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1889 : l'hégémonie du Suprême Conseil de Charleston

2 Novembre 2012 , Rédigé par Albert Pike Publié dans #histoire de la FM

Au nom et à la gloire du Grand Architecte de l'Univers, le Frère Albert Pike rappelle à ses Très Illustres Frères que :

A. Le Suprême Conseil de Charleston, premier Suprême Conseil du globe, créé le 31 mai 1801 sous le 33e degré de latitude nord, dans la Caro­line du Sud, aux Etats-Unis d'Amérique, a en­gendré : - 1° le 22 septembre 1804, le Suprême Conseil de France, siégeant à Paris ; - 2° le 5 mars 1805, le Suprême Conseil d'Italie, siégeant à Rome; - 3° le 4 juillet 1811, le Suprême Con­seil d'Espagne, siégeant à Madrid, aujourd'hui séparé de la confédération, quoique pratiquant le Rite Ecossais Ancien Accepté en 33 degrés ; - 4° le 5 août 1813, le Suprême Conseil des Etats-Unis d'Amérique (nord), siégeant à Boston ; - 5° le 11 juin 18.26, le Suprême Conseil d'Irlande, siégeant à Dublin ; - 6° le 24 juin 1859, le Su­prême Conseil de Colon et Cuba siégeant à la Havane ;

B. Le Suprême Conseil de France, fils du Su­prême Conseil de Charleston, a engendré : - 1° le 11 mai 1817, le Suprême Conseil de Belgi­que siégeant à Bruxelles ; - 2° le 6 mai 1846, le Suprême Conseil d'Ecosse, siégeant à Édim­bourg ; - 3° le 25 novembre 1871, le Suprême Conseil de Hongrie, siégeant à BudaPest, lequel dirige la Grande Loge Symbolique de ce pays ; - 4° le 30 mai 1873, le Suprême Conseil de Suisse, siégeant à Lausanne ;

C. Le Suprême Conseil de Boston ou des Etats-Unis d'Amérique (nord), fils du Suprême Conseil de Charleston, a engendré : - le 2 février 1816, le Suprême Conseil d'Angleterre, siégeant à Londres ;

D. Le Suprême Conseil de Belgique, petit-fils du Suprême Conseil de Charleston, a engendré : - le 16 novembre 1829, le Suprême Conseil du Brésil, siégeant à Rio-de-Janeiro ;

E. Le Suprême Conseil du Brésil, arrière-petit-fils du Suprême Conseil de Charleston, a engen­dré : - 1° le 6 mai 1812, le Suprême Conseil du Portugal, siégeant à Lisbonne ; - 2° le 20 sep­tembre 1856, le Suprême Conseil de l'Uruguay, siégeant à Montevideo ;

F. Le Suprême Conseil d'Angleterre, petit-fils du Suprême Conseil de Charleston, a engendré : - le 16 octobre 1874, le Suprême Conseil du Ca­nada, siégeant à Hamilton ;

G. Le Suprême Conseil de l'Uruguay, arrière-petit-fils du Suprême Conseil de Charleston, a engendré : - le 15 décembre 1858, le Suprême Conseil de la République Argentine, siégeant à Buenos-Ayres ;

H. En outre, le Suprême Conseil de Charleston a adopté : -1° le Suprême Conseil du Pérou, siégeant à Lima, lequel s'est constitué de lui-même, le 23 mars 1830, et s'est rallié au Rite Ecossais Ancien Accepté ; - 2° le Suprême Con­seil de Colombie, siégeant à Bogota, lequel s'est constitué de lui-même, le 18 février 1833, et s'est rallié au Rite Ecossais Ancien Accepté ; -3° le Suprême Conseil de la République Dominicaine, siégeant à Saint-Domingue, qui s'est constitué de lui-même, le 13 décembre 1861, et s'est rallié au Rite Ecossais Ancien Accepté ; - 4° le Suprême Conseil du Vénézuéla, siégeant à Cara­cas, lequel s'est constitué de lui-même, le 3 mai 1864, et s'est rallié au Rite Ecossais Ancien Ac­cepté ; - 5° le Suprême Conseil de Grèce, sié­geant à Athènes, lequel s'est constitué de lui-même, le 25 janvier 1867, et s’est rallié au Rite Ecossais Ancien Accepté ; - 6° le Suprême Con­seil du Chili, siégeant à Valparaiso, lequel s'est constitué de lui-même, le 19 août 1870, et s'est rallié au Rite Ecossais Ancien Accepté ; - 7° le Suprême Conseil du Mexique, siégeant à Mexico, lequel s'est constitué de lui-même le 8 novembre 1878, et s'est rallié au Rite Ecossais Ancien Ac­cepté ;

I. Le Suprême Conseil du Vénézuéla, fils adop­tif du Suprême Conseil de Charleston, a engen­dré : - le 26 novembre 1870, le Suprême Conseil de l'Amérique Centrale, siégeant à Costa-Rica ;

J. Enfin, le Suprême Conseil d'Italie, fils du Suprême Conseil de Charleston, a engendré : - 1° le 25 janvier 1878, le Suprême Conseil d'Egypte, siégeant au Caire ; - 2° le 11 mai 1880, le Suprême Conseil de Tunisie, siégeant à Tunis ; - mais ces deux Suprêmes Conseils, demeurant sous la dépendance immé­diate et directe du Suprême Conseil d'Italie, ne se rattachent qu'indirectement au Suprême Con­seil de Charleston par la pratique du Rite Ecossais Ancien Accepté.  

Ainsi, le Suprême Conseil de Charleston a engendré lui-même ou fait engendrer, par les Suprêmes Conseils ses fils et petits-fils, 26 Su­prêmes Conseils dont 3 ne sont pas rattachés à lui, et l'union des 23 autres Suprêmes Conseils avec lui constitue sur le globe la Confédération Souveraine de la Franc-Maçonnerie du Rite Ecossais Ancien Accepté, répandu et pratiqué de la sorte dans le plus grand nombre de pays des deux mondes.

Au surplus, le Suprême Conseil de Charleston entretient, comme Souveraine Puissance Ma­çonnique, des relations d'amitié fraternelle avec les Grands Orients et Grandes Loges de tous les Rites, qui veulent bien faire appel à ses lumières en vue de l'entente commune et de la direction du mouvement maçonnique pour l'anéantissement final de l'ennemi.

C'est pourquoi, sans prétendre leur imposer ses instructions, le Frère Albert Pike, Très Puis­sant Souverain Commandeur Grand Maître du premier Suprême Conseil du globe, les recom­mande tout particulièrement aux Très Illustres Frères que la confiance de leurs Frères a placés à la tète des Grandes Loges et des Grands Orients ;

Savoir :

Pour l'Amérique :

1° La Grande Loge du Canada, à Hamilton ;

2° La Grande Loge de Québec, à Québec ;

3° La Grande Loge de la Colombre britannique, à Victoria ;

4° La Grande Loge du Nouveau-Brunswick, à Saint-John ;

5° La Grande Loge de la Nouvelle-Ecosse, à Halifax ;

6° La Grande Loge de l'Ile du Prince-Edouard, à Charlottetown ;

7° La Grande Loge de Manitoba, à Winnipeg ;

8° Le Grand Conseil des Maçons Oddfellows, à Ottawa ;

9° Le Grand Orient des Etats-Unis, à New-York ;

10° Le Suprême Grand Conseil des Chevaliers Templiers, à New-York ;

11° La Grande Loge du Missouri, à Boonville ;

12° La Grande Loge de l'Ohio, à Cincinnati ;

13° Le Grand Orient de la Louisiane, à la Nouvelle-Orléans ;

14° La Grande Loge de l'Alabama, à Mont­gommery ;

15° La Grande Loge d'Arizona, à Tueson ;

16° La Grande Loge de l'Arkansas, à Little-Rock ;

17° La Grande Loge de Californie, à San-Fran­cisco ;

18° La Grande Loge de la Caroline du Nord, à Raleigh ;

19° La Grande Loge de la Caroline du Sud, à Charleston ;

20° La Grande Loge du Colorado, à Denver ;

21° La Grande Loge de Colombie, à Washing­ton ;

22° La Grande Loge du Connecticut, à Hart­ford ;

23° La Grande Loge de Dakota, à Sioux-Falls ;

24° La Grande Loge de Delaware, à Wilming­ton ;

23° La Grande Loge de la Floride, à Jackson-ville ;

26° La Grande Loge de la Géorgie, à Mâcon ;

27° La Grande Loge de l'Idaho, à Boise-City ;

28° La Grande Loge de l'Illinois, à Chicago;

29° La Grande Loge de l'Indiana, à Indianopolis ;

30° La Grande Loge du Territoire Indien, à Atoka ;

31° La Grande Loge de l'Iowa, à Davenport;

32° La Grande Loge du Kansas, à Topeka ;

33° La Grande Loge du Kentucky, à Louisville ;

34° La Grande Loge de la Louisiane, à la Nouvelle-Orléans ;

35° La Grande Loge du Maine, à Portland ;

36° La Grande Loge de Maryland, à Balti­more ;

37° La Grande Loge de Massachussets, à Boston ;

38° La Grande Loge de Michigan, à Dé­troit ;

39° La Grande Loge de Minnesota, à Saint-Paul ;

40° La Grande Loge du Mississipi, à Jackson ;

41° La Grande Loge du Missouri, à Saint-Louis ;

42° La Grande Loge de Montana, à Helena ;

43° La Grande Loge de Nebraska, à Lin­coln ;

44° La Grande Loge de Nevada, à Virginia-City ;

45° La Grande Loge de New-Hampshire, à Manchester ;

46° La Grande Loge de New-Jersey, à Tren­ton ;

47° La Grande Loge de New-York, à New-York ;

48° La Grande Loge du Nouveau Mexique, à Las Cruces ;

49° La Grande Loge de l'Ohio, à Cleveland ;

50° La Grande Loge de l'Orégon, à Portland ;

51° La Grande Loge de Pensylvanie, à Philadelphie ;

52° La Grande Loge Rhode-Island, à Provi­dence ;

53° La grande Loge de Tenessee, à Nash-ville ;

54° La Grande Loge du Texas, à Houston ;

55° La Grande Loge de l'Utah, à Salt-Lake-City ;

56° La Grande Loge de Vermont, à Burlington ;

57° La Grande Loge de Virginie, à Rich­mond ;

58° La Grande Loge de Washington-Territoire, à Olympia ;

59° La Grande Loge de West-Virginia, à Whelling ;

60° La Grande Loge de Wisconsin, à Milvau­kee ;

61° La Grande Loge de Wyoming, à Evanston ;

62° La Grande Loge pour la Juridiction Sud des Etats-Unis d'Amérique, à Charleston ;

63° La Grande Loge pour la juridiction Nord des Etats-unis d'Amérique, à Boston ;

64° La Grande Loge pour l'État de la Louisiane, à la Nouvelle-Orléans ;

65° La Grande Loge Unie de Colon et Cuba, à La Havane ;

66° La Grande Loge de Porto-Rico, à San-Juan ;

67° La Loge Indépendante de Colon, à Colon-Aspinwal ;

68° Le Grand Orient de Haïti, à Port-au-Prince ;

69° Le Suprême Conseil néo-grenadin (Etat de Bolivar), à Carthagène ;

70° La Grande Loge du Pérou, à Lima ;

71° La Grande Loge Symbolique du Chili, à Valparaiso; 

Pour l'Europe :

72° La Grande Loge Unie d'Angleterre, à Londres ;

73° Le Souverain Sanctuaire du Rite antique et primitif de Memphis et Misraïm pour la Grande-Bretagne et l'Irlande, à Withington, Manchester ;

74° La Grande Loge d'Ecosse, à Edimbourg ;

75° La Grande Loge d'Irlande, à Dublin ;

76° La Grande Loge Nationale de Danemark, à Copenhague ;

77° La Grande Loge Nationale de Suède et Norvège, à Stockholm ;

78° Le Grand Orient de France (c'est-à-dire : son Grand Collège des Rites, du 33° degré), à Paris ;

79° La Grande Loge Symbolique, à Paris ;

80° Le Souverain Conseil Général du Rite de Misraïm pour la France et ses dépendances, à Paris ;

81° Le Grand Orient de Belgique, à Bruxelles ;

82° Le Grand Orient des Pays-Bas, à la Haye ;

83° Le Suprême Conseil du Luxembourg, à Luxembourg ;

84° La Grande Loge Nationale aux Trois-Globes, à Berlin ;

85° La Grande Loge Nationale d'Allemagne, à Berlin ;

86° La Grande Loge Royale (York) de l'Amitié, à Berlin ;

87° La Grande Loge Nationale de Saxe, à Dresde ;

88° La Grande Loge le Soleil de Bavière, à Bayreuth ;

89° La Grande Loge de Hambourg, à Hambourg ;

90° La Grande Loge la Concorde de Darmstadt, à Darmstadt ;

91° La Grande Loge l'Union Eclectique de Francfort, à Francfort-sur-le-Mein ;

92° La Grande Loge Alpina de Winterthur, à Genève ;

93° Le Grand Orient National d'Espagne et son Suprême Conseil du 33e degré, à Madrid ;

94° Le Grand Orient d'Espagne, sa Grande Loge Symbolique et son Suprême Conseil du 33e degré, à Madrid ;

95° La Grande Loge Indépendante espagnole, à Séville ;

96° Le Souverain Sanctuaire de l'antique et primitif Rite Oriental de Memphis et Misraïm, à Naples ;

Pour l'Afrique :

97° La Grande Loge de Liberia, à Monrovia.

Pour l'Océanie :

98° La Grande Loge de l'Australie du Sud, à Adélaïde ;

99° La Grande Loge de la Nouvelle-Galles du Sud, à Sydney ;

100° La Grande Loge de Victoria, à Melbourne.

Ainsi, le Suprême Conseil de Charleston est, pour les 23 Suprêmes Conseils confédérés avec lui, et pour les 100 Grands Orients et Grandes Loges des divers Rites, le foyer de la Vraie Lumière Maçonnique, illuminant chaque jour davantage l'Amérique, l'Europe, l'Afrique, l'Océ­anie, et indirectement les colonies asiatiques.

Du Grand Orient du Suprême Conseil des Très Puissants Souverains Grand Inspecteurs Géné­raux du 33° et dernier degré du Rite Ecossais Ancien Accepté de la Franc-Maçonnerie pour la juridiction sud des Etats-Unis d'Amérique, sous le point vertical du zénith correspondant au 33° degré de latitude nord, en la vallée de Charleston, Caroline du Sud ;

Nous, Maître Expert de la Grande Loge Sym­bolique ; Maître Secret ; Maître Parfait ; Secré­taire Intime ; Prévot et Juge ; Intendant des Bâ­timents ; Maître Elu des Neuf ; Illustre Elu des Quinze ; Sublime Chevalier Elu, Chef des Douze Tribus ; Grand Maître Architecte ; Chevalier Royale-Arche ; Grand Elu Ecossais de la Voûte Sacrée, Parfait et Sublime Maçon ; Chevalier d'Orient ou de l'Epée ; Prince de Jérusalem ; Che­valier d'Orient et d'Occident ; Chevalier et Sou­verain Prince Rose-Croix ; Grand Pontife de la Jérusalem Céleste ; Grand Patriarche, Vénérable Maître ad vitam de toutes les Loges Symboliques ; Chevalier Prussien Noachite, Grand Maître de la Clef ; Prince du Liban, Royale-Hache ; Chef du Tabernacle ; Prince du Tabernacle ; Chevalier du Serpent d'Airain ; Prince de Merci, Chevalier Ecossais Trinitaire ; Souverain Commandeur du Temple ; Chevalier du Soleil Prince Adepte ; Chevalier de Saint-André, ou Grand Ecossais de Saint André d'Ecosse ; Grand Elu Chevalier Kadosch, Parfait Initié ; Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur ; Très Eclairé et Sublime Prince du Royal-Secret ; Souverain Grand Inspecteur Gé­néral, 33e et dernier degré ; Très Puissant Sou­verain Commandeur Grand Maître du Suprême Conseil de Charleston, premier Suprême Conseil du globe ; Grand Maître Conservateur du Palla­dium Sacré ; Souverain Pontife de la Franc-Ma­çonnerie Universelle, en la trente-unième année de Notre Pontificat ;

Assisté des Très Illustres, Très Eclairés et Très Sublimes Frères Albert G. Mackey, Frédéric Webber, William W. Upton, Josiah Essex, Ro­bert F. Crowell, Thomas L. Tullock, Philéas Walder, Goldsborongh Bruff, William M. Ireland et Richard W. Thompson, Souverains Grands Inspecteurs Généraux, Mages Elus com­posant le Sérénissime Grand Collège des Maçons Emérites, Conseil de notre phalange d'élite et bataillon sacré de l'Ordre ..

Commentaire : un Frère du REAA me dit que ce texte est un faux. Je n'en suis pas convaincu. Si vous avez des informations..

 

 

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Instructions du Suprême Conseil de Charleston aux 23 Suprêmes Conseils Confédérés (1889) (extrait)

2 Novembre 2012 , Rédigé par Albert PIKE 33° Publié dans #histoire de la FM

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, dont le Nom en sept lettres est Ineffable.

Liberté ! Egalité ! Fraternité !

Le Frère général Pike, Très Puissant Souverain Commandeur Grand Maître du Su­prême Conseil de Charleston, premier Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien Accepté, gé­nérateur des 23 Suprêmes Conseils Confédérés établis sur les deux hémisphères, ayant en par­ticulier la juridiction des Etats-Unis d'Amérique (sud),

A tous les Très Illustres Souverains Grands Inspecteurs Généraux, membres des Suprêmes Conseils confédérés du Rite Ecossais Ancien Ac­cepté, et à tous les Très Illustres, Vaillants et Eclairés Frères dirigeant les Grandes Loges ou chefs secrets des Grands Orients des divers pays répandus sur la surface des deux hémisphères, qui ces présentes verront :

Santé ! Stabilité ! Pouvoir !

Poursuivant notre oeuvre avec plus d'énergie que jamais, malgré le poids des années, Nous voulons laisser à Nos Frères Très Eclairés Nos instructions et Nos avis fraternels pour la bonne direction des Ateliers Supérieurs de l'Ordre.

Dans la Franc-Maçonnerie il est deux devises :

Ordo ab Chao, qui est la devise divine du Grand Architecte de l'Univers ;

Deus Meumque Jus, qui est la devise humaine des Francs-Maçons parvenus aux hauts grades.

Le Grand Architecte, enorganisant l'univers, a tiré l'Ordre du chaos. Nous nous inclinons avec admiration devant ses oeuvres si belles et en même temps si raisonnables.

D'autre part, chacun de nous réclame Dieu et son droit. Et nous avons, à plusieurs reprises, eu soin d'inscrire notre devise humaine par ses seules initiales, afin de leur donner une seconde interprétation mystique révélée aux seuls Parfaits Initiés. Cette interprétation mystique, ne devra pas être portée à la connaissance des Frères ayant un grade inférieur à celui de Chevalier Kadosch. Et, à ce propos, Nous vous rappelons que, si vous jugez qu'un profane ne puisse, intellectuellement parlant, s'élever jamais à la hauteur du degré de Chevalier Kadosch, il faut bien vous garder de l'initier même au grade d'Apprenti ; car jamais vous ne pourrez en faire un vrai Maçon.

Donc, nous formulons ainsi notre devise hu­maine : D. M. I., et nous l'expliquons ésotériquement par : Destruction, Matérialisation, Imposition. En d'autres termes, il faut Imposer, par le travail maçonnique, la Destruction de tout ce que la Matérialisation n'atteint pas. Les trois points qui suivent chacune de ces trois initiales signifient que le travail maçonnique de Destruction, de Matérialisation et d'im­position est triple.

I. DESTRUCTION :

1° de la Superstition; - 2° de la Tyrannie Po­litique; - 3° de l'Anti-Maçonnisme.

II. MATÉRIALISATION :

1° de la Conscience; - 2° de l'Etat; - 3° de l'Enseignement.

III. IMPOSITION :

1° à la Famille ; - 2° à la Nation; -3° à l’Humanité.

C'est pourquoi, le travail maçonnique doit consister, par tous les moyens quels qu'ils soient, à Imposerpratiquement à la Famille d'abord, à la Nation ensuite, et à l'humanité enfin, la Destruction : de la Superstition, là où la Ma­térialisation n'a pu faire son oeuvre sur la Conscience; de la Tyrannie Politique, là où l'Etat n'a pu être matérialisé ; de l'Anti-Maçonnisme, là où l'Enseignement n'a pu être atteint par la matérialisation.

Tel est l'ordre de mise en pratique du D. M. I. qui résume en trois lettres notre loi. Il est absolument nécessaire de ne laisser parvenir au grade de Chevalier Kadosch que des Frères choisis parmi ceux qui sont intimement convaincus de l'existence d'une Cause Première. Retenez au grade de Rose-Croix tous ceux dont l'âme vous paraît s'ouvrir à la Vraie Lumière, mais qui ont néanmoins de la lenteur à compren­dre ; instruisez-les graduellement, soumettez leur intelligence à des épreuves, exposez-leur surtout le rôle du feu, agent actif de la nature ; mais ne les pressez pas.

Les athées nous sont bons comme auxiliaires, mais dans les Loges Symboliques seulement. Il faut leur dire que, si, par le premier article de la Déclaration de Principes du 22 septembre 1875, nous avons proclamé l'existence d'un prin­cipe Créateur, sous le nom de Grand Architecte de l'Univers, c'est uniquement pour attirer à l'Ordre l'adhésion des croyants libéraux et faire preuve de tolérance envers tous les cultes. Mais n'agissez qu'avec la plus grande prudence vis-à-vis des athées ; ils sont plus difficiles à convaincre que les hommes qui, croyant à la divi­nité, en ont une fausse idée. L'idée de ceux-ci peut à la longue se rectifier; l'athée, au contraire, s'obstine dans sa négation. Ne vous servez donc des athées que pour les oeuvres politiques, et ne leur confiez jamais le soin de faire en loge des conférences sur les questions philosophiques.

C'est avec le plus grand soin qu'il est néces­saire de choisir les adeptes. Dans beaucoup d'orients, on les prend trop au hasard ; aussi tar­dons-nous à atteindre le but.

Ne conférez la Maîtrise qu'au Compagnon qui se connaît lui même. Sur le fronton des anciens temples érigés au Dieu de la Lumière, on lisait cette inscription en deux mots : « Connais-toi ». Nous donnons le même conseil à tout homme qui veut s'approcher de la science.

N'initiez jamais au troisième degré l'homme qui, malgré les enseignements reçus aux deux grades précédents, est demeuré esclave des préjugés du monde profane. Il ne parviendra jamais tant qu'il ne se réformera pas. Au grade de Com­pagnon, vous lui ouvrez les portes des Loges d'Adoption ; là, vous le jugerez bien. Vous ver­rez si ses préjugés tombent. S'il reste esclave de ses passions, s'il s'attache exclusivement à une femme, ne vous préoccupez plus de lui, vous perdriez votre temps. Il ne saurait être un adepte; car le mot « adepte » signifie celui qui est parvenu par sa volonté et par ses oeuvres, qui mé­prise les préjugés et qui triomphe de ses pas­sions.

