spiritualité

Samedi 5 juillet 2014 6 05 /07 /Juil /2014 08:01

Seul dans ma petite cellule,

Sans la compagnie de quiconque,

Le pèlerinage avant le départ vers la mort

Fut précieux.

 

Une petite cabane isolée,

Pour le pardon de mes péchés:

Une conscience droite et claire

Vers le saint Paradis.

 

Passions faibles et fanées,

Renonciation à ce monde misérable;

Pensées pures et ardentes;

Que cela soit ma prière à Dieu!

 

Lamentation du fond du cœur

Vers le ciel nuageux,

Confessions sincère et véritablement pieuses,

Vives averses de larmes.

 

Un lit froid et plein d'anxiété,

Comme celui où s'étend un homme condamné à mort:

Un sommeil bref, plein d'appréhension,

Comme s'il y avait danger,

Des prières fréquentes et matinales.

 

Ma nourriture, comme le veut mon statut,

Précieuse fut la captivité:

Mon dîner, indubitablement,

Ne me rendra pas vigoureux.

 

Accorde-moi la contrition du cœur,

Afin que je ne tombe pas en disgrâce;

Ô Seigneur, protège-moi et accorde-moi les larmes.

 

Pour le badinage que j'eus avec les femmes

Qui ne m'ont pas repoussé,

Accorde-moi, ô Créateur, des larmes

Qui coulent en ruisseaux de mes yeux.

 

Pour ma colère, ma jalousie et mon orgueil,

Actes insensés, fais venir des larmes

du plus profond de moi.

 

Mes faussetés, mes mensonges et ma cupidité,

Tous trois aussi graves, bannis-les en moi,

O Marie Mère de Dieu, accorde moi les larmes.

 

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après une prière irlandaise des premiers siècles

Source : http://acathistes-et-offices-orthodoxes.blogspot.fr/

Par X - Publié dans : spiritualité
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Lundi 21 avril 2014 1 21 /04 /Avr /2014 08:59

Que tout homme pieux et ami de Dieu jouisse de cette belle et lumineuse solennité ! Que tout serviteur fidèle entre avec allégresse dans la joie de son Seigneur ! (Mt 25,21) Celui qui a porté le poids du jeûne, qu'il vienne maintenant toucher son denier. Celui qui a travaillé depuis la première heure, qu'il reçoive aujourd'hui le juste salaire. Celui qui est venu après la troisième heure, qu'il célèbre cette fête dans l'action de grâces. Celui qui est arrivé après la sixième heure, qu'il n'ait aucune doute, il ne sera pas lésé. Si quelqu'un a tardé jusqu'à la neuvième heure, qu'il approche sans hésiter. S'il en est un qui a traîné jusqu'à la onzième heure, qu'il n'ait pas honte de sa tiédeur, car le Maître est généreux, il reçoit le dernier comme le premier ; il accorde le repos à l'ouvrier de la onzième heure comme à celui de la première ; il fait miséricorde à celui-là, et comble celui-ci. Il donne à l'un, il fait grâce à l'autre. (Mt 20,1-16) Il accueille les pauvres et reçoit avec tendresse la bonne volonté ; il honore l'action et loue le bon propos.
Ainsi donc, entrez tous dans la joie du Seigneur ! Premiers et derniers, recevez la récompense. Riches et pauvres, chantez en coeur tous ensemble. Les vigilants comme les nonchalants, honorez ce jour. Vous qui avez jeûné, et vous qui n'avez pas jeûné, réjouissez-vous aujourd'hui. La table est préparée, mangez-en tous (Mt 22,4) ; le veau gras est servi, que nul ne s'en retourne à jeun (Lc 15,23) . Jouissez tous du banquet de la foi, au trésor de la bonté. Que nul ne déplore sa pauvreté, car le Royaume est apparu pour tous. Que nul se lamente de ses fautes, car le pardon a jailli du tombeau. Que nul ne craigne la mort, car la mort du Sauveur nous en a libérés. Il a détruit la mort, celui que la mort avait étreint ; il a dépouillé l'enfer, celui qui est descendu aux enfers. Il a rempli l'enfer d'amertume, pour avoir goûté de sa chair. Isaïe l'avait prédit en disant : "L'enfer fut rempli d'amertume lorsqu'il t'a rencontré" (Is 14,9). L'enfer est rempli d'amertume, car il a été joué ; bouleversé, car il a été enchaîné ; bouleversé, car il a été mis à mort ; bouleversé, car il a été anéanti ; consterné, car il a saisi un corps et s'est trouvé devant Dieu. Il a pris la terre et a rencontré le ciel ; il a saisi ce qu'il voyait, et il est tombé sur celui qu'il ne voyait pas. Ô mort, où est ton aiguillon ? Enfer, où est ta victoire (1 Co 15,55) ? Christ est ressuscité et tu as été terrassée ; Christ est ressuscité et les démons sont tombés ; Christ est ressuscité et les anges sont dans la joie ; Christ est ressuscité et voici que règne la vie. Christ est ressuscité et il n'est plus de morts dans les tombeaux ; car le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis (1 Co 15,20). À lui gloire et puissance dans les siècles des siècles ! Amen.

Source : http://peresdeleglise.free.fr/textesvaries/paques.htm

Par Jean Chrysostome - Publié dans : spiritualité
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Samedi 19 avril 2014 6 19 /04 /Avr /2014 08:55

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Par Facebook - Publié dans : spiritualité
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Vendredi 4 avril 2014 5 04 /04 /Avr /2014 17:05

Tantôt intitulé « Supplique pour accèder au bon usage de l’oeuvre » tantôt « Prière de l’artisan » ou « Prière de l’ouvrier« , Voici une prière « légèrement » modifiée qui serait à l’origine une prière monastique venant de Grande Bretagne et qui aurait été adopté par les premiers artisans laïques et les premiers imprimeurs. Merci au blog « La Voûte Etoilée » pour ce partage !

