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RAPMM Réception au 12ème degré - Grand Maître Architecte (2)

28 Août 2012 , Rédigé par Rituel RAPMM 12 Publié dans #Rites et rituels

Le Sublime Grand Maître. -  Second Excellent Gardien, pourquoi les auteurs de cette allégorie ont-ils pris pour symbole le Temple de Salomon, le Temple du Dieu des Juifs ? Ne pensez-vous pas que tout autre Temple des autres dieux de l’antiquité aurait pu répondre au même symbolisme ?

 

Second Excellent Gardien. - En effet, puisque, pour les Anciens, le Temple était le Symbole de l'Univers, dont l'homme est lui-même l'image en tant que microcosme. Et- si l’on a choisi le Temple de Salomon pour symbole, c’est parce que le symbolisme qui nous occupe fut construit à l’époque où le Judéo-christianisme fut dominant, c’est aussi parce que la mythologie juive insiste, plus que toutes les autres, sur le rôle du Temple et parce qu’il est dit dans le code des légendes appelé la Bible, que Salomon fit construire un Temple aussi mythique que lui, par un Architecte non moins mythique

 

Le Sublime Grand Maître. - Pourtant, les Temples de l'Antiquité étaient consacrés à des dieux différents : dans le Parthénon d’Athènes on adorait Pallas-Athénée; à Delphes, c’était Apollon ; à Olympie, c’était Zeus; à Rome, Jupiter; à Jérusalem, Javeh; en Egypte, Osiris, Horus, Isis, Ptah, Rah, Ammon, Amen, sans parler des petits dieux dont chacun avait un Temple. Comment peut-on, de toute cette variété dégager une idée unique, compatible avec l'universalisme de notre Ordre ?

 

Second Excellent Gardien. - Cette variété n'est qu'une apparence, car si certaines attributions étaient dévolues en propre à des dieux différents, ceux-ci n'étaient, en réalité, que des aspects particuliers d'un Dieu unique. D’autres part les peuples, le plus souvent en guerre les uns avec les autres, avaient besoin de désigner leurs dieux protecteurs par des noms différents. Mais en réalité, tous ces dieux avaient une unique caractéristique. Même sur le point exotérique, c’était par conséquent, le même sous des noms différents. Si parmi ces dieux, il s’en trouvait ayant des attributions spéciales, ils étaient les démembrements d’un dieu Unique. La preuve en est dans la facilité avec laquelle le dieu d’un peuple était introduit dans le panthéon d’un autre, ou identifié avec un de ses dieux. La communauté de mythologie des Romains et des Grecs provient d’une semblable identification.

 

Le Sublime Grand Maître. - Alors si je vous entends bien, tous les Temples de pierres élevés a des dieux différents étaient en réalité consacrés au même ?

 

Second Excellent Gardien. - Oui, Sublime Grand Maître.

 

Le Sublime Grand Maître. - Premier Excellent Gardien, le Dieu des religions actuellement pratiquées est-il le même que celui caché dans les mythologies anciennes ?

 

Premier Excellent Gardien. - Dieu n'étant pas un être physique, compréhensible pour nos sens, mais la pure conception de la Puissance Suprême, est nécessairement toujours le même, sous des noms différents. Le Grand Architecte de l'Univers est une expression plus large, Universelle de cette conception.

 

Le Sublime Grand Maître. - S’il en est ainsi, comment expliquez-vous la différence d’architecture entre les Temples anciens et les églises Chrétienne du Moyen-Âge ?

 

Premier Excellent Gardien. - Les premières églises Chrétienne furent d’anciens Temple païens, ce ne fut qu’au 11ème siècle que le christianisme d’Occident eut son architecture particulière. Ce fut d’abord le style Byzantin, importé d’Orient, mais par l’influence du génie de la race Gauloise, il se transforma vite en style Roman, puis en style Ogival ou Gothique.

Circonstance remarquable, cette transformation correspond, comme époque, à la naissance en France de l’école Théologique dite "Scolastique", laquelle fut d’une grande hardiesse de pensée.

 

Le Sublime Grand Maître. - N’y a t’il aucune analogie entre l’Architecture Ogivale et les tendances de l’école Scolastique ?

Premier Excellent Gardien. - Si Sublime Grand Maître, l’ancien Temple païen symbolisait l’univers et occupait l’attention dans les parties basses et moyenne de l’édifice. L’Architecture Ogivale semble vouloir, au contraire, élever l’esprit vers le ciel. Cela correspond à la conception païenne et à la conception Scolastique Chrétienne, l’une naturaliste, l’autre purement idéaliste.

 

Le Sublime Grand Maître. - Ainsi selon vous, l’église Ogivale serait, elle aussi, symbolique ? A qui attribuez-vous cette pratique constante du symbolisme dans la construction des Temples et des Églises ?

 

Premier Excellent Gardien. - Aux constructeurs, nos ancêtres, les Francs-Maçons Opératifs qui étaient les successeurs réguliers des constructeurs des Temples païens et qui modifièrent l’objet de leur symbolisme au fur et à mesure que se modifiait la conception religieuse.

 

Le Sublime Grand Maître. - L’idéal philosophique moderne ou Sublime Architecte des Mondes, des Maçons symboliques que nous sommes, est-il le même que celui des Maçons Opératifs du Moyen-âge ?

 

Premier Excellent Gardien. - Il subit à son tour une modification. Nous aussi avons les yeux fixés vers le Ciel, c’est à dire vers le monde de l’idée, mais comme nous sommes des Hommes de notre Temps, nous regardons également la Terre. En d’autres termes, nous associons la Science à la philosophie.

 

Le Sublime Grand Maître. - Respectables Frères, vous avez entendu le dialogue qui vient d'avoir lieu entre nous et les deux Excellents Gardiens. Il contient un enseignement que nous vous invitons à méditer. Le moment est venu de vous conférer le 12ème degré, Grand Maître Architecte.

Sublimes Chevaliers élus, veuillez vous approcher de l’Orient et vous recueillir un instant.

 

Coup de maillet

Debout et à l'Ordre, Grands Maîtres Architectes !

 

Grand Maître Liturgiste, faites gravir aux Respectables Frères …..…….., ……..…, ……..…, les marches de l'Orient !

Après exécution de ces mouvements :

 

Le Sublime Grand Maître. -  Coup de maillet

 

A la Gloire du Suprême Architecte des Mondes.

Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil Mixte

du Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm

Nous, Sublime Grand Maître de cette Archi-Loge, représentant régulier des Excellents et Eminents Architectes qui la composent, en vertu des pouvoirs qui nous ont été conférés, nous vous recevons,

Vous, Sublime Chevalier Elu ………………..

Vous, Sublime Chevalier Elu ………………..

Vous, Sublime Chevalier Elu ………………..

Grands Maîtres Architectes, et vous serez désormais habitants de ce  "Lieu ou l'on veut".

 

Coup de maillet - Courte pause.

 

Grand Maître Liturgiste, veuillez inviter les nouveaux Grands Maîtres Architectes à prendre place sur les styles. - Grands Maîtres Architectes, prenez place !

 

Coup de maillet - Après exécution de ces mouvements :

 

Grand Maître Rhéteur, veuillez, par la lecture du définitif morceau d’Architecture, compléter l'instruction des nouveaux Grands Maîtres Architectes.

 

Le Grand Maître Rhéteur. - Eminents Grands Maîtres Architectes, le degré que nous venons de vous conférer comporte la construction, mais la construction de quoi ? Evidemment, une construction allégorique, car il ne saurait être question d'édifices réels. Quand, dans les premiers grades, on cherche à pénétrer le symbolisme Maçonnique, on est entraîné, par des préoccupations profanes, d'ordre politique et économique, à parler de construction ou de reconstruction de la société ! On ne pousse pas assez loin l'analogie pour se dire que toute construction ou reconstruction réelle comporte un plan. Or quel est le plan social de la Maçonnerie ? Les savants les plus éminents en matière sociologique n'en ont point. Quoiqu'on parle souvent d'édifice social, les sociétés humaines ressemblent bien plus à des êtres : Hommes, Animaux ou même Plantes qu'à des constructions. Sans doute les hygiénistes, les éleveurs et les cultivateurs interviennent dans l'évolution corporelle des Hommes, des Animaux et des Plantes, mais leur Art est le résultat d'une longue expérience méthodique que se sont transmise des générations de savants. Pour les sociétés humaines, rien de pareil n'existe ; jamais on n'a pu, dans le passé, observer l'évolution de sociétés semblables à nos sociétés civilisées modernes, puisqu'il n'en a point existé ! La science des sociétés en est aux balbutiements ; quant à l'art social, il n'est pas même un rudimentaire empirisme. Il y a bien des faiseurs de projets, mais ces projets n'ont rien de scientifique. Il ne saurait donc être question de construction ni de reconstruction des sociétés. De quoi est-il donc question ? De quelque chose de beaucoup plus restreint et de beaucoup plus vaste à la fois : de la construction et de la reconstruction du monde entier par le jeu de l'intelligence.

La Genèse Hébraïque est une allégorie qui, sous prétexte de raconter la création du monde, expose les procédés par lesquels l'esprit humain parvient à connaître celui-ci. Qu'est-ce que la connaissance ? Un rapport entre un objet et un sujet, entre quelque chose d'extérieur à l'homme et l'esprit humain. Mais, de ce rapport, nous ne connaissons qu'un des termes : la sensation qu'il nous cause. De toutes choses, nous ne percevons que le phénomène, c'est à dire l'apparence. Pouvons-nous être certains que les choses que nous percevons par nos sens sont telles que ceux-ci nous les signalent ? Pouvons-nous même être certains qu'elles existent ? Il n'y a qu'une réalité, c'est nous-même ; qu'un fait incontestable, c'est la sensation non des choses, mais de notre pensée. Les Bouddhistes professent que Maya, l'illusion, nous cache le Monde et que nous vivons en elle. Même en admettant l'existence réelle du monde, comment arrivons-nous à la connaître ? Par nos sens ?  Non !

Nos sens ne sont que des avertisseurs de l'esprit, et quand celui-ci n'entend point, quand il ne prête pas attention, les choses dont ils l'avertissent n'existent pas pour lui. C'est l'esprit qui vérifie les sensations, les classe, les coordonne, en fait le système harmonieux que nous nommons le Monde. L'esprit seul est créateur ; l'esprit seul existe. Mais la construction d'un édifice, symbolique ou réel, n'est pas œuvre d’improvisation d'un et l’autre cas, il faut un plan. Pour la construction de l'édifice intellectuel, ce plan c'est le groupement, en un système, des idées accessoires autour de l'idée principale. Quand on établit un plan, il faut le traduire dans les faits, c'est à dire le réaliser, et pour cela il faut mettre en œuvre une faculté spéciale qui a nom : la Volonté. C'est pour cela que cette Archi-Loge est nommée aussi la Boulomie, nom d'origine grecque signifiant : "Le Lieu où l'on veut". C'est en effet ici, qu'après avoir étudié le plan de systématisation des connaissances, des idées et des règles de conduite morale, on décide de le réaliser.

Voilà, Eminents Grands Maîtres Architectes, ce que vous êtes appelés à construire : le Monde entier tout simplement. Nous vous avons appris, dans la première partie de cette Initiation, quels sont les défauts que peut avoir notre mécanisme intellectuel, et ce qui empêche les esprits de la plupart des Hommes de bien fonctionner, c'est à dire de bien raisonner. Vous qui êtes avertis, vous corrigerez ces défauts si vous en constatez l'existence en vous. La première et la plus importante connaissance que vous devez avoir c'est, selon la prescription de Socrate, la connaissance de vous-même.

Et quand votre esprit fonctionnera bien, ce sera en vous même que vivra la Vérité.

Vous serez de véritables constructeurs : vous aurez mangé le fruit de l'arbre de la Connaissance : vous serez des Dieux !

Gloire à vous, Eminents Grands Maîtres Architectes !

 

Le Sublime Grand Maître. - Je vous remercie Grand Maître Rhéteur.

Voici maintenant, mes Très chers Sœurs et Frères Grands Maîtres Architectes, les instructions du degré.

Grand Maître Empirique veuillez pour ce faire, m'assister. Vous exécuterez les gestes au fur et à mesure de leur description.

 

Ä Pour se mettre à l'Ordre : Croiser les bras, (le bras droit toujours au dessus) mains fermées, pouces levés.

Ä Pour faire le signe : feindre de tracer un plan avec le pouce droit, dans la paume de la main  gauche.

Ä Pour donner l'attouchement : Entrelacer les doigts de la main droite avec ceux de la main gauche de l'autre Frère. Mettre ensuite l'autre main sur la hanche.

Ä La batterie se fait par 10 coups : Ä - ÄÄ - ÄÄ - Ä - ÄÄ - ÄÄ

Ä La marche s'exécute par 3 pas, pieds en équerre, le premier lent, les deux autres très vifs.

Ä Le mot sacré est : ADONAÏ.

Ä Le mot de passe est : HAMON.

Ä Le Tablier est blanc et bordé de bleu, frangé d'or. Au milieu, une échelle de proportion, un compas de proportion et un compas fermé pour former un triangle. Sur la bavette un rapporteur.

Ä Le Cordon est bleu il se porte de droite à gauche. Au bas du cordon est suspendu le bijou.

Ä L'âge, celui de la plénitude : 45 ans.

Catéchisme.

D - Etes-vous Grand Maître Architecte ?

R - Je connais tout ce qui est renfermé dans un étui de mathématiques.

 

D - Que renferme-t-il ?

R - Une Équerre, un compas simple, un compas à quatre pointes, un compas de proportion, une Règle, un Fil à plomb et un demi-cercle gradué.

 

D.- Qu'enseignent ces instruments ?

R.- La rectitude, la sincérité, le travail et l'émulation.

 

D - Où avez-vous été reçu ?

R - Dans un lieu tendu de blanc et rempli de flammes.

 

D - Que signifient ces emblèmes ?

R - La pureté du cœur et l'ardeur du zèle des Grands Maîtres Architectes.

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RAPMM Réception au 12ème degré - Grand Maître Architecte (1)

28 Août 2012 , Rédigé par Rituel RAPMM 12 Publié dans #Rites et rituels

Le Frère Liturgiste se rend dans la salle des préparations. Il s'assure que les récipiendaires qui s'y trouvent portent bien les décors de Maître Secret (ou de Maître Élu des Neuf) et les tuiles sérieusement sur le 4ème degré. Puis il se met à leur tête et vient frapper en Maître Secret à la porte de l’Archi-Loge. (ÄÄÄÄÄÄ - Ä)

 

Premier Excellent Gardien. - Sublime Grand Maître, on frappe en Maître Secret à la porte de la Boulomie.

 

Le Sublime Grand Maître. - Ce doit être le Frère Liturgiste, accompagnant des Maîtres Secrets qui. sur proposition du Suprême Conseil et du Souverain Sanctuaire, ont été élevés au 12ème degré.

Veuillez, Grand Maître Empirique vous rendre dans les parvis. Vous inscrirez les noms des récipiendaires sur une tablette que vous nous apporterez après l'avoir placée dans l'Arche des Secrets.

