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Hauts Grades

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RAPMM : réception au 18ème degré (1780)

21 Septembre 2012 , Rédigé par RAPMM 18 Publié dans #Rites et rituels

PREMIERE PARTIE TEMPLE DE LA DESOLATION

TRES-SAGE

- J’invite le Chevalier Grand-Expert à faire débuter la cérémonie de Réception.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Se rend dans les parvis auprès des Chevaliers d’Orient et de l’Epée, il fait rentrer le Chevalier de garde sans cérémonie. Puis les amène à la porte du Temple et les fait frapper en Chevalier d’Orient et de l’Epée -0 0 0 0 0   0 0- .

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Très-Sage, on frappe à la porte du Temple en Chevalier d’Orient et de l’Epée.

TRES-SAGE

- Chevalier Second Grand-Gardien, voyez qui frappe ainsi.

SECOND GRAND-GARDIEN Va entrouvrir la porte du Temple, regarde et regagne sa place.

- Très-Sage, ce sont des Chevaliers d’Orient et de l’Epée qui se sont égarés dans les ténèbres et qui demandent un guide pour les remettre dans leur chemin.

TRES-SAGE

- Ont-ils été examinés et reconnus ?

SECOND GRAND-GARDIEN

- Le Chevalier Grand-Expert les accompagne, il les a reconnus, examinés et jugés dignes d’être présentés, laissant à votre sagesse le soin de pénétrer leurs intentions.

TRES-SAGE

- Que l’entrée de notre Temple en ruine leur soit donnée.

SECOND GRAND-GARDIEN Va ouvrir la porte à deux battants, et la referme après l’entrée des Chevaliers.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Fait entrer les Chevaliers par le pas d’Orient et de l’Epée.  Il les place à l’Occident entre les Vallées.

TRES-SAGE

- Que désirez-vous voir et entendre ?

- Que souhaitez-vous apprendre et connaître ?

- Vous nous trouvez dans l’affliction, dans l’accablement et dans le désespoir. De profondes ténèbres enveloppent la terre, elle y ont semé le désordre et le deuil.

- La force règne partout en souveraine maîtresse.

- La Parole, autrefois si puissante, ne peut plus convaincre les Hommes. Ceux-ci sont devenus rebelles à la raison, à la justice et à la vérité; ils n’écoutent plus que la voix de leurs passions et leurs appétits.

- Dans ce fatal cataclysme de l’esprit, nos travaux ont été troublés, la lumière qui nous éclairait s’est éteinte, la Parole est perdue.

- Que pouvez-vous attendre de nous ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Ne nous a-t-il pas été enseigné que l’Homme ne peut rien sans le secours des autres ?

- Nous vous demandons un guide pour nous conduire.

TRES-SAGE

- Où voulez-vous aller ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Nous fuyons des contrées misérables où l’erreur a détruit la vérité, où toute les notions du juste sont éteintes, où l’Homme dépérit sous le souffle de l’égoïsme et de l’ambition. Nous cherchons une Patrie favorisée pour accomplir notre destinée terrestre, le mal ne peut régner partout.

TRES-SAGE

-Tant de zèle vous attire notre confiance, prenez votre chemin. Chevalier Grand-Expert veuillez les accompagner dans leurs voyages.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Part avec les Récipiendaires. Il font le tour du Temple.

Parvenus à la colonnette (Sagesse) il fait prononcer le mot FOI inscrit sur la colonne.

Au deuxième tour il les fait arrêter devant la colonnette (Force) et leur fait prononcer le mot CHARITE; Au troisième tour, il les fait arrêter devant la colonnette (Beauté) et fait prononcer le mot ESPERANCE. Ensuite, il les reconduit à l’ouest.

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Très-Sage, les voyages sont terminés.

TRES-SAGE

- Mes Frères, qu’avez-vous appris dans ces voyages ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Nous avons vu trois colonnes sur lesquelles brillaient les mots : Foi, Charité, Espérance. Nous savons que ces trois mots désignent les trois vertus théologales. Trois vertus pour nous guider. Apprenez-nous s’il y a d’autres interprétations ?

TRES-SAGE

- Mes Frères, ces inscriptions portent les principes qui nous meuvent.

- Que l’Espérance nous guide et nous soutienne, que la Foi nous anime, que la Charité nous unisse.

- Sous l’inspiration de la Foi, de la Charité, de l’Espérance, consentez-vous à faire avec nous de nouveaux voyages ?

RECIPIENDAIRES

- Oui.

TRES-SAGE

- Dans ce cas, approchez-vous et venez prendre avec nous l’engagement de ne jamais vous écarter de cette loi nouvelle.

- Debout et à l’Ordre, Très Respectables Chevaliers.

CHEVALIER DE CEREMONIES Accompagne les Récipiendaires jusqu’à l’Autel.

SEPT CHEVALIERS Désignés d’avance, l’épée dans la main droite forment la voûte d’acier au-dessus de la tête des Récipiendaires.

TRES-SAGE Remet à l’un des Récipiendaires le serment écrit et ...

- Mes Frères, voici le serment que vous devez prononcer, l’un de vous le lira à haute voix.

UN RECIPIENDAIRE

- Je jure sur ce glaive, symbole du courage, et en présence de tous les Chevaliers qui m’entourent, de garder en mon coeur tous les secrets qui pourront m’être confiés par les Chevaliers Rose-Croix.

- Je promets d’habituer mon esprit à instruire mes Frères et mon bras à les défendre.

- Je prends tous les Chevaliers présents à témoin de ma sincérité.

TOUS LES RECIPIENDAIRES

- Je le Jure.

TRES-SAGE

- Acte est pris du serment !

CHEVALIER GRAND-EXPERT Reconduit les Récipiendaires entre les Vallées.

TRES-SAGE Frappe du pommeau de son épée : 0 0 0 0 0 0   0.

- Tout est consommé ...

- Très-Excellent  Premier Grand-Gardien,  quel motif  nous  rassemble ?

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Consoler les affligés, montrer le chemin aux voyageurs égarés et rechercher la Parole perdue.

TRES-SAGE

- Comment parviendrons-nous à la retrouver ?

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Trois colonnes nous guideront.

TRES-SAGE

- Où sont-elles ?

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Je l’ignore, mais nous les retrouverons, car on les reconnaît même dans l’obscurité la plus profonde.

TRES-SAGE

- N’a-t-il pas été dit : Cherchez, vous trouverez ?

- Voyageons donc et ne perdons pas de vue les sentiments qui nous guident !

Le TRES-SAGE se met en marche, suivi de tous les Chevaliers qui siègent à l’est.

Au premier tour, le Très-Sage dit en voyant la colonnette (Sagesse)

-FOI.

La lumière éclairant l’inscription est alors éteinte.

TRES-SAGE

- Hélas ! la Foi s’est éteinte !

Au deuxième tour, le Très-Sage dit en voyant la colonnette (Force)

-CHARITE.

La lumière éclairant l’inscription est alors éteinte.

TRES-SAGE

- Hélas ! la Charité s’est éteinte !

Au troisième tour, le Très-Sage dit en voyant la colonnette (Beauté)

-ESPERANCE.

TRES-SAGE

- Mais l’Espérance nous éclaire toujours!

- Avec elle nous rallumerons la Foi et la Charité

A la fin de ce troisième tour, le Très-Sage et les Chevaliers qui l’accompagnent

sortent du temple et attendent dans les parvis en grand silence. La porte du temple est ouverte.

PREMIER GRAND-GARDIEN Aussitôt se porte à la tête de sa Vallée, tous les Chevaliers le suivent, fait trois fois le tour du temple en prononçant chaque fois ...

-ESPERANCE !

...et va rejoindre le Très-Sage.

SECOND GRAND-GARDIEN Aussitôt se porte à la tête de sa Vallée, tous les Chevaliers le suivent, fait trois fois le tour du temple en prononçant chaque fois ...

-ESPERANCE !

...et va rejoindre le Très-Sage.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Reste avec les Chevaliers d’Orient et de l’Epée, éclairé par l’Espérance.

Lorsque tous les Chevaliers Rose-Croix sont sortis il leur couvre la tête d’un voile noir.

Puis les conduit dans les Parvis. Tous les Chevaliers Rose-Croix entrent dans le Temple, en grand silence, et aident pour la préparation du temple en rouge. La porte du Temple est fermée.

DEUXIEME PARTIE TEMPLE ROUGE

Tous les Chevaliers et Officiers du Chapitre sont à leur place.

TRES-SAGE

- Bientôt les Chevaliers d’Orient et de l’Epée vont nous être présentés; ils achèvent leurs voyages et méditent sur la Foi, sur la Charité et sur l’Espérance dont nous leur avons montré la lumière; à l’aide de cette lumière nouvelle, ils triompheront des obstacles et des écueils dont leur chemin est semé !

CHEVALIER GRAND-EXPERT Frappe à la porte du temple.

TRES-SAGE

- Voyez qui frappe ainsi.

SECOND GRAND-EXPERT

- C’est le Chevalier Grand-Expert, conduisant des Chevaliers d’Orient et de l’Epée qui ont cherché la Parole et qui croient l’avoir retrouvée.

TRES-SAGE

- Que les portes leur soient ouvertes !

SECOND GRAND-EXPERT Va ouvrir les portes du temple. Il les referme après l’entrée des chevaliers.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Fait entrer les récipiendaires d’un pas lent et mesuré. Chacun d’eux à la tête recouverte d’un voile noir. Il les retient à l’ouest, au signe de Chevalier d’Orient et de l’Epée. (Main droite sur épaule gauche).

TRES-SAGE

- Mes Frères d’où venez-vous ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Nous avons parcouru l’Orient et l’Occident, le Septentrion et le Midi, à la recherche de la Parole perdue. Malgré les ténèbres qui nous enveloppaient et les entraves que l’erreur et l’ignorance ont semée sur nos pas, nous croyons l’avoir trouvée ...

TRES-SAGE

- Par quels moyens ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- En parcourant les trois régions du monde dans lesquelles ont été déposés les trésors de la Connaissance.

TRES-SAGE

- Quelles sont ces régions ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- L’Antique Egypte, l’Inde secrète et la Palestine mystique.

TRES-SAGE

- Qui vous a le mieux guidé ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- La connaissance des Vertus de Foi et d’Espérance et la pratique constante de la Charité.

TRES-SAGE

- Qu’ont-elles produit en vous ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Notre régénération.

TRES-SAGE

- Et qu’avez-vous eu à combattre ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- l’Ignorance.

TRES-SAGE

- Dans cette constante recherche dont vous nous apportez le résultat, avez-vous rencontré quelque vérité relative à nos mystères ou à l’objet de nos recherches ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Conscient d’une vérité que nous croyons avoir découverte, nous l’avons gravée sur le métal le plus pur en caractères ineffaçables. Nous en avons obtenu la révélation lors d’un séjour près des Pyramides d’Egypte : une voix nous dicta alors ces quatre lettres, une voix extérieure et qui pourtant nous parut intérieure ... Nous avons déposé la plaque sur laquelle est désormais fixée cette pensée, dans ce coffret, et nous vous l’apportons, afin que vous nous en assuriez la signification.

TRES-SAGE

- Pouvez-vous, nous dire le sens de cette pensée incluse en ces quatre lettres ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Nous croyons avoir compris qu’elles font allusion à une régénération intégrale de la Nature par l’ignition. Voici ce coffret.

Il porte le coffret au Très-Sage.

TRES-SAGE

Il en fait sauter le cachet de cire rouge,  dénoue le ruban en croix et l’ouvre.

- Chevaliers, c’est la Parole !

- Chevalier Grand-Expert, ôtez les voiles qui couvrent les Récipiendaires.

- Mes Frères, rassemblez les quatre lettres de la phrase que vous avez prononcée tout à l’heure.

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Par l’Ignition, la Nature se Régénère Intégralement ...

TRES-SAGE

- Sans le savoir, vous avez retrouvé la Parole Perdue !

- Réjouissons-nous, Chevaliers,

Il détache les quatre lettres.

-  I.  N.  R.  I.

- Si la Parole Perdue fut ainsi qu’on vous l’a enseigné dans le grade de Maître Maçon, l’effet de la Nature rendue muette par l’automne, la Parole Retrouvée symbolise le Printemps; c’est l’ère nouvelle à laquelle, les Chevaliers Rose-Croix, parfaitement libres en coeur et en esprit travaillent avec la Foi la plus pure, dans l’Espérance constante de sa réalisation intégrale et par la pratique de la Charité et de l’Amour fraternel le plus désintéressé.

- Dans le symbolisme particulier des religions profanes, les quatre lettres font allusion à celles qui, en un temps précis et en un certain lieu, stigmatisèrent un acte que l’univers entier réprouvera toujours.

- Pour nous, elles symbolisent cette grande Vérité : IGNEM NATURA REGENERANDO INTEGRAT ou IGNE NATURA RENOVATUR INTEGRA.

- Les nombreux sens qui peuvent être donnés à ces quatre lettres, s’ils suffisent au profane, ne sauraient désormais nous contenter. A ceux à qui l’on doit communiquer les mystères sublimes, à ceux-là, nous donnons la clé traditionnelle : Toute la Nature est renouvelée par le Feu, ou : La Nature est renouvelée, intègre, par le Feu.

- Et ce Feu est l’élément principe, c’est ce Feu vivifiant qui embrase toute la Nature spirituelle de l’être humain. C’est cet élément sans lequel tous les autres resteraient froids et inertes, car il communique à l’air sa pureté, à l’eau sa fluidité, à la terre son inépuisable fécondité.

- Que dit le Verbe ? “De même que l’or est purifié dans la fournaise, ainsi le Juste sera purifié en passant par le Feu”, ce principe de vie qui anime tous les êtres.

- C’est au rayonnement de ce Feu Saint qui se manifeste dans le Cosmos par le Verbe et dans l’Homme par la Parole, que l’homme a reconquis tous les droits de sa primitive origine.

- Considérez donc dans ce monogramme un symbole dont le sens doit vous guider désormais sur le sentier de la Sagesse.

- Nous ne vous demanderons pas de prêter un serment. En est-il besoin de la part de celui que l’Espérance éclaire et que la Foi et la Charité animent ?

- Chevalier Grand-Expert, conduisez les Chevaliers à l’Orient.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Conduit les Récipiendaires à l’Orient, au bas des marches, en ligne.

SEPT CHEVALIERS Viennent se placer derrière eux, debout, l’épée dans la main droite, et forment la voûte d’acier au-dessus de leurs têtes.

TRES-SAGE

- Debout et à l’Ordre, Très Respectables Chevaliers !

S’adressant aux Récipiendaires, l’épée en main droite ...

- A la Gloire du Sublime Architecte des Mondes, Dieu Tout-Puissant, au nom et sous les auspices de l’Ordre Oriental Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, en vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés, je vous crée et constitue Chevaliers Rose-Croix, dix-huitième degré du Rite Ancien et primitif de Memphis-Misraïm, et membres actifs du Souverain Chapitre, sous le titre distinctif de ... en la Vallée de ... .

