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Hauts Grades

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Caïn, mon frère !

16 Juillet 2012 , Rédigé par M . Cyvard Publié dans #Planches

De qui suis-je le frère ?

Vénérable maître, mes frères, vous qui constituez cette respectable loge, suffit-il d'avoir été initié, d'être Franc-maçon, d'en être heureux, pour reconnaître comme frère, (comme sœur), d'autres personnes ?

La réponse est oui, fût-ce au péril de ma vie, selon les anciennes obligations.
Il n'empêche que je ne me sens pas du tout le frère de certains maçons que les prisons accueillent, de quelques-uns qui règlent leurs problèmes de personne par justice, maçonnique parfois.
Je connais quelques frères qui ont fait confiance à d'autres et le regrettent amèrement.

Ceux qui font référence à la bible se souviennent de la première relation fraternelle établie par Caïn après la naissance d'Abel (Genèse chapitre 4) !
L'homme, Adam, est façonné avec la poussière de l'adamah, la terre.
Adam est le "veilleur" de la terre. Il engendre avec Eve Caïn, puis Abel.

Caïn interroge YHWH : "Suis-je le veilleur de mon frère ?"

Dans la descendance de Caïn, nous trouvons Toubal-Caïn qui aiguisait tout soc de bronze et de fer. Caïn assure par sa descendance l'histoire des hommes qui partent à la conquête de l'univers ; il est le père, criminel, des bâtisseurs, des nomades, des musiciens, des forgerons.

En quoi un F\M\, un homme, peut-il se reconnaître dans ce récit qui met en scène le premier des aînés et le premier des cadets ?

Abel est le premier frère du volume de la loi sacrée !
Caïn est le premier cultivateur, Abel est le premier éleveur.
Tous les deux attendent d'être reconnus, dans ce qu'ils sont, par YHWH.
Le problème de la famille est posé.

Deux enfants ont des occupations, des intérêts différents, le sentiment de leurs différences les pousse à se tourner vers l'autorité dont ils attendent une reconnaissance, une justification.

J'écarte les explications sociologiques, historiques ou religieuses.
Je retrouve 2 hommes face à une autorité élue, je revis leurs rivalités, leur jalousie. Je constate le drame.

Si notre vision de ce drame est réductrice, Adam et Eve sont les parents du bon et du méchant, du juste et de l'injuste.
YHWH interdit la vengeance sur Caïn, il renouvelle l'interdit de la vengeance sur Lamek, son fils.
Pour recevoir une identité, Caïn et Abel tentent d'établir la communication avec Dieu par l'offrande sacrificielle du produit de leur travail.

Ils proposent le premier sacrifice de la bible.
Les problèmes techniques d'un sacrifice sont posés.
Je n'aborde pas cet aspect du problème.
Le premier sacrifice est un échec sanglant.
Le sacrifice assure la médiation entre l'humanité et Dieu dans le volume de la loi sacrée.
Il procède de la distance entre Dieu et l'homme, il n'est pas lié au péché ni à une forme de culpabilité.
L'homme manifeste, par le sacrifice, le besoin fondamental de se relier à la source de la vie.
Caïn et Abel veulent rendre hommage à Dieu, ils manifestent leur soumission à l'autorité divine.
Chacun prépare son sacrifice à sa façon. Caïn apporte les fruits de la terre, Abel des morceaux d'animaux.
"En bon père" Dieu réagit aux offrandes, son regard se pose sur Abel, il ignore Caïn !
Dieu tranche, trie, sépare.
Il choisit.
J'essaie de comprendre.
Première difficulté, le produit de la terre est-il soumis à l'homme et à ses enfants, les animaux sont-ils soumis à Dieu ?

Les formes du travail sont-elles différenciées ? Des travaux seraient-ils plus noble que d'autres ? Le travail est-il admissible à la gloire ou, devons-nous glorifier certaines formes de travaux ?

Autre difficulté, Caïn ne se révolte pas contre Dieu ; Caïn est en colère.
Il ne tourne pas sa colère contre Dieu, il n'est pas en colère contre lui.
Le sentiment de la colère doit s'exprimer.
Abel ne sera plus perçu comme un frère mais comme le rival.
Cette rivalité ouvre la porte aux forces de la mort.
Comment vivre un choix ?
Caïn choisira, comme ses parents avaient, avant lui, en Eden, choisi.

Adam fut confronté au désir d'être comme Dieu, il devait apprendre à maîtriser l'usage de la liberté.

Caïn reçoit cet héritage, il devra, en plus, dominer tous les problèmes des inégalités, maîtriser le désir d'être comme l'autre, ce qui engendre la jalousie.

Accepter la vie, c'est accepter une place, travailler à l'amélioration de son sort, donner à l'autre une chance d'améliorer son sort.

Opter pour la mort, c'est vouloir prendre la place de l'autre.
La solution du partage n'est pas abordée dans l'instant par Caïn.
L'échec du sacrifice est-il préparé par l'interdit de l'arbre de vie ?
Attention, nous voulons éviter le piège de la fatalité, qui n'est pas une catégorie biblique ; l'interdit du meurtre n'a pas encore été prononcé ; Dieu n'a pas encore été mis en accusation.
Le choix de Caïn le conduit à singer sa victime, le cultivateur devient un nomade, un errant.
L'homme destiné à véhiculer la vie devient un pourvoyeur de la mort.
Le sacrifice provoque l'explosion de la violence.

Lorsque l'homme détruit son frère, lorsque l'homme ruine la société par laquelle il vit, il ne sait plus entrer en contact avec cette part de lui-même que j'appelle Dieu.

YHWH ne bénit plus l'homme, c'est l'homme qui devra bénir Dieu ; l'homme se livre aux forces de la mort.

Caïn, et l'humanité qui se réfère à lui, cherchera ce qu'elle a perdu, le contact direct avec la parole divine. La parole substituée régnera aussi longtemps que l'homme ne sera pas en contact de proximité avec l'homme, son frère, de l'homme avec lui-même ; je ne saurais être en contact avec l'autre tant que je n'aurai pas commencé à entrer en contact avec moi.

En voyant dans notre frère un souffle insignifiant, nous le supprimons, et nous retirons le souffle qui permet la parole.

Dans les animaux malades de la peste, La Fontaine mettait dans la bouche du Renard qui s'était fait l'avocat du roi l'expression, sotte espèce, pour qualifier les moutons qui étaient dévorés par le lion.

Les bandes dessinées des années 50 montraient le bon blanc qui règne sur la tribu nègre incapable de se gouverner.

Je mets, un peu mais pas trop, à l'écart les problèmes de la relation avec la femme.

En salle humide, celui-ci parle des maîtresses, celles avec lesquelles on couche.

En loge, cet autre parle de la femme qui pourrait être qualifiée de légère, d'autant plus qu'elle était princesse de Galles, de la femme qui pourrait être une sainte…

La mère et la prostituée relient au ventre ; nos tabliers cachent, parfois, les problèmes de base. Nos choix révèlent des choix de vie. Quel est mon droit de qualifier des femmes dont la vie, manipulée par les médias, ne m'est pas connue.

Est-il infamant d'aimer et d'être aimé(e) ? Est-il noble de justifier par une action caritative des gouvernements qui détruisent l'humanité ?

Une femme divorcée aurait-elle moins de droits qu'un homme divorcé ?

John Kennedy serait-il l'homme de toutes les turpitudes parce qu'il couchait, selon les médias, avec Marilyn Monroe ? François Mitterrand, l'homme aux vies multiples, aux enfants cachés révélés, selon les médias, est-il un homme léger ?

Femme et sœur, les deux termes sont incompatibles pour de trop nombreux frères.
Les femmes en loge constituent un autre problème, je ne l'aborde pas dans une loge masculine.
Eve, la première mère, nous pose un problème, son fils premier né lui permettrait de dire qu'elle a donné la vie !
Elle déifie la maternité ; voilà encore une difficulté.

Caïn, en bon fils, est le produit de sa mère ; Abel, son frère, est le miroir dans lequel il voit son reflet. Caïn lit dans ce miroir la réussite de l'autre, il découvre son échec. Il est incapable d'accepter ce qu'il est, d'offrir ce qu'il est.

Il est incapable de trouver dans l'autre ce supplément qui permet d'être mieux à soi, d'être à l'autre comme à soi.

Caïn est reconnu par sa mère, cela ne suffit pas.
Tant que l'homme ne se reconnaît pas, le peut-il, il se tourne vers une reconnaissance d'autrui.

Dieu ne punit pas Caïn, Dieu ne parle pas de faute ou de péché ; Dieu sait que l'homme ne sait pas veiller sur lui, il fera le travail, il deviendra son veilleur. Il lui avait offert le jardin d'Eden, il l'avait protégé ensuite par des tuniques de peau, après le meurtre d'Abel, il sera le veilleur de l'homme, de tout homme.

Caïn n'est pas un méchant ; les hommes qualifient les hommes.
Dieu ne distribue pas la récompense au juste, pas plus qu'il ne punit le méchant. Il attend une demande de l'homme.
Caïn fait connaissance avec Dieu sur le mode négatif, il détruit la vie de son frère. Il devra travailler au face à face avec lui, avec l'autre.
Le péché dans la bible, c'est la rupture de la relation, c'est la destruction de celui que je refuse d'écouter.
Le péché dans la vie, c'est de prendre à l'autre ce qui appartient à tous pour m'assurer ce qui m'est inutile ; c'est de faire croire à l'autre, que mon système législatif le protège alors qu'il me protège dans mes exactions vis à vis de lui.

Pour pouvoir tuer l'autre, abuser autrui, ne faut-il pas que j'ai, déjà, tué en moi la vie ?

Dieu ne condamne pas les fils pour les pères, ni les pères pour les fils ; chacun supporte le châtiment de ses crimes.

Chez tous les hommes, l'instinct du mal est puissant ; l'homme est un être qui doit choisir la liberté, qui doit permettre l'égalité, qui doit développer la fraternité.
Caïn a pris pour lui toute la terre, il veille la terre ; il ne veut rien partager, rien donner.

L'initié travaille à l'ouverture du cœur, il se différencie de l'animal. Il devient incapable de tuer pour le plaisir, pour satisfaire sa jalousie, sa vengeance.
Qu'est ce qu'un frère ?
La relation fraternelle est difficile, elle mérite donc d'être chaperonnée. Je n'ai pas la prétention de vous apporter la bonne réponse, je cherche quelques éléments que je partage avec vous.


Le droit d'aînesse reposait sur la nécessité de préserver le domaine familial ; il s'est exercé au mépris de la veuve et de la fratrie.
Le patriarche attribue ses biens au fils choisi.
Nous admirons Salomon, l'histoire l'implique dans des conflits sanglants contre ses frères.
Les histoires de frères qui se détruisent pour une femme, par rivalité, sont nombreuses.

La fraternité biologique est une notion construite. De même que nous parlons de père biologique ou nourricier, nous pouvons parler de fratrie biologique et de fratrie privilégiée.

Dans le courant du volume de la loi sacrée, la notion de frère est une notion plus large que de nos jours.
Dans la parenté, certains sont appelés frères ; des personnes de même rang social, de même fonction utilisent le mot frère.
L'Egyptien qualifie ainsi toute personne qu'il aime.

Le sage, le juge, le prophète en appelle à la fraternité pour apaiser les querelles des tribus. Les frères sont coalisés, ils font des pactes de non-agression.

Le thème de la fraternité sert souvent à démontrer le rôle de la violence, la nécessité de poser son identité, de comprendre l'identité de l'autre.

La séparation est un thème normal, elle permet la survie des frères séparés.
La distance permet de résoudre des difficultés de vie.

Jacob résume l'un de ces thèmes ; du fait de sa gémellité avec Esaü, il doit trouver son identité, il engage une démarche initiatique qui lui permettra de recevoir une identité qui le différencie de son jumeau.

Les thèmes sont aujourd'hui classiques ; la veillée solitaire, la nuit, la rencontre, l'initiation, le changement de nom.

Abel est cet autre qui n'a pas été acquis. Il naît sans reconnaissance, sans droit, aucune parole ne l'accueille, aucune parole ne se réjouit de sa présence. Il est celui qui vient après moi, il est l'autre ; je ne lui accorde pas sa place, je refuse de partager mon droit à l'être.

Le Vénérable peut bien partager la flamme de sa bougie avec les surveillants, sans que cette flamme ne meure ni décroisse, si je partage mon droit à l'être, l'autre pourra aussi le partager.

Si je suis Caïn, je refuse de partager le droit à la vie ; je refuse de partager l'espace, le temps, la nourriture, la reconnaissance de l'autorité.

Je détruis l'autre qui ose mettre mon existence en question.
Je suis la jalousie.
J'accuse Dieu de n'avoir pas fait son travail.


Chaque jour, les méfaits de l'humanité s'accumulent, chaque jour, l'homme interpelle Dieu, il l'accuse de non-assistance.
Caïn est un bon modèle, il transforme son histoire personnelle en tragédie, il porte accusation contre Dieu.
YHWH ne s'adapte pas à l'attente de l'homme et surtout pas aux idées anthropomorphiques que nous plaquons sur le Tout-puissant.

Dieu ne sauve pas Abel.
Caïn est maudit, la terre cessera d'être féconde pour lui, il sera errant et fugitif.
La malédiction lui permet de reconnaître la gravité de son acte.
La souche de Caïn est censée avoir disparu au déluge.
L'humanité ne descend pas de Caïn ; Abel est assassiné avant d'avoir assuré sa descendance.
L'humanité a son origine dans Seth, le troisième frère ; elle reçoit pour mission de réparer la mort d'Abel !

Notre humanité reçoit comme office la réparation des méfaits des autres !
Toute l'humanité prend place sous le signe de la violence, du meurtre de l'innocent. Nous devons répondre à la question posée par YHWH "où est Abel ?"
Nous devons refuser le choix d'être soit bourreau soit victime.

Caïn affirme que l'autre est de trop dans le monde, il vomit la haine, il digère la jalousie qu'il transforme en violence.
La réponse d'Abel détruit l'humanité.

Nous ne pouvons laisser la place libre aux violents, à la violence ; nous devons défendre la vie menacée avant qu'il ne soit trop tard.
La justice nous donne la vie, puisqu'elle permet à l'autre de vivre dans sa différence.
La tolérance unilatérale accorde des garanties aux malfaisants.
La descendance de Seth reçoit pour mission l'espérance.

Nous devons espérer que nous saurons recevoir la vie en partage. Celui qui n'exerce pas la justice vis à vis de son frère rejette la vie en partage, il hérite de la violence, de la mort. Une vie dédiée à soi se détruit, de même qu'une vie dédiée uniquement à autrui.

La solution est apportée par le nouveau testament, amour de soi, amour d'autrui, amour de Dieu.
Le sage kabbaliste affirme que l'homme ne doit pas oublier la terre et les hommes.
Il condamne celui qui se tourne vers Dieu, méprisant la création et la créature.

Caïn est le fils d'Adam ; l'homme qui s'est rendu complice de la faute originelle, qui a su accuser Eve de l'avoir induit en tentation.

Ils sont beaux les hommes d'Eve, ils écrasent tout sentiment pour se protéger ; ils acceptent la responsabilité partielle de leurs actes, ils refusent de se reconnaître coupables.

Adam s'abrite derrière la faute de sa femme, il n'assume rien, il ne demande pas le pardon ; la coupable, c'est l'autre, Eve, la tentatrice.

Caïn rejette son crime, il rend le destin responsable et coupable.
Il interpelle Dieu : "pourquoi m'as-tu laissé faire ?"

Notre orientation sera délibérée, j'ai le choix entre la famille biologique et la famille élue.
De l'une, et de l'autre, il est possible d'obtenir la paix.
Dans l'une et l'autre, par la proximité, il est possible de se préparer aux violences.
L'homme peut vivre comme Moïse et Aaron, ces deux frères permettent à Israël de gagner la terre promise.

Pour approcher d'une conclusion, je vais centrer la notion de frère.

J'ai, par la biologie, deux frères. Des gênes nous seraient communs, un sang, des caractères familiaux ! Quoi d'autre ?

Par quelques liens initiatiques, je suis en contact avec des sœurs et des frères.

Je vais préciser la notion de frère en maçonnerie comme je la conçois.
Est frère, tout membre de la G L et des obédiences par elle reconnues. On reste frère, tant que la cotisation est payée, tant qu'il est agréable d'être reçu chez vous, tant que vous pouvez aider les solliciteurs.
Cette fraternelle me concerne peu ; j'observe, j'utilise.

Est mon frère celui dont la présence est un plaisir.

Pense-t-il comme moi, vit-il comme moi ? Le problème n'est pas là, sa présence fait la fraternité ; sa présence m'apporte une chose qui me permet d'espérer.

Est mon frère cet allemand qui fut soldat, il y a plus de 50 ans, qui combat aujourd'hui pour une proximité entre les hommes, qui espère. Il rêve d'hommes qui se connaissent, qui ne veulent pas se battre parce qu'un ordre est donné.
Est mon frère, cet écossais qui affirme que le bon Dieu ne paie pas le chauffage ou l'électricité, que toute chose a un prix, que la dignité d'un homme ne s'achète pas.
Est mon frère, cet autre, ce miroir de moi-même.
Est mon frère, cet autre que je ne comprends pas, dont le comportement me fatigue parfois ; ainsi, il me rappelle que je n'approche pas de la perfection, que je suis homme, et faible.

Dans la vie quotidienne, est mon frère, celui qui se bat pour transformer le surinvestissement qu'il a mis dans ses enfants en investissement concret.
Lequel d'entre nous n'a pas espéré que ces enfants le rendent fiers !

Est mon frère, celui dont le regard prouve que ma présence lui suffit.

Est mon frère, le malheureux pour lequel une parole, ma parole, est nécessaire le temps qu'il retrouve ses capacités.
C'est de la fraternité au coup de cœur.
Je refuse une fraternité large, sans conditions.
Je me sens incapable de donner du frère de façon définitive, demain sera encore un jour.

Nous sommes tous frères, certes.
Caïn est mon frère ; la fraternité se mérite.
J'ai dit, vénérable maître.

En Grèce :
La notion de frère est peu utilisée ; les fratries sont constituées par des groupes religieux ou politiques.
Les fils d'Œdipe sont mis en scène par la malédiction que leur père prononce.
"Mes fils se partageront mon héritage le fer à la main"
La malédiction avait en Grèce un caractère sacré, elle devait donc être suivie d'effet ; en bon fils, peu intelligents, Etéocle et Polynice s'y conforment dans la violence.
Le fratricide, en Grèce, se caractérise dans la lutte entre des concitoyens qui détruisent le bien commun.
La tendresse fraternelle est abordée avec les Dioscures, Castor et Pollux.
Les frères et sœurs de Jésus :
Trois réponses sont possibles.
Marie et Joseph ont procréé, leur union charnelle a produit une descendance.

Les sœurs et les frères de Jésus sont les aînés issus de Joseph et d'un mariage antérieur ; ces enfants pouvaient être plus âgés que Marie.

Les frères et sœurs de Jésus sont des parents.

La solution choisie correspond à des croyances, à des orientations théologiques.
Concrètement une réponse sera-t-elle pragmatique ?

