnerie spéculative va emprunter un certain nombre de références aux métiers et aux héros mythiques des « Anciens Devoirs » du Compagnonnage. Dans les Constitutions d’Andersen (voir plus loin), sont mis en parallèle « l’architecte » pour son travail théorique et le « tailleur de pierres » pour son travail manuel. Les appellations d’ « apprenti » et de « compagnon » sont conservées. Les instruments de métier sont reproduits sur le « tableau de loge » (dessin d’abord reproduit à la craie, sur le sol, puis sur un tapis mobile) : l’équerre, évoquant la croix (serment de l’apprenti), le compas du Maître de Loge, la truelle « pour cacher les défauts des frères » ; le fil à plomb (échelle de Jacob), la règle (loi morale de la Franc-Maçonnerie), le niveau (égalité fraternelle) sont mentionnés dans la Bible.
Quant aux trois éminentes personnalités associées à la direction d’une loge, Salomon, Hiran roi de Tyr, et Hiram l’Architecte, elles seront le legs du compagnonnage à la maçonnerie spéculative naissante.

C) Dans le domaine de la Chevalerie
Charlemagne, lui aussi aurait été perçu comme un nouveau Salomon. A son époque, la Bretagne (on l’a vu plus haut) sera fière de son roi Salomon, béatifié par la suite.
Les Chansons de geste vont magnifier le mythe du Graal, apparu vers 1180, avec le Roi Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde.
Chrétien de Troyes, poète de la Cour de Champagne, crée le mythe d’une chevalerie légendaire avec ses héros Lancelot, Perceval, Eric, ainsi que Wolfram von Eschenbach (1210) avec son Parzival, dont le genre de vie et les aventures ont été analysées récemment en liaison avec les rois éponymes iraniens. Cette tradition va être adoptée au moment des Croisades par les Ordres Chevaleresques, les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui donneront naissance à l’Ordre de Malte, et dont le mythe survivra dans les loges dites de « Saint-Jean », les Chevaliers Teutoniques (créés en 1112 à Saint-Jean d’Acre) et dont la Stricte Observance Templière Allemande au XVIIIe siècle constituera la version maçonnique, et les Chevaliers du Temple, symbole de confraternité universelle, dont plusieurs, au moment de leur persécution en France, se réfugieront auprès des Compagnons du Devoir. Ramsay, maçon écossais, attaché aux Stuart, dans un discours célèbre de 1736 rappellera l’antériorité de ces Ordres médiévaux (« Nos ancêtres les croisés voulurent réunir dans une seule confraternité les sujets de toutes les nations ») par rapport à la Franc-Maçonnerie qui adoptera dans son « Rite Ecossais Ancien et Accepté » le principe du Templier, porteur de truelle et d’épée, et institutionnalisera dans les grades supérieurs les plus élevés le titre de « Chevalier Kadosh » (sanctifié), même si des mises en garde officielles relativiseront ces emprunts : « Notre grade commémore l’Ordre Templier et s’en inspire sans pour autant prétendre en être le continuateur et l’héritier », pourra-t-on lire dans la littérature maçonnique.
En tout cas, la franc-maçonnerie française s’ouvrira de fait à la haute noblesse, attentive à l’esprit chevaleresque. Le premier Grand-Maître français sera le duc d’Antin, en 1738, le deuxième le comte de Clermont en 1743. Le pouvoir ne tracassera presque pas la maçonnerie. En 1789, cette dernière comptera 629 loges et 30 000 maçons auxquels il convient d’ajouter les loges d’adoption féminines, dont la Grande Maîtresse sera la Duchesse de Bourbon. Une enquête portant sur la recension de 268 maçons en 1780 dénombrera parmi eux 78 % appartenant au Tiers-Etat, 18 % à la Noblesse et 4 % au Clergé.

III – Textes constitutifs de la Franc-Maçonnerie

L’intention de l’auteur n’est bien sûr pas de dévoiler des secrets déjà publiés d’ailleurs dans toutes sortes d’ouvrages destinés au grand public mais d’examiner l’instrumentalisation du mythe de Salomon, telle qu’on la découvre, comme on l’a vu, dans la structure initiatique opérative du compagnonnage, et comme on va le voir dans la structure initiatique philosophique de la Franc Maçonnerie. Patrick Négrier, David Stevenson, après Mircea Eliade, sont en mesure de nous apporter sur ce terrain des ouvertures très précieuses.
Tout d’abord, il semble que la tradition hermétique écossaise, évoquée plus loin, ait parfois conduit à une ambiguïté sémantique . En effet l’ancien nom d’Ecosse, « Calédonie » a été rapproché abusivement de « Chaldée », sans doute par référence biblique et l’utilisation de personnages historiques iraniens comme Cyrus dans le rituel des hauts grades ; il ne faut pas oublier qu’à l’élaboration des rituels maçonniques participaient des intellectuels latinistes et hellénistes, mais aussi des chercheurs qui avaient pu lire les récits de voyage en Orient et s’étaient intéressés à l’histoire de l’Orient ancien et moderne. Ramsay lui-même écrivit un ouvrage consacré à Cyrus.
Cette tradition « calédonienne » en tout cas rappelait que trois « degrés » d’initiation avaient été préservés depuis l’antiquité, un niveau opératif, celui des artisans, le niveau spéculatif des druides, enfin le niveau hermétique de l’architecture sacrée, dont un représentant illustre était Vitruve, qui avait été le maître à penser de Marc Aurèle. La référence à l’écossisme se retrouvait tout au long du Moyen Age avec Clément Scot, conseiller de Charlemagne, Jean Scot Erigene, conseiller de Charles le Chauve, Michel Scot de l’empereur Henri II, et un autre Michel Scot, conseiller de l’Empereur Frédéric II.
Dans le texte de ses « Constitutions » (1723), évoquées plus haut, Andersen décrit de manière lyrique le Temple de Salomon : « Celui-ci fut commencé et achevé, à l’étonnement du monde entier, dans le court espace de temps de 7 ans et 6 mois, par cet Homme très sage, ce très glorieux Roi d’Israël, ce Prince de la Paix et de l’Architecture que fut Salomon, fils de David ». Une description de plusieurs pages va suivre et l’auteur va directement relier la tradition salomonienne à la franc-maçonnerie « De sorte qu’après l’édification du Temple de Salomon, la Maçonnerie fut améliorée dans toutes les nations voisines, car les nombreux artistes employés par Hiram Abif se dispersèrent, après son achèvement, en Syrie, Mésopotamie, Assyrie, Chaldée, Babylone, chez les Mèdes, en Perse, Arabie, Afrique, Asie Mineure, en Grèce et dans les autres pays d’Europe où ils enseignèrent leur Art libéral aux Fils nés libres des Personnages éminents…Mais pas une nation, seule ou unie aux autres, ne pouvait rivaliser avec les Israélites, et encore moins les surpasser en Maçonnerie ; et leur Temple resta le constant modèle ».
Les Constitutions d’Andersen n’évoquent que les deux premiers grades de la Maçonnerie, apprenti et compagnon. Il semble que ce soit vers 1725 que pour parachever la hiérarchie des grades, on introduisit un troisième degré, celui de « Maître » ; c’est ce qui ressort d’un ouvrage polémique publié, à Paris, en 1726, sous le titre « Le Maçon Antédiluvien ». Le mythe salomonien de la construction toujours renouvelée du Temple bénéficie de la présence de l’architecte du temple, Hiram, dont le nom est en tout cas cité dans le Livre des Rois.
Il faut dire que l’institution maçonnique introduit dans son rituel le mythe du meurtre fondamental traditionnel. En Egypte, le meurtre d’Osiris, en Phénicie de Melqart (le roi Hiram de Tyr aura fait construire un temple à Melqart), à Rome entre Romus et Romulus, souligne le thème de la lutte du bien contre le mal. Mais le concept était déjà présent dans le compagnonnage. Un document d’Edimbourg de 1696 parle du « relèvement du cadavre d’Hiram par les cinq points du compagnonnage ». Les « cinq points » correspondaient aux « cinq points » du calvinisme tels qu’ils avaient été adoptés par le Synode de Dordrecht (1618-1619). Le catéchiste Graham avait souhaité assimiler les rois d’Angleterre des XVIe et XVIIe siècles à Salomon, Hiram représentant la communauté calviniste. On avait là une implication conjoncturelle.
Le 3e degré de la maçonnerie va donc expliciter les différentes fonctions de Salomon, du roi de Tyr Hiram, et de l’architecte Hiramabi, et annoncer les degrés suivants, dits de « perfection », de tradition salomonienne et qui vont apparaître vers 1738. Le rituel de loge sera dorénavant inspiré par le meurtre d’Hiram, comme l’indique le Manuscrit Wilkinson (1730) : « La loge est un carré long. C’est la forme de la tombe de notre Grand Maître Hiram ». La loge reconstitue le chantier du temple de Jérusalem, et celui qui la préside est un Hiram ressucité.
L’Hiram de la Bible apparaît donc dans le « Livre des Rois et les Chroniques ». Salomon (II Chroniques II, 2) s’adresse à Hiram roi de Tyr pour lui expédier des cèdres. Ce dernier lui répond : « Je t’envoie un homme sage, possédant l’intelligence, Hiram Abi ». Dans le « Livre des Rois » (VII,13-14), on apprend qu’Hiram Abi est fils d’un Tyrien et d’une Juive, qu’il érigera les deux colonnes de cuivre Jakin et Boaz devant l’entrée du Temple, qu’il construira la « Mer d’Airain » (bassin des ablutions) et qu’il terminera tous les travaux ». Mais il n’est pas mentionné dans le texte biblique qu’il était architecte et qu’il fut tué.
Dans la légende d’Hiram adoptée par la tradition maçonnique, Hiram devient le prototype de l’homme juste, fidèle au devoir jusqu’à la mort. Il refuse en effet de livrer des secrets à trois contremaîtres du chantier du Temple qui veulent être promus le plus vite possible, et il est assassiné par ces trois « mauvais compagnons », que douze autres contremaîtres poursuivront et tueront également. Bien sûr, dans l’esprit religieux de l’époque, existait une corrélation entre Hiram et Jésus, condamné par trois personnages, Caïphe, Hérode et Pilate. Cet assassinat d’autre part préfigure négativement la destruction du Temple, mais aussi positivement, la nomination d’un nouveau maître. Sur le tableau de loge, au grade de maître, figurent un crâne représentant le drame du Golgotha et le meurtre d’Hiram, et des larmes exprimant le repentir de Pierre et le chagrin de l’injuste destinée d’Hiram.
Ces interprétations et ces rapprochements considérés comme hasardeux de symboles religieux et philosophiques conduit Rome à publier, en 1735, une bulle antimaçonnique « In Eminenti » reprochant aux participants catholiques en loge de fréquenter des non-catholiques, et regrettant la présence d’ecclésiastiques dans ces réunions. En 1781, l’évêque de Grenoble Mgr de Bouteville est ouvertement franc-maçon, et la loge « La Parfaite Union de Rennes », en 1785, compte qu’un cinquième de ses membres est composé de religieux. M.Thierry Zarcone a d’ailleurs montré que même des musulmans avaient été initiés dans des loges européennes.
Comme nous l’avons vu plus haut, et grâce à Ramsay, le personnage de Cyrus sera instrumentalisé dans le rituel maçonnique dans les hauts grades . Le 15e degré évoque la Cour de Cyrus et le 20e degré lui donne un rôle important. C’est que le Roi Perse, en libérant les Israélites de Babylonie, permettra la construction du deuxième Temple de Jérusalem (cf les livres d’Esdras et de Néhémi dans la Bible).
Ces hauts grades, établis par Etienne Morin en 1761, dans le cadre du Rite Ecossais Ancien et Accepté, seront au nombre de 33. Ils vont à plusieurs reprises évoquer l’action mythique du roi Salomon.

IV – Le mythe de Salomon dans la franc-maçonnerie

Salomon apparaît dans plusieurs livres de la Bible, outre les Chroniques et le Livre des Rois, dans le Livre des Proverbes, le Cantique des Cantiques, l’Ecclesiaste, la Sagesse, les Psaumes. Ce sont ses connaissances scientifiques qui sont soulignés : la phytologie (La Sagesse 4, 4-5 ; 6, 15), la zoologie (Proverbes 6, 6-11 ; 26, 11 ; 28, 15 ; l’Ecclésiaste 3, 19-21 ; 9, 12 ; La Sagesse 5, 11), la cosmologie et l’astronomie (l’Ecclésiaste 1, 7 ; 3, 1-8 ; 11, 3 ; La Sagesse 2, 2-5 ; 19, 18-21 ; les Proverbes, 25, 23). Ainsi que son approche philosophique (1 Rois 5, 13 ; La Sagesse 7, 15-21) par le symbolisme des sept planètes errantes.
La Bible le fait voir en homme sage, voire exemplaire par son don du discernement afin de juger équitablement et son esprit de tolérance puisqu’il autorisera, à la fin de son règne, la pratique des cultes de ses épouses, moabites, hittites ou sidonites. Ce qui entraîne le problème de la responsabilité, cher aux francs-maçons. Son nom en hébreu Schlomo est à rapprocher de Shalom, paix, qui génère un état d’harmonie et de prospérité ; le Coran reprendra ce thème de correspondance entre « Suleyman » et « Salam » (la paix). A un plan supérieur, il est hissé au niveau de « prophète » (comme dans le Coran), les commentateurs rappelant qu’il n’y a pas d’autre prophète déclaré vivant à son époque. Certains ont pu le comparer à Jésus (cf Nathan, 2 et Samuel 7, 14) : « Je serai pour lui un Père, dit Yahvé, et lui sera pour Moi un fils », et dans les Psaumes 2, V ; 7, on lit ces autres paroles de Yahvé qui lui sont adressées : « Tu es mon fils, Moi aujourd’hui, Je t’ai engendré ».
Le rôle de bâtisseur de Salomon est aussi souligné à l’occasion de l’érection du Temple de Jérusalem (1 Rois 10, 1) qui prit 77 mois et dont la façade aurait imité le modèle fourni par les anciennes huttes des bergers mésopotamiens comme la famille d’Abraham. La Genèse (33, 17) parle de hutte « bâtie » par Jacob, et si l’Exode est présenté comme une quête de pâturage, la construction d’un Temple pour abriter l’Arche d’Alliance jusque là itinérante, souligne la sédentarisation des Hébreux (en arabe « Aber », celui qui parcourt les espaces, comme toutes les langues sémitiques). Sur une terrasse de 110 mètres de long sur 88 mètres de large, l’édifice aura 33 mètres de long, 11 mètres de large et 16,5 mètres de hauteur. Les rochers qui affleurent servirent d’autel des sacrifices pour les trois temples successifs ; ils seront recouverts par la « Coupole du Rocher » par le Calife Abdelmalek (685-691) et réintroduits dans l’imaginaire musulman avec l’empreinte d’un pied attribué à Mohammed au moment de son ascension céleste. Ce temple sera détruit en 586 avant J.C. par les Perses ; un deuxième temple sera érigé par Zorobabel en 450 avant J.C.. Ezechiel aura été missionné pour décrire le temple de Jérusalem aux Juifs de Babylone, insistant sur sa représentation du personnage créateur, du cosmos et de chaque être humain, notions instrumentalisées par les Francs-Maçons dans leur loge. Le troisième temple sera construit par Hérode le Grand, détruit par Titus en 70, et rasé par Hadrien en 135 de notre ère.
Dès le grade d’apprenti, la symbolique du Temple de Jérusalem apparaît dans le vestibule qui leur est réservé, rappelant les 15 marches extérieures du temple, le « heykal » ou partie centrale, où s’assemblent les maçons, et que l’on considère comme « centre du monde », transformable parfois au niveau des Maîtres, en « Dévir » ou « Chambre du milieu ». L’architecture intérieure et le mobilier, évoqués dans la Bible sont présents dans la loge , les deux colonnes du temple encadrent le « dévir », le tableau de loge symbolise les marches d’entrée du Temple, les fenêtres à cadres et à grilles ; la pierre rappelle le 1er Livre des Rois (V,32) : « Les maçons de Salomon, de Hiram et les guiblins (de Byblos) équarissaient et façonnaient le bois et la pierre pour l’édification du Temple » ; les grenades figurant sur le chapiteau des colonnes représentent, comme l’indique Patrick Négrier « la multiplicité des principes comportant l’Etre », le chandelier (ménara) à sept branches (cf Genèse, 1, 11 à 13) et enfin le pavé mosaïque évoquant la terre sainte du Sinaï.
Salomon est souvent présent dans le rituel maçonnique ; s’il clôt le premier des cycles de l’initiation, il ouvre les degrés dits salomoniens. Au 4e degré, la loge est présidée par Salomon, au Rite Ecossais Ancien et Accepté, et la Bible, présente sur « l’autel » est ouverte au premier livre des Rois ; les maçons déplorent la mort d’Hiram. Au 6e degré, Salomon et Hiram président les activités de la loge, et par une référence souchée sur le Livre des Rois (LX 11 à 13), Salomon pardonnera à un visiteur curieux, en fait l’impétrant, d’être venu s’informer en toute bonne foi. Au 8e degré, Salomon recherche un responsable pour le nommer à la tête des cinq ordres d’architecture. Les 9e, 10e et 11e degrés décrivent des rites de vengeance décidés par Salomon. La légende développée au 13e degré où le Président représente Salomon a été décrite dans le « Manuscrit Francken », présenté en France, comme on l’a vu plus haut, par Etienne Morin, en ces termes : « Ce roi vertueux (Salomon), supposant qu’avant le Déluge un temple avait peut-être été érigé sur ce lieu, et craignant que ce ne fût au culte de quelque faux dieu… ne voulut pas le construire là. Il partit donc et choisit la plaine d’Arunia (ou « Ornan »). C’est la légende du temple souterrain d’Henoch que reprendra le texte du rite maçonnique. Le président de loge représente encore Salomon au 14e degré. Au 27e degré, le mot de passe sera encore « Salomon ». Ainsi ce dernier apparaît comme garant symbolique de la maîtrise sans défaut, du secret, et de l’influence spirituelle de celui qui, élu par ses pairs, dirige une loge maçonnique.
Cette instrumentalisation européenne de ce personnage biblique de Salomon, dans les rites initiatiques, d’abord compagnonniques, puis chevaleresques, puis maçonniques, ne diffère pas, dans un triple rôle mis en valeur par la Bible, de roi, de prophète et de grand prêtre, de ce qu’il peut représenter dans des cérémonies exclusivement religieuses, comme l’ont montré plusieurs intervenants spécialisés dans d’autres régions du monde, asiatiques et africaines. En tout cas, la remarque de Jung « On ne fabrique pas un symbole, on le découvre », s’applique bien à l’appropriation, par les sociétés initiatiques, du mythe salomonien.

Source : http://grandorientarabe.blogspot.fr/

Par X - Publié dans : fondements bibliques de la FM
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 9 décembre 2012 7 09 /12 /Déc /2012 10:00

Le texte montre que ce personnage est mentionné comme étant un homme qui n'avait pas leur généalogie. Il n'est pas affirmé qu'il n'avait aucune généalogie.

La distinction est faite dans ce texte, cependant, que les dîmes étaient reçues par des hommes mortels. Il y est attesté qu’elles ont été reçues par quelqu’un qui est attesté comme vivant. Ceci est le fondement du texte se rapportant au Messie. Cependant, Hébreux 7:11 dit spécifiquement que le Messie est ressuscité en tant qu'un autre sacrificateur.

 Le concept de vivant peut découler de l'Esprit Saint qui donne la vie aux patriarches, comme il l’a fait à la maison de David. Ainsi, le texte dans Hébreux 7:8 pourrait se rapporter à l'assignation de l'Esprit à Melchisédek, en tant qu’un des élus. Ce n'est pas essentiel que ce texte vise le Messie. Hébreux 7:11 Si donc la perfection avait été possible par le sacerdoce Lévitique, – car c’est sur ce sacerdoce que repose la loi donnée au peuple, – qu’était-il encore besoin qu’il parût un autre sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek, et non selon l’ordre d’Aaron ?

