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Hauts Grades

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Les droits et devoirs de la fraternité Maçonnique

14 Juillet 2012 , Rédigé par Thomas Dalet

« Mon Frère, car dorénavant vous ne recevrez plus d’autre qualification parmi nous ».

C’est par ces paroles que, moi, nouvel initié, ait, tout comme vous, été accueilli par le vénérable Maître de ce que l’on désigne notre Loge Mère.

Mon Frère ! Et pourtant avant cette cérémonie initiatique, comme tous, j’ignorais jusqu'à l’existence de la plupart des hommes qui m’entoureront au fil des ans.

« Mon Frère approchez vous et recevez de moi l’accolade fraternelle, au nom de tous les Frères de cette respectable Loge. ».

Que s’est-il passé ? Bien sûr, j’ai ressenti et je ressens toujours la chaleur, l'émotion partagée par tous à ce moment, mais n’étais-je pas déjà le frère de tout homme, quelques soient son origine et sa couleur ?

« Homme, je suis Homme et rien de ce qui est Humain ne m’est indifférent » disait Térence. Homme, je me fonds dans la grande famille des Hommes, dans cette Fraternité Universelle chantée par Lamartine et hissée au même rang que la Liberté et l’Egalité dans la Trilogie Révolutionnaire de la République.

Que s’est il passé ? Qu’est-ce au reste que cette fraternité ?

La première notion qui vient à l’esprit est celle de la fraternité de sang : Est mon Frère celui qui, comme moi, est né du même père et/ou de la même mère. La genèse nous apprend que, sitôt que 2 frères sont apparus sur la terre, ils sont entrés en compétition, se sont livrés à la division, à la jalousie et à la violence.

On parle aussi de fraternité de race, de fraternité de classe ou de religion, car l’Homme ne peut ne pas vivre dans l’altérité absolue, il a besoin d’alliés et va se rapprocher d’autres hommes qu’il juge moins dissemblables et les accepter pour frères.

Ces notions ne sont conçues que pour nous unir, nous protéger contre « l’Autre », le « Différent » vu comme un satellite de notre propre existence pour mieux le dominer et nous conforter dans le sentiment de notre propre supériorité.

On a vu jusqu’où le refus de cette altérité peut nous conduire lorsqu’il est poussé jusqu'à la conséquence ultime : le Meurtre et le génocide.

« Vous ne voyez plus d’épées menaçantes tournées contre vous...Vous n’apercevez que des frères formant une chaîne qui symbolise l’union de tous les Francs Maçons répandus à la surface de la terre... Nos mains vous unissent à nous et à l’autel de la vérité. »

Qu’est-ce donc que la Fraternité Maçonnique ? Je la crois concentrée dans ces phrases du rituel du 1er degré :

« La chaîne est le symbole de l’union » Le mot symbole veut dire signe ou marque qui rassemble un ensemble d’idées qui ne tombent pas sous le sens.

Symbole rassemble, Diabole divise, ce mot est composé avec le préfixe « Dia » qui est le nombre deux en grec.

Cela m’amène à réfléchir sur une autre phrase de l’instruction de l’apprenti :

« La raison divise et borne artificiellement

ce qui est un et sans limites.

L’unité est ainsi partagée en deux extrêmes

auxquels les mots seuls prêtent une fausse apparence de réalité... Il convient donc de ramener le binaire à l’unité par le moyen du nombre trois. »

d’ou la phrase qui en découle :

« Nos mains vous unissent à nous et à l’Autel de Vérité »

Le principe trinitaire de la fraternité doit unir ce que la dualité divise.

Gardons nous en loge, que la fraternité ne soit qu’un mot, une fausse apparence de réalité .

La prédisposition des hommes à l’agressivité, leur penchant naturel à la lutte et la compétition, les oppose à tous les instants, conséquence d’une vie sociale à laquelle il faut faire face. Ces tendances agressives sont nécessaires à l’individu pour sa survie dans le monde profane. Cependant il aspire à une sympathie profonde et naturelle qui l’aiderait à surmonter les vicissitudes de la vie en commun.

L’article 1 de notre règle en douze points nous dit : « La Franc Maçonnerie est une Fraternité initiatique qui à pour fondement la foi en Dieu, grand architecte de l’univers ». Les Maçons, dépouillés de leurs métaux, pareils à l’Adam d’avant la chute, pénètrent dans le Temple, Enceinte Sacrée et hors du temps comme dans un nouvel Eden dont on leur aurait ré-ouvert les portes. Dès lors, la Fraternité peut apparaître comme naturelle entre eux. Il ne s’agit pas là de la seule chaleur, de la seule sympathie basée sur une vague tolérance, mais d’une volonté constante à surmonter ses penchants naturels, qui nous oblige à une éducation sociale rigoureuse à entreprendre sur nous-mêmes.

En m’insérant pour la première fois dans la Chaîne d’union le jour de mon initiation, le Vénérable Maître m’a dit : « Nos mains vous unissent à nous et a l’Autel de Vérité, leur étreinte vous annonce que nous ne vous abandonnerons pas ». Quoiqu’il puisse m’arriver, c’est promis solennellement, mes Frères ne m’abandonneront pas ! Tous mes Frères, aussi bien celui qui m’est proche, avec qui je partage joie et peines dans une chaleureuse amitié, que cet autre, plus discret, plus secret, dont je ne sais presque rien , présent épisodique sur les colonnes, et cet autre encore que je ne connais pas, qui vit loin de moi, de ma ville, de mon pays. Tous ne m’abandonneront pas, je peux baisser ma garde, ouvrir les bras, j’ai trouvé des Frères.

Attention ! Il ne s’agit que du premier terme du contrat, voici le second : « Nous ne vous abandonnerons pas aussi longtemps que la Vérité, la Justice, la Discrétion et l’Amour Fraternel vous resteront sacrés. »

Est sacré ce qui inspire un respect, une profonde vénération.

Est sacré ce qui ne doit pas être violé, enfreint, touché.

Est sacré ce qui inspire la crainte devant la puissance absolue, et le « mystère »devant l’inconnaissable.

Est sacrée la recherche de la Vérité : Trois paroles nous introduisent en loge, tirées de l’écriture :

« Frappez et on vous ouvrira

Cherchez et vous trouverez

Demandez et vous recevrez »

Quand les portes du temple se sont ouvertes, la longue quête initiatique a commencée qui ne se terminera qu’à l’ultime Initiation et l’Orient Eternel. Cette longue quête, je ne peux la faire seul. Par mes Frères je progresse, par eux, j’ai reçu la lumière.

Sont sacrés la Justice et la Discrétion :

La justice, défini entre autres le Larousse est une vertu morale qui inspire le respect absolu du Droit d’Autrui. Le Juste est fidèle à la Loi du devoir.

De la discrétion, ce même Larousse écrit : « Action de garder le secret, aptitude à ne dire que ce qu’il convient, avec retenue et modération. »

Est sacré l’Amour Fraternel :

C’est le second devoir du Maçon, me dit le rituel, que de secourir son frère, de l’assister de ces lumières et de ses conseils.

Souvenons-nous de notre serment de néophyte : « Je promets d’aimer mes Frères, de les secourir et de leur venir en aide. Je préférerais avoir la gorge tranchée plutôt que de manquer à mon serment ». Nous rappelons ce serment à chaque fois que nous nous tenons « A l’Ordre ».

Je voudrais pour finir, laisser parler St Paul dans son épître aux Galates :

« Frères, si quelqu’un est prit en faute, redressez le en Esprit.

Si l’un de vous s’égare loin de la Vérité, qu’un autre l’y ramène

Portez les fardeaux les uns des autres.

L’Amour Fraternel est charité, joie, paix, longanimité, affabilité, bonté et fidélité,

Il excuse tout, il pardonne tout ».

Mes Frères, ce sont ces mots que je vous demande de méditer ce soir dans notre chaîne d’Union , ce cri de l’apôtre :

« Mes Frères, ne cherchons pas la vaine gloire, pas de provocations entre nous, entre nous pas d’envie ».

Que l’harmonie, l’union et la concorde soient à jamais le triple ciment de nos oeuvres.

J’ai dit.

Source : http://la-grenouille-en-folie.over-blog.com/

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La Fraternité Maçonnique

14 Juillet 2012 , Rédigé par Bernard DOULET Publié dans #Planches

Très chers frères :. et Vénérable Maître :.

Je vais tenter de tisser un propos sur ce qui me paraît faire lien entre nous, frères francs-maçons.

La Fraternité Maçonnique

Les frères d’une même famille sont issus du même père et de la même mère. Ils sont liés par un lien de consanguinité. Il n’en est pas de même pour les frères francs-maçons. Quel est le type de lien qui unit ces derniers entre eux ?

Sans nul doute, il est possible d’en distinguer plusieurs. Alors la question qui se pose à nous est celle de savoir s’il est possible d’en isoler un qui leur soit spécifique.

A un niveau profane, on peut reconnaître aux francs-maçons un lien de fraternité historique liée à la genèse de la franc-maçonnerie, au partage de valeurs communes (ceci, disons, est de l’ordre de l’idéologie) ; plus prosaïquement les liens peuvent être le partage d’intérêts communs, parfois purement alimentaires (« mais l’homme ne vit pas seulement de pain » -Evangile).

Je ne peux pas passer sous silence la fraternité qui, à côté de l’égalité et de la liberté sont les trois valeurs emblématiques de la République Française, telles qu’on peut les lire sur nos pièces de monnaie. Nous comprenons que la justice exige un équilibre entre ces trois valeurs. En effet, si la primauté est donnée à la Liberté, cela conduit à la loi du plus fort en aggravant l’inégalité, si elle est donnée à l’Egalité cela conduit à l’assujettissement du plus grand nombre au mépris de la liberté, si elle est donnée à la fraternité, cela conduit aux corporatismes.

A un niveau rituel , les francs-maçons pratiquent et participent au même rituel symbolique, dont la chaîne d’union, de même que la houppe dentelée, symbolise précisément la fraternité. A noter que la notion d’égrégore, habituellement associée à la chaîne d’union et qui fait de celle-ci une sorte de communion spirituelle nous conduit tout naturellement à aborder le niveau spirituel de la fraternité maçonnique.

Au niveau spirituel qui transcende, si je puis dire, ce qui est de l’ordre du compréhensible par le savoir, nous parlerons également de fraternité. Chaque franc-maçon se donne pour objectif de bâtir son Temple intérieur en travaillant

« la pierre brute », afin de participer au projet sublime de devenir chacun un élément indispensable à la construction du Grand temple maçonnique, le temple de Salomon. Je ne m’attarderai que sur ce niveau là, car c’est le seul, à mon sens, qui fait de la maçonnerie autre chose qu’une communauté profane , tel un parti politique ou religieux, un club d’amis (sportif, boulistes, automobilistes, etc), ou encore une corporation de métier. Il est intéressant toutefois de remarquer que la FM spéculative a élaboré sa symbolique à partir de la pratique opérative des maçons constructeurs et architectes. De là s’originent beaucoup de symboles utilisés, en particulier celui de Grand Architecte de l’Univers, symboles voués à rester lettre morte, tant qu’ils ne sont pas vivifiés par le mouvement relationnel, fraternel et spirituel des francs-maçons.

Est-ce à dire qu’il ne nous reste plus qu’à nous remettre au Grand Architecte de l’Univers et attendre passivement qu’il nous dicte ce qu’il attend de nous pour construire ce fameux temple ?

Ceci est peu probable. N’oublions pas en effet les trois voyages : cherchant, persévérant, souffrant, dans lesquels s’engage l’apprenti FM. N’oublions pas les âges symboliques qui correspondent au niveau de mérite de chacun.

Nous voudrions certes pouvoir nous fier à la dispensation d’un savoir, à l’acquisition duquel correspondrait chaque degré d’avancement. Mais là encore il faut bien reconnaître que le chemin de la vérité ne s’accommode pas d’un savoir, tel un avoir. Rappelons nous la parabole du jeune homme riche, auquel le Christ dit qu’il doit faire don de tous ses biens, son avoir, pour accéder au Royaume des cieux ; ou encore celle de cet homme de bonne morale qui se voit interdit l’entrée du paradis, pour n’avoir jamais prêté attention au mendiant Lazare qui se tenait devant sa porte.

Non, construire son Temple Intérieur, se réaliser en maçonnerie, telle est en tout cas ma pensée, ce n’est pas se faire des amis, des compagnons de route, devenir apprenti puis compagnon puis maître, puis officier, etc., ce n’est pas en tout cas seulement cela, qui n’est, en quelque sorte, que la partie visible de l’iceberg.

Cela ne suffit pas. Nous voyons dans ces figures des formes intelligibles mais, comme l’a écrit Saint-Exupéry dans Le petit prince : « l’essentiel est invisible aux yeux ». Nous ne voyons des choses du monde que les bords. Le centre, le cœur des choses, reste opaque à la conscience. Tel un volcan, la vie ne se manifeste à nous que par ses éruptions.

Ce n’est donc pas sur les signes extérieurs, apparents, que va se révéler et opérer la fraternité spirituelle.