Coup de maillet.

 

Grand Maître Empirique. - Le Grand Maître Empirique sort, puis revient déposer l'Arche des Secrets entre les mains du Sublime Grand Maître.

 

Le Sublime Grand Maître. - Lisant : Ce sont bien les Maîtres Secrets ; (Noms et prénoms)

Qui nous ont été annoncés et pour qui l’on sollicite l’élévation à des degrés supérieurs. Quelqu’un parmi vous, Grands Maîtres Architectes, fait-il objection à ce qu’ils soient admis dans « le Lieu où l’on veut » afin d’y être examinés et que nous puissions nous-même nous assurer s’ils sont capable d’un Travail exigeant plus de capacité que celui de Surveillant de Chantier qui est le leur actuellement ?

Après que la parole a été accordée éventuellement

 

Grand Maître Empirique, donnez l'entrée de la Boulomie au Grand Maître Liturgiste et aux Maîtres Secrets qu'il conduit.

 

Grand Maître Empirique. - Ouvre la porte.

 

Grand Maître Liturgiste. - Entre, accompagné des récipiendaires qu'il fait aligner à l'Ouest, devant les deux Excellents Gardiens et se place lui-même sur le même rang du côté du Nord.

 

Premier Excellent Gardien. - Sublime Grand Maître, les Maîtres Secrets candidats ont pénétré dans le "Lieu où l'on veut" et pris place entre les styles.

 

Le Sublime Grand Maître. - Grand Maître Liturgiste, vous êtes-vous assuré que les Maîtres Secrets que vous conduisez dans ce lieu de sélection ont profité de l'enseignement qu'ils ont reçu en qualité de Maîtres Secrets ?

 

Grand Maître Liturgiste. - Je m'en suis assuré, Sublime Grand Maître.

 

Le Sublime Grand Maître. - Nous acceptons votre caution, Grand Maître Liturgiste et puisqu’il en est ainsi, amenez les Maîtres Secrets devant la planche à tracer sur laquelle ils dessineront leur premier croquis d'architecture.

 

Grand Maître Liturgiste. - Les Maîtres Secrets, guidés par lui, s'avancent vers la planche à tracer où chacun d'eux trace un cercle et une ligne droite. Pendant ce temps, des sièges sont disposés devant les deux Excellents Gardiens. Les récipiendaires toujours guidés par le Grand Maître Liturgiste vont y prendre place après avoir tracé leur croquis.

 

Le Sublime Grand Maître. - Second Excellent Gardien, pourquoi les Francs-Maçons titulaires du 4ème degré portent-ils le titre de Maître Secret ?

 

Second Excellent Gardien. - Sublime Grand Maître, parce qu'ils ont le devoir d'être les éducateurs des Frères des trois premiers degrés, et que cela désigne la manière dont ils remplissent le devoir qui leur incombe.

 

Le Sublime Grand Maître. - Comment doivent-ils s'acquitter de ce devoir ?

 

Second Excellent Gardien. - Revêtu du décor de Maître, sans faire connaître sa qualité, le Maître Secret, doit faire bénéficier ses Frères de la Loge Symbolique, des connaissances qu'il a acquises en Loge de Perfection, en les mettant à la portée de ses auditeurs.

 

Le Sublime Grand Maître. - Est-ce là l'unique devoir du Maître Secret en Loge Symbolique ?

 

Second Excellent Gardien. - Il a pour devoir également de rechercher, avec discrétion et discernement, les Vénérables Maîtres qui, par leurs capacités naturelles et par leurs Travaux, lui semblent dignes d'être proposés pour le degré supérieur.

 

Le Sublime Grand Maître. - Respectable Maître Secret …….….., avez-vous rempli ces obligations?

Et vous, Respectable Maître Secret …………, Et vous, ……………

Premier Excellent Gardien, qu'ont dit "les voix" lors de la réception de ces Frères au grade de Maître Secret ?

 

Premier Excellent Gardien. - Sublime Grand Maître, "les voix" ont dit que l'accomplissement du Devoir doit être la préoccupation constante du Maître Secret, qu’elle doit s’éveiller avec lui le mati, l’accompagner pendant la journée au milieu de la Paix des champs ou du tumulte des Cités, prendre place la nuit sous son oreiller.

 

Le Sublime Grand Maître. - Respectable Maître Secret ……………..,veuillez nous dire ce que vous

entendez par le Devoir ?  et si ce Devoir ainsi compris, vous vous efforcerez de le remplir ? Et vous, Respectable Maître Secret …………….., Et vous………..………

 

Les membres de l'Atelier peuvent alors poser des questions aux Frères Maîtres Secrets et engager avec eux une courte discussion à laquelle le Sublime Grand Maître met un terme quand il la juge suffisante.

 

Respectables Maître, nous devons maintenant vous dire ce que sont les degrés qui, dans la hiérarchie de Memphis-Misraïm, viennent après celui de Maître Secret, c'est-à-dire ceux de Maître Parfait, Secrétaire Intime, Prévôt et Juge, Intendant des Bâtiments, Maître Élu des neuf, Illustre Élu des quinze, Sublime Élu des douze, Grand Maître Architecte. Nous nous arrêterons là. Ces degrés qui sont encore pratiqués dans certains pays, sont la continuation de la légende d'Hiram et du meurtre de celui-ci, qui vous a été raconté lors de votre élévation au degré de Maître.

Il est dit dans cette légende que le Maître Hiram, l'Architecte qui construisit le premier Temple de Jérusalem sur l'ordre du Roi Salomon, fut assassiné par trois mauvais compagnons qui voulaient obtenir, par voie irrégulière, la connaissance du mot de Maître.

La légende, se continuant dans les grades ultérieurs, raconte que Salomon, après les funérailles solennelles d'Hiram, réunit les Maîtres et fit tirer au sort les noms de neuf d'entre eux, qu'il chargea de la vengeance de la victime par la punition des meurtriers que leur fuite et l'abandon de leurs outils dénonçaient.

Ces Élus s'acquittent de leur mission, rejoignent les meurtriers, Ils tuent ou, par leur seule poursuite, les amènent à se suicider.

Ils leur coupent la tête et apportent les trois têtes à Salomon qui les fait exposer pendant trois jours sur les chantiers, puis brûler.

A la suite de cette expédition, Salomon crée pour les Maîtres qui l'ont accomplie et six autres qu'il leur associe, une série de degrés nouveaux dont nous venons de vous donner l'énumération et repartit entre ces divers degrés, les fonctions de Directeur de la construction du temple - qui n'est jamais achevé - et de surveillant de l'entretien, fonctions que le Maître Hiram assumait de son vivant.

Cette légende, Respectables Maîtres est allégorique; l'explication en est amorcée au degré de Maître, car il est dit que les trois mauvais compagnons qui ont tué le Maître Hiram sont l'ignorance, l'orgueil et l'ambition. On se place a ce moment sur le plan social et l'on donne à comprendre qu'Hiram personnifie tous les bienfaiteurs de l'humanité, tous les promoteurs de l'émancipation politique, morale et intellectuelle des peuples, contre lesquels les privilégies, bénéficiaires d'un état social mauvais, ameutent ces mêmes peuples. Cette explication est bonne et suffisante pour les Maîtres.

Mais le propre des allégories bien faites est d'être susceptible de plusieurs explications correspondant à des degrés divers de la connaissance. L’explication pour les degrés de perfectionnement est celle-ci : Hiram symbolise l'esprit humain tendant sans cesse à la Vérité. Pour atteindre ce but, l'esprit humain rencontre des obstacles, des ennemis qui ne sont pas hors de lui, mais en lui. Ces ennemis qui ne sont pas nécessairement au nombre de trois, nombre symbolique, ce sont les imperfections de notre nature spirituelle.

Parmi ces imperfections, il en est deux, en quelque sorte congénitales, ce sont : l'inintelligence et la fausseté d'esprit, c'est a dire incapacité de raisonner juste. Ceux qui sont affligés de ces imperfections sont sans doute à plaindre et l'on doit pratiquer à leur égard la Charité, mais ils sont incapables de participer à l'œuvre de la Maçonnerie. Ils doivent être laissés dehors; ils doivent même être repoussés s'ils tentent de s'y introduire.

Il est d'autres imperfections de l'esprit humain qui ne sont pas congénitales, mais simplement le résultat d'une mauvaise éducation reçue dans le milieu social profane ou nous vivons tous et qui peuvent être corrigées par une culture et une éducation appropriées.

Nous allons vous énumérer rapidement les principaux parmi ces défauts de l'inintelligence.

Il y a d'abord la paresse d’esprit et son contraire, l'activité excessive et déréglée.

Ensuite viennent la crédulité et son contraire, la tendance exagère à la contradiction.

Apres se présentent la défiance de soi-même et son contraire, l'excès de confiance en soi-même, il y a aussi le simplisme, ou tendance a ne voir qu'un coté des questions et son contraire, l'amour de la complication, qui multiplie inutilement les aspects et crée ainsi la confusion.

Enfin, comme couronnement de ces défauts, viennent la tendance a la généralisation abusive et l'amour excessif de la certitude, lequel fige l'esprit et l'empêche de procéder à l'examen incessant des opinions.

Si vous voulez bien y réfléchir un instant, respectables Maîtres, vous comprendrez que ces défauts ou imperfections de l'esprit sont les générateurs des mauvais raisonnements ou sophismes, par lesquels l'intelligence cherchant la Vérité est plongée et maintenue dans l'erreur. Ce n'est que quand il est débarrassé de ceux-ci que l'esprit, fonctionnant comme un mécanisme bien réglé, peut approcher de la Vérité.

Les huit degrés dont nous venons de parler représentent les étapes successives par où passe l'esprit en se libérant de ses défauts.

Il n'est point nécessaire que nous nous arrêtions à tous les degrés de cette échelle; vous êtes, respectables Maîtres, des Hommes d'une valeur telle qu'il suffit de vous faire un exposé de la méthode a suivre pour que vous la compreniez et la pratiquiez vous-mêmes.

Nous allons maintenant, sublime chevalier Élu, vous élever au degré de Grand Maître Architecte, 12ème degré, dont ceux que vous avez reçus sont la préparation.

 

Premier Excellent Gardien, quel est le Symbole commun à tous les degrés de la Franc-Maçonnerie ?

 

Premier Excellent Gardien. - C'est le Symbole de la construction d'un édifice.

 

Le Sublime Grand Maître. - Quel est cet édifice ?

 

Premier Excellent Gardien. - Sublime Grand Maître, cela n'est indiqué ni aux Apprentis, ni aux Compagnons, aux premiers on se borne à expliquer qu'ils entrent dans une nouvelle vie, qu'ils sont des néophytes, c'est à dire des nouveaux-nés ou nés une seconde fois, puis on les laisse à leurs réflexions. Aux Compagnons, on montre les outils symboliques du travail, on leur fait connaître les divers ordres d'Architectures et on leur donne à entendre que, pour l'accomplissement de l'œuvre à laquelle ils devront se vouer à l'avenir. Il est nécessaire de posséder l'ensemble des connaissances auxquelles, parvient l'intelligence humaine. Ce n'est que dans l'Exaltation à la Maîtrise, où est racontée la légende de la mort de l'Architecte Hiram, qu'il est question de la construction du Temple de Salomon.

 

Le Sublime Grand Maître. - Quelle est la signification symbolique de ce Temple ?

 

Premier Excellent Gardien. - Ce Temple est le symbole de l'harmonie que nous devons établir en nous-mêmes pour approcher, autant que le permet l'infirmité humaine, de la Perfection Spirituelle et Morale.

 

Le Sublime Grand Maître. - Mais Très Cher Excellent Gardien, comment un Homme peut-il élever un Temple en soi-même ?

 

Premier Excellent Gardien. - Sublime Grand Maître, ainsi que vous le savez, c’est-là une allégorie, une métaphore servant à mettre en œuvre le symbole du Temple. Il importe, en effet, de bien savoir que le symbole n’est qu’un moyen d’éveiller l’idée. Le Temple que nous devons construire en nous, c’est le système de nos connaissances, de nos idées et de nos règles de conduite, dont nous nous efforçons de former un tout harmonieux pour nous rapprocher, autant que le permet l’infirmité humaine, de la perfection morale.

 

Le Sublime Grand Maître. - Quelle doit être la devise du Franc-Maçon

 

Premier Excellent Gardien. -  Bien Voir, Bien Comprendre, Bien Agir.

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REAA 12 : initiation (2)

28 Août 2012 , Rédigé par Rituel REAA 12 Publié dans #Rites et rituels

Onzième Degré, Sublime Chevalier Elu.

 

La punition des trois assassins d'Hiram étant accomplie, Salomon voulut récompenser le zèle et la fidélité des Quinze Grands Élus. Afin de ne faire aucune préférence ni faveur, il résolut de choisir par bulletin douze d'entre eux qui formeraient un Grand Chapitre et comman­deraient les douze tribus d'Israël.

 

II leur donna le titre d'Excellent Ermech, ou Emerech, qui signifie : homme vrai en toute circonstance, leur montra les tables de la Loi et les objets précieux renfermés dans le taber­nacle, puis il les arma de l'épée de justice en leur disant qu'ils avaient pour mission de rendre la justice et d'en suivre les lois en toutes circonstances.

 

(Pause )

Respectables Maîtres, nous allons vous conférer par communication les sept premiers grades énumérés, depuis celui de Maître Parfait jusqu'à celui de Sublime Chevalier Elu.

 

Veuillez, Respectables Maîtres, monter à l'Orient,

 

(Il y a lieu de faire lever les anciens Chevaliers).

 

Au nom du Suprême Conseil pour la France, en vertu des pouvoirs qui m'ont été conférés par cet Atelier, de Sublimes Chevaliers

 

(Apposition du glaive sur la tête).

 

Vous, Respectable Maître Secret......................

Vous, Respectable Maître Secret......................

Vous, Respectable Maître Secret......................

 

Je vous crée et consacre : Maîtres Parfaits, Secrétaires Intimes, Prévôts et Juges, Intendants des Bâtiments, Maîtres Élus des Neuf, Illustres Élus des Quinze, Sublimes Chevaliers Élus, afin que vous jouissiez à l'avenir des droits et prérogatives que comportent ces Grades.

 

Retournez à Vos places, nouveaux Chevaliers Élus.

 

Anciens Chevaliers, asseyez-vous.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Nous allons maintenant, Sublimes Chevaliers Élus, vous élever au Grade de Grand Maître Architecte, 12° Degré, puisque vous venez les grades qui en sont la préparation.

 

Premier Excellent Gardien, quel est le symbole commun à tous les Grades de la Maçonnerie Écossaise?

 

LE PREMIER EXCELLENT GARDIEN

 

Sublime Grand Maître, c'est le symbole de la construction d'un édifice

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Et quel est cet édifice?