Ainsi, le changement du sacerdoce est aussi lié au changement de la loi. De là, Melchisédek était d'un ordre, qui a été ré-institué dans le Messie et les élus.

Le sacerdoce de Melchisédek fait partie d'une promesse de Dieu. Hébreux 6:17-20 C’est pourquoi Dieu, voulant montrer avec plus d’évidence aux héritiers de la promesse l’immutabilité de sa résolution, intervint par un serment,  afin que, par deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu mente, nous trouvions un puissant encouragement, nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée.  Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide ; elle pénètre au delà du voile, là où Jésus est entré pour nous comme précurseur, ayant été fait souverain sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek.

Le Messie est ici devenu un sacrificateur pour toujours d’après l'ordre de Melchisédek. Il n'est pas identifié comme étant ce sacrificateur. Il est un Souverain Sacrificateur pour toujours d’après l'ordre. Ainsi, Melchisédek a établi un ordre. Jésus est allé comme étant un précurseur en notre nom. En d'autres termes, nous deviendrons aussi des sacrificateurs de cet ordre. Hébreux 7 montre la relation de Melchisédek au sacerdoce. Hébreux 7:1-28 En effet, ce Melchisédek, roi de Salem, sacrificateur du Dieu Très-Haut, – qui alla au-devant d’Abraham lorsqu’il revenait de la défaite des rois, qui le bénit, et à qui Abraham donna la dîme de tout, – qui est d’abord roi de justice, d’après la signification de son nom, ensuite roi de Salem, c’est-à-dire roi de paix,

Le texte soutient que Melchisédek signifie à la fois roi de justice et roi de Salem, ou de paix. La compréhension des Hébreux, tant selon Milik et Vermes, est que Melchisédek signifie Mon Roi est Justice et il est le roi de l'Armée de lumière. Le nom de Satan est Melkiresha’ signifiant Mon Roi est Méchanceté (voir J.T. Milik Journal of Jewish Studies, 1972, pp. 126-135 et aussi Vermes, op. cit., pp. 252-253). Il n'y a aucun doute que nous avons affaire aux batailles de Satan/Messie des derniers jours, selon l’opinion des MMM. qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n’a ni commencement de jours ni fin de vie, –mais qui est rendu semblable au Fils de Dieu, – ce Melchisédek demeure sacrificateur à perpétuité.

Il est tenu comme étant sans père et sans mère et sans généalogie (apatoor, ametoor, agenealogetos). Il n'a ni début de jours, ni fin de vie, mais ressemblant au Fils de Dieu, il continue à être un sacrificateur pour toujours. L’opinion messianique de ce texte semble être fondée sur l’hypothèse qu’il n'avait aucune généalogie et qu'il était éternel. De là, il était le Messie. Le texte dit qu'il ressemblait au Fils de Dieu. Il ne dit pas qu'il était le Fils de Dieu. Le mot est aphomoioo ; assimiler étroitement, ou être rendu comme. Ainsi, il a été rendu comme le Fils de Dieu. L'intention est tout aussi valable que cette entité, étant l’un des patriarches, a été rendue conforme à l'image du Fils de Dieu, de même que tous les élus, dans l’esprit, et a été nommé sacrificateur du type qui remplacerait l'ordre Aaronique, même avant que l'ordre Aaronique n'ait été nommé. Le texte dit qu’il demeure un sacrificateur à perpétuité (voir l’Interlinéaire de Marshall). Le terme demeure un sacrificateur pour toujours est interprété pour nécessiter la vie continue. Ce n'est pas le cas autre que dans le même sens queles élus sont mentionnés comme étant endormis.

La signification de ces textes est discutée ci-dessous, par rapport à la loi régissant le sacerdoce. Considérez combien est grand celui auquel le patriarche Abraham donna la dîme du butin.Ceux des fils de Lévi qui exercent le sacerdoce ont, d’après la loi, l’ordre de lever la dîme sur le peuple, c’est-à-dire, sur leurs frères, qui cependant sont issus des reins d’Abraham ; et lui, qui ne tirait pas d’eux son origine, il leva la dîme sur Abraham, et il bénit celui qui avait les promesses.

Le texte dit aussi que cet homme n’étant pas de leur ascendance (voir l’Interlinéaire de Marshall) a reçu les dîmes d’Abraham. Il ne dit pas qu'il n'avait pas de généalogie. Or c’est sans contredit l’inférieur qui est béni par le supérieur. Et ici, ceux qui perçoivent la dîme sont des hommes mortels ; mais là, c’est celui dont il est attesté qu’il est vivant.

Ce texte est le texte clef pour l'affirmation que Melchisédek n'est pas humain. La même affirmation est faite des élus. Ils ne meurent pas, ils s’endorment (1Cor. 15:6,18).

De plus, Lévi, qui perçoit la dîme, l’a payée, pour ainsi dire, par Abraham ; car il était encore dans les reins de son père, lorsque Melchisédek alla au-devant d’Abraham. Le paiement des dîmes au sacerdoce était pour montrer que les lois de Dieu continuaient, et ne dépendaient pas de Moïse et du sacerdoce lévitique. Si donc la perfection avait été possible par le sacerdoce Lévitique, –car c’est sur ce sacerdoce que repose la loi donnée au peuple, – qu’était-il encore besoin qu’il parût un autre sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek, et non selon l’ordre d’Aaron ?

Ici, le Messie est clairement affirmé comme étant un autre sacrificateur d’après l'ordre de Melchisédek. Il n'y a aucune suggestion ici que Melchisédek est le même être. Si tel était le cas, alors il y a peu de doute que l'auteur de l’épître aux Hébreux aurait souligné le point. Ce qu'il essayait de faire, était de souligner le rapport entre le Messie et Melchisédek, car il est démontré être le cas, que l'espérance des sectes judaïques du premier siècle s’attendaient à Michel comme étant le Messie et Melchisédek. L’épître aux Hébreux devait faire un lien pour montrer que la prophétie avait été accomplie dans le Messie, comme étant d’après l’ordre de Melchisédek et le précurseur du sacerdoce des élus dans cet ordre. L'ordre était sans généalogie, parce que les élus seraient choisis à partir de toutes les tribus d'Israël et ensuite à partir des Païens, qui étaient eux-mêmes ajoutés aux tribus en tant que sacrificateurs. Ainsi, la lignée entière des élus était sans mère, ou père, ou généalogie, dans le sacerdoce. Les critères de sélection ne dépendaient pas de tels détails. Car, le sacerdoce étant changé, nécessairement aussi il y a un changement de loi. En effet, celui de qui ces choses sont dites appartient à une autre tribu, dont aucun membre n’a fait le service de l’autel ; car il est notoire que notre Seigneur est sorti de Juda, tribu dont Moïse n’a rien dit pour ce qui concerne le sacerdoce.

L'extension du sacerdoce au-delà de Lévi est spécifiquement mentionnée à partir de ce texte. Le texte poursuit pour mentionner la ressemblance du Messie à Melchisédek. Cela devient plus évident encore, quand il paraît un autre sacrificateur à la ressemblance de Melchisédek, institué, non d’après la loi d’une ordonnance charnelle, mais selon la puissance d’une vie impérissable ; car ce témoignage lui est rendu : Tu es sacrificateur pour toujours Selon l’ordre de Melchisédek. Il y a ainsi abolition d’une ordonnance antérieure, à cause de son impuissance et de son inutilité, – car la loi n’a rien amené à la perfection, – et introduction d’une meilleure espérance, par laquelle nous nous approchons de Dieu.

L'intention d'éliminer la généalogie comme objectif du texte est rendue explicite ici. Le sacerdoce est conféré non pas par la descendance physique, mais par la puissance d'une vie indestructible (voir Rom. 1:4). Ainsi, l'Esprit Saint a conféré le pouvoir sur Melchisédek, comme il a fait sur Abraham et tous les patriarches, aussi bien que David, les Juges et les Prophètes, continuant aux apôtres et aux élus. L'importance du texte n'est pas dans le fait que Melchisédek pourrait avoir été le Messie, mais, plutôt, il est plus important s'il ne l'était pas. Et, comme cela n’a pas eu lieu sans serment, car, tandis que les Lévites sont devenus sacrificateurs sans serment, Jésus l’est devenu avec serment par celui qui lui a dit : Le Seigneur a juré, et il ne se repentira pas : Tu es sacrificateur pour toujours, Selon l’ordre de Melchisédek. – Jésus est par cela même le garant d’une alliance plus excellente.

C'est le témoignage de Dieu que les élus sont entrés en fonction. Le Messie a reçu la fonction par la promesse de Dieu par serment.

Le sacerdoce lévitique était empêché par la mort de continuer dans ses fonctions. Ils vont participer à la deuxième résurrection. L'ordre de Melchisédek participera à la première résurrection. Ceux des élus ont une meilleure résurrection (Héb. 11:35). De plus, il y a eu des sacrificateurs en grand nombre, parce que la mort les empêchait d’être permanents. Mais lui, parce qu’il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n’est pas transmissible.

La continuation pour toujours est à travers la mort, à la résurrection. Le sacerdoce n'est pas enlevé des élus, vu qu’il n'a pas été enlevé du Messie et des patriarches.C’est aussi pour cela qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. Il nous convenait, en effet, d’avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, – car ceci, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. 28 En effet, la loi établit souverains sacrificateurs des hommes sujets à la faiblesse ; mais la parole du serment qui a été fait après la loi établit le Fils, qui est parfait pour l’éternité.

Ainsi, le Messie était le couronnement de ce nouvel ordre de sacerdoce qui s'est étendu à ceux qui ont été choisis par Dieu, qui a nommé le Messie et l'a rendu parfait pour toujours.

Nous avons vu que quelques sectes judaïques identifiaient le Messie comme étant Michel (à partir de Dan. 12:1). Les suppositions sont basées sur le fait que Michel se tient pour le peuple d'Israël et que la Nation d'Israël a été donnée à Yahovah par le Très-Haut, quand Il a divisé les nations entre les fils de Dieu (comparer Deut. 32:8 RSV, la LXX et les MMM). Melchisédek a la signification de Mon Roi est Justice (Vermes Dead Sea Scrolls in English, p. 253). Il a été aussi supposé que Melchisédek était un nom pour le chef de l'Armée de Lumière, qui, comme nous l’avons vu, est une fonction du Messie (Vermes, p. 260).

Ces hypothèses sont faites à partir de la partie endommagée du Testament d’Amram. Ce serait compatible avec la connexion de Melchisédek-Messie parmi les Esséniens. Cependant, si Melchisédek était le Messie, il y a alors un problème sérieux avec l'incarnation et le sacrifice. Nous allons maintenant examiner le rapport de la loi au sacerdoce.

Le titre semble avoir été le titre héréditaire du roi de Jérusalem (ou Urusalaim). Des centaines d’années après Abraham, nous rencontrons un autre roi portant un titre semblable de Seigneur de Justice ou Mon Seigneur est Justice, durant l'occupation de Canaan par Israël, sous Josué. Ici, dans Josué 10:1, nous rencontrons Adoni-Tsédek, ce qui est une autre variation de Melchisédek, régnant à Jérusalem. Le titre, dans ses variantes, est ainsi héréditaire et est dévolu au Messie en vertu de son règne à partir de Jérusalem, et était peut-être envisagé dans ce sens par David aussi. De cette façon aussi, les élus sont des sacrificateurs d’après l'ordre de Melchisédek, parce qu'ils gouvernent avec lui à Jérusalem en tant qu'élohim (cf. Zach. 12:8 ; Apo. 7:1-17).

La supposition chrétienne que Melchisédek est le Messie repose sur un malentendu des textes dans Hébreux 7:3. Les termes sans père, mère et généalogie (apator etc.) se réfèrent à l’obligation d’être enregistré dans la lignée d’Aaron (Néh. 7:64) pour le sacerdoce lévitique.

Le terme début de jours et de fin de vie, se réfère à l’obligation de débuter ces fonctions à l’âge de trente ans et de cesser à cinquante ans (Nom. 4:47). Le Souverain Sacrificateur succédait le jour de la mort de son prédécesseur. Melchisédek n'a aucune telle condition. Hébreux enregistre dans la traduction Interlinéaire de Marshall qu'il était un homme (Héb. 7:4). Il a été rendu comme le Fils de Dieu (Héb. 7:3). Cependant, il n'était pas le Fils de Dieu qui était un autre sacrificateur(Héb. 7:11). Ainsi, tous les élus peuvent participer au sacerdoce, étant rendus comme le Fils de Dieu, indépendamment de la lignée et de l'âge, continuant à perpétuité. Quand à savoir qui était Melchisédek, nous pouvons seulement conjecturer. Les Esséniens ont interprété le texte de façon messianique comme l’ont fait quelques fondamentalistes modernes. Les éléments des Pauliciens qui partageaient aussi cette opinion ont été appelés les Melchisédekiens, mais ils l’ont gardé distinct du Messie en tant que le médiateur céleste (voir l’étude La Distribution Générale des Églises Observant le Sabbat (No. 122)). Hébreux semble avoir été écrit afin de corriger cette erreur, mais a lui-même été mal interprété. Le Midrash soutient qu'il était Sem (Rashi) étant roi (melek) d’un endroit de justice (tsedek) (Abraham ibn Ezra et Nachmanides). Cet endroit était là où le temple serait construit pour la Présence Divine, que le Midrash applique à Jérusalem dans l'ensemble, à partir du texte la Justice a logé en elle (Ésaïe 1:21) (ibn Ezra et Nachmanides, voir Soncino, fn. Genèse. 14:18). Plus important encore, le concept d’un Conseil des Élohim était absolu et est indéniable, comme étant le sens correctement compris des textes de l'Ancien Testament impliquant les élohim. La structure subalterne des Élohim est comprise d'une part, mais mal comprise par rapport à Michel et Melchisédek d’autre part.

Apocalypse 4 et 5 montrent que ce groupe compte trente entités incluant quatre chérubins. Ainsi, trente pièces d'argent ont été exigées pour la trahison de Christ (Matt. 27:3,9 cf. Zach. 11:12-13) vu qu’elle était une infraction contre la Divinité entière. Les Anciens sont chargés des prières des saints (Apo. 5:8) et Christ est leur Souverain Sacrificateur. Il était le membre des Anciens, qui a été trouvé digne d'ouvrir le rouleau du plan de Dieu, ayant racheté les hommes et les a faits un royaume et des sacrificateurs à notre Dieu, c'est-à-dire, le Dieu du Conseil et de Christ (Apo. 5:9-10).

La rançon des hommes fait partie d'une restauration du temps de la fin, qui arrive au second avènement du Messie en tant que Roi d'Israël, son premier avènement étant compris comme étant le Messie d'Aaron. Ce premier avènement messianique était l'expiation pour les péchés et l'établissement du sacerdoce de Melchisédek. La restauration du temps de la fin était comprise comme étant une extension des élohim tels que dépeints dans Zacharie 12:8. Dans la restauration des derniers jours, quand le Messie viendra à Sion, tel que compris d’Hébreux 12:22-23, la séquence de l'avènement impliquait la défense de Jérusalem et le renforcement des habitants physiques de la cité pour le règne Millénaire. Mais remarquez ce que Zacharie continue à exposer : Et celui qui est faible parmi eux en ce jour-là sera comme David ; et la Maison de David sera comme Dieu (élohim), comme l’Ange de Jéhovah devant eux (l’emphase est ajoutée).

La signification ici, consistait en ce qu’il a été donné à Zacharie la compréhension que l'Ange de YHVH était un élohim et que la maison de David (qui était mort depuis longtemps) devait se composer de ceux qui deviendraient eux-mêmes élohim, en tant que partie de la maison de David.

Zacharie a écrit à la fin de la période de la Bible, comme étant l’un des derniers livres à être écrit (prétendument vers 410-3 AEC (Avant l’ère Courante), se référer à l’Appendice 77 de la Compagnon Bible). La compréhension de la séquence n'a donc pas été changée pendant la durée de la compilation du texte.

La conclusion selon laquelle le Messie est Melchisédek n'est pas une opinion généralement tenue par l'Église de Dieu au cours des deux mille ans. Elle a été tenue par quelques groupes et quelques sectes judaïques. Il s’avère que le Messie n'était pas Melchisédek, mais que l'avancement de la vie éternelle à Melchisédek à travers sa position dans l'Esprit Saint a été mal compris. Le fait de la question n'est pas essentiel à la foi, ce n'est non plus un point de doctrine qui est essentiel à la fraternisation. L'attribution du rôle au Messie affaiblit probablement l'argument de l'extension du sacerdoce aux élus en tant que élohim, plutôt que renforcer la position. La controverse repose certainement sur une construction étroite d'un verset.

Source : http://www.logon.org/french/

 

Par X - Publié dans : fondements bibliques de la FM
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 9 décembre 2012 7 09 /12 /Déc /2012 09:44

L'identité de l'être connu sous le nom de Melchisédek a fait l’objet de spéculations au cours des années. Certains ont proposé une identité messianique pour Melchisédek ; d'autres l'ont identifié aux patriarches. Pour isoler son identité probable, nous devons examiner les textes appropriés et le cadre historique durant lequel il a vécu. L'impact logique sur l'unicité de l'incarnation messianique est aussi un facteur que l'on doit considérer si, par exemple, on proposait une identité messianique. En d'autres termes, si on soutient que Melchisédek était Jésus Christ, cela doit être comparé aux textes appropriés et à la conséquence pour le salut humain d'un tel avènement double. Cette période se situait aussi à l’intérieur même de la durée de vie des patriarches qui ont vécu après le déluge. Il y a, sans aucun doute, une certaine signification à être tirée de cette considération.

Le monde durant la période après le déluge était d’un seul langage et sous un seul sacerdoce. Le point de vue judaïque était que ce sacerdoce était centré à Salem sous Melchisédek. L'identité de Melchisédek a été une énigme. Melchisédek selon le Midrash était identifié avec Sem (Rashi : voir Soncino).On l’a appelé ainsi parce qu'il était le roi (melech) d’un lieu célèbre pour sa justice (tsedek) [selon Abraham ibn Ezra] N[achmanides] pareillement : Il a gouverné au lieu où un jour serait construit le Temple où demeurait la Présence Divine qui est appelée tsedek. Le Midrash applique le terme à Jérusalem dans son ensemble, comme c’est écrit, la Justice logeait en elle (Ésaïe. 1:21) (commentaire de la Soncino à Genèse 14:18).

Melchisédek était le sacrificateur du Dieu Très-Haut. Nachmanides soutient que c’était :Uniquement parce qu’Abraham savait que c'était le cas qu’il lui a donné une dîme. LeTrès-Haut signifie au dessus de tous les autres dieux (N) (Soncino).

Rashi soutient que le pain et le vin, donnés par Melchisédek à Abraham, étaient des rafraîchissements pour les combattants épuisés par la bataille et pour les prisonniers libérés. Il démontrait ainsi qu'il n'avait aucun ressentiment contre Abraham pour avoir tué sa progéniture (viz. Cherdorlaomer, etc.) (voir la Soncino). Cet aspect est important indépendamment de la lignée de ceux impliqués. C'est plus important vu la descendance directe des victimes. La signification du pain et du vin, donnés à Abraham, est rattachée directement à la signification du Pain et du Vin qui feraient partie intégrante du Pain et du Vin établis par le Messie, au Dîner du Seigneur. Cet événement présageait avec impatience le symbolisme de l'Esprit Saint habitant en nous, vu qu’il était administré sous le nouveau sacerdoce selon l'ordre de Melchisédek, tel qu’introduit par le Messie. Le fait que Melchisédek a présagé cet événement n'exige pas qu'il soit le Messie. En effet, s'il l’était, il y a toutes sortes de problèmes dans le concept du sacrifice sans péché du Messie. Était-il né ? Était-il un homme ? Si oui, était-il né d'une vierge, alors ? Il n'était certainement pas de la lignée de David. S'il était un ange, qu'est-ce que cela implique pour le gouvernement de Salem à ce stade ? Quel était le sacerdoce là ? Pourquoi un sacerdoce angélique n'est pas enregistré ailleurs ? Quel usage a un ange pour les dîmes de la guerre ? S'il n'est pas mort, que peut-on alors dire des œuvres de Jean et de la doctrine de l'Antéchrist ? Les problèmes logiques présentés par un tel aspect messianique de Melchisédek sont énormes. 