"Apprends-moi, Grand Architecte de l’Univers, à bien user du temps que tu me donnes pour travailler et à bien l’employer sans rien en perdre.

Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées sans tomber dans le scrupule qui ronge.

Apprends-moi à prévoir le plan sans me tourmenter, à imaginer l’oeuvre sans me désoler si elle jaillit autrement.

Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur, la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix. Aide-moi au départ de l’ouvrage, là où je suis le plus faible.

Aide-moi au coeur du labeur à tenir serré le fil de l’attention. Et surtout comble Toi-même les vides de mon oeuvre.

Grand Architecte de l’Univers, dans tout le labeur de mes mains laisse une grâce de Toi pour parler aux autres et un défaut de moi pour me parler à moi-même. Garde en moi l’espérance de la perfection, sans quoi je perdrais coeur. Garde-moi dans l’impuissance de la perfection, sans quoi je me perdrais d’orgueil. Purifie mon regard : quand je fais mal, il n’est pas sûr que ce soit mal et quand je fais bien, il n’est pas sûr que ce soit bien.

Grand Architecte de l’Univers, ne me laisse jamais oublier que tout savoir est vain sauf là où il y a travail. Et que tout travail est vide sauf là où il y a amour. Et que tout amour est creux qui ne me lie à moi-même et aux autres et à Toi.

Grand Architecte de l’Univers, enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces. Rappelle-moi que l’ouvrage de mes mains t’appartient et qu’il m’appartient de te le rendre en le donnant.

Que si je fais par goût du profit, comme un fruit oublié je pourrirai à l’automne.

Que si je fais pour plaire aux autres, comme la fleur de l’herbe je fanerai le soir. Mais si je fais pour l’amour du bien, je demeurerai dans le bien.

Et le temps de faire bien et à Ta gloire, c’est tout de suite.

Source : www.gadlu.info/priere-de-louvrier-de-lartisan.html

Par X - Publié dans : spiritualité
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Lundi 17 mars 2014 1 17 /03 /Mars /2014 06:18

"Beaucoup ont essayé d'écrire des Evangiles, mais tous n'ont pas été acceptés. Et si vous ignorez qu'on n'a pas écrit seulement quatre Evangiles, mais un plus grand nombre, parmi lesquels ceux que nous possédons ont été choisis et remis aux Eglises, que le prologue de Luc, dont voici le texte, vous l'apprenne : Parce que beaucoup ont essayé de composer un récit (Lc 1, 1). Ces mots "ont essayé" contiennent une accusation cachée contre ceux qui, sans la grâce du Saint-Esprit, se sont lancés dans la rédaction des Evangiles. Matthieu, Marc, Jean et Luc n'ont pas "essayé" d'écrire, mais, remplis du Saint-Esprit, ils ont écrit les Evangiles.
Comme nous l'ont transmis ceux qui, dès le début, témoins oculaires, sont devenus ensuite serviteurs de la Parole (Lc 1, 2). Les Apôtres ont contemplé la Parole, non parce qu'ils avaient regardé le corps du Sauveur, mais parce qu'ils avaient vu le Verbe. Si, en effet, avoir vu Jésus selon la chair, c'est avoir vu la parole de Dieu, dans ce cas, Pilate, qui condamna Jésus, a vu la Parole, ainsi que le traître Judas et tous ceux qui vociféraient : Crucifie-le, enlève-le de la terre ! (Jn 19, 15) ont vu la Parole. Loin de moi cette pensée que n'importe quel incroyant puisse voir la parole de Dieu. Voir la parole de Dieu se comprend dans le sens ou le Sauveur a dit lui-même : Celui qui m'a vu a vu aussi le Père qui m'a envoyé (Jn 14, 9).
(Origène : Homélies sur St Luc, I, 1-4, SC 87).

"Tente donc, mon auditeur, toi aussi, d'avoir ton propre puits et ta propre fontaine, pour que toi aussi, lorsque tu prendras le livre des Ecritures, tu te mettes à tirer de ton propre fonds quelque intelligence ; et, selon la doctrine que tu as reçue dans l'Eglise, tente de boire, toi aussi, à la fontaine de ton esprit. Il y a en toi une nature d'eau vive, il y a des veines intarissables et des courants d'irrigation ; emploie-toi à creuser la terre et à la nettoyer des ordures, c'est-à-dire à repousser la paresse et à secouer la torpeur du coeur. Purifie ton esprit, pour qu'un jour vienne où tu boiras de tes propres fontaines et où tu puiseras de l'eau vive dans tes puits. Car si tu as reçu le Logos de Dieu en toi, si tu as reçu de Jésus l'eau vive avec fidélité, en toi s'ouvrira une fontaine d'eau jaillissant pour la vie éternelle. [Jn 4, 14]" (Origène : Homélie sur la Genèse, XII, 5).

"Comme les attitudes du corps sont innombrables, celle où nous étendons les mains et où nous levons les yeux au ciel doit être sûrement préférée à toutes les autres, pour exprimer dans le corps l’image des dispositions de l’âme pendant la prière. Nous disons qu’il faut agir de la sorte, quand il n’y a pas d’obstacles. Mais les circonstances peuvent amener parfois à prier assis, par exemple quand on a mal aux pieds ; ou à prier couché, à cause de la fièvre. Pour la même raison, si, par exemple, nous sommes en bateau ou que nos affaires ne nous permettent pas de nous retirer pour nous acquitter du devoir de notre prière, on peut prier sans prendre aucune attitude extérieure."(La prière, III, 31, "Les Pères dans la foi", p. 120).