Il descend de l’Orient et se place devant le premier Récipiendaire ...

- Genoux droit en terre, mon Frère !

Puis, appuyant légèrement l’épée sur la tête du Récipiendaire ...

- Que l’esprit vous éclaire !

L’appuyant sur l’épaule gauche ...

- Que le feu du courage enflamme votre coeur !

Enfin, l’appuyant sur l’épaule droite ...

- Que la Foi, l’Espérance et la Charité vous fassent bénir des Hommes.

- Debout Chevalier Rose-Croix !

Il passe ensuite devant le deuxième Récipiendaire ... ainsi de suite ...

Puis remonte à l’Orient.

- Prenez place, Très Respectables Chevaliers .

- Venez, Très Respectables Nouveaux Chevaliers, recevoir l’accolade fraternelle que je vous donne au nom de tous les Membres de ce Souverain Chapitre.

Il en est ainsi fait.

Puis les décore du Sautoir et du Tablier, aidé par le Chevalier de Cérémonies.

Tous étant décorés ...

- La couleur rouge de ce sautoir est la couleur du soleil ou de la lumière à son foyer. C’est aussi le symbole de l’Amour.

- Maintenant, Chevaliers, allez entre les Grands-Gardiens recevoir du Chevalier Grand-Expert l’instruction de votre grade.

CHEVALIER DE CEREMONIES Conduit les Chevaliers entre les Vallées, et regagne sa place.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Se place devant les nouveaux Chevaliers.

- Le signe d’Ordre, dit du Bon Pasteur - Tenir les bras croisés devant poitrine, les doigts joints et la main étendue.

- Le Signe - Lever la main droite et montrer le ciel avec l’index, les autres doigts fermés pour montrer qu’il y a une puissance supérieure  et que l’esprit doit dominer la matière.

- Le Contre-Signe - Descendre la main et montrer la terre avec l’index, pour rappeler que l’Homme est né de la terre et que, après le dégagement de l’esprit, son corps retournera à la terre.

- Attouchement - Etant au signe du Bon Pasteur, se placer l’un en face de l’autre; se saluer en s’inclinant, ensuite se poser réciproquement les deux mains sur la poitrine en les croisant alternativement. Dans cette position se donner le mot de passe et le baiser fraternel.

- Mot de Passe : Emmanuel. -  Auquel on répond : Pax Vobiscum.

- Mot Sacré : I.  N.  R.  I. . En le prononçant lettre par lettre.

- Batterie : Sept coups : 0 0 0 0 0 0    0.

- Age : Trente-trois ans.

- Acclamation : Hoschée ! (trois fois). - d’Hoscheah, Salvator, Sauveur.

- Très-Sage l’instruction du grade est terminée.

TRES-SAGE

- Debout et à l’Ordre, Très-Respectables Chevaliers !

- Je vous invite à reconnaître dés cet instant, comme membres actifs de notre Souverain Chapitre, en la Vallée de ... les Chevaliers, ..., ..., ...,  . A les considérer comme tels et à les traiter avec les égards dus à ce grade.

- A moi Chevaliers, par le signe; le contre-signe, la batterie et l’acclamation.

Il en est ainsi fait.

- Chevalier de Cérémonies, conduisez les nouveaux Très-Respectables Chevaliers en tête de la Vallée du Midi.

- Prenons place, Chevaliers.

Le Très-Sage fait ensuite procéder aux travaux qui sont à l’ordre du jour.

 

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L'Ambition et la Cordonite aigue

21 Septembre 2012 , Rédigé par W\ L\ Publié dans #Planches

Je vais vous parler ce soir d’un sujet qui de prime à bord ne concerne pas notre Loge. Et c’est tant mieux, cela n’en démontre que plus ça qualité. Mais je pense que cela n’est pas uns raison suffisante pour ne pas en aborder le sujet au moins une fois, ne serais ce que pour connaitre et prendre conscience de cette étrange Mal qui contamine et qui fait parfois des ravages au sein de certain Ateliers.

Je veux parler de : « L’ambition et la Cordonite aigue » qui sont deux fléaux qui sévices malheureusement dans certaines Loges et cela quelque soi l’obédience, le rite ou la composition uniquement masculine ou féminine de l’Atelier. Mais statistiquement parlant, cette affliction est plus particulièrement présente dans les Loges masculine. Certainement l’effet Coq qui ne supporte pas un autre Coq sur son territoire. Vous me direz que ces maux qui viennent du monde profane, n’ont rien à faire en théorie dans la Franc-maçonnerie. Et je vous répondrais, OUI MAIS…

Entre la vie profane et la réalité Maçonnique, il y a un fossé qui peut très vite être complet par des gens mal intentionnés. Et si ces Plaies arrivent quand même à rentré chez nous, c’est que l’on leur y a permis d’entrer. Ce qui veut dire que certains Sœurs et Frères n’ont pas laissé tous leurs métaux et leur égo à la porte du Temple.

Ce qui implique aussi une responsabilité des autres Sœurs et Frères qui n’ont pas fait leur rôle de filtre et de contrôle. Soi par excès de confiance, ou alors du à une certaine apathie et une certaine complaisance, dû aussi à un manque d’attention dans le fonctionnement de leur loge.
Ce qui n’est pas le cas dans notre Loge je vous rassure de suite. Mais cette maladie que j’ai malgré moi pu constater en visitant d’autres loges et généralement souvent celle des grandes Obédiences et les Loges ou le nombre composé que de Sœurs ou que de Frères, est très important. Comme quoi la quantité ne fait pas la qualité.

Au faite, vous avez peut être remarqué que je ne parle pas des loges Mixtes, parce que paradoxalement les deux sexes opposés mis ensembles dans une Loge, temporise énormément les mésententes et aussi cette maladie si particulière et unique à la Franc-maçonnerie qui s’appelle « la Cordonite Aigue ». Ne me demandez pas pourquoi, il n’y a pas eu d’étude scientifique de mené sur le sujet.
Et ce « Penchant néfaste » vient souvent d’un trait de caractère qui va avec, comme un mauvais présage pour une quelconque maladie, je veux parler de l’Ambition. Mais Il y a d’autres symptômes à cette pathologie, comme la Jalousie, qui est vraiment un vilain défaut comme le dit si bien l’adage populaire.

L’envie, l’Orgueil, l’Avidité, la Convoitise, l’Ego sur dimensionné de soi. Je ne parle pas des pièces de jeu pour les enfants. Et certainement encore bien d’autre travers humain. Je n’ai retenue que le premier nommé pour le titre de cette planchette, que pour représenter les autres. Sinon nous aurions eu un intitulé à rallonge.

Pour en revenir à notre sujet. La fraternité n’est pas synonyme de cécité, elle ne doit pas nous rendre aveugle de tout ce qui se passe autour de nous en Loge. Il ne faut pas oublier que nous sommes les gardiens d’une très vieille Tradition et d’un très ancien Secret qui s’alluma un jour dans le cœur fraternel de l’humanité à son berceau. Qu’ils sont l’emblème de la coutume que nous avons régulièrement reçue, et que nous maintenons sans faillir et que nous transmettrons dans sa plénitude aux générations à venir.

Ce message à été oublié par certain Frères durant leur parcourt, ils l’ont perdu au bord du chemin et non jamais revérifier s’il était toujours à sa place. Certains Frères l’ont même carrément occulté ce message des le premier jour de leur arrivé en Loge. Alléché par le magnifique carnet d’adresse potentiel ou les passes droits et autres avantages tant vanté dans les journaux et qui remplisse régulièrement les pages d’une certaine presse.

Légende urbaine et réalité à la fois, malheureusement. Car tout les Sœurs et les Frères qui composent la Franc-maçonnerie, ne sont d’abord et avant tout que des Hommes, aves tout leurs défauts et toutes leurs qualités. Et que tout notre travail en Loge, est de mettre en exergues nos qualités, et en sourdine nos défauts. Comme le dis le Rituel : « Creuser des cachots pour les vices et élever des Temples à la Vertu ».

Ce qui démontre qu’il faut être très vigilant, dans nos parrainages et nos enquêtes. Je sais mes Sœurs et mes Frères qui êtes ici présent, que vous n’avez pas cette vision de la Maçonnerie. Je vous connais trop bien pour ça. Mais il n’en demeure pas moins, qu’il ne faut pas baisser la garde et s’endormir sur nos lauriers pour autant.

Une erreur involontaire peu aussi nous arriver, sur le choix d’un profane mal attentionné sur ses motivations et qu’il nous mente dans les réponses que nous lui posons. Qu’au lieu de laisser parler son cœur, cela ne soi que son intéressement qui nous réponde. Cela ne sera pas de notre faute. Mais je pense que dans un premier temps il faut lui laisser ça chance et à nous de lui montrer le bon et le véritable chemin à prendre. C’est là aussi notre rôle, il faut qu’il voie et qu’il ressente en lui tout ce que la Vrai Maçonnerie et la Fraternité ont à lui apporter, et qui sont beaucoup plus important et ont beaucoup plus de valeur, que ce qu’il c’était imaginer trouver au départ comme prétexte personnel pour entre dans notre Ordre. Et grâce à nos valeurs on peu peut être par notre attitude et notre comportement, changer un loup en agneau. Et ci malgré cela le loup reste ce qu’il est. Il partira alors de lui-même, car il ne trouvera pas chez nous ce qu’il était venu chercher. Et ce sera dommage pour lui. Il sera passé à coté de la chance de sa vie de pouvoir et de devenir quelqu’un de bien. Quant à nous, nous aurons étés fidèle à notre Serment que nous avons donné. Nous aurons respecté notre devoir de Franc-maçon et nous pourrons nous regarder dans un miroir sans avoir honte, contrairement à lui. Nous n’avons à éprouver aucun regret ni aucune gène. Nous n’aurons pas perdu, du temps ni de l’énergie à l’initié. Bien au contraire, nous aurons revécu nous, en notre cœur le souvenir de notre initiation. Et nous aurons appris encore plus la symbolique qui se rattache et que n’aura pas comprise l’usurpateur.

De pratiquer le Rituel nous aura aussi permis de mieux le maitriser pour les cérémonies à venir. Pour des personnes qui cette fois en vaudrons la peine. Ce n’est pas parce qu’un fruit est pourri, qu’il faut jeter tout le cageot. Nous valons mieux que cela et mieux que lui ou eux, ne l’oubliez jamais.

Très Vénérable Maitre, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Qui ose vaincra ! Les Forces Spéciales françaises

20 Septembre 2012 , Rédigé par X

POUR MON NEVEU QUI EST DANS LES FORCES SPECIALES ET POUR TOUS CEUX DE SON UNITE.
PEUT-ETRE SONT-ILS EN CE MOMENT EN TRAIN DE PREPARER UNE MISSION NOCTURNE AU MOYEN ORIENT OU EN AFRIQUE...
 
EN SON TEMPS J'AVAIS DONNE COMME NOM A LA LOGE DE RECHERCHE VILLARD DE HONNECOURT  BRETAGNE :
"ALAIN DE KERILLIS", SAS, MORT POUR LA FRANCE ET LA BRETAGNE EN 1944 PENDANT L'ATTAQUE DU MAQUIS DE ST MARCEL (56), CELA M'AVAIT ETE REPROCHE. PENSEZ-VOUS UN NOM DE PARACHUTISTE POUR UNE LOGE DE RECHERCHE!! C'EST TOUT JUSTE SI ON NE M'AVAIT PAS TRAITE DE "PLANEUR" , ET BIEN CETTE LOGE EXISTE ENCORE DANS LES DECOMBRES DE LA GLNF, ELLE PORTE LE N°1648, ET PEUT-ETRE QU'UN JOUR, QUI SAIT, QUELQU'UN OSERA LA REVEILLER A LA GLNF OU AILLEURS  ET "QUI OSE VAINCRA".
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Réflexion autour du symbole de l'infini.

20 Septembre 2012 , Rédigé par Alba Publié dans #Planches

Il m’aura fallu du temps pour trouver un sujet qui éveil en moi l’envie de construire un travail.

Au troisième degré il est de bonne augure je crois, d’aller chercher un début de réponse, s’agissant des signes qui nous fascinent, nous intriguent ou qui ont pour tout effet de capter notre attention.

C’est pourquoi avec beaucoup d’humilité, j’ai décidé de soumettre à votre bienveillante attention, cette ‘’Réflexion autour du symbole de l’Infini’’. 

Avant d’aller plus loin, je me vois dans l’obligation de vous exposer les raisons de mon choix. 

Depuis longtemps, je trouve cette forme hypnotique.

J’ai souvent imaginé une substance qui circulerait sans fin à l’intérieur. 

Cette représentation mentale fit naître en moi certaines interrogations : 

·  Pourquoi est ce signe qui fut choisit afin de représenter un cycle infini ?

·  De quelle manière en tant que Maçon puis-je ou dois-je l’interpréter ?

·  Si elle existe, quelle est cette manière si étrange qui donne vie à ce symbole ? 

Voilà bien des questions auxquelles je tenterai de répondre, à la condition que le G.A.D.L.U me donne la juste inspiration.

Qui sait ? 

1.     La forme qui mène au symbole. 

Ce symbole a été désigné par John Wallis en 1655 afin de représenter mathématiquement l’infini.

Certains d’entre nous pourraient y voire les prémices de l’alpha grec. Il n’est pas invraisemblable de penser que ce 8 couché serait le début du dessin. Mais philosophiquement et mathématiquement cela poserait un vrai problème. Si l’alpha en faisait partie, cela supposerait que l’oméga aussi hors, ce signe ne définit pas ce qui commence puis finit mais bien ce qui n’a pas de fin connue.

Il peut d’ailleurs être tracé à partir de n’importe quel point sans que l’on puisse s’apercevoir, à la fin, de où la démarra l’artiste.

Si l’on se réfère à la théorie des ‘’ fractales’’, nous pouvons nous apercevoir que des subdivisions d’un nombre à l’infini, ont dors et déjà étés confirmées par plusieurs mathématiciens. J. Wallis avait posé de son temps, les prémices des sciences modernes.

Nous parlions de cycle.

En tant que Maçon, c’est le temps de la vie que j’entraperçois. Le recommencement des saisons, des cycles lunaires et solaires. Les hommes qui passent et traversent les époques et tombent comme les blés afin que d’autres les remplacent.

Il en est de même pour la Franc-maçonnerie.

Certains frères partent et puis sont remplacés.

D’autres vous diraient que l’univers lui-même est infini, dans le sens étymologique puis ce que bon nombre de scientifiques, affirment que ce dernier continu de s’étendre.

Le temps de la conquête de cet univers par l’Homme n’est pas venu. Il fut crée pour le contempler et apprendre des astres. 

2.     Le symbole du temps.

 En tant qu’initié, cette forme m’évoque bon nombre d’images mais je ne vous ferai part que d’une seule piste de réflexion.

Celle d’un sablier que l’on renverse inlassablement.

Cet objet est composé de deux plateaux fixes, deux colonnettes (cherchez la similitude) et d’un récipient souvent en verre, afin de permettre une parfaite utilisation.

