Rites et rituels

Mardi 22 juillet 2014 2 22 /07 /Juil /2014 14:31

 

Pourquoi, lorsque l'on a les moyens financiers d'être anobli ne pas acheter une charge qui offre cet anoblissement ? revoyons la hiérarchie de base : écuyer, la pire des situations
enviée par le bourgeois, méprisée par ceux qui sont nés et puis, il y a écuyer et écuyer
il faut être "écuyer" dans une famille qui a déjà pris rang dans la noblesse, soit en servant au palais, soit en servant à l'armée ou dans la justice... pour commencer à recevoir un début de reconnaissance donc, pour écuyer que l'on soit et officiellement, on n'aura pas plus
d'accès à la noblesse véritable pour autant chevalier, pas mieux
et ceux qui estiment que les premiers maçons furent adoubés par un  chevalier à la chevalerie sont dans le même cas que ceux qui se font  adouber dans un hôtel par un noble titré et reconnu parfois par amitié. Soyons sérieux, en plus de l'adoubement qui ne fait pas le sang bleu, le rang est nécessaire, rang qu'il faut pouvoir tenir.
J'ai sur le mont (localité Hersin Coupigny) de Coupigny l'exemple d'un chevalier qui est allé aux croisades, vivant sur une terre noble, ses descendants devenus simples "cultivateurs" ne réclamaient plus rien de l'état auquel ils pouvaient prétendre en pauvres nobles, mais
préféraient vivre de leurs cultures.
Willermoz est un commerçant qui sait bien que l'achat d'une "noblesse" ne lui permettra plus de commercer s'il veut tenir rang de gentilhomme or, son commerce a du lui paraitre plus important que la noblesse qui ne lui aurait sans doute rien donné de plus que ses charges de grand bourgeois dans sa ville, et par exemple, il aurait pu accéder à une noblesse dite de cloche offerte par les magistratures aux "maires" des villes. S'il ne l'a pas fait, sa famille posait-elle problème, les origines sont parfois importantes pour l'accès à une charge noble de qualité... le prix peut s'avérer dissuasif, même avec une belle fortune. Par ailleurs, ses fréquentations fraternelles devaient lui offrir les mêmes ressources.
Est-ce qu'une noblesse légale lui convenait, à lui? n'était-il pas mieux placé en commerçant qui pouvait vendre ses produits à ses frères nobles?
Final : l'un de ses papiers montre-t-il un intérêt réel pour la noblesse offerte par le roi et ses charges ?

Par mcyvard - Publié dans : Rites et rituels
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Mardi 22 juillet 2014 2 22 /07 /Juil /2014 06:55

"Où ai-je appris à écrire ? Dans le Silence d’une retraite, accablée d’une longue maladie et ne considérant qu’un dépérissement prochain. J’ai cru à la batterie qui me surprit et effraya ma raison. Seule, et en présence du Tout-Puissant, j’ai invoqué mon ange gardien, et la batterie m’a répondu. Voilà le commencement. Alors je le confesse, et je me le suis souvent reproché".

Marie Louise de Vallière à Jean-Baptiste Willermoz, 26 Juillet 1806

Nous sommes, tard dans la nuit, le Mardi 5 Avril 1785, Jean-Baptiste Willermoz et deux de ses proches : l’imprimeur éditeur Perisse Duluc et, car on ne le saura jamais, soit Paganucci comptable de son état, soit le lieutenant-colonel Gaspard de Savaron, ces trois personnes, reçoivent ce soir là, une bien étrange visite assortie d’une bien étrange révélation, qui encore aujourd’hui marque le Régime Ecossais Rectifié…

En effet, un messager, qui n’est autre que Pierre-Paul-Alexandre de Monspey se présente à eux. C’est un gentilhomme beaujolais, Commandeur de l’Ordre de Malte, membre de la Loge La Bienfaisance, Loge créée par Jean-Baptiste Willermoz, il est Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (Paulus eques a Monte Alto) et Grand Profès. Il apporte à Willermoz 11 cahiers rédigés par sa sœur Marie-Louise de Monspey dite Madame de Vallière, qui sous l’emprise d’une force extranaturelle et sous l’emprise de ce qu’elle appelle des "batteries", sortes de coups qu’elle reçoit dans son corps, écrit ce qu’un être supérieur lui fait écrire. Ces cahiers sont destinés à Willermoz lui-même, qui dans un premier temps est surpris, mais qui très vite eu égard à la foi qui est la sienne, eu égard à ses croyances et aux pratiques qui lui ont été enseignées par Martines de Pasqually ne peut douter de la véracité de ce miracle, qui de plus tombe bien, dans un contexte où en 1785 son système maçonnique est encore loin d’être stable…

Tout d’abord, parlons de Remiremont, c’est une petite ville de 8000 habitants aujourd’hui, et qui se trouve près d’Épinal. Cette petite ville présente la caractéristique de pouvoir suivre sans interruption, son histoire pendant quatorze siècles, depuis le monastère fondé au début du VIIème siècle dans cette montagne vosgienne, en passant par le plus prestigieux chapitre féminin noble d’Europe du XVIIIème siècle jusqu’à la ville actuelle. Abbesses et chanoinesses, " les Nobles Dames de Remiremont " ont laissé partout dans la ville leur empreinte prestigieuse…

En ce qui concerne l’histoire de Remiremont et de son Chapitre, je vous renvoie bien sur, pour ceux que cela intéressera, à l’article de Renaissance Traditionnelle : "Portrait de Chanoinesses" qui reprend le travail de Françoise Haudidier et vous pourrez trouver en notes, une histoire abrégée de ce même chapitre. Alors, que nous dit cet article, en fait le Chapitre était "une maison d’éducation pour filles qui n’avaient pas forcément la vocation religieuse, qui constituait un refuge pour des veuves, des amoureuses déçues, des princesses sans fortune, mais à qui l’abbaye dispensait à toutes, les honneurs dus à leur rang." Mais revenons à cette étude lorsqu’elle traite des chanoinesses de Monspey, car Mme de Vallière est l’une des ces Chanoinesses.

Elles sont filles du comte Joseph-Henry de Monspey originaire de Vallière en Beaujolais. Vous allez voir dans la présentation des cinq sœurs les difficultés de recherche, car les prénoms des sœurs sont très proches les uns des autres… On apprend de plus, que la seconde, va fonder une sorte, nous dit Françoise Haudidier, une sorte de république pastorale inspirée de l’Astrée ce roman fleuve du XVIIème, donnant pour rajouter un peu plus à la confusion, des surnoms de bergers ou de héros à chacune de ses sœurs ! Confusion renforcée par le fait qu’outre les prénoms ressemblant, le père leur donnera aussi un nom correspondant à l’une de ses terres. On retrouve donc :

  • Marie-Louise de Monspey dite "Eglé de Vallière" ou encore Madame de Vallière. C’est, je dirai, celle qui nous intéressera par ailleurs, elle est l’ainée des cinq sœurs qui toutes entreront au Chapitre et feront preuve à l’image des fameux cahiers d’une foi catholique puissante. Elle nait en 1731, mais n’entrera que la dernière au Chapitre en 1776.
  • Marie-Louise-Catherine de Monspey dite "Bergère Annette" ou "Annette de Charentey", née en 1734 et qui entre au chapitre en 1765
  • Marie-Reine-Aimée de Monspey ou "Laure de Vury", née en 1736 et entre au chapitre en 1766.
  • Pauline de Monspey ou "Pauline d’Arma" devenue chanoinesse en 1772, et
  • Catherine-Elise de Monspey ou "Sylvie d’Arigny" entrée elle en 1775 où elle succombera 7 ans plus tard de brûlures…

Les cinq sœurs passent pour avoir été des poétesses, la Maison de Monspey étant dite "chérie des muses" par Alice Joly, on sait leur intérêt pour la culture et la lecture de l’époque. Ce sont à la fois des bienfaitrices, qualifiées de "Bonnes fées" des pauvres, mais aussi de, on peut le dire avec une connotation qui nous est chère, de véritables "cherchantes", curieuses de tout en ce temps des Lumières. Elles lisent Buffon, "grattent" du côté des expériences de Lavoisier ou de celui des expériences de physique de l’abbé Nollet. Elles portent aussi et surtout, pour nous, un grand intérêt aux sociétés Mystiques Lyonnaises, au sein desquelles : les courants s’intéressant au magnétisme et aux guérisseurs, courants dans lesquels Mesmer, le Marquis de Puysegur et autres Cagliostro occupent une part prépondérante.

Nous l’avons dit Marie-Louise de Monspey entre au chapitre en 1776, elle est âgée de 45 ans, on sait qu’elle ne fait que de courts séjours à Remiremont.

Nous avons donc vu dans la première partie de ce travail, les liens entre Jean-Baptiste Willermoz et l’Agent Inconnu. Nous avons également parlé de l’épisode qui vit la substitution du mot du premier grade Tubalcaïn par Phaleg. Pourquoi sur plus d’une centaine de propositions Willermoz n’a-t-il quasiment retenu que celle là ? Alors intéressons nous de plus près, à la fois à l’aspect historique de cette substitution et bien sur à l’aspect symbolique de ce mot de ce nom devrait-je dire, tant en regard de l’histoire Biblique, de l’enseignement de Martines de Pasqually et de la transmission de cet enseignement par le vecteur Jean-Baptiste Willermoz, au Régime Ecossais Rectifié.

Alors tout d’abord et tout simplement en terme historiques, souvenons nous quelques instants de ce que dit l’Agent Inconnu à Willermoz au sujet de Tubalcaïn : "c’est un nom d’abomination", car Tubalcaïn est "coupable des plus honteuses prévarications", qu’il n’apprit l’art du travail des métaux et la maîtrise du feu que par des voies profanatrices et sataniques. Alors que se passe-t-il lorsque Willermoz reçoit cette injonction de l’Agent Inconnu de changer le mot ? Willermoz se plonge une nouvelle fois dans les Cahiers des Grades maçonniques, ce sont ceux qui avaient été définis au Convent des Gaules en 1778, et confirmés au Convent de Wilhemsbad en 1782. En fait Willermoz parait ennuyé avec cette révélation, on peut penser que déclarer ouvertement ce changement eut été montrer que tout le travail effectué depuis des années, l’avait été sous le sceau de l’esprit pervers. Alors il va tenter la substitution "en douce", arguant que la décision avait été prise à Wilhemsbad, et donc le dimanche 5 mai 1785 le Directoire Provincial d’Auvergne avec à sa tête le Chevalier Gaspard de Savaron officialise la décision. Avant cela Savaron lu la communication de Willermoz en vue de cette substitution, écoutons le Mystique Lyonnais :

"C’est que Tubalcain qui fut fils de Lamech le Bigame et de Stella fut le premier qui ait connu l’art de travailler avec le marteau et fut habile en toutes sortes d’ouvrages d’airain et de fer, c’est pourquoi il est appelé l’inventeur, le Père de l’art de travailler les métaux… Mais on n’a pas remarqué que c’est une contradiction de donner à l’apprenti ce mot de ralliement après lui avoir fait quitter tous ses métaux qui sont l’emblème des Vices. En effet d’un côté on lui apprend que ce n’est point sur les métaux que le vrai maçon doit travailler ; et de l’autre on le met dans le cas de croire que Tubalcain le père et l’inventeur du travail sur les métaux serait le premier instituteur de la maçonnerie élevée. Si Tubalcain fut le fondateur d’une initiation quelconque, on voit quel devrait être l’objet, et le but par ce qu’en dit l’Ecriture, et dans ce siècle où tant de maçons s’occupent de l’Alchimie, un Régime qui en connaît les dangers ne doit pas conserver un nom qui ne s’est perpétué que par l’ignorance, ou le défaut de plusieurs qui n’ont pas aperçu ce rapport et cette inconséquence, et sont encore par là liés à ceux qui s’occuperaient à imiter Tubalcain qui le premier a touché les métaux. Si de cette observation on pousse à l’examen du temps, auquel vécut Tubalcain, on voit que c’est avant le Déluge, fléau par lequel Dieu voulut effacer de dessus la terre les ouvrages des hommes. Tout ce qui remonte à cette époque ne doit pas paraître pur, et l’on doit craindre de tenir à quelques-uns de ceux qui ont attiré la colère de Dieu sur les hommes. Si l’initiation de Tubalcain s’est propagée, elle est impure, et il paraîtra important de rompre tous les rapports avec lui, puisqu’on fait quitter aux maçons tous les métaux, emblème vrai et retenu de tous les régimes, comme pour les séparer… C’est donc après le Déluge au temps de la confusion des langues qu’on trouve la raison de la fondation d’une initiation secrète qui a dû se perpétuer et qui est l’objet de la recherche des maçons. Une étude de la vérité faite dans des intentions pures a conduit à apprendre que c’est dans les documents de Sem qu’il faut chercher la fondation de la vraie initiation. Sem fut béni par Noé et l’on est fondé à croire que Phaleg, fils d’Heber et descendant de Sem, qui fut père de Tous les enfants de Geber, est le fondateur de la seule vraie initiation et ce motif parait déterminant pour substituer au nom de Tubalcain, celui de Phaleg. Cham, maudit par Noé, aura eu son initiation : tout l’atteste, et que son mot de ralliement ait été Tubalcain. Il est l’emblème des vices, et il convient aux enfants de Chanaan qui l’auront transmis ; mais on doit se rappeler qu’il est dit : "- Que Chanaan soit maudit, qu’il soit à l’égard de ses frères l’esclave des esclaves."

Jaloux de descendre de Sem les vrais maçons doivent s’empresser de se séparer à jamais des enfants de Chanaan…" Nous pourrions donc arrêter notre travail historico-symbolique, tellement tout est dit… Mais continuons un peu, et notamment avec la lecture du compte rendu du Directoire qui arrête unanimement, définitivement et pour toujours : "Que le nom de Tubalcain serait supprimé et remplacé par celui de Phaleg dont on donnerait l’explication vraie à l’apprenti, que ce changement aurait lieu pour la première assemblée de la Loge de la Bienfaisance et le plus tôt possible dans celle du district. Qu’à l’avenir il ne sera plus demandé ce mot de passe aux FF visiteurs, parce qu’on ne pourrait pas sans inconséquences les recevoir en donnant un mot proscrit. On se contentera des mots du Grand Orient de France plus secrets que celui de Tubalcain, en usant de tous les ménagements et remplissant les égards que la fraternité commande, ils se retireront et useront en tout de toutes les précautions que la prudence leur suggérera pour ne point blesser les Loges qui ne verraient pas le même danger à conserver ce mot proscrit parmi les frères du district.

Afin que les Loges constituées par le Directoire n’en prétendent cause d’ignorance et ayant à s’y conformer, expédition en forme sera envoyée à chacune d’elles, les invitant à ne point s’écarter sous quelque prétexte que ce puisse être de cet arrêté fait en connaissance de cause, comme aussi à déclarer dans un court délai si elles ont mis en exécution le changement dont il s’agit.

Arrêté que la présente délibération sera envoyée à S.A.S. le Sérénissime Grand Maître Général de l’Ordre, le Frère Prince Ferdinand Duc de Brunswick et à S.A.S. le Sérénissime Frère Prince Charles de Hesse-Cassel, persuadé que ces deux illustres frères de ce district dans le changement de mot de passe s’emploieront de tout leur pouvoir pour le faire adopter dans tous les établissements du Régime. Pareil envoi sera fait à sa grandeur le Maître Provincial du Ressort, le Sérénissime Frère Duc d’Havré et de Croÿ qui a approuvé les délibérations des Directoires, ayant eu communication particulière des motifs qui doivent le déterminer, le priant d’en maintenir de tout son pouvoir l’exécution.

Enfin comme ce changement tend à établir une différence essentielle, dans les recherches de la vérité maçonnique et que le mot de Tubalcain a été conservé sans y avoir fait beaucoup d’attention dans ce Régime, pour qu’il n’y ait point de différence, les autres Directoires seront invités à prendre en considération les motifs ci-dessus allégués, et à cet effet, copie en forme leur sera adressée par le Chancelier Général du Ressort, ce qui fera connaître la raison d‘un changement qui à défaut de motif pourrait paraître arbitraire et trop précipité ; le Directoire d’Auvergne cherchant tous les moyens de rapprochement de la vérité, et à entretenir les liens de fraternité".