 

LE PREMIER EXCELLENT GARDIEN

 

Sublime Grand Maître, cela n'est indiqué ni aux Apprentis, ni aux Compagnons. Aux premiers on se borne à expliquer qu'ils entrent dans une nouvelle vie, qu'ils sont des néophytes, c'est-à-dire des nouveau-nés ou nés une seconde fois, puis on les laisse à leurs réflexions. Aux Compagnons on montre les outils symboliques du travail, on leur fait connaître les divers ordres d'Architecture et on leur donne à entendre que, pour l'accomplissement de l'œuvre à laquelle ils devront se vouer à l'avenir, il est nécessaire de posséder l'ensemble des connais­sances auxquelles parvient l'intelligence humaine.

 

Ce n'est que dans l'initiation au Grade de Maître, où est racontée la légende de la mort de l'Architecte Hiram, qu'il est question de la construction du Temple de Salomon.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Quelle est la signification symbolique de ce Temple?

 

LE PREMIER EXCELLENT GARDIEN

 

La construction du Temple de Salomon signifie que le Franc-Maçon doit construire en lui-même un Temple, comme Hiram et les ouvriers érigèrent celui que le roi Salomon leur avait commandé.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Mais, très cher Excellent Gardien, comment un homme peut-il élever un Temple en soi-même?

 

LE PREMIER EXCELLENT GARDIEN

 

Sublime Grand Maître, ainsi que vous le savez c'est là une allégorie, une métaphore servant à mettre en œuvre le symbole du Temple. Il importe, en effet, de bien savoir que le Symbole n'est qu'un moyen d'éveiller une idée. Le Temple que nous devons construire en nous, c'est le système de nos connaissances, de nos idées et de nos règles de conduite, dont nous nous effor­cerons de former un tout harmonieux pour nous rapprocher, autant que le permet l'infirmité humaine, de la Perfection.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Quelle doit être la devise du Franc-Maçon?

 

LE PREMIER EXCELLENT GARDIEN

 

Bien voir, bien comprendre, bien agir.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Pourquoi, Second Excellent Gardien, les auteurs de cette allégorie ont-ils pris pour symbole le Temple de Salomon, c'est-à-dire le Temple du Dieu des Juifs? Les Temples des autres Dieux de l'Antiquité n'auraient-ils pas eu la même valeur symbolique?

 

LE DEUXIÈME EXCELLENT GARDIEN

 

Sublime Grand Maître, si l'on a choisi le Temple de Salomon pour symbole, c'est parce que le Symbolisme qui nous occupe fut construit à cette époque où le Judéo-Christianisme était dominant ; C'est aussi parce que la Bible insiste plus que tout autre Livre Sacré sur le rôle du Temple.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Seriez-vous donc d'avis que n'importe quel autre Temple célèbre consacré à un Dieu quelconque aurait fourni matière à un aussi bon symbolisme?

 

LE DEUXIÈME EXCELLENT GARDIEN

 

C'est en effet mon opinion. Le Temple, chez les Anciens, était une réduction, une image symbolique de l'Univers. Notre Temple maçonnique l'est également puisqu'il s'étend de l'Orient a l'Occident, du Nord au Midi, du fond des Cieux au centre de la Terre. Chacune des parties du Temple, chez les Anciens, correspondait à une partie de l'Univers ; on plaçait sa représentation symbolique. Aussi les Architectes devaient-il être des prêtres, et les simples ouvriers eux-mêmes des Initiés.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Mais ces Temples divers étaient consacrés à des Dieux différents : dans le Parthénon d'Athènes, on adorait Pallas-Athénée; a Delphes, c'était Apollon ; à Olympie, c'était Zeus ; à Rome, Jupiter ; à Jérusalem, laveh ; en Égypte, Osiris, Horus, Isis, Ptah, Rah, Ammon, Amen, sans parler des petits Dieux dont chacun avait un Temple. Comment, de toute cette variété, tirer une Idée unique?

 

LE DEUXIÈME EXCELLENT GARDIEN

 

Ce n'était là qu'une apparence, une mythologie construite pour les esprits qui ne pouvaient se hausser aux conceptions philosophiques. D'autre part, les peuples, le plus souvent en guerre les uns avec les autres, avaient besoin de désigner leurs dieux protecteurs par des noms différents. Mais, en réalité, tous ces dieux avaient une unique caractéristique, même sur le plan exotérique ; c'était, par conséquent, le même sous des noms différents. Si, parmi ces dieux, il s'en trouvait ayant des attributions spéciales, ils étaient des démembrements d'un Dieu unique. La preuve en est dans la facilité avec laquelle le Dieu d'un peuple était introduit dans le Panthéon d'un autre peuple ou identifié avec un de ses Dieux. La Communauté de mythologie des Romains et des Grecs provient d'une semblable identification.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Alors, si je vous entends bien, tous les Temples de pierre élevés à des Dieux différents étaient, en réalité, consacrés au même Dieu?

 

LE DEUXIÈME EXCELLENT GARDIEN

 

Oui, Sublime Grand Maître.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Premier Excellent Gardien, le Dieu des Chrétiens est-il le même que celui caché dans les mythologies anciennes?

 

LE PREMIER EXCELLENT GARDIEN

 

Dieu étant la pure conception de la Puissance Suprême, est nécessairement toujours le même sous des noms différents. C'est pourquoi Saint Paul a pu dire qu'il y a plusieurs Dieux dans le ciel et sur la terre (Cor. I. VIII, 5,6).

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

L'idéal spirituel désigné sous le nom de Grand Architecte de l'Univers par les Maçons symbo­listes que nous sommes est-il le même que celui des Maçons opératifs du Moyen Age?

 

LE PREMIER EXCELLENT GARDIEN

 

Certainement, car, comme eux, nous avons les yeux fixés vers le ciel, c'est-à-dire vers l'infini de l'Esprit.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Vous avez entendu, Sublimes Chevaliers Élus, le dialogue qui vient d'avoir lieu entre Nous et les deux Excellents Gardiens. Il contient un enseignement que nous vous invitons à méditer.

 

Nous allons, maintenant, vous conférer le Grade de Grand Maître Architecte.

 

(Il frappe un coup).

O Debout et à l'Ordre, Grands Maîtres Architectes.

 

Sublimes Chevaliers Élus ......................................................, veuillez monter à l'Orient.

 

Nous, Sublime Grand Maître de cette Archi-Loge, représentant régulier des Excellents et Éminents Architectes qui la composent, à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, au nom du Suprême Conseil pour la France, en vertu des pouvoirs qui nous ont été conférés, nous vous recevons,

 

vous Sublime Chevalier Elu .............................,

 

voua Sublime Chevalier Elu .............................,

 

vous Sublime Chevalier Elu .............................,

 

Grands Maîtres Architectes, et vous serez désormais habitants de ce "Lieu où l'on veut".

 

(Il frappe un coup) O.

 

Reprenez vos places, nouveaux Grands Maîtres,

Asseyez-vous, Grands Maîtres anciens.

 

Grand Maître Rhéteur, veuillez, par la lecture du définitif Morceau d'Architecture, compléter l'instruction des nouveaux Grands Maîtres Architectes.

 

LE GRAND MAITRE RHÉTEUR

 

Éminents Grands Maîtres Architectes, le grade que nous venons de vous conférer comporte la construction, mais la construction de quoi?

 

Évidemment, une construction allégorique, car il ne saurait être question d'édifices réels.

 

Quand, dans les premiers grades, on cherche à pénétrer le symbolisme maçonnique, on ne pousse pas assez loin l'analogie pour se dire que toute construction comporte un plan.

 

Or, quel est le plan de la Maçonnerie?

 

C'est la compréhension, par le jeu de l'Intelligence, de l'Oeuvre du Grand Architecte de l'Univers, c'est-à-dire la construction en nous d'un Temple à sa mesure et à sa Gloire, en un mot la Connaissance.

 

Mais qu'est-ce que la connaissance?

 

Dans son sens relatif, un rapport entre un objet et un sujet, entre quelque chose d'extérieur à l'homme et l'esprit humain. Mais, de ce rapport, nous ne connaissons qu'un des termes : la sensation qu'il nous cause.

 

De toutes choses, nous ne percevons que le phénomène, c'est-à-dire l'apparence

 

Pouvons-nous être certains que les choses que nous percevons par nos sens sont telles que ceux-ci nous les signalent? Pouvons-nous même être certains qu'elles existent?

 

La réalité, c'est la sensation non des choses, mais de notre pensée. Les Bouddhistes professent que Maya, l'illusion, nous cache le monde et que nous vivons en elle.

 

Même en admettant l'existence réelle du monde, comment arrivons-nous à le connaître? Par nos sens? Non ! Nos sens ne sont que des avertisseurs de l'esprit, et quand celui-ci n'entend point, quand il ne prête pas attention, les choses dont ils l'avertissent n'existent pas pour lui. C'est l'esprit qui vérifie les sensations, les classe, les coordonne, en fait le système harmonieux que nous nommons le Monde. L'esprit seul est créateur ; l'esprit, seul, existe. Lui seul peut nous faire approcher de la Connaissance dans son acception non plus relative, mais absolue.

 

Pour la construction de l'Édifice intérieur, spirituel, ésotérique, le plan c'est le groupement, en un système des idées accessoires autour de l'idée principale.

 

Quand on établit un plan, il faut le traduire dans les faits, c'est-à-dire le réaliser, et pour cela il faut mettre en œuvre une faculté spéciale qui a nom la Volonté. C'est pour cela que cette Archi-Loge est nommée aussi la Boulomie, nom d'origine grecque signifiant : "Le Lieu où l'on veut".

Voilà, éminents Grands Maîtres Architectes, ce que vous êtes appelés à construire : édifier en vous le Temple de l'Universel.

 

Nous vous avons appris, dans la première partie de cette initiation, quels sont les défauts que peut avoir votre mécanisme intellectuel, et ce qui empêche les esprits de la plupart des hommes de bien fonctionner, c'est-à-dire de bien raisonner. Vous qui êtes avertis, vous corri­gerez ces défauts si vous en constatez l'existence en vous. La première et la plus importante connaissance que vous deviez avoir c'est, selon la prescription de Socrate, la connaissance de vous-même. Et quand votre esprit fonctionnera bien, ce sera en vous-même que vivra la vérité. selon la parole de Saint-Jean Vous serez des Dieux (X,34).

 

Gloire à Vous, Éminents Grands Maîtres Architectes, temples vivants du Grand Architecte de l'Univers !

 

Le sublime Grand Maître donne l'instruction aux nouveaux Grands Maîtres Architectes :

 

Ordre : Placer la main droite dans le milieu de la gauche, le pouce posé dans la paume.

 

Signe : Étant à l'ordre, feindre de tracer un plan avec le pouce droit sur la paume de la main gauche, tout en regardant le sublime Grand Maître.

 

Attouchement : Entrelacer les doigts de la main droite avec ceux de la main gauche de l'autre Frère. Mettre ensuite l'autre main sur la hanche.

 

Batterie : 0  -  00  -  00  -  0  -  00  -  00

 

Marche : Trois pas en équerre, le premier lent, les deux autres précipités.

 

Mot Sacré : Adonài.

 

Mot de passe : Rab-Banaïm.

 

Tablier : Blanc doublé et bordé de bleu.

Une poche au milieu.

 

Cordon : Bleu. Il se porte de droite à gauche.

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REAA 12 : initiation (1)

28 Août 2012 , Rédigé par Rituel REAA 12 Publié dans #Rites et rituels

LE PREMIER EXCELLENT GARDIEN

 

Sublime Grand Maître, on frappe à la porte de la Boulomie en Maître Secret.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Ce doivent être des Maîtres Secrets que des Grands Maîtres Architectes, membres de cette Archi-Loge, témoins de leurs Travaux dans la Loge de Perfection dont ils font partie, nous ont proposés pour les Grades Supérieurs.

 

Veuillez, Grand Maître Empirique, vous rendre dans les Parvis. Vous demanderez au Grand Maître Liturgiste quels sont les noms des Maîtres Secrets qu'il conduit. Vous inscrirez ces noms sur une tablette que vous renfermerez dans l'Arche des Secrets, et vous nous l'appor­terez. Le Grand Maître Empirique sort, puis vient remettre l'Arche des Secrets entre les mains du Sublime Grand Maître.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

(Lisant.) Ce sont bien les Maîtres Secrets......................................................... qui nous ont été annoncés et pour qui l'on sollicite l'élévation à des Grades supérieurs. Quelqu'un parmi vous, Grands Maîtres Architectes, fait-il objection à ce qu'ils soient admis dans "le lieu où l'on veut", afin d'y être examinés et que nous puissions nous-mêmes nous assurer s'ils sont capables d'un travail exigeant plus de capacité que celui de Surveillant de Chantier qui est le leur actuellement?

 

Après qu'il a été constaté qu'aucun membre de l'Assemblée n'a d'objection à faire ; ou, dans le cas d'objection, après décision de l'Archi-Loge

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Grand Maître. Empirique, donnez l'entrée de la Boulomie au Grand Maître Liturgiste et aux Maîtres Secrets qu'il conduit. ,

 

Le Grand Maître Empirique ouvre la porte ; le grand Maître Liturgiste entre, accompagné des Maître Secrets candidats; il les range devant les deux Excellents Gardiens et se place lui-même sur le même rang du côté du Nord.

 

LE PREMIER EXCELLENT GARDIEN

 

Sublime Grand Maître, les Maîtres Secrets candidats ont pénétré dans le " Lieu où l'on veut " et pris place entre les Styles.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Grand Maître Liturgiste vous êtes-vous assuré que les Maîtres Secrets que vous conduisez dans ce lieu de sélection ont profité de l'enseignement qu'ils ont reçu en qualité de Maîtres Secrets?

 

LE GRAND MAITRE LITURGISTE

 

Je m'en suis assuré, Sublime Grand Maître.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Nous acceptons votre caution, Grand Maître Liturgiste, et puisqu'il en est ainsi, amenez les Maîtres Secrets devant les planches à dessin, sur lesquelles ils traceront leur premier croquis d'Architecture.

 

(Les Maîtres Secrets prennent place).

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Second Excellent Gardien, pourquoi les Maçons revêtus du Quatrième Grade portent-ils le titre de Maître Secret?

 

LE DEUXIÈME EXCELLENT GARDIEN

 

Sublime Grand Maître, parce qu'ils remplissent le devoir qui leur incombe, celui d'éducateur des Membres des trois premiers Grades.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Comment le font-ils?

 

LE DEUXIÈME EXCELLENT GARDIEN

 

Revêtu du décor de simple Maître et sans faire connaître sa qualité, le Maître Secret doit répandre les connaissances qu'il a acquises dans l'Atelier de son Grade en les mettant à la portée de ses auditeurs.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Est-ce l'unique devoir extérieur du Maître Secret?

 

LE DEUXIÈME EXCELLENT GARDIEN

 

Le Maître Secret a aussi pour devoir de rechercher avec discrétion et discernement, soit dans sa Loge, soit dans celles qu'il visite, les Vénérables Maîtres qui par leurs capacités naturelles et par leur travail, sont dignes d'être élevés au Grade Supérieur. _

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Respectable Maître.................................................. avez-Vous rempli cette obligation du Grade de Maître Secret?