"Lorsque quelqu'un nous donne un objet matériel, on ne peut pas dire qu'il nous donne l'ombre de cet objet (car il n'a pas l'intention de donner deux choses séparées, l'objet et son ombre mais l'ombre suit nécessairement l'objet donné), de même si nous considérons avec une certaine hauteur les grâces importantes que Dieu nous fait, nous pouvons dire que les biens matériels ne sont que l'ombre qui accompagne pour les saints les grâces spirituelles, immenses et célestes, pour leur profit et selon la disposition de Dieu. Le Seigneur agit toujours avec sagesse, même si nous ne connaissons pas le mobile de chacun de ses dons." (Origène, La prière, I, 5, 16, "Les Pères dans la foi", pp. 59-60).

"A l'homme qui recherche de belles perles (Mt 13,45), il faut appliquer les paroles suivantes : Cherchez et vous trouverez, et : Celui qui cherche, trouve (Mt 7,7-8). En effet, à quoi peuvent bien se rapporter "cherchez et celui qui cherche, trouve"? Disons-le sans hésiter : aux perles, et particulièrement à la perle acquise par l'homme qui a tout donné et tout perdu. A cause de cette perle, Paul dit : J'ai accepté de tout perdre afin de gagner le Christ (Ph 3,8). Par le mot tout il entend les belles perles, et par gagner le Christ l'unique perle de grand prix. (Commentaire sur l'évangile de Matthieu, 10, 9-10).

"Voici une comparaison pour inviter les hommes à prier et les empêcher de négliger la prière. Un homme ne peut pas avoir d'enfant sans s'unir à une femme. De même, pour obtenir ce qu'on désire, il faut prier avec de bonnes dispositions, avec foi, et se conduire dignement avant la prière. Il n'est pas nécessaire de dire beaucoup de paroles. Il ne faut pas non plus demander des choses sans importance, ni réclamer les biens de la terre, ni venir prier quand on est en colère ou troublé intérieurement. Pour comprendre ce que la prière exige, il faut avoir le coeur pur. De même, nous n'obtiendrons pas le pardon de nos péchés sans avoir pardonné du fond du coeur au frère qui nous demande pardon pour la peine qu'il nous a faite." (La prière, 8).

"Nous sommes en voyage, nous ne sommes venus en ce monde que pour passer de "vertus en vertus", et non pour rester sur terre par amour des objets terrestres, comme celui qui disait : "Je détruirai mes greniers et j'en construirai de plus grands" (Le 12,18). Ah ! que le Seigneur ne nous dise pas comme à lui : "Insensé, cette nuit, on te redemandera ton âme"." (Homélies sur les Nombres XXVII, 7).

"Si un homme a quelque jour brûlé du fidèle amour du Verbe de Dieu; si, pour parler comme le prophète, un homme, un jour, a reçu de la "flèche de choix" la douce blessure, la douce plaie; si quelqu'un, un jour, a été percé du trait amoureux, au point, ensuite, jour et nuit, de soupirer après lui de désir, et de ne plus pouvoir rien dire d'autre, et de ne plus vouloir rien entendre d'autre, et de ne plus rien savoir d'autre, et de n'avoir plus goût à rien désirer d'autre, rien envier d'autre, ni rien espérer hors de lui, celui-là alors, à juste titre, pourra dire: je suis blessé d'amour." (Homélies sur le Cantique des Cantiques, 1).

Source : http://peresdeleglise.free.fr/extraits2.htm#origene

Par T.D - Publié dans : spiritualité
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Samedi 8 mars 2014 6 08 /03 /Mars /2014 08:41

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Par X - Publié dans : spiritualité
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Mercredi 4 décembre 2013 3 04 /12 /Déc /2013 11:03