La fraternité spirituelle ne se compte pas, ne se mesure pas, ne se manifeste pas en tant que telle (cft la rencontre entre Jésus et la samaritaine près du puits de Jacob ), elle se vit au cœur même de la relation, dans l’instant présent, au sens où le même Saint-Exupery disait :

« l’homme,- à entendre l’humain -, est un noeud de relation. ».

Ainsi, la fraternité au sens spirituel, tout comme la vérité n’est pas un dire ou un signifiant mais un point nodal opaque à la conscience, l’entrecroisement de pensées issues d’horizons différents . La vérité surgit là où deux êtres en relation se rencontrent. Elle est, de l’union, le trait (d’union) qui unit et sépare ; C’est pourquoi elle ne saurait être énonciation, savoir, définition. Elle est Parole, en ce sens que toute parole est tension vers et conjonction à un autre différent, à un prochain susceptible de l’accueillir comme message qui interfère sa propre trajectoire de vie et l’infléchit.

Ce point d’intersection de deux trajectoires produit un effet de vérité. Il est sans doute possible d’évoquer à ce sujet le symbole de la croix, symbole qu’on retrouve dans beaucoup de traditions et dont le centre rend compte de l’entrecroisement de deux lignes. Cela n’est pas sans évoquer également cette parole du christ : « quand vous êtes deux ou trois à prier en mon nom, (la prière s’adresse à Dieu) je suis avec vous ». Le Christ s’est énoncé lui-même comme étant la vérité, le chemin et la vie.

Ainsi la vérité ne réside pas dans des objets de conscience mais surgit au cœur de la relation, non comme savoir énonçable dans le discours mais comme surgissement de l’Inconnu, le tiers qui fait lien entre êtres humains, lesquels ont par ailleurs chacun leur cheminement.

Le grand architecte de l’univers n’est pas l’être qui construit ou conçoit le monde mais celui, symbolique, en qui et par qui s’entrecroisent le cheminement des êtres de parole et à partir duquel les hommes, les « parlêtres » (J . LACAN) ancrent et bâtissent leur Uni-vers. Il est la fondation de l’œuvre collective qui permet la rencontre, le moment insaisissable de vérité, le lieu de relations d’où s’origine l’histoire partagée des hommes, l’instant de la conception du germe à partir duquel le monde du compréhensible s’épanouit jusqu'à son apogée qu’est l’accomplissement du temple Universel, autrement dit, de la fraternité humaine, au delà des différences individuelles, d’éducation, de classes sociales et de culture. Cela s’appelle l’Amour, celui qui ne connaît pas de frontières.

J’ai dit, V :. M :.

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La fraternité

14 Juillet 2012 , Rédigé par François DEM Publié dans #Planches

Tout d’abord merci à mon second surveillant de m’avoir permis de présenter une planche sur ce thème, qui est un des deux piliers de notre loge « Conscience et Fraternité »

La notion de « Fraternité» a une double histoire : étymologique et sociologique.

Du côté de l’étymologie, il semble qu’il faille remonter au vieux sanscrit pour voir apparaître le terme « bhratar » avec le sens de « frère» au sens large de parent proche. Ce serait cette racine sanscrite que l’on trouve dans la Grèce antique, au travers du terme «phrater», membre de la phratrie.

Dans la Bible, la première description de rapports entre deux frères nous est donnée dans le récit concernant Caïn et Abel. C’est également le premier récit de meurtre. Mais nous y trouverons également de nombreux exemples qui prouvent que la Bible et à travers elle le judaïsme, ne diminue en rien la valeur des liens familiaux, bien au contraire, puisque l’un des Dix Commandements n’est autre que «tu honoreras ton père et ta mère »

L’idéal de fraternité énoncé par la doctrine chrétienne, loin de s’étendre à tous les hommes, tend à ne se réaliser qu’en vase clos, au sein des premières communautés religieuses. Dans le monde laïc, l’on assiste alors au développement de «Fraternités» telles celles des Rose-Croix, des Corporations de maçons constructeurs et de chevaleries de divers ordres.

De ces diverses tentatives subsistent quelques symboles et rites qui fécondent certains grades de la Franc-maçonnerie spéculative. La publication en 1723 des constitutions d’Anderson marque une étape essentielle dans les tentatives de rapprochement entre les divers courants philosophiques et religieux dans la perspective de la diffusion et de la pratique d’un idéal de fraternité.

Le progrès rend ce besoin de Fraternité très important, car si de nos jours, la téléphonie mobile, le courrier électronique, la mobilité des images et des écrans ne créent pas de liens, ils rendent la solitude supportable et peuvent finir par enfermer chacun de nous dans sa solitude surinformée.

Par besoin les Hommes cherchent à tout prix à recréer du lien.

Les grandes bouffées émotionnelles qui s’emparent régulièrement de la population française s’expliquent aussi par ce besoin de retrouver une relation humaine qui ne passe pas uniquement par la technologie.

Lorsque la France a remporté la Coupe du Monde en 1998, Paris a connu des scènes de fraternisation de la foule comme la capitale n’en avait pas connues depuis la Libération. L’enjeu était loin d’être le même, mais les Français avaient besoin de se retrouver, de parler, de partager tout simplement.

Ces flambées émotionnelles sont d’autant plus fortes que le lien social au quotidien est entrain de se rompre et que la solitude est aujourd’hui la grande peur du monde moderne.

La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique fondé sur la fraternité. Les textes constitutifs insistent sur ce point.

Les Constitutions d’Anderson, par exemple, posent comme règle fondamentale :

« vous cultiverez l’amour Fraternel qui est la base, la pierre angulaire, le ciment et la gloire de notre confrérie ».

De même, les principes généraux de notre Ordre précisent :

« La Franc Maçonnerie à pour devoir d’étendre à tous les membres de l’humanité les liens Fraternels qui unissent les Francs Maçons sur toute la surface du globe. »

La Fraternité maçonnique, telle qu’elle m’a été dévoilée lors de mon initiation, constitue une invitation au travail à faire sur soi et entre soi, qui m’encourage à grandir, et à devenir meilleur pour moi-même et pour les autres

Nous savons que les mots que nous prononçons consciemment influent sur notre inconscient, le simple fait de décréter la Fraternité et de le répéter à chaque tenue, crée ipso facto ce sentiment dans notre inconscient.

Oui, à l’inverse de l’Amitié, la Fraternité est décrétée.

On ne choisit ni sa famille, ni les frères de sa loge. Que ce soit dans l’univers familial ou dans la Franc Maçonnerie, il s’agit bien d’un état de fait et non d’un choix précis.

C’est une des particularités de la Franc Maçonnerie, elle crée une famille. Elle décrète que par le fait de partager des valeurs communes, nous sommes Frères. C’est un fait, écrit dans notre constitution d’Anderson. Constitution a laquelle nous adhérons donc nous sommes Frères.

Ainsi au même titre que je n’ai pas choisi ma famille natale, je n’ai pas choisi mes Frères maçons, mais j’ai librement choisi d’être maçon.

Ainsi donc la Fraternité n’existerait que par décret, besoin psychologique, etc . Tout ceci est d’une extrême froideur, à l’inverse même du sens du mot.

La raison de ce paradoxe est que la Fraternité ne s’écrit pas, même oralement il m’est difficile de vous décrire la Fraternité.

La Fraternité cela se vit, c’est de l’affection, de la solidarité. C’est l’émotion partagée lors de la chaîne d’union. C’est aussi le geste que nous faisons pour le tronc de la veuve. C’est parfois appeler un Frère que l’on pourrait aider. C’est abandonner nos métaux entre nous, nous montrer tels que nous sommes, sans cacher nos faiblesses, protégés que nous sommes par la Fraternité des autres.

Ainsi la Fraternité, ce lien à inventer, est à la fois un MOYEN et un BUT, et pour faire plaisir a la fois à mon Parrain, et à Mon second surveillant, tous deux friands de confiseries freudiennes, je dirais simplement que la Fraternité c’est un peu épanouir le « Moi » dans le « Nous ».

La Fraternité débute par l’acceptation inconditionnelle de l’existence de l’autre.

Fraternité, Amitié, Amour de l’autre.

Pour moi, ces mots évoquent des sentiments d’affection profonde mais ayant toutefois des sens différents :

Nous ne sommes pas ami avec nos Frères et nos Sœurs, nous sommes Frère et Sœur tout simplement. La Fraternité se suffit à elle-même.

Martin LUTHER KING, disait :

« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous mourrons ensemble comme des idiots.»

En quoi la Fraternité est elle différente de l’amitié ?

Au sens littéral la Fraternité vient du concept « Fils d’un même père », cependant c’est souvent le socle des valeurs communes qui va déterminer la solidité de la Fratrie.

Dans la Franc Maçonnerie, nous avons également le même « Père », Le Grand Architecte de l’Univers, et nous développons également un socle de valeurs communes.

Ces valeurs communes, qui fondent notre Fraternité, sont : le respect, la tolérance, l’affection, l’écoute, l’humilité, la charité, la bienveillance, la bonté, la justice, l’humanité, la solidarité, et j’en oublie encore beaucoup…

Ce que j’ai vécu au cours de mon Initiation, et le fait de devenir un maillon d’une immense chaîne de Frères inconnus procède d’une toute autre démarche que le développement d’une amitié selon les hasards de ma vie.

L’amitié est le fruit d’une sympathie réciproque, elle résulte d’un libre choix, elle est élective, restrictive et réversible. Au contraire de la fraternité qu’elle soit de sang ou d’initiation, laquelle est contraignante et irréversible.

La Fraternité met en œuvre les facultés les plus nobles du cerveau, du cœur, de la volonté et forme un lien naturel intellectuel et affectif entre tous les hommes de la grande famille humaine.

Saint Jean nous dit :

« Celui qui dit être dans la lumière et qui a son Frère en haine est dans les ténèbres. Celui qui aime son Frère est dans la lumière. »

Les fraternités profanes réussies sont faites de sympathie, de camaraderie, d’amitié, d’élan du cœur. La Fraternité maçonnique, c’est autre chose.

C’est une Fraternité initiatique, à base de symboles, de rites, de traditions, s’inscrivant dans une perspective de bâtisseurs d’un monde meilleur (la construction du Temple de l’Humanité).

Corps spirituel, la Loge offre et bâtit une Fraternité Initiatique fervente se vivant bien plus intensément que les fraternités profanes.

La Fraternité qui éclaire et anime les temples maçonniques possède plusieurs spécificités :

La Fraternité du Cœur, pour une empathie sincère et une sympathie sans arrières pensées.

La Fraternité de l’Esprit : la recherche de la vérité, à partir des débats et de l’échange des convictions, acceptées dans leurs diversités.

La Fraternité de l’Imagination, à travers l’étude des symboles, et enfin

La Fraternité du but commun, celle d’œuvrer en tout lieu au progrès de l’Humanité, et cette construction qui se doit d’être de qualité, passe par la Fraternité des bâtisseurs.

La Fraternité maçonnique est mise en œuvre grâce à tout ce que nous offre le rituel :

Le Serment : Acte libre et réciproque, comportant le double engagement du nouvel Initié et de celui de ses Frères à son égard. Lors de mon initiation, j’ai ressenti le serment comme l’engagement d’une vie nouvelle, quelque chose de très intense.

Le Pavé Mosaïque : Dualité et ambivalence entre Frères, Abel et Cain, compétition / solidarité, Hostilité et Amour. Ferment de la tolérance, le Pavé Mosaïque nous montre que les contraires peuvent co-exister sans s’altérer.

Les Lacs d’Amour : représentation matérielle de cet autre symbole de la Fraternité maçonnique qu’est la Chaîne d’Union.

La Chaîne d’Union, elle régénère, revivifie, et ressuscite la Fraternité. Par la reliance concrète des Frères aux mains nues, se perçoit avec force la conscience de notre humanité dans ce qu’elle a d’impérissable et d’éternellement transmissible. C’est également un moment de méditation qui permet de faire percevoir aux Francs Maçons leur appartenance à une totalité qui les dépasse infiniment dans le temps et dans l’espace, autrement dit la dimension spirituelle de notre Ordre. Pour ma part, la chaîne d’union est certainement l’un des moments les plus forts de chaque tenue, et c’est toujours avec joie que je retire mes gants pour y participer avec chaleur, recueil et sincérité.

Equerre et Compas, maillet et ciseau, outils indissociables, qui permettent à l’apprenti de forger son Esprit et tailler régulièrement sa pierre brute, pour accéder à la Fraternité universelle.

Perpendiculaire - Niveau

La perpendiculaire sert à l’équilibre dans la verticale, le Niveau intervient dans l’horizontale.

La Perpendiculaire, tel un fil à plomb, nous donne la verticale. Verticalement pour élever son esprit et Verticalement pour descendre dans notre Ame et regarder à l’intérieur de nous même.

Le niveau sert à égaliser, à voir si un plan est horizontal et à déterminer les différences. Il rend plane dans la mise en oeuvre correcte des connaissances, sans pour autant niveler les connaissances

J’ai eu la chance d’assister à une très belle planche présentée par le Vénérable de notre loge voisine, sur le thème Conscience et Fraternité. Notre T:.C:.F:. Denis Jean avait alors posé une question sur la Fraternité dans l’association des ATR (l’Association des Truands Réunis). Alors il est vrai que, j’ai réalisé cette planche avec NOTRE cadre de référence et celui des valeurs défendues par notre Ordre, mais la Fraternité existe aussi dans des organisations intégristes ou mafieuses. La seule Fraternité ne suffit donc pas, il faut y ajouter notamment, la Conscience.

