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Hauts Grades

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Rite Français : cérémonie de remise de la distinction de Chevalier de l’Aigle Blanc

16 Octobre 2012 , Rédigé par GCF Publié dans #hauts grades

Les travaux du Grand Chapitre étant ouverts au 4ème ordre, le Suprême Commandeur fait remplacer, le cas échéant, les Grands Officiers qui ne seraient pas déjà titulaires de la distinction, afin qu’elle puisse leur conférer en même temps qu’aux autres récipiendaires. Cela fait, il dit :

 S.C. Je déclare ouvert le Conseil des Chevaliers de l’Aigle Blanc. Très Excellents Grands Maîtres des Cérémonies, veuillez faire placer à l’Occident les Frères qui doivent porter leur serment. Cela étant fait, le S.C. poursuit :

S.C. Mes Frères, vous avez, pour certains d’entre vous, déjà prêté une obligation relative à vos fonctions particulières dans le Grand Chapitre Français. Vous allez maintenant porter, en tant que Chevaliers de l’Aigle Blanc, l’obligation commune à tous les Frères qui exercent à des titres divers des responsabilités dans le Grand Chapitre. Auparavant, nous allons attirer votre attention sur les vertus que vous devez tous pratiquer dans la voie qui vous a déjà été tracée par le grade de Chevalier Rose Croix. Ces vertus vous aideront à mettre concrètement en œuvre les trois grandes colonnes de la nouvelle Loi qui vous a été enseignée dans ce grade suprême du Rite Français : Foi, Espérance, Charité. (Un temps)

S.C.Très Excellent Frère premier Grand Maître des Cérémonies, faites avancer notre Très Illustre Frère -----, doyen de la Chambre des Grades, afin qu’il fasse gravir à nos Frères l’échelle mystérieuse des Chevaliers de l’Aigle Blanc, en leur expliquant ce que renferme chaque échelon.

Le premier Grand Maître des Cérémonies va quérir le doyen de la Chambre des Grades pour l’amener au centre de la salle du Conseil. Le deuxième Grand Maître des Cérémonies déplie le tapis sur lequel figure l’échelle. Le T.I.F. désigné en fera gravir chaque échelon au F. le plus haut placé dans la hiérarchie du G.C.F., en lui donnant au fur et à mesure les explications. Les autres FF. regarderont et écouteront.  Le doyen de la Chambre des Grades amène le F. au pied du tableau où est figure l’échelle mystérieuse, et, en lui montrant les deux montants, lui dit :

 D.C.G. Mon Frère, cette échelle est composée de deux montants et de sept échelons. Le premier montant s’appelle Oheb Eloah, ce qui signifie l’amour de Dieu. Vous devez aimer Dieu de tout votre cœur, de toute votre force et de tout votre esprit. (Un temps) D.C.G. Le second montant s’appelle Oheb Qerobo, ce qui signifie l’amour du prochain. Vous devez aimer votre prochain comme vous-même. Il lui montre le premier échelon et dit :

D.C.G. Le premier échelon se nomme Tsedakah et signifie la pratique de toutes les œuvres de miséricorde. Mon Frère, gravissez cet échelon. Le F. se tenant sur le premier échelon, le G.M.C. lui montre le deuxième et lui dit :

D.C.G. Le deuxième échelon s’appelle Shor Laban, ce qui veut dire littéralement ‘‘taureau blanc’’. Il signifie la candeur de nos actions. Mon Frère, gravissez cet échelon. Le D.C.G. procèdera de même pour les échelons suivants.

D.C.G. Le troisième échelon se nomme Moteq. Il signifie la douceur du caractère. Mon Frère, gravissez cet échelon.

D.C.G. Le quatrième échelon s’appelle Emounah. Il signifie ‘‘foi’’, et aussi la vérité qui règle nos discours. Mon Frère, gravissez cet échelon.

D.C.G. Le cinquième échelon se nomme Amal Sagui. Il signifie ‘‘grand labeur’’, et aussi l’avancement dans la route des cieux. Mon Frère, gravissez cet échelon.

D.C.G. Le sixième échelon s’appelle Sabbal. Il signifie la patience dans l’adversité. Mon Frère, gravissez cet échelon.

D.C.G. Le septième échelon se nomme Shemor Binah Tebounah . Il signifie la prudence à garder les secrets qui nous sont confiés. Mon Frère, gravissez cet échelon.

Quand le F. a gravi le septième échelon, le D.C.G. l’amène à  pas libres devant l’autel, où il reste d’abord debout. Les G.M.C. font gravir l’échelle successivement à tous les FF. qui doivent prêter le serment, dans l’ordre hiérarchique sans répéter les explications, et ils les amènent chacun à leur tour devant l’autel, où ils restent debout. Quand tous les FF. sont devant l’autel, le D.C.G. fait agenouiller le premier, à deux genoux et la main sur le livre de la Sagesse. Les autres posent la main sur l’épaule du premier, ou sur celle de celui qui est devant eux. Le Suprême Commandeur frappe un coup de maillet et dit :

S.C.  A l’ordre, mes Frères.

Tous les FF. qui ne prêtent pas le serment se mettent debout, découverts et à l’ordre de Bon Pasteur. 

S.C. Mes Frères, déclinez vos noms et prénoms et répétez après moi. Moi, --------, en présence du Grand Architecte de l’univers, du Grand Chapitre Français ici assemblé en son 5° ordre et de tous mes Frères Chevaliers Rose-Croix, je jure d’observer fidèlement tous les devoirs d’un Franc-Maçon, et d’en pratiquer toutes les vertus, qui viennent de m’être rappelés. Je jure de les mettre constamment en oeuvre dans l’exercice des fonctions qui m’ont t confies ou qui pourront l’être à l’avenir par le Grand Chapitre Français, et de n’avoir en vue, dans toutes mes démarches, que le bien de l’Ordre, celui de mes Frères, et la gloire du Grand Architecte de l’univers. Qu’il Lui plaise de m’être en aide pour me maintenir dans ma fidélité à tous mes engagements. Relevez-vous, mes Frères.

 Les FF. assermentés se relèvent. Le premier Grand Maître des Cérémonies les conduit l’un après l’autre, selon leur rang, à la droite du Suprême Commandeur. Celui-ci les revêt l’un après l’autre du bijou ; toutefois il n’en donnera l’explication qu’une fois, avant de le remettre au premier des FF. concernés, cette explication valant pour tous.

S.C. Mon Frère, je vous revêts du bijou qui vous distingue comme membre du 5° ordre et Chevalier de l’Aigle Blanc. Ce bijou, vous le voyez, ne représente autre chose que les armes du Grand Chapitre Français, réunissant les symboles des quatre ordres, mais il est porté par un aigle, cet aigle que vous avez déjà vu dans le grade suprême de Chevalier Rose-Croix, où il est comparé à la divine Puissance. Que celle-ci, mon Frère, vous prenne sous l’ombre de ses ailes, et qu’elle vous donne la force de remplir fidèlement tous vos devoirs.

Après avoir revêtu chaque Frère de son bijou, aidé par le D.C.G. si le nombre de récipiendaires est important, le Suprême Commandeur lui donne le baiser de paix des Chevaliers Rose-Croix (par deux), en lui disant :

S.C. La Paix soit avec vous.

S.C.Très Excellents Grands Maîtres des Cérémonies, veuillez reconduire nos Frères à leurs places. Prenez séance, mes Frères. Quand les FF. assermentés ont repris leurs places, le Suprême Commandeur dit : S.C. Mes Frères, prêtez attention au Très Illustre Frère Grand Orateur. Mon Très Illustre Frère, vous avez la parole. Le Grand Orateur adresse à tous les FF. le discours suivant : G.O.Très Excellents Frères maintenant assermentés, et vous tous, Frères Chevaliers Rose Croix, la distinction qui vient d’être conférée, soit à vous-mêmes, soit devant vous à vos Frères, sous le nom de Chevalier de l’Aigle Blanc, n’est pas un grade qui serait au-dessus de celui de Chevalier Rose Croix. En effet, comme on vous l’a dit lors de votre réception à ce grade, celui-ci est le dernier du Rite Français, et sa nature est telle qu’il ne peut pas y en avoir d’autre au-dessus de lui : il en est le nec plus ultra. Non, cette distinction n’est pas un grade, puisqu’elle est confère à tout Frère qui exerce à un titre ou à un autre des fonctions de responsabilité au sein du Grand Chapitre, au moment où il prend son obligation, et en présence de tous les Chevaliers Rose Croix. Mais cela ne signifie pas que les formes cérémonielles dans lesquelles elle est conférée soient dépourvues de contenu initiatique. Les grades que les fondateurs de notre Rite réunirent dans le cinquième ordre, non dans l’intention qu’ils soient conférés en tant que grades, mais seulement pour qu’ils soient étudiés, ne font que développer, éventuellement dans un langage différent et sous des angles de vue particuliers, des enseignements initiatiques qui sont tous déjà contenus en leur essence dans le grade de Chevalier Rose Croix. C’est à une famille de ces grades du cinquième ordre que sont empruntées les formes cérémonielles dans lesquelles la distinction de Chevalier de l’Aigle Blanc est conférée. Elles remontent à un grade de Chevalier Elu qui fut pratiqué en France autour de 1750 et dont le rituel nous est parvenu. Elles sont donc bien enracinées dans la tradition maçonnique française du XVIIIème siècle. Elles ne constituent qu’une partie du rituel de Chevalier Elu, mais une partie qui a paru mériter spécialement d’être connue de vous par les enseignements initiatiques qu’elle renferme. Que les Frères qui viennent de recevoir cette distinction se rappellent toujours ce que leur a dit le Suprême Commandeur : les vertus qui vous sont enseignes par les montants et les échelons de l’échelle qu’on vous a fait gravir, vous aideront à mettre concrètement en œuvre les trois grandes colonnes de la Nouvelle Loi, Foi, Espérance, Charité, et cela particulièrement dans l’exercice des diverses fonctions dont vous êtes chargés. Et vous tous, Frères Chevaliers, retenez, vous aussi, ces paroles, qui s’adressent pareillement à tous. Méditez ces vertus chacune en les toutes fidèlement, conformément à ce que cette disposition vous enseigne. Méditées et pratiquées ainsi, ces vertus vous aideront tous à mettre en œuvre les trois grandes colonnes de la Nouvelle Loi dans toutes les circonstances de votre vie.

Ce discours termine la cérémonie de remise de la distinction de Chevalier de l’Aigle Blanc. 

S.C. Le Conseil des Chevaliers de l’Aigle Blanc est fermé.

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Vème Ordre

16 Octobre 2012 , Rédigé par GCGF Publié dans #Rites et rituels

Le Cinquième Ordre est avant tout une étape, l’ultime étape de l’initiation maçonnique, celle qui conduit vers la Connaissance suprême par une étude approfondie des symboles qui fondent les plus hauts grades en vigueur dans tous les rites.

Cette quête de la connaissance ne permet pas de limiter le Cinquième Ordre au périmètre initiatique d’un grade : c’est pourquoi il est un Ordre dans lequel sont rassemblés, étudiés, pratiqués autant que faire se peut, les degrés les plus élevés et les plus illustres collationnés par ces rites.

Le Cinquième Ordre est réservé aux Frères qui ont retrouvé la parole perdue, et qui cherchent à découvrir au-delà du miroir leur miroir - quel monde peuple la république des ombres.

Le Cinquième Ordre n’étant pas un grade mais un niveau de capacité d’étude et de compréhension de tous les grades existants, il n’a pas d’appellation particulière.

Par voie de conséquence, ses membres ne portent pas de titre distinctif ce qui est la marque de la plus grande humilité. Néanmoins, et pour des raisons de convenance, ils sont reconnus sous la dénomination de « Très Illustres et Parfaits Maîtres ».

Tous réunis, ils représentent l’Assemblée Universelle du Cinquième Ordre.

En assemblée tenante, ils constituent également un laboratoire de la pensée où sont abordés librement, par une approche philosophique appropriée, les préoccupations de l’homme dans sa recherche du bonheur au sein d’une société qu’il souhaite meilleure et plus fraternelle.

Mais cette grande richesse de grades, cette grande diversité de rites (…tous les systèmes…),pose aussi un problème : celui d’en appréhender tout leur contenu. C’est-ce qui a amené les refondateurs du Grand Chapitre Général de France à faire évoluer le parcours à l’accession à ce Cinquième Ordre, en décidant que tout Frère nouvellement admis dans cet Ordre, doit préalablement s’investir au sein de la CHAMBRE des GRADES dans la recherche et la connaissance la plus large possible des 81 grades qui constituent le patrimoine du Rite, avant d’être admis par la suite à la CHAMBRE des RITES, pour y parfaire, in fine, ses connaissances maçonniques universelles, en participant à des séminaires d’étude et d’approfondissement des autres rites, en premier lieu les rites les plus couramment en usage dans la Franc-maçonnerie moderne.

Le Cinquième Ordre comprend au maximum 81 titulaires parmi lesquels sont élus les Grands Officiers d’Honneur, et les Grands Officiers Généraux qui composent le Bureau du Grand Directoire du Grand Chapitre Général de France.

Le Cinquième Ordre est dirigé par un Conseil des Sages (9membres) assistés par trois Grands Officiers d’Honneur. Il est présidé par le Grand Chancelier, Grand Conservateur du Rite.

Le Cinquième Ordre n’a pas de frontière territoriale ni obédientielle. Sa vocation universelle le conduit à recevoir les plus hauts dignitaires et les plus hauts responsables des juridictions de hauts grades activant d’autres rites que le Rite Moderne, pour travailler et réfléchir ensemble sur des sujets de leur choix et, peut-être, penser la Maçonnerie de demain, au moment où beaucoup de Frères se noient dans des océans d’ennui dans le cadre de leurs structures maçonniques habituelles devenues, dans bien des cas, des continents d’inertie.

Source : http://grandchapitregeneraldefrance.org/Vordre.html

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La prodigieuse survivance des Ordres de Sagesse français au Portugal et au Brésil

16 Octobre 2012 , Rédigé par Jean van Win, Ve Ordre, Gr 9 Publié dans #Rites et rituels

Le texte qui suit est un extrait de la présentation Power Point donnée le 12 juin 2011 par le Souverain Grand Inspecteur Général du Suprême Conseil du Rite Moderne pour le Brésil le T.I.F. José Maria Bonachi Batalla, lors du Convent de Barcelone.

En 1793, des loges travaillaient au Portugal, sous une influence très forte des loges de Paris.

Il y en avait à Porto et à Coimbra, dont faisaient partie des étudiants des provinces d’Outre Mer, dont le Brésil.

En 1797 se créa la première loge brésilienne. Une frégate française, à l’ancre dans la baie de Bahia, fonde la loge Les Chevaliers de la Lumière, à Salvador de Bahia.

En 1801, la première loge régulière du Brésil fut La Réunion, fondée à Rio de Janeiro. Puis la loge Ile de France, dans l’océan indien, sous l’égide du Grand Orient de l’île Maurice, qui pr om ouvait un idéal politico social.

En 1802 se crée le Grand Orient du Portugal, avec son premier Grand Maître[26]. En 1807, le 30 novembre, le général français Junot, membre de l’armée de Napoléon Bonaparte, envahit le Portugal, entre dans Lisbonne et supprime la Régence.

En 1815, fondation au Brésil de la loge Le C om merce et les Arts, sous l’égide du Grand Orient du Portugal. Elle travaille au Rite Moderne, selon la Constitution de 1806 de cette obédience.

En juin 1822, la loge Le C om merce et les Arts crée deux loges : l’Union et la Tranquillité, et l’Espérance de Niteroi. Elles travaillent au Rite Moderne.

Ces trois loges métropolitaines fondent alors le Grand Orient du Brésil (GOB) et continuent de travailler au Rite Moderne. Le GOB reçoit une lettre de Constitution du Grand Orient du Portugal.

Dès le 12 juillet 1822, le Grand Orient du Brésil, lors de sa cinquième session, se réfère à un système en 7 grades et

procède à l’élévation de plusieurs frères au 4e grade, soit le 1er Ordre d’Elu Secret des grades philosophiques du Rite Moderne.

Ce rite moderne était le rite officiel du Grand Orient de France, du Portugal et du Brésil.

Le 23 juillet 1822, le Grand Orient du Brésil, lors de sa septième session, donne à nouveau le grade d’Elu Secret, 1er Ordre du Rite Moderne, à plusieurs frères.

Lors de la même session est conféré le grade 7, Chevalier Rose Croix, IVe Ordre du Rite Moderne, au Grand Maître José Bonifacio de Andrade e Silva.

En 1822, l’indépendance du Brésil est intimement liée à la fondation du Grand Orient du Brésil.

Cette même année, le prince régent D. Pedro I est initié en la loge Le C om merce et les Arts, le 2 août 1822. Il adopte le n om de Guatimozim, le dernier empereur aztèque mort en 1522.

En septembre 1822, D. Pedro I proclame l’indépendance du Brésil. Il devient Grand Maître du Grand Orient du Brésil.

D. Pedro I, devient alors Rose Croix, grade 7, IVe Ordre des grades philosophiques du Rite Moderne. Ce rite est resté celui du GOB pour tous les travaux des autres corps maçonniques, des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.

En résumé :

Transmission historique et légitime du Rite Moderne au Grand Orient du Brésil

Le Grand Orient du Brésil est né en 1822 au Rite Moderne. Il fut constitué par la loge « C om ercio e Artes », qui elle-même fut constituée par le Grand Orient Lusitanien, mieux connu de 1815 à 1822 c om me « Grand Orient du Portugal, du Brésil et Algarves », ce dernier ayant été constitué en 1804 par lettre patente du Grand Orient de France (appendix 1).

Le Grand Orient du Brésil fut reconnu entre 1822 et 1832 par le Grand Orient de France, la Grande Loge Unie d’Angleterre, et les Etats-Unis d’Amérique.

La patente que possédait alors de Grand Orient Lusitanien avait été transmise au Brésil à la loge « C om ercio e Artes » qui elle-même l’a ensuite transmise par scissiparité aux autres loges, futures fondatrices de l’obédience.

Hauts Grades : le procès-verbal de la séance du Grand Orient du Brésil du 12 juillet 1822 confirme explicitement l’adoption par l’obédience de la franc-maçonnerie en Sept Grades, ce qui figure déjà dans le procès-verbal du 15 mai 1822 de la loge « C om ercio e Artes », qui pratique les Hauts Grades dans son chapitre associé, selon la coutume générale de l’époque (Chapitre 3, article 1 et Chapitre 13, articles 1 et 2).

Les pouvoirs, concédés par lettre patente par le Grand Orient du Portugal, du Brésil et Algarves, appartenaient donc par filiation à l’obédience Grand Orient du Brésil, qui s’est créée par scissiparité de la précédente, ce qui impliquait le transfert de la totalité de ses devoirs et de ses droits légitimes, dont celui, traditionnel et imprescriptible, de les concéder à son tour.

Le Grand Orient du Brésil pratique aujourd’hui six rites officiels :

Le rite adonhiramite

Le rite brésilien

Le rite écossais ancien et accepté

Le rite moderne

Le rite Schröder

Le rite d’York

Le Rite Moderne se structure c om me suit :

jusqu’en 1999, 7 grades dont 3 symboliques et 4 philosophiques.

les grades 4 à 7 (Ordres I à IV) : l’Elu, l’Elu Ecossais, le Chevalier d’Orient et de l’Epée, le Chevalier Rose Croix, réunis en des chapitres régionaux.

Depuis 1999, ont été activés les grades 8 et 9 du Ve Ordre, soit :

Le 8e grade, Chevalier de l’Aigle Blanc et Noir, Inspecteur du Rite ;

Le 9e grade, Chevalier de la Sagesse, Grand Inspecteur du Rite.

Le 8e grade du Ve Ordre se pratique en un Grand Conseil Kadosch philosophique.

Le 9e grade du Ve Ordre se pratique au sein du Suprême Conseil du Rite Moderne, juridiction nationale dirigeant tous les grades philosophiques.

Correspondance des Grades et des degrés.

Grade 9 33e degré du REAA

Grade 8 30e degré du REAA

Grade 7 Rose Croix 18e degré du REAA

Grade 6 Chevalier d’Orient 15e degré du REAA

Grade 5 Elu Ecossais 14e degré du REAA

Grade 4 Elu Secret 9e degré du REAA

En 1972, le Grand Orient du Brésil a signé un traité d’alliance et d’amitié avec le Suprême Conseil du Rite Moderne pour le Brésil.

En 1992 a été célébré le 150e anniversaire de la fondation du Suprême Conseil du Rite Moderne pour le Brésil.  

 

En 1999, c’est de ses mains que le Grand Chapitre Français a reçu des patentes pour les Ordres I, II, III, IV du Rite français.Tout ceci remonte, in fine, au Grand Chapitre Général du Grand Orient de France, né à Paris en 1784, ce que personne au monde ne conteste.

Mais le Suprême Conseil du Rite Moderne du Brésil est resté le seul et unique chef d’ordre du Rite Moderne ayant eu une activité ininterr om pue dans la maçonnerie universelle de Rite Moderne à travers tout le XIXe et le XXe siècles, l’autorisant à se dénommer le Suprême Conseil du Rite Moderne ou Français. Source : http://montaleau.over-blog.com/

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Fonctionnement du blog

15 Octobre 2012 , Rédigé par Thomas Dalet

3 activités distinctes :

Ecrire ses propres textes.

Copier des textes intéressants sur d’autres blogs en indiquant toujours la source.

Servir de relais en publiant des textes qui viennent d’autres blogs.

Et bien sûr, il faut accepter que les textes publiés soient copiés-collés.

Avec 2474000 pages vues à ce jour on peut penser que beaucoup d’entre elles soient copiées ce qui est la raison d’être de ce blog.

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Généalogie des 4 éléments

15 Octobre 2012 , Rédigé par D\ D\ Publié dans #Planches

Sur un moment privilégié de l’initiation, et pour moi ce fut le plus intense, car ce n’est qu’au terme du troisième voyage que j’ai retrouvé mes esprits.
Epreuves ou purifications ?
Alchimie ou pas alchimie ?
Ce petit travail ne prétend pas à l’érudition ni à être complet. En effet j’ai à de nombreuses reprises simplifié et schématisé afin de me concentrer sur l’essentiel. On pourra donc me contester sur de multiples points de détail.

La Préhistoire.
Dans les loges écossaises du 17ème siècle la réception d’un nouvel apprenti comportait des brimades et des humiliations diverses, qui relevaient plus du bizutage que d’une quelconque « transmission d’une influence spirituelle » (voir David Stevenson « Les Origines de la Franc-Maçonnerie. Le siècle écossais 1590-1710 »). Il en est resté quelque chose chez nous à l’époque actuelle (souvenez-vous du premier voyage).

Les débuts anglais.
Si 1717 vit la naissance de la première Grande Loge, celle de Londres et de Westminster, ce fut durant les années 1720-1730 que se mirent en place les caractéristiques principales d’un Ordre tel qu’il persiste encore aujourd’hui : dédoublement du premier grade, apparition de la légende d’Hiram, formation de loges sur le Continent.
A cette époque le candidat à la réception (the making of a mason), on ne parlait pas encore d’initiation, subissait déjà des épreuves dénuées de tout caractère purificatoire : dépouillement des métaux, dénudation partielle, aveuglement.
Ces cérémonies primitives ne faisaient aucune référence à l’Alchimie, à la Kabbale ou à la Mystique rosicrucienne.

En 1730, année de la parution du « Masonry Dissected » de S. Prichard, le récipiendaire effectuait un tour de la Loge (les Anglais n’utilisent pas le terme de voyage). Cette perambulation est bien à l’origine des « voyages » français d’aujourd’hui. Elle subsiste, immuable, dans les loges anglo-saxonnes, où elle est le prétexte à la présentation du Candidat aux Surveillants puis au Vénérable Maître.

Les débuts français.
Les débuts de la maçonnerie française sont caractérisés par la coexistence plus ou moins harmonieuse de loges « jacobites » (Anglais, Ecossais et Irlandais exilés partisans de la famille déchue des Stuarts) et « anglicanes » (Anglais et Français initiés à Londres, puis Français initiés à Paris par des Anglais).

En 1737, date de la première divulgation française, René Hérault, lieutenant de police de Paris n’eut aucun mal à découvrir les secrets des maçons, grâce à une dame de petite vertu, actrice à l’Opéra, qui les soutira de la bouche d’un de ses amants (il faudra un jour étudier le rôle de la femme dans l’histoire de la F\ M\, ce qui est tout à fait différent de l’histoire de la maçonnerie féminine). Hérault les publia sous forme d’un pamphlet « La Réception d’un Frey-Maçon ». A l’époque, on ne parlait pas de Franc-Maçon, mais bien de Frey-Maçons ou de Fri-Maçons, ce qui indique bien l’origine britannique de l’Ordre en France, quoi que puisse en penser un ancien Sérénissime G\ M\ du GOF. A nouveau on ne parle pas d’initiation, mais bien de réception. Le terme d’initiation ne fera son apparition, et encore très timidement, dans le vocabulaire maçonnique français qu’à la fin du 18ème siècle.
Le postulant, aveuglé, dépouillé de ses métaux et bijoux, le genou droit dénudé, le pied gauche en pantoufle, est introduit par son parrain. On lui fait faire trois tours, puis après qu’il ait réaffirmé sa conviction, on lui débande les yeux, et tous le Frères sont en cercle autour de lui, l’épée à la main. Puis viennent le serment prononcé sur la Bible ouverte à l’Evangile de Saint Jean, la remise du tablier et des gants (d’homme et de femme) et enfin l’explication des secrets des deux grades, apprenti et compagnon (à cette époque les deux premiers grades étaient conférés simultanément, aussi bien en Angleterre qu’en France), avec la communication des mots en J et B. Plus loin Hérault décrit le rituel de table avec ses termes empruntés à la vie militaire (les travaux de table ou de banquet remontent donc loin dans le temps) et l’acclamation « Vivat ».

Le pamphlet résume bien ce que la maçonnerie française doit à l’Angleterre : la préparation du candidat, l’obligation et ses châtiments aussi sanguinaire que fictifs, l’usage rituel du compas, l’habillement (tablier et gants) ainsi que les mots en J et B. Il identifie aussi les principales innovations françaises, inconnues aujourd’hui encore, des loges britanniques : trois voyages et non un seul, le cercle des épées, le serment sur l’Evangile de Saint Jean, la remise de gants de femme (mais les Français se devaient d’être plus galants et plus prévenants à l’égard du beau sexe que les Anglais), l’acclamation « Vivat » et les travaux de table.
Par contre, il est clair qu’il n’y a ni éléments ni purifications.

Les rituels, authentiques ceux-là, des années suivantes sont tout aussi probants.
Ainsi ceux du Marquis de Gages et de sa loge montoise « La vraie et parfaite Harmonie » (1767). Le candidat préparé comme ci-dessus, est remis entre les mains du Premier Surveillant. Celui-ci le fait voyager par trois fois autour de la loge, c’est-à-dire derrière les FF\ assemblés autour du tapis de loge.
Au terme du deuxième voyage intervient ensuite un geste nouveau : la « Marque de Salomon »
« Alors le Maître dit :
Monsieur ce que vous avez passé jusqu’à cette heure n’est rien en comparaison des épreuves qu’il vous reste à subir ».

« Alors le maître dit :
Monsieur comme il faut que tout bon maçon soit marqué du sceau de Salomon, sur quelle partie de votre corps voulez vous que l’on vous l’applique, ordinairement c’est sur l’épaule. Pendant ce petit discours on lui fait sentir la chaleur près de l’épaule avec une pelle rougie. Lorsque le Récipiendaire a répondu qu’on le pose selon la coutume on lui pose sur la partie échauffée un morceau de glace ».

Les trois voyages ne comportent ni purifications ni rencontre des éléments. Les commentaires du Vénérable insistent sur leur caractère pénible, voire périlleux de l’exercice. Il s’agit bien d’épreuves qu’il faut surmonter avec vaillance, même et surtout si elles ne sont que symboliques.
Au deuxième grade, ce rituel comporte l’épreuve (symbolique) de la saignée.
Un rituel de Lyon de 1772 est en tout point semblable à celui de Mons, en ce qui concerne les trois voyages, si ce n’est que c’est le Second Surveillant qui conduit les voyages.
Il convient de noter que le rituel du 18ème siècle qui réside sur les pages confidentielles de la FIF, mentionne le premier voyage, ce qui laisse supposer qu’il y en d’autres, mais dont il ne parle pas. Ici aussi, il n’y a ni épreuve ou purification, ni élément.

L’émergence des rites.
Les trois rituels cités ci-dessus n’appartiennent à aucun rite. A l’époque les rites n’existaient pas. Leur genèse fut le résultat de l’apparition incontrôlée des Hauts-Grades, dits Ecossais, que l’on peut situer entre 1745 et 1785. Leur développement comporte en gros trois étapes :

  • apparition spontanée, indépendante, de grades inédits de provenances diverses ;
  • leur organisation en série hiérarchisées ;
  • l’établissement d’un pouvoir régulateur au sommet de la dite série.

Le scénario est simple. Une loge reçoit un étranger, un voyageur qui susurre qu’il détient les « véritables » secrets d’un ordre sublime. Les maçons de l’endroit, appâtés par l’inconnu, se précipitent, et pour quelques écus se font recevoir Grand Elu, Chevalier d’Orient, Prince Rose-Croix. La désillusion est rapide, à la hauteur des illusions premières. Elle n’empêche que nos sectateurs sollicitent bien vite leur admission à d’autres mystères, plus sublimes encore et au titres encore plus ronflants : chevalier Kadosh, de la Toison d’Or ou du Soleil, Empereur d’Orient et d’Occident.
Ainsi naquirent des séries de Hauts-Grades, que l’on baptisa du nom de rite, mot emprunté à l’Eglise (rite latin, orthodoxe, copte, maronite,…).
A l’origine, ces Rites ne désignaient que ces constructions, souvent hétéroclites, de grades « supérieurs » qui affectaient de compléter l’enseignement des degrés symbolique.
Mais ils eurent une conséquence de taille : le contenu des grades bleus fut remanié pour l’adapter au message des Hauts-Grades, afin de mieux « préparer » le candidat futur aux enseignements à venir.

Les purifications dans les Hauts-Grades.
Les rites de purification sont contemporains de cette évolution. La plus ancienne mention que j’en connaisse se trouve dans le catéchisme d’un Haut-Grade de 1749, celui de « Petit Ecossais Apprenti » (non il ne s’agit pas d’un forme d’humilité, c’est pour pouvoir passer ensuite au grade de Grand Ecossais Apprenti et cela résulte de la prolifération des Hauts-Grades)
« Demande : Etes-vous Ecossais ?
Réponse : Oui, je le suis. J’ai été purifié par l’eau et le feu. »
En fait les éléments et les purifications sont inséparables de l’Ecossisme, cette mouvance protéiforme d’origine française.
Au grade de « Maître de Loge » (équivalent continental de l’installation ’ésotérique’anglaise, qui fut par la suite incorporé dans l’échelle du R.E.A.A. où il occupe la 20ème place), le récipiendaire est reçu « entre le fer et le feu », parce qu’il est « purifié de la tête aux pieds par le fer et le feu ».

Mais les éléments ne sont pas les seuls moyens de purification. Ailleurs, celles-ci se feront par des parfums. Dans la maçonnerie « égyptienne » (1778-1784) de Giuseppe Balsamo, dit Cagliostro, elles interviennent aux grades de Compagnon et de Maître de l’Intérieur (ce sont des Hauts-Grades) ; au deuxième, le récipiendaire est purifié par quatre parfums : l’encens, la myrrhe, le benjoin et le baume du Pérou.
Ces quelques exemples, et je pourrais en citer d’autres, montrent que les rites de purification étaient chose courante dans les Hauts-Grades de l’époque.