Source : www.ledifice.net

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Caïn et Abel (Genèse 4.1-15) Vengeance et Fraternité

16 Juillet 2012 Publié dans #fondements bibliques de la FM

Adam eut des relations conjugales avec sa femme Eve. Elle tomba enceinte et mit au monde Caïn. Elle dit: «J'ai donné vie à un homme avec l'aide de l'Eternel.»
Elle mit encore au monde le frère de Caïn, Abel. Abel fut berger et Caïn fut cultivateur.
 Au bout de quelque temps, Caïn fit une offrande des produits de la terre à l'Eternel.
De son côté, Abel en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L'Eternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande,
mais pas sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité et il arbora un air sombre.
L'Eternel dit à Caïn: «Pourquoi es-tu irrité et pourquoi arbores-tu un air sombre?
 Certainement, si tu agis bien, tu te relèveras. Si en revanche tu agis mal, le péché est couché à la porte et ses désirs se portent vers toi, mais c'est à toi de dominer sur lui.»
Cependant, Caïn dit à son frère Abel: «Allons dans les champs» et, alors qu'ils étaient dans les champs, il se jeta sur lui et le tua.
 L'Eternel dit à Caïn: «Où est ton frère Abel?» Il répondit: «Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère?»

Dieu dit alors: «Qu'as-tu fait? Le sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi.
Désormais, tu es maudit, chassé loin du sol qui s'est entrouvert pour boire le sang de ton frère versé par ta main.
 Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus toutes ses ressources. Tu seras errant et vagabond sur la terre.»
Caïn dit à l'Eternel: «Ma peine est trop grande pour être supportée.
Voici que tu me chasses aujourd'hui de cette terre. Je serai caché loin de toi, je serai errant et vagabond sur la terre, et toute personne qui me trouvera pourra me tuer.»
L'Eternel lui dit: «Si quelqu'un tue Caïn, Caïn sera vengé sept fois» et l'Eternel mit un signe sur Caïn afin que ceux qui le trouveraient ne le tuent pas.

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Fraternité maçonnique source d’harmonie ?

15 Juillet 2012 , Rédigé par AI Publié dans #Planches

L’évolution rapide des techniques de la communication et des microprocesseurs modifie en profondeur les comportements de notre société occidentale. Les décideurs politiques paradoxalement sont aujourd’hui perplexes devant l’avenir et ne savent pas comment interpréter les tendances sur le long terme. De même les entrepreneurs économiques doivent moderniser de plus en plus vite l’outil de production sous peine de disparaître et souvent sans connaître les raisons profondes de cette adaptation. Ce besoin de modernisme, comme nous le verrons plus loin n’est pas sans conséquence pour l’emploi, ni sur le comportement des travailleurs qui ont beaucoup de peine à s’adapter à ces changements.

Nous assistons dans le domaine des télécommunications à une véritable révolution grâce au réseau INTERNET qui autorise de communiquer du texte, des photos ou même des films vidéo dans le monde entier aussi facilement qu’un coup de téléphone. Ainsi un laboratoire de recherche pourra transmettre instantanément les résultats de ces travaux, ou encore faire la promotion d’un produit spécifique ou d’une nouvelle technologie, voir même diffuser des textes d’origines douteuses afin d’égarer les concurrents.

Ainsi, des associations religieuses et des sectes pourraient aussi utiliser ce réseau afin de publier plus largement leur catéchisme dans le but d’améliorer le recrutement.

En l’absence d’une politique de contrôle, qui à l’heure actuelle n’existe pas et qui sera très certainement difficile à mettre en oeuvre, nous pouvons affirmer que le temps est arrivé pour réaliser des arnaques par diffusion d’images mensongères. Quelles seront alors les conséquences sociales, car n’oublions pas que les nouvelles techniques créatrices d’images virtuelles posent inéluctablement le problème du vrai et du faux. Jusqu’à aujourd’hui, le processus d’enregistrement des informations dans la mémoire obéissait à des rythmes d’assimilation qui permettait l’expression d’un sentiment caractérisé par une volonté : j’aime ou je n’aime pas et d’une conséquence réalisée par: « j’ai envie ou je n’ai pas envie » et qui débouchaient généralement sur une action exprimant la totalité du moi intérieur. Qu’en sera-t-il lorsque les références mémorisées n’exprimeront plus une cohérence naturelle ?

Au-delà du problème de conscience que nous traiterons à travers le langage symbolique, nous constatons que la transmission quasi instantanée de l’information, et la progression fulgurante de la puissance des ordinateurs a augmenté considérablement la productivité. Ainsi, par une meilleure connaissance du code génétique de l’homme, il est raisonnable de penser que la médecine préventive permettra d’augmenter substantiellement l’espérance de vie. La pyramide des âges en sera alors profondément changée et personne aujourd’hui ne peut savoir qu’elles en seront les conséquences sociales ? Dans l’industrie, par contre les gains de productivité ne seront pas très favorables aux travailleurs vu que la plupart des activités manuelles seront remplacées par la robotique et la gestion assistée par ordinateurs. De nombreux postes de travail disparaîtront et l’école devra fournir des hommes capables de comprendre cette technicité. En aura-t-elle les moyens?

Enfin, la transmission du savoir par la mise en commun des activités et des hommes sera différente, vu que la durée de vie des techniques se raccourcit. D’autre part il sera toujours plus nécessaire de détruire pour mieux vendre car la recherche scientifique met constamment sur le marché de nouveaux produits beaucoup plus performants et à moindre prix. Une des conséquences est que les hommes âgés ne pourront plus transmettre leurs expériences aux jeunes qui débutent leur carrière faute de moyens financiers.

La société se retrouvera alors toujours plus morcelée en groupes sociaux professionnels aux intérêts souvent antagonistes, ce qui pourrait à terme déboucher sur des choix politique et industriels beaucoup plus directifs.

Pour gérer une telle situation, il s’agira de mettre en place des structures instituant une plus grande solidarité entre les actifs et les personnes sans emplois ou retraitées, mais qui aura le courage d’initier ces changements? Est-ce que nos vieilles démocraties européennes sont toujours adaptées aux évolutions brutales de la société économique?

Peuvent-elles encore être représentatives des intérêts de l’ensemble de la population ou sont-elles déjà inféodées par les groupes de pression économiques?

Dans les années 1950, les gains de productivité des secteurs primaires et secondaires ont été intégralement transférés dans le tertiaire. Aujourd’hui, nous sommes à l’aube d’une profonde restructuration du tertiaire sans compensation dans un secteur quaternaire qui reste à créer. C’est tout le dilemme de notre époque que de réinventer en permanence des équilibres afin que personne ne soit oublié sur la route, mais qui est vraiment intéressé par ce problème ? L’enseignement dans nos universités ne fait référence qu’aux améliorations du produit, de la productivité et de la gestion des gains financiers. Les sociologues sont depuis longtemps déjà considérés par le milieu politique comme de braves farfelus qui dénoncent périodiquement les dégâts causés dans le corps social, mais ils sont peu écoutés et ils ont beaucoup de peine à faire valoir leurs idées auprès des responsables d’entreprises ou des décideurs.

Notre société survit dans un climat de guerre économique engendré par sept cent million d’individus qui doivent satisfaire à satiété leurs envies de consommation sous peine de rejoindre les autres six milliards qui resteront forcément cantonné en deçà du seuil de pauvreté afin d’éviter d’insurmontables problèmes de déchets et de consommation d’énergie. Qui gérera ce problème? Ne voyons-nous pas déjà se dessiner une sorte d’aide humanitaire déculpabilisante et hypocrite financée par les pays riches pour maintenir le statut quo ? En même temps, de grandes zones de libre échange se créent afin de favoriser le commerce et la libre circulation des personnes. Les frontières disparaissent pour les citoyens membres de ces zones mais se ferment hermétiquement pour tous les habitants des pays en voie de développement. Une grande injustice est en marche, elle s’appelle intolérance. Le monde se disloque et les armées naissent. Chez les plus démunis la lutte est dictée malheureusement par les dogmes religieux qui institutionnalisent le terrorisme comme voie de libération. La force brutale aveugle répond à l’injustice des marchés. Quelle tristesse !

Ne sommes-nous pas aujourd’hui déjà comme un aveugle qui demande son chemin à un collègue qui a perdu sa canne ?

Mais encore resterons-nous toujours des consommateurs ? Aurons nous encore envie demain de résoudre nos tensions existentiels par un achat ? Choisirons-nous toujours un supermarché comme lieu de méditation ?

Pour éviter un dérapage vers des interrogations perverses, la société a mis en place tout un arsenal de miroirs tels la publicité, la flatterie, la vanité, le goût du lucre, le désir de paraître, le jeu de la carotte (qui n’est rien d’autre qu’une course effrénée à l’obtention d’un pouvoir hypothétique pour nous amener naturellement vers notre niveau d’incompétence), la considération et la reconnaissance sociale par le compte en banque, etc.

Aujourd’hui déjà de nombreuses personnes vivent sans domicile fixe, car l’obtention d’un appartement est liée à une clarté financière définie par le système bancaire. A ce jeu nous sommes jeté un jour, repris le lendemain sans considération de la dignité humaine. Il semble que tout est mis en place pour que le niveau de conscience soit asservi au consumérisme. En effet, pour perdurer notre société libérale doit à tout prix séduire le consommateur, l’encourager à vivre des instants paradisiaques dans des temples d’objets inutiles, à réinventer des envies de destruction, car casser c’est acheté à nouveau. Bref, notre société veut qu’on l’aime, qu’on la courtise, qu’on la caresse du regard et qu’on la séduise. Le mariage est accomplit au caisse du supermarché, la nuit de noce lors de l’ouverture des paquets et le divorce lorsque l’objet devenu inutile est jeté sans considération aucune dans la poubelle. Aujourd’hui, elle ne maîtrise pas encore bien les fiançailles, demain elle fera de nous les valets à gants blancs payés au rabais pour une sieste éphémère.

Dans ce contexte, nous comprenons bien que toute idée qui contrarie la philosophie économique est combattue fortement par un arsenal de lois qui protège le produit souvent mieux que l’homme. Il y a encore 50 ans cette bête économique n’était en fait qu’une machine au service du bien être de l’humanité et n’avait pas encore pris conscience de son pouvoir. A cette époque, plusieurs scénarios étaient possibles, car il existait une dialectique permanente qui favorisait la création de concepts alternatifs. Aujourd’hui, l’homme n’est plus l’entrepreneur du concept, il ne fait que s’adapter en perdant son âme.

Dans ce marais économique morose, que devient le franc-maçon? Qu’en est-il de ses idéaux confronté à la dure réalité de la concurrence ? Quel est le rôle de la fonction initiatique aujourd’hui ? Que sera-t-elle demain ? Enfin la fraternité maçonnique, source d’harmonie peut-elle être vécue dans sa plénitude et apporter cette joie intérieure dans un monde si bouleversé. Voila, quelques questions auxquels nous essayeront de répondre plus loin.

Existe-t-il une fraternité en dehors de la maçonnerie et qu’elles en sont ses particularités ?

La fraternité naît de l’amour des autres et exprime un désir d’union réalisé par l’intelligence du coeur. Sa qualité d’action est fonction du niveau de conscience des membres de la communauté, mais aussi de l’attitude personnelle de chacun d’eux. D’une manière générale, son principe formateur est la reconnaissance acceptée et sans jugement de la diversité comme valeur d’union. Le deuxième principe est que chaque membre doit vivre sa vérité sans faux fuyant et exprimer son sentiment d’union par une attitude évolutive dans le sens du Vrai. Cela présuppose une attention de tous les instants et une rigueur personnelle qui demande beaucoup de courage et d’abnégation.

A ce stade de l’analyse, il est nécessaire de fixer une sorte de référence de la reconnaissance et d’en déterminer les valeurs. Dans le monde profane, celle-ci se limite à l’acceptation d’un statut d’appartenance corporatif ou associatif et mis à part, les associations familiales et religieuses, les valeurs n’expriment que la volonté d’appartenance. Toutefois un club de boule n’aura pas le même recrutement qu’une association de défense des droits de l’homme ce qui signifie que la substance même de l’association détermine souvent la qualité fraternelle, mais elle reste le plus souvent mentalisée et émotive parce qu’elle découle du droit d’appartenance et reste étroitement associée aux statuts de la société et à son règlement interne dont, le but premier est de codifier et normaliser le comportement des membres. La qualité associative reste donc d’origine purement statutaire et d’une façon générale le règlement des conflits donne la priorité à la gestion de la faute et non à la dignité de la personne. Dans ce contexte, la fraternité est normative, réductrice, égotique et possessive.

Comment peut-on alors qualifier une telle relation de fraternelle? Pour répondre à cette question, il faut se mettre dans la peau d’un homme qui a une très mauvaise audition depuis la naissance et à qui on demande s’il entend bien. Comment le saurait-il? Il répondra qu’il vous comprend parfaitement bien et il a raison. Tout est donc relatif, y compris le vécu fraternel, mais en tant que franc-maçon, je sais qu’il existe une autre fraternité vécue par l’intelligence du coeur et que j’ai reçue en entrant dans la chaîne d’union lors de mon initiation, je ne jetterai pas la pierre à celui qui n’a pas été initié, car à l’instar de cette homme mal entendant, il ne comprend que ce qu’il entend. Mon devoir est de ne pas juger sa réponse, mais d’être encore plus disponible afin de l’aider s’il le demande. Cette attitude de celui qui sait par rapport à celui qui ne sait pas est la clé de l’intégration éventuelle d’un nouveau membre dans une communauté partageant l’amour fraternel, car tout au long du chemin de la vie, nous rencontrerons des amis que nous saurons guider vers la Lumière en les aimant parce qu’ils respirent le même air que nous et en les respectant parce qu’ils sont nous, ici et maintenant, par la vie qui les habitent.

Enfin, en aucun cas, mon attitude consistera à expliquer, car la fraternité maçonnique est à la fois universelle, personnelle et incommunicable entre non initié. Elle fait partie intégrante des plans supérieurs donc indifférenciée et non formulée. Ce ne sont plus les hommes qui parlent à travers elle, mais elle qui parle à tous les hommes qu’elles que soient leurs qualités. L’initié est celui qui sait, sa responsabilité est immense aujourd’hui, car ce qu’il doit communiquer ne pourra passer à travers un réseau informatique. Il sera de plus en plus marginalisé parce que considéré par la société comme un être improductif et perturbateur. Ne sera-t-il pas celui qui va donner du temps au temps, c’est à dire s’affranchir des rythmes de la production pour s’intéresser à l’équilibre des concepts et à la sauvegarde de l’homme? Ne sera-t-il pas aussi celui qui va intégrer la modernité avec la tradition en confrontant les valeurs symboliques des sciences antiques au monde de demain.

Comme nous le voyons, le chantier est immense et le travail difficile, mais au milieu des grabats, les Maçons continueront inlassablement à tailler leur pierre afin de la placer à l’endroit définit par le G\ A\ D\ L\ U\.

Le grand Oeuvre s’accomplira parce que l’architecture de l’édifice reste présent chez tout ceux qui font voeux d’humilité, de silence, de persévérance et qui sont animer d’une volonté sans faille afin de rassembler ce qui est épars. C’est à ce prix que le regard pourra se tourner vers le Haut et écouter les harmonies célestes. La fraternité est dans son essence composée aussi en Haut, elle vient du Beau mais comme elle est perçue en Bas, nous devons faire l’effort de rechercher son sens caché, sa portée perdue en quelque sorte.

Rappelons quelques notions importantes sur le sens de l’initiation. Etre initié, c’est accepter de mourir à la vie profane pour renaître dans la Lumière. C’est aussi comme l’a écrit Hermès, « la création d’une âme par elle-même ». Cet acte de création est en définitive l’accès de l’informulé au formulé. Dans l’espace sacré du Temple, le Vénérable Maître crée et constitue le récipiendaire franc-maçon. Il le place en fait sur un chemin accepté et voulu par le postulant qui va ainsi prendre conscience à son rythme de la réalité et de sa spiritualisation.

J. -L. Henderson dans les”Mythes primitifs et l’homme moderne” écrit que: « chaque humain a originellement un sentiment de totalité, c’est à dire un sens très fort et très complet du Soi, le soi étant constitué de la totalité psychique faite de la conscience et de l’océan infini de l’âme sur lequel elle flotte. C’est de ce soi, que se dégage la conscience individualisée du moi, à mesure que l’individu grandit le moi doit constamment revenir en arrière pour rétablir la relation avec le Soi, afin de conserver sa santé psychique »

Ainsi l’essentiel du processus initiatique n’est rien d’autre que la quête du Soi afin de mieux retrouver sa totalité. Dans ce contexte la tenue maçonnique n’est qu’un moyen, tandis que le but est la prise de conscience par l’éveil.

Accéder à ce Soi n’est pas chose facile et la période de maturation peut être parfois longue surtout, quand le langage symbolique, qui est l’alphabet du processus de réitération n’est pas toujours bien assimilé. Mais c’est le seul langage que connaît malheureusement notre psychisme. Il faut admettre que l’homme moderne est plongé dans un savoir très rationnel et qu’il a davantage développer l’esprit d’analyse que son intuition.

La conséquence est que notre civilisation moderne vit dans l’angoisse, qu’elle a perdu contact avec la Nature qui est pourtant sa seule véritable ressource traditionnelle. L’homme est ainsi divisé, morcelé. Au-delà de la rationalité qui a permis de nombreuses découvertes scientifiques et par conséquent d’améliorer le niveau de vie des gens dans les sociétés occidentales, l’homme a perdu son contact avec l’Irrationnel. Il est déséquilibré par un cerveau gauche hypertrophié, mais il continue malgré tout son chemin dans cette impasse. Il ne rencontrera alors que des psychologues et psychiatres qui géreront à sa place ses angoisses existentielles.

Cette voie est parfois suffisante mais souvent incomplète pour tous ceux qui recherchent un sens à leur vie La franc-maçonnerie reste alors une possibilité d’évolution car grâce à l’initiation le candidat devient l’égal de l’homme traditionnel. Il accorde de nouveau de l’importance aux messages d’en Haut en cherchant à comprendre leurs sens symboliques.

La fraternité naît comme nous l’avons dit plus haut de l’amour des autres, mais elle est aussi étroitement liée aux concepts de liberté et d’égalité. Ces trois mots forment un ternaire. Les deux premiers termes liberté et égalité sont en fait opposés et signifie que la liberté sans limite crée le désordre et l’égalité crée l’injustice. Nous voyons qu’il est nécessaire de trouver un équilibre entre ces deux forces, lequel est réalisé grâce à la fraternité. Ainsi, une relation duale trouve sa résolution naturelle et harmonique dans un troisième terme qui n’exclut pas les deux premiers mais qui les associe en formant un ternaire.