Quand nous sommes sous l’emprise de la colère ou de la haine, nous ne nous sentons pas bien, ni physiquement ni mentalement. Tout le monde s’en rend compte et personne n’a envie de rester avec nous. Même les animaux nous fuient, à part les puces et les moustiques qui ne veulent que notre sang ! Nous perdons l’appétit, nous ne dormons pas, nous attrapons parfois des ulcères, et si nous sommes continuellement dans cet état nous raccourcissons sûrement le nombre d’années qu’il nous reste à vivre.
À quoi bon ? Même si nous allons jusqu’au bout de notre rage, nous n’éliminerons jamais tous nos ennemis. Connaissez-vous quelqu’un qui y soit parvenu ? Tant que nous hébergeons en nous cet ennemi intérieur qu’est la colère, ou la haine, nous aurons beau détruire nos ennemis extérieurs aujourd’hui, d’autres surgiront demain.
Nos véritables ennemis sont les poisons mentaux : l’ignorance, la haine, le désir, la jalousie, l’orgueil. Ce sont les seuls capables de détruire notre bonheur. La colère ou la haine, en particulier, sont la cause d’un grand nombre des malheurs de ce monde, depuis les querelles familiales jusqu’aux plus grands conflits. Elles rendent invivables n’importe quelle situation plaisante. Aucune religion ne vante leurs vertus. Toutes mettent l’accent sur l’amour et la bienveillance. Il suffit de lire les différentes descriptions de paradis pour se rendre compte qu’on y parle de paix, de beauté, de jardins exquis, de fleurs, mais jamais, que je sache, de conflits ni de guerres. On n’accorde donc à la colère aucune qualité.
Que faire de la colère ? Pour certains, elle n’est pas un défaut. Ceux qui n’ont pas l’habitude d’observer leur esprit pensent qu’elle fait partie de la nature, qu’il ne faut pas la réprimer mais au contraire l’exprimer. Si c’était vrai, il faudrait aussi dire que l’ignorance ou l’illettrisme font partie de notre esprit, puisqu’en naissant nous ne savons rien. Pourtant nous faisons tout pour les éliminer, et personne ne proteste que ce sont des choses naturelles auxquelles il ne faut rien changer. Pourquoi alors ne pas vouloir de faire de même avec la haine ou la colère, qui sont beaucoup plus dévastatrices ? Cela vaut certainement la peine d’essayer.
Il faut du temps pour apprendre et il est impossible de tout connaître, mais il est bon de devenir un peu moins ignorant. De même, il est difficile de se débarrasser pour toujours de la colère, mais si l’on y parvient dans une certaine mesure, le résultat en vaut la peine. Vous pouvez bien sûr me répondre que ça ne regarde que vous, que ce n’est pas mon problème ! (Éclat de rire.)
Les psychologues vous diront peut-être qu’il ne faut pas refouler un sentiment comme la colère, qu’il faut l’extérioriser. En tout cas, ils ne vous diront pas qu’il faut le rechercher ou le développer. Apprenez à voir les défauts de la colère, et même si vous pensez toujours qu’elle fait partie de votre esprit, vous ne pourrez pas vous empêcher de conclure qu’il vaut mieux vous en passer.
Évitez autant que possible les situations qui provoquent chez vous une réaction violente. Si elles se présentent malgré tout, essayez de ne pas vous emporter. Si vous rencontrez quelqu’un qui a le don de vous irriter, efforcez-vous d’oublier cette particularité fâcheuse et considérez cette personne sous un autre angle.
Ceux que nous prenons pour des ennemis ne nous sont pas hostiles dès leur naissance. Ils le deviennent à la suite d’un certain nombre de pensées et de comportements. On les étiquette alors « ennemis ». Si leur attitude envers nous change du tout au tout, ils deviennent des « amis ». Une seule et même personne pourrait donc être un jour « ennemi » et un autre jour « ami ». C’est absurde.
Distinguez bien entre la personne et son attitude momentanée. Ne réagissez pas contre quelqu’un, mais contre une émotion ou un comportement. Rejetez tout désir de nuire à l’individu lui-même. Essayez de l’aider à changer, faites-lui le plus de bien possible. Si vous vous contentez de mettre fin à ses actes tout en manifestant de l’amour, il y a des chances pour qu’il cesse de se comporter en ennemi. Il deviendra peut-être votre ami.
Vous n’avez pas à tolérer le mal qu’on vous fait, à vous ou à d’autres. Combattez-le, mais ne haïssez pas son auteur, ne vous emportez pas contre lui, ne cherchez pas à vous vengez. Ainsi votre réaction ne sera pas en revanche, une colère en réponse à une autre colère. C’est cela, la véritable patience. Il est difficile de réagir de manière juste sous le coup de la rage. Oubliez donc votre rage.
Récemment, alors que j’étais à Jérusalem, j’ai assisté à un débat entre étudiants israéliens et palestiniens. À la fin, un Palestinien a pris la parole pour dire que tout allait bien maintenant, pendant qu’ils dialoguaient, mais une fois qu’ils étaient dans la rue c’était différent. Quand la police israélienne les arrêtait, ils étaient furieux et percevaient les Israéliens comme des ennemis. Il se demandait que faire. Ils en ont discuté et l’idée a surgi de considérer l’autre comme une « image de Dieu ». Un des étudiants a déclaré : « Chaque fois que vous êtes en face d’un homme qui vous fait du tort, quel qu’il soit, pensez que cet homme est une image de Dieu et votre colère disparaîtra. » N’est-ce pas une bonne idée ? Pour ma part, je la trouve excellente.
Si vous avez foi comme eux dans une religion et que vous appliquez cette méthode à votre façon, votre colère diminuera naturellement. Quelqu’un m’a écrit que lorsqu’il méditait, l’image du Dalaï-Lama lui venait à l’esprit et que cela lui faisait beaucoup de bien. Maintenant, quand il se met en colère, il pense à moi et la colère disparaît. Je ne sais pas si ma photo a le pouvoir d’apaiser la colère. (Rire.) Je pense plutôt que lorsque la colère surgit soudain en nous, si au lieu de nous focaliser sur l’objet qui la provoque nous pensons à quelqu’un ou quelque chose que nous aimons, notre esprit s’apaise, au moins dans une certaine mesure. Songez par exemple à l’homme ou à la femme dont vous êtes amoureux. Votre esprit sera distrait et, comme on dit, « deux pensées ne peuvent pas surgir simultanément ». Notre esprit prend automatiquement la direction de la nouvelle image, pourvu qu’elle soit plus forte. Celle que nous avions juste avant disparaît. Elle devient provisoirement discrète, mais prenez garde à ne pas lui redonner vie par la suite. Rappelez-vous ses effets désastreux.
Je dis souvent qu’en cédant à la colère nous ne faisons pas nécessairement du tort à notre ennemi, mais en revanche nous nuisons à coup sûr à nous-même. Nous perdons notre paix intérieure, nous ne faisons plus rien correctement, nous digérons mal, nous ne dormons plus, nous repoussons nos visiteurs, nous lançons des regards furieux à ceux qui ont l’audace d’être sur notre passage. Si nous avons une animal de compagnie, nous ne pensons plus à lui donner à manger. Nous rendons la vie impossible à ceux qui habitent avec nous et nous éloignons même nos amis les plus chers. Comme ceux qui compatissent sont de moins en moins nombreux, nous sommes de plus en plus seul.
Quant à notre ennemi supposé, il est peut-être tranquillement assis chez lui. Si un jour nos voisins lui racontent ce qu’ils ont vu ou entendu, il s’en réjouira. S’il entend dire : « Il est vraiment malheureux, il a perdu l’appétit, sa mine est défaite, ses cheveux sont ébouriffés, il dort mal, il prend des tranquillisants, plus personne ne vient le voir, même son chien n’ose plus l’approcher et n’arrête pas de hurler », il sera ravi. Et s’il apprend qu’on a dû nous emmener à l’hôpital, le voilà comblé !
Se mettre en colère n’a pas de sens. Si votre but était vraiment de punir votre ennemi, il valait mieux rester calme et réfléchir tranquillement au sort que vous alliez lui réserver ! (Rire.)