L'homme qui a peur de perdre ses idées ; celui qui redoute les vérités nouvelles et qui n'est pas disposé à douter de tout plutôt que d'admettre quelque chose au hasard, celui-là n'est point pour nous. S'il soupçonnait notre secret, il le comprendrait mal ; son âme timide en serait troublée. Il deviendrait dangereux. Aussi, dès que vous sentez que vous vous êtes mépris sur le caractère et le tempérament d'un homme à qui vous avez conféré le premier grade et même le second, excluez-le adroitement, mais impitoya­blement, en faisant naître des prétextes quelconques d'élimination.

On ne montre pas la lumière aux oiseaux de nuit. La leur montrer, c'est la leur cacher; car elle les aveugle et devient pour eux plus obscure que les ténèbres.

Notre science est la science traditionnelle des secrets de la nature ; elle nous vient des mages, adorateurs d'Ormuz, nom persan du Principe du Bien, du Génie de la Lumière. Il ne faut donc la communiquer qu'à bon escient et avec des précautions infinies, attendu qu'au moyen de cette science, l'adepte se trouve investi d'une sorte de toute-puissance et peut agir surhumai­nement, c'est-à-dire d'une manière qui passe la portée commune des hommes.

Pour parvenir au sanctuaire de notre Dieu, quatre qualités sont indispensables : 1° une intelligence éclairée par l'étude; 2° une audace que rien n'arrête; 3° une volonté que rien ne brise ; 4° une discrétion que rien ne puisse corrompre ou enivrer.

SAVOIR, OSER, VOULOIR, Se TAIRE, voilà les quatre verbes du mage qui sont écrits dans les quatre formes symboliques du sphinx.

La première science étant la connaissance de soi-même, la première aussi de toutes les oeuvres de la science, celle qui renferme toutes les autres, c'est la création de soi-même. L'adepte doit dé­pouiller le vieil homme profane et se créer une humanité nouvelle. De même que l'homme ne devient le roi des animaux qu'en les domptant ou en les apprivoisant, sous peine d'en devenir la victime ou l'esclave, de même l'homme doit vaincre ses passions, dont les animaux sont la figure, doit commander à toutes les forces ins­tinctives de la nature, sous peine d'être broyé par elles.

Celui qui aspire à devenir un vrai Maçon doit être, dirons-nous, l'héritier du sphinx ; il doit en avoir la tête humaine pour posséder la parole, les ailes d'aigle pour conquérir les hauteurs, les flancs de taureau pour labourer les profondeurs, et les griffes de lion pour se faire place à droite et à gauche, en avant et en arrière.

A la science de Faust, le vrai Maçon joindra l'impassibilité de Job. Il piétinera la superstition dans son coeur. Il sera sans indécision et sans caprices. Il n'acceptera le plaisir que lorsqu'il le voudra, et il ne le voudra que lorsqu'il le devra.

Nous recommandons très instamment de multiplier les Loges d'Adoption. Elles sont indispensables pour former des Maçons bien maî­tres d'eux-mêmes. Le prêtre essaye de dompter sa chair en s'astreignant au célibat ; il commet là un crime social, et, en même temps, il entreprend contre la nature une lutte impossible. Le vrai Maçon, au contraire, arrive à la perfection, c'est-à-dire à se dominer, en employant son zèle dans les Loges d'Adoption à se soumettre aux épreuves naturelles. Le commerce avec la femme commune à tous ses Frères lui fait une cuirasse contre les passions qui égarent le coeur. Celui-là seul peut vraiment posséder la volupté de l'amour, qui a vaincu, par l'usage fréquent, l'a­mour de la volupté. Pouvoir, à volonté, user et s'abstenir, c'est pouvoir deux fois. La femme t'enchaîne par tes désirs, dirons-nous à l'adepte ; eh bien, use des femmes souvent et sans passion ; tu deviendras ainsi maître de tes désirs, et tu enchaîneras la femme. D'où il résulte que le vrai Maçon parviendra facilement à résoudre le problème de la chair, que le prêtre ne résou­dra jamais ; et c'est lui qui sera le vainqueur et le sage, parce qu'il aura pris, contrairement au prêtre, l'épée triomphante et raisonnable de l'ac­tion, au lieu du bouclier absurde de l'abstention systématique, arme défensive vouée d'avance à la défaite. Dans la question du choix des adeptes, la Maîtrise est le premier degré important. Les grades d'Apprenti, Compagnon et Maître sont dans tous les rites : les deux premiers ont leur signification au point de vue doctrinal, et l'on ne saurait les supprimer ; mais ils sont avant tout les grades préparateurs de la Maîtrise. Aussi, les officiers qui confèrent le troisième degré à un Frère peu disposé à comprendre et incapable de se vaincre, sont impardonnables.

Evidemment il n'est pas de nécessité absolue que l'homme que vous allez diriger vers les hauts gra­des soit immédiatement parfait et ait compris notre secret dès son entrée dans la Maçonnerie. Ce que Nous vous demandons, c'est de l'observer avec le plus grand soin pendant son Apprentissage, d'abord, et de faire, ensuite, de la Loge d'Adop­tion, où il pénétrera quand il sera Compagnon, votre critérium, votre instrument de contrôle infaillible. L'Atelier de Frères, qui ne s'annexe pas une Loge de Soeurs, est un Atelier incom­plet, destiné fatalement à ne jamais perfection­ner ses membres ; il ne produira que des Maçons, dont la politique sera le principal souci, qui se préoccuperont surtout des intrigues et des compé­titions, qui s'agiteront dans le vide, qui avance­ront tantôt de trois pas pour reculer après d'autant, en un mot, qui feront du mauvais travail et dont la politique sera incohérente.

Ce qui est indispensable, aussi, c'est de faire élire comme officier de Loge, au moins au Vénéralat et aux fonctions d'Orateur, des Frères pourvus des hauts grades ; car le Vénérable et l'Orateur sont les conducteurs des Apprentis et des Compagnons vers la lumière de la Maîtrise, qui n'est elle-même qu'un pâle reflet de la Vraie Lumière. Or, des aveugles ne peuvent conduire des aveugles, et le chemin de la lumière est perdu, quand les guides portent encore un ban­deau sur les yeux. Pour faire quelque chose, il faut savoir ce que l'on veut faire ou du moins avoir foi en quelqu'un qui le sait; mais com­ment risquerait-on sa vie à l'aventure et suivrait-on au hasard celui qui ne sait pas lui-même où il va ?

Une fois que, par l'observation, vous aurez acquis la certitude que votre homme peut, sans inconvénient, être conduit à la parfaite initia­tion du Chevalier Kadosch, conférez-lui la Maîtrise, commencez à soulever pour lui un coin du voile ; et si vraiment vous le jugez digne de rece­voir un jour la révélation, vous lui ferez connaître le Verbe, au grade de Rose-Croix.

Nous appelons Verbe ou Parole le voile es­sentiel de l'être et le signe caractéristique de la vie. Toute forme est le voile d'un verbe, parce que l'idée mère d'un verbe est l'unique raison d'être des formes. Toute figure est un carac­tère, tout caractère appartient et retourne à un verbe. C'est pourquoi les anciens sages avaient formulé leur dogme unique en ces termes : « Ce qui est au-dessus est comme ce qui est au-des­sous, et ce qui est au-dessous est comme ce qui est au-dessus.» Notre Dieu est comme le Dieu des prêtres, et pourtant celui-là n'est pas celui-ci ; ils sont semblables, quant à leur éternité et à leur puissance surnaturelle; mais il n'y a pas iden­tité entre eux. A telle lumière répond telle obs­curité ; au feu s'oppose l'eau ; l'ordre n'est l'ordre, que parce qu'il a contre lui le chaos qui lutte pour l'absorber. Mais, logiquement, la lumière remportera le triomphe final sur les té­nèbres, en les repoussant et les enchaînant à jamais aux extrêmes confins de l'immensité ; le feu sortira vainqueur de sa lutte contre l'eau, en la dissolvant et reculant les limites de son do­maine ; l'ordre régnera sur le chaos écrasé, non détruit. Telle est la loi suprême, le destin iné­luctable.

Mais il faut néanmoins reconnaître que les deux opposés sont semblables, comme essence. La forme est proportionnelle à l'idée ; l'ombre est la mesure du corps calculée avec sa relation au rayon lumineux ; le fourreau est aussi profond que l'épée est longue ; la négation est proportionnelle à l'affirmation contraire ; la produc­tion est égale à la destruction dans le mouve­ment qui conserve la vie, et il n'y a pas un point dans l'espace infini qui ne soit le centre d'un cercle dont la circonférence s'agrandit et recule indéfiniment dans l'espace.

Ce qui est dans le surnaturel est reproduit dans l'humanité, en des proportions moindres, il est vrai. Toute individualité est donc indéfiniment perfectible, puisque le moral est analogique à l'ordre physique, et puisqu'on ne saurait con­cevoir un point qui ne puisse se dilater, s'agrandir et jeter des rayons dans un cercle philo­sophiquement infini. Par conséquent, le Com­pagnon éprouvé dont vous aurez fait un Maître, et qui, Maître, aurait été jugé digne de devenir Rose-Croix, est perfectible entre vos mains et sera le Kadosch de la sainte initiation, l'Elu qui connaîtra la Vraie Lumière, parce que le regard de ses yeux lucides aura traversé le voile du Verbe.

Pour distinguer le futur Elu, le futur Kadosch, dès le grade de Maître, vous vous attacherez à discerner les Frères doués d'une imagination ardente, et vous négligerez les esprits terre à terre. L'imagination est, en effet, comme l'oeil de l'âme. L'homme, dont le cerveau ne travaille pas à la découverte des grands mystères, pos­sède une âme incomplète, une âme irrémédiablement frappée de cécité. C'est l'imagination qui est la plus forte puissance intellectuelle, et c'est elle qui fait triompher même physiquement. Etes-vous en danger dans une bataille ? Croyez-vous invulnérables comme Achille, et vous serez vraiment invulnérables. La peur attire les balles, et le courage fait rebrousser chemin aux boulets. Le vrai Maçon est audacieux, et il triomphera, parce que, grâce à son imagination ardente, il verra la vérité avant même qu'elle ait paru devant les yeux de son corps. Toute la question est de diriger vers la saine raison l'i­magination de l'adepte. Le prêtre qui obscurcit la conscience du fidèle en lui imposant des dog­mes que la raison ne peut expliquer, fait de ce fidèle, s'il a une imagination ardente, un fou. Au contraire, l'imagination appliquée à la raison, c'est le génie.

En résumé, Nous ne saurions trop insister sur ce point : le succès dépend du choix des adeptes, et, pour bien choisir les adeptes, pour avoir de bons Maîtres qui seront ensuite d'excellents Rose-Croix et enfin de parfaits Kadosch, il faut que les Ateliers pratiquent la Maçonnerie dans son intégralité, chaque Atelier ayant sa Loge d'Adoption, qui est le meilleur moyen de contrôle de la perfectibilité des Compagnons, et il faut que les Ateliers aient, en outre, à leur tête, au moins un Chevalier Kadosch, c'est-à-dire un Maçon ayant reçu la Vraie Lumière.

Nous avons examiné avec très grand soin les Annuaires du Grand Orient de France, que le Grand Collège des Rites nous envoie régulièrement, et Nous avons constaté que, dans les Loges Symboliques du Rite Français, le Véné­rable est souvent un Maître, très rarement un Rose-Croix, presque jamais un Chevalier Ka­dosch. Nous voyons là la cause des agitations stériles, qui condamnent le Rite Français à pié­tiner sur place. Aussi, dans la Maçonnerie Française, où ce rite possède 379 Ateliers, tandis que le Rite Ecossais en a 116 seulement, le progrès est d'une lenteur désolante, et les Loges sont, Nous avons le devoir de le dire, envahies par les brouillons politiques. Les résultats acquis sur le terrain gouvernemental de la nation manquent de stabilité ; l'ennemi peut, sans cesse, préparer un retour offensif ; une bonne loi, dont le vote parlementaire a été amené par le concert ma­çonnique, est mal appliquée ou même ne tarde pas à tomber en désuétude. Cela tient à ce que, dans le Rite Français, l'orient de l'Atelier, au lieu d'être, comme cela est indispensable, un foyer de lumière, est occupé, neuf fois sur dix, par des officiers dont les yeux sont encore cligno­tants.

En cette année (1889), le Conseil de l'Ordre, au Grand Orient de France, compte 15 Maîtres, 3 Rose-Croix, 2 Chevaliers Kadosch, et 13 Sou­verains Grands Inspecteurs Généraux. Il y a là un progrès sur les années précédentes ; mais, au sein de ce conseil administratif, les Frères ayant reçu la parfaite initiation, c'est à dire les Che­valiers Kadosch et les Souverains Grands Ins­pecteurs Généraux, sont encore en nombre égal à celui des simples Maîtres ; de sorte que la majorité dépend des 3 Rose-Croix, c'est à dire de 3 Frères dont l'instruction maçonnique n'est pas terminée. Cette situation est profondément re­grettable.

Il faut absolument que le Rite Français s'ins­pire mieux des traditions de l'Ordre. Sinon, il végétera dans l'impuissance, et les temples des autres rites, dans les contrées autres que la France, continueront avec douleur, à fermer leurs portes aux imparfaits initiés de ce Grand Orient.

D'autre part, il faut éviter aussi de passer d'un extrême à un autre. En France, - du moins, dans la plupart des Loges du Rite Français, - on a trop de tendances à professer un scepticisme absolu. C'est ainsi qu'on Nous a communiqué des planches de convocation d'Ateliers, où ne figure pas la formule : A la gloire du Grand Architecte de l'Univers. Dès 1877, nous avions malheureusement prévu qu'on en viendrait là. Jusqu'en cette année 1877, le premier article de la Constitution du Rite Fran­çais portait : « La Franc-Maçonnerie a pour principes l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme et la solidarité humaine. » Le Convent de septembre 1877, au Grand Orient de France, supprima l'affirmation de la divinité, et vota que l'article premier de la Constitution du Rite Fran­çais porterait : « La Franc-Maçonnerie a pour principes la liberté absolue de conscience et la solidarité humaine. » En 1884, le Convent annuel des Loges du Rite Français aggrava en­core cette suppression de l'affirmation de la divinité, en introduisant ceci dans la rédaction du dit premier article : « Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclu­sif de l'appréciation individuelle de ses membres, la Franc-Maçonnerie se refuse à toute affirmation dogmatique. » Voilà certainement un excès, que Nous réprouvons de toutes nos forces.

Mais, par contre, en Italie et en Espagne, de nombreux Frères, - bien intentionnés, sans doute, - pèchent par l'excès contraire, et leur erreur mérite d'être relevée.

En effet, ces Frères, mûs par une légitime haine contre le Dieu des prêtres, glorifient son adversaire sous le nom de Satan, et en lui conservant la situation et le rôle d'un ange déchu, révolté. Il y a là une hérésie manifeste. Le mot de Satan, ayant été inventé par l'imposture sacerdotale et s'appliquant à un être surnaturel subalterne ou diable, ce mot n'a pas lieu d'être prononcé, ne doit pas être prononcé en Maçon­nerie.

On Nous a signalé une Loge de Gènes qui a poussé l'inconscience jusqu'à arborer dans une manifestation publique une bannière portant : Gloire à Satan! A Milan, des Frères Maçons ont, dans une fête, fait exécuter et ont chanté un Hymne à Satan.

Les égarés qui glorifient Satan considèrent, en général, que le Dieu des prêtres a manqué à de prétendues promesses faites par lui à l'humanité, et, en présence de la désertion de ce Dieu, ils font appel au diable. Tel est le système de la goétie, qui est une aberration, qui est la démonomanie.

Existe-t-il un diable ? - Les prêtres disent : Oui. - Nous répondons : Non.

Qu'est-ce que le diable ? - C'est, disent les prêtres, le prince des anges, qui s'est révolté par orgueil contre Dieu, et qui, ayant été vaincu par l'archange Mikaël, a été, pour son châtiment, précipité en enfer, où il est condamné à rôtir éternellement en la compagnie d'autres anges, ses complices, devenus des démons, et de ceux d'entre les humains qui n'ont pas vécu selon la loi des prêtres.

Or, cette légende sacerdotale est un infâme mensonge, et nos Frères qui glorifient Satan n'aboutissent, en réalité, qu'à consacrer l'im­posture et à nous nuire maladroitement dans l'opinion de la multitude ignorante.

C'est pourquoi, Nous condamnons, de la façon la plus formelle, la doctrine du Satanisme, qui est une divagation de nature à faire le jeu des prêtres. Les Francs-Maçons satanistes donnent, sans s'en douter, des armes contre la Franc-Maçonnerie.

Ce que nous devons dire à la foule, c'est : - Nous adorons un Dieu, mais c'est le Dieu que l`on adore sans superstition.

A vous, Souverains Grands Inspecteurs Géné­raux, Nous disons, pour que vous le répétiez aux Frères des 32e, 31e et 30e degrés : - La reli­gion maçonnique doit être, par nous tous, initiés des hauts grades, maintenue dans la pureté de la doctrine luciférienne.

Car le Dieu Lucifer de la théurgie moderne n'est pas le démon Satan de la vieille goétie. Nous sommes Ré-Théurgistes Optimates, et non praticiens de la magie noire.

Les prêtres, en inventant Satan, ont créé les sorciers, leurs sanglants sacrifices du Moyen-Âge, leurs folles assemblées, leurs criminels et horri­bles conventicules de goules et de striges. Mais il y a deux magies : la magie lumineuse, et la magie des ténèbres. Il est vrai que les prêtres, lorsqu'ils ont eu l'omnipotence, ont persécuté également les mages de la sagesse et les mages de la folie, ont brûlé les Templiers, nos pères, aussi bien que les sorciers, oubliant que ces der­niers, sans eux, n'eussent pas existé.

La magie créatrice du démon, cette magie qui a dicté le Grimoire du pape Honorius, 1Enchiri­dion de Léon III, les exorcismes de l'église catholique, les réquisitoires des Laubardemont, les sentences de Torquemada, cette magie n'est pas la nôtre ; cette horreur, cette démence, avec son cortège de turpitudes et de cauchemars, c'est la Rome papale qui doit en porter la res­ponsabilité.

Elle a été enfantée par Adonaï, calomniateur de Lucifer. Dans sa rage contre son éternel et magnanime antagoniste, le Dieu Mauvais a bouleversé chez les hommes superstitieux la notion des choses saintes, Il a nié la divinité du Père du Bien et l'a appelé le Mal. Il a voulu écraser la raison sous les pieds de la crédulité aveugle. Il a perverti le sens de toutes choses, il a porté son chaos jusque dans la logique des mots. L'hypocrisie a été par lui transformée en sainteté ; le vice, en vertu ; le mensonge, en vé­rité ; le caprice et l'arbitraire, en justice ; la diva­gation et la foi de l'absurde, en science théolo­gique. La nuit a osé appeler nuit le jour; ténèbres, la lumière ; licence, la liberté ; erreur, la philoso­phie. L'orgueil, qui se prétend infaillible et se cantonne dans l'obscurité de ses dogmes illogi­ques et anti-naturels, l'orgueil superbe a eu le cynisme de nommer orgueil l'humble raison qui doute, qui ne croit que lorsqu'elle est sûre, qui n'émet une affirmation que lorsque la preuve des faits a été irrévocablement donnée par la science ; oui, Adonaï et ses prêtres ont jeté au ciel de notre Dieu toutes les boues de leur impudence, en qualifiant d'orgueilleuse l'intelligence raisonnable, qui cherche la solution des grands problèmes, qui marche sans cesse à une découverte nouvelle, qui est toujours insatiable de vérité. Si Lucifer n'était point Dieu, Adonaï, dont tous les actes attestent la cruauté, la perfidie, la haine de l'homme, la barbarie, la répulsion pour la science, si Lucifer n'était point Dieu, Adonaï et ses prêtres le calomnieraient-ils ? Oui, Lucifer est Dieu, et malheureusement Adonaï l'est aussi. Car la loi éternelle est qu'il n'y a pas de splendeur sans ombre, pas de beauté sans laideur, pas de blanc sans noir ; car l'absolu ne peut exister que comme deux ; car les ténèbres sont nécessaires à la lumière pour lui servir de repoussoir, comme le piédestal est nécessaire à. la statue, comme le frein à la locomotive.

En dynamique analogique et universelle, on ne s'appuie que sur ce qui résiste. Aussi l'univers est-il balancé par deux forces qui le maintiennent en équilibre : la force qui attire et celle qui repousse. Ces deux forces existent en phy­sique, en philosophie et en religion. Et la réalité scientifique du dualisme divin est démontrée par les phénomènes de la polarité et par la loi uni­verselle des sympathies et des antipathies. C'est pourquoi les disciples intelligents de Zoroastre, ainsi qu'après eux les Gnostiques, les Manichéens, les Templiers ont admis, comme seule concep­tion métaphysique logique, le système des deux principes divins se combattant de toute éternité, et l'on ne peut croire l'un inférieur à l'autre en puissance.

Donc, la doctrine du Satanisme est une hérésie; et la vraie et pure religion philosophique, c'est la croyance en Lucifer, égal d'Adonaï, mais Lucifer Dieu de Lumière et Dieu du Bien, luttant pour l'humanité contre Adonaï Dieu des Ténèbres et Dieu du Mal....... Donné au Grand Orient de Charleston, le quatorzième jour du cinquième mois de l'an 000889 de la Vraie Lumière (14juillet 1889, ère vulgaire). ALBERT PIKE, 33e.

 

Source : http://onvousment.free.fr/antimacons.htm

Commentaire : un Frère du REAA me dit que ce texte est un faux. Si vous avez des informations à ce sujet..

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REAA : initiation au 30ème degré : 1ère partie

2 Novembre 2012 , Rédigé par Riruel REAA Publié dans #hauts grades

La cérémonie de réception commence par une tenue au 28èmedegré. Les travaux sont donc d’abord ouverts à ce grade de la façon indiquée ci-dessous. La Présidence est assurée par le 1erGrand Juge de l’Aréopage. Le Commandeur de l’Aréopage se tient à la droite du Président.

Le 2èmeGrand Juge de l’Aréopage devient le Prieur au 28èmedegré et occupe la stalle du surveillant. 

 

OUVERTURE DU SENAT  

ADAM

F. Vérité les assistants ont-ils l’entrée du sanctuaire ?

O---

VERITE

Oui, F. Adam.

ADAM

Quel temps fait-il sur la terre ?

O---

VERITE

C’est la nuit parmi les profanes, mais le Soleil brille à midi dans ce Sanctuaire.

 

ADAM

Expliquez-vous.

VERITE

Le Ciel représente la philosophie, le Soleil la Sagesse qui nous dicte nos devoirs.

ADAM

Les Régions de l’air, debout. (Je frappe °°°°°° 6 fois) On fait le signe et on crie trois fois VIVAT  (main droite ouverte en équerre, puis montrer le ciel de l’index)  Prenez place Chevaliers.

ADAM

Mes Frères, avez-vous quelques observations à faire sur la rédaction de la dernière pièce de morale ? Après réponses et corrections éventuelles

ADAM

O---            Aux voix  Les Frères lèvent la main

RECEPTION

                                                                                            ADAM

L’ordre du jour appelle la réception des frères N..N. …N.

