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Hauts Grades

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La franc-maçonnerie est-elle une morale ou un idéal ?

21 Novembre 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

La question posée suppose que la FM est soit une morale, soit un idéal, comme si une morale ne pouvait pas être un idéal. En prolégomènes il convient donc de s’entendre sur la dimension à donner à la morale en franc-maçonnerie.

La notion de morale est ambivalente.

Au plan spirituel, la morale désigne une éthique transcendantale. Cette morale c’est celle qui habite le saint ou le héros, personnages atteignant la perfection, nous dirions un idéal.

Au plan social, il existe une morale coutumière, adaptée à tel lieu et à tel temps, qui est la morale des honnêtes gens dans une société donnée. Elle traduit les bonnes mœurs qu’il est souhaitable de suivre pour l’harmonie de la collectivité ; elle est à la mesure de quiconque et ne réclame aucun élan intérieur ni vertu supérieure. C’est ce minimum de morale sociale qui est exigée pour entrer en franc-maçonnerie.

Aux exigences des bonnes mœurs citoyennes, la FM ajoute des exigences qui lui sont propres, et tout d’abord l’esprit du lien fraternel. Car comme l’écrit Chevillon dans « le vrai visage de la maçonnerie ». L’amour prend sa source dans l’universelle fraternité des êtres appelés à une même fin. De cet amour résultent : la pitié, la miséricorde, la bonté, la charité et toutes les vertus. Par conséquent, le maçon doit déraciner en lui-même l’égoïsme et avec lui tous les vices dont il est le support, cultiver et élargir sans cesse l’amour et les vertus capables de fleurir sur cette tige embaumée. On le voit, à la morale coutumière, la FM associe une morale transcendantale, un idéal moral développé dans nos catéchismes devenus mémentos et dans nos rituels à travers questions et réponses… Ainsi viendront, suivant les grades, des propositions d’élévation morale. C’est une aspiration vers un état de perfection, une façon idéaliste de concevoir un futur-être pour l’initié et l’humanité, avec ses kyrielles d’utopies sous-jacentes dont le temple idéal de l’humanité.

Ainsi la tradition a transmis parmi les maçons un grand nombre de préceptes relatifs aux devoirs, et dont l’ensemble forme un admirable code de morale pratique.

C’est, en effet, un trésor conservé dans le patrimoine de l’institution ; mais ce n’est pas un corps de doctrine. En donnant la lumière la FM n’impose pas ce qu’elle permet de voir. En prescrivant à ses adeptes d’observer le plus strictement possible les devoirs, la franc-maçonnerie s’adresse à leur probité, à leur honneur, à leurs sentiments, certaine de ne pas contrarier leurs croyances religieuses ou philosophiques. Il s'agit ainsi de promouvoir des valeurs morales et spirituelles, qui conduisent à un perfectionnement individuel sans limite, et à un idéal social. La franc-maçonnerie se définit elle même comme un système particulier de morale, enseigné sous le voile de l'allégorie au moyen de symboles. La franc-maçonnerie est donc bien une morale et un idéal. Et c’est ce que nous allons montrer. La FM est une morale et un idéal avec sa spécificité quant à ses sources, sa finalité, son domaine et sa sanction.

Quant à ses sources : Dans le vertige de la documentation, nous en retiendrons 4 :
1. La source opérative ou corporative. Cet aspect professionnel s’exerçait à l’intérieur d’un idéal de fraternité et d’amour du prochain qui incluait des oeuvres d’assistance et de charité. Il s’épanouissait au sein de la pratique religieuse intégrale du catholicisme. Le métier fournissait le support de l’ordre initiatique dont les rites permettent d’intégrer tous les aspects de la vie professionnelle à l’entreprise de la réalisation spirituelle. La pratique du métier prenait alors la valeur d’une ascèse véritable. En ce sens, l’opératif incluait la dimension spéculative et surtout morale.

2. La source religieuse ou plus exactement biblique. Les plus forts de nos symboles viennent de la Bible. La FM y puise même certaines de ses légendes fondatrices et donc sous-jacente une morale judéo-chrétienne. C’est, d’ailleurs, un pasteur calviniste écossais, James Anderson, qui transmit les fondements de la maçonnerie spéculative à la future Grande Loge de Londres rapidement devenue la source et le modèle de la Franc-maçonnerie mondiale. L’invocation par laquelle commencent les manuscrits des Old Charges, en usage au 18ème atteste la pratique catholique : que la puissance du Père du ciel avec la sagesse du Fils glorieux et la bonté du St Esprit, qui sont trois personnes en une Divinité, soit avec nous.

La déchristianisation de la maçonnerie, sous l’influence de la philosophie des Lumières, s’entend seulement au sens de suppression des références spécifiquement chrétiennes et de l’abandon des célébrations religieusement les fêtes de l’Ordre. Mais à regarder de plus près, la maçonnerie en Angleterre, quant à elle, laïcise ses rituels, voire ses symboles, pour mieux accueillir de nombreux juifs et partager un minimum commun au centre de l’Union. La maçonnerie française, quant à elle, se laïcise par rassemblement des forces de « libre pensée » face au cléricalisme et aboutit en 1877 à l’abandon de toute exigence et de toute référence religieuse, si universelles soient-elles. Reste encore le courant mystique chrétien du Rite Ecossais Rectifié et son code des loges réunies et rectifié de 1778, qui règlemente ses 4 grades et qui déclare dans son chapitre X qu’« aucun profane ne peut être reçu franc-maçon s’il ne professe la religion chrétienne. »

De toute façon, la spiritualité du maçon, quelle que soit sa religion est un ésotérisme en ce qu’il se découvre dans sa propre intériorité.

3. La source chevaleresque a imprégné profondément la maçonnerie. Plus précisément, la FM est associée à la chevalerie des ordres religieux militaires. Le discours de Ramsay le rappelle et dès 1745 l’appellation « loge de st Jean de Jérusalem » enracine la FM dans cette tradition. Les hauts grades, qui ont fleuri au 18ème siècle, comportent encore de nombreux titres de chevalier. Le Régime Ecossais Rectifié est un véritable ordre de chevalerie. Le chevalier était principalement voué à deux devoirs : la bienfaisance et la défense de la religion chrétienne. En prononçant ses vœux, le Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte s’engage et je cite : ce n’est donc plus par l’épée que vous aurez à défendre la sainte religion chrétienne que vous professez ; c’est avec prudence et circonspection que le Chevalier Maçon de la Cité Sainte doit la défendre par ses discours... Il la fait aimer et respecter par une tolérance douce et éclairée, par de bonnes mœurs, par une conduite régulière et par ses bons exemples. Ce qui veut dire que de telles vertus chevaleresques sont des propositions de vie pouvant être réalisées aussi par des sœurs.

4. La source mutuelle. En l’absence de toute sécurité sociale, au 17ème siècle, des loges se créent par association d’artisans, de petits commerçants, de boutiquiers qui vont constituer des petits groupes de solidarité surtout pour se prémunir contre les cas de détresse financière. Ils se réunissent dans des lieux hospitaliers comme les auberges, le plus souvent pour y recevoir les nouveaux membres de leur confrérie. Afin de bénéficier de l’entraide, on se communique des mots, gestes et attouchements de reconnaissance. On peut lire dans un texte de lois et statuts de 1670 de la loge écossaise d’Aberdeen : nous soussignés promettons, conformément à tous les serments que nous avons prêtés lors de notre réception au bénéfice du Mot de maçon, de prendre en charge et de soutenir le tronc maçonnique de notre loge d’Aberdeen... Les fonds de réserve pécuniaires, leur potentialité à répondre à la misère accidentelle de leurs membres devenant insuffisants, ces loges vont se regrouper et constitueront la première Grande Loge en 1717, ce qui se fera à l’auberge « l’oie et le gril ». La franc-maçonnerie vient de naître aussi sur la nécessité de la solidarité.

Quant à sa finalité : l'idéal de la franc-maçonnerie est de parfaire l'être humain en développant sa conscience morale ou sa spiritualité et de travailler au progrès de l'humanité. L’idéal chevaleresque, c’est d’abord d’aspirer à la vertu, une vertu morale et avoir un comportement, qui soit un comportement d’amour, de tolérance, d’ouverture aux autres, etc.

C’est aussi le combat que nous devons mener pour le bien, comme le chevalier d’autrefois.
Ici s’exprime le sentiment d’humanisme. L’homme n’est pas, fondamentalement, solitaire, il est au contraire une relation. Comme le dit Heidegger, son être est un « être-ensemble » (Mitsein). Il y a en chacun de nous un originaire souci de l’autre, qui serait le Bien, qui fonde l’humain. La FM s’est ancrée sur cette notion de Bien et l’appelle fraternité.

Quant à son contenu : la franc-maçonnerie offre une voie spirituelle qui est une voie spécifique en dehors de tout dogme et de toute doctrine qui permet à chaque homme de poursuivre son chemin vers la Connaissance. La franc-maçonnerie propose un idéal de liberté, de tolérance et de fraternité dans le respect des opinions de chacun, laissant à l’homme une liberté de travail qui lui permet de poser son propre rythme et de reculer constamment ses limites sur le chemin de l’élévation spirituelle et morale n’acceptant aucune entrave dans sa recherche.

Les valeurs morales que véhicule la FM ne lui sont pas exclusives: connaissance de soi, amour du prochain, respect de l'autorité légalement constituée, devoir envers un Etre Suprême (pour les rites travaillant à la gloire du GADLU). Ce qui lui est particulier c’est le véhicule; c'est à dire, le rite initiatique. Ce dernier est en effet une allégorie élaborée de la vie qui engendre, chez l'initié, une profonde méditation, une perception et une action intérieure grâce auxquelles l'homme se révèle à lui-même, il dépasse ses propres limites, son soi.

La connaissance de la symbolique des outils atteste que la FM veut, par leur approfondissement, permettre d’accomplir une œuvre de perfectionnement de soi en favorisant l’ouverture de la conscience. Les outils remis aux 3 premiers grades donnent une cohérence au cheminement et à la progression morale.
Quant au domaine : le vrai travail du FM doit être totalement désintéressé, et accompli sous l’angle du Devoir. Le Franc-maçon, en effet, ne revendique pas ses droits personnels d’homme libre et franc, sinon pour accomplir ce devoir. Car il sait bien que ses droits sont relatifs et limités, mais que son devoir est absolu et sans bornes. Aussi, le Franc-maçon doit se considérer comme un apôtre, un missionné parmi les hommes, car il doit tendre à devenir, et il doit devenir, à la fois un initié, un illuminé, un homme de coeur, de science et aussi d’action (cf Ch. Chevillon)

Quant à la sanction : la Maçonnerie, neutre au point de vue religieux, ne veut pas de la Morale commune, reposant sur une crainte métaphysique, sur une récompense ou un châtiment post-mortem. Comme pour Kant, la soumission au précepte moral est d’origine interne et procède de la seule voie de la conscience. La loi morale est obéie par respect pour l’impératif catégorique qui retentit en nous-mêmes.

Elle se manifeste par les vertus pratiquées. Les vertus sont des attitudes fermes, des dispositions stables, des perfections habituelles de l’intelligence et de la volonté qui règlent les actes, ordonnent les passions et guident la conduite. Elles procurent facilité, maîtrise et joie pour mener une vie moralement bonne. L’homme vertueux, c’est celui qui librement pratique le bien.

La maçonnerie, ne tend pas seulement à créer parmi ses adeptes des personnalités, à la fois pures et fortes, elle veut illuminer, grâce aux frères et sœurs, les masses dans la mesure du possible, leur faire comprendre la justice et l’équité, le droit et le devoir, les confirmer dans la liberté par la vraie fraternité, par la caritas generis humani (amour universel du genre humain) jadis évoquée par Cicéron et les stoïciens.

Pour cela il lui faut des veilleurs et des éveilleurs. C’est pourquoi tout son enseignement converge vers l’action ; par la science spéculative la FM conduit à la science des réalisations, son rêve c’est de construire le temple de l’humanité.

En somme, la Maçonnerie est un syncrétisme des vertus cardinales héritées de la Grèce antique, des vertus théologales obvenues de la chrétienneté et des apports moraux des Lumières du 18ème siècle, mâtinés de modernité.

Un rapport non moraliste à la morale. Un idéal de morale, voilà ce que propose la FM, nous dirions une philosophie humaniste.

Et pour cela le FM doit être libre sinon il n’aurait pas les moyens de comprendre le devoir.

En conclusion
« La Maçonnerie trouve dans ses traditions un idéal moral que nous croyons supérieur à celui des religions ; cependant, si les Maçons disaient qu'il y a parmi eux plus de vertu effective, c'est-à-dire moins de défaillances que dans un groupe quelconque d'honnêtes gens, nous serions les premiers à rire d'une si outrecuidante sottise ». Pierre Tempels.

Source : www.ledifice.net

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L’ego du maçon, une entrave à l’idéal maçonnique

20 Novembre 2014 , Rédigé par Travail en commun en Loge Publié dans #Planches

Ce thème énonce un propos et sa résolution dans son énonciation. Doit-on simplement confirmer cette affirmation ou au contraire la contredire?
Le terme Ego est un substantif tiré du pronom personnel latin ego («moi»). Il désigne généralement la représentation ou l’idée qu’on se fait de soi et la conscience que l'on a de soi-même. Les particularités du Moi peuvent être classifiées en deux catégories:
Un "MOI FAIBLE" qui reste craintif devant les pulsions inconscientes. Il cherche sans cesse à se protéger contre elles, en les refoulant.
Un "MOI FORT" qui s'adapte facilement aux diverses circonstances de la vie, il dispose de multiples possibilités de résonance Il n'est pas figé, il n'est pas stéréotypé, il n'est pas corrodé par les refoulements, les complexes, les inhibitions, les angoisses, les culpabilités.
L'homme sous l'emprise de l'ego ne pense qu'à lui, mais veut aussi que tout le monde pense à lui. Il a tendance à faire de lui, le centre de l'univers, les autres n'existant que pour servir ses intérêts.
On peut se demander si la formule «L’ego du maçon, une entrave à l’idéal maçonnique» ne renvoie pas à l’interprétation spirituelle de l’ego. De même que les expériences spirituelles ou spiritualistes libèrent de l’ego qui entrave le développement de la personnalité, la FM en tant que mouvement spirituel serait le moyen de libérer le maçon de son ego pour lui permettre d’accéder à une vraie connaissance de lui.
Pour surpasser notre ego, il est important d'écarter toute velléité de prétention et de vanité. Il importe de vaincre le superficiel et le paraître en se penchant plus à fonds sur ce que nous sommes réellement, assimiler le "connais-toi toi-même".
Mais en tant que groupe humain, il nous faut savoir exploiter et polir le génie résidant dans les variantes et riches archétypes des caractères des uns et des autres car sans un minimum d’ego, on risque de perdre l’imagination créatrice, critère indispensable pour la réalisation de tout projet, de tout rêve et de toute ambition, fusse-t-elle collective. De plus, il est à craindre que si l’on pouvait bannir l’ego, plusieurs nobles causes n’auraient bientôt plus de serviteurs, ou, à tout le moins, ils seraient bien peu nombreux à les défendre.
On peut constater que l’ego est une entrave à beaucoup de causes, de l’humanitaire aux pacifistes sans oublier les thèses écologistes très à la mode, mais à voir les défenseurs de ses nobles causes, on perçoit souvent derrière ces étendards d’idéaux les plus divers, des monceaux, pour ne pas dire parfois, des monstres d’égoïsme.
Dès lors, la thématique pourrait se déplacer vers celle-ci: comment servir un idéal, une noble cause sans ego, sans faire preuve d’égoïsme?

Nous considérons que ce qui constitue une entrave au développement de la personnalité, et par extension, ce qui constitue une entrave à l’idéal maçonnique ce n’est pas l’ego en tant que tel, la personnalité de chacun, mais plutôt le faux self, l’ego dévoyé, cet ego souvent surdimensionné mais parfois aussi sous-dimensionné. Les fausses perceptions que nous avons de nous-mêmes, l’image disproportionnée de nous-mêmes, de nos capacités, la représentation surdimensionnée de notre personne sont autant de facteurs de dévoiement.
C’est de cela qu’il faut se débarrasser. La FM peut nous y aider pour les différents moyens qu’elle offre. Le travail maçonnique ne consiste pas à renoncer à ce que nous sommes, mais plutôt à travailler sur nos défauts afin qu’ils ne deviennent pas une entrave à l’idéal maçonnique.
Malheureusement, très souvent, par manque de réflexion et d’introspection honnêtes , et peut-être par défaut de courage, on a tendance à imposer son égo à sa pensée, et, à tenter de concilier la pensée maçonnique et son ego, faussant ainsi le processus maçonnique.
Afin que l'idéal maçonnique ne soit pas entravé, le Maçon devrait impérativement abandonner son ego , partie intégrante de ses métaux, à la porte du temple et penser davantage aux autres , ce en privilégiant l'intérêt collectif en faisant fusionner les énergies individuelles. Comme le disaient certains Frères lors d'une réflexion sur l'égrégore, les objectifs communs sont des éléments qui doivent permettre de sortir de soi pour aller vers les autres et que « seul, on ne peut rien, ensemble on peut tout».
Toutefois, si l'ego est une entrave à l'idéal maçonnique, il ne présenterait pas trop d'entraves à l'action maçonnique, tout au plus un peu d'ombre.
Toute association de personnes doit compter avec quelques maillons faibles, sans pour autant que les valeurs fondamentales et les idéaux disparaissent. Construire son être intérieur accorde peu de place à l’ego, à l’égoïsme, car on ne se construit réellement qu’avec ses frères et c’est à travers eux que nous puisons nos aspirations et la force qui nous permettent d’avancer, à la fois seul et ensemble, vers notre idéal. Nul se proclame F M , les FF vous reconnaissent pour tel!
La FM, la pensée symbolique servent à la recherche du moi véritable à travers la réflexion, la méditation, l’introspection. De par cette recherche on essaye de rapprocher le plus possible son ego de son moi véritable. Moi véritable que sa vie durant le franc-maçon essaye d’approcher dans sa quête initiatique.

