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Gnosticiens, Platoniciens, Cabalistes, Basilidiens, Carpocratiens, Ophites

30 Mai 2012 , Rédigé par Nicolas de Bonneville Publié dans #spiritualité

C'est à cause des persécutions des croyants en un seul Dieu, que les Gnosticiens, qui ne voulaient admettre qu’un seul Dieu, eurent, dès longtemps, entre eux un dogme secret, et des initiations allégorique à des opinions cachées, discipline arcani Le nom des Gnostisiens est Grec : le verbe Gnosti était le premier mot de la fameuse inscription du temple du soleil :

 

« Gnosti Seauton » Connais-toi.

 

Ce temple, dédié au soleil, ne veut pas dire que les Gnosticiens adoraient le soleil. De ce que nos églises soient dédiées, ou à saint Denis, qui porta sa tête après sa mort ; ou à saint Dominique, lequel institua la sainte inquisition ; ou à saint Nicodême ; ou à d'autres saints du calendrier Romain, il ne s'enfuit nullement que les Français adorent comme des Dieux tout-puissants, les grands saints qui ont donné leur nom à nos églises.

 

Les Gnosticiens se nommaient les prêtres du soleil, par la même raison que nos moines et bénédictions s'appellent généralement les prêtres de l'abbaye, prêtres de Saint-Denis, de Saint-Germain-l’Auxerrois, etc. etc., et non les prêtres de Dieu. Cependant ils n'adorent pas l’abbaye ; c'est Dieu qu'ils prétendent adorer. Si l’on mettait plus de clarté dans les discussions théologiques, il n'y aurait pas tant de fiel dans le cœur des dévots ; ou du moins les conséquences de leur aveuglement volontaire ne feraient pas si dangereuses pour les honnêtes gens.

 

Le nom Grec des Gnosticiens nous autorise à chercher l'origine de leurs opinions parmi les chrétiens de l'Asie mineure ; dans l'empire Grec qui subissait encore, c'est-à-dire, en même temps que la langue Grecque ; et la philosophie de cette langue durent avoir sur les Chrétiens d'Orient une grande influence.

 

Si je vais chercher l'origine des opinions Gnosticiennes au sein même du Christianisme de l'Orient, ç'est que l'histoire ecclésiastique m'apprend que les Gnosticiens parurent en public alors de l'établissement du Christianisme, comme s'ils en eussent été le tronc, la fleur et le fruit, selon les expressions des partisans du Gnosticisme. Dans le premier siècle, après la naissance de Jésus, la nouvelle philosophie Platonicienne était fort en usage parmi les Juifs : ce qui a fait dire à Boulanger que Celse, au rapport d’Origène, reprochait au Fils de Marie d'avoir emprunté plusieurs de ses dogmes de Platon ; et quand il ferait vrai, selon S\ Augustin, cité par Boulanger, qu'on trouve dans Platon, le commencement de l'Evangile de S\ Jean, Boulanger a tort d'accuser le Nazaréen de n'être pas même un grand homme. Ce phénomène d'érudition eût rendu à son siècle de plus signalés service, s’il se fût un peu plus attaché à peindre les choses, et s'il ne s'était pas trop occupé de: montrer son indignation particulière (32).

 

O Jesus, Fils de Marie, un vrai Dieu sur la terre, tu feras toujours pour moi le fils chéri de l’Eternel : nom sublimes et mérite, qui a fourni à Milton des vers pleins d'enthousiasme et de majesté.

 

« Je suis aussi le Fils de Dieu, ou je l'étais ! Et si je l’étais, je le suis encore ! Car Dieu ne méconnaît pas sa famille. Tous les hommes sont enfants de Dieu (33) »

 

De la philosophie Platonicienne en usage depuis longtemps chez les Juifs, ou Joviens, ou Israélites, nâquit la cabale, cabbala, nom trop profané de nos jours, par une populace mystérieuse, pour nous donner une faible idée des respects profonds des sages qui apportèrent avec fierté, le nom de cabalistes ; ce qui prouve que la cabale alors bien entendue, contenait une philosophie noble et pure, quoique symbolique, et non mystérieuse ; car encore une fois, un symbole n'est pas un mystère.

 

Les cabalistes croyaient sans doute un seul Dieu, puisqu’ils enseignaient le dogme de l’unité de Dieu. Ils avaient aussi une image allégorique pour donner quelques idées justes de ses œuvres et de son essence. Voulaient-ils peindre la divinité d'une manière abstraite, c'est-à-dire, comme enfermant Tout en son sein, ils la représentaient à leurs disciples par une tête imberbe.  Avaient-ils à peindre le Dieu créateur et fécondant, une tête barbue exprimait cette création et cette fécondation. La tête…imberbe représentait encore l’immutabilité, la nature et l’essence des choses. La tête barbue, une création éternellement continuée ; et en général, la perfection perpétuelle des choses qui tombent sous nos sens. Comme ils suivaient la loi des Juifs, il ne leur était pas permis de faire des images, de peur qu'avec le temps, qui corrompt tout, on ne s'avisât de .les adorer.

 

Toutes nos idées venant des sens, et Dieu n'étant pas un être corporel, il est évident qu'on ne peut jamais enseigner le dogme d'un Dieu sans avoir besoin de rapprocher des signes, plus ou moins imparfaits. Dieu est tout ce qui n'est pas matière, comment oser le peindre avec ce qui est matière ? Les cabalistes ne voulant pas abandonner le dogme sublime de l'unité d'un Dieu, et craignant la fabrication des images qui tombent sous les sens, crurent avoir atteint directement à leur but en employant des images spirituelles, des images en paroles, pour donner à leurs disciples une idée moins éloignée de la toute puissance de L'éternel, que l'évangile a nommé la parole, la parole • par excellence (34).

 

Les Gnosticiens sont nés des cabalistes. Cependant bientôt après l’établissement du Christianisme Européen, le nom et la secte des Gnosticiens s'évanouirent, comme perdus dans les ténèbres. Mais par les ouvrages polémiques et les annales de notre Europe, on retrouve partout, jusqu'au temps des Templiers, les principes Gnosticiens sur les milliers de siècles, et les émanations ou principes divins. Les partisans de la théologie mystique se détachèrent de la loi Juive, et fabriquèrent des images matérielles d'après les images en paroles des Gnosticiens. Ils disaient à leurs initiés que celui qui adorait le crucifié, était encore bien bas dans l'échelle des êtres, et par conséquent la victime des milliers de siècles ; que celui au contraire qui était assez éclairé pour être sûr que jamais un homme ne pouvait être le Dieu tout-puissant, qui n'a point eu de commencement, se trouvait déjà parvenu au plus noble rang de l'échelle des êtres, à l'état d'homme enfin ; et alors il avait la Gnosin entière : c'est la science humaine. Les uns soutinrent que le Jésus, adoré des pontifes, n'avait été qu'un magicien (35). Une autre secte, les Ophites, qui confessaient un père, un Dieu incréé, se voyant persécutés par les Chrétiens d'Occident, maudirent le Galiléen.

 

Les Basilidiens avaient deux images ; l’une était une figure mâte, et  l’autre reelle d’une femme. Ils honoraient ces images allégoriques. Nous sommes fort heureux que le bon Irénée ait fait de l’image des Basilidiens un Jupiter et une Minerve. Cette grande découverte nous apprend du moins que l’une des figures avait une barbe, et que l’autre n’en avait pas. Basilide, à la manière de Pythagore, obligeait ses disciples à se taire pendant plusieurs années, cinq ans entiers, selon quelques écrivains, jusqu'à ce qu’ils eussent reçu toute la Gnosin, toute la science de l’initiation. Un seul, entre mille, était admis au sanctuaire ; sur dix mille initiés, deux seulement étaient agréés pour participer à la révélation entière de tous les secrets arrachés à la nature.

 

Les Carpocratiens enseignaient, à leurs Initiation, que Jesus-Christ avait choisi, dans les douze disciples, quelques fidèles amis auxquels il avait confié toutes les connaissances qu'il avait acquises dans le temple d’Isis, où il étaient resté près de seize ans à s'exercer â une étude pratique, dont on lui avait donné la théorie pendant son enfance, instruite par les prêtres Egyptiens ;et parce que les remèdes les plus salutaire sont presque tous composés d'une dose de poison, ils disaient que le grand médecin, au nom de l'humanité, leur avait défendu de ne jamais communiquer qu'aux hommes vertueux la sciences du bien et du mal, c’est-à-dire, l’art de guérir. Ils avaient un signe secret pour se reconnaître ; ce qui même, disaient-ils, est attesté par l'évangile. Ce fut à des signes Gnosticiens que les disciples reconnurent leur Maître à Emmaüs. Se prendre la main de certaine manièire, exigeait une réponse, un attouchement expressif, et cela plusieurs fois, en forme d'interrogation et de réponses insensibles pour tout spectateur (36).

 

Les Baulidiens, les Carpocratiens et toutes les sectes Gnosticiennes, avaient une image où était gravé le mot Abrasax, qui, analysé par le calcul des lettres de l'alphabet Grec, alors en usage pour des chiffres, donne pour nombre total 365 ; ce qui, probablement pour les Gnosticiens, vouloir désigner la révolution annuelle du soleil, rappeler tous ses bienfaits, et dire à chaque initié : Tu marches sous l’œil de la nature !

 

Nous avons encore aujourd'hui quantité de belles pierres où ce mot est gravé ; et qu’elles soient antérieures ou postérieures au temps de basilide, on ne peut nier que ces médailles religieuse nous viennent des Gnosticiens. Dans la collection de Chislet on trouve deux empreintes de ces pierres, où le mot Abrasax est gravé.

 

On voit sur l’une de ces pierres le Gnosticien, le Savant par excellence.

 

Le grand Ouvrier de l’éternité, le Père des Gnosticiens, ou, en langage moderne, le Créateur et l’Architecte de l’Univers, était représenté sur la pierre avec une longue barbe et une longue chevelure, pour peindre l’ordre et les grâces de la création. Le pentagone, ou l’étoile à cinq pointes, de Pytagore, était encore sue le sein de l’image vénérable. C’était, disait-on, l’emblème de la confession paternelle du Tout-Puissant, parce que suivant les disciples de Pythagore, son pentagone, imprimé sur la poitrine, était un signe d’acceptation ; ils l’appelaient : le pentagone de santé et de prospérité. On y voyait encore l’ogdoade Gnosticienne, était à huit pointes. La grande étoile représentait le Créateur, et les sept petites étoiles étaient l’emblème des sept émanations de la Toute-Puissance !

 

Tout le système des prêtres du soleil se trouve lié avec l’image barbue et imberbe des Templiers. A leur  réception secrete, on leur enseignait à croire en un seul Dieu, créateur de l’Univers que nous avons prouvé qu’ils voulaient peindre par leur Baffometus. L’hyérophante, qui symbolisait le Dieu, visible par ses bienfaits prononçait le mot Arabe YALLA ! Dieu, ou lumière de Dieu ! Après le fiat lux ou le don de la lumière, le grand maître en recevant l’initié au rang des frères, disait à haute voix :

« C’est l’ami » de Dieu voilà son fils bien aimé. Les juges qui interrogèrent les Templiers, ont consigné dans leurs informations les reproches qu’ils leur firent pour avoir cru que la terre et les plantes pouvaient germer, fleurir et mûrir par la puissance de Baffomet : preuve irrécusable que les templiers qui croyaient en un seul Dieu, ce qu’il ne faut pas oublier, ne voyait dans leur Baffomet que l’emblème et l’image des œuvres du Créateur.

 

Ce dogme de l’unité de Dieu avait toujours été chez les Gnosticiens une révélation allégorique. Et comme on y disait que le Fils de Marie n'avait été qu'un de leurs semblables, et non le Dieu tout-puissant, cette initiation secrète chez les Gnosticiens devait l’être bien davantage chez les Templiers. Le seul soupçon de cette croyance les eût envoyés aux tortures et aux bûchers.

 

Je ne vois pas comment je pourrais refuser de croire qu’ils lièrent à leur troisième et dernière profession, peu nombreuse, un but politique. Cet ordre militaire et ces chevaliers, errants dans les déserts de l’Asie mineure, avaient besoin d’un signe fraternel pour s’assurer que ceux qui le savaient prononcer étaient instruits du plus grand secret de l’ordre, et que l’on pouvait se confier à eux sans danger.

 

L’image des Templiers, où se trouvait peinte la figure du Baphé-Métous, figure du baptême ou teinture de la sagesse, écrit donc évidemment le symbole des ouvrages du Créateur. Mais le signe baptismal peint au sein de l’image barbue et imberbe avait-il encore un sens réel ; c’est-à-dire, un sens déterminé pour indiquer la forme qu’on devait employer à l’initiation du baptême de la sagesse ? Etait-ce une figure algébrique ou géométrique ?

 

C’était toutefois une figure Grecque et un signe d’initiation. Nous avons vu que le pentagone ou l’étoile Pythagoricienne était un signe d’acceptation. Oser prononcer que c’était le même signe, serait témérité ! Mais Nicolaï me paraît si courageux en ses recherches, et si sage en ses observations, que je ne puis lui refuser mon assentiment. Ce qui m’engagerait encore à croire cette analogie, comme suffisamment prouvée, c’est que l’étoile flamboyante, qu’on trouve sur les planches gravées du premier tapis des Francs-Maçons Anglais, est un pentagone, une figure étoilée à cinq pointes.

 

Cette allégorie mérite sans doute la peine d’être étudiée. On connaît le respect des sept sages pour le pentagone étoilé.

 

Les Ophites, qui peignaient en paroles allégoriques leurs idées sur la nature et la Divinité, disaient dans leurs symboles :

 

« Les âmes, en retournant à Dieu, doivent montrer aux Arxontas, aux Maîtres, les signes de leur purification sur la terre ».

 

Comment expliquer cette allégorie ? Je vois seulement que le sens littéral en est absurde. Je sais ensuite que ces paroles furent respectées par des hommes sages ; elles renferment donc un sens caché.

 

Je reconnais bien dans ces Archontes, ou maîtres, les juges de l'Enfer Grec, les gardiens des Champs-Elysées, les dragons qui veillent au jardin des Hespérides : ces Archontes, qui veillent à la porte du séjour d'élection, ont peut-être quelque rapport éloigné avec l'Apôtre auquel Jésus a, dit-on, confié les clefs du Paradis. Ces clefs en croix…

 

Mais des recherches incertaines m'entraîneraient loin de mon sujet ; non-feulement je permets, de tout mon cœur, que les savants comparent les Archontes aux Apôtres, les symboles des Ophites à leurs symboles, mais qu'ils fassent même de ces Archontes des Tuileurs à l’entrée du saint temple du grand Charpentier de l'Univers. Ce qui est indubitable, ce sont les prières des Ophites qu'on leur faisait prononcer quand on leur exposait l'image en paroles, ou la parabole que je viens de citer, laquelle figure verbale pourrait bien être la parabole du pentagone de Pythagore ; en un mot, l'étoile aux cinq pointes, figurée par une allégorie spirituelle ; ce qui ferait conforme aux dogmes des Gnosticiens, dont les Ophites étaient une branche ou retranchée ou aventurée pour fonder le terrein, le génie et les mœurs du temps.

 

Les prières des Ophites, en la présence du pentagone sacré, prouvent encore que ce pentagone était le signe de leur initiation. Ainsi la liaison des templiers et des Gnosticiens est démontrée.

 

C'était comme ayant participé à l'initiation du Baffometus, ou baptême de la sagesse, que l'on conçoit aisément qu'ils se persuadèrent, sans effroi de damnation, qu'ils n'avaient aucun besoin des bénédictions et absolutions des ministres du pape, qui n'étaient à leurs yeux que des hypocrites ou des dupes.

 

Nicolas de Bonneville : les Jésuites chassés de mla Maçonnerie

Source : www.ledifice.net

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Voyage en Orient ; Histoire de la Reine du matin et de Soliman, Prince des Génies.

30 Mai 2012 , Rédigé par Gérard de Nerval Publié dans #fondements bibliques de la FM

(...) Le temps était bas, et le soleil, en pâlissant, avait vu la nuit sur la terre. Au bruit des manteaux sonnant l'appel sur les timbres d'airain, Adoniram, s'arrachant à ses pensées, traversa la foule des ouvriers rassemblés ; et pour présider à la paye il pénétra dans le temple, dont il entrouvrit la porte orientale, se plaçant lui-même au pied de la colonne Jakin.

Des torches allumées sous le péristyle pétillaient en recevant quelques gouttes d'une pluie tiède, aux caresses de laquelle les ouvriers haletants offraient gaiement leur poitrine.

La foule était nombreuse ; et Adoniram, outre les comptables, avait à sa disposition des distributeurs préposés aux divers ordres. La séparation des trois degrés hiérarchiques s'opérait par la vertu d'un mot d'ordre qui remplaçait, en cette circonstance, les signes manuels dont l'échange aurait pris trop de temps. Puis le salaire était livré sur l'énoncé du mot de passe.

Le mot d'ordre des apprentis avait été précédemment JAKIN, nom d'une des colonnes de bronze ; le mot d'ordre des autres compagnons, BOOZ, nom de l'autre pilier ; le mot des maîtres JÉOVAH.

Classés par catégories et rangés à la file, les ouvriers se présentaient aux comptoirs, devant les intendants, présidés par Adoniram qui leur touchait la main, et à l'oreille de qui ils disaient un mot à voix basse. Pour ce dernier jour, le mot de passe avait été changé. L'apprenti disait TUBALKAÏN ; le compagnon, SCHIBBOLETH ; et le maître, GIBLIM.

Peu à peu la foule s'éclaircit, l'enceinte devint déserte, et les derniers solliciteurs s'étant retirés, l'on reconnut que tout le monde ne s'était pas présenté, car il restait encore de l'argent dans la caisse.

"Demain, dit Adoniram, vous ferez des appels afin de savoir s'il y a des ouvriers malades, ou si la mort en a visité quelques-uns."

Dès que chacun fut éloigné, Adoniram vigilant et zélé jusqu'au dernier jour, prit, suivant sa coutume, une lampe pour aller faire la ronde dans les ateliers déserts et dans les divers quartiers du temple, afin de s'assurer de l'exécution de ses ordres et de l'extinction des feux. Ses pas résonnaient tristement sur les dalles : une fois encore il contempla ses oeuvres, et s'arrêta longtemps devant un groupe de chérubins ailés, dernier travail du jeune Benoni.

"Cher enfant !" murmura-t-il avec un soupir.

Ce pèlerinage accompli, Adoniram se retrouva dans la grande salle du temple. Les ténèbres épaissies autour de sa lampe se déroulaient en volutes rougeâtres, marquant les hautes nervures des voûtes, et les parois de la salle, d'où l'on sortait par trois portes regardant le septentrion, le couchant et l'orient.