Le sujet de Melchisédek est souvent incompris, tout simplement parce que la séquence et la signification de l'histoire ne sont pas comprises. L'Église de Dieu, pendant plus de deux mille ans, n'a pas tenu une opinion unanime sur le sujet et les opinions concernant la question n'ont pas été vues comme étant un point de doctrine ou central pour le salut. Certes, jusqu'aux étapes les plus intolérantes de l'Église en ce siècle, la question n’a pas été considérée comme justifiant la conformité doctrinale. Il sera utile d’examiner l'histoire de la construction du récit.Genèse 11:1-32  Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots.  Comme ils étaient partis de l’orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Schinear, et ils y habitèrent. Ils se dirent l’un à l’autre : Allons ! Faisons des briques, et cuisons-les au feu. Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment. Ils dirent encore : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre.  L’Éternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et l’Éternel dit : Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu’ils auraient projeté.  Allons ! Descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns des autres.  Et l’Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville.  C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Éternel confondit le langage de toute la terre, et c’est de là que l’Éternel les dispersa sur la face de toute la terre.

Ici, nous voyons la dispersion des gens, à cause du système qui était mis en place à Babel, sous le gouvernement établi par Nimrod là et à Accad, à Erec et à Calné. De là, il a construit Ninive, Rehoboth Hir, Calach (Genèse 10:10-11). Le sacrificateur de Dieu, cependant, était Sem, étant le fils de Noé. Noé a vécu 350 ans après le déluge (Genèse 9:28) et il est mort à l’âge de 950 ans (Genèse 9:29). Sem a été central dans le rétablissement après le déluge.Voici la postérité de Sem. Sem, âgé de cent ans, engendra Arpacschad, deux ans après le déluge. Sem vécut, après la naissance d’Arpacschad, cinq cents ans ; et il engendra des fils et des filles.  Arpacschad, âgé de trente-cinq ans, engendra Schélach.  Arpacschad vécut, après la naissance de Schélach, quatre cent trois ans ; et il engendra des fils et des filles. Schélach, âgé de trente ans, engendra Héber. Schélach vécut, après la naissance d’Héber, quatre cent trois ans ; et il engendra des fils et des filles. Héber, âgé de trente-quatre ans, engendra Péleg. Héber vécut, après la naissance de Péleg, quatre cent trente ans ; et il engendra des fils et des filles.  Péleg, âgé de trente ans, engendra Rehu. Péleg vécut, après la naissance de Rehu, deux cent neuf ans ; et il engendra des fils et des filles.  Rehu, âgé de trente-deux ans, engendra Serug.  Rehu vécut, après la naissance de Serug, deux cent sept ans ; et il engendra des fils et des filles. Serug, âgé de trente ans, engendra Nachor. Serug vécut, après la naissance de Nachor, deux cents ans ; et il engendra des fils et des filles. Nachor, âgé de vingt-neuf ans, engendra Térach.  Nachor vécut, après la naissance de Térach, cent dix-neuf ans ; et il engendra des fils et des filles. Térach, âgé de soixante-dix ans, engendra Abram, Nachor et Haran. Voici la postérité de Térach. Térach engendra Abram, Nachor et Haran. –Haran engendra Lot.  Et Haran mourut en présence de Térach, son père, au pays de sa naissance, à Ur en Chaldée. – Abram et Nachor prirent des femmes : le nom de la femme d’Abram était Saraï, et le nom de la femme de Nachor était Milca, fille d’Haran, père de Milca et père de Jisca.  Saraï était stérile : elle n’avait point d’enfants. Térach prit Abram, son fils, et Lot, fils d’Haran, fils de son fils, et Saraï, sa belle-fille, femme d’Abram, son fils. Ils sortirent ensemble d’Ur en Chaldée, pour aller au pays de Canaan. Ils vinrent jusqu’à Charan, et ils y habitèrent.  Les jours de Térach furent de deux cent cinq ans ; et Térach mourut à Charan. 

Il y a un certain nombre de points importants qui ressortent du texte de Genèse 11. Le premier point se rapporte à l'âge de Sem et des autres. À partir de ces textes, nous pouvons établir les dates après le déluge de leur naissance et de leur mort. Les années sont d’une durée énorme. Ces époques ne sont pas acceptées comme étant des périodes littérales dans les temps modernes. En effet, suggérer que ces temps soient réels, c’est d’inviter la dérision. Cependant, un littéraliste ne peut pas l'avoir des deux manières. Si la Bible est littéralement vraie et que Melchisédek a existé, alors, les dates sont également vraies et Sem est un candidat. Les histoires des nations environnantes de Canaan dans le Moyen-Orient devraient aussi refléter les histoires concernant l'établissement des villes. Les personnages pourraient aussi être reflétés dans les histoires des nations, peut-être par d'autres noms. Il doit être rappelé que les noms avaient une signification et les noms donnés aux patriarches n'étaient pas nécessairement les mêmes que ceux par lesquels ils étaient connus dans d'autres pays. Par exemple, Noé a été connu dans l'Épopée de Gilgamesh comme étant Uta-Napishtim (il a été appelé le lointain) (voir Budge Babylonian Life and History, 2ème édition, Londres, 1925, pp. 92 ff). Il y a beaucoup de conjecture que les mythes Égyptiens concernent l'histoire de Sem en sa qualité de destructeur des systèmes apostats égyptiens. Cet aspect entier est trop compliqué pour cette oeuvre et doit être traité ultérieurement. Le mythe égyptien qui peut réfléchir sur Sem est l'histoire de Typhon, le frère d’Osiris qui avait le gouvernement de l'Égypte et qui avait essayé d'établir le modèle égyptien sur le reste du monde. Typhon est dépeint comme étant un usurpateur méchant qui a organisé une conspiration de soixante-douze membres. Avec ces derniers, il a confiné Osiris en cachette par la tromperie et l'a jeté dans le Nil. La signification ici est que le nombre soixante-douze se rapporte au Conseil Gouvernant de Dieu.

Le Sanhédrin était un conseil de soixante-dix ; cependant, il y avait toujours un minimum de soixante et onze en total et, plus tard, plus le Nasi. Le Messie a envoyé les soixante-dix après leur nomination (Luc 10:1). Ils revinrent avec joie en disant : même les démons nous sont soumis (Luc 10:17). L'autorité a été transférée ici à l'Église. Dans les deux cas, le nombre dans le texte est énuméré dans l’Interlinéaire de Marshall à partir du texte de Nestles comme étant hebdomekonta [duo] ou soixante-douze. Ainsi, on a compris que les soixante-dix sont accompagnés de deux, faisant soixante-douze.C'est en fait le Conseil des Élohim. De là, le mythe d'Osiris et d’Isis place Typhon en tant que la tête de ce Conseil, mais méchant en tant que anti-Égypte (voir Bullfinch’s Mythology, Avenel Books, New York, 1979, pp. 293 ff). Ainsi, on pouvait dire que Typhon tenait la place de sacrificateur du Dieu Très-Haut à la tête du Conseil. Il serait égal aussi à Melchisédek. Sem est souvent considéré sous cet aspect. Cependant, le taureau d’Apis est aussi associé à Osiris, étant considéré comme le dépôt de l'âme d'Osiris, et pour se transférer à chaque successeur d'Apis. Ainsi, la légende est liée aux mythes d’abattage du taureau et de là, les cultes du mystère. Sem, en tant que successeur de Noé et de la nouvelle terre, et le Messie aussi ont une pertinence à ces histoires. Ainsi, Melchisédek peut être considéré comme ayant à la fois l'application tant à Sem qu'au Messie. Le judaïsme le verrait comme étant Sem, à cause des considérations littérales. Les Essénienspouvaient, et en effet, l’ont allégorisé comme étant le Messie et Michel.

Sem a vécu 502 ans après le Déluge et sa vie a des implications pour le gouvernement des nations. Nous pouvons construire un tableau comme suit :

Patriarche

Âge à la naissance du fils

Naissance

Année de la Mort après le Déluge (D.)

Sem

100

 

D. + 502

Arpacschad

35

D. + 2

D. + 440

Schélach

30

D. + 37

D. + 470

Héber

34

D. + 67

D. + 531

Péleg

30

D. + 101

D. + 340

Rehu

32

D. + 131

D. + 370

Serug

30

D. + 163

D. + 393

Nachor

29

D. + 193

D. + 341

Térach

70

D. + 222

D. + 427

Haran

Nachor

Abram

 

D. + ?

D. + ?

D. + 352

Avant D. + 296.

La dispersion des nations s’est produite quand Abraham avait 48 ans, à la mort de Péleg, 340 ans après le Déluge (Seder Olam Rabbah, Ch. 1).

Abram (Abraham) a quitté Haran après la mort de Térach, en D. + 427 ans (1921 AEC selon le TM). Il avait soixante-quinze ans (Genèse 12:4). Nous sommes certains que les patriarches vivants à la mort de Térach et durant l'occupation de Canaan par Abram, étaient Sem, Arpacschad, Schélach et Héber.Sem était l'aîné. À partir de Genèse 9:26, Yahovah (ou Jéhovah) est déclaré comme étant le Dieu de Sem, et Japhet doit vivre dans ses tentes. Sem est ici béni, bien que Japhet soit l'aîné (Genèse 10:22). Sem est donc le sacrificateur du Dieu Très-Haut au temps d'Abraham. La distribution des autres est inconnue, mais Sem a eu Arpacschad et Elam, et Assur qui devait émerger en tant que les Assyriens. Le royaume antique d'Elam, une fois joint avec les autres, a formé la base de l'empire Babylonien.

Le mouvement des tribus indique que la répartition des nations en villes et régions limite les possibilités du sacerdoce du Dieu Très-Haut, à Salem, comme étant celui de Sem ou d’Arpacschad, étant donné les implantations connues des autres fils. Arpacschad est mort en D. + 440 (1908 AEC selon le TM) ; il est donc probable que le patriarche toujours vivant et aîné, soit celui mentionné en tant que Mon Roi est Justice, bien que Schélach ou Héber soient encore des possibilités. Sem est appelé le père de tous les fils d'Héber (Genèse 10:21). Ainsi, il est possible que le mot hébreu s'étende au-delà des Israélites à d'autres peuples relatifs. Ceci est une autre étude à part entière.

Rashi dit que la bénédiction d'Abraham par Melchisédek, dans Genèse 14:20, est, en premier, une bénédiction d'Abraham pour avoir livré bataille et, ensuite, de Dieu pour l'avoir aidé. Le fait qu'Abraham ait donné un dixième de tout, indiquait ainsi que ses descendants donneraient des dîmes aux sacrificateurs (selon Nachmanides). La dîme était destinée à être une offrande de remerciement à Dieu, et le seul sacrificateur apte à la recevoir était Melchisédek. L'interprétation judaïque traditionnelle, par conséquent, était que Melchisédek était Sem et que le sacerdoce après le déluge était aussi centré à Jérusalem.

Melchisédek en tant que le Messie

L'affirmation que le Messie était Melchisédek provient en partie d'un malentendudes textes en rapport à la généalogie. Il y avait une vue existante à l’époque de Christ dans certaines sectes judaïques, comme nous le savons à partir des Manuscrits de la Mer Morte, que Melchisédek était le Messie. L’opinion était aussi combinée à l’idéeque le Messie était l'archange Michel. L’opinion que Melchisédek était le Messie semble être fondée sur le fait que le Messie aurait dû venir pour exécuter deux fonctions. Cela peut être déduit à partir d’un certain nombre de prophéties, mais aussi, principalement, à partir de la fonction du souverain sacrificateur le Jour des Expiations, où il y avait une dualité de vêtements, représentant une fonction sacerdotale et expiatoire par les vêtements de lin, et au changement du souverain sacrificateur en vêtements de cérémonie royaux à la fin, indiquant aussi le roi Messie. Ainsi, le premier avènement était en tant que sacrificateur, et le second était en tant que roi Messie. La Judée était sous le joug romain et les gens voulaient un libérateur. Ainsi, peut-être certains ont vu dans Melchisédek la fonction de sacrificateur. Il a été prophétisé que le Messie serait un sacrificateur, selon l'ordre de Melchisédek, dans Psaume 110:4.Psaume 110:1-7 De David. Psaume. Parole de l’Éternel à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied.  L’Éternel étendra de Sion le sceptre de ta puissance : Domine au milieu de tes ennemis ! Ton peuple est plein d’ardeur, quand tu rassembles ton armée ; Avec des ornements sacrés, du sein de l’aurore Ta jeunesse vient à toi comme une rosée.  L’Éternel l’a juré, et il ne s’en repentira point : Tu es sacrificateur pour toujours, À la manière de Melchisédek.  Le Seigneur, à ta droite, Brise des rois au jour de sa colère. Il exerce la justice parmi les nations : tout est plein de cadavres ; Il brise des têtes sur toute l’étendue du pays. Il boit au torrent pendant la marche : C’est pourquoi il relève la tête. 

À partir du verset 1 du Psaume, nous savons que c'est le Messie qui est mentionné. La nomination est ici en tant qu'un sacrificateur pour toujours, d’après l’ordre de Melchisédek. Il n'est pas affirmé que le Messie était Melchisédek.

À partir des Manuscrits de la Mer Morte (MMM) (Damascus Rule VII en particulier, aussi à partir du fragment de la grotte IV), nous savons que le Messie avait deux avènements ; en tant que le Messie d'Aaron (ou Messie sacrificateur) et le Messie d'Israël (ou roi Messie). La communauté des MMM comprenait qu'ils étaient l’unique Messie (voir Vermes The Dead Sea Scrolls in English, p. 49 pour la discussion des textes). 

Les MMM ont donné une série de treize fragments de la grotte XI sur Melchisédek. Ils ont été publiés en 1965 par A S. van der Woude. Le texte se présente sous la forme d'un Midrash eschatologique, dans lequel, la proclamation de la liberté aux captifs dans les temps de la fin (Ésaïe 61:1) :est comprise comme faisant partie de la restauration générale de la propriété au cours de l'année du Jubilé [Lév. 25:13], vue dans la Bible [Deut. 15:2] en tant qu'une rémission des dettes. Le libérateur céleste est Melchisédek. Identique à l'archange Michel, il est le chef des 'fils du Ciel’ ou ‘dieux de Justice’ et il est mentionné en tant qu’élohim et el. Ces mots hébreux signifient normalement 'Dieu', mais certains contextes spécifiques à la tradition juive expliquent élohim comme étant conféré principalement à un 'juge'. Ici, Melchisédek est dépeint comme présidant au jugement final et à la condamnation de sa contrepartie démoniaque, Bélial/Satan, le Prince des Ténèbres, ailleurs appelé aussi Melkiresha’ [voir aussi Vermes, ibid., pp. 253,260]. Le grand acte de délivrance est attendu le Jour des Expiations à la fin du dixième cycle du Jubilé. Ce manuscrit révèle des informations non seulement sur le personnage de Melkizedek de l'Épître aux Hébreux vii, mais aussi sur le développement du concept messianique dans le Nouveau Testament et dans le christianisme antique. (Sur le messianisme voir G. Vermes, Jesus the Jew, London, 1973, pp. 129-59, 250-56)... Et concernant ce qu'Il a dit, Durant [cette] année du Jubilé [chacun de vous retournera à sa propriété [Lév. 25:13] ; et de même Et ceci est la méthode de relâche :] Chaque créancier relâchera ce qu'il a prêté [à son prochain et à son frère], car la relâche de Dieu [a été proclamée] [Deut. 15:2]. [Et elle sera proclamée à] la fin des jours concernant les captifs comme [Il a dit, de proclamer la liberté aux captifs [Ésaïe 61:1]. Son interprétation est qu'Il] les assignera aux Fils du Ciel et à l’héritage de Melchisédek ; c[ar Il partagera] leur [lot] parmi les po[rtions de Melchisé]dek, qui les conduira là et leur proclamera la liberté, leur pardonnant [les fautes] de toutes leurs iniquités (Vermes, ibid., p. 266).

On voit ainsi que Melchisédek était considéré comme étant l'Archange Michel et qu'il était le personnage messianique à qui le jugement était remis. Ceci est basé sur le texte dans Zacharie 3:1-10, qui montre aussi l'opposition à Satan dans ce processus. Le personnage était aussi compris comme étant l'Élohim qui juge les saints de Dieu, comme c’est écrit dans les Psaumes, où il est dit que : ÉLOHIM a pris sa place dans le conseil divin ; au milieu des dieux, il détient le jugement [Ps. 82:1]. Et c'était à son sujet qu'il a dit : que (l'assemblée des peuples) revient aux hauteurs au-dessus d'eux ; EL (dieu) jugera les peuples [Ps. 7:7-8]. Quant à cela il a d[it : jusqu’à quand jugerez-vous] injustement et aurez-vous égard à la personne des méchants ? Pause. [Ps. 82:2], son interprétation concerne Satan et les esprits de son lot [qui] se sont rebellés en se détournant des préceptes de Dieu vers... Et Melchisédek exécutera la vengeance des jugements de Dieu ... et il les arrachera [de la main de] Satan et de la main de tous les esp[rits de] son [lot]. Et tous les ‘dieux [de Justice’] viendront à son aide [pour] participer à lade[struction] de Satan .... (De Vermes, p. 267).

Ésaïe 52:7 utilise élohim dans le contexte de l’avènement messianique à Sion (voir Héb. 12:22-23).

On le voit à partir du texte de Vermes, qu’il n'y avait aucun doute que les textes cités étaient messianiques. Il n’y avait aussi aucun doute qu’il a été donné à Satan un rôle de pouvoir en jugement. Le terme son lot est utilisé pour montrer l'assignation des devoirs des pouvoirs célestes, conformément au processus trouvé dans le Temple, d'allouer la responsabilité et les périodes de service en tirant au sort. Le Conseil des dieux est ainsi vu en tant queles élus et l'Armée loyale, à qui l'on a donné le pouvoir. L'attribution de Melchisédek, comme étant le Messie, était donc maintenue comme une forte convictionparmi la Communauté de la Mer Morte, au temps de Christ, et l'association s’est retrouvée dans le Livre aux Hébreux. La similitude dans le Livre aux Hébreux, cependant, est dérivée du texte dans Hébreux 7:6-8.Hébreux 7:6-8 et lui, qui ne tirait pas d’eux son origine, il leva la dîme sur Abraham, et il bénit celui qui avait les promesses. Or c’est sans contredit l’inférieur qui est béni par le supérieur.  Et ici, ceux qui perçoivent la dîme sont des hommes mortels ; mais là, c’est celui dont il est attesté qu’il est vivant. 

 

Source : http://www.logon.org/french/

Par x - Publié dans : fondements bibliques de la FM
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 5 décembre 2012 3 05 /12 /Déc /2012 09:21

Une légende fait mention de neuf caves secrètes construites par Enoch qui avait été averti du déluge. Ces caves se trouveraient dans des salles secrètes découvertes à proximité du sphinx en Égypte. Dans la plus basse se trouverait une tablette triangulaire en or portant le nom de Dieu. Enoch aurait aussi confié à son fils Métoushélah une autre tablette qu'il tenait du créateur.

Enoch patriarche vertueux de la Bible resté fidèle à dieu est sauvé du déluge. Mais que penser de l'archange Gabriel si énigmatique ?

