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Hauts Grades

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Rite Français IV Ordre : réception au grade de Rose-Croix (2)

24 Septembre 2012 , Rédigé par Rite Français Publié dans #Rites et rituels

M:. des C:.: C'est un Chevalier qui, après avoir parcouru les espaces les plus  profonds, espère vous procurer la Parole pour fruit de ses recherches.

(Le Frère Expert en fait l'annonce au Second Surveillant. Les Surveillants,  parès avoir frappé chacun un coup, et le Second Surveillant ayant répété l'annonce au Premier, celui-ci dit:)

1er Surv:.: Très Sage et Parfait Maître, c'est un chevalier qui, après avoir  parcouru les espaces les plus profonds, espère vous procurer la Parole pour fruit de ses recherches.

T:.S:.: Qu'il soit introduit à l'occident, et nous l'interrogerons.

(Cet ordre de retour au Frère Expert, les portes s'ouvrent, et le Récipiendaire  est introduit à l'occident.

Les Surveillants frappent chacun un coup, après quoi le Second Surveillant  dit au Premier Surveillant, et celui-ci au Très Sage:)

1er Surv:.: Très Sage et Parfait Maître, voici un Frère Chevalier Maçon qui  vient nous aider à retrouver la Parole et qui désir devenir Maçon Parfait.

(Le Très Sage fait alors les questions suivantes:)

D. D'où venez-vous? R. De la Judée.

D. Par quelle ville avez-vous passé? R. Par Nazareth.

D. Qui vous a conduit? R. Raphaël.

D. De quelle tribu êtes-vous? R. De Judas.

D. Donnez-moi les lettres initiales de ces quatre mots. R. J:. N:. R:. J:..

D. Que signifient ces quatre lettres ensemble? R. Jésus de Nazareth, Roi des Juifs.

T:.S:.: Mes Frères, la Parole est recouvrée; que la lumière lui soit accordée.

(Les Surveillants lui ôtent promptement le drap noir.)

T:.S:.: A moi, mes Frères!

(L'on applaudit par sept, disant autant de fois Houzé.)

T:.S:.: Mon Frère, je vous félicite pour le recouvrement de la Parole qui vous  fait acquérir le grade de Parfait Maçon. Ce n'est pas assez de l'avoir su acquérir et mériter, il faut être toujours digne de le conserver et en tirer des  fruits pour l'avenir. Puissiez-vous en jouir longtemps parmi nous, mon cher Frère, et en tirer, par une vie digne d'un Chevalier R:.+ la récompense de  ceux qui auront marché dans les sentiers de la vérité. Approchez, mon Frère, que je vous communique les mystères de la parfaite Maçonnerie.

(Le Maître des Cérémonies le conduit à l'orient où, parvenu, le Très Sage lui  ôte sa chasuble et lui donne les signes, l'attouchement et la parole en disant:)

T:.S:.: Nous avons dans ce grade, mon Frère, comme dans les autres, des  signes, mot et attouchement pour nous reconnaître.

Il y a deux signes, l'un de demande, et l'autre de réponse.

Le premier Signe est de lever les yeux au ciel et de porter en même temps les deux mains renversées à la hauteur du front, les doigts entrelacés les uns  dans les autres, et de les laisser ainsi tomber sur le ventre.

Le second Signe est de lever la main droite à la hauteur du front, sur le côté,  ayant le pouce et les doigts fermés, à l'exception de l'index avec lequel on montre le ciel en levant aussi les yeux.

Le premier signe s'appelle le signe d'admiration.

Le second nous apprend que tout vient d'en haut, et qu'il n'y a qu'un seul  Être, source pure de vérité.

Le Signe de secours. Nous avons un troisième signe qui ne s'emploie que  suivant les circonstances. On peut le nommer signe de secours. Il se fait en croisant la jambe droite derrière la jambe gauche. On y répond en croisant la  jambe gauche derrière la droite.

L'Attouchement se fait en croisant les mains sur la poitrine l'un de l'autre; ce  qui s'appelle attouchement de bonne Foi ou du Bon Pasteur. Celui qui demande pose la main droite sur la mamelle droite de l'autre; celui-ci fait la  même chose. Ensuite, celui qui demande pose l'autre main sur la mamelle  gauche de l'autre, qui en fait autant. Si l'attaque est de droite, il répond de gauche; si elle est de gauche, il répond de droite.

La Parole est J:.N:.R:.J:. qui se donne en s'interrogeant, comme il a été dit. Le mot de Passe est Emmanuel, à quoi on répond P:.P:.

L'Ordre est d'avoir les bras croisés, les mains appuyées sur les mamelles  opposées.

Allez, mon Frère, vous faire reconnaître aux Frères Surveillants, et vous  reviendrez auprès de moi.

(Cela fait, le Maître des Cérémonies le ramène à l'orient; tous les Frères  l'entourent.

Le Récipiendaire se met à genoux et le Très Sage lui passe le cordon où pend  le bijou, en disant:)

T:.S:.: Au nom du Grand Orient de ... , en son Grand Chapitre, et par les  pouvoirs que j'ai reçus du Souverain Chapitre de ... , je vous crée et constitue Chevalier de l'Aigle, parfait Maçon libre sous le titre de R:.+ pour  jouir à présent, et pour toujours, des privilèges attachés à ce sublime grade. Ne déshonorez jamais ce cordon qu'un parfait Maçon doit porter partout. La rosette qui est au bas vous rappellera la perte de la Parole; le bijou vous fera  connaître, par son symbole, que la Maçonnerie allégorique renferme des vérités qui ne sont que du ressort du Parfait Maçon. La forme du bijou doit  vous en faire connaître plus que mon explication; j'espère que vous n'en

perdrez jamais la mémoire.

(Il lui pose la lame de son glaive sur l'épaule droite, puis sur la gauche, le  relève et l'embrasse. Ensuite, il lui dit:)

T:.S:.: Nous avons aussi dans ce grade des hiéroglyphes qui ne sont connus  que de nous; on vous les communiquera, mais gardez-vous d'en abuser.

Ne craignez plus les vicissitudes du temps; que les colonnes, mon Frère, ne  puissent jamais vous manquer et que le Grand Architecte vous soit en aide.

Frère Maître des Cérémonies, conduisez le Frère Chevalier entre les  Surveillants.

(Cela fait, le Très Sage dit:)

T:.S:.: Très Excellents et Parfaits Frères Surveillants, annoncez à tous les  Respectables et Parfaits Frères Chevaliers qu'ils ont à reconnaître à l'avenir le Frère ... pour Chevalier de l'Aigle, Parfait Maçon libre, sous le titre de R:.+,  et Membre du Souverain Chapitre de ... en son quatrième Ordre.

(Les Surveillants font l'annonce. Après cela, le Très Sage dit:)

T:.S:.: Applaudissons, mes Frères!

(Tous les Chevaliers applaudissent par sept, disant autant de fois Houzé. Le Récipiendaire demande à remercier et son remerciement est couvert. Puis, le Très Sage dit:)

T:.S:.: Mon frère, prenez place parmi nous.

(Le Maître des Cérémonies le fait placer. Le Frère Orateur fait un discours,  après lequel le Très Sage fait l'instruction.)

 

INSTRUCTION

D. Êtes-vous R:.+?

R. Très Sage et Parfait Maître, j'ai ce bonheur.

D. Où avez-vous été reçu?

R. Dans un Chapitre où régnaient la décence et l'humilité.

D. Qui vous a reçu? R. Le plus humble de tous.

D. Qu'entendez-vous par ces paroles?

R. Que dans nos assemblées, nous ne nous distinguons que par l'humilité et l'obéissance.

D. Comment avez-vous été reçu?

R. Avec toutes les formalités requises pour un si grand sujet. D. Comment avez-vous été présenté au Chapitre?

R. Libre de tous mes sens et de ma volonté. D. Qu'avez-vous vu en entrant?

R. Mon âme a été ravie à l'aspect de ce que j'ai aperçu; le silence, la situation  des Chevaliers, tout m'a fait concevoir une grande idée de ce que j'allais apprendre.

D. Qu'a-t-on fait de vous après votre introduction?

R. On m'a fait voyager.

D. Qu'avez-vous appris dans vos voyages?

R. J'ai aperçu les trois soutiens de notre édifice; on m'a appris leurs noms  que j'ai répétés et que j'ai gravés pour toujours dans mon coeur.

D. Quels sont ces noms? R. Foi, Espérance, Charité.

D. Les voyages finis, vos travaux ont-ils été parfaits?

R. Non; le Très Sage a ordonné qu'on me conduise au pied de celui devant qui tout fléchit pour y prêter mon obligation. D. Comment l'avez-vous prêtée?

R. Dans l'état le plus respectueux, le coeur pénétré de ce que je disais, et  ayant une ferme résolution d'observer régulièrement tout ce que j'ai promis.

D. Qu'a-t-on fait de vous ensuite?

R. L'on m'a revêtu des marques de douleur et de repentir; l'on m'a appris ce que signifiait chaque chose, et en mémoire de quoi je le faisais; ensuite, tous  les Chevaliers ont fait un voyage commémoratif, lequel nous a fait passer de  la tristesse à la joie après avoir parcouru des chemins obscurs, ténébreux et remplis d'horreur. Mais la fermeté avec laquelle chacun a soutenu les  fatigues nous a acquis la récompense que nous désirions.

D. Que cherchiez-vous dans ces voyages?

R. La vraie Parole perdue par le relâchement des maçons.

D. L'avez-vous retrouvée?

R. Notre persévérance nous l'a fait recouvrer.

D. Qui vous l'a donnée?

R. Il n'est permis à qui que ce soit de nous la donner; mais ayant réfléchi à  ce que j'avais vu et entendu, je l'ai trouvée de moi-même, à l'aide de celui qui en est l'auteur.

D. Donnez-la-moi.

R. Je ne le puis. Interrogez-moi sur mes voyages, mon nom, mon pays, et  tâchez de faire comme moi.

D. D'où venez-vous? R. De la Judée.

D. Par quelle ville avez-vous passé? R. Par Nazareth.

D. Qui vous a conduit? R. Raphaël.

D. De quelle tribu êtes-vous? R. De Judas.

D. Je n'en suis pas plus instruit, mon Frère.

R. Faites ainsi que moi, rassemblez les lettres initiales de chaque mot, et vous trouverez le sujet de nos voyages et de nos mystères. D. J. R. N.

D. R. R. J.

D. Ne vous a-t-on rien donné de plus?

R. Le mot de passe qui est E:., des signes et un attouchement pour me faire reconnaître.

D. Donnez-moi le premier signe.

R. (On le fait.)

D. Faites-moi la réponse.

R. (On la fait.)

D. Donnez-moi l'attouchement.

R. (Celui qui l'a reçu dit: Il est juste, Très Sage.) D. Quel est l'Ordre du grade?

R. Le Bon Pasteur.

D. Qu'a-t-on fait ensuite de vous après vous avoir donné les moyens de vous faire reconnaître?

R. Le Très Sage et tous les Chevaliers m'ont constitué Chevalier de l'Aigle, Parfait Maçon libre, sous le titre de R:.+ Ils m'ont décoré du cordon et du  bijou; et après m'avoir fait reconnaître par tous les Chevaliers, j'ai pris place au Chapitre.

D. Qu'a-t-on fait après?

R. Le Très Sage nous fit une exhortation; traita des affaires du Chapitre en la  manière accoutumée, et tous les Chevaliers se sont retirés en paix.

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Rite Français IV Ordre : réception au grade de Rose-Croix (1)

24 Septembre 2012 , Rédigé par Rite Français Publié dans #Rites et rituels

(Le Très Sage dit:)

T:.S:.: Très Excellent et Parfait Frère Premier Surveillant, quel sujet nous  rassemble?

1er Surv:.: Très Sage, la propagation de l'Ordre, et la perfection d'un  Chevalier d'Orient qui demande à être admis parmi nous.

(Le Très Sage fait la lecture de la requête du Candidat. L'on délibère sur le  jour de son admission. Pendant ce temps, le Maître des Cérémonies va le chercher; il doit attendre que sa requête soit décrétée. Lorsque l'on ouvre la porte, le Candidat doit se mettre à genoux pour recevoir sa requête. Le Très Sage la remettra à un Chevalier qui la lui jettera  à terre. La porte refermée, il y trouvera le jour et l'heure de sa Réception.

Le Maître des Cérémonies rentré, s'il y a des candidats dont le jour est fixé  ou indiqué pour l'assemblée tenante, alors le Très Sage lui dit d'aller préparer le Récipiendaire.

Le Maître des Cérémonies va trouver le Récipiendaire dans la Chambre des Réflexions, le salue, le fait décorer en Chevalier d'Orient et lui dit:)

M:. des C:.: Tous nos Temples sont démolis, nos outils et nos colonnes sont  brisés, la Parole sacrée est perdue, et malgré toutes nos perquisitions, nous ignorons les moyens de la recouvrer. Voulez-vous nous aider à la recouvrer?

(Le Récipiendaire y ayant consenti, il lui dit:)

M:. des C:.: Suivez-moi.

(Il le conduit à la porte du Chapitre, la tête découverte, et frappe en  Chevalier d'Orient. Les Surveillants en font l'annonce. Le Très Sage dit:)

T:.S:.: Voyez qui frappe.

(Les Surveillants s'en assurent. Le Maître des Cérémonies répond au Frère  Expert de l'intérieur, qui dit:)

Exp:.: Que demandez-vous?

M:. des C:.: C'est un Frère Chevalier d'Orient, errant dans les bois et les  montagnes, qui a perdu la Parole à la seconde destruction du Temple, qui désirerait, avec votre secours, la retrouver.

(Les Surveillants en font l'annonce suivant l'usage. Le Très Sage dit:)

T:.S:.: Que l'entrée lui soit donnée.

(Tous les Chevaliers, assis comme il a été dit, ont la main gauche sur le cou,  la droite sur le visage, et les jambes croisées.

Le Récipiendaire placé entre les Surveillants, et le Maître des Cérémonies à  côté de lui, le Premier Surveillant, ayant frappé un coup répété par le Second Surveillant et par le Très Sage, dit:)

1er Surv:.: Très Sage, je vous présente un Chevalier d'Orient qui cherche la  Parole.

(Le Très Sage dit:)

T:.S:.: Mon Frère, la confusion s'est glissée dans nos ouvrages; il n'est pas en  notre pouvoir de travailler; vous devez vous en apercevoir à la consternation qui règne ici. Il se passe en cet instant un dérangement sur la surface de la  Terre; le voile du Temple se déchire (à ces mots, on tire un rideau noir qui cache l'Autel), les ténèbres sont répandues sur la Terre; la lumière est  obscurcie; les outils et les colonnes sont brisés; l'Étoile flamboyante a disparu, la Pierre cubique sue sang et eau et la Parole est perdue. Vous  voyez qu'il ne nous est pas possible de vous donner la Parole; cependant notre dessein n'est pas de rester dans l'oisiveté, nous cherchons à la  retrouver par une loi nouvelle. Êtes-vous dans les sentiments de nous suivre?

(Le Récipiendaire répond Oui. Le Maître des Cérémonies le fait voyager  pendant trente-trois ans par le Septentrion, l'orient, le midi et l'occident, pour qu'il apprenne les beautés de la nouvelle loi. Les voyages se réduisent à  sept tours.

Chaque fois que le Récipiendaire passe devant l'Autel, il fait une génuflexion.  Aux derniers tours, le Maître des Cérémonies lui montre chaque colonne, chaque fois qu'il passe devant, et lui en fait répéter le nom.

Les voyages achevés, le Récipiendaire placé entre les Surveillants, le Premier Surveillant frappe un coup et dit:)

1er Surv:.: Très Sage et Parfait Maître, le Récipiendaire a terminé ses  voyages.

(Le Très Sage, adressant la parole au Récipiendaire, dit:)

T:.S:.: Mon Frère, qu'avez-vous appris dans cette route?

(Le Maître des Cérémonies dicte la réponse au Récipiendaire.)

Récip:.: Très Sage et Parfait Maître, trois vertus pour me guider dorénavant:  Foi, Espérance, Charité; enseignez-moi s'il en est d'autres à suivre.

(Le Très Sage dit:)

T:.S:.: Non, mon Frère, ce sont positivement ces colonnes et leurs  inscriptions qui sont les principes de notre Ordre et de nos nouveaux mystères. Approchez, et venez prendre avec nous l'engagement de ne jamais  vous éloigner de cette loi.

(Le Maître des Cérémonies conduit le Récipiendaire à l'Autel, où il le fait  mettre à genoux. Il lui fait ôter ses gants et poser les mains sur le Livre de la Sagesse, sur lequel est posé un glaive. Il lui fait baisser la tête.

Le Très Sage pose le maillet sur les mains du Récipiendaire et, dans cet état, lui fait prêter l'obligation.

Tous les Frères Chevaliers sont debout et au signe du Bon Pasteur.)

OBLIGATION

"Je promets, parole d'honneur, sur les mêmes obligations que j'ai prêtées  dans les grades précédents, de ne jamais révéler les secrets des Chevaliers de l'Aigle sous le nom de R:.+, à aucun Frère de grade inférieur, ni à aucun profane, sous peine d'être à jamais privé de la Parole, et d'être  perpétuellement dans les ténèbres; qu'un ruisseau de sang coule sans cesse de mon corps; que je souffre les plus rudes angoisses de l'âme, que les  épines les plus piquantes me servent de chevet; que le fiel et le vinaigre me servent de breuvage; que le supplice de la croix termine enfin mon sort, si  jamais je contreviens aux lois qui vont m'être prescrites. Je promets aussi de ne jamais révéler le lieu, ni par qui j'ai été reçu. Que le Grand Architecte de  l'Univers me soit en aide."

((Après l'obligation, le Très Sage dit:)

T:.S:.: Tout est consommé.

(Tous les Frères se couvrent le visage de leurs mains et s'assoient. Le Maître  des Cérémonies ôte au Récipiendaire son habit de Chevalier d'Orient. Le Très Sage lui passe une tunique en disant:)

T:.S:.: Cet habit vous dénote notre croyance; il doit vous rappeler par ses  ornements ce qui fait le point principal de nos mystères.

