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Le Bouddhisme et le Franc-Maçon

5 Novembre 2012 , Rédigé par Matthieu Belier Publié dans #spiritualité

« Le bouddhisme est athée en ce sens qu'il ne reconnaît pas un dieu créateur ; il s'appuie sur l'auto- création, considérant que nos actions modèlent chaque action de notre vie ; de ce point de vue, le bouddhisme n'est pas une religion mais une science de l'esprit ». Dalaï- Lama

"Aussi longtemps que les êtres vivront, aussi longtemps que l'espace perdurera, je resterai afin de servir et d'apporter ma modeste contribution au bien-être d'autrui."
Shantideva.

INTRODUCTION

Les débuts de la philosophie en Inde sont consignés dans les Véda (savoir ).
Les Véda sont un ensemble d'écrits volumineux réservés à l'usage culturel des prêtres ; ils rassemblent les savoirs mythologique et religieux des 1ers temps de la civilisation. Les parties les plus anciennes remonteraient à + / - 1500 avantJC.
Les Véda comprennent 4 parties :
- Rigvéda (hymne de louange )
- Sâmavéda (chants )
- Ayurvéda (formules sacrificielles )
- Altharvadéva ( formules magiques )
Leurs ont été adjoints les textes explicatifs suivants :
- les Brahmana : expliquent le sens et la finalité des sacrifices et le bon emploi des formules
- les Upanishad, philosophiquement les plus importants ,ils contiennent les textes fondamentaux de la philosophie indienne : la doctrine de Karma et de la réincarnation, la pensée unifiante de l'identification d'Atman et Brahman.
A partir d'environ 500 av JC commence l'époque des systèmes philosophiques classiques. A la différence de la sphère de pensée plutôt fermée de la période védique, apparaissent des écoles de pensée diverses.
Toutes se rejoignent derrière le fait que la personne s'efface derrière l'œuvre et que les dates historiques n'aient pas une grande importance.
Progressivement, la philosophie échappe aux prêtres (les brahmanes ) et entre dans d'autres couches de la population.
On distingue :
- les systèmes orthodoxes qui reconnaissent l'autorité des Védas comme révélation (Sâmkhya et Yoga, Nyâya et Vaisehiska, Vedânta et Mîmâmsâ
- les systèmes non orthodoxes au nombre desquels figurent le BOUDDHISME.

Outre le pays d'origine, il en existe des écoles différentes : tibétaine, vietnamienne, japonaise …

I - LES PRINCIPES GENERAUX

L'enseignement du bouddha ne se réduit ni à une philosophie, ni à une religion, ni même à un système éthique : c'est une pratique.
A la différence d'une religion, il ne fait appel ni à une croyance ni à un acte d'adoration.
Il invite au travail sur soi ; au delà d'un système éthique, il est un moyen de délivrance. C'est un moyen qui mène à l'Eveil, à la connaissance véritable des Etres et des Choses, à la délivrance radicale de la souffrance.
Bouddha a dit : " ne vous fiez point aux oui-dire, à la tradition, à l'autorité des textes religieux, aux suppositions, à la simple logique, à ce que dit l'ascète. Mais quand vous avez vu ces choses par vous-même, elles sont immorales, mauvaises, blâmées par les sages ; exécutées, elles conduisent à la ruine et à la souffrance ; alors vous les repoussez.
Quand vous avez vu par vous-même, elles sont louées par les sages, morales, non blamables, conduisent au bien être et au bonheur, c'est alors que vous les pratiquez ".
Le dalaî lama affirme : les mêmes idéaux d'amour sont à la racine des principales religions de ce monde. Bouddha, Christ, Confucius, Zoroastre …enseignent avant tout l'Amour.
Hindouisme, Islam, Jaïnisme, Judaïsme, Loi sikh, Taoïsme …ont un but identique.
Toutes les pratiques spirituelles visent la progression bénéfique de l'humanité.

I1 - le fondateur du bouddhisme

Siddhârta du clan des Gautama était un jeune prince avant de devenir Bouddha c.a.d l'Eveillé.
Il appartenait à la caste des guerriers et vivait au 6ème ou 5ème siècle avant JC dans la sécurité d'un palais sis au nord de l'Inde proche de l'actuel Népal. A 16 ans, il épouse Yasodhara qui lui donne un garçon.
4 rencontres bousculent sa vie: avec un vieillard, avec un malade, avec un cadavre et enfin avec un moine errant.
Renonçant aux plaisirs , il devient ascète en quête d'une solution aux souffrances de l'humanité
Pendant 6 ans, il rencontre des religieux célèbres, se soumet à des pratiques rigoureuses et austères qui ne le satisfont pas : il rejette les extrêmes du plaisir et de la mortification.
Il décide de vivre sous un arbre jusqu'à l'extrême compréhension des choses de la vie. Il connaît l'éveil à 35 ans ; pendant les 45 années suivantes, il se consacre à faire connaître la voie qui permet de sortir de la souffrance.

I2 - le texte fondateur

Reconnu par tous , il s'agit du sermon des 4 NOBLES VERITES. Bouddha agit en médecin :
Les quatre vérités sont la base même du bouddhisme, les fondements de la doctrine révélée par Bouddha après être parvenu à l'éveil. Comprendre les quatre nobles vérités c'est comprendre le sens et la profondeur du message de Bouddha.

1ère vérité, il pose le constat de la maladie
Pour Bouddha, toute la vie : de la naissance à la mort, des liens aux séparations, peut devenir source de frustration. La souffrance est partout.
L'originalité de la philosophie bouddhiste est de considérer que chaque Etre ou chaque " moi " est une combinaison de forces physiques et mental en perpétuel changement.
Cette combinaison dynamique peut être divisée en 5 groupes : la matière, les sensations, les perceptions, les formations mentales, la conscience.
Pour le bouddhiste, il n'y a pas d'esprit permanent appelé " soi " ou " âme ". Le " JE " source de tous les attachements et de toutes les aversions n'a pas d'identité véritable
Dans cette vérité, Bouddha montre que la souffrance (dukkha) est universelle. Tous les êtres sont touchés par la souffrance, qui est partout dans ce monde. Elle peut être physique (maladie, vieillesse... comme lors des quatre rencontres de Siddartha) ou encore morale. Elle peut être causée aussi par l'insuffisance, l'imperfection, l'impermanence de toute chose et l'insatisfaction perpétuelle de l'homme.
Bouddha affirme que :
"La naissance est dukkha, la maladie est dukkha, la mort est dukkha. La tristesse, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir sont dukkha. Etre en contact avec ce que l'on aime pas est dukkha, être séparé de ce que l'on aime est dukkha, ne pas obtenir ce que l'on désire est dukkha. Les cinq agrégats d'attachement sont dukkha." Cette citation résume bien le fait que la souffrance est universelle.

2ème vérité, Samudaya : il donne son diagnostic
La cause de la souffrance est cette soif ou convoitise, d'appropriation, de possession ; elle produit la ré-existence et le re-devenir liés à une avidité passionnée trouvant une nouvelle jouissance ici ou là dans le plaisir des sens, de l'existence, du devenir, de la non-existence (auto-annihiliation ). Elle vient de l'ignorance qui fait croire qu'un " Soi " existe et que des possessions rendent heureux. Tant que l'Homme est esclave de son attachement, de son aversion, d'une affirmation de lui-même, d'une volonté d'anéantissement, il continue à transmigrer d'une existence à l'autre.
Cette souffrance universelle à une cause, le désir. Le désir de posséder les choses ou les êtres, d'idéal, du pouvoir. Le désir ne meurt jamais car il renaît à mesure qu'on le satisfait. Les êtres sont enchaînés au désir et c'est l'origine de la souffrance. L'attachement est une cause de souffrance, ainsi que l'ignorance ou le refus de la connaissance (ou en être privé). La souffrance n'est pas une fatalité, elle est due à la volonté d'obtenir toujours plus, de pouvoir satisfaire toujours tous ses désirs.

3ème vérité,niroda, il propose un remède
Il faut mettre fin à cette soif. Il faut la délaisser, y renoncer, s'en libérer, s'en détacher.
La force du bouddhisme réside dans l'affirmation qu'une libération de la souffrance est possible par l'extinction de la soif, de tout attachement ; cette extinction de la convoitise, de la haine, de l'illusion, c'est le Nirvâna : c'est la Liberté, la Félicité, l'Ultime non conditionné.
L'or de cet éveil est dans le sol de notre esprit mais si nous ne le creusons pas, il reste caché.
Elle nous explique qu'il existe un état de cessation de la souffrance, le nirvana. C'est l'état de Bouddha, l'unique but du bouddhisme. C'est à dire qu'il est possible d'atteindre le nirvana. Il ne s'agit pas de s'isoler du monde mais d'éviter la souffrance en utilisant la connaissance des causes de celle-ci. C'est une connaissance de soi et de ses facteurs perturbateurs qu'il faut effectuer.
Bouddha présente ainsi le nirvana :
"Voici, moines, la Noble Vérité de la cessation de la souffrance : c'est la cessation totale, sans attachement, de ce désir même, y renoncer, l'abandonner, en être libéré."

4ème vérité, magga, il précise l'application de ce remède
Dans sa quatrième vérité, Bouddha décrit le chemin à parcourir pour atteindre le nirvana dont il vient de montrer l'existence. Il faut suivre la voie de l'Octuple Sentier. Il montre le chemin et la conduite à adopter pour pouvoir atteindre l'état de cessation de la souffrance. La voie est dite du "milieu" car ni dans l'extrême de vie des plaisirs, ni dans l'extrême de vie de privations et d'ascétisme.

L'Octuple Sentier :
Il se compose de huit moyens à utiliser pour atteindre le nirvana.
la compréhension juste :
Prendre conscience des quatre nobles vérités et de leur réalité et comprendre que l'homme par son comportement est le seul responsable de sa souffrance. Ce sont ses actes nuisibles qui augmentent son mauvais karma.
la pensée juste :
Examiner la signification profonde du monde et des quatre nobles vérités et si possible l'expliquer aux autres.
la parole juste :
Utiliser la parole et l'enseignement pour montrer aux autres la réalité du monde et les amener à la vue juste du monde. La parole est dépourvue de supercherie. Les paroles blessantes, humiliantes, vulgaires ou insultantes sont à éviter.
la conduite juste :
Adopter une conduite pure et morale qui puisse convaincre les autres que nos activités sont en accord avec la doctrine et sont en harmonie avec une éthique pure.
les moyens d'existence justes :
Convaincre les autres que nos moyens d'existence sont convenables, non contaminés par les fruits empoisonnés de moyens d'existence impropres et dépourvus d'éthique.
l'effort juste :
Méditer encore et encore sur la signification de la réalité afin d'être protégé contre les facteurs perturbateurs de l'esprit. C'est un travail à accomplir sur soir pour mettre en pratique l'Octuple Sentier.
la mémoire juste :
Maintenir le calme mental et l'application des quatre nobles vérités et de ne pas les oublier.
la concentration juste :
Référence à la méditation et à la stabilisation méditative libérées du laxisme ou de l'excitation qui empêchent la méditation. Ainsi la compréhension juste (ou vision juste) marque la rupture avec une mauvaise vision du monde, la pensée juste est le signe indicateur, la parole juste, les moyens d'existence justes et la conduite juste sont trois façons de convaincre les autres, tandis que l'effort juste, la mémoire juste et la concentration juste sont des antidotes contre les facteurs perturbateurs de l'esprit et du chemin à accomplir.
Ces 8 éléments peuvent être regroupés en 3 ordres
- ceux qui relèvent de la sagesse : vue et pensées justes
- de l'éthique : parole et moyens d'existence justes
- de la méditation : attention et concentration juste

La connaissance vraie, le comportement correct, la méditation adéquate sont inséparables dans la vie d'un bouddhiste.
La connaissance vraie consiste à saisir que ni le " soi " ni les " phénomènes " ne sont autonomes ou éternels. Tout subsiste en interdépendance, tout est donc impermanent, :
Dès l'instant où ils viennent à l'existence, tous les phénomènes sont éphémères par nature et ne perdurent pas même un moment. Cette fugacité résulte de la cause elle- même, sans implication d'aucun autre facteur. Tout ce qui est composé de parties ou déterminé par des causes et conditions est impermanent et passager. Rien de demeure dans l'éternité, tout se désintègre continuellement : c'est l'impermanence ; tout se fait ou se défait, tout est " vide " d'une existence indépendante ou définitive.
Parmi les 4 notions bouddhistes fondamentales (les 3 autres étant l'impermanence, l'interdépendance et la souffrance ), le vide (sunyata ) est certainement la plus mystèrieuse et la plus difficile à saisir. Le vide est une notion scientifiques ; nous sommes vides : la matière qui nous compose est vide ; la doctrine du vide n'affirme pas ou n'explique pas la non existence de toute chose. La signification du vide réside dans la nature interdépendante de la réalité. Le vide signifie qu'aucun phénomène ne peut avoir une existence inhérente ; en comprenant cela nous pouvons comprendre la nature illusoire de tous les phénomènes.
S'attacher aux éléments du monde est aussi vain que d'identifier la lune à son reflet.
Le comportement correct c'est s'abstenir du mensonge, de toute parole blessante, ou vaine se conduire de manière honorable et pacifique, exercer une profession qui ne puisse pas nuire.
Dans le bouddhisme mahâyâna, " le Grand Véhicule " ne se contente pas d'une libération individuelle mais vise le bonheur de tous, la compassion pour tous les " êtres " ignorants de leurs vraies natures et esclaves de leurs pulsions.
La méditation adéquate consiste en une discipline qui apaise les états mentaux perturbateurs. Les moyens proposés sont variés ; il faut simplement pratiquer la voie choisie avec assiduité. Le bouddha Shâkyamuni laisse, après sa mort, une Loi : le Dharma, doctrine qui pénètre l'ordre du monde. C'est un état d'esprit, la vraie nature de chaque être (la bouddhéité ).
L'esprit de chacun d'entre nous est bouddha ; ceux qui recherchent la vérité prennent conscience qu'il n'y a rien à chercher ; il n'y a pas de bouddha mais l'esprit ; il n'y a d'esprit que bouddha ; ceux qui recherche la voie ne doivent rien chercher.

CONSEILS DU DALAÏ-LAMA POUR MENER VOTRE VIE :

1. Tenez compte du fait que le grand amour et les grandes réussites impliquent de grands risques.
2. Lorsque vous perdez, ne perdez pas la leçon.
3. Suivez les trois R : Respect de soi-même, Respect des autres, Responsabilité de tous vos actes.
4. Souvenez vous que ne pas obtenir ce que vous voulez est parfois un merveilleux coup de chance.
5. Apprenez les règles pour savoir comment les transgresser correctement.
6. Ne laissez pas une petite dispute meurtrir une grande amitié.
7. Lorsque vous réalisez que vous avez commis une erreur, prenez immédiatement des mesures pour la corriger.
8. Passez un peu de temps seul chaque jour.
9. Ouvrez vos bras au changement, mais ne laissez pas vos valeurs s'envoler.
10. Rappelez vous que le silence est parfois la meilleure des réponses.
11. Vivez votre vie d'une façon bonne et honorable. Ainsi, lorsque vous vieillirez et que vous regarderez en arrière, vous en profiterez une deuxième fois.
12. Un foyer aimant est la fondation de votre vie.
13. Dans les désaccords que vous avez avec ceux que vous aimez, ne vous occupez que de la situation actuelle. Ne réveillez pas le passé.
14. Partagez votre savoir. C'est une manière d'atteindre l'immortalité.
15. Soyez tendre avec la terre.
16. Une fois par an, allez quelque part où vous n'êtes jamais allé auparavant.
17. Souvenez-vous que la meilleure des relations est celle dans laquelle l'amour que chacun porte à l'autre dépasse le besoin que vous avez de l'autre.
18. Jugez vos succès d'après ce que vous avez dû sacrifier pour les obtenir.
19. Approchez l'amour et la cuisine avec un abandon insouciant.

I3 - Les concepts fondamentaux

Le samsara :
Il désigne le cycle infini des renaissances. Les hommes naissent, meurent et renaissent sans cesse dans un cycle infini : le samsara. Enchaîné au samsara, auquel il ne peut s'échapper, l'homme souffre en vain. Assis sous l'arbre de l'éveil Bouddha se remémore ses vies antérieures et prend conscience du samsara.
L'objectif du bouddhisme est la cessation de la souffrance ; la pratique doit mener à un état de cessation de cette souffrance universelle, le nirvana. C'est uniquement lorsque l'on a atteint le nirvana que l'on peut se libérer du samsara.
La réincarnation (renaissance) n'est pas un but. La condition dans laquelle on renaît dépend de nos vies passées et de nos actes présents, avec le phénomène du karma. Cette condition peut varier de la condition d'humain à animal ou vice versa selon le karma.
Le karma :
C'est une loi de cause à effet. Cela signifie que les actions passées (causes) déterminent les vies futures (effet sur la condition de renaissance). Ce sont nos actes qui déterminent notre condition à venir, d'où la nécessité d'une conduite morale pour avoir un bon karma et renaître dans une condition supérieure ou atteindre le nirvana, si l'on s'est dépouillé de tout mauvais karma. L'homme a donc un libre arbitre sur son destin, qu'il construit tous les jours par ses actes bons ou mauvais. Ainsi l'on peut espérer avoir une meilleure condition dans ses vies futures en accomplissant de bonnes actions et en s'évitant un mauvais karma.
Le nirvana :
Mot d'origine sanskrite, il désigne l'état de cessation de la souffrance. C'est le but ultime de la pratique du bouddhisme. Atteindre le nirvana signifie aussi la sortie du cycle des renaissances.
Les personnes qui ont atteint le nirvana sont appelées des bouddhas, elles ont éliminé tout mauvais karma et ont donc obtenu l'illumination qui mène au nirvana. Lorsqu'un bouddha meurt, il reste dans le nirvana et ne renaît plus, il s'est libéré du samsara.
Il ne faut pas confondre le nirvana et le paradis céleste des chrétiens, le nirvana est un état que l'on atteint une fois nos souffrances éliminées et tout désir anéanti, ce n'est pas un lieu où l'on va après la mort. C'est un état d'esprit (ou psychique) paisible dans lequel on reste une fois l'illumination atteinte. Ainsi à sa mort, le Bouddha historique (Siddartha Gautama) est resté au nirvana et ne s'est pas réincarné.
Les douze maillons :
Ces douze maillons sont un enseignement de Bouddha concernant la vie humaine. Ils sont chacun liés entre eux par une causalité (chaque maillon implique le suivant). Ils sont ignorance, concept, conscience, nom et forme, sens, contact, sensation, désir, attachement, existence, naissance, douleurs. Si l'on peut lutter contre notre ignorance, on se libère des autres maillons et donc de la souffrance (les douleurs).

L'impermanence :
C'est l'enseignement de Bouddha qui montre que le monde est impermanent. Rien n'est immuable, éternel. S'attacher à toute chose de ce monde est donc une cause de souffrance puisque cette chose tend à disparaître. Par exemple, les joies ne durent pas, ni les peines, à la nuit succède le jour et vice-versa, à la vie la mort.

I4 - Les autres concepts

Les cinq agrégats :
Dans la doctrine bouddhiste, l'être n'est en fait qu'une combinaison de forces et d'énergies physiques et mentales en changement constant. Ce sont les cinq agrégats, ils sont aussi liés à la première des quatre vérités de Bouddha puisqu'ils sont les causes mêmes de l'attachement et du désir.
la forme (ou matière) :
Elle comprend les quatre éléments fondamentaux (terre, eau, air, feu), leur différents états et leurs dérivés. Les dérivés sont les appareils sensoriels (vue, odorat, toucher,...) et leur correspondance dans le monde (formes visibles, audibles, odeurs...) ainsi que les formes non révélées (pensées...).
les sensations :
Les sensations plaisantes, douloureuses ou neutres forment cet agrégat, qui sont de six catégories (sensorielles et pensées).
l'identification :
Identification conceptuelle ou non conceptuelle des sensations, de façon faible, étendue ou incommensurable.
les facteurs composants :
Cet agrégat comprend les activités mentales telles le désir, l'ignorance, la vanité, l'égocentrisme... (52 facteurs dénombrés) et les actes qui répondent à la volonté et qui entrent dans le contexte du karma.
la conscience :
Les états de la conscience ayant pour origine les facultés sensorielles et l'organe mental (pensées) et ayant pour objets les formes du monde physique (sons, odeurs...). Cela met en évidence qu'il ne faut simplement observer et non pas rajouter des jugements aux faits que l'on perçoit. Constatant l'impermanence de toute chose, ces composantes de la conscience sont aussi source de souffrance (première vérité).

Les trois corbeilles :
L'enseignement de Bouddha est réparti en trois Corbeilles.
la Corbeille des Discours :
Elle définit de façon claire les agrégats, la production conditionnée, les quatre vérités...Elle comprend la partie théorique, et permet de lutter contre le doute qui perturbe notre esprit et nous écarte de la voie du milieu. Elle permet la stabilisation méditative (concentration juste) et donc de pouvoir rester sur l'Octuple Sentier.
la Corbeille de la Discipline :
Elle interdit de s'impliquer dans des actions proscrites (inconduite morale, sexuelle, l'attachement). Elle permet ainsi d'éviter les facteurs perturbateurs de l'esprit. Cependant ce n'est pas une restriction aveugle et idiote, en effet si l'on parvient à réduire la force de l'attachement aux choses, on peut utiliser des objets matériels tels beaux vêtements..., voire vivre avec un minimum de confort. En revanche celui qui même avec aucun confort (guenilles...) est soumis à un certain attachement aura effectué une faute proscrite par Bouddha. C'est ainsi qu'on évite de tomber dans les extrêmes (luxure totale, ascétisme total). Cette restriction ou permission a pour unique but de diminuer les facteurs perturbateurs tels l'attachement, le désir...
la Corbeille de la Connaissance :
Elle explique les caractéristiques des phénomènes comme l'impermanence, la souffrance ou le désir. Ainsi écouter et appliquer les enseignements permettra de corriger les idées et vues fausses et la conception erronée de son propre point de vue. Cela en vue de lutter contre la croyance en la supériorité de son propre point de vue.

I5 - Les orientations du bouddhisme

Le petit véhicule ou Hinayana ou Theravada
Le bouddhisme du petit Véhicule est considéré comme la branche orthodoxe du bouddhisme. C'est le bouddhisme des anciens, qualifié par ses pratiquants de plus proche de l'enseignement de Bouddha.
Ce courant met en avant que seuls les moines qui pratiquent seuls et sans aide peuvent atteindre le nirvana. Ce mouvement privilégie en fait la délivrance personnelle.
L'idéal de l'accomplissement personnel du mouvement Theravada est l'arhat, celui qui est parvenu à atteindre le nirvana, libéré du samsara et qui a donc achevé son cheminement spirituel et obtenu la parfaite santé mentale.
L'arhat à développé les sept facteurs d'illumination qui sont l'attention, l'investigation du dharma, l'énergie, la joie, la tranquillité, la concentration et l'équanimité. Son esprit est imperturbable à tel point que même menacé de mort, le mental de l'arhat reste calme car il sait que la mort ne serait qu'un changement de ses composantes, ne faisant que confirmer l'impermanence de toute chose. C'est ainsi que l'arhat Adhimutta, par son calme imperturbable déstabilisa un bandit qui était prêt à l'agresser. Le bandit impressionné devint alors un de ses disciples.
La sphère d'influence du Theravada est constituée principalement de la Thaïlande, le Cambodge, la Birmanie, le Sri Lanka.

le Grand véhicule ou Mahayana
Le grand Véhicule est le mouvement réformé du bouddhisme. Il fut proclamé au 3ème siècle après J.C. car non en accord avec l'écart grandissant entre les moines et les laïcs (influence du Petit Véhicule). En effet, le Mahayana prône le fait que l'on peut recevoir de l'aide pour éveiller le Bouddha qui est en nous. On n'est donc pas forcé de chercher seul l'illumination. Tout le monde peut recevoir l'illumination quelque soit sa condition.
Cette idée de permettre le salut (atteindre l'éveil) à tous les êtres vivant est vécue par le phénomène puissant de la compassion envers les autres et l'idéal du bodhisattva, qui aide les autres à atteindre l'illumination, en refusant leur propre libération et restant ainsi dans le cycle des renaissances (compassion).
On comprend mieux ainsi la citation du bodhisattva Shantideva présentée sur la page d'accueil de ce site. Cette citation résume bien la volonté d'aider les autres et la compassion qui anime les bodhisattvas.
Ce courant est surtout répandu dans des pays comme la Chine et le Japon (forme Zen), la Corée et le Tibet.

le Véhicule tantrique ou Tantrayana ou Vajrayana
Le Véhicule tantrique est une forme de Mahayana fondée sur les tantras. Ce Véhicule repose sur la pratique de rituels et de méditations, de pratiques "magiques" Il est très riche en symbolisme. La pratique des rituels fait aussi appel à des mantras. Le but de ces pratiques et de ces rites est d'arriver à réaliser de profondes expériences spirituelles qui peuvent amener à la bouddhéité plus rapidement qu'en suivant la voie très longue du bodhisattva.
Les textes tantriques se sont surtout répandu vers le 6ème siècle, leur compréhension nécessite les explications d'un maître spirituel (guru en Inde ou lama au Tibet). Comme pour d'autres mouvements bouddhistes, le Véhicule tantrique s'est enrichi des croyances locales des pays concernés (ici c'est surtout le bouddhisme du Nord) tels des divinités hindoues ou autres divinités et certaines pratiques locales.
Dans ce Véhicule, partant des concepts clés du Mahayana, chaque objet peut servir de moyen d'accès à la réalité ultime, en utilisant des méthodes et motifs justes. En effet, les rites peuvent ainsi servir à maîtriser les forces perturbatrices de l'esprit comme la passion ou la haine et les transmuter "magiquement" en leur opposé. Ce Véhicule apporte alors un nouveau moyen d'atteindre l'éveil.
Ce nouveau courant tantrique (Tantrayana) est aussi nommé le Véhicule du Diamant (Vajrayana). Le Vajra qui est un sceptre est un symbole représentant la puissance invincible de l'esprit illuminé contre les facteurs perturbateurs, dure comme le diamant. Le Vajra symbolise l'illumination. Le sceptre et la cloche de Vajra, liés représentent les moyens habiles et la sagesse qui unis permettent l'illumination.
Ce Véhicule est développé particulièrement dans les pays du "Bouddhisme du Nord" (Népal, Tibet, Mongolie, Bhoutan...).
Une ancienne tradition du Vajrayana (antérieur a padmasambhava) est le Shingon. Cette tradition introduite au japon au début du 8ème siècle a notamment beaucoup influencé la culture japonaise. Elle est toujours vivante car pratiquée par environ 12 millions de personnes dans le monde.
Le bouddhisme tibétain fait partie de ce Véhicule avec en plus une hiérarchie de la communauté bouddhique du Tibet. Le Dalaï-Lama ("océan de sagesse", actuellement Tenzin Gyatso, 14ème Dalaï-Lama, prix Nobel de la paix) est considéré comme la réincarnation du bodhisattva de la compassion. Il représente l'autorité religieuse et politique du Tibet. Le Panchen-Lama ("joyau de sagesse") est le chef spirituel.

Le Bouddhisme zen ou Zen ou Chan
Le Zen est un courant développé par Bodhidharma, un moine indien du 6ème siècle qui s'est rendu en Chine pour y transmettre le Chan (équivalent chinois du mot japonais Zen).
Ce courant fait partie du Grand Véhicule et met l'accent sur la pratique de la méditation pour obtenir l'illumination.
Bodhidharma, selon la légende serait resté en méditation pendant neuf années devant un mur dans une caverne (près de Shaolin en Chine). Le bouddhisme Chan met l'étude et la dévotion au second plan et renie l'attachement aux textes sacrés ou aux objets de cultes. Il favorise plutôt une transmission directe de la connaissance de l'esprit du maître à celui du disciple. Bodhidharma affirma en effet :
"Transmission spéciale hors de Ecritures,
Indépendante des mots et des lettres,
Indiquant directement l'esprit humain,
En voyant la nature innée, on devient un Bouddha."
Au Japon, le Chan est appelé Zen. Lors de l'implantation du bouddhisme Chan au Japon, ce mouvement séduit alors en particulier les samouraïs par son éthique et son indifférence devant la mort. Plus tard, grâce à Dogen, le Zen se répandit dans le peuple ("Zen des paysans") et une première communauté se forma. L'accent est mis sur la méditation assise, dite ZaZen. Cette posture est en fait un retour au vrai bouddhisme du Bouddha historique qui avait obtenu l'illumination assis en contemplation sous l'arbre de l'éveil. Lorsque le pratiquant est en ZaZen, il oubli le soi et épanouit son potentiel de nature du Bouddha en atteignant des états mentaux élevés. Pour pouvoir méditer correctement, il faut parvenir à la non-pensée et pratiquer la méditation libéré de tout objectif, simplement avec la foi en la nature de Bouddha intérieure. C'est ainsi que l'on épanouit progressivement sa nature de Bouddha innée. Le Chan ou Zen est donc un courant principalement développé en Chine et au Japon.