 

(Réponse du Respectable Maître).

 

Et vous, Respectable Maître...................?

 

(Réponse .................. )

 

Et vous, Respectable Maître...................?

 

(Réponse .................. )

 

Premier Excellent Gardien qu'ont dit les voix lors de la réception de ces Frères au Grade Maître Secret?

 

LE PREMIER EXCELLENT GARDIEN

 

Sublime Grand Maître, les voix ont dit que l'accomplissement du Devoir doit être la préoccu­pation constante du Maître Secret, cette préoccupation doit s'éveiller avec lui le matin, l'accompagner pendant la journée au milieu de la paix des champs ou du tumulte des cités, prendre place la nuit sous son oreiller.

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

C'est bien cela. Respectable Maître. Pourriez-vous nous dire ce que vous entendez par le Devoir, et si ce Devoir ainsi compris vous Vous efforcez de le remplir?

 

(Réponse .................. )

 

Et vous, Respectable Maître...................?

 

(Réponse .................. )

 

Et vous, Respectable Maître...................?

 

(Réponse .................. )

 

Les membres de l'Atelier peuvent alors poser des questions aux Maîtres Secrets et engager avec eux une courte discussion à laquelle le Sublime Grand Maître met un terme quand il la juge suffisante,

 

LE SUBLIME GRAND MAITRE

 

Respectables Maîtres Secrets, nous devons maintenant Vous dire quels sont et ce que sont les Grades qui, dans la hiérarchie Écossaise viennent après celui de Maître Secret,

 

Cinquième Degré, Maître Parfait

 

Au 4éme Degré, le rituel vous a enseigné que Vous Veniez d'entrer au Saint des Saints et que, muni de la Clef d'lvoire, Vous alliez à la recherche de la Vérité et de la Parole Perdue. Il Vous a été affirmé que le maître secret "aspire à s'élever au-dessus de la surface de la terre et à pénétrer dans les hautes régions de la Connaissance spirituelle". Mais, en même temps, le rituel Vous faisait heurter à une contradiction apparente en proclamant que "la Vérité absolue réside dans le nuage de l'incogniscible sur un sommet inaccessible a l'esprit humain". (l )

 

Le 5ème Degré, Maître Parfait, vous apporte la solution au problème de la quadrature du cercle philosophique ainsi posé. En retrouvant le mot, qui est Jéhovah, en apprenant que l'accomplissement du Devoir, auquel Vous étiez invité, est la réalisation "du principe élevé qui est en nous et non en dehors de nous", le Maître Parfait découvre que la Clef de la Connaissance, en tant qu'objet et vérité absolue, n'est pas dans la connaissance considérée comme mode médiat d'appréhension de celle-ci, mais dans la participation directe et immé­diate au Principe, lequel est immanent en l'initié. Celui-ci découvre cette Vérité en sa conscience philosophique par la victoire sur soi-même. Il comprend, aux termes du rituel, que "l'homme être fini, ne pourrait dérober à la Nature ses secrets les plus cachés, ni créer les Sciences et les Arts, si son intelligence n'était pas une émanation directe de la Cause Première" et il en tire "cette conséquence immédiate et métaphysique que tous nous sommes libres, tous nous sommes frères, tous nous sommes égaux".

 

Sixième Degré, Secrétaire Intime

 

La légende du grade est tirée des Versets 11 -12 et 13 du chapitre 9 du 1er Livre des Rois. Elle met en scène le roi Salomon et Hiram, roi de Tyr, dont la conversation est surprise par Johaben, favori du premier, qui craignait pour la sécurité de son maître,

 

Ce degré marque la différence entre les deux formes de la curiosité et fait comprendre combien celle-ci, stimulant de l'intelligence, est utile dans le chemin de la Vérité.

 

Septième Degré, Prévôt et Juge.

 

A ce grade, le Vénérable représente Tito, prince des Harodim, chefs ou conducteurs au nombre de 3.600 que Salomon établit sur les ouvriers du Temple (11 Paralip. Il, 18 ; 1 Rois, V. 16). Le désir de savoir, dont il est question dans le degré précédent, se transforme ici en possession de la science, obtenue par un accord mutuel portant sur la fidélité et l'appui réci­proque, et donnant aux initiés l'aptitude à rendre justice à leurs frères.

 

Huitième degré , Intendant des Bâtiments

 

Le Vénérable représente le roi Salomon. Il est dit que ce grade a été créé en mémoire de celui qui fut choisi pour remplacer Hiram. Le maçon qui était l'objet de cette haute distinction devait connaître à fond les cinq ordres d'architecture.

 

Neuvième Degré, Maître Elu des Neuf.

 

Ce grade, encore pratiqué dans certains pays, est - ainsi que les deux suivants - la continuation de la légende du meurtre d'Hiram. Le rituel raconte que Salomon, après les funérailles solen­nelles d'Hiram, réunit les Maîtres ; il fait tirer au sort les noms de neuf d'entre eux et les charge de la vengeance de la victime par la punition des meurtriers, dénoncés par leur fuite et par l'abandon de leurs outils. A ce grade, la vengeance se trouve accomplie à l'égard de l'un d'eux.

 

Dixième Degré, Illustre Elu des Quinze.

 

Quinze Grands Élus, choisis par Salomon parmi les maîtres les plus dignes et les plus zélés, se mettent à la recherche des deux autres meurtriers, qui reçoivent le châtiment de leur crime.

 

Les grades d'Elu ont donné lieu à bien des interprétations tendancieuses, en raison de l'idée de Vengeance qui les caractérise. En fait, il Vous a été enseigné que les trois mauvais Compa­gnons, qui ont tué Hiram, sont l'Ignorance, l'Orgueil et l'Ambition. Aussi, la vengeance dont parlent les grades supérieurs, est-elle le triomphe sur les imperfections de notre nature spiri­tuelle, qui ne sont pas nécessairement au nombre de trois, nombre symbolique, mais tous les obstacles que rencontre l'esprit humain pour atteindre la vérité, ennemis qui ne sont pas hors de lui, mais en lui.

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Grand Maître Architecte : un thème du 12ème degré

27 Août 2012 , Rédigé par Claude Llorens, 30e Publié dans #Planches

Lorsque le sujet de la planche que je vous soumets ce soir me fut communiqué, mon plaisir fut grand. Le grade de Grand Maître Architecte me plaît et la lecture de son rituel fut une grande joie pour moi. Mais au fur et à mesure que je tentais d'approfondir ma re flexion, la complexité et la difficulté de ma tâche apparurent, tant ce degré est riche.

- Il est riche, tout d'abord, par le sujet : dans ce degré, le thème légendaire n'est plus la construction du Temple, mais l'entrée en une École d'Architecture, pour y recevoir son enseignement.

- Il est riche par le symbole : le Maçon n'est plus en possession d'outils de la construction, comme les Apprentis, Compagnons ou Maîtres1ni de bijoux, comme les titulaires des grades précédents de la Loge de Perfection il possède un étui de mathématiques.

- Il est riche enfin par sa finalité la finalité de ce degré n'est plus de dispenser un savoir-faire, comme dans les grades précédents, mais de façonner un certain savoir-penser qui sublimera le savoir-faire que les Loges symboliques des trois premiers grades ont dispensé.

Ainsi, fondé sur la connaissance, et sur la transmission de cette connaissance au travers de l'École ainsi créée, le grade de Grand Maître Architecte, apparaît comme la fin d'un cycle, et l'annonciateur d'un cycle nouveau. Et pour employer le langage de Daniel Beresniak, il clôt l'initiation artisanale et annonce l'initiation chevaleresque que nous conféreront les 13e et 14e degrés. Ce degré, en effet, achève la formation du Maître et annonce déjà l'Élu que façonneront les 13e et 14e degrés.

Selon la tradition maçonnique, le grade de Grand Maître Architecte aurait été fondé par Salomon. Il voulait, par cette création, récompenser ceux qui ont surmonté les épreuves antérieures des grades de Justice (expression que je préfère à celle de grades de vengeance, appellation que j'estime anti-maçonnique et que je n'emploie jamais). Il voulait aussi Iles préparer à entreprendre, dans les degrés suivants de la Loge de Perfection, une nouvelle descente sous la terre.

La recherche et la transmission de la connaissance, thèmes essentiels du grade, fondamentaux pourrions-nous écrire, nous apparaissent tout d'abord dans l'existence de cette École d'Architecture. L'École a pour mission la consécration du Maître, sous l'appellation de Grand Maître Architecte, dont la formation a été entreprise à partir du 3e degré, de manière fort symbolique, et s'est développée du 4e au 8e degré.

Cette École, selon la légende du grade, devait recruter ses élèves dans le monde entier et enseigner les principes devant régénérer l'Humanité. Au savoir architectural et scientifique, elle devait ajouter les principes moraux régissant l'universalité des hommes.

Relativement à cette formation, qui s'étend sur plusieurs degrés, avec une continuité et une cohésion remarquables, comme nous le verrons plus loin, Raoul Berteaux, dans "La Symbolique de la Loge de Perfection" remarque que « ... la formation du Maître, pour la construction du Temple, resterait inchangée si Hiram-Abi était décédé de mort naturelle... ». Peut-être bien, répondrais-je, mais en est-on sûr ? Et en tout état de cause, si Hiram était décédé de mort naturelle, la dramaturgie des conséquences de cet acte et de cette formation en eût été changée. En effet, le meurtre d'Hiram dévoile l'affrontement de deux sentiments contradictoires l'agressivité de ceux qui exigent l'obtention d'une faveur, l'angoisse de celui qui refuse d'accorder cette faveur. Et chacun des antagonistes éprouve une souffrance intérieure qui, pour être commune, n'en est pas moins douloureuse. Devant cette souffrance, Hiram, après avoir tenté de se protéger, se met à fuir ; mais il est rattrapé et subit une seconde attaque la souffrance se transforme alors en peur Et là se produit un événement lourd de conséquences : Hiram, qui comprend qu'on lui demande le Mot de Maître, ou le Mot du Maître, se tait, et se fait même lorsqu'il subit la troisième attaque. Par ce silence, qui entraîne la mort, il brise sa peur et se libère la conquête de cette liberté est un fort enseignement de la formation du Maître. Certains auteurs, constatant que cette formation repose, non seulement, sur la connaissance, mais surtout sur la transmission de la connaissance, ont cru voir, dans le degré de Grand Maître Architecte, un degré de pédagogie et ont qualifié le Maître enseignant de pédagogue. Tel n'est point mon avis, car le pédagogue, dans son enseignement, va tenter de modeler l'esprit de son élève, au nom de l'apprentissage de la liberté intérieure. A l'École d'Architecture, au contraire, le Grand Maître ne peut enseigner que dans le respect absolu de la liberté de l'élève. Le Maître, dans l'enseignement initiatique, se contente d'aider l'élève à trouver son chemin, ne lui fournissant, non les réponses, mais les questions et les moyens pour trouver son chemin. La méthode de l'architecte remplace la technique du Maçon. Et Raoul Berteaux de conclure ..... Ce meurtre est imaginé pour amener un thème sacrificiel... » Et c'est là l'essentiel, qui donne ce sens si particulier à la formation initiale du Maître-Maçon lutter contre les symboles que représentent les trois mauvais Compagnons et conquérir sa liberté. Ce fait montre, à l'évidence que le travail reste encore à taire, car l'existence de ces Compagnons indique, de manière évidente, que l'enseignement d'Hiram ou bien n'a pas été achevé, ou bien n'a pas été compris. D'autre part, depuis la mort d'Hiram, on est en droit de se demander comment s'effectue la transmission de la connaissance, car jusqu'au 11e grade, d'autres tâches ont absorbé les Maîtres : organisation des obsèques, remplacement d'Hiram dans les tâches matérielles du chantier, recherche et arrestation de ses meurtriers, jugement, condamnation et exécution. On manque donc d'un guide. De toutes façons, le flambeau doit être relevé et être poursuivie l'oeuvre interrompue par la mort d'Hiram c'est pour cela que l'acte novateur et important a été la création de cette Ecole d'Architecture.

L'enseignement dispensé dans l'école, pour l'édification des Maîtres va être diversifié et concernera les trois genres d'architecture (civile, militaire et navale), les dix-neuf sciences (dont l'arithmétique, la géométrie, l'optique, le dessin, la mécanique, la coupe des pierres, la coupe des bois, les mesures, la physique, etc. et les cinq ordres d'architecture (le toscan, le dorique, l'ionique, le corinthien, le composite).

Le Maître, parvenu à ce degré, et recevant l'enseignement de l'École, n'est plus un artisan, il devient étudiant-chercheur il quitte son état opérationnel pour atteindre le domaine spéculatif. La formation du Maître ne change pas seulement de niveau, elle change de nature et il y a rupture dans le cycle de formation. La rupture est dans le rythme, dans l'aspect qualitatif, pas dans la conception de l'enseignement dispensé sur ce point, il y a complémentarité à l'enseignement pratique s'est substitué un enseignement plus théorique, ou théorisé. Mais il s'agit toujours d'armer le Maître pour les combats futurs contre les perversités déployées par les mauvais Compagnons. C'est pourquoi la connaissance acquise au 12e degré est de transmettre, avant tout, le désir de se questionner soi-même «Vous ne serez jamais initié que par vous-même».

La construction du Temple n'est plus évoquée dans ce degré, du moins directement car indirectement, l'architecture dont il est question en ce grade ne peut que nous faire penser à la construction, mais à une construction virtuelle, au concept de construction. Cela voudrait-il nous faire entendre que, pour l'essentiel, la construction est achevée ? D'autant qu'il ne sera plus question de construction du Temple dans les degrés suivants. Des indices nous sont donnés au grade de Chevalier de Royal Arch, dans tes deux versions du récit légendaire du grade. Dans le récit d'Enoch, le Roi Salomon, qui reçoit des mages, après la fouille des ruines d'un ancien Temple, la plaque d'or triangulaire enchâssée dans une pierre d'agate, ordonne d'installer cette pièce dans la Voûte Sacrée située sous le Saint des Saints ce récit laisse supposer que la crypte, déjà bâtie, est aménagée, et que la majeure partie du Temple est construite. Dans le récit cabalistique, trois Mages, durant la captivité de Babylone, arrivent sur les ruines du Temple de Salomon après avoir parcouru les neuf voûtes souterraines, ils découvrent une pierre d'agate triangulaire sur laquelle est gravé le Tétragramme sacré cette découverte montre que Salomon avait fait aménager les voûtes souterraines, et donc que le Temple était, sinon achevé, tout au moins en bonne voie d'achèvement.