(Le Très Sage lui met le tablier en disant:)

T:.S:.: Ce tablier noir est la marque du sincère repentir des maux qui ont  causé tous nos malheurs. Il doit vous servir à reconnaître ceux d'entre nous qui cherchent à recouvrer la vraie Parole.

(Le Très Sage lui passe le cordon en disant:)

T:.S:.: Ce cordon doit vous servir de marque de deuil jusqu'à ce que la Parole  soit retrouvée. Passez à l'occident et vous nous aiderez à la chercher.

(Le Très Sage frappe sept coups répétés par les Surveillants; tous les  Chevaliers se lèvent et se mettent au signe du Bon Pasteur, le glaive tenu dans la main droite. Le Très Sage fait les questions suivantes aux  Surveillants:)

D. Quel motif nous rassemble?

R. Très Sage et Parfait Maître, la Pierre cubique ruisselle sang et eau par le relâchement des Maçons dans leurs ouvrages, et pour le succès de la  Maçonnerie exposée sur le sommet d'une haute montagne.

D. Que signifie ce mystère?

R. La perte de la Parole, qu'avec votre aide, nous espérons retrouver.

D. Que faut-il faire pour y parvenir?

R. Embrasser la nouvelle loi, être pleinement convaincu des trois vertus qui en sont les colonnes, la base et les principes. D. Quelles sont-elles?

R. Foi, Espérance, Charité.

D. Comment trouverons-nous ces trois colonnes?

R. En voyageant et errant dans l'obscurité la plus profonde.

(Le Très Sage dit:)

T:.S:.: Voyageons, mes Frères, de l'occident au Septentrion, de l'orient au  midi, et surtout ne perdons pas de vue les sentiments qui nous guident.

(Tous les Frères voyagent en silence, suivant leur rang, et font sept fois le  tour du Chapitre, le Très Sage à la tête, ensuite les Surveillants, les Officiers dignitaires, les Membres du Chapitre, le Récipiendaire et le Maître des  Cérémonies.

Au troisième tour, le Très Sage passe dans la Chambre rouge; Au quatrième, les Surveillants;

Au cinquième, les Officiers dignitaires;

Au sixième, tous les Chevaliers, excepté le Récipiendaire et le Maître des Cérémonies qui font, seuls, le septième tour après lequel ils se rendent à la  porte du Chapitre où le Maître des Cérémonies frappe en Chevalier R:.+

Le Frère Expert du Porche intérieur entrouvre la porte et, apercevant le  Récipiendaire qui va pour entrer, il lui dit:)

Exp:.: Vous ne pouvez entrer, à moins que vous ne me donniez le mot.

(Le Récipiendaire répond:)

Récip:.: Je suis un Frère qui cherche la Parole par le secours de la nouvelle  loi et des trois colonnes de la Maçonnerie.

(A ces mots, le Frère Expert ferme la porte. Le Maître des Cérémonies le  dépouille de son cordon et de son tablier, et lui dit:)

M:. des C:.: Ces marques ne sont pas assez humiliantes pour trouver la  Parole; il faut passer par des épreuves plus humiliantes encore.

(Il le couvre d'un drap noir saupoudré de cendres afin qu'il ne puisse rien  apercevoir, et lui dit:)

M:. des C:.: Je vais vous conduire dans le lieu le plus ténébreux d'où la  Parole doit sortir triomphante à la gloire et à l'avantage de la Maçonnerie.

Mettez votre confiance en moi.

(Il le conduit ainsi dans un appartement où l'on a pratiqué des élévations, en  montant et descendant, répétées le plus qu'il est possible. Il le mène ensuite à la porte ouverte de l'appartement qui représente les horreurs d'un lieu de  peine et de souffrance. Sur le seuil de la porte, il relève le devant du drap qui  le couvre, et il lui fait faire en silence trois fois le tour de la salle et le ramène sur le seuil de la porte où il lui rabaisse le drap en disant:)

M:. des C:.: Les horreurs que vous venez d'apercevoir ne sont rien en  comparaison de ce que vous souffrirez si, malheureusement, vous n'observez pas notre loi.

(Il le conduit ensuite à la porte du Chapitre et lui dit:)

M:. des C:.: Souvenez-vous de répondre aux questions qui vous seront faites,  sans quoi vous ne pouvez parvenir au grade que vous désirez. Les voici:

D. D'où venez-vous? R. De la Judée.

D. Par quelle ville avez-vous passé? R. Par Nazareth.

D. Qui vous a conduit? R. Raphaël.

D. De quelle tribu êtes-vous? R. De Judas.

(Le Maître des Cérémonies fait frapper par le Récipiendaire sept coups, en  Chevalier R:.+

Après les cérémonies accoutumées pour annoncer et ouvrir, et pour  s'assurer de celui qui demande l'entrée, le Maître des Cérémonies répond au Frère Expert qui entrouvre la porte:)

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Sermon de JM Vianney , curé d’Ars : St Jean-Baptiste (extrait)

23 Septembre 2012 , Rédigé par JM Vianney Publié dans #spiritualité

Sa pénitence commence presque avec sa vie. Ah ! pauvre enfant, pourquoi faites-vous pénitence ? C'est vrai, il n'est pas le seul qui ait fait pénitence. Quand nous parcourons les vies des Saints, nous y trouvons des rigueurs qui font frémir et confondent notre lâcheté. Les uns passent sept ou huit jours sans boire ni manger ; d'autres, tel qu'un saint Siméon Stylite , vont même jusqu'à quarante jours ; ou bien ils endureront des tourments à faire mourir de frayeur, ici qu'un saint Venance, une sainte Reine, et bien d'autres encore. Néanmoins, nous voyons que tous avaient péché, et tous, par conséquent, avaient besoin de faire pénitence pour satisfaire à la justice divine. Mais notre saint Jean, pourquoi fait-il pénitence ? Sa voix n'est-elle pas la plus sainte et la plus pure de toutes les vies, après celle de la sainte Vierge ? En voici la raison. Étant l'ambassadeur du Père Éternel pour annoncer la venue de son Fils, il fallait qu'il fût orné des plus sublimes vertus, et que sa seule présence commençât à ébranler et à toucher les cœurs par l'exemple d'une vie si innocente et si pénitente. Les larmes et les gémissements sont toute sa nourriture et son occupation ; il n'est aucune vertu qu'il ne pratique au plus haut degré de perfection. Si, après tant d'années de larmes et, de pénitences, il quitte son désert, c'est pour annoncer au peuple et préparer la venue du Messie ; s'il eut tant de courage, c'est qu'il espérait donner sa vie pour son Sauveur, avant que son Sauveur ne la donnât pour lui.

 

Il fut grand par son zèle. Il parlait avec tant d'ardeur, avec un zèle si enflammé, qu'il étonnait tout le monde. L'on croyait voir en lui le prophète Élie revenu sur la terre et monté sur son char tout de feu, pour convertir les pécheurs les plus endurcis. Rien n'est capable de l'arrêter ; partout où il trouve le vice, il le combat avec un zèle inouï. Il reproche aux pécheurs leur vie honteuse, et les menaces de la colère de Dieu s'ils ne font pénitence : « Races de vipères, leur dit-il, qui vous a appris à fuir la colère du Seigneur prête à tomber sur vous ? Faites donc de dignes fruits de pénitence, ne retardez plus votre conversion ; car la cognée est au pied de l'arbre, et tout arbre qui ne porte pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu . » « Oui, s'écrie saint Bernard, il était tellement enflammé de l'amour de Dieu, que ses paroles étaient comme des charbons ardents, capables d'embraser les cœurs les plus glacés et de convertir les pécheurs les plus endurcis. » Si on lui demandait ce qu'il fallait faire pour se préparer à la venue du Messie « Que celui, leur disait-il, qui a deux habits en donne un aux pauvres. Que celui qui a du pain en donne à celui qui n'en a point . » Enfin, dans l'ardeur de son zèle, ayant appris que le roi s'abandonnait au vice infâme de l'impureté, il va à la cour, et lui reproche hardiment une vie si honteuse et si indigne. Cependant, il savait très bien que cette démarche lui coûterait la vie ; n'importe, la gloire de Dieu est attaquée, cela lui suffit pour que ni les menaces, ni les tourments ne puissent l'arrêter ; il foule tout sous ses pieds, il ne se croit au monde que pour défendre les intérêts de son Dieu, et, dès que l'occasion s'en présente, il la saisit. Ah ! plût à Dieu que ses ministres d'aujourd'hui fussent tous dans les mêmes dispositions, et que ni les promesses, ni les menaces ne fussent pour eux un sujet de trahir leur conscience ! Oui, M.F., ce grand saint brûlait du désir de donner sa vie pour son Sauveur. Oh ! si nous avions tous ce bonheur, et si nous faisions pour cela tout ce qui serait en notre pouvoir, que de péchés de moins, que de vertus et de bonnes œuvres de plus ! ...
Il est grand par son détachement des biens de ce monde et le mépris même de la vie. Il a, en quelque sorte, surpassé Jésus-Christ dans sa pauvreté. Si Jésus--Christ n'a pas voulu naître dans une maison qui appartînt à ses parents ; cependant, quelque temps après, il est revenu à Nazareth, dans la maison de sa mère. Saint Jean-Baptiste, au contraire, quitta la maison paternelle à l'âge de dix-huit mois environ, et il n'y revint jamais. Le Fils de Dieu fut bien pauvre dans ses vêtements et sa nourriture ; saint Jean-Baptiste, pour ainsi dire, l'a été encore davantage. Le Fils de Dieu avait des habits ordinaires ; lui, n'a qu'une peau de chameau toute hérissée de poils. La nourriture du Fils de Dieu est un peu de pain ordinaire ; celle de saint Jean-Baptiste est un peu de miel sauvage et quelques sauterelles. Le Fils de Dieu se reposait sur un bien mauvais lit ; saint Jean n'avait que la terre nue. Aussi Jésus-Christ lui-même dit que Jean-Baptiste ne mangeait ni ne buvait, pour nous mon-trer la grandeur de sa pénitence. Le Sauveur du monde avait encore la compagnie de ses parents ; saint Jean-Baptiste n'eut que la compagnie des bêtes sauvages. N'est-il pas vrai, M.F. ? nous sommes forcés de l'avouer, l'on ne peut trouver le fond de cet océan de vertus, et tout ce que nous pouvons en dire n'est rien.

 

Il est grand par son humilité. Jamais, M.F., la terre n'a eu le bonheur de voir un saint aussi humble. Il est, après la sainte Vierge, tout ce qu'il y a de plus grand, et il se compare à tout ce qu'il y a de plus vil et de plus faible sur la terre. Il jouit, aux yeux du monde, de la plus haute réputation : les uns le regardent comme un ange descendu du ciel, les autres le prennent pour le Messie lui-même. En effet, les pontifes et les premiers d'entre les Juifs avaient conçu de lui une si grande idée, qu'ils lui envoyèrent tout ce qu'il y avait de plus consi-dérable dans leur nation, tel que les prêtres et les lévites, pour savoir de lui-même et de sa propre bouche, qui il était. On lui demanda d'abord s'il était le Messie ; car une vie remplie de tant de prodiges, si retirée et si pénitente, ne pouvait, à leurs yeux, convenir qu'au Messie. Cet abîme d'humilité leur répond sans détours : « Non. » Ne pouvant se persuader qu'il fût un homme ordinaire, ils lui demandent s'il est Elie ; sachant que ce prophète était un homme de miracles. II dit de nouveau : « Non, je ne le suis pas. » « Mais, lui disent-ils, si vous n'êtes ni le Messie, ni un prophète, dites-nous qui vous êtes, afin que nous rendions raison à ceux qui nous ont envoyés vers vous. » « Eh bien ! leur répond ce prodige d'humilité, je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez les voies du Seigneur, faites pénitence » Pouvait-il mieux montrer son humilité, disant qu'il n'est que le son d'une voix retentissant dans le désert ? Peut-on trouver quelque chose de plus faible et de moindre valeur que le son de la voix ? « Celui qui vient après moi est infiniment plus grand que moi, je ne suis pas même digne de toucher le cordon de ses souliers. » O humilité incomparable ! Il pouvait très bien s'attribuer la qualité de prophète, puisqu'il est envoyé de Dieu pour annoncer la venue de son Fils ; mais, afin de détruire la bonne opinion que l'on avait de lui, il se sert des termes les plus capables de le faire confondre avec le commun des mortels. « Il est aisé, M.F., nous dit saint Augustin, de ne pas désirer les louanges quand on ne veut pas nous les donner ; mais il est difficile de ne pas prendre plaisir à les entendre lorsqu'on les publie devant nous. »

 

Saint Jean-Baptiste est grand devant Dieu, parce que Jésus-Christ lui-même a fait son panégyrique, et qu'il a loué toutes ses belles vertus. Assurément, il y a bien de la différence entre les louanges que donnent les hommes, et celles que Dieu donne lui-même. Tous les hommes sont sujets à se tromper, mais Dieu n'estime et ne loue que ce qui est digne d'être estimé ou loué. O quelle gloire pour notre saint d'avoir été grand devant Dieu ! C'est le plus grand des honneurs. Jésus-Christ en a fait tant d'estime, qu'il n'a pas voulu qu'un homme ordinaire, ni même un ange, fît l'éloge de ses vertus ; il a voulu le faire lui-même : montrant ainsi qu'il n'y avait nulle créature dans le ciel ni sur la terre, capable de le faire dignement. Nous lisons, il est vrai, dans l'Écriture sainte, que Dieu dit, parlant de Moïse, de Joseph, du prophète Nathan et du prophète Élie, qu'ils ont été grands devant les rois de la terre ; mais, pour être grand devant Dieu, saint Jean-Baptiste seul est mis à ce rang. Si j'osais, je dirais que Dieu semble vouloir l'égaler à lui-même. L'ange, messager de l'Incarnation, se sert des mêmes paroles, en parlant à Marie et en parlant à Élisabeth : « Le Fils qui naîtra de vous sera grand devant Dieu et devant les hommes. » D'après cela, M.F., n'avais-je pas raison de vous dire que nulle créature n'était capable de faire l'éloge de cet ange terrestre ? Jésus-Christ, il est vrai, a bien loué Madeleine pour avoir embrassé ses pieds ; il a bien loué le Centenier et la Chananéenne, en disant qu'il n'y avait point de foi si grande en tout Israël, mais cela n'est dit que pour quelques vertus particulières ; il prend, au contraire, un singulier plaisir à parler de chacune des perfections de notre saint. Écoutez-le quand, s'adressant aux Juifs, il leur parle de sa fermeté : « Qu'êtes-vous allés voir dans le désert ? Un roseau agité par le vent ? » c'est-à-dire un homme ordinaire, qui a pour apanage l'inconstance et la faiblesse, qui plie à tous les vents. Mais non, c'est un homme inébranlable, et inviolablement attaché aux lois de son Dieu. Entendez-le parler de sa pénitence. Qui êtes- vous allé voir ? « Avez-vous vu un homme vêtu délicatement » comme les mondains ? « Non, ces personnes se tiennent dans les maisons des grands. » Enfin, pour porter ses louanges comme à l'infini, il dit que « nul d'entre les enfants des femmes ne peut l'égaler . » Que peut--on dire de plus, M.F. ? Quand Jésus-Christ a loué quelques vertus, il ne les a jamais mises au-dessus de celles d'autres saints ; mais, quand il loue Jean-Baptiste, il exalte sa sainteté au-dessus de celle de tous les autres hommes. Encore, il finit par assurer que « c'est un prophète, et plus qu'un prophète. » Oh ! M.F., que de grâces et que de bénédictions nous obtiendrions, si nous avions le bonheur d'avoir une vraie confiance en ce grand saint ! ...

 

Saint Jean est grand devant les hommes. Plusieurs siècles avant, les prophètes ont annoncé sa naissance, et ils ont employé, en parlant de sa venue, toute l'éloquence que le Saint-Esprit leur avait donnée. Le prophète Isaïe le peint sous la figure d'une voix retentissante, qui se fera entendre dans tous les déserts de la Judée . Jérémie le compare à un mur d'airain et à une flèche embrasée, pour nous montrer sa constance et son zèle pour la gloire de Dieu . Malachie l'appelle un ange, pour nous montrer la beauté et la grandeur de sa pureté . « L'opinion que l'on avait de lui était si grande, dit saint Jean Damascène, que tout le peuple le suivait en le prenant pour le Messie. Quand il eut le bonheur de baptiser Jésus-Christ, on lui eût attribué ces paroles qu'on entendit descendre du ciel. « C'est ici mon Fils bien-aimé, » si le Saint-Esprit, qui parut alors sous la forme d'une colombe, n'eût fait connaître le Fils de Dieu en se reposant sur sa tête. » Après sa mort, on a cru voir en la personne de Jésus-Christ, Jean-Baptiste ressuscité. Les Pères de l'Église ne savent en quels termes parler de lui, tant ils trouvent ses mérites au--dessus de leur science. Saint Pierre Chrysologue l'appelle l'école de la vertu, le modèle de la sainteté, la règle de la justice, le martyr de la virginité, l'exemple de la chasteté, le prédicateur de la pénitence, la voix des apôtres, la lumière du monde, le témoin de Dieu et le sanctuaire de la sainte Trinité. Et pour vous donner une idée de l'estime que l'Église du ciel, et de la terre fait de notre saint, je vous dirai que Dieu avait inspiré à son Église la pensée de célébrer trois messes le jour de sa naissance, comme à la naissance du Sauveur ; tant sa vie a de conformité avec celle du divin Maître. Hé bien ! M.F., vous faisiez-vous une telle idée de la grandeur, de la dignité et de la sainteté de notre Jean-Baptiste ? Ah ! mes amis, pourquoi avons-nous si peu de dévotion et de confiance aux saints ? C'est que nous n'avons jamais pris la peine de connaître les vertus et les pénitences qu'ils ont pratiquées, et le pouvoir qu'ils ont auprès du bon Dieu

 

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La victoire par la vérité, le Chevalier Rose Croix suit la voie traditionnelle de sa réalisation intérieure : JM Vianney

23 Septembre 2012 , Rédigé par J\P\ \L Publié dans #Planches

Le chemin initiatique du REAA comprend 33 degrés, le CRC est au mi-temps de ce parcours.  