La franc-maçonnerie n’est pas une religion ou se retrouvent de dociles moutons de panurge, construisant ou rêvant à une destinée commune. Elle se veut le creuset d’un choc d’idées, d’un combat permanent entre la lumière et les ténèbres, un lieu de débat et de conciliation des contraires, une école d’ouverture d’esprit, d’humilité et de persévérance vers le mieux ETRE et le mieux SAVOIR. Ainsi, si les joutes oratoires peuvent favoriser la connaissance et l’émulation entre les frères, tous en seront bénéficiaires, mais si elles franchissent le cap de la quérulence, les FF\ se trouvent confrontés à une exhibition d’ego querelleurs. Dans ces cas là, il semble préférable de se fondre dans le silence de l’apprenti plutôt que de vouloir exprimer son point de vue, que les autres frères n’écouteront pas, car lorsque la passion fonde le dialogue, la raison en est absente.
Et c'est sans doute un des buts de cette épreuve du silence qui est une des épreuves primordiales de l'initiation. Une faculté de se libérer des scories de l'ego afin de paraître alors en loge en être véritablement équilibré et libre et d'agir alors au mieux de l'intérêt de l'atelier, non par fatuité mais par amour fraternel.
L’assiduité, le travail régulier, organisé, méthodique, s’appuyant sur les outils maçonniques et respectueux du rituel, sont les moyens par lequel le franc-maçon peut se libérer de ces entraves et faire des progrès en Maçonnerie en se construisant lui-même et en vivant de manière constructive, responsable et harmonieuse avec ses semblables. Car vivre en harmonie en soi et autour de soi c’est aussi tendre vers l’idéal maçonnique.
Cependant, la soumission volontaire à un idéal provoque l’écartèlement entre responsabilité individuelle et conscience collective ou holistique.
L’homme et le frère à fortiori, est toujours partagé entre ces deux pôles opposés depuis l’apparition et surtout l’affirmation de la conscience individuelle. Annihiler cette dernière au prétexte de lutter contre l’ego serait un grand pas en arrière pour l’humanité et un pas fatal pour la Franc-maçonnerie libérale. Seul, le choix de la conscience peut conduire à l’adoption d’un idéal, mais pas à une soumission aveugle à celui-ci.

En conclusion
Les comportements égotistes, issus d’un ego démesuré, supports de l’égoïsme primaire de l’homme renfermé sur lui même et sur ses convictions et peu soucieux de l’amour de son prochain et de l’autre sont un frein, un obstacle au progrès de l’humanité et constituent pour les frères d’Apollonius de Tyane une entrave réelle à l’ idéal maçonnique.
Mais la méthode maçonnique, bien comprise , permet de ne pas éteindre la flamme de l’espérance , et encourage le maçon assidu et laborieux à toujours aller plus loin en s’efforçant avec tolérance de répandre toujours plus de lumière dans sa quête de perfection.

Travail en commun en Loge

Source : www.ledifice.net

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Science et Connaissance

18 Novembre 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

La planche qui suit est une opinion parmi d'autres. En fait, je n'ai fait que réunir des réflexions éparses dont je n'ai même pas la propriété. Elles vous paraîtront peut être discutables. C'est tant mieux. Le plus beau combat de l'homme c'est celui qu'il mène face à son destin. Mais que sais- je vraiment ? « Y-a-t-il identité entre Connaissance et Science, sinon, comment définir l'une et l'autre ? »

CONSIDERATIONS SUR LA CONNAISSANCE :
En préambule, je suis tente de rapporter une courte citation, de Gaston BACHELARD (1884/1962) qui peut nous servir de point de repère : « Toute connaissance est une réponse à une question ». Partant de cela, en généralisant, on peut penser que la Connaissance avec un C majuscule, est la réponse à toutes les questions.

Trois questions se rattachent à la connaissance :

1. La question de l'origine des connaissances humaines. Toutes les connaissances sont elles acquises par empirisme ? On est amené à penser que si le contenu de nos connaissances se développe avec le progrès de la science, les principes de la connaissance sont d'origine rationnelle. Les principes de la connaissance seraient donc communs à tous les esprits humains.

2. La question de la nature de la connaissance. Il existe plusieurs formes de connaissances :
• celles qui relèvent de l'esprit de finesse (par exemple, la compréhension qui lie le médecin à son malade.)
• celles qui relèvent de l'esprit de géométrie (par exemple la connaissance des mathématiques.)

3. La question de la portée de notre connaissance. Il s'agit de savoir si nous pouvons parvenir à l'absolu, c'est-à-dire à la connaissance de la nature intime des choses, ou si notre connaissance reste limitée au monde des phénomènes sans pouvoir jamais se prononcer avec certitude sur les trois aspects fondamentaux :
•la nature de la matière
•l'essence de l'âme humaine
•l'existence de Dieu.

CONSIDERATIONS SUR LA SCIENCE
Ouvert à cette page, mon vieux Larousse indique :
Science : « Connaissance exacte et raisonnée de certaines choses déterminées ». On distingue depuis Auguste COMTE (1798/1857) les sciences de la nature et les sciences de l'homme. Aujourd'hui, le plus souvent, le mot science est utilisé en association avec un adjectif qualificatif.

Cela montre que l'on tend à définir non pas la science mais des sciences. Pour information j'énumère :
1. Les sciences exactes. (Y aurait il des prétendants pour revendiquer la pratique des sciences inexactes ?)
2. Les sciences humaines (relatives mais pas inexactes...).
3. Les sciences occultes (rationnellement occultes ?)
4. Les sciences physiques.
5. La singulière science métaphysique...

Cela peut nous laisser entendre que chaque science représente une partie de la connaissance organisée, ou une partie de savoir...
La pensée contemporaine s'accorde sur une idée de la science ainsi formulée : « Il n'y a science que lorsque le savoir est systématise selon un ordre rationnel ». De nos jours, ce qui est irrationnel n'accède pas à la dignité de la science, le non rationnel est dans l'antichambre de la science ou hors de la science, l'antirationnel se place généralement dans le camp des adversaires de la science. D'où les termes d'une équation très intéressante.

Sont en présence trois facteurs :
LA CONNAISSANCE : partiellement rationnelle mais intuitive, unificatrice de l'individu, universelle, intemporelle et élitiste…
LE DOGMATISME, irrationnel, arbitraire pour cause de dogme et de cléricalisme, unificateur mais déresponsabilisateur de l'individu, fataliste mais conquérant, illogique mais transcendant.
LA SCIENCE, rationnelle, humaniste, dominatrice et destructrice, logique ; laïque, enseignée dans toutes les écoles, médiatisée. Cette médiatisation et la parcellisation contribuent à fractionner le savoir de l'individu, donc à fractionner l'individu.

Mais plaçons ces mots dans une perspective plus universelle : Dans les années 50, lorsqu'un scientifique parlait de l'âge de L'Univers, il le situait à 25 milliards d'années. Des chiffres encore plus énormes ont été avancés.
Ensuite ils ont nettement diminué. Il y a peu, on était certain que l'univers datait de 15 milliards d'années.
Aujourd'hui on sait qu'il est âgé de 4,6 milliards d'années. Mais alors, peut-on encore croire et parler de la précision scientifique ? Peu importe. Je cite le biologiste japonais MATOO KIMURA : « Lorsque nous disons que la Terre est apparue il y a 4,6 milliards d'années, cela n'évoque rien pour nous. Essayons de ramener cette échelle du temps a une échelle plus visualisable par le cerveau humain. Transformons ces 4,6 milliards d'années en une seule année ».

Chaque mois représenterait 1/12ème de ces 4,6 milliards d'années. Sur ce calendrier, la Terre apparaîtrait le premier j a n v i e r. L'origine de la vie sur la Terre est estimée à la mi-février, bien que les plus anciens fossiles que nous connaissons, des bactéries, remontent à fin avril. Les dinosaures vivent et disparaissent entre le 11 et le 21 décembre.
L'origine de l'homme et de ses croyances est fixée au 31 décembre à 8 heures du soir. L'apparition de l'agriculture à 23 heures 59 mn. C'est dans les deux dernières secondes de cette année qu'est née la science moderne. C'est bien entendu elle qui a permis de découvrir tout ce qui précède. Ne serait ce pas ici une différence fondamentale entre la connaissance et la science ? Outre le fait que la Connaissance est une approche de la Vérité beaucoup plus ambitieuse que toute religion, ses racines ne seraient-elles pas contemporaines des origines de l'humanité ?

Revenons à la Science. Quel bilan peut on faire après ces 2 secondes d'existence ? Je prends deux exemples entre mille, au hasard.
1. Il y a moins de 70 ans, en 1927, Charles LINDBERGH effectuait le premier vol transatlantique : moins de 50 ans plus tard, en 1969, NEIL ARMSTRONG pose le pied sur la Lune.
2. En 1959, dans le massif forestier landais, EDF ouvre une exploitation minière à ciel ouvert d'où est extrait un charbon pauvre, l a lignite, servant à alimenter une centrale thermique qui produira 18 millions de kilowatts/heure. (C'est le site d'Arjuzanx). Moins de trente ans plus tard, le site est transformé en zone touristique.

Motif : la consommation d'électricité double tous les dix ans et la technologie des centrales thermiques est dépassée. Entre 1984 et 1986, c'est environ quarante unités de production EDF qui seront déclassées pour manque de compétitivité.
D'une manière plus générale, l'urbanisation, l'industrialisation ont déjà modifie irrémédiablement notre planète. Le climat, au sens large, est modifié par les rejets industriels, qui forment des nuages opaques. Le sol est transformé, asséché, par des pollutions chimiques de toutes sortes. Les engrais forment des couches superficielles qui stoppent l'écoulement des eaux. Les rivières sont canalisées, leur lit détourné, et leurs rives drainées, avec des conséquences inévitables sur les crues lorsqu'elles arrivent. Le sol est appauvri par les déforestations et les désherbants. L'eau non polluée devient un produit rare. Mais ceci est pratiquement marginal par rapport au reste.

Quel reste me demanderez-vous ? Je ne vous soumettrai que trois réflexions, qui à mes yeux priment sur les autres :

1. Les véritables poumons de la Terre sont les océans et la forêt tropicale. Aujourd'hui, l'équivalent en foret de la surface de la Grande Bretagne est détruit chaque année, en particulier au Brésil. Les forêts constituent la principale source de régénération de notre climat. A l'unanimité elles sont indispensables à la survie de la Terre.
Pourtant la volonté des hommes est impuissante.

2. Nous savons aujourd'hui tellement de choses sur la biologie moléculaire que les manipulations génétiques humaines deviendront inévitables dans l'avenir. Certes, l'opinion publique y est aujourd'hui hostile, mais dans le même temps, elle s'habitue inconsciemment. Le fait que la fécondation in vitro se banalise acclimate l'idée que l'on peut manipuler la vie. Le maintien en vie par la médecine d'individus qui souffrent de malformations génétiques contribue à diffuser dans la population des gènes qui autrefois auraient été éliminés. Par conséquent, l'augmentation des malformations génétiques est à terme inévitable, ce qui conduit (ra) à intervenir sur ces gènes eux-mêmes, avec pour effet l'apparition de mutations dans les fondements de l'espèce humaine. Dans le domaine végétal et animal le mal est déjà largement fait. Plus de vingt pays adhèrent à l'Union pour la protection des obtentions végétales fondée en 1961 et qui permet de contourner la loi sur la brevetabilité des végétaux. Une trentaine de plantes transformées génétiquement sont déjà sur le marché aux Etats Unis. Pour les animaux, il faut savoir que de nombreux brevets sont officiellement déposés. Je citerai des souris et des porcs pour la recherche médicale et des bactéries pour la dégradation des hydrocarbures etc...

L'Office Européen des Brevets estime que l'animal peut être breveté, je cite, « s'il ne contrevient pas à l'ordre public ». Pour quand le premier homme conçu ou modifié sous brevet ?

3. Troisième sujet d'inquiétude : La disparition d'espèces végétales et animales est devenue banale mais bien entendu irréversible… Un registre précis des espèces végétales disparues n'existe pas à ma connaissance. En revanche, et pour ne citer que des chiffres officiels, plus de cent mammifères et 150 espèces d'oiseaux ont disparus depuis deux siècles. En 1990, 4589 espèces étaient déclarées en danger ou menacées de disparition. Ceci bien entendu non seulement pour des questions de prédation humaine, chasse intensive pour la chair ou la fourrure, mais aussi par des actions indirectes telle que la coupe ou la plantation intempestive de bois, la transformation des terres ou la pollution. Le déplacement inconsidéré d'espèces, sans prédateur dans leur nouveau milieu, pose également problème : (exemple le doryphore, le poisson chat etc.)

4. Autrefois, dans les temps anciens, les voyageurs qui partaient en mer, sans savoir ce qui allait arriver, avaient un sentiment de solidarité. Ils se regroupaient, ils se ménageaient. Les gens qui partaient en voyage avaient soin de voir avec qui ils allaient voyager. Ils veillaient à faire rapidement connaissance parce qu'ils se disaient que, bien sûr, ils n'avaient pas choisi leurs compagnons de voyage, mais, qu'après tout ils avaient un intérêt commun à développer une sorte de communauté solidaire. La même chose s'est produite pour l'homme, pour chaque homme. Mais cet homme, parfois par ignorance, mais souvent par vice, cet homme a triché et a changé la loi, la règle. Il a modifié, détruit, tué parfois ses compagnons de voyage. L'homme n'a pas compris assez tôt que l'on est tous, à savoir tous les êtres vivants, de la même nature et dans le même voyage.

L'homme a joué la science et a oublié la Connaissance. Cependant aujourd'hui mais encore plus demain il recherchera ses compagnons de voyage, mais les compagnons absents ne reviendront jamais. Les espèces animales et végétales détruites ne réapparaîtront pas. Les terres irradiées ne seront plus jamais vraiment cultivables et contribueront largement à notre empoisonnement généralisé. L'homme est le produit le plus achevé de la nature. Il ne diffère des autres êtres que par le degré, sur un mode quantitatif, et non qualitatif. Cette distinction devrait lui conférer quelques responsabilités particulières, comme le savent ceux qui ont la Connaissance. Depuis un siècle les hommes ont beaucoup fui leurs responsabilités. Ils ont développé la science, peut être par rejet de l'invisible ou par peur de la mort, ou plus simplement par appât du gain. A la lumière de ce que je viens d'évoquer brièvement, la première question est de savoir où nous conduit cette fantastique accélération des progrès de la science ?

« Tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, par ces choses se font le miracle d'une seule chose... »
Ce texte, extrait de la Table d'Emeraude et qui fait partie de notre rituel d'initiation, éclaire peut-être la réalité de l'univers d'une lumière que certains scientifiques commencent à cerner plus nettement. Pour formuler cela différemment on peut dire que plus les sciences progressent, plus les chercheurs découvrent des lois d'interdépendance. Les connaissances de astrophysiciens, par exemple, ont énormément évoluées.
Exemple : Nous savons tous que notre système solaire fait partie d'une galaxie appelée VOIE LACTEE. Hors la Voie Lactée serait composée d'environ deux millions d'étoiles semblables au soleil. Notre galaxie est une galaxie ordinaire, pas plus grande ni plus petite que les autres galaxies. Le nombre de galaxies identifiées à ce jour est supérieur à un milliard...
Autrement dit ce nombre est infini. Hors, dans notre seule Voie Lactée, sur les deux millions d'étoiles ayant toutes des planètes comme le système solaire, les savants estiment que 150 planètes minimum ont des paramètres identiques à notre Terre (âge, grosseur, positionnement par rapport a l'étoile centrale etc...)

Or maintenant la science a démontré que la vie se développait dès que les conditions adéquates sont réunies.
Quelle que soit la forme qu'elle ait pu prendre, l'absence de vie sur ces planètes est inconcevable.
C'est pour cela que des 1960 et même avant, des milliers d'antennes de radio astronomie, de radars, scrutent le firmament en permanence. Elles émettent aussi des messages et certaines d'entre elles couvrent 8 millions de fréquences simultanément. C'est le moyen le moins cher et le plus rapide pour communiquer avec d'autre s intelligences pour autant qu'il s'en trouve dans l'Univers.

En 1962 le physicien américain Arno PENZIAS a d'ailleurs enregistre des ondes radio nées du « bruit » du big bang. Ces ondes fossiles permettent de remonter non jusqu'au big bang lui-même, mais jusqu'aux instants qui l'ont immédiatement suivi. Tout cela pour dire qu'à ce jour, malgré une écoute humaine soutenue et attentive, aucun message n'est parvenu sur Terre. Pourquoi ? Seules deux réponses sont possibles :
• la première espère que les ondes radio mettent du temps pour voyager. Il faut 4 années pour atteindre l'étoile la plus proche, donc patience !
• la seconde exprime l'analyse de la réalité vécue jusqu'à ce jour. Si aucun message ne nous parvient, c'est que la vie a disparue de l'Univers.

La montée en croissance de la complexité de la vie, (dont l'homme est un acteur), aboutit inexorablement à la destruction totale de la vie. La forme la plus évoluée de vie terrestre c'est à dire l'homme peut tout dominer sauf une chose : sa propre domination ! Dans quelques décennies la Terre pourrait-elle devenir semblable à la Lune ? Ou bien l'homme triomphera-t-il de son plus mortel ennemi, c'est a dire de lui-même.

Il y a quelques mois, lors d'une enquête, je rencontrai un profane qui avait frappé à la porte de notre atelier.
Au détour d'une phrase, celui-ci évoqua le respect de l'aïeul comme étant une valeur que notre société n'assumait plus. Agés, nous mourrons généralement à l'hospice, a l'écart de la famille. Lorsque je demandai pourquoi, mon interlocuteur me répondit simplement que cela était dû à la dureté de l'époque…

Je suis persuadé que la vérité est ailleurs. Au bon vieux temps, c'est-à-dire avant le règne de la science moderne triomphante, les gens apprenaient leur propre identité ainsi que la place qui leur revenait dans l'ordre éternel des choses en considérant la succession des générations qui les avaient précédés. Pour le futur, la succession se poursuivrait à partir d'eux-mêmes, dans un avenir dont on pouvait prédire qu'il avait de fortes chances d'être tout semblable au passé. Si les membres des sociétés traditionnelles étaient si placides devant la mort, c'est, en dernière analyse, qu'ils avaient la certitude que leur nom et leur mémoire se perpétueraient à travers les familles de leur lignage. Cela existe encore dans de nombreux villages du globe, en Afrique, par exemple.

Aujourd'hui, la rigueur scientifique nous interdit de nous intéresser au lignage comme moyen de tricher avec la mort et nous avons du même coup renonce « naturellement » aux attaches qui liaient une génération à la suivante. Où nous a conduit cette rigueur scientifique, dont par ailleurs nous sommes si fiers ? Respect de l'aïeul, ces quelques mots aujourd'hui sont associés à un souvenir. Demain ils risquent d'être parfaitement incompréhensibles.
Il est tout à fait possible de conserver indéfiniment des embryons congelés et de les réimplanter aux générations suivantes. Etre le frère de son propre arrière grand père ne pose aucun problème technique. Par qui, selon quelle procédure, au nom de quels critères explicites ou implicites des limites peuvent-elles être imposées ?

