spiritualité

Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 07:19

C'est à cause des persécutions des croyants en un seul Dieu, que les Gnosticiens, qui ne voulaient admettre qu’un seul Dieu, eurent, dès longtemps, entre eux un dogme secret, et des initiations allégorique à des opinions cachées, discipline arcani Le nom des Gnostisiens est Grec : le verbe Gnosti était le premier mot de la fameuse inscription du temple du soleil :

 

« Gnosti Seauton » Connais-toi.

 

Ce temple, dédié au soleil, ne veut pas dire que les Gnosticiens adoraient le soleil. De ce que nos églises soient dédiées, ou à saint Denis, qui porta sa tête après sa mort ; ou à saint Dominique, lequel institua la sainte inquisition ; ou à saint Nicodême ; ou à d'autres saints du calendrier Romain, il ne s'enfuit nullement que les Français adorent comme des Dieux tout-puissants, les grands saints qui ont donné leur nom à nos églises.

 

Les Gnosticiens se nommaient les prêtres du soleil, par la même raison que nos moines et bénédictions s'appellent généralement les prêtres de l'abbaye, prêtres de Saint-Denis, de Saint-Germain-l’Auxerrois, etc. etc., et non les prêtres de Dieu. Cependant ils n'adorent pas l’abbaye ; c'est Dieu qu'ils prétendent adorer. Si l’on mettait plus de clarté dans les discussions théologiques, il n'y aurait pas tant de fiel dans le cœur des dévots ; ou du moins les conséquences de leur aveuglement volontaire ne feraient pas si dangereuses pour les honnêtes gens.

 

Le nom Grec des Gnosticiens nous autorise à chercher l'origine de leurs opinions parmi les chrétiens de l'Asie mineure ; dans l'empire Grec qui subissait encore, c'est-à-dire, en même temps que la langue Grecque ; et la philosophie de cette langue durent avoir sur les Chrétiens d'Orient une grande influence.

 

Si je vais chercher l'origine des opinions Gnosticiennes au sein même du Christianisme de l'Orient, ç'est que l'histoire ecclésiastique m'apprend que les Gnosticiens parurent en public alors de l'établissement du Christianisme, comme s'ils en eussent été le tronc, la fleur et le fruit, selon les expressions des partisans du Gnosticisme. Dans le premier siècle, après la naissance de Jésus, la nouvelle philosophie Platonicienne était fort en usage parmi les Juifs : ce qui a fait dire à Boulanger que Celse, au rapport d’Origène, reprochait au Fils de Marie d'avoir emprunté plusieurs de ses dogmes de Platon ; et quand il ferait vrai, selon S\ Augustin, cité par Boulanger, qu'on trouve dans Platon, le commencement de l'Evangile de S\ Jean, Boulanger a tort d'accuser le Nazaréen de n'être pas même un grand homme. Ce phénomène d'érudition eût rendu à son siècle de plus signalés service, s’il se fût un peu plus attaché à peindre les choses, et s'il ne s'était pas trop occupé de: montrer son indignation particulière (32).

 

O Jesus, Fils de Marie, un vrai Dieu sur la terre, tu feras toujours pour moi le fils chéri de l’Eternel : nom sublimes et mérite, qui a fourni à Milton des vers pleins d'enthousiasme et de majesté.

 

« Je suis aussi le Fils de Dieu, ou je l'étais ! Et si je l’étais, je le suis encore ! Car Dieu ne méconnaît pas sa famille. Tous les hommes sont enfants de Dieu (33) »

 

De la philosophie Platonicienne en usage depuis longtemps chez les Juifs, ou Joviens, ou Israélites, nâquit la cabale, cabbala, nom trop profané de nos jours, par une populace mystérieuse, pour nous donner une faible idée des respects profonds des sages qui apportèrent avec fierté, le nom de cabalistes ; ce qui prouve que la cabale alors bien entendue, contenait une philosophie noble et pure, quoique symbolique, et non mystérieuse ; car encore une fois, un symbole n'est pas un mystère.

 

Les cabalistes croyaient sans doute un seul Dieu, puisqu’ils enseignaient le dogme de l’unité de Dieu. Ils avaient aussi une image allégorique pour donner quelques idées justes de ses œuvres et de son essence. Voulaient-ils peindre la divinité d'une manière abstraite, c'est-à-dire, comme enfermant Tout en son sein, ils la représentaient à leurs disciples par une tête imberbe.  Avaient-ils à peindre le Dieu créateur et fécondant, une tête barbue exprimait cette création et cette fécondation. La tête…imberbe représentait encore l’immutabilité, la nature et l’essence des choses. La tête barbue, une création éternellement continuée ; et en général, la perfection perpétuelle des choses qui tombent sous nos sens. Comme ils suivaient la loi des Juifs, il ne leur était pas permis de faire des images, de peur qu'avec le temps, qui corrompt tout, on ne s'avisât de .les adorer.

 

Toutes nos idées venant des sens, et Dieu n'étant pas un être corporel, il est évident qu'on ne peut jamais enseigner le dogme d'un Dieu sans avoir besoin de rapprocher des signes, plus ou moins imparfaits. Dieu est tout ce qui n'est pas matière, comment oser le peindre avec ce qui est matière ? Les cabalistes ne voulant pas abandonner le dogme sublime de l'unité d'un Dieu, et craignant la fabrication des images qui tombent sous les sens, crurent avoir atteint directement à leur but en employant des images spirituelles, des images en paroles, pour donner à leurs disciples une idée moins éloignée de la toute puissance de L'éternel, que l'évangile a nommé la parole, la parole • par excellence (34).

 

Les Gnosticiens sont nés des cabalistes. Cependant bientôt après l’établissement du Christianisme Européen, le nom et la secte des Gnosticiens s'évanouirent, comme perdus dans les ténèbres. Mais par les ouvrages polémiques et les annales de notre Europe, on retrouve partout, jusqu'au temps des Templiers, les principes Gnosticiens sur les milliers de siècles, et les émanations ou principes divins. Les partisans de la théologie mystique se détachèrent de la loi Juive, et fabriquèrent des images matérielles d'après les images en paroles des Gnosticiens. Ils disaient à leurs initiés que celui qui adorait le crucifié, était encore bien bas dans l'échelle des êtres, et par conséquent la victime des milliers de siècles ; que celui au contraire qui était assez éclairé pour être sûr que jamais un homme ne pouvait être le Dieu tout-puissant, qui n'a point eu de commencement, se trouvait déjà parvenu au plus noble rang de l'échelle des êtres, à l'état d'homme enfin ; et alors il avait la Gnosin entière : c'est la science humaine. Les uns soutinrent que le Jésus, adoré des pontifes, n'avait été qu'un magicien (35). Une autre secte, les Ophites, qui confessaient un père, un Dieu incréé, se voyant persécutés par les Chrétiens d'Occident, maudirent le Galiléen.

 

Les Basilidiens avaient deux images ; l’une était une figure mâte, et  l’autre reelle d’une femme. Ils honoraient ces images allégoriques. Nous sommes fort heureux que le bon Irénée ait fait de l’image des Basilidiens un Jupiter et une Minerve. Cette grande découverte nous apprend du moins que l’une des figures avait une barbe, et que l’autre n’en avait pas. Basilide, à la manière de Pythagore, obligeait ses disciples à se taire pendant plusieurs années, cinq ans entiers, selon quelques écrivains, jusqu'à ce qu’ils eussent reçu toute la Gnosin, toute la science de l’initiation. Un seul, entre mille, était admis au sanctuaire ; sur dix mille initiés, deux seulement étaient agréés pour participer à la révélation entière de tous les secrets arrachés à la nature.

 

Les Carpocratiens enseignaient, à leurs Initiation, que Jesus-Christ avait choisi, dans les douze disciples, quelques fidèles amis auxquels il avait confié toutes les connaissances qu'il avait acquises dans le temple d’Isis, où il étaient resté près de seize ans à s'exercer â une étude pratique, dont on lui avait donné la théorie pendant son enfance, instruite par les prêtres Egyptiens ;et parce que les remèdes les plus salutaire sont presque tous composés d'une dose de poison, ils disaient que le grand médecin, au nom de l'humanité, leur avait défendu de ne jamais communiquer qu'aux hommes vertueux la sciences du bien et du mal, c’est-à-dire, l’art de guérir. Ils avaient un signe secret pour se reconnaître ; ce qui même, disaient-ils, est attesté par l'évangile. Ce fut à des signes Gnosticiens que les disciples reconnurent leur Maître à Emmaüs. Se prendre la main de certaine manièire, exigeait une réponse, un attouchement expressif, et cela plusieurs fois, en forme d'interrogation et de réponses insensibles pour tout spectateur (36).

 

Les Baulidiens, les Carpocratiens et toutes les sectes Gnosticiennes, avaient une image où était gravé le mot Abrasax, qui, analysé par le calcul des lettres de l'alphabet Grec, alors en usage pour des chiffres, donne pour nombre total 365 ; ce qui, probablement pour les Gnosticiens, vouloir désigner la révolution annuelle du soleil, rappeler tous ses bienfaits, et dire à chaque initié : Tu marches sous l’œil de la nature !

 

Nous avons encore aujourd'hui quantité de belles pierres où ce mot est gravé ; et qu’elles soient antérieures ou postérieures au temps de basilide, on ne peut nier que ces médailles religieuse nous viennent des Gnosticiens. Dans la collection de Chislet on trouve deux empreintes de ces pierres, où le mot Abrasax est gravé.

 

On voit sur l’une de ces pierres le Gnosticien, le Savant par excellence.

 

Le grand Ouvrier de l’éternité, le Père des Gnosticiens, ou, en langage moderne, le Créateur et l’Architecte de l’Univers, était représenté sur la pierre avec une longue barbe et une longue chevelure, pour peindre l’ordre et les grâces de la création. Le pentagone, ou l’étoile à cinq pointes, de Pytagore, était encore sue le sein de l’image vénérable. C’était, disait-on, l’emblème de la confession paternelle du Tout-Puissant, parce que suivant les disciples de Pythagore, son pentagone, imprimé sur la poitrine, était un signe d’acceptation ; ils l’appelaient : le pentagone de santé et de prospérité. On y voyait encore l’ogdoade Gnosticienne, était à huit pointes. La grande étoile représentait le Créateur, et les sept petites étoiles étaient l’emblème des sept émanations de la Toute-Puissance !

 

Tout le système des prêtres du soleil se trouve lié avec l’image barbue et imberbe des Templiers. A leur  réception secrete, on leur enseignait à croire en un seul Dieu, créateur de l’Univers que nous avons prouvé qu’ils voulaient peindre par leur Baffometus. L’hyérophante, qui symbolisait le Dieu, visible par ses bienfaits prononçait le mot Arabe YALLA ! Dieu, ou lumière de Dieu ! Après le fiat lux ou le don de la lumière, le grand maître en recevant l’initié au rang des frères, disait à haute voix :

« C’est l’ami » de Dieu voilà son fils bien aimé. Les juges qui interrogèrent les Templiers, ont consigné dans leurs informations les reproches qu’ils leur firent pour avoir cru que la terre et les plantes pouvaient germer, fleurir et mûrir par la puissance de Baffomet : preuve irrécusable que les templiers qui croyaient en un seul Dieu, ce qu’il ne faut pas oublier, ne voyait dans leur Baffomet que l’emblème et l’image des œuvres du Créateur.

 

Ce dogme de l’unité de Dieu avait toujours été chez les Gnosticiens une révélation allégorique. Et comme on y disait que le Fils de Marie n'avait été qu'un de leurs semblables, et non le Dieu tout-puissant, cette initiation secrète chez les Gnosticiens devait l’être bien davantage chez les Templiers. Le seul soupçon de cette croyance les eût envoyés aux tortures et aux bûchers.

 

Je ne vois pas comment je pourrais refuser de croire qu’ils lièrent à leur troisième et dernière profession, peu nombreuse, un but politique. Cet ordre militaire et ces chevaliers, errants dans les déserts de l’Asie mineure, avaient besoin d’un signe fraternel pour s’assurer que ceux qui le savaient prononcer étaient instruits du plus grand secret de l’ordre, et que l’on pouvait se confier à eux sans danger.

 

L’image des Templiers, où se trouvait peinte la figure du Baphé-Métous, figure du baptême ou teinture de la sagesse, écrit donc évidemment le symbole des ouvrages du Créateur. Mais le signe baptismal peint au sein de l’image barbue et imberbe avait-il encore un sens réel ; c’est-à-dire, un sens déterminé pour indiquer la forme qu’on devait employer à l’initiation du baptême de la sagesse ? Etait-ce une figure algébrique ou géométrique ?

 

C’était toutefois une figure Grecque et un signe d’initiation. Nous avons vu que le pentagone ou l’étoile Pythagoricienne était un signe d’acceptation. Oser prononcer que c’était le même signe, serait témérité ! Mais Nicolaï me paraît si courageux en ses recherches, et si sage en ses observations, que je ne puis lui refuser mon assentiment. Ce qui m’engagerait encore à croire cette analogie, comme suffisamment prouvée, c’est que l’étoile flamboyante, qu’on trouve sur les planches gravées du premier tapis des Francs-Maçons Anglais, est un pentagone, une figure étoilée à cinq pointes.

 

Cette allégorie mérite sans doute la peine d’être étudiée. On connaît le respect des sept sages pour le pentagone étoilé.

 

Les Ophites, qui peignaient en paroles allégoriques leurs idées sur la nature et la Divinité, disaient dans leurs symboles :

 

« Les âmes, en retournant à Dieu, doivent montrer aux Arxontas, aux Maîtres, les signes de leur purification sur la terre ».

 

Comment expliquer cette allégorie ? Je vois seulement que le sens littéral en est absurde. Je sais ensuite que ces paroles furent respectées par des hommes sages ; elles renferment donc un sens caché.

 

Je reconnais bien dans ces Archontes, ou maîtres, les juges de l'Enfer Grec, les gardiens des Champs-Elysées, les dragons qui veillent au jardin des Hespérides : ces Archontes, qui veillent à la porte du séjour d'élection, ont peut-être quelque rapport éloigné avec l'Apôtre auquel Jésus a, dit-on, confié les clefs du Paradis. Ces clefs en croix…

 

Mais des recherches incertaines m'entraîneraient loin de mon sujet ; non-feulement je permets, de tout mon cœur, que les savants comparent les Archontes aux Apôtres, les symboles des Ophites à leurs symboles, mais qu'ils fassent même de ces Archontes des Tuileurs à l’entrée du saint temple du grand Charpentier de l'Univers. Ce qui est indubitable, ce sont les prières des Ophites qu'on leur faisait prononcer quand on leur exposait l'image en paroles, ou la parabole que je viens de citer, laquelle figure verbale pourrait bien être la parabole du pentagone de Pythagore ; en un mot, l'étoile aux cinq pointes, figurée par une allégorie spirituelle ; ce qui ferait conforme aux dogmes des Gnosticiens, dont les Ophites étaient une branche ou retranchée ou aventurée pour fonder le terrein, le génie et les mœurs du temps.