La devise de notre pays est le reflet de la nécessité d’adjoindre la Fraternité avec d’autres valeurs que nous aimons répéter, celle de la Liberté et de l’Egalité.

Je voudrais vous remercier pour le progrès que vous me permettez d’accomplir. Lors de mon initiation, mon esprit était à peu près aussi musclé que mes abdominaux.

Grâce à la fréquentation régulière de notre loge, MA salle de gymnastique philosophique, j’ai l’impression de progresser, même si la route est encore longue.

A presque deux années de mon initiation, de ma naissance à la Lumière, Je suis heureux d’avoir pu ce soir vous présenter mon travail. Je voudrais vous témoigner ma reconnaissance pour votre Fraternité sans faille, et je continuerai mes efforts laborieux pour polir ma pierre brute, ciseau et maillet en mains, pour parfaire mon intégration dans la Loge, pour également apporter à chacun d’entre vous ma Fraternité.

En conclusion:

Pour moi, la Fraternité, ce n’est pas seulement donner ce que l’on a, c’est avant tout offrir ce que l’on est.

   

Source www.ledifice.net

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Que l'Amour règne parmi les Hommes !

14 Juillet 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

Lors de la fermeture des Travaux au Grade d'Apprenti, le VM, le 1erS et le 2èmeS prononcent chacun une invocation au moment où le M des C procède à l'extinction des étoiles disposées sur les colonnettes autour du Tapis de Loge.
Le VM formule « Que la Paix règne sur la Terre ! », le 1er S « Que l'Amour règne parmi les Hommes ! » et le 2ème « Que la Joie soit dans les cœurs ! ».

Dans ma planche de ce midi, j'ai choisi d'effectuer un gros plan sur « Que l'Amour règne parmi les Hommes » et au départ de cette invocation de prendre du recul et d'effectuer un balayage de cette phase du rituel et de ce qu'elle implique.
En effet, cette formule nous amène au concept de l'Amour avec ses ramifications vertueuses ou passionnelles mais aussi a cette phase particulière du rituel et ce qu'elle implique.

Passé la première lecture, ce thème de recherche s'est vite avéré riche en perspectives de toutes sortes et j'ai bien dû me résoudre à poser des choix pour ne pas dépasser le temps d'attention moyen possible pour le commun des Frères

Comme à l'accoutumée, je vais plonger dans mes rituels et tenter d'en extraire la substantifique moelle relative à l'objet de ma quête.

Par où commencer ?

Petite approche rituelle historique. Dans un ancien rituel de la GLDF dont je dispose, j'ai tout d'abord constaté que cette formule n'existe pas car la phase d'allumage et d'extinction des étoiles avec les formules qui les accompagnent ne figurent pas dans le rituel des Travaux courants.

Je pars maintenant sur le mot Amour en lui-même sachant que dans un mouvement de zoom arrière, il va falloir partir ensuite sur l'expression : « Que l'Amour règne parmi les hommes ! » et la situer dans le Rituel.

Si j'épluche notre rituel des Travaux Courants, celui de l'Initiation au Premier Degré, les Instructions au Premier Degré et le Rituel de Table, je peux dire qu'il apparaît un certain nombre de fois pour ne pas dire un nombre certain de fois. Si je relève maintenant tout ce qui tourne autour du concept (le verbe aimer, fraternité, cœur…), c'est encore plus important.
Tellement important que j'en viens à revoir mon point de vue sur la méthode maçonnique qui n'est plus seulement à mes yeux rationnelle mais aussi cardiaque. En clair une démarche à effectuer pas seulement avec la tête (la raison) mais aussi avec le cœur (les émotions).
Il y a la une apparente contradiction puisqu'il est dit que le Maçon doit maîtriser ses passions : « La main droite, placée en équerre sous la gorge, contient le bouillonnement des passions qui s'agitent dans la poitrine et préserve la tête de toute agitation fébrile, susceptible de compromettre notre lucidité d'esprit... ». Plus loin…« Je suis en possession de moi-même et je m'attache à tout juger avec impartialité » (page 67).

Cette apparente contradiction réside dans le mot en lui-même qui se prête à une foule de définitions et de contexte. Comme les esquimaux utilisent plusieurs mots pour nommer la neige suivant ses qualités, nous devrions en faire autant pour l'amour. Cette énergie passionnelle n'échappe pas aux lois de sa nature et donc à l'instar de toutes les passions est une énergie qui peut s'avérer une force constructive, qui captive, voire destructive.
Si l'amour est passion captivante, aliénante, il s'oppose à la vérité, puisqu'il déguise son objet. Ce que nous aimons dans l'amour ce n'est pas ce que nous croyons. Mais est-ce néfaste pour la morale ? Si nous devons nous méfier de l'amour, est-ce parce qu'il contredit la morale ?
Parce qu'il est essentiellement source de mal et non de bien ? L'amour fait donc partie de ce qui me pousse à faire des choses sans que j'en sois vraiment conscient, ou sans que je puisse rien y faire. L'amour, c'est une force aveugle qui, comme l'inconscient, agit sur moi à mon insu, et m'aliène à moi-même. Quand je suis complètement obsédé par certaines formes de l'amour, je ne m'appartiens plus, je ne suis plus moi, plus rien ne compte pour moi, à part cet amour. Dès lors, si un obstacle surgit sur la voie qui me mène vers la réalisation de cet amour, tous les moyens seront jugés bons pour anéantir cet obstacle. Celui qui est « victime » d'un amour fou se moque de la morale, il est capable d'employer un moyen moralement condamnable s'il lui paraît nécessaire à la réalisation de sa passion.

De plus, l'amour est souvent égoïste et malveillant. L'amour bienveillant mène à vouloir et à faire le bien des autres; l'amour concupiscent au contraire n'est que désir de l'autre, le désir de possession. Ce qui m'intéresse en l'autre duquel j'attends du bien, c'est juste mon propre plaisir, la satisfaction de mon désir. Cet amour là ne renvoie donc qu'à moi-même... Ainsi l'amour concupiscent envers quelqu'un est un amour qui nie autrui, qui ne le respecte pas. Pour reprendre la formule de Kant, cet amour traite autrui seulement comme un moyen, mais pas en même temps comme une fin en soi.

Tout ce que je viens d'évoquer de l'amour (à part l'amour bienveillant) n'a rien de très maçonnique, il s’agit des cas où cette énergie passionnelle dans ce qu'elle puise dans l'attachement animal nous aliène et nous captive.

Le symbolisme maçonnique nous offre l'antidote car dans notre rituel d'initiation, il est dit (page 51) : « Le compas, instrument de mesure et de comparaison, nous permet d'apprécier la portée et les conséquences de nos actes, qui devront être toujours fraternels envers tous nos semblables et en particulier, envers nos FF Francs-Maçons ». Sachant que le compas occupe une place particulière en fonction des grades auxquels il intervient, le Maître devrait disposer du discernement suffisant pour mettre ces principes en application.

Ceci dit, je n'ai pas envie de jeter la pierre brute au genre humain vis-à-vis de ce qui est aussi un vieux besoin. Etre aimé et aimer sont les besoins de tout être humain. La nécessité de s'attacher à un être est le lot de tout enfant, de tout être en devenir. L'ascèse qui prescrit de cesser de s'attacher fait bien partie des principes des voies du renoncement au monde et à ses illusions. Mais peut-on demander et est-il juste et bon de demander cela à tout être
humain ?

Si je me plonge dans le rituel, il convient tout d'abord de remarquer que le mot « Amour » est écrit avec un « A » majuscule, au même titre que des mots comme Chaîne d'Union, Compas, Secrets, Mystère, Fraternité… On lui confère donc une certaine valeur pour ne pas dire pour le mot Amour, que comme Fraternité on en a fait une valeur phare.
Quels rapports d'ailleurs entre cet Amour et la Fraternité ? Il semble bien que ce soit la même chose ou un couple sacré pour la Franc-Maçonnerie. On nous parle fréquemment d'Amour Fraternel. Je ne peux manquer d'évoquer le passage sur l'amour fraternel décrit par Saint Paul dans son Epître aux Corinthiens 1-13. Je trouve d'ailleurs une coïncidence curieuse entre ce personnage encore nommé Saul qui reçoit la Lumière du Christ sur le chemin de Damas et le Maçon ordinaire qui la reçoit en ce Temple.
Ce passage sur l'Amour fraternel me fait d'ailleurs tirer un lien avec les vertus théologales (Foi, Espérance, Charité) et cardinales (Prudence, Justice, Force, Tempérance) que nous retrouvons soit ainsi nommées ou paraphrasées dans nos Rituels. L'objet de ce midi n'étant pas une étude du texte biblique mais de celui de notre rituel, je ne m'appesanti pas sur cet autre texte sacré. Je souligne juste que Saint Paul évoque l'Amour, en montre l'importance et je dirais même le caractère transcendant puisqu'il dépasse et même transmue : langues, prophétie, connaissances et même les deux autres Vertus qui sont la Foi et l'Espérance.

Et la Charité ? Saint Paul parle d'Amour la où l'Eglise a repris Charité. Je prends pour ma part l'option qu'il a voulu parler de la même chose.

Dans notre Rituel d'initiation, un passage souligne ces propriétés comparables à la pierre philosophale que porte l'Amour. Le VM dit au Récipiendaire (page 44) : «
Récipiendaire, dans ce voyage vous n'avez entendu aucun bruit. La signification de ce symbole est que si l'on
persévère résolument sur le chemin de la Vertu, la vie devient calme et paisible. Les flammes par lesquelles vous êtes passé figurent le quatrième élément symbolique des Anciens : puisse le Feu qui vous a enveloppé se transmuer dans votre cœur en Amour ardent pour vos semblables, puisse la Charité inspirer désormais vos paroles et vos actions. »

Le Récipiendaire vient de passer par l'épreuve des différents éléments où du silence du Cabinet de Réflexion, Epreuve de la Terre, il est passé au tumulte de l'Epreuve de l'Air symbolisant l'agitation des passions, puis il a connu l'Epreuve de l'Eau ou le bruit s'est aplani au même titre que les obstacles et le bouillonnement des passions. Ce n'est qu'avec l'Epreuve du Feu que le symbolisme révèle le même caractère transmuant pour l'Amour et le Feu. Il est aussi question de la Charité des vertus Théologales. Les paroles du VM invitent à mettre l'Amour en pratique à travers ses paroles et ses actions.

Ce genre de message ne devrait d'ailleurs pas raisonner que dans les oreilles du récipiendaire mais aussi dans chaque personne se réclamant de l'état de Franc-Maçon. Nous devrions l'observer dans nos actes et nos paroles tant dans cette enceinte qu'en dehors.

Dans l'ancien rituel dont je dispose, il est mentionné dans les instructions au Premier Degré (page 38) « Qu'apportez vous en Loge ? » « Amour et bienveillance à tous mes FF\ ».

Si j'observe ce qui se passe habituellement et ce pour moi y compris, je peux dire qu'il y a encore du travail à accomplir. Faisons notre examen de conscience, nous sommes très loin de mettre parfaitement ce principe en application. Les passions viennent souvent entacher notre travail que ce soit dans les remarques persifleuses à l'égard d'un Frère ou quand notre souci de bien pratiquer le rituel nous fait parfois manquer de Tolérance ou de doigté dans la manière de formuler nos remarques.

Dans le monde profane c'est encore plus grave. Pourtant nous y sommes également concernés en tant que Franc-Maçon. Dans l'ancien rituel dont je dispose, il est mentionné dans les instructions au Premier Degré (page 38) « Que veut dire la houppe dentelée ? », « Elle nous représente sans cesse l'union et l'amour fraternel qui doivent exister entre les Maçons et qui devrait exister entre tous les hommes, de quelque nation ou de quelque couleur qu'ils soient ».
Hélas, je ne vous apprends pas qu'il n'en est rien.

S'il est facile d'être aimant quand on se sent aimé, il est beaucoup plus difficile de l'être quand un Frère ou un profane nous a asséné des coups qu'ils soient concrets ou symboliques.

On m'a enseigné que (page 69) « La Société au milieu de laquelle nous vivons n'est que partiellement civilisée. Les Vérités essentielles y sont entourées d'ombres épaisses, les préjugés et l'ignorance la dominent, la force ou la ruse, y priment le droit. »
Je ne m'étonne donc pas quand j'y rencontre de nombreuses mises à l'épreuve où je me demande encore s'il y a lieu d'aimer la personne en face de moi.

