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L'indépendance américaine et la loge parisienne Les Neuf Soeurs

29 Octobre 2012 , Rédigé par PVI N°22 Publié dans #histoire de la FM

Peu de Loges maçonniques ont connu un tel rayonnement que la Loge des « Neuf Sœurs ».

Peu de Loges ont bénéficié, dans le milieu maçonnique et dans le monde profane d'une telle renommée et il fallait qu'elle soit exceptionnelle pour que le bulletin de "La Cohorte" organe très officiel des titulaires de la Légion d'Honneur, dans son dernier numéro, lui consacrât dix pages et de multiples reproductions de documents maçonniques.

On peut dire que la Loge des « Neuf Sœurs » a trouvé aujourd'hui, dans l'histoire, la juste place due au rôle qu'elle a pu jouer à la fois par la person­nalité exceptionnelle des hommes qui la composaient et à l'influence qu'elle a eue sur la société de son époque.

Le bicentenaire de cette Loge coïncide avec le bicentenaire de l'indépen­dance des Etats-Unis et on peut certes lier ces deux célébrations.

Il s'agit bien du bicentenaire de la création officielle en 1776, car celui qui devait être le fondateur de la Loge : le mathématicien Lalande, préparait cette création depuis plusieurs années, avec Mme Helvetius qui tenait pour sa part à réaliser le voeu que son mari n'avait pu accomplir avant sa mort en 1771.

Lalande fort occupé par la réorganisation générale d'une Franc-Maçonnerie quelquefois interdite, souvent mal tolérée, toujours désordonnée, ne parvint au but qu'en 1776, et déjà le Tableau de la Loge qui devait s'enrichir considéra­blement comprenait outre le grand mathématicien, le Frère de Merlay, Président de la Chambre des Comptes, l'Abbé Rémy, Avocat au Parlement, de la Dixmerie, le Comte Persan, le Marquis d'Ouarville, d'Alayrac, garde du Roi, les Abbés Humbert, Matagrin, Robin, du Rouzeau et Cordier, Ecuyer de Mme d'Artois, qui avait lutté pour la réalisation de l'Atelier pendant toutes ces années de 1770 à 1776. Mais ce n'était là qu'un cadre auquel viendront se joindre les noms les plus prestigieux de l'époque et pour n'en citer que quelques- uns Garnier, de nombreux avocats au Parlement dont de Sèze qui aura la redoutable tâche de plaider pour Louis XVI, Elle de Beaumont, de Chamfort, Greuze, de l'Académie de Peinture et Vernet, peintre du Roi, Houdon, le Dr Guillotin, Condorcet qui se voua avec son jeune Frère des "Neuf Soeurs", Legrand de Laleu à la défense de trois malheureuses vic­times d'une erreur judiciaire. Ce genre d'action de bienfaisance faisait partie des obligations contractées par les Frères des « Neuf Sœurs », obligation nouvelle à l'époque et dont la systématisation était un phénomène unique.

Mais tout cela présente la sécheresse d'une énumération et il faudrait évoquer la réunion de ces hommes dont nous n'avons cité que quelques-uns des plus connus parce qu'il faudrait y ajouter, peut-être, Florian, Diderot et Danton, mais très certainement Lacépède, Voltaire immatri­culé sous le N° 104 et celui qui aujourd'hui nous intéresse plus particulière­ment le Docteur Benjamin Franklin sous le N° 106 du Tableau de la Loge.

Ce dernier et célèbre Frère nous intéresse plus spécialement car il joua un rôle important dans la Loge, participant activement à ses travaux non point dans le sens où nous l'entendons aujourd'hui mais créant un état d'esprit, véritable animateur avec Lalande de ce creuset de la pensée libérale, pré­révolutionnaire et universelle.

Il a été rappelé à maintes reprises que chaque Frère entrant dans la Loge des « Neuf Soeurs • devait présenter un travail nouveau dans sa spécialité, l'écrivain : poème ou oeuvre philosophique, le musicien : telle pièce de musique, le peintre tel tableau. NI la tourmente révolutionnaire, ni les persé­cutions nazis n'ont permis que parviennent jusqu'à nous le travail, la "planche"; comme nous disons, de Benjamin Franklin. Mais il n'en fut pas moins Vénérable après Lalande, c'est-à-dire en 1779. Benjamin Franklin cosignataire et promoteur de la déclaration de l'indépendance des Etats-Unis, était profon­dément Franc-Maçon, et il avait même avant d'être initié fondé dès 1729 un club se rapprochant des Loges que nous connaissons aujourd'hui.

Des amis choisis se réunissaient chaque semaine, la discussion s'effectuait dans le cadre d'un règlement rigoureux et il écrivait :

« Nos discussions doivent être soumises à la direction d'un président et ne ressentir que du plus sincère désir de Recherche de la Vérité, sans que le plaisir de la discussion ou la vanité d'avoir raison ne puissent entrer en ligne de compte dans nos discussions... »

Rapidement Benjamin Franklin entra dans la Franc-Maçonnerie ; initié en 1731 il était Vénérable de la Loge de « Saint-Jean » à Philadelphie en 1733 et en 1749, Grand Maître Provincial, de Pennsylvanie.

Le « Docteur » Benjamin Franklin assiste en 1760 à l'Assemblée générale de la Grande Loge d'Angleterre ès qualités de Grand Maître Provincial mais il est déjà de ceux qui, sujets britanniques loyaux, auraient vu sans inconvé­nient, compte tenu du développement de l'Amérique, transférer de Londres à Philadelphie, le siège du très noble Empire britannique !

Mais c'était une idée que les Londoniens ne partageaient absolument pas !

Après les incidents aussi graves qu'insolites soulevés par les problèmes des droits de timbre, le 1er Congrès réunit en septembre 1774, 12 colonies à Philadelphie, ville de Benjamin Franklin et les 56 délégués outre le boycottage des produits britanniques, décident d'une ébauche de déclaration, de déclara­tion des droits.

Benjamin Franklin, effectue deux missions en France où il ne manque pas de rencontrer Lalande comme lui membre de l'Académie des Sciences. Leurs objectifs, à des niveaux bien différents, sont communs : c'est vers une morale de Liberté, de Vérité et de Bonheur qu'ils entendent diriger leurs efforts.

Mais ce n'est qu'en octobre 1776 que Benjamin Franklin est envoyé par le Congrès avec pour mission de convaincre la France et plus particulièrement Vergennes de prendre un parti plus net.

« L'Ambassadeur particulier » débarque à Auray, se dirige vers Paris et loue à Passy, une petite maison, proche de celle de Mme Helvetius d'ailleurs, et devient, soignant son personnage : bonnet de fourrure, vêtements simples et bas de coton, le symbole de l'Américain.

Il entre presque aussitôt à la Loge des « Neuf Sœurs », toujours par l'intermédiaire de Lalande et l'on prétend qu'il demanda Mme Helvetius en mariage ?

L'homme qui avait tout à la fois « capté la foudre », promu la déclara­tion d'indépendance des Etats-Unis, et... inventé l'harmonica, fut durant ces neuf ans, l'homme à la mode de Paris.

Mais aussi, homme de vertu et de morale, il trouvait une coïncidence entre les aspirations de sa Loge des « Neuf sœurs » parfaitement décrites en son manifeste, (et c'était la première fois en France pour une Loge Maçon­nique) et cette déclaration d'Indépendance, texte de haute portée politique dont il avait vu à son grand regret, le Congrès retirer un seul passage : celui relatif à la traite des Noirs.

Cette déclaration d'indépendance où Chateaubriand voyait naître : « une République d'un genre inconnu (qui) annonçait un changement de l'esprit humain », énonçait clairement : « Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux. Ils sont doués par le créateur de droits inaliénables, parmi ces droits se trouvent la vie, la Liberté et la recherche du Bonheur. Les gouvernements sont établis par les hommes pour garantir ces Droits ».

La « Déclaration de principes de Morale » proposée à la Respectable Loge des « Neuf Sœurs », (un des rares textes élaborés, à une époque où la Franc-Maçonnerie répétons-le, ne travaille pas sur des textes, n'établit point de rapports, tend beaucoup moins à la recherche qu'aujourd'hui), systématise sous l'angle moral, ces mêmes idées : « L'homme est doué de facultés, soumis à des besoins... les Droits de l'homme consistent dans le libre exercice de toutes ses facultés, la satisfaction complète de tous ses besoins... de ce que tous les hommes ont les mêmes facultés et les mêmes besoins, il résulte qu'ils ont les mêmes droits et qu'ils sont parfaitement égaux... La société doit garantir à tous ses membres l'exercice de leurs droits ». Et elle ajoutait comme pour adhérer plus étroitement à la pensée du Docteur Franklin, l'Homme aux treize vertus :

« Au-delà, tous les sacrifices qu'un homme peut faire pour le bien de ses semblables sont volontaires ; ce sont des actes vertueux dont la pratique constitue la bienfaisance » .

Si l'on fait la synthèse de ces deux textes rédigés vers la même époque, par des hommes de même formation philosophique c'est-à-dire où l'esprit de la Franc-Maçonnerie domine, on aboutit à ce que sera, en l'essentiel, la décla­ration des Droits de l'Homme.

Mais on retrouve aussi, au même moment cet autre grand Franc-Maçon La Fayette qui avait affiché dans sa chambre la Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis et s'exaltait à sa lecture. Initié en 1775 avec le Prince de Broglie et le Duc de Choiseul, il connut bien des difficultés en Amérique. Il lui avait fallu pour pouvoir jouer un rôle la lettre de recommandation de Benjamin Franklin à George Washington et à son retour de France il rapportera au même Franklin un message de Washington du 5 mars 1780, le remerciant de lui avoir adressé le jeune La Fayette. Ainsi même dans l'action la plus directe, dans la guerre, retrouve-t-on la trace du « Docteur », du Vénérable des « Neuf Sœurs ».

Mais quel lien peut unir, hommes et idées, Français et Américains, géné­rosité et "Bienfaisanc"e » comme nous le disions ?

A y réfléchir, il n'y a place ni pour le hasard, ni pour quelque coïncidence dans le croisement de Lalande avec son inlassable acharnement, de Franklin intrépide et populaire créateur du « Nouveau Monde », de La Fayette avec sa fougue juvénile, de Voltaire, Patriarche de la Liberté !

Ce n'est point le jeu de l'histoire qui les rassemble ; mais leurs volontés réunies, leur générosité, leur sensibilité, leur amour des autres hommes, font l'histoire, pétrissent l'événement, dressent les textes nouveaux et impéris­sables.

Cette volonté unique, cet Idéal commun, n'ont qu'une seule source : la Franc-Maçonnerie française du XVIII° siècle et cette Loge précieuse, lumineuse entre toutes : la Respectable Loge des « Neuf Sœurs »

La Déclaration des Droits de l'Homme à laquelle, les Etats ont aujourd'hui quelque honte à ne point adhérer fidèlement, trouve là son origine, dans le grand élan généreux, volontaire et concerté de quelques Francs-Maçons qui se réunissaient régulièrement et humblement dans une même Loge française au XVIII° siècle comme les Francs-Maçons des « Neuf Sœurs » continuent de le faire en 1976 avec quelques milliers d'autres Francs-Maçons de la Grande Loge de France.

Source : www.ledifice.net

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La Franc-Maçonnerie en Amérique

28 Octobre 2012 , Rédigé par François-Timoléon Bègue-Clavel Publié dans #histoire de la FM

Dès 1721, elle avait été portée au Canada. Elle s'établit au Louisbourg et au Cap-Breton en 1745. Aux Etats-Unis, la première loge fut fondée en 1730, en Géorgie ; et le frère Roger Lacey y fut institué grand-maître provincial. Le nombre des ateliers s'était multiplié dans cet Etat, lorsque, le 16 décembre 1786, le grand-maître provincial, Samuel Elbert, en réunit tous les députés à Savannah, et abdiqua entre leurs mains les pouvoirs qu'il avait exercés jusque-là au nom de la Grande-Loge d'Angleterre. A partir de ce moment, une grande loge indépendante fut instituée pour l'Etat de Géorgie. Elle rédigea ses statuts, nomma ses officiers et maintint le frère Elbert dans la grande-maîtrise. C'est aussi en 1730 que la maçonnerie fut introduite dans le New-Jersey, et en 1786 également que se constitua la grande loge de cet Etat. Le frère David Brearly en fut le premier grand-maître.

La société existait déjà dans le Massachussetts, vers l'an 1750. Sur la demande de frères résidant à Boston, le lord vicomte de Montagu, grand-maître d'Angleterre, nomma, en 1733, le frère Henri Price grand-maître provincial pour le nord de l'Amérique, avec pleins pouvoirs de choisir les officiers nécessaires pour former une grande loge provinciale, et de constituer des ateliers maçonniques dans toute l'étendue des colonies américaines. Le 30 juillet,
, le frère Price constitua sa grande loge provinciale et institua des loges dans différentes parties du continent. En 1755, une autre grande loge provinciale s'établit à Boston, sous l'autorité de la Grande-Loge d'Ecosse, en rivalité de la première. Celle-ci fit de vains efforts pour s'opposer à cet établissement ; elle le déclara schismatique, et défendit à ses loges de communiquer avec les maçons qui le reconnaissaient. Elle adressa, au sujet d'un tel empiètement sur sa juridiction, des réclamations à la Grande-Loge d'Ecosse, qui n'en tint aucun compte, et qui même délivra, sous la date du 30 mai 1769, une charte qui nommait Joseph Warren grand-maître provincial du rite d'Ecosse à Boston et à cent milles à la ronde. Ce grand-maître fut installé le 27 décembre suivant, et bientôt la grande loge à laquelle il présidait constitua une foule de loges dans le Massachussetts, le New-Hampshire, le Connecticut, le Vermont, le New-York, etc. Peu de temps après, la guerre éclata entre l'Angleterre et ses colonies. Boston fut fortifié et devint place d'armes. Beaucoup de ses habitants émigrèrent ; les loges cessèrent leurs travaux, et les deux grandes loges suspendirent également leurs réunions. Cet état de choses dura jusqu'à la paix.

En 1775 eut lieu, le 17 juin,
la bataille de Bunker's-Hill. Le grand-maître Warren y fut tué en combattant pour la liberté. Quelques-uns de ses frères l'enterrèrent sur le lieu même où il avait péri. A la paix, la grande loge dont il avait été le chef voulut lui rendre les derniers honneurs. A cet effet, elle se transporta en corps sur le champ de bataille, et guidée par un frère qui avait combattu aux côtés de Warren et avait contribué à inhumer sa dépouille mortelle, elle fit fouiller la terre et exhumer les restes du grand citoyen, qui furent transportés à la maison d'état de Boston, au milieu d'un immense concours de frères . Peu après, on les déposa dans une tombe sur laquelle on n'avait tracé aucun emblème  et aucun nom, pensant « que les belles actions de Warren n'avaient pas besoin d'être gravées sur le marbre pour rester dans la mémoire de la postérité. »

Le champ de bataille de Bunker's-Hill fut témoin d'une magnifique solennité maçonnique, lors du voyage du général Lafayette aux Etats-Unis. Le 17 juin 1825, cinquantième anniversaire de cette lutte héroïque dans laquelle les patriotes
américains triomphèrent pour la première fois du courage discipliné des Anglais, la Grande-Loge de Boston appela tous les maçons de la république à la célébration d'une grande fête nationale. Plus de cinq mille frères répondirent à cet appel. Un cortège se forma, qui se porta, d'un mouvement spontané, à la maison du général Lafayette, dont on avait résolu de célébrer dignement la présence à Boston. Les frères le prirent au milieu d'eux et le conduisirent en triomphe, au bruit des cloches de toutes les églises et des détonations de l'artillerie, à travers un million de citoyens accourus des points les plus éloignés et se pressant sur son passage, sur le lieu même où, cinquante ansauparavant, il avait exposé sa vie pour la défense des droits et des libertés de l'Amérique. On y posa la première pierre d'un monument destiné à perpétuer le souvenir de la victoire de Bunker's-Hill. Le grand-maître répandit du blé, du vin et de l'huile sur la pierre, pendant qu'un ministre de la religion la consacrait sous les auspices du ciel. Alors le cortège se rendit à un vaste amphithéâtre construit sur le revers de la montagne , et là, l'orateur de la Grande-Loge, s'adressant à ses innombrables auditeurs, leur rappela, dans un chaleureux discours, les iniquités et les malheurs dont leurs pères avaient eu à souffrir sous la tyrannie de la métropole, et les bienfaits d'une liberté due à leur généreux dévouement et à l'appui désintéressé de quelques nobles étrangers. A ces mots, un immense applaudissement s'éleva du sein de la foule, et Lafayette fut salué du nom de père de la patrie. Ce fut un beau jour pour cet illustre vieillard, qui répandit de douces larmes en recevant ainsi l'hommage de la reconnaissance de tout un peuple !

En 1777, les deux Grandes-Loges de Boston se déclarèrent indépendantes. Cependant la rivalité qui les divisait avait beaucoup perdu de sa vivacité. Les frères des deux obédiences communiquaient entre eux sans que les corps dont ils dépendaient y missent sérieusement obstacle. Le vœu d'une réunion, émis par quelques maçons, était devenu celui de tous ; aussi, lorsque la grande loge fondée originairement par la métropole anglaise fit à sa rivale une proposition formelle de fusion
celle-ci l'accepta-t-elle avec empressement. Les bases en furent facilement arrêtées, et la réunion s'opéra le 05 mars 1792. De pareils rapprochements eurent lieu bientôt après dans tous les Etats de l'Union américaine où les loges étaient soumises à différentes autorités. A cette occasion, le président Washington fut nommé grand-maître général de la maçonnerie dans la république. Une médaille fut frappée en 1797 pour perpétuer le souvenir de cette élection.

L'établissement de la société dans la Pennsylvanie remonte à l'an 1734. La Grande-Loge de Boston délivra en cette année, à plusieurs frères résidant à Philadelphie, des constitutions pour ouvrir une loge dans cette ville. Benjamin Franklin, si célèbre depuis, en fut le premier vénérable. Le nombre des loges s'accrut rapidement dans cet Etat. La plupart s'étaient fait constituer directement parla Grande-Loge d'Angleterre ; elles obtinrent de ce corps
en 1764 l'autorisation de former une grande loge provinciale, qui se déclara indépendante en 1786, à l'exemple de celles de New-Jersey, de Géorgie et de Massachussetts.

