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Hauts Grades

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Le Chevalier Kadosch Soldat de l’universel et de l’éternel au XX° Siècle

31 Octobre 2012 , Rédigé par Gérard SABATER Publié dans #Planches

« On ne peut pas commencer un poème sans une parcelle d’erreur sur soi et sur le monde, sans une paille aux premiers mots ».

C’est avec cette citation de René CHAR que j’ai pris la plume pour tourner ce balustre et tenter de définir ma conception du CKS.˙. dans ce siècle que nous ne verrons pas finir.

Notre chance, ma chance, fut de voir s’achever un siècle et participer au commencement d’une nouvelle épopée en citoyen F.˙.M.˙.

Suis-je devenu meilleur depuis que je porte ce titre de « Chevalier de l’Aigle Blanc et noir, Grand Elu et parfait Initié » ?
Le rituel m’aide dans la réponse à apporter à cette question qui, depuis le début de mon parcours maçonnique, m’interpelle et souvent m’irrite. Ne pas se la poser est signe de faiblesse, répondre avec sincérité est difficile, puis je me faire juge de mes actes et quelle valeur donner à ce miroir déformant ?

Si le « Connais toi toi-même » raisonne dans ma tête, je n’ose dire que je connais l’ univers, et encore moins les dieux.

Mais c’est avec le symbole du Noir et du Blanc que je tente de répondre puisque j’accepte de ne pas être totalement blanc, car le noir de mes imperfections me recouvre souvent. Pourtant je m’efforce d’être ce Champion du Bien, conciliant les deux couleurs, non pour devenir gris, mais pour maintenir ce cap commencé il y a 34 ans quand, devenu avocat dans le monde profane, je me suis identifié à ces champions du moyen âge qui portaient les couleurs de leur camp pour faire triompher leur seigneur, comme l’avocat porte la cause de son client dans l’arène judiciaire.

J’ignorais en 1971 qu’un jour, je retrouverais cette allégorie et participerais activement à poursuivre ce chemin sans faiblesse, et même avec une certaine exaltation.

Il est écrit que le grade de CKS.˙. est l’aboutissement, le « NEC PLUS ULTRA » du R.˙.E.˙.A.˙.A.˙.

Nous avons tutoyé, avec le haut de l’échelle mystérieuse, la « Philosophie », gage de la liberté de notre esprit, pour puiser aux sources de la Raison et ainsi mesurer nos limites puisque nous sommes redescendus, armés des 7 vertus indispensables, pour exercer l’Action, une fois acquises « Connaissance et Sagesse ».

Mais quelle action pour le CKS.˙. en ce début de siècle ?

Comment bien comprendre le message porté par ce grade et comment assimiler notre devise «Fais ce que dois, Advienne que pourra » ?

Comment agir au-delà des incantations si puissantes soient elles ?

Pour essayer de répondre et être ainsi apte au travail utile et profitable , je me suis plongé d’abord dans l’histoire, remontant dans le temps, parcourant à l’envers le chemin de nos aînés, non pour réécrire l’histoire de notre rite, cela a été fait de façon remarquable par l’Aréopage SOURCES, mais pour y retrouver les racines premières qui éclairent la symbolique écossaise.

1.Entre Tradition hébraïque et tradition maçonnique, la force des symboles.

Je me suis interrogé dans un premier temps sur l’ampleur des emprunts à l’hébreu et à la Kabbale dans l’écriture des rituels des hauts grades et même de ceux de nos loges bleues.

J’ai trouvé une première réponse dans un ouvrage de l’un de nos FF.˙., Pierre Marie SAVAIGNAC, « Kabbale et Maçonnerie ».

Celui ci nous renvoie à un livre de Jean REYOR : « Sur la route des Maîtres Maçons »

« Nous avons vu que la Bible est le livre sacré des Maçons ; la conservation des mots hébreux dans le rituel de tous les grades, depuis celui d’apprenti jusqu’au plus élevé des hauts grades, indique suffisamment que l’hébreu est la langue sacrée des Maçons et que, par suite, c’est surtout le texte hébreu de l’Ancien Testament qui doit faire l’objet de leur étude. »

Le décor est là.. Incontournable mais nécessaire, car, justement, il crée le lien entre tradition et modernité, et permet de renforcer l’ aspect immémorial de la Franc-maçonnerie.

Il suffit de se reporter aux mots sacrés et aux mots de passe pour constater que l’ hébreu est la langue de la maçonnerie.

L’ hébreu est la référence, mais ce n’est que l’une des composantes.

Pour comprendre la Franc-maçonnerie, la référence à la Kabbale s’impose car de là s’explique le rôle et l’influence des nombres mystérieux tirés des mots et expressions utilisées. Les corrélations entre un thème donné et une certaine valeur numérique donnent du sens à l’emploi des mots. Les réciter sans en comprendre le sens, me paraît s’inscrire dans une démarche idolâtre, ce que nous condamnons pourtant.

Quelles significations donner à ces nombres qui rythment notre parcours initiatique, sans se référer à leurs origines, bibliques pour la plupart d’entre eux ?

Comment les F.˙.M.˙. acceptent t’ils de les prononcer en voulant gommer leur référence originelle….. ?

Pierre Marie SAVAIGNAC traite de la guémâtrie sinaïtique pour interpréter la Torah et le Cantique des Cantiques et, plus particulièrement, tenter d’élucider un des mystères les plus cachés de la Franc-maçonnerie écossaise, à savoir l’origine des divers âges maçonniques auxquels nous parvenons en tant que maçon tout au long de notre progression dans les hauts grades du R.˙.E.˙.A.˙.A.˙.

Pour lui, le R.˙.E.˙.A.˙.A.˙. peut être relié à la Mystique Cosmologique juive et à la Divine Comédie. IL suffit de constater la ressemblance entre l’échelle de Jacob et l’échelle que nous, les CKS.˙., devons franchir lors de notre initiation à la rencontre de la terre et du Ciel.

La Kabbale (qu’il écrit sans K et avec un seul b), est la doctrine de la tradition hébraïque qui a pour objet de dégager le sens secret des écritures afin de permettre à l’homme d’acquérir une compréhension totale de la manifestation et par là de faire émerger la divinité qui est en lui.

« Connaissance totale du monde : de l’homme aussi bien que de la nature, en vue d’agir favorablement sur eux.. »

Cette injonction s’identifie à celle que la tradition maçonnique développe et j’ai été interpellé par la correspondance entre l’arbre séfirotique de la Kabbale et « l’arbre » des différents degrés de perfection, chevaleresques, philosophiques et administratifs…Enfer et Terre, Purgatoire et Paradis…..

L’étude de ces correspondances nécessiterait des heures d’explication mais ce qui m’a frappé, c’est cette correspondance avec les âges maçonniques, nos âges, ceux que l’on apprend….3, 5 7 ans et, plus encore, les âges des « hauts grades ».

Je ne vais volontairement citer que deux grades, le premier 25° degré du REAA, « Chevalier du Serpent d’Airain » qui nous fut conféré lors de notre cérémonie de consécration au 30° CKS.˙.

Il faut suivre l’auteur lorsqu’il note l’égalité guématrique entre Naha sh, le serpent, et Machiah, le messie, l’âge du grade, 89 ans, et sa valeur guématrique de 89 !!!

Enfin notre grade de CKS.˙. notre age « 100 ans au moins » , nous savons que la signification de ce mot est saint sacré, séparé…

Nous sommes arrivés près de l’extrême limite de la manifestation, presque au niveau de l’ « éther primordial », Avir Qadmon, qui égale 100. Le CKS.˙. a pu apprécier la « mesure de la hauteur » (shih’our qomah) et utiliser la clé d’ivoire (mafteah mi shénav). Là encore, la correspondance est 100…..

Ces correspondances sont étranges, dérangeantes pour le CKS.˙. que je suis aujourd’hui, membre du GODF, athée au-delà des limites possibles.

Alors comment justifier l’utilisation de ces rituels, de ces nombres, de ces symboles rarement expliqués et ânonnés à chacune de nos tenues ?

Comment expliquer que l’âge du Prince de Jérusalem (16°) soit de 92 ans, si l’on ne découvre pas que cette valeur résulte en fait de l’addition du mot de passe « Tiveth », dixième mois de l’année qui correspond à la rentrée des Anciens à Jérusalem et du mot sacré « Adar » qui désigne le douzième mois de l’année , correspondant à l’action de grâce : l’addition des deux expressions 50 et 42 donne 92….. ?

Je vous l’avoue, j’ai été subjugué par cet ouvrage particulièrement dense qui m’a permis d’approcher les « mystères » (je dis bien les mystères) qui nous sont communiqués si vite que sans travail personnel, nous pouvons très vite nous égarer et perdre le sens de ce chemin initiatique tracé par nos aînés.

Est-ce un détour du balustre pour déboucher sur le rôle du CKS.˙. aujourd’hui dans ce siècle. Je ne le pense pas……Car avant de se lancer dans l’Action, le CKS.˙. doit savoir d’où il vient pour éviter de s’égarer, simple porteur d’un décor supplémentaire…..

Ce fut un travail de lecture passionnante pour commencer à écrire à partir de cette incantation de l’un des anciens rituels…

2. « Soldat de l’univers et de l’éternel » ….. Quel rôle, quelle mission, utopie absolue ou début d’un nouveau parcours ?

Parfait initié, je ne sais, je m’efforce avec vous de mériter ce titre et j’ai donc lu beaucoup, au-delà de cet ouvrage surprenant mais au combien éclairant….Les mystères demeurent mais je crois que j’approche.

Cependant comme le souligne Pierre Marie SAVAIGNAC, le rite écossais est semblable à un fleuve alimenté par nombres d’affluents importants.

Je me suis attardé sur la tradition hébraïque et kabbalistique, mais s’ajoutent la tradition pythagoricienne, le christianisme johannite, la gnose, l’hermétisme et surtout, à notre grade, la chevalerie templière.

L’intérêt de cette étude préalable est de mieux appréhender notre tradition maçonnique, de la comprendre et de tenter de l’assimiler pour en définitive s’en dégager et poursuivre son parcours sans remords et surtout sans honte.

Car n’en déplaise, il suffit de se reporter loin dans l’histoire de l’humanité pour constater qu’ont existé des hommes qui portaient des valeurs universelles bien avant les religions du LIVRE et que notre héritage est antérieur à la tradition judéo chrétienne…même s’ il fut difficile aux maçons du XVIII° siècle de s’en défaire…

La « légende » a commencé avec un premier livre :

« La DIDACHE » petit livre qui fut écrit en langue grecque, sans doute en SYRIE, vers la fin du premier siècle ou au début du deuxième siècle de notre ère, ( entre 70 et 150), découvert par le patriarche de Nicomédie vers 1873 dans la bibliothèque du Saint Sépulcre…..

Ce document a été de bonne heure l’objet d’une grande vénération et pendant longtemps la DIDACHE était lue avec les épîtres, lors des cultes de la primitive Eglise.

En grec DIDACHE ou DIDAKHE, signifie enseignement ou doctrine. Elle est composée de seize « chapitres » qui furent repris dans les livres qui composent le Nouveau Testament dont elle est contemporaine.

Premier document extra canonique du christianisme primitif, tous les enseignements sont déjà écrits !!!!

Je ne retiens que l’un des « commandements » :

….. « Réunissez vous fréquemment, cherchant ce qui convient à vos âmes, car tout le temps de votre foi ne vous servira à rien si au dernier moment vous n’êtes pas devenus parfaits ».

Sans vouloir faire de comparaison avec les phrases de notre rituel, il est signifiant de remarquer que le CKS.˙. suit cet enseignement, l’âme étant traduite du mot psyché : la vie, l’âme, le cœur , le centre sentimental.

Une adaptation libre, peu éloignée de la phrase prononcée par le T.˙.P.˙.G.˙.M.˙. lorsque le Chev.˙.Gr.˙.Serv.˙. d’Armes montre l’étendard au nouveau CKS.˙. :

« Si vous sentiez votre foi faiblir, si votre dignité risquait de s’abaisser, ressaisissez vous en vous souvenant qu’en un jour solennel, celui-ci, vous avez promis de lutter avec l’arme de lumière et de justice, que vous brandirez contre les forces de la nuit qui ne pourront rien contre elle »

Après ce détour à la recherche du temps passé, nous voilà désormais dans l’action .

3. LE CKS dans l’action en ce XXI° siècle : sa mission, utopie ou début d’une ébauche d’un état de citoyen engagé et responsable ?

Comment concilier la mission du grade illustrée par la devise « Fais ce que dois » au quotidien.

Peut-on adopter l’enseignement traditionnel récité le plus souvent lors des tenues d’initiation comme nous venons le souligner ?

Que reste-il de l’éthique chevaleresque (le bien dans le désintéressement, le beau dans le détachement, la noblesse de pensée dans la noblesse du cœur) ?

Le rappel du combat du chevalier dans l’enceinte sacrée pour faire triompher le bien sur le mal, n’est pas la seule piste de réflexion.

Certes il convient de privilégier l’action d’extériorité (action opérative) au cœur de la Cité, mais là nous pouvons mesurer la difficulté à maintenir les anciennes devises de la tradition maçonnique. D’autant que, si certaines activités profanes permettent de s’en approcher, d’autres peuvent s’en éloigner sans pour autant démériter a priori.

Devant cette difficulté, il est possible de décliner l’action intérieure du CKS.˙., qui poursuit sa quête personnelle par la réflexion, l’écriture, la parole portée au sein du temple pour aboutir à une réflexion collective développée au sein de notre communauté maçonnique, plus particulièrement à ce grade qui est conçu comme un aboutissement renforcé par notre devise « Nec plus ultra ».

Parfait initié, le CKS.˙., homme libre par excellence, se doit d’être exemplaire.

C’est là que la transmission des symboles hérités de nos aînés prend son sens.

Guides de l’action du CKS.˙. dans le monde d’aujourd’hui, vecteurs d’idées forces illustrées par les trois symboles du grade : l’échelle mystérieuse, les trois couronnes, le thème templier sont au cœur de la réflexion du CKS.˙.

Sans développer chacun de ces symboles qui à eux seuls méritent un balustre, il m’est apparu nécessaire d’y revenir en quelques lignes car ils sont la « Référence ».

Nous savons que l’échelle mystérieuse est au cœur de notre cérémonie initiatique.

La déclinaison des vertus, le franchissement virtuel des échelons, vécu dans l’émotion est un élément essentiel à la compréhension du grade.

La montée et la descente symboliques que nous effectuons lors de notre initiation a pour but de nous rappeler qu’il faut conjuguer toujours sentiment et raison, science et conscience.

Ce message est fort car il permet d’éviter l’écueil de la passion et de la haine qui conduit à la désunion, source des conflits qui agitent le monde profane où la force et l’intérêt sont devenus les piliers de cette mondialisation génératrice d’un déséquilibre croissant de toute l’humanité.

La tradition templière prend ici tout son sens ; le Chevalier du Soleil, grand Ecossais de saint André d’Ecosse entend le Grand Maître décliner la devise du CKS.˙. : « Fais ce que dois Advienne que pourra ».

Sans attendre de récompense ou de gratitude de la communauté profane, « armé » de la seule morale qu’ il s’est forgé tout au long de son parcours maçonnique, il va s’engager dans le combat le plus difficile qui l’attend désormais.

Ce thème templier, nos armes virtuelles, l’épée et sa sœur la dague ou « main gauche » sont un rappel des combats menés à l’époque de la chevalerie pour faire triompher les causes justes.

J’ai déjà souligné que ces combats en champ clos m’étaient familiers comme les « juges » du Camp. Entre l’arène judiciaire et celle recréée dans notre Aréopage, le but poursuivi est le même. Je reste ce combattant de l’idéal face aux forces obscures qui mènent la lutte contre l’équité et la justice sociale.

La démesure sécuritaire que nous vivons aujourd’hui illustre le troisième symbole, celui des trois couronnes. Lorsque nous les découvrons à l’ouverture du coffret, nous vivons un moment essentiel de la philosophie du grade.

Pour ma part, il est en définitive, le plus signifiant, toujours d’actualité, avec le décalage entre la volonté du peuple et la surdité de nos politiques pour qui démagogie et langue de bois constituent la seule réponse via des médias dépendants, un pouvoir religieux renforcé, dictant la politique des moeurs dans toute l’Europe, et un pouvoir militaire aux ordres, toujours prêt à soutenir les dérives génocidaires à l’appel du marché soucieux, non des hommes, mais de la protection des richesses naturelles à son seul profit.

Le monde dans lequel nous vivons met en évidence l’association criante des effets dévastateurs de l’alliance perpétuelle de la religion et des armées qui tiennent la main du politique pour tirer l’humanité vers les bas fonds où le XX° siècle s’est vautré avec une complaisance maléfique.

4. Comment dés lors pour le CKS.˙. restaurer la liberté et la justice en ce début du XXI° siècle ?

C’est à la source de ces symboles que le CKS.˙. doit forger sa conviction pour agir en poursuivant dans la Cité l’action contre l’injustice sociale et contribuer ainsi à respecter la promesse faite lors de son initiation.

Si la dictature s’est effacée, l’asservissement de la personne, de la pensée, de l’esprit est bien présent au quotidien.

Or, nous avons promis de résister, obligation majeure que nous avons souscrite. Cet engagement est à mon sens primordial, car de son respect se déduisent les autres promesses que nous avons faites.

Et cette action hors du temple doit être accomplie avec constance car elle est le lien fondamental qui nous conduit tous vers cet « Empire sans frontières » que nous pourrions illustrer par cette Europe sociale que nous attendons de voir se réaliser pour éclairer enfin l’humanité sur toute notre planète.

C’est là que notre esprit critique constitue la meilleure des armes, mais non la pratique du refus systématique, mais bien au contraire une gouvernance de comportement rassemblant toutes les valeurs portées par la F.˙.M.˙. pour vivre en harmonie dans le respect des droits et devoirs de chacun.

Désormais la mission du CKS.˙. est tracée : « Fais ce que dois advienne que pourras ».

Fais ce que dois dans le respect des autres mais avec justement cet esprit critique de l’homme libre, agnostique, pour éviter d’être rattrapé par la pensée unique, le politiquement correct, paravents de l’oppression religieuse et économique qui connaît à nouveau un essor considérable au prétexte de lutter contre le bonheur terrestre.

Non, ce n’est pas archaïque que de vouloir le bonheur ici et maintenant. Ce n’est pas succomber à l’ultra modernité.

Assez de sacrifices pour un prétendu « paradis » dans l’au-delà, ou d’un nouveau salut terrestre version LCR.

Edgar MORIN a souligné cette « Évangile de la perdition ».

Nous avons désormais à choisir une autre voie.

Hier avec l’avènement des Lumières, nos aînés ont accepté leurs statuts de mortels, et le pouvoir de l’Eglise a reculé.

Une religion d’un troisième type s’est créée, une religion de « salut terrestre », comme l’analyse Edgar MORIN, qui ne sait pas qu’elle est une religion et qui s’est pleinement épanouie à partir du message marxiste socialiste promettant le bonheur et l’égalité sur terre.

Cette religion s’est fondée sur une promesse absolue, MARX l’a dotée d’un Messie, le prolétariat industriel et d’une Apocalypse, la révolution.

Nous savons ce qu’il est advenu de cette religion du salut terrestre….Les religions anciennes en profitent et reviennent en force car, si le communisme n’a pas permis de tenir sa promesse de paradis terrestre, la promesse du paradis au Ciel est invérifiable….

Comme Edgar MORIN le précise, et c’est aussi le sens du combat du CKS.˙., la difficulté est celle du sens à donner à sa vie. Il nous faut accepter le fait que nous n’avons pas besoin de salut pour nous forger un sens proprement humain, à partir des idées de fraternité ou de solidarité.

C’est là notre devoir, certes avant tout personnel, mais la démarche isolée ne pourrait que rester vaine si justement elle n’était pas à un moment rassemblée.

C’est le temps fort de l’Aréopage, où nous nous ressourçons pour quelques heures dans cette réflexion collective avant de nous retrouver seul à tenter d’agir, guidé par ces valeurs intemporelles qui tracent les causes justes et qui, parce qu’elles on été bafouées depuis toujours , ont abouti aux martyrs templiers, à l’Inquisition, la Shoah, à la Kolyma, et aujourd’hui à la guerre en Irak et en Palestine, au génocide du RWUNDA, au travail forcé des enfants dans le tiers monde, à l’asservissement des femmes dans les pays musulmans, au déséquilibre Nord Sud……

Le chantier est immense, mais il nous faut l’accomplir chacun à sa mesure mais avec une volonté permanente.

Tel est notre engagement, entre morale de conviction et morale de responsabilité,c’est à ce croisement que le CKS.˙. doit trouver le juste équilibre pour rester ce « soldat de l’éternel et de l’universel ».