Ce parcours a été semé d’épreuves, les recherches ne sont pas les mêmes suivant les degrés. Chacun ayant une vérité à définir et atteindre, celle du 3ème degré, du 13ème ou du 18ème sera différente dans son aspect extérieur, mais s’insinuera dans une progression vers la Connaissance.  

Restons dans le monde profane, l’homme a des besoins, Abraham Maslow hiérarchise les besoins de l’homme dans une pyramide des besoins physiologiques à sa réalisation.

 Cinq étapes :
- Les besoins physiologiques.
- La sécurité.
- L’appartenance et l’amour.
- L’estime de soi et d’autrui
- Sa réalisation.
 

En sachant que l’on ne peut passer d’une étape à l’autre que si les besoins de niveau inférieur sont eux-mêmes réalisés.  

Je pense que pour rejoindre la maçonnerie, nous devons être en haut de cette pyramide, que les besoins élémentaires ne sont plus de notre préoccupation, ayant satisfait à ces besoins nous pouvons aller sur la voix de notre réalisation intérieure.  

Se réaliser dernière étape de la pyramide de Maslow est totalement indépendant de la réalisation sociale ou matérielle.  

Notre TSA pour définir ce travail s’est inspiré d’une citation de JM Vianney, le curé d’Ars, plusieurs ouvrages narrent sa vie, même une bande dessinée, résumons rapidement sa vie et son parcours.  

Il naît en 1786, d’une famille très pratiquante, il va être le témoin d’une triste époque pour le clergé.  

Ce jeune enfant va vivre avec sa famille un cauchemar en subissant l’arrivée de nouveaux prêtres plus dévoués à la révolution qu’à la religion. Ses parents iront prier dans des endroits secrets, très jeune JM Vianney aura le sentiment d’une déchéance totale de sa civilisation, paroles incongrues de religieux, non respect de principes une véritable apocalypse, mais pour ce croyant un espoir devenir prêtre malgré un retard accumulé dans ses études. Sa foi, sa pugnacité lui permettrons après bien des épreuves de vivre son sacerdoce et d’en modifier les usages en prêchant plus l’amour de Dieu, en lui consacrant tout ce qu’il y a de plus beau, Dieu est le ce qui doit être vénéré. .  

Un principe fort chez cet ecclésiastique ; développer la charité, charité qu’il a connue depuis sa plus tendre enfance, une charité développé dans la recherche des besoins et non dans la satisfaction de l’acte de donner.  

JM Vianney a survécu aux combats menés contre la religion. Pour lui une sorte d’apocalypse, en lui existait toujours l’espoir, travail acharné pour devenir prêtre lutte contre ses collègues qui ne le trouvaient pas assez savant ; puis lutte contre la misère.  

Par divers moyens, il va combattre tout ce qui s’oppose à l’amour de Dieu ; au respect d’autrui.  

Foi, charité espérance font parti intégrante de son parcours, jamais il ne renonce. Ses paroles et actes agissent sur les habitants de sa paroisse.  

Cette volonté d’aboutir, ce parcours semé d’embûches, la foi pratique qu’il développe, l’amour qui caractérise son existence nous rapproche du CRC.  

Revenons à notre parcours, nous sommes heureux dans la vie profane, je répète heureux dans le sens dégagé moralement des contraintes de la vie profane, nous ne nous satisfaisons plus d’une certaine approche de la vie, superficielle, routinière, des questions nous tourmentent, nous nous intéressons aux autres, pas nécessairement pour ce qu’ils pourront nous apporter mais pour ce que nous pouvons leur donner. Leurs coutumes, mythes, sont de merveilleux enrichissements, nous pensons qu’en rassemblant ces différences, en les étudiants nous arriveront à mieux nous connaître.…
Nous avons le choix de plusieurs démarches, chemins, parcours pour répondre à nos interrogations :
- Démarche religieuse, où l’impétrant est amené à croire en des vérités fondamentales, il adhère à un dogme d’une croyance prédéterminée et finie. Il peut y avoir un enrichissement personnel, mais il n’y a aucune possibilité de remise en cause ou de critique. Notons que cette démarche est souvent involontaire du fait d’un choix et d’une éducation familiale.
- Démarche scientifique qui permet d’approcher la compréhension des grands mécanismes qui gèrent l’univers. Elle ne cherche pas des réponses à des mystères, mais plutôt à apporter des réponses concrètes aux énigmes posées par notre manque de savoir qui augmentent au fil des temps.
Si nous analysons le parcours de l’homme profane, nous pouvons remarquer qu’en général il suit 3 axes :
- Au cours du premier, il s’investit dans l’action extérieure. Son fantasme est vécu dans l’activité professionnelle, familiale, sociale. L’homme vit au prix d’une cécité totale sur lui-même.
- Au cours du deuxième, l’homme se laisse submerger, envahir par ses fantasmes ; il imagine un monde conforme à ses désirs.
- Au cours du dernier axe, il va interdire à sa conscience d’écouter les chants et les cris de son inconscient.
 

L’initié lui, comme Ulysse va écouter le chant des sirènes, en s’attachant au mat. Il ne refuse pas l’énergie qui monte en lui, il va réveiller les symboles et mythes assoupis en chacun d’entre nous. En loge de perfection pour nous maîtriser, nous allons vaincre l’obsession au 4ème degré, la dépression au 5ème, la culpabilité au 6ème, l’agressivité avec les grades d’élus.  

Au cours de ces étapes, l’initié est à la fois le chevalier et la cité assiégée, d’où on « ne s’initie que par soi même »  

Nous sommes tous les fils spirituels d’Enoch, l’initié initiant qui avait construit les neufs voûtes superposées ; c’est dans cette crypte ultime que le cherchant parvient au Centre de l’Idée.  

Le chevalier pourra affirmer sereinement : « Je suis qui je suis, Je suis ce que je suis, Je suis » Ce sont les paroles de « Dieu » dans la genèse.  

Le chevalier de Royal Arch qui vit dans les voûtes profondes doit remonter jusqu’à la première voûte ; jusqu’à la surface de la terre des Hommes, en ouvrant la trappe carrée, il va découvrir le cercle de la voûte étoilée.  

Le chevalier du Royal Arch si l’on fait une comparaison avec l’Alchimie est parvenu au terme de l’œuvre au rouge ; il doit maintenant spiritualiser la matière, il est prêt à franchir le pont de Gandara.  

La FM n’a aucun aspect occulte ou de croyance, il n’y a pas de vérité suggéré, nous avons une totale liberté de recherche personnel, la FM va réveiller en nous « le grand dormeur », nous poserons les mêmes questions que dans les autres démarches, mais la finalité sera tout autre.
L’initiation maçonnique est une mise sur le chemin du cherchant, elle sera totalement différente de celle d’un autre frère.
 

Aucune réponse ne sera jamais donnée, elle pourra être suggérée par l’aide des outils mis à disposition mis à disposition.  

Pourquoi éveiller notre conscience ? Parce qu’elle mène à la liberté, à la paix intérieure.

  Voltaire résume ce concept « plus les hommes seront éclairés, plus ils seront libres »  

Pour essayer d’approcher la Vérité, la maçonnerie s’appuie non seulement sur l’Alchimie, mais nous donne des repaires de progression.  

Avant de revenir à l’Alchimie, voyons les repères de progression.  

Tous les degrés n’ont pas la même fonction, en résumant nous avons les degrés verticaux et les horizontaux.
Les premiers (4,5,9,10,11,13,17) évoquent le retour vers l’intérieur de l’être, le recueillement, leurs symboles suggèrent l’intériorisation. Ces degrés permettent au frère de se ressourcer.
 

Les seconds (6,7 ,8 ,12 ,14 ,15 ,18) à ces degrés le frère œuvre sur la terre des Hommes pour bâtir leur cité, ils se sont voués au service des autres, leur réalisation appartient à leur accomplissement dans l’action extérieure. Ces degrés sont sous le signe du partage et du voyage ; nous sommes dans la lignée du compagnon.  

Ces deux types de degrés sont vécus dans la relation avec l’Autre, ils s’inscrivent dans un mouvement d’échange, la succession de ces degrés horizontaux, verticaux, évoque le symbole archétypal de la Croix.  

Cette croix peut suivant les obédiences être latine de St André aucune importance, le point d’intersection où nous plaçons la rose symbole d’amour, de connaissance de soi, cette rose qu’au cours de la cérémonie d’initiation nous devions donner à l’être qui nous est cher, mais qui est-il cet être ci ce n’est nous.  

La croix est le symbole de l’intersection de l’horizontalité et de la verticalité :
- L’horizontalité : lieu d’opposition du bien et du mal
- La verticalité : jonction du créateur et de sa créature l’Homme et son principe.
 

L’intersection de deux lignes horizontale et verticale définit un point.  

Le point est-il à l’origine d’où tout procède, il contient en lui toute création.
Dès qu’un mouvement se manifeste il devient ligne droite ou courbe.
Si du même point initial part une courbe qui revient à son origine, le cercle est né et avec lui la notion d’éternité.
 

L’horizontal et la verticale se croisent au centre du cercle, agissant l’une sur l’autre et font apparaître l’image de la création éternelle.  

Si l’on supprime le haut de la verticale de la croix, le Tau apparaît ; c’est limage du gibet, de la mort du déshonneur.  

Ces divers aspects impliquent que celui qui se tient au centre voit tout dans l’unité du principe. Le CRC est arrivé à mettre son âme en harmonie avec l’ordre cosmique, les contingentes et les divergences des opinions individuelles ayant disparues. Il peut alors rayonner vers le bas tout en étant sous la lumière principielle (feu).  

La croix présente aussi une analogie certaine avec « l’axe du monde », ou « l’arbre du milieu ». Dans ce cas, la verticale de la croix représente cet axe du monde, elle constitue le tronc de l’arbre, alors que l’horizontale forme les branches.  

Notre quête est avant tout l’expression d’un « état de réalisation effective » produit par l’actualisation et l’intériorisation d’un processus initiatique virtuel de départ.  

Lorsqu’un être est arrivé en ce centre (l’œuvre rouge, la rose) s’est identifié avec l’axe vertical par son ascension suivant la direction (la croix) de celui ci, il a pour ainsi dire amené par là même son point de départ, qui est le centre de l’état humain, à coïncider avec le centre de l’être total.  

Dès cet instant, le pôle terrestre ne fait plus qu’un avec le pôle céleste et l’être est identifié avec l’état primordial antérieur de la séparation du Ciel et de la Terre, pour lui, il n’y a donc plus d’axe car il l’a littéralement résorbé en un point unique qui est véritablement la « VOIE » hors de laquelle il n’est rien.  

Le parcours maçonnique est analogue à la progression alchimique, notre parcours part de l’oeuvre au noir pour se débarrasser de ses scories, de ses pulsions profanes, l’œuvre au blanc pour perfectionner sa vision du monde, pour atteindre l’œuvre au rouge une des premières étapes pour atteindre la Jérusalem Céleste.  

Le coq symbolise cette progression, ses pattes sont noires, son corps souvent blanc, sa crête rouge, apprenti notre tablier est blanc, mais il ne peut être perçu que noir puisque non éclairé au nord, il deviendra blanc puisque éclairé au sud et bordé de rouge quand nous atteindrons la maîtrise.  

L’alchimie se caractérise par une permanence de cycles, comme la maçonnerie, chaque fois que nous croyons atteindre le but, un autre obstacle, une nouvelle épreuve nous attend, caractérisant l’évolution initiatique.  

La philosophie alchimique a pour objet d’enseigner à l’adepte les voies et moyens spirituels susceptibles de lui donner accès à l’harmonie universelle et à la suprême sagesse sous l’inspiration du principe de l’unité du monde.  

D’où l’axiome de Marie la Prophétesse : « Le Un devient Deux, le Deux devient Trois et le Trois devient Un dans le Quatrième » ; alchimiquement cet axiome se lit : le Un est l’esprit créateur, il devient deux lorsqu’il se manifeste au plan sensible et intelligible au niveau de l’âme, laquelle ne peut être qu’associée au corps dont elle est prisonnière. Ce n’est qu’en pénétrant le corps que l’esprit, la pensée pure, exalte la vie, lui donne forme et sens. Alors le Deux devient Trois et ce Trois exprime la représentation du monde manifesté, lequel est l’association de l’esprit, de l’âme et du corps. Mais le Un étant indissociable, le Trois se retrouve dans l’unité.  

Reprenons notre parcours, notre recherche est différente suivant les étapes de celui ci.  

En loge symbolique, nous cherchons à nous connaître, à découvrir le monde ; œuvre au noir se départir de sa matéria, en perfection nous allons chercher la parole perdue, elle nous est suggérée au 13ème degré, nous sublimons.  

Enfin au chapitre dans la loge rouge du XVIIIème degré elle nous est donnée, nous découvrons INRI. Nous sommes définitivement passé du matériel au spirituel par ce passage du pont de Gandara où en combattant nous avons laissé tous nos biens matériels.  

Cette victoire nous la devons à ce parcours maçonnique qui n’est pas une simple promenade dans une forêt de symboles, c’est une voie vers l’unification par rapport à toutes les pensées contradictoires qui nous animent, nous refusons de nous laisser entraîner dans les pièges des pulsions, des désirs. Ces pièges nous allons les assumer en les vivant sur un autre plan, celui de la quête. N’accusons pas les autres de nos angoisses, agressivité, culpabilité ; réagissons et souvenons-nous qu’en rentrant en loge de perfection nous portions une lumière qui était différente des flambeaux fixes des 3 principaux officiers, cette lumière est celle qui est en nous, qui nous mène sur le chemin de la Lumière car l’unité est dans la quête intérieure.  

Deux œuvres d’art, les statues extérieures d’une cathédrale caractérisent le parcours du Chevalier Rose croix.  

Le Chevalier, la mort et le diable d’Albrecht Dürer.  

Sur ce tableau, nous voyons un chevalier qui maîtrise son cheval par rapport à un diable dont la monture manifeste une posture non maîtrisée. Sous le cheval en arrière un chien.  

Le chevalier se tient droit insensible à ce qui l’entoure, son regard fixe une sorte de ville qui se profile dans le ciel.  

Symboliquement ce chevalier en maîtrisant son cheval a vaincu ses pulsions naturelles (ambition, fanatisme, ignorance) par rapport au profane représenté par le diable.  

Le chien entre les pattes arrière du cheval représente la fidèlité.  

Le chevalier semble ignorer tout ce qui l’entoure, par là il veut aussi montrer qu’il s’est effacé par rapport à son égo ; son regard est tourné vers cette ville dans le ciel qui n’est autre que la Jérusalem Céleste. Notre Chevalier parvenu au terme de sa réalisation intérieure est prêt a s’engager dans le monde au profil des autres.  

« L’école d’Athènes » de Raphaël  

Raphaël a peint cette composition en y plaçant entre autres deux personnages de la philosophie grecque de l’antiquité Platon et Aristote. Ceux ci peuvent symboliser la recherche du vrai par la raison humaine :
Aristote, homme de la logique, de la rigueur et du visible désigne la terre ;
Platon , homme de l’imaginaire, des idées, du suprasensible montre le ciel.
Ces deux signes symbole du Chapitre sont définis dans la table d’Emeraude :
« Il est vrai, sans mensonge, certain et très véritable : Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; par ces choses se font les miracles d'une seule chose. Et comme toutes les choses sont et proviennent d'un, par la méditation d'un, ainsi toutes les choses sont nées de cette chose unique par adaptation ».
 

L’homme comme le CRC est le médiateur entre le ciel et la terre, c’est l’agent de sa propre transformation en fonction des deux mondes.  

La voie traditionnelle de la réalisation du CRC est aussi figurée à l’extérieur de la cathédrale de Strasbourg.  

En partant de la porte sud, lieu d’une statue nommée « synagogue » qui représente l’homme plongé dans les ténèbres, nous suivons le parcours du monde profane au monde spirituel à la porte nord. Où deux indices nous démontrent que l’initié peut pénétrer à l’intérieur lieu de la Lumière ; la représentation de St Laurent celui qui en brûlant à éliminer toute les scories profanes, et une inscription qui de l’extérieur semble représenter une date 1212, mais comme depuis le début de ce parcours initiatique nous sommes à l’envers par rapport à la cathédrale. par effet de miroir l’inscription doit être lue sous la forme inversée ISIS au lieu de 1212. A ce stade nous pouvons pénétrer dans l’enceinte de la cathédrale.  

A ce degré de chevalier Rose Croix, notre réalisation, le retour complet sur nous même, doit nous permettre de faire abstraction totalement de notre égo, d’être véritablement à l’écoute des besoins d’autrui. La charité prend pour nous une autre dimension.  

Si au 4ème degré, nous étions des novices, le degré de CRC, nous fait accéder au vœux définitifs, qui symboliquement devraient nous interdire toute démission de la maçonnerie, mais la maçonnerie n’est pas une secte . Nous sommes des hommes libres ; mais à partir de ce degré le pèlerin que nous sommes devenus doit parcourir le monde pour rassembler ce qui est épars. Il doit s’engager dans l’action.  

Le CRC a vaincu ses ressentiments personnels son égo pour être prêt à l’action qui l’attend et propager à l’extérieur du temple, ce qu’il a acquis à l’intérieur.  

Le CRC comme tout maçon doit transmettre, il accompagnera ses frères dans la recherche de la vérité propre à leur grade.

 

Source www.ledifice.net

 

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L'Ordre Para-Maçonnique des Rose-Croix d'Or d'Ancien Système.