La Grande-Loge de New-York fut constituée comme grande loge provinciale le 05 septembre 1781, en vertu d'une charte du Duc
d'Atholl, chef de la Grande-Loge des anciens maçons, corps qui s'était formé à Londres en rivalité de la Grande-Loge d'Angleterre, ainsi qu'on le verra dans la suite de cette histoire. En 1787, elle secoua le joug, et proclama son indépendance. Une autre grande loge avait été fondée antérieurement sous les auspices de la Grande-Loge d'Angleterre. Celle-ci avait son siège à Albany. Elle s'affranchit également en 1787 de la dépendance de l'autorité qui l'avait établie. En 1826, ces deux grandes loges comptaient plus de cinq cents ateliers dans leurs juridictions. La dernière a cessé d'exister vers 1828.

A la fin de 1837, une grande loge schismatique tenta de se former à New-York. La loge d'York, n° 367, avait résolu de faire, le 24 juin
une procession publique, pour célébrer, suivant un usage anciennement en vigueur dans ce pays, la fête de saint Jean, patron de la société maçonnique. Un grave évènement que nous relaterons ailleurs, et dont l'impression n'était pas tout à fait effacée, imposait à la maçonnerie américaine la plus grande circonspection, et lui interdisait toutes les manifestations extérieures qui auraient pu réveiller le souvenir du passé. La Grande-Loge intervint donc pour obtenir de la loge d'York qu'elle renonçât à réaliser son dessein. On promit tout ce qu'elle voulut ; mais on n'en continua pas moins les préparatifs commencés, et tout annonçait que la procession aurait lieu comme il avait été décidé. Au jour fixé pour cette cérémonie, le député grand-maître se transporta au local où la loge était réunie, espérant qu'il obtiendrait d'elle par la persuasion ce qu'elle refusait d'accorder aux injonctions de la Grande-Loge. Mais un esprit de vertige semblait avoir saisi les frères : ils refusèrent d'entendre la parole de cet intermédiaire officieux ; et, au lieu d'apprécier ce qu'il y avait de fraternel dans sa démarche, ils l'accablèrent d'invectives et le contraignirent à se retirer pour n'avoir pas à subir de plus sérieux outrages. Aussitôt le cortège se forma ; la procession parcourut les rues de la ville, non sans provoquer sur son passage des murmures inquiétants pour sa sûreté. Peu de temps après, la Grande-Loge s'assembla extraordinairement, et prononça la radiation de la loge, qu'elle déclara irrégulière et qu'elle signala comme telle aux autres ateliers de sa juridiction. Cette mesure fut diversement jugée. Quelques loges la désapprouvèrent hautement, firent cause commune avec la loge rayée, et constituèrent une nouvelle grande loge. Cette levée de boucliers n'eut cependant pas de suites ; la plupart des frères dissidents vinrent bientôt à résipiscence, et obtinrent leur pardon de la Grande-Loge. Quant aux autres, ne trouvant d'appui dans aucun des corps maçonniques des Etats-Unis, ils se dispersèrent ; et les ateliers dont ils faisaient partie, ainsi que la grande loge schismatique, cessèrent dès ce moment d'exister .

On a vu plus haut que la maçonnerie américaine s'associait aux solennités publiques comme corporation de l'Etat, qualité qui lui avait été conférée par la plupart des législatures de l'Union ; nous en citerons deux autres exemples. En 1825, il fut célébré à New-York une grande fête nationale pour l'inauguration du canal de l'Erié. Les maçons, notamment, y accoururent des extrémités de la république. Dans le cortège qui partit de l'hôtel de la commune pour se rendre aux bords
du canal, ils marchaient, décorés de leurs insignes et leurs bannières déployées, entre l'ordre judiciaire et le gouverneur de l'Etat, et ils eurent une place d'honneur sur les gradins de l'immense amphithéâtre qui avait été dressé sur le lieu de la cérémonie. L'année suivante, à la fête qui eut pour objet d'honorer la mémoire des patriotes Adams et Jefferson, la société maçonnique ne fut pas l'objet d'une moindre distinction. Elle figurait dans les premiers rangs du cortège. Les robes, les ceintures des différents hauts grades ; les riches costumes des officiers des chapitres de Royale-Arche ; les vêtements noirs à l'espagnole des chevaliers du Temple, formaient un coup d'œil imposant et bizarre à la fois, qui attirait particulièrement l'attention de la foule.

Depuis la révolution qui renversa la domination française à Saint-Domingue, la maçonnerie avait cessé d'exister dans cette île, où elle avait été portée vers le milieu du siècle passé. Le Grand-Orient de France l'y introduisit de nouveau en 1808. On voit, en effet, figurer sur ses tableaux à cette date les loges le Choix des hommes, à Jacmel ; les Frères réunis, aux Cayes ; la Réunion désirée, au Port-au-Prince; la Réunion des cœurs, à Jérémie. En 1809, les Anglais constituèrent l'Amitié des frères réunis, au Port-au-Prince, et l'Heureuse réunion, aux Cayes, et attirèrent à leur juridiction les loges créées par le Grand-Orient. En 1817, ils instituèrent une grande loge provinciale au Port-au-Prince, dont ils nommèrent grand-maître le grand-juge de la république haïtienne.

Le frère d'Obernay, qui prenait le titre de grand-maître ad vitam de toutes les loges du Mexique, et qui, dès le mois de juillet 1819, avait été investi de pleins pouvoirs par le Grand-Orient de France, érigea en 1820 plusieurs ateliers du rite
français à Jacmel, au Port-au-Prince et ailleurs. En 1822, une loge du rite écossais ancien et accepté fut aussi établie aux Cayes par le comte Roume de Saint-Laurent. Celle-ci'avait pour titre : les Elèves de la nature, et reconnaissait l'autorité du Suprême Conseil de France. Cet état d'anarchie de la société entraînant de graves inconvénients, les maçons haïtiens songèrent à y mettre un terme. Dans ce but, ils se détachèrent de la Grande-Loge anglaise, et formèrent, le 25 mai 1823, un Grand-Orient national sous la protection du président de la république. Ce corps déclara, en 1833, reconnaître les divers rites maçonniques en vigueur, et s'en attribua l'administration dans toute l'étendue du territoire haïtien. Ce coup d'Etat donna lieu à de vives réclamations. Jusqu'à présent, les Elèves de la nature, aux Cayes ; les Philadelphes, à Jacmel ; la Vraie gloire, à Saint-Marc, ont refusé de s'y soumettre.

A l'époque de l'établissement de l'empire brésilien, la maçonnerie avait déjà plusieurs ateliers en vigueur dans ces contrées. Un Grand-Orient s'y forma peu après. Don Pédro Ier, reçu maçon le 05 août 1822, en fut nommé grand-maître le 22 septembre de la même année. A peine installé, il conçut des doutes sur la fidélité
des loges et voulut interdire leurs réunions ; mais, depuis, mieux informé, il abandonna ce dessein. Le rite écossais ancien et accepté s'introduisit dans le pays postérieurement à 1820, et y fonda un suprême conseil du trente-troisième degré. Cette autorité est distincte du Grand-Orient du Brésil, qui pratique le rite français ou moderne. Dans ces derniers temps, il s'est opéré une scission dans le sein du Suprême Conseil, de laquelle est née une seconde puissance écossaise.

Pendant quelque temps, la franc-maçonnerie jouit d'une grande faveur dans la république de Vénézuela, où elle avait été introduite vers 1808 ; mais les dissensions politiques qui ont agité le pays lui ont été fatales ; et l'on n'y compte plus aujourd'hui qu'un petit nombre de loges, qui professent le rite écossais et dépendent d'un suprême conseil du trente-troisième degré.

Au Mexique, l'institution n'est pas dans un état plus florissant. Les premières loges y furent érigées pendant la guerre de l'indépendance. Elles tenaient leurs constitutions des divers Grandes-Loges des Etats-Unis, et particulièrement de celle de New-York. Le rite qu'elles pratiquaient était celui des anciens maçons d'Angleterre, plus connu sous le nom de rite d'York. Avant 1820, il se forma dans ce pays plusieurs ateliers du rite écossais ancien et accepté, qui, à quelque temps de là, y organisèrent un suprême conseil de ce rite. Ce n'est qu'en 1825 que les loges du rite d'York établirent le Grand-Orient mexicain, avec le concours du frère Poinsett, ministre des Etats-Unis, qui procéda à son installation. En 1827, la division
des partis était des plus tranchées au Mexique. Les loges, malheureusement, leur servirent de points de réunion. Le parti du peuple, composé des membres du gouvernement, de la majorité des Indiens et des indigènes, et de tous les adhérents sincères du système fédéral, s'affilia aux loges du rite d'York, et reçut, à cause de cela, le surnom de Yorkino. Le parti opposé, celui du haut clergé, de l'aristocratie, des monarchistes, des centralistes, s'attacha aux loges du rite écossais, et fut, par une raison analogue, appelé Escoceses. Celui-ci, le moins fort, mais le plus adroit, s'empara un moment du pouvoir, et détruisit la plupart des loges des Yorkinos. Lorsque la chance tourna, ce furent, à leur tour, les Escoceses qui furent l'objet de violences de la part du vainqueur. Pendant ces agitations, la maçonnerie eut beaucoup à souffrir : aussi ne compte-t-on aujourd'hui, au Mexique, que fort peu de loges, dont les travaux sont languissants, et qui, peut-être, ne tarderont pas à se dissoudre.

Les dernières grandes loges qui s'organisèrent en Amérique sont celles de la république du Texas, du territoire d'Arkansas et de l'Etat d'Illinois (Etats-Unis). La première a été fondée, le 20 décembre 1837, sous l'autorité de la Grande-Loge de la Louisiane. Elle a son siège à Austin, et compte quatorze loges dans sa juridiction. La seconde date du commencement de 1842. La troisième enfin a été établie le 23 octobre de la même année par les Grandes-Loges du Kentucky et du Missouri, sur les débris d'une autorité de même nature, qui s'était dissoute il y a quelques années.

C'est ainsi que, dans le cours d'un siècle, la franc-maçonnerie
se propagea sur toute la surface de la terre, répandant partout sur son passage des semences de civilisation et de progrès, au milieu même de ses plus grands écarts. Il est, en effet, à remarquer que toutes les améliorations qui se sont produites dans les idées et traduites dans les faits, depuis un pareil nombre d'années, ont leur source dans les prédications mystérieuses de la maçonnerie, et dans les habitudes contractées dans les loges et reportées au dehors par les maçons. Il ne faut donc pas s'étonner que les partisans et les soutiens d'un vieil ordre de choses dont la maçonnerie opère insensiblement et pacifiquement la transformation se soient opposés de tout leur pouvoir à l'établissement et au développement de cette institution. On verra dans le chapitre suivant de quels obstacles de toute nature il lui a fallu triompher.

"Histoire pittoresque de la FrancMaçonnerie et des sociétés secrètes anciennes et modernes"

 

Source : http://www.boutiquefs.com



 

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Eléments trop brefs concernant l'histoire maçonnique américaine

28 Octobre 2012 , Rédigé par Alain BERNHEIM Publié dans #histoire de la FM

Voici terminée l'énumération des textes qui, se fondant sur l'organisation créée par Morin entre 1763 (date de son retour à Saint Domingue) et 1771 (Morin meurt à Kingston au mois de novembre de cette année), tenteront d'améliorer cette organisation pour aboutir au Rite Ecossais Ancien et Accepté en 33 grades tel que nous le connaissons aujourd'hui. Nous voyons ainsi au départ la Patente reçue par Morin en 1761, au centre l'annonce de l'existence d'une organisation en 33 grades à Charleston en 1802. Ce n'est qu'ensuite, de 1812 à 1872, que les textes eux-mêmes seront imprimés.

Mais comment expliquer le passage de cette organisation et ses transformations de Saint Domingue à la Caroline du Sud?

De Saint Domingue, colonie française, cette organisation était passée à la Jamaïque, colonie anglaise, un peu par hasard si, comme nous le pensons, Morin avait fait la connaissance de Francken lors de son emprisonnement à Kingston en 1762, mais aussi parce que la Grande Loge de France ayant décidé en 1766 d'annuler sa patente, Morin s'était trouvé confronté à une situation peu confortable à Saint Domingue avec l'arrivée du Frère Martin et les contestations que l'enquête de celui-ci avait fait surgir.

De la Jamaïque l'organisation de Morin avait été transplantée en 1767 à Albany, province de New York, avant la Guerre d'Indépendance, par Francken. Son développement fut ralenti par les débuts de la révolution des colons contre l'Angleterre (1773) et ce n'est que plusieurs années plus tard, en 1781 à Philadelphie, que nous voyons l'un des Députés Inspecteurs nommés par Francken, Moses Michael Hayes, se préoccuper de développer ce Rite dans ce qui était devenu un territoire indépendant depuis la déclaration de juillet 1776.

Pour bien comprendre à quel point cette réunion de 1781 est intimement liée aux événements maçonniques ayant lieu au même moment dans l'état de Pennsylvanie, il faudrait résumer ici l'histoire de la maçonnerie dans cette partie de l'Amérique, ce qui n'est guère possible. Le point important est qu'il existait alors une Grande Loge Provinciale à Philadelphie qui avait reçu une charte de la GL des Antients à Londres en 1761 et que la précédente organisation qui provenait des Modernes avait littéralement disparu.

Mais beaucoup plus importante que la querelle d'allégeance à l'une ou l'autre des deux Grandes Loges d'Angleterre ou aux Grandes Loges provinciales qui avaient été créées par la Grande Loge d'Écosse, la déclaration d'Indépendance du 4 juillet 1776 posa un problème encore plus fondamental aux Loges américaines.

Comme l'écrivait F. Dalcho p. 178 de son Ahiman Rezon publié à Charleston en 1807 :

In consequence of the dissolution of the political connexion between the colonies of North-America and Great-Britain, by the happy issue of the revolution, the United States became a separate and independent nation. And although the principles of the society of Free-Masonry, are in no wise affected by the revolutions of empires, nor by a change in the form of government, yet for many obvious and cogent reasons, it has always been found most convenient, to have the head, or supreme power, of the society, in that country in which the Lodges meet.

C'est à peu près ce qu'écrivait 82 ans plus tard un ancien Grand Commandeur de la Juridiction Nord des Etats-Unis :

Independence in civil government naturally suggested independence in Masonic government. The circumstances in which the Craft were situated after the Fourth of July, 1776, brought home to every member, with great force, the importance of their Masonic allegiance ... could they (they then asked) properly remain under the authority of a Grand Lodge, all the members of which held that their obedience as men was due to the British Crown, of which they had just declared themselves independent ? Especially when they were in arms to maintain that declaration ? It was inevitable that they should conclude that Masonic government should be in accord with civil government.

La première Grande Loge indépendante américaine fut celle du Massachusetts qui se constitua elle-même en 1777. Un mouvement se développa en 1780 qui souhaitait créer une seule juridiction pour tous les États d'Amérique dont le Grand Maître Général serait Washington. Lorsque cinq Loges se réunirent à Philadelphie le 13 janvier 1780, élirent Washington à ce poste et s'adressèrent aux autres Grandes Loges américaines pour leur demander de se joindre à leur mouvement, c'est la distinction entre Maçons Anciens et Modernes qui semble avoir été la cause principale de l'échec du projet, la Grande Loge de Pennsylvanie refusant de prendre en considération l'adhésion de (Grandes) Loges Modernes !

Il faut remarquer qu'une des lettres échangées alors entre les négociateurs s'appuyait sur un extrait de journal rapportant l'installation du Duc Carl de Södermanland comme « Grand Maître de toutes les Loges du Royaume (de Suède) et de celles de St. Petersbourg, Copenhague, Brunswick et Hambourg, etc. » Le 15 mars 1780, le Duc venait en effet d'être installé Ordensmeister de la IXème province du système suédois alors allié aux chefs de la Stricte Observance. Mais les frères américains ne se doutaient pas que loin de signaler une unification de la maçonnerie en Europe du Nord, ces extraits de journaux allaient au contraire déclencher les hostilités entre les deux systèmes et aboutir à la démission du Duc l'année suivante, puis aux luttes du Convent de Wilhelmsbad.

C’est dans le cadre général de la recherche de l'unité et de l'indépendance nouvellement désirée de la maçonnerie américaine qu'il faut considérer les réunions de Philadelphie du printemps 1781, les nominations faites alors par Hays (que Francken avait nommé Député Grand Inspecteur près de treize ans plus tôt), de huit Députés Grands Inspecteurs et aussi le fait que ces Députés Grands Inspecteurs semblent avoir alors transformé leur titre en celui de Député Grand Inspecteur Général. C'est sur le procès-verbal de la réunion du 25 juin 1781 à Philadelphie qu'un Frère, Isaac Da Costa, fait suivre son nom du titre d'Inspecteur Général pour les Indes Occidentales et l'Amérique du Nord. Mais les procès-verbaux de la Loge de Perfection de Philadelphie montrent qu'Hays n'y viendra jamais.

Bien plus, cette Loge de Perfection décidera le 7 décembre 1785 d'envoyer une lettre au Grand Conseil à Berlin et à Paris pour les informer de l'établissement de cette [notre) Sublime Loge. lettre qu'ils adressent à Frédéric III !. Et comme les termes employés dans cette lettre sont révélateurs ! Les titres et les grades que Bush, signataire de cette lettre et Trois Fois Puissant de la Loge de Perfection, indique dans cette lettre être les siens

Chevalier d'Orient et Prince de Jerusalem, Souverain Chevalier du Soleil. et de l'Aigle Blanc et Noir, Prince du Royal Secret et Député Inspecteur Général et Grand Maître sur toutes les Loges, Chapitres et Grand Conseil des Degrés Supérieurs de la Maçonnerie en Amérique du Nord, à l'intérieur de l'État de Pennsylvanie

il dit les avoir reçus

par patente du Souverain Grand Conseil des Princes ...régulièrement établi par le Sublime Grand Conseil des Princes

mais jamais on ne voit le nom de Kingston mentionné ! Il continue en disant :

Considérant que nous sommes encore au berceau dans un Jeune Empire en croissance si distant et éloigné du Grand Orient de Berlin ... nous sollicitons humblement d'entrer en correspondance (avec vous) ... pour nous diriger...

Peut-on en lisant ces lignes, douter un instant que les liens de subordination envers Kingston, colonie anglaise, n'existaient plus pour ces maçons de Philadelphie ? Berlin, la Prusse, ‘un’ Frédéric, oui. L'ancien colonisateur, plus jamais.