*

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Le symbole premier du grade de Grand Maître Architecte, instrument nécessaire pour l'acquisition de la connaissance est l'étui de mathématiques. La signification de cet étui est importante et fait l'objet d'une définition dans le rituel d'ouverture : si le Grand Maître Architecte a étudié la Mathématique, ce ne peut être que la Philosophie, affirme le 1er Excellent Gardien, et encore, il s'agit d'une branche particulière de la Philosophie : la Logique. Or, l'on sait que la Logique est l'Art de bien raisonner et prend une part importante dans le savoir-penser que façonne, en l'esprit du Maître ce degré. Dans ses travaux, le Grand Maître Architecte se sert aussi du papier, de l'encre de chine, de la planche à tracer. Ces instruments destinés au travail intellectuel se retrouvent symbolisés dans le signe d'ordre du grade : Poser la main droite sur la gauche, comme si l'on tenait, de l'une, un crayon, de l'autre, une planche à tracer ; on fait le mouvement d'y dessiner un plan, en regardant, par intervalles, le Grand Maître qui est censé en indiquer le sujet.

Que trouve-t-on dans l'étui de mathématiques ? Les divers auteurs ne sont pas d7accord sur la composition de cet étui et leur énumération est différente d'un ouvrage à l'autre. La consultation des deux rituels en ma possession n'a pas été plus convaincante. Le rituel utilisé dans certaines Loges de Perfection du Suprême Conseil du G... O... D... F... - oeuvre de la Loge Alpha de Bordeaux - n'offre pas de réponse à la question posée. Un ancien rituel du XVIIIe siècle, ou du XIXe, énumère, lui, dans le rituel d'ouverture des Travaux, les instruments contenus dans l'étui : une équerre, un compas simple, un compas à quatre pointes, un compas de proportion, une règle, un aplomb, un demi-cercle ou rapporteur. Si le compas simple sert à tracer les courbes, les cercles, les angles et à prendre les mesures, le compas de proportion est constitué de deux règles graduées permettant, comme son nom l'indique, à établir des proportions le compas à quatre pointes est constitué de deux branches réglables dans leur longueur, permettant de tracer des cercles, concentriques ou non, de dimensions différentes : «je sais me servir du compas » affirme le 1er Excellent Gardien dans le rituel d'ouverture du 12e degré du Suprême Conseil du R... E... A... A..., ce compas « instrument fondamental du travail mathématique, qui sert aux Grands Maîtres Architectes symbolistes à figurer l'esprit de Géométrie, c'est-à-dire l'Art du raisonnement du Philosophe) poursuit-il bref, le compas est emblématique des actes qui retracent «les diverses opérations logiques par lesquelles l'esprit humain coordonne ses connaissances et construit ses systèmes »conclue-t-il. Dans l'étui, on retrouve, aussi, les outils que les Apprentis et Compagnons ont utilisé, sur leur chantier, après avoir appris leur utilité symbolique si l'équerre représente la rigueur du raisonnement, ce qui justifie son emploi dans un degré qui utilise la Logique comme mode d'acquisition des connaissances, elle symbolise aussi la beauté, par l'harmonie du dessin de son angle droit. La règle mesure les dimensions, mais sert aussi à tracer des traits pour l'esquisse des plans. L'aplomb doit diriger l'élève dans le cheminement vers un plus grand volume de connaissances, afin de s'élever dans la conquête de soi. Avec le demi-cercle, on revient aux dessins des courbes et aux tracés des volumes.

Par ces explications, on discerne l'usage que l'on peut tirer de l'utilisation de l'étui de mathématiques : dessiner des plans, de plus en plus complexes, de plus en plus élaborés. Dans quel but ? Dans le but d'édifier son propre édifice, son propre Temple intérieur, à la fois intellectuel et moral, mais aussi, mais surtout pourrions-nous dire, en tracer les voies d'accès, en choisissant l'ordre d'architecture qui convient, au cours d'une redescente en soi, véritable conquête intérieure, véritable étude pour une maîtrise de plus en plus complète de ce moi caché qui préside à notre propre destinée. Ce sera là l'effort de chacun, lorsque le Grand Maître Architecte aura tendu, à chacun des élèves de l'École, l'étui de mathématiques, pour l'ultime enseignement initiatique du grade de Maître.

Ce dépassement, fruit de l'étude et de l'acquisition de la connaissance, permet à l'Architecte étudiant, une approche nouvelle de la qualité de Maître : il a conscience que, maintenant, son enseignement fait partie du sacré, le préparant aux grades suivants qui l'intègreront à la chevalerie, manifestation humaine du sacré. Et c'est parce que notre nouveau Maître Architecte atteint les portes du domaine sacralisé et les voit s'entrouvrir que la Loge dans laquelle il travaille n'a pas besoin d'être couverte pour se protéger : « La garantie de notre secret réside dans notre Science même ; il ne suffit pas de nous entendre pour acquérir cette science, il faut aussi nous comprendre et l'on ne peut nous comprendre qu'en ayant l'intelligence naturelle nécessaire et après avoir accomplis les travaux préparatoires » explique le 1er Excellent Gardien ,dans le rituel d'ouverture du grade du Suprême Conseil. Au contraire, le rituel ancien que je citais précédemment procédait à la vérification de la couverture de l'Atelier : '"La Loge est à couvert, j'ai vérifié que les portes et les fenêtres sont bien fermées, aucun profane ne peut pénétrer nos mystères" répond le 1er surveillant. Une telle action c'est, à mon sens, se priver d'une grande dimension d'émotion et porter atteinte au caractère sacré de l'enseignement dispensé.

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Le grade de Grand Maître Architecte, en dernier lieu, façonne un savoir-penser qui complète, en le sublimant, le savoir-faire que la Loge symbolique a permis au Maître, d'acquérir. Mais pour dispenser ce savoir-penser, les créateurs du grade auraient pu jeter les fondations d'une Haute Ecole de Morale, dans l'esprit du XIIe siècle qui façonna un type d'honnête homme peut-être, auraient-ils pu s'inspirer, aussi, du Lycée d'Aristote, où l'on enseignait la Philosophie, l'Éthique, mais aussi la Physique. Nos ancêtres préférèrent perpétuer le mythe de la construction du Temple, même s ce mythe n'était plus explicité, à travers les thèmes de l1Architecture. Ils passèrent ainsi, de manière subtile, de la construction du Temple à la construction du savoir, faisant muter la Loge de Perfection vers la spiritualité, déployant un véritable art de la gnose, caractéristique de ce 12e degré.

Pour le rituel ancien, déjà cité et étudié, la suprême ambition du Grand Maître Architecte est triple - mais chacune de ces ambitions est la suite et la conséquence de celle qui précède. Il est intéressant de s'arrêter quelques instants sur cette triple ambition, car elle va éclairer l'étude de notre degré :

- Faire vivre en lui la vérité mais le Grand Maître Architecte, dans sa sagesse, va bien vite s'apercevoir qu'en ce domaine, il va lui falloir faire la distinction entre la Vérité, qui est Connaissance absolue, ou Connaissance de l'Absolu, et la connaissance, qui est simple rapport entre un objet et un sujet ; en d'autres termes, entre quelque chose qui se trouve à l'extérieur de l'homme et l'esprit humain qui appréhende cette chose ; entre l'homme et ce qui est apparence.

- Manger du fruit de l'Arbre de la Connaissance et nous voici replongé à l'origine de l'Humanité, à cet âge antéhistorique où l'homme n'avait aucune conscience - c'est-à-dire connaissance de son état, de sa condition. Il ne savait pas qu'il était prédéterminé. Ce n'est qu'après avoir mangé du fruit de l'Arbre de la Connaissance qu'il se rendit compte qu'il était nu, c'est-à-dire habillé de lumière, comme l'Apprenti qui venant de triompher des épreuves de l'incitation, n'est plus que vêtu de Lumière. Et si Adam a honte de cette connaissance, c'est qu'il en ignore la richesse. C'est alors que prend tout son sens la phrase prononcée à l'entrée du profane, juste avant les épreuves capitales Ni dévêtu, ni vêtu ; non point parce qu on ne sait comment définir son habillement, à moitié vêtu, à moitié dévêtu ; cette phrase doit être entendue au sons symbolique ni dévêtu, le profane n'a pas encore ôté la tunique du vieil homme il est encore prisonnier de la vie profane, des préjugés, des valeurs factices, il possède encore ses métaux ; ni vêtu, il ne renaît pas encore à sa vie nouvelle, il n'a pas encore revêtu l'habit de lumière. C'est ce vêtement que recherche le Grand Maître Architecte.

- Être un Dieu il nous faut modérer la portée de cette dernière ambition ; Le Grand Maître Architecte n'est Dieu que dans la mesure où il modèle l'espace, dans la mesure où il opère le passage de l'indifférencié à la forme ; il organise plus qu'il ne crée mais cette organisation demandera à l'élève de l'École d'Architecture un effort de tous les instants, animé par une constante et inaltérable volonté. Il doit pénétrer le mode intelligible par l'approche du savoir absolu, intégrant tous les savoirs acquis, afin de construire, patiemment, le Temple spirituel. C'est en ce sens que certains auteurs ont voulu voir, dans le Maître Architecte, un encyclopédiste.

Mais rien qu'un encyclopédiste ? L'ambition d'être Dieu revêt deux aspects :

· Le premier aspect, c'est la liberté totale dont doit jouir le Grand Maître Architecte pour la réalisation de ses travaux ; on a vu pourquoi.

· le second aspect, c'est que ce degré est caractérisé par la Parole, véhicule de la Pensée, marque de communication de la Science et relation que jadis, nous a-t-on dit, Dieu a noué avec les hommes. Cette Parole s'organise autour des instruments qui composent l'étui de mathématiques et qui permettent de dessiner, de projeter l'encre, opérations qui deviennent parlantes, même si le silence peut les définir ; la beauté d'un dessin, l'émotion ressentie devant une représentation sont parfois plus éloquentes, plus expressives qu'un mot, une phrase. C'est pourquoi certains auteurs ont qualifié l'étui' de mathématiques de grammaire universelle. Cette grammaire est l'architecture de la pensée et du coeur, comme la grammaire courante est l'architecture de la parole.

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Ainsi, c'est par ses qualités, par son savoir, par sa recherche, par sa tentative de liaison entre le visible et l'invisible, que le Maître Architecte retrouve, on le dévoilant, le lien mystérieux qui unit la conscience macrocosmique de l'Univers et la conscience microscopique de l'homme, dans une unité réaffirmée. Ce secret de la connaissance a, jadis, été gravé sur la fable d'Émeraude, dont la transmission a été attribué à Hermès Trismégiste et qui fondait l'unité de l'univers, faisant retrouver à l'homme son essence originelle. De la sorte, l'Être intérieur s'unit à l'Être extérieur, comme un écho intemporel à la Parole biblique tirée du Livre de la Sagesse et qui marque, de manière non équivoque, l'unicité du Grand'œuvre «Nous avons créé le monde par poids, volume mesure».

Source : http://esmp.free.fr/

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Étude au 12e degré dit Grand Maître architecte

27 Août 2012 Publié dans #Planches

Au cours de cette tenue, nous allons brièvement aborder la symbolique du 12e degré dit du Grand Maître Architecte. C’est le premier degré de la troisième et dernière classe des 11 degrés de la loge de perfection.

Cette dernière classe comprend :
12e degré : Grand Maître Architecte
13e degré : Royal Arche
14e degré : Grand Elu de la Voûte Sacrée Parfait et Sublime Macon

Selon Raoul BERTEAUX le degré principal cette classe est celui de Royal Arche encadré par deux degrés de consécration celui des maîtres sous le titre de Grand Maître Architecte et celui des Élus, sous le titre de celui de Grand Élu de la Voûte Sacrée Parfait et Sublime Macon
Avec les grades du 9e, 10e et 11e degrés nous avons vu se développer trois thèmes qui concernaient :
la vengeance avec le 9e
la justice avec le 10e
la récompense avec le 11e Les trois mauvais compagnons ont été recherchés et punis et les maîtres qui avaient participés à leur recherche et avaient accomplis l’oeuvre de justice demandée par Salomon ont été récompensés.

La légende qui concerne le 12e degré se rapporte à la désignation du successeur d’Hiram. Le roi Salomon aurait créé ce grade pour récompenser ceux qui ont donc surmonté les épreuves de la classe des Elus et nous avons vu que symboliquement ces épreuves étaient particulièrement difficiles.
Salomon voulait former une école d’architecture pour ceux qui ayant surmonté les épreuves de la classe des Elus conduiraient les travaux du temple, et aussi encourageraient les vrais maçons dans le progrès de l’Art Royal. C’est ainsi qu’il créa ce grade sous le titre de Grand maître Architecte.
Ce 12e degré est un degré de consécration, il définit la fin de la lignée des maîtres, comme le 14e degré consacre la fin de la lignée des Elus.

La décoration du temple
le temple est tendu de blanc parsemé de flammes rouges
il y a trois lumières une à l’orient, une au sud et une à l’occident
Sur la table des trois premiers officiers est un étui de mathématiques
Au milieu du temple est une planche à dessin avec papier et instruments à dessin ainsi qu’un siège devant la planche à dessin
On trouve au nord les sept étoiles formant la grande ourse et l’étoile polaire
A l’est l’étoile de Jupiter représentant l’étoile du matin
D’après PIKE, on peut trouver à l’orient derrière le sublime grand maître une représentation des cinq colonnes représentant un ordre différent d’architecture : toscan, dorique, ionique, corinthien et composite

La loge et les officiers de loge

1 - L’atelier s’appelle l’archiloge de Boulomie
On peut comprendre archi loge comme l’école de l’architecture ou la loge des sciences de l’architecte. Le second nom qui est donné à la loge est Boulomie qui est traduit dans le rituel par « l’endroit où l’on veut » ; Mais comme au 4e degré il nous est demandé » de ne pas prendre les mots pour des idées et de ne prendre pour vrai que ce que l’on a reconnu comme tel ».
J’ai donc procédé à une petite recherche :
 
D’abord, je n’ai trouvé nulle part la trace de ce néologisme : Boulomie. J’ai tout d’abord établi un rapprochement de structure avec boulimie qui signifie une faim insatiable, un désir intense. Ne dit-on pas au sens figuré une boulimie intellectuelle pour signifier une grade avidité intellectuelle.
 
Mais dans boulomie on trouve aussi boulo, par euphonie on peut établir un lien entre bouleau et boulot. N’oublions pas que le bouleau est un arbre au bois dur dont on faisait des sabots. C'est-à-dire du bouleau ! c'est-à-dire travailler, a pu faire penser à la valeur de boulot donc de travail, d’effort, de difficulté qui demande de la volonté
 J’ai rapproché ensuite le mot boulomie du mot aboulie qui signifie, qui ne manifeste aucune volonté. Le mot aboulie vient du verbe grec boulesthai qui signifie vouloir et ce verbe repose sur la même racine ballein qui signifie « atteindre par un trait » ; quand on sait qu’au milieu de la loge au 12e degré est une planche à dessin avec les outils du dessinateur et que ce degré est appelé grand maître architecte, on ne peut qu’être sensible à la traduction du verbe ballein : atteindre par un trait. Donc nous sommes dans un atelier appelé boulomie où nous devons être des boulimiques du vouloir et développer l’art du trait.

