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Hauts Grades

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Le Mot Substitué

22 Septembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Planches

1°) LE CONTEXTE, notre RITUEL

la cérémonie d’élévation

C’est dans l’obscurité, en Chambre du Milieu, après une marche à reculons que, retourné vers l’Orient, le C. devient spectateur du deuil de ses F présents.

L’impétrant est conduit à l’Orient, devant le tombeau du Maître, qu’il a préalablement enjambé selon instructions reçues, et c’est à cet endroit, à hauteur du compas qu’il reçoit les 3 coups fatidiques donnés, via les outils du C. (dont le maillet du T. V.M.)

A ce moment là le C. en passe d’élévation devient acteur : il prend la place d’HIRAM et se trouve allongé, tête à l’Occident (équerre) et pieds vers l’Orient (compas), le corps recouvert d’un linceul (passage par la peau, Osirification).

Sa sépulture sera gardée par 3 F. avant que le Roi SALOMON, symbolisé par le T.V.M., accompagné des 2 V.M.S. ne vienne lui redonner vie.

Le second S. essaiera en vain via l’attouchement et le mot d’A.

Le premier n’aura pas plus de réussite avec l’attouchement et le mot de C.

C’est alors que le VM déclare « Seuls, nous ne pouvons rien ; aidez-moi » et, avec l’aide des deux surveillants, il parviendra à le relever par les Cinq Points Parfaits de la Maîtrise, en lui chuchotant à l’oreille le mot : « MOABON ».

Cette alchimie résulte donc de l’intervention d’un trio et non d’un seul…

Le nouveau M. se voit détenteur des secrets du grade de M. dont 2 mots : 1 mot de passe « TULBACAIN » et le mot sacré « MOABON » ou « MAK-BENAH » selon le rite, mot qui ne peut s’échanger qu’à voix basse. Notre nouveau M. est alors âgé de 7 ans et +

l’instruction au 3° degré

Pour l’approche du thème à traiter, on relèvera 3 des 49 questions réponses :

Qu’êtes vous venu faire ici ? * Chercher la parole du Maître qui s’était perdue

Comment a-t-on pu retrouver la parole perdue ? * Les Maîtres convinrent que le premier Mot qui serait prononcé, en retrouvant le MAITRE, leur servirait à l’avenir pour se reconnaître.

Quel est ce Mot et que signifie-t-il ? * Ce mot ne peut se donner qu’en position des « Cinq Points Parfaits de la Maîtrise », c’est « MOABON » et veut dire le Fils du Père ou la Vie Nouvelle

On observera également que les M. voyagent de l’ Occident à l’Orient, sur toute la surface de la terre pour chercher ce qui été perdu, rassembler ce qui est épars…

2°) POURQUOI ET QU’EST-CE QU’UN MOT SUSTITUE ?

Les loges bleues de la franc-maçonnerie se composent d’une progression symbolique de 3 grades dont le dernier repose encore plus sur une allégorie du cycle de la mort et de la renaissance.

L’homme s’inscrit dans un cycle de résurgence de ses expériences vécues et de son devenir au travers d’elles.

Selon la légende, tout homme élevé au grade de M. a reçu un mot substitué parce que le vrai mot a été perdu à la mort d’HIRAM.

Ce n’est pas un mot de reconnaissance (mot de passe ou mot secret) comme aux deux premiers degrés. Le Mot Substitué, lui, a un autre sens, une autre dimension : il est là pour remplacer la parole perdue. La parole est une suite de mots que l’on prononce. Or l’A. ne sait qu’épeler et le C. ne peut prononcer…

Parole perdue et mot(s) substitué(s) sont indissociables car la mort d’HIRAM symbolise essentiellement la perte de l’unité originelle, le paradis perdu. HIRAM représente le Temple de Salomon, sa mort symbolise la destruction du Temple. Or dans la tradition hébraïque on ne pouvait prononcer le Nom ineffable de DIEU qu’à l’intérieur dudit Temple… d’où la nécessité de trouver un mot de substitution.

La parole perdue rappelle la puissance initiale du Verbe au commencement de la Genèse : l’homme primordial détenait la parole créatrice, il lui suffisait de nommer une chose pour lui donner vie. Le mot du Maître, le mot SACRE est le nom ineffable car inexprimable : il relève d’une connaissance de l’omniscience et de l’omnipotence du Principe créateur ; le nommer correspondrait à le manifester à l’instant, or nul humain ne saurait appréhender la quintessence divine ! D’où la nécessité d’un mot à portée humaine : le mot substitué.

Par ailleurs, à la mort d’HIRAM, rien ne nous certifie que ce dernier n’aurait pas révélé le mot sacré aux 3 mauvais C. : le M. est mort et les 3 C. volatilisés …

Le doute peut subsister. Il convenait donc de se prémunir contre le risque éventuel de voir le mot sacré divulgué.

Substituer vient du latin : sub qui veut dire sous et statuere qui signifie placer ; c’est donc mettre quelque chose à la place d’une autre, remplacer un mot par un autre mais pas par analogie, pas par un mot impliquant un rapport de ressemblance avec le précédent. Le mot substitué ne signifie pas en lui-même, il autorise seulement la reconnaissance, l’identification.

La substitution c’est l’élimination d’un mot par un autre qui en a pris le sens. Ainsi, le tombeau d’HIRAM se substitue au corps de ce dernier : il n’est pas la représentation du squelette mais figure l’absence. Le mot substitué se trouve donc être le sens de la parole perdue : il manifeste l’absence de cette parole, il est le signe matériel de quelque chose d’invisible. La substitution se réfère à l’essentiel et renvoie à un au-delà qui appartient à l’esprit, à une réalité sacrée.

Le mot substitué n’est là que pour nous faire penser à ce qui a été perdu pour tenter de retrouver l’Histoire. La substitution permet le remplacement d’une absence par une présence, elle-même métaphore d’une autre présence, celle de l’univers symbolique ; ainsi la pierre tombale se substitue au corps disparu et à l’âme absente du mort. On peut alors parler de double substitution.

La Franc Maçonnerie est une réflexion sur le sens de la parole perdue métaphorisée au plan physique par l’escamotage du corps d’HIRAM auquel se substitue tout postulant au grade de M. Le paradoxe est que le symbole essaie de ramener l’invisible par le visible afin de donner à penser ; le symbole ne doit pas ressembler complètement et ne pas être analogue à l’idée qu’il représente en s’y substituant.

C’est par le jeu de substitutions successives de signes qu’émerge le sens… Nommer le signe qui s’est substitué à la chose : c’est faire revivre la chose qui n’existe que par des signes pour lui trouver son essence, son sens premier et profond.

3°) LE MOT SUBSTITUE ET LA LEGENDE D HIRAM

le déroulement de la cérémonie d’élévation

La mise en scène de la mise à mort et du relèvement d’HIRAM constitue le mythe fondateur de la F.M. spéculative : complot de 3 mauvais C. (convoitise, ignorance, jalousie) pour assassiner HIRAM qui va périr par les mêmes outils qui ont servi à la construction du Temple (dualité de l’utilisation du savoir tant pour le bien que pour le mal). Triple mise à mort, physique, sentimentale et mentale pour affranchir HIRAM du plan matériel, psychique et mental et permettre à l’élevé, de renaître sur le plan divin. Ce dernier se retrouve symboliquement mort, au centre de la Loge, au milieu du cercle où les éléments les plus opposés se rapprochent, allongé sur le pavé mosaïque, lieu par excellence de la réconciliation des contraires où l’on cherche à rassembler ce qui est épars..

Neuf M. partis à la recherche d’HIRAM, sur la demande de Salomon, vont convenir de prononcer 3 syllabes en une position donnée pour relever, redonner vie au défunt. Ces trois syllabes deviendront le nouveau mot de M.

Par le relèvement d’HIRAM et donc l’élévation, le nouveau Maître qui passe de l’horizontale à la verticale, de l’équerre au compas. Devient le fils spirituel d’HIRAM.

L’architecte assassiné survit alors en chacun de nous sous la forme d’un Maître intérieur : la conscience.

Analyse de la cérémonie d’élévation

La Parole n’est pas totalement perdue : ce qui l’a été c’est la conception de l’Unité, d’où le besoin de trouver une solution de remplacement dite de substitution.

La parole perdue représente le secret de l’initiation véritable avec une nouvelle naissance.

Ainsi l’A. (Pierre brute), après une phase de silence au cours de laquelle il se dégrossit, acquiert des faces plus unies (Pierre cubique) et devient C. avec mission de polir ces faces afin de leur enlever peu à peu leur rugosité (Pierre Cubique à Pointe).

Par l’élévation, liée à la transmission de la parole perdue, le nouveau M. deviendra une pierre indispensable à la Loge pour participer à une communion d’hommes individualisés, mais rassemblés par un même idéal via des rites communs.

Ce mythe met en exergue un rite initiatique : HIRAM qui, par ses enfants, ressuscitera d’entre les morts, drame symbolique reprenant les mystères de l’Antiquité païenne et les rites d’initiation chez les primitifs.

Cette légende nous vient du Talmud (2° S. après J.C.) et nous apparaît en 1726, avec la parution de l’écrit de Monseigneur GRAHAM où Sem, Cham, et Japhet durent se rendre sur la tombe de leur père Noé pour y découvrir, en trois étapes, le secret caché de l’existence de DIEU, secret perdu par la mort de son détenteur.

Ce récit est à rapprocher de l’histoire égyptienne du dernier roi de Thèbes, avec son voyage des morts vers les étoiles et la disparition du roi qui a préféré mourir plutôt que de livrer le secret gardé par un trio, d’où la parole perdue.

La Bible cite HIRAM en tant que fondeur de la mer d’airain du temple de Salomon mais nous dit peu sur ce personnage.

Le conte de Gérard De NERVAL est beaucoup plus prolixe et revisite ce mythe.

Le Coran s’attache également à cette légende.

Enfin on ne saurait omettre le rapprochement de ce mythe avec celui d’Osiris, fils du ciel et de la terre, victime de son frère « Seth » représentant le désordre, le chaos. Isis, sa sœur- épouse, partira à la recherche de son âme pour le ramener à la vie. Son amour, symbole de la régénération et de la vie éternelle, au travers de larmes argentées partagées avec 9 dieux, permettra de retrouver le corps.

Selon RAGON : Hiram serait le substitut du Christ ou d’Osiris, Isis figurerait la Loge, Horus, fils de la veuve et de Lumière, représenterait le C. élevé et Seth celui qui met la Parole en pièces et la disperse. Osiris peut alors apparaître comme la chute de l’âme dans le tombeau représentant le Verbe ou Parole perdue en attente d’une renaissance... La mort symbolique d’HIRAM, comme celle d’Osiris ou celle du Christ, annonce non pas une destruction de l’Etre, mais un renouvellement, une métamorphose.

On ne peut s’empêcher de faire un lien avec DIEU associé à l’épi de blé liant ce qui vient d’en haut à ce qui est en bas par les mystères de la germination ou faire un parallèle entre le M. enterré à même le sol et le nouvel A., seul dans le cabinet de réflexion, se préparant à de nouvelles épreuves ?

Le mythe d’HIRAM s’inspire aussi des mystères d’Eleusis, de Ceres et de Mithra ; analogie également possible avec la descente aux enfers de Dionysos avant de ressusciter et de devenir immortel.

La légende d’HIRAM est étroitement liée aux histoires de VIRGILE (Livre VI) : descente d’Enée au pays des ombres et sa quête, armé d’un rameau d’or, pour retrouver Polydore assassiné, fils de PRIAM, roi de Troie.

Ces similitudes et rapprochements conduisent à penser que ces récits sont volontairement inachevés pour favoriser la réflexion perpétuelle sur le sens du divin (de la putréfaction ressurgit la Lumière)

4°) TRADUIRE LE MOT SUBSTITUE

Si les mots de passe des deux premiers degrés sont compréhensibles par l’A. et le C. puisque se rapportant à des repères logiques liés à notre place dans la loge, en revanche le mot de M. est plus hermétique car non lié à l’espace sacré mais à un récit mythique.

Qui plus est, il est le produit d’une corruption phonétique !

La Bible nous parle d’un certain « Makhi » et de « Makhbanaï » sans plus de précisions avec le mot substitué si ce n’est que l’on peut imaginer une origine biblique à ce dernier. « Macbannaï » signifierait « mon pauvre fils ».

En 1725 un manuscrit nous parle de « Macboe and Boe » qui voudrait dire « de la moelle dans l’os », idée reprise dans l’ouvrage de GRAHAM, un an plus tard.

Le premier mot prononcé serait « Mah-Hah-Bone » ou « Marrow Bone » qui se prononcerait « Machaben » ou « Mac benach », ce qui nous rapproche de notre mot de la GLNF « MOABON » ce qui pourrait vouloir dire « du père » puisqu’un F.M. devient, par l’élévation au 3° degré, fils de la mort et successeur d’HIRAM.

Notons que MOABON était le nom d’un des neuf M. élus, de même que Jakin et Boaz.

Phonétiquement et approximativement ce mot est devenu « MachBenah» ou « Mac –benac » (à traduire par «la chair quitte les os »)

La doctrine est partagée et quelques auteurs affirment que MAHABON ou MOABON et leurs variantes seraient une déformation de l’hébreu MAH HABONEH qui signifierait « le Bâtisseur, le constructeur, l’architecte » ou bien « Moelle dans l’os », à traduire par la permanence de la vie au travers d’une mort – renaissance.

Au R.E.A.A., le mot substitué se dit MOABON et signifie étymologiquement : issu du père (MOAB) et fils du père (BEN). L’homme ressuscité de son tombeau devient, après être mort à la terre, fils du ciel, fils de la Lumière.

Chacun de nous porterait en lui la conscience divine.

Au rituel français ce mot substitué se traduit « MAC BENACH » ce qui signifierait « fils de la Veuve » ou « la chair quitte les os ». « BENETH » veut dire engendrer et «MAQ » : putréfaction, formule alchimique pouvant correspondre à « naître de la putréfaction » : la chair est corrompue et les moelles sont vivantes. C’est la putréfaction qui crée : l’édification est issue de la décomposition.

Le choix du mot M.B.N. pourrait, au travers de la résurrection du F. élevé, figurer la re-naissance du Templier pour la reconstruction de l’Ordre du Temple : HIRAM représenterait alors le grand Maître de l’ordre des templiers (J.B. MOLAY dont les initiales correspondent à celles des mots de passe ou sacré des 3 grades de la maçonnerie bleue) ?

De la Bible au débuts de la Franc-maçonnerie spéculative un mot existe dont les appellations varient mais sont finalement proches.

En fait ce qui semble important, plus que la traduction littérale du ou des mots substitué(s), c’est la nécessité de trouver un mot de remplacement pour retrouver la parole perdue.

Le mot de M., dit mot substitué, ne peut et ne doit être simple et facile d’accès afin de remplir son rôle discriminatoire.

Il pourrait être rapproché d’une autre colonne, invisible aux yeux du profane, la colonne médiane, symbole de l’équilibre dans l’arbre séphirotique de la Kabbale…

Ce mot semble être une passerelle de transmission initiatique.

5°) PORTEE DU MOT SIMULE

Les M. Maçons s’identifiant symboliquement à HIRAM rejoignent un cycle concentrique où la maîtrise n’est que la suite logique des deux grades précédents.

L’A est choisi pour son aptitude à recevoir la Lumière, sa discipline pour vivre une métamorphose intérieure.

Pour devenir C. il doit passer du fil à plomb (activité héritée du monde profane) au niveau (passivité de l’ouvrier parfait)… D’où la naissance de l’équerre, de la lettre T (le tau mystérieux tracé dans l’air par HIRAM), du maillet du T.V.M. et de la croix (symbole de la mort mystique).

L’élévation se produit en chambre du milieu, dont l’entrée désigne la ligne qui sépare la mort de la vie, lieu de sublimation de la conscience avec clef de voûte au dessus de l’arc royal s’appuyant sur les deux colonnes. C’est ici que l’on peut trouver la résurrection, la rédemption grâce à la pierre philosophale, l’élixir de longue vie : le mot de Maître.