Comme Jarod, Méthoushèlah, Lamek et Noé, Enoch n'a pas succombé au pêché de la chaire comme les déchus et il "monta au ciel" pour y incarner l’Archange Metatron. Lors du déluge, les caves furent scellées et soutenues par deux colonnes indestructibles (appelées les colonnes d’Enoch ou antédiluviennes). Enoch inscrivit sur l'une d'elle (en brique) les sept sciences de l'humanité qui constitueront les archives de la maçonnerie (les colonnes sont le symbole des loges de la franc maçonnerie). Sur la deuxième colonne (en marbre) il inscrivit qu'un trésor se trouvait tout proche. On ignore encore ce que contenaient ces neuf salles, qu' Edgar Cayce appelait la salle des archives.
L’arche de Noé
Parmi eux, le premier sur lequel je me dois d'attirer votre attention est le patriarche Noé qui tient de la main gauche un triangle équilatéral et de la droite une hache, mal discernable ici. Le Livre de la Genèse nous dit qu' «ayant suivi les voies de DIEU », rendu sur la Montagne de la Vision, lui fut montrée la destruction qui guettait la malignité des hommes Désirant préserver les principes de la Science pour la postérité de ceux que DIEU daignerait épargner, l'ancêtre de Noé, Henok éleva deux colonnes l'une qu'il fit de marbre, et l'autre de briques la première résistant à la dissolution par l'eau, la seconde à la destruction par le feu A l'intérieur de chacune d'elles, il pratiqua une cache secrète dans laquelle il déposa les archives de la sagesse «pour que, dit-il, la Sagesse ne disparaisse pas totalement, avec le Mal, de la surface de la terre » Ces colonnes furent placées en sûreté dans une caverne à laquelle on accédait par une galerie de neuf arches, sommairement représentées ici, puisque le secret de leur disposition, comme les moyens d'accès de l'une à l'autre, étaient seulement communiqués de père en fils et sont maintenant perdus Le pilier de marbre résista à la montée des eaux mais ne fut retrouvé que très longtemps après, quand son contenu fut pour la première fois mis au jour, providentiellement préservé pour les générations futures La vision d'Henoch ne devait se réaliser qu'à l'époque de son arrière petit-fils, Noé Le Livre d'Henoch rapporte en effet que «la femme de Lamek mit au monde un enfant dont la chair était aussi blanche que la neige et la carnation telle la rose, dont les cheveux étaient blancs comme la laine et longs et qui avait des yeux magnifiques Quand il les ouvrait il illuminait toute la maison tel le soleil et toute la maison était lumineuse Et lorsqu'il fut reçu des mains de la sage-femme et ouvrit la bouche, il s'adressa au SEIGNEUR de Justice Lamek fut terrifié du prodige et alla voir son père Metoushèlah pour lui dire qu'il avait engendré un enfant différent de tous les autres Metoushèlah consulta Henoch qui 'demeurait avec les anges' et Henoch expliqua qu'a cause de la malignité du monde, un déluge devait s'abattre, niais que Noé et ses enfants sciaient épar¬gnés »
Et Noé devint homme et trouva grâce aux yeux du Seigneur, qui se laissa fléchir dans Sa détermination de détruire toute chair sous les Cieux, de crainte que la Droiture ne disparaisse aussi avec le Mal, de la surface de la terre Selon les instructions divines, Noé construisit l'Arche et y fit entrer sa famille et tous les animaux qu'il put rassembler Alors le Seigneur ouvrit les vannes d'un grand déluge qui recouvrit la terre et détruisit toutes les créatures vivantes, mais l'Arche dériva en sécurité à la surface des eaux
Quand (Ge 8,2-9) «les réservoirs de l'Abîme se fermèrent ainsi que les ouvertures du ciel et la pluie fut retenue au ciel, et que les eaux diminuèrent sur la terre, Noé ouvrit la fenêtre de l'Arche qu'il avait faite Il lâcha le corbeau qui s'envola, allant et venant Puis il lâcha la colombe pour voir si les eaux avaient baissé sur la surface du sol Mais la colombe ne trouva pas où poser la patte , elle revint à lui vers l'Arche car les eaux couvraient toute la surface de la terre » Tandis qu'il attendait son retour, Noé reposa sa tête dans le creux de son bras sur le rebord de la fenêtre , et quand elle revint enfin, il tendit la main afin qu'elle se pose sur son doigt en disant «Voilà, elle approche et (Ge 8, 9, 12) il «la prit pour la faire rentrer dans l'Arche Il attendit encore sept autres Jours et lâcha à nouveau la colombe hors de l'Arche Le soir elle revint à lui, et voilà qu'elle avait au bec un frais rameau d'olivier i Et Noé sut ainsi que les eaux avaient baissé sur la terre Il attendit encore sept Jours et lâcha la colombe qui ne revint plus vers lui » Noé fut ainsi assuré que, la colombe ayant trouvé un endroit où se poser, il pourrait bientôt quitter l'Arche en toute sécurité et en paix. De ces circonstances, les deuxième et troisième Signes de ce Grade tirent leur origine (Noé de 1056 au déluge 1656)… La colombe et le rameau d'olivier sont, comme vous le savez, universellement considérés comme des symboles de Paix.
Quand les eaux s'abaissèrent, l'Arche demeura échouée sur le Mont Ararat et Noé en fit sortir les animaux afin qu'ils croissent et se multiplient. Puis avec ses trois fils, il éleva un autel au Seigneur et il offrit des holocaustes sur l'autel DIEU dit alors (Ge 8, 11-13) « J'établirai Mon alliance avec vous . aucune chair ne sera plus exterminée par les eaux du Déluge, il n'y aura plus de Déluge pour ravager la terre. Voici le signe de l'alliance que je mets entre Moi, vous et tout être vivant avec vous, pour toutes les générations futures. J'ai mis Mon arc dans la nuée pour qu'il devienne un signe d'alliance entre Moi et la terre » Ainsi l'Arc-en-ciel, la Colombe et le Rameau d'Olivier rappellent les origines de ce Grade et, ensemble, constituent le Bijou porté par tous les Nautoniers de l'Arche.
Sous la main de DIEU, à la demande d'Henok et de Noé, Sagesse et Droiture furent ainsi préservées de la des¬truction. Dans la Maçonnerie des Nautoniers de l'Arche Royale nous commémorons plus particulièrement Noé et ses fils Japhet et Sem qui sont représentés par le Vénérable alors que Cham, troisième fils de Noé, n'est pas représenté parmi nous
Les mots du Grade, qui vous ont été communiqués lors de votre Élévation, se trouvent au Livre de la Genèse (5, 3-29), dans la généalogie d'Henoch et de Noé « Adam engendra un fils qu'il appela Seth qui engendra Enosh, qui engendra Qénân, qui engendra Mahalael qui engendra Yéred ou Jared, qui engendra Henok qui engendra Metoushèlah ou Mathusalem qui engendra Lamek qui engendra un fils l'appela du nom de Noé (( 9 Générations)..en disant "Celui-ci nous réconfortera de nos labeurs et de la peine qu'impose à nos mains un sol maudit par le Seigneur" »
Bien des siècles plus tard, lorsque Moise se tint devant le Buisson Ardent dans le Désert du Sinaï, il lui fut ordonné par DIEU d'aller en Égypte pour y délivrer le peuple d'Israël de l'esclavage Connaissant ses propres défauts, il demanda un signe, afin qu'il sache que le Seigneur serait avec lui dans sa tâche DIEU lui ordonna alors de jeter son bâton sur le sol, ce qu'il fit, et le bâton se changea en serpent Moise effrayé mais convaincu, fit le signe de paix et sur l'ordre divin, saisit la queue du serpent qui redevint un bâton dans sa main
Ainsi affermi par DIEU, Moise fit de nombreux prodiges en Égypte pour, enfin, conduire les Hébreux jusqu'au rivage de la Mer Rouge L'histoire de la traversée miraculeuse de celle-ci et de la destruction de l'armée égyptienne par engloutissement vous est, sans nul doute, familière est ici représenté l'instant de cette heureuse délivrance, quand Moise et tout le peuple élevant la voix dans une louange spontanée, chantèrent comme il est dit au Livre de l'Exode (15, 1) « Je veux chanter le Seigneur, Il a fait un coup d'éclat. Cheval et cavalier, en mer il jeta ».
Cet épisode ne fait pas partie de l'histoire traditionnelle de ce Grade, mais il ne vous échappera pas qu'ici, pouf la deuxième fois, le Tout-Puissant usa de la force des eaux pour détruire le Mal, et fournit les moyens par lesquels la sécurité de ceux qu'Il avait choisis fut préservée.

grace au calendrier d'Hénoch vous pouvez percer ce mystère....

source : http://www.forumreligion.com/t862-les-deux-colonnes-d-henoch

Par Laurent.A le Mar - Publié dans : fondements bibliques de la FM
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 4 décembre 2012 2 04 /12 /Déc /2012 21:53

« La vigne que Noé planta, et son ivresse, et sa nudité, et la suite de ce récit, tout cela est rempli de mystères et voilé de figures ». Saint-Augustin

Introduction :


La Franc-maçonnerie est l’exemple même d’une Tradition totalement réinventée et la preuve que le concept de Tradition ne recouvre pas celui de traditionalisme. Il est évident que la nouvelle maçonnerie qui se forme à Londres sous l’impulsion d’un petit groupe est une oeuvre originale sans précédent. Elle a besoin de s’adosser à d’autres traditions pour assoir son autorité et bénéficier d’une légitimité.

Notre interprétation démontre que le message initial de la Franc-maçonnerie est resté largement incompris jusqu’à ce jour, détouné au profit d’entreprises politiques qui sont sans rapport avec sa mission première. Il s’agit sans doute de l’un des hold up les plus importants de l’histoire contemporaine et aussi des plus méconnus !... A celà quelques raisons parmi lesquelles : l’obscurantisme des hauts grades, pur parasitisme et liseron des premières roses écossaises ; le choix de ne travailler qu’au premier degré (erreur herméneutique lourde de conséquence) et l’absence de toute réflexion originale : l’actuelle Franc-maçonnerie a des semelles de plomb et elle est la moins habilitée à déchiffrer son propre récit qui doit être lu de façon rétroactive à partir du mythe d’Hiram et non à partir du premier degré. En renversant le point de vue et partant du haut vers le bas, tout s’éclaire. C’est ce que nous tentons de mettre en place au travers de ces quelques articles qui précéderont un ouvrage complet à paraître. JK.


Le mythe d’Hiram repose sur trois strates voulues par ses architectes. Noé et la généalogie des meurtriers (Abel et caïn -> Tubalcain), Moïse et le meurtre fondateur civilisationnel (à venir) et la passion du Christ, bouc émissaire et victime substituée qui clot le cycle antique de la Violence. Dans la recherche d’un nouveau contrat social indéfectible voulu par ses idéologues, Hiram intégrera l’ensemble des ces trois séries pour créer le champ de profondeur et la théatralisation nécessaire au siècle des lumières issu en droite ligne de la révolution cartésienne du XVIIème siècle : "la" lumière naturelle. Nous développerons plus loin pourquoi le concept de représentation sera ainsi mis en scène par les auteurs du mythe qui apparait d’ors et déjà comme le " Dogme " fondateur de l’Occident, le lieu de la circulation et de l’échange des signes qu’ils soient économiques, linguistiques ou juridiques. Nous pouvons donc dire à présent sans crainte d’être détrompé que le mythe d’Hiram est le mythe fondateur de l’Occident ayant étendu son ombre à la planète entière.

" Noé commença à cultiver la terre, et planta de la vigne. Il but du vin, s’enivra, et se découvrit au milieu de sa tente. Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères. Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent sur leurs épaules, marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père ; comme leur visage était détourné, ils ne virent point la nudité de leur père. Lorsque Noé se réveilla de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet. Et il dit : Maudit soit Canaan ! [1]) qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères !"

Noé ou le mariage des anges
On peut se pose la question : pourquoi Noé avait-il été choisi pour construire l’Arche et pour être sauvé avec sa famille ? Et pourquoi est-ce sa descendance qui a été choisie pour repeupler le nouveau monde ?

Un texte apocryphe de la Genèse trouvé à Qùmran et un texte extrait du Livre d’Hénoch, version Ethiopienne apportent de nouveaux éclairages (à sa naissance, Noé avait une particularité. Il ressemblait à un Ange) :

Extraits des textes :

Différence de Noé à sa naissance :

"...Et sa chair était blanche comme la neige et rouge comme la fleur de la rose ; et le poil de sa tête et sa chevelure étaient blancs comme la laine ; et ses yeux étaient beaux (...) et son père Lamech fut pris de frayeur devant lui, et il s’enfuit et se rendit auprès de son père Mathusalem et il lui dit : Moi j’ai mis au monde un enfant différent ; il n’est pas comme les hommes, mais il ressemble à un enfant des anges du ciel."

La nudité de Noé correspond à un sentiment de honte "Alors Sem et Japhet prirent un manteau, le mirent sur leurs épaules, marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père ; leur visage étant détourné, ils ne virent pas la nudité de leur père" suite à une manifestation sexuelle incontrolée, ici relative à la boisson.

A quoi donc est due la colère de Noé ?

Au fait qu’il a été vu nu par son fils cadet ou que celui-ci ai raillé son ivresse ? Ou peut-être les deux ! La seule pudeur de Noé ne peut expliquer à elle seule la violence de la malédiction prononcée, non à l’égard de son fils, mais de son petit fils, c’est-à-dire de la lignée de Cham.

En fait Noé incarne la transgression et c’est à ce titre qu’il est un personnage sacré. On peut donc voir dans la nudité un sens exotérique apparent, celui de la transgression sexuelle d’où la condamnation violente de Cham par son père mais aussi un sens ésotérique : ainsi le vin se dit en hébreu "Yayin" avec la valeur numérique de 70 ce qui apparente ce mot à "sod", le secret. L’ivresse doit alors être interprétée comme une extase mystique, une connaissance d’un rang supérieur qu’il convient de voiler ou de protéger dans une arche (theba). Dans cette seconde interprétation, la nudité de Noé n’est pas son sexe, mais le symbole d’une révélation qui en fait un véritable initié. C’est en celà que la figure de Noé servit de prototype à celle d’Hiram. On peut aussi affirmer que le Noachisme à l’inverse d’une interprétation erronée ne fait pas d’Hiram le premier Haut Grade mais bien plutôt le premier grade fondateur des trois premiers qui a postériori y trouvent là tout leur sens.

Manuscrit Graham et la figure prototypale Hiram-Noé
Rituel de relèvement (Raising) : marrow in the bone [2]

Faire coincider la cérémonie d’élévation au 3ème grade avec le relèvement d’un cadavre est la pari de cette nouvelle maçonnerie construite par nos deux pasteurs. On en trouve la traçe notamment dans le manuscrit dit "Graham" :

" Ces trois hommes avaient déjà convenu que s’ils ne trouvaient pas le véritable secret lui-même, la première chose qu’ils découvriraient leur tiendrait lieu de secret. Ils n’avaient pas de doute, mais croyaient très fermement que Dieu pouvait et aussi voudrait révéler sa volonté, par la grâce de leur foi, de leur prière et de leur soumission ; de sorte que ce qu’ils découvriraient se montrerait aussi efficace pour eux que s’ils avaient reçu le secret dès le commencement, de Dieu en personne, à la source même.

Ils arrivèrent donc à la tombe et ne trouvèrent rien, si ce n’est le cadavre déjà presque entièrement corrompu. Ils saisirent un doigt qui se détacha et ainsi de suite de jointure en jointure jusqu’au poignet et au coude. Alors, ils redressèrent le corps et le soutinrent en se plaçant avec lui pied contre pied, genou contre genou, poitrine contre poitrine, joue contre joue et main dans le dos, et s’écrièrent : « Aide-nous, ô Père ! » Comme s’ils avaient dit : « O Père du ciel aide-nous à présent, car notre père terrestre ne le peur pas. » Ils reposèrent ensuite le cadavre, ne sachant que faire. L’un d’eux dit alors : « Il y a encore de la moelle dans cet os », et le second dit : « Mais c’est un os sec » ; et le troisième dit : « Il pue ».

Ils s’accordèrent alors pour donner à cela un nom qui est encore connu de la Franc-Maçonnerie de nos jours. Puis ils allèrent à leurs entreprises et par la suite leurs ouvrages tinrent bon. Cependant, il faut supposer et aussi comprendre que la vertu ne provenait pas de ce qu’ils avaient trouvé ou du nom que cela avait reçu, mais de la foi et de la prière. Ainsi allèrent les choses, la volonté soutenant l’action."

Manuscrit Graham (1726)

Passage de la tente au tombeau :

Il est intéressant de suivre la mutation qui s’opère entre le passage biblique des trois frères qui rentrent à reculons dans la tente avec l’extrait cité plus haut du manuscrit Graham situant l’action cette fois autour d’un tombeau. Nous n’avons plus affaire aux trois mauvais compagnons mais à trois Maitres confirmés : Sem, Cham et Japhet ne mettent pas à mort l’architecte ni ne tentent de lui arracher un quelconque secret. Ici nous sommes en présence d’un pacte autour d’une tombe, d’un acte fondateur. L’arche de Noé s’est transformée en sépulture mais est-ce vraiment un hasard ou ne faut-il pas y voir le fameux lien "soma-seme", (signe-tombeau). Contrairement au texte biblique, Cham ne surprend pas son père en état d’ivresse mais accède selon la formule "à la source même"... Le rite se fonde au nom d’une triple voix qui scelle l’alliance entre cette jeune et nouvelle tradition et les arcanes de la Bible : Traduttore, traditore ...

Le Noachisme

"La Franc-Maçonnerie est bien la résurrection de la religion noachite, celle du patriarche Noé, cette religion antérieure à tout dogme et qui permet de dépasser les différences et les oppositions de confession" Chevalier de Ramsay

Dieu parla ainsi à Noé et à ses fils : "Voici que j’établis mon alliance avec vous et avec vos descendants après vous, et avec tous les êtres animés qui sont avec vous : oiseaux, bestiaux, toutes bêtes sauvages avec vous, bref tout ce qui est sorti de l’arche, tous les animaux de la terre. J’établis mon alliance avec vous : tout ce qui est ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre."

Lamech engendra Noé. Son nom "Menahem" signifie apaisement. Il le reçut après avoir inventé les outils nécessaires à la culture du sol, lequel n’avait jusque là donné que des chardons et des épines. Ce faisant Noé "apaisa" le sol avant d’apaiser le Genre humain. Il convient donc d’apaiser la terre pour apaiser les hommes : son symbole étant la branche d’olivier car l’huile d’olive apaise les flots et rend la mer lisse en la transformant en eau d’huile précisément. Le "Middrasch Rabba (XXV,2) dans son commentaire interprète ainsi l’étymologie du nom du patriarche. En restaurant le pouvoir de l’homme sur toute chose et qui avait été anéanti par la faute d’Adam, le fils de Lamech "apaisa" le Genre humain.

Le Noachisme se définit comme l’alliance retrouvée avec tout ce qui fait Sens. De fait tout noachite est un artisan au service du ré-enchantement du monde et se veut constructeur de nouvelles alliances. Pour autant derrière une façade fusionnelle et consensuelle, rien n’est moins facile que le noachisme car il reste encore - malgré les déclarations de principe d’Anderson-Désaguliers largement à inventer. Sa démarche consistant à n’astreindre les hommes " qu’à cette religion sur laquelle ils sont tous d’accord " reste bien plus un point d’interrogation qu’une réponse.

Parmi les questions : comment Noé fut-il - et pourquoi - l’archétype et le prototype du meurtre d’Hiram, les rapports Noé-Centre du Monde (Voir Guénon Paul Vuillaud), Noé-Lamech...