 

Les prières des Ophites, en la présence du pentagone sacré, prouvent encore que ce pentagone était le signe de leur initiation. Ainsi la liaison des templiers et des Gnosticiens est démontrée.

 

C'était comme ayant participé à l'initiation du Baffometus, ou baptême de la sagesse, que l'on conçoit aisément qu'ils se persuadèrent, sans effroi de damnation, qu'ils n'avaient aucun besoin des bénédictions et absolutions des ministres du pape, qui n'étaient à leurs yeux que des hypocrites ou des dupes.

 

Nicolas de Bonneville : les Jésuites chassés de mla Maçonnerie

Source : www.ledifice.net

Par Nicolas de Bonneville - Publié dans : spiritualité
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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 16:22

Dans cette étude, nous aborderons principalement les rapports philosophiques entre les religions théistes et le rite de Memphis-Misraïm au premier degré tel qu’il est pratiqué au sein de notre obédience. Les difficultés historiques de cohabitation entre l’église catholique et la maçonnerie ne seront pas évoquées.

Bien des points rapprochent religion et franc-maçonnerie. Dans nos loges, nous travaillons à la gloire du Grand Architecte de l’Univers (GADLU), parfois appelé « sublime » ou encore « suprême » architecte des mondes. Par ce vocable, nos rites affirment l’existence de ce principe et son influence dans la création et dans le fonctionnement de l’univers cela dans le respect de l’héritage de la franc-maçonnerie traditionnelle. De plus, notre franc-maçonnerie, dans son effort de mettre l’homme en rapport avec le sacré, partage de nombreux thèmes de réflexion avec la pensée religieuse : éthique, place de l’homme dans la nature, spiritualité, influence de la pensée gréco-romaine et bien d’autres encore… Cela fait-il, pour autant, de notre franc-maçonnerie une religion « comme les autres » ?

Nous sommes tentés de répondre non, car la franc-maçonnerie se définit comme initiatique et philanthropique et ne se présente jamais comme une religion au sens habituel de ce mot. Pourtant, notre rite parle de « la religion du maçon » de quoi s’agit-il ?

Pour tenter de répondre à cette question, il convient de rappeler les grandes attitudes de l’homme face aux croyances théologiques, d’examiner les différents courants de la maçonnerie, avant d’aborder les différences essentielles entre la démarche initiatique de notre ordre et l’approche religieuse.

I/ Qu’est ce qu’une religion ? La relation directe au divin est-elle possible ? L’homme peut-il concevoir dieu ? Le dogme est-il compatible avec la liberté ? Autant de questions dont les réponses ont modelé les principaux courants de la franc-maçonnerie

Religion : « Le terme religion désigne actuellement un ensemble de rites, de dogmes généralement théistes et souvent en rapport avec une notion de réalité transcendante, de règles (éthiques ou pratiques) ou de dogmes adoptés comme conviction profonde par un ensemble de personnes ». Les religions marquent profondément les cultures, les civilisations, les pensées des hommes.

Théisme : « (du grec theos, dieu) est une croyance ou une doctrine qui affirme l’existence d’un Dieu (ou de dieux, ou une force créatrice) et son influence dans l’univers, tant dans sa création que dans son fonctionnement. Selon le théisme la relation de l’homme avec Dieu passe par des intermédiaires » Chez certains chrétiens la foi se définit, non par l’adhésion à un système de pensées, mais par la rencontre avec la personne du Christ... Aucune religion théiste ne prétend émaner de l’homme seul, une intervention extérieure est nécessaire pour transmettre et définir la religion en question. C’est en ce sens que l’on parle de vérité révélée.

Déisme : « du latin deus (dieu) est une croyance ou une doctrine qui affirme l’existence d’un Dieu et son influence dans l’univers, tant dans la création que dans le fonctionnement de ce dernier. Pour la pensée déiste, certaines caractéristiques de Dieu peuvent être comprises par les facultés intellectuelles de l’homme. La relation de l’homme avec Dieu est directe (notamment par la prière spontanée ou la réflexion). Le Déisme prône une "religion naturelle" qui se vit par l’expérience individuelle et qui ne repose pas sur une tradition particulière ». Le déisme n’est donc pas une religion au sens habituelle de ce mot qui implique des cultes et des dogmes structurés.

Différences entre théisme et déisme : pour le théiste la relation à dieu passe par des intermédiaires, pour le déiste cette relation est directe. Pour Kant, le théiste s’efforce de suivre "la volonté de Dieu", alors que le déiste estime que rien n’échappe à « la volonté de Dieu », puisque rien ne peut déroger aux lois divines de la création.

L’athéisme : il existe plusieurs catégories d’athées. Comme les théistes ils se positionnent par rapport à la croyance théologique mais de manière négative. Ils y a ceux qui ne croient pas en dieu, ceux qui croient que dieu n’existe pas, ceux qui refuse une certaine idée de Dieu…

L’agnosticisme : assure que la vérité théologique est inconnaissable. C’est une pensée fondée sur le doute, le « je ne sais pas ». L’agnostique refuse la croyance, il se place sur le terrain du savoir et de la logique, il pense que les preuves analytiques de l’existence de dieu comme de sa non-existence sont des leurres. La vérité absolue est, pour les agnostiques totalement incertaine.

Toutes ces grandes manières d’aborder l’existence de Dieu ont façonné le paysage maçonnique Français. Ce dernier se révèle complexe et les profanes attirés par nos systèmes sont, avec raison, perplexes et dubitatifs. Quelles sont les tendances « lourdes » de nos systèmes initiatiques ? En voici une description « très schématique » et bien approximative. Je précise qu’aucune de ces tendances n’est meilleure qu’une autre. Il s’agit, avant tout, d’opinions qui traduisent des valeurs et des conceptions différentes. Chaque rite, chaque obédience a sa philosophie et sa cohérence interne que nous respectons.

La tendance « chrétienne » :

Historiquement, la maçonnerie s’est structurée dans un contexte très chrétien, la plupart des études historiques convergent sur ce point. Cette tendance perdure car des rites maçonniques exigent actuellement une appartenance à la chrétienté « classique » : église catholique, protestantes, orthodoxes… En France le « Rite Ecossais rectifié » s’inscrit dans cette mouvance. Cette maçonnerie souligne le lien étroit entre christianisme et maçonnerie, elle vise à contribuer avec ses moyens et ses méthodes à renforcer l’édifice chrétien. La notion d’initiation maçonnique est parfois très allégée, c’est le baptême chrétien qui en tient lieu.

La gnose chrétienne :

Certaines obédiences s’orientent vers un théisme ésotérique chrétien ou théurgique voire magique : martinisme, église gnostique, Golden Dawn… En général cette approche est discrète, elle n’apparaît ni dans les constitutions ni dans les règlements généraux, elle est le fait d’une impulsion donnée par un groupe d’influence. Les frères et les sœurs, qui restent évidemment libres, sont sollicités de manière personnelle ou par le biais de cercles dits magistraux ou intérieurs. La maçonnerie est vue comme une école préparatoire à une autre voie collective réputée être plus profonde ou plus efficace ou encore qui est présentée comme étant le prolongement naturel d’un cursus maçonnique.

La tendance « d’orientation anglo-saxonne » :

En Angleterre, comme en France la maçonnerie a été largement déchristianisée. L’objectif était de réduire les références chrétiennes pour ouvrir les loges à des juifs. Cette maçonnerie vise principalement l’éducation morale et civique de ses adeptes elle génère une action caritative souvent intense. La croyance en un Grand Architecte de l’univers est un préalable à la réception en loge. Cette maçonnerie se dit régulière.

La tendance « humaniste » :

En France la déchristianisation s’est radicalisée pour aboutir en 1877 à l’abandon de toute exigence et référence religieuse. Progressivement s’est donc créée une maçonnerie agnostique qui travaille à la formation morale et sociale de ses membres et à la construction d’une citée idéale. Les athées comme les agnostiques y sont acceptés sans problème. Le Grand Orient de France s’inscrit dans cette approche..

Une tendance « à la fois libérale et symbolique » :

Cette maçonnerie tente de concilier la recherche du progrès et la tradition. En France elle est représentée par la Grande Loge de France et la Grande Loge féminine de France

La tendance "initiatique et universaliste" (voie où se situe notre obédience) :

L’initiation est antérieure à la chrétienté. La déchristianisation de la maçonnerie ne constitue pas un but en soi, il s’agit,avant tout, d’un effort pour retrouver les sources antiques et l’universalité de l’ordre. Notre obédience estime que l’éveil spirituel débute par une influence extérieure donnée par l’initiation et la participation aux rites. Cela constitue progressivement une force qui autorise un long travail intérieur et individuel fondé sur la concentration, l’attention ou tout autre moyen permettant la focalisation des forces de l’esprit.

Chaque membre est libre, à titre personnel, de faire partie de telle ou telle religion, telle ou telle organisation, non sectaire, dans la mesure où cela ne perturbe pas les travaux maçonniques. La laïcité se concilie avec la spiritualité car le prosélytisme dogmatiques n’existe pas. La liberté reste la première et dernière porte. Notre ordre se situe donc résolument dans une tradition garibaldienne internationale. C’est la tradition primitive de l’ordre.

Il faut signaler que le rite de Memphis-Misraïm est aussi pratiqué par des maçons du grand orient de France qui ont adopté son cadre philosophique (influence de John Yarker) et aussi dans des obédiences diverses qui se centrent sur les dogmes de la gnose chrétienne (influence de PAPUS,) Nous respectons ces orientations mais elles ne sont pas les nôtres.

La suite du travail explicite le point de vue de notre ordre maçonnique.

II/ les différences essentielles entre démarche initiatique et religieuse.

le dogme

Le théiste admet le plus souvent un système dogmatique complexe. Ce qui contraste avec le préalable demandé au profane frappant à la porte de notre temple : il lui suffit, au minimum, d’être spiritualiste, c’est à dire de ne pas rejeter la possibilité d’une « continuation » post-mortem de l’individu et aussi d’être « déiste » dans un sens bien particulier de ce mot.

Le déisme de Memphis-Misraïm n’est pas le déisme du dictionnaire. Pour nous, un déiste est simplement un homme tolérant qui croit en l’existence d’un Principe en prenant une certaine « distance » à l’égard des croyances religieuses prônées par son éventuelle religion d’appartenance. Le spectre des membres de notre organisation initiatique va donc du théiste qui est conscient que ses croyances traduisent ses opinions et non la vérité ultime, à ceux qui pensent que la relation de l’homme avec Dieu est directe et qui se passent de toutes formes de dogmes et d’intermédiaires. Ainsi, il peut exister dans nos loges, à côté des déistes « purs » au sens que le dictionnaire donne à ce mot, des chrétiens, des musulmans, des bouddhistes, des juifs…

Le maçon théiste, sous peine de ne pas être vraiment un maçon effectif, admet le relativisme : une vérité exprimable s’inscrit forcément dans une culture, une langue, une époque… Un théiste dogmatique, trop rigide dans sa croyance, n’a rien à faire, selon mon opinion, à Memphis-Misraïm. Notre idéal maçonnique a quelque chose de l’Angleterre vue par Voltaire : « S’il n’y avait en Angleterre qu’une religion, le despotisme serait à craindre ; s’il y en avait deux, elles se couperaient la gorge ; mais il y en a trente, et elles vivent en paix et heureuses. » La diversité des croyances et des sensibilités et gage d’harmonie entre nos membres. Nous poussons même cette logique un peu plus loin : un athée peut aussi nous rejoindre si son attitude vise à rejeter qu’une conception particulière de dieu et de la religion. Ceci est à rapprocher de la pensée de Simone Weil : « Il y a deux athéismes dont l’un est une purification de la notion de dieu… »

Ainsi, notre « système dogmatique » se caractérise par son extrême légèreté et sa grande souplesse. Pourquoi ? Fondamentalement le maçon se veut libre, il estime qu’un dogme trop pesant est un obstacle à la recherche de la liberté. La liberté du maçon est certainement une des raisons qui a opposé radicalement la maçonnerie à l’église catholique.

Le nom de dieu, :

La pensée théiste admet, généralement, un dieu personnel qui porte un nom : JEHOVA, ALLAH, BRAHMAN … En maçonnerie, tous les noms de dieu que le maçon peut trouver et énoncer dans sa déambulation au sein des « hauts grades », ne sont que des noms substitués. Dans ce cheminement, les maçons ne doivent jamais oublier que le principe se définit non par son nom, mais par sa fonction : « le grand architecte de l’univers ». Au cours de cette déambulation le maçon observe et médite devant certaines « niches philosophiques et religieuses » sans jamais avoir l’obligation d’adhérer à tel concept, croyance, ou praxis.

La représentation du divin

Il y a souvent chez les théistes l’idée d’une représentation anthropomorphique de la divinité qui fonctionne psychologiquement comme un homme, parfois dieu connaît la colère, la vengeance, le désir. L’homme se construit un dieu qui lui ressemble. Comme disait déjà Montesquieu : « si les triangles avaient un dieu, ils lui donneraient trois côtés » Le GADLU n’est pas anthropomorphe, son approche est avant tout symbolique

Beaucoup de symboles parlent du principe mais notre figuration du divin probablement la plus ancienne car la plus indissociable de la structure du rite se fonde sur la lumière. En effet, l’ouverture des travaux consiste pour l’essentiel à répandre une lumière qui est présente dans le temple avant l’arrivée des maçons et dont l’éclat continue à se manifester après leur départ. Ce symbole se retrouve dans la racine étymologique du mot dieu qui vient du latin deus, lui même issu de la racine indo-européenne « dei wo », lumière du ciel, du jour, de la base « dei- », luire, briller. La lumière illuminatrice, révélatrice d’un monde spirituel, serait-elle un archétype, un symbole commun à tous les hommes ?