Puis ce que vous m’autoriserez certainement la simple comparaison suivante, je dirai que ce sablier est celui de la vie humaine et plus largement du temps qui passe et n’a pas de fin. A chaque fois qu’un cycle se termine du fait de la nature de l’objet concerné, celui-ci est renversé afin de permettre le début d’un nouveau segment temporel.

Il existe donc une vérité fondamentale qu’il nous faut observer.

C’est en cela que réside la principale différence entre la créature et le créateur. Nous, êtres faits de chais et d’os, sommes de passage et attribuons une grande importance au temps qui s’écoule inlassablement. Chaque seconde nous rapprochant inexorablement de notre mort terrestre.

Le G.A.D.L.U est éternel. L’homme a inventé la notion de temps car la nature l’y a forcé. Les moissons, le travail, la maladie et tant d’autres évènements de la vie mortelle, qui donnent l’obligation à l’Homme de mesurer le sable de la vie. Il lui fallait donc un objet afin de matérialiser ce phénomène.

Toutes les vies ne se ressemblent pas pour autant.

Le maçon, a pour devoir de donner un sens vertueux à sa vie. Il ne peu se contenter d’être une ombre qui attend le crépuscule. Il se doit de rayonner autour de lui, irradiant ses proches, ses frères et ce monde de sa lumière intérieure.

Ayons en mémoire la phrase d’Alphonse De Lamartine : << Je ne me contente pas d’exister, je veux vivre>>.

L’homme est donc en quelque sorte, l’enveloppe charnelle d’un astre intérieur, voué à rejoindre les cieux. 

3.     Il est puissance. 

Ce qui le rend hypnotique à mes yeux de mortel, est la puissance qui en émane de part sa forme, mais surtout ce qu’il implique à savoir la ‘’non fin’’.

Voyez comme il peut emprisonner la lune et le soleil.

Si là tout de suite, vous construisez cette image dans vos esprits, vous pouvez y voire l’équilibre du monde. Il assure l’aurore et le crépuscule, donnant ainsi à l’Homme un temps pour le travail et un autre pour le repos.

Pour que l’équilibre naturel soit maintenu, il permet à certaines créatures de régner le jour et d’autres la nuit.

La lune, doit attendre son tour pour influer sur les marées et assurer le meilleur des niveaux aux maçons.

Le soleil également, s’il veut réchauffer les êtres de ce monde et donner suffisamment de lumière pour permettre le travail et l’épanouissement de tout ce qui vit.

Qu’est ce que l’Homme face aux astres, à Dieu, au temps ?

Pascal disait : << l’Homme est grand en ce qu’il se sait misérable>>.

Et pourtant, il est peu probable que nous dominions ce monde par hasard.

Des penseurs se sont dit que le purgatoire était sur Terre.

Pour ma part, j’estime qu’il ne s’agit pas de cela, mais bien d’un passage obligatoire afin de préparer notre âme à se transformer et préparer son voyage vers un autre plan d’existence.

Telle la chandelle qui se consume, la flamme représente l’âme et sa fumée l’esprit.

De sorte qu’au moment où il sera temps pour chacun d’entre nous de rejoindre l’Orient Eternel, notre lumière intérieure brille suffisamment afin de ne plus être confinée dans le temple qu’est notre corps. Puisse Dieu nous accorder une place au près de lui, si cette dernière est suffisamment éclatante, pour qu’il nous remarque du firmament d’où il contemple l’Univers tout entier.

 

Je conclurai cet exposé en vous disant que je sais ne pas avoir exploré toutes les pistes. J’ai dus oublier bien des choses et en ignore sûrement beaucoup d’autres. Il m’est impossible lors de travaux d’agape, d’aller plus loin sans causer l’insomnie de mes frères.

J’espère simplement, avoir réussi à exposer clairement mon point de vue quand à cette question. Si je suis arrivé à susciter l’intérêt ou à ouvrir d’autres pistes, vous m’en voyez comblé. 

J’ai dit.

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Explication de texte : Judas l’Iscariote Homme de confiance ou traître ?

20 Septembre 2012 , Rédigé par Yves Maris Publié dans #spiritualité

Judas

On a pu se demander si Judas avait bel et bien existé, s’il n’était pas plutôt une figure symbolique. Paul ne parle jamais de lui. Le nom Judas est étymologiquement relié à « Juif ». Celui qui livra Jésus fut indubitablement considéré par ses ennemis comme la personnification du Juif. Nous verrons, en outre, que la plus grande partie des actes de Judas relève de la fiction pure et simple. Pourtant le personnage est embarrassant. Jésus aurait manqué de clairvoyance, il aurait fait confiance à celui qui n’en était pas digne. L’ensemble des évangiles synoptiques le mentionne parmi les Douze. Judas est un personnage principal des récits de la passion. S’il n’était qu’une fiction, celle-ci aurait dû être élaborée très tôt, alors que nombre de disciples étaient encore vivants. La critique des textes accrédite l’idée que Judas, l’un des Douze, livra Jésus aux autorités juives qui décidèrent sa mort. Judas avait-il une place éminente parmi les Douze ? Il était assis près de Jésus lors du dernier repas (Jn XIII, 26). Ce n’est certainement pas la place de quelqu’un qui s’apprête à trahir aussi radicalement le maître et les disciples ! En charge de la bourse commune, il bénéficiait de la confiance de tous. Il se peut qu’il ait été prêtre, puisque, quelle que soit la réalité du fait, Matthieu montre qu’il avait accès au sanctuaire (Mt XXVII, 5)Le verbe grec paradidonai, qui répond à l’acte de Judas, signifie « livrer », et non « trahir ». Les évangiles synoptiques déroulent deux actions de Judas : il se présente avec la troupe au mont des Oliviers et il identifie Jésus. L’illogisme de ces scènes réside d’abord dans le fait que Jésus et les disciples, qui bivouaquaient de nuit en un lieu écarté, auraient pu fuir à l’approche de la troupe. Jean nous dit qu’elle vint avec des lanternes et des torches ! (Jn XVII, 3) On peut penser que le choix de Jésus était clair. Plutôt que de se livrer, alors qu’il était en ville, il a choisi la symbolique du mont des Oliviers. Judas et la troupe étaient donc attendus.

 

Le mont des Oliviers

Le site est revêtu d’un grand symbolisme. Après que le prophète Ezéchiel a reçu le fameux oracle (« Je mettrai au milieu de vous un esprit nouveau »), « la gloire de Yhwh s’éleva du milieu de la ville et s’arrêta sur la montagne qui est à l’orient de la ville (le mont des Oliviers) » (Ez XI, 23). Dans l’oracle de la fin des temps du prophète Zacharie, Yhwh pose ses pieds sur le mont des Oliviers et fait trembler la terre (Za XIV, 3-4). L’endroit choisi est non seulement empli de la gloire divine, mais il est aussi le lieu primordial de la fin des temps. La scène évangélique, qui montre Jésus envahi de tristesse et priant Dieu sur le mont des Oliviers, reprend le récit du Livre de Samuel : lors de la conjuration de son troisième fils, Absalon, le roi David fuit la ville de Jérusalem. Il fait l’ascension du mont des Oliviers en pleurant, jusqu’au sommet « où l’on se prosternait devant Dieu » (2 S XV, 32). La reprise du récit est confirmée par le suicide de Judas. Il se pend de même qu’Akhitophel, conseiller d’Absalon parmi les conjurés (2 Sm XVII, 23).

L’énigme de « la trahison »

Dans l’hypothèse de la trahison, Judas n’a pas seulement renseigné les autorités sur les faits et gestes de Jésus. Il leur a également révélé les intentions qui contrevenaient à la légalité : Jésus s’apprêtait à inaugurer le royaume de Dieu. La façon dont il le concevait ne convenait ni à Judas, ni aux grands prêtres. Mais alors, pourquoi Judas n’a-t-il pas témoigné contre Jésus lors du procès ? D’autant plus que les juges eurent du mal à trouver deux témoins : « Quant aux grands prêtres et tout le sanhédrin, ils cherchaient un témoignage contre Jésus, pour le faire mourir, et ils n’en trouvaient pas. » (Mc XIV, 55) On ne peut pas croire que Judas ait agi pour de l’argent. En acceptant l’appel de Jésus, il avait abandonné ses biens et fait vœux de pauvreté. Il devait être reconnu comme l’un des plus sages et des plus justes du groupe, puisque la bourse lui était confiée. Sur des critères de compétence, Matthieu, l’ancien percepteur, eût été mieux placé ! Marc produit une explication théologique : l’acte de Judas accomplit les Ecritures (Mc XIV, 21, 49) ! Luc (XXII, 3) et Jean (XIII, 2) n’ont également qu’une spéculation théologique à offrir : Judas est l’instrument de Satan qui s’immisce dans le cercle des Douze ! Evidemment, ces interprétations ne tiennent pas pour qui cherche à savoir comment les choses se sont réellement passées. Il est impensable que Judas ait pu agir en sorte que Jésus soit finalement livré aux Romains. Le contexte politique était nationaliste. Les Douze avaient conscience d’incarner les prémisses des douze tribus d’Israël retrouvées en vue du royaume de Dieu. Si l’acte de Judas ne fut pas la trahison, quel fut-t-il ? Matthieu révèle que les choses ne se sont pas déroulées comme Judas l’imaginait : la conscience de Judas connut un retournement lorsqu’il comprit que les grands prêtres allaient déférer Jésus devant Pilate (Mt XXVII, 3). Judas demeura stupéfait ! Il connaissait la procédure judiciaire en matière capitale. Il ne se vit pas assailli de regrets. Le remord est un sentiment qui harcèle. Il ne vient pas si promptement. Il se sentit lui-même trahi ! Mais quelle était donc la mission pour laquelle Jésus l’avait désigné ?

Jésus désigne Judas lors du dernier repas

 

Marc

On apprend que les grands prêtres et les scribes cherchaient à se saisir de Jésus (Mc XIV, 1-2). Un peu plus loin il est écrit que Judas alla trouver les grands prêtres pour leur proposer de livrer Jésus (Mc XIV, 10-11). Rien ne nous est dit ni sur les relations liant Judas et les grands prêtres, ni sur les raisons pour lesquelles judas se trouvait amené à livrer Jésus. Les grands prêtres se réjouirent de l’accord qui prévoyait une rémunération, sans que le montant ne fût précisé. Au cours du dernier repas, Jésus annonça que l’un des convives le livrerait. Etait-ce une décision de sa part ou avait-il éventé une fourberie ? Le fait que chacun chercha à savoir s’il s’agissait de lui-même indique clairement que le choix appartint à Jésus : « Serait-ce moi ? » demandèrent-ils à tour de rôle (Mc XIV, 19). Jésus répondit seulement que se serait l’un des convives, avec une précision : « L’un des Douze. » (Mc XIV, 20). Vient alors la malédiction prononcée par Jésus : « Malheur à l’homme par qui le fils de l’homme est livré ! Il aurait été bon pour cet homme de ne pas naître. » (Mc XIV, 21) Cette malédiction ne devient vraiment cohérente que si elle s’adresse à celui « à cause de qui » Jésus est livré et non à celui « par qui » il est livré. On voit mal Jésus maudire celui qu’il désigne lui-même ! Judas n’est pas nommé. Non seulement Marc ne nous dit pas que Judas quitte le repas, comme les circonstances le demanderaient, mais il sous-entend que les Douze sortirent tous ensemble vers le mont des Oliviers (Mc XIV, 26).

Matthieu

Tout en reprenant Marc, Matthieu aménage le récit. Il nomme Judas et précise : « Ils lui pesèrent trente pièces d’argent. » (Mt XXVI, 15) La somme est prise dans le second Zacharie  l’oracle de la houlette brisée montre un prophète dégoûté du peuple qui reçoit son salaire après la rupture de l’alliance qui le liait à lui : « Ils pesèrent donc mon salaire, soit trente pièces d’argent. » (Za XI, 12) Il s’agit là d’un salaire hautement justifié. Matthieu fait poser la question à Judas : « Est-ce moi, rabbi ? ». Jésus répond : « Tu l’as dit ! » (Mt XXVI, 25) La question de Judas est séparée de celles des autres disciples par la parole de malédiction (« Malheur à l’homme… »), si bien que celle-ci semble le viser. La scène devient invraisemblable ! On comprend mal comment Judas peut, dans ces conditions, demeurer parmi les commensaux, prendre sa part de pain et boire à la coupe.

Luc

De même que Matthieu, Luc reprend Marc. Il efface la question des disciples (« Serait-ce moi ? ») qui indiquait que le choix de celui qui le livrerait appartenait à Jésus lui-même. L’accusation de Judas est suivie de la malédiction (Lc XXII, 22). Alors que chez Matthieu cette dramaturgie précède la bénédiction du repas, ici, elle la suit. Luc laisse Judas participer à la communion des Douze autour de Jésus. Mieux encore, Jésus reconnaît la confiance des Douze et leur assure à tous la récompense du royaume de Dieu, Judas compris : « Vous, vous êtes demeurés avec moi dans mes épreuves ; et moi je dispose pour vous d’un règne, comme mon père en a disposé pour moi, pour que vous mangiez et buviez à ma table dans mon règne, et que vous siégiez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. » (Lc XXII, 28-29) En l’absence de toute logique, Luc tente de donner une raison à l’action de Judas : « Et Satan entra en Judas. » (Lc XXII, 3)