La première, celle du nord, était réservée au peuple ; la seconde livrait passage au roi et à ses guerriers ; la porte de l'Orient était celle des lévites ; les colonnes d'airain, Jakin et Booz, se distinguaient à l'extérieur de la troisième.

Avant de sortir par la porte de l'occident, la plus rapprochée de lui, Adoniram jeta la vue sur le fond ténébreux de la salle, et son imagination frappée des statues nombreuses qu'il venait de contempler évoque dans les ombres le fantôme de Tubal-Kaïn. Son oeil fixe essaya de percer les ténèbres ; mais la chimère grandit en s'effaçant, atteignit les combles du temple et s'évanouit dans les profondeurs des murs, comme l'ombre portée d'un homme éclairé par un flambeau qui s'éloigne. Un cri plaintif sembla résonner sous les voûtes.

Alors Adoniram se détourna s'apprêtant à sortir. Soudain une forme humaine se détacha du pilastre, et d'un ton farouche lui dit :

"Si tu veux sortir, livre-moi le mot de passe des maîtres."

Adoniram était sans armes ; objet du respect de tous, habitué à commander d'un signe, il ne songeait pas même à défendre sa personne sacrée.

"Malheureux ! répond-il en reconnaissant le compagnon Méthousaël, éloigne-toi ! Tu seras reçu parmi les maîtres quand la trahison et le crime seront honorés ! Fuis avec tes complices avant que la justice de Soliman atteigne vos têtes."

Méthousaël l'entend, et lève d'un bras vigoureux son marteau, qui retombe avec fracas sur le crâne d'Adoniram. L'artiste chancelle étourdi, par un mouvement instinctif, il cherche une issue à la seconde porte, celle du Septentrion. Là se trouvait le Syrien Phanor, qui lui dit :

"Si tu veux sortir, livre-moi le mot de passe des maîtres !

- Tu n'as pas sept années de campagne ! répliqua d'une voix éteinte Adonirm.

- Le mot de passe !

- Jamais !"

Phanor, le maçon, lui enfonça son ciseau dans le flanc ; mais il ne put redoubler, car l'architecte du temple, réveillé par la douleur, vola comme un trait jusqu'à la porte d'Orient, pour échapper à ses assassins.

C'est là qu'Amrou le Phénicien, compagnon parmi les charpentiers, l'attendait pour lui crier à son tour :

"Si tu veux passer, livre-moi le mot de passe des maîtres.

- Ce n'est pas ainsi que je l'ai gagné, articula avec peine Adoniram épuisé ; demande-le à celui qui t'envoie."

Comme il s'efforçait de s'ouvrir un passage, Amrou lui plongea la pointe de son compas dans le coeur.

C'est en ce moment que l'orage éclata, signalé par un grand coup de tonnerre.

Adoniram était gisant sur le pavé, et son corps couvrait trois dalles. A ses pieds s'étaient réunis les meurtriers, se tenant par la main.

"Cet homme était grand, murmura Phanor.

-Il n'occupera pas dans la tombe un plus vaste espace que toi, dit Amrou.

- Que son sang retombe sur Soliman Ben-Daoud !

- Gémissons sur nous-mêmes, répliqua Méthousaël, nous possédons le secret du roi. Anéantissons la preuve du meurtre ; la pluie tombe ; la nuit est sans clarté ; Éblis nous protège. Entraînons ces restes loin de la ville, et confions-les à la terre."

Ils enveloppèrent donc le corps dans un long tablier de peau blanche, et, le soulevant dans leurs bras, ils descendirent sans bruit au bord du Cédron, se dirigeant vers un tertre solitaire situé au-delà du chemin de Béthanie. Comme ils y arrivaient, troublés et le frisson dans le coeur, ils se virent tout à coup en présence d'une escorte de cavaliers. Le crime est craintif, ils s'arrêterent ; les gens qui fuient sont timides... et c'est alors que la reine de Saba passa en silence devant des assassins épouvantés qui traînaient les restes de son époux Adoniram.

Ceux-ci allèrent plus loin et creusèrent un trou dans la terre qui recouvrit le corps de l'artiste. Après quoi Méthousaël, arrachant une jeune tige d'accacia, la planta dans le sol fraîchement labouré sous lequel reposait la victime.

Pendant ce temps-là, Balkis fuyait à travers les vallées ; la foudre déchirait les cieux, et Soliman dormait.

Sa plaie était plus cruelle, car il devait se réveiller. (...) le bruit du meurtre d'Adoniram s'étant répandu, le peuple soulevé demanda justice, et le roi ordonna que neuf maîtres justifiassent de la mort de l'artiste, en retrouvant son corps.

Il s'était passé dix-sept jours : les perquisitions aux alentours du temple avaient été stériles, et les maîtres parcouraient en vain les campagnes. L'un d'eux, accablé par la chaleur, ayant voulu, pour gravir plus aisément, s'accrocher à un rameau d'acacia d'où venait de s'envoler un oiseau brillant et inconnu, fut surpris de s'apercevoir que l'arbuste entier cédait sous sa main, et ne tenait point à la terre. Elle était récemment fouillée, et le maître étonné appela ses compagnons.

Aussitôt les neuf creusèrent avec leurs ongles et constatèrent la forme d'une fosse.

Alors l'un d'eux dit à ses frères :

"Les coupables sont peut-être des félons qui auront voulu arracher à Adoniram le mot de passe des maîtres. De crainte qu'ils n'y soient parvenus, ne serait-il pas prudent de le changer?

- Quel mot adopterons-nous ? objecta un autre.

- Si nous retrouvons là notre maître, repartit un troisième, la première parole qui sera prononcée par l'un de nous servira de mot de passe ; elle éternisera le souvenir de crime et du serment que nous faisons ici de le venger, nous et nos enfants, sur ses meurtriers, et leur postérité la plus reculée."

Le serment fut juré ; leurs mains s'unirent sur la fosse, et ils se reprirent à fouiller avec ardeur.

Le cadavre ayant été reconnu, un des maîtres le prit par un doigt, et la peau lui resta à la main ; il en fut de même pour un second ; un troisième le saisit par le poignet de la manière dont les maîtres en usent envers le compagnon, et la peau se sépara encore ; sur quoi il s'écria : MAKBÉNACH, qui signifie : LA CHAIR QUITTE LES OS.

Sur-le-champ ils convinrent que ce mot serait dorénavant le mot de maître et le cri de ralliement des vengeurs d'Adoniram, et la justice de Dieu a voulu que ce mot ait, durant des siècles, ameuté les peuples contre la lignée des rois.

Phanor, Amrou et Méthousaël avaient pris la fuite ; mais reconnus pour de faux frères, ils périrent de la main des ouvriers, dans les États de Maaca, roi du pays de Geth, où ils se cachaient sous les noms de Sterkin, d'Oterfut et de Hoben.

Néanmoins, les corporations, par une inspiration secrète, continuèrent toujours à poursuivre leur vengeance déçue, sur Abiram, ou le meurtrier... Et la postérité d'Adoniram resta sacrée pour eux ; car longtemps après ils juraient encore par les fils de la veuve, ainsi désignaient-ils les descendants d'Adoniram et de la reine de Saba.

Gérard de Nerval

Source : http://sog1.free.fr/Articles/ArtNerval1955.Hiram.htm

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La résurrection dans le mythe d'Hiram

30 Mai 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #fondements bibliques de la FM

L’initiation au troisième degré permet au postulant qui en a été jugé digne de vivre en le jouant lui-même comme acteur, tout en étant le principal destinataire du message issu de cette épreuve, le psychodrame de la mort d’Hiram.

Mais cet épisode de la mort est suivi par un autre acte dont le mystère est plus subtil, celui de la résurrection du Maître Hiram au travers et en la personne de tout nouveau Maître qui subit cette élévation ou exaltation.

Ce morceau d ‘architecture, à connotation didactique, tracé à l’attention particulière des jeunes MM\ de notre atelier, tentera d’explorer le chemin qui mène de la mort à la résurrection, à travers cette initiation particulière au troisième grade, afin de susciter une réflexion sur le symbolisme qui peut interpeller tout F\M\, dans ses voyages et dans sa quête perpétuelle à la recherche de la vérité.

Le contexte dans lequel survient cette mort, sa finalité ainsi que l’impact psychologique sur le postulant seront décortiqués dans un premier chapitre pour ensuite dans un deuxième temps analyser le second mystère, celui de la résurrection dont les corollaires seront édulcorés en un troisième chapitre de synthèse.

Les MM\MM\ devant tracer des plans pour les AA\ et les CC\, chacun pourra enrichir par rapport à son vécu propre, la contribution conclusive qu’il estime nécessaire en guise de catalyseur à cet élan continuel vers plus d’enrichissement et donc vers plus de Lumière !

 

La mort

 

Le F\M\ s’accoutume à l’idée de la mort dès son entrée en maçonnerie. Le vieil homme dont il doit se dépouiller afin de vivre en initié, en homme nouveau paraît déjà comme une invite à mourir à la vie profane !

Il s’efforce donc dans la pénombre du septentrion à faire sa mue afin d’abandonner sa peau de profane progressivement, avant de resplendir au midi sous une lumière vive, dans une enveloppe charnelle mystique nouvelle, due à l’enseignement qu’il reçoit, au maniement des outils et à l’interpellation et à la pénétration timide mais perceptible des symboles sur le néophyte qu’il demeure, pendant tout son compagnonnage.

Ce n’est que lors de la cérémonie d’exaltation à la maîtrise que lui est présentée la Mort physique, relatée et reconstituée à travers l’assassinat du M\ Hiram.

Il entre donc cette fois dans une L\ transformée en chambre funéraire, où le deuil a plongé dans la tristesse et le désarroi des ouvriers consternés et atterrés qui perçoivent dès lors que le chantier ne verra jamais de fin .

Et pour cause, trois des ouvriers de la chambre des compagnons ont comploté, et ont juré d'obtenir du Maître par la force les secrets du tracé de l’œuvre.

Au delà de la scène théâtrale, ces trois mauvais compagnons, Ignorance, Fanatisme et Ambition, correspondent à des traits et à des pulsions caractériels de tout homme obstiné par des objectifs de puissance et de gloire , ou simplement imbu de satisfaction personnelle non méritée.

Ainsi peut-on en substance tirer profit d’un enseignement intangible : le savoir et l’érudition sont une condition certes nécessaire , mais non suffisante à la découverte de la Connaissance ! La connaissance ne s’approprie pas par la force ni sans mérite. Et l’immensité du savoir ne suffit pas à la maitrise autoproclamée de la Connaissance ! C’est bien facile d’arracher par la force un plan que de se donner le temps de maîtriser la science du trait et savoir le tracer. Faut-il encore pouvoir l’interpréter pour l’appliquer comme il se doit!

Car somme toute, en maçonnerie il s’agit du plan de vie, lequel englobe la mort et il s’agit de se construire et non de se projeter dans un personnage modèle fusse t-il vertueux ou glorieux.

C’est à son propre rythme que s’initie le maçon, car il doit transcender les symboles pour s’identifier à eux au gré des circonstances de sa vie !

Si l’aboutissement de cette vie est bien une mort physique, et si cette mort marque de manière douloureuse la fin d’une étape terrestre, elle traduit surtout et se veut d’abord la fin d’un cycle.

Il faut donc chercher derrière le crime crapuleux, l’utilité et l’équivalence de la fonction et du rôle d’assassin au niveau mental !

Serait-ce l’émanation des comportements inhibiteurs de notre subconscient, qui remonteraient ainsi à notre imperfection de nature et même au péché originel ?

Tous ces sentiments fielleux et leurs agrégats vaniteux existent en nous en des proportions diverses. Mais leur manifestation est plus ou moins prononcée selon les circonstances et selon l’environnement dans lequel nous évoluons.

Il y a donc un effort permanent à faire pour le F\M\motivé et assidu à son labeur, afin de dominer ses passions et éviter les réflexes égoïstes. Fuir l’ambition démesurée et le fanatisme aveugle qui conduisent à la mort de sa véritable identité, donc de son véritable maître devient une préoccupation permanente et il parcourt sans cesse le symbolisme des trois degrés, car les symboles qui les caractérisent l’interpellent différemment et avec plus de profondeur au fur et à mesure de son avancement, et donc de son élévation.

Le cadavre du maître ayant été retrouvé et une branche d’acacia ayant symboliquement marqué le lieu, nous pouvons en toute quiétude faire notre deuil, poursuivant ainsi notre représentation.

Dans toutes les civilisations, la condition préalable pour faire un deuil réside dans la présence de la dépouille du corps du défunt !

Comme si l’apparente reconstitution des fragments d’une enveloppe charnelle devenue simple « matière biodégradable », simple poussière, devenait un satisfecit et remplissait à elle seule les conditions rituelles imposées par les mœurs sociétales pour un au revoir, un ultime adieu, tant cette destinée et les appréhensions de l’après mort sont communes! Il semble pourtant que cette condition est une constance de l’interrogation humaine, un paramètre permanent dans toutes les mythologies, Isis / Osiris etc. Pourquoi ?

Parce qu’elles répondent toutes à un même objectif, qui est l’un des messages cruciaux du grade qui consiste entre autres à "rassembler ce qui est épars". IL appartient bien entendu à chacun d’explorer toutes les autres voies et interprétations de ce postulat notamment en s’efforçant de rassembler ce qui est épars en soi !

A titre d’exemple, et en particulier dans les civilisations africaines, les dépouilles paraissent bien souvent constituer un pont entre le temporel et l’intemporel, comme si ceux qui décédaient allaient explorer et préparer dans un au-delà la venue de ceux qui les suivront. Le deuil doit donc se faire avec la présence du corps ou d’un médiateur, fusse t-il un simple morceau d ‘ossements, à l’unique condition qu’il ait bien appartenu au disparu. Le mort et La Mort étant ainsi honorés, les difficultés de l’avenir peuvent être affranchies en partie, amoindries ou du moins aplanies.

La mort reste donc ainsi au centre de la vie comme les cimetières étaient au centre des villages en Europe autrefois. En Afrique, dans les villages, le mort est bien souvent enterré dans la cour de l’espace du village où il résidait, derrière son habitation et même quelquefois dans sa propre maison.

Que se passe t-il donc après cette mort ?

Nous référant alors à la marche de ce Grade, le M\M\arrivé à la fin de ses sept pas ou se tenant sur la dernière des sept marches de l’escalier circulaire, prêt à traverser le voile qui sépare le Hélal du Débir a-t-il encore besoin de son enveloppe charnelle ?

Le M\M\ traverse la mort comme il enjambe le catapulte et il se tient debout, prêt à aller plus loin, vers de nouveaux horizons particuliers, car éthérés ! Il a sept ans et même plus !

Le grade de M\ n’est pas un grade de commandement, il apprend à dépasser la mort, notre propre mort mais elle n’arrête pas pour autant le chantier. Il s’agit d’acquérir sa maturité maçonnique par l ‘exercice de la domestication et de l’appropriation de la mort. Et cet exercice ne se fait pas sans douleurs ni sans émotion lorsqu’il concerne des êtres que nous affectionnons, mais il suscite une espérance que Jean Verdun restitue en disant que « l’initiation au Grade de Maître est la métamorphose du Compagnon qui après avoir été soupçonné d’être mauvais Compagnon apporte la preuve de son innocence et se voit appelé à ressusciter en la personne de l’architecte.

Hiram est donc bien mort et la parole perdue ! Cependant notre travail n’est pas encore terminé ! Le chantier doit se poursuivre.

Il va bien falloir une mystique particulière afin de perpétuer l’œuvre.

C’est alors le lieu d’analyser et même de psychanalyser le phénomène de la résurrection orné des corollaires indispensables à sa réalisation ?

 

La résurrection

 

La résurrection prend des formes diverses dans les différentes civilisations, selon les mythologies et les religions allant dans son acception la plus courante jusqu’à la réincarnation bouddhique.

Elle participe en cela de la psyché humaine dans son aptitude transcendantale où la métamorphose de la matière permet à l’esprit de poursuivre d’autres formes de vie. Dans l’imaginaire collectif il peut s’agir d’une réappropriation d’un corps physique uniquement parce que l’homme a besoin de repères perceptifs connus, aux fins d’illustrer les diverses étapes des chemins de la Connaissance.

Pour le F\M\ qui doit « aller plus loin », il doit s’agir, au-delà de l’illustration descriptive, de la recherche du sens réel du symbolisme de la résurrection. Loin d’être une réanimation, ce nouveau cycle, ce nouveau départ vers une autre réalité forge l’espérance de sa foi maçonnique. Ce qui lui permet d’appréhender la mort , non comme une fin , mais comme une délivrance afin d’accéder à des niveaux vibratoires et énergétiques supérieurs.

Uniquement à titre de comparaison, pour une meilleure compréhension de notre propos et sans entrer dans une herméneutique approfondie de la résurrection, on peut tirer de l’Evangile l’analyse suivante : il y a une différence fondamentale entre Lazare réanimé par le miracle de Jésus invoquant la puissance de son père, lequel Lazare marche en sortant réanimé de son tombeau d’une part , et d’autre part la résurrection du Christ, trois jours après une mort annoncée et préparée par la trahison de Judas afin que ce grand mystère se produise ! Non pas pour que Jésus devenu Christ revienne parmi les vivants continuer à prêcher les enseignements qu’il prodiguait mais bien au delà, pour son entrée dans et vers une vie éternelle marquée par l’Ascension , sa montée dans les cieux!

Je me plais à proposer souvent à la méditation de nos jeunes condisciples, les propos du très illustre frère Alain Pozarnik, dont j’affectionne les conférences et qui aime à dire que « le contraire de la mort ce n’est pas la vie mais la naissance ! » .

Par ailleurs la fécondité de son œuvre et des enseignements à tirer en ce qui concerne la recherche de la perfection témoigne d’une pratique éprouvée de cet exercice de passage de l’équerre au compas, qui devrait tous nous inspirer.

Nous devons tous entreprendre tel Sisyphe avec son rocher et sans relâche une navigation permanente entre l’Equerre et le Compas, lieu où doit se trouver le maître maçon en plein labeur !

La recherche de l’excellence, de la pureté, permet ainsi d’ouvrir les portes au véritable amour fraternel dans tous nos plans mentaux. Cet amour limpide qui, selon l’illustre frère Pozarnik dans son ouvrage « Le Secret de la Rose », permet de rejoindre la « sagesse universelle, celle qui englobe en une conscience unique tous les savoirs et dépasse, sans les rejeter, toutes les raisons. »

La résurrection peut alors apparaître dans toute sa splendeur comme la résurgence de son être principiel en route vers son éternité et l’ensemble des corollaires qui s’y rattachent participent donc et procèdent à la finalité de l’acte de la Création.

En ce sens, au delà de l’espace –temps sacré qui permet cette transmutation, le corps astral naviguerait dans un espèce de CONTINUUM, de Nirvana où seules vont être considérées les préoccupations de l’esprit, cet esprit qui anime la vie, cet esprit créateur et ordonnateur des mondes!

