Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles récents

Création glorieuse et forme d'apparence matérielle (1)

25 Octobre 2012 , Rédigé par x Publié dans #spiritualité

Tout est gloire dans la création. Ou plutôt devrions-nous dire que tout fut originellement créé par la gloire divine, et pour manifester la gloire divine, et que consécutivement tout fut originellement créé dans un état glorieux. Tout, c'est-à-dire les entités spirituelles émanées du sein de la divinité, puis la création qui suivit la prévarication des premiers esprits et enfin l’homme. Ainsi Martinès de Pasqually commence-t-il son traité par les mots suivants : « Avant le temps, Dieu émana des êtres spirituels, pour sa propre gloire, dans son immensité divine. » (Traité, 1)

Mais qu’entend-on au juste par gloire divine ? Pour bien comprendre les écrits des auteurs du XVIIIème siècle il est important de saisir et manipuler le mieux possible la langue de cette époque. Aussi nous irons chercher dans le Dictionnaire de Trévoux (1771) le sens précis de différents termes repris dans cette étude afin de respecter au plus près la pensée et l’intention de l’auteur du Traité de la réintégration, sans la déformer par des concepts modernes n’ayant pas cours à son époque. Ainsi, nous reportant audit dictionnaire, nous notons au mot gloire : « se dit encore de la Majesté divine, de la splendeur qui marque sa puissance et sa grandeur infinie. (…) Les théologiens on distingué dans lui [Dieu] deux sortes de gloire ; l’une qu’ils appellent interne, qu’ils font consister dans l’infinité de ses perfections ; et l’autre externe, qu’ils font consister dans la manifestation de ses attributs. C’est dans ce sens qu’ils ont dit que Dieu avait créé le monde pour sa propre gloire. » Enfin, une signification subsidiaire, mais interpellante : « se prend encore pour ornement ». Ainsi Martines écrit-il :

« Ces premiers chefs [premiers esprits émanés] avaient une connaissance parfaite de toute action divine, puisqu'ils n'avaient été émanés du sein du Créateur que pour être moins [sic pour témoins] face à face de toutes les opérations divines de la manifestation de sa gloire. » (Traité, 3)

La gloire consistant en la manifestation des attributs divins, toute la création doit alors témoigner de la puissance et de la majesté divine. Et puisque Dieu crée pour sa propre gloire, toute la création est nécessairement remplie de cette gloire divine. Et de même, au coeur de cette création, l’homme n’est pas en reste puisque bien qu’émané postérieurement à la prévarication des premiers esprits, sa gloire et sa grandeur n’en furent aucunement amoindries, bien au contraire :

« Aussi la forme dans laquelle Adam fut placé était purement spirituelle et glorieuse, afin qu'il pût dominer sur toute la création, et exercer librement sur elle la puissance et le commandement qui lui avaient été donnés par le Créateur sur tous les êtres. » (Traité, 47)

Et encore :

« Il [le mineur] avait les mêmes vertus et puissances que les premiers esprits ; et quoiqu'il ne fût émané qu'après eux, il devint leur supérieur et leur aîné par son état de gloire et la force du commandement qu'il reçut du Créateur. (…) C'était dans cet état qu'il devait manifester toute sa puissance pour la plus grande gloire du Créateur en face de la création universelle, générale et particulière (…) Adam, dans son premier état de gloire, était le véritable émule du Créateur. » (Traité, 6)

Quel éclairage et quelle révélation ! Ainsi, l’homme par sa constitution glorieuse autant que par ses attributs étendus, est considéré comme émule, c'est-à-dire encore selon Le Trévoux « regardé comme étant d’un mérite égal ». Nous ne suivrons pas cette définition à la lettre, ne pouvant estimer les vertus et puissances de l’homme égales à celles de son créateur – l’homme ne devant son existence qu’à l’amour de Dieu qui est l’action de création divine, mais conclurons cependant que l’homme était à l’image et à la ressemblance du Créateur. Nous soulignerons aussi que, Dieu étant toute gloire et n’ayant d’autre limite que cette gloire qui inonde toute émanation et toute création – c'est-à-dire aucune limite - la forme glorieuse de l’homme, son corps de gloire, participe pleinement de l’image divine. Et cette image est aussi similitude de mode d’action et d’opération par la puissance créatrice donnée au premier homme-Dieu :

« Adam avait en lui un acte de création de postérité de forme spirituelle, c'est-à-dire de forme glorieuse, semblable à celle qu'il avait avant sa prévarication : forme impassive et d'une nature supérieure à celles de toutes les formes élémentaires. » (Traité, 22)

De même toute la création est image du Créateur : « Il est appelé Créateur, parce que de rien il a tout créé, et que toute sa création provient de son imagination ; et c'est parce que sa création provient de son imagination pensante divine qu'elle est appelée image. » (Traité, 116). Aussi pouvons-nous déduire de ce qui précède que toute la création est glorieuse ou plutôt inondée de la gloire du Créateur. Toute, pourra-t-on alors objecter en se référant à la création universelle (l’univers), générale (la terre) et particulière (les habitants de la terre et des cieux) ? N’est-il pourtant pas dit par Martinès que :

« Ces premiers esprits ayant conçu leur pensée criminelle, le Créateur fit force de loi sur son immutabilité en créant cet univers physique, en apparence de forme matérielle, pour être le lieu fixe où ces esprits pervers avaient à agir, à exercer en privation toute leur malice. » (Traité, 6)

Il y a ici une opposition apparente à notre affirmation qu’il nous faut relever et expliquer. L’univers physique d’apparence matérielle semble, d’après le précédent passage du Traité, avoir été créé dès la prévarication des premiers esprits, mais aussi avant l’émancipation de l’homme et sa propre chute :

« L'homme ne fut émané qu'après que cet univers fut formé par la Toute-puissance divine pour être l'asile des premiers esprits pervers et la borne de leurs opérations mauvaises, qui ne prévaudront jamais contre les lois d'ordre que le Créateur a donné à sa création universelle. » (Traité, 6)

Cette création, qualifiée comme étant « en apparence de forme matérielle », ne peut donc pas être glorieuse, objectera-t-on pertinemment. Martinès ajoute d’ailleurs :

« Tout ce qui les distingue [forme glorieuse et forme de matière apparente], c'est que la première était pure et inaltérable, au lieu que celle que nous avons présentement est passive et sujette à la corruption. » (Traité, 23)

Mais regardons de plus près et poursuivons dans le texte :

« C'est en réfléchissant sur un état si glorieux [le sien] qu'Adam conçut et opéra sa mauvaise volonté au centre de sa première couche glorieuse que l'on nomme vulgairement : paradis terrestre, et que nous appelons mystérieusement : terre élevée au-dessus de tout sens. (…) Cette couche spirituelle, dans laquelle le Créateur plaça son premier mineur, fut figurée par 6 et une circonférence. Par les six cercles, le Créateur représentait au premier homme les six immenses pensées qu'il avait employées pour la création de son temple universel et particulier. Le septième, joint aux six autres, annonçait à l'homme la jonction que l'esprit du Créateur faisait avec lui pour être sa force et son appui. » (Traité, 22)

Ainsi, si comme le dit Martinès, l’homme que nous savons avoir été émancipé au centre de l’univers, était alors placé au centre d’une couche glorieuse, toute spirituelle, « pour agir dans toutes ses volontés sur les formes corporelles actives et passives (Traité, 6) », cette couche glorieuse, figurée par six cercles relatifs aux six pensées du Créateur, devait alors être semblable dans sa substance à l’ensemble de la création considérée comme image de ces six pensées. Aussi, cette création primitive, résultat direct et immédiat de l’opération des six pensés divines, ne pouvait-elle être matérielle et n’avait encore que l’apparence de forme matérielle, apparence de forme conçue dans la pensée divine.

Cette création, que nous appelons primitive, bien que devant présenter en elle toutes les formes corporelles imaginées par Dieu et contenues dans les six pensées du Créateur, n’était donc pas encore la création corporelle d’apparence matérielle. Les essences spiritueuses - innées dans les esprits ternaires détachés dans l’axe feu central consécutivement à la prévarication des premiers esprits - furent originellement produites par ces esprits inférieurs et mineurs ternaires de façon indifférenciée, constituant ainsi un chaos dans le matras philosophique ou matrice vierge de création. Ce chaos, par la densité des essences spiritueuses indifférenciées qui le composaient, constituait déjà l’espace sur lequel les esprits prévaricateurs déchus et chassés de l’immensité divine pouvaient exercer leur action maléfique et ténébreuse. Cette action était par ailleurs limitée dans ses effets par la barrière spirituelle que composaient les esprits ternaires rassemblés en un axe feu central qui sépare la création primitive de l’immensité surcéleste et divine et protège ainsi tous leurs habitants spirituels de toute souillure de ténèbres.

Par son intention 1. sa volonté 2. et sa parole 3. le Créateur enfanta alors l’action 4. - qui est le Verbe de création - et imprima ainsi ses six pensées divines dans le chaos. Ce Verbe de création, centre du ternaire d’intention, de volonté et de parole, exprime réellement les six pensées divines de création par le nombre 6 qui est la somme de ce ternaire par 1+2+3. Par ce ternaire dont il est le centre, le Verbe du Créateur détient une puissance ternaire créatrice qu’il imprime alors sur le chaos sous la forme d’un triangle qui modèle ainsi toute forme apparente à l’intérieur dudit chaos. Chaque forme a donc pour base ce ternaire que nous représentons aussi par soufre, sel et mercure ou les trois principes de création.

C’est ce qui nous est conté dans la Genèse, par l’image de la Sagesse divine flottant au-dessus des eaux du chaos et les ordres du Créateur qui sont Verbe de création : « La terre n’était que chaos et vide. Il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme et l’Esprit de Dieu planait au-dessus de l’eau. Dieu dit : « Qu’il y ait de la lumière ! » et il y eut de la lumière. »[1]L’abîme est entendu suivant Martinès comme le lieu de privation dans lequel ont été précipités les esprits déchus et sur lequel ceux-ci opèrent leurs actions ténébreuses.

« Et c'est pour avoir tenté cette opération opposée aux lois immuables de l'Eternel Créateur, que les démons se trouvent n'avoir d'autre puissance que cette puissance quinaire de confusion, et qu'ils sont précipités dans les abîmes de la privation divine pour une éternité. » (Traité, 240)

Ce lieu est dit de privation car étant coupé de l’immensité surcéleste, dans laquelle opèrent les esprits restés fidèles ou encore nouvellement émanés du sein du Créateur, ainsi que de l’immensité divine. Ces abîmes, qui sont l’espace des eaux inférieures et chaotiques, sont dites ténébreuses car séparées de l’immensité surcéleste, appelée aussi eaux célestielles, par l’axe feu central des esprits ternaires qui composent ensemble un voile épais à la lumière divine ; de même qu’elles ne sont pas encore illuminées par la gloire du Verbe de Création qui doit y être enfanté. Ainsi, de par cette privation nous pouvons dire que ce voile constitue pour les esprits déchus de véritables ténèbres, enveloppant les abîmes qui ne sont pas encore chaos organisé. Martinès ne fait ici que restituer, sous la forme particulière qui est la sienne, l’exégèse des Pères de l’Eglise. Nous reprenons ici les enseignements de Saint Basile le Grand et Saint Grégoire de Nysse relatifs aux six jours de la création dans deux citations qu’il nous est apparu important de reproduire malgré leur longueur :

« Nous disons donc que les ténèbres ne sont pas par elles-mêmes une substance, mais une certaine disposition de l’air provenant de la privation de lumière. Mais de quelle lumière un endroit du monde s'est-il trouvé tout-à-coup privé, en sorte que les ténèbres étaient répandues sur les eaux? Faisons réflexion que s'il existait un monde avant ce monde sensible et corruptible, il était sans doute dans la lumière: qu'en effet, ni les puissances angéliques, ni les armées célestes, ni en général les êtres raisonnables et les esprits exécuteurs de la volonté de Dieu, ceux qui ont un nom parmi nous comme ceux qui n'en ont pas, n'étaient dans les ténèbres, mais menaient une vie conforme à leur nature, dans la lumière et dans une joie spirituelle (…) Si les réprouvés sont envoyés dans les ténèbres extérieures, ceux qui ont fait des actions dignes de la récompense possèdent le repos dans une lumière surnaturelle, cette lumière dont Salomon dit : La lumière est pour les justes à jamais (Prov. 13, 9). Rendons grâces, dit Saint Paul, à Dieu le Père, qui nous a rendus dignes d’avoir part à l’héritage des saints, c'est-à-dire, à la lumière (Col. 1, 22). Si les réprouvés sont envoyés dans les ténèbres extérieures, ceux qui ont fait des actions dignes de la récompense possèdent le repos dans une lumière surnaturelle.»

Et aussi :

« La séparation des eaux opérée par l’interposition du firmament, d’une part n’est pas incompatible avec cette façon de voir, d’autre part s’enchaîne logiquement si l’on considère l’Ecriture. Le texte de l’Ecriture enchaîne en effet, après avoir parlé de la terre : une ténèbre était au-dessus de l’abîme et l’Esprit de Dieu était porté au-dessus de l’eau. Nous pouvons conjecturer que l’Esprit de Dieuest aussi loin d’être ténèbre qu’il est étranger à tout mal et on peut citer à ce propos mille paroles de la Sainte Ecriture : Dieu est lumière véritable et habite une lumière inaccessible ; l’Esprit de Dieu est par sa nature ce qu’est Dieu lui-même ; si dieu et l’Esprit ont une seule et même nature et si Dieu est lumière, il faut bien conclure que l’Esprit de Dieu aussi est lumière ; d’autre part la lumière met immanquablement dans la lumière ce sur quoi elle est portée. Donc l’eausur laquelle l’esprit de Dieu était porté était immanquablement dans la lumière et à l’abri de l’ombre, et ce qui n’était pas dans la ténèbre n’avait absolument pas besoin d’un être qui l’illuminât.

Si ces idées sont recevables, l’eau sur laquelle l’Esprit de Dieu était portéest autre chose que la nature portée à descendre des eaux qui coulent ici-bas ; elle est séparée par le firmament de l’eau pesante et portée à descendre. Si est également nommée eau par l’Ecriture cette substance dont nous conjecturons, en élevant le niveau de notre étude, qu’elle désigne le plérôme des puissances intelligibles, il ne faut pas qu’on se laisse abuser par l’homonymie. Car aussi bien Dieu est un feu dévorant, mais le terme est exempt la signification matérielle du mot feu. Donc, comme quand tu entends dire que Dieu est un feu, tu penses qu’il est autre chose que le feu d’ici-bas, de même quand tu reçois l’enseignement d’une eau soumise à l’Esprit de Dieu, tu ne dois pas penser qu’il s’agit d’un élément porté à descendre qui vient s’écouler sur la terre ; car l’Esprit de Dieu n’est pas porté sur les êtres terrestres et instables.

Donc, afin d’éclairer cette pensée et de la rendre plus claire, nous reprendrons avec concision le sens de ce que l’Ecriture a dit : le firmament, qui a été appelé ciel, est la limite de la partie sensible de la création. Ce qui la remplace au-delà de cette limite, c’est la création intelligible, dans laquelle il n’y a ni forme, ni grandeur, ni position en un lieu, ni mesure par intervalles, ni couleur, ni figure, ni quantité, ni aucune autre des choses visibles sous le ciel (…) Donc lorsque j’entends le mot abîme dans l’Ecriture, je dis qu’est désignée la masse des eaux car c’est ainsi que le définit aussi le psaume : les abîmes furent troublés, masse du retentissement des eaux ; et lorsque j’entends la ténèbre qui l’accompagne, je pense que c’est que la puissance lumineuse qui réside dans la nature des êtres n’est pas encore apparue.»

A l’opposé de cela, l’Esprit de Dieu, ou Sagesse divine, flottait au-dessus des eaux célestielles, c'est-à-dire inondait de sa lumière et de sa gloire l’immensité surcéleste où résident les intelligences et tous les ordres et classes angéliques. Martinès l’Ecriture Sainte en mentiponnant : « Ainsi flottait l’esprit divin avant qu’il séparât la lumière d’avec les ténèbres et que chaque chose chaotique eût pris sa place naturelle selon sa loi. » (Traité, 207)

Aussi, lorsque Dieu dit : « Qu’il y ait de la lumière ! » il enfante par ce commandement son Verbe de Création qui vient habiter le chaos afin d’y apporter la lumière et l’inonder de la gloire divine. Par les différents commandements successifs le Créateur procède ensuite à l’organisation du chaos suivant ses six pensées qui, comme nous l’avons vu précédemment, sont mises en action par le Verbe de Création doublement fort qui engendre ainsi l’entièreté de la création glorieuse primitive.

C’est bien cette création primitive, que nous appelons paradis terrestre, que l’homme émancipé dans son corps de gloire d’apparence de forme triangulaire – portant ainsi l’image de la pensée du Créateur - vint habiter avant sa chute afin de dominer toute création de forme apparente et agir pour la molestation, mais aussi le repentir, des esprits prévaricateurs, et commandant pour cela sur les différentes classes d’esprits ou hiérarchies spirituelles.

« L'intention se joint à la création de l'univers, qui est figuré par un cercle immense, dans l'intérieur duquel le général et le particulier, sont mis en action et en mouvement. La volonté se joint à la création du général ou de la terre, qui est figurée par un triangle, ainsi que la figure qu'en avait conçue le Créateur dans son imagination pensante devait être représentée. La parole rejoint l'émanation particulière des mineurs spirituels, habitant dans la forme corporelle particulière terrestre, forme semblable à celle de la terre, et qui a été également produite conformément à l'image de la pensée divine. » (Traité, 47)

Cette création étant le fruit direct de la volonté divine par le Verbe Créateur qui est la lumière de ce monde créé, celle-ci ne peut être que pure, glorieuse et lumineuse, inondée de l’Esprit de Dieu. C’est pourquoi Martinès attribue à cette création le nom de couche glorieuse. Et ce n’est qu’à l’occasion de la chute d’Adam que cette création primitive, subissant une transmutation profonde, prend son aspect définitif et que toutes les formes originellement créées sont alors déchues en formes d’apparence de matière ténébreuse recevant, en elles une nature active et passive. Ces formes sont dites ténébreuses, non pas parce qu’elles seraient intrinsèquement mauvaises, ou que la matière qui les constitue depuis leur dégradation serait impure et intrinsèquement mauvaise et corrompue, mais parce qu’étant maintenant privées de la lumière divine qui en a été retirée[4]. Martinès résume cette mutation profonde dans les trois opérations suivantes qui ont donné lieu à ce qu’il appelle l’explosion des corps chaotiques :

« La première action est la descente du mineur général dans la forme corporelle générale terrestre ; la seconde est la jonction de l'esprit divin majeur avec le mineur ou âme générale ; la troisième est la borne de l'étendue que l'esprit majeur fixa lui-même au corps général et aux corps particuliers, tant célestes que terrestres, par l'ordre du Créateur, ainsi que les différentes facultés et propriétés qu'il donna à tous les corps (…) C'est par ces trois opérations que la création universelle reçut les lois, préceptes et commandements, que se fit l'explosion du chaos. Alors chaque forme corporelle contenue dans le chaos prit son action et opéra selon l'ordre qu'elle avait reçu. Il ne faut pas croire que l'explosion du chaos se soit faite par la descente de l'esprit mineur, ni par la jonction de l'esprit majeur avec lui, mais seulement par la retraite que fit cet esprit majeur ou doublement fort de l'enveloppe chaotique pour aller se réunir à son père ; et ce ne fut que dans ce moment que toute chose se présenta en nature passive et active aux yeux du Créateur, conformément à l'image qu'il s'en était formé. » (Traité, 123)

Ainsi la création glorieuse fut comme transmuée en une création d’apparence matérielle, à l’inverse de la transmutation alchimique des métaux. En effet, cette transmutation se fit par retrait du Verbe de Création, c'est-à-dire retrait de la lumière et de l’Esprit de Dieu. C’est cette dé-spiritualisation de la création qui donna naissance aux formes passives qui devinrent consécutivement animées d’une vie animale inférieure qui est le feu généré et transmis par les esprits de l’axe feu central. En conséquence aussi, du fait de sa prévarication, Adam ne put récolter comme fruit de son opération impure, qu’une forme de matière ténébreuse et non une forme glorieuse comme le verbe divin de création originellement inné en lui devait le permettre :

« Adam, rempli d'orgueil, traça six circonférences en similitude de celles du Créateur, c'est-à-dire qu'il opéra les six actes de pensées spirituelles qu'il avait en son pouvoir pour coopérer à sa volonté de création. Il exécuta physiquement et en présence de l'esprit séducteur sa criminelle opération. Il s'était attendu à avoir le même succès que le Créateur éternel, mais il fut extrêmement surpris ainsi que le démon, lorsqu'au lieu d'une forme glorieuse, il ne retira de son opération qu'une forme ténébreuse et toute opposée à la sienne. Il ne créa en effet qu'une forme de matière, au lieu d'en créer une pure et glorieuse telle qu'il était en son pouvoir. » (Traité, 23)

Doit-on penser pour autant que la création soit de ce fait privée de toute lumière et que le monde soit irrémédiablement tombé dans les ténèbres ? Que la seule lumière élémentaire soit aujourd'hui celle qui puisse, par le soleil, éclairer et féconder cette seconde création qui serait alors une sorte d'abîme abandonnée a la domination des légions de celui que nous appelons le Prince de ce monde ? Que le Créateur aurait définitivement mis cet univers en totale privation de sa gloire ?