Est-ce parce qu’il se sentait encore sentimentalement attaché à Kingston que Hays, après 1781 et sa nomination de huit Inspecteurs, s'était retiré à Boston où il deviendra plus tard Grand Maître de la Grande Loge du Massachusetts ?

C'est Isaac De Costa (ou Da Costa) qui, en 1783 d'après la Circulaire de 1802, viendra créer une Loge de Perfection à Charleston en Caroline du Sud. Da Costa meurt le 23 novembre de la même année.

La Loge de Perfection de Philadelphie qui s'était réunie trois fois en octobre 1782, avait interrompu ses travaux sans en mentionner la raison jusqu'au mois d'octobre 1784. Elle ne tiendra alors pas moins de trente-neuf réunions en un an. Les 5 et 6 octobre 1785, elle reçoit la visite d'Augustine Prevost, l'un des premiers membres de la Loge de Perfection d'Albany (celle que Francken avait créée en 1767) qui, entre temps, était devenu Colonel du 60ème bataillon (Royal American) an service à la Jamaïque dans les années 1775 où Francken – l’un de ses rares actes après la mort de Morin dont la trace nous soit parvenue – l'avait nommé Député Inspecteur Général. Est-ce un hasard si c'est moins d'un mois après ces deux visites que la Loge de Perfection décide d'envoyer à Frédéric la lettre que nous évoquions plus haut ?

Certes non. On peut suivre l'action de Prevost à Philadelphie pendant plusieurs années, les patentes qu'il décerne en 1789 et 1790 en sa qualité de Député Inspecteur Général par patente du Grand Conseil de Princes des Maçons à Kingston en Jamaïque à William Moore Smith, futur Grand Maître de la Grande Loge de Pennsylvanie et à Pierre Lebarbier Duplessis qui en est le Grand Secrétaire et en sera le Député Grand Maître en 1810 !

Est-ce un hasard si la même année 1790, Samuel Stringer que Francken avait « élevé au plus haut degré de la Maçonnerie » le même jour que Hays, le 6 décembre 1768, et également constitué Député Grand Inspecteur, qui avait dirigé les travaux de L'Ineffable à Albany jusqu'en décembre 1774, mais qui n'avait plus donné de signes d'activité depuis, est-ce un hasard si Stringer surgit à nouveau en septembre 1790 pour nommer Stephen Van Rensselaer Député Inspecteur Général ?

Tout ceci ne donne-t-il pas l'impression que Kingston (est-ce alors encore Francken lui-même, s'est-il donné un successeur, nous ne le savons pas) essaye de défendre ce qu'il a fondé en Amérique ?

Sur cette époque de l'histoire maçonnique entre les années 1790 et 1800, nos informations sont encore déplorablement fragmentaires. En effet le rôle du centre directeur qui existait en Jamaïque à Kingston lorsque Morin dut s'y établir est aujourd'hui totalement obscur. Lorsqu'en 1790 des Frères de Philadelphie, Abraham Forst, Moses Cohen et Abraham Jacob (le premier était certainement un Député Grand Inspecteur Général nommé par Moses Hays en 1781 à Philadelphie; le titre exact du second et l'autorité de laquelle il aurait reçu le titre de Grand Inspecteur Général sont incertains ; le troisième semble avoir été promu seulement au Grade de Patriarche Noachite et Chevalier du Soleil en novembre 1790 à Kingston par les deux premiers nommés) se retrouvèrent à Kingston, ont-ils rejoint le groupement dirigé par Francken (qui ne meurt que cinq années plus tard, en mai 1795) ou bien ont-ils créé (au nom de Philadelphie ?) un organisme concurrent ? Quel rôle jouait alors David Small, nommé en octobre 1783, sept ans plus tôt, Député Grand Inspecteur Général par Francken à la Jamaïque, ceci constituant l'ultime signe d'activité maçonnique de ce dernier ?

Voilà ce que nous ne savons pas et, parce que les archives de Kingston ont disparu, ce que nous risquons de ne jamais savoir.

Ce que nous savons, c'est que deux facteurs vont jouer au cours de cette décennie 1790-1800 un rôle capital : à Kingston un Frère Hyman Isaac Long reçoit du Frère Moses Cohen une Patente le 12 janvier 1794 et bien que les copies que nous connaissions de celle-ci semblent exclure qu'elle l'ait autorisé à exercer une autorité quelconque en Caroline du Sud, c'est à Charleston que nous le retrouvons, agissant comme Député Inspecteur Général en 1796. D’autre part, le Comte de Grasse-Tilly arrive à Saint-Domingue en 1789, épouse le 17 septembre 1792 Anne Sophie Delahogue, fille d'un notaire de l'île, et quitte Saint-Domingue avec sa nouvelle famille, chassé par la révolte des esclaves, pour arriver comme réfugié à Charleston le 14 août 1793.

Sur les activités de Grasse-Tilly et de son beau-père jusqu'au mois de juillet 1796, aucune information. Mais ils fonderont avec d'autres Français la loge La Candeur cet été-là, juste après qu'un incendie ait détruit les registres de la Loge de Perfection qu'y avait établie Isaac Da Costa en 1783. Fin 1796 ils seront avec douze autres réfugiés français,promus Députés Inspecteurs du Rite par Long.

Il faudrait maintenant décrire également l'histoire maçonnique de la Caroline du Sud, histoire complexe et mal connue à cette époque. N'en disons que ceci : il existait alors dans cet État deux Grandes Loges rivales, se réclamant des deux Grandes Loges existant alors encore en Angleterre à la même période.

C'est à la Grand Lodge of Free and Accepted Masons, se réclamant de la Première Grande Loge, celle des “Modernes”, que se rattache La Candeur, le 2 janvier 1798. L'union des deux Grandes Loges de la Caroline du Sud ne sera définitivement réalisée qu'en 1814.

Ayant ainsi tenté de montrer brièvement comment l'organisation née à Saint-Domingue et à la Jamaïque est liée à celle qui se développera en Caroline du Sud au cours des années précédant la publication de la Circulaire de décembre 1802, retournons maintenant aux manuscrits des textes évoqués précédemment.

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La franc-maçonnerie prussienne… Un Ordre Impérial protégé

28 Octobre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Royal York GLNF N°1538

Installée très tôt dans le royaume de Prusse, la Franc-maçonnerie, devint vite une institution chez les Hohenzollern. Les trois plus anciennes obédiences allemandes que l’on désigne sous le terme générique de Grandes Loges de Vieille Prusse (altpreussische Grosslogen), furent fondées au cours du 18ème siècle. Leurs sièges se trouvaient à Berlin.

A l’époque du manifeste porté par la Loge "Henry IV", c’est à dire 1870, la maçonnerie Allemande offre son plus fort taux de recrutement comme le montre en exemple le tableau récapitulatif à l’Orient de Königsberg.10 Ainsi, sans expliquer tout à fait les réticences du GODF à approuver la motion présentée par la Loge "Henry IV", on peut comprendre la prudence affichée à se montrer comme parangon de vertu maçonnique en s’investissant dans le conflit. Les réticences à s’engager face à un Ordre aussi puissant montrent aussi les limites de la fragile unité maçonnique de cette époque. Tous nés de la vieille Angleterre ne songeaient qu’à l’indépendance… En effet, bien qu'elles aient été nombreuses et importantes, les premières véritables Loges spéculatives furent, en Allemagne comme partout en Europe, d'origine britannique et non, comme on pourrait le croire, issues des Guildes.

Un an après la création de la première Loge parisienne, c'est probablement à Hambourg, en 1737, que fut fondée la première Loge spéculative allemande. Elle prit en 1741 le nom d' "Absalon". C'est une délégation de cette Loge qui initia, le 14 Août 1738, à Brunswick, le futur roi de Prusse, Frédéric II, lequel initiera son frère Guillaume. Sous son règne, la Franc-maçonnerie connaîtra en Allemagne un succès considérable.

Les Loges se réuniront bientôt en plusieurs obédiences, principalement du fait du morcellement de l'Allemagne de l'époque, mais également à cause de questions de rites et de religions.

Citons ainsi les 3 Grandes Loges dites "de Vieille Prusse", qui n'initiaient que des chrétiens, bien qu'elles admettaient comme visiteurs des Francs-maçons d'autres confessions :

La Mère Loge Aux Trois Globes ( Grosse National-Mutterloge "zu den drei Weltkugel") descendait d'une loge créée avec l'assentiment de Frédéric II, le 20 juin 1740, qui se constitua en Grande Loge11 le 24 juin 1744. "Frédéric le Grand", roi de 1740 à sa mort en 1786 avait été initié deux ans auparavant, dans la nuit du 14 au 15 août 1738 à Brunswick.

Par lettres patentes du 16 juillet 1774, il autorisait expressément l'Ordre en Prusse et s'en déclarait le "protecteur".

La Grande Loge Nationale ( Grosse Landesloge ) fut constituée par un ancien membre de la Stricte Observance, Zinnendorf, qui après une tentative infructueuse d'entrer en contact avec la première Grande Loge d'Angleterre en 1763, se tourna vers la Suède et fonda une Grande Loge en 1770.

La Grande Loge Royal York de l'Amitié est issue de la loge Aux trois Colombes affiliée à la "Loge Aux Trois Globes". Cette loge prit l'année suivante le nouveau nom de "L'Amitié aux trois Colombes", puis celui de "Royal York de l'Amitié" ( zur Freundschaft ) après qu'elle ait initié le prince Edouard Auguste, frère du roi d'Angleterre Georges III, le 27 juillet 1765. C'est à la suite d'une scission intervenue en son sein, en juin 1798, qu'elle devint la Grande Loge de Prusse, laquelle, en 1845, ajouta à son nom "Royal York de l'Amitié" ( Grosse Loge von Preussen, genannt Royal York zur Freundschaft ).

Henri et Ferdinand, les autres frères de Frédéric II furent également initiés, tout comme son neveu et héritier Frédéric-Guillaume II, roi de Prusse de 1786 à 1797. Après lui, son fils Frédéric-Guillaume III qui accepta, dés le début de son règne, que son nom fut utilisé á titre de "protecteur" ou de "patron" de la franc-maçonnerie prussienne. Pour ce qui nous concerne ici, on notera simplement que son fils Frédéric-Guillaume IV (1795-1861) fut également initié et qu’il initia lui même son autre fils, Guillaume Ier, roi de Prusse de 1861 á 1888.

On aura noté les liens important qui unissaient la dynastie des Hohenzollern à la franc-maçonnerie, liens qui furent notamment confirmés le 20 octobre 1798 par un édit du roi Frédéric-Guillaume III qui, dans le prolongement de Frédéric le Grand, accordait une position privilégiée aux trois Grandes Loges de la Vieille Prusse.

Cette protection royale des loges maçonniques de Prusse constitue une première particularité de la maçonnerie allemande de cette époque d'où en découle une seconde : le pourcentage considérable de nobles qui les composaient dès l'origine et qui s’initièrent les uns et les autres, de père en fils, jusqu’à l’avènement du nazisme en 1933. On comprend bien, dès lors, la réaction face à ces "manants" de France qui se permettaient d’interpeller le Kaiser…

Source : aprt.biz

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Disparition de Roland de La Poype

27 Octobre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet

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Le colonel Roland de la Poype, compagnon de la Libération, ancien pilote des Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL) du Régiment de Chasse 2/30 "Normandie Niémen", est décédé le 23 octobre 2012 à Saint-Tropez (Var).
Roland Paulze d’Ivoy de la Poype est né le 28 juillet 1920 aux Pradeaux, dans le Puy-de-Dôme. Fils d'un colonel de réserve tué par l'ennemi en mai 1940, Roland de la Poype s'engage le 5 décembre 1939 au bataillon de l'air 131 du Mans. Affecté comme élève pilote à l'école élémentaire de pilotage d'Angers, il est promu caporal et breveté pilote en février 1940.
Répondant à l'appel du 18 juin du général de Gaulle, il rallie l'Angleterre le 24 juin en embarquant clandestinement sur l'Ettrick, un bateau polonais. Arrivé à Plymouth, il rejoint les FAFL. Il prend part à l’expédition de Dakar puis à la campagne du Gabon en qualité de mitrailleur du groupe réservé de bombardement (GRB n°1).
En novembre 1940, il est renvoyé en Grande-Bretagne pour parfaire son entraînementdans les écoles de pilotage de la Royal Air Force. Il débute à Odiham en février 1941, poursuit à Sywell en avril et termine à Ternhill en juillet. A partir d’octobre 1941, Roland de la Poype suit les cours de l’Operationnal Training Unit de Llandow au Pays de Galles avant d’être affecté au Squadron 602 en février 1942 au sud de Londres.
Pendant six mois, il escorte des bombardiers dans leurs missions. Promu au grade d’aspirant en mars 1942, il endommage un Messerschmitt 109 le 13 avril et abat son premier avion ennemi, également un Messerschmitt 109, le 22 août. Après une soixantaine de missions, il se porte volontaire pour rejoindre le Groupe de chasse n°3 «Normandie» qui se constitue au Moyen-Orient avant de partir pour la Russie fin novembre 1942.
Sous-lieutenant, pilote chef de patrouille, à bord de son Yak 3 de fabrication soviétique, Roland de la Poype se distingue pendant les opérations d'Orel, de Briansk, d'Ielna, de Smolensk, de Vitebsk, d'Orcha, de Borissov, de Minsk et bien sûr du Niemen. Au cours des batailles du front de l’Est, il abat 15 appareils ennemis. Fait «héros de l’Union soviétique» avec son camarade Marcel Albert, Roland de la Poype reçoit le commandement de la 1ère escadrille avec le grade de capitaine.
La guerre terminée le «Normandie» rejoint la France et arrive au Bourget le 20 juin 1945. Comme tous les autres pilotes survivants du régiment, Roland de la Poype, en raison de sa conduite au combat, titulaire de 10 citations à l’ordre de l’armée aérienne et de 2 citations à l’ordre de l’aviation de chasse, et totalisant 1 200 heures de vol, est autorisé par Staline à ramener son Yak 3 sur le territoire français.
Affecté au 2e bureau de l’état-major de l’armée de l’air en mars 1946, il quitte l’armée en 1947. Commandant de réserve, redevenu civil, il exerce plusieurs métiers dans lesquels il connaît une grande réussite.
Grand Capitaine d'industrie il fut l'inventeur du berlingot DOP et de la Citroën Méhari.
Il est nommé membre du Conseil de l'Ordre de la Libération en septembre 2002.
Le colonel de la Poype est titulaire de nombreuses décorations, dont:
·         Grand-Croix de la Légion d’Honneur
·         Croix de la Libération
·         Croix de Guerre 39-45 avec 12 citations
·         Croix de Guerre Tchécoslovaque
·         Héros de l’Union Soviétique (URSS)
 
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Große Loge Royal York zur Freundschaft : Grande Loge Royal York de l’Amitié

27 Octobre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Royal York GLNF N°1538

Die Große Loge "Royal York zur Freundschaft" ist über 200 Jahre alt und somit ein Kind der Aufklärungszeit. Sieist im Jahr 1798 aus der Aufteilung der Loge "Royal York de L'Amitié", vor 1760 "Loge de L'Amitié aux trois Colombes" genannt, hervorgegangen.

Diese Keimzelle unserer Großen Loge ist wahrscheinlich im Jahr 1752 von französischen Gelehrten, Künstlern und Beamten, die Friedrich der Große ins Land gerufen hatte, gegründet worden. Durch die Aufnahme des englischen Herzogs Eduard August von York, Bruder König Georgs III. von Großbritannien, im Jahr 1765, der als einigermaßen liberaler Fürst den Gedanken der Aufklärung nahe stand erhielt die Loge besondere gesellschaftliche Geltung und Impulse, die ihre schnelle Vergrößerung und ein besonders aktives Logenleben zur Folge hatten. Sie änderte nach der Aufnahme des Herzoges ihren Namen in "Loge Royal York de L'Amitié" (Royal York zur Freundschaft). In der Loge wurde meist Französisch gesprochen.

Im Jahr 1779 erwarb die Loge in Berlin das als "Schlüterschlösschen" bekannte und von Andreas Schlüter erbaute Haus in der Dorotheenstraße 21. Dieses Haus, kunstvoll gestaltet, reich verziert und ausgestattet, wurde ihr Domizil und auch über den Kreis der Logenmitglieder hinaus ein Schwerpunkt des geistigen, künstlerischen und gesellschaftlichen Lebens der Stadt, ein bedeutendes freimaurerisches Zentrum. Das Haus ist im zweiten Weltkrieg zerstört worden; einige schöne Simsfiguren sind noch heute im Bodemuseum zu finden.

Im Jahre 1798 wurde die Loge "Royal York de L'Amitié", die damals 220 Mitglieder zählte, in vier Tochterlogen geteilt. Die Teile nannten sich "Urania zur Unsterblichkeit", "Friedrich Wilhelm zur gekrönten Gerechtigkeit", "Pythagoras zum flammenden Stern" und "Zur siegenden Wahrheit".

Die Loge "Royal York de L'Amitié" blieb gleichwohl nunmehr unter dem deutschen Namen "Große Loge Royal York zur Freundschaft" bestehen und gab sich durch ihre neuen Mitglieder, die vorgenannten Tochterlogen, eine neue Satzung und betätigt sich seitdem als Aufsicht führende und die Arbeiten der Töchter fördernde Großloge. Anfang des 19. Jahrhunderts änderte die "Große Loge" nochmals ihren Namen in "Große Loge von Preußen, genannt zur Freundschaft".

Durch Kabinettsorder des preußischen Königs vom 4. Januar 1798 erhielten sowohl die "Große Loge Royal York" als auch ihre vier, aus der Spaltung hervorgegangenen Tochterlogen, die Rechtsfähigkeit staatlich verliehen. Dies war für weitere Betätigungen erforderlich, da ein Vereinsrecht damals nicht existierte und die Fähigkeit einer Personenvielzahl, Rechte haben zu können, von der staatlichen Verleihung und Protektion abhing.