Par Dalaï Lama - Publié dans : spiritualité
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Jeudi 26 septembre 2013 4 26 /09 /Sep /2013 09:41

« Je connais le Christ pauvre et crucifié, je n'ai pas besoin d'autre chose ». (Saint-François d'Assise, d'après Thomas de CELANO, Vita secunda, eh. LXXXI).
« Et en cette flamme était Dieu, lequel, sous cette forme, me parlait comme il avait anciennement parlé à Moïse. Et, parmi les autres choses qu'il me dit, il me demanda que je lui fisse trois dons et je lui répondais : «Seigneur, je suis tout à toi ; tu sais bien que je n'ai rien d'autre que la tunique, la corde et les vêtements de dessous, et aussi que ces trois choses sont tiennes ; que puis-je donc offrir et donner à Ta Majesté ? » Alors Dieu me dit : « Cherche dans ton sein et offre-moi ce que tu y trouveras ». J'y cherchai et trouvai une balle d'or et je l'offris à Dieu ; et ainsi fis-je trois fois, selon que Dieu trois fois me commanda ; et puis, je m'agenouillai trois fois et bénis et remerciai Dieu qui m'avait donné de quoi faire offrande. Et immédiatement, il me fût donné de comprendre que ces trois dons signifiaient la sainte obéissance, la très haute pauvreté et la chasteté infiniment splendide. » .

Cette belle légende franciscaine nous trace magnifiquement le cadre dans lequel tout chrétien doit poursuivre l'oeuvre de sa sanctification : Obéissance, pauvreté, chasteté, tel est bien le chemin qui mène à la perfection ; et, parce que cette perfection est de précepte évangélique (Matth., VI, 48), tout chrétien qui veut demeurer fidèle aux enseignements du Maître est tenu de pratiquer, sinon selon la règle de l'observance monastique, tout au moins dans leur esprit, les trois vertus que saint François comparaît si justement à des balles d'or, dont il faisait offrande à Dieu.

Si d'autres vertus non moins éminentes ont brillé dans l'âme de saint François, l'amour de la pauvreté, demeure le caractère le plus saillant de celui qui fut, au sens le plus plein et le plus profond du mot, le petit Pauvre de Jésus-Christ : il avait reconnu dans l'esprit de pauvreté la condition première de toute sanctification, parce qu'il y avait découvert la source vive de l'amour de Dieu et la forme principale de l'imitation de Jésus-Christ. Nous étudierons donc tout d'abord l'esprit de pauvreté, en nous plus particulièrement à la vie de saint François.

I

La pauvreté est née avec Jésus-Christ dans la crèche de Bethléem ; elle a été clouée avec lui sur la croix du Golgotha ; et, d'un terme à l'autre, elle ne cessa d'accompagner le fils de Marie en chacune des démarches de sa vie terrestre. Il demande à boire à la Samaritaine et il prie Zachée de le loger dans sa maison. Car il n'a pas une pierre où reposer sa tête, et, pour être son disciple, il faut renoncer à tous les biens de ce monde. Il dira qu'il est plus difficile à un riche d'entrer dans le royaume des cieux, qu'à un chameau de passer par le trou d'une aiguille ; car on ne peut servir deux maîtres : Dieu et Mammon. Là où est notre trésor, c'est là qu'est notre coeur ; et, si nous plaçons toutes nos affections dans des biens périssables, comment pourrons-nous posséder la vie éternelle ? Non, notre royaume n'est pas de ce monde. Ne prenons point souci de ce que nous mangerons, de ce que nous boirons, ou de ce qui nous vêtira. Une seule chose est nécessaire ; et ce n'est pas celui qui amasse des trésors dans ses greniers qui sauvera son âme : Dieu la lui redemandera à l'heure où il y songera le moins, et que lui aura-t-il servi d'avoir voulu gagner le monde, s'il perd son âme ?

Suivre l'Évangile, c'est donc évidemment, s'engager dans la voie de la pauvreté ; pour imiter le Christ, il faut, comme lui, mener une vie de renoncement et de désappropriation. Le fils de Bernadone n'avait pas besoin, pour fixer sa vocation religieuse, que le prêtre de l'Église Saint-Nicolas d'Assise ouvrit le livre des Évangiles et lui lût les commandements de la pauvreté parfaite ; il savait bien, lorsque le Christ lui parla du haut de sa croix dans la petite chapelle de Saint-Damien, à quoi il s'engageait en se donnant à Lui. Quiconque a contemplé les abaissements du fils de Dieu dans la nudité et l'abjection d'un dépouillement total ne peut plus se complaire dans la jouissance des choses de ce monde. « Un jour, à table, un frère rappela la pauvreté de la bienheureuse Vierge et la détresse du Christ, son enfant. Sur le champ, François se leva, secoué de sanglots douloureux, et, baigné de larmes, il s'assit sur la terre nue pour manger le reste de son pain. » .