Ceci établit donc que la résurrection dans le mythe d’Hiram fonde une réalité supérieure qui s’oppose au quotidien profane, le supplante et nous permet d’entrevoir la finalité du Grand Œuvre.

Toutefois on pourrait penser que l’entrée en scène du nouveau maître ne devrait se faire véritablement que lors de la résurrection, lorsqu’il prend la place numérique du Maître Hiram disparu, car on peut difficilement imaginer que le Compagnon qui joue le rôle d’Hiram pendant l’assassinat ait déjà été vêtu de son habit de Maître !

C’est cette difficulté de mise en scène qui magnifie l’alchimie de la reconstitution du psychodrame, car en effet il s’agit de faire vivre au postulant sa propre mort physique afin de le libérer du carcan de ses pesanteurs terrestres et lui permettre de poursuivre son voyage en s’élevant, en fait en élevant sa conscience!

Les mots substitués et la mise en commun des énergies des meilleurs ouvriers du défunt Maître vont permettre d’aller plus en avant vers la recherche de la vérité, ce qui nécessite et demande un effort continu mais aussi et d’abord un effort collectif et une perspicacité certaine!

Il s’agit maintenant de faire passer en avant le « corps subtil » qui doit entreprendre de nouveaux voyages en rapport avec sa destination finale lumineuse.

Relayer, transmettre, répandre la lumière, nouvelle mission assignée et gravée en la personne de notre nouveau Maître qui, après avoir vaincu les ténèbres de son existence terrestre imparfaite, devra parcourir un nouveau cycle, certainement composé encore de morts et de résurgences successives tel que le sous-tend tout rite solaire!

Tel le phénix qui renaît de ses cendres, le M\est plus radieux que jamais, car il a puisé dans l’énergie cosmopolite constituée par la mystique du troisième degré, qui exécutée dans la commune union des trois piliers de la L\, à travers les cinq points parfaits de la maîtrise, vont faire resurgir la vie, et donc redonner corps à l’esprit.

Il s’agit cette fois d’un corps vibratoire à la recherche d’une résonance particulière entre deux forces superposées: celle de son moi et celle de son supra conscient qu’il faudra aligner voire incorporer!

Synthèse

Dans son cheminement initiatique, le cycle mort-résurrection, peut être défini comme le cycle vertueux de la recherche de la vérité.

Cette alternance qui apparaît, tel un pavé mosaïque, permet au M\M\, dans une descente ascensionnelle à travers son subconscient, d’ouvrir la voie à d’autres espaces de son univers intérieur qu’il est loin d’imaginer. Son corps subtil doit entreprendre de nouveaux voyages à travers lesquels il pourra tenter de découvrir sa vraie nature divine, au prix de plusieurs sacrifices, surprises et déceptions mais aussi de plusieurs encouragements et satisfecit bien mérités!

Or l’altération de cette particule de divinité est si rapide qu’il faudra toute la persévérance et la détermination du M\M\ pour capter en nombre suffisant des photons de ce rayonnement fossile premier, afin d’illuminer le Maître, et l’accompagner dans son processus de transformation-transmutation pour devenir un véritable Etre de lumière.

« La lumière est apparue aux apprentis, elle a éclairé les compagnons, puisse-t-elle illuminer les maîtres ! ».

C'est tout le bonheur que je souhaite à tous les MM\MM\dans leur recherche sur le chemin de la Vérité. Et comme l’acacia vous est connu, que votre volonté soit imputrescible et que verdoie pour l’éternité votre détermination à répandre la Lumière.

Enfin, je formule le vœu et nourris l’espérance que cette lumière nous habite tous tout au long de notre parcours maçonnique et que le Véritable Maître ressuscite en nous et parmi nous car il doit irréductiblement vivre dans le fils et ce pour la postérité.

 

Source : http://www.apollonius-de-tyane.ch

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Quelques réflexions sur Hiram et le Grade de Maître

29 Mai 2012 , Rédigé par C\ G\ Publié dans #Planches


La première étape par laquelle le profane que nous fumes tous un jour, est mis sur le chemin de l’initiation c’est l’épreuve de la terre, qui se déroule dans le cabinet de réflexion.

Son symbolisme fort, le plus fort sans doute de l’initiation au premier degré, mais qui n’est pas forcément compris alors comme tel par le candidat, réside dans la mort du vieil homme et dans sa « résurrection », comme initié mis sur le chemin.

Des années plus tard, s’il a bien travaillé et franchi les étapes, le franc-maçon va à son tour mourir pour renaître, mais cette fois intégré à un mythe qui le transcende celui de la mort d’HIRAM, et devenir comme lui un Maître maçon.

Il m’a paru intéressant, à l’occasion de cette chambre du milieu, de revenir sur l’origine de notre grade, mes frères, et plus particulièrement sur cette légende d’HIRAM devenu le héros primordial de la Franc maçonnerie.

Toute association humaine a besoin d'un mythe fondateur pour se développer. Le mythe fondateur de la franc-maçonnerie spéculative est l'assassinat d'Hiram par trois mauvais compagnons.

Hiram est d’abord brièvement mentionné dans la Bible au premier « Livre des rois » : Le roi Salomon fit venir de Tyr Hiram qui travaillait sur l'airain. Hiram était rempli de sagesse, d'intelligence et de savoir. Il arriva auprès du roi Salomon et il exécuta tous ses ouvrages. (I Rois, VII, 13-14).

Trois siècles plus tard, il apparaît dans « Les chroniques » et il est grandi : de simple spécialiste du bronze il est devenu l’artisan, expert dans toutes les modalités de la matière. : je t’envoie un homme habile, habile pour les ouvrages en or, en argent, en airain et en fer, en pierre et en bois, en étoffes de teintes en pourpre et en bleu en étoffes de byssus et de carmin, et pour toute espèce de sculptures et d’objet d’art qu’on lui donne à exécuter.
La base biblique est, on le voit, très succincte et nulle part il n’est fait mention de la mort tragique d’Hiram, de sa passion.
Rien ne justifie donc bibliquement la légende de notre troisième degré, et ce n’est qu’au XVIIIème siècle comme nous allons le voir, et pour les besoins d’un symbolisme initiatique d’une très haute portée qu’il fut promu architecte

Les rituels maçonniques ont donc considérablement développé le texte initial en créant la légende de l'assassinat d'Hiram.

L’histoire maçonnique contemporaine, à peu près unanime, considère que la Légende d’Hiram a été introduite dans le rituel aux environs de 1730.

Cela ne signifie évidemment pas qu’elle fut inventée de toute pièce à cette époque.

Les propositions, interprétations, élucubrations même ne manquent pas quant à l’origine de la Légende et toutes les mythologies et religions antiques, égyptiennes, grecques, romaines, voire celtiques ont été appelées à la rescousse.

Certes ces antécédents lointains peuvent être invoqués comme autant d’archétypes du héros, du dieu qui meurt et renaît.

Mais pourquoi s’attacher ou feindre de croire que la légende qui nous occupe viendrait du fond des ages alors que ces sources mythiques ou légendaires sont sans rapport avec le Métier ?


Elle résulte plus certainement de la refonte, réalisée par substitution et juxtaposition, de plusieurs récits, dont ceux de Noé et de Betsaléel.

A cet égard, nous nous réfèrerons à un texte maçonnique de 1726, le manuscrit Graham, qui, à bien des égards tranche sur toutes les autres sources alléguées et approximatives.

Il décrit le redressement du corps de Noé par ses 3 fils Sem, Cham et Japhet, au moyen de cinq points, alors qu’ils sont à la recherche d’un secret lié à une révélation divine.

Il dépeint également la personnalité de Bétsaléel, artiste plein de sagesse, de connaissances et de savoir faire, possesseur de secrets liés au métier, connus seulement de 3 personnes, lui-même et les deux frères du Roi Alboin.

A sa mort il les emporta avec lui dans sa tombe et il apparaît que les deux Princes ne trouvèrent personne pour reformer avec eux la triple voix et révéler les secrets de la maçonnerie.

Enfin, le manuscrit Graham évoque le Hiram des « Rois », fils d’une veuve de la tribu de Nephtali qui vint auprès du roi Salomon et exécuta tous ses travaux.

Troublante coïncidence, ou source indiscutable de l’origine du mythe ?

Mais la toute première édition de la légende d'Hiram telle que nous la connaissons aujourd’hui se trouvait dans Masonry dissected (1730) de Samuel Pritchard.

Ce texte, dit de divulgation, et diffusé par un maçon « renégat » constitue la première révélation d’une organisation maçonnique en 3 grades culminant avec le grade de Maître, mais propose aussi la première version connue et cohérente de la Légende qui devait désormais constituer le cœur du grade, la Légende d’Hiram.

Dans la maçonnerie opérative telle que nous la connaissons à travers les Old Charges anglais et les Stuart Shaws écossais il n’existait traditionnellement que deux degrés celui d’apprenti et celui de compagnon ; un seul mot de passe, un seul signe de reconnaissance y étaient enseignés et le mythe d’Hiram y était inconnu.

Le Maître, alors, c’était soit le patron, soit un compagnon remplissant les fonctions de chef de chantier.
Avec le document de Prichard, il apparaît qu’un élément essentiel de la cérémonie du deuxième grade d’un système en deux grades (les 5 points du compagnonnage) attestés dès 1696 dans les textes écossais pour la réception de Compagnon du Métier, est transféré dans le troisième grade d’un nouveau système en trois grades.

Le lien entre l’apparition du grade de Maître et la Légende d’Hiram est incontestable.

Ce récit est d’évidence allégorique car nulle part dans la Bible il n’est fait allusion à sa fin.

La signification profonde de la Légende c’est d’abord, et avant tout, bien sur, la lutte de la Lumière contre les Ténèbres.

Cette conception originelle et primordiale a donné lieu à de nombreuses déclinaisons.

Rapporté au plan profane, Hiram serait le symbole de la Liberté.

Pour la maçonnerie chrétienne il représente le Christ crucifié, victime du fanatisme, de l’intolérance et de la vengeance et les mauvais compagnons sont identifiés à Hérode, Pilate et au Grand Prêtre Caïphe.

Certains ont pu y voir aussi une allégorie du soleil qui durant les 3 mois de l’hiver, symbolisés par les 3 mauvais compagnons, est en quelque sorte enchaîné, avant de reparaître dans tout son éclat après le solstice.

Pour nous F
M, Hiram est le symbole de l’homme valeureux, qui a résisté à la tentation et aux persécutions et qui a vaincu ses faiblesses et ses passions.

Ainsi il s’est rapproché de la perfection vers laquelle doit tendre l’espèce humaine.

Ses assassins ce sont les vices qui nous empêchent de parvenir à cet état : l’ignorance, le fanatisme, l’ambition déréglée.

Le vrai maçon, le Maître Maçon demeure fort dans la tentation et sait supporter la haine, la calomnie et les offenses, afin de demeurer fidèle à lui-même et à autrui.

Hiram est le symbole du devoir, de celui qui préfère mourir plutôt que de faillir à sa tache et à ses engagements.

Rien ne l’intimide, ni la menace, ni la souffrance, et ses ennemis ne pourront rien contre le bien dont il est le défenseur généreux.

La vérité malgré les embûches finit toujours par triompher et celui qu’on a cru abattre naît un jour à une vie nouvelle et meilleure.

Que ce retour à la justice tarde à se produire et d’autres hommes se lèveront et se feront les défenseurs du droit écrasé et de l’idéal méconnu car la force de l’idée est indestructible.

L’idée est immortelle et elle se poursuit à travers les siècles et les générations alors même que ceux qui l’ont exprimée pour la première fois sont morts et oubliés depuis longtemps.

Hiram est également un symbole de l’idée d’immortalité, que chacun peut du reste concevoir à sa manière : elle peut conforter celui qui croit à la vie de l’âme dans l’au-delà, mais aussi satisfaire celui qui voit dans cette idée l’expression de la constance de l’énergie dans ce monde.

Au plan cosmique la mort est une nécessité et l’homme qui aura appris à contempler les choses sous cet angle saura se soumettre à l’inéluctable loi.

Ainsi le cercueil et le tombeau ne sont pas seulement des symboles de mort, mais dans une mesure égale des symboles de vie.

Dans la mort d’Hiram nous voyons notre propre renaissance à une vie plus parfaite.

Les anciens Grecs enseignaient que tout est immortel et impérissable dans l’Univers, dans le Kosmos vivant. La mort physique n’est pour eux qu’un passage naturel d’un état à un autre ; aucun de nos atomes ne peut se perdre ou s’anéantir ; tout vit à jamais, c’est là l’image d’une Maîtrise éternelle.

Un Maître maçon sait qu’il vivra au delà de sa mort puisque rien ne se perd dans l’univers et que ses actes lui survivront ; car le Maître agit et se placer à l’ordre de Maître c’est dire « Me voici, je suis prêt à agir »

Enfin il se souviendra de la parole qui lui a été prononcée à l’oreille à l’heure de son élévation : « il vit dans le fils », une des interprétations de Mohabon.

C’est dans nos fils, dans nos disciples que les idées et les expériences dont nous avons-nous même été les réceptacles continueront de vivre
Ceux qui viendront après nous poursuivront notre travail à l’édification du temple de l’humanité.

D’autres suivront encore afin que la chaîne sacrée ne se brise jamais.
Entre nos mains est placée la dignité de l’humanité, à nous de la conserver.

Il ne saurait être question ici, dans le cadre de cette courte planche d’épuiser un sujet aussi vaste que l’étude des symboles contenus dans le mythe et qui font de notre grade le plus beau et le plus enrichissant de nos divers degrés symboliques.

Mais tout dans la Légende invite à l’approfondissement personnel, comme :
- l’acacia immortel au bois dur et solide mais hérissé d’épines,
- la parole perdue, que l’on recherche sans relâche,
- la marche du Maître qui enjambe trois fois le cercueil,
- ou encore le signe du Maître, qui se coupe le ventre comme le compagnon s’est arraché le cœur, afin que l’esprit domine les appétits et les passions.

C’est Oswald Wirth qui disait : « Hiram ne ressuscite pas en nous parce que nous avons extérieurement joué son rôle ; en initiation ne compte que ce qui s’accomplit intérieurement »

Et en effet, il ne suffit pas de relever le candidat par les 5 points parfaits de la Maîtrise pour que d’office il soit devenu Hiram lui-même !

On ne devient pas Maître en un seul instant ; un petit d’homme mis au monde doit encore grandir et le nouveau Maître doit comprendre que s’il a sans doute « 7 ans et plus » c’est le « et plus » qui doit surtout retenir son attention.

Efforçons nous donc, Vénérables Maîtres symboliques, de transformer le symbole en réalité.

En esquisse de conclusion j’emprunterai cette citation de notre frère Goethe

« Qui ignore le meurs et deviens, n’est qu’un morne passager sur une terre ténébreuse »

Et bien mes frères, nous qui croyons avoir vu l’Etoile flamboyante et qui prétendons connaître l’Acacia, ne soyons pas de ces mornes passagers mais voyageons, voyageons de l’Orient à l’Occident et de l’Occident à l’Orient et par toute la terre, afin de répandre partout la Lumière.

J
ai dit, T\R
\F\ Inspecteur et vous tous, Vénérables Maîtres.

Source : www.ledifice.net

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La légende d'Hiram

29 Mai 2012 Publié dans #fondements bibliques de la FM

Les origines de la légende d'Hiram

L’étude des origines d’une institution a pour préliminaire la distinction entre la légende et la vérité historique. Cette distinction, entre la fable et la réalité, s’impose particulièrement en ce qui concerne la légende d'Hiram
, dont les origines sont à la fois obscures et méconnues. Si l’on ajoute foi à des contes dont l’antiquité n’est pas douteuse, le problème sera vite résolu …Il suffira d’interroger un maître, de préférence "un ancien". Un de ceux qui ont conservé intacte la foi des anciens âges et d’écouter. Il dira les origines bibliques de la légende, les étapes de la construction du Temple de Salomon, les péripéties de la vie d’Hiram et son assassinat final par trois mauvais compagnons. Il citera des noms, des faits, des dates. Aucune question ne l’embarrassera, car la relation traditionnelle, dont il sera l’interprète, est des plus précises. Inutile d’ajouter que ses dires, dont la sincérité sera absolue, ne seront appuyés par aucune preuve, qu’ils resteront donc peu vraisemblables et que le travail de l’historien, loin d’être terminé, après cette audition, commencera seulement avec elle.

Martin Saint Léon expose les légendes que possèdent les fédérations qui administrent les trois Rites du Compagnonnage : "les Compagnons du devoir et de liberté", "les Enfants de Maître Jacques", "les Enfants du Père Soubise". Chacun des trois Rites possède sa légende propre et prétend se rattacher à l’un de ces trois fondateurs : Salomon, Maître Jacques, Soubise. Et chaque légende possède elle-même des variantes, voire des versions différentes. Maître Jacques aurait été l’un des premiers maîtres artisans de Salomon et l’un des compagnons d’Hiram. Il aurait travaillé à la construction du Temple de Salomon et serait devenu le Maître des Tailleurs de Pierre, des Maçons et des Menuisiers. Le Temple achevé, il aurait quitté la Judée, en compagnie d’un autre Maître, Soubise, avec lequel il se brouilla. Soubise débarqua à Bordeaux et Maître Jacques à Marseille. La fin de l’histoire de Maître Jacques semble calquée sur le récit de la passion du Christ. Alors qu’il était en prière, l’un de ses disciples vint lui donner un baiser de paix. C’était le signal convenu pour cinq assassins qui le tuèrent de cinq coups de poignard. Soubise fut accusé d’avoir été l’instigateur de ce meurtre, ce qui fut longtemps la cause de la désunion entre les Compagnons des deux Rites. Mais cette accusation fut finalement estimée infondée et injuste.

Une autre version de la légende veut, qu’au lieu d’avoir été un artisan contemporain de Salomon, Maître Jacques ait été tout simplement le même personnage que Jacques de Molay, dernier Grand Maître des Templiers
brûlé sur ordre de Philippe le Bel. Jacques de Molay a très bien pu, dans le cadre des nombreuses constructions édifiées par les templiers, donner une règle aux ouvriers Maçons, Tailleurs de Pierre et constituer des sociétés de Compagnons. Cette version, à première vue moins invraisemblable que la précédente, ne repose toutefois sur aucun fondement historique. Car si l’existence d’une filiation entre les Templiers et le Compagnonnage, n’est pas impossible, force est de considérer que, même probable, elle demeure purement conjecturale.

La légende de Soubise est implicitement contenue dans la précédente. Soubise, architecte du Temple de Salomon, comme Maître Jacques, ami de celui-ci, serait devenu l’instigateur de son assassinat. Le fait est toutefois contesté. Mais d’après un autre récit, Soubise aurait été un moine bénédictin qui aurait vécu à la fin du XIIIème siècle. C’est sous le costume des moines bénédictins, qu’il est généralement représenté dans les Cayennes. Soubise aurait participé, avec Jacques de Molay, à la construction de la cathédrale d’Orléans. Le Compagnonnage aurait été fondé à cette époque et Soubise aurait survécu quelques années au Grand Maître des Templiers. Cette version, qui n’est pas impossible, reste également purement conjecturale.