L’éternité a pour représentation la circonférence et l’élévation consiste à passer de l’équerre au compas c'est-à-dire de la croix au cercle.

Le mot de M. ne peut se transmettre individuellement : il faut être trois pour le communiquer (tout comme il faut 3 C. pour stopper la chaîne de transmission).

Nécessité de trouver un mot substitué, mais ce qui est substitué ne peut remplacer que très partiellement ce qui était à l’origine… Quand le corps d’HIRAM est retrouvé, la tradition est rétablie mais amoindrie du fait du remplacement du mot sacré par un mot de substitution.

Le mot même HIRAM contient l’idée de vivifier en élevant. HIRAM, fils de sagesse, de science et d’intelligence, est le modèle mythique de l’Homme fait. Complément de l’ A. conçu pour exister, HIRAM est créé pour mourir et donner renaissance. Il représente le cycle de vie (HY) céleste (RAM) : vie élevée qui descend sur le monde (l’homme) pour bâtir le Temple et la continuité de la Vie par transmutation de l’énergie au travers de Dieu enseveli dans le tombeau du corps, force divine qui doit ressusciter.

C’est par la transmission du mot substitué que le C. devient le fils et successeur d’HIRAM.

Si la gestuelle permet la relévation du corps, c’est le mot soufflé qui porte la vie et libère le prisonnier. Le cinquième point parfait se porte comme une passation du souffle de la Parole représentée symboliquement par le « Mot »

Il appartient aux F.M. de réunifier l’ancien Mot Sacré (JEHOVAH) car ce mot était composé des deux parties du Nom divin, séparées par la chute.

La recherche de ce qui est perdu consiste donc en la recherche de l’être dans son essence intrinsèque, dans son principe originel avant la chute, quête pour retrouver l’état paradisiaque.

La parole perdue ne serait en fait qu’oubliée conformément à la théorie de la réminiscence de PLATON selon laquelle tout est en nous… Faut-il pouvoir encore accéder à cette richesse intérieure…

Pour ressusciter il nous faudrait alors descendre dans notre propre tombeau : s’analyser, se parfaire, poursuivre le travail sur pierre brute : le 3° degré serait la suite logique du cheminement de l’A. et du C. ?

Si A. et C. ne savent ni lire, ni écrire mais seulement épeler, le M. lui a la capacité de lire et d’écrire au livre de vie du G.A.D.L.U. puisqu’il travaille sur la planche à tracer. Les 3 grades forment un cycle.

Le séjour d’HIRAM au coeur de la terre correspond à celui du profane dans le cabinet de réflexion : il va naître de sa propre dissolution, de l’oubli de son ego.

Nous portons tous à l’intérieur de nous un noyau divin en la personne de notre maître intérieur.

En maçonnerie : la transmission est essentielle. Le M. doit mourir (chute) pour ressusciter (élévation) en un disciple afin que perdure la chaîne initiatique.

Selon notre rituel le M. se donne à celui qui sera son fils spirituel en lui transmettant le don de la vie éternelle pour renaître en lui. Fils, crée non de chair mais d’esprit, pour maintenir le père vivant en ce monde.

C’est la transmission du mot substitué qui permet cette résurrection, alchimie par laquelle de l’homme ancien renaîtra l’homme nouveau au 7ème jour.

Source : http://anck131.over-blog.com

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Les éléments

22 Septembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #symbolisme

La terre, l'air, l'eau et le feu constituent les quatre éléments symboliques de la cosmologie maçonnique, présents principalement au Rite Français et au Rite Écossais Ancien et Accepté ; ils ont été hérités de la vision traditionnelle gréco-romaine revue par le monde médiéval puis par les écrits des hermétistes et de Paracelse (1493-1541) à la Renaissance.
« Elementa » au pluriel en latin désignait bien la terre, l'eau, l'air et le feu selon une tradition solidement établie depuis Thaïes de Milet (VIe siècle av. J.-C.), auteur de la première spéculation cosmologique philosophique succédant aux approches magiques égyptienne et babylonienne. Empédocle élabora, un siècle plus tard, une théorie complète des quatre éléments en correspondance avec les métaux et les « caractères », sec, humide, chaud, froid, etc. Les pythagoriciens l'enrichirent d'une exégèse sur les nombres et de représentations géométriques ont la « tétractys », le triangle de base 4 et de sommet 1 compose la figure la plus connue et la plus exploitée en maçonnerie. Platon, dans le Timée, devait donner ses lettres de noblesse philosophique à la théorie, le pythagorisme inscrivant le tout dans le cadre initiatique des religions à mystères de l'Antiquité. Ces dernières demeurèrent au premier plan des préoccupations intellectuelles de l'Europe des Lumières et de la première moitié du XIXe siècle, avec l'apparition notamment d'une véritable égyptomanie, liée à l'idée que les Grecs étaient allés chercher dans les sanctuaires d'Egypte leurs connaissances les plus secrètes. Les principaux systèmes rituels maçonniques ont été élaborés et « corrigés » dans ce contexte. À la même époque, l'Occident avait pris conscience de l'existence de théories analogues au-delà de l'Egypte, en Inde et en Chine. Les quatre éléments dans l'Inde védique « supportaient » la naissance du monde, l'intervention d'un cinquième (la quintessence des alchimistes en Occident), l'éther non visible, assurant la correspondance avec les états supérieurs de l'être et le monde divin. Des théories voisines s'étaient développées en Chine, dès le VIe siècle av. J.-C., en correspondance avec les métaux.
Les auteurs maçonniques du milieu du XIXe siècle comme Jean-Marie Ragon (1781-1862) diffusèrent largement ces idées, reprises dans les manuels « classiques » en France par Oswald Wirth (1860-1943), le rénovateur des études symboliques, ou Jules Boucher, La symbolique maçonnique, maintes fois rééditée.
La démarche du profane accédant à l'initiation a pu, dans ces conditions, être assimilée à une alchimie intérieure joignant les purifications à l'action des principes vitaux : le soufre, le mercure et le sel à travers les éléments. À la terre correspond la mort symbolique au monde matériel du cabinet de réflexion et la »descente aux enfers ». L'air, figure sensible du monde invisible et le lieu de la lumière, est associé à la purification spirituelle, à la séparation du « subtil » du grossier, au terme des épreuves du premier «voyage» (Rite Français) ou du second (Rite Écossais Ancien et Accepté) ; il est confondu avec le ciel dans un certain nombre de hauts grades, notamment au 26e du Rite Écossais Ancien et Accepté, le « Prince de Merci » et uni à l'aigle de saint Jean l'Évangéliste ; au 28e, « Grand Écossais de Saint-André », il représente cœur dans sa « droiture ». La purification par l'eau, image de la « substance universelle », est subie au terme du premier ou du second voyage/épreuve «selon les rites déjà cités ; elle a pour but de ramener l'être humain à l'état de « materia prima », c'est-à-dire capable de recevoir l'initiation comme acte créateur de la vie nouvelle. Ultime étape, le feu purificateur est éprouvé au terme du troisième voyage quand le candidat persévérant et maître de soi est prêt à voir la vraie lumière.
Oure les rituels d'initiation, le terme peut être utilisé pour désigner les luminaires, le soleil au tableau d'apprenti ou l'étoile flamboyante. Le « Vénérable Grand Maître », 20e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté, reçoit ceux qui l'acquièrent « par le fer et le feu ».
Les associations opérées dans les commentaires avec les signes du zodiaque et les planètes, les couleurs, les vertus ont pu varier d'un auteur à l'autre, néanmoins des lignes de force se dessinent commandées par les traditions hermétiques : l'eau et la terre sont « humides », l'air et le feu « secs » et les corpus symboliques médiévaux : le lion est une figure du feu, etc. Les correspondances établies à partir du nombre quatre sont également traditionnelles: les directions de l'espace, les quatre métaux liés aux quatre âges du monde (or, argent, bronze, fer), les Evangélistes avec les quatre animaux de l'Apocalypse (lion, taureau, homme, aigle). Initiation de métier, la maçonnerie développa naturellement des considérations d'ordre cosmologique d'où le rôle central donné à la théorie des quatre éléments.

Source : http://www.guichetdusavoir.org/

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L'Alchimie de l'Âme

22 Septembre 2012 , Rédigé par Patrick Carré Publié dans #symbolisme

Les Maçons des Loges de Perfection connaissent en leurs degrés ultimes deux états successifs : l’exaltation des Chevaliers de Royal-Arche contemplant le Triangle Sacré et le Nom Ineffable, puis la paix des GEPSM dans l’alliance avec la Vertu et les hommes vertueux. Ils se manifestent et évoluent en deux espaces temps différents : l’immédiateté et le secret bien gardé du cœur illuminé au 13èmedegré, et le temps des œuvres des Grands Elus au 14ème degré, et génèrent deux états d’être et entre eux une douce tension, le souffle de l’être vertueux soufflant sur le feu de la nostalgie du Nom Ineffable. Cette nostalgie rappelle au 15ème degré, Chevalier d’Orient et de l’Epée, celle des Hébreux en captivité à Babylone, la douleur de l’exil et la mélancolie préludant à leur libération par Cyrus et à la joie de leur retour à Jérusalem.

Dans la gravure de Dürer « Mélancolia I», l’ange a déposé autour de lui les instruments d’une recherche ésotérique, pensée qui conçoit l’existence comme une énigme dont serait déchiffrable un sens. « Il s’est tenu à la pointe du désir de sens, a multiplié les procédures de l’esprit, mais n’a trouvé à chaque fois que l’imminence d’une signification ultime. Par différence avec la nostalgie, qui se comprend comme un manque, la mélancolie est à chaque fois une plénitude dans cette imminence. Elle se tient entre le sens et la vérité, où sens et absolu sont disjoints, et a rapport au sentiment d’une idée, en deçà de la certitude d’une vérité. » (Maël Renouard) Il y a, en même temps, plénitude et absence du dernier mot, du sens ultime, la Parole I.N.R.I. qui s’épelle et ne se prononce pas.

 

Cette humeur accompagne sous des formes diverses le cheminement initiatique en ces degrés où est omniprésent le roi Salomon, et avec lui le sceau de Salomon  , hiéroglyphe du Lapis alchimique qui réunit les symboles de la Terre  et de  l’Air  et conjugue en lui les éléments fixes et volatils d’une alchimie intérieure. Il symbolise le travail de la psyché, un travail dans le temps sacré des Maçons qui transforme le temps profane en véritable genèse. C’est ainsi que les alchimistes comparent leur « prima materia » à un chaos où cette genèse, traduite par « Ordo ab Chao » (devise figurant à l’Occident des Loges), opère tout d’abord par dissolution.

 

La période de dissolution, dit Fulcanelli dans « Les Demeures philosophales », est « la clé du Magistère cachée sous l’axiome énigmatique « solve et coagula » : dissous (le corps) et coagule (l’esprit) … Par la volatilisation régulière du fixe et sa combinaison avec le volatil, le corps se spiritualise et l’esprit, abandonnant son vêtement souillé, en revêt un autre de plus grand prix, auquel les anciens maîtres donnèrent le nom de mercure philosophique … Ce mercure est exprimé par deux V entrelacés de la pointe, signe alchimique connu de l’alambic … Les philosophes ont traduit l’union du fixe et du volatil, du corps et de l’esprit, par la figure du serpent qui dévore sa queue. L’Ouroboros des alchimistes grecs, réduit à sa plus simple expression, prend ainsi la forme circulaire, tracé symbolique de l’infini et de l’éternité, comme aussi de la perfection. » Cet Ouroboros figure à l’Orient des Temples, au-dessus du plateau du Très Sage, et les deux V entrelacés ne sont pas sans rappeler l’Equerre et le Compas placés sur l’autel des serments des premiers degrés du Rite.

 

La mélancolie est la marque de la gestation de l’âme et le fruit du travail intérieur des Maçons devenus Adeptes, durant lequel les principes élémentaires dissous (Soleil Lune) , présents à l’Orient des Temples aux degrés symboliques, se transforment en principes principiés (Soufre Mercure) . La conjonction des principes  induit aussi la constitution d'un corps mixte, c'est-à-dire d'un Sel  médiateur et tiers-agent nécessaire pour lier les extrémités du « vaisseau de nature » des alchimistes en sorte de provoquer une attraction « par amitié » et « sans discorde » pour reprendre les termes d'Empédocle.

 

Sous l’action du feu des Adeptes, l’œuvre consiste à domestiquer les pulsions du corps d’une part, et de l’âme dans son état primitif de Soufre  d’autre part. Alors que le corps est incombustible et stable (symbole de la salamandre), l'âme demande à être modelée car elle vient à peine de sortir de terre, de la « materia prima ». L'âme primitive, de nature ignée et de forme éthérée, est issue en droite ligne du Chaos et son état tient encore du serpent puisqu'on n’y trouve pas encore d'esprit qui y soit mêlé. Aussi cette âme est-elle comme folle et incontrôlée : c'est à l'Artiste d'y insuffler le logos régulateur, c'est-à-dire le Mercure.

 

« Fulcanelli a montré que le Soufre et le Mercure  ne forment, au fond, qu'une seule et même substance, selon la forme qu'elle emprunte. Il en est de même de ce pouvoir relationnel antagoniste ou agoniste que subissent ces principes. Sont-ils élémentaires ? Alors, ils s'affrontent. Sont-ils principiés ? Alors, ils s'attirent. » (Hervé Delboy). C’est pourquoi la dissolution est à la fois considérée comme « une humeur sombre et mélancolique qui évoque la mort et la tombe », mais aussi comme la nuit spirituelle de l'âme, « un état absolument positif, dans lequel la lumière divine, invisible... pénètre l'âme et la purifie. » (Saint Jean de la Croix ) et rappelle la Passion du Christ, la « Passio » dans « Les racines de la conscience » de Jung.

 

« Après l’élévation des principes purs du composé  philosophique, le résidu est prêt à fournir le Sel mercuriel ( ), auquel de vieux auteurs ont souvent donné l’épithète de Dragon babylonien. … le Sel des Philosophes (est) ce Roi couronné de gloire, qui prend naissance dans le feu afin, dit Hermès, que les choses occultes deviennent manifestes. » (Fulcanelli, Les Demeures Philosophales). En Chapitre, deux rois, Cyrus et Darius, succèdent à Salomon aux 15ème et 16èmedegrés du REAA pour illustrer cette autre phase du « labeur » où les trois principes Mercure, Soufre et Sel sont à l’œuvre. Une fois les Hébreux libérés, « projetés » hors de Babylone, ces deux Rois demeurent en puissance leurs protecteurs. Ne pouvant être menacés par le feu des combats sur la route de Jérusalem, ils symbolisent le Corps incombustible, le Sel  dont s’éloigne le Soufre  l’Âme en route vers son Royaume Jérusalem, symbolisée par le peuple hébreux guidé et inspiré par l’Esprit, son Mercure Zorobabel.

 

La génération du couple à partir des principes élémentaires  est illustrée dans les degrés de Perfection par le passage de l’opposition Bien/Mal à la conjugaison de la réflexion et du sentiment, de la Raison et du Cœur, l'antinomie du sens et du sentiment n'existant pas. C'est bien plutôt d'une dualité complémentaire qu'il faut parler, à la façon de l'aspect dual onde/particule que revêt un corpuscule lorsqu'on le soumet à la mesure. Cette dualité se retrouve dans les fonctions alternatives et complémentaires dans la conscience des « projections » et des « transferts » dans la psychologie jungienne, illustrés dans les légendes des grades du REAA par le symbolisme du mouvement et de l’union de principes emblématiques dans la psyché.

 

Comme les archétypes, les principes Mercure, Soufre et Sel qui  transparaissent dans les rituels sont susceptibles de se manifester dans la psyché lors de circonstances critiques, soit à la suite d'événements extérieurs illustrés au 15ème degré par la fin de la captivité des Hébreux à Babylone et les combats préalables au passage du fleuve Starbuzanaï, soit du fait de quelque modification intérieure[] comme le refus des Samaritains au 16ème degré d’œuvrer pleinement à la reconstruction de Temple à Jérusalem. Pour Jung et ses continuateurs, les archétypes sont vivants au sein de l'âme psychique, ils sont par ailleurs la clé du développement de l'individu.