F. Vérité, rendez-vous sur les parvis, couvrez d’un voile la tête des impétrants et introduisez les dans le Sanctuaire. Vous frapperez à la porte en Chevalier R+C. (Les récipiendaires sont introduits et se tiennent debout à l’Occident.)

  ADAM

F. Vérité, qui sont ces Chevaliers R+C.

 

VERITE

Ce sont ces Frères N., N. et N. que le S.C. a jugé dignes d’être élevés au degré de Chevaliers du Soleil. Ils se présentent couverts d’un voile, car, Maîtres Secrets ils sont encore novices et ne sauraient supporter l’éclat du soleil à son  midi.

ADAM

Mes Frères nous sommes heureux que vous ayez été jugés dignes d’accéder à la vue de l’astre. Cependant un certain nombre de degrés vous séparent encore de nous. Nous allons vous les communiquer.

 

TSAPHIEL

Le 19ème GRAND PONTIFE SUBLIME ECOSSAIS, qui ne veut jamais de lumière artificielle, ni richesse, ni titres pour être admis dans les grades sublimes. LE GRAND PONTIFE a pour but de rétablir l’ancien temple – La Jérusalem Céleste.

ADAM

Je vous confère ce grade.  ---O

 

TSAPHIEL

Le 20ème. MAÎTRE AD VITAM – Grand Maître de toutes les Loges régulières reconnues comme telles. Cette grande Maîtrise vous est conférée pour votre zèle à rebâtir le Temple.

 

ADAM

Je vous confère ce grade.  ---O

RAPHAEL

Le 21ème. GRAND PATRIARCHE NOACHITE ou CHEVALIER PRUSSIEN.

Vous vous souvenez dans ce grade des fautes des enfants de Noé, dont l’orgueil a voulu bâtir la tour de Babel. Vous savez que PHALEG, l’architecte de cette tour, n’a été absout que pour l’Humilité qu’il a su montrer à la fin de ses jours.

 

ADAM

Je vous confère ce grade.  ---O

 

RAPHAEL

Le 22ème. CHEVALIER ROYAL HACHE ou PRINCE DU LIBAN.

Ces Chevaliers doivent être instruits, forts, résignés et surtout vertueux, auxquelles qualités s’ajoutent la discrétion, l’humilité et l’obéissance devant le GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS.

 

 ADAM

Je vous confère ce grade.  ---O

 

HHAMALIEL

Le 23ème. CHEF DU TABERNACLE.

Vous êtes admis dans ce lieu saint par l’action de grâce rendue au GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS. Votre devoir est de faire les premiers pas pour assister les indigents.

 

ADAM

Je vous confère ce grade.  ---O

 

Z’RAHHIEL

Le 24ème. PRINCE DU TABERNACLE. C’est la consécration de l’Union parfaite de cœur et de volonté, avec vos frères, pour la gloire de notre ETERNEL GRAND MAÎTRE.

 

ADAM

Je vous confère ce grade.  ---O

 

  URLIEL

Le 25ème. CHEVALIER DU SERPENT D’AIRAIN, qui impose l’obligation de délivrer les captifs, de porter la croix du TRES HAUT aux quatre coins de l’Univers, et de courir au secours des Frères, que la tyrannie des infidèles retient sous leur empire. Votre devise est : VERTU & COURAGE.

 

ADAM

Je vous confère ce grade.  ---O

 

GABRIEL

Le 26ème. PRINCE DE MERCI ou ECOSSAIS TRINITAIRE. Vous avez vu la Grande Lumière – le Delta de la Triple Alliance de l’Eternel, avec Abraham, avec Moïse et les hommes, par la Passion et la Mort du Seigneur.

 

ADAM

Je vous confère ce grade.  ---O

 

MICHAEL

Le 27ème. GRAND COMMANDEUR DU TEMPLE. Vous avez appris par trois voyages le mystère de la Triple Unité. Vous avez été libéré du joug ; vous gardez les clefs du Temple.

 

ADAM

Je vous confère ce grade.  ---O

 

ADAM

Vous voici maintenant tout près du Sanctuaire. Êtes-vous fermes dans le défi de la Vérité ?  

(Chacun doit répondre individuellement. Lorsque tous les candidats se seront montres affirmatifs, le F. Vérité frappera sur un gong ou tirera un coup de feu à blanc).

 

ADAM

F. Vérité, par le mot de passe, STIBIUM, conduisez les récipiendaires au centre de la demeure de Vérité.  

VERITE

En prononçant avec moi le mot de passe Stibium, avancez-vous vers moi jusqu’au centre du Sanctuaire. (En disant « Stibium » les récipiendaires s’avancent près de l’Orient, devant Adam.)

 

ADAM

Il vous faut maintenant gravir les sept Cieux. Les Chéroubims vont vous prêter assistance.

 

Tsaphiel

TSAPHIEL

 

Une lumière peut être le signe d’une plus grande lumière. Entrez avec moi dans le Ciel de la Lune. (Il agite la main droite comme un battement d’aile)  

 

ADAM

Raphaël !  

RAPHAEL  

Médecin des âmes par la Vérité, je vous fais entrer dans le Ciel de Mercure. (Il agite la main droite comme un battement d’aile)

 

ADAM

Hhamaliel !

 

HHAMALIEL

  Le fanatisme tue. Entrez avec moi ? Par la tolérance et par l’indulgence dans le ciel de venus. Il agite la main droite comme un battement d’aile)

 

ADAM

Uriel !

 

URIEL

    Par le feu du courage et de l’amour qu’ils entrent dans le ciel de Mars. il agite la main droite comme un battement d’aile)

 

 

ADAM

Gabriel !

 

GABRIEL

         a justice habite le Ciel de Jupiter. (il agite la main droite comme un battement d’aile)

 

ADAM

Michaël !

 

MICHAËL

  La pauvreté en esprit et l’humilité respectent vraiment la Vérité. Entrer dans la demeure de Saturne.

 

ADAM

F. Vérité les récipiendaires ont-ils compris les leçons angéliques. Sont-ils prêts à leur obéir ?

 

VERITE

 

Je le croix, F. Adam.

 

ADAM

Dans ce cas, F. Vérité, faites leur prononcer le serment qui les lie à notre Ordre.

(sauf pour donner leur identité, les récipiendaires répètent ensemble la formule dictée par Vérité.)

 

VERITE  

Moi…….. N…… en présence du G.A.D.L.U. et du Sénat de Chevaliers du Soleil, je jure et je promets le Secret et l’obéissance à tous ces préceptes qui m’ont été proposés pour parvenir au séjour de la Vérité.  

ADAM

Dans ce cas, F. Vérité, délivrez les du voile qui empêche leur vue. Pause Puis Adam frappe six coups du plat de la main

 

ADAM

Verticales les régions de l’air (Tous les assistants se lèvent. Adam descend de son trône. Le F. Vérité prend par la main l’impètrent à sa gauche et tous font la chaîne de droite à gauche)

 

ADAM

  S’approche de chacun qu’il baise au front en disant : F. ……, par ce baiser, je te délivre de l’ignorance et du fanatisme et je te rends à ta liberté telle qu’elle est dés le Principe et par le Principe. Adam reprend sa place et frappe un coup. F. qui décorez l’Orient, F. qui décorez les régions de l’air, je vous invite à reconnaître désormais Chevaliers du Soleil, membres de ce Sénat, avec accès dans le Sanctuaire les F. ………N., N…

 

A moi par le signe  (tous s’exécutent)

Et par la batterie   (tous…..)

F. de l’Orient et des régions de l’air, repos. (Tous s’asseyent).  

F. Vérité, veuillez procéder à l’instruction des nouveaux Chevaliers du Soleil.

INSTRUCTIONS

(Les nouveaux Chevaliers sont assis en fasse d’Adam)  

Vérité  

Les Secrets du 28èmetiennent dans :  

-      un mot de passe, Stibium, c'est-à-dire antimoine,

-      un mot sacré, ADONAI. On répond ABRAC, c'est-à-dire roi sans tâche (GADOL n’est attesté nulle part et semble une fantaisie récente).  

Signe d’ordre : placer la main droite ouverte en équerre sur le cœur.  

Signe de reconnaissance : étant d’abord à l’ordre, montrer le Ciel de l’index.  

Batterie          6 coups.  

Réponse à la question d’ordre :  les sept grandes vérités me sont connues.  

Symbole : un Soleil inscrit dans un triangle lui-même inscrit dans une gloire.  

Soit : Stella, Sedet, Soli,

Soit : Science, Sagesse, Sainteté.  

Attouchement : Prendre les mains du Tuileur et les presser doucement.  

Il n’y a ni marche, ni âge.                                            

FERMETURE DES TRAVAUX AU 28ème  

 

ADAM

F. Vérité, aidez-moi à fermer le Sénat.

                                                                                            VERITE

A l’ordre, mes Frères.

 

ADAM

F. Vérité, quels progrès font les hommes sur la terre pour parvenir à la Vérité, à la Liberté, Au Bonheur.

 

VERITE

Les hommes suivent toujours l’erreur. Peu la combattent.

Peu parviennent au saint lieu.

 

ADAM

Par la batterie (tous…….) et par le signe (tous montrent le Ciel) reconnaissons la Vérité. Puis retournons parmi les hommes en nous efforçant par la pratique de vertus, de leur donner l’exemple. Silence mes Frères. Tous nous le jurons.  

ADAM

Le Sénat est clos. F. Vérité, ramenez dans les parvis les nouveaux Chevaliers du Soleil avant que nous ouvrions au 30èmedegré.  

NOTA (en général les TT, ont été ouverts d’abord au 30èmedegré, mais ce n’est pas obligatoire).

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30ème degré REAA : Son Nom fut autre et le même pourtant

2 Novembre 2012 , Rédigé par Patrick Carré Publié dans #Planches

Du point de vue de l’ontologie, la science de l’Etre, le même et l’autre sont appelés des genres de l’Etre. Dans l’existence, Platon l’a souligné, les choses participent du même « et » de l’autre. Les cristaux de neige sont identiques dans leur forme, mais aucun n’est exactement semblable à l’autre. Et selon cette idée au fondement de la Maçonnerie, la Nature surmonte par avance nos catégories duelles et promeut nos différences, mais elle ne promeut le différent qu’à l’intérieur de l’identique. Il y a dans la réalité une inclusion réciproque de l’altérité et de l’identité, un mélange du même et de l’autre. L’être ne se réalise pas de la même façon dans toutes les choses, tout en étant le même. C’est donc, conclut Thomas d’Aquin, que l’être se réalise à des degrés divers dans les choses, en se proportionnant à la diversité de ces degrés. Il se hiérarchise intrinsèquement dans toutes les choses selon qu’elles se rapprochent plus ou moins de l’Être en plénitude, Dieu, car toute hiérarchie implique une relation ou une référence à quelque chose d’unique.

L’analogie de l’être est le concept clef de toute la métaphysique thomasienne, car il rend compte de l’unicité du réel tout en maintenant sa multiplicité, et lui imprime un mouvement dynamique et hiérarchique vers Dieu, terme vers lequel tout « étant » tend et s’ordonne. Ce concept s’impose à Thomas d’Aquin lorsqu’il cherche à nommer Dieu, « l’appeler » par « Son Nom ». L’être en tant qu’être n’est ni univoque, c’est-à-dire qu’il n’est pas exactement « le même » dans toutes les choses, ni équivoque, c’est-à-dire qu’il n’est pas tout à fait « autre », différent, étant commun à toutes les choses ; il est « analogue ».

Cette hiérarchie ontologique est une « analogie de proportionnalité », du grec « analogia » « proportion mathématique » qui désigne une ressemblance perçue comme non fortuite entre deux éléments. Le raisonnement par analogie, au fondement de la pensée maçonnique, culmine entre les mots qui désignent l’être de Dieu et ceux des substances créées qui reçoivent l’être. Il s’agit surtout d’une analogie de nomination. La doctrine thomiste sur l’usage analogique des mots vise à expliquer comment nos mots ordinaires, tels que « bon » et « sage », que nous appliquons aux créatures, peuvent être appliqués littéralement et significativement à Dieu, et « par analogie » comment « Son Nom » « Je Suis ce que Je Suis », peut être le nom du Chevalier Kadosh en quête de lui-même, un Nom qui lui aussi « fut autre et le même pourtant » depuis l’origine.

Parmi la création tout entière, l’homme est considéré comme une créature raisonnable à laquelle est imprimée intrinsèquement la fin dernière de remonter à Dieu jusqu’à la béatitude. « L’homme porte la ressemblance et représente l’image de Dieu », ce qui le rend capable de se diriger librement vers les fins qui lui semblent les meilleures et d’utiliser les moyens qui lui semblent les plus appropriés. Être autonome, c’est se donner des lois (autos-nomos en grec). Ainsi le Chevalier Kadosh doit se dicter des lois à lui-même, et ces lois qui se situent à un niveau comportemental doivent lui permettre d’utiliser les bons moyens pour arriver à une bonne fin en respectant les lois que Dieu a révélées. Il est ainsi « en mesure » de gravir « l’échelle mystérieuse » du 30ème degré, symbole de « l’ascension spirituelle de l’homme vers l’accès au royaume de Dieu, ou à l’unité cosmique » et de « l’élan des facultés de l’âme et des disciplines de l’esprit convergeant, au sommet, dans la Connaissance, c’est-à-dire dans l’Absolu. » (manuel d’instruction du degré)

La créature raisonnable qu’est l’homme se retrouve plongée avec ses responsabilités dans une nature ordonnée par une Intelligence supérieure. Il s’agit pour lui non seulement de se maintenir dans cet ordre naturel des choses, mais aussi d’en intégrer la « nature » au plus profond de lui-même, et d’adapter ses actes et ses fins à cet ordre. Le Chevalier Kadosh le réalise d’une façon souveraine « en conciliant la Foi et la Raison » (manuel d’instruction). Car la foi chrétienne n’est ni incompatible, ni contradictoire avec un exercice de la raison conforme à ses principes, et les vérités de la foi et celles de la raison peuvent être intégrées dans un système synthétique harmonieux, sans se contredire.

Thomas d’Aquin place le bien suprême de la vie morale naturelle dans ce qu’il appelle le bonheur, et le bien suprême de la vie surnaturelle dans la béatitude, c’est-à-dire la connaissance de Dieu. Ces deux biens symbolisés par les montants de « l’échelle mystérieuse » soutiennent de manière complémentaire les Chevaliers Kadosh dans leur ascension, le montant de droite symbolisant « l’Amour du Prochain » et celui de gauche « l’Amour de Dieu ». En équilibre entre les deux montants parallèles de l’échelle qui se rejoignent à l’infini en un point, ils tendent vers cette fin comme tous les hommes qui « atteignent leur fin ultime par la connaissance et l’amour de Dieu », dont le Nom « fut autre », avant d’atteindre ce point, « et le même pourtant » quand les deux montants de l’échelle se rejoignent.

Mais pourquoi cette seule fin, alors qu’il est clair que tous les hommes ne s’accordent pas sur leurs fins ? Parce que la raison formelle de fin dernière est le bien parfaitement comblant, et seul Dieu est parfaitement comblant, constituant le « NEC PLUS ULTRA » surmontant l’échelle. Comme la vie surnaturelle est infiniment supérieure à la vie naturelle, la béatitude est un bien infiniment plus parfait que le bonheur. Les fins multiples des Chevaliers Kadosh sont ainsi à la fois ramenées à l’unité du côté du septentrion par le nombre sept des barreaux de l’échelle, symbole de perfection et d’accomplissement, et préservées dans leur diversité en s’articulant au midi à une deuxième série de paliers descendants. Chacun des Chevaliers affirme son identité et sa personnalité par la mise en œuvre des sept Arts Libéraux en redescendant l’échelle, car « après s’être perfectionné, il doit redescendre afin de transmettre à ses Frères ses connaissances, c’est-à-dire devenir un initiateur et un éducateur. » (manuel d’instruction)

Le « zèle » nécessaire au cheminement initiatique et mis en œuvre dans les degrés précédents sous la devise « ORDO AB CHAO », est « sublimé » par le Chevalier Kadosh en « charisme » pour « appréhender le concept d’un plan supérieur, celui de l’Absolu où la dualité, symbole du degré, se résout en unité », et pour ensuite « redescendre sur terre afin de se préparer à l’action inspirée de l’idéal d’unité. » (manuel d’instruction). Le charisme (du grec « charis » qui signifie « grâce d’origine divine ») correspond bien à la devise des Suprêmes Conseils : « DEUS MEUMQUE JUS », « Dieu et mon Droit », et aux vérités révélées qui croisent et s’accordent avec les vérités de raison sur le premier versant de l’échelle au septentrion.

Les seules vérités de raison, à l’origine des sens attribués aux sept échelons de l’échelle mystérieuse au septentrion, ne sauraient en effet suffire au Chevalier Kadosh pour parvenir au « NEC PLUS ULTRA » de sa vie initiatique. Pour Thomas d’Aquin, la théologie « naturelle » ascendante, qui va du bas (les créatures) vers le haut (Dieu), doit être complétée par une théologie fondée sur la Révélation, descendante car elle part du haut (les vérités reçues de Dieu) vers le bas (les créatures). Le « charisme » du Chevalier Kadosh condense harmonieusement ces deux « théologies », les sens attribués aux sept échelons de l’échelle concordant avec les « sept dons du Saint-Esprit ». La Sagesse, l’Intelligence, la Patience, la Foi, la Force, la Douceur, la Justice, traduites sur l’échelle dans la langue hébraïque, concordent en effet sensiblement avec la Sagesse, l’Intelligence, le Conseil, la Piété, le Courage, la Science, la Crainte de Dieu, les dons du Saint-Esprit qui trouvent leur origine dans le Livre d’Isaïe, déjà inspirateur des 15ème et 16ème degrés du REAA.

La Sagesse couronnant l’échelle mystérieuse, conçue initialement de façon abstraite comme « la somme des idées dans l’esprit de Dieu", fait désormais une place à l’anima de la Sagesse et de la Connaissance affective qui provoque en l’homme l’amour de Dieu, à sa nature spécifique de lien, d’élément médiateur, et aux valeurs de sentiment qu’elle contient. Les combats et croisades du Chevalier Kadosh illustrent la purification de l’âme par cet « esprit de connaissance » et l’être spirituel qui peut comme le Christ ressuscité agir sur toutes les choses matérielles, ou les « Kados » réputés pour leur charité qui « travaillèrent à réformer leurs mœurs et à élever en eux un Temple spirituel ». Le Grand Architecte du Temple se rapporte ainsi à « notre âme qui doit régler la conduite de toutes nos actions. » (manuel d’instruction)
Dans l’ésotérisme chrétien, l’âme de l’homme ou de la femme est de nature féminine et deviendra l’épouse de l’Unique Époux. Le mariage spirituel est symbolisé par l’amour mutuel de l’Époux et de l’Épouse et par leur union. A ce moment l’Épouse ne cherche plus, elle possède une présence qu’elle ne veut plus quitter, qui est celle de la Sophia ou du Christ Sagesse. En d’autres termes, pour s’unir à la Sophia divine, que l’on soit homme ou femme, il faut devenir cette « vierge masculine », dont parle Jacob Boehme. L’homme devenu intégral peut prétendre à une union sophianique, qui célèbre les noces de l’homme androgyne, ou de la femme devenue mâle, avec la Sophia, dont naîtra l’« Enfant d’éternité », symbolisé au terme d’une longue gestation par l’Aigle bicéphale au REAA.

« L’oiseau, dit Marie-Madeleine Davy, symbolise l’âme. Lorsque celle-ci s’intériorise, elle devient profonde. Un trajet s’accomplit, allant de la périphérie au centre. Véritable voyage comportant différents relais, où des épreuves jalonnent le périple. Il convient d’évoquer le mental, de découvrir le chemin conduisant au cœur qui, peu à peu, va pouvoir se liquéfier et favoriser la poussée des ailes. Celles-ci accompagnent la naissance de l’esprit que de nombreux mystiques « situent » à la fine pointe de l’âme. Ainsi l’esprit provient d’un engendrement de l’âme qui contient virtuellement l’esprit. Tout spirituel est invité à devenir la mère de l’enfant de l’éternité, l’Enfant divin. On rejoint ici un thème cher à Maître Eckhart, celui de l’homme devenu « mère de Dieu ». Désormais l’oiseau intériorisé cesse de symboliser l’âme, il signifie l’esprit ».
Mais il y a plus. A cette étape de la vie spirituelle, quand « le philosophe parvient à l’androgynat, il abandonne sa tente de nomade et pénètre dans la maison de la Sagesse. L’intériorité vécue d’une façon existentielle anime le fond de l’être, sa profondeur. D’où l’accès à un nouvel état permettant le dépassement du niveau de créature faisant ainsi recouvrer l’unité première, celle qui a été perdue momentanément par la manifestation, la chute dans le temps. Le retour n’inaugure pas un conjointement avec l’État d’Adam avant l’apparition d’Ève (donc de la connaissance sensible), mais un retour à la condition de l’âme en Dieu avant sa création ».

Le Chevalier Kadosh parvenu au sommet de son parcours initiatique doit alors « redescendre sur terre » afin de transmettre à ses Frères ses connaissances, en passant par les sept échelons au midi de l’échelle mystérieuse où sont inscrits les noms des sept arts libéraux : Grammaire, Rhétorique, Logique, Arithmétique, Géométrie, Musique, Astronomie. Fils de la Sagesse, Etre sage, sa vie est à elle seule l’illustration de sa pensée. Ce n’est pas le concept abstrait de sagesse qui fait le sage, c’est le sage qui montre la sagesse par l’action. Le philosophe doit devenir le sage, celui qui pratique la sophia, celui qui montre par l’exemple, car il sait que les mots du philosophe n’ont que peu de poids face aux chaînes qui lient les hommes à leurs habitudes.

Dans la liste des Arts Libéraux, la Logique est ici « substituée » à la Dialectique qui a toujours, tout au moins du VI ème siècle jusqu’à la Renaissance, constitué le « Trivium » avec la Grammaire et la Rhétorique. Pourtant la Dialectique désigne un mouvement de la pensée destiné, par la confrontation ou la mise en rapport de ce qui est en mouvement, à atteindre un « terme » supérieur, une définition ou une « vérité ». Si la Dialectique illustre bien le cheminement de l’âme dans l’esprit de la « Règle » du 1er au 30ème degré du REAA, la Logique se rapporte par ailleurs à la recherche de « règles » générales et formelles permettant de distinguer un raisonnement concluant de celui qui ne l’est pas. « Les règles » ordonnançant la recherche intérieure de l’âme complètent en fait « la Règle » par laquelle le cherchant se soumet « in fine » à l’Esprit de son Créateur.

Le Chevalier Kadosh connaît ainsi la finalité des choses et sait les ordonner selon la place qui leur revient « naturellement », du fait de leur Nature. En lui concordent si bien l’amour de la science des choses et des hommes et l’amour de la vertu, l’amour du Même et de l’Autre, que par-delà l’espace et le temps, Son Nom « est » Autre et le Même pourtant.

Source : http://www.patrick-carre-poesie.net/spip.php?article1168

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L'Aigle à deux têtes.