Les Compagnons du Devoir et de Liberté
" , Enfants de Salomon, prétendent eux, que leur fondateur est le Roi Salomon lui-même. Et ils se réfèrent à une légende qui a pour point de départ un passage de La Bible (Premier Livre des Rois, Chapitres 5 & 7) : "Le roi Salomon envoya quérir Hiram de Tyr. C’était le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali. Il était rempli de sagesse, d’intelligence, de science, pour faire toute œuvre en airain. Il vint donc chez le roi Salomon et fit ses ouvrages". Rien, dans ce texte, ne permet de conclure à l’existence d’une association telle que le Compagnonnage au temps de Salomon… Mais la légende continue le récit biblique. Pour payer les ouvriers, en éliminant les intrus et les oisifs qui se mêlaient à eux, Hiram donna à chacun des ouvriers un mot de passe pour se faire reconnaître. Ainsi, chacun était payé selon son mérite et recevait, le moment venu, le mot de passe de son nouveau grade. Le Compagnonnage de Liberté était fondé.

Une seconde légende se superpose à la première. Trois compagnons, Holem ou Hoben, Sterkin ou Skelem, et Hoterfut, furieux de s’être vus refuser la maîtrise, décidèrent de contraindre Hiram à leur donner le "mot" de maître ou de l’assassiner. Cette version constitue la trame du rituel maçonnique de l’élévation à la maîtrise.Le récit le plus connu et le plus complet de la légende se trouve dans le livre des "Voyages en Orient", de Gérard de Nerval. Il nous raconte "l’histoire de la Reine du Matin et de Soliman Ben Daoud, Prince des génies" (l’histoire de la Reine de Saba et de Salomon, fils de David)… Au fil des douze chapitres, d’"Adoniram", le premier, à "Mac Benah", le dernier, se révèle tout le symbolisme de la légende. Les trois mauvais compagnons y symbolisent l’ignorance, l’hypocrisie et le fanatisme. La recherche et la découverte du corps d’Hiram exaltent les trois vertus opposées, mais aussi la liberté et la fidélité, l’une portant l’autre, et qui sont les vertus de l’esprit. La fidélité est la lumière de l’esprit. Dès qu’on change ses idées d’après l’événement, l’intelligence n’est plus qu’une "fille".

La signification de la légende

La légende d’Hiram, est pour le nouveau maître une invitation à réfléchir son propre portrait dans le miroir que lui propose la légende. Il essayera donc d'observer comment le miroir est construit en tant que lieu spéculaire des métamorphoses de son propre moi symbolique … Car cette légende est d’abord un recours à soi-même, où chacun est invité à trouver sa propre vérité. Et c’est bien là que se trouve sans doute le sens alchimique de la légende, si l’on veut bien voir dans l’alchimie la tentative de chaque individu pour découvrir sa propre vérité, son propre secret, pour trouver la connaissance suprême réservée à chaque itinéraire humain. Car qu’est-ce donc que l’Initiation, sinon la traversée de la vie humaine, avec ses joies et ses épreuves, à travers laquelle l’être humain met à nu, lentement, cette étincelle qui est en lui et qui, une fois révélée, éclaire l’univers et lui donne un sens ?On retrouve les acteurs de la légende au portail Nord de la cathédrale de Chartres où figurent David avec Salomon et la Reine de Saba ainsi que Zorobabel ... Salomon, constructeur, il y a trois mille ans, du premier temple, détruit en l’an 600 avant notre ère par Nabuchodonosor II. Près de lui, se trouve Zorobabel, architecte du second temple, embelli par Hérode et détruit par les romains, en l’an 70 de notre ère. Eséchiel, l’inventeur du "troisième temple", a disparu du portail nord à la Révolution. Mais Saint Jean-Baptiste au même portail présente au passant l’emblème du troisième temple, la Jérusalem céleste, "la Cité qui n’a besoin ni du soleil, ni de la lune pour l’éclairer, car l’agneau est son flambeau".

"Ici, tout est symbole",
cette affirmation, répétée au cours de la cérémonie d’initiation maçonnique est chargée de sens, parce qu’elle annonce la valeur de la démarche et la méthode de travail : la recherche du sens, au-delà de l’apparence. Après son apprentissage et son compagnonnage, le franc-maçon médite sur la passion d’Hiram. Et il apprend alors que les maîtres disposent pour se reconnaître d’un mot substitué à la "parole" qui a été perdue. La "parole" est perdue pour ceux qui croient avoir tout vu, tout dit et qui disent "qu’il n’y a rien à voir". La parole est effectivement perdue lorsqu’on n’est plus à même de produire une pensée nouvelle à propos des symboles. Ainsi la "parole" est-elle toujours à retrouver et sa quête exige une remise en question permanente de toutes nos certitudes antérieures. Muni du mot substitué, le Maître Maçon explore les paysages proposés par les rites. Mais le voyage initiatique ne peut être accompli que par celui qui ne se contente pas du mot substitué. La Maîtrise véritable exige l’essentiel. Encore faut-il garder un esprit critique et conserver un certain humour, afin de ne pas devenir un dévot béat qui attend une "révélation" de la part de ses maîtres. Ainsi, au départ, dès le commencement de la quête, il faut savoir que la "parole" ne pourra se dire. Elle sera montrée, sous l'égide de la rose, sortie d’une boite, sous forme d’initiales, qui sont le symbole du "mot" et non le "mot" lui-même, enfin retrouvé ...

 Le grade de Royale Arche

L'un des motifs qui provoqua, en 1750, la célèbre querelle maçonnique entre les
"Antients" et les "Modernes" réside dans l’attitude des uns et des autres envers le grade de Royale Arche - la Sainte Arche Royale de Jérusalem. Les Anciens admettaient la pleine valeur de ce grade dont ils faisaient l’une des pièces maîtresses de l’édifice maçonnique et qu’ils pratiquaient réellement. Les modernes, par contre, refusaient officiellement de reconnaître ce grade, bien qu’ils fussent nombreux à le prendre et à s’y faire recevoir. Le schisme cessa en 1823, par la création de la Grande Loge Unie d’Angleterre dont l’article 2 de la déclaration préliminaire précisait que : "la maçonnerie pure et ancienne consiste en trois degrés, sans plus, à savoir : Apprenti, Compagnon et Maître Maçon, y compris l’Ordre Suprême de la Sainte Arche Royale".

Ce grade est-il de source opérative ? Très probablement non. Est-il issu des degrés hiramiques, en constituant la seconde partie du grade de Maître ? Rien ne prouve que les deux légendes du troisième degré et de l’Arche Royale aient jamais été associées dans un même cérémonial. Toutefois, les Anciens accusaient les modernes d’avoir mutilé le grade de Maître en l’amputant de sa seconde partie. Ce qui porte l’idée d’une maçonnerie en trois grades, le troisième étant reçu au cours de deux cérémonies distinctes …


Les rituels du grade de Royale Arche


Les origines des rituels du grade de Royale Arche sont multiples et complexes. Le plus ancien rituel connu de ce grade date de 1760. Après la tenue du premier Grand Chapitre de Royale Arche en 1766, le développement des rituels se caractérise, sous l’influence semblerait-t-il de jésuites, par la substitution à la légende ancienne, solomonienne et hiramique, d’une nouvelle légende racontant la reconstruction du Temple par Zorobabel.


L’enseignement historique du grade - qui présente des similitudes avec celui de Chevalier d’Orient du Rite Français - raconte que,
"lors de la reconstruction du temple, trois pèlerins inconnus s’étaient offerts pour déblayer les décombres de l’ancien édifice. Et comme le bruit courait que quelque chose d’important était enfouis sous les décombres, il leur avait été recommandé de prendre le plus grand soin pour réaliser leur travail. Au bout de quelques jours, ils avaient découvert, derrière un mur sonnant le creux, une voûte où ils avaient aperçu des tables, portant une partie des lois divines et un petit autel recouvert d’un voile. Ce voile soulevé leur avait permis de lire les noms des Maîtres qui avaient construit le premier temple, mais aussi le nom de l’Eternel - non pas celui qui est donné à l’ordinaire, mais un autre - qui était manifestement la parole perdue. Tous les Maîtres présents avaient dû prendre l’engagement de ne jamais révéler aux autres frères la parole retrouvée et de ne jamais la prononcer qu’en présence de deux autres Maîtres". Le grade de Royale Arche, tel qu’il prend corps en Angleterre à partir de 1766 affiche une marque chrétienne que l’on retrouve dans le rituel de Maître Parfait du Rite Ecossais Rectifié. Ceci suppose que dans les Loges qui pratiquaient le grade de Royale Arche, la légende de l’Ancien Testament soit interprétée d’un point de vue chrétien : celui de l’annonce de la reconstruction symbolique du troisième temple.

Dans le rituel de 1765, les acteurs en sont les Maîtres Sublimes, Salomon, Hiram, Roi de Tyr et Hiram, l’architecte assassiné
. "Les Maîtres Sublimes demandent à Salomon de leur conférer le grade de Royale Arche. Salomon leur répond négativement, sachant qu’il a condamné une trappe dans le sanctuaire. Cette trappe mène à un souterrain qui donne accès à une voûte de neuf arches. Longtemps après, Salomon envoie trois intendants, Sublimes Ecossais, pour chercher les choses les plus précieuses dans les ruines du Temple (ce qui constitue une incohérence, le Temple de Salomon étant détruit plus de quatre cents ans après sa construction). L’un des intendants accroche sa pioche à un gros anneau fixé à une dalle. Il soulève la dalle - dont l’image se trouve sur le sautoir du 14ème grade du Rite Ecossais Ancien Accepté - et découvre le souterrain. Il lie une corde autour de sa taille et dit à ses compagnons qu’il tirera sur la corde pour demander qu’on le remonte. Il descend dans le trou - le souterrain serait donc bien au fond d’un puits. Il passe trois arches, tire trois fois la corde pour se faire remonter. Au cours d’une nouvelle tentative, il passe six arches, tire six fois la corde. Il redescend une nouvelle fois avec un flambeau et passe neuf arches. Un pan de mur se détache et il aperçoit une pierre triangulaire sur laquelle est écrit le mot sacré du grade de Royale Arche : JABULUM. Il fait le même signe que Salomon, lorsqu’il a refusé de leur conférer le grade de Royale Arche (Signe d’Admiration). Il met un genou en terre, une main dans le dos et l’autre pour se protéger de la lumière (Signe de Protection) et tire sur la corde pour se faire remonter. Revenu avec les autres intendants, il leur dit : "Jabulum est un bon maçon" et décide avec eux :- que le nouveau mot de passe sera "Je suis ce que je suis"…

Le symbolisme du grade de Royale Arche

Les soirées privilégiées parfois vécues par les francs- maçons ne peuvent se produire que dans les Loges qui, au moyen d’un rituel, pratiquent l’art d’ouvrir une porte sur un monde
hors du temps et sur un univers sans limite. Ce monde, à l’intérieur d’un Temple orienté, couvert de sa voûte étoilée, devient d’autant plus réel qu’il est imaginaire. Ainsi, par le moyen du Rite, le franc-maçon peut passer de la durée temporaire ordinaire au temps sacré. Le franc-maçon vit ainsi dans deux sortes de temps : le temps profane et le temps sacré, qui se présente sous l’aspect paradoxal d’un éternel présent mythique qu’il est possible de réintégrer par le Rite. Le thème de la recherche de la parole perdue s’inscrit naturellement dans cette démarche. Après son apprentissage et son compagnonnage, le franc-maçon médite sur le meurtre d’Hiram. Et il comprend que le mot que les Maîtres utilisent, pour se reconnaître, est un Mot substitué, dont ils portent les initiales sur leur tablier et que le but de la démarche est la recherche de la Parole perdue … Muni du mot substitué et afin de retrouver cette Parole, le Maître Maçon explore les paysages proposés par les rites. Le processus de l'initiation nous donc fait traverser des paysages, plus précisément des structures qui jalonnent la voie initiatique, qui n'est elle-même qu'une expérience totale de la vie

Au douzième degré du Rite Ecossais Ancien Accepté, le Maçon
redécouvre que le Temple que chaque Maçon doit construire en lui-même, représentel'édifice idéal que chacun de nous est appelé à réaliser et que le Temple de Jérusalem est une image de l'univers destiné à satisfaire notre raison, une conception philosophique traduisant, autant qu'il est possible, une approche de la Vérité.Au XVlllème siècle, avant la structuration définitive de la Franc-maçonnerie spéculative, la prononciation du mot de maître est J H V H (Jéhovah). Tout se passe ensuite comme si tout le mythe d'Hiram consistait, dans un de ses aspects, à supprimer cette invocation pour la remplacer par un mot substitué qui sera le premier mot que l'on entendra et dont les significations vont de Mach Banach, Marrow in the Bone, Moabon enfin, qui deviendra le mot substitué du Rite Ecossais Ancien Accepté.

Le sens profond du Rite Ecossais Ancien Accepté est le passage fondamental de l’Ancien au Nouveau Testament , où le tétragramme Chrétien I N R I se substitue au tétragramme hébraïque I H V H. Et toute la démarche ultérieure sera ciblée sur la découverte de la complémentarité de l’Ancien et du Nouveau Testament, l’un, symbolisé dans les grades vétéro-testamentaires par la formule : Amour de la Vérité et l’autre symbolisé par la référence au Nouveau Testament : Amour de l’Humanité, symbolisme que l’on retrouvera sur l'échelle mystérieuse du rituel du trentième grade du Rite Ecossais Ancien Accepté …Certains diront : qu’importent les spéculations et les retours vers le passé à l’époque de la science, de la technique, de l’efficacité, de la raison… Les sceptiques et les agnostiques diront que la maçonnerie n’a que faire de dieu et des religions. Les croyants objecteront que leur foi leur suffit et s’en remettront à leur église, avec plus ou moins de confiance, pour s’occuper de leur dieu et du salut de leur âme. L’église, de son côté, parle de moins en moins, afin de ne pas effaroucher le client, l’important restant de maintenir, autant que possible, une influence fondée sur quelques principes d’ordre moral.


Quant aux francs-maçons, ils se présentent sous des visages bien divers, sans unité de doctrine ni d’action. Il existe, il est vrai, pour les trois premiers grades, un critère simple : celui de la régularité, qui garantit, dans l’ensemble, la reconnaissance de principes communs traditionnels. Et les choses deviennent encore plus claires lorsqu’on sait que la régularité doit s’apprécier sous deux aspects complémentaires : la régularité obédientielle et la régularité initiatique. Mais cette simplicité relative, qui concerne la franc-maçonnerie des grades symboliques, fait place à une réelle confusion lorsqu’il s’agit des "hauts" grades.L’histoire de ces grades est fort complexe et l’on y trouve le meilleur, mais également, il faut en convenir, le pire. On s’aperçoit, de plus, qu’il n’existe, au regard des "hauts" grades, aucun critère de régularité, ni aucun pouvoir régulateur qualifié, même si le Rite Ecossais Ancien Accepté peut se prévaloir de regrouper, au niveau mondial, 90 pour 100 des maçons travaillant dans les Ateliers au delà du troisième grade. Peut-on d’ailleurs parler "du" Rite Ecossais Ancien Accepté, tant les pratiques en sont parfois différentes, et les formules constitutives laissées "ad libitum" de chaque Atelier ?


Il semblerait donc raisonnable d'accepter une constatation de départ aussi simple qu’évidente. La franc-maçonnerie est, à l’origine, une
initiation de Métier et l’ésotérisme qu’elle met en œuvre est d’essence judéo-chrétienne. Partant de là, il convient de déterminer et de comprendre l’expression de cette essence judéo-chrétienne, d’en suivre le passage de la maçonnerie opérative de jadis à la maçonnerie spéculative moderne, puis de son évolution jusqu’à la pratique actuelle. Salomon, Hiram, Zorobabel, n’ont ni construit, ni rebâti le Temple… Ils nous ont légué son modèle, caché sous une image. Ils nous indiquent le chemin vers la Cité Idéale où il s’élèvera, dans l’harmonie. Il importe donc que les maçons de bonne foi, rejetant les idoles, mènent à bonne fin une pratique des "hauts" grades qui leur donne leur seule justification : aider, servir et honorer la Franc-maçonnerie symbolique, qui est la seule détentrice de toute l’initiation. Ainsi, la maçonnerie de Royale Arche pourrait-elle être considérée à juste titre comme la fondation et la clé de voûte de l’ensemble de l’édifice maçonnique. Dégagée de tout dogme, de toute attache cultuelle, considérée non comme un grade, mais comme un complément et une explication des grades symboliques, laissée à la libre interprétation de la conscience individuelle de chacun, elle montrerait ainsi l’importance, non pas tant religieuse, que sacrée de l’initiation maçonnique. Avec elle, s’éclairerait toute la signification à donner à la légende opérative et traditionnelle du Temple de Jérusalem ainsi que la haute portée de son enseignement initiatique selon lequel l’accomplissement du chemin de la connaissance rejoint la quête spirituelle de l’Amour.

Source : http://www.troispoints.info/article-17635847.html

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Hiram Abiff,seqenenre tao ou mort et naissance du Maître Maçon

29 Mai 2012 , Rédigé par G:.M:. Robert Deumié 33º/95º Publié dans #fondements bibliques de la FM

"Ainsi Hiram acheva tout l'ouvrage que le Roi Salomon lui fit faire pour la maison de l'Éternel." (I Rois 7: 13:40)

Le rayonnement de la civilisation égyptienne n'a pas empêché sa chute, malgré les Pyramides, l'Astrologie, la Science en général... le phare s'est éteint. L'importance a été retirée de l'Égypte et du nord-est de l'Afrique. La vérité des vrais maîtres bâtisseurs a été camouflée et ensevelie sous toute une montagne de mensonges et de supercheries. Seuls quelques-uns ont su découvrir la vérité, c'est-à-dire ceux qui avaient appris la science de la cryptologie, l'étude des morts - non pas des morts physiques mais de ce que l'on appelait d'idées périmées confinées dans une langue ancienne. Même encore aujourd'hui, la Maçonnerie Moderne a ce qu'elle appelle des degrés cryptiques et la Maçonnerie cryptique. Mackey l'explique comme "la division du système maçonnique dirigée vers la recherche et la culture de degrés cryptiques." C'est littéralement la Franc-Maçonnerie de la Voûte Secrète (Encyclopedia of Freemasonry, vol. 1, page 256)

L'histoire de Hiram Abiff, le fils de la veuve, a été greffée sur celle d'Osiris par ceux qui désiraient réorienter l'intérêt humain. L'histoire est chargée de joyaux et de perles de sagesse. Comme la plupart des mythes et des paraboles elle permet différentes interprétations. Selon la légende, Hiram Abiff était l'un des trois responsables de la construction du Temple de Salomon. La légende dit que le Roi Salomon, Hiram Abiff, Roi de Tyr (1 Rois: 7:13), et Hiram Abi de la tribu de DAN (2 Chr.: 2:13) se sont réunis pour concevoir les plans de la construction du Temple. Nous apprenons que le grand savoir devait être gardé par ces trois personnes jusqu'au parachèvement du Temple.