 

Plus précisément au 16èmedegré, l’apparition des Samaritains, Soufre « déviant » par leur refus de « substituer » à leurs dieux païens multiples un Dieu unique, peut s’apparenter à celle d’une « ombre » jungienne, phénomène psychique à l’origine notamment de la peur de l’autre, et surtout du « Tout Autre » : Dieu. Afin d’intégrer cette crainte de Dieu à leur psyché, les Hébreux     délèguent au 16ème degré une ambassade  auprès de Darius à Babylone, autrement dit « projettent » sur lui leur « défaut résistant », permettant à leur conscience de prendre du recul. Puis l’ambassade revient triomphalement à Jérusalem, les Hébreux effectuant un « retrait de projection », afin de repolariser l’énergie psychique non au-dehors mais en eux-mêmes par un travail de conscience.

 

Le retour des Samaritains dans l’esprit du Soufre « initial » illustre la « réincrudation », terme de technique hermétique qui signifie rendre cru, c'est-à-dire remettre dans un état antérieur ou « rétrograder ». Les alchimistes accomplissent cette opération en vue de réanimer les corporifications, c'est-à-dire de rendre vivants les métaux morts. Ce « retour » à l'Âme ( ) par la médiation de l'Esprit exprime un mouvement spirituel dynamique et traduit le feu de la passion, l’ardeur d'un sentiment symbolisés par la joie partagée du peuple hébreu au retour triomphant des ambassadeurs.

 

Le feu du cœur est essentiel dans ces « projections » et « retraits de projections », d’où la place centrale qu’il occupe dans les rituels capitulaires vécus collectivement dans l’« émulation », et des prises de conscience individuelles des Chevaliers. « Ceux qui ne se rendent pas compte de la tonalité affective particulière de l'archétype ne se retrouveront qu'avec un amas de concepts mythologiques, que l'on peut sans doute assembler de façon à montrer que tout a un sens, mais aussi que rien n'en a. Les cadavres sont tous chimiquement identiques, mais les individus vivants ne le sont pas. Les archétypes ne se mettent à vivre que lorsqu'on s'efforce patiemment de découvrir pourquoi et comment ils ont un sens pour tel individu vivant. » (Jung) C’est là tout le sens de l’étude des symboles et rituels maçonniques depuis le premier degré du Rite.

 

La réincrudation est l’équivalent du concept d’« individuation » sur lequel Yung a forgé tout son système.  La réincrudation ou albedo, purification, fait bien suite à la nigredo ou dissolution dans l’Œuvre alchimique, et précède la rubedo ou coagulation et accrétion du Soufre illustrée au 18ème degré du Rite. Ces trois phases, l’Œuvre  au noir, l’Œuvre  au blanc, l’Œuvre  au rouge, correspondent régulièrement aux couleurs dominantes des degrés du Rite.

 

La couleur « aurore » des bandeaux des Princes de Jérusalem au 16ème degré est celle de « l'Auro hora », l’heure d’or, l’aurore de l'Œuvre. L’aurore brille d’une double couleur, jaune et rouge, et luit entre la nuit (nigredo) et le jour (albedo). Cette heure où « les malades sont soulagés de toutes les infirmités nocturnes et se reposent », est semblable à l’aurore alchimique où « toutes les odeurs et vapeurs mauvaises attaquant l’esprit de l’opérateur s’évanouissent et disparaissent, selon la parole du psaume : Le soir dureront les pleurs et au matin ce sera la joie. » ( Aurora Consurgens, p210, Marie-Louise Von Franz)

 

« La variante « aurea hora » est aussi essentielle chez les mystiques du haut Moyen Age, et dans la parole de Saint Bernard extraite de son commentaire du Cantique « rara hora et parva mora » (heure rare et court instant). Cette expression désigne « l’heure rare » ou l’heure d’or et le « court instant » où la connaissance humaine est en contact direct avec la sagesse de Dieu, c’est-à-dire avec Dieu lui-même, et la goûte dans l’extase. Ainsi le « lever de l’aurore » (dans l’ouvrage « Aurora Consurgens » attribué à Saint Thomas d’Aquin) est-il en réalité l’instant de l’union mystique avec Dieu » (idem p212).

source : http://www.patrick-carre-poesie.net/

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RAPMM : réception au 18ème degré (1780)

21 Septembre 2012 , Rédigé par RAPMM 18 Publié dans #Rites et rituels

PREMIERE PARTIE TEMPLE DE LA DESOLATION

TRES-SAGE

- J’invite le Chevalier Grand-Expert à faire débuter la cérémonie de Réception.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Se rend dans les parvis auprès des Chevaliers d’Orient et de l’Epée, il fait rentrer le Chevalier de garde sans cérémonie. Puis les amène à la porte du Temple et les fait frapper en Chevalier d’Orient et de l’Epée -0 0 0 0 0   0 0- .

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Très-Sage, on frappe à la porte du Temple en Chevalier d’Orient et de l’Epée.

TRES-SAGE

- Chevalier Second Grand-Gardien, voyez qui frappe ainsi.

SECOND GRAND-GARDIEN Va entrouvrir la porte du Temple, regarde et regagne sa place.

- Très-Sage, ce sont des Chevaliers d’Orient et de l’Epée qui se sont égarés dans les ténèbres et qui demandent un guide pour les remettre dans leur chemin.

TRES-SAGE

- Ont-ils été examinés et reconnus ?

SECOND GRAND-GARDIEN

- Le Chevalier Grand-Expert les accompagne, il les a reconnus, examinés et jugés dignes d’être présentés, laissant à votre sagesse le soin de pénétrer leurs intentions.

TRES-SAGE

- Que l’entrée de notre Temple en ruine leur soit donnée.

SECOND GRAND-GARDIEN Va ouvrir la porte à deux battants, et la referme après l’entrée des Chevaliers.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Fait entrer les Chevaliers par le pas d’Orient et de l’Epée.  Il les place à l’Occident entre les Vallées.

TRES-SAGE

- Que désirez-vous voir et entendre ?

- Que souhaitez-vous apprendre et connaître ?

- Vous nous trouvez dans l’affliction, dans l’accablement et dans le désespoir. De profondes ténèbres enveloppent la terre, elle y ont semé le désordre et le deuil.

- La force règne partout en souveraine maîtresse.

- La Parole, autrefois si puissante, ne peut plus convaincre les Hommes. Ceux-ci sont devenus rebelles à la raison, à la justice et à la vérité; ils n’écoutent plus que la voix de leurs passions et leurs appétits.

- Dans ce fatal cataclysme de l’esprit, nos travaux ont été troublés, la lumière qui nous éclairait s’est éteinte, la Parole est perdue.

- Que pouvez-vous attendre de nous ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Ne nous a-t-il pas été enseigné que l’Homme ne peut rien sans le secours des autres ?

- Nous vous demandons un guide pour nous conduire.

TRES-SAGE

- Où voulez-vous aller ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Nous fuyons des contrées misérables où l’erreur a détruit la vérité, où toute les notions du juste sont éteintes, où l’Homme dépérit sous le souffle de l’égoïsme et de l’ambition. Nous cherchons une Patrie favorisée pour accomplir notre destinée terrestre, le mal ne peut régner partout.

TRES-SAGE

-Tant de zèle vous attire notre confiance, prenez votre chemin. Chevalier Grand-Expert veuillez les accompagner dans leurs voyages.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Part avec les Récipiendaires. Il font le tour du Temple.

Parvenus à la colonnette (Sagesse) il fait prononcer le mot FOI inscrit sur la colonne.

Au deuxième tour il les fait arrêter devant la colonnette (Force) et leur fait prononcer le mot CHARITE; Au troisième tour, il les fait arrêter devant la colonnette (Beauté) et fait prononcer le mot ESPERANCE. Ensuite, il les reconduit à l’ouest.

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Très-Sage, les voyages sont terminés.

TRES-SAGE

- Mes Frères, qu’avez-vous appris dans ces voyages ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Nous avons vu trois colonnes sur lesquelles brillaient les mots : Foi, Charité, Espérance. Nous savons que ces trois mots désignent les trois vertus théologales. Trois vertus pour nous guider. Apprenez-nous s’il y a d’autres interprétations ?

TRES-SAGE

- Mes Frères, ces inscriptions portent les principes qui nous meuvent.

- Que l’Espérance nous guide et nous soutienne, que la Foi nous anime, que la Charité nous unisse.

- Sous l’inspiration de la Foi, de la Charité, de l’Espérance, consentez-vous à faire avec nous de nouveaux voyages ?

RECIPIENDAIRES

- Oui.

TRES-SAGE

- Dans ce cas, approchez-vous et venez prendre avec nous l’engagement de ne jamais vous écarter de cette loi nouvelle.

- Debout et à l’Ordre, Très Respectables Chevaliers.

CHEVALIER DE CEREMONIES Accompagne les Récipiendaires jusqu’à l’Autel.

SEPT CHEVALIERS Désignés d’avance, l’épée dans la main droite forment la voûte d’acier au-dessus de la tête des Récipiendaires.

TRES-SAGE Remet à l’un des Récipiendaires le serment écrit et ...

- Mes Frères, voici le serment que vous devez prononcer, l’un de vous le lira à haute voix.

UN RECIPIENDAIRE

- Je jure sur ce glaive, symbole du courage, et en présence de tous les Chevaliers qui m’entourent, de garder en mon coeur tous les secrets qui pourront m’être confiés par les Chevaliers Rose-Croix.

- Je promets d’habituer mon esprit à instruire mes Frères et mon bras à les défendre.

- Je prends tous les Chevaliers présents à témoin de ma sincérité.

TOUS LES RECIPIENDAIRES

- Je le Jure.

TRES-SAGE

- Acte est pris du serment !

CHEVALIER GRAND-EXPERT Reconduit les Récipiendaires entre les Vallées.

TRES-SAGE Frappe du pommeau de son épée : 0 0 0 0 0 0   0.

- Tout est consommé ...

- Très-Excellent  Premier Grand-Gardien,  quel motif  nous  rassemble ?

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Consoler les affligés, montrer le chemin aux voyageurs égarés et rechercher la Parole perdue.

TRES-SAGE

- Comment parviendrons-nous à la retrouver ?

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Trois colonnes nous guideront.

TRES-SAGE

- Où sont-elles ?

PREMIER GRAND-GARDIEN

- Je l’ignore, mais nous les retrouverons, car on les reconnaît même dans l’obscurité la plus profonde.

TRES-SAGE

- N’a-t-il pas été dit : Cherchez, vous trouverez ?

- Voyageons donc et ne perdons pas de vue les sentiments qui nous guident !

Le TRES-SAGE se met en marche, suivi de tous les Chevaliers qui siègent à l’est.

Au premier tour, le Très-Sage dit en voyant la colonnette (Sagesse)

-FOI.

La lumière éclairant l’inscription est alors éteinte.

TRES-SAGE

- Hélas ! la Foi s’est éteinte !

Au deuxième tour, le Très-Sage dit en voyant la colonnette (Force)

-CHARITE.

La lumière éclairant l’inscription est alors éteinte.

TRES-SAGE

- Hélas ! la Charité s’est éteinte !

Au troisième tour, le Très-Sage dit en voyant la colonnette (Beauté)

-ESPERANCE.

TRES-SAGE

- Mais l’Espérance nous éclaire toujours!

- Avec elle nous rallumerons la Foi et la Charité

A la fin de ce troisième tour, le Très-Sage et les Chevaliers qui l’accompagnent

sortent du temple et attendent dans les parvis en grand silence. La porte du temple est ouverte.

PREMIER GRAND-GARDIEN Aussitôt se porte à la tête de sa Vallée, tous les Chevaliers le suivent, fait trois fois le tour du temple en prononçant chaque fois ...

-ESPERANCE !

...et va rejoindre le Très-Sage.

SECOND GRAND-GARDIEN Aussitôt se porte à la tête de sa Vallée, tous les Chevaliers le suivent, fait trois fois le tour du temple en prononçant chaque fois ...

-ESPERANCE !

...et va rejoindre le Très-Sage.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Reste avec les Chevaliers d’Orient et de l’Epée, éclairé par l’Espérance.

Lorsque tous les Chevaliers Rose-Croix sont sortis il leur couvre la tête d’un voile noir.

Puis les conduit dans les Parvis. Tous les Chevaliers Rose-Croix entrent dans le Temple, en grand silence, et aident pour la préparation du temple en rouge. La porte du Temple est fermée.

DEUXIEME PARTIE TEMPLE ROUGE

Tous les Chevaliers et Officiers du Chapitre sont à leur place.

TRES-SAGE

- Bientôt les Chevaliers d’Orient et de l’Epée vont nous être présentés; ils achèvent leurs voyages et méditent sur la Foi, sur la Charité et sur l’Espérance dont nous leur avons montré la lumière; à l’aide de cette lumière nouvelle, ils triompheront des obstacles et des écueils dont leur chemin est semé !

CHEVALIER GRAND-EXPERT Frappe à la porte du temple.

TRES-SAGE

- Voyez qui frappe ainsi.

SECOND GRAND-EXPERT

- C’est le Chevalier Grand-Expert, conduisant des Chevaliers d’Orient et de l’Epée qui ont cherché la Parole et qui croient l’avoir retrouvée.

TRES-SAGE

- Que les portes leur soient ouvertes !

SECOND GRAND-EXPERT Va ouvrir les portes du temple. Il les referme après l’entrée des chevaliers.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Fait entrer les récipiendaires d’un pas lent et mesuré. Chacun d’eux à la tête recouverte d’un voile noir. Il les retient à l’ouest, au signe de Chevalier d’Orient et de l’Epée. (Main droite sur épaule gauche).

TRES-SAGE

- Mes Frères d’où venez-vous ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Nous avons parcouru l’Orient et l’Occident, le Septentrion et le Midi, à la recherche de la Parole perdue. Malgré les ténèbres qui nous enveloppaient et les entraves que l’erreur et l’ignorance ont semée sur nos pas, nous croyons l’avoir trouvée ...

TRES-SAGE

- Par quels moyens ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- En parcourant les trois régions du monde dans lesquelles ont été déposés les trésors de la Connaissance.

TRES-SAGE

- Quelles sont ces régions ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- L’Antique Egypte, l’Inde secrète et la Palestine mystique.

TRES-SAGE

- Qui vous a le mieux guidé ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- La connaissance des Vertus de Foi et d’Espérance et la pratique constante de la Charité.

TRES-SAGE

- Qu’ont-elles produit en vous ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Notre régénération.

TRES-SAGE

- Et qu’avez-vous eu à combattre ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- l’Ignorance.

TRES-SAGE

- Dans cette constante recherche dont vous nous apportez le résultat, avez-vous rencontré quelque vérité relative à nos mystères ou à l’objet de nos recherches ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Conscient d’une vérité que nous croyons avoir découverte, nous l’avons gravée sur le métal le plus pur en caractères ineffaçables. Nous en avons obtenu la révélation lors d’un séjour près des Pyramides d’Egypte : une voix nous dicta alors ces quatre lettres, une voix extérieure et qui pourtant nous parut intérieure ... Nous avons déposé la plaque sur laquelle est désormais fixée cette pensée, dans ce coffret, et nous vous l’apportons, afin que vous nous en assuriez la signification.

TRES-SAGE

- Pouvez-vous, nous dire le sens de cette pensée incluse en ces quatre lettres ?

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Nous croyons avoir compris qu’elles font allusion à une régénération intégrale de la Nature par l’ignition. Voici ce coffret.

Il porte le coffret au Très-Sage.

TRES-SAGE

Il en fait sauter le cachet de cire rouge,  dénoue le ruban en croix et l’ouvre.

- Chevaliers, c’est la Parole !

- Chevalier Grand-Expert, ôtez les voiles qui couvrent les Récipiendaires.

- Mes Frères, rassemblez les quatre lettres de la phrase que vous avez prononcée tout à l’heure.

CHEVALIER GRAND-EXPERT

- Par l’Ignition, la Nature se Régénère Intégralement ...

TRES-SAGE

- Sans le savoir, vous avez retrouvé la Parole Perdue !