2 – La place du président ou sublime grand maître est à l’orient ou MEROGENIE ce qui traduit dans notre rituel par (le coté de la naissance). Mérogénie viendrait du grec méro qui signifie partie et du suffixe génie qui signifie formation, production ce qui nous renvoie à genèse. La mérogénie qui est aussi un néologisme est le lieu de naissance. Quel est ce lieu ? Est ce un simple point dans l’espace cosmique ? L’est, d’où vient la lumière physique ou est ce le lieu où naît la lumière spirituelle, la matrice où elle se développe avant de naître ? Nous sommes peut être invités à dépasser cette notion liée aux points cardinaux, la dimension cosmique du phénomène, pour atteindre sa dimension humaine et spirituelle ainsi par rituélique.

3 – Les surveillants ou excellents gardiens siègent à l’occident ou MERITHANATIE (ou côté de la mort) Méri, Mero signifie partie, coté et thanatie vient de thanatos qui signifie mort. Ce nouveau néologisme se comprend plus facilement. C’est le côté où le soleil se couche où la lumière s’éteint, mais par ce néologisme nous nous éloignons de la notion cosmique pour atteindre ainsi à la notion spirituelle.
Entre la Mérogénie, ce lieu de la naissance de la lumière spirituelle et le Mérithanie, ce lieu de la mort de la lumière spirituelle se déroule la vie de la lumière spirituelle qui resplendit sur la planche à dessin et les outils du dessinateur au milieu de la loge et sur le siège de celui qui grand maître architecte développe l’art du trait. Entre sa naissance et sa mort, la vie spirituelle se développe au coeur de l’archi loge ou boulomie c'est-à-dire au coeur du VOULOIR au coeur de la VOLONTE.
Cela signifie que nous devons nous élever au dessus des contraintes terrestres et physiques pour pénétrer le monde des intelligibles par une quête de l’absolu afin de construire le temple spirituel.

4 – Les autres officiers sont :
l’orateur appelé le Rhéteur c'est-à-dire le maître de la rhétorique ou science du discours.
Le secrétaire est appelé l’Aporète ceci est un autre néologisme pouvant peut être signifier le maître en scepticisme, un aporétique étant un sceptique
Le trésorier est l’économe
L’hospitalier est l’Evergite c'est-à-dire bienfaisant
Le maître des cérémonies est le Liturgiste.

5 - Les rangées des sièges (colonnes) sont appelées STYLES : style du nord, style du midi. Il s’agit là aussi d’un néologisme qui viendrait du grec stulos qui signifie colonne. N’oublions pas qu’un stylite était un ascète vivant en haut d’une colonne. Ne serions nous pas quelque part des ascètes non point en haut d’une colonne mais sur les colonnes ?
Sachant qu’une ascèse est une discipline que l’on s’impose pour tendre vers la perfection morale, pour affranchir l’esprit dans le domaine religieux ou intellectuel ou spirituel.
Où l’on voit que ces différents néologismes ont pour objectif de nous faire sortir des mots habituels pour que s’éveille à nouveau notre réflexion. Il importe d’introduire une rupture sémantique dans le déroulement rituélique afin d’éveiller à nouveau notre attention, notre compréhension.

Le mémento du grade
Signe. Etant à l'ordre, feindre de tracer un plan, avec le pouce droit, sur la paume de la main
gauche, tout en regardant le Sub
G M
Attouchement. Entrelacer les doigts de la main droite avec ceux de la main gauche de l'autre F
. Mettre ensuite l'autre main sur la hanche.
Mot sacré. ADONAI.
Mot de passe. HAMON
Marche. Trois pas en équerre, le premier lent, les deux autres précipités.
Batterie. 1+2+2+1+2+2
Age. L'âge de la Plénitude, 45 ans.
Insignes. Tablier blanc doublé et bordé de bleu ; une poche au milieu.
Cordon bleu de droite à Gauche. Nous retrouvons les couleurs du tablier et du cordon de maître en loge bleue n’oublions pas
que ce 12e grade est le degré de consécration des degrés de maître.
Bijou : un carré parfait, sur l'une des faces duquel sont gravés quatre demi cercles devant sept étoiles. Au centre est un triangle renfermant un A. De l’autre côté sont les cinq ordres d’Architecture ; au-dessus un Niveau, au-dessous une Equerre, un Compas et une Croix au milieu la lettre -M. Au bas des cinq colonnes sont les lettres C
DTIC La lettre A au centre du triangle rappelle l’initiale du mot sacré ADONAI La lettre M au milieu du tablier doit rappeler les initiales des mots Mérogénie et Mérithanatie lieu de naissance et de mort. Les lettres CDTIC sont les initiales des cinq ordres d’architecture. La poche au milieu du tablier doit permettre d’y placer les plans.

Quelques remarques à propos du rituel d’ouverture des travaux de loge. J’attirerai votre attention sur cinq points.

1. Le rituel d’ouverture a longuement développé la symbolique du compas. Rappelons nous qu’au grade de maître secret nous sommes passés de l’équerre au compas. Le 12e grade étant un grade de consécration de la classe des maîtres, le rituel nous inscrit totalement dans cette continuité et développe à cette fin le symbolisme du compas, de la circonférence et du centre.
Il témoigne ainsi de la valeur du compas en qualité de symbole.

2. Le rituel brièvement nous demande : quels furent nos premiers travaux avant notre admission au 12e degré et nous répondons que nous avons balayé la chambre des dessins, délayé l’encre de chine et collé les papiers sur les planches. Ceci signifie que nous nous sommes préoccupés des travaux préparatoires, des connaissances élémentaires indispensables au travail requis au 12e degré. Ce que nous avons fait jusque là nous a simplement préparé.

3. le rituel nous demande maintenant ce que nous faisons au 12e degré et nous répondons « je veux ! et je construis » je veux suivi d’un point d’exclamation et je construis. La volonté est ici affirmée comme une qualité morale première et fondamentale. Le point
d’exclamation est là pour montrer la puissance symbolique. Le je construis est en dépendance de la volonté. Il lui est second, il est coordonné par la conjonction de coordination et témoignant ainsi de sa filiation avec le VOULOIR.

4. le rituel nous demande ensuite notre âge symbolique notre réponse est : « l’âge de la Plénitude 45 ans » . la majuscule confère au mot plénitude une valeur supplémentaire qui ne désigne pas simplement un état comme dans l’expression « la plénitude de ses moyens » c'est-à-dire la totalité de ceux-ci mais une qualité morale, spirituelle qui distingue cet âge des autres âges. C’est l’âge de la plénitude sans que s’ajoute un complément à ce nom. C’est l’essence même de la plénitude qui ne requiert alors aucun complément puisqu’en principe elle les contient tous.

5. Comme vous l’avez remarqué, c’est la première fois au cours d’un rituel d’ouverture des travaux que l’on ne demande pas de s’assurer si le temple est couvert. Toute la problématique du secret maçonnique est ici présentée c ar la garantie de notre secret est-il dit « réside dans notre science même » qui n’est en fait accessible qu’à celui qui en a l’intelligence naturelle et qui a accompli les travaux préalables nécessaires. Donc au 12e degré nous n’avons pas à nous mettre à couvert. Notre science nous protège. Et si quelqu’un venait à nous comprendre et surprit nos secrets, ce serait un grand bien car cela ferait un GMA de plus. Et donc si l’on semble se cacher c’est pour créer l’attrait du mystère afin de susciter de venir parmi nous. Le secret maçonnique est abordé de façon positive comme une chose aussi à partager avec ceux qui en ont la compétence et le désir. Nos rituels, nos symboles s’ils donnent l’impression que nous nous cachons, c’est aussi pour créer l’attrait du mystère et le désir de nous rejoindre ; le secret maçonnique ne serait-il pas aussi une forme de prosélytisme ?

Morale du grade : Le MAdoit posséder les vertus et les sciences qui forment la base de toute perfection.

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REAA : les 11ème et 12ème grades

27 Août 2012 , Rédigé par Gilles Bui-Xuan Publié dans #hauts grades

Le 11ème grade est celui de « Sublime Chevalier Élu ».

C'est probablement le grade le plus paradoxal, car si Chevalier il y a, il n'est pas élu au sens commun du terme, c'est-à-dire par une élection, et à défaut d'être « sublime » il doit forcément être « subtil ». A la réception au 11ème grade, il est dit: « C’est parmi les Quinze que Salomon choisit les douze chefs des Tribus d’Israël. » L'allégorie est belle, mais elle n'est exacte ni sur le plan historique, ni sur le plan symbolique et initiatique. sur le plan historique : Selon la Bible, les douze fils de Jacob seraient les ancêtres des douze tribus d'Israël. Poussés par la famine qui sévissait en Terre d'Israël, Jacob et ses enfants se rendirent en Égypte. Au 12e siècle avant notre ère, les tribus d'Israël s'installèrent sur les deux rives du Jourdain. La période des juges, qui dura deux siècles, commença alors. La fonction du gouvernement était fondée sur le principe de l'autonomie des tribus qui accordait aux chefs, tant au niveau tribal que national, le rôle essentiel de l'exercice du pouvoir judiciaire. Au 11e siècle avant notre ère, le premier roi d'Israël fut Saul (1020-1004 avant J. C.), suivi de David. La construction du premier Temple de Jérusalem est entreprise par Salomon en 960 avant J.C. On peut donc noter que la période des juges a précédé de plus de deux siècles le règne de Salomon. sur le plan symbolique, le Sublime Chevalier Elu est aussi appelé « l'Elu des Douze ». C’est le dernier degré de la classe des Elus qui en comprend trois : le 9ème degré dit l’élu des neuf, le 10ème degré dit l’élu des quinze et le 11ème degré dit l’élu des douze. Ce dernier est un degré très particulier sur le chemin initiatique puisque c’est un degré de RECOMPENSE. Symboliquement la classe des élus correspond à ce qu’on appelle « la descente aux enfers » ou l’œuvre au noir. Ces trois grades symboliseraient en quelque sorte trois moments de l’œuvre au noir. Au 9ème, c’est la descente aux enfers, au 10ème la remontée à la conscience, à la lumière, et au 11ème la récompense qui vient couronner cette trajectoire parsemée d’épreuves qui ont été surmontées et dans laquelle, si le mérite joue bien sûr un rôle, le hasard joue n’en joue pas moins le sien. Voici le récit historico-mythique du 11ème degré résumé par Raoul BERTEAUX :« Après avoir puni les meurtriers d’Hiram, Salomon est résolu de récompenser le zèle et la constance des Elus des quinze en créant un nouveau grade, celui de l’élu des douze. Il les fit désigner par le sort et les constitua en Chapitre. Il leur donna le gouvernement des douze tribus et leur conféra le titre de Nasiah Ameth (ou Emeth). Nasiah signifie Prince ou chef, Ameth signifierait vérité ou homme fidèle….C'est parce que des plaintes sont exprimées concernant la levée des impôts dans le royaume qu'est proposé au roi Salomon de ne plus affermer les impôts, mais de confier la gestion à des officiers du roi, agissant comme des représentants dans chacune des provinces du royaume. Salomon décide que la désignation des douze élus se fera par tirage au sort parmi les quinze ».La classe des Elus forme un ensemble et le 11ème degré apporte une sorte de conclusion dont le fondement peut nous interroger. En effet, par rapport à tous les grades depuis celui d’apprenti, l’impétrant au 11ème degré n’a pas de réelles épreuves à surmonter, ou plutôt si, seulement une seule, qu’il a subi par deux fois, à savoir le tirage au sort, afin d’être parmi ceux qui seront récompensés par rapport à tous ceux qui ont accompli le même devoir, c’est-à-dire surmonter les dernières épreuves sacrificielles. Ils ont tous accompli leur devoir, conformément aux ordres, mais seulement quelques-uns seront choisis par le hasard pour être élevés au 11ème degré que Salomon créé spécifiquement pour eux. A première vue, cet acte de récompense de la part du Roi, porterait une part d’injustice puisque parmi ceux qui en principe y auraient droit, tous ne seraient pas directement concernés. Mais ne doit-on n’apercevoir que la récompense visible, palpable et matérielle qui est donnée à quelques uns ? Le roi décide bien du principe de cette récompense, mais il n’est pas l’acteur direct de celle-ci. C’est le hasard qui en dernier lieu décide. Donc quelques uns seront écartés, par le hasard, de la récompense matérielle du roi. Mais le sont-ils en fait sur le plan spirituel ? C’est peut-être l’autre dimension initiatique de ce degré. Nous devons nous interroger sur le sens profondément initiatique de cette épreuve qui touche le Moi de ceux qui par désobéissance ont accompli leur devoir et dégager le sens qu’elle peut prendre à nos yeux. Quel sens revêt cette récompense matérielle pour l’ego de ceux qui en bénéficient par l’effet du hasard ? Mais quel sens peut également revêtir cet effet du hasard pour l’ego de ceux qui peuvent le ressentir comme une forme d’injustice ? Ne pas être récompensé alors que l’on a accompli son devoir comme les autres, qui eux sont récompensés, est une épreuve autrement difficile qu’il faut apprendre à surmonter. Il faudrait d’ailleurs dégager le positif et le négatif de ces deux situations à vivre comme à surmonter. Car être récompensé alors que d’autres FF:. ne le sont pas est aussi une épreuve à vivre et à surmonter.

Après la vengeance qui caractérise le 9ème grade...Après la justice qui caractérise le 10ème grade...

le 11ème grade est un acte de justice, mais d’un tout autre ordre. Un acte de justice qui semble porter en lui-même une dimension d'injustice. S’il est juste de récompenser tous ceux qui ont accompli par obéissance leur devoir, est-il juste de ne récompenser par tirage au sort que quelques uns ? Doit-on penser qu’un acte de justice, quel qu’il soit, est en lui-même toujours incomplet ? Doit-on croire qu’aucune justice n’est parfaitement juste et ne peut pas l’être, soit parce que le principe sur lequel cette justice s’appuie est imparfait, incomplet, insuffisant, soit parce que le hasard peut aussi jouer un rôle dont on ne peut a priori prévoir les effets. En bref la justice humaine ne peut en principe être juste et parfaite : elle est parcellaire, limitée et faillible. Il est donc clair que ces trois degrés nous conduisent à méditer sur la notion de justice. Par ailleurs que recouvre la notion de « juste récompense » pour un franc maçon ? quand une sentence du 11ème grade affirme : Les FF :. dignes reçoivent tôt ou tard leur juste récompense. Cette déclaration, en apparence toute simple, mériterait une longue réflexion. L’humilité est en fait la valeur fondamentale de la classe des Elus. Le tirage au sort associe dans son principe égalité, justice et humilité par des liens étroits.. Et cette valeur est à nouveau affirmée au 11ème degré car là, notre devoir est d’accepter d’être tiré au sort pour être récompensé, ou ne pas l’être, alors que nous avons accompli les mêmes épreuves avec succès. Nous nous éloignons ici de la notion de mérite qui est dû, et qui doit déboucher sur une reconnaissance identique. Nous sommes ici sur le plan initiatique et non dans le monde profane. Et l’on peut se demander où se situe la vraie récompense ? Ne va-t-elle pas à ceux à qui aucune récompense matérielle n’est donnée, mais qui bénéficient d’une épreuve supplémentaire pour progresser sur la voie initiatique par un travail plus profond encore sur leur ego, mis ici à rude épreuve ? Peut-être est-ce cela la vraie récompense ? Quant aux douze FF :. choisis par le sort pour participer au grand chapitre, ils sont appelés à d’autres tâches, notamment, non plus à continuer la construction du temple interrompu au 9ème grade mais à prélever l’impôt au nom de Salomon : ils ne sont plus des constructeurs, mais des gestionnaires.