C’est signé Willermoz aîné. Et suivi de la mention : "Expédition pour être déposée dans les archives de la respectable Loge de la Triple Union à l’Orient de Marseille, que je certifie conforme et véritable".

Ainsi aujourd’hui encore au Régime Ecossais Rectifié, et depuis 1785, puisque dans le rituel de 1782 il n’apparaît pas encore, "le mot des Apprentis qui leur sert de mot de reconnaissance est Phaleg", c’est ce mot qu’il faudrait utiliser en cas de tuilage par le Maître de Cérémonie. En effet les instructions par demande et réponses nous le rappellent : "c’est le nom du fondateur des bonnes et véritables Loges", mais surtout, il "sert aux Apprentis […] à leur faire obtenir l’entrée en Loge». Nous pouvons poser là le problème du mot de tuilage à répondre lors d’une visite dans une Loge qui ne serait pas rectifiée… Certes le Frère ou la Sœur Tuileur, Couvreur ou Expert garant de la couverture de cette Loge est censé connaître tous les mots de semestres de toutes les obédiences et tous les mots spécifiques de chaque rite, mais nous savons que la perfection n’est pas de ce monde, et souvent afin de faciliter l’accès, il convient de donner le mot d’Apprenti, à savoir pour l’Ordre Rectifié : Jakin. Et c’est ainsi à peu près tout ce que l’on trouve dans le rituel, les instructions, l’instruction morale sur Phaleg…

Nous l’avons vu, l’adoption de Phaleg n’est pas apparue lors d’un Convent, elle n’a été ratifiée par aucune autorité réellement légiférante, ainsi au sein même du Régime Ecossais Rectifié contemporain, il est des courants de pensée, dont Jean Saunier se fit le porte parole, tendant à vouloir supprimer purement et simplement Phaleg pour un retour à Tubalcaïn… Mais encore faudra-t-il avoir l’aplomb de s’opposer à Jean-Baptiste Willermoz…

Enfin, si l’on veut approfondir le symbolisme de ce nom, il nous faut nous tourner vers "la loi qui était conservée dans le sanctuaire du temple, et que tout franc-maçon doit méditer" à savoir la Bible, et sa lecture faite par Martines de Pasqually dont nous le savons, Willermoz fit l’enseignement sous-tendu de notre Régime Rectifié…

Alors voyons qui est Phaleg que l’on rencontre aussi sous la forme Péleg. C’est dans Genèse X et XI que l’on rencontre Phaleg de la lignée de Sem qui est l’un des trois fils de Noé, mais qui surtout appartient à la lignée de Seth dont "la postérité fut nommée enfants de Dieu et non pas enfants des hommes » nous dit Martines de Pasqually. Phaleg est fils de Héber, celui là même nous dit Serge Caillet qui aurait donné l’hébreu. Arrêtons-nous un instant, car nous avons vu et nous comprenons aisément l’intérêt de se démarquer de la lignée Kaïnite porteuse d’un lourd fardeau. De la même manière, si l’on considère comme Chauvet que "le récit du Déluge, correspond à la partie finale, à l’effectuation du monde, qui devait se faire sous le d’Adamqui ayant failli à sa mission, sera remplacé par Noé, qui réalisera la Création telle que l’Eternel l’a voulue", ainsi on comprend aussi pourquoi c’est le Patronage d’un descendant de Sem et non pas d’un membre de la lignée de Cham qui va être choisi. On peut noter également au passage que si l’on prend pour an 1 de référence l’assassinat d’Abel par Caïn que Phaleg nait en 1757, soit 100 ans après la fin du Déluge. Au sujet de Phaleg, les grandes lignes que l’on rencontre dans la littérature, sont les suivantes : le nom tout d’abord selon l’origine hébraïque signifie alternativement : séparer, diviser (FaLaG) ; ruisseau, cours d’eau (FéLeG) ; moitié, fraction (FéLèG) ou enfin cours d’eau, courant, groupe ou à nouveau division, schisme (FéLaGaH), on pourra aussi voir dan la racine Phal la notion d’élection et de germination. La valeur numérique de Pélèg est 113, mais comme j’en suis bien incapable je n’insisterai pas sur les notions de valeurs numériques de type arithmosophie ou de type Guematria liées au nom de Phaleg, d’autres l’ont fait bien avant et bien mieux… Toutefois il est un élément qu’il nous faut envisager à ce point, c’est le lien entre Phaleg et la Tour de Babel dont il fut contemporain, sans en être en aucun cas comme cela peut être écrit parfois, l’architecte. Parlons brièvement de la Tour : on trouve dans la Genèse qu’elle fut construite afin de relier la terre et le ciel, par l’humanité qui devait être unie par une seule et même langue, et en l’occurrence celle d’Adam... Dieu prenant ombrage de cet excès de zèle, multiplia les langues, ce qui fait aussi de Héber nous l’avons vu, le père de l’Hébreux: dans la confusion, les hommes ne se comprenant plus, la construction s'arrêta, et les hommes furent dispersés à la surface de la terre. En fait dans la tradition juive, Phaleg, ancêtre d’Abram qui deviendra Abraham, père des croyants, Phaleg donc, prophétise ce que nous venons de décrire, à savoir la dispersion des constructeurs et ses conséquences… Phaleg est ainsi un rappel de ce que nous devons éviter, mais aussi de ce que nous avons à racheter, comme l’est "adhuc stat", comme l’est la Perpendiculaire, comme l’est l’axe Justice-Clémence Car outre le mystère de la naissance des langues, et épisode nous montre une nouvelle fois une application de la Justice Divine à la suite d’une nouvelle prévarication… En effet, une nouvelle fois nous touchons du doigt les dangers de vouloir se placer à l'égal de Dieu, de le défier par notre recherche de la connaissance. Notons toutefois ici, que cette fois la Chute n’est pas le fait d’une personne, comme Adam ou Caïn, mais d’œuvre d’un collectif, qui n’est ici rien d’autre que l’Humanité… Alors, on nous dit souvent au Régime Ecossais Rectifié, que ce travail sur la Pierre Brute que nous sommes tous individuellement, cette recherche de la Vérité, cette quête de ce qu’il y a dans notre Cœur, va nous aider égoïstement à nous réintégrer plus vite individuellement. J’ai ici la prétention de penser, que quelque part, ce travail individuel de la pratique des Vertus, même si pour quelques uns d’entre nous ne nous permettra pas d’être canonisés, ne sera en tous cas nullement inutile, dans le sens où quelque part il contribuera à la Réintégration, même lente, de l’humanité toute entière.

Source : Renaissance Traditionnelle N°48 – Octobre 1981. p 258 – Tome XII

Commentaires : Willermoz influencé par l’ « Agent Inconnu » ?.... Entre les « opérations » de Martines de Pasqually et les « batteries » de Marie Louise de Vallière il est facile de se perdre… La question est de savoir pourquoi un Frère aussi brillant s’est fourvoyé dans des élucubrations aussi farfelues.

Une autre question : Pourquoi Willermoz, entouré d’aristocrates et possédant des liens privilégiés avec un Duc et un Prince n’est jamais devenu Chevalier à minima ou noble ? Ne me dites pas que c’est parce qu’il ne l’a pas voulu ! Après avoir lu les livres d’Alice Joly et de René Le Forestier, je sais que Willermoz était ambitieux, pour la Franc-Maçonnerie et pour lui-même. Alors qui a la réponse ?

Par Françoise HAUDIDIER - Publié dans : Rites et rituels
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Lundi 21 juillet 2014 1 21 /07 /Juil /2014 07:50

« Notre Père, qui êtes présent partout dans l'Univers que vous avez créé, que nous savons être présent parmi nous, enseignez-nous à vous aimer avec ferveur, à vous servir dignement, à avoir foi dans votre bonté et dans votre sagesse et à espérer dans la destinée future de l'homme!  Puisse votre royaume de paix et d'amour fraternel venir sur cette terre quand vous le jugerez bon et, pendant que nous l'attendons, rendez nous patient et capable de dire sincèrement: "Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel". Faites grandir en nous, ce jour et tous les jours de notre vie, cette connaissance et cette vertu qui sont le pain spirituel de l'âme et, si quelqu'un nous induit en erreur ou nous fait du mal, rendez nous capable de lui pardonner pour que nous puissions sans honte vous demander de nous pardonner comme nous pardonnons à nos Frères. Donnez nous le courage et la patience et ne nous laissez pas succomber à la tentation ni sombrer dans le désespoir! Gardez nous de commettre l'erreur et le mal car nous sommes vos enfants faibles et errants qui ont besoin de votre soutien et de votre pardon. Acceptez notre amour, notre gratitude et notre adoration, et continuez de nous bénir, de nous protéger et de nous aider. AMEN, AMEN, AMEN, AMEN, AMEN.” 

Commentaire : cette prière du REAA me rappelle quelque chose. Et on dit que la Franc-maçonnerie n’est pas chrétienne ! 

A comparer avec celle du Chevalier du Temple (Knight Templar) haut grade maçonnique anglo-saxon :

« Notre Père Qui est aux Cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la terre comme aux cieux. Donne-nous aujourd’huinotre pain de ce jour. Pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre nous du malin, car à Toi seul appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles. A -MEN. » 

  • Curieux non ? Surtout si on rajoute celle de Très Excellent Maître Rite York: 

 "Notre Père qui es aux cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que Ton Règne vienne, que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour et pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi, à ceux qui nous ont offensés, et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal, car à Toi seul appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles. Amen."

Bien évidemment on la retrouve au grade de CBCS du RER :

« Notre Père qui est aux cieux, Que Ton Nom soit sanctifié Que Ton Règne vienne, Que Ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel. Pardonne-nous nos offenses Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé Ne nous laisse pas tomber en tentation, Mais délivre-nous du mal,  Ainsi soit-il ! »

 

Incroyable : REAA, EMULATION, YORK, RER, ça fait quand même beaucoup ! Qui a une explication ?

Par Rituels maçonniques - Publié dans : Rites et rituels
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Mardi 22 avril 2014 2 22 /04 /Avr /2014 06:48

Une origine anglaise

Cette question est souvent posée car cette pratique, qui consiste à faire un léger arrêt pour former avec les pieds un angle droit lorsqu’on déambule autour de la loge, reçoit souvent des interprétations à la fois abusives et tout simplement erronées.

Il faut d’abord rappeler un fait très simple : l’usage de « marquer les angles » est d’origine purement anglaise – cela se dit « squaring the lodge » – et fut parfaitement inconnu de la tradition maçonnique française pendant tout le XVIIIème siècle, encore au XIXème et même pendant une bonne partie du XXème siècle…

A cette époque, un maçon français ne savait pas ce que signifiait "marquer les angles"...

Et encore, le squaring n’est-il pas universel ni observé de temps immémorial en Angleterre même : on ne le pratique que pendant les pérambulations du candidat, lors des cérémonies de réception aux trois grades, sous la conduite du Deuxième Diacre au premier grade et du Premier Diacre pour les deux grades suivants. En toute autre circonstance, on se déplace librement dans une loge anglaise, sans marquer les angles ni d’ailleurs respecter un sens de déambulation particulier. Dans la plupart des loges – mais pas dans toutes – l’espace central de la loge est d’ailleurs libre, car il n’y a pas de tableau au sol ni de chandeliers ou de colonnes au milieu de la loge. On sait en effet que le tableau du grade, en Angleterre, repose le plus souvent contre le plateau du Deuxième Surveillant, lequel siège au sud – mais c’est un usage que ne prescrit officiellement aucun rituel anglais.

Les meilleurs spécialistes du rituel, outre-Manche, de H. Inmann à Harry Carr en passant par E. H. Cartwright, ont plusieurs fois rappelé que cette façon de se déplacer ne doit pas donner lieu à des mouvements mécaniques qui confinent au grotesque. Il s’agit, soulignent-ils, de marquer avec un peu de gravité la solennité des cérémonies et non de singer on ne sait quel exercice militaire ou de se livrer à des contorsions inesthétiques. Il semble en fait que le squaring ne se soit vraiment répandu en Angleterre qu’après l’Union de 1813 qui a tendu vers une certaine standardisation du rituel, avec la montée en puissance de loges d’instruction comme la Loge de Perfectionnement Emulation de Londres, raffinant toujours davantage et visant à une perfection formelle toujours plus grande. Les auteurs anglais signalent aussi que certaines loges ont tendance à étendre le squaring mais que tout abus en ce domaine est à proscrire. Dans nombre d’autres cérémonies maçonniques que celles de réceptions aux trois grades (dédicace de locaux maçonniques, consécration de loges) on peut aussi observer à l’occasion de tels déplacements « à l’équerre ». Encore une fois, la tendance anglaise est de privilégier la retenue et de ne pas en faire un système.

La pratique de marquer les angles n’a en tout cas jamais fait partie des usages maçonniques français, ni dans le Rite Français – le plus ancien dans notre pays, dérivant du système de la première Grande Loge de 1717, introduit en France vers 1725 – ni dans le Rite Écossais Rectifié, très précisément codifié à la fin du XVIIIème siècle avec un grand raffinement rituel, toujours pratiqué de nos jours, et qui l’ignore absolument. On pourrait encore citer d’autres Rites disparus.

Une ancienneté … très récente !

La question se pose alors : quand et pourquoi a-t-ton introduit cet usage en France ? La plupart des textes demeurent muets mais il est assez facile de déduire que, comme beaucoup de pratiques rituelles jugées « très anciennes » dans certains Rites – comme le REAA notamment –, cela ne remonte guère au-delà des années 1950…

A cette époque la maçonnerie française, se relevant difficilement du traumatisme de la guerre, a commencé une réflexion sur elle-même, tant à la Grande Loge de France qu’au Grand Orient, les deux Obédiences alors très largement dominantes. Une volonté de « retour aux sources » s’est manifestée un peu partout et elle a pris des formes très diverses. On peut en donner quelques exemples.

La Bible, qui avait disparu de l’immense majorité des loges de la GLDF, fut de nouveau rendue obligatoire en 1953, et l’année précédente, un nouveau rituel y avait introduit l’allumage rituel des flambeaux, ce qui ne s’était jamais vu au REAA. Mais le GODF ne fut pas en reste : dès le milieu des années 1950, alors même qu’on publie le rituel « Groussier » qui marque un retour vers des formes rituelles plus substantielles dans le Rite Français, un petit groupe de Frères, sous la conduite éclairée de René Guilly, y commence un travail d’archéologie maçonnique qui devait aboutir au Rite Moderne Français Rétabli – devenu ensuite le Rite Français Traditionnel – visant à retrouver les formes symboliques, et plus encore l’esprit, de la première maçonnerie française du XVIIIème siècle.

Le fait de marquer les angles, du reste non documenté dans les rituels de cette période, a dû apparaître en même temps, sans aucun doute d’abord à la GLDF, déjà soucieuse de « régularité » et songeant à copier certaines pratiques anglaises jugées plus « traditionnelles » – sur un fond de solide méconnaissance des antécédents historiques de ces pratiques…

Avec la foi des convertis, on est même allé bien plus loin que les Anglais, qui ont pourtant inventé le squaring : on s’est mis à l’utiliser pour tout déplacement en loge, et naturellement en dehors des cérémonies elles-mêmes. On a même vu, par la suite, des loges du GODF, suivant pourtant la tradition purement continentale du Rite Français, se mettre à l’adopter par « rigueur rituélique » !