La légende poursuit qu'un jour, alors que Hiram Abiff, le Maître Bâtisseur, était en route vers le lieu de prière du midi, trois voyous juifs viennent à sa rencontre. C'étaient des ouvriers, appelés Jubela, Jubelo et Jubelum. À l'origine, il y avait quinze conspirateurs pour préparer l'assassinat de Hiram Abiff. Cependant les douze autres se sont retirés du complot, car ils avaient une conscience du divin ou du spirituel. (Douze représente le divin ou le spirituel.)

Hiram Abiff est interpellé par Jubela à la porte sud, qui s'adresse à lui en ces termes: "Grand Maître Hiram, je suis heureux de te rencontrer seul: c'est une occasion que je cherche depuis longtemps. Tu sais que tu nous a promis de nous transmettre, après le parachèvement du Temple, les secrets d'un Maître Maçon ou le mot du Maître, nous permettant de voyager dans des pays étrangers, de travailler et de gagner le salaire d'un Maître. Le Temple est presque fini, et nous n'avons pas obtenu ce que nous cherchons depuis si longtemps. Je te demande donc de me donner les secrets d'un Maître Maçon." Regardez bien la réponse de Hiram: "Mon frère, c'est une manière extraordinaire de demander les secrets d'un Maître Maçon et ce n'est ni l'heure ni l'endroit; tiens ta promesse et je tiendrai la mienne. Attends la fin de la construction du Temple et si tu es digne tu les recevras, autrement tu ne peux pas les recevoir." Jubela dit alors: "Ne me parle pas de l'heure ni du lieu; au début je ne doutais point de la véracité de tes paroles, mais maintenant j'ai des doutes!" Hiram dit: "Je ne le ferai pas et je ne peux pas les donner avant le parachèvement du Temple et ensuite seulement en la présence de Salomon, roi d'Israël, d'Hiram, Roi de Tyr." Jubela lui transperce alors la gorge avec la baguette de 24 pouces (l'un des outils de travail du premier degré).

Hiram, le Maître Bâtisseur, court alors vers la porte ouest. C'est là qu'il rencontre Jubelo qui lui demande également le mot de pouvoir. Hiram refuse et il est frappé sur la poitrine gauche par l'équerre (l'outil de travail du deuxième degré ou du Compagnon). Hiram essaie désespérément de se sauver par la porte est. C'est là qu'il rencontre Jubelum qui lui demande le mot. Sur son refus, Hiram Abiff est frappé sur la tête avec un maillet (outil utilisé par le Maître Maçon) ce qui le tue.

La Bible dit: "Il était le fils d'une veuve de la tribu de Nephthali et d'un père tyrien, qui travaillait le bronze. Il était rempli de sagesse, d'intelligence et de connaissance pour faire toutes sortes d'ouvrages en bronze... Il sait travailler l'or, l'argent, le bronze et le fer, la pierre et le bois, les étoffes teintes en pourpre et en violet, les étoffes de byssus et le carmin. Il connaît tout l'art de la gravure et la fabrication de tous les objets qu'on lui donnera..." (1 Rois 7:40: 2 Chroniques 2:13).

Hiram périt par les mêmes outils qui lui servirent à la construction du temple. Un bâtisseur doit avoir des outils. Il était un Maître Bâtisseur ce qui signifie en Franc-Maçonnerie que ses outils étaient la baguette de 24 pouces, le marteau, le fil à plomb, le niveau, l'équerre, la truelle. Il utilise également la pelle, le compas, le burin, etc. Le premier point à noter c'est que les voyous ont utilisé les mêmes outils et la connaissance des ces outils pour tuer le Maître Bâtisseur. Ceci fait référence à la dualité du savoir et de la nature. Tout comme le feu on peut les utiliser pour le bien et pour le mal. Le feu n'est pas mauvais en soi. Cet aspect de la légende nous apprend que le savoir a été altéré, contrefait, qu'il ne sert plus à construction mais à la destruction.

On nous explique ensuite, une fois Hiram Abiff assassiné, Jubela, Jubelo et Jubelum l'ont caché sous les déchets du temple. À minuit ils ont pris son corps et ils l'ont enseveli à nouveau: cette fois-ci à l'ouest au sommet d'une colline. Rappelons-nous qu'en premier lieu Seth jette le corps d'Osiris dans le fleuve et qu'ensuite il l'a découpé en quatorze morceaux et dispersé à travers tout le pays. La légende nous dit que les trois voyous ont essayé de s'enfuir vers l'Afrique, l'Éthiopie. Nous apprenons qu'ils se sont adressés à un capitaine de navire dans le port de Joppa (Joppa est également le mot de passe d'un Maître Maçon de Marque). Ils espèrent pouvoir quitter Jérusalem pour se diriger vers l'Éthiopie. Cependant, on leur refuse le départ, car ils ne connaissent pas le mot de passe de Salomon.

Cette légende est appelée à se situer sur l'histoire de l'Hiram véridique qui n'est autre que celle du roi Seqenenre Tao, dernier roi de Thèbes avant l'avènement des Pharaons, et qui est exposé dans la salle des momies au sous-sol du Musée du Caire.

C'est l'histoire de l'Égypte vaincue temporairement par les Hyksos dont les chefs se placèrent la couronne des rois égyptiens sur la tête. Ils pouvaient ainsi s'arroger le pouvoir civil, mais non le pouvoir divin qui était conféré aux seuls rois de lignée divine.

Or, pour faire le voyage des morts vers les étoiles que chaque roi égyptien devait faire et la purification en Osiris et renaître en Horus, afin de recevoir le couronnement, avec toutes les fêtes, rituels et processions qui s'y rattachèrent, il était indispensable de posséder le rituel funéraire, le rituel de renaissance et le rituel de couronnement afin de constituer un vrai roi de droit divin.

Malheureusement, le sort qui fut fait à Seqenenre Tao, le dernier roi, frappé à mort au front, derrière l'oreille gauche et sur la tempe par Jubélo pour l'obtention des rituels, et dont le cercueil en bois clair se trouve à côté de Seqenenre Tao, nous donne l'histoire véritable et la perte définitive de ces rituels avec la mort du roi, qui a préféré mourir plutôt que de livrer le secret, ce qui s'exprime en maçonnerie par la "parole perdue".

Les textes funéraires ont été reconstitués d'après le "Livre des Morts égyptiens", mais le rituel de couronnement et les incantations du voyage vers les étoiles préliminaire n'ont jamais été pleinement reconstitués. Ils sont perdus à jamais, à moins que certaines fouilles, révélations ou l'étude de textes anciens ne lève le voile de l'obscurité.

Voilà le sens de cette recherche "éthique" des Hyksos.

Le Saint Coran innocente Salomon de toute négligence et explique comment les gens vivant à cette époque auraient pu se protéger contre de tels méfaits: "Ils suivent les dires des satans sous le règne de Salomon. Salomon n'était pas un incroyant, mais les satans étaient des incroyants. Ils enseignaient la magie et les révélations des deux anges de Babylone Hârout et Mârout mais ceux-ci n'instruisaient personne sans avoir dit d'abord: Nous ne sommes qu'une tentation, ne sois pas un infidèle. Ils apprenaient d'eux ce qui pouvait diviser l'homme d'avec sa femme, mais ils ne pouvaient nuire qu'avec la permission d'ALLAH. Ce qu'ils apprenaient leur était nuisible et ne pouvait leur servir. Ils savent pourtant que quiconque fait cette emplette n'aura pas de part à l'autre vie. Mauvais marché. S'ils avaient su! (2:102,3)

Les trois assassins voulaient fuir vers l'Éthiopie. Pourquoi l'Éthiopie? L'Éthiopie représente l'origine d'un système d'éthique. Le nom Éthiopia signfie Vision étique. Ethia fait référence à éthique et Opia à voir; donc Éthi-opia signifie "Focus éthique". Une des raisons pour lesquelles Jubelo, Jubela et Jubelum désiraient se rendre en Éthiopie était de réviser leur vision morale. Ils avaient perdu de vue le grand plan et le destin de l'Homme. Une autre explication suggère que l'Éthiopie était gouvernée par une grande reine et que les trois assassins voulurent s'y rendre pour implorer son pardon. Rudolph R. Windsor explique dans son livre From Babylon to Timbuktu: "En l'an 1012 avant notre ère une reine éthiopienne appelé Bilkis rendait visite au roi Salomon à Jérusalem. Bilkis venait du royaume de Saba faisant partie de l'empire de l'Éthiopie. Cet empire comprenait la Haute Égypte, l'Éthiopie et l'Arabie incluant le royaume de Saba."

Une autre hypothèse expliquant le projet de fuite vers l'Éthiopie est donné dans le Coran. La huppe dit: "J'ai vu qu'une femme est leur reine, elle est comblée de biens et elle a un grand trône. J'ai vu qu'elle et son peuple se prosternent devant le soleil et non devant ALLAH. Le Satan leur a embelli leurs actions et les a écartés du sentier, ils ne sont pas guidés. Ne se prosternent-ils pas devant ALLAH qui dévoile ce qui se cache au ciel et sur terre et sait ce que vous cachez comme ce que vous ébruitez. ALLAH, il n'y a de dieu que lui, est le Seigneur du trône sans borne." (27:23-26)

La légende nous apprend qu'ils ne pouvaient pas se rendre en Éthiopie, parce qu'ils ne connaissaient pas le mot de passe; ils ne savaient pas percer l'énigme. L'histoire de l'Islam révèle que pendant les premières années de la mission du prophète Mahomet certains de ces disciples fidèles se rendirent en Éthiopie et qu'ils y gagnèrent accès et restèrent avec les gens chrétiens. Selon l'histoire de l'Islam les musulmans essayaient d'échapper à leurs ennemis et on leur demanda d'expliquer leur religion et ce qu'elle dit de Jésus. Apparemment, ils portèrent le bon message, car on leur accorda le droit de passage et protection.

La légende poursuit disant qu'ensuite Jubela,Jubelo et Jubelum retournèrent vers l'intérieur des terres et qu'ils se cachèrent dans une caverne. Le rituel nous dit que le roi Salomon qui se rendait au Temple le lendemain, trouvant les ouvriers confus et aucun plan sur le tréteau, se faisait du souci pour Hiram Abiff. On informa Salomon que personne n'avait vu Hiram Abiff depuis midi la veille. Salomon ordonna une recherche minutieuse dans tous les coins du Temple. Ne le trouvant nulle part, Salomon convoqua le Grand Secrétaire et lui ordonna de faire un appel de tous les ouvriers pour voir s'il y en avait de disparus en même temps qu'Hiram Abiff. L'appel révéla que Jubela, Jubelo et Jubelum étaient également absents. Le roi Salomon ordonna leur recherche. Il envoya douze hommes à leur recherche. Ils se lancèrent à la recherche par groupes de trois. Ils voyaient vers l'est, vers le nord, vers le sud et vers l'ouest à la recherche du Maître Bâtisseur. Nous apprenons que le groupe ayant voyagé vers l'ouest rencontra le capitaine près de Joppa et lui demanda s'il avait vu des étrangers. Le capitaine disait qu'il avait vu Jubelo, Jubela et Jubelum et qu'ils avaient l'intention de se rendre en Éthiopie. Ils retournèrent et informèrent le roi Salomon qui leur ordonna à nouveau d'aller à la recherche d'Hiram Abiff. Selon la légende, ils cherchèrent le Maître Bâtisseur avec beaucoup de ferveur. Il est dit que "parmi eux il y avait un qui était plus épuisé que les autres et il s'était assis au sommet de la colline où Hiram était enseveli." En voulant se mettre debout, il accrochait accidentellement un plant d'acacia qui s'était laissé arracher facilement. Cela attirait son attention et il appela ses deux autres compagnons. Ils examinèrent le secteur et ils découvrirent une tombe récemment creusée. L'histoire nous dit qu'à ce moment-là les assassins avouèrent leur crime et ils furent amenés devant le roi Salomon. Après avoir avoué leur crime, Salomon ordonna leur exécution.

Un autre récit de la capture des assassins relate qu'un groupe de neuf personnes guidé par Jaobert arriva à la caverne où l'un des assassins se cacha. Comme l'assassin était endormi, Jaobert courut dans la caverne et lui coupa la tête. Le rituel dit: "Qu'as-tu vu dans la caverne?" RÉPONSE: "Une lumière, un poignard, une source et un traître." QUESTION: "Qui t'as indiqué le chemin jusque-là?" RÉPONSE: "Un inconnu." QUESTION: "Que signifie le chien que tu vois dans le chapitre sur la route au seuil de la caverne?" RÉPONSE: "L'inconnu ou le bon citoyen qui conduit l'Élu." QUESTION: "Quand arrivent-ils à la caverne?" RÉPONSE: "À la tombée de la nuit." QUESTION: "Quand sont-ils revenus?" RÉPONSE: "À l'aube."

Il est intéressant de voir que le Coran parle du compagnon de la caverne. Il fait également référence à un chien près de la caverne. Le Coran dit: "Quand les jeunes gens se réfugièrent dans la caverne, ils dirent: Seigneur, aie pitié de nous, donne-nous le droit chemin." (18:10). Le verset 18 dit: "Tu aurais cru qu'ils veillaient mais ils dormaient. Nous les retournions sur le côté droit et sur le côté gauche et leur chien avait les pattes étendues sur le seuil. Si tu les avais aperçus, tu te serais enfui, saisi de frayeur." Et le verset 22: "Ils vont dire: Ils étaient trois et le quatrième était leur chien. D'autres visant l'insondable: Ils étaient cinq et le sixième était leur chien. Ou bien: Ils étaient sept et le huitième était leur chien. Réponds: Mon Seigneur sait leur nombre mais peu de gens le savent. N'en discute pas, sinon pour la forme et ne questionne personne là-dessus."

Albert Pike écrit: "Isis était accompagnée dans sa quête par Anubis sous la forme d'un chien. Il était Sirius ou l'étoile-chien, l'ami et le conseiller d'Osiris, l'inventeur du langage, de la grammaire, de l'astronomie..." (Morals and Dogma, p. 376).

Une autre version veut que deux des assassins furent trouvés par Bengabee, l'un des serviteurs du pays de Salomon, de Cheth, gouverné par le roi Macha. On les renoya à Jérusalem où ils furent exécutés. Le rituel dit: "Le jour de l'exécution ils furent attachés à deux poteaux par le cou, la taille et les pieds, les bras derrière le dos. Les bourreaux leurs ouvrirent alors la poitrine jusqu'aux parties génitales et pratiquèrent une entaille transversale. On les laissa ainsi pendant huit heures; pendant cette durée des insectes et des mouches se gorgeaient de leur sang. Leurs cris étaient si terribles qu'ils parvenaient à émouvoir même le bourreau qui leur coupa la tête et jeta leurs corps par-dessus les murs de Jérusalem en pâture aux vaches et animaux sauvages de la forêt."

La légende continue qu'après l'exécution des trois assassins, Salomon, Hiram de Tyr et quelques ouvriers se rendirent à la tombe du Maître Bâtisseur. Cependant, l'histoire relate qu'avant d'arriver à la tombe le roi Salomon et le roi Hiram s'entendaient pour que le "premier signe donné à l'arrivée à la tombe et le premier mot dit seraient adoptés comme signe et mot donnés dans toutes les loges de Maîtres jusqu'à ce que des générations futures trouvent les justes." Le Maître Bâtisseur avait été dans sa tombe depuis 15 jours, alors quand ils s'approchèrent de la tombe, l'odeur et la condition du corps étaient si terribles que les hommes spontanément portèrent le dos de leur main droite sur leur visage pour protéger les yeux et ils tournèrent leur tête légèrement vers la droite. La main gauche est un peu plus bas et tournée vers le sol, comme si elle devait protéger les yeux de quelque chose sur le sol. Ceci fut adopté comme le signe d'horreur.

Selon la version maçonnique de cette histoire, le premier mot prononcé était Mah-Hah-Bone. Certains érudits maçons disent que la prononciation est Machaben ou Machbinna. Il existe différentes interprétations de ce mot substitué. Certains disent qu'il se réfère au roi Macha et Bengabee. D'autres disent qu'il fait allusion aux trois hommes qui étaient les premiers à découvrir la tombe. En tant que définition, il est dit signifier "Que le Bâtisseur"; "C'est le Bâtisseur". "Moelle dans l'os". Moelle dans l'os." Mah-Hah-Bone, moelle dans l'os."

L'histoire nous informe qu'ensuite Salomon ordonna à l'un de ses hommes d'essayer de soulever le Maître Bâtisseur avec l'attouchement de l'apprenti (premier degré). (On le fait en prenant la main comme pour une poignée de main normale, sauf que le pouce est placé sur la première phalange.) Cependant, comme le corps est dans la tombe depuis 15 jours, la peau est devenue trop glissante et le premier essai échoue. Il dit alors à Hiram, roi de Tyr: "Mon valeureux compagnon, tu prendras le corps avec l'attouchement du Compagnon (deuxième degré) pour voir s'il t'est possible de le soulever". Il prend la main droite comme pour une poignée de main normale et il place le pouce sur la deuxième phalange et il essaie de lever le Maître Bâtisseur, mais la peau glisse à nouveau et il est impossible de le lever.

Salomon dit: "J'ordonne le silence complet. Et avec ton aide mon valeureux compagnon de Tyr, je vais maintenant lever le corps avec la poignée forte du Maître Maçon ou la Patte du Lion." Salomon s'avance et saisit la main droite du Maître Bâtisseur - la tenant fermement - et il appuie les bouts de ses doigts fortement contre les jointures du poignet du Maître Bâtisseur, là où le poignet s'unit à la main et avec beaucoup de force il le tire de la tombe sur les cinq points du compagnon qui sont: pied contre pied; genou contre genou, poitrine contre poitrine, la main au dos et la bouche contre l'oreille.

C'est dans cette position que le mot substitué "Mah-Hah-Bone" est chuchoté dans l'oreille. Le corps est ensuite ramené au Temple où il est enterré dans le Saint des Saints qui est le troisième niveau du Temple. Le Temple du roi Salomon se composait du rez-de-chaussée, des chambres du milieu et du Saint des Saints.