La réponse est pourtant la dans notre rituel (page 44). Lors de notre initiation, après l'Epreuve du Feu, le VM nous a rappelé ce principe de Morale : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qui te fût fait à toi-même. » Il a même ajouté ce second principe énoncé par la Franc-Maçonnerie : « Fais aux autres tout le bien qu'ils pourraient te faire à toi-même. »

C'est plus délicat lorsque je viens en Loge puisqu'on m'a également appris que (page 69) « La plus grande somme de Vérité et de Lumière ne sauraient donc mieux se rencontrer que dans les TT\ Maç\, où des hommes éprouvés et choisis se consacrent à l'étude et au travail. »
Ici je m'étonne de voir jaillir les problématiques passionnelles profanes, oublier les principes moraux énoncés lors de notre initiation quand ce n'est pas piétiner allègrement quelques serments dont (page 46) « Je jure…, d'aimer mes Frères et de les aider par mes conseils et mes actions. »

Je m'étonne aussi d'une apparente contradiction entre la violence qui jaillit ça et la au détour du Rituel. Que viennent faire ces images de gorges tranchées, de vengeance (« Parjure », page 47) avec nos principes d'Amour Fraternel ? On me dira : « Tout est symbole ». Cette violence serait-elle celle que nous exerçons à nous mêmes ?

Rappelons-nous qu’« il ne suffit pas d'être mis en présence de la Vérité pour qu'elle nous soit intelligible » (page 71). Nous percevons comme violence et agression des faits qui ne le seraient pas en Vérité mais d'un point de vue profane. Dans l'ancien Rituel, il est écrit dans les Instructions au Premier Degré (page 36) : « Des rayons éclatants virent frapper ma vue et je vis tous les FF\ armés de glaives, dont la pointe était dirigée vers moi. ». « Que voulait dire cela ? ». « J'ai compris depuis que ces glaives figuraient les rayons de la lumière de la vérité qui, au premier aspect, blessent la vue intellectuelle de celui qui n'a pas été préparé par une solide instruction. »

La méthode maçonnique travaille par le symbolisme du nombre 3. Au départ, il y avait l'Unité. Je rappelle le passage des Instructions au Premier degré sur les Mystères des trois Premiers Nombres (Pages 72 – 73). Ces Mystères sont déduis des propriétés intrinsèques des Nombres. Le nombre un nous a appris : « Que tout est un, et qu'il ne saurait rien exister en dehors du tout… ». L'Unité est rompue par la perception de l'homme face au monde qui l'entoure. « Souvent l'homme assigne artificiellement des bornes à ce qui est, en réalité, un et sans limite. Nous ne percevons qu'en différenciant l'objet observé de son milieu. A ce point de vue, deux est le Nombre de la Science. Mais en même temps, il représente un antagonisme qu'il convient de concilier. » La pensée platonicienne sur laquelle nous fonctionnons est basée sur les antagonismes. L'ensemble du cosmos est un agrégat de substances avec une hiérarchie. Les choses sont distinctes et divisées les unes par rapport aux autres.

La Vérité c'est l'Unité mais elle est rendue inaccessible à l'humain. Le seul accès pour le retour à l'Unité passe par le ternaire. La conclusion, c'est : « Qu'il y a lieu de ramener la Dualité à l'Unité par le moyen du nombre trois. Le ternaire synthèse de ce qui apparaissait opposé, constitue pour nous la représentation intelligible de l'Unité… »

Que vient faire l'Amour la dedans ? C'est un des moyens de réintégration à l'Unité. En Franc-maçonnerie, je suis censé apprendre à maîtriser mes passions. En effet, ces dernières lorsqu'elles s'enferrent dans les mécanismes des oppositions et des frustrations me coincent dans le jeu de la dualité. Mon prochain est fréquemment perçu comme un opposant et je m'oppose à lui comme je m'oppose à différents aspects de la réalité matérielle du
monde. Cela débouche sur la violence, la brutalité…, des émotions désagréables liées à la souffrance. Si j’apprends à aimer mon prochain comme moi-même. Si nous apprenons à nous aimer les uns les autres (Enseignement attribué à un grands initiés nommé Jésus – page 47 du Rituel du second degré). L'homme libre est mort aux préjugés du vulgaire (page 65) car il lui est possible de percevoir les éléments du tout comme un tout, grâce au jeu de l'Egalité, de la Fraternité et de l'Amour, on est entré dans une autre perception.

Le Pardon dans tout cela joue un rôle important. Rappelons le moment où dans le Rituel d'Initiation au Premier Degré, le Néophyte est reçu dans la Chaîne d'Union (page 49) : « … vous avez peut-être des ennemis. Si vous en rencontriez dans cette assemblée ou parmi les Francs-Maçons, seriez-vous disposé à leur tendre la main et à oublier le passé ? » N'est-ce pas une forme de Pardon ?

Et comme le souligne le VM, l'aspect de cette Assemblée n'a-t-il pas sensiblement changé depuis la scène violente du parjure ? Cette chaîne est décrite comme l'union de tous les francs-Maçons répandus sur la surface de la terre mais on peut y voir l'Amour Fraternel manifesté de manière tangible. Pour pouvoir entrer dans cette chaîne et ne point la rompre, il faut être animé de sentiments de Fraternité et d'Amour. Raison pour laquelle il est demandé au Néophyte d'exécuter sa promesse de Pardon.

Cela va aller plus loin avec la scène du miroir. Il n'est pas facile de pardonner, il n'est pas facile de rester indifférent face à un ennemi alors aimer ce dernier... Le psychanalyste C.G. Jung souligne avec pertinence que lorsque quelqu'un suscite par son comportement de la révolte, de la colère en nous, c'est qu'en fait ces agissements font écho à quelque chose de nous-même qui est refoulé dans notre part d'ombre. L'Initié va devoir dans son cheminement réintégrer entre autres sa part d'ombre.
La scène du miroir qui achève l'accueil dans la Chaîne d'Union, nous renvoie ces parts refoulées de nous-même qu'il va falloir reconnaître. Le jeu des oppositions rencontré dans nos confrontations à la réalité nous amène à formuler des reproches aux autres mais aussi à soi, à
projeter à l'extérieur ce qui fait aussi partie de nous. L'unité est aussi à refaire avec soi et en soi car notre Travail est aussi important à l'intérieur de nous-même qu'à l'extérieur de nous-mêmes et comme la dualité dépassée nous apprend que ce qui est en nous est aussi à l'extérieur de nous, cet Amour a lieu de se manifester aussi bien au dedans qu'au dehors.

Reprenons la formule : « Que l'Amour règne parmi les Hommes ». Mesurons-en la portée selon sa place stratégique dans le rituel des travaux courants. Elle se situe à la clôture des Travaux et évidemment, ce n'est pas un fait du hasard.
Avant de procéder à la fermeture rituelle le VM dit : « Mes FF, les Travaux de ce jour sont terminés, nous avons droit au repos. Il ne nous reste plus, suivant l'usage ancien, que d'enfermer nos secrets dans un lieu sûr et sacré, et de nous unir en Fraternité ». Et à ce moment il porte la main droite dégantée à son cœur (page 26). Le lieu sûr et sacré, c'est donc le cœur. Qu'est-ce qui sort du cœur ?
Les émotions donc notamment l'Amour. La Chaîne d'Union nous ramène notamment à cet Amour Fraternel, universel, à travers l'espace et le temps. Celui la qui doit inspirer nos pensées et nos actions quand nous serons au dehors.

Lorsque nous venons en Loge, c'est pour construire notre Temple intérieur, pour ce faire différents éléments du Rituel sont mis en place, des Vertus sont invoquées pour élever notre édifice vers notre Idéal : La Sagesse, la Force, la Beauté. On retrouve les Vertus qui nous orientent et à ce titre sont cardinales : Tempérance, Prudence et Justice vont avec la Sagesse, la Force avec la Force. Ces Vertus mais aussi ces énergies et gestion d'énergie émotives nous amènent à la Beauté manifestation émotionnelles mais passion devenue vertueuse grâce au travail de transformation alchimique des émotions qui s'est opéré.
Le travail s'étant réalisé dans l'Athanor de la Loge régulièrement couverte. Loge qui comme l'Athanor est comparée à la forme d'un Œuf (page 69) qui contient un être en puissance en devenir. L'être en puissance de devenir, c'est nous aussi. Comme pour nous indiquer que ce qui est au dedans est aussi au dehors et ce qui est au dehors est aussi au dedans. Je suis l'être en puissance de devenir mais je contiens aussi cet être en puissance de devenir au fond de mon Cœur. Et cela va bien plus loin …

Paroles de P E Victor :
Paul Emile Victor déclara un jour : « …L'important n'est pas d'être aimé ou d'avoir Dieu en son cœur, mais d'être dans le cœur de Dieu. Ainsi l'Amour n'est-il plus un sentiment ponctuel, égocentrique, mais universel. Il englobe tout autour de soi, et plus que tout autre sentiment apporte la plénitude, le calme, la joie, le bonheur, l'enthousiasme et la compréhension, la tolérance mais aussi la rage de vivre. »

De cette citation, je pars sur quelques idées : Le Divin et l'Homme ne font qu'un mais la Maçon de par le symbolisme de la Loge qui le contient et du Temple qu'il contient reçoit le message que le Divin, la Loge, lui et le Temple ne font qu'un par le ternaire de la Loge, il dépasse symboliquement les lois de la dualité. (Page 73) « Le ternaire, synthèse de ce qui apparaissait opposé, constitue pour nous la représentation intelligible de l'Unité. » Je rappelle aussi que les vertus théologales sont offertes par le Divin et que par déduction, on pourrait dire que la Loge en est la médiatrice.

Il semble s'opérer un mouvement en entonnoir qui m'a été révélé par une petite étude comparative. Dans notre Rituel de Table, j'observe une permutation. Cette fois-ci le VM prononce : « Que l'Amour règne sur la Terre », le Premier Surveillant « Que la Paix règne parmi les Hommes » et le Second Surveillant : « Que la Joie soit dans les Cœurs ». Si la triade « Paix, Amour, Joie » connaît des permutations, il n'y en a pas pour la triade « Terre, Homme, Cœur ». Cette triade, elle ne varie pas et nous décrit un mouvement en entonnoir allant de la Terre vers les Hommes et enfin dans le Cœur des Hommes.
L'alchimie de l'Amour devrait permettre aussi d'opérer le mouvement inverse du Cœur de l'Homme vers ses Frères humains et puis à la terre entière et à ce qui la compose et accéder ainsi à l'Universalité. Puisque le divin englobe tout comme l'Amour englobe tout.

Ainsi la Franc-Maçonnerie n'est pas seulement une voie rationnelle, symbolique, mais aussi cardiaque. L'accès à l'Unité est difficile pour l'Initié, je pense même qu'il est difficile à atteindre en permanence. Dans le monde profane c'est une gageure, dans le monde du sacré, c'est possible pour autant que nous soyons réellement capable de laisser nos métaux à la porte du Temple et d'élever nos Cœurs en Fraternité. C'est-à-dire de dompter nos passions mauvaises, de cultiver des émotions nobles et surtout d'être vigilant à nous-mêmes comme à nos FF, à nos FF comme à nous-mêmes.
L'Amour pourra peut-être un jour régner parfaitement parmi les Hommes quand se sera manifesté dans le Temple la Force d'Aimer.
Musique : « Quand on n'a que l'Amour ».
J'ai dit.

Compléments :

Pour avoir quelques fois rendu visites sous d'autres Orients et dans d'autres Obédiences, j'ai remarqué chez des SS déclarant travailler au R.E.A.A. que la formule qui nous intéresse est récitée par la seconde Surveillante lorsqu'elle éteint la dernière étoile qui correspond pourtant à la Beauté lors de l'Ouverture. Il y a en fait permutation avec « Que la Joie soit dans les Cœurs ».

La transformation alchimique qu'il y a lieu d'opérer sur les énergies passionnelles.
Le pouvoir transformateur de l'énergie amoureuse.
Le rôle à la fois interne et externe de l'énergie amoureuse et son pouvoir transformateur.
L'Amour du Masculin pour le Féminin.
Cet Amour, c'est aussi à porter à l'extérieur. Ramener à la phrase. En recherchant à l'intérieur je peux changer à l'extérieur au même titre que je cherche habituellement à l'extérieur pour changer à l'intérieur.