Jean

Préalablement au repas, Jean s’est attaché à rendre Judas méprisable. Marc (XIV, 3-9) et Matthieu (XXVI, 6-13) ont une scène où une femme oint la tête de Jésus avec un parfum de prix. Le premier indique que « quelques-uns » s’insurgèrent contre ce geste coûteux ; le second dit que ce sont « les disciples » qui protestèrent. Jean compose la scène différemment : Marie (la sœur de Marthe et de Lazare) oint les pieds de Jésus. Judas est alors le seul à protester : « Pourquoi n’avoir pas vendu ce parfum trois cents deniers pour les donner aux pauvres ? » (Jn XII, 5) Jean ajoute un commentaire qui fait de Judas un voleur : « Il ne disait pas cela par souci des pauvres, mais parce qu’il était voleur, avait la bourse et en emportait le contenu. » (Ibid. 6) Les relations de Jésus avec les premiers disciples sont loin d’avoir été idylliques. Lorsque Jean expose la doctrine de la chair et du sang de Jésus qui doivent être mangé et bu, une scène rapporte la révolte des disciples : « Après l’avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : Cette parole est dure. Peut-on l’écouter ? » (Jn VI, 60) L’explication de Jésus ne les satisfit pas : « Beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et ils n’allaient plus avec lui. » (Jn VI, 66) Jésus posa alors la question de confiance aux Douze : « Voulez-vous partir aussi ? » (Jn VI, 67) Pierre réaffirma la loyauté des Douze. Jésus répondit que lui-même les avait choisis pour leur foi en sa parole. Mais, selon Jean, il ajouta : « L’un de vous est un diable. » Jean précise qu’il parlait de Judas. Outre le fait que Jésus aurait terriblement manqué de discernement en confirmant Judas parmi les Douze, on peut penser que celui-ci aurait quitté Jésus, à ce moment-là, s’il avait été en profond désaccord avec lui. Jean annonce l’acte de Judas de la façon suivante : « Lui qui mange mon pain a levé le talon contre moi. » (Jn XIII, 18) Il faut chercher la source des paroles qu’il fait dire à Jésus dans les Psaumes : « Même mon ami intime en qui j’avais confiance, lui qui mangeait mon pain, il a levé le talon contre moi. » (Ps XLI, 10) Les disciples sont dubitatifs. Pierre demande au disciple que « Jésus aime », qui est « penché sur le sein de Jésus », de demander de qui il s’agit. « Jésus lui répond : C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper. Alors il trempe la bouchée et la donne à Judas, fils de Simon Iscariote. » (Jn XIII, 26) Judas est étrangement le seul disciple à « communier » avec Jésus ! Mais Jean ajoute : « Aussitôt après la bouchée, Satan entra en lui. » (Jn XIII, 27) Sans préjuger du terrible lien de cause à effet ! Dès qu’il est désigné par Jésus, Judas se trouve investi de sa funeste mission. Jésus ordonne : « Ce que tu fais, fais-le vite ! » Jean a intercalé une parole de Jésus entre le rappel du Ps XLI, 10 et l’attestation de Jésus : « L’un de vous me livrera. » Cette insertion ajoute à notre interrogation : « Amen, amen, je vous dis : qui reçoit celui que j’ai envoyé me reçoit moi-même. Et qui me reçoit, reçoit qui m’a envoyé. » (Jn XIII, 20) Qui envoie-t-il, sinon Judas vers les grands prêtres ? Les disciples se méprennent sur la mission de Judas. Parce qu’il avait la bourse, ils croient que Jésus l’envoie quérir quelques nécessités pour la fête ou porter la charité. Généralement, dans l’un ou l’autre des évangiles, lorsque les disciples ne saisissent pas la signification d’un acte ou d’une parole, on peut dire que l’acte ou la parole constitue vraisemblablement un ajout théologique. La meilleure façon de gérer la contradiction consiste en effet pour les évangélistes à dire que les disciples ne comprennent pas ce qui se passe ou ce qui se dit. Si l’action que Judas s’apprête à accomplir est une trahison éventée par Jésus, il est invraisemblable qu’il quitte l’assemblée avec la bourse comme Jean l’indique clairement (Jn XIII, 29). Judas a quitté la table pour faire vite ce qu’il avait à faire, selon la demande de Jésus (Jn XIII, 27). Jésus et les autres disciples se rendent en un lieu, au-delà du torrent du Cédron, que Judas connaissait « parce que Jésus y était souvent allé avec ses disciples » (Jn XVIII, 2). Autrement dit, Jésus se dirige vers un lieu où Judas menant la troupe pourra facilement le retrouver.

L’arrivée de Judas au mont des Oliviers

 

Marc

« L’un des douze, arrive et avec lui venait de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens, une foule avec des sabres et des bâtons. » (Mc XIV, 43) L’expression évangélique « l’un des Douze » concerne toujours Judas, à l’exception d’une application à Thomas. Il faut probablement y voir la difficulté à nommer Judas. Cependant, la formule confirme que Judas est toujours membre du groupe des grands disciples. La troupe que Judas accompagne semble formée d’une milice recrutée par le sanhédrin. L’inutilité des armes est affirmée : « Est-ce contre un bandit que vous êtes sortis avec des sabres et des bâtons pour me prendre ? » (Mc XIV, 48) Jésus n’avait ni l’intention de fuir, ni celle de se battre. Il attendait que Judas ait accompli sa mission et vienne avec ceux à qui il devait le livrer. L’apostrophe se retrouve dans les trois évangiles synoptiques. Nous nous dispensons de considérer Matthieu et Luc. Ils suivent tous deux le texte de Marc.

Jean

Judas « prend la cohorte » (Jn XVIII, 3). Placée sous les ordres d’un tribun, elle vient en appui des gardes des autorités juives. Une cohorte romaine étant constituée de six cents soldats, le récit de Jean semble invraisemblable, sauf à dire que les grands prêtres s’attendaient, sinon à une réaction de Jésus et de ses disciples, tout au moins à un mouvement de foule. Peut-être un nombre important de disciples entoure-t-il Jésus ? En précisant que la garde avait été fournie par les grands prêtres et « les pharisiens », Jean inclut les ennemis de la communauté chrétienne au moment où l’évangile est rédigé. De même que dans la tradition synoptique, Jésus doit être identifié : « Qui cherchez-vous ? » demande Jésus ; « Jésus le Nazaréen » lui est-il répondu (Jn XVIII, 5). La tradition du baiser de Judas est absente de l’Evangile de Jean. Il est simplement précisé que « Judas qui le livrait » était avec la cohorte. On note une incise théologique forte : « Ils reculèrent et tombèrent à terre. » (Jn XVIII, 6)

Le baiser de Judas

 

Marc

Lors des négociations, Judas avait insisté : « Celui qui le livrait leur avait donné un signe en disant : Celui que j’embrasserai, c’est lui. Saisissez-le, emmenez-le en sûreté. » (Mc XIV, 44) On interprète généralement la demande comme une insistance de Judas pour que Jésus ne s’échappe pas. Mais, comme rien dans le récit ne laisse entendre que Jésus aurait pu chercher à s’échapper, on l’interprète également comme une attention à porter à la sécurité de Jésus. Cette précision n’est reprise ni par Matthieu ni par Luc, probablement chacun d’eux ne pouvait-il envisager que Jésus manquât à son destin. La narration du baiser est concise : « Judas vint aussitôt, s’approcha de lui et dit : Rabbi, et il lui donna le baiser. » (Mc XIV, 45) Le baiser comme signe de fraternité chrétienne se trouve chez Paul : « Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. » (Rm XVI, 16) Dans le judaïsme rabbinique, les élèves saluaient le maître par un baiser respectueux. L’usage voulait que l’on s’embrassât sur la bouche. On peut penser que le baiser de Judas témoigne d’une grande émotion dans un moment dramatique. Il ne peut s’agir d’un baiser de simple salutation puisque Judas a quitté Jésus quelques heures plus tôt. Ce qui fait l’authenticité du baiser, c’est l’explication embarrassée de Marc. Il ne sait que faire de la tradition du baiser. Ne pouvant l’interpréter comme un signe d’amour ou de compassion, il en fait un signe de trahison. Peut-on imaginer un instant que Jésus, ayant connaissance de la traîtrise, et Judas, sachant qu’il est démasqué, s’embrassent sur la bouche tandis que les disciples et les troupes en armes se font face ? Marc ne rapporte aucune réaction de Jésus au baiser de Judas.

Matthieu

Chez Marc, Judas s’approche de Jésus en l’appelant « Rabbi » (Mc XIV, 45). Matthieu, qui suit Marc, complète : « Shalôm, Rabbi ! » (Mt XXVI, 49). Le trait d’expression semble d’autant plus authentique que, face aux disputes qui opposent les premiers chrétiens au courant rabbinique issu du pharisaïsme, Matthieu fait dire à Jésus : « Vous autres, ne vous faites pas appeler rabbi, car vous n’avez qu’un maître et vous êtes tous frères. » (Mt XXIII, 8). Si le titre Rabbi est alors approprié pour s’adresser à Jésus, il témoigne d’une vénération de disciple à maître qui serait bien déplacée pour Judas s’il était en train de trahir. En outre, Shalôm (que traduit le terme grec chaire) appelle la paix et la sérénité. On ne peut pas croire l’idée souvent admise que Judas joue l’hypocrite, comme si Jésus et les disciples ne voyaient pas qu’une troupe l’accompagne ! Matthieu cherche à enlever l’ambiguïté créée par le silence de Jésus chez Marc : « Jésus lui dit : Ami, c’est pour cela que tu es là… » (Mt XXVI, 50) Selon l’interprétation classique de la traîtrise, on explique le terme « ami », donné par Jésus à Judas, comme relevant de l’ironie. Le terme grec hetairos peut également se traduire par « compagnon », c’est-à-dire celui avec qui Jésus rompt le pain. Si le verset provient de la source M, particulière à Matthieu, il doit être pris pour lui-même. En ce cas, la réponse de Jésus à l’épanchement de Judas peut être comprise comme une parole de réconfort : Judas n’a pas choisi son destin, mais il est malheureusement là pour livrer Jésus aux grands prêtres. L’événement attendu ne modifie pas le sentiment de Jésus envers Judas.

Luc

Luc comprend qu’il est difficile de justifier le baiser de Judas comme signe d’une étonnante traîtrise dans la situation décrite. Il ne reprend pas la convention du baiser comme signe, entre Judas et les grands prêtres, pour désigner Jésus. Lors du face à face au mont des Oliviers, Luc ne dit pas non plus que Judas embrasse Jésus : « Il approcha de Jésus pour lui donner un baiser. Et Jésus lui dit : Judas, livres-tu le fils de l’homme par un baiser ? » (Lc XXII, 47-48) Jésus refuse donc le baiser. Précisons que certains manuscrits de Luc rapportent que le baiser a été donné. Mais dans la longue histoire de la fixation du canon évangélique, c’est bien le texte sans le baiser qui a été retenu. Luc franchit une étape dans la rédaction du récit qui vise à présenter Judas indubitablement comme un traître

Le prix du sang innocent

 

Matthieu

Matthieu est le seul évangile à donner un récit du repentir et de la mort tragique de Judas. Les traditions marcienne et johannique ignorent la fin de Judas. Luc ajoute à la légende matthéenne dans la rédaction des Actes des Apôtres. Judas semble avoir suivi le procès de Jésus de près. Il se repent lorsqu’il comprend que le sanhédrin renvoie Jésus devant Pilate : « Alors Judas, qui l’avait livré, le voyant condamné se repentit. » (Mt XXVII, 3) Cela signifie que Judas se reprocha d’avoir livré Jésus dès qu’il vit que les événements ne suivaient pas le cours espéré. Autrement dit, l’action de Judas n’avait pas pour but la condamnation de Jésus. Que pouvaient donc attendre d’autre Jésus et Judas ? Quel fut l’objet de la négociation entre Judas et les grands prêtres, si ce n’était un jugement et donc une condamnation de Jésus ? Le récit de Matthieu se poursuit ainsi : « Alors Judas, qui l’avait livré, le voyant condamné se repentit, retourna les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens et dit : J’ai péché, j’ai livré un sang innocent. Mais ils répondirent : Que nous importe ? A toi de voir ! Et il rejeta l’argent dans le sanctuaire, se retira et s’en alla se pendre. Les grands prêtres prirent l’argent et dirent : On n’a pas le droit de le jeter aux offrandes puisque c’est le prix du sang. Ils tinrent conseil et achetèrent avec cela le champ du potier pour la sépulture des étrangers. Voilà pourquoi ce champ aujourd’hui encore s’appelle le champ du sang. Alors s’accomplit cette parole du prophète Jérémie : Ils ont pris les trente pièces d’argent, le prix de celui qui a été mis à prix, celui que les fils d’Israël ont mis à prix, et ils les ont données pour le champ du potier comme le Seigneur me l’a indiqué. » (Mt XXVII, 3-10) Quand bien même Jésus aurait eu une prescience de sa mort, parce qu’il connaissait les animosités et les oppositions que suscitait l’annonce du royaume de Dieu, Matthieu s’emploie à enseigner que loin de constituer un échec, la condamnation de Jésus était prévue de toute éternité. Cette construction théologique de l’Eglise primitive jalonne l’approche de la passion : « Dès lors Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et le troisième jour se relever. » (Mt XVI, 21) ; « Jésus leur dit : Le fils de l’homme va être livré aux mains des hommes, et ils le tueront, et le troisième jour il se relèvera. » (Mat XVII, 22-23) ; « Voilà que nous montons à Jérusalem, et le fils de l’homme va être livré aux grands prêtres et aux scribes, et ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux nations pour être moqué, fouetté, et crucifié ; et le troisième jour il se relèvera. » (Mt XX, 18-19) Ces annonces a posteriori sont évidemment contradictoires à l’étonnement qui frappe Judas lorsque Jésus est condamné par le sanhédrin. L’attitude de Judas a plus de chance d’être authentique que ces arrangements prophétiques ! Rien n’est dit pour la défense de Judas. La réaction des grands prêtres aux remords de Judas est dure. Ils ont obtenu de lui ce qu’ils voulaient. On pourrait dire que lui-même eut ses trente pièces d’argent, si le fait était avéré. Mais dès lors que les fameuses pièces ne sont qu’un élément du récit tiré du Livre de Zacharie, la question se pose : Quelle est la contrepartie négociée que Judas n’a pas obtenue ? En tous cas, cette contrepartie ne prévoyait pas la condamnation de Jésus ou, tout au moins, sa livraison aux Romains. Matthieu fait allusion à « la parole de Jérémie » pour justifier son récit. Il prend au prophète l’expression du « sang des innocents » (Jr XIX, 4), la référence au potier (Je XVIII, 4), l’idée du champ acheté (Jr XXXII, 7-15). En réalité, la référence principale vient du Livre de Zacharie. Il s’agit de l’oracle de la houlette brisée. Le prophète rompt l’alliance qu’il avait avec le peuple au nom de Yhwh : « Si cela semble bon à vos yeux, donnez-moi mon salaire ; sinon, n’en faites rien. Ils pesèrent son salaire, soit trente pièces d’argent. Et Yhwh me dit : Jette au trésor le prix magnifique auquel ils m’ont prisé ! Je pris donc les trente pièces d’argent et je les jetai dans la Maison de Yhwh, au trésor. » (Za XI, 12-13) Chez Zacharie, il ne s’agit nullement de l’argent de la trahison, mais du salaire dû au prophète, qui a bien fait paître les brebis du Seigneur, alors qu’il est renvoyé par le troupeau. Une telle interprétation est hautement favorable à Judas, qui deviendrait un intermédiaire, les trente pièces d’argent étant dues à Jésus lui-même. On peut penser que Matthieu n’a pris le passage de Zacharie que pour justifier les trente pièces d’argent ; mais au risque d’une grave inconséquence ! Si l’on va au bout de la citation, on est loin d’un Judas traître…

La mort de Judas

 

Matthieu

Matthieu est également le seul évangile à donner un récit de la mort de Judas : « Il se retira et s’en alla se pendre. » (Mt XXVII, 5) Nous avons vu que la scène du mont des Oliviers était largement influencée par le récit de David fuyant Jérusalem aux mains de son fils Absalon (2 S XV, 17). Conseiller de l’usurpateur, Akhitophel fut finalement éconduit par Absalon qui choisit un autre conseil que le sien : « C’est que Yhwh avait décrété de faire échouer le bon conseil d’Akhitophel, afin que Yhwh amenât le malheur sur Absalon. » (2 S XVII, 14) Traître au roi David, « Akhitophel vit que son conseil n’avait pas été suivi, il sella son âne, se leva et s’en alla dans sa maison, dans sa ville ; il mit en ordre sa maison, puis s’étrangla et mourut. » (2 S XVII, 23) Si la tradition a gardé le souvenir d’une mort rapide de Judas, on peut penser que Matthieu a cherché à en faire un récit romancé en s’inspirant de la mort du traître Akhitophel.