2 Novembre 2012 , Rédigé par Pierre Mollier Publié dans #symbolisme

1. Des sources iconographiques au symbole maçonnique

L'Aigle à deux têtes est aujourd'hui l’emblème du système de hauts grades maçonniques le plus pratiqué dans le monde : le Rite Écossais Ancien et Accepté. À l'origine, les grades pratiqués sous la juridiction des Suprêmes Conseils tenaient fortement à la tradition judéo-chrétienne. Au terme d'une évolution de deux siècles ce rite se veut aujourd'hui porteur d'une spiritualité universaliste. Il est curieux de constater que cette vocation universelle existait virtuellement dans l’emblème choisi aux origines du rite. En effet, pour l'historien de l'iconographie « l'aigle est avec le dragon le seul animal qui appartienne à l'emblématique de tous les temps et de tous les pays ». Or depuis la plus haute antiquité des communautés humaines ont fait de l’aigle à deux têtes, mi-aigle, mi-animal fabuleux et qui par là tient au dragon, une figure emblématique. Lorsque dans le deuxième tiers du XVIIIe siècle la Franc-Maçonnerie s’agrégera une partie du corpus symbolique occidental, l’aigle à deux têtes prendra naturellement place parmi ses emblèmes.


I. L'Orient aux origines de l'Aigle à deux têtes


A. NAISSANCE DE LA POSITION HÉRALDIQUE DE L'AIGLE À DEUX TÊTES CHEZ LES HITTITES

Peut-être les figurations à deux têtes sont-elles connues depuis des temps immémoriaux ? Ainsi une représentation féminine à deux têtes (Déesse-Mère ?) retrouvée à Catal Hüyük, une des plus anciennes villes du monde, a-t-elle pu être datée du sixième millénaire avant J.C. Les premières attestations de la figure de l'aigle à deux têtes sont aussi extrêmement anciennes. On les découvre dans le matériel archéologique laissé par la civilisation hittite qui s’épanouit en Asie Mineure entre le XXe et le XIIIe siècles avant notre ère.
Il s'agit d'abord de sceaux cylindriques trouvés dans les fouilles de Boghazköy, ancienne capitale hittite. Ils présentent de façon très claire un aigle bicéphale aux ailes déployées. La recherche d'une certaine esthétique conduit à cette position “héraldique” qui s'explique aussi par une tendance naturelle à la symétrie et la nature probablement religieuse de l'être représenté. La datation proposée par les scientifiques est de + ou – 1750-1715 et le contexte situerait l'origine de ces sceaux dans un milieu commerçant.
On retrouve cette image de l'aigle à deux têtes dans la même région dans deux oeuvres monumentales, à Alaça Hüyük (datée de + ou – 1400) et à Yazilikaya (1250 au plus tard).
Le contexte est ici différent et semble exclusivement religieux. L'aigle devient le symbole de la divinité. À Alaça Hüyük, l'aigle se trouve sur la face intérieure de l'orthostate portant les sphinx situés à l'entrée monumentale de cette ville. À Yazilikaya, il se trouve au milieu d'une procession de divinités, dont l'ensemble servit de sanctuaire en plein air.
L'aigle à deux têtes semble s'estomper dans la dernière période hittite, du IXe au VIIe siècles, et disparaître avec la fin de cet empire.

B. SELDJOUKIDES ET TURCOMANS : LA REDÉCOUVERTE DE L'AIGLE À DEUX TÊTES AU HAUT MOYEN-ÂGE

C'est dans la même région, mais deux mille ans après, que va réapparaître l'aigle à deux têtes. A partir de l'an mil, les Seldjoukides – seigneurs turcs de Mongolie convertis à l'Islam vers 920 – envahissent l'Anatolie. À la fin du XIe siècle les Seldjoukides d'Anatolie se séparent des Grands Seldjoukides d'Iran pour créer le royaume des Seldjoukides dit de Rum (Rome) car situé en pays byzantin. Ils établissent leur capitale à Nicée (Iznik), puis à Konya.
L'aigle à deux têtes se rencontre à profusion sous le règne du plus grand sultan seldjoukide de Konya, Alaeddin Keykübad (1219-1236) et de son fils et successeur Keyhusrem II (1236-1246). On le découvre en effet sur des tissus, des pierres taillées, des carreaux muraux ou des porte-Coran. Comme toute problématique iconographique il est très difficile de dire s'il s'agit d'un emprunt ou d'une recréation. L'un et l'autre auraient été facilités par le fait que les ancêtres des Seldjoukides connaissaient au Ve siècle un coq à deux têtes. Mais c'est bien d'un emprunt dont il s'agit chez les successeurs des Seldjoukides au tout début du XIIIe siècle, les Turcomans. Si l'on trouve des aigles à deux têtes sur certaines de leur pièces de monnaie en bronze, on y découvre aussi des motifs sassanides, grecs, romains, byzantins et chrétiens manifestement copiés sur des vestiges anciens.

C. BYZANCE : L'AIGLE À DEUX TÊTES EMBLÈME DE L'EMPIRE

Constantinople se veut la Nouvelle Rome et à ce titre l'emblématique de l'aigle y est bien connue, comme symbole de la puissance et de la souveraineté. À l'image des Césars et des Augustes de la Rome antique, le Basileus, l'empereur byzantin, souverain de l'Empire Romain d'Orient, porte l'aigle pour armes. Comment cet aigle impérial romain est-il devenu un aigle à deux têtes ? Une alternance de guerres et d'échanges commerciaux rythmait les relations étroites des Byzantins avec leurs voisins et ennemis, Seldjoukides puis Turcomans. L'aigle à deux têtes est très probablement arrivé à Constantinople sur les tissus ou les monnaies d'un marchand ou dans les souvenirs d'un soldat. Les lutrins des églises orthodoxes qui présentent cet emblème sont les cousins des porte-Coran seldjoukides. Par son caractère propre, l'aigle à deux têtes a dû peu à peu se développer dans l'art et l'emblématique jusqu'à infléchir le dessin de l'aigle impérial. C'est probablement le basileus Théodore II Lascaris (1254-1258) qui le premier fit de l'aigle bicéphale un emblème de l'empire. Il faut dire que les deux têtes de l'aigle symbolisaient particulièrement bien la double souveraineté temporelle et spirituelle à laquelle prétendaient les basileus. Par la suite l'emblématique de l'aigle à deux têtes sera toujours très présente dans l'église orthodoxe grecque, jusqu'à en devenir l'emblème officiel ! Les aigles à deux têtes des pays balkaniques, ainsi que celui de l'empire russe, sont directement hérités de Byzance.


II. L'Aigle à deux têtes dans l'Occident médiéval

A. APPARITION DE L'AIGLE À DEUX TÊTES L'ART ROMAN

On découvre quelques exemples d'aigle à deux têtes dans la sculpture romane des églises de Vouvant (Vendée), Civray (Vienne), Gensac-la-Pallue et Sainte-Colombe (Charente), Moissac (Tarn-et-Garonne), Vienne (Isère). Sans qu'il soit possible de les dater très précisément, aucune de ces églises ne semblent postérieures au XIIe siècle.Comment cette figure d'origine orientale a-t-elle pu rejoindre puis s'épanouir au coeur de l'Occident médiéval ? Suivons les explications d'Emile Mâle sur un itinéraire iconographique classique qui pourrait bien être aussi celui de l'aigle à deux têtes :

« Au temps de Saint-Bernard, c'est-à-dire en pleine époque romane, les fleurs et les animaux qui ornent les cloîtres et les églises sont la plupart du temps des copies d'originaux antiques, byzantins, orientaux, que l'artiste reproduisait sans en comprendre le sens.
L'art décoratif du Moyen-Age a commencé par l'imitation. Ces prétendus symboles ont été souvent sculptés d'après le dessin d'une étoffe persane ou d'un tapis arabe.
A mesure qu'on l'étudie mieux, l'art décoratif du XIe et du XIIe siècles apparaît de plus en plus comme un art composite qui vit d'emprunts. Les multiples éléments dont il est fait commencent à se laisser entrevoir. Les chapiteaux romans nous montrent fréquemment, par exemple, deux lions disposés symétriquement de chaque coté d'un arbre ou d'une fleur. Irons-nous avec l'abbé Auber, en chercher le sens dans les livres des théologiens du XIe siècle ? – Nous perdrions notre temps, car ces deux lions, Lenormand l'a prouvé, ont été copiés sur quelque étoffe fabriquée à Constantinople d'après de vieux modèles persans. Ce sont les deux animaux qui veillent sur le hom, l'arbre sacré de l'Iran. Les tisserands byzantins n'en savaient déjà plus le sens et n'y voyaient qu'un dessin industriel d'une disposition heureuse. Quant à nos sculpteurs du XIIe siècle, ils imitaient les figures du tapis byzantin apporté en France par les marchands de Venise, sans se douter qu'elles pussent avoir une signification quelconque. »

Or il se trouve que l'on a justement découvert lors de travaux dans la cathédrale de Périgueux, en 1895, un tissu d'origine orientale présentant des motifs d'aigle à deux têtes. Appelé “Le Suaire de Saint-Front”, il s'agit d'un morceau de soie du XI-XIIe siècle, d'origine Grand-Seldjoukide, turcomane ou provenant d'un atelier de Constantinople, voire de l'Espagne musulmane. Il s'agirait d'un morceau de chasuble d'un évêque dont les restes ont été transférés avec ceux d'autres évêques, et emmurés en 1173.
Un dernier élément renforce la thèse de l'emprunt à l'Orient. l’aigle à deux têtes semble bien représenté dans les blasons des principaux participants des croisades. Jourdain d'Amphermet, Jean de Dion, Hamelin et Geoffroy d'Antenaise, Jean de la Béreaudière, Le Meigre, Amaury de Saint-Cler, Hugues de Sade et Laurent de la Laurencie portent l’aigle à deux têtes.

B. L'AIGLE À DEUX TÊTES DANS LES SCEAUX ET LES ARMOIRIES

Les armoiries apparaissent sur les champs de bataille du XIIe siècle pour permettre aux combattants de se reconnaître au coeur de la mêlée… Les animaux furent parmi les premières figures utilisées. Les armoiries animalières constituent 60 % des armoiries vers 1180, 40 % vers 1250 et se stabilisera autour de 30 %, puis vers 25 % au cours du XIVe siècle. L'aigle – monocéphale – est l'une des grandes figures de l'héraldique. Mais « Dans les armoiries occidentales, son indice de fréquence est cependant très inférieur à celui du lion : au Moyen-Âge on compte environ un écu à l'aigle pour six écus au lion, et à l'époque moderne le rapport semble passer de un à dix. C'est surtout la rareté de l'aigle dans les armoiries roturières qui explique ces différences. L'aigle est en effet essentiellement une figure héraldique nobiliaire, symbole de puissance et d'autorité ».
« L'origine et la signification de l'aigle à deux têtes sont des sujets qui ont fait couler beaucoup d'encre. Il semble bien que ce soit avant tout un thème essentiellement graphique et que le blason l'ait emprunté, tardivement, à l'iconographie orientale ». Le plus ancien exemple français est celui du sceau apposé en 1227 par un Chevalier… de l'Ordre du Temple, Guillaume de l’Aigle, Commandeur du Temple en Normandie.
Le second cas est celui de Jocelin de Chanchevrier daté de 1229. On a pu calculer que jusqu'en 1300, dans les armoiries françaises, à peine 7 % des aigles étaient bicéphales.
L'aigle à deux têtes n'est donc pas un motif héraldique quantitativement important. En revanche la qualité de certaines personnalités l'ayant pour arme a pu contribuer à en donner une image particulière. Ainsi découvre-t-on qu'il constitue les armes de Bertrand du Guesclin (1320-1380). Héros de tournoi, chevalier errant et justicier au renom légendaire, guerrier victorieux puis connétable de France, on fit de lui sous Charles VI, le type du parfait chevalier.
Or Bertrand du Guesclin portait « d'argent à l'aigle à deux têtes de sable, à la côtice de gueules brochant sur le tout, becquée, lampassée et armée de gueules ». L'aigle à deux têtes se voit donc associé dans l'imaginaire médiéval au type du parfait chevalier.
Outre sa présence dans les armoiries des chevaliers croisés, l’aigle à deux têtes constitue le blason d’un Ordre hospitalier du Moyen-Âge, les Chanoines réguliers de Saint Antoine qui portent « D’or à un aigle de sable à deux têtes, diadémé de même, ayant le vol étendu et au col une couronne d’or, en forme de collier, duquel pend un écusson aussi d’or, posé sur la poitrine de l’aigle et chargé d’un tau ou taph d’azur ».

C. L'AIGLE À DEUX TÊTES DANS L'EUROPE MODERNE

Plus on avance vers le XVe siècle plus l’aigle à deux têtes se développe dans les pays germaniques auquel il est souvent exclusivement associé aujourd’hui, plus à tort qu’à raison. Mais « malgré quelques témoignages exceptionnels à l'époque de Frédéric II, ce n'est que sous l'empereur Sigismond, c'est-à-dire au début du XVe siècle, que l'aigle bicéphale devint définitivement la figure héraldique de l'empereur, tandis que l'aigle monocéphale était désormais réservé au roi des Romains ».
En héraldique, à la fin du XVIIIe siècle, l’Aigle éployé entre dans les armes de près de 500 familles européennes dont, pour 200 d’entre-elles, il constitue les armes complètes.

III. Les débuts de l’Aigle à deux têtes en Maçonnerie


L’Aigle à deux têtes apparaît en Maçonnerie en France dans le tout début des années 1760 avec le grade de Grand Inspecteur Grand Élu ou Chevalier Kadosh. On le découvre ainsi dans la fameuse lettre que les Maçons de Metz écrivent à ceux de Lyon en juin 1761. Ce précieux courrier a pour objet l'information réciproque des dignitaires de l'ordre sur les grades connus ou pratiqués dans les deux orients. Les Maçons lorrains y expliquent que le grade le plus élevé qu'ils pratiquent est celui de « Chevalier Grand Inspeur Grand Elû der grade », en conséquence, « Tous les grades […] sont tous subordonnés à ce dernier » , or :

« Le petit attribut [de ce grade] est un aigle d'or éployé portant une couronne de prince sur les deux têtes et tenant un poignard dans ses serres. Le grand attribut est une Croix rouge à 8 pointes semblable à celle de Malthe ; sur le centre, dans un Cercle, sont une Epée et un poignard en sautoir »

On trouve justement au bas de la copie d'un procès-verbal conservée dans les archives de la Loge « de Saint Jean » de Metz un très beau sceau présentant un aigle à deux têtes. Ce document est daté du 25 avril 1763 et il n’est pas indifférent que le signataire en soit le frère Le Boucher de Lénoncourt. On le connaît en effet comme l’un des principaux promoteurs du grade de Kadosh dans les années 1760. Ce sceau présente donc très probablement l’iconographie première de l’aigle à deux têtes en Maçonnerie. Peut-on attribuer la réalisation de ce sceau à Augustin Pantaléon, l'une des personnalités du cénacle animé par Le Boucher de Lénoncourt, qui exerçait la profession de graveur ? Nous aurions donc là, à la fois le dessin originel de l'aigle à deux têtes dans l'Ordre maçonnique et son auteur !
Dans un courrier confidentiel à Willermoz, Meunier de Précourt révèle l'enseignement secret du grade de Grand Inspecteur Grand Élu ou Chevalier Kadosh : les francs-maçons sont en fait les descendants de « ces fameux infortunés T....... [Templiers] ». Il y ajoute une glose sur l'emblème du grade :

« L'aigle portant un poignard dans ses serres avec ces mots : Neccum Adonay, Vengeance à Dieu, nous représente les dernières paroles de Jacques de Molay, dernier Grand Maître, quand il ajourna le pape et le roy ; ajournement terrible vérifié par l'événement. L'aigle, l'animal qui plane le plus haut dans les airs et le seul qui fixe le soleil, est le juste emblème de cet infortuné vieilllard »

Dans la lettre suivante où Meunier de Précourt entreprend d'exposer dans le détail les liens entre les Templiers et les Chevaliers G.I.G.E. , l'explication est un peu différente. Ce sont en effet les Templiers survivants au supplice qui :

« Comme l'aigle est le Roy des oiseaux et le seul qui regarde fixement le soleil, ils le prirent pour devise en l'armant d'un poignard dans les serres, comme pour demander justice à la divinité d'un aussi horrible attentat »

On doit noter que ces explications n'éclairent pas sur le caractère éployé de la dite aigle. Peut-être celui-ci devait-il contribuer à assurer la préséance du Kadosh sur un autre grade apparu à la même époque et qui allait contester au Chevalier G.I.G.E. le rôle terminal de Nec plus Ultra de la maçonnerie : le Chevalier de l'Aigle Rose-Croix. La symbolique de l'aigle – monocéphale – y joue en effet un rôle. Mais peut-être, tout simplement, l'aigle à deux têtes, dont les qualités chevaleresques et de souveraineté appartenaient au fond commun de la symbolique occidentale, apparut-il particulièrement adapté pour ce grade auquel « Tous les [autres… devaient être] subordonnés » ; grade qui en conséquence se voulait porteur des plus précieuses révélations de la Maçonnerie et aspirait à gouverner l'Ordre.
Toujours est-il que le G.I.G.E. ou Chevalier Kadosh allait connaître une grande fortune dans la Maçonnerie française des années 1760 et avec lui son emblème, l’aigle à deux têtes. Ainsi, dès 1762, les dignitaires de la Grande Loge des Maîtres de Paris, dite de France, avec à sa tête le substitut du Grand Maître, Chaillon de Jonville, s'annoncent « décorés du Grade par Excellence de G.I.G.E. ». Tous les rituels manuscrits de G.I.G.E. ou Chevalier Kadosh qui nous sont parvenus présentent l’aigle à deux têtes comme l'emblème du grade. Celui-ci se trouve ainsi associé au Nec plus Ultra de la Maçonnerie et devient donc, de fait, le symbole d'une fonction dirigeante dans la Première Grande Loge de France.

Article paru dans le n° 107-108 (tome XXVII, 1996). Texte reproduit intégralement mais sans les notes et références bibliographiques, ni les illustrations.

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Notre Triangle de recherches symboliques au Rite Ecossais Primitif

1 Novembre 2012 , Rédigé par Loge Le Phenix Namur Publié dans #Rites et rituels

Afin de travailler plus en profondeur dans une structure plus légère, mais tout aussi intense en rituélie et en contenu philosophique, nous ouvrons un Triangle qui travaillera au Rite Ecossais Primitif à l’Orient de Namur. Le Rite Ecossais Primitif est très proche spirituellement du Rite Ecossais Rectifié et partage les mêmes valeurs. Voyez à ce propos le site de la Grande Loge Symbolique de Belgique du Rite Écossais Primitif.

 

Le Rite Écossais Primitif est l’un des plus anciens rites pratiqués au monde.

 

Le Rite Écossais Primitif prend sa source dans les « Old Charges » et fait sien les valeurs universelles de la Franche Maçonnerie.

 

Le Rite Écossais Primitif a pour Constitutions, les Constitutions dites Stuardistes de 1720, rédigés sous la conduite de Georges Payne. Le REP ne reconnait pas d’autres constitutions.

 

Le Rite Écossais Primitif est un Rite discret dans un Ordre déjà discret et doit le demeurer, selon la propre volonté de Robert Ambelain.

 

Le Rite Écossais Primitif est lié à deux Serments, celui de l’Initiation, et celui de l’Ecossisme Primitif prenant sa source depuis le Mont Heredom en Écosse.

 

Le Rite Écossais Primitif obéit à des règles et principes intangibles.

 

Le Rite Écossais Primitif se base, en plus de ses Constitutions, sur les écrits, ouvrages, documents et articles de Robert Ambelain.

 

Le Rite Écossais Primitif est un Rite exclusivement masculin.

 

Le Rite Écossais Primitif se base sur la Loi morale, l’humanisme et la Loi naturelle.

 

Le Rite Écossais Primitif est un Rite d’origine militaire.

 

Le Rite Écossais Primitif est un Rite Traditionnel, Déiste, Spirituel, Ésotérique et Symbolique.

 

Le Rite Écossais Primitif travaille à la Gloire du Grand Architecte des Mondes.

 

Le Rite Écossais Primitif revendique comme seules bases de travail le respect de ses règles et valeurs, sous le couvert de la sagesse, de la simplicité et de l’humilité.

 

La Franc Maçonnerie ne s’apprend pas, ne se décrète pas, elle se vit…

Source : http://logelephenixnamur.wordpress.com

 

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Rituel d'Installation du Vénérable Maître, cérémonie Secrète du Conseil de Maîtres Installés, commune à tous les Rites

1 Novembre 2012 , Rédigé par Rituel GLNF Publié dans #Rites et rituels

Cérémonie d'Installation du Maître Élu  Conseil de Maîtres Installés
Après l'ouverture des travaux, en suivant l'ordre du jour, le VM et la Loge reçoivent l’Officier représentant le Grand Maître pour la cérémonie d'installation du Maître Élu.
Lorsque cet Officier est conduit à l’Orient par le Directeur des Cérémonies, il est d'usage que le VM lui offre le maillet. Pour cette cérémonie particulière, il le fait en ces termes :
V.M. :
(TR, R ou TV) Frère, en votre qualité de représentant du Grand Maître, la Loge est honorée de votre présence et se place sous votre bienveillante autorité.
Je remets entre vos mains la Charte de constitution de notre Loge, qui a été octroyée par le Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française en …
(date de la création, du transfert ou du réveil de la Loge).
Le G.O. prend la charte et la repose sur le plateau du VM.
L’Officier Provincial remercie le VM :
Grand Officier :
Je vous remercie Vénérable Maître. Je suis parmi vous, ce soir, pour entendre les rapports d'activité de votre Loge et m'assurer que la transmission de la Charte de cette Respectable Loge à votre successeur se fait conformément aux règles, us et coutumes de l’Ordre.

Le Grand Officier refuse le maillet et prend place selon son rang, se réservant d'intervenir au moment de la remise solennelle de la charte.
Si le VM ne procède pas lui-même à l’installation de son successeur, il transmet son sautoir et le maillet à celui qui en sera chargé.

Cérémonie Secrète dite « Ésotérisme du conseil de maîtres installés »
Après avoir fait sortir les Maîtres Maçons sans saluer, et lorsque le Couvreur Installateur a refermé la porte du Temple, le Directeur des Cérémonies Installateur dispose un coussin ou un prie dieu au centre de la Loge puis va chercher le Maître Élu qu'il conduit devant le prie-Dieu et lui demande de s'agenouiller. Le Directeur des Cérémonies dispose ensuite (si ce n 'est déjà fait) les trois Grandes Lumières selon la manière appropriée, puis se place en tête de la colonne du midi où il aura préalablement disposé le tablier de Vénérable.
Il veillera de même au sautoir de PMI. Le DC aura également disposé l'Équerre et le Compas sur le VLS.
Maître Installateur :
à moi mes Frères, au signe de Maître installé.
Je déclare cette Assemblée dûment constituée en un Conseil de Maîtres Installés.
Debout, Vénérables Frères.
*.
1erS. Inst. : *.
2d. S. Inst. : *.
Maître Installateur :
Mes Frères, tournons-nous vers l’Orient.

Tons les Frères se tournent vers l’Orient et prennent l’attitude de la prière, au signe de Foi.
Le D.C. s'assure que tous les Maîtres Installés ainsi que le Maître Élu sont au signe de Foi. (Main droite sur le coeur, doigts joints et pouce caché.)