A Noé fut confié l’ensemble de la création. Aujourd’hui il nous faut nous intérroger :quelle gouvernance pour quel gouvernement ? La planète que Noé nous a confié et transmise en héritage implique aussi la responsabilité de ne pas provoquer d’autres déluges. Ouvrons donc le dossier et tâchons de découvrir la polysémie qui se cache derrière une façade de convenance car le Noachisme reste bien - comme le bonheur - une idée neuve pour les architectes de l’avenir.

la terre en héritage : quels chantiers pour la jeunesse : de nouveaux mondes à faire naitre avec de nouvelles solidarités
les créatures en héritage : comment marier la recherche génétique avec la préservation de l’intégrité du vivant (OGM et recherche sur le génome humain) ?
la beauté et la diversité (arc en ciel) de la création en héritage : comment préserver les diversités de la création qu’elles soient biologiques ou culturelles (biodiversité) ?
l’homme en héritage : quel humanisme (de l’Autre homme avec son concept de "responsabilité" tel qu’il fut amorcé par Hanna Arendt / Emmanuel Levinas) ?


Source : http://antahkarana.forumzen.com/t1261-noe

Par jk - Publié dans : fondements bibliques de la FM
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 4 décembre 2012 2 04 /12 /Déc /2012 21:51

Sem, Cham et Japhet étaient les fils de Noé qui sortirent de l’arche; Cham, c’est le père de Canaan. Ce furent les trois fils de Noé, c’est à partir d’eux que toute la terre fut peuplée. Noé fut le premier agriculteur. Il planta une vigne et il en but le vin, s’enivra et se trouva nu à l’intérieur de sa tente.

Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père et il en informa ses deux frères au-dehors. Sem et Japhet prirent le manteau de Noé qu’ils placèrent sur leurs épaules à tous deux et, marchant à reculons, ils couvrirent la nudité de leur père. Tournés de l’autre côté, ils ne virent pas la nudité de leur père.

Lorsque Noé, ayant cuvé son vin, sut ce qu’avait fait son plus jeune fils, il s’écria : « Maudit soit Canaan, qu’il soit le dernier des serviteurs de ses frères! » Puis il dit : « Béni soit le Seigneur, le Dieu de Sem, que Canaan en soit le serviteur! Que Dieu séduise Japhet, qu’il demeure dans les tentes de Sem, et que Canaan soit leur serviteur! » (Genèse 9,18-27)

Par Bible - Publié dans : fondements bibliques de la FM
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 20 juillet 2012 5 20 /07 /Juil /2012 06:53

QUATRIEME GROUPE: Et nous vers le Midi.

Ils se tournent vers le Sud.

Les quatre groupes partent dans les directions indiquées; les deuxième, troisième el quatrième groupes reprennent ensuite leur place.

1O., près de la porte intérieure : Camarades, voici un main; enquérons-nous auprès de lui.

2O.: Entendu.

3O.: Entendu.

1 O. : Hé l’homme As-tu vu des étrangers passer par ici?

MARIN: Oui, j’en ai vu trois hier.

1O. : Peux-tu nous les décrire ?

MARIN: A leur air, j’ai pense qu’ils étaient des hommes de Tyr; comme il savaient un air de famille, qu’ils étaient frères; comme ils étaient vêtus de tabliers et de gants blancs, que c’étaient des ouvriers qui travaillaient sur le chantier du Temple.

Ils cherchaient à s’embarquer pour l’Ethiopie, mais le Roi Salomon ayant promulgué un édit interdisant à quiconque de quitter le royaume sans un sauf-conduit signé de sa main, n’en ayant pas, ils ne purent s’embarquer et repartirent dans l’intérieur du pays.

1O. : Voilà des nouvelles.

2O. : Des nouvelles importantes.

3O. : Partons les rapporter.

2O. : Entendu.

3O. : Entendu.

Ils prennent la direction de l’Est.

Les ouvriers se dirigent toujours vers l’Est en passant par le côté Nord de la Loge et reviennent toujours par le côté Sud.

1O. : Nous rapportons des nouvelles. Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Quelles nouvelles?

1O. : Nous qui avons voyage vers l’Occident, avons rencontré, en arrivant dans la cite de Jappé, un main à qui nous avons demandé s’il avait vu des étrangers passer par là.

Il répondit qu’il en avait vu trois, le jour précédent, et qu’à leur air il pensait qu’ils étaient des hommes de Tyr, et comme ils avaient un air de famille, qu’ils étaient frères et qu’étant vêtus de tabliers et de gants blancs, c’étaient des ouvriers qui travaillaient sur le chantier du Temple.

Ils cherchaient à s’embarquer pour l’Ethiopie, mais le Roi Salomon ayant promulgué un édit interdisant à quiconque de quitter le royaume sans un sauf-conduit signé de sa main, n’en ayant pas, us ne purent s’embarquer et repartirent dans l’intérieur du pays.

RS. : C’étaient sans aucun doute ces bandits; mais vous n’allez pas en rester là. Reprenez votre route en vous disant bien que si vous ne réussissez pas à remettre ces bandits entre les mains de la justice, c’est vous qui serez considérés comme les meurtriers du Grand Maître Hiram Abif punis en conséquence.

1O. : Repartons vers l’Occident.

2O. : Entendu.

3O. : Entendu.

Ils partent tous vers l’Ouest.

1O.: Je suis fatigue et je vais m’asseoir pour me reposer et me délasser.

2O. continuant sa marche : Viens, nous avons un devoir important à accomplir.

1O. : Holà, camarades! En essayant de me relever, j’ai par hasard saisi cette branche d’acacia qui a cédé si facilement que mon attention en a été attirée.

Les deuxième et troisième ouvriers reviennent vers lui.

2O. : La terre semble avoir été fraîchement remuée.

3O. : On dirait une tombe.

JUBELLA: Oh! Que n’ai-je eu la gorge tranchée, la langue arrachée et enfouie dans les sables de la mer, à la limite des basses ceux, là où la marée monte et descend deux fois en vingt quatre heures, plutôt que d’avoir été complice du meurtre de notre Grand Maître Hiram Abif.

1O. : C’est la voix de Jubella.

JUBELLO : Oh, Que n’ai-je eu le sein gauche ouvert, le coeur et les poumons arrachés et transportés dans la vallée de Josaphat pour y être laissés en pâture aux vautours des airs plutôt que d’avoir été complice du meurtre de notre Grand Maître Hiram Abif.

2O. : C’est la voix de Jubello.

JUBELLUM: Oh! Que n’ai-je eu le corps coupe en deux, les entrailles arrachées et réduites en cendres, et ces cendres dispersées aux quatre vents du ciel plutôt que d’avoir tué notre Grand Maître Hiram Abif.

1O. : C’est la voix de Jubellum. Précipitons-nous, emparons-nous d’eux, ligotons-les et amenons-les devant le Roi Salomon.

2O. : Entendu.

3O. : Entendu.

Les bandits sont amenés à l’Est en passant par le côté Nord de la Loge.

1O. : Nous rapportons des nouvelles, Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Quelles nouvelles?

1O. : Nous avons voyage selon tes instructions et, en arrivant au sommet d’une colline, me sentant fatigué, je me suis assis pour me reposer et me délasser. En essayant de me relever, je saisis par hasard une branche d’acacia qui céda si facilement que mon attention en fut attirée.

Sur quoi je hélai sur le champ mes camarades et alors que nous commentions ce fait singulier, nous entendîmes distinctement des voix provenant des crevasses de rochers voisins et nous reconnûmes la première comme celle de Jubella qui s’écriait : « Oh! Que n’ai-je eu la gorge tranchée, la langue arrachée et enfouie dans les sables de la mer, à la limite des basses caux, là où la marée monte et descend deux fois en vingt quatre heures, plutôt que d’avoir été complice du meurtre de notre Grand Maître Hiram Abif. »

La seconde était celle de Jubello qui s’écriait : » Oh! Que n’ai-je eu le sein gauche ouvert, le coeur et les poumons arrachés et transportés dans la vallée de Josaphat pour y être laissés en pâture aux vautours des airs, plutôt que d’avoir été complice du meurtre de notre Grand Maître Hiram Abif »et la troisième était celle de Jubellum qui s’écriait: « Oh! Que n’ai-je eu le corps coupe en deux, les entrailles arrachées et réduites en cendres, et ces cendres dispersées aux quatre vents du ciel plutôt que d’avoir tué notre Grand Maître Hiram Abif »

Sur quoi nous nous précipitâmes, nous nous emparâmes d’eux, les ligotâmes et les avons amenés devant toi.

RS. : Jubella, tu es accusé de complicité dans le meurtre du Grand Maître Hiram Abif. Qu’as-tu à dire pour ta défense et plaides-tu coupable ou non coupable?

JUBELLA: Coupable.

RS. : Jubello, tu es accusé de complicité dans le meurtre du Grand Maître Hiram Abif. Qu’as-tu à dire pour ta défense et plaides-tu coupable ou non coupable?

JUBELLO: Coupable.

Roi SALOMON: Jubellum, tu es accusé du meurtre du Grand Maître Hiram Abif. Plaides-tu coupable ou non coupable?

JUBELLUM : Coupable.

RS. : Misérables, vils et impies, que vous êtes ! Songez à l’énormité de votre crime et à l’homme de coeur que vous avez tué.

Relevez la tête pour écouter la sentence vous serez conduits hors des murs de la cite et exécutés conformément aux malédictions que vous avez proférées. Hors d’ici! Les bandits sont conduits hors de la Loge en passant par le côté Sud et la porte intérieure. Les ouvriers reviennent à l’Orient en passant par le côté Nord de la Loge.

1O. : Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Ouvriers.

1O. : Les bandits ont été exécutés conformément à tes ordres.

RS. : C’est bien. Partez maintenant à la recherche du corps du Grand Maître Hiram Abif, et si vous le retrouvez, recherchez avec diligence sur lui ou alentour, tout ce qui peut permettre de l’identifier clairement.

1O. : Retournons au sommet de la colline où je me suis assis pour me reposer et me délasser.

3O. : Entendu.

Ils prennent la direction de l’Occident.

1O. : Il semble que ce soit l’endroit.

2O. : Oui, voici la branche d’acacia.

3O. : On dirait une tombe.

1O. : Enlevons la terre. Ils enlèvent le linceul.

Voici un corps, mais il est tellement mutilé et décomposé qu’il est impossible de poursuivre les recherches. Restons à l’écart jusqu’à ce que les effluves putrides aient disparu. Ils font le S. d’O. de Maître Macon et détournent la tête vers la gauche. Reprenons maintenant les recherches. Ils le font. Voici un bijou.

2O. : Détachons-le, remontons et allons rendre compte.

1O. : Entendu.

2O. : Entendu.

Les ouvriers portent le bijou à l’Orient en passant par le Nord de la Loge.

1O. : Nous rapportons des nouvelles, Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Quelles nouvelles?

1O. : Nous sommes repartis selon tes instructions et, en arrivant au sommet de la colline où je m’étais arrête pour me reposer et me délasser, nous avons découvert ce qui semblait être une tombe. La terre enlevée, un corps apparut, mais tellement mutilé et décomposé que nous plaçâmes machinalement nos mains ainsi il fait le S. d’O de Maître Macon, pour protéger nos narines des effluves putrides. Après qu’ils se furent dissipés, nous fouillâmes le corps et la fosse sans rien trouver, sauf ce bijou.

RS. : Montrez-moi ce bijou.

Le Premier Ouvrier le lui montre. A voix basse: Il ne peut y avoir de doute quant à la mort du Grand Maître Hiram Abif, car c’est le bijou qu’il portait. Ouvriers, la grâce que vous implorez vous est entièrement accordée; retournez à votre travail. Ils quittent la Loge en passant par le côté Sud.

RS. : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Ne peut plus y avoir de doute quant à la mort de notre Grand Maître Hiram Abif ni quant à l’identité du corps, car c’est le bijou qu’il portait.

Hélas! Je crains que le mot de Maître Maçon ne soit perdu, car tu te souviens sûrement qu’il avait été convenu entre toi, moi et le Grand Maître Hiram Abif que le mot secret de Maître Maçon ne pourrait être donné que lorsque nous trois serions présents et en serions convenus. L’un de nous n’est plus. Je propose que tu rassembles les ouvriers et que vous m’accompagniez sur la tombe afin de relever le corps et de le ramener au Temple pour lui donner une sépulture plus décente. Je propose aussi que le premier signe que l’on fera en arrivant à la tombe, et que le premier mot que l’on dira après que le corps aura été relevé, soient respectivement le G.S.A.D. et le mot substitué à celui qui est perdu, à moins que la sagesse des générations futures découvre et ramène à la lumière le mot véritable.

HRT. : Entendu. Frère Maréchal.

MARECHAL: Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : Rassemble les ouvriers.

MARECHAL: Ouvriers! Rassemblez-vous deux par deux, sur le côté Nord de la loge, face à l’Orient. Les ouvriers se rassemblent, Maréchal en tête. Les Intendants avec leurs cannes. Le Roi Salomon ayant Hiram Roi de Tyr à sa gauche, suivis par les ouvriers par deux, le Chapelain fermant la marche. Le cortège fait trois fois le tour de la loge. Au troisième tour, à l’Ouest, le Maréchal lui fait former une seule file. Une musique funèbre est jouée pendant que les Frères font le tour de la Loge. En arrivant à la tombe, les intendants forment à son chevet un arc de leur canne au-dessus du Roi Salomon. Le Maréchal prend place au Sud du Corps, Hiram Roi de Tyr au pied de la tombe, le Chapelain à l’Autel, les Frères se tiennent debout, faisant le S de F.

RS. fait une seule fois le G.SA.D. et dit: OSMDN’YATIPD’APLFDLV? il s’adresse aux ouvriers : Ici gisent les restes de votre Grand Maître Hiram Abif abattu dans l’accomplissement de son devoir, martyr de sa fidélité. Il fut porte en cet endroit solitaire par des mains impures, à minuit, dans l’espoir que l’oeil de l’homme ne le découvrirait jamais plus, ni que la main de la justice ne se poserait sur ceux qui l’avaient assassiné. Vain espoir! Ici gisent les restes de votre Grand Maître Hiram Abif. Son oeuvre n’était pas achevée, pourtant sa colonne est brisée, les honneurs qui lui revenaient à si juste titre ne lui ont pas été rendus, sa mort fut prématurée et ses frères sont dans le deuil. Son corps sera relevé, honoré, ramené au Temple pour y recevoir une sépulture plus décente, et un monument sera érigé pour commémorer ses travaux, sa fidélité et sa mort prématurée. Frère Hiram Roi de Tyr, efforcez-vous de relever le corps par l’Attouchement d’Apprenti.

HRT. s’y efforce, mais en vain : En raison de l’état avancé de putréfaction, le corps ne peut être relevé ainsi, la peau se détache de la chair.

Le RS fait alors le G.S.A.D. de même que les Frères.

RS. : OSMDN’YATIPD’APLFDLV.?

Frère Hiram Roi de Tyr, vous connaissez un Attouchement plus fort, l’Attouchement de Compagnon. Efforcez-vous de relever le corps par cet attouchement.

HRT obéit mais échoue dans sa tentative : Très Excellent Roi Salomon, pour la raison précédemment donnée, le corps ne peut être relevé ainsi. La chair quitte les os.

Le RS fait le G.SA.D. de même que les Frères.

RS. : OSMDN’YATIPD’APLFDLV? Frère Hiram Roi de Tyr, que faire en pareille extrémité?

HRT. : Prier.

RS. se découvre : Mes Frères, prions!

Tous s’agenouillent sur le genou gauche au S.D.F.

CHAPELAIN: O Dieu, tu nous vois tomber et nous redresser, et tu pénètres nos pensées les plus intimes. Protège-nous et défends-nous contre les mauvaises intentions de nos ennemis, et soutiens-nous dans les moments d’épreuve et d’affliction qu’il est dans notre destinée de subir pendant que nous traversons cette vallée de larmes. Les jours sont comptés et pleins de malheurs à l’homme né de la femme. Il vient, tel une fleur, mais il est vite cueilli, et il disparaît de même, comme l’ombre fugitive. Il voit que ses jours sont comptés et que la durée de sa vie dépend de Toi. Tu lui as assigné des limites qu’il ne peut franchir, en lui laissant le temps du repos, jusqu’à ce qu’il ait achevé sa journée. Il y a, pour tout arbre abattu, l’espoir qu’il porte un bourgeon nouveau et que le rameau qui en jaillira n’aura pas de fin. Mais l’homme meurt et son corps part en poussière; oui, l’homme rend l’esprit et qu’advient-il de lui? De même que l’eau vient à manquer à la mer et le cours de tout fleuve à s’affaiblir et tarir, de même l’homme se couche-t-il pour ne plus se relever jusqu’à la fin des cieux. Pourtant, ô Dieu, aie pitié des enfants de Ta création, accorde leur le réconfort dans le malheur et le salut pour l’Eternité.

Amen.

LES FRERES: Qu’il en soit ainsi. 

Commentaire Thomas Dalet :

le Rite York par ce drame qui fait partie de la cérémonie du 3ème Degré nous rappelle les grades d’Elus du REAA . L’exécution des mauvais compagnons et la recherche du corps d’Hiram sont des thèmes développés dans les 9ème, 10ème et 11èmedegrés du REAA.

Par Rituel York - Publié dans : fondements bibliques de la FM
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 20 juillet 2012 5 20 /07 /Juil /2012 06:48

JUBELLA: Grand Maître Hiram Abif, je suis heureux de te rencontrer seul à seul; c’est une occasion que je recherchais depuis longtemps. Tu m’avais promis que lorsque le Temple serait achevé, tu nous donnerais le mot secret de Maître Maçon pour que nous puissions obtenir le salaire de Maître quand nous voyagerions dans les pays étrangers. Regarde, le Temple va être achevé, et j’exige le mot secret de Maître Maçon.

1D. : Ce n’est ni le moment ni le lieu pour donner le mot secret de Maître Maçon; attende que le Temple soit achevé et dédié, et alors, situ es jugé digne, tu le recevras, mais pas autrement.

JUBELLA: Pas autrement! Je ne veux pas entendre parler de moment ni de lieu! Donne ­moi le mot secret de Maître Maçon.

1D. : Je ne te le donnerai pas!

JUBELLA: Tu ne me le donneras pas? Donne-moi le mot secret de Maître Maçon à l’instant même, ou bien je t’ôte la vie!

1D. : Tu ne l’auras point!

JUBELLA: Alors meurs!

Il frappe le candidat au travers de la gorge avec la règle de 24 p. Le Premier Diacre et le candidat se rendent à l’Occident.

JUBELLO pose sa main gauche sur l’épaule droite du Candidat : Grand Maître Hiram Abif, j’exige le mot secret de Maître Maçon; la plupart des ouvriers attendent et beaucoup désirent ardemment recevoir les secrets de Maître Maçon.

1D. : Ouvrier, pourquoi cette violence? Je ne peux le donner, et il ne peut l’être qu’en présence de Salomon, Roi d’Israël, d’Hiram Roi de Tyr et de moi-même.

JUBELLO: Grand Maître Hiram Abif, ta vie est en danger, les avenues du Temple sont bien gardées, et toute fuite impossible! J’exige par conséquent de toi le mot secret de Maître Maçon!

1 D. : Je ne te le donnerai pas!

JUBELLO: J’exige encore, pour la dernière fois, le mot secret de Maître Maçon, ou je t’ôte la vie!

1D. : Dispose de ma vie, mais de mon intégrité jamais !

JUBELLO: Alors, meurs !

Il frappe le candidat à la poitrine avec l’E....

Le Premier Diacre el le candidat se rendent à l’Orient.

JUBELLUM pose ses mains sur les épaules du candidat : Je t’ai entendu argumenter avec Jubella et Jubello. Tu as pu leur échapper, mais tu ne m’échapperas pas à moi! Je m’appelle Jubellum et ce que je me propose de faire, je le fais! J’ai à la main un instrument de mort; si tu m’opposes à présent un refus, gare à toi. Donne moi donc le mot secret de Maître Maçon!

1D. : Je ne peux le donner.

JUBELLUM: J’exige de toi le mot secret de Maître Maçon!