Les Actes des apôtres

L’auteur des Actes accentue l’idée de trahison ignominieuse de Judas : « Judas donc a acquis un domaine avec le salaire de son injustice et, tombé la tête en avant, il a crevé par le milieu et toutes ses entrailles se sont répandues. » (Ac I, 18) Luc fabrique un discours à partir des Psaumes. Il l’attribue à Pierre en vue de justifier l’élection de Matthias au nombre des Douze : « Car il est écrit au Livre des Psaumes : Que son enclos devienne désert et n’ait plus d’habitant (Ps LXIX, 26) et : Qu’un autre prenne sa charge (Ps CIX, 8). » (Ac I, 20) Non seulement Luc rapporte une fin différente de Judas que celle de Matthieu, mais il indique que c’est Judas lui même qui fit l’acquisition d’une terre avec « le prix du sang ». Les Actes des apôtres ont été écrits dans l’ignorance du récit de l’Evangile de Matthieu et ont inventé une nouvelle histoire de la fin de Judas. Tandis que Matthieu prend l’idée de la mort d’Akhitophel pour construire sa légende de la mort de Judas, Luc reprend le récit de la mort d’Antiochos IV Ephiphane, ennemi des Juifs : « Il advint qu’il tomba du char qui roulait à vive allure et que, ayant fait une chute grave, il eut tous les membres de son corps démis (…) si bien que du corps de cet impie les vers se mirent à pulluler, ses chairs tombèrent en lambeaux, à lui qui ne vivait plus qu’au milieu de douleurs et de souffrances, et l’armée entière était incommodée par l’odeur infecte qu’il dégageait. » (2 M IX, 7-9)

La version de Papias

L’évêque d’Hiérapolis écrit aux environs de l’an 130. Irénée dit de lui qu’il fut auditeur de Jean, ce que nie Eusèbe de Césarée. Deux citations de ses écrits se rapportent à la fin de Judas : « Judas vécut son chemin en ce monde comme un exemple massif d’impiété. Il était si enflé dans sa chair qu’il ne pouvait passer là où un chariot circulait aisément. Même sa seule tête énorme ne le pouvait. Ses paupières étaient si bouffies, dit-on, qu’il ne pouvait plus voir la lumière ; et ses yeux ne pouvaient être découverts même par un instrument d’opticien, tant ils étaient enfouis sous la surface. Son organe intime était adipeux et répugnant à voir, à un point qui dépasse toute honte. Charriés de toutes les paries de son corps, du pus et des vers sortaient, à sa propre honte, quand il se soulageait. Après tant de tortures et de châtiments, sa vie, dit-on, prit fin dans son propre champ ; et cette terre est restée jusqu’à ce jour déserte et inhabitée à cause de l’odeur. En fait, aujourd’hui encore, nul ne peut circuler en ce lieu sans se boucher le nez, si massif était l’écoulement de sa chair et si répandu sur la terre. » (cité par Apollinaris de Laodicée, conservé dans les collections patristiques –Catène de Cramer, Oxford 1844) « Judas vécut en ce monde comme un exemple massif d’impiété. Il était si gonflé dans sa chair qu’il ne pouvait passer là où un chariot passait aisément. Ayant été écrasé par un chariot, ses entrailles se répandirent. » (Ibid.) Le roman de l’évêque d’Hiérapolis s’appuie non seulement sur 2 M IX, 7-9, mais il reproduit l’idée de vengeance divine que l’on retrouve dans la mort d’Hérode le Grand vue par Flavius Josèphe : « Sa maladie s’étant répandue dans toutes les parties de son corps, il n’y en avait presque point où il ne sentît de très vives et de très cuisantes douleurs. Sa fièvre était fort grande ; il était travaillé d’une grande démangeaison et d’une grattelle insupportable, et tourmenté par de très violentes coliques. Ses pieds étaient enflés et livides ; son corps ne l’était pas moins ; tous ses nerfs étaient retirés ; les parties du corps que l’on cache avec le plus de soin étaient si corrompues que l’on en voyait sortir les vers, et il ne respirait qu’avec une extrême peine. Ceux qui le voyaient en cet état et faisaient réflexion sur les jugements de Dieu croyaient que c’était une punition de sa cruauté envers Judas et Mathias. » (Flavius Josèphe, La Guerre des Juifs contre les RomainsI, 21)

Dès le IIe siècle, on trouve donc trois ou quatre récits légendaires de la mort de Judas : le suicide par pendaison (Matthieu) ; une chute qui crève l’abdomen (Luc) ; une maladie ignominieuse (version longue de Papias) ; un accident de la circulation (version courte de Papias).

Judas, homme de confiance ou traître ?

 

L'évangile de Judas

L’Evangile de Judas, dont la rédaction semble voisine de celle des Actes des Apôtres, offre une perspective renversante. Judas l’Iscariote n’est plus l’opprobre du cercle des douze disciples. Il est le seul initié parmi eux : « Jésus dit (à Judas) : Viens, je t’instruirai des choses cachées que nul n’a jamais sues. Oui, il existe un Royaume grand et infini, dont aucune génération d’ange ne connaît l’étendue. Il y a le grand Esprit invisible, qu’aucun œil d’ange n’a jamais vu, qu’aucune pensée du cœur n’a jamais embrassé, et qui n’a jamais été appelé d’aucun nom. » (Ev. Judas) L’annonce véritable est celle du Royaume de l’Esprit pur, en opposition avec le Royaume terrestre en lequel les disciples placent, à tort, leurs espérances. S’il y a deux royaumes, il y a deux dieux. L’expression « votre Dieu » revient dans les paroles de Jésus aux onze disciples. Judas devient la caution d’un courant de pensée gnostique en opposition avec la tradition judéo-chrétienne. Il est le disciple fondateur : « Jésus dit à Judas : Sépare-toi des autres et je te dirai les mystères du Royaume. Il te sera possible d’y parvenir, mais au prix de maintes afflictions. Oui, un autre prendra ta place pour que les Douze se retrouvent au complet avec leur Dieu. » (Ev. Judas) Dans les Actes des Apôtres, Pierre justifie le tirage au sort de Mathias par la nécessité de reconstituer un groupe de douze grands disciples après la mort ignominieuse de Judas l’Iscariote. A ce propos, il est curieux de voir que le sort écarte un certain Bar Abbas. Dans l’Evangile de Judas, le disciple est encore bien vivant. Il est remplacé parce qu’il s’est séparé. Thomas, dont un courant gnostique majeur revendiquera l’initiation fondatrice, est ici placé au rang des Onze qui méconnaissent l’originalité de Jésus : « Jésus leur dit : Que savez-vous de moi ? En vérité, je vous le dis, nulle génération de ceux qui sont parmi vous ne me connaîtra ! » (Ev. Judas) Judas représente le modèle de « l’Homme Parfait ». Alors qu’il ne s’est pas encore séparé du groupe des grands disciples, Jésus demande : « Que celui d’entre vous qui est suffisamment fort parmi les hommes fasse jaillir le Parfait et vienne se tenir devant moi ! Tous dirent : Nous en avons la force ! Néanmoins, ils ne se risquèrent pas à présenter leur esprit devant Jésus, sauf Judas l’Iscariote. Il put se tenir face à lui, mais sans le regarder dans les yeux, et détourna son visage. » (Ev. Judas) L’acte de Judas, qui consiste à livrer Jésus, n’est pas nié. La tradition est probablement trop bien établie. Aussi est-il curieusement arrangé : « Mais toi (Judas), tu les surpasseras tous ! Oui, tu sacrifieras l’homme qui me sert d’enveloppe charnelle. » (Ev. Judas) Judas est celui par qui Jésus est livré à la mort. Comme s’il y avait eu nécessité d’un intermédiaire entre lui-même et le bourreau ! La force de la tradition veut que Judas, l’un des Douze, ait livré Jésus au grand prêtre. Les judéo-chrétiens (les quatre évangiles canoniques), marqués par l’excommunication dont ils font l’objet de la part de la communauté rabbinique naissante (les pharisiens d’avant la ruine de Jérusalem), construisent l’image de Judas, le traître, le Juif parmi les Juifs qui fomentèrent le complot en vue de crucifier Jésus. Les chrétiens gnostiques, tournés vers le renversement des valeurs mondaines et du dieu qui s’y rattache, visés par les sentences d’excommunication de la part des judéo-chrétiens, font de Judas l’unique bénéficiaire de l’enseignement secret de Jésus. Son acte bien compris libère Jésus de l’incarnation. La réalité n’a probablement rien à voir avec les récits légendaires rapportés par des traditions contradictoires. On peut penser que Jésus choisit Judas pour négocier avec les grands prêtres quelque chose qui demeure caché, mais qui ne peut être compris que dans les tensions qui opposaient les forces antagonistes : les grands prêtres Hanna et Caïphe (l’aristocratie sadducéenne), Ponce Pilate (les colonisateurs romains), Hérode Antipas (les hérodiens), les disciples de Jean le baptiste (les esséniens), les fondamentalistes (les zélotes) et les disciples de Jésus (les nazaréens). L’histoire vraie de la fin de Judas reste inconnue. Judas l’Iscariote connut-il une mort rapide après le trouble excessif de la crucifixion ou survit-il à l’écart du groupe des disciples « historiques » ? Les Actes des apôtres rapportent le remplacement de Judas pour reconstituer le nombre des Douze, ce que confirme l’Evangile de Judas. Les deux écrits sont également d’accord pour dire que Judas n’est pas mort aussitôt après la crucifixion.

Confusions

 

Didyme Judas Thomas

L’Evangile de Thomas est signé : « Voici les paroles secrètes que Jésus le Vivant a dites et que Didyme Judas Thomas a écrites. » (Ev. de Thomas) Le nom est redondant : Didyme, en grec, et Thomas, en araméen, signifient tous deux « jumeau ». Les évangiles synoptiques attestent l’existence d’un apôtre du nom de Thomas (Mc III, 18 ; Mt X, 3 ; Luc VI, 15). L’Evangile de Jean précise : « Thomas, appelé Didyme » (Jn XI, 16) ; « Thomas, un des Douze, appelé Didyme » (Jn XX, 24). La traduction syriaque de l’Evangile de Jean porte « Judas Thomas » (Jn XIV, 22), tandis que le grec porte simplement « Thomas ».

Judas fils de Jacques

Cet apôtre, également nommé Judas, ne se trouve que dans la liste des Douze donnée par Luc (Lc VI, 16 ; Ac I, 13). On pense que c’est lui qui pose la question à Jésus lors du dernier repas : « Judas, non l’Iscariote. » (Jn XIV, 22)

On a parfois tenté de l’assimiler à Thaddée du fait que Luc met Judas à la place qu’occupe ce dernier dans les listes de Marc et de Matthieu. Le plus vraisemblable est que, pour une raison ou une autre, Thaddée a été remplacé relativement tôt par Judas fils de Jacques. L’Evangile de Luc étant le plus récent à donner une liste des Douze, il n’a pas gardé mémoire du changement intervenu.

Judas, frère de Jésus

Il n’est pas douteux que Jésus ait eu des frères et sœurs. Paul parle de « Jacques, le frère du Seigneur » (Gal I, 19) ; il évoque globalement « les frères du Seigneur » (1 Co IX, 5). Il ne s’agit pas de l’invocation d’une tradition, mais d’allusions à des gens qu’il connaît personnellement. Alors que Jésus enseigne dans la synagogue, ceux qui étaient là demeurent interloqués et se posent la question : « N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Judas, de Simon ? et ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » (Mc VI, 3)

Il est possible que le troisième frère de Jésus ait été l’auteur de la Lettre de Judas (généralement translittéré « Jude », par « délicatesse ») qui figure dans le canon des textes évangéliques.

  

Source : http://www.chemins-cathares.eu/030200_judas_iscariote.php

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Explication de texte : refusons la trahison

20 Septembre 2012 , Rédigé par Fra\ PAR\ Publié dans #Planches

Présentation : La trahison est un phénomène omniprésent dans l'histoire, l'imaginaire et l'expérience sociale. Pensons simplement aux figures qui l'incarnent - de la « balance » au déserteur, du « collabo » à la « girouette ». Le concept recouvre des réalités diverses. Les actes de trahison divisent les chroniqueurs, analystes, romanciers qui ne les interprètent pas de la même manière et qui leur donnent quantité de noms différents : trahison, défection, félonie, désertion, malice, méchanceté… Les associations systématiques de termes ne sont pas rares : « traître et larron », « traître et félon », « traître déloyal ».

Je rappellerai par ailleurs cette évidence : il nous est à tous arrivé un jour d'être trahis ou de trahir à notre tour, de révéler un secret, d'être infidèles, d'être pris dans des loyautés conflictuelles ou de faire défection. Plus banale et commune qu'on ne le croit généralement, cette expérience n'en est pas moins spectaculaire et bouleversante : la trahison frappe de stupeur et met en crise aussi bien l'individu que l'ensemble social qui en est la victime.

Le dictionnaire historique de la langue française rapproche le terme de transgressum, transgredi : qui signifie à l’origine « passer de l’autre côté », « dépasser », puis, qui en est venu à signifier « enfreindre ». La trahison est l’abandon de la confiance accordée précédemment à un individu, à une institution, un groupe, l’abandon d’un engagement, d’un contrat. C’est la violation d’un pacte de fidélité, basée sur une parole (qui n’a pas toujours été prononcée). Elle soulève la question de la promesse et de l’action : le faire sans le dire ou le dire sans le faire.

L’étymologie nous ouvre encore d’autres pistes. Trahir vient du latin tradere qui a donné transdare : « livrer, transmettre », en d’autres termes, il peut s’agir de livrer quelqu’un, une information, un secret. Dans le monde médiéval, nombreux sont les traîtres qui livrent un homme à ses ennemis, les renégats, les transfuges... Quand on pense au mot trahison viennent les mots félonie, mensonge, tromperie, adultère, reniements, hérésies.

La trahison ne fait pas partie en tant que telle de la liste des commandements reçus par Moïse (le décalogue). Et pourtant, la plupart des commandements ont un rapport avec la trahison : croire à d'autres dieux c'est bien une trahison, voler c'est bien trahir son prochain, mentir c'est bien trahir son interlocuteur, etc. etc. ..

En politique, dans la société médiévale très codifiée, c’est le vassal qui rompt son serment de fidélité et refuse de servir correctement son seigneur ou pire qui ose prendre les armes et se révolter contre son seigneur. La trahison prend l’aspect du crime de lèse-majesté, et rompt l’équilibre établi, parfois de longue date, la cohésion de la société et son organisation traditionnelle.

