Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles récents

Salomon et Hiram l'Architecte

28 Mai 2012 , Rédigé par Montegut Bourjac Publié dans #fondements bibliques de la FM

Le combat du roi Salomon contre les imperfections. L'art royal contre les passions animales.

Cette histoire se déroule dans le pays du roi Salomon il y a 3000 ans et simultanément à l'intérieur de notre conscience tous les jours.
Le récit décrit le combat de l'homme contre ses imperfections.
En nous, Hiram a été assassiné des milliers de fois.

Au début de cette allégorie on trouve 5 personnages.

1° Le roi Salomon représente ou symbolise la partie supérieure de l'homme. La partie qui doit régner et gouverner. La partie qui doit posséder l'art royal, l'art de gouverner.

2° Hiram l'architecte, le bras droit de Salomon, qui doit exécuter et concrétiser les plans du roi.

3° Les 3 mauvais compagnons qui représentent les imperfections dans l'être humain. Imperfections qu'il faut neutraliser, extirper ou tuer. En franc-maçonnerie on les appelle parfois; le fanatisme, l'ambition et l'ignorance, mais il y a bien d'autres.

5 personnages qui peuvent être logés ou inscrits dans chaque bras d'une étoile à cinq (5) branches.

Et finalement, qui sont Salomon et Hiram ? C’est à chacun de nous de trouver ce que ces personnages représentent.

Voici une interprétation possible :

Salomon représente ou symbolise la partie supérieure de l’homme. La partie qui doit régner et prendre des décisions. C’est le Chef qui possède l’art royal, l’art de gouverner. Salomon est un roi presque parfait, mais de notre point de vue, il a le défaut d’être toujours enfermé dans son palais trop éloigné de son peuple. Le son de sa voix dépasse rarement les murs du palais et peu parmi ses citoyens l’entende.


Les philosophes et les psychologues désignent parfois cette partie de l’homme avec de termes comme; l’âme, le soi, le sur-moi ou autres termes semblables.


Hiram est tout le contraire. Il n’est pas enfermé comme Salomon dans un palais à l’abri des dangers et des incertitudes. Il est constamment sur des chantiers dangereux pour surveiller l’exécution des plans du Roi.

Il organise les travaux, il trouve et commande les ouvriers, il monte sur des échafaudages et s’expose à de multiples dangers. Son corps est couvert de cicatrices causées par des accidents de chantier. Comme les autres citoyens du royaume il voit très rarement le roi Salomon qui pourtant lui a confié les grandes lignes pour la construction du temple dédié au perfectionnement de l’homme.

Si Salomon représente l’âme, on pourrait peut-être dire qu’Hiram représente l’homme de tous les jours. C’est l’homme qui se bat avec les événements journaliers de la vie terrestre. C’est lui qui choisit une carrière, c’est lui qui trouve un métier, c’est lui qui fonde une famille.

Il prend des coups sur les chantiers pendant que Salomon, à l’abri dans son palais, élabore les grandes lignes pour la construction du temple.

Comme nous le savons, suite à une inspection tardive d’un de ses chantiers, 3 de ses ouvriers l’ont attaqué et assassiné lâchement, car ils voulaient obtenir quelque chose prématurément qui était refusé par Hiram.

Il faut encore une fois rappeler que pour les francs-maçons Johaben représente le récipiendaire qui doit aller à la recherche des imperfections à l’intérieur de lui-même.

Mais Johaben possède les mêmes défauts que les mauvais compagnons.

Il est irréfléchi et agit par précipitation.

Il manque de patience, de réflexion et maîtrise de soi. Il brûle les étapes en dépassant les ordres de Salomon. Au lieu de faire justice, Johaben se transforme en meurtrier.