L'amour de la pauvreté évangélique avait tellement pénétré son coeur qu'il ne supportait aucun manquement à la Règle sur ce point. Un jour même, il n'hésita pas, lui qui était l'humilité par excellence, à faire la leçon à un Prince de l'Église : « Comme il rendait visite au Pape Grégoire, de vénérable mémoire, qui occupait alors une moindre haute situation, François s'en alla, quand approcha l'heure du repas, demander l'aumône, et, en revenant, il posa sur la table de l'Évêque des morceaux de pain noir. A cette vue, l'évêque éprouva une certaine gêne, surtout à cause des convives qu'il invitait pour la première fois. Le Père prit les aumônes et, avec un visage souriant, il les distribua aux chevaliers. et aux chapelains. Tous les reçurent avec une, extraordinaire dévotion ; les uns les mangèrent, les autres. par respect les conservèrent. »

II

Si saint François attache à l'observance de la pauvreté évangélique une telle importance, c'est qu'il y voit l'élément essentiel de la vie parfaite. Quiconque veut s'unir à Dieu dans le commerce tout intérieur d'une amitié véritable, doit se séparer de la créature, et qui mieux que la pauvreté, réussit à nous séparer de la créature ? En la dépouillant de la vaine possession des biens terrestres, elle pousse l'âme au désert, où dans le silence et la solitude elle est assurée de rencontrer Celui qui la veut tout entière à Lui seul. Pour avancer dans la voie de la perfection, il est nécessaire de faire le vide en soi de tout ce qui n'est pas Dieu et il n'y a pas de discipline plus propre à cette fin que la pratique, en esprit et en vérité, de la pauvreté volontaire. Dégagée de toute la multiplicité des choses qui passent par le renoncement à ce qui est marqué des signes du temps, l'âme est rendue à elle-même et se retrouve, toute pure, en ce centre indivisible et simple de sa personnalité où Dieu lui parle dans le secret. Parce qu'elle a cessé d'attacher ses affections et ses sens à ce qui n'a que l'apparence de la vérité ou du bien, elle jouit, dans la lumière de la grâce, de Celui qui est l'éternelle Vérité et le souverain Bien.

Va-t-elle, pour ce motif, mépriser ou condamner tout ce qui appartient à ce monde dont elle a détaché son coeur ? Parce qu'elle n'est plus possédée par le monde, elle est libre désormais pour le juger à sa propre valeur et, dans la créature, elle apercevra l'oeuvre de Dieu. De là, chez saint François, cet amour nouveau, candide et presque naïf de la Nature, parce que dans la Nature il découvre à chaque pas un trait de la bonté et de la puissance divines ou un symbole de la vie surnaturelle. Quand il se lavait les mains, il choisissait, avant de jeter l'eau, un endroit où l'eau qui lui avait servi ne fût pas ensuite foulée aux pieds ; parce que c'est dans l'eau du baptême que les âmes sont lavées pour la première fois. Il laissait brûler les flambeaux, les lampes et les cierges, ne voulant pas de sa main éteindre la lumière qui est le signe de la lumière éternelle. Il aimait d'un amour spontané tout ce qui est sous le ciel de Dieu, les oiseaux, les abeilles qui venaient fabriquer leur miel dans un petit vase de terre que le Saint avait oublié dans sa cellule, la cigale qui, perchée sur un figuier proche de sa fenêtre, tous les matins, régalait le bienheureux Père de son chant modulé.

Comme on comprend alors ces manifestations de joie, ces débordements d'allégresse si fréquents dans la vie du Poverello. Il réprimandait rudement les frères qui montraient un visage triste ou morose : « Il ne convient pas, disait-il, qu'un serviteur de Dieu donne aux hommes le spectacle de la tristesse ou du trouble, mais au contraire, celui de la constante affabilité. » . C'est qu'en effet l'âme qui s'est dépouillée en Dieu de tout ce qui n'est pas Dieu, reçoit en Lui la totalité des biens qui ne mentent pas et que les voleurs ne sauraient dérober. Le monde ne la possède plus ; c'est elle, maintenant, dans sa nudité, qui le possède en Dieu et par Dieu ; car, dans la richesse de la plénitude divine, elle n'a plus rien qui lui manque et qu'elle puisse désirer..Être pauvre des biens de ce monde, n'est-ce pas ainsi affirmer que Dieu seul est riche, parce que seul Il possède la plénitude de l'être et de la vie. La pauvreté est un hommage rendu par la créature misérable à Celui de qui elle tient tous ses biens..