Des exemples : pendant des siècles, la figure de Judas a été l'incarnation du traître par excellence, mais aujourd'hui encore, les interprétations quant à ses motivations profondes divergent. Je vous renvoie au livre de Paul Maskens « On a trahi JUDAS ».

Quelques cas de traitres dans l'histoire ancienne:

  • La trahison du peuple juif par rapport à Dieu
  • Jugurtha (chef de la cavalerie carthaginoise) se fait "acheter" par Rome et trahit Hannibal,
  • Alcibiade trahit Athènes et son peuple
  • Isabeau de Bavière brade la France à l'Angleterre
  • Le Grand Condé passe aux Espagnols

Et dans l'histoire récente:

  • Talleyrand trahit roi et empereur
  • Laval et Pétain deviennent collaborateurs

Si nous quittons la politique, la trahison touche aussi la sphère domestique : c’est l’infidélité de la femme, ou de l’homme, l’hostilité des fils envers leur père, le rapt… autant de comportements qui troublent les normes sociales et familiales. C’est Brutus qui participe au complot contre César.

Mais là où ça blesse véritablement c'est la trahison amoureuse. Faire confiance, c'est déjà un grand cadeau que l'on offre à l'autre personne. La trahison est vécue par la personne trahie comme une déception à l'égard de la partie qui ne l’a pas respecté, et fait beaucoup de mal parce qu'elle porte atteinte à un sentiment que partage Dieu et l'humanité : je veux parler de l'amour. Ainsi, lorsque vous aimez quelqu'un et qu'il vous trahit c'est très difficile à vivre. Le plus grand risque est de basculer de l'amour à la haine. Dans les légendes de la table ronde, Guenièvre, épouse du roi Arthur, aime en secret Lancelot.

Enfin, la trahison peut aussi avoir une dimension religieuse. Le terme fides désigne la fidélité, mais aussi la foi. Sont renégats ceux qui rompent avec le rite et ses symboles ; ceux ne respectent pas le sacré et prêtent sur les saintes reliques des serments hypocrites. On peut citer la dure condamnation de Jan Hus, qui était théologien, universitaire et réformateur religieux tchèque, et qui fut excommunié en 1411, brulé sur le bucher en 1415, duquel on a dit « de Jan Hus, il ne doit rien rester » .

Le visage et la destinée du traître : L’attitude du traître provient le plus souvent d’une mauvaise nature : ses agissements ne sont que la manifestation d’une prédisposition psychique où s’enracine la propension à trahir dans tous les domaines. Ainsi le traître est-il le plus souvent coupable de trahisons multiples. Son visage, tel qu’on le trouve dans les chroniques ou la littérature de fiction révèle quelque chose de maléfique ou de monstrueux.

Le traître est la face cachée du personnage enfin dévoilée : son autre face, nécessairement inquiétante parce qu’inconnue jusque-là. La trahison suppose une volte face du traître : c’est un retournement de soi. Dans les récits, la trahison marque les corps et les visages. La mauvaise âme devient visible et, sous la plume des auteurs du Moyen Age, la métamorphose est souvent animale (loup, chien enragé…).

Dans la légende d’HIRAM, le terme de ‘mauvais’ est retenu pour qualifier les 3 compagnons. Comment les imaginer ? Surement, ils sentent le souffre, témoin cette chanson ‘ Les mauvais compagnons ‘ par Plume Latraverse, chansonnier du début du siècle, qui commence ainsi : « les mauvais compagnons sont les amis du démon… Démasquer le traître est la hantise des sociétés qui, comme la société médiévale reposent très largement sur un code d’honneur et sur une parole donnée. L’accusation de trahison appelle le châtiment car il s’agit d’une faute grave.

Sous la révolution française, on parlait de traître à la patrie : c’était la guillotine assurée. Au 20e siècle, on parle toujours de traître, mais aussi de dissident. Le traitre démasqué y est toujours aussi souvent exécuté de manière sommaire. En Russie, il part pour le goulag ou l’hôpital psychiatrique, en Europe, pour le camp de travail ou de déportation, en Asie, pour le camp de rééducation.

Chez Dante, les traîtres sont dans le neuvième cercle de l’enfer, là où, emprisonnés dans la glace, ils sont devenus matière inerte. Ailleurs, ce sont ceux que l’on ne veut plus reconnaître, ceux dont on veut anéantir le souvenir par une damnatio memoriæ, condamnation décernée par le sénat romain, c'est-à-dire un ensemble de condamnations post mortem à l'oubli. Par extension moderne à des contextes non romains, on utilise l'expression pour désigner des mesures comparables :
· l'effacement des
cartouches du pharaon hérétique Akhenaton par ses successeurs ;
· l'interdiction à
Éphèse de citer le nom d'Érostrate, incendiaire de l'Artémision ;
· le recouvrement du portrait du
doge de Venise Marino Faliero, après son coup d'État manqué.
· l'oubli dans lequel furent rejetés, par ordre de
Napoléon Bonaparte, les héros de la Révolution Française comme le général Dumas et le chevalier de Saint-Georges.

Judas est pris de remords, et se pend. Au 3e degré, on ne nous dit pas ce que deviennent les compagnons après le meurtre. Parviennent ils à s’échapper, sont ils rattrapés ? Condamnés ? Comment ? Sont-ils pris de remords ? Se suicident-ils comme Judas ? on peut tout imaginer.. Et sûrement dans la saga qui nous attend dés le 4e degré. Mais imaginons un instant que les compagnons ne soient pas coupables : les indices laissés près de la tombe sont trop évidents pour être réels.

Avançons l’hypothèse que les meurtriers ne soient pas des compagnons mais des maîtres qui voulaient prendre la place d’HIRAM. La cérémonie d’élévation devient alors un simulacre destiné à masquer leurs responsabilités. Ce symbolisme donne au compagnon une nouvelle dimension de ses responsabilités, il ne doit plus faire confiance aux autres et devenir autonome dans sa recherche. Il renaît aidé par les surveillants et le vénérable maître mais devra s’en éloigner pour prendre en main, seul, sa destinée.

L’enjeu de la trahison : La trahison résulte d’une interprétation des comportements. C’est un jugement de valeur : l’accusation de trahison traduit un mécontentement, une jalousie, une peur ou une incompréhension face aux agissements d’un individu qui, soudainement, ne coïncident plus avec les pratiques sociales, culturelles et religieuses communément admises ou attendues. Elle peut honorer les traîtres ou les perdre. Mais toujours, elle révèle les hommes pour ce qu'ils sont vraiment et permet de révéler un pan du secret de chacun.

La trahison se produit quand il y a déjà un lien et une certaine fidélité entre les personnes concernées, basée en général sur un certain nombre d'ententes explicitement dites ou non dites entre soi et l'autre. Le trahi a le sentiment que l'autre serait toujours solidaire et fidèle. On peut sombrer dans la phobie des autres et le manque de confiance en le genre humain. Et comme dit le proverbe marocain : " celui qui a été mordu par un serpent aura peur d'une ficelle."

La trahison est souvent causée par l’envie, la soif de pouvoir, l’ambition, la volonté de s’élever au dessus de sa condition, de sortir d’un état de dépendance, de s’affranchir d’une domination. Le traître viole une relation qui s’était sacralisé : il abandonne le sacré pour retomber dans le profane. Le traitre tombe du ciel pour se faire engloutir par l’enfer.

L'effet de surprise augmente la trahison et lui donne toute son ampleur : elle arrive quand on ne l'attend pas. Je dirai que le moment de trahison est comme dans un bal masqué au moment ou les masques tombent tout d’un coup. C’est par exemple l’instant qu’ont choisi les comploteurs pour passer à l’action. Elle peut être vécu de manière très violente et avec beaucoup d'amertume.

Le braconnier devient garde-chasse. Le théoricien de la liberté devient le traître qui la poignarde. Le traître, c’est celui qui après avoir provoqué l’émeute, sauve la société en danger en passant de l’autre côté de la barricade.

Mais revenons au mythe d’HIRAM : Les 3 réclamants jugent donc qu’ils en savent assez et qu’il est temps de leur donner la maîtrise. Ce à quoi HIRAM répond que le conseil des maîtres ne l’a pas décidé et se refuse à parler. Il me semble que les 2 parties en présence manquent un peu de souplesse. Pour la partie réclamante, il est temps et urgent. Pour l’autre, il faudra attendre. N’est pas le signe que les maîtres en seraient venus à confondre l’esprit avec la lettre ? Ou que la maitrise se serait laissé corrompre par un certain pouvoir ? Les 3 compagnons exigent que l’attestation de l’achèvement de leur état leur soit donnée. Il n’est pas dit que ceux-ci refusent le rite, puisqu’ils en demandent l’esprit, c'est-à-dire le signe, les mots et attouchements, par contre, ils récusent la cérémonie ou en quelque sorte la lettre. Qu'attendre sur un chantier qui serait presque terminé ? le salaire semble donc réclamé en toute justice !. On peut interpréter ainsi que les compagnons vont bientôt se retrouver remerciés et risquent de se retrouver au chômage. Les compagnons, sans être blanchis, apparaissent tout à coup à nos yeux moins noirs.

Ainsi donc, le traître est-il toujours condamnable ? De héros, certains sont devenus traîtres, honnis et bannis dans leur propre camp. D'autres, en revanche, sont devenus héros en trahissant. La trahison est une question de point de vue, et reste relative aux lieux et aux époques ; elle peut grandir ou défaire un homme, servir un pays ou le condamner, être un acte de courage ou un aveu de faiblesse.

La trahison est une notion qui dépend du contexte politique et juridique car l’interprétation des comportements change en fonction de la conjoncture et de l’évolution des institutions et du droit. Ainsi le contenu de la trahison reste-t-il parfois difficile à déterminer et les divers degrés entre haute trahison et petite traîtrise difficile à évaluer, plus ou moins louable. Clemenceau disait « Un traître est celui qui quitte son parti pour s'inscrire à un autre ; et un converti, celui qui quitte cet autre pour s'inscrire au vôtre ».

Transgresser, c'est en quelque sorte franchir le Rubicon éthique ou moral, ne pas respecter une loi, ne pas se conformer à des règles considérées comme acquises, intégrées et acceptées de tous. Pourtant, la désobéissance citoyenne ne peut – elle pas se justifier dans certains cas ? En 1944, qui reprochera à Charles de Gaulle d’avoir appelé à continuer le combat en Juin 1940 ? En 2009, Le 1er ministre Fillon qui décide d'apposer une plaque de plus, sur les murs de Matignon, évoquera dans son discours le "rebelle visionnaire".

Celui qui remet en cause l’ordre établi peut passer pour un traitre, alors qu’il pense sincèrement qu’il faut évoluer ou faire évoluer. Il est facile de le taxer de traître alors qu’il pense seulement pouvoir s’émanciper. Faire dissidence, transgresser sont des termes qui sont en lisière de la trahison.

Lorsqu’un atelier a initié pour la première fois une femme, peut-on dire que la loge a trahi l’esprit maçonnique ? Une obédience mixte a-t-elle moins de légitimité aujourd’hui qu’une obédience masculine ?

Faisons une dernière hypothèse à propos du mythe d’HIRAM et imaginons que les 3 compagnons ne soient pas coupables et qu’ HIRAM soit décédé de mort naturelle : les maîtres souhaitent camoufler cette mort en assassinat. Explication : Pour ne pas démobiliser les ouvriers, des maîtres organisent le psychodrame de la légende de la mort d’HIRAM. Cette version semble plus vraisemblable car lorsque le corps est retrouvé, il est déjà en décomposition : la chaire quitte les os, tout se désunit… Le symbolisme est alors celui de la continuité de la vie car la disparition du meilleur ne doit pas arrêter le chantier.

Hiram m’agace un peu, parfois, car il apparaît comme un être parfait. Mais lui-même, n’a-t-il pas essayé de tuer son maître un jour ? Qu’en savons-nous ?

Le maître c’est le père spirituel. Tuer le père, dans la métapsychologie freudienne, c’est au-delà du complexe d’Oedipe, arriver enfin à être adulte à son tour. Pour Jung toutefois, en stipulant que le soi inconscient est son propre père, Jung fait pièce au meurtre originaire de Freud.

Quoi qu’il en soit, cette envie de tuer pour liquider une situation que l’on juge révolu ne serait pas choquante en soi, sauf si elle est barbare et violente. Elle s’inscrit pourtant dans le mouvement du monde naturel. Dans notre civilisation, dans telle discipline, artistique par exemple on entend dire parfois « l’élève a dépassé le Maître ». Cela sous-tend la notion de transmission initiatique. Nous sommes en plein dans notre symbolisme de franc-maçon où il est dit ‘ transmettre par l’exemple’.

CONCLUSION : Laissons en paix nos compagnons surtout s’ils ne sont coupables, ou alors laissons les à leur remords, qui est un sentiment terrible, Caïn en sait quelque chose !

Ce qu’incarnent les compagnons, ce sont nos défauts, nos vices… Il faut les combattre, il faut se combattre, mais aussi il faut savoir se pardonner et se réconcilier avec soi-même. On se juge souvent de manière très dure, sans complaisance.

La légende montre les risques de l’ignorance, du fanatisme et de l’ambition. HIRAM perd sa vie physique (la gorge), sa vie sentimentale (le cœur) et sa vie spirituelle (le front) mais renaît par l’acacia grâce à ses qualités. HIRAM sera donc resté fidèle à son engagement et n’aura pas trahi. A son image, soyons fidèles à notre engagement maçonnique (vaste sujet).

Car au fond de soi, on sait dans notre quotidien, au plus profond de soi, à quel moment on trahit. Alors avant de passer à l’acte, demandons-nous s’il n’y a pas une autre solution, une autre voie… Et si malgré tout, cela doit arriver, pouvoir expliquer, pouvoir s’expliquer avant … c’est toujours possible si l’intention est sincère, si on joue la carte de l’authenticité.

Péguy nous dit : " le véritable traître est celui qui vend sa foi, qui vend son âme ". On peut toujours évoluer, mais on peut le faire, le dire, de manière fraternelle.

Pour conclure, mes biens chères sœurs, mes biens chers frères, je dirai que l’honneur du franc-maçon est de ne jamais trahir !

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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Explication de texte : Luc chap 22 : le reniement de Pierre

20 Septembre 2012 , Rédigé par Evangile selon St Luc Publié dans #spiritualité

Seigneur, lui dit Pierre, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort.

22:34

Et Jésus dit : Pierre, je te le dis, le coq ne chantera pas aujourd'hui que tu n'aies nié trois fois de me connaître.

22:35

Il leur dit encore : Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac, et sans souliers, avez-vous manqué de quelque chose ? Ils répondirent : De rien.

22:36

Et il leur dit : Maintenant, au contraire, que celui qui a une bourse la prenne et que celui qui a un sac le prenne également, que celui qui n'a point d'épée vende son vêtement et achète une épée.

22:37

Car, je vous le dis, il faut que cette parole qui est écrite s'accomplisse en moi : Il a été mis au nombre des malfaiteurs. Et ce qui me concerne est sur le point d'arriver.