Trêve de fraternelle ironie : c’est incontestablement un usage qui peut donner une certaine dignité dans les travaux, et c’est pour cela qu’il a été inventé. Il a été introduit originellement pour rappeler au candidat qu’il « trace » la loge par son parcours symbolique lors de sa réception aux différents grades. Si l’on veut en faire un usage constant, pourquoi pas ? Mais à condition de comprendre et de ne pas oublier qu’il s’agit d’une convention récente, que toute la tradition maçonnique française, depuis ses origines, s’en est passée, et qu’en ce domaine tout zèle intempestif risque fort de produire un effet contraire à celui qu’on recherchait…

Source : http://pierresvivantes.hautetfort.com/rites/

Par R DACHEZ - Publié dans : Rites et rituels
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Vendredi 21 février 2014 5 21 /02 /Fév /2014 07:25

V.M. L'histoire Sainte nous apprend qu'il a été décidé, par le Conseil des Infiniment Sages qu'un Temple devait être bâti à Jérusalem, et qu'il serait érigé à la Gloire de Dieu, et dédié à son Saint Nom. Le Grand Honneur et le Distingué Privilège d'accomplir cette tâche sacrée échut à David, Roi d'Israël, car, nous enseignent les Saintes Écritures, il avait accompli d'innombrables guerres et fait en abondance couler le sang de ses ennemis. Nous apprenons aussi, d'après la même source sacrée, que le Dieu d'Israël avait promis à David, que de ses reins sortirait la graine de celui qui serait son serviteur. Cette promesse divine et mémorable fut par la suite accomplie par Salomon, par sa carrière et par sa prospérité splendide et inégalée. Après que le Roi David eût rejoint ses pères, et que les derniers honneurs eussent été rendus à sa mémoire, Salomon maintint le sceptre d'Israël, la paix régna dans ses frontières, et les enfants d'Israël purent contempler avec une particulière satisfaction les résultats de sa sagesse, qui fit l'étonnement et le respect du monde.            Dans le second mois de la quatrième année de son règne, Salomon commença la construction de l'édifice, dont les difficultés d'exécution avaient été imaginées pour susciter l'étonnement et l'admiration des générations futures. Il était situé sur le Mont Moriah, à proximité de l'endroit ou Abraham était sur le point d'offrir à son fils Isaac en sacrifice, là où David avait rencontré et apaisé l'Ange Exterminateur, et était visible depuis l'aire de battage de Ornan le Jebusien. Dans le même temps le Roi Salomon reçut une lettre de félicitations d'Hiram, Roi de Tyr, qui lui offrait tout ce qui était en son pouvoir pour l'assister, et lui manifestait son fervent désir de participer à la gloire du Trône d'Israël. Ainsi progressait la construction de l'édifice, sous la direction de notre ancien G.M. opératif H.A., avec l'aide de H.R.d.T. Il était bien proche d'être terminé quand quelques ouvriers, désireux d'arracher au G.M.H.A. le mot secret de M.M., l'assassinèrent. Ainsi, pendant une courte période, la construction de l'édifice fut interrompue. Nous vous avons déjà raconté dans la deuxième partie de ce degré, la conspiration des 3 scélérats et des douze comp., la recherche et la découverte finale du corps de notre G.M.H.A. Les Saintes Écritures nous apprennent ensuite comment les restes de notre G.M.H.A. furent relevés de leur humble lieu de repos, emmenés en grande pompe jusqu'au Temple, et déposés aussi près du Saint des Saints que la Loi Israélite ne le permettait. Sur la tombe fut érigé un monument du marbre le plus fin qui fut, comprenant une colonne brisée, une vierge en pleurs, tenant dans la main droite une branche d'acacia et dans la main gauche une urne, devant elle un livre ouvert, derrière elle, le Temps qui défait et compte les boucles de ses cheveux. La colonne brisée symbolisait le fait que l'un des piliers de la Franc-Maçonnerie venait de s'écrouler, la vierge en pleurs symbolisait la mort prématurée de notre G.M.H.A, la branche d'acacia ce qui avait conduit à la découverte espérée de ses restes mortels, l'urne, le fait que ses cendres avaient été déposées en lieu sûr, le livre ouvert le fait que sa mémoire resterait éternellement parmi les maçons et le Temps rappelait que, malgré la mort d'Hiram et la perte du mot sacré, le temps, la patience et la persévérance qui accomplissent toutes choses, permettraient qu'un jour peut-être le véritable mot soit redécouvert et mis en Lumière. Ainsi, je viens de vous raconter la légende de la mort de Hiram Abif, une histoire vénérée en souvenir des jours anciens, et qui est considérée par les maçons avec un respect particulier, non seulement pour l'histoire en elle même, mais surtout pour la doctrine solennelle et sublime dont elle entend imprégner nos âmes et consciences : la résurrection du corps et l'immortalité de l'âme. Durant la construction du Temple, deux événements remarquables se produisirent : le premier nous est rapporté par l'histoire Sainte qui nous apprend que l'on n'entendit jamais le son d'aucune hache, marteau, ou autre objet métallique. Le second nous est rapporté par Joseph qui nous apprend que pendant les sept années que durèrent la construction du Temple, il ne plut jamais, sauf pendant la nuit et pendant que les ouvriers étaient au repos. Nous considérons ceci comme une manifestation frappante de la bienveillante sollicitude de la Divine Providence. L'on rapporte que le bâtiment était soutenu par quatorze cent cinquante trois colonnes et deux mille neuf cent six piliers, tous taillés dans le marbre le plus pur. Pour sa construction, furent employés trois Grands Maîtres assistés de trois mille trois cents Maîtres ou surveillants de l'ouvrage, quatre vingt mille compagnons ou tailleurs de pierre qui travaillèrent dans les carrières et les montagnes, et soixante dix mille apprentis ou porteurs de fardeaux. La Sagesse du R.S. permis que tous soient groupés et disposés de telle façon qu'aucune envie, discorde ou confusion, ne viennent jamais entraver la paix et la bonne entente qui régna en permanence parmi les travailleurs. Mon Frère, ceci nous amène à l'étude d'une deuxième sorte de symboles qui contient de multiples enseignements, tous forts instructifs et de grande valeur.  

LES TROIS COLONNES

Les Trois Colonnes vous ont déjà été expliquées, dans un degré précédent, et elles représentaient la Sagesse, la Force et la Beauté. Elles sont, dans ce degré revêtues d'une signification encore plus grande. Elles représentent nos Trois Anciens Grands Maîtres, Salomon Roi d'Israël, Hiram Roi de Tyr, et Hiram Abif. La Colonne Sagesse représente Salomon, Roi d'Israël, dont la Sagesse permit l'édification du Temple, et grâce auquel son nom fut honoré et exalté. La Colonne Force représente Hiram, Roi de Tyr qui aida le Roi Salomon dans l'accomplissement de sa difficile tâche, et la Colonne Beauté représente Hiram Abif, le fils de la veuve, de la tribu de Nephtali qui, grâce à ses talents d'artiste permit au Temple d'être si magnifiquement orné.  Les Apprentis tiennent leur réunion au Rez-de-Chaussée du Temple du Roi Salomon. Sept en constituent une Loge : Un Maître Maçon et six Apprentis ou Compagnons.  Les Compagnons tiennent leur réunion dans la chambre du milieu du Temple du Roi Salomon. Cinq la constitue, deux Maîtres Maçons et trois Compagnons. Les Maîtres Maçons tiennent leur assemblée dans le Saint des Saints inachevé du Temple du Roi Salomon, trois constituent une Loge. 

              LES TROIS MARCHES

Les Trois Marches qui délimitent le plateau du Vénérable sont les symboles de la vie humaine : l'enfance, l'âge viril et la vieillesse. Comme pour l'enfance, en tant qu'Apprenti nous devons occuper notre esprit à l'acquisition des connaissances usuelles. Comme dans l'âge viril, en tant que Compagnons, nous devons utiliser notre connaissance au service de Dieu, de notre prochain et de nous-mêmes afin que, parvenu à la vieillesse, nous puissions jouir de l'heureuse conclusion d'une existence de droiture et mourir dans l'espérance d'une immortalité glorieuse. 

L'ENCENSOIR

L'encensoir est le symbole d'un coeur pur, toujours prêt à présenter des offrandes au Seigneur et, de même l'encens se consume en dégageant une chaleur radieuse, de même, notre coeur doit toujours être prêt à brûler et à s'enflammer de gratitude envers notre Divin Créateur, pour les nombreux bienfaits et réconforts qu'il nous a accordés. 

LA RUCHE

La Ruche symbolise l'industrie et enseigne la pratique de cette vertu à tous les hommes. De même, nous venons au monde êtres intelligents et raisonnables, de même, devons-nous toujours être des êtres industrieux, jamais satisfaits par l'oisiveté, alors que nos Frères sont dans le besoin, et toujours désireux de pouvoir les secourir. Si nous observons la nature, nous découvrons l'homme dans son enfance, plus démuni que la plus primitive des créatures. Il gît, pendant des jours, des mois, des années, totalement incapable de subvenir à ses propres besoins ou de se protéger de l'attaque des animaux sauvages, et même de s'abriter des vicissitudes du temps. Il a certainement plu au Créateur Suprême de la Terre et des Cieux de faire en sorte que les hommes dépendent les uns des autres. Comme la dépendance est l'un des liens les plus puissants de la Société, les hommes ont été à dessein créés interdépendants pour se procurer aide et protection, afin qu'ils puissent mieux jouir de l'opportunité qui leur est offerte de nouer des liens d'amour et d'amitié. C'est ainsi que l'homme fut formé à la vie sociale et active, l’œuvre la plus utile de Dieu. Celui qui s'abaisse lui-même, en n'apportant pas sa propre contribution à la somme des connaissances et de la compréhension humaine, peut être considéré comme un membre inutile de la famille humaine et indigne de notre protection en tant que Maçon. 

LE LIVRE DES CONSTITUTIONS

 Le Livre des Constitutions, protégé par l'épée du Tuileur, nous rappelle que nous devons demeurer très vigilants, et être très prudents, dans nos pensées, nos actes et nos paroles et plus particulièrement au sujet de la Franc-Maçonnerie en présence de ses ennemis, nous remémorant sans cesse ces véritables vertus Maçonniques : le silence et la circonspection. 

L'ÉPÉE ET LE COEUR NU

L'épée pointée sur le coeur nu nous rappelle que, tôt ou tard, la justice nous atteindra, même si nos actes, pensées et paroles peuvent demeurer cachés aux yeux des hommes. Cependant celui qui voit tout, qui commande au Soleil, à la Lune et aux Étoiles, et sous la direction de qui, même les comètes les plus reculées, accomplissent leur prodigieuse révolution, fouille jusqu'au tréfonds du coeur humain, et nous accordera notre récompense, conformément à nos mérites. 

              L'ANCRE ET L'ARCHE

L'Ancre et l'Arche sont les symboles d'un espoir mérité et d'une existence bien remplie. Ils symbolisent : cet Arche Divin qui nous conduit par delà les Océans déchaînés de l'affliction là où l'Ancre nous permet de nous arrêter dans ce havre de paix où les méchants cessent leur persécution, et où les faibles trouvent le repos. 

LE QUARANTE SEPTIÈME PROBLÈME

 Le Quarante Septième Problème d'Euclide apprend aux maçons à aimer les arts et les sciences. 

LE SABLIER

Le Sablier symbolise la vie humaine. Voyez avec quelle douceur le sable s'écoule calmement, mais aussi avec quelle rapidité notre vie va vers sa fin. Nous ne pouvons pas sans étonnement contempler les infimes particules qui sont contenues dans cet objet, comment elles disparaissent imperceptiblement. Et cependant, à notre grand étonnement, elles ont toutes disparues dans l'intervalle minime d'une heure. Ainsi disparaissent les hommes ! Aujourd'hui il explose tels les bourgeons en feuilles tendres comme l'espoir, demain il sera fleurs éclatantes, témoignages de son épanouissement, alors que le surlendemain une légère gelée flétrira la jeune pousse, et alors qu'il se croyait au début de son épanouissement, il tombe à terre telle la feuille d'automne, qui vient fertiliser notre mère la terre. 

LA FAUX

La Faux symbolise le temps, qui tranche les fils tenus de la vie et nous transporte dans l'éternité. Voyez quel carnage la Faux dévastatrice du Temps a accompli parmi les humains. Si par bonheur nous échappons aux nombreuses maladies infantiles, aux périls de l'adolescence, et qu’avec force et vigueur nous atteignons l'âge viril, inexorablement nous serons bientôt abattus par la Faux dévastatrice du temps, et nous serons réunis en ce pays où nos pères nous ont précédés. J'attire maintenant votre attention sur le troisième et dernier groupe d'emblèmes et de symboles, qui est aussi sacré que les autres parties du d° qui vient de vous être conféré, et je souhaite que vous vous en souveniez comme tel. 

LE MAILLET, LA PELLE, LE CERCUEIL, LA BRANCHE D'ACACIA

Le Maillet symbolise l'outil par lequel notre G.M.H.A. fut assassiné. La Pelle, symbolise celle qui fut utilisée pour creuser sa tombe, et qui nous enseigne que, sous peu, un instrument similaire pourrait fort bien être utilisé pour creuser notre propre tombe.        Le Cercueil, celui qui contenait les restes de sa dépouille mortelle. Ceci mon Frère, sont des symboles saisissants qui, pour un esprit réfléchi, fournissent de sérieux sujets de méditation. Mais lorsque nous nous référons à la branche d'acacia, qui fut trouvée en fleurs sur la tombe de notre G.M.H.A., nous sommes amenés à nous souvenir qu'il existe une partie de nous-mêmes qui survivra à la tombe et ne périra jamais, jamais, jamais.

Par Rite York GLNF - Publié dans : Rites et rituels
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Mardi 18 février 2014 2 18 /02 /Fév /2014 07:26

MAITRESSE PARFAITE. (4e Grade).

 

Décoration de la loge. Tenture en drap cramoisi; le trône, le dais, le siège, sont de même étoffe, avec galons et franges en or.

La loge représente l'intérieur du tabernacle, dressé par Moïse dans le désert.

Au bas et un peu en avant du trône, sont deux colonnes torses : celle du côté de l'Afrique représente la colonne de feu qui dirigeait, pendant la nuit, les Israélites dans le désert. Elle est creuse et transparente pour pouvoir être rendue lumineuse.

La colonne du côté de l'Amérique représente la nue qui les protégeait pendant le jour, elle semble se perdre en ondes légères dans le plafond, image du ciel.

Ces deux colonnes sont réunies à leur sommet par un cintre représentant l’arc-en-ciel.

Dans un angle, est l'autel du Feu ou de la Vérité, sur lequel sont plusieurs vases antiques, au milieu est une cassolette où brûlent des parfums ; devant, est un plat pour recevoir les offrandes.

A côté, sur une table, sont un maillet et une boite, comme dans la maîtrise, mais au lieu d'un cœur, on trouve, tracés sur des tablettes, ces mots hébreux : Emeneth, hur, cana, signifiant vérité, liberté, zèle, et le mot grec enbulos, prudence.

Sur le pavé, est le tableau du grade représentant : le songe de Pharaon, lorsqu'il vit 7 épis pleins et 7 vides ; Joseph se réconciliant avec ses frères; plusieurs hommes avec des tabliers et tenant une truelle qu'ils emploient à pétrir la terre pour faire des briques ; Moïse exposé dans une corbeille sur les eaux du Nil ; et la fille de Pharaon qui, en venant pour se baigner, le fait retirer; sur le devant, Moïse et Aaron à la tète des Israélites, au moment de la submersion de l'armée d'Egypte dans les flots de la mer Rouge.

Titres. Le G\Me représente Moïse et la G\Msse, sa femme Séphora (en hébreu Tsephorah, avis vel passer, fille de Raguel ou Jéthro, prêtre des Madianites. Exod., ch. 2, v. 21 ; ch. 4, v. 25, et ch. 18, v. 2).

Le F\ déposit\ est nommé Aaron (en hébreu Aharon, monssive montanus, (fils d'Amron, fils de Cahath, fils de Lévi, frère de Moïse. Exod., ch. 6, v. 20).

Ordre. Les FF\ tiennent l'épée nue de la main droite, la pointe haute ; les Sœurs tiennent également la baguette élevée, appuyée contre l'épaule droite.

Signe. Mettre la main gauche dans son sein (les sœurs sur la poitrine) ; la retirer, regarder le dessus, avec l'air de l'étonnement ; mettre la main sous le tablier, et l'ayant retirée, la regarder en dedans avec un signe de joie. Ce mouvement rappelle ce que fit Moïse sur le mont Horeb, où il vit sa main couverte de lèpre et guérie sur-le-champ.