Ce serait oublier que selon Martinès chaque corps de la nature, animé ou inerte, est habité par un véhicule de feu émané des esprits de l'axe et qui anime et contient chaque corps dans sa forme ; et que ce feu, de par son origine toute spirituelle, est à même de recevoir toute énergie et toute influence divine qui sont autant de manifestations de la gloire du Créateur. Que de même les agents spirituels du surcéleste actionnent sur ces agents inférieurs de l’axe par l’ordre et la puissance d’action qu’ils leur donnent en application de la pensée et de la volonté du Créateur ainsi que par les vertus et pouvoirs que ces mêmes agents déversent sur les sept corps planétaires qui les communiquent à leur tour à toute la création générale terrestre.

« C'est dans le surcéleste que s'opèrent la pensée et la volonté divines, c'est de là que proviennent l'ordre, la vertu et la puissance d'action de tous les esprits qui actionnent dans l'univers. Les sept cieux reçoivent du surcéleste toutes leurs vertus et tous leurs pouvoirs, et ensuite les communiquent au corps général terrestre. » (Traité, 215)

Mais encore, selon Martinès, bien que le monde ait été manifesté sous sa forme actuelle par le retrait de la double puissance du Verbe de création divin, il n'en reste pas moins que notre terre reste actionnée en son centre par la quatriple puissance divine qui opéra originellement à sa création par la volonté, l'intention, la parole et le Verbe de création qui sont quatre manifestant cette quatriple puissance du Créateur. Et que cette toute puissance agit toujours au centre de la terre qu'elle nourrit tout en déversant sur ses productions et ses habitants tous les bienfaits divins qui sont ainsi perceptibles à l'homme et bénéfiques à sa forme corporelle ainsi qu’à son âme animale. Martines évoque ceci en ces mots :

« Je t'apprendrai, Israël, que, par le sommet de la montagne spirituelle, tu dois entendre le type du cercle rationnel le plus élevé de tous les cercles célestes (…) tu reconnaîtras de plus que cette montagne spirituelle, portant le nombre dénaire ou  occupe le centre du réceptacle général, et que puisque la terre a une forme triangulaire, cette montagne doit être à la terre ce que le point ou le centre est à un triangle. Tu sais que cette montagne s'appuie sur le corps général terrestre ; cela ne te fait-il pas connaître que cette terre renferme en elle-même un être vivant émané du Créateur et semblable à celui qui est renfermé dans la forme apparente de tous les mineurs. Ce qui te confirme ce que je te dis, c'est la régularité et l'ordre infini de tout ce qui s'opère sur ce corps général terrestre. » (Traité, 218)

Enfin Martinès considère que toute la création bénéficie encore, malgré la chute, des vertus et puissance divines – que certains Pères à la suite de Saint Grégoire Palamas appelleront énergies divines – qui se déversent incessamment sur elle :

« Les vertus et les puissances de l'Éternel s'opèrent et s'opéreront jusqu'à la fin des siècles sur la montagne spirituelle dont je t'ai parlé, et, de là, elles se répandent sur le corps général terrestre pour se faire ressentir aux trois parties de cette terre et aux formes de tous ses habitants, soit dans le général, soit dans le particulier. Ici le mot général est attaché aux animaux irraisonnables, et le mot de particulier à ceux qui sont animés d'un être spirituel divin, tant céleste que surcéleste. » (Traité, 218)

C’est dans cette même création matérielle qu’Adam fut alors précipité pour revêtir sa forme corporelle de matière apparente. Cette opération s’entend par une sorte de transmutation inverse similaire à celle des formes originellement créées :

« Le Créateur, par sa toute-puissance, transmua aussitôt la forme glorieuse du premier homme en une forme de matière passive, semblable à celle qui était provenue de son opération horrible. Le Créateur transmua cette forme glorieuse en précipitant l'homme dans les abîmes de la terre d'où il avait sorti le fruit de sa prévarication. » (Traité, 24)

Cette transmutation est une dé-spiritualisation de la forme corporelle de l’homme qui, maintenant privée de la lumière divine – à l’instar de toute forme de création – se voit précipitée au centre de la terre et retenir impression des éléments et donc de la matière sous l’action d’un nouveau feu, non plus spirituel-divin, mais spirituel-temporel, produit par les agents, ou causes secondes, de la création matérielle qui sont les esprits ternaires de l’axe. Le retrait de cette lumière divine plonge alors la forme corporelle de l’homme dans la ténèbre. Cette ténèbre est encore épaissie par le vêtement de matière élémentaire qui vient habiller l’homme dépouillé de son habit glorieux :

« D'un autre côté, cette formation corporelle du Christ nous retrace l'incorporation matérielle du premier homme, qui, après sa prévarication, fut dépouillé de son corps de gloire, et en prit lui-même un de matière grossière en se précipitant dans les entrailles de la terre. » (Traité, 91)

De même, par une sorte d’aliénation, le verbe de création de forme spirituelle glorieuse originellement inné dans Adam fut transmué en un verbe de création de forme corporelle, producteur, non plus d’essences spirituelles, mais bien d’essences spirituelles-temporelles ou spiritueuses :

« Depuis sa prévarication, il est provenu de lui [Adam] des formes corporelles matérielles, et sujettes, comme la sienne, à la peine temporelle, au lieu que, s'il fût resté dans son état de gloire, il ne serait émané de lui que des formes corporelles spirituelles et impassives de la création, formes dont le Verbe était en lui. Tel est le changement qui s'est fait dans les lois d'action et d'opération du premier mineur ; il avait la puissance, dans son état de gloire, de faire usage des essences purement spirituelles pour la reproduction de sa forme glorieuse, au lieu que, depuis son crime, étant condamné à se reproduire matériellement, il ne peut faire usage que des essences spiritueuses matérielles pour sa reproduction. Je t'ai dit qu'Adam avait inné en lui le Verbe puissant de création de sa forme spirituelle glorieuse ; tu peux aisément t'en convaincre en réfléchissant que, pour, opérer aujourd'hui la reproduction de la forme matérielle, il faut que tu aies en toi un Verbe qui actionne, émane et émancipe hors de toi des essences spiritueuses suivant la loi de nature spirituelle temporelle.» (Traité, 235)

Ainsi, par sa prévarication, Adam entraîna la chute et la dégradation de toute la création simultanément à celle de sa propre forme. Aussi Martinès écrit-il :

« C'est pour cela enfin que les démons n'ont pu empêcher que le monde fût tel qu'il est, après le changement de la forme glorieuse de l'homme en forme de matière. » (Traité, 116)

Voici donc un éclairage différent de la pensée de Martinès relativement à la création, pensée qui, à première lecture, peut paraître pour le moins surprenante et quelque peu hétérodoxe  mais qui, sur ce point du moins, ne s’éloigne guère de la pensée des Pères. Martinès semble parfois se contredire car son écriture est désordonnée ; les éléments de son récit sont posés dans une chronologie parfois approximative tout du long de l’œuvre dont il faut, comme un puzzle, rassembler les pièces éparses pour en contempler la véritable teneur dans toute sa hauteur. Et ainsi, au résultat, après étude approfondie, le sens directement apparent est souvent rectifié.

Aussi nous le répétons, car ceci est fondamental, toute la création originelle - c'est-à-dire toutes les formes originellement issues de la pensée du Créateur et mises en œuvre par l’impression du Verbe de création sur les essences spiritueuses indifférenciées (ou chaos) émanées par des agents spirituels inférieurs – toute la création originelle, disons-nous, est glorieuse à l’image de son créateur relativement à l’homme et porte l’empreinte glorieuse de son créateur relativement à l’univers créé. Et cette image ou empreinte, quoi que défigurée ou altérée par la chute, reste et restera pour l’éternité, et ne sera dissipée qu’à la fin des temps lorsque le Créateur décidera de tout faire rentrer dans l’unité de son immensité divine :

« La même faculté divine qui a tout produit, rappellera tout à son principe, et de même que toute espèce de forme a pris principe, de même elle se dissipera et réintégrera dans son premier lieu d'émanation. » (Traité, 116)

(à suivre)

Source : http://reconciliationuniverselle.over-blog.com/

Lire la suite

Invocations Coëns

24 Octobre 2012 , Rédigé par Martinez de Pasqually Publié dans #Rites et rituels

Première Invocation journalière aux agents supérieurs solaires en jonction avec les agents supérieurs de Sabataïr surnommé Saturne.

 

ô toi, S. 15., (pour est) ô toi, A.8., (pour ouest), ô toi, A.9. (pour nord) etc..., Je vous

réclame et vous invoque comme puissance supérieure de l’habitacle temporel où sont

contenues toutes les puissantes opérations journalières et spirituelles temporelles ; c’est sur

vous que l’éternel a manifesté la loi d’ordre de l’action de tout être créé en vertu et puissance comme vous. Cette manifestation ne s’est opérée par la divinité que  pour l’avantage et la plus grande gloire de l‘homme divin de la terre : c’est pour cet auguste titre et en ma qualité d’homme-dieu puissant que je vous commande d’être soumis, obéissants et débonnaires à mon commandement. Obéissez sans délai à mon verbe redoutable et puissant selon qu’il est conçu par mon intention devant vous et mis en action par mon opération. Oui ! Je vous conjure et vous soumets à ma puissance supérieure à la vôtre ! Je vous assujettis à moi par ma parole formidable, je vous consacre par le nom ineffable ô +10 A.28. et par celui que par respect et par crainte je n’ose ici nommer et qui est l’agent majeur de mon opération. Je vous consacre tel par l’autorité que j’ai reçue du Dieu des Dieux vivants et par tout ce que j’ai de plus sacré et par le même nom ineffable du Dieu du Sabbat ô + 10 A.28.. Je joins la puissance des principaux chefs régionnaires de la sphère planétaire de Sabataïr à la votre. Oui ! Je l’invoque et réclame d’être en jonction avec vous au centre de mon opération, ô S.16., ô S.5., ô S.15.. Ecoutez la voix de celui qui vous parle au nom de l’Eternel Dieu d’Israël ! Obéissez sans délai à la force du verbe de l’homme-dieu de la terre, qui vous fait conjuration et commandement d’être en conjonction ternaire avec le corps général terrestre. Dévoilez à ma vue et à mon entendement toutes les choses que je désire connaître de lui, de vous et de ceux avec qui vous faites jonction, selon la forte puissance de mon invocation et de ma convention ! Qu’il vous souvienne pour un temps immémorial du redoutable commandement qui vous fut fait par Josué lorsqu’il suspendit votre réaction spirituelle temporelle et arrêta le cours de votre opération journalière sur la vallée de Gabaon, lieu où vous avez satisfait à l’intention et au verbe de Josué en sa qualité d’homme-dieu de la terre. Oui ! Je suis ce Josué qui toutefois semblable à lui en vertu et puissance spirituelle divine vous fais commandement d’obéir promptement à mon verbe de puissance immuable, qui vous somme tous ensemble par le nom formidable, de l’Eternel ô + 10 A.28.. Terreur, frémissement vous soient donnés par lui et par celui qui vous invoque, ô S.15., ô A.8., ô A.9., ô S.16., ô S.5. et je vous assujettis par la véritable parole dont Josué se servit lorsqu’il vous fit commandement d’opérer avec lui la défaite des ennemis du culte de l’éternel et des siens qui s’opposaient à toutes ses opérations spirituelles divines. Soyez tous entièrement consacrés à celui qui vous réclame pour coopérer ensemble notre puissance spirituelle temporelle pour la plus grande gloire et justice du créateur et de sa créature ! Soyez à elle come elle est à vous. Amen. Amen. Amen. Amen.

  

Seconde Invocation journalière aux agents supérieurs de Meraï surnommé Mercure, pour le lundi spirituel et non pour le Lundi temporel.  

 

Ô toi M.10., ô M.93., ô M.21., Je vous réclame et vous invoque par la triple et la

quatriple forte puissance que l’Eternel créateur a mis par la force de la sienne sur sa créature

mineure, toutefois supérieure à celle temporelle majeure ! Je suis cette créature puissante que l’Eternel a consacré pour être l’agent plus que parfait à ceux spirituels temporels. Votre

puissance est bornée dans sa faculté d’action et d’opération et celle de l’homme-dieu de la

terre ne l’était point avant sa prévarication. Qu’il vous souvienne de la vérité de ce que

j’avance devant vous ! Je vous réitère le premier commandement qui vous fut fait par le

premier homme qui a assujetti votre puissance à la sienne par la puissance de sa parole ! Je

suis ce premier homme qui se présente devant vous tous, revêtu de sa première vertu et

puissance spirituelle. Alerte, terreur et frémissement vous soient donnés par la triple et

quatriple puissance du verbe qui vous commande et vous ordonne d’obéir sans retard au contenu de mon invocation tracée devant vous par le tableau de mon opération. Je vous conjure par tout ce que j’ai de plus sacré, par tout ce qu’il y a de plus saint et par la redoutable puissance de ô M.52. et de ô M.47. qui président sur vous tous depuis les angles d’Est et d’Ouest jusqu'à votre région visuelle, je vous conjure encore par le nom très Saint de l’action de l’Eternel ô M.68., qui préside encore sur vous depuis l’angle du nord jusques à votre région, pour que l’intelligence la plus puissante qui est innée chez vous se joigne à mon être spirituel et à celui temporel. Je vous contrains par toutes les puissances supérieures à la votre que vous fassiez jonction avec celui qui vous l’ordonne de par l’Eternel, de par son action et de par mon opération, d’être dans toutes les circonstances de cette vie temporelle intimement liés et assujettis à Celui qui vous réclame. oui, ô M.10., ô M.93., ô M.21., je vous assujettis et vous consigne à moi uniquement ainsi que vous le fûtes par ordre du Créateur à l’homme Dieu de la terre après sa réconciliation spirituelle divine pour toujours. Par cet ordre supérieur éternel vous devîntes les sujets de ce premier homme en faveur duquel toutes puissances d’actions et d’opérations vous fut donnée pour sa plus grande gloire spirituelle temporelle. ô M.10., ô M.93., ô M.21. oui, Je vous parle à chacun de vous en particulier, j’assujettis votre vertu spirituelle et temporelle, Je vous commande en conséquence et je vous somme de suivre scrupuleusement la consigne spirituelle temporelle que je vais donner à chacun de vous en particulier. Allés, parcourrez, et opérés spirituellement votre puissance dans les trois régions terrestres ou je vous consigne

pour tel temps limité que l’on fixe à volonté, rapportez-moi fidèlement toutes les choses

temporelles que vous savez m’être les plus nécessaires et les plus urgentes pour mon bien être spirituel et pour celui temporel. Je vous fais le même commandement et vous donne la même consigne en faveur de mes semblables et surtout en faveur de ceux et celles qui se réclament à moi et pour lesquels je suis forcé de vous invoquer. (On nomme les personnes que l’on veut favoriser dans l’opération). Je vous consigne au centre desdites régions pour que vous manifestiez votre puissance contre celles des hommes ordinaires de la terre ; leurs puissances sont plus conventionnelles que spirituelles, c’est en conséquence que je vous ai attachés auprès des êtres supérieurs des conventions matérielles temporelles afin que vous déterminiez leurs actions et leurs opérations selon mes désirs ; déterminés aussi leurs pensées semblables aux miennes, disposés leur Intention en ma faveur et pour ceux auxquels je m’intéresse ; obtenez de ces êtres mondains et du créateur toutes les choses indispensables qui sont attachées à la vie temporelle et spirituelle dont j’ai grand besoin. Je vous conjure par tout ce que je suis et par tout ce que vous êtes dans l’immensité de votre région planétaire pour que vous demeuriez ferme et inébranlable dans la consigne que je viens de vous donner pour le temps limité par l’homme Dieu de la terre ; que votre retraite ne soit faite qu’après toute opération et que tout succès de convention ait eu lieu selon l’intention et l’opération de celui qui peut plus que vous rapportez exactement, promptement et effectivement à celui en faveur duquel vous devez opérer toutes les choses pour lesquelles il vous met en action et ainsi qu’il vous les a marquées dans ses cercles d’opération ! Allez par le mot redoutable ô M. 52, revenez par le mot formidable de sa double puissance ô M.72 et rapportez par le mot formidable de sa Triple Essence ô M.3, à l’Homme-Dieu de la terre qui est la conclusion de la quatriple essence divine. Amen. Amen. Amen. Amen.

 

Troisième invocation journalière aux agents supérieurs de Maïr surnommé Mars, pour le Mardi spirituel et non pour le mardi temporel.

 

Ô PR. 24., ô PR. 25., ô PR. 26.! Je vous réclame et vous invoque comme puissance

supérieure de l’immensité de votre région planétaire ! C’est sur vous que le Créateur a fondé

par des lois immuables les puissantes opérations journalières, d’action, de réaction et de

végétation corporelle, temporelle et spirituelle en faveur du corps général terrestre et de tous les corps particuliers célestes. C’est en vertu de ces mêmes lois et puissances que je vous réclame et vous invoque par la puissance supérieure à la vôtre que le tout puissant Dieu créateur a mis innée en moi ; c’est par cette même puissance que je vous fais commandement d’être toujours prêts dans toutes les circonstances de ma vie temporelle et spirituelle à obéir au commandement de l’Homme-Dieu de la terre ; toute puissance ne vous a été donnée qu’en faveur de la créature spirituelle et temporelle, cette même puissance est soumise à la force de celle que le créateur a mise innée en moi, ô, ô, ô (les mêmes). Ecoutez mon invocation et répondez à mon opération ! Je vous commande de soumettre votre puissance à la mienne pour qu’elles soient intimement liées ensemble dans toutes les oeuvres et opérations quelconques que j’opérerai dans ce bas monde pour l’avantage de mon être temporel et spirituel et pour ceux en faveur desquels je m’intéresse le plus afin de les rendre dignes du fruit de mes opérations. Obéissez à mon verbe et à sa puissance spirituelle divine ! Oui ! Je vous conjure par le mot redoutable ô M.6, par le mot ineffable ô M.68. et par le mot tout puissant invincible ô M.76., que vous fassiez végéter dans mon être spirituel et dans celui temporel que j’habite pour un temps limité, les différents principes d’opérations divines qui ont pu se dissiper de mon être spirituel. Je vous conjure encore, ô, ô, ô (les mêmes esprits) de me rapporter fidèlement toutes les différentes choses que vous savez m’être nécessaires pour les différentes opérations du culte divin pour lesquelles l’homme Dieu fut émancipé de l’immensité divine ; Je vous commande également, en faveur de ceux et celles pour lesquels je suis obligé de rappeler, pour le même sujet. Je vous ordonne de manifester votre puissance végétative spirituelle divine et

temporelle au centre du tableau que j’ai planté devant vous et où sont tracées les différentes figures destinées à votre attention, afin que je puisse désormais ne plus errer dans ma conduite spirituelle et temporelle, dans le produit de mon opération et dans mes différentes invocations ; telles sont les choses que j’attends et prétends de la force de votre puissance et de celle de mon opération pour un temps immémorial. Amen. Amen. Amen. Amen. …