La terre pure
L'essence du Bouddhisme de la Terre Pure est la dévotion à Amitabha, l'invocation du Bouddha. Cela consiste en la répétition (souvent en chinois ou en japonais) de "Hommage au Bouddha Amitabha".
L'objectif est d'arriver à répéter un minimum nécessaire de dix invocations avec une concentration parfaite. Afin de purifier l'esprit des facteurs perturbateurs grâce à la concentration fixée sur Amitabha et l'illumination réalisable dans sa Terre Pure. Lorsque que la pratique est pure on peut obtenir l'état mental attendu.
C'est Shan-Tao (613-681,Chine) qui rendit primordiale l'invocation dans le mouvement de la Terre Pure. Il existe cependant des pratiques secondaires telles le chant de sutras de la Terre Pure, la visualisation d'Amitabha et la résolution d'y renaître, le développement de la générosité et de la compassion par l'aide aux nécessiteux et par le végétarisme. Il est à noter qu'on retrouve encore le principe de la compassion, présent dans chaque pratique bouddhique.
Dans le bouddhisme de la Terre Pure, on pratique aussi des méthodes de méditation contemplative, sortes de "visualisations". Il y en existe cinq types, qui permettent d'éveiller une foi absolue en Amithaba. Les trois premiers sont des formes de purification du calme mental, comme par exemple se prosterner devant Amitabha en méditant sur ses pouvoirs extraordinaires, l'invoquer ou être déterminé à renaître dans sa Terre Pure. La quatrième attention vigilante est la visualisation d'une image d'Amitabha jusqu'à ce qu'on puisse la percevoir en détail les yeux fermés. La cinquième est une série de seize méditations sur la Terre Pure (visualiser le monde de la Terre Pure, images mentales des éléments). Cela apporte à celui qui médite une meilleure perception du monde et lui assure de renaître dans Sukhavati (la Terre Pure).
Le bouddhisme de la Terre Pure est principalement pratiqué en Chine et au Japon (école Jodo-Shin).

I6 - L'idéal à atteindre

L'idéal pour suivre et mettre en pratique l'enseignement de Bouddha est bien sûr la vie de moine bouddhiste, avec un comportement exemplaire en tant que tel, membre de la Sangha. Pour la discipline des moines, il y a quatre grands interdits qui sont le mensonge, le vol, le meurtre et les relations sexuelles. Pour suivre cette voie, il est possible de s'y prendre très tôt et de consacrer sa vie à la doctrine. A partir de l'adolescence, le jeune fidèle reçoit la première ordination après des années d'apprentissage avec son maître. Le fidèle devient alors un membre de la Sangha, prend refuge dans les Trois Joyaux du bouddhisme : Bouddha, la doctrine, la Sangha (communauté).
On peut tout aussi bien rester un "fidèle laïc", être en accord avec la doctrine et en comprendre le sens au travers de la culture (lectures...) sans devenir moine et tout abandonner. D'ailleurs, les fidèles laïcs constituent les donateurs envers la Sangha et apportent donc leur contribution au mouvement bouddhiste en ce monde. Le plus important, comme le pense le Mahayana est que chacun peut pratiquer seul ou avec l'aide d'un Bouddha et obtenir l'illumination puis aider les autres à l'atteindre (idéal du bodhisattva).
A chacun sa pratique, l'important est de comprendre au plus haut niveau la doctrine et de pratiquer les enseignements de Bouddha, et si possible d'éclairer les autres sur cette voie du milieu.
On pratiquera aussi la compassion, le respect et la non-violence, le comportement moral étant primordial. La vertu morale est le fondement de la voie spirituelle.
L'éthique du bouddhisme comprend effectivement la générosité : donner, partager le mérite des autres, rendre service, respecter autrui, enseigner la doctrine. Ainsi que plusieurs préceptes tels que la résolution de ne pas tuer ou blesser aucun être vivant, le pacifisme étant une force du bouddhisme. On peut trouver dans un sutra : "La victoire engendre la haine; les vaincus vivent dans la douleur; les pacifiques vivent heureux, délaissant victoire et défaite".

I7 - Les rites et les symboles

Les cultes :
Bien que le bouddhisme ne soit pas une simple religion mais aussi une philosophie et une approche du monde véritable, il comprend quelques rites et coutumes.
le culte des statues :
Importance de la présence des statues dans les temples bouddhistes. Les fidèles ont une grande admiration pour cet art bouddhiste, qui représente un peu un idéal à atteindre pour le pratiquant (les statues sont toujours d'une indicible beauté), ainsi qu'une sorte de présence de Bouddha qui fait que les fidèle les vénèrent.
le culte des reliques :
Les ossements restants de l'incinération de Bouddha ayant été conservées sous forme de reliques dans les stupas (monuments funéraires), les reliques des saints bouddhiques conservées dans les stupas suscitent aussi une grande ferveur des fidèles qui les vénèrent tout comme les statues. Par exemple, la grande stupa de Rangoon ( 112 mètres de haut) contiendrait quelques cheveux de Bouddha et des reliques de trois Bouddhas antérieurs.

Les offrandes :
Les offrandes font partie de la dévotion des fidèles envers les Bouddhas ou les Bodhisattvas. Elles sont souvent accompagnées de prosternations ou inclinations devant des statues ou dans les temples, en respect des Bouddhas représentés et de leur pureté. On dépose des offrandes sur les autels des temples ou dans les stupas, tout comme on peut faire des dons aux monastères. Les offrandes sont de l'encens, qui symbolise le parfum émanant de Bouddha ou encore des petites lampes ou bougies qui rappelle que les bouddhas sont des êtres "illuminés" qui répandent leur lumière par leurs enseignements. On peu déposer sept sortes d'offrandes devant une statue dans placées dans sept bols. Ces offrandes sont de l'eau qui symbolise l'hospitalité, de l'encens, du parfum ou de la nourriture qui représentent les cinq sens et montrent que le fidèle se voue de tout son être au développement spirituel.
Les offrandes sont accompagnées de gestes rituels (mudras), de chants ( mantras ).

Le chapelet :
C'est le fameux collier constitué de 108 perles, qui permet au pratiquant de compter le nombre de fois qu'il prononce les mantras. Les mantras pouvant être imprimés sur des moulins à prière.

La roue :
Est le véritable emblème du bouddhisme. Tout être se situe dans cette roue, appelée aussi roue de la loi. Elle contient huit rayons qui correspondent au chemin menant à l'éveil.

L'arbre :
Est un symbole du bouddhisme puisque l'on parle souvent de l'arbre de l'éveil sous lequel Bouddha obtint l'illumination. De plus à la mort de Bouddha, l'arbre au pied duquel il est allongé se met à frémir, c'est pourquoi c'est devenu l'emblème de l'illumination. On trouve pour cela beaucoup d' oeuvres représentant l'arbre de Bodhi (de l'illumination).

Le lotus:
Le lotus est le symbole de la pureté. Tout comme le lotus prend racine dans le limon et s'épanouit au soleil, tout être humain peut accéder à l'éveil quelque soit sa condition initiale. Les bodhisattvas et Bouddha sont souvent représentés assis sur un lotus, qui symbolise l'atteinte de l'illumination.

II - BOUDDHISME ET FRANC- MACONNERIE

II1 - GENERALITES

Les deux ont des points communs comme la tradition, la transmission, la connaissance de soi, l'initiation et la recherche de la vérité dans une approche non dogmatique. Les deux traditions insistent sur la perfectibilité de l'homme. Le bouddhisme dit qu'intérieurement l'homme a la nature de bouddha et qu'il peut la réaliser en la débarrassant de ses différents voiles, en se libérant progressivement de l'illusion. La franc-maçonnerie fait référence à une pierre brute qu'il convient de dégrossir, de travailler afin de la rendre cubique ou parfaite. Pour Lama Denys, l'enseignement du Bouddha se caractérise par sa qualité thérapeutique, de même que l'est une certaine approche de la franc-maçonnerie : soigner la maladie de l'ignorance ou de l'illusion propre à la nature de notre esprit, ce que nous sommes au plus profond de nous-même. Le Bouddha- Dharma est une quête expérimentale et une pratique pour trouver la solution à la question de Socrate, "Connais-toi toi-même".
Il s'agit des fondements d'une spiritualité universelle partagée par l'ensemble des humains, comme personnes dotées d'un esprit.
Dans les 2, il y a quête de la lumière. Dans le Dharma, la nature fondamentale de l'esprit est dite "claire lumière" et a pour qualités la clarté et la lucidité. La démarche du Dharma, non dogmatique et expérimentale, permet de révéler la réalité de notre être et de notre vie. Elle tend à éveiller notre nature véritable à travers une voie médiane entre les approches théiste et athéiste.. L'approche du Dharma est agnostique et ne repose sur aucune notion conceptuelle présentée comme LA vérité. Elle considère comme relatif tout exposé, énoncé, texte ou représentation. La démarche du Dharma est à la fois rationnelle et mystique elle concilie la raison et la logique avec une rigueur extrêmement poussée qui perçoit le caractère relatif des formations intellectuelles. Et de cette intelligence peut naître une percée a-conceptuelle, une expérience d'immédiateté et de participation non dualiste, qui est de l'ordre de l'expérience de la claire lumière.

Une éthique universelle

Se constitue une éthique, religieuse, traditionnelle ou humaniste, qui a l'avantage de ne pas être dogmatique et d'ouvrir sur une éthique globale et universelle. Elle s'appuie sur une aspiration commune : tous les humains souhaitent éviter le malheur et la souffrance. Dès lors, tous se rejoignent dans le principe de la non-violence et dans celui de ne pas faire subir à l'autre la violence que l'on ne veut pas connaître soi-même. Cette règle d'or, présente dans toutes les traditions et religions, est le fondement de l'éthique du Dharma.

Entre religion et philosophie

Selon le lama Denys, "Il s'agit de savoir si la franc-maçonnerie est une voie spirituelle complète, c'est-à-dire susceptible de conduire à une pleine et authentique réalisation spirituelle. Elle est en tout cas une excellente dynamique de quête non dogmatique et fraternelle, dans le contexte occidental. Elle est donc un complément au Dharma, mais n'est ni obligatoire ni nécessaire. La pratique du Dharma se suffirait à elle-même. Ce choix relève de chacun et de sa recherche."

Dharma et franc-maçonnerie

I- Les conditions d'admission
Aujourd'hui, n'importe qui peut prendre refuge; sans formalité. Il suffit de le demander, où presque. Il en va naturellement autrement pour être ordonné. L'ordination est généralement laissée à l'appréciation du maître du candidat. Mais encore de nos jours, au Japon, le postulant doit attendre à la porte du monastère, toute une nuit, voire plusieurs jours, admission à l'ordination n'étant accordée qu'après la troisième requête. Du temps du Bouddha des conditions d'admission étaient requises, pour les moines comme pour les laïcs.
En ce qui concerne les laïcs, un certain nombre d'exclusions existaient d du temps du Bouddha pour être admis comme disciple. Les moyens d'existence non justes, c.a.d non conformes à la cinquième étape de l'octuple sentier : vivre du trafic des êtres (y compris des animaux), les tuer ou les maltraiter,(pêcheur ou boucher), vendre de la viande ou des poissons, de l'alcool ou des armes. A rapprocher avec le moderne d'être libre et de bonnes mœurs maçonnique.. En revanche, notre morale sociale admet les professions de boucher, éleveur pour la viande, pêcheur …. Cette différence est notable. Il faut comprendre que la franc-maçonnerie est empreinte de judéo-christianisme et que celui-ci n'a pas condamné la chasse ni la pêche. La grande différence d'approche est que, dans les monothéismes, les êtres n'ont qu'une seule vie et que seuls les humains ont une âme leur permettant d'accéder au salut. Les animaux sont des créatures inférieures de Dieu dont l'homme peut disposer, avec cette limite que leur maltraitance est un péché.
Pour être admis comme disciple du Bouddha, la première qualité était la vue juste (premier pas sur le Noble Octuple Sentier) : l'acceptation de la loi du karma et du caractère insatisfaisant et illusoire du samsara, de l'omniprésence de duhkkha que l'on traduit souvent, d'une façon assez réductrice, par souffrance. Cela correspond à l'exigence, dans la franc-maçonnerie traditionnelle, de croire en un Dieu révélé et en l'immortalité de l'âme. Au début du XIXe siècle, la Grande Loge Unie d'Angleterre a décrété que les bouddhistes étaient initiables parce qu'ils ont une conception impersonnelle et apophatique de l'absolu, et admettent de surcroît l'ordonnancement général du cosmos par la loi universelle (Dharma) qui régit les modalités de la délivrance, ce qui leur permet de devenir maçons;
Dans la franc-maçonnerie dite libérale, la différence est plus grande. Il ne s'agit plus, pour tous ses adeptes, d'une voie spirituelle, mais plutôt d'un humanisme pratique, d'une société de pensée et de réflexion (un laboratoire d'idées) au service du progrès humain, indépendamment des options spirituelles, philosophiques ou religieuses de chacun de ses membres. Il s'agit d'un autre type d'engagement, dont la compatibilité ou l'incompatibilité avec le bouddhisme ne se pose même pas, puisqu'il s'agit d'un engagement d'une autre nature. Etre disciple du Bouddha répond à l'exigence des Constitutions d'Anderson d'être à fidèle une religion de son pays. : ";Un maçon est obligé, en vertu de son titre, d'obéir à la loi morale ; et, s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin sans religion "
Aujourd'hui, laissant à eux-mêmes leurs opinions particulières, on trouve plus à propos de les obliger seulement à suivre la religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord. Elle consiste à être bons, sincères et gens d'honneur, par quelque dénomination ou croyance particulière qu'on puisse être distingué d'où il s'ensuit que la maçonnerie est le centre de l'union et le moyen de concilier une sincère amitié parmi les personnes qui n'auraient jamais pu sans cela se rendre familières entre elles.
Les francs-maçons étaient obligés de professer la religion catholique ; depuis quelque temps on n'examine pas sur cela leurs sentiments particuliers pourvu toutefois qu'ils soient croyants, fidèles à leur promesse et gens d'honneur et de probité.
A rapprocher des déclarations du Dalaï Lama selon lesquelles il ne faut pas abandonner sa religion mais bien peser les avantages que peut apporter la pratique du bouddhisme. En revanche, la porte est grande ouverte à ceux qui n'ont plus aucune attache religieuse..
Cette condamnation implicite du prosélytisme concorde avec l'interdiction des polémiques religieuses en loge et est dans le droit fil de l'enseignement du Bouddha.
Cet aspect correspond, dans la franc-maçonnerie traditionnelle, au fait de ne pas renier sa religion. Ainsi, dans la cérémonie de réception au premier degré du rite écossais rectifié, le vénérable maître dit au candidat, lors du deuxième voyage : Celui qui rougit de la religion, de la vertu et de ses frères est indigne de l'estime et de l'amitié des maçons.

L'ordination monastique.
D'abord, il fallait la vouloir vraiment, avec une intention pure et désintéressée, et ne pas la solliciter pour des motifs mercenaires, comme il est dit au rectifié.
L'histoire du médecin Jivaka est significative. Ce médecin attitré du roi Bimbisara, très réputé en son temps, avait été placé au service du Sangha du Bouddha par son souverain. Il suggéra au Bouddha de ne plus admettre dans l'ordre ceux qui souffraient de lèpre, eczéma, tuberculose ou épilepsie afin d'empêcher ceux qui étaient atteints par ces maladies d'entrer dans la communauté pour s'y faire soigner gratuitement par Jivaka. Etaient aussi exclus de l'ordination les soldats en service actif pour le roi, les condamnés en fuite … Les femmes mariées devaient avoir la permission de leur époux et les enfants de leurs parents. En revanche, l'ex-épouse d'un moine ,la veuve d'un moine n'avait pas à donner la permission à son époux mais le Sangha prenait en charge cette veuve et ses éventuels enfants.
Le rapprochement s'impose avec le devoir du maçon de secourir la veuve en déposant une obole dans le tronc qui porte son nom dans certains rites (au rectifié : le tronc aux aumônes). Le Bouddha n'accordait aucune importance à l'origine sociale de ses disciples, instaurant la hiérarchie à l'ancienneté pour casser le système des castes. De même admit-il les femmes dans le Sangha,
Position courageuse du Bouddha, concernant les militaires, puisque lui-même était de la caste des nobles et guerriers (les kshatrias). On s'aperçoit que la naissance n'avait pas d'importance en tant qu'origine sociale mais en avait sous l'aspect de la liberté qu'elle conférait ou refusait. Par rapport aux femmes, enfants, esclaves, militaires, fonctionnaires, appartenant au roi, etc., qui, ne jouissaient pas de liberté ni d'autonomie, le Bouddha tint compte de leur situation de naissance, pour ne pas troubler l'ordre public et permettre au Sangha de se développer harmonieusement dans la société de son temps.
Les Constitutions d'Anderson précisent aussi que les maçons doivent être hommes de bien et loyaux, nés libres, d'âge mûr et circonspects, ni serfs ni femmes. Selon la tradition, les esclaves, les eunuques, et ceux affligés des trois B : boiteux, borgnes et bossus étaient exclus de l'initiation, en tant que mineurs civils, ou parce que leur imperfection physique traduisait une dysharmonie spirituelle. Cette triple exclusion relevant de l'opératif, ceux qui en étaient atteints étant inaptes au métier. On trouve ces mêmes interdictions en ce qui concerne l'ordination des prêtres .
Dans la franc-maçonnerie du XVIIIe, il y eut beaucoup d'aristocrates, donc de militaires, et aussi de nombreuses loges militaires. La franc-maçonnerie prétend permettre à ses adeptes de se libérer et d'aller à la lumière, sans que ces notions soient précisées afin d'être compatibles avec les différentes fois religieuses. De même le Bouddha ne prétendit-il pas pouvoir délivrer le monde entier mais soutenait que seuls pouvaient s'émanciper ceux qui, par une disposition karmique favorable, avaient des oreilles pour entendre ... comme dans l'Evangile !
La franc-maçonnerie essaie de déterminer qui est initiable en tenant compte de ses mœurs de son mode de vie et de ses moyens d'existence. Autre aspect: le candidat à l'ordination devait avoir un certain âge, était soumis à enquête et interrogé., devait aussi avoir un parrain. Un temps de probation était exigé. Pour recevoir l'ordination supérieure, il fallait être reconnu par un conseil composé d'au moins dix membres et dont ne pouvaient faire partie que des anciens. Le candidat devait promettre d'aimer ses compagnons, etc. Profane sous le maillet. Une période de probation de quatre mois était exigée des candidats venant d'une autre école religieuse, sauf celle des jatilas (les ascètes aux cheveux tressés) ou appartenant au clan des Sakyas. Durant la période de probation, les membres du Sangha observaient si le candidat convenait.

Apprenti : La cérémonie d'un novice était simple. Après s'être rasé la tête, il devait répéter trois fois : " Je prends refuge en le Bouddha, je prends refuge en le Dharma, je prends refuge en le Sangha "comme aujourd'hui encore pour devenir disciple laïc. Au début, le novice devait s'engager à respecter dix règles négatives.

Compagnon; La pleine ordination, qui conférait les droits d'un vrai moine, exigeait la présence d'au moins dix moines ordonnés depuis au moins dix ans. En cas de force majeure, cinq moines anciens suffisaient. Le novice devait avoir trouvé parmi les anciens un précepteur qui accepte de le proposer à l'ordination majeure. Le candidat s'agenouillait en joignant les mains et disait, par trois fois " Vénérables, je demande au Sangha l'ordination, puisse le Sangha m'élever jusqu'à lui par compassion ! "
Le consentement se faisait tacitement. Aucune objection n'ayant été formulée, un des anciens disait " Vénérables, que le Sangha m'entende ! " X demande l'ordination au Vénérable X (président du conseil), il demande l'ordination par l'intermédiaire du Vénérable Y (précepteur). Si cela paraît juste au Sangha, que le Sangha ordonne Untel par l'intermédiaire du précepteur Y. Telle est ma requête13) Après quelque temps, la cérémonie d'ordination fut étendue de telle sorte que le novice, qui avait déjà été questionné auparavant en privé devait confirmer son aptitude à l'ordination en répondant publiquement à des questions. Le président lui demandait
Es-tu un homme (c'est-à-dire pas un eunuque) et un être humain (c'est-à-dire pas un naga -sorte de serpent- sous forme humaine) ?
Es-tu un homme libre ?
Es-tu libre de dettes ?
Es-tu hors du service du roi ?
Es-tu pleinement âgé de vingt ans ?
As-tu un bol à aumônes et les robes de moine ?
Quel est ton nom ?
Quel est le nom de ton précepteur ?
Si le novice répondait à toutes ces questions de manière satisfaisante, son ordination était confirmée. Les moines sont encore ordonnés de cette façon de nos jours.
Les novices devaient suivre la direction de leur précepteur durant au moins cinq ans, mais dix ans en règle générale. Les moins doués pouvaient rester sous la coupe de leur précepteur toute leur vie.

Maître : Dix ans après son ordination majeure, le moine devenait un ancien (thera) et pouvait à son tour prendre en charge des novices en tant que précepteur et faire partie du conseil de l'ordre.
Passé maître :. Au bout de vingt ans, il devenait un grand ancien (mahathera).
Démission et réintégration : Pour quitter le Sangha, il suffisait de quitter la robe jaune et cela n'entraînait aucune disgrâce sociale.
L'ex-moine pouvait réintégrer l'ordre, mais à condition de recevoir une nouvelle ordination et de ne pas s'être engagé dans une autre école. Le moine Citta quitta et réintégra quatre fois le Sangha et cela ne l'empêcha pas de devenir un arhat.
Engagement : A noter que chaque engagement était pris trois fois. Le Bouddha enseigna sept conditions de bonheur pour le Sangha. Aussi longtemps que les moines tiendront des assemblées fréquentes et suivies par nombre d'entre eux, le Sangha prospérera et ne déclinera pas.
Aussi longtemps qu';ils se rencontreront en harmonie, prendront des décisions en harmonie et assumeront leurs fonctions en harmonie...
Aussi longtemps qu'ils n'autoriseront pas d'innovations et n'aboliront pas ce qui fut autorisé, mais procéderont selon la règle et la discipline...
Aussi longtemps qu'ils honoreront, respecteront et écouteront les aînés de grande expérience, ordonnés depuis longtemps, les pères et les instructeurs de l'ordre...
Aussi longtemps qu'ils ne tomberont pas en proie aux désirs qui conduisent à la renaissance...
Aussi longtemps qu'ils préféreront les habitations de la forêt...
Aussi longtemps qu'ils apprécieront que des compagnons du même esprit viennent à eux...
Aussi longtemps que les moines se tiendront à ces sept conditions, le Sangha prospérera et ne déclinera pas. On trouve dans ces prescription les principales règles maçonniques : aimer ses frères (et/ou ses soeurs), obéir aux règlements généraux et aux supérieurs de l'ordre, ne jamais innover mais suivre scrupuleusement les rituels et les règles, accomplir ses charges avec régularité et ponctualité, demeurer dans la vertu et la frugalité, être prêt à accueillir de nouveaux membres dans le respect de la tradition, etc.
Le Bouddha prêcha aussi la solidarité. Découvrant un moine atteint de dysenterie et laissé sans soin, il admonesta ses voisins : " Moines, vous n'avez ni père ni mère pour s'occuper de vous. Si vous ne prenez soin les uns des autres, qui, je vous le demande, le fera ? Moines, quiconque d'entre vous prendrait soin de moi si j'étais malade doit prendre soin de son camarade moine malade Cette solidarité était d'ailleurs plus : la compassion.
La référence suprême du maçon est le Grand Architecte de l'Univers, formule assez souple pour être acceptable par les fidèles de toutes les religions, soit comme Dieu soit comme bouddhéité, puis, les règles traditionnelles. Ce n'est certes pas le Grand Maître, lui-même occupant une fonction à titre transitoire et soumis aux règles qu'il promet de respecter. Les dernières paroles du Bouddha furent de refuser de désigner un successeur autre que le Dharma ! On observera aussi une hiérarchie devant être respectée dans le but de maintenir l'harmonie, fondée sur le mérité et l'ancienneté ; le refus de recevoir les eunuques ou ceux atteints de certaines difformités ; le contrôle de l'identité du postulant et un ensemble de critères d'aptitude, comme il en existe pour être initiable ; la qualité de membre du Sangha par reconnaissance des anciens et de ses pairs. La volonté propre du candidat. La nécessité de tenir des assemblées fréquemment et régulièrement. L'exigence d'une certaine ancienneté dans la maîtrise pour pouvoir initier à son tour, etc.
Enfin, le Bouddha accorda une grande place à l'amitié entre les moines pour qu'ils puissent vivre en harmonie et progresser vers l'éveil : " Vraiment, cette vie religieuse consiste en l'amitié de ceux qui aiment le bien, en leur compagnonnage, en leur camaraderie. Un moine qui est un ami du bien, un compagnon et un camarade, doit certainement développer et cultiver ce Noble Octuple Sentier (pour la libération de son compagnon comme pour la sienne propre).
A rapprocher la méthode du Bouddha pour régler les conflits, à base de consensus, afin que l'harmonie de la communauté ne soit pas troublée, et l'exigence pour le récipiendaire de désigner tout frère de l'assistance avec qui il aurait un conflit et de faire la paix avec lui. Cette exigence vaut implicitement pour toute tenue de la loge.
Enfin, à plusieurs reprises, le Bouddha insista sur le fait que la véritable noblesse (un vrai brahmane) ne relevait pas de la naissance mais des qualités de cœur ce qui est à la base des degrés blancs du RER, où le chevalier novice doit, pour devenir chevalier bienfaisant de la cité sainte, se constituer un blason, avec une devise.
De ces rapprochements, il découle que, pour entrer dans la voie du Bouddha, il fallait déjà la vue juste, qui est suggérée dans les Quatre Nobles Vérités : un constat du caractère insatisfaisant du samsara et une perspective de salut, ou de libération. De même, pour être initiable en franc-maçonnerie, du moins la franc-maçonnerie traditionnelle, il faut accepter la perspective d'une transcendance et avoir confiance en la possibilité de salut. Telle est la première condition.
Tel qui fut refusé dans le premier Sangha des moines pour cause de maladie pouvait y être admis une fois guéri. On encore pour une question d'âge. Un âge minimum était requis, mais les vieillards ne pouvaient non plus être admis. Il y a un temps pour tout. Et des heures, en franc-maçonnerie...
Dans les deux traditions, des structures régulières et des conditions particulières sont requises, conditions minimales pour un disciple laïc, plus exigeantes pour un moine ou une nonne. Ces conditions ont été rendues nécessaires, dans le premier Sangha, dès qu'il

a connu un certain développement et que le Bouddha lui-même ne put plus tout accomplir en personne, et a fortiori après son parinirvana. Les rites maçonniques se sont fixés au fil d'une longue histoire ;ils répondent à des nécessités vérifiées expérimentalement plus que fondées sur des sources historiques bien établies, dont René Guenon disait qu'elles étaient d'origine non humaine.
Quant au but, il demeure une réalisation spirituelle dont la mise sur la voie ne peut se faire que dans le cadre prescrit, comprenant obéissance aux lois et à la hiérarchie traditionnelle mais qui doivent aussi être dépassées, voire abandonnées pour atteindre l'ultime. La réalisation est indépendante de la position du disciple dans la hiérarchie : du temps du Bouddha, sont recensés vingt et un laïcs ayant obtenu l'état d'arhat, liste qui n'est pas exhaustive, et il est fait allusion aussi à quelques laïcs dont les noms ne sont pas mentionnés.
L'ultime ne dépend pas d'une quelconque hiérarchie (en grec : le pouvoir de la sainteté) pourtant nécesaire, à la fois comme référence et comme guide. Le Bouddha a comparé son enseignement à une barque nécessaire pour traverser le fleuve du samsara mais devenue inutile ensuite. Et ses dernières paroles ont été : " Soyez à vous-même votre propre lumière "