23 Septembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

Ce système est connu sous le nom de l'Ordre de la Rose Croix d'Or d'Ancien Système, il se développa à travers la Franc-Maçonnerie Allemande, alors naissante, de la Stricte Observance Templièreet ces Rosicruciens n'acceptaient que des Maîtres Maçons Écossais dans leur rang, promettant de leur dévoiler les Hauts Secrets qui sont dissimulés dans la Franc-maçonnerie. En effet, la création de l'Ordre correspond avec l'engouement des Haut Grades Maçonniques au-delà des Loges Bleues, les Loges dites “Rouges”.
C'est donc aux environs de 1750, et plus probablement en 1757, que l'Ordre nommé “Orden Golden und Rosenkreutzer des alten Systems” fut créé sur des bases de Piétisme Chrétien. Les fondateurs de l'Ordre ne sont pas vraiment authentifiés, selon les auteurs, les leaders historiques seraient Bernhard Joseph Schleiss von Löwenfeld (1731-1800), Johann Georg Schepfer (1739-1774), Friedrich Josef William Schröder (1733-1778), Johann Rudolf von Bischoffswerder (1714-1803) & Johann Christof Wöllner (1732-1800), peut être sur les bases du Cercle de B.J. Schleiss von Löwenfeld ou de laSocietas Roseæ et Aureæ Crucis d'Hermann Fictuld.
La première trace concernant cet Ordre date de 1761. Il s'agit d'un cercle Praguois nommé “Praguer Assemblée” qui serait un cercle local composé en 7 Grades :

 

I° Néophytes,
II° Juniores,
III° Philosophi Minores,
IV° Philosophi Majores,
V° Philosophi Majores Primarii,
VI° Adepti Exempti &
VII° Magi.


Leurs enseignements sont assez proche de l'Ordre des Philosophes Inconnus du Baron Henry de Tschoudy (1727-1769), auteur du fameux ouvrage maçonnico-alchimique, “L'Étoile Flamboyante”, ainsi que des écrits d'Herman Fictuld. Ce groupe Praguois n'acceptait dans leurs rangs que des Franc-maçons Chrétiens.
L'Ordre subit une première réforme en 1767, les enseignements sont exposés comme provenant de l'Antiquité (la mode étant de rechercher les racines de la Franc-maçonnerie chez les Templiers et autres Ordres réels ou mythiques), provenant même d'un certain Prêtre Égyptien nommé Ormus. On peut voir dans cet Ordre, la naissance des fameux “Maîtres ou Supérieurs Inconnus” qui seront repris dans la Théosophie de Mme Blavatsky, & plus tard dans l'Ordre Hermétique de la Golden Dawn : mais, en fait, la majorité des enseignements Alchimiques proviennent de leurs Frères Aînés, la Fraternité de la Rose Croix d'Or., et un grand nombre de leurs enseignements sont des compilations d'ouvrages Alchimiques classiques de niveau inégal, de documents des Rose Croix d'Or du XVII ème et de Kabbale Lourianique.
Notons par exemple “le Compas des Sages - Der Compass der Weisen” (1779) d'Adam Michael Birkholz, sous le pseudonyme de Ketmia Vere, ouvrage central des enseignements de la Rose Croix d'Or d'Ancien Système.
Ou encore des ouvrages ayant eut une immense influence sur cet Ordre, comme le fameux “Opus Mago-Cabbalisticum et Theosophicum” qui fut publié pour la première fois à Frankfurt en 1719 sous le pseudonyme de Gregorius Angulus Sallwigt, qui ne serait autre que Georg von Welling(1655-1727), ouvrage maintes fois réédité, et considérée comme une Bible” par les Rose-Croix Franc-maçons de cette époque. Cet ouvrage à clés expose les trois principes Alchimiques du Sel, du Soufre et du Mercure, en des commentaire Chymiques, mais aussi avec des interprétations Théosophiques des Saintes écritures vue sous le prisme de la Kabbale Chrétienne & de l'Alchimie.
Ils définissaient les bases de leur Ordre comme suit.

1. La Tradition originale Rosicrucienne provenant des Manifestes, (bien que nettement modifiée).
2. Une nouvelle emphase Alchimique. (Provenant généralement de la génération précédente des Rose Croix d'Or).
3. Une sorte de piété Chrétienne très austère.
4. Un lien avec la Franc-maçonnerie en général, les Hauts-Grades de la Maçonnerie Française et Suédoise.

L'Orden Golden und Rosenkreutzer des alten Systems, prit de l'expansion dans toutes les provinces Allemandes, en Autriche, Saxonie, Hongrie, Russie & Pologne. Le premier cercle de Sulzbach, fut transféré à Berlin, et d'autres cercles furent créés à Prague, à Regensburg & à Frankfurt-am-Mainetc, partout où la Franc-maçonnerie comptait des membres intéressés par la Kabbale & l'Alchimie. Chaque cercle ne devant pas excéder 9 membres, les cercles se multiplièrent jusqu'à leur interdiction dans certains états. La Hongrie, la Pologne & la Russie comptaient 27 centres, soit 243 membres ; la Germanie comptait 26 cercles, soit 234 membres, un total de plus de 1000 membres en 1785 à travers toute l'Europe de l'Est. L'Ordre comportait toutes sortes de membres, des plus humbles aux nobles de hauts rangs. Les Grades étaient au nombre de 9.

 

1. Juniores,
2. Theoretici,
3. Practici,
4. Philosophi,
5. Minores,
6.
Majores,
7. Adepti Exempti,
8. Magistri,
9. Magi.


Ces grades seront repris par la suite dans de nombreuses structures Rosicrucienne comme la Societas Rosicruciana In Anglia (S.R.I.A.) & plus tard dans l'Hermetic Order of the Golden Dawn. Cette dernière organistation prétend descendre de la Rose Croix d'Or d'Ancien Système, mais une analyse comparative & systématique des enseignements permet d'affirmer le contraire. Bien que les dirigeants et les fondateurs de la Golden Dawn aient eu accès à certains documents imprimés de la Rose Croix d'Or d'Ancien Système, les fondements même des correspondances entre Alchimie & Kabbale sont totalement différentes, les enseignements Alchimiques de la Golden Dawn étant presque inexistant ou de qualité très médiocre, et les enseignements Kabbalistiques totalement différents. Les seuls faits communs qui les caractérisent étant une structure Para-Maçonnique, une quête des Supérieurs Inconnus permettant d'asseoir leur ancienneté & une certaine autorité sur leurs membres.

Source : http://www.collegium-rosae-crucis.com/historique-collegium-rc-02.html

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La recherche de la Parole perdue

23 Septembre 2012 , Rédigé par G\ H\ Publié dans #Planches


A) - Le devoir et la recherche des devoirs

La notion du DEVOIR, je dirais même la Déontologie, c'est à dire la science des devoirs; répondent à la quête du Maître, à sa recherche de la Vérité et de l'amélioration de lui‑même.

Les Stoïciens nous apprennent déjà qu'il y a trois disciplines auxquelles doit s'être exercé l'homme qui veut tendre à la perfection: "celle qui concerne les désirs et les aversions, celle qui concerne les tendances positives et négatives et d'une faon générale tout ce qui a trait au Devoir, enfin celle qui concerne la fuite de l'erreur, la prudence du jugement «. En ce qui concerne le DEVOIR, (je cite Epictète) : « Je ne dois pas, en effet, être insensible comme une statue, mais observer avec soin ce que réclament les relations naturelles et acquises, comme un homme religieux (c'est à dire " relié "), comme un fils, comme un frère, comme un père, comme un citoyen ».

Dans chacun des trois domaines, c'est une représentation (fantasia) qui est le point de départ de nos réactions et de nos actions. Il s'agit donc de s'exercer à juger de chaque représentation d'une manière qui est JUSTE et appropriée afin de n'admettre que des valeurs vraiment OBJECTIVES (kataleptikai phantasiai).

Pour Kant, ce n'est pas au point de vue " existence " comme phénomène que l'Homme affirme qu'il DOIT accomplir tel ou tel acte, mais au point de vue de son existence comme "ETRE "en soi; la RAISON, forme de la Liberté, ne contredit en rien les nécessités propres aux mécanismes de la Nature. Ainsi la Volonté Bonne se reconnaît dans l'action qui est faite uniquement par DEVOIR et que n'inspire aucune inclination ni aucune vue intéressée.

Il apparaît une certaine relation entre "Devoir " au sens d'avoir " l'obligation de "Devoir " comme marque du " Futur " et " Devoir " au sens d'être en " Dette ", et d'autre part une connexion entre la " Dette " et la " Culpabilité ". Le Devoir est dette quand il est obligation, non seulement de faire ou encore de donner, mais surtout de Rendre, de Restituer (Sacrifice).

LA PAROLE

La Parole au sens sémantique :

Si le langage est une manifestation de la communication qui peut prendre des formes diverses (sourds‑muets, animaux, plantes), la parole est, dans son acception première, la signification du langage articulé; c'est la manifestation VERBALE de la PENSEE. Mais le langage parlé est constitué de mots ; aussi arrive t’il dans la pratique courante que le terme " MOT " devienne synonyme de PAROLE lorsqu'il exprime une PENSEE de façon concise.

L'étymologie Latine nous ramène au mot "paraboles "; sens premier; mais l'origine du mot est à rapprocher également et surtout du terme Grec " LOGOS " qui signifie discours, mot, idée, phrase, intelligence, sens profond d'un être (le mythe, en Grec, c'est le mot lui‑même).

Cette manifestation de la pensée peut également prendre différents aspects comportementaux, sociaux ou culturels, définissant en fin de compte un clan, une tribu, une société, une civilisation. Ainsi le langage ne peut être réduit à une seule fonction; le mot joue et mime le Monde autant qu'il le signifie; à la fonction expressive s'ajoute une nécessité esthétique comme magique: le MYTHE .

La Parole au sens Théologique :

Alain définissait la théologie comme une "science sans recul". Berdiaef insistait de même : "La théologie est une pensée collective".

Elle peut être envisagée comme un évènement culturel contingent, provoqué par la rencontre de la Révélation JUDEO ‑ CHRETIENNE et de la Pensée GRECQUE. Sa naissance coïncide avec l'acte même de la "PAROLE de DIEU "se communiquant librement aux hommes dans une Histoire. En d'autres termes, la théologie est inscrite à titre d'exigence dans la nature même de la Révélation et dans la nature de la Foi comme accomplissement de cette révélation dans la SUBJECTIVITE humaine.

Dès que l'on évite d'identifier avec la Parole de Dieu soit l'écriture soit le DOGME, on comprend mieux le rôle de ces derniers dans l'appropriation progressive par l'ÉGLISE de la plénitude de la VERITE REVELEE. Les critiques et les querelles ne peuvent se comprendre que dans le cadre d'une certaine HISTOIRE: celle de l'Occident Chrétien, celle d'une CULTURE qui s'est donné deux pôles : la RAISON et la FOI. Le dogmatiste fait explicitement appel aux ressources de la pensée philosophique et des sciences humaines pour renouveler le langage de la Foi; la tâche première de l'herméneutique (interprétation des textes anciens et sacrés) étant de "faire parler " la parole de Dieu. Le langage théologique se présente donc comme des signes organisables en un ensemble de propositions qui ne peuvent être comprises qu'en fonction d'un terme clef : DIEU, à l'exclusion de tout autre.

A contrario, la possibilité d'un langage " Religieux " (de " religere ", qui réunit) n'est pas l'apanage d'une " Révélation " dogmatique quelconque. Sa fonction référentielle ou sémantique serait analogue à celle du texte "Poétique ": l'existence du " référent " serait anticipée, elle n'oblige pas le lecteur ou le spectateur à retracer l'Unité de SENS présente chez son auteur, mais tolère et surtout appelle des interprétations diverses; c'est aussi le domaine de la Tradition Orale et du Langage Sacré.

Du Profane au Sacré

Ainsi le mot "PAROLE " recouvre t’il plusieurs acceptions dont nous devons tenir compte et dont la principale, en ce qui nous concerne, est avant tout la TRANSMISSION d'une certaine CONNAISSANCE au travers de certains MYTHES et de certains RITES, le REAA en particulier. La Parole est donc à la fois le véhicule et le moteur de cette transmission, le RITUEL en est le Gardien.
Mais au fil du temps le langage évolue et les mots déforment le sens des idées; la pensée peut s'égarer, le sens disparaître ... c'est le revers de toute Tradition, ORALE ou ÉCRITE : le SENS de la Parole se dilue, s'étire, se transforme, .... et se perd.

Il peut également disparaître parce qu'il n'est plus accessible à une compréhension qui aurait elle aussi évolué ou dégénéré en " Zizanie " ... Or, la Tradition nous donne la Langue, le Mythe nous fait réfléchir au Sens et le Rite nous fait passer du monde Profane au Sacré. Pour nous Francs-maçons, il demeure un langage d'initié qui nous permet une QUETE, celle de la PAROLE PERDUE.

Tout d'abord l'adjectif "Perdue "ne saurait s'appliquer à quelque chose qui a été égaré. La Parole est perdue parce que jusqu'à ce jour nous n'avons pas pu ou su la RECUEILLIR. Elle est sans doute toute proche, mais pour le moment INACCESSIBLE: "Aures habent et non audirent " (ils auront des oreilles mais n'entendrons point) dit Ecclésiaste; ce à quoi il convient d'ajouter: "Oculus habens et non vidèrent" (ils auront des yeux mais ne verront point) compte tenu de l'espace pris par l'image au détriment de la parole dans la communication.

L'expression "Parole Perdue "apparaît pour la première fois dans le Rituel d'Initiation au 4° degré. On notera qu'elle n'est jamais employée seule et qu'elle accompagne les mots: VERITE et LUMIERE.

La notion du Sacré

Selon la Légende, Dieu voulant punir les hommes de leur prétention à monter jusqu'à Lui (la Tour de Babel!) leur fit parler au lieu d'une langue accessible à tous, une multitude de langages, créant la Zizanie ... A s'en tenir au monde profane, c'est peut être aussi cela, la Parole Perdue ! Une parole accessible à tous, quelque soit la langue dès lors qu'elle s'adresse à l' AME et cherche à toucher les COEURS. Mais il arrive que cette parole "commune "soit investie d'une mission particulière: permettre à l'Homme de communiquer avec le SACRE. Il faut entendre ici par " Sacré " tout ce qui présente un caractère TRANSCENDANTAL, religieux ou laïque. Pour cela, selon le vers de Stéphane Mallarmé, il convient de " Donner un sens plus pur aux mots de la Tribu "; la Parole va être magnifiée, le Mot glorifié.

Mais la Parole n'est pas uniquement une prière qui monte de l'Homme vers le Sacré; elle est aussi un moyen pour le " Sacré " de s'adresser à l'Homme. L'aspect est alors essentiellement Religieux, c'est le VERBE: " Car le mot c'est le Verbe et le Verbe c'est Dieu ", écrit Victor Hugo. Cela suppose que l'on soit disposé à CROIRE à une existence divine susceptible de s'adresser directement aux hommes et dans ce cas, ce message peut prendre l'aspect de la Parole.

De tous temps, l'Homme a cherché à communiquer avec le Sacré (Mircea Eliade), parfois dans l'attente d'une RÉPONSE à ses angoisses ou à ses incertitudes, souvent à la RECHERCHE de l'apaisement ou de la réparation (faute ou dette). Cette recherche a pris et prend encore les formes les plus diverses et pas seulement vocales (gestuel, chant, prière, extase, isolement, dépouillement, arts ... etc.) ; nous autres Francs-maçons utilisons gestes et paroles mais aussi les SYMBOLES et la Parole que nous CHERCHONS ne saurait être assimilée au Verbe Créateur, même si d'aucuns pensent qu'elle doit nous venir " d'en haut «.

Le Paradis Perdu

Parmi les évènements avancés pour expliquer que la Parole ait pu être perdue, figure en bonne place la " TRANSGRESSION " d'Adam et la Chute. On peut regretter que l'Église ait cherché longtemps à nous faire prendre le récit de la Genèse au pied de la lettre. D'aucuns le pensent encre ainsi de nos jours, alors qu'à l'évidence il s'agit d'un Mythe c'est à dire d'un récit Fabuleux, peuplé de personnages Symboliques, destiné à mettre en relief certains aspects de la Condition Humaine ... Le mythe d'Adam se doit d'être abordé en premier lieu sous l'angle ESO TERIQUE;l'esprit humain est la recherche d'une explication sur les Origines de l'Homme et de cette Dualité qui est en lui comme issue de l'Unité et sur l'Harmonie qu'il ressent face à la merveilleuse Organisation de l'Univers, c'est à dire sans réponse devant l'éternelle Triple Question: " QUI SOMMES NOUS , D'OU VENONS NOUS, OU ALLONS NOUS ?

« Le Mal n'était pas un élément de la Création car celle‑ci était Bonne ». Seule la Libre Action de l'Homme a introduit le Mal. L`Homme, formé de Poussière et de Souffle, est Enfant de l'ESPRIT tout en étant né de la MATIERE. L'Arbre de la Connaissance porte les fruits du Multiple, de la Dysharmonie.

Pourquoi y a t’il touché ? Par faiblesse, mais plus encore par prétention, par vanité pour s'être voulu l'égal de Dieu. Mais si la " FAUTE " est en nous, tout reste réparable " PAR NOUS ". Le sens de notre combat est de Transformer la DUALITÉ Fondamentale Esprit Matière en Harmonie dans l’UNITE.

Comment ne pas évoquer ici le " Paradis Perdu " de John Milton ! Pour lui, la condition humaine est Bonne, mais quelle que soit la béatitude dont il jouissait au Paradis, l'Homme n'y bénéficiait que d'une liberté "creuse ", sans passé, sans avenir et sans épopée à inventer et à Créer. En renonçant aux chaînes pour la liberté, il a accepté la disparition de cet Eden pastoral où il était Condamné à Vivre. Ainsi, la " Transgression " a fait de l'Homme l'adversaire du Malheur, la Chute à donner un sens humain à l’effort. C'est dans ce combat que l'Homme trouve sa vraie dimension, un combat qui se joue en nous tous, un combat pour gagner notre propre Paradis, pour trouver notre propre " TEMPLE INTÉRIEUR ".


B) - Qu'est‑ce que la Parole Perdue, pourquoi la rechercher, comment la retrouver ?

La science et la Foi

La RELIGION répond aux besoins du Coeur, de là sa MAGIE, la SCIENCE à ceux de l'Esprit, d'où sa FORCE. Mais la Religion sans preuves et la Science sans Espoirs sont debout l'une en face de l'autre et se défient sans pouvoir se vaincre. Qui que nous soyons, de quelque ÉCOLE Philosophique, Esthétique ou Sociale dont nous nous réclamions, nous portons EN NOUS ces deux Mondes ennemis en apparence inconciliables.