- Réjouissons-nous, Chevaliers,

Il détache les quatre lettres.

-  I.  N.  R.  I.

- Si la Parole Perdue fut ainsi qu’on vous l’a enseigné dans le grade de Maître Maçon, l’effet de la Nature rendue muette par l’automne, la Parole Retrouvée symbolise le Printemps; c’est l’ère nouvelle à laquelle, les Chevaliers Rose-Croix, parfaitement libres en coeur et en esprit travaillent avec la Foi la plus pure, dans l’Espérance constante de sa réalisation intégrale et par la pratique de la Charité et de l’Amour fraternel le plus désintéressé.

- Dans le symbolisme particulier des religions profanes, les quatre lettres font allusion à celles qui, en un temps précis et en un certain lieu, stigmatisèrent un acte que l’univers entier réprouvera toujours.

- Pour nous, elles symbolisent cette grande Vérité : IGNEM NATURA REGENERANDO INTEGRAT ou IGNE NATURA RENOVATUR INTEGRA.

- Les nombreux sens qui peuvent être donnés à ces quatre lettres, s’ils suffisent au profane, ne sauraient désormais nous contenter. A ceux à qui l’on doit communiquer les mystères sublimes, à ceux-là, nous donnons la clé traditionnelle : Toute la Nature est renouvelée par le Feu, ou : La Nature est renouvelée, intègre, par le Feu.

- Et ce Feu est l’élément principe, c’est ce Feu vivifiant qui embrase toute la Nature spirituelle de l’être humain. C’est cet élément sans lequel tous les autres resteraient froids et inertes, car il communique à l’air sa pureté, à l’eau sa fluidité, à la terre son inépuisable fécondité.

- Que dit le Verbe ? “De même que l’or est purifié dans la fournaise, ainsi le Juste sera purifié en passant par le Feu”, ce principe de vie qui anime tous les êtres.

- C’est au rayonnement de ce Feu Saint qui se manifeste dans le Cosmos par le Verbe et dans l’Homme par la Parole, que l’homme a reconquis tous les droits de sa primitive origine.

- Considérez donc dans ce monogramme un symbole dont le sens doit vous guider désormais sur le sentier de la Sagesse.

- Nous ne vous demanderons pas de prêter un serment. En est-il besoin de la part de celui que l’Espérance éclaire et que la Foi et la Charité animent ?

- Chevalier Grand-Expert, conduisez les Chevaliers à l’Orient.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Conduit les Récipiendaires à l’Orient, au bas des marches, en ligne.

SEPT CHEVALIERS Viennent se placer derrière eux, debout, l’épée dans la main droite, et forment la voûte d’acier au-dessus de leurs têtes.

TRES-SAGE

- Debout et à l’Ordre, Très Respectables Chevaliers !

S’adressant aux Récipiendaires, l’épée en main droite ...

- A la Gloire du Sublime Architecte des Mondes, Dieu Tout-Puissant, au nom et sous les auspices de l’Ordre Oriental Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, en vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés, je vous crée et constitue Chevaliers Rose-Croix, dix-huitième degré du Rite Ancien et primitif de Memphis-Misraïm, et membres actifs du Souverain Chapitre, sous le titre distinctif de ... en la Vallée de ... .

Il descend de l’Orient et se place devant le premier Récipiendaire ...

- Genoux droit en terre, mon Frère !

Puis, appuyant légèrement l’épée sur la tête du Récipiendaire ...

- Que l’esprit vous éclaire !

L’appuyant sur l’épaule gauche ...

- Que le feu du courage enflamme votre coeur !

Enfin, l’appuyant sur l’épaule droite ...

- Que la Foi, l’Espérance et la Charité vous fassent bénir des Hommes.

- Debout Chevalier Rose-Croix !

Il passe ensuite devant le deuxième Récipiendaire ... ainsi de suite ...

Puis remonte à l’Orient.

- Prenez place, Très Respectables Chevaliers .

- Venez, Très Respectables Nouveaux Chevaliers, recevoir l’accolade fraternelle que je vous donne au nom de tous les Membres de ce Souverain Chapitre.

Il en est ainsi fait.

Puis les décore du Sautoir et du Tablier, aidé par le Chevalier de Cérémonies.

Tous étant décorés ...

- La couleur rouge de ce sautoir est la couleur du soleil ou de la lumière à son foyer. C’est aussi le symbole de l’Amour.

- Maintenant, Chevaliers, allez entre les Grands-Gardiens recevoir du Chevalier Grand-Expert l’instruction de votre grade.

CHEVALIER DE CEREMONIES Conduit les Chevaliers entre les Vallées, et regagne sa place.

CHEVALIER GRAND-EXPERT Se place devant les nouveaux Chevaliers.

- Le signe d’Ordre, dit du Bon Pasteur - Tenir les bras croisés devant poitrine, les doigts joints et la main étendue.

- Le Signe - Lever la main droite et montrer le ciel avec l’index, les autres doigts fermés pour montrer qu’il y a une puissance supérieure  et que l’esprit doit dominer la matière.

- Le Contre-Signe - Descendre la main et montrer la terre avec l’index, pour rappeler que l’Homme est né de la terre et que, après le dégagement de l’esprit, son corps retournera à la terre.

- Attouchement - Etant au signe du Bon Pasteur, se placer l’un en face de l’autre; se saluer en s’inclinant, ensuite se poser réciproquement les deux mains sur la poitrine en les croisant alternativement. Dans cette position se donner le mot de passe et le baiser fraternel.

- Mot de Passe : Emmanuel. -  Auquel on répond : Pax Vobiscum.

- Mot Sacré : I.  N.  R.  I. . En le prononçant lettre par lettre.

- Batterie : Sept coups : 0 0 0 0 0 0    0.

- Age : Trente-trois ans.

- Acclamation : Hoschée ! (trois fois). - d’Hoscheah, Salvator, Sauveur.

- Très-Sage l’instruction du grade est terminée.

TRES-SAGE

- Debout et à l’Ordre, Très-Respectables Chevaliers !

- Je vous invite à reconnaître dés cet instant, comme membres actifs de notre Souverain Chapitre, en la Vallée de ... les Chevaliers, ..., ..., ...,  . A les considérer comme tels et à les traiter avec les égards dus à ce grade.

- A moi Chevaliers, par le signe; le contre-signe, la batterie et l’acclamation.

Il en est ainsi fait.

- Chevalier de Cérémonies, conduisez les nouveaux Très-Respectables Chevaliers en tête de la Vallée du Midi.

- Prenons place, Chevaliers.

Le Très-Sage fait ensuite procéder aux travaux qui sont à l’ordre du jour.

 

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L'Ambition et la Cordonite aigue

21 Septembre 2012 , Rédigé par W\ L\ Publié dans #Planches

Je vais vous parler ce soir d’un sujet qui de prime à bord ne concerne pas notre Loge. Et c’est tant mieux, cela n’en démontre que plus ça qualité. Mais je pense que cela n’est pas uns raison suffisante pour ne pas en aborder le sujet au moins une fois, ne serais ce que pour connaitre et prendre conscience de cette étrange Mal qui contamine et qui fait parfois des ravages au sein de certain Ateliers.

Je veux parler de : « L’ambition et la Cordonite aigue » qui sont deux fléaux qui sévices malheureusement dans certaines Loges et cela quelque soi l’obédience, le rite ou la composition uniquement masculine ou féminine de l’Atelier. Mais statistiquement parlant, cette affliction est plus particulièrement présente dans les Loges masculine. Certainement l’effet Coq qui ne supporte pas un autre Coq sur son territoire. Vous me direz que ces maux qui viennent du monde profane, n’ont rien à faire en théorie dans la Franc-maçonnerie. Et je vous répondrais, OUI MAIS…

Entre la vie profane et la réalité Maçonnique, il y a un fossé qui peut très vite être complet par des gens mal intentionnés. Et si ces Plaies arrivent quand même à rentré chez nous, c’est que l’on leur y a permis d’entrer. Ce qui veut dire que certains Sœurs et Frères n’ont pas laissé tous leurs métaux et leur égo à la porte du Temple.

Ce qui implique aussi une responsabilité des autres Sœurs et Frères qui n’ont pas fait leur rôle de filtre et de contrôle. Soi par excès de confiance, ou alors du à une certaine apathie et une certaine complaisance, dû aussi à un manque d’attention dans le fonctionnement de leur loge.
Ce qui n’est pas le cas dans notre Loge je vous rassure de suite. Mais cette maladie que j’ai malgré moi pu constater en visitant d’autres loges et généralement souvent celle des grandes Obédiences et les Loges ou le nombre composé que de Sœurs ou que de Frères, est très important. Comme quoi la quantité ne fait pas la qualité.

Au faite, vous avez peut être remarqué que je ne parle pas des loges Mixtes, parce que paradoxalement les deux sexes opposés mis ensembles dans une Loge, temporise énormément les mésententes et aussi cette maladie si particulière et unique à la Franc-maçonnerie qui s’appelle « la Cordonite Aigue ». Ne me demandez pas pourquoi, il n’y a pas eu d’étude scientifique de mené sur le sujet.
Et ce « Penchant néfaste » vient souvent d’un trait de caractère qui va avec, comme un mauvais présage pour une quelconque maladie, je veux parler de l’Ambition. Mais Il y a d’autres symptômes à cette pathologie, comme la Jalousie, qui est vraiment un vilain défaut comme le dit si bien l’adage populaire.

L’envie, l’Orgueil, l’Avidité, la Convoitise, l’Ego sur dimensionné de soi. Je ne parle pas des pièces de jeu pour les enfants. Et certainement encore bien d’autre travers humain. Je n’ai retenue que le premier nommé pour le titre de cette planchette, que pour représenter les autres. Sinon nous aurions eu un intitulé à rallonge.

Pour en revenir à notre sujet. La fraternité n’est pas synonyme de cécité, elle ne doit pas nous rendre aveugle de tout ce qui se passe autour de nous en Loge. Il ne faut pas oublier que nous sommes les gardiens d’une très vieille Tradition et d’un très ancien Secret qui s’alluma un jour dans le cœur fraternel de l’humanité à son berceau. Qu’ils sont l’emblème de la coutume que nous avons régulièrement reçue, et que nous maintenons sans faillir et que nous transmettrons dans sa plénitude aux générations à venir.

Ce message à été oublié par certain Frères durant leur parcourt, ils l’ont perdu au bord du chemin et non jamais revérifier s’il était toujours à sa place. Certains Frères l’ont même carrément occulté ce message des le premier jour de leur arrivé en Loge. Alléché par le magnifique carnet d’adresse potentiel ou les passes droits et autres avantages tant vanté dans les journaux et qui remplisse régulièrement les pages d’une certaine presse.

Légende urbaine et réalité à la fois, malheureusement. Car tout les Sœurs et les Frères qui composent la Franc-maçonnerie, ne sont d’abord et avant tout que des Hommes, aves tout leurs défauts et toutes leurs qualités. Et que tout notre travail en Loge, est de mettre en exergues nos qualités, et en sourdine nos défauts. Comme le dis le Rituel : « Creuser des cachots pour les vices et élever des Temples à la Vertu ».

Ce qui démontre qu’il faut être très vigilant, dans nos parrainages et nos enquêtes. Je sais mes Sœurs et mes Frères qui êtes ici présent, que vous n’avez pas cette vision de la Maçonnerie. Je vous connais trop bien pour ça. Mais il n’en demeure pas moins, qu’il ne faut pas baisser la garde et s’endormir sur nos lauriers pour autant.

Une erreur involontaire peu aussi nous arriver, sur le choix d’un profane mal attentionné sur ses motivations et qu’il nous mente dans les réponses que nous lui posons. Qu’au lieu de laisser parler son cœur, cela ne soi que son intéressement qui nous réponde. Cela ne sera pas de notre faute. Mais je pense que dans un premier temps il faut lui laisser ça chance et à nous de lui montrer le bon et le véritable chemin à prendre. C’est là aussi notre rôle, il faut qu’il voie et qu’il ressente en lui tout ce que la Vrai Maçonnerie et la Fraternité ont à lui apporter, et qui sont beaucoup plus important et ont beaucoup plus de valeur, que ce qu’il c’était imaginer trouver au départ comme prétexte personnel pour entre dans notre Ordre. Et grâce à nos valeurs on peu peut être par notre attitude et notre comportement, changer un loup en agneau. Et ci malgré cela le loup reste ce qu’il est. Il partira alors de lui-même, car il ne trouvera pas chez nous ce qu’il était venu chercher. Et ce sera dommage pour lui. Il sera passé à coté de la chance de sa vie de pouvoir et de devenir quelqu’un de bien. Quant à nous, nous aurons étés fidèle à notre Serment que nous avons donné. Nous aurons respecté notre devoir de Franc-maçon et nous pourrons nous regarder dans un miroir sans avoir honte, contrairement à lui. Nous n’avons à éprouver aucun regret ni aucune gène. Nous n’aurons pas perdu, du temps ni de l’énergie à l’initié. Bien au contraire, nous aurons revécu nous, en notre cœur le souvenir de notre initiation. Et nous aurons appris encore plus la symbolique qui se rattache et que n’aura pas comprise l’usurpateur.

De pratiquer le Rituel nous aura aussi permis de mieux le maitriser pour les cérémonies à venir. Pour des personnes qui cette fois en vaudrons la peine. Ce n’est pas parce qu’un fruit est pourri, qu’il faut jeter tout le cageot. Nous valons mieux que cela et mieux que lui ou eux, ne l’oubliez jamais.

Très Vénérable Maitre, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Qui ose vaincra ! Les Forces Spéciales françaises

20 Septembre 2012 , Rédigé par X

POUR MON NEVEU QUI EST DANS LES FORCES SPECIALES ET POUR TOUS CEUX DE SON UNITE.
PEUT-ETRE SONT-ILS EN CE MOMENT EN TRAIN DE PREPARER UNE MISSION NOCTURNE AU MOYEN ORIENT OU EN AFRIQUE...
 
EN SON TEMPS J'AVAIS DONNE COMME NOM A LA LOGE DE RECHERCHE VILLARD DE HONNECOURT  BRETAGNE :
"ALAIN DE KERILLIS", SAS, MORT POUR LA FRANCE ET LA BRETAGNE EN 1944 PENDANT L'ATTAQUE DU MAQUIS DE ST MARCEL (56), CELA M'AVAIT ETE REPROCHE. PENSEZ-VOUS UN NOM DE PARACHUTISTE POUR UNE LOGE DE RECHERCHE!! C'EST TOUT JUSTE SI ON NE M'AVAIT PAS TRAITE DE "PLANEUR" , ET BIEN CETTE LOGE EXISTE ENCORE DANS LES DECOMBRES DE LA GLNF, ELLE PORTE LE N°1648, ET PEUT-ETRE QU'UN JOUR, QUI SAIT, QUELQU'UN OSERA LA REVEILLER A LA GLNF OU AILLEURS  ET "QUI OSE VAINCRA".
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Réflexion autour du symbole de l'infini.

20 Septembre 2012 , Rédigé par Alba Publié dans #Planches

Il m’aura fallu du temps pour trouver un sujet qui éveil en moi l’envie de construire un travail.

Au troisième degré il est de bonne augure je crois, d’aller chercher un début de réponse, s’agissant des signes qui nous fascinent, nous intriguent ou qui ont pour tout effet de capter notre attention.

C’est pourquoi avec beaucoup d’humilité, j’ai décidé de soumettre à votre bienveillante attention, cette ‘’Réflexion autour du symbole de l’Infini’’. 

Avant d’aller plus loin, je me vois dans l’obligation de vous exposer les raisons de mon choix. 

Depuis longtemps, je trouve cette forme hypnotique.

J’ai souvent imaginé une substance qui circulerait sans fin à l’intérieur. 

Cette représentation mentale fit naître en moi certaines interrogations : 

·  Pourquoi est ce signe qui fut choisit afin de représenter un cycle infini ?

·  De quelle manière en tant que Maçon puis-je ou dois-je l’interpréter ?

·  Si elle existe, quelle est cette manière si étrange qui donne vie à ce symbole ? 

Voilà bien des questions auxquelles je tenterai de répondre, à la condition que le G.A.D.L.U me donne la juste inspiration.