Attouchement. 1° Présenter le dessus delà main gauche, en faisant le signe. On répond en faisant de même.

2° Mettre la main sous le tablier, la retirer et montrer le dedans. Réponse par le même signe.

3° Passer la main sur celle du tuileur, et la ramener, en glissant, jusqu'au bout des doigts.

Mot de passe. Beth-gabara ou abara (en hébr. Beth-Heber, maison de passage ou alethé, vérité).

Mot sacré. Achitob (hébr. Ahhitoub, frère de bonté) ou Sigé, silence. Des rituels disent Achirab, c'est une faute.

Batterie. 7 coups, par 6 + 1.

Acclamation. Eva !

Cordon. Bleu moiré, porté en sautoir, auquel pend une étoile à 5 pointes avec les lettres : D. C. U. P. L., qui signifient : discrètes, constamment unies par l’estime.

Bijou. Un maillet d'or. Chaque sœur, à son admission, reçoit une alliance d'or, sur laquelle est gravé le mot sacré, et une paire de jarretières en taffetas ou satin blanc ; sur chacune est brodé en or un cœur, avec cette devise sur l'une, la vertu nous unit, et sur l'autre, le ciel nous récompense.

Habillement. Le G\ Me et le F\ déposit\ sont revêtus de l'habit de gr\ prêtre. Les FF\ et les Sœurs, comme dans le grade précédent. Les SS\ ont, de plus, une baguette à la main.

Questions d'ordre. D. Êtes-vous parfaite ?

R. Guidée par l'Éternel, je suis sortie de l'esclavage.

D. Qu'entendez-vous par cet esclavage ?

R. La captivité où nous languissons dans le siècle, figurée par celle des Israélites, en Egypte. Le vrai maçon se regarde, dans le monde, comme dans une terre étrangère, il gémit dans sa captivité, il n'aspire qu'après sa véritable patrie. (Cette morale est d'un cafard et non d'une Maçonne.)

D. Assujettie à ce corps fragile, comment pouvez-vous dire que vous êtes libre ?

R. L'initiation à nos mystères a dessillé mes yeux. J'ai secoué le joug des passions; la raison m'éclaire, et son flambeau perçant le voile dont la volupté masque le vice, m'en découvre toute l'horreur.

Observation. Un tel grade, portant la dénomination de parfaite, et dans lequel figure l'autel de la vérité, devait être un cadre heureux pour développer la vraie morale, celle qui doit servir de guide à la néophyte, et lui ouvrir la voie du progrès et de la perfectibilité. Au lieu de cela, qu'y trouve-t-on ? Un obscurantisme jésuitique, une niaiserie abrutissante qui nous dispense de rien rapporter de plus des dix-huit autres questions du rituel.

Les travaux s'ouvrent et se ferment comme dans la maîtrise.

Loge de table. Le maître s'appelle Respectable, les deux officiers Vénérables, et tous les autres : Mon cher frère, ma chère sœur.

Les verres se nomment des Étoiles.

Le vin et l'eau, des tonnes de déluge rouge, blanc. (Est-ce assez absurde ?) Le pain, du bois de l'arche.

On dit vider les étoiles avec les dignités écossaises par 4. (Nombre des vœux des jésuites, et c'est en l'honneur de ces vœux que les maçonnes doivent vider des étoiles !!)

Exercice. On porte l'étoile en 2 temps à la bouche, on la vide en deux temps, et on la pose sur la table en deux autres temps. On frappe 4 fois dans les mains, et l'on dit 2 fois : qu'il vive ! Il faut convenir que pour un grade de Parfaite, ces transformations de noms, loin d'être heureuses, sont par trop ridicules.

 

 SUBLIME ECOSSAISE (5e Grade)

 

Décoration de la loge. Il faut deux appartements pour les réceptions, ou bien on dispose la tenture de manière à pouvoir en changer promptement la couleur, soit en retournant les panneaux, soit en relevant les draperies.

Pour le premier point de la réception, la tenture est verte, parsemée d'étoiles d'or, galons et franges en or.

II y a 9 lumières : 7 ensemble et 2 séparées.

Pour le second point, la tenture est, comme pour les réceptions habituelles, couleur ponceau, galons et franges en or.

Outre les lumières exigées dans les grades précédents, il y a 3 lampes, chacune de 3 lumières suspendues au plafond, deux sont à l'Asie et la troisième à l'Europe, du côté de l'Afrique.

Sur l'autel est un vase où brûle de l'esprit de vin pendant la réception.

Titres. Le Me représente le grand-prêtre Éliacim (en hébr. Êliakim, résurrection de Dieu), gouverneur de Béthulie. Le ler surv\ représente Ozias (en hébr. Gosiah, force du Seigneur), prince de Juda. La sœur récipiendaire représente Judith (en hébr. Jehaudith, laudans.)

Signe. Saisir ses cheveux de la main gauche et faire de la droite le simulacre de se couper le cou.

Attouchement. S'entrelacer mutuellement le petit doigt de la main droite.

Mot de passe. Vazao (interior vel intimus), nom d'un des eunuques d'Holopherne, celui qui introduisit Judith dans la tente {Judith, ch. 12, v. 1).

Mot de reconnaissance. La vallée de Béthulie m'est connue.

Maitresses paroles. Sigé et Alethé, qu'on interprète ainsi : silence, vérité.

Marche. Sept pas, qui représentent les 7 vertus : amitié, union, soumission, discrétion, fidélité, prudence, tempérance, auxquelles sont opposés les 7 vices : haîne, discorde, orgueil, indiscrétion, perfidie, étourderie, médisance.

Batterie. Deux coups égaux.

Acclamation. Judith, répété 2 fois.

Age. Je passe cinq lustres.

Temps du travail. De l'entrée de la nuit à l'apparition du jour.

Habillement. Le président porte une longue robe blanche. Une large ceinture verte et ponceau fait deux fois le tour du corps, les bouts retombent jusqu'à terre du côté gauche, et sont rejetés sur l'épaule gauche pendant le cours des travaux. Sur la poitrine est une plaque d'or où sont gravées les lettres D\ V\ qui signifient, discrétion, vérité. Cette plaque est fixée par 4 chaînes qui passent sur le cou et sous les bras. Il est coiffé d'une tiare blanche en lin ; il a sur le front un bandeau jaune, sur lequel sont peints ou brodés les mots Kadosch Adonaï (consacré au Seigneur).

Cordon. Les sœurs portent le cordon écossais, ponceau moiré en écharpe, passant de droite à gauche ; au bas est suspendu un glaive attaché avec une rosette verte ; sur le devant sont brodées en argent 5 étoiles à 5 pointes ; il est fixé sur l'épaule avec une rosette blanche.

Bijoux. Outre le glaive suspendu au cordon, les sœurs portent une truelle en or qui s'attache sur la poitrine au côté gauche avec une faveur bleue. Du côté droit, sont attachés, avec une faveur couleur ponceau, un ciseau, un marteau et un anneau d'or ou alliance.

Tablier blanc, doublure ponceau, bordure verte ou bien doublure bleue, bordure ponceau, la bavette verte. On peut y broder divers attributs de l'adoption. Le maillet et le ciseau désignent la maîtrise ; le globe marque l'écossisme, et le sabre, la lance ; la tète de mort et le sac dénotent, dit le rituel, la sublime écossaise (le meurtre de Judith).

 

Tarleau. Béthulie et son grand-prêtre, avec ses habitants ; Judith, allant au camp, avec sa servante, qui porte un sac ; Judith coupant la tête d'Holoferne (capitaine Fort), dans sa tente.

Chambre de préparation. Sur une table est le tableau et un livre de prières ; de plus, une cuve pleine d'eau.

Une sœur fait à la récipiendaire les questions suivantes, tirées des grades précédents :

D. Pourquoi nos signes s'appliquent-ils presque uniquement sur les sens ?

R. C'est pour nous apprendre à n'en faire qu'un bon usage.

D. Expliquez-moi cet usage ?

R. 1°L'odorat. Les parfums les plus exquis sont comptés pour rien en loge, puisqu'on ne s'y met en bonne odeur que par la pratique des vertus.

2° L'ouïe. Tout bon maçon et bonne maçonne doivent fermer l'oreille à la calomnie, à la médisance, et à tous propos qui peuvent alarmer la prudence et la chasteté.

3° Le Gout. Quand les maçons et les maçonnes prennent des repas en loge, c'est comme les premiers fidèles, pour réparer leurs forces, rester ensemble, et s'exciter à la vertu, sans s'arrêter à la délicatesse des mets.

4° La Vue. Lorsqu'un maçon considère la beauté de ses sœurs, il ne doit être touché d'un si bel assemblage que pour les vertus de l'âme, et doit respecter en elles l'ouvrage accompli d'un créateur.

5° Le Toucher. Chaque fois que nous nous prenons la main, nous nous renouvelons tacitement le traité que nous avons fait de secourir mutuellement dans les dangers et dans le besoin.

Ouverture de la Loge. Le grand-prêtre frappe deux coups qui sont répétés par les surv\ et dit :

D. Quel doit être le soin des maçons et maçonnes ?

R. C'est de voir si l'on est en sûreté.

D. Quel est le devoir des bons maçons et maçonnes ?

R. Travailler, obéir et se taire.

D. Quelle heure est-il ?

R. Le point du jour.

« Puisqu'il est le point du jour et l'heure où tout bon maçon et maçonne doivent se mettre à l'ouvrage, avertissez les frères et sœurs que la loge de Sublime-Écossaise est ouverte. A l'exemple de Judith, veillons, travaillons et prions : Veillons, afin que nos ennemis ne nous surprennent pas et que nous soyons toujours prêts à les repousser. Travaillons pour réparer lès brèches faites à notre âme et nous éviter l'oisiveté d'où découlent tous les vices. Prions, afin que le Grand-Archiprêtre de l'Univers nous affermisse de plus en plus dans l'union, la concorde et la paix. »

— La récipiendaire, la tête couverte d'un drap noir saupoudré de cendre, arrive à la porte du temple. Elle est arrêtée par un garde qui en avertit le 2e surv\. Celui-ci va vers elle et lui dit :

D. Que voulez-vous ?

R. Je veux parler au grand-prêtre et aux principaux du peuple.

D. Qui êtes-vous ?

R. Judith.

D. De quelle nation ?

R. Femme juive de la tribu de Siméon.

Il l'introduit entre les deux colonnes.

Les frères et les sœurs restent assis, ayant la main droite sur le cœur, la gauche sur le front et la tête baissée pour simuler la douloureuse consternation qu'on éprouvait en Béthulie avant la sortie de Judith.

Le grand-prêtre dit à la récipiendaire :

D. Que demandez-vous ?

R. Que vous me fassiez ouvrir les portes de la ville pendant cette nuit, et que tout le peuple prie pour moi pendant cinq jours. Alors je vous apporterai des nouvelles sûres de la Béthulie. Je vous conjure de ne point rendre la ville avant ce temps.

Le grand-prêtre : « Allez en paix et que le Seigneur soit avec vous ! »

Elle sort et rentre dans la salle de préparation. Elle quitte son drap noir, se lave et revêt ses ornements. Elle prend de la main droite un sabre, de la gauche une tète de mort peinte, qui avaient été déposés pendant qu'elle était en loge.

(C'est alors qu'il faut changer la tenture verte en rouge.)

A son retour en loge, elle crie à la porte : Victoire ! victoire ! Le garde en avertit le second surveillant qui le dit au premier; celui-ci informe le grand-prêtre qu'on a crié deux fois Victoire ! à la porte de la loge.

Le grand-prêtre : Faites voir qui a crié ainsi.

R. C'est Judith.

Le grand-prêtre : Faites-la entrer ; mes frères et nus sœurs, soyons debout.

Judith est introduite. « Loué soit le Grand-Archiprétre de l'Univers, qui n'a point abandonné ceux qui espèrent en lai, qui a accompli par sa servante la miséricorde qu'il a promise à la nation d'Israël, et qui a tué cette nuit, par ma main, l'ennemi de son peuple (Elle montre la tête de mort). »

Le grand-prêtre : « Faites-la avancer par les sept pas, au pied de l'autel, pour prêter son obligation.

Elle donne la tête de mort au maître des cérémonies, qui la met au bout d'une lance placée contre l'autel. »

Obligation. Je promets, sous les mêmes obligations des grades précédents, de garder un secret inviolable sur celui qu'on me confère. Je promets d'aimer, protéger et secourir mes frères et sœurs dans toutes les occasions, même au péril de ma vie. Je promets toutes ces choses sur ma parole d'honneur, et je consens, si j'étais capable d'y manquer, d'encourir le mépris, la honte et l'infamie réservés aux parjures. Que Dieu me soit en aide !

Le grand-prêtre décore la récipiendaire du grand cordon vert, en disant : « Je vous décore de cet ornement ; sa couleur, symbole de l'espérance, doit vous attacher de plus en plus à nos préceptes. »

Il lui donne les gants et lui attache le tablier, ajoutant : « Ma vénérable sœur, la couleur de ces ornements vous désigne, par sa blancheur, l'innocence et la pureté des bons maçons et maçonnes. »

Enfin, il lui donne les signes, attouchement, paroles, mot de passe, et dit :

« Vous voilà, ma vénérable sœur, parvenue au dernier grade de la maçonnerie d'adoption. Tous les membres de cette resp\ loge ont concouru à ce qu'il vous fût accordé, parce qu'ils ont été édifiés de votre zèle à remplir vos devoirs dans les grades précédents. Celui-ci, par sa supériorité, vous oblige à de nouveaux efforts. Ne vous ralentissez pas, et que l'on puisse dire de vous, chère sœur, si elle possède tous les grades de la maçonnerie, c'est qu'elle est douée de toutes les vertus. »

Il la fait asseoir à côté de lui, et donne la parole à l'orateur qui développe le principe du grade.

Historique. Nabuchodonosor, roi des Assyriens, ayant vaincu Arphaxad, roi des Mèdes, conçut le dessein d'asservir tous les peuples de la terre. Il envoya d'abord des ambassadeurs dans tous les pays voisins de son empire, pour les engager à se soumettre de bonne volonté. Mais tous refusèrent et même chassèrent avec mépris les ambassadeurs. Il résolut de s'en venger et de les réduire par la force.

Holopherne, général de ses armées, fut chargé de la conduite de cette grande entreprise. Ce capitaine se mit aussitôt en marche avec une armée de 120,000 hommes de pied et de 120,000 archers. Tout se soumit par la frayeur qu'il inspirait.

Les enfants d'Israël, apprenant ce qu'il faisait souffrir aux peuples et aux villes qui avaient subi le joug, tremblaient de peur qu'il en fît autant à Jérusalem et au temple du Seigneur. Ils se hâtèrent de mettre les villes et bourgades en état de défense, et s'étant emparé des montagnes par où Ton pouvait passer pour aller à Jérusalem, ils en gardèrent soigneusement tous les défilés.

Holopherne apprit avec étonnement que les enfants d'Israël se préparaient à lui résister. Il demanda à ceux de sa suite ce que c'était que ce peuple qui refusait de suivre l'exemple de toutes autres. Achior, roi des Ammanites, fit un excellent discours sur la grandeur du roi des Juifs et sur les merveilles par les quelles il avait fait paraître sa puissance dans tous les temps.

Il l'assura que tant que ce peuple servait fidèlement son Dieu, il était toujours invincible, et qu'à moins qu'ils l'eussent irrité, il tenterait inutilement de les forcer.

Holopherne et tous ses officiers, indignés du discours d'Achior, lui firent lier les mains et l'attachèrent à un arbre au pied de la montagne de Béthulie.

Les Israélites l'ayant aperçu, descendirent de la montagne, le délièrent, l'amenèrent dans la ville, où il raconta le sujet des mauvais traitements qu'il avait reçus.