Le livre sacré

Dans notre rite le maçon doit être un homme religieux sans pour autant forcément adhérer à une religion constituée. Sur le naos la bible a été remplacée par la règle. C’est le convent du 21 juin 1969 qui a précisé que les ateliers demeurent libres de conserver ou de supprimer ce livre. Sur l’autel des serments peut figurer un livre sacré qui varie selon la confession de l’impétrant. Beaucoup de loges maçonniques de notre ordre adoptent le livre des morts des anciens Egyptiens. Ce livre a l’avantage de ne pas être sacré, il est donc, paradoxalement, un excellent symbole d’un livre sacré. Pour certains il représente la Bible, pour d’autres le Coran pour d’autres encore la Règle morale inscrite au plus profond du cœur de chacun.

Le principe est-il « dans » ou « au-delà » de la matière ?

L’idée de transcendance divine est communément admise par les théistes : dieu se trouve en-dehors et au-delà du monde, il est « au ciel ». De plus, il apparaissait, dans un passé pas si lointain que cela, comme un père rigoureux, rémunérateur et vengeur. Une tel dieu était-il une nécessité pour les Etats ? « pour les princes régnant, disait Schopenhauer, le dieu tout puissant est le père Fouettard dont ils usent pour envoyer les grands enfants au lit lorsque plus rien d’autre ne peut les aider ; c’est pourquoi ils tiennent tellement à lui » Contrastant avec cette conception, le « dieu intérieur » est souvent perçu comme plus chaleureux, plus proche, plein d’amour. Cela signifie que notre lien au divin nous constitue de manière interne. Notre rite égyptien met l’accent sur l’immanence, il affirme cela très clairement : « c’est par sa conscience que l’homme est relié au divin »

Si dieu est en nous, comment avoir conscience de sa présence, de la Présence ? La relation immanente est généralement obscurcie, comme brouillée par notre « moi », ce qui rend nécessaire une « actualisation » par un long travail sur l’ ego qui obscurcit notre vraie nature. Le mal, en maçonnerie, n’est pas Satan, c’est avant tout l’EGO qui aliène l’individu, le coupant de l’autre, l’empêchant de se sentir un enfant de l’univers. C’est pourquoi le maçon « travaille sa pierre » car une des « croyances utiles » du maçon s’énonce ainsi : « l’homme est perfectible ».

Assouplir son ego peut permettre de se relier à son maître intérieur. La toute première étape de cette relation peut-être le moment ou l’individu commence à recevoir des messages de son « soi ». Cela peut arriver sous la forme de rêve, où un ancêtre, où encore une femme ou un homme d’apparence sage viendra lui parler, le conseiller. Cette première relation peut aussi prendre la forme de messages, de signes offerts par la vie qui nous laissent un sentiment troublant et indéfinissable.

Jung qualifiait ces événements par le mot synchronicité. La coïncidence se charge de sens, elle est signifiante, le psychisme de la personne s’implique fortement quand il y a conscience que la probabilité d’un tel événement est faible. Nous nous sentons alors comme guidé par l’univers, avec la certitude qu’un choix important se présente à nous. Jung définit la synchronicité en ces termes : « coïncidence temporelle sans lien causal entre un état psychique donné et un ou plusieurs événements extérieurs objectifs offrant un parallélisme de sens avec cet état subjectif du moment ».

Arriver à la conscience permanente du spirituel en nous consiste à ouvrir une importante arcane. Arcane vient du latin arca, qui signifie « arche » , « coffre », il s’agit donc d’un contenant. Certains maçons recherchent une « dernière arcane » un peu partout, selon notre opinion, cette ultime porte n’appartient à aucune société secrète, à aucun rituel mystérieux, cette arcane est tout simplement le maçon lui-même. Ouvrir cette arche consiste à se maintenir dans l’Essence.

Notre système initiatique se fonde donc sur l’immanence, malgré cela, le vénérable maître invoque le grand architecte comme étant un être extérieur. Ce qui signifie que l’immanence maçonnique n’exclut pas la transcendance : le principe est dans la matière et en même temps au-delà de cette dernière. Pour l’essentiel la prière (invocation) de l’initié vise à obtenir l’énergie nécessaire pour progresser sur le chemin de son centre. Cette invocation peut-être individuelle, (le maçon) collective au sein de la loge (le vénérable maître) ou au sein de l’ordre (le grand hiérophante). Ce mystérieux apport permet de soutenir et d’aider le maçon sur la route de la réalisation.

Prédestination et liberté humaine

Les différentes religions d’occident admettent, avec des nuances, la prédestination qui se définit comme un concept théologique selon lequel Dieu, aurait choisi de toute éternité, et secrètement, ceux qui auront droit à la vie éternelle, sans qu’eux-mêmes ne puissent le savoir. Pour les protestants, et notamment Calvin, le salut revient à ceux que Dieu a élus par sa seule bonté et miséricorde, sans considération de leurs oeuvres, Pour les catholiques la prédestination, a été étudiée par différents conciles, notamment le concile de Quierzy (Carisiacum) de 853. Pour cette religion dieu« … élut gratuitement dans sa prescience ceux qu’il a prédestinés à la vie éternelle. … » Ceux qui ne sont pas élus subissent une peine éternelle. Pour l’islam, tout ce qui se passe dans l’Univers a déjà été déterminé depuis l’Eternité par Allah, article de la foi connu sous l’appellation courante le "Imân bil Maktoûb" ou plus simplement le maktoûb, « c’est écrit »Les principaux courants de la gnose chrétienne adhèrent également au dogme de la prédestination.

Nous sentons bien qu’il y a trois difficultés :

la prédestination exclut le libre arbitre,
comment dieu peut-il juger les hommes si tout est écrit ?
Pourquoi les hommes feraient des efforts si tout est « maktoûb » ?

Comment les maçons abordent-ils le rapport entre le destin et la liberté ?

Le maçon se veut libre. Il faut d’ailleurs être un homme « libre et de bonnes mœurs » pour être initié. Une devise de notre maçonnerie s’exprime par le triptyque « liberté, égalité, fraternité » Le maçon n’est pas un élu il est construit, créé, reçu.

Mais à côté de cela rien ne saurait s’opposer à la volonté du GADLU. Même le mal fait partie du plan divin. Il faut admettre que ces deux propositions contradictoires peuvent être vraies simultanément un, peu comme en physique moderne la lumière peut-être, à la fois corpusculaire et ondulatoire. Nous devons admettre humblement que la raison humaine à ses limites. Mais évidemment l’opinion reste possible notamment en se laissant porter par la vérité du mythe.

Selon Socrate, la fonction du mythe est d’expliquer par analogie lorsque la raison s’avère insuffisante. Un des mythes qui traite le mieux du rapport entre la liberté humaine et le destin ou la prédestination est le mythe d’Er cité par Platon. Ce mythe est intéressant car il complète l’initiation au premier degré où l’adepte réalisé a le privilège de rencontrer la lumière. Platon raconte la voie du plus grand nombre, celle des hommes encore alourdis des passions et des préjugés de la vie, celle aussi des initiés en devenir.

Er, pris pour mort par méprise revint des enfers et raconta comment les âmes choisissent leur future vie. Les âmes sont menées dans une grande prairie et on leur jette des sacs des destinées. Elles choisissent-elles même un des sacs selon leurs désirs. Ceux qui ont désiré les biens matériels, choisissent une destinée d’hommes riches. Les ambitieux cherchent une destinée de roi. Ceux en recherche de satisfactions sexuelles cherchent des vies de plaisirs. Au final, chacun va boire l’eau du fleuve Léthé, de l’oubli, et s’en retourne, alourdi d’ un nouveau destin sur l’épaule, pour le vivre sur la terre. Il y a donc un lien que nous qualifierions de « karmique » entre deux vies successives.

Le mythe souligne que l’homme est responsable de son avenir car le scénario est déterminé que dans les grandes lignes et il appartient à l’homme de faire des efforts pour toujours se recentrer dans la voie de la vertu. Un personnage du mythe appelé le « hiérophante » le déclare très explicitement : « La vertu n’a point de maître. Chacun en aura plus ou moins selon qu’il l’honorera ou la négligera ». La vertu se situe au-dessus des hommes et des dieux comme en maçonnerie où la règle se place toujours sur le compas et l’équerre. A chaque vie, l’être hérite d’une partie d’échec déjà commencée, à chacun de gérer au mieux sa situation plus ou moins favorable, selon ses efforts dans sa vie passée !

Le mythe le précise clairement « si chaque fois qu’un homme naît à la vie terrestre il s’appliquait sainement à la philosophie , et que le sort ne l’appelât point à choisir parmi les derniers, il semble, d’après ce qu’on rapporte de l’au-delà, que non seulement il serait heureux ici-bas, mais que son voyage de ce monde en l’autre et son retour se feraient, non par l’âpre sentier souterrain, mais par la voie unie du ciel. » La voie unie du ciel est décrite dans l’initiation.

Ce mythe explicite bien la conception antique de l’initiation :

Premièrement, l’homme n’est pas prédestiné par un dieu comptable des destinées humaines. Il est responsable, par sa conduite, de son avenir post-mortem et de sa future vie.

Deuxièmement une vie de justesse, « Dike » en grec, est une vie en accord avec la loi cosmique (la règle des maçons), Sur le fronton du temple de Delphes deux devises étaient écrites : « connais toi toi-même » qui a pour finalité la connaissance de sa juste place dans l’univers et « rien de trop » qui invite à éviter l’orgueil, la démesure, les pièges de l’illusion du moi.

Troisièmement tout ce qui s’oppose (« hybris ») à l’ordre cosmique est un crime contre l’ordre cosmique idéal. L’orgueil, l’ambition démesurée, l’ego empêche la vie de justice. Selon ce mythe, par une vie de justice, l’initié continue l’œuvre du Principe et s’élève, du fait de la loi karmique, d’existence en existence, jusqu’à la source d’amour et de joie.

A la lumière de tout ce qui vient d’être abordé nous pouvons tenter de répondre à la question fondamentale : La franc-maçonnerie, est-elle une nouvelle religion ?

La franc-maçonnerie n’est ni un culte ni une église, elle a pour vocation de relier l’homme à son essence, aux autres, à l’univers. C’est pourtant une religion au sens étymologique de ce mot : le vocable « religion » vient du latin "religio", qui signifie : « scrupule, conscience, engagement, obligation », à rapprocher très exactement de la définition de la religion du maçon selon notre rite : « intégrité, devoir, conscience ». La religion du maçon se pose comme une religion primordiale et universelle car intrinsèquement liée à la conscience humaine vue comme un point de rencontre avec le divin.

L’homme est un être relatif relié à l’absolu. Un être fini enfermé dans le temps lié pourtant avec l’infini et l’intemporalité. L’initiation propose d’expérimenter ce lien progressivement. Le dernier degré est tenu aujourd’hui pour légende, il s’agit de la « transformation de l’être », le passage « au-delà de la forme », au-delà de l’individualité humaine.

source : http://www.memphismisraim.fr

Par RAPMM - Publié dans : spiritualité
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:07

Voici deux règles morales qui sont entrées en conflit :

L'une montre à l'homme des peines et des récompenses dans l'Au-delà. Elle lui dit : si tu fais le mal, tu subiras les peines de l'Enfer
; si tu fais le bien, tu gagneras, au contraire, une part de béatitude éternelle. Vois ! et choisis la route que tu suivras, avec la grâce de Dieu pour te rendre semblable à lui.

Et la faiblesse humaine, plus docile aux séductions des récompenses et à la crainte des châtiments qu'au désir souverain d'imiter la perfection divine, a pris les sanctions pour des buts, et ravalé la morale à une arithmétique
d'Outre-tombe !

L'autre lui a clamé : Fais à autrui ce que tu désires qu'il te soit fait ! Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils te fissent ! Prends ton parti et règle ta conduite sur le principe de la réciprocité. Plus tard on lui a dit : sur celui de la solidarité : et l'on a même invoqué l'intérêt général.

Mais l'égoïsme humain est fécond en replis ! Il en a tiré une autre arithmétique, terrestre, celle-là, qui ramenant la justice à une stricte liquidation des intérêts, suivant les lois, ramène aussi la morale à une spéculation sur les services que l'on rendra uniquement pour en tirer une contre-partie, sans se rendre compte qu'à ce prix la vertu devient un marchandage.

En dehors d'une élévation d'esprit
qui ne peut se manifester que chez une élite hautaine, qu'est-ce donc qui pourra neutraliser dans la masse et chez l'homme moyen la tendance au desséchant et banal calcul d'un compte de profits et pertes dans ce monde ou dans l'autre ? Un acte n'est véritablement moral que s'il est accompli sans recherche du profit qu'on peut en tirer. Qui y conduira l'homme dans ses relations avec son prochain ? et cet homme, fût-il même parmi les plus nobles dans l'élite de l'intelligence, qu'est-ce qui fera de sa conduite quelque chose de vraiment humain, de vraiment vivant, quelque chose qui ne soit pas l'automatique exécution des décrets d'une raison glaciale ?

Qui ?

Le cœur, l'amour
r, non pas le sentiment ou l'attachement particulier d'une personne pour une autre, par sélection individuelle, épouse, ami, ou par génération, parents, enfants! mais l'amour de l'homme pour ses semblables, parce que semblables, parce que dotés des mêmes besoins et des mêmes facultés comme issus de la même humanité, de la même vie universelle, animés de la même lueur de pensée, de la même étincelle de valeur.

Cette impulsion de sympathie entre êtres de la même origine, renforcée par la tendance à l'entr'aide, et doublée de la pitié pour la souffrance, est une vertu qui a son germe
dans l'état primitif du genre humain, mais qui doit être d'autant plus cultivée et développée chez tous qu'elle peut seule donner à la civilisation, non seulement son charme, mais une fécondité inépuisable, en rendant joyeux et spontané l'accomplissement des devoirs entre les hommes, soit dans la vie privée, soit dans le service de la société.

Amour, fraternité, altruisme, ou « Charité » à la façon évangélique?

Qu'on ne vienne pas me dire que la Charité est une conception
de l'Eglise et que par conséquent, le mot, comme la chose, doivent rester étrangers à notre langage. C'est que cette hostilité simpliste prend ce mot dans le sens minime et restreint auquel, une fois de plus, le langage vulgaire ramène bien des conceptions et des expressions. Et nous voyons même un de nos textes rituéliques condamner la charité parce qu'elle humilierait celui qui reçoit et rendrait orgueilleux celui qui donne. C'est bien peu connaître le sens du mot que de le ramener à l'aumône méprisante et distante ! Les théologiens n'appelleraient pas eux-mêmes cela de la charité, parce qu'il n'y aurait aucune effusion de cœur. Et la solidarité morale et agissante que nous préconisons ne serait que l'ombre d'elle-même si elle n'était qu'une formule juridiqueou une mesure utilitaire, et si elle ne recevait pas la sève ardente de la fraternité !