Nach über 130 Jahren kontinuierlichen und erfolgreichen Wirkens musste die "Große Loge Royal York zur Freundschaft" unter dem Druck der Hitler-Diktatur, wie alle anderen Freimaurerlogen und Großlogen auch, ihre Tätigkeiten einstellen. Sie wurde aufgrund gesetzlicher Anordnung (sog. Göring-Erlaß vom 4.1.34) und begleitender Schikanen durch den nationalsozialistischen Staat zwangsliquidiert. Die letzte gemeinsame Feier der Logenbrüder fand am 16. Juli 1935 statt. Zu diesem Zeitpunkt hatte die "Große Loge Royal York" noch 122 Mitgliedslogen im gesamten Reichsgebiet.

Trotz Verbots, verschiedenster Schikanen und Verfolgungsmaßnahmen, hielten die Mitglieder der vier Berliner Tochterlogen der freimaurerischen Idee die Treue. In der Zeit der "Dunkelheit" von 1935 bis 1945 pflegten die Mitglieder regen Kontakt und trafen sich regelmäßig rivat zu "Stammtischen", Ausflügen, Familienbesuchen - Anlässen, die der staatlichen Bespitzelung unverdächtig erscheinen sollten.

Schon bald nach Kriegsende wurden von den verbliebenen, früheren Brüdern Versuche unternommen, die Logen wieder offiziell und mit rechtlicher Anerkennung als vereinsähnliche Körperschaften zu etablieren.

Erste Versuche wurden von den alliierten Kontrollbehörden abschlägig beschieden. Diese standen Personenzusammenschlüssen zunächst generell ablehnend gegenüber, weil sie befürchteten, daß sich hierin mögliche Keimzellen nationalsozialistischer oder revanchistischer Gedanken verstecken könnten. Erschwert wurde die Reorganisation zudem durch Versammlungsverbote und die Aufteilung Berlins in vier Sektoren mit jeweils anderen Militär-Hoheitsträgern. Erst im Januar 1946 wurde es möglich, eine erste größere Versammlung der verbliebenen Brüder durchzuführen, die nach vielen Anträgen und Vorsprachen für mehrere Stadtbezirke erst verboten und dann schließlich an einem Ort doch genehmigt wurde.

Am 18. Mai 1946 erhielt die "Große Loge Royal York zur Freundschaft" als erste Loge eine Genehmigung der amerikanischen Militärregierung zu freimaurerischer Betätigung im Westsektor Berlins. Am 27. März 1946 fand daraufhin im Ratskeller des Rathauses Schöneberg die erste Nachkriegs-Logenversammlung statt, in der die Wiederbelebung der "Großen Loge Royal York zur Freundschaft" und ihrer vier ursprünglichen Tochterlogen formal beschlossen und im Detail geregelt wurde.

Im Osten Berlins und Deutschlands blieb die Freimaurerei bis zur deutschen Wiedervereinigung im Jahr 1990 verboten. Die alliierte Genehmigung der Logen enthielt zudem die Einschränkung, daß eine Betätigung in Westdeutschland, wo sich gleichfalls die von den Nazis aufgelösten Logen wiederbelebten, verboten war. Aus diesem Grund konnte sich die "Große Loge Royal York" dort nicht helfend um ihre ehemaligen Mitgliedslogen bemühen und ihre frühere Funktion als Großloge ausüben.

Ihre erste Heimstatt fanden die Royal York-Logen in Ermangelung eines intakten Logenhauses zunächst im Ratskeller des Rathauses Schöneberg und im Lokal "Zum Igel" in Schöneberg-Friedenau. Später leistete die "Große Nationale Mutterloge zu den drei Weltkugeln" brüderliche Hilfe. Sie hatte sich nach ihrer Wiederbelebung ein ehemaliges Tanzlokal in Steglitz gepachtet und renoviert und gestattete dessen Mitbenutzung durch die Royal York-Logen. Ebenso hilfreich zeigten sich die Logenbrüder der "Großen Landesloge der Freimaurer von Deutschland", die Räume ihres teilweise zerstörten Logenhauses in der Eisenacher Straße in Schöneberg zur Verfügung stellte.

Im Frühjahr 1953 bezogen die Royal York-Logen zusammen mit neun anderen Berliner Freimaurerlogen ihr heutiges Quartier, das Logenhaus in der Emser Straße 12-13 in Berlin-Wilmersdorf, das der früheren Hamburger "Großen Freimaurerloge zu den alten Pflichten" gehört hatte. Auch dieses Haus war durch Kriegseinwirkungen noch stark beschädigt.

Nach mißglückten Versuchen, alle Berliner Logen und Großlogen zusammenzuschließen, gelang es schon am 23. Januar 1950, die "Große Loge Royal York" mit der "Großloge zu den alten Pflichten" zu der "Vereinigten Großloge in Berlin" zusammenzuführen. Selbständigkeit und Ritualfreiheit blieben jedoch unangetastet, so daß die "Urania" ihre besondere Tradition bewahren konnte.

Die westdeutschen Logen, die vor 1935 der "Großen Loge Royal York" angehört und sich nach dem Krieg wieder etabliert hatten, schlossen sich mit anderen Logen und deren Großlogen bereits 1949 zur "Vereinigten Großloge von Deutschland" zusammen. Diesem Bund, aus dem später die "Großloge der Alten Freien und Angenommenen Maurer von Deutschland (A.F.u.A.M.v.D.)" hervorgegangen ist, schlossen sich am 18. September 1954 auch die Logen der "Vereinigten Großloge in Berlin" an, und zwar auf der Grundlage des Coburger Abkommens vom 21. August 1954.

Damit wurden die vier Tochterlogen der "Großen Loge Royal York" unter Wahrung ihrer Selbständigkeit und Ritualfreiheit auch Mitglieder der "Großloge A.F.u.A.M.v.D.".

Commentaires Thomas Dalet. Il aurait été très facile de monter une opération de type « Phaleg » avec plus de réussite car ce n’est pas une simple Loge mais une « Grande Loge Royale York de l’Amitié ».

J’avais déjà initié des rapprochements entre la RL Royal York N°1538 et la Grande Loge Royal York de l’Amitié de Berlin et j’avais eu de très bons contacts…A suivre…Les américains c'est bien mais un jumelage avec une Grande Loge c'est pas mal non plus.

Source : http://www.siegende-wahrheit.de/organisation/royalyork.php

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Royal York N° 1538 : cérémonie d'initiation (4)

27 Octobre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Royal York GLNF N°1538

3ème PARTIE : INSTRUCTION.
            (cet exposé doit être fait par des M.M., au niveau de l'App.)
LECTURES
V.M.   Ceci nous amène à la troisième et dernière partie de ce degré, qui explique la nature et les principes de notre institution. Dans cette partie on nous donne également des enseignements concernant la forme, les soutiens, la couverture, le mobilier, les ornements, les lumières et les bijoux d'une Loge, on nous dit comment elle doit être située et à qui elle doit être dédiée.
 La Loge : On peut définir la Loge comme l'Assemblée d'un certain nombre de Maçons Francs et Acceptés, dûment réunis en un lieu, décoré de la Sainte Bible, de l'Équerre et du Compas, ainsi que d'une Charte ou d'une Dispense délivrée par une Haute Autorité de juridiction compétente, l'habilitant à travailler.
 La Charte : Certaines explications vous ont été données au sujet de la Sainte Bible, de l'Équerre et du Compas, mais aucune au sujet de la Charte. Il a plu, à la G.L.N.F., présidée actuellement par le T.R.G.M.: X.Y. d'octroyer à cette Loge, la Charte maintenant en sa possession. Cette Charte l'habilite à conférer les trois degrés de la Maçonnerie, c'est ce pouvoir que nous exerçons partiellement aujourd'hui. Elle est signée par ce G.O., est revêtue du sceau de la G.L. et contient toutes les instructions nécessaires à son bon fonctionnement.
 La Situation des Loges : Nos FF. des temps anciens implantaient leurs Loges sur de hautes collines ou au creux de vallées profondes, afin de mieux observer l'approche des intrus et des indiscrets montant ou descendant. De nos jours, les tenues de Loges se tiennent généralement dans les étages supérieurs des immeubles, probablement en raison de la sécurité que confèrent de tels lieux. Cette coutume peut avoir aussi son origine dans la pratique suivie par les anciens Juifs, qui bâtissaient leurs Temples, écoles et synagogues, en haut des collines, une pratique qui semble avoir eu l'approbation du Tout Puissant, qui dit au Prophète Ezékiel, parlant de sa maison : "Sur le sommet de la montagne, tout l'espace qu'elle doit occuper est très sain"
 La Forme des Loges : La forme d'une Loge est un carré long, sa longueur va de l'Orient à l'Occident, sa largeur du Septentrion au Midi, sa hauteur va jusqu'au ciel et sa profondeur de la surface jusqu'au centre de la terre. On dit qu'elle s'étend ainsi pour marquer le caractère universel de la Franc-Maçonnerie. Ceci nous enseigne que la Charité du Maçon doit être également sans limite.
 Les Soutiens : La Loge est soutenue par trois grandes colonnes, dénommées Sagesse, Force et Beauté, car on doit y trouver la sagesse pour concevoir, la force pour soutenir, et la beauté pour orner toutes les grandes et importantes entreprises. Elles sont représentées par les trois principaux OO. de la Loge. La colonne Sagesse par le V.M. à l'Orient qui est censé posséder la sagesse nécessaire pour ouvrir et gouverner la Loge. La colonne Force par le 1.S. à l'Occident, qui a pour devoir d'aider le V.M. dans l'exercice de ses difficiles fonctions. La colonne Beauté par le 2.S. au Midi, qui a pour devoir d'appeler les FF. du travail au repos, les surveillants durant celui-ci, en veillant à ce que le repos ne dégénère en excès ou intempérance, et en veillant aussi à ce qu'ils reprennent le travail en temps utile, afin que le V.M. puisse en retirer honneur, et les FF. plaisir et profit.
 La Couverture : La couverture de la Loge n'est autre que la voûte céleste, ou les cieux étoilés que tous les bons Maçons ont le suprême espoir d'atteindre, à l'aide de l'échelle que Jacob aperçut dans sa vision et qui relie la terre au ciel. Cette échelle dont les principaux échelons s'appellent la Foi, l'Espérance et la Charité. Ceci nous invite à avoir la Foi en Dieu, l'Espérance en l'immortalité et la Charité à l'égard de tous les hommes. La plus grande de ces vertus est la Charité, car la Foi peut être perdue en un instant, l'Espérance peut prendre fin du fait même de sa réalisation, mais la Charité s'étend au-delà de la tombe, au travers des domaines infinis de l'Éternité.
 Le Mobilier : Toute Loge Régulière et bien gouvernée, est décorée de la Sainte Bible, de l'Équerre et du Compas, ainsi que d'une Charte ou d'une Dispense. La Sainte Bible est dédiée au service de Dieu, parce que c'est le don inestimable de Dieu à l'homme, c'est sur elle que nous faisons prêter serment à nos FF. nouvellement initiés. L'Équerre est dédiée au Maître de la Loge, parce que c'est l'emblème Maçonnique approprié à son office Le Compas est dédié aux FF., car en observant dûment l'utilisation de cet instrument, ils apprennent à circonscrire leurs désirs, et à maintenir leurs passions dans de justes limites.
 Les Ornements : Les ornements de la Loge sont le Pavé Mosaïque, la Bordure Dentelée et l'Étoile Flamboyante. Le Pavé Mosaïque est une représentation du sol du Temple du Roi Salomon, la Bordure Dentelée, la représentation de la magnifique plinthe mosaïque qui l'encadrait. Le Pavé Mosaïque est le symbole de la vie humaine, qui est un damier de Bien et de Mal. La Bordure Dentelée est le symbole des multiples Bénédictions et Réconforts qui nous entourent constamment et dont nous espérons jouir éternellement, en plaçant fermement notre confiance en la Divine Providence, représentée par l'Étoile Flamboyante en son Centre.
 Les Lumières : Une Loge possède trois Lumières symboliques, situées à l'Orient, à l'Occident et au Midi. En Maçonnerie, nous appelons le Nord, le lieu des ténèbres.
 Les Bijoux : Une Loge possède six bijoux, trois mobiles et trois immobiles. Les bijoux immobiles sont l'Équerre, le Niveau et le Fil à Plomb. On les appelle ainsi parce qu'ils sont affectés à des lieux précis de la Loge. On doit trouver l'Équerre à l'Orient, le Niveau à l'Occident et le Fil à Plomb au Midi.           L'Équerre enseigne la Moralité: le Niveau, l'Égalité et le Fil à Plomb la rectitude dans la conduite. Les bijoux mobiles sont la Pierre Brute, la Pierre Cubique et la Planche à Tracer. La Pierre Brute est une pierre dans son état rude et naturel, telle qu'elle est lorsqu'elle sort de la carrière.       La Pierre Cubique est une pierre préparée par les ouvriers afin d'être ajustée par les outils d'un Compagnon.
la Planche à Tracer est utilisée par le Maître d’œuvre pour y tracer ses plans.
Par la Pierre Brute, il nous est rappelé l'état rude et imparfait qui est le nôtre par nature. Par la Pierre Cubique, il nous est rappelé cet état de perfection que nous espérons atteindre par l'éducation, nos propres efforts et la Bénédiction de la Divinité. Comme l'ouvrier opératif édifie son bâtiment temporel conformément au plan tracé par le Maître d'Oeuvre, de même, nous, Maçons aussi bien Opératifs que Spéculatifs, devons nous efforcer d'élever notre édifice spirituel conformément aux plans et dessins du Suprême Architecte de l'Univers, plans contenus dans le Grand Livre de la Révélation, qui est notre Planche à Tracer Maçonnique.
 L'Orientation : La Loge est orientée d'Est en Ouest, parce que le Temple du Roi Salomon l'était ainsi. Moïse par commandement Divin conduisit les enfants d'Israël hors du pays d'Égypte, maison de la servitude, à travers la Mer Rouge. Dans le désert, il érigea un Tabernacle à la Gloire de Dieu, et l'orienta d'Est en Ouest, pour commémorer jusqu'à la dernière génération ce miraculeux vent d'Est qui apporta leur délivrance. Il est dit que le Temple du Roi Salomon était une représentation de ce Tabernacle.
 La Dédicace des Loges : Dans les temps anciens, les Loges étaient dédiées au Roi Salomon car il est dit qu'il fût le premier Très Excellent Grand Maître. Les Maçons Spéculatifs dédient leurs Loges à la mémoire de Saint Jean le Baptiste et de Saint Jean l'Évangéliste.
           Depuis lors, dans chaque Loge Régulière et bien gouvernée, on trouve un tableau représentant un point au milieu d'un cercle, le point représente chaque F. pris en lui-même, et le cercle la limite de sa conduite envers Dieu et envers les hommes, Il ne doit jamais souffrir que ses passions, ses préjugés ou ses intérêts ne puissent jamais l'entraîner au delà de cette limite. Sur les bords de ce cercle se trouvent deux lignes verticales et parallèles représentant ces Saints. Au sommet reposent les Saintes Écritures, qui donnent à l'homme l'étendue de ses devoirs. En tournant autour de ce cercle, nous touchons nécessairement ces deux lignes, ainsi que les Saintes Écritures. Ainsi, lorsqu'un Maçon se tient  circonscrit dans ces limites, il lui est impossible de se trouver dans l'erreur.