Source : http://emsomipy.free.fr

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RAPMM: réception au 30ème Degré (extrait) (2)

30 Octobre 2012 , Rédigé par Rituel RAPMM Publié dans #hauts grades

INSTRUCTION RITUELIQUE

Le CHEVALIER D'ELOQUENCE pourra souligner utilement le haut ésotérisme gnostique du Grade, en insérant dans son discours de réception un commentaire sur le symbolisme de la Tiare et de la Couronne, et ce que ces Objets matérialisent, même pour un Maçon chrétien. Il pourra ainsi rappeler que : La Tiare a été introduite fort tardivement dans les ornements pontificaux, sous sa forme de Triple Couronne d'or, exprimant la prétention pontificale à régner sur le Ciel, la Terre et les Enfers. L'empereur Constantin avait décidé que le pape Sylvestre, et tous ses successeurs, porteraient sur la tête, à la louange de Dieu et en l'honneur du bienheureux Pierre, un diadème en or pur, orné de pierres précieuses.

Mais le pape Sylvestre ayant refusé de porter cette tiare, l'empereur posa lui-même sur sa tête un bonnet phrygien blanc, signifiant alors le passage de l'état d'esclave à celui d'homme libre, et par extension, grâce à la Résurrection du Christ, la libération de l'Homme hors des liens démoniaques. Le pape Sylvestre accepta alors ce symbole, plus chrétien et plus riche de modestie que la couronne d'or. Par la suite, ce fut au dixième siècle que la couronne remplaça le bonnet phrygien, au fur et à mesure que le pontife romain accroissait son autorité temporelle et devenait un souverain politique comme tant d'autres. La transformation de cette couronne d'or en tiare a donné lieu, dans les travaux des historiens d'Eglise, à des explications contradictoires. L'opinion la plus commune et la plus vraisemblable est que la couronne simple en or, (qui avait succédé au Bonnet Phrygien), fit place à la triple couronne, c'est à dire à la Tiare, au début du quatorzième siècle, au temps de Boniface VIII. D'après d’autres sources plus précises encore, ce serait le pape Clément V, (ex-Bernard de Goth), fait pape par Philippe IV le Bel, et couronné à Lyon en I305, qui aurait fait ajouter la troisième couronne, conférant ainsi à la tiare la forme qu'elle possède actuellement.

On observera que les Papes Jean XXIII et Paul VI se sont refusés au port de cet emblème, image de l'orgueil de leurs devanciers, et que le second l'a définitivement abandonné.

Lors de l'apparition des chiffres arabes, et surtout du zéro, clé des calculs mathématiques, l'Eglise romaine excommunia quiconque les emploierait. Seuls, les « Chiffres romains » devaient être utilisés. Ce qui excluait ainsi tous travaux mathématiques.

Par ailleurs, on sait qu'il n'y a que sept lettres qui ont rang de « chiffres romains » :

I, valant 1;

V, valant 5;

X, valant 10;

L, valant 50;

C, valant 100;

D, valant 500;

M, valant 1000.

Les papes s’affirment :

VI C A R I V S   F I L I I    DEI

6 100               49 2      500 1

Soit par réduction 6 et 5 puis 6 et encore 6, la clé 5 est fournie.

Ceux qui arborent sur leur tiare cette phrase ne seraient-ils pas sacrilèges ?

Le Chevalier d'Eloquence n'aura pas de peine à faire comprendre au Maçon chrétien devenant Chevalier Kadosch qu'il s'agit de tout autre chose que d'une offense au Christ.

Il en est de même pour la Couronne en tant qu'image du pouvoir temporel. Symbolisant la victoire du Chrétien sur le monde et ses pièges, le triomphe des élus, la Couronne est un symbole faste. Image du pouvoir terrestre des rois, elle n'est plus dans l'écriture que celle de l'orgueil : « Malheur à la couronne des superbes... » Isaïe, (XXIII, 1).

« Les rois de la terre, qui se sont livrés à l'impudicité et qui ont vécu dans les délices avec la Bête, pleureront sur elle et se lamenteront... », nous dit encore Jean en son Apocalypse (XVIII, 9). Selon l'Ecriture, Dieu seul est le roi de toute la terre (Psaumes : XLVII, 8), et les potentats terrestres lui sont une offense par leur seule présence. De nombreux passages de la bible condamnent les royautés terrestres.

Quoiqu'il en soit, l'exécration rituelle, prononcée par le Chevalier Kadosch sur la couronne de Philippe IV le Bel et sur celle de Clément V, entend frapper le despotisme et la tyrannie, odieusement présentés comme l’expression du pouvoir légitime et chrétien, et non pas une religion particulière ou quelconque.

Nous pouvons nous interroger sur l’anéantissement du projet d'unification d’une Europe médiévale !

MÉMENTO DU GRADE.

ORDRE.

Glaive haut en main gauche, main droite sur le coeur, les doigts écartés.

SIGNE.

Porter la main droite sur le coeur, les doigts écartés, la laisser retomber sur la cuisse droite en fléchissant le genou droit. (Le signe est la demande muette, lors du tuilage).

ATTOUCHEMENT.

La pointe du pied droit contre celle du Frère, genou contre genou, l'un présente le pouce droit levé, doigts joints (comme aux grades d'Elu des Neuf et des Quinze), l'autre Frère le saisit rapidement, et tous deux reculent d'un pas. Le premier dit : HABORKAH, le second répond ETH - ADONAI.

MOTS DE PASSE.

Demande : BEGOHAL. Réponse : PARAS -KOL

MOTS SACRES.

ADONAI BEALIM MIKAMOKA

MARCHE.

Trois pas précipités, les mains croisées sur la tête.

BATTERIE.

00 - 00 - 00 - 0

AGE.

« Un siècle et plus » ou encore « Je ne compte plus »

INSIGNES.

Cordon noir ou Sautoir noir. Si l'on porte le Cordon, il porte en pointe un petit Poignard ou une Croix teutonique rouge. On ajoute alors un petit cordon noir brodé d'argent, porté en sautoir autour du col, avec pour bijou un aigle noir à deux têtes tenant en ses serres un Poignard. Si l'on porte le Sautoir il comporte pour bijou l’Aigle noir bicéphale tenant dans ses serres un poignard.

NOTA.

En réalité « MIKAMOKA BEALIM ADONAI », soit « qui est semblable à Toi parmi les Forts, Ô Seigneur ?... »

On observera que le « Tuileur des XXXIII Grades » donne, à la place, les mots suivants :

Mot Sacré : MABAMAH

Mot de Passe : ELIEL

Mot d'Attouchement : KYRIE

INSTRUCTION

D - Mon Frère, êtes-vous Maçon ?

R - Mes Frères me reconnaissent comme tel.

D - Etes-vous Maître ?

R - L'Acacia m'est connu

D - Etes-vous Maître Elu des Neuf ?

R - La Caverne m'est connue.

D - Etes-vous Illustre Elu des Quinze ?

R - Je le dois à mon zèle.

D - Etes-vous Sublime Chevalier-Elu ?

R - Mon nom vous le prouvera.

D - Etes-vous Chevalier Prussien ?

R - Dites-moi qui vous êtes, je vous dirai qui je suis.

D - Etes-vous Chevalier Kadosch ?

R - Je le suis. Son nom fut autre et le même pourtant.

D - Quel âge avez-vous ?

R - Un siècle ou plus. Je ne compte plus.

D - Que signifie le mot Kadosch ?

R - En hébreu, il signifie saint, séparé, parfait, nec plus ultra.

D - Quels buts poursuivent les Kadosch ?

R - Combattre sans trêve et à outrance toute injustice, toute oppression, d'où qu'elles viennent.

D - Quel nom porte le lieu où se réunissent les Kadosch ?

R - Un Aréopage.

D -Où se situe un Aréopage ?

R - Dans un Camp.

D - Pourquoi les Kadosch se réunissent-ils dans un Camp ?

R - Pour signifier qu'ils sont toujours prêts à combattre.

D - Donnez-moi le Mot de Passe ?

R - (celui qui interroge fait le Signe et dit « B... -K... », soit « tout évolue en soi-même ». L'interrogé répond « P... K... », soit « tout est expliqué »).

D - Que signifie le signe qui accompagne la "marche" du Grade ?

R - Il rappelle le « vol » héraldique ornant le cimier des casques des Chevaliers Teutoniques, et les trois pas précipités du trot de leurs chevaux.

D - Quelle est la mise à l'Ordre du Grade ?

R - Glaive droit le long du flanc, tenu en main gauche. La main droite est sur le coeur, doigts écartés.

D - Que signifie ce Signe ?

R - La main droite représente l'Etoile du Matin se levant en notre coeur.

D - Pourquoi, mon Frère ?

R - Parce que la Main est l'Image de l'Etoile à cinq Branches.

D - Comment se fait le Signe ?

R - Etant à l'Ordre, laisser tomber la main droite sur la cuisse droite, en fléchissant le genou.

D - Que signifie ce Signe ?

R - Le combat où Jacob fut vainqueur de l'Ange, bien que celle-ci l'ait meurtri à la hanche.

D - Donnez-moi le Mot Sacré ?

R - M... B... A... .

D - Quelle est la signification de ces trois mots hébreux ?

R - Qui, d'entre les forts, est semblable à Toi, Seigneur ? Cette phrase figurait sur les étendards de Juda Macchabées, luttant contre la tyrannie d'Antiochos.

D - Donnez-moi l'Attouchement ?

R - On le donne.

D - Qu'avez-vous observé en entrant dans le Conseil

R - Une Echelle double, dont j'ai gravi la première partie et descendu la seconde.

D - Que signifie cette Echelle ? Et ces Mots emblématiques

R - Que les principaux Travaux des Kadosch doivent être la recherche de la Vérité, de la Bonté, de la Douceur et aussi de la Prudence qui mènent à la Sagesse

D - Quelle est la caractéristique de ce Grade ?

R - L'Amour de la Vérité et de l'Humanité.

D - Pourquoi est-il placé au trentième degré du Rite ?

R - trente, selon la Kabbale, représente le nombre du Sacrifice.

D - Quelle est la signification ésotérique de l'Aigle Noir

R - L'Aigle était dans le monde antique et dans l'Orient ancien le symbole du Juge des Ames, du Protecteur des Tombeaux, .en un mot du Monde des Morts. Noir d'un côté, il signifie l'Au-delà immédiat, Blanc, il évoque l'Orient Eternel de la Maçonnerie. Il était encore l'image de l'Ange de la Mort, que l'on nommait le Rétributeur, pour son inflexibilité.

D - Pourquoi les Kadosch se réunissent-ils également dans une Vallée ?

R - Le mot hébreu géhenne signifie vallée. Le Kadoch est censé avoir franchi les Portes de la Mort. Les textes judéo-chrétiens parlent d'ailleurs de la Vallée de la Mort, pour désigner l'autre monde.

D - Quel est l'emblème de ce Grade ?

R - Le Kadosch qui a, par son initiation, franchi les Portes de la Mort, et est revenu dans le Sanctuaire de la Vie, se doit de combattre toutes les Tyrannies, tous les Abus, toutes les Ignorances. Il est le milite, toujours debout, de la pensée libre, de la justice et du droit, de la vérité

D - Que signifie la couleur noire du Sautoir ou du Cordon ?

R - Elle signifie, selon la symbolique ancienne : foi, savoir caché, secret, inflexibilité, sacrifice, deuil.

D - Pourquoi est-elle liserée de blanc ?

R - Pour souligner que les Kadosch portent le deuil de tous les Martyrs de l'Intolérance et de la Tyrannie, également pour montrer le lien mystérieux reliant ce grade, et son initiation, au monde mystérieux des Morts.

D - Que signifient les trois lettres K\ A\ E\ S\, qui sont parfois brodées sur les Cordons ?

R - Kadosch Adonaï Elohim Sabaoth, soit en hébreu « Saint est le Seigneur, le Dieu des Armées du Ciel ».Les Hermétistes donnaient le nom d'Al Kaest au dissolvant universel utilisé en Alchimie. Et l'action des Kadoch peut se comparer à celle de ce Kaest, sans lequel le Grand Oeuvre est impossible à réaliser.

D - Que signifie l'Attouchement ?

R - La transmission initiatique, par la remise du Poignard; image de la Sainte-Vehme

D - Que signifie la Croix Teutonique rouge ?

R - La naissance de cet Ordre de Chevalerie, à Saint-Jean d'Acre, en 1112, sous sa forme militaire, et les liens de cet Ordre avec le trentième Grade.

D - Pourquoi est-elle rouge ?

R - Comme la croix des Croisés était rouge, la Croix du Kadosch l'est également, puisque le Grand Elu est de fait enrôlé dans une croisade, illimitée en durée comme en lieu.

D - Pourquoi l'étendard des Kadosch est-il parti blanc et noir ?

R - Il est l'exacte réplique de la bannière des Templiers.

D - Pourquoi y a-t-il un temple noir, un temple blanc, un temple bleu et un temple rouge ?

R - Pour rappeler que le Grade est le très réel refuge de la Maçonnerie toute entière, la bleu, la rouge, la noire et la blanche. C'était également les quatre couleurs de la Charbonnerie, au 19e siècle.

D - Que rappellent les Croix rouges pattées et alésées des diverses tentures ?

R - La Croix rouge pattée et alésée des Templiers.

D - Que rappelle la Croix verte de Saint André ?

R - L'Ordre du Chardon de Saint-André, constitué à la Saint-Jean d'Eté 1314, par Robert Bruce, roi d'Ecosse, pour y abriter les Templiers écossais.

D - Que s'était-il passé ?

R - Les Templiers d'Ecosse avaient aidé les troupes de Robert Bruce à gagner la bataille de Bannockburn, et à y vaincre les troupes d'Edouard II d'Angleterre, beau-fils de Philippe le Bel.

D - Que rappelle le Mausolée du Quatrième Appartement et les flammes qui l'entourent ?

R - Il rappelle le bûcher de l'Ile aux Juifs où Jacques de Molay et Guy d'Auvergne furent brûlés vifs en mars 1314, sur l'ordre de Philippe le Bel.

SERMENT PRELIMINAIRE

CHEVALIER KADOSH

Moi - - en présence du Grand Architecte de l’Univers, avant de franchir les Portes de la Mort et de pénétrer dans le sanctuaire de la Vie, sur mon honneur d’homme libre, je promets et je jure de combattre toutes les tyrannies, tous les abus, toutes les ignorances, qu’elles soient matérielles ou spirituelles. A partir de cet instant, à jamais et sans trêve, je serai le milite et le veilleur vigilant de la spiritualité libre, de la justice et du droit. Je répandrai les enseignements que j’ai reçus, afin qu’une pleine lumière éclaire la route des hommes, mes frères, et cela sans distinction de classe, de race, de couleur ou de croyance. Je donnerai l’exemple de toutes les vertus, non par orgueil stérile, mais dans le seul but d’inspirer le désir de les acquérir. Je pratiquerai la fraternité humaine en toute son amplitude pour en démontrer les bienfaits. Je serai le soutien du faible, l’adversaire implacable de l’injustice, l’apôtre du perfectionnement de l’Humanité, en tous les modes et en tous les plans. Je défendrai la liberté, je combattrai la tyrannie. Je me ferai, sous toutes leurs formes, le défenseur de la liberté de conscience, de la liberté de parole, de celle de l’écriture. Je combattrai l’intolérance, l’hypocrisie, l’arrogance et l’usurpation cléricales, sous toutes leurs formes. Je combattrai l’imposture et le charlatanisme aussi bien que les superstitions, la sorcellerie et la magie noire. Je respecterai et considérerai le travail comme l’ennoblissement de la nature humaine qu’il soit manuel, intellectuel ou spirituel. Je combattrai tous les privilèges, qu’ils procèdent de la richesse ou de la naissance, et ce jusqu'à leur totale disparition. Désormais, ma devise sera celle de mes frères CHEVALIERS KADOSH GRANDS ELUS, CHEVALIERS DE L’AIGLE BLANC ET NOIR : combattre le mal, fidélité au Bien, Amour aux hommes et à tous les Etres. Conscient du très haut symbolisme ésotérique de ce degré de la Franc-maçonnerie, je promets et je jure de mettre en pratique à chaque instant de ma vie les significations traditionnelles de la couleur noire du Baudrier des Grands Elus Kadoch : la foi, le savoir caché, le secret, l’inflexibilité, le sacrifice. En foi de quoi, je date et je signe, et que le Grand Architecte de l’Univers me soit en aide.

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RAPMM : réception au 30ème Degré (extrait) (1)

30 Octobre 2012 , Rédigé par Rituel RAPMM Publié dans #hauts grades

On observera que les Initiations ont lieu dans le Conseil (2e Appartement), et le Sénat (4e Appartement).

Les Affiliations et les Réceptions (Dignitaires) dans le seul Sénat (4e Appartement).

Le Candidat aura été préalablement isolé dans une réplique du « Cabinet de Réflexion » de la Maçonnerie Bleue, décoré de ses Décors de Chevalier Rose-croix, dit « Premier Appartement » (Conseil)

Le Grand Servant d'Armes (Grand Expert), assisté de deux Chevaliers Kadosch, se rend auprès de lui et lui fait prêter le Serment préliminaire, qu'il signe ensuite sur le texte même.

Le Grand Servant d'Armes rapporte cette pièce au Grand Commandeur.

LE GRAND COMMANDEUR.

Chevaliers, mes Frères, le Frère - - candidat au grade de Chevalier Kadosch, vient de prêter son Serment préliminaire entre les mains et en présence de notre Illustre Grand Servant d'Armes, assistés des Tenants habituels, les Illustres Frères - - et - -- Nous allons procéder à un dernier Scrutin...- Que ceux de nos Frères qui sont opposés à cette Réception veuillent bien lever la main droite ! -La cause est entendue, le Frère est accepté comme Candidat.

Frère Grand Introducteur, veuillez prendre la tête de la théorie des Grands Officiers de cet Aréopage, qui, avec nous même, vont se transporter dans le premier Appartement.

Le Grand Introducteur (Maître des Cérémonies) précède le Grand Commandeur, les Deux Grands Juges, le Chevalier d'Eloquence, le Grand Secrétaire, le Grand Trésorier, le Grand Elémosynaire, le Grand Servant d'Armes, Tous se rendent dans le Premier Appartement. Le Grand Garde du Camp demeure en place. Les Frères Officiers se placent debout de part et d'autre de l'Orient.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon frère, veuillez vous lever.

Le Candidat se lève.

Le Grade que vous allez recevoir, un des plus occultes et des plus profonds de la Maçonnerie des Hauts Grades, fit partie du Rite dit de Perfection, dés la première partie du dix-huitième siècle. Il est éminemment gnostique, car il est l'image vivante de l'évolution de l'esprit humain, en son constant essor vers la Lumière, aux prises avec des forces artificielles et ténébreuses, s'efforçant de l'en détourner. Le mot Kadoch signifie « consacré », « purifié », « séparé ». Les Chevaliers KADOSCH, « ELUS » par excellence de la Franc-maçonnerie, doivent avant tout se purifier de tout fanatisme, de toute intolérance, de tout préjugé, de tout égoïsme. Etre tolérant, ce n'est pas moins être maçon. C'est-à-dire combattre l'intolérance, car il ne saurait y avoir de liberté pour ceux qui veulent étouffer cette même liberté. L'influence occulte du KADOSCH doit donc se manifester, avant tout, dans les Loges Symboliques, et n'y laisser pénétrer que des esprits hautement évolués, libérés de toute superstition, de toute ingérence à des intérêts bassement matériels, affranchis de toute servilité à des puissances rétrogrades. Elle doit se manifester ensuite dans les Chapitres, afin que l'oeuvre hautement humaine, charitable, altruiste de notre Ordre, conserve sa spiritualité libre, son intellectualité non asservie, sa charité sans frontières, qu'elles soient de races ou de nations. Elle doit se manifester enfin dans les Conseils, afin que les adversaires permanents de la liberté civique ne parviennent pas à diviser entre eux les apôtres de la Grande Morale Universelle, à les duper en s'en faisant des complices, même inconscients, à les disperser en minant peu à peu nos Traditions et nos Usages séculaires.

Le KADOSCH, mon Frère, est un VEILLEUR, une sentinelle, un gardien. Et comme ces TEMPLIERS, dont nous nous réclamons, veillaient sur les chemins menant à Jérusalem, les CHEVALIERS KADOSCH doivent servir de protecteurs et de veilleurs à l'Humanité en route vers un meilleur avenir.

Mon Frère, veuillez vous agenouiller.