L'évolution humaine a porté la science au pinacle alors qu'elle n'est qu'un pilier de notre intelligence. Cette erreur a rejeté dans l'ombre des valeurs plus importantes comme l'intuition, l'irrationnel, et plus simplement, le bon sens.
L ‘univers n'est pas « raisonnable ». Il est irrationnel dans le sens où il répond à des lois qui outrepassent notre raison.

En guise de conclusion et par souci de brièveté, je voudrai ajouter à cette planche quelques courtes lignes.
• La science, par sa nature, étudie et développe la suprématie unique de l'homme. Ses fins sont imprévisibles.
• Le dogmatisme remet prioritairement le destin des hommes entre les mains d'un tiers.. Ses fins sont connues et (trop) prévisibles.
Ces deux positions sont symétriques et constituent deux forces antagonistes qui régissent l'humanité. La franc-maçonnerie introduit l'existence d'une réalité d'un 3ème type. Elle conduit ses membres vers la Connaissance, grâce à la tradition, au rituel, aux symboles.

La Connaissance ressentie, éprouvée, vécue est une communion avec la vie. La Connaissance ne se consomme pas et ne s'amasse pas. Elle se transmet, elle se donne. Pour la définir au plus court, la Connaissance est la vision de la juste dimension de toute chose, de tout acte et de toute vie, replacée dans un contexte universel.
« J'ai trahi mon but si j'ai paru vous engager à admirer d'abord les hommes. Ce qui est admirable d'abord, c'est le terrain qui les a fondes. » (Terre des Hommes.)
J'ai dit.

Annexes
Définitions simplifiées :
METAPHYSIQUE :
Après la physique, car dans les oeuvres d'Aristote, cette connaissance était traitée après la physique.
Connaissance des causes premières et des premiers principes.
Théorie générale et abstraite.
Explication philosophique : la métaphysique du langage. Abstraction.
Caractère de ce qui est abstrait. Il y a trop de métaphysique dans cet ouvrage.
Trop abstrait : raisonnement métaphysique.

TRANSCENDANT :
Qui dépasse.
Une réalité transcendante est celle qui dépasse notre pouvoir de connaître :
un génie transcendant dépasse la moyenne des êtres humains.
Lorsqu'on parle de la transcendance de Dieu, on évoque un Dieu créateur, distinct de création, on s'oppose à l'immanence de Dieu, c.a.d. au panthéisme selon lequel Dieu serait présent au monde et à nous-mêmes, et par là même connaissable. La transcendance s'oppose à l'immanence.

RAISON :
Faculté de comprendre, de saisir les rapports intellectuels. En ce sens elle s'identifie à l'entendement. On oppose souvent, à l'instar de Pascal, la raison et le cœur, qui est la faculté du sentiment, mais il faut noter que Rousseau et Kant, à sa suite, ont identifié la raison avec le sentiment moral, manifestation pratique de la raison, ou raison pratique.
D'une façon générale, la raison se définit comme une faculté de comprendre, d'ordre non seulement théorique, mais aussi pratique et affectif (Max Scheler) :
l'esprit de finesse, qui nous permet de saisir, « par sympathie » à l'égard d'autrui la nature de ses sentiments, est une manifestation de la raison. (syn., esprit, en général.)

Source : www.ledifice.net

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A propos des agapes

17 Novembre 2014 , Rédigé par Françoise Lautman Publié dans #Planches

Recueils d'articles en rapport avec les banquets maçonniques ou profanes.

Personne, bien sûr, n'imaginerait un baptême, une communion, un mariage sans qu'un repas abondant et joyeux n'en réunisse les participants, un repas de fête! Même ces fêtes tristes que sont les enterrements s'accompagnaient dans la culture traditionnelle de collations plus ou moins abondantes dont la fonction n'était pas simplement de réconfort physique. II s'agit la de célébrations familiales et l'un des traits les plus constants de la famille consiste justement dans le convivium, le fait de manger ensemble. Tout anniversaire, toute réunion d'anciens d'une école, d'une guerre, toute fête amicale ou d'association ne sont-ils pas prétexte aussi à des repas plus ou moins ritualisés, plus ou moins somptueux, où le fait de manger ensemble paraît s'imposer si bien qu'on voit ces repas parfois s'improviser lorsqu'ils n'avaient pas été prévus soit que la tradition fut en déclin, comme les collations de deuil qui sont attribuées au monde rural du passe et dont j'ai été plusieurs fois témoin pourtant dans les années récentes à Paris, soit qu'elle ne soit pas encore bien établie comme les pique-niques « improvisés » mais déjà à plusieurs reprises par les animateurs des Ostensions de Saint-lunien en Limousin dans la forêt factice qui sert de décor à la rue principale avant sa destruction au lendemain de la fête. Ils suppléent au fait que justement aucun banquet officiel n'est prévu dans le cadre de ces fêtes d'origine religieuse mais dont les significations sociales se sont multipliées et qui mobilisent une part importante de la ville pendant plusieurs semaines.

Etudiant depuis plusieurs années les fêtes traditionnelles en Limousin et préparant par ailleurs une exposition sur les traditions de Noël, j'ai tout naturellement choisi la les exemples qui illustrent ces quelques réflexions sur les repas de fête.

Le banquet de la « Coupo Santo »

" II s'agit de la cérémonie la plus chargée de symboles des fêtes annuelles du félibrige. Je rappelle rapidement que le félibrige est au départ une école littéraire, pour la défense de la langue provençale, fondée par sept jeunes gens, dont Frédéric Mistral fut le plus célèbre, le 21 mai 1854, jour de la sainte Estelle ainsi devenue leur patronne et emblème du félibrige sous la forme d'une étoile à sept branches. La fête félibréenne de la sainte Estelle existe depuis 1876, lorsque le mouvement du début ayant pris de l'ampleur s'organise en association complexe de sept provinces (ou maintenances) présidée par un capoulié élu pour trois ans par les cinquante majoraux qui composent le consistoire, organe directeur du félibrige. Chaque province est un ensemble d'écoles ou d'associations ayant elles-mêmes leurs représentants élus. Pour apprécier cette complexité, autant que l'ampleur du territoire couvert qui est délimite par les Alpes, les Pyrénées et la Loire, il faut savoir que le félibrige comporte actuellement environ 2 500 adhérents. Le Limousin et l'Auvergne, limites nord des maintenances, n'en font partie que depuis 1912 et le poids de la Provence reste de fait prépondérant. II existe également toute une hiérarchie et variété de fêtes et concours dont les plus importants, les grands Jeux Floraux, ont lieu tous les sept ans. On y désigne un lauréat, le « maître en gai savoir » qui choisit pour sept ans également la « Reine » du félibrige, à la fois pour son charme et pour son talent à s'exprimer dans la langue régionale.

La fête de la sainte Estelle a lieu tous les ans à la Pentecôte et dure trois jours (élargis à quatre par diverses manifestations). Elle se tient chaque année dans une ville différente qui a à cœur de l'accueillir le mieux possible. La sainte Estelle eut lieu en 1985 à Saint-Junien, ville de 12000 habitants située entre Limoges et Angoulême, qui a la réputation d'organiser tous les sept ans depuis plusieurs siècles les fêtes les plus prestigieuses du Limousin à l'occasion des Ostensions des reliques de ses saints fondateurs (décor urbain, cortège historique...). Riches de ce savoir-faire festif et sous l'impulsion d'une municipalité de gauche contente de montrer aux tenants de la tradition et du catholicisme qui organisent habituellement les Ostensions ce qu'elle savait faire à son tour, les Saint-Juniauds transformèrent toute la ville en un rutilant décor par quartiers aux couleurs des sept maintenances. Des groupes folkloriques représentant chaque province les parcoururent le samedi après-midi en dansant avant d'assurer le lendemain le spectacle de la cour d'Amour. Diverses expositions sur les réalisations de chaque région, des démonstrations artisanales, des soirées théâtrales ont assuré une animation permanente pendant trois jours. La préparation en avait nécessité plusieurs semaines et le plus large concours de la population.

Pendant ce temps, à I’ exception de la Reine dont le rôle est de représentation et qui parcourait, en compagnie du maire et d'une petite délégation, les diverses manifestations, les félibres se livraient parallèlement dans les locaux administratifs à la gestion du félibrige : réunion du bureau, puis du consistoire, hommage aux majoraux défunts dans I’ année. . . Le contraste était total ! Ici, gravité des visages, austérité des tenues. . . les femmes félibres ou majorales réservent pour la plupart leurs robes régionales pour les soirées et le banquet ; mais aussi, âpreté entrevue des conflits entre les partisans passionnés de langues aux graphies insuffisamment fixées et aux moyens d'expansion culturelle toujours insuffisants. . . une vision plus ambitieuse aussi de la culture des pays de langue d'Oc que celle des groupes folkloriques qui traversaient la ville en dansant avec un bonheur inégal et un respect inégal des traditions aussi bien vestimentaires que musicales ou chorégraphiques. Le même parallélisme se retrouve le lendemain, la Reine, le conseil municipal, le sous-préfet, les autorités du félibrige parcourent les boulevards circulaires situés sur I’ emplacement des remparts de la ville ancienne. Aux portes de chaque quartier, les groupes folkloriques accueillis rituellement par le maire et la Reine se joignent au cortège qui va entendre à la collégiale la messe célébrée en provençal et dont la prédication, comme la Pentecôte et le régionalisme I’ imposent également, célèbre le don des langues ! Mais les Saintluniauds, recrus de préparatifs et de festivités, dorment encore et cette manifestation qui devrait être le trait d'union entre la célébration des félibres et les festivités de la ville, a peu de spectateurs. Le maire reçoit à déjeuner les majoraux et le comité d'organisation local. Le déjeuner se prolonge et la cour d'Amour est largement engagée quand les notables félibreens s'y joignent. Leurs places réservées ont par contre été prises d'assaut par les Saint-luniauds et les visiteurs des villes voisines. Les représentations théâtrales du soir, en langue régionale, plus difficiles à comprendre que les danses auront pour leur part surtout des spectateurs félibreens !

Le lendemain, lundi, Saint-lunien reprend le travail alors que les félibres tiennent le matin Ieur assemblée générale et a partir de 13 h le repas de la Caupa Santa au palais des sports transformé en salle de banquet. En 1985, il a duré jusqu'a 18 h. Plus de trois cents participants, une table de notables tenant toute la longueur et des tables perpendiculaires selon la disposition classique dans ce type de banquet; chaque participant trouve à sa place une assiette souvenir, produit des porcelaineries locales, qui porte le menu entoure des blasons des sept maintenances : salade composée, mousse de brochet, carre de veau, fromage de chèvre et clafoutis. Pour être agréable, ce menu n'a rien de pantagruélique et justifie difficilement cinq heures de table! Aussi sa fonction est-elle autre. II y a la une convergence de plusieurs systèmes de rites. Des rites civils d'abord : celui de la municipalité qui accueille ses hôtes avec largesse, comme elle I'a fait la veille pour le cercle plus restreint des majoraux, et qui offre un substantiel repas réalisé dans les deux cas par les meilleurs cuisiniers de la ville ; mais une municipalité de gauche qui a refusé avec énergie les exclusions souhaitées aux deux repas par les organisateurs félibreens. Ceux-ci souhaitaient rester strictement entre eux. Le maire a imposé ses invités, et parmi eux les ethnologues, qui n'avaient sollicité qu'un droit d'assister en spectateur et qui grâce a lui ont pu pratiquer pleinement l'observation participante ! C'est pour lui un moyen aussi de gratifier les membres du comité d'organisation local qui a travaillé durant des semaines à ces préparatifs mais surtout le principe même de fermeture était inacceptable dans le contexte politique local. Des rites de communion aussi, mis en place en 1876 par un Mistral dont le romantisme religieux s'est souvent manifesté à propos du félibrige : le nom même de félibres tire du récit selon saint Anselme de la discussion des docteurs de la Loi avec Jésus au Temple... le chiffre sept... la sainte Estelle qu'il n'hésitait pas à porter jusqu'au rang de la Trinité en tête de son testament rédigé au nom du père et du Fils et du Saint-Esprit et de la sainte Estelle !...

Ici, à la fin du banquet, les discours d'usage du maire, du capaulie, des assesseurs et syndics de la maintenance du Limousin, de la Reine, seront suivis d'une libation où chacun boit successivement à la Caupa Santa; ainsi feront ensuite les majoraux qui souhaitent parler, puis les félibres qui reçoivent ce jour la dignité de maitre d'œuvre pour services rendus à la langue régionale OU all felibrige et qui auront cette fois exceptionnellement le droit de prononcer quelques mots ; enfin, mais sans droit de parole, tout félibre qui désire participer à cette communion. L 'assemblée termine de bout en chantant l'hymne de la Caupa Santa dont le refrain est :

Coupe Sainte et débordante
Verse a pleins bords Verse à flots
Les enthousiasmes
Et l'énergie des forts
Les paroles confessent l'angoisse :
D'un ancien peuple fier
Et libre Nous sommes peut-être à la fin
Et si les félibres tombent
Tombera notre nation...

La coupe d'argent utilisée porte un symbole et une histoire ; Mistral qui la reçut en 1867 les évoquait ainsi : « En remerciant de l'accueil fait en Avignon au poète catalan Victor Balaguer exilé pour cause politique, les patriotes catalans et les amis de Balaguer ont offert au félibrige un présent de grand prix. . . C'est une vasque de forme antique supportée par un palmier. Sur le palmier s'appuient debout en se regardant I’ une l'autre deux gracieuses figures qui représentent deux sœurs la Catalogne et la Provence. . . » La base porte des inscriptions commémoratives et notamment le refrain d'une ballade de Balaguer « on la dit morte mais je la crois vivante ». Ces ritualismes et ces hiérarchies très stricts ont la même fonction intégratrice que l'exclusion souhaitée de toute participation extérieure et correspondent à deux soucis : 1) celui d'associer étroitement les simples félibres qui ont pu se sentir exclus des délibérations du bureau et du consistoire, tenues à huis clos, et donc des décisions et les séparer de la fête commune, superficielle, frivole presque, destinée au public non félibreen : guirlandes colorées et danses plaisantes. . . 2) après deux jours d'âpres discussions dans les diverses instances, restaurer le front commun de lutte culturelle pour un enjeu présente comme sacré... Ce dernier effet résulte aussi de la chaleur communicative d'un long moment passé assis ensemble, avec un repas au rythme assez lent mais bien arrosé ou les changements de place, les visites de l'un à l'autre, les conversations détendues occupent le temps. Tout cela contribue autant que le sentiment d'un combat sacré à ressouder les ententes sinon à apaiser les véritables conflits. Parachèvement de la séparation des deux fêtes, la félibreenne et la publique, temps fort de la mobilisation affective, le banquet s'achève dans l'euphorie par une soirée de chants et danses spontanés, entrecoupés de récits poétiques et de bonnes histoires, dans un jardin à l'écart de la ville, soirée appelée clairement « soirée entre nous » et annoncée dans les programmes comme réservée aux seuls félibres. Mais cette fois, le maire n'a pas besoin d'imposer les ethnologues ; nous avons été pressés de venir. . . de venir voir I’ entente et l'amitié... Le repas a joué le rôle que théoriquement la langue et la culture communes devraient jouer alors que la diversité des histoires et des enjeux actuels d'une part, I’ inégale habileté des uns et des autres à les maîtriser d'autre part, les rendent semblables à ces eaux qui séparent autant qu'elles unissent.

Une petite ville à vingt kilomètres de Limoges, bâtie autour du tombeau d'un ermite mort au Vé siècle, lieu de pèlerinage au Moyen Age sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle et encore actuellement visitée par des pèlerins venus de Bavière notamment où le culte de Saint-Léonard, patron des prisonniers et protecteur des chevaux, est en honneur dans plusieurs villes. . .

Depuis le XI" siècle, une confrérie traditionnellement composée de trente gentilshommes fut fondée pour honorer les reliques de saint Leonard. Plusieurs fois en déclin puis restaurée, ses derniers et actuels statuts qui remontent au 2 juillet 1890 consacrent un de leurs douze articles aux « fêtes dites civiles. . . le jeu de la Quintaine, de respectable usage, et le repas qui précède ce divertissement ». Cette fête qui a lieu le troisième dimanche de novembre éclipse les quatre autres manifestations religieuses annuelles. C'est le temps fort de la confrérie chaque année. La journée commence par une messe où les confrères et les fidèles vénèrent, c'est-à-dire baisent, les reliques de saint Léonard (en l'occurrence le crâne, ou chef, sorti de son reliquaire). Le repas, dans un des restaurants de la ville, était traditionnellement réservé aux seuls confrères et suivi des vêpres, après quoi la Quintaine (ici une maquette de donjon évoquant les prisons dont la protection de saint Léonard délivré) est portée en cortège devant les oratoires de rue consacrés au saint et au champ de foire pour y être démolie à coups de « quillons » selon un jeu équestre remontant au Moyen Age. A la tombée de la nuit, les confrères se réunissent une dernière fois pour chanter le Salve Regina devant la collégiale, à la lumière de torches de seigle appelées brandons dont on fait pour finir un feu de joie.

Le repas semble n'être qu'un mince épisode d'une journée si remplie mais, comme en bien d'autres cas, il était dans le passe l'enjeu d'un conflit entre le clergé qui trouvait qu'il absorbait les fonds de la confrérie au détriment des œuvres charitables et son temps au détriment de la spiritualité, et qu'il était occasion de beuverie ! Les confrères qui appréciaient la convivialité plus que les vêpres, prirent l'habitude, pour bien marquer la contrainte qu'on leur faisait de quitter la table, de venir à l'église avec leur serviette en écharpe et de la garder ainsi drapée pour toutes les manifestations suivantes de la journée : vêpres, cortège, Quintaine et Salve Regina... ce qui leur valut auprès de certains le surnom de « confrérie des ventres pleins ». L'évolution récente a conduit à supprimer les vêpres. Les repas sont mains copieux. Les épouses y sont invitées depuis quelques années. . . et les amis de la confrérie : musiciens bénévoles du cortège, prêteurs de chevaux pour le jeu de la Quintaine, voire l'ethnologue amicalement reçu... La gaieté y règne, on se montre les photos des précédentes manifestations, on s'y retrouve ensemble mais sans exclusive ni fermeture au monde extérieur. Ni les mets ni le temps consacré ne dépassent les limites d'un agréable repas festif mais les serviettes continuent d'être arborées comme une protestation de la légitimité d'être à table ensemble et d'en faire un temps fort de la journée autant (plus ?) que la messe et que la destruction rituelle et symbolique des forteresses d'oppression ! Les relations entre le clergé local et la confrérie continuent d'être tendues. II y a cela bien d'autres raisons liées à la politique locale et aux personnalités en présence (et des variations dans le temps qui accompagnent les changements de l'une et des autres). Mais la serviette insolente gardera-t-elle sa place ? Seul signe vestimentaire d'appartenance à la confrérie jusqu'à cette année (et seulement le jour de la Quintaine) elle se voit dorénavant concurrencée par une rutilante écharpe aux couleurs de saint Léonard, bleue et rouge, frangée d'or, sous l'influence des pèlerins bavarois solennellement invités aux dernières ostensions et qui en retour ont convié les confrères à des fêtes folkloriques dont la magnificence a stimulé leur sens du décor. Cette année, l'écharpe était arborée à la messe et sur la photo de groupe, la serviette gardant sa place l'après-midi. Si elle venait à disparaître au profit de l'écharpe, ne faudrait-il pas y voir un déplacement des enjeux de lutte entre le clergé et la confrérie, le goût du folklore primant désormais dans les motivations des confrères celui de la commensalité sans que cela suffise d'ailleurs à informer sur le sens réel de ce qui est en jeu dans l'affrontement d'un groupe de laïcs et du clergé et qui reste peut-être identique sous des formes différentes : le droit à des formes de culte et de sociabilité où les uns voient leur identité et leur dignité et les autres des archaïsmes et des plaisirs à la fois suspects.