Chaque Maître Maçon à l'instar de la légende de Hiram Abiff fait l'expérience de cet événement. On dit alors qu'il a été élevé. En termes maçonniques on pose la question: "De quoi, vers quoi et par quoi es-tu élevé au degré du Maître?" RÉPONSE: "De l'état de mort, à une vie perpendiculaire à l'équerre, par la forte poignée du Maître Maçon ou de la Patte de Lion sur les cinq points du compagnon." Cette histoire a une profonde signification spirituelle et une extraordinaire importance dans la vie de l'homme moderne.

  

Source : http://pages.infinit.net/daath/maitre_mac.html

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Hiram et les jésuites

29 Mai 2012 , Rédigé par Nicolas de Bonneville Publié dans #fondements bibliques de la FM

Les symboles du grade de maître ont été empruntés de la conjuration que formèrent les amis de Charles premier pour venger sa mort, et mettre son fils sur le trône. Les jésuites en ont formé aisément les cérémonies funèbres d'un ordre ecclésiastique, à l'instant où un novice y fait la profession publique de ses vœux. Le drap mortuaire, le cadavre, le Miserere, psaume de mort, le cercueil d'Hiram-Abif, tout y est funèbre.

Cet Hiram-Abif, H et A remplacent ici les lettres B et G du grade de compagnon ; elles reviennent au même et représentent également le nombre 9 ou la lettre I jésuite.

La lettre H, est pour le chiffre 8 ; la lettre A, est pour le chiffre I ; total 9, ou jésuite. Nous avons déjà montré que B, la deuxième lettre, et le G, la septième de l'alphabet, donnaient le nombre consacré neuf, ou la lettre I jésuite.

H et A forment le chiffre du Maçon parvenu à la maîtrise ; B et G forment le chiffre de l’apprenti devenu compagnon ; ces deux chiffres, différents en apparence, expriment également qu'ils sont jésuites.

Au dessus du cadavre couché dans le cercueil, veille un I, qu'on explique par l’ancien mot de maître, Jéhovah ; voilà le vrai jésuite, celui qui est le représentant de Dieu, celui qui tient la place de Dieu, locum Dei tenens.

L'apprenti, ou temporel, garde la colonne I dans le parvis du temple ; le compagnon, ou scolastique, entré dans la chambré du milieu, et le maître, ou coadjuteur spirituel, vient dans le sanctuaire, où il fait sa profession. Il meurt pour le monde.

Les trois pas vers le maître ne sont ici qu'une répétition des trois vœux ; il enjambe de l’équerre au compas, c'est-à-dire, de l’obéissance au commandement. En sa qualité de coadjuteur spirituel, il va commencer à aider le Dieu de l’ordre ; on lui donnera des emplois.

En mourant pour le monde, le maître Maçon-Jésuite n'a point la face tournée contre terre ; il est couché sur le dos ; c'est pour le distinguer des moines vulgaires. On relève le récipiendaire par les cinq points de la maîtrise ; cinq attouchements par lesquels le profes embrasse et saisit le nouveau maître. Jusqu’à la griffe du maître, ou l’impression des cinq doigts séparés, « tout est ici conforme à la réception du coadjuteur spirituel dans l’ordre des jésuites ».

Le mot de passe chiblim - C – qui représente le coadjuteur spirituel, s'explique dans les catéchismes avec beaucoup de finesse ; ces chiblim sont, dit le catéchisme, des tailleurs de pierre qui savaient préparer leurs matériaux avec tant de précision, que l’architecte pouvait bâtir sans qu'on entendit, aux environs, ni marteaux ni haches. Pouvait-on mieux exprimer le silence et le secret du travail jésuitique ?

Le nouveau mot de maître Mac-Benc est expliqué par le fils de la veuve, c'est-à-dire, Charles II, fils de la reine veuve ; ce Charles II est la parole perdue que cherchèrent alors les Maçons. II faut remarquer ici que le mot Grec logos ne signifie pas seulement le verbe, ou la parole, mais encore le fils : ils cherchaient donc le fils de Charles premier qui était perdu.

Outre cela, le mot Mac-Benac symbolise L'ordre par ses deux lettres majuscules ; - M — 12, B - 2, c'est-à-dire, 14 ; le chiffre 14 donne la lettre O, ordo. Ainsi la société littéraire de Bacon se trouva changée en ordre.

Et comme le mot propre de ce grade est Iehovah I, ou jésuite, l'ensemble des lettres M, B et I exprime ordo jesuitarum, l’ordre des jésuites.

On a fait du mot Jéhovah un mot de passe, c'est-à-dire, un mot qui doit être caché : c'est encore une allégorie pour exprimer que personne ne doit savoir le vrai nom des Maçons.

Les Maçons eux-mêmes, selon le catéchisme, doivent chercher le nom qui leur appartient.

Le maître tué dans le nouveau système signifie l'ordre des jésuites ; les trois compagnons qui l'ont tué vers l’orient, le midi et le septentrion, sont les trois royaumes, l'Angleterre, l'Ecosse et la France, d'où les jésuites ont été chassés au commencement du seizième siècle ; ces trois royaumes sont justement placés à l'orient, au midi et au septentrion.

Le corps du maître Hiram, suivant leurs modernes lectures ou légendes allégoriques, fut cherché par neuf maîtres ; l'ancien catéchisme dit que le corps d'Hiram fut cherché par quinze maîtres, ce qui revient au même. 9 est J ou jésuitae, jésuites. 15 donne P pattres, pères jésuites. On frappe par trois fois trois, en neuf, parce que les trois vœux sont parfaits.  

Extrait de Les Jésuites chassés de la Maçonnerie par Nicolas de Bonneville 1788

Source : www.ledifice.net

 

 

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La légende d'Hiram

29 Mai 2012 Publié dans #fondements bibliques de la FM

Chaque mois de juillet, le « Tour de France » ressuscite la grande fête du vélo. Il peut être vu comme un carnaval moderne où un univers, centré sur le profit, laisse une place à l’expression mouvante et rituelle des rêves populaires. Mais le « Tour de France » exprime un rapport capital avec le temps, le changement et l’avenir.

Dans ce moment de la vie, une nouvelle classe d’âge succède à la précédente. Le temps détrône l’ancien monde et couronne le nouveau.

Naissance et mort y sont intimement liées. L’épreuve est une fête, un temps joyeux, qui interdit à l’ancien temps de se perpétuer et qui engendre le temps nouveau. Dans cette alternance temporelle qui donne vie et mort, la naissance et la mort ne sont pas coupées l’une de l’autre. Les deux pôles du devenir sont englobés dans leur unité contradictoire. Chaque étape est un nouveau commencement qui est porteur d’une virtualité future.

Les champions qui dominent la course cherchent à acquérir une « maîtrise » de la vie, une forme de perfection humaine où l’imitation des aînés joue un grand rôle. Cette recherche de la perfection pourrait se définir par trois maximes : « L’apprentissage, long et difficile, doit être méthodique », « Les chefs-d’œuvre sont marqués par le temps », « La mort vient toujours à son heure ». Mais, dans le « Tour de France », on parle de la mort en faisant la fête. Dans les cris de la foule, de nouveaux champions, pleins de force et d’espoir, viennent pour perpétuer la tradition.

Le maillot jaune est un symbole qui fait entrer son détenteur dans la catégorie des hommes-dieux qui meurent. Comme dans le cycle du « Rameau d’Or » décrit par James Frazer, « Il faut tuer l’homme-dieu, dès qu’apparaissent les signes de son déclin et transmettre son âme à un successeur vigoureux ».

Ainsi, de maillot jaune en maillot jaune, la course cycliste du « Tour de France » forme une longue chaîne de meurtres rituels. Héros solaire, le vainqueur conquiert la « Toison d’Or » après une longue lutte et par un acte de rupture : la mise à mort rituelle et symbolique de son prédécesseur, exécutée au nom de la pérennité des valeurs. Cette mise à mort est réalisée dans un moment de fête, d’une grande sacralité. L’ordre du monde se restaure et le nouvel élu symbolise l’éternelle jeunesse du monde nouveau.

Je vous ai parlé du « Tour de France » car il n’est pas sans analogie avec le Compagnonnage. Mais j’aurais pu vous entretenir tout aussi bien du « Mundial », des « Jeux Olympiques » ou de la « Corrida ».

Parce que j’ai la certitude que la démarche maçonnique ne consiste pas à « s’envoler » ou à « se réfugier » dans les « nuages théologiques » des rituels et des symboles. Et que j’ai l’intime, mais absolue, conviction qu’elle doit, au contraire, enraciner tout ce qui constitue sa substance, dans les traditions populaires, mythologiques et religieuses, afin d’y chercher tout ce qui peut y révéler le sens de la destinée de l’homme et la signification de l’aventure humaine.

Les origines de la légende

L’étude des origines d’une institution a pour préliminaire la distinction entre la légende et la vérité historique, entre les récits abondants et variés issus de l’imagination populaire et les données authentiques, dont on peut déduire, à défaut d’une certitude, une conjecture raisonnable. Cette distinction, entre la fable et la réalité, s’impose particulièrement en ce qui concerne la légende d’Hiram, dont les origines sont à la fois obscures et méconnues. Si l’on ajoute foi à des contes dont l’antiquité n’est pas douteuse, le problème sera vite résolu.

Il suffira d’interroger un maître, de préférence un ancien, un de ceux qui ont conservé intacte la foi des anciens âges et d’écouter… Il dira les origines bibliques de la légende, les étapes de la construction du Temple de Salomon, les péripéties de la vie d’Hiram et son assassinat final par trois mauvais compagnons. Il citera des noms, des faits, des dates. Aucune question ne l’embarrassera, car la relation traditionnelle, dont il sera l’interprète, est des plus précises. Inutile d’ajouter que ses dires, dont la sincérité sera absolue, ne seront appuyés par aucune preuve, qu’il resteront peu vraisemblables et que le travail de l’historien, loin d’être terminé après cette audition, commencera seulement avec elle.

Martin Saint-Léon, dans son livre sur le Compagnonnage, paru en 1901, expose les légendes que possèdent les fédérations qui administrent les trois Rites du Compagnonnage : « Les Compagnons du Devoir et de Liberté », « Les Enfants de Maître Jacques », « Les Enfants du Père Soubise ». Chacun des trois Ritespossède sa légende propre et prétend se rattacher à l’un de ces trois fondateurs : Salomon, Maître Jacques, Soubise. Et chaque légende possède elle-même des variantes, voire des versions différentes.

Selon Perdiguier, dans son livre sur le Compagnonnage, Maître Jacques aurait étél’un des premiers maîtres-artisans de Salomon et compagnon d’Hiram. Il travailla à la construction du Temple de Salomon et fut nommé Maître des Tailleurs de Pierre, des Maçons et des Menuisiers.

Le Temple achevé, il quitta la Judée, en compagnie d’un autre Maître, Soubise, avec lequel il se brouilla. Soubise débarqua à Bordeaux et Maître Jacques à Marseille, avec ses disciples. C’est alors qu’il dut se défendre contre ceux de Soubise qui décidèrent un jour de jeter Maître Jacques dans un marais, afin de le faire disparaître.

La fin de l’histoire de Maître Jacques semble calquée sur le récit de la passion du Christ. Alors qu’il était en prière, l’un de ses disciples vint lui donner un baiser de paix. C’était le signal convenu pour cinq assassins qui le tuèrent de cinq coups de poignard.

Sa dépouille mortelle fut rituellement ensevelie par ses Compagnons près de Saint Maximin et le traître eut la même fin que Judas.

Soubise fut accusé d’avoir été l’instigateur de ce meurtre, ce qui fut longtemps la cause de la désunion entre les Compagnons des deux Rites. Mais cette accusation fut finalement estimée injuste et un autre récit raconte que Soubise versa des larmes amères sur la tombe de son ancien ami et qu’il flétrit son assassinat

Mais une autre version de la légende, veut, qu’au lieu d’avoir été un artisan contemporain de Salomon, Maître Jacques ait été tout simplement le même personnage que Jacques de Molay, dernier Grand Maître des Templiers, brûlé sur ordre de Philippe le Bel. Jacques de Molay a très bien pu, dans le cadre des nombreuses constructions édifiées par les templiers, initiés et grands constructeurs, donner une règle aux ouvriers Maçons, Tailleurs de Pierre et Charpentiers qui travaillaient pour « Le Temple » et constituer des sociétés de Compagnons. Cette version, à première vue moins invraisemblable que la précédente, ne repose toutefois sur aucun fondement historique.

Car si l’existence d’une filiation entre les Templiers et les confréries ouvrières, d’où est issu le Compagnonnage, n’est pas impossible, force est de considérer que, même probable, elle demeure purement conjecturale.

La légende de Soubise est implicitement contenue dans la précédente.

Soubise, architecte du Temple de Salomon, comme Maître Jacques, ami de celui-ci, serait devenu l’instigateur de son assassinat. Le fait est toutefois contesté.

Mais d’après un autre récit, Soubise aurait été un moine bénédictin qui aurait vécu à la fin du XIIIème siècle. C’est sous le costume des moines bénédictins, qu’il est généralement représenté dans les Cayennes. Soubise aurait participé, avec Jacques de Molay, à la construction de la cathédrale d’Orléans. Le Compagnonnage aurait été fondé à cette époque et Soubise aurait survécu quelques années au grand Maître des Templiers. Cette version, qui n’est pas impossible, reste également purement conjecturale.

Les Compagnons du « Devoir et de Liberté », Enfants de Salomon, prétendent eux,que leur fondateur est le roi Salomon lui-même. Et ils se réfèrent à une légende qui a pour point de départ un passage de La Bible (Premier Livre des Rois, Chapitre 5, paragraphes 13 à 18 – 26 à 31 – dans l’édition de La Pléiade) :

« Salomon leva une corvée dans tout Israël et la corvée comprenait 30.000 hommes. Il les envoya au Liban, 10.000 par mois, par relèves.

Adoniram était préposé à la corvée. Salomon avait aussi 70.000 porteurs et90.000 carriers dans la montagne, sans compter les officiers nommés par les préfets et qui étaient préposés au travail, soit 3.300 qui avaient autorité sur les gens qui exécutaient le travail. Le roi ordonna d’extraire de grandes pierres, des pierres de prix, pour poser, en pierres de taille, les fondations de la Maison.

Puis les maçons ainsi que les Giblites, taillèrent et préparèrent les bois et les pierres pour bâtir la Maison… Le roi Salomon envoya quérir Hiram de Tyr. C’était le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali, mais son père était un Tyrien, artisan en airain. Il était rempli de sagesse, d’intelligence, de science, pour faire toute œuvre en airain. Il vint donc chez le roi Salomon et fit ses ouvrages (Premier Livre des Rois, Chapitre 7, paragraphes 13 à 15).

Rien, dans ce texte, ne permet de conclure à l’existence d’une association telle que le Compagnonnage au temps de Salomon… Mais la légende continue le récit biblique. Suivant la version d’Agricol Perdiguier, dans son livre sur le compagnonnage, les travaux étaient exécutés sous la direction d’un maître habile, nommé Hiram. Hiram travaillait le bronze et il était rempli de sagesse, d’intelligence et de science. Pour payer les ouvriers, en éliminant les intrus et les oisifs qui se mêlaient à eux, Hiram donna à chacun des ouvriers un nouveau mot de passe pour se faire reconnaître. Ainsi, chacun était payé selon son mérite et recevait, le moment venu, les assignations et les mots de passe qui lui permettaient de se faire reconnaître. Le Compagnonnage de Liberté était fondé.

Une seconde légende se superpose à la première. Trois compagnons, Holem ou Hoben, Sterkin ou Skelem, et Hoterfut, furieux de s’être vus refuser la maîtrise, décidèrent de contraindre Hiram à leur donner le « Mot » de maître ou de l’assassiner. C’est cette version qui constitue la trame du rituel que nous venons de vivre ensemble.

La signification de la légende

A quelque mythologie qu’elle se rattache, la légende peut être belle en elle-même. Elle peut même satisfaire l’esprit pendant des années, sans qu’il y décèle l’ouverture d’un chemin vers la philosophie. Puis un jour, mûr pour cette expérience, il perçoit d’instinct l’appel qui incite au mouvement. Double invitation au voyage. Mais invitation patiente et renouvelée dans le silence, car chacun partira s’il le veut et quand il le voudra… Pilate tue l’Esprit, mais au lieu de le mettre en croix, il met une croix dessus. Et c’est toujours la même opération, toujours à refaire. Mais on n’a pas assez de croix. Le Christ est mort, Pilate est né. Et tout irait parfaitement bien, comme Pilate l’entend, si l’on pouvait être sûr d’avoir tué l’Esprit.

Mais les esprits reviennent, comme on dit.

C’est pourquoi il faut avoir le courage de regarder jusqu’au fond du tombeau pour savoir qu’il est bien vide et que c’est ailleurs qu’il faut le chercher. Le suprême malheur, pour le sanctuaire, serait de devenir le tombeau scellé, devant lequel on monte la garde. Et on ne le ferait que parce qu’il y aurait là un cadavre. C’est pourquoi le suprême courage est de proclamer que le tombeau, tous les tombeaux, sont vides : celui de Persée, immortalisé dans les étoiles, celui du Christ, au matin de Pâques, celui d’Hiram, qui revit en chacun de nous.

Alors, comment aborder la légende d’Hiram, avec un regard résolument tourné vers le futur ? Peut-être en se demandant pourquoi il est impossible d’éviter de réfléchir son propre portrait dans le miroir qu’est par définition une légende. Car il n’existe aucun maçon sérieux qui n’ait trouvé dans ce récit autre chose que sa propre image. Voilà qui place la légende au cœur du véritable étonnement philosophique, au chapitre des miroirs… Et l’on peut se demander si la question du miroir n’est pas précisément la question fondamentale de l’initiation. Car le piège dans lequel la légende prend tout maçon, est qu’elle ne nous permet pas d’échapper à l’auto-portrait, du moins après avoir tenté de jeter un regard vers le miroir qui nous regarde. Car en fait, la véritable question est bien de savoir comment sont montés une légende, un mythe, un temple ou un rituel, en forme de miroirs. Et l’on essayera donc d’observer comment le miroir est construit, en tant que lieu spéculaire des métamorphoses de notre propre moi symbolique. Ainsi la légende d’Hiram engendre-t-elle ses propres lecteurs, car il n’y a pas plus de lecteur universel d’une légende ou d’un mythe qu’il n’y a
d’auditeur universel de la cinquième symphonie.

La légende d’Hiram, c’est donc d’abord un recours à soi-même, où chacun est invité à trouver sa propre vérité. Et c’est sans doute bien là que se trouve le sens alchimique de la légende, si l’on veut bien voir dans l’alchimie la tentative de chaque individu pour découvrir sa propre vérité, son propre secret, pour trouver la connaissance suprême réservée à chaque itinéraire humain. Car qu’est- ce donc que l’Initiation, sinon la traversée des épreuves, à travers lesquelles l’être humain met à nu, lentement, cette étincelle qui est en lui et qui, une fois révélée, éclaire l’univers et lui donne un sens. Il ne me semble donc pas que je ne vous parlerai que partiellement de la légende, car le pire serait de croire que la quête s’achève, que l’Initiation se termine et que l’on pourrait y mettre le point final d’une dissertation.