Il prend le Glaive en main droite, 1’étend sur la tête du Candidat, et...A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, au nom et sous les auspices de la Franc-maçonnerie Universelle, et du Rite Ancien et Primitif de MEMPHIS-MISRAIM, au nom de son Souverain Sanctuaire, je vous crée et Constitue :

grand pontife, sublime écossais de la Jérusalem céleste - 19e degré.

vénérable grand maître de toutes les loges, maître ad vitam - 20e degré.

noachite, chevalier prussien - 21e degré.

chevalier de royale hache, prince du Liban - 22e degré.

chevalier du tabernacle - 23e degré.

prince du tabernacle - 24e degré.

chevalier du serpent d'airain - 25e degré.

écossais trinitaire, prince de merci - 26e degré.

grand commandeur du temple, souverain commandeur du temple de Jérusalem - 27e degré.

chevalier du soleil - 28e degré.

grand écossais de saint André d'écosse - 29eDegré de notre rite.

Quant à ce dernier Grade, veuillez lever la main droite et répéter après moi son engagement solennel.

ENGAGEMENT SOLENNEL DU CANDIDAT

AU 29e DEGRÉ DE NOTRE RITE.

 

Je jure de défendre jusqu'à la mort tout poste qui me sera confié, tant à mon honneur qu’à ma garde, et de lutter sans trêve ni quartier contre toute usurpation de pouvoir, d’où qu’elle vienne, qu’elle soit civile, militaire ou religieuse, me refusant par avance à admettre, subir ou légitimer par dol et violence, contre la liberté et le droit.

Le Candidat répète cet engagement.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon Frère, s'il est, dans un autre plan, celui des Idées Pures, des archétypes éternels d'où sont issues, ici-bas, toutes les modalités et du Bien et du Mal, il est alors certain que la Tyrannie, l'Imposture, le Mensonge, l'Intolérance, ont leurs véhicules et leurs hypostases ici-bas. Tous ces principes, sur l'existence desquels les premiers Grades d'ELUS avaient attiré votre attention, tous ces principes sont matérialisés dans la société humaine, par des SYMBOLES qui en sont les très réelles images, et c'est d'abord et en premier sur eux que vous allez exercer l'action de votre verbe. Mais auparavant, il convient de vous purifier. Mon Frère, sacrifiez-vous en votre âme et conscience, ici même et en cet instant, votre amour-propre, votre orgueil, votre vanité, votre résistance à soumettre votre opinion à celle de vos supérieurs, et vos erreurs passées ?

PREMIÈRE RÉPONSE DU CANDIDAT.

Ici même, et en cet instant, moi - - je déclare solennellement sacrifier définitivement mon amour propre, mon orgueil, ma vanité, ma résistance à soumettre mes opinions passées à celle de mes supérieurs, en tant qu'exprimant la Tradition séculaire de notre Ordre Vénérable, dont je déclare avoir pleine et entière connaissance.

LE GRAND COMMANDEUR.

Sacrifiez-vous votre amour de l'or, des richesses, des honneurs profanes, en tant que contraire aux idéaux et aux intérêts de l'ordre Maçonnique tout entier.…

DEUXIÈME RÉPONSE DU CANDIDAT.

Ici même et en cet instant, moi - - je déclare solennellement sacrifier définitivement mon amour de l'or, des richesses, des honneurs profanes, en tant que contraire aux idéaux et aux intérêts de l'ordre Maçonnique tout entier.

LE GRAND COMMANDEUR.

Sacrifiez-vous vos ambitions et vos désirs d'honneurs profanes pour mieux servir l'ordre Maçonnique partout où il vous sera possible ou prescrit de le faire ?…

TROISIÈME RÉPONSE DU CANDIDAT.

Ici même et en cet instant, moi - - je déclare solennellement sacrifier définitivement mes ambitions et mes désirs d'honneurs profanes, afin de mieux servir l'ordre Maçonnique partout où il me sera possible ou prescrit de le faire.

LE GRAND COMMANDEUR.

Il vous revient maintenant, mon cher Frère, de prononcer le triple et solennel Serment des KADOSCH, dont notre Frère Grand Servant d'Armes va vous remettre le texte séculaire.

Le Grand Servant d'Armes remet les trois serments au Candidat, qui lit le premier la main droite étendue sur le Crâne couronné de Lauriers.

PREMIER SERMENT.

Moi, ... ... ..., Grand Ecossais de Saint-André, en présence de ce Crâne couronné de Lauriers, symbole des nobles et infortunées victimes du Pouvoir arbitraire et tyrannique, de l'intolérance et du Fanatisme, je jure d'accepter, les Lois et Règlements traditionnels et séculaires de l'ordre Maçonnique, d'exécuter, sans hésitation ni murmure tout ce qui me sera ordonné à ces fins, et qui ne sera pas contraire aux exigences du devoir et d l'honneur aussi bien qu'à la fraternité maçonnique. Je jure obéissance à mes supérieurs légitimes agissant pour le bien de l'ordre, en conséquence de leurs fonctions, je promets et je jure d'être fidèle et loyal, jusqu'à la mort, à l'ordre Maçonnique et à tous mes Frères, et de conserver inviolablement les secrets des Chevaliers Kadoch. Je jure enfin que jamais, même pour conserver la vie sauve, je ne me soumettrai et ne me ferai l'auxiliaire d'un absolutisme politique ou religieux, usurpant le gouvernement d'un état, et qui en abuserait pour opprimer et asservir les hommes.

LE GRAND COMMANDEUR. Mon Frère, nous prenons acte de votre Serment.

SECOND SERMENT

Moi, - - Grand Ecossais de Saint-André, je jure de consacrer désormais ma vie entière à l'accomplissement du but des Chevaliers Kadoch, de protéger l'innocence, d’en revendiquer les droits, de combattre les oppresseurs de l'Humanité, de faire respecter les Droits de l'Homme. Je jure de consacrer à cet objectif ma parole, mes ressources, mon influence, mon intelligence, ma vie. Je jure d'être, jusqu'à la mort, l'apôtre dévoué et zélé de la vérité et de la justice, et de ne jamais causer un dommage quelconque à un autre Chevalier Kadoch.

LE GRAND COMMANDEUR. Mon Frère, nous prenons acte de ce second Serment.

TROISIEME SERMENT

Moi, - - Grand Ecossais de Saint-André, je jure de contribuer par tous les moyens qui seront à ma portée, à la diffusion et à la réalisation des principes séculaires de la Franc-maçonnerie. Je jure d'assister et protéger, par tous les moyens et même au péril de ma vie, tout Frère qui serait poursuivi et persécuté pour ses croyances religieuses ou ses opinions philosophiques, pour sa fidélité à la cause de la Liberté, pour ses opinions politiques, ou du fait même de son rang dans la hiérarchie maçonnique. Voici donc que je laisse au sol la Couronne Royale, non pas tant comme symbole d'une forme particulière de gouvernement, mais comme l'emblème de la Tyrannie, quels que soient son nom, sa forme, sa manifestation, et comme l'image des régimes révolus où la liberté et les biens de l'homme pauvre, son honneur d'époux ou de père, sa dignité d'homme, étaient, du fait même de tels régimes politiques, des mots vains et sans signification En conséquence, je combattrai le Despotisme sous toutes ses formes, je combattrai tout mouvement tendant à l'établir ou le rétablir n'admettant en un tel domaine que la souveraineté du peuple et l'intérêt de la nation. Voici encore que je laisse au sol la Tiare Pontificale, non point comme symbole d'une foi, d'une croyance, que je me fais loi de respecter, mais comme la négation même de cette haute morale que le grade de Chevalier Rose-croix m'avait révélée, et que Jésus de Nazareth scella de son sang. Je l’abandonne comme symbole d'une ambition et d'une tyrannie reposant sur l'imposture et l'orgueil et qui autorisèrent, aidèrent et protégèrent tous les excès des tyrans du temps passé aux dépens des humbles. En conséquence, je combattrai partout et sans trêve l'intolérance et le despotisme spirituels, et je travaillerai de toutes mes forces à l'affranchissement de la conscience humaine, par l'enseignement des sciences et les manifestations de la raison.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon Frère, nous prenons acte de votre Serment. Nous allons quitter ce Sépulcre, et nous rendre en un autre monde. Chevalier Grand Servant d'Armes, veuillez voiler le Récipiendaire.

Le Grand Servant d'Armes couvre la tête du Récipiendaire d'un double et très épais voile noir, tombant à la hauteur des genoux. Ce voile est pailleté de points dorés.

Avant le départ pour le Second Appartement, on entend les voix successives des Neuf Grands Officiers, qui prononcent les neuf maximes :

PREMIERE MAXIME.

Fais pour tous les Hommes ce que tu voudrais qu'ils fassent pour toi...

SECONDE MAXIME.

Ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fût fait...

TROISIEME MAXIME.

Adore l'Etre Suprême, mets ta confiance en Lui, et rejette les prétentions des faux dieux...

QUATRIEME MAXIME.

Aime ton prochain comme toi-même...

CINQUIEME MAXIME.

Soulage les êtres malheureux, cela dans tous les règnes, et conserve à la Nature son harmonie...

SIXIÈME MAXIME.

Sois toujours véridique, et fuis le Mensonge...

SEPTIEME MAXIME.

Sois patient, et supporte les défauts des Frères...

HUITIÈME MAXIME.

Sois fidèle à tes engagements, et souviens-toi qu'une des principales vertus des philosophes est la Discrétion...

NEUVIEME MAXIME.

Supporte l'Adversité avec résignation...

On pénètre dans le Second Appartement (Conseil).

Les Grands Officiers prennent place à l'Orient, sauf le Grand Servant d'Armes qui demeure auprès du Récipiendaire, et le dévoile.

LE GRAND COMMANDEUR.

Prend son Glaive et l'étend au-dessus de la tête du Récipiendaire.

Mon Frère, veuillez vous agenouiller, bras croisés au Signe de Rose-Croix.

Il en est ainsi fait.

A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, au nom et sous les auspices de la Franc-maçonnerie Universelle et du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, au nom de son Souverain Sanctuaire, en vertu des Pouvoirs qui nous ont été conférés, je vous crée, vous Frère et vous constitue : CHEVALIER DE L'AIGLE BLANC ET NOIR GRAND ÉLU CHEVALIER KADOCH Trentième Degré, et Membre de l'Aréopage régulièrement établi sous le Titre distinctif de Conseil Philosophique de la Vallée - - souchée sur le Chapitre - - et la Respectable Loge - -

Le Grand Servant d'Armes fait alors déposer par le Récipiendaire, sur les braises de l'Urne, une large poignée d'Encens.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon Frère, recevez ce Cordon noir liseré de Blanc Argent, aux couleurs de notre Grade, et à celles de tous les Grades d'Elus. Ce sont là des couleurs de deuil. Nous vous laissons le soin de rechercher, selon votre degré initiatique personnel, le pourquoi de cet usage, mais sachez bien que nous portons effectivement le deuil d'un de nos Maîtres. En outre, dans la symbolique traditionnelle, le noir est la couleur de la foi inébranlable, du savoir caché, du secret, de l'inflexibilité, du sacrifice. Divers Bijoux, que vous serez amené à voir sur nos décors, doivent également être étudiés longuement. Leur ésotérisme est d'une profondeur sans égale. C'est ainsi que L'Aigle Noir et L'Aigle Noir et Blanc, expriment des enseignements différents, dont l'origine se perd dans la nuit des âges, et qui ont trait à ce que les profanes appellent l'Autre Monde. La Croix Teutonique évoque notre lointaine origine chevaleresque, liée aux Croisades. Et le Poignard rappelle cette Sainte-Vehme si redoutée jadis des féodaux sans foi ni loi, et qui fit trembler tant de princes sur leur trône, lorsqu'ils avaient mauvaise conscience.

Le Grand Servant d'Armes revoile le Récipiendaire et le conduit vers le Quatrième Appartement.

Les Grands Officiers suivent dans l'ordre, et prennent place à l'Orient.

On dévoile alors le Récipiendaire, face à l'Echelle Mystérieuse.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon Frère, veuillez contempler l'Echelle Symbolique. Elle indique les sources de la méthode que vous devrez toujours utiliser pour faire triompher la Vérité, ainsi que les principe sacrés dont vous êtes devenu le Chevalier.

Elle se compose de deux montants et de sept échelons.

Le montant de gauche est consacré aux sciences requises pour assurer le triomphe des doctrines gnostiques, rappelées sur le montant de droite. Ce dernier est en fait un rappel et un résumé des enseignements de la Kabbale. Ainsi donc, vous pouvez lire :

 

MONTANT GAUCHE                                       MONTANT DROIT

Grammaire                                                       TSEDAKAH - Justice

Rhétorique                                                        SCHOR-LABAN - Bonté

Logique                                                             MATHOK - Douceur

Arithmétique                                                   EMOUNAH - Vérité

Géométrie                                                       HAMAL-SAGGHI – Grand Oeuvre

Musique                                                            SABBAL - Fardeau

Astronomie                                                      GHEMOUL BINAH THEBOUNAH

 

La Prudence mène à la Sagesse

Sachez, en outre, mon Frère, que l'étude attentive de toute notre Rituélie vous donnera la clé occulte de ces Grades d'ELUS que vous avez déjà parcourus avant d'entrer parmi nous. Elle vous explicitera bien des aspects mystérieux de la Franc-maçonnerie. Et c'est en ce grade que vous découvrirez, si vous en êtes digne, la Sublimité du Royal Secret...

Le Grand Servant d'Armes conduit le nouveau KADOSCH devant le Commandeur afin d'en recevoir les Mots, Signes et Attouchements

Le Chevalier d'Eloquence prend ensuite la parole pour souhaiter la bienvenue au nouveau Chevalier et commenter l'ésotérisme de cette Réception. Il peut également s'inspirer de l'Instruction qui suit.

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30ème Grade : Grand Elu Chevalier Kadosh, CKH

30 Octobre 2012 , Rédigé par Frédéric de Prusse Publié dans #hauts grades

Mes Frères, désolé, mais cet article ne pouvait être court. Bonne lecture

Un peu d’histoire pour instruire nos Frères

30ème degré ou grade : le sommet est atteint. Pourtant chaque Maçon devrait savoir que le sommet n’existe pas.

Il n’existe aucun Himalaya ou K...2 maçonnique.

La quête me rappelle cet homme qui passe de couloir en couloir de porte en porte et se retrouve nu dans la rue.

Quoi que nous fassions, nous sommes toujours nus, de la naissance à la mort.

C’est pour cela qu’il faut prendre avec beaucoup d’humilité et surtout une grande lucidité et réserve, l’échelle que gravissent les FF de tous les Rites en général et du REAA en particulier.

Si l’on peut comprendre la démarche du REAA, il faut savoir faire une distinction avec l’écossisme, clamé par les « purs et durs » comme la vérité, et qui entrent en écossisme comme d’autres en religion cloîtrée ou, comme certains Ayatollahs, en guerre sainte.

Ils devraient savoir que la burqa n’a jamais fait le soufi.

« on ne se bat vraiment pour la paix et la liberté qu'en renonçant à la vengeance, qu'en agissant avec prudence, indulgence, amour, et qu'en essayant de ne contribuer ni aux conflits, ni aux oppressions, ni aux folies glorieuses. »

Alors, que dire de tous ces FF qui parlent de secrets et les partagent, se chuchotent à l’oreille quelques mots ou noms obscurs tirés de la Bible pour faire plus vrai, authentique, « genuine », font quelques gestes abscons des pieds et des mains ?

Le seul secret à connaître en Maçonnerie est de savoir et comprendre qu’il n’y en a pas.

Que dire de ces frères qui prodiguent année après année un pseudo enseignement maçonnique et lancent leur Vérité « ex cathedra, et urbi et orbi » comme la Lumière divine, coupent, tranchent, parlent de haut et quasiment au Nom du Très Haut et se comportent dans la vie d’une façon étrange en voulant imposer aux autres leurs diktats déclarés comme spirituels?

Alors, quid du grade de vengeance du Kadosh ?

Quelle Lumière demande-t-on au Kadosh ? Celle de la Liberté.

C’est cette Liberté qui est notre Lumière intérieure. Mais peut-on jamais être libre ?

Et cette fameuse échelle que Jacob voit dans son rêve ? Le Maçon peut avoir la tête dans les étoiles, mais, qu’il le veuille ou non, il vit les pieds sur terre parmi les siens, ses Frères.

Le Maçon est et reste toujours humain, et avec l’homme, va le cortège qui l’accompagne toute sa vie : orgueil, vanité, cruauté, désir inextinguible du pouvoir, etc. et nous en revenons au début, au point de départ, au bas de l’échelle : ce combat contre lui-même, que l’homme a d’immenses difficultés à mener.

J’en reviens à l’utilité toute relative de la multiplication des grades, lumière qui attire les papillons de minuit, qui y brûlent, à défaut de leurs ailes, quelques centaines d’euro annuels.

Ainsi, l’on peut avoir tout gravi, mais l’on doit se rendre à l’évidence qui est la base de la Sagesse : ce qui est en haut est le reflet de ce qui est en bas et vice-versa.

Là où certains passent des décennies pour chercher à savoir in fine qu’il n’y a quasiment rien à apprendre intellectuellement, d’autres « simples en esprit » le comprennent et le connaissent en très peu de temps. D’aucuns diraient que c’est « injustice ».

Et quand ces FF bien intentionnés, modèles de sagesse et de perfection, viennent à rencontrer un de ces olibrius injustement éclairés, qui mettent en péril leurs certitudes bâties sur des petits livres de papier fragiles, nommés rituels des Hauts-Grades, que font-ils ?

Assis sur le trône de leur suffisance et de leur condescendance, de leurs médailles et tabliers brodés, ils lui disent: « tu n’a rien compris, tu n’a pas encore tué le vieil homme, tu es dans l’illusion. »

Chacun de vous a déjà entendu ces sentences ultimes, proférées par les hauts-gradés, dont les regards illuminés se perdent dans la lettre G de l’étoile flamboyante et dans la flamme divine et purificatrice de la Grande Lumière.

J’ai parfois honte d’avoir cautionné ce système pyramidal et d’avoir cru y avoir trouvé mon salaire.

Les sages de tous temps, en tous lieux, l’ont dit, redit et écrit : il faut essayer de vivre avec les autres en les respectant, ne pas chercher à les dominer ou les asservir et ne pas prétendre détenir les clefs de « La Vérité ».

Alors, mes Frères, faut-il trente trois degrés ou grades (voire plus) pour comprendre cela ou est-ce que trois suffisent amplement pour mettre en place la dramaturgie de la faiblesse humaine ?

L’homme, si petit au regard de l’Indicible, doit faire face à sa vie, donc à sa mort.

C’est là son seul problème et c’est de ces (ses) chaînes, de ses peurs, qu’il doit essayer de se libérer. Et c’est pour les oublier, pour se griser et se tromper lui-même, qu’il est en guerre permanente contre les autres, alors qu’il ne devrait se battre que contre lui-même.

L’homme n’est jamais libre; pourtant, il doit se battre pour croire qu’il peut l’être.

C’est son plus beau combat et sans doute sa plus belle illusion.

Venons-en aux « traditionnels » secrets et rebondissements du 30ième acte de cette longue pièce du théâtre de « l’écossisme ».

Je vais donner ici deux différentes versions qui ont été et sont utilisées aujourd’hui, chose que je n’ai pas faite pour les grades administratifs du 31ième au 33ième.

L’imposture du 30ième grade est la même pour ceux du 31 au 33.

Chacun choisit sa version, l'arrange et la manipule, violant ainsi la Tradition sans vergogne.

Le fait qu’il y ait des versions largement différentes depuis les 18 et 19ième siècle rajoute au ridicule de ceux qui évoquent la Tradition et s’en prétendent aujourd'hui les détenteurs : ils ne sont que des imposteurs.

Nous savons tous l’imperfection et la difficulté de la transmission de la Tradition. Alors, transmettons ce que nous pensons être juste et vrai, sans dire que nous sommes les détenteurs du Graal.

Mes FF, lisez, comparez. Je ne suis pas ici pour vous demander de tout renier, mais mon devoir est de vous faire comprendre que la Maçonnerie de Tradition n’est pas celle que l’on veut vous faire croire.

Signe :

Version 19ième :

Placer la main droite les doigts écartés sur le cœur et la laisser retomber sur le genou droit que l’on empoigne en fléchissant. Puis, saisir le poignard suspendu au cordon, le lever comme pour frapper et dire « Nekam, Adonaï » (vengeance, Seigneur)

Version SCPLF 2012 :

La main droite étant sur le coeur, la laisser tomber sur la cuisse droite en fléchissant le genou droit, comme pour prêter un serment.

Signe d’ordre :

19ième : Glaive dans la main gauche, placer la main droite étendue sur le cœur.

SCPLF 2012 : Ordre: La main droite sur le coeur, les doigts écartés, le glaive levé dans la main gauche (ou en l'absence. d'épée: poing gauche tendu et pouce levé.)

Ndlr : au 19ième siècle, il ne pouvait être envisagé que des FF arrivassent dans l’Atelier sans glaive…

Attouchement :

19ième : On se touche réciproquement par la pointe du pied droit et le genou et en se présentant le poing fermé de la main droite.