Maître Installateur :  Prions, mes Frères.
Daigne, Père Tout-Puissant, Maître Suprême de l’Univers, étendre Ta protection sur ce rite solennel et accorder au digne et respectable Frère qui est sur le point d'être admis au nombre des chefs de l’Ordre, la Sagesse pour comprendre, le jugement pour apprécier et l’habileté pour faire observer Ta Sainte Loi. Sanctifie-le de Ta Grâce, fortifie-le de Ta Puissance et enrichis son esprit de la vraie science afin qu'il soit capable d'éclairer l’esprit de ses Frères et de consacrer notre Temple à l’honneur et à la gloire de Ton Saint Nom.
Ainsi soit-il.

Tous quittent le signe de Foi et se tournent vers l'Occident. Le Directeur des Cérémonies fait lever le Maître Élu et enlève le prie dieu ou le coussin.
Maître Installateur au Maître Élu :
Vous avez déjà pris une obligation relative à vos devoirs comme Maître de cette Loge. Veuillez maintenant vous avancer et prendre une seconde obligation en ce qui concerne les secrets particuliers à la Chaire de Maître. Le Maître Élu s'avance vers la chaire. Agenouillez-vous sur les deux genoux. Le Maître Élu s'exécute. Dégantez-vous et posez vos deux mains sur le Volume de la Loi sacrée. Le Maître Élu s'exécute.
Maître Installateur:
Vénérables Frères, veuillez vous mettre au Signe de Fidélité
Main droite sur le coeur, doigts joints, pouce à l’équerre. *.
1er S. Inst. : *.
2ème S. Inst. : *.
Maître Installateur:
Dites : « Moi », puis déclinez vos prénom et nom : Le Maître Elu dit « Moi » et décline ses prénom et nom. et répétez après moi : En présence du Très Haut et devant ce Conseil de Maîtres Installés, dûment constitué et régulièrement assemblé, de mon plein gré et consentement, par ceci Le Maître Installateur touche les mains du Maître élu de sa main gauche et sur ceci, Le Maître Installateur touche le Volume de la Loi Sacrée de sa main gauche très solennellement, je promets et jure que toujours je cacherai et jamais ne divulguerai aucun des secrets ou mystères particuliers à la chaire de Maître, à personne au monde, sauf à un Maître Installé ou à un candidat dûment élu à cette charge et cela seulement avec le concours d'au moins deux Maîtres Installés, régulièrement assemblés à cet effet.
Tous ces articles, je jure solennellement de les observer sans faux-fuyant, équivoque ou restriction mentale d'aucune sorte, sous peine, si j'en viole un seul, d'a. la m. d. t. au p. et f. sur l’é. g. afin qu'elle s'y f. et s'y d. Que le Très Haut me vienne en aide et m'empêche de jamais violer l’Obligation Solennelle que je viens de contracter comme Maître Installé.

Tous les Frères cessent le signe de Fidélité.
Maître Installateur:
Comme gage de votre fidélité et pour que vos paroles deviennent une Obligation Solennelle, scellez-les trois fois de vos lèvres sur le Volume de la Loi Sacrée. Le Maître Élu exécute.
Maître Installateur:
Permettez-moi de diriger encore une fois votre attention sur les trois Grandes Lumières, bien que Lumières symboliques, de la Franc-Maçonnerie : le Volume de la Loi Sacrée, l’Équerre et le Compas.

Le Maître Installateur les montre pendant qu'il les énumère.

Le Volume de la Loi Sacrée, cette Grande Lumière de la Maçonnerie, vous guidera vers toute vérité, dirigera vos pas dans les sentiers du bonheur et vous indiquera tous les devoirs de l’Homme.
L’Équerre vous enseignera régler votre vie et vos actions selon la ligne et la règle maçonniques.
Le Compas vous rappellera de limiter vos désirs à tous les stades de la vie, afin que, vous élevant par le mérite a un rang éminent, vous soyez entouré de respect durant votre vie et regretté après votre mort.

Le Maître Installateur quitte sa chaire par sa gauche et vient se placer à côté du Maître Élu. De sa main droite, il enserre, entre le pouce et l'index, le poignet droit du Maître Élu puis il vient placer sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu. Enfin en pivotant légèrement sur lui-même vers la gauche et en relevant légèrement la main droite et poussant de la gauche le Maître Élu, il relève celui-ci en disant :

Relevez-vous G…. M !
Ce mouvement se poursuit jusqu'à ce que le Maître Installateur se trouve face au midi et le Maître Élu face à lui (donc face au nord). Puis le Maître Installateur se désengage et recule de deux pas.
Maître Installateur :
La tradition rapporte que, lorsque le Temple de Jérusalem fut achevé, le roi Salomon accompagné d'une suite nombreuse vint le visiter.
En entrant dans l’édifice, il aperçut Adoniram à quelque distance et il lui fit signe ainsi :

Le Maître Installateur élève son bras droit à l’horizontale en direction de l’Ouest, le regard tourné vers l’Occident, le pouce de la main droite replié sur l’annulaire et l’auriculaire tandis qu'il garde l’index et le majeur joints et tendus. Puis, par un mouvement de l’avant bras, il ramène par trois fois sa main à hauteur de l’épaule droite. Le D. C. aide alors le Maître Élu à imiter ce mouvement. Quand cela est fait :
Maître Installateur:
Adoniram, en approchant de son royal maître, allait s'agenouiller, mais le roi l’en empêcha en le prenant ainsi :
Le Maître Installateur fait signe au Maître Élu de s'agenouiller et l’en empêche en lui prenant le poignet droit entre pouce et index et en plaçant sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu en disant :

Levez-vous G… M !
La signification de ce mot est « Excellent Maçon ».

Puis le Maître Installateur se désengage et fait deux pas en arrière.
Maître Installateur:
Lorsque le roi et sa suite furent sur le point de partir, Adoniram les salua ainsi ...
Le Maître Installateur recule son pied droit d'un pas, pointe tournée vers l’Occident, et dans le même temps, il place sa main droite, les doigts dans la position du signe, à hauteur de son épaule gauche et en s'inclinant légèrement en avant, il fait décrire à sa main droite un arc de cercle pour la ramener à sa droite.

... comme marque d'humilité.
Ensuite il fait signe au Maître Élu de l’imiter.
Maître Installateur:
de là, viennent l’attouchement et le mot d'un Maître Installé, le signe et le salut d'un Maître ès-Arts et ès-Sciences.
Le Directeur des Cérémonies présente au Maître Installateur le tablier de Vénérable Maître. Le Maître Installateur ôte le tablier de MM du Maître Élu, le donne au Directeur des Cérémonies, et ceint le Maître Élu du tablier de Vénérable. Puis, ôtant le sautoir de Vénérable Maître qu'il porte, le Maître Installateur en revêt le Maître Élu en disant :
Je vous revêts maintenant de l’insigne et du joyau de votre charge qui est le plus grand honneur que la Loge ait en son pouvoir de conférer à l’un de ses membres.
Il prend dans sa main droite l’équerre du sautoir et dit :

L’Équerre étant l’instrument qui aide à façonner la pierre brute et à vérifier la justesse de la pierre cubique est employée fort à propos par les Maîtres Maçons pour enseigner les principes les plus purs de la piété et de la Vertu.
Il tache l’équerre.

Dans le sens maçonnique, elle doit être le guide de toutes vos actions.
Alors, le Maître Installateur saisit de sa main droite le poignet droit du Maître Élu, entre le pouce et l’index, puis il pose sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu et lui indique qu'il doit faire de même avec sa main gauche. Le Maître Inst. souffle au Maître Élu de partir du pied gauche et lui-même, reculant en partant du pied droit, entraîne le Maître Elu vers le nord. À reculons, le VM Inst. entraîne le Maître Élu jusqu'au fauteuil de VM. en disant :
Avec l’attouchement marquer l’attouchement et le mot « G . . . . M » d'un Maître Installé, je vous place à ce moment-là, le Maître Élu étant entre la table et le fauteuil et le VM Inst. c'étant placé entre la table et lui, il l’assoit en le poussant fermement dans le fauteuil dans la chaire du roi Salomon et je suis persuadé que votre conduite future justifiera le choix de vos Frères.

À la fin de cette circumambulation, le Maître Installateur est à la gauche du Maître nouvellement installé qui est assis.
Le Maître Installateur va se placer devant la chaire et salue le nouveau Vénérable Maître en Maître Installé (Pied droit en arrière, main droite à l’épaule gauche, index et majeur tendus et joints) puis il décrit un arc de cercle de la main droite en s'inclinant légèrement.
II prend le maillet sur la Chaire avec la main gauche et, revenant à la gauche du nouveau Vénérable Maître, il lui tend le maillet par-dessus son avant-bras droit en disant :

Je place, entre vos mains, ce maillet, emblème du pouvoir, qui vous servira à maintenir l’ordre dans la Loge, particulièrement à l’Orient.
Dans les rites « Modernes » (RER et Français) ainsi qu'au REAA, c'est aussi le moment de remettre l’épée au nouveau Vénérable Maître. Le Maître Installateur prend de la main droite la lame de l'épée sur la Bible et tend la garde par-dessus son bras gauche au Vénérable Maître Installé en disant :

Je vous remets votre épée, symbole du Verbe et de la Lumière, qui vous sera nécessaire pour éclairer vos Frères dans les travaux de votre Loge.
Le Maître Installé repose l’épée sur le VLS, lame pointée au nord.
Le Maître Installateur:
Prêtez attention, Maître assermenté, aux passages des Saintes Écritures que je vais vous énoncer ; ils fondent et déterminent les signes qui vous feront reconnaître dans toutes les Loges de la Grande Loge Nationale Française comme M.I.
Psaume 137 v. 1 a 6.

« Sur les bords des fleuves de Babylone,
Nous étions assis et nous pleurions en nous souvenant de Sion. Aux saules de la contrée
Nous avions suspendu nos harpes. Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants
Et nos oppresseurs de la joie. Chantez-nous quelques uns des cantiques de Sion ! Comment chanterions-nous les cantiques de l’Éternel Sur une terre étrangère ? Si je t'oublie ô Jérusalem, que ma droite m'oublie ! "

Le Maître Installateur avec la main gauche doigts tendus et joints, donne un coup verticalement sur son poignet droit, puis comme s 'il prenait sa main droite avec sa main gauche, il porte sa main droite sur l’épaule gauche.

Que ma langue s'attache à mon palais
Maître Installateur place sa main droite, poing fermé, pouce levé, sous sa mâchoire inférieure. Le maître nouvellement installé l’imite.

Si je ne me souviens de toi, Si je ne fais de Jérusalem Le principal sujet de ma joie. »
Amos, chapitre VII, v. 7 et 8.

« Le Seigneur se tenait debout près d'un mur aligné au cordeau et il avait dans sa main un fil à plomb. l’Éternel me dit : « Que vois-tu Amos ? Je dis : « Un fil à plomb. »
Le Seigneur dit : « Voici que je vais mettre un fil à plomb au milieu de mon peuple d'Israël.
Maître Installateur tend son bras droit horizontalement devant lui comme s'il tenait de sa main droite, entre le pouce et l’index, la cordelette d'un fil à plomb. Le Vénérable Maître Installé l’imite.

Désormais, je ne lui pardonnerai plus sa faute. »
Le Maître Installateur poursuit :
Maître Installateur:
Vénérable Maître, veuillez maintenant investir votre « Passé Maître Immédiat ». Appellation à adapter selon le Rite pratiqué dans la Loge ; "Ancien Vénérable Maître" au REAA, "Ex Maître" au RER et "Précédent Vénérable " au Rite Français.
V.M. se lève, en tenant le sautoir de PMI, et s'adressant au PMI placé à sa gauche :
Vénérable Frère, c'est avec plaisir que je vous revêts des insignes de « Passé Maître Immédiat » à adapter selon le Rite de la Loge. Il lui passe le sautoir de PMI. Jugeant de la façon dont vous avez rempli votre charge, je suis certain que si, à quelque moment, j'avais besoin d'aide, je pourrais compter sur votre coopération.

Maître Installateur :
Mes Frères, nous allons saluer notre Vénérable F. nouvellement installé par cinq, en Maîtres Installés, en vous réglant sur moi.
Maître Installateur invite les VF. à former un arc de cercle devant la chaire du VM pour le saluer par cinq par le Grand Signe ou Signe royal. Ce Signe se fait en élevant latéralement les bras tendus au-dessus de la tête jusqu'à ce que les doigts des deux mains se touchent, puts dans le mouvement inverse, ramener les bras le long du corps. Ce salut se donne sans claquement de mains sur les cuisses.
Maître Installateur demande alors au VM de donner un coup de maillet.
VM : *.
Maître Installateur:
Je déclare ce Conseil de Maîtres Installés clos.
VM : *.
1er S. Inst. : *.
2nd. S. Inst. : *.

Le Maître Installateur peut alors demander au nouveau Vénérable Maître d'interrompre momentanément les travaux, au coup de maillet, afin de recevoir les félicitations de ses pairs.
Lorsqu'il aura reçu les compliments de chacun, le Vénérable Maître reprendra les travaux au grade correspondant à la sortie des Maîtres de la Loge.

 

Source : http://www.stichtingargus.nl/vrijmetselarij/s/venmaitre_r.html

 

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Serments maçonniques : Les « penalties » ou châtiments physiques, éléments du serment maçonnique (extrait)

1 Novembre 2012 , Rédigé par JL T. Publié dans #histoire de la FM

Combien n'ont pas eu de léger sourire intérieur lorsqu'on leur a demandé d'accepter d'avoir la gorge tranchée, les tripes arrachées, le corps dispersé au delà des flots ?

Notre S. C.P. qui a déjà écrit sur ce mur, notamment sur le Lewis ou encore sur les colonnes (record de fréquentation sur ce blog tous titres confondus... yesss pour elle !), nous a gratifée d'une étude pour le moins instructive au sujet des châtiments inscrits dans les anciens serments Emulation. Elle nous propose d'étudier ces "penalties" et de les aborder comme

Un exemple de débat rituélique dans la maçonnerie anglaise

Les serments rituéliques anglais comportent, pour chaque grade des châtiments physiques sévères.

Une anecdote illustre le débat sur les châtiments physiques dans le rituel anglo-saxon : une cérémonie d'initiation se déroule, le candidat, bouddhiste, ayant satisfait à toutes les conditions et procédures; tout se passe normalement, jusqu'au moment où il lui est demandé de prêter serment. Il écoute attentivement, se fait répéter le texte, et en particulier celui lié aux châtiments physiques du parjure, puis se lève et quitte le temple, laissant les membres de l'assistance stupéfaits.

La place, le rôle des châtiments physiques ou pénalties ont suscité un débat de fond véritablement passionné au sein de la GLU d'A depuis les années 1960, débat repris au milieu des années 80 dans le contexte particulier d'une forte vague d'anti-maçonnisme.

En 1984, paraît l'ouvrage de Stephen Knight, intitulé «The Brotherhood », « la fraternité ».

Pour l'anecdote, Stephen Knight est par ailleurs l'auteur de « From Hell » dans lequel il met en exergue un lien entre la franc-maçonnerie, la famille royale et Jack l'éventreur, Malheureusement pour la Grande Loge Unie d'Angleterre « The Brotherhood » devint un best-seller national.. Cet ouvrage a déclenché une vague de fond d'antimaçonnisme en Angleterre. Il y reprend de nombreuses antiennes bien connus des continentaux sur le complot maçonnique, allant parfois jusqu'à rafraichir de très vieilles théories4. Il axe ses réflexions sur les conséquences néfastes du secret d'appartenance en le répercutant sur certains scandales politico-financiers dans lesquels ont été mêlés des FM ou supposés tels - ceux-ci ayant bien entendu pu bénéficier de protections, passe-droits divers en raison de cette appartenance. Il insiste beaucoup sur la place de la FM dans la police londonienne5. Ces attaques ne sont pas demeurées localisées, mais le scandale a pris de l'ampleur et s'est répercuté dans les institutions politiques locales relayé par certaines branches du parti travailliste et par certains groupes religieux.

Cette situation peut prêter à sourire pour des FM français, habitués depuis bien longtemps à constituer l'un des marronniers de printemps ou d'automne et à faire face par le mépris ou le silence aux attaques politico-religieuses et aux débordements imaginatifs de l'anti-maçonnisme.

Mais tel n'est pas le positionnement de la Grande Loge Unie d'Angleterre. Celle-ci s'est toujours beaucoup manifestée en public : processions de francs-maçons en décors pour un événement local particulier, participation des francs-maçons aux cérémonies de pose de pierres de fondation, pour des bâtiments publics ou des lieux de culte …. .

Le Craft, ou métier, appellation de la franc-maçonnerie, a longtemps constitué l'un des piliers de la société anglaise, pilier social et moral au service de la grandeur de Britannia avec dans l'ordre hiérarchique croissant, l'Eglise d'Angleterre et la Royauté. Pour comprendre cette trinité, il suffit de se rappeler que si la Reine est chef de l'Eglise Anglicane, de nombreux rois ont été grand maître (par exemple son propre père, George VI qui cumulait donc les deux fonctions). Celle-ci est occupée aujourd’hui par le duc Edward de Kent, son cousin, Grand Maître de la Grande Loge Unie d'Angleterre, par ailleurs Premier Grand Principal de l’Arche Royale et c'est un autre membre de la famille royale, Michaël de Kent (frère du précédent) qui est Grand Maître de la Grande Loge de Marque.

Ainsi, toute atteinte à la franc-maçonnerie s'avère dangereuse pour l'institution royale elle-même.

C'est dans ce contexte qu'a resurgi le débat sur les châtiments physiques ou pénalties contenues dans les obligations de chaque grade du Craft.

En 1963-64, déjà, une conférence proposée aux AQC intitulée « les pénalités maçonniques » met en exergue un malaise latent sur cette question ( quelle place, quel sens donner à ces pénalties ? Comment les justifier dans un monde moderne et ouvert ? Comment peut-on les prêter sur le VLS) et abouti au vote d'une modification du rituel du serment en replaçant les mots « sous peine d'avoir » par « de conserver constamment à l'esprit l'ancienne pénalité ». Mais déjà la proposition initiale était de transférer les pénalités du serment vers une autre partie de la cérémonie. Il est à noter qu'aucun des participants éminents et des référents du débat n'a envisagé une suppression pure et simple, le rôle des pénalités étant par trop lié à la signification symbolique du signe pénal.

Le débat va donc resurgir au milieu des années 1980.

Les modifications antérieurement apportées vont apparaître insuffisantes face à l'explosion anti-maçonniques et permettre aux tenants de modifications plus poussées de rouvrir le débat. Il est vrai que parmi ces maçons favorables à de plus amples modifications se trouvaient le GM, duc de Kent, ce dernier ayant fait savoir que la présence des pénalités dans le serment constituait pour lui un « bourdon dans le chapeau ».

Le 11 juin 1986, la Grande Loge Unie d'Angleterre a voté la motion de modification du rituel, les pénalités étant ôtées du serment pour être reportées à une autre partie du rituel et devenir ainsi strictement symboliques et allégoriques.

En 1964 comme en 1986, les arguments pour ou contre les modifications étaient les mêmes.

Dans un schéma synthétique :

·         Arguments contre la suppression des pénalties du serment : les pénalités sont parties inhérente à la tradition maçonnique et au rituel et modifier le rituel c'est porter atteinte aux landmarks, c'est-à-dire aux principes fondamentaux et fondateurs du Craft, lignes fortes auxquelles nul ne doit déroger. Je précise que cette référence à la tradition est cruciale dans un pays monarchique et s'étend à la nécessaire stabilité des institutions sociales.

Si la maçonnerie cède sur ce point aux pressions des médias, alors il lui faudra céder sur d'autres points, encore et encore.

Nul ne peut imaginer dans un pays comme le Royaume Uni que ces châtiments puissent être exécutés.

Le serment perdra beaucoup de sa force d'impact si les pénalités en sont supprimées.

·         Arguments pour la suppression des pénalties du serment : les pénalités ne font pas partie des landmarks, ces bornes frontières chargées de définir les principes fondateurs du Craft, le texte des obligations n'a pas été adopté avant 1816 soit trois ans après l'Acte d'Union.

La brutalité des pénalités, a pu rebuter des candidats à l'initiation et lors de la prestation du serment sur le Volume de la Loi Sacrée, heurter certains candidats dans leurs convictions religieuses en apparaissant contraires à celles-ci. Or le Craft n'implique « rien de contraire aux devoirs civils, moraux ou religieux ».

Les pénalités sont allégoriques, et doivent figurer parmi les autres explications symboliques de la cérémonie.

Comment exiger d'un candidat qu'il prête son serment sans faux-fuyant, équivoque ou restriction mentale d'aucune sorte s'il doit dès cet instant dissocier les pénalités de l'ensemble de ce serment.?

Tous s'accordaient pour considérer que le véritable châtiment du parjure est la perte de l'honneur et de la bonne renommée telle que figurée dans le texte du serment . La sanction est alors de perdre le bonne renommée qui a permis l’admission dans la confraternité de la loge.

Les arguments utilisés faisaient surtout référence à un débat entre le rapport à la tradition , l'adaptation à la société, les conditions légales rendant éventuellement possible un tel changement, mais nettement moins de références à la signification historique ou symbolique de ces violentes pénalités physiques, comme si ce point importait peu au débat ou tout au moins importait nettement moins que la question de la place et de la valeur du serment et du rapport à la permanence de la tradition maçonnique. Appartenait-il à des francs-maçons de modifier un élément du rituel qui leur était parvenu intact?

A l'étude, il apparaît que les pénalités physiques ont été importées des lois en vigueur à l'époque médiévale, dans l’hypothèse du crime de haute trahison. La formule était « hung, drawn and quartered ». Le condamné était traîné derrière un cheval jusqu’au lieu de l’exécution, puis pendu sans que mort s’en suive, puis éventré et éviscéré (les organes / membres brûlés devant les yeux de la victime) et enfin équarri (démembré puis décapité). Les deux dernières étapes pouvaient être interverties. Il était d’usage que les restes soient exposés dans différents lieux ou différentes villes.

Par exemple, l’écossais Dafydd ab Gruffyd fut le premier noble à être ainsi exécuté après avoir trahi le Roi Edward 1er et s’être autoproclamé prince de Galles.

De même , William Wallace , plus connu sous le nom de Bravehearth connu un sort équivalent. Ses restes furent exposés dans quatre villes différentes. Guy Fawkes et ses complices furent aussi suppliciés selon cette règle.

Dans la marine, des peines équivalentes existaient, ainsi, une ordonnance en 1451 prévenait que dans l'hypothèse où était brisé un secret du Conseil du Roi alors le coupable serait maintenu à la limite des basses eaux, pour trois fois, et les mains et pieds liés, la gorge tranchée, la langue arrachée et le corps jeté à la mer.

Il ne s'agissait donc pas seulement prévenir, puis de punir en infligeant une souffrance à la mesure du crime commis et donc à la mesure de la menace de désordre sur l’ordonnancement social, mais il s’agissait bien de s'assurer qu'aucune sépulture chrétienne ne serait donnée au parjure et au traitre. Chassé de la communauté des vivants, chassé de la communauté des morts, chassé de la communauté des ressuscités.