Source : le Manuscrit d’Alger

Lire la suite

Prière de l'Invocation Coën

24 Octobre 2012 , Rédigé par Martinez de Pasqually Publié dans #Rites et rituels

Je vous conjure, Esprits puissants et purs qui dominez sur les armées spirituelles et qui êtes sans cesse devant le trône de l'Eternel, je vous conjure, Esprits, qui êtes envoyés dans le temps pour la manifestation de la gloire et de la justice du Créateur ; Je vous conjure, Esprits, qui êtes préposés pour la formation, l'entretien et la succession de toutes les formes célestes et terrestres ; Je vous conjure et vous somme tous, par la puissance redoutable de ce nom sacré ô + 10 du Dieu qui seul a été, est et sera, qui seul est le principe, la vie et la fin de toutes choses ; qui seul est fort, saint et élevé ; qui seul a fondé les siècles, le monde, le ciel, la terre et la mer et qui seul les détruira ; qui seul a séparé le jour d'avec la nuit, la Lumière d'avec les ténèbres, le pur d'avec l'impur ; et qui seul a pu sceller de son nom les oeuvres immuables de sa pensée, de sa volonté et de son action en faisant apparaître deux grands luminaires ; Je vous conjure tous, ô Esprits aussi infinis en nombre, que différents en noms et vertus, pour que la force invincible du nom que j'invoque devant vous, ô +10  et avec vous, vous daignez m’être favorables dans toutes les occasions où j'aurai recours à vous par ce nom et pour mes besoins tant spirituels que temporels. Secourez-moi selon les vertus et les facultés qui vous sont réparties à chacun par la tendresse et la miséricorde de l'Eternel pour l'avantage de l'homme. Entendez les demandes que je fais dans ce travail, contribuez par votre intercession et par vos soins à leur accomplissement selon mon désir et autant qu'en tout ou partie elles seront conformes à  la volonté du Créateur notre Dieu. Suppléez par votre intelligence à tout ce que ma volonté incertaine avait de contraire à cette volonté inaltérable. Purifiez dès maintenant et à jamais

mon corps, mon coeur et mon âme par votre pureté, par vos inspirations, par votre charité pour l'homme, pour cette créature si précieuse à l'Eternel, si majestueuse dans son origine, si faible et si dégradée aujourd'hui par sa propre faute, mais si digne encore de vos soins et de votre secours depuis la promesse de sa rédemption. Ô Esprits émanés comme moi du sein fécond du Père Eternel, vous le savez, sa gloire dont vous êtes si jaloux, ( barré : serait imparfaite) n’est pas complète tant que l'homme restera soumis à sa justice ; c'est pour abréger le cours de cette justice dont l'effet est cependant nécessaire, qu'il vous est ordonné de veiller sur nous et de nous guider lorsque nous vous appelons sincèrement pour nous conduire au pied du Réconciliateur divin qui nous a rachetés par le plus grand mystère de charité et du consolateur adorable par qui ce mystère s'accomplit sans cesse. Je m'adresse particulièrement et nommément à vous, ô bienheureux Esprits, qui êtes chargés par l'Eternel de veiller à la réconciliation entière de mon être spirituel ; je vous conjure par le nom puissant de Dieu clément et miséricordieux, ô + 1 0. de venir au secours de mon âme toutes les fois qu'elle sera en danger de succomber au mal ; toutes les fois qu'elle vous appellera par ses désirs, par ses soupirs et par ses méditations ; toutes les fois qu'elle aura faim et soif d'intelligence, d'instructions et de conseils. Je vous le demande plus particulièrement à toi ô (on nomme son bon ange gardien connu ou adoptif) auquel je suis expressément confié par l'Eternel ; et je te conjure de m'aider à obtenir la protection et l'assistance des Esprits que j'ai invoqués et la soumission de ceux qui me restent à invoquer. Je m'adresse aussi particulièrement à vous, Esprits qui êtes chargés par l'Eternel de veiller à la formation, à l'entretien et à la succession des parties qui constituent mon corps

matériel ; je vous conjure par le même nom puissant du dieu créateur et première cause de tout ce qui apparaît, o + 1 0. de venir au secours de ma forme corporelle matérielle toutes les fois qu'elle sera en danger d'une dissolution prématurée; toutes les fois que quelqu’une de ses parties perdra l'équilibre et l'ordre établi pour sa durée fixée par l'Eternel ; et toutes les fois que je vous appellerai pour rétablir et réparer le dérangement de ma santé ; je vous soumets pour ce à la puissance supérieure à la vôtre de l’esprit qui est établi mon guide et mon Gardien o + (on le nomme) et je te le commande encore plus particulièrement à toi ô + L. 64. pour la constitution de ma forme et à toi o + L.69. pour l’oeuvre et l’entretien de ma forme, et à toi o + L.76. pour la réparation et la succession des parties de ma forme jusque au moment fixé pour son entière destruction ; unissez-vous tous trois pour l'accomplissement de ma demande et indiquez-moi clairement ce que je dois faire ou éviter pour la conservation de ma santé en général. Je m'adresse aussi particulièrement et nommément à vous, Esprits dégagés des liens de la matière, qui jouissez maintenant du fruit de vos vertus et dont j'ai le bonheur de porter les noms, ô (on nomme ses patrons réels et adoptifs) je vous conjure par ce nom que vous avez invoqué avec tant de confiance et de ferveur ô +10 de contribuer à mon salut éternel par vos prières et votre intercession auprès du Père des miséricordes, auprès du fils Rédempteur et auprès de l'Esprit consolateur. Obtenez pour moi les grâces, les secours et la clémence de la Divinité qui vous récompensera aujourd'hui dans les combats que vous avez livrés dans ce séjour où je suis amer ; faites que j'en sorte triomphant comme vous en m’assistant de vos lumières. Je m’adresse enfin directement et nommément à vous, esprits puissants qui dirigez les planètes en surveillant à ceux qui les gouvernent, ô (on nomme les huit anges des planètes) je vous conjure par ce nom qui est votre loi ô + 10 de me faire connaître chacun selon votre charge tout ce qu'il m'est nécessaire de savoir touchant vos astres, leurs habitants, leurs destinations et leurs actions et influences les uns avec les autres et singulièrement avec la terre. Je le demande plus particulièrement encore à toi ô (on nomme l'ange du jour) fais-moi connaître tout ce qui concerne ta planète et son rapport direct avec la terre que j'habite, avec les formes particulières et avec tous les êtres raisonnables et irraisonnables qui y sont renfermés. Qu’au nom de Dieu tout puissant ô +1 0 je vous conjure tous, Esprits que j'ai invoqués en ma qualité d'image et de ressemblance divine et en vertu de vos rapports et de votre mission dans le temporel à cause de l'homme seul dont vous êtes établis les guides et les compagnons, je vous conjure par la puissance infinie des noms de l’Eternel ô + 1 0  que vous entendiez favorablement les demandes et les prières que je fais à l’Eternel par votre canal, que vous les portiez au pied de son trône, purifiées par vous et que vos vœux ardents et efficaces m'en fassent obtenir l'accomplissement dans ce travail et pendant tout le cours de ma durée temporelle. Ô esprits qui approchez de plus près la majesté de celui qui est, portez-y aussi mes prières pour tous les ouvrages du Créateur, pour toutes ses créatures, pour toute la Nature ! Joignez-vous à moi pour obtenir de sa clémence infinie envers l'homme un adoucissement à la privation où sont condamnés ceux de mes semblables qui n’ont pas encore satisfait à sa justice depuis leur séparation d'avec la matière ; joignez-vous à moi pour obtenir de sa miséricorde la propagation de la lumière de son nom, de son culte et de sa volonté parmi nos semblables ; joignez-vous enfin à moi pour obtenir de son immutabilité d'abréger les temps où tout doit rentrer dans l'unité adorable d'où tout est émané. Amen. On fera les demandes particulières sans confusion, en s'adressant aux Esprits analogues à chaque demande. Si la planète en action qui est celle du jour offre une croix, c'est un signe de succès.

 

Source : le Manuscrit d’Alger

Lire la suite

Cérémonies des quatre Banquets d'obligation annuelle de l'Ordre des Coëns.

24 Octobre 2012 , Rédigé par Martines de Pasqually Publié dans #Rites et rituels

  

Le premier banquet est celui de la Trinité.

Le second est celui de St Jean-Baptiste.

Le troisième est celui de St Jean l'Evangéliste.

Le quatrième est celui de Pâques qui se fait à la troisième fête.

Pour la fête de la Trinité

Tous les frères de chaque établissement assisteront à une messe qui sera commencée à neuf heures et demie pour être finie à dix heures et demie ; et reviendront tous au (barré : temple) parvis du temple.

Tous les officiers dignitaires monteront dans le temple (* page 20), on en allumera toutes les lumières, alors les chefs conducteurs feront entrer tous les frères en général aux usages ordinaires.

Le T.R.M. d'Orient dit au Maître de Cérémonies de faire placer dans le cercle qui entoure celui du centre où est placée l'Etoile flamboyante douze frères des plus avancés en grade et des plus anciens sans cependant y comprendre aucun officier dignitaire.

On attachera au plancher perpendiculairement sur l'étoile du centre un oriflamme de l'intérieur de laquelle pendra une touffe de 12 rubans couleur de feu assez longs pour que les 12 frères qui sont placés comme il a été dit puissent tenir d'une main chacun un de ces petits rubans. Cet oriflamme sera blanc, bordé d'une faveur noire sur le côté qui regardera le midi et une faveur bleue sur le côté qui regardera le septentrion. L’entre-deux sera bordé d'une faveur rouge. Les surveillants du porche sont placés dans le temple en face des surveillants du temple au dessous des circonférences formant entre eux quatre un carré parfait comme il est figuré dans un grand temple par les quatre étoiles placées de même. Le T.V.Me. d'occident se tient aussi debout entre les deux surveillants ; le T.R.Me. d'Orient se tient de même entre les deux siens ; le Maître des Cérémonies du temple sur la droite du T.R.Me. d'orient ; le Maître des cérémonies du porche sur la droite du T.V.Me. d'occident. Les autres officiers dignitaires se placeront en colonne derrière leur chef conducteur respectif. Le Maître des cérémonies en plaçant les 12 frères observera de leur faire laisser un passage libre à l'orient et à l'occident pour que les deux maîtres de ces parties puissent entrer dans le centre et en sortir sans causer de dérangement. En ce jour, on n’allume aucune bougie du porche, tout y reste dans les ténèbres, attendu que les 3 principales lumières figurées par le T.V.Me. d'occident et ses deux surveillants n'y sont point. Les frères du porche seront placés dans leur classe aux usages ordinaires, ils seront debout faisant face au trône d'orient. Le Maître des cérémonies observera de faire tenir le petit ruban de la touffe de l'oriflamme de la main gauche aux six frères qui seront placés du côté du midi et de la main droite aux six qui seront du côté du septentrion. Si dans un temple, il se trouvait encore d’autres frères surnuméraires, le Maître des cérémonies les fera placer hors du cercle où sont les 12 premiers et derrière eux et tout contre eux de manière qu'ils puissent tenir chacun le bout du cordon d'Elu d'un de ces 12 premiers. Sur une ou plusieurs circonférences.

Les 12 frères célébrants seront habillés d'une veste, culotte, bas et souliers blancs ; ils n’auront sur eux aucun métal, pas même une épingle. Tous les autres frères ce jour-ci auront s'il est possible un manteau noir, veste, culotte, souliers de même ; les uns et les autres n'y auront point de boucles.

Tous les frères seront tête nue pendant toute la cérémonie, excepté les deux Maîtres d'orient et d'occident et les autres dignitaires qui auront chacun la coiffure qui leur est prescrite par les statuts généraux. Tous les frères en général ne se vêtiront que du cordon d'élu et du cordon bleu. Ceux qui auront le ruban blanc le porteront aussi par dessus le tout selon leur grade.

Tout étant ainsi disposé, les deux chefs conducteurs entrent au centre des circonférences sans glaive à la main, l'un après l'autre, ayant l'étoile du centre entre eux deux et ils prennent la posture prescrite. Le T.R.Me. d'orient dit au T.V.Me. d'occident : "Béni soit celui qui vient à moi dans ce lieu au nom de l'Eternel ô + 10. " Le T.V.Me. d'occ. répond : "Loué soit celui qui me parle au nom de l'Eternel" et prononce le même mot. Tout ceci se dit à voix basse. Le .R.Me. d'orient dit ensuite de même "Je veille sur toi homme, depuis ton origine, veille donc aussi sur moi, toi qui es mon image et ma ressemblance". Le T.V.Me. d'occident répond "amen" après quoi ils se marquent réciproquement le front entre les deux yeux un peu au-dessus des sourcils avec du cinabre rouge qu'ils tiennent sur eux dans une petite boite mise dans leur ceinture. Le doigt médius de l'un et de l'autre sera seul allongé, les autres doigts de

la main seront fermés et contenus par le pouce. Le T.R.Me. d'orient commence et dit avant et ayant le doigt à un pouce du front du V. Me. "Sois marqué par moi, homme dieu, image et ressemblance divine du sceau redoutable et invincible qui dirige et conduit tout l'univers dans sa course passagère, ainsi que tous les mineurs qui l'ornent par leur présence et le décorent par leur vertu et puissance spirituelle divine ; et qu'en vertu de cette marque que j'applique sur ton front, (il appuie le doigt sur le front du V. Me. jusqu’à la fin) ton âme soit jointe avec l'Esprit Saint qui est chargé de sa conduite, de sa pensée, de sa mémoire et de ses actions quelconques ; et que purifiée par lui, elle puisse lire plus particulièrement dans le Livre de Science universelle divine et spirituelle, ainsi que nos prédécesseurs l'ont obtenu par le secours de celui qui te fait marquer par moi en son nom (le même ô + 10) ". Après quoi le T.R.Me. d'orient baise le front du T.V.Me. d'occident en s'appuyant réciproquement les deux mains sur les épaules, ensuite il s'inclinent l'un devant l'autre ayant les deux mains chacun en croix sur la poitrine le bout des doigts proches des muscles de l'épaule. Ils quittent cette attitude pour reprendre celle des deux mains sur les épaules l'un de l'autre. Alors le T.V.Me. d'occident fait la même cérémonie sur le T.R.Me. d'orient et lorsqu'il est dans le moment du doigt près du front du T.R.Me. d'orient, il dit " Je rends grâce à ta bonté infinie, ô très haut et très V. Me pour le mineur qu'il t'a plu de faire marquer de ton sceau redoutable et invincible, pour la protection duquel il a été et il est devenu semblable à toi en toutes tes oeuvres, vertus, paroles, pensées et puissance spirituelles et par ce mot redoutable (il prononce le même mot ô + 10) je persiste dans mon intention immuable, d'être empreint en toi-même comme tu es en moi. Amen. Il baise le front du T.R.Me. d'orient, ils s'inclinent tous deux les bras croisés comme ci dessus et retournent chacun à leur place.

Les deux conducteurs s'assoient dans un fauteuil placé aux pieds de leurs trônes et toujours entre leurs surveillants. Le T.R.Me. d'orient aura sur sa droite un tabouret sur lequel sera la bible, sur la gauche un autre tabouret sur lequel sera le livre des statuts et du cérémonial de l'ordre ; il tiendra sur ses genoux une assiette de terre cuite sur laquelle il y aura la petite boite où est la couleur rouge.

Le T.R.Me. d'orient dit au T.V.Me. d'occident de faire avancer devant lui le plus ancien des frères qui tiennent les rubans de l’oriflamme pour renouveler son obligation au G. A. de l'U. et à l'ordre. Le T.V.M. d'occident va prendre le plus ancien de ces frères, le conduit à pas libres par la main droite devant l'orient, lui fait mettre le genou droit en terre entre les deux tabourets qui se trouvent un peu en avant du T.R.Me. d'orient et les mains en équerre sur les deux livres qui sont dessus les tabourets. Lorsque le plus ancien des douze frères est ainsi placé le T.V.Me. d'occident retourne s'asseoir sur son fauteuil ; après quoi le T.R.Me. d'orient demande à ce Frère :

1° quelle est sa façon de parler sur l'ordre qu'il a embrassé volontairement.

2° quel avantage il pense pouvoir retirer de son entrée dans l'ordre.

3° quel but il imagine que peut avoir l'ordre.

Le T.R. Me d’orient lui fait un petit discours en conséquence de ses réponses à ces trois questions. Après quoi il lui fait renouveler ses engagements ainsi qu’il suit :  

Renouvellement des engagements  

Je, (N. N. de famille et de baptême) promets au G. A. de l'Univers d'être inviolablement attaché à sa sainte loi, à ses préceptes, à ses commandements, à ma religion, à mon Roi, à ma patrie et à mes frères. 

Je promets d'être fidèle observateur des lois, règlements et cérémonies de l'ordre des coëns que j'ai volontairement embrassé et dans lequel je persiste volontairement aussi. Je promets sur ma parole d'honneur de ne me soustraire en rien à aucun de ces engagements, d'obéir avec docilité aux chefs de l'ordre et en particulier de ce temple en tout ce qu'ils m'ordonneront concernant le bien de l'ordre et de ses membres. Je prends tous mes frères ici présents à témoins de ce renouvellement de mes engagements que je fais en présence des chefs conducteurs et des officiers dignitaires de ce temple. Qu'ainsi Dieu soit à mon aide et me tienne pour un temps immémorial en sa sainte garde. amen.

Ensuite le T.R.Me. d'orient marque le front du frère avec la couleur rouge en lui disant le doigt appuyé sur le front : "Sois marqué, homme, du Signe Saint et très Saint, redoutable et invincible que l'Eternel fit donner par l'Esprit Saint de vertu, de force et de puissance à son fidèle serviteur Abraham ; et que par ce même signe tu sois toute ta vie l’emblème réel de celui qui te fait marquer par moi tant en vertu, qu'en force et en puissance. Amen.

Pendant que l'on marque le frère au front, le T.V.M. d'occident quitte sa place, vient derrière lui et lorsque le Me d'orient a cessé de parler il prend le frère par la main droite et le conduit à pas libres à la place où il l'avait pris. Il prend actuellement et de même le second frère, le conduit à l'orient, lui fait prendre la même attitude et retourne s'asseoir sur son fauteuil. Il en fait autant pour les dix autres frères célébrants.

Les douze frères célébrants conserveront, étant marqués, la même place et attitude dans le cercle qu'auparavant et ce jusqu’à la fin de la cérémonie du renouvellement des engagements.

Si les autres frères qui les entourent sont trop nombreux, pour ne pas trop allonger la cérémonie, le T.V.M. d'occident en fera deux bandes, le plus ancien de chaque bande ou le plus élevé en grade sera à la tête. Il prendra seul l'attitude des 12 premiers devant le T.R.Me. d'orient, il répondra pour lui et pour sa bande aux trois questions et fera de même pour le renouvellement d'engagement en son nom et pour tous les frères de sa bande ; tous ces frères auront derrière lui le genou droit en terre, la main gauche en équerre de champ sur la terre, le bras allongé le long du corps et la main droite également en équerre de champ sur la terre, le bras tendu en avant à sa hauteur naturelle. Ils resteront dans cette attitude jusqu’à ce que le frère qui est à la tête se relève, ce qu'ils feront aussi pour regagner tous leurs places.

Après que les frères assistants auront tous renouvelé ainsi leurs engagements sans recevoir cependant le sceau qui n'est donné qu'aux douze célébrants, le T.V.Me. d'occident, s'il n'est point R+, et le R. Me. Inspecteur du temple partagent tous les officiers dignitaires en deux bandes, les font placer comme il a été dit pour les frères assistants trop nombreux, se mettent chacun à la tête d'une bande et prêtent successivement leur renouvellement d'engagements comme ci-dessus.

Cette cérémonie étant finie tous les officiers dignitaires et tous les autres frères reprennent leur place ordinaire de travail ouvert, excepté les deux conducteurs d'orient et d'occident et les douze frères célébrants. Le T.R.Me. d'orient dit au T.V.Me. d'occident de faire approcher de lui deux frères dans les douze célébrants. Le T.V.M. d'occident va les prendre chacun par une main et à pas libres, les conduit à l'orient et reste derrière eux. Ces deux frères et le T.R.Me. d'orient forment ensemble une circonférence en s'appuyant réciproquement les mains sur les épaules. Etant ainsi, le T.R.M. leur dit à demi voix : "Mes frères, qu'il vous souvienne que le sang du juste crie encore vengeance aux cieux et qu'en cette mémoire, il vous est défendu de par l'Eternel de tremper vos mains dans le sang de vos frères et de souiller vos mains par aucune impureté. Ne soyez point avides de sang et n'en mangez jamais, puisqu’il vous est défendu, parce qu’en lui gît la vie".

Après cela le T.R.Me. d'orient fait placer ces deux frères l'un à sa droite l'autre à sa gauche ; pendant ce temps le T.V.Me. d'occident va chercher deux autres frères célébrants, les conduit et les place de même et se tient en arrière d'eux. Le T.R.Me. d'orient fait avec eux et leur dit la même chose qu'aux deux premiers et les fait placer de même à sa droite et à sa gauche. On en use ainsi successivement pour ces douze frères, de sorte qu'à la fin ils se trouvent placés six à droite et six à gauche du T.R.Me. d'orient et le T.V. Maître d'occident reprend sa place.

Nota. Toute cette cérémonie n'a lieu jusqu’ici que pour les officiers dignitaires et les frères du Temple et du Sanctuaire.

Après qu'elle est finie, le T.V.Me. d'occident rentre dans le Porche à sa place ordinaire sans cependant que ses deux surveillants se déplacent du Temple où ils restent. Le Maître des cérémonies du Porche le suit ensuite faisant porter par deux des frères gardes les livres qui étaient sur les deux tabourets à l'orient, ils seront placés de même à l'occident et seront gardés par les deux frères gardes, le glaive à la main et à l'ordre. Le T.V.Me. d'occident dit au Maître Inspecteur du Porche de faire mettre deux à deux tous les apprentifs Compagnons et Maîtres de cette classe et de les conduire ainsi devant lui sur une colonne, ou sur deux seulement s'ils sont trop nombreux ; les deux plus anciens Maîtres seront à leur tête et le chef de chaque bande pratiquera tout ce qui a été prescrit pour le Temple. Ensuite tous les officiers dignitaires du Porche feront la même chose. Après que le T.V.M. d'occident aura fini sa cérémonie dans le Porche, on reportera dans le même ordre les livres où ils étaient dans le Temple. Alors les Surveillants du Porche reprennent leurs places ordinaires de travail ouvert.

Cette cérémonie sera célébrée dans le Temple régulièrement assemblé et les quatre portes du Temple seulement ouvertes. Les trois portes du Porche ne s'ouvrent point parce qu'il n'y en a point en ce jour. La batterie pour l'ouverture du temple est celle d'Elu par quatre fois quatre qui sera cependant répétée par le T.V. Maître d'occident et ses deux surveillants qui sont dans le temple. Cette batterie par son addition indique le nombre spirituel.