La représentation symbolique du ternaire est souvent le triangle dont la surface est inscrite dans un cercle. Le cercle symbolise l’Unité qui inclut le Tout et le Rien, car son tracé est lié au nombre pi, irrationnel et transcendantal. La règle qui définit l’Harmonie primordiale du ternaire est une vieille connaissance de la géométrie. En effet à partir de n’importe quel point à l’intérieur d’un triangle équilatéral, la somme de la longueur des perpendiculaires abaissée sur chacun des côtés est égale à la hauteur du triangle et quel que soit l’endroit où est situé le point. Cette relation remarquable montre à quel point la représentation ternaire des trois concepts de liberté, d’égalité et de fraternité sous la forme d’un triangle équilatérale suppose de celui qui l’accepte une attitude humaniste, une capacité au renoncement et au sacrifice et enfin, une éducation civique. Nous voyons bien là les bases structurelles ésotériques d’une société démocratiques que les francs-maçons de l’époque ont mis en oeuvre en participant à la rédaction des constitutions américaine et suisse. Il s’ensuit que les actes sociaux qui ne sont que l’étage supérieur de notre force créatrice sont réglés dans des équilibres respectant, comme nous le verrons plus tard à la fois la vie sous toute ses formes et surtout l’homme vivant symbole du Haut sur cette terre.

Par l’utilisation du langage symbolique et de la loi d’analogie, il est permis d’associer tous les ternaires à celui du triangle équilatéral ainsi, apprendre, comprendre et vivre ou sur un autre plan Force, Sagesse et Beauté, ou encore Ame, Corps et Esprit sont analogiquement semblables. Tous les termes d’un ternaire sont aussi homologues entre eux, ce qui revient à dire qu’il n’est pas absolument nécessaire d’étudier leur historicité. Ainsi Force, Ame et apprendre sont homologues entre eux. Il suffit simplement de savoir qu’ils sont tous le premier terme d’une relation d’opposition et de dégager le sens du triangle. Nous voyons qu’il est possible de comprendre analytiquement le langage symbolique, mais cela n’est pas suffisant, il faut qu’il soit vécu et intégrer dans la personnalité afin que la volonté permettant l’action puise ses racines dans le coeur, source évidente de l’harmonie. L’initiation maçonnique est une clé importante de ce processus, car tout ce qui s’accomplit dans le temple est symbolique et totalement interdépendant. C’est par la découverte du rapport des valeurs symboliques que le niveau de conscience s’élève.

L’initié pourra toujours comprendre le triangle comme une figure géométrique utile à la trigonométrie et à la construction, mais un jour le triangle deviendra ternaire, c’est à dire que les rapports des côtés, angles et sommets seront lié à son sens de gravité, lieu magique où l’Unité est la clé de l’informulé. La pointe du compas pourra alors dessiner le cercle qui ouvre la voie de la transcendance. Du monde des idées, le ternaire mutera en trinité et symbolisera le G\ A\ D\ L\ U\. Le processus de connaissance est maintenant vivant et il enchaîne les coeurs de tout ceux qui boivent à la même source d’amour, lieu géométrique de l’harmonie universelle sur cette terre.

Enfin pour clore ce chapitre sur le langage symbolique, il est utile de rappeler que ~la partie consciente d’un homme peut être figurée sur trois axes représentant les plans physiques, affectifs et mentaux. Ainsi la conscience peut être représentée par un parallélogramme dont la dimension caractérise le niveau de conscience.

D’autre part notre psychisme est constitué de trois niveaux Le premier étant celui du Moi, domaine du Je et de la conscience intérieure, le deuxième celui de l’Inconscient siège des mémoires actives ou en repos et le troisième, celui du Soi ou Ame, siège du non formulé qui englobe le Tout, et qui n’est pas perçu par les deux premiers. Les symboles sont les outils qui permettent le transfert d’informations du Soi à la conscience. Ils sont le révélateur de monde du Haut et assurent donc cette indispensable liaison, ce retour vers notre mer psychique commune comme le définissait Henderson sans lequel il n’y a pas d’acceptation relationnelle dans la diversité, pas d’amour inconditionnel, pas de compassion.

Qu’en est-il de la fraternité dans une loge maçonnique et qu’est-ce qui la différencie de celle d’une société profane?

Une loge est un microcosme de la société civile. Tous les Frères ont des aspirations différentes au vécu de la fonction initiatique. Cette grande diversité est une richesse immense car elle permet une dialectique permanente par un dialogue serein et respectueux des différences. Ainsi, les Maîtres dialoguent avec les Apprentis et Compagnons dans un esprit affectueux où les interrogations respectent le niveau initiatique, mais qu’en est-il du dialogue des Maîtres entre eux? Et qu’en est-il des attitudes de chacun d’eux vis à vis de la souffrance d’un Frère subissant un déséquilibre professionnel ou qui nécessite une aide morale? Nous allons tenter d’y répondre en cherchant avant tout à définir le sens de l’harmonie dans une loge et de son rapport avec la volonté d’agir. Une loge est symboliquement analogue à un homme. Elle a un corps représenté par ses statuts et règlement, une âme qui est la somme qualitative de la conscience des FF\ et un esprit fonction du vécu initiatique de chaque F\.

Nous retrouvons à nouveau un ternaire dont nous savons que la résolution est idéalement située au centre du triangle. A ce point précis, l’harmonie d’une loge est évolutive c’est à dire que son action est au service de l’ensemble des Frère et en particulier du Frère en difficulté car il suffit d’un seul chaînon faible pour que la résistance de la chaîne diminue.

Tout déplacement du point central doit donc être suivi d’une action de correction. Elle est du ressort de chaque Frère qui a pris conscience du changement d’équilibre, mais généralement la correction est faite dans un premier temps par le Vénérable Maître avec l’aide du comité directeur, puis ratifiée par le collège des officiers et enfin communiquée à la loge plénière si les solutions n’ont pas été trouvées auparavant. En aucun cas le problème doit rester sans action, car il entérinerait un nouveau point, une nouvelle référence en quelque sorte mal située et non représentative de l’Harmonie Universel. Cette volonté d’agir doit être sans faille et peut parfois sembler gêner certains FF\. Qu’ils ne prennent pas ombrages, car ils seront les premiers à ressentir la douce chaleur de notre amitié retrouvée.

Une Loge obéit à la même logique d’évolution qu’un F\. Elle est donc caractérisée par un parallélogramme qui définit son niveau de conscience. Plus celui-ci est élevé et plus les informations entre le SOI, symboliquement représenté dans notre cas par 1’Egregore maçonnique nourrissent l’amour fraternel et qualifieront la fraternité. A contrario, si le niveau de conscience est bas, les activités s’exprimeront essentiellement dans les domaines proche du monde profane. Cela pourrait entraîner à terme des confusions sur les véritables objectifs de notre destin initiatique.

Une loge crée et constitue des francs-maçons comme elle doit créer tous les actes qui permettent à ceux-ci d’espérer se perfectionner. Elle ne doit donc jamais ignorer ce qui l’alourdit et de même que nous nous levons ensemble à l’appel du Vénérable Maître, de même nous cherchons ensemble à aider ceux qui souffrent et à fortifier notre intuition afin d’étendre notre champs de conscience jusqu’à nos Frères passées à l’Orient Céleste qui sont notre inconscient collectif. N’oublions pas les messages qu’ils nous ont laissés ici Bas et continuons leur oeuvre en nous rappelant que tout ce qui est en Haut et aussi en Bas.

Nous voyons mieux à ce stade de l’analyse ce qui différencie une société profane d’une société maçonnique, c’est le souci permanent d’une qualité relationnelle au service d’une Harmonie universelle.

Aujourd’hui, le monde profane se construit sur des valeurs mathématiques qui sont du domaine du premier degré. Ce monde a donc besoin d’individus qui satisfassent son existence par une fidélité à toute épreuve. Dans ce monde-là comme dirait Brel, c’est la possession d’argent qui est le principe de reconnaissance accepté par tous. Le sens de l’Harmonie et l’art du compromis sont totalement incompatibles avec la productivité. Les états d’âme sont considérés comme sans valeur et pourtant chez nous en Maçonnerie, nous les recherchons à travers nos rituels. Que de différences constatées, que de désillusions à venir et pourtant nous devons vivre dans ce monde, réaliser notre destin et travailler pour nourrir notre famille.

Notre chance en tant que F.’. M.’. c’est d’être libre et de vivre pleinement notre liberté dans une organisation acceptée et dont la finalité est la recherche de l’Unité. C’est dans un tel état d’esprit que nous osons espérer qu’un jour notre Loge sera la société de demain et cet espoir nous fait accepter de paraître au lieu d’être. Mais ce qui est important c’est de la savoir.

Face à ces contradictions existentielles difficiles, le franc-maçon doit avoir une rigueur exemplaire. Confronté aux choix permanents du pouvoir et de la compassion, il est nécessaire qu’il vive dans une fraternité active et chaleureuse afin que son action exprime toujours le sens du Vrai. Recevoir des coups dans le monde profane sera alors le juste prix d’une démarche qui ira souvent à rebrousse poil d’une réalité économique mais alors, oh! Combien sera belle la récompense. L’âme sublimée l’entraînera dans les grandes plaines d’où viennent les senteurs de l’Orient, divins fruits gorgés de sucs paradisiaques qu’il pourra partager avec ses Frères en lutte. C’est alors que le monde mécanique, bétonné, ordonné et emprisonné laissera place à la douce réalité de l’illusion. Seul mais avec Tous, il saura encore partager cet instant de bonheur par un silence souriant.

La Fraternité maçonnique est fille de l’harmonie. Elle se conjugue au féminin car comme Vénus, déesse et planète de l’amour, elle représente les actes de douceur symbolisée dans nos Loges par la chaîne d’union. La chaleur de nos mains est la Force qui naît de notre coeur, elle diffuse entre nous jusque dans les plans subtils de notre inconscient afin de cristalliser la beauté de cet instant. L’enchaînement des mains est aussi l’enchaînement des coeurs représentant l’acte de création symbolique de l’égrégore maçonnique. Dans ce plan d’amour Universel, les Frères de la loge se relient à un espace-temps indifférencié d’où émanent les volontés de partage. Savoir donner, savoir recevoir et savoir partager est le ternaire d’action de la fraternité maçonnique. Selon la loi d’analogie, partager est homologue à fraternité qui trouve alors son plan d’action à travers une volonté de reconnaissance et d’action réciproque. La boucle est bouclée et tel l’Ouroboros rien ne sert à diviser, tout naît d’une volonté unitaire sans début ni fin, car tout est dans l’instant vécu. La fraternité est vivante en nous, elle nous lie à tout jamais à notre devenir qu’il soit accepté ou non, c’est une réalité intangible et c’est un devoir de la partager.

La fraternité maçonnique est aussi fils de la raison. A travers Mars, planète de l’énergie et de Mercure, planète de l’intelligence elle se veut dynamique, entreprenante et communicative. Le coeur enflammé ne saurait se consumer sans des actes réfléchis et concrets. Le coeur est la source de l’inspiration qui arme alors notre volonté d’action. Identifier la nature du déséquilibre est important. C’est ainsi que nous mettrons tout en oeuvre pour sauver notre Frère en difficulté. Cette volonté est d’ailleurs traduite en loge par un serment exprimé d’une même voix par tous les Frères présents lors d’une tenue d’initiation au premier grade. Ce serment est la clé donnant accès à l’action fraternelle qui s’exprimera alors par la recherche constante d’une solution au problème identifié. Il ne doit pas avoir de défaillance à ce niveau, car l’énergie martienne et mercurienne peut s’orienter vers le Haut ou vers le Bas, comme de même, le triangle équilatéral peut être exprimé pointe en Haut ou pointe en Bas. Une Loge maçonnique est responsable de l’orientation de son triangle puisqu’elle est triangle elle-même. C’est de l’action commune de tous les Frères en faveur du maillon affaiblit que jaillira alors l’inspiration salvatrice et réparatrice. Tel est le sens de Mars et de Mercure unis tous deux dans une action concrète de reconquête de l’harmonie. La fraternité nous engage donc à une rigueur symbolisée par le signe d’ordre, car de même que nous sommes à l’ordre en franchissant la porte du temple, de même nous sommes droit et en marche au milieu des deux colonnes J:. et B:. qui représentent dans cette circonstance la relation duale donner et recevoir; cette attitude volontaire vers des actions concrètes trouve sa source en nous-mêmes, vu que nous sommes après les trois pas d’entrée dans le temple le sommet d’un triangle équilatéral symbolisant le partage et par extension la fraternité. C’est de nous que viendront les actions de corrections et toute échappatoire provoquera des lésions profondes dans l’égrégore. Nos rituels en font mention et punissent l’inaction. Tel est le sens du devoir en Loge au service de la fraternité maçonnique afin qu’il anime les coeurs de ceux qui agissent dans le vrai pour le bien de celui qui souffre.

Nous avons beaucoup parlé de la fraternité en Loge, car c’est dans ce microcosme, véritable Oeuvre du Haut exprimée en Bas, à l’instar de Saint Jean véritable initié sur cette terre que nous développons l’Art Royal. Mais qu’en est-il des actions du Maçon dans la vie profane? Comment doit-il vivre son art sans dévoiler les secrets ni les arcanes de sa foi maçonnique.

Tout au long de sa vie le maçon est confronté à cette question:

Comment vivre son besoin d’équilibre et d’amour dans la société civile tout en acceptant les contraintes de la société de consommation? Comment vivre sa sensibilité, son désir de compassion sans être marginalisé et reconnu comme un faible. Pour mieux comprendre ce dilemme, rappelons quelques lois élémentaires du monde profane.

Aujourd’hui, il faut gagner partout et toujours en acceptant le combat. La fin de la lutte est signifié lorsque la maladie s’installe, lorsque l’incompétence professionnelle est reconnue, lorsque l’incompatibilité caractérologique s’installe dans la hiérarchie, lorsque les amis de toujours vous trahissent, lorsque le stress amène le désordre et la dépression, lorsque le visage se ride et que la sagesse remplace l’impétuosité enfin lorsque l’indifférence de son entourage crée l’angoisse d’être rejeté. Le monde économique est concurrentiel ce qui entraîne une course à la productivité et sa fonction première est l’utilisation des individus les plus performants. Le concept est donc sélectif dans sa nature. Il n’y a pas de place pour celui qui ne sait pas ou plus gérer la baisse de performance, les incertitudes, les doutes, les interrogations existentielles. Sa règle première est de consommer toutes les qualités dans le seul but du profit puis de rejeter celui qui est épuisé dans les mains de l’état ou dans un corps social hors de la réalité économique. Comme nous l’avons identifié au début de cette planche, la bête économique est autonome et comme tout corps constitué cherche en permanence des équilibres pour survivre. Elle agit déconnectée de la nature et prends des décisions d’autant plus brutale qu’elle se sent atteinte d’un cancer généralisé et qu’il n’y a aucun médecin pour la soigner. C’est le Surmoi égotique absolu qui est face à son autodestruction. Les êtres naissent, grandissent et meurent à l’instar des sociétés. La nôtre a déjà diagnostiqué son grand âge

En tant que maçon, nous assistons conscient mais impuissant à cette évolution. Que faire quand nous sommes si seul dans la société politique et économique? Ils sont rare les instants où nous reconnaissons un Frère parmi ses collègues et alors que se passe-t-il ? Au-delà de la joie de la rencontre et du partage, comment agir ensemble pour annuler voir modifier certaines décisions contraires à l’intérêt maçonnique, mais en accord avec les objectifs de l’entreprise qui nous paye? Qui a la réponse à cette question? Est-ce que l’ordre maçonnique assumera les conséquences d’une résiliation de contrat privé pour une juste cause maçonnique? Ces interrogations expriment bien la difficulté de trouver une adéquation entre l’idéal maçonnique exprimé par notre conscience et notre volonté d’action dans le monde profane et les conséquences pratiques des actions entreprises. Dans nos Loges, nous cherchons le chemin de la Connaissance et quand nous l’avons trouvé ce n’est pas pour le quitter pour celui du Jugement. Nous continuerons donc imperturbablement à chercher l’acte juste en équilibre entre les intérêts profanes nécessaire à la vie familiale et les exigences maçonniques, mais les réalités du monde profane sont toujours plus exigeantes et dévoreuse de liberté de conscience et seule la pratique active de la fraternité maçonnique réduira les inévitables tensions psychologiques. Nous ne sommes que 6 millions sur cette terre c’est à dire un pour mille de la population mondiale. Que pouvons-nous faire ? D’autre part, comment communiquer notre savoir en dehors de la maçonnerie? Le maçon est un homme libre qui aime partager sa vision du monde en pratiquant l’esprit de synthèse, parce qu’il a intériorisé ceux de l’impulsion et de l’analyse lors de son initiation. Pour être compris, il a besoin de partager ses doutes dans la confiance et il ne pourra le faire qu’avec un autre homme pratiquant l’esprit de synthèse. La société civile ne développe pas cette qualité, car elle veut des individus asservis à son éthique consumériste. Elle forme donc des idéologues qui sont au service de cette cause et qu’elle nourrit d’espoirs matériels. Elle a davantage besoin d’homme de réaction que d’homme d’action. Le maçon est donc seul avec ses Frères. Bientôt, sa philosophie sera décrite dans le hand book des instituts universitaires psychiatriques comme une maladie psychique assimilable à une déviance nécessitant une thérapie d’isolement. J’espère que tous nos Frères psychiatres sauront le moment venu s’opposer à cette dérive.

Mais qu’elles que soient les évolutions de la société, le maçon restera un entrepreneur de lui-même et aussi un salarié de la Loge, car en recevant son du auprès d’une des deux colonnes du temple, il accepte de devenir riche de l’amour des autres. Son rapport à l’argent est profondément distinct de celui du profane, car il aime être payé pour mieux aimer ses Frères et pour construire en respectant les équilibres naturels, ainsi il connaît la vraie valeur qui relie toutes les actions à l’Unité, centre du cercle et lieu géométrique de la diversité humaine. Il ne se reconnaîtra donc pas dans les attitudes impulsives et destructives qui enchaînent la conscience à la culpabilité mais au contraire il tentera d’en comprendre les mécanismes à la fois par la connaissance des détails mais aussi de leurs origines. Il pourra alors être cet homme de synthèse et trouver le point d’équilibre qui deviendra le vecteur d’une volonté farouche vers une action d’intégration. Intégrer est le maître mot, car personne ne sera oublié sur le grand chemin qui mène à l’Orient. C’est la récompense de la liberté quoiqu’en disent les gourous de l’économie.

C’est parce que les Frères n’interrompent jamais leur marche que la Maçonnerie traversera aussi les époques les plus troublées, les plus obscures et qu’elle passera le témoin à la génération suivante. Telle est notre mission aujourd’hui, tel est aussi notre devoir d’affronter les épreuves dans un esprit serein, positif et dépourvu de passion. La fraternité est dans cette optique le ciment commun de tous les maçons du monde. Elle émane de notre chaîne d’union universelle et confortera toujours le coeur des Hommes sur cette terre…

Source : http://www.info-france.fr

 

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La Fraternité ou quand l’Homme est le Miroir de l’Homme

15 Juillet 2012 , Rédigé par MS Publié dans #Planches

 Il est important de savoir distinguer dans nos rapports leur nature fraternelle.

La fraternité est un idéal relationnel qui demande un long cheminement . A la question : « Etes-vous franc-maçon ? », La réponse est « mes frères me reconnaissent comme tel ». Ce qui suppose que la fraternité est chargée de contrôler l’appartenance à la franc-maçonnerie. Un membre non fraternel ne peut pas être franc-maçon.

La Fraternité serait donc une condition de base. Est-ce qu’on naît frère en même temps qu’on reçoit la Lumière ou le devient-on à force de travail sur soi ?