Après qu'il eut fini de parler, tous les Béthusiens se prosternèrent le visage contre terre, en s'écriant : « Seigneur tout puissant, Dieu du ciel et de la terre, considérez l'orgueil de nos ennemis, et voyez l'obéissance, la misère et l'état où sont réduits ceux qui vous sont consacrés. Faites voir que vous n'abandonnez point ceux qui attendent tout de votre miséricorde, et qu'au contraire ceux qui présument trop d'eux-mêmes et qui se glorifient de leurs propres forces, succombent. »

Or, il y avait, en ce temps-là, une veuve, nommée Judith, fort riche et parfaitement belle, qui, depuis son veuvage, vivait retirée, soumise au jeûne et au cilice ; s'étant depuis longtemps fortifiée par de saints exercices, elle se sentit, dans cette extrémité, poussée d'un désir qui ne pouvait venir que de Dieu.

Elle se présenta au grand-prêtre et à tout le peuple assemblé ; elle leur reprocha amèrement le peu de confiance qu'ils avaient en Dieu, en voulant rendre leur ville dans cinq jours, s'il ne venait point de secours. Elle leur déclara qu'elle avait un dessein, mais qu'elle ne pouvait le révéler, et leur demanda seulement de prier Dieu pour elle pendant quelle serait hors de la ville.

Elle rentra chez elle, se mit en prières, le corps vêtu d'un cilice couvert de cendres ; puis, elle se leva, prit ses plus beaux vêtements et se parfuma de parfums exquis. Comme aucun mauvais principe n'était dans son cœur, il semblait que Dieu répandait de nouveaux charmes sur son visage, pour la rendre plus belle.

Vers le point du jour, Judith, suivie d'une de ses femmes, se fit ouvrir les portes de la ville, descendit la montagne et fut menée à Holopherne. Ce général fut si charmé de sa beauté, qu'il ordonna qu'on la conduisit dans la tente, où étaient ses tréors, et qu'on lui donnât tout ce qu'elle désirerait.

Le quatrième jour, Holopherne fit un grand festin. Il y invita Judith pour laquelle il avait conçu une vive passion. Il fut si transporté de joie en la revoyant, qu'il but à l'excès et s'enivra. Tous ses officiers le voyant endormi se retirèrent.

Alors Judith ne pensa plus qu'à mettre son dessein à exécution. Elle s'approcha doucement du lit d'Holopherne, se saisit d'un sabre attaché à l'une des colonnes, et prenant Holopherne par les cheveux, elle dit : Seigneur, mon Dieu, fortifiez-moi dans ce moment ! Aussitôt elle le frappa de deux coups, et lui trancha la tète qu'elle donna à sa servante pour la mettre dans un sac.

Toutes deux sortirent du camp et revinrent à la porte de Béthulie, où Judith ayant été reconnue par les gardes, on la reçut aux flambeaux.

Elle fit son entrée tenant par les cheveux la tète sanglante d'Holopherne, et criant victoire ! Tout le peuple jeta de grands cris de joie, pour bénir Dieu d'une délivrance si inattendue, et pour relever la gloire de celle qui s'était si sensiblement exposée pour leur salut. (Livre de Judith, ch. 16.)

« Tout ce que vous avez vu et fait, vénérable sœur, dans votre réception, est précisément tout ce qui fut exécuté par Judith et dont je viens de vous faire le récit.

Veuillez, maintenant, prêter toute votre attention à l'instruction du grade. »

INSTRUCTION.

D. Êtes-vous Sublime-Écossaise ?

R. Oui, je le suis.

D. A quoi le connaitrai-je ?

R. Aux signe, attouchement et paroles.

D. Où avez-vous été reçue ?

R. Dans la ville de Béthulie .

D. Quel motif vous engagea à vous faire recevoir ?

R. La liberté de tous mes frères et sœurs.

D. Quel était leur tyran ?

R. Holopherne, général des armées de Nabuchodonosor.

D. Comment êtes-vous venue à bout de votre entreprise ?

R. En veillant, espérant et priant.

D. Qu'ont produit ces moyens ?

R. En veillant, j'ai cherché le moment favorable ; en espérant, je l'ai attendu avec confiance; en priant, j'ai obtenu du G\ Archiprêtre de l'U\ le courage et la force qui m'étaient nécessaires.

D. Quelle était- votre intention ?

R. De faire périr Holopherne, lorsque j'en trouverais l'occasion.

D. Quand se présenta cette occasion ?

R. Au moment où Holopherne, livré au vin et au sommeil, fut abandonné par ses gardes. Alors je pris son sabre et lui tranchai la tête.

D. Que signifient les sept pas pour arriver à l’autel ?

R. Les 7 qualités inséparables de tous maçons et maçonnes, savoir :

L'Amitié, sentiment que nous devons avoir pour tous nos frères et sœurs ;

L'Union, la pierre fondamentale de notre société ;

La Soumission, nécessaire pour recevoir, sans murmurer, les arrêts de la loge ;

La Discrétion, pour éviter les supercheries des profanes et garder nos secrets ;

La Fidélité, indispensable pour observer nos obligations ;

La Prudence, pour régler nos actions, afin que les envieux de nos plaisirs ne trouvent aucun moyen de blâmer notre conduite.

Et la Tempérance, pour éviter tout excès également nuisible au corps et à l'esprit.

D. Quels sont les 7 défauts opposés à ces qualités ?

R. La Haine que nous ne devons porter à aucun de nos FF\ et SS\, quelque insulte que nous ayons reçue ;

La Discorde, trop contraire à notre institution pour ne pas l'éviter ;

L'Orgueil, qui doit être banni de nos cœurs comme funeste à l'humanité :

L'Indiscrétion, qui doit être inconnue dans notre ordre où tout est mystère et secret.

La Perfidie, vice trop odieux pour ne pas nous être en horreur.

L'Étourderie, comme cause de querelles sans nombre.

Et la Médisance, qui est un vice si bas qu'il n'est point étonnant que les maçons et maçonnes, dont tout le soin est de tendre à la perfection, la fuient comme une peste sociale.

D. Expliquez-moi le tableau ?

R. Béthulie est la figure du vrai bonheur qu'on ne peut conserver qu'avec des soins et du travail. Le grand-prêtre est l'image de l'âme ; Judith et sa servante, celle de ses facultés. Les principaux du peuple et le peuple assemblé représentent le corps et ses membres. L'armée d'Holopherne représente les passions qui nous environnent et les charmes de Judith les illusions qui nous séduisent.

D. Que signifient la conduite et le mauvais traitement d'Achias ?

R. Que tout maçon et maçonne doivent plutôt s'exposer à souffrir la persécution que de s'écarter de la vérité, quand on les oblige à parler; qu'ils doivent, par des discours prudents, tâcher de ramener ceux qui sont dans l'erreur ; sa délivrance par les Israélites, c'est la charité que nous devons avoir tant pour nos ennemis que pour nos amis.

D. Donnez-moi la parole et l'application que vous en faites ?

R. Sigé, qui veut dire Silence, parce que nous devons écouter en silence et avec attention les leçons du grand-prêtre et que nous ne devons pas même les révéler aux FF\ et aux SS\ absents.

D. Dites-moi le mot de passe et son application ?

R. Alethé, qui signifie vérité et que tous les rapports que nous nous croyons obligées de faire au grand-prêtre, des fautes et négligences de nos FF\ et SS\, pour qu'ils y remédient, doivent être dans la plus stricte vérité. (Discipline des Jésuites.)

D. Comment vous nommez-vous et d'où êtes-vous ?

R. Judith, femme de la tribu de Siméon.

Clôture. Même cérémonial que pour l'ouverture.

Loge de Table. Elle est éclairée par 7 lumières ou lustres. Les verres se nomment Coupes. On vide la coupe en la prenant de la main gauche; de la droite, on prend le sabre qu'on passe, en deux temps, sur les bords de la coupe comme pour raser son contenu. Puis, on laisse tomber le sabre, et, de la main droite, on vide la coupe que l'on pose sur la table en deux temps ; et l'on frappe 2 fois des mains, en criant : Victoire, victoire!

Modèle d'un certificat. L. D. M. (Loge de Maçonnes.)

Du jardin d'Éden, côté de l'Orient, d'où sort la première lumière de la Loge des Dames, sous le titre distinctif de par les nombres mystérieux connus des seuls éclairés ;

Nous, chefs terrestres, dirigeant la sublime et respectable Loge des Dames, ayant connu le zèle et l'empressement, pour parvenir au suprême degré de lumière maçonn\, de la vénérable S\..., âgée de..., native de..., professant la religion....

Après avoir jugé de sa capacité, vie et mœurs, avec un scrupuleux examen de sa conduite tant en loge que dans le monde, et sachant qu'elle a satisfait à tous les devoirs exigibles en sa qualité de maçonne ;

Faisons savoir que nous l'avons admise aux grades d'apprentie, compagnonne, maîtresse, maîtresse parfaite et sublime écossaise. Mandons à tous nos FF\ et SS\ maçons et maçonnes de la reconnaître comme telle et d'ajouter foi au présent certificat que nous lui délivrons pour servir et valoir ce que de raison ; lequel nous avons signé de notre main, fait décorer du sceau de notre respectable loge et contre signé par notre secrétaire.

Donné au jardin d'Éden, du côté de l'Orient, le...jour de la...semaine du...mois de l'année maçonnique cinq mille huit cent...et du calcul vulgaire le...mil huit cent...

N..., président. — N..., S\ grande-maîtresse. — N..., grand-inspecteur. — N..., S\ grande-inspectrice. Scellé par nous garde des sceaux et archives, N... — Par mandement de la R\ L\, N..., secrétaire. — Ne varietur. — N…

source : les Editions de l'Edifice

Par JM Ragon - Publié dans : Rites et rituels
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Lundi 17 février 2014 1 17 /02 /Fév /2014 07:15

Les rituels désignent les cahiers qui sont utilisés par les loges pour conduire les travaux des cérémonies maçonniques. Les rituels se distinguent du Rite, ou Régime, qui est lui, un ensemble de grades ainsi qu'une certaine manière de pratiquer le rituel. Lorsqu'il atteint ses objectifs, le rituel est l'outil fondamental de la méthode maçonnique.

Le premier objectif du rituel est de délimiter l'activité maçonnique, en la distinguant du monde profane. Superficiellement, la délimitation est spatiale : c'est le temple, (qui n'est pas une église). En profondeur, la délimitation est temporelle (entre le début et la fin des travaux). La Loge désigne à la fois le lieu où se réunit rituellement le groupe ainsi que le groupe lui-même. Il suffit de "tracer" les symboles du grade sur le sol pour qu'une cérémonie puisse se tenir. Le lieu est donc transitoirement consacré dès lors que le groupe est réuni pour y travailler rituellement.

Le second objectif du rituel est d'organiser le travail de la Loge en le rattachant aux valeurs de l'Ordre. Superficiellement, le rituel est contraignant. En profondeur, la règle acceptée par tous permet l'expression de la liberté et de l'égalité de chacun, condition de l'épanouissement de la fraternité. Le rituel nous rattache à la Tradition.

Le troisième objectif du rituel est de donner vie au symbolisme maçonnique, en centrant le travail maçonnique sur l'Homme, préoccupation primordiale des francs-maçons. Superficiellement, le rituel gère la forme des travaux de la Loge de manière purement organisationnelle et opératoire. En profondeur, le rituel a un sens, une richesse fondamentale, car il est symbolique et invite chacun à découvrir et à méditer l'enseignement dont il est porteur.

Le rituel est ainsi un élément constitutif de la vie de la Loge. Il faut donc respecter les rituels afin de pouvoir atteindre les objectifs qui viennent d'être définis et de donner de la substance au travail maçonnique, sans toutefois perdre de vue que les rituels sont un moyen et non une fin. Ainsi, le rituel est-il un élément nécessaire mais non suffisant pour le travail maçonnique et pour la vie harmonieuse de la Loge. Car nous ne sommes pas une secte et la franc-maçonnerie n'est pas un culte. Notre but est à la fois le travail spéculatif, (écoute, réflexion, discours) et l'action, vers l'idéal individuel de perfection vers lequel nous tendons et que nous sommes pourtant certains de ne jamais atteindre.

Certains francs-maçons ont vis à vis du rituel une attitude étrange, en considérant, parfois même avec une certaine véhémence, que toute idée de modification des rituels serait proprement "sacrilège". Une telle attitude est porteuse d'une certaine intolérance et pourrait rappeler celle des fidèles d'une fraternité intégriste qui a investi une église de Paris où bat le cœur des dévots de la tradition et du latin, clercs en soutane et militants d'extrême droite.

Or, l'étude de la franc-maçonnerie et particulièrement celle des rituels et des grades, nous apprend qu'ils constituent un jardin immense et touffu, riche des essences les plus exotiques et les plus étranges. On y découvre également que les rituels ont été rédigés par des hommes, certes sensibles aux modes intellectuelles, mais aussi parfois à la vanité. Et même si elle peut sembler difficile à entendre, il faut bien reconnaître cette évidence, "en restant toutefois indulgents pour tout ce qui vient au secours de la faiblesse humaine", comme le dit Albert Lantoine, (le plus grand historien de la franc-maçonnerie française).

Les rituels maçonniques peuvent d'autant moins être considérés comme porteurs d'une vérité intangible, que La Vérité ne peut pas être écrite une fois pour toutes dans "UN LIVRE" (ou un rituel). Car la Vérité, pour les francs-maçons, est comme un horizon et sa quête est celle de l'inaccessible. C'est afin de ne pas mettre de limite à cette recherche que la référence obligatoire au Grand Architecte de l'Univers a été supprimée des rituels du Grand Orient de France depuis 1877. A cette époque, à la fin de la cérémonie de réception au premier degré, le Vénérable s'adressait alors au nouveau récipiendaire en ces termes :

"Frère nouvellement initié, les formes que nous venons d'employer pour votre initiation diffèrent notablement de celles dont nous usions jadis et que vous pourrez encore voir employer dans certaines loges de France ou des pays étrangers. L'initiation se faisait fort simplement dans les loges françaises au dix-huitième siècle. On l'a beaucoup compliquée, au commencement du dix-neuvième, en y mêlant des particularités que l'on croyait empruntées aux initiations de l'ancienne Egypte. On cherchait à éprouver le courage du récipiendaire par des moyens terrifiants.

On simulait la quadruple purification par les quatre éléments des anciens, c'est à dire par la terre, l'air, l'eau et le feu. Le récipiendaire était à moitié dévêtu. Parfois, il était introduit dans le temple, couché dans un cercueil; parfois, on le faisait passer au travers d'un diaphragme en papier, pour symboliser son passage à une vie nouvelle. Dans le temple, il entendait des clameurs sourdes, des chocs violents, des bruits imitant la grêle et le tonnerre, des cliquetis d'épées. Il rencontrait des obstacles sous ses pieds. Il était précipité d'un lieu élevé, mais retenu par des mains secourables. On lui trempait les mains dans l'eau, quelquefois le bras jusqu'au coude. On lui faisait vider un calice d'amertume. On le faisait passer au milieu des flammes. On lui demandait de se soumettre à l'application d'un fer rouge. On réclamait de lui une obligation écrite et signée de son sang. Parfois, on le soumettait à des épreuves plus pénibles encore et plus effrayantes.

Vous ne devrez donc pas vous étonner, s'il vous arrive de vous trouver en présence de quelque pratique de ce genre. Vous n'en serez pas troublé, non plus, sachant que le progrès est lent et que l'évolution humaine est complexe". - Rituel de réception au premier degré du Grand Orient De France de 1887.

Cent vingt ans plus tard, on constate combien ce propos reste d'une étonnante actualité ...

A l'origine, les fondateurs de la franc-maçonnerie ont choisi la Bible comme référence, car il était indispensable de donner à l'institution maçonnique des origines très anciennes. Ce qui permettait accessoirement de ne pas effaroucher les candidats et de se protéger contre les persécutions. Un siècle plus tard, le génie des fondateurs du Rite Ecossais Ancien Accepté fut de briser l'antagonisme millénaire entre le judaïsme et le christianisme, entre l'église et la synagogue, en consacrant, dans tout l'itinéraire qu'il propose, la complémentarité de l'ancien et du nouveau testament : Amour de la Vérité, pour les grades vétéro-testamentaires et Amour de l'Humanité pour les grades "dits" de Chevalerie.