De la pratique du geste et de l'arrêt du geste dans les deux traditions

" Avec notre corps, tout notre corps et en restant immobile, trouver la vraie lumière. "
" Nous pouvons voir la vraie lumière quand nous ouvrons nos yeux dans la nuit et que nous écoutons de nos oreilles le vent qui ne souffle pas.
Quand notre corps, tout notre corps, a sa tension profonde en restant immobile, nous pouvons trouver la véritable illumination. "
Ces aphorismes ont pour auteur un député, conseiller d'Etat, philosophe à ses heures, mort à Paris en 1824, un certain Marie-François-Pierre Gonthier de Biran dit Maine de Biran.
Deux phrases peuvent résumer, l'attitude juste du corps et de l'esprit dans toutes formes de pratiques spirituelles.
" Avec notre corps, tout notre corps et en restant immobile, trouver la vraie lumière. " Ces quelques mots ont éclairé d'un jour très différent, l'esprit et le sens de la transmission dans une tradition authentique, ce qui est le cas, bien entendu, du bouddhisme et de la franc-maçonnerie.
La franc-maçonnerie est, un lieu privilégié d'expérience, de pratique où nous pouvons accéder à la vraie lumière, non par l'intellect, par les pensées discursives ou par des spéculations métaphysiques mais avec notre corps, avec la pensée du corps, révélée, réveillée par les effets du rite.
Nietzsche, qui écrit dans ses Fragments : " Il est admis que tout l'organisme pense, que toutes les formations organiques participent au penser, au sentir " (Fragments, 40).
Engagé sur une voie initiatique, il y a urgence à mettre un terme au bavardage. Ce peut être un préalable essentiel au déconditionnement de l'esprit qui nécessite bien plus que le temps de silence imposé sur la colonne d'apprenti, sur la colonne du septentrion, pour que, selon une formule de Swami Prajnanpad "que nos pensées ne soient pas des citations, nos émotions des imitations et nos actions des caricatures " ?
Pour aboutir à ce déconditionnement, pour pallier les insuffisances du langage des mots, la franc-maçonnerie dispose des outils remarquables que sont les symboles de l'Art Royal complétés ou inspirés des symboles fondamentaux de la science traditionnelle antique.
Ces outils nous ont été transmis avec le mode d'emploi : le rite. C'est l'accomplissement du rite dans ce qu'il a de gestuel qui est le véhicule véritable de la transmission et assure la pérennité de la tradition.
C'est le geste rituel qui rend le symbole agissant .Le rite n'est pas uniquement une cérémonie de mots mais une succession de gestes strictement réglementés qu'il importe de pratiquer de façon rigoureuse, exactement. L'étymologie du mot rite est " action correcte "
C'est la rigueur de la pratique qui en garantit les effets par un conditionnement gestuel avec notre corps, tout notre corps. Ce conditionnement a la particularité de déconditionner.
Deshimaru invité en tenu a été intéressé, par la rigueur de la cérémonie, la méthode, le comportement des maçons en loge, la vigilance qui préside aux travaux.
Le bouddhisme accorde une importance toute particulière à la notion de vigilance. L'une des dernières paroles du Bouddha n'est-elle pas : " Ô moines, soyez vigilants, soyez vigilants ! " Le temple maçonnique et le temple bouddhiste sont avant tout des lieux de vigilance et de silence. Le silence, le seul temple, selon Maeterlinck. La recherche de la vérité, l'objet si souvent défini de nos travaux maçonniques Deshimaru en donnait la solution : " Ne cherchez pas la vérité, ne coupez pas les illusions, simplement, laissez passer les pensées sans rien vouloir fuir, sans rien vouloir saisir, concentré sur la posture de méditation, la posture juste, parce que c'est l'attitude juste du corps qui détermine l'attitude juste de l'esprit. "
C'est le rite qui met le symbole en action dans le silence de la loge où le corps participe selon des règles de conduite qu'il importe de vivre correctement.
L'expérience du Zen auprès de Taïsen Deshimaru, peut confirmer qu'est bien là l'essentiel de la méthode maçonnique.
Les traditions ont en commun un certain nombre de principes dominants. Elles enseignent que , pour aboutir à la connaissance, à l'éveil, au satori, à la lumière c'est un itinéraire du dedans. C'est à l'intérieur et qu'il faut procéder par simple décantation, dans l'immobilité et le silence. D'ailleurs le Bouddha aurait dit à ce sujet : "Dans ce corps de six pieds de long se situe le monde, l'origine et la fin du monde, et le chemin qui conduit à l'éveil. " Donc, vous voyez, rien de mystérieux, rien de surnaturel, mais, bien au contraire, le retour aux conditions normales, originelles, dans l'unité du corps et de l'esprit. Et parce qu'il n'y a de connaissance que de l'être entier, les gestes, et surtout l'arrêt du geste, la méditation, auront un rôle capital dans la pratique d'une tradition. Arrêter le geste revient en quelque sorte à tarir le foyer d'origine où s'alimente la chaîne de réflexes qui construit notre mental et à laquelle nous identifions notre ego.
Pour le monde de plus en plus, c'est le Bouddha Sakyamouni, Bouddha historique tel qu'il est représenté depuis des siècles, qui symbolise la perfection de la pratique de la méditation, de la paix intérieure et de la sagesse. La vraie sagesse est une sagesse du corps.
Notre culture, la culture religieuse méditerranéenne, n'a pas toujours négligé le comportement du corps sans pour autant s'asseoir à même le sol en pliant les jambes comme une grenouille. Notre frère Louis Pauwels, disait : " S'il suffisait de s'asseoir en pliant les jambes pour avoir le satori, toutes les grenouilles auraient le satori. " Un jour, on lui demandait : " Comment sais-tu que les grenouilles n'ont pas le satori ? " Il a répondu : " Ca m'est égal, je ne veux pas être une grenouille ! "
Les pharaons des temples de l'Egypte ancienne sont sculptés bien droits sur leur siège, jambes pendantes, légèrement écartées, les pieds reposant sur le sol comme d'ailleurs le Bouddha du futur, le Bouddha Maitreya, qui est souvent représenté assis sur un siège, à l'européenne.
On peut méditer debout, couché, assis sur une chaise, sur un tabouret tout siège qui permet d'avoir une bonne bascule du bassin. Dans le temple maçonnique comme dans le temple bouddhique, c'est mieux ensemble, fondus comme le miel dans le lait, fondus comme l'immobilité dans le silence, " l'ego s'y dissout comme un morceau de sucre ", disait Ramana Maharshi, ce sage de l'Inde.
Il s'agit de se libérer par son corps, par une meilleure présence à soi-même dans le sensible vigilant.. Les gestes et l'arrêt du geste développent, plus encore dans un contexte moderne agité, une éducation physique du spirituel. Sensei disait : j'éduque, il ne disait pas j'enseigne. Eduquer,est un mot qui prends un sens très noble dans un contexte initiatique traditionnel. L'étymologie du mot éduquer est i : éducateur, educare, ducere, conduire.
La franc-maçonnerie est une forme d'éducation que les tendances de notre formation qui accorde un intérêt excessif aux arabesques de la pensée, transforment trop souvent en babillage.
Dans la tradition bouddhiste comme dans la tradition maçonnique, les gestes et l'arrêt du geste transmis exactement auront un rôle essentiel pour que soient réunies les conditions les plus favorables de l'aventure intérieure.

II2 - L'OCTUPLE SENTIER ET LES CATHECHISMES MACONNIQUES:

la compréhension juste :
Un maçon est un homme libre et de bonnes mœurs ami du riche comme du pauvre si ils sont vertueux ; un maçon doit évaluer la valeur doit s'évaluer sur des qualités morales ; l'estime ne doit se mesurer que selon la constance et l'énergie que l'Homme apporte à la réalisation du bien.
Un maçon doit se rappeler qu'il ne suffit pas à l'Homme d'être mis en présence de la vérité pour qu'elle lui soit intelligible ; la lumière n'éclaire l'esprit humain que lorsque rien ne s'oppose à son rayonnement. Tant que les illusions et les préjugés nous aveuglent, l'obscurité règne en nous et nous rends insensible à la valeur du vrai.

la pensée juste :
Un maçon doit se défier de lui-même et craindre de porter un jugement avant d'avoir fait appel aux lumières de ses frères

la parole juste :
Le maçon doit se rappeler de ses 3 paroles :
- frappez et on vous ouvrira (la porte du temple )
- cherchez et vous trouverez (la vérité )
-demandez et vous recevrez (la lumière )

la conduite juste :
Vaincre mes passions, soumettre ma volonté et faire de nouveaux progrès (dans la maçonnerie )
Un maçon doit pratiquer la vertu en préférant à toute chose la justice et la vérité, la rectitude et la justice envers ses semblables

les moyens d'existence justes :
Un maçon se reconnaît à sa façon d'agir, toujours équitable et franche, à son langage loyale et sincère, à la sollicitude fraternelle qu'il manifeste pour tout ceux à qui il est rattaché par des liens de solidarité

l'effort juste :
Il se traduit par les 3 degrés du maçon mais également par les 3 voyages qui lui montrent les chemins qui mènent à la vérité.
la mémoire juste :
Le maçon doit se rappeler le dénuement de l'enfant qui vient au monde, qu'il a promis sincérité et franchise, humilité, désintéressement pour apprendre à se priver sans regret de tout ce qui peut nuire à son perfectionnement

la concentration juste :
En atelier, le maçon prends un temps de recueillement pour laisser les difficultés sur le parvis ; il doit être dans l'Ici et Maintenant pour être tout à ce qu'il fait et le faire bien juste comme il faut sans excès de zèle.

J'ai dit

Source : http://www.franckbailly.fr/deh/

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Rig Veda : hymne des origines et Prologue de St Jean

4 Novembre 2012 , Rédigé par Rig Veda et Prologue de St Jean Publié dans #spiritualité

Nâsadya sukta -Rig Veda X, 129

Il n'y avait alors ni le non-être ni l'être.
Il n'y avait ni espace physique ni espace subtil.
Qu'est-ce qui voilait Cela, qu'est-ce qui l'abritait?
Qu'était l'Eau sans fond et impénétrable?
Il n'y avait ni mort ni même immortalité,
Il n'y avait alors aucune manifestation de la nuit et du jour.
Ce Un respirait sans souffle, mû de soi-même.
Qu'y avait-il d'autre que Cela? Quel délice supplémentaire pouvait-il y avoir?
Au tout début, des ténèbres recouvraient les ténèbres.
Cette Étendue indistincte était tout.
En ce temps, ce Non-né vacant, ce Un tout-puissant,
Émergeant, apparu par le pouvoir de l'Ardeur.
Au début, se développa une sorte de Désir,
Qui fut le tout premier germe de la pensée.
Cherchant avec sagesse au plus profond d'eux-mêmes,
Les visionnaires découvrirent le lien entre le manifeste et le non manifeste.
Leur cordeau était tendu à l'horizontal.
Quel était le dessous, quel était le dessus?
Il y eut des porteurs de semence et de puissantes forces;
En bas était l'Instinct, en haut la Grâce.
Qui sait en vérité? Qui saurait annoncer ici
D'où est apparue cette création, d'où elle a été lancée?
Même les dieux sont en deçà de cette émergence.
Qui peut dire d'où elle émane?
Cette création, d'où elle émane,
Si elle est tenue ou si elle ne l'est pas,
Celui qui l'imprègne dans l'espace le plus subtil
Le sait sans doute, ou peut-être ne le sait-il pas…

Prologue de St Jean

1 - Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.
2 - Elle était au commencement avec Dieu.
3 - Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle.
4 - En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
5 - La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.
6 - Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean.
7 - Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.
8 - Il n'était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.
9 - Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme.
10 - Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a point connue.
11 - Elle est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point reçue.
12 - Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés,
13 - non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.
14 - Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père

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Gilgamesh Salomon et l'architecte

4 Novembre 2012 , Rédigé par C.L Publié dans #Planches

La Mésopotamie est en amont de notre culture, l’Egypte est fille de la Mésopotamie. Agriculture, architecture, mythes, tout cela provient du Tigre et de l’Euphrate. En Irak aujourd’hui la situation est désespérée. En nous souvenant de ce que nous devons à la Mésopotamie, nous devrions penser autrement à ce qui se passe aujourd’hui.

Corollaires de la guerre : les musées ont été pillés et des objets volés sont aujourd’hui vendus chez des antiquaires à New York (et ailleurs). De cette civilisation le Louvre détient environ 7000 objets, dont le code d’Hammourabi.

Longue citation de Jung : « Les légendes ont remplacé les outils rationnels […] La légende ésotérique est une composante de la Tradition […] On ne fabrique pas un symbole, on le découvre »

La civilisation commence au 6ème millénaire av. J.C., vers 3200 apparaît l’écriture. Ce sont les Sumériens qui sont à l’origine de celle-ci. Abra(ha)m serait né à Ur (Genèse 15, 7). Le code D’Hammourabi est daté de 1770 av. JC. La transmission va se faire via les Perses : les Achéménides (vaincus par Alexandre en 339 av. JC.), puis au début de notre ère via les Sassanides (du IIIe au VIIe siècle). L’influence du Proche Orient et de Mésopotamie, dans l’Antiquité s’étend en Egypte et de là vers la Grèce, puis Rome, d’où elle nous viendra. Dans un deuxième temps, au Moyen Âge, l’apport grec nous vient d’Orient via l’Andalousie.

I) Gilgamesh, sumériens et akkadiens. Quelques emprunts :

La Bible présente souvent de manière assez partiale les Assyriens, comme les Egyptiens (tour de Babel, déportations des Juifs à Babylone (597… victoire de Nabuchodonosor II), La tour de Babel est une ziggourat (échelle de Jacob dans la Bible).

Bible : l’épopée de Gilgamesh, roi d’Uruk (Irak) concentre la plupart des mythes fondateurs, on y trouve ainsi le prototype du mythe de Noé (déluge, arche), le meurtre rituel. Cet aperçu sur le déluge date d’environ 2200 av. JC. L’arche ici a 7 étages (celle de Noé 3 − cf. Genèse 6, 11-17), elle est calfatée de bitume (évidemment courant dans cette région). Premier étage : constellations australes, deuxième constellations entre Tropique du Cancer et du Capricorne, troisième constellations arctiques, toit les deux ourses célestes. Quant à l’homme, selon les Mésopotamiens, il a été façonné avec de l’argile.

Mythes grecs : On peut évidemment penser au mythe de Persée qui calque ses héros sur l’épopée de Gilgamesh. On trouve aussi une histoire d’enfant dans un coffre (comme Œdipe), et l’accident de char où Œdipe va tuer son père fait aussi écho à des mythes de renouvellement de la nature comme dans Gilgamesh. Héraklès « est un clone de G. ». 6 travaux pour le cycle de l’ombre et six travaux pour le cycle de la lumière, les 12 travaux justifiant la royauté. Enkidu a des échos dans le mythe d’Orphée.

Christianisme : Saint Georges est lui un « clone » de Marduk (Mardochée). L’affrontement avec le dragon existe déjà aussi en Mésopotamie puisque Marduk tue Tiamat qui est un dragon (4000 av. J.C.), on le retrouve Léviathan (Bible), en Laocoon, hydre de Lerne chez les Grecs.

Islam

Droit : Les 282 décrets du code d’Hammourabi (au nom de Shamash, dieu du soleil et de la justice) vont servir à définir les droits de la femme dans l’islam : ainsi la dot payée par le fiancé, ou le droit d’une femme d’administrer ses biens.

Architecture :

Le minaret abbasside de la ville de Samarra hélicoïdal , que l’architecte Jean Nouvel a symboliquement inséré dans le bâtiment parisien de l’Institut du Monde Arabe , et que le gouverneur abbasside en Egypte reproduisit dans la mosquée Ibn Touloun ( au Caire ) , rappelle le style architectural ( et sa fonction ) des ziggourats mésopotamiennes .

Calendrier : au départ lunaire, mais vers 1500 on passe à un calendrier solaire. Le jour d’observance religieuse est « shabatu «.

Numération : base sexagésimale (1-6-60-360, etc.) et positionnelle (361 : 1 signe dans la colonne droite et six signes dans la colonne gauche), (utilité : pensons à la trigonométrie, au décompte de l’heure etc.)

Ecriture, lexique : L’écriture commence aussi avec les Sumériens. Elle fut d’abord pictographique puis cunéiforme. Le lexique akkadien a emprunté des mots au sumérien, mais l’akkadien est une langue sémitique. Nous avons aujourd’hui des minéraux et des végétaux dont les noms nous viennent du sumérien : gypse, naphte, jaspe, mine (de sel), sequin, cumin, safran, semoule. De nombreux prénoms nous viennent aussi de Mésopotamie, via l’araméen : Benjamin, Anne, Daniel, Emmanuel, Marthe, Pierre, Marie, thomas, Esther... Le plus ancien est Suzanne (qui veut dire le lys).

Dieux et déesses : Shala, épouse d’Hadad (dieu de l’orage, de l’éclair) tient en ses mains un shoboulton (épi d’orge, schibboleth). Elle est devenue Ata, vierge ailée avec un épi. On retrouve Athéna avec les mêmes attributs.

En Égypte on retrouve l’image de l’abîme primordial (Noun) d’où émerge un monticule (Atoum Ka à Héliopolis). Le rôle de la pluie (Tefnout est fille d’Atoum) est primordial alors qu’il ne pleut pas en Egypte (à la différence de l’Assyrie) marque aussi une probable influence.

L’héritage se retrouve aussi dans la construction en trois parties du temple de Jérusalem, via les trois parties du temple égyptien (en Syrie de même), et jusque dans certaines églises orientales (espace pour les catéchumènes, les fidèles baptisés et l’iconostase).

Isis et Marie tiennent de la même manière leur enfant dans les bras. La représentation d’Horus harponnant un hippopotame évoque de même des sources mésopotamiennes.

Le monothéisme a été emprunté à l’Égypte.

II) Le mazdéisme, Zoroastre

À l’ouest de la Mésopotamie, l’Iran, pays des aryens, du mazdéisme, du zoroastrisme – qui fut la religion des Achéménides et des Sassanides. Il y a encore environ 200 000 fidèles de cette religion (dont 100 000 aujourd’hui en Inde). Si l’on a des textes mazdéens on n’a aucun texte de Zoroastre. Comme celle de Salomon, son existence est aujourd’hui contestée. Il s’agit peut-être d’un mythe, mais Zardoucht (nom persan) aurait vécu de 660 à 583 av. J.C, serait né en Bactriane (Balkh, Afghanistan actuel), et il eut une grande influence. Il eut une vision et décida de prêcher sa réforme du mazdéisme. La classe sacerdotale s’opposa à lui, il trouva refuge auprès de Vishtapa et il aurait été tué à 76 ans par un nomade touranien (turc, venu de l’Altaï).

Il a prêché sa réforme d’abord dans l’espace iranien ou « aryen » (dans l’actuel Ouzbékistan puis Kurdistan, etc.). Une de leurs tribus est « les Mages » (prêtres, d’où vient l’idée de Zoroastre comme légende mythique ayant servi à la formation de ceux-ci).

Nous trouvons dans cette religion l’importance majeure du feu, de la lumière. Tout homme sert le grand dessein cosmique et doit aider Dieu à vaincre le mal, mais le Mal est nécessaire car il permet après de longues souffrances le retour à la divinité. Le Dieu du bien, crée le monde par la pensée. Ahura-Mazda (qui n’est pas responsable du mal) crée le monde physique pour s’opposer à Ahriman (en tirant le mal hors du monde spirituel), et les hommes l’aident.

Vers l’Inde

La contrée entre Iran et Irak, ex oriente lux,

Abîme primordial, les Sumériens passeront leur mythe de l’abîme d’où émerge une montagne, à la civilisation Araja (environ 3000 av. JC) qui la passeront aux Upanishad (environ 1800 av. J.C.). Le monde est d’abord aquatique (4500 av. J.C.) XX combat avec Kur, dieu du monde infernal. L’homme a été créé pour rendre un culte aux dieux et subir le châtiment de leurs fautes originelles.

Marduk-Tiamat : nous retrouvons l’eau encore aux premiers âges du monde. Dans le Rig Veda Indra éventre les montagnes et libère les eaux.

Bible

C’est après l’exil à Babylone (597-538 av. J.C.) que des thèmes mazdéens apparaissent : vie après la mort, fin des temps, angélologie, chérubins (Rois 5-32) gardant le debhir (saint des saints) du Temple de Jérusalem (alors que toute image d’êtres vivants est interdite).

Le thème du juste souffrant se retrouve dans Job.

Le songe de Jacob, l’escalier qui monte de la terre aux cieux, rappelle les fonctions mêmes des ziggourats. Gilgamesh réapparaît comme Eresh dans la Bible.

Genèse (I, 2)« Les ténèbres couvraient l’abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux. ». (I, 6-7) « Dieu dit ; « qu’il y ait une étendue entre les eaux, et qu’elle sépare les eaux d’avec les eaux »

Le thème du Déluge vient-il d’une rupture de la mer Noire ? (10 000 av. J.C.) Kish ou Ur ont également eu des inondations énormes. Une partie de la Mésopotamie est aujourd’hui sous les eaux du Golfe persique, et compte-tenu de la situation dramatique de cette zone, ce n’est pas ces temps-ci qu’on pourra faire des fouilles sous-marines.

Christianisme :

Zoroastre et Jésus :
· La légende des trois rois mages (mage en persan veut dire prêtre) est marquée par le mazdéisme. Les Mages étaient une tribu de prêtres mazdéens (turcomanes).
· Zoroastre serait né d’une mère vierge. Jeune, il aurait confondu les docteurs de la loi. Il aurait quitté sa mère à trente ans pour partir prêcher sa réforme et a été surnomme le bouvier (pasteur du troupeau). Son visage resplendissait.
· L’Évangile de Jean fait écho aux concepts mazdéens : « La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point reçue » (1. 5). « La lumière était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a point connue » (1. 10).

Zoroastrisme, mithraïsme et manichéisme

Le dualisme a influencé peut-être certains philosophes grecs. Le mithraïsme (qui fut concurrent du christianisme) en porte aussi la marque. La naissance de Mithra était célébrée le 25 décembre, et ses disciples partageaient le pain et le vin. Le seizième jour du mois, et le septième mois de l’année lui étaient consacrés.

Le mazdéisme est à l’origine du manichéisme, mais ces deux religions ne sont pas identiques. La doctrine de Mani veut réunir des données de plusieurs religions. Mais il affirme que Dieu a créé à la fois les ténèbres et la lumière. Mani (216-277), ne fait pas de pronostic, il dit qu’à la fin des temps l’homme pourrait être vainqueur sur les ténèbres. Pour que le bien triomphe du mal, l’homme doit faire gagner en lui sa part de lumière.

Manichéisme : Bogomiles, cathares etc. et tout le courant négativiste dans la philosophie découle des doctrines de Mani Dans la crainte que le mal ne l’emporte sur le bien, il faut que l’humanité s’arrête, d’où le refus de procréer des cathares par exemple.

Islam :

Le manichéisme se retrouve aussi dans le Coran. Dans les dernières sourates (prophylactiques) il est écrit : « Dis: Je cherche protection auprès du Seigneur de l’aube naissante contre le mal des êtres qu'Il a créés, contre le mal de l’obscurité quand elle s'approfondit » (sourate 113)

Dans son ouvrage Le Coran, la Bible et l'Orient ancien, Mondher Sfar s’appuyant sur Bottéro montre le rapport entre les versets coraniques et un poème mésopotamien. Allah y est présenté comme un monarque mésopotamien.

Iblis (al shaytan : Satan), nous dit le Coran a refusé que l’homme soit créé. Contrairement aux autres anges, il refuse de saluer sa création. « Je suis meilleur que lui, tu m’as créé de feu, tu l’as créé d’argile ». Il est chassé du paradis. Déchu, il obtient un délai pour pouvoir s’occuper des hommes et les tenter, à l’exception des plus fidèles.

Des bas-reliefs achéménides près de Persépolis montrent des souverains protégés par des anges ailés.

Un mouvement mystique se référant à Sohrawardi (syncrétisme islamo-mazdéen, cf. Corbin) est aussi marqué par la cosmogonie de Zoroastre.

Et influence via l’Islam sur le christianisme : Certaines églises carolingiennes, ainsi celle de Germigny-des-Prés dans le Loiret, reproduiront l’église zoroastrienne. L’influence sassanide se retrouve au Puy (pierres blanches et noires comme les mosquées des Omeyyades), évoquent la lutte entre bien et mal). Nous leur devons aussi la figuration des anges avec des ailes, et ce, via les chérubins du Temple de Jérusalem.

Les Mésopotamiens avaient une curieuse relation aux dieux. En fait ils faisaient des sacrifices aux dieux pour que ceux-ci ne s’occupent ni d’eux ni de leur famille, pour les tenir à distance.

III. Présence salomonienne en Loge bleue
La Franc-maçonnerie a emprunté nombre de ses mythes à l’Orient ancien. Elle a aussi puisé dans l’organisation des corporations (cf. Louis Massignon et ses recherches à Bagdad), lesquelles ont été aussi marquées par ce qui existait en Islam.

Quand on construisait des cathédrales on demandait aux Apprentis de reconstruire le temple de Jérusalem. Dans le « livre des Rois » on a déjà les outils de la maçonnerie : règle fil à plomb etc.

Dans le tableau de Loge il y a 15 marches (réduites à 3 pas), nous avons les deux colonnes J et B, les grenades (multiplicité des principes composant l’homme). Salomon, Hiram, Hiram Abi (5- 28) président à la construction du Temple.

Le Temple est composé en 3 parties : oulam, hekal, debir. Le pavé mosaïque était sur le perron devant le temple.). (Rois 5-17)

La taille des pierres se faisait ailleurs (Rois 6 -7). ). On équarrissait à l’extérieur du Temple. (Rois 5 -32. Dans le passage, le pro-fanum (pro-fane), les ouvriers de Salomon, ceux d’Hiram et les Giblites (ceux de Byblos) équarrissaient et façonnaient le bois et la pierre.

Salomon est présent dans le rituel maçonnique, il est l’homme sage, exemplaire et bâtisseur qui va chercher Hiram (Rois 5) (qui apparaît très tôt dans les légendes des bâtisseurs : dès 1131). La question de l’existence réelle de Salomon a été posée. Est-ce un mythe ? Qu’il ait ou non existé, il représente la sagesse, la connaissance, le discernement, l’esprit de tolérance avec les autres religions (il accepta des cultes différents du sien), et il fut un bâtisseur. De nombreux mythes et légendes racontent aussi l’histoire d’un architecte bouc émissaire : celui de Sainte Sophie a été décapité, comme celui de Pithiviers etc. On trouve ce thème dès 1500 av. JC en Égypte, il a probablement été rapporté par les Hébreux travaillant là-bas. La légende de l’assassinat de Zoroastre, comme celle du petit fils de Mahomet lui font écho. Le temple a été détruit à plusieurs reprises.

Notre métalangage vient à 80% de l’hébreu (Bible, Zohar, Kabbale). Ouzé veut dire « c’est lui » (le dieu que l’on ne nomme pas, « ou » = « Ua » lui. Salomon est aussi présent dans l’iconologie chrétienne, ainsi au portail de la cathédrale de Reims. Il est cité dans le coran.

Zoroastre réapparaît à un moment de notre remontée vers la lumière (Jean-Baptiste, Yah Yah dans le Coran, et Jean l’évangéliste pour le solstice d’hiver).

De l’Islam à la Maçonnerie

Les confréries de l’islam mystique sont basées sur des corporations de métiers, d’origine persane. Salman el farisi (Salman le persan) compagnon du prophète, est le troisième de la triade Mahomet, Ali (son gendre) et lui. Pour les ismaéliens c’est le personnage le plus important bien que le plus obscur. C’est le barbier de Mahomet, il est maître des poils, des cheveux (on sait que se rendre maître des cheveux de quelqu’un permet d’agir magiquement sur lui). Le prophète a donc toute confiance en lui. C’est à lui que l’on a attribué la création des corporations. Elles existaient sous les Sassanides. Elles travaillaient dans le secret, en relation avec le symbolisme, prônaient l’humanisme, la tolérance, le spiritualisme et parfois l’ascétisme.

Ces corporations pratiquaient des initiations :
· Ils possédaient des signes de reconnaissance et des mots de passe qui étaient transmis au moment de l’initiation.
· Une coupe d’eau salée devait être absorbée trois fois par le récipiendaire : dire vrai, voir vrai, devenir vrai.
· A la fin de la cérémonie d’initiation on leur remettait un pantalon bouffant, puis une cordelière, ceinture de tablier (shadd) ou un baudrier.
· Puis il y avait un banquet.