Pendant que les surveillants du porche y rentrent pour occuper leurs places accoutumée, le Maître des cérémonies de cette classe va à pas libre avec une bougie à la main demander de la lumière du temple au Maître des cérémonies du Temple ; celui-ci prend cette bougie et va à pas libres l'allumer à une de celles qui brûlent sur l'autel d'orient, la présente allumée en se mettant à l'ordre au T.R.Me. d'orient qui prononce dessus ô + 10 du centre, la rend au Maître des cérémonies du Porche, étant tous les deux à l'ordre. Ce dernier toujours à l'ordre va au trône d'occident, présente la bougie au T.V. Maître qui prononce dessus le même mot, en allume son chandelier et la lui rend ensuite ; de là il va allumer lui-même les bougies des deux surveillants de sa classe et remet ensuite cette bougie au premier frère garde du Porche pour qu'il en allume toutes celles des autres dignitaires, pendant qu'un autre frère garde, en ayant

allumée une autre bougie, va éclairer toutes celles qui sont placées dans le Porche selon le cérémonial général de l'ordre.

Après que l'illumination du Porche sera faite, le T.R.Me. d'orient, ou le T.V. Maître d'occident, ou l'un ou l'autre Maître Orateur fera un discours instructif sur la cérémonie de ce jour. On en trouvera un précis à la suite de ce cérémonial.

Le discours d'instruction étant fini, le T.R.Me. d'orient fermera les quatre portes du Temple et les trois du Porche, quoique ces dernières n'ayant pas été ouvertes, et qu’il n'y ait point eu de mot, de consigne, de signe et de batterie donnés dans cette classe. Les surveillants cependant et le T.V.Me. d'occ. rendront à l'ordinaire les signes et batterie. 735  Cette fermeture faite par la classe du Porche aux usages ordinaires et de concert avec ceux du Temple, fait allusion à la jonction filiale que les étrangers idolâtres firent au sortir d'Egypte avec les enfants d'Israël en se soumettant à suivre leur loi divine et spirituelle que Dieu avait donné par la voix de Moïse. Ce qui a été renouvelé depuis par l’affiliation des gentils à la loi du Christ, après que toutes ses opérations spirituelles contenues dans cette loi furent entièrement finies par lui.

Tous les frères, tant du Temple et du Porche que les visiteurs qui auront assisté à cette cérémonie, pourront à la suite faire ensemble un repas très frugal, où il ne sera fait aucune cérémonie de l'ordre. Le chef recommandera seulement le respect et la décence après une pareille solennité et veilleront à ce qu'on ne s'entretienne ni de Religion, ni de politique ni de choses mondaines. Le chef conducteur fera une courte prière au commencement et à la fin du repas.

fin de la cérémonie du jour de la Trinité

Le T.R.Me. d'orient après avoir fait le feu nouveau et en avoir allumé la bougie destinée pour le centre avec les cérémonies prescrites, va seul au centre du tracé, la tenant de la main gauche, pour y tracer le mot sur 10, ensuite il fait sur cette bougie avant de la placer et après qu'elle est placée tout ce qui est prescrit pour cette cérémonie. Après quoi, restant à genou du genou droit seulement ayant la main gauche à l'ordre, le Me des cérémonies lui donne un glaive. Le T.R.Me. d'orient l'ayant pris de la main droite s'appuie dessus un moment pendant lequel il fait une prière pour sa purification. Ensuite il fait sur lui les trois signes du glaive et le 4e sur la terre, ce qu'il répète trois fois, finissant par jeter le glaive hors du cercle, à chaque fois qu'il porte le coup sur la terre, il dit abrenuntio. 

Restant dans la même attitude, mais avançant la main droite en équerre du champ sur la bougie du centre, il prononce, au signe de Moïse, le mot qui y est tracé et dit à haute voix : 

ô Eternel notre Dieu, nous t'offrons le sacrifice de nos esprits, de nos âmes et de nos corps, pour que nos pensées, volontés et actions te soient agréables dans la solennité que nous allons célébrer en l'honneur de ta Majesté et de ton essence unitrinaire ; donne à chacun de nous le désir sincère et la force de remplir ta loi sainte, afin que nous puissions tous jouir en toi et par toi des promesses que tu as daignées nous faire par ta pure miséricorde. Béni soit ton saint Nom ô + 10. Amen.

Après quoi le Maître des cérémonies présente au T.R.M. d'orient une bougie que celui-ci allume à celle du centre et la lui rend en se relevant et va ensuite à sa place aux usages ordinaires. Le Maître des cérémonies allume et en fait allumer toutes les bougies, répond aux mots 

Pour la fête de St Jean-Baptiste 

Au retour de la messe, tous les frères (étant) rendus au Parvis du temple et les officiers dignitaires entrés dans le temple, le T.R.M. d'orient ordonne le tracé qui n'est en ce jour qu'un quart d'angle à l'est, terminé par un double rayon au centre duquel on mettra une tête de chevreuil sur un plat de terre et à côté le nom d'esprit de Jean sur 8. avec sa bougie. Le Maître des cérémonies place ensuite sept glaives en circonférence au centre de l'appartement. Le T.R.Me. d'orient ayant fait le feu nouveau, en allume la bougie du quart d'angle et va la placer avec les cérémonies prescrites sur le nom de l'Esprit de Jean. Après quoi, il ordonne l'entrée de tous les frères dans le temple. Le Maître des cérémonies les fait tous placer indistinctement avec les dignitaires sur une seule ligne depuis l'angle du nord jusqu’à celui d'ouest et même jusqu’à celui du sud si les frères étaient nombreux et s'ils l'étaient encore plus, il les ferait ranger sur deux lignes en s’y mettant ensuite lui-même. Ils seront placés par grades et par ancienneté. Tous les frères étant ainsi placés, le T.R.M. d'orient va prendre à pas libres un des sept glaives du centre et retourne à l'ouest, d'où il commence la marche de Ballet (.) du pied droit ; au premier pas, il lance de la main droite un coup de son glaive vers midi en disant abrenuncio, au second pas, il en fait autant vers le nord ; au troisième pas, vers midi et ainsi successivement jusqu'à ce qu'il soit arrivé à l'angle d'est. Y étant arrivé, il y entre par trois pas balancés à l'ordinaire, tombe le genou droit en terre ; pendant ce temps il doit avoir la main gauche à l'ordre ; il fait sur lui les trois signes du glaive et le 4e sur la tête de chevreuil en disant abrenuncio, ce qui se répète trois fois. Il finit par laisser le glaive plongé dans la tête de chevreuil, ensuite restant dans la même attitude, il avance la main droite en équerre sur la bougie, la gauche restant à l'ordre, prononce trois fois sans aucun signe le nom sur 8 qui est dessous et dit à haute voix :

Je te conjure, ô esprit de Ionan, par toi et par ceux qui sont avec toi, de faire jonction avec mon esprit, mon âme et mon corps et de les présenter à l'Eternel pour qu'il me fasse la grâce que je puisse participer dignement à l'opération sainte que tu as faite pour sa plus grande gloire sur cette surface. Amen.

Le T.R.Me. d'orient se relève ensuite et reste debout à côté de l'angle, delà il appelle successivement six autres frères du temple les plus avancés en grades et les plus anciens en commençant par le V.M. d'occident qui viennent faire entièrement la même chose et pendant ce temps il tient sur la tête de celui qui la fait sa main droite en équerre. Excepté ces sept frères, tous les autres ne sont qu'assistants. Cette cérémonie étant finie, le T.R.Me. d'orient fera tracer une circonférence au centre de l'appartement dans laquelle il tracera les mots, caractères et hiéroglyphes qu'il jugera à propos avec leur bougie. Cela étant fait et chacun ayant repris sa place ordinaire, il ouvre les travaux à l'ordinaire. Il fait un discours instructif sur la cérémonie du jour et procède ensuite à la nomination des dignitaires ou à la confirmation des anciens, à la vérification des travaux des frères pour leur avancement en grade et à l'inspection des registres du temple. Après quoi il ferme les travaux aux usages ordinaires et fait effacer le tracé. Ce jour est destiné pour donner communication au Souverain de toutes les opérations qui se sont faites dans le temple pendant l'année. Pour le repas voyez celui de la Trinité. 

Pour la fête de St Jean l'Évangéliste. 

Tout le cérémonial est le même que le précédant excepté qu'il y aura une tête de chevreau avec le nom de l'Esprit de Jean l'Évangéliste sur 8 dans le quart d'angle. S'il y a quelque remplacement de dignitaire à faire, le T.R.M. d'orient le fait un jour par intérim et sans cérémonie. 

Pour la fête de Pâques qui se célèbre la 3e des trois fêtes. 

Au retour de la messe tous les frères étant rendus aux parvis, le T.R.Me d'orient fait rôtir un agneau entier après en avoir ôté tout ce qu'il convient, les frères tous décorés se rangent au banquet qui est servi à l'heure ordinaire. On ouvre le travail comme aux deux précédentes fêtes sans ordre ni consigne. Ensuite il fait un exorcisme sur l'agneau que l'on a placé devant lui et le bénit. Il découpe après les deux filets de l'agneau dans toute leur longueur en  observant de ne pas scier, il les partage en autant de petites portions qu'il y a de frères à table et leur en présente un à chacun au bout d'une fourchette ; une seule bouchée suffit ; il leur donne aussi à chacun en même temps une bouchée de pain. Les frères restent debout pendant toute cette cérémonie sans quitter leur place parce que le T.R.Me. d'orient fait la ronde en faisant à voix basse des prières relatives. Ce qui restera de l'agneau sera donné aux pauvres. Cette cérémonie fait allusion à la nourriture spirituelle que le C. a donné à ses disciples par sa mort. L'agneau étant mangé comme il est dit, les frères s'assoient et font leur repas à l'ordinaire. Voyez aux fêtes précédentes. 

Canevas d'un discours d'instruction pour la fête de la Trinité. 

Le T.R.Me. d'orient dans le centre d'une circonférence entouré de douze frères tenant chacun un ruban de l'oriflamme, fait allusion à la seconde opération que l'Eternel manifesta à Moïse pour lui donner pouvoir force et puissance pour délivrer son peuple élu de l'esclavage d'Egypte. Les douze rubans font allusion aux douze dons spirituels divins que Moïse y reçut et qui le rendirent si fort, si savant et si supérieur dans toutes ses opérations spirituelles pour le bien et contre le mal. Il devint lui-même le second type de la manifestation de la gloire du Dieu vivant comme Noé en avait été le premier type lorsque l'Eternel le choisit pour être spectateur de sa justice contre la terre et ses habitants qu'il réduisit en cadavres à l'exception du petit nombre conservé dans l'arche pour rendre témoignage de ce fléau dont Dieu a puni la terre et ses habitants et de sa justice qu'il exercerait contre ceux qui marcheront contre sa loi, préceptes et commandements. Noé est donc un premier type par son témoignage et par la réconciliation qu'il a faite du reste des mortels avec Dieu ainsi qu'il a appris à connaître par un signe mystérieux l'arc-en-ciel que Dieu avait donné vie à la terre et réconcilié le reste des mortels avec elle. Noé réconcilia le tout avec l'Eternel. C'est de cette première époque que le travail de Noé fut appelé opération puissante sur la vertu des eaux qui sont le second principe de la création universelle.  L'Eternel manifesta sa seconde opération divine en présence de Moïse dans le désert d'Horeb où il l'avait appelé pour recevoir ses ordres de puissance La forêt de ce désert était assez considérable ; Moïse étant au centre de cette forêt, entendit une voix effroyable et vit tout de suite descendre autour de lui douze traits de feu qui l'environnèrent si promptement qu'il craignit d'en être consumé ; son trouble fut si grand qu'il ne put soutenir l'attitude qu'il avait prise pour recevoir les commandements de Dieu, il acheva sa prosternation en terre en y appuyant sa face, sa vue physique matérielle ne pouvant plus supporter le grand feu spirituel qui l'environnait. Dans cette nouvelle attitude il reçut enfin les ordres de l'Eternel et fut marqué du quatriple sceau de Dieu, dont deux étaient empreints visiblement sur son front à côté de chaque oeil sous la forme de deux rayons de feu spirituel qui rendaient sa face éblouissante aux yeux de tous lorsqu'il faisait usage de sa quatriple puissance divine. Ce sont ces deux rayons que l'on prend vulgairement pour deux cornes sur le front de Moïse. C'est ce feu spirituel qui entourait la forêt d'Horeb pour en écarter tout profane qui a fait dire de même que Dieu avait apparu à Moïse dans un buisson ardent. La circonférence formée par douze frères est la figure de cette circonférence mystérieuse. Le T.R. Maître d'orient au centre de cette circonférence représente l'Eternel dans celle du désert d'Horeb ; l'entrée du T.V.Maître d'occident dans la circonférence fait allusion à celle de Moïse dans la circonférence mystérieuse. La communication secrète que les deux conducteurs du Temple font entendre dans la circonférence du centre est la figure de celle que Moïse eut avec Dieu secrètement en présence de sa cour spirituelle pour aller faire sortir son peuple de l'esclavage, le diriger et le conduire en force et puissance à sa destination. Les douze frères qui tenaient les rubans couleur de feu font allusion aux douze principaux chefs d'Israël sur lesquels Moïse rendit réversible ses douze dons spirituels sans que cela diminue rien de sa puissance pour la conduite particulière du peuple de Dieu qui était expressément soumise à Moïse. Les lumières qui brillent dans ce temple ont chacune leur nom mystérieux, leurs vertus et leurs puissances et font allusion aux différents Esprits saints qui ont assisté à l'opération que l'Eternel a faite en faveur de Moïse et de son peuple chéri. La marque mise sur le front des douze frères par le T.R.M. d'orient est la figure de celle que Moïse mit sur le front des douze principaux chefs d'Israël auxquels il communiqua par le moyen du signe du sang de l'holocauste de pacification, la vertu, la puissance et l'autorité spirituelle de correspondance divine. Le serment que les douze frères célébrants font entre les mains du T.R.M. d'orient fait allusion à l'acceptation cérémonielle de culte divin que les chefs firent entre les mains de Moïse pour leur servir de règle cérémonielle pour mettre en usage et en pratique les vertus et puissances qui leur avait été transmises par autorité divine avant la loi donnée. L'obligation renouvelée par tous les frères assistants du temple fait allusion à l'acceptation que les Israëlites firent de la loi divine que Moïse leur donna après l'avoir descendu du haut de la montagne mystérieuse dénommée Sinaï. Le renouvellement d'engagement que tous les frères de l'ordre font entre les mains du T.V.Maître d'occident après la grande cérémonie faite, fait allusion au serment de fidélité, de soumission et d'affiliation que les étrangers idolâtres firent pour adopter la loi divine que Moïse avait donné aux enfants d'Israël.

Source : le Manuscrit d'Alger

Lire la suite

L'initiation au grade de Réau-Croix

24 Octobre 2012 , Rédigé par Clairembault Publié dans #Rites et rituels

Le grade de Réaux-Croix reste l’un des plus énigmatiques du système initiatique de l’ordre des Chevaliers Maçons élus coëns de l’univers. Alors qu’il existe nombre de textes et documents sur les cérémonies d’initiation aux divers grades de l’ordre fondé par Martinès de Pasqually, celui qui couronne sa hiérarchie n’est que partiellement connu. Dans le livre qu’il a consacré à l’étude des grades coëns, Les Sept Sceaux des Élus coëns, Serge Caillet se livre à une enquête minutieuse sur les diverses sources permettant de soulever les mystères qui entourent le grade de Réaux-croix ; Il évoque en particulier « deux pièces majeures » y faisant référence : une note de Louis-Claude de Saint-Martin figurant dans le Fonds Z, les « Extraits des notes manuscrites confiées par le maître de la Chevalerie», et l’« Extrait de préparation et de précaution pour une réception de R+ » dans le Manuscrit d’Alger .Serge Caillet souligne que ces documents, d’une parfaite cohérence, permettent de « reconstituer les grandes lignes et le cadre de la cérémonie». Or, il existe une autre source, la lettre adressée par Martinès de Pasqually à Jean-Jacques Bacon de la Chevalerie le 2 mai 1768. Dans ce texte, le Grand Souverain décrit à celui qui est alors son Substitut Universel la procédure qu’il doit suivre pour conférer le grade de Réaux-Croix à Jean-Baptiste Willermoz, lors d’une cérémonie prévue les 11, 12 et 13 mai 1768 à Paris. Contrairement à qui est dit parfois, Bacon de la Chevalerie n’outrepasse pas ses droits en conférant ce grade. Par contre, Martinès de Pasqually lui reproche d’avoir promis à Willermoz de l’initier en dehors des périodes d’équinoxe. Ce défaut ne permettant pas d’attaquer « à l'Est directement, ce temps étant passé », Martinès de Pasqually recommande donc à Bacon de la Chevalerie : « Attaquez l'angle de l'Ouest comme votre chef angle. » Le Grand Souverain précise cependant qu’une opération « faite hors de son temps est sans fruit ». De fait, devant le peu de bénéfices recueillis par Willermoz, Martinès de Pasqually proposera bientôt de corriger cette situation en procédant à une « ordination par correspondance sympathique». Par la suite, il se montrera plus vigilant sur les modalités de transmission au grade de Réaux-Croix et se réservera le privilège de la conférer. La mise en parallèle de cette lettre avec les deux « pièces majeures » évoquées au début de cette étude donne l’impression qu’il s’agit là de la source à partir de laquelle ces dernières ont été rédigées. Elles en reprennent en effet les éléments essentiels, suivant exactement les phases du cérémonial décrit dans la lettre de Martinès de Pasqually. Il s’agit donc d’un document capital, que Gustave Bord a publié dans La Franc-Maçonnerie en France des origines à 1815.Gérard van Rijnberk lui-même ne le reproduit pas dans l’ouvrage qu’il a consacré au fondateur des Élus coëns. Pourtant, il s’intéresse à son ordination, car il publie d’autres lettres évoquant cet épisode, notamment celle de Martinès de Pasqually à Jean-Baptiste Willermoz, datée du 16 février 1770, où le Grand Souverain lui propose de rectifier l’ordination qu’il a reçue en 1768. Lorsqu’il évoque le livre de Gustave Bord, Gérard van Rijnberk s’interroge sur les sources utilisées par cet auteur « animé d’un esprit anti-maçonnique et anti-occultiste, mais historien honnête ». En l’absence d’informations, il se contente de constater qu’il « a puisé des documents importants dans des archives, sur lesquelles il ne donne pas de précisions » (ibid.). Le livre de Gustave Bord est en effet fort bien documenté. Outre le document qui nous intéresse, il y donne des informations assez précises sur l’histoire de l’ordre des Élus coëns [8]. Il reproduit d’ailleurs une version intéressante de la signature de Martinès de Pasqually ornée de glyphes caractéristiques. (G. Bord, p. 287) Observons également que l’ouvrage de Gustave Bord comporte une notice biographique très documentée sur Bacon de la Chevalerie (p. 328-337) [9], tout comme il offre de nombreuses informations au sujet de Savalette de Langes et de la loge des Amis réunis (p. 342-355 ; 358-362). Ses sources pourraient provenir du fonds Villaréal, c’est-à-dire de documents hérités des Philalèthes, parmi lesquels figurait une part importante des archives des Élus coëns .Gustave Bord réservait-il pour le second volume de son étude les précisions concernant les origines des documents qu’il présente ? Nous l’ignorons, celui-là n’ayant pas été publié. Plus tard, Alice Joly reprendra de larges extraits de la lettre de Martinès de Pasqually dans Un mystique lyonnais et les secrets de la franc-maçonnerie, ouvrage publié en 1938 .Si elle ne reproduit pas cette lettre dans son intégralité, elle restitue cependant l’ordination de Willermoz dans son contexte. Parmi les documents majeurs que nous évoquions au début de notre étude figurent les « Extraits des notes manuscrites confiées par le maître de la Chevalerie ». Lorsque Robert Amadou publie ces textes en 1984 dans la revue L’Esprit des choses, il ne souligne pas leurs relations avec la lettre de Martinès de Pasqually à Bacon de la Chevalerie . Pourtant, ces « extraits » semblent y puiser leur source et complètent même à merveille le texte reproduit par Gustave Bord. Les notes de Saint-Martin comportent en effet les hiéroglyphes et la prière évoqués dans la lettre de Martinès de Pasqually, des éléments que Gustave Bord n’a pas reproduits. La copie des prières semble cependant lacunaire, c’est du moins ce qu’on peut penser lorsqu’on les compare avec celles qui figurent dans le second témoin, le Manuscrit d’Alger. En 1999, la revue L’esprit des choses a publié le fac-similé de ce second témoin, « Extrait de préparation et de précaution pour une réception de R+ », d’après le Manuscrit d’Alger .Ce texte suit exactement le même plan que celui de la lettre de Martinès du 2 mai 1768 ; cependant, il est plus précis. Il offre même plus de détails que l’ensemble formé par la lettre et les « Notes » de Saint-Martin (Fonds Z). Les hiéroglyphes y sont introduits par des titres plus explicites : « Première prière à la tête au Nord... », ils sont associés à des nombres absents de la reproduction publiée dans L’Esprit des choses d’après le Fonds Z. De même, les instructions pratiques et les prières y sont plus complètes. Contrairement au texte du Fonds Z, les invocations ne commencent pas par « Tu es saint, père de toutes choses... », mais par « Ô + 10, tu es saint, ô père de toute choses... ». Cette désignation, typique des rituels élus coëns, se répète d’ailleurs plusieurs fois à l’intérieur des prières, alors qu’elle est absente des « Notes » du Fonds Z. Malgré ces lacunes, la lettre de Martinès de Pasqually à Bacon de la Chevalerie concernant l’initiation de Willermoz demeure un document de première importance. Elle est sans doute le témoin le plus ancien du grade de Réaux-Croix et elle a d’autant plus d’intérêt qu’elle est de la main même de l’auteur du rituel en question. Il est d’ailleurs intéressant d’étudier ce document en parallèle avec l’analyse proposée par Serge Caillet dans lesSept Sceaux des Élus coëns (p. 259-285). Pour permettre cette étude, nous reproduisons la lettre de Martinès de Pasqually en lui joignant quelques uns de ses compléments figurant dans le Fonds Z et dans le Manuscrit d’Alger