Qui sait ? 

1.     La forme qui mène au symbole. 

Ce symbole a été désigné par John Wallis en 1655 afin de représenter mathématiquement l’infini.

Certains d’entre nous pourraient y voire les prémices de l’alpha grec. Il n’est pas invraisemblable de penser que ce 8 couché serait le début du dessin. Mais philosophiquement et mathématiquement cela poserait un vrai problème. Si l’alpha en faisait partie, cela supposerait que l’oméga aussi hors, ce signe ne définit pas ce qui commence puis finit mais bien ce qui n’a pas de fin connue.

Il peut d’ailleurs être tracé à partir de n’importe quel point sans que l’on puisse s’apercevoir, à la fin, de où la démarra l’artiste.

Si l’on se réfère à la théorie des ‘’ fractales’’, nous pouvons nous apercevoir que des subdivisions d’un nombre à l’infini, ont dors et déjà étés confirmées par plusieurs mathématiciens. J. Wallis avait posé de son temps, les prémices des sciences modernes.

Nous parlions de cycle.

En tant que Maçon, c’est le temps de la vie que j’entraperçois. Le recommencement des saisons, des cycles lunaires et solaires. Les hommes qui passent et traversent les époques et tombent comme les blés afin que d’autres les remplacent.

Il en est de même pour la Franc-maçonnerie.

Certains frères partent et puis sont remplacés.

D’autres vous diraient que l’univers lui-même est infini, dans le sens étymologique puis ce que bon nombre de scientifiques, affirment que ce dernier continu de s’étendre.

Le temps de la conquête de cet univers par l’Homme n’est pas venu. Il fut crée pour le contempler et apprendre des astres. 

2.     Le symbole du temps.

 En tant qu’initié, cette forme m’évoque bon nombre d’images mais je ne vous ferai part que d’une seule piste de réflexion.

Celle d’un sablier que l’on renverse inlassablement.

Cet objet est composé de deux plateaux fixes, deux colonnettes (cherchez la similitude) et d’un récipient souvent en verre, afin de permettre une parfaite utilisation.

Puis ce que vous m’autoriserez certainement la simple comparaison suivante, je dirai que ce sablier est celui de la vie humaine et plus largement du temps qui passe et n’a pas de fin. A chaque fois qu’un cycle se termine du fait de la nature de l’objet concerné, celui-ci est renversé afin de permettre le début d’un nouveau segment temporel.

Il existe donc une vérité fondamentale qu’il nous faut observer.

C’est en cela que réside la principale différence entre la créature et le créateur. Nous, êtres faits de chais et d’os, sommes de passage et attribuons une grande importance au temps qui s’écoule inlassablement. Chaque seconde nous rapprochant inexorablement de notre mort terrestre.

Le G.A.D.L.U est éternel. L’homme a inventé la notion de temps car la nature l’y a forcé. Les moissons, le travail, la maladie et tant d’autres évènements de la vie mortelle, qui donnent l’obligation à l’Homme de mesurer le sable de la vie. Il lui fallait donc un objet afin de matérialiser ce phénomène.

Toutes les vies ne se ressemblent pas pour autant.

Le maçon, a pour devoir de donner un sens vertueux à sa vie. Il ne peu se contenter d’être une ombre qui attend le crépuscule. Il se doit de rayonner autour de lui, irradiant ses proches, ses frères et ce monde de sa lumière intérieure.

Ayons en mémoire la phrase d’Alphonse De Lamartine : << Je ne me contente pas d’exister, je veux vivre>>.

L’homme est donc en quelque sorte, l’enveloppe charnelle d’un astre intérieur, voué à rejoindre les cieux. 

3.     Il est puissance. 

Ce qui le rend hypnotique à mes yeux de mortel, est la puissance qui en émane de part sa forme, mais surtout ce qu’il implique à savoir la ‘’non fin’’.

Voyez comme il peut emprisonner la lune et le soleil.

Si là tout de suite, vous construisez cette image dans vos esprits, vous pouvez y voire l’équilibre du monde. Il assure l’aurore et le crépuscule, donnant ainsi à l’Homme un temps pour le travail et un autre pour le repos.

Pour que l’équilibre naturel soit maintenu, il permet à certaines créatures de régner le jour et d’autres la nuit.

La lune, doit attendre son tour pour influer sur les marées et assurer le meilleur des niveaux aux maçons.

Le soleil également, s’il veut réchauffer les êtres de ce monde et donner suffisamment de lumière pour permettre le travail et l’épanouissement de tout ce qui vit.

Qu’est ce que l’Homme face aux astres, à Dieu, au temps ?

Pascal disait : << l’Homme est grand en ce qu’il se sait misérable>>.

Et pourtant, il est peu probable que nous dominions ce monde par hasard.

Des penseurs se sont dit que le purgatoire était sur Terre.

Pour ma part, j’estime qu’il ne s’agit pas de cela, mais bien d’un passage obligatoire afin de préparer notre âme à se transformer et préparer son voyage vers un autre plan d’existence.

Telle la chandelle qui se consume, la flamme représente l’âme et sa fumée l’esprit.

De sorte qu’au moment où il sera temps pour chacun d’entre nous de rejoindre l’Orient Eternel, notre lumière intérieure brille suffisamment afin de ne plus être confinée dans le temple qu’est notre corps. Puisse Dieu nous accorder une place au près de lui, si cette dernière est suffisamment éclatante, pour qu’il nous remarque du firmament d’où il contemple l’Univers tout entier.

 

Je conclurai cet exposé en vous disant que je sais ne pas avoir exploré toutes les pistes. J’ai dus oublier bien des choses et en ignore sûrement beaucoup d’autres. Il m’est impossible lors de travaux d’agape, d’aller plus loin sans causer l’insomnie de mes frères.

J’espère simplement, avoir réussi à exposer clairement mon point de vue quand à cette question. Si je suis arrivé à susciter l’intérêt ou à ouvrir d’autres pistes, vous m’en voyez comblé. 

J’ai dit.

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Explication de texte : Judas l’Iscariote Homme de confiance ou traître ?

20 Septembre 2012 , Rédigé par Yves Maris Publié dans #spiritualité

Judas

On a pu se demander si Judas avait bel et bien existé, s’il n’était pas plutôt une figure symbolique. Paul ne parle jamais de lui. Le nom Judas est étymologiquement relié à « Juif ». Celui qui livra Jésus fut indubitablement considéré par ses ennemis comme la personnification du Juif. Nous verrons, en outre, que la plus grande partie des actes de Judas relève de la fiction pure et simple. Pourtant le personnage est embarrassant. Jésus aurait manqué de clairvoyance, il aurait fait confiance à celui qui n’en était pas digne. L’ensemble des évangiles synoptiques le mentionne parmi les Douze. Judas est un personnage principal des récits de la passion. S’il n’était qu’une fiction, celle-ci aurait dû être élaborée très tôt, alors que nombre de disciples étaient encore vivants. La critique des textes accrédite l’idée que Judas, l’un des Douze, livra Jésus aux autorités juives qui décidèrent sa mort. Judas avait-il une place éminente parmi les Douze ? Il était assis près de Jésus lors du dernier repas (Jn XIII, 26). Ce n’est certainement pas la place de quelqu’un qui s’apprête à trahir aussi radicalement le maître et les disciples ! En charge de la bourse commune, il bénéficiait de la confiance de tous. Il se peut qu’il ait été prêtre, puisque, quelle que soit la réalité du fait, Matthieu montre qu’il avait accès au sanctuaire (Mt XXVII, 5)Le verbe grec paradidonai, qui répond à l’acte de Judas, signifie « livrer », et non « trahir ». Les évangiles synoptiques déroulent deux actions de Judas : il se présente avec la troupe au mont des Oliviers et il identifie Jésus. L’illogisme de ces scènes réside d’abord dans le fait que Jésus et les disciples, qui bivouaquaient de nuit en un lieu écarté, auraient pu fuir à l’approche de la troupe. Jean nous dit qu’elle vint avec des lanternes et des torches ! (Jn XVII, 3) On peut penser que le choix de Jésus était clair. Plutôt que de se livrer, alors qu’il était en ville, il a choisi la symbolique du mont des Oliviers. Judas et la troupe étaient donc attendus.

 

Le mont des Oliviers

Le site est revêtu d’un grand symbolisme. Après que le prophète Ezéchiel a reçu le fameux oracle (« Je mettrai au milieu de vous un esprit nouveau »), « la gloire de Yhwh s’éleva du milieu de la ville et s’arrêta sur la montagne qui est à l’orient de la ville (le mont des Oliviers) » (Ez XI, 23). Dans l’oracle de la fin des temps du prophète Zacharie, Yhwh pose ses pieds sur le mont des Oliviers et fait trembler la terre (Za XIV, 3-4). L’endroit choisi est non seulement empli de la gloire divine, mais il est aussi le lieu primordial de la fin des temps. La scène évangélique, qui montre Jésus envahi de tristesse et priant Dieu sur le mont des Oliviers, reprend le récit du Livre de Samuel : lors de la conjuration de son troisième fils, Absalon, le roi David fuit la ville de Jérusalem. Il fait l’ascension du mont des Oliviers en pleurant, jusqu’au sommet « où l’on se prosternait devant Dieu » (2 S XV, 32). La reprise du récit est confirmée par le suicide de Judas. Il se pend de même qu’Akhitophel, conseiller d’Absalon parmi les conjurés (2 Sm XVII, 23).

L’énigme de « la trahison »

Dans l’hypothèse de la trahison, Judas n’a pas seulement renseigné les autorités sur les faits et gestes de Jésus. Il leur a également révélé les intentions qui contrevenaient à la légalité : Jésus s’apprêtait à inaugurer le royaume de Dieu. La façon dont il le concevait ne convenait ni à Judas, ni aux grands prêtres. Mais alors, pourquoi Judas n’a-t-il pas témoigné contre Jésus lors du procès ? D’autant plus que les juges eurent du mal à trouver deux témoins : « Quant aux grands prêtres et tout le sanhédrin, ils cherchaient un témoignage contre Jésus, pour le faire mourir, et ils n’en trouvaient pas. » (Mc XIV, 55) On ne peut pas croire que Judas ait agi pour de l’argent. En acceptant l’appel de Jésus, il avait abandonné ses biens et fait vœux de pauvreté. Il devait être reconnu comme l’un des plus sages et des plus justes du groupe, puisque la bourse lui était confiée. Sur des critères de compétence, Matthieu, l’ancien percepteur, eût été mieux placé ! Marc produit une explication théologique : l’acte de Judas accomplit les Ecritures (Mc XIV, 21, 49) ! Luc (XXII, 3) et Jean (XIII, 2) n’ont également qu’une spéculation théologique à offrir : Judas est l’instrument de Satan qui s’immisce dans le cercle des Douze ! Evidemment, ces interprétations ne tiennent pas pour qui cherche à savoir comment les choses se sont réellement passées. Il est impensable que Judas ait pu agir en sorte que Jésus soit finalement livré aux Romains. Le contexte politique était nationaliste. Les Douze avaient conscience d’incarner les prémisses des douze tribus d’Israël retrouvées en vue du royaume de Dieu. Si l’acte de Judas ne fut pas la trahison, quel fut-t-il ? Matthieu révèle que les choses ne se sont pas déroulées comme Judas l’imaginait : la conscience de Judas connut un retournement lorsqu’il comprit que les grands prêtres allaient déférer Jésus devant Pilate (Mt XXVII, 3). Judas demeura stupéfait ! Il connaissait la procédure judiciaire en matière capitale. Il ne se vit pas assailli de regrets. Le remord est un sentiment qui harcèle. Il ne vient pas si promptement. Il se sentit lui-même trahi ! Mais quelle était donc la mission pour laquelle Jésus l’avait désigné ?

Jésus désigne Judas lors du dernier repas

 

Marc

On apprend que les grands prêtres et les scribes cherchaient à se saisir de Jésus (Mc XIV, 1-2). Un peu plus loin il est écrit que Judas alla trouver les grands prêtres pour leur proposer de livrer Jésus (Mc XIV, 10-11). Rien ne nous est dit ni sur les relations liant Judas et les grands prêtres, ni sur les raisons pour lesquelles judas se trouvait amené à livrer Jésus. Les grands prêtres se réjouirent de l’accord qui prévoyait une rémunération, sans que le montant ne fût précisé. Au cours du dernier repas, Jésus annonça que l’un des convives le livrerait. Etait-ce une décision de sa part ou avait-il éventé une fourberie ? Le fait que chacun chercha à savoir s’il s’agissait de lui-même indique clairement que le choix appartint à Jésus : « Serait-ce moi ? » demandèrent-ils à tour de rôle (Mc XIV, 19). Jésus répondit seulement que se serait l’un des convives, avec une précision : « L’un des Douze. » (Mc XIV, 20). Vient alors la malédiction prononcée par Jésus : « Malheur à l’homme par qui le fils de l’homme est livré ! Il aurait été bon pour cet homme de ne pas naître. » (Mc XIV, 21) Cette malédiction ne devient vraiment cohérente que si elle s’adresse à celui « à cause de qui » Jésus est livré et non à celui « par qui » il est livré. On voit mal Jésus maudire celui qu’il désigne lui-même ! Judas n’est pas nommé. Non seulement Marc ne nous dit pas que Judas quitte le repas, comme les circonstances le demanderaient, mais il sous-entend que les Douze sortirent tous ensemble vers le mont des Oliviers (Mc XIV, 26).

Matthieu

Tout en reprenant Marc, Matthieu aménage le récit. Il nomme Judas et précise : « Ils lui pesèrent trente pièces d’argent. » (Mt XXVI, 15) La somme est prise dans le second Zacharie  l’oracle de la houlette brisée montre un prophète dégoûté du peuple qui reçoit son salaire après la rupture de l’alliance qui le liait à lui : « Ils pesèrent donc mon salaire, soit trente pièces d’argent. » (Za XI, 12) Il s’agit là d’un salaire hautement justifié. Matthieu fait poser la question à Judas : « Est-ce moi, rabbi ? ». Jésus répond : « Tu l’as dit ! » (Mt XXVI, 25) La question de Judas est séparée de celles des autres disciples par la parole de malédiction (« Malheur à l’homme… »), si bien que celle-ci semble le viser. La scène devient invraisemblable ! On comprend mal comment Judas peut, dans ces conditions, demeurer parmi les commensaux, prendre sa part de pain et boire à la coupe.