La légende d’Hiram nous présente un avenir assez sombre, car celui qui est censé résoudre les problèmes n’est guère mieux que les trois mauvais compagnons. Un soir, quand le roi Salomon réfléchissait sur l'origine de toutes les imperfections dans son royaume et les difficultés qu’il avait pour mettre en œuvre ses projets, un serviteur frappa à la porte et annonça qu'un des meilleurs coureurs du pays venait de se présenter à l’entrée du palais, avec un message de haute importance.

Le coureur venait d'une ville voisine où Salomon avait confié à Hiram, son architecte et son bras droit la construction d'un temple. Le temple dédié au perfectionnement de l'homme. Un gros chantier, peut être le plus gros de son règne.

Le roi laissa immédiatement entrer le messager.
Après avoir repris son souffle le coureur transmit le message que nous connaissons tous, à savoir l’assassinat du maître des maîtres par 3 compagnons impatients et la perte des plans pour la construction du temple.

Abattu à l’annonce de cette nouvelle, Salomon posa son regard sur l’étoile à 5 branches qui luisait faiblement au fond de la salle d’audience du palais comme s’il cherchait une solution à cette nouvelle épreuve, mais aucune réponse lui fut donnée.

Son chef d’œuvre, son plus grand cadeau à l’humanité anéanti en quelques instants par quelques compagnons ignorants et impatients. De nouveau tous ses efforts pour répandre la lumière et la connaissance furent brisés.

Vers minuit, accablé et ne sachant que faire, Salomon se rendit à son harem et s'endormit dans les bras d’une de ses favorites.

A son réveil, ayant retrouvé son pouvoir royal, celui de gouverner, Salomon prit la décision de nommer 9 maîtres pour aller à la recherche des meurtriers d’Hiram, et choisit Johaben, son secrétaire intime, comme chef.

Johaben avait accompli plusieurs missions pour Salomon dans le passé. Missions assez satisfaisantes malgré une tendance à vouloir faire les choses trop vite. Johaben était toujours impatient et pressé ne sachant attendre la maturité des événements, il lui fallait obtenir des résultats immédiats. (Comme les 3 mauvais compagnons) Malgré ses imperfections il était un proche collaborateur du roi Salomon.
Pour les francs-maçons Johaben représente le récipiendaire qui doit aller à la recherche des imperfections à l’intérieur de lui-même, en vue de les anéantir, extirper ou tuer.

Mais ceci ne concerne pas que les francs-maçons. Chaque être humain qui veut s’améliorer doit trouver et supprimer les mauvais compagnons qui sommeillent en lui.
Peut-être avec un peu moins de brutalité. Dans certains rituels on parle parfois de transmuer les mauvais compagnons en changeant l’ignorance en connaissance, le fanatisme en tolérance et l’ambition personnelle et égoïste en ambition pour un groupe ou pour la société. Cette technique peut convenir à condition de ne pas tomber sur un compagnon vraiment irrécupérable.

Très vite les 9 élus se mirent en route pour exécuter les ordres de leur roi, mais sans connaître l’endroit précis où se cachaient les coupables, les recherches restèrent sans résultats.
Un jour un étranger se présenta au palais du roi Salomon et informa le roi qu’il connaissait l’endroit ou s’était réfugié l’un des assassins du maître Hiram.
Salomon ordonna immédiatement aux élus des 9 de suivre l’étranger vers une caverne où un des meurtriers, nommé ABIRAM, s’était réfugié et de s’en emparer. Les 9 élus accompagnés de l’étranger partirent afin de trouver l’assassin, le compagnon égaré. Au début ils marchèrent ensemble mais Johaben devança les autres élus et entra le premier dans la caverne qui se trouvait à proximité d’un buisson ardant.
Par terre il vit couché ABIRAM, épuisé, amaigri et visiblement marqué par les remords de son acte infâme. Il était entouré d’un poignard, une fontaine et une lampe.

A la vue de cette scène étrange et ces 3 objets hautement symboliques, Johaben fut surpris, hésita un peu, mais soif de vengeance, il saisit le poignard et frappa au front, puis au cœur le compagnon égaré sans défense.