Plus que l’Amour de l’autre, la Fraternité est respect de l’homme. La Fraternité est d’essence Initiatique et avant tout métaphysique dans une spiritualité laïque, transmettant une méthode de recherche de la Vérité, hors les dogmes. Elle est un trait d’union entre les Initiés.

Combien d’entre nous, au cours du temps on oublié que la Maçonnerie ne se cantonne pas à l’application stricte d’un rituel, aussi beau qu’il soit, une fois tous les quinze jours. Que notre quête de bâtisseur ne peut s’exprimer qu’avec tous nos Frères. Je dis bien tous et pas seulement ceux de notre grade ou ceux qu’on bade parce qu’il paraîtrait qu’ils sont trente troisième et que c’est bon de les côtoyer pour notre « carrière ».

La Fraternité est une mort : C’est la mort de soi-même dans son Individualité égocentrique. Car la découverte de la fraternité commence par l’apprentissage du partage.

La tolérance ne commence t’elle pas au moment où l’on accueille l’autre avec toutes ces contradictions ? Si on va jusqu’au bout d’une expérience de relation humaine, la première impression devrait naturellement s’émietter au fur et à mesure que la réalité se construit.

Ce passage est douloureux car on doit renoncer à la première impression qu’on prend souvent pour argent comptant, celle à laquelle on tient tant parfois et qui est notre jugement arbitraire, subjectif et inconscient.

La fraternité n’exerce pas de pouvoirs magiques, en revanche elle propose à tous une vertu capable de la maintenir et cette vertu, c’est la Tolérance. A mi-chemin entre la justice et l’amour se situe le respect et la tolérance. On ne peut pas tolérer sans respecter, car le fondement de la tolérance est d’abord la compréhension de l’autre, de tous les autres.

Ainsi la tolérance devient un hommage à l’impénétrable vérité dont tout homme est porteur. Egalement, cet effort qui nous est demander pour traiter l’autre comme soi-même se nomme la « justice », car la justice consiste précisément à se placer à la place de l’autre. Cependant il faut admettre que la tolérance a par définition une limite, ainsi on ne pourrait admettre la liberté d’un loup dans une bergerie. ; c’est seulement dans cette limite de la liberté de l’autre que la tolérance peut se muer en Amour, qu’elle devient une communion qui dépasse celle de l’esprit pour atteindre la communion des cœurs. Tel est le paradoxe de la Fraternité : Intelligence du cœur qui transcende celle de l’esprit.

Je dirais que celui qui gesticule et parade le plus est celui qui empêche la relation de personne à personne. Il s’exclut de la fraternité.

Si la Fraternité est un devoir pour le Maçon, elle n’est pas innée. Elle se travaille. Il faut être suffisamment pur et s’aimer soi-même pour pouvoir Fraterniser avec son prochain sans jouer un jeu ridicule qui ne trompe personne.

L’amitié c’est un attachement, une affection mutuelle, qui a beaucoup de point commun avec la fraternité. Mais le type de relations est différent. Nous choisissons notre ami, mais pas notre frère. Ce qui a pour conséquence qu’en amitié, il y a souvent plus de similitudes que de différences. La fraternité ce n’est pas l’abandon total et sans réserve de l’amitié. Il y a en plus dans la notion de fraternité, une notion de durée dans le temps, qui ne se pose même pas : Nous sommes frères à vie. La Fraternité reste indissociable de l’honnêteté, qui impose parfois de déplaire, de choquer, de heurter. Nous ne pouvons être en fraternité qu’en étant honnête vis à vis de nos Frères, mais l’honnêteté n’est pas à elle seule, la fraternité qui a une portée supérieure. Notre Fraternité de Maçon vient du fait que nous avons tous une origine commune de part notre Initiation. Nous avons tous vécu la même renaissance et nous restons tous sur le même chemin, celui de la recherche de la Lumière. Bâtir ne peut être qu’une œuvre commune donc Fraternelle. Nous devons vivre l’autre avec ses différences et nous en inspirer, sans flatterie, sans jugement et sans esprit de supériorité car elles ne sont pas rivalités mais partage et richesses.

Montaigne a dit dans les Essais : « Si l’on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ».

On retrouve encore ici les outils de taille ciseau et maillet qui nous serviront à pratiquer la fraternité comme un art. Agir comme un frère, c’est savoir temporiser ses passions est c’est parfois quelque chose de compliqué car nous pouvons être parfois une marmite en ébullition, ou bien un lac de béatitude et le Franc-maçon n’a pas le droit de perdre son sang froid et parfois se livrer à des attitudes, voir des comportements qui dépassent la fiction.

Aussi il est essentiel pour mériter sans honte notre place en Loge de maîtriser nos passions en général, mais en particulier celles de la possession, du pouvoir, de la vanité et de l’hypocrisie. La F.M. n’a jamais voulu être une entreprise de cadres à la recherche de pouvoir ou de places à convoiter dans l’échelle de notre organisation. Nos travaux ne devraient avoir pour unique ambition pour pouvoir participer à la construction commune que de refléter notre personnalité, dépourvus d’inutiles compilations ou de citations voulant montrer notre petit savoir ou encore de langage technique propre à notre vie profane incompréhensible du plus grand nombre. Etre fraternel c’est aussi parler le même langage que ces Frères. Nos égrégores, nos ateliers, nos obédiences ne devraient être fait que d’hommes emprunt d’humilité, de sincérité, et de volonté à faire progresser notre grande famille.

Il me semble évident que pour aider les autres, on doit commencer par s’aider soi-même.

D’autre part, il est important que la parole circule et que nous puissions en notre âme et conscience nous exprimer avec humilité et fraternité envers le frère, ou quelque personne à qui l’on s’adresse.

Si notre plus cher désir est de progresser vers la lumière acceptons de recevoir ce qui doit nous être donné et donnons sans compter tout ce que nous pouvons donner. Souvenons-nous de l’épreuve du miroir, le jour de notre Initiation. Ce fut la première confrontation avec la Fraternité Initiatique. La révélation ne se vérifie que si celui qui tient le miroir ne se détourne pas de son rôle. Si vous le confiez à quelqu’un qui ne supporte pas le rôle du miroir, il y a de fortes chances qu’il se détourne pour reprendre la parole. Savoir pratiquer ces deux fonctions me semble important pour garantir la fraternité, l’une est de savoir se poser en tant que miroir, et l’autre de savoir s’exposer en toute nudité.

Le miroir reflète dans notre rituel le visage du récipiendaire. Le visage, c’est l’individu, la personnalité.

C’est ce qui nous permet d’identifier l’autre ou d’être reconnu par lui. En me regardant dans le miroir, je confirme ma ressemblance avec les autres. Je m’identifie à l’espèce humaine. Le miroir agit donc comme un révélateur de ma personnalité et sa contemplation me permettra de me connaître.

Dans un premier temps, il va me montrer ce que je suis maintenant à l’instant de l’initiation. Il va me montrer ce vieil homme prisonnier de son ego et des haines de sa vie profane. Il va me montrer cet ennemi qui veut exister par lui-même. Si je sais regarder dans le miroir, je saurais voir comment vit ce vieil homme, comment il me dirige, comment il se met en colère, comment il est jaloux, alors seulement je pourrais le combattre en appliquant le fameux « Connais toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux ». Le miroir est vraiment un outil de révélation. En tant que symbole, le miroir est l’objet, à mon avis, de l’introspection par excellence. Il nous fait réfléchir sur ce que nous sommes, avec nos qualités et nos défauts, nos envies et nos dégoûts, nos souhaits, notre façon de voir le monde, les personnes qui nous entourent, et nos idées pour les améliorer et les amener vers le bien. Il nous fait réfléchir sur ce que nous voudrions être et que nous ne sommes pas encore.

Mais certaines personnes ne supportent pas de voir leur image. Quelques-unes, comme les « Narcisse » du mythe se perdent en regardant leur image reflétée par l’eau. L’ambivalence du symbole du miroir dépend donc essentiellement de l’attitude de la personne et de la maturité de celui qui se regarde.

Il existe bien d’autres miroirs, quant nous regardons notre voisin dans les yeux, n’est-il pas notre miroir ? Ne lui reprochons-nous pas nos propres défauts ? N’existons-nous pas par la vision des autres ?

Le miroir nous fait prendre conscience de tout cela.

Il est essentiel d’accepter le regard des autres et en particulier de nos Frères car c’est lui qui nous apprend à connaître nos limites, à les repousser pour offrir le meilleur de nous-même.

C’est par ce regard objectif que les autres doivent porter sur moi que se manifeste la notion de fraternité. Pour être réellement pratiquée la fraternité nécessite que celui qui en use soit libre. Libre de quoi ou de qui ? .

Libéré de tout jugement qui ne serait pas de lui, libéré de réflexes conditionnés, libéré de l’autorité parentale, de toute représentation du pouvoir humain qui romprait la fraternité maçonnique. Sa pérennité n’est-elle pas assurée par le dépassement de tout dogme ? . Exister par les actions et interactions que provoquent des liens fraternels suppose que nos chaînes soient rompues.

A mon sens, la démarche fraternelle prospère dans l’effacement des attentes individuelles comme des intentions dogmatiques.

Elle permet à chacun de trouver sa place et non de s’apporter des réponses. Car qui sait à l’avance quel enseignement lui sera profitable ?

La première question que nous devrions tous nous poser lors de nos enquêtes chez un postulant profane et plus encore si nous souhaitons le parrainer, devrait être : « Et-il en possession de ce petit supplément d’âme qui va lui permettre un jour de tout donner pour ses futurs FF. et ainsi de progresser sur le chemin Initiatique » ? Mais avons-nous nous même ce petit supplément d’âme pour pouvoir en avoir une idée ? Et c’est quelquefois un intérêt personnel qui nous anime ou bien nous sommes ébloui par la face visible de l’iceberg, la face qui intéresse la vie profane, celle des apparences. Qu’il soit professeur de faculté, vendeur de gaufres, policier, transformiste, catholique, juif ou agnostique, quelle importance ? Comme dit le proverbe : « C’est au pied du mur qu’on voit le Maçon ». Une fois Initié, sera-t-il capable de briser le miroir du vieil homme pour y voir renaître une nouvelle image de lui-même, qu’il aime et qui est prête à aimer sans condition ?

En résumé, la fraternité vraie, c’est me semble t-il vivre l’autre avec ses différences, sans flatterie, sans préjugé, sans jugement.

Vivre en fraternité c’est offrir : chacun fait don de ses forces, mais aussi de ses faiblesses. Les différences ne sont pas rivalités mais partage. La fraternité c’est la notion de partage aussi bien intellectuel que matériel, c’est faire don de sa vie pour l’entraide.

La fraternité ou quand l’homme est le miroir de l’homme.

Pour nous qui sommes dans une Loge de Saint jean, nous devons au moins retenir ce que dit l’évangéliste dans son épître (1, 9-11) « celui qui prétend être dans la Lumière tout en haïssant son Frère est encore dans les ténèbres, mais celui qui aime son frère est dans la Lumière.

VM J’ai tenté de dire.

source : www.ledifice.net

 

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Liberté Egalité Fraternité, la devise républicaine de la Franc-Maçonnerie

15 Juillet 2012 , Rédigé par AG Publié dans #histoire de la FM

La légende

Louis Claude de Saint Martin (1743) n’a pas forgé la devise "Liberté, Égalité, Fraternité ». Ce n’est donc pas de lui que la franc-maçonnerie aurait pu la recevoir avant que de l’offrir, ou de l’imposer à la révolution. Le malheur veut qu’il n’en soit rien ; malheur du moins pour les iconolâtres de l’historiographie. La vérité, c’est que la devise « liberté, Égalité, Fraternité » n’est au siècle des lumières et de l’illuminisme, n’est ni maçonnique ni révolutionnaire ; sur l’histoire de la devise, cette phrase a été la devise de plus d’une république. En vérité elle représente davantage qu’une devise c’est le credo d’une religion. L’origine maçonnique de la devise, écrivait Lantoine « est une légende devenue tellement vivace qu’elle est acceptée par d’excellentes gens qui ne font profession, ni de maçonnisme ni d’antimaçonnisme ». La devise ne naquit pas en loge. Mais « Liberté, Égalité, Fraternité » est devenue la devise d’une très grande partie de la franc-maçonnerie latine, en Europe et en Amérique, et belge qui y a mis le meilleur de sa tradition et le meilleur de son espoir. La patente de la loge « La bonne foy », constituée à l’orient de Saint – Germain-en-Laye, en 1688, aurait porté la devise : "Liberté, Égalité, Fraternité », mais toutes les copies produites, car il n’y a pas d’original ont été reconnues apocryphes.

La devise et la révolution :

En effet, aucune assemblée législative (dans l’acception la plus large du terme), aucun gouvernement n’a jamais décidé, avant 1848 (date de la proclamation de la deuxième république), que "Liberté, Égalité, Fraternité" serait la devise de l’État français. Dès 1790, à la fête de la Fédération, le 14 juillet, notre devise aurait orné certains drapeaux, notamment ceux des fédérations du Dauphiné et de la Franche-Comté. En 1791, le 29 mai, le marquis de Girardin avait prononcé un discours où il affirmait que le peuple français voulait « pour base de sa constitution »,la justice et l’universelle fraternité. C’était au club des Cordeliers, qui dans une opinion subséquente, corrigea la formule et souhaita qu’elle figurât sur une plaque accrochée à l’uniforme national, sous la forme : Liberté, Égalité, fraternité. Mais la proposition ne fut pas retenue et, pour tout dire, on l’oublia. En 1793 le 29 juin, « le Directoire du Département, sur la proposition du citoyen Momoro, demande que dans le courant du mois de juillet, les propriétaires ou principaux locataires seront invités au nom du patriotisme, au nom de la liberté, à faire peindre sur la façade de leurs maison, en gros caractère, ces mots : Unité, individualité de la république Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort. Momoro, imprimeur et membre des Cordeliers, s’était peut-être rappelé l’opinion émise par le Club en 1790. Un régime maçonnique avant 1789 arbora une devise ternaire « Liberté, Égalité, Indépendance ». D’autre part, J.J. Mounier déclare : Je ne crois pas que dans les loges on ne parlât jamais de liberté. Si ce mot était prononcé quelquefois, c’était comme celui d’égalité dans un sens étranger à la politique et purement moral. Un seul texte, fait de la liberté, de légalité, et de la fraternité les trois vertus cardinales à la foi révolutionnaire, et de la maçonnerie, et déclare de l’antériorité, dans la pratique, de cette dernière société. C’est une planche de Saint-Jean d’Écosse du Contrat social, en date du 20 janvier 1791. « Bien des siècles avant que Rousseau, Mably, Raynal eussent écrit sur les droits des hommes, et eussent jeté dans l’Europe la masse de lumière qui caractérise leurs ouvrages, nous pratiquions dans nos loges tous les principes de la sociabilité ». Le F:. Charles Blanc éclate : « Qu’est-ce que cette devise, liberté, Égalité, Fraternité, adoptée par l’Assemblée nationale et placée au frontispice de la Convention, sinon le mot d’ordre séculaire, le véritable mot sacré de la maçonnerie ? Devant ces textes, l’historien, sauf à bafouer toute logique, et toute objectivité historique, les philosophes, les francs-maçons, puis les révolutionnaires avaient connu, en des sens divers et diversement apparentés, les mots de « liberté », égalité », fraternité ». Au XIXe siècle, « Liberté, Égalité, fraternité » va devenir en France, la devise officielle de l’État et la devise officielle de la franc-maçonnerie.

Avant 1849, la franc-maçonnerie n’a pas eu pour devise "Liberté, Égalité, Fraternité" ; jusqu’en 1848, elle n’a pas prétendu le contraire. La franc-maçonnerie n’a donc pas donné cette devise toute faite à la révolution. Dès sa première proclamation, lancée le 24 février 1848, le gouvernement provisoire invoque notre trilogie. Le lendemain, la république est instaurée et, deux jours plus tard, les trois mots en deviennent la devise. Il en ira toujours ainsi désormais sous la IIe, la IIIe, la IVe, et la Ve république.Peu après, entre la franc-maçonnerie, le 6 mars 1848, en effet, une députation du Grand Orient se rend à l’Hôtel de Ville. Le F \Bertrand la conduit, il y revendique à l’avantage de la maçonnerie, et avec effet rétroactif ! La nouvelle devise républicaine : "La franc-maçonnerie ont porté de tout temps sur leur bannière ces mots : Liberté, Égalité, Fraternité. Adolphe Crémieux, franc-maçon lui-même, répondit ainsi à ce passage : dans tous les temps, dans toutes les circonstances, sous l’oppression de la pensée comme dans la tyrannie du pouvoir, la maçonnerie a répété sans cesse ces mots sublimes : "liberté, égalité, fraternité". Un autre discours, en la même période, tend à situer dans la tradition maçonnique l’origine de la devise adoptée par le gouvernement provisoire. C’est Jules Barbier qui, menant à son tour à l’Hôtel de Ville une députation des loges de Paris, s’écrit : Nous saluons des acclamations les plus vives le gouvernement républicain qui a inscrit sur la bannière de la France cette triple devise qui fut toujours celle de la maçonnerie : "Liberté, Égalité, Fraternité". Lamartine - Et pourtant : "Je ne suis pas franc-maçon", dit-il d’abord – Lamartine ne contrarie pas cette contre-vérité littérale.

En 1848, déplorait Karl Marx, "la guerre sociale n’avait encore qu’une réalité nébuleuse, la valeur d’une phrase, d’un mot". Or, explique Maxime Leroy qui cite ce texte, "le mot auquel pense Karl Marx, c’est le mot fraternité" mainte secte s’était organisée, de la société des droits de l’homme à celle des familles, de groupes socialistes phalanstères, des chapelles aux sociétés secrètes. À partir de 1848, ces sociétés discutaient et faisaient discuter librement leurs dogmes. Or souligne Lamartine ces dogmes dont le principe était une fraternité chimérique réalisée sur la terre, tendaient tous à la suppression de la propriété individuelle. George Sand disait "communisme". D’autres disaient, sans aller plus qu’elle au fond des choses, philanthropie (Saint Simon), humanitarisme (P. Leroux), fraternité (Cadet), égalité (Les successeurs de Buonarroti).