Luc

De même que Matthieu, Luc reprend Marc. Il efface la question des disciples (« Serait-ce moi ? ») qui indiquait que le choix de celui qui le livrerait appartenait à Jésus lui-même. L’accusation de Judas est suivie de la malédiction (Lc XXII, 22). Alors que chez Matthieu cette dramaturgie précède la bénédiction du repas, ici, elle la suit. Luc laisse Judas participer à la communion des Douze autour de Jésus. Mieux encore, Jésus reconnaît la confiance des Douze et leur assure à tous la récompense du royaume de Dieu, Judas compris : « Vous, vous êtes demeurés avec moi dans mes épreuves ; et moi je dispose pour vous d’un règne, comme mon père en a disposé pour moi, pour que vous mangiez et buviez à ma table dans mon règne, et que vous siégiez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. » (Lc XXII, 28-29) En l’absence de toute logique, Luc tente de donner une raison à l’action de Judas : « Et Satan entra en Judas. » (Lc XXII, 3)

Jean

Préalablement au repas, Jean s’est attaché à rendre Judas méprisable. Marc (XIV, 3-9) et Matthieu (XXVI, 6-13) ont une scène où une femme oint la tête de Jésus avec un parfum de prix. Le premier indique que « quelques-uns » s’insurgèrent contre ce geste coûteux ; le second dit que ce sont « les disciples » qui protestèrent. Jean compose la scène différemment : Marie (la sœur de Marthe et de Lazare) oint les pieds de Jésus. Judas est alors le seul à protester : « Pourquoi n’avoir pas vendu ce parfum trois cents deniers pour les donner aux pauvres ? » (Jn XII, 5) Jean ajoute un commentaire qui fait de Judas un voleur : « Il ne disait pas cela par souci des pauvres, mais parce qu’il était voleur, avait la bourse et en emportait le contenu. » (Ibid. 6) Les relations de Jésus avec les premiers disciples sont loin d’avoir été idylliques. Lorsque Jean expose la doctrine de la chair et du sang de Jésus qui doivent être mangé et bu, une scène rapporte la révolte des disciples : « Après l’avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : Cette parole est dure. Peut-on l’écouter ? » (Jn VI, 60) L’explication de Jésus ne les satisfit pas : « Beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et ils n’allaient plus avec lui. » (Jn VI, 66) Jésus posa alors la question de confiance aux Douze : « Voulez-vous partir aussi ? » (Jn VI, 67) Pierre réaffirma la loyauté des Douze. Jésus répondit que lui-même les avait choisis pour leur foi en sa parole. Mais, selon Jean, il ajouta : « L’un de vous est un diable. » Jean précise qu’il parlait de Judas. Outre le fait que Jésus aurait terriblement manqué de discernement en confirmant Judas parmi les Douze, on peut penser que celui-ci aurait quitté Jésus, à ce moment-là, s’il avait été en profond désaccord avec lui. Jean annonce l’acte de Judas de la façon suivante : « Lui qui mange mon pain a levé le talon contre moi. » (Jn XIII, 18) Il faut chercher la source des paroles qu’il fait dire à Jésus dans les Psaumes : « Même mon ami intime en qui j’avais confiance, lui qui mangeait mon pain, il a levé le talon contre moi. » (Ps XLI, 10) Les disciples sont dubitatifs. Pierre demande au disciple que « Jésus aime », qui est « penché sur le sein de Jésus », de demander de qui il s’agit. « Jésus lui répond : C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper. Alors il trempe la bouchée et la donne à Judas, fils de Simon Iscariote. » (Jn XIII, 26) Judas est étrangement le seul disciple à « communier » avec Jésus ! Mais Jean ajoute : « Aussitôt après la bouchée, Satan entra en lui. » (Jn XIII, 27) Sans préjuger du terrible lien de cause à effet ! Dès qu’il est désigné par Jésus, Judas se trouve investi de sa funeste mission. Jésus ordonne : « Ce que tu fais, fais-le vite ! » Jean a intercalé une parole de Jésus entre le rappel du Ps XLI, 10 et l’attestation de Jésus : « L’un de vous me livrera. » Cette insertion ajoute à notre interrogation : « Amen, amen, je vous dis : qui reçoit celui que j’ai envoyé me reçoit moi-même. Et qui me reçoit, reçoit qui m’a envoyé. » (Jn XIII, 20) Qui envoie-t-il, sinon Judas vers les grands prêtres ? Les disciples se méprennent sur la mission de Judas. Parce qu’il avait la bourse, ils croient que Jésus l’envoie quérir quelques nécessités pour la fête ou porter la charité. Généralement, dans l’un ou l’autre des évangiles, lorsque les disciples ne saisissent pas la signification d’un acte ou d’une parole, on peut dire que l’acte ou la parole constitue vraisemblablement un ajout théologique. La meilleure façon de gérer la contradiction consiste en effet pour les évangélistes à dire que les disciples ne comprennent pas ce qui se passe ou ce qui se dit. Si l’action que Judas s’apprête à accomplir est une trahison éventée par Jésus, il est invraisemblable qu’il quitte l’assemblée avec la bourse comme Jean l’indique clairement (Jn XIII, 29). Judas a quitté la table pour faire vite ce qu’il avait à faire, selon la demande de Jésus (Jn XIII, 27). Jésus et les autres disciples se rendent en un lieu, au-delà du torrent du Cédron, que Judas connaissait « parce que Jésus y était souvent allé avec ses disciples » (Jn XVIII, 2). Autrement dit, Jésus se dirige vers un lieu où Judas menant la troupe pourra facilement le retrouver.

L’arrivée de Judas au mont des Oliviers

 

Marc

« L’un des douze, arrive et avec lui venait de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens, une foule avec des sabres et des bâtons. » (Mc XIV, 43) L’expression évangélique « l’un des Douze » concerne toujours Judas, à l’exception d’une application à Thomas. Il faut probablement y voir la difficulté à nommer Judas. Cependant, la formule confirme que Judas est toujours membre du groupe des grands disciples. La troupe que Judas accompagne semble formée d’une milice recrutée par le sanhédrin. L’inutilité des armes est affirmée : « Est-ce contre un bandit que vous êtes sortis avec des sabres et des bâtons pour me prendre ? » (Mc XIV, 48) Jésus n’avait ni l’intention de fuir, ni celle de se battre. Il attendait que Judas ait accompli sa mission et vienne avec ceux à qui il devait le livrer. L’apostrophe se retrouve dans les trois évangiles synoptiques. Nous nous dispensons de considérer Matthieu et Luc. Ils suivent tous deux le texte de Marc.

Jean

Judas « prend la cohorte » (Jn XVIII, 3). Placée sous les ordres d’un tribun, elle vient en appui des gardes des autorités juives. Une cohorte romaine étant constituée de six cents soldats, le récit de Jean semble invraisemblable, sauf à dire que les grands prêtres s’attendaient, sinon à une réaction de Jésus et de ses disciples, tout au moins à un mouvement de foule. Peut-être un nombre important de disciples entoure-t-il Jésus ? En précisant que la garde avait été fournie par les grands prêtres et « les pharisiens », Jean inclut les ennemis de la communauté chrétienne au moment où l’évangile est rédigé. De même que dans la tradition synoptique, Jésus doit être identifié : « Qui cherchez-vous ? » demande Jésus ; « Jésus le Nazaréen » lui est-il répondu (Jn XVIII, 5). La tradition du baiser de Judas est absente de l’Evangile de Jean. Il est simplement précisé que « Judas qui le livrait » était avec la cohorte. On note une incise théologique forte : « Ils reculèrent et tombèrent à terre. » (Jn XVIII, 6)

Le baiser de Judas

 

Marc

Lors des négociations, Judas avait insisté : « Celui qui le livrait leur avait donné un signe en disant : Celui que j’embrasserai, c’est lui. Saisissez-le, emmenez-le en sûreté. » (Mc XIV, 44) On interprète généralement la demande comme une insistance de Judas pour que Jésus ne s’échappe pas. Mais, comme rien dans le récit ne laisse entendre que Jésus aurait pu chercher à s’échapper, on l’interprète également comme une attention à porter à la sécurité de Jésus. Cette précision n’est reprise ni par Matthieu ni par Luc, probablement chacun d’eux ne pouvait-il envisager que Jésus manquât à son destin. La narration du baiser est concise : « Judas vint aussitôt, s’approcha de lui et dit : Rabbi, et il lui donna le baiser. » (Mc XIV, 45) Le baiser comme signe de fraternité chrétienne se trouve chez Paul : « Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. » (Rm XVI, 16) Dans le judaïsme rabbinique, les élèves saluaient le maître par un baiser respectueux. L’usage voulait que l’on s’embrassât sur la bouche. On peut penser que le baiser de Judas témoigne d’une grande émotion dans un moment dramatique. Il ne peut s’agir d’un baiser de simple salutation puisque Judas a quitté Jésus quelques heures plus tôt. Ce qui fait l’authenticité du baiser, c’est l’explication embarrassée de Marc. Il ne sait que faire de la tradition du baiser. Ne pouvant l’interpréter comme un signe d’amour ou de compassion, il en fait un signe de trahison. Peut-on imaginer un instant que Jésus, ayant connaissance de la traîtrise, et Judas, sachant qu’il est démasqué, s’embrassent sur la bouche tandis que les disciples et les troupes en armes se font face ? Marc ne rapporte aucune réaction de Jésus au baiser de Judas.

Matthieu

Chez Marc, Judas s’approche de Jésus en l’appelant « Rabbi » (Mc XIV, 45). Matthieu, qui suit Marc, complète : « Shalôm, Rabbi ! » (Mt XXVI, 49). Le trait d’expression semble d’autant plus authentique que, face aux disputes qui opposent les premiers chrétiens au courant rabbinique issu du pharisaïsme, Matthieu fait dire à Jésus : « Vous autres, ne vous faites pas appeler rabbi, car vous n’avez qu’un maître et vous êtes tous frères. » (Mt XXIII, 8). Si le titre Rabbi est alors approprié pour s’adresser à Jésus, il témoigne d’une vénération de disciple à maître qui serait bien déplacée pour Judas s’il était en train de trahir. En outre, Shalôm (que traduit le terme grec chaire) appelle la paix et la sérénité. On ne peut pas croire l’idée souvent admise que Judas joue l’hypocrite, comme si Jésus et les disciples ne voyaient pas qu’une troupe l’accompagne ! Matthieu cherche à enlever l’ambiguïté créée par le silence de Jésus chez Marc : « Jésus lui dit : Ami, c’est pour cela que tu es là… » (Mt XXVI, 50) Selon l’interprétation classique de la traîtrise, on explique le terme « ami », donné par Jésus à Judas, comme relevant de l’ironie. Le terme grec hetairos peut également se traduire par « compagnon », c’est-à-dire celui avec qui Jésus rompt le pain. Si le verset provient de la source M, particulière à Matthieu, il doit être pris pour lui-même. En ce cas, la réponse de Jésus à l’épanchement de Judas peut être comprise comme une parole de réconfort : Judas n’a pas choisi son destin, mais il est malheureusement là pour livrer Jésus aux grands prêtres. L’événement attendu ne modifie pas le sentiment de Jésus envers Judas.

Luc

Luc comprend qu’il est difficile de justifier le baiser de Judas comme signe d’une étonnante traîtrise dans la situation décrite. Il ne reprend pas la convention du baiser comme signe, entre Judas et les grands prêtres, pour désigner Jésus. Lors du face à face au mont des Oliviers, Luc ne dit pas non plus que Judas embrasse Jésus : « Il approcha de Jésus pour lui donner un baiser. Et Jésus lui dit : Judas, livres-tu le fils de l’homme par un baiser ? » (Lc XXII, 47-48) Jésus refuse donc le baiser. Précisons que certains manuscrits de Luc rapportent que le baiser a été donné. Mais dans la longue histoire de la fixation du canon évangélique, c’est bien le texte sans le baiser qui a été retenu. Luc franchit une étape dans la rédaction du récit qui vise à présenter Judas indubitablement comme un traître

Le prix du sang innocent

 

Matthieu

Matthieu est le seul évangile à donner un récit du repentir et de la mort tragique de Judas. Les traditions marcienne et johannique ignorent la fin de Judas. Luc ajoute à la légende matthéenne dans la rédaction des Actes des Apôtres. Judas semble avoir suivi le procès de Jésus de près. Il se repent lorsqu’il comprend que le sanhédrin renvoie Jésus devant Pilate : « Alors Judas, qui l’avait livré, le voyant condamné se repentit. » (Mt XXVII, 3) Cela signifie que Judas se reprocha d’avoir livré Jésus dès qu’il vit que les événements ne suivaient pas le cours espéré. Autrement dit, l’action de Judas n’avait pas pour but la condamnation de Jésus. Que pouvaient donc attendre d’autre Jésus et Judas ? Quel fut l’objet de la négociation entre Judas et les grands prêtres, si ce n’était un jugement et donc une condamnation de Jésus ? Le récit de Matthieu se poursuit ainsi : « Alors Judas, qui l’avait livré, le voyant condamné se repentit, retourna les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens et dit : J’ai péché, j’ai livré un sang innocent. Mais ils répondirent : Que nous importe ? A toi de voir ! Et il rejeta l’argent dans le sanctuaire, se retira et s’en alla se pendre. Les grands prêtres prirent l’argent et dirent : On n’a pas le droit de le jeter aux offrandes puisque c’est le prix du sang. Ils tinrent conseil et achetèrent avec cela le champ du potier pour la sépulture des étrangers. Voilà pourquoi ce champ aujourd’hui encore s’appelle le champ du sang. Alors s’accomplit cette parole du prophète Jérémie : Ils ont pris les trente pièces d’argent, le prix de celui qui a été mis à prix, celui que les fils d’Israël ont mis à prix, et ils les ont données pour le champ du potier comme le Seigneur me l’a indiqué. » (Mt XXVII, 3-10) Quand bien même Jésus aurait eu une prescience de sa mort, parce qu’il connaissait les animosités et les oppositions que suscitait l’annonce du royaume de Dieu, Matthieu s’emploie à enseigner que loin de constituer un échec, la condamnation de Jésus était prévue de toute éternité. Cette construction théologique de l’Eglise primitive jalonne l’approche de la passion : « Dès lors Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et le troisième jour se relever. » (Mt XVI, 21) ; « Jésus leur dit : Le fils de l’homme va être livré aux mains des hommes, et ils le tueront, et le troisième jour il se relèvera. » (Mat XVII, 22-23) ; « Voilà que nous montons à Jérusalem, et le fils de l’homme va être livré aux grands prêtres et aux scribes, et ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux nations pour être moqué, fouetté, et crucifié ; et le troisième jour il se relèvera. » (Mt XX, 18-19) Ces annonces a posteriori sont évidemment contradictoires à l’étonnement qui frappe Judas lorsque Jésus est condamné par le sanhédrin. L’attitude de Judas a plus de chance d’être authentique que ces arrangements prophétiques ! Rien n’est dit pour la défense de Judas. La réaction des grands prêtres aux remords de Judas est dure. Ils ont obtenu de lui ce qu’ils voulaient. On pourrait dire que lui-même eut ses trente pièces d’argent, si le fait était avéré. Mais dès lors que les fameuses pièces ne sont qu’un élément du récit tiré du Livre de Zacharie, la question se pose : Quelle est la contrepartie négociée que Judas n’a pas obtenue ? En tous cas, cette contrepartie ne prévoyait pas la condamnation de Jésus ou, tout au moins, sa livraison aux Romains. Matthieu fait allusion à « la parole de Jérémie » pour justifier son récit. Il prend au prophète l’expression du « sang des innocents » (Jr XIX, 4), la référence au potier (Je XVIII, 4), l’idée du champ acheté (Jr XXXII, 7-15). En réalité, la référence principale vient du Livre de Zacharie. Il s’agit de l’oracle de la houlette brisée. Le prophète rompt l’alliance qu’il avait avec le peuple au nom de Yhwh : « Si cela semble bon à vos yeux, donnez-moi mon salaire ; sinon, n’en faites rien. Ils pesèrent son salaire, soit trente pièces d’argent. Et Yhwh me dit : Jette au trésor le prix magnifique auquel ils m’ont prisé ! Je pris donc les trente pièces d’argent et je les jetai dans la Maison de Yhwh, au trésor. » (Za XI, 12-13) Chez Zacharie, il ne s’agit nullement de l’argent de la trahison, mais du salaire dû au prophète, qui a bien fait paître les brebis du Seigneur, alors qu’il est renvoyé par le troupeau. Une telle interprétation est hautement favorable à Judas, qui deviendrait un intermédiaire, les trente pièces d’argent étant dues à Jésus lui-même. On peut penser que Matthieu n’a pris le passage de Zacharie que pour justifier les trente pièces d’argent ; mais au risque d’une grave inconséquence ! Si l’on va au bout de la citation, on est loin d’un Judas traître…

La mort de Judas

 

Matthieu

Matthieu est également le seul évangile à donner un récit de la mort de Judas : « Il se retira et s’en alla se pendre. » (Mt XXVII, 5) Nous avons vu que la scène du mont des Oliviers était largement influencée par le récit de David fuyant Jérusalem aux mains de son fils Absalon (2 S XV, 17). Conseiller de l’usurpateur, Akhitophel fut finalement éconduit par Absalon qui choisit un autre conseil que le sien : « C’est que Yhwh avait décrété de faire échouer le bon conseil d’Akhitophel, afin que Yhwh amenât le malheur sur Absalon. » (2 S XVII, 14) Traître au roi David, « Akhitophel vit que son conseil n’avait pas été suivi, il sella son âne, se leva et s’en alla dans sa maison, dans sa ville ; il mit en ordre sa maison, puis s’étrangla et mourut. » (2 S XVII, 23) Si la tradition a gardé le souvenir d’une mort rapide de Judas, on peut penser que Matthieu a cherché à en faire un récit romancé en s’inspirant de la mort du traître Akhitophel.