Son acte précipitamment accompli, et à la vue du cadavre sanglant, il fut frappé de remord. Encore une fois son défaut majeur, l’impatience l’avait emportée.

En oubliant les instructions du roi Salomon il commit la faute de pêcher par excès de zèle.

Des questions surgirent à son esprit. Avait-il bien agi ? Aurait-il fallu prendre la lampe pour éclairer le compagnon égaré et épuisé ? Aurait-il fallu donner à boire au pauvre scélérat ? Toutes ses questions furent dissipées par l’arrivée des autres élus qui pénétrèrent dans la caverne.
Il étancha alors sa propre soif à la fontaine et les élus en firent autant. Ils retournèrent ensuite tous vers le palais du roi Salomon, Johaben portant la tête du compagnon égaré.

Six mois après l’exécution d’Abhiram, Salomon apprit où étaient cachés les deux autres assassins. Il choisit cette fois 15 maîtres zélés pour trouver les meurtriers. Quinze jours plus tard les deux mauvais compagnons furent présentés à Salomon qui les enferma dans une tour en attendant leur exécution.
Peu de temps après on les attacha à deux poteaux. Leurs corps furent ouverts du pubis à la poitrine. Après quelques heures de cris et gémissements, ils furent décapitées, et leur têtes exposées aux portes de la ville.

Il y a de multiples détails dans le récit légendaire d’Hiram et de Salomon, qu’on en oublie parfois le message principal.
A savoir. Comment se débarrasser des mauvais compagnons ou imperfections qui sommeillent en nous ? Quelle technique utiliser pour neutraliser ces criminels ?
Le créateur de la légende Salomonienne nous suggère de réfléchir sur les questions suivantes.
Pourquoi 3 mauvais compagnons? L’homme a-t il 3 défauts majeurs, que la franc-maçonnerie nomme parfois l’ambition, l’ignorance et le fanatisme ?

L’auteur du récit insiste aussi sur l’endroit où sont cachées les 3 meurtriers. C'est-à-dire à l’intérieur de la terre. Le premier dans une caverne les deux autres dans une carrière. Les lieux de la pierre brute par excellence.

Ceci nous rappelle aussi le passage dans le cabinet de réflexion avec la formule hermétique. VITRIOL. Il est question de trouver une pierre philosophale pour ensuite la rectifier.

Un autre épisode intéressant est l’intervention d’un étranger quand la situation semble être bloquée.
Au début du 9° degré les élus ne savent pas dans quelle direction aller pour chercher les criminels, mais grâce à l’intervention de cet étranger, un simple paysan, ils trouvent Abhiram, le premier compagnon égaré.

Nous savons que le combat contre nos imperfections est une affaire personnelle, mais ici l’auteur du récit insiste sur l’importance des conseils venant de l’extérieur.
Déloger un mauvais compagnon qui sommeille à l’intérieur de soi, nécessite parfois une aide de l’extérieur. Un bon ami ou un frère par ex., symbolisé ici par l’étranger.
Il faut retenir de cette épisode que l’homme n’est jamais seul.

L'étoile à 5 branches

Pourquoi une telle insistance sur le symbolisme de l’étoile à cinq branches (Le pentagramme)?

Jules Boucher nous donne quelques pistes dans son ouvrage : « Le symbolisme maçonnique » Il écrit que l’étoile à 5 branches (le pentagramme) peut-être dessine de 2 manières. Une bénéfique avec un point vers le haut et parfois avec l’homme parfait dedans, et une seconde manière considérée comme maléfique, c’est-à-dire renversée avec 2 points vers le haut. Parfois avec une tête de bouc ou le diable inscrit

Si on place Salomon, Hiram et les 3 mauvais compagnons à l’intérieur de l’étoile à 5 branches avec Salomon au sommet avec Hiram à droite nous avons l’étoile à 5 branches bénéfique.
Salomon, qui représente ou symbolise la partie supérieure de l’homme, la partie qui doit gouverner se trouve au sommet où il exerce l’art royal, l’art de gouverner. et la maîtrise de soi. Le but pour chaque franc-maçon.