 Les Principes les plus Importants : Les principes les plus importants de notre profession de foi sont au nombre de trois, et comprennent l'enseignement et la pratique de ces trois vertus admirables : l'Amour Fraternel, l'Entraide et la Vérité.
 L'Amour Fraternel : Par l'exercice de l'Amour Fraternel, on nous enseigne à considérer la race humaine comme une seule famille, les grands de ce monde, les humbles, les riches et les pauvres, sont les créatures d'un même Père Tout Puissant et habitent la même planète. Ils doivent s'aider, se soutenir et se protéger les uns les autres. Par ce principe, la Maçonnerie unit les hommes de tous pays, de toutes religions, opinions et propage l'amitié véritable entre ceux qui, autrement, seraient restés perpétuellement éloignés les uns des autres.
L'Entraide : Secourir ceux qui sont dans la détresse est le devoir de tout homme, mais particulièrement celui des Maçons, qui sont liés par la chaîne de l'affection sincère. Apaiser les malheureux, leur apporter notre sympathie dans le malheur, compatir à leurs misères, et rétablir la paix dans leur âme troublée, sont les buts que nous recherchons. Sur cette base, nous formons nos amitiés et établissons nos relations.
 La Vérité : La Vérité est un attribut Divin, et le fondement de toute Vertu. Être Bon et Vrai est la première leçon que l'on nous enseigne en Maçonnerie. C'est pourquoi, tant que nous sommes sous l'influence de ce principe, l'hypocrisie et la fourberie sont inconnues de nous, la sincérité et la franchise nous distinguent et c'est du fond du cœur, comme par nos paroles, que nous oeuvrons à promouvoir le bien-être de chacun, et que nous nous réjouissons de la prospérité des uns et des autres.  
V.M.   Mon F., pour que vous compreniez mieux ce qui va suivre, je vais poser une question au F.1.E.
V.M.   F.1.E.
  1.E.   V.M.
V.M.   Comment puis-je vous reconnaître pour Maçon ?
  1.E.   Par certains signes, un attouchement, un mot, et les points parfaits de mon entrée.
V.M.   Mon F., des explications vous ont été déjà données au sujet des signes, de l'attouchement et du mot, mais aucune concernant les points parfaits de votre entrée. Ces points sont au nombre de quatre : Le Pectoral, le Manuel, le Guttural, et le Pédestre. Ils représentent les quatre vertus cardinales : la Fortitude, la Prudence, la Tempérance et la Justice.
 La Fortitude : La Fortitude est cette noble et ferme disposition de l'Esprit qui nous permet de subir et de supporter toute souffrance, péril ou danger. Cette vertu est aussi éloignée de la témérité que de la lâcheté. Votre esprit doit s'en imprégner profondément afin de vous protéger contre toute tentative qui pourrait être faite, par la force ou autrement, en vue de vous arracher les secrets qui vous ont été confiés si solennellement. Cette vertu était représentée symboliquement par la manière dont vous avez été admis pour la première fois dans la Loge, lorsque vous fûtes reçu sur la pointe d'un instrument acéré perçant votre sein gauche nu. C'est là le premier point parfait de votre entrée, le Pectoral.
 La Prudence : La Prudence nous enseigne à régler notre vie et nos actes conformément aux exigences de la raison. Elle est cette habitude par laquelle, avec sagesse, nous jugeons et décidons toutes choses relatives à notre bonheur, aussi bien dans le présent que dans l'avenir. Cette vertu doit vous caractériser, non seulement dans votre conduite en Loge, mais également à l'extérieur, dans le monde profane. Lorsque vous êtes en compagnie d'étrangers, vous devez être particulièrement prudent pour ne jamais laisser, par inadvertance, dévoiler le moindre signe, attouchement ou mot par lequel les secrets de la Franc-Maçonnerie pourraient être obtenus. Souvenez-vous toujours du moment solennel où, agenouillé devant l'Autel Sacré de la Franc-Maçonnerie, votre main gauche soutenant et votre main droite reposant sur la Sainte Bible, l'Équerre et le Compas, vous avez promis solennellement de cacher et de ne jamais révéler aucun des secrets de la Franc-Maçonnerie. C'est là le deuxième point parfait de votre entrée, le Manuel.
 La Tempérance : La Tempérance est cette contrainte dûment exercée sur les passions qui rend le corps maniable et gouvernable et libère l'esprit des tentations du vice. Vous devez pratiquer cette vertu constamment, car elle vous enseigne à éviter les excès et vous empêche de contracter toute habitude licencieuse ou vicieuse qui pourrait vous écarter du droit chemin et vous amener à divulguer les secrets que vous avez promis de cacher et de ne jamais révéler. La violation de cette promesse vous vaudrait le mépris et l'horreur de tous les bons Maçons, sinon la peine que comporte votre obligation, d'avoir la gorge tranchée, la langue arrachée et enterrée dans les sables de la mer, à la laisse des basses eaux, là où le flux et le reflux se font sentir deux fois en 24 heures.
C'est là le troisième point parfait de votre entrée, le Guttural.
 La Justice : La Justice est cet étalon qui nous permet de donner à chacun selon son dû, sans distinction. Cette vertu est non seulement conforme à la Loi Divine et humaine mais elle est le ciment même et le soutien de la Société. De même, que la Justice, dans une grande mesure, distingue l'homme bon, de même devez-vous pratiquer constamment la justice. Vous souvenant toujours du moment où, débout, dans le coin Nord-Est de la Loge, vous tenant droit devant le Vénérable Maître, vos pieds formant l'angle d'un rectangle, on vous dit que vous vous teniez là en homme de bien et en Maçon. On vous donna alors pour strict devoir de toujours le demeurer devant Dieu et devant les hommes.
C'est là le quatrième point parfait de votre entrée, le Pédestre. Il rappelle la position de vos pieds alors que vous vous teniez debout dans le coin Nord-Est de la Loge. La Craie, le Charbon et l'Argile : Les App. M. doivent servir leur Maître dans la liberté, la ferveur et le zèle, qui sont symboliquement représentés par la craie, le charbon et l'argile.
           - Rien n'est plus libre que la craie, car la moindre pression exercée avec celle-ci laisse une trace.
           - Rien n'est plus fervent que le charbon, car devant lui, lorsqu'il est en flammes, cèdent les métaux les plus résistants
           - Rien n'est plus zélé que l'argile, notre mère la Terre, car seule de tous les éléments, elle ne s'est jamais montrée inamicale envers l'Homme. Bien qu'elle soit constamment harcelée, plus pour fournir le luxe que le nécessaire de la vie, elle ne refuse jamais sa moisson accoutumée, parsemant des fleurs sur notre chemin et garnissant notre table avec abondance. Si elle produit des poisons, elle nous fournit aussi l'antidote, et rend avec intérêt toutes les richesses confiées à sa charge.
Et finalement, lorsque nous sommes appelés à traverser la Vallée de l'Ombre et de la Mort, elle nous reçoit à nouveau, et enfouit tendrement nos restes mortels en son sein, nous rappelant ainsi que, venant de la terre, nous devrons sûrement retourner à la terre.  
SYMBOLISME        
Le 1er degré, ou degré d'App. de la F.M. a pour but symbolique de représenter l'entrée d'un Homme dans un monde où il pourra devenir un acteur vivant et pensant. Comme il vient du monde extérieur, de son ignorance et de son obscurantisme, son premier désir est d'obtenir la Lumière. Non pas la Lumière physique, qui jaillit au lever du jour, mais la Lumière morale et intellectuelle qui émane du Grand Architecte de l'Univers, créateur du Soleil et de tout ce qu'il illumine. De ceci découle que le but fondamental du 1er degré est de symboliser l'apparition de la Lumière spirituelle dans l'Esprit.
Le candidat App. est le type même de l'Homme non encore régénéré, tâtonnant dans l'obscurité morale et mentale, cherchant la Lumière qui guidera ses pas et l'amènera sur le chemin du Devoir, vers celui qui apporte toutes récompenses. Tous ici sont vos FF., prêts à accomplir toutes les charges de cette communion spirituelle.  Ils vous souhaitent maintenant la bienvenue parmi eux, dans leur fraternité, leur affection, dans leur aide, dans leur privilège et dans leur joie. Au travers de moi, ils promettent de vous protéger grâce à leur influence et leur autorité, de vous conseiller grâce à leur talent et leur habileté, d'alléger votre vie par leur générosité et leur bonté, et de toujours vous encourager par leur tendresse et par leur amour. Ainsi, vous aurez le bonheur de vivre la réalité de cet ancien dicton : "Les Maçons sont tous FF., il n'existe aucune distinction entre eux et chacun aime son prochain, comme il a été dit, ce qui en vérité ne peut être autrement." Ceci, mon F., est le début de votre apprentissage. Vous connaîtrez de grands succès dans votre progression et un grand bonheur final, si vous êtes attentif, fidèle et sage. Votre diligence et votre vivacité au travail, votre talent à acquérir les connaissances de votre degré et votre zèle à la cause de la F.M., vous permettront d'accéder plus tard à de plus grandes élévations d'esprit, à une plus grande hauteur de vue et à de plus nobles privilèges. Ceci conclut le 1er degré de la F.M. à l'exception de l'Exhortation.
V.M.   =0=0=0=
(toute la Loge se lève, l'Exhortation doit être lue par le V.M. ou un G.O. à l'Orient, intégralement et sans variante)  
EXHORTATION        
Comme vous connaissez maintenant les premiers principes de la Franc-Maçonnerie, je vous félicite d'avoir été accepté dans cette ancienne et honorable Fraternité. Ancienne, car elle subsiste depuis des temps immémoriaux, honorable car elle veille, par chaque détail à rendre honorable tous les hommes qui veulent se conformer à ses principes. Aucune institution n'a jamais été construite selon un meilleur principe ou sur de meilleurs fondements. Jamais de règles plus excellentes ou de manières plus utiles n'ont été données que celles qui sont inculquées dans les divers exposés maçonniques. De tous temps, les plus grands et les meilleurs des hommes ont été trouvés parmi ceux qui encourageaient la pratique de l'Art et qui n'ont jamais jugé qu'il était contraire à leur dignité de se mettre au niveau de la Fraternité, d'étendre ses privilèges et protéger ses assemblées. En tant que Maçon, vous avez trois grands devoirs envers Dieu, envers votre prochain et envers vous-même. Envers Dieu, en ne mentionnant jamais son nom sans cette révérence qui est due de la créature à son Créateur. En implorant son aide dans toutes vos entreprises et en l'honorant comme la somme de tout ce qui est bon. Envers votre prochain, en agissant selon l'Équerre et en lui faisant ce que vous désireriez qu'il vous fît. Envers vous-même, en évitant tout dérèglement et intempérance qui puisse amoindrir vos talents ou altérer la dignité de votre état. L'attachement zélé à ces devoirs vous vaudra l'estime des autres et de vous-même. Dans l'État, vous devez être un citoyen ordonné et paisible, loyal envers votre gouvernement et juste envers votre pays. Vous ne devez pas encourager la déloyauté ou la rébellion, mais vous soumettre avec patience à l'autorité légitime et obéir sans rancœur au gouvernement du pays dans lequel vous vivez. Dans votre comportement extérieur, évitez avec un soin particulier de donner prise à la censure et aux reproches. Ne laissez pas l'intérêt, les honneurs ou les préjugés vous détourner de votre pureté ou vous rendre capable d'un acte déshonorant. Bien que nous vous invitions vivement à fréquenter nos tenues solennelles avec assiduité, il ne s'ensuit pas que la Franc-Maçonnerie veuille vous gêner dans l'exercice de vos activités, car celles-ci ne doivent en aucun cas être négligées. Vous ne devez pas non plus souffrir que votre zèle pour l'institution vous conduise à des disputes avec ceux qui, par ignorance, peuvent la ridiculiser ou la diffamer. Durant vos heures de loisir, afin d'accroître vos connaissances Maçonniques, vous devez converser avec des FF. bien informés, qui seront toujours prêts à vous donner l'instruction comme vous à la recevoir. Enfin, maintenez sacrés et inviolés les mystères de la Franc-Maçonnerie et de la Fraternité, car ils sont destinés à vous distinguer du reste de la Société et à marquer votre rang parmi les Maçons. Si vous connaissez, parmi vos relations, une personne désireuse d'être initiée dans la Maçonnerie, veillez soigneusement à ne pas la recommander, à moins d'être certain qu'elle se conformera à nos règles, afin que l'honneur, la gloire et la réputation de l'Institution puissent en être fermement établis, et que le monde profane puisse être convaincu de ses efforts bénéfiques.    
V.M.   Ceci, mon F., termine la cérémonie d'Initiation au 1er degré de la Franc-Maçonnerie. Rendez-vous auprès de l'Autel, saluez et retirez-vous, sur la colonne du Nord, Le Sec. vous avisera de la date à laquelle vous devrez vous présenter pour accéder au Deuxième Degré.
  1.E.   (le 1.E. ramène le candidat à l'Autel, tous deux saluent face à l'Orient. Le 1.E. ramène le candidat à la colonne du Nord avec les autres apprentis où ils peuvent assister à la suite des travaux s'effectuant au 1° d°.)
V.M.   Avant tout retour au 3° d° le V.M. fait sortir les Apprentis et les Compagnons)
V.M.   F.1.E
  1.E.   V.M.
V.M.   Faites sortir les App. et les Comp. qui salueront en app. devant l'Autel.    
FERMETURE des TRAVAUX au 1er DEGRÉ - REPRISE  AU 3ème DEGRÉ
V.M.   =0=0=0= - Dispensant de tous signes et cérémonies, je déclare maintenant la Loge fermée au premier degré et les travaux repris au troisième degré.
F.1.E.  Rendez-vous à l'Autel et changez la disposition des Trois Grandes Lumières de la F.M.
  1.E.   le 1.E. se rend à l'Autel donne le S.d.F., dispose les Trois Grandes Lumières, (La Bible est ouverte à Ecclésiaste XII),  donne le S.d.F et retourne à sa place
           (Toute la Loge est debout , au S.d.F. pendant que le 1.E. redispose les 3 Grandes Lumières.)
V.M.   F.2.E. Informez le T.
  2.E.   =0=0=0=
     T.   =0=0=0=
  2.E.   (Ouvre la porte)
   F.T.   Les travaux sont fermés au 1er Degré, et la Loge ouverte au 3éme Degré de la F.M.
           (Ferme la porte, et retourne à sa place)       V.M., Le T. est informé.
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Royal York N°1538 : cérémonie d'initiation (3)