1 D. : Je ne te le donnerai pas!

JUBELLUM: Grand Maître Hiram Abif, pour la troisième fois, j’exige de toi le mot secret de Maître Maçon!

1D. : Ouvrier, tu exiges en vain; attends que le Temple soit achevé et alors je ferai de mon mieux pour te satisfaire.

JUBELLUM: Alors meurs!

Jubellum frappe alors le candidat au front avec un maillet pesant, on étend celui-ci au sol.

JUBELLA: Hélas, qu’avons-nous fait?

JUBELLO: Nous avons tué notre Grand Maître Hiram Abif, et nous n’avons pas obtenu le mot secret de Maître Maçon!

JUBELLUM: Ne discutez pas vainement à propos du mot secret de Maître Maçon, enterrons le corps dans les débris du chantier du Temple, et retrouvons-nous à minuit pour nous concerter.

JUBELLA: Entendu.

JUBELLO: Entendu.

Ils prennent le corps et le transportent à quelques mètres et le recouvrent. Ils se retirent du côté Ouest de la Loge.

Extinction des lumières. Pause.

On entend les douze coups de minuit. Ils reviennent auprès du candidat.

JUBELLUM: Est-ce toi Jubella?

JUBELLA: Oui.

JUBELLUM: Est-ce toi Jubello?

JUBELLO: Oui.

JUBELLA : C’est l’heure.

JUBELLO : C’est le lieu.

JUBELLUM: Et voici le corps; aidez-moi à le porter vers l’Occident jusqu’au sommet d’une colline où j’ai préparé une tombe pour l’ensevelir.

JUBELLA: Entendu.

JUBELLO: Entendu.

Ils disposent le corps entre l’Autel et l’Occident, la tête vers l’Occident; Ils le disposent par terre en trois lemps.

JUBELLUM: Je propose maintenant que nous plantions cette branche d’acacia au chevet de la tombe, comme repère, afin de le retrouver, si nécessaire, dans l’avenir.

JUBELLA: Entendu.

JUBELLO: Entendu.

JUBELLUM: Quittons maintenant le royaume.

Les Frères reprennent leur place, les lumières sont rallumées.

Tumulte.

Les Officiers changent de titre.

Roi SALOMON: O Frère Hiram Roi de Tyr.

HIRAM Roi de TYR: Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Quelle est la cause de ce tumulte et pourquoi les ouvriers ne poursuivent-ils pas leur travail comme à l’accoutumée ?

HRT. : Il n’y a pas de plans sur la planche à tracer qui permettent aux ouvriers de poursuivre leur travail et le Grand Maître Hiram Abif a disparu.

RS. : Le Grand Maître Hiram Abif a disparu? Il a de tout temps été ponctuel dans l’accomplissement de chacun de ses devoirs. Je crains que quelque accident ne lui soit arrive. Faites fouiller à fond l’intérieur et les abords de toutes les parties du Temple et voyez si l’on peut le retrouver.

HRT. : Ouvriers, rassemblez-vous!

Douze ouvriers portant le tablier de Maître Maçon et assis au Midi, se dirigent vers le Nord, puis font face à l’Ouest et font le Signe de Fidélité.

Fouillez à fond l’intérieur et les abords de toutes les parties du Temple et voyez si l’on peut retrouver le Grand Maître Hiram Abif.

Les ouvriers fouillent le Nord de la Loge et posent des questions auxquelles répondent les Frères ou ouvriers.

1O. : Avez-vous vu notre Grand Maître Hiram Abif ?

2O. : Pas depuis hier Midi.

2O. : Avez-vous vu notre Grand Maître Hiram Abif ?

3O. :  Pas depuis hier Midi.

3O. : Avez-vous vu notre Grand Maître Hiram Abif?

4O. : Pas depuis hier Midi.

1 O. à l’Occident : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : Ouvrier.

1O. : L’on a fouillé l’intérieur et les abords de toutes les parties du Temple sans pouvoir retrouver notre Grand Maître Hiram Abif. On ne l’a pas vu depuis hier Midi.

Les douze ouvriers sortent de la Loge

HRT. : Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : L’on a fouillé à l’intérieur et les abords de toutes les parties du Temple sans pouvoir retrouver notre Grand Maître Hiram Abif ; on ne l’a pas vu depuis hier Midi.

1O. du dehors : *  *  *.

GI.: Frère Hiram Roi de Tyr, on frappe à la porte!

HRT. : Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : On frappe à la porte!

RS. : Voyez qui frappe et quelle en est la cause!

GI., il ouvre la porte : Qui va là ?

1O. : Douze Compagnons qui demandent audience au Roi Salomon; nous avons une communication importante.

GI., referme la porte : Frère Hiram Roi de Tyr, douze Compagnons demandent audience au Roi Salomon et disent qu’ils ont une communication importante.

HRT. : Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : Douze Compagnons demandent audience et disent qu’ils ont une communication importante.

RS. au Garde Intérieur : Admettez-les.

Douze Compagnons, portant leur tablier comme tels, font leur entrée, six d’un côté de la loge et six de l’autre, et se dirigent vers l’Orient devant lequel ils forment un demi-cercle, s’agenouillent sur le genou droit et font le Signe d’Obligation de Compagnon. S’il n ‘y a que trois Compagnons, ils entrent à la suite l’un de l’autre et forment un demi-cercle à l’Est de l’Autel.

1O. : Très excellent Roi Salomon.

RS. : Ouvrier.

1O. : Les douze Compagnons que nous sommes ainsi que trois autres avons monte une conspiration pour arracher à notre Grand Maître Hiram Abif le mot secret de Maître Maçon ou lui ôter la vie. Ayant réfléchi à l’énormité du crime, nous y avons renoncé et nous nous présentons devant toi, vêtus de tabliers et de gants blancs, symbole de l’innocence et nous implorons humblement ton pardon. Nous craignons cependant que les autres n’aient été vils au point de mettre leur dessein meurtrier à exécution.

RS. : Relevez-vous, retournez à votre travail; de votre conduite future dépendra votre pardon.

Les douze Compagnons reculent de quelques pas, et reprennent, pour sortir de la loge, le même chemin que lorsqu’ils sont entrés, et se rendent dans les parvis. On laisse la porte ouverte.

Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Faites faire l’appel de toutes les équipes d’ouvriers et voyez qui, éventuellement, n’y répond pas.

HRT. : Frère Secrétaire.

SEC. : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : Faites l’appel de toutes les équipes d’ouvriers et voyez qui, éventuellement, n’y répond pas.

Le Secrétaire se rend dans les parvis.

SEC. : Ouvriers! Rassemblez-vous pour l’appel!

Amos, Caleb, Esdras, - Jubella - Jubella - Jubella. Pas de réponse.

Josué, Ezéchias, Nathan, - Jubello - Jubello - Jubello. Pas de réponse. Samuel, Isaïe, Oholiab, - Jubellum - Jubelluin - Jubelluin. Pas de réponse. Gédéon, Aggée, Daniel.

Il referme la porte et se rend à l’Occident.

SEC. : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : Frère Secrétaire.

SEC. : L’appel de toutes les équipes d’ouvriers a été fait et Jubella, Jubello, Jubellum, tous trois frères et originaires de Tyr, n’y ont pas répondu.

Il regagne sa place.

HRT. : Très Excellent Roi Salomon.

RS. : Frère Hiram Roi de Tyr.

HRT. : L’appel de toutes les équipes d’ouvriers a été fait et Jubella., Jubello, Jubellum, tous trois frères et originaires de Tyr, n’y ont pas répondu.

RS. : Frère Hiram Roi de Tyr, douze Compagnons se sont présentés devant moi ce matin, vêtus de tabliers et de gants blancs, symboles de l’innocence, et ont avoué qu’ils avaient monté, ainsi que trois autres, une conspiration pour arracher à notre Grand Maître Hiram Abif le mot secret de Maître Maçon, ou lui ôter la vie. Ayant réfléchi à l’énormité du crime, ils y avaient renoncé et ont imploré mon pardon. Ils craignaient, cependant, que les autres n’aient été vils au point de mettre leur dessein meurtrier à exécution. Sortez des équipes d’ouvriers ces douze Compagnons, constituez les en groupes de trois et envoyez-les vers l’Orient, l’Occident, le Nord et le Midi, à la recherche des absents.

HRT. : Ouvriers, rassemblez-vous!

Douze Compagnons se rassemblent et forment un demi-cercle face à l’Occident et font le Signe d’Obligation.

Vous qui vous êtes présentés devant le Roi Salomon ce matin et avez avoué, constituez-vous en groupes de trois et allez vers l’Orient, l’Occident, le Nord et le Midi, à la recherche des absents et ne revenez pas sans nouvelles.

PREMIER GROUPE: Dirigeons-nous vers l’Occident.

Ils se tournent vers l’Ouest.

DEUXIEME GROUPE: Dirigeons-nous vers l’Orient.

Ils se tournent vers l’Est.

TROISIEME GROUPE: Allons vers le Nord.

Ils se tournent vers le Nord.

 

Par Rituel York - Publié dans : fondements bibliques de la FM
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 19 juillet 2012 4 19 /07 /Juil /2012 07:27

GRADE DE MAITRE.

MES FRERES,

Un grand crime commis, une cérémonie funèbre, la commémoration de la mort d'un personnage illustre, tels sont les faits que présente la légende du troisième grade symbolique. Si ce mot symbolique ne nous rappelait pas que, dans ce grade comme dans les précédents, tout est emblématique, l'observation seule de ses cérémonies suffirait pour nous en convaincre.

 

En effet, que présente-t-il à notre esprit? La mort d'un chef de travaux, assassiné par trois ouvriers perfides, et emportant avec lui le secret de la Maçonnerie; l'édification magnifique d'un monument chez un peuple que ses malheurs et ses proscriptions ont rendu célèbre. Tous ces événements si ordinaires sont donc dignes d'occuper tant d'hommes éclairés chez tous les peuples et pendant tant de siècles ? Quel intérêt peuvent-ils présenter à notre esprit? Aucun, s'ils sont pris à la lettre. Eh quoi ! après trois mille ans qui se sont écoulés depuis Salomon, la France, l'Europe, le monde entier célébrerait encore, avec des marques de douleur, la mort d'un architecte, tandis que tant de sages, tant de philosophes ont perdu la vie, sans qu'on en conserve le souvenir autrement que dans l'histoire? Mais cet Hiram soi-même est-il un autre Socrate, un de ces bienfaiteurs du genre humain dont le nom rappelle les vertus éminentes ou les services les plus signalés. J'ouvre les annales des nations, et ne trouve pas même son nom; aucun historien n'en a gardé le souvenir. L'historien sacré, le seul qui l'ait nommé, ajoute à peine à son nom l'épithète de parfait ouvrier; et, dans les débats minutieux de tout ce qui accompagne et suit la construction du temple, il n'en est nullement fait mention, pas même de sa mort tragique, événement que n'eût point omis l'écrivain scrupuleux.

 

A défaut de l'Écriture, la mémoire des hommes a sans doute conservé cet événement, dont le souvenir s'est perpétué dans les familles ? Non ; la tradition est encore en défaut ici, et rien ne rappelle qu'Hiram soit tombé sous les coups d'assassins, ainsi que le rapporte la tradition maçonnique; d'où nous devons conclure que cette mort n'est qu'une allégorie, dont il nous sera facile de trouver la clé.

 

Gardons-nous ici de nous abandonner aux hypothèses, ainsi que tant d'autres l'ont fait ; d'appliquer cette commémoration funèbre à tous les événements qui rappelleront un grand crime religieux, politique ou privé, et de couvrir du nom et des emblèmes d'Hiram toutes les victimes de la tyrannie, du fanatisme ou de la cupidité.

 

Depuis bien des siècles, et partout encore, des Maçons célèbrent à l'envi la mort d'Hiram. Cet événement intéresse donc le monde entier, et non pas seulement une nation, une secte, un ordre, une coterie; il n'appartient à aucun temps, à aucun culte, à aucun peuple en particulier; il ne nous rappelle ni la mort de Jésus , considéré comme victime de la haine sacerdotale; ni Socrate, proscrit par le fanatisme et l'intolérance; ni le chef respectable d'un ordre illustre, livré au supplice le plus affreux par le despotisme politique le plus inouï; il ne commémore ni les proscriptions des premiers chrétiens, ni celles des Israélites chez les diverses nations européennes, ni celles plus récentes et plus affreuses qui, sous les derniers Valois, inondèrent l'Europe du sang de ses enfants, allumèrent les bûchers de Jean Hus et ceux de l'inquisition, et firent tomber l'élite de la noblesse française sous le poignard des Médicis.

 

La raison suffit pour nous convaincre qu'il ne s'explique ni par les chimères astrologiques, ni par les folies de l'alchimie; ces objections sont autant de vérités qui résultent de la seule réflexion; mais quelle est donc celte victime illustre, quel est son assassin ? C'est ce qu'il convient de chercher.

 

La méditation et l'étude des initiations antiques nous ont déjà conduit à la découverte de plusieurs vérités, à l'interprétation de plusieurs des emblèmes maçonniques, inintelligibles sans ce secours; suivons encore la même marche, et que cette étude soit pour nous le fil d'Ariane, qui nous aidera à sortir du dédale ténébreux des hiéroglyphes.

 

Dans les deux dernières séances de ce Cours, j'ai démontré l'analogie qui existe entre les deux premiers grades de la Maçonnerie moderne, et les premiers pas de l'initiation égyptienne, de celle de la Grèce , de celle de Mithra, de celle même des premiers chrétiens. J'ai fait voir, dans l'apprenti, l'aspirant de Thèbes et d'Eleusis, le soldat de Mithra, le catéchumène.

 

Dans le compagnon, le miste, l'initié du second ordre, le lion des mystères d'Orient, le néophyte chrétien. Prouvons maintenant que le Maître, malgré ses formes hébraïques, n'est autre que l'Epopte, le voyant, l'initié de tous les temps et à tous les mystères.

 

Considérons d'abord l’Orient, berceau de toutes les religions, de toutes les allégories ; voyons-le dans ces temps reculés, où les mystères ont commencé. Partout on reconnaît, sous des noms différents, la même idée reproduite; partout un dieu, un être supérieur, ou un homme extraordinaire subit le trépas, pour recommencer bientôt après une vie glorieuse, partout le souvenir d'un grand et funeste événement, d'un crime ou d'une transgression, plonge les peuples dans le deuil et la douleur, auxquels succède aussitôt l'allégresse la plus vive.

 

Ici, c'est Osiris succombant sous les coups de Typhon; ailleurs, Athys ou Mithra ; en Perse, Oromaze cédant pour quelques instants au noir et farouche Arhimane; en Phénicie, c'est Adonis, frappé par un sanglier, et ressuscitant peu après. Je ne finirais pas, si je voulais rappeler ici toutes les morts qui sont devenues, pour les peuples, des sujets de fêtes funèbres, et dont les légendes différentes se rattachent néanmoins aux mêmes principes que celles d'Hiram.

 

La liste quoique incomplète que nous donnons ici prouve que le grade de Maître appartient à la théogonie de tous les peuples :

 

Osiris est tué par Typhon, qui lui dresse des embûches ;

Sommonacodon, par un cochon;

Adonis, par un sanglier jaloux ;

Etion, par des bêtes féroces;

Orsmud est vaincu par Arhimane ;

Néhémie, par Armilius, vaincu lui-même par le second Messie;

Abel est assassiné par Caïn ;

Balder, par Hother, l'aveugle ;

Allyrotius est tué par Mars;

Sousarman, par Soudra ;

Bacchus, mis en pièces par les Géants;

Les Assyriens pleurent la mort de Thammus ;

Les Scythes, les Phéniciens, celle d'Acmon;

Toute la nature, celle du grand Pan;

Zohak est vaincu par Phéridoun ;

Soura-Parama, par Soupra-Munie ;

Moïa Sour, par Dourga ;

Pra-Souane, par Sommonacodon, contre lequel se révolte son frère

Thevatath ;

Uranus est mutilé et détrôné par Saturne, que Jupiter détrône ensuite ;

Agdestis, Atys se mutilèrent eux-mêmes;

Chib meurt en fécondant sa femme ;

Jahud est immolé par Saturne, son père ;

Indra, Thévatha, Jésus expirent sur la croix ;

Les Turcs célèbrent la fin tragique et pourtant nécessaire d'Hossein ;

Les Manichéens, celle de Manès, etc.

 

La croyance au dogme des deux principes a donné naissance à ces fictions ; elles prévalent surtout chez les Perses. Ce dogme était l'opinion favorite de Plutarque, moins comme initié que comme philosophe. Cependant, Plutarque, initié, et n'osant pas révéler le grand secret des mystères, mais, à l'exemple de Philoctète, sachant, heureusement pour nous, éluder son serment, met suffisamment sur la voie l'initié moderne , et donne à la fable de l'initiation une interprétation morale et religieuse, conservée dans cette maxime : Elevez des temples à la vertu , et construisez des cachots pour les vices. Ce dogme prévient celui qui se livre à ses méditations qu'il doit éviter deux écueils, dans lesquels beaucoup d'hommes sont tombés : les uns, s'écartant de la véritable voie, ont donné dans la superstition ; et les autres, croyant fuir la superstition, se sont livrés à l'impiété, et, ajoutent-ils , à l'athéisme.

 

En Egypte, après s'être rendu, par son courage, ses vertus et son instruction , digne de la faveur des dieux, le candidat était enfin admis à l'initiation. Le voile qui lui cachait la statue magnifique d'Isis était écarté, et la déesse paraissait à sa vue, non telle qu'aux yeux du vulgaire , entourée d'emblèmes et d'hiéroglyphes inexplicables , mais nue, c'est-à-dire qu'en recevant l'initiation, l'adepte participait à l'interprétation secrète des mystères, interprétation que recevaient les seuls initiés. Pour eux, Isis n'est plus cette déesse, sœur et femme à'Osiris, que le vulgaire adore sous tant de formes et avec tant d'attributs différents; c'est la nature, dans toutes ses époques, que caractérisent ses symboles. Osiris est l'astre du jour, ou le principe de la lumière et de la chaleur ; après avoir parcouru l'univers, il meurt par la trahison de Typhon ; si ce crime est commis sous le signe du Scorpion, si ses membres épars sont réunis par les soins de son épouse , s'il ressuscite enfin , c'est que le soleil , après avoir parcouru sa route céleste , semble, vers la fin de l'année, succomber et mourir, pour renaître bientôt après, plus brillant et plus beau. Ainsi, toute l'histoire de ce dieu, que le peuple adorait, le front courbé dans la poussière , n'était pour l'initié qu'un thème céleste. h'Adonis phénicien présente les mêmes emblèmes, sous des aventures peu différentes. Consultons et interprétons sa légende. Adon, racine de ce mot, signifie dieu , seigneur; le pluriel Adonaï signifie, dans l'hébreu, les dieux. Adonis était l'amant chéri de Vénus. Cette fable symbolise le soleil fécondant la nature pendant le printemps et l'été. Après cette époque, cet astre perd, sur notre hémisphère, ses facultés productives. Voilà pourquoi , dans l'automne, Adonis allant à la chasse, est terrassé par un sanglier (symbole de l'hiver), qui le mutile et le prive de ses facultés génératrices. Avant d'être rendu à Vénus, qui déplore sa perte, ce dieu, dont la mutilation et la mort ne sont qu'une fiction, doit passer les six autres mois de l'année avec la Vénus (ou la nature) de l'hémisphère inférieur, cette femme des constellations, placée sur les sphères, devant le serpent, prœ serpens, d'où vient le nom de Proserpine. Voilà donc le soleil du printemps on de l'été, mourant en automne, pour revenir au printemps suivant.

 

Les histoires d'Athys , de Mithra; la descente de Chrisna aux enfers, dans l'Inde ; la lutte d'Orsmud et d’Ahrimane, celle de Christ et de Satan, ne sont également, comme la première, que l'emblème de la lutte perpétuelle de la lumière et des ténèbres, de la révolution annuelle du soleil.