Les sources immédiates

Louis Blanc écrit en effet dés 1847, dans son Histoire de la Révolution française, cette phrase, où le sujet est Louis-Claude de Saint-Martin : "Et le mot de la grande énigme, qu’il posait devant la nation française, c’était : Liberté, Égalité, Fraternité ! formule que, dans son style symbolique il appelait le ternaire sacré et dont il parlait d’un ton solennel". Le texte de Louis Blanc, n’aurait – il pas constitué le plus prochain stimulus des membres du gouvernement provisoire ? Ne les aurait-il pas guidés dans leur choix d’une devise pour la IIe république ? Ce même texte, de Louis Blanc n’aurait-il pas aussi persuadé, ou fini de persuader, les francs-maçons de 1848 que la devise relevait de leur patrimoine ; n’aurait-il pas actionné la revendication qu’ils soutiendraient désormais sans relâche ? Il se peut donc que Louis Blanc, en 1847, soit source immédiate de l’inspiration des quarante-huitards qui placèrent officiellement la France sous la devise "Liberté, Égalité, Fraternité". Il se peut donc que Louis Blanc, en 1847, ait expressément – et rétroactivement – maçonnisé cette devise. Mais voici notre second auteur : Pierre Leroux autre source sûrement. Pierre Leroux élabore sa doctrine, grosso modo entre 1830 et 1848. Or, dès 1833, il affirme : "Nos pères avaient mis sur leur drapeau, liberté, égalité, fraternité. Que leur devise soit encore la nôtre". Il y a de la métaphore dans ces deux phrases. Les grands ancêtres n’ont jamais brodé au fil sur le tissu de leurs étendards la devise qui sera celle de 1848. Pourquoi ces trois mots ? Pourquoi pas un seul ou deux pourquoi pas quatre ou davantage ? Il y a de cela une raison profonde. En effet, l’homme étant, comme nous l’avons démontré ailleurs, triple et un dans tous les actes de sa vie, c’est-à-dire simultanément sensation – sentiment – connaissance, il faut en politique un terme qui réponde à chacun de ces trois aspects de notre nature. Au terme sensation de la formule métaphysique répond le terme liberté de la formule politique ; au terme sentiment répond le mot fraternité ; au terme connaissance répond l’égalité. Qui l’a trouvée cette formule sublime ? On l’ignore ; personne ne l’a faite, et c’est tout le monde pour ainsi dire qui l’a faite.

Je récapitule avec Leroux : "La formule est donc complète. Le citoyen a donc un dogme, c’est l’Égalité ; un motif de se manifester et d’agir, c’est la Liberté ; une règle morale pour bien agir, c’est la Fraternité humaine. La Révolution française a justement résumé la politique dans ces trois mots : Liberté, Égalité, Fraternité". Or, avant février, la franc-maçonnerie ne se soucie, en aucune façon, de la devise qu’elle adoptera en 1849. Mais, peut-être, Bésuchet, en cautionnant la devise républicaine, a-t-il excité ses frères maçons à l’adopter eux-mêmes. Car un an après la chute de Louis-Philippe, la devise va être maçonnique.

Entre la révolution de 1848 et le Convent de 1949.

"Fille du ciel, elle nous apporte la Fraternité, l’Égalité, la liberté". Qui est-ce ? Non pas la révolution de 1848, ni même, quoique le texte soit du 26 septembre1791, mais à la religion iraient le pouvoir, et l’honneur, d’instaurer les trois qualités sociales dont les noms juxtaposés fourniront sa devise à l’État de 1848. Et de qui est-ce ? Du fameux et très grand abbé Henri Grégoire, dans une adresse aux députés de la seconde législature.

Car les hommes de quarante-huit sont, d’évidence, hommes religieux. On a constaté, aux sources immédiates de la devise, et lors de sa naissance, que tout discours sur elle impliquait la religion. Mais quelle religion ? Une religion, la religion, de 48. Que de fois alors le socialisme ne fut-il pas baptisé ! Que de fois Jésus devint maître révolutionnaire !

Nostalgique ou non, Dieu le sait, l’idéologie fossile des règnes de Louis XVIII et de Charles X anime Mgr Parisis. Sous la IIe république il publiera un éloge retentissant de la devise : cet éloge ne se comprend que si l’on tient compte de son premier sens, celui de la révolution de 1848, à laquelle on verra que le clergé fut favorable, par réaction contre l’anticléricalisme de la Monarchie de juillet, oppressivement concordataire et qui refusait aux catholiques la liberté de l’enseignement.

La Grande Loge nationale et le Grand Orient de France

Nous étions en 1848, passé février. Or, en 1949 , la devise "Liberté, Égalité, Fraternité" devient, et c’est donc quelle ne la jamais été auparavant ; la devise officielle de la franc-maçonnerie française. Celle-ci était représentée par le grand Orient de France et la grande loge nationale de France qui, paradoxalement, ne dura que deux ans, pour crime d’avoir été républicaine.

Que la devise de la franc-maçonnerie exprime sa vocation politique, au bon sens du terme comme le maréchal Magnan, grand maître du Grand Orient de France, l’avait rappelé, six ans plus tôt. Et je citerai ces propos : Selon moi, la mission de la maçonnerie est simple et précise, autant que noble : réunir tous les hommes de bonne volonté que frères et égaux, les hommes se doivent un mutuel appui, leur donnant pour guide notre immortelle devise : Liberté, Égalité, Fraternité, et ce critérium de la vraie morale, Dieu, l’immortalité de l’âme et l’amour de l’humanité.

(Ier volet) Aucune assemblée législative (dans l’acception la plus large du terme), aucun gouvernement n’a jamais décidé, avant 1848 (date de la proclamation de la deuxième république), que Liberté, Égalité, Fraternité serait la devise de l’État français.

(IIe volet) Avant 1849, la franc-maçonnerie n’a pas eu pour devise "Liberté, Égalité, Fraternité" ; jusqu’en 1848, elle n’a pas prétendu le contraire. La franc-maçonnerie n’a donc pas donné cette devise toute faite à la révolution.

(IIIe volet) elle n’est pas religieuse.

Histoire et pratique.

Nombreux sont parmi les maçons et les profanes aux yeux desquels "Liberté, Égalité, Fraternité" a toujours été la devise maçonnique par excellence, et le reste aujourd’hui. L’histoire montre qu’il n’en est rien. La devise apparaît d’abord en milieu profane, on l’a vu, et elle n’est entrée dans la franc-maçonnerie qu’en 1849. Très peu de frères, par rapport à la masse des francs-maçons, revendiquent son égide des frères français, belges, espagnols, hispano-américains, italiens… Soit quelques dizaines de milliers au total sur six millions de maçons. La devise a un passé : il est bref et surprend. L’hérédité de la devise et son jeune âge, sa réclusion et ses liaisons la rendent suspecte, et soulèvent un problème pratique. Ce problème-là, au contraire du problème historique, ne concerne directement que des obédiences très minoritaires. Mais ces obédiences sont majoritaires en France et son intérêt déborde l’aire géographique où la devise se proclame : y sont en effet la définition de la maçonnerie et la fidélité à cette définition, perdue, maintenue ou retrouvée, par les rares obédiences qui conduisirent à adopter la devise de l’état quarante-huitard et à entrer sur la voie substituée. D’où le problème pratique, puisqu’il revient à se demander : peut-on, faut-il conserver la devise ? Certains auteurs francs-maçons ont suggéré d’aménager cette devise : en "liberté, Équité, fraternité" ou bien en "liberté, Équité, Amitié". Le problème est de savoir si la jambe est de bois, ou engourdie. Fernand Chapuis rappelle-t-il si la maçonnerie l’à reprise en 1849, c’est parce qu’elle correspondait à sa mentalité, à son idéologie, parce la qu’on croyait venue des temps anciens…Mais elle n’en demeure pas moins une devise "politique". De même que les suprêmes Conseils Écossais ont pris pour devise universelle "ORDO AB CHAO" ne conviendrait-il pas que la maçonnerie bleue adopte une devise — commune à tous les temps, à tous les pays, à tous les régimes – trait d’union de toutes les maçonneries mondiales, savoir : “Sagesse — force — beauté”, en marquant ainsi à la fois l’Union de toutes les maçonneries et le caractère d’universalisme du Rite Écossais Ancien et Accepté.

Le propos paraît convaincant, dans la mesure où "Liberté, Égalité, Fraternité" manifeste en maçonnerie, une erreur, une déviation, pourquoi la conserver ? Pour deux raisons, semble-t-il d’importance inégale et donc aucune ne me paraît ni décisive, ni négligeable.

Première raison : Elle est d’ordre sentimental. Attention : il ne s’agit point ici de respecter la tradition. C’est au contraire, le convent de 1848 qui a innové. Mais L’innovation porta sur un point accessoire dans la forme à une histoire qui eut ses grandeurs, aux confins du maçonnisme.

Deuxième raison : Que cette innovation tolérable constitua un apport positif. Puisque la tradition n’interdit pas de prêter attention à la voix du sentiment en envisageant de garder la devise, étant bien entendu qu’elle perde ses connotations profanes. René Guénon, souhaitait qu’on restituât à la devise son sens original, qu’il prétendait initiatique. Mais ce sens original n’a jamais été que profane. Alors, peut-on récupérer la devise, la sauver malgré elle en dépit de ses antécédents ? Au cas d’une réponse affirmative, la devise ainsi repêchée pourrait être capable d’enrichir la franc-maçonnerie. Ce serait une raison pour étayer l’attachement sentimental, et le doter d’une valeur maçonnique.

Essais de récupération.

En politique cette formule a pu réserver des déceptions ; il n’en est pas de même en initiation. Oswald Wirth motive son jugement en analysant, pour mieux exhorter à les vivre, la liberté, l’égalité, et la fraternité du philosophe : ligne morale et ascétique. Qui empêcherait d’associer la liberté au fil à plomb, l’égalité au niveau, la fraternité à l’équerre ? Ligne occultiste que celle où nous engage Robert Ambelain : l’astrologie fonde et qualifie la vraie liberté ; la magie fonde et qualifie la vraie égalité ; l’alchimie fonde et qualifie la vraie fraternité. Ligne proprement symbolique : le ternaire républicain, puis maçonnique, selon la chronique germe d’une racine gnostique, la liberté déclarerait alors l’ésotérisme de la foi, l’égalité celui de l’espérance, et la fraternité celui de la charité. Enfin, la ligne de la perspective initiatique, avec quoi convergent les lignes précédentes mènerait à la synthèse ésotérique de saint Martin, dont il ne néglige pas, mais exhausse le sens politique, à la “grande affaire” de l’homme selon lui : sa réintégration. C’est ce que Georges Allary et Denis Roman résument, dans un vocabulaire différent et très spécial, puisqu’il l’emprunte à René Guénon “Ces trois mots” écrit le premier “sont susceptibles d’une interprétation parfaitement orthodoxe : le but suprême de l’initiation est la "Délivrance"

Et Denis Roman :

Quant à l’Égalité sans doute faut-il l’envisager ici surtout en tant qu’elle exprime une idée d’équilibre (qu’on pense à l’équilibre de la balance et à l’invariable Milieu). La Liberté totale, l’Égalité parfaite et la Fraternité universelle ne constituent pas un idéal politique ; mais elles sont une réalité initiatique, qui sera réalisée par le Maître Maçon lorsqu’il accédera, effectivement et non plus virtuellement, aux mystères de la "Chambre du Milieu"

Voyons cela de plus près.

La tâche du maçon consiste à planter une communauté, à bâtir un temple de pierre d’hommes, qui ne soit pas seulement aux dimensions de la franc-maçonnerie, mais à la mesure de l’humanité entière. Que les querelles politiques, comme les querelles religieuses, restent interdites en loge. Mais que l’action du franc-maçon puisse, et doive, par delà soi-même et la loge, toucher directement le monde profane. Or, la tradition maçonnique détermine l’éthique sociale autant que personnelle du franc-maçon, c’est-à-dire de croire en dieu vivant et en l’immortalité de l’âme, et d’obéir à la loi morale. On peut certes dire qu’au XVIIIe siècle, la liberté, l’égalité, et la fraternité furent parmi les idéaux d’une franc-maçonnerie qui n’a pas manqué aux devoirs traditionnels. Et l’interprétation moderne du XXe siècle fait injure aux maçons d’antan. Car elle s’inspire souvent de l’idéologie de 1848 qui contamina, officiellement en 1949 le grand orient de France. La difficulté est que parfois, la signification profane a contredit la signification traditionnelle. L’interprétation religieuse chère à 48, s’exprime alors trop quarante-huitardement. Mais, exprimée généralement, elle indique une direction traditionnelle. Si la devise est d’origine profane, peut-être l’origine des idées de liberté, d’égalité, et de fraternité, réfère-t-elle au sacré authentique ?

L’intermédiaire des chercheurs et curieux :

"Ainsi les notions d’égalité et de fraternité ont été clairement exprimées il y a près de deux mille ans, déjà, dans l’évangile. La notion de liberté y apparaît moins nettement, Jésus n’a pas condamné l’esclavage, peut-être parce qu’il vivait dans une société où il n’y avait pas ou peu d’esclaves, mais elle découle nécessairement des deux autres : on n’opprime pas des égaux et des frères."

Au cours d’une émission radiophonique, en décembre 1968, le porte-parole de la Grande Loge de France tenta sur l’origine religieuse de la devise, une exégèse d’un gnosticisme assez noir."De ce message de Saint Jean qui permet de répondre valablement aux questions que l’on peut se poser sur la nature de l’homme et du monde, il se dégage également une morale qui apporte aux éternels problèmes de l’humanité des solutions d’une actualité brûlante et qui sont conformes aux principes d’où découle notre devise : Liberté, Égalité, Fraternité". Au moulin de Cornélius, un autre correspondant de l’intermédiaire apporte de l’eau. Il soutient que la liberté aussi figure dans l’Évangile, puis découvre les bases sociales de la devise chez La Boétie en connexion avec ses bases naturelles et psychologiques, et universelles et voit en "Liberté, Égalité, Fraternité" une "majestueuse idée politique fondée sur la philosophie naturelle"

Je reproduis le document, il vaut la peine. Ça commence mal : "Cette devise qui, sous cette forme, est d’origine maçonnique doit donc logiquement, venir de très loin, et, en somme de Très-Haut." Mais ça continue mieux : "je désirerais poser un jalon de plus et digne d’attention, il me semble, sur la route de l’histoire littéraire indiquée par Cornélius qui, en toute sympathie, paraît n’y voir que d’un œil quand il relit sa Bible ; comment autrement ne par remarquer combien la notion de liberté est fréquente, sous tant de formes, explicites, textuelles, ou diffuses, dans le Nouveau Testament". Saint-Yves d’Alveydre

Je ne citerai ici que le mot de passe de la révolution : liberté, égalité, fraternité.

Les trois principes de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité sont en toutes lettres dans la cosmogonie égyptienne de Moïse : ROUAH AELOHIM, l’esprit moteur, Adam, l’homme universel, IHOHA Dieu et la nature, puissance constitutive de l’Univers. Ces trois principes principes inversés sont aussi dans la Trinité chrétienne : PÈRE, FILS, SAINT-ESPRIT ; le père renfermant en lui la MÈRE ou la NATURE.

Émile Rinck le fondateur de l’anthroposophie et très proche de Saint-Yves : "dans une société organisée suivant le principe de la tripartition pourra être enfin réalisée la devise toujours actuelle, mais jamais appliquée de la Révolution Française ; Liberté, Égalité, Fraternité. Liberté de la vie culturelle et spirituelle, comprenant bien entendu l’enseignement sous tous ses aspects, Égalité dans le domaine politique-juridique, Fraternité dans tout ce qui touche au secteur économique, permettront de construire la société de justice et de paix sociales, du libre épanouissement des individus à laquelle aspire toute l’humanité." Mais finalement, c’est à la maçonnerie même qui incombera d’apprécier. La meilleure solution, la seule, sera celle qui permettra à tout franc-maçon d’être reconnu comme tel par tous ses frères.

 

de Robert AMADOU

Renaissance Traditionnelle N°17/18 - Janvier/Avril 1974. p 1 – Tome V

Source : http://aprt.biz/

     

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Liberté, Egalité, Fraternité

14 Juillet 2012 , Rédigé par C\ D\ Publié dans #Planches

Célèbre devise Française d’origine révolutionnaire, elle se confond avec l’histoire de l’idée républicaine, puis avec celle de la République au point d’en devenir un des principaux symboles.

En usage entre 1793 et le Consulat, puis sous la IIème République (1848-1851), la triade constitue depuis 1871, la devise officieuse puis officielle de la République Française.

Pour le franc-maçon, cette devise possède une force symbolique intrinsèque dont il prend la mesure lorsqu’il la prononce en loge après l’acclamation écossaise.

Loin de s’imposer naturellement d’elles-mêmes, les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ne se sont affirmées qu’au terme d’un long combat. En effet avant d’être consacrées dans la devise de la République et de nos loges, elles ont eu des légitimités différentes.

Il est à l’honneur de la franc-maçonnerie de les avoir nourries, d’en avoir perçu la première le caractère fondateur et d’en avoir favorisé la synthèse dans le temple et dans le monde profane.

Portées par la Renaissance, ces 3 valeurs se sont retrouvées au sein de différents courants de pensée humaniste soucieux de lutter contre l’injustice et l’arbitraire. La maxime « Liberté, Egalité, Fraternité » puise ses origines au XVIIIème siècle (Siècle des Lumières).

En 1755, dans une ode à la gloire du gouvernement helvétique, Voltaire associe implicitement les 3 termes : « la Liberté ! J’ai vu cette déesse altière avec égalité répandant tous ses biens…Les états sont égaux et les hommes sont frères. » Mais c’est Rousseau qui, dans son Discours sur l’économie (1855) propose cette triade comme une des bases du contrat social.

La devise n’est toutefois pas officiellement constituée en 1789 et, contrairement aux idées reçues, elle ne devient pas une création officielle de la Révolution, bien qu’elle en incarne certaines valeurs clefs. Seuls les deux premiers termes ont été associés dans la Déclaration des Droits de l’homme du 26 /06/1789 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit »

La première triple association est attribuée à Robespierre dans son discours prononcé en décembre 1790 lors de la création des Gardes Nationales. Cette expression a accompagné l’aventure révolutionnaire de Juin 1793 jusqu’au Consulat (1799). Sans avoir été devise officielle, l’expression a tout de même marqué les esprits et s’est imposé comme le symbole des acquis politiques et sociaux révolutionnaires, comme un programme politique et, à terme, comme un point de ralliement pour les républicains.

De 1790 à 1830, la devise n’est plus utilisée ; suivent 1846 et 1847, années de grande tension sociale et politique qui aboutissent à la Révolution de Février 1848.

La seconde République consacre l’expression après que le gouvernement provisoire l’emploie dans sa première déclaration (24 Février 1848)

La IIIème République coïncide avec la renaissance de l’expérience républicaine et la réactivation de la devise tryptique en 1871. Cependant, il faut attendre la révision constitutionnelle de 1879 pour que soit prise la décision de réinscrire les trois mots aux frontons des bâtiments officiels. Le périple de la triade s’achève glorieusement puisque la constitution du 4 octobre 1958 l’impose comme la devise constitutionnelle de la République Française.

De la revue de littérature, il découle qu’il est impossible de fixer clairement l’origine maçonnique ou républicaine de la devise. En effet, les recherches les plus récentes engendrées par le Bicentenaire de la Révolution montrent que l’antériorité maçonnique de la devise Liberté, Egalité, Fraternité n’a aucun fondement concerté au sein des obédiences et des rites maçonniques de l’époque considérée ie de 1770 à 1848. 1848 : apparition de la devise sur le drapeau français ; 1849 : au niveau du GODF, l’acclamation devient L, E, F en lieu et place de vivat, vivat, semper vivat.