Ce sont des mots prononcés au hasard, qui m’ont peu à peu tout révélé. Les sonnets de Gérard de Nerval éveillèrent tout d’abord mon attention, puis mon intérêt. Et l’auteur de ces vers avait effectué un « Voyage en Orient » dont je compris qu’il ne serait pas sans intérêt de lire le récit qu’il en avait rapporté. Et c’est ainsi que je découvris « l’histoire de la Reine du Matin et de Soliman, Prince des génies ». Au fil des douze chapitres, d’« Adoniram », le premier, à « Macbenah », le dernier, la égende m’apparaissait plus symbolique. Les trois mauvais compagnons symbolisaient l’ignorance, l’hypocrisie et le fanatisme. La recherche et la découverte du corps d’Hiram exaltaient les trois vertus opposées, mais aussi la liberté et la fidélité, l’une portant l’autre, et qui sont les vertus de l’esprit. La fidélité est la lumière de l’esprit. Dès qu’on change ses idées d’après l’événement, l’intelligence n’est plus qu’une fille.

Et je retrouvais la légende au portail Nord de la cathédrale de Chartres, où figurent David ainsi que Salomon et la Reine de Saba.

Voici que de symbole, la légende devenait histoire… Salomon, constructeur, il y a trois mille ans, du « premier temple », détruit en l’an 600 avant notre ère par Nabuchodonodor II. Tout près, se trouve Zorobabel, architecte du « second temple », embelli par Hérode et détruit par les romains, en l’an 66 de notre ère. Eséchiel, l’inventeur du « troisième temple », a disparu du portail à la Révolution, mais Saint Jean-Baptiste présente « au passant » l’emblème de « la Cité qui n’a besoin ni du soleil, ni de la lune pour l’éclairer, car l’agneau est son flambeau ». Ainsi, n’y avait-il pas qu’un seul temple… Et peut-être pourrait-il s’agir ici de celui dont il est écrit : « Détruisez ce temple et je le rebâtirai en trois jours »…

La légende d’Hiram pose en fait la vraie question : crucifixion, résurrection, mort et renaissance, là est le vrai problème… La mort à soi-même que prônent les morales, les philosophies, les religions et la franc-maçonnerie elle-même, qui n’est pas une religion, ne peut être considérée comme l’écrasement devant l’autre ou encore comme la soumission à un sur-moi légaliste et culpabilisant. La signification en est toute autre… Mourir à soi-même, c’est perdre le narcissisme primitif qui rend l’homme inapte à toute vraie vie, à tout échange profond avec autrui. C’est passer du stade objet, soumis à des interdits et à des tabous, au stade sujet, autonome, responsable, capable de s’aimer profondément et d’aimer profondément l’autre.

C’est là sans doute le véritable sens de la résurrection ou de la re- naissance qui font de nous des êtres libres.

« Ici, tout est symbole », cette affirmation, répétée au cours de la cérémonie d’initiation est chargée de sens, parce qu’elle annonce la valeur de la démarche et la méthode de travail : la recherche du sens, au delà de l’apparence. Après son apprentissage et son compagnonnage, le franc-maçon médite sur la passion d’Hiram. Et il apprend alors que les maîtres disposent pour se reconnaître d’un mot substitué à la « parole » qui a été perdue. La « parole » est perdue pour ceux qui croient avoir tout vu, tout dit et qui disent « qu’il n’y a rien à voir… ». La parole est effectivement perdue lorsqu’on n’est plus à même de produire une pensée nouvelle à propos des symboles. Car le symbole est le langage du sens et il peut nous permettre d’accéder à la signification. Ainsi la « parole perdue » est-elle toujours à retrouver et sa quête exige une remise en question permanente de toutes nos certitudes antérieures.

Muni du mot substitué, le Maître Maçon explore les paysages proposés par les rites. Mais le voyage initiatique ne peut être accompli par celui qui se contente du mot substitué. La Maîtrise véritable exige l’essentiel. Encore faut-il garder un esprit critique et conserver un certain humour, afin de ne pas devenir un dévot béat qui attend une « révélation » de la part de ses maîtres.

Ainsi, au départ, dès le commencement de la quête, il faut savoir que la « parole » ne pourra se dire. Elle sera montrée, sortie d’une boite, sous l’égide de la Rose, sous forme d’initiales, qui resteront le symbole du « mot » et non le « mot » lui-même, enfin retrouvé… Connaître, ce n’est point démontrer ni participer. Et c’est un rude apprentissage. C’est pourquoi on cherche toujours « des hommes de bonne volonté ». Et voici l’évangile nouveau : « La Paix se fera, si les hommes la font. La Justice sera, si les hommes la font. Nul destin, ni favorable, ni contraire, n’est écrit. Les choses ne veulent rien du tout. Nul dieu dans les nuages… Mais le héros seul sur sa petite planète, seul avec les dieux de son cœur, Foi, Espérance, Charité. »… C’est pourquoi il faut avoir le courage de proclamer que le tombeau est vide et que l’acacia refleurira .

La suite de la légende

Jules Boucher donne, en complément de son livre sur « la symbolique maçonnique », la belle légende maçonnique, kabbalistique et profondément ésotérique « des trois Mages qui ont visité la grande voûte et qui ont découvert le centre de l’idée » (page 355).

« Longtemps après la mort d’Hiram et de Salomon, après que les armées de Nabuchodonosor eurent détruit le royaume de Juda, rasé la ville de Jérusalem et détruit le Temple, trois voyageurs arrivèrent au pas lent de leurs chameaux. C’étaient des Mages, des initiés de Babylone, qui venaient en pèlerinage et en exploration sur les ruines de l’ancien sanctuaire.

Après un repas frugal, en parcourant l’enceinte ravagée, ils découvrirent une excavation. C’était un puits, situé à l’angle sud- est du Temple. Le plus âgé des Mages, qui semblait être le chef, se couch à plat ventre sur le bord et regarda dans l’intérieur du puits. Un objet brillant frappa ses yeux et il appela ses compagnons.

Il y avait là un objet digne d’attention, sans doute un bijou sacré.

Ce bijou était un Delta d’une palme de côté, fait du plus pur métal, sur lequel Hiram avait gravé le nom ineffable et qu’il portait sur lui, le revers uni exposé aux regards.

Le Mage, descendu au fond du puits, ramassa le bijou, constata avec émotion qu’il portait le nom ineffable. Il regarda autour de lui et distingua dans la muraille une ouverture fermée par une porte d bronze. En remontant, il dit à ses compagnons ce qu’il avait vu et leur parla de la porte de bronze. Ils pensèrent qu’il devait y avoir là un mystère et résolurent de partir ensemble à sa découverte.

Chacun des Mages, tenant une torche, se laissa glisser jusqu’au fond du puits. Puis, sous la conduite de leur chef, ils s’enfoncèrent tous les trois dans le couloir menant à la porte de bronze… »

Il y a une définition du secret maçonnique qui prétend que : « dire quelque chose à quelqu’un, c’est l’appauvrir, parce que c’est l’empêcher de le découvrir seul ». Je vous laisserai donc partir seuls à la recherche de cette légende en vous souhaitant d’avoir un jour le bonheur de la vivre vous-mêmes en maçonnerie.

Source : http://hiram3330.unblog.fr/2008/10/17/la-legende-dhiram/

 

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Qui est Hiram ?

29 Mai 2012 , Rédigé par Jean-Pierre Bayard Publié dans #fondements bibliques de la FM

Voici un extrait du livre de Jean Pierre Bayard "Grande enyclopédie maçonnique des Symboles, Editions Cêtre 2000".
Cet article à la mérite d'être exhaustif en la matière, le voici à la demande de plusieurs Internautes et de notre sœur Esther.

HIRAM

Le nom d’Hiram figure à plusieurs reprises dans la Bible. Il est roi de Tyr, ami de Salomon (I Chroniques I, 52-54), auquel il expédie les bois du Liban et il lui adresse un ouvrier hautement qualifié, un autre Hiram « le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali, (une tribu d’Israël), et d’un père tyrien qui travaillait l’airain » (1 Rois VII, 13-14). Il y a également Adoniram chef des corvées, qui devient le successeur d’Hiram au 4e degré du REAA. On trouve encore Hiram-Abi ou Huram Abi ou Hiram Abiff « Hiram mon maître » qui apparaît en 1723 dans le Livre des Constitutions et correspond à la maçonnerie adonhiramite des Anglais ; ou encore Adon Hiram « Seigneur Hiram », Adoni étant un terme d’excellence. Quelques commentateurs veulent voir en l’artisan Hiram le fils du roi de Tyr, ce qui paraît invraisemblable car le roi aurait annoncé cette filiation à Salomon. Originaire de Tyr la phénicienne, on y ressent l’influence de Melkart : Hiram pratique-t-il une religion différente de celle de Salomon ? Celle de son père ou celle de sa mère ? Par « Adon-Hiram » on peut aussi comprendre « l’homme qui a dépassé la mort », ce qui présagerait le thème « Mort et résurrection ».

La légende maçonnique en fait l’architecte, chef de la constriction du Temple de Salomon et lui donne les pouvoirs les plus étendus, alors que pour la Bible il est principalement un fondeur d’élite. D’après Genèse IV, 18-24 ; 1 Rois VII, 14), le patriarche Lamech - ou son fils Tubal aussi nommé Tubalcaïn - serait l’ancêtre de tous les forgerons en cuivre et quelques versions maçonniques l’évoque à la place d’Hiram ; on laisse à celui-ci le bénéfice d’avoir fondu les colonnes J et B et la Mer d’airain. Ce forgeron qui travaille les métaux fait songer à Vulcain, le dieu du feu, un être boiteux qui vit dans le monde souterrain et comme tel il est évoqué dans les rituels des Compagnons Forgerons. Dans II Chroniques (II,13-14) Hiram travaille non seulement l’airain , mais tous les métaux, ce qui peut conduire à sa fonction de maître d’œuvre ; il n’est pas uniquement un alchimiste pratiquant la fusion des métaux, mais sur son énorme chantier il doit encore associer des volontés différentes : Sa réussite est incomplète puisque nous assistons à la révolte des « trois mauvais compagnons ».

Le mythe d’Hiram a été très souvent abordé et a conduit à de nombreuses interprétations. Maître Jacques et le Père Soubise travaillent sous sa direction à Jérusalem. La mort d’Hiram apparaît en 1730 dans La Maçonnerie disséquée de Samuel Pritchard. Rompant avec la stricte Maçonnerie de métier et tout en s’appuyant sur les faibles traces des textes sacrés, une magnifique légende a été créée plaçant la mort d’Hiram sur un plan initiatique, ayant pour thème la mort et la résurrection. Influence de la mort du Christ ? Ou de celles d’Osiris, de Maître Jacques, provenant du complexe d’Œdipe ? Nous n’avons aucun document sur l’origine du récit mais cet homme instruit meurt injustement sous l’effet d’une violence aveugle.

N’est-ce pas un sacrifice permettant à l’architecte de devenir le « Maître éternel » ? Les trois mauvais compagnons qui ne bénéficient pas du mot du Maître, sont la cause inconsciente de sa résurrection : « Le Maître est retrouvé et il reparaît plus radieux que jamais ». On songe à la mort annuelle du roi, ce qui permet la renaissance de la végétation, la fertilité du pays : Frazer a développé les aspects de ce mythe. On évoque peu en cette fin des travaux un « sacrifice de fondation » où un être était sacrifié pour assurer la stabilité de l’édifice, ni celui du maître architecte qu’on tue afin qu’il ne puisse communiquer les secrets de sa construction. Nous sommes à l’achèvement d’un temple dont les plans ont été établis par Dieu et où tout est sacré : Nous nous élevons vers des valeurs spirituelles.

Cependant cet édifice est-il absolument pur ? Sacré il ne peut être construit que par une main-d’œuvre « libre et de bonnes mœurs » instruite dans la religion juive. Or le peuple d’Israël jusqu’ici nomade ne sait pas réaliser de tels travaux, il a recours à des ouvriers compétents venus de différentes régions mais qui adorent un autre Dieu : Ces ouvriers immigrés, avec un chef Hiram lui-même étranger par son père, peuvent-ils construire valablement pour un Dieu qui leur est extérieur ? Le sang d’Hiram peut être un sacrifice qui remédie au sacrilège : Est-il le bouc émissaire ? Jésus est frappé à mort à cause de nos péchés. Ainsi nous sommes les véritables responsables de ces drames.

Cette légende a pu être connue des constructeurs médiévaux, mais nous n’en avons aucune preuve. Dans la légende des Quatre fils d’Aymon, Renaud de Montauban est tué car ce compagnon trop fort, trop parfait, trop travailleur, risque d’apporter un préjudice à leur profession. En 1723, les Constitutions d’Anderson ne mentionnent pas la mort d’Hiram ; l’édition de 1738 paraît l’évoquer avec ce vague troisième degré établi à Londres en 1726, mais en effet c’est dans le manuscrit Graham de 1726 que l’on trouve la mention du cadavre relevé. Le rituel des « Trois Coups Distincts » évoque une cérémonie semblable qui aurait été pratiquée par les loges des Ancients, donc vraisemblablement avant 1717. En réalité ce n’est qu’en 1730 que la mention du meurtre d’Hiram apparaît dans Masonry Dissected de Prichard. Les êtres qui apportent l’amour meurent sous la violence, comme Abel, Osiris, Maître Jacques, mais aussi comme Gandhi et principalement Jésus.

Il peut paraître qu’Hiram n’a pu ou n’a su transmettre sa connaissance et qu’ainsi une quête doit débuter pour rechercher tout indice sur la Parole qui semble perdue. Tout risque de disparaître avec cette mort. Il est cependant dit « que le maître est retrouvé entre l’équerre et le compas et il parait plus radieux que jamais » ; il n’a aucune apparence de souffrance ou de regret mais exprime l’image du repos, après le travail bien accompli. On donne des nombres bien symboliques à la tombe de l’architecte : Trois pieds de large, cinq de profondeur et sept de long. A la tête du tombeau est placée une branche d’acacia et une équerre ouverte à 90° sur l’occident ; le compas placé aux pieds est également ouvert vers l’occident.

Avec la mort d’Hiram, la franc-maçonnerie, plongée dans le deuil, revêt son temple de tentures noires. Le Vénérable descendu de son trône et ses deux surveillants jouent les rôles des trois félons », « trois mauvais compagnons » qui cependant appartiennent à l’ordre en recevant deux investitures. Les trois mauvais compagnons prennent les noms d’Ignorance, Fanatisme et Ambition, ou Jubelas (à la porte du Sud), Jubelos (à celle de l’Ouest), Jubelum (à la porte de l’Est) ; d’après Gérard de Nerval ce sont Olem, Sterkin, Hoterfut. Leurs noms varient selon les rites ; on trouve Jubela, Jubelo et Jubelum ; Giblon, Giblas et Giblos ; Abiram, Romvel et Hobden ; Starke, Sterkin et Oterfut… Ceux-ci expriment des vices caractéristiques : Ils n’ont pu s’intégrer dans l’esprit de la recherche et ils se révoltent contre leur Maître qui subit un échec dans sa maîtrise. Etrangement ces meurtriers sont représentés par les trois premiers officiers de la loge.

D’après le document Latonia cahier 12. (Maçonnerie des Hommes, Kloss XXXIV – 2p.107-127), intitulé Histoire des trois Elus Irlandais, il semblerait que les trois meurtriers ainsi désignés aient donné naissance à un système de trois grades. Il faut qu’il y ait un crime rituel pour qu’Hiram accède à sa véritable dimension. Les trois mauvais compagnons abattent leur maître avec trois nobles instruments : La règle qui l’atteint au bras droit, l’équerre qui le touche au cœur ou à l’épaule gauche, le maillet qui l’assomme, ce coup étant porté à la tête. Enterré furtivement par ses meurtriers, le corps étant bien orienté avec les pieds à l’Est, il n’est découvert que grâce au rameau d’acacia.

Connaître l’acacia indique que l’on est initié aux mystères du 3e degré.

Comme le suggère Michel Saint-Gall la mort d’Hiram paraphrase la mort du Christ qui elle-même apparaît selon les plus antiques civilisations dans le trépas d’un dieu. Celui qui est exalté au 3° degré du REAA devient Hiram et il est couché dans un cercueil, les pieds à l’Orient, la tête à l’Occident, comme le défunt entre dans l’église catholique.

Hiram, symbole de la connaissance toujours renaissante, par sa mort rituelle devient le prototype de l’initié alors que sans ce drame affreux il ne serait resté qu’un ouvrier habile qui aurait eu 170 000 ouvriers sous ses ordres. Mais ce grand architecte serait mort comme un simple mortel, à qui on aurait peut être rendu des honneurs éphémères, alors que maintenant il revit dans chaque nouvel initié…

On établi une correspondance entre les morts d’Hiram et d’Osiris, plus particulièrement au RER (Régime Ecossais Rectifié), alors qu’au rite Emulation on ressent une influence Compagnonnique bien que cette légende ne semble y apparaître que tardivement. Cependant aux 4°, 5° et 12° degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté (Maître secret, Maître Parfait, Grand Maître Architecte) on lui construit un mausolée et on s’interroge, non plus sur sa renaissance, mais sur le fait de la perte de la Parole et l’inachèvement du Temple dont les plans paraissent égarés. Ce sacrifice crée une rupture dans le ternaire Salomon, Hiram de Tyr et Hiram Abi : Il faut être trois pour ouvrir le coffre, pour former le triangle mystérieux, pour posséder le Mot qui paraît être perdu puisque la parole ne circule plus. Nous voici dans les ténèbres. Pour retrouver l’éclat premier il est nécessaire de reconstituer ce ternaire : le récipiendaire se substitue à Hiram Abi, subit le sacrifice mythique, connaît l’acacia signe d’immortalité et le mot « substitué » qui lui permet d’entreprendre la quête de la Parole hélas ! perdue.

Grâce au mythe, Hiram devient l’homme parfait, l’ouvrier modèle et il prend la stature du grand initié, du Maître dont la mort alimente les premières légendes des Hauts Grades. Au 6e degré (Secrétaire Intime), Joaben en apaisant la querelle entre Salomon et Hiram de Tyr, permet l’établissement d’une nouvelle alliance mais ne remplace cependant pas le Maître architecte. Dans la 9° arche Guibulum (Grand Elu Parfait et Sublime Maçon 14° degré) en retournant la Pierre d’Agate, atteint le Centre spirituel connu par Hiram.