Le Livre des métiers d’Etienne Boileau (XIIIe siècle), étudié par Massignon, fait le lien avec les corporations d’Orient. Les corporations de métiers eurent une telle importance que nous retrouvons l’emblème de celle des bateliers (la corporation la plus riche) sur les armes de la ville de Paris. Des textes de 1250, 1283 reprendront des textes ismaéliens.

Les héritages sont en grand nombre (notamment architecte, apprenti, compagnon, instruments, personnages, lexique du rituel en Loge). Le tuileur (tuilier < teghere couvrir), attouchement (<tocare, >tocsin), le serment, la batterie.

  

Source : www.ledifice.net

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La Maçonnerie considérée comme le résultat des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne (1842) (extrait)

4 Novembre 2012 , Rédigé par Fr.°. Reghellini de Shio Publié dans #fondements historiques de la FM

     

 Dans ce passage, il est question des Mages, de Mythras et de Zoroastre. Vous verrez les similitudes entre ce qu'avaient instauré les Lévites dans leur Institution ainsi que l'Eglise catholique Romaine, notamment la fête du 25 décembre où soit disant Yeshoua serait sensé être né. Vous verrez aussi que ce que prêchait les Mages était fort ressemblant à ce que prêchait le Galiléen, notamment le Aime ton prochain comme toi-même... ce qui nous incite fortement à penser que la Grande Âme du Libérateur s'est bien incarné en Zoroastre aussi après Hermès et tant d'autres... la dernière Incarnation étant bien entendu celle qui eut lieu en Palestine voilà plus de deux mille ans. A quand la prochaine ? A moins qu'elle n'ait déjà eu lieu... "Il existe au fond de nos coeurs un désir insatiable de connaître la vérité"

DES BASILIDIENS
Les Basilidiens paraissent absolument sortir des Esséniens et être mélangés avec les Gnosticiens.

Basilide disait à ses adeptes : « Vous devez tout connaître, et personne ne vous connaîtra ».
Il nous reste de leur ancienneté, des monumens dans les Abraxas qui renferment des signes mystérieux et que nous rapporterons en son lieu. Le nom d'Abraxas, qui se trouve gravé sur une quantité de pierres des premier et second siècles de l'ère chrétienne, donne en lettres grecques la valeur de trois cent soixante-cinq , le même nombre des degrés du fameux cercle d'or du tombeau d'Orcmaudyas, toujours relatif au cours annuel du Soleil. La cuirasse de Pharaon-Amasi, consacrée à Minerve dans l'île de Rhodes, était remarquable par la trame, dont le fil était tordu en trois cent soixante-cinq autres, allusion à la durée de l'année ; preuve nouvelle que les religions anciennes doivent leur origine à l'Astronomie.
Les Basilidiens avaient deux images au lieu d'une seule, comme les Gnosticiens; l'une avait barbe, et l'autre sans barbe ; ces simulacres étaient allégoriquement honorés par eux.
St Irenée a cru que c'étaient les images de Jupiter et de Minerve, et s'en est prévalu pour les accuser d'idolâtrie. Basilide obligeait ses Disciples à se taire pendant cinq ans, comme jadis les Disciples de Pythagore. Il croyait ce temps nécessaire à la préparation de l'initiation et pour être à même de recevoir la Gnosin ou la science humaine. Un seul entre mille était admis au sanctuaire, à la connaissance de ce qui regarde la Divinité ; et sur dix mille initiés, deux seulement étaient agréés pour participer entièrement à la révélation entière de tous les secrets arrachés à la nature. Ces sectes étaient toutes des écoles de philosophie.
M. Ouvaroff croit que dans l'initiation supérieure, en parlant des mystères anciens, on devait se borner à démontrer l'unité de Dieu et l'immortalité de l'âme, par des arguments philosophiques ; ce qui paraît en opposition aux témoignages suivants.
Clément d'Alexandrie, Strom. V, 2, dit expressément, en parlant des grands mystères : « Ici finit tout enseignement, on voit la nature et les choses ».
Ce qu'on ne peut révoquer en doute, c'est que, lors de l'existence de ces premières sociétés, que nous appelerons toujours juives - chrétiennes , les notions de morale étaient très-répandues et connues du vulgaire; et si elles eussent fait l'essence des mystères, elles ne pouvaient aucunement mériter les magnifiques éloges des hommes, des savants de l'antiquité, qui ont cru que dans ces sociétés il existait la révélation des sublimes vérités, et que leur institution en était l'unique objet.
Après cette remarque, il est très-évident que ces sociétés et leurs mystères auraient cessé d'exister du moment où les vérités secrètes eussent été enseignées publiquement; et pour lors, Pindare, Platon, Cicéron, Epictète n'en auraient aucunement parlé avec tant d'admiration, si le Hiérophante s'était occupé de leur apprendre avec tant d'apprêts et avec tant de secret, ses opinions, ses doctrines et celles de son ordre et société, lorsqu'on eut pu trouver et apprendre tous ces enseignements dans des livres et dans des écoles publiques. Observons qu'à ces époques , la morale et la philosophie avaient atteint un si haut degré d'élévation, qu'aucune notion sur la première ne pouvait rester inconnue et inaccessible; il paraît, pour lors, que, dans l'initiation de ces sociétés, on devait découvrir aux initiés de grandes vérités morales et philosophiques, cachées au vulgaire, conservées par des traditions orales qui remontaient au premier âge du monde. Ces connaissances, placées au milieu du polythéisme, formaient l'essence et la doctrine secrète des mystères.
Cette hypothèse concilie les contradictions apparentes du système religieux des Anciens sur la matière et sur l'âme, et s'accorde parfaitement avec les traditions orales des Croisés, et en particulier des Templiers, qu'on prétend être les instituteurs des Maçons. Il faut remarquer ici que plusieurs Sts-Pères de l'Eglise donnent des notions très-intéressantes sur les mystères, et en font tour-à-tour des éloges brillants ou des peintures odieuses.
St Clément d'Alexandrie, qui passait pour avoir été initié, et Eusèbe, Prepar. Evang. II, 2, tantôt leur prêtent le but le plus frivole et même le plus honteux, les transforment en école d'athéisme (cohort ad Gentes), tantôt ils prétendent que les vérités qu'on y enseignait avaient été dérobées par les philosophes à Moïse, à Salomon et aux Prophètes (Strom. V, page. 650); et même, selon ce dernier, ce sont les philosophes qui ont établi les mystères (Strom. V, page. 681). Tertullien, plus logicien, en attribue l'invention au Diable (de Preser, ad Hoeret. 40.) Arnobe, Athenagore et S. Justin en ont tous parlé de la même manière.
Leurs éloges et leurs blâmes peuvent être également vrais, sans en être moins désintéressés. Ici il faut distinguer deux époques. Il est certain que de grands abus s'étaient glissés dans les mystères. La corruption avait commencé à répandre quelques notions sur les cérémonies qui s'y pratiquaient, et l'indiscrétion des mystes avait divulgué des symboles ; tout tendait à profaner les mystères déjà déchus de leur dignité primitive. Mais si nous nous rapportons aux temps où les mystères fleurissaient, les témoignages en leur faveur sont unanimes; partout ils sont présentés comme l'origine des arts, des sciences, des lois. Il est bien naturel que ces mystères étant l'appui du polythéisme après la corruption sacerdotale, les Saints-Pères, qui suivaient une doctrine différente, les regardaient comme les foyers de l'erreur, et ne pouvaient dans leur intérêt mettre assez d'ardeur à les discréditer.
Après les divulgations et le discrédit par les ennemis de la science, il est facile d'en déduire que les emblèmes religieux égyptiens, grecs, juifs, chrétiens, gnosticiens, de la Cabale, romains et autres, n'étaient intelligibles qu'aux seuls initiés (En preuve que les emblèmes qui dérivaient de la religion égyptienne étaient mystérieux à tout autre qu'aux initiés, on lit dans Eusèbe , de Prep. Evang., lib. II, « qu'entre les prêtres égyptiens, il y avait une caste qui ne s'occupait, même au temps de Joseph l'historien, que de l'interprétation des hiéroglyphes. » Le Sacerdoce et l'initiation étant perdus, ont donné lieu à établir mille erreurs.) ; c'est ce qui amène le vulgaire à se former à cet égard des systèmes de théologie sur le polythéisme. Nous avons dit que les secrets des initiés étaient consignés oralement ; le temps, les révolutions, les guerres ont fait perdre une partie de ces doctrines ; il n'est resté dans les Temples que leurs enseignes. Le vulgaire, qui n'approfondit jamais rien, en établissant sa théologie, a cru voir dans ces emblèmes des signes d'idolâtrie, et en fit des religions monstrueuses. Il y a des critiques qui pensent que la religion de Rome n'en a pas été exempte.
Il résulte de ce qui précède, que des peuples entiers se sont formé un système à leur gré de la Divinité apparente ; ils établirent des légendes et des heureuses nouvelles, pour donner quelque ombre de raison à un culte qui n'était plus soutenu par la tradition orale des initiés anciens, qui se trouvait inconnu au vulgaire, et qui devint par-là absurde et monstrueux.
La généralité des Philosophes égyptiens, grecs, romains, comme aussi les Saints-Pères se firent un système à part, et les sentiments des uns détruisirent souvent ceux des autres.
DES MAGES
Une religion très-répandue dans l'Orient, et de laquelle plusieurs autres sont sorties, fut celle de Mythras dont les initiés s'appelaient Mages. Plusieurs savans ont même cru, peut-être trop légèrement, que la légende sacrée de Jésus n'était qu'une imitation de celle de Mythras, par la ressemblance des mystères de la naissance, des pérégrinations, des prédications, des travaux, de leur mort, de leur résurrection, et que ces deux religions n'étaient dans le fait que les divers aspects du Soleil relativement à notre terre. Suivant d'autres opinions, les mystères maçonniques en tiraient leur origine.
Les mystères de Mythras étaient représentés dans un antre sacré, l'époque en était fixée au vingt-cinq décembre, au moment où les prêtres voyaient paraître, à minuit, la constellation de la Vierge qui ouvrait à son déclin l'année en donnant la naissance au Soleil qui paraissait comme un enfant s'appuyant sur son sein maternel.
Plusieurs rites maçonniques ont conservé le grade de Mage, il figure pour l'avant-dernier échelon dans le système des Illuminés, et pour le dernier dans celui de la stricte observance, il se trouve dans différents autres systèmes en Allemagne plus qu'ailleurs; c'est ce qui a induit plusieurs écrivains à croire que la Maçonnerie n'était que la religion des Mages.
Le mot Mage dérive de Mog, qui, dans la langue ancienne des Persans, signifie adorateur ou prêtre consacré au Soleil.
L'objet apparent de cette religion était l'adoration de cet astre ; or, comme les religions conservent, malgré elles, leurs anciennes affinités et consanguinités, ainsi dans les Evangiles, ce sont des Mages qui arrivent à Bethléem adorer Jésus, ce qui fit croire à des critiques que Jésus ne pouvait être que l'allégorie du Soleil (L'allégorie du Soleil et son emblème, conservé dans tous Temples maçonniques, est conservé encore de nos jours par des corporations sacerdotales, comme par les Jésuites : la médaille (Planche II, n.° 15) frappée pour le Chapitre major de St Thomas  d'Aquin, en 1789, lors de l'exaltation au royaume d'Espagne de Charles IV, qui porte un Soleil rayonnant de lumière, emblème de son culte, est une preuve que le Sacerdoce chrétien ne l'a pas oublié.), car le culte de cet astre était aussi le seul apparent qui existât chez les Mages.
Le culte du Soleil, très-ancien en Orient, se perd dans l'antiquité, on ignore son origine et l'on doute même que Zoroastre en soit l'instituteur ou le réformateur; car ce nom même signifie l'ami du feu, de la lumière ; aussi des auteurs ont-ils cru que par l'explication de de ce même nom, on avait voulu désigner une société religieuse; ils pensent que Zoroastre n'a jamais existé, s'appuyant sur ce que son histoire est remplie de miracles, d'apparitions de la Divinité, d'Anges, de Démons; en second lieu, parce qu'elle est écrite en style tout-à- fait oriental ; ils prétendent encore que l'Histoire de la Création du Monde a quelques analogies avec celle de l'Israélite Moïse, de même que ses prières ressemblent un peu à celles du roi Psalmiste. Nous n'entrerons pas dans ces sublimes questions de suprématie qui partagent tant de savans, nous adopterons l'existence de cet homme, croyant qu'il peut avoir établi le culte du Soleil et même avoir écrit tout ce qu'on lui attribue.
Zoroastre néanmoins, comme Moïse, pour affermir son pouvoir par le culte, publia qu'il avait reçu son Code de Dieu en personne, ce que des faiseurs de religions imitèrent postérieurement.
Ce code, une fois reçu, fut enfermé dans le sanctuaire du Temple, la Bible, l'Alcoran le furent de même; le code de Zoroastre devenu sacré n'a pu plus être communiqué, ni aux profanes ni aux étrangers.
Ainsi que dans plusieurs cultes, les Mages devaient lire à toutes les fêtes quelque passage de cette Ecriture-Sainte aux fidèles, et Zoroastre l'écrivit avec les caractères de cette langue perse qui se perdit après Cyrus.
Ce code est connu sous le nom de Zend - Avesta ; il est divisé en deux parties , comme le Deutéronome et le Lévitique.

La première traite du devoir de tous les hommes en général, et en particulier des hommes religieux. La seconde traite de la liturgie et des cérémonies dans le culte.
Tous les écrits attribués à Zoroastre sont compris dans le Zend-Avesta. Jadis ils étaient au nombre de vingt-un, dont sept traitaient de la Création du Monde, sept de morale et de politique et sept de la physique et d'astronomie. Selon Bundari, les livres de Zoroastre remplissaient 12 000 peaux de bœuf. (Pastoret, Zor. Conf. Mahom.) Selon l'opinion la plus accréditée, son dogme et sa doctrine existaient en Assyrie et à Babylone longtemps avant la fondation de l'empire des Perses, ce qui prouve sa haute antiquité.
Les Mages, depuis que l'histoire en fait mention , firent une caste à part du peuple, comme les Lévites d'Israël : un Lévite, un Mage naquit toujours d'un Lévite et d'un Mage. Comme les anciens Patriarches juifs (D'après l'Hexaméron de St Eustache, Abraham avait épousé sa sœur. Les prêtres égyptiens épousaient même leur mère ; néanmoins la nature ne rétrograde qu'avec peine : l'on sait qu'à Athènes aussi on pouvait épouser sa sœur.), les Mages se mariaient avec leurs sœurs et leurs filles, les fils avec leurs mères, en cas de décès du père. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que le Patriarche Loth épouse ses deux filles à la fois. Il paraît que les privilèges de ces castes et leur religion n'ont eu qu'un même berceau ; car comment expliquer l'analogie frappante qui existe dans leurs coutumes?
La caste des Mages, à son origine, comme celle des Lévites, était peu nombreuse ; par la suite, elle se multiplia extraordinairement ; au commencement, elle ne possédait que des bourgs. Peu après, elle obtint des villes ; arrivée par-là à un haut degré de force physique, les Mages et les Lévites, se fiant sur leur nombre, cherchèrent des révolutions, intriguèrent contre les gouvernements et les Rois.
Sozamène II, pag. 73, dit que la caste des Mages était anciennement divisée en trois classes : 1° les Erbids, prêtres apprentis; 2.° les Mobids, professes-maitres; 5."les Destours-Mobids, prêtres accomplis (Maîtres Parfaits).
Aujourd'hui, aux Indes orientales, ces classes se subdivisent ainsi :
1° Les Erbides, qu'on initie par la purification de l'eau et du feu , professent les études relatives aux initiations, étudient les cérémonies, et les jours de fête lisent au public l'Izechne et le Vendidal, qui traitent des devoirs des hommes. Lorsque, par l'exercice de ces premières fonctions sacerdotales, par leur zèle, par leur étude, ils se trouvent instruits, ils deviennent
2.° Mobids. C'est cette classe qui s'occupe de l'interprétation des autres livres de Zend-Avesta, écrits dans l'ancienne langue. Si, après un certain temps, le Mobids n'arrive pas à expliquer et comprendre ces livres , il entre dans les
3.° Destours. Cette classe se borne à l'étude de la loi du Zenda et du Pehlvi, c'est une classe stationnaire; le Mobid qui a pu expliquer et entendre les autres ouvrages du Zend-Avesta devient
4.° Destours Mobids. Il est à la tête des Mobids : de cette quatrième classe, les plus savans et les plus anciens deviennent
5.° Destours de Destours qui équivalent aux Grands-Prêtres juifs et aux Evêques chrétiens, ils décident des points difficiles et de la loi divine, qui, comme dans toutes les religions, est écrite aussi obscurément que possible. Les sages législateurs des cultes ont toujours écrit de manière que partout il faut des interprètes. Les Destours des Destours décident les cas de conscience, et en vertu de cette grâce spéciale que Dieu leur a accordé en personne, les croyans leur paient la dîme. Il paraît que partout où il y a des interprètes de la loi divine, on ne dispense pas gratuitement les dons célestes.
Un Apôtre de Jésus en a fait un devoir à ses frères, qui ne se sont guère mis en peine d'observer, en leur disant : Date gratis quod gratis accepistis.
Les préceptes du Zend-Avesta sont simples, ils sont ceux de la loi juive et chrétienne ; c'est Dieu même qui parle :

« Il y a moi, seul Dieu. Il y a deux principes, un bon, l'autre mauvais ; lumière et ténèbres."

«Ne vous souillez pas ; instruisez les ignorants ; bénissez les mariages ; fréquentez vos Temples : méditez avec respect le Zend-Avesta qui doit seul être votre loi ; que ceux qui voudraient l'adultérer soient punis éternellement par le Ciel ».
Les préceptes des Archi-Mages sont les suivants :

« Ne soyez ni ambitieux ni vains; relevez la dîme des peuples; soyez miséricordieux, c'est le plus bel emploi des richesses que le Ciel vous accorde ; lavez-vous souvent; ayez votre habitation prés du Temple pour y entrer sans être aperçu ; surpassez les autres Mages en vertu et en connaissances de la vraie science; ne craignez que moi, Dieu ; reprenez les méchants. de quel rang qu'ils soient, sans indulgence ; portez la vérité devant les Souverains; souvenez vous de moi, Dieu, jusqu'à la consommation des siècles qui sera faite par le feu ( Le dogme du Jugement et de la Fin du Monde a été enseigné chez les Chrétiens bien après celui des Mages.). Ainsi soit-il ».
Nous croyons inutile de faire sortir des comparaisons de ces préceptes, avec ceux transmis oralement aux initiations égyptienne, juive et chrétienne.
Le temps , qui altère et change tout, malgré la simplicité de ce dogme, amena des hérésies, comme nous le verrons à l'article de Mânes. Dès-lors les Mages se divisèrent, s'anathématisérent réciproquement. Le sujet de la question était sur la priorité dans l'existence des deux principes, bon et mauvais, et sur celle de savoir si les deux principes étaient coéternels avec l'Etre premier, Dieu. La philosophie du Zend-Avesta passa dans l'Asie occidentale et en Grèce, chez les Persans, chez les Arabes, chez les Juifs ; pour ce dernier peuple, composé de pasteurs paresseux et ignorants, il fallut, après la captivité de Babylone, qu'on lui traçât un code religieux, qui, émanant des susdits principes, lui offrît une histoire et des fastes. Ce livre, qui date de cette époque incertaine, fut dicté par l'emphase orientale, et orné de systèmes obscurs qu'il est impossible à la raison humaine de débrouiller, et dont l'interprétation devait se refuser aux recherches les plus obstinées de ses interprètes.
La philosophie religieuse du Zend-Avesta existe dans la Bible : elle arriva en Judée et dans l'Arabie après la captivité des Juifs en Babylone ; mais avec elle les visions et les fables orientales dépouillées, par la nature de ce peuple, de toute science, et en particulier de l'astronomie, qui ne fut conservée que secrètement dans les mystères d'Hiram et dans la loi orale ; pour lors, ce livre sacré ne fut rempli que de Démons, d'Anges, de visions, de miracles ; ce qui a défiguré entièrement l'ancien culte des Mages.
La Divinité apparente des anciens Mages perses, était Mythras, auquel on avait adjoint Orosraade et Orimane, le bon et le mauvais principe ; Mythras était par-là un et triple : c'est de là que Platon emprunta sa Trinité, et d'où différentes religions tirèrent la leur, à en croire de hardis critiques. M. Anquetil du Peron séjourna exprès aux Indes pour connaître la religion des Parsis, chez lesquels la religion de Mythras s'est réfugiée.
Il a même traduit le Zend-Avesta et autres ouvrages attribués à Zoroastre.

   

Source : http://graal.over-blog.com/article-7290500.html

 

   

 

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Discours Sur la Mythologie

4 Novembre 2012 , Rédigé par PVI Publié dans #Planches

André-Michel chevalier de Ramsay n'a certes jamais fondé de rite ni de grades. Mais cet Ecossais est sans doute le plus grand docteur de ce courant qui, au sein de la franc-maçonnerie universelle, se plaît à expliciter le caractère initiatique, ésotérique, en même temps que traditionnel, de l'Ordre, et qu'on nomme « écossais », sans que la référence géogra­phique ait d'autre sens que celui d'un hommage rendu au premier pays des gentlemen-masons. Le grade de maître écossais naquit à Londres, le courant écossais naquit en France.

Le discours de Ramsay est fameux. Il a été publié ici même dans une édition critique (1) et l'on a sou­ligné que si, souvent, en effet, l'auteur développe, il demeure fidèle à l'histoire légendaire de la franc- maçonnerie, telle que James Anderson la mit au point en tête des premières constitutions de la maçon­nerie moderne.

« Universae religionis vindex et martyr », « défen­seur et martyr de la religion universelle » : c'est l'épi­taphe que Ramsay lui-même s'était composée. Cette religion universelle », cette « religion catholique », selon l'expression synonyme d'Anderson — l'accord reste entier —, cette religion commune à tous les maçons, Ramsay en donne la plus juste idée dans son

Discours sur la mythologie qui sera réédité ci-après .

Mon premier dessein avait été d'insérer dans mon Livre des Notes détachées : mais comme la lecture de ces remarques cri­tiques détourne trop l'attention de l'Histoire principale, j'ai cru devoir les réunir dans un discours suivi, que je divise en deux parties.

Dans la première, je montrerai que les Philosophes de tous les temps, et de tous les pays, ont eu l'idée d'une Divinité suprême, distincte et séparée de la matière. La seconde servira à faire voir que les vestiges des principaux dogmes de la Religion révélée, sur les trois états du monde, se rencontrent dans la Théologie de toutes les Nations.

PREMIERE PARTIE

De la Théologie des païens

Je commence d'abord par les Mages ou les Philosophes per­sans. Selon le témoignage d'Hérodote, les anciens Perses n'avaient ni statues, ni temples, ni autels. « Ils appellent folie, dit cet auteur, de croire comme les Grecs que les Dieux ont une figure, et une origine humaine. Ils montent sur les plus hautes montagnes pour sacrifier. Il n'y a chez eux ni libations, ni musique, ni offrandes. Celui qui fait le sacrifice, mène la victime dans un lieu pur, et invoque le Dieu auquel il veut sacrifier, ayant la tiare couronnée de myrthe. Il n'est pas permis au sacrificateur de prier pour lui en particulier ; mais, il doit avoir pour objet le bien de toute la Nation, et il se trouve ainsi compris avec tous les autres. »

Strabon rend le même témoignage aux anciens Perses. « Ils n'érigeaient ni statues, ni autels, dit cet Historien. Ils sacrifiaient dans un lieu pur, et fort élevé, où ils immolaient une victime couronnée. Quand le Mage en avait divisé les parties, chacun prenait sa portion. Ils ne laissaient rien pour les Immortels, disant que Dieu ne veut autre chose que l'âme de la victime. »

Les Orientaux persuadés de la Metempsychose, croyaient que la victime était animée d'une intelligence, dont les peines expia­trices finissaient par le sacrifice.

Il est vrai que les Perses, ainsi que les autres païens, ado­raient le feu, le soleil et les astres ; mais on verra qu'ils les regar­daient uniquement comme des images visibles et des symboles d'un Dieu suprême, qu'ils croyaient être le seul maître de la nature.

Plutarque nous a laissé dans son traité d'Isis et d'Osiris, un fragment de la Théologie des Mages. Cet historien philosophe nous assure qu'ils définissaient le grand Dieu Oromaze, le principe de lumière qui a tout opéré, et tout produit. Ils admettaient encore un autre Dieu, mais subalterne, qu'ils nommaient Mythras ou le dieu Mitoyen. Ce n'était pas un Etre coéternel avec la Divinité suprême, mais la première production de sa puissance, qu'il avait préposé pour être le Chef des Intelligences.

La plus belle définition de la Divinité qui se trouve parmi les anciens, est celle de Zoroastre. Elle nous a été conservée par Eusèbe dans sa Préparation évangélique. Cet auteur n'était pas trop favorable aux païens. Il cherchait sans cesse à dégrader leur philosophie. Cependant il dit avoir lu mot pour mot les paroles suivantes dans un Livre de Zoroastre qui existait de son temps, et qui avait pour titre « Recueil sacré des Monuments persans ».

« Dieu est le premier des incorruptibles, éternel, non engendré. Il n'est point composé de parties. Il n'y a rien de semblable ni d'égal à lui. Il est auteur de tout bien, désintéressé, le plus excellent de tous les êtres excellents, et la plus sage de toutes les Intelligences. Le père de la justice et des bonnes lois ; instruit par lui seul, suffisant à lui-même, et premier producteur de la Nature. »

Les auteurs modernes des Arabes et des Persans, qui nous ont conservé ce qui reste de l'ancienne doctrine de Zoroastre parmi les Guebres et les Ignicoles, assurent que les premiers Mages n'admettaient qu'un seul principe éternel.

Abulfeda, cité par le célèbre Docteur Pocok, dit que selon la primitive doctrine des Perses « Dieu était plus ancien que la lumière et les ténèbres et qu'il avait existé de tout temps, dans une solitude adorable, sans compagnon et sans rival. »

Saristhani, cité par M. Hydde, « dit que les premiers Mages ne regardaient point le bon et le mauvais principe comme coéternels, mais qu'ils croyaient que la lumière était éternelle, et que les ténèbres avaient été produites par l'infidélité d'Ahriman, chef des Génies. »

M. Bayle dit dans son dictionnaire que les anciens Perses étaient tous Manichéens. Il aurait sans doute abandonné ce senti­ment, s'il avait consulté les auteurs originaux. C'est ce que ce célèbre critique ne faisait pas toujours. Il avait un génie capable de tout approfondir ; mais il écrivait quelquefois à la hâte, et se contentait d'effleurer les matières les plus graves. D'ailleurs on ne peut justifier cet auteur d'avoir trop aimé l'obscurité désolante du Pyrrhonisme. Il semble dans ses ouvrages être toujours en garde contre les idées satisfaisantes sur la religion. Il montre avec art et subtilité tous les côtés obscurs d'une question, mais il en présente rarement le point lumineux, d'où sort l'évidence. Quels éloges n'eût-il pas mérité, s'il avait employé ses rares talents plus utilement pour le genre humain !

Telle est la Théologie des anciens Perses, que j'ai mise dans la bouche de Zoroastre. Les Egyptiens avaient à peu près les mêmes principes que les Orientaux. Rien n'est plus absurde que l'idée qu'on nous donne ordinairement de leur théologie. Rien aussi n'est plus outré que le sens allégorique que certains auteurs ont voulti trouver dans leurs hiéroglyphes.

D'un côté il est difficile de croire que la nature humaine puisse jamais être assez aveuglée pour adorer des insectes, des reptiles, et des plantes qu'on voit naître et périr tous les jours, sans y attribuer certaines vertus divines, ou sans les regarder comme des symboles de quelque puissance invisible. Dans les pays les plus barbares, on trouve quelques connaissances d'un Etre supérieur, qui fait l'objet de la crainte, ou de l'espérance des sauvages les plus grossiers. Quand on supposerait qu'il y a des peuples tombés dans une ignorance assez profonde pour n'avoir aucun sentiment de la Divinité ; il est certain que l'Egypte ne saurait être accusée de cette Ignorance. Tous les historiens sacrés et profanes parlent de ce peuple comme de la plus sage de toutes les Nations ; et l'un des éloges que le Saint-Esprit donne à Moïse et à Salomon, est qu'ils étalent instruits dans toutes les sciences des Egyptiens. L'Esprit divin aurait-il loué ainsi la sagesse d'une Nation tombée dans une barbarie assez grossière pour adorer les oignons, les cro­codiles et les reptiles les plus méprisables.