Le pouce étant levé le prendre alternativement, le laisser glisser en reculant d’un pas et en levant le bras comme pour frapper d’un poignard. (ndlr : ce qui est capital)

L’on dit, le premier : Nekham (Nekhama) Belaïm (vengeance des traitres) le second répond Pharasch-chol (tout est expliqué)

Version SCPLF 2012: La pointe du pied droit contre celle du frère, genou contre genou; l'un présente le pouce droit levé, l'autre le saisit rapidement et tous deux reculent d'un pas.

Le premier dit: '' HABORACH'' qui signifie: Je louerai Le second dit: '' ETH ADONAI'' qui signifie: Seigneur tout puissant

Ndlr : on voit très bien ici que la Tradition a été bafouée par les rédacteurs actuels du Rituel du SCPLF. Les mots actuels, leur signification et même la gestuelle trahissent la Tradition d’une façon incontestable.

Batterie

Trois fois 2 et 1 : 11-11-11-1

Elle est la même dans les deux versions

Marche : trois pas précipités les mains croisées sur la tête

Elle est la même dans les deux versions

Âge : un siècle et plus

Ndlr : Dans la version SCPLF 2012 il est rajouté : « je ne compte plus » Les FF qui connaissent le système savent très bien que ceux qui dirigent le SCPLF comptent plus souvent qu’à leur tour et que c’est aujourd’hui une de leur principale préoccupation.

Insignes et décors : un peu long à décrire, sans grand intérêt

Mots de passe :

version19ième

pour entrer : Nekam (vengeance) réponse Menahhem (consolateur)

pour sortir Phangal-chol (tout est accompli) réponse Pharasch-chol (tout est expliqué)

Version SCPLF 2012

Demande: BEGOHAL kol (tout évolue en soi-même) Réponse: BARAH ETH KOL ( tout est expliqué)

Ndlr : là aussi, on voit très bien ici que la Tradition a été bafouée par les rédacteurs du SCPLF. Les mots actuels trahissent la Tradition et son sens d’une façon indigne.

Mots sacrés :

version19ième

Nekam Adonaï (vengeance) réponse Pharasch-chol (tout est expliqué)

Version SCPLF 2012

''MI KAMOHA BA ELIM ADONAI'' (Qui d'entre les forts est semblable à Toi Seigneur)

Je vais arrêter ici la comparaison :

L’échelle mystique ou mystérieuse (chacun peut la définir à son gré) est composée de deux montants ayant chacun sept échelons :

Le premier montant à droite se nomme : Oheb Eloah (amour de Dieu)

Le second montant à gauche se nomme Oheb Kerobo (amour du prochain)

Echelons du premier montant :

1er) Tzedakah, Justice

2ème) Schor-Laban (pureté)

3ème) Matok (douceur)

4ème) Emounah (force)

5ème) Amal-Sagghi, travail

6ème) Sabbal, fardeau

7ème) Ghemoulnah Thebounah, prudence

Echelons du deuxième montant à gauche : les 7 arts libéraux

Finalement, que peut-on dire après avoir obtenu ce nouveau grade ?

Je vous fais part ci-dessous de courts extraits de la planche d’un Frère CKH :

« Chevaliers, vous voici armés pour le combat. »

« Oheb Eloah et Oheb Kerobo, respectivement traduits par Amour de Dieu et Amour du Prochain, sont les deux montants de l’échelle.

Amour de Dieu, c’est-à-dire à la fois l’amour que Dieu a pour nous et l’amour que nous lui portons. (…)

Oheb Kerobo, amour du prochain, du prochain immédiat bien entendu mais aussi de l’ensemble des hommes qui peuplent l’univers.

En effet, parvenu au stade ultime de sa réalisation métaphysique, le Chevalier Kadosch a compris que si, lorsque qu’il gravissait l’échelle, la finalité était Aime ton Dieu, une deuxième finalité en découlait automatiquement et était le Droit de Dieu, à savoir aime pour Moi ; cet Amour pour Dieu sous-entend de respecter le droit de Dieu en chacun des êtres de l’univers et implique une descente, un retour parmi les hommes.

(…) Chevaliers, vous voici armés pour le combat ; cette fois-ci , on y est ; action et combat, voilà nos attributions. « Quel combat doit mener le Chevalier Kadosch ? » : celui de défendre la cause de la justice et les droits de l’homme contre toute autorité usurpée ou abusive, quelle soit politique, militaire ou religieuse », dit le rituel. [ cette affirmation est à rapprocher des Grandes Constitutions de 1786 où l’on peut lire les pouvoirs ridicules que, 33 èmes, nous avons et qui ne sont « qu’autorité abusive » ]

Lors de l’ouverture des travaux au 30ième degré : « Eminent Premier Grand Juge, cherchez vous autre chose ? Justice ».

Le concept de la Justice a été de tout temps adossé à celui de vengeance et en Franc-maçonnerie les grades d’Elus sont dits grades de Vengeance ; c’est particulièrement vrai pour le 30ième degré. (…)

Au plus profond de son Etre, le Chevalier Kadosch comprendra que ce glaive ne peut être pour lui que le glaive de l’Esprit, cette force qui va lui permettre de séparer le Bien du Mal, la Justice de l’injustice et de faire en sorte que la Lumière de la Vérité guide toutes ses actions. [souligné par Frédéric]

Il s’agit de cette force unificatrice, de cet UN qui nous est consubstantiel et qu’enfin nous arrivons à faire resplendir. Seul, univers complet, responsable devant notre conscience et riche de connaissance et d’amour, nous allons pouvoir agir et exercer notre rôle de soldat de l’universel et de l’Eternel.

Très Eminent Commandeur et vous mes Frères Chevaliers Kadosch, j’ai dit. »

Notre Frère, qui à l’évidence écrit avec talent, vit toujours dans un monde binaire. Être 30ième et plus devrait au minimum permettre d’atteindre une certaine connaissance et perception intuitive du Principe, à savoir que le bien et le mal n’existent pas. On ne peut arriver « au sommet du REAA » et être toujours perdu dans ces redites éternelles, cent fois écrites.

On ne peut arriver au sommet de l’écossisme et écrire dans la nébulosité extrême des mots faciles et des formules creuses.

Chacun sait que l’histoire des hauts-grades est de penser encore et encore « carrière, pouvoir et médailles ».

C’est là le cancer de la Maçonnerie dite des Hauts-Grades.

Je ne peux arrêter cet article en éludant la phase du mot « Amour », avec un « grand A », cette tarte à la crème qui nous est maintes et maintes fois servie en point d’orgue lors de planches ou de l’Agape, « Agapè ».

Il faut éviter d’abuser du mot « Amour » et cesser de le mettre à toutes les sauces.

D’aucuns le citent comme l’alpha et l’omega maçonniques dans leur fameux: « mes FF, je vous aime ».

Lorsque l’on connaît les guerres intestines permanentes pour savoir qui doit être le premier dans les diverses organisations maçonniques…. Il faudrait parfois tourner 7 fois sa langue dans la bouche avant de prononcer le mot « Amour ».

L’Amour dont il est question en Maçonnerie, n’a rien de personnel.

Il est même anti-personnel. Il n’a rien d’individuel. Il s’oppose à l’individu, à la personne nommée. Tout au plus pourrait-il être rapproché du mot harmonie sur la table du même nom ou dans les sphères céléstes.

L’Amour dont il est question en Maçonnerie est un état vécu hors du corps physique et mental, (tiens, voilà un exemple de formule creuse type) de la pensée, comme s’il était possible de sortir de son enveloppe charnelle pour devenir simple poussière d’étoile parmi les étoiles.

Alors, mes Frères, puisque je critique et assassine l’écossisme, qu’ai-je à proposer de mieux ou à sa place?

Je vous propose le retour à la Tradition.

Essayons simplement d’être des Maîtres Maçons situés au Centre, entre Enfer et Paradis, les pieds posés sur le pavé mosaïque de la vie quotidienne, et dans nos coeurs, tournons sans fin, bras en croix, la tête dans les étoiles, dans l’axe du fil à plomb que tient pour nous le G\A\D\L\U\.

Commençons par cela, mes Frères et nous aurons fait une bonne partie du chemin.

A l’attention de ceux pour lesquels les mots qui précèdent sont obscurs, je conseille d’entrer dans les Hauts-Grades. Ils y trouveront ce qu’ils sont venus chercher entre amis de ripaille et d'affaires.

J’ai dit

PS: naturellement, je ne veux pas fustiger, vous l'aurez bien compris les nombreux Frères qui sont entrés au SCPLF, espérant y trouver des clefs supplémentaires dans leur quête sincère. Je ne m'intéresse qu'à ceux qui utilisent un système pervers (auquel je participe encore aujourd'hui), détiennent les clefs d'un pouvoir sur les hommes crédules et qui en abusent pour assouvir leur ego et intérêts personnels d'argent ou de gloire.

Source : http://deusmeumquejus.over-blog.com/

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Trentième Degré Grand Inquisiteur Kadosch Grand Elu,Chevalier Kadosch, ou Chevalier de l’Aigle Blanc et Noir

30 Octobre 2012 , Rédigé par Vuillaume Publié dans #hauts grades

On connaît, hors de l'Ecossisme, plusieurs ordres, sous le titre de Chevaliers Kadosch (héb. שדק   ou שודק   kadosch ou kodesch, sanctus, consecratus, purificatus ).

Celui-ci, désigné sous le titre particulier de Chevalier de l'Aigle blanc et noir, est même très varié dans ses rituels.

C'est, dans tous, une commémoration de l'évènement tragique qui a marqué la fin d'un ordre illustre par ses vertus et par ses malheurs.

Le chevalier Kadosch, dont nous allons donner le tuileur, est le seul admis en France; il est purement .philosophique, et n'a d'autres rapports avec les autres ordres du même nom, que les mots, signes et attouchements qui sont communs à tous.  

Décoration de la Loge.

Il y a, pour les réceptions, dans ce grade, quatre appartements obligés.  

Le premier est tendu en noir, il est éclairé par une seule lampe de forme triangulaire, suspendue; au plafond. Cet appartement communique à un cabinet, espèce de caveau, ou l'on entre en descendant quelques marches. il n'y a, dans ce cabinet, d'autre lumière que celle que l'on y porte en conduisant le récipiendaire. C'est le lieu des réflexions. On y voit un cercueil couvert d'un voile noir, et d'autres images de la destruction.  

Le second appartement est tendu en blanc; vers le milieu de la salle sont deux autels; sur l'un desquels est une urne remplie d'esprit de vin allumé, qui éclaire l'appartement; sur l'autre autel, est un réchaud avec du feu, et de l'encens à côté. Il ne parait, dans cette pièce, que le F\ sacrificateur.  

Le troisième appartement est tendu en bleu ; la voûte est étoilée; il n'est éclairé que par trois bougies jaunes. C'est l'Aéropage.  

Le quatrième appartement est tendu en rouge. A l'est, est un trône, au dessus duquel est un double aigle couronné, ayant les ailes déployées, tenant un poignard dans les serres. Au cou de l'aigle est passé un ruban noir, auquel pend la croix de l'ordre. Sur sa poitrine est un triangle équilatéral, au milieu duquel on lit le nom de Dieu ינדא   Adonaï, et autour, cette légende : Nec proditor, nec proditur, innocens  feret.

La draperie du dais est en velours noir et blanc, parsemé de croix teutoniques en étoffe rouge. Derrière le trône, sont les étendards de l'ordre : l'un, fond blanc, avec deux bandes croisées vertes, et la légende : Dieu le veut ; l'autre, fond vert, ayant d'un côté une croix teutonique rouge, et de l'autre un aigle noir à deux têtes, tenant dans ses serres un poignard, avec la devise : Vaincre ou mourir, brodée en argent. L'aigle a les becs et les ongles en or.  

Neuf bougies jaunes éclairent cette salle; au milieu de la salle est une échelle à deux mon- tans.

Il y a des loges où le quatrième appartement est tendu en noir, et la tenture parsemée de flammes rouges, et n'est éclairé que de cinq bougies jaunes. Une épaisse fumée, produite par l'encens qui brûle dans des cassolettes, laisse à peine apercevoir les objets.

Dans d'autres, la tenture est rouge, avec des colonnes blanches, des flammes blanches; il y a sept bougies, et quelquefois quatre-vingt- une.

Enfin, le nombre, la distribution et la décoration des appartements, varient suivant les ordres, et même dans, chaque loge d'un même ordre.

La première décoration que nous avons décrite, est celle adoptée pour l'Ecossisme en France.  

TITRES

Nous avons déjà dit que la loge prend r dans le troisième appartement, le titre d'Aéréopage. Les deux premiers appartements n'étant que des lieux de préparation, pour le cas où il y a réception, la loge ne se forme que dans la salle de l'Aréopage, où elle est présidée par le premier surveillant, assisté de deux Juges. il porte sur la poitrine une image allégorique de la Vérité, brodée en or.

Dans le quatrième appartement, la loge prend le titre de Sénat. Lé chef se nomme Grand-maître ou Grand-Commandeur, ou Grand-Souverain ; il est qualifié de Trois fois puissant, et représente Frédéric Il, roi de Prusse. Les frères ont le titre de Chevaliers. L'on se tutoie dans le Sénat.  

SIGNES

De Kadosch  - Porter la main droite sur le cœur, les doigts écartés ; laisser ensuite retomber la main sur le genou droit, que l'on empoigne, en fléchissant. Après ce mouvement, saisir le poignard qui est suspendu au cordon, l'élever à la hauteur de l'épaule, comme pour en frapper, en disant Nekam Adonaï! ( béb . ינדא םקנ    vengance, Seigneur ! )

Il y a des loges où, ayant la main droite sûr le cœur, on fait une génuflexion, en étendant le bras droit, la main ouverte, comme en prêtant un serment. Nous ferons remarquer que le premier signe est le véritable.

Signe d'ordre - Le glaive étant passé dans la main gauche, avoir la main droite étendue sur le coeur.

Dans quelques loges, le signe d'ordre se fait ainsi : le glaive dans la main gauche, le poignet appuyé sur la hanche, étendre le bras droit, la main allongée, les doigts rapprochés, le police écarté, comme pour prêter le serment.  

ATTOUCHEMENT

En se touchant réciproquement par la pointe des pieds et par les genoux, présenter le poing fermé de la main droite, le pouce levé; se saisir alternativement le pouce, le laisser glisser en reculant d'un pas' et en levant le bras comme pour frapper d'un poignard. En faisant ce  mouvement, le premier dit : Nekamah-bealim ( héb.ןלאב-המקנ    ultio proditorum !) le second répond c Pharasch-chol (héb. לכ-שרפ    explicatum est omne (1).

Dans quelques rituels, on trouve, à la place de cet attouchement et des paroles, l'attouchement et les mots de l'Elu des neuf.

Selon d'autres, pour l'attouchement, on porte la main droite au front, en disant : êtes- vous Kadosch? la réponse est : oui, je le suis ; et l'on présente le poing fermé et le pouce levé comme nous l'avons dit ; on fait trois fois alternativement le mouvement de saisir le poignard, qui est figuré par le pouce, et à la troisième fois, on s'embrasse.

(1) C'est à tort que selon quelques cahiers on a fais dire Pharas-chol, qui n'a aucun sens.  

BATTERIE

Il y a plusieurs batteries ; celle adoptée par l'Ecossisme en France, est de sept coups, par trois fois deux et un: ♪ ♪ – ♪ ♪ – ♪ ♪ – ♪ !

Les batteries en usage dans quelques autres Aréopages, sont :

Un coup : ♪ !

Trois coups : ♪ ♪ ♪ !

Cinq coups : ♪ ♪ ♪ ♪ ♪ !

Ou neuf coups : ♪ - ♪ ♪ ♪ ♪ - ♪ ♪ - ♪ – ♪ !  

MARCHE

Trois pas précipités, les mains croisées sur la tête.  

HEURES DE L'ASSEMBLÉE

On se réunit à l'entrée de la nuit, et l'on ferme l'Aréopage au point du jour.

Selon quelques rituels, on ouvre l'Aréopage à neuf heures du soir, et on le ferme au point du jour.  

AGE

Les chevaliers Kadosch ne comptent point leur âge; ils ont un siècle et plus.  

HABILLEMENT.

Tunique blanche, ouverte sur le côté, en forme de dalmatique, bordée en noir; par-des= sus, est une écharpe noire, portée en ceinture, avec franges en argent. Un poignard à manche d'ivoire et d'ébène est passé dans la ceinture.

Chapeau rabattu ; sur le devant de la coiffe, est un soleil à fond d'argent, rayons en or. Au centre du soleil est peint un oeil ; le soleil est placé entre les lettres N\ A\ .

En habit de ville, les Chevaliers doivent être en noir ; ils portent ( outre la ceinture, qui, alors est rouge) un cordon noir en écharpe, passant de gauche à droite, au bas duquel est attaché un poignard. Sur le devant du cordon, sont brodées en rouge, deux croix teutoniques; il y a. aussi un aigle à deux têtes, avec les lettres C\ K\ H\ brodées en argent.

On peut porter le cordon en sautoir; il est noir, avec une croix teutonique, brodée en rouge, sur chacun des côtés. Point de tablier.

il y a des Aréopages où les Chevaliers portent l'ancien costume des chevaliers du temple; ils sont bottés, cuirassés et casqués ; ce sont ceux de l'antique et stricte observance.

Le bijou est une croix teutonique, émaillée en rouge, suspendue au camail, ou attachée à la boutonnière sur le côté gauche.

On peut porter, en place de ce bijou, une croix émaillée qui a été faite pour cet ordre; elle porte au centre un médaillon en nacre de perle ; sur un des côtés on voit les lettres J\ M\ et sur l'autre, une tête de mort, traversée d'un poignard.

Quelques Aréopages ont adopté, pour bijou, un aigle noir à deux têtes, portant une couronne, ayant un. poignard dans les serres. (Voir ci-après Planche XXII, fig 1 et 2.)

Lorsqu'un chevalier Kadosch assiste dans les loges inférieures, il peut se dispenser du costume que nous venons de décrire, ne conserver que le cordon, et prendre un tablier blanc, doublé et bordé en rouge ou en noir; sous la bavette, est brodée en rouge une croix teutonique; au milieu du tablier est un aigle noir à deux têtes, couronné, tenant un poignard dans les serres.

Il y a quelques chevaliers qui font broder sur le tablier l'échelle à deux montants, posée sur un serpent à trois têtes. Cela est contraire à l'ordre de l'Ecossisme, adopté en France.

MOTS DE PASSE.

Pour entrer - NEKAM. La réponse est :

MENAHHEM (héb. םהנמ    , consolator).

Pour sortir - PHAGAL-CHOL ou PHA AL-CHOL (héb. לכ-לעפ    operatum est omne). La réponse est : PHARASCH-CHOL.  

MOTS SACRES

NEKAMAH-BEALIM; à quoi l'on répond :

PHARASCH-CHOL.

Mais plus généralement on dit :

NEKAM ADONAÏ. —

Réponse : PHARASCH-CHOL.

Selon quelques rituels, la réponse au mot sacré est :

BEGOAL-CHOL, mot tiré de l'Elu des neuf.  

Description de l'Échelle mystérieuse.

Elle est composée de deux montants, ayant chacun sept échelons (Voir ci-dessus Pl. XXII fig. 3 ). Le premier montant, à droite, se nomme OHEB ELOAH ( héb. הולא בהא     Deum amans ).

Le second montant, à gauche, se nomme OHEB HEROBO ( héb. וברק בהא     propinquum ei amans).  

Noms des échelons du premier montant.

1er     TSEDAKAH,         הקדע             Justitia, eleemosina

2éme    SCHOR-LABAN       ןבל  רוש          Bos albus

3éme  MATHOC             קותמ             Dulcis

4éme    EMOUNAH               הנומא            Fides, firmitas

5éme    AMAL SAGGHI. .      איגש  למע      (Gamal sagghi ) Labor magnus

6éme    SABBAL                    לבס           Onus

7éme    GHEMOUL BINAH

TREBOUNAH     הנובת הניב לומנ      Retributio, intelligentia, prudentia (1).

(I) Tous ces noms sont singulièrement altérés dans un grand nombre de cahiers; nous pouvons assurer qu'ils sont rétablis ici avec la plus grande exactitude.  

Les échelons du montant à gauche sont nommés comme suit :

1er ASTRONOMIE.

2éme MUSIQUE.

3 éme GÉOMÉTRIE.

4 éme ARITHMÉTIQUE.

5 éme LOGIQUE.

6 éme RHÉTORIQUE.

7 éme GRAMMAIRE.  

N O T E

Dans le chevalier Kadosch ancien, ou le Templier, la réception se fait en deux points. Dans le premier, on donne les mots qui suivent :  

PAROLE

HABBAMAH (héb. המבה    fanum excelsum.).