 

Mais quel rapport peuvent avoir ces diverses fables astronomiques avec l'histoire de l'architecte du temple de Salomon, de ce monument magnifique élevé par le plus sage des rois au grand architecte des mondes ? Il n'existe aucun monument authentique du meurtre d'Hiram; l'Ecriture n'en dit rien ; c'est une histoire toute controuvée, qui, fût-elle certaine, ne serait, pour nous et pour toutes les nations pour qui ce crime est étranger, d'aucun intérêt.

 

Mais reprenons l'histoire d'Hiram, telle qu'elle est mentionnée dans les fastes maçonniques.

 

Ce respectable maître, en visitant un soir les travaux, est assailli par trois compagnons infidèles, qui l'assassinent , sans pouvoir lui arracher le mot de maître, ce mot ineffable, cette parole innommable , que le grand-prêtre prononçait seulement une fois dans l'année.

 

Observons bien que c'est aux portes d'occident, du midi et d'orient que sont placés les assassins, c'est-à-dire aux points qu'éclaire le soleil, qui ne va jamais au nord dans l'hémisphère boréal. Les scélérats cachent ensuite ce corps dans la terre, et en marquent la place par une branche d'acacia. Remarquons ici deux objets importants.

 

Le premier, que douze personnages jouent un grand rôle dans cette histoire, de même que dans toutes celles qui ont le soleil pour objet ; savoir : les trois assassins compagnons, c'est-à-dire ouvriers inférieurs, et neuf maîtres, ou neuf ouvriers supérieurs. Ce nombre douze répond évidemment aux signes que parcourt l'astre du jour; les trois compagnons sont les signes inférieurs, les signes d'hiver, ceux qui donnent la mort à Hiram, savoir : la Balance, le Scorpion et le Sagittaire , qui, vers le milieu de l'automne, occupent ces trois points du ciel, en sorte que le premier se trouve vers le déclin ou à l'occident, le second à son ascension droite au midi, et le dernier commence à paraître au levant, ce qui est figuré par la porte d'orient, où Hiram meurt, comme le soleil meurt dans le Sagittaire, et renaît immédiatement ou recommence une année nouvelle dans le Capricorne.

 

Si les trois autres signes inférieurs sont représentés par des maîtres, c'est que le soleil commence alors à remonter. Ce sont eux qui relèvent le corps du Respectable Maître, et à ce titre ils ont des droits à être élus. De là, ces paroles du très Respectable aux deux surveillants : « Ne savez-vous pas que vous ne pouvez rien sans moi, et que nous pouvons tout ensemble ? »

 

Nous voyons de même, dans les fables hébraïques, douze patriarches et un seul temple pour douze tribus; chez les chrétiens, douze apôtres ou compagnons de Christ, dont il est à remarquer que trois manquent aussi à leurs devoirs : le premier, en le livrant à ses ennemis; un autre, en le reniant trois fois; le dernier, en doutant de sa résurrection. Celui qui le livre reçoit trente pièces de monnaie, nombre des jours qui composent un mois; il les rejette dans le temple de Jérusalem, symbole de l'univers, où les jours et les mois disparaissent. - Chez les Egyptiens, chez les Grecs et les Romains, nous voyons également douze grands dieux. Les autels de Janus sont au nombre de douze, de même que les travaux d'Hercule. Il me serait facile de pousser plus loin ces analogies.

 

Enfin, c'est une branche d'acacia qui fait retrouver la victime et décèle les coupables. Or, il est digne de remarque que, dans toutes les fables antiques, un arbre joue un rôle important dans les allégories solajres. Ici, c'est l'arbre de la science du bien et du mal, emblème du passage des ténèbres à la lumière, ou de l'hiver à l'été. Arrêtons-nous un instant à cette allégorie, dont les jeunes Maîtres ne se sont peut-être pas encore rendu compte : cet arbre représente l'année ; la connaissance du bien est ce bonheur dont on jouit dans les saisons agréables et productives du printemps et de l'été, règne du bien. La science du mal est la funeste connaissance que l'on fait des rigueurs et des privations de l'hiver, règne du mal. On peut donc dire métaphoriquement que l'homme initié à cette science connaît le bien et le mal, connaît l'année ; et si, par des études profondes, il pouvait apprécier et savoir tout ce que la nature prépare et accomplit dans une révolution annuelle, il connaîtrait Dieu.

 

Il est certain qu’Adam, qui signifie la nature humaine, et fut créé mâle et femelle, mais qui, ensuite, ne représente plus que le premier homme, et sa compagne Eve, qui signifie la vie, ayant tous deux passé, dans l'Eden, le printemps et l'été, ont nécessairement goûté, de l'arbre allégorique , le fruit produit pendant le règne du bien ; puis, le serpent vient indiquer sur la sphère céleste que le règne du mal va commencer. La science allégorique, qui s'insinue partout, a fait que malum, qui veut dire le mal, signifie aussi pomme, production de l'automne, qui annonce que les récoltes sont faites, que le laboureur doit, à la sueur de son front, recultiver et réensemencer la terre. Le froid arrive ; il doit se couvrir, non avec la feuille allégorique du figuier, mais autrement.

 

La sphère tourne ; on voit l'homme des constellations (le Bootès ), précédé de la femme, ayant à la main le rameau de l'automne chargé de fruits ; elle semble seducere, conduire avec elle, ou, allégoriquement, entraîner, séduire l'homme. Telle est l'allégorie des deux premiers humains , chassés du paradis , et celle de l'arbre de la science du bien et du mal.

 

Ailleurs, c'est le lotus égyptien, l’amandier d'Athys, le myrte de Vénus, le gui druidique, le rameau d'or de Virgile, le buis du dimanche des Rameaux, le jonc ou le roseau des pèlerins ; dans la fable maçonnique, c'est l’acacia ou le tamaris, sous lequel vint échouer le coffre qui renfermait le corps d'Osiris. Cet arbre, dépouillé de feuilles au solstice d'hiver, a été choisi par les révélateurs, pour mieux indiquer que la fable d'Hiram était un voile qui ne devait pas être pris à la lettre. Mais les anciens, regardant l'acacia comme incorruptible, on a, pour couvrir le corps du dieu-victime, substitué ses branches (symbole d'éternité) au myrte, au genêt, au laurier, toujours verts , qui, à cette époque de l'hiver, figurent dans les anciennes théogonies. Pour annoncer qu'à ce triomphe des ténèbres et de mort apparente, doit bientôt succéder une vie nouvelle ou une prochaine révolution solaire, les auteurs du zodiaque n'ont-ils pas placé une couronne verte entre les jambes du Sagittaire, signe dans lequel est le soleil au solstice d'hiver, et d'où il doit sortir triomphant ?

 

Ainsi, le premier grade, entièrement consacré, chez les anciens, aux épreuves physiques, était spécialement l'emblème du commencement de l'année, ou du printemps, pendant lequel le soleil croît, acquiert des forces, et passe la ligne qui sépare les signes inférieurs des supérieurs. Ce grade était encore, au moral, l'emblème de l'enfance ou du printemps de la vie, figurée par la pierre brute, susceptible de recevoir toutes les formes, sous les mains d'un artiste habile ; ce qui rappelle les avantages d'une bonne éducation ; car, ainsi que j'ai eu l'occasion de le faire remarquer, les allégories anciennes avaient été si sagement méditées, qu'elles étaient applicables, sous quelque point de vue qu'on les considérât, à l'instruction et au bonheur de l'humanité.

 

Le compagnonnage est l'emblème de la jeunesse, de cet âge où l'homme, après avoir soumis les passions qui l'entraînent dans l'âge précédent, se fortifie par l'étude des sciences, des lettres, de la philosophie; cultive sa raison, apprend à se connaître , et se forme , en quelque sorte, une existence nouvelle consacrée aux vertus et à la sagesse. Il symbolise l'été, cette saison où l'astre du jour, ayant acquis toute sa force, embrase l'univers de ses rayons bienfaisants, et mûrit, par son active chaleur, les fruits dont la nature a couvert la terre fécondée. La pierre cubique qui caractérise ce grade figure l'homme instruit et policé, vivant pour la société, et dont le premier devoir doit être d'en conserver les formes, emblèmes de la solidité et de la droiture.

 

La maîtrise, enfin, figure l'automne , cette dernière saison où le soleil termine sa course, et, comme le Phénix , dont il a été le type, meurt pour renaître de ses cendres. Elle figure l'âge mûr, cette époque de la vie où l'homme recueille les fruits de ses travaux et de ses études. Son emblème est la planche sur laquelle sont tracés les plans, c'est-à-dire les leçons de la morale et de l'expérience, les devoirs des compagnons et ceux des apprentis.

 

Ne soyez point étonné, mon frère, si toute la Maçonnerie, en se reportant aux saisons et aux époques de la vie, est entièrement renfermée en trois grades. Ce nombre indique, ainsi que nous l'avons déjà vu, l'origine orientale de ces allégories. Nées dans le Nord ou dans l'Occident, à Rome ou même dans la Grèce, elles eussent présenté l'emblème de quatre saisons, auxquelles on aurait fait rapporter quatre époques de la vie.

 

Les religions antiques, et celles des Egyptiens surtout, étaient pleines de mystères. Une foule d'images et de symboles en composaient le tissu ; admirable tissu ! ouvrage sacré d'une suite non interrompue d'hommes sages, qui lisaient dans le livre de la nature, et traduisaient en langage humain ce langage ineffable.

 

Ceux qui, d'un regard stupide, voyaient, sans les comprendre, ces images, ces symboles, ces allégories sublimes, croupissaient, il est vrai, dans l'ignorance comme bien des Maçons de nos jours ; mais leur ignorance était volontaire. Dès le moment qu'ils en voulaient sortir, tous les sanctuaires leur étaient ouverts, et s'ils avaient la constance et la vertu nécessaire, rien ne les empêchait de marcher de connaissance en connaissance, de révélation en révélation, jusqu'aux plus sublimes découvertes. Ils pouvaient, vivants et humains, et suivant la force de leur volonté, descendre chez les morts, s'élever jusqu'aux dieux, et tout pénétrer dans la nature élémentaire ; car la troisième initiation, ou grade de maître, était la connaissance approfondie des religions , et les religions alors embrassaient toutes ces choses ; mais l'initié qui voulait pénétrer dans les secrets mystérieux du sacerdoce, n'arrivait à ce point culminant de la doctrine sacrée qu'après avoir parcouru tous les grades inférieurs, après avoir alternativement épuisé la dose de science dévolue à chaque grade, et s'être montré digne d'arriver au plus élevé.

 

Le roi d'Egypte seul était initié de droit, et, par une suite inévitable de son éducation, admis aux plus secrets mystères. Les prêtres avaient l'instruction de leur ordre, ils augmentaient de science en s'élevant en grade, et savaient tous que leurs supérieurs étaient non seulement plus élevés, mais plus éclairés qu'eux, en sorte que la hiérarchie sacerdotale, telle qu'une pyramide assise sur sa base, s'éclairait en s'élevant, et dans son organisation théocratique, offrait toujours la science alliée an pouvoir. Quant au peuple, il était, à son gré, ce qu'il voulait être.

 

La science, offerte à tous les Egyptiens, n'était commandée à personne. Les dogmes de la morale, les lois de la politique, le frein de l'opinion, le joug des institutions civiles, étaient les mêmes pour tous ; mais l'instruction religieuse différait suivant la capacité, la vertu, la volonté de chaque individu. On ne prodiguait pus les mystères comme aujourd'hui on prodigue la Maçonnerie, parce que les mystères étaient quelque chose. On ne profanait pas la connaissance de la Divinité, parce que cette connaissance existait, et, pour conserver la vérité à plusieurs, on ne la donnait pas vainement à tous.

 

Heureuse sagesse , qui, pour avoir été méconnue des Maçons modernes, ôte à la Maçonnerie ses plus belles prérogatives ; depuis surtout que son sanctuaire est ouvert indistinctement à qui peut en payer l'entrée.

 

Avant que la Franc-maçonnerie, dans nos siècles modernes, quittât ses limites naturelles, le grade de Maître conservait encore quelques vestiges de son ancien éclat; un Maçon pouvait, à travers différents emblèmes qui l'environnaient, reconnaître le caractère, le but et l'origine de cet antique monument de la sagesse humaine.

 

L'origine des anciennes fables mythologiques se perd dans la nuit des temps; mais ce qu'il y a de remarquable dans la manière dont elles sont traitées, c'est que, malgré le nombre considérable de ces poëmes, et malgré la différence des époques et des lieux qui les ont vus naître, on retrouve, dans chacun des sujets diversement traités, la même invention, comme le même esprit.

 

Les auteurs de ces ouvrages ont donc puisé à la même source, puisque, sans se connaître et sans s'entendre, ils se sont réellement entendus, et qu'ils ont tenu les mêmes discours et parlé le même langage ? C'est donc une seule et même règle qui les a guidés dans leur travail? C'est ainsi que les Maçons, placés sur des points différents de ce vaste univers, communiquent ensemble et coopèrent, d'un accord commun, à la prospérité générale de l'ordre, et au bien de chaque membre en particulier.

 

Dans les poëmes antiques, consacrés par les prêtres à l'usage des religions, on voit généralement, sous des formes différentes, la lumière en opposition avec les ténèbres ; l'orient et l'occident, le bon et le mauvais génie, se faisant la guerre. La nativité du héros ou du personnage mis en scène, y est célébrée ou fêtée solennellement. Sa fin tragique est scrupuleusement détaillée ; il est pleuré et on creuse son tombeau.

 

C'est donc la nature qu'il faut étudier, si l'on veut entrer dans le sanctuaire des initiations, et si on veut lever le voile qui depuis long-temps couvre les mystères sacrés des anciens, comme ceux de la Maçonnerie.

 

La marche du compagnon s'arrête au solstice d'été. L'astre du jour va quitter insensiblement notre hémisphère; il semble rétrograder : voilà pourquoi l'on fait voyager à reculons le récipiendaire. Le Temple était presque achevé, c'est-à-dire qu'alors toutes les plantes ont produit, et qu'il ne s'agit plus que d'attendre la maturité.

 

Le grade de Maître va donc nous retracer allégoriquement la mort du dieu-lumière, soit que l'on ne considère ce dieu que comme le soleil physique, mourant en hiver pour reparaître et ressusciter au printemps, à Pâques, c'est-à-dire à son passage dans le signe du Bélier ou de l’agneau réparateur, et rendre la vie à la nature; soit que, comme le philosophe, on ne voie qu'une commémoration figurée ; une peinture emblématique du chaos, du sein duquel jaillit la lumière éternelle; ou bien, ce qui revient au même, de la putréfaction exprimée par le mot MACB., mort apparente des corps, mais source inépuisable de vie , par laquelle le germe, au printemps, reçoit son développement.

 

L'édification d'un temple au Seigneur était, comme chacun le sait, la légende allégorique que les restituteurs de la Franc-maçonnerie ont substitué à celle qui faisait la base des anciens mystères ; une suite naturelle de ce choix a dû être de faire d'Hiram, qui, en hébreu, s'écrit Chiram dans le livre des Rois, et Chouram dans celui des Paralipomènes, et qui signifie , dans le premier cas, vie élevée, et, dans le second, candide, blanc, expressions qui conviennent toutes au soleil, personnage principal de la légende maçonnique.

 

Cet Hiram, surnommé métaphoriquement l'architecte du temple de Salomon, est l'emblème du Grand Architecte de l'Univers,comme l'hiérophante représentait Phta, Osiris, Jacchus, ou la divinité quelconque, au culte de laquelle il était consacré. Aussi, quoique nommé dans la Bible, Hiram ne doit-il être considéré, dans la Maçonnerie , que comme un personnage allégorique ; et cette assertion est si vraie que, dans les grades supérieurs, sa légende a disparu , et qu'il n'est plus question de lui.

 

D'ailleurs les prêtres égyptiens ne communiquant les hauts mystères qu'à ceux de leur nation qui consacraient leur vie au sacerdoce, on a dû prendre le complément de la Maçonnerie , ou le voile du grade de Maître, dans les cérémonies d'un culte qui pouvait avoir quelque ressemblance avec celui des Egyptiens. On a donc tiré de la religion juive le complément des mystères de la Franc-maçonnerie , et la légende de Moïse affirme qu'il passa en Egypte pour s'instruire de toutes les sciences.

 

Dévoilons donc les mystères de la mort A'Hiram , et nous verrons, dans son tombeau , celui du ciel sous le nom à'Osiris.

 

Les trois compagnons perfides trahissant leur maître, comme fit Typhon à l'égard à'Osiris, et jaloux de la gloire d'Hiram, qu'ils assassinent, ne sont qu'un symbole du mauvais principe que l'on a figuré, dans toutes les fables anciennes, comme un prince jaloux, ravisseur de la puissance de son chef qu'il poursuit sans cesse et parvient à tuer.

 

C'est ici le lieu de remarquer l'effet perpétuel des sens équivoques de la plupart des mots dans les traductions ; nous citerons, pour exemple, les deux mois tuer et ressusciter, et nous verrons que nous ne devons les considérer qu'allégoriquement, et ne pas les prendre à la lettre: tuer est traduit du mot latin occidere, d'où nous avons fait occident,-et ce mot si usuel ne représente à notre esprit ni meurtre, ni assassinat, ni rien de révoltant, parce que l'occident, en style allégorique, est l'être, le temps, ou le point du monde qui tue, parce qu'il fait disparaître le soleil, et alternativement tous les astres ; de même , par une métamorphose hardie, nous trouvons le mot resurgere, traduit par le mot ressusciter, quoique ce verbe latin n'ait jamais signifié revenir à la vie, mais bien se lever une seconde fois, se lever de nouveau, ce qui convient parfaitement au soleil.

 

Les noms des trois meurtriers d'Hiram varient beaucoup dans les différents rites, et suivant les diverses applications que l'on a faites de la Maçonnerie :

 

Ce sont Abhiram, Romvel, Gravelot ou Hobbhen dans les grades allemands, Schterkè (force), Austerfuth (hors la porte), ou dans l'Ecossisme, Giblon, Giblas, Giblos; ou bien Jubela, Jubelo, Jubelum , etc.

 

Un Templier y voit Squin de Florian, Noffodei et l'inconnu sur les dépositions desquels Philippe-le-Bel accusa l'ordre devant le pape; il y voit encore Philippe-le-Bel, Clément V et Noffodéi (qu'il appelle les trois abominables.)

 

Le Maçon couronné y croit voir les trois auteurs de la mort de Christ : Judas, Caïphe et Pilate.