Ces châtiments corporels correspondent à ceux incorporés dans les serments maçonniques. C'est Harry Carr qui a synthétisé l'analyse historique du rapport entre ces pénalités et la FM:

·         aux époques les plus anciennes, l'obligation était le thème central de l'admission dans le Métier, et les manuscrits de Olds Charges le confirment,

·         aux époques les plus anciennes, les obligations du Craft ressemblent fortement aux serments des guildes, c’est-à-dire qu'elles se constituaient d'un serment au Roi, au maitre et aux compagnons et aux lois du Métier ,

·         les formes les plus anciennes des obligations ne contiennent pas les pénalités. Le candidat jure « by my holidome », expression qui signifie « par ce que je tiens pour sacré »

·         à une date ultérieure, même lorsqu'il y a transmission de secrets, l'obligation ne contenait pas de pénalités,

·         le document maçonnique le plus ancien qui fasse référence à des pénalités physiques est le « Edinburgh Register House MS », daté de 1696. Les pénalités ne sont pas contenues dans l'obligation, mais étaient semble-t-il communiquées ultérieurement. A cette époque, n'étaient connus ou pratiqués que 2 degrés, et apparemment, l'apprenti entré reprenait son serment précédent lorsqu'il était fait compagnon,

·         Au 18ème siècle si l'on trouve couramment plusieurs formes de serment et de pénalités, celles-ci ne sont pas incorporées dans la plupart des obligations mais sont communiquées à un autre moment,

·         Les modalités des pénalités ne sont pas statiques mais ont évolué au début du 18ème siècle.,

·         lorsque la divulgation de Pritchard, Masonry dissected, a été publiée, en 1730, une série de pénalités physiques est déjà bien connue et implantée, mais elles sont incorporées, comme dans cette divulgation, dans le serment de l'apprenti,

·         l'allocation de pénalités spécifiques pour chaque degré constitue un développement ultérieur.

Il en ressort que les pénalties ne constituent pas des landmarks, ces fondements qui, pour un maçon anglais, ne doivent jamais être transgressés. Elles n'ont pas toujours figurée dans le texte des serments.

Les châtiments corporels n'ont pas leur place dans les Old Charges des maçons opératifs anglais.

Les plus anciennes mentions maçonniques des pénalités se trouvent dans les manuscrits écossais qui pratiquaient la maçonnerie (spéculative) du mot de maçon (Sloane, 1700; Dumfries 1710), mais pas dans les manuscrits anglais qui ne faisait pas référence à de telles pratiques.

Par contre, à partir de 1720, suite à l'importation de pratiques opératives écossaises chez les anglais spéculatifs, différentes divulgations vont mentionner les châtiments physiques.

Revenons maintenant à l'époque contemporaine : le débat sur les pénalités corporelles s'est clos pour la Grande Loge Unie d’Angleterre en juin 1986.

Mais une fois le calme revenu, il est vite apparu que ce dernier n'était qu'une impression de surface, les courants continuant d'agiter en profondeur des réflexions relative à la force du serment : quelle place pour l'engagement, pour l'obligation formalisée dans le serment ? Quelle garantie (inforcement) inclure pour s'assurer du respect de la valeur de l'obligation prise ?

Le serment constitue l'un des éléments forts de la cérémonie de réception par lequel le passage d'un état à un autre est marqué. L'obligation est constituée :

·         de la réalisation d'une affirmation formelle, ou de la déclaration d'une vérité ou de la promesse de remplir un engagement ;

·         en appelant comme référent / garant / témoin une entité ou un objet sacré

·         le manquement de l'observance entraînant des sanctions.

La formalisation de l'engagement sous la forme d'un serment donne à celui-ci la nature d'un engagement de l'individu dans sa référence au sacré, au transcendant, engageant celui-ci dans le monde des vivants comme dans le monde des morts, parce qu'il est prêté sur le VLS. Il engage totalement celui qui le prend et la force d'impact global donne toute sa puissance à une démarche maçonnique initiatique, quelque soit le cadre dans lequel elle s'exerce.

Le serment maçonnique contient donc un lien avec le numineux, sinon, il ne serait qu'une déclaration. L'ancienne expression « by my holidome » soit « par ce que je tiens pour sacré » évoquée précédemment, prend ici tout son sens. Toute réflexion sur le serment amène à considérer l'importance de la nécessité d'assurer la pleine opposabilité du serment et donc sa permanence et sa force de contrainte sur l'individu et son mental.

L'un des éléments symboliques cruciaux se retrouve dans l'idée que le serment se doit d'être durable comme la pierre, ce qui prend une signification particulière dans une culture dans laquelle certaines pierres jouent un rôle de garant, de manifestation du sacré en lien direct avec le numineux.

Nombreuses sont les cultures qui créent un espace, statue ou pierre dans laquelle s'incarne le dieu, d'où se manifeste l'énergie divine, et la pierre devient ce vers quoi l'on s'incline et la source de la Parole reliant tel un câble, une ligature, l'homme et son obligation.

Un bon exemple du rôle de la pierre garante du serment est constituée par le sacre, au Royaume uni même, des souverains sur la Pierre du Destin qui fait d'eux les rois d'Écosse et d'Angleterre.

Par ailleurs, le serment et les pénalités ont jouées un rôle important dans l'histoire des relations de la FM et de l'Église. Lorsque la FM s'est implantée en France, nombre de serments contenaient manifestement des pénalités physiques et certaines autorités s'étant émues de la violence contenues dans ce texte.

Combien devait être grand, et menaçant pour les pouvoirs en place, le secret révélé pour que sa divulgation soit protégée par de tels châtiments.

Les pénalités constituent une parfaite illustration de la perte de sens de certains éléments maçonniques lorsqu'ils ont quitté le Royaume Uni pour le continent et aussi une illustration des réinterprétations et acculturations continentales qui se sont alors opérées. Et les relations entre l'Église et la FM continentale constitue bien l'une des illustrations de ce décalage culturel où le passé et le présent fusionnent encore aujourd'hui.

S'il n'est pas le lieu et le temps d'analyser précisément l'histoire des relations entre l'Église et la FM, par contre, l'analyse de la place du serment apporte un éclairage sur ce point. Comme il a été dit précédemment, le serment créé une obligation et donc un lien de droit objet d'une sanction qui en assure l’opposabilité et la force.

Quittons ici le seul serment maçonnique stricto sensu pour nous intéresser au contexte des années 1720-1730 en Angleterre et en particulier la pensée de Désaguliers formalisée notamment dans les premiers articles des Consitutions d'Anderson.

L'une des théories explicatives des relations entre l'Église et la FM énonce que, la FM de Désaguliers, et donc post 1723, a établi une théorie juridique marquant une émancipation du droit naturel par rapport à la théologie mais aussi à la doctrine théocratique .

Pour Pierre Boutin, « le projet {de Désaguliers} visait à instaurer la souveraineté de la confraternité. (…) les (..) maçons entendaient fonder l'idée de l'exclusion des affaires de la religion du lieu de la construction juridique d'un individu libre-déterminé, créateur et sujet de droit , un individu apte à trouver sa dignité dans l'administration des affaires terrestres ».

Le serment et ses pénalités rattachent le FM à ce mouvement de création d’un monde de droit séparé.

La question posée devient donc celle de l’origine de la Parole fondatrice, fondatrice du bien et du mal, fondatrice de symboliques d’actes et de signes d’autorité transmis en son nom.

Désaguliers était presbytérien et entendait instituer un système de droit dans une société secrète, droit applicable à ses membres, éventuellement sanctionné par une justice intérieure, société elle-même inclue de la société globale. Les pénalités peuvent alors être identiques à celle de la punition du crime de lèse-majesté, la prééminence d’un système de droit sur l’autre étant en cause pour ses affaires internes et ce malgré l’affirmation du respect des règles de l'État par le franc-maçon.

Cette théorie de la séparation est très vertement combattue par Patrick Négrier. De plus, il est certain que se retrouve ici ce décalage culturel anachronique évoqué précédemment, les maçons anglais n’ayant pas plus aujourd’hui la même perception des rapports entre foi institutionnelle; franc-maçonnerie, droit interne, droit séculier, serment d’obligation.

Mais pour la part qui nous occupe, soit ici la force de l'inclusion des pénalités dans le serment, il importe peu de rentrer dans le fond de ce débat.

Il est bien plus crucial de garder à l'esprit que Pierre Boutin est français et a donc une vision continentale d’une pensée anglo-saxonne ; c’est un théologien, diplômé en droit canonique et qui se place du point de vue du droit canon de l'Église catholique romaine.

A ce titre, il fournit les éléments constitutifs de la pensée catholique notamment contemporaine sur la FM avec en filigrane le rôle historique joué par un serment contenant des châtiments physiques sévères, créateur pour ses détracteurs d’un univers de droit séparé, certains diraient d’un monde parallèle soumis à une autre parole fondatrice autre que celle de l'Église et du média de ses clercs.

Aujourd'hui, nous pratiquons un rite anglo-saxon profondément imprégné de sa culture fondatrice. Le risque est grand pour nous franc-maçons continentaux de ne pas le comprendre vraiment en nous montrant incapable de franchir le Channel culturel. Les châtiments physiques constituent un excellent sujet pour comprendre les écrits, la lettre et l'esprit de ce rituel pour éviter le piège de l'extrapolation continentale par une interprétation fondée sur une incompréhension culturelle. Le piège est tout aussi grand de la simple reproduction littérale sans compréhension. Intégrer le fonds culturel constitue donc la première étape d'une synthèse visant à s'en libérer, je ne suis pas un FM anglais, pour mieux pratiquer la synthèse qui nous est personnelle. Moi ? Je suis post-moderne, et donc schizophrène …. comme eux, même si certains préfèrent l’ignorer.

Source : http://truthlurker.over-blog.com

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La Géométrie

1 Novembre 2012 , Rédigé par A.Z Publié dans #Planches

INTRODUCTION 

 Je me suis proposé pour présenter ce balustre sur la géométrie, car étant moi même Géomètre Expert de formation, j’étais comme le disent les Anglais : the right man in the right place. 

Définir ce qu'est la Géométrie, c'est pour Kant, "la science de toutes les espèces d'espace"

Je dirais que pour moi, la géométrie est l'art de raisonner juste sur des figures simples.

S'il faut poursuivre la démonstration, je cite la géométrie analytique qui par  l'algèbre et l'arithmétique permet de résoudre des problèmes de  géométrie.

Je passerai rapidement sur la géométrie dans l'espace, qui est plus abstraite  et fait raisonner sur trois directions, ainsi que sur son corollaire la trigonométrie sphérique, qui m'a arraché quelques soupirs de désespoir quand j'étais étudiant.

Pour commencer je cite cette phrase de Pascal : Il faut que je donne une méthode encore plus éminente et plus accomplie, mais où les hommes ne sauraient jamais arriver, car ce qui passe par la Géométrie nous surpasse.

Je rappelle également cette phrase d'Aristocles, plus connu son nom de Platon, Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre.

Ce philosophe grec, après une vie de voyages et d'études, fonde dans un lieu appelé ACADEMIOS, une école sur le portique d'entrée de laquelle il fit  graver ces mots:

"médéis agéométrétos eisito"( que nul …) 

ORIGINES ANTIQUES DE LA GEOMETRIE 

La plupart des  progrès réalisés en Grèce au 4ème Siècle avant n.e l'a été par des hommes ayant étudiés dans cette Académie.

Parmi les sciences qui y étaient enseignées, on note en premier lieu: les mathématiques, qui incluaient l'arithmétique et la géométrie, puis la musique, la loi, que nous nommons aujourd'hui  le droit, et enfin la philosophie.

Pour beaucoup d'entre-nous, la géométrie est une branche des mathématiques. Généralement on nous l'enseigne comme un système d'axiomes par lesquels certains rapports entre des formes, comme des cercles et des triangles, peuvent être démontrés. Enseignée ainsi, la géométrie semble dénuée de la nature spirituelle que nous associons avec le sacré et que nous retrouvons dans les cathédrales par exemple.

Les savants grecs nommaient alors l’Univers l’Ordre des Choses, ce que nous pouvons comprendre comme étant d'une origine religieuse inventée par Dieu et non par les hommes.

Dans "Georgias", Platon rappelait que l’égalité régnait en géométrie.

Je cite:

Les savants, Calliclès, affirment que le ciel et la Terre, les dieux et les hommes sont liés ensemble par l'amitié, le respect de l'ordre, la modération et la justice et pour cette raison ils appellent l'Univers l'ordre des choses, camarade.

Non le désordre ni le dérèglement.

Tu n'y fais pas attention malgré toute ta science et tu oublies que l'égalité géométrique règne, toute-puissante parmi les dieux comme parmi les hommes. Tu penses qu'il faut s'efforcer de l'emporter sur tous les autres : parce que tu négliges la géométrie. 

Qui pour Platon ne pouvait qu'être une science du bien. Rappelons que Calliclès était un citoyen athénien influent qui prônait qu'il ne fallait pas limiter ses désirs, même si pour cela on créait une injustice.

De par cette citation, voyons justement ce que nous devons à ces savants de l'Antiquité.

En moins de quatre siècles, de Thalès de Milet à Euclide d'Alexandrie, les penseurs grecs ont  construit un Empire dont la grandeur perdure jusqu'à nous. Ils nous amènent encore, à plus de deux millénaires de distance, à travailler selon les mêmes gestes qu'eux. Cette réussite s'appelle les mathématiques et la géométrie.

Toute l'aventure commença, par ce qui allait précéder la géométrie, c'est à dire l'astronomie. Comment observait-on dans l'Antiquité ?

L'aiguille du cadran solaire ou gnomon projette des ombres sur le sol. La lumière venue d'en haut projette sur la terre un dessin dont l'allure imite et représente les formes de l'Univers, par l'intermédiaire de la pointe du bâton. 

Remonter des ombres à la lumière et des images projetées à leur modèle, voilà les leçons communes à l'astronomie grecque et à la théorie platonicienne de la connaissance. Que l'outil qui permet cette opération soit un simple bâton, voilà qui nous aide à  devenir humbles.

Et de nous poser la question: Quand un scientifique découvre une nouvelle théorie ou une nouvelle équation, que s'est il passé ?

Est-ce l'humain qui est venu à la découverte en allant vers l'inconnu, ou est ce la découverte qui vient vers l'humain ?

Parvenu au pied des pyramides, Thalès démontre la similitude des triangles formés, le premier par Chéops et son ombre, le second par un piquet planté là. Les angles sont égaux et les côtés proportionnels. Il définit ainsi l'homothétie.

Voici donc que se dévoile la grande énigme de l'origine de la géométrie qui prend sa source dans les astres et se révele par un piquet planté verticalement.

La géométrie porte le nom de sa mère, la Terre, sur laquelle ce qui tombe du ciel se mesure. Jalonnée à l'aide du gnomon, elle demeure comme un fondement, comme une fondation creusée sous la science, d'où monte le savoir. 

Voici la verticale du fil à plomb qui signifie intelligence. Mais la perpendiculaire aussi. Elle pend comme le cordeau du maçon et pèse le poids de son plomb, mais elle pense. Le verbe penser ne connaît pas d'autre origine que peser, pendre ou pente. 

Que notre langue nous ramène pour la connaissance à des images aussi simples que le fil à plomb indique seulement que le problème de la pensée date d'une époque récente. L'intelligence artificielle est plus ancienne que l'intelligence tout court, elle-même se réduisant à une possibilité de faire. Le je pense donc je suis a trois cents ans alors que le gnomon dit qu'il connaît depuis plus de trois millénaires. 

De même que la perpendiculaire, le compas et la règle permettent de construire. Ils contiennent ou impliquent une infinité de droites, cercles, points, angles droits, parallèles et figures possibles. Ils constituent vraiment la mémoire dans laquelle ils s'enveloppent et d'où l'on peut à loisir les extraire. Ils constituent les matériaux de base de la logique.

Le trait sans dimension autre que la sienne propre, s'extrait de la règle, se tire en tous sens, permettant ainsi à l'homme de développer une pensée concrète et réfléchie lui permettant à son tour, de se construire.

Survolons maintenant une autre idée géométrique que vous connaissez peut être: le Paradoxe de Zénon d'Elée. 

Parti d'un point pour accéder à un autre, le voyageur ou le mobile doit passer d'abord par le milieu du segment qui les sépare, ensuite par le milieu du segment qui reste, et ainsi infiniment.

Donc il n'arrive jamais au but.

Le monde mesurable, par approximation et même exactitude, avoisine immédiatement un autre monde infiniment lointain, sans dimension puisque la mesure s'épuise à l'atteindre.

Ce paradoxe a été longuement étudié par Pascal dans son texte : De l'Esprit Géométrique. 

LES  ARTS  LIBERAUX 

De la philosophie de Platon qui disait : Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre, nous pouvons retenir que la Connaissance est possible par les idées, les images et les formes, qui du chaos des sensations dégagent et modèlent la pensée ordonnée.

Nous apprenons à penser en groupant les choses, en les répartissant en classes d'après leurs analogies. Nous faisons ainsi appel à la réflexion intuitive qui pour moi est ici différente du raisonnement purement mathématique. Les mathématiques pures obligent à une rigueur d'interprétation, alors que la géométrie permet une souplesse d'esprit. Celle-ci par son application, a expliqué l'art de découvrir les vérités inconnues. C'est ce qu'elle appelle l'analyse.

La géométrie semble alors une philosophie qui se rapproche de  notre symbolisme et des buts des symboles. Pour compléter mon propos, je citerais H. Poincaré :" La Logique sert à prouver, l'intuition sert à créer."

La Géométrie, par la clarté d'esprit qu'elle préconise, par les trois points de son raisonnement, à savoir: hypothèse, démonstration et conclusion, par 1'Art du Trait qu'elle exerce, ne pouvait de ce fait, qu'être un des Arts majeurs de la F:. M:.

Je ne peux parler de géométrie sans faire appel aux Arts Libéraux. 

Ils trouvent leur origine dans le monde antique. Ils furent codifiés en tant que tel et devinrent la structure usuelle de la connaissance médiévale.

 Il semble possible que le terme libéral d'arts libéraux, signifie que la connaissance était le domaine des hommes libres (liber en latin signifiant libre). L'église conserva l'idée que les Arts Libéraux étaient les différentes étapes d'une hiérarchie du savoir. C'est la théologie qui prenait désormais la première place, et une orientation chrétienne était donnée à la connaissance. Le Trivium étant maintenant utilisé pour comprendre les Ecritures. Les mathématiques, donc le Quadrivium, devenant alors le moyen de comprendre comment Dieu avait organisé le monde.  

Evoqués au 2ème puis au 30ème degré sur l'Echelle Mystérieuse, les Arts Libéraux constituent la structure profonde de la maçonnerie.

La description de la loge qui s’étend de l’Orient à l’Occident, du Septentrion au Midi et du Zénith au Nadir, nous convie à une vision unitaire et globale. Cette vision n’ignore pas les détails mais ne leur accorde que leur véritable place, ce qui doit nous conduire à une nouvelle échelle des valeurs.

Le Larousse de 1875 définit le quadrivium comme suit: 

Quadrivium: Division des arts libéraux qui contenait les quatre arts mathématiques, savoir : l'arithmétique, la musique, la géométrie et l'astronomie.  

Ainsi l’arithmétique, science du nombre, et la géométrie, harmonie de l’espace, nous donnent une vision de la structure du monde. Cette vision est complétée par l’astronomie auquel est ajoutée la musique.

Les  Arts Libéraux  nous permettrons ainsi de savoir que la vie maçonnique, quand elle est poursuivie dans l’amour et l’effort, confère au maçon un équilibre majeur. (Antonio Coen) 

Le mot GEOMETRIE se trouve dans les "Olds Charges", textes anciens de la F:. M:. Opérative. Le plus ancien que nous connaissons date de 1390.

Il y est écrit, je cite: (voir annexe 2) 

La géométrie qui enseigne à l'Homme à mesurer  la Terre et toutes les autres choses, laquelle science est appelée Maçonnerie. 

Et  enfin, dans ce même texte ancien, il est dit:

Remarquez je vous prie, que toutes les sciences sont contenues dans la Géométrie, parce qu'elle enseigne à répartir et à mesurer la pondération dans et sur la totalité de la Terre que vous avez à connaître. Et ni la grammaire, ni la logique, ni aucune des sciences, ne peut subsister sans la Géométrie.

On ne peut être plus clair!

Dans le document PRICHARD, de 1730, intitulé  La Maçonnerie étudiée en détail, il est dit:

Les arts libéraux sont le fondement de l'organisation originelle de la maçonnerie et plus particulièrement le cinquième, la Géométrie. C'est à la construction de la tour de Babel que l'art et le métier de la maçonnerie furent établis pour la première fois. De là, ils furent transmis par Euclide, excellent et admirable mathématicien d'Égypte, qui les communiqua à Hiram le maître maçon engagé à la construction du Temple de Salomon à Jérusalem.  

Pour en terminer avec les citations, je voudrais vous lire, tiré du Régius, un petit poème anonyme dont l'auteur ne nous est pas connu, comme l'aurait dit ce brave M. de La Palisse 

Bien des années plus tard, le bon clerc Euclide
Enseigna le métier de géométrie partout autour,
Par la haute grâce du Christ au ciel,
Il fonda les sept sciences :

Grammaire est la première, je le sais,
Dialectique la seconde, je m'en félicite,
Rhétorique la troisième sans conteste,
Musique la quatrième, je vous le dis,
Astronomie est la cinquième, par ma barbe,
Arithmétique la sixième, sans aucun doute,
Géométrie la septième, clôt la liste,
Car elle est humble et courtoise,
 

Pour les anciens Maçons opératifs, c'est le système fondamental à partir duquel s'effectuent toutes les démarches intellectuelles, morales et spirituelles. C'est une démarche que l'on peut qualifier de révolutionnaire.

En effet, au Moyen Age, l'enseignement était à sens unique. Aristote dixit "Le Maître Aristote a parlé" et ce qui était dit l'était sans contradiction possible. Le bon élève était celui qui admettait sans critiques l'enseignement du maître, sans se poser de questions, avec confiance.

Seuls quelques uns s'élevaient contre cette attitude et le 12ème siècle a été témoin du développement de l’esprit critique, d’où une réaction de l’Eglise qui est devenue une puissance politique et matérielle et qui s'oppose à cette remise en cause des dogmes religieux. 

Citons Abélard dont les amours avec Eloïse lui valurent quelques déboires (qui par amour eu cette essoine, chante F. Villon), déboires qui de nos jours lui auraient permis de faire partie de la chorale des petits Chanteurs à la Croix de Bois.

Certains ont pu se poser la question de savoir si la science géométrique des batisseurs du M.A ne cachait pas quelques secrets inavouables. Ce ne sont à mon avis que des hypothèses basées sur la non compréhension du symbolisme ésotérique des figures géométriques. Je vous renvoie à l'excellent article sur les Tracés Régulateurs, paru dans le supplément d'Ordo ab Chao n° 54.

D'ailleurs, comment faudrait-il comprendre cette géométrie secrète?

Comme un monopole réservé aux hommes du métier ou comme une dimension ésotérique de la Géométrie?

L'importance accordée à la Géométrie par la F:. M:. donne également l'indice de l'existance à l'époque opérative, d'un ésotérisme fondé en grande partie sur le 5ème Art Libéral.