Lettre de Martinès de Pasqually à Bacon de la Chevalerie

« À Bordeaux, le 2 mai 1768. « Je réponds T. H. T. R. M. aussi promptement que je le peux à la demande que vous me faites touchant le grade de Réaux-Croix que vous voulez donner à notre T. H. T. R. M. de Willermoz . Je ne me refuserais jamais pour que ce R. M. soit récompensé à tous égards et même avec satisfaction, personne plus que lui le mérite davantage. Vous me permettrez P. M. de vous faire les observations secrètes de notre loi abstraite à ce sujet. Vous ne devez point ignorer que nous ne jouissons en notre qualité d'hommes, d'image et de ressemblance divine que de deux choses qui sont réellement en notre pouvoir, qui sont les différents actes cérémoniaux de nos opérations qui sont au nombre de quatre, auxquelles il nous est donné une seule puissance à chaque, qui font quatre puissances, ce qui complète avec les quatre cérémonies le nombre infini de huit. Toutes ces choses nous sont données avec précision d'heures, de jours, de semaines, de mois, de lunes et d'années. Et que par ce moyen en suivant scrupuleusement ce qui nous est prescrit par Dieu même, nous osons nous attendre à un succès plus considérable de nos travaux que lorsque nous en sortirons. Vous savez que je vous ai toujours dit qu'il n'était point en mon pouvoir de satisfaire entièrement l'homme à ce sujet et qu'à Dieu seul appartenait cette sublime opération. À toutes ces choses près, T. P. M. comment pouvoir nous promettre quelque succès en faveur du candidat que vous voulez admettre à une opération hors de son temps, un fruit prématuré est hors de saison, une opération de principe faite hors de son temps est sans fruit. Vous me répondrez à tout cela comment faire ? Je lui ai promis. Je dirai à cela tant pis, vous avez mal promis, ces sortes de choses sont-elles en votre pouvoir ? Indifféremment cela ne se peut d'aucune façon si nous ne suivons scrupuleusement ce qui nous est prescrit. La précision de la cérémonie ne suffit pas seule, il faut encore une exactitude et une sainteté de vivre au chef qui mène les cercles d'adoption intellecte (sic) il lui faut donc une préparation spirituelle faite par la prière, la retraite et la moration, vous avez su comment je me suis comporté à Paris à cet égard. Cependant je ferai mes efforts pour abandonner mes affaires domestiques afin de me disposer a vous fortifier dans votre opération, pour récompenser le zèle et les travaux laborieux au R. M. de Willermoz, que je crois être digne du succès que je lui désire dans cette opération, il ne dépendra pas de moi pour qu'il soit satisfait. Qu'il vous souvienne que c'est le dernier et le premier. Vous observerez pour cette cérémonie de faire les mêmes cercles que je fis pour la réception du T. P. M. de Luzignan, vous attaquerez l'angle de l'Ouest comme votre chef angle. Il ne vous est point permis d'attaquer à l'Est directement, ce temps étant passé. Vous ferez toutes les mêmes cérémonies, tant en prières qu'en parfum ; vous n'offrirez d'autre holocauste d'expiation que la tête d'un chevreuil mâle, que vous ferez acheter indifféremment au marché, laquelle tête sera avec sa peau velue. Vous la préparerez ainsi que l'on prépare le chevreuil avant de l'égorger. Ensuite vous dresserez trois feux nouveaux. Dans celui qui sera au Nord vous mettrez la tête sans langue ni cervelle mais bien avec les yeux. Dans celui qui sera au Midi vous y mettrez la cervelle. Dans celui qui sera à l'Ouest vous y mettrez la langue. Lorsque le tout brûlera le candidat jettera trois grains de sel assez gros dans chaque feu. Ensuite il passera ses mains par trois fois sur chaque flamme de chaque feu en signe de purification. Il aura le genou droit à terre et l'autre debout et dira ensuite ce mot ineffable que vous trouverez marqué dans l'écrit ci-joint ainsi que leur nombre, caractères et hiéroglyphes, lesquels seront tracés devant chaque feu tel qu'ils sont marqués. Si on ne peut avoir une tête de chevreuil, on prendra la tête d'un agneau couverte de sa peau. Il faut absolument que sa peau soit noire, sinon l'holocauste serait action de grâce et non d'expiation. Le candidat fera la cérémonie de la tête d'agneau ou de chevreuil avant tout autre cérémonie. Les cercles et l'appartement où l'on fait l'opération seront entièrement préparés ainsi que nous avons jadis fait. Vous aurez de l'eau comme il convient, vous commencerez votre opération le onze du courant, vous suivrez le 12 et finirez le 13 pour que vous vous rencontriez aux jours relatifs ou manquement de la saison. Par le nombre des jours que je vous fixe, vous remarquerez le nombre de confusion par 11/2. Le nombre terrestre et corporel par 12/3 et par 13/4 puissance. Ensuite vous ferez commencer par les invocations ordinaires et conjurations entre lesquelles vous joindrez celle du commandeur d'Orient. Après les trois jours d'opérations faites, vous ramasserez soigneusement les cendres des trois feux que vous joindrez à celle que je vous ai donnée. Vous donnerez au candidat un scapulaire pareil à celui des autres R.+C. Vous lui ferez faire un talisman égal aux autres, vous assemblerez pareillement vos deux P. M. R.+ dont l'un et l'autre feront chaque jour une opération et vous ferez la dernière, il est égal qui des deux commence. Vous observerez de faire dire au candidat la prière qui est à la suite des mots d'abord qu'il aura passé les mains ouvertes sur le feu de l'holocauste, vous aurez de toute nécessité deux réchauds un peu grands pour faire consumer la langue et la cervelle, et celui qui sera sous la cheminée de la Chambre figurera le Nord, les deux réchauds figureront le Midi et l'Ouest, conformément à l'ancien usage, ou l’on portait des caisses grillées pour faire les holocaustes en campagne. Voilà T. P. M. tout ce que je puis faire en faveur du zèle du R. M. de Willermoz. Dieu fasse qu'il l'entende et qu'il retire de cette opération tout l'avantage et le succès qu'il mérite. J'abandonne avec plaisir mes propres affaires pour sa satisfaction, ne comptant pas beaucoup sur la propagation de l'ordre par la lenteur que je lui vois. Je vous prie d'assurer le R. P. M. de Willermoz de mon sincère attachement. Ne faites fautes de prévenir tous les R. R. M. M. Réaux Croix de l'opération que vous allez faire à l'extraordinaire, n'importe qu'ils soient ou non avertis quinze jours d'avance comme il convient. Si vous n'agissiez point comme je vous le dis, les R.+ pourraient très bien vous refuser la reconnaissance du R.+ que vous auriez fait et m'en porter leurs plaintes pour qu'il ne fut point inscrit dans mes circonférences secrètes ainsi que dans mon répertoire universel. Faites écrire par un des R. P. R.+ au T. P. M. de Champoléon, au T. P. M. de Grainville, au T. P. M. de Luzignan pour éviter toutes sortes de discussion. Vous n'oublierez point de faire boire le calice en cérémonie après la réception et vous donnerez le pain mystique ou cimentaire à manger à votre Réaux + nouvellement reçu dans la même cérémonie que vous m'avez vu faire. » Les hiéroglyphes évoqués dans la lettre de Martinès de Pasqually ont été reproduits à partir des « Notes » figurant dans le Fonds Z. Ils devaient être dessinés près des trois feux où se consumaient les différentes parties de l’holocauste : au Nord, la tête de chevreuil, au Sud, sa cervelle et à l’Ouest, sa langue. Nous les reproduisons d’après l’article publié par Robert Amadou .Les prières utilisées dans ce rituel diffèrent légèrement selon les deux sources. Dans les deux versions, elles se terminent par un petit texte qui se réfère à des actes accomplis avant les prières. Le Manuscrit d’Alger est le seul à reproduire les noms des esprits devant être inscrits sur le tracé théurgique de la cérémonie du grade de Réaux-Croix. Ces noms et les nombres qui leur sont associés ne sont pas toujours très lisibles. Toutefois, en se reportant à un autre document des Élus coëns, la Table alphabétique des 2400 noms il est possible de les interpréter correctement.

 Prières selon le Manuscrit d’Alger :

ô + 10 , Tu es saint, ô Père de toutes choses, dont la volonté est accomplie par ta propre puissance, tu es saint et tu veux être connu de tout homme de sens intellectuel, ayant établi toutes choses pour lui ; tu es saint et plus grand que toutes louanges, toi dont l’image est toute la nature ; reçois mes sacrifices verbaux par l’holocauste qui brûle devant toi, qui est purifié par cette flamme et que je te présente de tout mon cœur et de toute mon âme. Le candidat passe ici trois fois ses mains ouvertes en équerre sur la flamme du feu où il fait sa prière en prononçant le mot qui y est tracé ; ensuite il continue la prière. Suite de la prière Ô+10 , ô Dieu indissoluble, indivisible et infini, toi qui ne peut être prononcé que par le silence, donne-moi force, puissance et secours pour que je ne retombe plus dans l’ignorance des connaissances qui sont selon mon essence.  Ô+ fortifie moi et éclaire les chefs régénérateurs qui me font concourir au grade que tu accordes par ta pure miséricorde à tes vrais élus ; Examine leurs vœux et mes prières pour que je sois marqué par eux du sceau de la réconciliation et que je reçoive en conséquence l’intelligence et la puissance qui y sont attachées. Éclaire les hommes de cette génération, tes enfants qui sont encore enfermés dans les ténèbres par l’ignorance où ils sont de ta science divine que tu me fais communiquer aujourd’hui par tes fidèles élus. Je rendrai témoignage à tous les humains, autant que tu le permettras, de la vérité et de la sainteté des connaissances que j’aurai acquises dans ce grade pour ta plus grande gloire et leur plus grande satisfaction. Donne-moi le don de les ramener à toi ô+10, qui es et qui aime ta créature. Ô+ 10, ton homme qui par ta miséricorde infinie vient d’être béni en ton nom, sur lequel ton nom a été imposé, et qui a eu le bonheur de réunir ton nom adorable, ton homme désire d’être sanctifié et en union avec toi. Ô+ comme tu lui en as donné la puissance, accorde-moi de ne me servir jamais des vertus, facultés et puissances que je reçois qu’à cette fin. Amen, Amen, Amen, Amen. Pendant que le candidat prie, l’opérant sera à son côté droit et lui dira à chaque feu : Qu’il te soit accordé par l’Éternel Ô+10, ce que tu lui as demandé, ce que tu lui demandes et ce que tu lui demanderas selon sa volonté, Amen. Ensuite le R+ député pour la réception prendra de la cendre du feu qui se trouve devant le candidat au nord et lui en mettra une pincée au haut du front à la naissance des cheveux. Il fera le même souhait oratoire et la même cérémonie de la cendre au candidat au dessus de l’œil droit au sud ; il en fera autant à l’ouest au dessus de l’œil gauche de façon que le candidat soit marqué au front par une figure triangulaire des cendres de son holocauste ; il gardera ce signe jusqu’à la fin de la première opération. Le candidat sera aussi marqué par le sceau (11) [3].  On se rendra dans la chambre d’opération le premier jour à six heures après midi pour faire le tracé des cercles. Les planètes seront tracées sur les deux angles d’est et d’ouest et non ailleurs. (12) À neuf heures on allumera les feux nouveaux avec bois et charbon préparés.  On ouvrira ensuite la tête avec le couteau de cérémonie (13), de circonférence en circonférence pour ôter la cervelle, on en ôtera aussi la langue : il faudra remettre à la tête l’os que l’on aura enlevé pour pouvoir en ôter la cervelle afin qu’il brûle avec le reste de la tête. On pratiquera les autres cérémonies qui suivent cette opération, ainsi qu’il est dit. (14)A minuit on entre dans le cercle de retraite pour les invocations et conjurations pour en sortir selon l’usage à une heure. On fera les quatre prosternations aux quatre angles où on aura placé à chaque un nom sur 7, de plus qu’à l’ordinaire. Voici quelques noms pour cet effet. Ils sont tirés du grand alphabet (15) de 7.9.5.4. portant sur 7 et sur 10. Ces noms portent sur chaque jour de la semaine, attendu qu’il ne faut pas les faire servir deux jours de suite, ce qui serait contre leur destination. Ils sont marqués par lettres algébriques célestes (16) ces noms sortent, par les chiffres que l’on voit de leur rang, de leur nombre, de leur puissance et de leur produit et fonction (17). Il faut se servir d’un parfum prescrit (18).

A 93 Dimanche Adornaïk Soleil 7. 3
B 83 Lundi Brammati Lune 7. 3
C 34 Mardi Cimarmora Mars 7. 3
D 62 Mercredi Dazalmum Mercure 7. 3
E 86 Jeudi Éduemor Jupiter 7. 3
F 55 Vendredi Serphiel Venus 7. 3
G 94 Samedi Gezmoriak Saturne 7. 3 (19).

Prières selon les « Notes » de Saint-Martin du Fonds Z :

« Tu es saint, père de toutes choses, duquel la volonté est accomplie par ta propre puissance. Oui, tu es saint, et tu veux être connu par ton homme des sens intellectuels, ainsi que tu as établi toutes choses pour lui. Tu es saint, plus puissant et plus grand que vertu et louange, duquel l’image est toute nature. Reçois mes sacrifices verbaux par l’holocauste qui brûle devant toi, présenté de cœur et d’âme, purifié par cette flamme. Passer trois fois les mains en équerre sur la flamme du feu où il fait sa prière, puis répéter le mots ci-dessus. Ô indissoluble, ô indivisible, ô indéfini, toi qui ne dois être prononcé que par le silence, donne-moi force, puissance et secours pour que je ne retombe plus dans l’ignorance des connaissances qui sont selon mon essence, ô W.  Fortifie-moi et illumine les chefs régénérateurs qui me font concourir à la grâce que tu accordes par ta pure miséricorde à tes vrais élus, exauce leurs vœux et ma prière pour que je sois marqué du sceau de l’intelligence et de la puissance que tu leur donnes. Éclaire les hommes de ma génération, tes enfants qui sont enfouis dans les ténèbres par l’ignorance de la grâce que je vais recevoir par tes fidèles élus. Je suis certain de cette grâce et j’en rendrai témoignage à tous les humains, ô W. Je passerai le reste de ma carrière en vie et lumière. Ô père éternel, tu es saint, ton homme est béni, il désire être sanctifié avec toi, ainsi que tu lui en as donné toute puissance. Amen, amen, amen, amen. » Le candidat sera au côté droit du chef qui lui dira, après qu’il aura fini à chaque feu : Qu’il te soit accordé de l’Éternel ce que tu lui as demandé. Ensuite, le chef prend de la cendre dudit feu [celui du Nord] et lui en met une pincée à la pointe des cheveux. Id. au Midi, au dessus de l’œil droit - id. à l’Ouest, au-dessus de l’œil gauche. Le candidat sera ainsi marqué triangulairement de la cendre de l’holocauste, ne le pouvant être du sang par l’événement. Il gardera la marque de son signe jusqu’à la fin de l’opération . Se rendre à six heures précises dans la chambre ; y préparer tout ; à neuf heures, allumer les trois feux nouveaux. Ouvrir ensuite en circonférence, avec le couteau de cérémonie, la tête. L’os que l’on aura ainsi en circonférence, le mettre sur la tête qui brûle, parce que la tête doit être entière, sans cervelle et sans langue. À minuit, les prières et invocations ; en sortir à une heure et demie, et même deux, n’ayant pas d’heures fixes à cause du bouleversement du temps .L’ensemble de ces documents permet de se faire une idée assez précise de la cérémonie d’initiation au grade de Réaux-Croix, une bien étrange cérémonie. Après avoir reproduit la lettre de la Martinès de Pasqually à Bacon de la Chevalerie, Gustave Bord ajoutait : « On a vraiment peine à croire qu'en plein XVIIIe siècle il y avait encore des gens se livrant à ces pratiques surannées et ridicules, surtout lorsqu'on constate que Willermoz n'était pas parmi les plus exagérés, et qu'en dehors de la maçonnerie c'était un brave homme, un honnête commerçant et un bon père de famille.» Alice Joly se montrera plus ironique :  « Je ne sais si Jean-Baptiste Willermoz reçut l’ordination au milieu d’une âcre fumée de chairs et de poils brûlés, ni s’il but le calice et mangea le pain de la singulière communion des Coens. Une seule chose est sûre : aucun phénomène surnaturel ne vint l’assurer du succès de ces étranges cérémonies».  À la lecture de ces éléments, on comprend mieux la position de Saint-Martin lorsque ce dernier nous confiait dans ses mémoires : « Lorsque dans les premiers temps de mon instruction je voyais le maître P. |Pasqually] préparer toutes les formules et tracer tous les emblèmes et tous les signes employés dans ses procédés théurgiques, je lui disais : Maître, comment, il faut tout cela pour prier le bon Dieu ! Je n'avais guère que 25 ans lorsque je lui tenais ce langage ; aujourd'hui que je suis près d'en avoir le double, je sens combien mon observation était fondée, et combien dès mon plus bas âge, j’ai offert des indices de l'espèce de germe qui était semé en moi. »À l’époque où Saint-Martin écrivait ses mots, il avait abandonné depuis longtemps les pratiques théurgiques pour se livrer à la seule initiation qu’il jugeait digne d’intérêt : « celle par où nous pouvons entrer dans le cœur de Dieu, et faire entrer le cœur de Dieu en nous, pour y faire un mariage indissoluble qui nous rend l’ami, le frère et l’épouse de notre divin Réparateur. Il n’y a d’autre mystère pour arriver à cette sainte initiation, que de nous enfoncer de plus en plus jusque dans les profondeurs de notre être, et de ne pas lâcher prise, que nous ne soyons parvenus à en sortir la vivante et vivifiante racine ; parce qu’alors tous les fruits que nous devrons porter, selon notre espèce, se produiront naturellement en nous et hors de nous, comme nous voyons que cela arrive à nos arbres terrestres, parce qu’ils sont adhérents à leur racine particulière, et qu’ils ne cessent pas d’en pomper les sucs».

Source : http://www.philosophe-inconnu.com/

Lire la suite

Un aspect pneumatologiste des travaux martinésistes : le rituel de la bougie et du lot du centre

23 Octobre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Rites et rituels

Un aspect pneumatologiste des travaux martinésistes : le rituel de la bougie et du lot du centre

Afin de s’assurer de la régularité et des résultats de leurs travaux et opérations, les Elus Coens veilleront à se présenter devant l’Eternel et ses anges le corps et l’âme purifiés. Le corps par les ablutions rituelles des mains et pieds ainsi que du visage ; l’âme par le feu. Mais quel feu ?

Le rituel de la bougie et du mot du centre du cercle d’opération nous donne de précieuses informations à ce sujet. En effet, l’opérant, agenouillé au bord du cercle intérieur dit :

« Ô lumière pure, symbole du chef de mon âme, à qui l’éternel a confié le soin de ma pensée, de ma volonté, de mon action et de ma parole, fais que par ton feu radieux, mon âme soit purgée et mes lèvres purifiées, afin que la parole que je vais prononcer opère pour la plus grande gloire de l’éternel, pour mon instruction, et pour l’édification de mes semblables. Amen. »

Ici, la lumière du centre est appelée « symbole du chef de l’âme ». Mais qui est donc ce chef dont il est dit que l’Eternel lui confia le soin des pensées, volonté et action qui sont les attributs de l’âme, du mineur spirituel, et dont l’expression est celle de l’image divine qui est le propre de l’homme ?

Selon Martinès de Pasqually, et compte tenu de la chute, le mineur spirituel ne peut seul accéder aux lumières divines qui rendront sa pensée, sa volonté et son action opérantes et justes. Seul, le mineur ne peut plus opérer selon les pouvoirs et puissances qui étaient les siens originellement. Il doit tout espérer du secours de son gardien, dont la jonction se fera par l’intellect que celui-ci lui enverra et qu’il devra accepter librement. Cet intellect féconde et illumine sa pensée, fortifie sa volonté et guide son action. Chaque fois que le mineur acceptera cet intellect, il se joindra à son gardien jusqu’à ne faire plus qu’un avec lui :

« Lorsque l’âme et l’intellect sont joints et spiritualisés, ils se confondent avec l’esprit dont était émané l’intellect et tous trois ensemble se rejoignent à la Divinité, ayant rempli chacun leur fonction avec succès.» 