Source : www.ledifice.net

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Bible et vengeance

13 Juillet 2012 , Rédigé par Bible Publié dans #spiritualité

Et la parole de l'Éternel me fut adressée en ces mots :
Fils d'homme, tourne ta face vers les fils d'Ammon et prophétise contre eux.
Tu diras aux fils d'Ammon : Ecoutez la parole du Seigneur l'Éternel : Ainsi parle le Seigneur l'Éternel : Puisque tu dis : Ha ! ha ! sur mon sanctuaire, parce qu'il a été profané, et sur la terre d'Israël, parce qu'elle a été dévastée, et sur la maison de Juda, parce qu'ils sont allés en captivité,
à cause de cela, je vais te donner en possession aux fils de l'Orient ; ils établiront chez toi leurs campements, ils dresseront chez toi leurs demeures ; ce sont eux qui mangeront tes fruits, et ce sont eux qui boiront ton lait.
 Et je ferai de Rabba un pâturage de chameaux et [du pays] des fils d'Ammon un bercail de brebis, et vous saurez que je suis l'Éternel.
Car ainsi parle le Seigneur l'Éternel : Parce que tu as battu des mains et frappé du pied et que tu t'es réjouie, avec tout le mépris de ton âme, au sujet de la terre d'Israël,
à cause de cela, je vais étendre ma main contre toi ; je te donnerai pour portion aux nations, je te retrancherai d'entre les peuples et je te supprimerai d'entre les pays ; je t'exterminerai, et tu sauras que je suis l'Éternel.
 Ainsi parle le Seigneur l'Éternel : Parce que Moab et Séir disent : Voici, la maison de Juda est comme toutes les nations ;
 à cause de cela je vais ouvrir la frontière de Moab, en lui enlevant les villes, en lui enlevant d'un bout à l'autre ses villes, qui font la gloire du pays, Beth-Jésimoth, Baal-Méon et Kiriathaïm,
[je vais l'ouvrir] aux fils de l'Orient, aussi bien que le pays des fils d'Ammon, et je le leur donnerai en possession, afin que les fils d'Ammon ne soient plus mentionnés au nombre des nations,
 et j'exercerai des jugements en Moab, et ils sauront que je suis l'Éternel.
 Ainsi parle le Seigneur l'Éternel. Parce qu'Edom s'est vengé à outrance de la maison de Juda, et qu'il s'est rendu gravement coupable en se vengeant d'eux,
 à cause de cela le Seigneur l'Éternel parle ainsi : J'étendrai ma main contre Edom et je retrancherai du milieu de lui hommes et bêtes, et j'en ferai un désert depuis Théman, et jusqu'à Dédan ils tomberont par l'épée.
Et j'exercerai ma vengeance sur Edom par la main de mon peuple d'Israël, et ils traiteront Edom selon ma colère et selon ma fureur, et ils connaîtront ma vengeance, dit le Seigneur l'Éternel.

Ainsi parle le Seigneur l'Éternel : Parce que les Philistins se sont livrés à la vengeance, et qu'ils se sont vengés à outrance, le mépris dans l'âme, pour exterminer, haine éternelle,
 à cause de cela, ainsi parle le Seigneur l'Éternel : Je vais étendre ma main contre les Philistins
,
j'écraserai les Crétois et détruirai le reste qui habite le rivage de la mer ;
et j'exercerai sur eux de grandes vengeances, les châtiant avec fureur, et ils sauront que je suis l'Éternel quand je leur ferai sentir ma vengeance.

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Matthieu 5.17 à 5.48 : serments, vengeance, ennemis

13 Juillet 2012 , Rédigé par Evangile Publié dans #spiritualité

Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ou les prophètes ; je ne suis point venu abolir, mais accomplir. Car en vérité je vous le dis, jusqu'à ce que le ciel et la terre aient passé, il ne passera pas de la loi un seul iota, ni un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout ait été accompli. Celui donc qui aura violé l'un de ces plus petits commandements, et qui aura ainsi enseigné les hommes, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les aura observés et enseignés, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. Car je vous dis que si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux. Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens : Tu ne tueras point ; et celui qui aura tué sera punissable par le jugement. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère, sera punissable par le jugement ; et celui qui aura dit à son frère : Raca ! sera punissable par le sanhédrin, et celui qui lui dira fou, sera punissable par la géhenne du feu. Si donc tu apportes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va premièrement, réconcilie-toi avec ton frère, et alors, viens présenter ton offrande. Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur que l'adversaire ne te livre au juge et le juge à l'huissier, et que tu ne sois jeté en prison. Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là, jusqu'à ce que tu aies payé le dernier quadrant.Vous avez entendu qu'il a été dit : Tu ne commettras point adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter, a déjà commis adultère avec elle dans son cœur. Or si ton œil droit te fait tomber, arrache-le et le jette loin de toi, car il vaut mieux pour toi qu'un de tes membres périsse et que tout ton corps ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite te fait tomber, coupe-la, et la jette loin de toi, car il vaut mieux pour toi qu'un de tes membres périsse et que tout ton corps n'aille pas dans la géhenne. Il a été dit aussi : Si quelqu'un répudie sa femme, qu'il lui donne une lettre de divorce. Mais moi, je vous dis que quiconque répudie sa femme, si ce n'est pour cause de fornication, la fait devenir adultère ; et que quiconque épouse une femme répudiée, commet adultère. Vous avez encore entendu qu'il a été dit aux anciens : Tu ne te parjureras point, mais tu tiendras tes serments au Seigneur. Mais moi, je vous dis de ne point jurer du tout ; ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu ; ni par la terre, parce que c'est le marchepied de ses pieds ; ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du grand Roi. Tu ne jureras pas non plus par ta tête, parce que tu ne peux rendre un seul cheveu blanc ou noir. Mais que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu'on dit de plus vient du malin. Vous avez entendu qu'il a été dit : œil pour œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant ; mais quiconque te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre. Et à celui qui veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui aussi le manteau. Et quiconque te contraindra de faire un mille, fais-en deux avec lui. Donne à celui qui te demande, et ne te détourne point de celui qui veut emprunter de toi. Vous avez entendu qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent ; afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense en aurez-vous ? les péagers aussi ne le font-ils pas ? Et si vous ne faites accueil qu'à vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens aussi ne le font-ils pas ? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.

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Misraïm : réception au 11éme Degré Sublime Chevalier Elu

13 Juillet 2012 , Rédigé par Rite de Misraïm Publié dans #hauts grades

Les travaux ayant été ouverts dans les formes rituelles précédemment indiquées.

Le Trois Fois Puissant.

Mes Frères, il va être procédé à l'initiation au 11ème degré de l'Illustres élu des Quinze ..……..

Grand Maître des Cérémonies, veuillez vous rendre auprès du récipiendaire et préparez-le conformément aux prescriptions rituelles.

Le Grand Maître des Cérémonies. sort pour préparer le candidat. Arrivé à la porte du Grand Chapitre, il frappe 5 coups égaux. l l l l l

Le Grand Inspecteur. Frappe un coup de maillet. - l -

Trois Fois Puissant on frappe à la porte du Temple.

Le Trois Fois Puissant.

Voulez-vous vous assurer qui est là !

Le Grand Inspecteur. Va à la porte du Temple.

Qui est là ?

Le Grand Maître des Cérémonies.

C'est un Illustre Élu des Quinze qui demande à pénétrer dans le Grand Chapitre des Sublimes Chevaliers Élus.

Le Grand Inspecteur. Retourne à son plateau.

Le Trois Fois Puissant.

Que le demandant soit introduit avec les insignes et le bijou de son dernier grade.

Le Grand Maître des Cérémonies. Introduit le Récipiendaire et le place devant le Grand Inspecteur qui l'examine sur les grades précédents.

Le Grand Inspecteur.

Êtes-vous Maître Secret ?

Le Récipiendaire.

Je m'en Glorifie.

Le Grand Inspecteur.

Comment avez-vous été reçu Maître Secret ?

Le Récipiendaire.

En passant de l'équerre au compas.

Le Grand Inspecteur.

Êtes-vous Maître Parfait ?

Le Récipiendaire.

J'ai vu les trois cercles enfermant le cube sur les deux colonnes. Je connais le cercle et sa quadrature.

Le Grand Inspecteur.

Que signifie la lettre J. que vous avez vue à la fenêtre du Temple comme Secrétaire Intime ?

Le Récipiendaire.

C'est l'initiale des trois noms de Dieu qui dans ce grade signifie : rendons grâce à l'Éternel, l'ouvrage est fini.

Le Grand Inspecteur.

Êtes-vous Prévôt et Juge ?

Le Récipiendaire.

Je rends la Justice à tous les Ouvriers sans exception.

Le Grand Inspecteur.

Êtes-vous Intendant des Bâtiments ?

Le Récipiendaire.

Je connais les 7 marches de l'exactitude qui mènent au Saint des Saints. J'ai vu une grande lumière et les 3 lettres mystérieuses.

Le Grand Inspecteur.

Pourquoi avez-vous reçu un poignard comme Maître Élu des Neuf ?

Le Récipiendaire.

Pour châtier uniquement la trahison, défendre mes Frères en péril et punir le crime.

Le Grand Inspecteur.

Êtes-vous Illustre Élu des Quinze ?

Le Récipiendaire.

Je le dois à mon zèle et à mon travail.

Le Grand Inspecteur. Frappe un coup de maillet. - l -

Le Trois Fois Puissant.

Grand Maître des Cérémonies, que demande l'Illustre Élu des Quinze ?

Le Grand Maître des Cérémonies.

Il demande la faveur d'être admis au grade de Sublime Chevalier Élu et d'obtenir la récompense due à ses voyages et à ses travaux.

Le Trois Fois Puissant.

J'imagine mon Frère que vous n'avez voyagé que dans l'Intérêt de tous.

Le Récipiendaire.

Mon premier but a été de remplir mon devoir, ce que j'ai fait à mes propres dépens et de punir tous les Traîtres ; ce n'est que l'honneur qui m'incite à présent à solliciter la récompense.

Le Trois Fois Puissant.

En ce cas, approchez-vous, mon Frère, pour contracter notre obligation.

Debout, Sublimes Chevaliers Élus et placez-vous autour de l'autel !

Tous les Frères. accompagnent le candidat et se placent autour de l'autel.

Le Grand Maître des Cérémonies. va à l'Orient chercher le poignard et le met sur le Volume de la Loi Sacrée.

Le Grand Inspecteur. donne le texte du serment et dispose le récipiendaire : les pieds en équerre, la main droite sur le Livre.

Le Trois Fois Puissant. Frappe un coup de maillet. - l -

Tous les Frères. font le signe.

Le Récipiendaire. lit son serment.

bligation.

je .………… promets et je jure devant le Grand Architecte de l'Univers et sur le Livre de la Loi Sacrée et devant cette Respectable Assemblée de ne jamais révéler où j'ai reçu le présent degré et de ne jamais communiquer qui a assisté à ma réception. Je promets de ne jamais recevoir un Frère dans ce grade sans en avoir obtenu les pleins pouvoirs de mes Supérieurs, de n'assister à aucune réception à moins que ce soit dans un Chapitre régulier. Je réitère en outre ma promesse d'allégeance au Rite de Misraïm, obéissance à ses règlements, statuts et édits, suivant les vrais principes et les anciennes traditions maçonniques. Je promets d'être charitable, et si je manque à ces promesses, je consens d'avoir mon corps coupé en sautoir, et que ma mémoire soit en horreur comme celle d'un assassin.

Le Trois Fois Puissant.

Je prends acte de votre serment et vous investis, par le pouvoir que j'ai reçu, dans vos fonctions de Prince Élu, Sublime Chevalier, membre de ce Grand Chapitre, Onzième degré de notre Rite. Grand Maître des Cérémonies veuillez décorer notre nouveau Chevalier.

Le Grand Maître des Cérémonies. Il est ainsi fait.

Le Trois Fois Puissant.

Prenez place Illustres Chevaliers Élus. Pause.

Le Trois Fois Puissant.

Nous allons maintenant dialoguer avec le Grand Inspecteur l'instruction au 11ème degré à l'Intention du nouveau Illustre Chevalier Élu.

Instruction  au  11ème  degré.

Le Trois Fois Puissant.  Pose les Questions.

Le Grand Inspecteur.   Donne les réponses.

Le Trois Fois Puissant.

Voici tout d'abord le signe du grade : croiser les bras sur la poitrine, les mains fermées, les pouces levés.

L'attouchement : Premièrement : Se présenter mutuellement le pouce de la main droite, les autres doigts fermés. Le demandant saisit le pouce de l'autre, lui renverse le poignet et dit : BERITH. L'autre répète le renversement et dit : NEDER. Le premier renverse le pouce encore une fois et dit : SCHELEMOTH. Deuxièmement : Prendre la main droite du Tuilleur, lui frapper trois coups avec le pouce sur la première phalange du médius.

question :  Que signifie le signe de Sublime Chevalier Élu ?

Réponse :  La promesse qu'on s'est faite de porter toujours une croix pour se souvenir de ses fautes depuis qu'elles sont effacées.

question :  Que signifie cet attouchement ?

Réponse :  L'amour de Dieu, la Fidélité à son Souverain et la Charité envers mes Frères et mon prochain.

Le Trois Fois Puissant.

La vengeance des trois assassins étant accomplie, Salomon pour récompenser le zèle, le travail et la constance des 15 élus, pour leur donner un grade plus élevé et pour n'admettre entre eux aucune préférence, choisit, par bulletin, 12 d'entre eux et ordonna que les 12 premiers noms qui sortiraient de l'urne, seraient ceux qui formeraient un Grand Chapitre et qui commanderaient les 12 Tribus d'Israël ; il leur donna le titre d'EREMEK qui en hébreu signifie: Homme vrai en toute occasion. Il leur montra les choses précieuses qui étaient renfermées dans le Tabernacle et les Tables de la Loi gravées du doigt de Dieu et données à Moïse sur le mont Sinaï auprès du Bien Aimé ; il les arma des épées et leur accorda plusieurs autres faveurs. Retenez, mon Frère les symboles de notre Tableau qui doit toujours être devant vos yeux et faire l'objet de votre étude et de votre attention. Nous nous flattons qu'ayant une si belle occasion de suivre le droit chemin, vous ne négligerez pas de le faire et que vous n'entrerez jamais dans des sentiers dangereux qui vous écarteraient des devoirs que vous avez à accomplir. Vous trouverez facile l'exécution de pareil principe, pourvu que votre cœur sente la nécessité de maintenir la justice et de la suivre en tout. Enfin, mon Cher Frère en accomplissant strictement vos obligations et restant fidèle à vos serments, nous espérons trouver en vous un Frère ardent, zélé et studieux, digne du titre respectable de Sublime Chevalier Élu que vous venez de recevoir. Pause.

question :  Frère Grand Inspecteur, êtes-vous Sublime Chevalier Élu ?