Les Actes des apôtres

L’auteur des Actes accentue l’idée de trahison ignominieuse de Judas : « Judas donc a acquis un domaine avec le salaire de son injustice et, tombé la tête en avant, il a crevé par le milieu et toutes ses entrailles se sont répandues. » (Ac I, 18) Luc fabrique un discours à partir des Psaumes. Il l’attribue à Pierre en vue de justifier l’élection de Matthias au nombre des Douze : « Car il est écrit au Livre des Psaumes : Que son enclos devienne désert et n’ait plus d’habitant (Ps LXIX, 26) et : Qu’un autre prenne sa charge (Ps CIX, 8). » (Ac I, 20) Non seulement Luc rapporte une fin différente de Judas que celle de Matthieu, mais il indique que c’est Judas lui même qui fit l’acquisition d’une terre avec « le prix du sang ». Les Actes des apôtres ont été écrits dans l’ignorance du récit de l’Evangile de Matthieu et ont inventé une nouvelle histoire de la fin de Judas. Tandis que Matthieu prend l’idée de la mort d’Akhitophel pour construire sa légende de la mort de Judas, Luc reprend le récit de la mort d’Antiochos IV Ephiphane, ennemi des Juifs : « Il advint qu’il tomba du char qui roulait à vive allure et que, ayant fait une chute grave, il eut tous les membres de son corps démis (…) si bien que du corps de cet impie les vers se mirent à pulluler, ses chairs tombèrent en lambeaux, à lui qui ne vivait plus qu’au milieu de douleurs et de souffrances, et l’armée entière était incommodée par l’odeur infecte qu’il dégageait. » (2 M IX, 7-9)

La version de Papias

L’évêque d’Hiérapolis écrit aux environs de l’an 130. Irénée dit de lui qu’il fut auditeur de Jean, ce que nie Eusèbe de Césarée. Deux citations de ses écrits se rapportent à la fin de Judas : « Judas vécut son chemin en ce monde comme un exemple massif d’impiété. Il était si enflé dans sa chair qu’il ne pouvait passer là où un chariot circulait aisément. Même sa seule tête énorme ne le pouvait. Ses paupières étaient si bouffies, dit-on, qu’il ne pouvait plus voir la lumière ; et ses yeux ne pouvaient être découverts même par un instrument d’opticien, tant ils étaient enfouis sous la surface. Son organe intime était adipeux et répugnant à voir, à un point qui dépasse toute honte. Charriés de toutes les paries de son corps, du pus et des vers sortaient, à sa propre honte, quand il se soulageait. Après tant de tortures et de châtiments, sa vie, dit-on, prit fin dans son propre champ ; et cette terre est restée jusqu’à ce jour déserte et inhabitée à cause de l’odeur. En fait, aujourd’hui encore, nul ne peut circuler en ce lieu sans se boucher le nez, si massif était l’écoulement de sa chair et si répandu sur la terre. » (cité par Apollinaris de Laodicée, conservé dans les collections patristiques –Catène de Cramer, Oxford 1844) « Judas vécut en ce monde comme un exemple massif d’impiété. Il était si gonflé dans sa chair qu’il ne pouvait passer là où un chariot passait aisément. Ayant été écrasé par un chariot, ses entrailles se répandirent. » (Ibid.) Le roman de l’évêque d’Hiérapolis s’appuie non seulement sur 2 M IX, 7-9, mais il reproduit l’idée de vengeance divine que l’on retrouve dans la mort d’Hérode le Grand vue par Flavius Josèphe : « Sa maladie s’étant répandue dans toutes les parties de son corps, il n’y en avait presque point où il ne sentît de très vives et de très cuisantes douleurs. Sa fièvre était fort grande ; il était travaillé d’une grande démangeaison et d’une grattelle insupportable, et tourmenté par de très violentes coliques. Ses pieds étaient enflés et livides ; son corps ne l’était pas moins ; tous ses nerfs étaient retirés ; les parties du corps que l’on cache avec le plus de soin étaient si corrompues que l’on en voyait sortir les vers, et il ne respirait qu’avec une extrême peine. Ceux qui le voyaient en cet état et faisaient réflexion sur les jugements de Dieu croyaient que c’était une punition de sa cruauté envers Judas et Mathias. » (Flavius Josèphe, La Guerre des Juifs contre les RomainsI, 21)

Dès le IIe siècle, on trouve donc trois ou quatre récits légendaires de la mort de Judas : le suicide par pendaison (Matthieu) ; une chute qui crève l’abdomen (Luc) ; une maladie ignominieuse (version longue de Papias) ; un accident de la circulation (version courte de Papias).

Judas, homme de confiance ou traître ?

 

L'évangile de Judas

L’Evangile de Judas, dont la rédaction semble voisine de celle des Actes des Apôtres, offre une perspective renversante. Judas l’Iscariote n’est plus l’opprobre du cercle des douze disciples. Il est le seul initié parmi eux : « Jésus dit (à Judas) : Viens, je t’instruirai des choses cachées que nul n’a jamais sues. Oui, il existe un Royaume grand et infini, dont aucune génération d’ange ne connaît l’étendue. Il y a le grand Esprit invisible, qu’aucun œil d’ange n’a jamais vu, qu’aucune pensée du cœur n’a jamais embrassé, et qui n’a jamais été appelé d’aucun nom. » (Ev. Judas) L’annonce véritable est celle du Royaume de l’Esprit pur, en opposition avec le Royaume terrestre en lequel les disciples placent, à tort, leurs espérances. S’il y a deux royaumes, il y a deux dieux. L’expression « votre Dieu » revient dans les paroles de Jésus aux onze disciples. Judas devient la caution d’un courant de pensée gnostique en opposition avec la tradition judéo-chrétienne. Il est le disciple fondateur : « Jésus dit à Judas : Sépare-toi des autres et je te dirai les mystères du Royaume. Il te sera possible d’y parvenir, mais au prix de maintes afflictions. Oui, un autre prendra ta place pour que les Douze se retrouvent au complet avec leur Dieu. » (Ev. Judas) Dans les Actes des Apôtres, Pierre justifie le tirage au sort de Mathias par la nécessité de reconstituer un groupe de douze grands disciples après la mort ignominieuse de Judas l’Iscariote. A ce propos, il est curieux de voir que le sort écarte un certain Bar Abbas. Dans l’Evangile de Judas, le disciple est encore bien vivant. Il est remplacé parce qu’il s’est séparé. Thomas, dont un courant gnostique majeur revendiquera l’initiation fondatrice, est ici placé au rang des Onze qui méconnaissent l’originalité de Jésus : « Jésus leur dit : Que savez-vous de moi ? En vérité, je vous le dis, nulle génération de ceux qui sont parmi vous ne me connaîtra ! » (Ev. Judas) Judas représente le modèle de « l’Homme Parfait ». Alors qu’il ne s’est pas encore séparé du groupe des grands disciples, Jésus demande : « Que celui d’entre vous qui est suffisamment fort parmi les hommes fasse jaillir le Parfait et vienne se tenir devant moi ! Tous dirent : Nous en avons la force ! Néanmoins, ils ne se risquèrent pas à présenter leur esprit devant Jésus, sauf Judas l’Iscariote. Il put se tenir face à lui, mais sans le regarder dans les yeux, et détourna son visage. » (Ev. Judas) L’acte de Judas, qui consiste à livrer Jésus, n’est pas nié. La tradition est probablement trop bien établie. Aussi est-il curieusement arrangé : « Mais toi (Judas), tu les surpasseras tous ! Oui, tu sacrifieras l’homme qui me sert d’enveloppe charnelle. » (Ev. Judas) Judas est celui par qui Jésus est livré à la mort. Comme s’il y avait eu nécessité d’un intermédiaire entre lui-même et le bourreau ! La force de la tradition veut que Judas, l’un des Douze, ait livré Jésus au grand prêtre. Les judéo-chrétiens (les quatre évangiles canoniques), marqués par l’excommunication dont ils font l’objet de la part de la communauté rabbinique naissante (les pharisiens d’avant la ruine de Jérusalem), construisent l’image de Judas, le traître, le Juif parmi les Juifs qui fomentèrent le complot en vue de crucifier Jésus. Les chrétiens gnostiques, tournés vers le renversement des valeurs mondaines et du dieu qui s’y rattache, visés par les sentences d’excommunication de la part des judéo-chrétiens, font de Judas l’unique bénéficiaire de l’enseignement secret de Jésus. Son acte bien compris libère Jésus de l’incarnation. La réalité n’a probablement rien à voir avec les récits légendaires rapportés par des traditions contradictoires. On peut penser que Jésus choisit Judas pour négocier avec les grands prêtres quelque chose qui demeure caché, mais qui ne peut être compris que dans les tensions qui opposaient les forces antagonistes : les grands prêtres Hanna et Caïphe (l’aristocratie sadducéenne), Ponce Pilate (les colonisateurs romains), Hérode Antipas (les hérodiens), les disciples de Jean le baptiste (les esséniens), les fondamentalistes (les zélotes) et les disciples de Jésus (les nazaréens). L’histoire vraie de la fin de Judas reste inconnue. Judas l’Iscariote connut-il une mort rapide après le trouble excessif de la crucifixion ou survit-il à l’écart du groupe des disciples « historiques » ? Les Actes des apôtres rapportent le remplacement de Judas pour reconstituer le nombre des Douze, ce que confirme l’Evangile de Judas. Les deux écrits sont également d’accord pour dire que Judas n’est pas mort aussitôt après la crucifixion.

Confusions

 

Didyme Judas Thomas

L’Evangile de Thomas est signé : « Voici les paroles secrètes que Jésus le Vivant a dites et que Didyme Judas Thomas a écrites. » (Ev. de Thomas) Le nom est redondant : Didyme, en grec, et Thomas, en araméen, signifient tous deux « jumeau ». Les évangiles synoptiques attestent l’existence d’un apôtre du nom de Thomas (Mc III, 18 ; Mt X, 3 ; Luc VI, 15). L’Evangile de Jean précise : « Thomas, appelé Didyme » (Jn XI, 16) ; « Thomas, un des Douze, appelé Didyme » (Jn XX, 24). La traduction syriaque de l’Evangile de Jean porte « Judas Thomas » (Jn XIV, 22), tandis que le grec porte simplement « Thomas ».

Judas fils de Jacques

Cet apôtre, également nommé Judas, ne se trouve que dans la liste des Douze donnée par Luc (Lc VI, 16 ; Ac I, 13). On pense que c’est lui qui pose la question à Jésus lors du dernier repas : « Judas, non l’Iscariote. » (Jn XIV, 22)

On a parfois tenté de l’assimiler à Thaddée du fait que Luc met Judas à la place qu’occupe ce dernier dans les listes de Marc et de Matthieu. Le plus vraisemblable est que, pour une raison ou une autre, Thaddée a été remplacé relativement tôt par Judas fils de Jacques. L’Evangile de Luc étant le plus récent à donner une liste des Douze, il n’a pas gardé mémoire du changement intervenu.

Judas, frère de Jésus

Il n’est pas douteux que Jésus ait eu des frères et sœurs. Paul parle de « Jacques, le frère du Seigneur » (Gal I, 19) ; il évoque globalement « les frères du Seigneur » (1 Co IX, 5). Il ne s’agit pas de l’invocation d’une tradition, mais d’allusions à des gens qu’il connaît personnellement. Alors que Jésus enseigne dans la synagogue, ceux qui étaient là demeurent interloqués et se posent la question : « N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Judas, de Simon ? et ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » (Mc VI, 3)

Il est possible que le troisième frère de Jésus ait été l’auteur de la Lettre de Judas (généralement translittéré « Jude », par « délicatesse ») qui figure dans le canon des textes évangéliques.

  

Source : http://www.chemins-cathares.eu/030200_judas_iscariote.php

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Explication de texte : refusons la trahison

20 Septembre 2012 , Rédigé par Fra\ PAR\ Publié dans #Planches

Présentation : La trahison est un phénomène omniprésent dans l'histoire, l'imaginaire et l'expérience sociale. Pensons simplement aux figures qui l'incarnent - de la « balance » au déserteur, du « collabo » à la « girouette ». Le concept recouvre des réalités diverses. Les actes de trahison divisent les chroniqueurs, analystes, romanciers qui ne les interprètent pas de la même manière et qui leur donnent quantité de noms différents : trahison, défection, félonie, désertion, malice, méchanceté… Les associations systématiques de termes ne sont pas rares : « traître et larron », « traître et félon », « traître déloyal ».

Je rappellerai par ailleurs cette évidence : il nous est à tous arrivé un jour d'être trahis ou de trahir à notre tour, de révéler un secret, d'être infidèles, d'être pris dans des loyautés conflictuelles ou de faire défection. Plus banale et commune qu'on ne le croit généralement, cette expérience n'en est pas moins spectaculaire et bouleversante : la trahison frappe de stupeur et met en crise aussi bien l'individu que l'ensemble social qui en est la victime.

Le dictionnaire historique de la langue française rapproche le terme de transgressum, transgredi : qui signifie à l’origine « passer de l’autre côté », « dépasser », puis, qui en est venu à signifier « enfreindre ». La trahison est l’abandon de la confiance accordée précédemment à un individu, à une institution, un groupe, l’abandon d’un engagement, d’un contrat. C’est la violation d’un pacte de fidélité, basée sur une parole (qui n’a pas toujours été prononcée). Elle soulève la question de la promesse et de l’action : le faire sans le dire ou le dire sans le faire.

L’étymologie nous ouvre encore d’autres pistes. Trahir vient du latin tradere qui a donné transdare : « livrer, transmettre », en d’autres termes, il peut s’agir de livrer quelqu’un, une information, un secret. Dans le monde médiéval, nombreux sont les traîtres qui livrent un homme à ses ennemis, les renégats, les transfuges... Quand on pense au mot trahison viennent les mots félonie, mensonge, tromperie, adultère, reniements, hérésies.

La trahison ne fait pas partie en tant que telle de la liste des commandements reçus par Moïse (le décalogue). Et pourtant, la plupart des commandements ont un rapport avec la trahison : croire à d'autres dieux c'est bien une trahison, voler c'est bien trahir son prochain, mentir c'est bien trahir son interlocuteur, etc. etc. ..

En politique, dans la société médiévale très codifiée, c’est le vassal qui rompt son serment de fidélité et refuse de servir correctement son seigneur ou pire qui ose prendre les armes et se révolter contre son seigneur. La trahison prend l’aspect du crime de lèse-majesté, et rompt l’équilibre établi, parfois de longue date, la cohésion de la société et son organisation traditionnelle.

Des exemples : pendant des siècles, la figure de Judas a été l'incarnation du traître par excellence, mais aujourd'hui encore, les interprétations quant à ses motivations profondes divergent. Je vous renvoie au livre de Paul Maskens « On a trahi JUDAS ».

Quelques cas de traitres dans l'histoire ancienne:

  • La trahison du peuple juif par rapport à Dieu
  • Jugurtha (chef de la cavalerie carthaginoise) se fait "acheter" par Rome et trahit Hannibal,
  • Alcibiade trahit Athènes et son peuple
  • Isabeau de Bavière brade la France à l'Angleterre
  • Le Grand Condé passe aux Espagnols

Et dans l'histoire récente:

  • Talleyrand trahit roi et empereur
  • Laval et Pétain deviennent collaborateurs

Si nous quittons la politique, la trahison touche aussi la sphère domestique : c’est l’infidélité de la femme, ou de l’homme, l’hostilité des fils envers leur père, le rapt… autant de comportements qui troublent les normes sociales et familiales. C’est Brutus qui participe au complot contre César.

Mais là où ça blesse véritablement c'est la trahison amoureuse. Faire confiance, c'est déjà un grand cadeau que l'on offre à l'autre personne. La trahison est vécue par la personne trahie comme une déception à l'égard de la partie qui ne l’a pas respecté, et fait beaucoup de mal parce qu'elle porte atteinte à un sentiment que partage Dieu et l'humanité : je veux parler de l'amour. Ainsi, lorsque vous aimez quelqu'un et qu'il vous trahit c'est très difficile à vivre. Le plus grand risque est de basculer de l'amour à la haine. Dans les légendes de la table ronde, Guenièvre, épouse du roi Arthur, aime en secret Lancelot.