Une réflexion, qui proposerait aujourd'hui aux athées, aux agnostiques et aux musulmans, un symbolisme maçonnique dégagé des références catholico-hébraïsantes peut paraître sacrilège pour certains. Elle n'en serait pas moins innovante et prospective pour la grande famille des compagnons du Temple Invisible, voyageurs de l'absolu, qui est soudée par tout ce qu'elle a vécu, ce qu'elle vit, mais davantage encore parce qui lui reste à découvrir et à dire, même autrement ...

Source : http://www.troispoints.info

Par X - Publié dans : Rites et rituels
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Mardi 4 février 2014 2 04 /02 /Fév /2014 06:46

Les marques utilisées par les Maîtres Maçons de Marque, bien que très variées par le détail des figures adoptées, comme par leur aspect d'ensemble, sont pour la plupart du temps inspirées des ornements, emblèmes, bijoux et outils en usage dans l'Ordre et symbolisant les différents enseignements moraux de la Franc-Maçonnerie. 

Chacun des anciens Maçons opératifs, employés à la construction du Temple du Roi Salomon pouvait reconnaître son propre travail par la marque ou le symbole qui y était gravé et de la même façon l'Inspecteur identifiait le travail de chaque Homme du Métier.

De tous les objets et emblèmes utilisés, ceux qui vont suivre ont été retenus comme particulièrement représentatifs des enseignements de cette branche de notre Ordre ancien et nous allons en donner l'explication symbolique.

1. LE LIVRE DE LA LOI SACRÉE. Il occupe la première place car tout le système maçonnique repose sur lui comme sur des fondations. Les Saintes Ecritures doivent diriger notre foi. Sur elles nos candidats prêtent leur Obligation. Elles nous furent données par Dieu l'image parfaite de la vérité et de la justice afin de nous permettre de régler nos vies et nos actions par les préceptes divins qu'elles contiennent. Ces Paroles de lumière maçonnique sont nos guides les plus sûrs et, en nous apprenant à remplir tous les devoirs de l'homme, elles nous enseignent à faire de nos corps des temples du bonheur.

2. L'OEIL QUI VOIT TOUT. Il nous fait souvenir de la vigilance incessante du Grand Inspecteur de l'Univers qui, comme nous l'avons appris, quelles que soient notre croyance et notre origine, non seulement a été créé toutes les choses mais préside aussi à leur préservation. Quelles que soient nos fautes, de quelque façon que nous puissions négliger les diverses tâches qui nous sont assignées dans nos positions respectives, que la paresse ou l'indifférence nous amène à ne plus entendre l'appel du devoir, l'oeil de l'omniscience qui ne se relâche et ne dort jamais exerce une surveillance infatigable sur les actes et les affaires de toute l'espèce humaine. Ces considérations doivent nous inciter à tout moment à veiller sur nos pas, à être prudent dans notre conduite, à éviter le médire. Nous montrerons ainsi dans nos actes, à chaque instant de notre vie, que sommes profondément conscients d'être toujours sous l'oeil qui voit tout du Tout-Puissant.

3. LE CISEAU. C'est l'emblème de la discipline et de l'éducation. Dans son état premier, l'esprit est informe et rugueux comme la pierre brute. Et de même que, par son action sur la surface extérieure de la pierre brute, le ciseau en révèle beautés ignorées, de même l'éducation fait apparaître les vertus cachées de l'esprit et met en lumière la perfection de la connaissance humaine, ce qui est notre devoir envers Dieu et envers les hommes. 

4. LA PERPENDICULAIRE. Elle est employée par les Maçons opératifs pour vérifier et rectifier les verticales lorsqu'on les élève sur les fondements appropriés. Mais, en tant que Maçons spéculatifs, nous nous en servons pour indiquer la justesse et la droiture de nos actes. De même que l'édifice qui n'est pas vertical est instable et doit nécessairement s'écrouler, de même l'homme dont la vie ne repose pas sur des principes rigoureux mais oscille au gré des impératifs incertains de l'intérêt ou de la passion doit rapidement se perdre dans l'estime des personnes de bien. A l'opposé, l'homme droit et rigoureux qui résiste aux attaques de l'adversité et aux séductions de la prospérité ne s'écarte ni sur la droite ni sur la gauche du droit chemin du devoir. Celui-là restera toujours ferme sous les plus terribles coups du sort et n'aura à redouter ni l'atteinte des envieux ni la calomnie des méchants.

5. LE MAILLET. On s'en sert dans la pratique pour enlever toutes les parties saillantes inutiles. Du point de vue moral, il nous enseigne à corriger les écarts, à adopter une conduite calme dans les voies de la discipline et à apprendre à nous contenter de ce que nous avons. Ce que le maillet est à l'ouvrier, la raison lumineuse l'est au Maçon spéculatif. Elle freine l'ambition, elle nous enseigne à modérer nos désirs et à favoriser l'harmonie de l'amour fraternel.

6. LA TRUELLE. Cet outil sert en Maçonnerie opérative à répandre le ciment qui unit en un seul bloc toutes les parties de l'édifice. Symboliquement, il nous enseigne à répandre le ciment de l'affection et de la prévenance qui unit tous les membres de la famille maçonnique, où qu'ils se trouvent sur la surface de la terre, en une grande confrérie d'Amour fraternel, de bienfaisance et de vérité.

7. L'ÉCHELLE DE JACOB. C'est le symbole de l'espoir que comme Maçons nous entretenons d'atteindre les cieux après une vie juste en ce monde sublunaire. Cette échelle est composée d'un certain nombre d'échelons dont les trois principaux symbolisent les trois vertus théologales : la Foi, l'Espérance et la Charité. Le premier de ces échelons représente notre foi dans le Volume de la Loi Sacrée. Par l'observance des enseignements contenus dans ce Livre de la Loi Sacrée. Au moye, des doctrines contenues dans ce Livre Saint, nous devenons capables d'atteindre le second qui représente l'Espérance. Ceci fait naturellement naître en nous le désir d'obtenir notre part des promesses bénies de salut. Le troisième et dernier échelon qui représente la Charité, embrasse le tout. Car le Maçon qui possède cette vertu dans le sens le plus large peut être à juste titre considéré comme ayant atteint le point le plus élevé de sa carrière.

8. LA REGLE DE VINGT QUATRE POUCES. Elle sert aux Maçons opératifs à mesurer leur ouvrage. Pour nous, Maçons spéculatifs, elle symbolise la meilleure utilisation des vingt-quatre heures du jour : une partie à prier Dieu Tout-Puissant, une autre à travailler et à nous reposer, une autre enfin à aider à un ami ou à un Frère dans le besoin sans pour autant négliger nos intérêts ou ceux de nos proches.

9. L'ÉQUERRE ET LE COMPAS. Ils peuvent être ainsi interprétés. L'équerre nous enseigne à régler nos vie et nos actions par la règle maçonnique et à mettre notre conduite en accord avec les préceptes de la vertu. Le compas nous enseigne à tracer une juste limite à nos désirs à chaque moment de notre vie en sorte que, nous élevant par le mérite, nous puissions vivre entourés de respect et laisser des regrets après notre mort.

10. LE SABLIER. Cet emblème nous rappelle, par l'écoulement rapide de ses grains de sable, le caractère passager de l'existence humaine. Même si nous avons le bonheur d'échapper aux nombreux dangers qui menacent l'enfance et à l'adolescence et si nous arrivons plein de santé et de vigueur à l'âge d'homme, nous devons malgré cela quitter un jour cette scène où nous ne passons que pour être éprouvés. Efforçons-nous donc de nous améliorer pendant le temps qu'il nous reste à vivre afin que lorsque nous serons appelés de cette terre pour être jugés, nous soyons admis à place dans ces contrées bénies où règnent la vie et la lumière éternelles.

11. LA CORDE ET L'ANCRE. Ils sont l'emblème d'un espoir solide puisant ses racines dans les actes d'une vie juste. Ils  représentent aussi cette corde et de cette ancre spirituelles par lesquelles nous mouillerons en sécurité dans un port paisible où "le méchant cesse de poursuivre et celui qui est fatigué trouve le repos" et où nous pouvons espérer être accueillis avec cette joyeuse bienvenue : "Tu as bien agi, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de Ton Seigneur".

12. LE NIVEAU. Cet instrument sert aux les Maçons opératifs à placer et à contrôler les horizontales. Pour nous, c'est l'emblème de l'égalité. Devant Dieu, qui seul est grand, tous les hommes sont égaux, sujets aux mêmes infirmités, se hâtant vers le même but et en se préparant à être jugés par la même loi immuable. Souvenons-nous donc toujours que, de quelque façon que nous puissions différer maintenant en rang et en fortune, nous sommes tous Frères et qu'un temps viendra où toutes les distinctions disparaîtront, sauf celles de la piété et de la bonté.

13. LA HACHE. C'était un instrument de châtiment utilisé par diverses nations. Elle occupe une place importante dans ce grade comme emblème de l'office du Second Surveillant. Muni de cette arme, l'ancien Second Surveillant devait se tenir à la gauche de l'ancien Premier Surveillant pendant le paiement de leur salaire aux ouvriers des différentes classes employés à la construction du Temple du Roi Salomon. Et si on décelait un imposteur, c'est-à-dire un ouvrier tentant d'obtenir par fraude le salaire d'une classe supérieure, il était chargé d'infliger le châtiment encouru. Ceci doit nous enseigner à éviter l'écueil de la tromperie ou de l'imposture en agissant ouvertement et loyalement devant nos Compagnons en sorte qu'ayant une conscience en ordre nous ne craignions point d'être découverts ou dénoncés. Ainsi nous pourrons avancer hardiment, sachant que nous n'avons offensé ni Dieu ni nos semblables.

14. LE TRIANGLE ÉQUILATÉRAL. C'est la plus parfaite de toutes les figures géométriques. Il a été adopté par toutes les anciennes nations comme un symbole de la divinité et il conserve cette signification en Maçonnerie. Dans la Maçonnerie de Marque, il sert plus particulièrement à indiquer l'approbation du travail par le Maître. C'est pourquoi cet emblème doit nous inciter à remplir avec zèle nos devoirs, à la fois envers Dieu et envers nos semblables, en sorte que, lorsque nous quitterons notre labeur ici-bas, nous puissions être trouvés dignes de recevoir la marque d'approbation du Grand Inspecteur de l'Univers.

Le chiffre ou l'alphabet que vous voyez utilisé est généralement considéré comme d'origine maçonnique et certains pensent qu'il appartient plus particulièrement au grade de la Marque. Il peut être utilisé en différentes combinaisons et comme moyen de correspondre après communication des instructions nécessaires sur la façon de servir qui ne doivent être données qu'oralement.

Les pierres cubique, rectangulaire et la clef d'Arc occupent une place de choix dans le tableau pour les enseignements que leur usage dans la cérémonie d'Avancement a gravé dans vos esprits et qui, nous l'espérons, ne s'en sont pas effacés.

Le rayon de soleil frappant le dôme du Temple a une signification importante et propre à ce grade, mais l'explication ne peut en être donnée qu'à ceux qui sont admis à la position imminente de Vénérable Maître d'une Loge de Maîtres Maçons de la Marque.

Les scènes représentées sur le tableau rappellent diverses circonstances des travaux de la construction du Temple : sur les sols argileux entre Soccoth et Zarédatha, dans les forêts du Liban et près des rivages escarpés de Jaffa. Elles ont été déjà minutieusement expliquées durant la cérémonie d'Avancement.

L'inscription en haut du tableau "Lapis reprobatus caput anguli" (1) nous rappelle avec force de vérité fondamentale inculquée dans ce beau grade la faillibilité du jugement humain et la réconfortante assurance que nous tirons de notre croyance en un juge céleste. C'est devant son tribunal impartial et, nous en sommes persuadés, miséricordieux que là-haut, notre travail devra être jugé. Dieu ne voit pas comme l'homme. Même si nous nous efforçons honnêtement de conformer notre conduite aux plans tracés pour nous guider, en les interprétant au mieux de notre capacité à l'aide de la lumière imparfaite qui nous a été accordée, nous risquons d'être jugés injustement et demeurer incompris de nos semblables soumis à l'erreur. Mais nous pouvons placer toute notre confiance en Son tribunal et attendre notre récompense de Celui qui est aussi miséricordieux qu'Il est infaillible.

(1) La pierre rejetée est devenue la pierre angulaire. Cette phrase est extraite de Psaumes CXIII, verset 22. Elle peut également figurer en hébreu. Elle se prononce alors : "EVEN MÄHASOÜ HABONIM HAŸETÄH LEROSH PINNÂH". Elle signifie : "La pierre que les bâtisseurs avaient rejetée est devenue la principale de l'angle".

Par GODF - Publié dans : Rites et rituels
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Lundi 3 février 2014 1 03 /02 /Fév /2014 06:41

Lors de la construction du Temple du Roi Salamon et avant l'institution des grades de Maître Maçon et de Passé Maître, 80.000 Maçons opératifs furent employés. Une partie taillait la pierre dans les carrières de Sarédatha, les autres construisaient le Temple. Il y avait en outre 30.000 mille hommes da corvée dans les forêts du Liban.

Afin que chacun de ces 110.000  travailleurs puisse être connu de ceux qui avaient la charge de les commander, que chaque partie de l'ouvrage puisse être soumise à l'examen le plus minutieux et que chaque Compagnon du Métier reçoive sans retard la récompense de son travail et de son habileté, ce nombre considérable fut partagé en 1.100 Loges de Compagnons du Métier et d'Apprentis Entrés. Les Compagnons du Métier dirigeaient les Apprentis Entrés et leur apprenaient à travailler. Au-dessus de tous ces ouvriers, 3.300 Ménatschim, nommés aussi Inspecteurs ou Maîtres de la Marque, avaient été placés, au nombre de trois par Loge. On les appelle maintenant généralement le Vénérable Maître, le Premier et le Deuxième Surveillants. (1)

Chaque Compagnon du Métier avait une marque personnelle par laquelle son Inspecteur immédiat reconnaissait son travail. De leur côté, les Inspecteurs possédaient une marque commune par laquelle ils montraient qu'ils approuvaient le travail d'un Compagnon. Ils avaient aussi d'autres marques qui leur servaient à indiquer les positions respectives des pierres.

Ainsi sans aucune difficulté le travail individuel de chacun était-il reconnu, sa perfection indiquée et sa place exacte donnée. La Marque du Maître était le triangle. C'est le symbole de Dieu, le Grand Géomètre et le Grand Inspecteur de l'Univers, à qui nous devons tous nous soumettre et que nous devons très humblement adorer.                 

Ces 300 Inspecteurs étaient eux-mêmes répartis en 100 Loges de 33, présidées par 300 Inspecteurs également appelés Ménutschim ou Maîtres de la Marque (2). Ils étaient nommés par Hiram Abif lui-même et c'est à eux qu'etait confié le soin de payer leur salaire aux autres ouvriers.

Lorsque les Compagnons du Métier et leurs Inspecteurs, ou Maîtres de la Marque, venaient recevoir leur salaire, les uns et les autres présentaient la main d'une manière différente et à un guichet différent. De cette façon si un Compagnon du Métier osait présenter la main à un guichet de Maître de la Marque, il était immédiatement démasqué comme imposteur, Armé d'une hache, le Deuxième Surveillant, placé à côté du Premier Surveillant, se tenait prêt à infliger le châtiment en prescrit. Ce dernier est une des parties du signe Pénal et, de même que l'autre partie, celle d'avoir l'oreille arrachée, était un châtiment en usage chez les Sidoniens.

Les Inspecteurs devaient examiner chaque pierre, non seulement du point de vue de sa qualité, en frappant dessus trois coups de maillet, et du point de vue de sa finition en la retournant mais aussi afin de s'assurer qu'elle avait été taillée exactement selon les tracés d'exécution. Ils la faisaient porter ensuite au Maître Inspecteur qui vérifiait si elle remplissait bien toutes ces conditions.

Si la pierre était jugée parfaite à tous les égards, recevait la marque du Maître de la Marque et était envoyée au Temple. Sinon, elle était re jetée. Deux Compagnons ou plus, en étaient chargés. Ils la prenaient chacun d'un côté et après l'avoir balancée trois fois en arrière et en avant.

elle était jetée au rebut . C'est de cela que provient le signe nommé signe de Rejet.