L’âme impassive et spirituelle se met ainsi en état de recevoir impression de son gardien et donc l’illumination qui est la récompense des esprits mineurs ayant de ce fait recouvré la communication avec leur créateur. Aussi peut-on dire que le gardien et son intellect sont le chef de cette âme humaine – mineur spirituel - dont Dieu leur confie le soin. Un chef qui donne aussi une puissance nouvelle d’action et d’opération à cette âme incorporisée et donc affaiblie par sa prison de matière. Martinès l’exprime en ces termes :

« L’âme est un feu, simple en sa puissance et faible en ce bas monde. Elle fortifie sa puissance par son intellect, recevant de lui un second feu plus pur et plus puissant que le sien » 

Ainsi, de même que la fortification, l’action de purification du mineur se fait-elle par cet esprit et l’intellect qui en est l’émanation. Par la purification des lèvres, organes de l’expression du verbe - qui est la manifestation de la pensée et de la volonté ainsi que la mise en action de cette pensée - se réalise la purification de l’âme. Et c’est alors que, l’âme ainsi purifiée, l’opérant pourra prononcer le mot du centre, mot de puissance qui est l’expression de ses pouvoirs désormais recouvrés.

Cette vision martinésiste de la purification, de la fortification et de l’illumination par la médiation de l’esprit – ou gardien – et de son intellect n’est-elle cependant pas trop restrictive pour un chrétien ? N’exclut-elle pas trop radicalement l’action directe de l’Esprit Saint ?

Consécutivement à la purification des lèvres, opérée en insufflant la flamme de la bougie de façon à faire pénétrer en soi le feu qui en est l’essence, l’opérant porte les mains en équerre sur le visage et dit à basse voix la tête inclinée au-dessus de la bougie posée au centre du cercle intérieur :

« Viens, esprit saint +7, entoure le feu qui t’est consacré pour être ton trône puissant et dominant sur toutes les régions du monde universel ! Domine selon ma pensée sur moi et sur mes frères ici présents ! »

Ainsi il apparaît pour la première fois que l’opérant appelle un esprit saint à descendre sur un feu qui lui serait consacré. Mais de quel esprit saint parle-t-on ?

En effet, du fait du manque de majuscule – ou plutôt d’une règle peu établie pour les majuscules - dans les rédactions du 18ème siècle et de l’appellation d’esprit saint que donne Martinès aux esprits majeurs septénaires, et par extension à tout esprit bénin, il est difficile de savoir de prime abord si l’on s’adresse ici à l’esprit majeur bon compagnon – au gardien dont nous avons parlé précédemment – ou bien au Saint Esprit. Cette interrogation est renforcée par le fait que les esprits majeurs septénaires peuvent être assimilés à des agents du Saint Esprit et que Martinès leur assigne, entre autres, comme mission de véhiculer les dons de l’Esprit et les grâces divines. Nous pourrions alors supposer que l’opérant s’adresse bien ici à cette classe d’esprits à laquelle son gardien particulier est rattaché.

Cependant, l’opérant continue son invocation en disant :

« Eloigne de ces cercles tout esprit de ténèbres, d’erreurs et de confusion, afin que nos âmes puissent profiter du fruit des travaux que l’ordre donne à ceux qui se rendent dignes d’être pénétrés par toi +7, qui vis et règne avec le père et le fils à jamais. Amen. »

La fin de cette invocation à l’esprit saint ne fait plus aucun doute dans la mesure où son action est associée à celle du Père et du Fils. Ainsi, c’est bien au Saint Esprit, troisième personne de la divine Trinité, que l’opérant s’adresse afin qu’il répande sur lui et tous les frères présents sa céleste lumière en dominant sur eux par leur pensée, et afin qu’il protège les lieux et les opérations de sa toute puissance.

L’Esprit Saint est donc appelé, dans ce but d’illumination et de protection des frères, à entourer le feu dont on dit qu’il lui est consacré. En effet, lors de l’allumage du feu nouveau, qui est la source du feu central – quand ce n’est pas directement lui - l’opérant dit :

« Je te conjure, Esprit +7, que j’invoque par ma puissance et par tout ce qui est en ton pouvoir et au mien, pour que ton feu spirituel embrase la matière que je consacre au sein de ces circonférences ; que le feu élémentaire qui y réside s’unisse avec le tien par contribuer à la lumière spirituelle des hommes de désir et qu’ils soient animés de ton feu de vie. »

Par cette conjuration, l’opérant appelle la force, la puissance et les vertus sanctifiantes, fortifiantes et vivifiantes de l’Esprit Saint à descendre sur la bougie. Par quelle opération ? Tout simplement par analogie et correspondance entre le feu de l’Esprit et le feu élémentaire. Ainsi, le feu de l’Esprit est-il appelé à s’unir au feu de la bougie qui lui devient de ce fait consacrée. Nous sommes ici bien au-delà d’un symbolisme conventionnel du feu et des lumières comme on pourrait le trouver dans des rituels maçonniques et particulièrement au Rite Ecossais Rectifié. Ici, le feu n’est plus symbole. L’Esprit est appelé à habiter le feu. Et c’est la raison pour laquelle la purification des lèvres n’est pas un acte symbolique mais une opération réelle.

Si comme nous le disons l’Esprit habite et entoure le feu de la bougie qui est son trône, l’opérant qui agit doit nécessairement être pourvu de quelque puissance lui permettant d’obtenir cette faveur divine. La dimension sacerdotale, conférée par les ordinations, s’exprime pleinement dans cet acte simple mais fondamental. Nous sommes ici au-delà d’une simple opération théurgique ; nous sommes dans une liturgie de l’Esprit Saint, dans un acte qui, sans pouvoir prétendre être sacramentel, est un acte consécratoire opérant. Le sacerdoce Coen est ici sacerdote du ministère de l’Esprit Saint. Quelle admirable mais aussi redoutable vocation !

Ceci est fondamental et conditionne donc le succès de toutes les opérations. Le culte Coen se place sous la protection de l’Esprit Saint et agit dans l’Esprit et par l’Esprit qui seul confère à l’opérant les puissances et vertus nécessaires au succès des opérations et ordinations qu’il place sous la protection de l’Esprit Saint. Nous comprenons alors que cette opération soit réservée aux Conducteurs en Chef des temples.

Ainsi, fort de l’Esprit, quand l’opérant dans son invocation, demande que le feu qui est le trône de l’Esprit Saint devienne « puissant et dominant sur toutes les régions du monde universel » c’est aussi à une re-sanctification de l’univers qu’il appelle et donc à la réconciliation universelle.

 

Source : http://reconciliationuniverselle.over-blog.com

Lire la suite

Les invocations Coens : théurgie, culte des anges ou magie ?

23 Octobre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Rites et rituels

L’appartenance à un ordre Coen permet de gratifier chaque frère de nouvelles forces conférées au travers d’ordinations graduelles. Ces nouvelles forces permettent à chaque Elu Coen, à partir du grade de Maître Elu (ou Grand Maître Elu Coen), de pratiquer les cérémonials d’invocation qui sont le but et l’essence même de l’Ordre Coen. Car l’appartenance à un ordre Coen est engagement à la pratique du culte qui en est le cœur, culte qu’Adam reçut de l’Eternel, culte cosmique qui est le culte de réconciliation personnelle et universelle et donc de re-sacralisation de la création.

Forces conférées par les ordinations car, comme il me plaît souvent à le rappeler autour de moi, les ordinations Coens ne peuvent être considérées comme des réceptions à des grades. Car le système Coen n’est pas un système de grades mais un système de grâces à l’intérieur duquel chaque Elu reçoit, directement ainsi que médiatement par l’entremise des esprits angéliques appelés à cet effet, les grâces du Très Haut. Grâces qui lui permettront, s’il sait en préserver les bienfaisants effets par une pratique régulière de la prière et une ascèse de vie, d’opérer les actes et cérémonials du culte pour lequel il a été élu.

Alors se pose la question de la forme de ce culte et en particulier des invocations.

Ce culte est dit théurgique car il fait appel à l’intercession des esprits angéliques. Mais il est légitime de se poser la question : théurgie, culte des anges ou simple magie ?

La réponse pourrait varier suivant un point de vue ou un autre, suivant un objectif ou un autre, suivant l’intention même de l’opérant ou plus simplement suivant la compréhension que chacun pourra avoir de ces vocables.

Mais pour nous, qui sommes attachés à l’Eglise du Christ autant qu’à la l’étude approfondie des rituels Coens dans l’Esprit, la lumière de la foi et des saintes Ecritures, la réponse s’impose d’elle-même.

Pour nombre de nos contemporains plus ou moins au fait des travaux Coens, les opérations invocatoires s’apparentent à des pratiques occultes relevant, dans le meilleur des cas, d’une certaine magie blanche que l’on aura alors du mal à qualifier de chrétienne. Cette opinion nous paraît fort compréhensible si nous nous situons dans le contexte spirituel et culturel de notre époque qui ignore jusqu’à la signification traditionnelle des vocables que ses contemporains manient parfois avec une certaine imprudence et méconnaissance.

Car occultes, ces opérations le sont évidemment dans le sens où elles font appel aux esprits angéliques et au Nom même de Celui qui est innommable et dont la face ne peut nous être dévoilée. Ces opérations font donc appel à ce qui est invisible aux yeux et à l’entendement de ceux qui ne font pas l’effort de soumettre leur esprit à l’Esprit et leur volonté à la Parole car n’est-il pas dit dans l’Ecriture : « Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu'ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent. » (Matthieu 7.6)  

Dans ce sens, les pratiques opératoires Coens font appel à ce qui reste alors caché aux yeux de la multitude et peuvent donc être qualifiées d’occultes, au sens du Moyen-Age mais certainement pas de pratiques occultistes au sens de notre siècle.

Le qualificatif ainsi expliqué et commenté ouvre le débat à la notion de « magie opératoire ». Et là encore, il est utile de bien comprendre de quoi il s’agit. La magie dont nous parlons ici ne relève pas de la magie naturelle, nécromancie ou géomancie, mais d’une magie céleste et surcéleste. Suivant Paracelse[1] , « son efficience découle de la puissance divine » puis « elle est l’effet de la puissance divine » et enfin «en elle [la magie] s’accomplit la volonté de Dieu par le moyen de la foi [soulignement du rédacteur]». Ainsi, l’opérateur ou plutôt le Mage est-il le medium entre le ciel et la terre ; par lui passe l’influence divine et par lui s’exerce donc la volonté divine.

Quel lien alors avec les travaux des Elus Coens ?

Pour répondre à cette question, nous devons nous pencher sur la nature et le sens des invocations.

Ces invocations sont souvent le véhicule de la doctrine martinésienne ou de certains de ces points fondamentaux : la chute, la prise de conscience de la dégradation de notre être, la souffrance qui lui succède, le repentir et la pénitence, la restauration de l’état d’homme-dieu par l’effet de la miséricorde divine qui est l’œuvre du divin Réparateur, les signes de réconciliation qui s’en suivent, le recours dans l’épreuve terrestre à l’assistance des esprits angéliques et les facultés et puissances ainsi recouvrées.

Ces invocations visent à acquérir, par des manifestations de divers ordres, visibles ou invisibles, les marques de la réconciliation divine et à rétablir, par l’esprit bon compagnon - ou d’autres classes d’esprits angéliques - la communication de l’opérant avec la pensée et la volonté de son Créateur. Et cette opération ne peut se faire que selon la volonté divine que nul ne peut seulement penser forcer, ainsi que dans la foi qui en est l’indispensable préalable, car la volonté de Dieu ne s’accomplit par l’homme que par le moyen de la foi.

En cela réside toute la soit-disant « magie » des opérations des Elus Coens qui voient dans leurs opérations s’exprimer la volonté de réconciliation divine. Et si nous considérons cette sorte de « magie », nous devons témoigner que celle-ci s’exprime aussi sur les baptisés, dans l’Eglise du Christ, par l’infusion du Saint Esprit comme elle s’est exprimée après la Pentecôte par les actes des apôtres, vrais hommes-dieux ayant réintégré par l’Esprit toutes leurs puissances et vertus originelles.

Reste à nous prononcer sur la dernière question. Culte des anges ou simple théurgie ?

Rappelons que le culte des anges est condamné par l’Eglise et en premier lieu par Dieu lui même et à plusieurs reprises dans les saintes Ecritures. Tout d’abord implicitement dans les commandements donnés à Moïse en Ex. 20, 2-5 :

« Je suis le Seigneur votre Dieu, qui vous ai tiré de l’Egypte, de la maison de servitude. Vous n’aurez point des dieux étrangers à moi. Vous ne ferez point d’image taillée, ni aucune figure de tout ce qui est en haut dans le ciel, et en bas sur la terre, ni de tout ce qui est dans les eaux ou sous la terre. Vous ne les adorerez point et vous ne leur rendrez point le souverain culte. Car je suis le Seigneur votre Dieu, le Dieu et fort et jaloux… »

puis l’apôtre Paul en Col. 2, 18-19 :

« Que nul ne vous ravisse le prix de votre course, en affectant de paraître humble par un culte superstitieux des anges, (…) et ne demeurant pas attaché à celui qui est la tête et le chef, duquel (…) »

en enfin Saint Jean dans Ap. 22, 8-9 :

« C’est moi, Jean, qui ai entendu et qui ai vu toutes ces choses. Et après les avoir entendues et les avoir vues, je me jetai aux pieds de l’ange qui me les montrait, pour l’adorer. Mais il me dit : Gardez-vous bien de le faire ; car je suis serviteur de Dieu comme vous, et comme vos frères les prophères, et comme ceux qui garderont les paroles de la prophétie de ce livre. Adorez Dieu. »

Ce culte est condamné car les anges ne sont pas Dieu ni des dieux ; ils sont les serviteur du seul vrai Dieu. Et le commandement de Dieu est clair. On ne peut vouer un culte qu'à un seul Dieu. Vouer un culte aux anges, serait soit une forme de polythéisme, soit de paganisme, soit renier Jésus-Christ et le placer au-dessous des anges. Or ile est dit dans Hébreux 1, 4-5 :

« Etant aussi élevé au-dessus des anges que le nom qu’il a reçu est plus excellent que le leur. Car qui est l’ange à qui Dieu ait jamais dit : Vous êtes mon fils, je vous ai engendré aujourd’hui ? Et ailleurs : Je serai son Père, et il sera mon Fils. »

De plus, d’après certains Pères de l’Eglise et suivant certains courants gnostiques, les anges sont considérés comme inférieurs à l’Adam originel, c’est à dire avant la chute. C’est ce que dit Martinès dans son Traité de la Réintégration :

« Après ces deux opérations, le Créateur dit à la créature : "Commande à l'univers créé, et tous ses habitants spirituels t'obéiront." Adam exécuta encore la parole de l'Eternel ; et ce fut par cette troisième opération qu'il apprit à connaître la création universelle. » (Traité, 9)

Ils sont aussi dits inférieurs aux hommes saints, les vieuillards de l’Apocalypse, qui siègent autour du trône du Seigneur, et voient devant eux les sept archanges qui bénissent et contemplent ledit trône.

Les anges sont donc dits inférieurs aux Vieillards et aux Saints, c’est à dire à l'homme ayant été réintégré dans ses pouvoirs et vertus originels. Leur rendre un culte serait donc aussi un renversement des valeurs.

Tout au contraire, les anges sont au service de l'homme en tant que messagers de Dieu vers l'homme et intermédiaires de la protection et de l’illumination divine. Mais la relation est bijective en cela que les anges sont aussi les messagers de l'homme vers Dieu ou plutôt les barreaux de l'échelle qui permettra à l'homme d'accéder en vision au Royaume de Dieu. Nous prenons comme preuve de cela l'Apocalypse dans laquelle St. Jean accède à la révélation par l'ange qui le conduit et le guide :

« La révélation de Jésus-Christ, qu’il a reçue de Dieu, pour découvrir à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt, et qu’il a manifestées par le moyen de son ange à Jean son serviteur (…). »Ap 1, 1.

Même si l'homme est actuellement dégradé il conserve en lui une propriété et un principe supérieurs à ceux des anges. Opérer un tel culte serait contraire à l'oeuvre que l'homme doit accomplir. En effet, l'homme doit maintenant accomplir sa réconciliation et sa réintégration avec l'aide des anges afin de relever, avec les anges, la création et ses anges déchus , mission qui lui avait été originellement confiée par le Créateur. Il devait opérer cette mission en bornant l’action des esprits déchus en-deça de la sphère surcéleste afin que la création universelle ne soit pas affectée par leurs opérations. Ainsi est-il dit dans le traité :

« Par ces trois sortes d'opérations nous devons voir clairement, non seulement quelles étaient les bornes de la puissance, vertu et force que le Créateur avait, données à sa créature, mais encore celles qu'il avait prescrites aux premiers esprits pervers. » (Traité 10)

Alors quid des travaux Coens?

Car c'est bien aux différentes classes d'esprits et donc d'anges que le Coen adresse ses demandes et ses commandements. Mais c'est à l'Eternel et à lui seul qu'il adresse ses invocation et prières même si à l'occasion de celles-ci il s'adresse aussi aux esprits angéliques en les nommant et appelant (en les convoquant pourrait on dire). Et c'est ce type d'opération qui représente le plus grand danger pour l'homme car en ouvrant la porte des cieux en convoquant les anges, l'opérant pourrait s'exposer à l'action trompeuse des esprits malins. En effet ceux-ci pourront essayer de mystifier l'opérant en prenant pour l'occasion l'apparence d'esprits angéliques.

L'opérant s'adresse aux anges d'abord sous forme d'appel à leur l'assistance et à leur intercession auprès du Père par une instante prière qui n'est pas invocation. C'est tout d'abord une demande pressante mais jamais une prière d'adoration ou même une action de grâce. Mais nous pourrions demander, pourquoi s’adresser aux anges alors que tout chrétien a le pouvoir de s'adresser directement au Père par le Fils ? Ceci est certain mais nous ne pouvons ignorer la somme des secours que la divine Providence met à notre service. Ainsi en fut il de même pour le Christ que les anges du Père vinrent assister et secourir après la tentation au désert (Mat. 4, 11) et lors de sa prière et de son agonie à Getsémanie (Luc 22, 43).

Les anges ne sont pas ceux qui viennent opérer la réconciliation que seul le Père peut donner, mais ceux qui dans notre monde de matière peuvent les signaler par des marques sensibles ou sensitives. Cette manifestation des grâces octroyées par le Père via le Fils sont ainsi rendues visibles ou sensibles. Mais les invocations n'excluent dans le principe aucun autre mode de manifestation de la réconciliation, les songes en particulier.

Signalons qu'il serait erroné de penser, comme semble le prétendre Martinès, que les anges sont le seul moyen par lequel l'homme déchu peut recevoir les grâces divines, sentir s'exprimer la volonté divine ou encore pénétrer la pensée divine. Non ce serait ignorer l'Esprit Saint, et ce serait ignorer l'action du Fils et la contemplation de ses œuvres qui nous font connaître le Père. En cela aussi le martinésisme doit être rectifié et christianisé. D'ailleurs ses rituels le sont quand ils font expressément appel aux lumières de l'Esprit.
Donc pas de culte mais demande d'assistance et même commandement. Car l'opérant ayant reçu les ordinations nécessaires considère dans ses invocations avoir recouvré, par la pénitence et son séjour dans les cercles d'expiation ses puissances originelles et donc sa puissance de commandement sur tous les être créés et incréés.

En cela consistent les invocations qui autorisent l'opérant à travailler dans des travaux théurgiques et donc avec les anges pour continuer l'œuvre qui lui avait été confiée par son Créateur.

Dans ce sens, et dans ce sens uniquement, pouvons nous être autorisés à œuvrer dans nos opérations spirituelles-temporelles en coopération avec les anges sachant que ceci reste un mode d’opération dégradé si nous considérons qu'originellement les opérations spirituelles-divines devaient être réalisées par Adam, homme-dieu de la terre, en coopération avec le Père.

Source : http://reconciliationuniverselle.over-blog.com

Lire la suite

De L’Ordre des Elus-Coëns et de la doctrine de leurs initiations (extrait)(2)

23 Octobre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Rites et rituels

Extrait du Catéchisme de I'Apprenti Symbolique.

La maçonnerie est le tableau de l'Univers, l'Archive des Conventions de Dieu avec l'homme et le Canal de notre puissance. Je fus reçu Maçon dans le néant au sein de Dieu, le grand architecte m'a reçu. Il m'a tiré du néant par un cérémonial, trois caractères et une Parole. Il me plaça dans un lieu de délices, me développa tout et me fit chef sur les deux ............................................ ; il m'ordonna de l'aimer par dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même. il me défendit de m'égaler à lui: Je ne restais dans ce lieu qu'autant de temps qu'il fallait pour connaître ma puissance et d'en jouir. Je fus désobéissant pour mon malheur; mon crime étant de vouloir m'égaler à mon créateur. Pour ma Punition il me chassa du lieu des délices et me livra aux caprices de ceux qu'il m'avait donné pour su jeter, je ne repentais et Dieu me rendit au partie de mes connaissance et permit de me soutenir dans ma faiblesse.

J'entends par caractères et Cérémonial certains actions et figures que le G.A. a prescrit et donné pour marquer de son assistance.

J'entends par hiéroglyphes le signe naturel d'un Elu de quelquefois conventi­onnel vers dans son tout et dans son détail.

Le G.A. avait donné le Plan de cet édifice et celui qui procède de l'un et de l'autre en a détaillé les matériaux et le maçon de pratique avec celui qui est les ont placée, il est divisée en souterrain représentant la partie terrestre et matérielle.