27 Octobre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Royal York GLNF N°1538

2ème PARTIE : LECTURES.        
1.M.C. =0=0=0= (Lorsque le candidat est prêt, le 1.M.C. frappe à la porte intérieure du Temple)
V.M.   =0=       (Les FF. regagnent leur place pour la reprise des Travaux)
           (Quand tous les FF. ont regagné leur place le 1.E. se rend à la porte intérieure et l'ouvre. Il y trouve le candidat, et le conduit jusqu'à l'Autel. Les MM.CC. suivent et tous 3 saluent. Les MM.CC. regagnent directement leur place. Le 1.E. et le candidat, partent vers le Sud, font un demi-tour gauche à l'ouest de l'Autel, et vont vers l'Orient en passant par le Nord de la Loge. Le candidat est assis entre l'Autel et le V.M.
           le 1.E. regagne sa place).
V.M.   Mon F., la 2ème partie de ce degré consiste en un exposé rationnel des formalités et cérémonies par lesquelles vous venez de passer. Cet exposé se compose de deux parties : la première rappelant les formalités et cérémonies, la seconde, en expliquant le symbolisme.
           Portez une très stricte attention aux questions posées dans cette première partie car vous devrez savoir y répondre parfaitement pour pouvoir être passé au grade de Comp.
           (la lecture de la première partie peut être faite par le V.M. et le 1.E. Si deux autres FF. sont désignés pour accomplir cette tâche, celui qui donnera les réponses devra rester debout au S.d.F. Il en sera de même pour la deuxième partie.)        
LECTURE sur la CÉRÉMONIE.        
V.M.   F.1.E.
  1.E.   V.M.
V.M.   D'où venez-vous?
  1.E.   D'une Loge des Bienheureux Saints Jean de Jérusalem.
V.M.   Que venez-vous faire ici?
  1.E.   Apprendre à maîtriser mes passions, et progresser dans l'Art de la Maçonnerie.
V.M.   Je présume donc que vous êtes Maçon?
  1.E.   Mes FF. et Comp. me prennent et m'acceptent pour tel.
V.M.   Qu'est-ce qui fait de vous un Maçon?
  1.E.   Mon obligation.
V.M.   Où avez-vous été fait Maçon.?
  1.E.   Dans le sein d'une Loge juste et dûment constituée de Maçons Francs et Acceptés, assemblés en un lieu représentant le Rez-de-Chaussée du Temple du Roi Salomon, décoré de la Sainte Bible, de l'Équerre et du Compas, ainsi que d'une Charte ou d'une Dispense, délivrée par une Haute Autorité, de Juridiction compétente, l'habilitant à travailler.
V.M.   Comment savez-vous être un Maçon, vous-même ?
  1.E.   Ayant été éprouvé, jamais contesté, et prêt à être éprouvé de nouveau.
V.M.   Comment puis-je vous reconnaître comme Maçon ?
  1.E.   Par certains signes, un attouchement, un mot, et les points parfaits de mon entrée.
V.M.   Que sont les signes ?
  1.E.   Des angles droits, des lignes horizontales et perpendiculaires.
V.M.   Donnez-moi un signe ? - (le candidat se lève)
  1.E.   (le candidat et le 1.E. font le D.G.)
V.M.   Que représente ce Signe ?
  1.E.   Le D.G. de l'App. M.
V.M.   Est-ce une allusion ?
  1.E.   Oui, une allusion à la position de mes mains alors que je prenais l'obligation.
V.M.   Avez-vous un autre signe ?
  1.E.   Oui - (le candidat et le 1.E. font le S.d.F.)
V.M.   Est-ce une allusion ?
  1.E.   Oui, une allusion à la peine contenue dans l'obligation. (le candidat s'assied)
V.M.   Qu'est-ce qu'un attouchement ?
  1.E.   Une certaine Griffe amicale ou fraternelle, par laquelle un Maçon peut en reconnaître un autre dans le noir comme dans la lumière.
V.M.   Avancez et donnez-moi un attouchement.
  1.E.   (s'avance et donne la G.)
V.M.   Qu'est ceci ?
  1.E.   Une Griffe.
V.M.   De quoi?
  1.E.   d'App.
V.M.   A-t-elle un nom?
  1.E.   Oui.
V.M.   Voulez-vous me le donner ?
  1.E.   Ce n'est pas ainsi que je l'ai reçu, et je ne le communiquerai jamais ainsi.
V.M.   Comment le communiquerez-vous?
  1.E.   En l'épelant ou par syllabes.
V.M.   Épelez-le et commencez.
  1.E.   Commencez vous-même.
V.M.   C'est à vous de commencer.
  1.E.   (B....) (le mot est donné de la façon habituelle, le 1.E. donne le mot en entier après l'avoir épelé)
V.M.   Où avez-vous été, tout d'abord, préparé à devenir Maçon?
  1.E.   Dans mon cœur.
V.M.   Et ensuite?
  1.E.   Dans une salle adjacente à celle d'une Loge juste et dûment constituée de Maçons Francs et Acceptés.
V.M.   Comment vous a-t-on préparé ?
  1.E.   En étant démuni de tous mes métaux, ni vêtu, ni nu, ni chaussé, ni déchaussé, le genou et le sein gauche nus, un bandeau sur les yeux, un noeud coulant autour du cou. Dans cet état on me conduisit à la porte du Temple où l'on me fit frapper trois coups distincts, auxquels 3 coups répondirent de l'intérieur
V.M.   Que vous dit-on de l'intérieur ?
  1.E.   Qui va là ?
V.M.   Votre réponse ?
  1.E.   Un candidat pauvre et dans les ténèbres, qui désire recevoir et bénéficier d'une partie des Droits, Lumières et Bienfaits, de cette Respectable Loge, érigée à la Gloire de Dieu, et dédiée à la mémoire des Bienheureux Saints Jean, comme l'ont fait tous les FF. et Comp., qui ont suivi ce chemin avant moi.
V.M.   Que vous demanda-t-on alors ?
  1.E.   Si c'était un acte de mon plein gré et de ma libre volonté, si j'étais digne et réellement capable, si j'étais dûment et véritablement préparé. Une réponse affirmative ayant été donnée à toutes ces questions, on me demanda par quel autre droit j'espérais obtenir ce grand privilège ?
V.M.   Votre réponse?
  1.E.   Parce que je suis un homme né libre, ayant atteint l'âge légal, et que je suis recommandé par des gens dignes de foi.
V.M.   Que vous dit-on alors ?
  1.E.   Que, puisque je possédais toutes les qualités requises, je devais attendre jusqu'à ce que le V.M. puisse être informé de ma demande et qu'il ait rendu sa réponse.
V.M.   Quelle fut sa réponse, lorsqu'il l'eut rendue ?
  1.E.   Qu'il entre, au nom du Seigneur, dans cette Respectable Loge, et qu'il soit reçu selon les formes anciennes et dûment établies.
V.M.   Comment vous a-t-on reçu ?
  1.E.   Sur la pointe d'un instrument acéré perçant mon S.G.N.
V.M.   Comment disposa-t-on de vous alors ?
  1.E.   On me conduisit au centre la Loge, où l'on me fit agenouiller pour que je puisse prier.
V.M.   Après la prière que vous demanda-t-on ?
  1.E.   En qui je plaçais ma confiance ?
V.M.   Votre réponse ?
  1.E.   En Dieu.
V.M.   Que vous dit-on alors ?
  1.E.   Que, ma confiance étant en Dieu, ma foi reposait sur des fondations solides. On me prit par la main droite, on m'ordonna de me lever, de suivre mon conducteur et de ne craindre aucun danger.
V.M.   Comment disposa-t-on de vous alors ?
  1.E.   On me fit faire selon la règle, le tour de la Loge, et l'on me conduisit jusqu'au 2.S. au Midi, où l'on posa les mêmes questions et donna les mêmes réponses qu'à la porte.
V.M.   Comment le 2.S. disposa-t-il de vous ?
  1.E.   Il ordonna que je sois conduit au 1.S. à l'Occident, où l'on posa les mêmes questions et donna les mêmes réponses que précédemment.
V.M.   Comment le 1.S. disposa-t-il de vous ?
  1.E.   Il ordonna que je sois conduit au V.M. à l'Orient, où l'on posa les mêmes questions et donna les mêmes réponses que précédemment, mais où l'on me demanda, en outre, d'où je venais et où j'allais.
V.M.   Votre réponse?
  1.E.   Je viens de l'Occident et je vais vers l'Orient.
V.M.   Pourquoi avez-vous quitté l'Occident et allez-vous vers l'Orient ?
  1.E.   Parce que je suis à la recherche de la lumière Maçonnique.
V.M.   Comment le V.M. disposa-t-il de vous ?
  1.E.   Il ordonna que je sois conduit jusqu'au 1.S. à l'Occident qui m'enseigna comment approcher de l'Orient selon les formes anciennes et dûment établies.
V.M.   Quelles étaient ces formes anciennes et dûment établies ?
  1.E.   Avançant le pied gauche, amenant le talon droit dans le creux du pied gauche, formant ainsi l'angle d'un rectangle, me tenant droit face à l'Orient.
V.M.   Que fit alors le V.M. ?
  1.E.   Il me fit Maçon.
V.M.   Comment?
  1.E.   Selon les formes dûment établies.
V.M.   Que sont ces formes dûment établies ?
  1.E.   M'agenouillant sur le genou gauche nu, le genou droit formant l'angle d'un carré. La main gauche soutenant, la droite reposant sur la Sainte Bible, l'Équerre et le Compas. Dans cette forme dûment établie, je contractais l'Obligation Solennelle d'un App. M.
V.M.   Connaissez-vous cette obligation ?
  1.E.   Oui.
V.M.   Répétez-la. (la Loge reste assise)
  1.E.   Moi X.Y. de mon plein gré et de ma libre volonté. En présence de Dieu Tout Puissant et de cette Respectable Loge de Maçons Francs et Acceptés, érigée à la gloire de Dieu, et dédiée à la mémoire des Bienheureux Saints Jean. Par ceci et sur ceci, solennellement et sincèrement, je promets et jure que je garderai, cacherai et jamais ne révélerai à quiconque, aucun point, parcelle ou partie des secrets et mystères de l'Antique Franc-Maçonnerie que j'ai reçus, vais recevoir ou qui peuvent m'être communiqués à l'avenir; Sauf à un F. App. régulier, ou dans le sein d'une Loge juste et dûment constituée d'App. réguliers et surtout pas à celui ou à ceux se disant tels, mais seulement à celui ou à ceux que je sais être tels pour les avoir dûment éprouvés, examinés strictement, ou avoir reçu à leur sujet, des informations Maçonniques légitimes.
           En outre, je promets et jure, que je n'écrirai pas ces secrets, ne les burinerai, sculpterai, marquerai, ni ne les tracerai d'aucune autre manière sur quoi que ce soit d'éphémère ou d'éternel, par quoi ou sur quoi, le moindre mot, syllabe, lettre ou caractère pourrait être rendu lisible ou intelligible à moi-même ou à autrui, et grâce auxquels les secrets de la Franc-Maçonnerie pourraient être révélés indûment par mon indignité.
           Tout ceci, je le promets et je le jure, solennellement et sincèrement, sans hésitation, réserve mentale ou faux-fuyants d'aucune sorte, en acceptant de subir la peine terrible d'avoir la gorge tranchée, la langue arrachée et enterrée dans les sables de la mer, à la laisse des basses eaux, là ou le flux et le reflux se font sentir deux fois en vingt-quatre heures, si intentionnellement ou volontairement je viens à violer mon obligation solennelle d'App. Franc-maçon. Que Dieu me vienne en aide et m'arme de constance pour tenir fidèlement cette solennelle obligation.
V.M.   Après l'Obligation, que vous demanda-t-on ?
  1.E.   Ce que je désirais recevoir avant tout.
V.M.   Votre réponse?
  1.E.   La Lumière Maçonnique.
V.M.   L'avez-vous reçue?
  1.E.   Oui je l'ai reçue, par ordre du V.M., avec l'aide des FF.
V.M.   La Lumière vous ayant été donnée, qu'avez-vous aperçu ?
  1.E.   Les Trois Grandes Lumières de la Maçonnerie, éclairées par les symboles des Trois Lumières Secondaires.
V.M.   Quelles sont les Trois Grandes Lumières de la Maçonnerie?
  1.E.   La Sainte Bible, l'Équerre et le compas.
V.M.   Que signifient-elles ?
  1.E.   La Sainte Bible nous est donnée pour servir de règle et de guide à notre Foi et à notre pratique. l'Équerre nous est donnée pour que nos actes soient empreints de rectitude, et le compas l'est pour circonscrire nos désirs, et maintenir nos passions dans de justes limites à l'égard de l'humanité.
V.M.   Quelles sont les Trois Lumières Secondaires ?
  1.E.   Le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge.
V.M.   Que signifient-elles ?
  1.E.   Comme le Soleil régit le jour et la Lune règne sur la nuit, de même le V.M. avec une égale régularité, doit régir et gouverner la Loge.
V.M.   Que sont les représentations des Trois Lumières Secondaires ?
  1.E.   Trois cierges allumés, placés sur des chandeliers, situés à l'Orient, à l'Occident et au Midi.
V.M.   Qu'avez-vous aperçu ensuite ?
  1.E.   Le V.M. venant de l'Orient, faisant le pas, le D.G. et le Signe d'un  App.M. Il me tendit la main droite en signe d'amitié et d'amour fraternel, me communiqua la Griffe, le Mot, et m'ordonna de me relever, de saluer le 2ème et le 1er S. et de leur confirmer que je connaissais le Pas, le D.G., le S., la G. et le M. d'un App. M.
V.M.   Qu'avez-vous aperçu ensuite ?
  1.E.   Le V.M. venant vers moi de l'Orient pour la deuxième fois, en me présentant une peau d'agneau, un tablier de cuir blanc et m'apprenant que c'était le symbole de l'innocence, et la marque distinctive d'un Maçon. Il m'ordonna de le porter au 1.S. à l'Occident, qui m'enseignerait comment le porter en App. M.
V.M.   Comment un App. M. doit-il porter son tablier ?
  1.E.   La bavette relevée pour éviter de salir ses habits, Maçonniquement pour éviter de se souiller avec du mortier détrempé.
V.M.   Que vous demanda-t-on alors ?
  1.E.   Un objet métallique, non pour sa valeur propre mais afin qu'il puisse être déposé dans les archives de la Loge pour témoigner qu'en ce jour et en ces lieux, j'avais été fait Maçon. Après m'être soigneusement fouillé, je constatais que j'étais dans un dénuement total.
V.M.   Que vous présenta-t-on ensuite ?
  1.E.   Les outils d'un App. M., qui sont la règle de 24 pouces et le maillet.
V.M.   Comment les expliqua-t-on ?
  1.E.   La règle de 24 pouces est un instrument utilisé par les Maçons Opératifs, pour tracer et mesurer leur travail, mais nous, Maçons Francs et Acceptés, avons appris à l'utiliser dans le but plus noble et plus glorieux de mesurer le temps. Cette règle étant divisée en 24 parties égales symbolise les 24 heures du jour, que l'on nous a enseigné à diviser en trois parties égales, donnant ainsi: huit heures pour le service de Dieu ou d'un F.  méritant dans la détresse, huit heures pour notre travail habituel, et huit heures pour le repos et le sommeil.
           Le Maillet est un instrument utilisé par les Maçons Opératifs pour faire sauter les aspérités de la pierre brute, afin qu'elle puisse mieux servir dans la construction, mais nous, Maçons Francs et Acceptés, avons appris à l'utiliser dans le but plus noble et plus glorieux de débarrasser notre cœur et notre conscience de tous les vices et superfluités de la vie, préparant ainsi notre âme pour devenir une pierre vivante de cet édifice spirituel, cette demeure éternelle dans les cieux, qu'aucune main humaine n'a bâtie.
V.M.   Comment disposa-t-on de vous alors ?
  1.E.   On me plaça dans le coin Nord-Est de la Loge, face au V.M., qui me dit que je me tenais là en homme de bien, et en Maçon et me donna pour strict devoir de toujours demeurer ainsi, devant Dieu et devant les hommes.
V.M.   Que vous présenta-t-on ensuite ?
  1.E.   Un nouveau mot qui est : Prudence. Il m'enseigne à être prudent dans tous mes actes et paroles particulièrement au sujet de la Franc-Maçonnerie lorsque je serai en présence de ses ennemis.
V.M.   Comment disposa-t-on de vous ?
  1.E.   On me reconduisit d'où j'étais venu, on me rendit ce que l'on m'avait enlevé et l'on me fit revenir en Loge pour parfaire mon instruction.
SYMBOLISME de la CÉRÉMONIE.   
(A répéter devant le candidat, soit le soir de son initiation, soit à la première occasion propice)  
V.M.   F.1.E.
  1.E.   V.M.
V.M.   Pourquoi vous a-t-on enlevé tout objet métallique lorsque l'on vous fit Maçon ?
  1.E.   Pour deux raisons. Premièrement pour que je ne porte rien d'offensif ou de défensif à l'intérieur de la Loge, deuxièmement parce que, lors de la construction du Temple du Roi Salomon, on n'entendit aucun bruit de hache, marteau ou autre outil métallique.
V.M.   Comment un édifice aussi prodigieux a-t-il pu être construit sans que l'on entendit le bruit d'outils métalliques ?
  1.E.   Les pierres furent taillées, équarries et numérotées dans les carrières d'où elles étaient extraites. Les charpentes provenaient d'arbres abattus et préparés dans les forêts du Liban, amenés par mer sur des radeaux jusqu'à Joppa, et de là jusqu'à Jérusalem, où on les dressa à l'aide d'instruments en bois, préparés à cet effet. Lorsque la construction fut achevée, chacun de ces éléments s'ajustait aux autres avec une telle précision, qu'elle ressemblait plus à l’œuvre du Grand Architecte de l'Univers, qu'à celle de mains humaines.
V.M.   Pourquoi étiez-vous ni vêtu ni nu ?
  1.E.   La Maçonnerie ne considère aucun homme d'après sa fortune ou les honneurs qui sont les siens dans le monde profane. Ce sont ses qualités intérieures et non extérieures, qui font estimer un homme par les Maçons.
V.M.   Pourquoi étiez-vous ni chaussé ni déchaussé ?
  1.E.   Conformément à une coutume des anciens Israélites adoptée par les Maçons, nous lisons dans le livre de Ruth, qu'autrefois en Israël, pour valider une affaire relative à un achat ou à un échange, l'on ôtait son soulier et le donnait à l'autre. Cela servait de témoignage. C'est pourquoi nous agissons de même, en témoignant de la manière la plus forte possible de la sincérité de nos intentions d'accomplir le travail dans lequel nous nous sommes engagés.
V.M.   Pourquoi vous a-t-on mis un bandeau sur les yeux, et un noeud coulant autour du cou ?
  1.E.   Pour trois raisons :
           - la première : pour que mon cœur puisse concevoir les beautés de la Maçonnerie, avant que mes yeux ne puissent les apercevoir.
           - la deuxième : j'étais dans les ténèbres, et le bandeau avait pour but de m'enseigner que le monde entier l'était également en ce qui concerne les secrets de la Franc-Maçonnerie, je devais donc respecter ces secrets vis à vis de tous sauf vis à vis de ceux qui étaient déjà légitimement habilités à les connaître comme j'étais moi-même sur le point de l'être.
           - la troisième : si je ne m'étais pas conformé aux cérémonies de mon initiation, me rendant ainsi indigne d'être pris par la main comme Maçon, on aurait pu, à l'aide du noeud coulant, m'expulser de la Loge, avant que j'en aperçoive même la forme.
V.M.   Pourquoi vous fit-on frapper trois coups distincts ?
  1.E.   Pour avertir la Loge et informer le V.M. qu'un candidat pauvre et dans les ténèbres implorait son admission.
V.M.   A quoi les trois coups faisaient-ils allusion ?
  1.E.   A un certain passage des Écritures qui dit : "Demande et il te sera donné, cherche et tu trouveras, frappe et il te sera ouvert".
V.M.   Comment expliquez-vous que ce passage s'appliquât à votre situation vis à vis de la Maçonnerie à ce moment là ?
  1.E.   J'ai demandé à un ami de me recommander pour que je sois fait Maçon. Grâce à sa recommandation, j'ai cherché l'Initiation. J'ai frappé à la porte, et la porte de la Maçonnerie me fut ouverte.
V.M.   Pourquoi vous a-t-on reçu sur la pointe d'un instrument acéré perçant votre S. G. N.
  1.E.   Pour m'enseigner que cet instrument de torture de la chair, n'est qu'un pale symbole des tortures que subiraient à jamais mon âme et ma conscience si jamais je venais à révéler indûment les secrets de la Franc-Maçonnerie.
V.M.   Pourquoi fûtes-vous conduit au centre de la Loge et vous a-t-on fait agenouiller pour prier ?
  1.E.   Avant de nous engager dans une grande ou importante entreprise, nous devons toujours invoquer l'aide de la Divinité.
V.M.   Pourquoi vous fut-il demandé en qui vous placiez votre confiance ?
  1.E.   Conformément à notre ancienne Loi, aucun athée ne peut être fait Maçon. Il était donc nécessaire que j'exprime ma croyance en la Divinité, car autrement aucun serment n'aurait été considéré comme me liant.
V.M.   Pourquoi vous prit-on par la main droite, vous ordonna-t-on de vous lever, de suivre votre conducteur et de ne craindre aucun danger ?
  1.E.   Comme j'étais dans les ténèbres, et ne pouvais ni prévoir, ni éviter aucun danger, c'était pour m'enseigner que j'étais entre les mains d'un ami fidèle, en qui je pouvais avoir toute confiance.
V.M.   Pourquoi vous conduisit-on, selon la règle, une fois autour de la Loge
  1.E.   Afin que le V.M., les SS. et les FF. puissent voir que j'étais dûment et véritablement préparé.
V.M.   Pourquoi vous fit-on rencontrer de nombreux obstacles au cours de votre déambulation autour de la Loge ?
  1.E.   Cette Loge, comme toutes les Loges Régulières et bien gouvernées, est ou devrait être une représentation exacte du R.d.C. du T. d. R. S. dont les gardes au portail du Midi, de l'Occident et de l'Orient empêchaient quiconque d'entrer ou de sortir, sauf ceux qui étaient dûment autorisés et avaient la permission du Roi Salomon. Il était donc nécessaire que je rencontre ces divers obstacles et que je sois dûment examiné.
V.M.   Pourquoi vous fit-on agenouiller sur le genou gauche dénudé, et non sur le droit, ou les deux ?
   1.E   Le côté gauche a toujours été considéré comme le côté le plus faible du corps humain, il était donc nécessaire de m'enseigner que l'on me conférait seulement le côté le plus faible de la Maçonnerie, celui de l'App. M.
V.M.   Pourquoi était-ce votre main droite qui reposait sur la Sainte Bible, l'Équerre et le Compas, et non votre main gauche ou les deux ?
  1.E.   Nos FF. des temps anciens considéraient que la main droite était le siège de la Fidélité. Les anciens adoraient un Dieu appelé Fidès, représenté parfois par deux mains droites jointes ou par deux hommes se tenant par la main droite. C'est pourquoi, nous nous servons de la main droite dans cette grande et importante entreprise, témoignant ainsi de la manière la plus forte possible de la fidélité de notre résolution à accomplir le travail dans lequel nous nous sommes engagés.
V.M.   Pourquoi vous offrit-on une peau d'agneau, un tablier de cuir blanc ?
  1.E.   L'agneau de tout temps a été l'emblème de l'innocence. La peau d'agneau avait donc pour but de me rappeler que la pureté de ma vie et de ma conduite était nécessaire et essentielle pour être admis dans la Loge Céleste que préside le Suprême Architecte de l'Univers.
V.M.   Pourquoi vous demanda-t-on un objet métallique ?
  1.E.   Pour m'enseigner que si jamais je rencontrais un membre de la famille humaine, et notamment un F. Maçon, dans un tel dénuement, il serait de mon devoir de venir à son secours, en l'aidant aussi généreusement que ses besoins le nécessitent, et mes moyens le permettent.
V.M.   Pourquoi vous plaça-t-on dans le coin Nord-Est de la Loge ?
  1.E.   Dans la construction des bâtiments publics, en particulier ceux de forme Maçonnique, la première pierre est, ou devrait être, placée au coin Nord-Est. On me plaça donc au coin Nord-Est de la Loge pour recevoir ma première instruction, sur la base de laquelle devra s'édifier ma formation morale et Maçonnique.
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Royal York GLNF N°1538 : cérémonie d'initiation (2)