A force de MATÉRIALISME, de positivisme et de scepticisme, la fin du siècle est arrivée à une FAUSSE IDES de la Vérité et du Progrès. Car la VERITE n'est pas une accumulation d'un grand nombre de connaissances mais procède de la compréhension des CAUSES et des FINALITÉS ; L'ESPRIT est la seule REALITE, la MATIERE n'est que son expression changeante et EPHEMERE, son dynamisme dans l'Espace et dans le Temps; la CRÉATION est ÉTERNELLE comme la VIE.

L'Homme en tant que MICROCOSME est l'image et le miroir du MACROCOSME UNIVERS. La VÉRITABLE Science de la Sagesse consiste donc à trouver en SOI‑MEME, c'est à dire au fond de sa Conscience, l'image de l’esprit. Sans doute est‑ce pour cela qu'André Malraux a écrit que le XXI° siècle sera Spiritualiste ou ne sera pas.

La Science, enivrée de ses DÉCOUVERTES dans le monde physique, en faisant abstraction du Psychisme et de l'Intellect, est devenue AGNOSTIQUE dans sa méthode et MATÉRIALISTE dans ses Principes et dans ses Fins.

… Et pourtant.

Vers un Futur, vers un Ailleurs

La science moderne, croyant nous offrir des réponses, nous apporte autant de nouvelles QUESTIONS. La Parole Perdue relèverait telle davantage du patrimoine cosmique de l’UNIVERS que d'une pensée mystique qui marquerait la naissance de l'espèce humaine ?

La VIE n'est pas le privilège de la Terre, elle nous vient d'ailleurs. Déjà tous les corps simples que nous connaissons ont leur origine dans ces gigantesques creusets que constituent certaines étoiles mourantes qui, en explosant, apportent et ont apporté jadis leurs moissons d'atomes et notre système Solaire est sans doute né des conséquences de l'explosion d'une Supernova quelques millions d'années auparavant. Nous ne pouvons donc plus raisonner en plaçant la Terre et l'Homme au CENTRE de la Création :
Pour certains, l'Univers est né SANS l'Homme et mourra également sans lui. Pour d'autres, l'Univers est né pour qu'un jour l'Homme puisse se poser la Question, la Finalité observable ou non ... Dès lors, les questions auxquelles il conviendrait de donner des réponses sont: Le Big-bang est‑il un commencement ou sinon qu'y avait‑il avant ? L'Univers aura t’il une fin ou un éternel recommencement ? Quelle est la nature du temps et surtout y a t’il une flèche du TEMPS ? ... Tout cela présuppose t’il l'existence d'un PRINCIPE CRÉATEUR ? (Stephan Hawkins, Hubert Reeves, Jacques Monod, Louis Pauwels, Ila Prigogine, ... etc.) . A partir du moment où l'on inscrit l'irréversibilité dans les Lois de l'Univers, nous sommes devant des Futurs POSSIBLES et non des Certitudes. Ces théories modernes, au lieu de nous transmettre un message d'impuissance, nous ouvrent au contraire, si faible soit‑il, un espace de LIBERTÉ. Si la Nature est un faisceau de QUESTIONS, l'Homme est un faisceau de RÉPONSES.

Les " Mauvais Compagnons "sont ceux qui au nom des Dogmes, condamnent les hommes qui se sont voués à la RECHERCHE de la Connaissance. Nombreux sont ceux qui ont été frappés ainsi pour n'avoir pas voulu admettre une vérité à laquelle ils ne croyaient pas; depuis Galilée à ... Teilhard de Chardin, par exemple, dont les idées novatrices n'ont pu franchir les portes du Concile Vatican II. Teilhard n'a eu de cesse de concilier les enseignements de l'Église avec une réalité scientifique incontournable. Tâche ardue s'il en fut, mais combien novatrice et enrichissante. Il part du phénomène de COMPLEXIFICATION du phylum humain (ensemble de l'espèce) pour aboutir à un réseau de COMMUNICATION des pensées humaines centrées sur un point " OMÉGA " qui pourrait bien, après tout, être la Parole Perdue ou encore une manifestation de l'Infini ("ein soph") ... à moins que ce ne soit le Grand Architecte ?

COMMENT ?

(Ou..., se poser la question, c'est trouver la réponse.)

La Tradition Initiatique

Comment pouvons nous espérer retrouver la Parole Perdue ? Par l’initiation. Pour nous Francs-maçons, l'Initiation est d'abord un RITE. Le Rite nous place hors du TEMPS, un temps qui n'est ni linéaire ni cyclique mais lié à l'éternité. C'est la raison pour laquelle le Rite est lent et propre à faire naître la réflexion, la MÉDITATION, la pensée, la prière. Mais le Rite a pour objet essentiel de mettre le postulant en état de recevoir un MESSAGE ; il ne saurait être une fin en soi. Ce message, c'est le MYTHE qui le véhicule; le Mythe c'est lors de notre entrée en Maçonnerie, celui de la MORT à la vie profane et de la NAISSANCE à une vie SPIRITUELLE, repris d'une manière plus élaborée dans le Mythe d' HIRAM, au 3` degré, puis dans les degrés concernant les 2° et 3° classes.

C'est au travers les Rites et Mythes que la TRADITION MACONNIQUE nous fait parvenir les images symboliques de la VERITE qu'elle s'efforce de nous TRANSMETTRE. C'est à travers eux que la tradition balise notre ROUTE.

La Tradition est le propre d'un ORDRE qui donne la primauté à la CONNAISSANCE MÉTAPHYSIQUE et qui propose de parvenir à la réalisation des êtres en leur faisant gravir les degrés successifs de l’Initiation. René Guénon est explicite à ce sujet: "C'est la prise de conscience effective des états supra individuels qui est l'objet réel de la métaphysique ou, mieux encore, qui est la métaphysique elle‑même ".

Cette connaissance est INTRANSMISSIBLE en fait parle langage VERBAL, instrument de la pensée discursive et rationnelle. Cette connaissance INEFFABLE, inexprimable en elle‑même, ne peut trouver d'expression que par l'intermédiaire du langage SYMBOLIQUE, pouvant conduire à une réalité supra humaine.

L'Initiation nous offre l'instrumentation privilégiée pour accéder à la Tradition, c'est à dire sa PAROLE ; langage vivant, plein de mystères et de poésie. Toute Vérité complexe et AUTHENTIQUE comme le Vivant s'exprime donc à travers des symboles qui sont le SUPPORT de l'élément constitutif de la Tradition. Ces Symboles sont en fait des réalités vivantes ainsi que des sources d'Energie quand ils s'expriment sous la forme d' ARCHETYPE au travers de notre CONSCIENCE.

Mais l'Initiation nous apporte également ses Mythes, c'est à dire l'ensemble des symboles que l'initié va revivre au cours des récits traditionnels qui lui seront proposés à chaque étape de la VOIE Initiatique. Le REAA va développer tout au long de ses étapes, qui vont de la Maîtrise aux Loges de Perfection, le mythe d'Hiram. Il importe de rappeler que la Légende est à la fois un CONTE : celui de la Recherche de la Parole Perdue, et un MYTHE : celui de la Mort et de la Renaissance. Le nouveau Maître se situe ainsi entre l'Equerre et le Compas, entre le Ciel et la Terre; il sera alors susceptible de RECHERCHER la Vérité et la PAROLE PERDUE, indissociables l'une de l'autre; mais bien qu'en possession des Symboles et des Mythes de la Tradition, il n'est pas pour autant capable d'accéder seul à cette recherche.

Le Mythe

Le Mythe sera envisagé ici comme une forme de DISCOURS qui élève une prétention au SENS et à la VERITE ; comme la philosophie est cet autre lieu du discours où la question du Sens et de la Vérité se trouve posé radicalement (La Vie a‑telle un Sens ou bien la Vie est‑elle LE SENS ?) qu'en est‑il de la prétention d'un mythe par rapport au discours philosophique ?

Le fait initial d'où procèdent toutes les discussions est que le Mythe se prête à deux évaluations opposées, comme si deux intérêts contraires de la Raison s'y trouvaient affrontés. D'un côté la Raison condamne le Mythe, elle l'exclut et le chasse; entre " MUTHOS et LOGOS ", il faut choisir (Platon, La République). L'hostilité de la philosophie est de principe: chercher le fondement, la raison d'être, exclut que l'on raconte des histoires. Il faudra donc tenir les mythes pour des ALLEGORIES, c'est à dire pour un langage INDIRECT où d'authentiques vérités physiques et morales sont DISSIMULEES. Saisir des vérités sous le vêtement du Mythe, c'est du même coup rendre inutile l'enveloppe, une fois celle‑ci percée à jour (Stoïciens).

Le PARADOXE de cette lutte est qu'elle n'en a jamais fini avec l'adversaire. Platon lui‑même écrit ses mythes; sa philosophie procède du Mythe Orphique et, d'une certaine façon, y retourne. Quelque chose nous dit cependant que la Mythe ne s'épuise pas dans sa fonction EXPLICATIVE, qu'il n'est pas seulement une manière "préscientifique " de chercher les CAUSES et que la fonction Fabulatrice elle‑même à valeur PRÉMONITOIRE et EXPLORATOIRE à l'égard de quelque dimension de la VERITE, qu'il ne s'identifie pas avec la Vérité Scientifique.

Kant, Schelling, Bergson, Hegel ou Heidegger ont une réflexion commune à ce sujet, qui pointe vers une Fantastique TRANSCENDANTALE dont le Mythe serait seulement une émergence. Telle est l'antinomie : d'un certain point de vue "Mut Hos et Logos " s'opposent; d'un autre, ils se rejoignent, selon la vieille étymologie qui identifie " Mut Hos " et PAROLE.

Le Symbolisme du Maître Secret

C'est avant tout l'acquisition de la Connaissance et de la prise de conscience de la LIBERTÉ SPIRITUELLE, de l'environnement Cosmique, des REGLES qui conditionnent toute Action: Justice et Devoir.

Au terme de ses 4 voyages, le Maître est alors confronté à la nécessité impérieuse d'accomplir le DEVOIR jusqu'au SACRIFICE. Or cette route du Devoir, bien qu'elle soit ouverte sur les Labyrinthes de l’Erreur, l'Initié pourra la suivre sans crainte de se tromper s'il se conforme à ce qu'on lui a appris : " Garder le Secret, être Obéissant, rester Fidèle ". Ces affirmations catégoriques ne sont pas sans réveiller en chacun d'entre nous des résonances particulières et même et surtout des questions

Garder QUEL SECRET ? Être OBÉISSANT à QUI ? Demeurer FIDELE à QUOI ?

…La réponse est dans le Rite et dans le Mythe: Garder le Secret du Langage et de notre Tradition, être Obéissant à nos Règles Initiatiques et demeurer Fidèle à notre démarche vers la Lumière, la Connaissance et l'amour. La Connaissance impli­quant de surcroît le Devoir de partager et de TRANSMETTRE.

A ce degré, à la question " Qu'est‑ce que le Devoir ? ", le Rituel nous répond que c'est la RECHERCHE de la Parole Perdue; cela veut dire que toute une PARTIE de la connaissance Primordiale nous a été ravie et que notre Devoir, au cours de notre quête Initiatique, va consister à RETROUVER cet état édénique ou l'être avait une connaissance immédiate des choses.

Le Rituel du 4 ° insiste tout particulièrement sur la nécessité de l'Initié à se rendre LIBRE, or CHERCHER c'est se rendre libre, à l'image de la Réalité qui est elle‑même une Question. La Connaissance est un rapport entre un OBJET et un SUJET, entre quelque chose d' EXTERIEUR à l'Homme et l'Esprit humain; mais de ce rapport nous ne connaissons que la sensation qu'il nous cause; cela sous‑entend que les éléments de la connaissance vont être erronés par nos sens et ne nous donnerons qu'une vision APPARENTE des choses.

La Connaissance Véritable ne pourra être atteinte qu'après un extraordinaire effort d’unification, aboutissant à la suppression de la DUALITE qui est en nous. Le chemin est difficile car notre acquit intellectuel s'est fait sur le mode discursif et logique excluant l'intuition et l’analogie. Mais l'Homme n'est pas déterminé, il est Libre, dans ce monde des interactions, de manifester sa présence; dans le champ apparemment clos de la Vie, de la naissance à la Mort, l'Homme épouse ou non cette Liberté; il devient ou non une FORCE agissante qui le conduira à la réalité pour lui rappeler qu'il est réellement un fils du CIEL et de la TERRE.

Le Rituel

"De ce qui n'aurait pu être qu'un fatras de mots et d'idées est né un Rituel Initiatique qui a su sélectionner et ordonnancer les seules notions qui, éprouvées par l'usage du temps, semblaient contenir des vérités immuables, incontestables, peut‑être parce qu'il s'agissait de vérités éternelles, parcelles éclatantes de l'Ineffable Vérité, de l'Eternelle Lumière " (Bernard Martinez).

" Vous ne prendrez pas les mots pour des idées et vous vous efforcerez toujours de découvrir l'Idée sous le Symbole ", nous dit clairement le Rituel du 4° degré. Allons donc, au travers des Mots, à la Recherche des IDEES.

‑ Quant aux CAUSES :
" Vous ne Comprenez pas bien parce que vous ne Voyez pas bien " ... "La Franc-maçonnerie vous a tiré de la Servitude et de l'Erreur "... "La Vérité Absolue est Inaccessible à l'Esprit humain " ... " Nous déplorons la Perte de la Vraie Parole " ... "Qui Voyage ainsi ? ... Des V.M. qui Recherchent la Parole Perdue "...

‑ Quant aux PRINCIPES :
" Malheur à ceux qui aspirent à ce dont ils sont indignes " ... "Etes‑vous prêt à faire votre Devoir "... " La Parole Perdue c'est la Connaissance de Devoir Complet " ... "Nous devons donc inlassablement Rechercher la Vraie Parole "... " Nous ne devons pas Attendre le jour où nous la connaîtrons " ...

‑ Quant aux MOYENS :
" Le Devoir est la grande Loi de la Franc-maçonnerie " ... "La route du Devoir mène Sûrement à la Vérité "... " Si vous Voulez Trouver la Vraie Lumière et la Parole Perdue " ... "La Connaissance est un Bien Héréditaire qui se Transmet "... "Appliquons nous à nous perfectionner sans cesse "... et : " La meilleure pierre de touche du Devoir est l'exigence d'un Sacrifice" ...

Non seulement le Rituel nous indique CLAIREMENT la VOIE à suivre :

LE DEVOIR ! mais encore nous donne t’il les MOYENS de nous accomplir au travers de nos actes et de nos pensées en alimentant notre CONSCIENCE de la Justice, la Liberté, l'Objectivité, la Recherche, la Compréhension, l'Humilité et l'Amour.

"L'Homme est un Pont et non un But ", disait Nietzsche, en serait‑il de même de la Parole ? La retrouver est‑il le seul but, le seul Devoir ? Ou devons‑nous accomplir d'autre devoirs ? A l'évidence, s'il s'agit de notre principal Devoir, nous ne devons pas pour autant négliger de TRANSMETTRE à la fois ce que nous avons reçu mais également le fruit de nos recherches, même si nous n'avons pas " trouvé " !

C - Conclusions

Le caractère inaccessible à l'Homme de la VRAIE LUMIERE n'interdit pas pour autant la recherche de LA PAROLE PERDUE ni son "approche "par une tentative permanente de rassembler en nous ce qui est épars.
Ecouter sa nature Terrestre, l'appel à la multiplication des désirs dont l'intellect est l'agent et écouter sa nature "Divine ", l'appel de l'esprit. Le sens de la recherche de l'Homme est d'assumer la nouvelle étape évolutive, d'assumer consciemment la réconciliation de la MATIERE et de l'esprit. Puisque c'est au pied du mur que l'on reconnaît le Maçon, nous croyons fermement que ce n'est pas, en ce qui concerne la Franc-maçonnerie "spéculative", la façon dont on construit le mur qui importe (car nombreux sont les murs qui, à notre sens, doivent être abattus surtout ceux de l'ignorance, de l'indifférence et de la haine) mais avant tout celle dont on le " franchit " pour que d'autres connaissent un " ailleurs «.

Tel est le lot de l'espèce humaine qui, à l'instar du sens que nous offre parfois l'exemple de certains animaux, dépasse son propre instinct de conservation ; l'homme ne l'accomplit pas cependant pour la survie de l'espèce mais pour celle de ses " IDEES " nourriture Spirituelle indispensable à notre propre essence ; Idées, mots, discours, sens, paroles ...ou "Parole " , "Logos ", " Mut Hos ", " Vav ", " Souffle " ; tout cela est en nous mais incommunicable, inexprimable.

Les Mythologies ne sont pas des productions individuelles, elles sont "explosion "sur individuelles, rêve sur conscient de la Vérité nous rendant capable de saisir sans explication la signification sous‑jacente. La SYMBOLIQUE, connaissance intuitive du fonctionnement psychique répond à la question que se pose l'Homme :

" Que dois‑je faire de ma Vie " ? La réponse est dans le retour à l’UNITE, réunion harmonieuse entre monde intérieur et monde extérieur. La recherche de l'HARMONIE unité dans la multiplicité, est le sens évolutif à donner à la Vie (Paul Diel).

Le propre de notre imagination créatrice, au travers du Mythe et du Rite, est de retrouver une Secrète signification nous concernant; sans vouloir convaincre logiquement, le Mythe agit sur notre émotivité profonde et même sur nos culpabilités refoulées. Ici également la figuration métaphorique, laissant deviner un sens caché, intensifie le saisissement émotif, à condition toutefois que le procédé symbolisant ne soit pas artifice trompeur.

Encore faut‑il que le Rite ne couvre pas le Mythe et que l'Initié y adhère PLEINEMENT, du fond de son âme, sinon tout cela ne serait qu'un jeu sans portée, voire une mascarade. L'Initiation se vit profondément, intensément, ou alors elle n'est pas. Elle est le COMMENCEMENT d'une Recherche personnelle, d'une Quête, qui vont durer TOUTE LA VIE Maçonnique.

Si nous devons connaître un jour la Parole Perdue, ce sera le fruit d'un TRAVAIL incessant d'Unification, car si notre marge de manœuvre paraît faible, nous ne devons jamais pour autant rester inactifs, face à un déterminisme redoutable. Forts des Règles que nous impose notre Rite, de l'élévation de pensée que nous apporte la Tradition, forts de cette sublimation que nous confire l'Initiation, continuons sans désemparer l'effort de réflexion que nous avons entrepris dans nos Loges. Même si nous n'en percevons pas encore les prémices, même s'il nous faudra encre patienter peut être longtemps avant de recueillir la Vraie Parole, travaillons et persévérons car : " Il n'est point besoin d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer «. (Le Taciturne).