Les repas et mets traditionnels de Noël

D'après les documents réunis par van Gennep, on ne faisait dans la plupart des régions qu'une légère collation à la veille de Noël. C'était un jour maigre. On mangeait des crêpes (lle-de-France, Bourgogne. . .) des gaufres (Est...) au des châtaignes rôties accompagnées de vin chaud ; en Auvergne, une soupe au fromage, dans la Charente, la Saintonge, des huîtres ou des escargots... C'est dans le Sud seulement qu'on rencontre le « gros .souper » (Provence, comte de Nice...) C'est un repas maigre mais abondant dont tous les éléments sont présentes, peut-être à la suite de réinterprétations tardives, comme symboliques. La table doit être couverte de trois nappes superposées et de trois bougies qui représentent la Trinité ; douze petits pains qui entourent un plus gros représentent le Seigneur et les douze apôtres. Ce menu maigre comporte sept plats correspondant aux sept plaies du Christ. Ce sont le plus souvent : morue, cardes, escargots, salade de céleri, fèves, etc. Ils sont suivis de treize desserts servis ensemble qui évoquent aussi le Christ et les apôtres et qui varient selon les villes mais comportent le plus souvent : la pompe à l'huile, les quatre mendiants (noix, amandes, figues, raisins secs), nougat blanc et nougat noir, pommes et melon d'hiver. . . le reste à l'avenant. . .

La table est garnie de coupes comportant du blé ou des lentilles mises à germer le 6 décembre, jour de la sainte Barbe. Elles ne sont pas destinées à la consommation mais à la protection et à l'euphorie. Si ces pousses sont drues, la récolte sera bonne. Autre rite de protection, celui de la bûche de Noël qui brule dans l'âtre et que le plus âgé doit bénir en versant sur elle un verre de vin et en invoquant la Trinité. On associe le plus jeune à cette bénédiction appelée cacho-fio. Cette bûche doit durer jusqu'au 26 décembre pour que l'année soit prospère et les brandons restants seront conservés pour leurs vertus protectrices. Dans certains cas on conserve aussi les miettes du pain calendal. En Auvergne ou en Languedoc, on laisse les restes sur la table pendant la messe à l'intention des morts. Dans le comté de Nice par contre, on brûle les restes du repas avant la messe, sinon il faudrait revenir les chercher après sa mort !

Dans la plupart des cas on prévoit une part de plus que de convives, la part du pauvre. On reçoit généreusement quiconque vient mettre la bûche au feu avec vous. C'est le jour des réconciliations et de la générosité dans beaucoup de régions. La bienveillance s'étend à tous ; dans le Nord et l'Est de la France, on donne double ration aux animaux ou on les conduit à boire au retour de la messe ; c'est leur réveillon !

Dans les régions de « gros souper » avant la messe de Minuit on ne faisait pas de réveillon après. En Auvergne, Limousin, Franche-Comté, Cantal, Dauphiné, etc. on faisait le réveillon à base de porc (souvent tue pour décembre) et de charcuterie ; dans le Sud-ouest, plutôt du breuf, oie et canard parfois en Beam, Roussillon, Bresse. . . mais le plus souvent l'oie ou la dinde traditionnelles sont au menu du lendemain.

Il se faisait également une grande quantité de tartes, rissoles et petits gâteaux de toutes formes, étoiles, croissants, animaux, bonshommes. On avait recours au boulanger pour tout cuire mais tout ne servait pas à la consommation immédiate. Comme les treize desserts du Midi, les petits gâteaux de Noël dont la coutume demeure encore vivace en Alsace sous forme de sables en étoiles ou croissants et de pains d'épices décorés d'un père Noël, se donnaient en présents. De petits gâteaux pointus appelés cugnots étaient offerts par les parrains et marraines à leurs filleuls. lIs passaient pour délier la langue dans l'Ouest, comme les gâteaux à cornes ou à pointes pour conjurer les maléfices dans l'Est. En Limousin et en Confolentais, une galette en pâte à pain cuite la veille de Noël passait pour avoir des vertus magiques. On pouvait en donner aux hommes et aux bêtes malades toute l'année.

On voit ainsi coexister les rites familiaux festifs ou manger des choses convenues à des heures inhabituellement tardives, avant ou après la messe de Minuit, relève de l'opportunité ou de l'observance chrétienne, et des symboliques surchargées d'interprétations, voire des pratiques magiques.

Les deux premiers cas de repas festifs dont nous avons parlé montrent que le repas est tout autre chose que ce qu'on y mange, sa place dans un rituel, le temps qu'on y passe, .la façon de partager, les discours et paroles échangées font partie du repas autant que les mets. C'est que nous avons abordé ici deux exemples de repas inscrits dans des stratégies sociales, la première d'intégration, la seconde de contestation.

Dans d'autres cas, au contraire, les symboliques peuvent être plus directement liées à tel mets ou à tel geste, c'est le cas des plats de fête traditionnels. Leur fonction sociale apparaît moins directement. Ces rites ne sont facteurs d'intégration que parce que d'autres les pratiquent pour les mêmes occasions. Le plat traditionnel devient alors en quelque sorte le signe mobile de I’ unité et le repas ritualisé apparaît comme la mise en scène collective de fêtes dont le caractère est jusqu'à nos jours, et d'abord, privé.

Pas de fête sans repas ! (extrait du livre La table et le partage)

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L’escalier qui ne mène nul part !

14 Novembre 2014 , Rédigé par P\ L\

Conte à dormir debout

Dans cette belle région du Limousin, il y a de nombreuses forêts de châtaigniers ; et comme d’en toute région les forêts et les bois ont généré au fils du temps des légendes, des peurs, et des croyances.

Le bois de la Drouille existe donc et n’échappe pas à la règle, j’apporte une précision pour dire que le nom original est le bois de la Trouille, nom qui fut déformé par le patois occitan, car il n’y a pas si longtemps, il y avait encore des loups. Ce qui distingue ce bois et qui vaut la peine d’en parler, ce sont les ruines d’une commanderie templière, au milieu de ces ruines, bien plantée dans la terre, il y a une tour octogonale encore en bon état. Dans cette tour assez haute pour dépasser la cime des arbres, un escalier en colimaçon monte jusqu’au sommet de la tour, mais débouche sur un mur, qui lui donne sur le vide.

Vous pensez bien que les habitants des alentours, ont depuis longtemps utilisé les pierres des ruines pour bâtir, granges et maisons, mais comme ils sont curieux, ils n’ont jamais touché à la tour octogonale. Les plus téméraires s’ont même montés jusqu’en haut, forcément butant sur le mur. Connaissant le talent des Templiers dans l’art de bâtir, ne comprenons pas cette particularité, de là est nait une légende, certains disant compte tenu de la mauvaise réputation des Templiers, que c’est l’œuvre du Diable et que c’est la porte des enfers, renforçant ainsi la légende par la crainte ; toujours est il que la prudence fut de mise. Les anciens avaient beau, le soir aux veillées, enrichir la légende en parlant de mystères interdits aux Hommes, cela ne suffisait pas à tiédir l’ardeur des jeunes plus téméraires, bien au contraire , la curiosité grandissait et il fallait pour les jeunes garçons, briller aux yeux des filles.

Ils furent plusieurs à tenter l’aventure. De nuit, individuellement, ils prenaient le chemin sinueux de la tour, et plus ils s’approchaient des ruines, plus l’imagination s’enflammait, avec les bruits de la nuit. Certains renonçaient, car la peur, paralysait leur jambes, et faisaient demi tour, d’autres les moins nombreux ou les plus fous, ou encore les plus curieux, gravissaient l’escalier en spirale, et au sommet se retrouvaient nez à nez avec le mur. Dans un premier temps, il ne se passait rien en apparence, en redescendant l’escalier, et suivant le caractère des uns et des autres, ils ressentaient une lassitude grandissante, et revenant au village, ils sombraient dans une profonde mélancolie. Bien entendu cela redonnait matière à la légende. Le temps passa et le nombre de curieux voulant tenter l’aventure, se raréfia, jusqu’à devenir inexistant. La tour et son escalier à vis, retombait dans le silence. Du village, la légende gagna les villages voisins, puis ceux du canton, et du département, à chaque fois s’enrichissant de plus en plus de faits issues de l’imagination populaire. Chacun apportant sa pierre !

Le temps passa, tout retomba dans l’oubli, la nature gagnait de plus en plus sur les ruines sauf sur la tour et à l’intérieur, l’escalier paraissait avoir été construit la veille, les marches elles même semblaient intactes de toutes traces de pas.
Vint un jour au village, un trimardeur, avec sa canne et son baluchon, il s’installa pour déjeuner à l’unique auberge du village, et entendit parler de la fameuse tour et de son escalier. Notre trimardeur étant disponible, après son repas, partit l’après midi à la recherche des ruines templières, préférant aborder le jour une région inconnue pour lui.

Après quelques heures de marche, il arriva aux dites ruines, inspectant les lieux, ne vit rien qui aurait pu devenir un danger pour lui, il s’engagea dans la tour, montant quatre à quatre l’escalier. En arrivant en haut de la tour, il ressenti un curieux malaise, depuis le début de son ascension, il se sentait de plus en plus léger, maintenant qu’il était face au mur, il avait l’impression de flotter dans l’air. Le moment de stupeur passé, voulant voir si le mur était creux, il toqua trois fois la pierre ; rien qui sonne le creux ; mais quelques instants après , il cru rêver en voyant la pierre changer , passant du noir des ans au plus clair de l’eau la plus pure comme un miroir de cristal, un peu hésitant, il tendit la main et constata, que sa main passait à travers le mur , disparaissant de sa vue. Bigre se dit-il ! Il n’était pas plus téméraire que vous et moi.

Finalement, voulant d’abord récupérer sa main, il trouva l’énergie pour entrer franchement dans ce rideau de pierre, en apparence seulement. Ce qu’il vit de l’autre côté, le laissa sans voix, mais aussi sans crainte, il était confiant, apaisé.

Ce qu’il vit, rien de ce qui ressemble à ce l’on peut voir sur Terre ; tout d’abord une Lumière douce, mais énergique, des formes vagues, n’étant ni des objets, ni des personnes, un vaste panorama de couleurs, en constant mouvement, il n’y avait pas de sol, mais néanmoins, notre trimardeur, semblait marcher comme sur la Terre. Dans son cerveau, c’était une ébullition permanente, son intellect ne pouvant rien expliquer et encore moins le rassurer, seul son cœur lui donnait le courage de ne pas faire demi tour. Il s’avança encore, et finit par distinguer dans ce qui semblait être un arc en ciel, une vague forme de ville, dans le lointain mais aussi, paradoxalement, très près. Bien inspiré par le souffle de l’Esprit, il sut que c’était la fameuse Jérusalem céleste, dès lors son cerveau trouva les réponses à toutes les questions qu’il se posait de puis des années.

Le temps étant sans importance, il ne savait plus depuis combien de temps, il avait quitté l’escalier en spirale, il reçu l’ordre de faire demi tour, tout comme il reçu le conseil de fouiller les ruines de la commanderie, car il trouverait le Nom Sacré et la Parole Perdue.

De retour sur le palier de l’escalier, il redescendit pour exécuter, ce que l’Esprit lui avait ordonné. Ecartant la végétation, déplaçant les pierres, peinant et suant, il finit par remarquer, un tumulus de pierre, arrangé en cercle, encore une fois, il dégagea les pierres anodines et trouva la Pierre d’achoppement, la clef de voûte, avec sa main il enleva la terre et les gravois, et ce qu’il vit, ma foi, c’était mieux qu’un trésor, mieux que le Graal, mieux que l’immortalité, il vit ce que beaucoup recherchent, le Saint Nom du Créateur !

Le lendemain, le trimardeur repris son chemin mais cette fois il savait où aller… vers la réalisation du Plan Divin !

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L’Ombre

12 Novembre 2014 , Rédigé par Gisèle MAN\ Publié dans #Planches

Tout le monde a déjà vu les ombres chinoises qui sont opposées à la lumière pour pouvoir être représentées sur un mur.
L’ombre permet de calculer la distance ou la hauteur par rapport au soleil.
Elle permet aussi de connaître l’heure sur les cadrans solaires. L’expression bien connue : « être dans l’ombre de quelqu’un » a un côté péjoratif où il semble que cet autre placé devant prend toute la place, les honneurs, la lumière. Mais dans ce « rôle » absolument négatif, il couvre, protège, le temps peut être qu’à maturité nous arrivions à toute notre plénitude. L’ombre du cabinet de réflexion où le profane se trouvant aux entrailles de la terre est en voie d’initiation, et où durant ce laps de temps, il médite et se fait à cette ténébreuse. Elle l’entoure et semble se mouvoir. Il devra dans cette caverne faire la distinction entre l’apparence et la réalité, et croire en la lumière, car « c’est la nuit qu’il est beau à la lumière » ( Edmond Rostand – Cyrano de Bergerac) Il aura un symbole dans cette « caverne » devant les yeux, qu’il ne comprendra pas tout de suite : un coq, qui annonce le lever du soleil, la lumière, la connaissance. Les rites initiatiques de l’antiquité comportaient des épreuves nocturnes : le postulant traversait une mort symbolique dans un lieu obscur, pour devenir un homme nouveau et renaître à la vie spirituelle. Pour connaître son autre facette, son moi intérieur. Un conte d’Andersen, l’Ombre, décrit la vie d’un dieu individu, dominé par les caprices féroces de l’ombre, équivalent au reflet du double. L’ombre fait peur et nous suit du début à la fin de notre vie. Elle s’oppose à la lumière et représente les choses fugitives, cruelles changeantes.

Elle mime notre parcours, nous reflète.
Elle devient notre entité, notre âme.
Celui qui perd son ombre a vendu son âme au diable, dit-on !
L’ombre est souvent liée à la mort. les morts n’ont plus d’ombre.
L’absence d’ombre s’explique chez certains personnages chinois de trois façons :
Par la perméabilité du corps à la lumière
Par la sortie des limitations de l’existence corporelle. C’est la condition des immortels
Par la position centrale du corps à l’aplomb du soleil au zénith. Dans cette position le corps n’a plus d’ombre la voix plus d’écho.

Les grecs célébraient les sacrifices à midi, à l’heure sans ombre. Cela confère une image d’éternité au moment solennel. Pour moi l’ombre représente le secret, le côté obscur et caché des choses, avec les promesses d’indices amenant à la clarté, à la lumière... Je l’associe aux ténèbres, à la terre, aux entrailles, aux démons, à l’autre envers de nous qui nous révulse. Au tréfonds de soi. Au repliement. Au déni. L'Ombre nous met face à tout ce que nous haïssons, depuis les contenus obscurs de notre inconscient jusqu'aux reflets de notre monde. L'Ombre c'est ce que nous rejetons, ce que nous refusons obstinément de voir. Mais il semble que l’on peut se noyer dans les ténèbres, disparaître, passer inaperçu.
Le temps passé à se parfaire, à apprendre et tel un papillon, enfin un jour, éclore.
L’ombre représente aussi la lune. Et en loge quand le soleil est au Nadir, il est minuit. A cet instant la lune est supposée donner tout son éclat.

L’éclat de l’ombre !

D’après les anciens rituels, les trois lumières de la loge sont : le soleil, la lune et le Maître. La lune représentant en loge le secrétaire, opposé au soleil qui lui représente l’orateur. La lune, est placé à la gauche du Christ sur la croix. Elle figure « croissante » dans le « Tableau d’Apprenti » et également dans le « Tableau Compagnon ». Elle est associée symboliquement à l’eau. L’ombre comme la lune sont considérées magiques, maléfiques, mais indispensables. Elles ont une action sur toute chose de la terre en opposition aux aspects bénéfiques du soleil. La lune représente l’Argent, le soleil l’or. Le mal, le bien. Toutes les gnoses reposent sur ce conflit latent, elles présentent le chemin de retour de l’âme vers la lumière, comme constitué d’alternances entre phases sombres et phases claires. Négatif – positif. L’ombre est un reflet, une image en négatif de la lune. Puisqu’elle est ombre, elle ne peut que rester parterre, sur ce chemin où l’on va retrouver les symboles «noirs et blancs» des damiers et des échiquiers, des pavements sacrés, des labyrinthes sur le sol des cathédrales, du côté noir et du côté blanc etc. Sur ce chemin où l’on voyage vers la lumière de la connaissance, parfois entre la droite (lumineuse, aurorale) parfois entre la gauche (obscure, crépusculaire). Ces deux directions se révèlent être l’Orient et l’Occident de l’âme. L’Occident est relatif au corps et l’Orient à l’âme universelle, à la forme et à l’origine de la lumière par opposition à l’Occident qui est le monde des ténèbres. La lune par ses phases croissantes, se renouvelle, et évoque la résurrection le renouveau. L’ombre nous retient à nos métaux.

L’ombre noire, le yang, le mal.