27 Octobre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Royal York GLNF N°1538

(le V.M. retourne vers l'Orient, les Lumières sont rallumées, le V.M. retourne sous l'Arche où il reprend son chapeau et fait face à l'Occident)
  1.E.   (S'adressant au candidat).
           Voyez le V.M. venant de l'Orient, en faisant le pas (il le fait), le D.G. (il le fait), et le signe d'un App. M (il le fait)
V.M.   Mon F., un App. s'avance sur le pied gauche (il le fait), amenant le talon de son pied droit dans le creux du pied gauche (il le fait), formant l'angle d'un rectangle.
           Voici le D.G. (il le fait) qui rappelle la position de vos mains alors que vous preniez votre obligation. Voici le Signe (il le fait) qui rappelle la peine encourue si vous manquez à votre Obligation. On doit toujours faire le Pas, le D.G. et le Signe pour saluer le V.M. en entrant ou en sortant d'une Loge d'App. M.         (le V.M. s'avance jusqu'à l'Autel où il prend le candidat par la main)
           Je vous présente maintenant ma main droite en signe d'amitié et d'amour fraternel. Je vais vous communiquer la Griffe et le Mot, d'un App. M., mais comme vous n'avez pas encore été instruit, celui qui, jusqu'ici, a répondu pour vous, va le faire à votre place.
V.M.   F.1.E.
  1.E.   V.M. - (pendant que le 1.E. parle, il place la main du candidat, aidé par le V.M.)
V.M.   Je cache.
  1.E.   Je scelle.
V.M.   Que scellez-vous ?
  1.E.   Tous les secrets d'un Maçon en Maçonnerie auxquels cet attouchement fait allusion.
V.M.   Qu'est-ce ceci ?
  1.E.   Une griffe
V.M.   De quoi ?
  1.E.   D'Apprenti.
V.M.   A-t-elle un nom ?
  1.E.   Oui.
V.M.   Voulez-vous me le donner ?
  1.E.   Ce n'est pas ainsi que je l'ai reçu, et je ne le communiquerai jamais ainsi.
V.M.   Comment en disposerez-vous ?
  1.E.   En l'épelant ou par syllabes.
V.M.   Épelez-le et commencez.
  1.E.   Commencez vous-même.
V.M.   C'est à vous de commencer.
   1.E   (le mot est donné à l'épelant ,puis complètement par le 1.E.)
V.M.   B...  est le nom de cette Griffe. Il doit toujours être donné de cette manière prudente, en l'épelant ou par syllabes. Quand on l'épelle on doit toujours commencer par la lettre B...(le V.M. aide le Candidat à se relever)
V.M.   Levez-vous, saluez le 2° et le 1°S., et confirmez-leur que vous possédez le Pas, le D.G., le Signe, la Griffe et le Mot d'un App. M. (le V.M. retourne à l'Orient, en reprenant le maillet au 1.S.. Les SS. suivis par les MM.CC. retournent à l'Occident, où le 1.S. et le 1.M.C. regagnent leurs places. Le 2.S. suivi par les II. et le Mar. tournent à gauche et regagnent leurs places en revenant vers l'Orient. Tous les Officiers regagnent leurs places sauf le 1.E. qui reste avec le candidat.
V.M.   =0=
           (Les FF. ne retournent à leurs places qu'au coup de Maillet donné par le V.M. .Toute la Loge s'assoit.) (le 1.E. se présente alors avec le candidat devant le plateau du 2.S. et font le pas de l'App.M.)
  1.E.   =0=0=0=
   2.S.   =0= (se lève) - Qui va là ?
  1.E.   Un App. M. dûment initié.
   2.S.   Comment puis-je le reconnaître pour tel ?
  1.E.   Par certains signes et un attouchement.
   2.S.   Que sont les signes?
  1.E.   Des angles droits, des horizontales et des perpendiculaires.
   2.S.   Donnez-moi un signe (le 2.S., le 1.E. et le candidat font le D.G., le 1.E. veillant à ce que le candidat le fasse correctement)
   2.S.   Que représente ce signe ?
  1.E.   Le D.G. de l'App. M.
   2.S.   Est-ce une allusion ?
  1.E.   Oui, une allusion à la position de mes mains alors que je prenais l'obligation.
   2.S.   Avez-vous un autre signe ?
  1.E.   Oui (tous trois font le signe, le 1.E. veillant à ce que le candidat le fasse correctement)
   2.S.   Est-ce une allusion ?
  1.E.   Oui, une allusion à la peine contenue dans l'obligation.
   2.S.   Qu'est-ce qu'un attouchement ?
  1.E.   Une certaine griffe amicale ou fraternelle, par laquelle un Maçon peut en reconnaître un autre, dans le noir comme dans la lumière.
   2.S.   Avancez et donnez-moi un attouchement. (le 1.E. monte au niveau du 2.S. et lui donne la Griffe, un F. la donne au candidat)     Qu'est ceci ?
  1.E.   Une griffe.
   2.S.   De quoi ?
  1.E.   d'App.
   2.S.   A-t-elle un nom ?
  1.E.   Oui.
   2.S.   Voulez-vous me le donner ?
  1.E.   Ce n'est pas ainsi que je l'ai reçu, et je ne le communiquerai jamais ainsi.
   2.S.   Comment en disposerez-vous ?
  1.E.   En l'épelant ou par syllabes.
   2.S.   Épelez-le et commencez.
  1.E.   Commencez vous-même.
   2.S.   C'est à vous de commencer.
  1.E.   B... (le mot est donné de la façon habituelle. Le 1.E. donne le mot complet après l'avoir épelé)
   2.S.   Je suis satisfait (le 1.E. conduit le candidat à l'Occident et le place face au 1.S.)
  1.E.   =0=0=0=
   1.S.   =0= Qui va là ? (se lève)
  1.E.   Un App. M. dûment initié.
   1.S.   Comment puis-je le reconnaître pour tel ?
  1.E.   Par certains signes et un attouchement.
   1.S.   Que sont les signes?
  1.E.   Des angles droits, des horizontales et des perpendiculaires.
   1.S.   Donnez-moi un signe (le 1.S., le 1.E. et le candidat font le D.G.)
   1.S.   Que représente ce signe ?
  1.E.   Le D.G. de l'App. M.
   1.S.   Est-ce une allusion ?
  1.E.   Oui, une allusion à la position de mes mains alors que je prenais l'obligation.
   1.S.   Avez-vous un autre signe?
  1.E.   Oui (tous trois font le Signe)
   1.S.   Est-ce une allusion ?
  1.E.   Oui, une allusion à la peine contenue dans l'obligation.
   1.S.   Qu'est-ce qu'un attouchement ?
  1.E.   Une certaine griffe amicale ou fraternelle, par laquelle un Maçon peut en reconnaître un autre, dans le noir comme dans la lumière.
   1.S.   Avancez et donnez-moi un attouchement. (le 1.E. monte au niveau du 1.S. et lui donne la Griffe, un F. la donne au candidat)
           Qu'est ceci ?
  1.E.   Une griffe.
   1.S.   De quoi ?
  1.E.   D'App.
   1.S.   A-t-elle un nom ?
  1.E.   Oui.
   1.S.   Voulez-vous me le donner ?
  1.E.   Ce n'est pas ainsi que je l'ai reçu, et je ne le communiquerai jamais ainsi.
   1.S.   Comment en disposerez-vous?
  1.E.   En l'épelant ou par syllabes.
   1.S.   Épelez-le et commencez.
  1.E.   Commencez vous-même.
   1.S.   C'est à vous de commencer.
  1.E.   B... (le mot est donné de la façon habituelle, le 1.E. donne le mot complet après l'avoir épelé)
   1.S.   Je suis satisfait (le 1.E. et le candidat se dirigent vers le Nord de la Loge, puis vers l'Est en faisant attention à ne pas dépasser l'angle N.O. de l'Autel)
V.M.   =0= (le 1.E. et le candidat s'arrêtent face à l'Orient. Le V.M. va vers le candidat et lui présente le tablier.)
V.M.   Mon F. je vous présente maintenant une peau d'agneau, un tablier de cuir blanc.
           C'est le symbole de l'innocence, et la marque distinctive d'un Maçon. Plus ancienne que la Toison d'Or ou l'Aigle Romain, et plus honorable que l'Ordre de la Jarretière, lorsque celui qui le porte en est digne. Il se peut, que dans les années à venir, des feuilles de laurier ornent votre front d'une couronne de victoire. Que sur votre poitrine sonnent des décorations dignes de rivaliser avec les joyaux d'un potentat oriental. Mieux encore, il se peut qu'à la Lumière que vous venez de recevoir, d'autres lumières viennent s'ajouter, de sorte que vos pas ambitieux vous conduisent, échelon après échelon, au sommet de l'échelle de la gloire dans notre cercle mystique, et que même la pourpre de la Fraternité viennent orner vos augustes épaules. Mais jamais plus, tant que votre âme libérée n'aura franchi les Portes du Ciel, jamais plus vous ne recevrez une si haute distinction, un tel emblème de pureté et de perfection, plus grand que celui que je vous donne aujourd'hui (le V.M. donne le tablier au Candidat). Il est désormais vôtre, à vous de le porter tout au long d'une vie honorable, et à votre mort, qu'il soit déposé sur le cercueil qui contiendra votre dépouille mortelle, et qu'il repose avec elle sous les mottes des champs. Que sa surface pure et sans tache soit pour vous un éternel rappel à la pureté de la vie et à la rectitude dans la conduite. Une raison constante vous incitant à accomplir des actes plus nobles, à concevoir des pensées plus élevées, à entreprendre des réalisations plus grandes. Lorsque enfin, vos pieds exténués seront arrivés à la fin de leur épuisant voyage, que de vos mains tomberont pour toujours les outils de la vie, puisse le registre de celle-ci être aussi blanc et immaculé que cet emblème que je remets entre vos mains ce soir. Lorsque votre âme tremblante se tiendra seule et nue devant le grand trône blanc, pour y recevoir le jugement des actes de votre vie terrestre, puisse-t-il être votre lot d'être accueilli par ces mots, de celui qui est le Juge Suprême "Sois le bienvenu, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Seigneur".
           Apportez ce tablier au 1.S. à l'Occident qui vous enseignera comment le porter en App. M.
  1.E.   (Conduit le candidat à l'Occident face au 1.S.) - F.1.S.
   1.S.   F.1.E. (se lève)
  1.E.   Le V.M. a ordonné que vous enseigniez à ce F. comment porter son tablier en App. M.
   1.S.   (le 1.S. descend de son plateau, reçoit le tablier et l'attache sur le candidat, puis retourne à sa place) F. X.Y. lors de la construction du Temple du Roi Salomon, les différents groupes d'ouvriers se distinguaient par la manière dont ils portaient leur tablier. Les App. portaient le leur avec la bavette relevée pour éviter de salir leurs vêtements : Maçonniquement, pour éviter de se souiller avec du mortier détrempé.
           Portez ainsi le vôtre, jusqu'à votre prochain avancement.
  1.E.   le 1.E. et le candidat se rendent à l'Orient en passant par le Nord de la Loge et se présentent devant le V.M.)
V.M. (Se lève) - F. X.Y., conformément à une coutume ancienne, adoptée dans toute Loge Régulière et bien gouvernée, il est maintenant de mon devoir de vous demander quelque chose de métallique. Non pour sa valeur propre, mais afin qu'elle puisse être déposée dans les Archives de la Loge, pour témoigner qu'en ce jour, et en ce lieu, vous avez été fait Maçon. Le Secrétaire recevra tout objet métallique que vous pourriez posséder.
  Sec.   (le Secrétaire s'approche du candidat, tend la main et retourne à sa place sans faire de commentaires) - (un temps)
V.M.   Rien ?, pas même un sou, pour commémorer l'un des événements les plus importants de votre vie ? - (un temps) Mon F., ceci a pour but de vous enseigner, que si jamais vous rencontrez un membre de la famille humaine, et notamment un F., dans un dénuement aussi grand que le vôtre actuellement, il sera de votre devoir de venir à son secours, en l'aidant aussi généreusement que ses besoins le nécessitent et que vos moyens le permettent.
           (La suite du texte peut être lue par un M.M. qui devra alors se trouver au niveau de l'Initié. Dans ce cas le V.M. se rassoit.) F. X.Y., comme vous êtes maintenant vêtu en Apprenti Maçon, je vous présente symboliquement les outils de ce grade, qui sont : la règle de vingt-quatre pouces et le maillet. Ils sont ainsi expliqués. La règle de vingt-quatre pouces est un instrument utilisé par les Maçons Opératifs pour tracer et mesurer leur travail, mais nous, Maçons Francs et Acceptés, nous avons appris à l'utiliser dans le but plus noble et plus glorieux de mesurer le temps. Cette règle étant divisée en 24 parties égales symbolise les 24 heures du jour, que l'on nous a enseigné à diviser en trois parties égales; donnant ainsi 8 heures pour le Service de Dieu ou d'un F. méritant dans la détresse, 8 heures pour notre travail habituel, et 8 heures pour le repos et le sommeil.
           Le maillet est un instrument utilisé par les Maçons Opératifs pour faire sauter les aspérités de la pierre brute, afin qu'elle puisse mieux servir dans la construction, mais nous, Maçons Francs et Acceptés, avons appris à l'utiliser dans le but plus noble et plus glorieux de débarrasser notre cœur et notre conscience de tous les vices et superfluités de la vie, préparant ainsi notre âme pour devenir une pierre vivante de cet édifice spirituel, cette demeure éternelle dans les cieux, qu'aucune main humaine n'a bâtie.
V.M.   F.1.E.
  1.E.   V.M.
V.M.   F.1.E., conduisez ce F. au coin Nord-Est de la Loge (se rassied, si ce n'est déjà fait)
  1.E.   (le 1.E. et le candidat partent vers le Sud, font un demi-tour gauche et vont au coin N.E de la Loge où le 1.E. place le candidat en App. debout face au V.M.)
V.M.   (Se lève) - Mon F., vous vous tenez devant moi en homme de bien et en Maçon. Je vous donne pour strict devoir de toujours agir et être ainsi devant Dieu et devant les hommes. Je vous présente également un mot nouveau qui est "Prudence". Il vous enseignera à être prudent dans tous vos actes et paroles, particulièrement au sujet de la Franc-Maçonnerie, lorsque vous serez en présence de ses ennemis. - (se rassied)
           (un temps) F.1.E.
  1.E.   V.M.
V.M.   Conduisez notre F. à l'endroit d'où il est venu, rendez-lui ce qui lui a été enlevé, et faites-le revenir en Loge pour parfaire son instruction.
  1.E.   (Le 1.E. et le candidat retournent à l'Autel en passant par le Nord de la Loge.)
           (Pendant ce temps, Les MM.CC. s’avancent vers l'Autel, laissant un espace entre eux.
           Le 1.E. place le candidat entre les MM.CC en le faisant passer par derrière le 2°MC.)
V.M.   Mon F. saluez comme on vient de vous l'enseigner. (les MM.CC. et le candidat saluent en App., sous le contrôle du 1.E. qui ne salue pas puisqu'il ne quitte pas la Loge, font demi-tour par la droite et sous la conduite du 1.E. viennent jusqu'à la porte intérieure, qui est ouverte par le 1.E. - Le 1.E. ferme la porte et retourne à sa place, le candidat est reconduit en salle de préparation où on lui rend ce qui lui avait été enlevé.)
V.M.   =0= - F.2.S.
   2.S.   V.M.
V.M.   Appelez les FF. du Travail au repos, pour qu'ils reprennent le Travail au coup de Maillet donné à l'Orient.
   2.S.   =0=0=0= (Les FF. se lèvent et font le S.d.F., sauf le V.M. et le 1.S.) Par ordre du V.M. vous êtes appelés du travail au repos, pour reprendre le travail au coup de Maillet donné à l'Orient.
Musique (Pendant la sortie des FF.)
  1.E.   (Referme la Bible)
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Royal York GLNF N°1538 : cérémonie d'initiation (1)

27 Octobre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Royal York GLNF N°1538

1ère Partie : INITIATION
(Lorsque le Candidat est prêt, le 1.M.C. lui fait frapper 3 coups à la porte intérieure)
V.M.   =0=
  1.E.   V.M.
V.M.   F.1.E.
  1.E.   On frappe à la porte intérieure du Temple.
V.M.   Voyez qui a frappé et demandez-en la cause.
  1.E.   (va à la porte, frappe =0=0=0=; le 1er M.C. =0=; Le 1.E. ouvre la porte) - Qui va là ?
1.M.C. Monsieur X.Y., un candidat pauvre et dans les ténèbres, qui désire recevoir et bénéficier d'une partie des Droits, Lumières et Bienfaits de cette Respectable Loge, érigée à la Gloire de Dieu, et dédiée à la mémoire des Bienheureux Saints Jean comme l'ont fait tous les FF. et Comp. qui ont suivi ce chemin avant lui.
  1.E.   Monsieur X.Y., est-ce là un acte de votre plein gré et libre volonté ?
     C.   Oui
  1.E.   F.1.M.C., en est-il digne et réellement capable ?
M.C.   Il l'est.
  1.E.   Est-il dûment et véritablement préparé ?
M.C.   Il l'est.
  1.E.   Par quel autre Droit espère-t-il obtenir ce grand privilège ?
M.C.   Parce qu'il est un homme né libre, ayant atteint l'âge légal, et qu'il est recommandé par des gens dignes de foi.
  1.E.   Puisque le candidat possède toutes les qualités requises, faites-le attendre jusqu'à ce que le V.M. puisse être informé de sa demande et qu'il ait rendu sa réponse. - (ferme la porte et retourne vers l'Autel) - V.M.
V.M.   F.1.E
  1.E.   Il y a, à la porte du Temple, Monsieur X.Y., un candidat pauvre et dans les ténèbres, qui désire recevoir et bénéficier d'une partie des Droits, Lumières et Bienfaits de cette Respectable Loge, érigée à la Gloire de Dieu et dédiée à la mémoire des Bienheureux Saints Jean, comme l'ont fait tous les FF. et Comp. qui ont suivi ce chemin avant lui.
V.M.   Est-ce là un acte de son plein gré et de sa libre volonté ?
  1.E.   Oui.
V.M.   En est-il digne et réellement capable ?
  1.E.   Il l'est.
V.M.   Est-il dûment et véritablement préparé ?
  1.E.   Il l'est.
V.M.   Par quel autre Droit espère-t-il obtenir ce grand privilège?
  1.E.   Parce qu'il est un homme né libre, ayant atteint l'âge légal et qu'il est recommandé par des gens dignes de foi.
V.M.   Puisque le candidat possède toutes les qualités requises, qu'il entre, au nom du Seigneur, dans cette Respectable Loge et qu'il soit reçu selon les formes anciennes et dûment établies.