- rez de chaussée : spirituelle,

- partie supérieure : Céleste.

Celle-ci servait à y renfermer l'Arche et la Grande Parole Sacramentelle. Salomon et ceux qui étaient constitués pour la conduite temporelle du peuple travaillaient dans le souterrain. Salomon connaissait le règne animal et minéral depuis l'hysope jusqu'au cèdre. Les Prêtres travaillaient au rez de chaussée à la partie spirituelle. ils avaient droit aussi sur la partie matérielle, car celui qui peut le plus peut le moins.

Le spirituel est divisé en 7 parties connues sont les 7. noms des Planètes. Les Prêtres opéraient sur 21 cercles différemment. ils invoquaient l'un se concili­aient l'autre et ordonnaient aux autres.

Les Prêtres d'aujourd'hui sont puissants car ils sont les sacrifices réels comme ceux de l'A.J. la prière et exorcisme.

L'homme est un ange attaché à la Matière pour faire ses preuves.

La Colonne signifie la peuplade de Seth. La pomme de grenade le nombre immense d'Esprits qui font sorte de cette souche. Les Lys signifient la végétation de cette souche. Les dimensions 18. 12. 3. et 5. signifient le nombre des Patriarches, des Pontifes et des Juges avec les apparitions du maître.

La colonne J rappelait celle de pierre qu'Enoch avait faite et représente les Evènements avant le déluge.

Les pierres élevées par Enoch représentent les enfers du Seth.

Elle porte le nombre 3 parce que le grade d'apprenti doit nous rappeler les principes constitutifs des premiers éléments.

Le rapport est que 1.). L’Univers est divisé en 3 le monde céleste spirituel et terrestre 2). Le spirituel est divisé en 3 le spirituel fixe, le fixe et le spirituel en général. 3) la matière se divise en trois et la connaissance de ces trois subdivisions de la matière donne le nombre 9.

Sur cette colonne était appuyé le T Elle portait un des mots ineffables
aux noms desquels était élevé cet édifice et ce même mot était celui de la puissance d'Adam. Le pavé mosaïque représente par ses trois couleurs les 3 éléments matériels; le noir la terre, le rouge le feu, et le vert l'eau. La pierre brute représente qu'il y avait eu temps ou tout était en inaction.

Le soleil, la lune etc. signifient le firmament sous lequel les maçons doivent travailler.

La profondeur et la hauteur des Loges c'est-à-dire les opérations des Maçons s'étendent sur les quatre parties du monde.

La boite dans laquelle on dit que le secret doit être renfermé, en forme d'Arche et des clefs d'ivoires c'est la bouche car le secret consiste dans la parole.

Catéchisme du Compagnon Symbolique

Je me suis fait recevoir à cause de la lettre G. qui signifie Géométrie non pas la simple qui n'a pour objet que l'étendue et le mouvement des corps mais celle qui s'étend sur tous les Etres. L'Etoile flamboyante représente le grand Architecte de l'Univers.

J'ai voulu pénétrer les secrets de la divinité comme Cain, Core, Salomon, les ouvriers de la tour de Babel, et c'est ce qui m'était défendu. je n'étais point destiné à prononcer les paroles de la Maîtrise spirituelle. J'ai voulu pénétrer dans le sanctuaire par la porte d'Occident, j'étais destiné aux arts mécaniques à la partie matérielle de l'Occident. Mon travail était de connaître les sympathies et les antipathies des trois règnes. Je ne peux attaquer la partie spirituelle sans être vingt de l'ordre des vingt. il m'a été accordé une 4me opération pour le 4me cercle qui a été le prix de G.A. de l' Univers. J'ai voulu aller plus loin, je suis devenu pervers et le nombre de la perversité. est 5.

J'ai travaillé sur la pierre cubique c.à.d. je me suis servi du Pentacle, j'y ai aiguisé ma langue qui est le vrai outil des maçons en proférant les mots de puissance qui y sont dessus pour faire mes opérations.

Ceux qui ont travaillé à Booz (force) ont voulu être forts contre Dieu. L’Ecriture les nomme Géants. Elle rappelle la colonne d'Enoch qui représente la postérité de Cain qui s'était retiré au midi. La partie du midi en sens spirituelle nous représente sa malédiction, le parfait et la partie Diabolique: Libera nos Domine a demonis méridiane. La hiéroglyphe Boaz veut dire terre perverse.

Je marche en zigzag pour prouver que mes pas n'étaient pas en droiture et que je me suis égaré. Le zigzag est l'hiéroglyphe du feu.

La craie, le charbon et la terrine, tous les vrais maçons s'en servent pour toutes leurs écritures et caractères.

Le Temple est situé dans la vallée de Josaphat auprès d'une haute montagne où l'on a jamais entendu coq chanter, Lion rugir ni femme parler, etc.

 

Catéchisme du Maître Symbolique

L'acacia m'est connu car celui qui est annoncé par le chap. d'Isaïe m'est connu, s'est souvenu de lui que je suis maître. Le G.A. m'a reçu maître. Il m'a reçu à l'Orient qui veut dire spirituellement Dieu; partout ou nous recherchons Dieu est l'Orient.

Dieu est le centre car c'est à lui qu'on doit tout rapporter.

Le globe dans le style spirituel et un parfait triangle dont les points font le midi, l'occident, le septentrion.

Je fus reçu maître sur le tombeau de notre maître qui est la terre. Je fus reçu en recevant une convention; par une Cérémonie et une parole sacramentelle, cette parole fut perdu et retrouvé et m'a été donné par................................................................................. qui préside à cette Loge.

J'entrais à reculons dans la Loge parce que Noé entrant dans l'Arche ignorait son sort.

J'ai passé de l'Equerre au compas: Noé sortant de la Coën de la nature qui est signifié par l'Equerre passa par les descendants à la Lais écrite désignée par le bombas la loi naturelle fut succédée par des loi sévères. genes .17 . chap .

Les 9 tours que j'ai fait en Loge signifient les Patriarches, la branche sur le tombeau signifie la branche d'olive que la Colombe apporta. La parole fut changée parce que le G.A. communiqua à Noé un nouveau mot de puissance. Mon élection et celle d'Adam qui finit à Abraham. J'ai appris dans le 7ème cercle outre la connaissance des sympathies la communication qu'ils ont avec le céleste et le spirituel.

Il y a deux maîtrises, la spirituelle et la temporelle désigné par les deux glaives, le Pontife et le Roi.

Le nom de la Colonne de la maîtrise placée dans la partie orientale de temple de Salomon - Je ne peux la dire qu'en Cérémonie.

Midi et minuit. Les travaux maçonniques commençant par un quartier de la journée et ne doivent durer qu'une heure.

Mon âge est 7.7.7. parce que la dissension survenus dans le temple m'a empêché d'acquérir le nombre de perfection que je désire.

Un chevalier maçon est un homme libre égal aux Rois ami des Païens et des pauvres s'ils sont vertueux.  

Catéchisme du Maître particulier

On connaît que je suis maître par ma marche et les circonstances de ma réception à la maîtrise et par mon travail aux cercles d'expiations. J'ai passé d'un triangle aux cercles.

Le maître travaille à la subdivision de la matière terrestre temporelle.

Cette subdivision enseigne la connaissance des trois principes spiritueux qui compose le corps général terrestre, le Céleste et celles des Corps particuliers permanent sur la surface de la terre.

J'ai été admis à la maîtrise comme un scélérat tristement vêtu, la corde au col.

Un être compagnon qui est parmi nous m'a assisté dans ma réception.

Il y a le cercle d'expiation qui font allusion aux 6 puissantes pensées que le G.A. employa pour la Construction de son temple universel.

Dans ces circonférences j'ai observé quatre branches mystérieuses, une de Palme, de Cèdre, d'Olivier, de Saule.

J'ai vu une boule de terre une creux d'airain avec une Urne enflammé. Les figures des caractères et des lumières innombrables.

La Palme signifiait la Puissance du Dieu vivant, le Cèdre la Puissance du Dieu de vie; l'Olivier celle de l'Esprit, la Saule, la mort, ou la prévarication, la boule de terre l'origine de ma forme corporelle, l'Eau et l'Urne enflammé les 2 principaux éléments qui la soutiennent dans tout son individu, les figures et les caractères la vertu supérieure des différents corps supérieur au mien, le nombre infini de l'univers celui des Agents spirituels.

Le Maître et les deux surveillants représentent le premier la Pensée du Créateur le ler surveillant son action et le 2d son opération.

Les maîtres d'un pas tremblant parce que ci-bas tout est terreur et tenebris. Les trois colonnes désignent trois différentes branches de l'Acacia. L'Aca­cia franc désigne l'Etre spirituel, l'Acacia entre ses disciples, et les sauva­ges les profanes erreur.

Le maître doit finir la recherche des sciences prohibée par la loi Divine se préserver de l'ignorance et ne jamais abuser de sa puissance spirituelle et matérielle.

Le nombre du Maître particulier et le Novaire il désigne 1) la sujettion du maître particulier au travail de la matière comme être imparfait dans l'onde. 2) l'incertitude de ses opérations spirituelles temporelles. 3) la réintégration de ses principes et de son individu corporel.

Les 3 chandelier à 3 branches signifient les 3 différentes Classes d'Esprit qui désignent et actionnent le temple général terrestre figuré par les 3 grades ou classes du Porche.

Catéchisme Maître Coën

On me reconnaît par le régularité de mon entrée au cercle de la réconciliation par mes opérations et par les puissances de ma parole. Ils travaillent au combat perpétuel des ennemis de la loi divine et de ceux des hommes ordinaires de la terre.

L'Attribut est le globe terrestre et l'Equerre. Le globe terrestre représente la douleur sensible qu'endura toute la nature par les coups que furent portées sur la personne chère de l'Elu chéri du Créateur, le poignard désigne la justice et l'Equerre la sublime perfection de sa vertu et Parole puissantes avec laquelle il a réconcilié la terre avec l'homme et le tout avec le G.A. de l'Univers.

La décoration du M.C. est  La bande noir par 5 réceptacles ou globes et une tête de mort surmontée de 3 poignards.

la bande désigne l'affreuse demeure de l'homme de matière dans laquelle le Maître Parfait Elu a opéré la réconciliation des profanes mortels. Les 5 récepta­cles les 4 opérations que l'Elu divin a opéré dans les quatre régions et la 5me celle qu'il a opéré en faveur de ses disciples. Le globe figure la satisfaction que ressentirent les trois différents matières de la terre.

La tête etc. désigne la pensée l'action et l'opération des ennemis des Elus choisis par la puissance divine ainsi qu'il est figuré par les trois nations qui ont porté leurs coups sur le maître parfait. le sont l' Hébreux, le Gallien et je sais le 3me. La première vers l'orient, l'autre vers le midi et la troisième vers le septentrion.

Les deux colonnes brisées marquent la gradation de la puissance des deux êtres corporisé et figurés par les deux colonnes du temple, dont celle vers le septentrion figure le corps masculin et celle du midi la femme.

Les chapiteaux détachés font allusion au détachement que l'esprit bon conduc­teur a fait de l'homme a cause de sa préconisation et en le laissant opérer seul dans l'erreur.

Le chandelier à 9 bouches figure les 9 Agents spirituels qui opèrent et éclai­rent dans les 3 régions matérielles temporelles.

J'ai l'âge 3. 5. 6. 7. 4. 8 ans.

La première allusion désigne les différentes opérations supérieures divines que la Maître parfait Elu a opéré envers le créateur en faveur de la nature universelle la seconde le nombre ou temps qu'il a mis à remplir tous ses devoirs d'Homme Dieu et divin parmi les hommes. Le nombre essentiels sont 7. 8..

Le quaternaire fait allusion à l'origine et à la Puissance de l'Elu, le 7. aux facultés qu'il a reçu des son émancipation et l'Octonaire à la double Puissan­ce que l'Etre chéri du très haut eut en lui lorsqu'il vint opérer la réconciliati­on des hommes. Tout M.E. peut se procurer ces facultés, propriétés et même vertus se sait se rendre parfait car il en a la puissance.

On ouvre à neuf heure pour faire allusion à la 9ème heure des trois derniers jours ou le réconciliateur finit ses opérations spirituelles temporelles, en faveur des hommes de la terre.

Il rendit ensuite 4 paroles que j'ignore encore, elles sont figurées par Hely, Lama, Laba, taris.

Je suis reçu dans un temple régulièrement assemblé par la pensée l'action et l'opération spirituelle divine, mon corps renversé dans 3 circonférences fournit un rectangle parfait appuyé sur un double triangle équilatéral et secondé par 4 cercles de correspondance d'opération pour ma réception.

Le temple représente le lieu consacré aux opérations du M.E. ainsi que le maître parfait le désigne lui même à ses disciples par les opérations faites sur le temple général terrestre. Les 3 cercles désignent les 3 sous du maître parfait, l'Admiration l'Entendement et la     contemplation. les 2 triangles lié ensemble désigne l'origine de mon corps intimement lié avec le corps général terrestre; Le réceptacle la terre sur laquelle toutes choses était opérées en faveur de l'homme ainsi que toutes choses spirituelles divine se sont opérées sur le corps du maître parfait avant sa mort.

Les cercles de correspondance désignent les habitants des 4 régions célestes qui ont assisté à toutes les opération temporelles et spirituelles que le maître parfait a fait pour rappeler l'homme à son premier principe.

Les 6 marques authentiques que j'ai reçu sur mon corps me caractérisent M.E. sur la tête sur les deux mains sur les 2 pieds et sur le coeur.

La tête désigne et c'est là que son tribut a satisfait à la justice du Créateur. La main gauche celui que les habitants du midi payent à la justice divine, la main droite celui que les habitants du septentrion ont payé pour leur affliction spirituelle, celle des pieds désigne le Sceau que le Créateur fit mettre sur la matière lors de son état d'indifférence pour la rendre susceptible d'impression celle de la partie du Coen la puissance des différents agents spirituels que le créateur avait marqué de son sceau invisible pour coopérer à la formation des essences spiritueuses de la première matière dont tous les corps matériels et terrestres sont émanés. C'est de là que les premiers sages ont professé l'offrande du Coën et de l'âme au Créateur.

Les trois coups de poignard, celui sur la gorge désigne la renonciation que l'homme fait de toutes espèces de sciences autre matière contraire à la loi divine et l'ordre permanent de la partie d'Orient; celui du Coën la partie du midi; il explique le même sujet que le premier. Le 3me sur le bas du ventre du côté droit la partie septentrionale; il a la même rapport; le quatrième sur la terre désigne ces 4 renonciations par le Plomb, l'Or, le fer et Cuivre 1) la Condensation et la gravité; 2) la sublimité des essences spiritueuse de la même matière; 3) La solidité de la vertu; 4) le symbole de la corruption et la malédiction du Créateur après la prévarication de l'homme.

Les M.E. voyagent en circonférences formées par 9 ou 27 pas et le glaive à la main pour combattre leurs ennemis.

Il faut fuir 1) toute société clandestine qui enseigne des instructions apocryp­hes et contraires à la loi divine; 2) toute profanation des choses spirituelles; 3) soumission au régime de vivre de l'Ordre.

L'Equerre et le Compas intimement liés signifient l'intime liaison de l'âme avec l'esprit.

Le nom du M.E. est Hyely en hébreu, Hely en langue vulgaire et signifie réceptacles de la Divinité ou dédicace de ses profines acuores.

Le nom du M.E. temporel est Réaux en hébreu roux en langue vulgaire et signifie homme Dieu de la terre, élevés au dessus tous ceux spirituels tempo­rels ou réceptacle spirituel temporel sur lequel la glaive et la justice du Créateur s'opèrent.

Dans ma réception mon corps était placé au centre de 6 circonférences forment un carré long et 4  parfaits je n'ai rien vu que l'Esprit humain puisse comprendre, car j'étais privé de l'usage des sens corporels et spiritu­els.

J'ai vu ensuite une vaste lumière, un bruit effroyable et 3 grandes Colonnes sur ces 3 Colonnes il y avait 3 hiéroglyphes séparément mises en formes de triangle qui représentaient les 3 différentes essences Spiritueuse qui compo­sent les corps général terrestre céleste et particulier.

Les nombres dont on doit se servir sont 3, 2, 5, 6, 7.

Le nom de l'apprenti .C. est W.J.S.A.

II y a 7. sortes de figures ou signes.

Le signe particulier est la main droite appuyé en Equerre sur la partie du Coën et la main gauche en Equerre de champ sur lunaire.(?)

Les 7. signes font allusion à S.V.J.M.M.R.S.L.L.

Le temple est appuyé sur trois puissantes colonnes, Une vers l'Orient, l'autre vers le septentrion et la troisième vers le midi.

On voyage de l'Est à l'Ouest et de Nord au Sud.

La batterie est 3 coups lents qui font allusion aux 3 principes qui composent le temple corporel de l'Apprenti, le souffre, le sel, le Mercure.

Le souffre est appliqué à la partie aqueuse (?).

Le sel à la partie pelliculaire et membraneuse.

Le Mercure à la partie fluide.

La partie solide désigne le corps général terrestre.

Fluide : la partie solaire

Pelliculaire :  la partie septentrionale

L'Univers est composé de cinq sortes de temples.

Le simple signifie le corps de l'homme.

le parfait : le corps universel

le symbolique : le corps général terrestre

le juste : le corps inférieur matériel

L' Aparyphe, le conventionel que les hommes efforcent d'établir dans l'erreur.

L'Attribut de l'Apprenti .C. est une Perpendiculaire; il sert le maître depuis Lundy jusqu'au Samedi; son travail commence à midi plein et finit à minuit. Ma réception m'a coûté ma bonne volonté et une pièce d'or évaluée au dessus des statuts généraux et particulier de l'Ordre. On place dans la Loge le soleil pour apprendre à connaître parfaitement la faculté la fer élémentaire et la lune pour propriété dans l'acte de conception et de végétation. On monte 7. marches.

Catéchisme du Grand Architecte

J'ai vu le buisson ardent au bas de la haute montagne qui est situé au centre de la haute montagne qui est situé au centre de l'Orient outre les 4 attributs. Je les nomme, ga, mo, ba, ri, on, ac, Du, ru, ri, ne, ac, a.

Je suis parvenu aux attributs par des voyages par terre et par mer; J'ai rencontré 4 hommes, l'un d'or et d'azur, l'autre de noir et d'argent, le 3me de rouge et de l'or; le 4me d'or et vert qui partaient un étendard blanc croisé de rouge. Ils disaient qu'ils allaient au mont Capital déposé leur étendard ils portaient aussi 4 branches. dont je ne sais pas la signification.

Le nom du mont Capital est: ma. j. ne. si.

Je fus reçu au bas de la montagne parce que ne pouvant soutenir l'éclat du grand soleil je devais m'arrêter à un pas. Je fus reçu entre trois Equerres mon corps renversé la face contre terre, au centre de 4 attributs dans le grand cercle de circonférences.

Un grand chevalier d'Orient habillé de 171 couleurs m'a reçu. Les couleurs désignent la force, son pouvoir et sa toute puissance. La force parce qu'il a supporté l'ardeur de la grande lumière, son pouvoir parce qu'il a reposé 6 Jours dans la sanctuaire, sa puissance parce qu'il a été pourvu de 7 sous et qu'il a pu enfin finir en six jours ce que les autres peuples ensemble ne pouvaient faire dans 7 ans et plus.

Mon âge est un terme juste plus que parfait et non limité. On m'appelle juste dans tous mes noms. On se met en ordre: l'Equerre gauche horizontalement sur le front et le droite élevée.

 

Lire la suite

De L’Ordre des Elus-Coëns et de la doctrine de leurs initiations (extrait)(1)

23 Octobre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Rites et rituels

Il a été introduit à Paris vers 1775.

Les Elus-Coëns ont toujours affiché de grandes prétentions: ils n'ont admis qu'un petit nombre d'hommes choisis, encore les ont-ils reçus avec beaucoup de circonspections. Il était un moyen de faire valoir l'institution et de conser­ver les secrets des formules d'initiations. Mais ils eussent atteint ce but bien plus sûrement, s'ils n'eussent rien écrit sur leurs mystères. L'expérience a prouvé que tout ce qui est confié au papier est divulgué tôt ou tard, et devient le partage de personnes qui n'ont aucun motif pour garder le silence.

C'est ce qui est arrivé à l'égard des rites des Elus-Coëns. Après la mort de M.de Saint-Martin, on a trouvé les cahiers des grades ainsi que les instructi­ons et règlements manuscrits. La famille a disposé de sa succession maçonni­que en faveur d'un de ces amis, qui n'a fait aucune difficulté de les commu­niquer à quelques frères qui en ont tiré des copies. M. Savalette de Langes, qui appartenait à la secte, les avait ainsi; on sait que ses manuscrits ont été vendus avec sa bibliothèque. il est résulté de tout cela que, malgré les initiés eux-mêmes, les mystères des Elus-Coëns. ont été divulgués comme toutes les autres.

Ainsi nous pouvons facilement donner des détails authentiques sur ce rite; nous avons la certitude qu'ils ne seront pas démentis par les Ff. Coëns; nous en connaissons encore quelques-uns à Paris et dans l'étranger.