Mais le Bien et le Mal peuvent être considérés sous leur aspect énergétique, à savoir énergie positive et énergie négative, plutôt que bon et mauvais
Les grottes, les tombes, ces lieux obscurs et plus encore l’enfer. Là où brûlent nos âmes. Les entrailles chaudes de la terre, refuges pour certains. Lieux symboliques et de méditations pour d’autres. La terre regorgeant de richesses, de métaux précieux… Dans la nuit de l’âme, seule brille l’étoile-guide (étoile polaire, étoile des bergers, des Rois mages) l’étoile est l’image symbolique de la lumière salvatrice. Lumière et ténèbres sont les deux faces d’une même réalité. La lumière voile en dévoilant, les ténèbres dévoilent en voilant. La lumière engendre et dissipe ses propres ombres, mais elle est formée d’opacité. Leurs couleurs sont symboliques : L’or ou le jaune représentant le soleil, représente le Sud, la pureté, la lumière céleste , ou le souffre, la trahison, l’adultère. Le noir représentant les ténèbres, symbolise le Nord, le froid, l’obscur, le symbole du néant, de l’erreur, de ce qui n’est pas et s’associe à la nuit, à l’ignorance, au mal, à ce qui est faux. En fait « Il y a des gens qui n’embrassent que l’ombre ceux là ne possèdent que l’ombre du bonheur (« le Marchand de Venise » Williams Shakespeare) Sa couleur charbon évoque le processus de la combustion, et renferme une idée d’une autre vie. L’étude des ombres paraît avoir été l’une des bases de la géomancie antique et de l’orientation. L’orientation est un symbolisme cher au Soufisme, lui permettant en respectant le rite ternaire de trouver la lumière d’Allah au sortir de leur cellule obscure. Je n’ai pas de conclusion à ce que je viens de vous dire, car tour à tour je suis dans l’ombre, d’autres fois dans la lumière. Beaucoup de travail à faire pour sortir de la grotte où je voudrais dominer les ténèbres, et trouver la clarté, la voie et maintenir le cap.

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L’Ombre en quelques aspects

7 Novembre 2014 , Rédigé par M\ B\ Publié dans #Planches

Définition du Littré : Espace privé de lumière par interposition d’un corps opaque.
De ce mot découle : Sombre, Sombrero, Pénombre, Ombrage, Ombrageux.
A noter que « Hombre » en espagnol n’a rien à voir avec le sujet de ce soir.
Si j’ai choisi de vous parler de l’ombre, c’est parce que ce thème est peu traité en Loge, et vous le verrez j’espère, il ne manque pas d’intérêt.
Je vais donc essayer, avec votre aide, de faire toute la lumière sur le sujet de cette planche.
Comme vous pouvez le constater, dans nos Loges, l’ombre est peu présente.
C’est curieusement un lieu, bien que peu éclairé, qui ne comporte pas d’ombre.
Je pense que le Rituel, bien fait à maints égards, à veillé symboliquement à cela.
C’est sans doute parce que nous sommes là pour faire la Lumière sur tout ce qui nous entoure. Je reviendrais à la fin de cette planche sur cette façon que nous avons, tous ici présent, de faire la lumière sur tous les sujets que nous y traitons.
Une ombre symbolique est toutefois présente et bien visible ici.
Si vous regardez derrière moi, vous allez voir, sans plaisanter, la Lune et sa représentation.
On aurait pu la représenter pleine, ou noire. Non, c’est une Lune de 5 jours, soit à la fin du premier quartier. Les Compagnons apprécieront. La partie éclairée est en direction du Soleil, bien évidemment, mais aussi du VM.

L’ombre a été utilisée positivement, encore maintenant, dans de nombreux domaines
Pour placer la pierre d’angle de nos cathédrales. Le Gnomon au solstice d’été, forme une ombre qui donne l’alignement de l’Orient.
Dans les cadrans solaires, c’est l’ombre du style qui donne l’heure et même la date.
Nous n’oublierons pas le Parasol et son ombre bienfaisante.
Dans ces exemples, l’ombre est utilisée de manière noble.
Nous allons voir qu’il n’en est pas toujours de même.

Les expressions qui utilisent l’ombre négativement sont nombreuses
Quelques citations :
« Cet homme n’est plus que l’ombre de lui-même », signifie que cette personne qui éclairait son entourage, ne rayonne plus.
« Il le suit comme son ombre » indique une personne qui suit, donc en retrait.
Un peu argotique « Après ses forfaits, il a été mis à l’ombre ». En prison.
« Dans ce dossier, il reste des zones d’ombre ». Tout n’y est pas clair
« Celui-là porte ombrage à tous » en parlant d’une personne qui prend trop de place.
« Les traîtres restent dans l’ombre » n’est ce pas pour mettre davantage en relief la Lumière ?
Toutes ces expressions sont péjoratives, comme si l’ombre avait quelque chose de vil.

Voyons maintenant que font nos artistes de l’ombre
Je ne citerais que deux exemples :
Jacques Brel dans sa chanson « Ne me quitte pas » demande à n’être que peu de choses :

… Laisse moi être l’ombre de ta main l’ombre de ton chien…

S’abaisser à ce point est l’expression d’une grande douleur morale.
Nicoletta, dans sa chanson : « Il est mort le soleil » dit :

Il est mort, Il est mort, le soleil L'ombre est sur ma vie, Dans mon cœur, la pluie Et mon âme s'habille de gris.

Elle exprime ici qu’elle a perdu l’amour de sa vie. Comme dans la chanson de Brel, l’ombre est une douleur, mais d’amour cette fois. Je traiterais un autre exemple poétique un peu plus loin.

Et nos grands auteurs comment utilisent t’ils l’ombre
« Dans l’ombre de la nuit, cache bien ton départ » dit Corneille dans le Cid
« Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence » dit Racine dans Britannicus
« La nuit vient m’envelopper de ses ombres » Fénelon dans Télémaque
« J’ai besoin du silence et de l’ombre des bois » Poème de Boileau
« Dès que la nuit plus sombre, aux crimes des mortels viendra prêter son ombre » Voltaire dans Zaïre
Que de beaux vers et de belle phrases ont servi ces ombres là aux multiples significations !

Examinons ce qu’en pensent les Psychanalystes et Métaphysiciens
MTCF, respirez profondément et soyez attentifs, c’est un peu ardu :
Dans leurs explications, ils définissent l’archétype fondamental du « Moi » en trois parties :
Persona, le personnage social,
Anima, part féminine de l’homme ou Animus, part masculine chez la femme,
Ombre, la part cachée de l’individu,
Et de préciser que cette intégration se fait grâce au dialogue entre conscient et inconscient.
Un autre archétype dit fondamental est l’Ombre, constituée par les refoulements inconscients liés aux fonctions psychiques élémentaires.
Elle rassemble tous les complexes psychiques estimés comme négatifs par la conscience au sens moral du terme. La plupart des hommes ignorent leur « ombre » voir même jusqu’à l’existence de cette ombre. Et Jung explique :
« L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais.
Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection… »
René Guénon, pas toujours en accord avec Jung, partageait sa vision sur ce sujet.
Je ne vous ferais pas l’affront de vous demander si vous savez quelle est votre part d’ombre, mais il est intéressant pour chacun de savoir qu’elle existe et d’y penser pour la contrer.

Pour cela, rappelons-nous le tout départ de notre voyage Maçonnique
Le Cabinet de réflexion, commencement du voyage.
C’est bien là un endroit ou l’ombre règne.
Cette bougie dont la flamme vacille, donne des ombres peu rassurantes.
Il semblerait même que tout est fait pour inciter le profane de quitter les lieux.
Pourtant, avez-vous jamais eu connaissance d’un profane qui se soit enfui du Cabinet de Réflexion ? Pour ma part, je n’ai jamais rien entendu de la sorte.
C’est sans doute la ténacité de celui qui a frappé à la porte du Temple qui en est la preuve et lui fait espérer et s’obstiner à patienter, malgré ces ombres qui dansent.
L’Apprenti sera ensuite placé sur les Colonnes du nord. Non pas à l’ombre, mais dans une pénombre sereine, celle distribuée par les trois fenêtres grillagées.
Celles-là même qui vont lui permettre de ne pas être ébloui par la lumière de l’Orient.
Si l’apprenti est placé en loge dans la partie la moins éclairée, la pénombre du septentrion, c’est qu’il n’est pas encore à même de recevoir cette lumière de connaissance.
Il doit d’abord étudier les symboles présents et en découvrir la signification.
C’est ce travail, étapes par étape, guidé par le second Surveillant, qui peu à peu, va écarter ce voile d’ombre qui s’interpose entre lui et la lumière.
En effet ces étapes s’acquièrent, lentement, les unes après les autres, car si l’apprenti venait à s’exposer trop vite au soleil, non habitué aux rayons de cette connaissance, il brûlera à cette lumière trop intense.
C’est donc progressivement qu’il passera de cette pénombre aux lumières d’un certain savoir.
J’écris « pénombre » mais j’aurais pu écrire « peine ombre » tellement le travail est ardu.
Et je dis « aux lumières » car malgré un travail acharné, la lumière restera toujours bien loin.
Mais il deviendra quand même, un homme éclairé qui rayonnera.
Au premier degré, on peut poser la question « qu’est ce que la Franc-maçonnerie ? »
et d’obtenir cette réponse : « C’est une alliance universelle d’hommes éclairés….et je suis FM depuis que j’ai reçu la lumière »
Mais revenons à l’ombre, sujet de ce travail.

Intéressons-nous maintenant au Poétique, Positif et Maçonnique de l’ombre
Nous avons vu plus avant, que l’ombre pouvait être utilisée à des fins nobles.
C’est ce qu’en fait très bien Johann Wolfgang Goethe ( 1749-1832) dans sa nouvelle « Le serpent vert ».
Ce roman, dont il a été donné beaucoup d’interprétation, ne laisse aucune équivoque sur : l’utilisation de l’ombre, sa signification et son rapport avec ce qui nous occupe.
Je ferais donc plusieurs parallèles entre des passages de cette nouvelle et la FM.
…J’ai le beau rôle, car je ne serais pas démenti, puisqu’il n’y a pas de thèse officielle aux interprétations de ce roman, mais si vous plongez dedans, vous serez vite éclairé.
Donc, dans cette histoire, coule un fleuve, dit d’argent … que l’on peut comparer au fleuve de la connaissance.
Comme tout fleuve, il a deux rives … que l’on identifie comme : Coté profane et Coté sacré.
Au départ, ce fleuve n’a pas de pont. Il est donc impossible de passer d’une rive à l’autre.
Mais il y a là un géant, bon génie, qui chaque soir s’assoit sur la rive occidentale.
Les voyageurs qui le savent et qui veulent, sans se mouiller, passer sur l’autre rive, viennent s’asseoir sur son épaule avant le coucher du soleil.
Le soleil descendant sur l’horizon de l’Occident, fait passer l’ombre des voyageurs sur l’autre rive, vers l’Orient et la connaissance.
N’est-ce pas là, une belle utilisation de l’ombre. Il est à noter, que le retour n’est pas possible. On ne revient pas sur la connaissance acquise.
Je vais donc faire un premier parallèle avec ce qui se passe dans nos Loges bleues.
Les travaux y commencent à midi plein et se terminent à minuit.
On peut comparer les Colonnes du Nord et celles du midi aux épaules du géant.
Ce qui veut dire que nos ombres, sans que l’on s’en rende compte, sont portées vers l’Orient par le soleil couchant, vers la lumière.
On notera, que plus on avance en Maçonnerie, plus les « orateurs » vont vers l’Orient.
Apprenti, les impressions d’initiation sont se font entre les colonnes. Loin de l’Orient
La planche d’augmentation de salaire se fait devant l’hôtel des serments. Proche de l’Orient.
Les planches de Maître sont lues, comme ici, de l’Orient, sous la clarté de la Lune.
Seul, l’Orateur est sous le Soleil.
Un autre passage de ce roman offre un second parallèle avec ce que nous vivons en Loge.
Goethe, fait traverser le fleuve à tous ces personnages … Suivons-les.
Ils sont maintenant sur la rive de la connaissance. Ensemble, comme avec Salomon, ils vont élever un Temple. C’est un Prince qui prendra la direction de ces travaux.
Plus tard, les travaux seront terminés, mais l’ombre sera encore présente dans cet Edifice.
Construire un Temple ne leur est pas suffisant, encore faut ’il l’animer, l’éclairer.
Il manque donc à ce Temple plusieurs éléments. Et d’importance.
D’abord, sont nécessaires, l’équivalent de nos Officiers. Comme ici en Loge : 3 la dirigent, 5 l’éclairent et 10 la rendent juste et parfaite.
Ensuite, il faut un chef, un responsable, quelqu’un pour diriger les travaux futurs.
Dans ce roman, ce n’est pas le Prince qui prend la tête de cette équipe car il à tendance à brandir le glaive trop facilement. Ce sera un homme simple et peu bruyant :
Un vieil homme qui entrera dans le temple, une lampe à bout de bras.
Cette lampe aura une particularité :
La lumière qu’elle dégage ne laisse aucune zone d’ombre.
C’est ce vieil homme et sa lampe qui vont apporter la lumière nécessaire aux travaux.
Et là, je vais faire un dernier parallèle avec ce qui se passe dans nos Loges bleues.
A notre entrée dans le temple, Apprentis, Compagnons Maîtres sommes tous dans le noir.
Entrent ensuite, une partie des Officiers. Enfin, Le VM entre en Loge précédé du Maître des Cérémonies et suivis par l’Expert. Mais surtout, il est accompagné de la lumière. Celle qui va éclairer nos travaux. Ce chandelier, porté haut, est le symbole de la lumière que doit dégager le VM. Celui par qui et avec qui, les zones d’ombre vont disparaître.

Pour conclure
Nous sommes des cherchants, ou des chercheurs et nous sommes encore dans l’ombre, et pour longtemps : Car il est dit que « les chercheurs travaillent toujours dans l’ombre. »
Décidément, elle est bien difficile à chasser.
Aussi, le VM va bientôt faire circuler la parole, et vous allez, par vos apports et vos questions essayer de supprimer les zones d’ombres de ce travail.
Et comme il sera dit à la fin de cette tenue :
« Que l’amour règne parmi les hommes » … pour chasser l’ombre entre nous bien sur.
Mais ça, c’est pour une autre planche.

J’ai dit VM

Bibliographie
- Le Serpent vert de Goethe - Patrick Dubrun - MdV Edition
- L’Initiation Maçonnique - Pierre Audureau - MdV Edition
- L’Homme et ses Symboles - Carl Gustav Jung - Robert Lafont
- Les états multiples de l’être - René Guénon - Editions Véga

Apport ultérieurs
...l'ombre peut aussi être un phénomène d'enchantement ou d'art éphémère quand des manipulateurs l'utilisent pour créer toutes sortes d'images, les ombres chinoises, qui ne s'y est jamais essayé ?...

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De l'Ombre à la Lumière

6 Novembre 2014 , Rédigé par D\ L\ Publié dans #Planches

Avant de recevoir la lumière et de travailler à l’ombre sur la colonne du septentrion, l’apprenti se trouve plongé dans les ténèbres que sa condition profane lui inflige : Les sens allégoriques des symboles Ombre, Lumière et de son antonyme Ténèbres ne feront pas l’objet de mes propos de ce soir. Tout au plus rappellerais-je que, en franc-maçonnerie, les Ténèbres sont assimilées symboliquement à l’Ignorance et qu’à l’inverse, la lumière évoque la connaissance; quant à l’ombre, celle-ci n’a aucune signification allégorique reconnue, si ce n’est pour évoquer l’ambiance dans laquelle se trouvent les apprentis sur la colonne du nord.

Je m’intéresserai d’avantage au principe d’opposition entre ténèbres et lumière dans un premier temps, pour étudier ensuite quels sont les pré- requis maçonniques qui facilitent le passage de l’ombre à la lumière.

Il y a un aspect quasi démiurgique dans l’opposition ténèbres - lumière. Le principe d’opposition binaire fondamentale est un outil qu’affectionne particulièrement la Franc-maçonnerie dans un but pédagogique. En effet, le manichéisme étant une attitude naturellement humaine, les oppositions fondamentales sont souvent sclérosantes dans la vie profane. La maçonnerie utilise celles-ci et en les rendant fécondes et nécessaires ( dixit le rituel d’initiation) pour nous orienter, soit vers le binaire de complémentarité, soit vers le ternaire.
Au grade d’apprenti auquel nous travaillons ce soir je citerai parmi ces oppositions fondamentales :

  • Lune et Soleil,
  • Noir et Blanc contenus dans le pavé mosaïque,
  • Equerre et Compas,
  • Nadir et Zénith,
  • Force et Beauté,
  • Sud et Septentrion,
  • Midi et Minuit,
  • Masculin et Féminin,
  • Ordre et Chao… Etc

La voie médiane proposée en loge réconcilie ces oppositions fondamentales en nous débarrassant du manichéisme, ainsi :

  • Le Delta lumineux symbole de la connaissance gnostique éclairant le monde figure à l’orient entre la Lune et le Soleil ;
  • Le Fil du Pavé Mosaïque enserre les cases Blanches et les cases noires dans une Harmonie bienvenue ;
  • La position de l’équerre et du compas forment le sceau de Salomon, symbole d’équité et de justice ;
  • Le fil à plomb, symbole de la descente en nous même, aide à faire la jonction entre le Nadir et le zénith alors que la table d’émeraude qui figure à l’occident, symbole d’Hermès Trismégiste, nous indique que « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » .
  • La sagesse préside à la construction de l’édifice, soutenue par la Force et Ornée de la Beauté ;
  • L’orient, où siège le VM, foyer de concentration des énergies des FF\ et de la loge, joint le septentrion et le midi ;
  • La durée de la tenue va de Midi à Minuit ;
  • La Spiritualité est Asexuée ;
  • Et le substantif AB joint ORDO et CHAO dans la devise « ORDO AB CHAO » du REAA car, chez nous, l’ordre est issu du Chao.

Dès lors, pourquoi ne pas considérer l’ombre comme la voie médiane qui atténuerait l’opposition fondamentale entre Ténèbres et Lumière ? Ainsi , le chemin de l’ombre serait celui qui nous ferait passer des ténèbres à la lumière…

Revenons quelques instants sur le rituel d’initiation que nous avons encore vécu récemment : La noirceur du cabinet de réflexion prolongée par la cécité qu’entraine le bandeau sur les yeux du profane indique que celui-ci est plongé dans les ténèbres. L’impétrant triomphe des 4 épreuves sur les 4 éléments pour aspirer en sortir ; La lumière qui lui est demandée par le premier surveillant lui est brutalement assénée. Ainsi, la première manifestation de l’Initiation accomplie est le fait qu’on retire le Bandeau obstruant la vue du profane. L’aveuglement provoqué par la brutalité de la lumière fait donc suite à la cécité entretenue par le port du bandeau … L’apprenti a reçu la lumière initiatique, mais il est incapable de décrypter les enseignements de la F\M\ qui viennent de lui être donnés ou vont incessamment lui être communiqués au cours de la cérémonie.

A la faveur des yeux qui se dessillent, la lumière de l’initiation ne va pas éclairer autre chose que l’ésotérisme de la F\M\ ; non pas par exotérisme ; Au contraire ! La lumière fait prendre conscience au nouvel initié de la difficulté de pénétrer l’institution et d’en explorer les Arcanes… Ainsi l’apprenti est en droit de penser ; « je viens d’être adoubé , je suis Franc Maçon, donc fils de lumière et mes FF\ me reconnaissent comme tel… Mais je suis app, je n’ai que trois ans , je dois me taire, et je ne sais ni lire ni écrire… Et en plus on me demande de respecter le secret sur ce qui vient de m’être enseigné … mais tout ce qui vient de m’être enseigné est secret à mes yeux… ».