 

Le philosophe y découvre le mensonge, l'ignorance et l'ambition, ligués contre la vérité. En voici l'interprétation morale tirée du 29* grade prétendu écossais, le chevalier du soleil, et rapportée dans le n° 44 de l'Abeille Maçonnique :

 

« Les trois compagnons scélérats (le mensonge, l'ignorance et l'ambition) viennent de frapper Hiram (la vérité,ministre de Salomon), Hiram, « l'architecte du Temple qui devait réunir tous les hommes au pied du « même autel (la Maçonnerie). La Sagesse divine (Salomon) arme les ena fants de la vérité contre le mensonge, l'ignorance et l'ambition ; elle les « ceint d'une écharpe noire, emblème de deuil, et leur conûo une arme « qui ne saurait être qu'un symbole de la raison, de la science, de la dou« ceur et du bon exemple qui seuls peuvent éclairer et convaincre. Les « enfants de la vérité combattent; ils sont vainqueurs. »

 

Il est dit, dans la narration de ce grade, qu'Hiram se présente à la porte d'occident pour sortir du temple , et vous prévoyez, mon frère, que sa sortie est impossible, car le soleil ne peut pas sortir de notre univers ou du temple de la nature. La marche d’Hiram, pour se soustraire aux coups des assassins , est précisément ce que fait le soleil, soit le premier jour du printemps, si l'on suppose cet astre prenant son domicile dans le signe du Bélier, soit le dernier jour de son triomphe au solstice d'été ou enfin la veille de sa mort qui a lieu dans la Balance , et où il descend à l'horizon par la porte d'occident ; si alors on se reporte sur la sphère, et que l'on examine la position que le Bélier prend à l'orient, on voit près de lui le grand Orion , le bras levé tenant une massue, dans l'attitude de frapper; au nord, on voit Persée, une arme à la main , et dans l'attitude d'un homme prêt à faire un mauvais coup. Dès cet instant, son inclinaison vers l'hémisphère austral paraît si prompte qu'elle ressemble à une chute -, le voilà donc précipité dans le tombeau; reparaîtra-t-il, sera-t-il rendu à nos vœux ? C'est cette inquiétude qui a dû saisir les premiers hommes; on la figure par les recherches que l'on fait du corps d'Hiram. Ainsi son assassinat, pris dans le style figuré ou allégorique, est, comme la passion à'Osiris, Adonis, d'Athys ou de Mithra, un fait de l'imagination des prêtres astronomes, qui avaient pour but la peinture de l'absence du soleil sur la terre, afin de désigner par cette circonstance le triomphe du mauvais principe ou des ténèbres sur la lumière , ou sur le bon principe. Les initiés qui célèbrent ce mystère, ont donc raison de s'habiller de noir, et de décorer le temple de voiles funèbres.

 

Le roman céleste que l'on présente sur Hiram est complet ; car la sphère fait voir les neuf maîtres qui vont à la recherche de son corps ; en effet, si l'on porte les regards à l'occident de l'horizon , lorsque le soleil se couche dans le signe du Bélier, on distinguera, autour de cette constellation : Persée, Phaéton et Orion, entourant ainsi les constellations qui décorent le ciel dans cette position, et on remarquera au nord : Cephée, Hercule et le Booiès, et à l'orient paraîtront : le Centaure, le Serpentaire et le Scorpion ; tous marchent avec lui et le suivent pas à pas, jusqu'à l'instant de sa nouvelle apparition à l'orient.

 

Les six jours qui s'écoulèrent entre la mort d'Hiram et la découverte de son corps, sont encore une suite du

même thème céleste ; car ces six jours sont l'image des six : mois que le soleil passe dans les signes inférieurs avant de reparaître à l'orient, dans le signe du Bélier ou de l'agneau réparateur. Et la découverte du cadavre d'Hiram, qui se fait le septième jour, est un symbole de la résurrection du soleil, qui effectivement s'opère le septième mois après son passage dans les signes inférieurs, passage que sa disparition a fait considérer comme sa mort ou comme sa descente aux enfers (loci inferi, lieux inférieurs).

 

Quand le soleil hivernal paraît, en décembre , quitter nos climats pour aller régner sur l'hémisphère inférieur, et qu'il semble, pour nous, descendre dans le tombeau, la Nature, alors, est comme veuve de son époux, de celui dont elle tient, chaque année, sa joie et sa fécondité. Ses enfants se désolent ; c'est donc à juste titre que les Maçons, élèves de la nature, qui, dans le grade de maître, retracent cette belle allégorie, se nomment les enfants de la veuve (ou de la nature), comme, à la réapparition du dieu, ils deviennent les enfants de la lumière.

 

Un signe important que l'on reçoit dans ce grade se nomme signe de secours. Il se fait en disant : A moi les enfants de la VEUVE. Il rappelle l'esprit de paix que les anciennes divinités Gérés, Isis et autres répandaient sur leurs initiés pour lesquels ces noms étaient entre eux une égide. Dans maints périls et souvent à la guerre, ce signe a, dans les derniers siècles, prévenu ou allégé bien des malheurs. Le souvenir de la veuve sauvera longtemps encore la vie à ses enfants.

 

La nature nous a destinés à naître et à mourir au sein de l'amitié. Le besoin de secours et d'appui qu'exigent les premiers et derniers jours de notre vie en est la preuve, et c'est à payer les secours déjà reçus et à mériter ceux dont on aura besoin que doit être consacré cet âge de la vie qui en sépare les deux extrémités, et dont la dernière est symbolisée dans ce grade de manière à nous préparer utilement à ce long jour qu'aucune nuit ne termine.

 

Tout ce qui rappelle le trépas est empreint de grandeur. Les parois de ce temple ont aujourd'hui revêtu leurs vêtements funèbres ; les signes de la fragilité humaine ont entouré le sarcophage où vous avez un moment figuré ; des lueurs sépulcrales ajoutaient à l'horreur des ténèbres; des sons plaintifs, s'emparant des facultés de votre âme, ont dû la disposer au recueillement, à la mélancolie, à la méditation, et faire naître en vous des réflexions profondes; car approcher de la mort, c'est toucher à la vérité.

 

La mort est la condition pour laquelle nous sommes nés; la craindre serait une folie, parce qu'on ne doit craindre que les événements incertains. Il est des circonstances où il faut savoir la mépriser.

 

Ce n'est pas la mort qu'on redoute, c'est la perte de la vie qu'on regrette, parce qu'elle est un bien certain et dont nous sommes en possession. Si l'on meurt jeune, il paraît dur d'être arraché à ce qu'on n'a connu encore que pour le désirer. Cependant les années ne font point le bonheur, c'est l'usage qu'on en fait, et la manière dont on les termine ; car une belle mort jette un éclat immortel sur tout le cours de la vie , comme une mort infâme la déshonore à jamais ; ce dernier jour, dit l'auteur de la sagesse, est le juge de tous les autres jours.

 

Frère nouvellement admis, la mort, il est vrai, est le but où tendent tous les êtres; mais dans l'économie de l'univers, la vie même sort du sein du trépas. Dans le cours de votre réception, vous avez vu que le bon principe peut succomber; mais vous avez appris aussi que le mauvais principe n'est point invincible. Ayez toujours dans l'esprit cette vérité, et appliquez-la constamment à vos pensées et à vos actions. Remarquez surtout que ce qui vous est arrivé est une démonstration physique de la résurrection des corps. Cette renaissance a eu lieu pour vous donner cette grande leçon morale que toujours la victime triomphe.

 

Mon frère, vous entendrez souvent, dans les discours de nos orateurs, donner un synonyme au mot maçonnerie, parce qu'avant son emploi, on disait l’art royal. Quelques auteurs ont rapporté l'origine de cette expression technique au zèle que montra, pour l'initiation, le roi Salomon. On aurait pu dire également art impérial ou auguste, quand Marc-Aurèle s'y fit admettre.

 

L'origine donnée par le frère Dumast est curieuse et plus vraie : « D'aussi loin que l'homme a commencé à réfléchir sur lui-même, il a vu que, dans certaines circonstances, connaissant et approuvant le bien, il faisait pourtant le mal. Le video meliora proboque, deteriora sequor a dû lui prouver que la puissance des désirs était plus forte que celle de la raison ; il ne jouissait qu'en apparence, et non réellement, de son libre arbitre; qu'il fallait, par l'habitude de la résistance, comprimer le ressort de ses passions avant d'acquérir la liberté effective de choisir et de se déterminer dans toutes les actions de la vie. Dès lors, la première idée qu'a fait naître l'aspect d'un sage, a été celle d'un homme libre et maître de lui-même; et toute institution qui tendait à faire des sages est devenue un art de liberté et de royauté.

 

«La plus belle de toutes les victoires est celle qu'on remporte sur soi-même : celui dont le cœur est esclave servirait jusque sur le trône ; celui dont le cœur est libre reste libre jusque dans les fers. » Toutes ces maximes, ou leur germe se retrouvent dès les plus anciens temps de l'histoire. »

Source : http://legende-hiram.blogspot.fr

Par JM Ragon - Publié dans : fondements bibliques de la FM
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 19 juillet 2012 4 19 /07 /Juil /2012 07:11

La plupart des sources de la légende maçonnique d’Hiram-Abif tne reposent que sur des ressemblances entre certains éléments légendaires, mais ne rejoignent pas l’ensemble de l’économie de la légende. C’est Roger Dachez qui relève une source qui semble assez proche contextuellement : le manuscrit Graham de 1726, catéchisme maçonnique qui présente des parallèles certains avec d’autres écrits du même genre, comme " The whole institutions of free-masons opened" de 1725.

Premier récit :

Il s’agit d’« un texte de confession chrétienne qui [ ... ] n’hésite pas à manier la typologie » et une symbolique proprement chrétienne. Ainsi la plupart des symboles maçonniques qui y sont mis en oeuvre sont expliqués « en référence » ou « en considération » d’éléments chrétiens : la Trinité, le Christ et ses deux natures, la visite des Mages à la crèche, etc. De même, les vrais et bons constructeurs sont opposés à ceux qui construisirent la tour de Babel par orgueil, insultant de cette manière la Divinité. Le texte s’achève sur trois récits successifs, que les maçons possèdent « par tradition et aussi par référence à l’Écriture ».

Sem, Cham et Japhet, les trois fils de Noé, se rendent à la tombe de leur père pour tenter d’y découvrir quelque chose à son sujet, qui les guiderait jusqu’au puissant secret que détenait ce fameux prédicateur. ... Ces trois hommes étaient déjà convenus que s’ils ne trouvaient pas le véritable secret, la première chose qu’ils découvriraient leur tiendrait lieu de secret .
Arrivés à la tombe, ils ne trouvent rien d’autre que le corps de leur père, corrompu, et dont la main et l’avant-bras se détachent en morceau ; ils le relèvent alors « en se plaçant avec lui pied contre pied, genou contre genou, poitrine contre poitrine, joue contre joue et main dans le dos », selon la méthode que l’on apprend plus loin être celle des « cinq points des compagnons francs-maçons », et qui sont mis en correspondance avec « cinq origines, une divine et quatre temporelles » : le Christ, Pierre, Moïse, Bazalliell et Hiram.

Ils s’écrient alors : « Marrow in this bone (moelle dans cet os) », qui n’est pas sans analogie phonétique avec certaines des variantes du Mac-Benah hiramique.

Deuxième récit :

Il suit immédiatement celui des trois fils de Noé, rapporte l’histoire de Bazalliell qui, sous le règne du roi Alboyne (ou Alboyin), « sut par inspiration que les titres secrets et les attributs principiels de Dieu étaient protecteurs, et il bâtit en s’appuyant dessus’ ». Sa renommée s’étendit tant que les deux plus jeunes frères du roi voulurent être instruits par lui, ce à quoi il consentit à la condition qu’ils ne révélassent pas ses secrets sans qu’un troisième fût là pour joindre sa voix à la leur. A sa mort, conformément à sa volonté, il fut enterré dans la vallée de Josaphat par les deux princes qui gravèrent sur sa tombe :

Ci-gît la fleur de la maçonnerie, supérieure à beaucoup d’autres, compagnon d’un roi et frère de deux princes. Ci-gît le cœur qui sut garder tous les secrets, la langue qui ne les a jamais révélés .

Et l’on crut alors « que les secrets de la maçonnerie étaient complètement perdus parce qu’on n’en entendait plus parler ».

Troisième récit :

Il prend place pendant la construction du Temple de Salomon et met en scène le bronzier Hiram de Tyr du Premier Livre des Rois 7 dont les versets 13 et 14 sont cités quasiment littéralement :

Cela dit, nous lisons au Premier Livre des Rois, chapitre 7, verset 13, que Salomon envoya chercher Hiram à Tyr. C’était le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali et son père était un tyrien qui travaillait le bronze. Hiram était rempli de sagesse et d’habileté pour faire toutes sortes d’ouvrages de bronze. Il vint auprès du roi Salomon et lui consacra tout son travail. Cet Hiram, « rempli de sagesse », ayant reçu l’inspiration divine à l’instar de Salomon et Bazalliell, « bon maître » et surveillant « le plus sage de la terre’ », résout une querelle de salaires entre manœuvres et maçons en donnant aux seconds « un signe » que les premiers n’ont pas.

Ces trois récits successifs présentent d’étonnantes similitudes avec la légende d’Hiram telle que rapportée par Masonry dissected : non seulement Hiram y est présent conjoignant les caractéristiques du bronzier des Livres des Rois et de l’artisan expert des Livres des Chroniques, particulièrement auprès des maçons, mais encore nous avons le récit d’un relèvement en cinq points (pour la première fois attesté dans un document maçonnique) d’un cadavre corrompu, la mention d’un secret perdu à la suite d’une mort et que ses chercheurs s’entendent à substituer s’ils ne le découvraient pas, une formule en M. B. liée à cette substitution, l’obligation de garder un secret. Simplement, pour ces derniers éléments, ce n’est pas Hiram qui en est le porteur, mais Noé puis Salomon. Tout se passe donc comme si les maçons de la Grande Loge de Londres, auxquels se rapportent Masonry dissected, avaient superposé les trois récits du Graham (dont au moins deux, celui de Noé et celui de l’Hiram biblique, sont connus des Anciens Devoirs) pour les fondre dans une nouvelle légende, celle d’Hiram-Abif.

Dans cette ligne, les Constitutions de 1738 amplifient elles aussi, par rapport à la version de 1723, leur récit concernant Hiram et elles ajoutent :

[ ... ] en l’absence de Salomon (Hiram Abif) était en Chaire en tant que Député Grand Maître, et en sa présence était Premier Grand Surveillant ou principal Inspecteur et Maître d’Ouvrage. Mais bien qu’HIRAM ABIF ait été Tyrien par le sang, cela ne modifie en rien ses énormes capacités ; car les Tyriens étaient alors les meilleurs Artisans, grâce aux encouragements du roi HIRAM ; et ces textes [des Rois et des Chroniques] attestent que Dieu avait donné sagesse, intelligence et habileté mécanique à cet HIRAM ABIF pour accomplir tout ce que demanda SALOMON, non seulement en construisant le TEMPLE dans sa magnificence coûteuse, mais aussi en fondant, façonnant et créant tous les saints accessoires, selon la Géométrie, et pour découvrir tout ce qui lui sera présenté ! Et les Écritures nous assurent qu’il soutint sa réputation en des travaux plus importants que ceux de Aholia et Bezaleel, ce pour quoi les Loges l’honoreront jusqu’à la fin des temps. [... Le Temple] fut achevé dans le court délai de 7 Ans et 6 Mois, au grand Etonnement du Monde, quand les Frères célébrèrent la pose de la dernière pierre. Mais leur Joie fut bientôt interrompue par la mort soudaine de leur cher Maître HIRAM ABIF, qu’ils enterrèrent décemment dans la Loge près du Temple selon l’usage ancien.

Ce texte de la nouvelle version des Constitutions officielles de la Grande Loge de Londres ne reprend pas la totalité de la légende rituelle pratiquée par des maçons de cette même Grande Loge depuis plus de dix ans et ceci se comprend si l’on prend en considération le fait que les rituels devaient rester secrets alors que les constitutions étaient aisément accessibles au lectorat non maçon. En outre, fut annexée à cette édition des Constitutions une Défense de la maçonnerie, publiée en l’an 1730, à l’occasion d’un pamphlet intitulé Dissection de la maçonnerie et signée du pseudonyme Euclide. Cette défense, loin de réfuter la légende hiramique de Masonry dissected, entend au contraire la confirmer en convoquant le récit virgilien de l’invocation d’Anchise par Énée et de la découverte du corps de Polydore par Énée, ainsi qu’en évoquant l’usage oriental de l’acacia pour l’embaumement des morts.

Cette approbation plus qu’implicite du récit de Prichard explique donc que l’évocation d’Hiram par les Constitutions de 1738 rappelle certains éléments de cette légende : Hiram-Abif meurt avant la fin de la construction (ce qui n’apparaît pas dans la Bible), il est enterré décemment (près du Temple cependant, alors que Masonry dissected disait « dans le Saint des Saints »). Plus globalement, sa figure est plus dominante encore que dans les Constitutions de 1723, puisque le roi Hiram qui était dans ces dernières « grand maître de la loge de Tyr » n’apparaît plus comme tel dans l’énumération des fonctions hiérarchiques maçonniques.

Enfin, on aura remarqué dans les Constitutions de 1738 la présence d’un certain constructeurs Bezaleel qui pourrait bien être le Bazalliell du manuscrit Graham, qui renverrait alors au Beçalel (nom qui signifie « à l’ombre de Dieu ») artisan expérimenté du Tabernacle et de ses accessoires, de l’Arche et de ses ornements, et des vêtements sacerdotaux, doté de la sagesse divine, versé dans la Torah, le Talmud et la science des lettres, ancêtre de Salomon et compagnon d’Oholiav (le Aholia des Constitutions de 1738 et, peut-être, le Alboyn du Graham) avec lequel il a contemplé sur le Sinaï le sanctuaire céleste. La description qu’en donne la Bible peut aisément expliquer qu’une assimilation se soit faite entre Beçalel et l’Hiram du Temple :

Le Seigneur adressa la parole à Moïse :

« Vois : j’ai appelé par son nom Beçalel, fils d’Ouri, fils de Hour, de la tribu de Juda. Je l’ai rempli de l’esprit de Dieu pour qu’il ait sagesse, intelligence, connaissance et savoir-faire universel ; création artistique, travail de l’or, de l’argent, du bronze, ciselure des pierres de garniture, sculpture sur bois et toutes sortes de travaux. De plus, j’ai mis près de lui Oholiav, fils d’Ahisamak, de la tribu de Dan, et j’ai mis la sagesse dans le cœur de chaque sage pour qu’ils fassent tout ce que je t’ai ordonné : la tente de la rencontre, l’arche pour la charte, le propitiatoire qui est au-dessus, tous les accessoires de la tente, la table et ses accessoires, le chandelier pur et tous ses accessoires, l’autel du parfum, l’autel de l’holocauste et tous ses accessoires, la cuve et son support, les vêtements liturgiques, les vêtements sacrés pour le prêtre Aaron, les vêtements que porteront ses fils pour exercer le sacerdoce, l’huile d’onction, le parfum à brûler pour le sanctuaire. Ils feront exactement comme je te l’ai ordonné. » (Ex 3 1, 1 -11 cf. 36-39.)

Si l’on rapproche cette description biblique de Beçalel de celle d’Hiram dans le Deuxième Livre des Chroniques 2, 12-13 :

Je t’envoie donc maintenant un spécialiste doué d’intelligence, Huram-Abi, fils d’une femme danite et d’un père tyrien, qui sait travailler l’or, l’argent, le bronze, le fer, la pierre, le bois, la pourpre, le violet, le lin et le carmin, exécuter toute sculpture et réaliser tout projet qui lui sera confié

On comprend que le Graham puisse considérer qu’« Hiram avait reçu une inspiration divine, tout comme le sage roi Salomon ou encore le saint Betsaléel » (n’oublions pas que 1 R 7, 13, précise qu’il est « rempli de sagesse, plenum sapientia, filled with wisdom »).

Ainsi, entre 1723, première mention d’Hiram-Abif dans un texte maçonnique, les Constitutions, qui ne connaît encore que deux grades, apprenti (apprentice) et compagnon (fellow), et 1730, où, dans Masonry dissected, se rencontre, associés, une légende maçonnique achevée d’Hiram et l’attestation d’un troisième grade, le maître, la maçonnerie anglaise a donc vu émerger ensemble le troisième grade et la légende hiramique.

source : www.ledifice.net

Par Thomas Dalet - Publié dans : fondements bibliques de la FM
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

  • Hauts Grades Maçonniques
  • : Hauts Grades Maçonniques
  • : Blog de recherche sur la Franc-Maçonnerie, la Spiritualité et l'Esotérisme dédié à mon ancêtre James O'Kelly, Franc-Maçon catholique. Erin Go Bragh !
  • Contact

liens

Compteurs

   un compteur pour votre site
        1635 ABONNES A LA NEWSLETTER    
2730 ARTICLES PUBLIES 

Le blog de la RL L.Dermott

            Loge Dermott

http://logedermott.over-blog.com

 

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés