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Hauts Grades

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Le Maître Secret

9 Mars 2015 , Rédigé par Marc R Publié dans #Planches

Le grade de Maître Secret est centré sur une ascèse intérieure qui permet une compréhension plus élargie de la notion de devoir.

Quel est ce devoir, est-ce un devoir envers lui-même ? Est-ce un devoir envers les autres ? Est-ce un devoir complètement dénué d'objectif ?

1 ) UN DEVOIR ENVERS SOI-MÊME

Si, pour le Maître Secret, il "n'y a de devoir qu'envers soi-même", c'est d'abord pour souligner l'absolue liberté de l'être humain. Rien, aucune disposition légale, aucun code social ne saurait restreindre cette liberté, fondamentale. Cette liberté se décline en liberté de penser, liberté de croire ou de ne pas croire, etc. Nous verrons plus loin que cette liberté n'a de l'intérêt que si elle est tournée vers l'autre.

Ensuite, interrogeons-nous sur la nécessité pour l'Homme de se fixer un devoir, de le remplir… En effet, en homme libre, nous devons toujours tout passer au crible de la pertinence.

Pour répondre positivement à cette question, établissons un parallèle avec le développement de l'enfant. Lorsqu'il appréhende le monde, l'enfant ne se sent pas de devoirs. Il n'a que des droits, pense-t-il. L'attention de ses parents, de son proche entourage est centrée sur lui. Aussi, ne s'intéresse-t-il pas aux autres –sauf en termes de rivalité, de jalousie peut-être. L'enfant ne se sent pas "redevable". Pourquoi se créerait-il des devoirs quand tout lui est facilité ? L'enfant est naturellement égoïste. En avançant en âge, le contact avec le monde extérieur- celui-ci n'étant pas forcément facilitateur-, le conduit à réfléchir à son rapport à l'autre. Il découvre le sens de la réciprocité. Puis il y trouve de l'intérêt quand il comprend que les bonnes relations interpersonnelles passent par un échange fondé sur l'équité. Peu à peu, à travers la découverte du monde et grâce à l'éducation, il développe une sensibilité qui le conduit à la prise de conscience suivante : s'il reçoit, c'est parce que d'autres lui donnent. Dans cette lente émergence, son égoïsme naturel laisse place progressivement à la perception du devoir. Pour l'adulte qu'il devient, cette prise de conscience constitue, déjà, une étape importante dans l'accomplissement du devoir.

Qu'en est-il pour le Maçon et, plus encore, pour le Maître Secret ?

Le Franc-maçon fait le pari de l'espérance en l'Homme. Pour le Maçon, une "lumière intérieure" réside au fond de tout être. Cette lumière correspond au "soi-même". En tout homme, il existe une flamme secrète, l'essence même, ce qui est quand on retire le poids des strates sociales, celui des convenances, celui du mensonge. Cette partie de l'Homme, infrangible, est ce que nous appelons le "soi-même". Aussi, le Devoir du Maçon, du Maître Secret, est-il d'abord de faire grandir cette lumière. Comme souvent en Maçonnerie, ce symbole s'inscrit dans la culture chrétienne. Dans la Genèse, l’interprétation symbolique du Fiat Lux est ordonnancement du chaos. Pour le Franc-maçon, cette lumière correspond à sa volonté d'ordonnancer son être, lui aussi chaotique, c'est à dire de le maîtriser (outre qu'il correspond à un grade, le mot Maître a un sens…)

Quelle forme le Maître Secret doit-il donner au Devoir ?

Homme éclairé, il doit développer une haute idée de son Être –ce qui ne signifie pas pour autant qu'elle soit méprisante vis-à-vis d'autrui, bien au contraire. Cette idée est celle de la dignité, du respect de ce qu'il est. Il est le seul à pouvoir, en conscience, définir à quel niveau il place cette idée. L'existence le ramène sans cesse à sa seule dimension matérielle. Loin de négliger la satisfaction des besoins physiologiques, corporels, pécuniaires, il doit sans cesse favoriser sa dimension spirituelle. La démarche consistant à tenter d'élever son esprit, est, en effet, moins évidente pour tout un chacun. Seule la volonté permet de l'entreprendre. Cette démarche, volontaire, constitue une véritable ascèse : loin de constituer un privilège, la capacité qu'il se donne de progresser continuellement place le Maître Secret face à lui-même. Ainsi, le corollaire de sa démarche est bien l'humilité. Enfin, croyant en l'Homme -un Homme capable de s'élever toujours-, conscient de la nécessité du Devoir qu'il s'est lui-même fixé, le Maître Secret doit donner une manifestation à ce Devoir. Comme il est plus facile de prendre une résolution que de l'accomplir, le Devoir consiste également à mesurer en permanence l'écart entre l'ambition de l'objectif et sa concrétisation.

2) UN DEVOIR ENVERS LES AUTRES

La liberté du Maçon est maîtrisée. Elle est placée au service du bien-être, le sien, celui des autres. Je découvre que le chemin initiatique proposé à l'impétrant dispose d'une cohérence propre. Je découvre que le 4e grade poursuit le 1er. Je remonte au jour où j'ai reçu la lumière.

Le maçon nouvellement initié que j'étais a été longuement intrigué par la l'obligation fixée à tout Franc-maçon par la Constitution du G\O\D\F\: "le respect des autres ET de soi-même". En effet, si j'étais déjà respectueux d'autrui, je pensais l'être de moi-même. L'étais-je suffisamment ? Comme souvent nos formules maçonniques reposent sur une bipolarité [exemple : l'amélioration de l'Homme ET de la Société]. Pour les comprendre, il ne faut surtout pas tronçonner nos formules. Trop souvent, les FF\ comprennent que l'Autre doit être respecté, ils comprennent aussi qu'il faut avoir du respect pour soi, mais font-ils le lien entre les deux pôles ? Pour que cette formule prenne son sens, il faut considérer que le respect de l'autre est inséparable du respect que l'on se porte. Que, par un incessant va-et-vient, ils se renforcent. Dans l'absolu et au fond de l'Être.

En Maçonnerie, la notion de Devoir relève également de cette bipolarité. Je ne peux penser les autres sans penser moi-même. Pour reprendre la comparaison avec l'enfant, il faut que je me connaisse bien avant de comprendre les autres. La descente en soi-même constitue, aussi, l'appréhension du "fonctionnement" de l'être humain. Ce "fonctionnement" concerne aussi bien la raison que les sentiments, l'intellect que l'émotion, communs à tout être humain..

Au plan symbolique, le Maçon parcourt un chemin, nous évoquons "la voie initiatique". Ainsi, au 4e Degré, quand les Maîtres Secrets interrogent celui qui vient de les rejoindre, ils lui demandent :

-Que cherchiez-vous au cours de ces voyages ?

En faisant allusion à ceux qu'il a accomplis de l'initiation jusqu'au grade de Maître.

Et le Maître Secret parcourt " la grande route du Devoir"

Outre que, pour moi, le symbole de chemin, de voie, de route indique que l'Idéal maçonnique est, d'abord, celui du progrès, il implique que l'être humain se déplace d'un point à un autre. Aussi, en termes de Devoir, doit-il partir de lui-même pour aller vers l'Autre. L'intérêt de ce parcours, de ce voyage, est qu'il perçoit, chemin faisant, qu'il est unique en même temps qu'il fait partie d'un tout. Un tout d'abord compris comme l'Espèce humaine. Puis, s'il cherche et s'en trouve éclairé, il comprend qu'il fait partie de la Nature, du cosmos, au même titre que le vivant, le monde végétal et minéral. Il comprend aussi que la Nature est constituée aussi bien de matière que d'esprit. Si, à travers cette prise de conscience, l'Homme gagne en humilité, il gagne aussi en force. Car, devenant conscient qu'il fait partie d'un tout, il affronte plus facilement les contingences existentielles, à commencer par la mort –celles des autres surtout-. Aussi, le Devoir envers soi-même n'est-il que le Devoir envers l'Autre. L'ensemble des autres. Le rituel du Maître Secret nous enseigne que Ce Devoir (le Devoir envers soi-même), primordial, unique entraîne inéluctablement tous les autres devoirs, ceux qui concernent le monde dans ses multiples aspects. Le monde ?

Comment ne pas citer les Écritures : "Aime ton prochain comme toi-même !" Outre l'amour que je dois lui porter, ajoutons le Devoir.

3) LE BUT DU DEVOIR

"Là où est le Devoir, sont tous les devoirs d'où découle le comportement du Maître Secret.", précise le rituel du 4. Avec le secret, le devoir constitue la caractéristique du grade.

Déjà, jusqu'au 3, le franc-maçon avait des devoirs. Devoir envers ses FF\ (la solidarité). Il est cependant curieux d'observer que cette notion de devoir est bien souvent confondue avec celle d'obligation, par exemple l'obligation d'assister aux Tenues, de payer sa cotisation, etc. Toutes choses qui, finalement, peuvent apparenter nos LL\ bleues à des groupes profanes. Si les obligations constituent des nécessités, elles sont bien en dessous des Devoirs.

Dans la société civile (le pays, la ville, le quartier) que nous formons, l'évocation des devoirs est moins "porteuse" que celles des Droits. Le temps n'est plus où la Citoyenneté reposait, elle aussi, sur la bipolarité "Droits-Devoirs"… Aussi, pour la plupart des hommes et des femmes qui composent notre Société, au Devoir se sont substituées la simple obligation, voire la contrainte (le Code de la route, le Code des impôts, le Règlement de la SNCF, le Plan d'occupation des sols,…). Si nous dépassons cette confusion courante, nous voyons bien que le Devoir relève de la Morale. Et "la Franc-maçonnerie a pour objet (…) l'étude de la morale, …" (article premier de la Constitution du G\O\D\F\).

Quel peut être le premier Devoir du Maçon envers lui-même ?

Il doit travailler. Citons le F\Guérillot : "Ceux qui gravissent ces degrés doivent "travailler", au sens maçonnique du terme. L'initiation est le fruit du rituel et de l'effort. Qui ne cherche pas à comprendre ce que disent les "mots", ce que cachent les symboles, ne progresse pas. Pire, il régresse, il oublie ce qu'il a entrevu, il ressent une sorte d'engourdissement, il sommeille sur les colonnes. Et, au terme de cette déchéance, il finit par se croire "initié" parce qu'il porte un tablier et un sautoir, dont il ne voit même plus la pacotille…"1

Alors, que disent les "mots" ? J'ai eu l'occasion de dire à mes FF\ Maîtres Secrets que, depuis mon élévation au 3, j'avais moi-même fini, au fil des années, par m'habituer à la parole substituée (Makbennah). Sans en être conscient, j'avais donc fini par m'endormir sur les colonnes ! Aussi, le rappel au Devoir est-il salutaire. Quand les Maîtres Secrets interrogent celui qui vient de les rejoindre et qu'ils lui demandent :

-Que cherchiez-vous au cours de ces voyages ?

Le nouveau Maître Secret répond :

-La Vérité et la Parole Perdue.

Le rituel ajoute : "La Parole Perdue est la connaissance du Devoir complet des anciens Initiés." Au bout du chemin initiatique, le Maçon connaîtra-t-il le "nom de l'ineffable" ? La Maçonnerie est ancrée dans la tradition judéo-chrétienne. Aussi le "mot", la "parole", le "nom" ont-ils une grande importance. "Au commencement était le verbe". Les hébreux ne prononcent jamais le nom de l'Être supérieur. Les Maçons eux-mêmes ne savent "ni lire ni écrire". La méthode maçonnique consiste à donner les lettres une à une. Aussi, quand les Maîtres Secrets interrogent celui qui vient de les rejoindre et qu'ils lui demandent :

"-L'avez-vous retrouvée ?

-Non, mais je viens me joindre aux Maîtres Secrets pour travailler à ce but, en suivant imperturbablement la route du Devoir."

La retrouvera-t-il un jour ?

Si elle est "connaissance du Devoir complet", comment expliquer l'importance symbolique d'une parole, réputée perdue ?

La parole peut n'être qu'illusion, qu'apparence. N'est-elle pas, dans un premier temps, "substituée" ? La parole est bien souvent trompeuse. Comme la lumière trop brillante peut aveugler. Certains ne se servent-ils pas de la parole pour détourner de la Vérité ? En effet, la parole peut être mensonge. Pour ne pas s'égarer, le Maçon doit sans cesse revenir au rituel. Celui-ci précise : "-La Vérité ET la Parole Perdue". Le Maçon retrouve ainsi la bipolarité évoquée plus haut. Car, pour le Maître Secret, la parole ne peut être que la parole vraie. Parole et Vérité se complètent. Comme se complètent Vérité et Devoir, dans le rituel lorsqu'il explique : " La Vérité est la lumière placée à la portée de tout homme qui veut ouvrir les yeux et regarder la grande route du Devoir." Le "comportement du Maître Secret" passe par une volonté ferme d'allier, dans sa recherche, "parole" et "Vérité". Je l'interprète comme une recherche permanente de l'adéquation entre mes dires et mes actes, entre la réflexion ET l'action. Je comprends ce comportement comme la détermination d'être UN dans la synthèse –harmonieuse- de ma chair et de mon esprit, ces deux pôles d'une même personnalité. Effort, devoir, ascèse intérieure. Humilité aussi. Car, au 4e degré, le Maçon recherche le Devoir "sans songer à une récompense, pour la seule satisfaction de la Conscience." Au plan philosophique, la conscience est la "connaissance intuitive que chacun a de ce qui est bien et mal, et qui le pousse à porter des jugements de valeur morale sur ses actes."2

L'objectif du Devoir du Maître Secret, consiste, à travers sa recherche, à approcher le Bien.

F\Marc Ripoll

1 Claude Guérillot : La Légende d'Hiram. Selon le Rite de Perfection et le Rite Ecossais Ancien et Accepté. Guy Trédaniel Editeur. Paris 2003

2 Le ROBERT.

Source : http://truelle74.blogspot.fr/

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L'évolution du RER au Grade de Maître Ecossais de St André

6 Mars 2015 Publié dans #Planches

Dans la première partie de cette planche, j'ai tenté d'analyser et de vérifier la spécificité du R.E.R., rite chrétien, telle que l'on peut la découvrir, l'approfondir, au cours de l'étude des trois rituels des premiers grades reçus dans loges bleues. Il s'agit maintenant de rechercher, à la lecture et à l'analyse du rituel du dernier grade de Maître écossais de Saint-André, ce qui pourrait confirmer ou infirmer, rapprocher ou différencier, celui-ci de ceux-là, dans le caractère chrétien du rite. Encore que je ne veuille pas tomber dans le travers souvent constaté, dénoncé, d'une simple compilation, il me faut rappeler ici, aussi succinctement que possible, la genèse de ce rite. Dans la correspondance qu'il entretient le 10 septembre 1810, avec son Altesse Charles de HESSE, Jean-Baptiste WILLERMOZ, l'informe du retard pris par la mission que celui-ci lui a confiée de rédiger ce rituel. Il avait été convenu de formuler préalablement les instructions des deux grades de l'Ordre Intérieur, avant d'établir celui de ce 4ème grade de transition, de charnière, de liaison entre les grades reçus dans les loges bleues - compte tenu de l'importance, que de ce fait il revêtait. La réflexion menée par la commission des Frères Lyonnais que Jean-Baptiste WILLERMOZ s'était adjoints, avait pratiquement été menée à son terme, quand ces derniers, éminents notables locaux, furent convoqués et appelés à participer aux États Généraux convoqués par le Roi à Versailles en 1789. C'est donc sur ces bases certes, dont il était le seul dépositaire, qu'alors J.B.W rédigea seul, entre 1804 et 1809, le rituel du grade de Maître Écossais de Saint-André. L'on ne saurait mieux en faire la synthèse, avec celle du rituel qui s'y attache, qu'en citant J.B.W lui-même : « Nous n'avons chez nous qu'un seul grade supérieur et intermédiaire entre les trois grades des loges bleues et l'Ordre Intérieur, dénommé comme je l'ai dit : de Maître Écossais de Saint-André. Notre Maître Écossais retrace et met en action dans sa réception, toutes les grandes époques historiques survenues au Temple de Salomon et à la nation élue : la destruction, la captivité, le retour et le combat de l'autre ; car nous ne perdons jamais de vue les révolutions de ce Temple Unique ni le grand Maître Hiram, tous ces objets sont mis en scène sous les yeux du candidat par divers tableaux, dont la dernière figure le passage de la loi ancienne à la nouvelle, par Saint-André qui quitta son premier Maître Jean le baptiste pour suivre invariablement Jésus-Christ ; ainsi finissent les symboles ». (Les parties soulignées le sont par moi). Sur l'aspect christique du rite, il est par ailleurs écrit en préambule du Rituel du Grand Prieuré des Gaules : « […] privé de la récapitulation magistrale des grades symboliques qu'elle comporte ; privé d'autre part de ce rappel particulièrement précis et solennel du caractère chrétien du Régime Rectifié, en même temps que son œcuménisme, le quatrième grade ne jouerait pas pleinement son rôle de sommet de la Maçonnerie symbolique et de préparation à l'Ordre Intérieur si fortement souligné par WILLERMOZ dans ces lettres ». (Èques a Corona Caduca). Sauf à prétendre pouvoir rédiger un ouvrage intelligent de 400 pages qui en fasse l'analyse exhaustive, ce dont je n'ai ni la compétence ni les moyens, je vais me contenter modestement - au fil de l'eau - lors de la lecture de ce rituel et de ce qui s'y rapporte, de vous faire part des réflexions qu'elles appellent de ma part, (qui sont miennes, n'engagent donc que moi) en espérant susciter chez le lecteur l'envie de les approfondir. Elles ne peuvent, évidemment, qu'être en rapport direct avec l'objet principal et exclusif de la présente quête : l'Évolution (souhaitée, souhaitable ?) du Rite et du Régime Écossais Rectifié, dans sa spécificité chrétienne. D'ores et déjà, l'on peut confirmer sans crainte : à l'évidence il ressort encore plus dans le rituel du 4ème grade que : le R.E.R. est bien un rite chrétien, œcuménique. (Le Robert : « qui se rapporte à l'œcuménisme, mouvement visant à l'union de toutes les églises chrétiennes »). [Et seulement d'elles, si je puis me permettre de le rajouter].

Le grade de Maître Écossais de Saint-André est le lien, entre les grades symboliques de la maçonnerie bleue et l'Ordre Intérieur. Il symbolise en Saint-André, disciple de Jean (le Précurseur) puis celui de Jésus-Christ, le passage de l'ancienne loi - celle des dix commandements donnés à Moïses - à la nouvelle, celle révélée par Jésus : la « Bonne Nouvelle », la Toute Simple, la Belle, sa Loi d'Amour : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta force, et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même » [(Luc 10.27]. Fermez les guillemets (anglais), point à la ligne. Tout y est dit et tout y est compris. L'Alliance Nouvelle, non plus réservée au seul peuple « Élu », est étendue à tous les hommes du Peuple de Dieu. Par son immolation volontaire, unique et totale, Jésus l'Agneau pascal pur et sans tache, la substitue aux sacrifices expiatoires de l'ancienne loi du peuple d'Israël, pour l'éternité et le rachat de tous les péchés du monde et ceux du nouveau Peuple de Dieu. La lecture du rituel du 4ème grade débute par la préparation du Temple où l'on notera, toujours et encore : Sur l'autel d'Orient, la Bible ouverte au premier chapitre de l'Évangile de Jean. Lors de la réception du candidat, on lui demande toujours de décliner son nom de baptême, son nom civil, ses lieux de naissance et de domicile. Lors de l'introduction dans le Temple pour sa réception, le candidat enchaîné « avec les signes de la servitude, comme étant esclave des passions et des vices qui dégradent l'humanité », va entendre le premier discours du Respectable Député Maître : Il lui indique « pourquoi et comment ce peuple [élu] si privilégié étant devenu rebelle, ayant méconnu la toute puissance qui le soutenait, ayant méprisé les lois qu'il en avait reçues [celles données à Moïse], mérite d'être puni par la perte de ses brillantes prérogatives qui le distinguaient de tous les autres peuples et d'être abandonné à lui-même ». Nabuchodonosor va assiéger Jérusalem, détruire son Temple ; il devient inconsciemment, le bras armé de la justice de Dieu et son exécuteur. Après avoir satisfait aux questions du Respectable Député Maître, le candidat est alors invité à prononcer son engagement d'Ordre : « Je promets sur le Saint-Évangile, devant Dieu et en présence de mes Frères, d'être fidèle à la Sainte Religion que j'ai déclaré professer en entrant dans l'Ordre… » [La religion chrétienne]. Si dans la première partie de la planche, l'on a déjà constaté le caractère chrétien du R.E.R. aux trois premiers grades symboliques de la Maçonnerie bleue, force nous est faite de constater à nouveau, qu'au 4ème grade des loges vertes, intermédiaire entre ceux-ci et ceux qui suivront, ce caractère est affirmé, confirmé sans nuance. Armé de la Force, de la Tempérance, de la Justice et de la Prudence, le nouveau Maître dans un Ordre chrétien, va participer à la reconstruction du nouveau Temple - celui de la nouvelle alliance, celui et celle de Jésus-Christ. Il va retrouver sur la lame d'or précieuse, le mot sacré qui était perdu, et qui lui sera révélé par l'Esprit. Il est donné alors au candidat d'entendre le second discours du Respectable Député Maître, dont on retiendra pour l'essentiel : « Le Suprême Architecte de l'Univers avait voulu punir, châtier mais non perdre entièrement la Nation Choisie - le peuple d'Israël - qui conserva toujours, même dans la plus grande humiliation, le caractère indélébile qui la distinguait de toutes les autres ». Zorobabel va reconstruire le Temple ; Néhémie va envoyer quérir le mot sacré qui avait été perdu, le feu conservé par la Prêtres et leurs descendances, dans le puits qui les recelait. Ils n'y puisèrent qu'une eau souillée, boueuse, épaisse, mais qu'avec confiance il répandit sur l'autel. Aussitôt elle s'embrasa, et consuma ruina l'holocauste (le Robert : « sacrifice religieux sanglant »), celui/ceux de l'ancienne loi, à laquelle est substituée la nouvelle. Dans ce passage du discours, l'on voit bien qu'il s'agit là et maintenant, à ce grade précisément, de la religion chrétienne, celle du Nouveau Testament, dont la filiation directe avec la religion juive reste sans ambiguïté. Les juifs rappellent toujours que Jésus était bien des leurs. Certes, mais nos opinions sur ce point divergent nettement. Dans la pensée juive, Jésus est un hérétique, un révolutionnaire, même pas un prophète, [comme dans l'Islam] ; la religion qu'il prêche n'est qu'un judaïsme faux, édulcoré, décadent de révolté. Le judaïsme récuse inébranlablement : la divinité de Jésus et la messianité du Christ. Alors que pour nous, et avec nous, pour de nombreux penseurs de confession israélite - Spinoza, Bergson - le christianisme est l'aboutissement du judaïsme, son achèvement, sa sublimation. C'est ce qu'ont écrit Saint Augustin, Saint Thomas d'Aquin, Sainte Thérèse et enfin Élisabeth Stein - juive convertie au christianisme - que le Très Saint-Père Jean Paul II vient de béatifier. Après avoir fait connaître au nouveau Maître les signes et attouchements, les mots particuliers du grade, qui lui permettront de connaître et de se faire reconnaître des frères de sa classe, le Respectable Député Maître va lui faire entendre le troisième discours.

Propos d'actualité s'il en est, dont j'extraie l'essentiel :

« Le Temple de Jérusalem est le grand type de la Franc-maçonnerie qui s'est renouvelée sous divers noms, sous diverses formes et à différentes époques. Les Francs-maçons tirent leur origine de ce Temple même. Les révolutions qui lui sont survenues, nous retracent celles qu’ont éprouvées en différents temps l'Ordre des francs-maçons, le plus ancien et le plus respectable qui ne fût jamais. C'est sous ce rapport historique que nous allons poursuivre votre instruction. Pour peu que vous ayez réfléchi sur les causes morales qui ont occasionné les révolutions du type même, vous avez aussi connu [reconnu], celles qui ont dû en produire dans l'Ordre maçonnique et qui pourraient encore en causer la ruine. Dés que le relâchement fût introduit dans l'Ordre maçonnique, dés que l'on se permit d'y admettre des sujets peu disposés à en suivre ses principes fondamentaux, ses règles, sa morale, ses pratiques, on négligea les vertus qu'il prescrit et on introduisit les vices qui avaient jusque-là été relégués dans la société profane. En cet état, l'envie, la cupidité, la calomnie lui suscita de puissants ennemis. « L'unité des principes qui l'avaient fait respecter jusqu'alors avait disparu – Faut-il s'étonner qu'il cessât d'être respecté lui-même lorsqu'il fut déchiré par ses propres membres ? » « Mais comme dans cette douloureuse révolution du Temple, ses fondements furent encore conservés, de même les vrais Maçons qui ont conservé comme Esdras, le Livre Saint de la Loi pour méditer avec fruit, qui ont su que le Feu Sacré n'était pas éteint et pouvait se ranimer encore, cédant pour un temps au torrent des circonstances, ont gardé soigneusement le dépôt précieux qui leur était transmis. Lorsqu'ils ont vu les Maçons égarés se repentir de leurs fautes, à l'exemple des Israélites, et gémir sous les abus qui s'étaient introduits presque partout, alors ils ont fait reparaître dans tous leur éclat ces règles primitives conservées dans leur pureté fondamentale. Mais avant de les publier et pour ne point les exposer à de nouvelles profanations, nouveaux Esdras, ils ont fait ressentir au peuple Maçon la nécessité de se reformer, de purger les loges et leurs travaux, des innovations que le second état de l'Ordre avait introduit d'abus et de systèmes nuls, faux ou dangereux, qui ne tendaient qu'à défigurer de plus en plus le saint but fondamental de l'institution. Alors le temple a été réédifié ; le mot sacré a été retrouvé, et la franc-maçonnerie a repris un lustre nouveau qu'elle conservera tant que les maçons ne perdront pas de vue les principes invariables sur lesquels elle est fondée ». Que le grand Architecte vous entende, et comme le dit mon B.A. et R.F. Lucien G\ « […] qu'il vous inonde de la rosée bienfaisante de sa Grâce ». Sont alors décrits les différents tableaux du grade, dont le quatrième et dernier qui se termine par : « Vous y voyez un carré parfait qui figure l'enceinte de la Nouvelle Jérusalem décrite par Saint Jean l'Évangéliste ; au milieu de cette enceinte une montagne qui figure la Nouvelle Sion céleste, et sur son sommet, l'Agneau Triomphant, avec son étendard blanc et rouge, environné de la gloire qui lui appartient, désigné par les lettres A. D, initiales des mots caractéristiques : Agnus Dei. Au bas du même tableau, vous voyez une figure de Saint André sur la croix, qui caractérise ce patron spécial de la classe à laquelle vous appartenez aujourd'hui. Je vous laisse ici, mon Cher Frère, à vos propres réflexions… ». Si j'ai crû devoir reproduire ici la plus grande partie de ce rituel - au risque de lasser le lecteur - c'est que je crains que le temps qui passe en ait usé le dessin jusqu'à la trame. Sans attendre, sans qu'il soit nécessaire de souligner encore plus le caractère chrétien de ce rituel du 4ème grade (qu'en principe tout Maître Maçon de Saint-André ne saurait, ni oublier, ni ignorer - ni encore moins interpréter), je crois que l'on peut d'ores et déjà, sans grand risque et sans ambiguïté aucune, affirmer à nouveau que : Chez nous en tous les cas, le R.E.R. est bien le Rite spécifique de la Franc-maçonnerie chrétienne, catholique et œcuménique, ouverte à tous les Frères de cette confession, qu'ils soient romains, orthodoxes, réformés, anglicans…et à quelque Église chrétienne qu'ils appartiennent. S'il fallait encore convaincre quelques sceptiques argumentant des Landmarks, de l'universalité de la Franc-maçonnerie, de la tolérance qui la caractérise, reprenons encore et pour la dernière fois, les instructions du grade, dont vous apprécierez l'importance encore et toujours d'actualité : « Malgré tous ces rapports de l'institution primitive avec la religion, les lois maçonniques interdisent expressément dans les loges toutes discussions sur les matières de la religion, de politique, et de toutes sciences profanes. Cette règle est infiniment sage et doit être conservée, car nos loges sont partout des écoles de morale religieuse, patriotique, où l'on apprend à exercer la bienfaisance dans toute son étendue, et non point des écoles de théologie, de politique, ni d'autres objets profanes. D'un autre coté, vu la diversité des opinions humaines dans tous les genres, ces lois ont du interdire toutes discussions qui pourraient tendre à troubler la paix, l'union et la concorde fraternelle… Cependant malgré ces sages réserves, l'Ordre n'a jamais voulu vous laisser penser qu'il fût indifférent en matière de religion. Il vous a souvent prouvé le contraire, car lorsqu'il vous a été présenté pour être admis, par la première des trois questions préparatoires qui vous furent posées il vous fît demander ce que vous pensiez de la religion chrétienne, dont vous aviez déclaré faire profession. L'ordre mon Frère est essentiellement tolérant et ne veut que des déclarations libres. Il considère comme Frères tous les Maçon qui portent le nom de chrétien, et qui ne le déshonorent pas, à quelque communion chrétienne qu'ils appartiennent. « Les tableaux mis sous vos yeux, les explications que vous avez faites et les instructions que vous recevez depuis longtemps, vous font assez connaître pourquoi les juifs, les mahométans et tous ceux qui ne professent pas la religion chrétienne ne sont point admissibles dans nos loges » [sic]. Car il est évident que l'admission d'hommes tant recommandables soient-ils par ailleurs, mais qui ne peuvent donner pour la validité de leurs engagements dans l'Ordre, la seule garantie qu'il exige partout depuis un temps immémorial, serait une contradiction inconcevable dans ses principes et dans sa doctrine. Si un usage contraire s'est introduit dans quelques loges, c'est un abus, c'est une sorte de scandale, qui ne peut être attribués qu'à l'ignorance absolue des principes fondamentaux de l'institution maçonnique [sic]. Certes vos Frères qui vous ont instruit précédemment, vous ont dit alors privément, nous le disons aujourd'hui tout haut et sans mystère, parce que le moment est venu de le dire : - Oui ! L'Ordre est chrétien, il doit l'être, il ne peut admettre dans son sein que des chrétiens, ou des hommes bien disposés à le devenir de bonne foi ». Craignons que le temps qui passe ait pu faire oublier chez les meilleurs d'entre nous, le sens, la substantifique moelle des ces instructions et des serments pris sur la Sainte Bible. Je vous ai livré ici le résultat de la réflexion à laquelle m'a invité le Respectable Député Maître qui m'a reçu Maître Macon de Saint André il y a maintenant presque 20 ans, à la seule lumière de ce qui m'a été donné de connaître à travers les rituels des 4 premiers grades du R.E.R., et à la seule reçue aux états des premiers grades de l'Ordre Intérieur.

Conclusion et fin

Ceci posé, d'une manière je l'espère suffisamment claire, il n'en demeure pas moins qu'un problème qui n'est pas nouveau, subsiste. Il ressort d'un constat, peut-être un peu primaire et a priori simpliste - mais bien réel encore de nos jours (Liban, Palestine-Israël, Kosovo, Afrique du Sud, Algérie, Soudan, Indonésie, Érythrée, Zaïre…ET Irlande) - que les Religions (avec un grand « R »), n'ont apporté à notre société humaine, que dissensions, oppositions, heurts, le plus souvent alimentés, sous-tendus par l'intérêt, et la conquête du pouvoir [pour ne pas dire toujours, ce qui à mon sens ne pourrait les disculper même partiellement]. Par Religions avec un grand « R », entendons les Religions Révélées, celle reçues par la Parole : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas ; car ce ne sont ni le sang, ni la chair qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux ». Elles sont chronologiquement, et se veulent être par ailleurs : - Dans le judaïsme : la Révélation est de tradition abrahamique ; par son père Abraham, elle est la mère de toutes les autres, et première d'entre elles, elle ne souffre pas que l'on conteste sa primauté. Les dix commandements donnés verbalement à Moïse doivent prévaloir, et depuis 20 siècles ils fondent la loi juive écrite dans le Pentateuque, et la loi orale consignée dans le Talmud ; telles quelles et depuis, les exégètes de la Bible continuent toujours à en faire la critique et l'interprétation, dans l'espérance messianique, jusqu'à la fin du temps. – Dans le christianisme : la Révélation est la Parole Vivante même de Dieu ; dans l'incarnation du Dieu-Homme, Jésus le Christ - engendré non pas crée, de même nature que le Père, par Lui elle nous est délivrée. Elle a précédé la Création de l'Univers par le Verbe, par Dieu ; […] « Dieu dit que la lumière soit et la lumière fût, et Dieu vit que la lumière était bonne ». Elle sera rapportée, dite, vécue, parlée, méditée par les siens, avant d'être consignée par écrit dans les Évangiles. Jésus prêche un œcuménisme affirmé, l'unité profonde de la famille chrétienne, dans laquelle il veut voir les prémices de la réconciliation universelle accomplie dans/par son sacrifice suprême ; dans sa loi d'Amour entre eux, les chrétiens devraient convaincre les non-chrétiens de se joindre à eux, de parvenir à la foi, de se rallier à son église. – Dans l'islam : le Coran pour les musulmans, est la Parole incréée de Dieu. Il joue le rôle de l'incarnation dans le christianisme et de l'espérance messianique dans le judaïsme orthodoxe. Il/elle est la liaison entre l'incréée et la création. Comme tel, il est intraduisible - tous les musulmans du monde prient dans sa langue originelle - l'arabe classique - alors que la Bible est le Livre le plus traduit de l'histoire du monde. Dieu est invariable, indescriptible, ineffable, inimaginable (non reproductible puisque ineffable), innommable autrement que par le biais des 99 adjectifs qualificatifs qui sont attribués à son Nom que l’on ne peut évoquer. Comme Moise, Mohamed l'a reçue et délivrée. Venant en dernier des porte-parole de Dieu, ses adeptes nous assurent qu'il vient affirmer, rétablir le message divin dans ce qu'il a été ou mal reçu, ou déformé par les « infidèles ». Ces Églises sont sûres de leur primauté, de leur meilleur et bon droit ; l'on n'a pas à imaginer les malheurs et les souffrances qu'elles gênèrent - l'histoire passée et celle de tous les jours nous en apportent notre lot quotidien. Intrinsèquement dogmatiques, péremptoires de nature, elles ne souffrent pas longtemps le dialogue, et ce d'autant moins comme je l'ai précédemment souligné, qu’elles sont toujours sous-tendues par des intérêts politiques, économiques et quelques fois racistes - ce qui n'arrange rien. Certes, l'étroitesse de leurs convictions doctrinaires, sûrement source d'intolérance, empêche, éloigne - tout au moins rend plus difficile - le rapprochement de ce qu'il devrait y avoir de profondément commun entre toutes les religions : l'amour des hommes entre eux, de quelque confession qu'ils soient. Mais de là à dire, qu'une nécessité de dialogue entre tous les hommes de religions ou de confessions différentes, implique de facto une réduction immédiate a minima de l’une et pas des autres, il y a un pas ; qu'il faille que pour ce faire, nous les chrétiens, dussions tirer un trait sur ce que nous avons de plus précieux : la foi par fondement, (le Robert : « le fait de croire à un principe par une adhésion totale, profonde de l'esprit et du cœur qui emporte la certitude »), immédiate et sans mélange, en la seule parole que Dieu fait homme soit venu nous apporter, il y a un abîme (pour moi, en tous cas). Le dogme ecclésial, aussi pénible soit-il à admettre, aussi dangereux et néfaste fusse-t-il dans ses œuvres, est un pas nécessaire vers l'acceptation à terme, par et après la compréhension de cette parole. Ne serait-ce que parce qu'elle est un Nouveau message, une Nouvelle Alliance, une Révélation (le Robert : « phénomène par lequel des vérités cachées jusqu’alors, sont révélées aux hommes d’une manière surnaturelle »). donc avec tout ce que ce terme entend. De là à imaginer, à penser (je suis ? <=> je pense !), à rêver dans une béatitude « rousseauiste-voltairienne », d'une société sans Religion (avec le grand « R » de Révélation), il n'y a un pas déjà franchi par d'autres, avec le succès et les résultats que l'on sait ; auxquels je me refuse et auxquels je ne vous invite pas. Un exemple nous en est donné par le « Réseau Voltaire » des affidés d'une Obédience non reconnue, dont le propre dogmatisme, l'intolérance, l'aigreur et l'acharnement qu'ils mettent à combattre toute Religion dans ce qu'elle a de fondement, toute Maçonnerie Régulière, en ce qu'elle est adossée à une croyance en un Dieu Unique qu'ils ont renié depuis longtemps, est sans commune mesure avec ce que l'on pourrait craindre par ailleurs. Dire, penser à une religion (de relegere : rassembler, ou de religare : relier) sans dogme : c'est déjà dogmatique. Elle aura ses certitudes, ses assurances, ses exigences, les même que celles des Religions auxquelles l'on voudrait la substituer, les mêmes que celles qu'on leurs reproche. L'on a déjà assisté à l'Office d'un Robespierre, célébré au Champ de Mars à la gloire de la déesse Raison ; prêchée avec l'efficace persuasion et la conviction d'un « Maître des Cérémonies » dénommé Guillotin. Je préfère m'abstenir, tenter l'impasse ! Donc, sur le sujet qui nous intéresse depuis l'origine de cette réflexion : faut-il revisiter le Rite Écossais Rectifié, parce qu'il affirme son fondement sur la seule religion chrétienne œcuménique ? « That is the question », [qu'apparemment Anderson ne s'est pas posée], Je dirais volontiers : – « Si sont exclues – et je suis sûr qu'elles le sont – toutes motivations sous-jacentes éventuelles, je n'y vois aucun intérêt évident ». – « Le Rite Écossais Rectifié, est le seul Rite pratiqué dans les Obédiences régulières, qui se réfère à une Religion Révélée précise : le christianisme. Tous les autres Rites et ils sont suffisamment nombreux, y sont largement ouverts à tout homme de Dieu (sans exclusive)- pour peu qu'il soit au moins libre et de bonnes mœurs - où il pourra à loisir s'adonner à toutes recherches de nature à l'élever spirituellement ». – « S'il s'agit de ne rechercher son « salut en maçonnerie » que dans ce type de « religion » (avec un « r » minuscule), il faut s'affilier une Obédience « irrégulière » non reconnue - l'on n'y sera pas seul ; les « frères » d’une d’elles s'y compteraient 40.000 aux dernières nouvelles ; on y prêterait serment sur la Déclaration des Droits de l'Homme (il paraît…), et sur les « Constitutions » (statuts) de l'Association 1901 domiciliée Rue Cadet (ce sont les mauvaises langues qui le disent…) ; j'en connais beaucoup de respectables (égarés…?) Qui s’y plaisent. Certes ils n'y découvrent pas les mêmes options, n'effectuent pas le même parcours, n'ont pas les mêmes objectifs qui sont les miens - ceux que l’ai choisis - et je le pense les vôtres ; ceux qui me satisfont parfaitement et pleinement, au sein de la GLNF et du GPDG ». PS : Si j’avais été sûr de détenir la Vérité, je n’aurais pas employé le conditionnel aussi souvent. Si j’ai pu paraître trop direct - peut-être provoquant aux yeux de certains - ce ne serait que pour susciter une réflexion, une réponse peut-être, un échange de points de vue pourquoi pas ? Permettez-moi de citer J. C BOLOGNE (Les sept Vies de Maître ECKHART) : « Toutes les idées ont été conçues en Dieu de toute Éternité » [celles des autres et…les miennes !].

Bibliographie :

La Sainte Bible. Les rituels des trois premiers grades du R.E.R. commentés – Guigue. Le rituel du grade de Maître Écossais de Saint-André – GPDG. Encyclopédia Universalis. Pierre Chaunu : Ce que je crois - Ed. Grasset. Le Forestier : La Franc-maçonnerie Templière et Occultiste - Ed. Aubier Paris. J.C Bologne : Les sept vies de Maître Eckhart - Ed. du Rocher. Règlement intérieur de la GLNF.

Source : www. ledifice.net

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Êtes-vous Maçon ?

4 Mars 2015 , Rédigé par Robert MINGAM Publié dans #Planches

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, au Progrès de l’Humanité, Vénérable Maître en chaire, Vénérable(s) Maîtres qui décorez l’Orient, et vous tous mes Sœurs et mes Frères en vos Degrés et Qualités.

A cette question, il est convenu de répondre : « Mes Sœurs et mes Frères me reconnaissent pour tel ». Mais en fait, c’est quoi être Franc maçon ? Le manuel d’instruction au premier degré répond à cette question en précisant que le maçon est un homme libre et de bonnes mœurs. Encore faut-il s’interroger sur le sens et les limites de la liberté que l’Ordre consent à ses membres. Précisément, dans l’Ordre maçonnique mixte international du Droit Humain, l’homme est libre, lorsqu’il est débarrassé de tout préjugé, et qu’il considère les humains d’après leur valeur morale, et non point en raison de leur position sociale et de leur fortune. D’autre part, il est de bonnes mœurs lorsqu’il évite toute action préjudiciable à autrui (dixit le manuel d’instruction au premier degré). Bref, pour être reconnu Franc maçon, il faut être Tolérant et Fraternel, c’est bien connu. La tolérance étant d’admettre parmi nous quelques êtres imparfaits, et la fraternité serait de ne pas donner les noms. Si la Franc maçonnerie se limitait à ces menues et réductrices considérations, les règles de morale apprises par nos enfants à l’école primaire auraient été bien suffisantes pour faire de tous les français de bons et légitimes maçons. Comme l’exprimait Cyrano de Bergerac dans la tirade du nez, « Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme ! ». Le Franc maçon ne peut se reconnaître dans ce succinct tuilage. Pourtant, depuis plus de deux siècles, et dans le monde entier, les règles que nous suivons ici rituellement, rassemble des millions de Sœurs et de Frères qui se reconnaissent entre eux par des signes, des mots et des attouchements propres à leur qualité de Maçon. Malgré cela, leur statut n’est jamais acquis définitivement. Outre que celui-ci peut être conditionné au paiement annuel d’une substantielle capitation, il se mérite, car il est constamment remis en question par l’appréciation des autres membres de la confrérie, qui considèrent leurs qualités morales, en fonction du travail accompli en Loge, ainsi que dans leur environnement profane. Pour reconnaitre certaines qualités à autrui, notamment celle de Maçon, peut être faut-il avoir déjà eu le loisir de se rencontrer, éventuellement avoir partagé quelques expériences, ou avoir quelques souvenirs en communs. C’est pourquoi l’Initiation, et plus tard l’assiduité aux tenues bimensuelles est essentielle à notre mutuelle reconnaissance. Au-delà de l’apparence profane, parfois qualifiée par nos détracteurs d’association de comploteurs, voire de malfaiteurs, un lien profond peut naître de nos individuelles différences, et créer une sorte d’égrégore humain autour d’un idéal de société où l’homme a une place prépondérante. Pour réunir ce qui pourrait être épart, nos tenues s’articulent autour d’un rituel où chaque phrase prononcée au cours de nos cérémonies a été rigoureusement pensée et choisie par nos prédécesseurs pour créer une résonnance en accord avec le but à atteindre, c'est-à-dire, entre autres raisons « la fraternité universelle ». Aussi, pour nous exprimer en Loge, sommes-nous contraints de respecter certaines règles de bienséance, (comme par exemple éviter les sujets polémiques). Nous avons aussi, et surtout, le devoir d’éveiller sans contraindre nos Sœurs et nos Frères au degré qu’ils sont censés acquérir. Pour ce faire, nous disposons d’outils rappelant nos anciennes racines opératives, et d’un rituel dont les origines remontent au siècle des lumières.Trois principaux éléments régissent nos lois et conditionnent notre appartenance à la Franc-maçonnerie, tout en permettant de s’y reconnaître:

1)- Le respect d’une règle commune à tous les maçons répandus sur la surface de la Terre ; (Dans notre Fédération Française du Droit Humain, ces règles essentielles à l’esprit de notre Ordre Philosophique et Spirituel sont incorporées par petites touches dans les règlements généraux, et passent malheureusement trop souvent au second plan, derrière l’administratif de nos constitutions internationales).

2)- Le respect exemplaire et rigoureux d’un rituel ayant force de loi sur les quatre continents ; (Cette condition est essentielle à la reconnaissance internationale de notre Ordre).

3)- Enfin, une liberté de pensée et d’appréciation des symboles présents ou suggérés dans notre environnement. (Il est à noter que le mot symbole qui vient du Latin symbolus, signifie également « signe de reconnaissance »)

Les règles morales et Initiatiques édictées par les très anciens fondateurs du Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien Accepté se doivent d’être rigoureusement perpétrées, car elles sont le ciment de notre Ordre. J’insiste sur le fait qu’il s’agit bien d’une Règle Morale et Initiatique, pas d’un règlement plus ou moins arbitraire. Car nous sommes membres d’un Ordre Régulier, au même titre que les Moines l’étaient et le sont dans leurs Monastères. Bien sûr, le temps ayant fait son œuvre, les Règles maçonniques sont devenues plus souples, et une scission a pu s’opérer parmi des Sœurs et les Frères qui, las de travailler exclusivement sur le « connais-toi toi-même » ont préféré se séculariser en introduisant la notion de « progrès de l’humanité ». Cependant, Réguliers ou Séculiers ne sont que des mots en Franc maçonnerie. Car dans l’esprit même de notre Ordre, le spéculatif n’est que l’interface de l’opératif, le Maçon se devant d’achever au-dehors l’œuvre commencée dans le temple. Pour revenir au sujet de cette planche, aujourd’hui l’appartenance à une administration obédientielle est devenue incontournable pour jouir du statut de maçon et pour se faire reconnaître pour tel. Le maçon libre dans une Loge libre est une utopie bien séduisante, mais dans les fait, la seule vraie liberté d’un maçon dans son obédience, ormis celle de penser ce qu’ils n’a pas toujours le droit d’exprimer, est celle de démissionner discrètement si tel est son désir. La Franc maçonnerie n’est pas sectaire mais ne se prétend pas pour autant libertaire. C’est une société hiérarchisée. A l’extérieur, vis-à-vis du monde profane, elle s’est organisée en association loi 1901 où elle est soumise à déclaration. A l’intérieur, règne une certaine confusion quant au sens de notre démarche initiatique. Un certain folklore s’est installé visant à flatter l’égo de certains membres en mal de reconnaissance. Ceux-ci, affublés de décors et de titres ridicules font parfois oublier que derrière le tablier, symbole de notre filiation opérative, sommeille le maçon de base, le cherchant qui, en s’identifiant symboliquement aux outils qu’il manipule, en adopte l’esprit et spiritualise la matière pour la rendre intelligible à ses adeptes. Outre les mots de semestre qui permettent de voyager et de se faire reconnaître comme bon et légitime maçons « par les membres d’obédiences amies exclusivement», j’insiste bien sur le terme « exclusivement », l’utilisation des signes, des mots et des attouchements ne sont en fait que de pseudos-garants vis-à-vis d’éventuelles incursions profanes. Aussi, chaque phrase, mais aussi chaque mot de nos rituels a-t-il été scrupuleusement choisis, et pourrait, si l’envie s’en faisait sentir, faire l’objet d’une studieuse attention. Nous aurions alors pléthore de sujets passionnants à développer comme par exemple, « pourquoi le concepteur du Rite Ecossais Ancien Accepté a utilisé le terme de reconnaissance plutôt que celui de considération ». A la question « êtes-vous maçon ? », nous sommes tenus de répondre «mes Sœurs et mes Frères me reconnaissent pour tel ». Etymologiquement, « re-connaître » pourrait suggérer « connaître à nouveau », mais cette interprétation peut difficilement s’appliquer à des maçons qui, bien que se considérant comme Frères, ne se sont souvent jamais vu auparavant. Entre autres significations, le dictionnaire propose l’idée intéressante de « distinguer à partir de certains caractères ». Des Frères me reconnaissent pour tel parce qu’ils se reconnaissent en moi. Parce qu’au-delà des mots échangés se situe un vécu, celui de l’initiation. C’est lors de son premier passage dans le cabinet de réflexion, avant même d’avoir été reçu Franc maçon, que l’impétrant est censé avoir déjà traversé le miroir d’une vie chargée de mille préjugés profanes aveuglant son esprit. Cette mort symbolique, suivie d’une renaissance est donc la clé de notre initiation. C’est cette re-naissance qui nous permet d’acquérir de nouveaux préceptes. C’est peut-être pourquoi les concepteurs de nos rites ont utilisé ce terme de reconnaissance, car dans reconnaître il y « re-naître » c'est-à-dire « naître à nouveau ». Peut être également s’y cache-t-il l’idée de connaissance, c'est-à-dire le sens même à donner à notre idéal : connaître et connaître à nouveau, « remettre chaque jour 100 fois son ouvrage sur le métier » nous propose Jean de LA FONTAINE dans « le Laboureur et ses enfants ». C’est cette faculté de mourir pour renaître que les maçons utilisent chaque fois qu’ils se préparent à pénétrer dans leur Loge. Symboliquement, ils laissent leurs métaux à la porte du Temple. Dans cet espace consacré à leur idéal, ils viennent s’y régénérer, retrouver à la source cette part d’eux-mêmes qui un jour les a fait reconnaître par leurs Frères, et que le monde profane tend à vouloir modifier. Aussi, c’est pour avoir subit les mêmes épreuves, avoir été confrontés symboliquement aux mêmes éléments, s’être engagés par serment sur la voie initiatique du travail au bienfait de l’humanité, que les Sœurs et les Frères se reconnaissent pour tels. C’est ce vécu de l’initiation qui peut se lire dans le regard que nous portons sur nos semblables qui atteste aujourd’hui de notre qualité de Franc-maçon.

J’ai dit

Robert MINGAM Le 14 mai 2011

Source : http://www.ordoabchaos.net/

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La part sombre du Chevalier Kadosch

2 Mars 2015 , Rédigé par Pierre Quader Publié dans #Planches

C’est pourquoi le Chevalier Kadosch nourrit la part de lumière en lui et laisse mourir de faim la part d’ombre qu’il porte en lui. C’est une autre façon de dire qu’ « il élève des temples aux vertus et creuse des cachots pour les vices ». « Que fait le Chevalier Kadosch de la « part sombre » qu’il porte en lui ? »

INTRODUCTION :

Il est banal de dire que l’ombre est absence de lumière. On peut dire aussi qu’il y a ombre parce qu’un obstacle s’interpose et empêche le passage de la lumière. La première prise de conscience de la part sombre, c’est l’ombre que chaque personne emmène avec elle. On a beau courir, cette ombre nous suit partout. La seule façon de la supprimer, c’est la lumière : il faut que le soleil nous atteigne de telle manière, par exemple lorsqu’il est à l’aplomb, et que l’ombre demeure alors sous nos pieds.

Un pieu fiché en terre permet de mesurer le temps C’est aussi lorsque le soleil est d’aplomb, à midi, que l’ombre du pieu a quasiment disparu. Ainsi le cadran solaire le plus rudimentaire semble démontrer que l’ombre joue un rôle utile.

La part sombre étant à la fois nécessaire et utile, nous développerons le sujet en deux parties : Nous examinerons dans une première partie ce qu’est cette « part sombre », présente notamment chez chaque Chevalier Kadosch. Puis dans une seconde partie, ce que fait le Chevalier Kadosch de cette « part sombre » qu’il porte en lui.

Lumière et obscurité sont une paire d’opposés qui doit être intellectuellement fécondante. Lorsque une source de lumière, comme le soleil, éclaire un corps, comme la lune, il y a d’une part une face éclairée de la lune et d’autre part une face sombre de la lune, face sombre qui se prolonge d’un cône d’ombre. On peut dire que la face éclairée de la lune est un reflet du soleil, en quelque sort, un « nom substitué » du soleil. Un objet est plus ou moins éclairé : il y a toujours plus blanc que blanc. De même, l’obscurité est plus ou moins noire : il y a plus noir que noir. En conséquence, le blanc absolu et le noir absolu n’existent pas dans ce monde, même si l’on peut s’en approcher de plus en plus de façon asymptotique.

PREMIERE PARTIE :

Part lumineuse, part sombre.

La « part sombre » sera comprise en deux sens tout à fait différent :

· D’une part, il y a la « part sombre » qui est le contraire de la « part lumineuse ». En ce sens, la « part sombre » est un aspect négatif, qui s’oppose à un aspect positif : Noir-Blanc, Mort-Vie, Mal-Bien, Laid-Beau, etc.

· D’autre part, il y a la « part sombre » qui présente un caractère neutre. En ce sens, il n’y a pas de jugement de valeur, comme précédemment, mais un contenu objectif. Par exemple, l’inconnu, « part sombre » est ce qui s’oppose au connu. De même, la force vitale, l’énergie, quel que soit son nom (Dharma, chi, pulsions, orgone, passions, libido, etc.), est neutre. C’est l’orientation ou l’intention qui donne une forme bonne ou mauvaise. Ainsi s’oppose : Connu-Inconnu, Conscient-Inconscient, etc.

La question posée pourrait donc être reformulée de la façon suivante : Le Chevalier Kadosch informe (au sens de donner une forme) de façon positive (lumineuse) ou négative (obscure), dans le sens du Bien, ou dans le sens du Mal, de l’énergie vitale neutre (« part sombre ») qu’il porte en lui ?

Par ailleurs, la lumière naît de l’obscurité, est fille de l’obscurité, ainsi qu’il est indiqué dans la Genèse 1-2 : « La terre était déserte et vide, et la ténèbre à la surface de l’abîme » et dans l’Evangile selon Jean1-5 :« La lumière luit dans les ténèbres ».

De même qu’il y a plusieurs types d’obscurité, il y a également plusieurs formes de Lumières. Ainsi au XVIII+ siècle :

· La philosophie des Lumières, fondée sur la raison ;

· L‘Illuminisme, basé sur l’intuition.

La lumière et l’ombre sont présents tant dans la nature que dans la société. On les symbolise par le Blanc et le Noir.

Ces deux couleurs sont formées de toutes les autres. Elles ont ceci de remarquable qu’elles n’existent pas par elles-mêmes, mais parce que toutes les autres couleurs existent. Le noir est la nuit et le froid, mais en captant les rayons énergétiques il peut devenir chaud ! Alors que le blanc est le jour et le chaud, mais en réfléchissant les rayons énergétiques, il garde le froid ! Le noir est obscurité, mais dans l’obscurité jaillit la lumière ! Tandis que le blanc est lumière, mais la lumière aveugle et ne permet pas la vision des étoiles. Le noir est absence de couleur réfléchie, donc mélange de toutes les couleurs, le blanc est somme de toutes les couleurs réfléchies, donc absence de couleur. Le noir est couleur de deuil, le blanc est couleur de vie. Le noir est le mal, le vice, le côté obscur de notre âme, le blanc est le bien, la sainteté, la vertu, le côté lumineux de notre âme. Le noir est le tumulte, la guerre et la tristesse, le blanc est le silence, la paix et la joie. Le noir est le Yin, le blanc est le Yang. Ensemble, ils forment le cercle du Tao, avec un point blanc dans la partie noire, et un point noir dans la partie blanche.

Le négatif a, selon le taoïsme, un rôle essentiel, aussi important que le positif. Le négatif peut être : le noir, le sombre, la nuit, le vide, le néant, le silence, le manque, l’absence, l’oubli, la mort, le souple, le faible, le silence…

Ainsi, le vide permet le contenu : vide de la maison, du vase, du verre,… Importance du souple dans la fable du chêne et du roseau. Que serait une mémoire pleine, sans l’oubli ? Peut-on concevoir la musique sans le silence ?

Lao-Tseu : « Il faut se garder d’affecter des qualités ou des talents extraordinaires. L’arbre le plus droit sera le premier abattu. Le puits dont l’eau est la plus douce sera le premier asséché. Votre science effarouche les ignorants, vos lumières offusquent les sots. N’accaparez pas le Soleil et la Lune. Ce sont vos prétentions qui attirent vos malheurs. Se vanter, c’est se fermer la voie de la fortune ; si on a du mérite ou du renom c’est s’attirer la spoliation. S’effacer, se cacher de la masse, voilà la sécurité… Suivre le flot sans se distinguer, aller son chemin sans se faire remarquer, modestement, simplement, jusqu’à se faire passer pour vulgaire ; effacer le souvenir de ses mérites et faire oublier sa réputation ; voilà le secret pour vivre en paix avec les hommes. Le surhomme cherche l’obscurité. »

Pour vivre heureux, il faut vivre caché, disait Spinoza : il faut donc vivre dans l’ombre.

Non seulement l’homme vit dans le Monde du Deux, mais lui-même est un être double. Il porte en lui une part lumineuse et une part sombre.

Ceci est parfaitement représenté par la psychanalyse. Ainsi, selon Freud ou Jung, il y a notamment la partie consciente, que l’on peut identifier à la part lumineuse et la partie inconsciente, représentée par la part sombre.

Chaque individu est double : corps et esprit, matière et esprit,… Plus précisément, d’un point de vue psychanalytique, l’individu est à la fois être conscient et être inconscient. L’inconscient est la part sombre. C’est une sorte d’iceberg, la partie la plus importante étant immergée et ignorée.

On peut dire que le conscient, part lumineuse émerge de l’inconscient, part sombre. La lumière naît des ténèbres. Avec la conception freudienne s’est opérée une véritable révolution copernicienne : l’inconscient devient dominant.

Cet inconscient individuel est un ensemble d’énergies (pulsions) qui se manifestent de nombreuses façons : maladies : névroses, psychoses,… actes manqués, lapsus, rêves,…

En plus de cet inconscient individuel Ernst Jung a défini un inconscient collectif, commun à tout groupement humain, et même commun à l’ensemble de l’humanité. Cet inconscient collectif est notamment peuplé d’archétypes.

« L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais. » « Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection mais de la plénitude. Sans imperfection, il n’y a ni progression, ni ascension.» C.G. Jung « L ‘âme et la vie »

Dans la vie consciente, il y a également une part d’ombre, une part sombre : Dans la vie quotidienne, l’obscur correspond à la démesure : excès ou insuffisance, trop ou trop peu, ceci par rapport au juste milieu.

Avoir des idées claires et précises est un critère de vérité dans les philosophies de Descartes et Spinoza. Donc avoir des idées sombres et imprécises est un critère de fausseté des idées.

Qu’est-ce encore que le côté sombre ? Pour certains alchimistes, c’est le double, le côté féminin pour l’homme, le côté masculin pour la femme. C’est aussi l’inconnu par rapport au connu, Si l’homme vit dans le monde du Deux : bien-mal, joie-tristesse, vie-mort, beau-laid, il aspire à se réconcilier avec lui-même et à réintégrer le Monde du Un.

Pour le franc-maçon initié, cette contradiction entre le blanc et le noir ; entre la lumière et la part sombre, et ce travail sur soi est symbolisé par le pavé mosaïque.

Le maître, c’est la conciliation de la dualité représentée par la perpendiculaire (qui est l’apprenti) et par le niveau (qui est le compagnon).

L’apprenti représente le côté négatif et spontané dans nos analyses à l’emporte-pièce, le compagnon, le côté positif et réfléchi.

La réunion et la réconciliation des deux, c’est l’équerre. Le maître, entre l’équerre et le compas, a en ligne de mire le compas, qu’il n’atteindra jamais par ailleurs, car il n’est et ne reste qu’un maître.

Il a sept ans et plus, mais il n’aura jamais huit ans, au même titre que l’apprenti ne peut avoir que trois ans et le compagnon ne peut avoir que cinq ans.

La seule façon d’atteindre huit ans est de changer d’état, de mourir à la maîtrise pour renaître en initié. De devenir angélique, en somme. Le compas, de manière symbolique, est l’objectif du maître.

On peut donc dire que la part sombre est ce qui empêche de passer du sept au huit, du fini à l’infini, du temps à l’éternité, du réel à l’absolu.

Le côté sombre, c’est le caractère brut de la pierre non taillée. C’est l’ensemble des aspérités, que l’on devrait, au cours de la vie maçonnique, avec l’aide des frères et sœurs, éliminer pour dégager la pierre cubique

Le rite écossais n’a aucun rapport avec l’Ecosse, son étymologie grecque, scotus ; voulant dire sombre.

Le premier devoir du maçon est de fuir le vice et de pratiquer la vertu. L’horizontale, c’est le plan ou se situe le pavé. Entre les carreaux, il y a aussi le joint. Il est l’élément primordial du pavement. Ni blanc, ni noir, il apporte la cohésion aux carreaux de couleurs opposées mais n’a pas de matérialité. Invisible, il est en réalité le chemin du maçon. Dans cette dualité constante entre le bien et le mal, les bons et les mauvais moments, les satisfactions et les peines, les bonnes et les mauvaises actions, le profane traversera sa vie chahuté entre les pavés blancs et noirs qu’il franchira, le saint cherchera la diagonale qui lui permettra de rester sur les pavés blancs, le démoniaque recherchera la diagonale noire. Le maçon, en revanche, choisira le joint qui réconcilie les deux aspects de notre monde, dominant les zones obscures et tirant profit des zones de clarté. C’est le chemin de la vérité et de la sagesse, où il n’y a pas lutte entre les extrêmes, mais au contraire maîtrise et apprivoisement des deux facettes d’un même infini. Et c’est cette voie que prend l’apprenti quand il fait son premier pas: Le pied gauche, celui du cœur, est dirigé vers l’orient source de lumière, le pied droit, en équerre, reprend appui entre chaque pavé après l’a voir balayé. Ainsi, donc, le pas de l’apprenti prend son sens: toujours orienté vers le delta rayonnant, bien calé de niveau, glissant sur les zones d’ombre et de lumière dans un égal équilibre. En résumé, nous pourrons dire du pavé mosaïque que c’est un assemblage parfait en régularité et en alternance. Il est réconciliation des deux extrêmes que sont les ténèbres et la lumière, le bien et le mal, Sumbolon et le Diabolon, l’infini négatif et l’infini positif des mathématiciens qui ne sont qu’un au bout du compte. Vitriol ne signifie-t-il pas qu’il faut descendre au fond du gouffre noir qui est en nous pour y trouver la lumière? La lumière est dans le noir et l’aveuglement vient parfois de la lumière ! Le pavé mosaïque est donc, à la fois le temple, l’univers, l’humanité, notre vie et le chemin qui nous mène vers l’Unité, vers le Grand Architecte De L’Univers, ou vers l’Orient éternel, dans la maîtrise des passions et de la vie sociale.

A l’image de chaque homme, de chaque maçon, le Chevalier Kadosch a en lui une part de lumière et une part sombre.

Nous sommes depuis le 15° grade, à des grades de chevalerie. Donc, depuis ce moment, et jusqu’au 30° grade, qui nous préoccupe ici, chacun de nous est un être double :

Il y a le Chevalier, et il y a le cheval, (ou cavale, ou kabbale). Le cheval symbolise notamment l’aspect animal. C’est l’animalité en l’homme. Il convient de maîtriser cette monture, qui peut être objet de chute. La maîtrise s’effectue par la bouche, tant la bouche du cavalier (le verbe), mais aussi la main de ce dernier qui tient les rênes, et la bouche du cheval (par l’intermédiaire du mors et des rênes et du collier). Le cou est l’intermédiaire entre la tête et le corps et, symboliquement entre le ciel et la terre.

Le Chevalier a également une Dame : le Chevalier, le masculin, est l’être extérieur, agissant, tandis que la dame, le féminin, est l’intériorité, à la fois réceptrice et motrice de l’action.

Avant de parvenir au 30° grade, nous avons rencontré la part sombre à plusieurs reprises, en particulier :

Lors de l’initiation au 1° degré, l’initiable porte un bandeau, car il est dans les ténèbres. Il est encore « mort ». C’est encore l’homme ancien. On peut dire aussi qu’il porte un bandeau « pour mieux voir », car son regard est tourné vers l’intérieur, vers la conscience.

Lors de l’initiation au 3° grade, la plus grande obscurité relative à la mort du vieil homme est unie avec la lumière la plus étincelante de la résurrection du nouvel homme. Les initiations des trois premiers grades sont des voyages de l’obscurité vers la lumière, ou alors, d’un peu de lumière vers plus de lumière.

Au 9° grade, le néophyte doit combattre un monstre dans une caverne : les voies initiatiques passent par une descente dans les ténèbres subterrestres, une descente aux Enfers. Quiconque veut s’élever est menacé de chute. La caverne représente le noir de l’inconscient.

Au 18° grade, le Chevalier passe trois jours dans l’obscurité, c’est un séjour en Enfer.

Lors du 24 ° grade, celui de Prince du Tabernacle, l’accent est mis chez Salomon sur les instincts mal maîtrisés, l’inconscient pas maîtrisé et le féminin intérieur, symbolisé par le harem pléthorique.

Individuellement, le Chevalier Kadosch est environné de parts d’ombre :

· D’abord, ombre inconsciente, symbolisée par le cheval, l’animalité en lui ;

· Ensuite, ombre consciente : ce sont les mauvais choix faits

Collectivement, le Camps des Chevaliers Kadosch est également environné de parts d’ombre : Il s’agit notamment des métaux dans le Temple.

A noter que la part sombre existera toujours, sauf à estimer que demain le Chevalier Kadosch soit un être de lumière. La partie sombre est le signe de notre imperfection, de notre incomplétude. C’est la marque d’un manque. Dire qu’il y a en nous une part sombre, c’est dire que nous sommes imparfaits, et donc, en tant que maçons, que nous sommes sur la route, que nous travaillons pour augmenter la part de Lumière (vertus) et diminuer la part d’obscurité (vices).

En conséquence nous pouvons dire que la dualité, ombre et lumière, existe tant dans la nature, dans la société, que dans l’homme, le maçon et aussi le Chevalier Kadosch. Il nous reste à examiner ce que fait le Chevalier Kadosch de cette part sombre présente en lui.

DEUXIEME PARTIE :

Le Chevalier Kadosch, passeur : de Lumière, à partir de la part sombre, socle et énergie : La part sombre est également l’énergie qui nous anime. C’est la force de la vie.

Cette force est appelée libido par la psychanalyse, « dao » ou « chi » par la philosophie chinoise, « dharma » et « karma » par la philosophie hindoue, le destin par la philosophie grecque, les passions par Descartes, etc.

C’est dire que cette force est unique, commune à l’homme bon et à l’homme mauvais, à l’ange et au sain (Kadosch signifie saint, séparé), ainsi qu’au diable et à l’être satanique. Cependant on peut donner deux orientations différente à cette force : soit vers le haut, soit vers le bas ! La part sombre est donc le levier, le point d’appui, ce qui fournit l’envie d’abord, l’énergie ensuite. Il faut sublimer cette part sombre et transformer la part sombre en lumière.

Cela signifie donc deux choses essentielles :

· Il ne s’agit pas de détruire cette force, car ce serait mourir. Mais il s’agit de la dompter, de la maîtriser, pour lui donner le chevalier Kadosch ne supprime pas la part d’ombre qu’il y a en lui, mais il apprivoise le cheval.

· Il s’agit aussi de lui donner une orientation positive, lumineuse, vers le vrai, le bien et le juste.

Si l’on accepte l’image d’un vecteur (objet, but, énergie), il s’agit de reprendre l’énergie de la part sombre pour l’affecter au bien. Bien et mal puisent dans le même « sac » d’énergie.

C’est dire que de cette part sombre, on peut faire le meilleur, comme le pire : ce qui compte, c’est l’intention et la volonté. Il est attendu du chevalier Kadosch, après des années de maçonnerie, qu’il en fasse bien évidemment, le meilleur.

Par exemple on peut donner au couteau une orientation positive – dans les mains du chirurgien -- ou une orientation négative – dans les mains du criminel.

Arrivé au 30° grade, on peut estimer que le Chevalier Kadosch a ingurgité suffisamment de Lumière pour être un être positif.

L’architecture d’un temple égyptien, ou du temple de Salomon illustre parfaitement la démarche maçonnique. Après les deux colonnes, une fois l’entrée franchie, on pénètre dans le Pronaos, ou chambre extérieure. Dans cette partie, éclairée par la lumière du Soleil, le peuple peut être présent. Puis, séparé par un voile, on pénètre dans le Naos, ou « Saint ». Seule les prêtres initiés peuvent accéder à cette partie, éclairée par le chandelier à sept branches, et un éclairage à base d’huile d’olive. Enfin, séparé par un second voile, on trouve le « Saint des Saints ». C’est une pièce cubique obscure, entièrement plongée dans l’obscurité la plus totale. C’est là que se trouve la divinité (Shekina, arche d’alliance). Seul le Grand Prêtre peut entrer dans cette pièce, une fois par an. L’initié véritable « voit », parce qu’il a accumulé suffisamment de lumière en lui. Il y a donc trois étapes : D’abord la lumière est extérieure (Jésus, fils du charpentier), puis le maçon est porteur de lumière (Jésus fils du Père ou du Soi) et enfin le maçon intègre, ingurgite la lumière (Jésus et le Père, ou le Soi, sont Un).

L’objectif est de faire Un de fusionner cavalier et cheval, masculin et féminin, intérieur et extérieur d’abord et de répandre cette lumière acquise à l’extérieur ensuite.

Il s’agit de servir de pont aux vertus spirituelles afin qu’elles entrent par l’homme dans le monde et qu’ainsi le monde en soit pourvu. Le monde serait ténébreux sans l’homme employant sa volonté à offrir un passage aux forces de l’esprit. Ainsi, c’est par l’homme spiritualisé que la réalité spirituelle, invisible, intangible, entre dans le monde. C’est l’ « affaire » des hommes que d’établir ce lien avec les forces de l’esprit, qu’eux seuls peuvent puiser au fond d’eux-mêmes et du monde dans lequel ils ont été placés pour cela.

La véritable chevalerie a pour objet le service, en manifestant les valeurs spirituelles (la lumière) là où il lui est demandé, et aussi donné, de cheminer.

Notre devise est : AVEC DES ARMES PURES, SANS PEUR ET SANS REPROCHE « FAIS CE QUE DOIS, ADVIENNE QUE POURRA »

La devise participe obligatoirement de l’utopie; elle contient dès lors une part importante d’idéal et implique un décalage entre action (fais) et réalité (advienne que pourra). La part d’ombre est le décalage qu’il peut y avoir entre l’action, l’intention du Kadosch et la réalité, entre « fais ce que dois » et « advienne que pourra ». Cet écart représente notre incomplétude, le sens de nos souffrances : le sentiment de notre insuffisance pour parvenir à l’idéal. C’est l’écart entre le fini et l’infini, le temps et l’éternité, le réel et l’absolu.

Cependant le Chevalier Kadosch se trouve du côté de la Lumière et ne peut être confondu avec un quelconque Dark Vador, ce Chevalier de la « Guerre des Etoiles » incarnant le côté sombre de la Force (à noter que dans La guerre des étoiles, Dark Vador, le côté sombre de la force est aussi le père de Sky Walker et de la princesse, les enfants porteurs d Lumière, qui sont du côté lumineux de la force) ; il avance, assuré de l’invincibilité de ses principes, de la justesse de sa cause et du résultat de son engagement.

Maniés avec amour, force et sagesse, l’épée et le poignard, armes de combat, de pouvoir et de domination deviennent des outils de paix, de raison, de droit et de morale. Le soldat devient bâtisseur et le désordre s’organise.

L’homme doit être un pont : il introduit de la lumière dans la nature pour l’humaniser. Par exemple, le pain et le vin sont obtenus par l’alliance entre les forces humaines et les forces naturelles en vue du bien. L’homme introduit la lumière dans la société par un combat pour les valeurs telles que la justice, la liberté, l’égalité, la fraternité,… Ceci est d’autant plus vrai du maçon et du Chevalier Kadosch, en route vers le Monde du Un, autre nom de l’Orient éternel ? Après avoir ingurgité suffisamment de lumière lors de son travail maçonnique, il réinjecte cette lumière dans la réalité quotidienne

La part sombre appartient au chaos, dans lequel il convient de mettre de l’ordre. En quelque sorte, le chaos est informé par la lumière pour donner un certain ordre : cet ordre peut aller dans le sens du bien ou le sens du mal.

Le maçon doit poursuivre ce travail sans cesse, car il n’est jamais terminé.

Le choix qui se pose à chaque instant au Chevalier Kadosch est : Arrêter de travailler, être imbu de soi,… : ou poursuivre le travail de passeur de lumière. Si ce travail n’est pas mené, il peut y avoir coexistence de deux réalités : la réalité maçonnique, qui demeure toute théorique, et la réalité profane. Les valeurs (la lumière maçonnique) n’interpénètre pas la réalité quotidienne.

CONCLUSION :

Yin et yang : lumière et aspect sombre sont intimement liés. On ne peut qu’assumer l’un et l’autre. Chacun de nous peut adopter l’une ou l’autre mentalité : soit la modestie, l’humilité, la patience et la persévérance, soit l’orgueil, la vanité, le fanatisme et l’égocentrisme.

Par exemple, un véritable scientifique lira des centaines de livres au cours de sa vie, fera des centaines d’expériences, mais sera toujours persuadé qu’il lui reste beaucoup à apprendre. Un religieux fanatique ne lira qu’un livre, ne fera qu’une seule expérience, et sera persuadé d’avoir tout compris et de détenir la vérité ultime.

Ceci est illustré par l’historiette issue de la sagesse amérindienne suivante : Un vieil indien explique à son petit fils que chacun de nous a en lui deux loups qui se livrent bataille. Le premier loup représente la sérénité, l’amour et la gentillesse. Le second loup représente la peur, l’avidité et la haine. En quelque sorte, ils représentent le bon et le mauvais ange gardien ; les maçons diraient le bon et le mauvais compagnon. « Lequel des deux loups gagne ? » demande l’enfant. « Celui que l’on nourrit » répond le grand-père.

C’est pourquoi le Chevalier Kadosch nourrit la part de lumière en lui et laisse mourir de faim la part d’ombre qu’il porte en lui. C’est une autre façon de dire qu’ « il élève des temples aux vertus et creuse des cachots pour les vices ».

G dit.

Source : http://pierre-quader.eklablog.fr/

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Le Mythe du Déluge

27 Février 2015 , Rédigé par GLISRU Publié dans #Planches

Dans cet Atelier, nous sommes convenus au moment de sa création de travailler sur les différentes Traditions pour essayer d'y retrouver cette sorte de Parole perdue qui est le souvenir des origines, ce que d'autres appellent la Vérité primordiale. C'est dans cette recherche que j'ai rencontré le mythe du déluge qui est commun à presque toutes les Sociétés du monde. Il est généralement admis que le mythe du déluge, que l'on retrouve donc dans presque toutes les traditions du monde, à l'exception notable de l'Afrique, recouvre un événement réel, probablement d'une amplitude plus faible que celle décrite par tous les textes ou légendes orales, qui se serait produit dans les temps anciens et qui aurait laissé un souvenir amplifié dans la mémoire des hommes. Dans ma recherche de trouver derrière les mythes les faits rééls je me suis donc intéressé à ce mythe du déluge. Mais avant je voudrais citer une intervention du professeur Antoine Faivre, lors d'un récent colloque sur le légendaire maçonnique. Celui-ci définit 3 approches très différentes et qui seraient chacune la façon de voir la maçonnerie par les maçons eux-mêmes, même si quelquefois ils les mêlent allègrement. La première, qu'il définit comme empirico-critique, est purement objective et historique. C'est celle qui voit dans la maçonnerie une institution créée de toutes pièces au 18ème siècle et qui a comme objectif principal l'exercice de la charité, accessoirement la rencontre d'esprits curieux. La deuxième, qu'il définit comme mytho-romantque, a une origine inconnue, remontant aux temps les plus anciens, et véhiculant des mythes universels, selon une transmission ininterrompue. Enfin, la troisième, qu'il définit comme universalisante, la considère comme un réservoir d'images ou d'archétypes à caractère universel, et la filiation n'a ici pas d'importance. En tous les cas on y retrouve toutes les traditions du monde, filles comme elle de la tradition pérenne. Il est clair que je m'inscris en priorité dans cette dernière approche, même si la deuxième ne me laisse pas indifférent. Quant à la première, elle ne correspond pas du tout à l'image que je me fais de la Maçonnerie, école initiatique authentique. Pourquoi je voulais citer cette intervention ? et bien c'est pour justement venir justifier cette réflexion, allant bien au-delà de la Maçonnerie, pour retrouver dans les mythes en général, et ce soir dans celui du déluge en particulier, les échos de cette tradition pérenne, ce que j'appelle la connaissance du premier instant, ce premier instant étant étendu à toute la protohistoire de l'homme. Je voudrais donc d'abord vous présenter les différentes versions de ce mythe, selon les traditions anciennes, puis, ensuite, je souhaiterais apporter ma vision personnelle de cet événement vraisemblablement réel. Extrêmement répandus, les mythes de catastrophes cosmiques racontent comment le monde a été détruit et l’humanité anéantie, à l’exception d’un couple ou de quelques survivants. Les mythes du déluge sont les plus nombreux, et presque universellement connus ( bien qu’extrêmement rares en Afrique, et j'essaierai d'en comprendre la raison ). À côté des mythes diluviens, d'autres relatent la destruction de l’humanité par des cataclysmes cosmiques: tremblements de terre, incendies, écroulement de montagnes, épidémies. Évidemment, cette fin du monde n’est pas représentée comme radicale, mais plutôt comme la fin d'une humanité, suivie de l’apparition d’une humanité nouvelle. Mais l'immersion totale de la Terre dans les eaux, ou sa destruction par le feu, suivie de l'émersion d’une Terre vierge, symbolisent la régression au Chaos et la cosmogonie. Dans un grand nombre de mythes, le Déluge est rattaché à une faute rituelle qui a provoqué la colère de l’Être suprême. Parfois il résulte simplement du désir d'un Être divin de mettre fin à l'humanité. Mais, si l'on examine les mythes qui annoncent l'imminence du Déluge, on retrouve, parmi les causes principales, non seulement les péchés des hommes, mais aussi la décrépitude du monde. On peut dire alors que le Déluge a ouvert la voie à la fois à une re-création du monde et à une régénération de l'humanité. Nous autres, en Occident ou plus précisément dans ce que je préfère appeler le monde méditerranéen, nous connaissons en priorité le mythe du déluge décrit dans la Bible hébraïque. Rappelons nous en le texte, qui est en Genèse, 6-5 à 9-20 : Le Seigneur vit que la méchanceté de l'homme se multipliait sur la terre : à longueur de journée, son cœur n'était porté qu'à concevoir le mal, 6 et le Seigneur se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre. Il s'en affligea 7 et dit : « J'effacerai de la surface du sol l'homme que j'ai créé, homme, bestiaux, petites bêtes et même les oiseaux du ciel, car je me repens de les avoir faits ».8 Mais Noé trouva grâce aux yeux du Seigneur.

9 Voici la famille de Noé : Noé, homme juste, fut intègre au milieu des générations de son temps. Il suivit les voies de Dieu, 10 il engendra trois fils : Sem, Cham et Japhet. 11 La terre s'était corrompue devant Dieu et s'était remplie de violence. 12 Dieu regarda la terre et la vit corrompue, car toute chair avait perverti sa conduite sur la terre. 13 Dieu dit à Noé : « Pour moi, la fin de toute chair est arrivée ! Car à cause des hommes la terre est remplie de violence, et je vais les détruire avec la terre ».

14 « Fais-toi une arche de bois résineux. Tu feras l'arche avec des cases. Tu l'enduiras de bitume à l'ntérieur et à l'extérieur. 15 Cette arche, tu la feras longue de trois cents coudées, large de cinquante et haute de trente. 16 Tu feras à l'arche un toit à pignon que tu fixeras à une coudée au-dessus d'elle. Tu mettras l'ntrée de l'arche sur le côté, puis tu lui feras un étage inférieur, un second et un troisième.

17 « Moi, je vais faire venir le déluge — c'est-à-dire les eaux — sur la terre, pour détruire sous les cieux toute créature animée de vie ; tout ce qui est sur terre expirera. 18 J'établirai mon alliance avec toi.

« Entre dans l'arche, toi et avec toi, tes fils, ta femme, et les femmes de tes fils. 19 De tout être vivant, de toute chair, tu introduiras un couple dans l'arche pour les faire survivre avec toi ; qu'il y ait un mâle et une femelle ! 20 De chaque espèce d'oiseaux, de chaque espèce de bestiaux, de chaque espèce de petites bêtes du sol, un couple de chaque espèce viendra à toi pour survivre. 21 Et toi, prends de tout ce qui se mange et fais-en pour toi une réserve ; ce sera ta nourriture et la leur». 22 C'est ce que fit Noé ; il fit exactement ce que Dieu lui avait prescrit.

7.1 Le Seigneur dit à Noé : « Entre dans l'arche, toi et toute ta maison, car tu es le seul juste que je vois en cette génération. 2 Tu prendras sept couples de tout animal pur, un mâle et sa femelle — et d'un animal impur un couple, un mâle et sa femelle, 3 — ainsi que des oiseaux du ciel, sept couples, mâle et femelle, pour en perpétuer la race sur toute la surface de la terre. 4 Car dans sept jours, je vais faire pleuvoir sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits, j'effacerai de la surface du sol tous les êtres que j'ai faits ». 5 Noé se conforma à tout ce que le Seigneur lui avait prescrit.

6 Noé était âgé de six cents ans quand eut lieu le déluge — c'est-à-dire les eaux — sur la terre. 7 À cause des eaux du déluge, Noé entra dans l'arche et avec lui ses fils, sa femme et les femmes de ses fils. 8 Des animaux purs et des animaux impurs, des oiseaux et de tout ce qui remue sur le sol, 9 couple par couple, mâle et femelle vinrent à Noé dans l'arche comme Dieu l'avait prescrit à Noé.

10 Sept jours passèrent et les eaux du déluge submergèrent la terre.

11 En l'an six cents de la vie de Noé, au deuxième mois, au dix-septième jour du mois, ce jour-là tous les réservoirs du grand abîme furent rompus et les ouvertures du ciel furent béantes. 12 La pluie se déversa sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. 13 En ce même jour, Noé entra dans l'arche avec ses fils, Sem, Cham et Japhet, et avec eux, la femme de Noé et les trois femmes de ses fils 14 ainsi que toutes les espèces de bêtes, toutes les espèces de bestiaux, toutes les espèces de petites bêtes qui remuent sur la terre, toutes les espèces d'oiseaux, tout volatile, toute bête ailée. 15 Ils vinrent à Noé dans l'arche, couple par couple, de toute créature animée de vie. 16 C'étaient un mâle et une femelle de toute chair qui entraient. Ils entrèrent comme Dieu l'avait prescrit à Noé. Le Seigneur ferma la porte sur lui.

17 Le déluge eut lieu sur la terre pendant quarante jours. Les eaux s'accrurent et soulevèrent l'arche, et elle fut élevée au-dessus de la terre. 18 Les eaux furent en crue, formèrent une masse énorme sur la terre, et l'arche dériva à la surface des eaux. 19 La crue des eaux devint de plus en plus forte sur la terre et, sous toute l'étendue des cieux, toutes les montagnes les plus élevées furent recouvertes 20 par une hauteur de quinze coudées. Avec la crue des eaux qui recouvrirent les montagnes, 21 expira toute chair qui remuait sur la terre, oiseaux, bestiaux, bêtes sauvages, toutes les bestioles qui grouillaient sur la terre, et tout homme. 22 Tous ceux qui respiraient l'air par une haleine de vie, tous ceux qui vivaient sur la terre ferme moururent.

23 Ainsi le Seigneur effaça tous les êtres de la surface du sol, hommes, bestiaux, petites bêtes, et même les oiseaux du ciel. Ils furent effacés, il ne resta que Noé et ceux qui étaient avec lui dans l'arche. 24 La crue des eaux dura cent cinquante jours sur la terre.

Vous connaissez la suite, avec la fin des pluies et l'épisode de l'envoi d'oiseaux de couleurs différentes qui ont été largement identifiés à des étapes alchimiques. Cependant, on sait aujourd'hui que cette histoire est largement répandue dans d'autres Traditions et que même celle-ci, celle de la Bible, est à l'évidence la fusion de deux versions indépendantes. Les Hébreux ont, en effet, très probablement, emprunté le mythe aux Babyloniens. Mais le thème du Déluge est encore plus ancien puisqu'il est déjà attesté chez les Sumériens. Le nom du Noé sumérien est Ziusudra; et dans la version babylonienne, il est appelé Utnapishtim. Le Déluge est raconté dans la 11ème tablette de l'Épopée de Gilgamesh: les Dieux décident d'anéantir le genre humain, mais le dieu Ea prévient Utnapishtim et lui conseille de construire un bateau pour sauver sa famille et un certain nombre d'animaux. Le Déluge est provoqué par une pluie torrentielle qui dure sept jours. Le huitième, Utnapishtim lâche une colombe et, peu après, une hirondelle, mais les oiseaux reviennent. Finalement, il lâche un corbeau qui ne revient plus. Alors Utnapishtim débarque sur le mont Nishir et offre un sacrifice aux Dieux. Mais ici eux-ci découvrent avec surprise que le genre humain n'a pas été anéanti. Ils décident pourtant que, désormais, Utnapishtim ne sera pas mortel et le transportent, avec sa femme, dans un pays fabuleux et inaccessible, « aux bouches des fleuves ». C’est là que, longtemps après, Gilgamesh, en quête de l'immortalité, lui rend visite et apprend l'histoire du Déluge. Il est évident que ce mythe est à l'identique celui développé par la Bible, avec cette seule exception – de taille ! – c’est que les hommes ne sont pas anéantis. Il est vrai que le Dieu juif est particulièrement violent et vindicatif, et cette destruction totale de sa création n'est pas étonnante compte tenu de la mentalité du bonhomme, même si beaucoup, depuis la nuit des temps, s'interrogent sur ce Dieu qui a d'une part créé des hommes à son image mais mauvais, et qui ensuite détruit sa créature. Nous sommes évidemment loin d'un Dieu bon et parfait, et les Gnostiques ont largement, en leur temps, développé leurs théories pour justifier l'injustifiable. Un mythe similaire est connu dans l’Inde. Absent dans le Véda, le mythe du Déluge est attesté pour la première fois dans le Satapatha Brahmana (I, VIII, 1), rituel rédigé probablement au VIIe siècle avant notre ère.: un poisson avertit Manu de l'imminence du déluge et lui conseille de construire un bateau. Lorsque la catastrophe éclate, le poisson tire le bateau vers le nord et l'arrête près d’une montagne. C’est là que Manu attend l'écoulement des eaux. À la suite d'un sacrifice, il obtient une fille, et de leur union descend le genre humain. Dans la version transmise par le Mahabharata, Manu est un ascète. Dans le Bhagavata Purana (VIII, XXIV, 7 sq.), le roi-ascète Satyavrata est averti de l'approche du Déluge par Hari (Vishnu) qui a pris la forme d’un poisson. En tous les cas rien ne semble relier ici cette catastrophe avec un quelconque ressentiment des Dieux vis à vis des hommes. On peut juste s'interroger sur leur incapacité à sauver ces hommes qui sont leur création et qui ont un rôle essentiel à jouer, celui d'être leur miroir, celui dans lequel ils peuvent voir leur beauté et leur puissance. Sans création les Dieux restent inconnus et inutiles ! En Iran, la fin du monde est consécutive à un déluge résultant de la fonte des neiges accumulées pendant un terrible hiver. Ahura Mazdâ conseille à Yima, le premier homme, qui est aussi le premier roi, de se retirer dans une forteresse.. Yima prend avec lui les meilleurs parmi les hommes et les différentes espèces d'animaux et de plantes. Le déluge met fin à l'âge d’or, qui ne connaissait ni la vieillesse ni la mort. Dans l'état actuel de nos connaissances de ces textes nous n'avons pas non plus de traces d'une quelconque décision divine de grand nettoyage même si ici le retour à une situation normale voit la disparition d'un monde ancien, celui de l'âge d'or. On peut ici s'interroger sur le pourquoi de la fin de cet âge… En Grèce, c'est Prométhée qui avertit son fils, Deucalion, que Zeus a décidé l’anéantissement des hommes de l’âge du bronze. Deucalion s’échappe avec sa femme dans une arche. A nouveau une décision divine de tout recommencer. Le mythe du Déluge se rencontre aussi chez certaines peuplades autochtones de l’Inde ( Bhils, Mundas, Santals, etc.), chez les Lepchas de Sikkim et en Assam. Il est encore plus répandu dans l’Asie du Sud-Est, en Mélanésie et en Polynésie. Les versions recueillies en Australie parlent d’une grenouille géante qui avait absorbé toutes les eaux. Souffrant de la soif, les animaux décidèrent de faire rire la grenouille. En voyant l'anguille se tordre, la grenouille éclata de rire et les eaux s'écoulèrent de sa bouche, provoquant le déluge. La grenouille est une des images mythiques de la Lune. Et puisque la Lune est, par excellence le symbole de la mort et de la résurrection, elle gouverne aussi les eaux, les inondations et les marées. Chez les peuples de l'Amérique du Sud, le déluge est provoqué généralement par un des jumeaux mythiques qui, frappant la terre de son talon, fait jaillir les eaux souterraines. En Amérique centrale et en Amérique du Nord, les versions du déluge sont assez nombreuses: la catastrophe est produite soit par des inondations soit par des pluies. Il est à noter qu'en comparaison avec les mythes narrant la fin du monde dans le passé, les mythes se référant à une fin à venir sont assez peu nombreux chez les primitifs, au contraire de nos Sociétés méditerranéennes ou indo-européennes. Mais cette rareté est peut-être due au fait que les ethnologues n'ont pas posé cette question dans leurs enquêtes. En outre, il est parfois difficile de préciser si le mythe concerne une catastrophe passée ou à venir. Ainsi, par exemple, selon E.H. Man, les Andamanais, un peuple en voie de disparition qui vit aux confins de la Birmanie et de la Thaïlande, croient qu'après la fin du monde une nouvelle humanité, jouissant d'une condition paradisiaque, fera son apparition: il n’y aura plus ni maladies, ni vieillesse, ni mort. Mais un autre anthropologue, A. Radcliffe Brown, estime que son collègue Man a en fait combiné plusieurs versions, recueillies d'informateurs différents. En réalité, précise Radcliffe Brown, il s’agit bien d'un mythe relatant la fin et la re-création du monde; mais le mythe se rapporte au passé et non pas à l'avenir. Mais comme, suivant la remarque de F. F. Lehmann, la langue andamanaise ne possède pas de temps futur, il n'est pas facile de décider s’il s’agit d’un événement passé ou d'une fin à venir. Nous sommes donc ici passés du mythe du déluge, celui de la fin d'une époque pour entrer dans une nouvelle, plutôt inscrite dans le passé, à la possibilité que ces évènements se rencontrent aussi dans le futur. Parmi les mythes primitifs de la fin, très rares sont ceux qui ne présentent pas d'indications précises concernant l'éventuelle re-création du monde. Ainsi, dans une des îles Carolines, Aurepik, c'est le fils du Créateur qui est responsable de la catastrophe. Lorsqu'il s'apercevra que le chef ne s'occupe plus de ses sujets, il submergera l'île au moyen d'un cyclone. Il n’e st pas certain qu'il s’agisse d’une fin définitive: et l'idée d'une punition des « péchés » implique généralement la création ultérieure d'une nouvelle humanité, instruite de ce qui s'est passé avant elle et devant, en principe, en tirer les conclusions. On peut penser qu'en ce qui concerne le texte biblique notre bonhomme IAWEH s'est largement fourvoyé et que probablement les hommes d'après le déluge n'ont rien à envier à ceux d'avant dans le domaine de la méchanceté. Plus difficiles à interpréter sont les croyances des Négritos de la péninsule de Malacca. Les Négritos savent qu'un jour Karei mettra fin au monde parce que les humains ne respectent plus ses préceptes. Aussi, pendant l'orage, s'efforcent-ils de prévenir la catastrophe en faisant des offrandes expiatoires de sang. La catastrophe sera universelle, elle frappera sans distinction pécheurs et non-pécheurs, et ne préludera pas, semble-t-il, à une nouvelle création. C’est pourquoi les Négritos appellent Karei « mauvais », et voient en lui l 'adversaire qui leur a « volé le Paradis ». Un exemple singulièrement frappant est celui des Guaranis du Mato Grosso. Sachant que la Terre sera détruite par le feu et par l'au, ils partirent à la recherche du « Pays sans péché », sorte de paradis terrestre, situé au-delà de l'Océan. Ces longs voyages, inspirés par les chamans, et effectués sous leur direction, ont commencé au 16ème siècle et ont duré jusqu'en 1912. Certaines tribus croyaient que la catastrophe serait suivie d’un renouvellement du monde et du retour des morts. D'autres tribus attendaient et désiraient la fin définitive du monde. La majorité des mythes amérindiens de la fin impliquent soit une théorie cyclique (comme chez les Aztèques), soit la croyance que la catastrophe sera suivie par une nouvelle création, soit, enfin, dans certaines régions de l'Amérique du Nord, la croyance à une régénération universelle effectuée sans cataclysme. Dans ce processus de régénération, seuls les pécheurs périront. Selon les traditions aztèques, il y a eu déjà trois ou quatre destructions du monde, et la quatrième ( ou la cinquième ) est attendue pour l'avenir. Chacun de ces mondes est régi par un « Soleil », dont la chute ou la disparition marque la Fin. La croyance que la catastrophe est la conséquence fatale de la « vieillesse » et de la décrépitude du monde semble assez répandue dans les deux Amériques. Selon les Cherokees, quand le monde sera vieux et usé, les hommes mourront, les cordes se casseront, et la Terre s'abîmera dans l’Océan, la Terre étant imaginée comme étant une grande île suspendue à la voûte céleste par quatre cordes. Dans un mythe Maidu, le Créateur assure au couple qu'il avait créé : « Lorsque ce monde sera trop usé, je le referai entièrement; et quand je l'aurai refait, vous connaîtrez une nouvelle naissance.» En somme, ces mythes primitifs de la fin du monde, par déluge ou incendie, car l'élément eau n'est pas le seul à être utilisé, le feu est également largement employé et je voudrais y revenir, impliquent plus ou moins clairement la re-création d'un univers nouveau, expriment la même idée archaïque, et extrêmement répandue, de la « dégradation » progressive du cosmos, ou de la chute pour retrouver une idée largement répandue sur nos Colonnes, nécessitant sa destruction et sa re-création périodiques. C'est de ces mythes d'une catastrophe finale, qui sera en même temps le signe annonciateur de l'imminente re-création du monde, que sont sortis et se sont développés les mouvements prophétiques modernes et les mouvements millénaristes des sociétés primitives. La théorie de la création et de la destruction cycliques du monde a été largement développée dans l’Inde, à partir des Brahmanas et surtout dans les Puranas. C'est la doctrine des quatre yugas, les quatre âges du monde. Le cycle complet, le kalpa, se termine par une « dissolution », un pralaya, qui se répète d'une manière plus radicale ( mahapralaya, la « grande dissolution ») à la fin du millième cycle. Selon le Mahabharata et les Purana, l'horizon s'enflammera, sept ou douze soleils apparaîtront au firmament et dessécheront les mers, brûleront la Terre. Ensuite, une pluie diluvienne tombera sans arrêt pendant douze ans, la Terre sera submergée et l'humanité détruite (Vishnu Purana, 24, 25). Puis tout recommencera ad infinitum. Cette théorie des quatre Yugas, avec son premier, celui de l'âge d'or, et son dernier, celui du fer, appartient à la doctrine traditionnelle et se retrouve dans beaucoup de traditions. Il semblerait que ce nouveau cycle, ce kalpa, ait débuté vers environ 63000 ans avant notre ère, et l'âge d'or, le Krita-Yuga, a duré 26000 ans. L'âge suivant, le Trêta-Yuga, ou âge d'argent, qui a correspondu à l'apparition des continent s de l'Atlantide au Nord, et de la Lémurie, au Sud, s'est terminé par le déluge biblique, vers 11000 ans avant notre ère. Puis vint le Dvapara-Yuga, l'âge d'airain. La fin de ce cycle , et nous sommes en plein dans le Kali-Yuga, l’âge du fer, est annoncée pour le 21ème siècle…. En Grèce, la doctrine cyclique fait son apparition avec Héraclite qui aura une grande influence sur la doctrine stoïcienne de l'Éternel Retour. Au 3ème siècle avant notre ère., Bérose vulgarisait dans tout le monde hellénistique la doctrine chaldéenne de la « grande année ». L'Univers y est considéré comme éternel, mais il est anéanti et reconstitué périodiquement chaque « grande année » - le nombre correspondant de millénaires varie d'une école à l'autre - lorsque les sept planètes se réuniront dans le signe du Cancer ou « grand hiver », un déluge se produira. Quand elles se rencontreront dans le signe du Capricorne, au solstice d'été de la « grande année », l'Univers entier sera consumé par le feu. Selon un texte perdu d'Aristote, les deux catastrophes avaient lieu aux deux solstices: la conflagration au solstice d'été, le diluvium au solstice d'hiver. On le voit, le mythe du déluge participe largement de deux théories : L'une qui voudrait que le Dieu créateur, excédé par sa création, ait un jour envie de tout détruire. L'autre qui exprime le principe d'une création cyclique, d'un retour indispensable au néant avant que de repartir. En Inde cela est clairement symbolisé par le souffle de Brâhma, celui qui crée en expirant et qui à la fin du cycle reprend sa création en inspirant, et ainsi de suite. Cette théorie est du reste parallèle à celle des astrophysiciens modernes qui parlent d'un monde en expansion puis en contraction, du big bang au big crash. Il est évident que si nous voulons retrouver derrière les mythes la réalité des évènements, cette seconde théorie semble plus proche de ce qui s'est passé, puisqu'aussi bien elle peut être exprimée d'une façon scientifique. Mais la première peut aussi révéler des évènements réels, enfouis dans la mémoire des hommes et traduits avec les mots et les symboles à la disposition d'autres hommes, longtemps après, et qui ne pouvaient qu'être interprétés à cette aune. Du strict point de vue scientifique, l'historicité du Déluge a longtemps été niée. Actuellement, un grand nombre de savants de toutes disciplines envisagent sérieusement que la dernière transgression, c'est-à-dire l'ennoyage des plates-formes continentales à la suite des déglaciations, pourrait être en connexion avec ces mythes. Et il est vrai que cet épisode géologique a entraîné une augmentation du niveau de la mer, mais de 100 mètres environ sur une durée de 10.000 ans, même! Si certaines estimations sont de 130 m sur 8.000 ans, soit, en gros, 2 mètres par siècle ou encore pour se plus de la durée de vie humaine de un mètre tous les 50 ans ! Personne ne peut raisonnablement affirmer qu'une telle élévation du niveau de la mer ( 2 cm par an !!! même si localement on a pu avoir une élévation de quelques dizaines de cm par an à certaines périodes ) peut être assimilée à ce que toutes les traditions, d'un bout à l'autre de la planète, décrivent comme un événement ayant été brutal, rapide, limité dans le temps, excessivement destructeur, etc. Alors, même si cette explication est parfaitement valable pour expliquer les traces d'habitats préhistoriques actuellement sous la mer, il va bien falloir trouver autre chose pour "élucider" le mystère du déluge... Depuis de nombreuses années les conséquences de la chute d'un astéroïde ou d'un fragment de comète dans l'océan ont été modélisées et un consensus s'est établi dans la communauté scientifique autour des effets possibles dans cette hypothèse. Dans le cas d un impact océanique très au large ( sans cratère visible, donc...), le phénomène le plus évident serait de gigantesques tsunamis. Un tsunami ( le mot est à préférer à raz-de-marée car le phénomène en question n'a rien à voir évidemment avec la marée...) peut se déplacer en pleine mer à des allures pouvant aller jusqu'à 700 km/h. En atteignant les côtes, et donc des fonds moins élevés, il ralentit et c'est là que, paradoxalement, le danger commence ! En effet, tout se passe alors pour les vagues comme pour les voitures sur l'autoroute lors d'un ralentissement: le front ( rapide ) des vagues rattrapant l'avant (ralenti). Sur une autoroute c'est le carambolage. Sur la côte, on observe une compression qui va entraîner une élévation considérable des vagues déferlantes. Le facteur de compression peut facilement atteindre 40! Ainsi un simple train de vagues d'une hauteur de 1 m en mer se transformera en une série de vagues tueuses d'une hauteur de 40 m.! C'est environ la hauteur d'un immeuble de 12 étages, autant dire que bien peu de choses risquent d'être encore debout après le passage de la première vague, alors à la dixième... Et quand on pense que les deux-tiers de la surface terrestre sont constitués d'océans, on peut également conclure que c'est ce type d'impact qui a le plus de probabilité d'arriver. Et plutôt deux fois qu'une ! Avec à chaque fois les mêmes conséquences bien sûr ! Ce qui fait parler de déluge au singulier est très certainement faux et que l'on devrait parler de déluges périodiques. Il semble toutefois que dans de nombreuses traditions on ait gardé en fait le souvenir d'un déluge plus important que les autres et on peut supposer que c'est celui-ci qui est responsable, par exemple, de la destruction de l'Atlantide.. L'Atlantide et la Lémurie, ces continents disparus sur lesquels des civilisations de très haut niveau – pour les autres hommes de l'époque – auraient vécu, peuvent avoir disparu suite à un cataclysme tel qu'une immense inondation d'origine ensuite oubliée. Il était facile ensuite, très longtemps après, d'imaginer ces catastrophes comme étant d'origine divine, et liée à l'inconduite des hommes. Et en fait les 2 théories peuvent être simultanées, le cycle des mondes pouvant être marqué par une catastrophe soudaine. Mais je vois aussi, dans le thème de l'eau, autre chose : Et si finalement, en oubliant ces possibles catastrophes dont personne n'a jamais eu la moindre preuve, le souvenir du déluge n'était que le souvenir du moment où le premier être vivant est sorti de l'eau, cette eau qui jusque la avait abrité toute forme de vie, milieu même dans lequel la vie était née Dans la mesure où l'homme s'est cru la création d'un dieu, il n'a jamais pu imaginer ne pas avoir existé avant un quelconque déluge, qui serait toujours venu, pour lui, le punir pour ses fautes. En fait le déluge était l'état primordial, ou tout au moins il a précédé l'apparition de la vie sur la terre. Or comme cette apparition de le vie sur la terre ferme semblerait vieille de 345 millions d'années, je vous laisse apprécier le lointain souvenir que ceux qui ont écrit les mythes du déluge pouvaient en avoir. En fait je suis en train, ici, de me demander si je ne suis pas en train de réinventer les archétypes ? Car là on côtoie le mythe de la mer initiale, celle par exemple que Brâhma a baratté pour en exprimer la vie, ou le lac des égyptiens, ou les eaux primordiales de la Bible… Et puis, pourquoi pas, intéressons nous aussi à une possible dimension psychanalytique : cette eau serait celle du liquide amniotique dans lequel tout enfant a baigné tout au long de sa présence dans le ventre de sa mère. Le souvenir heureux de cet avant baignant dans un liquide serait traduit par un déluge après lequel tout a été différent, et la vie de l'homme finalement très difficile. J'ai lu, pour m'aider dans ma réflexion, différents textes, et l'un est même allé jusqu'à proposer, la aussi, sous le couvert de la psychanalyse, que, je cite : « le déluge serait une projection cosmogonique à la fois du flux séminal et d'un déversement du liquide amniotique, exprimant ainsi le désir inconscient de grossesse masculine propre aux sociétés patriarcales, le mythe remplaçant de manière symbolique l'incapacité biologique du mâle à enfante « !!!! Je vous laisse méditer sur cette suggestion. Quant à moi, je m'interrogeais, plus haut, sur les deux éléments sources de destruction, le feu et l'eau. A ce moment de ma réflexion je vois l'eau non plus comme un élément destructeur mais au contraire comme l'élément fondateur de la vie. Ce sont les hommes, par leurs mythes, qui ont cru y voir un élément négatif, ou tout au moins purificateur. L'eau est, au contraire, créatrice de vie, elle lave, abreuve, féconde. Tout organisme vivant a besoin d'eau pour vivre. En revanche, le feu reste bien, lui, un élément destructeur, purificateur. Et puis je posais aussi la question du pourquoi de l'absence presque totale du mythe du déluge en Afrique. J'avoue ne pas avoir de réponse si je veux rester dans la dimension évolutionniste, où l'homme serait apparu en Afrique, car il aurait malgré tout comme origine cette soupe initiale, cette eau au sein de laquelle la vie a vu le jour, après une alchimie complexe. Et donc tous les hommes devraient posséder en eux ce souvenir initial. En revanche, si le déluge est le souvenir d'un cataclysme réel, pourquoi les hommes d'Afrique ne s'en souviendraient ils pas alors qu'en Asie ou en Amérique les Traditions l'évoquent largement ? je n'ai donc ici non plus, pas plus de réponse satisfaisante. Une possible absence de grands fleuves, d'éloignement des côtes, ne me convainc pas. Peut-être m'en apporterez vous une ?

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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L'Autel des Serments

23 Février 2015 , Rédigé par Robert MINGAM Publié dans #Planches

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, et au Progrès de l’Humanité, « Dignitaires et vénérables maîtres qui décorez l’Orient, » Vénérable Maître en Chaire, et vous tous mes Sœurs et mes Frères en vos degrés et qualités.

Le sujet dont je souhaiterais vous entretenir ce soir, concerne le symbole sur lequel s’est fondé l’esprit sacramentel de notre Ordre, j’ai nommé l’Autel des Serments. C’est devant lui et sur lui, qu’à toutes les étapes importante de notre engagement, nous renouvelons solennellement nos obligations vis-à-vis de l’Ordre en général et de notre Respectable Loge en Particulier. Quelles que soient les Auspices spirituels ou administratifs sous lesquels nous nous reconnaissons ; quelles que soient les Options symboliques, ou socioculturelles des Rites que nous avons choisis pour organiser nos travaux, l’Autel des Serments sur lequel repose les trois grandes Lumières de la franc-maçonnerie est toujours présent, pour nous rappeler que nous avons laissé nos métaux à la porte du temple, et que nous avons fait vœu d’y élever nos cœurs en Fraternité. Toujours orienté vers l’Orient, dans la direction où la Lune et le Soleil se lèvent, l’Autel fait référence à la Lumière éternelle, celle que les Anciens Egyptiens qualifiaient d’ombre de dieu, et que nous symbolisons, dès avant l’ouverture des travaux, par la flamme d’une bougie allumée. Point d’ancrage de toutes les autres étoiles de la Loge, cette vivante Lumière est appelée à éclairer nos travaux, à élever notre esprit vers un idéal commun, à continuer de briller en nous pour guider notre vie, et à permettre d’achever au dehors l’œuvre commencée dans le Temple (comme le précise notre rituel). Cette Lumière que nous avons reçu le jour de notre Initiation tient plus du regard que nous devons porter sur nous même, que d’une identité dûment patentée par une capitation. Le respect de la Règle et de la parole donnée, est le ciment de notre Initiatique Fraternité. Les Serments que nous avons prêtés sur l’Autel du même nom, ne sont pas des actes anodins. La discrétion et la fidélité, sanctionnées symboliquement par le signe d’Ordre ; le respect et l’obéissance non aveugle mais intelligente aux supérieurs hiérarchiques de la confrérie ; les devoirs de fraternité et de dévouement à l’égard des Sœurs et des Frères, ainsi qu’à tous les membres de la famille humaine; sont des engagements générateurs de liberté, que nous avons pris au service de valeurs que tous nous estimons essentielles, parce qu’ils font naître en nous des obligations librement consenties. Sublimées par le caractère spirituel et sacré que nous accordons aux trois Grandes Lumières de notre Ordre, ces promesses prêtées « solennellement et sincèrement » sont plus que du domaine symbolique. Elles me paraissent sacramentelles. Aucun des trois symboles présents sur l’Autel des Serments, n’appartient en propre à la Franc–maçonnerie, c’est seulement la façon de les conjuguer entre eux qui personnalise notre Ordre, en formant un pentacle symbole de perfection. Il s’agit de l’Equerre, du Compas, ainsi que d’une règle « Initiatique » admise comme source d’inspiration et de réflexion, matérialisée dans notre Loge par les Grandes Constitutions. Selon les rites et les époques, ces trois outils avaient de nombreuses significations symboliques d’ordre moral ou spirituel, mais toujours en rapport avec les principes fondamentaux de la géométrie sacrée. A partir du point, qui est à l’origine de toute manifestation, le Compas crée toutes les formes, dont celle du cercle. Si dans le monde profane, cet outil peut être utilisé comme instrument de mesure, sur le plan ésotérique, et notamment chez les maçons spéculatifs que nous sommes, le Compas peut symboliser la circonspection, l’impartialité et la sagesse, mais aussi l’intelligence, l’esprit infini éternel et universel, voire la manifestation du Grand Architecte de l’Univers comme principe de libération de la conscience. Dirigées vers l’Occident, ses pointes ouvertes pourraient représenter la force spirituelle qui descend sur la matière. Dans les miniatures médiévales, c’est à l’aide du grand compas d’appareilleur des tailleurs de pierre que le Grand Architecte opère la Création du Monde. La difficulté d’admettre qu’il puisse exister dans l’Univers une intelligence supérieure, créatrice et ordonnatrice de notre système solaire, ainsi que de la vie sur la Terre est concevable, parce qu’elle dépasse notre entendement. Pourtant, les scientifiques eux-mêmes s’interrogent et émettent l’hypothèse qu’il puisse exister, en dehors de notre propre galaxie, un principe intelligent, quelque soit le nom qu’on veuille bien lui octroyer, qui se manifeste par sa Lumière, et régit nos existences. Ses rayons lumineux, d’origine céleste, éclairent la Terre en formant une sorte de cône que les égyptiens ont matérialisé en édifiant les grandes Pyramides, et que nous symbolisons par le triangle. A l’Orient de notre Loge, les trois Grands symboles que sont le Soleil, la Lune et le delta Lumineux, atteste de la présence de ce principe universel qui éclaire nos travaux, et que nous acclamons sous le vocable « de Grand Architecte de l’Univers ». Le Compas pointes ouvertes placé sur l’Autel des Serments, peut donc lui aussi, manifester cette lumière qui lui vient de l’Orient, et rayonner symboliquement sur les autres symboles. Eclairé par le Compas, l’Equerre représente la matière animée par l’esprit. Symbole de rectitude et outil de perfectionnement, permettant de tracer les limites du carré qui, de tous temps, et dans toutes les civilisations symbolisait la Terre, l’Equerre est l’image renversée du Compas. Elle suggère que ce qui est en Bas est comme ce qui est en Haut et réciproquement. La position de ces deux outils évoque donc clairement cette idée tirée des Livres de Thot et reprise au IIIe siècle de notre ère par les néo-platoniciens grecs, et le légendaire Hermès Trismégiste. Le troisième symbole sur lequel reposent le Compas et l’Equerre est sans aucun doute possible le plus controversé « notamment dans les loges françaises ». Il s’agit de la Règle également appelée « Livre de la Loi sacrée » ouvert et fermé au début et à la fin des travaux « pour marquer la nécessaire mais provisoire rupture avec le monde profane ». Dans notre Atelier, ce sont les Grandes Constitutions. Mais traditionnellement, dans une large majorité de Loges travaillant au Rite Ecossais Ancien Accepté, c’est la Bible ouverte sur le prologue de saint Jean qui fait office de Règle Initiatique. C’est d’ailleurs pourquoi le tuilage nous invite à préciser que nous venons d’une Loge de saint Jean. En tant que maçons, nous savons que l’avenir se construit sur les cendres du passé, et que c’est la prise de conscience de nos erreurs qui nous fait progresser. Aussi, qu’y a-t-il de plus sacré que la mémoire de notre civilisation ? Avant de s’imposer comme le symbole du dogme chrétien, dans une société soumise aux lois de l’Eglise, la Bible racontait avec force détails, l’histoire authentique ou légendaire, d’une humanité en proie à ses démons. Les Grandes Religions y puisèrent leurs racines, la franc maçonnerie son humanité. Au 12e siècle, Pierre de Blois, précepteur du roi Guillaume II d’Angleterre, puis garde du sceau royal, affirmait en son temps que « l’on ne passe des ténèbres de l’ignorance à la lumière de la science, que si l’on relit avec un amour toujours plus vif, les œuvres des anciens ». Aussi, mis sur la voie de la sagesse lors de leur initiation, les maçons d’hier, qui n’étaient pas plus que nous, des êtres d’exceptions nantis d’un quelconque pouvoir, mais des intelligences sélectionnées pour leurs capacités à réfléchir sur la condition humaine, ont su extraire de la Bible l’esprit d’une Règle Initiatique. Ce Livre n’évoquait pour eux aucune religion particulière. Il les englobait toutes, dans l’universalité de celle sur laquelle tous les humains de bonne volonté se reconnaissent, celle de la Fraternité. C’est cet esprit d’ouverture enraciné dans le cœur des hommes, qui peu à peu se révèle à l’Initié comme une intuition de vérité. Avec le Compas et l’Equerre posé sur l’Autel des Serments, le Livre de la Loi Sacrée symbolise l’alliance entre le monde de la matérialité et celui de la spiritualité. Mais de quelle spiritualité parlons-nous ? Ne peut-on la reconnaître ailleurs que dans son acceptation religieuse ? La spiritualité du Maçon est avant tout personnelle. Elle peut être laïque sans pour autant être antireligieuse, car les deux voies tendent vers un même but, « la Fraternité Universelle ». Seuls leurs moyens diffèrent. Notre spiritualité n’est inféodée à aucun dogme, qu’il soit religieux, philosophiques ou issus du postulat politique. C’est une aspiration au développement et à la réalisation de soi, C’est un besoin de transcendance, d’épanouissement de notre plein potentiel, qui peu à peu se révèle comme une nécessité de se dépasser intellectuellement. Nous passons ainsi de la matière à l’esprit; la matière étant par essence limitée structurellement tandis que l’esprit est illimité, flexible, adaptable et surtout intuitif. On peut bien entendu concevoir la tentation de certains maçons, à vouloir remplacer le « Livre de la Loi Sacrée », ou « Livre de la Loi morale », par un autre symbole, peut être plus conforme à leur spiritualité. Mais ne rivalisons pas de sectarisme, et ne perdons pas de vue l’esprit traditionnel et initiatique qui accompagne notre quête. Il ne faut pas, par méconnaissance ou par choix personnel, désacraliser nos rites et nos rituels en écartant les éléments qui par essence sont l’expression du sacré. Nous ne sommes plus dans le monde profane dit le rituel, nous avons laissé nos métaux à la porte du temple. Nous avons été initiés dans cet espace consacré par une cérémonie à caractère traditionnel, et l’initiation est une forme de sacrement, au même titre que le baptême religieux. C'est-à-dire que nous avons été purifié par la matière, (les quatre éléments), et accueilli par les paroles du Vénérable Maître, (Je te créé, reçoit et constitue Apprenti Franc-maçon). C’est comme cela que la franc-maçonnerie accorde sa légitimité à qui reçoit et transmet ses principes, ses valeurs, et respecte ses rituels. La Loge « l’Acacia » en est un remarquable exemple, et c’est pourquoi j’ai choisi d’y travailler « à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers » et « au progrès de l’Humanité ». Cependant, j’aurais préféré un symbole plus représentatif de nos ancestrales traditions que les Grandes Constitutions placées sur l’Autel des Serments, en lieu et place du Livre de la Loi Sacrée. Certes nous sommes membres d’un mouvement associatif dont l’existence est contrôlée par des lois. Nous y avons adhéré de plein droit avant même d’y avoir été initié. Bien sûr, la Règle inscrite dans notre Constitutions, est le fondement moral de notre Ordre, mais c’est sous la voûte sacrée formée par la canne du Maître des Cérémonies et l’Epée de l’Expert, la main posée sur les trois Grandes Lumières de la maçonnerie, que nous prenons à témoin ce que nous considérons comme étant le plus sacré pour attester de la sincérité de nos engagements. Petit détail insignifiant peut être, mais dans certains Rites « réputés » spirituels, le pommeau de la canne se place au sommet de l’Equerre ainsi formée, symbolisant le soleil protecteur et la source présumée de la Lumière. Nous retrouvons alors cette lumière, qui se réfracte sur les 8 pointes du pentacle, c'est-à-dire en direction des 8 plateaux des officiers de la Loge. Le Maître des Cérémonies et le grand Expert officiant sur la Règle rejoignent les deux autres symboles pour en protéger le cœur. C’est devant cet assemblage qu’à l’ouverture et à la fermeture des travaux, à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, symbole lui aussi très contesté, et au Progrès de l’Humanité, nous renouvelons solennellement et par acclamation, nos traditionnelles obligations. A cet instant, nous devons nous rappeler qu’il n’y a pas de Liberté sans Solidarité, d’Egalité sans Tolérance, et de Fraternité sans Engagement. Pour conclure, la vérité n’existant que pour ceux qui la cherchent, je ne prétends pas vous imposer la mienne. Mais ce sera toujours avec le même plaisir, et en toute fraternité, que je viendrais partager avec vous la controverse sur des sujets aussi sensibles que celui-ci.

J’ai dit

Robert MINGAM

Septembre 2009

Source : http://www.ordoabchaos.net

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L’Ordre des CBCS et sa finalité spirituelle véritable

19 Février 2015 Publié dans #Planches

L’Ordre des Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, tel qu’il surgira de l’intention de son fondateur Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), aura pour but d’incarner une « société » devant représenter une possibilité, pour « l’âme de désir », de s’agréger à un pieux regroupement, une organisation hiérarchisée et structurée, habitée par la juste connaissance des nécessités du temps et la parfaite conscience de l’indispensable travail de « réconciliation » qui est à réaliser pendant la courte vie qui nous a été donnée.
De ce fait, le frère qui en acceptera les règles d’obéissance, prononcera, au moment de son armement, un serment de fidélité à l’Ordre, et se liera définitivement à lui par des engagements formels, posant à cet instant sacré sa main, en gage de sincérité, sur les Saintes Ecritures. Il appartiendra, dès lors, à un corps organique, solide et unifié, à une communauté spirituelle possédant une authentique foi lui conférant une rare et remarquable verticalité. Progressant ensuite dans le respect de ses devoirs, des impératifs que lui imposent son état, se revêtant de l’obéissance et se laissant lentement travailler par la « Parole » révélée, le Chevalier, communiant intérieurement au « sang du Christ », acceptera, et consentira avec joie, à sa transformation rédemptrice par le « lavage de régénération et le renouvellement de l’Esprit Saint, richement répandu sur nous par Jésus Christ, Notre Sauveur, afin que, ayant été justifiés par sa grâce nous devinssions héritiers selon l’espérance de la vie éternelle. » (Tite 3, 5-6). Ces promesses de l’espérance de la vie éternelle participent d’ailleurs directement de l’aspiration propre du frère du Régime, de chaque Chevaliers devenu capable de les appréhender comme une certitude qui accompagne toutes ses actions et ses moindres pensées, puisqu’ayant posé ses deux genoux à terre, sur le sol poussiéreux de cette vallée de larmes pour pouvoir y prier le Christ en Croix qui nous purifia du péché de prévarication, et dont le Chevalier porte l’image sur son manteau, en un feu permanent transperçant l’immaculée blancheur du vêtement qui l’enveloppe et le protège.

I. Placés sous la Croix du Christ
La Croix du Christ est, à ce titre, l’unique levier de la « réintégration », elle en représente la perspective et l’accomplissement, le modèle et le Principe. C’est dans son « mystère » que se cache l’ensemble de la doctrine, mais aussi l’intégralité de la Toute Puissance du Verbe de Dieu. Elle réincorpore, à la fois l’origine primitive et la destination, le premier Adam et le second, dans un quaternaire symbolique, une unité retrouvée, achevant et dissolvant définitivement, par l’effet de sa force salvatrice, les fers de la manifestation qui nous tenaient enchaînés dans cet univers dégradé, fers qui sont d’ailleurs amenées à disparaître lorsque la fin des temps surviendra, puisqu’ils ne possèdent aucune véritable réalité, aucune consistance ontologique propre : « L’univers créé, lorsque le temps prescrit pour sa durée apparente sera accompli, tous les principes de vie, tant générale que particulière, en seront retirés pour se réintégrer dans leur source d’émanation. (…) L’univers entier s’effacera aussi subitement que la volonté du Créateur se fera entendre ; de manière qu’il n’en restera pas plus de vestige, que s’il n’eut jamais existé. » (Instruction secrète).
La Croix annonce déjà ce moment, elle en est le vivant rappel, la constante mémoire, l’heureuse certitude ; elle est l’essence substantielle de la consécration du Chevalier, son viatique, le lieu de sa renaissance à l’exemple du « Phénix » qui surgit, resplendissant et rayonnant d’une vie nouvelle, du bois de son bûcher, là où il devait normalement être sacrifié.

II. L’héritage spirituel primitif
La constitution d’un Ordre, porteur et héritier d’une longue tradition, s’imposait donc pour Jean-Baptiste Willermoz, afin que soit offert aux hommes, possédant une vraie noblesse de coeur mais cependant désorientés au sein d’une période incrédule et corrompue, de participer à l’œuvre salutaire de réarmement spirituel et religieux, à la reconstruction des fondations du vrai Temple qui n’est point fait de mains d’homme, et accomplir, par là-même, l’impérieux devoir imposé à ceux qui ne peuvent accepter, ou qui souffrent, de croupir dans le marasme existentiel sans chercher à s’extraire de la ténébreuse geôle dans laquelle ils furent enfermés en venant en ce monde ; lieu terrible et trompeur dominé par celui qui en est le prince, et qui, surtout, détient sur ces domaines périlleux la gloire et l’autorité (Luc 4, 6).
Il y a donc quelque exagération, et une certaine erreur à parler purement et simplement de la « constitution » de l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, dans le sens où Jean-Baptiste Willermoz donna simplement ce nom à une forme traditionnelle de transmission qu’il considérait comme extrêmement ancienne, bien plus antique encore que l’Ordre du Temple lui-même, qui en fut cependant le détenteur à une certaine période de l’Histoire, et dont le Régime Rectifié conserve aujourd’hui l’héritage.
Cet Ordre, très ancien, qui se dissimula un temps sous le voile de la Franc-maçonnerie, et qui resta et demeure caché au plus grand nombre, Willermoz le désigne sous le titre mystérieux de « Haut et Saint Ordre » ; Ordre primitif qui, « à défaut de pouvoir être nommé, ne peut être appelé que le Haut et Saint Ordre », à la base de la véritable initiation, et ne doit absolument pas être confondu avec les formes contingentes qu’empruntent, pour un temps limité, les institutions se consacrant à l’étude des « sciences sacrées » et à la perfection des hommes.

III. Sens authentique de la « Bienfaisance » et finalité véritable de l’Ordre
D’ailleurs, dans la réponse polémique qu’il fit à l’Eques a Fascia, dans l’opposition, la contestation et la mauvaise querelle qui lui étaient opposées, Willermoz ne dissimula point que l’intitulé de « Chevaliers Bienfaisants » qui avait été retenue pour dénommer les frères de l’Ordre Intérieur du Régime Rectifié, était en fait une élégante manière de désigner une société d’hommes se consacrant à un but non uniquement tourné, de façon exclusive et prioritaire, sur l’exercice de la charité publique, car quel aurait été le besoin pour cela de se réunir secrètement et tenir fermées et closes, loin des yeux indiscrets, des réunions ayant pour « objet » de secourir les pauvres, ou soulager les malades et les nécessiteux, mais qu’il y avait, dans cette organisation, une finalité de nature purement initiatique : « Il est donc vrai que la bienfaisance, telle qu’on l’entend, écrit le Fondateur de l’Ordre de la Cité Sainte, n’est qu’un but accessoire, et ses allégories, ses emblèmes, sont les instructions bienfaisantes que l’Institution donne à ceux qu’elle reçoit en son sein ! S’ils étaient des signes muets, ou n’étaient susceptibles que d’une interprétation relative à l’Ordre du Temple, je demanderais pourquoi recommander avec tant de soin, au Maçon, de les méditer ? Une Société qui ne veut que soulager l’Humanité devrait-elle, pour atteindre ce but, se réunir dans un temple qui ne renferme que des emblèmes ? Pour faire du bien aux hommes, est-il besoin de mettre en usage des marques de cette nature ? Quand on ne veut que rassembler des secours pour les verser sur l’indigent, on forme un bureau de charité et on ne s’occupe que de cet objet…» (Réponse aux assertions contenues dans l’ouvrage du R. F. L, Eques a Fascia, Prae + Loth, et Vis. Prus. Ausiae, ayant pour titre: De Conventu Generali Latomorum apud Aquas Wilhelminas, Imprimé à Lyon sur la minute déposée aux Archives, 1784.). On prendra donc soin, en observant une particulière attention sur ce point clé, expliquant et sous-tendant toute l’entreprise willermozienne, de se souvenir que l’intention qui présida à l’action du disciple lyonnais de Martinès de Pasqually, lors de la tenue des Convents constitutifs du Régime Ecossais Rectifié, fut de préserver et conserver un héritage fondamental, de nature doctrinal et opératif, et que c’est cet héritage qui constitue le cœur du Régime, mais également le vénérable et inestimable dépôt primitif détenu, précisément, par le « Haut et Saint Ordre ».

Conclusion
Il est bien évident que la plus grande discrétion s’impose en ces matières, mais on nous autorisera toutefois, pour la juste compréhension de cette question délicate entre toutes, une très courte citation de l’Instruction pour la réception des frères Ecuyers Novices de l’Ordre Bienfaisant des Chevaliers Maçons de la Cité Sainte, qui ne laisse planer aucun doute sur l’effectivité de cette origine : « L’institution maçonnique ne peut ni ne doit être confondue avec l’Ordre primitif et fondamental qui lui a donné naissance ; ce sont en effet deux choses distinctes. L’Ordre primitif doit être secret, parce qu’il a un but essentiel qui est très élevé, que peu d’hommes sont dignes de connaître ; son origine est si reculée, qu’elle se perd dans la nuit des siècles ; tout ce que peut l’institution maçonnique, c’est d’aider à remonter jusqu’à cet Ordre primitif, qu’on doit regarder comme le principe de la franc-maçonnerie ; c’est une source précieuse, ignorée de la multitude, mais qui ne saurait être perdue : l’un est la Chose même, l’autre n’est que le moyen d’y atteindre ; c’est sous ce point de vue, mon B.A.F., qu’il faut considérer la franc-maçonnerie en général, et le Régime particulier auquel vous êtes attaché, si vous voulez en avoir une juste idée, et en retirer quelque fruit. »

Source : https://willermoz.wordpress.com

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UFF : trop c’est trop !

18 Février 2015 , Rédigé par T.D Publié dans #Humeur

Je viens de passer un entretien à l’Union Financière de France pour un poste de commercial. J’avais, sur cette société un avis mitigé, d'un côté son fondateur et son dynamisme et de l'autre sa "politique sociale".

Je suis tombé sur un donneur de leçons qui m’a pratiquement accusé de mentir, qui a critiqué ma volonté de devenir commercial à 56 ans après avoir été dirigeant d’une TPE, qui m’a dit que mes compétences en matière de phoning ne servaient à rien…Bref 45mn de « vous avez tout faux » et après, bye bye « vous pouvez me rappeler dans un mois ».

Il est temps que certaines sociétés arrêtent de faire ces entretiens « tir aux pigeons ». Je sais que quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage, mais ce manque d’humanisme est intolérable et doit être dénoncé. Trop c'est trop !

Si l’Union Financière de France n’est pas satisfaite de ce que je viens d’écrire qu’elle balaye devant sa porte. J’ai passé des entretiens dans d’autres entreprises avec des managers respectueux intelligents et positifs, et si je n’ai pas été retenu c'est parce que je n’étais pas le meilleur, ce qui est normal car la concurrence est dure.

Le "responsable" qui m’a reçu est un « petit monsieur » et vous allez rire, il ne voulait pas croire que j’avais un réseau professionnel important !

Je suis bien sûr, à la disposition de l’Union Financière de France pour m’expliquer sur cet article et sur mes soi disant "zones d'ombre" détectées par ce subtil personnage. J'aurais du lui dire que j'étais Franc-maçon, créateurs de deux RL, ça l'aurait peut-être calmé...

Pour ceux qui veulent y rentrer sachez qu'à l'Union Financière de France, on ne fait pas de phoning ! De la "reco", il n'y a que ça de vrai !

C'est la première fois que je donne mon avis sur une entreprise.

Je le répète, c'est cet entretien lamentable "dirigé" par un personnage totalement incompétent en recrutement qui m'a conduit à écrire ce billet d'humeur.

A bon entendeur...

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Tolérance

18 Février 2015 , Rédigé par Ordre de Lyon Publié dans #Planches

Vénérable maître, Très chers frères,

Depuis quelque temps, les voix les plus autorisées s'élèvent l'une après l'autre pour annoncer tristement la prochaine décadence de notre institution. L'ingra­titude habituelle à la société moderne ne justifierait pas de telles craintes, car nos aînés ont souffert de dures persécutions sans que la bonne cause ne se soit jamais trouvée sérieusement compromise. Mais le danger qui s'affirme aujourd'hui n'a point d'analogue dans notre histoire. Ce n'est pas à la méchanceté des hommes, c'est à notre propre imprudence que nous le devons. Il faut bien le reconnaître : en abandonnant cette haute culture des facultés humaines qui devait rester pour elle un souci constant, la Maçonnerie a largement ouvert aux passions profanes les portes de ses temples et voici qu'elle ne pratique plus elle-même cette universelle tolérance à laquelle elle voulait conquérir le monde.

C'est pourtant à un respect absolu de la liberté morale que notre ordre a dû ses plus beaux succès. Sans remonter bien haut, ne voyait-on pas encore au siècle dernier les génies les plus divers porter avec orgueil le tablier d’apprenti ? Apôtres des idées nouvelles ou défenseurs zélés des vieilles doctrines, tous voulaient prendre part à ces travaux de haute philosophie qui devaient assurer un jour l’union des cœurs et des âmes. Aujourd'hui, il n’en va plus de même : de fort bons esprits hésitent à se joindre à nous, parce qu’ils ne nous ont pas toujours vu rester fidèles à notre programme.

On se plaît à répéter que la lutte a ses exigences et qu’en face d'adversaires sans loyauté, toutes les armes sont bonnes, mais quelle étrange justification ! Et de quel mépris ne témoigne-t-elle pas à l’égard de nos traditions les plus sacrées ! Ce qu'il faut combattre, n’est-il pas vrai, ce ne sont pas des hommes, mais bien des passions dont ces hommes sont esclaves : quel succès peut-il donc espérer, celui qui ne prend soin tout d'abord de s’affranchir lui­-même ? Et puis, ne l’oublions pas, ceux-là seulement n’hésitent devant aucune manœuvre qui sentent la victoire leur échapper. On ne sacrifie sa conscience, on ne vend son âme qu’aux heures de désespoir. Or, il est impossible que le triomphe final du bien soit douteux pour aucun de nous, car celui qu'un tel scepticisme aurait saisi ne serait plus maçon. Sans doute, aujourd'hui comme hier, les pires instincts peuvent s’unir pour d'horribles attentats, mais qu’importe, puisque leur règne ne durera jamais plus d'un jour ! Notre foi dans les destinées de l’humanité est inébranlable. L'évolution de l'espèce peut être lente aux yeux de l’individu, elle n’en est pas moins certaine. Quant à notre institution, tant que nous ne travaillerons pas nous-mêmes à la détruire, les dissolvants les plus énergiques ne pourront rien sur elle car elle est le dernier anneau de la grande chaîne d'or qui rattache l'avenir au passé.

Ne pouvant douter de nos forces, d'où vient donc que nous manquons si souvent de sang-froid ? Pourquoi l'aspect de l'obstacle à vaincre nous porte-t-il à la violence, au lieu d'exciter simplement notre activité ? Pourquoi la sottise des uns, l’injustice des autres nous irritent-elles, nous qui cherchons, pour les détruire, toutes les formes de l’erreur ? Est-ce la passion même de la vérité qui nous égare ? Ceux qu'éclaire la lumière divine n'ont-ils pu résister au désir de la répandre en tout lieu, au risque d'aveugler à jamais des yeux trop faibles pour de si purs rayons ? Il serait à souhaiter, mes Frères, que nous ayons péché par excès de zèle, mais nos regrets seront, hélas! d'un autre ordre. Loin de nous attacher trop étroitement à la science traditionnelle, jugeant sans doute pénible les efforts qu’exige à toute heure son intelligence intégrale, nous n’avons pas craint de substituer à l'expérience des siècles notre expérience d'un jour et voilà l'unique cause de nos déceptions. Si le serment prêté semble à beaucoup difficile à tenir, c'est qu'ils ont négligé d'en étudier la formule. Si l'impartialité absolue leur paraît impossible à garder, c'est qu'ils ne savent plus au nom de quelle loi prononcer leurs jugements. Il est nécessaire, pour s'en convaincre, de bien définir cette tolérance dont le règne a si malheureusement cessé et d'éviter certaine confusion en laquelle notre siècle paraît se complaire.

La mode est aujourd'hui fort répandue de rester impassible en face des crimes les mieux caractérisés comme d'écouter sans trouble les plus mauvais paradoxes. L'indignation vertueuse ayant été jugée de mauvais goût, on pardonne les fautes commises en accusant la nature de les avoir exigées, comme si la nature n'était pas simplement le champ toujours ouvert à l'exercice de nos facultés. La vie, dit-on volontiers, n'est-elle pas trop dure, pour qu'on ajoute aux difficultés matérielles des obstacles tirés d'une prétendue loi morale ? Et, puis, la science moderne n'a-t-elle pas à tout jamais ruiné la vieille conception du libre arbitre ? Hérédité, influence du milieu, lutte pour la vie, ne voilà-t-il pas de quoi justifier les pires défaillances ? Tant il est vrai, mes Frères, que grâce à une imprudente vulgarisation, l’idée devient parfois la servante des instincts ! Mais de tels abus sont de tous les temps et, pour les avoir commis à son tour, notre époque ne mérite pas l’anathème.

D'ailleurs, en bonne justice, l'intention n'importe pas moins que l'acte lui-même et certes, si les tendances nouvelles étaient nées d'un véritable esprit de charité, si leur unique effet devait être d'amener l'association humaine à châtier sans colère, à réprimer avec douceur, il faudrait se réjouir d'un tel progrès. Malheureusement, l'apparente générosité dont nous sommes témoins n'est guère qu'une impuissance déguisée. Privé de toute culture philosophique, ne pouvant tirer aucun enseignement du passé, ne se sachant pas responsable de l'avenir, le monde accueille tout ce qui s'offre à lui, action ou pensée, avec indifférence. C'est assez pour satisfaire quelques optimistes peu clairvoyants, mais pour nous, quel que soit notre désir d'universelle harmonie, nous ne croirons pas aussi vite à l'apaisement des passions. Nous ne prendrons pas le dédain de l'ignorant pour l'indulgence du sage, nous n'appellerons pas tolérance un scepticisme sans valeur.

Un homme qui s'efforcerait de ne plus penser, de ne plus rien croire et de ne plus rien vouloir, afin d'éviter tout conflit avec ses semblables, se tromperait, certes, grossièrement. Il sentirait son cœur se fermer peu à peu à toute espèce d'affections ; satisfaire ses besoins matériels deviendrait son unique souci, et c'est à l'égoïsme absolu qu'il parviendrait en fin de compte. Pour devenir juste et bon, il faut au contraire s'intéresser à toutes les manifestations de l’activité humaine et chercher à reconnaître en chacune d’elles le vrai, le beau et le bien qui peuvent y être contenus. Mais cette curiosité sympathique ne va pas sans une science profonde et, s’il faut tout dire, l'impartialité parfaite n'appartient qu’aux initiés puisqu’eux seuls possèdent la vérité suprême.

Ici, une comparaison s'impose, bien simple et bien claire. Que faut-il pour qu'au sein d'une grande nation, les intérêts de tous soient sauvegardés ? Il faut des magistrats libres et instruits, qui ne tremblent devant personne, mais qui sachent déterminer exactement les droits de chacun, qui n'appartiennent à aucun parti tout en connaissant les besoins des différentes classes sociales. De même, pour juger les doctrines qui se partagent la foi de l’humanité, il faut des esprits hardis et cultivés qui n'hésitent devant aucune étude et que des connaissances d'ordre supérieur guident dans leurs recherches. Ces deux conditions sont également nécessaires et la bonne volonté serait inutile où la science ferait défaut. Comment se prononcer sur un essai métaphysique, si on ne possède une vue synthétique de l’univers ? Comment apprécier un système politique, si on ne se fait une idée nette de la société idéale ? Comment enfin examiner une doctrine religieuse si on n’est pas encore parvenu à une conception raisonnable du Grand Architecte des Mondes ? La société antique ne s'y trompait pas et pour s’assurer des chefs capables de la diriger, donnait une instruction vraiment complète à ceux qui s’en montraient dignes. Il nous appartient de rebâtir ces écoles modèles où le développement des facultés humaines était poussé si loin.

Nous sommes aujourd'hui les seuls héritiers des civilisations mortes. Les vieux sanctuaires abolis, la pensée des sages a pris nos demeures pour asile et dès lors les choses et les êtres nous sont apparus sous un aspect nouveau. Les nombres nous ont laissé surprendre leur intime signification. Nous avons pu concevoir la gradation hiérarchique ternaire qui règle la constitution du monde et de l’homme, retrouver l’unité de la Raison suprême à travers le dualisme qui caractérise la vie, reconnaître la réalisation progressive de l’idéal divin sous la lutte apparente du bien et du mal. Nous n’ignorons plus ni la puissance de la parole, ni la force créatrice de l’imagination. Nous savons enfin comment la Volonté humaine peut se faire obéir de la Nature. Voyez, mes Frères, de quelle hauteur l’initié va descendre, l’homme qui a vu flamboyer l'étoile du mystère ne participera plus, à moins d'une étrange folie, aux œuvres de ténèbres.

Mais ce n'est pas tout. En même temps que la science elle-même, la méthode nous fut transmise qui seule fait des savants. Il ne s’agit pas ici d’imposer à la mémoire quelques formules plus on moins heureuses ; c'est l’être entier qui doit en quelque sorte s’imprégner de la vérité. De là ce symbolisme merveilleux qui s’adresse à la fois aux sens, à l’entendement et à l'intelligence. S'il faut quelques exemples, est-il difficile de trouver dans le triangle et les colonnes du temple les principes philosophiques essentiels dont nous parlions tout à l’heure ? Le compas et l'équerre, la perpendiculaire et le niveau ne résument-ils pas, à eux seuls, une morale et une sociologie parfaites ? L’épreuve par les éléments n'attire-t-elle pas notre attention dès le premier jour sur les quatre modalités de l'agent universel, objet de toute physique ? Certes, il y a là une synthèse propre à satisfaire l'esprit le plus exigeant et si quelque danger accompagne une semblable révélation, c'est bien l’orgueil qu'elle peut faire naître au cœur du nouvel adepte. Mais cet orgueil même, ne nous pressons pas trop de le maudire. A défaut de sentiments plus élevés, c'est lui qui contiendra les instincts rebelles à une volonté imparfaitement développée. C'est grâce à lui que le savant encore timide trouvera un noble emploi à ses forces et s'élèvera peu à peu au-dessus des désirs grossiers et des jugements iniques. Plus tard, l’âme devenue maîtresse d'elle-même saura bien se débarrasser de cet orgueil désormais inutile et la tolérance trouvera dans le cœur du sage de moins compromettants défenseurs.

Personne en effet ne peut espérer rompre d'un coup avec l'injustice. Il faut se fatiguer longtemps avant de connaître la valeur de l’effort et le plus heureux résultat de la difficulté vaincue, c'est d'apprendre à juger sans rigueur ceux qui ont lutté courageusement avec des succès divers. On se montre moins exigeant en matière de morale, quand on a senti l'égoïsme maudit s'opposer aux plus nobles mouvements de l’âme, moins dédaigneux en matière de science, quand on a vu l'erreur se glisser sournoisement au milieu des recherches les plus précises, plus indulgent en matière de religion quand on sait quelles étranges rêveries le seul désir de la foi peut mêler aux inductions les plus logiques. Une part de notre respect appartient à tous les hommes de bonne volonté, à tous les ouvriers du temple futur, aux moins habiles comme aux plus adroits. Si nous tenons à être sévères malgré tout, que ce soit à l'égard des esprits négatifs qui ont détruit sans songer à rebâtir. Ceux-là, on ne peut guère les aimer, mais encore faut-il ne pas oublier que leur œuvre était une conséquence inéluctable de l'imperfection générale. Les philosophes et les historiens modernes ont entrevu la vérité, en reconnaissant que tels désastres dont un malheureux avait répondu au prix de son honneur ou de sa vie avaient eu pour cause réelle l'imprudence d'une nation on d'une race. Mais nous en savons plus à ce sujet que les profanes n'en peuvent deviner et nous l'affirmons sans crainte : chaque fois qu'un juste est mort pour la bonne cause, c'est l’humanité tout entière qui l'a tué. La loi, du reste, est en quelque sorte réversible ; l'effort et la douleur d'un homme servent au développement de tous les peuples. Telle est cette notion de solidarité absolue dont l'esprit de charité et l'esprit de justice découlent logiquement, et qui, bien comprise, fait voir dans l'intolérance une simple absurdité.

L'erreur existera tant que les hommes ne se seront pas unis pour appeler la vérité de toute la force de leur désir. Si nous pouvions examiner l'une après l’autre les différentes doctrines qui ont su sortir de l'ombre, nous reconnaîtrions dans chacune d’elles deux portions bien distinctes, l’une faite d'idées secondaires, intéressantes seulement pour le siècle qui les a vu naître et souvent fausses, l'autre, expression plus ou moins pure de quelque sublime notion. Il en est ainsi non seulement pour les philosophies dont les auteurs ont eu des rapports certains avec quelque centre d'initiation, mais pour tous les systèmes logiquement construits, non seulement pour les religions inspirées à leur origine par l'esprit même qui nous guide encore, mais pour toutes les croyances des peuples civilisés. Dans chaque doctrine, il y a un peu de cette science que la Maçonnerie possède en entier et qu'elle saura répandre autour d’elle quand de nombreux essais de synthèse auront préparé les esprits pour une révélation com­plète. Rejeter comme inutile et sans examen sérieux l’un ou 1'autre de ces essais serait donc bien à la fois injuste et maladroit.

Il faudrait maintenant rappeler à ceux qui ne s’en souviennent plus que le respect de la conscience d'autrui est nécessaire à l’harmonie sociale. Il faudrait enfin, après avoir parlé à la raison, s'adresser au cœur et lui faire reconnaître dans la tolérance une forme de l’amour. Mais il nous suffit, pour l’instant, d’avoir signalé un oubli de nos devoirs qui menace de nous perdre et qui provient, on a pu s'en convaincre, d'une fausse direction donnée à nos travaux. Personne ici ne songe à faire le procès de tel ou tel atelier. Ce serait méconnaître cette loi de solidarité, qui, si elle, est vraie pour le genre humain, l'est a fortiori pour notre institution. Ce que nous proclamons, c'est la nécessité pour la Maçonnerie tout entière d'étudier plus sérieusement son dogme et ses symboles. Là est le salut pour elle et pour les principes dont elle a la garde. Le chemin tracé par la sagesse antique conduit aux plus hautes vérités intelligibles. A nous de nous élever chaque jour pour atteindre enfin ces cimes baignées d'air pur où les passions, humaines ne sauraient nous suivre.

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Les trois grands coups

16 Février 2015 , Rédigé par B\ B\ Publié dans #Planches

Le Rituel nous dit « le Frère Préparateur amène le Récipiendaire à la Porte de la Loge à laquelle il frappe trois grands coups irréguliers (c'est-à-dire en profane) ». La porte sépare le parvis de l’intérieur du Temple. Elle est l’unique entrée. Placée à l’Occident de la Loge, elle se trouve entre la colonne Jakin coté Nord et la colonne Boaz au Sud. Elle est petite et basse et ne comporte aucune ouverture permettant de voir à l’intérieur. Sur le parvis, là où le Soleil se couche, où il n’y a pas de lumière, c’est le monde profane, celui des ténèbres. Cette Porte est la seule ouverture d’une Loge, un passage fermé par un battant. Or une Loge est un espace sacré, le Temple, l’Atelier où s’accomplit le travail Maçonnique. Un passage est un lieu par lequel on quitte un avant pour un après. Avant on était dans un monde, après on est dans un autre monde. Avant on ne sait pas, après on peut savoir. Il y a une action de transition. du non connu au connu, du non révélé au révélé. Pour le Franc-maçon, il y a passage du profane au non profane c'est-à-dire au sacré ; il y a franchissement de la limite entre les Ténèbres et la Lumières. Les coups agissent sur le battant en le faisant vibrer et transmettre les sons émis par la force de chaque coup. Tout comme sur un tambour. Donnés de l’extérieur ils peuvent exprimer soit une alarme, un avertissement voire une agression ; ou bien une demande avec ou sans inquiétude, une peur, une angoisse, une prière pressante d’ouvrir. Donnés de l’intérieur, avec intensité comme le bruit du tonnerre ou de la foudre, ils signifient une volonté qui veut soit interdire soit protéger en repoussant toute présence sur le seuil jugée malveillante et malvenue. Ces coups placent déjà le Récipiendaire dans le Ternaire, le Trois : le nombre sacré de l’Apprenti. Ternaire des trois coups parce qu’il s’agit d’un profane qui a été accepté favorablement, Ternaire parce qu’il est ni nu ni vêtu, dépourvu de tous métaux, les yeux soigneusement bandés. Ternaire des trois coups informant les Frères que le Récipiendaire est là de l’autre coté de la Porte. Ternaire parce que pour chaque coup est associé une demande. Demandes que ne connaît pas encore le Récipiendaire mais qui lui seront révélées dans son Instruction d’Apprenti. Selon notre Rituel ces demandes sont les suivantes : « Demandez, vous recevrez » ; « Cherchez, vous trouverez » ; « Frappez, l’on vous ouvrira ». Chaque demande peut être vue comme une invitation commençant par une suggestion impérative : demandez, cherchez, frappez ; suivie d’une idée d’obtention : vous recevrez, vous trouverez, l’on vous ouvrira. Toutefois dans aucune d’elle il n’est fait ressortir que quelqu’un interviendra à la place de celui qui demande, qui cherche et frappe. Le Candidat demeure seul dans sa démarche, dans son entreprise, selon ce qu’il a désiré. Selon le Rituel de 1760 de la Loge les Trois Coups Distincts, pour la Réception au Grade d’Apprenti, les questions réponses étaient dites ainsi :

Le Vénérable : Frère, vous m’avez dit que vous avez frappé trois coups distincts sur la Porte, que cela signifie-t-il ?

R : Un certain Texte dans l’Ecriture,
Q : Quel est ce Texte Frère ?
R : Demandez et vous aurez, désirez et vous trouverez, frappez et il vous sera ouvert,
Q : Comment expliquez-vous ce Texte en Maçonnerie ?
R : J’ai vu dans mon esprit, j’ai demandé à mon Frère, et j’ai frappé et la Porte de la Maçonnerie me devint ouverte ».

J’ai vu dans mon esprit, n’est ce pas dire que celui qui formule une telle assertion, a constaté et réfléchi à propos de son existence telle qu’il l’a vécue et désiré changer ? N’y a-t-il pas une envie de se dégager d’un monde ténébreux par ses vices, ses mensonges, l’absence d’une seule vertu et de liberté d’homme libre ? N’est ce pas inviter le Récipiendaire devenu Apprenti de commencer à considérer avec les yeux de son Esprit ce dont il devenu conscient ? N’est ce pas inviter l’Apprenti de s’instruire avec le Rituel et de faire l’effort de vouloir s’initier à saisir ce que veulent lui exprimer les symboles qu’il va rencontrer ? Demandez, vous recevrez de notre Rituel ne veut-il pas signifier que nous nous devons sans cesse à ce travail ? J’ai demandé à mon Frère, est donc que le demandant à été amené à savoir qu’un de ces amis est Frère dans la Maçonnerie. S’il a découvert ce Frère, il a donc du lui poser des questions, découvrir la Maçonnerie, savoir qu’elle veut rendre les hommes meilleurs, discuter à propos des divers problèmes qui se posent à lui, et dont il ne peut entrevoir une solution par sa simple connaissance qu’il considère très incomplète. Nous même à la question du Vénérable « Qui vous a présenté en Loge ? » répondons « Un ami vertueux, que j’ai ensuite reconnu pour Frère ». Ce Frère ne peut être que notre Parrain. Cela peut nous introduire dans notre propre questionnement à savoir si nous ne devons pas nous faire connaître à un ami vertueux et libre qui cherche une autre existence qu’il souhaite vraiment vivre différemment. J’ai frappé et la Porte de la Maçonnerie me devint ouverte. Celui qui est devenu momentanée Récipiendaire, a franchi le seuil de la Porte de la Franc Maçonnerie. Il est passé de la nuit du profane à l’apparition de la Lumière. Il est entré pour travailler sur lui, pour se dégager de tout ce qui l’encombrait, de tout ce qui empêchait d’être lui. Il est passé de son autre coté, dans son autre lui qui se révélera tout au long de son initiation. L’ouverture de la porte sera le commencement Initiatique du futur Frère, le Récipiendaire en attente devant la Porte. Sorti du monde profane il entrera dans le monde sacré, il accèdera à l’ouverture sur le Monde de l’Esprit de toute la Création. Il apprendra à travailler sur la Pierre Brute pour la mettre dans une forme en rapport avec sa destination, symbolisée par le Cube qui lui-même symbolise la perfection. Ces Trois Grands Coups, sont comme des coups de tonnerre de l’orage. Un orage fait vivre trois temps avant – pendant - après. Avant il fait lourd, chaud, il y a malaise, le ciel s’assombrit et devient noir, inquiétant. Pendant c’est la pluie qui tombe, l’eau entre dans la terre mouille tout ce qui est au dessus, c’est le fracas des coups de tonnerre, c’est aussi la peur, l’incertitude. Après le calme revient, les nuages s’en vont, la clarté du soleil et réchauffe les êtres qui reviennent à la vie. Ces Trois Grands Coups marquent une fin, un présent, un futur. La fin à un monde, le présent d’une mort et d’une naissance, le futur d’un nouveau commencement, celui de notre entrée dans l’Universalité de la Création. Commencement de ce grand voyage Initiatique, qui loin de tout désordre, mais selon les coups rythmés du Maçon nous conduira vers le Centre du Monde, vers cet Axe Universel, ce point Milieu de toute chose créée dont nous sommes et voulons en être. Restons courageux et volontaires dans notre Voyage. Vivons tant que cela se peut et pleinement, dans la Justice, l’Équité, l’a Bonté et la Paix avec et à l’égard de chacun de nos semblables sur la surface de cette Terre.

J’ai dit, Très Vénérable.

B\ B\

Source : www.ledifice.net

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