« Après qu'ils eurent mendié, dit l'auteur des Fioretti, François et son compagnon, le frère Massée, se réunirent pour manger en dehors du village en un endroit où se trouvait une belle fontaine et à côté une belle et large pierre, sur laquelle chacun d'eux déposa toutes les aumônes qu'ils avaient mendiées. Et saint François, voyant que les morceaux de pain de frère Massée étaient plus nombreux et plus grands et plus beaux que: les siens, dit ainsi avec une très grande allégresse : « 0 frère Massée, nous ne sommes pas dignes d'un aussi grand trésor ». Et comme il avait répété ces paroles plusieurs fois, frère Massée répondit : « Père, comment peut-on parler de trésors, où il est tant de pauvreté et absence des choses les plus nécessaires ? Car il n'y a ni nappe, ni couteaux, ni assiettes, ni écuelles, ni maison, ni table, ni valet, ni servante ». Et saint François dit : « Et c'est justement cela que j'estime un trésor qu'il n'y ait chose aucune apprêtée par industrie humaine ; mais ce que voici nous est préparé par la Providence divine, comme on le voit manifestement dans le pain mendié, dans la table de pierre si belle et dans la fontaine si claire, et pour cela je veux que nous priions Dieu qu'il nous fasse aimer de tout coeur le noble trésor de la sainte Pauvreté, laquelle a pour serviteur Dieu même. »

La joie de saint François n'est en effet si pleine et si parfaite que parce qu'elle a pour fondement un total abandon à la Providence divine. Que lui importent les conseils de la prudence humaine et les lumières de la sagesse de ce monde ! On n'est véritablement pauvre qu'à la condition de se laisser guider entièrement par la volonté de Dieu, Même dans les nécessités les plus pressantes, de renoncer par conséquent à son sens propre et de placer toute sa confiance en Celui qui ne laisse jamais ses enfants dans le besoin. » Alors que le bienheureux séjournait dans un ermitage près de Riéti, il recevait chaque jour la visite d'un médecin qui lui soignait les yeux. Or, un jour, le Saint dit à ses compagnons : « Invitez le médecin et servez-lui un bon repas ». Le gardien lui répondit : « Père, nous le disons en rougissant, nous aurions honte à l'inviter, tant nous sommes pauvres en ce moment ». Le saint répliqua : « Pourquoi voulez-vous m'obliger à répéter ? » Le médecin qui était là s'écria : « Mes très chers frères, votre pénurie fera mes délices. » Les frères font diligence et apportent sur la table toutes provisions du gardemanger, un peu de pain, pas beaucoup de vin ; pour que le menu fût plus somptueux, le cuisinier ajouta quelques légumes. Cependant la table de Dieu eut pitié de celle de ses serviteurs. On frappa à la porte ; on accourt, une femme est là apportant une corbeille remplie de pain blanc, de poissons et, recouvrant le tout, des rayons de miel et des raisins. On réserve pour le lendemain, la nourriture grossière et l'on déguste sur le champ ces mets délicats » .

III

Il est un degré suprême de la pauvreté : il se trouve en la croix de Jésus. « Tant, dit le Père Séverin Ruberic, que la Providence pourvoit à tous nos besoins par l'entremise des créatures, nous empêchant de sentir notre indigence, notre nature étant satisfaite au moins dans ce qui lui est le plus nécessaire, la pauvreté ne nous apparaît pas trop difficile et trop amère. La difficulté est de demeurer fidèle à la pauvreté et de la supporter avec joie, allégresse et reconnaissance lorsque nous en pâtissons réellement, lorsqu'à cause d'elle on nous méprise, lorsqu'on nous abandonne, qu'on refuse de nous secourir et que nous demeurons seuls, privés du nécessaire. Oh ! alors, nous sommes bien heureux ! Cependant, il faut aller plus loin encore. Il n'est point tellement malaisé de subir l'indigence avec un coeur content, aussi longtemps qu'on est en bonne santé et que Dieu enivre l'âme de ses grâces, de ses douceurs et de toutes sortes de consolations. Mais. lorsque le corps est livré à la maladie et privé de soins et de soulagements, lorsque l'âme est en proie aux angoisses, aux ténèbres, privée de toute consolation, tout entière broyée par les tribulations intérieures et comme abandonnée de Dieu, ne sachant et ne voyant plus rien, sinon qu'au dedans comme au dehors, elle est parfaitement pauvre et déchirée par l'indigence, oh ! alors, le vrai pauvre est fidèle,s'il persiste rigoureusement à observer la sainte pauvreté, acceptant et,embrassant son dénuement intérieur, le coeur tout livré à et doux embrassement, résolu à demeurer en cet état aussi longtemps que son Dieu le voudra. Oh ! alors, que bien heureux est celui qui en cette tribulation parvient. à garder intacte sa joie et à proclamer sa gratitude. C'est ici l'essence parfaite de la pauvreté en compagnie du fils de Dieu cloué tout nu sur la Croix »

Qui pourrait douter que le stigmatisé de l'Alverne se soit élevé jusqu'à ce suprême degré de la pauvreté. « La sanctification des justes, dit le Père Bernardin, de Paris, ayant été commencée par la grâce et par la pauvreté qui les ont dépouillés des biens de la terre et devant être consommée par les souffrances. et par les plaies, Jésus-Christ, d'une sagesse très profonde, dispense à tous les saints d'une manière admirable le temps, les moyens et les lieux où ils seront consumés. Il a conduit sur le Calvaire tous ses plus chers amis, sa divine Mère, son bien-aimé saint Jean et sa divine amante, Madeleine ; il les a tous consumés avec lui de son amour souffrant et de ses plaies qu'ils recevaient en leur coeur. Les apôtres, premiers enfants de la grâce et premiers exemplaires du plus pur esprit de l'Évangile, ont été consumés par l'amour et par les plaies. Les martyrs, suivant les traces de Jésus-Christ, ont été tous consumés du même esprit et par l'amour et par les plaies. C'est pourquoi le Fils de Dieu Voulant associer saint François aux Apôtres et aux plus grands Saints de l'Église, choisit la montagne d'Alverne pour le lieu, le temple et l'autel où il sera consumé comme une victime d'holocauste par son amour souffrant, par la vertu de son esprit et par l'impression de ses plaies. Saint François peut donc bien s'écrier avec tous les Saints qui sont ses frères et avec Jésus-Christ même : « Tout est consommé ! » De la part du Calvaire d'abord, parce que mon céleste Maître ne peut communiquer une clarté plus ardente, un esprit plus pur et plus divin, m'imprimer des plaies plus saintes, puisque ce sont les siennes qui passent de lui en moi. Tout est consommé de ma part - je ne puis lui offrir un coeur plus altéré de souffrances ni une volonté plus ardente à pâtir, ni une chair plus capable de porter ses plaies. Le même amour qui consume le Maître consume le serviteur, les plaies qui l'immolent me sacrifient et ainsi s'achève la consommation de ma vie en la sienne, pour ne vivre plus que de celle-ci, ne plus l'aimer que de son amour et ne plus souffrir que de ses blessures » .