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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L'escadrille Normandie Niémen

22 Septembre 2012 , Rédigé par Yves Donjon

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Jours sombres pour la France dont l'armée a été vaincue deux ans plus tôt en quelques semaines.
Néanmoins, certains Français ne se résignent pas à la défaite. Les forces de la France Libre continuent la lutte aux cotés des Anglais. En Egypte, en Syrie, au Liban, au Tchad, en Libye, dans les Iles du Pacifique, sur terre, sur mer et dans les airs, l'armée française est présente.
Le général de Gaulle décide qu'une unité d'aviation de chasse française sera présente sur le front de l'Est. Il existe déjà deux groupes de chasse dans les F.A.F.L.,"Alsace" et "Ile de France". Le troisième groupe s'appellera "Normandie".
Après de longues négociations avec l'U.R.S.S., le groupe constitué à Rayack au Liban, rejoint après un long périple, la base d'Ivanovo, ville située à 250 km au nord-est de Moscou.
60 militaires français dont 14 pilotes de chasse et 1 pilote de liaison, tous volontaires, vont représenter la France sur le sol soviétique pour combattre le nazisme. L'instruction des Français durera du 2 décembre 1942 au 14 mars 1943.
Il faut se familiariser avec la langue et surtout s'adapter aux conditions climatiques très difficiles de l'U.R.S.S. Les Soviétiques, malgré les difficultés économiques liées au conflit, font le maximum pour aider ces combattants venus de l'Ouest. La vie est très dure pour tous (température descendant jusqu'à -30° ayant une incidence directe sur l'entretien des avions) nourriture, difficultés d'adaptation pour les pilotes pour naviguer et retrouver leurs terrains dans ces énormes étendues enneigées. Parmi les différents types d'appareils, dont certains anglais ou américains, proposés par le commandement soviétique, et après les avoir tous testés, le commandant Tulasne et Albert Littolff arrêtent leur choix sur le "Yak" ce qui va droit au cœur des Russes. Les versions successives du "Yak" satisferont toujours les Français.
Le 19 mars 1943, le général Petit, chef de la Mission Militaire Française à Moscou, et le colonel Levandovitch du Commandement Supérieur des Forces Aériennes de l'Armée Rouge inspectent pendant deux jours "Normandie". De cette inspection, il est établi que : "Par ses qualités militaires et morales, cette unité est prête pour partir sur le front".
L'aventure du "Normandie" commence et la première campagne se déroule du 22 mars au 6 novembre 1943.
Pendant cette première campagne, les 15 premiers pilotes et les 22 pilotes de renfort vont, parfois au prix du sacrifice suprême, impressionner très favorablement le Commandement des Forces Aériennes Soviétiques.
Les exploits et la fougue de nos pilotes en combat aérien vont faire l'objet d'un modèle de tactique qui va être cité en exemple et même copié par leurs homologues aviateurs soviétiques. Le "Normandie" est à la pointe du combat. Les missions consistent notamment à escorter les bombardiers "Pe-2". La chasse ennemie du secteur est assurée par la très fameuse "Jagdgeschwader 51 Mölders".
Les combats vont succéder aux combats, toujours plus âpres aux cours desquels les victoires vont s'accumuler mais avec leur inévitable lot de pertes. Celles-ci vont devenir si importantes que des renforts seront nécessaires. Ils arriveront à compter du 10 mai 1943.
Le 19 juin, pour la première fois, la Pravda publie le nom de cinq officiers français décorés de "l'Ordre de la Guerre pour la Patrie".
Le 14 juillet, "Normandie", unité minuscule sur l'immensité du territoire soviétique, voit flotter le drapeau français lors d'une prise d'armes de dix minutes entre Français et Soviétiques.
Trois jours plus tard, c'est au tour du commandant Tulasne de ne pas rentrer. Il sera remplacé à la tête de "Normandie" par le commandant Pouyade tandis que le sous-lieutenant Albert et le capitaine Préziosi obtiennent la 30ème victoire du groupe.
L'effectif des mécaniciens français était insuffisant, aussi un complément fut réclamé. Non seulement la France Libre n'était pas en mesure d'y faire face, mais en plus elle demandait du personnel mécanicien en vue de la mise sur pied de nouvelles unités, suite à la libération de l'Afrique du Nord. Au mois d'août 1943, l'ensemble du personnel technique français fut muté au Moyen-Orient et remplacé par du personnel soviétique. C'est ainsi que "Normandie" perdit ses compagnons de la première heure.
33 pilotes arrivent en renfort du 22 décembre 1943 au 28 février 1944, puis 18 autres en mai.
"Normandie", qui compte maintenant 4 escadrilles, est, à juste titre, considérée comme unité d'élite. Le groupe est désormais la seule unité de chasse française connue à ce jour à porter l'appellation de "Régiment" et à être pourvue d'un drapeau. L'unité, qui compte alors 61 pilotes, entre dans sa deuxième campagne.
Deuxième campagne de mai à novembre 1944.
Les actes de bravoure deviennent le quotidien des aviateurs français. Notons lors de cette deuxième campagne, les fastes journées du 16 octobre pour "Normandie" qui, en cent sorties, s'octroie 29 victoires sans une seule perte.
Deux jours plus tard, en quatre vingt huit sorties, les casseroles d'hélices tricolores abattent 12 avions. Le 20 octobre, soixante-neuf sorties, 11 victoires, le 22, cinquante-six sorties et 14 autres victoires sans perte.
Le 27 novembre 1944, "Normandie" a le privilège d'être la première unité française à stationner sur le sol allemand.
Le lendemain, les lieutenants Albert et de la Poype sont élevés à la dignité de "Héros de l'Union Soviétique". Auparavant, par ordre de Staline, l'unité reçoit le titre de "Régiment du Niémen" le 21 juillet 1944.
A compter de ce jour, 21 juillet 1944, "Normandie" portera fièrement l'appellation de "Régiment Normandie-Niémen".
Le 9 décembre, le général de Gaulle accueille à Moscou tous les pilotes du "Normandie-Niémen" qui reçoivent honneurs et décorations.
Troisième campagne de janvier à mai 1945.
Le 12 janvier, le rouleau compresseur soviétique se remet en marche sur la Prusse Orientale et la Pologne. Les chars soviétiques se battent à 7 contre 1, l'aviation à 18 contre 1.
Le lieutenant-colonel Pouyade, victime d'un accident de voiture, laisse son commandement au commandant Delfino.
Les anciens partent en permission et le 23 décembre 1944, le lieutenant Marchi remporte la 200ème victoire.
Les 19, 21 et 23 janvier 1945, l'héroïsme du "Normandie-Niémen" est récompensé par trois citations à l'ordre du jour du maréchal Staline.
Le 21 février, il ne reste que 25 pilotes. Le 20 mars, le "Normandie-Niémen" se voit remettre "l'Ordre du Drapeau Rouge".
Le 12 avril, le lieutenant Henry abat un "Fw 190", ce qui sera la dernière victoire du "Normandie-Niémen". Hélas, quelques heures plus tard, ce même pilote en sera la dernière victime, tué par un mitraillage au sol.
Le 9 juin 1945, considérant le comportement exemplaire des pilotes français sur le front soviétique, le maréchal Staline estime qu'il serait injuste de les désarmer. I
l leur fait don de leurs avions "Yak 3" qui se poseront le 20 juin au Bourget devant une foule énorme venue les accueillir en héros.
Ainsi se termine l'épopée commencée le 22 mars 1943. Le "Normandie-Niémen" a obtenu 273 victoires confirmées, 37 probables et 47 avions endommagés en 869 combats aériens.
Quatre pilotes ont été élevés à la dignité de "Héros de l'Union Soviétique".
Vingt et un ont été faits Compagnons de la Libération par le général de Gaulle.
Quarante-deux pilotes français sont morts pour la France sur un total de quatre-vingt-dix-sept qui participèrent aux trois campagnes.
Leurs noms sont inscrits sur une plaque commémorative scellée sur la façade de la maison de la Mission Militaire Française à Moscou, quai Kropotkine.
Un musée inauguré le 21 septembre 1992, aux Andelys (Eure), retrace cette fabuleuse épopée.
Quand vous visiterez ce musée, unique en France, je pense que vous serez pris comme moi par une espèce de culte pour toute l'abnégation, l'héroïsme, les joies, les peines, les sacrifices que représentent ces souvenirs que nous nous devons de citer en exemple aux jeunes générations.
 
Photo du Yak 3 au meeting aérien de Rennes le 22 septembre 2012 
 
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La Grande Loge de France confirme que les discussions sont engagées avec les 5 obédiences européennes et la GL-AMF. Point de vue officiel et explications.

22 Septembre 2012 , Rédigé par Jean-Laurent TURBET Publié dans #histoire de la FM

Contrairement à certaines rumeurs qui se propagent sur divers réseaux sociaux (il faut toujours faire attention aux rumeurs et il faut s’appuyer sur les faits vérifiés que l’on peut ensuite analyser), les discussions évoquées dans la « Déclaration de Bâle » du 10 juin 2012 entre la Grande Loge de France (GLDF - plus de 33 000 membres) et les 5 Grandes Loges Européennes (Grande Loge d’Autriche, Grande Loge de Belgique, Grandes Loges Unies d’Allemagne, Grande Loge du Luxembourg, Grande Loge Suisse Alpina) ont bel et bien commencées. La Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF - environ 13 000 membres) obédience récente issue de la GLNF se joint à cette discussion qui se mène en France sous la direction de la GLDF.

Le 12 septembre dernier (le jour même ou la Grande Loge Unie d’Angleterre rompait définitivement avec la GLNF) les 5 obédiences européennes rencontraient à Bruxelles les frères de la GLDF et de la GL-AMF pour officialiser le début des discussions.

Elles avaient publié le communiqué suivant :

A toutes les Grandes Loges en amitié,

Faisant suite à la « déclaration de Bâle » du 10 juin 2012, les Grands Maîtres des cinq Grandes Loges ont rencontré ce jour, les représentants de la Grande Loge de France et de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française.

Les conclusions suivantes ont été établies :

Les négociations mentionnées dans la « Déclaration de Bâle » ont été engagées de manière officielle et formelle, et celles-ci traiteront dans un futur proche, des questions majeures suivantes :

· Le développement d’un projet crédible et équilibré de structure institutionnelle pour une nouvelle entité maçonnique régulière en France, développement qui sera de la seule responsabilité des frères Français ; les cinq Grandes Loges restant disponibles pour faire part de leur expérience en la matière et apporter leurs recommandations et aide si elle est requise.

· La reconnaissance éventuelle de cette entité, sachant que tous ceux concernés ont connaissance de ses critères et des pré-requis en jeu.

Un programme recevant l’accord des participants, a été établi ; il intègre des évaluations intermédiaires ainsi qu’une première évaluation globale des résultats pour décembre 2012.

Enfin, tous les participants ont partagé la même préoccupation à intégrer tous les Frères, qui, sincèrement, souhaitent participer à la reconstruction de la maçonnerie française régulière. A cet effet, les cinq Grandes Loges se réservent la possibilité de prendre les contacts adéquats.

Bruxelles, le 12 septembre 2012.

Grand Lodge of Austria A.F. & A.M., M. W. Bro. Nikolaus Schwärzler, GM

Regular Grand Lodge of Belgium, M. W. Bro. Eli Peeters, GM

United Grand Lodges of Germany, M. W. Bro. Rüdiger Templin, GM

Grand Lodge of Luxembourg, M. W. Bro. Paul Geisen, GM

Grand Lodge Alpina of Switzerland, M. W. Bro. Jean-Michel Mascherpa, GM

Fait nouveau : La Grande Loge de France vient de faire parvenir aux frères de cette obédience maçonnique une circulaire en date du 14 septembre qui fait le point sur l’état des discussions en cours et qui confirme la déclaration du 12 septembre des 5 Grandes Loges.

Le Grand-Maître Marc HENRY, comme le Passé Grand-Maître Alain-Noël DUBART ont toujours exprimé le souhait que les Frères de la Grande Loge de France soient informés clairement tout au long de la procédure de discussion. Evidemment elle sera validée par le Convent de la GLDF.

Voici le texte de cette Circulaire :

Circulaire Générale n° 7 - Année 2012/2013

Paris, le 14 septembre 2012

Il nous revient de vous faire part de l'évolution de nos relations avec les obédiences européennes, compte tenu par ailleurs d'un certain nombre de déclarations dont vous avez sans doute déjà pris connaissance.

La Grande Loge de France, après le vote du Convent du vendredi 15 juin 2012, a naturellement informé les 5 Grandes Loges Européennes avec lesquelles des contacts avaient été établis, de sa volonté de répondre favorablement à la Déclaration de Bâle du 10 juin 2012 et d'assurer le rôle majeur qui lui est reconnu dans la recomposition souhaitée du paysage maçonnique en France.

La Grande Loge de France a noté avec satisfaction la volonté clairement exprimée par les 5 Grandes Loges Européennes (Déclaration de Berlin du 28 juillet 2012), de s'opposer à la création en France de districts souchés sur des obédiences étrangères.

La position des 5 Grandes Loges Européennes est confortée par la rupture des relations entre la Grande Loge Unie d'Angleterre et la GLNF, ce dont la Grande Loge de France prend acte.

La Grande Loge de France confirme que les discussions avec les 5 Grandes Loges Européennes ont officiellement commencé ce mercredi 12 septembre à Bruxelles pour, au préalable, en fixer le cadre institutionnel, puis en déterminer le calendrier.

La Grande Loge de France a rappelé et fait acter que, conformément au vote du Convent, les échanges à mener en France, relevaient exclusivement des Frères et des obédiences françaises.

Dans cette perspective la Grande Loge de France invite dès à présent et sans exclusive les obédiences françaises, qui sont déjà inscrites dans le respect des Landmarks, à explorer avec elle les diverses voies d'évolution possibles.

La Grande Loge de France invite aussi sans exclusive les structures, déjà créées ou se créant, et les Frères en provenance de la GLNF à travailler avec elle sur ce nouveau chantier.

Signé :

Marc HENRY, Grand Maître

Alain-Noël DUBART Passé Grand Maitre

Alain PIGEAU Passé Grand Orateur

Jean-Jacques ZAMBROWSKI Grand Chancelier

 

Voici donc un nombre de point clarifiés :

 

- Ce sont bien les français et eux-seuls qui sont habilités à construire la nouvelle structure.

- C’est la Grande Loge de France qui est l’obédience maçonnique française à qui il est confié la mission de construire cette nouvelle structure.

- D’autres obédiences françaises, récentes ou non, sont invitées à se joindre à la discussion. La GL-AMF est d’ores et déjà partie prenante.

- Il faut éviter la balkanisation des obédiences créées par la dislocation de la GLNF et leur éparpillement. Si il y a création de plusieurs obédiences après l’explosion de la GLNF, la nouvelle structure en construction autour de la GLDF a vocation à les rassembler. Et ce, sans délai.

- Les frères qui quittent ou ont quitté individuellement la GLNF et qui ne souhaitent pas rejoindre une nouvelle obédience issue de la GLNF sont appelé à rejoindre tout de même le mouvement.

- Les obédiences issues de la GLNF sont clairement invitées.

- C’est donc bien d’une fédération de Grandes Loges qui sera reconnue, sous la conduite de la Grande Loge de France, qui est privilégiée. Chaque Grande Loge gardera donc son histoire et sa spécificité. Il est très important pour les frères de la Grande Loge de France que l’aspect mono-rite de la GLDF (autour du Rite Ecossais Ancien & Accepté) soit préservé ainsi que son organisation démocratique directe.

- Les autres obédiences qui existent depuis longtemps sont également invitées à participer à la discussion. La question ne manquera pas de se poser aux frères de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO) de la Loge Nationale Française (LNF) du Grand Prieuré des Gaules ou d’obédiences issues de la GLNF comme la GLISRU.

Voilà pour les obédiences en tant que telles.

- Mais il n’y a aucune exclusive : Il est clair aussi que les frères du Grand Orient de France qui travaillent « selon les landmarks », en résumé ceux qui travaillent à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, avec le Volume de la Loi Sacrée sur l’autel des Serments (ou qui souhaitent à l’avenir travailler de la sorte) - et il y en a beaucoup plus qu’on ne le croit au GODF - sont également appelés par ces déclaration à se joindre au grand mouvement de refondation de la maçonnerie de Tradition en France.

La dynamique est lancée depuis le mois de juin 2012 mais elle connaît un vrai coup d’accélérateur en cette rentrée (comme je l’avais annoncé avant les vacances).

Le calendrier se dévoile même peu à peu puisque les 5 Grandes Loges parlent d’« évaluations intermédiaires ainsi qu’une première évaluation globale des résultats pour décembre 2012 ».

Là encore c’est un calendrier extrêmement serré. On peut aisément imaginer un rapport d’étape relativement complet pour la tenue de Grande Loge de la GLDF et décembre et un vote au Convent de juin 2013. Ce qui serait le calendrier le plus rapide jamais connu.

Mais la volonté et là et l’envie de construire une structure nouvelle, durable, traditionnelle, claire et démocratique est aujourd’hui sans faille.

Nous aurons, à n’en pas douter, des nouvelles dans quelques semaines….

Source : http://www.jlturbet.net/article-la-grande-loge-de-france-confirme-que-les-discussions-sont-engagees-avec-les-5-obediences-europeenne-110249841.html 

 

Commentaire : quand je lis cet article je pense que toute Loge qui quitte la GLNF devrait aller à la GLDF. C'est cette obédience qui va prendre le leadership de la "recomposition du paysage maçonnique français" et non des officines issues de la GLNF qui ne représenteront rien par rapport aux 33000 Frères de la GLDF. Bien sûr, et c'est normal, la GLDF met les formes et "invite" les autres obédiences, mais il est très clairement précisé que ce sera la GLDF , sûrement avec l'appui du SCDF, qui aura "la mission de construire cette nouvelle structure" et aucune autre obédience ne pourra l'en empêcher. Je pense aussi qu'en invitant les Frères du GODF qui travaillent à la Gloire du GADLU et avec le VSL ouvert en Loge, la GLDF prépare sa rupture en matière d'inter-visites avec le GODF, ce qui était un point de désaccord complet avec la GLUA.