D'un autre côté certains auteurs modernes veulent trop exal­ter la théologie des Egyptiens, et trouver dans leurs hiéroglyphes tous les mystères du christianisme. Après le déluge, Noé ne laissa point sans doute ignorer à ses enfants, les grands principes de la religion sur les trois Etats du monde. Cette tradition a pu se répandre de génération en génération parmi tous les peuples de la terre ; mais il ne faut pas conclure de là que les païens eussent des idées aussi claires sur la Nature divine et sur le Messie qu'en avaient les Juifs. Cette supposition, loin de rendre hommage aux Livres sacrés, les dégrade. Je tâcherai de garder le juste milieu entre ces deux extrémités.

Plutarque dans son Traité d'Isis et d'Osiris, nous apprend que la théologie des Egyptiens avait deux significations. L'une sainte et symbolique. L'autre vulgaire et littérale, et par conséquent que les figures des animaux qu'ils avaient dans leurs temples et qu'ils paraissaient adorer, n'étaient que des hiéroglyphes, pour repré­senter les attributs divins.

Suivant cette distinction, il dit qu'Osiris signifie le principe actif ou le Très-saint ; Isis, la sagesse ou le terme de son opé­ration ; Orus, la première production de la puissance, le modèle selon lequel il a tout produit, ou l'archétype du monde.

Il serait téméraire de soutenir que les païens aient jamais eu aucune connaissance d'une trinité de personnes distinctes, dans l'Unité indivisible de la Nature divine. Mais il est constant que les Chaldéens et les Egyptiens croyaient que tous les attributs de la Divinité pouvaient se réduire à trois : Puissance, Intelligence et Amour. Ils distinguaient aussi trois sortes de mondes : le monde sensible, le monde aérien et le monde étheréen. Dans chacun de ces mondes ils reconnaissaient encore trois principales propriétés, figure, lumière et mouvement ; matière, forme et force. C'est pour cela que les anciens philosophes regardaient le nombre de trois comme mystérieux.

En lisant avec attention le Traité de Plutarque, les ouvrages de Jamblique, et tout ce qui nous reste sur la religion des Orientaux et des Egyptiens, on verra que la mythologie de ces peuples regarde principalement les opérations internes, et les attributs de la divinité ; comme celle des Grecs, ses opérations externes, ou les propriétés de la Nature. Les Orientaux et les Egyptiens avaient l'esprit plus subtil et plus métaphysique que les Grecs et les Romains. Ces derniers aimaient mieux les sciences qui sont du ressort de l'imagination et du sentiment. Cette clef peut servir beaucoup à l'intelligence des anciennes mythologies.

Plutarque conclut ainsi son Traité d'Isis et d'Osiris : « Comme l'on dit que celui qui lit les Ouvrages de Platon, lit Platon ; et celui qui joue la comédie de Ménandre, joue Ménandre ; de même les anciens ont appelé du nom des Dieux les différentes productions de la Divinité. Plutarque avait dit plus haut qu'il faut prendre garde de ne pas transformer, dissoudre et dissiper la Nature divine en rivières, en vents, en végétations, en formes et en mouvements corporels ; ce serait ressembler à ceux qui croient que les voiles, les câbles, les cordages et l'ancre sont le pilote ; que le fil, la trame et la navette sont le tisserand.

Par cette conduite insensée on blasphémerait contre les Puissances célestes, en donnant le nom de Dieu à des natures insensibles, inanimées et corruptibles. Rien de ce qui n'a point d'âme, poursuit-il, rien de matériel et de sensible ne peut être Dieu.

Il ne faut pas croire non plus que les Dieux soient différents selon les différents pays, Grecs et Barbares, Septentrionaux et Méridionaux. Comme le Soleil est commun à tous, quoiqu'on l'appelle de divers noms en divers lieux ; de même il n'y a qu'une seule Intelligence souveraine, et une même Providence qui gouverne le monde, quoiqu'on l'adore sous différents noms, et quoiqu'elle ait établi des puissances inférieures pour ses ministres. Voilà, selon Plutarque, la doctrine des premiers Egyptiens sur la Nature divine. »

Origène qui était contemporain de Plutarque, suit les mêmes principes dans son livre contre Celse. Ce philosophe païen se vantait de connaître la religion chrétienne, parce qu'il en avait vu quelques cérémonies, mais il n'en pénétrait point l'esprit. Origène s'exprime ainsi : « En Egypte les philosophes ont une science sublime et cachée sur la Nature divine, qu'ils ne montrent au peuple que sous l'enveloppe de fables et d'allégories. Celse ressemble à un homme qui, ayant voyagé dans ce pays, et qui n'ayant jamais conversé qu'avec le vulgaire grossier, croirait entendre la religion égyptienne. Toutes les Nations orientales, ajoute-t-il, les Perses, les Indiens, les Syriens cachent des mystères secrets sous leurs fables religieuses. Le Sage de toutes ces religions en pénètre le sens, tandis que le vulgaire n'en voit que le symbole extérieur et l'écorce. »

Ecoutons à présent Jamblique qui avait étudié à fond la reli­gion des Egyptiens. Il vivait au commencement du troisième siècle, et était disciple du fameux Porphyre, selon le témoignage de S. Clément et de S. Cyrille d'Alexandrie. On lisait encore alors plu­sieurs livres égyptiens qui n'existent plus aujourd'hui. Ces livres étaient respectés par leur antiquité. On les attribuait à Hermès Trismégiste, ou à quelqu'un de ses premiers disciples. Jamblique avait lu ces livres que les Grecs avaient fait traduire. Voici ce qu'il dit de la théologie qu'ils enseignaient.

« Selon les Egyptiens, le premier Dieu exista dans son unité solitaire avant tous les êtres. Il est la source et l'origine de tout ce qui est intelligent ou intelligible. Il est le premier principe, suffisant à lui-même, incompréhensible et le père de toutes les essences. »

Hermès dit encore, continue Jamblique, « que ce Dieu suprême a proposé un autre Dieu nommé Emeph, comme chef de tous les esprits éthéréens, empyréens et célestes ; que ce second Dieu qu'il appelle conducteur, est une sagesse qui transforme et qui convertit en elle toutes les intelligences. Il ne préfère à ce Dieu conducteur que le premier intelligent et le premier intelligible, qu'on doit adorer dans le silence. »

Il ajoute « que l'Esprit producteur a différents noms, selon ses différentes propriétés ou opérations ; qu'on l'appelle en langue égyptienne Amoun, en tant qu'il est sage ; Ptha, en tant qu'il est la vie de toutes choses, et Osiris, en tant qu'il est l'auteur de tout bien. »

Telle est, selon Jamblique, la doctrine des Egyptiens ; par-là il est manifeste qu'ils admettaient un seul principe et un Dieu Mitoyen somblable au Mythras des Perses.

L'idée d'un esprit préposé par la divinité suprême pour être le chef et le conducteur de tous les esprits, est très ancienne. Les docteurs hébreux croyaient que l'âme du Messie avait été créée dès le commencement du monde et préposée à tous les ordres des intelligences. Cette opinion était fondée sur ce que la Nature finie ne peut pas contempler sans cesse les splendeurs de l'essence divine ; qu'elle est obligée d'en détourner quelquefois la vue, pour adorer le Créateur dans ses productions, et que dans ces moments il fallait un chef qui conduise les esprits par toutes les régions de l'immensité, pour leur en montrer les beautés et les merveilles.

***

Pour connaître à fond la théologie des Orientaux et des Egyp­tiens, examinons celle des Grecs et des Romains qui en dérive originairement. Les philosophes de la Grèce allaient étudier la sagesse en Asie et en Egypte. Thalès, Pythagore, Platon, y ont puisé leurs plus grandes lumières : les traces de la tradition orientale sont presque effacées aujourd'hui • mais on nous a conservé plu­sieurs monuments de la théologie des Grecs. Jugeons des maîtres par leurs disciples.

Il faut distinguer les dieux des poètes d'avec ceux des philoso­phes. La poésie divinise toutes les différentes parties de la Nature, et donne tour à tour de l'esprit au corps, et du corps aux Esprits. Elle exprime les opérations et les propriétés de la matière par les actions et les passions des Puissances invisibles, que les païens supposaient conductrices de tous les mouvements et de tous les événements qu'on voit dans l'univers. Les poètes passent subitement de l'allégorie au sens littéral, et du sens littéral à l'allé­gorie, des Dieux réels aux Dieux fabuleux ; c'est ce qui cause le mélange de leurs images, l'absurdité de leurs fictions, et l'indé­cence de leurs expressions justement condamnées par les philo­sophes.

Malgré cette multiplicité de Dieux subalternes, ces poètes reconnaissaient cependant qu'il n'y avait qu'une seule divinité suprême ; c'est ce que nous allons voir dans les très anciennes traditions qui nous restent de la philosophie d'Orphée. Je suis bien éloigné de vouloir attribuer à ce poète les ouvrages qui por­tent son nom. Je crois avec le célèbre Grotius, que les pythagori­ciens qui reconnaissaient Orphée pour leur maître, sont les auteurs de ces livres. Quoiqu'il en soit, comme ces écrits sont plus anciens qu'Hérodote et Platon et qu'ils étaient fort estimés parmi les païens, nous pouvons juger par les fragments qui nous en restent de l'ancienne théologie des Grecs.

Voici l'abrégé que fait Timothée cosmographe de la doctrine d'Orphée ; cet abrégé nous a été conservé dans Suidas, Cedrenus et Eusèbe.

« Il y a un Etre inconnu, qui est le plus élevé et le plus ancien de tous les Etres, et le Producteur de toutes choses, même de l'Ether et de tout ce qui est au-dessous de l'Ether. Cet Etre sublime est Vie, Lumière, Sagesse ; ces trois noms marquent la même et unique Puissance qui a tiré du néant tous les Etres visibles et invisibles. »

Il paraît par ce passage que l'idée de la création, c'est-à-dire de la production des substances, n'était pas inconnue aux philoso­phes païens ; nous la trouverons bientôt dans Platon.

Proclus nous a conservé encore ce merveilleux passage de la théologie d'Orphée : « L'univers a été produit par Jupiter. L'Empyrée, le profond Tartare, la Terre et l'Océan, les Dieux immortels et les Déesses, tout ce qui est, tout ce qui a été, tout ce qui sera, était contenu originairement dans le sein fécond de Jupiter et en est sorti. Jupiter est le premier et le dernier, le commencement et la fin. Tous les Etres émanent de lui. Il est le Père primitif et la Vierge immortelle. Il est la vie, la cause et la force de toutes choses. Il n'y a qu'une seule Puissance, un seul Dieu, et un seul Roy universel de tout. »

Je finis la théologie d'Orphée par ce passage fameux de l'au­teur des Argonautiques, qui a suivi la doctrine d'Orphée. « Nous chanterons d'abord un hymne sur l'ancien chaos, comment le ciel, la mer et la terre en furent formés. Nous chanterons aussi l'amour parfait, sage et éternel, qui a débrouillé ce chaos. »

Il paraît par la doctrine de la théogonie, ou la naissance des Dieux qui est même que la cosmogonie, ou la génération de l'univers, que les anciens poètes rapportaient tout à un premier Etre de qui tous les autres émanaient. Le poème de la théogonie d'Hesiode parle de l'amour comme du premier principe qui débrouilla le Chaos. « De ce chaos sortit la nuit ; de la nuit, l'Ether ; de l'Ether, la lumière ; ensuite les étoiles, les planètes, la terre, et enfin les Dieux qui gouvernent tout. »

Ovide parle aussi le même langage dans le premier livre de ses Métamorphoses : « Avant qu'il y eut, dit-il, une mer et une terre ; avant qu'il y eut un ciel qui enveloppât le monde, toute la nature était une masse informe et grossière que l'on nomme le Chaos. Les semences de toutes choses étaient dans une perpétuelle discorde ; mais une divinité bienfaisante termina tous ces différends. » Il est évident par ces paroles que le poète latin, qui a suivi la tradition grecque, distingue entre le chaos et Dieu qui le débrouilla avec intelligence.

Je dois remarquer ici cependant que la mythologie grecque et romaine sur le chaos est bien plus imparfaite que celle des Orien­taux et des Egyptiens, qui nous enseignent qu'un état heureux et parfait a précédé le chaos ; que le bon principe n'a pu rien pro­duire de mauvais ; que son premier ouvrage ne pouvait pas être la confusion et le désordre ; et enfin que le mal physique n'a été qu'une suite du mal moral. L'imagination des poètes grecs enfanta d'abord la monstrueuse doctrine de Manès sur les deux principes coéternels ; une intelligence souveraine et une matière aveugle ; la lumière et les ténèbres ; un chaos informe et une divinité qui se débrouille.

Je quitte Hesiode et Ovide, pour parler de la théologie d'Ho­mère et de Virgile son imitateur. Quiconque lira attentivement ces deux poètes épiques verra que le merveilleux qui règne dans leurs fables est fondé sur ces trois principes : 1° Qu'il y a un Dieu suprême qu'ils appellent partout le Père et le Maître souverain des hommes et des dieux, l'Architecte du monde ; le prince et le gou­verneur de l'univers, le premier Dieu et le grand Dieu. 2° Que toute la Nature est remplie d'intelligences subalternes qui sont les minis­tres de cette divinité suprême. 3° Que les biens et les maux, que les vertus et les vices, que les connaissances et les erreurs vien­nent de l'action et de l'inspiration différente des bons et des mau­vais génies qui habitent l'air, la mer, la terre et le ciel.

Les poètes tragiques et lyriques parlent comme les poètes épiques. Euripide reconnaît hautement la dépendance de tous les êtres d'un seul principe : « O I Père et Roy des hommes et des dieux, dit-il, pourquoi croyons-nous, misérables mortels, savoir ou pouvoir quelque chose ; notre sort dépend de votre volonté. »

Sophocle nous représente la divinité comme une intelligence souveraine qui est la vérité, la sagesse et la loi éternelle de tous les esprits : « La nature mortelle, dit-il, n'a point engendré les lois : elles viennent d'en haut : elles descendent du ciel même. Jupiter olympien en est le seul Père. »

Pindare dit « que Chiron apprenait à Achille à adorer au-dessus de tous les autres dieux, Jupiter qui lance la foudre. »

Plaute introduit un dieu subalterne parlant ainsi : « Je suis citoyen de la cité céleste, dont Jupiter, père des dieux et des hommes, est le chef. Il commande aux nations, et nous envoie par tous les royaumes pour connaître les mœurs et les actions, la piété et la vertu des hommes. C'est en vain que les mortels tâchent de le corrompre par les offrandes et les sacrifices. Ils perdent leur peine, car il a en horreur le culte des impies. »

« Muses, dit Horace, célébrez en premier lieu, selon la coutume de nos pères, le grand Jupiter qui gouverne les mortels et les immortels, la terre, les mers et tout l'univers. Il n'y a rien « de plus grand que lui, rien de semblable, rien d'égal à lui. »

Je finis ce que j'ai à citer des poètes par ce passage merveil­leux de Lucain. Lorsque Caton arrive au temple de Jupiter Ammon, après avoir traversé les déserts de la Lybie, Labienus veut le per­suader de consulter l'oracle. Voici la réponse que le poète met à la bouche de ce

philosophe Heros : « Pourquoi me proposez-vous, ô Labienus, de demander à l'oracle si l'on doit mieux aimer mourir libre les armes à la main, que de voir la tyrannie triompher dans sa Patrie ; si cette vie mortelle n'est que le retardement d'une immortalité heureuse ; si la violence peut nuire à un homme de bien ; si la vertu ne nous rend point supérieurs aux malheurs et si la vraie gloire dépend des succès : nous savons déjà ces vérités et l'oracle ne peut pas nous faire des réponses plus claires que celles que Dieu nous fait à tout moment dans le « fond de notre cœur. Nous sommes tous unis à la divinité, elle n'a pas besoin de paroles pour se faire entendre et elle nous a « dit en naissant tout ce que nous avons besoin de savoir. Elle n'a pas choisi les fables arides de la Lybie pour y ensevelir la « vérité, afin qu'elle ne soit entendue que d'un petit nombre de personnes. Elle le fait connaître à tous. Elle remplit tous les « lieux, la terre, la mer, l'air, le ciel. Elle habite surtout dans l'âme des justes. Pourquoi la chercher plus loin ? »

Passons des poètes aux philosophes, et commençons par Tha­lès Milesien, chef de l'école ionique. Il vivait plus de six cents ans avant l'ère chrétienne. Nous n'avons aucun de ses ouvrages ; mais voici quelques-unes de ses maximes, qui nous ont été conservées par les auteurs les plus respectables de l'antiquité.

« Dieu est le plus ancien de tous les Etres. Il a produit l'uni vers plein de merveilles. Il est l'intelligence qui a débrouillé le chaos. Il est sans commencement et sans fin et rien ne lui est caché. Rien ne peut résister à la force du destin ; mais ce destin n'est autre que la raison immuable et la puissance éter­« nelle de la Providence. »

Ce qu'il y a de plus surprenant en Thalès, c'est la définition de l'âme. Il l'appelle « un principe ou une nature que se meut elle même, pour la distinguer de la matière. »

Pythagore est le second grand philosophe après Thalès, et le chef de l'école italique.

On sait l'abstinence, le silence, la retraite et la grande pureté de mœurs qu'il exigeait de ses disciples. Il avait senti que l'esprit seul ne peut atteindre à la connaissance des choses divines, à moins que le cœur ne soit épuré de ses passions. Voici les idées qu'il nous donne de la divinité.

« Dieu n'est ni sensible, ni passible, mais invisible, purement intelligible et souverainement intelligent. Par son corps, il ressemble à la lumière, et par son âme à la vérité. Il est l'Esprit uni­versel qui pénètre et qui se répand par toute la Nature. Tous les êtres reçoivent leur vie de lui. Il n'y a qu'un seul Dieu, qui n'est pas, comme quelques-uns se l'imaginent, placé au-dessus du monde, hors de l'enceinte de l'univers : mais étant tout entier en soi, il voit tous les êtres qui remplissent son immensité. Principe unique, lumière du ciel, père de tous, il produit tout, il arrange tout, il est la raison, la vie et le mouvement de tous les êtres. »

Il enseignait qu'outre le premier principe, il y avait trois sortes d'intelligences, les dieux, les héros et les âmes. Il regardait les premiers comme les images inaltérables de la souveraine intelli­gence ; les âmes humaines comme les moins parfaites des susbs­tances raisonnables ; et les héros comme des êtres mitoyens pla­cés entre les deux, pour élever les âmes à l'union divine.

Il nous représente ainsi l'immensité comme remplie d'esprits de différents ordres. Thalès avait la même idée. Ces deux sages avaient puisé cette doctrine en Egypte, où l'on croyait que c'était borner la puissance divine, que de la supposer moins féconde en intelligences, qu'en objets matériels.

C'est là le vrai sens de cette expression fameuse attribuée aux pythagoriciens, que l'unité a été le principe de toutes choses, et que de cette unité était sortie une dualité infinie. On ne doit pas entendre par cette dualité deux des personnes de la Trinité chrétienne, ni les deux principes de Manès ; mais un monde d'intel­ligence et de corps qui est l'effet dont l'unité est la cause. C'est là le sentiment de Porphyre. Il doit être préféré à celui de Plutar­que, qui veut attribuer à Pythagore le système manichéen, sans en donner aucune preuve.

Pythagore définissait l'âme comme Thalès, un principe qui se meut lui-même. Il soutenait de plus « qu'en sortant du corps, elle se réunit à l'âme du monde ; qu'elle n'est pas un Dieu, mais l'ouvrage d'un Dieu éternel et qu'elle est immortelle à cause de son principe. »

Ce philosophe croyait que l'homme était composé de trois parties, de l'esprit pur d'une manière éthérée, qu'il appelait le char subtil de l'âme et d'un corps mortel ou grossier. Il était encore redevable de cette idée aux Egyptiens, qui l'avaient donnée peut être aux Hébreux, dont la théologie distingue l'esprit pur, le corps céleste et le corps terrestre.

Les pythagoriciens appellent souvent le char subtil ou le corps céleste, l'âme, parce qu'ils la regardent comme la vertu active qui anime le corps terrestre. C'est ce qui fait croire à ceux qui n'approfondissent point leur philosophie, qu'ils regardaient la subs­tance pensante comme matérielle. Rien n'est plus faux. Ils distin­guaient toujours entre l'entendement ou l'esprit pur et l'âme ou le corps éthéréen. Ils regardaient l'un comme la source de nos pensées ; l'autre comme la cause de nos mouvements et les croyaient deux substances différentes. Anaxagore, comme nous verrons bientôt, redressa cette erreur.

Les anciens poètes grecs avaient déguisé cette opinion. Ils appelaient le corps céleste le simulacre, l'image ou l'ombre, parce qu'ils s'imaginaient que ce corps subtil en descendant du ciel pour animer le corps terrestre, en prenait la forme, comme la fonte prend celle du moule où on la jette. Ils disaient qu'après la mort, l'esprit revêtu de ce char subtil s'envolait vers les régions de la Lune, où ils avaient placé les champs Elysées. Selon eux, il arri­vait là une seconde mort par la séparation de l'esprit pur d'avec son char. L'un se réunissait aux Dieux et l'autre restait dans le séjour des ombres ; c'est pour cela qu'Ulysse dit dans l'Odyssée,

« qu'il aperçut dans les champs Elysées le divin Hercule, c'est-à‑dire son image (continue le poète), car pour lui il est avec les Dieux immortels et assiste à leurs festins. »

Pythagore n'adoptait point la fiction poétique de la féconde mort. Il enseignait que le pur esprit et son char subtil étant nés ensemble, étaient inséparables et retournaient après la mort à l'astre d'où ils étaient descendus.

Je ne parle point ici de la métempsychose, elle ne regardait que les âmes qui s'étaient dégradées et corrompues dans les corps mortels. J'en parlerai dans la seconde partie de ce discours.

Je finis l'article de Pythagore par le sommaire que saint Cyrille fait de la doctrine de ce philosophe. Nous voyons clairement, dit ce Père, que Pythagore soutenait qu'il y avait « un seul Dieu, principe et cause de toutes choses, qui éclaire tout, qui anime tout, de qui tout émane, qui a donné l'être à tous et qui est l'origine du mouvement. »

Après Pythagore vient Anaxagore de la secte ionique, né à Clazomene, et maître de Périclès, héros athénien. Ce philosophe fut le premier après Thalès dans l'école ionique qui sentit la néces­sité d'introduire une souveraine intelligence pour la formation de l'Univers. Il rejetta avec mépris et réfuta avec force la doctrine de ceux qui soutenaient que la nécessité aveugle, et les mouve­ments fortuits de la matière avaient produit le monde. Il tâcha de prouver qu'une intelligence pure et sans mélange préside à l'Uni­vers.

Selon le rapport d'Aristote, les raisonnements d'Anaxagore étaient fondés sur deux principes : 1° « que l'idée de la matière ne renfermant pas celle de force, le mouvement ne peut pas être une de ses propriétés. Il faut par conséquent, disait-il, chercher ailleurs la cause de son activité. Or ce principe actif, en tant que la cause du mouvement, il l'appelle l'Ame, parce qu'il anime l'Univers. »

2° « Il distinguait entre ce principe universel du mouvement et le principe pensant, il appelait ce dernier entendement. Il ne voyait rien dans la matière qui fût semblable à cette propriété, de là il concluait qu'il y avait dans la Nature une autre substance que la matière. Mais il ajoutait que l'âme et l'esprit étaient la même substance, qu'on distinguait selon les opérations et que de toutes les essences, elle était la plus simple, la plus pure et la plus exempte de mélange. »

Ce philosophe passait à Athènes pour un athée parce qu'il niait que les astres et les planètes fussent des dieux. Il soutenait que les premiers étaient des soleils et les autres des mondes habitables. Le système de la pluralité des mondes est très ancien.

Platon accuse Anaxagore d'avoir expliqué tous les phénomènes de la Nature par la matière et le mouvement. Descartes n'a fait que renouveler ce sentiment. Il me semble que c'est avec grande injustice qu'on attaquerait le philosophe de Clazomene, ou son imitateur, puisque l'un et l'autre posent pour principe que le mouvement n'est pas une propriété de la matière et que les lois du mouvement sont établies avec connaissance et dessein. En supposant ces deux principes, il me paraît que c'est avoir une idée plus noble et plus digne de la divinité, de soutenir qu'étant présente à son ouvrage, elle donne la vie, l'être et le mouvement à toutes les créatures ; que d'imaginer avec les péripatéticiens des intelligences subalternes, des formes substantielles, des êtres mitoyens et indéfinissables, qui produisent tous les différents arrangements de la matière. Aristote et son école, en multipliant les causes fécondes, ont dérobé à la cause première sa puissance et sa gloire.

Socrate suit de près Anaxagore. On dit vulgairement qu'il a été martyr de l'Unité divine, pour avoir refusé son hommage aux Dieux de la Grèce ; mais c'est une erreur. Dans l'apologie que Platon fait de ce philosophe, Socrate reconnaît des Dieux subal­ternes et enseigne que les astres 'et le soleil sont animés par des intelligences à qui il faut rendre un culte divin. Le même Platon dans son dialogue sur la sainteté, nous apprend que Socrate ne fut point puni pour avoir nié qu'il y eût des Dieux inférieurs, mais parce qu'il déclamait hautement contre les poètes qui attribuaient à ces divinités des passions humaines et des crimes énormes.

En supposant plusieurs divinités inférieures, Socrate n'admet­tait cependant qu'un seul principe éternel. Xénophon nous a laissé un excellent abrégé de la théologie de ce philosophe. C'est peut- être le plus important morceau qui nous reste de l'antiquité. Il contient les entretiens de Socrate avec Aristodème qui doutait de l'existence de Dieu. Socrate lui fait remarquer d'abord tous les caractères de dessein, d'art et de sagesse répandus dans l'univers, et surtout dans la mécanique du corps humain. « Croyez-vous, dit-il ensuite à Aristodème, croyez-vous que vous soyez le seul être intelligent ? Vous savez que vous ne possédez qu'une petite parcelle de cette matière qui compose le monde, une petite portion de l'eau qui l'arrose, une étincelle de cette flamme qui l'anime ; l'intelligence vous appartient-elle en propre ? L'avez-vous tellement retirée et renfermée en vous-même, qu'elle ne se trouve nulle part ailleurs ? Le hasard fait-il tout, sans qu'il y ait aucune sagesse hors de vous ? »

Aristodème ayant répliqué qu'il ne voyait point ce sage Archi­tecte de l'Univers, Socrate lui répond : « Vous ne voyez pas non plus l'âme qui gouverne votre corps et qui règle tous ses mouvements ; vous pourriez aussi bien conclure que vous ne faites rien avec dessein et raison, que de soutenir que tout se fait par hasard dans l'Univers. »

Aristodème ayant reconnu un Etre souverain, doute cependant de la Providence, parce qu'il ne comprend pas comment elle peut tout voir à la fois. Socrate lui réplique : « Si l'Esprit qui réside dans votre corps, le meut et le dispose selon sa volonté ; pourquoi la Sagesse souveraine qui préside à l'Univers ne peut-elle pas aussi régler tout comme il lui plaît ? Si votre oeil peut voir les objets à la distance de plusieurs stades, pourquoi l’œil de Dieu ne peut-il pas tout voir à la fois ? Si votre âme peut penser en même temps à ce qui est à Athènes, en Egypte et en Sicile ; pourquoi la Sagesse divine ne peut-elle pas avoir soin de tout, étant présente partout à son ouvrage ? »

Socrate sentant enfin que l'incrédulité d'Aristodème venait plutôt de son coeur que de son esprit, conclut par ces paroles :

« O ! Aristodème, appliquez-vous sincèrement à adorer Dieu ; il vous éclairera et tous vos doutes se dissiperont bientôt. »

Platon disciple de Socrate suit les mêmes principes. Il vivait dans un temps où la doctrine de Démocrite avait fait de grands progrès à Athènes. Le dessein de toute la théologie est de nous donner des sentiments nobles de la Divinité ; de nous montrer que les âmes n'ont été condamnées à animer des corps mortels que pour expier les fautes commises dans un état précédent et d'en­seigner enfin que la religion est le seul moyen de nous rétablir dans notre première grandeur. Il méprise tous les dogmes de la superstition athénienne et tâche d'en purger la religion. Le prin­cipal objet de ce philosophe est l'homme immortel. Il ne parle de l'homme politique que pour montrer que le plus court chemin de l'immortalité est de remplir pour l'amour du beau les devoirs de la société civile.