Sentences du 11ème grade : Il faut distinguer les meilleurs pour les charger du gouvernement des hommes. Les FF :. dignes reçoivent tôt ou tard leur récompense. L’ordre et l’équité étant ainsi assurés, la construction du Temple, c’est-à-dire l’organisation de la société humaine, se poursuivra dans la sérénité.

12e degré dit Grand Maître architecte

Avec les grades du 9ème, 10ème et 11ème degrés trois thèmes ont été développés, qui concernaient : la vengeance avec le 9ème la justice avec le 10ème la récompense avec le 11ème Les trois mauvais compagnons ont été retrouvés et punis et les maîtres qui les avaient recherchés et avaient accomplis l’œuvre de justice demandée par Salomon ont été récompensés. La légende qui concerne le 12ème degré se rapporte à la désignation du successeur d’Hiram. Le roi Salomon aurait créé ce grade pour récompenser ceux qui ont donc surmonté les épreuves de la classe des Elus, et nous avons vu que symboliquement ces épreuves étaient particulièrement difficiles. Selon la légende, Salomon fonda une grande Ecole d’Architecture dont les élèves se recrutèrent dans le monde entier. Ils y acquirent les principes qui devaient régénérer l’Humanité. Cette école était destinée à ceux qui, ayant surmonté les épreuves de la classe des Elus, conduiraient les travaux du temple, et aussi encourageraient les vrais maçons dans le progrès de l’Art Royal. C’est ainsi qu’il créa ce grade sous le titre de Grand maître Architecte. Ce 12ème degré est un degré de consécration, il définit la fin de la lignée des Maîtres, comme le 14ème degré consacre la fin de la lignée des Elus. Les principes acquis dans cette école sont de deux ordres : - le perfectionnement scientifique et technique, grâce à l’acquisition de connaissances qui seront confrontées à l’épreuve de la réalité. Le grade de Grand Architecte est tout particulièrement celui du symbole commun à tous les degrés de la Maçonnerie. C’est le symbole de la construction du Temple de Salomon. Concrétisé dans le Temple maçonnique, il est havre de réflexion, de paix et de fraternité.  Mais comme symbole de l’humanité dans son perpétuel devenir et sa marche vers plus de perfection, ces principes sont également moraux. Le Temple est aussi le symbole de l’Univers dans son infinitude. L’homme qui en est à la fois image et partie, tente d’en percer le mystère et, par là, son propre mystère à la recherche d’une plénitude pressentie mais indicible. C’est pourquoi il devra confronter ses propres valeurs morales à celles des autres hommes. Pour cela, il devra bien prendre conscience que sa définition du bien et du mal, inculquée depuis sa tendre enfance dans le cadre d’une société délimitée, peut quelque peu diverger de la définition que peut adopter une autre société, fondées sur d’autres valeurs. La question se posera alors : y-a-t-il des principes moraux qui régissent l’universalité des hommes ? Y-a-t-il des principes universels qui transcenderaient les sociétés, les religions, les modes de vie, l’espace et le temps ? Il devra donc mener une réflexion sur l’éthique et s’interroger, comme le suggère Spinoza sur cet effort, sur cette volonté d’agir pour « persévérer dans son Etre », et en même temps d’agir pour « augmenter sa puissance d’exister ». Ainsi, la reconnaissance aujourd’hui universelle de lois scientifiques, externes, ne suffit-elle pas à atteindre la perfection. Le Temple est aussi le symbole de l’Harmonie que nous devons réaliser en nous-mêmes. Et pour ce faire, c’est notre for intérieur qui est mis à l’épreuve de l’acceptation de l’autre, c’est-à-dire de la tolérance. Cette vertu-là ne s’apprend pas. Elle s’initie en nous-même en même temps qu’elle nous initie. Au passage, on peut remarquer que c’est la première fois au cours d’un rituel d’ouverture des travaux que l’on ne demande pas de s’assurer si le temple est couvert. Toute la problématique du secret maçonnique est ici présentée car la garantie de notre secret « réside dans notre science même » qui n’est en fait accessible qu’à celui qui en a l’intelligence et qui a accompli les travaux préalables nécessaires. Donc au 12ème degré nous n’avons pas à nous mettre à couvert. Notre science nous protège. Et si quelqu’un venait à nous comprendre et à percer nos secrets, ce serait fort bien car cela ferait un G :.M :.A :. de plus. Le secret maçonnique est abordé de façon positive comme une chose aussi à partager avec ceux qui en ont la compétence et le désir.

Morale du grade : Le M :.A :. doit posséder les vertus et les sciences qui forment la base de toute perfection.

Sentences du 12ème grade : Au savoir architectural et scientifique le Grand Maître Architecte se devra d’ajouter l’application des principes moraux qui régissent l’universalité des hommes. Les obstacles sur la voie de la perfection ne sont pas seulement extérieurs, mais intérieurs et vous ne serez jamais initiés que par vous-même.

Résumé : Le 11ème grade est celui de « Sublime Chevalier Elu ». Mais s’il n’est pas élu par les hommes, il l’est probablement par une force supérieure puisqu’il est désigné par le sort parmi ceux qui ont accompli leur devoir. Cependant cette vocation qui l’extrait des constructeurs pour en faire un gestionnaire demeure une nouvelle épreuve sur la voie initiatique au regard de ceux qui devront en vivre une autre, n’étant pas récompensés d’avoir obéi.Le 12ème degré est celui de « Grand Maître Architecte ».C’est un degré de consécration qui définit la fin de la lignée des Maîtres. Pour ce faire, il devra suivre les enseignements de la Grande Ecole d’Architecture qui lui procureront non seulement la science la plus avancée mais également la vertu la plus initiatique : celle de l’acceptation de l’autre.

Source : http://emsomipy.free.fr/

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Rituel du devoir

27 Août 2012 , Rédigé par Compagnon du devoir Publié dans #histoire de la FM

INITIATION

Premier entretien:

« Pays, vous savez qu'il y a réception pour le jour de Pâques. Ceux qui désireraient se faire recevoir devront en avertir un compagnon au moins huit jours d'avance. »

La confidence étant faite, les aspirants présents s'occupent de faire le chef-d'oeuvre; ils le portent en chambre où les compagnons sont assemblés, le posent sur une table recouverte d'une serviette et tous les Compagnons le visitent. Le premier en ville demande s'il n'y a pas d'opposant, car il n'en faut que trois pour que l'aspirant soit refusé.

Puis on le fait monter en chambre où un compagnon désigné lui signale les défauts du chef-d'oeuvre. Le Compagnon prie l'assemblée d'avoir des égards pour lui et lui dit qu'il lui rendra réponse de la décision prise à son égard.

 COMMANDE D'ASSEMBLEE, CRIS MYSTIQUES ET RECEPTION

Deuxième entretien.

Minuit approche ‑ les aspirants qui doivent être reçus sont arrivés chez la Mère. Un Compagnon est avec eux pour empêcher toute conversation. Enfin, minuit a sonné Deux Compagnons revêtus de leurs insignes s'approchent de l'aspirant et lui frappent sur l'épaule, lui découvrant la tête et lui passant la main sur le front, et puis, ils fui font signe de les suivre.

Il arrive près d'une table sur laquelle se trouvent des couleurs en croix, une assiette avec de 1 ' 'esprit de vin qui brûle, sans autre lumière, et une autre assiette pour lui faire déposer ses métaux.

A côté se trouve une tête de mort. Un Compagnons se couche sur une espèce de cercueil, tout nu, recouvert jusqu'à la poitrine d'un drap blanc et le bras étendu dans l'attitude d'un homme mort. Il représente le parjure!... L'aspirant, les yeux bandés, est conduit devant cette table.

Le Premier en ville lui dit :

" Pays, qu'êtes-vous venu faire ici? "

L'aspirant répond

" Me faire recevoir compagnon du Devoir ".

Le P.-"Comment avez-vous osé pénétrer dans ce lieu?

L'aspirant. répond.

Le P.- Savez-vous prier Dieu?

L'aspirant. ‑ Oui.

Le P.‑Faites votre prière.

L'aspirant. ‑ Laquelle?

Le P.‑ Celle que vous voudrez.

Après que l'aspirant a fait sa prière on le fait relever, on lui demande s'il veut qu'on lui débande les yeux. Il répond " oui ".

Alors un Compagnons le menace avec un poignard levé sur sa poitrine et lui dit :

« Pays, voyez ce qui est réservé au parjure ».

 On lui bande les yeux de nouveau et on lui dit qu'il faut qu'il  frappe le parjure.

Le Compagnons qui était couché se relève et on lui conduit l'aspirant le poignard à la main. Au moment qu'il va frapper on lui dit :

« Arrêtez, Pays! » et on le conduit au Temple en le faisant voyager entre deux Compagnons qui le tiennent chacun par un bras.

Etant arrivé, un Compagnon frappe un coup.

Un autre Compagnon qui est dans le Temple demande :

« Qui amenez‑vous là? »

On lui répond :

« Un brave aspirant qui désire se faire recevoir Compagnons ».

La porte s'ouvre et on le fait entrer. On le fait asseoir, on lui met entre les jambes un réchaud avec profusion d'encens. Le premier en ville s'asseoit près de lui, lui demande ses noms et prénoms, sa, religion, s'il veut en changer. La conversation dure longtemps sur la religion et la fausse monnaie.

C'est‑à‑dire que l'on tend un piège au récipiendaire, en lui disant que, pour être admis, il lui faut abjurer sa religion et s'engager à faire de la fausse monnaie. C'est là une éprouve comme en imposent aux néophytes toutes les sociétés secrètes

On lui dit :

« Pays, tous les Compagnons ont un papier quand ils voyagent. Si on voulait vous le prendre que feriez-vous? »

L'aspirant répond : « Je le cacherais de mon mieux, et si on voulait me le prendre de force, je le défendrais au péril de ma vie . On lui répond Ce que vous dites est bien » et on a soin en même temps de lui mettre la main sur la tête pour la lui faire courber à seule fin que l'encens qu'il a entre les jambes lui aille bien au visage.

« Mais ce n'est pas cela qu'il faudrait faire (lui dit‑on); il faudrait le manger (le papier). Mais il y a un cachet, et sur ce cachet un acide corrosif, autrement dit un poison. Plutôt que de vous le laisser prendre, il faudrait l'avaler; vous sentez-vous le courage de le faire? » et on lui met un papier entre les mains, et on lui dit de l'avaler et comme on a soin de verser du suif dessus, il fait la grimace et on lui dit : « Mangez toujours! » et si l'aspirant le mange, on l'arrête et on lui dit qu'on ne veut pas l'empoisonner. Alors on lui débande les yeux, et il voit un temple en forme d'escalier (recouvert de calicot) de sept marches et des couleurs suspendues formant l'équerre. L'aspirant porte les regards sur cela; on le fait mettre à genoux, et on le fait jurer, en étendant la main droite, par son père, sa mère, ses frères et soeurs, de ne point divulguer le secret des compagnons.

On lui fait répéter trois fois . « Je jure, je jure, je jure » et un compagnon s'adresse à l'Assemblée. « Et vous, frères, si le pays devenait parjure, que mériterait‑il? »

Tous répondent d'un ton lugubre : « La mort!... »

Ensuite on lui fait boire le breuvage que l'on lui dit que Maître Jacques a composé pour les réceptions, qu'il n'est pas bon, mais qu'il faut qu'il le boive jusqu'à la lie. L'on désigne trois compagnons : l'un pour servir de parrain, l'autre de marraine, et l'autre de curé. On lui donne un nom et on le baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit compagnon du Devoir, enfant de Maître Jacques.

On lui donne les couleurs et on lui dit que le rouge est le sang que Maître Jacques a répandu dans les plaines de Provence, et on lui donne le baiser de compagnon. 

Rituel de réception de l'Union compagnonnique.

Au début de la séance au cours de laquelle il doit être procédé à des réceptions, le président frappe trois coups de maillet et dit :

"Compagnons, debout et à l'ordre

 Tous les compagnons se lèvent, tête nue, la main gauche sur le coeur, la main droite

ouverte et tendue vers le président. Ce dernier frappe encore un coup de maillet et dit « Compagnon maître des cérémonies, quelle heure est‑il? »

R. Mon Président c'est l'heure, à laquelle les C se livrent à leurs mystérieux travaux.

D. Puisqu'il en est ainsi, au nom des trois fondateurs du compagnonnage, Salomon, Jacques et Soubise, sous les auspices du conseil supérieur de l'Union compagnonnique et par les pouvoirs qui m'ont été conférés, je les déclare ouverts.

R. Notre concours vous est acquis. 

On lit alors le compte rendu de la dernière séance; on signe le procès verbal, puis on suspend la séance et on introduit les retardataires.

A la, reprise de la réunion, des délégués de la société vont prendre les récipiendaires et les introduisent dans les lieux secrets désignés à cet effet. Ils doivent justifier qu'ils ont payé le droit d'entrée de 10 francs, s'ils étaient déjà aspirants, celui de 20 francs dans tout autre cas.

On les conduit ensuite dans la chambre des réflexions où ils peuvent lire des inscriptions telles que celles-ci

• Si la curiosité te conduit ici, va‑t'en !»

• Qu'est-ce qu'un honnête homme se doit à lui-même? »

• Que doit-il à ses semblables, à sa patrie? »

• Que pensez-vous du compagnonnage? »

On bande ensuite les yeux des néophytes et on les ramène à l'endroit d'où ils sont venus. On leur demande le nom * qu'ils veulent porter, en les avertissant qu'il ne leur sera sûrement pas donné, car les noms doivent se tirer au sort. Puis on leur ôte leurs chapeaux, cravates, paletots, gilet, montre, bijoux, argent et toutes sortes de métaux **.  

*.Il n'y a rien de vrai dans cette affirmation. On veut, en persuadant au récipiendaire que le choix d'un nom est pour lui une formalité sans conséquence, éviter qu'il se préoccupe de l'opinion d'autrui et lui permettre de se décider en toute liberté.

**. Il est fait allusion à cet usage dans le catéchisme des compagnons de 'Maître Jacques.

On demande au nouveau C : « Comment étiez-vous vêtu, quand on vous a reçu?

R. Je n'étais ni nu, ni vêtu, mais dans un état décent et dépourvu de tous métaux.

D. Pourquoi?

R. Comme marque de mon innocence et dépourvu de tous métaux pour marquer qu'un compagnon ne doit jamais se rendre coupable d'opprobre et de déshonneur... (?)...