La justice donne à chacun ce qui lui est dû, elle s'exerce entre individus et par la société, comme si ces individus étaient insensibles et devaient le rester. La justice est nécessaire, la justice est sacrée et le sentiment d'amour, pris exclusivement comme règle, ne respecterait pas le droit et risquerait de tomber dans l'arbitraire.

D'ailleurs, vertu cardinale
de la sagesse antique, cette justice n'est que la moitié d'elle-même si, respectée dans les actes, elle n'embrase pas les consciences de son idéal. Mais la justice a sa balance et elle ne donne qu'après avoir pesé ! La Charité y ajoute, elle fait bonne mesure, elle donne bienveillamment plus que ce que l'on doit, et souvent devant la souffrance et la misère, elle pousse l'homme à faire de plein gré ce qu'il serait légalement « astreint à faire, faute de l'avoir fait spontanément », elle le conduit à faire ce qu'il n'est pas obligé de faire, à donner plus que ce qu'il doit : et c'est par amour du prochain.

Le chrétien « vrai », aimant
Dieu comme un bien suprême, et à travers lui, doit aimer tous les autres fils d'un même père, comme à travers l'amour pour chaque individu, il aime finalement Dieului-même dans ses créatures. Il serait inexact de prétendre que le Judaïsme n'a connu que la justice, et aurait ignoré l'amour fraternel, ou l'aurait restreint aux juifs entre eux. Bien des textes bibliques prouvent le contraire ! La vérité, c'est que cet esprit d'amour, si étranger au paganisme, semble par l'Evangile avoir pris le pas sur la justice, qui avant lui était placée au même rang.

Mais derrière les conceptions
judéo-chrétiennes, derrières celles de l'Egypte et de la Perse, nous voyons s'élever et planer celles de l'Orient lointain : là-bas, l'anthropomorphisme divin peut se manifester dans les nombreuses divinités que l'on donne à la foule, mais pour l'élite, il n'est qu'un symbole de vulgarisation ; ce n'est pas à travers Dieu que l'homme est exhorté à aimer ses semblables, c'est à travers « l'atman », principe primordial et essence spirituelle de tous les êtres et de toutes les choses, antérieur et supérieur à Brahma lui-même ! Voyez les Upanishads, ces commentaires des antiques Védas. Là, cet amour universel est enseigné comme conséquence, non plus de la fraternité entre des êtres séparés, mais comme affirmation par le cœur de l'identité et de l'unité de tous les êtres vivants, individualisations transitoires du principe unique. Moïse, puis Jésus, ont dit – après d'autres ! – aime ton prochain ! et ils ont ajouté : comme toi-même ! marquant une étape dans la voie de la spiritualité oubliée.

Mais l'Orient lointain va plus loin ! Il dit : en aimant ton prochain tu t'aimes toi-même, car vous ne faites qu'un... dans la réalité... car l'apparence des myriades d'êtres n'est inscrite que sur le voile de Maïa ! Et cet amour embrasse jusqu'aux animaux
et aux plantes, tout ce qui vit n'étant qu'une même vie.

Aussi dans le Bouddhisme, la Charité n'est plus seulement « une » vertu, c'est la « Vertu » par excellence, sans laquelle le sage le plus saint ne pourrait parvenir à l'état de Bouddha. Et cette vertu, qui n'est rien sans le cœur, ne vaut rien sans l'action. Aussi les images symboliques
qui sont pour la foule le Dieu de la Charité, mais dont les gens éclairés connaissent le vrai sens, sont-elles au nombre de vingt et une, avec des têtes et des bras multiples, jusqu'à mille ! et chaque main porte un œil sur sa paume, signifiant ainsi que l'homme de bien doit regarder et agir partout où le besoin s'en fait sentir, pour rendre service et donner du bonheur !

Me direz-vous que vous n'êtes ni chrétiens, ni juifs, ni brahmanistes, ni bouddhistes ?

Quoi ! Cela change-t-il quelque chose d'être étranger à toute Eglise, à toute religion « professée », à tout dogme, à tout credo ?

Vous êtes maçons, et votre Art ne peut vivre que par la fraternité, par l'amour de toutes les
pierresde construction les unes pour les autres – seul véritable ciment qui défie l'effet destructif des siècles, par l'amour des grains de la grenade nourris du même suc nourricier, par l'amour des, maillons de la Chaîne d'Union... Cela ! ou plus de chantier, plus de loi d'Hiram! et plus de Temple. Car dans l'amour de l'Art qui fait aimer son œuvre, et à travers le Plan aimer tous ceux qui y collaborent, comme à travers tous et à travers chacun aimer le Plan et l'Edifice, je rejoins par la tradition ouvrière les deux formules d'amour que j'ai déjà rapportées.

Vous n'êtes pas maçons ? Vous êtes libres-penseurs, laïques
 que sais-je ?

Eh bien ! vous osez me dire qu'une société, qu'une civilisation, qu'une cité, peuvent atteindre leur plénitude de vigueur, d'excellence, d'épanouissement, de perfection, si tous les hommes qui la composent ne s'aiment pas les uns les autres à travers leur amour de l'Humanité, et n'aiment pas le genre humain à travers tous leurs semblables ! Osez me jeter à la face qu'une société meilleure que celle, hélas ! que nous connaissons, puisse vivre et fleurir seulement par des décrets, des règlements, des contraintes et des polices, puisse vivre en beauté et en joie, en
force, en sagesse et en durée, sans l'amour des hommes les uns pour les autres, Caritas, amour du Genre Humain, levain sublime, qui peut seul rendre la loi souriante et génératrice de sacrifices consentis gaiement pour le bien de tous !

source : www.boutiquefs.com

Par 'Armand Bédarride (novembre 1934) - Publié dans : spiritualité
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 07:59

Que pour le chrétien l'espérance repose sur la foi avec laquelle il attend de Dieu,avec confiance, sa grâce en ce monde et la gloire éternelle dans un autre, je le sais, et trouve une telle attente logique de sa part.

Mais je sais aussi que c'est là seulement une application dans le domaine de l'Eglise
d'un fait psychologique normal, naturel, et d'une pratique tellement large qu'on peut dire que l'espérance est un des ressorts fondamentaux de l'existence, en même temps qu'un solide point d'appui de l'action, pour le laïque comme pour le clerc, pour le philosophe comme pour le croyant ; elle se justifie pour nous quel que soit l'objet humain ou céleste auquel on peut l'attacher, et comme la foi, elle doit rester pour nous une vertu.

Cette disposition
de la conscience, qui la fait compter sur la réalisation de ce qu'elle souhaite, est d'une telle puissance morale que la sagesse des nations a pu dire que l'espoir fait vivre ! et dans les vicissitudes ou les épreuves de chaque jour, l'homme puise dans l'aspiration confiante vers des jours plus doux un réconfort et un encouragement : il ne pense pas que l'orage puisse toujours gronder ; il se réjouit d'avance du rayon de soleil qui ramènera sans doute bientôt la nature à la lumière et à la joie.

L'espérance a lui dans le ciel
avant la légendaire tragédie du Golghota ! La mythologie grecque interprète de la mentalité de son époque, en avait fait déjà une divinité, sœur du Sommeil, qui suspend nos peines, et de la Mort, qui les finit. Mais cette parenté, plutôt pessimiste, n'enlevait pas à la déesse son heureuse influence pour la consolation des humains et l'entretien de leur force d'âme ! On la représentait sous les traits d'une jeune nymphe au visage serein et souriant, couronnée de fleurs naissantes et tenant un bouquet à la main.

Rappelez-vous la touchante légende de la boîte de Pandore
: quand la curiosité coupable l'ouvre, les malheurs, les fléaux, les catastrophes, les maladies, les guerres, les crimes, sortent pour se répandre sur le monde. Mais Epiméthée, dans ce vide, va pourtant voir surgir l'Espérance : elle a des ailes et peut s'enfuir ! mais combien son envol est beau dans l'azur !

Des ailes ! plus tard, on la représenta tenant un lys dans sa main, ailleurs, des pavots et des épis, ailleurs tenant sous sa garde une ruche laborieuse : un sculpteur moderne, – était-il des nôtres ? je l'ignore ! – lui a confié une grenade
entrouverte. Mais le plus souvent, elle s'appuie sur une ancre symbolique  qui exprime la stabilité qu'elle donne à nos desseins, et le point d'appui solide qu'elle peut offrir à notre conduite.

Quoi de plus maçonnique d'ailleurs ?

Quand vient à se rompre un maillon de notre chaîne d'union, notre Tradition ne fait-elle pas retentir dans l'Atelier le fatidique appel : gémissons, gémissons, espérons ! Il reste légitime que ceux d'entre nous qui sont disciples du spiritualisme classique aient le droit d'y enclore des pensées sur l'Au-delà ! Je veux conserver le troisième terme, ne dût-on l'appliquer qu'à la vie terrestre, parce que dans cette mesure même il est nécessaire comme source de courage et présage l'avenir.

Et ici je veux revenir à notre Maître Hiram
 car son mythe, s'il nous propose une « foi », nous fortifie aussi d'une « espérance ». Le chant funèbre du drame et de la découverte du tombeau se transforme en hymne de confiance et de joie quand la victime des méchants ressuscite dans la personne de son successeur, et que la Chambre du Milieu s'éclaire.

Ô homme ! tu es frappé et tu souffres, tu tombes ! Mais c'est avec l'espérance que ton effort ne sera pas perdu. Tu t'arrêtes en route, mais tu auras des continuateurs, auxquels tu transmets le flambeau de la Vie, de l'Idée et de l'Action. Si humble que tu puisses être, tu espères que ton grain de sable, s'ajoutant à ceux de tes devanciers, permettra aux générations
 futures de disposer de plus de matériaux pour accomplir leur tâche constructive !

Mais dans une mesure plus modeste, l'ouvrier aurait-il le goût et la force de commencer un travail, s'il n'avait pas l'espérance de le mener à bonne fin ? Etendrait-il seulement la main pour saisir un outil, s'il n'espérait pas l'atteindre et commencer son ouvrage ? Partirait-il en voyage, s'il n'espérait pas arriver à son but ? Fonderait-il un foyer, s'il n'espérait pas y trouver le bonheur ? Créerait-il une entreprise, s'il n'espérait pas réussir ?

Ah ! je sais bien : tel homme peut n'avoir pas besoin d'espérer pour entreprendre. ni de réussir pour persévérer ! Mais tout le monde ne s'appelle pas Guillaume le Taciturne, tout le monde n'est pas un stoïcien
que les ruines frapperaient sans l'émouvoir. Pour la plupart des hommes, même au-dessus de la moyenne, l'espérance est un besoin, l'espérance est une vertu, et cette espérance est tellement foncière et tenace que le grand homme méconnu, l'artiste incompris, l'inventeur mourant de misère, en appelleront à la postérité, cette suprême espérance !

Vertu, certes, d'une importance capitale, et qu'il faut cultiver et maintenir en soi, si on la possède, qu'il faut faire naître, coûte que coûte, si on ne la possède pas spontanément. Sombre héros du pessimisme, celui qui meurt sans espérance, ne fût-ce que celle de revivre dans son œuvre, dans son exemple, dans le résultat de sa pensée et de son action : ou dans ses enfants
. Il faut faire l'éducation de l'espérance chez tous, petits ou grands, sous n'importe quelle forme, pour que chacun sache bien que, sous un aspect quelconque, il peut entrevoir un résultat bienfaisant de ce qu'il fait. Si non, que reste-t-il à faire : s'étendre sur la terre comme une bête malade, et attendre dans le morne et douloureux ennui que donne l'inutilité certaine, le moment où sonnera la dernière heure...

Mais pourquoi l'homme se laisserait-il entraîner vers une vision aussi pessimiste de l'existence, quand il peut savoir d'une science certaine que nulle de ses actions, si minime soit-elle, nulle de ses pensées, si simpliste soit-elle, ne reste sans effet dans l'éternelle et infinie interdépendance des êtres et des choses ? Tout ce que nous faisons, en bien ou en mal, reste inscrit sur le grand Livre de l'espace et du temps, par ses conséquences ineffaçables.

Loi terrible, loi salutaire : car si elle nous annonce que nous contribuons à créer un enfer
sur la terre quand nous somme vicieux et méchants, elle nous montre que nous sommes des bienfaiteurs de nos semblables, que nous collaborons à faire naître un paradis ici-bas, en étant bons et en faisant le bien ! Quelle conscience serait assez inerte, quel cœur serait assez sec pour rester insensibles à cette vision d'effroi : le mal que je fais me fait être le bourreau des générations à venir, car je leur transmettrai à jamais les conséquences de mes méfaits, de mes tares, de mes vices...

Au contraire, quelle joie ineffable
et quelle sublime espérance, si je peux envisager qu'en me faisant bon, bienfaisant, sain, fort, vertueux, en accomplissant le bien, en cultivant mon esprit et mon cœur, en me rendant chaque jour meilleur en pensée, en sentiment et en action, non seulement j'acquiers la plus pure et la plus superbe des satisfactions personnelles : l'augmentation de valeur, mais encore je me fais le bienfaiteur de tous ceux qui viendront après moi, en accroissant le patrimoine solidaire du bien, du vrai, et du beau en ce monde ! Le plus humble des pâtres ou des pêcheurs, des ouvriers de la machine ou du bureau, pouvant devenir, comme les plus représentatifs personnages de l'élite, le bienfaiteur du genre humain par sa vie, son exemple et ses actions ! Quelle auréole d'espérance !

Cette divine vision d'avenir, la Bible d'abord, l'Evangile ensuite, l'ont traduite à leur manière, et le Christianisme, sous sa forme théologique et dogmatique, a affirmé cette solidarité dans le bien et dans le mal. sur la Terre
et au Ciel, écho affaibli de la gigantesque pensée de l'Inde.

Et cette perspective merveilleuse, qui nous fait tous les artisans du mieux, faudrait-il que l'humanité se la ferme, qu'elle enlève à l'Espérance la qualité de « vertu », maintenant que la Raison et la Science ont accru les instruments de travail que possédait déjà la Sagesse traditionnelle ?

source : www.boutiquefs.com

Par d'Armand Bédarride (novembre 1934) - Publié dans : spiritualité
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 07:46

 Les polémiques inévitables qui se sont produites depuis longtemps entre les dogmes d'Eglise et le progrès des lumières, ont amené bien des Maçons et des Libres-Penseurs profanes à méconnaître la valeur psychologique et morale de certaines hautes et vastes conceptions que le clergé a laissé déformer par l'usage qu'il en a fait, que la routine a rapetissées à sa mesure, et que le public ne comprend plus guère, en bien ou en mal, que dans l'acceptation restreinte que leur donne le langage vulgaire.