Platon dans un de ses Dialogues définit Dieu la cause pro­ductrice qui fait exister ce qui n'était pas auparavant. Il semble par-là qu'il ait eu une idée de la création. La matière selon lui n'était éternelle que parce qu'elle était produite de tout temps. Il ne l'a jamais regardée comme indépendante de Dieu, ni comme une émanation de la substance ; mais comme une véritable pro­duction. Il est vrai que dans son Timée Locrien il appelle quel­quefois la substance divine une matière incréée mais il la dis­tingue toujours de l'univers sensible, qui n'en est qu'un effet et une production.

Il n'est pas surprenant que Platon aidé de la seule lumière naturelle ait connu la création. Cette vérité ne renferme aucune contradiction. En effet quand Dieu crée, il ne tire pas l'être du néant comme d'un sujet sur lequel il opère ; mais fait exister ce qui n'était pas précédemment. L'idée de puissance infinie suppose nécessairement celle de pouvoir produire de nouvelles substances, aussi bien que de nouvelles formes. Faire exister une substance qui n'existait pas auparavant, ne paraît pas plus inconcevable que de faire exister une forme qui n'était pas auparavant ; puisque dans l'un et l'autre cas on produit un être nouveau. Ce passage du néant à l'être embarrasse également dans tous les deux. Or comme on ne nie pas qu'il y ait une force mouvante, quoiqu'on ne conçoive pas comment elle agit, de même il ne faut pas nier qu'il y ait une puissance cicatrisante, parce que nous n'en avons pas une idée claire.

Revenons à Platon. « Il appelle Dieu le souverain Architecte qui a créé l'Univers et les Dieux et qui fait tout ce qu'il lui plaît dans le ciel, sur la terre, et aux enfers. »

Il considère la Divinité dans la solitude éternelle avant la production des êtres finis. Il dit souvent après les Egyptiens « que cette première source de la Divinité est environnée de ténèbres épaisses ; que nul mortel ne peut les pénétrer et qu'il ne faut adorer ce Dieu caché que par le silence. C'est ce premier principe qu'il appelle en plusieurs endroits l'Etre, l'Unité, le Bien souverain. Le même dans le monde intelligent, que le soleil dans le monde visible ». C'est selon Platon cette fontaine de la Divinité que les poètes nommaient Coelus.

Ce philosophe nous représente ensuite le premier être comme sortant de son unité pour considérer toutes les différentes maniè­res par lesquelles il peut se dépeindre au dehors. Par-là se forme dans l'entendement divin le monde intelligible contenant les idées de toutes choses et les vérités qui en résultent. Platon distingue toujours entre le Bien suprême et cette sagesse qui n'en est que l'émanation. « Ce qui nous présente la vérité, dit-il, et ce qui nous donne la raison, est le Bien suprême. Cet Etre est la cause et la source de la vérité. Il l'a engendrée semblable à lui-même.

Comme la lumière n'est pas le Soleil, mais son émanation ; de même, la vérité n'est pas le premier principe, mais son émanation. Comme le Soleil non seulement éclaire les corps et les rend visibles, mais encore qu'il contribue à leur génération, et à leur accroissement ; de même le Bien suprême fait non seule ment connaître les créatures, mais il leur donne aussi leur être et leur existence. » C'est cette émanation qu'il appelle Saturne; ou le fils de Cœlus.

Il considère enfin la cause productrice comme animant l'Uni­vers et lui donnant la vie et le mouvement. Dans le dixième livre de ses Lois il prouve que la cause du mouvement ne peut pas être corporelle, parce que la matière n'est point active par elle-même et suppose un autre principe pour la mouvoir. Il nomme ce premier moteur l'Ame du monde et Jupiter, ou le fils de Saturne. On voit par-là que la Trinité de Platon ne renferme que trois attributs de la divinité et nullement trois personnes.

Aristote disciple de Platon et prince des philosophes péripa­téticiens, appelle Dieu « l'Etre éternel et vivant, le plus noble de tous les Etres, une substance totalement distincte de la matière, sans étendue, sans division, sans parties et sans succession, qui comprend tout par un seul acte, qui demeurant immobile en soi remue tout et qui possède en lui-même un bonheur parfait, parce qu'il se connaît lui-même et se contemple avec un plaisir infini.

Dans la métaphysique il pose pour principe « que Dieu est une intelligence souveraine qui agit avec ordre, proportion et dessein et qu'il est la source du bon, du beau et du juste. »

Dans son Traité de l'âme, il dit que « l'Intellect suprême est par la nature le plus ancien de tous les Etres, qu'il a une domi­nation souveraine sur tous. Il dit ailleurs que le premier Principe n'est ni le feu, ni la terre, ni l'eau, ni rien de sensible, mais que l'esprit est la cause de l'univers et la source de tout l'ordre et de toutes les beautés, aussi bien que de tous les mouve­ments et de toutes les formes qu'on y admire. »

Ces passages prouvent qu'Aristote ne soutenait l'éternité du monde que comme d'une émanation postérieure en nature à l'In­telligence divine, qui étant tout acte et toute énergie, ne pouvait pas demeurer dans l'oisiveté.

Outre cette substance première et éternelle, il reconnaît plu­sieurs autres intelligences qui président aux mouvements des sphères célestes. « Il n'y a, dit-il, qu'un seul premier moteur et plusieurs dieux subalternes. Tout ce qu'on a ajouté sur la forme humaine de ces divinités, sont des fictions faites exprès pour instruire la multitude et pour faire observer les bonnes lois. Il faut réduire tout à une seule substance primitive et à plusieurs substances subordonnées, qui gouvernent sous elle. Voilà la pure doctrine des Anciens échappée du naufrage des erreurs vulgaires et des fables poétiques. »

(à suivre)

Source : www.ledifice.net

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Anti-maçonnisme : la Franc-Maçonnerie est elle une religion ?

3 Novembre 2012 , Rédigé par Schoenel Publié dans #Anti-Maçonnisme

    

 

Soucieux que le "vent profane" ne souffle pas dans le "Temple", "l'Ordre Maçonnique" s'interdit en loge, toute  polémique sur des sujets ayant trait à une religion et tout débat politique ou social. "Le Grand Architecte de l'Univers" est conçu comme symbole de l'amour, de l'infini et de la perfection, liant entre eux, tous les membres de la confrérie par delà les concepts religieux, métaphysiques ou philosophiques de chacun. Il est le symbole essentiel compréhensible à tous par lequel la "Franc-Maçonnerie" affirme la dimension spirituelle de la Vie.

Selon les principes décrits ci-dessus, la Franc-Maçonnerie serait plutôt un ordre philosophique et moral qu’une religion. Mais est-ce vraiment le cas ? Catéchèse ou moralisme ?  

Y a-t-il une spiritualité maçonnique?  

La franc-maçonnerie est divisée plus ou moins en deux blocs distincts : l'une est d'essence anglo-saxonne (plutôt théiste) et l'autre est latine et plus particulièrement francophone (plutôt laïcs). La franc-maçonnerie anglo-saxonne se distingue des loges françaises en ce sens que la première a toujours été proche de l'"Establishment" et de la Monarchie, alors que la seconde a toujours affectionné les valeurs démocratiques et républicaines. En gros, cela signifie, que les francs-maçons britanniques et américains sont plus enclin au "conservatisme" qu'entretiennent la bourgeoisie et l'aristocratie au pouvoir, celles-ci croyant néanmoins en l'existence d'un "Grand Architecte de l'Univers" (ou en un Dieu créateur qui a un plan bien défini pour l'humanité), alors que les francs-maçons français sont plutôt enclin au "libéralisme" que véhicule le système démocratique humaniste et laïque qui ne croit pas nécessairement en l'existence d'un quelconque créateur de l'univers.

En fait il existe des loges pour satisfaire toutes les croyances. Ce n’est donc pas la foi ou l’athéisme qui unit les francs maçons entre eux mais un rituel ésotérique et symbolique qui est à peu de choses près le même dans toutes les loges. Si ce rituel prend une connotation spirituelle alors le "Maçonnisme" est une religion. C’est l’objet de cette étude, en faire la démonstration !  

En quête d’élévation.  

Les philosophes qui se sont fait recevoir Francs-maçons n’ont pas manqué de distinguer dans l’Ordre maçonnique une spiritualité indépendante de l’organisation fonctionnelle, et ils ont appelé « Maçonnisme » ce qui est du domaine de l’esprit par opposition à la Maçonnerie, vaste association matérialisée. Le Maçonnisme est à la Maçonnerie ce que le Christianisme en sa pureté concevable est par rapport aux églises chrétiennes, ou plus spirituellement la notion d’Epouse de Christ par rapport aux dénominations. La différence est donc dans l’esprit et lui seul.

Au corps, cependant, se rattache une âme, même et peut être surtout quand il s’agit d’une corporation, d’une collectivité permanente. En Maçonnerie, le Maçonnisme représente l’esprit, qui souffle où il veut et ne se laisse pas emprisonner dans l’enceinte des loges. Celles-ci retiennent plus facilement l’âme de la maçonnerie, si bien qu’il y règne une certaine  fraternité. Un corps uni par même esprit.

Le symbolisme ésotérique qui demeure une langue morte pour la grande masse des francs-maçons actuels, ignorent tout des origines lointaines et occultes des symboles qu’ils utilisent. Si correcte que puisse être cérémoniellement leur initiation, les récipiendaires se comportent souvent passivement à l’égard du cérémonial, dont le rôle est de confondre l’esprit du néophyte. Même incompris de ceux qui en sont chargés, l’enseignement ne perd rien de son efficacité spirituelle, dès lors qu’il imprime sa marque aux initiés. Ceux-ci, insensibles à l’ésotérisme du rituel, sont néanmoins sous la domination de forces occultes qui les influencent directement. Les gestes sont accomplis et les paroles prononcées, liant spirituellement les maçons qui souvent ne se contentent que de l’extériorité des mystères sacrés, oubliant toute la profondeur du coté mystique des rites des loges, à la grande satisfaction de celui qui se cache derrière tous ces symboles.  

Aucune association ne fait autant parler d’elle que la Franc-Maçonnerie. On sait que des secrets sont confiés aux Francs-maçons, qui, lors de leur initiation jurent de les garder inviolablement. Pour connaître ces secrets, des hommes de tous les pays, de toutes les races, de toutes les religions et de toutes les conditions sociales se sont fait initier depuis 1717, date de l’institution de la Franc-maçonnerie sous sa forme actuelle.  

Selon les francs-maçons, jusqu’au XVIIIe siècle, on avait cherché le salut des hommes dans la communauté fraternelle de leurs convictions religieuses. Les religions avaient propagé des croyances rivales et chacune se considérait comme la seule vraie ; d’où contestations, discordes véhémentes et guerres désastreuses. Le fanatisme religieux étant envisagé comme responsable de tous ces maux, les partisans de la conciliation reconnurent indispensable de propager la tolérance. Cette vertu philosophique devait tempérer l’absolutisme de la foi. A celui qui croit avoir raison, elle fait admettre que les autres n’ont pas tort à leur point de vue, d’où respect de personnes justifiant par leur conduite les principes inspirateurs de leurs actes. Qui agit bien ne saurait penser mal en sa conscience, quelles que soient ses théories. C’est sur ce postulat que les maçons prirent leur essor et investirent tous les compartiments de la société humaine occidentale moderne.

Sur de telles bases il devient facile d’éloigner les hommes de la foi et du message de la Bible qui ne l’oublions pas est avant tout un message d’amour entre Dieu et les hommes. L’ « amour » maçonnique se porte donc en concurrent direct de celui de Dieu qui serait la cause indirecte des divisions et la querelle dans le genre humain. Il convient donc de fournir aux hommes un substitut fraternel que la religion classique ne saurait donner.

Bref historique  

A la Renaissance, l'Europe recueille tout un héritage ésotérique venant de l'Antiquité. L'alchimie, la kabbale, l'astrologie, la sorcellerie et la magie connaissent un grand développement dont le Rosicrucianisme marque l'aboutissement au XVIIe siècle. Ce mouvement est à mettre en parallèle au vent du renouveau spirituel qui prend naissance en Europe lors de la Réforme dans la période de la Renaissance sous l'impulsion de dissidents catholiques tels que Martin Luther puis Jean Calvin.  A ce renouveau spirituel le diable répond par une contre-réforme alliant ésotérisme, religion et science occulte, pour amener l'humanité vers une aube nouvelle de bonheur, de fraternité et de paix satanique. Ces idées se cristallisent autour du mouvement rosicrucien,

Sur le plan historique, la Franc-Maçonnerie naîtra un siècle plus tard en Angleterre et reprendra les idées de la réforme rosicrucienne. C'est ce qui explique pourquoi certains auteurs, comme J. G. Buhle en 1804 ou Thomas de Quincey en 1824, voient en elle une émanation de la Rose-Croix. Sans procéder directement de la Rose-Croix qui a fleurit au siècle précédent, elle se développe dans un terreau préparé par le Rosicrucianisme. Quelques années après sa naissance, la Franc-Maçonnerie intègrera d'ailleurs un grade de « Chevalier Rose-Croix », puis en vient même à créer plusieurs mouvements rosicruciens, scellant ainsi la fusion occulte des deux ordres. Il est donc plus que probable que la franc-maçonnerie ne soit pas un prolongement des corporations médiévales, mais bien une réponse occulte au renouveau spirituel lié à la réforme protestante de Luther, puis celle de Wesley en Angleterre qui initia le mouvement de réveil Méthodiste et qui mènera encore un siècle plus tard à celui du grand réveil de la Pentecôte. Le maçonnisme n’étant que le pendant occulte des réveils chrétiens en Angleterre et en Amérique.  

Quelques principes fondamentaux de la Franc-Maçonnerie.  

Toutes les loges régulières du monde adoptent des principes et des règles traditionnelles communes. Principes de base définis par la Grande Loge d'Angleterre "Loge Mère du Monde". Parmi les plus remarquables se trouvent :

La Franc-Maçonnerie affirme l'existence de Dieu, Etre Suprême qu'elle désigne sous le nom de Grand Architecte de l'Univers. Elle requiert de tous ses adeptes qu'ils admettent cette affirmation. Cette exigence est absolue et ne peut faire l'objet d'aucun compromis, ni d'aucune restriction. La Franc-Maçonnerie ne définit pas l'être suprême et laisse à chacun la liberté de le concevoir.  

Tout travail maçonnique se fait "A La gloire du grand architecte de l'univers" et en présence des trois grandes lumières de la Franc-Maçonnerie : le volume de la loi sacrée (la Bible) sous l'équerre et le compas, sur lesquels sont prêtés tous les serments et obligations.  

Que la discussion de sujets politiques ou religieux soit strictement interdite au sein de la Loge.  

Les trois premiers grades sont ceux de : Apprenti, Compagnon, et Maître, des loges bleues (degrés de base de la maçonnerie)  

Les Francs-Maçons ont adopté certains symboles qui sont tous empruntés a l'art de bâtir : le tablier de peau, la truelle, l'équerre, le compas; ils sont distribués en un certain nombre de petites assemblées dites loges, présidées chacune par un vénérable; le lieu dans lequel ils se réunissent est appelé temple, en mémoire du temple de Salomon. Ils reçoivent, selon qu'ils sont plus ou moins avancés dans l'initiation, des grades divers, dont le nombre peut aller jusqu’à 33; mais il n'y a que trois de ces grades vraiment essentiels, ceux d'apprenti, de compagnon et de maître, entre lesquels dans la plupart des pays d’Europe continentale, l’intervalle minimum est d’une année. En Angleterre, cet intervalle minimum est de quatre semaines. Aux Etats-Unis, il peut n’être que de quelques heures.  

Pour bien comprendre le "catéchisme" maçonnique et ses rituels occultes il faut comprendre le sens caché des rituels des trois premiers degrés.  

L’apprenti au premier degré  

Conformément à la tradition immémoriale de l’ordre et par référence aux enseignements des rituels, le volume de la loi sacrée, ouvert sur l’autel des serments, est la Bible, considérée non comme la description d’un Dieu révélé, mais comme un livre sacré symbole de haute spiritualité. Les frères dont la religion se réfère à un autre livre sacré ont toute licence de prêter serment sur cet autre livre. Le serment d’admission, dans le rite, doit être pris sur les trois grandes lumières : le volume de la loi sacrée, l’équerre et le compas. Une grande loge régulière doit exiger que tout nouveau membre prenne son obligation sur le volume de la loi sacrée. Le rite d’initiation ouvre donc à l’apprenti les portes du temple, après cooptation par un "frère", qui découvre alors un nouvel univers, très symbolique.  

La première initiation qui le mènera  des ténèbres vers les flammes de l’épreuve du feu, ne sont qu’une image de l’enfer par excellence qui débute par l'épreuve de la Terre. Enfermé dans une pièce généralement située au sous-sol et dont les murs sont peints en noir, le candidat doit rédiger son testament (la mort), après avoir répondu à trois questions qui portent sur les devoirs de l'homme envers lui-même, envers sa famille, envers l'humanité. Il est ensuite conduit les yeux bandés, une corde au cou, le bras gauche, le sein gauche, le genou droit découverts, le pied gauche en pantoufle. Il a dû remettre tous ses objets métalliques : stylo, clefs, argent. Ainsi dépouillé, il prononce un premier serment, boit une gorgée d'eau pure, puis un breuvage amer, « symbole de l'amertume et du remords » qui seraient son lot si jamais il ne respectait pas son engagement. Alors commencent les voyages. L'épreuve de l'Air. Au milieu d'un grand vacarme, le postulant est entraîné dans un parcours parsemé d'obstacles ; il doit marcher sur une planche à boules, puis une planche à bascule. L'épreuve de l'Eau. De l'eau est renversée sur Le candidat. Mais le trajet est moins difficile, les bruits s'estompent : seuls des cliquetis d'épées se font entendre. « Nous avons voulu vous faire comprendre que les obstacles s'aplanissent sous les pieds de l'homme qui persévère dans les chemins de la Vertu », déclare alors le Vénérable. L'épreuve du Feu. Le terrain est libre, aucun bruit ne se fait entendre. Ce silence a lui aussi une valeur symbolique : « Si l'on persévère résolument dans la vertu, la vie devient calme et paisible. » Et les flammes, dont l'initié sent la chaleur, sont le complément de sa purification. Une fois rhabillé, le néophyte est enfin solennellement intronisé et reçoit le tablier d'apprenti franc-maçon. Le testament qu'il a rédigé est détruit.  

Dans le temple l’apprenti découvrira alors les colonnes du temple, "Boaz" et "Jakin", "la voûte étoilée", le "pavé mosaïque" ou encore une troisième colonne nommé "beauté" et "l’étoile flamboyante". C’est au niveau des premiers symboles que déjà s’infléchie l’orientation spirituel de l’apprenti qui sera mis en contact avec les premiers éléments païens et occulte des rites et symboles maçonniques.  

La découverte du temple  

Les "deux colonnes" reproduction de celles du temple de Salomon, ne sont en fait que les copies des deux piliers situés devant le temple de Melqart à Tyr : les fameux Jakin et Boaz (les colonnes J et B). Quand on sait que Melqart ou Baal-Melqart est une abréviation de Mélekh-Karth, qui signifie roi de la ville, c'est-à-dire de Tyr, le ton est déjà donné, car la Bible sur laquelle l’apprenti aura prêté serment nous enseigne que le roi de Tyr dépeint en Ezékiel 28, n’est en fait qu’une allégorie de satan lui-même. L’origine des colonnes devant le temple de Salomon n’est à mon sens d’aucune inspiration divine, car l’entrée du Tabernacle, modèle du temple de pierre de Salomon ne comportait pas ces deux colonnes ou piliers en face de lui. Cette idée ne peut venir que du roi de Tyr ou du fondeur Hiram lui-même né d’un père tyrien. Ces deux colonnes tyriennes renvoient en fait aux deux faisceaux de roseaux de la porte-vulve de la déesse Ishtar.  Mais ça continue de plus belle…  

La "troisième colonne". Nommée "beauté" elle pousse l’idolâtrie un cran plus haut encore. De style corinthien cette colonne est la plus aboutie car elle achève par son style la culture grec et annonce celle des romains qui reprendront à leur compte ce style pour leurs colonnes, perpétuant dans leurs formes le culte de la déesse mer/mère. Si les deux premières colonnes représentent l’entrée du temple la troisième représente la divinité elle même, la déesse de la beauté, Vénus/Aphrodite. Vénus née de la mer qui renvoie à Aphrodite, Astarté, Asherah "dame de la mer" Ashratum / Ashratu, Asherdu chez les hittites. et les sumériens Athirat appelée "Athirat de la mer" ou aussi traduit "elle qui marche sur la mer", elle est "Mère de tous les dieux" comme Tiamat le serpent ancien qui lui représente la mer et d’où viennent tous les dieux.

Asherah, la déesse protectrice de Tyr, est le nom sous lequel la déesse cananéenne Anat-Astarte apparaît dans la Bible et paraît renvoyer, dans la forme de pluriel masculin à l’hébreu Asherim, soit à des arbres ou des clairières consacrées, d’où le culte à un poteau, un pilier ou un arbre sacré. Enfin, suivant une autre ligne d’influence, le culte d’une pierre ou d’un poteau sacré, connus dans la religion sémitique sous le nom de masseba ou de nosb, paraît avoir été importé ou du moins partagé avec la Crète minoenne et les peuples égéens, où le pilier était une représentation de la grande déesse sous la forme d’un arbre stylisé. Asherah est sous sa forme d’arbre ou de colonne dressée une image de "l'arbre de vie" ou plutôt comme nous allons le découvrir plus loin l’arbre de la connaissance du bien et du mal.  

La "voûte étoilée" représentant le ciel, avec le soleil, la lune et l’étoile ne sont que la représentation symbolique des dieux majeurs du panthéon babylonien, Shamash, Sin et Ishtar, représentés sur la partie haute du kudurru babylonien de Melishipak par exemple.

Il faut également rappeler que dans la cosmogonie babylonienne le ciel est une des parties du serpent ancien Tiamat tué par le dieu Marduk qui fendit le cadavre de Tiamat après sont combat victorieux, " comme un poisson séché "; dont une moitié va tapisser le ciel et l'autre soutenir la terre. « Et le voici qui créé le monde tel qu'il se présente. Sur la nouvelle voûte céleste, il fixe le chemin du soleil, de la lune et des étoiles ». D’une certaine manière donc, les symboles célestes comme les étoiles, la lune et le soleil sont directement associés au serpent ancien qui leur donna vie.  

Le "pavé mosaïque", est un damier noir et blanc placé au centre du temple de la loge. Ce damier, par la présence du noir et du blanc, symbolise l’omniprésence, en tout, des opposés. En franc-maçonnerie il est un discours couramment admis selon lequel, toute pensée, toute idée contient en même temps son contraire, comme « le bien » ne peut se concevoir que par opposition « au mal ».  

Nous avons donc un condensa de symboles païens et occultes qui ornent les temples maçonniques. Le serment prêté sur la Bible n’est donc qu’un artifice trompeur servant à donner une légitimé sainte et reconnue comme universelle à une religion dont le fond est inspiré par le diable, comme le démontre avec force et sans ambages les degrés suivant du compagnon et du maître.  

Le compagnon au second degré.  

 Le grade du compagnon est intimement lié au nombre cinq, nombre directement lié à l’étoile à cinq branches, le pentacle. Le but du rituel est d’allumer cette étoile pour qu‘elle devienne "l’étoile flamboyante".  Le rituel impose cinq voyages initiatiques au terme desquels un des cinq cierges en forme de pentagramme disposés à coté de l’autel principal sera successivement allumé dans un ordre précis. Au cours du troisième voyage, l’étoile placée à l’orient est allumée : c’est l ‘apparition de "l’Etoile Flamboyante". Puis vient la consécration du nouveau compagnon, cinq coups de maillets seront frappés sur l’épée flamboyante tenue au dessus de sa tête. Après la consécration du compagnon et pendant son instruction sur son grade en dehors du temple, les lumières des bougies de l’étoile son éteintes et "des épis de blés" sont distribués à tous les Frères…  

Je suis intimement convaincu que seul les niveaux les plus élevé de l’ordre ont une notion de l’acte de folie qu’ils viennent de commettre. Car qui d’autre qu’Helel ben shakhar, astre fils de l’aube (l’astre décrit en Esaïe 14 : 12.) et traduit incorrectement par "astre brillant" ou "Lucifer", se cache sous la forme trompeuse de l’étoile flamboyante. "L’Etoile Flamboyante" n’est donc qu’une des nombreuses variantes de la fausse traduction, étoile brillante ou Lucifer d’Esaïe 14. C’est donc directement au diable que se vouent corps et âmes les francs-maçons dans leur rituel diabolique. Helel en hébreu désigne également Vénus l’étoile la plus brillante dans le ciel, qui renvoie également aux divinités païennes adorées sous cette forme.  

Que représente alors le blé ? Le blé représente la semence, la descendance ou la postérité du serpent, le diable. Comme le clame l’Eternel en Genèse 3 : 15  Je mettrai une inimitié entre toi (le serpent) et la femme (l’Eglise véritable), entre ta semence (postérité) et sa semence (postérité): celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.

Bar en hébreu signifie le fils et germe de blé, ce symbole reprit par satan dans le rituel maçonnique affirme avec force que désormais le compagnon maçon devient un fils du diable de la postérité du serpent. C’est aussi pour cette raison que les déesses mères derrières lesquelles se cache satan sont pour la plupart également des déesses de la fertilité et des moissons. Cette fois c’est la partie basse du kudurru de Melishipak qui nous révèle l’origine babylonienne du rituel.

Comme représenté sur l’image ci-contre on peut lire de gauche à droite dans la partie la plus basse, la semence du serpent est la vie.

La gerbe ou la semence représente le Dagon de la bible, dont le nom dans les langues sémitiques occidentales signifie « grain », le serpent dont est issu la semence est à l’origine de tout et la parèdre de Dagon son épouse Ishara le scorpion (qui était la déesse chaldéenne de la guerre et de la fertilité), symbolise la mère qui donne la vie, mais qui sous le signe du scorpion mène en fait à la mort. Cette Ishara par syncrétisme se fondra plus tard dans le culte Ishtar/Astarté.

Comme on le voit les vérités bibliques se retrouvent dans les traces archéologiques des cultes mésopotamiens dès l’aube des civilisations  jusqu’à nos jours, avec une constance dans les rituels qui ne varient presque pas dans leurs formes si ce n’est dans leur fond.  

Un « G » (signifiant gnose, "connaissance") est inscrit au centre de l'étoile. Là encore il faut revenir à l’hébreu pour confondre l’adversaire caché dans son étoile. Connaissance revêt deux significations en hébreu, c’est la connaissance lié au savoir et l’érudition mais également signifie aussi l’union dans un même corps, comme Adam qui connu Eve et elle enfanta. Dans ce sens également le diable affirme que les maçons forment un corps uni par le même esprit à leur dieu. La lettre « G » signifie aussi pour les maçons géométrie, soit un fondement de toute leur science, qui agit comme une clé pour ouvrir le monde de la métaphysique et sa compréhension. G signifie aussi pour eux, gravitation, génération, génie et par la septième lettre de notre alphabet le G de God (Dieu en anglais).  

En associant les différents symboles présents dans le temple, "le grand architecte" qui oeuvre dans l’ombre reconstitue de manière symbolique la genèse spirituelle des hommes avec leur dieu. En effet comme dans le jardin d’Eden un arbre est planté (la colonne de la beauté), qui lie la connaissance (la gnose) au bien et au mal (le pavé mosaïque). Présenté comme l’arbre de vie il est en fait l’arbre de la connaissance du bien et du mal qui mène à la perdition et la mort, comme le démontre le troisième grade, celui du maître.  

Le maître au troisième degré.  