Réponse :  Trois Fois Puissant, mon nom vous le prouvera.

question :  Quel est votre Nom ?

Réponse :  Mon nom est EMEREK, homme vrai en toute occasion.

question :  Combien de Sublimes Chevaliers Élus dans votre Grand Chapitre ?

Réponse :  Il ne peut y en avoir plus de Douze qui sont les douze Chefs des Douze tribus d'Israël.

question :  Quel est votre mot sacré en qualité de Sublime Chevalier Élu ?

Réponse :  ADONAÏ ‑ Nom de Dieu.

question :  Quel est votre mot de passe ?

Réponse :  STOLKIN ‑ Nom de celui qui découvrit le corps d'Hyram-Abif, homme fidèle en toute occasion.

question :  Qu'avez vous vu en entrant dans le Grand Chapitre ?

Réponse :  Douze lumières représentant les douze Chevaliers Élus, soit les douze Princes d'EMEREK que Salomon nomma gouvernement d'Israël et Chefs des douze tribus.

question :  Quels étaient les noms des 12 Maîtres Élus ?

Réponse :  Johabert, Stolkin, Teny. Morphy, Alguebar, Noison, Kereme, Bertamer, Tito, ce sont les noms des 9 Maîtres qui furent à la recherche du meurtrier Abiram‑Akiroph,Zerbal, Benagal et Tabor pour faire le nombre des 12.

question :  Quel emploi Salomon leur donna-t-il ?

Réponse :  Celui d'avoir l'inspection sur les Maîtres. En cette qualité ils avaient le titre d'Inspecteurs qui les autorisait à se faire rendre compte tous les jours des travaux relatifs à la construction du Temple.

question :  De quelle manière s'étaient employés les 12 Inspecteurs pour surveiller une si grande quantité d'ouvriers ?

Réponse :  Johabert surveillait la tribu de Juda, Stolkin la tribu de Benjamin, Morphy la tribu d'Ephraïm, Reny la tribu de Siméon, Alguebar la tribu de Manassé, Noison la tribu de Zébulon, Kereme la tribu de Dan, Bertamer la tribu d'Aser, Tito la tribu de Nephtalim, Zerbal la tribu de Ruben, Benagal la tribu d'Issachar, Tabor celle de Gad. Ces 12 Maîtres rendaient compte à Salomon de tous les ouvrages faits, ils recevaient le salaire de tous les ouvriers et le distribuaient à chaque tribu.

question :  Pourquoi votre Grand Chapitre ne s'ouvre-t-il qu'à minuit ?

Réponse :  Parce que plusieurs Chevaliers Élus étaient employés à différentes occupations pendant le jour, les travaux, les oeuvres de charité, tous se retrouvaient à minuit pour se rendre réciproquement compte de ce qu'ils avaient fait dans la journée.

question :  Pourquoi ferme-t-on le Grand Chapitre au point du jour ?

Réponse :  Pour exécuter pendant le jour les ordres qui sont donnés par le Grand Chapitre.

question :  Quel âge avez-vous ?

Réponse :  Trois Fois Neuf, soit 27 ans.

Le Trois Fois Puissant.

Notre Batterie est de 12 coups égaux.

L'instruction étant terminée, la parole est à l'Orateur.

L’Orateur. prononce l'allocution de bienvenue.

Le Trois Fois Puissant.

Sublimes Chevaliers Élus, je vais procéder à la clôture des Travaux.

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RAPMM réception au 11ème degré Chevalier Elu.

13 Juillet 2012 , Rédigé par Rituel RAPMM Publié dans #hauts grades

Les travaux ayant été ouverts dans les formes rituelles précédemment indiquées.

Trois Fois Puissant.

Mes Frères, il va être procédé à l'initiation au 11ème degré de (des) ‘’l'Illustre Elu des Quinze’’ du (des) F\(FF\) ................

Grand Maître des Cérémonies, veuillez vous rendre auprès du (des) récipiendaire et préparez-le conformément aux prescriptions rituels. Le Grand Maître des Cérémonies sort pour  préparer le candidat. Arrivé à la porte du Grand Chapitre, il frappe 5 coups égaux

Grand Inspecteur. Il frappe un coup de maillet

Trois Fois Puissant on frappe à la porte du Temple.

Trois Fois Puissant. Voulez-vous vous assurer qui est là

Grand Inspecteur. Va à la porte du Temple et dit :  Qui est là ?

Grand Maître des Cérémonies. C'est un Illustre Élu des Quinze qui demande à pénétrer dans le Grand Chapitre des Sublimes Chevaliers Élus.

Grand Inspecteur. Retourne à son plateau.

Trois Fois Puissant. Que le demandant soit introduit avec les insignes et le bijou de son dernier grade.

Grand Maître des Cérémonies. Introduit le Récipiendaire et le place devant le Grand Inspecteur qui l'examine sur les grades précédents.

Grand Inspecteur. Êtes-vous Maître Secret ?

Récipiendaire. Je m'en Glorifie.

Grand Inspecteur. Comment avez-vous été reçu Maître Secret ?

Récipiendaire. En passant de l'équerre au compas.

Grand Inspecteur. Etes-vous Maître Parfait ?

Récipiendaire. J'ai vu les trois cercles enfermant le cube sur les deux colonnes. Je connais le cercle et sa quadrature.

Grand Inspecteur. Que signifie la lettre J que vous avez vue à la fenêtre du Temple comme

Secrétaire Intime ?

Récipiendaire. C'est l'initiale des trois noms de Dieu qui dans ce grade signifie: rendons grâce à l'Eternel, l'ouvrage est fini.

Grand Inspecteur. Êtes-vous Prévôt et Juge ?

Récipiendaire. Je rends la Justice à tous les Ouvriers sans exception.

Grand Inspecteur. Etes-vous Intendant des Bâtiments ?

Récipiendaire. Je connais les 7 marches de l'exactitude, qui mène au Saint des Saints.  J'ai vu une grande lumière et les 3 lettres mystérieuses.

Grand Inspecteur. Pourquoi avez-vous reçu un poignard comme Maître Élu des Neuf ?

Récipiendaire. Pour châtier uniquement la trahison, défendre mes Frères en péril et punir le crime.

Grand Inspecteur. Êtes-vous illustre Élu des Quinze ?

Récipiendaire. Je le dois à mon zèle et à mon travail.

Grand Inspecteur. Frappe un coup de maillet.

Trois Fois Puissant, l'illustre Élu des Quinze, le Frère........a des connaissances suffisantes sur les degrés qu'il a passés.

Trois Fois Puissant.

Grand Maître des Cérémonies, que demande l'illustre Élu des Quinze ?

Grand Maître des Cérémonies.

Il demande la faveur d'être admis au grade de Sublime Chevalier Élu et d'obtenir la récompense due à ses voyages et à ses travaux.

Trois Fois Puissant.

'imagine mon Frère que vous n'avez voyagé que dans l'intérêt de tous.

Récipiendaire.

Mon premier but a été de remplir mon devoir, ce que j'ai fait à mes propres dépens et de punir tous les traîtres; ce n'est que l'honneur qui m'incite a présent à solliciter la récompense.

Trois Fois Puissant.

En ce cas, approchez-vous, mon Frère, pour contracter notre obligation.  Debout, Sublimes Chevaliers Élus et placez-vous autour de l'autel ! Tous les Frères accompagnent le candidat et se placent autour de l'autel.  Le Grand Maître des Cérémonies va à l'Orient chercher le poignard et le met sur le Volume de la Loi Sacrée.  Le Grand Inspecteur donne le texte du serment et dispose le récipiendaire: les pieds en équerre, la main droite sur le Livre. Le Trois Fois Puissant frappe un coup de maillet. Tous les Frères font le signe. Le récipiendaire lit son serment.

Obligation.

Je ... promets et je jure devant le Grand Architecte de l'Univers et sur le Livre de la Loi Sacrée et devant cette Respectable Assemblée de ne jamais révéler où j'ai reçu le présent degré et de ne jamais communiquer qui a assisté à ma réception.  Je promets de ne jamais recevoir un Frère dans ce grade sans en avoir obtenu les pleins pouvoirs de mes Supérieurs, de n'assister à aucune réception à moins que ce soit dans un Chapitre régulier.

Je réitère en outre ma promesse d'allégeance au Suprême Conseil et au Souverain Sanctuaire du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, obéissance à ses règlements, statuts et édits, suivant les vrais principes et les anciennes traditions maçonnique.

Je promets d'être charitable, et si je manque à ces promesses, je consens d'avoir mon corps coupé en sautoir, et que ma mémoire soit en horreur comme celle d'un assassin.

Trois Fois Puissant.

Je prends acte de votre serment et vous investis, par le pouvoir que j'ai reçu, dans vos fonctions de Prince Élu, Sublime Chevalier, membre de ce Grand Chapitre, Onzième degré de notre Rite.

Grand Maître des Cérémonies veuillez décorer notre nouveau Chevalier. Il est ainsi fait.

Prenez place Illustres Chevaliers Élus. Nous allons maintenant dialoguer avec le Grand Inspecteur l'instruction au 11eme degré à l'intention du nouveau Illustre Chevalier Élu.

Instruction au 11ème degré.

Trois Fois Puissant.

Voici tout d'abord le signe du grade: croiser les bras sur la poitrine, les mains fermées, les pouces levés. 

L'attouchement: Premièrement.  Se présenter mutuellement le pouce de la main droite, les autres doigts fermés. Le demandant saisit le pouce de l'autre, lui renverse le poignet et dit:  BERITH. L'autre répète le renversement et dit : NEDER. Le premier renverse le pouce encore une fois et dit: SCHELEMOTH.

Deuxièmement.  Prendre la main droite du Tuilleur, lui frapper trois coups avec le pouce sur la première phalange du medius.

Que signifie le signe de Sublime Chevalier Élu ?

R.-       La promesse qu'on s'est faite de porter toujours une croix pour se souvenir de

ses fautes depuis qu'elles sont effacées.

D.-       Que signifie cet attouchement ?

R.-       L'amour de Dieu, la Fidélité à son Souverain et la Charité envers mes

Frères et mon prochain.

Trois Fois Puissant.

La vengeance des trois assassins étant accomplie, Salomon pour récompenser le zèle, le travail et la constance des 15 élus, pour leur donner un grade plus élevé et pour n'admettre entre eux aucune préférence, choisit, par bulletin, 12 d'entre eux et ordonna que les 12 premiers noms qui sortiraient de l'urne, seraient ceux qui formeraient un Grand Chapitre et qui commanderaient les 12 Tribus d'Israël; il leur donna le titre d'EREMEK qui en hébreu signifie: Homme vrai en toute occasion.  Il leur montra les choses précieuses qui étaient renfermées dans le Tabernacle et les Tables de la Loi gravées du doigt de Dieu et données à Moïse sur le mont Sinaï auprès du Bien Aimé; il les arma des épées et leur accorda plusieurs autres faveurs. Retenez, mon Frère les symboles de notre Tableau qui doit toujours être devant vos yeux et faire l'objet de votre étude et de votre attention.  Nous nous flattons qu'ayant une si belle occasion de suivre le droit chemin, vous ne négligerez pas de le faire et que vous n'entrerez jamais dans des sentiers dangereux qui vous écarteraient des devoirs que vous avez à accomplir.  Vous trouverez facile l'exécution de pareil principe, pourvu que votre coeur sente la nécessité de maintenir la justice et de la suivre en tout.  Enfin, mon Cher Frère en accomplissant strictement vos obligations et restant fidèle à vos serments, nous espérons trouver en vous un Frère ardent, zélé et studieux, digne du titre respectable de Sublime Chevalier Élu que vous venez de recevoir.

DIALOGUE

D.-       Frère Grand inspecteur, êtes-vous Sublime Chevalier Élu ?

R. -      Trois Fois Puissant, mon nom vous le prouvera.

D. -      Quel est votre Nom ?

R. -      Mon nom est EMEREK, homme vrai en toute occasion.

D.-       Combien de Sublimes Chevaliers Élus dans votre Grand Chapitre ?

R.-       Il ne peut y en avoir plus de Douze qui sont les douze Chefs des Douze tribus D’Israël.

D.-       Quel est votre mot sacré en qualité de Sublime Chevalier Élu ?

R.-       ADONAÏ - Nom de Dieu.

D.-       Quel est votre mot de passe ?

R.-       STOLKIN - Nom de celui qui découvrit le corps d'Hyram-Abif, homme fidèle en

toute occasion.

D.-       Qu'avez-vous vu en entrant dans le Grand Chapitre ?