Remarquons que chez les C:. tailleurs de pierre, leurs tracés s'effectuent sur deux modes, le Triangulum, à base hexagonale (à rapprocher du Trivium) et le Quadratum, à base octogonale (à rapprocher du Quadrivium).

Nous connaissons les écrits anciens concernant la géométrie. En premier lieu les Carnets  de Villard de Honnecourt, basés en partie sur le Quadratum, mais également le Livret de rectitude des pinacles, de Mathias Roriczer- 1486-, Maître architecte de la cathédrale de Cologne.

De même Albretch Dürer dans ses Instructions pour la mesure à la règle et au compas. 

N'oublions pas aussi le fait que nous sommes dans un Aréopage et que lors de l'élévation au 30ème degré le futur chevalier Kadosh se trouve devant une Echelle Mystérieuse.

Il s’agit d’une échelle double reposant sur le sol, stable et autonome. Sa forme est celle d'un triangle. Comme toute échelle elle se distingue de la verticalité du fil à plomb, elle offre une voie oblique, accessible et progressive.

Le sommet atteint, que faire, sinon appliquer cette sagesse, cette justice, cette intelligence, cette compréhension dont nous sommes peut-être un peu mieux pourvus ? Sinon par un travail externe, redonner ce que l’amour et le travail sur nous même ont permis d’approcher.

Lors de la descente de cette échelle, côté du Midi, la Géométrie est le cinquième échelon. Cet échelon à son correspondant du côté septentrion. C'est Motek, la douceur.

La force n'a de valeur que si elle est sûre d'elle afin de s'exprimer d'une façon tranquille. Vient alors le temps de la douceur, qui n'est autre que la force tranquille qui convainc et s'assure une victoire définitive si elle est exercée dans le respect de l'autre. Nous pouvons certainement faire une comparaison entre cette force qui convainc par la douceur c'est-à-dire par la démonstration raisonnée permettant de vaincre les oppositions, et la géométrie qui par sa rigueur graphique et de pensée permet de justifier la justesse du raisonnement. 

Revenons quelques instants sur la silhouette de cette Echelle. Elle forme un triangle indéformable et ceci nous rappele qu'elle symbolise le G A D L U.

Par ses trois points vus precedemment, hypothèse, démonstration et conclusion, c'est une des voies d'accés à la recherche de la Vérité et ses trois sommets sont représentés par les 3 points de la franc maçonnerie. Enfin, par ces 3 points il ne peut passer qu'un plan.

Mais la forme de cette échelle nous rappelle également notre parcours maçonnique fait de constrution et de deconstruction, de montée et de descente. Descente dans les profondeurs de la terre au 1er degré, renaissance au 3ème degré, destruction du Temple au 14ème degré, également ceux du Chapitre, mais la Parole Perdue est retrouvée. Du 19ème au 30ème degré, nous avons une ascension vers le Nec plus Ultra puis une redescente en une fois, par les Arts Libéraux. Dont la Géométrie.

Ces Arts Libéraux, libres suivant leur éthymologie, qui signifient que la mission du C.K.H  est d'amener les Hommes à se libérer de ténèbres. 

LA PENSEE GEOMETRIQUE 

Nous sommes redevables à Platon que l'idée de la recherche intérieure est possible, alors que toute la philosophie du Moyen-Age chrétien peut se résumer dans cette affirmation : la Raison est la part de Dieu dans l'homme et il lui appartient de l'utiliser pour arracher la Création au désordre apparent des choses et ainsi percer les intentions du Créateur. 

Comme tout système trop rigide, une conséquence imprévue du succès des Ecoles fut de fournir les armes à une remise en question.

Saint Bernard, qui l'avait bien pressenti, n'eut de cesse de tonitruer pour que les moines restent enfermés dans les travaux des champs et les oraisons au lieu de risquer le contact avec le monde extérieur. Abélard, au grand scandale de Saint-Bernard, écrit: Mes étudiants avaient besoin d'explications intelligibles plutôt que d'affirmations.

Abélard défend l’idée que Dieu ne s’est pas incarné pour racheter un homme déchu, mais pour éclairer l’homme par sa Parole, pour lui manifester la profondeur de son amour et il affirme que c’est par son libre arbitre que l’homme peut rejoindre Dieu. 

Nous sommes ici en présence du libre arbitre face à la pensée unique, c'est-à-dire du choix après analyse.

Le gros challenge de l'humain aujourd'hui est de sortir de la pensée unique. L'humain doit fonctionner dans la globalité de son potentiel, à la fois logique et spirituel.

La géométrie, par sa démarche intellectuelle, amène à cet esprit d'analyse. Le savoir qui s'en dégage est progressif  et ne peut se faire que par un développement logique de la pensée.

Ce n'est plus la mémoire qui prime, mais l'esprit de synthèse et l'intelligence. L'esprit a pour lui le fait d'être illimité, flexible et surtout intuitif. De ce fait, l'Idée, la pensée, se doit de ne pas être dogmatique mais de rester curieuse et ouverte à l'esprit, au-delà de toute idéologie sectaire.

Citons encore Platon, qui, dans le Timée, parle de la propriété des triangles et de l'aide que leur étude apporte à la capacité de raisonner. Je cite: Nous progresserons conformément à un raisonnement où la vraisemblance s’allie à la nécessité.   

A l'époque ancienne, le Compagnon qui se trouvait dans une ville ou une Loge étrangère, se faisait reconnaître en justifiant sa marque et en l'expliquant par la géométrie et par le symbolisme.

Ainsi commençait à se créer et à se transmettre, une philosophie basée sur la raison, l'intuition,    l'analyse et l'intelligence, et dont le fondement était la géométrie.

L'élève ne subissait plus le cours du maître sans réflexion, mais en appliquant l'esprit de géométrie, il avait la liberté du choix. On comprend mieux alors la phrase de Platon.

On ne peut  entrer dans son Académie si on ne possède pas l'esprit de géométrie, c'est-à-dire si on ne possède pas la liberté de choix, ce qui revient à dire, si on n'a pas de libre arbitre. 

Par cette liberté de choisir qui est une résultante de l'esprit d'analyse, on se trouve au-dessus des passions. On est alors à même de créer son propre Temple intérieur.

C'est dans cet objectif que travaille le Franc-maçon et cet objectif donne un sens à notre vie.

Nous nous attelons à un travail librement choisi qui remet en question les normes habituelles. Nous en concevons de nouvelles, plus achevées et mieux finies.  

Ce travail que nous faisions sur nous même est à l'opposé du travail profane.

Dans le monde actuel, la majorité des travailleurs subissent leur travail comme une corvée. C'est le " métro-boulot-dodo" bien connu, avec pour résultante un refus de l'initiative.

Le "je n'en ai rien à faire, c'est pas mon problème" est malheureusement trop souvent entendu autour de nous. Ce travail-corvée est inconsciemment une résultante des textes bibliques et de la Genèse qui définissent le travail comme une punition  pour la faute commise par Adam et Eve.

Des tabous ont ainsi été créés pour nous maintenir dans un état inférieur. L'idée de péché permet de rabaisser l'Homme tout en le maintenant dans une dépendance d'esprit.

En sens inverse, la démarche du franc-maçon qui se libère de cet état par un travail interne, et extrapole cette liberté par le travail externe, nous aide à réintégrer cette transcendance originelle qui est en nous et que nous devons redécouvrir.   

En loge de Compagnon, nous avons glorifié le Travail. 

En Aréopage nous avons pris conscience que tout ce que nous avions compris dans notre progression maçonnique, devait maintenant se mettre en application par un travail sur l'extérieur de la loge.

Par son travail externe et à l'aide de ses mains et de son cerveau, le F.M accomplit son destin.

L'homme est affamé d'activités au point que, par exemple, les retraités s'imposent de sévères disciplines dans le but de se divertir. Sans doute la vraie paresse est elle plus rare qu'on ne le croit, car nous aimons naturellement vaincre les difficultés et achever nos réalisations.

Chacun de nos efforts est un appel qui aimante l'invisible et fait descendre en nous des forces dont on a besoin. Chaque œuvre compte pour la conquête de la couronne Kether.

La conséquence du travail humain, si ce travail est réalisé en appliquant ce que nous avons appris dans nos Loges, ne peut qu'être immense.

Nous sommes des oeuvriers libres d'étudier et d'exécuter les plans et à chacun de nous est dévolue une petite part dans la puissance de créer de l'ordre vers la Lumière, ou du désordre vers les Ténèbres. Ainsi, plus la volonté qui inspire l'œuvre est dirigée vers le haut, plus proche est la perfection.

Ce qui nous élève ce n'est pas l'objet de notre occupation, mais la manière dont nous l'animons par notre esprit.

Et la conséquence immédiate de son travail est que le franc-maçon se crée lui-même. Ici se trouve la clef  de cette Glorification au Travail amenant au Nec plus Ultra.

Le choix de l'œuvre à accomplir est rarement laissé à l'initiative de l'Homme car elle est dictée par le compte courant que chacun de nous possède au Grand Livre de la vie. Mais développer ceci serait trop long, et cela nous entraînerait sur une étude entre déterminisme et hasard, ou, titre d'une planche que j'ai faite il y a quelques années, déterminisme et karma.

Notons que la Franc-maçonnerie est une science spéculative basée sur l'art opératif. Tous ses symboles et allégories se réfèrent à cette connexion.

Pour définir cette connexion en employant des mots anglais, nous pourrions dire que lorsqu'une Loge écoute le compte rendu du secrétaire ou discute d'une planche, qu'elle est au business, mais que lorsqu'elle initie, ouvre ou ferme les travaux, elle est at work. 

Dans la loge bleue, la lumière du Delta éclaire l'Autel des Serments sur lequel sont posés les trois Grandes Lumières: le Volume de la Loi Sacrée,  l'équerre et le compas.

Dans un Aréopage, seul demeure le Volume de la Loi Sacrée.

Je voudrais revenir quelques instants sur le compas. Etre géomètre c'est savoir utiliser les instruments de mesure et tous les outils qui en découlent et que l'on pourrait qualifier en les regroupant, d'étui mathématique.

Le compas, par la capacité de celui qui l'utilise, peut à partir d'un point fixe tracer des cercles plus ou moins grands. C'est l'esprit qui à partir d'une référence, peut s'élargir vers tous les horizons et voir tous les problèmes tout en se donnant une limite.

Le Franc-maçon doit s'élever dans sa recherche et il peut le faire grâce au compas. En partant de la surface plane qu'il a tracé, sa main et les branches de l'outil forment en tournant un volume conique, première approche de la spirale de notre élévation spirituelle. 

CONCLUSION 

Comme le dirait Pascal, après avoir finement associé l'esprit de finesse à l'esprit de géométrie, il est temps d'arriver à la conclusion. Courte ! Pour faire plaisir à certains FF:.

Ainsi la géométrie fonde la physique parce que le monde est sa condition transcendantale. Elle fonde aussi la technique puisqu'elle est une technique. Mais elle est aussi productrice d'abstraction. De la géométrie d'Euclide sortiront plus tard la Géométrie pure, née de la règle ou du compas, ainsi que des géométries plus abstraites encore.

Avoir une vision géométrique des choses c'est définir des valeurs morales dans une progression harmonique intérieure, réalisant ainsi la résonance dans le microcosme, des lois du macrocosme.

Comprendre l'harmonie du macrocosme, c'est comprendre la relation qu'il y a entre l'Univers, le T:. de l'Homme et l'Homme lui même.

C'est mettre à l'unisson le rythme de l'individu avec celui de l'Univers.

C'est percevoir l'infiniment petit et l'infiniment grand.

Nous devons avoir l'esprit de géométrie pour nous protéger contre les tentations de la facilité et des généralisations. 

Je dirais qu'être Maçon et géomètre selon Platon, c'est se libérer par l'hérésie aux normes imposées et se mettre ainsi à l'abri du dogmatisme.

Je dirais qu'appliquer la géométrie et être géomètre suivant l'esprit de Platon, c'est savoir grignoter l'inconnu.

Ceux qui me connaissent savent que je peins des portraits. Aussi terminerais je ce travail par une citation.

Pour exprimer la Nature, on la représente par le cercle, le cylindre et le cône.

(Pablo Picasso.)

Pas mal pour un peintre cubiste, non !?

J'ai dit  T E C.

Documents  annexes à la suite

Extrait du manuscrit Dumfries (1710) R.L Dumfries Kilwinning n°53

Il y a sept arts libéraux. Le premier est la théologie qui enseigne les vertus du raisonnement, le seconde est la grammaire qui, associée à la rhétorique, enseigne l'éloquence et la manière de parler en termes subtils. Le troisième est la philosophie qui est l'amour de la sagesse, par lequel on concilie les deux termes d'une contradiction et l'on rend juste ce qui est tordu, noir ce qui est blanc, par la règle des contraires, etc. Le quatrième est la musique qui enseigne le chant, à jouer de la harpe et de l'orgue et de toutes sortes de musiques vocales ou instrumentales. Il faut se souvenir que cet art n'a ni milieu ni fin. Le cinquième est la logique qui permet de découvrir la vérité en partant de ce qui est faux, et qui sert de guide au juge et à l'avocat. Le sixième est la géométrie qui enseigne à mesurer les cieux matériels et toutes leurs dimensions terrestres, et tout ce qui y est contenu. Le septième et le dernier des arts est l'astronomie qui enseigne, avec l'astrologie, à connaître la course du soleil, de la lune et des étoiles, qui tous ornent les cieux. Les sept arts sont fondés sur la géométrie par laquelle nous concluons. Cet art a le plus de valeur et il donne aide et assistance aux autres. Il n'existe personne, pratiquant un métier, qui ne travaille au moyen d'une mesure et de toute la géométrie. Elle sert à peser et à mesurer toutes sortes de choses sur terre : en particulier les laboureurs et les cultivateurs [s'en servent] pour le grain et les semences, les vins et les fleurs, les plantes et autres choses. Sans la géométrie, aucun autre art n'aide les hommes à mesurer. Comment cet art a commencé, je vais le narrer.

Avant Noé et le déluge, il y avait un homme nommé Lamech qui avait deux femmes. L'une s'appelait Adah et elle enfanta deux fils : l'aîné s'appelait Jabel, et l'autre Jubal. De l'autre femme, il eut un fils nommé Tubalcaïn et une fille appelée Naamah. Ces enfants découvrirent tous les arts et les métiers du monde. Jabel, l'aîné, découvrit la géométrie. Il gardait des troupeaux de moutons. Ceux-ci eurent des agneaux dans les champs. Pour eux, il bâtit des cabanes de pierre et de bois, comme on le découvre dans le 4° chapitre de la Genèse. Son frère Jubal découvrit l'art de la musique vocale et instrumentale. Le troisième frère découvrit le métier de la forge, du bronze, de l'acier et du fer. Leur soeur découvrit l'art du tissage et du maniement de la quenouille et du fuseau.

Ces enfants eurent conscience que Dieu voulait châtier le monde à cause de son péché, par le feu ou par l'eau. Néanmoins, ils étaient plus intéressés par le bien de leur postérité et préféraient l'art qu'ils avaient découvert plus que leurs propres vies. C'est pourquoi ils gravèrent la science qu'ils avaient découverte sur des colonnes de pierre, pour qu'on les trouve après le déluge. L'une était d'une pierre, appelée marbre et ne pouvait être détruite par le feu, l'autre monument était fait de briques et ne pouvait se dissoudre dans l'eau.

Après le déluge, le grand Hermorien, fils de Coush (Coush était le fils de Cham, second fils de Noé), fut appelé « père de la sagesse », à cause des colonnes qu'il découvrit, après le déluge, et où étaient inscrits les arts. Il les enseigna, lors la construction de la tour de Babel, où il fut appelé Nemrod ou « puissant devant le seigneur ». Nemrod professa le métier de maçonnerie, selon le désir de son cousin, le roi Neneveh. Le dit Nemrod reçut des maçons et les recommanda au seigneur du pays pour qu'ils construisent toutes sortes de bâtiments à la mode à l'époque. Il leur enseigna des signes et des preuves pour qu'ils puissent se reconnaître l'un l'autre du reste des autres hommes.

Annexe 2 -   Extrait des Olds  Charges  (1390)

Celui qui se donnera la peine de chercher et de lire, trouvera dans un vieux livre l'histoire de grands seigneurs et dames qui avaient beaucoup d'enfants.

Ils tinrent conseil par amour pour leurs enfants. Ils étaient fort préoccupés par le sort de leurs descendants après leur mort. Ils envoyèrent alors chercher des clercs instruits pour leur enseigner de bons métiers. C'est ainsi que, grâce à la bonne géométrie, cet honnête métier qu'est la bonne maçonnerie fut constitué et créé, et mis au point par les clercs.

À la demande des seigneurs ils créèrent un art qu'ils nommèrent maçonnerie, en se basant sur le modèle de la géométrie, décidés à en faire le plus honnête des métiers.

Le nom du premier clerc était Euclide et sa renommée s'est répandue au loin. Il ordonna que celui qui était le plus doué devait instruire celui qui l'était moins et que le plus avancé soit appelé maître, afin qu'il soit particulièrement honoré. 

Voilà comment, grâce à la bonne science de la géométrie, naquit le métier de maçonnerie. Source : www.ledifice.net

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Le franc-maçon et le chevalier (extrait)

1 Novembre 2012 , Rédigé par E.°.R.°. Publié dans #Chevalerie

Les loges maçonniques du XVIIIème siècle dans le secret de leurs travaux ont su marier la tradition opérative et la chevalerie.

La recherche de la lumière semble être à l’origine de l’association des dernières voies initiatiques encore praticables en occident. La franc-maçonnerie est le grand réceptacle traditionnel d’éléments très anciens et hautement symboliques. Elle fut composée dés son ouverture spéculative par de nombreux officiers et chevaliers de noblesse. Ces derniers voulaient redonner corps à une tradition alliant action et spiritualité. Il ne faut donc pas s’étonner qu’au Siècle des Lumières, la loge maçonnique devienne la crypte protégeant le trésor des anciennes initiations.

Trois courants ont présidé à la naissance de la franc-maçonnerie " spéculative " : le courant opératif - celui du métier qui repose sur les connaissances géométriques qui sont la base de l’architecture - le courant religieux ésotérique - avec son contre-versant hermétique qui libère le langage du dogme, et le courant chevaleresque qui engage enfin le maçon spéculatif dans un combat.

Les deux premiers sont bien connus. Le troisième mérite un certain nombre d’éclaircissements pour comprendre son extraordinaire adaptation inspirant la plupart des rituels des différents rites.

Il existe une symbolique et d'une mythologie commune entre chevalerie et maçonnerie. L'idéal chevaleresque est une source profonde du système écossais, et de la coutume écossaise depuis Robert de Bruce et la légende de la pierre de Scone. Cet idéal fonde le pouvoir royal plus que le pape lui-même.

La chevalerie se réclame comme la franc-maçonnerie d’une tradition immémoriale.

Les traces sont anciennes et partent de la tradition primordiale. La caste guerrière est toujours présente dans toutes les civilisations. Elle remplit une fonction indispensable à l’édifice testamentaire et se réfère à l’idéal et à un imaginaire agissant se traduisant dans l’engagement du corps jusqu’au sacrifice. C’est par le sacrifice qu’elle établit un lien supérieur avec le créateur ou le centre ontologique. Dans l’Ancien Testament, Dieu interdit à David de construire le Temple, car il appartient à cette caste guerrière et à trop de sang sur les mains. Les deux Saint-Jean dont se réclame la franc-maçonnerie sont les descendants du roi David au même titre que le Christ. À ce titre les maçons peuvent aussi se réclamer de la caste chevaleresque.

L’esprit chevaleresque connut son plein développement au moyen-âge puis s’ennoblira au point de perdre la couleur du sang et l’idée d’un centre totalisant. Sa présence au plan initiatique sera entretenue dans des cercles fermés tels la" Massénie du Saint-Graal " ou les "Fidèles d'Amour " chers à Dante. La démarche gibeline de restauration du pouvoir impérial face au Pape sera un support puissant qui fit choisir Jérusalem plutôt que Rome dans tous les rituels maçonniques, y compris les rituels catholiques ou Stuardistes. C’est l’esprit du Temple dans sa construction, sa destruction et sa libération qui motivera les deux initiations. La première bâtit le temple la seconde le libère.

La chevalerie en franc-maçonnerie nous vient de la légendaire Écosse, du moins celle que sur le continent, le génie français put imaginer.

La Légende de Saint André évangélisant l’Écosse, l’ordre chevaleresque de Saint André du Chardon ainsi que les tombes
templaro-maçonniques d'Écosse appuyées par la symbolique profonde de la très curieuse chapelle de Rosslyn, bâtie par les Sinclair, rejoignent la légende des templiers réfugiés en Écosse et mystérieux acteurs de la victoire de Bannockburn. De cet ensemble mythique se dégage le sentiment qu’une vérité universelle fut importée en Irlande et en Écosse et que les loges opératives et les chevaliers « acceptés »en furent dépositaires.

Les ordres chevaleresques structurèrent la chevalerie occidentale : celui du Temple, bien sûr, mais aussi celui de Saint-Lazare, des Hospitaliers de Saint Jean, des Chevaliers du Saint-Sépulcre ou des Chevaliers teutoniques. Ils vont ordonner la quête autour de cause et d’actes spécifiques.

Le sens symbolique donne mission à l'Ordre Écossais de créer un authentique Empire spirituel en faisant de ses adeptes de nouveaux Chevaliers de l'Esprit.

Ainsi le chevalier-maçon du XXIème Siècle, ne se considère plus comme gardiens in situe du Temple et de la Terre Sainte. Les défaites subies et la chasse dont ils furent victimes orientent les chevaliers à promouvoir leur temple intérieur, dans l’idée fraternelle de rependre la lumière autour d’eux. Cette notion fut apprise en Orient.

Le mariage de la truelle et de l’épée.

C’est ainsi que nous aurions pu intituler notre recherche. Le mariage de la truelle et de l’épée fut basé à la fois sur une nécessité et sur un consentement mutuel.

La nécessité découle de la source vétérotestamentaire qui indique que pour rebâtir le Temple détruit il faut marier la truelle et l’épée. D’autres facteurs historiques ont créé un rapprochement entre une corporation initiatique et les ordres de chevalerie dès le moyen-âge.

La présence de la chevalerie dans le système maçonnique pose un certain nombre de questions qui sont loin d’être résolues. Cependant, il est possible d’émettre un certain nombre d’hypothèses qui à défaut d’être démenties par la recherche historique ou prouvée par des documents authentiques, alimentent et densifient la mythologie maçonnique qui ne s’en lasse pas.

Notre article fait suite à celui paru dans la RDM2 page 134, et tente d’apporter quelques précisions. On retrouvera certains développements plus adaptés aux grades de chevalerie de la franc-maçonnerie du Rite Ecossais dans sa version primitive en consultant le Maître parfait Ecossais et le Chevalier de saint André aux Editions du Maçon.