C’est à peine initié, et autorisé à s’asseoir dans l’ombre sur la colonne du septentrion, que l’app F\M\ prends conscience du chemin qui le sépare de la lumière. Un chemin qu’il soupçonne infiniment plus important qu’il ne l’imaginait avant son initiation…

Je voudrais dire ce soir à nos FF\ app que l’ombre de la colonne du nord est néanmoins le chemin le plus rapide pour tendre vers la lumière ; encore faut-il apprivoiser celle-ci afin de se repérer le plus rapidement possible sur la voie initiatique et ne pas s’y perdre ; Si, bien entendu, aucune leçon de Maçonnerie n’est à prodiguer dans le cadre de ce travail, je me permettrai de faire part des observations que j’ai faites au cours de mes 25années passées en FM. Tout au long de ce parcours, je me suis inspiré des FF\ que je pressentais comme les plus éclairés afin d’essayer, non sans difficultés d’ailleurs, de leur emboiter le pas sur la voie initiatique…

La première de ces observations est l’appropriation du langage symbolique et la compréhension du Rite ; A l’instar de la lumière d’ordre qui se répand au début de la tenue afin d’éclairer nos travaux, la compréhension du rite par l’appropriation de ses symboles permet à la lumière de se répandre en l’initié, d’éclairer en lui la finalité de la F\M\ et de lui faire comprendre l’institution, le Rite pratiqué et les symboles. Cette appropriation par chacun de nous est indispensable pour assurer la sérénité de nos travaux en les préservant des écueils des travers profanes. La progressivité garantie par les Rituels d’ouverture et de fermeture des travaux en loge dégage le temple maçonnique de l’espace temporel et sociétal en le prémunissant du Forum.

Le REAA entretient, par un juste équilibre, une spiritualité laïque propice à la diffusion de la lumière sur nos travaux ; Sa compréhension par chacun est donc une condition nécessaire, mais ô combien insuffisante ! En effet, cette lumière n’éclaire que les scories de notre condition profane. Cette profanité (pardon du néologisme) planerait sans cesse dans le temple si les adeptes ne cherchaient pas, par eux-mêmes, à déceler la vraie richesse qu’ils ont en eux. Le VITRIOL (Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée) du Cabinet de réflexion n’est pas autre chose que le « Connais toi toi-même et tu connaitras l’univers et les dieux … »

Aucun Maître Maçon, aucune Institution, aucun Ouvrage ne peut révéler autre chose que ce qui repose, à moitié endormi, dans le commencement de sa propre connaissance. Alors, le Silence imposé à l’apprenti, dans l’ombre de la colonne du septentrion, va se transformer petit à petit en véritable ascèse volontaire et méditative. Le VITRIOL est l’huile de la lampe qui éclaire la voie initiatique ; une voie qui ne mène nulle part ailleurs qu’à sa propre réalisation humaine ; autrement dit, la seule voie initiatique qui vaille est sa propre voie, sa propre initiation…

Prenons garde, la voie initiatique est un chemin long, tortueux et parsemé d’embuches… Il faut s’y engager avec prudence, mais détermination, car on a vite fait de s’y égarer voire de la quitter.

Cela m’amène à ma deuxième observation ; elle concerne l’assiduité, le zèle et le dévouement…

Nombreux sont ceux qui quittent la voie par inassiduité, entrainant ainsi leur désintérêt et leur démotivation. Les raisons de ne pas venir en loge sont bien plus nombreuses et évidentes que celles de venir y travailler. Mais la maçonnerie se pratique en groupe et le chantier d’œuvre a besoin d’ouvriers pour bâtir le temple idéal et seule la confrontation fraternelle de nos idées parvient à faire grandir celles-ci. Nous sommes dans un ordre, donc une institution de devoirs dont les droits ne confèrent rien d’autre que le droit de remplir d’autres devoirs. C’est pour cela que les FF\ les plus éclairés sont volontaires pour tout, tout en étant candidats à rien… Le Zèle et le dévouement sont les clés qui ouvrent les portes de l’élévation sur la voie initiatique. Le REAA comporte 33 degrés d’élévation et si l’apprenti est le premier d’entre eux, le grade de maître en est le troisième échelon.

La règle, qui est le premier outil qui nous a été montré le soir de notre initiation, nous indique que nous appartenons à un ordre, et ses 24 graduations nous confirment que c’est 24 heures sur 24 que nous y appartenons. Rappelons-nous ce que notre rituel de fermeture profère : « que la lumière qui a éclairé nos travaux continue à briller en nous pour que nous poursuivions en dehors, l’œuvre commencée dans le temple… » Et si La tenue commence à midi pour se terminer à minuit, cela nous indique que nous devons passer la moitié de notre vie à nous perfectionner tandis que l’autre moitié doit servir à l’amélioration de l’humanité.

La troisième observation que j’ai faite est que les FF\ \les plus éclairés que j’ai rencontrés, agissait dans l’ombre car ils sont souvent très humbles et très aimants. Il faut se méfier des apparences, les décors les plus resplendissants de notre institution n’ont pas droit de cité ailleurs, alors que le plus modeste en apparence cache parfois un très haut niveau d’élévation. De même, le bien parler en loge n’est pas l’utilisation d’un beau phrasé, mais l’usage du langage du cœur.

L’humilité est contemporaine de la lucidité car la gnose n’est pas le savoir ; au contraire ! L’art Royal ne se pratique qu’en remettant en permanence ses acquits en cause ; Le sachant est emprunt de certitudes alors que le sage est pénétré par le doute ; Ainsi, la seule conviction que j’ai acquise en maçonnerie, c’est celle qui consiste à ne pas douter du doute !...

La perfection ne peut être qu’un idéal à atteindre. Symbolisée par la lumière, elle revêt le manteau de la sagesse et se pare des atours de la vérité ; Mais bien entendu, elle est inatteignable, car nous sommes imparfaits! Seul l’amour fraternel dans l’altérité permet de passer outre nos imperfections mutuelles. La fraternité est le lien indéfectible qui unit les F\M\ quelles que soient leurs différences, leur situation profane, leur culture, leur religion ou leurs opinions…

L’amour fraternel permet d’entretenir à l’intérieur de soi la lumière initiatique qui, par irradiation, permet aux autres d’éclairer leur propre conscience, et de voir clair en eux même. Si la lumière d’ordre se répand de manière efficace en loge grâce aux compréhensions individuelles du rite et des symboles, l’amour et le sens de l’altérité de certains initiés répand, sur tous les FF\ de la loge, la chaude lumière de la connaissance. Celle-ci est partie intégrante de notre Egrégore et elle éclaire en permanence notre chaîne d’union, même lorsqu’ils sont passés à l’Orient Eternel.

Voilà mes FF, vous aurez compris que cette planche n’est que le témoignage d’une expérience intime, mon expérience intime…

A l’issue de celle-ci, je suis fermement convaincu que, malgré la stricte observance des préceptes de la Franc-maçonnerie, on ne passe pas de l’ombre à une lumière absolue, mais à un jeu d’ombre et lumière maitrisées ; Et c’est tant mieux, car je pense que l’ombre est absolument nécessaire à la mise en exergue de la lumière, qu’elle favorise le discernement et donne du relief à notre vie.

Malgré ces 25 ans de parcours, je ne sais pas si je suis plus éclairé qu’auparavant. Néanmoins, la voie initiatique a émulé en moi, le sens de la clairvoyance, ce qui m’a aidé à m’acclimater et apprivoiser l’ombre qui m’entoure et qui continuera de m’entourer, en tant qu’eternel apprenti franc-maçon ; quant à la part d’ombre que j’ai en moi, elle est le reflet de mon ignorance, et je ne l’ai pas supprimé. La F \M \, m’a cependant appris à l’accepter et à vivre avec; l’initiation a révélé en moi une aptitude à discerner ce qui est du ressort de la conscience qui m’appartient, que je contrôle et que j’essaie d’améliorer ; de ce qui résulte de mon inconscient qui ne m’appartient pas, que je ne contrôle pas, mais que je peux borner ; En quelques mots, mon initiation m’a permis de circonscrire cette part d’ombre et d’ignorance qui est en moi, et émuler la lumière de la connaissance, dont mes FF\ \ les plus éclairés m’ont gratifié .

Quant à savoir si je prodigue un éclairement, je ne suis pas apte à le dire… La seule chose que je sais, c’est que, comme le disait Saint EXUPERY : « On ne voit vraiment bien qu’avec le cœur car l’essentiel est invisible à nos yeux », autrement dit, mes FF\, le regard que je porte sur vous avec mon cœur me permet de voir infiniment plus de choses que ce m’autorisent mes yeux … 

 « Le maître qui va, parmi ses disciples, à l’ombre du temple, ne leur transmet pas sa sagesse, mais plutôt sa foi et sa tendresse. S’il est vraiment sage, il ne vous invitera pas à entrer dans le logis de sa sagesse, mais vous conduira bien plutôt jusqu’au seuil de votre propre esprit… » Khalil GIBRAN  

Source : www.ledifice.net

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Les Outils du Compagnon

4 Novembre 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Lors de mon initiation, lors de ma première entrée dans le Temple, le Rituel insiste sur le fait qu’ «ici, tout est symbole». La compréhension des symboles repose sur le différent vécu de chacun, de sa propre histoire. Les symboles s’interprètent à l’aide de clefs, suivant le niveau de nos connaissances. Par son étymologie, « symbole » nous renvoie à la représentation qu’en avaient les Grecs. Sumbolon, sumballein, signifie « joindre, rapprocher ».
Pour comprendre les symboles, l’esprit doit sortir des vérités acquises, et prendre du recul.
Mais surtout, il ne faut jamais oublier qu'ils sont l'expression d'une certaine forme de compréhension du monde, il appartient à chacun de chercher, de comprendre car la pratique des symboles est un langage qui parle à tout notre être. A chaque tenue, nous recommençons l’ouverture et la fermeture des Trav\ par les mêmes paroles et par les mêmes gestes, pour nous en imprégner jusqu’au plus profond de nous-mêmes.
Aujourd’hui les symboles sont des nouveaux Outils de bois qui sont confiés au récipiendaire, ils ne sont que figuratifs et symbolique, et sont aux nombres de Cinq remis à chaque différent voyage initiatique.
Rien de vraiment Opé\ ce qui exigerait des Outils réels comme en possédaient les Comp\ Opé\, premiers hommes constructeurs d’édifices fastidieux et magnifiques, qui avaient une lointaine et profonde connaissance. Ces Outils sont utilisés pour travailler sur soi et dans soi; le tout est purement Spé\. Certains de ces Outils, le Ciseau, le Maillet et la Règle avec lesquels j’ai dû travailler sur la Col\ du Nord me sont déjà familiers.
Mais je vais reprendre ces Outils qui à travers des différents voyages, vont m’indiquer le nouveau chemin à explorer.
Pour le premier voyage, le V\M\ invite donc le F\ Exp\à me remettre le Ciseau et le Maillet ;
- Le Ciseau est Passif à l’égard du Maillet, selon la tradition maçonnique. Le Ciseau, par son inclinaison, permet de retirer la quantité juste et parfaite. Il représente notre volonté et nous même.
Le Ciseau doit être guidé avec habileté et discernement, afin de mordre la Pierre profitablement. Il s’agit de parfaire la Pierre avec précision, prudence et humilité, et non pas de la faire éclater en morceaux par méprise. Il devra souvent être affûté afin de ne pas s’émousser. Il représente le travail fructueux, ainsi que les connaissances que j’ai pu acquérir durant mon apprentissage.
- Maillet est l’énergie agissante qui les met en œuvre.
Au cours de la cérémonie d'initiation, le V\M\ pose l'épée sur le récipiendaire puis frappe la lame de son Maillet. Mais il est comparable au marteau de Thor à un double pouvoir, celui de la génération et celui de la destruction, il donne à la fois la vie et la mort.
Ces Outils du premier degré, de mon premier voyage sont associé aux Cinq Sens, car ils constituent le moyen de contrôle indispensable pour cette recherche, ayant Cinq ans aujourd’hui, ils me permettront de polir la Pierre Cubique destinée à l’érection du Temple digne et élégant dont les initiées sont à la fois les constructeurs et les matériaux.
Cette paire d'Outils impose à la Pierre la volonté de l'ouvrier. D'une main, il frappe le Ciseau avec le Maillet pour tailler et créer une forme à la ressemblance de celle qu'il imagine. Le Maillet est donc associé à la volonté agissante. Il est utilisé au cours du rituel pour annoncer l'ouverture et la fermeture des Trav\, et pour demander la parole. C'est pourquoi il est remis au V\M\ et aux deux Surv\, il sert aussi à marquer le rythme du travail.
Pour tailler la Pierre, le Ciseau ou le Maillet seuls sont inefficaces et la complémentarité de l'Actif et du Passif est évidente dans le symbolisme.
Sous le témoignage du Sept\, de l’Or\ et du Midi, je découvre le premier cartouche des Cinq premier Sens : Vue, Ouïe, Toucher, Goût, Odorat.
Dans ce voyage je suis très surpris car pour moi les Cinq Sens sont la base fondamentale, de ma cuisine qui depuis sept ans, me tienne en alerte dans la recherche du bon et du beau.
Ce voyage symbolise la transformation du Brut, au Cube dont élégance doit être digne de l’édifice que la Fr\ Maç\ est appelé à construire, comment travailler la Pierre où soi-même, si l’on ne connaît pas la nature profonde des choses…
Tout comme la pensée du Grand Initié Socrate écrite sur le fronton du Temple Delphes en lettre d’Or ΓNΩΘI ΣΕAΥTON «Connais toi toi-même» et qu’il souligne en écrivant ;
«que la connaissance de soi, éclaire tout homme sur ce qu'il est et ce qu'il peut ; elle le sauve des illusions souvent funestes»
Le bon ouvrier est celui qui n’a de cesse de développer ces Sens pour pouvoir contrôler à l’aide d’Outils approprier la réalisation intérieure et extérieure.
Deuxième voyage d’instruction, muni de la Règle de la main gauche et du Levier de l’autre main.
- La Règle représente la loi morale inscrite dans la conscience et trace la direction de notre conduite dont nous n’avons jamais à dévier. La règle l’Outil Passif de ce duo rappelle que la loi morale doit toujours être le point d’appui de cette volonté. Elle sert à orienter l’action de juste manière et à la mesurer en profondeur. Elle symbolise également l’équité du jugement et la suppression de tous les préjugés.
- Le Levier, multipliant nos forces, nous permet de placer aux endroits utiles les pierres destinées à l’érection du Temple symbolique. C’est l’instrument Actif par excellence, auquel rien ne peut résister. Aussi, pouvons-nous affirmer qu’une volonté inébranlable, intelligente et désintéressée triomphe de tous les obstacles. Le Levier est la force de la réaction employée pour l’action.
Il est inerte, Passif par lui-même et ne devient Actif que par la puissance de celui qui d’une volonté supérieure l’anime qui l’utilise et qui est capable de «comprendre».
Il est un modèle symbolique important car il est:
Le point d’impact sur le la Pierre à déplacer
Le point d’appui sur le sol
Le point de la passion en soi
Le point est primordial car il est le centre de rotation, car associer au dictons des Maç\ Opé\ : «Si tu es le point dans le cercle, le carré et le triangle te seront connu»