22:38

Ils dirent : Seigneur, voici deux épées. Et il leur dit : Cela suffit.

22:39

Après être sorti, il alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers. Ses disciples le suivirent.

22:40

Lorsqu'il fut arrivé dans ce lieu, il leur dit : Priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation.

22:41

Puis il s'éloigna d'eux à la distance d'environ un jet de pierre, et, s'étant mis à genoux, il pria,

22:42

disant : Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne.

22:43

Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier.

22:44

Étant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre.

22:45

Après avoir prié, il se leva, et vint vers les disciples, qu'il trouva endormis de tristesse,

22:46

et il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation.

22:47

Comme il parlait encore, voici, une foule arriva ; et celui qui s'appelait Judas, l'un des douze, marchait devant elle. Il s'approcha de Jésus, pour le baiser.

22:48

Et Jésus lui dit : Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme !

22:49

Ceux qui étaient avec Jésus, voyant ce qui allait arriver, dirent : Seigneur, frapperons-nous de l'épée ?

22:50

Et l'un d'eux frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui emporta l'oreille droite.

22:51

Mais Jésus, prenant la parole, dit : Laissez, arrêtez ! Et, ayant touché l'oreille de cet homme, il le guérit.

22:52

Jésus dit ensuite aux principaux sacrificateurs, aux chefs des gardes du temple, et aux anciens, qui étaient venus contre lui : Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons.

22:53

J'étais tous les jours avec vous dans le temple, et vous n'avez pas mis la main sur moi. Mais c'est ici votre heure, et la puissance des ténèbres.

22:54

Après avoir saisi Jésus, ils l'emmenèrent, et le conduisirent dans la maison du souverain sacrificateur. Pierre suivait de loin.

22:55

Ils allumèrent du feu au milieu de la cour, et ils s'assirent. Pierre s'assit parmi eux.

22:56

Une servante, qui le vit assis devant le feu, fixa sur lui les regards, et dit : Cet homme était aussi avec lui.

22:57

Mais il le nia disant : Femme, je ne le connais pas.

22:58

Peu après, un autre, l'ayant vu, dit : Tu es aussi de ces gens-là. Et Pierre dit : Homme, je n'en suis pas.

22:59

Environ une heure plus tard, un autre insistait, disant : Certainement cet homme était aussi avec lui, car il est Galiléen.

22:60

Pierre répondit : Homme, je ne sais ce que tu dis. Au même instant, comme il parlait encore, le coq chanta.

22:61

Le Seigneur, s'étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : Avant que le coq chante aujourd'hui, tu me renieras trois fois.

22:62

Et étant sorti, il pleura amèrement.

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Explication de texte : Le nombre 90

19 Septembre 2012 , Rédigé par Steve Desrosiers Publié dans #symbolisme

Symbolisme

·    C'est la solidarité cosmique non plus en principe, mais réalisée dans l'Univers, selon R. Allendy.

·    Un compas ouvert à quatre‑vingt‑dix degrés indique un équilibre entre les forces de l'esprit et de la matière.

·    Selon Thibaut De Langres, ce nombre symbolise les anges, 2+4+6+8+10+12+14+16+18 = 90, en rapport avec la femme que Jésus guérie, tenue courbée par satan pendant 18 ans, ce qui a pour effet de la met en compagnie des anges.

·    Symbole de gestation spirituelle.

·    Symbolise la perfection du créé.

·    Symbole de l’achèvement féminin.

·    Ce nombre correspond à la lettre hébraïque tsadé, c, et au 18e arcane du Tarot: la lune. 

Général

·    La Vierge Marie resta 90 jours auprès d'Élisabeth pour la naissance de Jean le Baptiste.

·    Contrairement aux Rites maçonniques écossais et français, qui comptent chacun 33 degrés, le Rite maçonnique de Misraïm, d'Égypte, est de 90 grades divisés en 33 grades symboliques, 33 grades philosophiques, 11 grades mystiques et enfin 13 grades cabalistiques.

   En Elide, pays de la Grèce ancienne, il y avait 90 sénateurs.

·    Au VIe siècle, le poète latin Ausone a écrit sur le nombre 3 un poème de 90 vers ‑ 90 = 3x3 + 3x3x3x3.

·    Le nombre de degrés dans un angle droit. 

Occurrence

·    Le nombre 90 est employé 5 fois dans la Bible.

·    Le livre des Nombres de l'AT utilise au total 90 nombres différents, dont le plus grand est 675000 (Nb 31,32).

·    En 90 endroits dans le NT toutes les prières et toutes les actions de grâce sont adressées au Père. Les mots crime, malade, Esprit-Saint et le verbe châtier sont employés 90 fois dans la Bible.

 

 Source : les nombres symbolisme et propriété (Steve Desrosiers)

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Cérémonial d’Admission au Grade de Grand Tuileur de Salomon

19 Septembre 2012 , Rédigé par Rituel AMD Publié dans #Rites et rituels

Le Directeur de Cérémonies désignent deux Frères, autres que les deux adjoints du Capitaine de l'Ost, pour former l'escorte du Candidat, après qu'il ait été capturé. Ils sont assis près de la porte.

Le Conducteur quitte la salle dont la porte est laissée ouverte. Il amène le Candidat près de la porte, mais hors de vue de l'intérieur.

Le V.M., les 1er et 2ème Surveillants s'approchant de l'Autel (ayant laissé leur sceptre à leur place). Le 2ème S. tient un plan ouvert à la main. (Celui-ci ne doit en aucun cas être posé sur l'Autel.)

V.M. Frères Elus Maçons des Vingt-Sept, notre Illustre Frère Hiram Abi a ici un plan pour l'Autel du Seigneur dans le Temple au-dessus. Je le crois d'une beauté exceptionnelle. Je vous ai donc rassemblés pour avoir votre avis à ce sujet.

Le 2ème S. montre le plan à tous les Frères.

1er S. (regardant la porte ouverte) Trois Fois Illustre Roi Salomon, nous ne sommes pas à couvert.

V.M. Ne crains rien, mon royal Frère de Tyr, cette salle est ignorée de tous à Jérusalem, sauf de ces Elus Maçons que nous avons admis à nos secrets et tous sont là.

Mon très cher Frère, les approches de cette Chambre Mystique sont si inextricables et si éloignées les lieux fréquentés par les homme, qu'il n'y a aucun danger qu'un profane y fasse intrusion.

Les trois Principaux discutent à nouveau sur le plan. Le Conducteur fait passer la porte au Candidat. Un instant plus tard, le V.M. relève la tête et aperçoit le Candidat.

Le V.M. se précipite à la porte et saisit de la main gauche le Candidat à la gorge, tandis qu'il élève la main droite avec le poing fermé, comme pour le transpercer d'une dague.

V.M. Hélas, mon royal Frère, tu étais dans le vrai. Voilà quelqu'un qui n'est pas des nôtres :! Qu'allons-nous faire de lui ?

V.M. Qu'il soit immédiatement mis à mort ou nos secrets seront percés.

2ème S. Trois Fois Illustre Roi, écoutez-moi, je vous en conjure. Ne condamnez pas quelqu'un sans l'entendre (puis, au Candidat) – Qu'as-tu à dire pour nous convaincre de ne pas te mettre à mort ? (le Cand. se tait.)

2ème S. Es-tu Maçon ?

Cand. (soufflé par le Cond.)  Je le suis.

Cond. (au Cand.) Avancez en Apprenti, puis en Compagnon Franc-Maçon.

Le Candidat le fait. Ses gardiens le relâchent un moment pour qu'il fasse les signes, puis s'en saisissent à nouveau.

2ème S. Trois Fois Illustre Roi Salomon, cet homme est un Compagnon du Métier.

V.M. Il est d'autant plus juste qu'il meure, puisqu'il a tenté d'obtenir ce qu'il sait fort bien, en tant que Maçon, ne pas avoir le droit de chercher à connaître.

2ème S. O Roi, soyons juste ! Demandons-lui comment il est parvenu jusqu'ici.

V.M. (au Cand.) Comment es-tu parvenu jusqu'ici ?

Cand. (répondant pour le Cand.)Alors que je travaillais dans un recoin perdu du bâtiment, mon pied donna dans un massif de maçonnerie qui s'écroula sous mon poids et me précipita dans un bas-fonds sombre et glauque. Après quelques instants, j'aperçus au loin une très faible lueur vers laquelle je me frayais tant bien que mal un passage. Parvenant à son point d'origine, j'aperçus une autre lueur plus loin. Je poursuivis mon chemin dans sa direction, me guidant au toucher sur les parois de pierre? Je parcourus ainsi ce qui me sembla être une distance considérable et parvins à une porte entrouverte. De la lumière en filtrait et un bruit de voix parvenait à mes oreilles. Comme Maçon, je réalisais que j'étais peut-être entré là où je n'en avais pas le droit. Paralysé par la crainte, je réalisais alors que ma présence en cet endroit me mettait en grave danger. A ce point de mes réflexions, je fus découvert.

V.M. Ce récit, s'il est exact, peut être vite vérifié. Frère Capitaine de l'Ost, prenez avec vous deux Frères et recherchez minutieusement cette brèche dans la maçonnerie dont nous parle cet étranger. Le Capitaine de l'Ost et les deux Frères se retirent, l'épée à la main au"porter". Les gardes tiennent toujours le Candidat. Le V.M. et les Surveillants discutent de l'intrusion à mi-voix. La voix du V.M. doit paraître en colère. Le Capitaine de l'Ost et les deux Frères reviennent quelques instants après et s'arrêtent à l'Ouest côte à côte., le Capitaine de l'Ost au centre, entre eux.

Cap. Ost Trois Fois Illustre Roi Salomon, ce Frère a dit vrai. C'est très exactement comme il nous l'a conté. Il y a dans la maçonnerie, une brèche et des indices certains que quelqu'un y a récemment pénétré.

V.M. (s'adressant aux 1er et 2ème Surveillants) Mes Frères, qu'allons-nous faire ? Puis il regagne sa place ainsi que les deux Frères.

2ème S. (s'adressant aux V.M.et 1er S.) Trois fois illustres Rois, nous devons épargner la vie de notre Frère. Il n'est point venu ici de son propre chef et, s'il a surpris quelques uns de nos secrets, O Rois, la faute nous en incombe. Lorsque notre Frère de Tyr vous mit en garde, O Royal Salomon, que cette Chambre Mystique pouvait ne pas être à couvert, ne lui avez-vous pas répondu : "il n'y a aucun danger d'intrusion d'un profane, mon Frère" ?

Par conséquence, mettre à mort ce Frère qui, par mégarde, fut présent à notre réunion secrète, serait pécher gravement contre Dieu. Pardonnez-lui. En pareil cas, le pardon n'est que Justice !

V.M. Je veux bien lui pardonner, mais que ferons-nous de lui ? Il nous a entendus et connaît nos projets. Cependant, il n'est pas des nôtres.

2ème S. Nous n'avons las le choix, Illustre Roi. Nous devons l'admettre en notre sein. C'est la volonté de Dieu qui l'a conduit ici. Faisons de lui, maintenant, dans les formes prescrites, un Frère vrai et fidèle parmi nous.

V.M. Mais nous ne serons alors plus vingt-sept.

2ème S. Le nombre changera, mais le nom demeurera. Recevons-le, mes Frères Rois.

1er S. O Royal Salomon, notre Frère Hiram a bien parlé. Qu'il soit fait comme il dit.

V.M. (s'adressant à tous les FF.) Mes Frères, vous avez entendu le chaleureux plaidoyer de notre illustre Frère Hiram Abi. Si vous nous dites "Oui", je satisferai à sa requête.

Tous signifient leur approbation en élevant la main droite et disant "Oui-da".

V.M. Alors qu'il en soit ainsi ! Admettons-le.

Le V.M. demeure à l'Autel. Les Surveillants retournent à l'Orient. Le Conducteur conduit le Candidat à l'Autel. Les deux Frères gardes regagnent leur place. La porte est fermée.

V.M. ou D.C.  A l'ordre, mes Frères. (au Signe de Fidélité, première partie du Signe de Compagnon F.M.)

V.M. (au Cand.) Déclinez vos nom et prénoms et répétez après moi. Moi,………, en présence du Grand Géomètre de l'Univers et de cette Loge de Grands Tuileurs de Salomon ou Maçon Elus des Vingt-Sept, ouverte sur l'Equerre, par ceci et sur ceci, solennellement et sincèrement, je promets et fais vœu, de ne jamais dévoiler le mystère des Vingt-Sept à personne au monde, sauf à un Maçon Elu des Vingt-Sept ou au sein d'une Loge légalement constituée de Grands Tuileurs de Salomon dûment ouverte sur l'Equerre.

Je jure, en outre, solennellement que je ne jugerai jamais hâtivement les motivations d'un homme, tout particulièrement un Frère Maçon mais, bien au contraire, que je m'emploierai, avec patience et persévérance, à toute recherche pouvant me conduire à une opinion objective et juste, que je ne blâmerai pas les autres pour mes propres erreurs, oublis ou imprévoyances, mais que je serai toujours prêt à reconnaître mes erreurs et à répondre de mes fautes. Je m'engage aussi à ne pas demeurer silencieux dans une Loge, si je pense que le Tuileur n'a pas fait son devoir, à écarter, autant qu'il sera en mon pouvoir, tout intrus et profane des temples de la Maçonnerie; comme à ne pas permettre, si je peux l'empêcher, qu'un temple maçonnique soit pollué par des assemblées ou conventions réunissant quiconque n'est pas Maçon : à remplir fidèlement tous mes devoirs en tant que Grand Tuileur de Salomon. Que le Grand Dispensateur de Toutes Choses m'aide et m'arme de constance pour garder fidèlement cette obligation solennelle du Grand Tuileur de Salomon.

V.M. Comme gage de votre fidélité, veuillez sceller cette Obligation de vos lèvres neuf fois sur le Volume de la Sainte Loi (le Cand. le fait), puis à nouveau trois fois (le Cand. le fait)

V.M. (prenant par la main droite avec l'att. de C.F.M.) Levez-vous, Grand Tuileur de Salomon nouvellement assermenté.

V.M. ou D.C.  Prenez place, mes Frères.

Le Conducteur mène le Candidat au Nord de l'Autel, face à l'Est.

V.M. Je vais maintenant vous communiquer les secrets de ce grade.

L'ancien châtiment, antérieurement utilisé dans ce grade, consistait pour un Frère "à être mis à mort à la porte de la Chambre Mystique et d'être enseveli dans les entrailles de la terre, là où nul ne pourrait retrouver sa tombe".

L'Attouchement se donne en saisissant un Frère à la gorge de la main gauche.

Le Signe se fait en élevant la main droite, le poing fermé, comme pour frapper avec une dague.

L'Attouchement et le Signe appellent la manière dont vous fûtes arrêté lors de votre entrée.

Le Mot de Passe est JOABERT

Le V.M. l'épelle, le Candidat le répète.