Par contre dans l’étoile maléfique Salomon est renverse et ne règne plus. Maintenant le pouvoir est exercé par les mauvais compagnons ou les imperfections en général.

La maîtrise de soi n’existe plus.

Source : http://montegut-bourjac.over-blog.fr/article-35934385.html

Lire la suite

Salomon dans les traditions ésotériques

28 Mai 2012 , Rédigé par Christian Lochon Publié dans #fondements bibliques de la FM

La personnalité de Salomon, son existence et sa geste, ses multiples dons de pacificateur, de constructeur, de magicien, auront été repris dans les traditions les plus variées, les domaines les plus étranges. Le fils du roi David apparaît dans les mythes du compagnonnage puis dans ceux de la franc-maçonnerie, développés par les savants oxoniens du XVIIe siècle, comme Elias Ashmole, admis dans une loge opérative, ou plusieurs membres éminents de la Société Asiatique, au XIXe siècle. Peut-être avaient-ils suivi les consignes exprimées par Jung : « Les légendes ont remplacé les outils rationnels : on y recherche les correspondances des personnages et des événements par une étude historique, biblique, l’archéologie, la philosophie dans un souci de l’appliquer à soi-même. La légende, au plan ésotérique, est une composante de la Tradition, une révélation exemplaire et sacrée, constituant un modèle pour la recherche humaine ».

I – Salomon dans l’histoire

 

Salomon n’est pas mentionné dans les annales mésopotamiennes. La tradition phénicienne est légendaire, Salomon aurait vendu à l’Etat Tyrien la ville de Khorbat Khozli et la Plaine d’Acre pour 120 talents d’or, et aurait eu recours au professionnalisme d’un bronzier tyrien, Hiram (cf Bible, 1R7, 15-47). Les relations avec l’Egypte, qui de toute façon, à l’époque, était la puissance dominante, et Salomon dut accepter de se placer dans l’orbite politique de ce pays qui imposait la pax egyptica, sont relevées dans la Bible uniquement, même le mariage de Salomon avec la fille du Pharaon Siamoun (976-954) de la XXe dynastie. Une trace littéraire cependant, les Cantiques des Cantiques, ou chant de Salomon à la Soulamite parait influencée par les poèmes d’amour égyptiens de la XVIIIe dynastie (autour de 1500 avant J.C.). Quant au Yemen et à la Reine de Saba, les Sabéens commenceront à être connus hors de leurs frontières au VIIIe siècle avant J.C. seulement.

Des doutes sont émis par les deux spécialistes sur l’authenticité des textes bibliques. Le « Livre des Rois », qui traite abondamment de la construction du palais de Salomon, de celle du temple et de son mobilier, de l’établissement de douze préfectures, quadrillant les territoires s’étendant de l’Oronte ( ?) à Gaza, est rédigé dans une langue tardive qui souligne les additions nombreuses présentant un aspect légendaire ou moralisateur : la sagesse de Salomon par rapport à la conduite désordonnée de ses successeurs (Roboam entre autres), avec le partage entre deux Etats (Juda et Israël), conséquence des fautes de Salomon. Les « Psaumes » attribués à Salomon seraient du Ier siècle avant J.C. et « Le Livre des Chroniques » du 2e siècle avant J.C., puisqu’il met en valeur la préséance de la classe sacerdotale de cette époque. En fait en 63 avant J.C., une fièvre eschatologique se répand en Judée, préfigurant la destruction définitive du Temple (74 après J.C.).