Il y a des aréopages où l'on fait dire Jabamiah ; ce mot est insignifiant.  

MOT DE PASSE.

ELIEL (héb. לאילא   Dei fortitudo ); ou bien AZENAHHEM. La réponse est :

MENAHHEM ( héb. היהנ   nehem'iah, solatio Dei; ou bien :

NIKAM-MACCHAH ( héb. הכמ  םקנ   ultio percussionis).  

MOT DE L'ATTOUCHEMENT.

KYRIE ( grec χυρις, Dominus). Dans quelques rituels, on lit kiriés: c'est une faute.

PAROLES DES CROISÉS.

EVARECHAH ETH ADONAÏ BECHOL-GETH THAMID THEHILLATHO VEPHI.

( Heb. יפב  ותלהת  דימת  תע-לכב   הלהי-תא  הכרבא   Benedicam Dominum in omni tempore, semper laus ejus in ore meo (PsaI. 34; v. I, suivant les héb.).

On lit dans un grand nombre de cahiers : Avreca adonaï recolgetho thamith rephi. On reconnaît aisément que ce sont des fautes de copistes. C'est mots sont absolument insignifiants  

AUTRES PAROLES.

BAHABAH AHHALLEK IM HEANI (héb. הבהאב  ינעה   םע   קלהא   bahabah ahhallek gim hegani. In dilectione dividam cum paupero).

On trouve aussi : Banahamel jon hamey, mots tous fautifs et insignifiants.  

AUTRE PAROLE.

Si l'on demande à un Kadosch-Templier, quels sont ses droits, il répond: MISCUTAR (héb. רטשמ   ministerium).  

DES BANQUETS.

Les banquets des chevaliers Kadosch se nomment agapes; ils suivent, au surplus, le rituel des élus, que l'on trouvera ci-après, au rite français.

Lorsque l'on plonge le poignard dans l'urne, on dit : Deus sanctus ou sacratus, NOKEM ( héb. םקנ   Ultor ).

Quelques-uns disent : Machem, c'est une faute.

Les banquets fraternels, ou faits en commun, sous le nom d'agapes, sont de la plus haute antiquité. Leur nom fait assez connaître que leur but était de resserrer, le plus possible, les liens de l'amour fraternel des initiés.  ( Grec.Aγαπη, signifie dilectio, du verbe αγαπω, diligo, j'aime.)

 

Source : Tuileur de Vuillaume

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Les origines maçonniques de la "Boston Tea Party" de 1773

29 Octobre 2012 , Rédigé par Jean-Laurent Turbet Publié dans #histoire de la FM

Les mid-term elections viennent d'avoir lieu la nuit dernière aux Etats-Unis. Elles ont vu la victoire des Républicains à la Chambre des représentants (435 sièges: 239 pour les républicains, 183 pour les démocrates, 3 pour les indépendants) alors que les Démocrates ont bien résistés en conservant la majorité au Sénat (100 sièges: 49 pour les démocrates, 46 pour les républicains, 2 pour les indépendants, 3 inconnus). Barack Obama est désavoué et devra composer avec les républicains tout en préparant la reconquète pour 2012.

Particularité cette fois-ci, l'apparition sur la scène électorale du mouvement dit du "Tea Party", mouvement ultra-conservateur et populiste apparu sur la scène politique américaine il y a environ 18 mois. Les leaders du Tea Party ont d'ailleurs connus des faveurs diverses lors de ces élections. Leur principale inspiratrice, Sarah Palin n'était pas candidat cette fois mais Marc Rubio s'est fait élire sénateur en Floride et Rand Paul dans le Kentucky. Nikki Halley est devenu gouverneur de Caroline du Sud.

Les démocrates ont eu à subir de nombreuses défaites symboliques: notamment en perdant dans l'Illinois le poste de sénateur occupé il y a encore deux ans par Barack Obama lui-même; par la perte du siège de Pennsylvanie ou par la défaite de Russ Feingold dans le Wisconsin par exemple.

Mais tout n'a pas réussi pour le Tea Party : Christine O'Donnel dans le Delaware et surtout Sharon Angle dans le Nevada (donnée gagnante dans tous les sondages contre Harry Reid) ont été battues.

Beaucoup se demandent en France à quoi correspond cette référence au Tea Party.

Cela fait référence explicitement à la Boston Tea Party qui est considérée aux USA comme l'épisode fondateur de la Guerre d'Indépendance américaine, le premier acte, explicite, de désobéissance civile.

Le 16 décembre 1773, soixante Bostoniens qui protestent contre les taxes imposées par la monarchie britannique sur les exportations de thé destinées aux colonies d'Amérique du Nord (Tea Act), déguisés en indiens Mohawks, prennent d'assaut trois navires marchands britanniques (le Dartmouth, le Eleanor et le Beaver), jetant par-dessus bord leurs cargaisons.

L'idée que veulent faire passer les turiféraires du Tea Party d'aujourd'hui c'est qu'en 1773 l'ennemi était la Couronne britannique et qu'aujourd'hui l'ennemi c'est l'administration, les élites (en France Le Pen dirait "les élites cosmopolites", incarnées aux USA par Obama)… L'ennemi est le même : l'autorité centrale. Et la réaction similaire : un geste de protestation politique fort, spontané ou presque. C'est ce que le Tea Party veut, en premier lieu, souligner.

Après la Boston Tea Party il y aura la déclaration d'Indépendance de 1776, la guerre d'Indépendance (1775-1783), la signature du Traité de Paris en 1783 et la Constitution de 1787.

Le seul homme signataire des trois documents fondamentaux (déclaration d'indépendance, traité de Paris, Constitution) est un franc-maçon célèbre, peut-être le franc-maçon le plus célèbre avec George Washington, je veux parler de Benjamin Franklin.

Car la Franc-Maçonnerie joua un rôle important dans la genèse du futur état américain. Durant la Guerre d'Indépendance bien sûr: Washington et presque tous les généraux américains étaient francs-maçons (35 généraux sur 75 sont francs-maçons et un doute raisonnable sur 'appartenance maçonnique de 15 autres plane).. Mais aussi les soldats français qui leur vinrent en aide: La Fayette, le vieux Rochambauld, La Rouerie (tous ceux qui furent surnommés "les américains" à leur retour en France).

Le Parti américain en France, organisé par Franklin autour de la loge des Neufs Soeurs du Grand Orient de France avait comme principaux défenseurs des frères prestigieux : Philippe d'Orléans, le Grand Maître en personne, mais aussi des écrivains fameux comme Beaumarchais ou des liaisons plus dangereuses comme Choderlos de Laclos l'homme lige de Philippe d'Orléans au Palais Royal.

Mais ce que l'on sait moins d'ordinaire, c'est que le rôle des frères fut important dès la Boston Tea Party de 1773.

Paul Revere, héros de la première bataille de la Guerre d'Indépendance (Lexington & Concord du 19 avril 1775) et dont un poème épique raconte la chevauchée était un éminent franc-maçon bostonien qui devint même par la suite Grand-Maître de la Grande Loge du Massachusetts. Il a bien entendu été l'un des orgnaisateur de la Boston Tea Party.

Car ce coup de main a été organisé par une association à demie secrète qui s'appelait Les Fils de la Liberté (Sons of Liberty). Et il est maintenant avéré qu'une bonne partie des membres de cette association étaient également membres de la Franc-Maçonnerie.

D'ailleurs, sur les 60 acteurs de la Boston tea Party il est certain que 10 des participants étaient francs-maçons. Un grand nombre de participants n'ayant pu être identifiés (ils étaient déguisés en Indiens) il est certain qu'un nombre bien plus importants de frères de la loge bostonienne étaient présents mais cela n'a pu être prouvé de façon définitive.

Il faut savoir que la Franc-Maçonnerie (née en Angleterre en 1717) fut importée aux Etats-Unis dans les bagages des colons britanniques autour de 1730. Elle touche en premier les nobles et les élites. Le premier acte connu est l'inauguration du Masonic Hall de Philidelphie en 1735 avec tout ce que la ville compte de personnalités importanets dont ... Benjamin Franklin lui-même (Franklin était frère depuis 1731!).

Mais à partir de 1751 se créer une Grande Loge selon les Anciennes Institutions (appelée Grande Loge des Anciens) par des immigrés irlandais ruinés ne trouvant pas la solidarité escomptée dans la plus chic Grande Loge dite des Modernes (pourtant créée en 1717).

En 1757 une loge est établie à Philadelphie sous l'obédience des Anciens et en 1760 la première Grande Loge des Anciens américaine est créée à Philadelphie.

Alors que les Francs-Maçons issus de la Grande Loge des Modernes seront plutôt favorables aux britanniques (plusieurs Grand Maître devront fuir précipitament...) c'est bien autour de la maçonnerie des Anciens que vont s'organiser les Patriots amércains. Le recrutement auprès des boutiquiers, des employés et plus généralement des classes dites "inférieures" de la société américaine effectué par les Anciens, favorisait incontestablement la cause des Insurgents.

D'ailleurs en 1800 la Franc-Maçonnerie des Anciens était très largement majoritaire aux Etats-Unis.

Les deux maçonneries, des Anciens et des Modernes, fusionneront en 1813 (fondation de la Grande Loge Unie d'Angleterre).

En France on connut à peu près le même phénomène: Le Grand Orient de France, issu des Mordernes, regroupait les nobles et les élites (le Conseil de l'Ordre du GODF est l'armorial de France). Les trublions trouveront refuge auprès des loges dites "écossaises" qui se regrouperont plus tard autour du Suprême Conseil de France.

Le Grand Orient de France gardera toujours cette tradition de "maçonnerie officielle" : Monarchiste sous la Royauté, Impérial sous l'Empire, Républicain dès la IIIème...

Mais revenons à nos américains de 1773 : à Boston ces "middle class" patriotes se regroupaient au sein de la Loge Saint Andrew (Grande Loge des Anciens).

Cette loge maçonnique se réunissait depuis 1752 dans une taverne, la Taverne du Dragon Vert (Green Dragon). Or, les Fils de la Liberté se réunissaient également dans cette taverne.

De plus il est prouvé que le 16 décembre 1773 les frères de la loge Saint Andrew devaient se retrouver pour leur réunion habituelle (appelée "tenue"). Or cette tenue fut annulée au dernier moment ... Pourquoi ...? Mais tout simplement pour permettre sinon d'organiser, du moins de participer à l'opération qui sera surnommée plus tard la Boston Tea Party.

Comment d'ailleurs aurait-il pu en être autrement lorsqu'on sait que ces Enfants de la Liberté étaient présidés par Joseph Warren, par ailleurs Vénérable Maître de la Loge Saint Andrew.

Et que, outre Paul Revere dont j'ai parlé plus haut, de nombreux frères comme Joseph Webb, colonel du régiment de Boston, étaient membres à la fois de la Loge Saint Andrew et des Fils de la Liberté.

Joseph Warren, lui, mourra à la bataille de Bunker Hill en 1775.

Alors ne confondons pas le Tea Party d'hier et le tea party d'aujourd'hui qui tente d'usurper la mémoire de héros hauts en couleur qui surent se battre pour la Liberté et l'Indépendance.

Souvenons nous de cela car Joseph Warren n'est pas Sarah Palin et les ultra conservateurs sous de slogans éculés tentent de nous faire passer des vessies pour des lanternes...

Ce qui fut grand hier ne l'est plus forcément aujourd'hui malgré des tentatives adroites de manipulations pour le faire accroire...

Source : http://www.jlturbet.net/

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La Maçonnerie de Prince Hall aux Etats Unis. Problèmes et perspectives.

29 Octobre 2012 , Rédigé par Roger Dachez Publié dans #histoire de la FM

Préambule: Cet article, écrit en 1992, fait état de la situation des Loges de Prince Hall jusqu’à cette date. Les choses ont sensiblement évolué depuis, notamment en ce qui concerne la « reconnaissance » des Loges de Prince Hall par les Grandes Loges blanches anglo-saxonnes. Dans la plupart des états Américains, une « inter-reconnaissnce » mutuelle Grande Loge « blanche » / Grande Loge Prince Hall « noire » est désormais établie. Certaines Grande Loges « blanches » des états du sud continuent malgré tout à refuser de « reconnaître » les Grande Loges de Prince Hall « noires ». La Grande Loge Unie d’Angleterre, après une période de flottement, a suivi le mouvement en reconnaissant à son tour les Grandes Loges de Prince Hall au fur et à mesure ou elles en faisaient la demande. La Grande Loge Unie d’Angleterre a donc été obligée de contrevenir à sa règle « d’une seule Grand Loge par état ». Un événement pour le moins intéressant qui souligne à nouveau, de facto, qu’une Grande Loge peut être « régulière » sans être « reconnue » …

1) Présentation générale.

Il existe aux Etats-Unis une maçonnerie extrêmement développée qui s’appelle « Prince Hall Masonry ». C’est une maçonnerie qui ne reçoit que des noirs, par opposition à ce qu’il est convenu d’appeler « les G.L. caucasiennes » c’est à dire les G.L. blanches. Depuis les origines aux Etats-Unis, et sauf exception, les noirs et les blancs sont reçus dans des loges séparées. (* Les choses sont souvent plus complexes qu’il n’y paraît: la G.L. d’Afrique du Sud reçoit depuis de très nombreuses années les noirs à égalité avec les blancs bien que l’on y trouve depuis toujours l’ »establishment » politique du pays).

Ces grandes Loges de Prince Hall sont organisées de la même façon que la maçonnerie blanche. Il y des G.L. dans chaque état, des organisations pour l’Arc Royal, pour le rite d’York, les Knights Templars. Il y a aussi des organisations para-maçonniques comme les « Shrines ». C’est vraiment un décalque parfait de la maçonnerie blanche et il n’y a aucune divergence de caractère doctrinal ou idéologique entre les deux. Ce sont deux maçonneries côte à côte.

Cela crée un certain nombre de problèmes. On peut porter contre les G.L. américaines l’accusation de racisme. Sans être totalement dépourvue de fondements, nous allons voir que la séparation de ces deux maçonneries a aussi d’autres causes. C’est ainsi que la G.L.U.A. (qui se présente comme puissance régulatrice de la tradition maçonnique mondiale ou plus exactement de la régularité, ce qui est différent) ne reconnaît pas les G.L. de Prince Hall pour une raison totalement distincte de toute considération raciale. Du reste, dans toutes les loges qui dépendent de la G.L.U.A., aucun critère racial n’est jamais opposé à qui que ce soit.

Mais si ce refus de reconnaissance a des fondements historiques, il a aussi des répercussions actuelles et cela pose finalement un problème fondamental relatif à la tradition maçonnique.

2) Histoire de Prince HALL.

Elle commence à Boston en 1767. Boston est une ville importante dans l’histoire américaine puisque c’est là qu’a eu lieu la fameuse « Tea Party » (* En 1773, pour aider la Compagnie des Indes orientales, le gouvernement anglais avantagea le thé qu’elle vendait. Contre cette concurrence déloyale, la Nouvelle-Angleterre s’unit aux autres grands ports. A Boston, un groupe déguisé en Indiens se glissa la nuit sur les bateaux chargés de thé et jetèrent à la mer la précieuse cargaison. La réaction de Londres fut très violente). La « Tea Party » a été un des moments essentiels de la rébellion et de l’indépendance américaine. Boston rassemblait 15000 habitants, ce qui était beaucoup pour l’époque, dont 750 noirs. Il y avait des loges maçonniques. C’est en 1733 qu’avait été fondée la première loge américaine à Boston et la maçonnerie y prospérait. En 1772, on avait créé une G.L. provinciale de Boston dans le futur Massachusetts. Elle dépendait de la G.L. des Modernes. Il y avait déjà des organismes de l’Arc Royal, des Knights Templar qui fonctionnaient.

C’est dans ce contexte qu’apparaît Prince Hall, énigmatique personnage fondateur de la maçonnerie noire aux Etats-Unis. On ne sait pas exactement quand et où il est né. La légende que ses proches ont propagée dit qu’il serait né en 1735 ou en 1738 ou en 1748 à Bridgetown (* c’est une île des Antilles). Son père était un Anglais exerçant le métier de tanneur et sa mère une métisse d’origine française. C’était donc un noir peu coloré, un « quarteron ». Mais cette légende semble tout à fait fausse. Aujourd’hui on pense que Prince Hall était un esclave au service d’un tanneur qui possédait un entreprise relativement importante et prospère; celui-ci était un maître débonnaire et libéral qui, après un certain nombre d’années, l’a affranchi. Cet esclave s’appelait Prince.(* On aimait donner aux esclaves des noms de héros de l’Antiquité, César, Caton, mais aussi Prince, King, Count. Les esclaves n’avaient pas de nom de famille ni d’état civil). Le propriétaire de cet esclave s’appelait William Hall. L’esclave, une fois affranchi, a pris le nom de son ancien maître, qui d’ailleurs est resté son patron car Prince Hall a continué à travailler dans la tannerie avant de passer à son propre compte. Il meurt en décembre 1807, artisan relativement prospère, citoyen respecté jouissant d’une aisance matérielle certaine. Il représente une partie de ces noirs affranchis qui avait déjà atteint une certaine évolution sociale au début du XIXème siècle dans quelques états (* mais bien sûr, pas ceux du Sud).

3) La maçonnerie de Prince Hall.

Indépendamment des questions purement sociales, il n’y avait pas à cette époque de noirs dans les loges américaines parce que l’une des prescriptions fondamentales de la maçonnerie pour y entrer est qu’il faut être né libre. La grande majorité des noirs étaient des esclaves mais même les affranchis avaient des difficultés à être admis. Il finit cependant par y avoir quelques exceptions.

La légende voudrait que Prince Hall et 14 autres noirs aient été initiés en mars 1775 par une loge militaire britannique, peut-être irlandaise, qui stationnait près de Boston. C’était le début de la Guerre d’Indépendance. Il y avait des régiments britanniques et des loges militaires qui, là comme ailleurs, étaient un puissant moyen de répandre la maçonnerie. Prince Hall et ses compagnons auraient été reçus aux 3 grades de 1775 à 1778. On ne sait si le V.M. agissait régulièrement avec une autorisation de sa loge ou de son propre chef et on ne connaît pas non plus les circonstances exactes de ces réceptions. Toujours est-il que dès septembre 1778, les maçons de race noire de Boston se constituent en une loge appelée « African Lodge n°1 qui était indépendante de l’autorité de la G.L. provinciale du Massachusetts.

En septembre 1783 le traité de Versailles reconnaît officiellement l’indépendance des Etats-Unis. A l’indépendance politique va correspondre l’indépendance maçonnique. Jusque là les loges américaines dépendaient soit de la G.L. des Anciens soit des Modernes c’est à dire de l’Angleterre. Bien que ce soit maintenant des G.L. indépendantes qui se constituent, la G.L. des Anciens va continuer pendant quelques années à créer des loges aux Etats-Unis.

En juin 1784, Prince Hall et ses amis adressent à Londres une demande de patente à la G.L. des Modernes qui répond favorablement en leur décernant une patente officielle et le numéro 459 sur leur registre. Pour des raisons inconnues, les droits afférant à cette patente n’ont été acquittés à Londres qu’en 1787 et c’est en avril 1787 que la patente a été reçue à Boston et que l’ »African lodge n°459 a été officiellement installée.

En 1791, mais cette date a été allèguée beaucoup plus tard, l’ »African lodge » aurait pris son indépendance en constituant une prétendue G.L. des maçons noirs indépendants. Aucun document ne confirme cette affirmation. On touche ici un point essentiel: on ne connaît actuellement aucune minute, aucun procès-verbal de l’ »African Lodge » de 1787 à 1807, date de la mort de Prince Hall.

4) Position de la maçonnerie de Prince Hall.

En 1792 se produit un événement très important dans le Massachusetts. Les loges américaines dépendantes des deux grandes loges rivales anglaises font leur unité considérant que les querelles anglaises ne les concernaient pas. (* l’unité maçonnique anglaise ne date que de 1813).