           (Le 1.E. se rend au Midi et y attend le Mar. qui est suivi par les II.                        Le 1.E. se place à la gauche du Mar. Tous quatre se dirigent vers la porte intérieure, où les II. forment l'arche avec leurs cannes. Le Mar. attend sous l'arche.
  1.E.   =0= (il ouvre la porte)
           Qu'il entre, au nom du Seigneur, dans cette Respectable Loge et qu'il soit reçu selon les formes anciennes et dûment établies. (Un candidat doit toujours être conduit par sa main droite, le 1.E. se place à gauche du Mar., la procession se fera 2 par 2  dans l'ordre suivant : le 1.E. et le Mar. suivis par les MM.CC., le 1.M.C. étant à gauche, puis le candidat et le conducteur, les II. ferment la marche : s'il n'y a pas d'intendant, les MM.CC. ferment la marche) (La procession se place devant le plateau du 1.S., face à l'Orient)
Musique (La musique commence après les 3 coups de maillet du V.M., elle se poursuit pendant toute la déambulation, jusqu'à ce que le candidat soit installé à l'Autel. Elle doit être mise en sourdine, ou arrêtée, lorsque les OO. parlent)
V.M.   (quand le candidat entre en Loge) =0=0=0=  (toute la Loge se lève)
  1.E.   Monsieur X.Y., j'ai ordre de vous recevoir sur la pointe d'un instrument acéré, perçant votre sein gauche nu. (Il le fait).Ceci pour vous enseigner que cet instrument de torture de la chair, n'est qu'un pâle symbole des tortures que subiraient à jamais votre âme et votre conscience, si vous révéliez indûment les secrets de la F.M.
           (Toute la déambulation se fait en restant à l'Ouest de l'Autel. La colonne tourne vers le Sud, vers l'Est, puis vers le Nord. Quand elle tourne vers l'Est. le V.M. l'arrête.)
V.M.   =0= (La procession s'arrête, la Loge reste debout) Ne laissez personne s'engager dans une grande ou importante entreprise sans invoquer d'abord l'aide de la Divinité.- F.1.E.
  1.E.   V.M.
V.M.   Conduisez le candidat au Centre de la Loge, et faites-le s'agenouiller pour qu'il puisse prier. (La procession reprend son demi-tour vers le Sud, va jusqu'à l'Autel où elle s'arrête, face à l'Orient. Le candidat s'agenouille complètement. Le V.M. et le Chap. descendent de l'Orient et se placent devant le candidat. Tous les FF. se lèvent et se mettent au S.de Foi. Le Chap. ou le V.M. pose sa main gauche sur la tête du candidat pendant la prière.)
chap.  Daigne, Père Tout Puissant de l'Univers, étendre ton aide à notre réunion de ce jour. Accorde à ce candidat à la Franc-Maçonnerie la grâce de dédier et de consacrer sa vie à Ton Service, et de devenir un F. Loyal et Fidèle parmi nous.
           Dote-le d'une part de Ta Divine Sagesse, afin qu'il puisse, animé par les purs principes de notre Fraternité, mieux faire briller les beautés d'une vie de Sainteté, à la Gloire de Ton Saint Nom. AMEN.
Tous   Ainsi soit-il. (cessent le S.de F.)
V.M.   Monsieur X.Y., en qui placez-vous votre confiance ?
     C.   En Dieu.(ou toute autre expression de la foi en un principe supérieur, en principe, la réponse ne doit pas être  soufflée par le 1.E.)
V.M.   Votre confiance étant placée en Dieu, votre Foi repose sur des fondations solides.
           (le V.M. prend le candidat par la main droite) Levez-vous, suivez votre guide et ne craignez aucun danger. (Le Chapelain retourne à sa place, Le V.M. retourne à l'Orient) =0=
           (Toute la Loge s'assied) (La procession ,après un quart de tour à droite se dirige vers le Sud, l'Orient, le Nord, en restant à l'Ouest de l'Autel puis entame la déambulation vers l'Orient. Quand elle passe devant chaque Officier…).(Le Chapelain prend la suite de la procession quand elle passe devant lui pour se rendre à l’Ouest de l’Autel, face à l’O.)
   2.S.   se lève  =0= et reste debout
   1.S.   se lève  =0= et reste debout
V.M.   =0=(toute la Loge se lève)
           (Quand la procession arrive au Midi, elle s'arrête face à l'Occident. Le Chap., face à l'Autel, lit le Psaume 133 )
chap. "Oh ! qu'il est agréable, qu'il est doux, pour des F., de demeurer ensemble".
           "C'est comme l'huile précieuse qui, répandue sur la tête, descend sur la barbe, la barbe d'Aaron, qui descend sur le bord de son vêtement".
           "C'est comme la rosée de l'Hermon, qui descend sur les Montagnes de Sion, car c'est là que l'Éternel envoie la bénédiction, la vie pour l'Éternité"
           ( Tous les FF. s »assoient, le Chap. retourne à l'Orient s’il a la place de passer, la procession se tourne face au 2.S.)
  1.E.   =0=0=0= (avec sa verge sur le sol)
   2.S.   =0= (se lève) - Qui va là ?
  1.E.   Monsieur X.Y., un candidat pauvre et dans les ténèbres, qui désire recevoir et bénéficier d'une partie des Droits, Lumières et Bienfaits de cette Respectable Loge érigée à la Gloire de Dieu, et dédiée à la mémoire des Bienheureux Saints Jean, comme l'ont fait tous les FF. et Comp. qui ont suivi ce chemin avant lui.
   2.S.   Monsieur X.Y., est-ce là un acte de votre plein gré et libre volonté ?
     C.     Oui.
   2.S.   F.1.E - en est-il digne et réellement capable ?
  1.E.   Il l'est.
   2.S.   Est-il dûment et véritablement préparé ?
  1.E.   Il l'est.
   2.S.   Par quel autre Droit espère-t-il obtenir ce grand privilège ?
  1.E.   Parce qu'il est un homme, né libre, ayant atteint l'âge légal et qu'il est recommandé par des gens dignes de foi.
   2.S.   Puisque le candidat possède toutes les qualités requises, conduisez-le au 1.S., à l'Occident, afin que celui-ci l'examine à son tour. (s’assied)
           (La procession se place face au 1.S.)
  1.E.   =0=0=0=(avec sa verge sur le sol)
   1.S.   =0= (se lève) - Qui va là ?
  1.E.   Monsieur X.Y., un candidat pauvre et dans les ténèbres, qui désire recevoir et bénéficier d'une partie des Droits, Lumières et Bienfaits de cette Respectable Loge érigée à la Gloire de Dieu et dédiée à la mémoire des Bienheureux Saints Jean, comme l'ont fait tous les FF. et Comp. qui ont suivi ce chemin avant lui.
   1.S.   Monsieur X.Y., est-ce là un acte de votre plein gré et libre volonté?
     C.   Oui.
   1.S.   F.1.E. en est-il digne et réellement capable ?
  1.E.   Il l'est.
   1.S.   Est-il dûment et véritablement préparé ?
  1.E.   Il l'est.
   1.S.   Par quel autre Droit espère-t-il obtenir ce grand privilège?
  1.E.   Parce qu'il est un homme, né libre, ayant atteint l'âge légal et qu'il est recommandé par des gens dignes de foi.
   1.S.   Puisque le candidat possède toutes les qualités requises, conduisez-le au V.M. à l'Orient, afin que celui-ci l'examine à son tour. (s’assied)
           (la procession se place face au V.M.)
  1.E.   =0=0=0=(avec sa verge sur le sol)
V.M.   =0= Qui va là?
  1.E.   Monsieur X.Y., un candidat pauvre et dans les ténèbres, qui désire recevoir et bénéficier d'une partie des Droits, Lumières et Bienfaits de cette Respectable Loge, érigée à la gloire de Dieu, et dédiée à la mémoire des Bienheureux Saints Jean, comme l'ont fait tous les FF. et Comp. qui ont suivi ce chemin avant lui.
V.M.   Monsieur X.Y., est-ce là un acte de votre plein gré et libre volonté?
     C.   Oui.
V.M.   F.1.E - en est-il digne et réellement capable ?
  1.E.   Il l'est.
V.M.   Est-il dûment et véritablement préparé ?
  1.E.   Il l'est.
V.M.   Par quel autre droit espère-t-il obtenir ce grand privilège?
  1.E.   Parce qu'il est un homme né libre, ayant atteint l'âge légal, et qu'il est recommandé par des gens dignes de foi.
V.M.   D'où venez-vous et où allez-vous?
  1.E.   Nous venons de l'Occident et allons vers l'Orient.
V.M.   Pourquoi avez-vous quitté l'Occident et allez-vous vers l'Orient?
  1.E.   Parce que nous sommes à la recherche de la Lumière Maçonnique.
V.M.   Puisque le candidat possède toutes les qualités requises, et qu'il est à la recherche de la Lumière Maçonnique conduisez-le au 1.S. à l'Occident, qui lui enseignera comment s'approcher de l'Orient, selon les formes anciennes et dûment établies.
           (La procession fait face au midi, part vers le Midi fait un demi-tour gauche, repart vers le Nord et se dirige vers l'Ouest en passant par le Nord. Elle s'arrête à l'angle N.O de l'Autel)
  1.E.   F.1.S.
   1.S.   F.1.E. (se lève)
  1.E.   Le V.M. a ordonné que vous enseigniez à ce candidat comment approcher de l'Orient selon les formes anciennes et dûment établies.
   1.S.   Faites que le candidat soit face à l'Orient.
           (La procession se dirige vers l'ouest, tourne à gauche vers le midi, et s'arrête au niveau du 1.S., puis fait face à l'Orient.)
   1.S.   Monsieur X.Y., avancez votre pied gauche (le cand. le fait), Amenez le talon de votre pied droit dans le creux de votre pied gauche, formant ainsi l'angle d'un rectangle. (le cand. le fait) - V.M.
V.M.   F.1.S.
   1.S.   Le candidat est à vos ordres.(le 1.S. reste debout pendant la mie en place du candidat)
V.M.   (se lève) - Monsieur X.Y., avant que vous puissiez continuer plus avant dans la voie de la Franc-Maçonnerie, il est nécessaire que vous preniez un engagement solennel se rapportant au grade d'App. Moi, le Maître de la Loge, je vous assure qu'il ne contient rien qui puisse être contraire à vos devoirs ou droits moraux, sociaux ou civils quels qu'ils soient. Avec cette assurance de ma part, acceptez-vous de prendre cet engagement solennel ?
     C.   Oui
V.M.   Alors avancez-vous jusqu'à l'Autel Sacré de la Franc-Maçonnerie, et agenouillez-vous sur votre genou gauche nu, votre genou droit formant l'angle d'un carré, votre main gauche soutenant, votre main droite reposant sur la Sainte Bible, l'Équerre et le Compas. (Le conducteur place le candidat en bonne et due forme, sous le contrôle du 1.E. Quand le candidat est conduit à l'Autel, les MM.CC. se placent devant leur place respective. Le Mar. se place à mi-distance entre l'Autel et l'Occident, les II. de part et d'autre du Mar. sans faire l'Arche.)
  1.E.   V.M.
V.M.   F.1.E
  1.E.   Le candidat est installé en bonne et due forme.
V.M.   =0=0=0=  (toute la Loge se lève)
           - les MM.CC. se dirigent vers l'Orient pour délimiter l'alignement que doivent respecter les FF. Le Mar gagne sa place devant le plateau du 1.S.à mi-chemin de l’Autel.
           - le 2.S. se place devant le fauteuil du 1.M.C. et le 1.S. devant celui du 2.M.C.
           - ayant tracé le Temple, les MM.CC. reviennent à l'Occident et s'arrêtent face aux SS.
           - les F prennent place à l'alignement tracé par les MM.CC. pendant que les MM.CC. retournent à l'Occident.
           - les MM.CC. repartent à l'Orient suivis par les SS., ils forment une Arche à l'Orient, sous laquelle prennent place les SS. face à l'Occident.
           - à ce moment, les II. forment une Arche au-dessus du Mar.
           - le V.M. descend de l'Orient, donne le maillet au 1.S. et le chapeau au 2.S. Quand le V.M. s'approche de l'Autel l'éclat des Lumières doit diminuer et tous les FF. font le S.d.F. sauf le V.M., les MM.CC. et les II.
           - le conducteur reste derrière le candidat et le 1.E. se tient à l'angle S.O. de l'Autel
           - toutes les lumières sont éteintes sauf les 3 cierges de l'Autel.
V.M.   Monsieur X.Y., si vous êtes toujours disposé à prendre cet engagement solennel dites "Moi" et déclinez vos nom et prénom.
     C.   Moi, X., Y.,
V.M.   Répétez après moi : De mon plein gré et de ma libre volonté. En présence de Dieu Tout Puissant et de cette Respectable Loge de Maçons Francs et Acceptés, érigée à la gloire de Dieu, et dédiée à la mémoire des Bienheureux Saints Jean. Par ceci et sur ceci, solennellement et sincèrement, je promets et jure que je garderai, cacherai et jamais ne révélerai à quiconque, aucun point, parcelle ou partie des secrets et mystères de l'Antique Franc-Maçonnerie que j'ai reçus, vais recevoir ou qui peuvent m'être communiqués à l'avenir; Sauf à un F. App. régulier, ou dans le sein d'une Loge juste et dûment constituée d'App. réguliers et surtout pas à celui ou à ceux se disant tels, mais seulement à celui ou à ceux que je sais être tels pour les avoir dûment éprouvés, examinés strictement, ou avoir reçu à leur sujet, des informations Maçonniques légitimes. En outre, je promets et jure, que je n'écrirai pas ces secrets, ne les burinerai, sculpterai, marquerai, ni ne les tracerai d'aucune autre manière sur quoi que ce soit d'éphémère ou d'éternel, par quoi ou sur quoi, le moindre mot, syllabe, lettre ou caractère pourrait être rendu lisible ou intelligible à moi-même ou à autrui, et grâce auxquels les secrets de la Franc-Maçonnerie pourraient être révélés indûment par mon indignité. Tout ceci, je le promets et je le jure, solennellement et sincèrement, sans hésitation, réserve mentale ou faux-fuyants d'aucune sorte, en acceptant de subir la peine terrible d'avoir la gorge tranchée, la langue arrachée et enterrée dans les sables de la mer, à la laisse des basses eaux, là où le flux et le reflux se font sentir deux fois en vingt-quatre heures., si intentionnellement ou volontairement je viens à violer mon obligation solennelle d'App. Franc-maçon. Que Dieu me vienne en aide et m'arme de constance pour tenir fidèlement cette solennelle obligation.          (Marquer une légère pause)
V.M.   Comme gage de votre sincérité, scellez cette promesse par un baiser sur la Sainte Bible qui repose entre vos mains. (le conducteur libère les mains du candidat et le laisse embrasser volontairement la Bible)
V.M.   F.1.E.
  1.E.   V.M.
V.M.   Enlevez le nœud coulant. - (le conducteur enlève le noeud coulant)
V.M.   Mon F., dans votre situation actuelle, que désirez-vous recevoir avant tout ?
     C.     La Lumière Maçonnique. (La réponse lui est soufflée par le conducteur)
V.M.   Mes FF., tendez vos mains et aidez-moi à donner la vraie Lumière Maçonnique à ce nouveau F.
           (le V.M. et les FF. font le D.G. de l'App. M., en attente du claquement de mains )
V.M.   "Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.
           La terre était informe et vide, les ténèbres couvraient la face de l'abîme, et l'esprit de Dieu planait sur les eaux. Dieu dit : "Que la Lumière soit et la Lumière fut". Pour commémorer humblement cet auguste événement, je dis maçonniquement "que la Lumière soit".            (Lorsque le V.M. et les FF. tapent dans leurs mains, le bandeau est enlevé par le conducteur qui regagne sa place dans les rangs. Libérer les mains du candidat)
V.M.   F. X.Y., maintenant que la Lumière Maçonnique vous a été donnée, vous apercevez les Trois Grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie, éclairées par les symboles des Trois Lumières Secondaires. Les Trois Grandes Lumières en Franc-Maçonnerie sont : la Bible, l'Équerre et le Compas. Elles sont ainsi expliquées. La Sainte Bible nous est donnée pour servir de règle et de guide à notre Foi et à notre pratique. L'Équerre nous est donnée pour que nos actes soient empreints de rectitude. Enfin le Compas nous est donné pour circonscrire nos désirs et maintenir nos passions dans de justes limites à l'égard de l'Humanité. Les Trois Lumières Secondaires sont: le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge. Elles sont ainsi expliquées. Comme le Soleil régit le jour et la Lune règne sur la nuit, de même le Vénérable Maître, avec une égale régularité, doit régir et gouverner la Loge. Les représentations des Trois Lumières Secondaires sont trois cierges allumés, placés sur des chandeliers, situés à l'Orient, à l'Occident et au Midi.
           J'attire particulièrement votre attention sur la Grande Lumière de la Franc-Maçonnerie : la Sainte Bible. Quelles que soient les divergences entre les hommes sur les questions de croyance et de théologie, tous les hommes de bonne volonté sont d'accord pour reconnaître que, dans la Sainte Bible, se trouvent exposés les principes de moralité qui constituent les fondations sur lesquelles doit être construite une vie de droiture. La Franc-Maçonnerie, en conséquence, ouvre ce livre sur ses Autels, en commandant à chacun de ses adeptes de l'étudier avec diligence pour y découvrir le chemin qui mène à la vie éternelle. N'adoptant aucune croyance particulière, interdisant les discussions sectaires au sein de ses Loges, encourageant chacun à se maintenir avec constance dans la foi qui est la sienne, la Franc-Maçonnerie prend tous les hommes de bonne volonté par la main et, les guidant jusqu'à ses Autels, leur montre la Bible ouverte. Elle y invite instamment chacun à diriger ses pas dans la vie à l'aide de la Lumière qu'il y aura trouvée, telle qu'il l'aura trouvée.
           S'il arrivait jamais que l'athée, l'infidèle, l'irréligieux, ou le libertin, puisse arracher le Livre de la Loi Sacrée de nos Autels, et ainsi enlever ou simplement obscurcir, la plus Grande des Lumières de la Franc-Maçonnerie, cette Lumière qui, pendant des Siècles, a été la règle des Francs-Maçons, alors nous ne pourrions plus prétendre au noble titre de Maçons Francs et Acceptés. Mais tant que cette Sainte Lumière brillera sur nos Autels, tant qu'elle illuminera le chemin que suivent les Francs-Maçons, des rayons dorés de la Vérité, aussi longtemps qu'il en sera ainsi, mais pas plus longtemps, la Franc-Maçonnerie pourra vivre et exercer son influence bénéfique sur l'humanité. Montez donc une garde vigilante devant ce Livre de la Loi Sacrée et Immuable, comme s'il s'agissait de votre vie même. Défendez-le comme vous défendriez le drapeau de votre pays, vivez selon ses enseignements divins, avec son assurance éternelle d'une immortalité bénie.
          
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