De nombreuses anecdotes peuvent expliquer les rivalités d’attribution de l’origine de la devise. On a retrouvé à la Bibliothèque Nationale, une trace de la création par le GO d’une loge militaire portant le titre distinctif « Liberté, Egalité, Fraternité » sise à l’orient de la légion franche étrangère. Cette loge a été installée le 14/03/1793 par la Respectable Loge « L’Amitié et Fraternité » ( Orient de Dunkerque). Certes, il s’agit d’un titre distinctif, d’un nom de loge ; or, ce titre de la loge est évoqué à chaque tenue, au moins deux fois, à l’ouverture et à la fermeture des travaux comme aujourd’hui. De là à en faire une devise… la chose est d’autant plus facile qu’une loge militaire se déplace et reçoit de nombreux visiteurs.

En 1848, lorsque Lamartine qui n’était pas franc-maçon (mais qui adhérait à l’idéal maçonnique) proclama la IIème République, il déclara : « sur le drapeau national sont écrit ces mots : République Française, Liberté, Egalité, Fraternité, trois mots qui expliquent le sens le plus étendu des doctrines démocratiques, dont le drapeau est le symbole, en même temps que ses couleurs en continuent la tradition »

Quelques jours plus tard, Adolphe Crémieux, franc-maçon et membre du Gouvernement Provisoire, reçut une délégation des Loges maçonniques et prononça au nom du Gouvernement, la phrase suivante : « Dans tous les temps, dans toutes les circonstances, sous l’oppression de la pensée comme sous la tyrannie du pouvoir, la maçonnerie a répété sans cesse ces mots sublimes : Liberté, Egalité, Fraternité ! »

Jules Barbier de la délégation maçonnique a ajouté : « Nous saluons des acclamations les plus vives le gouvernement républicain qui a inscrit sur la bannière de la France cette triple devise qui fut toujours celles de la Franc-maçonnerie : Liberté, Egalité, Fraternité »

Pour le rite écossais, Adolphe Crémieux, devenu Souverain Grand Commandeur du Rite Ecossais Ancien et Accepté en 1869, entreprit de refondre les Règlements Généraux du Rite qui dataient de 1846. Entre autres propositions, il souhaitait inclure à la fin de l’article II, la phrase : « l’Ordre Maçonnique a pour devise Liberté, Egalité, Fraternité…. » Sur ce point précis, point d’opposition ; le blocage portait sur l’invocation au GADLU. Ce blocage suivi de la guerre franco-allemande, de la surveillance des loges par la police (1874) , le début des actions anticléricales ont détourné les préoccupations des Francs-Maçons du Rite Ecossais. Finalement, la devise maçonnique fut affirmée dans un décret datant du 2/12/1873 avec effet le 1/05/1874.

La discussion porte sur le sens à donner aux trois mots et à leur conjonction en une formule : la liberté est-elle bornée ? si oui, par quoi ? égalité de droit ou égalité économique ? égalité ou équité ? qu’est-ce que la fraternité apporte aux deux premières notions ? Les valeurs politiques doivent guider et mesurer la valeur d’un système d’organisation sociale.

La liberté. Deux notions s’en détachent : une liberté de « l’état de nature » dite sauvage et une liberté régulée et policée, définie par des règles sociales telles que « ce qui ne nuit pas à autrui » ou « ce qui n’est pas interdit par la loi ». La liberté dite sauvage institue la loi du plus fort et la violence généralisée. La liberté régulée est celle compatible avec la vie en société. La liberté doit être l’aboutissement d’une conquête et d’une construction progressive. L’homme libre n’est pas la brute qui suit ses instincts et ses passions, mais celui qui pense, sent et agit selon la pensée. Dès lors, la liberté de l’individu n’est pas limitée par celle d’autrui, mais au contraire agrandie par elle.

A propos de l’égalité, le débat le plus courant oppose l’égalité des droits et l’égalité économique. Une autre position introduit l’égalité des chances qui serait une sorte de droit à la réussite économique. Chaque être humain ne crée pas la même valeur par ses actes, mais chacun possède la même valeur en tant qu’être humain siège de la liberté. Une autre tendance est de remplacer l’égalité par l’équité avec deux cas de figure : soit égalité des chances et les inégalités éventuelles ne sont justifiées que si elles résultent des inégalités naturelles ou de naissance des individus. Soit une inégalité sociale qui contrebalance les inégalités naturelles ou de naissance des individus. Quelque soit la réponse considérée, la notion clé concerne l’égale valeur des êtres humains. La Fraternité résume tous les devoirs des hommes à l’égard les uns des autres. Elle signifie : dévouement, abnégation, tolérance, bienveillance, indulgence. Elle est souvent présentée comme la cerise sur le gâteau de la formule, comme une sorte d’édulcorant ou de fleur décorative qui adoucit la sécheresse des deux premiers termes. La fraternité, c’est un lien très fort entre les individus qui inclut une reconnaissance réciproque et une communauté essentielle de valeur telle que des passerelles infimes percent le cloisonnement de notre société moderne. Le bien n’est pas seulement le bien pour moi mais celui de tous.

Les fondateurs de la Seconde République ont tous insisté sur le caractère logique et indissociable des trois composantes de la devise. Celles-ci sont solidaires et se servent mutuellement d’appui. La liberté associée à l’inégalité et la haine instaure le rapport faible/fort et s’achève en tyrannie. Quand l’égalité fonctionne avec la dictature et la haine, c’est un rapport dominant/dominé qui apparaît. La fraternité exercée avec la tyrannie et l’inégalité aboutit au ressentiment et ou au désespoir. Aucun régime politique n’incarne pleinement l’idéal de la devise : sinon, ce régime assurerait une liberté absolue fondée sur la pensée seule des individus, une égalité parfaite sans hiérarchie, sans privilège, une fraternité franche et spontanée sans calcul, sans exception, sans limite. Ce régime serait une utopie anarchiste suggérant que le pouvoir, la hiérarchie, l’inégalité et la haine sont des maux inévitables ou nécessaires.

Les idées contenues dans la triade ont leur propre valeur qui doit être examinée à l’aune de ce à quoi elles prétendent : expliquer le réel, justifier les actions humaines, harmoniser les sociétés selon des normes. Vouloir ancrer les valeurs sur des idéaux absolus revient à vouloir leur donner une force usurpée et, dans cette mesure même, à les affaiblir si l’usurpation est découverte. La devise républicaine vise non pas tant à la reconquête d’une fraternité originelle censée être antérieure à la société qu’à l’avènement d’une fraternité nouvelle.

Pour nous maçons, adopter certaines valeurs comme devise ne signifie pas que l’on prétend les incarner, mais que l’on entend être jugés à leur mesure.

Victor Hugo a publié en 1875, un ouvrage intitulé « Le droit et la Loi » dont un extrait mérite attention : « Liberté, Egalité, Fraternité… ce sont les trois marches du perron suprême. La liberté, c’est le droit ; l’égalité, c’est le fait ; la fraternité c’est le de voir. Tout l’homme est là…

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Les droits et devoirs de la fraternité Maçonnique

14 Juillet 2012 , Rédigé par Thomas Dalet

« Mon Frère, car dorénavant vous ne recevrez plus d’autre qualification parmi nous ».

C’est par ces paroles que, moi, nouvel initié, ait, tout comme vous, été accueilli par le vénérable Maître de ce que l’on désigne notre Loge Mère.

Mon Frère ! Et pourtant avant cette cérémonie initiatique, comme tous, j’ignorais jusqu'à l’existence de la plupart des hommes qui m’entoureront au fil des ans.

« Mon Frère approchez vous et recevez de moi l’accolade fraternelle, au nom de tous les Frères de cette respectable Loge. ».

Que s’est-il passé ? Bien sûr, j’ai ressenti et je ressens toujours la chaleur, l'émotion partagée par tous à ce moment, mais n’étais-je pas déjà le frère de tout homme, quelques soient son origine et sa couleur ?

« Homme, je suis Homme et rien de ce qui est Humain ne m’est indifférent » disait Térence. Homme, je me fonds dans la grande famille des Hommes, dans cette Fraternité Universelle chantée par Lamartine et hissée au même rang que la Liberté et l’Egalité dans la Trilogie Révolutionnaire de la République.

Que s’est il passé ? Qu’est-ce au reste que cette fraternité ?

La première notion qui vient à l’esprit est celle de la fraternité de sang : Est mon Frère celui qui, comme moi, est né du même père et/ou de la même mère. La genèse nous apprend que, sitôt que 2 frères sont apparus sur la terre, ils sont entrés en compétition, se sont livrés à la division, à la jalousie et à la violence.

On parle aussi de fraternité de race, de fraternité de classe ou de religion, car l’Homme ne peut ne pas vivre dans l’altérité absolue, il a besoin d’alliés et va se rapprocher d’autres hommes qu’il juge moins dissemblables et les accepter pour frères.

Ces notions ne sont conçues que pour nous unir, nous protéger contre « l’Autre », le « Différent » vu comme un satellite de notre propre existence pour mieux le dominer et nous conforter dans le sentiment de notre propre supériorité.

On a vu jusqu’où le refus de cette altérité peut nous conduire lorsqu’il est poussé jusqu'à la conséquence ultime : le Meurtre et le génocide.

« Vous ne voyez plus d’épées menaçantes tournées contre vous...Vous n’apercevez que des frères formant une chaîne qui symbolise l’union de tous les Francs Maçons répandus à la surface de la terre... Nos mains vous unissent à nous et à l’autel de la vérité. »

Qu’est-ce donc que la Fraternité Maçonnique ? Je la crois concentrée dans ces phrases du rituel du 1er degré :

« La chaîne est le symbole de l’union » Le mot symbole veut dire signe ou marque qui rassemble un ensemble d’idées qui ne tombent pas sous le sens.

Symbole rassemble, Diabole divise, ce mot est composé avec le préfixe « Dia » qui est le nombre deux en grec.

Cela m’amène à réfléchir sur une autre phrase de l’instruction de l’apprenti :

« La raison divise et borne artificiellement

ce qui est un et sans limites.

L’unité est ainsi partagée en deux extrêmes

auxquels les mots seuls prêtent une fausse apparence de réalité... Il convient donc de ramener le binaire à l’unité par le moyen du nombre trois. »

d’ou la phrase qui en découle :

« Nos mains vous unissent à nous et à l’Autel de Vérité »

Le principe trinitaire de la fraternité doit unir ce que la dualité divise.

Gardons nous en loge, que la fraternité ne soit qu’un mot, une fausse apparence de réalité .

La prédisposition des hommes à l’agressivité, leur penchant naturel à la lutte et la compétition, les oppose à tous les instants, conséquence d’une vie sociale à laquelle il faut faire face. Ces tendances agressives sont nécessaires à l’individu pour sa survie dans le monde profane. Cependant il aspire à une sympathie profonde et naturelle qui l’aiderait à surmonter les vicissitudes de la vie en commun.

L’article 1 de notre règle en douze points nous dit : « La Franc Maçonnerie est une Fraternité initiatique qui à pour fondement la foi en Dieu, grand architecte de l’univers ». Les Maçons, dépouillés de leurs métaux, pareils à l’Adam d’avant la chute, pénètrent dans le Temple, Enceinte Sacrée et hors du temps comme dans un nouvel Eden dont on leur aurait ré-ouvert les portes. Dès lors, la Fraternité peut apparaître comme naturelle entre eux. Il ne s’agit pas là de la seule chaleur, de la seule sympathie basée sur une vague tolérance, mais d’une volonté constante à surmonter ses penchants naturels, qui nous oblige à une éducation sociale rigoureuse à entreprendre sur nous-mêmes.

En m’insérant pour la première fois dans la Chaîne d’union le jour de mon initiation, le Vénérable Maître m’a dit : « Nos mains vous unissent à nous et a l’Autel de Vérité, leur étreinte vous annonce que nous ne vous abandonnerons pas ». Quoiqu’il puisse m’arriver, c’est promis solennellement, mes Frères ne m’abandonneront pas ! Tous mes Frères, aussi bien celui qui m’est proche, avec qui je partage joie et peines dans une chaleureuse amitié, que cet autre, plus discret, plus secret, dont je ne sais presque rien , présent épisodique sur les colonnes, et cet autre encore que je ne connais pas, qui vit loin de moi, de ma ville, de mon pays. Tous ne m’abandonneront pas, je peux baisser ma garde, ouvrir les bras, j’ai trouvé des Frères.

Attention ! Il ne s’agit que du premier terme du contrat, voici le second : « Nous ne vous abandonnerons pas aussi longtemps que la Vérité, la Justice, la Discrétion et l’Amour Fraternel vous resteront sacrés. »

Est sacré ce qui inspire un respect, une profonde vénération.

Est sacré ce qui ne doit pas être violé, enfreint, touché.

Est sacré ce qui inspire la crainte devant la puissance absolue, et le « mystère »devant l’inconnaissable.

Est sacrée la recherche de la Vérité : Trois paroles nous introduisent en loge, tirées de l’écriture :

« Frappez et on vous ouvrira

Cherchez et vous trouverez

Demandez et vous recevrez »

Quand les portes du temple se sont ouvertes, la longue quête initiatique a commencée qui ne se terminera qu’à l’ultime Initiation et l’Orient Eternel. Cette longue quête, je ne peux la faire seul. Par mes Frères je progresse, par eux, j’ai reçu la lumière.

Sont sacrés la Justice et la Discrétion :

La justice, défini entre autres le Larousse est une vertu morale qui inspire le respect absolu du Droit d’Autrui. Le Juste est fidèle à la Loi du devoir.

De la discrétion, ce même Larousse écrit : « Action de garder le secret, aptitude à ne dire que ce qu’il convient, avec retenue et modération. »

Est sacré l’Amour Fraternel :

C’est le second devoir du Maçon, me dit le rituel, que de secourir son frère, de l’assister de ces lumières et de ses conseils.

Souvenons-nous de notre serment de néophyte : « Je promets d’aimer mes Frères, de les secourir et de leur venir en aide. Je préférerais avoir la gorge tranchée plutôt que de manquer à mon serment ». Nous rappelons ce serment à chaque fois que nous nous tenons « A l’Ordre ».

Je voudrais pour finir, laisser parler St Paul dans son épître aux Galates :

« Frères, si quelqu’un est prit en faute, redressez le en Esprit.

Si l’un de vous s’égare loin de la Vérité, qu’un autre l’y ramène

Portez les fardeaux les uns des autres.

L’Amour Fraternel est charité, joie, paix, longanimité, affabilité, bonté et fidélité,

Il excuse tout, il pardonne tout ».

Mes Frères, ce sont ces mots que je vous demande de méditer ce soir dans notre chaîne d’Union , ce cri de l’apôtre :

« Mes Frères, ne cherchons pas la vaine gloire, pas de provocations entre nous, entre nous pas d’envie ».

Que l’harmonie, l’union et la concorde soient à jamais le triple ciment de nos oeuvres.

J’ai dit.

Source : http://la-grenouille-en-folie.over-blog.com/

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La Fraternité Maçonnique

14 Juillet 2012 , Rédigé par Bernard DOULET Publié dans #Planches

Très chers frères :. et Vénérable Maître :.

Je vais tenter de tisser un propos sur ce qui me paraît faire lien entre nous, frères francs-maçons.

La Fraternité Maçonnique

Les frères d’une même famille sont issus du même père et de la même mère. Ils sont liés par un lien de consanguinité. Il n’en est pas de même pour les frères francs-maçons. Quel est le type de lien qui unit ces derniers entre eux ?

Sans nul doute, il est possible d’en distinguer plusieurs. Alors la question qui se pose à nous est celle de savoir s’il est possible d’en isoler un qui leur soit spécifique.

A un niveau profane, on peut reconnaître aux francs-maçons un lien de fraternité historique liée à la genèse de la franc-maçonnerie, au partage de valeurs communes (ceci, disons, est de l’ordre de l’idéologie) ; plus prosaïquement les liens peuvent être le partage d’intérêts communs, parfois purement alimentaires (« mais l’homme ne vit pas seulement de pain » -Evangile).

Je ne peux pas passer sous silence la fraternité qui, à côté de l’égalité et de la liberté sont les trois valeurs emblématiques de la République Française, telles qu’on peut les lire sur nos pièces de monnaie. Nous comprenons que la justice exige un équilibre entre ces trois valeurs. En effet, si la primauté est donnée à la Liberté, cela conduit à la loi du plus fort en aggravant l’inégalité, si elle est donnée à l’Egalité cela conduit à l’assujettissement du plus grand nombre au mépris de la liberté, si elle est donnée à la fraternité, cela conduit aux corporatismes.

A un niveau rituel , les francs-maçons pratiquent et participent au même rituel symbolique, dont la chaîne d’union, de même que la houppe dentelée, symbolise précisément la fraternité. A noter que la notion d’égrégore, habituellement associée à la chaîne d’union et qui fait de celle-ci une sorte de communion spirituelle nous conduit tout naturellement à aborder le niveau spirituel de la fraternité maçonnique.

Au niveau spirituel qui transcende, si je puis dire, ce qui est de l’ordre du compréhensible par le savoir, nous parlerons également de fraternité. Chaque franc-maçon se donne pour objectif de bâtir son Temple intérieur en travaillant

« la pierre brute », afin de participer au projet sublime de devenir chacun un élément indispensable à la construction du Grand temple maçonnique, le temple de Salomon. Je ne m’attarderai que sur ce niveau là, car c’est le seul, à mon sens, qui fait de la maçonnerie autre chose qu’une communauté profane , tel un parti politique ou religieux, un club d’amis (sportif, boulistes, automobilistes, etc), ou encore une corporation de métier. Il est intéressant toutefois de remarquer que la FM spéculative a élaboré sa symbolique à partir de la pratique opérative des maçons constructeurs et architectes. De là s’originent beaucoup de symboles utilisés, en particulier celui de Grand Architecte de l’Univers, symboles voués à rester lettre morte, tant qu’ils ne sont pas vivifiés par le mouvement relationnel, fraternel et spirituel des francs-maçons.

Est-ce à dire qu’il ne nous reste plus qu’à nous remettre au Grand Architecte de l’Univers et attendre passivement qu’il nous dicte ce qu’il attend de nous pour construire ce fameux temple ?

Ceci est peu probable. N’oublions pas en effet les trois voyages : cherchant, persévérant, souffrant, dans lesquels s’engage l’apprenti FM. N’oublions pas les âges symboliques qui correspondent au niveau de mérite de chacun.

Nous voudrions certes pouvoir nous fier à la dispensation d’un savoir, à l’acquisition duquel correspondrait chaque degré d’avancement. Mais là encore il faut bien reconnaître que le chemin de la vérité ne s’accommode pas d’un savoir, tel un avoir. Rappelons nous la parabole du jeune homme riche, auquel le Christ dit qu’il doit faire don de tous ses biens, son avoir, pour accéder au Royaume des cieux ; ou encore celle de cet homme de bonne morale qui se voit interdit l’entrée du paradis, pour n’avoir jamais prêté attention au mendiant Lazare qui se tenait devant sa porte.

Non, construire son Temple Intérieur, se réaliser en maçonnerie, telle est en tout cas ma pensée, ce n’est pas se faire des amis, des compagnons de route, devenir apprenti puis compagnon puis maître, puis officier, etc., ce n’est pas en tout cas seulement cela, qui n’est, en quelque sorte, que la partie visible de l’iceberg.