C’est alors que le drame se noue. En effet, la G.L. des Modernes avait pour habitude, tout au long du XVIIIème siècle de renuméroter régulièrement ces loges. Au fil du temps des loges cessaient leurs activités. On éliminait alors toutes celles qui n’existaient plus et on remontait les numéros. Les loges changeaient ainsi de numéro. En 1792, la G.L. des Modernes procède à un renumérotage et l’ »African lodge n°459 devient n°370. Mais bien que figurant toujours sur le registre de la G.L. des Modernes, il faut supposer que les relations avec Londres étaient interrompues puisque les FF. de l’ »African Lodge » n’en ont apparemment jamais rien su. En 1807 ils se qualifiaient encore d’ « African Lodge n°459. Le problème se pose une dernière fois lors de l’union de 1813 où l’on procède à un renumérotage définitif. On en profite pour se délester des loges qui ne donnaient plus de leurs nouvelles. A cette époque, il y avait 641 loges sur le registre des Modernes et 359 sur celui des Anciens (en tout 1000). On n’en a conservé que 636 (385 pour les Modernes et 251 pour les Anciens). Ainsi ce sont 400 loges environ qui ont été éliminées et parmi celles-ci, l’ »African Lodge »: non seulement elle n’avait plus de relations directes avec Londres (bien qu’elle devait probablement continuer d’exister) mais surtout elle n’avait plus payé de droits depuis 1797! C’est ainsi que l’ »African Lodge n°370 n’a pas figuré dans le registre de la G.L.U.A. en 1813. Et c’est pour cette seule raison que depuis lors les Anglais se refusent à reconnaître la maçonnerie de Prince Hall, arguant qu’elle n’était plus régulièrement en activité en 1813.

Or en 1827, les maçons de Prince Hall se réveillent et adressent une nouvelle demande de patente à Londres en leur rappelant qu’ils avaient déjà été constitués par eux en 1787 et en leur expliquant leurs difficultés depuis lors. Mais les Anglais ont répondu que c’était impossible, que depuis 1792 il existe dans le Massachusetts une G.L. d’état, que cette G.L. est reconnue par eux-mêmes et que par conséquent ils ne peuvent pas reconnaître une autre puissance maçonnique en vertu du principe de juridiction territoriale exclusive. C’est un des grands principes sur lequel la maçonnerie anglaise fonde aujourd’hui encore toute sa politique internationale, jusqu’à devenir un des critères de ce que l’on appelle la régularité d’une obédience.

5) Le principe de Juridiction territoriale exclusive.

En réalité, ce principe, qui permet aux Anglais de se libérer d’un problème délicat en ayant une raison administrative parfaitement honorable, et de repousser ainsi toute accusation de racisme, n’a jamais existé en Angleterre. C’est une invention américaine.

Rappelons d’abord que les Etats-Unis, reconnus officiellement en 1783, ne sont pas un état unitaire mais une fédération d’états autonomes. L’organisation de la maçonnerie américaine s’est calquée sur l’organisation politique du pays. C’est dire qu’il n’y a pas de G.L. américaine mais une G.L. par état (* d’autant que les états se sont agrégés successivement).

En 1783, une G.L. avait été instituée dans l’état de New-York à partir de loges issues des Modernes. Or cette G.L. connut très vite des difficultés, parce qu’à la différence de ce qui se passait dans le Massachusetts, les relations avec les Anciens étaient très mauvaises. Pour essayer d’asseoir son autorité d’abord vis-à-vis des Anciens puis sur l’ensemble de l’état de New-York dont les frontières n’étaient pas encore bien établies, la G.L. a édicté un texte proclamant qu’ « aucune loge ne pourra exister dans cet état si ce n’est sous la juridiction de la G.L. » C’est le principe de la Juridiction territoriale exclusive.

Ainsi, édicté en 1787 pour régler un problème particulier, ce principe jugé commode et pratique a été repris par les autres G.L. d’états américains puisqu’il leur permettait de délimiter leur domaine d’action et de se protéger des G.L. des états voisins et il s’est progressivement répandu dans les dernières années du XVIIIème siècle aux Etats-Unis.

6) Principe de reconnaissance des G.L.

A cette époque, il n’ avait jamais été question de ce principe en Angleterre. D’ailleurs il y a eu jusqu’à 6 G.L. au XVIIIème siècle dont les deux principales s’entre-déchiraient! Pourtant lorsque la G.L.U.A. se constitue en 1813 et qu’il lui a fallu définir ces relations avec les autres obédiences, elle a pris conscience de tout l’intérêt pratique du principe de juridiction territoriale exclusive et elle a fini par l’adopter comme une loi maçonnique. Mais du point de vue traditionnel et même historique ceci est totalement indéfendable. Progressivement, la G.L.U.A. s’est donc mise à appliquer ce principe pour ne reconnaître dans chaque pays qu’un seule obédience. Et c’est en 1929 seulement qu’elle l’a officiellement intégré dans une déclaration intitulée: « Principes de reconnaissance des G.L. » Bien qu’elle l’appliquât depuis de nombreuses années, cela représentait tout de même une sorte de pétrification, de rigidité, de raideur qui est finalement à l’origine de grands malheurs en substituant à la notion de régularité traditionnelle et initiatique la notion de régularité administrative et territoriale, alors que ce sont évidemment deux problèmes complètement distincts.

7) Actualité du problème.

Aujourd’hui, l’Angleterre est victime de sa propre rigueur. La G.L.U.A avait adopté une attitude tout à fait différente à l’égard de la France au XIXème siècle. De 1877 à 1913, lorsqu’ un maçon français voulait visiter une loge en Angleterre, il n’était pas rejeté sous prétexte qu’il appartenait au G.O.D.F., au Suprême Conseil ou à la G.L.D.F. On lui demandait simplement des preuves de régularité personnelle, c’est à dire qu’on lui exposait les principes sur lesquels repose la Franc-Maçonnerie anglaise et on lui demandait d’affirmer solennellement et librement qu’il y adhérait. En cas de réponse positive on le laissait entrer. Ce n’est qu’à partir de 1913, lorsque la G.L.U.A a reconnu la Grande Loge Indépendante et Régulière pour la France et les colonies Françaises (la future G.L.N.F.) que, prise à son propre piège, elle s’est interdite d’avoir des relations avec les autres obédiences en France comme dans d’autres pays.

En Suisse, quand la G.L. Alpina a décidé officiellement de régler sa politique comme elle l’entendait avec les autres obédiences, la G.L.U.A. a essayé de retirer sa reconnaissance mais comme cela posait beaucoup de problèmes (Genève est une place financière importante pour la cité de Londres…) on a redonné rapidement la reconnaissance sans qu’Alpina ait modifié en quoi que ce soit ses positions.

Plus récemment, une affaire du même genre s’est produite en Allemagne; son règlement semble avoir été plus favorable aux Anglais.

Mais c’est surtout depuis quelques mois que la situation relative à la question de Prince Hall évolue considérablement aux Etats-Unis . En effet, un très grand nombre de maçons américains contestent absolument la position de la G.L.U.A. Dans la revue d’érudition maçonnique américaine » Les Philalèthes » en août 1991, le F. Allan Roberts écrit:

» C’est le moment d’être soucieux. Aujourd’hui sept Grandes Loges: Connecticut, Wisconsin, Washington, Nebraska, Colorado, North Dakota et Minnesota, ont reconnu la Maçonnerie de Prince Hall comme une égale. Chacun poursuit son existence de son côté, mais est libre de se rencontrer et de travailler avec l’autre. Alors pourquoi être soucieux? La Grande Loge Unie d’Angleterre interdit à ses membres de visiter les Loges des Grandes Loges qui ont reconnu la Maçonnerie de Prince Hall. Les menaces ne serviront de rien. Elles ne seront jamais prises en considération. Il faut que les idéaux et les principes de la Franc-Maçonnerie nous rapprochent. Même si cela doit mettre longtemps à se réaliser. »

Sous la plume d’un maçon américain autorisé et respecté, ce sont des propos véritablement révolutionnaires. En octobre 1991 dans la même revue il revient sur ce sujet:

« Le samedi 8 juin 1991, presque un siècle après qu’il ait persuadé sa Grande Loge de reconnaître la Maçonnerie de Prince Hall, une stèle funéraire, ornée de symboles maçonniques, a été placée sur la tombe de William Upton. Plus de 400 maçons, noirs et blancs, étaient présents au cimetière Montainview à Walla Walla, Washington, pour cette circonstance historique. Ils rendaient hommage à la volonté de William Upton sur son lit de mort. En 1898, il avait convaincu la grande Loge de Washington de reconnaître la régularité de la Maçonnerie de Prince Hall. L’année suivante, sa Grande Loge revint sur sa décision pour calmer l’indignation qui s’était élevée dans tout le pays. Upton demanda qu’aucune stèle ne soit placée sur sa tombe tant que ses Frères, de quelque couleur qu’ils soient, ne pourraient marcher côte à côte.

En 1990, la Grande Loge de Washington et la Grande Loge de Prince Hall conclurent un accord de reconnaissance fraternelle. De cette « Demeure qui n’a pas été faite de mains humaines », Upton dut sourire de plaisir. Comme le dit la Sainte Bible, « qu’il est bon et agréable pour des frères de vivre ensemble dans l’union ».

Mais les choses vont encore plus loin.

Dans une lettre au Grand Secrétaire de la Grande Loge Unie d’Angleterre, Kenneth W. Aldridge, Grand Secrétaire de la Grande Loge du Québec, met en cause la sagesse de la décision de la G.L.U.A interdisant à ses membres de visiter les Grandes Loges qui reconnaissent la Maçonnerie de Prince Hall comme régulière. Il souligne:

« Il n’y aucune règle unique de reconnaissance maçonnique dans le monde et même il n’y a pas une seule Grande Loge en Amérique du Nord dont on puisse dire qu’elle reconnaît toutes les Grandes Loges reconnues par une autre Grande Loge et avec laquelle elle est en relation fraternelle.

Pour être correct, votre comité aurait dû étendre sa décision à toutes les Grandes Loges d’Amérique du Nord parce que toutes reconnaissent beaucoup de Grandes Loges qui ne sont pas reconnues par la Grande Loge Unie d’Angleterre.

Cette décision de la G.L.U.A ne peut invoquer le partage d’un territoire parce que votre Grande Loge a des Loges en beaucoup de parties du monde où existe déjà une puissance maçonnique reconnue. Le Québec est l’un de ses territoires.

De toutes façons la notion de territorialité exclusive est une doctrine américaine qui ne devrait avoir aucune influence sur une décision de la G.L.U.A. »

Aldridge termine sa lettre, qui a été envoyée à toutes les Grandes Loges canadiennes, et à un certain nombre d’autres, par cette vérité qui devrait demeurer sous les yeux de tous les gens qui essaient de penser correctement:

« Les Maçons doivent faire ce qui est juste parce que cela est juste et ne pas se laisser influencer par ceux qui ont de moins nobles programmes. »

En octobre 1991, Kenneth W. Aldridge n’avait encore reçu aucune réponse de la Grande Loge Unie d’Angleterre.

(Cf R.T . n°87-88 « A propos de la Maçonnerie de Prince Hall » par René Désaguliers)
8) Conclusion.
 

C’est en arguant du principe de juridiction territoriale exclusive que la G.L.U.A refuse de reconnaître la Maçonnerie de Prince Hall. Ce principe, d’origine américaine, a été étendu à l’ensemble des puissances maçonniques mondiales mais par un curieux retour des choses il est aujourd’hui contesté à l’endroit même où il a pris naissance. La G.L.U.A, de son côté, est prise à son propre piège car elle est amenée parfois à entretenir des relations avec des obédiences avec lesquelles elle n’est guère en sympathie.

Aujourd’hui les Maçons américains et d’autres en Europe notamment, pensent qu’il faut substituer à la notion de reconnaissance territoriale et administrative la notion de régularité traditionnelle et initiatique, c’est à dire limiter le problème de la reconnaissance à des questions purement maçonniques. Autrement dit ces Maçons ne voient pas pourquoi il n’y aurait pas plusieurs organisations maçonniques régulières et reconnues dans un certain nombre de pays.

Il faut remarquer que, jusqu’à un passé récent, ce problème de la régularité était totalement bloqué et qu’il y a donc là de la part des Maçons américains, et même s’ils ont de très bonne relations avec Londres, une volonté de régler un passé historique difficile en posant un problème traditionnel fondamental.

9) Discussion.

- Est-ce que la Maçonnerie américaine a des contacts avec les obédiences maçonniques qui ne dépendent pas de Londres?

- Le V.M.: Les Américains ont de bonnes relations avec les Anglais mais ils ont toujours voulu entretenir aussi de bonnes relations avec des Maçonneries continentales dites non reconnues en particulier la G.L.D.F. et d’autres obédiences européennes. Cela provoque à chaque fois des remous en Angleterre, ce dont les Américains ne se sont guère émus. Il ne faut pas oublier que les Américains se veulent indépendants vis-à-vis des Anglais et qu’ils souhaitent entretenir des relations avec des Maçonneries sérieuses c’est à dire des Maçonneries qui partagent leurs conceptions sans tenir compte de l’étiquette administrative. L’affaire de Prince Hall montre qu’ils peuvent s’affranchir de l’autorisation anglaise. On peut même se demander si cette affaire n’aurait pas été réglée depuis longtemps par les Américains si l’Angleterre ne s’y était opposée de tout son poids.

- Charles J.: Certaines Grandes Loges d’Etat américaines, toutes reconnues par Londres, entretiennent des relations directes avec des Grandes Loges d’Amérique du Sud non reconnues. C’est le cas au Brésil notamment.

La Grande Loge de France, qui a des relations au sein de la conférence maçonnique inter-américaine, constate que les G.L. des états américains établissent leurs relations maçonniques comme elles l’entendent et Londres a de plus en plus de difficultés à faire admettre sa volonté.

Au Canada la situation est un peu différente. L’influence anglaise semble s’établir plus fermement au niveau des hiérarchies. Notre F. l’a constaté lui même à l’occasion de visites qu’il a pu faire ou ne pas faire en fonction des situations locales.

Bienvenue sur le site de la Loge d’Etudes et de Recherches William Preston

Source : http://hiram3330.unblog.fr/2008

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La Franc-maçonnerie américaine un facteur méconnu des enjeux de pouvoir géopolitiques

29 Octobre 2012 , Rédigé par Alain de KEGHEL Publié dans #Géopolitique

L’observateur français, aussi bien le citoyen que le politique, aborde rarement ce qui touche à la société américaine avec sérénité. Nous sommes fréquemment dans le registre du « rejet- fascination ». La Franc-maçonnerie américaine n’échappe pas, elle non plus, à ce phénomène, pas plus qu’aux visions souvent caricaturales d’un « pays monde » qui, en raison même de l’espace que de l’extrême diversité des microcosmes, des strates et des apports culturels, religieux et philosophiques, est complexe à cerner et donc à analyser.

Le rêve américain, celui de changer le monde en exerçant un « leadership consensuel », pour emprunter la formule à Zbigniew Brezinski, ne peut être compris si on n’intègre pas dans le raisonnement cet ensemble complexe fait d’espérance, d’histoire, de religions et de franc-maçonnerie. S’agissant de la Franc-maçonnerie, elle est depuis les débuts de la Nouvelle Angleterre, et donc bien avant la création des Etats-Unis, consubstantielle à la société américaine. Ce qui n’est d’ailleurs pas en contradiction avec un attachement viscéral aux religions dans un pays de trois cent millions d’habitants dont moins de deux pour cent seulement se reconnaissent dans la libre pensée. Là n’est pas le débat, mais c’est un élément fréquent d’incompréhension dans notre pays. Toujours est-il que le fait maçonnique compte et a toujours compté. Et ceci, même si officiellement, et pour des raisons historiques particulières au pays que nous verrons, les Francs-maçons affirment volontiers un détachement de façade par rapport aux faits politique et confessionnel. Il est patent, pour qui côtoie les acteurs au Congrès américain notamment, que cette posture est pure fiction. Par nature, et peut-être plus qu’ailleurs, le rôle de l’Ordre maçonnique, ou plus exactement des individualités y appartenant, est discret, à défaut d’être vraiment secret. Cela étant l’histoire et ses fluctuations n’épargne pas plus la Franc-maçonnerie américaine qu’il n’exonère les Eglises dont l’influence s’érode. Même si le facteur maçonnique demeure une réalité à prendre encore en compte, l’érosion de son influence réelle dans le monde « profane » est un fait objectif que nul ne saurait nier. On assiste à un recentrage qui n’est pas dénué d’intérêt et qui à lui seul pourrait faire l’objet d’un ouvrage d’analyse approfondie et nuancée.

Un bref aperçu historique est indispensable pour saisir toute l’ampleur de fait maçonnique au niveau national et régional dans l’hémisphère occidental, c'est-à-dire dans le continent tout entier. Les esprits, les mentalités, le cours de l’histoire et la géopolitique en ont été profondément imprégnés et souvent infléchis depuis les premières heures. Il suffit pour s’en convaincre de penser aux liens puissants entretenus depuis Washington avec les « Libertadors », tous Francs-maçons pour bouter l’Espagne hors de la « sphère d’influence naturelle » des Etats-Unis : Simon Bolivar, fondateur du Congrès de la Grande Colombie dont il fut Président et qui avait été initié au Grand Orient de France ; José Antonio Sucre, qui livrera avec succès bataille aux Espagnols au Pérou et au Haut Pérou, pays ensuite nommé Bolivie en hommage à Bolivar ; José Marti, le héros Franc-maçon cubain que Fidel Castro a érigé en symbole de l’affirmation nationale. Mais il est des faces moins vertueuses : la doctrine Monroe, édictée par un Président américain et Franc-maçon. Et plus près de nous, l’appui fatal apporté au Franc-maçon et général Pinochet…contre un autre Franc-maçon, chef d’Etat chilien au destin tragique : Salvador Allende. C’est dire toute la complexité du sujet.

L’HISTOIRE

Les premières loges dans les colonies américaines n’apparaissent de façon certaine et documentée que vers 1730. Mais il est probable que des Maçons aient émigré avant cette date. Soit ils ne s’étaient pas constitués en Loges, soit les documents des premiers Ateliers maçonniques ne nous sont pas parvenus car ils ont été victimes de vicissitudes et des incertitudes de l’époque des pionniers. Certains auteurs n’ont néanmoins pas hésité à spéculer sur une activité précoce et structurée de maçons anglais, écossais ou irlandais dans le « Nouveau Monde ». Nous préfèrerons nous en tenir aux faits établis et documentés.

Les annales de la « Grande Loge de Saint John » de Philadelphie comportent le premier document, daté du 30 juillet 1733, relatant la nomination par le Vicomte de Montagu, Grand Maître de la Grande Loge d’Angleterre, d’un Grand Maître provincial d’Amérique du Nord. Nous assistons alors aux prémices d’une activité maçonnique annonciatrice d’évolutions qui bientôt conduiraient à l’indépendance proclamée le 4 juillet 1776 à Philadelphie. En effet, Benjamin Franklin affirme très tôt l’identité américaine, y compris dans l’espace maçonnique, en éditant dès 1734 la première version américaine d’un texte maçonnique fondateur : les Constitutions d’Anderson. Il n’est pas excessif d’affirmer que des Maçons américains furent parmi les futurs artisans et acteurs majeurs de la fondation d’une nouvelle Nation américaine.

Ils figurent au nombre des pairs d’un « establishment » fondateur dont le rôle sera durable et l’influence profonde. Benjamin Franklin en fut l’une des figures les plus emblématiques. A la fois diplomate, écrivain, scientifique, inventeur, homme politique , fin stratège et homme d’affaires avisé, il fut tout à la fois un Franc-maçon américain de son temps les plus engagés dans une démarche intégrant et conciliant philosophie des Lumières et action politique. Vénérable Maître de la célèbre Loge « Les Neufs Sœurs », alors qu’il était Ambassadeur dans notre capitale, il y côtoya les Encyclopédistes qui en étaient presque tous membres et fut intimement mêlé aux grands enjeux de pouvoir au moment où se jouait une redistribution des cartes des puissances dans le monde. Nous verrons d’ailleurs un peu plus loin combien cet acteur précoce sera plus tard un important inspirateur des mouvements d’émancipation du colonisateur espagnol en Amérique latine.

Mais il serait erroné d’en conclure pour autant à l’unanimité du corpus maçonnique car la philosophie fondamentale de l’Ordre s’y prêterait fort mal contrairement à l’imagerie d’Epinal. En effet, ici point de « Grands Maîtres inconnus » qui régenteraient les consciences. La philosophie fondamentale de l’Ordre reposant sur la liberté de conscience, et le libre examen d’inspiration très protestante, l’objectif original des Loges est de « réunir ceux qui autrement seraient éternellement demeurés épars », pour reprendre la formulation du Pasteur James Anderson, rédacteur des Constitutions portant son nom. Il n’est donc pas surprenant que les Loges maçonniques américaines du XVIIIè siècle, comme celles de nos jours, furent traversées de courants contraires. Certains Maçons demeuraient attachées à la Couronne britannique. Les autres figuraient parmi les acteurs souvent les plus en vue de la « Révolution », c’est-à-dire de l’indépendance. Les turbulences qui traversent alors la société outre Atlantique n’épargnent donc pas les Maçons américains qui se querellent alors aussi sur des options doctrinales entre tenants de l’école des « Anciens » et de celle des « Modernes » dont il serait fastidieux et de peu d’intérêt d’exposer ici la signification.