La création de l'homme, sa désobéissance, sa punition, les peines du corps, de l'âme et de l'esprit qu'il épreuve, forment l'ensemble de la doctrine d'initiati­on dans le rite des Elus-Coëns.

Sa régénération et sa réintégration dans sa primitive innocence ainsi que dans les droits qu'il a perdu par le péché original, sont le but qu'on se propose. D'après ce mystère, l'homme qui se présente pour être reçu, n'est, aux yeux de la secte, qu'un composé de boue et de limon. Les chefs de cette société théocratique lui donnent la vie, à condition qu'il s'abstiendra de goûter les fruits de l'arbre vivifiant. Il est séduit; il oublie sa promesse; il est puni et précipité dans les flammes. Mais bientôt il renaît à une vie nouvelle: il est réintégré dans sa dignité primitive, si des travaux utiles, si une vie sainte et exemplaire l'en rendent dignes.

Voilà ce qu'on apprend aux initiés de la première classe dans trois degrés qu'on appelle, apprentissage, compagnonnage et maîtrise, dont, ainsi qu'on en pourra juger, la genèse a fourni le programme.

L'homme ayant recouvrit ses droits primitifs, et s'étant rapproché de son créateur par une vie spéculative, est animé du souffle divin. Il devient propre a connaître les secrets les plus cachés de la nature; la haute chimie, la cabale, la divination les sciences ontologiques (métaphysiques) ne sont pour lui que des connaissances communes, dans lesquelles il peut être instruit facilement.

Ces êtres privilégiés forment la seconde classe dans l'ordre des Elus-Coëns. Ces classes se subdivisent en plusieurs autres (1) dans lesquelles on enseigne aux initiés, en raison de leurs goûts ou de leur génie, la cabale et les sciences occultes dans toutes leurs parties.

(1) Voici la nomenclature des degrés d'avancement dans cet Ordre:

 

Première classe: Apprenti - Compagnon - Maître - Grand-Elu.

Deuxième classe: Apprenti-Coën - Compagnon-Coën - Maître-Coën - Grands architectes - Chevalier commandeurs.

Suivant ce plan on voit que l'Ordre des Elus-Coëns a dû réunir, non seule­ment toutes les personnes qui avait des goûts pour les connaissances surnatu­relles, mais encore toutes celles qui se faisaient remarquer par des opinions singulières en matière de théologie mystique, tels que les sectateurs de Martinès Paschalis de Swedenborg, etc. Tout le monde sait, en effet que Saint Martin, le baron d'Holbach, Duchanteau et beaucoup d'autres, étaient membres de cet Ordre; il est probable que c'est de cette école que sont sortis beaucoup d'ouvrages philosophiques, plus ingénieux que solides.

Les Elus-Coëns se sont constamment fait remarquer non seulement par les connaissances variées des membres de leur association, mais encore par leur mœurs thérapeutiques, on comptait autrefois parmi eux, en France et dans l'étranger, beaucoup de savants modestes dont les leçons tendaient a inspirer l'amour du prince, de la patrie, de la justice et de l'humanité.

Après avoir donné ces notions succinctes de l'ensemble de la doctrine des Elus-Coëns, nous offrirons aux lecteurs quelques détails sur leurs initiations, qui ne seront pas déplacés dans un ouvrage dont le but est de donner en quelque sorte, le tableau des mystères des sectes maçonniques.

Celui qui veut être reçu est obligé de se présenter lui-même pour solliciter son admission. Des personnes sont envoyées pour l'examiner, connaître son nom, sa patrie, ses opinions religieuses. Si toutes les conditions exigées des candidats se trouvent réunies dans celui-ci, on le fait mettre à genoux et prêter serment, 1° de discrétion, 2° de fuir la débauche et les jeux publics, 3° de ne point fréquenter les femmes publiques, de ne point commettre d'adultère, et enfin d'être fidèlement attaché aux statuts de l'Ordre.

Ces préliminaires remplis, on l'invite à se retirer. Sa réception n'a lieu que plusieurs jours après.

1erpoint de la Réception d'un Elu-Coën

Quatre chambres sont indispensables pour ces initiations, 1° le parvis; 2° une pièce qu'on appelle le porche, 3° une autre qu'on appelle le temple ou le tribunal; 4° et enfin une chambre dite de retraite. C'est celle dans laquelle le candidat est livré à ses réflexions.

Chaque Loge de Coëns doit être pourvue des instruments suivants; savoir: une machine propre à imiter le tonnerre; trois autres propres à former des éclairs; une terrine avec des charbons allumés; un vase plein d'eau; un vase contenant de la terre pétrée; trois draps, l'un rouge, l'autre noir, et le dernier blanc; un crayon noir; un escalier à vis; se divisant en trois paliers de 3, 5 et 7mar­ches, sur la dernière des quelles doit se trouver une trappe et des trous placés triangulairement pour donner passage à des flammes; une branche de palmier, une de cèdre, une d'olive et une de saule; trois baguettes, une de houx, une de frêne et la troisième de coudrier; un encensoir, des parfums, et trente bougies dans des flambeaux qui doivent être distribués autour des cercles ou circonférences tracés au milieu du temple: ces cercles représentés figurativement le centre de l'univers.

Les officiers nécessaires à l'ensemble des cérémonies des réceptions sont: un Tout-Puissant Maître, un Très-Respectable Maître, une Très-vénérable Maître, deux Surveillants, un Vicaire qui est le chef des tuileurs, un Maître conducteur en chef qui dirige les Maîtres des cérémonies.

Le T.P.Maître préside dans le temple avec deux Surveillants.

Le T.P.Maître préside dans le porche aussi avec deux semblables officiers. Le T.P.Re Maître a la direction des parvis.

Nous avons réuni tous ces détails ici pour ne point interrompre l'historique de l'initiation de l'Elu-Coëns.(1)

(1) Nous passons sous silence toutes les formalités exigées pour l'ouverture des loges de Coëns, et enseignées dans un rituel fort détaillé. Ceux qui pourront se procurer cette pièce assez rare, y trouveront les cérémonies d'entrée dans le temple, les prières qu'on adresse à l'Eternelle les cérémonies d'introduction des Ff. des hauts grades, les exhortations aux surveillants, la cérémonie des poignards, la manière de distribuer les mots courants, d'ouvrir les portes du temple et du porche, celle de les fermer, ils y verront comment les mots sont rendus aux réaux et aux grands officiers, les prières de fermetu­re ou action de grâce; comment on allume et éteint les bougies, les batteries, etc. Ces détails sont étrangers à notre plan, en ce qu'ils tendraient à dévoiler les secrets matériels  de cet Ordre ce qui n'est pas dans notre intention.

Le néophyte qui a reçu l'avis du jour de son admission, se rend au parvis et est immédiatement renfermé dans la chambre de retraite.

Pendant ce temps, les branches de palmiers, de saule, d'olivier, le vase de feu qui est le symbole du feu élémentaire et ceux qui contiennent l'eau et la terre pétrée sont disposés circulairement autour des circonférences. Ceux qui doivent lancer la foudre et les éclairs occupent leurs places; le conducteur en chef prend la sienne, ainsi que le vicaire. Tout étant en ordre, le V. Maître traverse le parvis et se rend dans la chambre de retraite. Le candidat y est interrogé sur le but qu'il se propose en cherchant de pénétrer les secrets de l'Ordre. on lui demande s'il est décidé à entrer dans une société, 'qui ne tend qu'à la vertu et qui est ennemi des vanités de ce monde périssable'. Sur sa réponse affirmative, le V. Maître dit aux tuileurs qui l'accompagnent:

« Disposez cet homme à retracer aux yeux des frères qui sont dans le tribunal le spectacle de ce qui s'est passé au commencement des temps, au centre de l'Univers.

A ces mots, les tuileurs le dépouillent de tous métaux, et le déshabillent de façon, qu'il ne lui reste que sa chemise et un caleçon de flanelle blanche, ensuite il le couchent sur les trois tapis, noir, rouge et blanc; d'abord le blanc, ensuite le rouge, et le noir le dernier Ils l'enveloppent soigneusement dans ces draps de le porte de suite au Tribunal, ou il le couche sur le dos au centre des circonférences, ayant la tête à l'occident, les pieds à l'orient, les deux genoux en l'air et les poings sur les yeux. Ils lui mettent sous la tête une pièce triangulaire. Le candidat étant dans cette position, on place le vase de feu à côté de sa tête, celui qui contient la terre pétrée vers la partie du cœur; enfin on met le vase plein d'eau du côté opposé. » (1)

(1) Manuscrit de M.Savalette de Langes. Tous les passages de cet article marqués par des guillemets sont pris dans ce manuscrit.

Le plus grand silence règne pendant quelques minutes, alors quatre grands coups de tonnerre se font entendre: à ce signal, les Respectable et Vénérable Maîtres circulent six fois autour des circonférences l'un partant de l'orient par le septentrion. Ils s'arrêtent devant le T.P.Maître qui leur donne la bénédiction d'Israël si leur avancement dans l'Ordre leur permet de la recevoir, ou seulement leur impose les mains, suivant la circonstance. Pendant ces tours, les éclairs brillent, le tonnerre gronde, et les circonférences sont encensées. Après ces cérémonies et quelques instants de repos, de nouveaux coups de tonnerre se font entendre, de nouveaux éclairs embrasent le Temple; c'est Tout-Puissant qui va paraître: accompagné de ses acolytes sacrés, il va opérer le miracle de la création.

Le T.R.M. armé de sa baguette de houx, touche les genoux du candidat, qui les allonge aussitôt. Le V.M. touche avec sa baguette de frêne le cœur du candidat, ensuite côté droit, il lui fait étendre successivement les deux bras.

Tous ceux enlèvent tour à tour le drap noir et le drap rouge qui font partie de ceux qui enveloppent le candidat de sorte qu'il se trouve seulement couvert du drap blanc, les bras étendus et les jambes écartés. Le V.M. se place au pied du néophyte et le R.M. se place à sa tête, où il prononce à haute voix la prière suivante:

« Grand Architecte de l'Univers, toi qui as bien voulu faire l'homme à ton image et à ta ressemblance, pour lui assujettir le grand monde, dont il sera la victime si tu ne le combles de tes grâces, ne permets pas que l'ouvrage de tes mains périsse, fais, au contraire, que ces ennemis rougissent de honte de l'inutilité de leurs efforts pour remporter des victoires sur lui; Cependant que ta sainte volonté soit faite ». Le V.M. répond Amen.

Cette prière terminée, le néophyte est entièrement découvert, le tonnerre se fait entendre, le lieu de l'assemblée présente l'image du chaos: peu à peu le calme se rétablit, et le candidat est conduit aux pieds du T.P.Maître qui le bénit et lui donne l'ordination en prononçant des paroles mystérieuses. Cette cérémonie consiste à appuyer successivement sur son front, la partie du cœur, le côté droit et la tête, le pouce, l'index et le médium de la main droite; ce qui offre l'image d'un triangle, les autres doigts étant repliés dans la main.

Le V.M. conduit ensuite le néophyte au centre des circonférences, la lui donne les signes de reconnaissance et lui dit: Ces quatre branches qui s'offrent à tes yeux te seront d'une grande utilité si tu observes les commandements de celui qui t'a donné l'être, mais tu seras en proie à tous les malheurs et sujet à la mort si tu les transgresses. Tu peux jouir de tout ce que tu vois; mais garde-toi de toucher à ces quatre branches. (Il lui montre avec sa baguette la branche de palmier.) 'Voilà le symbole de la sagesse universelle du Dieu vivifiant (il lui montre la branche de cèdre.) Voilà l'emblème de la puissance universelle du Dieu vivant, il lui montre la branche d'olivier Voilà l'emblème de la puissance universelle du Dieu de vie; (il lui montre la branche de saule) Voilà enfin le symbole de la mort éternelle.

Ensuite il lui fait jeter les yeux sur la terre pétrée, sur l'eau et le feu. « Vois, homme, ce que tu es, je t'ai tiré de là: si tu ne veux pas rentrer dans les abîmes de la terre d'Egypte, observe fidèlement les défenses qu'on t'as faites, et n'oublie jamais les engagements que tu contracteras avec l'Ordre ». Le candidat est abandonné seul au milieu des circonférences; là on le laisse quelque temps livré à lui-même. Pendant qu'il réfléchit sur la nouveauté du spectacle qui a frappé ses yeux, un Elu-Coëns, qui représente un mauvais génie, traverses les cercles, s'approche de lui, et cherche à lui démontrer le ridicule des défenses qu'on lui a faites. Il l'engage à s'approcher des bran­ches, à les examiner, à tracer des caractères autour; suivant ce tentateur, il résultera de cette désobéissance des connaissances précieuses, desquelles doivent dériver un pouvoir supérieur à la puissance de celui qui l'a créé. 'Attache-toi surtout, lui dit il, à connaître parfaitement ce que renferme l'arbre vivifiant, puisqu'il est tout science et toute puissance. Tu soumettras tout à ton empire et tu commanderas à tous les animaux, tant visibles qu'invi­sibles , etc.' Le malheureux néophyte se laisse tenter et persuader par ce séducteur, il est accablé de reproches et chassé du Temple.

Rentré dans le parvis, il tombe dans les mains de trois tuileurs que représen­tent les mauvais génies; ils lui attachent les bras avec de fort liens, le char­gent d'un énorme fardeau et lui font faire neuf fois le tour de la pièce et le couvrent d'eau et de boue: les éclairs brillent la foudre éclate     

Ici se termine le premier point de l'initiation.

IIe Pointde la réception d'un Elu-Coëns.

Pendant que le néophyte est livré aux tourments que lui font souffrir les mauvais génies, on change la décoration du Temple ou du Tribunal; on élève l'escalier à vis au milieu des circonférences mystérieuses, et l'on prépare tout pour le complètement de ces laborieux mystères.

Après un certain temps, le premier tuileur vient rendre compte au T.P.Maître du ressentir et de l'humiliation du candidat, et implorer son pardon. 'Allez, répond le Tout P.Maître, que l'homme me soit présenté devant moi. On court chercher le néophyte; on l'arrache avec peine des mains des mau­vais génies qui s'efforcent de le retenir: 'Laissez cet homme en paix', leur dit le premier tuileur (qui représente un mauvais génie), 'retirez-vous et que désormais aucun de vous l'environne'. Le T.P.M. lui a fait grâce. 'Retirez-vous, chacun dans votre région; obéissez à celui qui vous commande au nom du Maître'.

Le candidat chargé de chaînes, est conduit aux pieds du V.M., il implore sa grâce. Te voilà dont rentré dans la terre d'Egypte! (lui dit-il) Comment as ‑tu pu oublier les défenses qu'on t'as faites?       Infortune! ton crime t'a rendu l'esclave de la mort qui exercera son empire sur toi et la postérité!' Lève toi, homme, la faute t'es remise. C'est à toi maintenant à travailler pour gagner la vie éternelle, etc.

Le T.R.M. le délivre de ses liens et le conduisant à l'entrée de l'escalier à vis, il le lui montre en lui indiquant qu'il est divisé en trois paliers auxquels on arrive par trois, cinq et sept marches, symboles des trois peines qu'il souffri­ra dans la réintégration de sa personne avec son principe: ces peines sont celles des corps, de l'âme et de l'esprit.

Le néophyte monte, en reculant, l'escalier mystérieux. Arrivé au premier palier, il prête le premier tiers de son obligation, qui consiste à promettre de garder le secret sur les mystères des Elus-Coëns, etc.

Arrivé au second palier il prête le second tiers de son obligation; il s'engage à être fidèle à la religion catholique, apostolique et romaine; à aider ses frères de ses conseils et de sa bourse, etc.

Enfin il est conduit au dernier palier où il prête le dernier tiers de son serment, qui consiste à se soumettre à ne jamais fréquenter les assemblées de ces sociétés qui prennent le type de Maçon sans le connaître, etc. Cette épreuve est la dernière de celles qui est condamné à subir, elle complète son initiation comme apprenti. On lui donne les mots de reconnais­sance, sept signes imitatifs des figures des sept planètes; enfin on le proclame comme membre de l'Ordre.

Nous avons dit que les peines imposées à cet homme nouveau, en raison de sa désobéissance, étaient celles du corps, de l'âme et de l'esprit. Dans le grade d'apprenti, il a subi celles du corps, restent les deux autres qui forment l'objet de la doctrine de l'initiation aux grades de compagnon et maître.

Nous n'entrerons pas dans les détails de ceux-ci: les épreuves de l'initié sont du même genre, et comme dans le premier grade, l'escalier en forme de vis y joue le principal rôle. Nous pouvons même le dire et les Elus-Coëns en conviendront, ces derniers actes de la réception sont bien inférieurs au premier, dans lequel les inventeurs semble avoir épuisé toutes leurs ressour­ces.

Au reste, ces adeptes forment une classe bien distincte de celle des Francs-Maçons, dont ils ont cependant emprunté quelques usages. Les Elus-Coëns apprécient eux-mêmes, sans doute, à leur juste valeur, leurs formules d'ad­mission ; et nous pensons que toutes les allégories des réceptions pourraient s'expliquer ainsi: Pour entendre et propager des vérités nouvelles, il faut des hommes nouveaux. Tel a sans doute été le but des inventeurs des mystères de cet Ordre, et ce symbole nous semble énoncé très clairement dans tous les actes différents de ces singulières initiations.

Progression des Grades.

Apprenti Symbolique.  

Compagnon Symbolique ou maître particulier du Porche.  

Maître particulier ou premier degré de l'ordre.  

Grand maître ou grand Elu sous la grande bande noire.

Apprenti Coën ou fort marqué ou apprenti Ecossais

Compagnon C. ou double fort marqué ou compagnon Ecossais

 Maître C. ou triple fort marqué ou Maître Ecossais

Grand Architecte  

Chevalier d'Orient  

Grand Commandeur d'Orient Réaux +

Lire la suite

La Théurgie Coen, voie externe ?

22 Octobre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

Le sacerdoce Coen n'est théurgie que parce que l’opérant reçoit de l'Eternel toute force et puissance d'opération et de commandement après avoir recouvré les vertus et puissances de l'homme Premier. Nul ne peut « convoquer » les anges sans ce préalable indispensable car le risque serait alors de convoquer des entités indésirables et malignes qui ne manqueraient pas de porter préjudice à l’intégrité de l’opérant. Il faut alors de toute nécessité apprendre à distinguer ces entités spirituelles afin d’arriver à bien discerner l'or pur du cuivre, raison pour laquelle ces entités sont aussi représentées dans les cercles opératoires en vis à vis des entités bénignes qui permettront aussi de les contrôler et d’en contenir l’action dans la région du midi. D’où l’impérieuse nécessité aussi pour l’opérant de se protéger par le moyen de son pentacle mais aussi – et surtout - par les prières, cérémonial de pénitence et les invocations à l’Eternel et à son Esprit qui doit illuminer et guider les travaux.  

L’opérant devra donc, préalablement à l’exercice de son sacerdoce, restaurer l’image défigurée et s’acheminer sur le sentier de la ressemblance. Il devra ensevelir le vieil homme, s’en dépouiller, pour revêtir les habits du nouvel homme. Et il ne pourra redevenir ce nouvel homme, ami et ressemblance du Principe, Adam régénéré, qu'en revêtant le Christ, c'est-à-dire en passant par le sang et l'eau de la croix - eau qui est source de vie et sang qui est feu purificateur de l’être déchu - par la pénitence et l‘expiation mais aussi – et surtout devrions-nous dire - par la grâce et le sacrement du baptême et de l'eucharistie. Alors ce n'est que revêtu de la tunique blanche et sans couture du Christ, qu’il aura acquise par la prière, la participation aux sacrements, les travaux préparatoires de pénitence et d'invocation qui sont l'oeuvre au noir et au rouge du Coen, que l'oeuvre au blanc se manifestera. Cette voie spirituelle - que l’on qualifie communément d’externe car l’on s’en tient trop facilement à l’apparence des choses et à la manifestation - n’est pas moins exigeante que la voie dite interne ou cardiaque. Elle suppose une foi inébranlable, une dévotion constante, une ascèse de vie exemplaire et une prière continuelle. L’opérant rythmera ses journées par les prières des quatre temps et l’invocation de l’Esprit Saint, du Christ, des Anges et de la divine Trinité ; ses semaines par l’expiation dans les psaumes de pénitence ; ses mois par l’imploration et l’action de grâce dans les invocations particulières ; il se préparera enfin à la grande opération par le jeûne et l’abstinence. Ici, dans ce sacerdoce continu, plus question de voie interne ou externe car l'opérant, en quête de sa restauration et réintégration, âme confondue, humiliée et repentante, appelle de tout son être la réconciliation qui est le rétablissement de la communication avec l’Eternel, les arrhes du Royaume des Cieux. Là est la mystique du Coen, celle qui relie l’opérant à l’Etre des Etres et le rend participant des mystères divins.  

Alors, ayant accepté sa croix, ayant revêtu le Christ, redevenu à la ressemblance du Principe dont le Fils est la parfaite image, le Coen opèrera en union avec les choeurs angéliques à la réconciliation universelle et, par la force de commandement spirituelle recouvrée, obtiendra des esprits divins invoqués tout secours nécessaire à l’oeuvre qui est la sienne dans la manifestation attendue de la Gloire qui est le grand oeuvre de La Chose .

Source : http://reconciliationuniverselle.over-blog.com

Lire la suite