Cela ne suffit pas. Nous voyons dans ces figures des formes intelligibles mais, comme l’a écrit Saint-Exupéry dans Le petit prince : « l’essentiel est invisible aux yeux ». Nous ne voyons des choses du monde que les bords. Le centre, le cœur des choses, reste opaque à la conscience. Tel un volcan, la vie ne se manifeste à nous que par ses éruptions.

Ce n’est donc pas sur les signes extérieurs, apparents, que va se révéler et opérer la fraternité spirituelle.

La fraternité spirituelle ne se compte pas, ne se mesure pas, ne se manifeste pas en tant que telle (cft la rencontre entre Jésus et la samaritaine près du puits de Jacob ), elle se vit au cœur même de la relation, dans l’instant présent, au sens où le même Saint-Exupery disait :

« l’homme,- à entendre l’humain -, est un noeud de relation. ».

Ainsi, la fraternité au sens spirituel, tout comme la vérité n’est pas un dire ou un signifiant mais un point nodal opaque à la conscience, l’entrecroisement de pensées issues d’horizons différents . La vérité surgit là où deux êtres en relation se rencontrent. Elle est, de l’union, le trait (d’union) qui unit et sépare ; C’est pourquoi elle ne saurait être énonciation, savoir, définition. Elle est Parole, en ce sens que toute parole est tension vers et conjonction à un autre différent, à un prochain susceptible de l’accueillir comme message qui interfère sa propre trajectoire de vie et l’infléchit.

Ce point d’intersection de deux trajectoires produit un effet de vérité. Il est sans doute possible d’évoquer à ce sujet le symbole de la croix, symbole qu’on retrouve dans beaucoup de traditions et dont le centre rend compte de l’entrecroisement de deux lignes. Cela n’est pas sans évoquer également cette parole du christ : « quand vous êtes deux ou trois à prier en mon nom, (la prière s’adresse à Dieu) je suis avec vous ». Le Christ s’est énoncé lui-même comme étant la vérité, le chemin et la vie.

Ainsi la vérité ne réside pas dans des objets de conscience mais surgit au cœur de la relation, non comme savoir énonçable dans le discours mais comme surgissement de l’Inconnu, le tiers qui fait lien entre êtres humains, lesquels ont par ailleurs chacun leur cheminement.

Le grand architecte de l’univers n’est pas l’être qui construit ou conçoit le monde mais celui, symbolique, en qui et par qui s’entrecroisent le cheminement des êtres de parole et à partir duquel les hommes, les « parlêtres » (J . LACAN) ancrent et bâtissent leur Uni-vers. Il est la fondation de l’œuvre collective qui permet la rencontre, le moment insaisissable de vérité, le lieu de relations d’où s’origine l’histoire partagée des hommes, l’instant de la conception du germe à partir duquel le monde du compréhensible s’épanouit jusqu'à son apogée qu’est l’accomplissement du temple Universel, autrement dit, de la fraternité humaine, au delà des différences individuelles, d’éducation, de classes sociales et de culture. Cela s’appelle l’Amour, celui qui ne connaît pas de frontières.

J’ai dit, V :. M :.

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La fraternité

14 Juillet 2012 , Rédigé par François DEM Publié dans #Planches

Tout d’abord merci à mon second surveillant de m’avoir permis de présenter une planche sur ce thème, qui est un des deux piliers de notre loge « Conscience et Fraternité »

La notion de « Fraternité» a une double histoire : étymologique et sociologique.

Du côté de l’étymologie, il semble qu’il faille remonter au vieux sanscrit pour voir apparaître le terme « bhratar » avec le sens de « frère» au sens large de parent proche. Ce serait cette racine sanscrite que l’on trouve dans la Grèce antique, au travers du terme «phrater», membre de la phratrie.

Dans la Bible, la première description de rapports entre deux frères nous est donnée dans le récit concernant Caïn et Abel. C’est également le premier récit de meurtre. Mais nous y trouverons également de nombreux exemples qui prouvent que la Bible et à travers elle le judaïsme, ne diminue en rien la valeur des liens familiaux, bien au contraire, puisque l’un des Dix Commandements n’est autre que «tu honoreras ton père et ta mère »

L’idéal de fraternité énoncé par la doctrine chrétienne, loin de s’étendre à tous les hommes, tend à ne se réaliser qu’en vase clos, au sein des premières communautés religieuses. Dans le monde laïc, l’on assiste alors au développement de «Fraternités» telles celles des Rose-Croix, des Corporations de maçons constructeurs et de chevaleries de divers ordres.

De ces diverses tentatives subsistent quelques symboles et rites qui fécondent certains grades de la Franc-maçonnerie spéculative. La publication en 1723 des constitutions d’Anderson marque une étape essentielle dans les tentatives de rapprochement entre les divers courants philosophiques et religieux dans la perspective de la diffusion et de la pratique d’un idéal de fraternité.

Le progrès rend ce besoin de Fraternité très important, car si de nos jours, la téléphonie mobile, le courrier électronique, la mobilité des images et des écrans ne créent pas de liens, ils rendent la solitude supportable et peuvent finir par enfermer chacun de nous dans sa solitude surinformée.

Par besoin les Hommes cherchent à tout prix à recréer du lien.

Les grandes bouffées émotionnelles qui s’emparent régulièrement de la population française s’expliquent aussi par ce besoin de retrouver une relation humaine qui ne passe pas uniquement par la technologie.

Lorsque la France a remporté la Coupe du Monde en 1998, Paris a connu des scènes de fraternisation de la foule comme la capitale n’en avait pas connues depuis la Libération. L’enjeu était loin d’être le même, mais les Français avaient besoin de se retrouver, de parler, de partager tout simplement.

Ces flambées émotionnelles sont d’autant plus fortes que le lien social au quotidien est entrain de se rompre et que la solitude est aujourd’hui la grande peur du monde moderne.

La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique fondé sur la fraternité. Les textes constitutifs insistent sur ce point.

Les Constitutions d’Anderson, par exemple, posent comme règle fondamentale :

« vous cultiverez l’amour Fraternel qui est la base, la pierre angulaire, le ciment et la gloire de notre confrérie ».

De même, les principes généraux de notre Ordre précisent :

« La Franc Maçonnerie à pour devoir d’étendre à tous les membres de l’humanité les liens Fraternels qui unissent les Francs Maçons sur toute la surface du globe. »

La Fraternité maçonnique, telle qu’elle m’a été dévoilée lors de mon initiation, constitue une invitation au travail à faire sur soi et entre soi, qui m’encourage à grandir, et à devenir meilleur pour moi-même et pour les autres

Nous savons que les mots que nous prononçons consciemment influent sur notre inconscient, le simple fait de décréter la Fraternité et de le répéter à chaque tenue, crée ipso facto ce sentiment dans notre inconscient.

Oui, à l’inverse de l’Amitié, la Fraternité est décrétée.

On ne choisit ni sa famille, ni les frères de sa loge. Que ce soit dans l’univers familial ou dans la Franc Maçonnerie, il s’agit bien d’un état de fait et non d’un choix précis.

C’est une des particularités de la Franc Maçonnerie, elle crée une famille. Elle décrète que par le fait de partager des valeurs communes, nous sommes Frères. C’est un fait, écrit dans notre constitution d’Anderson. Constitution a laquelle nous adhérons donc nous sommes Frères.

Ainsi au même titre que je n’ai pas choisi ma famille natale, je n’ai pas choisi mes Frères maçons, mais j’ai librement choisi d’être maçon.

Ainsi donc la Fraternité n’existerait que par décret, besoin psychologique, etc . Tout ceci est d’une extrême froideur, à l’inverse même du sens du mot.

La raison de ce paradoxe est que la Fraternité ne s’écrit pas, même oralement il m’est difficile de vous décrire la Fraternité.

La Fraternité cela se vit, c’est de l’affection, de la solidarité. C’est l’émotion partagée lors de la chaîne d’union. C’est aussi le geste que nous faisons pour le tronc de la veuve. C’est parfois appeler un Frère que l’on pourrait aider. C’est abandonner nos métaux entre nous, nous montrer tels que nous sommes, sans cacher nos faiblesses, protégés que nous sommes par la Fraternité des autres.

Ainsi la Fraternité, ce lien à inventer, est à la fois un MOYEN et un BUT, et pour faire plaisir a la fois à mon Parrain, et à Mon second surveillant, tous deux friands de confiseries freudiennes, je dirais simplement que la Fraternité c’est un peu épanouir le « Moi » dans le « Nous ».

La Fraternité débute par l’acceptation inconditionnelle de l’existence de l’autre.

Fraternité, Amitié, Amour de l’autre.

Pour moi, ces mots évoquent des sentiments d’affection profonde mais ayant toutefois des sens différents :

Nous ne sommes pas ami avec nos Frères et nos Sœurs, nous sommes Frère et Sœur tout simplement. La Fraternité se suffit à elle-même.

Martin LUTHER KING, disait :

« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous mourrons ensemble comme des idiots.»

En quoi la Fraternité est elle différente de l’amitié ?

Au sens littéral la Fraternité vient du concept « Fils d’un même père », cependant c’est souvent le socle des valeurs communes qui va déterminer la solidité de la Fratrie.

Dans la Franc Maçonnerie, nous avons également le même « Père », Le Grand Architecte de l’Univers, et nous développons également un socle de valeurs communes.

Ces valeurs communes, qui fondent notre Fraternité, sont : le respect, la tolérance, l’affection, l’écoute, l’humilité, la charité, la bienveillance, la bonté, la justice, l’humanité, la solidarité, et j’en oublie encore beaucoup…

Ce que j’ai vécu au cours de mon Initiation, et le fait de devenir un maillon d’une immense chaîne de Frères inconnus procède d’une toute autre démarche que le développement d’une amitié selon les hasards de ma vie.

L’amitié est le fruit d’une sympathie réciproque, elle résulte d’un libre choix, elle est élective, restrictive et réversible. Au contraire de la fraternité qu’elle soit de sang ou d’initiation, laquelle est contraignante et irréversible.

La Fraternité met en œuvre les facultés les plus nobles du cerveau, du cœur, de la volonté et forme un lien naturel intellectuel et affectif entre tous les hommes de la grande famille humaine.

Saint Jean nous dit :

« Celui qui dit être dans la lumière et qui a son Frère en haine est dans les ténèbres. Celui qui aime son Frère est dans la lumière. »

Les fraternités profanes réussies sont faites de sympathie, de camaraderie, d’amitié, d’élan du cœur. La Fraternité maçonnique, c’est autre chose.

C’est une Fraternité initiatique, à base de symboles, de rites, de traditions, s’inscrivant dans une perspective de bâtisseurs d’un monde meilleur (la construction du Temple de l’Humanité).

Corps spirituel, la Loge offre et bâtit une Fraternité Initiatique fervente se vivant bien plus intensément que les fraternités profanes.

La Fraternité qui éclaire et anime les temples maçonniques possède plusieurs spécificités :

La Fraternité du Cœur, pour une empathie sincère et une sympathie sans arrières pensées.

La Fraternité de l’Esprit : la recherche de la vérité, à partir des débats et de l’échange des convictions, acceptées dans leurs diversités.

La Fraternité de l’Imagination, à travers l’étude des symboles, et enfin

La Fraternité du but commun, celle d’œuvrer en tout lieu au progrès de l’Humanité, et cette construction qui se doit d’être de qualité, passe par la Fraternité des bâtisseurs.

La Fraternité maçonnique est mise en œuvre grâce à tout ce que nous offre le rituel :

Le Serment : Acte libre et réciproque, comportant le double engagement du nouvel Initié et de celui de ses Frères à son égard. Lors de mon initiation, j’ai ressenti le serment comme l’engagement d’une vie nouvelle, quelque chose de très intense.

Le Pavé Mosaïque : Dualité et ambivalence entre Frères, Abel et Cain, compétition / solidarité, Hostilité et Amour. Ferment de la tolérance, le Pavé Mosaïque nous montre que les contraires peuvent co-exister sans s’altérer.

Les Lacs d’Amour : représentation matérielle de cet autre symbole de la Fraternité maçonnique qu’est la Chaîne d’Union.

La Chaîne d’Union, elle régénère, revivifie, et ressuscite la Fraternité. Par la reliance concrète des Frères aux mains nues, se perçoit avec force la conscience de notre humanité dans ce qu’elle a d’impérissable et d’éternellement transmissible. C’est également un moment de méditation qui permet de faire percevoir aux Francs Maçons leur appartenance à une totalité qui les dépasse infiniment dans le temps et dans l’espace, autrement dit la dimension spirituelle de notre Ordre. Pour ma part, la chaîne d’union est certainement l’un des moments les plus forts de chaque tenue, et c’est toujours avec joie que je retire mes gants pour y participer avec chaleur, recueil et sincérité.

Equerre et Compas, maillet et ciseau, outils indissociables, qui permettent à l’apprenti de forger son Esprit et tailler régulièrement sa pierre brute, pour accéder à la Fraternité universelle.

Perpendiculaire - Niveau

La perpendiculaire sert à l’équilibre dans la verticale, le Niveau intervient dans l’horizontale.

La Perpendiculaire, tel un fil à plomb, nous donne la verticale. Verticalement pour élever son esprit et Verticalement pour descendre dans notre Ame et regarder à l’intérieur de nous même.

Le niveau sert à égaliser, à voir si un plan est horizontal et à déterminer les différences. Il rend plane dans la mise en oeuvre correcte des connaissances, sans pour autant niveler les connaissances

J’ai eu la chance d’assister à une très belle planche présentée par le Vénérable de notre loge voisine, sur le thème Conscience et Fraternité. Notre T:.C:.F:. Denis Jean avait alors posé une question sur la Fraternité dans l’association des ATR (l’Association des Truands Réunis). Alors il est vrai que, j’ai réalisé cette planche avec NOTRE cadre de référence et celui des valeurs défendues par notre Ordre, mais la Fraternité existe aussi dans des organisations intégristes ou mafieuses. La seule Fraternité ne suffit donc pas, il faut y ajouter notamment, la Conscience.

La devise de notre pays est le reflet de la nécessité d’adjoindre la Fraternité avec d’autres valeurs que nous aimons répéter, celle de la Liberté et de l’Egalité.

Je voudrais vous remercier pour le progrès que vous me permettez d’accomplir. Lors de mon initiation, mon esprit était à peu près aussi musclé que mes abdominaux.

Grâce à la fréquentation régulière de notre loge, MA salle de gymnastique philosophique, j’ai l’impression de progresser, même si la route est encore longue.

A presque deux années de mon initiation, de ma naissance à la Lumière, Je suis heureux d’avoir pu ce soir vous présenter mon travail. Je voudrais vous témoigner ma reconnaissance pour votre Fraternité sans faille, et je continuerai mes efforts laborieux pour polir ma pierre brute, ciseau et maillet en mains, pour parfaire mon intégration dans la Loge, pour également apporter à chacun d’entre vous ma Fraternité.

En conclusion:

Pour moi, la Fraternité, ce n’est pas seulement donner ce que l’on a, c’est avant tout offrir ce que l’on est.

   

Source www.ledifice.net

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Que l'Amour règne parmi les Hommes !

14 Juillet 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

Lors de la fermeture des Travaux au Grade d'Apprenti, le VM, le 1erS et le 2èmeS prononcent chacun une invocation au moment où le M des C procède à l'extinction des étoiles disposées sur les colonnettes autour du Tapis de Loge.
Le VM formule « Que la Paix règne sur la Terre ! », le 1er S « Que l'Amour règne parmi les Hommes ! » et le 2ème « Que la Joie soit dans les cœurs ! ».

Dans ma planche de ce midi, j'ai choisi d'effectuer un gros plan sur « Que l'Amour règne parmi les Hommes » et au départ de cette invocation de prendre du recul et d'effectuer un balayage de cette phase du rituel et de ce qu'elle implique.
En effet, cette formule nous amène au concept de l'Amour avec ses ramifications vertueuses ou passionnelles mais aussi a cette phase particulière du rituel et ce qu'elle implique.

Passé la première lecture, ce thème de recherche s'est vite avéré riche en perspectives de toutes sortes et j'ai bien dû me résoudre à poser des choix pour ne pas dépasser le temps d'attention moyen possible pour le commun des Frères

Comme à l'accoutumée, je vais plonger dans mes rituels et tenter d'en extraire la substantifique moelle relative à l'objet de ma quête.

Par où commencer ?

Petite approche rituelle historique. Dans un ancien rituel de la GLDF dont je dispose, j'ai tout d'abord constaté que cette formule n'existe pas car la phase d'allumage et d'extinction des étoiles avec les formules qui les accompagnent ne figurent pas dans le rituel des Travaux courants.

Je pars maintenant sur le mot Amour en lui-même sachant que dans un mouvement de zoom arrière, il va falloir partir ensuite sur l'expression : « Que l'Amour règne parmi les hommes ! » et la situer dans le Rituel.

Si j'épluche notre rituel des Travaux Courants, celui de l'Initiation au Premier Degré, les Instructions au Premier Degré et le Rituel de Table, je peux dire qu'il apparaît un certain nombre de fois pour ne pas dire un nombre certain de fois. Si je relève maintenant tout ce qui tourne autour du concept (le verbe aimer, fraternité, cœur…), c'est encore plus important.
Tellement important que j'en viens à revoir mon point de vue sur la méthode maçonnique qui n'est plus seulement à mes yeux rationnelle mais aussi cardiaque. En clair une démarche à effectuer pas seulement avec la tête (la raison) mais aussi avec le cœur (les émotions).
Il y a la une apparente contradiction puisqu'il est dit que le Maçon doit maîtriser ses passions : « La main droite, placée en équerre sous la gorge, contient le bouillonnement des passions qui s'agitent dans la poitrine et préserve la tête de toute agitation fébrile, susceptible de compromettre notre lucidité d'esprit... ». Plus loin…« Je suis en possession de moi-même et je m'attache à tout juger avec impartialité » (page 67).

Cette apparente contradiction réside dans le mot en lui-même qui se prête à une foule de définitions et de contexte. Comme les esquimaux utilisent plusieurs mots pour nommer la neige suivant ses qualités, nous devrions en faire autant pour l'amour. Cette énergie passionnelle n'échappe pas aux lois de sa nature et donc à l'instar de toutes les passions est une énergie qui peut s'avérer une force constructive, qui captive, voire destructive.
Si l'amour est passion captivante, aliénante, il s'oppose à la vérité, puisqu'il déguise son objet. Ce que nous aimons dans l'amour ce n'est pas ce que nous croyons. Mais est-ce néfaste pour la morale ? Si nous devons nous méfier de l'amour, est-ce parce qu'il contredit la morale ?
Parce qu'il est essentiellement source de mal et non de bien ? L'amour fait donc partie de ce qui me pousse à faire des choses sans que j'en sois vraiment conscient, ou sans que je puisse rien y faire. L'amour, c'est une force aveugle qui, comme l'inconscient, agit sur moi à mon insu, et m'aliène à moi-même. Quand je suis complètement obsédé par certaines formes de l'amour, je ne m'appartiens plus, je ne suis plus moi, plus rien ne compte pour moi, à part cet amour. Dès lors, si un obstacle surgit sur la voie qui me mène vers la réalisation de cet amour, tous les moyens seront jugés bons pour anéantir cet obstacle. Celui qui est « victime » d'un amour fou se moque de la morale, il est capable d'employer un moyen moralement condamnable s'il lui paraît nécessaire à la réalisation de sa passion.