MACONNERIE ET POUVOIR

Pour prendre la juste mesure de l’influence précoce considérable qu’a pu avoir la pensée universaliste maçonnique sur la société américaine, il suffit de visiter le Panthéon des hommes politiques, diplomates, militaires, penseurs, philosophes qui ont forgé cette jeune Nation. George Washington, premier Président des Etats-Unis, en est par excellence la figure emblématique et on ne compte plus le nombre d’ouvrages consacrés à ce pan maçonnique très remarqué de sa personnalité, ni les tableaux ou gravures le représentant en décor maçonnique posant la première pierre de l’édifice du Congrès. C’est un véritable culte que lui vouent les Maçons américains, au point d’avoir érigé un imposant mémorial à sa gloire sur un promontoire à Alexandrie, dans l’Etat de Virginie proche de la capitale fédérale. Depuis, la galerie des quatorze Présidents maçons qui se sont succédés, jusqu’à Gérald Ford, atteste d’une solide tradition. Elle semble pourtant s’être perdue à partir des années soixante-dix. Pour autant, croyance, religions et maçonnerie font bon ménage aux Etats-Unis. Le Président néo-conservateur George W. Bush, bien connu pour sa religiosité d’autant plus active qu’elle fut une révélation tardive, n’eut aucune hésitation à prêter serment lors de son investiture en 2001 sur la « Bible maçonnique »*), celle là même sur laquelle George Washington avait commis le même acte.

Notre compatriote La Fayette, lui aussi Maçon et jeune protégé de George Washington, s’il n’accéda pas aux responsabilités suprêmes, figure toujours au rang des héros de l’Indépendance ainsi que des Maçons connus et toujours adulés des Américains. Il n’est pas une localité américaine qui n’ait pas sacrifié au culte de sa mémoire en baptisant une rue ou une place de son nom. Il ne fut d’ailleurs pas le seul Français et Maçon à se distinguer à cette époque en Amérique. Il figure en bonne compagnie à côté de l’Amiral de Grasse vainqueur de la fameuse bataille de Yorktown qui devait donner le signal décisif de l’indépendance. C’est dire aussi combien faits d’armes, diplomatie et maçonnerie, constituent des liens précoces entre l’Amérique en devenir et la France. Ils n’en furent pas pour autant de véritables gages de relations sereines, nous le savons et c’est avec un regard toujours suspicieux que l’Oncle Sam observe la politique étrangère de notre pays dans son « back yard ». Tout comme notre revendication à être acteur régional au titre de nos Départements des Antilles et de Guyane. Or c’est cela et une volonté politique de notre pays, pas toujours clairement affirmée d’ailleurs, qui nous vaut le statut d’Observateur auprès de l’Organisation des Etats Américains, comme notre place dans d’autres organismes régionaux.

LES MOMENTS D’INCERTITUDE ET LE MOUVEMENT ANTI-MACONNIQUE.

La bonne appréhension du contexte nécessite de consacrer un bref développement aux incertitudes graves auxquelles la Franc-maçonnerie a été confrontée et qui ont profondément marqué les mentalités. En effet, l’enracinement religieux des Maçons américains ne les a pas exonérés de périodes difficiles et de grandes incertitudes. Vers 1820 émerge un « Parti Chrétien » dont le programme est ouvertement antimaçonnique. Cette formation prospère alors son fond d’inquiétude de nombreux pasteurs protestants percevant la Maçonnerie comme une force spirituelle rivale, susceptible d’empiéter sur le périmètre d’influence chrétien. Une mystérieuse « affaire Morgan », savamment orchestrée et instrumentalisée, devait conduire à des accusations jamais établies. Elle devait pourtant marquer le début d’un affrontement sans merci. Il s’en fallut de peu pour que, en 1830, le candidat du « Parti Chrétien », Thurlow Tweed, ne fût élu à la Présidence américaine, ce qui eut signifié l’interdiction des Loges dans le Nouveau Monde. Il est essentiel de connaître cet épisode de l’histoire américaine pour comprendre que par la suite, et jusqu’à nos jours, soucieux de ne pas s’exposer à un débat délicat avec les tenants du néo-protestantisme baptiste, les Maçons américains s’appliquent à composer avec les états-majors ecclésiastiques en tenant une ligne médiane très aseptisée. La conjugaison du fait religieux et de celui maçonnique est, en Amérique, une dimension que leurs amis européens, et français plus particulièrement, pétris de culture républicaine et laïque, ont quelque difficulté à saisir. Mais il ne faut pas perdre de vue que la société américaine s’est construite et structurée dès la première période du « Mayflower » autour du libre exercice religieux, pierre angulaire de la « laïcité américaine ». En effet, les premiers émigrants protestants venus des Pays-Bas ou d’Angleterre avaient souvent franchi le pas, essentiellement pour cette raison. Ils étaient à la recherche d’une nouvelle terre promise. Ce sont eux qui ont aussi forgé cette communauté « WASP » (White, American, Saxon, Protestant). Ils constituent le noyau dur et résistant d’une nouvelle aristocratie américaine de la côte Est dont sont issues les premières Loges. Aujourd’hui encore, et en dépit de l’œuvre de Martin Luther King, la ségrégation entre les Maçons descendants d’esclaves d’origine africaine et les autres, en majorité blancs, est un fait qui trouble l’observateur extérieur tant cette distinction est en flagrante contradiction avec le principe d’humanisme universel, aspect fondamental de la Maçonnerie.

Mais revenons un instant au fait religieux et à la relation qu’ont les Francs-maçons américains avec celui-ci. Le contexte religieux des origines, précédemment évoqué, continue de peser sur la société américaine contemporaine. Et ce malgré sa capacité extraordinaire à absorber les vagues d’immigration qui modifient considérablement les rapports démographiques au bénéfice des asiatiques et des latinos américains de surcroît plus natalistes. Un sondage effectué dans le cadre de la campagne présidentielle américaine de novembre 2004 confirmait une tendance constante : 95 % des Américains y déclaraient croire en Dieu. En dépit du principe ancré dans la constitution américaine de séparation de l’Eglise et de l’Etat, le mouvement de renouveau et de ferveur religieuse des « Born again », c’est-à-dire de ceux qui, comme le Président George W. Bush, sont « nés une deuxième fois » en trouvant la foi qu’ils affichent dans la vie publique, est un facteur dont le poids dans la campagne électorale républicaine n’a pas été négligeable. Les Maçons américains font partie intégrante de ce paysage et si l’observateur veut échapper à un lourd contresens, il lui faut éviter de céder à la facilité intellectuelle en tentant de rapprocher la démarche de Maçons américains, profondément déistes, de celle laïque, dominante chez les Maçons libéraux ou « adogmatiques » en Europe latine et catholique. L’Amérique protestante des « Pères fondateurs » n’a pas été confrontée au rapport de force avec le pouvoir temporel et spirituel, à l’exception près, mais fort différente, de la farouche querelle qui a opposé les Maçons jusqu’en 1984 à la puissante secte des Mormons. Celle-ci semble d’ailleurs avoir puisé certains éléments de sa « liturgie » dans des rituels maçonniques. Cette confusion des genres tout à fait douteuse n’était assurément guère propice à la sérénité.

Pour le reste, les baptistes, méthodistes, presbytériens ou épiscopaliens américains conjuguent sans états d’âme, pratique religieuse et un engagement maçonnique à caractère essentiellement caritatif et donc peu suspect de réflexions ésotériques sulfureuses. Seule l’Eglise catholique, dont l’influence aux Etats-Unis est loin d’être négligeable, et va même en s’accroissant avec l’afflux de populations latino-américaines, adopte une posture hostile face à ce qu’elle considère toujours être une cause d’excommunication ou pour le moins de refus des sacrements. Nombre de Francs-maçons catholiques américains, bien que transgressant cet interdit, n’en éprouvent pas moins un réel désarroi. Celui-ci est assez grand pour que des démarches aient été entreprises par des dignitaires maçonniques américains en 2000 pour tenter, en vain, d’infléchir la position du Vatican. Il n’aura sans doute pas échappé à la Curie romaine, dans son analyse lucide des enjeux, que le corps maçonnique américain, même s’il représente encore de puissants effectifs (estimés à quelque un million cinq cent mille membres aujourd’hui) a amorcé – à la différence de ce que nous pouvons constater par exemple en France- depuis plusieurs années déjà un déclin et qu’il est figé dans une posture frileuse, de plus en plus décalée par rapport à la société contemporaine. Les effectifs s’en ressentent. Des quelque quatre millions de Maçons que comptait le pays à la fin de la deuxième guerre mondiale, il ne reste même plus aujourd’hui la moitié. L’assiduité toute relative de ses membres conduirait à juger ces statistiques encore flatteuses. Les optimistes en tirent la conclusion que l’Ordre se régénère et ne conserve aujourd’hui que ses éléments les plus engagés ou les plus purs. Une analyse peut être plus réaliste y verra un véritable déclin qui pourtant ne signifie pas une « disparition annoncée ». Ce phénomène de déclin est lié à plusieurs facteurs. L’absence de message fort et capable de sensibiliser une jeunesse portant en elle le rêve messianique américain de changer le monde, semble en être un essentiel. Les Maçons américains sont confinés dans un univers où sont proscrites toutes réflexions politiques ni mêmes sociétales. Dès lors, est-il surprenant que la jeunesse américaine ne soit guère attirée par un corps proposant en quelque sorte un substitut ou simulacre de religion?

LA POLITIQUE AMERICAINE ET LE FAIT MACONNIQUE

Pour autant, il ne faut pas méconnaître l’influence politique des Maçons élus au Congrès américain, même s’il est difficile de mesurer celle-ci avec précision. Toutefois, la prépondérance croissante du Congrès sur la scène politique américaine – et ce phénomène a encore été accentué par la récente victoire électorale des Démocrates en 2006 - permet de supposer que, finalement et pour autant qu’ils auraient un message spécifique à délivrer, ces élus Maçons pourraient peser d’un certain poids. Mais rien ne corrobore une telle hypothèse qui relève de nos jours des fantasmes entretenus par ceux qui ignorent les réalités. Cette influence ne se retrouve pas non plus au plus haut niveau de l’Etat. Gérald Ford fut, nous l’avons vu, le dernier Président Maçon. Mais la proximité politique de la majorité des Maçons avec le parti républicain est une constante dont les pages les plus glorieuses ne furent certes pas écrites à l’époque du Maccartisme, ni par le tant redouté et peu scrupuleux chef du FBI, Howard.

L’Amérique a certes démontré qu’elle est, par excellence, comme Alexis de Tocqueville l’avait si bien analysé dans son remarquable ouvrage « De la Démocratie en Amérique », un laboratoire d’agrégation de la chose nouvelle. Le courant maçonnique américain n’en est aujourd’hui certainement pas, ou plus, la meilleure manifestation. La posture qu’adoptent les gérontes qui la dirigent, dépourvus de toute volonté ni capacité à animer l’Ordre, ni à conduire aucun débat d’idées, ne paraît pas être annonciatrice d’un futur radieux. Ceux qui pourraient contribuer à forger la conscience américaine dans les grands débats ont cédé le pas aux « Think Tanks », ces réservoirs de stratèges et de prévisionnistes qui préparent l’avenir sans y ajouter nécessairement ce zest d’humanité, comme élément pivot, que revendiquent les adeptes de la démarche maçonnique. Au moment où la chose économique tend, un peu partout à l’échelle planétaire, à prendre le pas sur l’humanisme et la spiritualité, le champ laissé libre par la Maçonnerie américaine ne peut être occupé que par ceux qui ont un message doctrinal à proposer. C’est ce qu'ont bien compris les responsables religieux néo-protestants nourris d'une eschatologie pré-millénariste appelant au rassemblement. C’est ici un constat sans acrimonie et dépassant les clichés. Le déficit de dialogue et d’écoute tolérante, respectueuse des options différentes, surtout depuis le 11 septembre 2001, recèle de fortes potentialités de tensions auxquelles la démarche maçonnique aurait des pistes de réflexion à proposer. Il faut donc espérer un sursaut. Peut-être, dans ce grand pays où tout est possible, le signal donné par les électeurs lors des élections législatives de novembre 2006 en constitue-t-il les prémices ? Il reste à souhaiter que ceux des Maçons américains qui sont conscients de ces enjeux, oseront apporter leur concours à préserver l’Amérique et le monde des incertitudes d’une aventure messianique dont l’engagement porteur de tous les risques au Proche-Orient, et pas seulement en Irak ni en Iran, autorise à s’inquiéter.

Source : http://sog1.free.fr/Articles/ArtdeKeghel207.04FM.usa.htm

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L'indépendance américaine et la loge parisienne Les Neuf Soeurs

29 Octobre 2012 , Rédigé par PVI N°22 Publié dans #histoire de la FM

Peu de Loges maçonniques ont connu un tel rayonnement que la Loge des « Neuf Sœurs ».

Peu de Loges ont bénéficié, dans le milieu maçonnique et dans le monde profane d'une telle renommée et il fallait qu'elle soit exceptionnelle pour que le bulletin de "La Cohorte" organe très officiel des titulaires de la Légion d'Honneur, dans son dernier numéro, lui consacrât dix pages et de multiples reproductions de documents maçonniques.

On peut dire que la Loge des « Neuf Sœurs » a trouvé aujourd'hui, dans l'histoire, la juste place due au rôle qu'elle a pu jouer à la fois par la person­nalité exceptionnelle des hommes qui la composaient et à l'influence qu'elle a eue sur la société de son époque.

Le bicentenaire de cette Loge coïncide avec le bicentenaire de l'indépen­dance des Etats-Unis et on peut certes lier ces deux célébrations.

Il s'agit bien du bicentenaire de la création officielle en 1776, car celui qui devait être le fondateur de la Loge : le mathématicien Lalande, préparait cette création depuis plusieurs années, avec Mme Helvetius qui tenait pour sa part à réaliser le voeu que son mari n'avait pu accomplir avant sa mort en 1771.

Lalande fort occupé par la réorganisation générale d'une Franc-Maçonnerie quelquefois interdite, souvent mal tolérée, toujours désordonnée, ne parvint au but qu'en 1776, et déjà le Tableau de la Loge qui devait s'enrichir considéra­blement comprenait outre le grand mathématicien, le Frère de Merlay, Président de la Chambre des Comptes, l'Abbé Rémy, Avocat au Parlement, de la Dixmerie, le Comte Persan, le Marquis d'Ouarville, d'Alayrac, garde du Roi, les Abbés Humbert, Matagrin, Robin, du Rouzeau et Cordier, Ecuyer de Mme d'Artois, qui avait lutté pour la réalisation de l'Atelier pendant toutes ces années de 1770 à 1776. Mais ce n'était là qu'un cadre auquel viendront se joindre les noms les plus prestigieux de l'époque et pour n'en citer que quelques- uns Garnier, de nombreux avocats au Parlement dont de Sèze qui aura la redoutable tâche de plaider pour Louis XVI, Elle de Beaumont, de Chamfort, Greuze, de l'Académie de Peinture et Vernet, peintre du Roi, Houdon, le Dr Guillotin, Condorcet qui se voua avec son jeune Frère des "Neuf Soeurs", Legrand de Laleu à la défense de trois malheureuses vic­times d'une erreur judiciaire. Ce genre d'action de bienfaisance faisait partie des obligations contractées par les Frères des « Neuf Sœurs », obligation nouvelle à l'époque et dont la systématisation était un phénomène unique.

Mais tout cela présente la sécheresse d'une énumération et il faudrait évoquer la réunion de ces hommes dont nous n'avons cité que quelques-uns des plus connus parce qu'il faudrait y ajouter, peut-être, Florian, Diderot et Danton, mais très certainement Lacépède, Voltaire immatri­culé sous le N° 104 et celui qui aujourd'hui nous intéresse plus particulière­ment le Docteur Benjamin Franklin sous le N° 106 du Tableau de la Loge.

Ce dernier et célèbre Frère nous intéresse plus spécialement car il joua un rôle important dans la Loge, participant activement à ses travaux non point dans le sens où nous l'entendons aujourd'hui mais créant un état d'esprit, véritable animateur avec Lalande de ce creuset de la pensée libérale, pré­révolutionnaire et universelle.

Il a été rappelé à maintes reprises que chaque Frère entrant dans la Loge des « Neuf Soeurs • devait présenter un travail nouveau dans sa spécialité, l'écrivain : poème ou oeuvre philosophique, le musicien : telle pièce de musique, le peintre tel tableau. NI la tourmente révolutionnaire, ni les persé­cutions nazis n'ont permis que parviennent jusqu'à nous le travail, la "planche"; comme nous disons, de Benjamin Franklin. Mais il n'en fut pas moins Vénérable après Lalande, c'est-à-dire en 1779. Benjamin Franklin cosignataire et promoteur de la déclaration de l'indépendance des Etats-Unis, était profon­dément Franc-Maçon, et il avait même avant d'être initié fondé dès 1729 un club se rapprochant des Loges que nous connaissons aujourd'hui.

Des amis choisis se réunissaient chaque semaine, la discussion s'effectuait dans le cadre d'un règlement rigoureux et il écrivait :

« Nos discussions doivent être soumises à la direction d'un président et ne ressentir que du plus sincère désir de Recherche de la Vérité, sans que le plaisir de la discussion ou la vanité d'avoir raison ne puissent entrer en ligne de compte dans nos discussions... »

Rapidement Benjamin Franklin entra dans la Franc-Maçonnerie ; initié en 1731 il était Vénérable de la Loge de « Saint-Jean » à Philadelphie en 1733 et en 1749, Grand Maître Provincial, de Pennsylvanie.

Le « Docteur » Benjamin Franklin assiste en 1760 à l'Assemblée générale de la Grande Loge d'Angleterre ès qualités de Grand Maître Provincial mais il est déjà de ceux qui, sujets britanniques loyaux, auraient vu sans inconvé­nient, compte tenu du développement de l'Amérique, transférer de Londres à Philadelphie, le siège du très noble Empire britannique !

Mais c'était une idée que les Londoniens ne partageaient absolument pas !

Après les incidents aussi graves qu'insolites soulevés par les problèmes des droits de timbre, le 1er Congrès réunit en septembre 1774, 12 colonies à Philadelphie, ville de Benjamin Franklin et les 56 délégués outre le boycottage des produits britanniques, décident d'une ébauche de déclaration, de déclara­tion des droits.

Benjamin Franklin, effectue deux missions en France où il ne manque pas de rencontrer Lalande comme lui membre de l'Académie des Sciences. Leurs objectifs, à des niveaux bien différents, sont communs : c'est vers une morale de Liberté, de Vérité et de Bonheur qu'ils entendent diriger leurs efforts.

Mais ce n'est qu'en octobre 1776 que Benjamin Franklin est envoyé par le Congrès avec pour mission de convaincre la France et plus particulièrement Vergennes de prendre un parti plus net.

« L'Ambassadeur particulier » débarque à Auray, se dirige vers Paris et loue à Passy, une petite maison, proche de celle de Mme Helvetius d'ailleurs, et devient, soignant son personnage : bonnet de fourrure, vêtements simples et bas de coton, le symbole de l'Américain.

Il entre presque aussitôt à la Loge des « Neuf Sœurs », toujours par l'intermédiaire de Lalande et l'on prétend qu'il demanda Mme Helvetius en mariage ?

L'homme qui avait tout à la fois « capté la foudre », promu la déclara­tion d'indépendance des Etats-Unis, et... inventé l'harmonica, fut durant ces neuf ans, l'homme à la mode de Paris.

Mais aussi, homme de vertu et de morale, il trouvait une coïncidence entre les aspirations de sa Loge des « Neuf sœurs » parfaitement décrites en son manifeste, (et c'était la première fois en France pour une Loge Maçon­nique) et cette déclaration d'Indépendance, texte de haute portée politique dont il avait vu à son grand regret, le Congrès retirer un seul passage : celui relatif à la traite des Noirs.

Cette déclaration d'indépendance où Chateaubriand voyait naître : « une République d'un genre inconnu (qui) annonçait un changement de l'esprit humain », énonçait clairement : « Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux. Ils sont doués par le créateur de droits inaliénables, parmi ces droits se trouvent la vie, la Liberté et la recherche du Bonheur. Les gouvernements sont établis par les hommes pour garantir ces Droits ».

La « Déclaration de principes de Morale » proposée à la Respectable Loge des « Neuf Sœurs », (un des rares textes élaborés, à une époque où la Franc-Maçonnerie répétons-le, ne travaille pas sur des textes, n'établit point de rapports, tend beaucoup moins à la recherche qu'aujourd'hui), systématise sous l'angle moral, ces mêmes idées : « L'homme est doué de facultés, soumis à des besoins... les Droits de l'homme consistent dans le libre exercice de toutes ses facultés, la satisfaction complète de tous ses besoins... de ce que tous les hommes ont les mêmes facultés et les mêmes besoins, il résulte qu'ils ont les mêmes droits et qu'ils sont parfaitement égaux... La société doit garantir à tous ses membres l'exercice de leurs droits ». Et elle ajoutait comme pour adhérer plus étroitement à la pensée du Docteur Franklin, l'Homme aux treize vertus :

« Au-delà, tous les sacrifices qu'un homme peut faire pour le bien de ses semblables sont volontaires ; ce sont des actes vertueux dont la pratique constitue la bienfaisance » .