Enfin, la trahison peut aussi avoir une dimension religieuse. Le terme fides désigne la fidélité, mais aussi la foi. Sont renégats ceux qui rompent avec le rite et ses symboles ; ceux ne respectent pas le sacré et prêtent sur les saintes reliques des serments hypocrites. On peut citer la dure condamnation de Jan Hus, qui était théologien, universitaire et réformateur religieux tchèque, et qui fut excommunié en 1411, brulé sur le bucher en 1415, duquel on a dit « de Jan Hus, il ne doit rien rester » .

Le visage et la destinée du traître : L’attitude du traître provient le plus souvent d’une mauvaise nature : ses agissements ne sont que la manifestation d’une prédisposition psychique où s’enracine la propension à trahir dans tous les domaines. Ainsi le traître est-il le plus souvent coupable de trahisons multiples. Son visage, tel qu’on le trouve dans les chroniques ou la littérature de fiction révèle quelque chose de maléfique ou de monstrueux.

Le traître est la face cachée du personnage enfin dévoilée : son autre face, nécessairement inquiétante parce qu’inconnue jusque-là. La trahison suppose une volte face du traître : c’est un retournement de soi. Dans les récits, la trahison marque les corps et les visages. La mauvaise âme devient visible et, sous la plume des auteurs du Moyen Age, la métamorphose est souvent animale (loup, chien enragé…).

Dans la légende d’HIRAM, le terme de ‘mauvais’ est retenu pour qualifier les 3 compagnons. Comment les imaginer ? Surement, ils sentent le souffre, témoin cette chanson ‘ Les mauvais compagnons ‘ par Plume Latraverse, chansonnier du début du siècle, qui commence ainsi : « les mauvais compagnons sont les amis du démon… Démasquer le traître est la hantise des sociétés qui, comme la société médiévale reposent très largement sur un code d’honneur et sur une parole donnée. L’accusation de trahison appelle le châtiment car il s’agit d’une faute grave.

Sous la révolution française, on parlait de traître à la patrie : c’était la guillotine assurée. Au 20e siècle, on parle toujours de traître, mais aussi de dissident. Le traitre démasqué y est toujours aussi souvent exécuté de manière sommaire. En Russie, il part pour le goulag ou l’hôpital psychiatrique, en Europe, pour le camp de travail ou de déportation, en Asie, pour le camp de rééducation.

Chez Dante, les traîtres sont dans le neuvième cercle de l’enfer, là où, emprisonnés dans la glace, ils sont devenus matière inerte. Ailleurs, ce sont ceux que l’on ne veut plus reconnaître, ceux dont on veut anéantir le souvenir par une damnatio memoriæ, condamnation décernée par le sénat romain, c'est-à-dire un ensemble de condamnations post mortem à l'oubli. Par extension moderne à des contextes non romains, on utilise l'expression pour désigner des mesures comparables :
· l'effacement des
cartouches du pharaon hérétique Akhenaton par ses successeurs ;
· l'interdiction à
Éphèse de citer le nom d'Érostrate, incendiaire de l'Artémision ;
· le recouvrement du portrait du
doge de Venise Marino Faliero, après son coup d'État manqué.
· l'oubli dans lequel furent rejetés, par ordre de
Napoléon Bonaparte, les héros de la Révolution Française comme le général Dumas et le chevalier de Saint-Georges.

Judas est pris de remords, et se pend. Au 3e degré, on ne nous dit pas ce que deviennent les compagnons après le meurtre. Parviennent ils à s’échapper, sont ils rattrapés ? Condamnés ? Comment ? Sont-ils pris de remords ? Se suicident-ils comme Judas ? on peut tout imaginer.. Et sûrement dans la saga qui nous attend dés le 4e degré. Mais imaginons un instant que les compagnons ne soient pas coupables : les indices laissés près de la tombe sont trop évidents pour être réels.

Avançons l’hypothèse que les meurtriers ne soient pas des compagnons mais des maîtres qui voulaient prendre la place d’HIRAM. La cérémonie d’élévation devient alors un simulacre destiné à masquer leurs responsabilités. Ce symbolisme donne au compagnon une nouvelle dimension de ses responsabilités, il ne doit plus faire confiance aux autres et devenir autonome dans sa recherche. Il renaît aidé par les surveillants et le vénérable maître mais devra s’en éloigner pour prendre en main, seul, sa destinée.

L’enjeu de la trahison : La trahison résulte d’une interprétation des comportements. C’est un jugement de valeur : l’accusation de trahison traduit un mécontentement, une jalousie, une peur ou une incompréhension face aux agissements d’un individu qui, soudainement, ne coïncident plus avec les pratiques sociales, culturelles et religieuses communément admises ou attendues. Elle peut honorer les traîtres ou les perdre. Mais toujours, elle révèle les hommes pour ce qu'ils sont vraiment et permet de révéler un pan du secret de chacun.

La trahison se produit quand il y a déjà un lien et une certaine fidélité entre les personnes concernées, basée en général sur un certain nombre d'ententes explicitement dites ou non dites entre soi et l'autre. Le trahi a le sentiment que l'autre serait toujours solidaire et fidèle. On peut sombrer dans la phobie des autres et le manque de confiance en le genre humain. Et comme dit le proverbe marocain : " celui qui a été mordu par un serpent aura peur d'une ficelle."

La trahison est souvent causée par l’envie, la soif de pouvoir, l’ambition, la volonté de s’élever au dessus de sa condition, de sortir d’un état de dépendance, de s’affranchir d’une domination. Le traître viole une relation qui s’était sacralisé : il abandonne le sacré pour retomber dans le profane. Le traitre tombe du ciel pour se faire engloutir par l’enfer.

L'effet de surprise augmente la trahison et lui donne toute son ampleur : elle arrive quand on ne l'attend pas. Je dirai que le moment de trahison est comme dans un bal masqué au moment ou les masques tombent tout d’un coup. C’est par exemple l’instant qu’ont choisi les comploteurs pour passer à l’action. Elle peut être vécu de manière très violente et avec beaucoup d'amertume.

Le braconnier devient garde-chasse. Le théoricien de la liberté devient le traître qui la poignarde. Le traître, c’est celui qui après avoir provoqué l’émeute, sauve la société en danger en passant de l’autre côté de la barricade.

Mais revenons au mythe d’HIRAM : Les 3 réclamants jugent donc qu’ils en savent assez et qu’il est temps de leur donner la maîtrise. Ce à quoi HIRAM répond que le conseil des maîtres ne l’a pas décidé et se refuse à parler. Il me semble que les 2 parties en présence manquent un peu de souplesse. Pour la partie réclamante, il est temps et urgent. Pour l’autre, il faudra attendre. N’est pas le signe que les maîtres en seraient venus à confondre l’esprit avec la lettre ? Ou que la maitrise se serait laissé corrompre par un certain pouvoir ? Les 3 compagnons exigent que l’attestation de l’achèvement de leur état leur soit donnée. Il n’est pas dit que ceux-ci refusent le rite, puisqu’ils en demandent l’esprit, c'est-à-dire le signe, les mots et attouchements, par contre, ils récusent la cérémonie ou en quelque sorte la lettre. Qu'attendre sur un chantier qui serait presque terminé ? le salaire semble donc réclamé en toute justice !. On peut interpréter ainsi que les compagnons vont bientôt se retrouver remerciés et risquent de se retrouver au chômage. Les compagnons, sans être blanchis, apparaissent tout à coup à nos yeux moins noirs.

Ainsi donc, le traître est-il toujours condamnable ? De héros, certains sont devenus traîtres, honnis et bannis dans leur propre camp. D'autres, en revanche, sont devenus héros en trahissant. La trahison est une question de point de vue, et reste relative aux lieux et aux époques ; elle peut grandir ou défaire un homme, servir un pays ou le condamner, être un acte de courage ou un aveu de faiblesse.

La trahison est une notion qui dépend du contexte politique et juridique car l’interprétation des comportements change en fonction de la conjoncture et de l’évolution des institutions et du droit. Ainsi le contenu de la trahison reste-t-il parfois difficile à déterminer et les divers degrés entre haute trahison et petite traîtrise difficile à évaluer, plus ou moins louable. Clemenceau disait « Un traître est celui qui quitte son parti pour s'inscrire à un autre ; et un converti, celui qui quitte cet autre pour s'inscrire au vôtre ».

Transgresser, c'est en quelque sorte franchir le Rubicon éthique ou moral, ne pas respecter une loi, ne pas se conformer à des règles considérées comme acquises, intégrées et acceptées de tous. Pourtant, la désobéissance citoyenne ne peut – elle pas se justifier dans certains cas ? En 1944, qui reprochera à Charles de Gaulle d’avoir appelé à continuer le combat en Juin 1940 ? En 2009, Le 1er ministre Fillon qui décide d'apposer une plaque de plus, sur les murs de Matignon, évoquera dans son discours le "rebelle visionnaire".

Celui qui remet en cause l’ordre établi peut passer pour un traitre, alors qu’il pense sincèrement qu’il faut évoluer ou faire évoluer. Il est facile de le taxer de traître alors qu’il pense seulement pouvoir s’émanciper. Faire dissidence, transgresser sont des termes qui sont en lisière de la trahison.

Lorsqu’un atelier a initié pour la première fois une femme, peut-on dire que la loge a trahi l’esprit maçonnique ? Une obédience mixte a-t-elle moins de légitimité aujourd’hui qu’une obédience masculine ?

Faisons une dernière hypothèse à propos du mythe d’HIRAM et imaginons que les 3 compagnons ne soient pas coupables et qu’ HIRAM soit décédé de mort naturelle : les maîtres souhaitent camoufler cette mort en assassinat. Explication : Pour ne pas démobiliser les ouvriers, des maîtres organisent le psychodrame de la légende de la mort d’HIRAM. Cette version semble plus vraisemblable car lorsque le corps est retrouvé, il est déjà en décomposition : la chaire quitte les os, tout se désunit… Le symbolisme est alors celui de la continuité de la vie car la disparition du meilleur ne doit pas arrêter le chantier.

Hiram m’agace un peu, parfois, car il apparaît comme un être parfait. Mais lui-même, n’a-t-il pas essayé de tuer son maître un jour ? Qu’en savons-nous ?

Le maître c’est le père spirituel. Tuer le père, dans la métapsychologie freudienne, c’est au-delà du complexe d’Oedipe, arriver enfin à être adulte à son tour. Pour Jung toutefois, en stipulant que le soi inconscient est son propre père, Jung fait pièce au meurtre originaire de Freud.

Quoi qu’il en soit, cette envie de tuer pour liquider une situation que l’on juge révolu ne serait pas choquante en soi, sauf si elle est barbare et violente. Elle s’inscrit pourtant dans le mouvement du monde naturel. Dans notre civilisation, dans telle discipline, artistique par exemple on entend dire parfois « l’élève a dépassé le Maître ». Cela sous-tend la notion de transmission initiatique. Nous sommes en plein dans notre symbolisme de franc-maçon où il est dit ‘ transmettre par l’exemple’.

CONCLUSION : Laissons en paix nos compagnons surtout s’ils ne sont coupables, ou alors laissons les à leur remords, qui est un sentiment terrible, Caïn en sait quelque chose !

Ce qu’incarnent les compagnons, ce sont nos défauts, nos vices… Il faut les combattre, il faut se combattre, mais aussi il faut savoir se pardonner et se réconcilier avec soi-même. On se juge souvent de manière très dure, sans complaisance.

La légende montre les risques de l’ignorance, du fanatisme et de l’ambition. HIRAM perd sa vie physique (la gorge), sa vie sentimentale (le cœur) et sa vie spirituelle (le front) mais renaît par l’acacia grâce à ses qualités. HIRAM sera donc resté fidèle à son engagement et n’aura pas trahi. A son image, soyons fidèles à notre engagement maçonnique (vaste sujet).

Car au fond de soi, on sait dans notre quotidien, au plus profond de soi, à quel moment on trahit. Alors avant de passer à l’acte, demandons-nous s’il n’y a pas une autre solution, une autre voie… Et si malgré tout, cela doit arriver, pouvoir expliquer, pouvoir s’expliquer avant … c’est toujours possible si l’intention est sincère, si on joue la carte de l’authenticité.

Péguy nous dit : " le véritable traître est celui qui vend sa foi, qui vend son âme ". On peut toujours évoluer, mais on peut le faire, le dire, de manière fraternelle.

Pour conclure, mes biens chères sœurs, mes biens chers frères, je dirai que l’honneur du franc-maçon est de ne jamais trahir !

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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Explication de texte : Luc chap 22 : le reniement de Pierre

20 Septembre 2012 , Rédigé par Evangile selon St Luc Publié dans #spiritualité

Seigneur, lui dit Pierre, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort.

22:34

Et Jésus dit : Pierre, je te le dis, le coq ne chantera pas aujourd'hui que tu n'aies nié trois fois de me connaître.

22:35

Il leur dit encore : Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac, et sans souliers, avez-vous manqué de quelque chose ? Ils répondirent : De rien.

22:36

Et il leur dit : Maintenant, au contraire, que celui qui a une bourse la prenne et que celui qui a un sac le prenne également, que celui qui n'a point d'épée vende son vêtement et achète une épée.

22:37

Car, je vous le dis, il faut que cette parole qui est écrite s'accomplisse en moi : Il a été mis au nombre des malfaiteurs. Et ce qui me concerne est sur le point d'arriver.

22:38

Ils dirent : Seigneur, voici deux épées. Et il leur dit : Cela suffit.

22:39

Après être sorti, il alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers. Ses disciples le suivirent.

22:40

Lorsqu'il fut arrivé dans ce lieu, il leur dit : Priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation.

22:41

Puis il s'éloigna d'eux à la distance d'environ un jet de pierre, et, s'étant mis à genoux, il pria,

22:42

disant : Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne.

22:43

Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier.

22:44

Étant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre.

22:45

Après avoir prié, il se leva, et vint vers les disciples, qu'il trouva endormis de tristesse,

22:46

et il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation.

22:47

Comme il parlait encore, voici, une foule arriva ; et celui qui s'appelait Judas, l'un des douze, marchait devant elle. Il s'approcha de Jésus, pour le baiser.

22:48

Et Jésus lui dit : Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme !

22:49

Ceux qui étaient avec Jésus, voyant ce qui allait arriver, dirent : Seigneur, frapperons-nous de l'épée ?

22:50

Et l'un d'eux frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui emporta l'oreille droite.

22:51

Mais Jésus, prenant la parole, dit : Laissez, arrêtez ! Et, ayant touché l'oreille de cet homme, il le guérit.

22:52

Jésus dit ensuite aux principaux sacrificateurs, aux chefs des gardes du temple, et aux anciens, qui étaient venus contre lui : Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons.

22:53

J'étais tous les jours avec vous dans le temple, et vous n'avez pas mis la main sur moi. Mais c'est ici votre heure, et la puissance des ténèbres.

22:54

Après avoir saisi Jésus, ils l'emmenèrent, et le conduisirent dans la maison du souverain sacrificateur. Pierre suivait de loin.

22:55

Ils allumèrent du feu au milieu de la cour, et ils s'assirent. Pierre s'assit parmi eux.

22:56

Une servante, qui le vit assis devant le feu, fixa sur lui les regards, et dit : Cet homme était aussi avec lui.

22:57

Mais il le nia disant : Femme, je ne le connais pas.

22:58

Peu après, un autre, l'ayant vu, dit : Tu es aussi de ces gens-là. Et Pierre dit : Homme, je n'en suis pas.

22:59

Environ une heure plus tard, un autre insistait, disant : Certainement cet homme était aussi avec lui, car il est Galiléen.

22:60

Pierre répondit : Homme, je ne sais ce que tu dis. Au même instant, comme il parlait encore, le coq chanta.

22:61

Le Seigneur, s'étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : Avant que le coq chante aujourd'hui, tu me renieras trois fois.

22:62

Et étant sorti, il pleura amèrement.

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