De plus, l'amour est souvent égoïste et malveillant. L'amour bienveillant mène à vouloir et à faire le bien des autres; l'amour concupiscent au contraire n'est que désir de l'autre, le désir de possession. Ce qui m'intéresse en l'autre duquel j'attends du bien, c'est juste mon propre plaisir, la satisfaction de mon désir. Cet amour là ne renvoie donc qu'à moi-même... Ainsi l'amour concupiscent envers quelqu'un est un amour qui nie autrui, qui ne le respecte pas. Pour reprendre la formule de Kant, cet amour traite autrui seulement comme un moyen, mais pas en même temps comme une fin en soi.

Tout ce que je viens d'évoquer de l'amour (à part l'amour bienveillant) n'a rien de très maçonnique, il s’agit des cas où cette énergie passionnelle dans ce qu'elle puise dans l'attachement animal nous aliène et nous captive.

Le symbolisme maçonnique nous offre l'antidote car dans notre rituel d'initiation, il est dit (page 51) : « Le compas, instrument de mesure et de comparaison, nous permet d'apprécier la portée et les conséquences de nos actes, qui devront être toujours fraternels envers tous nos semblables et en particulier, envers nos FF Francs-Maçons ». Sachant que le compas occupe une place particulière en fonction des grades auxquels il intervient, le Maître devrait disposer du discernement suffisant pour mettre ces principes en application.

Ceci dit, je n'ai pas envie de jeter la pierre brute au genre humain vis-à-vis de ce qui est aussi un vieux besoin. Etre aimé et aimer sont les besoins de tout être humain. La nécessité de s'attacher à un être est le lot de tout enfant, de tout être en devenir. L'ascèse qui prescrit de cesser de s'attacher fait bien partie des principes des voies du renoncement au monde et à ses illusions. Mais peut-on demander et est-il juste et bon de demander cela à tout être
humain ?

Si je me plonge dans le rituel, il convient tout d'abord de remarquer que le mot « Amour » est écrit avec un « A » majuscule, au même titre que des mots comme Chaîne d'Union, Compas, Secrets, Mystère, Fraternité… On lui confère donc une certaine valeur pour ne pas dire pour le mot Amour, que comme Fraternité on en a fait une valeur phare.
Quels rapports d'ailleurs entre cet Amour et la Fraternité ? Il semble bien que ce soit la même chose ou un couple sacré pour la Franc-Maçonnerie. On nous parle fréquemment d'Amour Fraternel. Je ne peux manquer d'évoquer le passage sur l'amour fraternel décrit par Saint Paul dans son Epître aux Corinthiens 1-13. Je trouve d'ailleurs une coïncidence curieuse entre ce personnage encore nommé Saul qui reçoit la Lumière du Christ sur le chemin de Damas et le Maçon ordinaire qui la reçoit en ce Temple.
Ce passage sur l'Amour fraternel me fait d'ailleurs tirer un lien avec les vertus théologales (Foi, Espérance, Charité) et cardinales (Prudence, Justice, Force, Tempérance) que nous retrouvons soit ainsi nommées ou paraphrasées dans nos Rituels. L'objet de ce midi n'étant pas une étude du texte biblique mais de celui de notre rituel, je ne m'appesanti pas sur cet autre texte sacré. Je souligne juste que Saint Paul évoque l'Amour, en montre l'importance et je dirais même le caractère transcendant puisqu'il dépasse et même transmue : langues, prophétie, connaissances et même les deux autres Vertus qui sont la Foi et l'Espérance.

Et la Charité ? Saint Paul parle d'Amour la où l'Eglise a repris Charité. Je prends pour ma part l'option qu'il a voulu parler de la même chose.

Dans notre Rituel d'initiation, un passage souligne ces propriétés comparables à la pierre philosophale que porte l'Amour. Le VM dit au Récipiendaire (page 44) : «
Récipiendaire, dans ce voyage vous n'avez entendu aucun bruit. La signification de ce symbole est que si l'on
persévère résolument sur le chemin de la Vertu, la vie devient calme et paisible. Les flammes par lesquelles vous êtes passé figurent le quatrième élément symbolique des Anciens : puisse le Feu qui vous a enveloppé se transmuer dans votre cœur en Amour ardent pour vos semblables, puisse la Charité inspirer désormais vos paroles et vos actions. »

Le Récipiendaire vient de passer par l'épreuve des différents éléments où du silence du Cabinet de Réflexion, Epreuve de la Terre, il est passé au tumulte de l'Epreuve de l'Air symbolisant l'agitation des passions, puis il a connu l'Epreuve de l'Eau ou le bruit s'est aplani au même titre que les obstacles et le bouillonnement des passions. Ce n'est qu'avec l'Epreuve du Feu que le symbolisme révèle le même caractère transmuant pour l'Amour et le Feu. Il est aussi question de la Charité des vertus Théologales. Les paroles du VM invitent à mettre l'Amour en pratique à travers ses paroles et ses actions.

Ce genre de message ne devrait d'ailleurs pas raisonner que dans les oreilles du récipiendaire mais aussi dans chaque personne se réclamant de l'état de Franc-Maçon. Nous devrions l'observer dans nos actes et nos paroles tant dans cette enceinte qu'en dehors.

Dans l'ancien rituel dont je dispose, il est mentionné dans les instructions au Premier Degré (page 38) « Qu'apportez vous en Loge ? » « Amour et bienveillance à tous mes FF\ ».

Si j'observe ce qui se passe habituellement et ce pour moi y compris, je peux dire qu'il y a encore du travail à accomplir. Faisons notre examen de conscience, nous sommes très loin de mettre parfaitement ce principe en application. Les passions viennent souvent entacher notre travail que ce soit dans les remarques persifleuses à l'égard d'un Frère ou quand notre souci de bien pratiquer le rituel nous fait parfois manquer de Tolérance ou de doigté dans la manière de formuler nos remarques.

Dans le monde profane c'est encore plus grave. Pourtant nous y sommes également concernés en tant que Franc-Maçon. Dans l'ancien rituel dont je dispose, il est mentionné dans les instructions au Premier Degré (page 38) « Que veut dire la houppe dentelée ? », « Elle nous représente sans cesse l'union et l'amour fraternel qui doivent exister entre les Maçons et qui devrait exister entre tous les hommes, de quelque nation ou de quelque couleur qu'ils soient ».
Hélas, je ne vous apprends pas qu'il n'en est rien.

S'il est facile d'être aimant quand on se sent aimé, il est beaucoup plus difficile de l'être quand un Frère ou un profane nous a asséné des coups qu'ils soient concrets ou symboliques.

On m'a enseigné que (page 69) « La Société au milieu de laquelle nous vivons n'est que partiellement civilisée. Les Vérités essentielles y sont entourées d'ombres épaisses, les préjugés et l'ignorance la dominent, la force ou la ruse, y priment le droit. »
Je ne m'étonne donc pas quand j'y rencontre de nombreuses mises à l'épreuve où je me demande encore s'il y a lieu d'aimer la personne en face de moi.

La réponse est pourtant la dans notre rituel (page 44). Lors de notre initiation, après l'Epreuve du Feu, le VM nous a rappelé ce principe de Morale : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qui te fût fait à toi-même. » Il a même ajouté ce second principe énoncé par la Franc-Maçonnerie : « Fais aux autres tout le bien qu'ils pourraient te faire à toi-même. »

C'est plus délicat lorsque je viens en Loge puisqu'on m'a également appris que (page 69) « La plus grande somme de Vérité et de Lumière ne sauraient donc mieux se rencontrer que dans les TT\ Maç\, où des hommes éprouvés et choisis se consacrent à l'étude et au travail. »
Ici je m'étonne de voir jaillir les problématiques passionnelles profanes, oublier les principes moraux énoncés lors de notre initiation quand ce n'est pas piétiner allègrement quelques serments dont (page 46) « Je jure…, d'aimer mes Frères et de les aider par mes conseils et mes actions. »

Je m'étonne aussi d'une apparente contradiction entre la violence qui jaillit ça et la au détour du Rituel. Que viennent faire ces images de gorges tranchées, de vengeance (« Parjure », page 47) avec nos principes d'Amour Fraternel ? On me dira : « Tout est symbole ». Cette violence serait-elle celle que nous exerçons à nous mêmes ?

Rappelons-nous qu’« il ne suffit pas d'être mis en présence de la Vérité pour qu'elle nous soit intelligible » (page 71). Nous percevons comme violence et agression des faits qui ne le seraient pas en Vérité mais d'un point de vue profane. Dans l'ancien Rituel, il est écrit dans les Instructions au Premier Degré (page 36) : « Des rayons éclatants virent frapper ma vue et je vis tous les FF\ armés de glaives, dont la pointe était dirigée vers moi. ». « Que voulait dire cela ? ». « J'ai compris depuis que ces glaives figuraient les rayons de la lumière de la vérité qui, au premier aspect, blessent la vue intellectuelle de celui qui n'a pas été préparé par une solide instruction. »

La méthode maçonnique travaille par le symbolisme du nombre 3. Au départ, il y avait l'Unité. Je rappelle le passage des Instructions au Premier degré sur les Mystères des trois Premiers Nombres (Pages 72 – 73). Ces Mystères sont déduis des propriétés intrinsèques des Nombres. Le nombre un nous a appris : « Que tout est un, et qu'il ne saurait rien exister en dehors du tout… ». L'Unité est rompue par la perception de l'homme face au monde qui l'entoure. « Souvent l'homme assigne artificiellement des bornes à ce qui est, en réalité, un et sans limite. Nous ne percevons qu'en différenciant l'objet observé de son milieu. A ce point de vue, deux est le Nombre de la Science. Mais en même temps, il représente un antagonisme qu'il convient de concilier. » La pensée platonicienne sur laquelle nous fonctionnons est basée sur les antagonismes. L'ensemble du cosmos est un agrégat de substances avec une hiérarchie. Les choses sont distinctes et divisées les unes par rapport aux autres.

La Vérité c'est l'Unité mais elle est rendue inaccessible à l'humain. Le seul accès pour le retour à l'Unité passe par le ternaire. La conclusion, c'est : « Qu'il y a lieu de ramener la Dualité à l'Unité par le moyen du nombre trois. Le ternaire synthèse de ce qui apparaissait opposé, constitue pour nous la représentation intelligible de l'Unité… »

Que vient faire l'Amour la dedans ? C'est un des moyens de réintégration à l'Unité. En Franc-maçonnerie, je suis censé apprendre à maîtriser mes passions. En effet, ces dernières lorsqu'elles s'enferrent dans les mécanismes des oppositions et des frustrations me coincent dans le jeu de la dualité. Mon prochain est fréquemment perçu comme un opposant et je m'oppose à lui comme je m'oppose à différents aspects de la réalité matérielle du
monde. Cela débouche sur la violence, la brutalité…, des émotions désagréables liées à la souffrance. Si j’apprends à aimer mon prochain comme moi-même. Si nous apprenons à nous aimer les uns les autres (Enseignement attribué à un grands initiés nommé Jésus – page 47 du Rituel du second degré). L'homme libre est mort aux préjugés du vulgaire (page 65) car il lui est possible de percevoir les éléments du tout comme un tout, grâce au jeu de l'Egalité, de la Fraternité et de l'Amour, on est entré dans une autre perception.

Le Pardon dans tout cela joue un rôle important. Rappelons le moment où dans le Rituel d'Initiation au Premier Degré, le Néophyte est reçu dans la Chaîne d'Union (page 49) : « … vous avez peut-être des ennemis. Si vous en rencontriez dans cette assemblée ou parmi les Francs-Maçons, seriez-vous disposé à leur tendre la main et à oublier le passé ? » N'est-ce pas une forme de Pardon ?

Et comme le souligne le VM, l'aspect de cette Assemblée n'a-t-il pas sensiblement changé depuis la scène violente du parjure ? Cette chaîne est décrite comme l'union de tous les francs-Maçons répandus sur la surface de la terre mais on peut y voir l'Amour Fraternel manifesté de manière tangible. Pour pouvoir entrer dans cette chaîne et ne point la rompre, il faut être animé de sentiments de Fraternité et d'Amour. Raison pour laquelle il est demandé au Néophyte d'exécuter sa promesse de Pardon.

Cela va aller plus loin avec la scène du miroir. Il n'est pas facile de pardonner, il n'est pas facile de rester indifférent face à un ennemi alors aimer ce dernier... Le psychanalyste C.G. Jung souligne avec pertinence que lorsque quelqu'un suscite par son comportement de la révolte, de la colère en nous, c'est qu'en fait ces agissements font écho à quelque chose de nous-même qui est refoulé dans notre part d'ombre. L'Initié va devoir dans son cheminement réintégrer entre autres sa part d'ombre.
La scène du miroir qui achève l'accueil dans la Chaîne d'Union, nous renvoie ces parts refoulées de nous-même qu'il va falloir reconnaître. Le jeu des oppositions rencontré dans nos confrontations à la réalité nous amène à formuler des reproches aux autres mais aussi à soi, à
projeter à l'extérieur ce qui fait aussi partie de nous. L'unité est aussi à refaire avec soi et en soi car notre Travail est aussi important à l'intérieur de nous-même qu'à l'extérieur de nous-mêmes et comme la dualité dépassée nous apprend que ce qui est en nous est aussi à l'extérieur de nous, cet Amour a lieu de se manifester aussi bien au dedans qu'au dehors.

Reprenons la formule : « Que l'Amour règne parmi les Hommes ». Mesurons-en la portée selon sa place stratégique dans le rituel des travaux courants. Elle se situe à la clôture des Travaux et évidemment, ce n'est pas un fait du hasard.
Avant de procéder à la fermeture rituelle le VM dit : « Mes FF, les Travaux de ce jour sont terminés, nous avons droit au repos. Il ne nous reste plus, suivant l'usage ancien, que d'enfermer nos secrets dans un lieu sûr et sacré, et de nous unir en Fraternité ». Et à ce moment il porte la main droite dégantée à son cœur (page 26). Le lieu sûr et sacré, c'est donc le cœur. Qu'est-ce qui sort du cœur ?
Les émotions donc notamment l'Amour. La Chaîne d'Union nous ramène notamment à cet Amour Fraternel, universel, à travers l'espace et le temps. Celui la qui doit inspirer nos pensées et nos actions quand nous serons au dehors.

Lorsque nous venons en Loge, c'est pour construire notre Temple intérieur, pour ce faire différents éléments du Rituel sont mis en place, des Vertus sont invoquées pour élever notre édifice vers notre Idéal : La Sagesse, la Force, la Beauté. On retrouve les Vertus qui nous orientent et à ce titre sont cardinales : Tempérance, Prudence et Justice vont avec la Sagesse, la Force avec la Force. Ces Vertus mais aussi ces énergies et gestion d'énergie émotives nous amènent à la Beauté manifestation émotionnelles mais passion devenue vertueuse grâce au travail de transformation alchimique des émotions qui s'est opéré.
Le travail s'étant réalisé dans l'Athanor de la Loge régulièrement couverte. Loge qui comme l'Athanor est comparée à la forme d'un Œuf (page 69) qui contient un être en puissance en devenir. L'être en puissance de devenir, c'est nous aussi. Comme pour nous indiquer que ce qui est au dedans est aussi au dehors et ce qui est au dehors est aussi au dedans. Je suis l'être en puissance de devenir mais je contiens aussi cet être en puissance de devenir au fond de mon Cœur. Et cela va bien plus loin …

Paroles de P E Victor :
Paul Emile Victor déclara un jour : « …L'important n'est pas d'être aimé ou d'avoir Dieu en son cœur, mais d'être dans le cœur de Dieu. Ainsi l'Amour n'est-il plus un sentiment ponctuel, égocentrique, mais universel. Il englobe tout autour de soi, et plus que tout autre sentiment apporte la plénitude, le calme, la joie, le bonheur, l'enthousiasme et la compréhension, la tolérance mais aussi la rage de vivre. »

De cette citation, je pars sur quelques idées : Le Divin et l'Homme ne font qu'un mais la Maçon de par le symbolisme de la Loge qui le contient et du Temple qu'il contient reçoit le message que le Divin, la Loge, lui et le Temple ne font qu'un par le ternaire de la Loge, il dépasse symboliquement les lois de la dualité. (Page 73) « Le ternaire, synthèse de ce qui apparaissait opposé, constitue pour nous la représentation intelligible de l'Unité. » Je rappelle aussi que les vertus théologales sont offertes par le Divin et que par déduction, on pourrait dire que la Loge en est la médiatrice.

Il semble s'opérer un mouvement en entonnoir qui m'a été révélé par une petite étude comparative. Dans notre Rituel de Table, j'observe une permutation. Cette fois-ci le VM prononce : « Que l'Amour règne sur la Terre », le Premier Surveillant « Que la Paix règne parmi les Hommes » et le Second Surveillant : « Que la Joie soit dans les Cœurs ». Si la triade « Paix, Amour, Joie » connaît des permutations, il n'y en a pas pour la triade « Terre, Homme, Cœur ». Cette triade, elle ne varie pas et nous décrit un mouvement en entonnoir allant de la Terre vers les Hommes et enfin dans le Cœur des Hommes.
L'alchimie de l'Amour devrait permettre aussi d'opérer le mouvement inverse du Cœur de l'Homme vers ses Frères humains et puis à la terre entière et à ce qui la compose et accéder ainsi à l'Universalité. Puisque le divin englobe tout comme l'Amour englobe tout.

Ainsi la Franc-Maçonnerie n'est pas seulement une voie rationnelle, symbolique, mais aussi cardiaque. L'accès à l'Unité est difficile pour l'Initié, je pense même qu'il est difficile à atteindre en permanence. Dans le monde profane c'est une gageure, dans le monde du sacré, c'est possible pour autant que nous soyons réellement capable de laisser nos métaux à la porte du Temple et d'élever nos Cœurs en Fraternité. C'est-à-dire de dompter nos passions mauvaises, de cultiver des émotions nobles et surtout d'être vigilant à nous-mêmes comme à nos FF, à nos FF comme à nous-mêmes.
L'Amour pourra peut-être un jour régner parfaitement parmi les Hommes quand se sera manifesté dans le Temple la Force d'Aimer.
Musique : « Quand on n'a que l'Amour ».
J'ai dit.

Compléments :

Pour avoir quelques fois rendu visites sous d'autres Orients et dans d'autres Obédiences, j'ai remarqué chez des SS déclarant travailler au R.E.A.A. que la formule qui nous intéresse est récitée par la seconde Surveillante lorsqu'elle éteint la dernière étoile qui correspond pourtant à la Beauté lors de l'Ouverture. Il y a en fait permutation avec « Que la Joie soit dans les Cœurs ».

La transformation alchimique qu'il y a lieu d'opérer sur les énergies passionnelles.
Le pouvoir transformateur de l'énergie amoureuse.
Le rôle à la fois interne et externe de l'énergie amoureuse et son pouvoir transformateur.
L'Amour du Masculin pour le Féminin.
Cet Amour, c'est aussi à porter à l'extérieur. Ramener à la phrase. En recherchant à l'intérieur je peux changer à l'extérieur au même titre que je cherche habituellement à l'extérieur pour changer à l'intérieur.

Source : www.ledifice.net

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