Si l'on fait la synthèse de ces deux textes rédigés vers la même époque, par des hommes de même formation philosophique c'est-à-dire où l'esprit de la Franc-Maçonnerie domine, on aboutit à ce que sera, en l'essentiel, la décla­ration des Droits de l'Homme.

Mais on retrouve aussi, au même moment cet autre grand Franc-Maçon La Fayette qui avait affiché dans sa chambre la Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis et s'exaltait à sa lecture. Initié en 1775 avec le Prince de Broglie et le Duc de Choiseul, il connut bien des difficultés en Amérique. Il lui avait fallu pour pouvoir jouer un rôle la lettre de recommandation de Benjamin Franklin à George Washington et à son retour de France il rapportera au même Franklin un message de Washington du 5 mars 1780, le remerciant de lui avoir adressé le jeune La Fayette. Ainsi même dans l'action la plus directe, dans la guerre, retrouve-t-on la trace du « Docteur », du Vénérable des « Neuf Sœurs ».

Mais quel lien peut unir, hommes et idées, Français et Américains, géné­rosité et "Bienfaisanc"e » comme nous le disions ?

A y réfléchir, il n'y a place ni pour le hasard, ni pour quelque coïncidence dans le croisement de Lalande avec son inlassable acharnement, de Franklin intrépide et populaire créateur du « Nouveau Monde », de La Fayette avec sa fougue juvénile, de Voltaire, Patriarche de la Liberté !

Ce n'est point le jeu de l'histoire qui les rassemble ; mais leurs volontés réunies, leur générosité, leur sensibilité, leur amour des autres hommes, font l'histoire, pétrissent l'événement, dressent les textes nouveaux et impéris­sables.

Cette volonté unique, cet Idéal commun, n'ont qu'une seule source : la Franc-Maçonnerie française du XVIII° siècle et cette Loge précieuse, lumineuse entre toutes : la Respectable Loge des « Neuf Sœurs »

La Déclaration des Droits de l'Homme à laquelle, les Etats ont aujourd'hui quelque honte à ne point adhérer fidèlement, trouve là son origine, dans le grand élan généreux, volontaire et concerté de quelques Francs-Maçons qui se réunissaient régulièrement et humblement dans une même Loge française au XVIII° siècle comme les Francs-Maçons des « Neuf Sœurs » continuent de le faire en 1976 avec quelques milliers d'autres Francs-Maçons de la Grande Loge de France.

Source : www.ledifice.net

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La Franc-Maçonnerie en Amérique

28 Octobre 2012 , Rédigé par François-Timoléon Bègue-Clavel Publié dans #histoire de la FM

Dès 1721, elle avait été portée au Canada. Elle s'établit au Louisbourg et au Cap-Breton en 1745. Aux Etats-Unis, la première loge fut fondée en 1730, en Géorgie ; et le frère Roger Lacey y fut institué grand-maître provincial. Le nombre des ateliers s'était multiplié dans cet Etat, lorsque, le 16 décembre 1786, le grand-maître provincial, Samuel Elbert, en réunit tous les députés à Savannah, et abdiqua entre leurs mains les pouvoirs qu'il avait exercés jusque-là au nom de la Grande-Loge d'Angleterre. A partir de ce moment, une grande loge indépendante fut instituée pour l'Etat de Géorgie. Elle rédigea ses statuts, nomma ses officiers et maintint le frère Elbert dans la grande-maîtrise. C'est aussi en 1730 que la maçonnerie fut introduite dans le New-Jersey, et en 1786 également que se constitua la grande loge de cet Etat. Le frère David Brearly en fut le premier grand-maître.

La société existait déjà dans le Massachussetts, vers l'an 1750. Sur la demande de frères résidant à Boston, le lord vicomte de Montagu, grand-maître d'Angleterre, nomma, en 1733, le frère Henri Price grand-maître provincial pour le nord de l'Amérique, avec pleins pouvoirs de choisir les officiers nécessaires pour former une grande loge provinciale, et de constituer des ateliers maçonniques dans toute l'étendue des colonies américaines. Le 30 juillet,
, le frère Price constitua sa grande loge provinciale et institua des loges dans différentes parties du continent. En 1755, une autre grande loge provinciale s'établit à Boston, sous l'autorité de la Grande-Loge d'Ecosse, en rivalité de la première. Celle-ci fit de vains efforts pour s'opposer à cet établissement ; elle le déclara schismatique, et défendit à ses loges de communiquer avec les maçons qui le reconnaissaient. Elle adressa, au sujet d'un tel empiètement sur sa juridiction, des réclamations à la Grande-Loge d'Ecosse, qui n'en tint aucun compte, et qui même délivra, sous la date du 30 mai 1769, une charte qui nommait Joseph Warren grand-maître provincial du rite d'Ecosse à Boston et à cent milles à la ronde. Ce grand-maître fut installé le 27 décembre suivant, et bientôt la grande loge à laquelle il présidait constitua une foule de loges dans le Massachussetts, le New-Hampshire, le Connecticut, le Vermont, le New-York, etc. Peu de temps après, la guerre éclata entre l'Angleterre et ses colonies. Boston fut fortifié et devint place d'armes. Beaucoup de ses habitants émigrèrent ; les loges cessèrent leurs travaux, et les deux grandes loges suspendirent également leurs réunions. Cet état de choses dura jusqu'à la paix.

En 1775 eut lieu, le 17 juin,
la bataille de Bunker's-Hill. Le grand-maître Warren y fut tué en combattant pour la liberté. Quelques-uns de ses frères l'enterrèrent sur le lieu même où il avait péri. A la paix, la grande loge dont il avait été le chef voulut lui rendre les derniers honneurs. A cet effet, elle se transporta en corps sur le champ de bataille, et guidée par un frère qui avait combattu aux côtés de Warren et avait contribué à inhumer sa dépouille mortelle, elle fit fouiller la terre et exhumer les restes du grand citoyen, qui furent transportés à la maison d'état de Boston, au milieu d'un immense concours de frères . Peu après, on les déposa dans une tombe sur laquelle on n'avait tracé aucun emblème  et aucun nom, pensant « que les belles actions de Warren n'avaient pas besoin d'être gravées sur le marbre pour rester dans la mémoire de la postérité. »

Le champ de bataille de Bunker's-Hill fut témoin d'une magnifique solennité maçonnique, lors du voyage du général Lafayette aux Etats-Unis. Le 17 juin 1825, cinquantième anniversaire de cette lutte héroïque dans laquelle les patriotes
américains triomphèrent pour la première fois du courage discipliné des Anglais, la Grande-Loge de Boston appela tous les maçons de la république à la célébration d'une grande fête nationale. Plus de cinq mille frères répondirent à cet appel. Un cortège se forma, qui se porta, d'un mouvement spontané, à la maison du général Lafayette, dont on avait résolu de célébrer dignement la présence à Boston. Les frères le prirent au milieu d'eux et le conduisirent en triomphe, au bruit des cloches de toutes les églises et des détonations de l'artillerie, à travers un million de citoyens accourus des points les plus éloignés et se pressant sur son passage, sur le lieu même où, cinquante ansauparavant, il avait exposé sa vie pour la défense des droits et des libertés de l'Amérique. On y posa la première pierre d'un monument destiné à perpétuer le souvenir de la victoire de Bunker's-Hill. Le grand-maître répandit du blé, du vin et de l'huile sur la pierre, pendant qu'un ministre de la religion la consacrait sous les auspices du ciel. Alors le cortège se rendit à un vaste amphithéâtre construit sur le revers de la montagne , et là, l'orateur de la Grande-Loge, s'adressant à ses innombrables auditeurs, leur rappela, dans un chaleureux discours, les iniquités et les malheurs dont leurs pères avaient eu à souffrir sous la tyrannie de la métropole, et les bienfaits d'une liberté due à leur généreux dévouement et à l'appui désintéressé de quelques nobles étrangers. A ces mots, un immense applaudissement s'éleva du sein de la foule, et Lafayette fut salué du nom de père de la patrie. Ce fut un beau jour pour cet illustre vieillard, qui répandit de douces larmes en recevant ainsi l'hommage de la reconnaissance de tout un peuple !

En 1777, les deux Grandes-Loges de Boston se déclarèrent indépendantes. Cependant la rivalité qui les divisait avait beaucoup perdu de sa vivacité. Les frères des deux obédiences communiquaient entre eux sans que les corps dont ils dépendaient y missent sérieusement obstacle. Le vœu d'une réunion, émis par quelques maçons, était devenu celui de tous ; aussi, lorsque la grande loge fondée originairement par la métropole anglaise fit à sa rivale une proposition formelle de fusion
celle-ci l'accepta-t-elle avec empressement. Les bases en furent facilement arrêtées, et la réunion s'opéra le 05 mars 1792. De pareils rapprochements eurent lieu bientôt après dans tous les Etats de l'Union américaine où les loges étaient soumises à différentes autorités. A cette occasion, le président Washington fut nommé grand-maître général de la maçonnerie dans la république. Une médaille fut frappée en 1797 pour perpétuer le souvenir de cette élection.

L'établissement de la société dans la Pennsylvanie remonte à l'an 1734. La Grande-Loge de Boston délivra en cette année, à plusieurs frères résidant à Philadelphie, des constitutions pour ouvrir une loge dans cette ville. Benjamin Franklin, si célèbre depuis, en fut le premier vénérable. Le nombre des loges s'accrut rapidement dans cet Etat. La plupart s'étaient fait constituer directement parla Grande-Loge d'Angleterre ; elles obtinrent de ce corps
en 1764 l'autorisation de former une grande loge provinciale, qui se déclara indépendante en 1786, à l'exemple de celles de New-Jersey, de Géorgie et de Massachussetts.

La Grande-Loge de New-York fut constituée comme grande loge provinciale le 05 septembre 1781, en vertu d'une charte du Duc
d'Atholl, chef de la Grande-Loge des anciens maçons, corps qui s'était formé à Londres en rivalité de la Grande-Loge d'Angleterre, ainsi qu'on le verra dans la suite de cette histoire. En 1787, elle secoua le joug, et proclama son indépendance. Une autre grande loge avait été fondée antérieurement sous les auspices de la Grande-Loge d'Angleterre. Celle-ci avait son siège à Albany. Elle s'affranchit également en 1787 de la dépendance de l'autorité qui l'avait établie. En 1826, ces deux grandes loges comptaient plus de cinq cents ateliers dans leurs juridictions. La dernière a cessé d'exister vers 1828.

A la fin de 1837, une grande loge schismatique tenta de se former à New-York. La loge d'York, n° 367, avait résolu de faire, le 24 juin
une procession publique, pour célébrer, suivant un usage anciennement en vigueur dans ce pays, la fête de saint Jean, patron de la société maçonnique. Un grave évènement que nous relaterons ailleurs, et dont l'impression n'était pas tout à fait effacée, imposait à la maçonnerie américaine la plus grande circonspection, et lui interdisait toutes les manifestations extérieures qui auraient pu réveiller le souvenir du passé. La Grande-Loge intervint donc pour obtenir de la loge d'York qu'elle renonçât à réaliser son dessein. On promit tout ce qu'elle voulut ; mais on n'en continua pas moins les préparatifs commencés, et tout annonçait que la procession aurait lieu comme il avait été décidé. Au jour fixé pour cette cérémonie, le député grand-maître se transporta au local où la loge était réunie, espérant qu'il obtiendrait d'elle par la persuasion ce qu'elle refusait d'accorder aux injonctions de la Grande-Loge. Mais un esprit de vertige semblait avoir saisi les frères : ils refusèrent d'entendre la parole de cet intermédiaire officieux ; et, au lieu d'apprécier ce qu'il y avait de fraternel dans sa démarche, ils l'accablèrent d'invectives et le contraignirent à se retirer pour n'avoir pas à subir de plus sérieux outrages. Aussitôt le cortège se forma ; la procession parcourut les rues de la ville, non sans provoquer sur son passage des murmures inquiétants pour sa sûreté. Peu de temps après, la Grande-Loge s'assembla extraordinairement, et prononça la radiation de la loge, qu'elle déclara irrégulière et qu'elle signala comme telle aux autres ateliers de sa juridiction. Cette mesure fut diversement jugée. Quelques loges la désapprouvèrent hautement, firent cause commune avec la loge rayée, et constituèrent une nouvelle grande loge. Cette levée de boucliers n'eut cependant pas de suites ; la plupart des frères dissidents vinrent bientôt à résipiscence, et obtinrent leur pardon de la Grande-Loge. Quant aux autres, ne trouvant d'appui dans aucun des corps maçonniques des Etats-Unis, ils se dispersèrent ; et les ateliers dont ils faisaient partie, ainsi que la grande loge schismatique, cessèrent dès ce moment d'exister .

On a vu plus haut que la maçonnerie américaine s'associait aux solennités publiques comme corporation de l'Etat, qualité qui lui avait été conférée par la plupart des législatures de l'Union ; nous en citerons deux autres exemples. En 1825, il fut célébré à New-York une grande fête nationale pour l'inauguration du canal de l'Erié. Les maçons, notamment, y accoururent des extrémités de la république. Dans le cortège qui partit de l'hôtel de la commune pour se rendre aux bords
du canal, ils marchaient, décorés de leurs insignes et leurs bannières déployées, entre l'ordre judiciaire et le gouverneur de l'Etat, et ils eurent une place d'honneur sur les gradins de l'immense amphithéâtre qui avait été dressé sur le lieu de la cérémonie. L'année suivante, à la fête qui eut pour objet d'honorer la mémoire des patriotes Adams et Jefferson, la société maçonnique ne fut pas l'objet d'une moindre distinction. Elle figurait dans les premiers rangs du cortège. Les robes, les ceintures des différents hauts grades ; les riches costumes des officiers des chapitres de Royale-Arche ; les vêtements noirs à l'espagnole des chevaliers du Temple, formaient un coup d'œil imposant et bizarre à la fois, qui attirait particulièrement l'attention de la foule.

Depuis la révolution qui renversa la domination française à Saint-Domingue, la maçonnerie avait cessé d'exister dans cette île, où elle avait été portée vers le milieu du siècle passé. Le Grand-Orient de France l'y introduisit de nouveau en 1808. On voit, en effet, figurer sur ses tableaux à cette date les loges le Choix des hommes, à Jacmel ; les Frères réunis, aux Cayes ; la Réunion désirée, au Port-au-Prince; la Réunion des cœurs, à Jérémie. En 1809, les Anglais constituèrent l'Amitié des frères réunis, au Port-au-Prince, et l'Heureuse réunion, aux Cayes, et attirèrent à leur juridiction les loges créées par le Grand-Orient. En 1817, ils instituèrent une grande loge provinciale au Port-au-Prince, dont ils nommèrent grand-maître le grand-juge de la république haïtienne.

Le frère d'Obernay, qui prenait le titre de grand-maître ad vitam de toutes les loges du Mexique, et qui, dès le mois de juillet 1819, avait été investi de pleins pouvoirs par le Grand-Orient de France, érigea en 1820 plusieurs ateliers du rite
français à Jacmel, au Port-au-Prince et ailleurs. En 1822, une loge du rite écossais ancien et accepté fut aussi établie aux Cayes par le comte Roume de Saint-Laurent. Celle-ci'avait pour titre : les Elèves de la nature, et reconnaissait l'autorité du Suprême Conseil de France. Cet état d'anarchie de la société entraînant de graves inconvénients, les maçons haïtiens songèrent à y mettre un terme. Dans ce but, ils se détachèrent de la Grande-Loge anglaise, et formèrent, le 25 mai 1823, un Grand-Orient national sous la protection du président de la république. Ce corps déclara, en 1833, reconnaître les divers rites maçonniques en vigueur, et s'en attribua l'administration dans toute l'étendue du territoire haïtien. Ce coup d'Etat donna lieu à de vives réclamations. Jusqu'à présent, les Elèves de la nature, aux Cayes ; les Philadelphes, à Jacmel ; la Vraie gloire, à Saint-Marc, ont refusé de s'y soumettre.

A l'époque de l'établissement de l'empire brésilien, la maçonnerie avait déjà plusieurs ateliers en vigueur dans ces contrées. Un Grand-Orient s'y forma peu après. Don Pédro Ier, reçu maçon le 05 août 1822, en fut nommé grand-maître le 22 septembre de la même année. A peine installé, il conçut des doutes sur la fidélité
des loges et voulut interdire leurs réunions ; mais, depuis, mieux informé, il abandonna ce dessein. Le rite écossais ancien et accepté s'introduisit dans le pays postérieurement à 1820, et y fonda un suprême conseil du trente-troisième degré. Cette autorité est distincte du Grand-Orient du Brésil, qui pratique le rite français ou moderne. Dans ces derniers temps, il s'est opéré une scission dans le sein du Suprême Conseil, de laquelle est née une seconde puissance écossaise.

Pendant quelque temps, la franc-maçonnerie jouit d'une grande faveur dans la république de Vénézuela, où elle avait été introduite vers 1808 ; mais les dissensions politiques qui ont agité le pays lui ont été fatales ; et l'on n'y compte plus aujourd'hui qu'un petit nombre de loges, qui professent le rite écossais et dépendent d'un suprême conseil du trente-troisième degré.

Au Mexique, l'institution n'est pas dans un état plus florissant. Les premières loges y furent érigées pendant la guerre de l'indépendance. Elles tenaient leurs constitutions des divers Grandes-Loges des Etats-Unis, et particulièrement de celle de New-York. Le rite qu'elles pratiquaient était celui des anciens maçons d'Angleterre, plus connu sous le nom de rite d'York. Avant 1820, il se forma dans ce pays plusieurs ateliers du rite écossais ancien et accepté, qui, à quelque temps de là, y organisèrent un suprême conseil de ce rite. Ce n'est qu'en 1825 que les loges du rite d'York établirent le Grand-Orient mexicain, avec le concours du frère Poinsett, ministre des Etats-Unis, qui procéda à son installation. En 1827, la division
des partis était des plus tranchées au Mexique. Les loges, malheureusement, leur servirent de points de réunion. Le parti du peuple, composé des membres du gouvernement, de la majorité des Indiens et des indigènes, et de tous les adhérents sincères du système fédéral, s'affilia aux loges du rite d'York, et reçut, à cause de cela, le surnom de Yorkino. Le parti opposé, celui du haut clergé, de l'aristocratie, des monarchistes, des centralistes, s'attacha aux loges du rite écossais, et fut, par une raison analogue, appelé Escoceses. Celui-ci, le moins fort, mais le plus adroit, s'empara un moment du pouvoir, et détruisit la plupart des loges des Yorkinos. Lorsque la chance tourna, ce furent, à leur tour, les Escoceses qui furent l'objet de violences de la part du vainqueur. Pendant ces agitations, la maçonnerie eut beaucoup à souffrir : aussi ne compte-t-on aujourd'hui, au Mexique, que fort peu de loges, dont les travaux sont languissants, et qui, peut-être, ne tarderont pas à se dissoudre.

Les dernières grandes loges qui s'organisèrent en Amérique sont celles de la république du Texas, du territoire d'Arkansas et de l'Etat d'Illinois (Etats-Unis). La première a été fondée, le 20 décembre 1837, sous l'autorité de la Grande-Loge de la Louisiane. Elle a son siège à Austin, et compte quatorze loges dans sa juridiction. La seconde date du commencement de 1842. La troisième enfin a été établie le 23 octobre de la même année par les Grandes-Loges du Kentucky et du Missouri, sur les débris d'une autorité de même nature, qui s'était dissoute il y a quelques années.

C'est ainsi que, dans le cours d'un siècle, la franc-maçonnerie
se propagea sur toute la surface de la terre, répandant partout sur son passage des semences de civilisation et de progrès, au milieu même de ses plus grands écarts. Il est, en effet, à remarquer que toutes les améliorations qui se sont produites dans les idées et traduites dans les faits, depuis un pareil nombre d'années, ont leur source dans les prédications mystérieuses de la maçonnerie, et dans les habitudes contractées dans les loges et reportées au dehors par les maçons. Il ne faut donc pas s'étonner que les partisans et les soutiens d'un vieil ordre de choses dont la maçonnerie opère insensiblement et pacifiquement la transformation se soient opposés de tout leur pouvoir à l'établissement et au développement de cette institution. On verra dans le chapitre suivant de quels obstacles de toute nature il lui a fallu triompher.

"Histoire pittoresque de la FrancMaçonnerie et des sociétés secrètes anciennes et modernes"

 

Source : http://www.boutiquefs.com



 

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