R.-       Douze lumières représentant les douze Chevaliers Élus, soit les douze Princes d'EMEREK que Salomon nomma gouvernement d'Israël et Chefs des douze tribus.

D.-       Quels étaient les noms des 12 Maîtres Élus ?

R.-       Johabert, Stolkin, Teny, Morphy, Alguebar, Noison, Kereme, Bertamer,

Tito, - ce sont les noms des 9 Maîtres qui furent à la recherche du meurtrier

Abiram-Akiroph.  Zerbal, Benagal et Tabor pour faire le nombre des 12.

D.-       Quel emploi Salomon leur donna-t-il ?

R.-       Celui d'avoir l'inspection sur les Maîtres.  En cette qualité ils avaient le titre

d'Inspecteurs qui les autorisait à se faire rendre compte tous les jours des travaux relatifs à la construction du Temple. 

D.-       De quelle manière s'étaient employés les 12 Inspecteurs pour surveiller une si

grande quantité d'ouvriers ?

R.-       Johabert surveillait la tribu de Juda, Stolkin la tribu de Benjamin, Morphy la tribu

d'Ephraïm, Reny la tribu de Siméon, Alguebar la tribu de Manassé, Noison la

tribu de Zébulon, Kereme la tribu de Dan, Bertamer la tribu d'Aser, Tito la tribu

de Nephtalim, Zerbal la tribu de Ruben, Benagal la tribu d'Issachar, et Tabor

celle de Gad. Ces 12 Maîtres rendaient compte à Salomon de tous les ouvrages faits, ils

recevaient le salaire de tous les ouvriers et le distribuaient à chaque tribus.

D.-       Pourquoi votre Grand Chapitre ne s'ouvre-t-il qu'à minuit ?

R.-       Parce que plusieurs Chevaliers Élus étaient employés à différentes occupations

pendant le jour, les travaux, les oeuvres de charité, tous se retrouvaient à minuit

pour se rendre réciproquement compte de ce qu'ils avaient fait dans la journée.

D.-       Pourquoi ferme-t-on le Grand Chapitre au point du jour ?

R.-       Pour exécuter pendant le jour les ordres qui sont donnés par le Grand Chapitre.

D.-       Quel âge avez-vous ?

R.-       Trois Fois Neuf, soit 27 ans.

Trois Fois Puissant.

Notre Batterie est de 12 coups égaux.

L'instruction étant terminée, la parole est à l'orateur. Celui-ci prononce l'allocution de bienvenue.

Trois Fois Puissant.

Sublimes Chevaliers Élus, je vais procéder à la clôture des Travaux.

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REAA : cérémonie d'élection au 11ème degré

13 Juillet 2012 , Rédigé par Rituel REAA Publié dans #hauts grades

 

Le Trois Fois Puissant

Frère Grand Maître des Cérémonies, allez quérir les Maîtres Élus des Neuf; vous les introduirez dans le Chapitre. Le Grand Maître des Cérémonies se rend dans le parvis, indique aux frères qu'ils devront entrer en Maîtres Élus des Neuf et faire le signe.

Le Grand Maître des Cérémonies accompagnés des Maîtres Élus frappe à la porte du temple

OOOOOOOO  O (8+1)

Le Trois Fois Puissant Faites entrer le Maître des cérémonies et les candidats et placer ceux-ci devant le Frère grand Inspecteur. Quand ceci est exécuté

Maîtres Élus des Neuf, mes frères, les degrés d’Illustre Élu des Quinze et de Sublime Chevalier Élu achèvent l’histoire des meurtriers de Hiram. Nous allons vous conférer ces degrés par communication et vous instruire de leurs arcanes.

Frère Orateur, veuillez nous rappeler le discours historique du degré d’Illustre Élu des Quinze.

L'orateur Vous avez appris dans le grade de Maître Élu des Neuf, par lequel vous êtes passé, qu'Aviram, l'un des meurtriers, fut tué dans la caverne. Salomon fit embaumer la tête pour qu'elle puisse se conserver et être exposée avec celle des 2 autres assassins quand il les trouverait. Les deux autres meurtriers de Hiram avaient quitté la montagne située près de Yaffa et s'étaient réfugiés à Gath et s'y croyaient en sûreté. Six mois après la mort de Hiram-Abif, Akiroph-Bengader, un des intendants de Salomon, faisant des perquisitions dans le pays de gath, tributaire de Salomon, apprit que Sterkin et Oterfut les deux autres assassins de Hiram-Abif s'y étaient retirés et s'y croyaient en sûreté. Salomon l'ayant appris écrivit immédiatement à Maakah, roi de Gath et lui marqua le désir qu'il avait de découvrir les coupables et de leur faire infliger la peine due à leur crime. En conséquence Salomon choisit 15 des plus dignes Frères et zélés Maîtres, dans le nombre desquels il comprit les 9 qui avaient été à la recherche d'Aviram. Ils partirent le 15 du mois Thammuz (répondant au mois de juin de notre ère). Ils arrivèrent le 28 du même mois dans le pays de Gath. Ils remirent la lettre à Maakah qui, épouvanté par cette nouvelle, donna sur-le-champ des ordres pour que l'on fit la recherche la plus exacte des 2 assassins et qu'ils fussent livrés aux Israélites, se trouvant fort heureux de délivrer ses états de pareils monstres. On employa 5 jours à faire les perquisitions les plus exactes. Zerbal et Eli’am furent les premiers qui les découvrirent dans une carrière nommée Bendicat. Ils furent enchaînés et chargés de fers sur lesquels on grava le crime dont ils étaient coupables et le genre de châtiment qui leur était réservé. Ils arrivèrent à Jérusalem le 15 du mois suivant et furent conduit à Salomon qui leur reprocha le noir forfait dont ils s'étaient rendus coupables. Il ordonna de les conduire dans la Tour d'Achivazar jusqu'au moment de l'exécution. Le lendemain à 10 heures du matin ils furent attachés à deux poteaux par le cou, les pieds et les bras qu'on fixa par derrière. Leurs corps furent cruellement ouverts depuis la poitrine jusqu'à l'os du pubis. Ils demeurèrent dans cet état pendant 8 heures. Les mouches et autres insectes vinrent se repaître de leur sang et de leurs entrailles. Leurs cris et leurs gémissements étaient si lamentables qu’ils touchèrent le cœur même de leurs bourreaux qui leurs coupèrent la tête. Ils jetèrent leurs corps pardessus les murailles de Yeroushalaïm (Jérusalem) pour servir de pâture aux corbeaux et aux bêtes féroces. Les têtes des trois assassins de Hiram-Abif furent ensuite accrochées aux cintres des trois portes sud, ouest et est de Yeroushalaïm.

Le Trois Fois Puissant

Frère Maître des Cérémonies, faites avancer les récipiendaires devant l’autel.

Debout et à l’ordre sublimes Chevaliers Élus

Au nom du Suprême Conseil pour la France, en vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés par cet Atelier de Sublimes Chevaliers

Le Trois Fois Puissant pose son glaive flamboyant tour à tour sur la tête de chacun

je vous crée et consacre, vous Maîtres Élus des Neuf, Illustres Élus des Quinze, afin que vous jouissiez à l’avenir des droits et prérogatives que comportent ces grades.

Frère Maîtres des Cérémonies reconduisez les nouveaux Illustres Élus des Quinze devant le Frère Grand Inspecteur.

Frère Grand Inspecteur, veuillez communiquer les arcanes de ce degré aux nouveaux Élus des Quinze.

Le Grand Inspecteur

L'Expert se lève et exécute en même temps les signes.

Le 1er signe est de se porter le poignard sous le menton et le faire descendre sur le ventre comme si l'on voulait se l'ouvrir.

La réponse est de faire le signe d'apprenti, la main fermée et le pouce levé.

 La batterie est de 5 coups : OOOOO

La marche se compose de 15 pas triangulaires.

L'âge est de 5 fois 5 ans.

Le mot de passe est Eli’am (peuple de Dieu).

Le mot sacré est Zerbal, auquel on répond Ben-Yah (fils de Dieu).

Pour bien marquer le passage de 15 à 12 Élus, au sein des nouveaux Illustres Élus des Quinze le Maître des Cérémonies fait placer 3 anciens Élus. Ce sera ceux qu'il écartera ensuite.

Le Maître des Cérémonies

Les Illustres Élus des Quinze demandent la faveur d'être élu au 11e degré du Rite, Sublime chevalier Élu au sein de ce Chapitre et d'obtenir la récompense due à leurs voyages et à leurs travaux.

Le Trois Fois Puissant Frère Orateur, veuillez nous rappeler le discours historique du degré de Sublime Chevalier Élu.

L'Orateur

La punition des trois assassins étant accomplie, Salomon pour récompenser le zèle et la constance des 15 Grands Élus, pour leur donner un grade plus élevé et pour n’admettre entre eux aucune préférence, choisit par bulletins 12 d’entre eux et ordonna que les 12 premiers noms qui sortiraient de l’urne seraient ceux qui formeraient le Grand Chapitre et commanderaient les 12 tribus d’Israël. Les trois qui furent écartés pourraient être appelés à d’autres missions Il donna aux douze Élus le titre d’excellents Emeth* qui signifie en hébreu « vérité ou homme vrai, véritable, en toutes occasions.

Il leur montra les choses précieuses qui étaient enfermés dans le Tabernacle et les Tables de la Loi gravées du doigt de Dieu sur le mont Sinaï, auprès du buisson ardent ainsi que le chandelier à sept branches, la menorah et le voile du saint des Saints.

Il les arma de l’épée de Justice et leur accorda plusieurs autres faveurs.

Le Trois Fois Puissant  

Frère Grand Maître des Cérémonies, tirez au sort et écartez 3 des Illustres Élus des Quinze et conduisez les autres devant l’autel.

Le Maître des Cérémonies place les 3 anciens Illustres Élus des Quinze sur le côté où ils se placent en baissant la tête, l’air accablé.

Le Trois Fois Puissant Debout et à l’ordre sublimes Chevaliers Élus

Au nom du Suprême Conseil pour la France, en vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés par cet Atelier de Sublimes Chevaliers Le Trois Fois Puissant pose son glaive flamboyant tour à tour sur la tête de chacun Je vous crée et consacre, vous Illustres Élus des Quinze                  , Sublimes Chevaliers Élus, afin que vous jouissiez à l’avenir des droits et prérogatives que comportent ces grades.

Frère Grand Maître des Cérémonies, conduisez les Chevaliers Élus à la place qui leur est attribué. Le Maître des Cérémonies place les nouveaux Chevaliers à la tête de chaque rangée et reconduit discrètement les 3 anciens Illustres Élus des Quinze sur les rangées arrières.

sublimes Chevaliers Élus, asseyez-vous.

Frère Grand Inspecteur, veuillez communiquer les arcanes de ce degré aux nouveaux Élus des Quinze.

Le Grand Inspecteur

L'Expert se lève et exécute en même temps les signes.

Le signe se fait en se croisant les bras sur la poitrine, les mains fermées, le pouce écarté.

L'attouchement se fait en se présentant mutuellement le pouce de la main droite, les autres doigts étant fermés ; l’un saisit le pouce de l’autre et lui renverse le poignet par trois fois, en disant entre eux alternativement ces trois mots : berith (alliance), neder (promesse, vœu), schelemouth (intègre, pur). On peut aussi prendre la main droite du Tuileur ; lui frapper trois coups avec le pouce sur la première phalange du médius.

La batterie est de douze coups égaux.

Le temps du travail est de douze heures au point du jour.

Le mot de passe est parfois stolkin, que l’on interprète ici par eau courante. On préfère en général le mot Emeth, qui signifie « homme vrai en toutes occasions ».

Le mot sacré est Adonaï.

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Étude au 11e degré dit l'Elu des douze ou sublime chevalier Élu

13 Juillet 2012 Publié dans #hauts grades

C’est le dernier degré de la classe des Elus qui en comprend trois : le 9e degré dit l’élu des neuf, le 10e degré dit l’élu des quinze et le 11e degré dit l’élu des douze. Ce dernier est un degré singulier sur le chemin initiatique puisqu’il est un degré de RECOMPENSE.
Symboliquement la classe des élus correspond à ce qu’on appelle « la descente aux enfers » ou Descente au noir ou encore l’oeuvre au noir. A ces trois degrés est associé la couleur noire et la couleur rouge chtonienne sous la forme de sang, de feu et nous le verrons d’un coeur rouge. Ces trois grades symboliseraient en quelque sorte trois moments de l’oeuvre au noir. Au 9e, c’est la descente aux enfers, au 10e la remontée à la conscience, à la lumière et au 11e, nous allons le voir, la récompense qui vient couronner cet ensemble d’épreuves surmontées et dans laquelle si le mérite joue un rôle, le hasard joue aussi le sien.