On connaît l'admirable page des Fioretti (ch. VIII) où saint François enseigne à frère Léon, les conditions de la joie parfaite ; mais celui-ci qui, au milieu de tant d'épreuves et des plus douloureuses, n'avait cessé de montrer un visage aimable et gai et de chanter sa mélodie, devait donner par sa mort un dernier exemple à ses frères. « Quand il approcha du terme où la lumière éternelle allait remplacer pour lui la lumière périssable, il montra par l'exemple de ses vertus qu'il n'avait rien de commun avec le monde. Vaincu par la maladie mortelle qui devait mettre fin à ses maux, il se fit étendre sur la terre nue. Sans trembler il attendait le triomphe et dans ses mains jointes il serrait la couronne de justice. Couché à même la terre, dépouillé de son habit de ure, il tournait comme à l'ordinaire son visage vers le ciel ; alors que de tout son être, il attendait la gloire éternelle, il couvrait encore de sa main gauche la plaie de son côté pour qu'on ne la vit point. Et il dit aux frères : « J'ai accompli ma tâche ; que le Christ vous enseigne à accomplir la vôtre ». Les frères à ce spectacle répandaient des torrents de larmes et, poussant de profonds soupirs ils succombèrent à leur trop grande douleur et compassion, Pendant ce temps, refoulant ses sanglots, son gardien, connaissant par une inspiration divine le désir du Père, se leva soudain et prenant des chaussures, une tunique et un capuchon de bure, il dit au Père : « Sache que je prête au nom de la sainte obéissance ces chaussures, cette tunique et ce capuchon. Mais pour t'empêcher de t'en croire le propriétaire, je t'enlève tout pouvoir de les donner à qui que ce soit ». Le Saint se réjouit et tressaillit d'allégresse dans son coeur en voyant qu'il était resté jusqu'au bout fidèle à sa dame la Pauvreté. Par zèle de la pauvreté il avait fait en sorte de n'avoir pas, même au moment de la mort, un habit à lui, mais celui qu'un autre lui avait prêté. Ensuite, le saint élevant les mains vers le ciel, rendit grâce au Christ de ce qu'il lui permettait de s'en aller vers lui, libre de toute entrave » . Puis il bénit les frères et lorsqu'il sentit venir la fin, il s'écria : « Sois la bienvenue, ma soeur, la Mort ». En vérité, saint François fut sur la terre un autre Christ.

Source : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Huan/pauvrete.html

Par Gabriel HUAN. - Publié dans : spiritualité
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Jeudi 12 septembre 2013 4 12 /09 /Sep /2013 22:06

Comme les disciples s'étaient réunis autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : Vous avez appris qu'il a été dit : Oeil pour oeil, dent pour dent. Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre. Et si quelqu'un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu'un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut t'emprunter.

Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

Commentaire : un bon texte pour nos Frères séparés par toutes les obédiences qui prolifèrent dans le nouveau paysage maçonnique français : « aimez vos ennemis et priez pour eux… »

Par Saint Matthieu - Publié dans : spiritualité
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Samedi 4 mai 2013 6 04 /05 /Mai /2013 21:39

 

Une nuit, j’ai eu un songe.
J’ai rêvé que je marchais le long d’une plage, en compagnie du Seigneur.
Dans le ciel apparaissaient, les unes après les autres, toutes les scènes de ma vie.

J’ai regardé en arrière et j’ai vu qu’à chaque période de ma vie,
il y avait deux paires de traces sur le sable:
L’une était la mienne, l’autre était celle du Seigneur.

Ainsi nous continuions à marcher,
jusqu’à ce que tous les jours de ma vie aient défilé devant moi.
Alors je me suis arrêté et j’ai regardé en arrière.
J’ai remarqué qu’en certains endroits,
il n’y avait qu’une seule paire d’empreintes,
et cela correspondait exactement avec les jours les plus difficiles de ma vie,
les jours de plus grande angoisse,
de plus grande peur et aussi de plus grande douleur.

Je l’ai donc interrogé :
" Seigneur… tu m’as dit que tu étais avec moi tous les jours de ma vie
et j’ai accepté de vivre avec Toi.
Mais j’ai remarqué que dans les pires moments de ma vie,
il n’y avait qu’une seule trace de pas.
Je ne peux pas comprendre
que tu m’aies laissé seul aux moments où j’avais le plus besoin de Toi. "

Et le Seigneur répondit :
" Mon fils, tu m’es tellement précieux ! Je t’aime !
Je ne t’aurais jamais abandonné, pas même une seule minute !
Les jours où tu n’as vu qu’une seule trace de pas sur le sable,
ces jours d’épreuves et de souffrances, eh bien: c’était moi qui te portais.

Par Ademar De Barros - Publié dans : spiritualité
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