Le Rite Ecossais Philosophique.
Ce rite naquit dans le Midi de la France, à Marseille et Avignon. Il était pratiqué à Paris par la loge « Saint Jean du Contrat Social ». Les rites pratiqués en Avignon ont été publiés dans Renaissance Traditionnelle, n° 54-55.
On y trouve la purification par l’eau après le premier voyage, la purification par le feu après le deuxième, celle de la saignée après le troisième.
Ce Rite Philosophique est exemplaire, c’est un véritable cas d’école dans le débat inachevé sur les « influences extérieures », sur ces hypothétiques écoles ésotériques, kabbalistiques, alchimiques qui se seraient greffées sur le corps maçonnique.

Son titre déjà, « philosophique » qui ne brille guère par la modestie, et semble plutôt constituer un de ces appâts qui font miroiter beaucoup de choses. Que les SS\ et les FF\ de l’atelier PHILO de FMPOL ne prennent pas ombrage de mes propos !
Remarquons simplement que si les rituels « philosophiques » comportent deux éléments, et non quatre, ils ne font aucune référence, même voilée au Grand Œuvre. Par contre on peut voir dans les purifications par l’eau et le feu un rappel du baptême (eau) et de la purification par le Saint Esprit (feu),

Le Rite Français.
Echaudé par la prolifération anarchique des Hauts-Grades et désireux d’y mettre de l’ordre, le Grand Orient de France établit une Chambre des Grades, qui en 1786, reconnut un système en quatre ordre (Elu, Ecossais, Chevalier d’Orient, Rose-Croix) et voulut l’imposer aux loges de sa correspondance. Il créait ainsi un rite nouveau, qualifié de « Français » bien qu’il ne soit qu’une synthèse des Rites « Ecossais », mais pour se démarquer de ceux-ci. L’appellation, à tort, servit aussi à désigner les grades bleus de cette obédience, alors que ceux-ci sont incontestablement d’origine britannique.
Dans ces rituels de 1786, les épreuves par l’eau et par le feu sont présentes au deuxième et troisième voyage, témoignage incontestable de l’influence écossaise.

La description du Cabinet de Réflexion surprend par l’absence du mot VITRIOL. Par contre il signale la présence de vases d’eau, de sel et de soufre ainsi que de la représentation d’un coq et d’un sablier, ainsi que des maximes murales (Si la curiosité t’a conduit ici, va-t’en. Si tu crains d’être éclairé sur tes défauts, tu seras mal parmi nous…).
La comparaison des deux rites, le français et le philosophique, montre en tout cas une approche différente : le premier insiste sur la notion de purification, le second sur celle d’épreuve.

Le Rite Ecossais Rectifié
Le RER fut établi à Lyon, entre 1778 et 1787 par J.B. Willermoz, sur base de l’enseignement de Martinez de Pasqualy (je simplifie). Les éléments apparaissent au nombre de trois, et non deux : le feu, l’eau et la terre. Au cours de ces voyages, le récipiendaire, aveuglé, doit reconnaître le feu au Midi (premier voyage), l’eau au Septentrion (deuxième voyage), la terre à l’Occident (troisième voyage). Ces trois éléments lui enseignent la structure de la Matière. Le rituel vise à une prise de conscience : le récipiendaire doit saisir dans sa chair ces trois éléments corporels dont il est fait et dont il doit se dégager pour entrer dans la voie spirituelle…
Le RER est très précis à ce propos. Il n’y a que trois éléments : Feu, Eau, Terre, comme il n’y a que trois principes fondamentaux : Soufre, Sel et Mercure. En fait, par nature, le RER est trinitaire, et associe :
Sud, Soufre, Feu, premier voyage
Nord, Sel, Eau, deuxième voyage
Ouest, Mercure, Terre, troisième voyage

Tout cela rappelle furieusement l’alchimie me direz-vous. Et pourtant ce ne sont là que des conceptions qui n’ont rien d’original pour l’époque, partagées par les alchimistes, comme par leurs adversaires. Et Willermoz était de ces derniers, puisqu’il interdisait formellement l’entrée dans son Ordre aux partisans de l’art alchimique, qu’il considérait comme une route absolument opposée à la Science Spirituelle.

Le REAA
Bientôt surgit un nouveau venu, redoutable, intriguant, d’autant plus sûr de lui et dominateur que ses racines étaient incertaines. Le REAA, fort de ses 30 Hauts-Grades, proposa trois degrés bleus nouveau, prétendument détenteur de l’authentique tradition des Anciens, en fait inventés pour les besoins de la cause. J’ai essayé de montrer le caractère artificiel et fabriqué de ces derniers, et d’établir qu’ils furent écrits entre 1804 et 1812 par des ambitieux qui voulait subjuguer la maçonnerie française (Message 380, Les degrés bleus du REAA). Je ne suis pas sûr d’avoir été compris quand je lis sous la signature d’un F\ d’outre Quiévrain (cela fonctionne dans les deux sens) que j’aurais prétendu qu’ils étaient faux. Tous les rituels ont été inventés un jour et ont évolué par la suite.

Le Guide du Maçon Ecossais (1815-1820) ne mentionne qu’une seule purification, celle par le feu au cours du troisième voyage. Les deux premiers voyages ne comportent aucune purification. Ce qui est bien la preuve que ce n’est pas le REAA qui est à l’origine des quatre purifications.
Les tenants du système comprirent bien vite qu’il y avait là une lacune qu’il fallait combler. La purification par l’eau réapparut au deuxième voyage.

L’air et la terre
Jusqu’alors, nos rituels (sauf au RER pour la terre) ne parlent ni de l’air ni de la terre. L’usage de préparer le candidat dans une chambre obscure est attesté dès le début de la maçonnerie française et anglaise. Il souligne le passage des ténèbres à la lumière, thème central de la réception maçonnique depuis les premiers documents anglais (1720-1730).
Le premier voyage ne comportait jusque là aucune allusion à l’air. Le récipiendaire est bousculé, malmené, et on lui explique que ce premier voyage représente le tumulte des passions, les conflits d’intérêts.
Le 19ème siècle vit dans le séjour obscur et les aléas du premier voyage des épreuves purificatoires supplémentaires, par la terre et le feu. Clavel cite ces nouvelles purifications dès 1843.

Relevons toutefois qu’il n’est nul besoin de l’alchimie pour justifier les quatre éléments. La division de la Matière en quatre éléments constitutifs est une conception traditionnelle d’une rare banalité. Cet ajout se réfère explicitement aux « antiques initiations égyptiennes » (voir Cauchois et Ragon), et d’ailleurs à cette époque le terme d’initiation est largement utilisé pour désigner la cérémonie de réception.

Les derniers avatars
Le rituel officiel du GOF, remanié par Louis Amiable en 1887 (dix ans après l’évacuation du GADLU) supprima les épreuves, qu’il remplace par un commentaire plein d’à propos.
« L’initiation se faisait fort simplement dans les loges françaises du 18ème siècle. On l’a beaucoup compliquée au 19eme siècle, en y mêlant des particularités que l’on croyait empruntées aux initiations de l’Ancienne Egypte. On cherchait à éprouver le courage du récipiendaire par des moyens terrifiants. On simulait la quadruple purification par les quatre éléments des anciens, c’est-à-dire par la terre, l’air, l’eau et le feu….Vous ne devez pas vous étonner s’il vous arrive de vous trouver en présence de quelques pratique de ce genre. Vous n’en serez pas troublé non plus, sachant que le progrès est lent et que l’évolution humaine est complexe ».
Amiable avait raison, les maçons continentaux avaient bel et bien introduit des particularités étrangères aux traditions britanniques initiales. Que leur abandon témoigne d’un progrès sur le plan symbolique reste à démontrer. Et c’est ainsi que les voyages symbolisent alors l’enfance, la jeunesse, l’âge mûr.

L’entrée en scène des occultistes
Cette refonte des rituels heurta certaines susceptibilités, dont celle d’Oswald Wirth, auteur d’une trilogie qui reste aujourd’hui, hélas, le best seller de la littérature maçonnique. Wirth était féru d’occultisme qui fleurissait en cette fin de siècle et il apprêta la maçonnerie à une bien curieuse mode. Pour Wirth, la rencontre des éléments assimile l’initiation maçonnique au processus alchimique : la transformation du profane en un initié rappelle et imite la transformation de la matière dans l’Athanor.
Ce vernis nouveau plut à certains de ses contemporains. Il répondait à un goût pour le mystère et le merveilleux, d’autant plus aisément que le symbolisme hermétique, abscons et redoutable n’est plus guère compris de nos jours. Cette obscurité permet n’importe quel développement sans risque d’être contredit. Elle permet de dire tout et n’importe quoi, ainsi que son contraire.

Puis vint Guénon, qui ne vit dans l’alchimie qu’un aspect particulier d’un ésotérisme plus vaste. Il fait de l’initiation un bouleversement ontologique de l’être par l’action d’une influence spirituelle qualifiée, c’est-à-dire attachée à une organisation initiatique traditionnelle. Le processus relève, qu’on le veuille ou non, de ce que l’on appelle communément la magie.

Conclusions
L’histoire nous enseigne que les épreuves ou purifications, ignorées à l’origine, apparurent, vers 1750 seulement, dans les Hauts-Grades, puis s’imposèrent dans les grades bleus, et cela sur le continent uniquement.
La théorie des éléments est une conception commune depuis l’Antiquité. Platon l’exposa dans Timée. Les premiers chrétiens les connaissaient également. La structure quaternaire de la matière est un lieu commun de quasi toutes les traditions.

A la fin du siècle dernier, certains s’avisèrent que les éléments relevaient de l’alchimie. Cette lecture nouvelle s’inséra tout naturellement dans le système guénonien, appréhension globale de la totalité cosmique, de son organisation et de sa finalité. Celui-ci renvoie à une Tradition Primordiale. Celle-ci suppose la réalité d’une initiation, au sens guénonien du terme chez les bâtisseurs de l’Antiquité, et une continuité de fait et d’intention entre ces bâtisseurs et les francs-maçons d’aujourd’hui. J’ai lu dans un livre maçonnique, dont je tairai le titre, que la meilleure preuve de l’existence de cette continuité ésotérique secrète était précisément qu’elle n’ait laissé aucune trace dans l’histoire. Disons qu’aucune preuve ne vient étayer ces affirmations et qu’elles sont pour le moins suspectes. Non, là je suis trop gentil, il s’agit en fait d’affabulation !

Rappelons que la maçonnerie est une société conviviale qui vit le jour à une époque (le début du 18eme siècle) et dans un pays (l’Angleterre) qui sortait d’années ensanglantées par l’intolérance meurtrière et les guerres fratricides.
La lecture des anciens rituels révèle le lent processus par lequel des dépôts successifs vinrent recouvrir le noyau originel. Ce qui n’était au départ que l’accueil dans une société réservée devint une cérémonie complexe et lourde de sens.

Réflexions a posteriori
C’est vrai, l’élaboration des Hauts-Grades en a pris pour leur grade, car à mes yeux leurs développements relèvent de la mystification vénale. Non je n’ai pas la dent dure avec le REAA et je n’ai pas voulu me le farcir. J’ai le plus profond respect et la plus grande estime pour les FF\ Jean-Claude TOS et Marcel WUI, mais je tiens le comte de Grasse-Tilly pour un être malfaisant et sans scrupule (on lira à ce propos avec profit André Doré, Vérités et légendes de l’histoire maçonnique). C’est vrai, je ne connais rien de la maçonnerie de Memphis Misraïm. Il est exact que je suis un adepte des degrés bleus du RFM. Oui, j’ai une sainte horreur des agités de l’occultisme, tels Wirth et Guénon, de leurs divagations et de leurs fantasmes. Les historiens demandent des faits, les ésotéristes élaborent des mythes.

Par contre je trouve qu’il est erroné de croire que nous sommes véritablement passé des sciences « occultes » aux lumières des sciences véritables. Il existe de fortes raisons de douter que la coupure soit aussi radicale que le croit l’opinion courante.
Ainsi je voudrais revenir sur deux reproches qui sont couramment adressés a l’alchimie. D’une part cette pratique archaïque aurait été d’un ésotérisme qui la rendait inaccessible au commun et consolidait ainsi une séparation oligarchique entre les détenteurs et les exclus du savoir. D’autre part elle aurait confondu allègrement recherche intellectuelle et intérêts matériels : la quête de la pierre philosophale peut aussi bien être conçue comme un exercice aidant à l’élévation spirituelle que comme pratique visant à des fins économiques. Il suffit d’énoncer ces reproches pour constater à quel point la science contemporaine, et plus particulièrement la physique, tombe sous le coup des mêmes griefs. Mais c’est là un autre débat.

Je vous embrasse toutes et tous fraternellement

Source : www.ledifice.net

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Les rose-croix ou le complot des sages

15 Octobre 2012 , Rédigé par Pierre Montloin et Jean-Pierre Bayard Publié dans #spiritualité

Les rose-croix ou le complot des sages 1

A Francfort-sur-le-Main, en 1628 parut un ouvrage intitulé Summum bonum qui fit grand bruit, par toute l’Europe, dans le monde savant. Il était signé Joachim Fizzio, pseudonyme de Robert Fludd. Quand on posa à l’auteur la question : « Etes-vous Rose-Croix ? », il répondit : « Je ne l’ai, en vérité, pas mérité, cependant cette bénédiction dépend de la grâce de dieu ». Robert Fludd, était un médecin et hermétiste anglais (1574-1637). Naudé, le bibliothécaire de Louis XIII affirma que les Rose-Croix s’engageaient notamment à exercer gratuitement la médecine, à se réunir une fois chaque année, à tenir leurs assemblée secrète. Ils confessaient que le pape est l’Antechrist. Hargrave Jennings écrivit « The Rosicrucians, their rites and mysteries » en 1870. Il affirma que les rose-croix se refusaient aux affections humaines, qu’ils considéraient les femmes comme des êtres inférieurs, ils ne recherchaient pas les honneurs, parce que aucune gloire humaine n’était convenable pour eux. Dans toutes les matières ils élargissaient à l’infini l’horizon intellectuel. Edward-George, first baronet of Bulwer Lytton (1803-1873) fut imperator de la Societas Rosicruciana in Anglia et considéra ses connaissances ésotériques dans « Zanoni ». (en réalité Bulwer Lytton se vit attribuer ce titre de façon honorifique mais il le refusa ce que Bayard ne sait pas).

L’Europe, la France et Paris en 1623

Au début du XVIIè siècle, les troubles religieux ont démontré qu’il n’y avait pas une France, mais des Frances, prêtres les unes et les autres à recouvrer leur indépendance. Par un balancement psychosociologique souvent constaté, ce qu’a perdu le christianisme profite aux sorcières, aux charlatans, escrocs. Puis arrive le cartésianisme qui reste attaché à l’Etre. Dans le tourbillon de la pensée religieuse et philosophique, le jansénisme va bientôt se manifester. Paradoxalement, il donnera naissance à un mysticisme trouble et incontrôlé. Gabriel Naudé (1600-1652) raconte ce qui s’est passé à l’été 1623. Dans son « Instruction à la France sur la vérité des frères de la rose-croix » (1623) il évoque les affiches où étaient écrit : « Nous, députés du collège principal des frères de la roze-croix, faisons séjour visible et invisible dans cette ville par la grâce du Très-Haut, vers lequel se tourne les cœurs des juste. Nous montrons et enseignons, sans livres ni marques, à parler toutes sortes de langues du pays où nous vouons être, pour tirer les hommes, nos semblables, d’erreur de mort ». Le peuple ne sachant pas lire ne réagit point. Le clergé s’inquiéta car les affiches sentaient le huguenot. Ces derniers seuls usaient communément de l’expression biblique « Très-Haut ». D’autres affiches appelaient le intéressés à rejoindre la rose-croix. Cette « campagne d’affichage » porta fruit. Voilà les chamailleries qui reprennent entre papistes et huguenots. Gabriel Naudé enquête. Il affirme que les rose-croix ne sont sujets ni à la faim, ni à la soif, ni à la vieillesse, ni aux maladies, ni à aucune incommodité de la nature, qu’ils ont un livre dans lequel ils peuvent apprendre tout ce qui est dans les autres livres faits ou à faire, qu’ils peuvent forcer les esprits et les démons les plus puissants de se mettre à leur service et attirer à eux, par la vertu de leur chant, les perles et les pierres précieuses, que dieu les a couverts d’un nuage pour les dérober à leurs ennemis, qu’ils confessaient publiquement que le pape est l’antéchrist, qu’ils reconnaissent la 4è monarchie et l’empereur des Romains pour leur chef et celui de tous les chrétiens, que leurs trésors sont inépuisables. Ce rêve du Saint Empire, de la 4è monarchie, d’une ultime période du monde était le reflet du grand dessein de Gibelins, dont Frédéric de Hohenstaufer, Dante, Joachim de Flore avaient été les interprètes. Un seul pouvoir temporel, une seule autorité spirituelle, une Eglise soustraite au césaro-papisme. Naudé rapporte les vœux de ceux qu’on commençait de nommer les frères de l’Invisible collège ou même les Invisibles : exercer la médecine charitablement, se vêtir suivant les usages des pays où l’on se trouve, se rendre, une fois tous les ans, au lieu de leur assemblée générale, se choisir un successeur capable de tenir sa place et de le représenter, avoir le caractère de la rose-croix pour signe de reconnaissance entre eux et pour symbole de leur congrégation, prendre les précautions nécessaires pour que le lieu de leur sépulcre soit inconnu, tenir leur société secrète et cachée pendant 120 ans. Les rose-croix en prophétisant la fin du règne de l’or, posaient déjà la question sociale. Il y a dans cette malédiction des richesses temporelles, un avant-goût, du communisme, un écho des espérances anabaptistes, une condamnation implicite du luthérianisme si attaché à la bénédiction de la réussite matérielle.

Les textes fondamentaux de la rose-croix

La rose-croix venait d’Allemagne. A cette époque sévissait la guerre de Trente ans. Les origines en étaient religieuses. La paix d’Augsbourg (3/10/1655) n’avait marqué qu’une trêve précaire entre les puissances catholiques et protestantes. L’empereur Ferdinand II, en 1618 tente de restaurer le catholicisme dans es Etats. La Bohême se révolte. En 1619, le conflit allumé en Bohême embrasse le Saint Empire, puis l’Europe entière. Il faudra attendre 1659 pour que soit signée une paix précaire. Chez les protestants il y a des divisions : luthériens de stricte observance figés dans une théologie qui renchérit sur le dogmatisme de Luther puis des indépendants que leurs adversaires nomment, avec plus ou moins de dédain, mystiques et piétistes. Le terme péjoratif d’enthousiastes implique une sorte d’excommunication. Ces derniers cherchent la Vérité, au moins autant que dans la bible, dans les écrits, imprimés ou manuscrits, de Jacob Böhme et de ses continuateurs directs comme Schweigarth et Sébastien Franck. Parmi les enthousiastes se trouvaient Andreae. Ce dernier a été le créateur de la rose-croix. On retrouve dans les textes des rose-croix une psychothéologie qui les apparente singulièrement aux penseurs et poètes du XVè siècle italien, tout imprégné de néo-platonisme et dont la Divine Comédie avait été l’expression la plus pure. Les rose-croix distinguent en l’Homme trois plans : celui de la pure nature privée de la grâce divine, celui de la nature humaine par la grâce et en chemin vers le contemporain béatifique de la Trinité, celui de la nature humaine, sauvée et magnifiée par la Grâce sanctifiante dont l’expression la plus accessible est la Sagesse, telle qu’elle est évoquée dans le Livre des Proverbes : « Par la Sagesse, Yaweh a fondé la Terre et affermi les cieux… Alors qu’il n’y avait pas d’abîmes, « je » (la Sagesse) fus enfantée… Lorsqu’Il traça un cercle à la surface de l’abîme. L’homme doit être aidé par la société à devenir lui-même, c’est-à-dire atteindre le plan suprême, celui de l’homme-esprit. La doctrine de la rose-croix est une doctrine d’amour « une force magique endormie par le péché est latente dans l’homme. Elle peut être réveillée par la grâce de dieu ou par l’art royal. Nous trouverons en nous la pure et sainte connaissance si nous parvenons à nous isoler de toute influence extérieure, et à nous laisser conduire par la lumière intérieure ». C’est dans cette expectative de la lumière intérieure qu’il faut border les textes fondamentaux de la rose-croix. En Allemagne, dès 1614, avaient paru deux manifestes : Fama et Confession. La même année parut une version allemande plus abondante de 417 pages le titre en étant : « L’universelle et générale réformation du vaste monde tout entier. Avec la Fama fraternitatis de l’illustre ordre de la rose-croix, adressée à tous les savants et dirigeants de l’Europe. Avec, également, une courte réponse de M. Haselmeyer, pareillement préparée pour l’impression et la diffusion et communiquée à tous les cœurs fidèles ». Haselmeyer fut condamné aux galères pour avoir diffusé la Fama. La prose de la Fama semble maintenant redondante, voire apocalyptique, mais est caractéristique du style de l’époque. Les rose croix estiment que chaque chrétien doit être un vrai jésuite, c’est-à-dire cheminer, vivre, être, demeurer en Jésus.

Le fondateur éponyme : Christian Rosencreutz

Dans la Fama, les auteurs font l’éloge de l’empereur Justinien qui avait compilé les lois de Rome, l’aréopage signataire invite chaque sage à lui soumettre ses suggestions. Un auteur estime que tout le mal vient de l’insincérité et propose d’aménager une petite fenêtre dans la poitrine de chacun de nous : ainsi l’on verrait aussitôt nos mensonges. Un autre sage propose la redistribution des richesses, la suppression de la circulation de l’or et de l’argent. Un misanthrope demande à dieu un nouveau déluge qui exterminera, enfin, les hommes méchants et toutes les femmes. Il est tué ; l’assemblée implore le Très-Haut d’épargner le beau sexe. Et ce symposium finit dans le tumulte. Puis les auteurs écrivent la biographie de Rosencreutz. Né en 1378 sur les bords du Rhin, de parents pauvres mais nobles, Christian Rosenkreuz est placé, dès l’âge de six ans, dans une abbaye où il apprend le grec, le latin, l’hébreu et la magie. A 16 ans, il part en pèlerinage pour la Terre sainte, avec un compagnon qui meurt à Chypre. La maladie le contraint à s’arrêter à Damas où il reçoit l’enseignement secret des Sages. Ils le guérissent, lui confient les arcanes de la nature et le conduisent dans leur « cité philosophique » où il passe trois ans. Ensuite, il parcourt le Liban, la Syrie, le Maroc. Des Fassis le conduisent à la connaissance suprême ou adeptat. Désormais il sera nommé le Père. Il a reçu la mission de communiquer à la chrétienté la sagesse qu’il vient d’acquérir et de fonder une société secrète qui « aura à satiété or et pierres précieuses, et qui enseignera les monarques ». Il accomplit, dans un lieu sauvage, une retraite de cinq années. Il recrute trois fidèles compagnons, Frater G.V., Frater I.A. et Frater I.O. Il écrivent sous sa direction des écrits fondamentaux. Ils bâtissent le nouveau temple du Saint-Esprit, guérissent les malades et consolent les désespérés. Sept ans plus tard, Rosencreuz coopte d’autres étudiants et constitue ainsi « la fraternité ». Pour y être admis, il faut être célibataire et chaste. Les frères partent en mission à travers le monde et se réunissent une fois par an dans le temple du Saint Esprit. Le Père meurt en Engeland à 106 ans. I.A. meurt en Gaule narbonnaise. Les disciples du Père sont son neveu R.C., le peintre B., G.G. et P.D. L’enseignement est condensé en trois textes : Axiomata : le plus docte, Rotae Mundi : le plus subtil, Protheus : le plus utile. Quelques siècles plus tard, un successeur du père, l’imperator N.N. découvrit son mausolée qui a sept côtés et est constamment éclairé par des lampes inextinguibles. Au centre, un autel cylindrique, avec l’inscription : ACRC Hoc Universi Compendium vivi mihi sepulcrum feci (je me suis fait ce sépulcre (qui sera) pour les vivants abrégé de l’univers, avec en exergue : Jesu mihi omnia (Jésus est tout pour moi). Le corps manifié du Père tient dans sa dextre le Liber T. A ses côtés une Bible, un vocabulaire, un itinéraire, et sa biographie en caractères mystérieux. On lit aussi la devise de la fraternité : Ex Deo nascimur , in Jesu morimur, per spiritum reviviscimus (nés de dieu, morts dans Jésus, nous ressuscitons par le Saint Esprit). Le caractère myhtique de Rosenkreuz est admis pour le plupart des historiens de la rose-croix sauf pour Roesgen von Floss qui affirme en 1923 dans son « Histoire des rose-croix » que Rosenkreuz survécut au meurtre des Albigeois et s’enfuit vers l’Est. Il serait arrivé en Turquie et en Arabie où on le jugea digne de lui dévoiler les secrets de l’Ordre des rose-croix. Revenu en Europe renonça à son nom de famille et prit celui de Christian Rosencreutz.

Les énigmes des noces chymiques

Les Noces chymiques sont un « Märchen », un récit tissé sur une trame de voyage, de découvertes. Elles inspirés de « La Reine des fées » de Spenser. Les Noces chymiques sont anonymes mais la critique s’accorde à en attribuer la paternité à Jean-Valentin Andreae. Les Noces se poursuivent sur sept jours. Rosencreuz médite quand survient une tempête. Il voit une femme belle vêtue d’une robe bleue parsemée d’étoiles d’or. Elle tient une trompette d’or et un gros paquet de lettres écrites dans toutes les langues. Elle a de grandes ailes couvertes d’yeux. Elle invite Christian aux noces du roi. Christian met une robe de bure, pique quatre roses à son chapeau et croise contre sa poitrine un ruban écarlate. Il part pour la forêt et se trouve devant trois voies : un sentier court mais périlleux, une voie royale réservée à quelques prédestinés et une route aisée mais si longue qu’il lui faudrait un millénaire pour atteindre le but. Une quatrième voie est fermée aux mortels. Ne sachant quelle voie choisir, il pénètre dans la forêt où il sauve une colombe qu’un corbeau poursuivait. Ainsi il opte pour la voie royale. Il arrive à la porte d’un château au moment où on allait la clore. Il est reçu par un vieux gardien qui porte une bague magique et expie une faute. Christian retrouve la belle jeune femme qui le conduit dans une cour du palais du roi. Il franchit une porte gardée par deux statues ayant pour devise : « Donne et l’on te donnera » et se mèle aux invités. Mais tous ne sont pas purs. La vierge annonce que le lendemain, aura lieu l’épreuve qui séparera les justes des indignes. L’épreuve consiste en une pesée des vertus. Rosencreuz se révèle le plus pur. Il est reçu avec honneur alors que la plupart des autres candidats sont condamnés à l’exil. Ne restait auprès de lui que quelques justes. A ceux qui ont triomphé, on confère la Toison d’or. Les indignes sont chassés ignominieusement après avoir bu la coupe de l’oubli. Aux élus, la vierge ailée propose une énigme : son propre nom (la solution est Alchemia). Une jeune pucelle guidera les sélectionnés vers le dieu tout-puissant. LE lendemain, les élus sont présentés au roi. Il exige d’eux un serment de fidélité absolue. Une femme jeune et belle (la reine) et une vieille femme voilée sont assises près du roi. Plus loin folâtre Cupidon. La reine semble officier devant un autel où sont posés un livre relié de noir, un vase contenait un liquide rouge et une tête de mort où un serpent sort et entre par les orbites. Le nom des élus est inscrit sur le livre noir. Tous les assistants boivent dans la même coupe le breuvage du silence. La salle est ensuite tapissée de noir. On bande les yeux du roi et de la reine et de deux autres couples royaux. Un bourreau décapite les six monarques, le sang est recueilli dans un vase d’or. Les corps sont étendus dans des cercueils. Puis un assistant décapite le bourreau. Dans la nuit, les cercueils sont embarqués sur des vaisseaux qui naviguent sur un lac. Le lendemain ont lieu les simulacres d’obsèques royales. La vierge exige un nouveau serment de fidélité avant de conduire les élus à la tour Olympi située sur une île. Ils voient un édifice de sept tours imbriquées les unes dans les autres. Là, les corps des souverains et la tête du bourreau sont bouillis sous la direction d’un vieux jardinier. De la cuisson émerge une boule rouge qui est exposée au soleil. Il en sort un phénix. Ses cendres sont tissées en haut de la tour et entrent dans la préparation de deux « homonculi ». L’âme des six rois les animeront, ils seront ressuscités et formeront un couple royal archétypique. Les nouveaux monarques proclament les élus « chevaliers de l’or ». Tous sont délivrés sauf Christian qui, pendant un temps indéterminé, devra, pour expier une faute non exprimée, remplacer le gardien au seuil du château.

La première génération des rose-croix

Les Rose-croix étaient des hommes d’action et de pensée préoccupés par les grands problèmes de leur temps Johan-Valentin Andreae naît à Herrenberg le 17/08/1586 et meurt à Stuttgart le 27/61654. Son père était le 7è enfant du chancelier Jacob Andreae, abbé commandataire de Konigsbrann. Sa mère, Maria Moser, était si pieuse que son fils la compara à Sainte Monique, la mère de Saint Augustin. Après la mort de son père en 1601, sa mère alla s’établir avec ses six autres enfants à Tübingen où Valentin parfait ses études durant six ans, sous la direction de Maestlin, le maître de Kepler. En 1603, il est baccalaureus, en 1605 magister. En 1603 ; il écrit deux pièces de théâtre de style élisabéthain et à la même époque Les Noces chymiques. Il subit la crise de l’adolescence qui brise sa carrière ecclésiastique et le contraint à une vie errante. Il es professer à Lavingen mais doit fuir à cause de ses frasques. Il est accueilli comme enseignant par les jésuites de Dillingen et revient, absous, à Tübingen, où il est musicien, pédagogue, horloger. En 1610, il séjourne à Genève, il y rencontre des théologiens calvinistes. Rappelé à Tübingen, il donne des leçons particulières tout en apprenant les langues vivantes européennes ; il se passionne pour les mathématiques et l’astronomie. Il visite l’Italie et l’Autriche. Il se stabilise : mariage et poste pastoral à Vaihingen. Il publie six ouvrages qui sont des gloses de la Fama et de la Confessio. Il imagine une Société idéale obéissant à deux impératifs, l’Autorité spirituelle, incarnée dans le Pape, et le Pouvoir temporel, confié à l’Empereur. Pour Andreae, les rose-croix constituent l’autorité spirituelle, l’Eglise invisible, pauvre, pure, non administrative. Par leurs conseils, les rose-croix ramèneront le pouvoir temporel sur la bonne voie. En 1620, Andreae créa à Calw une Fondation des Teinturiers en apparence corporation de métier, en fait cercle alchimique. Le clergé luthérien s’acharnait contre Andreae. En 1634, la maison d’Andreae, fut brûlée à cause de Laguerre. Il perdit ses archives. En 1639, le duc Eberhard de Würtemberg en fit son prédicateur et son conseiller. En 1650, Andreae fut abbé de Bebenhauser. Il est haï, on le traite d’ « enthousiaste » (piétiste böhmien) mais il est soutenu par le duc Auguste de Brünswick. Il mourut le 27 juin 1654 à Stutggart. Dans quelques uns de ses écrits il avait infirmé son rôle dans les rose-croix. Il redoutait un procès d’hérésie qui l’eût conduit au bûcher.
François Bacon de Verulam (1561-1626) fit des études de droit. Il fut élu en 1593 à la Chambre des Communes. Il fut protégé par le comte d’Essex, favori de la reine. Essex fut disgracié en 1601 et Bacon se fit son accusateur. Il gagna la faveur de Jacques 1er qui le combla de titres. En 1618, il fut Grand chancelier. Ses ennemis l’accusèrent de concussion et il fut contraint de démissionner. Il consacra ses dernières années à la science et à la philosophie. Ses deux principaux ouvrages furent Novum Organum (1620) et Nova Atlantis (1624). On lui a parfois attribué la paternité des œuvres de Shakespeare. Pour J.P. Bayard, et contrairement à Paul Arnold, l’appartenance à la fraternité des rose-croix de Bacon n’est prouvée mais probable. Pourtant la rose-croix était une farce et n’a jamais existé au XVIIè siècle donc Bacon ne pouvait en faire partie. Pour Bayard, la Nouvelle Atlantide est une « utopie » rigoureusement conforme au message rosicrucien. John Heydon (1629-1667). Il écrivit plusieurs traités sur les rose-croix dont The Glory of the Rosy-Cross (1664) et the Rosie-crucian infaillible axiomata (1661). Euterpe lui enseigna les axiomes des rose-croix, les secrets des nombres et lui permit de les publier. La Belle Euterpe donna deux médailles d’un métal inconnu à Heydon et se dissipa dans l’éther naturel. Heydon découvrit des pièces d’or et un parchemin à la place d’Euterpe. Il décida de partir au pays des rose-croix. Il partit en bateau et atteint un continent peuplé de gens hostiles. Il leur remit le parchemin d’Euterpe et on le laissa en paix.

Les rose-croix ou le complot II

Comenius, Descartes et quelques autres penseurs

Pour Bayard, Comenius était rose-croix à l’instar de nombre de savants de son temps. Jan Amos, Komensky avait latinisé son nom. Il naquit en Moravie le 28 mars 1592 et mourut à Naarden (Pays-Bas) le 15 novembre 1670. Sa famille appartenait à l’Eglise des Frères Moraves. Orphelin très jeune, Jan Amos est confié à des tuteurs qui s’en désintéressent. Il est envoyé à l’université de Herborn où il fait des études thologiques. Il entreprend un manuel de pédagogie et un glossaire latin-tchèque. Diplômé, il débute comme pasteur-maître d’école à Fülnek (Moravie). Pendant la guère de Trente ans, la maison de Comenius fut pillée, sa femme et ses enfants furent tués. Chassé de Bohême, il se réfugia à Leszno, en Pologne. Il instaura dans un collège une pédagogie nouvelle s’appuyant sur les idées de deux rose-croix Francis Bacon et Campanella (Bayard se trompe encore car Campanella n’était pas rose-croix). Il rédigea un « cours de langue ». Protégé par un mécène suédois, Louis de Gear, il publia un prologue à la Pansophie, doctrine tentant d’établir une méthodologie conciliatrice des divers courants religieux, ainsi que des sciences et des techniques. En 1641, il alla à Londres pour y fonder un cercle pansophique. Le projet fut abandonné à cause de la Révolution anglaise. Il partit en Suède, rencontra Descartes. En butte, à Stockholm, à l’hostilité des luthériens, il se fixa à Elbing, en Prusse et écrivit de nouveaux ouvrages de pédagogie. En 1645, il prit part à Thorn, à un colloque ecclésial, ce qui le brouilla avec les Suédois. Son dessein était : unification du savoir et universalité de sa propagation sous la haute direction d’une académie de sages, coordination politique sous la direction d’institutions internationales, arbitrant les conflits politiques, réconciliation des Eglises chrétienne et juive. Promu évêque de l’ Unité des Frères, Comenius revint à Lezno. Les Suédois pillèrent Lezno en 1656. Comenius perdit sa maison, ses archives, sa bibliothèque mais échappa à la mort. Il se réfugia à Amsterdam où il mourut le 15 novembre 1670. Pour Comenius : « la société humaine est une société d’éducation. » L’éducation fait corps avec le processus formateur qui anime tous les êtres. Il était pour l’éducation des filles ce qui était révolutionnaire à l’époque. Comenius imaginera une ébauche de synarchie : a) plan de réforme universelle dont la préparation incomba aux peuples chrétien, b) exposé des maux, et de leurs remèdes, c) exposé des réformes de la philosophie, de la politique, de la religion, d) création d’un concile internationale (parlement mondial) f) découvertes de sages, des Supérieurs inconnus. Il imagina trois tribunaux : le tribunal des lettrés ou Conseil de la Lumière, le tribunal politique ecclésiastique ou Consistoire mondial et le tribunal politique ou Cour de justice.

Robert Fludd (1574-1637)

D’après Bayard, Robert Fludd ne fit jamais mystère de son appartenance à la Rose-Croix ce que nie Paul Arnold. Fludd naquit à Milgate (Kent) en 1574 et mourut à Londres le 8 septembre 1637. Après avoir fait de sérieuses études, il voyagea par toute l’Europe durant sept années. C’est en Allemagne qu’il fut affilié aux rose-croix. De retour en Angleterre, il fut reçu docteur en médecine à Oxford. Il exerça la médecine à Londres jusqu’à sa mort. Il écrivit une Apologie des rose-croix en 1616.

René Descartes (1596-1650)

Il est certain que Renée Descartes, intriguée par les Rose-croix, a tenté d’entrer en relation avec eux. Descartes admirait Comenius et il la rencontra à plusieurs reprises. De retour en France en 1622, Descartes avoua n’avoir rien appris de certain sur les rose-croix mais son séjour en Allemagne lui valut la réputation d’être de la confrérie. Descartes dédia son ouvrage « Polybii cosmopolitani thesaurus mathematicus « aux rose-croix. Editeur des « œuvres complètes » de Descartes, Charles Adam, auteur de « Descartes », sa vie et ses œuvre, affirma que rêne Descartes fut initié à la rose-croix par le mathématicien Faulhaber (1580-1635).

Sincerus renatus et la rose-croix d’or

Après avoir brillé d’un si vif éclat, après avoir brillé d’un si vif éclat, après avoir éclairé des hommes de valeur comme Comenius et Valentin Andreae, la rose-croix primitive s’occulta. C’est seulement aux alentours de 1720 qu’un initié signant Sincerus Renatus tenta une seconde version de la rose-croix. Sincerus Renatus était un pasteur luthérien de Breslau, son nom profane était Samuel Richter. On ne sait rien de sa vie. Il a écrit et édité en 1710 et 1714 « La véridique et parfaite préparation de la pierre philosophale, de la fraternité de l’ordre de la croix et de la croix d’or… »
L’ouvrage de Sincerus Renatus était divisé en trois parties. La 1ère et la 3è sont consacrées à l’alchimie et la 2è comportait une règle sur la rose-croix en 52 articles qui la structuraient comme une société secrète. Les frères devaient rester célibataires, pratiquer l’alchimie – chaque frère, après avoir été reçu, doit changer de nom et prénom, se rajeunir avec la pierre philosophale. Si, par accident ou par imprudence, un frère était découvert par un potentat, il devrait préférer mourir à trahir son secret. La réception doit se faire dans un temple rose-croix, devant six frères, après que le néophyte a été instruit pendant trois mois. On doit donner au nouveau frère le nomen du dernier mort. Pour Bayard, la rose-croix originelle, celle de la Fama et de la Confessio, avait été un invisible collège, une Eglise intérieure, une fraternité. Sans organisation administrative, elle rassemblait dans un commun idéal des hommes prédestinés. Ils se retrouvaient rarement mais étaient unis par une mutuelle estime. Ils correspondaient selon un langage inintelligible aux profanes. Ils n’avaient pas d’organisation et d’archives ce qui permet à certains auteurs de nier l’existence de l’Invisible collège. Toute différente était l’organisation de la rose-croix d’or. C’était une société secrète et non pas une fraternité libre. Elle comportait une hiérarchie de grades, des initiations, une enquête préalable avant l’admission. La rose-croix d’or se faisait reconnaître selon des mots, signes et attouchements. Très vite, la rose-croix d’or apparut comme une franc-maçonnerie particulière. Après une période probatoire de deux années et trois mois, le néophyte est reçu dans le temple en présence de six rose-croix. On lui donne le signe de la paix (une feuille de palme) et on l’embrasse trois fois en lui ordonnant le secret absolu. Après quoi, vêtu d’un « habit pontifical » et flanqué, à droite, d’un parrain et, à gauche, d’un « directeur », le candidat s’agenouille devant l’imperator et jura le silence sur les secrets qui vont lui être révélés. Le maître lui coupe sept mèches de cheveux qu’il glisse en sept enveloppes scellées par un assistant. Ensuite ont lieu des agapes au cours desquelles on rompt le même pain et l’on boit du vin à la même coupe. Pour correspondre, les adeptes usaient d’un alphabet secret, dit Enochien. Il y avait douze grades : junior, théoricien, praticien, philosophe mineur, philosophe majeur, adepte exemplaire, magiste, mage, mage des mages, Vicaire de Salomon, roi Salomon et Elie Artiste. Les rose-croix d’or se réunissaient à date fixe dans un templum secret et consacré. Chaque cercle avait un bureau analogue au comité d’un atelier maçonnique. Cinq cercles formaient une chaine obéissant à une direction supérieure composée de trois adeptes dont un seul seul était connu des grades inférieurs. Enfin, chaque direction suprême obéissant, à un ou plusieurs supérieurs inconnus, dont nul ne savait l’identité. Ils correspondaient par des billets qu’on brûlait dès qu’on les avait lus. Certains rose-croix étaient potentats, ministres, favoris des princes d’autres d’autres étaient des charlatans. LA rose-croix d’or, se devait de rendre un culte, en esprit et en vérité, à Elie Artiste.
Paracelse avait prophétisé la venue de l’Esprit radiant de l’enseignement du rose-croix : Elie Artiste. Paracelse mourut en 1540 et la rose-croix ne se manifesta en Allemagne que vers 1610. Ou bien la Pronostication est une œuvre apocryphe ou bien, dans une stricte clandestinité, la rose-croix existait avant l’impression de la Fama. Le vade-mecum des adeptes de la rose-croix d’or, c’est l’Aurea catena Homeri qui parut à Berlin en 1781. Son auteur présumé est Herwerd von Forchenrus. Goethe rendit hommage à ce livre.

Wolfgang Goethe et Zacharias Werner

En 1768, Goethe eut une hémorragie et faillit mourir. Ses parents le confièrent au Dr Johan-Friedrich Metz qui le guérit rapidement. Metz recommanda à Goethe des ouvrages rosicruciens. Il l’introduisit dans le cercle de Susanna von Klettenberg, un cercle de la Croix d’or et de la Rose rouge. Susanna était dépositaire d’une tradition ésotérique qui remontait à Jacob Böhme où les enseignements christiques s’unissaient aux mystères de l’Art royal. Dans ce cercle on lisait l’Aurea catena Homeri qui joua un rôle essentiel dans la pensée de Goethe. De l’Aurea catena, Goethe déduisit au moins son œuvre : l’incessante métamorphose du tout en un et du un en tout ; le rythme polaire qui détermine la métamorphose universelle ; la nature, la vie universelle agit par une évolution lente, majestueuse, rythmique. Goethe fut profondément impressionné par les rose-croix qui l’avaient transmué de profane en initié. Mêlant dans une synthèse grandiose les deux individualités de Susanna von Klettenberg et du Dr Metz, il créera la personnalité de Makarie, le sage, le rose-croix, de Wilhelm Meister. Le rose-croix Makarie, c’est Goethe « tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change ».

Zacharias Werner (1768-1823) est le type même du romantique allemand. Après une jeunesse orageuse, il devient secrétaire de Schröter, ministre du roi de Prusse Frédéric-Guillaume II. Il se fait initier dans la franc-maçonnerie, fréquente les cercles piétistes et occultistes. Il fréquente le cercle de Germaine de Staël. En 1810, à Rome, il se convertit au catholicisme. Il entre au séminaire, est ordonné prêtre et manifeste alors un mysticisme exalté. Il a écrit « les fils de la vallée » (1805), « La Croix vers la Baltique ». Les deux œuvres sont profondément imprégnées de rosicrucianisme concomitant au romantisme.

Parmi les proches de la rose-croix d’or on trouvait le prince Charles de Hesse-Cassel (1744-1836). Dans son laboratoire-oratoire du château de Göttorp, il se livra à des expériences médiumniques et alchimiques. Hans-Georg Schréepfer (1730-1774) fut un étrange rose-croix d’or. Il était médium et frère servant d’une loge maçonnique de Leipzig, reliée à la rose-croix d’or. Il gravit rapidement les plus hauts-échelons de la rose-croix et de la franc-maçonnerie occultiste. Pour vivre il tenait une auberge qui devint le théâtre d’apparitions de fantômes. Il prétendit avoir un trésor et fit de larges emprunts. Il commit l’imprudence de s’adresser à de riches bourgeois qui voulurent voir son magot. Il les invita chez lui et leur fit croire qu’il leur montrerait un vivant qu’ils tiendraient pour mort. Et en effet il se suicida d’un coup de feu.

Les Réau-croix de Martines de Pasqually

Joachim Martines de Pasqually ; fut un homme essentiellement mystérieux. On ne peut fixer nettement le lieu de sa naissance et l’emplacement de son tombeau est resté inconnu. Il venait de l’Orient, selon les uns ; il était juif portugais selon d’autres. La vérité semble différente. La patente maçonnique délivrée à son père le 20 mai 1738 par le grand-maître de la loge des Stuarts, enregistra la naissance de celui-ci dans la ville d’Alicante, en 1671. Martinès de Pasqually serait donc espagnol. Son père étant venu s’installer en France, il naquit probablement aux environs de 1710 soit à Grenoble, soit dans une localité proche de cette ville. En 1769 ayant poursuivi en justice un certain de Guers, il prouva devant les juges sa catholicité, il n’était donc pas juif. Il se maria à Bordeaux à l’église de sa paroisse et fit baptiser ses enfants. Le père de Martinès, franc-maçon, initia son fils. Il lui transmit aussi la science kabbalistique. Ainsi Martinès de Pasqually, dans le cadre de la Maçonnerie Ecossaise, implanta son rite personnel, rite conçu d’après les traditions de la Kabbale et de la gnose. A partir de 1750, Martinès parcourut le sud-est de la France, et partout se fit admettre dans les loges maçonniques. Il entra à la loge la Française et en moins d’un an il la transforma et la reconstitua dans son rite propre sous le nom de La Perfection Elue et Ecossaise. Sous cette nouvelle forme, l’atelier fut reconnu par la Grande Loge de France à la date du 1er février 1765. Désormais le rite des Elus Cohens était lancé. Martinès initia les maçons les plus en vue de Paris au Rite Cohen. En 1767, il institua, à Paris, le souverain tribunal, organe directeur de l’ordre et nomma Baron de la Chevalerie son substitut. Jean-Baptiste Willermoz, enthousiasmé par Martinès, il créa un atelier à Lyon qui fut le Centre Cohen le plus actif de France. En 1772, Martinès s’embarqua pour Saint Domingue, où il devait recueillir une succession. Il écrivit « De la réintégration des êtres » mais ne l’acheva pas. Il mourut à Port-au-Prince le 20/9/1774. L’Ordre de Martinès était encore représenté en 1806, au Grand Collège des Rites du Grand Orient de France. L’ordre des Elus Coëns d l’univers (le martinésisme) était structuré selon une hiérarchie voisine de la franc-maçonnerie écossaise : Apprenti, compagnon, maître. Les grades supérieurs étaient apprenti élu Cohen, compagnon élu Cohen, maître élu Cohen. Ensuite, les grades du Temple : grand architecte, grand élu de Zorobabel et au sommet de cette pyramide, le grade supérieur de Réau-croix, terme qui évoque la rose-croix sans la nommer. Expressément.

Rose-croix et franc-maçonnerie écossaise

Dès le haut Moyen Age, la plupart des corps de métiers se groupèrent en associations professionnelles. Une profonde solidarité unissait leurs membres. Ces institutions vénérables se sont perpétuées jusqu’à nos jours dans le compagnonnage. Une de ces corporations, en déviant de son rôle primitif, a eu une fortune singulière : celle des maçons. On distinguait, au Moyen Age, les ouvriers bâtisseurs, sans qualifications particulières, dits en Angleterre rough Masons, des constructeurs qualifiés ou free massons, ce terme englobant non seulement les ouvriers, mais les tailleurs de pierre et les architectes, ou les maîtres d’œuvre. Groupés en loges, les francs-maçons se divisaient en apprentis et compagnons. Chaque loge était présidée par un maître, choisi parmi les anciens compagnons. Les réceptions et les séances obéissaient à des rituels, où les outils prenaient valeur de symboles. Ils étaient protégés par les papes et les rois. Voyageant pour bâtir les cathédrales dans le monde entier, ils étaient indépendants et, afin d’éliminer les indésirables, ils se reconnaissaient par des « signes, mots et attouchements ». Au cours des siècles, ils admirent parmi eux des chapelains, de grands seigneurs, de riches bourgeois. On discutait en loge d’alchimie, astrologie, numérologie, symbolisme. Les francs-maçons de métiers étaient les opératifs ceux du dehors, les spéculatifs. Vint un moment où les spéculatifs furent les seuls influents dans les loges. En 1717, en Angleterre, les loges se fédérèrent. Bayard prétend que les rose-croix étaient bien organisés en Angleterre au XVIIè siècle ce que Paul Arnold réfute. Bayard prétend que les rose-croix furent en butte aux suspicions des diverses Eglises et que pour œuvrer en paix ils s’insinuèrent dans les loges. Ce serait eux qui auraient créé le grade de maître et la légende d’Hiram. Parmi les érudits qui teintèrent la maçonnerie opérative de rosicrucianisme, il faut réserver une place prépondérante à Elias Ashmole, auteur et compilateur de traités hermétiques. Ashmole (1617-1692) était antiquaire. Son père appartenait à une bonne famille, qui avait beaucoup servi en Irlande. Il reçut une bonne éducation à l’école de grammaire de Lichfield, et comme choriste de la cathédrale. En 1642, il prit parti pour le roi Charles Ier dans la guerre civile. En 1644, le roi le nomma commissaire de l’excise (contributions indirectes) à Lichfield. Il se lia avec le capitaine George Wharton qui lui fit obtenir un poste dans l’artillerie royale, et lui donna cette passion de l’astrologie et de l’alchimie qui devint plus tard, avec celle des choses anciennes, le trait principal de son caractère. Il se fit inscrire au collège de Brasenose, et étudia la physique et les mathématiques. Il devint capitaine de cavalerie et contrôleur de l’artillerie.

En 1646, Ashmole revint à Londres et fréquenta les amateurs de sciences occultes, particulièrement les astrologues, se lia avec Lilly et Booker, et fut un des convives habituels de « La fête mathmatique » qui se tenait au Cerf Blanc. Il fut aussi un des premiers francs-maçons d’Angleterre, il avait été initié en 1646, ou environ. Il se remaria avec une dame qui avait vingt ans de plus que lui et avait été déjà trois fois veuve. Le 16/11/1649, il entra en possession du domaine de sa femme mais sans vivre avec elle d’une manière constante. Il mena avec passion des études d’astrologie, d’alchimie et de botanique. En 1650, il édita une œuvre alchimique de John Dee et un traité sur le même sujet, qu’il signa de l’anagramme de son nom, James Hasolle. En 1652, il publia le premier volume de son Theatrum chimicum, recueil d’anciens traités en vers sur l’alchimie. Il étudia l’hébreu, la gravure, le blason et fit preuve d’une curiosité universelle. La Restauration et le loyalisme d’Ashmole lui valurent la faveur de Charles II. Il fut nommé commissaire contrôleur et comptable général de l’excise ; il eut aussi la charge de commissaire pour la colonie de Surinam et le contrôle du White Office. Sa femme mourut en 1668, et l’année était à peine écoulée qu’il se remariait, cette fois avec la fille de son ami, le héraut Dugdale. Dès lors, il consacra tout son temps à son grand ouvrage « Institution, Lows and Ceremonies of the Order of the Garter », publié en 1672. Il se démit bientôt après de son emploi de héraut de Windsor, avec une pension de 400 livres ; il refusa par la suite la fonction de roi d’armes de la Jarretière. En 1677, il constitua un musée pour l’université d’Oxford. En 1690, Oxford lui conféra le titre de métro en théologie. Il mourut le 18/5/1692.

Les rose-croix ou le complot III

En France, le chevalier de Ramsay rédigea un « Discours » dans lequel il faisait remonter la franc-maçonnerie à l’ordre des Templiers mais ne parlait pas des rose-croix. La supposition de Ramsay influença la création de hauts-grades dans la franc-maçonnerie. Le grade de rose-croix eut un immense succès. Bayard prétend qu’il émanait d’authentiques rose-croix qui « noyautaient » les hauts-grades. A la fin du XVIIIè, des initiés mirent de l’ordre dans la franc-maçonnerie chevaleresque qu’on appelait écossisme. Il s’en dégagea deux rites parallèles, le Rite Ecossais rectifié, surtout répondu en Europe centrale, où l’influence des rose-croix d’or est indéniable et le rite écossais Ancien et Accepté pratiqué en France. Le Rite Ecossais Rectifié n’avait pourtant pas de grade rose-croix. A la fin de la Révolution se créa l’Ordre des Illuminés d’Avignon. Son animateur fut l’abbé Pernéty. Il créa un Ordre maçonnique directement inspiré par la rose-croix. Pernéty naît à Roanne le 13/2/1716. Il est le neveu d’un chanoine de Lyon. En 1732, il prononce ses vœux de bénédictin. En 1754, il traduit un énorme Traité de mathématiques et publie un Manuel bénédictin. Il rédige un dictionnaire des arts et rassemble un herbier. Il s’enthousiasme pour les doctrines hermétiques, la kabbale, l’alchimie. En 1758, paraît son dictionnaire mytho-hermétique puis les Fables égyptiennes et grecques dévoilées. Pour échapper à une probable censure, Pernéty part, en 1763, en qualité d’aumônier, avec Bougainville, pour l’expédition des Iles Malouines. Il publie le récit de ce voyage. En 1705 il quitte l’Eglise et se réfugie à Avignon. Il s’ affilie aux loges maçonniques du Comtat. En 1738, le pape Clément XII décrète l’excommunication des francs-maçons mais la bulle In Eminenti est sans effet en France. Bravant l’Inquisition, Pernéty fonde au sein des « sectateurs de la vertu », le Rite hermétique ou des Illuminés d’Avignon ou rite de Pernéty. Il comprenait les trois grades de base plus des hauts-grades inspirés des rose-croix : vrai maçon, vrai maçon de la voie droite, chevalier des Argonautes, chevalier de la Toison d’or. Bientôt la hiérarchie fut complétée par le grade des chevaliers du Soleil. Inspiré par l’alchimie. Poursuivi l’Eglise, Pernéty se réfugie en Prusse où le roi Frédéric II le nomme conservateur de la bibliothèque de Berlin, membre de l’Académie royale et lui octroie le bénéfice d’une abbaye de Thuringe. A Berlin, l’ancien bénédictin découvre l’œuvre de Swedenborg. Il traduit les Merveilles du ciel et de l’Enfer de William Blake. Frédéric II en prend ombrage et Pernéty doit quitter la Prusse en 1783. Il se fixe à Valence. En adversité avec le GODF se crée une maçonnerie inspirée des vers d’or de Pythagore : les Sublimes Maîtres de l’anneau lumineux. L’Inquisition perd son autorité. La maçonnerie est hébergée dans le Comtat. Le Rite hermétique prend un essor considérable. Le comte Thadée Lesczy Gabrianka avait rêvé de conquérir la Palestine puis de se faire élire roi de Pologne et apporta aux Illuminés d’Avignon le secret de la Sainte Parole qu’il tenait d’un mystérieux adepte connu sous le nomen mysticum d’Elie Artiste. La Sainte Parole était un moyen de communication avec les anges. D’une manière générale, les idées de Pernéty sont celles de Swedenborg. Il croit en un dieu unique enfermant en lui la divine Trinité. Il croit aux anges, esprits célestes, intermédiaires entre le ciel et l’homme, l’initiation conférant le pouvoir de communiquer directement avec les anges. Mais il différait de Swedenborg car il vouait un culte à la vierge Marie. Cela choque Gabrianka qui cré sa dissidence : le Nouvel Israël. Le Comtat fut intégré à la France en 1791. La Convention interdit les réunions maçonniques. Pernéty fut emprisonné en 1793 et mourut en 1796. Il ne reste plus du Rite hermétique que le 28 è degré, celui de chevalier du Soleil, au Rite Ecossais Ancien et Accepté.

L’ordre maçonnique des Princes de Merci

La franc-maçonnerie écossaise comporte 33 grades mais l’initié passe directement du 18è au 30è donc le 26è intitulé prince de Merci n’est plus qu’un souvenir. Les opérations du Grand Œuvre y sont évoquées en mode sensible. Ce rituel devait laisser au candidat une impression durable l’obligeant à réfléchir sur une certaine conception de l’Homme, du cosmos et du ciel. Tout en ce grade offre l’emblème de la Trinité, de la science de la chimie minérale dont Hermès fut le fondateur. Démontrer que le bien et le mal ne sont que les accords et les discordances dont la réunion fait l’Harmonie universelle est le but de ce degré. Il fait battre en brèche tout privilège, tout monopole, toute division fondée sur la naissance, la position ou la richesse pour parvenir à leur abolition, à l’égalité sociale et à la substitution de l’esprit maçonnique à l’esprit de classe. L’invocation hermétique des Princes de Merci est l’appel à la Vérité qui fut et demeure la loi suprême du sage initié. La loge, qui se nomme 3è ciel, sera tendue de vert et décorée de 9 colonnes dont une blanche et une rouge alternativement. Il y aura, à chaque colonne, un bras portant 9 étoiles, ce qui fera le nombre de 81. Le Président s’appelle Prince Excellent. Au dessus de lui se trouve un dais tricolore, vert, blanc et rouge. Devant lui, sur la table est étendu un tapis de la même couleur. Sur sa table sera une statue de femme nue représentant la vérité, une flamme sortira de sa tête, elle tiendra un miroir de sa main gauche, la droite sera élevée vers le cœur tenant un triangle d’or. La statue sera couverte d’une voile tricolore comme le tapis. Le piédestal supportant la statue sera triangulaire et creux pour qu’il contienne un tiroir dans lequel se trouvera un livre triangulaire couvert d’une enveloppe tricolore comme le tapis. Ce livre, qui est le livre de la vérité renfermera l’explication de tous les emblèmes du grade. Il y aura sur la table une flèche longue de 3 pieds. Le bois sera blanc et les ailes vertes et rouges. La pointe sera d’or. Le Président porte une tunique tricolore et une couronne entourée de 3X3 pointes de flèches d’or et il tient à la main une flèche qui lui tient lieu de maillet. L’habillement de tous les autres frères consiste en un tablier rouge, un triangle blanc et vert garnit le milieu. Chacun porte un cordon tricolore, blanc, rouge et vert en sautoir à l’extrémité duquel est suspendu un grand triangle équilatéral en or. Le Président se nomme Rince Excellent et les surveillants, 1er et 2è excellents. Tous les frères ont le titre de Très excellent. La batterie est de 15 coups. L’âge maçonnique est 81 ans. Le néophyte, ayant les yeux bandés, et étant arrivé à l’entrée du Troisième ciel, frappe à la porte cinq coups lents, trois précipités, un lent. Puis il fait neuf pas en serpentant. On fixe sur les épaules du candidat des ailes en forme de rame et on lui met dans les mains les manches de ces ailes qui se croisent devant la poitrine, de sorte qu’il puisse les faire mouvoir aisément. On avance un gradin qui doit avoir neuf marches et être au moins haut de cinq pieds et on le place entre les frères 1er et 2è excellents, les marches tournées du côté de la porte d’entrée. Quand le néophyte a monté les neuf degrés du gradin, sans quitter la manche de ses ailes, le sacrificateur le laisse seul en lui disant tout bas d’attendre l’ordre du maître. Si l’intention du néophyte est de continuer, il répond « oui » à la question de savoir s’il veut faire son 1er voyage, le Prince excellent lui donne le signal de départ, qui sera trois claquement de main. Au 3è coup le candidat doit sauter et au-dessous de lui se trouve une bonne couverture de laine tendue par six frères pour que la chute du candidat soit freinée. Après cette épreuve, on le débarrasse de ses ailes. Le Prince excellent lui dit qu’il atteint le firmament du 1er ciel. Puis le néophyte monte une échelle de trois échelons. Ainsi il atteint le 2è ciel. Il doit prononcer le nom des trois colonnes du grade de rose-croix (Foi, Espérance et Charité) en montant. Arrivé en haut d l’échelle, on approche une cire allumée de la main du néophyte pour lui faire comprendre qu’il a atteint la chaleur des étoiles. Puis on lui fait boire l’éther du 2è ciel (un verre plein de mousse de savon). Ensuite on le repose sur le plancher. Le 3è voyage consiste pour le Frère sacrificateur à saisir à saisir le néophyte par le milieu du corps, le balancer comme pour le précipiter et à le remettre sur ses pieds. Quand le néophyte a atteint le 3è ciel, le Prince excellent tire un coup de pistolet et le Frère sacrificateur enlève le bandeau du néophyte et lui fait faire trois fois le tour du Triangle emblématique. On lui explique les figures se trouvant sur le tableau de loge. Un bûcher allumé, un bras armé d’un grand coutelas, un ange dans un nuage rappelait le sacrifice d’Abraham ; une grande croix, une lance, une couronne d’épines, ces figures rappellent la Passion du christ ; une arche d’alliance, des tables de la Loi, un encensoir, ces trois figures rappellent la manifestation du Seigneur à Moise ; une figure au mercure, un réchaud surmonté d’un creuset, un lingot d’or, ces figures rappellent le principe, l’argent et le produit du Grand Œuvre ; un flambeau ardent, un globe tournant sur son axe, un triangle équilatéral d’or, ces trois figures sont l’emblème du feu central qui anime tout ce qui existe, du mouvement imprimé à l’univers et duquel résulte l’harmonie éternelle et enfin, du Créateur de toutes choses. On apprend au néophyte que les Frères du grade savent fabriquer de l’or et qu’il va apprendre. Quand la somme de trois millions est atteinte, le plus ancien des frères part avec l’or dans un pays lointain pour jouir de sa fortune. Puis le frère gardien sacré enlève le voile de la Statue et la montre au néophyte. Le Prince excellent lui demande s’il sait ce qu’elle représente. Alors le Prince excellent prend le livre triangulaire et en lit un passage au nouvel initié. Il l’informe que les princes de Merci ne passent pas leur vie à fabriquer de l’or et qu’il faut trouver la force de supporter sa destinée, le courage de se plier à sa condition, d’en être satisfait. Enfin, le Prince excellent fait approcher le candidat de l’autel, lui fait poser un genou à terre et le constitue Prince de Merci en frappant 16 coups sur sa flèche avec une autre flèche.

La rose-croix à la fin du XIXè siècle

Selon Bayard, jusqu’aux premières décades du XIXè siècle, la rose-croix brille dans toute l’Europe, particulièrement en Scandinavie et dans les Etats du Saint Empire. Puis obéissant à son destin cyclique, elle s’éclipse. Il reste quelques conventicules cachés sous des hauts grades de la franc-maçonnerie écossaise. Vers 1865, à Londres, se manifeste la Societas Rosicruciana in Anglia dont le 1er imperator connu fut le baronet Edward Bulwer Lytton (Bayard se trompe car Bulwer Lytton a été nommé imperator d’honneur mais il a refusé ce titre). Il fut le mécène du mage français Eliphas Levi. La SRIA existe toujours. Le nombre de ses membres, tous maîtres maçons est limité à 72. On affirme que maintenant, ils se bornent à des recherches historiques et délaissent les « opérations » alchimiques ou magiques. Aux alentours de 1885, en France, la rose-croix reprit, sous des formes nouvelles, force et vigueur. Guaïta prit la tête de la rose-croix en 1887. A cette époque, les matérialistes étaient au pouvoir partout et voyaient leurs idées accueillies avec frénésie par une jeunesse avide de jouissance et de pouvoir. Les spiritualistes étaient composés en majeure partie de spirites nombreux et fervents mais divisés et impossibles à discipliner. En France, il y avait la franc-maçonnerie mais la section spiritualiste était presque entièrement en sommeil par suite de tendances politiques. Du côté des Illuminés se trouvaient des groupes épars organisés par Eliphas Lévi et des fils spirituels de Jean-Baptiste Willermoz et de Swedenborg. Saint-Yves d’Alveydre avait inspiré Guaïta. D’Alveydre en insistant sur la tradition chrétienne sacrifiée à la tradition païenne, fut le maître spirituel de la génération des kabbalistes de cette époque. Issu d’une illustre lignée florentine établie en Lorraine depuis plusieurs générations, Stanislas de Guaïta vint très tôt à Paris, où il fut apprécié comme poète mineur dans quelques cénacles littéraires. Il lut le « Vice suprême » (1884) de Joséphin Péladan préfacé par Barbey d’Aurevilly. Cette approche de la tradition ésotérique lui fut une révélation. Il lut les classiques de l’occultisme dont ceux de la rose-croix. Il fut aidé par Oswald Wirth. L’essentiel du message ésotérique, rosicrucien, de Stanislas de Guaïta est exprimé dans les trois tomes des « Essais de sciences maudites » : d’abord « Le Temple de Satan », étude de la magie noire, considérée comme la mise en œuvre, par et pour le Mal, de forces mystérieuses de la nature. Ensuite, dans la « Clef de la magie noire », Guaïta étudia la puissance de l’action des forces dont Satan dispute la maîtrise au Seigeur de Lumière. « Le Problème du mal » est une œuvre inachevée. En 1888, il fonda l’Ordre Kabbalistique de la rose-croix, dirigé par un Suprême conseil composé de douze membres ; six restant rigoureusement inconnus, et six autres seulement étant connus : Papus, Baret, Péladan, Paul Adam, Gabal, Thoron, Guaïta président. Plus tard ce suprême conseil comprit Mac Haven, l’abbé Alta, Paul Sédir, Augustin Chaboseau. Le signe distinctif des membres du suprême conseil est la lettre hébraïque Aleph. Outre ce degré supérieur, il en existe deux autres où est donnée l’initiation. La Kabbale et l’occultisme sont enseignés. L’ordre kabbalistique de la rose-croix conférait des grades d’université libre. Il décerna aussi quelques titres de docteur. LE 1er examen était sanctionné par le titre de « bachelier en Kabbale » ; le 2è, par celui de « licencié en Kabbale ». Enfin, un 3è examen était sanctionné par une soutenance de thèse de doctorat. Le 1er examen portait sur l’histoire générale de la tradition occidentale, particulièrement sur la rose-croix, sur la connaissance des lettres hébraïques, de leur forme, de leur nom et de leur symbolisme. Le 2è examen avait trait à : l’histoire générale de la tradition religieuse au cours des âges, en insistant particulièrement sur l’unité du dogme à travers la multiplicité des symboles, la connaissance des mots hébraïques quant à leur constitution.

Paul Adam fut l’auteur d’œuvres naturalistes comme « chair molle » (1885) ou « Les demoiselles Goubert » (1886) et d’œuvres d’anticipation qui avaient ouvert la voie de la science-fiction comme « La Force » (1889) ou « Le soleil de juillet » (1903). Paul Sédir, de son vrai nom Yvon Le Loup, naquit à Dinan, le 2/1/1871. Il fut employé à la Banque de France. Il fit connaissance de Papus et de Guaïta. Il publia de nombreux opuscules et des articles puis il se convertit au catholicisme et fit des conférences. Il créa un mouvement chrétien indépendant, « Les Amitiés spirituelles ».

Papus est le pseudonyme du docteur Gérard Encausse (1865-1916). Il fut le fondateur de l’Ordre martiniste et écrivit de nombreux ouvrages consacrés aux hautes sciences dont le « Traité méthodique de science occulte ». Il fut le conseiller du tsar Nicolas II qu’il initia au martinisme. Il fut disciple de Monsieur Philippe, le mage de Lyon. L’Ordre kabbalistique de la rose-croix mena simultanément une action occulte en vue de préserver la civilisation judéo-chrétienne, et une action diffusante au cœur d’un public de profanes, mais curieux de sciences occultes. Grâce à la revue L’Initiation, la rose-croix kabbalistique réédita et analysa des classiques de l’art royal : Eliphas Lévi, Fabre d’Olivet, Swedenborg, Martinès de Pasqually, Louis-Claude de Saint Martin pour ne citer que les principaux.

Joséphin Peladan (1859-1918) avait été un des fondateurs de l’ordre de la rose-croix de Guaïta. Il se retourna contre Guaïta. Il s’attribua le hiéronyme de Sâr Merodak qu’il avait tenu par consécration « astrale » des mages de Chaldée. Il a laissé une abondante série de romans et d’essais groupés dans un Amphitéâtre des sciences mortes. Il quitta la rose-croix de Guaïta pour créer en 1890 la rose-croix esthétique. Parmi les dirigeants de ce nouvel ordre se trouvaient Elémit Bourges (1853-1915) et St Pol Roux. Bourges était membre fondateur de l’Académie Goncourt. Il avait publié La Nef qu’il mit 34 ans à écrire/ Saint Pol Roux, dit le Magnifique était l’auteur du livret de Louise que Charpentier mit en musique. Il fut proclamé par les surréalistes comme un de leur précurseurs. La Dame à la faux est son œuvre maîtresse.

Erik Satie fut disciple de Peladan. Peladan organisa, à la galerie Durand-Ruel, le Salon de la Rose-Croix qui fut un événement bien parisien. Après le schisme de Péladan, la rose-croix de Guaïta excommunia Péladan le 5/8/1891.

Bayard évoque l’ordre peu connu de la Fraternité hermétique de Louxor qui apparut à Boston vers 1880 et entra en lutte avec les groupes spirites se réclamant d’Allan Kardec puis avec les dirigeants de la Société Théosophique. Association très secrète, la Fraternité hermétique de Louxor existe toujours, compte peu d’adeptes et son état major réside actuellement à Zurich. Elle est puissamment hiérarchisée. Son enseignement oral ou par correspondance, est donné par degrés, et exige un intense travail personnel. La lecture et la méditation d’ouvrages recommandés constituent une propédeutique. Il y avait notamment Ghostland de Hardinge Britten traduit en français sous le titre « Au pays des esprits ». La Fraternité hermétique assurait son recrutement par l’astrologie. Le premier secrétaire général en fut l’Ecossais T.H. Bugoyne et le grand maître visible, un Etats-unien, Peter Davidson, que Papus nomme « l’un des plus remarquables parmi les adeptes occidentaux. Papus fut l’un des agents de cette société.

The Golden Dawn (l’Aube d’or) Pauwels et Bergier, dans le Matin des magiciens, ont révélé le rôle joué par la Golden Dawn. Ils démontrent que ce groupe ésotérique fut le « laboratoire où s’élaborèrent certaines des mutations essen

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Apocryphe de Jean : la Création

14 Octobre 2012 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

Ceci est l’enseignement du Sauveur et la révélation des mystères qui sont cachés dans le silence et de ceux qu’il avait enseignés à Jean son disciple.

Cela arriva pendant l’un de ces jours où Jean, frère de Jacques – les fils de Zébédée – était monté à Jérusalem. Alors qu’il était monté au Temple, un pharisien du nom d’Arimanias s’approcha de lui et lui dit : « Où est ton maître, celui que tu suivais ? » Jean lui dit : « Il est retourné dans le lieu d’où il était venu. » Le pharisien lui dit : « Ce nazôréen vous a entraînés dans l’erreur et vous a empli les oreilles de mensonges. Il a fermé vos cœurs et vous a détournés des traditions de vos pères. »

Lorsque j’entendis ces propos, je me détournai du Temple, me dirigeant vers la montagne, vers un lieu désert. J’étais très affligé en mon cœur et je disais : « Comment le Sauveur a-t-il donc été mandaté ? Pourquoi a-t-il été envoyé dans le monde par son Père qui l’a envoyé ? Qui est son Père ? Et de quelle nature est cet éon vers lequel nous irons ? » Que voulait il dire quand il nous a dit que cet éon où nous irons avait reçu l’empreinte de l’éon incorruptible, mais ne nous a pas instruits de ce dernier en nous disant de quelle nature il était ?

A cet instant, alors que je pensais à cela, les cieux s’ouvrirent, la création entière s’illumina d’une lumière apparue en dessous des cieux et le monde entier fut ébranlé. Je fus effrayé, et voici que je vis dans la lumière un jeune debout auprès de moi. Alors que je le regardais il devint semblable à un vieillard. Puis il changea son apparence devenant semblable à un serviteur. C’était une image ayant de multiples formes dans la lumière, dont les aspects se manifestaient mutuellement et dont l’aspect avait une triple forme.

Il me dit : « Jean, Jean, pourquoi doutes-tu ? Pourquoi as-tu peur ? Tu n’es pas étranger à cette image, n’est-ce pas ? – c’est ainsi, ne sois pas timide ! - Je suis avec vous en tout temps. Je suis le Père, je suis la Mère, je suis le Fils. Je suis sans souillure et sans mélange. Maintenant je suis venu pour t’instruire de ce qui est, de ce qui a été et de ce qui doit advenir, afin que tu connaisses les choses non-manifestées comme les choses manifestées et que je t’instruise au sujet de la race inébranlable de l’Homme parfait.
« Maintenant donc lève ton visage, afin que tu reçoives ce que je t’enseignerai aujourd’hui et que tu le présentes à tes compagnons spirituels qui font partie de la race inébranlable de l’Homme parfait. »
Alors moi, j’interrogeai afin de comprendre cela. Il me dit : « La monade est une monarchie qui n’a rien au dessus ; elle est le Dieu et Père de toute chose, l’Invisible qui est au dessus de tout, qui est dans l’Incorruptibilité, établi dans lalumière pure qu’aucun oeil ne peut regarder. Il est l’Esprit invisible.

« Il n’est pas convenable de le concevoir comme on conçoit les dieux ou en des termes similaires. Il est en effet plus qu’un dieu car nul n’existe au-dessus de lui, car nul ne le domine. Il n’existe pas non plus  en quelque chose qui lui soit inférieur,  puisque toutexiste en lui seul. Il est éternel puisqu’il n’a pas besoin de quoi que ce soit car il est absolument parfait.
5Il ne manque de quoi que ce soit qui puisse le rendre plus parfait. Il est au contraire totalement parfait en tout temps dans la lumière. Il est illimité car nul n’existe avant lui pour le limiter. Il est indistinct car nul n’existe avant lui pour lui imposer une distinction;  Il est incommensurable car nul n’a existé avant lui pour le mesurer. Il est invisible car nul ne l’a vu. Il est éternel, existant éternellement. Il est indicible, car nul ne peut l’appréhender et d’en parler. Il est innommable car nul n’existe avant lui pour lui donner un nom.

« Il est une lumière incommensurable sans mélange, sainte et pure. Il est l’indicible, parfaitdans son incorruptibilité. « Il n’est ni perfection, ni béatitude, ni divinité, mais il est bien supérieur à ces notions.Il n’est ni corporel ni incorporel, ni grand ni petit. Il n’existe pas de moyen qui permette de le quantifier ou le qualifier, car personne ne peut le connaître. Nul ne peut en effet le penser car il ne fait pas partie de ceux qui existent, mais leur est bien supérieur, non du fait de sa supériorité, mais en lui-même, son essence ne fait pas partie des éons ni du temps. Car si quelqu’un fait partie d’un éon c’est que d’autres ont préparé cet éon antérieurement pour lui. Il n’a pas été soumis à une division temporelle puisqu’il n’a rien reçu d’un autre, ce que l’on reçoit est un emprunt (fait à un autre). Or celui qui est premier n’existe pas de façon à recevoir de lui-même. Et c’est plutôt le dernier à regarder sa lumière dans l’expectative."

« Car la perfection est majestueuse. Il est le pur, esprit incommensurable. Il est éon, dispensateur d’éon, vie, dispensateur de vie bienheureux, dispensateur de béatitude, connaissance, dispensateur de connaissance, bien, dispensateur de bonté, miséricordieux, dispensateur de miséricorde et de salut, grâce, dispensateur de grâce, non parce qu’il possède mais parce qu’il donne la lumière incommensurable et incorruptible.

« Comment parlerais-jede lui avec toi ? Son Éon est indestructible, en quiétude et se reposant en silence lui qui  est préexistant à toute chose. Il est en effet la tête de tousles Éons et c’est lui qui leur donne consistance par sa bonté. Nous, nous ne connaissons de ces choses incompréhensibles ni ne comprenons de ces choses incommensurables que ce qui a été amené par lui, le Père. C’est lui seul qui nous a parlé. Lui l’Esprit se regarde lui même dans sa proprelumière qui l’entoure, c’est-à-dire la source d’eau vive, et il produit tous les éons. En toute forme, il conçoit sa propre image en la voyant dans la source de l’Esprit, en exprimant sa volonté par l’eau lumineuse qui se trouve dans la source de l’eau de lumière pure qui l’entoure.

« La source de l’esprit s’écoula, venant de l’eau vive de la lumière. Et il présida et irrigua tous les éons et des mondes. En toutes leurs formes il pensa sa propre ressemblance en la contemplant dans l’eau de lumière pure qui l’entoure. Et son unique-pensée devint réalité, se manifesta et se tint devant lui, dans le issue du flamboiement de la lumière. Elle est la première puissance celle qui a existé avant toutes ceux qu’elle a manifestés par sa pensée. Elle est la Pronoia de toutes choses, la lumière qui illumine, l’image de la lumière de l’Esprit .  Elle est la Puissance parfaitequi est l’image de l’invisible Esprit virginal et parfait. Elle est la première puissance, la gloire de Barbélô, gloire parfaite dans les éons, gloire de la manifestation. Elle rendit gloire à l’Esprit virginal et le loua car c’est de lui qu’elle avait été manifestée. Elle qui est la première Pensée, l’image de cet Esprit elle fut la matrice de tout car elle existe avant eux tous. Elle est la Mère-Père, l’Homme primordial, l’Esprit Saint, le triple mâle, la triple puissance, le triple nom androgyne, l’Éon éternel parmi les éons invisibles et la première à être sortie.

« Elle Pronoia demanda à l’invisible Esprit virginal, qui est Barbélô, que lui soit donnée la prescience. Et l’Esprit fit un signe d’assentiment. Lorsqu’il eut fait un signe d’assentiment, Prescience apparut et se tint auprès de Pronoia, — celle qui provient de la Pensée de l’invisible Esprit virginal — rendant gloire à cet Esprit et à sa puissance parfaite, Barbélô, par qui elle est venue à l’existence.

« A nouveau cette Puissance, Barbèlô, demanda que lui soit donnée l’incorruptibilité. Et il fit un signe d’assentiment. Lorsqu’il eut fait un signe d’assentiment, Incorruptibilité se manifesta. Elle se tenait auprès la pensée et de la Prescience, glorifiant l’Invisible et Barbèlô car c’est par son intervention qu’elle est venue à l’existence.

« Barbélô demanda alors que lui soit donnée la vie éternelle et l’invisible Esprit fit un signe d’assentiment. Alors, du fait de son signe d’assentiment, Vie-éternelle se révéla et, se tenant     toutes debout, elles rendirent gloire à l’invisible Esprit ainsi qu’à Barbélô, par l’intervention de qui elles étaient venues à l’existence.

« Et elle demanda encore que lui soit donnée la verité Et l’invisible Esprit ayant fait un signe d’assentiment, Vérité se révéla. Alors elles se tiNrent toutes debout et rendirent gloire à l’Esprit invisible et Barbélô par l’intervention de qui Véritéétait venue à l’existence.

« Telle est la pentade des éons du Père, qui s’identifie à l’Homme primordial, image de l’Invisible Esprit. Elle est Pronoia, c’est-à-dire Barbélô, ainsi que la Prescience, l’Incorruptibilité, la Vie-éternelle et la Vérité. Telle est la pentade des éons androgynes qui constitue la décade des éons, c’est-à-dire le Père.

« Et l’Esprit regarda vers Barbélô, par le biais de la lumière pure qui entoure l’invisible Esprit et dans son flamboiement. Et elle conçut de lui et il donna naissance à une étincelle de lumière, à l’image de la lumière bienheureuse, mais ne lui étant paségale en grandeur. C’est le premier né de Mére-Père qui a été manifesté, lui qui est son unique rejeton, le premier né du Père, la lumière pure.

« Alors l’invisible Esprit virginal se réjouit de ce que la lumière était venue à l’existence, de ce qu’elle avait commencé à être manifestée par la première puissance, sa Pronoia, Barbélô. Et il oignit le premier né de sa Bonté/Messianité pour qu’il devienne parfait, pour qu’il n’ait aucune déficience de Bonté/Messianité puisqu’il a été oint de la Bonté/Messianité de l’invisible Esprit. Et le premier né se tint en présence de l’Esprit pendant que celui-ci versait sur lui sa bonté. Et aussitôt qu’il eut reçu de l’Esprit cette bonté il rendit gloire à l’Esprit Saint et à la Pronoia parfaite { } par qui il avait été manifesté.

« Et le premier nédemanda que lui soit donné un partenaire, l’intellect. L’invisible Esprit fit un signe d’assentiment et, lorsqu’il eut fait un signe d’assentiment, l’Intellect se manifesta et se tint auprès du bon/Christ, glorifiant celui-ci ainsi que Barbélô. Toutes les œuvres qui précèdent ont été produites en silence et (par) la Pensée.

« Alors le Christvoulut, par la parole de l’invisible Esprit, créer une ouvre. Et sa Volonté devint une ouvre et se manifesta avec Intellect, et la lumière le glorifiait. Et la parole suivit la Volonté, car c’est par la parole que le Christ, le Dieu autogène, a créé toute chose. Quant à Vie-éternelle et Volonté d’une part et Intellect et Prescience d’autre part ils se tinrent là glorifiant l’invisible Esprit et Barbélô car c’est d’elle qu’ils sont issus.

« L’Esprit Saint conféra donc la perfection au Dieu autogène, qui est son Fils et (celui de) Barbélô, pour qu’il se tienne en présence du grand et invisible Esprit virginal, lui le Dieu autogène, le Christ, lui qui a été honoré par l’esprit d’une voix forte. Il a été manifesté par Pronoia. Et l’invisible Esprit virginal a établi le Dieu autogène au dessus de toute chose. Et il lui a soumis toute autorité, ainsi que la vérité qui est en lui, afin qu’il pense toute chose lui qui a été nommé d’un nom qui est au dessus de tout nom. Ce nom en effet sera dit à ceux qui en sont dignes.

« C’est en effet de la lumière qu’est le Christ et l’Incorruptibilité, par le don de l’Esprit, que les quatre luminaires apparurent du Dieu autogène. L’Esprit les a désignés pour assister le Fils .La triade est composée de Volonté, Pensée et Vie. La quadruple puissance, quant à elle, est composée de Compréhension, Grâce, Perception et Intelligence. Grâce est auprès de l’éon du luminaire Armozel, qui est le premier ange. Avec cet éon d’Armozel se trouvent trois autres éons : Grâce,
Vérité, et Forme. Le deuxième luminaire, Oriael, est celui qui a été établi sur le deuxième éon. Avec lui sont trois autres éons : Conception, Perception et Mémoire. Le troisième luminaire est Daveïthaï, celui qui a été établi sur le troisième éon. Avec lui se trouvent trois autres éons : Compréhension, Amour et Apparence. Quant au quatrième éon, il a été établi sur le quatrième luminaire, Éléleth. Avec lui se trouvent trois autres éons : Perfection, Paix et Sagesse. Tels sont les quatre luminaires qui assistent le Dieu autogène. Tels sont les douze éons qui assistent le Fils, le grand Christ autogène, par la volonté et le don de l’Esprit invisible. Ces douze éons appartiennent au Fils d’autogènes et c’est par la volonté de l’Esprit Saint que toutes choses ont été établies à travers les Autogènes.

« C’est de la Prescience de l’Intellect parfait, par la manifestation de la volonté de l’invisible Esprit ainsi que la volonté de l’Autogène, (que proviennent) l’Homme parfait, premier manifesté, et la Vérité. C’est lui que l’Esprit virginal a nommé : Pigéra-Adamas. L’Esprit l’établit sur le premier éon avec le grand Christ autogène, auprès du premier luminaire Armozel et des puissances qui sont avec lui. Et l’invisible Esprit lui donna une puissance intellectuelle invincible. Et il parla, et glorifia et bénit l’invisible Esprit en disant : « C’est à cause de toi que tout a existé et tout retournera vers toi. Je te bénirai donc et te glorifierai, toi, ainsi que l’Autogène et les éons, toi qui est Triade, Père, Mère, Fils, la Puissance parfaite. »

« Et l’Homme parfait installa son fils Seth sur le deuxième éon près du deuxième luminaire Oroïel. Dans le troisième éon fut ensuite installée la semence de Seth près du troisième luminaire Daveïthaï. Là furent installées les âmes des saints. Dans le quatrième éon enfin furent installées les âmes de ceux qui sont ignorants du plérôme et n’ont pas été prompts à se repentir mais sont restés temporairement dans cet état puis se sont repentis. Ces âmesont été installées auprès du quatrième luminaire Éléleth. Ce sont des créatures qui rendent gloire à l’invisible Esprit.

« Donc, Sophia d’Épinoia, étant un éon, conçut une pensée issue d’elle-même ainsi que de la réflexion de l’invisible Esprit et dePrescience. Elle voulut manifester une ressemblance hors d’elle-même sans que se soit exprimé le bon vouloir de l’Esprit — il n’avait pas donné son accord — et sans son conjoint ni même l’assentiment de ce dernier. Comme la face de sa masculinité n’avait pas donné son consentement, comme elle n’avait pas trouvé son partenaire, elle fit un signe d’assentiment sans le bon vouloir de l’Esprit et sans que son partenaire n’en ait eu connaissance. Elle sortit à cause de la force irrésistible qui est en elle. Sa réflexion ne fut pas improductive. Et apparut hors d’elle une œuvre imparfaite et différente de sa propre forme parce qu’elle l’avait faite sans son conjoint ; cette œuvreétait non conforme à l’aspect de sa mère car elle avait une autre forme.

« Lorsque Sophia vit que l’œuvre qu’avait produitson désir, avait pris l’apparence contrefaite d’un serpent à face de lion et que ses yeux, ressemblaient aux feux flamboyants qui illuminent, elle la chassa loin d’elle, hors de ces lieux, afin qu’aucun des immortels ne la voit, car elle l’avait faite dans un état d’ignorance. Et elle l’entoura d’une nuée lumineuse et plaça un trône au milieu de la nuée afin que nul ne la voie, excepté l’Esprit Saint que l’on nomme “Mère des vivants”.
Et elle lui donna le nom de Yaltabaôth. Il est le Premier Archonte, celui qui a pris une grande puissance à sa mère.

« Puis il s’écarta d’elle et s’éloigna des lieux où il avait été enfanté. Il s’empara d’autres lieux et se créa d’autres éons flamboyant d’un feu lumineux, ce qui existe encore maintenant. Et il s’unit à sa propre déraison et engendra pour lui-même des autorités. Le nom de la première est Athôth, que les générations appellent.[ . . . ]. La deuxième est Harmas, c’est-à-dire “[l'oil] de la jalousie”. La troisième est Kalila Oumbri. La quatrième est Yabêl. La cinquième est Adônaïou que l’on nomme aussi Sabaôth. La sixième est Kaïn, que les générations des hommes appellent le Soleil. La septième est Abel. La huitième est Abriséné. La neuvième est Yôbêl. La dixième est Armoupiéêl. La onzième est Melkheiradôneïn. La douzième est Bélias, c’est-à-dire le préposé au gouffre infernal. Et le Premier Archonteétablit sept rois, un par firmament du ciel, sur les sept cieux et cinq sur le gouffre de l’abîme, pour y régner. Et il répartit sur eux de son feu, mais n’envoya pas sur eux une part de la puissance lumineuse qu’il avait prise à sa mère.

« Il est une obscurité ignorante, aussi lorsque la lumière s’est mélangée à l’obscurité, elle a illuminé l’obscurité. Mais l’obscurité se mélangeant à la lumière, a assombri la lumière. Et le Premier Archonte ne fut plus ni lumière ni obscurité, mais il fut affaibli.

« Cet Archonte affaibli possède trois noms : son premier nom est Yaltabaôth, le deuxième Saklas, le troisième Samael. Il est impie du fait de la folie qui l’habite. Il a en effet dit : « Je suis Dieu et il n’existe pas d’autre dieu à côté de moi ! », car il est ignorant de son origine, du lieu d’où il est venu.

« Et les douze archontes créèrent pour eux-mêmes sept puissances et ces puissances créèrent pour elles-mêmes
anges chacune, jusqu’à atteindre trois cent soixante-cinq anges. Voici les corps associés aux noms. Le premier est Athôth, il a une face de mouton. Le deuxième est Élôaïou, il a une face d’âne. Le troisième est Astaphaïos, il a une fa[ce de hyè]ne. Le quatrième est Yaô, il a une fa[ce de drago]n à sept têtes. Le cinquième est Sabaôth, il a une face de dragon. Le sixième est Adônin, il a une face de singe. Le septième est Sabbédé, il a une face de feu lumineux. Telle est l’hebdomade du Sabbaton.

« Yaltabaôth possède en effet de multiples visages en plus de tous ceux énumérées précédemment de sorte qu’il peut imposer une apparence spécifique à eux tous, selon son bon plaisir. Étant au milieu des Séraphins, il a partagé avec eux son feu. C’est pour cette raison qu’il a été pour eux Seigneur, à cause de la puissance de la gloire qui lui vient de la lumière de sa Mère. C’est pour cette raison qu’il s’est lui-même proclamé Dieu, désobéissant ainsi au lieu d’où il était venu. Et Yaltabaôth unit aux puissances qui sont avec lui sept autorités issues de sa pensée. Et par sa parole cette pensée exista. Et il donna un nom à chaque autorité. Il commença par le haut. Le premier nom est Messianité auprès de la première autorité Athôth ; le deuxième est Pronoia, auprès de la deuxième, Élôaiô ; le troisième est Divinité, auprès de la troisième, Astraphaiô ; le quatrième est Seigneurie, auprès de la quatrième, Yaô ; le cinquième est Royauté, auprès de la cinquième, Sanbaôth ; le sixième est Jalousie, auprès de la sixième, Adônein ; le septième est Sagesse auprès de la septième, Sabbateôn. Celles-là possèdent un firmament par ciel. Ces noms leur ont été donnés d’après la gloire des cieux en vue de la destruction de ces autorités. Alors que les noms qui leur ont été donnés par leur Engendreur en chef leur procurent autorité, les noms qui leur ont été donnés d’après la gloire des cieux sont pour elles cause de destruction et de réduction à l’impuissance. Ainsi donc, elles possèdent deux noms.

« Yaltabaôth a donc organisé pour lui-même toutes choses d’après la ressemblance des éons primordiaux qui avaient existé auparavant de sorte qu’il a créé ces choses selon l’aspect des êtres immortels, non qu’il ait lui-même contemplé les immortels, mais parce que la puissance qui est en lui, celle qu’il a dérobée à sa mère, a enfanté en lui l’image de la mise en ordre du monde.Alors, voyant la création qui l’entoure ainsi que la foule des anges qui sont autour de lui et qui sont issus de lui, Yaltabaôth leur dit : “Moi, je suis un Dieu jaloux et il n’existe pas d’autre dieu en dehors de moi !” Mais en déclarant cela il signifie aux anges qui sont auprès de lui qu’il existe un autre dieu car si aucun autre n’existait, de qui serait-il jaloux ?

« La Mère commença alors à aller et venir. Elle avait perçu
déficience lorsque l’éclat de sa lumière avait diminué. Et elle s’assombrit parce que son conjoint n’avait pas parlé d’une seule voix avec elle. »

Et moi Jean de dire : « Seigneur ! Que signifie “aller et venir ?” » Lui alors rit et dit « Ne pense pas que ce soit, comme l’a dit Moïse, qu’elle allait et venait au dessus des eaux. Non ! Mais lorsqu’elle vit le mal qui était arrivé et la nature du larcin que lui avait dérobé son fils, elle se repentit. Alors un oubli s’empara d’elle dans les ténèbres de l’ignorance et elle commença à manifester de la honte. Mais elle ne voulait pas revenir et elle en était en mouvement. Ce mouvement c’est le va et vient.

« L’impudent Archonte déroba donc une puissance à sa mère. Mais il était ignorant, et pensait que nul autre n’existait si ce n’est sa mère seule. Voyant donc la foule des anges qu’il avait créés il s’exalta au-dessus d’eux.

« Mais lorsque la mère comprit que l’
des ténèbres était imparfait, elle comprit du même coup que son conjoint n’avait pas parlé d’une seule voix avec elle. Elle se repentit, versant d’abondantes larmes. Et la prière de sa repentance fut entendue. Et le plérôme tout entier de l’invisible Esprit virginal intercéda en sa faveur. , l’Esprit Saint répandit sur elle ce qui provient du plérôme tout entier. En effet, ce n’est pas son conjoint qui est venu vers elle mais vint alors vers elle  ce qui provient du plérôme afin de redresser sa déficience. Et elle fut enlevée non pas jusqu’à son propre éon mais au-dessus de son fils, de sorte qu’elle est dans le neuvième éon, jusqu’à ce qu’elle ait redressé sa déficience.

« Et une voix sortit de l’éon céleste supérieur disant “L’Homme existe ainsi que le fils de l’Homme”. Le Premier Archonte Yaltabaôth l’entendit et pensa que cette voix provenait de sa mère et ne comprit pas d’où elle était venue. Alors le Mère-Père saint et parfait, Pronoia parfaite, image de cet Invisible qu’est le Père de tout par qui tout a existé et qui est l’Homme primordial, les instruisit en manifestant son apparence sous une forme humaine.


« Alors l’éon tout entier du Premier Archonte trembla et les fondements de l’abîme furent agités et depuis les eaux qui se trouvent au dessus de la matière, la partie inférieure fut illuminée par la manifestation de l’image de cet Homme primordial qui s’était manifestée. Et lorsque toutes les autorités et le Premier Archonte regardèrent, ils virent que la totalité de la partie inférieure avait été illuminée et, grâce à la lumière, ils virent dans l’eau la figure de l’image.

« Et Yaltabaôth dit aux autorités qui sont auprès de lui : “Allons, créons un homme à l’image de Dieu et à notre ressemblance afin que l’image de celui-ci devienne pour nous lumière”. Et elles  le créèrent à partir de leurs puissances respectives en fonction des caractéristiques qui leur avaient été données. Et chacune des autorités plaça en lui une caractéristique conçue d’après la figure de l’image qui leur était apparue, d’après sa figure psychique. Yaltabaôth ? créa une hypostase à la ressemblance du premier Homme parfait. Et lui et ses autorités dirent : “Nommons-le Adam afin que son nom devienne pour nous une puissance lumineuse.”

« Et les puissances commencèrent à le créer.La première, Bonté, créa une âme d’os. La deuxième, Pronoia, créa une âme de nerf. La troisième, Divinité, créa une âme de chair. La quatrième, Seigneurie, créa une âme de moelle. La cinquième, Royauté, créa une âme de sang. La sixième, Jalousie, créa une âme de peau. La septième, Intelligence, créa une âme de cheveu. Alors la foule des anges se tint près de lui. Et Ils reçurent des autorités les sept supports de l’âme afin de faire l’assemblage des membres et l’assemblage du tronc ainsi que l’arrangement ordonné de chacun des membres.

« Le premier commença par créer la tête. Eteraphaôpe Abron créa son sommet ; Mêniggesstrôêth créa le cerveau ; Asterekhmên, l’oil droit ; Thaspomokham, l’oil gauche. Iéronumos, l’oreille droite ; Bissoum, l’oreille gauche ; Akiôreim, le nez ; 16 Banên Ephroum, les lèvres ; Amên, les dents ; Ibikan, les molaires ; Basiliadêmê, les amygdales ; Akhkha, la luette. Adaban (créa) le cou ; Khaaman, la colonne vertébrale ; Dearkhô, la gorge ; Têbar, l’épaule droite ; N[ . . . . . ] l’épaule gauche ; Mniarkhôn, le coude droit ; [ . . . ]e le coude gauche ; Abitriôn, l’avant-bras droit ; Euanthên, l’avant-bras gauche ; Krus, la main droite ; Bêluai, la main gauche ; Trêneu, les doigts de la main droite ; Balbêl, les doigts de la main gauche ; Krima, les ongles des mains ; Astrôps, le sein droit ; Barrôph, le sein gauche ; Baoum, l’aisselle droite ; Ararim, l’aisselle gauche ; Arekh, le ventre ; Phthauê, le nombril ; Sênaphim, l’abdomen ; Arakhethôpi, les côtes droites ; Zabedô, les côtes gauches ; Barias, la hanche droite ; Phnouth, la hanche gauche . Abênlenarkhei créa la moelle ; Khnoumeninorin, les os ; Gêsole, l’estomac ; Agromauma, le cour ; Banô, le poumon ; Sôstrapal, le foie ; Anêsimalar, la rate ; Thôpithrô, les intestins ; Biblô, les reins ; Roerôr, les nerfs ; Taphreô, l’épine dorsale du corps ; Ipouspobôba, les veines ; Bineborin, les artères ; Aatoimenpsêphei [ ]. À eux sont les souffles qui sont dans tous les membres. Enthollei créa la chair tout entière ; Bedouk la fesse droite ; Arabêei, la : < . . . . . . . > le pénis ; Eilô, les testicules ; Sôrma, les parties honteuses ; Gormakaiokhlabar, la cuisse droite ; Nebrith, la cuisse gauche ; Psêrêm, le rein (?) {de la jambe} droit ; Asaklas, le rein (?) gauche ; Ormaôth, la jambe droite ; Emêmun, la jambe gauche ; Knux, le tibia droit ; Tupêlon, le tibia gauche ; Akhiêl, le genou droit ; Phnêmê, le genou gauche ; Phiouthrom, le pied droit ; Boabel, ses orteils ; Trakhoun, le pied gauche ; Phikna, ses orteils ; Miamai, les ongles du pied ; Labernioum [ ].

« Quant à ceux qui ont été institués sur tous ceux-là ils sont sept : Athôth, Armas, Kalila, Yabêl, Sabaôth, Kaïn, Abel. Ceux qui agissent de façon spécifique dans les membres sont : dans la tête, Diolimodraza ; dans le cou, Yammeax ; dans l’épaule droite, Yakouib ; dans l’épaule gauche, Ouertôn ; dans la main droite, Oudidi ; dans la gauche, Arbao ; dans les doigts de la main droite, Lampnô ; dans les doigts de la main gauche, Lêekaphar ; dans le sein droit, Barbar ; dans le sein gauche, Imaê ; dans la poitrine, Pisandiaptês ; dans l’aisselle droite, Koadê ; dans l’aisselle gauche, Odeôr ; dans les côtes droites, Asphixix ; dans les côtes gauches, Sunogkhouta ; dans le ventre, Arouph ; dans la matrice, Sabalô ; dans la cuisse droite, Kharkharb ; dans la cuisse gauche, Khthaôn ; dans toutes les parties honteuses, Bathinôth ; dans la jambe droite, Khoux ; dans la jambe gauche, Kharkha ; dans le tibia droit, Aroêr ; dans le tibia gauche, Tôekhtha ; dans le genou droit, Aôl ; dans le genou gauche, Kharanêr ; dans le pied droit, Bastan ; dans ses orteilles, Arkhentekhtha ; dans le pied gauche, Marephnounth ; dans ses orteils, Abrana.

« Les sept qui ont pouvoir sur tous ceux-là sont : Mikhaêl, Ouriêl, Asmenedas, Saphasatoêl, Aarmouriam, Rikhram, Amiôrps. Celui qui est préposé aux sensations est Arkhendekta ; le préposé à la perception, Deitharbathas ; le préposé à l’imagination, Oummaa ; le préposé à l’assentiment, Aakhiaram, et le préposé à toute impulsion, Riaramnajhô."


« La source des démons qui habitent le corps entier se compose de quatre principes : chaud, froid, humide et sec. Leur mère à tous est la matière. Celui qui gouverne sur le chaud est Phloxopha ; celui qui gouverne sur le froid, Oroorrothos ; celui qui gouverne sur le sec, Erimaxô et celui qui gouverne sur l’humide, Athurô. La mère de tous ceux-là, Onorthokhras, se tient au milieu d’eux ; elle est illimitée et se mélange avec eux tous ; et elle est véritablement la matière car c’est par elle qu’ils sont nourris.

« Les quatre chefs des démons sont Ephememphi, affecté au plaisir, Yôkô, au désir, Nenentôphni, à la peine et Blaomên à la crainte. Leur mère à tous est Esthêsis-oukh-epiptoê. De ces quatre démons proviennent des passions. De la peine, proviennent envie, jalousie, douleur, ennui, rivalité, insensibilité, anxiété, souci, affliction, etc. Du plaisir proviennent de nombreux vices ainsi que la vanité et ce qui y ressemble. Du désir proviennent colère, irritation, am[ertume], passion amère et insatisfaction, et ce qui y ressemble. De la crainte proviennent terreur, perplexité, angoisse et honte. Toutes ces passions sont aussi bien utiles que nuisibles. Quant à la notion qui résume leur réalité, c’est Anarô, la tête de l’âme matérielle, car elle se trouve avec les 7 sens, Esthêsis-oukh-epiptoê.

« Voici le nombre des anges : au total ils sont trois cent soixante cinq. Tous ouvrèrent au corps psychique et matériel jusqu’à ce qu’ils l’aient achevé membre par membre. Il existe en effet d’autres anges affectés chacun à une passion supplémentaire dont je ne t’ai pas parlé. Si cependant tu désires les connaître, c’est écrit dans le livre de Zoroastre. Tous ces anges et démons ouvrèrent donc jusqu’à ce qu’ils aient mis en ordre le corps psychique. Et leur œuvre demeura totalement inactive et immobile pendant longtemps.

« Lorsque la Mère voulut reprendre la puissance qu’elle avait donnée au Premier Archonte, elle adressa une supplique au Mère-Père de toute chose dont la miséricorde est grande. Il envoya cinq illuminateurs, par décision sainte, sur le lieu des anges du Premier Archonte. Ces illuminateurs le conseillèrent dans le but d’extirper la puissance de la Mère et dirent à Yaltabaôth : “Souffle dans son visage de l’Esprit qui est tien et son corps se mettra debout !” Et il souffla dans son visage son esprit — c’est-à-dire la puissance de sa Mère — mais ne comprit pas la portée de son geste car il est ignorant. Alors la puissance de la Mère passa de Yaltabaôth au corps psychique qui avait été fabriqué à la ressemblance de celui qui existe depuis le commencement. Ce corps psychique se mut, acquit puissance et fut lumineux.

« À ce moment, les autres puissances devinrent jalouses de Yaltabaôth car c’était aussi par elles toutes que l’homme avait existé ; elles lui donnèrent leur puissance et son intelligence devint alors supérieure à celle de ses créateurs et supérieure à celle du premier Archonte. Lorsque l’Archonte et ses puissances comprirent qu’il était lumineux, qu’il leur était supérieur par la pensée et qu’il s’était dépouillé du mal, ils le prirent et le chassèrent vers la partie la plus basse de toute la matière.

« Alors, le bienheureux Mère-Père, bienfaisant et compatissant, manifesta sa compassion envers cette puissance de la Mère qui avait été soustraite au premier Archonte car ses puissances    exercent encore leur pouvoir sur le corps psychique et sensible. Le Père-Mère envoya alors, par l’intermédiaire de son Esprit bienfaisant et plein de pitié, comme aide pour Adam, Épinoia de lumière celle qui provient du Père-Mère et que l’on a nommée “Vie”. C’est elle qui porte secours à la création entière, qui peine avec lui Adam et le restaure dans sa perfection, qui l’instruit de la descente de sa semence en l’instruisant du chemin du retour, chemin par lequel il est descendu. Et Épinoia de la lumière est cachée en Adam pour que les archontes ne perçoivent pas sa présencemais aussi pour qu’Épinoia devienne l’agent du redressement de la déficience de la Mère.

« Alors l’Homme devint visible à cause de l’ombre de la lumière qui est en lui. Et sa pensée fut supérieure à celle detous ses créateurs. Lorsqu’ils regardèrent, ils virent que sa pensée était supérieure. Et ils tinrent conseil avec toute l’armée archontique et angélique. Ils prirent du feu, de la terre et de l’eau, les mélangèrent ensemble avec les quatre vents de feu, les associèrent ensemble et provoquèrent une grande confusion. Et ils entraînèrent Adamà l’ombre de la mort afin de remodeler à partir de la terre, de l’eau, du feu et du souffle, celui qui provient de la matière, c’est-à-dire de l’ignorance ténébreuse, du désir et de leur esprit contrefait. Voilà ce qu’est le tombeau du remodelage du corps ! Ce que les brigands ont imposé à l’homme, c’est le lien de l’oubli ; et celui-ci est devenu un homme mortel. Telle est la descente primordiale et la séparation primordiale ! Mais Épinoia de la lumière qui est en lui, c’est elle qui éveillera sa pensée !

« Et les archontes le prirent. Ils le placèrent dans le Paradis et lui dirent : “Mange !” c’est-à-dire : “mange dans l’oisiveté !” Car, assurément, leurs délices sont amères et leur beauté perverse. Leurs délices sont tromperie et leurs arbres, impiété. Leur fruit est un poison qui n’apporte pas la guérison et leur promesse est mort. C’est l’arbre de leur vie qu’ils ont placé au milieu du paradis.

« Mais moi, je vous enseignerai quel est le mystère de leur vie, c’est-à-dire le projet qu’ils ont fait ensemble de fabriquerla ressemblance de leur esprit. Cet arbre est celui dont la racine est amère et dont les branches sont mort. Son ombre est haine et il y a de la tromperie dans ses feuilles. Sa fleur est l’onction de la perversité et son fruit la mort. Sa semence est désir et fleurit dans l’obscurité. Ceux qui goûtent à cet arbre leur lieu de séjour est l’Hadès et l’obscurité leur lieu de repos.

« Quant à celui qu’ils ont appelé “l’arbre de connaissance du bien et
5du mal”, c’est Épinoia de la Lumière, celle qu’ils ont bannie de la présence de l’hommeafin qu’il ne regarde pas en haut vers sa plénitude et ne connaisse pas la nudité de sa honte. Mais c’est Moi qui les ai redressés pour qu’ils mangent. »

Je dis alors au Sauveur : « Seigneur ! N’est-ce pas le serpent qui a enseigné à Adam à manger ? » Le Sauveur sourit et dit : « Le serpent leur a seulement enseigné à manger, par vice, le désir de procréation et de corruption, afin que l’hommelui soit utile. Et le Premier Archontesut qu’Adam lui désobéissait à cause de la lumière d’Épinoia qui est en lui et qui rend sa pensée supérieure à celle du Premier Archonte. Alors l’archonte voulut reprendre la puissance qu’il lui avait donnéeen la prélevantsur lui-même. Et il amena un oubli sur Adam. »

Et je dis au Sauveur : « Qu’est-ce que l’oubli ? » Alors il me dit : « Ce n’est pas à comprendrecomme Moïse l’avait écrit et comme tu l’as entendu — Il a en effet dit dans son premier livre : “Il le fit dormir” — mais c’est à comprendre de ses perceptions. Car l’Archonte a également dit par l’intermédiaire du prophète : “J’appesantirai leurs cœurs pour qu’ils ne comprennent ni ne voient” (Is 6:10).

« Épinoia de la lumière se cacha alors en lui Adam et le Premier Archonte voulut l’en faire sortir au moyen de la côte d’Adam. Mais comme Épinoia de la lumière est un être insaisissable, l’obscurité qui la poursuivait ne la saisit pas. Alors le Premier Archonte fit sortir d’ Adam une partie de sa puissance et créa un autre modelage, en forme de femme, à la ressemblance d’Épinoia qui s’était manifestée à lui. Et il plaça dans le modelage féminin la partie qu’il avait soustraite à la puissance de l’homme et non pas comme l’a dit Moïse : “la côte de celui-ci”.


« Et il Adam vit la femme à ses côtés. À ce moment, Épinoia de la lumière se manifesta afin de retirer le voile qu’il avait sur le cœur et il fut dégrisé de l’ivresse de l’obscurité. Et il connut sa co-essence. Et il dit : “C’est maintenant un os de mes os et de la chair de ma chair !”. C’est pourquoi, l’homme quittera son Père et sa Mère et s’unira à sa femme, et ils deviendront, eux deux, une chair unique parce que le conjoint d’Adam ?) lui sera envoyé et qu’il quittera son père et sa mère. {}.

« Quant à notre sœur Sophia, elle est celle qui est descendue en innocence afin de corriger sa propre déficience. C’est pour cela qu’on l’a appelée “Vie”, c’est-à-dire “la mère des Vivants”. Par     décision de la Pronoia de la Souveraineté céleste et par l’intervention de celle-ci, ils goûtèrent la connaissance parfaite. Moi, le Sauveur je me suis manifesté sous l’aspect d’un aigle, au-dessus de l’arbre de la connaissance — c’est-à-dire au-dessus de l’Épinoia venue de Pronoia, la lumière pure, — afin de les instruire et de les éveiller de leur profond sommeil, car ils étaient tous les deux dans un état de déchéance. Ils Adam et sa femmeprirent conscience de leur nudité. Et Épinoia qui est lumière se manifesta à eux pour éveiller leur pensée.

« Lorsque Yaltabaôth comprit que l’homme et la femmes’écartaient de lui, il maudit sa terre. Il trouva la femme se préparant pour son époux, car il était son maître, mais sans connaître le mystère qui s’était produit par décision sainte. Mais eux eurent peur de le blâmer. Alors il révéla à ses anges l’ignorance qui est sienne et chassa l’homme et la femmedu paradis et les revêtit d’épaisses ténèbres. Et le Premier Archonte vit la vierge qui se tenait avec Adam, et vit aussi qu’Épinoia, la lumière vivante, se manifestait en elle. Alors Yaltabaôth fut rempli d’ignorance. Mais lorsque la Pronoia de toute chose eut connaissance de cela, elle envoya des angeset il arrachèrent Vie hors d’Ève.

« Et le Premier Archonte souilla cette dernière.Il engendra d’elle deux fils, le premier et le second : Eloïm et Yaoué. Eloïm est à visage d’ours et Yaoué à visage de chat. L’un est juste, l’autre est injuste. Yaoué est juste et Eloïm injuste. Le Premier Archonte établit Yaoué sur le feu et le vent et établit Eloïm sur l’eau et la terre. À ceux-là il donna les noms que voici : Caïn et Abel, montrant ainsi sa fourberie.

« Jusqu’à aujourd’hui l’union sexuelle instituée par le Premier Archonte a duré. Il a semé un désir de procréation dans la compagned’Adam. Il a ainsi produit, par le biais de l’union sexuelle, l’engendrement de l’image corporelle et a placé les hommes sous l’influence de son esprit contrefait.

« Quant aux deux archontes Yaoué et Eloïm il les a établis sur les éléments afin qu’ils gouvernent sur le tombeau. Lorsque Adam eut connu l’image de sa propre prescience, il engendra l’image du fils de l’homme et la nomma : “Seth”. À la manière de la génération qui est dans les éons, l’autre Mère envoya en bas son Esprit qui est l’image qui lui ressemble et une copie de ce qui est dans le plérôme, de façon à préparer un lieu d’habitation pour les éons qui descendront. Et (cet Esprit) fit boire aux hommes une eau d’oubli en provenance du Premier Archonte, afin qu’ils ne sachent plus qu’elle est leur origine. Et telle fut la situation de la semence que cet Esprit assiste pour un temps afin que lorsque viendra l’Esprit en provenance des éons saints, il restaure cette semence et la guérisse de la déficience afin que le plérôme entier (re)devienne saint et sans déficience. »

Je dis alors au Sauveur : « Seigneur ! Toutes les âmes seront donc sauvées dans la lumière pure ? » Il répondit et me dit : « Grandes sont les choses auxquelles ta pensée a eu accès, car il est difficile de les révéler à d’autres qu’à ceux qui appartiennent à la race inébranlable. Ces âmes sur qui l’Esprit de vie viendra et demeurera avec le puissance seront sauvées et deviendront parfaites et seront dignes des grandeurs. Et elles seront purifiées dans ce lieu de tout mal et des soucis de la perversité, car elles ne se soucient de rien d’autre que de l’incorruptibilité seule, s’occupant de celle-ci depuis ici bas sans colère, ni jalousie, ni crainte, ni désir, ni aucun besoin. Elles n’étaient affectées par aucune de ces passions  mais seulement par la condition charnelle qu’elles supportent, en guettant le moment où elles seront accueillies par les receveurs. Agissantainsi, celles-ci sont dignes de la vie incorruptible etéternelle et de l’appel. Elles endurent tout, supportent tout pour mener à sa perfection le combat et hériter de la vie éternelle. »


Je lui dis : « Seigneur ! Les âmes qui n’ont pas fait cela, mais sur qui la puissance et l’Esprit de vie sont descendus, seront-elles rejetées ? » Il répondit et me dit : « Si l’Esprit est descendu sur elles, en tout état de cause elles seront sauvées et changeront de lieu .La puissance descend en effet sur tout homme car sans elle personne ne pourrait se tenir debout. C’est après que les hommesont été engendrés que l’Esprit de vie croît et que la puissance vient et fortifie cette âme et rien ne peut l’égarer dans les oeuvres de perversité. (Au contraire) celles sur qui descend l’Esprit contrefait sont attirées par celui-ci et tombent dans l’erreur. »

Je dis : « Seigneur ! Les âmes de ceux-ci, lorsqu’elles sortiront de leur chair, où iront-elles ? » Mais lui, rit et me dit : « L’âme en qui la puissance deviendra plus forte que l’Esprit contrefait, celle-là est vigoureuse et fuit la perversité ; elle est alors sauvée par la visite incorruptible et accède au repos des éons. »

Je dis alors : « Seigneur ! Alors, ceux qui n’ont pas su à qui ils appartenaient, où seront leurs âmes ? » Il me dit : « Un Esprit contrefait a fait pression sur ceux-ci quand ils sont tombés dans l’erreur et il accable l’âme, l’oriente vers les œuvres perverses et la précipite dans l’oubli. Et après qu’elle est sortie du corps elle est livrée aux autorités qui relèvent de l’Archonte et ces autorités l’attachent avec des liens et la jettent dans la prison. Alors ces autorités tournent avec elle jusqu’à ce qu’elle s’éveille de l’oubli et acquiert la connaissance. Et atteignant de cette façon la perfection, elle est sauvée. »


Je dis alors : « Seigneur ! Comment l’âme peut-elle redevenir petite et retourner dans le sein de sa mère ou dans l’homme ? » À ma question, il se réjouit et me dit : « En vérité, tu es bienheureux car tu as compris ! Cette âme est destinée à suivre une autre âmequi a l’Esprit de vie en elle. Cette âme est sauvée par l’intervention decette autre etn’est pas jetée dans une autre chair. »

Je dis : « Seigneur ! Ceux qui ont accédé à la connaissance et s’en sont détournés, où iront leurs âmes ? » Alors il me dit : « Là où vont les anges de la pauvreté, c’est dans ce lieu qu’ils seront conduits, un lieu où il n’y a pas de repentir. Et ils seront gardés en vue du jour où ils seront torturés. Ceux qui ont blasphémé l’Esprit seront châtiés d’un châtiment éternel. »

Je dis alors : « Seigneur ! D’où est venu l’Esprit contrefait ? » Il me dit alors : « Le Mère-Père riche en miséricorde, Esprit Saint présent en toutes formes, miséricordieux et compatissant envers vous, lui qui n`est autre que l’Épinoia de la Pronoia de lumière, fit se lever la semence de la race parfaite en même temps que sa Pensée et que la lumière éternelle de l’Homme. Lorsque le Premier Archonte comprit qu’ils lui étaient devenus supérieurs par l’éminence de leur sagesse et qu’ils le surpassaient en pensée, il voulut s’emparer de leur discernement, ignorant que c’est par la Pensée qu’ils lui sont supérieurs et qu’il sera incapable de s’emparer d’eux.

« Le Premier Archonte tint conseil avec ses autorités — qui sont ses puissances — et ils commirent ensemble un adultère avec Sophia. Et fut engendrée par eux une amère Fatalité qui est le dernier lien versatile et dont la nature est de faire osciller d’une chose à l’autre. Elle est si dure et si puissante que c’est à elle que les dieux, les anges, les démons et toutes les générations ont été associées, jusqu’à ce jour. C’est en effet de cette Fatalité qu’ont découlé toute faute, ainsi que l’injustice, le blasphème associé au lien de l’oubli, l’ignorance, tout précepte écrasant associé à ces transgressions écrasantes et à ces grandes frayeurs. Et c’est ainsi que toute la création a été rendue aveugle de sorte que les créatures ne connaissent pas le Dieu qui est supérieur à elles toutes. Et du fait du lien de l’oubli leurs péchés leur ont été cachés car ils ont été liés à des mesures, des temps et des moments, car cette Fatalitédomine sur toutes choses.

« Et le Premier Archonte se repentit de toute l’œuvre qu’il avait faite. Il tint à nouveau conseil afin d’envoyer un déluge sur la création de l’homme. Mais la grandeur de la lumière de Pronoia instruisit Noé qui l’annonça à la semence entière, c’est-à-dire aux fils des hommes. Mais ceux qui lui sont étrangers ne l’écoutèrent pas. Cela ne se passa pas comme Moïse l’a dit : “Ils se cachèrent dans une arche”(Gn 7:7), mais ils se cachèrent dans un lieu, pas seulement Noé, mais aussi de nombreux hommes de la race inébranlable. Ils allèrent vers un lieu et se cachèrent dans un nuage de lumière. Et (Noé) connut l’autorité de Pronoia et que celle qui provient de la lumière était avec lui, elle qui avait brillé pour eux parce que le Premier Archonte avait envoyé l’obscurité toute la terre.

« Puis le Premier Archonte tint conseil avec ses puissances. Il envoya ses anges vers les filles des hommes afin qu’ils prennent pour eux (certaines) d’entre elles et suscitent une semence pour leur satisfaction. Mais ils n’y parvinrent pas la première fois. N’y étant pas parvenus, ils se réunirent à nouveau tous ensemble pour tenir conseil une nouvelle fois et créèrent un Esprit contrefait à la ressemblance de l’Esprit qui était descendu, afin de souiller les âmes par son entremise. Alors les anges prirent l’apparence humaine de celles-ci, en prenant l’apparence de leurs conjoints, les remplissant de l’esprit de ténèbres qui avait été mélangé à eux-mêmes, ainsi que de perversité. Ils apportèrent de l’or, de l’argent, un présent, du bronze, du fer, du métal et toutes sortes de choses de ce genre. Et ils entraînèrent dans de grands soucis les hommes qui les avaient suivis, les égarant dans de multiples erreurs. Ils vieillirent sans connaître de repos. Ils moururent sans avoir atteint de vérité ni connu le Dieu de la Vérité et c’est ainsi que la création entière fut tenue en un esclavage perpétuel depuis la fondation du monde jusqu’à maintenant. Et ayant pris des épouses ils engendrèrent des fils issus de l’obscurité, à la ressemblance de leur Esprit et ils fermèrent leurs cœurs et les endurcirent de la dureté de l’Esprit contrefait, jusqu’à maintenant.

« Moi, la Pronoia parfaite de toute chose je me suis changée en ma semence. Comme j’existais en premier, c’est moi qui fais route en toute voie. Je suis la richesse de la lumière, je suis la mémoire du plérôme mais j’ai aussi fait route dans les ténèbres immenses.

« Je me suis avancée jusqu’à atteindre le milieu de la prison et les fondations du chaos furent ébranlées. Alors moi, je me suis cachée d’eux à cause de leur malice et ils ne m’ont pas reconnue.

« À nouveau je suis retournée pour la deuxième fois et j’ai fait route. J’ai quitté les Éonsde la lumière, moi qui suis la mémoire de Pronoia, je me suis introduite dans le milieu des ténèbres et à l’intérieur de l`Amenté/Hades, souhaitant accomplir ma tâche. Alors les fondations du Chaos furent ébranlées, sur le point de tomber sur ceux qui sont dans le Chaos et de les détruire. Alors, à nouveau, je me suis enfuie vers ma racine de lumière afin de ne pas les détruire avant le temps fixé.
« Une troisième fois encore j’ai fait route, moi qui suis la lumière existant dans la lumière, moi qui suis la mémoire de Pronoia, afin de m’introduire dans le milieu des ténèbres et à l’intérieur de l’Amenté/Hades. J’ai rempli mon visage de la lumière de la complétude dans leur éon et je me suis introduite au milieu de leur prison, c’est-à-dire de la prison du corps et j’ai dit : “Que celui qui entend se lève du sommeil profond !” Alors il pleura et versa de profonds sanglots. Il essuya ses larmes et dit : “Qui prononce mon nom et d’où m’est venu cet espoir alors que je suis dans les liens de la prison ?” Et je lui ai dit : “Je suis la Pronoia de la lumière pure, je suis la Pensée de l’Esprit virginal, celle qui te restaure en un lieu d’honneur. Lève-toi et souviens-toi que tu es celui qui a entendu et suis ta racine, moi qui suis compatissante, et garde-toi des anges de la pauvreté ainsi que des démons du Chaos et de tous ceux qui t’entravent. Et demeure éveillé hors du sommeil profond et de la chape qui couvre l’intérieur de l’Amenté/Hades.”

« Alors je l’ai fait se lever et je l’ai scellé dans la lumière de l’eau, au moyen des cinq sceaux, pour que la mort soit sans pouvoir sur lui à partir de cet instant.

« Et voici que maintenant je vais remonter vers l’Éon parfait. J’ai achevé de faire entendre toutes ces choses à tes oreilles. Mais je t’ai aussi dit tout cela pour que tu le mettes par écrit et le transmettes en secret à ceux qui partagent le même Esprit que toi, car ce mystère est celui de la race inébranlable. »

Et le Sauveur lui a transmis cela pour qu’il le mette par écrit et le conserve en sécurité. Alors il lui dit : « Maudit soit quiconque échangera ces paroles contre un présent ou contre de la nourriture ou contre de la boisson ou contre un vêtement ou quelque chose d’autre du même genre. » Cela lui a été confié mystérieusement. Et le Sauveurdevint aussitôt invisible pour lui. Alors Jean vint vers ses condisciples et leur rapporta ce que le Sauveur lui avait dit.

Jésus Christ, Amen.

 

Source : http://prophetiesfdt.blogspot.fr/2009/07/apocryphe-de-jean_31.html

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Etudes dansl'Apocalypse : Poids, Mesure et Nombre dans l'Histoire Spirituelle de l'Humanité

14 Octobre 2012 , Rédigé par VALENTIN TOMBERG Publié dans #spiritualité

                                       LA SOURCE DE LA REVELATION DE SAINT JEAN

L'enquête sur les sources de la Révélation de St Jean a longtemps et fréquemment occupé les esprits de ceux qui se sentent concernés par la recherche extérieure terrestre. Ces sources ont été cherchées dans les traditions orales, dans les écrits apocryphes de l'ancienne Chrétienté, dans les documents et traditions de la Gnose Judéo-Chrétienne, et même dans les expériences exceptionnelles et fantastiques basées sur les phénomènes atmosphériques. Mais le contenu de l'Apocalypse lui-même se tient en opposition rigide à tous ces efforts, car dans son texte, l'explication recourt plus d'une fois à ce que l'auteur de l'Apocalypse "voyait et entendait" que ce qu'il contient "en esprit".

L'auteur de l'Apocalypse n'est jamais las de faire remarquer de manière sans équivoque que le contenu de l'Apocalypse n'a rien à faire avec l'horizontalité spatio-temporelle de la tradition, de la rumeur, ou du plagiat, mais est venue à l'existence simplement et exclusivement sur le sentier vertical de révélation du monde spirituel.

Ainsi, par exemple, le texte de l'Apocalypse commence par une déclaration précise concernant sa source, son origine, et la façon dont il a été créé : "La Révélation de Jésus Christ, que Dieu Lui a donnée, pour montrer à Ses serviteurs…et Il l'envoya et le transmit par Son ange vers Son serviteur Jean" (Rév.1:1). Dans ces mots est caractérisé de manière distincte et solennelle le sentier par lequel l'Apocalypse vint à l'existence. Sur le sentier de la descente de Dieu à Jésus Christ, de Jésus Christ vers l'Ange de la Révélation, de l'Ange vers Jean, et de Jean vers les lecteurs, les auditeurs, et chercheurs (hoi teruntes) des "paroles de cette prophétie".

Maintenant il n'est pas possible d'avoir une conception sérieuse de l'origine du document portant sur la vie spirituelle humaine sans avoir une vision sérieuse de ce document lui-même. Et ce ne serait pas vraiment prendre au sérieux le contenu de l'Apocalypse si le plus grand effort n'avait pas au moins été fait pour comprendre ce que l'auteur lui-même dit concernant l'origine de cette œuvre. Il est certainement exact que le véritable contenu de l'Apocalypse défie la recherche en manières et moyens qui en rendront une compréhension possible, mais ces manières et moyens ne doivent pas être en contradiction avec l'esprit et la lettre de l'Apocalypse. Pour approcher la question de l'origine de l'Apocalypse de ce point de vue, il sera nécessaire en premier lieu de maîtriser un obstacle qui est sûr de s'élever, consciemment ou non, au commencement d'une telle entreprise.

L'essence de cette objection trouve expression comme suit : L'Apocalypse raconte le futur de l'homme; maintenant l'homme est libre. Comment est-il possible de donner une information concernant le futur de l'humanité, puisque la structure de ce futur dépend manifestement de la liberté de l'homme? Cette objection disparaît lorsque nous considérons que l'Apocalypse dépeint deux sentiers futurs, car elle montre les étapes d'un sentier ascendant aussi bien que d'un sentier descendant. Ces sentiers sont déterminés de façon karmique. Qui doit choisir tel ou tel sentier dépend, cependant de la liberté de chaque individu. Et, en effet, les sentiers sont déjà déterminés dans la mesure où l'humanité a déjà vécu à travers une longue destinée. Aujourd'hui n'est pas le premier jour de la création; une grande étendue de sentier karmique repose derrière l'humanité dans le passé.

Le fait nouveau d'importance infinie qui forme une partie de la destinée de l'homme est que Christ est devenu le juge de cette destinée. Il est devenu le Seigneur du Karma. Et étant devenu cela, Il ne détermine pas seulement le futur de l'humanité mais aussi la source de révélation le concernant. D'un autre côté, le futur est déterminé par le passé, et le jugement sur le passé karmique—pour autant qu'il a encore des conséquences pour le futur—repose également dans les mains du Christ. Pour cette raison, les "Sept Lettres' aux sept "Eglises" se réfèrent non seulement au futur, mais aussi au passé. Dans ces Lettres, un jugement a été donné, non seulement sur ce qui était alors le temps présent, et sur les trois futures époques ('Eglises'), mais également sur les trois époques du passé : l'Indienne ancienne, la Perse ancienne, et l'Egypto-Chaldéenne.

Cependant, avant que nous commencions à étudier le contenu des Lettres aux Sept Eglises, nous devons acquérir une idée plus précise de la source de la Révélation de St Jean. Ceci, aussi, est en accord avec l'intention de l'auteur, car dans les phrases d'ouverture de l'Apocalypse il indique non seulement sa source mais dans le premier chapitre, il montre également le visage spirituel de Celui qui a appelé la Révélation (Rév. 1;12-16).

Ce visage était "un visage tel le Fils de l'Homme" portant les signes des forces planétaires cosmiques tout comme elles seraient réalisées dans l'homme du futur (le "Fils de l'Homme") durant la période de Jupiter. Car l'archétype de l'homme Jupiter—le "Fils de l'Homme" du futur—doit être dépeint ainsi : L'arbitraire cessera d'être possible dans sa vie de la pensée. Les courants de pensée couleront dans sa tête tout comme sa chevelure croît "d'elle-même". Et dans ces courants-pensée coulant du cosmos ne seront pas à sens unique, ils n'auront pas de "couleur" distincte, mais seront, dans le vrai sens du terme, "synthétiques". Tout comme la lumière blanche est une combinaison des sept couleurs, ainsi la pensée cosmique du futur sera "blanche"—"blanche comme la laine, aussi blanche que la neige" (Rév. 1:14).

La force de l'initiative-Je ne sera pas manifestée dans la sphère de la vie-pensée, qui sera une pure révélation du cosmos, plutôt, elle s'exprimera elle-même dans l'illumination et la pénétration des phénomènes cosmiques. L'initiative 'Je' deviendra un pouvoir spirituel de vision, remplissant les choses vues de son feu. La vision ne sera pas une acceptation passive des impressions de l'extérieur, mais une illumination et une pénétration irradiant de l'intérieur les phénomènes du monde extérieur : "Ses yeux étaient comme une flamme de feu" (Rév. 1:14).

La vie-volonté de la limite-terre sera aussi différente dans la mesure où elle aura renoncé au flux de sa force conductrice. A la place, elle liera l'ardeur brillante du feu à la rigidité métallique. L'homme ne sera plus poussé par les vagues des forces cosmiques formatives dans sa vie de volonté, il se tiendra sur une fondation stable de volonté consciente avec la force du feu et la rigidité du métal. Ses "pieds" seront "comme dans un cuivre fin, comme s'ils brûlaient dans une fournaise", et les vagues de l'impulsion cosmique et des forces formatrices créatrices passeront de sa volonté terrestre limitée dans sa voix. Le pouvoir créateur de la Nature, fonctionnant aujourd'hui comme une force agissante dans la subconscience de l'homme, sera élevée en pouvoir de parole dans l'homme futur. Sa voix sera "comme le bruit de nombreuses eaux" (Hos phone hydaton pollon).

La vie de sentiment de l'homme du futur sera telle que, d'un côté, elle exprimera l'harmonie des étoiles dans les cieux, et de l'autre côté, elle sera "aiguisée" au plus fin degré de concentration sur le verbe créateur. L'homme du futur tiendra "dans sa main droite sept étoiles" et de sa bouche sortira "une épée aiguisée, à double tranchant". D'un côté, la charité coulera comme une approbation et une compréhension de l'harmonie des sept étoiles, qui sont les êtres spirituels des sept "Eglises" de l'humanité; alors que, de l'autre, la vérité trouvera un instrument rigide et aiguisé dans "l'épée du verbe". Mais, précisément, en tant qu'instrument de vérité, cette "épée du verbe" sera une épée à double tranchant—elle fonctionnera de manière telle que "frapper" celui parle aussi bien que celui qui entend. Le Verbe procédera d'une conscience d'unité de l'humanité, des "sept étoiles", et par conséquent son jugement s'appliquera aussi bien à celui qui parle qu'au reste de l'humanité.

La force Mars du Verbe fera véritablement une guerre d'annihilation contre les erreurs et les mensonges, mais ce conflit inhibiteur produira un effet intérieur aussi bien qu'extérieur. Donc il sera libre de tout esprit d'hostilité. Ainsi le Verbe sera capable d'exprimer la vérité avec une décision inflexible et sans la possibilité que son existence soit utilisée en tant qu'arme offensive à sens unique.

Mais l'image complète de l'homme du futur n'est pas confinée aux changements que nous avons mentionnés en pensée, volonté et sentiment. Les changements incluent non seulement les conditions intérieures des forces d'âmes ci dessus, mais aussi leurs relations avec une autre. Les relations des forces d'âme de l'homme futur doivent nécessairement changer au compte de l'expansion de la force Soleil du cœur qui doit être élevée dans la tête : "Sa contenance était comme le soleil brillant dans Sa force", alors que le force formative et restreinte de la tête descendra dans la région Soleil du cœur : l'homme sera "ceint à la poitrine d'une guirlande dorée". Et la vie de la volonté enveloppera l'homme en entier. Dans le royaume du terrestre (ou plutôt, le naturel car dans la période de Jupiter le "terrestre" sera différent), elle deviendra un métal brillant. Mais, en même temps, elle coulera de l'homme supérieur vers la périphérie de son être. Cette direction centrifuge de la volonté, par laquelle elle devient une sorte de fourreau, est exprimée dans l'Apocalypse par le symbole "un vêtement jusqu'au pied".

Ainsi au commencement de l'Apocalypse il nous est montré le schéma de l'homme du futur, qui envoie les "Lettres" aux Sept Eglises. Mais Celui qui se révèle Lui-même dans ce schéma est le "Je suis", le "Premier et le Dernier" de l'évolution de la Terre. "Celui qui vit" dans la sphère de l'évolution Cosmique en laquelle la Mort tient bon (Rév. 1:17-18). Christ Lui-même, dont le nom ésotérique est pour l'humanité, "Je suis", parle à travers ce schéma. Il est la source de la Révélation de St Jean.

LES LETTRES AUX EGLISES DU PASSE

Comme le Christ est la source de la Révélation de St Jean, Il est également la source de ces courants d'âme positive qui coulent dans l'humanité du passé vers le futur. Car l'influence de Christ était déjà en action durant l'époque Indienne ancienne; l'impulsion positive fondamentale de cette ancienne culture de l'humanité Post-Atlantéenne procédait de Lui. Cette impulsion a survécu, elle a survécu sous la surface dans les âmes des hommes, et ceux dans lesquels son influence est particulièrement forte et déterminante forment une "communauté" qui est appelée dans l'Apocalypse "L'Eglise d'Ephèse".

Le but de la "Lettre à l'Eglise d'Ephèse" n'est pas simplement de donner un jugement sur la civilisation passée; son dessein est spécialement d'en appeler à l'impulsion de l'Inde ancienne encore active dans les âmes des temps actuels. Car seulement ainsi il y a une signification morale pratique dans l'admonition : "Souviens-toi d'où tu as chu, et repens-toi, et fait ton premier devoir". Une telle exhortation serait assez vide de sens si elle était dirigée seulement vers une civilisation passée, un effort humain sombré il y a longtemps dans le silence. Elle est, pourtant, adressée à une époque présente et future—en effet, à une éternité, car la lettre commence avec ces mots : "Vers l'Ange de l'Eglise d'Ephèse écris". Ces paroles expriment le fait que nous ne traitions pas ici avec un groupe d'hommes vivant dans le passé, ou de ce moment présent, mais avec ce qui était transcendant et compréhensible dans le caractère du message de la culture Indienne ancienne. Le message l'ange de cette culture, est encore actif; car une telle culture n'est pas amenée à l'existence pour tomber dans l'oubli, mais pour que le germe de révélation, le message des cieux qui en est à la base, se développe, et croisse à travers les âges à l'intérieur des âmes des hommes, passant par de nombreuses métamorphoses apportées par coopération avec les influences nouvellement ajoutées, jusqu'à ce qu'elle s'étende en floraison et fruit mûr.

Pour cette raison la mission du message essentiel de la culture Indienne ancienne n'est pas encore terminée. Tout ce qui a alors été inauguré survit encore, et le messager de cette culture, "l'Ange de l'Eglise d'Ephèse" continue à être associé au courant continu des effets et des conséquences de son message originel. La culture de l’Inde Ancienne persiste encore en tant que processus karmique, et l’esprit de cette culture est limité par ce processus, vivant sous forme de qualités, de désirs et de mémoires dans les âmes des hommes. Elle vit également dans les limitations potentielles des hommes, et dans leurs inclinations à répéter leurs anciennes erreurs. Et avec elle est relié l’esprit de cette culture dans la conscience d’une responsabilité partagée.

Qu’en est il alors de la vie spirituelle de l’Inde Ancienne qui est encore présente dans les âmes des hommes aujourd’hui ? Qu’est ce qui fonctionne encore en tant que karma depuis cette époque ? Pour être capable de répondre à cette question nous devons nous rappeler quelques caractéristiques fondamentales de l’ancienne culture Rishi, spécialement le fait qu’elle était une culture de révélation globalisante dont a surgi l’impulsion de base pour les sept époques de l’évolution Post Atlantéenne tout entière. Car la révélation des Sept Rishis ne fut pas uniquement la re-vivification de la sagesse des sept oracles Atlantéens, elle fut également l’implantation de la sagesse aux sept colorations pour les sept époques de l’Age Post Atlantéen. Elle fut les sept "voyelles" du Verbe Cosmique—le Logos—qui, par l’intermédiaire des Rishis, coula dans les âmes des hommes, tout comme à la Pentecôte les douze "consonnes " du Verbe Cosmique furent révélées. Et comme il ne peut y avoir de parole sans voyelles, aussi les âmes humaines avaient-elles été incapables de comprendre que le Logos n'avait pas été une révélation Rishi à l'époque de l'Inde Ancienne. Car l'influence de la révélation Rishi est ressentie même à l'époque actuelle, d'un côté dans une attente déterminée à l'intérieur des âmes humaines, et de l'autre côté par les "mémoires", nées dans les corps éthériques des hommes, par les moyens et les chemins qu'ils utilisent pour satifaire cette attente.

Le désir qui habite dans les profondeurs des âmes humaines en tant qu'écho de la culture Rishi consiste, par-dessus tout, en un effort de sagesse compréhensive "synthétique" valide pour tous les hommes, une sagesse qui porterait en elle une harmonisation des tendances unilatérales, tout comme à l’époque de l’Inde Ancienne la sagesse révélée des Rishis représentait l’harmonisation des sept oracles Atlantéens.

Le désir qui habite les âmes des hommes correspond à la lumière des "sept étoiles" dans les cieux, qui devint la lumière des "sept chandeliers" sur terre. Et ce désir habite à l'intérieur d'eux pour la véritable raison que la lumière qui brille dans les sept étoiles, la constellation de la Grande Ourse, a brillé une fois aussi dans sept hommes, les Rishis, et pour sept groupes humains qui étaient associés en communauté, tout comme les sept chandeliers étaient joints ensemble en une lumière de sagesse. Et c'est à cette attente que la première lettre est adressée, car elle parle de Celui "qui tient les sept étoiles dans Sa main droite, Qui marche au mileiu des sept chandeliers d'or". La lettre à l'Eglise d'Ephèse procède de Celui qui peut calmer l'attente, de Celui qui est le contenu véritable de la mémoire soujacente à cette attente, parce que la révélation Rishi était une révélation de nature compréhensive du Christ en tant que verbe Cosmique.

Mais le futur que la réalisation de ce désir doit apporter n'est pas seulement l'illumination des sept chandeliers avec la flamme des sept étoiles, mais quelque chose qui en procède. Car ce qui a une fois existé en tant que sagesse révélée sera la vie véritable de l'homme du futur. "A celui qui triomphe je donnerai à manger du fruit de l'arbre de vie, qui est au centre du paradis de Dieu". Ces paroles expriment le futur positif d'un effort qui va courageusement vers l'avant dans le futur, venant d'une attente réminiscente de la sagesse compréhensive du passé.

Le "triomphe" en question est la maîtrise du désir pour le passé. En vérité, c'est de vivre par une attente qui procède du passé, mais il doit chercher sa satisfaction, non dans le passé, mais dans le futur. La dérive du désir de l'âme vers le passé doit être maîtrisée en permanence, mais le contenu de l'attente ne doit pas seulement être développé mais renforcé par l'impulsion d'un effort énergétique vers le futur. Alors il sera possible à la sagesse de devenir vie, pour la sagesse originellement révélée des cieux de vivre en l'homme lui-même. Cette transformation indique l'évolution future de "l'éther moral" dans la nature humaine, et cet "éther moral" sera aussi plein de lumière que l'était la révélation originelle de la sagesse des Rishis. En outre, elle ne donnera pas seulement la lumière, elle fonctionnera également comme fonctionne la force de vie. "Manger de l'arbre de vie" sera une absorption dans le système humain du pouvoir de donner la vie.

L'effort de maîtrise de cette force donneuse de vie a toujours existé, et s'est développée en deux directions particulières : d'un côté cet ascétisme dont l'expression finale est une sorte de yoga Indien. Le but de ce type d'ascétisme est d'envoyer la force de vie contenue dans la faculté procréative de l'homme vers la tête afin de fournir à l'homme la vie spirituelle avec la même force de vie créatrice que celle possédée par la faculté procréatrice. D'un autre côté, cet effort a pris une seconde direction appelée par l'auteur de l'Apocalypse "les actes des Nicolaïtes". Ici le but était de descendre si consciemment dans le physique que les forces instinctives du corps physique étaient faites pour servir, d'une matière non naturelle, certaines fins magiques. Comme avec la première direction, une distorsion du message de l'Esprit eut lieu parce que la force spirituelle n'était pas mise en action par son propre contenu moral mais par l'influx d'une force extraite d'une autre sphère d'existence, aussi avec la seconde direction une distortion de la mission du corps humain eut lieu parce qu'il lui fut donné une position primordiale à travers la sensualisation de l'esprit.

Ceux qui viennent en avant en tant qu'hommes envoyés par l'esprit, et qui ne représentent pas encore le pur esprit mais plutôt un esprit mêlé aux forces empruntées au corps, ne sont pas véritablement envoyés par l'esprit ("apôtres") mais croient seulement l'être eux-mêmes. Ceux qui, cependant, permettent à l'esprit de devenir la proie de la sensualité (les Nicolaïtes) représentent l'autre erreur de la recherche de "l'arbre de vie". Car les fruits de l'arbre de vie ne consistent pas en une activité de l'esprit développée aux dépens des forces physiques, ni en une sensualisation de l'esprit, mais en une pure force spirituelle grandissant en force de manière telle qu'elle travaille avec la puissance de la force de la nature. L'éther moral n'existe pas en tant que "force latente" du corps, etc., il est une nouvelle force qui naîtra graduellement en l'homme et provenant de l'impulsion Christ.

Mais les obstacles qui offrent une opposition à la future naissance des véritables fruits de l'arbre de vie sont les efforts des "menteurs" (qui disent être des apôtres, c'est à dire, envoyés par l'esprit, mais ne le sont pas) et des "Nicolaïtes". Ces deux erreurs sont repoussées par "l'Ange de l'Eglise d'Ephèse". Néanmoins, il n'était pas demeuré entièrement fidèle à sa mission, car il avait "quitté son premier amour", l'impulsion originelle pure de l'évolution humaine Post-Atlantéenne. A présent cette impulsion originelle était l'amour pour une mission de l'homme sur Terre. Cet amour était une bonne volonté profondément enracinée des âmes à s'incarner véritablement et totalement pour remplir véritablement et complètement la tâche de l'existence terrestre. Cette volonté—c'est à dire, le désir pour une incarnation terrestre complète dans le but de remplir totalement la mission de la Terre—est la véritable quintessence du Poids. Chaque chose qui implique une descente consciente, sacrificielle, est une expression du 'poids' spirituel. Ainsi, par exemple, tous les mots qu'un homme peut exprimer ont plus de poids s'ils pénètrent non seulement le corps astral, mais descendent également dans le corps physique. Et une action humaine a davantage de poids si son contenu moral pénètre directement dans la réalité physique que si elle touche uniquement la strate supérieure de l'existence terrestre.

Mais à présent, d'un point de vue physique, il y a deux différents phénomènes de poids. L'un est la "descente"sacrificielle déjà mentionnée, l'autre est le phénomène de la Chute, l'expulsion des hauteurs spirituelles. Cette dernière survient en tant que conséquences karmiques ou attitude injustifiée envers l'esprit. Le véritable "poids" devient alors lourdeur, et la "descente", un effondrement.

Ce fut juste cette transformation du "poids" en lourdeur qui eut lieu dans la destinée de la communauté de l'Inde Ancienne. Elle négligea son "premier amour", et en conséquence de ceci, la descente devint chute. "Souviens toi d'où tu es tombé [ekpeptokas], et repens toi, et pratique tes premières œuvres" (Rév; 2:5). En ces mots le seigneur du Karma exprime la dispensation karmique qui était devenue nécessaire à cause de la perte du premier amour pour le courant de la culture de l'Inde Ancienne. Ceci est l'effet du karma sur tous ceux qui refusent de s'incarner pleinement, tous ceux qui résistent à une complète incorporation : Ils chutent dans l'incarnation contre leur volonté au lieu de de descendre par une force morale libre dans la sphère d'action entraînant le karma. Car la scène de ces actions qui déterminent le karma réside, pour les hommes, dans le monde physique; le monde du travail est la région où les actes des hommes acquièrent leur plus grande signification. Pour cette raison l'avertissement à l'Ange de l'Eglise d'Ephèse dit : "Souviens-toi d'où tu es tombé, et repens toi, et pratique tes premières œuvres [ta prota erga poieson]". Cet avertissement est adressé à tous ceux qui sont enclins à refuser de travailler énergiquement dans la sphère des actions—tous ceux qui sont enclins à esquiver la pleine mesure de leur partage de responsabilité dans les événements terrestres. Car il ne leur est pas permis un vrai poids pour fonctionner dans leurs âmes—le "poids" de l'esprit de sacrifice, qui donne aussi le poids à l'effort humain et à l'action en contrôlant le karma du futur.

Pour être capable de fouler véritablement ce sentier dans le futur, il est non seulement requis un esprit de sacrifice pour produire le 'poids' dans l'âme, la force également est nécessaire pour amener ce sacrifice à son terme, en persévérant dans les épreuves. Car pour être prêt à descendre vers l'inférieur l'espace n'est pas suffisant; il est aussi nécessaire dans cet 'espace' de franchir un sentier qui mènera au but. Il est nécessaire, également, de rester fidèle à la tâche au long d'une période prescrite de temps. Suivre l'idéal du "premier amour"—l'aptitude à aimer la mission d'humanité de la Terre—est l'idéal de fidélité à cette mission à travers les épreuves de la route terrestre dans le 'temps'. La réalisation de cet idéal est la tâche de l"Ange de l'Eglise de Smyrne", la mission de l'impulsion spirituelle de l'Ancienne Perse. C'est pourquoi l'admonition de la seconde lettre, la lettre à l'ange de l'église de Smyrne, dit : "Sois fidèle jusque dans la mort, et je te donnerai la couronne de vie" (Rév. 2:10). Pour cette raison la lettre à l'église de Smyrne ne vient plus de Celui "qui tenait les sept étoiles dans sa main droite, et marchait au milieu des sept chandeliers", mais de Celui "qui est le premier et le dernier, qui était mort, et est vivant". Car ce qui coulait du Christ dans les âmes des hommes à travers la culture spirituelle de l'Ancienne Perse est l'impulsion de fidélité, l'attente et l'espoir que tous les obstacles, même la mort, doivent être maîtrisés. "Le premier et le dernier, qui était mort, et est vivant", est, par conséquent, une formule exprimant très brièvement la nature du désir le plus élevé et de l'espoir le plus grand qui constituaient la vie morale et spirituelle de la culture de l'Ancienne Perse, et qui persiste aujourd'hui dans la strate Ancienne Perse de l'âme humaine.

Cet idéal de fidélité est, dans son essence la plus intime, le contenu spirituel de Mesure, tout comme le "premier amour" est l'essence la plus intime du Poids. Car le sentier qui mène du "premier" au "dernier", de la "mort" à la "vie", est la véritable 'mesure de la fidélité humaine et de la grandeur de la mission humaine de la Terre. Cette 'mesure' peut être perçue, reconnue, et réalisée par la libre force morale de l'âme; alors elle brille dans l'âme comme le grand but libérateur de l'existence terrestre de l'homme. Si, cependant, elle n'est pas librement et consciemment acceptée, aors le karma, au lieu d'apparaître en tant que 'mesure' d'héroïsme spirituel, prend l'apparence d'une contrainte et d'une entrave. Tout comme la perte du "premier amour" mène à la chute, lorsque le Poids devient lourdeur, ainsi le manque de fidélité mène à la contraction, lorsque la Mesure devient une constriction de l'âme : "le diable jettera quelques uns de vous en prison" (Rév. 2:10), dans le but, par le confinement forcé, d'éveiller un effort pour le libre héroïsme de la véritable "Mesure".

Cet emprisonnement, qui doit être apporté par Lucifer (Diabolos) est en réalité la solitude de l'âme qui est confinée à l'intérieur d'elle-même parce qu'elle ne se sera pas unie avec le grand dessein de l'évolution humaine. Puisque l'âme n'accepte pas la "'Mesure' spirituelle, elle doit devenir, telle qu'elle est, la 'mesure' de sa propre conscience; sa propre nature tracera la ligne qui confinera sa conscience, son activité, et son monde. Les murs de la "prison", dans laquelle l'âme a été jetée par l'impulsion Luciférienne, sont des limites tracées par elle-même; c'est l'égoïsme de l'âme qui la confine et la maintient en prison.

Ainsi l'âme est confrontée au choix de deux 'mesures' possibles: soit de reconnaître librement la 'Mesure' de l'esprit, soit d'accepter son propre modèle en tant que 'mesure'. Lucifer guiderait l'âme vers le second choix, et c'est pourquoi il nous est dit dans l'Apocalypse que Lucifer (Diabolos) "jettera certains d'entre vous en prison".

Ceux qui, cependant, auront choisi le véritable sentier de fidélité à la mission humaine de la Terre (c'est à dire, ceux qui ont choisi la 'Mesure' spirituelle) sont appelés dans cette lettre, les "Juifs" (hoi Judaioi). Ce nom ne signifie réellement rien d'autre qu' "âmes humaines qui sont déterminées à oeuvrer à travers les âges à la préparation et la réalisation de l'impulsion Christ". Car c'est la signification de l"éternelle Israël" consistant en douze tribus—la communauté karmique des âmes humaines unies à travers de nombreuses incarnations à l'impulsion Christ, d'abord en la préparant, puis en la réalisant. Donc les "Juifs" dans le sens de l'Apocalypse, ne sont pas membres d'une nation quelconque; ils sont ces âmes qui ont opté pour le service de l'impulsion Christ. Mais maintenant il y a une épreuve sévère reliée à ceci, c'est à dire, le "blasphème de ceux qui disent qu'ils sont Juifs, et ne le sont pas, mais sont de la synagogue de Satan". Cette "synagogue de Satan" est l'antipode karmique de l"étenelle Israël", et le blasphème de cette communauté consiste en l'imitation de tout le pouvoir et l'activité de l'impulsion Christ dans la vie humaine, en la tournant, en même temps, en son opposé. L'activité Arhimanienne (c'est à dire, dans le sens de l'Apocalypse, l'activité de Satan) dans la destinée de l'humanité, consiste premièrement en la création d'une sorte de caricature de la communauté humaine et d'un ordre pour lequel s'efforce l'impulsion Christ. Alors que Lucifer (Diabolos) isole les hommes, "les jette en prison", Arhiman (Satanas) les rassemble en une communauté (synagogue), tout comme l'impulsion Christ les réunit aussi en une communauté (ecclesia). Au lieu de l'isolement égoïste apporté par Lucifer, deux communautés fondées sur la conscience du nous, apparaîtront dans l'histoire du monde. L'une est la communauté du Christ, où des hommes-égos libres s'unissent dans une libre alliance; l'autre, son opposée, est l'organisation de masse d'Arhiman, absorbant l'égo individuel. Le blasphème est contenu dans le fait que la véritable conscience du nous de la fraternité spirituelle est tournée en son opposée par le mimétisme de la fausse conscience du nous dans l'organisation de masse. Ainsi, il y a de "vrais Juifs", c'est à dire, des hommes-égos formant une communauté entre eux sur une fondation de liberté, et d'un autre côté, il y a des hommes-nous destinés à être absorbés par une organisation de masse. Ceux-ci, cependant, croient qu'ils sont Juifs [c'est à dire, des hommes-égos] et ne le sont pas".

Ce contraste apparaît en premier dans l'histoire du monde dans la relation entre Iran et Turan durant l'époque de l'Ancienne Perse, mais il a persisté à travers les âges, et aujourd'hui, comme alors, les deux types de cosncience-nous se confrontent l'une à l'autre en une épreuve de fidélité de l'homme envers sa mission spirituelle sur Terre.

D'un autre côté, l"emprisonnement par le diable" persiste également. Il doit durer "dix jours" et cette période n'est pas encore terminée, car le courant Luciférien doit poursuivre son flux karmique jusqu'à ce que le Soleil-Christ aie brillé dix fois depuis l'époque de l'Ancienne Perse. Maintenant ce Soleil brille au commencement et à la fin de chaque époque. Il brille au commencement en tant qu'impulsion fondamentale de l'époque, et à la fin en tant que réponse à son résultat positif, en tant que bénédiction sur ses fruits, aussi maigres soient ils. Puis c'est le "jour" comme au commencement il y avait le "jour" d'une époque. Et dix "jours" tels que celui-là surviennent jusqu'à la Sixième Epoque—jusqu'à ce que ceux qui sont emprisonnés, soit rejoignent la communauté des frères de Philadelphie, ou soient absorbés par le "nous" de l'humanité Arhimanisée. La "prison", l'isolation de l'auto-suffisance, cessera alors. Ils deviendront alors véritablement libres, ou ils devront rejoindre la masse Arhimanienne.

Ainsi l"Eglise de Smyrne" a un sentier à fouler sur lequel elle est testée par la "prison" de Diabolos, et par la "synagogue" de Satan; mais celui qui est "fidèle jusqu'à la mort" reçoit une couronne de vie. La couronne de vie n'est pas une simple expression poétique; elle est une description exacte d'un fait occulte significatif—le fait que certains changements auront lieu dans le futur, dans le système des courants spirituels dans la tête humaine. En résultat de ces changements, la fameuse "couronne de lort" deviendra "couronne de vie". A ce moment, les forces de vie de l'homme se concentrent de plus en plus dans la tête, et donc irradient vers le haut en une sorte de "couronne". Puis, si cette concentration devient complète, le cœur cesse de fonctionner (même lorsqu'il n'y a pas maladie), et la mort survient. Mais à présent un autre processus peut avoir lieu dans l'organisation éthérique de la tête humaine; c'est à dire la concentration dans la tête des forces de vie spirituelles irradiant du bas qui jaillissent par le pouvoir vivifiant dans tout l'organisme humain. Le développement d'une telle "couronne de vie" est, en même temps, un signe que l'impulsion Christ est à l'œuvre dans le corps vital de l'homme. Par cette influence le corps vital de l'homme est préservé de la "seconde mort", c'est à dire, de la dissolution quelque temps après la mort physique; la "couronne de vie" est cet élément du corps vital qui n'est pas sujet à la "seconde mort".

C'est dans ce sens que la promesse de la seconde lettre doit être comprise : "Celui qui a vaincu ne sera pas frappé de la seconde mort". (Rév. 2:11).

Mais la promesse adressée à ce courant karmique qui est appelé "Eglise de Pergame" ne se réfère ni à "l'arbre de vie" ni à la "couronne de vie", mais à la consommation de la "manne cachée" et à la "pierre blanche" sur laquelle est écrit un nom nouveau, "que personne ne connaît si ce n'est celui qui le reçoit" (Rév.2:17). Car l'impulsion spirituelle qui est àl'origine de la troisième époque (Egypto-Chaldéenne), et qui a persisté dans les âmes des hommes depuis ce temps, est un effort pour l'expérience de l'individualité immortelle et pour l'harmonie des êtres immortels les uns avec les autres.

La "pierre blanche avec un nom nouveau que personne ne connaît sauf celui qui le reçoit" est l'être-égo immortel de l'homme. Le "Je" est le nom qui peut être prononcé suelement par l'homme lui-même. Et la "manne cachée" est la force formatrice de communauté à l'œuvre au-delà du seuil de la concience ordinaire ; c'est la force qui relieles individus séparés en une communauté humaine. Ainsi Moïse, par exemple, dont la mission se situait à l'époque Egypto-Chaldéenne, reçut la révélation du "Je suis celui qui suis" au Buisson Ardent en tant que révélation de la source de l'expérience égo, alors que, d'un autre côté, la communauté Israélite sous sa guidance a mangé de la "manne cachée" qui descendait pendant la nuit et était "rassemblée" au petit matin. Ainsi Moïse mena la communauté qui lui était confiée vers l'idéal de l'évolution de l'égo; mais il la mena en tant que communauté, car elle était unie et se maintenait ensemble en mangeant de la "manne". La réalité de l'influence de la Manas (c'est à dire, la "manne") est manifestée lorsque les hommes dont les vies sont basées sur leurs égos intérieurs produisent en même temps une harmonie. Le véritable 'nous' peut être réalisé seulement sous l'infleunce de la Manas (l'Esprit-soi [synonyme de l'esprit Humain]), lorsque la concience égo a acquis la fermeté et la solidité d'une pierre.

Mais il y a aussi un courant anti-Manas dans le dessein des communautés en formation. La force formation de communauté de ce courant n'est pas extraite de la supra conscience , mais des régions sub conscientes. Car ensemble avec l'union karmique des êtres individuels amenés à l'harmonie par la "manne", il y a encore une autre force attirant les hommes les uns vers les autres et les lie ensemble. C'est la poussée qui vient, non à travers le sang de l'impulsion du "Je suis" de Jahvé dans le passé, ni de l'égo en tant qu'expérience aujourd'hui, mais du sang qui est ni sous l'influence de Jahvé ni déterminé par l'égo. Cette force est la poussée du sexe. Elle fut mal utilisée par Balaam, par exemple (cf.Nombres :24) lorsqu'il conseilla au prince Madianite Balak, de substituer d'autres principes à ceux de la communauté Israélite pour que, au moyen des femmes Madianites consacrées à Baal, les Israélites puissent être attirés dans la sphère d'influence du culte de Baal. L'influence fut atteinte en stimulant cette impulsion à manger "les mets offerts aux idoles)—c'est à dire, la chair des victimes préparées par magie cérémonielle et investies de pouvoirs définis, par lesquels induire des alliances qui résident hors du réseau de karma positif. La "doctrine de Balaam" référée à la lettre est le point de vue duquel la "manne cachée" est observée, non dans la solitude de la supra conscience mais dans la vie sub consciente de l'impulsion.

Puisque la véritable harmonie de l'activité de la Manas peut être falsifiée et remplacée par la "doctrine de Balaam", ainsi l'homme peut s'efforcer de faire l'expérience que son propre égo puisse être falsifié et remplacé par la "doctrine des Nicolaïtes". Car, comme dans le premier cas, il y a une fausse union karmique parmi les hommes, dans le second cas, il y a une fausse expérience de l'égo. Puisque le courant "Nicolaïte" dont nous venosn de parler, a placé la conscience de l'homme juste dans le corps, elle se sent ostensiblement indépendante et libre à l'intérieur du corps. Ainsi un substitut du véritable égo est venu à l'existence, créé par l'infuence confinante du corps.

Une fausse conscience-égo s'est élevée dont le contenu était du non à l'égo mais au corps. Contre ces deux erreurs est dirigée "l'épée à double tranchant" de la bouche de celui qui adresse la Lettre à l'Ange de l'Eglise de Pergame, car l'épée du verbe de vérité frappe ce qui est immoral dans la vie de l'impulsion aussi bien que ce qui est illusoire dans les idées et concepts matérialistes.

L'opposé de l"épée à double tranchant" du futur verbe de vérité est le principe du pouvoir de magie noire oeuvrant en silence, un principe qui remplace et est basé sur l'union des impulsions subconscientes avec les concepts illusoires. Pour cette raison le langage occulte de l'Apocalypse parle de cette union en tant que "trône de Satan' (thronos to Satana). Ce nom signifie le principe de l'évolution du pouvoir d'Arhiman sur l'humanité, de façon à ce que ce principe (ou "trône") doive être vu dans la vie métabolique du système humain. D'un autre côté, il y a également eu deux situations historiques dans lesquelles ce "trône" fut présent extérieurement et objectivement, fonctionnant en tant que centre de pouvoir. Le trône d'Hérode et Hérodias, par exemple, fut un point de départ d'une telle activité. Et l'activité semanifesta dans le fait que ceux qui venaient à l'intérieur de la sphère d'influence de ce "trône" (c'est à dire, de cette activité fonctionnant par l'illusion et l'impulsion de vie immorale), furent 'décapités'. Ils furent 'décapités' dans le sens qu'ils perdirent le centre conscience-égo de la tête, et furent ainsi exposés à l'influence des profondeurs subconscientes de l'organisation métabolique.

Maintenant la seule voie pour s'opposer à un tel "trône" est de démasquer l'immoralité de l'impulsion "servile" qui en découle, et de vaincer les concepts matérialistes par la fidélité à l'esprit même jusqu'à la mort. Chaque "trône de Satan" historique a toujours été opposé à un "témoin fidèle" (martys ho pistos) de l'esprit. Il en fut ainsi avec le trône de Jézabel et Anab, auquel Naboth résista en tant que "témoin fidèle"; il en fut également ainsi avec le trône de Hérodias et Hérode, contre lesquels Jean le Baptiste fut le "témoin fidèle"; chaque fois le "témoin fidèle" doit vaincre l'immoralité par le verbe, et l'illusion par la mort. Car l'immortalité de l'individualité humaine est attestée, non seulement par l'enseignement, mais par le fait que les êtres individuels font face à la mort en tant que "témoins fidèles"—que l'individualité humaine ne peut être élevée au-dessus de la mort est est ainsi immortelle. En ce sens, non seulement Jean Baptiste, mais également Socrate à Athènes, fut un "témoin fidèle".

Cette mission spéciale—d'être un "témoin fidèle" contre le "trône de Satan"—a un nom défini. En ce sens chaque homme qui a une telle mission à remplir est un "Antipas", c'est à dire, l'homme dont la tâche est de souffrir avec les victimes du "trône" (de magie noire). Ainsi Jean le Baptiste aussi souffrit le destin des victimes du trône d'Hérode; il fut même physiquement "décapité" comme les autres victimes de ce trône furent intérieurement "décapitées" dans leur vie de l'âme. En ce sens, Jean le Baptiste est "Antipas", le compagnon-victime, qui résista au "trône de Satan" en tant que "témoin fidèle"—et, en effet, non seulement à ce moment là, mais aussi dans le passé durant des vies précédentes.

Cette "décapitation" des hommes survient véritablement aujourd'hui encore au sens moral. Il arrive, par exemple, que partout des hommes soient considérés et traités non en tant qu'individus, mais en tant que quantité, en tant que nombre. Car lorsque les hommes sont considérés seulement en tant que nombre ils sont "décapités"; la dignité de leur nature égo leur est enlevée. Et si les unités ainsi obtenues sont additionnées et leur somme établie, alors quelque chose est fait qui est moralement l'opposé de la formation de communauté à travers le pouvoir de la "manne cachée".

Ce qui fut originellement un mauvais usage de la magie noire de l'impulsion de vie et de la vie des concepts matérialisés devint plus tard une numération et une addition des unités humaines. Car comme le péché de l'Eglise d'Ephèse amena la conversion du véritable "Poids" en une chute devenant lourdeur, aussi le péché de l'Eglise de Smyrne amena la conversion de la véritable "Mesure" en "emprisonnement" à l'intérieur des confins de l'égoïsme; ainsi le péché de l'Eglise de Pergame causa le changement du véritable "Nombre" en décapitation et 'unification mécanique' des hommes. Mais le véritable 'Nombre' spirituel est une communauté d'êtres individuels rangés selon "la splendeur des étoiles" dont chacun n'est pas une simple unité, mais un "nouveau nom" écrit que la "pierre blanche que personne ne connaît sauf celui qui l'a reçu". Dans le sens du véritable 'Nombre', les hommes ne devraient pas, ne pourraient pas être comptés et additionnés; ils devraient être appelés par leurs noms et unis en une communauté par la "manne cachée". La conséquence du péché des Balaamites et des Nicolaïtes est la substitution de la somme pour la "manne" et d'une unité numérique pour le "nom".

Ainsi les statistiques, qui aujourd'hui apparaissent si innocentes, ont leurs antécédents; l'exemple fut établi par les faits tragiques dans l'histoire spirituelle et le cadre de l'esprit qui les produit doit son existence à une préparation au moyen de magie noire dans le passé. Observant cela sous cet éclairage, nous pouvons aussi comprendre pourquoi le dénombrement des gens ordonné par le Roi David [1Chr. 21:1] fut considéré si coupable par le monde spirituel et amena un châtiment si sévère par la suite; car ce qui est maintenant devenu banal était, à cette époque, une terrible violation de confiance envers la conception de la communauté humaine désirée par le monde spirituel. Les visages et les noms humains ne devraient pas être convertis en nombres; ce fut le fruit du péché de la Troisième Epoque, la "trahison contre le Nombre Spirituel".

En outre, à cette lumière nous pouvons comprendre combien tragique est le second chapitre de l'Evangile de Luc où il nous est dit :" En ce temps là, parut un décret de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre".

Car nous pouvons comprendre la tragédie du fait que Jésus devait naître durant un recensement national et considéré par l'état Romain en tant que "un de plus" si nous pouvons réellement amener à la conscience la véritable signification du 'nombre' en tant qu"harmonie de l'ineffable nom" des êtres individuels, et, d'un autre côté, la conséquence de la "chute du nombre" dans le mécanisme; c'est à dire, le mauvais usage des impulsions et des illusions. Mais il était nécessaire que Jésus naisse à une époque où "Poids" "Mesure" et "Nombre" étaient déjà séparés de leur véritable signification. : le lieu de naissance de Jésus fut une étable, avec des animaux.

L'impulsion spirituelle et son histoire durant cette époque en laquelle Jésus Christ apparut sera le sujet du prochain chapitre.

Ce fut juste cette transformation du "poids" en lourdeur qui eut lieu dans la destinée de la communauté de l'Inde Ancienne. Elle négligea son "premier amour", et en conséquence de ceci, la descente devint chute. "Souviens toi d'où tu es tombé [ekpeptokas], et repens toi, et pratique tes premières œuvres" (Rév; 2:5). En ces mots le seigneur du Karma exprime la dispensation karmique qui était devenue nécessaire à cause de la perte du premier amour pour le courant de la culture de l'Inde Ancienne. Ceci est l'effet du karma sur tous ceux qui refusent de s'incarner pleinement, tous ceux qui résistent à une complète incorporation : Ils chutent dans l'incarnation contre leur volonté au lieu de de descendre par une force morale libre dans la sphère d'action entraînant le karma. Car la scène de ces actions qui déterminent le karma réside, pour les hommes, dans le monde physique; le monde du travail est la région où les actes des hommes acquièrent leur plus grande signification. Pour cette raison l'avertissement à l'Ange de l'Eglise d'Ephèse dit : "Souviens-toi d'où tu es tombé, et repens toi, et pratique tes premières œuvres [ta prota erga poieson]". Cet avertissement est adressé à tous ceux qui sont enclins à refuser de travailler énergiquement dans la sphère des actions—tous ceux qui sont enclins à esquiver la pleine mesure de leur partage de responsabilité dans les événements terrestres. Car il ne leur est pas permis un vrai poids pour fonctionner dans leurs âmes—le "poids" de l'esprit de sacrifice, qui donne aussi le poids à l'effort humain et à l'action en contrôlant le karma du futur.

Pour être capable de fouler véritablement ce sentier dans le futur, il est non seulement requis un esprit de sacrifice pour produire le 'poids' dans l'âme, la force également est nécessaire pour amener ce sacrifice à son terme, en persévérant dans les épreuves. Car pour être prêt à descendre vers l'inférieur l'espace n'est pas suffisant; il est aussi nécessaire dans cet 'espace' de franchir un sentier qui mènera au but. Il est nécessaire, également, de rester fidèle à la tâche au long d'une période prescrite de temps. Suivre l'idéal du "premier amour"—l'aptitude à aimer la mission d'humanité de la Terre—est l'idéal de fidélité à cette mission à travers les épreuves de la route terrestre dans le 'temps'. La réalisation de cet idéal est la tâche de l"Ange de l'Eglise de Smyrne", la mission de l'impulsion spirituelle de l'Ancienne Perse. C'est pourquoi l'admonition de la seconde lettre, la lettre à l'ange de l'église de Smyrne, dit : "Sois fidèle jusque dans la mort, et je te donnerai la couronne de vie" (Rév. 2:10). Pour cette raison la lettre à l'église de Smyrne ne vient plus de Celui "qui tenait les sept étoiles dans sa main droite, et marchait au milieu des sept chandeliers", mais de Celui "qui est le premier et le dernier, qui était mort, et est vivant". Car ce qui coulait du Christ dans les âmes des hommes à travers la culture spirituelle de l'Ancienne Perse est l'impulsion de fidélité, l'attente et l'espoir que tous les obstacles, même la mort, doivent être maîtrisés. "Le premier et le dernier, qui était mort, et est vivant", est, par conséquent, une formule exprimant très brièvement la nature du désir le plus élevé et de l'espoir le plus grand qui constituaient la vie morale et spirituelle de la culture de l'Ancienne Perse, et qui persiste aujourd'hui dans la strate Ancienne Perse de l'âme humaine.

Cet idéal de fidélité est, dans son essence la plus intime, le contenu spirituel de Mesure, tout comme le "premier amour" est l'essence la plus intime du Poids. Car le sentier qui mène du "premier" au "dernier", de la "mort" à la "vie", est la véritable 'mesure de la fidélité humaine et de la grandeur de la mission humaine de la Terre. Cette 'mesure' peut être perçue, reconnue, et réalisée par la libre force morale de l'âme; alors elle brille dans l'âme comme le grand but libérateur de l'existence terrestre de l'homme. Si, cependant, elle n'est pas librement et consciemment acceptée, aors le karma, au lieu d'apparaître en tant que 'mesure' d'héroïsme spirituel, prend l'apparence d'une contrainte et d'une entrave. Tout comme la perte du "premier amour" mène à la chute, lorsque le Poids devient lourdeur, ainsi le manque de fidélité mène à la contraction, lorsque la Mesure devient une constriction de l'âme : "le diable jettera quelques uns de vous en prison" (Rév. 2:10), dans le but, par le confinement forcé, d'éveiller un effort pour le libre héroïsme de la véritable "Mesure".

Cet emprisonnement, qui doit être apporté par Lucifer (Diabolos) est en réalité la solitude de l'âme qui est confinée à l'intérieur d'elle-même parce qu'elle ne se sera pas unie avec le grand dessein de l'évolution humaine. Puisque l'âme n'accepte pas la "'Mesure' spirituelle, elle doit devenir, telle qu'elle est, la 'mesure' de sa propre conscience; sa propre nature tracera la ligne qui confinera sa conscience, son activité, et son monde. Les murs de la "prison", dans laquelle l'âme a été jetée par l'impulsion Luciférienne, sont des limites tracées par elle-même; c'est l'égoïsme de l'âme qui la confine et la maintient en prison.

Ainsi l'âme est confrontée au choix de deux 'mesures' possibles: soit de reconnaître librement la 'Mesure' de l'esprit, soit d'accepter son propre modèle en tant que 'mesure'. Lucifer guiderait l'âme vers le second choix, et c'est pourquoi il nous est dit dans l'Apocalypse que Lucifer (Diabolos) "jettera certains d'entre vous en prison".

Ceux qui, cependant, auront choisi le véritable sentier de fidélité à la mission humaine de la Terre (c'est à dire, ceux qui ont choisi la 'Mesure' spirituelle) sont appelés dans cette lettre, les "Juifs" (hoi Judaioi). Ce nom ne signifie réellement rien d'autre qu' "âmes humaines qui sont déterminées à oeuvrer à travers les âges à la préparation et la réalisation de l'impulsion Christ". Car c'est la signification de l"éternelle Israël" consistant en douze tribus—la communauté karmique des âmes humaines unies à travers de nombreuses incarnations à l'impulsion Christ, d'abord en la préparant, puis en la réalisant. Donc les "Juifs" dans le sens de l'Apocalypse, ne sont pas membres d'une nation quelconque; ils sont ces âmes qui ont opté pour le service de l'impulsion Christ. Mais maintenant il y a une épreuve sévère reliée à ceci, c'est à dire, le "blasphème de ceux qui disent qu'ils sont Juifs, et ne le sont pas, mais sont de la synagogue de Satan". Cette "synagogue de Satan" est l'antipode karmique de l"étenelle Israël", et le blasphème de cette communauté consiste en l'imitation de tout le pouvoir et l'activité de l'impulsion Christ dans la vie humaine, en la tournant, en même temps, en son opposé. L'activité Arhimanienne (c'est à dire, dans le sens de l'Apocalypse, l'activité de Satan) dans la destinée de l'humanité, consiste premièrement en la création d'une sorte de caricature de la communauté humaine et d'un ordre pour lequel s'efforce l'impulsion Christ. Alors que Lucifer (Diabolos) isole les hommes, "les jette en prison", Arhiman (Satanas) les rassemble en une communauté (synagogue), tout comme l'impulsion Christ les réunit aussi en une communauté (ecclesia). Au lieu de l'isolement égoïste apporté par Lucifer, deux communautés fondées sur la conscience du nous, apparaîtront dans l'histoire du monde. L'une est la communauté du Christ, où des hommes-égos libres s'unissent dans une libre alliance; l'autre, son opposée, est l'organisation de masse d'Arhiman, absorbant l'égo individuel. Le blasphème est contenu dans le fait que la véritable conscience du nous de la fraternité spirituelle est tournée en son opposée par le mimétisme de la fausse conscience du nous dans l'organisation de masse. Ainsi, il y a de "vrais Juifs", c'est à dire, des hommes-égos formant une communauté entre eux sur une fondation de liberté, et d'un autre côté, il y a des hommes-nous destinés à être absorbés par une organisation de masse. Ceux-ci, cependant, croient qu'ils sont Juifs [c'est à dire, des hommes-égos] et ne le sont pas".

Ce contraste apparaît en premier dans l'histoire du monde dans la relation entre Iran et Turan durant l'époque de l'Ancienne Perse, mais il a persisté à travers les âges, et aujourd'hui, comme alors, les deux types de cosncience-nous se confrontent l'une à l'autre en une épreuve de fidélité de l'homme envers sa mission spirituelle sur Terre.

D'un autre côté, l"emprisonnement par le diable" persiste également. Il doit durer "dix jours" et cette période n'est pas encore terminée, car le courant Luciférien doit poursuivre son flux karmique jusqu'à ce que le Soleil-Christ aie brillé dix fois depuis l'époque de l'Ancienne Perse. Maintenant ce Soleil brille au commencement et à la fin de chaque époque. Il brille au commencement en tant qu'impulsion fondamentale de l'époque, et à la fin en tant que réponse à son résultat positif, en tant que bénédiction sur ses fruits, aussi maigres soient ils. Puis c'est le "jour" comme au commencement il y avait le "jour" d'une époque. Et dix "jours" tels que celui-là surviennent jusqu'à la Sixième Epoque—jusqu'à ce que ceux qui sont emprisonnés, soit rejoignent la communauté des frères de Philadelphie, ou soient absorbés par le "nous" de l'humanité Arhimanisée. La "prison", l'isolation de l'auto-suffisance, cessera alors. Ils deviendront alors véritablement libres, ou ils devront rejoindre la masse Arhimanienne.

Ainsi l"Eglise de Smyrne" a un sentier à fouler sur lequel elle est testée par la "prison" de Diabolos, et par la "synagogue" de Satan; mais celui qui est "fidèle jusqu'à la mort" reçoit une couronne de vie. La couronne de vie n'est pas une simple expression poétique; elle est une description exacte d'un fait occulte significatif—le fait que certains changements auront lieu dans le futur, dans le système des courants spirituels dans la tête humaine. En résultat de ces changements, la fameuse "couronne de lort" deviendra "couronne de vie". A ce moment, les forces de vie de l'homme se concentrent de plus en plus dans la tête, et donc irradient vers le haut en une sorte de "couronne". Puis, si cette concentration devient complète, le cœur cesse de fonctionner (même lorsqu'il n'y a pas maladie), et la mort survient. Mais à présent un autre processus peut avoir lieu dans l'organisation éthérique de la tête humaine; c'est à dire la concentration dans la tête des forces de vie spirituelles irradiant du bas qui jaillissent par le pouvoir vivifiant dans tout l'organisme humain. Le développement d'une telle "couronne de vie" est, en même temps, un signe que l'impulsion Christ est à l'œuvre dans le corps vital de l'homme. Par cette influence le corps vital de l'homme est préservé de la "seconde mort", c'est à dire, de la dissolution quelque temps après la mort physique; la "couronne de vie" est cet élément du corps vital qui n'est pas sujet à la "seconde mort".

C'est dans ce sens que la promesse de la seconde lettre doit être comprise : "Celui qui a vaincu ne sera pas frappé de la seconde mort". (Rév. 2:11).

Mais la promesse adressée à ce courant karmique qui est appelé "Eglise de Pergame" ne se réfère ni à "l'arbre de vie" ni à la "couronne de vie", mais à la consommation de la "manne cachée" et à la "pierre blanche" sur laquelle est écrit un nom nouveau, "que personne ne connaît si ce n'est celui qui le reçoit" (Rév.2:17). Car l'impulsion spirituelle qui est àl'origine de la troisième époque (Egypto-Chaldéenne), et qui a persisté dans les âmes des hommes depuis ce temps, est un effort pour l'expérience de l'individualité immortelle et pour l'harmonie des êtres immortels les uns avec les autres.

La "pierre blanche avec un nom nouveau que personne ne connaît sauf celui qui le reçoit" est l'être-égo immortel de l'homme. Le "Je" est le nom qui peut être prononcé suelement par l'homme lui-même. Et la "manne cachée" est la force formatrice de communauté à l'œuvre au-delà du seuil de la concience ordinaire ; c'est la force qui relieles individus séparés en une communauté humaine. Ainsi Moïse, par exemple, dont la mission se situait à l'époque Egypto-Chaldéenne, reçut la révélation du "Je suis celui qui suis" au Buisson Ardent en tant que révélation de la source de l'expérience égo, alors que, d'un autre côté, la communauté Israélite sous sa guidance a mangé de la "manne cachée" qui descendait pendant la nuit et était "rassemblée" au petit matin. Ainsi Moïse mena la communauté qui lui était confiée vers l'idéal de l'évolution de l'égo; mais il la mena en tant que communauté, car elle était unie et se maintenait ensemble en mangeant de la "manne". La réalité de l'influence de la Manas (c'est à dire, la "manne") est manifestée lorsque les hommes dont les vies sont basées sur leurs égos intérieurs produisent en même temps une harmonie. Le véritable 'nous' peut être réalisé seulement sous l'infleunce de la Manas (l'Esprit-soi [synonyme de l'esprit Humain]), lorsque la concience égo a acquis la fermeté et la solidité d'une pierre.

Mais il y a aussi un courant anti-Manas dans le dessein des communautés en formation. La force formation de communauté de ce courant n'est pas extraite de la supra conscience , mais des régio

ns sub conscientes. Car ensemble avec l'union karmique des êtres individuels amenés à l'harmonie par la "manne", il y a encore une autre force attirant les hommes les uns vers les autres et les lie ensemble. C'est la poussée qui vient, non à travers le sang de l'impulsion du "Je suis" de Jahvé dans le passé, ni de l'égo en tant qu'expérience aujourd'hui, mais du sang qui est ni sous l'influence de Jahvé ni déterminé par l'égo. Cette force est la poussée du sexe. Elle fut mal utilisée par Balaam, par exemple (cf.Nombres :24) lorsqu'il conseilla au prince Madianite Balak, de substituer d'autres principes à ceux de la communauté Israélite pour que, au moyen des femmes Madianites consacrées à Baal, les Israélites puissent être attirés dans la sphère d'influence du culte de Baal. L'influence fut atteinte en stimulant cette impulsion à manger "les mets offerts aux idoles)—c'est à dire, la chair des victimes préparées par magie cérémonielle et investies de pouvoirs définis, par lesquels induire des alliances qui résident hors du réseau de karma positif. La "doctrine de Balaam" référée à la lettre est le point de vue duquel la "manne cachée" est observée, non dans la solitude de la supra conscience mais dans la vie sub consciente de l'impulsion.

Puisque la véritable harmonie de l'activité de la Manas peut être falsifiée et remplacée par la "doctrine de Balaam", ainsi l'homme peut s'efforcer de faire l'expérience que son propre égo puisse être falsifié et remplacé par la "doctrine des Nicolaïtes". Car, comme dans le premier cas, il y a une fausse union karmique parmi les hommes, dans le second cas, il y a une fausse expérience de l'égo. Puisque le courant "Nicolaïte" dont nous venosn de parler, a placé la conscience de l'homme juste dans le corps, elle se sent ostensiblement indépendante et libre à l'intérieur du corps. Ainsi un substitut du véritable égo est venu à l'existence, créé par l'infuence confinante du corps.

Une fausse conscience-égo s'est élevée dont le contenu était du non à l'égo mais au corps. Contre ces deux erreurs est dirigée "l'épée à double tranchant" de la bouche de celui qui adresse la Lettre à l'Ange de l'Eglise de Pergame, car l'épée du verbe de vérité frappe ce qui est immoral dans la vie de l'impulsion aussi bien que ce qui est illusoire dans les idées et concepts matérialistes.

L'opposé de l"épée à double tranchant" du futur verbe de vérité est le principe du pouvoir de magie noire oeuvrant en silence, un principe qui remplace et est basé sur l'union des impulsions subconscientes avec les concepts illusoires. Pour cette raison le langage occulte de l'Apocalypse parle de cette union en tant que "trône de Satan' (thronos to Satana). Ce nom signifie le principe de l'évolution du pouvoir d'Arhiman sur l'humanité, de façon à ce que ce principe (ou "trône") doive être vu dans la vie métabolique du système humain. D'un autre côté, il y a également eu deux situations historiques dans lesquelles ce "trône" fut présent extérieurement et objectivement, fonctionnant en tant que centre de pouvoir. Le trône d'Hérode et Hérodias, par exemple, fut un point de départ d'une telle activité. Et l'activité semanifesta dans le fait que ceux qui venaient à l'intérieur de la sphère d'influence de ce "trône" (c'est à dire, de cette activité fonctionnant par l'illusion et l'impulsion de vie immorale), furent 'décapités'. Ils furent 'décapités' dans le sens qu'ils perdirent le centre conscience-égo de la tête, et furent ainsi exposés à l'influence des profondeurs subconscientes de l'organisation métabolique.

Maintenant la seule voie pour s'opposer à un tel "trône" est de démasquer l'immoralité de l'impulsion "servile" qui en découle, et de vaincer les concepts matérialistes par la fidélité à l'esprit même jusqu'à la mort. Chaque "trône de Satan" historique a toujours été opposé à un "témoin fidèle" (martys ho pistos) de l'esprit. Il en fut ainsi avec le trône de Jézabel et Anab, auquel Naboth résista en tant que "témoin fidèle"; il en fut également ainsi avec le trône de Hérodias et Hérode, contre lesquels Jean le Baptiste fut le "témoin fidèle"; chaque fois le "témoin fidèle" doit vaincre l'immoralité par le verbe, et l'illusion par la mort. Car l'immortalité de l'individualité humaine est attestée, non seulement par l'enseignement, mais par le fait que les êtres individuels font face à la mort en tant que "témoins fidèles"—que l'individualité humaine ne peut être élevée au-dessus de la mort est est ainsi immortelle. En ce sens, non seulement Jean Baptiste, mais également Socrate à Athènes, fut un "témoin fidèle".

Cette mission spéciale—d'être un "témoin fidèle" contre le "trône de Satan"—a un nom défini. En ce sens chaque homme qui a une telle mission à remplir est un "Antipas", c'est à dire, l'homme dont la tâche est de souffrir avec les victimes du "trône" (de magie noire). Ainsi Jean le Baptiste aussi souffrit le destin des victimes du trône d'Hérode; il fut même physiquement "décapité" comme les autres victimes de ce trône furent intérieurement "décapitées" dans leur vie de l'âme. En ce sens, Jean le Baptiste est "Antipas", le compagnon-victime, qui résista au "trône de Satan" en tant que "témoin fidèle"—et, en effet, non seulement à ce moment là, mais aussi dans le passé durant des vies précédentes.

Cette "décapitation" des hommes survient véritablement aujourd'hui encore au sens moral. Il arrive, par exemple, que partout des hommes soient considérés et traités non en tant qu'individus, mais en tant que quantité, en tant que nombre. Car lorsque les hommes sont considérés seulement en tant que nombre ils sont "décapités"; la dignité de leur nature égo leur est enlevée. Et si les unités ainsi obtenues sont additionnées et leur somme établie, alors quelque chose est fait qui est moralement l'opposé de la formation de communauté à travers le pouvoir de la "manne cachée".

Ce qui fut originellement un mauvais usage de la magie noire de l'impulsion de vie et de la vie des concepts matérialisés devint plus tard une numération et une addition des unités humaines. Car comme le péché de l'Eglise d'Ephèse amena la conversion du véritable "Poids" en une chute devenant lourdeur, aussi le péché de l'Eglise de Smyrne amena la conversion de la véritable "Mesure" en "emprisonnement" à l'intérieur des confins de l'égoïsme; ainsi le péché de l'Eglise de Pergame causa le changement du véritable "Nombre" en décapitation et 'unification mécanique' des hommes. Mais le véritable 'Nombre' spirituel est une communauté d'êtres individuels rangés selon "la splendeur des étoiles" dont chacun n'est pas une simple unité, mais un "nouveau nom" écrit que la "pierre blanche que personne ne connaît sauf celui qui l'a reçu". Dans le sens du véritable 'Nombre', les hommes ne devraient pas, ne pourraient pas être comptés et additionnés; ils devraient être appelés par leurs noms et unis en une communauté par la "manne cachée". La conséquence du péché des Balaamites et des Nicolaïtes est la substitution de la somme pour la "manne" et d'une unité numérique pour le "nom".

Ainsi les statistiques, qui aujourd'hui apparaissent si innocentes, ont leurs antécédents; l'exemple fut établi par les faits tragiques dans l'histoire spirituelle et le cadre de l'esprit qui les produit doit son existence à une préparation au moyen de magie noire dans le passé. Observant cela sous cet éclairage, nous pouvons aussi comprendre pourquoi le dénombrement des gens ordonné par le Roi David [1Chr. 21:1] fut considéré si coupable par le monde spirituel et amena un châtiment si sévère par la suite; car ce qui est maintenant devenu banal était, à cette époque, une terrible violation de confiance envers la conception de la communauté humaine désirée par le monde spirituel. Les visages et les noms humains ne devraient pas être convertis en nombres; ce fut le fruit du péché de la Troisième Epoque, la "trahison contre le Nombre Spirituel".

En outre, à cette lumière nous pouvons comprendre combien tragique est le second chapitre de l'Evangile de Luc où il nous est dit :" En ce temps là, parut un décret de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre".

Car nous pouvons comprendre la tragédie du fait que Jésus devait naître durant un recensement national et considéré par l'état Romain en tant que "un de plus" si nous pouvons réellement amener à la conscience la véritable signification du 'nombre' en tant qu"harmonie de l'ineffable nom" des êtres individuels, et, d'un autre côté, la conséquence de la "chute du nombre" dans le mécanisme; c'est à dire, le mauvais usage des impulsions et des illusions. Mais il était nécessaire que Jésus naisse à une époque où "Poids" "Mesure" et "Nombre" étaient déjà séparés de leur véritable signification. : le lieu de naissance de Jésus fut une étable, avec des animaux.

Source : http://rosae-crucis.pagesperso-orange.fr/

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Le Livre secret de Jean

14 Octobre 2012 , Rédigé par ANN BARKHUST Publié dans #spiritualité

Les historiens de l'Eglise ont rapporté une tradition que dans les premiers temps Chrétiens, au premier et second siècle de notre ère Chrétienne, l'Eglise Occidentale centrée à Rome regarda défavorablement l'Evangile de Jean parce qu'il était considéré comme étant Gnostique. A St. Irénée de Gaule va le crédit d'avoir soutenu cet Evangile, pour qu'il soit accepté dans le canon du Nouveau Testament.

Mais à nouveau, au Moyen Age, nous entendons que les Manichéens du sud de la France possédaient un "faux Evangile de Jean", qui avait la prétention d'être des révélations de Saint Jean reçues alors qu'il se pencha sur la poitrine du Christ. Cet Evangile, dirent les hommes d'église, confondait le Christ avec Lucifer et avait même une fausse genèse du monde, en laquelle le Démiurge rebellé contre Dieu, était chassé des cieux, et implorait Dieu d'avoir une chance de se racheter. Ceci lui fut garanti, et la manière de sa rédemption fut de créer un cosmos en sept jours.

Le Démiurge (c'est un mot Grec, adopté de Pythagore, Platon et Aristote) et ses aides purent voir les modèles archétypaux par lesquels la création devait procéder, mais ne furent pas capables de les copier, et ainsi cette création fut imparfaite. Inévitablement, lorsque le démiurge créa des créatures vivantes, devant être l'humanité, cette création fut également imparfaite. La créature signifiant l'homme était faible et pouvait seulement ramper sur le sol. Prenant pitié de cette créature, Dieu envoya Son Emissaire, le Christ, et marie, deux anges des cieux supérieurs, pour instiller un esprit vivant, et lorsque ceci fut fait, la créature devint capable de se tenir debout et de se montrer elle-même humaine. Ainsi la création fut regardée comme l'œuvre du principe des Ténèbres déchu, qui fut racheté—ensemble avec son Principe—par Christ, le Principe de Lumière.

Comment la Lumière rachète t-elle les ténèbres ? En brillant dans les ténèbres, qui ne sont pas une "chose en soi" réelle, positive, mais simplement l'absence de Lumière. Les ténèbres sont ce qui est appelé un fait "négatif", quelque chose qui existe seulement par l'absence de quelque chose d'autre, n'ayant pas de substance. De ce concept, les Manichéens décrivirent leur formule pour la conquête du mal.

La légende est qu'à une époque existaient deux royaumes, le royaume des Elfes de Lumière et le royaume des Elfes de la Nuit. Les Elfes de Lumière étaient purement bons, et les Elfes de la Nuit étaient entièrement mauvais. Mais comment les Elfes de Lumière pouvaient-ils conquérir les Elfes de la Nuit, puisqu'ils ne pouvaient pas, par leur nature ou essence, faire le mal ? Ils résolurent le problème en incorporant une partie du Royaume de Lumière au Royaume des Ténèbres, et en brillant de façon continue, maîtrisèrent l'obscurité.

Agissant sur cette formule, les Manichéens infiltrèrent les rangs de leurs ennemis, en Europe, premièrement l'Eglise Catholique Romaine, bien qu'ils aient d'autres ennemis ailleurs. Les manichéens cachés vivaient extérieurement les vies de Catholiques dévots, excepté qu'ils projetaient leur totale influence en promouvant la bonté et éliminant les maux à l'intérieur de l'Eglise. Ils doivent avoir eu des réticences mentales à l'égard de nombreux enseignements Catholiques, mais ils gardèrent celles-ci pour eux-mêmes.

Il est rapporté le cas d'un prêtre dont la vie était si sainte et belle qu'il fut presque adoré par ses ouailles, même lorsqu'il était vivant; mais après sa mort, à leur grande horreur, ils trouvèrent parmi des affaires la preuve indiscutable que leur saint adoré était, en fait, un Manichéen. Alors ils détruisirent et ensevelirent ses reliques et déversèrent la haine sur la mémoire de ce "démon" déguisé, dont la sainteté avait été pour tous eux une inspiration et dont la bonté aimante avait illuminé leurs vies.

Combien de grands réformateurs des églises orthodoxes furent en fait, des Manichéens ou des Gnostiques déguisés ? Un jour nous pourrons le savoir. Nous disons "manichéens ou Gnostiques" parce que des découvertes archéologiques, telles que celles de Nag Hammadi en Egypte, montrent que les doctrines essentielles de Mani remontent aux époques Chrétiennes primitives et pré-Chrétiennes.

Mani fut un Maître universaliste qui croyait que toutes les anciennes religions, dans leur pure essence, menaient au trône du Christ. L'Eglise Catholique Romaine, suivie par ses ramifications, les Luthériens, et autres églises orthodoxes Protestantes qui sont aussi des formes de Catholicisme, ont pris position que seul L'Ancien Testament devrait être combiné au Nouveau testament, parce que Jésus était un Juif, et que toutes les autres écritures devraient être ignorées ou détruites. Ils allèrent même plus loin et établirent une règle qu'à moins qu'un suiveur du Christ n'accepte l'Ancien Testament avec le Nouveau, et évite les écritures des autres Gentils, alors il n'était pas Chrétien, peu importe combien il aimait le Christ et peu importe combien il s'efforçait de vivre la vie du Christ. C'est la doctrine qui mena à la persécution étendue et l'intolérance universelle, car elle maintenait, en effet, que chaque homme devait être un Juif avant de pouvoir être un Chrétien.

Saint Paul avait déjà combattu pour les Gentils au premier siècle, afin qu'ils puissent être Chrétiens sans aller à travers la synagogue ou le Temple Hébreux à Jérusalem—bien qu'il soit évident qu'il aurait été heureux de les accueillir là comme "craignant Dieu" à la Cour des Gentils. Il aurait même tordu les barrières de la clôture du Temple et permis aux Gentils convertis d'adorer des Israélites eux-mêmes. Au moins, les Juifs l'accusèrent d'essayer de prendre un Gentil dans leur section intérieur sacrée. Il essaya probablement, du moins.

Nous voyons également que Saint Paul faisait référence aux enseignements des Mystères Grecs, et aux astronomes et philosophes Grecs, en qui il avait l'exemple de certains des plus dévots des Pharisiens et des Sadducéens devant lui.

Il est significatif que parmi les doctrines d'une secte appelée les Pauliciens—les historiens ne savent pas si le nom venait de leur propre leader ou de Saint Paul, mais certains pensent qu'il vient de saint Paul—nous trouvons de nombreuses doctrines qui étaient caractéristiques du Manichéisme.

La bibliothèque trouvée en Egypte en 1945 donna deux versions de l'Apocryphe de Jean. Le livre avait été découvert au 19ème siècle mais ne fut pas traduit à cette époque. Personne ne semblait être intéressé par lui, et seuls quelques passages furent remarqués dans différents livres par des auteurs qui visitèrent le musée à Berlin où ce livre remarquable était préservé.

Jean Doresse parle des livres Gnostiques comme étant des écrits "déguisés" en Chrétiens, parce qu'il ne comprend pas que les anciens peuples ne ressentaient pas être un péché de retenir leurs propres écritures anciennes et de les interpréter à la Lumière du Christ. Aujourd'hui des missionnaires essaient encore de forcer les Bouddhistes, par exemple, à rejeter et renoncer à la 'Lumière de l'Asie" quand ils deviennent Chrétiens; comme s'il était nécessaire de renoncer à une lumière parce qu'une lumière plus forte était venue dans le monde! Personne n'aurait été plus respectueux de Bouddha que le Christ Lui-même ! et personne n'aurait été plus respectueux du Christ que Gautama le bouddha.

Un des deux documents trouvés à Nag Hammadi est une variante du livre de Jean à Berlin. Les deux versions principales N°1 et N°2, la N°2 étant similaire au Codex Berlin. Il mentionne une "édition N° 36 de Codex X" qu'il dit "donner une version développée du résumé dans le texte qui est plus amplifiée et enrichie par un vernis personnel". Il donne alors un bref résumé.

Préambule : l'Apôtre Jean, frère de Jacques, est troublé par la question jetée qui lui est jetée dans le Temple par un Pharisien nommé Arimanios. "Où est parti ton maître à présent"?

"Un pharisien nommé Arimanios". Le nom du Pharisien n'était probablement pas vraiment Arimanios. Arimanios est, selon toute vraisemblance, Ahriman, le Satan perse, ou Tentateur. Ici le Tentateur parle à Jean à travers les lèvres d'un Pharisien, tout comme il paraît à Jésus à travers Pierre lorsque Jésus le réprimanda en disant, "Arrière, Satan", regardant droit en face de Pierre lorsqu'il lui parlait. De façon similaire, c'est le Tentateur, Satan, ou le Doute et le Désespoir personnifiés, qui parle à Jean dans l'épreuve du Pharisien : "Où est parti ton Maître à présent"?

Jean se retira dans la solitude de la montagne pour méditer et prier, cherchant une réponse à ceci et autres questions : Pourquoi le Christ fut-il envoyé dans le monde ? Qui est son Père ? Qu'est ce que l'Eon comme celui où voyage l'humanité ? Le ciel s'ouvre et un Etre triple apparaît—dans la forme d'un homme jeune, une femme et un vieillard—et cet Etre triple déclare qu'il est véritablement un seul Etre, Père-Mère-Fils.

 

L'Etre révèle à Jean les secrets de l'Univers, passé et futur, et lui ordonne de transmettre ces enseignements à l'Elu. (Doresse ne mentionne pas l'histoire traditionnelle, telle que racontée au Moyen Age, que Jean reçut sa vision lorsqu'il reposait sur la poitrine du Christ).

L'Etre Primordial existait seul au commencement, calme et au repos dans le Grand Silence de l'océan de Lumière. Il contemplait les vagues de pure Lumière en lesquelles il reposait et par Sa pensée, de Lui-même une image fut projetée sur les vagues. Cette Première Pensée est le "parfait pouvoir de Barbelos", l'Image de Dieu, qui est l'Homme Primordial et l'Esprit Vierge. Nous pouvons remarquer que tous ces enseignements sont véritablement des concepts Platoniciens dans une vêture mythologique; non un "déguisement", mais une allégorie poétique.

D'autres "Eons androgynes"—Principes bisexués ayant à la fois des pouvoirs masculins et féminins, Pouvoir-volonté et Amour-Sagesse, un concept grossièrement dégradé par les Pères de l'Eglise aux premiers siècles—correspondent aux Elohim de la Bible. Le Jéhovah biblique fut en fait un de ces Elohim doublement sexués, qui fut identifié par les Hébreux, ou interprété par eux, comme étant l'Etre Unique Absolu Suprême, son ancien statut ayant été rejeté et oublié.

Barbelos, le Premier Etre, la Vierge Divine—fixe résolument la Lumière de Dieu, et en fixant ainsi conçoit une Etincelle, qui devient le Fils de Dieu. Dans ces anciennes visions, la comparaison est, nous croyons, dans la manière dont une image est réfléchie dans une boule de cristal. A la fois les cristaux de quartz et de verre étaient faits en Egypte et autres lieux, peut-être même en verre blanc, bien que ceci ne soit pas certain. De toute façon, la forme ancienne de polissage de gemme était de "rouler" les pierres. Elles n'étaient pas facettées de la même manière que nous le faisons aujourd'hui. Ainsi une pièce de cristal de quartz pouvait avoir été trouvée 'roulée" dans un ruisseau ou "roulée" par un artisan; et si c'est le cas, il pourrait avoir servi en tant que cristal de voyance. Le cristal a la propriété particulière de prendre une image reflétée n lui-même, et de la réverbérer. Elle apparaît à l'envers, le cristal en est plein. Même ainsi la vision de la Lumière crée à l'intérieur le Barbelos—le Premier Ange—une Etincelle qui est de Dieu et qui est comme Dieu.

Les poètes orientaux comparent également la sympathie mystique avec Dieu à la manière dont un amoureux voit son image dans la pupille de l'œil de son aimée. Chacun voit l'autre, amant et aimé, chacun voit dans la pupille de l'œil de l'autre une image de lui-même. Ainsi l'Homme contemple Dieu et l'Image de Dieu est formée dans son âme; et inversement l'Image de l'Homme est formée dans l'Oeil de Dieu, et cette Image d'Homme dans l'Oeil de Dieu est ce que voit le mystique. Telle est la formule de l'Oeil, comme montrée dans de nombreuses anciennes allégories poétiques de l'orient; et telle est, nous le croyons, la signification de ces obscurs textes dans l'Apocryphe de Jean.

Le Christ qui est ainsi engendré est appelé le Monogène. Ce mot résonne de façon particulière, mais il signifie simplement l' "Engendré seul" comme dans l'ouverture de l'Evangile de Jean dans le Nouveau Testament. Dans celui-ci, également, si nous devions substituer la forme grecque des noms, notre texte serait méconnaissable; par exemple : "Je suis le Chemin, la Gnose, et la Vie". Ou, "Au commencement était le Verbe (Logos), et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu".

Du Christ viennent les Quatre Luminaires, les quatre Seigneurs Principaux du Karma, appartenant symboliquement aux quatre signes fixes du zodiaque. Certains disent qu'il y a sept Seigneurs du Karma; ceci se réfère, bien sûr, aux sept Principes Planétaires qui influencent la destinée humaine dans l'horoscope.

Après ces Pouvoirs Célestes, Adam fut créé, le premier homme de la Terre. Ceci est suivi (dans ce texte) de l'histoire de la "Chute de Sophia" qui voulait créer seule comme le Créateur et qui donna naissance à un monstre ressemblant à un lion et un serpent, qu'elle cachait dans un nuage—manifestement, les constellations du zodiaque, avec une référence spéciale au Lion et au Scorpion, ou autres dragons astronomiques des ciels. A nouveau nous répétons, cet apocryphe n'est rien qu'un poème—un poème compliqué, allégorique—et les étudiants se rendent eux-mêmes ridicules en le traitant comme s'il était un traité direct comme les travaux du Romain Lucretius.

L'histoire de Sophia—qui peut aussi être comparée à la Vierge, qui à présent tient le Soleil à sa chute à l'équinoxe d'automne—est suivie de l'histoire du combat des pouvoirs de la Lumière avec ceux des Ténèbres; qui survécut au Moyen Age, comme nous l'avons remarqué. Il est à noter que les Ténèbres ne peuvent seulement être détruites elles-mêmes lorsque qu'elles poursuivent la Lumière, parce que la Lumière détruit automatiquement les ténèbres par sa brillance.

L'Etre caché dans le Nuage devient le Créateur—Démiurge—des mondes inférieurs. Ceci est le "Jéhovah", le Cosmocréateur de l'Ancien Testament. Il crée Sept Rois pour gouverner les Sept Cieux (Planètes), et Cinq Rois qui gouvernent les Abysses—les royaumes du Chaos, les "Mondes Sombres" dans lesquels les âmes se rendent entre les incarnations. Ces cinq mondes sombres avec leurs Cinq Rois, représentent le "Chaos" des Grecs, et "l'abysse" dans lequel les germes de toute vie et formation se développent.

Plus tard des êtres furent créés, 360 ou 365 en nombre—un Ange pour chaque jour de l'année, évidemment. Ils sont symbolisés par les silhouettes à têtes d'animaux, dans la culture Egyptienne.

Chacun savait que les Egyptiens n'adoraient pas des animaux ou des animaux-démons; ils prenaient ces figures de façon symbolique. L'idée est précisément la même que nous trouvons dans notre Nouveau Testament, où un bœuf est dépeint pour l'Evangile de Luc, un Lion pour St. Marc, un serpent pour St. Jean, et un homme pour St. Matthieu. Il aurait été assez en droite ligne avec la symbologie Egyptienne d'avoir dépeint St. Luc comme un homme à tête de bœuf tenant un livre dans sa main. Nous pouvons ne pas aimer ce symbolisme, mais nous pouvons le comprendre.

Tous les Pouvoirs ont deux noms, en accord avec la doctrine magique de l'antiquité par laquelle le Nom "Secret" ou "Dieu" était un Nom de Pouvoir, et qui n'était jamais révélé; puisque le nom commun était le nom utilisé publiquement. Les Egyptiens donnaient toujours à leurs enfants deux noms pour cette raison, le premier étant le nom secret. Dans les Ecoles Initiatiques—comme dans le Baptême Chrétien—nous voyons une forme de coutume similaire, où le baptisé prend un nouveau nom. Il semblerait également qu'il avait un nouveau Nom Secret, comme un Initié; car le Baptême était une Initiation et une renaissance.

Chaque chose dans la vie a ses bons et mauvais aspects. Les planètes dans l'horoscope peuvent donner une destinée bénéfique ou l'opposé, ou les deux mêlées à la fois, ce qui est habituellement le cas. Par conséquent chaque Grand Ange a deux Noms, et chaque démon peut être contraint par l'usage du Nom du Grand Ange qui a gouverne sur ses activités. L'Apocryphe de Jean n'entre pas dans ceci, mais le concept est impliqué dans le fait que les Intelligences Créatrices sont dites avoir Deux Noms.

Lorsque sa création fut terminée, Ialdebaoth s'exclame fièrement : "je suis un dieu jaloux et il n'y a d'autre dieu que moi!" Et l'Apocryphe prévient que l'histoire de la création ne doit jamais être prise dans le sens que Moïse l'a décrite, mais d'un point de vue opposé.

Sophia, voyant que son fils pèche contre Dieu, va et vient comme un esprit sur l'abysse de l'espace, et elle est aidée dans sa détresse par d'autres pouvoirs. A la fin, fixant les eaux de l'abysse, les Pouvoirs, à leur étonnement, voient se refléter l'image de Dieu! Ialdebaoth commande alors que lui et ses compagnons créent un être fait à la ressemblance de cette Image dépeinte, qu'ils appellent Adam, et les Archéons (Pouvoirs) se mettent au travail. Archon est le terme Grec.

Comme pour les autres noms des Pouvoirs, le texte dit, "Si tu veux les connaître, ils sont écrits dans le livre de Zoroastre", montrant que l'influence Perse réside derrière les influences Hébraïque, Grecque, et Egyptienne de cet Apocryphe.

Adam fut créé, mais ne pouvait se tenir debout, et cinq messagers envoyés du Dieu véritable conseillèrent à Ialdebaoth d'insuffler le souffle de vie dans la bouche d'Adam. Il fit ceci, et Adam non seulement se leva, mais devint resplendissant, et Ialdebaoth craignit aussitôt qu'il ne lui dérobe son pouvoir.

Les Pouvoirs chassèrent alors Adam dans les ténèbres inférieures. Mais la Mère prit pitié d'Adam, et lui envoie une Etincelle de Pensée de Lumière, appelée Zoé, un autre mot Grec. Puis les Archéons construisent encore un autre corps, plus dense et plus matériel, dans lequel ils emprisonnent Adam. Ils créent le Paradis dans le monde inférieur, et l'y déposent, mais les joies de son Paradis sont illusoires et pleines d'amertume. L'Arbre de Vie appartient à Ialdebaoth, et son fruit est amer; l'Arbre de la Connaissance détient l'Etincelle, ou Germe, de Lumière de la Divine Mère.

"Qu'était le Serpent qui enseigna à l'Homme de manger de cet Arbre?"demande Jean. Le sauveur répond :"Le Serpent lui enseigna le germe du désir, pour mettre Adam en esclavage; mais il vit qu'Adam ne lui obéissait pas à cause du Germe de Lumière qui était en lui". Le Serpent est, comme montré ci-dessus, Jehovah-Ialdebaoth. Il est celui qui gouverne l'Arbre de "Vie", ou désir, des corps engendrés.

Le Démiurge crée alors Eve, qui est une partie de la Lumière Adamique, mais lorsqu'il ouvre le côté d'Adam, la part de lumière s'échappe, aussi il fabrique Eve avec ce qui reste. L'apocryphe dit que le Christ Lui-même se manifesta dans la forme d'un aigle et s'assit sur l'Arbre de la connaissance, pour inciter Adam et Eve à manger du fruit de la Connaissance, dans lequel était le Germe de Lumière appartenant à la Divine Mère, par lequel ils pourraient être rachetés des ténèbres de la matière et du pouvoir de Jéhovah-Ialdebaoth, le Serpent des Ténèbres. Le germe du Démiurge est à la fois dans Adam et Eve, qui apportent Caïn et Abel; mais Seth s'échappe. Seth est l'Homme Rempli de Lumière, qui plus tard renaît en tant que Jésus le Christ, le fils véritable de Sophia, la Sagesse.

St. Paul dit, parlant d'Abraham, Sarah et Agar :"lesquelles choses sont en allégories"; et il est évident que ces Gnostiques écrivaient en allégories. Elles ne peuvent pas être comprises d'une autre manière.

Nous voyons de ceci pourquoi les Catholiques croyaient que les Manichéens adoraient Satan, puisque pour les Manichéens Jéhovah était le Satan et l'Esprit de l'Arbre de la Connaissance était le Christ. Mais ils n'adoraient pas Satan, ils adoraient le Christ, comme l'Esprit qui donnait Sagesse et Connaissance à l'humanité. L'Arbre de Vie de Jéhovah n'était pas immortalité mais "génération", un arbre généalogique.

Il y a une raison de croire que le texte de la Genèse Hébraïque, écrite d'un point de vue opposé, comme Max Heindel l'a commenté une fois, a , en fait, donné la même interprétation lorsqu'elle dit que "Adam connut Eve, et qu'elle porta Caïn"; Adam connut Eve, et elle porta Seth"; identifiant ainsi clairement la génération avec l'Arbre de la Connaissance, alors que les Gnostiques et les Manichéens donnaient cette signification à l'Arbre de Vie.

Comme dans Pistis-Sophia, un long dialogue entre Jean et le Christ est donné, couvrant de nombreux sujets d'intérêt spirituel. L'Apocryphe montre qu'il y a un véritable Esprit, qui est Au-dessus, et un Esprit Contrefait (qui imite Le Véritable) qui est en-dessous, dans l'espace inférieur. Le Salut est libéré de la "caverne de perversité" dans laquelle l'homme est emprisonné, et où il passe tous ses jours regardant les ombres. (Comparez avec le Mythe Platonique de la Grotte dans la République, Livre VII).

Il y a une guerre constante entre le Véritable Esprit et l'Esprit Contrefait revendiquant pour les âmes de l'humanité. C'est le Démiurge qui envoie ses anges en bas pour séduire les filles des hommes à chaque fois qu'elles montrent quelque inclination à s'élever des cavernes de perversité, leur enseignant les soi-disant bonnes choses de la terre, leur donnant la santé matérielle, le bonheur, et le pouvoir; leur enseignant les arts, les habiletés, et les sciences du monde physique.

Mais la Grande Mère n'oublie jamais, et elle survole encore, aller et retour, sur l'abysse du temps et de l'espace, cherchant à sauver ses enfants. Elle va vers Adam pour l'éveiller de son sommeil dans les ténèbres, lui disant :

Je suis la richesse de la Lumière

Je suis la mémoire de la Plénitude (de l'Esprit)

Je marchai dans les profondeurs des Ténèbres

Et je persévérai jusqu'à ce que j'atteigne le milieu de la prison, vers la fondation du Chaos…

Je pénétrai dans le cœur de la prison, c'est à dire, la prison du corps

Et je dis 'Que celui qui entend s'éveille du lourd sommeil!'

Et Adam s'éveilla…disant, "Qui a appelé mon nom?'

Et l'Esprit répond : 'Je suis la Pensée de l'Esprit Vierge

Qui te ré-établit dans les royaumes de gloire.

Lève-toi, et souviens-toi que C'EST TOI- MÊME QUE TU AS ENTENDU

Et retourne vers ta racine!

Car je suis Le Miséricordieux.

Abrite-toi des anges de destruction, des démons du Chaos,

Et de tout ce qui te gêne, et élève-toi du lourd sommeil de la demeure infernale'.

L'étudiant Gnostique français Jean Doresse qu'il n'est pas toujours clair de savoir qui parle, si c'est le Sauveur, ou la Reine Vierge des Anges; et il dit que sans doute ceci insiste sur l'histoire du Christ ayant été mélangée à l'ancien mythe de la déesse Mère. La ressemblance au mythe Babylonien de la Descente d'Ishtar et du mythe Grec de Déméter cherchant Perséphone est évidente; pas pour mentionner l'Isis Egyptienne cherchant Osiris. Le poète a fait un effort, apparemment pour construire un mythe parmi de nombreux, une allégorie éclectique, universaliste, acceptable aux anciens peuples, incluant les Juifs.

Le texte utilisé par les Manichéens médiévaux en Europe peut avoir été une version éditée par Mani ou ses disciples.

Puisque Doresse n'est pas un mystique ou un occultiste, et puisqu'il interprète ces textes avec un littéralisme qui est déplorable, nous ne pouvons prendre sa parole pour la substance véritable de l'Apocryphe de jean. Il n'est pas réellement intéressé, sauf comme un vivisecteur est intéressé en découpant un animal dans un laboratoire; et c'est uniquement lorsque nous prenons en sympathie ces anciens livres dans nos consciences, en méditation et contemplation, utilisant l'imagination poétique, que nous pouvons entrer dans l'esprit en lequel ils furent écrits et ainsi en arriver à une sorte de compréhension de ces textes. 

  

Source : http://rosae-crucis.pagesperso-orange.fr/chantal/bible/le_livre_secret_1.htm

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Messe gnostique de Saint Jean

14 Octobre 2012 , Rédigé par Tau Jonas Publié dans #spiritualité

Sur l’autel, recouvert d’une nappe blanche, se trouvent trois bougies allumées, la patène contenant le pain et le calice contenant un mélange de vin et d’eau. Le calice et la patène sont recouverts d’un voile blanc. (NB : On veillera à ne pas avoir plus de pain que de participants. Ce pourra être soit du pain levé soit des hosties.)

Les fidèles se mettent en cercle devant l’autel et se tiennent par la main. Le célébrant, revêtu de l’étole, se tient au milieu du cercle et traçant le Tau, il dit : « Au nom du Père Inconnu, du Logos Monogène et de l’Esprit Paraclet ! »

Tous : Amen !

Le célébrant lit (ou chante) l’Hymne du Sauveur, à laquelle les participants répondent par l’Amen.

Hymne du Seigneur

Gloire à toi, Père !

Gloire à toi, Logos !

Gloire à toi, Grâce ! Amen !

Gloire à toi, Esprit !

Gloire à toi, Saint !

Gloire à ta gloire ! Amen !

Nous te louons, Père !

Nous te rendons grâces, Lumière dans laquelle les ténèbres n’habitent pas ! Amen !

Voilà pourquoi nous rendons grâces !

Je veux être sauvé et je veux sauver. Amen !

Je veux être délivré et je veux délivrer. Amen !

Je veux être blessé et je veux blesser. Amen !

Je veux être engendré et je veux engendrer. Amen !

Je veux manger et je veux être mangé. Amen !

Je veux écouter et je veux être écouté. Amen !

Je veux être compris par l’intelligence, moi qui suis tout entier intelligence. Amen !

Je veux être lavé et je veux laver. Amen !

La Grâce danse !

Je veux jouer de la flûte, dansez tous. Amen !

Je veux jouer une complainte, frappez-vous tous la poitrine. Amen !

L’Ogdoade chante avec nous. Amen !

La Dodécade danse en haut. Amen !

Au Tout il appartient de danser en haut. Amen !

Celui qui ne danse pas ignore ce qui se passe. Amen !

Je veux fuir et je veux rester. Amen !

Je veux mettre en ordre et je veux être mis en ordre. Amen !

Je veux être unifié et je veux unifier. Amen !

Je n’ai pas de maisons et j’ai des maisons. Amen !

Je n’ai pas de lieux et j’ai des lieux. Amen !

Je n’ai pas de temples et j’ai des temples. Amen !

Je suis une lampe pour toi qui me regardes emdash Amen !

Je suis un miroir pour toi qui me comprends. Amen !

Je suis une porte pour toi qui frappes à moi. Amen !

Je suis un chemin pour toi, le passant. Amen !

En répondant à ma danse, vois-toi en moi qui parle, et voyant ce que je fais, garde le silence sur mes mystères.

Toi qui danses, comprend ce que je fais, car elle est tienne, cette souffrance de l’Homme que je dois endurer.

En effet tu ne pourrais absolument pas comprendre ce que tu souffres si je n’avais pas été envoyé pour toi comme Logos par le Père.

Toi qui as vu ce je fais, tu m’as vu comme souffrant et l’ayant vu, tu n’es pas resté immobile, mais tu as été tout entier mis en mouvement.

Ayant été mis en mouvement, tu as connu ton ignorance ; mais tu possèdes en moi un lit pour t’étendre.

Repose-toi sur moi.

Qui je suis, tu le sauras quand je m’en irai.

Tel qu’on me voit maintenant, je ne suis pas.

Ce que je suis, tu le verras quand tu viendras.

Si tu connaissais la souffrance, tu posséderais l’absence de souffrance.

Connais la souffrance et tu posséderas l’absence de souffrance.

Ce que tu ne connais pas, je te l’enseignerai.

Je suis ton Dieu, non celui du traître.

Je veux que les âmes saintes soient mises en harmonie avec moi.

Connais le discours de la sagesse.

À nouveau, dis-moi :

Gloire à toi, Père !

Gloire à toi, Logos !

Gloire à toi, Esprit !

Ce qui est mien, si tu veux vraiment le connaître, voici :

Par le Logos je me suis joué en toutes choses et je n’ai en rien connu la honte.

Moi j’ai dansé ; toi, comprends tout cela et l’ayant compris, dis :

Gloire à toi, Père !

Gloire à toi, Logos !

Gloire à toi, Esprit ! Amen !

Les participants se lâchent les mains ; ils ouvrent le cercle du côté de l’autel. Le célébrant se tourne vers l’autel, s’incline avant de prendre le livre dans lequel se fera la lecture. Il se tourne vers les participants pour lire.

Lecture

Mes bien-aimés, écoutez ces enseignements de la gnose :

« Dans le Principe était le Logos, et le Logos était tourné vers Dieu, et le Logos était Dieu. Il était dans le Principe tourné vers Dieu. Tout fut par lui et sans lui, rien ne fut de ce qui est. En lui était la Vie, et la Vie était la Lumière des Hommes. Et le Lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point comprise. Il était la Lumière véritable qui éclaire tout Homme venant en ce monde. Il était dans le monde et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas connu. Il est venu vers les siens et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à ceux qui l’ont reçu, à ceux qui ont cru en son nom, il a donné le pouvoir de devenir Enfants de Dieu ; ceux-là ne sont pas nés du sang ni de la volonté de la chair ni de la volonté d’un homme, mais ils sont nés de Dieu.

Et le Logos est devenu chair et il a planté sa tente parmi nous et il a révélé sa Gloire, comme celle du Monogène qu’il tient du Père, pleine de Grâce et de Vérité. De son Plérôme en effet nous avons tous reçu et Grâce sur Grâce.

La Loi nous a été donnée par Moise ; la Grâce et la Vérité nous sont venues par Jésus le Christ. Nul n’a jamais vu Dieu ; Dieu Monogène, qui est dans le sein du Père, lui nous l’a fait connaître. »

On peut aussi lire un autre texte johannique (un passage des Ch. 97 à 102 des Actes de Jean, ou un passage de l’Apocryphon de Jean, ou de l’Interrogatio Joannis ou valentinien (par ex. Évangile de Vérité).

Homélie et/ou méditation silencieuse

Liturgie eucharistique

Le célébrant se tourne vers l’autel, il s’incline et découvre la patène et le calice.

Prière eucharistique

Nous te rendons grâce et nous célébrons l’eucharistie, Père, au nom de ton Fils Jésus Christ,

pour tous tes enfants dispersés dans le Kénôme : qu’ils quittent l’amertume du monde pour la douceur de Dieu, le charnel pour le spirituel, le physique pour l’angélique, le visible pour l’invisible, la créature pour le Plérôme, le monde pour l’Eon, l’esclavage pour l’état de fils,

et parviennent à la pleine connaissance de tes mystères. Éclaire leur intelligence, qu’ils accomplissent ta volonté par le Nom de Jésus le Christ ; et ils accompliront ta volonté, maintenant et toujours, étant parfaits en toute grâce et toute pureté.

Gloire à toi dans ton Fils et ton Monogène, Jésus le Christ, maintenant et toujours. Amen ! (Chant du Trishagion Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, prend pitié de nous !

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, prend pitié de nous !

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, prend pitié de nous !)

Prière de consécration

À genoux, mes bien-aimés !

Les fidèles s’agenouillent, tandis que le célébrant poursuit :

Quelle louange, quelle parole d’offrande, quelle Action de grâces pourrions-nous prononcer en rompant ce pain, sinon de te nommer, toi seul, JESUS ?

Il étend les mains sur le pain et le calice.

Nous glorifions ton nom de FILS qui a été dit par toi.

Nous te glorifions comme la PORTE qui donne l’accès !

Nous te glorifions comme la RESURRECTION révélée par toi pour nous !

Nous te glorifions comme le CHEMIN !

Nous te glorifions comme la SEMENCE, comme le LOGOS, la GRACE, la FOI, le SEL, la PERLE INDICIBLE, le TRESOR, la CHARRUE, le FILET, la GRANDEUR, le DIADEME, comme celui qui à cause de nous a été appelé FILS DE L‘HOMME, comme la VERITE, le REPOS, la CONNAISSANCE, la PUISSANCE, le COMMANDEMENT, la CONFIANCE, la LIBERTE, le REFUGE trouvé en toi !

Car tu es, Seigneur, la RACINE DE L’IMMORTALITE, la SOURCE DE L’INCORRUPTIBILITE et le FONDEMENT DES EONS, toi qui reçois tous ces noms à cause de nous afin qu’en usant d’eux pour t’appeler, nous connaissions ta grandeur, invisible pour nous dans le présent, mais visible seulement pour les purs, qui se forment dans ton Homme unique !

Il trace le Tau sur le pain, le rompt, l’élève et dit :

TOUTO ESTIN TO SOMA PEUMATIKON TOU CHRISTOU !

Il trace le Tau sur la coupe, l’élève et dit :

TOUTO ESTIN TO HAIMA PNEUMATIKON TOU CHRISTOU !

Communion

Prions ensemble :

« Notre Père qui es aux cieux

Que ton Nom soit sanctifié

Que ton Règne vienne

Que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel

Donne-nous aujourd’hui notre pain suressentiel

Remets-nous nos dettes comme nous les remettons aussi à nos débiteurs

Et ne nous soumets pas à l’illusion mais délivre-nous de l’Archonte.

Car c’est à toi qu’appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire, pour les Eons des Eons.

Amen »

Le célébrant poursuit :

« Venez les bénis de mon Père ! »

Tous se relèvent. Le célébrant donne du pain à chaque fidèle, disant à chacun :

« Reçois la paix, bien-aimé(e) du Père ! »

Il leur donne ensuite la coupe, en disant à chacun :

« Reçois la semence de Lumière, bien-aimé(e) du Père ! »

Il dit ensuite :

« Que moi aussi je reçoive avec vous la paix et la semence de lumière, bien-aimés ! »

Il communie à son tour. Il vide la coupe, et la recouvre, ainsi que la patène.

Prière d’Action de grâce

Rendons grâces au Seigneur !

Nous glorifions ton nom, qui nous détourne de l’égarement et de l’illusion cruelle !

Nous te glorifions, toi qui nous as fait voir de nos yeux ce que nous avons vu !

Nous rendons témoignage à ta bonté qui s’est révélée de diverses façons !

Nous louons, Seigneur, ton nom excellent qui a convaincu d’erreur ceux que tu as convaincus d’erreur !

Nous te rendons grâces, Seigneur Jésus-Christ, car nous avons confiance en ton amour qui est immuable !

Nous te rendons grâces, à toi qui as désiré que notre nature soit sauvée !

Nous te rendons grâces, à toi qui nous as donné la conviction irrécusable que tu es le seul Dieu, maintenant et toujours !

Nous, tes serviteurs à bon droit rassemblés et restaurés, nous te rendons grâces, ô Saint, toi qui règne dans le Plérôme, maintenant et toujours !

Tous : Amen !

Bénédiction

Le célébrant étend les bras sur les fidèles.

Le Christ Jésus soit avec vous pour toujours.

Si vous l’aimez avec pureté, vous posséderez, indéfectible, la communion avec lui.

Car lorsqu’il est aimé, il devance en amour ceux qui l’aiment !

La paix soit avec vous, bien-aimés, (il trace le Tau) au nom du Père Inconnu, du Logos Monogène et de l’Esprit Paraclet !

Tous : Amen !

 

Source : http://www.esoblogs.net/318/messe-gnostique-de-saint-jean/

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