Finalement ce qui va se passer est très simple : la GLDF va créer sous son autorité une Fédération de Loges travaillant selon les landmarks, va rompre avec une partie du GODF et va obtenir la reconnaissance de la GLUA.Tant pis pour ceux qui sont en train de rejoindre des "petites obédiences", s'ils ne rejoignent pas la Fédération initiée par la GLDF et donc s'ils n'acceptent pas de perdre une partie de leur autonomie, ils resteront marginalisés . Ils perdront du temps et de l'argent. Mais c'est toujours plus facile de de rien voir ni de rien entendre. Avant le Franc-maçon ne savait "ni lire ni écire", maintenant et en plus, il ne sait "ni voir ni entendre". L'explosion de la GLNF a fait un maximum de dégats!

Pour avoir visité plusieurs fois une Loge de la GLDF, je peux dire que la qualité des travaux est impressionnante et je recommande aux Frères qui veulent quitter la GLNF d'aller d'abord visiter une RL de la GLDF et ensuite de rejoindre une autre obédience surtout si celle-ci est en formation.

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La Parole perdue

22 Septembre 2012 , Rédigé par C T

La franc-maçonnerie a pour but de rechercher la Vérité et de retrouver la Parole Perdue.

Si nos travaux ont tenté quelquefois de nous rapprocher de la Vérité, en ce qui concerne les faits matériels, ils se préoccupent rarement de rechercher les causes et de remonter jusqu'à la Vérité absolue; mais pour ce qui a trait à la découverte de la Parole Perdue, il ne nous souvient pas d'avoir été témoin d'un effort collectif pour retrouver ses traces, et nous doutons même que cette expression ait conservé un sens précis pour beaucoup de nos FF :. Non seulement, nous ne re­cherchons pas la Parole Perdue, mais il semble que son existence même nous est inconnue et que nous ignorons le but de nos efforts.

Nous avons pourtant assumé une noble tâche : construire en nous-mêmes un temple de la Vérité et fonder autour de nous un édifice social où rè­gneraient la justice et l'amour.
Nous savons que ce magnifique édifice ne peut être construit sur le sable mouvant des erreurs et des passions humaines.
Quellle que soit notre prétention d'être libres et forts, nous savons que nous ne pouvons trans­gresser les lois de la nature. Nous sentons qu'au dehors de nous agissent de grandes forces incon­nues, et nous croyons confusément que le Pro­grès n'est point une Loi aveugle régie par le Ha­sard.

Tant d'efforts sont restés stériles avant le nôtre pour avoir méconnu la Nécessité qui gouverne le monde que nous ne pouvons vouloir d'autre assise pour notre Temple que le roc de la Vérité absolue.

Quelle est la Vérité?

Le monde est-il le résultat d'un équilibre in­conscient de la matière, s'est-il organisé par ha­sard, sans plan préconçu et sans but? Est-il une formation éphémère que le hasard dissoudra quel­que ,jour, sans que nul souvenir subsiste des lut­tes, des douleurs et des joies dont il est le théâtre? N'est-il qu'un éclair dans l'éternelle nuit? La vie n'est-elle rien qu'un mouvement, l'humanité qu'une forme animale, le langage des hommes n'est-il que le perfectionnement des cris arrachés à la bête par la joie ou par la colère? Le mot est-il né de la sensation, la parole n'est-elle qu'un as­semblage de mots, la pensée est-elle le résultat du jeu de la parole?
Si une telle conception n'est pas irrationnelle, convenons du moins qu'elle choque nos coeurs et reconnaissons que la Tradition tout entière se dresse devant cette illusion désespérante.
Les plus anciens monuments du passé, les plus vénérables, placent an contraire l'Intelli­gence à l'aurore des temps, ils la font exister avant le monde. D'après, eux, le Verbe est fils de la pensée et le Verbe a créé le monde.
Toutes les traditions parlent d'un âge heureux où les êtres pensants, dans la paix et dans l'inno­cence, vivaient dans le sein de la vérité. Dans cet âge dont nul voile ne couvrait la réalité et la Pa­role universelle pénétrait uniformément tous les degrés de l'intelligence.

Mais un jour, Osiris fut déchiré par Typhon. Prométhée déroba la foudre, Adam goûta le fruit défendu, les hommes, pour atteindre le ciel, bâti­rent la tour symbolique et la Parole fut perdue. Depuis ce jour, la confusion et les ténèbres rè­gnent dans les consciences, partout la lutte et par­tout la douleur.

Nous recherchons la Parole Perdue.

Au­tour de nous les profanes sont les esclaves des mots qu'ils prennent pour des idées et dont ils se font des idoles. Ils déforment le sens du langage au gré de leurs impressions du moment et dans la bouche des rhéteurs, la parole devient le vête­ment du mensonge et le véhicule de l'erreur. Le bavardage, qui est un blasphème, paraît à certains le mérite suprême, ils se grisent de mots et dans leur ivresse nie reconnaissent plus la face de la Vérité.

Autour de nous, les hommes et les femmes s'u­nissent dans le mensonge. L'acte saint, qui de­vrait les unir dans une communion sacrée, est la cause des désirs les plus pervers et des idées les plus avilissantes. Le plus pur des mots court sur toutes les lèvres, prostitué et méconnu, et chaque jour l'idée mère de la famille meurt sous nos yeux.

Autour de nous, les hommes se déchirent au nom de la justice et du droit qui ne sont pour eux que des prétextes à l'intolérance et à la tyran­nie. La Liberté est le masque de la licence, c'est de l'Egalité que l'envie se réclame et c'est au nom de la Fraternité que les hommes rêvent aux pires violences.

Autour de nous, les nations s'entretuent et les différences de leurs langages symbolisent l'abîme qui les sépare.
Les différences entre -elles sont pro­fondes, les idéals sont dissemblables et chacune se croit élue parmi les autres nations. Tel peuple voit clairement la réelle valeur de la force, mais il ignore la justice. Tel autre se fait l'apôtre de la Liberty, mais tue l'idéal dans son âme. Tel autre enfin honore les idées abstraites, mais perd de vue la nécessité du travail, de l'ordre et de la prévoyance.

Autour de nous les religions naissent et meu­rent. Elles s'élèvent vers le ciel comme des mé­téores brillants entraînant les peuples dans leur sillage. Les trônes chancellent, les nations sont dispersées ou raffermies, les moeurs s'épurent ou s'avilissent, et dans l'ombre des Temples les mar­chands s'agitent an milieu des justes. Pendant ce temps, pour la plupart des hommes, les enseigne­ments religieux ne sont qu'une lettre incomprise et au lieu de leur donner la paix, sont le prétexte des plus furieuses agitations et l'occasion des plus monstrueuses erreurs.

Autour de, nous, les élites s'efforcent de sauver du naufrage le trésor des formes de l'idée. A mesure que la lumière faiblit, elles allument un autre foyer. Mais combien parmi ceux qui se sont constitués les serviteurs et les gardiens de la Lumière ont conservé la tradition de la Parole? Francs-maçons, Constructeurs du Temple, Chercheurs de vérité, gardez-vous, avec fidélité, le dé­pôt que vous ont laissé vos ancêtres? De toutes les richesses de notre enseignement, quelle est la part que vous aimez et dont vous avez augmenté la valeur? Où sont vos successeurs et que leur lais­ssez-vous? Vos rituels incompris, vos pensées dis­persées vos efforts
inféconds vers l'amour et vers la sagesse, ne représentent-ils pas une agrava­tion dans la perte de la vraie parole, plutôt qu'un chemin parcouru dans la voie de sa découverte?

Qu'est-ce donc que la Parole?

C'est dans le sens littéral le phénomène bril­lant qui s'accomplit lorsqu'un homme exprime sa pensée par des sons ou des signes. C'est, dans l'ordre moral, le mouvement et l'émotion soulevée dans la conscience par l'audition de la parole d'un autre homme. C'est l'acte créateur qui fait naître des impulsions et des idées, nouvelles, et qui crée chaque jour le monde humain en le modifiant. C'est dans un ordre plus élevé la cause même de cet acte : la Volonté, en qui la Parole est en germe, et qui contient en puissance l'avenir non encore exprimé.

Nous ne considérerons, la parole. que dans sa forme matérielle, essayant en cela de connaître l'arbre par ses fruits.
Et recherchant dans les expressions de la Pa­role les monuments les plus dignes de notre at­tention, nous ne ferons que passer rapidement en revue les matériaux de notre étude.
Le langage écrit ou parlé n'est pas le fruit d'un hasard ou d'une convention arbitraire, l'étymolo­gie nous révèle que les mots ont leurs racines dans un lointain passé et les analogies des différentes langues nous rappellent leur commune origine.
Lors même que la Tradition ne nous enseigne­rait pas l'unité de la parole primitive, une étude attentive des différentes langues nous révélerait cette unité. Il nous suffirait donc pour remonter à leur source commune d'en connaître une avec une précision suffisante.

Les langues actuellement connues se rattachent à trois souches principales; le Chinois dont les caractères se combinent de manière à peindre les idées et s'écrivent de haut en bas, le Sanscrit qui s'écrit de gauche à droite, l'Hébreu qui s'écrit de droite à gauche.

Ces trois langues possèdent d'antiques monu­ments de littérature sacrée et chacune d'entre el­les serait digne de retenir notre attention : mais, sans qu'il soit nécessaire d'en indiquer longue­ment les raisons, l'on comprendra que nous nous occupions surtout de la: langue hébraïque. Par les Phéniciens et les Grecs, par les Latins et les Ara­bes, notre tradition est celle des Hébreux, et dans la Maçonnerie plus encore que dans le monde profane, les idées sont enveloppées dans les formes du judaïsme.
L'Hébreu est une langue entièrement morte, que les rabbins, eux-mêmes pour la plupart n'enten­dent plus, même dans son sens le plus matériel. C'est la langue parlée par le peuple juif au temps de Moïse, et l'on peut raisonnablement supposer qu'elle fut un dialecte égyptien.

C'était alors la langue d'un peuple cultivé re­nommé pour son antique sagesse. Les caractères et les mots de cette langue possédaient un triple sens matériel, symbolique et hiéroglyphique, le livre que laissa le législateur des Hébreux, fut écrit avec ces significations diverses. Mais aban­donné aux soins d'un peuple ignorant et grossier, sa compréhension devint de jour en jour moins claire, et il ne tarda pas à n'être plus considéré que, sous son aspect la plus matériel. On affirme que Moïse avait laissé pour l'interprétation de son livre une tradition qui s'est conservée jusqu'à nous, mais il est certain que pour la masse du peuple, l'intelligence de son oeuvre fut bientôt obscurcie.

Le texte même en fut perdu pendant de longues années. Lorsque la loi fut méconnue et la guerre civile éclata, l'original fut retrouvé au cours de la lutte de Juda contre Israël, cet événement dé­cida de la fortune du royaume de Juda.

Pendant la première captivité, les Babyloniens envoyèrent à Samarie une copie du livre de Moïse, et lorsque Esdras reçut l'autorisation de recons­truire Jérusalem, voulant séparer son peuple des habitants de Samarie, il traduisit ce même livre en caractères chaldaïques, en y ajoutant la nota­tion des points-voyelles. C'est sous cette forma que le texte nous est parvenu et son authenticité nous est garantie par le texte samaritain.

A cette époque, l'intelligence de l'Hébreu était depuis Iongtemps perdue.
Pour la pratique du culte, des versions en langue vulgaire avaient été nécessaires et deux courants d'interprétations op­posées se partageaient le peuple. Les uns attachés à la lettre ne voyaient dans le Pentateuque qu'un ensemble de prescriptions hygiéniques et législa­tives, et n'y trouvant rien en faveur de l'immorta­lité de l'âme, professaient le plus complet maté­rialisme. Lois autres persuadés que le texte était susceptible d'interprétations, croyaient au con­traire à une seconde vie, et à l'action de la Provi­dence. Un nombre infime de savants avaient con­servé l'intelligence du texte. Leur principale re­traite était Alexandrie vers le lac et le mont Moria.
Plus tard, Jérusalem étant tombée sous la domi­nation des successeurs d'Alexandre, l'un de ceux ci, Ptolémée, fonda la bibliothèque d'Alexandrie, et voulut l'enrichir d'une traduction grecque du Sépher de Moïse. C'est l'origine de la version des Septante dont l'influence fut si grande sur l'his­toire philosophique du monde.
Cette version, rédigée, pour obéir à l'ordre du monarque suit le sens littéral du texte et n'en a pas rendu le sens hiérogliphique; mais comme Jésus et ses disciples avaient toujours cité la Bible grecque au lieu du Sépher hébraïque, les Pères de l'Eglise s'attachèrent à ce livre avec un respect religieux ; Les rabbins décrièrent ouverte­ment cette version illusoire. Les juifs et les chré­tiens s'accusèrent réciproquement d'ignorance et de mauvaise foi.

Les juifs possesseurs d'un texte original dont ils n'entendaient plus la langue, frappèrent d'ana­thème une version qui n'en rendait que les formes extérieures et grossières. Les chrétiens, contents de ces formes qu'ils saisissaient, n'allaient pas plus avant sauf quelques philosophes qui, ne jugeant que l'apparence, rejetaient le livre en entier comme une œuvre d'imposture inspirée par l'esprit du mal.
Saint Jérôme le dernier aperçut Ie défaut de la version des septante et résolut de recourir au texte original mais le seul lexique dont il disposait ôtait la version des septante elle-même; il ne put que la paraphraser, et, son oeuvre déclarée authentique par le Concile de Trente, fut soutenue de toute la force de l'lnquisition, et, de l'intolérance dos sco­lastiques.

Les travaux des réformateurs tels que Luther, n'ajoutèrent rien à l'intelligence du texte et jus­qu'à notre époque la même obscurité est restée sur le sens du Sépher. Dans quelque langue qu'on le tourne, c'est toujours la version des Septante qu'on traduit, puisque c'est elle qui sert de lexi­que là tous les traducteurs, et par les méthodes scientifiques modernes, il paraît impossible de parvenir à l'intelligence de ce monument du passé.

Pourtant, comme l'avait remarqué Pascal, il y a quelque chose de providentiel dans la conser­vation de ce livre unique à travers les révolu­tions et les âges, il y a quelque chose de touchant dans les sacrifices consentis par ses posses­seurs pour en assurer l'intégrité, et ne serait-ce. qu'en souvenir des luttes soutenues, on ne peut considérer sans respect ce lointain héritage.

Il a cependant une valeur plus. grande que celle du témoignage le la fidélité d'un peuple, car c'est la seule cosmographie que nous possédions. L'on ne peut la dédaigner sans la connaître. Ce livre fut dans le cours des âges la source vive où de grands esprits ont puisé.

La franc-maçonnerie en tire la presque unanimité de ses symboles. Certains rites font de la Bible le livre de la Loi Maçonnique, et son étude ne peut nous être indifférente, si la parole qua nous avons prononcée le jour de l'initiation n'était pas seulement sur nos lèvres, et si vraiment nous vou­lons être fidèles à la Maçonnerie.
Lorsque nous laissons tomber en ruines la mai­son de nos pères, nous n'accomplissons pas le devoir fraternel. Quand nous nous éloignons des formes rituéliques par ignorance et par dédain, nous cessons d'être francs-maçons.
Nous sommes comme des ouvriers nouvelle­ment venus pendant la construction de l'édifice. Ils en ignorent le plan général, mais en critiquent les détails, et chacun d'eux veut tailler sa pierre à sa guise; Hiram est mort, et nul ne lui a succédé. Le vent, et la pluie pénètrent dans les joints de la construction inachevée et si le désordre ne cesse, les éléments voit reprendre leur bien, et une ruine nouvelle jonchera la terre.

Pour faire oeuvre utile et restituer l'harmonie des efforts maçonniques, nous devons nous grou­per autour de nos symboles. Ils sont le plan de l'édifice auquel nous travaillons, eux seuls peuvent orienter nos efforts. Leur esprit est perdu, la lettre est en train de se perdre, nous devons la sauver si nous ne voulons pas mourir.

Nous estimons que, nous ne devons point ouvrir ou fermer nos travaux sans évoquer les directions intellectuelles qui seules peuvent former un fais­ceau de nos pensées individuelles.
Nous estimons que nous, ne pouvons nous dispenser de méditer sur le vrai sens de nos symboles pour y découvrir la valeur vivante de la Parole, sa force de création sa valeur agissante.
Puisque les R\C\ du G\O\ dans leurs voya­ges symboliques vont à la découverte de la Li­berté, de l'Egalité et de la Fraternité, qu'ils sa,chent que c'est seulement lorsque nous compren­drons l'action de la Parole sur nous, que nous ac­querrons la vraie Liberté par notre action sur elle. C'est, seulement quand elle éclairera notre situa­tion dans le monde que nous aurons une juste notion de l’Egalité et nous ne serons vraiment Frères que lorsque, dans sa Lumière, nous com-prendrons que nous sommes les fils d'un même père.

J’ai dit, Vénérable Maître.

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Le Mot Substitué

22 Septembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Planches

1°) LE CONTEXTE, notre RITUEL

la cérémonie d’élévation

C’est dans l’obscurité, en Chambre du Milieu, après une marche à reculons que, retourné vers l’Orient, le C. devient spectateur du deuil de ses F présents.

L’impétrant est conduit à l’Orient, devant le tombeau du Maître, qu’il a préalablement enjambé selon instructions reçues, et c’est à cet endroit, à hauteur du compas qu’il reçoit les 3 coups fatidiques donnés, via les outils du C. (dont le maillet du T. V.M.)

A ce moment là le C. en passe d’élévation devient acteur : il prend la place d’HIRAM et se trouve allongé, tête à l’Occident (équerre) et pieds vers l’Orient (compas), le corps recouvert d’un linceul (passage par la peau, Osirification).

Sa sépulture sera gardée par 3 F. avant que le Roi SALOMON, symbolisé par le T.V.M., accompagné des 2 V.M.S. ne vienne lui redonner vie.

Le second S. essaiera en vain via l’attouchement et le mot d’A.