Parmi ces conceptions, je veux examiner pour le moment les trois vertus que le Christianisme a faites siennes, en les qualifiant de « théologales » et que le Laïcisme
aurait tort de sous-évaluer parce qu'elles sont profondément et intégralement « humaines » quand on les envisage au point de vue de la philosophie et de l'éthique : car on en met alors en lumière la portée permanente pour la conscience et la conduite de la vie. L'humanisme ne peut donc pas s'en désintéresser, parce qu'il repose sur l'intégration synthétique de toutes les formes de la pensée à travers les âges, dans la mesure où elles sont assimilables les unes aux autres.

Les sages de la Grèce donnaient à quatre vertus le nom de « cardinales
» pour en montrer l'importance de premier plan parmi toutes les autres. C'étaient : la Justice, la Prudence, la Tempérance et la Force d'âme, courage moral, énergie personnelle, fortitudo. Je rappelle que la prudence et la tempérance avaient alors un sens beaucoup plus élevé et plus large que de nos jours.
Le Christianisme fit entrer en ligne
dans son diapason, la Foi, l'Espérance et la Charité – caritas, amour.
Que par la suite le dogmatisme de l'Eglise et la faiblesse humaine en aient réduit les dimensions
déales et altéré la pureté, c'est possible. La foule, des clercs et des laïques les a ramenées à sa taille, mais il convient de les voir dans leur véritable stature, et c'est ce que nous allons essayer de faire.

La « foi » n'a pas toujours été l'acceptation aveugle de formules dogmatiques imposées à la raison. Ce n'en serait d'ailleurs qu'une interprétation particulière. Mais l'idée fondamentale en est plus large : on la trouve explicitement indiquée par certains pères de la primitive Eglise
, qui regardaient les questions sous un jour beaucoup plus compréhensif que celui de leurs successeurs, et même des théologiens modernes.

La « foi » fides, c'est, disaient-ils, la confiance dans quelque chose qu'on ne voit pas, ou qui n'est pas démontré, et que l'on tient quand même pour certain. Cette certitude d'une réalité ou d'une vérité, prise psychologiquement, ne se limite donc pas au « credo » ou au « catéchisme » : c'est une démarche de la conscience qui, dans bien des cas, s'impose à tous les hommes, croyants ou libres-penseurs, sous peine de tomber dans le scepticisme et dans l'inaction.

Les uns peuvent croire à la Sainte Trinité, à l'Immaculée Conception
ou aux miracles de la Légende Dorée : c'est la « foi » qui les attachera à leur croyance que leur état d'esprit les prédispose à admettre à priori... mais voici les autres qui n'y croient pas parce que la raison et les sciences les conduisent à une disposition d'esprit contraire. Mais prétendez-vous qu'ils n'admettent absolument « certain » et « vrai » que ce qu'ils ont matériellement constaté ou ce qui a fait l'objet d'une démonstration en bonne forme ?

Que non ! ils « croient » aussi à quelque chose, mais ce quelque chose n'a pas le même contenu. Pourtant le mécanisme de l'opération met en jeu la même force.

Ils croient au progrès, à la liberté, à la justice, je veux dire à leur victoire finale ; ils croient que l'accroissement des « lumières » et de la « culture » conduira le genre humain à un perfectionnement indéfini, ils croient au triomphe final de la pensée, de la paix, de la fraternité, de la sagesse, et c'est là une notion essentiellement maçonnique. Qui leur en fournit la preuve palpable et péremptoire ? Qu'est-ce qui leur démontre de science certaine que l'homme préférera toujours les solutions susceptibles de le rendre indéfiniment supérieur à la bête ? Qu'ils parviendront à réaliser l'idéal ? Qu'est-ce qui les assure que la puissance évolutive de l'Humanité ne s'épuisera pas un jour
et à un point donné comme un ressort qui s'est complètement détendu, comme la chaleurd'un corps qui rayonne dans l'espace, un foyer qui s'éteint, un être qui meurt ? Qu'est-ce qui leur garantit qu'il n'y aura pas un arrêt, une décadence, une régression ? Qui ? Quoi ? Une cornue, une balance, un microscope, un calcul mathématique, un raisonnement abstrait ?

Non ! L'homme se dit : nos ancêtres ont dépouillé la barbarie et la grossièreté primitives ; ils sont sortis des cavernes, ils ont fondé des cités ; leur pensée et leur activité ont créé les arts, les sciences, la littérature, la morale, les lois... chaque siècle, ici ou là, a fait un pas en avant ; et si tel empire ou telle république, telle civilisation, telle philosophie, telle religion, ont fait naufrage en route, d'autres les ont remplacées, et l'humanité, à travers mille vicissitudes, a repris sur un autre point du monde sa marche vers le mieux ! J'agis en conséquence, je fais ce que je crois être le bien, même si j'en subis un inconvénient ou une souffrance : j'ai confiance dans la fécondité de la pensée et de l'action, dussé-je en mourir ! Les sceptiques ou les gens prétendus « pratiques » me railleront ou me traiteront de naïf, car l'intérêt personnel, comme la malice vulgaire, mettent Sancho Pansa au-dessus de Don Quichotte ?

Mais qu'importe ! je suis le chemin que me trace l'idéal, fils de la conscience, et les grandes figures que j'aperçois à l'horizon
n'ont pas le maigre visage du chevalier errant : Voici Socrate , refusant de s'enfuir, quand il en est temps encore, et préférant prendre la ciguë que d'enfreindre les lois de sa Cité, dont il ne désespère pas, même quand elle est injuste envers lui ; et jusqu'à ses dernier moments, il va faire entendre les leçons de la sagesse sereine, à laquelle il reste attaché, quoi qu'il advienne. Cet autre, c'est Condorcet ; le grand encyclopédiste a été condamné à mort par le tribunal révolutionnaire ; d'abord, il est resté introuvable, caché dans une maison amie ; mais pour ne pas compromettre un homme généreux, il part, et on l'arrête. Il n'échappe à la guillotine que par le suicide. Mais dans son cachot, en attendant le jour fatal, il écrit son œuvre mémorable : l'Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain. Et sous le baiser glacé de la mort, il lègue ainsi à la postérité un merveilleux témoignage de foi dans l'avenir.

Ceux-là sont morts, mais bien plus vivants encore que d'autres qui leur ont survécu. Et nous devons les saluer avec respect, nous dont le mythique maître Hiram
dans sa foi stoïque en la loi du Chantier, a préféré mourir que de pactiser commodément avec les incapables, les intrigants et les improbes. Mort légendaire, imaginaire peut-être, mais leçon éternelle de certitude et de confiance dans le devoir.

Mais aux exemples glorieux et éclatants, n'oublions pas de joindre
des exemples moins célèbres, fussent-ils même obscurs et anonymes, donnés quotidiennement par des hommes dont la force d'âme n'aura peut-être été connue que de leur modeste entourage. Ce sont tous les hommes de bien que les mauvais exemples ou les tentations n'entraînent pas hors de la bonne route, que l'adversité ne décourage pas, que les épreuves de l'existence ne rendent ni méchants, ni aigris ; que la médiocrité subie avec honneur séduit plus que la réussite et la richesse obtenue par des moyens vils ; qui font leur travail avec dignité, qui élèvent leurs enfants dans le culte de la droiture, et non dans celui du succès à tout prix ; qui servent la chose publique et ne s'en servent pas ; qui aiment assez leurs semblables pour leur donner, quand il le faut, un peu de leur pain et de leur cœur sans espoir de retour, et qui parfois, si l'heure sonne, exposent leur vie pour sauver celle d'autrui.

Et l'artiste, le savant, l'inventeur, l'explorateur, l'homme qui joue d'une manière quelconque, son effortsur un noble risque, ne sont-ils pas tous animés de cette noble foi, que leur œuvre ne sera pas perdue, que leur tentative ne sera pas vaine, même si elle échoue ou est méconnue du public ? et le soldat qui tombe n'espère-t-il pas le salut de la Patrie ?

Ô Maçons, mes frères,
vous qui savez que le salaire n'est pas le but de l'ouvrier, mais la rémunération de sa tâche, et qui mettez la perfection de l'œuvre au-dessus de la récompense ; vous qui savez aussi n'est pas en vue du salaire qu'il faut travailler pour la construction du Temple – une « foi » encore, le « Plan » que nous devons suivre, fait de sagesse, de force, de beauté, de fraternité et de lumière ! – vous pouvez deviner un secret auguste avant qu'il vous soit rituéliquement dévoilé : c'est l'austère et radieuse maxime : « Fais ce que dois, advienne que pourra ! » devise des « chevaleries » réelles ou allégoriques, de tous les temps et de tous les pays, par-dessus les croyances et les opinions, comme au-dessus des langages et des costumes.

Cultiver sa personne en vue
du bien général, apporter sa pierre cubique à l'édifice, servir l'idéal de l'Humanité : grand dessein des consciences droites et des cœurs purs, admis comme « certain » et « vrai » sans preuve dialectique ou expérimentale, réalisation même de ce qu'il y a de plus « divin »:, même chez ceux qui ne croient pas à la personne de Dieu,Esprit de vérité et de justice, affirmation du dynamisme constructif universel selon des « lois » ; tu n'as plus besoin d'Eglise, car partout où tes fidèles se réunissent surgit un Temple symbolique image de l'Univers ; tu n'as pas besoin de sacerdoce, car tout homme de bien y est son propre prêtre ; et ceux qu'anime ta foi, que réchauffe ta flammen'ont pas, besoin de « dogmes » ; car ils portent un Dieu vivant en eux-mêmes.

source www.boutiquefs.com

Par d'Armand Bédarride (octobre 1934) - Publié dans : spiritualité
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 07:25

Les maçons ne peuvent et ne doivent commencer leurs travaux, qu'après avoir rendu à Dieu, le devoir indispensable de la prière.

Dans quelques loges, on était dans l'usage d'assister au sacrifice de la messe avant de s'assembler ; mais la diversité des cultes ayant été un obstacle à cet acte de piété, il a été abrogé ; et dans quelques-unes, il a été suppléé par une prière à Dieu, conçue dans des termes
et dans une forme qui peut la rendre propre à toutes sortes de croyances.

Nous allons
la transcrire pour satisfaire la curiosité de ceux qui désirent connaître cette pièce intéressante.

« Souverain architecte de l'univers, c'est à ta plus grande gloire que commencent nos travaux, ô toi ! principe radical et générateur, ternaire sacré, éternel, être divin, nécessaire à tous les êtres, dont les décrues portent le caractère de l'amour et de la justice, source de tomes les puissances, germe
de toutes les actions, suprême foyer de toutes les félicités, centre universel où réfléchit l'ardeur de toutes les affections de la vie, vraie sagesse, unique source de tout ce qui existe de vrai ; ô toi, qui t'es peint dans tes merveilles et particulièrement dans l'homme, chiffre universel de ton immensité, nous implorons de ton divin amour, inextinguible comme toi, les secours qui nous sont nécessaires pour travailler efficacement au grand œuvre dont l'objet nous rassemble sur ce carré ! Notre volonté est prête à recevoir les rayons suprêmes qui émanent de ta lumière ; nous voulons suivre ta loi, ne nous refuse point ton secours.

Quelques dégradés que nous soyons
, nous avons droit à ta miséricorde, puisque, quelque grande qu'ait été notre chûte, nous n'avons pu tomber que dans tes mains ; tu ne peux donc cesser de faire couler jusqu'à nous les rayons de ta gloire. Nos travaux n'auront d'autre but que la perfection morale, la pratique de toutes les vertus, et la recherche de la vérité ; l'union, l'harmonie et l'unité seront à jamais l'objet et le terme de nos actions, comme ils le sont de tous les êtres de la nature ; mais nous avons besoin de ton secours ; répands donc sur nous, ton onction salutaire et sacrée, afin que nous puissions te rapporter ces influences vivifiantes qui doivent faire germer en nous les trésors de sagesse et de vérité. Ne permets pas que de fausses doctrines affaiblissent ou éteignent cette impulsion précieuse, cet instinct vierge qui nous la fait rechercher comme notre seul appui.

Dans la carrière où nous marchons, fais que tous nos pas nous conduisent vers la lumière, la science et la simplicité ; fais que notre être intellectuel arrive au dernier terme avec la même pureté qu'il avait en commençant son cours ; qu'il rentre avec le calme de la vertu, dans la main qui la forma ; que cette main reconnaisse en lui le même sceau qu'il en avait reçu ; qu'elle y reconnaisse encore son empreinte, et qu'elle y voie toujours son image ! Jette un regard de bonté sur des êtres dont les bras tendent vers toi, et dont les genoux fléchissent devant toi ; bénis nos travaux, et que les progrès qu'avec ton secours, nous ferons dans la vraie science, portent l'art royal jusques aux siècles des siècles !
»

Par E. F. Bazot - Publié dans : spiritualité
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 19:59

..puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'était plus. 2 et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux. 3 et j'entendis du trône une forte voix qui disait: voici le tabernacle de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. 4 Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. 5 et celui qui était assis sur le trône dit: voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il dit: Ecris; car ces paroles sont certaines et véritables. 6 et il me dit: c'est fait! je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement. 7 celui qui vaincra héritera ces choses; je serai son Dieu, et il sera mon fils. 8 Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort. 9 puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes remplies des sept derniers fléaux vint, et il m'adressa la parole, en disant: viens, je te montrerai l'épouse, la femme de l'agneau. 10 et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne. Et il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel d'auprès de Dieu,

11 ayant la gloire de Dieu. Son éclat était semblable à celui d'une pierre très précieuse, d'une pierre de jaspe transparente comme du cristal. 12 elle avait une grande et haute muraille. Elle avait douze portes, et sur les portes douze anges, et des noms écrits, ceux des douze tribus des fils d'Israël: 13 à l'orient trois portes, au nord trois portes, au midi trois portes, et à l'occident trois portes. 14 La muraille de la ville avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l'agneau. 15 celui qui me parlait avait pour mesure un roseau d'or, afin de mesurer la ville, ses portes et sa muraille. 16 La ville avait la forme d'un carré, et sa longueur était égale à sa largeur. Il mesura la ville avec le roseau, et trouva douze mille stades; la longueur, la largeur et la hauteur en étaient égales. 17 Il mesura la muraille, et trouva cent quarante-quatre coudées, mesure d'homme, qui était celle de l'ange. 18 La muraille était construite en jaspe, et la ville était d'or pur, semblable à du verre pur. 19 Les fondements de la muraille de la ville étaient ornés de pierres précieuses de toute espèce: le premier fondement était de jaspe, le second de saphir, le troisième de calcédoine, le quatrième d'émeraude, 20 le cinquième de sardonyx, le sixième de sardoine, le septième de chrysolithe, le huitième de béryl, le neuvième de topaze, le dixième de chrysoprase, le onzième d'hyacinthe, le douzième d'améthyste. 21 Les douze portes étaient douze perles; chaque porte était d'une seule perle. La place de la ville était d'or pur, comme du verre transparent.