Les autres signes, à savoir le signe de Désolation et le signe de Gratitude, sont aussi anciens puisque leur emploi dans ce grade remonte, dit-on, à un événement qui se produisit lors de la construction du Temple du roi Salomon.

Tous les six jours de travail, les Maîtres de la Marque avaient coutume de se rendre chez le Grand Maître en exercice, Hiram Abif, afin de recevoir les tracés d'exécution et les instructions pour la poursuite de l'ouvrage. Il semble qu'une partie de ces tracés d'exécution ait été perdue. Mais un Compagnon du Métier intelligent et ingénieux, soit qu'il en ait vu un tracé complet, soit qu'il ait conçu une idée exacte d'après le reste de l'ouvrage, comprit d'une pierre d'une forme très particulière manquait pour achever le plan d'ensemble.

Dans le but sans doute de se distinguer en montrant un savoir inhabituel, il commença aussitôt à dégrossir une pierre de cette sorte. Il y consacra beaucoup de temps et de peine puis enfin il y grava sa marque. Quand on examina les tracés de l'exécution, on ne trouva aucune place pour cette pierre et le Compagnon du Métier, au lieu de gloire, ne recueillit que des paroles de reproche d'avoir perdu son temps.

On donna l'ordre de jeter la pierre, ce qui fut exécuté par deux compagnons du Métier forts contents de voir leur camarade puni de sa présomption.

En voyant l'injuste traitement de son travail, le Compagnon du Métier, attristé, s'appuya la main contre la joue et, laissant aller sa tête de ce côté, s'écria avec désolation : "Hélas, hélas, j'ai travaillé en vain !" C'est le troisième signe du grade et il est appelé signe de Désolation.

La pierre resta longtemps perdue au rebut. Cependant, le moment vint enfin où l'on eut besoin de la clef de l'Arc Sacré du Temple du Roi Salomon. C'est cette pierre dont le tracé d'exécution, comme il avait été dit, avait été égaré. On fit des recherches dans le Temple, mais en vain, et une enquête plus poussée montra qu'aucune pierre de cette forme n'y avait jamais été apportée.

L'Inspecteur de cette partie de l'Edifice envoya trouver l'Inspecteur des carrières à qui, pensait-il, on avait donné les tracés et les instructions pour cette part de l'ouvrage afin de demander pourquoi cette pierre n'avait pas été fournie avec les autres. L'Inspecteur des carrières répondit qu'il n'y avait pas de tracé pour une telle pierre parmi ceux qui lui avaient été confiés.

Le travail était interrompu. Hiram Abif en demanda la raison et en reçut l'explication. Il se souvint non seulement d'avoir exécuté le tracé et donné les instructions pour cette pierre remarquable, mais aussi de les avoir confiés lui-même au Maître de la Marque. Ce dernier fut réprimandé de sa négligence pour avoir perdu une partie des tracés ; mais en apprenant de quelle pierre il s'agissait, il se souvint qu'une de cette forme avait été taillée par un de ses ouvriers. Il en informa aussitôt Hiram Abif et ajouta que ne l'ayant pas trouvée dans ses tracés d'exécution, il avait refusé de la marquer et l'avait fait jeter. Hiram Abif envoya chercher le Compagnon du Métier qui avait taillé la pierre et, après ses réponses, comprit que de devait en effet être la pierre dont il avait besoin. Il ordonna qu'une recherche approfondie fut faite aussitôt à la carrière et on la retrouva enfin intacte.

Afin de montrer combien il était satisfait de l'habileté et de la capacité déployée par l'ingénieux Compagnon du Métier, Hiram Abif ordonna qu'il fût sans tarder avancé au grade distingué de Maître de la Marque. Selon les instructions d'Hiram Abif, le Compagnon du Métier grava ensuite la marque d'approbation du Maître de la Marque sur la pierre autour de la sienne et sur le pourtour huit lettres, sur lesquelles la tradition présente quelques hésitations car elles ne sont plus transmises dans leur langue d'origine mais dont on pensa généralement qu'elles correspondaient à : H.T.E.V.E.A R.S..

La pierre fut apportée au Temple avec beaucoup de pompe et de faste et tandis qu'on la mettait en place, le Maître de la Marque nouvellement reçu, dans une joyeuse extase, joignit les mains de la façon décrite pour le  quatrième signe du grade  et regardant vers le ciel s'exclama : "Dieu soit loué, j'ai bien marqué".

(1) Chroniques II, 2, vers, 17-18 :

"Salomon compta tous les étrangers qui étaient dans le pays d'Israël, et dont le dénombrement avait été fait par David, son père. On en trouva cent cinquante-trois mille six cents. Et il en prit soixante-dix mille pour porter les fardeaux, quatre-vingt mille pour tailler la pierre dans la montagne, et trois mille six cents pour surveiller et faire travailler le peuple".

Décompte :

- 70.000 pour porter les fardeaux

- 80.000 pour tailler les pierres dans la montagne

- 3.600 pour surveiller et faire travailler le peuple

soit 153.600 tous "étrangers". 

Rois I, 5, vers. 13-16 :

"Le roi Salomon leva sur tout Israël des hommes de corvée ; ils étaient au nombre de trente mille. Il les envoya, au Liban, dix mille par mois alternativement ; un mois au Liban et deux mois chez eux. Adonhiram était préposé sur les hommes de corvée. Salomon avait encore soixante-dix mille hommes qui portaient les fardeaux et quatre-vingt mille qui taillaient les pierres dans la montagne, sans compter les chefs, au nombre de trois cents, préposés par Salomon sur les travaux et chargés de surveiller les ouvriers. Le roi ordonna d'extraire de grandes et magnifiques pierres de taille pour  les fondements de la maison. Les ouvriers de Salomon, ceux de Hiram et les Guibliens les taillèrent et  préparèrent les bois et les pierres pour bâtir la maison." 

Décompte :

- 30.000 hommes de corvée dans le Liban (Israélites)

- 70.000 hommes qui portaient les fardeaux (Israélites aussi vraisemblablement)

- 80.000 hommes qui taillaient les pierres dans la montagne (Les ouvriers de Salomon, ceux de Hiram et les Guibliens les taillèrent...)

- 3.300 hommes préposés par Salomon sur les travaux et chargés de surveiller les ouvriers (plusieurs nationalités sans doute aussi, comme les précédents)

soit 183.000.

Le total de 113.300 donné par l'instruction du grade de Maître Maçon de la Marque correspond donc au Livre des Rois, à la condition de faire abstraction des 70.000 hommes qui portaient les fardeaux. Si l'on opérait la même soustraction dans les effectifs des Chroniques on n'arriverait qu'au total de 83.600.

On peut faire plusieurs remarques :

Il n'est pas légitime de ne pas soustraire également les trente mille hommes de corvée dans les forêts du Liban car il semble bien qu'ils coupaient les bois et ne taillaient pas la pierre. Pourquoi alors les faire entrer dans les effectifs des Loges des Maçons ?

Si l'on examine ces comptes on voit qu'il avait été formé 1.100 loges de cent membres (1.100 x 100 = 110.000). Avec 80.000 tailleurs de pierre seulement, on n'aurait pu trouver un nombre entier de membres (72,72). Est-ce la raison ?

Une différence remarquable entre les deux textes porte sur les nationalités.

- Pour les Chroniques tous les hommes employés à la construction du Temple étaient des étrangers.

- Pour le Livre des Rois, les hommes de corvée étaient exclusivement israélites. Il semble que ceux qui portaient les fardeaux l'étaient également. Par contre, il est clairement dit que les tailleurs de pierres étaient ouvriers de Salomon, ouvriers d'Hiram et Guibliens (habitants de Gébal ; on dit aussi Guiblites), 

(2) Selon que l'on inclut le chiffre des 300 inspecteurs dans ces 3.300 ou qu'on les y ajoute, on arrive au chiffre des Rois ou à celui des Chroniques (3.600). La première hypothèse est la plus vraisemblable puisque c'est au Livre des Rois comme on vient de le voir que se réfère le chiffre précédent de 113.000. 

(3) Hiram Tyrien, Enfant de la Veuve, Envoyé au Roi Salomon ; ou en anglais : Hiram Tyrien, Widow's Son, Sent To King Salomon (H.T.W.S.S.T.K.S.).

Par GODF - Publié dans : Rites et rituels
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Vendredi 31 janvier 2014 5 31 /01 /Jan /2014 07:39

Analyse critique du rite philosophique aux grades symboliques.  

Bien que très proche du rite français, tant dans la disposition de la loge que celle des surveillants, le R.E.P. présente de nombreuses différences d'avec celui-ci.  

Les colonnes force, sagesse, beauté.  

· ..... "la loge est éclairée par trois grandes lumières que l'on nomme étoiles, placées en triangle autour du tapis de loge, c'est à dire, une du côté de l'Orient, à la droite en entrant dans la loge, la seconde du côté du premier surveillant ou du midi et la troisième du côté du second surveillant ou du nord" ... ou suivant le titre I art V et VI du Ms Calvet 3071: ...... " au milieu du Temple et sur le pavé, sera tracé avec de la craïe, le tableau connu de tout Maçon. Il y aura trois grands chandeliers portant chacun un flambeau: placés, l'un au coin du tableau entre l' Orient et le midi, les deux autres à l'Occident, l'un entre le midi & l'Ouest, l' autre entre l'Ouest & le Nord .... " Cette disposition observée actuellement au rite "moderne belge", diffère notamment du français qui les place au nord-est, sud-est et sud ouest. Les colonnes sagesse, force et beauté ou piliers, n'ont aucune origine biblique. Elles ne se rencontrent pas dans les Constitutions gothiques, n'apparaissent dans les manuels maçonnique qu'avec le pamphlet de- Prichard: "Masonry Dissected", puis il n'y est plus fait allusion, en Angleterre tout au moins, que dans un manuscrit; "Dialogue entre Simon et Philip" de 1740. En France, c'est avec le "Catéchisme des Francs-Maçons" qu'apparaissent effectivement les trois colonnes, confondues avec l'étoile flamboyante, pour la beauté, avec la colonne J pour la force et la colonne B, pour la sagesse. Presque toutes les divulgations françaises reprendront cette confusion, tant dans le "Maçon Démasqué" où il est dit à propos des colonnes J & B.: ...... "sur le chapiteau des colonnes (J & B.) et au point de l'orient, sont écrits les mots : Sagesse, Force, Beauté."

Ainsi que dans la "Maçonnerie Adonhiramite" où en page 21, le catéchisme identifie la colonne du septentrion avec la sagesse, en page 54 la colonne du midi avec la Force et assimile le tout en page 59 ... "soutenue par deux grands piliers" (sagesse et force). Le rituel reconstitué du Marquis de Gages datant de 1767 reprend la même imprécision symbolique. Mais dans la deuxième édition de "L'Ordre des Francs-Maçons trahis", datant de 1744, sur la planche II du Secret des Franc-Maçons, les trois lumières sont situées: deux à l'Orient sud et nord et une à l'Occident, sud, et sont indépendantes des colonnes. La distinction, ou, comme le dit Guy Verval, la dichotomie appartiendra aux rites Ecossais pour lesquels "Colonnes "et "Piliers "sont des entités différentes.

Le rite philosophique appuie sa description de la loge sur cette différence et le Règlement Général de la Maçonnerie Ecossaise de 1805, en page 2 art. 3, dit .... "Il y aura à l'Orient de la Loge, un siège élevé de trois marches au moins, surmonté d'un dais rouge ou bleu céleste, frangé de rouge et parsemé d'étoiles d'or, sur lequel se placera celui qui présidera la Loge. L'Orient sera décoré d'un soleil, d'une lune entourée d'étoiles et une étoile flamboyante avec la lettre connue des Maçons ... " et art. 4 ... "à l'Occident et à la porte extérieure du Temple seront les deux colonnes mystérieuses connues des Maçons. Dans l'intérieur du Temple, à l'extrémité des colonnes seront placés deux sièges élevés d'une marche au dessus des autre FF, lesquels seront occupés par les deux surveillants ... " puis l'art. 5 .... "Au milieu du Temple et sur le Pavé, .. ( .. ) .. environné de trois grands Chandeliers, portant chacun un flambeau, l'un au coin du tableau, entre l'Orient et le midi, les deux autres à l'Occident, l'un entre le Midi et l'Ouest, l'autre entre l'Ouest et le Nord .... " et l'assimilation des trois lumières aux trois flambeaux est définie dans l'article 6: · ..... " ..... ' sera présidée par un Frère que l'on nommera le Vénérable et par deux autres FF que l'on appellera Surveillants, lesquels représentent les trois lumières, ou les trois colonnes de la Loge ..... " Cette disposition sera observée tant à Marseille qu'à Paris. Pierre Noël, dans l'annuaire de 1984 souligne ce fait en page 60, bien qu'il signale dans le Règlement de la loge Saint Jean de la Vertu Persécutée en Avignon une position sud est, sud ouest et Nord-Ouest des trois chandeliers, ce que nous ne retrouverons ni dans les rituels de la Mère-Loge Ecossaise de Marseille, ni dans le manuscrit des Philalèthes, ni dans le texte souligné par Désaguliers (Ms Calvet 3071 1774) où la position est bien sud-est, N-E, N-O. Nous ajouterons une nouvelle source pour clore cette controverse, le Règlement Général de la Maçonnerie Ecossaise philosophique, scellé par Godefroid de la Tour d'Auvergne que nous a transmis René Désaguliers et qui en page 3 par. 5, reprend la même description. Le Catéchisme philosophique au degré d'apprenti définit l'interprétation:  

D - Qu'avez-vous vu quand on vous a donné la Lumière ?

R - Trois grandes Lumières: le Soleil, la Lune et le Vénérable.

D - A quoi servent ces Lumières?

R - Le Soleil à éclairer les FF. dans le jour, la Lune pendant la nuit, et le Vénérable dans le cours des travaux maçonniques.

D - N'avez-vous pas vu d'autres Lumières?

R - Trois grands flambeaux qui représentent le Vénérable et les deux Surveillants.  

Nous ne pouvons que constater cette différenciation, elle définit deux séries distinctes: les trois grandes Lumières sur lesquelles repose le Temple représentées par trois grands Chandeliers qui placés autour du tableau représentent la triade Sagesse Force et Beauté et sont associés au Vénérable Maître et aux deux surveillants, mais ne peuvent être assimilés au porche du Temple. Ceci se retrouve d'une manière nette dans le rituel du rite des Philalèthes, citant comme grade ultime de la maçonnerie Ecossaise celui de "Sublime Philosophie",

Dans son catéchisme au grade d'apprenti, nous lisons en page 30:  

D - Que représente le Temple?

R - Le Temple de Salomon.

D - Sur combien de colonnes était appuyé le Temple?

R - Sur trois colonnes

D - Comment s'appelaient-elles?

R - Force Sagesse et Beauté. La Force pour l'entreprise, la Sagesse pour l'exécution et la beauté pour l'ornement.

D - Combien y avaient-ils de colonnes dans le Temple?

R - Deux, la colonne J et la Colonne B.  

Voilà parfaitement exprimé, la notion des colonnes ou piliers-bases du Temple idéalisés par F-S-B et le porche du Temple où se rassemblent les Ouvriers de l'Œuvre. Aux rites Ecossais, l'association des trois grands piliers soutenant le Temple de Salomon, avec la Force, la Sagesse et la Beauté et aussi avec le Vénérable Maître et les Surveillants, est un fait que Pierre Noël décrit sous-tendant un élément vétéro-testamentaire qui ne se rencontre pas d'une manière précise dans le rite moderne.

Les loges anglaises considèrent la loge située au parvis du temple.