Ce second voyage et associé aux Cinq Ordres Architecturaux
« Dorique, Ionique, Corinthien, Toscan, Composite».
Les trois premiers Ordres d’ailleurs s’apparente aux trois Maît\qui dirigent la Loge
Dorique pour le 1er Sur\ Force
Ionique pour le V\M\ Sagesse
Corinthien pour le 2nd Sur\ Beauté
Suivant Vitruve, les architectes, ayant remarqué que le pied de l'homme était la sixième partie de la hauteur du corps, transportèrent cette proportion dans leurs colonnes : « Quelle que fut la grosseur d'une colonne à son pied, ils lui donnèrent une hauteur sextuple, y compris le chapiteau. C'est ainsi que la colonne
dorique prit l'empreinte des proportions, de la force et de la beauté du corps de l'homme.
»
Ces Outils, de cet Art figurés à l’intérieur de notre At\, concourent à la construction du Temple que le Maç\ élève en lui, en perpétuant l’Art harmonieux de nos prédécesseurs telle une Col\ vivante qui s’élève vers les hauteurs tout en s’enracinant sur la terre.
Pour effectuer mon troisième voyage le F\Exp\ me remet le Fil à Plomb et le Niveau.
- Le Fil à Plomb suggère de rechercher la vérité dans les profondeurs des fondations aussi bien que dans les hauteurs du faîtage (ouvrage qui permet de joindre deux parties. Il doit assurer l'
étanchéité de la couverture d'un bâtiment
, ainsi que sa solidité), du Nadir au Zénith. Le tout en explorant ma propre personnalité est descendre au plus profond de ma conscience, et de contrôler la droiture et la vérité de mes sentiments, pour acquérir la connaissance de sois même, condition première du perfectionnement.
- Le Niveau fait allusion à l’égalité entre les hommes dans leur nature profonde et permet une recherche individuelle en profondeur. Il incite à ce mettre à la porté de tous et vous inspire la «modestie du Sage», quels que soit le progrès dans la voie initiatique…Pour Oswald Wirth la forme du Niveau est le rappel du signe Alchimique du Soufre. Le Niveau à un rôle de vérification de l’horizontalité, mais aussi de la verticalité. C’est un Outil de précision pour la recherche de la stabilité et de l’équilibre. Son nom vient du mot latin « libella » de la racine libra qui signifie balance.
Le cartouche de ce voyage est dédié aux Arts Libéraux sur lequel sont inscrit sous forme de classification ancienne du savoir humain ;
Le Trivium : Grammaire, Rhétorique, Dialectique.
Arts de la parole, ils ont fourni à la F\M\ les Mots de Passes, les Mots Sacrées, le langage convenu, l’alphabet secret, l’usage des initiales et les expressions « lire, épeler, écrire »
Le Quadrivium : Arithmétique, Musique, Géométrie, Astronomie.
L’existence même des Arts Libéraux remonte à l’époque du grand Initié Pythagore qui dans un fragment conservé à
Archytas
témoigne de l'existence de cette idée qui évoque un rapprochement de ces sciences.
Ces sept Arts représentent l’ensemble des Arts et des sciences humaines. On les retrouve sculpté sur porte centrale de la Cathédrale de Sens, sur la porte de droite de la façade occidentale de celle de Chartres, portail occidental de celle de Laon, ainsi qu’à Fribourg, œuvres majeures Maç\Opé\.
Le Niveau est un bijou mobile du Premier Sur\ qui à pour mission entre autre de former les Comp\.
Ces deux Outils sont plutôt des instruments géométriques. Ils permettent de vérifier la conformité de la réalisation, de l’élévation matérielle et spirituelle, aux principes énoncés par le plan de l’œuvre.
Si les deux Outils indiquent la verticale par le moyen du Fil à Plomb, le Niveau donne l'horizontale indirectement : il faut, pour l'obtenir, que le Fil à Plomb croise la base du triangle comme une perpendiculaire, qu'il divise ainsi le triangle en deux triangles rectangles semblables. La verticale s'obtient immédiatement : il suffit d'observer le Fil à Plomb immobile. Puis l'horizontale en est déduite : il faut créer un angle droit en ajustant la base du triangle au fil à plomb. Nous manipulons le triangle pour croiser sa base (le côté opposé à l'angle auquel est suspendu le Fil à Plomb) avec la verticale. La gravité permet de fixer la verticale à partir de laquelle nous déterminons l'horizontale. L'observation de ces Outils suggère une maîtrise sur le mécanisme par lequel nous nous orientons sur un plan vertical en déterminant ses deux dimensions, hauteur et largeur.
Pour mon quatrième voyage initiatique je possède une Equerre - L’Equerre se dit en latin « norma » qui signifie, règle, modèle ou exemple. Dérivé du verbe exquadrature signifiant équarrir, elle trace des angles droits et réunit l’horizontale et la verticale pour obtenir l’aplomb. Elle nous ramène directement au gamma Grec Γ symbole antique de l’Equerre et au G Latin, Cinquième consonne est l’initiale de la Cinquième Science :
la Géométrie
Je ne peux que souligner la célèbre devise inscrite au fronton de l’école du Grand Initié Pythagore, à Crotone (au sud de l’Italie) : « Que nul n’entre ici s’il n’est pas Géomètre ».
Symbole important des Comp\ qui figure au centre de l’Etoile à Cinq branches.
De tout temps elle fut utilisée par les Tailleurs de Pierre. Outil de contrôle dont les branches forment un angle à 90°, l’Equerre permet de vérifier avec une précision absolu la régularité des faces d’une Pierre, et de s’assurer que ses arrête forme bien entre elles un angle droit, donc rendre carré. Sans la vérification de l‘Equerre il n’existe pas de travail ordonné, donc pas de cohérence.
App\ on m’a montré l’Equerre comme l’une des Trois Grandes Lumière, en tant que Comp\, j’ai appris à m’en servir comme Outil de contrôle.
Dans le raisonnement, l’Equerre donne de l’ordonnancement dans les idées, afin que l’édifice tienne en place. Pour le Comp\, l’Equerre étant croisée avec le compas, il y a équilibre entre la Matière et l’Esprit. Le Comp\ est à mi chemin, il n’est plus dans les ténèbres mais s’achemine vers la sincérité et le discernement.
L’Equerre est le bijou mobile du V\M\ pour la rectitude et le Maillet affirme son autorité, elle correspond à l’union ou synthèse du Niveau et de la perpendiculaire, attribué respectivement aux deux Sur\.
L’Equerre est aussi le symbole de la science maçonnique pour le V\M\ chargé de former des Maç\ Parfaits, permettant de faire passer de la Pierre Brute à la Pierre Cubique.
Lors de ce voyage j’ai découvert les noms de Cinq Grands Initiées :
Moïse, Pythagore, Socrate, Jésus, Koung-Fou-Tseu.
Ces Hommes se sont efforcés, dans leur temps de répandre leurs enseignements, sous une forme exotérique afin que chaque Initiée en comprenne le sens ésotérique.
- L’exotérisme est la lecture naturelle qui en découle.
- L’ésotérisme une lecture que certains initiés peuvent décrypter à l’aide de clefs.
Pour le Cinquième voyage, ces les Mains libres de tout Outils Matériel que j’exécute en faisant le tour de la Loge en suivant le chemin des rayons du Soleil, et au pied de l’Or\ je découvre le dernier cartouche sur lequel la formule inscrite est «Gloire au Travail».
Je précisais plus «Outils Matériels», car dans ce voyage mes Mains, qui représente à leur tour le premier Outil de Travail de l’humanité, qui ont servi jadis aux Comp\ Opé\, la construction de merveilleux édifices. Aristote défini la Main comme étant l’instrument des instruments et Darwin naturaliste Anglais a écrit que «L'homme n'aurait jamais atteint sa place prépondérante dans le monde sans l'usage de ses mains»
De même, les proportions entre la paume de la Main et la distance entre les doigts, avec ou sans le pouce, respectivement appelées empan et palme correspondent aux proportions du Nombre d’Or, base de l’Etoile Flamboyante, et servirent de référence à la construction des pyramides d'
É
gypte, et du Parthénon. C'est à partir de ces proportions que les bâtisseurs de cathédrales utilisaient, pour leurs mesures, une pige constituée de Cinq tiges articulées.
Nos Mains munis de Cinq doigts sont des Outils qui nous permettent de concrétiser ce que notre intelligence conçoit, elles sont prolongement de notre Esprit, une sorte d’Outils naturel qui permet de prendre, tenir, donner, écrire et transmettre.
La Main a une fonction de service, elle permet d’exécuter les mouvements de la volonté ;
la deuxième fonction est sensitive car elle réceptionne et ensuite transmets au système nerveux les sensations.
Les pythagoriciens évaluaient les aptitudes d’une personne par les linéaments des Mains et du visage. Tous être est unique dans la multiplicité, ainsi nos Mains reflètent-elles le caractère unique de notre personnalité, ce que confirment nos empreintes digitales.
Par un positionnement de la Main, nous Maç\, nous nous mettons à l’ordre afin de nous faire reconnaître. Les gestes des bras et des Mains, accomplis par l’Equerre, rappellent à l’App\ qu’il a à rectifier ce qui doit l’être en lui pour le dégrossissement de sa Pierre.
Des scientifiques disent : « C'est par sa main qu'Il a réalisé son Œuvre conçue en sa pensée »; certains le nomment le G\A\D\l\U\. Comme vous le savez, ce n'est pas l'architecte qui a réalisé les plans de votre maison qui va venir la construire ; il va convoquer la main d’œuvre la plus spécialisée.
Pour chaque Maç\ le Trav\ constitue une véritable mission. Quelque soit la place occupé sur le chantier, même des plus humbles.
Le Trav\ devient une vertu sacrée de l’homme libre aux cœurs vaillants, et il protège de la corruption et du vice et nous assure la liberté et la vertu.
Ce Cinquième voyage marque l’achèvement d’une Alchimie d’un équilibre parfait entre notre propre Opé\ et notre propre Spé\, du labeur à la glorification du Trav\. Il vise également au perfectionnement, de plus en plus nécessaire, de l’homme et de la société. Je comprends donc bien pourquoi, la glorification du Travail n’arrive qu’au dernier voyage du Comp\.
A la différence de mon initiation, les Cinq voyages d’initiation du grade de Comp\ n’avaient plus le caractère d’épreuves, mais de figures représentant les Cinq étapes fondamentales de connaissances.
Lors de ces voyages, j’ai tracé dans le Carré Long, l’Etoile afin d’en découvrir la Lumière, et j’ai pu remarquer que le nombre du Comp\ apparaît fréquemment, le nombre Cinq (trois plus deux) nombre nuptial, est la fusion du premier nombre féminin deux et du premier nombre masculin Trois c’est le nombre sacré de ce grade. Il est le chiffre du milieu, l’axe central des neufs premiers chiffres, il est encore symbole de l’Homme.
Avant tout, le Comp\, a pour tâche de mettre en pratique ses connaissances, pour polir son Œuvre afin qu'elle soit en conformité en ses proportions et ses dispositions à l'image du ciel, et doit savoir se servir judicieusement de ses Cinq Sens, afin de pratiquer une introspection dès qu’il en sera nécessaire et de se garder des erreurs et de l'ignorance, se rapprocher les Arts libéraux, qui lui seront le guide le plus sûr dans tous ses actions. De même, pour les Ordres d’Architectures. Il doit accepter les préceptes des Cinq Grand Initiés :
Moïse, Pythagore, Socrate, Jésus, Confucius.
La Pierre cubique symbolise les progrès que doivent faire les Comp\. Solide le plus parfait pour élever un Temple immatériel à la Philosophie.
Pour finir la glorification du Trav\ n’est qu’au Cinquième et dernier voyage, car construire c’est bien cela : mettre dans son Œuvre ce qui est en Soi, après avoir mis en Soi ce qui est projeté dans l’Oeuvre. Au second degré je participe à la construction de ce Temple et en même temps ce Temple c’est moi. Je suis à la fois la Pierre, le Pilier, la Colonne et l’Edifice lui-même.
Travaillant sur ces nouveaux Outils remis au Comp\, je me rends évidement compte qu’ils sont des soutiens complémentaires à la réalisation de l’Œuvre : c’est en cela qu’il y a complément initiatique. En passant progressivement d’un Outil à l’autre puis en les assemblant cela me permet de travailler et de me retrouver avec moi-même. Le manque d’expérience et la méconnaissance des Outils et des techniques m’aurait pu mettre fatal ou à l’un de mes FF\travaillant à coté de moi sur le chantier. Car il n’y a pas de mauvais Outils, mais que des mauvais Ouvriers.
FF\ Comp\ Gloire au Travail …
Mais je terminerais par cette citation "ouvrir sa main, c'est ouvrir son cœur "
Alors MM \TT \CC\ FF\, ouvrons tous nos mains …

J’ai dis V\M\

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La Reine de Saba

3 Novembre 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers…

Depuis des siècles, la littérature et l’art, aussi bien en Orient qu’en Occident, se sont emparés de la figure mystérieuse de la Reine de Saba.
Nos lointains Frères opératifs ont sculpté ses traits sur le parvis des cathédrales de Reims, de Chartres et l’ont représentée sur les vitraux des cathédrales de Strasbourg et de Cologne. Elle a fasciné des écrivains comme Gérard de Nerval ou André Malraux, qui en 1934 survola le Yémen dans l’espoir de retrouver les ruines de son palais.
Elle a inspiré, nombre de peintres, de cinéastes et de compositeurs, comme Charles Gounod qui en 1862 immortalisa sa légende dans un opéra qui porte son nom et qui aux dires de certains, véhiculerait quelques valeurs maçonniques.
Mais qui est donc cette reine légendaire, dont l’ensemble des sources s’accorde à dire qu’elle était dotée d’une incroyable beauté, d’un fort caractère et d’une sagesse rare ?
« Sagesse, force et Beauté » voilà d’ores et déjà les trois grands piliers de la Franc-Maçonnerie.
Eh bien, mes Soeurs et mes Frères, partons à la rencontre de la légendaire Reine de Saba.
Il y a environ 3000 ans, dans un lointain royaume aux frontières indéfinies, entre l’Arabie Heureuse et l’Ethiopie, sur les rivages de la mer rouge, vit une jeune et belle reine.
Comment s’appelle t’elle ? Balkana pour les Yéménites, Balkis ou Bilkis selon la tradition coranique, Makéda selon la tradition éthiopienne.
Certains la dénomment également Cassiopée, l’associant à la reine éthiopienne du même nom dans la mythologie grecque.
Peut-être aussi possède t’elle quelques noms secrets car dans ces régions du monde, il faut paraît-il, afin d’échapper aux esprits malins, être muni d’un nom magique que l’on dissimule jalousement.
Son royaume est riche et prospère. Il a pour capitale la ville de Mârib, située dans l’actuel Yémen.
Son peuple, les Sabéens, contrôle, via les caravanes, le commerce des épices, de la myrrhe et de l’encens…les produits les plus chers et les plus recherchés alors, du monde méditerranéen. Les Sabéens administrent les pistes caravanières qui traversent toute la péninsule arabique pour rejoindre Gaza où les résines aromatiques, après avoir été vendues à prix d’or étaient transformées en onguents, drogues, cosmétiques et parfums.
Leur royaume est également ouvert à l’est sur l’Inde et sur l’Afrique.
Les Sabéens exportent aussi de l’or, cet or qui sert plus au nord à couvrir de gloire les pharaons.
Par ailleurs, ils maîtrisent depuis longtemps des techniques complexes d’irrigation des sols. Utilisant une topographie favorable, ils contrôlent la force des crues qui dévalent les montagnes, en période de mousson. A l’aide de digues et d’un réseau ingénieux de canaux, ils font converger cette eau si précieuse dans leur région, vers leurs champs.
Des voyageurs grecs égarés dans ce lointain pays parlèrent en termes élogieux et admiratifs de cette prospérité et du caractère verdoyant de cette partie de l’Arabie.
On trouve des mentions du « royaume de Saba » dans les annales de Sargon, roi d’Assyrie, au VIIIème siècle avant notre ère.
Les historiens pensent qu’il a existé à partir d’environ 1000 ans avant Jésus-Christ pour disparaître vers l’an 550 de notre ère, après deux siècles de conflits avec les Arabes et les Perses.
Cependant, des chercheurs ont retrouvé dans les inscriptions D’Arad-Nannar, l’un des plus ancien roi de l’Etat d’Ur, le mot Sabum dont on pense qu’il désigne l’Etat de Saba.
Si ce terme correspond effectivement à Saba, c’est la preuve que le royaume existait déjà en 2500 avant Jésus-Christ.
Le royaume de Saba fut donc bel et bien réel. Mais notre reine a t’elle existé ?
De fait, aucune source de cette époque n’évoque le règne, ni même l’existence de la Reine de Saba.
Tout au plus, quelques rares inscriptions cunéiformes assyriennes nous apprennent que des femmes ont gouverné pendant plusieurs siècles, des petits royaumes dans cette région du monde.
Le plus ancien texte évoquant « la reine de Saba » se trouve en fait dans la Bible, au chapitre 10 du Livre des Rois, probablement rédigé au VI ème siècle avant notre ère.
Ce tout petit passage de l’Ancien Testament, raconte brièvement la venue de cette reine dans le royaume d’Israël et sa rencontre avec le roi Salomon.
En 13 versets seulement, le récit biblique détaille les riches cadeaux offerts par la Reine à Salomon, puis comment elle fût impressionnée par le faste du palais, et la grande sagesse de Salomon après l’avoir éprouvée par des énigmes.
Elle eut, je cite, « le souffle coupé » à la vue d’une cérémonie dans le Temple de Jérusalem. Elle loua la Sagesse de Salomon et de Dieu qui l’avait choisi pour diriger Son Peuple. Puis elle s’en retourna dans son pays. Ainsi s’achève cette rencontre diplomatique.
Quelles étaient ces fameuses énigmes posées à Salomon ?
La tradition rabbinique a transmis une liste de questions attribuées à la reine dans le Targum Sheni d’Esther et dans trois Midrashim (Mischlé, ha Hefets et Ma’aseh Malkat Sheba).
On compte 22 questions de la reine au total, portant sur la conception, la filiation, l’identité sexuelle et religieuse.
Celle-ci par exemple : Que signifie, sept cessent, neufs commencent, deux offrent à boire, un seul a bu ?
Réponse de Salomon : Lorsque cessent les sept jours d’impureté de la femme, les neufs mois de grossesse commencent, les deux seins offrent à boire, et l’enfant boit.
Autre énigme, l’épreuve dite du « motif des jeunes gens » : La reine de Saba envoie au roi un groupe de jeunes gens, hommes et femmes, tous vêtus à l’identique, des larges vêtements que portaient alors les habitants de l’Arabie Heureuse, de sorte qu’il était difficile de les reconnaître les uns des autres. Elle demande alors au roi de les séparer selon leur sexe.
Salomon fit venir des grands vases d’eau de rose, invitant les jeunes gens à se débarbouiller après leur long périple jusqu’à Jérusalem.
Or, au premier geste, Salomon, reconnaît les jeunes hommes qui rapidement, prennent l’eau à pleines mains et se frottent énergiquement le visage.
Les jeunes filles qui tiennent à la pureté de leur teint prennent d’abord le soin de se laver les mains dans l’eau de rose avant d’attendre qu’on leur apporte d’autres vases pour se laver le visage.
Un autre récit rapporte que Salomon parvint à reconnaître une unique fleur naturelle parmi un bouquet de fleurs artificielles grâce à une abeille.
Le roi testa la reine également : Il la fit entrer dans son palais par une porte faite de verre et de marbre bleu. Le sol imitait si bien l’eau à cet endroit que la reine fut trompée. Pour traverser le bassin factice, elle remonta sa robe, dévoilant ses jambes.
Le roi Salomon aurait ainsi voulu vérifier si elle n’avait pas, comme le prétendaient certains, des jambes de boucs ou d’âne.
Il y a bien d’autres énigmes rapportées par ces textes anciens.
Au fil des siècles, certains exégètes ont fait de la Reine de Saba un personnage maléfique, considérant que par ses énigmes, elle a défié l’autorité masculine et donc menacé l’ordre du monde.
Ils diront aussi que, comme Dalila avec Samson, elle s’est rendue chez Salomon pour découvrir le secret de sa puissance et le détruire.
Mais pour d’autres, le texte biblique qui relate la rencontre des deux souverains cache des significations secrètes qui révèlent à l’homme un chemin de pensée et d’espoir.
La tradition juive a relevé que le roi et la reine portent en leurs noms, le symbole de ce qu’ils sont : Salomon, c’est Shalom, la paix.
Et Saba, qui se dit Sheva en Hébreu, signifie « l’ancêtre », donc le sage.
C’est aussi le chiffre 7, le jour du shabbat, jour de perfection et de sérénité.
Qu’en est-il de la Reine de Saba dans la tradition chrétienne ?
Le Nouveau Testament ne l’évoque que très brièvement.
Notre reine apparaît dans l’Evangile de Luc, sous le nom de « Reine du Midi » ou « Reine du Sud», au jour du Jugement dernier.
Voici ce que dit le texte : La reine du Midi se lèvera au jour du jugement avec cette génération, et la condamnera ; car elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon ; et voici, il y a ici plus que Salomon.
L’Evangile de Matthieu (12 ; 42) rend sommairement hommage à sa sagesse, je cite :
La reine du Midi, (qui) était plus sage que les Juifs du premier siècle.
La tradition populaire dans l’Occident chrétien, notamment au Moyen-âge, en a fait un personnage positif.
Souvent associée aux Rois Mages, venus eux aussi de l’Arabie heureuse, elle est l’incarnation de l’Eglise en route vers le royaume de Dieu.
Une légende médiévale racontait même qu’elle fut guérie d’une infirmité lorsqu’elle toucha le bois avec lequel allait être échafaudée, des siècles plus tard, la croix du Christ.
Et comme je le disais en introduction, elle a été immortalisée par nos lointains frères bâtisseurs, sur le parvis de plusieurs cathédrales, à Reims, à Chartres ou encore à Cologne…
Et dans l’islam ?
La reine de Saba est aussi présente dans le Coran sous le nom de Bilkis.
La tradition musulmane nous apprend que Bilkis n’était pas fidèle à Dieu et que son peuple, païen, se prosternait devant le soleil.
C’est pour cette raison que Salomon l’aurait invitée en envoyant sa huppe, oiseau légendaire, dans le but de la convertir au monothéisme.
Voici ce que nous dit la sourate 27 dite sourate des fourmis : " Je connais quelque chose que tu ne connais pas !
Je t’apporte une nouvelle certaine des Saba.
J’y ai trouvé une femme : elle règne sur eux, elle est comblée de tous les biens,et elle possède un trône immense.
Je l’ai trouvée, elle et son peuple, se prosternant devant le soleil et non pas devant Dieu.
Le Démon a embelli leurs actions à leurs propres yeux ; il les a écartés du chemin droit ; ils ne sont pas dirigés. "
Des archéologues et des historiens ont depuis prouvé que pendant plusieurs siècles, les Sabéens ont effectivement pratiqué des cultes astraux jusqu’à l’introduction du judaïsme (IVème siècle) puis du christianisme et l’arrivée de l’islam dans cette partie du monde.
On a notamment mis au jour à Marib, les ruines d’un temple dédié au dieu Lune.
Cependant, il existe une source qui place la reine de Saba au coeur de l’histoire de tout un peuple : il s’agit du Kebra Nagast.
Ce texte éthiopien rédigé en guèze, la langue du royaume d’Axoum, se présente comme la traduction d’un manuscrit trouvé dans l’Eglise Sainte Sophie de Constantinople.
En effet, le Kebra Nagast, reprend les récits de l’Ancien Testament enrichis d’une longue histoire établissant comment la domination d’une moitié de l’univers a été promise aux rois éthiopiens, descendants de Salomon.
Vous l’aurez compris, à la différence des autres sources, la tradition éthiopienne, affirme que notre jeune reine, après avoir succombé aux charmes du beau Salomon, lui donna un fils.
Pour le Kebra Nagast, Makeda, c’est son nom, était si belle que le roi Salomon lui proposa de l’épouser.
Mais elle refusa, car le roi avait déjà 300 femmes et 700 concubines, et elle voulait être l’unique femme d’un homme.
Il lui promit alors de ne plus la solliciter si elle acceptait de ne rien prendre dans son palais.
Dans le cas contraire, il aurait le droit de lui demander quelque chose qu’elle ne pourrait pas refuser. Makeda accepta.
Peu de temps après, Salomon fit donner un grand banquet, volontairement riche en viandes épicées, salaisons et autres sucreries.
A l’issue du banquet, la reine, se trouva incapable de dormir tellement elle avait soif. Salomon s’était arrangé pour qu’il n’y ait rien à boire dans ses appartements, aussi se mit-elle à la recherche d’eau.