22 je ne vis point de temple dans la ville; car le Seigneur Dieu tout-puissant est son temple, ainsi que l'agneau. 23 La ville n'a besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer; car la gloire de Dieu l'éclaire, et l'agneau est son flambeau. 24 Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre y apporteront leur gloire. 25 Ses portes ne se fermeront point le jour, car là il n'y aura point de nuit. 26 on y apportera la gloire et l'honneur des nations. 27 Il n'entrera chez elle rien de souillé, ni personne qui se livre à l'abomination et au mensonge; il n'entrera que ceux qui sont écrits dans le livre de vie de l'agneau.

1 et il me montra un fleuve d'eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l'agneau. 2 Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des nations. 3 Il n'y aura plus d'anathème. Le trône de Dieu et de l'agneau sera dans la ville; ses serviteurs le serviront 4 et verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. 5 Il n'y aura plus de nuit; et ils n'auront besoin ni de lampe ni de lumière, parce que le Seigneur Dieu les éclairera. Et ils régneront aux siècles des siècles.

 

Par Evangile selon St Jean - Publié dans : spiritualité
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 15:36

Voici les paroles secrètes que Jésus Vivant a prononcées et qu’a transcrites Didyme Judas Thomas.

1. Jésus a dit :
« Celui qui découvrira le sens de ces paroles ne goûtera pas à la mort. »

2. Jésus a dit :
«Que celui qui cherche n’arrête pas de chercher, jusqu’à ce qu’il trouve. Quand il aura trouvé, il sera bouleversé et, étant bouleversé il sera émerveillé et il règnera sur le Tout.»

3. Jésus a dit :
« Si vos guides vous disent que le Royaume est dans le ciel, alors les oiseaux du ciel vous devanceront. S’ils vous disent qu’il est dans la mer, alors les poissons vous devanceront. Mais le Royaume est en vous et hors de vous. Quand vous vous serez connu, alors vous serez ce qui est connu et vous saurez que vous êtes les enfants du Père Vivant. Mais si vous ne vous connaissez pas, alors vous êtes dans la pauvreté, vous êtes la pauvreté. »

4. Jésus a dit :
« Que l’homme âgé n’hésite pas à interroger un enfant de sept jours sur le lieu de la Vie et il vivra, parce que beaucoup des premiers seront les derniers et ils seront l’Unique. »

5. Jésus a dit :
« Connais celui qui est devant toi et ce qui t’est caché te sera dévoilé, car il n’y a rien de voilé qui ne sera dévoilé. »

6. Ses disciples lui demandèrent : « Veux-tu que nous jeûnions ? Comment prier ? Comment faire l’aumône ? Que devons-nous observer en ce qui concerne la nourriture ? » Jésus leur dit : « Soyez honnêtes et ne faites pas des choses que vous ne sentez pas, car tout est dévoilé devant le ciel. Il n’existe rien de caché qui n’apparaîtra et il n'existe rien de recouvert qui ne sera dévoilé. »

7. Jésus a dit :
« Heureux est le lion que mangera l’homme et le lion sera homme. Méprisable est l’homme que mangera le lion et le lion sera homme. »

8. Jésus a dit :
« L’homme est semblable à un pêcheur averti qui avait lancé son filet à la mer : il le retira de la mer rempli de petits poissons. Parmi ces poissons, ce pêcheur avisé découvrit un poisson gros et bon. Il rejeta tous les petits à la mer et choisit sans problème le gros poisson. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

9. Jésus a dit :
« Le semeur est sorti. Il a rempli sa main et il a lancé. Certaines graines sont tombées sur le chemin : les oiseaux se sont amassés et les ont picorées. D’autres graines sont tombées sur la rocaille et elles ne se sont pas enracinées ni ne sont montées en épis. D’autres sont tombées sur les épines, qui ont étouffé la semence et les vers les ont mangées. D’autres, enfin, sont tombées sur de la bonne terre : elles ont porté un bon fruit. Il y en a eu soixante par mesure et cent-vingt par mesure. »

10. Jésus a dit :
« J’ai lancé un feu sur le monde et je le maintiens jusqu’à ce qu’il embrase. »

11. Jésus a dit :
« Ce ciel finira et celui qui est au-dessus aussi. Les morts ne vivront pas et les vivants ne mourront pas. Quand vous mangez ce qui est mort, vous en faites quelque chose de vivant. Quand vous aurez été dans la lumière, imaginez ce que vous ferez ! Quand vous étiez Un, vous avez fait le deux ; mais désormais, étant deux, que ferez-vous ? »

12. Ses disciples dirent à Jésus : « Nous savons que tu nous quitteras. Qui alors nous dirigera ? » Il leur répondit : « Au point où vous serez arrivés, vous irez vers Jacques le juste, car le ciel et la terre sont apparus pour lui. »

13. Jésus dit à ses disciples : « Comparez-moi et dites-moi à quoi je ressemble. » Simon-Pierre lui dit : « Tu ressembles à un ange juste. » Matthieu lui dit : « Tu ressembles à un philosophe qui a du cœur. » Thomas lui dit : « Maître, ma bouche ne me permet pas de dire à qui tu ressembles. » Jésus lui répondit : « Je ne suis pas ton Maître, car tu t’es enivré à la source vive que j’ai moi-même mesurée. Il le prit à part et lui dit trois mots. Quand Thomas revint vers ses amis, ils lui demandèrent ce que Jésus lui avait dit. Thomas leur répondit : « Si je vous révélais une des paroles qu’il m’a confiées, vous prendriez des pierres et me les lanceriez ; le feu sortirait de ces pierres et vous consumerait. »

14. Jésus a dit :
« Si vous jeûnez, vous vous ferez du mal. Si vous priez, on vous condamnera. Si vous faites l’aumône, vous ferez du tort à votre esprit. Si vous allez dans une contrée et qu’on vous y accueille, mangez ce que l’on mettra devant vous et soignez ceux d’entre eux qui sont malades. Ce qui entrera dans votre bouche ne vous souillera pas, mais ce qui en sortira vous souillera. »

15. Jésus a dit :
« Quand vous verrez Celui qui n’a pas été engendré par une femme, prosternez-vous et adorez-le : C’est lui votre Père. »

16. Jésus a dit :
« Les hommes croient peut-être que je suis venu dans le monde pour apporter la paix. Mais ils ne savent pas que je suis venu apporter des divisions sur terre : le feu, l’épée, la guerre. Dans une maison de cinq, trois seront contre deux et deux contre trois. Le père sera contre le fils et le fils contre le père. Ils se lèveront et seront l’Unique. »

17. Jésus a dit :
« Je vous donnerai ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce que la main n’a pas touché et ce qui n’est pas monté dans le cœur de l’homme. »

18. Ses disciples demandèrent à Jésus de leur décrire leur fin. Il leur répondit : « Avez-vous dévoilé le commencement pour chercher la fin ? Là où est le commencement, là sera la fin. Bienheureux celui qui se tiendra dans le commencement et il connaîtra la fin : il ne goûtera pas à la mort. »

19. Jésus a dit :
« Bienheureux celui qui était déjà avant d’exister. Si vous êtes mes disciples et comprenez mes paroles, ces pierres vous serviront. Il existe cinq arbres dans le paradis et ils ne changent pas ni en été ni en hiver, non plus que leurs feuilles ne tombent. Celui qui les connaîtra ne goûtera pas à la mort. »

20. Ses disciples dirent à Jésus :
« Dis-nous à quoi ressemble le royaume des cieux. » Il leur répondit : « Il est semblable à une graine de moutarde, qui est la plus petite de toutes les semences. Quand elle tombe sur une terre favorable, elle produit un grand arbre qui devient un abri pour les oiseaux du ciel. »

21. Mariam demanda à Jésus de lui décrire ses disciples. Il lui répondit : « Ils sont comme des petits enfants installés dans un champ qui ne leur appartient pas. Quand les maîtres de ce champ viendront, ils leur ordonneront de leur laisser le champ. Eux, ils enlèvent leurs vêtements devant les maîtres du champ et ils leur laissent. Voilà pourquoi je dis que si le maître de la maison connaît l’heure de la venue du voleur, il veillera et ne le laissera pas percer la maison de son royaume et partir avec ses biens. Quant à vous, soyez vigilants dans le monde et rassemblez bien vos énergies, afin que les brigands ne trouvent pas un moyen de parvenir à vous. En effet, le profit que vous attendez, ils le trouveront. Qu’il y ait en vous un homme averti ! Une fois le fruit mûr, cet homme averti vient sans tarder avec sa faucille et il le cueille. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! »

22. Voyant des petits qui tétaient, Jésus dit à ses disciples : « Ces petits qui tètent sont semblables à ceux qui entrent au Royaume. » Ils lui demandèrent : « Devons-nous être petits pour entrer au Royaume ? » Il leur répondit : « Quand pour vous le deux sera l’Unique, quand l’intérieur sera l’extérieur et le haut comme le bas, afin de faire le mâle et la femelle en un seul, de sorte que le mâle ne soit pas mâle et la femelle femelle, quand vous verrez des yeux à la place d'un œil, quand pour vous une main sera une main, quand un pied sera un pied et une image une image, alors vous entrerez dans le Royaume. »

23. Jésus a dit :
«J’en choisirai un entre mille et deux entre dix mille : ils se dresseront, étant l’Unique.»

24. Ses disciples lui demandèrent : « Informe-nous sur le lieu où tu te trouves, car il faut que nous le cherchions. » Il leur répondit : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! Il y a de la lumière dans un être lumineux et il illumine l’univers entier. S'il n’illumine pas c’est qu’il est ténèbres. »

25. Jésus a dit :
« Aime ton frère comme ton âme et veille sur lui comme sur la prunelle de tes yeux. »

26. Jésus a dit :
« Tu distingues le brin de paille dans l’œil de ton frère, mais tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien. Quand tu en auras fini avec la poutre de ton œil, alors tu verras clair et tu pourras enlever le brin de paille de l’œil de ton frère. »

27. « Si vous ne jeûnez pas au monde, vous ne découvrirez pas le Royaume. Si vous ne faites pas du sabbat le sabbat, vous ne verrez pas le Père. »

28. Jésus a dit :
« Je me suis tenu au milieu du monde et je me suis manifesté à eux en chair et en os. Je les ai trouvés tous ivres. Je n’ai découvert parmi eux personne qui eût soif : mon âme a souffert pour les fils des hommes, parce que leur cœur est aveugle. Ils ne voient pas qu’ils sont venus au monde vides et qu’ils s’apprêtent à en ressortir aussi vides. Mais ils sont ivres ; quand ils auront cuvé leur vin, ils changeront d’attitude. »

29. Jésus a dit :
« Quand le corps vient à cause de l’esprit, c’est une merveille. Mais quand l’esprit vient à cause du corps, c’est une merveille des merveilles. Quant à moi, je m’émerveille que cette richesse ait habité cette pauvreté. »

30. Jésus a dit :
« Là où il y a trois dieux, ce sont des dieux. Là où il y a deux ou un, moi je suis avec lui. »

31. Jésus a dit :
« Aucun prophète n’est accepté dans son village. Aucun médecin ne soigne ceux qui le connaissent. »

32. Jésus a dit :
« Une cité érigée sur un mont élevé et qui est fortifiée ne peut pas tomber, non plus qu’elle ne peut être cachée. »

33. Jésus a dit :
Ce que tu entendras d’un côté, de l’autre proclame-le sur les toits. Car personne n’allume une lampe pour la mettre sous le boisseau ou dans un endroit caché ; on la met sur un lampadaire, là où tous les passants voient sa lumière. »

34. Jésus a dit :
« Si un aveugle guide un autre aveugle, les deux tombent dans un trou. »

35. Jésus a dit :
« On ne peut entrer dans la maison du fort et la prendre de force, à moins d’abord de lui lier les mains : alors on peut bouleverser sa maison. »

36. Jésus a dit :
« Ne vous souciez pas, du matin au soir et du soir au matin, des vêtements que vous porterez. »

37. Ses disciples dirent à Jésus : « Quand te manifesteras-tu à nous et quel jour te verrons-nous ? Jésus leur répondit : « Lorsque vous délaisserez votre honte et prendrez vos vêtements, les déposerez à vos pieds, comme font les petits enfants, les piétinerez, alors vous contemplerez le Fils du Vivant et vous n’aurez pas peur. »

38. Jésus a dit :
« Souvent vous avez souhaité entendre ces paroles que je vous dis et vous n’aviez personne d'autre de qui les entendre. Un jour vous me chercherez et ne me trouverez pas. »

39. Jésus a dit :
« Les pharisiens et les scribes ont pris les clés de la connaissance et les ont cachées. Ils ne sont pas entrés et en ont empêché ceux qui le voulaient. Quant à vous, soyez prudents comme des serpents et purs comme des colombes. »

40. Jésus a dit :
« Un cep de vigne a été planté hors du Père : n’étant pas fort, il sera extirpé à sa racine et il périra. »

41. Jésus a dit :
« À celui qui possède on donnera ; mais à celui qui ne possède pas, même le peu qu’il a lui sera enlevé. »

42. Jésus a dit :
« Soyez passants. »

43. Ses disciples dirent à Jésus : « Qui es-tu, toi qui nous dis ces choses ? » Il leur répondit : « Par les paroles que je vous dis, ne savez-vous pas qui je suis ? Mais vous êtes comme les Juifs : ils aiment l’arbre mais détestent son fruit ; ils aiment le fruit mais détestent l’arbre. »

44. Jésus a dit :
« À celui qui blasphème contre le Père, on pardonnera. À celui qui blasphème contre le Fils, on pardonnera. Mais à celui qui blasphème contre le Pur Esprit, on ne pardonnera ni sur terre ni au ciel. »

45. Jésus a dit :
« On ne récolte pas de raisin sur des épines et on ne cueille pas de figues sur des chardons, car ils ne portent pas de fruit. Un homme bon, de son trésor tire du bon et un homme mauvais tire du mauvais du mauvais trésor dans son cœur, et il vous adresse des paroles mauvaises : de l’abondance de son cœur, il ne tire jamais que du mauvais. »

46. Jésus a dit :
« De Adam à Jean le Baptiste, de tous ceux qui sont enfantés de femmes, aucun n’est plus grand que Jean le Baptiste et ses yeux ne seront pas détruits. Par contre, j’ai dit que celui qui sera petit parmi vous connaîtra le Royaume et sera plus grand que Jean. »

47. Jésus a dit :
« Il est impossible à un homme de monter deux chevaux ou de bander deux arcs. Il est impossible qu’un serviteur serve deux maîtres, sinon, il honorera l’un et fera outrage à l’autre. Un homme ne boit jamais du vin vieux pour aussitôt en réclamer du nouveau. De plus, on ne verse pas du vin nouveau dans de vieilles outres, de peur qu’elles n’éclatent. On ne verse pas du vin vieux dans une outre neuve, de peur qu’elle ne le gâte. On ne coud pas une vieille pièce sur un vêtement neuf, car il se déchirerait. »

48. Jésus a dit :
«Si deux font la paix dans cette maison, ils pourront dire à cette montagne “éloigne-toi” et elle s’éloignera.»