Le rituel au troisième degré mènera le compagnon au grade de maître. Pour ce faire le récipiendaire devra s’identifier à Hiram le fondeur des colonnes et ustensiles en bronze du temple de Salomon.

la vie et la mort d'Hiram, enrichies par les légendes, deviennent un mythe initiatique qui inspire le rituel maçonnique. D'après le récit mythique, Hiram fut assassiné à la fin des travaux du Temple par trois compagnons pour avoir refusé de les initier aux secrets de son art. Ces trois hommes, postés à une porte différente du Temple, lui réclamèrent, sous la menace, la parole secrète. Hiram se tut, estimant que le temps n'était pas venu. Le premier le frappa d'un coup de règle sur la gorge, le deuxième d'un coup d'équerre de fer sur le sein gauche et le dernier l'acheva d'un coup de maillet sur le front. Les compagnons enterrèrent le maître sans connaître le secret.

Dans les cérémonies maçonniques, le récipiendaire au titre de Maître s'identifie à Hiram : pour cela il doit d'abord « mourir » pour renaître, investi des qualités du Maître. Ainsi, la Franc-Maçonnerie reconnaît en Hiram un maître fondateur.

Il serait naïf de croire que le mythe d’Hiram se rapporte au seul fondeur de bronze fils d’une veuve de la tribu de Dan. En fait Hiram était également le roi de Tyr fils d’Abibaal qui régna sur Tyr de 968 à 935 et dont le nom signifie "mon père est Baal", et Hiram signifie "frère exalté". Pas étonnant donc que les maçons soient tous des frères dont le maître et seigneur (Baal signifie seigneur) est le roi de Tyr (Ezékiel 28), soit satan lui-même.

Le rituel de la résurrection d’Hiram n’est en fait qu’une parodie occulte du baptême chrétien qui lie dans la mort le nouveau maître maçon à son dieu, le diable.  

 Hiram étant dans la légende maçonnique éponyme une allégorie de Jésus de Nazareth, le tombeau d’Hiram était donc une allégorie pour désigner le sépulcre de Joseph d’Arimathie dans lequel ce dernier, aidé de Nicodème, avait placé le corps défunt de Jésus de Nazareth (Mt. 27,57-60 ; Jn 19,38-42). « Dans la chambre où se fait cette cérémonie, on trace sur le plancher la loge du maître qui est la forme d’un cercueil entouré de larmes. Sur l’un des bouts du cercueil on dessine une tête de mort ; sur l’autre, deux os en sautoir ; et l’on écrit au milieu JEHOVA, hwhy. Devant le cercueil on trace un compas ouvert ; à l’autre bout, une équerre ; et à droite, une montagne sur le sommet de laquelle est une branche d’acacia.

La légende maçonnique du meurtre d’Hiram par trois mauvais compagnons étant une allégorie de la Passion/résurrection de Jésus de Nazareth condamné à mort par trois hommes : Caïphe, Hérode, et Ponce-Pilate. Dans le contexte de cette référence de la légende d’Hiram à la Passion de Jésus de Nazareth, les larmes du tableau de loge de maître renvoyaient aux larmes de l’apôtre Pierre (Mt. 26,75), aux larmes des disciples de Jésus (Mc 16,10), aux larmes des femmes de Jérusalem (Lc 23,27-28), ainsi qu’aux larmes de Marie de Magdala (Jn 20,11.13.15). La tête de mort Dans le contexte de la référence de la légende d’Hiram à la Passion de Jésus de Nazareth, la tête de mort du tableau de loge de maître renvoyait à la mention évangélique du Golgotha (la forme grecque pour le mot araméen gulgota signifiant crâne) où Jésus fut crucifié et mourut.

Les deux os en sautoir (c’est à dire en forme de croix : référence probable à la croix de Jésus de Nazareth).

Le nom divin hwhy se rapporte également directement à Jésus-Christ par le verset de Jean 14:8  « Philippe lui dit: Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit 9  Jésus lui dit: Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe! Celui qui m'a vu a vu le Père; comment dis-tu: Montre-nous le Père? »

Dans les catéchismes maçonniques antérieurs, le compas symbolisait YHVH et l’équerre la croix de Jésus de Nazareth.  

Quand on étend le récipiendaire sur le tombeau d'Hiram, qu’on le couvre d'un drap noir, et qu’on lui met sur la tête un linge blanc ensanglanté qui était sur la tête du dernier maître, c’est bien d’un rituel parfaitement religieux qu’il s’agit, copié sur celui véritable du baptême dans le Seigneur Jésus-Christ.  

L’agape fraternelle  

Le banquet ou « agape fraternelle », est une des plus vieilles et des plus solides traditions maçonniques. La tradition s'est maintenue. Chaque tenue est suivie obligatoirement d'un banquet ou « agape fraternelle » .

La plupart des agapes sont de simples banquets d'ordre réunissant les titulaires de tel ou tel grade, mais à tous les grades de Rose-Croix, il existe une cérémonie spéciale, l'agape du Jeudi Saint, banquet d'ordre d'un type spécial au cours duquel les Chevaliers consomment l'Agneau traditionnel.

Mais il y a plus fort dans l'impiété. Chaque année, dans la nuit du Jeudi Saint au Vendredi Saint, a lieu un banquet auquel tous les Rose-Croix sont tenus d'assister. Dans ce banquet , sur la table disposée en forme de croix, est apporté un agneau rôti, dont la tête est surmontée d'une petite couronne d'épine et dont les pieds sont traversés chacun par un clou. Cet agneau est placé au centre de la croix, tourné sur le dos et les pattes de devant écartées. Il n'y a pas à s'y tromper : il représente la victime du calvaire.  Le président du banquet sacrilège coupe la tête et les pieds de cet agneau et les jette dans un fourneau allumé. Il les offre ainsi en holocauste à Lucifer, adoré par les Rose-Croix sous la forme du feu....  Après le baptême la sainte-cène occulte !  

Ajoutons en passant que les Rose-Croix sont les espions attitrés des loges. En entrant dans le 19° degré, l'initié pénètre dans la maçonnerie noire. Il n' a plus grand chose à apprendre et à partir de ce moment avance-t-il à pas de géant vers le grade de Chevalier Kadosh ; c'est l'adoration directe et cultuelle de Lucifer; c'est l'abrutissement progressif par la pratique de la Magie; puis les hommages rendus à satan sous la forme d'un serpent ...  

C'est en effet parmi les Maîtres que sont choisis les adeptes capables de s'élever par une suite d'initiation de plus en plus occulte jusqu'au rang de chevalier Kadosh. Kadosh signifie sacré, en hébreu.

C'est au 30e degré seulement , c'est à dire au grade de Chevalier Kadosh, que le Franc Maçon se rend compte du chemin qu'on lui a fait parcourir. On voit dès lors ce que signifie cette expression maçonnique "pratiquer la vertu". c'est tout simplement se livrer à la débauche... Qu'il nous suffise de faire remarquer que la Franc Maçonnerie ajoute aux moyens de perversion qu'elle employait avec les Apprentis, la pratique réglée et louée de la dépravation la plus abjecte. Elle écarte ainsi ses adeptes de leur devoirs religieux et domestiques et prend sur eux une emprise considérable  

Un mois après sa réception le nouveau Maître est convoqué à une tenue spéciale au Troisième degré pour communiquer à la loge ses impressions maçonniques. Des frères haut gradés, c'est à dire appartenant au 30 e 31 e 32 ou 33 e degré, assistent toujours à cette séance , car il faut que l'autorité centrale sache à quoi s'en tenir sur le nouveau Maître et s’il est jugé digne il sera appelé aux plus hautes fonctions. C’est à ce niveau que le voile tombe et que la vérité maçonnique est révélée réellement. Les maîtres des plus hauts degrés apprendront au nouveau venu que :"La terre est partagée entre deux camps qui se disputent le pouvoir. Parmi les hommes, les uns sont les enfant d'Adam, ils adorent Adonaï, le Jéhovah auquel Salomon élevait un temple, le Dieu des chrétiens. Les autres - et nous francs Maçons, nous sommes de ces autres là - se regardent comme les descendants de Tubalcaïn et de Caïn, fils d'Eblis, l'ange de lumière Lucifer...nous voulons monter plus haut...venger le grand opprimé...et prendre la revanche d'Eblis notre Père, contre Jéhovah son persécuteur, et nous poussons notre cris de guerre : "Vengeance contre "toi, ô Adonaï"

Enfin s’il est jugé digne d'être reçut Chevalier Kadosh s’achève l’initiation suprême, il frappe à coup de poignard une tête de mort surmontée d'une tiare, représentation de la papauté, et une autre ornée d'une couronne royale, emblème de la puissance civile. Il se prosterne devant Lucifer et brûle l'encens sur son autel.  

Le Chevalier Kadosh évoque alors satan suivant les formules du rituel de haute magie; adossé à la hideuse idole du Baphomet templier il brandit son poignard en craint "Nekam, Adonaï! Vengeance contre toi, ô Adonaï". Il récite l'oraison à Lucifer, composé par le F Proudhon.

« Viens, Lucifer, viens ! ô calomnié des prêtres et des rois ! Viens que nous t'embrassions, que nous te serrions sur notre poitrine ! Il y a longtemps que nous te connaissons et que tu nous connais aussi. Tes oeuvres, ô le béni de notre coeur, ne sont pas toujours bonne et belle aux yeux du vulgaire ignorant; mais elles seules donnent un sens à l'univers et l'empêche d'être absurde. Toi seul anime et féconde le travail. Tu ennoblis la richesse, tu sers d'essence à l'autorité; tu met le sceau à la vertu... Et toi Adonaï, dieu maudit, retire-toi, nous te renions ! Le premier devoir de l'homme intelligent est de te chasser de son esprit et de sa conscience; car tu es essentiellement hostile à notre nature, et nous ne relevons aucunement de ton autorité. Nous arrivons à la science malgré toit, au bien être malgré toi, à la société malgré toi; chacun de nos progrès est une victoire dans laquelle nous écrasons ta divinité. ETC… »   

Le maçonnisme est donc bien une religion occulte parodiant les rites chrétiens et dont le dieu n’est personne d’autre que le diable, satan. Ceci est d’ailleurs clairement annoncé sur le premier site maçonnique français http://www.franc-maconnerie.org/web-pages/hermetisme/occultisme.htm « la Maçonnerie n'est pas « occultiste » par nature, ce qui n'empêche pas certains de ses adeptes de s'adonner à l'occultisme. La Maçonnerie est tout au plus occulte. » On apprécie la nuance sémantique…  

Albert Pike  

L'un des plus célèbres Francs-Maçons américains fut Albert Pike (1 809-1891). En tant que Franc-Maçon de haut-grade, Albert Pike exerça son activité sur le Rite Ecossais dont il faisait partie comme " Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil " de Charlestown, de 1859 à 1891. Mais nous savons aussi que Pike fut un haut initié du Palladisme.

Société très secrète, qui se voulait supérieure aux Suprêmes Conseils maçonniques, inconnue des Francs-Maçons de base (ceux des loges " bleues ") et souvent même des plus élevés en grade, le Palladisme " se composait d'émérites qui, selon le procédé classique, devaient exercer leur influence à l'intérieur des loges, et diffuser les consignes par noyautage ". On comprend alors pourquoi Albert Pike fut membre d'honneur de la plupart des Suprêmes Conseils du monde (ce fut en 1889 qu'il reçut cette dignité du Suprême Conseil de France).

Dans Morals and Dogmas of the ancient and accepted Scottish Rite, Albert Pike écrivait déjà:

" La divinité de l'Ancien Testament est partout représentée comme l'auteur direct du mal, dépêchant aux hommes des esprits mauvais et trompeurs... Le Dieu de l'Ancien Testament et de Moïse est ravalé au niveau des passions humaines... C'est une divinité violente, jalouse, vindicative, autant qu'ondoyante et irrésolue ; elle commande des actes odieux et révoltants de cruauté et de barbarie... "

Albert Pike, déclare encore le 14 juillet 1889 aux chefs de la Franc-Maçonnerie universelle, à l'occasion du Centenaire de la Révolution : " Ce que nous devons dire au vulgaire, c'est ceci : Nous adorons un dieu, mais c'est un dieu qu'on adore sans superstition. A vous, Grands Inspecteurs Généraux ; nous dirons ceci que vous pouvez répéter aux frères des 32°, 31°, et 30° degrés : La religion maçonnique devrait être maintenue, par nous tous initiés des hauts grades, dans la pureté de la doctrine luciférienne. "

"Si Lucifer n'était pas Dieu, est-ce qu'Adonaï (le Dieu des chrétiens) dont les actes prouvent la cruauté, la perfidie, la haine de l'homme, la barbarie et l'aversion pour la science, est-ce qu'Adonaï et ses prêtres le calomnieraient ? ".

"Oui, Lucifer est Dieu, et malheureusement Adonaï aussi est Dieu.

Car la loi éternelle est qu'il n'y a pas de lumière sans ombre, pas de beauté sans laideur, pas de blanc sans noir, car l'absolu ne peut exister que par deux dieux, l'obscurité étant nécessaire à la lumière pour lui servir de repoussoir, comme le piédestal est nécessaire à la statue, et le frein à la locomotive...

La doctrine du Satanisme il faut comprendre : " la doctrine qui présente Satan comme un être malfaisant " est une hérésie, et la véritable et pure religion philosophique est la croyance en Lucifer, l'égal d'Adonaï; mais Lucifer, le Dieu de la Lumière et le Dieu du Bien, lutte pour l'humanité contre Adonaï, le Dieu de l'obscurité et du mal."

Conclusion 

Devenir franc-maçon est loin d’être un jeu ésotérique et philosophique qui doit vous aider à devenir meilleur. En devenant maçon vous entrez de plein pied dans la religion occulte et trompeuse de satan lui-même, qui vous conduira par rituels successifs jusqu’à vous identifier à Hiram le fondeur, assimilé en fait à Caïn le forgeron semence du serpent et meurtrier d’Abel semence véritable de Dieu. Comme Caïn fut amené par son père le diable à bâtir des villes et développer les sciences, les arts et la religion polythéiste qui masque les faces cachées du diable, le franc-maçon sera appeler à pérenniser et achever l’œuvre diabolique commencé par les sumériens, qui consista à bâtir une civilisation industrielle, urbaine, religieuse et matérialiste où le Dieu véritable n’avait plus sa place et qui fut anéantit sous les eaux du déluge.  

Aucun chrétien ne peut prétendre être né de nouveau et être franc-maçon et je dirais même qu’en devenant franc-maçon on cesse d’être chrétien en pêchant contre le Saint-Esprit, anéantissant en soi l’œuvre de rédemption de Jésus-Christ.

Aucun pasteur digne de ce nom ne doit avoir un franc-maçon dans son église de peur de corrompre le corps Saint de son assemblée en ouvrant grande les portes aux forces occultes qui sévissent dans le "temple" maçonnique. Il va sans dire qu’aucun ministère en Christ est compatible avec la religion maçonnique, ce qui serait une abomination aux yeux de Dieu.  

Cela ne veut pas dire qu’un franc-maçon est irrémédiablement condamné aux flammes de l’enfer. Si un chrétien remplit du Saint-Esprit ne peut devenir franc-maçon, un franc-maçon peut devenir un chrétien véritable régénéré et sanctifié par le sang du Christ. Pour peu que sincèrement vous vous approchez de Dieu dans la repentance en demandant pardon ouvertement en brisant la loi du secret et rejetiez l’Ordre en abandonnant et détruisant tous les symboles, livres et pratiques liés au maçonnisme, alors la régénérescence en Jésus-Christ est possible. Car aucun serment, contrat ou pacte même signé de son sang ne saurait être supérieur à celui que versa Dieu lui-même sur la croix et qui vous délivre de tout péché.

1 Jean 5:4  parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi(en Jésus-Christ).

 

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30ème grade : Grand Elu Chevalier Kadosh

3 Novembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #hauts grades

Encore une fois le candidat à l'admission au 30ème degré s'entendra dire qu'il a atteint le Nec Plus ultra de l'initiation, et encore une fois, il constatera que c'est faux, et il lui faudra du temps pour comprendre que l'initiation est un processus toujours ouvert sur l'infini.

On passe de chambre vide en chambre vide, en poussant des portes plus ou moins bien closes pour s'apercevoir que l'on n'a plus rien à apprendre parce que tout ce qui était à apprendre a toujours été connu des hommes, et incapable de comprendre comment on ne l'a pas compris plus tôt.

La philosophie a ceci de remarquable qu'elle est l'art de s'interroger sur des évidences qui ne soulèvent pas de question. L'initiation achevée, si tant est qu'elle puisse l'être est l'art de ne plus se poser de question sur des mystères qui en soulèvent à l'infini.

Bien sûr il y a là une plaisanterie, mais après tout, les paradoxes sont bien utiles parfois pour stimuler l'attention. Et l'attention ici sur quoi porte-t-elle ?

Sur le fait que les enseignements du Kadosh sont ceux qui courent les rues : on ne se bat vraiment pour la paix et la liberté qu'en déposant les armes avilissantes, asservissantes, qu'en renonçant à la vengeance, qu'en agissant avec prudence, indulgence, amour, et qu'en essayant de ne contribuer ni aux conflits, ni aux oppressions, ni aux folies glorieuses.

Après dix ou douze années passées à fréquenter les loges de l'ordre, le franc-maçon devrait connaître le secret maçonnique s'il y en avait un. Il n'en est rien. Le secret n'existe pas, du moins dans les enseignements donnés. Il est en fait tout entier dans les fonctions assumées par l'ordre dans la cité. En ce sens, le secret c'est l'action telle qu'elle est conçue d'après le rituel des Kadosh.

Savoir, comprendre, agir, disent les uns, Fais ce que dois, advienne que pourra disent les autres ? Soit, il y a là une tension de l'esprit et une volonté d'agir qui dépasse toutes les formules morales, et qui situe l'action au plus haut niveau celui de la nécessité. Or, cette action n'est et ne peut être définie qu'en fonction d'une situation donnée.

L'évocation, dans le cours de l'initiation, des Chevaliers du Temple ou de l'Ordre Teutonique, les qualifications de Grands Juges, la détention du poignard, en tout état de cause signifient que la vie est un combat, et le Kadosh identifie ce combat avec la quête de la lumière.

On peut à bon droit se demander si les épreuves prétendues, celles qui faisaient du grade de Kadosh un grade de vengeance n'ont pas été plus ou moins l'occasion d'opérations très orientées. Les origines du grade sont troubles, et si la philosophie en est aujourd'hui épurée, il faut considérer combien difficile est la tâche du maçon qui doit tenir l'Ordre à l'écart de toute entreprise de caractère profane.

La difficulté quand on parle d'action, c'est qu'aussitôt le profane qui sommeille en tout maçon envisage le service d'une cause.

J'ai mis longtemps à comprendre pourquoi l'Église prenait toujours le parti du fort et bénissait les faibles, et je crois avoir compris qu'il faut toujours accepter les choses telles qu'elles sont quand on prétend à la sainteté.

La bénédiction donnée aux troupes de chaque camp, la célébration des Te deum pour la victoire, quel que soit le camp qui triomphe, voilà des indications qu'il serait bon de méditer.

Ce qui est en fait au cœur de la progression initiatique nous le savons, c'est l'épreuve, c'est le combat. Mais la nature du combat, mais les modalités de l'épreuve importent peu ou même pas du tout. On s'aperçoit que ceux qui ont servi dans des camps opposés se ressemblent à la fin des combats.

On constate que la lutte engendre la reconnaissance en chacun des combattants des vertus potentielles. On découvre que la vie est conflit et que la paix à laquelle on aspire, ce n'est pas celle de l'absolue inertie mais c'est celle qui s'élève au cœur de la tempête.

Il y a une nécessité pour accéder au plus haut degré de conscience, c'est de cultiver les aptitudes et les dons que la nature nous a partagés.

La simple loi de l'action et de la réaction témoigne de la constance de la démarche dans le sens d'une domination successivement progressive des situations conflictuelles. D'abord le chaos, d'où peu à peu l'on se sépare par l'activité sensorielle, puis par l'activité intellectuelle, ensuite par l'ordonnancement des connaissances, et enfin par la sagesse, mais ce n'est qu'une ascension. Il nous faudra redescendre. Le maçon ne se perd nullement dans une contemplation qui le ravit au monde. Il vit dans le monde et le porte comme Atlas sur ses épaules.

Faut-il interroger ? Quelle Lumière demande-t-on au Kadosh, et on lui fait répondre, celle de la Liberté. Mais la liberté est en nous, et c'est de notre lumière intérieure qu'il est toujours question. C'est notre jugement qui fait de nous des hommes. Et notre jugement, relatif dans ses attendus, partial dans ses conclusions est souverain en soi dans sa liberté.

Le grade de Kadosh est un grade d'enseignement moral, mais c'est aussi un grade de caractère politique, et de portée initiatique considérable.

Dans le rythme des jours et des nuits, le sage considère les modalités de l'apparence. Tout ce qui est croit et décroît, monte et descend, se développe et périclite, et les apparences se succèdent qui manifestent une même réalité.

Dans la Lumière, le philosophe reconnaît la conscience, mais trouve les limites de la connaissance.

Par la volonté de vivre en accord avec la Vérité, le Kadosh se situe dans l'ordre des chercheurs.

Par la certitude de la découverte progressive, mais jamais achevée le véritable initié assure sa foi dans la vie.

Enfin, dans l'acte quotidien et l'accomplissement du devoir, le citoyen accomplit sa destinée terrestre et fraternelle.

Ce qui est remarquable, c'est que le grade de Kadosh fasse appel d'une façon d'ailleurs très diversifiée, à l'échelle, qui est depuis longtemps le symbole initiatique par excellence. Mais ce ne sont pas les étapes franchies qui caractérisent l'initiation du Kadosh, mais le fait que ces étapes sont successivement montantes et descendantes.

L'échelle de Jacob conduit aux cieux. L'échelle du Maçon ramène sur la terre. Le maçon n'ignore pas les cieux, mais il revient auprès de ses frères, et d'ailleurs est-il jamais autre chose que l'ignorant, le faible, I'orgueilleux, le fanatique, le cruel qu'il doit combattre.

La leçon initiatique du 30ème grade est en définitive la véritable leçon de sagesse. Si haut que nous puissions aller dans le domaine de la connaissance ou de la création ou de l'amour, il nous faut toujours revenir aux vérités élémentaires.

La plus grande des découvertes qu'un homme puisse faire, c'est que toute la sagesse du monde est à la portée du premier venu, qui consent à écouter et à essayer de comprendre ce qui a toujours été dit par les sages de tous les temps.

Modérer les passions, apaiser les conflits, travailler à éclairer les esprits, et ne prétendre à rien.

Disponible et sans préjugé, voilà le sage au service de l'homme. Mais prudent et réservé dans l'exercice de ses vertus, mesuré et discret dans ses rapports avec les hommes, et libre intérieurement.

Source : http://esmp.free.fr/

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Discours sur le grade de chevalier Kadosch (1826)

3 Novembre 2012 , Rédigé par Tuileur Delaunay Publié dans #hauts grades

Un double devoir est imposé au Chevalier chargé du ministère que vos suffrages nous ont confié pendant deux années. Le premier de ce double devoir est de tracer pour l'instruction des nouveaux chevaliers, les données historiques du grade qui leur a été conféré ; le second est d'ajouter à cette instruction consacrée par les rituels, les remarques nécessaires au développement de la morale, plus importante que le matériel quelque brillant qu'il soit. Il est encore un devoir particulier, celui d'exercer une sage critique sur ce qui ne satisfait pas toujours l'esprit dans l'ensemble ou dans les développements du grade.  

Mais avant d'aborder cet important sujet, nous devons fixer l’attention des FF admis en ce jour sur leur situation présente, et nous leur dirons :  

Une nouvelle Ere Maçonnique commence pour vous. Vous venez d'être soumis à une rénovation de grade, de vœux, de serments, qui vous lie plus intimement que jamais à notre antique et sainte institution. Nous avons dit antique, car la Maçonnerie continue les associations mystérieuses ou intimes des hommes sages de l'antiquité ; nous avons dit sainte, car elle est chère à ses dignes et fervents sectateurs, hommes pieux, parce qu'ils sont sensibles et reconnaissants ; hommes sages, parce qu'ils sont exempts de préjugés et d'erreurs, ou parce qu'ils s'efforcent de vaincre les passions dangereuses.  

Ne croyez pas, Chevaliers initiés en cette séance, que le sublime grade de Chevaliers Kadosch,soit, comme l'ont prétendu quelques Maçons au moins légers, un grade ajouté à un grand nombre d'autres grades, et qu'il est tout entier dans une noble et magnifique représentation ; dans quelques mots, dans quelques lignes ; ne croyez pas non plus qu'il soit rigoureusement le nec plus ultrà de l'échelle mystérieuse de l'institution maçonnique.  

Supérieur par la haute morale aux degrés qui le précèdent, le Kadosch , inférieur dans l'ordre numérique au trente-troisième degré, est le milieu, le juste milieu de la science, le vrai but où doivent tendre les bons esprits.  

L’instruction est sans bornes, nul doute ; mais s'il est quelques Maçons ardents qui veulent savoir, tout ce que l'on peut apprendre, il est une foule de FF qui savent mettre un frein à leur curiosité même recommandable. L'homme laborieux qui se contente d'une modeste fortune, l'homme instruit qui se dit : pour mon bonheur et mon repos, je m'arrêtérai à tel point ; le Maçon qui se dit aussi, je me fixerai au grade de me paraîtra réunir tout ce que je puis désirer, donnent la preuve que la raison peut dominer l'imagination ; et il n'y a pas de meilleur guide que la raison.  

Suivons ce guide, RR\, FF\ : si vous voulez aller plus haut, vous arriverez sans doute, et le grade lui-même sera un degré qu'il aura fallu franchir ; mais si vous voulez prendre du repos après une longue route, trouver ici le terme de votre voyage, Respectables Frères , vous serez satisfaits. 

nous abordons maintenant le grade de GRands Chevaliers Kadosch,dans ses données historiques.

 

Partie Historique

 

Ce grade est généralement considéré dans l'écossisme comme renfermant tous les degrés de la Maçonnerie : nec plus ultrà.  

Dans le développement de la Maçonnerie qui sert d'historique au grade, on voit que l'institution maçonnique dérive des institutions mystérieuses de l’Egypte. La famille des Athalantes, y est-il dit, apporta dans les pays méridionaux de l'Asie et sur les bords du Nil, les débris des arts et des sciences d'un monde qui avait péri lors du déluge. Hermès, roi de Thèbes, appartenait à cette célèbre famille ; il fut surnommé Trimegiste ou trois fois grand, parce qu'il fut à la fois grand prêtre, grand politique et grand philosophe. Cette triple supériorité le fit placer par la reconnaissance publique au rang des Dieux immortels.  

A cette occasion nous remarquerons que les peuples de l'antiquité ne refusèrent jamais l’apothéose à leurs véritables bienfaiteurs. Telle est peut-être l'origine non de la création de l’homme à l'image de Dieu, mais de Dieu à l'image de l’homme. Jupiter dieu des Grecs ; Odin, dieu des anciens Scandinaves ; Jéhova, dieu des Hébreux ; Dieu le père, Dieu des chrétiens, ont la physionomie de l'homme.  

Hermès, suivant les données historiques du grade, obligea les Mages, mot qui signifie architectes, ou doctes dans les sciences et hommes vertueux, à mettre leurs biens en commun et à vivre en Frères.  

Par Mages, on entend Adorateurs du Feu. En effet, les Mages adoraient le Feu céleste, le Soleil, emblème de la puissance divine. Long-temps après l'établissement du Christianisme, qui, comme toutes les sectes religieuses à leur aurore, fut d'abord doux et pacifique, et plus tard dominateur et exclusif, on a dénaturé le sens de ce mot. Par l’épithète de Magicien, Magie, le peuple ignorant et crédule désignait une prétendue intelligence intime entre les philosophes et les dieux infernaux, à l'existence desquels il croyait. Plus tard encore et toujours stupide, parce que pour le dompter on s'efforce de l'abrutir, le peuple crut que par philosophe on voulait dire athées. Si on croit peu aujourd'hui à cette interprétation ridicule en France, où le peuple au centre des lumières et de la civilisation puise sa philosophie dans un sens droit, naturel, on y croit beaucoup au-delà des Pyrénées, où des peuples pleins d'orgueil et sans industrie, vivent dans l'ignorance et de l'ignorance, odieux triomphe du monachisme. Poursuivons, ТТ\ CC\ FF\, l'exploration de l'histoire du grade.  