Or, dans le palais coulait un ruisseau qui avait été détourné exprès.
Il lui permit de se désaltérer, mais quand la reine eut fini de boire, elle distingua Salomon qui l’observait.
Ce dernier lui rappela sa promesse et lui demanda alors de partager sa couche.
Elle décida peu après de se convertir et resta auprès de Salomon pendant encore quelques mois avant de se résoudre à regagner son lointain royaume.
Sur le chemin du retour Makeda mit au monde un fils, né de son union avec le roi d’Israël : Ménélik.
Il est le premier monarque de la longue dynastie des rois éthiopiens, la dynastie des Salomonides.
Aujourd’hui encore, cette légende est vérité pour tous les Ethiopiens.
Hailé Sélassié, dernier roi d’Ethiopie, assassiné en 1976, affirmait lui-même descendre de l’union de la reine de Saba et du Roi Salomon.
C’est d’ailleurs une des raisons qui poussèrent une poignée de Jamaïquains, dans les années 1930, à lui vouer un culte qui donna naissance à une nouvelle religion laquelle a fait depuis quelques millions d’adeptes : le rastafarisme, mais c’est là un tout autre sujet.
Sur un autre plan, certains ont vu, dans les Falashas ou Beta Israël, les célèbres juifs éthiopiens, le fruit des amours des deux souverains.
Mais eux-mêmes le récusent, prétendant descendre de la tribu de Dan, une des « Dix tribus perdues d’Israël », déportées par les Assyriens en 722 avant Jésus-Christ.
Pour le Kebra Nagast donc, l’union des deux souverains marque le début de l’histoire du royaume d’Ethiopie.
Mais l’histoire ne s’arrête pas au retour de la reine dans son royaume.
Le texte nous enseigne que le fruit de leur amour, leur fils Ménélik, fut élevé en Ethiopie.
Adolescent, il décida de se rendre à Jérusalem.
Une anecdote rapporte que la reine de Saba, lui aurait confié avant de partir, un anneau reçu de Salomon, pour que le roi puisse reconnaître son fils.
Voici ce que nous dit le chapitre 35 du Kebra Nagast :
Quand il le vit, le roi Salomon se leva et l'accueillit. Il ôta l'agrafe de son habit de son épaule et le serra de ses mains sur son visage, il
embrassa sa bouche, son front et ses yeux et lui dit : " Maintenant mon père David retrouve sa jeunesse, il est ressuscité des morts ".
Il revint à ceux qui l'avaient informé et leur dit: " M'avez vous dit: " Il te ressemble? ". Celui-ci n'a pas mon apparence mais l'apparence
de David mon père dans les jours de sa jeunesse. (…) Il revêtit son fils de brocart d'or, d'une ceinture en or, d'une couronne sur sa tête, de bagues à ses doigts. Il le fit asseoir sur son trône et dit à ses honorables d'Israël : " Vous médisiez entre vous et vous disiez que je n'ai pas d'enfant, regardez celui-ci est mon enfant, le fruit de mon sein que m'a donné Egziabeher, le Dieu d'Israël de qui je ne [l'] avais pas attendu ".
Ses honorables répondirent et lui dirent : " Que la mère qui a enfanté ce jeune homme soit bénie, que le jour où tu t'es uni à elle (…)soit béni. (…) Et pour nous ses serviteurs, il sera roi ". Et l'un après l'autre, ils lui apportèrent un cadeau.
Quand ils furent seuls, il donna à son père l’anneau que sa mère lui avait confié et lui dit : " Prends cet anneau et souviens-toi de ce dont
tu as discuté avec la reine. Et donne-nous le tissu qui couvre l'arche de l'alliance d'Egziabeher pour que nous nous prosternions devant
elle en tous nos jours, tous ceux qui sont au-dessous de nous et ceux qui sont dans le royaume de la reine ".
Et le roi lui dit : " Pourquoi m'as-tu donné l'anneau en signe?
J'avais déjà trouvé ton apparence à mon image avant que tu me donnes un signe car tu es mon fils ".
Le marchand Tamrin (qui accompagnait Ménélik) lui dit encore : " Ô roi ! Ecoute ce que ma maîtresse la reine de Saba, ta servante
envoie par moi: « Oins cet enfant, sanctifie-le, bénis-le, couronne-le pour notre pays et ordonne que ne règne plus de femme d'éternité en éternité et envois-le en paix. (…)
Le roi répondit : (…) La fille appartient à la mère et le fils au père.
Egziabeher a maudit Eve en disant : " Enfante avec douleur et pincement de coeur et après ton enfantement retourne chez ton mari;
enfante avec une promesse et après la promesse, retourne chez ton mari. Ainsi je ne donnerai pas mon fils, à la reine mais je le ferai roi
sur Israël car celui-ci est mon premier-né, le premier de ma dynastie qu'Egziabeher m'ait donné ".
Après cela, il lui envoya matin et soir de bons repas et des habits somptueux, de l'or et de l'argent et il lui dit : " Il est mieux de rester ici dans notre pays où il y a le temple où est l'arche de l'alliance et là où Egziabeher vit avec nous ". Mais son fils lui envoya [un message] disant : " Il y a de l'or et de l'argent; les habits ne manquent pas dans notre pays mais moi je suis venu pour écouter ta sagesse et voir ton visage, pour te saluer et servir ton royaume. Renvoie moi chez ma mère dans mon pays car il n'y a personne qui hait le lieu où il est né et la langue de son pays. (…)
Et même si je suis attiré par le pays qui ressemble au paradis, il ne peut pas réjouir mon coeur. Les montagnes du pays de ma mère (…)
sont mieux pour moi. Et si je sers l'arche du Dieu d'Israël là où je suis, cela m'honorera.
Je regarderai [vers] le Temple que tu as bâti; je sacrifierai et je servirai là où je serai. Donne-moi la frange de la couverture de l'arche de l'alliance, laisse moi me prosterner devant elle avec ma mère et avec tous ceux qui sont soumis dans notre royaume.
Car autrefois ma maîtresse la reine éliminait tous ceux qui adoraient et qui se prosternaient devant des idoles, des pierres et des arbres.
Elle les éliminera et les conduira à l'arche de l'alliance car elle t'a écouté et elle s'est laissée instruire, elle a fait comme tu as dit et nous adorons Egziabeher "(…) Salomon avait d'autres femmes et sans doute de nombreux enfants mais c'était la reine de Saba qui l'avait le plus impressionné.
Ménélik ayant promit à sa mère de revenir en Ethiopie finit par obtenir ce qu'il voulait de son père qui, dans l'espoir de voir son royaume s'agrandir vers le Sud, lui donna les premiers-nés de ses fonctionnaires afin que le royaume de Saba soit semblable au sien (…).
Or les premiers nés ne quittèrent pas leur pays de plein gré pour une contrée aussi lointaine. Le fils du grand prêtre Sadok, devant partir
comme tous les autres, s'était chargé de dérober l'arche de l'alliance qui se trouvait dans le saint des saints du temple de Jérusalem.
Ils emportèrent donc en secret avec eux l'arche, symbole de la puissance du Dieu d'Israël qui avait conclu une alliance avec son peuple élu, au temps de Moïse.
L'Ethiopie se réjouit de l'arrivée de l'arche de l'alliance et de l'élection du peuple de Saba, par le Dieu d'Israël.
L'arche de l'alliance fut appelée Sion, mezgeba Axoum, trésor d'Axoum.
C’est pourquoi, mes soeurs et mes frères, si vous vous rendez en Ethiopie, sachez que, selon la tradition populaire, l’Arche est toujours à Axoum, plus précisément dans l’église Sainte Marie de Sion, le sanctuaire copte le plus sacré du pays.
Elle est sous la protection d’un gardien qui est le seul autorisé à l’approcher et ne sort pratiquement jamais de l’enceinte de l’église.
Voilà donc pour la tradition éthiopienne.
Pour les F\M\ que nous sommes, il existe une version un peu différente que l’on retrouve dans des romans d’inspiration maçonnique. Elle évoque un troisième personnage-clef. Les MM\ le connaissent bien, il s’agit d’Hiram l’architecte du Temple.
Cette version dévoilée par Gérard de Nerval dans son fameux « Voyage en Orient », paru en 1850, fait coïncider la visite de la Reine de Saba avec la présence d’Hiram à Jérusalem. Salomon souverain mais aussi mage, entreprit sur ordre de Dieu de faire construire un grand temple à Jérusalem pour abriter l’Arche d’alliance.
Incapable de diriger les travaux malgré sa grande sagesse et ses immenses talents et ne disposant pas dans son royaume d’un architecte digne de cet ouvrage, le roi fit venir de l’étranger Hiram, maître dans l’art du Trait.
Voici la légende telle qu’elle est rapportée dans un rituel du XIXème siècle, qui n’est qu’une des nombreuses interprétations de cette légende :
Pendant la construction du Temple, Balkis reine de Saba vint à Jérusalem pour rencontrer Salomon, constater sa sagesse et contempler les merveilles de son royaume.
Elle admira surtout le Temple qui se construisait, et voulut connaître l’architecte Hiram. Elle insista tant que le roi le lui présenta.
En le voyant, la reine fut troublée. Elle voulut aussi voir l’armée d’ouvriers qu’il dirigeait. Alors pour lui faire plaisir, Hiram traça dans l’air un T mystérieux, l’initiale de Tyr et aussitôt tous les ouvriers de diverses nations se rangèrent, les charpentiers à droite, au centre les maçons et ceux qui travaillaient la pierre, et à gauche, les mineurs et les fondeurs.
A un autre signe tout aussi mystérieux, la grande masse demeura immobile et silencieuse.
C’est à ce moment là que la reine se rendit compte, que sa propre puissance ou celle du roi Salomon, n’était rien à coté de celle du grand constructeur. La reine de Saba voulut également assister à la coulée de la mer d’airain. Les trois compagnons, Jubélas le maçon, Jubélos le charpentier, et Jubélum, le mineur, vouant une haine terrible au grand architecte depuis qu’il leur avait refusé le grade de Maître décidèrent de profiter de l’événement pour se venger. Ils sabotèrent le travail.
Ainsi, Jubélas mêla le calcaire avec la brique, Jubélos prolongea les traverses de poutres pour les exposer à la flamme, et Jubélum mélangea à la fonte les laves sulfureuses.
Bénoni, un jeune ouvrier dévoué à Hiram, surprit le complot et en avertit Salomon, Mais le grand roi, jaloux d’Hiram, et content qu’il subisse un échec devant la reine dont il était amoureux, ne fit rien pour éviter la catastrophe.
La coulée d’airain fut un désastre. Hiram désespéré songeant à la reine de Saba dont il s’était aussi épris ne quitta pas les lieux.
Il allait être englouti sous les flots de ce métal brûlant lorsque apparût Tubalcaïn, fils de Lamzeh qui l’amena au centre de la Terre où l’on pouvait goûter aux fruits de l’arbre de la Science, et Tubalcaïn, cet ancêtre des constructeurs, lui fit don de son précieux marteau.
Revenu sur la terre, grâce à ce merveilleux instrument, Hiram répara le désastre. La reine de Saba, remplie d’admiration eut le coeur inondé de joie.
Un jour Hiram qui cherchait la solitude, vint sans le vouloir à la rencontre de la reine de Saba. C’est alors qu’ils décidèrent de se prendre pour époux et de quitter tous les deux Jérusalem.
Mais les trois mauvais compagnons se présentèrent au roi et lui dire que chaque soir Hiram se glissait sous la tente de la reine et restait avec elle jusqu’à l’aube. Quand Hiram informa le roi Salomon de son désir de quitter Jérusalem, celui-ci ne fit aucune objection.
De son côté, après avoir confié à Hiram qu’elle gardait en son sein le fruit de leur amour, la reine de Saba quitta Jérusalem.
Hiram visita une dernière le Temple avant son départ et c’est alors qu’il fut assassiné par les trois compagnons.
Nerval a transposé dans son roman ce qu’il pensait être le mythe fondateur de la Franc-maçonnerie. Christian Jacq a repris partiellement cette histoire dans son roman « Maître Hiram et le Roi Salomon ».
Voilà, mes Soeurs et mes Frères, l’histoire, on pourrait presque dire les histoires de la légendaire Reine de Saba.
Alors, cela nous amène tout naturellement à la question suivante :
Pourquoi avoir choisi le nom de « Reine de Saba » pour ce nouvel atelier de la GLCS ?
Les raisons sont multiples :
La première est évidente : La reine de Saba est liée directement à Salomon, et donc, de facto, au Temple et à la légende d’Hiram, fondateur pour nous autres maçons. C’est l’occasion de rappeler à nos Frères Apprentis, qu’une grande partie de nos symboles et des éléments présents dans l’atelier sont issus de ce mythe.
Le siège du vénérable, par exemple, s’appelle « le trône de Salomon ».
Les colonnes à l’entrée du Temple portent les lettres J et B, premières lettres des mots Jakin et Boaz qui étaient inscrits sur les colonnes du Temple de Jérusalem…

C’est aussi à cause de la légende hiramique qu’on appelle les MM « Enfants de la veuve » car chaque maître est considéré comme une réincarnation d’Hiram et comme tel, enfant de sa veuve.
La deuxième raison du choix de ce nom pour notre nouvel atelier est tout aussi évidente : par ce choix, nous rendons hommage à travers « La reine de Saba », aux femmes, j’ajouterais volontiers aux femmes « souveraines ».
De nombreuses obédiences ont fermé leurs portes aux soeurs ou refusent encore la mixité, au nom d’une lecture restrictive des landmarks.
Les membres fondateurs de la GLCS, tous maçons d’expérience, en ont décidé autrement. Le choix du nom de cet atelier, je devrais dire loge car le mot est féminin, va donc dans ce sens.
La troisième raison c’est que la reine de Saba est une figure extraordinairement moderne. Imaginez, pour son époque (il y a près de 3000 ans) mais aussi pour la Bible ! Une femme belle, libre, sage et indépendante, qui de surcroît exerce le pouvoir politique…et qui parle d’égal à égal avec le plus sage des rois : Salomon.
La quatrième raison qui justifie le choix du nom de la Reine de Saba pour notre atelier est sa dimension universelle.
En effet, nous la retrouvons dans la Bible aussi bien dans l’Ancien que le Nouveau Testament, mais aussi dans le Coran. Elle est commune aux religions abrahamiques que sont, le judaïsme, le christianisme et l’Islam. Je rappelle, à ce sujet, que nous prêtons serment sur ces grands livres au cours de notre initiation comme lors de nos augmentations de salaires.
Enfin, en plus du lien avec la légende hiramique, on peut voir dans le voyage de la Reine de Saba, une dimension maçonnique à travers plusieurs points :
- C’est la recherche de la sagesse qui motive la rencontre avec Salomon.
La jeune reine ne se contente pas d’une vie pourtant enviable et confortable mais va quitter longuement son royaume pour partir à la recherche de la Sagesse.
N’y a t’il pas là un peu de la démarche que chacun d’entre nous a fait un jour pou pousser la porte de Temple ?
- D’autre part, il y a dans l’histoire de la reine de Saba, la notion de voyage, voyage dont elle revint enrichie que l’on peut rapprocher des voyages si importants dans nos rites maçonniques, pratiqués et symbolisés au cours de l’initiation et des augmentations de salaires qui suivent.
Enfin, la rencontre des deux souverains illustre la possibilité d’abolir et de dépasser le conflit entre l’homme et la femme.
Elle témoigne d’une absence de domination de l’un sur l’autre lorsque les deux sont sages et peuvent se parler d’égal à égal…c’est aussi ce que nous avons toujours pensé, ici, à la Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité.
Alors, longue vie à notre nouvel atelier, longue vie à « La reine de Saba ».

J’ai dit V\M\.

Source : www.ledifice.net

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