La même recommandation se trouve dans le rituel du catéchisme d'apprenti franc-maçon. Cette fois la prohibition de tous métaux est expliquée par cette raison que

« lorsqu'on bâtit le temple. de Salomon, les cèdres du Liban furent envoyés tout taillés et prêts à être mis en oeuvre, de sorte qu'on interdit tout coup de marteau ou d'aucun autre outil ».

On leur met le bras gauche hors de la chemise, on leur retrousse le pantalon de la jambe droite jusqu'au genou, puis les frères conducteurs les amènent. Ici le rituel ordonne de recourir à certains artifices assez ridicules en vue de jeter l'épouvante dans l'âme du candidat auquel une grande bonne volonté est assurément nécessaire pour prendre au sérieux ce tapage inoffensif et puéril. On ouvre la porte avec fracas, comme si elle était garnie de gros verrous. On fait marcher les néophytes tête baissée comme s'ils entraient dans un. souterrain. On les promène à droite, à gauche, en avant, en arrière, puis on les fait asseoir, vis-à-vis du président. Le Maître des cérémonies avertit ce dernier que les néophytes sont dans le temple, et leur interrogatoire commence

1.      Les questions suivantes leur sont posées tour à tour

2.      « Quel est votre dessein en vous présentant ici?

 Qui vous en a inspiré le désir?

« Quelle idée vous faites-vous de l'ordre des C

« Savez-vous quelles obligations on contracte parmi nous?

« Quelle idée vous formez-vous d'une société dans laquelle on exige que les récipiendaires soient présentés d'une manière qui doit vous paraître singulière? 

1. Cet interrogatoire n'est autre que le testament en usage dans les réceptions maçonniques. On sait que tout profane est tenu, lors de son initiation dans la maçonnerie, de faire une sorte de profession de foi, de déclarer quelles sont ses opinions philosophiques, de dire quelle idée il se forme de ses devoirs envers la société, la famille, etc. On nomme cette épreuve morale le testament, bien que la liberté du prétendu tentateur semble n'y être guère respectée. Il nous souvient à ce propos d'avoir entendu un franc-maçon - dont, au surplus, la valeur intellectuelle et la sincérité ne sont pas en cause et auquel une assez brillante fortune politique était réservée, - raconter en notre présence, il y a dix ans environ, l'anecdote suivante. Dans la loge dont la personne en question faisait partie, un profane fut mis en demeure, au cours de sa réception, de déclarer si, dans ses dispositions testamentaires, il réclamerait ou non des obsèques purement civiles. Ayant tergiversé et finalement ayant répondu qui abandonnerait aux siens le soin de régler cette question, ce profane s'entendit refuser l'accès de la maçonnerie. 

Un S Encore une fois, soyez franc dans vos réponses. Nous lisons dans votre coeur. » 

Aussitôt  après que le néophyte a répondu à ces questions commencent les épreuves à peu près calquées sur celles  qui sont en usage dans la maçonnerie

Le premier voyage est le plus pénible de tous. Le candidat, dont les yeux sont bandés, est promené à travers la chambre et l'on s'efforce de multiplier les obstacles sous ses pas. On le fera marcher tantôt à pas lents, tantôt un peu plus vite. On l'obligera encore à se baisser comme pour passer sous un souterrain, à enjamber comme pour franchir un fossé, à marcher en zigzag. On imitera l'orage, la grêle et le tonnerre afin de lui imprimer quelques sentiments de crainte.

On suspend ensuite un instant ce colin-maillard tintamarresque et le président demande au profane, quelles sont ses impressions qui doivent être plutôt confuses. Puis il lui explique que .« ce premier voyage est l'emblème de la vie, du tumulte des passions, de la difficulté des entreprises, des obstacles qui se multiplient sous nos pas, mais aussi qu'il signifie le bonheur d'avoir des amis qui nous guident et nous secourent à travers les dangers.

 Le second voyage s'accomplit à une allure plus rapide.

«Il ne doit être remarquable que par un bourdonnement que les compagnons font à bouche fermée, en imitant le sifflement sourd d'un ouragan. Le candidat doit aussi tremper sa main dans l'eau d'un baquet.

On le ramène ensuite à sa place et on l'informe que le « bourdonnement est le symbole des combats que l'homme vertueux doit soutenir contre le vice. L'eau est le symbole de la purification.

Le troisième voyage a lieu à grands pas, mais sans précipitation

On secoue devant le patient une torche dont on lui fait toucher la flamme en évitant de le brûler.

Leçon. ‑ « Pays, vous devez avoir remarqué que ce voyage est encore moins pénible que le précédent. Quant à la flamme, c'est le complément de la purification. » 

Quelques questions sont adressées au novice :

Feriez-vous le sacrifice de vos opinions pour la défense du compagnonnage?

Que penseriez‑vous d'un homme qui trahirait ses serments?... » etc.

Puis on lui présente, comme au futur maçon, la célèbre coupe d'amertume en lui disant : « Buvez ce breuvage jusqu'à la lie. C'est le calice d'amertume de la vie. »

On conduit ensuite le néophyte à l'autel; il tient dans la main gauche un compas dont on a pris soin d'émousser la pointe. On lui fait étendre la main droite et on lui dit :

« Pays, l'engagement que vous allez contracter ne contient rien qui puisse blesser le respect que nous devons tous aux lois de notre pays, ni aux bonnes moeurs, ni à votre foi politique et religieuse, en un mot, rien qui puisse blesser votre conscience. Mais je vous préviens qu'il est terrible autant que solennel. Il faut cependant que vous le prêtiez de votre pleine et libre volonté. Y consentez-vous?

S'il répond oui, le président lui dicte la formule du serment qu'il répète mot pour mot :

« Sur l'air que je respire, sur l'eau qui me désaltère, sur la lumière qui m'éclaire, sur tout ce que j'ai de plus cher et de plus sacré au monde, je jure de garder à tout jamais inviolables les secrets de l'Union compagnonnique, de me soumettre à sa constitution, aux règlements généraux de l'ordre, de ne jamais méconnaître un bon compagnon de quelque état qu'il soit, dans quelque condition qu'il puisse être, de l'aider de mes conseils et des services que je pourrai lui rendre, de ne jamais porter atteinte ni à sa fortune ni à son honneur. Si je deviens parjure, que je meure maudit et que ma mémoire soit en exécration. »

Les compagnons répondent « Qu'il en soit ainsi! »

lis laissent tomber leur bras droit. La main frappe sur la cuisse droite en signe de contentement. On emmène les récipiendaires pour les rhabiller, tandis qu'avec une aimable, mais un peu puérile ingénuité, les Unionistes préparent l'effet de la lumière. Les rédacteurs du rituel qui veulent absolument nous arracher toutes nos illusions, nous apprennent que cet effet est simplement produit par le gaz, ou à défaut de gaz, par une flamme d'alcool ou un feu de bengale.

Avant l'apparition de. la lumière le président s'écrie

"C ici présents, si notre nouveau frère devenait parjure, que mériterait‑il?"

Tous (d'une voix sombre) : « La Mort ! »

LE PRESIDENT. ‑ « Puisque vous avez confiance en sa parole, que demandez‑vous pour lui? »

Tous (d'une voix plus douce et moins forte) : « La lumière. »

LE PRESIDENT.

« Que la lumière lui soit accordée. »

Ce fiat lux est le signal attendu pour le grand effet qui doit achever de sidérer le néophyte. On frappe trois coups de maillet. Au deuxième coup on ôte le voile qui bande ses yeux et, au troisième coup, c'est-à-dire dès que ses yeux se rouvrent, tel un éclair striant la nue, la flamme mystique jaillit du bec de gaz subitement ouvert ou du bol de punch préparé à cet effet. On conduit ensuite le récipiendaire à l'autel et on lui présente une coupe où se trouvent trois bulletins roulés portant tous trois (à son insu) le nom qu'il a choisi pour son baptême compagnonnique : Nivernais la Fidélité par exemple, ou Agenais Bon Coeur. On lui dit que ces trois noms ont été choisis par ses pères et sont en harmonie avec son caractère. Il plonge sa main dans la coupe, il tire un bulletin. 0 prodige attestant bien la puissance des trois grands fondateurs, Salomon, Jacques et Soubise ! le bulletin porte justement le nom que le candidat avait choisi! Le président alors le proclame compagnon, lui remet les couleurs, lui donne le mot de passe, lui indique les signes, attouchements, la manière de marcher, lui révèle les rites de l'entrée de chambre et de la reconnaissance et le présente aux compagnons. Parfois l'un d'eux prononce un discours de circonstance. Puis, le président se met à l'ordre, déclare les travaux finis et frappe les trois coups de maillet de rigueur.

La réception officielle est terminée; elle a souvent son épilogue chez quelque restaurateur ou marchand de vins voisin où l'on fête, le verre en main, le nouveau compagnon.

 

Instruction et Catéchisme compagnonniques. Leurs analogies. avec le Catéchisme et le rituel maçonniques. 

Il importe d'enseigner au nouveau compagnon la doctrine morale du compagnonnage et de lui donner connaissance des traditions qui se sont perpétuées dans les Devoirs. . L'instruction et le Catéchisme compagnonniques ont été composés dans ce but. Le Catéchisme compagnonnique a déjà été publié dans la brochure intitulée : Le secret des Compagnons cordonniers dévoilé (Paris, Payrard, 1858). Quant à l'Instruction compagnonnique, encore inédite, nous lui ferons de fréquents emprunts.

Abstraction faite des maximes et des préceptes moraux qui s'y trouvent épars *, l'Instruction et le Catéchisme ne sont guère autre chose que l'exposé des légendes des trois fondateurs et l'explication des principales allégories dont se compose le fonds commun des trois Devoirs. Il est impossible de parcourir les rituels maçonniques, dont le texte est aujourd'hui bien connu, grâce à diverses divulgations qui en ont été faites, grâce aussi aux manuscrits ayant appartenu à d'anciens vénérables ou orateurs décédés et dont il n'est pas très difficile de se procurer un exemplaire **, sans être frappé de l'analogie qui existe entre ces formulaires et ceux du compagnonnage. Nous possédons, grâce à l'obligeance d'un ami, archiviste paléographe et historien distingué, l'un de ces manuscrits, daté de l'an 5769 de l'ère maçonnique, c'est-à-dire de l'année 1769 de l'ère chrétienne. Ce manuscrit renferme de nombreux passages qui semblent calqués sur le rituel du Devoir de Maître Jacques (à moins que ce ne soit, au contraire, ce dernier document qui ait été emprunté au formulaire maçonnique). Les citations suivantes permettront au lecteur de se convaincre de la parenté qui existe entre les deux textes

 

Rituel de Compagnon du devoir

Catéchisme :

D. Etes-vous compagnon?

R. Eprouvez‑moi.

.D. A quoi connaîtrai-je que vous êtes compagnon ?

 R. A mes signes, attouchements et paroles.

P. Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir?

R. Parce que j'étais dans les ténèbres et que j'ai voulu voir la lumière.

D. Que vîtes-vous lorsque vous fûtes reçu?

D. Que signifient ces trois grandes lumières ?

R. Le soleil, la lune et le rouleur en chambre.

D. Quelles sont les principales lois du compagnonnage?

R. Punir le crime et honorer la vertu.

D. Combien avez-vous d'ornements dans la Loge?

R. Trois.

D. Quels sont-ils?

R. La pavé mosaïque, l'étoile flamboyante et la houppe dentelée.

Rituel Maçonnique (Loge de saint JEAN).

Catéchisme d'apprenti :

D. Etes-vous maçon?

R. Mes frères me reconnaissent pour tel.

D. A quoi connaîtrai-je que vous êtes maçon?

R. A mes signes, paroles et attouchements.

D.  Pourquoi vous êtes-vous fait maçon?

R. Parce que j'étais dans les ténèbres et que j'ai voulu voir la lumière.

D.  Quand on vous a donné la lumière, qu'avez-vous vu?

R. Trois grandes lumières.

D. Que signifient-elles?

R. 'Le soleil, la lune et le vénérable.

D. Quelles sont les devoirs d'un maçon?

R De fuir le vice et de pratiquer la vertu.

D. Combien avez-vous d'ornements dans la Loge?

R. Trois.

D. Quels sont-ils?

R. L'étoile flamboyante, la houppe dentelée et le pavé mosaïque.  

1. Il n'est fait aucune allusion aux Catéchismes et Instructions compagnonniques dans la publication de l'Office du Travail: Les associations professionnelles, t, 1, où il est traité, dans un chapitre spécial, du compagnonnage.

2. Pour ne citer qu'un auteur entre plusieurs, M. Copia Albancelli a publié un résumé du rituel maçonnique. On trouvera aux Archives Nationales, FI, 4236, au milieu de pièces qui ont trait au compagnonnage, un rituel maçonnique dont l'existence n'a pas encore été signalée et que paraît être de la fin du siècle dernier.

 Source : RB

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Recherches rituels Rite Français

26 Août 2012 , Rédigé par Thomas Dalet

Je recherche pour un Frère les Rituels Groussier 2ème et 3ème de 1955. Merci 

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Maçonnerie jacobite : archives départementales du Pas de Calais

26 Août 2012 , Rédigé par archives du Pas de Calais Publié dans #histoire de la FM

          

Nous Charles Edouart Stuwart Prétendant Roi d'Angleterre, de France d'Ecosse et d'Irlande, En cette qualité  L\ G\ M\ du chap\ d'héredon, Connu sous le Titre de chevalier de l'aigle, du Pélican Et depuis nos Malheurs et nos Infortunes sous Celui de R\ C\+. Voulant Témoigner aux Maçons Artésiens combien nous sommes reconnaissants envers eux des preuves de Bienfaisance qu'ils nous ont Prodiguées Avec les Officiers de la garnison de la Ville d'Arras, et de leur attachement à notre personne pendant le séjour de six mois que nous avons fait en Cette Ville, nous avons en leur faveur Créée et érigé Créons et Erigeons par la présente Bulle en laditte Ville d'Arras, Un souverain Chapitre Primatial & Métropolitain de R\C\+. Sous le Titre distinctif d'Ecosse jacobite, Qui sera régi et Gouverné par les Chevaliers Lagneau, de Robespierre, tous deux Avocats, Hazard et ses deux fils, tous trois médecins, JB.d Lucet, notre Tapissier, & Iérome Cellier notre horloger, aux quels nous permettons et donnons pouvoir de faire tant par eux que par leurs Successeurs, non seulement des Chevaliers R\ C\+ mais même de Créer un Chapitre dans toutes les Villes qu'ils croiront pouvoir le faire lors qu'ils en seront requis, sans Cependant par Eux ni par leurs Successeurs, pouvoir Créer deux Chapitres dans une même Ville, Quelque peuplée qu'elle puisse être, et pour que foi soit ajoutée à notre présente Bulle, nous l'Avons Signé de notre Main et fait apposer le Sceau Secret de nos commandements, et fait contresigner par le Secrétaire de notre Cabinet 

le jeudi 15\e jour du 2\e Mois l'an de l'Incarnation 1745\ 

Etait Signé Charles Edouard Stuwart

& Plus bas

De Par le Roy, signé Lord Deberkley S\ re./.

 

 

 

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