49. Jésus a dit :
« Bienheureux êtes-vous, les solitaires, les élus, parce que vous trouverez le Royaume. Puisque vous en venez, vous y retournerez. »

50. Jésus a dit :
Si on vous demande : « D’où êtes-vous ? », répondez : « Nous sommes venus de la lumière, là où elle est née d’elle-même. Elle a surgi et s’est manifestée par leur image. » Si on vous demande qui vous êtes, répondez : « Nous sommes ses fils et nous sommes les élus du Père Vivant. » Si on vous demande quel est le signe de votre Père en vous, répondez : « C’est un mouvement et un repos. »

51. Ses disciples demandèrent à Jésus : « Quand viendra le repos des morts ? Quand le monde nouveau viendra-t-il ? » Il leur répondit : « Ce que vous attendez est venu, mais vous ne le reconnaissez pas. »

52. Ses disciples lui dirent : « Vingt-quatre prophètes ont parlé en Israël et ils ont tous parlé de toi. » Il leur répondit : « Vous avez négligé Celui qui est vivant ici maintenant et vous avez parlé des morts. »

53. Ses disciples demandèrent à Jésus si la circoncision était utile ou non. Il leur répondit : « Si elle était utile, leur père les engendrerait circoncis de leur mère. Mais la vraie circoncision, celle de l’esprit, est totalement utile. »

54. Jésus a dit :
« Heureux êtes-vous, les pauvres, parce que le royaume des cieux est à vous. »

55. Jésus a dit :
« Celui qui ne renonce pas à son père ou à sa mère ne pourra pas être mon disciple. Celui qui ne renonce pas à ses frères et sœurs, et ne porte pas sa croix comme je la porte ne sera pas digne de moi. »

56. Jésus a dit :
« Celui qui a connu le monde a trouvé un cadavre ; celui qui a trouvé un cadavre, le monde n’est pas digne de lui. »

57. Jésus a dit :
« Le royaume du Père est semblable à un homme qui possédait une bonne semence. Son ennemi est venu durant la nuit et a semé de l’ivraie parmi la bonne semence. L’homme ne laissa cependant pas les travailleurs arracher l’ivraie, de peur, disait-il, d’arracher le blé avec l’ivraie. Car au jour de la moisson, l’ivraie sera reconnaissable : on l’arrachera et on la brûlera. »

58. Jésus a dit :
« Heureux l’homme qui a connu l’épreuve, car il a trouvé la Vie. »

59. Jésus a dit :
« Tant que vous vivez, regardez Celui qui est vivant, de peur que vous ne mouriez et ne cherchiez alors à le voir sans y arriver. »

60. Ils virent un Samaritain portant un agneau et se rendant en Judée. Jésus dit à ses disciples : « Que va-t-il faire de l’agneau ? » Ses disciples lui répondirent : « Le tuer et le manger. » Il leur répondit : « Tant qu’il est vivant, il ne le mangera pas, à moins qu’il ne le tue et ne devienne cadavre. » Ils lui dirent : « Autrement, il ne pourra le faire. » Il leur répondit : « Vous-mêmes, cherchez votre lieu de repos, de peur que vous ne soyez cadavres et ne soyez mangés. »

61. Jésus a dit :
« Deux reposeront sur un lit : l’un mourra et l’autre vivra. » Salomé dit : «Qui es-tu, homme ? Est-ce en tant qu’issu de l’Unique que tu es monté sur mon lit et que tu as mangé à ma table?» Jésus lui répondit: «Je suis Celui qui est, issu de Celui qui est égal. Il m’a été donné ce qui vient de mon Père.» Elle lui répondit : « Je suis ta disciple.» Jésus répondit : «C’est pourquoi je dis: «Quand le disciple sera désert, il sera rempli de lumière; mais quand il sera partagé, il sera rempli de ténèbres.»

62. Jésus a dit :
« Je révèle mes mystères à ceux qui en sont dignes. Que ta main gauche ne sache pas ce que ta main droite fait. »

63. Jésus a dit :
« Il y avait un homme immensément riche, qui se disait : “ J’utiliserai ma fortune à semer, moissonner, planter, remplir mes greniers de grain, afin que je ne manque de rien. ” C’est ce qu’il pensait en son for intérieur. Or, la nuit même, il mourut. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

64. Jésus a dit :
« Un homme avait des invités. Après avoir préparé le repas, il envoya son serviteur pour les convier. Le serviteur alla trouver le premier et lui dit : “ Mon maître te convie.” Celui-ci lui répondit : “ J’ai de l’argent pour des marchands et ils viennent ce soir : je vais leur donner des ordres. Je te prie de m’excuser pour le repas. ” Le serviteur alla trouver un autre invité et leur dit : “ Mon maître te convie. ” Celui-ci répliqua : “ J’ai acheté une maison et on me demande un jour. Je ne serai pas disponible.” Le serviteur alla vers un autre invité et lui dit : “ Mon maître te convie. ” Celui-ci lui répondit : “ Mon ami va se marier et c’est moi qui préparerai le repas : je ne pourrai pas venir. Veuille m’excuser pour le repas. ” Le serviteur vint trouver un autre invité et lui dit : “Mon maître te convie. ” Celui-ci lui dit : “ Je viens d’acheter une ferme et je vais percevoir les redevances ; je ne pourrai aller au repas. Veuille m’en excuser. ” Le serviteur retourna chez son maître et lui dit : “ Ceux que tu avais invités se sont tous excusés. ” Le maître lui dit : “ Va sur les chemins et amène ceux que tu trouveras pour prendre le repas. Les acheteurs et les marchands n’entreront pas dans les lieux de mon Père. ” »

65. Jésus a dit :
« Un homme riche possédait une vigne. Il la confia à des cultivateurs pour qu’ils la travaillent, afin d’en récolter le fruit de leurs mains. Il envoya son serviteur accepter le fruit de la vigne des cultivateurs. Ils s’emparèrent du serviteur et le frappèrent ; encore un peu et ils l’auraient tué. Le serviteur s’en alla le dire à son maître. Celui-ci dit : “ Peut-être ne les a-t-il pas connus. ” Il envoya un autre serviteur : les cultivateurs le frappèrent lui aussi. Le maître envoya alors son fils, se disant : “ Peut-être respecteront-ils mon fils. ” Comme les cultivateurs savaient que c’était lui l’héritier de la vigne, ils s’en saisirent et le tuèrent. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

66. Jésus a dit :
« Montrez-moi la pierre que les bâtisseurs ont rejetée : c’est elle la pierre angulaire. »

67. Jésus a dit :
« Celui qui connaît le Tout mais qui est séparé de lui-même est séparé du Tout. »

68. Jésus a dit :
« Soyez heureux quand on vous hait et qu’on vous persécute ; on ne trouvera aucun lieu là même où l’on vous a persécuté. »

69. Jésus a dit :
« Heureux ceux qu’on a persécutés dans leur cœur. Ce sont eux qui ont connu le Père en vérité. Heureux les affamés, car le ventre de celui qui veut sera rassasié. »

70. Jésus a dit :
« Quand vous engendrerez cela en vous, ce qui est à vous vous sauvera ; mais si vous n’avez pas cela en vous, ce qui n’est pas à vous vous tuera. »

71. Jésus a dit :
« Je renverserai cette maison et personne ne pourra la reconstruire. »

72. Un homme lui demanda : « Parle à mes frères afin qu’ils partagent les biens de mon père avec moi. » Il leur répondit : « Homme, qui a fait de moi un partageur ? » Se tournant vers ses disciples, il leur demanda : « Suis-je un partageur ? »

73. Jésus a dit :
« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître d’envoyer des ouvriers à la moisson. »

74. Jésus a dit :
« Maître, il y a beaucoup de gens autour du puits, mais personne dedans. »

75. Jésus a dit :
« Beaucoup de gens se tiennent près de la porte, mais ce sont les solitaires qui entreront dans le lieu du mariage. »

76. Jésus a dit :
« Le royaume du Père est semblable à un marchand qui possédait un ballot au moment où il trouva une perle. Comme ce marchand était un sage, il vendit le ballot et s’acheta la perle unique. Vous aussi, cherchez le trésor qui ne périt pas, celui qui demeure, où la mite ne vient pas manger et où le ver ne détruit pas. »

77. Jésus a dit :
«Je suis la lumière qui est sur eux tous. Je suis le Tout. Le Tout est sorti de moi et le Tout est venu à moi. Fendez du bois, je suis là ; soulevez la pierre, vous me trouverez là.»

78. Jésus a dit :
« Pourquoi battez-vous la campagne ? Pour voir un roseau agité par le vent et voir un homme portant des vêtements raffinés ? Là résident vos rois et vos grands ; ils portent des vêtements raffinés mais ils ne pourront connaître la vérité. »

79. Une femme dans la foule lui dit : « Bienheureux le ventre qui t'a porté et les seins qui t’ont nourri ! » Il lui répondit : « Bienheureux plutôt ceux qui ont entendu la parole du Père et qui l’ont gardée en vérité ! Car il viendra des jours où vous direz : Bienheureux le ventre qui n’a pas conçu et les seins qui n’ont pas donné de lait ! »

80. Jésus a dit :
« Celui qui a connu le monde a trouvé le corps ; mais celui qui a trouvé le corps, le monde n’est pas digne de lui. »

81. Jésus a dit :
« Que celui qui est devenu riche devienne roi et que celui qui a le pouvoir y renonce ! »

82. Jésus a dit :
« Celui qui est près de moi est près du feu et celui qui est loin de moi est loin du Royaume. »

83. Jésus a dit :
« Les images se manifestent à l’homme et la lumière en elles est celée. Dans l’image de la lumière du Père elle se révélera et son image sera obscurcie par sa lumière. »

84. Jésus a dit :
« Quand vous voyez votre forme, vous vous réjouissez. Mais quand vous verrez les originaux qui étaient en vous au commencement, qui ne meurent jamais ni se manifestent, comment pourrez-vous le supporter ? »

85. Jésus a dit :
« Adam a été engendré d’une grande puissance et d’une grande richesse, et il n’était pas digne de vous. Car s’il avait été digne de vous, il n’aurait pas goûté à la mort. »

86. Jésus a dit :
« Les renards ont leurs tanières et les oiseaux leur nid ; mais le Fils de l’Homme n’a aucun endroit où poser sa tête et se reposer. »

87. Jésus a dit :
« Misérable est le corps qui dépend d’un corps et misérable est l’âme qui dépend des deux. »

88. Jésus a dit :
« Les anges viendront avec les prophètes et vous donneront ce qui vous appartient. Donnez-leur ce que vous tenez et dites-vous ceci : quand viendront-ils recevoir ce qui leur appartient ? »

89. Jésus a dit :
« Pourquoi lavez-vous le dehors de la coupe ? Ne saisissez-vous pas que celui qui a créé le dedans de la coupe est le même que celu qui a créé le dehors ? »

90. Jésus a dit :
« Venez à moi parce que mon joug est léger et mon autorité douce, et vous trouverez le repos. »

91. Ils dirent à Jésus : « Dis-nous qui tu es, de sorte que nous croyions en toi. » Il leur répondit : « Vous étudiez la face du ciel et de la terre, mais vous ne connaissez pas Celui qui ici est devant vous, non plus que vous savez apprécier le moment présent. »

92. Jésus a dit :
« Cherchez et vous trouverez. Mais les choses sur lesquelles vous m’interrogiez autrefois, je ne vous les ai pas dites, mais maintenant que je souhaite vous les révéler, vous ne me les demandez pas. »

93. Jésus a dit :
« Ne donnez pas ce qui est pur aux chiens, de peur qu’ils ne le jettent dans le fumier. Ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les souillent. »

94. Jésus a dit :
« Celui qui cherche trouvera et à celui qui frappe on ouvrira. »

95. Jésus a dit :
« Si vous possédez de l’argent, ne prêtez pas à usure, mais donnez plutôt à celui qui ne vous le rendra pas. »

96. Jésus a dit :
« Le royaume du Père est semblable à une femme qui a pris un peu de levain pour le cacher dans la pâte et en faire de gros pains. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

97. Jésus a dit :
« Le royaume du Père est semblable à une femme qui portait une cruche remplie de farine et marchait longuement sur la route. L’anse de la cruche s’étant brisé, la farine se déversa derrière elle sur la route. Comme elle ne le savait pas, elle ne s’en affligea point. Arrivée à la maison, elle posa la cruche par terre et la trouva vide. »

98. Jésus a dit :
« Le royaume du Père est semblable à un homme qui voulait tuer un personnage important. Il sortit d’abord son épée chez lui et transperça le mur, afin de vérifier si sa main serait sûre. Ensuite il tua le personnage important. »

99. Ses disciples dirent à Jésus : «Tes frères et ta mère sont là dehors.» Il leur répondit: «Ceux qui ici font la volonté de mon Père, ce sont eux mes frères et ma mère. Ce sont eux qui entreront dans le royaume de mon Père.»