Le grand Hermès fut assez heureux pour recueillir une des colonnes érigées par les enfants de Lameth, inventeurs des arts avant le déluge. Cette colonne, trouvée en l'année 2076, de l'ère du monde, retraçait dans la langue primitive ou emblèmes sacrés l'histoire des hommes et des arts avant cette époque reculée. Elle fut l'étincelle qui embrasa le génie du roi Thébain. Il observa par l'étude des astres, les merveilles de la nature, et plus particulièrement les révolutions célestes et terrestres. Ses sublimes combinaisons lui démontrèrent qu'il n'y avait qu'un Dieu, et le fruit de ses observations scientifiques fut la division du jour en douze heures, la division du zodiaque en douze signes et la création de l'écriture hiéroglyphique que les modernes ont cru longtems inexplicable et qu'explique parfaitement un homme aussi instruit que modeste, M. Champollion Figeac le jeune.  

Dirigés par le Trimégiste, les Mages établirent la théologie naturelle, et furent les dépositaires des sciences divines et humaines, parce que seuls ils possédaient la connaissance de la langue symbolique dans laquelle on les avait écrites. Ils étaient chargés d'instruire les hommes que leur naissance appelait à la direction des affaires publiques, et de donner au peuple des lumières à la portée de son esprit. Ce devoir, ils le remplissaient consciencieusement, mais avec prudence ; ils réservaient pour les Initiés qu'ils attachaient au sacerdoce, les secrets les plus cachés. Ils voulaient rester, eux et leurs disciples, les hommes les plus instruits pour être les plus forts, parce que cette forcé était la sagesse : c'était là l'esprit des hautes théocraties. La basse théocratie ou le monachisme, mieux caractérisé par le despotisme et la stupidité, appartiennent aux temps modernes.  

Abraham, Jacob, Joseph, Moïse, durent beaucoup à l'instruction qu ils reçurent des Mages. Elle fit de Moïse un célèbre législateur.  

Le Magisme dégénéra peu à peu par l'oubli des symboles hiéroglyphiques de la langue sacrée. Les Collèges de Memphis et d’Héliopolis le maintinrent longtemps dans sa pureté primitive, et c'est dans ces Collèges que Orphée, Thalès, Pythagore, Solon, etc., puisèrent ces connaissances supérieures qu'ils répandirent dans leur patrie.  

C'est à Pythagore que l'Europe doit la doctrine des Mages, et c'est aux grands développements qu'il y donna, que Copernic, Galilée, Descartes et Neuwtou ont dû les systèmes qui les ont immortalisés.

Salomon eut aussi d'immenses obligations à ces Mages si célèbres, et pour leur prouver sa reconnaissance royale, il symbolisa le Magisme dans le Temple qu'il éleva au grand Architecte de l'Univers.  

La Voûte secrète est l'allégorie du Dépôt de la science antique des Sages.

Les révolutions parmi les peuples et dans les croyances religieuses, se multiplièrent de toutes parts.

L'Initiation ancienne fut renouvelée.

La primitive Eglise renouvela encore les doctrines religieuses et symboliques des mystères.  

Lors des croisades, les chrétiens, confondus avec les infidèles, furent forcés de tenir leurs assemblées dans le plus grand secret, et de donner à leurs mystères des figures allégoriques.  

Vers la fin du treizième siècle, Godefroi de Bouillon conduisant les croisés à la conquête de la Terre-Sainte, cacha les mystères de la religion du Christ sous des emblèmes et des allégories. Le grade de R\+\ (dont on lui attribue la fondation), fut le point parfait de la Maçonnerie chrétienne.  

Ainsi furent établis sur cette souche antique, une foule de rites sous les dénominations de Maçonnerie générale d'Hérodom chrétienne, Adhoniramite, Ecossaise de Saint-André d'Yorck, Prussienne, Anglaise et Philosophique.  

De là et inévitablement, cette filière de grades établis par une fausse délicatesse d'opinion, par une ignorance orgueilleuse et même par une honteuse cupidité.  

La Maçonnerie passa en France dans les temps les plus reculés, mais elle y fut à peu près méconnue ; elle alla, en 926, en Angleterre, où elle reçut d'Athelstan, souverain de ce pays, une protection particulière. En 1422, Jacques 1er, élu Grand-Maître de toutes les Loges, transféra à Hérodom, à 60 milles d'Edinbourg, la grande loge qui, jusque là, avait été tenue à Yorck. La Maçonnerie reparut en France, en 1725 ; depuis lors elle n'a plus cessé d'y être cultivée. Aujourd'hui, elle compte en activité 450 loges, Chap\, Cons\, Trib\, et Consist\.  

Tel est, d'après les documents écrits du grade de Chevaliers Kadosch,, l'historique de la Maçonnerie, où nous n'avons à revendiquer que quelques réflexions philosophiques.

 

Explication des épreuves

 

Nous ne quitterons pas l'histoire du grade, en passant à l'explication ou rappel des épreuves.  

Jeunes Chevaliers Kadosch, veuillez avec nous revenir sur vos pas et vous souvenir que, possesseurs du Subllime grade de Chevalier du Soleil, 29e degré, vous avez été placés dans un cabinet de réflexion où des questions morales vous ont été présentées. C'était recommencer votre carrière Maçonnique dans le haut grade qui, comme nous vous l'avons dit au commencement de ce discours, renferme tous les degrés de la Maçonnerie. Ces questions avaient pour objet de connaître la haute aptitude de votre esprit, vos doctrines en philosophie, votre résolution devant des épreuves nécessairement plutôt morales que physiques ; car les épreuves corporelles avaient été faites dès les premiers grades.  

Du cabinet des réflexions vous deviez être conduits dans un caveau où vous auriez été précipités un bandeau sur les yeux. Dans ce caveau, éclairé par une faible lumière, votre conducteur vous aurait ôté le bandeau qui vous couvrait la vue et vous auriez aperçu un cercueil d'où se serait soulevé avec colère un F qui vous aurait demandé : qui es-tu ? Que me veux-tu ? Et pourquoi viens-tu troubler mon repos ? Votre réponse ne l'ayant pas satisfait, il aurait renversé brusquement la lampe qui éclairait ce lieu lugubre et vous n'auriez plus eu pour vous guider dans votre sortie que la main secourable de votre conducteur.  

La méditation, jeunes Chevaliers, vous fera déterminer vous-mêmes l'analogie qui se trouve entre cette épreuve et le symbole de la mort inoubliable du chef des Travraux du Temple de Salomon. Elle sert de transition au passage de la Maçonnerie symbolique à la Maçonnerie des hauts grades. C'est du moins sous ce rapport philosophique que vous devez envisager le mystère du caveau.  

Toujours avec votre guide, vous êtes arrivés à la porte du second appartement dont l'entrée est défendue par un servant d'armes couvert d'une armure complète. La porte ouverte, après d'utiles avertissements, vous êtes entrés, un voile noir sur la figure, et vous avez entendu ces leçons imposantes de morale données par les premiers chefs du Conseil : nous les répétons ; on ne peut trop les redire.  

« Adore l'Être Suprême et rends-lui toujours un culte exempt de fanatisme et de superstition ;

Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils te fassent ;

Aime ton prochain comme toi-même ;

Soulage les malheureux ;

Sois vrai, déteste le mensonge ;

Sois patient ; supporte les défauts des autres ;

Sois fidèle à tes engagements ;

Supporte l'adversité avec résignation. »  

C'est ainsi qu'a été préparé votre esprit aux vérités sublimes du grade.  

Conduits à l'Aréopage ou troisième appartement, l'entrée vous en a été refusée parce que vous n'aviez pas sacrifié à la vertu. Mais ayant brûlé l'encens sur son autel et le grand sacrificateur ayant appelé les bénédictions du ciel sur vous et sur votre sainte entreprise, vous avez été admis dans l'Aréopage où l’on vous a fait connaître à quelles conditions vous obtiendriez la haute Initiation.  

Passant au quatrième appartement où se tient le Sénat, vous y avez vu tomber le voile qui vous dérobait la plus pure lumière ; vous avez été connu de tous les Chevaliers et les épreuves ont été entièrement terminées. Après une allocution du grand Maître, vous avez été conduit par lui au pied de l'échelle mystérieuse. Là il vous en a donné une explication que nous allons vous rappeler en l'abrégeant. Il vous a dit :  

Cette échelle vous révèle par son montant droit, la première base de l’ordre : culte sans superstition ni fanatisme ; par son montant gauche, la seconde base : travail continuel pour le bonheur des hommes. Elle est terminée par la légende du grade : nec plus ultrà.  

A chaque échelon, d'un côté de l'échelle, est tracée une leçon morale.  

Au premier, Dévouement aux malheureux ;  

Au deuxième, Doctrine de l'Evangile renouvelée de la morale des anciens sages, Thalès, Confutzée, etc. : ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qui le fût fait ;  

Au troisième, Courage dans l'adversité ;  

Au quatrième, Amour du vrai ; horreur du mensonge ;  

Au cinquième, Perfection comme but de toutes les actions ;  

Au sixième, Patience, résignation, tolérance ;  

Au septième, Fidélité aux engagements ; discrétion sur les mystères de l’ordre.  

A chaque échelon du côté opposé est l'indication d'une des sciences les plus utiles à la dignité et au bonheur de l'homme.  

Sur le premier échelon, Grammaire : rectitude du langage ;  

Sur le second, Rhétorique : art de discourir.  

Sur le troisième, Logique : discernement de ce qui est vrai avec ce qui est faux ;  

Sur le quatrième, Arithmétique : science des nombres, utile au propre comme au figuré ;  

Sur le cinquième, Géométrie : connaissance des lignes, habileté à mesurer les choses matérielles dans tous les sens ;  

Sur le sixième, Musique : harmonie dans les actions, douceur du langage ;  

Sur le septième, Astronomie : étude des corps célestes, dogmes et pratique de la plus haute morale. 

Après cette explication, qui donne beaucoup à penser et dispose à bien agir vous avez été constitués, sous les glaives et avec l'assistance de tous les chevaliers, membres du Souverain Conseil des Grands Chevaliers Kadosch,  30me degré du rite Ecossais ancien et accepté.  

Le mot Kadosh signifie en langue hébraïque, Saint, sanctifié, consacré.  

Le mot qui le précède, élu, signifie initié, admis aux plus sublimes mystères.  

Comme Chevaliers Kadosch, vous avez cent ans et plus ; autrement, vous ne comptez plus d'âge.  

Les mots sacrés et de passe, les signes et les batteries vous ont été donnés, expliqués. Vous ne les oublierez pas, ni leur usage, ni leur morale, si vous pratiquez, comme vous le devez et comme nous l'espérons, un grade qui est caractérisé par sa propre légende : Nec plus ultrà.

 

Réflexions sur le Grade

 

Ce que vous avez vu et fait ; ce qui vous a été dit, ce que nous venons nous-mêmes de vous dire, enfin épreuves et explications, tout dans le grade satisferait en ce moment votre esprit : vous êtes sous l'empire d'un enchantement naturel ; mais réfléchissant bientôt et cherchant à vous rendre compte d'une foule de choses un peu confuses, vous pourriez éprouver des incertitudes que nous devons prévoir en vous communiquant les premiers notre propre embarras. Nous ne vous présentons nos réflexions que comme des questions que nous nous adressons à nous-mêmes, quoiqu'assurés d'avance de votre impuissance à les résoudre, et à nos FF\, plus anciens et plus instruits, qui ont droit de nous remettre dans le chemin légal, si nous avions le malheur, malgré nos bonnes intention, de nous en écarter.  

C'est le propre du grade de se communiquer ses doutes et de s'éclairer les uns les autres.  

Ainsi, nouveaux Chevaliers , suffisamment avertis, vous n'accorderez à nos observations, que la créance dont elles vous paraîtront dignes. Votre excellente judiciaire peut suppléer votre inexpérience maçonnique dans ce haut grade.  

L'origine du grade de Chevaliers Kadosch,, ne présente aucun non sens, quoiqu'elle se perde dans le vague de l’antiquité. Mais les formes et la morale du grade annoncent par leur peu de cohérence entre elles que la main des hommes a passé par là.  

Avec la meilleure disposition à se prêter aux inconséquences involontaires des esprits les plus judicieux, on ne peut concevoir dans une composition aussi capitale que celle du grade Kadosch , ce mélange d'habitudes chevaleresques, avec ces leçons pacifique que donnaient les sages de l'Inde, les hiérophantes de l'Egypte, les doctes de la primitive église. Ce n'était assurément pas pour prêcher la sagesse, la pratique de toutes les vertus que les rudes et vagabonds chevaliers croisés allaient porter le fer et la flamme au milieu de ceux qu'ils qualifiaient d'infidèles. Ils n'allaient pas non plus chercher dans les camps et dans les doctrines de ces infidèles, des principes de foi, des leçons de paix, de charité et de tolérance.  

Les chevaliers croisés n'ont pas pu créer un grade où brillent la plus pure philosophie, l'amour le plus vif des sciences, la morale la plus douce, eux qui ne savaient pas lire et qui voulaient absolument tuer ou convertir ceux qui suivaient une autre religion.  

Le grade a donc été mutilé ; mais qui l'avait créé ? Par qui et quand ont été faites les mutilations ? Etait-il d'abord tout philosophique ? Tout militaire ? Comment, fondateurs ou mutilateurs, ont-ils imaginé de mettre la philosophie et l'amour des sciences sous le protectorat d'hommes ignorans ? Ou comment a-t-on osé donner à ceux qui enseignaient les doctrines de Socrate et de Jésus-Christ, des cuissards, des brassards et des glaives ? La philosophie n'habite guère les camps et n'emprunte guère ses maximes aux lois impérieuses et sanglantes de la guerre. Ce n'est point le raisonnement qui terrasse un homme armé de pied en cap ; ce n'est point avec la pointe d'une épée qu'on établit une question de morale.  

Pour être conséquents avec l'origine et la morale du grade, et même avec les mots hébraïques de l'échelle mystérieuse, de la parole sacrée, etc., les novateurs auraient dû placer l'action dramatique du grade dans les souterrains du temple, et la consécration, non du chevalier, mais du lévite, dans le saint des saints.  

Si le grade est tout militaire pourquoi n'avoir pas adopté exclusivement les formes chevaleresques et ne lui avoir pas donné pour unique but la pratique des vertus guerrières ?

 

Résumé

 

Dans l'impuissance où nous sommes de décider la question, nous essayerons de concilier des éléments si opposés entre eux.

Rien n'est plus imposant à toutes les imaginations que l'appareil guerrier du temps de la chevalerie. L'homme aime à s'élever au-dessus de la sphère commune. Son âme est naturellement belliqueuse, et si nos habitudes ou les années ne nous portent pas à la vie pénible des camps, nous en aimons le simulacre, nous en recherchons les nobles jeux. Cette tenue d'apparat, cette dignité militaire, cette idée qu'avec le fer l'homme peut résister au fer, qu'il peut passer sans transition de la fiction à la réalité, tout l'anime, l'enflamme et lui donne une résolution qui centuple sa force naturelle. Et n'avons-nous pas vu il y a quelque peu plus de trente ans, cette foule de jeunes soldats si étrangers à la vie tumultueuse des armes, si timides dans leurs premiers pas, s'élancer tout-à-coup à l'exemple des vieux braves là où étaient les plus grands dangers et imiter les vétérans avec autant d'ardeur que de succès ? Et sous les murs de Paris, en 1814, ces émules de Vauban et de Napoléon se faire hacher sur leurs pièces dans cette campagne d'une heure ?...  

Oui ! L'appareil guerrier du 30e degré donne de l'énergie à l’homme qui sent son coeur, et entretient dans ce cœur généreux ces sentiments supérieurs qui lui font oublier sa propre conservation pour ne songer qu'à celle des autres !  

Le Chevaliers-Maçon se retrouve-t-il parmi les philosophes, ses frères, il reprend ses habitudes pacifiques ; il étudie, écoute, enseigne ou prêche d'exemple. Sévère pour lui, indulgent pour tout ce qui n'est pas lui, il nous intéresse par sa bonté et nous charme par son éloquence. Sa vie s'écoule sans orages, parce qu'il s'est volontairement placé au-dessus des orages. Il est fort pour résister s’il se laisse atteindre ; il est prudent pour éviter les faiblesses qui l’assiègent comme tous les autres hommes.  

Par sa philosophie, il est préparé à toutes les fortunes : point d'exaltation dans le bonheur ; point de lâcheté dans les revers. L'amour de ses semblables ne s'affaiblit jamais en lui ; il vit toujours en paix avec sa conscience, et quand l'heure fatale a sonné, il meurt doucement, rendant à la terre une enveloppe matérielle qu'il a su ennoblir, et au Dieu suprême qui l'a créé une âme pieuse et pure ; il laisse aussi aux hommes un souvenir utile s'il n'est pas toujours profitable.  

Voilà, jeunes Chevaliers et vous tous  Très Chers Frères , comme nous expliquons la morale du Subllime  Grade de Chevaliers Kadosch, qui est, sous ce point de vue, le nec plus ultrà de la haute Maçonnerie.

 

Source : www.ledifice.net

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Kadosh

3 Novembre 2012 , Rédigé par Y.H.M. Publié dans #hauts grades

Grand Élu, Grand Inspecteur, (grand) Chevalier Kadosh, Prince Katos, Chevalier élu, Kadosh de Sudermanie ou Chevalier de l'Aigle Blanc et Noir sont quelques–unes des diverses appellations de ce grade. Une phrase d'un rituel contemporain résume cette situation: « Son nom fut autre, et le même pourtant. »

Sa généalogie demeure difficile à établir, mais, si l'on suit Claude Guérillot, il semble s'inscrire dans la continuité du degré d'Élu, consacré à la vengeance d'Hiram*, au–dessus duquel apparut un Grand Élu tendant vers la « sainteté » (d'où la symbolique verticale de l'échelle) prenant progressivement la coloration chevaleresque qui est la sienne.

Dès 1750, on trouve à Quimper un haut grade templier pratiqué par un chapitre de Chevaliers Élus dont les statuts et le catéchisme présentent diverses caractéristiques du futur grade, notamment l'échelle « misterieuse»

Le texte introduit également une nouvelle filiation entre Kadosh et essénien: « Ces sept maîtres ainsi distingués des autres se nommèrent élus en vertu du choix que Salomon en avait fait [...] ils formèrent une société au–dessus des autres maîtres, laquelle après la construction du temple s'accrut et devint recommandable, ceux qui la composaient étaient connus sous le nom de pharisiens [...]. Les pharisiens dégénèrent [...] quelques–uns d'entre eux réguliers observateurs des lois et de la morale des premiers élus formèrent une société particulière et prirent le nom hébreu de kadosh qui signifie saint ou sépareil est aussi désigné par la lettre hébraïque kal et sont connus sous [le nom] Desseens. »

Le manuscrit de Quimper éclaire donc sur les origines du Kadosh et il est quasi identique à celui dit « G. J. G. ou chevalier Kados «connu aussi sous les titres de Chevalier Élu, de Chevalier de l'Aigle Noir » de Vincent Labady (Paris, 1781).

En avril 1761, une lettre adressée par des maçons de Metz à des frères de Lyon* signale,un grade de « Grand Inspecteur Grand Élu », arrivé avec un militaire français Jean–Baptiste de Barailh. Antoine Meunier de Précourt*, maître de la loge Saint–Jean des Parfaits Amis sise à Metz l'explicite l'année suivante dans une correspondance à Willermoz*. Notons que divers indices montrent que la « légende templière » était présente dans la maçonnerie Lyonnaise dès la décennie 1750. Si le 23 mars 1762 les frères messins renient solennellement ce grade celui–ci connaît déjà un succès certain et il devient le degré ultime et la clé de voûte du système pratiqué par la première Grande Loge de France* et son cercle intérieur et dirigeant le Grand Conseil de Grands Inspecteurs Grands Élus. De cette décennie, on connaît plusieurs autres rituels de ce grade. Les uns insistent plutôt sur l'échelle mystérieuse, mais d'autres semblent plus proches des grades d'Élus. Le cahier de « Grand Inspecteur Grand Élu » de la collection de Mirecourt en témoigne. Son catéchisme* commence ainsi: «
( Êtes–vous Chevalier Grand Élu ?
–Oui, je le suis.
–Comment vous appelez–vous ?
–Le chevalier K–S. »

Cette « tendance » accorde une importance remarquable au thème de l'échelle mystérieuse largement présent dans la mystique médiévale. À la même époque, on trouve une « sous–famille » plus vigoureusement templière avec le « Chevalier Élu ».

Le thème templier va aller croissant dans les divers rituels de Kadosh et cela explique sans doute en partie la série de condamnations maçonniques. Ainsi, le 21 septembre 1766, il est déclaré « faux, fanatique, détestable tant comme contraire aux principes et au but de la maçonnerie que comme contraire aux principes et aux devoirs d'Etat et de religion » par le « Conseil Souverain des Chevaliers d'Orient » sous l'autorité de Jean–Pierre Moët. En 1778, le Convent des Gaules condamne le grade de Kadosh « dans lequel on s'occupe de cette chimère de rétablissement » de l'ordre du Temple*. Quoi qu'il en soit, « le Chevalier Kadosh ou Chevalier de l'Aigle Blanc et Noir », « nec plus ultra de la maçonnerie ». devient le 24° dans le Rite de Perfection.

La légende templière et «l'échelle mystérieuse » sont désormais étroitement liées. Le Kadosh est intégré dans le Rite Écossais Ancien et Accepté*, dont il constitue le 29", puis très rapidement le 30° en France. alors que cette évolution est plus lente aux États–Unis. Le cahier de « Kadosh philosophique ou Grand Élu Chevalier de l'Aigle Blanc et Noir » (1805) comprend quelques innovations pour l'introduction des quatre salles pour la réception. Des modifications plus importantes concernent l'échelle car la signification du nom des montants changent. Le droit e signifie qu'une des bases fondamentales de notre ordre est d'adorer l'Être suprême et de lui rendre un culte dégagé de superstition »et le gauche « signifie que l'autre base fondamentale de notre ordre est de travailler continuellement au bonheur de l'humanité ». Désormais les échelons descendants reçoivent les noms des sept arts libéraux. Néanmoins par deux fois en 1806 et 1808 le Suprême Conseil de France précise que le grade ne doit être donné que par communication.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le Kadosh désormais pratiqué par toutes les obédiences* françaises conserve sa double constance historique d'etre à la fois un grade éminemment syncrétiqueé aux multiples variantes rituelles. Il garde sa fonction de grade philosophico–symbolique terminal avant les trois degrés dits administratifs. Présentement on peut ainsi isoler un modèle qui se retroUve peu ou prou dans les divers rituels actuels. La loge des Kadosh (Sublime Aréopage ou Conseil philosophique), présidée par un « Grand Maître»ou « Grand Commandeur » qualifié de « trois fois puissant » doit théoriquement présenter quatre appartements pour les réceptions. L'habillement des chevaliers, le cordon noir et le bijou* (croix teutonique émaillée de rouge ou aigle noir à deux têtes portant une couronne avec un poignard dans ses serres) ont de très nombreuses variantes. Dans tous les textes, l'essentiel de la cérémonie est l'ascension et la descente symbolique de « l'échelle mystérieuse (mystique) ». La légende templière est plus ou moins intégrée a la réception La philosophie du grade est l'action sur laquelle les gloses divergent assez fortement. Si les mots associés aux deux montants (Amour de Dieu [de la Verité] –Amour du prochain ou de l'Humanite ») demeurent inchangés, ceux qui sont en relation avec les deux fois sept barreaux ont été l'objet d'innombrables modifications. Toutefois, les rituels s'accordent plus ou moins sur la titulature* des offices* (Grand Juge ou Grand Servant d'armes, par exemple), les heures symboliques d'ouverture et de fermeture des travaux (La nuit commence–Le. point du jour), la batterie* (sept coups par trois fois deux plus un), le mot sacré (Nekam Adonaï) le mot de passe* le signe* et la symbolique de l'aigle bicéphale, noir et blanc .

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/

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Albert Pike

3 Novembre 2012 , Rédigé par Diogène Gondeau (février 1934) Publié dans #histoire de la FM

Né à Boston, le 29 décembre 1809, le futur Grand Commandeur du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des Etats-Unis fit ses études aux écoles publiques de sa ville natale et passa l'examen le rendant admissible à l'Université de Harvard ; mais ses parents ne purent subvenir à ses frais d'études supérieures et leur fils dut gagner sa vie comme modeste instituteur de 1825 à 1831. Voulant tenter fortune, il prit part à une expédition commerciale, qui lui valut de périlleuses aventures dans des régions alors mexicaines et peuplées surtout de Peaux-Rouges. Revenu vers la civilisation, il se fixa dans l'Arkansas, à Van Buren. où il ouvrit une école.

Pike prit alors part aux luttes politiques en rédigeant des articles qui furent remarqués et lui valurent la direction d'un journal de Little Rock. Du coup, il étudia le droit et devint avocat en 1834. La  campagne
du Mexique fit du juriste un soldat courageux et perspicace, ne craignant pas de dénoncer les erreurs du commandement.

De 1853 à 1857, l'avocat soutint à la NouvelleOrléans les revendications juridiques
des Chactas, auxquels s'appliquait le droit romain resté en vigueur en Louisiane. De retour en Arkansas, Pike fut élevé à la suprême magistrature de cet Etat.

La guerre de Sécession mit Albert Pike à la tête d'une brigade recrutée parmi les Indiens. Pas plus que d'autres chefs et en dépit de l'influence
qu'il exerçait sur ces cavaliers impétueux, il ne réussit à les tenir en main, d'où des actes de sauvagerie dont le général fut rendu responsable, contrairement à toute équité, l'indiscipline des Peaux-Rouges étant irrémédiable.

Redevenu avocat, Pike vint à Memphis, puis à Alexandria (Virginie) en 1868. A partir de 1870, il se fixa à Washington, où il mourut le 02 avril
1891.

En 1850, il avait reçu la Lumière à Little Rock. L'étude de la Maçonnerie le captivant, il ne tarda pas à publier une histoire du Rite
Ecossais, mais son œuvre maîtresse demeure Morals and Dogma, où s'étale toute sa vaste érudition. Grand Commandeur depuis 1859, le Maçon juriste, patriote et poète, s'efforce dans ce livre de moraliser ses FF:. titulaires des hauts grades. Sa morale est démocratique et prêche la tolérance en matière religieuse ; elle ne soulève aucune critique. Quant au dogme annoncé par l'auteur, il ne se dégage guère de dissertations mêlées, empruntées le plus souvent à des écrivains occultistes, en particulier à Eliphas Lévi.

Comme l'a fait remarquer le F:. Roscoe Pound
qui nous sert ici de guide, son compatriote s'est fait lui-même, en pur Américain, au milieu d'un tumulte qui ne saurait se prêter à ce recueillement que le philosophe maçonnique allemand Krause trouva dans l'ambiance claustrale d'une calme université du vieuxmonde. Pike s'est formé dans des milieux âprement agités où il se fit le défenseur du droit et de la liberté. Redoutant la tyrannie, il la voyait menaçante sous mille formes, prompte à exploiter les faiblesses, les erreurs et surtout les vices de citoyens qui ne peuvent rester libres, s'ils cessent de mériter la liberté. La grande préoccupation du patriote démocrate lui dicte des phrases fort bien venues littérairement, car l'écrivain est poète et les strophes que luiinspira la bataille de Buena Vista continuent à être récitées. Raisonneur dans la vie pratique, c'était en son intimité un puissant imaginatif, aimant rêver et se plaisant à s'assimiler les rêves d'autrui. L'attirance du mystère le conduisit à la porte du Temple, où il pénétra pieusement, dans l'intention de tout approfondir.

Sa tournure d'esprit
devait cependant le détourner de l'effort initiatique ; il crut devoir lire beaucoup, en diverses langues, ne craignant pas de remonter jusqu'au Zend Avesta et au Rig Véda. Peut-être lui eût-il été plus profitable de s'en tenir aux données élémentaires du Maçonnisme, mais le Rite d'York n'offre pas à cet égard une base solide et le rituel écossais des trois premiers degrés ne semble pas avoir été apprécié par l'adepte enthousiaste des grades supérieurs.

Sur le symbolisme
de ces derniers, l'auteur de Morals and Dogma observe une discrétion décevante. Il se boerneà y rattacher un enseignement moral, qui tient fort bien par lui-même, sans impliquer la dénomination et la mise en scène des grades successifs de la hiérarchie écossaise.

Quoi qu'il en soit, Albert Pike compte de fervents admirateurs et demeure la gloire incontestée de l'Ecossisme américain. Il voulut spiritualiser la Maçonnerie et ne perdit pas sa peine à cet égard. Son prestige fait lire ses éloquentes dissertations, dont le style parfois sybillin stimule l'activité des esprits épris de mystérieux.
 

Source : www.france-spiritualités.fr

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