Preston dans ses lectures (clause 5, pp. 249) donne la version suivante: What name did he confer on them ? ... ' la colonne dans sa main droite, s'appelait "J", elle symbolise l'établissement, la solidité la permanence. La colonne dans sa main gauche (Salomon), il la nomma "B.", elle était l'emblème de la force du pouvoir et de la puissance. What were both considered ? Le nom de ces piliers se doit de démontrer la solidité de la bâtisse qu'Il avait érigée et que Dieu dans sa force veut confirmer (establish) et en faire sa maison à jamais. Les manuscrits anciens, du tout début de la Maçonnerie française, relevés par Verval "Toute l'Institution de la Franc-Maçonnerie"(1724), "Le grand Mystère des Francs-Maçons découverts"(1725), "L'institution des FRANC-MAÇONS" datant des mêmes années ainsi que "Toute l'Institution des Francs-Maçons ouverte" et toutes notent la colonne J à droite de la colonne B à gauche mais leur signification est différente, Jakin signifie "force" et Boaz" Beauté". La loge se tient au parvis du Temple et le Vénérable Maître fait face à l'Est pour regarder le soleil levant et les surveillants, face à l'Ouest pour contempler le soleil couchant ce qui est conforme à l'orientation biblique du Temple de Jérusalem. Plus tard, avec l'inversion des mots aux deux premiers degrés, cette disposition des deux colonnes porche du Temple fut inversée, et c'est cette nouvelle disposition qui rencontre les commentaires de Dyer et que les rites français de la moitié du 18èmesiècle adoptèrent. L' Ordre des Francs-Maçons Trahis expose dans ses planches J à Gauche en entrant et B, à droite. Les rituels philosophiques de 1774, de 82, de 1803 et celui des Philalèthes (1783 ?), également, et cela sera le cas des rites et rituels français, à l'exception du Rite Ecossais Ancien et Accepté lui procédera à l'inversion des colonnes, mais n'en modifiera pas la signification. n réalité, ce n'est pas tant l'inversion des colonnes qui est significative, mais la position de la loge par rapport au temple: le travail maçonnique s'effectue dans le temple et le Vénérable est ou le reflet du ou dans le Saint des Saints. Avant de continuer, j'aimerais soumettre aux réflexions une hypothèse sans doute critiquable, mais néanmoins curieuse. Dans le Temple actuel de la Respectable Loge "La parfaite Amitié no11", après le porche, derrière les colonnes, est placé un miroir couvrant le mur. Déplaçons ce miroir et plaçons le au niveau des colonnes J et B, comme s'il passait au milieu de celles-ci. Regardons l'image réfléchie du Temple virtuel. Le Vénérable en image a donc la colonne du Nord à sa droite, la colonne du Sud à sa gauche, il regarde le soleil levant et le porche est orné de deux colonnes J à gauche et B à droite ce reflet répond exactement à la disposition du Saint Temple de Jérusalem. Peut-on suggérer que la Loge n'est que le reflet d'une plus haute conception qui doit inspirer actes, paroles et pensées? Ne disons plus porche ou Saint des Saint, définitions difficiles et parfois grinçantes de la localisation de la Loge, mais reflet obligé de la Grande Loge au Haut des Cieux.  

Les Grandes Lumières.  

Les trois Grandes Lumières que les loges "Ancient" transformèrent ultérieurement en Bible, Equerre et Compas, étaient dans les premiers temps le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge. Le rite philosophique comme le rite Ecossais Rectifié et le rite Français Traditionnel, en les maintenant, respectaient la symbolique traditionnelle des "Moderns". Ces trois lumières gardent un caractère trinitaire ou ternaire indiscutable, la Maçonnerie du l8ème siècle, très chrétienne, s'inspirait largement des Ecritures, mais avait également d'autres sources originelles que nous définirons plus loin. Quid au rite Philosophique? Le Ms. des Philalèthes, donne dans son Catéchisme les instructions suivantes:  

Q - En entrant en Loge, qu'avés-vous vû ? .

R - Rien que l'esprit humain puisse comprendre.

Q - Quand on vous a dessillé les yeux, qu'avés-vous vû?

R - Trois grandes Lumières, le Soleil, la Lune et le grand Maître.

Q - Est-ce que le  Maître est une lumière?

R - Oui, de même que le Soleil éclaire le jour, la Lune, la nuit, le Maître éclaire la Loge.

Q - N'avés-vous pas vû de plus grandes Lumières?

R - Oui, j'ai vu la Sainte Bible, qui est le vrai flambeau de nos âmes pour nous conduire dans la voie du Salut. 

Cette "plus grande Lumière" n'est pas sans rappeler le Catéchisme du Dialogue entre Simon et Philip, que reprend Verva1 en page 181,  

Phil- Vous dites que vous avez vu trois grandes Lumières, n'avez vous pas vu d'autres Lumières?

Sim- Si, une qui surpassait de loin le Soleil et la Lune.

Phil- Qu'était-ce?

Sim- La Lumière de l'Evangile.  

Les Instructions du premier grade de la Mère-Loge Ecossaise à l'Orient d'Avignon datant de 1774, donnent les réponses suivantes:  

Q - Qu'avez-vous vu quand on vous a donné la Lumière?

R - Trois grandes Lumières: le Soleil, La Lune et le Vénérable.

Q - A quoi servent ces Lumières ?

R - Le Soleil à éclairer les Frères le jour, la Lune, de nuit et le Vénérable en Loge sur les travaux Maçonniques.

Q - N'avez-vous point vu d'autres Lumières ?

R - Trois grands Flambeaux qui représentent le Vénérable et les deux Surveillants.

Les commentaires de René Désaguliers concernant cette réponse rencontrent la proposition faite concernant les colonnes Force Sagesse-Beauté: les Flambeaux se trouvent associés au Vénérable et aux deux Surveillants, mais sont séparés des trois grandes Lumières. Ce fait a eté signalé comme caractéristique des rites Ecossais, mais Désaguliers souligne que ... "ce fait n'est pas encore explicité clairement ni peut-être même ressenti" ... et d'ajouter ... "c'est ici que commence la difficulté de la superposition de la Grande Loge des Anciens transportée en milieu continental où les habitudes des Modernes étaient fortement enracinées" .... Grâce à René Désaguliers, qui réussit à tracer et retrouver des rituels soigneusement enfouis dans le secret des bibliothèques, nous avons pris connaissance des manuscrits "officiels" des Loges des "Commandeurs du Mont-Thabor"59 à l'Orient de Paris et "Les Militaires Réunis" à l'Orient de Versailles". Les réponses aux questions précédemment posées sont identiques à 1774 et resteront identiques en 1811 (L. de Marseille) et 1841 (Bruxelles). Prichard dans "Masonry dissected" cite le catéchisme datant de 1730 et cite les répliques suivantes:  

Q - Have you any lights in your Logde ?

A - Yes, three.

Q - What do they represent ?

A - Sun, Moon and Master-Mason.  

et il continue le questionnaire ou catéchisme en énumérant les fenêtres qu'il qualifie de Fixed Lights. Dyer retrace le cheminement historique et ésotérique de ce symbole bien particulier. Le candidat est tenu de recevoir et percevoir la "Lumière maçonnique" lors de son initiation et lorsque le bandeau tombe, il est invité à  découvrir des sources de lumière, bien spécifiques: les trois Grandes Lumières. D'après Dyer, en 1717, la Première Grande Loge considérait celles-ci comme étant les lumières situées à l'est, au sud et à l'ouest. Le Manuscrit "Wilkinson" datant de 1727, est le premier à les dénommer ainsi d'une manière formelle écrit Dyer et comme nous le citions plus haut ne reprend plus cette définition et donne aux fenêtres le sens suivant: des sources de lumières venant de ces points cardinaux et représentant le soleil aux différents points de sa course, différents des trois grandes lumières, le Soleil, la Lune ces deux grands luminaires de la nature, offerts par Dieu au Maçon spéculatif, afin qu'il puisse en temps étudier et travailler pour sa loge. Même dans l'obscurité, Loge et Fraternité sont présentes mais seul ces cadeaux du Grand Architecte permettent de jouir de leur présence physique. Le Vénérable Maître est alors la source la plus importante de Lumière, car il est celui qui indique et communique. Mackenzie reprend cette définition qu'il juge assez ancienne et ajoute que dans les loges modernes (il faut entendre actuelles, nous sommes en 1875) les trois fenêtres de l'Est du Sud et de l'Occident ont été remplacées par les petites lumières. Seules les fenêtres ou "Fixed -Lights" jettent un regard sur l'extérieur et laissent surtout les, rayons du Soleil pénétrer le monde sacré. Comment en est-on arrivé à assimiler les Grandes Lumières au Volume de la Loi Sacrée, l'équerre et le compas? Il s'agit plus que probablement d'un emprunt britannique, assez tardif. Dans la deuxième période du 18ème siècle, la Grande Loge des Ancients, probablement sous influence Irlandaise transforma ces trois grandes Lumières en "moins grandes lumières" et remplaça les trois grands luminaires par le Volume de la Loi Sacrée, l'équerre et le compas. La source physique de l'inspiration devenant emblématique, et spiritualiste, guidant le maçon spéculatif dans ses devoirs d'homme, de maçon dans ses responsabilités vis-à-vis de Dieu et de ses voisins. Dans Hiram la différence entre Grandes et "Moins Grandes (lesser Lights) est clairement indiquée:  

Q - When you was thus brought to Light, what were the first things you saw?

A - The Bible, Square and compass.

Q - What was it they told you they signified?

A - Three great Lights in Masonry.

Q - Explain them, Brother.

A - The Bible, to rule and govern our Faith, the Square, to square our actions, the Compass to keep us within the bounds with all men.

Q - What were the next things that was shewn to you ?

A - Three Candles, which I was told were three lesser Lights.

Q - What do they represent ?

À. - The Sun, Moon and Master-Mason.

Q - Why so, Brother ?

A - lt is the Sun to rule the day, the Moon to rule the night and the Master-Mason his Lodge.  

Cette interprétation typiquement "Ancient" fut acceptée, comme l'ensemble du rituel d'ailleurs lors de l'Union en 1813. Le Rite Ecossais ancien et accepté l'adopta et nous trouvons dans le Guide des Maçons Ecossais de 1820 :  

D- Lorsque vous eûtes reçu la Lumière, qu'est ce qui frappa votre vue?

R - Une Bible, une équerre et un compas.

D - Que vous dit-on qu'ils signifiaient ?

R - Trois grandes Lumières dans la maçonnerie.

Q - Expliquez-les moi.

R - La Bible règle et gouverne notre Loi, l'Equerre nos actions et le compas nous maintient dans les justes bornes envers tous les hommes et particulièrement envers nos Frères.

Q - Que vous montra-t-on ensuite?

R - Trois Sublimes Lumières de la Maçonnerie, le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge.  

Les rites Français traditionnel, Ecossais Rectifiés et Philosophiques, gardèrent l'usage des symboles "Moderns".  

L'Etoile Flamboyante et la Lettre "G"  

Dans une loge philosophique, comme au RER ou au rite Français Traditionnel, l'étoile est toujours présente mais non illuminée au premier grade. Le Manuscrit philosophique Trumps66, le plus récent en notre possession, commence son catéchisme après les questions préliminaires, bien entendu, au grade de Compagnon par ces mots:  

D - Pourquoi vous-êtes vous fait- recevoir Compagnon?

R - Pour connaître la lettre "G".

Q - Que signifie la lettre "G" ?

 R- Gloire, Grandeur et Géométrie. Gloire à Dieu, Grandeur au Vénérable et Géométrie à tous les Maçons.  

Le Catéchisme de 1808, de la Resp. Loge des Commandeurs du Mont - Thabor est absolument identique. Le manuscrit Calvet de 1786, rapporté par René Désaguliers dans Renaissance Traditionnelle donne une question et réponse identique quant au fond mais légèrement différente dans la forme.  

Q - Quand vous avés été reçu Compagnon, qu'avez-vous vû ?

R. - Une grande Lumière qui était produite par l'étoile flamboyante au milieu de laquelle ét le lettre "G".

Q - Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Compagnon?

R - Pour connaître la lettre "G".

Q - Que signifie la lettre "G" ?

R - Elle signifie Gloire, Grandeur et Géométrie. La Gloire à Dieu, Grandeur au Maître et Géométrie aux Ouvriers.  

Le manuscrit de 333 cite deux réponses, la première en page 40:  

Q - Qu'avés-vous vû en entrant en Loge?

R - La Lettre "G".

Q - Que signifie-t-elle ?

R - Géométrie, cinquième des Sciences.  

Mais en page 49, lors de l'interrogatoire du Compagnon désireux d'être élevé à la Maîtrise, et qui subit un tuilage bien différent du tuilage "symbolique" de nos loges actuelles dont la brièveté cache le plus souvent une ignorance redoutable, les questions diffèrent:  

D - Que signifie la lettre "G" qui est au milieu de l'étoile flamboyante?

R - Quelque chose de plus grand que vous et moi, GOD qui en Anglois, veut dire Dieu.  

Ce qui rappelle le dialogue de Prichard  

Q - Who doth that "G" denote ?

A- The Grand Architect of the Universe and Contriver of the Universe, or he that was taken up to the top of the Pinnacle of the Holy Temple.  

Au Second Degré, c'est le terme Géométrie qui revenant comme un leitmotiv lors de l'initiation, martèle le thème principal de ce grade. Le Cooke MS. que Georges Payne introduisit comme "le plus vieux manuscrit des Constitutions" lors d'un discours en 1721 (74) mentionne les sept arts libéraux et les sciences insistant sur le fait que la Géométrie est une des plus importantes et l'origine de tout. 

Preston exprimait la pensée que Maçonnerie et géométrie devaient signifier la même chose pour ceux qui étaient concernés et s'en inquiétaient: ... "originellement, Maçonnerie et Géométrie devaient être considérés comme synonymes.  lorsque concernant les Sciences en général. La géométrie bien que limitée à une partie de la science était considérée comme essentielle à toutes et symboles de connaissance" ... , Preston affirme que la "Free-Geometry" était sujet d'études dans un cadre moral ou philosophique pour les Maçons spéculatifs. Dans la biographie de Preston par Dyer, l'auteur cite les clauses 6,7 & 8 des discours sur le second Grade. Preston y parle longuement de la lettre "G". Pour Preston la lettre "G" signifie second Grade. Preston y parle longuement de la lettre "G"75. Pour Preston la lettre "G" signifie bien Géométrie et énonce dans le premier alinéa de la clause 9:  

  • Quelle est la signification morale de la géométrie?
  • Dans cette recherche, nous sommes en mesure de retrouver la nature sous ses formes diverses et dans ses recoins les plus secrets, comme si par le biais de cette science, il nous y était possible de découvrir la Sagesse, le Pouvoir et la Bonté du Grand Architecte de l'Univers et examiner avec un plaisir sans bornes, les proportions sublimes qui unissent et sanctifient les fruits de la création ...... ". 

Cette conception de la figure géométrique, se retrouve dans un des dialogue de Platon le plus connu car traduit par Cicéron en Latin, mais non le plus crédible, le Timée, qui reprenant le 13ème postulat d'Euclide qui venait d'être révélé à l'époque, fait des triangles équilatéraux le chaos originel qui mis en place par Dieu ou le Démiurge, donnent naissance à l'Univers et aux éléments, illustrés par les "corps Platoniciens". Le "G" ne pouvait alors qu'être "GOD" ou «Genèse» et cette définition est reprise dans le catéchisme au troisième grade du rite Ecossais Philosophique. Le régulateur du rite Français (1801) rejoint la définition postulée: ... "elle (la lettre "G") est l'emblème du Grand Architecte de l'Univers qui brille d'une Lumière qu'il n'emprunte qu'à lui seul ... elle est aussi le symbole de cette portion de Lumière divine dont le Grand Architecte de l'Univers a formé nos âmes ... ". La lettre HG" est donc forcément l'initiale du Très-Haut, et la "Géométrie" prend la même signification que Genèse 1. Le malaise rencontré dans certains rituels du second grade provient d'une déviation dans la compréhension de la philosophie du grade, qui doit sceller le devenir de l'apprenti en le confirmant dans l'acceptation au sein de la Fraternité et en lui donnant une place et la ligne de conduite obligée par l'Etoile Flamboyante et l'étude de la Géométrie, prise dans le sens platonicien. La transformation de ce grade-clef en une apologie du Compagnonnage comme il est souvent devenu sous certaines constitutions est une erreur...

ACTA MACIONICA Volume 7 (5997)

 

Par Jacques Litvine - Publié dans : Rites et rituels
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