100. On montra une pièce d’or à Jésus, en lui disant : « Les percepteurs de César exigent de nous des tributs. » Il leur répondit : « Donnez à César ce qui est à César, donnez à Dieu ce qui est à Dieu et ce qui est à moi, donnez-le moi. »

101. Jésus a dit :
« Celui qui ne renonce pas à son père et à sa mère comme moi ne pourra devenir mon disciple. Mais celui qui n’aime pas son Père et sa Mère comme moi ne pourra devenir mon disciple. Car ma mère m’a enfanté, mais ma Mère véritable m’a donné la Vie. »

102. Jésus a dit :
« Malheureux pharisiens ! Ils ressemblent à un chien couché dans la mangeoire des bœufs : il ne mange pas ni ne laisse les bœufs manger. »

103. Jésus a dit :
« Heureux l’homme qui connaît le lieu et l’heure de la venue des brigands. Il se lèvera et rassemblera ses énergies avant qu’ils ne pénètrent. »

104. On dit à Jésus : « Viens, prions et jeûnons aujourd’hui. » Il répondit : « Quelle faute ai-je donc commise et en quoi suis-je esclave ? Mais quand l’époux sortira de la chambre nuptiale, alors qu’on jeûne et qu’on prie ! »

105. Jésus a dit :
« Appellera-t-on celui qui connaît le Père et la Mère fils de prostituée ? »

106. Jésus a dit :
« Quand vous verrez l’Unique dans le deux, vous serez Fils de l’homme et si vous dites à la montagne de s’éloigner, elle s’éloignera. »

107. Jésus a dit :
« Le Royaume est semblable à un berger possédant cent moutons. Le plus gros d’entre eux disparut. Il laissa les quatre-vingt-dix-neuf autres et chercha l’unique, jusqu’à ce qu’il l’eût trouvé. Après cette épreuve, il dit au mouton : Je te veux plus que les quatre-vingt-dix-neuf autres ! »

108. Jésus a dit :
« Celui qui boit à ma bouche sera comme moi. Moi aussi je serai lui et ce qui est caché lui sera révélé. »

109. Jésus a dit :
« Le Royaume est semblable à un homme ayant un trésor caché dans son champ. À sa mort, il le légua à son fils, qui, lui aussi, ignorait tout : il vendit le champ. L’acheteur s’amena. En labourant, il trouva le trésor et se mit à prêter de l’argent à usure à qui il voulait. »

110. Jésus a dit :
« Que celui qui a trouvé le monde et est devenu riche renonce au monde ! »

111. Jésus a dit : « Les cieux et la terre passeront devant vous, mais le Vivant venu du Vivant ne connaîtra ni la mort ni la peur, parce que celui qui se trouve lui-même, le monde n’est pas digne de lui. »

112. Jésus a dit : « Malheureuse est la chair qui dépend de l’âme ! Malheureuse est l’âme qui dépend de la chair ! »

113. À ses disciples qui lui demandaient quel jour le Royaume viendrait, Jésus répondit: « Ce n’est pas en guettant qu’on le verra arriver. On ne dira pas : le voici, il est ici ! ni : voici le moment ! Le royaume du Père s’étend sur la terre, mais les hommes ne le voient pas. »

114. Simon Pierre dit : « Que Mariam sorte d’ici, parce que les femmes ne sont pas dignes de la Vie. » Jésus répliqua : « Voici que je l’attirerai, pour la faire mâle, pour qu’elle aussi soit un esprit vivant, semblable à vous les mâles. Car toute femme qui se fera mâle entrera dans le royaume des cieux. »

 

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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 17:21

De tout temps, les relations entre la franc-maçonnerie* et le rosicrucianisme sont souvent évoquées. Une attention particulière doit être portée à la fraternité* de la Rose-Croix d'Or qui fut l'un des principaux mouvements qui s'épanouit parallèlement à la franc-maçonnerie. La Rose Croix d'Or est issue d'une renaissance du rosicrucianisme originel dans les pays allemands. Commencée au début du XVIIIe siècle, elle fut, à beaucoup d'égards, un phénomène très différent de celui-ci qui s'était développé sous l'égide de Christian Rosenkreutz.

La Rose-Croix d'Or doit sa naissance véritable à la publication d'un livre à Breslau, en 1710: Die Wahrhafte und volkommene Bereitung des philosophischen Steins der Bruderschaft aus dem Orden des Gulden und Rosen Creutzes (La vraie et parfaite préparation de la pierre philosophale par la fraternité de la Rose-Croix d'Or). C'est à la base un traité d'alchimie* et cela constitue déjà une différence majeure entre ce nouveau rosicrucianisme et celui des origines qui mettait surtout l'accent sur les projets de réforme sociale, intellectuelle et religieuse. Dans celui ci, l'alchimie ne jouait pas un rôle central. Le traité publié à Breslau accorde au contraire aux N pratiques de laboratoire » une place essentielle qui va conférer l'originalité profonde de la fraternité de la Rose Croix d'Or.

L'auteur de l'ouvrage, qui se donne le nom de Sinceratus Renatus était un pasteur protestant de Silésie, Samuel Richter. La Silésie était alors un creuset ancien et riche de tradition mystique marquée par les influences de Jacob Böhme, du poète mystique Angelus Silesus et du courant piétiste. Richter appartenait à ce dernier, lui-meme fort lié au premier rosicrucianisme. Piétistes et rosicruciens ont en commun de vouloir redécouvrir une forme de christianisme plus pure et plus authentique: ils mettent notamment l'accent sur le sentiment, la vertu personnelle et la relation directe avec la Divinité. Il y a aussi une coloration gnostique chez les piétistes qui vise à fonder le salut sur le rejet de la matière, soumise aux forces du mal et à atteindre une connaissance supérieure des réalités divines. Elle provient de l'influence exercée sur leurs écrits par des écrivains mystiques comme Böhme et les alchimistes. La pratique de l'alchimie est. en effet, enracinée aussi dans la tradition gnostique, et l'attente d'élévation spirituelle des piétistes se révèle analogue à l'attente du passage de la matière de base à un état supérieur chez les alchimistes, On voit cela dans leurs écrits pleins d'images et de métaphores alchimistes: ils parlent ainsi de Dieu comme du grand « fondeur » et comparent l'Esprit-Saint à une teinture bénite ou une quintessence. Certains d'entre eux pensaient d'ailleurs que l'Esprit-saint était présent dans la matière sous la forme des trois principes alchimistes du sel*, du soufre* et du mercure*. Nombreux furent donc les piétistes qui pratiquaient l'alchimie. Friedrich Oetinger écrivait d'ailleurs: « Alchimie et théologie ne sont pas pour moi deux choses maiS une seule », et Goethe avait une amie piétiste, Mlle von Klettenberg, qui l incitait à expérimenter l'alchimie. Cela eut une influence importante tant dans sa vie que dans son œuvre. On voit donc comment le piétisme, l'alchimie et le rosicrucianisme originel interfèrent dans le contexte de la rédaction du livre de Samuel Richter, alias Sinceratus Renatus, pour donner naissance au mouvement de la Rose Croix d'Or.

Si nous ne savons pas quand la Rose Croix d'Or s'implanta, la pièce la plus solide concernant son existence date de 1761: elle décrit une loge* de cet ordre à Prague, appelée La Rose Noire, et donne une liste de membres.

Les manuscrits permettent en revanche de bien mettre en lumière les caractères profonds de l'idéologie de la fraternité de la Rose Croix d'Or et ses relations avec la mouvance maçonnique, car de nombreux détails sur les principes, les rituels et l'organisation de l'Ordre*, sont indiqués par la publication des exposés de l'Ordre et par les correspondances inédites entre les membres.

L'objectif de la fraternité, clairement exposé, confirme que ses croyances reposent sur un syncrétisme entre l'alchimie le christianisme revisité par les piétistes et le rosicrucianisme originel. Il s'agit « de faune émerger les forces cachées de la nature, de faire briller sa lumière, qui a été profondément enterrée par la malédiction, et, par cette voie de procurer une lumière intérieure à chaque frère par laquelle il pourra voir le Dieu invisible et devenir plus proche de lui avec la source originelle de la lumière » (Starke Erweise aus den eigenen Shriften des hochheiligen Ordens Gold- und Rosenkreuzer, écrit anonyme, probablement attribuable à Bode 1788). On retrouve le thème gnostique de « la lumière de la nature enterrée par la malédiction », de l'étincelle divine prisonnière du monde de la matière, la vision d'une divinité faible, le démiurge créant la matière dans laquelle l'esprit humain est emprisonné et sans aucun contact avec la divinité supérieure.

L'alchimie apparaît aussi de manière symbolique et pratique: les membres étaient supposés avoir leur propre laboratoire et y travailler avec diligence. La progression de chaque membre dans l'Ordre supposait d'ailleurs qu'ils aient reçu des secrets* alchimiques de plus en plus importants.

On connaît également précisément les aspects structurels de cette fraternité. Dans son ouvrage, Renatus donne un nombre considérable de détails sur l'Ordre lui même: il aurait compté 63 membres et un imperator élu à vie. Les frères adoptaient un code particulier pour se saluer et se reconnaître entre eux. L'un d'entre eux disait: Ave frater, l'interlocuteur devait répondre: Rosae et aurae. Le premier ajoutait alors: Crucis.

La Rose Croix d'Or est organisée en cercles de 9 membres et compte 9 grades*. Ce sont dans l'ordre ascendant: Junior Theoreticus, Practicus, Philosophus Adeptus Minor, Adeptus Major Adeptus Exemptus, Magister et Magus. Cette organisation hiérarchisée, généralisée par la Réforme de 1777, sera étendue à 10 grades au XIXe siècle par la société occultiste anglaise l'Ordre Hermétique de Golden Dawn ou, plus tard, par l'Ancien Mystique Ordre Rose-Croix. La fraternité était très hiérarchisée et le secret régissait les rapports entre les membres eux-mêmes. Les membres ne devaient ainsi pas connaître le nom des frères situés au-dessus de leur propre cercle.

La structure directrice comprenait plusieurs niveaux. Il y avait des directeurs de cercle, des directeurs régionaux en charge de plusieurs cercles des Grands Prieurs, et, au plus haut niveau, les Supérieurs Inconnus. C'était probablement trois adeptes qui constituaient l'autorité suprême. L'organisation est encore comparable à celle de la Golden Dawn, mais les Supérieurs Inconnus étaient ici de véritables personnes. Nous avons quelques raisons de penser que l'un d'entre eux était Schleiss von Lowenfeld, un physicien de Sulzbach, en Bavière, qui écrivit un livre qui prenait la défense de la Rose Croix d'Or.

La Rose-Croix d'Or connut un succès remarquable dans les années 1770 dans toute l'Europe centrale, à Berlin, Hambourg, Francfort, Ratisbonne, Munich Vienne, Prague... mais aussi en Pologne en Hongrie et en Russie*. L'un des plus remarquables centres est celui qui était situé dans le château de Rajec, près de Brno. On y trouve le comte (et prince) Karl Josef von Salm-Reifferscheidt, une figure importante dont l'intérêt se porta à la fois sur les philosophes français la science moderne l'alchimie et le spiritualisme. Il rassemble autour de lui un groupe éclectique d'individus, et participe activement à la formation d'une communauté scientifique organisée en Moravie qui vise à acquérir la connaissance universelle par le recours à la recherche scientifique et à la vieille tradition alchimique et théosophique. Le prince Salm-Reifferscheidt avait sans doute connaissance des manifestes de la Rose-Croix originelle: il voulait fonder un Collège Invisible dans la ligne de la vision proclamée un siècle plus tôt. La branche russe de l'Ordre eut également des membres remarquables: l'écrivain et publiciste Novikov qui, avec un autre rose-croix russe, Lopuchin, installa la Société Typographique et fit connaître au public russe, en langue vernaculaire les travaux de Böhme, Silesius, Saint-Martin*, Mme Guyon et du mystique anglais Pordage. Novikov véhiculait à la fois les idées progressistes des Lumières* et les traditions ésotériques. Il pensait ainsi que tout homme porte en lui une part de l'esprit divin et que les individus doivent donc être traités avec respect, quel que soit leur statut social. Avec les adeptes de la Rose-Croix de Moscou il participe à diverses institutions charitables comme l'hôpital et la Maison des pauvres. Novikov tomba en disgrâce, Catherine 11 était opposée à la franc-maçonnerie, elle le mit en prison et il ne fut libéré qu'à la mort de celle-ci, quatre ans plus tard.

La Rose-Croix d'Or eut enfin beaucoup d'influence en Prusse, où l'un de ses membres ne fut autre que l'empereur Frédéric-Guillaume 11. Durant son règne, la Cour et le gouvernement étaient dominés par le « clan Rose-Croix » notamment par Johann Christof Woliner et par Johann Rudolf von Bishoffswerder. L'historiographie a souvent donné une image négative de ces hommes en raison de l'influence qu'ils exercèrent sur le roi pour renforcer l'orthodoxie religieuse luthérienne. Ils jouèrent un rôle dans la campagne contre les illuminaten~ et les Rose Croix sont généralement présentés comme des représentants des ennemis de l'Aufklärung. Il est vrai qu'ils furent opposés à la médecine des Lumières. Cependant, des hommes, comme le prince Salm, peuvent être considérés comme des rationalistes convaincus.

Le mouvement disparut à la mort de l'empereur en 1797 miné par les oppositions internes. Néanmoins, l'idéologie de la Rose-Croix d'Or, mais aussi les survivances de ses branches, comme les Frères Initiés de l'Asie*, ont des prolongements qui montrent l'importance de son influence. Au XIXe siècle le romantisme est pétri de thèmes et de références que l'on trouve dans la Fraternité. C'est le cas dans les œuvres de Novalis et dans celles du peintre Friedrich Otto Runge.

Un peu plus tard l'inventeur de l'homéopathie, Samuel Hahnemann (1755-1843), franc-maçon et trés probablement Rose Croix, témoigne à sa manière de la survivance de la culture de la Rose Croix d'Or: en effet, l'idée que le semblable soigne le semblable est un développement de la tradition alchimique (Paracelse).

La fraternité de la Rose-Croix d'Or fut un mouvement original qui, ne serait-ce que par la mention de nombre d'initiés aux ateliers maçonniques (Wôliner, Goethe ou le Dr Hahnemann) et la mise en place d'une hiérarchie des grades, a eu des liens solides avec le mouvement maçonnique. Cela est d'autant plus apparent que pour être admis dans l'Ordre il fallait être passé par une loge maçonnique régulière et être initié aux trois grades bleus*. Il y eut aussi des aspects rituels communs. On sait que le Rite rosicrucien se soucha sur des loges de la Stricte Observance* et que nous trouvons, dans divers systèmes maçonniques, des évocations de la symbolique rose-croix.

source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu

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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 11:52
Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant,
créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible.
Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu,
né du Père avant tous les siècles :
Il est Dieu, né de Dieu, lumière, né de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu
Engendré non pas créé, de même nature que le Père ; et par lui tout a été fait.
Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ;
Par l'Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s'est fait homme.
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Ecritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père.
Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n'aura pas de fin.

Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils.
Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes.

Je crois en l'Eglise, une, sainte, catholique et apostolique.
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés.
J'attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir.
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