La légende, tout autant que l’histoire, fonde l’imaginaire du maçon et du chevalier ouvrant ainsi de véritables et valables perspectives initiatiques pour lesquelles, il faut en convenir, une sèche rationalité ne ferait pas l’affaire. L’initiation maçonnique comme l’initiation chevaleresque nous propulsent au seuil du monde de la connaissance, qui n’est pas inconnu des Francs-Maçons. En effet, la pratique de nos ainés constitue un véritable patrimoine initiatique que nous transmettons d’initié en initié. Ce trésor se niche non pas dans les soubassements de notre conscience, mais bien au contraire dans ce que j’appellerais une supra conscience. Cette supra conscience se situe au fond de notre boîte crânienne et ne demande qu’a être réveillée par l’intuition du cœur.

Assis sur le seuil de la perception d’une totalité, nous sommes pris de vertige face aux profondeurs de l’Être et à l’infini de l’univers. Franchir ce seuil consiste à harmoniser l’être et le tout, autrement dit, faire en sorte que l’homme pentagramme devienne hexagramme. Embrasser en tant qu’homme une totalité qui nous dépasse, tel est le but et l’apport de la chevalerie.

Pour atteindre cet objectif, il faut se réapproprier les états inférieurs de l’être puis progresser au plan initiatique jusqu'à n’être non plus un corps réagissant, ni même un homme « bien pensant » et bien construit, mais un homme « esprit ». Seul l’esprit est capable d’embrasser le Tout.

À ce stade, c’est l’imaginaire qui sert de support de projection mentale pour réaliser ce dessin initiatique. L’imaginaire se nourrit de vécu et d’espoir ; il active le corps pour atteindre un état de délivrance ou de libération de l’esprit. Nous voyons poindre l’idée du sacrifice utile qui deviendrait un passage, que nous trouvons dans la légende d’Hiram comme dans la chevalerie terrestre et céleste.

Nous verrons à quel point l’imaginaire, devenu réalité efficace dans un espace cérébral appelé « imaginal », peut intervenir dans les modalités d’expression d’une pensée devenue foi conceptuelle ou idéal. Se posera le problème du contact entre Dieu et l’homme. Pour le chevalier, le contact se fait « entre Ciel et Terre », dans un monde médian.

Ainsi le penser et l’agir du franc-maçon ou du chevalier, passe par une conception consciente et modélisée par l’initiation. L'initiation est une expérience vécue par le jeu du rituel. Qu’elle soit de métier ou d’armes, l’initiation induit des comportements d’une grande cohérence logique, qui sont fondés sur les intuitions plus que des raisonnements. L’intuition et favorisée par l’acquis ancestral de schémas que les mythes nous relatent. Les mythes sont agissants comme les symboles. Nous les avons en nous dans la plénitude de leurs significations, héritage du souvenir d’un lointain passé que d'aucuns qualifient d’âge d’or de l’humanité.

C’est ainsi que nous pouvons affirmer que la franc-maçonnerie symbolique traditionnelle et spirituelle, dans ses développements modernes, a su préserver un symbolisme de tradition, né d’une intuition fondée sur des images projetées en soi.

Cette relation entre les projections personnelles et la culture traditionnelle des symboles fait apparaitre une universalité symbolique transculturelle et transfrontalière. Ce constat nous pousse à considérer le symbolisme traditionnel comme une modalité d’expression première qui échappe à la babélisation des langues.

Toutes les traditions de par le monde font une place de choix au bâtisseur et au combattant. Nous en pressentons la complémentarité, il nous faudra la démontrer.

Un bref aperçu historique peut-il nous conforter sur l’existence d’un lien entre franc-maçon et chevalerie ?

Pour y répondre, il faut constater une évidence : un chevalier est par nature un homme d’armes, un militaire qui porte l’épée. Mais il est vrai que les ordres de chevalerie ont adoubé des nobles qui n’ont pas eu de fonction militaire. C’est le décorum chevaleresque qui prit le pas sur la tradition de l’adoubement entre hommes d’armes, ceci résulte d’une dénaturation par la noblesse du sens premier de la chevalerie. Rien ne dit cependant que cet adoubement nobiliaire n’excluait les notions d’idéal et de sacrifice. Nous dirons simplement que cette évolution fit sortir des douves l’adoubement pour l’installer dans les dorures de la cour.

Notre deuxième constat porte sur l’installation d’un nombre important d’officiers et bas officiers Écossais et Irlandais sur le continent en 1688 dans le sillage des Stuarts en exil. Ils pratiquaient le Rite Ecossais en loges militaires et l’esprit chevaleresque était présent sur les colonnes. Un certain nombre de ces officiers étaient membres d’ordre chevaleresque, ou avaient déjà la qualité de maître Écossais.

Le XVIIe siècle voit l’arrivée dans l’Ordre artisanal, héritier des corporations de métiers appelé Craft en Angleterre, de l’Ordre chevaleresque, ou du moins d’hommes titrés dans la hiérarchie militaire. Parmi ces non opératifs, on peut citer deux cas reconnus. Sir Robert Moray officier au service des Stuarts fut reçu en 1641 dans une loge décentralisée d’Edinburgh. Elias Ashmole capitaine de l’Armée de Charles 1er Stuart est fait franc-maçon le 16 octobre 1646 à Warrington. Tous les deux sont officiers portant l’épée, et ont démontré des qualités chevaleresques. On notera qu’ils furent reçus dans des loges dotées de surveillant et n’ont pas de maître de loge, ce qui correspond à l’organisation des loges écossaises de l’époque. Évidemment, ce fait sera éludé dans les constitutions d’Anderson de 1717. Le pasteur Anderson défend le point de vue « whig » ainsi que Désaguliers qui est appointé par Georges 1er. Rien n’est divulgué dans les constitutions sur les sources opératives écossaises à cause de leurs implications Stuartistes.

On cite le registre de la Loge Coustos Villeroy[1][2]qui en fait état d’une pratique chevaleresque en 1737. Le registre critique une pratique imposée par la loge du Grand Maître jacobite et catholique Lord Darwentwater. Il s’agissait lors des réceptions de tenir l’épée à la main, comme il est fait en chevalerie.

En Écosse la lettre de la grande Maîtresse des franches maçonnes à Harding l’imprimeur, nous dit : la Loge du Temple de Salomon devenue « la loge de Saint Jean de Jérusalem(…) la plus ancienne et la plus pure (…) et la fameuse vieille loge écossaise de Kilwinning » ont eu des rapports avec les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ou chevaliers de Malte de l’Ordre des hospitaliers. On notera que la plupart des loges se nommaient loge de Saint-Jean et qu’au nom de ce lien historique et mythique, vers 1745 elles se transformèrent en loge de Saint-Jean de Jérusalem dont celle du Grand Maître le conte de Clermont.

On associe le caractère immémorial de la loge Kilwinning, aux liens particuliers entretenus avec certains ordres de chevalerie durant les croisades. C’est donc dès l’origine de Kilwinning qu’un lien est évoqué avec l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem plutôt que l’ordre du Temple. Le manuscrit Stuartiste n° 3077 de la bibliothèque Calvet à Avignon en atteste en 1780 : « Pourquoi nos assemblées sont dédiées à Saint-Jean ? – C’est pour apprendre aux maçons combien ils doivent être unis puisqu’ils s’assemblent sous les auspices de celui qui ne prêcha jamais que la paix, la concorde, et l’amour de ses frères ; d’ailleurs les maçons s’étant unis aux chevaliers de Saint Jean ils en adoptèrent le patron. »

La référence à l’Ordre du Temple apparaît en Allemagne vers 1733 d’après Le Forestier. Il fit une carrière intéressante, mais écourtée en France par l’œuvre de Willermoz et le Convent de Wilhelmsbad en 1782 et par l’intention de la SOT de rétablir l’ordre du Temple ce qui ne pouvait convenir aux lois des pays.

Le lien chevaleresque préexistait, la question du lien avec la chevalerie du Temple se pose, car Jean Baptiste Willermoz lui-même reconnaissait que dans sa propre Loge dès 1752 on y faisait référence dans la transmission du 4em grade pour présider la loge. « J’apprenais mystérieusement à ceux auxquels je conférais le 4em grade de la Loge, qu’ils devenaient successeurs des Chevaliers (Templiers) et de leurs connaissances, je l’ai ainsi répété pendant dix ans comme je l’avais appris de mon prédécesseur, qui l’avait appris lui-même par une ancienne tradition, dont il ne connaissait pas l’origine. »

Cette transmission était sans rapport direct avec les prétentions de la SOT créée en 1755 par baron du Hund (eques ab Ense) qui prévalait en Allemagne.

La question du lien entre la franc-maçonnerie et la chevalerie du Temple avec les deux grades consacrés à cet effet à savoir l’Écuyer Novice et le Chevalier du Temple fut sévèrement critiqué par Robert Ambelain par un article paru en 1974 : « Si on discute encore sur les origines des emprunts à la tradition chevaleresque dans la confection des échelles de grades maçonniques, sur la part de Ramsay, sur les initiatives allemandes, sur la valeur de la tradition de Kilwinning, personne ne conteste que la référence à l’institution de la chevalerie est entrée telle quelle dans la tradition maçonnique, sinon comme un corps étranger au moins avec le destin d’un greffon. »

On notera que cette assertion est à replacer dans la filiation directe avec la chevalerie du temple, mais ne remet pas en cause le lien initiatique du bâtisseur et du chevalier. Robert Ambelain semble privilégier le lien par les trois composantes qui sont l’apport de Ramsay, la tradition kilwinnienne, et une certaine interprétation allemande. Le greffon ne fut pas le fait du hasard et trouve sa justification moins dans le désir de chevalerie que dans une connexité historique et légendaire propre à l’Écosse. C’est ce que tenterons de démontrer.

Peut-on faire remonter à une date plus antérieure le mariage de la truelle à l’épée ?

En Écosse la légende historique attachée au grade de saint André du Chardon fait une référence expresse à l’aide apportée par des templiers en exil de France incorporés aux loges de maçons opératifs et qui firent la victoire de Robert Bruce à la bataille de Bannockburn en 1314. Ici commence l’histoire ou la légende fondatrice des grades de chevalerie écossaise du Chardon d’Écosse qui nourrit le Maître Ecossais-Chevalier de Saint-André au Rite Ecossais Primitif. L’Ancienne Alliance entre L’Écosse et la France fut aussi vecteur de transmission de légende et traditions qui par mimétisme et du fait de l’exil de 1688 se transfèrent de l’Écosse à la France.

Nous pensons au surplus qu’un rapprochement est à faire entre le destin des Stuarts dans la perte et la tentative de reconquête du trône d’Angleterre par Jacques II et la légende d’Hiram. Au demeurant le mythe Hiramique de la parole perdue s’inspire à notre sens, de la perte de la pierre de Scone par les dynasties Écossaise au profit des Anglais. Depuis 847, elle fut en effet la pierre du sacre des rois Ecossais, sur laquelle ils se tenaient debout pour recevoir l’onction.

La pierre taillée ou gravée est l’œuvre du maçon antique. Symboliquement c’est le maçon qui fait les fondations du pouvoir royal. Importée des lointaines contrées de l’Orient en Irlande, elle fut transportée en Écosse. Selon la tradition, le royaume appartiendrait aux Écossais tant que la pierre resterait dans leur pays. Confisquée en 1296, la pierre fut prise par Édouard Ier comme butin de guerre et emportée à l'abbaye de Westminster où elle fut placée sous la King Edward's Chair 

Les rois Anglais s’en servirent pour leur sacre dans la position assise comme en signe de domination du symbole. La pierre du destin perdue il fallut en trouver une de substitution et donc il y a assimilations entre la parole perdue et la pierre du sacre perdue .Retrouver la pierre de Scone c’est retrouver la plénitude des pouvoirs des souverains écossais, et la voix au chapitre .Cette pierre du sacre est par sa nature symbolique pierre venue du ciel ou en rapport avec le divin. Elle est une clef de voûte et une porte sur le céleste. C’est un deuxième point qui vient alimenter l’origine écossaise du mythe d’Hiram où finalement le chevalier combattant pour la reconquête est acteur de l’histoire.

L’ensemble des points légendaires sortis des brumes des Highlands vont faire conjuguer la Quête chevaleresque et l’art de bâtir des maçons. Chacun dans son ordre va raconter la même histoire et tendre vers la même lumière par des chemins différents.

En filigrane la question qui se pose sera le lien entre la pierre du sacre et la chevalerie de la reconquête.

Nous pensons que l’Écosse et ses légendes sont une source sérieuse et parfois négligée qui permet d’expliquer une des formes primitives de la franc-maçonnerie chevaleresque, soit une maçonnerie de la reconquête. Nous en tiendrons compte dans cette étude sur la franc-maçonnerie et la chevalerie.

Sommes-nous certains que ce qui lie la franc-maçonnerie à la chevalerie ne soit rien d’autre qu’un gout immodéré des maçons du XVIIIe siècle pour les titres et le port de l’épée ?

Nous voyons trop de commentaires dévalorisants sur ce point, et nous souhaitons en savoir plus. Je ne pense pas que des générations de francs-maçons soient tombées sous les coups de leur égo, au point d’embrasser des titres ronflants, creux, et sans portée aristocratique réelle. Déjà Maitre, l’âge aidant, ils développent une sagesse qui les éloigne d’un titre qu’ils ne peuvent pas faire valoir. Le goût pour les titres et les honneurs n’ont pas fondé la relation initiatique entre le franc-maçon et le chevalier.

L’attraction pour la chevalerie semble liée par l’essence de la chevalerie authentique dont le Temple et les Hospitaliers ne sont que des surgeons aux ordres et dans un idéal particulier impliquant le service de l’Église et du Nouveau Testament. Ainsi, nous plaçons la relation entre la franc-maçonnerie et la chevalerie à un niveau supérieur à toutes les branches contingentes de l’ordre chevaleresque.

Nous pensons que l’association des deux branches initiatique s’est faite parle haut, c'est-à-dire par l’essence même de l’art de bâtir et de combattre.

Dans le cadre d’une première réponse à ce mariage du maçon et du chevalier, nous avons une réponse que nous avions déjà étudiée au premier degré dans l’étude sur la symbolique des outils : L’idée dirige la force et la force réalise l’idée. Cette expression signifiait dans un étonnant aller-retour, la complémentarité indispensable et équilibrée entre la matière et l’esprit, et plus précisément entre le ciseau et le maillet. Désormais nous élevons, comme il se doit, notre réflexion à un niveau supérieur : l’idée est l’idéal du chevalier, la force est la technicité réalisatrice et opérative du maçon et enfin l’épée axiale qui est l’expression de la volonté divine.

Une deuxième question se pose, pourquoi le chevalier intervient en franc-maçonnerie après l'émergence de celle-ci ?

On pourrait être tenté de faire une hiérarchie entre le détenteur de l’idée inscrite dans le ciel et son exécuteur terrestre. Cette réponse biaisera l’intérêt des deux voies traditionnelles qui sont complètes et autonomes par leur nature propre. Il ne peut donc y avoir de subordination. On peut simplement répondre à cet ordonnancement qu’un chevalier dûment adoubé peut s’intégrer au rite initiatique de la franc-maçonnerie et c’est ce que firent les templiers réfugiés en Écosse en 1314. Ceci fait partie intégrante de l’histoire réelle et mythique du REP notamment. De même le RER indique que trois chevaliers du temple fuient en Écosse dans des cavernes prés d’Heredom. Ils rejoignent les chevaliers de Saint André du Chardon d’Écosse. En 1340 ils fondèrent l’ordre maçonnique, ordre préparatoire à l’admission dans l’ordre équestre. Le RER explique ainsi la complémentarité de l’ordre maçonnique et de l’ordre équestre, le premier servant de vivier au second. Ceci ne suppose pas une hiérarchie qui minore l’ordre maçonnique.

L’erreur d’une interprétation simpliste serait d’installer la dépendance d’une tradition au profit exclusif de l’autre. Elle suppose une hiérarchie ce qui en matière de voie initiatique ne peut être admis. Chacune des deux voies se suffit à elle-même. Il faut trouver une autre explication.

Il est un fait incontestable qu’il a toujours existé une perméabilité entre les voies initiatiques. Elles sont composées d’éléments comparables dans leur progression et finissent comme nous le savons par se réunir au sommet. Pourtant dans cette suite logique mettant le travail de la matière par la sueur avant le sacrifice par le sang, nous avons dans le jeu d’échec un début de réponse. Le cheval ou cavalier se déplace sur l’échiquier d’une manière particulière. Il commence sa course comme les pas d’un apprenti, puis emprunte ceux du compagnon et pour finir comme un maître. Donc le cavalier connait déjà les pas et la progression du maçon. Le cycle chevaleresque se caractérise par la maîtrise de l’animalité du cheval à l’égal du maçon qui maîtrise sa propre animalité. Le chevalier se situe plus haut en intermédiation sur son cheval avec le ciel, alors que le maçon a les pieds sur terre et sous terre en creusant les fondations. Dernier point, si le cavalier démarre sur une case noire il finit sur une case blanche et le cavalier est la seule pièce qui peut sauter les obstacles.

Nous en déduisons qu’aucune subordination entre les deux voies n’est acceptable. Cependant la classification subterrestre et terrestre de l’une a pour complément la classification terrestre et céleste de l’autre. On établit une superposition. Le chevalier doit récapituler l’initiation maçonnique dans sa progression spirituelle. Il n’y a donc pas de subordination, mais une superposition correspondante à la nature des trois voies initiatique.

Le lien est-il matériel ou spirituel ?

Ce qui est transmis au plan initiatique, ne peut concerner une cause réduite au plan matériel, quelque soit d’ailleurs, la noblesse de l’objet social. Il est bien entendu qu’en matière initiatique ni la cause territoriale ni la cause religieuse ne peuvent dominer la cause spirituelle. Il faut admettre qu’aucune reconstruction du temple de Salomon ne peut perdurer au plan matériel. Seule la reconstruction au plan spirituel est possible. En conséquence, le mélange des causes matérielles et spirituelles porte à confusion.

Il faut voir dans le message initiatique de ces chevaliers un trésor qui n’est ni sonnant ni trébuchant. Il en est de même en alchimie, on ne peut confondre l’aspect spirituel, et la pratique du souffleur qui chercherait la richesse matérielle.

Le lien existait bien au plan de l’enseignement alchimique, spirituel et céleste, avec une chevalerie éclairée. Le maître maçon et le chevalier se purifiaient à la même fontaine située au pied du mont Scion ou était construit le Temple. À cette fontaine appelée SHIloha, ils pratiquaient la purification rituelle notamment des mains et des yeux, avant de se mirer dans l’eau, puis se rendaient au Temple…

Rappelons que l’armement de chevalier est effectif au REP et au RER et qu’il n’implique pas une appartenance à l’Ordre du Temple trop contingent en regard de sa nature. L’arment produit donc des effets liés à l’éveil de l’esprit, et la notion d’imaginaire commun.

Nous pouvons donc affirmer que le seul élément humain et matériel ne peut suffire à établir un lien. Le liant s’exprime dans la quintessence de ses propres valeurs dans les deux ordres. Ils aboutissent tous les deux au sacrifice, d’Hiram d’un coté et de Saint-André de l’autre. On voit bien que le premier appartient à l’univers de l’Ancien Testament, et que le second est sur le chemin du Nouveau sans renier l’Ancien. Les deux suppliciés partagent une renaissance pour ne pas dire une ressuscitation en esprit.

Ce qui est transmis lors de l’initiation ou de l’adoubement ce sont des éléments hautement symboliques. La transmission d’une cause matérielle ne peut s’inscrire dans le plan divin. La matérialité est par définition une dégénérescence de l’esprit au sens métaphysique. La cause reste dans tous les cas spirituelle, elle permet la réalisation de l’homme sur le plan matériel. Bien tailler sa pierre ou défendre une cause juste ne peut se faire qu’en fonction d’une Loi venue d’en haut. Ladite Loi organise un retour au divin, libérant l’esprit contenu dans la matière.

Voici donc la nature d’un lien spirituel qui est commun aux deux ordres. L’épée céleste vient en aide à la truelle terrestre pour la construction du Temple de Jérusalem.

Cette association dans le même corps situe ce dernier en tant que médiateur entre terre et ciel. Une épée viendra désormais défendre le temple contre la perte du sens du divin. L’homme dans sa faible nature cède régulièrement à son animalité symbolisée par retour de l’adoration des idoles.

Le lien entre la franc-maçonnerie et la chevalerie se situe dans une cause commune aux deux traditions qui est cette exigence de connaissance spirituelle et sacrée, faisant participer l’homme au grand dessin de la création.

Cet aspect chevaleresque en franc-maçonnerie trouvera sa confirmation dans les écrits de Ramsay.

Le chevalier Ramsay, chevalier de l’ordre de Saint-Lazare dans ses deux célèbres discours dont celui de 1738 associa la chevalerie à la franc-maçonnerie. Sur les origines de la franc-maçonnerie, il évoque les Ordres de Chevalerie et cite « nos ancêtres les croisés » dont le langage secret « rappelle le souvenir, ou de quelque partie de notre Science, ou de quelque vertu morale, ou de quelque mystère de la Foi. »

Il y aurait donc un « mystère » à découvrir, certainement de nature initiatique, soit un enseignement ou un éveil qui lierait la Franc- maçonnerie et la Chevalerie dans une même finalité. Cette finalité se distingue du lien spirituel que nous avons vu précédemment. Elle se fonde sur un souvenir commun d’un épisode guerrier remontant aux destructions successives du Temple à Jérusalem, à la reconquête des lieux Saints par les croisades, puis à la destruction de l’Ordre du Temple en 1314. Ainsi se perpétue le cycle de la construction destruction à travers les âges. C’est le grand souvenir et le grand rendez-vous aux pieds de la muraille entre Occident et Orient. L’affrontement est fondateur et se reproduit inéluctablement en divers mondes et époques. C’est au moment des croisades que nous sommes rentrés dans la période d’une redécouverte spirituelle et intellectuelle de l’Orient. Cette redécouverte peut se décrire comme un élargissement de l’esprit . L’élargissement donne accès au sacré au-delà du dogme religieux. C’est particulièrement vrai dans l’échange intellectuel et technique apporté par l’occupation musulmane sur la péninsule ibérique.

L’affrontement fusionnel Orient-Occident, ensemença les deux civilisations pour les ressemblances et les racines qu’elles avaient en partage. Si le fait fonde l’histoire, le souvenir teinté d’idéaux alimente le mythe qui se charge d’expliquer l’origine. La quête du Graal ou de la Lumière est un dérivatif de ce souvenir commun.

Cette finalité originelle apparaît clairement dans la construction et la défense du Temple de Salomon, l’épée dans la main droite et la truelle dans la gauche.

Que faut-il bâtir, que faut-il défendre ?

Un centre point ce contact entre la création et Dieu, qui porte en lui, dans son architecture même le plan divin qui n’est rien d’autre que l’expression d’une loi universelle.

De tout cela l’homme n’est qu’un témoin devenu acteur par son initiation à ce secret, un médiateur entre la Terre et le Ciel. Il n’est plus un démiurge, car il a bien compris les limites de l’exercice, il veut retrouver et défendre la maison des origines, qui n’est autre que le retour au centre primordial.

C’est ce que nous appellerons le secret du chevalier écossais de Ramsay. Recouverte d’un voile d’une bienséance diplomatique, une vérité se laisse entrevoir dans ses deux discours.

Nous devons d’abord rechercher ce qui est véritablement initiatique dans la chevalerie, en recherchant les éléments rituéliques et symboliques qui autorisent un véritable "commencement".

(…) suite à paraître.

Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org/

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