Source :www.ledifice.net

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Le sceau de Salomon

29 Mai 2012 , Rédigé par AMS Publié dans #fondements bibliques de la FM

Fils du roi David, Salomon dont le nom dérive de Shalem, nom originel de Jérusalem, fit de cette ville une capitale de justice et de paix. Détenteur des deux vertus cardinales du souverain l’intelligence et la science, qui permettent de distinguer le bien du mal il sait appréhender l’univers. Dieu lui dit en songe : Je te donne un tel esprit de sagesse et d’intelligence, que ton pareil na pas existé avant toi ni ne sera après toi (I Rois, III, 12). L’exposition, qui fut organisée autour du thème du sceau de Salomon par le Dr Rachel Milstein au musée de la Tour de David de Jérusalem, investigue limage de ce roi, patron des sciences et des arts, qui fut aussi celui que Dieu désigna pour bâtir le Temple de Jérusalem.

Comment cette image nous est-elle parvenue ? La légende du sceau de Salomon, de ce sceau miraculeux confié au monarque par Dieu, est commune aux traditions juives, chrétiennes et musulmanes. Ancré dans la terre mais atteignant les cîmes paradisiaques, le sceau de Salomon symbolise l’harmonie des contraires, reflète l’ordre cosmique, les cieux, la trajectoire des astres, le flux perpétuel entre le ciel et la terre, entre l’air et le feu. Il incarne la sagesse surhumaine et la monarchie de droit divin.

A travers ce symbole et ses multiples significations, cette exposition explore les interactions culturelles entre les sciences et les techniques, la cosmologie, la médecine, l’architecture et la musique. Elle nous fait découvrir un univers dune grande richesse et dune grande beauté, et vient compléter un cycle d’expositions temporaires destinées à rehausser la place de Jérusalem en tant que carrefour de civilisations. Le sceau de Salomon est le symbole privilégié des échanges culturels entre l’Occident et l’Orient, un symbole de concorde au-delà des divergences ponctuelles entre langues et religions.

 

De Salomon à Suleiman

En 1536, Soliman le Magnifique entreprit de grands travaux de restauration sur le mont du Temple et convertit en mosquée l’église érigée par les croisés sur l’emplacement du Cénacle. Il soulignait ce faisant sa relation à Salomon, fils de David, et son appartenance à l’arbre de Jessé, la dynastie messianique à laquelle les chrétiens rattachent Jésus. Sur les murailles d’enceinte qu’il fit ériger furent gravés des symboles en forme de triangles entremêlés, des étoiles de David considérées par les musulmans comme le sceau de Salomon (Khatam Suleiman) et qui étaient censées protéger la ville sainte.

L’hexagramme est empreint de nombreuses connotations, surtout quand il est entouré dun cercle ; depuis l’Antiquité, en effet, lui sont attribués des pouvoirs magiques. Au-delà du motif décoratif ou du symbole nationaliste juif qui, du reste, ne date que du XIXe siècle, au-delà de l’élément abstrait de cette représentation de la voûte céleste et de sa complétude toute géométrique, l’hexagramme est avant tout un symbole universel. A l’instar du pentagramme, beaucoup plus ancien, il évoque l’épanouissement des mathématiques et de la géométrie par les civilisations méditerranéennes de l’Antiquité.

C’est par géométrie interposée que les pythagoriciens et leurs disciples investissaient dune symbolique cosmique que l’hexagramme et le pentagramme furent appréhendés comme la représentation du paradis et de sa réalisation sur terre, du divin réfléchi sur la création. Le lien entre la terre et le ciel, le macrocosme et le microcosme, l’esprit et la matière est précisément le thème de cette exposition qui réserve une place essentielle aux traditions des pays musulmans, prédominantes dans la région. Géométrique, lart islamique lest fondamentalement : pour le musulman, l’expression géométrique a plus de valeur que limage dans l’art figuratif ; artiste, en arabe, se dit musawwir, celui qui donne la forme, qui forge la relation harmonieuse entre les parties du monde, chacune possédant sa valeur de phrase musicale, toutes ensemble recréant l’harmonie des hommes et de l’univers.

L’islam, carrefour de civilisations, a véhiculé en Europe, par le biais d’innombrables groupements ethniques et religieux, les progrès accomplis par les hommes de l’Antiquité. A Jérusalem, ville sainte des trois religions monothéistes, l’islam va laisser une empreinte indélébile sur les sites et les traditions locales.

Le sceau de Salomon combine une force et une beauté symboliques et tangibles à la fois dans une seule figure, comme le veut l’art islamique. La propension avouée de l’artiste musulman pour la géométrie sous-tend la recherche d’harmonie entre les deux mondes, elle fait le lien entre la science, la beauté et la métaphysique. C’est pourquoi cette exposition recouvre les arts comme les sciences, la cosmologie comme la religion, sans marquer ce qui distingue telle discipline de l’autre : médecine et magie, astronomie et astrologie, techniques d’irrigation et leurs incidences sur les jardins, relation symbolique entre les jardins d’agrément d’ici-bas et ceux du paradis, entre la voûte céleste et les dômes des bâtiments à vocation séculière ou religieuse. Ce que cette exposition et le catalogue qui laccompagnait ont précisément voulu rehausser, c’est la manière dont le roi Salomon, patron des sciences et des arts, a imprimé son sceau sur les civilisations juive, chrétienne et musulmane ; puis, comment, à leur tour, les trois religions monothéistes ont laissé leur empreinte sur la civilisation universelle.

Au Xe siècle av. J.-C., Salomon hérite de son père, David, un royaume qui s’étend de l’Euphrate à la frontière égyptienne. Il va étendre au nord et à lest le territoire de ce royaume qui fut le plus vaste de l’histoire d’Israël. Malgré les rivalités et les révoltes qui marquèrent son avènement au pouvoir, son règne fut une période de paix, de prospérité et d’abondance. Pour la première fois dans l’histoire, la culture matérielle du royaume d’israël soutenait la comparaison avec celles des grands royaumes d’Orient. Le Temple, le palais du roi et les fortifications de Jérusalem furent les principales entreprises du souverain. Mais il y en eut d’autres, et les fouilles menées au cours des dernières décennies viennent conforter les descriptions dithyrambiques de la Bible sur le règne de Salomon.

Revers de la médaille : les impôts en nature et en espèces levés sur la population vont soulever les mécontentements et hâter la désintégration du royaume. L’issue tragique du règne de Salomon na toutefois pas influé sur la légende qui a fait de ce roi le plus célèbre de tous les temps. Sa sagesse, associée au fait quil fut le premier à bâtir le Temple et à y instaurer le culte du Dieu d’Israël, en fit un personnage dune importance religieuse et profane cruciale : un roi-prophète, un modèle de souverain aux yeux des musulmans et une préfiguration du Christ aux yeux des chrétiens. Son royaume est considéré comme l’apogée de la stabilité, de la prospérité et de la justice sur terre. Les monarques chrétiens et musulmans ‘sentourèrent des rites et de l’apparat que les légendes véhiculaient sur ce souverain, les artistes peignirent et sculptèrent son image, les écrivains associèrent son nom aux principes de légitimité du pouvoir et aux modalités du gouvernement équitable. Les califes abbassides (VIIIe-XIIIe siècle) encouragèrent la splendeur dune cour parée des symboles et du cérémonial dune monarchie qui empruntait ses fastes à celle de l’empire byzantin. Musulmans ou byzantins, tous s’inspiraient de traditions perses qui envisageaient le monarque comme un représentant de la divinité sur terre.

Les mythologies perses comme celles des civilisations du pourtour méditerranéen mentionnent en effet trois grands monarques dotés de symboles et d’attributs semblables : Salomon, roi d’Israël, Alexandre le Grand et Jamshid, le roi perse légendaire qui donna le feu à l’humanité et posa les fondations de la culture et du pouvoir. Les traditions islamiques, de leur côté, évoquent quatre monarques d’envergure suprême : deux idolâtres Pharaon et Nabuchodonosor et deux croyants Salomon et Alexandre. Des auteurs chrétiens et musulmans associèrent la fondation de Jérusalem à celle d’Alexandrie, attribuèrent tour à tour celle du Yémen ou de Constantinople soit à Salomon lui-même, soit à des matériaux prélevés dans des édifices érigés sous son règne. Les dynasties musulmanes de Perse, dIrak et d’Inde ajoutèrent à leurs attributs les mots de successeur du royaume de Salomon.

C’est sur une paroi de la synagogue de Doura-Europos (Syrie) qua été mis au jour le premier portrait du roi Salomon datant de 244 ap. J.-C. D’innombrables manuscrits enluminés en Allemagne, France et Italie entre le XIIIe et le XVe siècle sont illustrés de représentations du jugement de Salomon, thème abondamment exploité plus tard par les artistes qui enluminaient les ketoubot (contrats de mariage). La représentation du trône du souverain occupe une place essentielle en tant que symbole de la royauté dans les illustrations où figurent, de façon récurrente, des motifs associés à l’ordre, à la justice et à la paix universelle. On le trouve chez les chrétiens en particulier chez les souverains européens postérieurs à la Renaissance de la chrétienté occidentale et orientale. Le riche symbolisme du trône fascina les sultans musulmans, ce fut le cas du célèbre " Trône du paon " construit au XVIIe siècle pour Shah Jahan, bâtisseur du Taj-Mahal. La description de la cour du roi Salomon inspira la décoration de maints palais, tels le Kal`at Burg de Lahore (XVIIe siècle), comme elle lavait fait longtemps avant dans le palais omeyyade de Khirbet Mafjar près de Jéricho, où le personnage du souverain dressé sur un couple de lions orne la porte principale de l’enceinte.

Autre attribut iconographique du roi Salomon, contesté à l’évidence par l’orthodoxie musulmane mais pas par la chrétienne qui y voit l’unité avec la divinité : le gobelet. Le souverain assis sur son trône, tenant un gobelet et écoutant les sons du luth est une représentation courante dans toutes les civilisations, de l’Espagne à l’Afghanistan. Des gobelets royaux (dont l’un, remontant vraisemblablement au VIIe siècle, faisait partie du trésor des rois de France et était désigné sous le nom de Coupe de Salomon) décorés d’hexagrammes étaient produits dans les pays musulmans.

Les souverains musulmans associant leur autorité à limage de Salomon, son sceau devint dès lors le symbole de la sagesse, de la maîtrise des forces de la nature, du gouvernement des hommes, du réagencement de l’ordre cosmique grâce à la rectitude du souverain, par l’usage efficient des ressources naturelles, par l’empire de la moralité et de la justice, de la paix entre les créatures et avec les animaux, de la santé du corps et de l’esprit. La relation indissociable entre l’hexagramme et le pouvoir royal est manifeste dans les monnaies frappées à diverses époques et dans différents pays. Ce fut le cas notamment au Maroc où il fallut attendre les années quarante pour que l’hexagramme soit remplacé par le pentagramme sur les monnaies.

Le pentagramme, nous lavons déjà signalé, est de loin antérieur à l’hexagramme. Doté de propriétés magiques, il apparaît sur des coupelles où il sert à éloigner les mauvais esprits. L’hexagramme, pour sa part, pénétra l’islam à travers l’Egypte copte dès le VIe siècle. Il ne devint toutefois un motif religieux associé au mythe du roi Salomon qu’à la fin du VIIIe siècle chez les musulmans et inspira la facture des lampes. La convergence du sceau et de la lumière s’inscrit dans la tradition islamique qui assimile Dieu à la lumière, à la plénitude. Dans l’art juif, la première apparition qui nous soit parvenue du sceau de Salomon, associée à la représentation du candélabre du Temple, remonte à une illustration du Xe siècle figurant dans un manuel d’enseignement de l’hébreu rédigé en Egypte. On trouve fréquemment ce motif sur des pierres tombales et des objets rituels musulmans, notamment dans le minbar de la grande mosquée de Kairouan et dans des minbars et des mihrabs de Syrie, de Mésopotamie, d’Afghanistan et d’Inde à compter du XIe siècle. Le christogramme de l’iconographie chrétienne s’apparente également à l’hexagramme, et ce n’est sûrement pas un hasard.

Le sceau de Salomon apparaît également sur des objets familiers, parfois sur leurs parois intérieures pour attirer l’abondance, et sur des amulettes et talismans, voire, nous lavons mentionné, sur les murailles d’enceinte de la ville pour chasser les mauvais esprits.

De nos jours, l’hexagramme est assimilé à la fois au sceau de Salomon et à l’étoile de David, et considéré comme un signe distinctif du judaïsme tandis que le pentagramme est la représentation du sceau de Salomon pour les musulmans. Gershom Scholem, le grand spécialiste de la mystique juive, a investigué abondamment les fonctions protectrices de l’hexagramme et son intégration dans le judaïsme à partir de traditions islamistes. Selon cet éminent chercheur disparu, l’hexagramme fut un symbole universel avant d’être assimilé par les juifs, vraisemblablement pour la première fois, par la communauté de Prague au XIVe siècle. On le trouve dans des copies de la Bible et des manuscrits hébraïques allemands et espagnols dès le XIIIe siècle. La Kabbale en fit un usage abondant notamment dans des talismans et des mezouzot, où il symbolise le fait que l’homme scelle sa destinée dans un cercle magique que les démons ne pourront investir, en se protégeant des mauvais génies, conformément aux pouvoirs ésotériques que les légendes attribuent au roi Salomon.

 

La sagesse de Salomon

On attribue à Salomon la rédaction de trois livres de la Bible : l’Ecclésiaste, le Cantique des cantiques et les Proverbes. Parmi les livres qui lui furent attribués, citons La Sagesse de Salomon, partie du canon chrétien, qui octroie au souverain la maîtrise de l’astrologie et des puissances spirituelles ainsi que la connaissance des propriétés thérapeutiques des plantes. Flavius Josèphe évoque les pouvoirs magiques du roi dans ses Antiquités juives, et va jusquà dire que Salomon composait ses vers à des fins d’exorcisme. Les légendes relatives à son pouvoir sur les démons sont consignées dans le Testament de Salomon, compilation de récits grecs de médecine populaire datant du IIIe siècle et portant sur les causes de diverses maladies et sur les moyens de les prévenir. Des témoignages semblables ont été légués par certains auteurs musulmans qui désignent Salomon du nom de Calife de Dieu, préfiguration du Prophète et identifient le dôme du Rocher au Temple de Salomon comme le firent après eux les Templiers et les Hospitaliers avec leur Templum Salomonis. L’usage du sceau, au-delà de ses vertus d’auto-protection, est investi d’évidentes connotations politiques : le gardien du sceau royal est en effet le seul personnage du royaume à détenir le pouvoir démettre des décrets au nom du souverain, ce dernier lui ayant remis ce sceau reçu de Dieu qui y a gravé son Nom (le tétragramme), le transformant en Son calife, son préposé ici-bas. En l’occurence, une préfiguration du Prophète Mohamed.

Dans le domaine artistique, les légendes véhiculées par les traditions juive et musulmane décrivent Salomon comme un musicien accompli, digne fils de son père. La musique, qui était considérée par les Grecs comme appartenant à la catégorie des sciences exactes, connut un essor théorique considérable chez les Arabes dès le IXe siècle et était considérée comme une clé de l’appréhension de l’univers. Elle était associée à la médecine en tant que moyen de génération de l’harmonie de l’âme humaine, un moyen de parvenir à léquilibre psychique, mais aussi de soulager les douleurs, voire d’apaiser la démence. Ainsi on voit apparaître dans l’art islamique des personnages féminins tenant un luth, jouxtant un monarque brandissant un gobelet et parfois un sceau de Salomon sur des instruments ou sur des ouvrages de théorie musicale.

Parallèlement à ses pouvoirs et à sa sagesse, Salomon est doté du degré suprême de spiritualité, lequel trouve son expression à la fois dans les oeuvres architecturales quil laissa à la postérité, mais aussi dans sa production poétique. Le Cantique des cantiques qui lui est attribué possède des parallèles dans la poésie des Soufis et dans la poésie populaire en islam.

Salomon, dont la réputation s’étendait au monde de son époque attira à sa cour de nombreux souverains, la reine de Saba en particulier, celle dont le royaume est identifié à l’Abyssinie de la Bible. C’est ainsi que, depuis le XIIIe siècle de lère chrétienne, tous les descendants de la dynastie régnante en Ethiopie font remonter leurs origines au roi Salomon. Des descriptions de la visite que lui rendit la reine de Saba ornaient les murs de leurs palais. Salomon fut aussi un grand bâtisseur de bassins et de réservoirs deau. Et quand Soliman le Magnifique restaura le système d’adduction d’eau de Jérusalem, il forgea un lien supplémentaire avec les traditions du grand monarque. La sagesse octroyée par Dieu à Salomon lui permit de recréer en ce monde le jardin d’Eden. A noter que le mot hébreu pardess (paradis) fut emprunté par les Grecs aux Perses au IVe siècle av. J.-C. et que les traditions chrétiennes et islamiques préservèrent le motif des quatre fleuves avec un arbre à leur point de convergence.

Mais cest le Temple qui constitue l’apogée des trois religions monothéistes, il est le point de convergence entre Dieu et sa création, entre la Jérusalem céleste et la Jérusalem terrestre. La configuration même, traditionnellement attribuée au Temple est une représentation architecturale du cosmos, des sphères et des planètes, du
mouvement du soleil et des saisons. C’est, du reste, la raison pour laquelle les signes du zodiaque occupent une place aussi importante dans liconographie des synagogues de l’époque byzantine, qui évoquent le symbolisme du Temple. Depuis le premier siècle de l’hégire, le mont du Temple occupe une place privilégiée en islam, et pour les mêmes raisons que celles des juifs et des chrétiens : à la rédemption, les morts se présenteront au Temple pour y passer en jugement. Ce Temple où Mohamed, maillon entre le passé et lavenir, le judaïsme, le christianisme et l’islam, avait prié en compagnie des prophètes qui lavaient précédé ici-bas avant de s’élever vers le paradis.

Un ouvrage manuscrit, copié et enluminé à Istanbul vers 1500, le Suleiman Namé (Livre de Salomon) porte, sur son frontispice le roi-prophète installé dans une structure en coupole surmontant le toit d’un grand édifice de six étages, peuplé de toutes les espèces vivantes sur et sous terre, disposées par ordre hiérarchique. Les prophètes sont assis juste au-dessous de Salomon, puis viennent les rois, les soldats, les ouvriers et, au niveau inférieur, les animaux et les démons. Dans les cieux volent des oiseaux, au-dessus des oiseaux des anges. Une recherche stylistique sur les différents éléments de cette représentation indique une influence occidentale manifeste, probablement celle qui fut véhiculée dans l’empire ottoman par les juifs expulsés d’Espagne. L’illustration ottomane, par conséquent, referme le cercle du mythe et du symbole visuel qui firent leur apparition au cours de la période romaine, suivirent les errances du peuple juif en Espagne, pour revenir, via les pays d’Europe occidentale, en Orient, dans la capitale de l’empire ottoman, d’où le motif de l’hexagramme va se répandre à travers tout l’empire.

 

Source : http://www.mfa.gov.il/

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