Joabertétait le favori du Roi Salomon. Il remplissait les fonctions de scribe des Rois Salomon et Hiram pendant la construction du Temple.

Les mots sont HU HE (à prononcer Yhou Hey)

Le V.M. les épellent, le Candidat les répète.

La signification exacte de ces mots semble maintenant perdue. Ils sont probablement une prononciation déformée des Mots HO HI

Ces mots constituent l'un des vingt-six noms de Dieu en hébreu. Chacun de ces mots se rapporte à l'un des attributs divins du Tout-Puissant.

HO HI signifiait : L'Auteur du Temps et l'Arbitre du cours des Evénements. Le Principe Absolu et Eternel de la Création et de la Destruction. Le Principe Masculin et Féminin, ailleurs décrit en Maçonnerie comme le Point à l'intérieur d'un cercle. Puisque ces signification sont données des Mots HO HI, il est raisonnable de penser que nos autres Mots HU HE furent toujours compris comme ayant le même sens.

V.M. Je vous décore maintenant du Bijou de ce Grade, qui est un triangle noir, bordé d'or, suspendu à un ruban rouge feu bordé de gris. Le Bijou porte à l'avers le nombre "27" en caractères hébreux. Il devrait porte au revers le Nom Ineffable dans l'Ordre Kabbalistique. ur le ruban sont fixées trois couronnes ainsi qu'une main tenant un poignard, la pointe en bas.

Le V.M. retourne à sa place à l4est et le Conducteur conduit le Candidat à l'Ouest où tous deux font face à l'Est.

Instruction

V.M. Pendant la construction du Temple, le Roi Salomon fit aménager une Salle souterraine, afin que les deux autres Grands Maîtres et lui-même disposent d'un endroit secret où se réunir en conférence sur l'avancement des travaux de construction. On y accédait par un réseau compliqué de galeries souterraines.

Afin de s'assurer les avis et conseils des maîtres d'œuvre les plus notoires et compétents à Jérusalem, le Roi Salomon institua un Ordre appelé les Maçons des Vingt-Sept. Les trois Grands Maîtres reçurent dans cet Ordre les vingt-quatre plus éminents Compagnons du Métier, qui se réunissaient en conseil, avec les trois Grands Maîtres, dans une Chambre secrète, faisant ainsi vingt-sept en tout.

Cette Chambre Mystique était supposée si bien couverte à toute instruction que les fonctions de Tuileur furent bientôt négligée. Cependant, un Frère étranger surprit par mégarde une réunion secrète d'Elus Maçons. La décision première du Roi Salomon, à la découverte de cet étranger, fut de le mettre à mort. Mais, les conseils d'apaisement du Grand Maître Hiam Abi prévalant, le Roi fut convaincu, non seulement de pardonner à l'intrus, mais aussi de l'admettre au compagnonnage des Elus Maçons.

Cet incident fut aussi un rappel salutaire à tous les Frères du grand danger que pouvait constituer l'imprévoyance. Le Roi Salomon considéra que le Frères devaient toujours garder à l'esprit cette leçon montrant l'importance d'un tuilage rigoureux de leurs réunions. Il ordonna dons qu'un nouveau Grade soit institué, ayant pour base l'incident remarquable qui était juste survenu et décréta que les Maçons qu'on y recevait porteraient le titre de Grands Tuileurs.

V.M. Frère ………., ceci termine la cérémonie de votre admission. Il vous est dorénavant loisible de prendre place dans une Loge de Grands Tuileurs de Salomon.

Le Conducteur conduit le Candidat à un siège dans la salle et regagne sa place.

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Cérémonial d'Admission au Grade de Chevaliers de Constantinople

19 Septembre 2012 , Rédigé par Rituel AMD Publié dans #Rites et rituels

Les titres des Officiers sont les suivants :

                        Illustre Potentat (soit le V.M.)

                        Chef des Bâtisseurs (soit le 1er S.)

                        Chef des Artisans (soit le 2ème S.)

                        Directeur des Cérémonies

                        Premier Conducteur (soit le 1er D.)

                        Second Conducteur (soit le 2ème D.)

                        Assistant Directeur des Cérémonies

                        Garde (soit le G. int.)

                        Sentinelle (soit le Tuileur)

Ill.Pot. Messire Chevalier Conducteur, veuillez vous retirer et introduire le Candidat.

Le Conducteur se retire.

Le D.C. rappelle aux Frères de simuler le bruit d'ouvriers et manœuvres, au travail, chaque fois que nécessaire, lorsque le Conducteur et le Candidat se déplaceront dans la Chambre du Conseil et de cesser tout bruit chaque fois qu'ils s'arrêteront et auront à parler, toujours sur un signe du D.C.

Le D.C. désigne également un nombre convenable de Chevaliers, armés d'une épée, pour former, au moment opportun et sur son ordre, un arc de cercle autour et à l'arrière du Candidat, juste avant l'Obligation. Le Gardien déverrouille la porte

Le Conducteur, tenant le Candidat amicalement par le bras droit ouvre la porte sans cérémonie.

Le bruit du travail commence.

Il conduit le Candidat directement à l'Est ou tous les deux s'inclinent profondément devant l'Ill.Pot.

Le bruit cesse.

Le Gardien ferme la porte.

Cond. Les humble serviteurs de Votre Majesté !

Nous avons depuis longtemps remarqué qu'il plaisait à Votre Majesté de montrer de la considération aux gens du peuple, tandis que nous, les nobles, étions négligés.

Nous désirons connaître la raison de cette attitude. Si elle est due à quelques méfaits, nous voulons en être punis et nous en racheter, pour que nous puissions à nouveau jouir de la faveur de Votre Majesté.

Ill.Pot. Nul ne peut espérer ma faveur, sauf les Chevaliers de Constantinople.

Cond. Ah ! Je vois ! Les Chevaliers de Constantinople !

Le Conducteur et le Candidat font demi-tour et s'éloignent à pas lents, occupés à réfléchir.

Le bruit des travaux reprend.

Lorsqu'ils font halte à l'Ouest,

Le bruit cesse.

Cond.  Voilà les gens du peuple ! Qu'avons-nous de commun avec eux ? Nous, de la noblesse, dérogerions en leur adressant la parole.

Notre Souverain a bien dit que nul ne peut espérer sa faveur, sauf les Chevaliers de Constantinople. Retournons le prier de nous conférer ce grade !

Le bruit des travaux reprend. Le Conducteur et le Candidat reviennent devant l'Ill.Pot. à l'Est et s'y inclinent ensemble

Le bruit cesse.

Cond. (avec arrogance) Votre Majesté est-elle disposée à nous conférer le grade de Chevalier de Constantinople, nous ses humbles serviteurs ?

Ill.Pot. (avec emphase) Je ne le confère à personne;

Cond.  De qui pouvons-nous donc espérer le recevoir ?

Ill.Pot. De ces travailleurs justement, les Chevaliers de Constantinople, dont vous venez de remarquer qu'ils vous étaient inférieurs.

Cond.  Ah ! Des Chevaliers de Constantinople.

Le Conducteur et le Candidat font demi-tour et vont à l'Ouest.

Aucun bruit.

Ils s'y arrêtent et font face à l'Est.

Cond. (s'adressant à la cantonade)  Êtes-vous les Chevaliers de Constantinople ?

Tous Nous sommes les Chevaliers de Constantinople.

Cond.  Nous conférerez-vous ce grade ?

Tous    Oh, oui. (Tous ensemble, moyennement)

            Oh, oui. (Tous ensemble, fortement)

            Oh, oui. (Tous ensemble, puis poursuivent)

Pourvu que vous consentiez à contracter notre Obligation.

Cond.  Nous y consentons !

Le Conducteur et le Candidat retournent devant l'Ill.Pot. à l'Est.

Aucun bruit

Tous deux s'inclinent profondément.

Cond. (avec humilité) Illustre Potentat, les Chevaliers de Constantinople, ici présents, consentent à nous recevoir à ce grade, pourvu que nous contractions l'Obligation, ce que nous sommes prêts à faire.

Ill.Pot. Veuillez donc vous tenir bien droit et placer votre main droite sur le Volume de la Sainte Loi. Il fait une pause, pendant que la Candidat s'exécute, puis il frappe un coup q

Tous se lèvent

Le Directeur des Cérémonies indique aux Chevaliers, prévus de se former un arc de cercle, munis de leur épée, juste à l'arrière du Candidat.

Ill.Pot. Déclinez vos nom et prénoms et répétez après moi : "Moi",…….., en présence de ces Chevaliers de Constantinople, je jure solennellement et sincèrement, outre mes Obligations précédents, de ne jamais conférer ce grade à personne, sauf à un Frère de Saint Laurent régulièrement admis.

Je promets aussi de ne jamais communiquer les secrets de ce grade à quiconque, sauf à eux qui reconnaîtront que tous les hommes sont égaux devant Dieu.

Que le Dispensateur de Toutes Choses m'aide et m'arme de constance pour tenir fidèlement mon serment et cette Obligation solennelle de Chevalier de Constantinople.

Ill.Pot. Comme gage de votre fidélité, veuillez sceller cette Obligation de vos lèvres une fois sur le Volume de la Sainte Loi.

Le Candidat s'exécute. L'Ill.Pot. ou le Conducteur retire la main du Candidat du V.S.L.

Dès que le Candidat a scellé son Obligation, les Chevaliers, formant l'arc de cercle, pointent leur épée vers le Candidat.

Puis le Conducteur retourne le Candidat face à l'Ouest.

D.C et Tous les Chevaliers Tous les hommes sont-ils égaux devant Dieu ?

Cond. Répondez.

Le Candidat répond.

Le Conducteur lui fait à nouveau faire face à l'Est

D.C. Messires Chevaliers, prenez place

Les Chevaliers de l'arc de cercle reprennent place.

Ill.Pot. Maintenant que vous avez contracté l'Obligation solennelle d'un Chevalier de Constantinople et, aussi publiquement admis que tous les hommes étaient égaux devant Dieu, il m'est permis de vous communiquer le signe, l'attouchement et les mots du grade.  

Le Signe de ce grade se fait en fermant le poing droit, gardant le pouce élevé, puis en se frappant le sein gauche avec le pouce droit comme ceci (il le fait)

Ceci rappelle l'Ancien Châtiment, antérieurement en usage dans ce Grade, qui était, pour un Frère, d'être transpercé d'une dague, s'il violait ses Serment et Obligation de Chevalier de Constantinople.

Le Candidat imite le geste.

Ce Signe se fait en entrant ou en quittant le Conseil, ainsi qu'en s'adressant à l'Illustre Potentat.

L'Attouchement ou Gage se fait en entrelaçant les doigts de la main droite (il le fait).

Les Mots sont Constantin et Hélène, notre royal Fondateur et sa Mère.

Je dois vous informer que, bien qu'étant le Chef de cet Ordre Illustre de Chevalerie, je me suis engagé par un serment solennel à ne jamais le conférer à quiconque.

Je vous prie donc, en conséquence, de vous rendre à l'Occident où le Messire Chevalier Eusèbe, le Chef de Bâtisseurs, vous recevra, j'en suis sûr, aux honneurs de la chevalerie et vous décorera du Bijou de l'Ordre.

Le Directeur des Cérémonies place l'agenouilloir au milieu de la Chambre du Conseil. Le Conducteur y conduit le Candidat et le prie de s'y agenouiller sur les deux genoux, face à l'Occident. Le Chef des Bâtisseurs quitte son piédestal et s'avance vers l'Ouest du Candidat. Là, le D.C. lui présente la garde de son épée.

D.C. Messires Chevaliers, debout.

C. des B. En vertu des pouvoirs et de l'autorité dont je suis investi par l'Illustre Potentat, je vous crée, reçois et constitue, maintenant et à jamais, Chevalier de Constantinople.

Il pose l'épée successivement sur l'épaule gauche du Candidat, puis sur l'épaule droite et enfin sur la tête, disant en même temps :

                        Sois loyal (en touchant l'épaule gauche)

                        Vaillant l'épaule droite,

                        et humble la tête).

Puis, il rend l'épée au D.C. et relève le Candidat par la main droite, en disant :

Debout, Messire Chevalier !

D.C. Messires Chevaliers, prenez place !

Il range l'agenouilloir.

C. des B. Je vous décore maintenant du Bijou de ce grade. Il représente une croix surmontée d'un croissant, suspendue à un ruban vert sur lequel sont représentés trois poignards.

Il regagne son piédestal et s'assied. Le Conducteur place le Candidat face à l'Est. Le D.C. regagne sa place.

Instruction

Ill.Pot. Selon la tradition, ce grade fut institué par l'Empereur Constantin le Grand, dans le but de remédier à certains facteurs délétères qui menaçaient sa souveraineté. La fierté et l'arrogance de la noblesse, tout comme sa puissance, s'étaient beaucoup accrues durant le règne relâché de plusieurs de ses prédécesseurs. Il eut le pressentiment que son trône serait en danger tant qu'il ne parviendrait pas à soumettre à nouveau la Noblesse.

Dans le but de la fléchir et de la ramener à un statut plus humble et plus proche de celui des autres sujets, il institua un Ordre de chevalerie qu'il ne conféra qu'aux hommes du peuple : les artisans et les manœuvres. L'Empereur s'engagea ensuite par un serment solennel à ne plus jamais conférer lui-même cet Ordre de chevalerie à personne. Quiconque désirerait l'obtenir à l'avenir devait en solliciter l'honneur à ceux des hommes du peuple déjà reçus Chevaliers de l'Ordre.

Il convint, en outre, qu'il n'accorderait sa faveur à quiconque ne serait pas Chevalier de Constantinople. Et il ordonna de mettre immédiatement à mort quiconque recevrait le grade et ne reconnaîtrait pas que tous les hommes sont égaux devant Dieu.

La noblesse comprit rapidement qu'elle avait perdu la confiance de son souverain. Une délégation fut informée que sa faveur serait dorénavant réservée aux seuls Chevaliers de Constantinople.

Réalisant qu'elle ne pourrait survivre sans la faveur et l'amitié de l'Empereur, elle désira ardemment faire partie de l'Ordre. Beaucoup de nobles, ayant satisfait aux exigences de ce grade, furent reçus dans cet Ordre de Chevalerie, par les autorités compétentes. Ainsi, Constantin obtint la soumission de ses sujets les plus hautains, en préservant l'autorité de son trône.

Ce grade inculque la vertu d'humilité. Il nous enseigne à haïr l'arrogance et l'orgueil, à nous souvenir que ceux qui occupent une position inférieure dans la vie peuvent posséder des mérites supérieurs aux nôtres et, par dessus tout, à ne jamais oublier que celui qui s'élève sera abaissé et que celui qui s'abaisse sera élevé.

Le Conducteur conduit directement le Candidat devant l'Ill.Pot.

Ill.Pot. Messire Chevalier ……….., je vous souhaite la bienvenue au nom de vos Frères Chevaliers. Vous pouvez maintenant prendre place dans un Conseil de Chevaliers de Constantinople.

Le Conducteur conduit le Candidat à un siège dans la salle et regagne sa place.

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