Voici le récit historico-mythique du 11e degré résumé par Raoul BERTEAUX :
« Après avoir puni les meurtriers d’Hiram, Salomon est résolu de récompenser le zèle et la constance des Elus des quinze en créant un nouveau grade, celui de l’élu des douze. Il les fit désigner par le sort et les constitua en Chapitre. Il leur donna le gouvernement des douze tribus et leur conféra le titre de Nasiah Ameth (ou Emeth). Nasiah signifie Prince ou chef, Ameth signifierait vérité ou homme fidèle.
Salomon leur montra les trésors ramenés de Gabaon, qu’il avait fait ramener dans le nouveau temple. Parmi ces trésors figuraient les cinq choses précieuses : l’arche d’alliance, la boite en or dans laquelle étaient conservése le coeur du fidèle, le palmier, le chandelier à sept branches et le voile du saint des saints qui était , maintenant, partiellement entr’ouvert ».
La réception du candidat au cours de la cérémonie d’élévation au 11e degré est la suivante :
« En principe, pour les réceptions, la loge ne comprends que douze élus. Le candidat est conduit dans le grand chapitre, où il apprend que justice est faite, mais que des plaintes sont exprimées concernant la levée des impôts dans le royaume. Il est proposé au roi Salomon de ne plus affermer les impôts, mais de confier la gestion à des officiers du roi, agissant comme des représentants dans chacune des provinces du royaume. Salomon décide que la désignation des douze élus se fera par tirage au sort parmi les quinze. Le récipiendaire et les onze FF
qui l’accompagnent se placent autour de l’autel. Le récipiendaire prête le serment et est investi dans ses fonctions de Prince Elu ou Nasrah Emeth ».

Un commentaire sur le contenu initiatique s’impose. Il serait présomptueux d’espérer en si peu de temps de rendre compte de toute la richesse symbolique de ce grade. La classe des Elus forme un tout et le 11e degré apporte une sorte de conclusion dont le fondement peut nous étonner.
En effet, par rapport à tous les grades depuis celui d’apprenti, le néophyte au 11e degré n’a pas de réelles épreuves à surmonter ou si seulement une seule qu’il a subi par deux fois à savoir le tirage au sort, afin d’être parmi ceux qui seront récompensés par rapport à tous ceux qui ont accompli le même devoir, c’est à dire surmonter les dernières épreuves sacrificielles.
Ils ont tous accompli leur devoir conformément aux ordres reçus mais seulement quelques uns seront choisis par le hasard pour être élevés au 11e degré que Salomon créé spécifiquement pour eux.
A première vue, cet acte royal de récompense, porterait une part d’injustice puisque parmi ceux qui en principe y auraient droit, tous ne seraient pas directement concernés. C’est une récompense visible, palpable et matérielle qui est donnée à quelques uns. Le roi
décide du principe de cette récompense mais n’est en rien l’acteur de celle-ci. C’est le hasard qui décide. Donc quelques uns seront écartés par le hasard de la récompense matérielle du roi. Le sont-ils en fait sur le plan spirituel ? Là est peut être l’autre dimension initiatique de ce degré. Nous devons nous interroger sur le sens profondément initiatique de cette épreuve qui touche l’Ego de ceux qui par désobéissance ont accompli leur devoir et dégager le sens qu’elle peut prendre à nos yeux, pour nous-mêmes, en nous-mêmes. Quel sens pour l’ego de ceux qui bénéficient de cette récompense matérielle par l’effet du hasard ? Quel sens pour l’ego de ceux qui peuvent ressentir cet effet du hasard comme une forme d’injustice ? Ne pas être récompensé lors que l’on a accompli son
devoir comme les autres qui eux sont récompensés est une épreuve autrement difficile qu’il faut apprendre à surmonter. Il nous importe de dégager le positif et le négatif de ces deux situations à vivre, à surmonter. Car être récompensé alors que d’autres FF
ne le sont pas est aussi une épreuve à vivre et à surmonter.

Revenons en quelques mots sur chacun des trois actes de cette pièce qui constitue la classe des élus.
Le premier acte qui correspond au 9e grade est un acte de vengeance accompli dans la précipitation par excès de zèle et souci de trop bien et trop vite faire. Il était demandé à JHAOBEN d’accomplir un acte de justice, par égarement il accomplit un acte de vengeance. En revanche la clémence du roi Salomon à son égard est un acte de justice qui témoigne de sa compréhension en
profondeur de la motivation réelle de l’autre.
Le deuxième acte qui correspond au 10e grade est un acte de justice dont la cruauté nous interroge. La violence du récit historico mythique est d’ordre psycho pédagogique pour nous remettre sur la voie de l’éveil et lutter à nouveau et plus violemment contre ces trois vices : l’ignorance, le fanatisme et l’hypocrisie. Il y a jugement et il y a mise à mort c'est-à-dire éradication complète des ces trois vices et cet acte d’éradication est porté à la connaissance de tous comme acte d’exemplarité.
Le troisième acte qui correspond au 11e grade est un acte de justice mais d’un tout autre ordre. Un acte de justice qui semble porter en lui une dimension d‘injustice. S’il est juste de récompenser tous ceux qui ont accompli par obéissance leur devoir, est il juste de ne récompenser par tirage au sort que quelques uns ? Est ce à dire qu’un acte de justice, quel qu’il soit, est intrinsèquement toujours incomplet ? Est-ce à dire qu’aucune justice n’est totalement juste et ne peut l’être soit que le principe sur lequel cette justice s’appuie est imparfait, incomplet, insuffisant soit que le hasard peut aussi jouer un rôle dont on ne peut à priori augurer des effets. En clair la justice humaine ne peut en principe être pleine et entière, elle est parcellaire, limitée et faillible. Il
est donc clair que ces trois degrés nous conduisent à méditer sur la notion de justice.

La morale au 9e grade est : « En aucun cas, la vengeance n’est permise ». Il n’y a pas de morale au 10e grade dans notre rituel d’Edmond GLOTON.
La morale au 11e grade est la suivante « Les FF
dignes, tôt ou tard reçoivent leur juste récompense ». Cette morale qui semble clore l’enseignement rituélique du 11e degré mériterait à elle seule une planche. En effet, que recouvre la notion de « frères dignes », cette notion de temps suspendu de tôt ou tard, le verbe de recevoir qui signifierait qu’il y aurait une instance intérieure ou extérieure
qui accorderait ou n’accorderait pas et s’il y a récompense possible, de quelle nature peut elle être ?
Par ailleurs que recouvre la notion de « juste récompense » pour un franc maçon ? Où l’on voit que cette phrase en apparence toute simple, mériterait une longue méditation personnelle et collective.
Par ailleurs, à cette notion centrale de justice est associée pour l’ensemble des ces trois degrés, la notion d’humilité. Ce qui signifie que justice et humilité doivent être associées dans nos manières d’être et de penser.
En effet s’il y a mansuétude du roi Salomon au 9e degré, il y a aussi humilité de sa part dans l’acte de pardonner à Jhaoben. En effet si la mansuétude est le fait du prince, l’humilité dans le jugement qui conduit au pardon, place le roi Salomon dans son humanité partagée avec les autres FF
. Il est roi et il est homme.
L’acceptation au 10e degré d’être tiré au sort, pour accomplir son devoir et non d’être désigné par cooptation ou élection, ce qui pourrait flatter notre ego est le signe que nous sommes tous égaux au regard du devoir à accomplir et que nous devons promouvoir l’humilité comme valeur fondamentale de la classe des Élus. Le tirage au sort associe dans son principe égalité, justice et humilité par des liens très forts.
Et cette valeur est à nouveau affirmer au 11e degré car là, notre devoir est d’accepter d’être tiré au sort pour être récompensé ou ne pas l’être alors que nous avons accompli les mêmes épreuves avec succès. Nous nous éloignons ici de la notion de mérite qui est dû et qui doit déboucher sur une reconnaissance identique. Nous sommes ici sur le plan initiatique et non dans le monde profane. Et l’on peut se demander où se situe la vraie récompense ? Ne va-t-elle pas à ceux à qui aucune récompense matérielle n’est donnée, mais qui bénéficient d’une épreuve supplémentaire pour progresser sur la voie initiatique par un travail plus profond encore sur leur ego mis ici à rude épreuve.
Peut être est-ce cela la vraie récompense ?
On peut aussi retenir qu’ils sont trois FF
, comme il y eut trois mauvais compagnons. Ne seraient ils pas, ces trois FF
le symbole des trois vertus opposées à ces trois vices ? A savoir : la connaissance opposée à l’ignorance, la tolérance opposée au fanatisme, la franchise opposée à l’hypocrisie ?
Et s’ils sont tirés au sort parmi les quinze FF
pour ne pas participer au Grand Chapitre des Elus des douze, c’est que chacun des quinze pouvait symboliquement incarner l’une ou l’autre de ces vertus ?
Symboliquement la règle du tirage au sort, les place sous le niveau. Cette règle c’est aussi, l’équité que symbolise l’équerre. Mais comme chacun de ces FF
est passé de l’équerre au compas au 4e degré, ils savent tracer la courbe idéale de leur comportement. Ils ont acquis la maîtrise d’eux-mêmes. , nous la verrons tout à l’heure, elle est confirmée par l’autre titre du grade : Sublime Chevalier Elu.
Quant aux douze FF
choisis par le sort pour participer au grand chapitre, ils sont appelés à d’autres tâches, notamment, non plus à continuer la construction du temple interrompu au 9e mais à prélever l’impôt au nom de Salomon, ils ne sont plus des constructeurs. Il s’agit, nous dit Raoul Berteaux d’une modification complète qui est ainsi proposée au néophyte.

Ayant ainsi rapidement développé ce commentaire sur l’enseignement initiatique du 11e degré, je voudrais dire quelques mots à propos de sa seconde dénomination ; Sublime Chevalier élu
En effet c’est la première fois que le titre de chevalier est attribué et c’est aussi la première fois que la qualité de sublime est associée. Il n’est pas indifférent que nous en disions quelques mots.
On sait que l’idéal du chevalier peut se résumer à un accord de loyauté absolue envers certaines croyances ou valeurs et des engagements sans faille auxquels il soumet toute sa vie.
Le chevalier est maître de sa monture, mais il s’agit moins de son cheval que de son propre moi. Il a acquis cette maîtrise qui lui permet d’adapter ses moyens aux buts poursuivis. Le chevalier n’est pas un souverain mais un servant. Il se réalise par l’action pour une grande cause.
Mais il est clair qu’ici, à notre niveau, le symbole du chevalier s’inscrit dans le sens d’une spiritualisation du combat.
Au terme de chevalier est associé le qualificatif de sublime. Il n’est pas indifférent de préciser que cet adjectif de sublime vient du terme sublimer qui est un terme alchimique dont on a trouvé trace écrite vers 1314.
Sublime signifie qui est placé très haut, qui est au premier rang et qui mérite admiration et dont le mérite est immense et qui fait preuve d’une vertu exceptionnelle…
Avant d’achever ce rapide commentaire sur le sens initiatique de ce grade je voudrais poser sans donner de réponse ces questions.
• Qui n’a jamais, éprouvé en lui cette pulsion de mort l’envahir en regard d’une agression ?
• Qui n’a jamais eu envie de se venger ?
• Qui n’a jamais éprouvé le désir de punir de façon radicale des actes délictueux, la mort seule pouvant rendre justice ?
• Qui n’a jamais éprouvé dans son ego, ce sentiment de fierté ou d’orgueil d’avoir été élu, choisi ?
• Qui n’a jamais manqué d’esprit de justice et d’humilité ?

Je répondrai personnellement que ces sentiments me traversent et qu’il me faut maîtriser ma monture, que rien n’est définitivement acquis même si au niveau des apparences cela n’est pas directement visible. Ne nous arrive-t-il pas de donner le change ?
Il est difficile d’atteindre le 11e degré de notre cheminement initiatique. On tend vers le sublime chevalier élu.
Qui peut dire qu’il vit pleinement ce grade ?

Décoration du temple
Le Temple est tendu de noir parsemé de coeurs enflammés, il y a 12 lumières : 3 au Nord, 3 1 au Sud, 3 à l'Orient et 3 à l’Occident. (Certains rituels donnent 24, lumières.)
La Loge prend le titre de Grand Chapitre il ne peut y siéger que douze Elus. Le Président, représente Salomon et s'appelle. Trois Fois Puissant. Au lieu de Surveillants, il y a un Grand Inspecteur et un Maître des Cérémonies.
Mémento
Signe.
Croiser les bras sur la poitrine, les mains fermées, les pouces levés.
Attouchement.
Se présenter mutuellement le pouce de la main droite, les autres doigts fermés ; l'un saisit le pouce de l'autre et lui renverse le poignet trois fois en disant alternativement: BERITH NEDER EMOTH SCHEL. Prendre la main droite du Tuileur et lui frapper trois coups avec le pouce sur la première phalange du médius.
Mot sacré. ADONAI
Mot de passe. STOLKIN.
Batterie. Douze coups égaux.
Age. Cube de 3, soit 27 ans.
Insignes. Cordon noir de gauche à droite ; on y brode trois coeurs enflammés ou la devise : « Vincere aut mori « ,
Bijou : poignard d'or à lame d'argent ; tablier blanc doublé et bordé de noir, une poche au milieu sur laquelle est une croix rouge.
Heure du travail. - Pour ouvrir 12 heures ; pour fermer : le point du jour.

Morale du grade
Les FF
dignes, tôt ou tard reçoivent leur juste récompense.

Source : http://emsomipy.free.fr

 

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