Le premier n’aura pas plus de réussite avec l’attouchement et le mot de C.

C’est alors que le VM déclare « Seuls, nous ne pouvons rien ; aidez-moi » et, avec l’aide des deux surveillants, il parviendra à le relever par les Cinq Points Parfaits de la Maîtrise, en lui chuchotant à l’oreille le mot : « MOABON ».

Cette alchimie résulte donc de l’intervention d’un trio et non d’un seul…

Le nouveau M. se voit détenteur des secrets du grade de M. dont 2 mots : 1 mot de passe « TULBACAIN » et le mot sacré « MOABON » ou « MAK-BENAH » selon le rite, mot qui ne peut s’échanger qu’à voix basse. Notre nouveau M. est alors âgé de 7 ans et +

l’instruction au 3° degré

Pour l’approche du thème à traiter, on relèvera 3 des 49 questions réponses :

Qu’êtes vous venu faire ici ? * Chercher la parole du Maître qui s’était perdue

Comment a-t-on pu retrouver la parole perdue ? * Les Maîtres convinrent que le premier Mot qui serait prononcé, en retrouvant le MAITRE, leur servirait à l’avenir pour se reconnaître.

Quel est ce Mot et que signifie-t-il ? * Ce mot ne peut se donner qu’en position des « Cinq Points Parfaits de la Maîtrise », c’est « MOABON » et veut dire le Fils du Père ou la Vie Nouvelle

On observera également que les M. voyagent de l’ Occident à l’Orient, sur toute la surface de la terre pour chercher ce qui été perdu, rassembler ce qui est épars…

2°) POURQUOI ET QU’EST-CE QU’UN MOT SUSTITUE ?

Les loges bleues de la franc-maçonnerie se composent d’une progression symbolique de 3 grades dont le dernier repose encore plus sur une allégorie du cycle de la mort et de la renaissance.

L’homme s’inscrit dans un cycle de résurgence de ses expériences vécues et de son devenir au travers d’elles.

Selon la légende, tout homme élevé au grade de M. a reçu un mot substitué parce que le vrai mot a été perdu à la mort d’HIRAM.

Ce n’est pas un mot de reconnaissance (mot de passe ou mot secret) comme aux deux premiers degrés. Le Mot Substitué, lui, a un autre sens, une autre dimension : il est là pour remplacer la parole perdue. La parole est une suite de mots que l’on prononce. Or l’A. ne sait qu’épeler et le C. ne peut prononcer…

Parole perdue et mot(s) substitué(s) sont indissociables car la mort d’HIRAM symbolise essentiellement la perte de l’unité originelle, le paradis perdu. HIRAM représente le Temple de Salomon, sa mort symbolise la destruction du Temple. Or dans la tradition hébraïque on ne pouvait prononcer le Nom ineffable de DIEU qu’à l’intérieur dudit Temple… d’où la nécessité de trouver un mot de substitution.

La parole perdue rappelle la puissance initiale du Verbe au commencement de la Genèse : l’homme primordial détenait la parole créatrice, il lui suffisait de nommer une chose pour lui donner vie. Le mot du Maître, le mot SACRE est le nom ineffable car inexprimable : il relève d’une connaissance de l’omniscience et de l’omnipotence du Principe créateur ; le nommer correspondrait à le manifester à l’instant, or nul humain ne saurait appréhender la quintessence divine ! D’où la nécessité d’un mot à portée humaine : le mot substitué.

Par ailleurs, à la mort d’HIRAM, rien ne nous certifie que ce dernier n’aurait pas révélé le mot sacré aux 3 mauvais C. : le M. est mort et les 3 C. volatilisés …

Le doute peut subsister. Il convenait donc de se prémunir contre le risque éventuel de voir le mot sacré divulgué.

Substituer vient du latin : sub qui veut dire sous et statuere qui signifie placer ; c’est donc mettre quelque chose à la place d’une autre, remplacer un mot par un autre mais pas par analogie, pas par un mot impliquant un rapport de ressemblance avec le précédent. Le mot substitué ne signifie pas en lui-même, il autorise seulement la reconnaissance, l’identification.

La substitution c’est l’élimination d’un mot par un autre qui en a pris le sens. Ainsi, le tombeau d’HIRAM se substitue au corps de ce dernier : il n’est pas la représentation du squelette mais figure l’absence. Le mot substitué se trouve donc être le sens de la parole perdue : il manifeste l’absence de cette parole, il est le signe matériel de quelque chose d’invisible. La substitution se réfère à l’essentiel et renvoie à un au-delà qui appartient à l’esprit, à une réalité sacrée.

Le mot substitué n’est là que pour nous faire penser à ce qui a été perdu pour tenter de retrouver l’Histoire. La substitution permet le remplacement d’une absence par une présence, elle-même métaphore d’une autre présence, celle de l’univers symbolique ; ainsi la pierre tombale se substitue au corps disparu et à l’âme absente du mort. On peut alors parler de double substitution.

La Franc Maçonnerie est une réflexion sur le sens de la parole perdue métaphorisée au plan physique par l’escamotage du corps d’HIRAM auquel se substitue tout postulant au grade de M. Le paradoxe est que le symbole essaie de ramener l’invisible par le visible afin de donner à penser ; le symbole ne doit pas ressembler complètement et ne pas être analogue à l’idée qu’il représente en s’y substituant.

C’est par le jeu de substitutions successives de signes qu’émerge le sens… Nommer le signe qui s’est substitué à la chose : c’est faire revivre la chose qui n’existe que par des signes pour lui trouver son essence, son sens premier et profond.

3°) LE MOT SUBSTITUE ET LA LEGENDE D HIRAM

le déroulement de la cérémonie d’élévation

La mise en scène de la mise à mort et du relèvement d’HIRAM constitue le mythe fondateur de la F.M. spéculative : complot de 3 mauvais C. (convoitise, ignorance, jalousie) pour assassiner HIRAM qui va périr par les mêmes outils qui ont servi à la construction du Temple (dualité de l’utilisation du savoir tant pour le bien que pour le mal). Triple mise à mort, physique, sentimentale et mentale pour affranchir HIRAM du plan matériel, psychique et mental et permettre à l’élevé, de renaître sur le plan divin. Ce dernier se retrouve symboliquement mort, au centre de la Loge, au milieu du cercle où les éléments les plus opposés se rapprochent, allongé sur le pavé mosaïque, lieu par excellence de la réconciliation des contraires où l’on cherche à rassembler ce qui est épars..

Neuf M. partis à la recherche d’HIRAM, sur la demande de Salomon, vont convenir de prononcer 3 syllabes en une position donnée pour relever, redonner vie au défunt. Ces trois syllabes deviendront le nouveau mot de M.

Par le relèvement d’HIRAM et donc l’élévation, le nouveau Maître qui passe de l’horizontale à la verticale, de l’équerre au compas. Devient le fils spirituel d’HIRAM.

L’architecte assassiné survit alors en chacun de nous sous la forme d’un Maître intérieur : la conscience.

Analyse de la cérémonie d’élévation

La Parole n’est pas totalement perdue : ce qui l’a été c’est la conception de l’Unité, d’où le besoin de trouver une solution de remplacement dite de substitution.

La parole perdue représente le secret de l’initiation véritable avec une nouvelle naissance.

Ainsi l’A. (Pierre brute), après une phase de silence au cours de laquelle il se dégrossit, acquiert des faces plus unies (Pierre cubique) et devient C. avec mission de polir ces faces afin de leur enlever peu à peu leur rugosité (Pierre Cubique à Pointe).

Par l’élévation, liée à la transmission de la parole perdue, le nouveau M. deviendra une pierre indispensable à la Loge pour participer à une communion d’hommes individualisés, mais rassemblés par un même idéal via des rites communs.

Ce mythe met en exergue un rite initiatique : HIRAM qui, par ses enfants, ressuscitera d’entre les morts, drame symbolique reprenant les mystères de l’Antiquité païenne et les rites d’initiation chez les primitifs.

Cette légende nous vient du Talmud (2° S. après J.C.) et nous apparaît en 1726, avec la parution de l’écrit de Monseigneur GRAHAM où Sem, Cham, et Japhet durent se rendre sur la tombe de leur père Noé pour y découvrir, en trois étapes, le secret caché de l’existence de DIEU, secret perdu par la mort de son détenteur.

Ce récit est à rapprocher de l’histoire égyptienne du dernier roi de Thèbes, avec son voyage des morts vers les étoiles et la disparition du roi qui a préféré mourir plutôt que de livrer le secret gardé par un trio, d’où la parole perdue.

La Bible cite HIRAM en tant que fondeur de la mer d’airain du temple de Salomon mais nous dit peu sur ce personnage.

Le conte de Gérard De NERVAL est beaucoup plus prolixe et revisite ce mythe.

Le Coran s’attache également à cette légende.

Enfin on ne saurait omettre le rapprochement de ce mythe avec celui d’Osiris, fils du ciel et de la terre, victime de son frère « Seth » représentant le désordre, le chaos. Isis, sa sœur- épouse, partira à la recherche de son âme pour le ramener à la vie. Son amour, symbole de la régénération et de la vie éternelle, au travers de larmes argentées partagées avec 9 dieux, permettra de retrouver le corps.

Selon RAGON : Hiram serait le substitut du Christ ou d’Osiris, Isis figurerait la Loge, Horus, fils de la veuve et de Lumière, représenterait le C. élevé et Seth celui qui met la Parole en pièces et la disperse. Osiris peut alors apparaître comme la chute de l’âme dans le tombeau représentant le Verbe ou Parole perdue en attente d’une renaissance... La mort symbolique d’HIRAM, comme celle d’Osiris ou celle du Christ, annonce non pas une destruction de l’Etre, mais un renouvellement, une métamorphose.

On ne peut s’empêcher de faire un lien avec DIEU associé à l’épi de blé liant ce qui vient d’en haut à ce qui est en bas par les mystères de la germination ou faire un parallèle entre le M. enterré à même le sol et le nouvel A., seul dans le cabinet de réflexion, se préparant à de nouvelles épreuves ?

Le mythe d’HIRAM s’inspire aussi des mystères d’Eleusis, de Ceres et de Mithra ; analogie également possible avec la descente aux enfers de Dionysos avant de ressusciter et de devenir immortel.

La légende d’HIRAM est étroitement liée aux histoires de VIRGILE (Livre VI) : descente d’Enée au pays des ombres et sa quête, armé d’un rameau d’or, pour retrouver Polydore assassiné, fils de PRIAM, roi de Troie.

Ces similitudes et rapprochements conduisent à penser que ces récits sont volontairement inachevés pour favoriser la réflexion perpétuelle sur le sens du divin (de la putréfaction ressurgit la Lumière)

4°) TRADUIRE LE MOT SUBSTITUE

Si les mots de passe des deux premiers degrés sont compréhensibles par l’A. et le C. puisque se rapportant à des repères logiques liés à notre place dans la loge, en revanche le mot de M. est plus hermétique car non lié à l’espace sacré mais à un récit mythique.

Qui plus est, il est le produit d’une corruption phonétique !

La Bible nous parle d’un certain « Makhi » et de « Makhbanaï » sans plus de précisions avec le mot substitué si ce n’est que l’on peut imaginer une origine biblique à ce dernier. « Macbannaï » signifierait « mon pauvre fils ».

En 1725 un manuscrit nous parle de « Macboe and Boe » qui voudrait dire « de la moelle dans l’os », idée reprise dans l’ouvrage de GRAHAM, un an plus tard.

Le premier mot prononcé serait « Mah-Hah-Bone » ou « Marrow Bone » qui se prononcerait « Machaben » ou « Mac benach », ce qui nous rapproche de notre mot de la GLNF « MOABON » ce qui pourrait vouloir dire « du père » puisqu’un F.M. devient, par l’élévation au 3° degré, fils de la mort et successeur d’HIRAM.

Notons que MOABON était le nom d’un des neuf M. élus, de même que Jakin et Boaz.

Phonétiquement et approximativement ce mot est devenu « MachBenah» ou « Mac –benac » (à traduire par «la chair quitte les os »)

La doctrine est partagée et quelques auteurs affirment que MAHABON ou MOABON et leurs variantes seraient une déformation de l’hébreu MAH HABONEH qui signifierait « le Bâtisseur, le constructeur, l’architecte » ou bien « Moelle dans l’os », à traduire par la permanence de la vie au travers d’une mort – renaissance.

Au R.E.A.A., le mot substitué se dit MOABON et signifie étymologiquement : issu du père (MOAB) et fils du père (BEN). L’homme ressuscité de son tombeau devient, après être mort à la terre, fils du ciel, fils de la Lumière.

Chacun de nous porterait en lui la conscience divine.

Au rituel français ce mot substitué se traduit « MAC BENACH » ce qui signifierait « fils de la Veuve » ou « la chair quitte les os ». « BENETH » veut dire engendrer et «MAQ » : putréfaction, formule alchimique pouvant correspondre à « naître de la putréfaction » : la chair est corrompue et les moelles sont vivantes. C’est la putréfaction qui crée : l’édification est issue de la décomposition.

Le choix du mot M.B.N. pourrait, au travers de la résurrection du F. élevé, figurer la re-naissance du Templier pour la reconstruction de l’Ordre du Temple : HIRAM représenterait alors le grand Maître de l’ordre des templiers (J.B. MOLAY dont les initiales correspondent à celles des mots de passe ou sacré des 3 grades de la maçonnerie bleue) ?

De la Bible au débuts de la Franc-maçonnerie spéculative un mot existe dont les appellations varient mais sont finalement proches.

En fait ce qui semble important, plus que la traduction littérale du ou des mots substitué(s), c’est la nécessité de trouver un mot de remplacement pour retrouver la parole perdue.

Le mot de M., dit mot substitué, ne peut et ne doit être simple et facile d’accès afin de remplir son rôle discriminatoire.

Il pourrait être rapproché d’une autre colonne, invisible aux yeux du profane, la colonne médiane, symbole de l’équilibre dans l’arbre séphirotique de la Kabbale…

Ce mot semble être une passerelle de transmission initiatique.

5°) PORTEE DU MOT SIMULE

Les M. Maçons s’identifiant symboliquement à HIRAM rejoignent un cycle concentrique où la maîtrise n’est que la suite logique des deux grades précédents.

L’A est choisi pour son aptitude à recevoir la Lumière, sa discipline pour vivre une métamorphose intérieure.

Pour devenir C. il doit passer du fil à plomb (activité héritée du monde profane) au niveau (passivité de l’ouvrier parfait)… D’où la naissance de l’équerre, de la lettre T (le tau mystérieux tracé dans l’air par HIRAM), du maillet du T.V.M. et de la croix (symbole de la mort mystique).

L’élévation se produit en chambre du milieu, dont l’entrée désigne la ligne qui sépare la mort de la vie, lieu de sublimation de la conscience avec clef de voûte au dessus de l’arc royal s’appuyant sur les deux colonnes. C’est ici que l’on peut trouver la résurrection, la rédemption grâce à la pierre philosophale, l’élixir de longue vie : le mot de Maître.

L’éternité a pour représentation la circonférence et l’élévation consiste à passer de l’équerre au compas c'est-à-dire de la croix au cercle.

Le mot de M. ne peut se transmettre individuellement : il faut être trois pour le communiquer (tout comme il faut 3 C. pour stopper la chaîne de transmission).

Nécessité de trouver un mot substitué, mais ce qui est substitué ne peut remplacer que très partiellement ce qui était à l’origine… Quand le corps d’HIRAM est retrouvé, la tradition est rétablie mais amoindrie du fait du remplacement du mot sacré par un mot de substitution.

Le mot même HIRAM contient l’idée de vivifier en élevant. HIRAM, fils de sagesse, de science et d’intelligence, est le modèle mythique de l’Homme fait. Complément de l’ A. conçu pour exister, HIRAM est créé pour mourir et donner renaissance. Il représente le cycle de vie (HY) céleste (RAM) : vie élevée qui descend sur le monde (l’homme) pour bâtir le Temple et la continuité de la Vie par transmutation de l’énergie au travers de Dieu enseveli dans le tombeau du corps, force divine qui doit ressusciter.

C’est par la transmission du mot substitué que le C. devient le fils et successeur d’HIRAM.

Si la gestuelle permet la relévation du corps, c’est le mot soufflé qui porte la vie et libère le prisonnier. Le cinquième point parfait se porte comme une passation du souffle de la Parole représentée symboliquement par le « Mot »

Il appartient aux F.M. de réunifier l’ancien Mot Sacré (JEHOVAH) car ce mot était composé des deux parties du Nom divin, séparées par la chute.

La recherche de ce qui est perdu consiste donc en la recherche de l’être dans son essence intrinsèque, dans son principe originel avant la chute, quête pour retrouver l’état paradisiaque.

La parole perdue ne serait en fait qu’oubliée conformément à la théorie de la réminiscence de PLATON selon laquelle tout est en nous… Faut-il pouvoir encore accéder à cette richesse intérieure…

Pour ressusciter il nous faudrait alors descendre dans notre propre tombeau : s’analyser, se parfaire, poursuivre le travail sur pierre brute : le 3° degré serait la suite logique du cheminement de l’A. et du C. ?

Si A. et C. ne savent ni lire, ni écrire mais seulement épeler, le M. lui a la capacité de lire et d’écrire au livre de vie du G.A.D.L.U. puisqu’il travaille sur la planche à tracer. Les 3 grades forment un cycle.

Le séjour d’HIRAM au coeur de la terre correspond à celui du profane dans le cabinet de réflexion : il va naître de sa propre dissolution, de l’oubli de son ego.

Nous portons tous à l’intérieur de nous un noyau divin en la personne de notre maître intérieur.

En maçonnerie : la transmission est essentielle. Le M. doit mourir (chute) pour ressusciter (élévation) en un disciple afin que perdure la chaîne initiatique.

Selon notre rituel le M. se donne à celui qui sera son fils spirituel en lui transmettant le don de la vie éternelle pour renaître en lui. Fils, crée non de chair mais d’esprit, pour maintenir le père vivant en ce monde.

C’est la transmission du mot substitué qui permet cette résurrection, alchimie par laquelle de l’homme ancien renaîtra l’homme nouveau au 7ème jour.

Source : http://anck131.over-blog.com

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