 

II - Mondialisation de la symbolique salomonienne

 

A) Dans le domaine religieux

Salomon se trouve présent dans les représentations iconographiques des Chrétiens d’Occident comme d’Orient, dans la fresque de Piero Della Francesca intitulée « La rencontre de Salomon avec la Reine de Saba » ou dans cette église Saint-Clément à Ohrid, en Macédoine (début du XIVe siècle) où autour du Pantocrator on découvre avec Adam, les deux ancêtres de Jésus, le roi David barbu et son fils imberbe le Roi Salomon. Au cours du Colloque, il aura été évoqué le roi de Bretagne Salomon, et Salomon le Savoyard. On connaît le rôle politique des prétendues dynasties salomoniennes en Ethiopie, et la présence constante de Salomon, représenté en Constantin, dans les psautiers ou le rôle qu’on lui fait jouer, associé au roi des forgerons, parfois privé de trône par un démon (source coranique), dans l’art talismanique des sceaux et des étoiles à huit branches dans ce pays.

Les références à Salomon, particulièrement vénéré dans le monde islamique, sont au nombre de 17, dans 8 sourates. S’il n’est pas associé à la construction du Temple, M. L. de Premare a montré cependant que la sourate 52, versets 1 à 8, rappelait le livre des Rois I, 7, 3 et la sourate 36, le Livre de Jérémie. Avant même l’apparition de l’Islam, le poète arabe Dabira fait l’éloge du roi de Hira en le comparant à Salomon. Là aussi, ses dons de magicien, de manipulateur des djinns, reconnus dans le Coran influencèrent les occultistes arabes qui semblent avoir créé le mythe du sceau de Salomon. La plupart des pays musulmans évoquent cette personnalité prophétique, spirituelle, voire magique, comme au Yemen (M. Christian Robin), en Iran (M.Assadallah Melikian-Chirvani), en Afghanistan et à la cour des Empereurs Moghols (Mme Corinne Lefèvre), et en Asie Centrale où M.Thierry Zarcone a recensé les lieux dédiés au fils de David.

 

B) Dans le domaine du compagnonnage

 

Dans chaque ville médiévale, s’étaient établies des corporations, chargées de défendre les intérêts professionnels des artisans et ouvriers, et qui étaient dirigées par les « maîtres de métiers ». Parallèlement à ces organismes locaux, des ouvriers itinérants, indépendants, se regroupèrent dans des sociétés compagnonniques (le terme de « frère » pour cet emploi était apparu dès 842), qui établirent des règles strictes garantissant la défense mais aussi la compétence de ses membres. Le terme de « compagnonnage » était apparu dès 779 et les différentes promotions dans les corps de métier s’effectueront par initiation tenue à l’abri des regards étrangers. Le « Compagnon Fini » est celui qui a passé toutes les épreuves et est devenu « maître » dans sa profession. Le terme apparaît en 1080, celui d’apprenti en 1175. Les apprentis et les compagnons font l’objet d’un enseignement initiatique basé sur des légendes tirées de la Bible. Ainsi des chérubins (ceux qui gardent l’entrée du devir, le lieu le plus secret du temple de Jérusalem) sont sculptés sur le couvercle du cercueil des compagnons menuisiers. Le patronage de Saint Jean Baptiste est également invoqué en liaison avec le « Quatuor Coronati », quatre tailleurs de pierre exécutés par Dioclétien vers 300. Les confréries qui apparaissent à la fin du XIIIe siècle conservent une orientation professionnelle en même temps que charitable, dans l’esprit catholique également.

Les textes fondateurs du Compagnonnage sont disséminés dans 130 manuscrits rédigés aux XIIIe et XIVe siècles et que la revue de la Grande Loge de Londres, « Ars Quatuor Coronatorum » a publiés.

Ainsi, en 1268, « Le Livre des Métiers » d’Etienne Boileau recense cent un métiers, et la promotion interne qui les gère, soit les apprentis, les compagnons et les maîtres. La construction des cathédrales s’appuie sur trois métiers principaux, les tailleurs de pierre, les menuisiers et les forgerons ; leurs membres se réunissent dans des « loges », installées, soit dans la crypte des cathédrales, soit dans un bâtiment annexe comme à Strasbourg. En 1283, Louis IX nomme Grand Maître de la maçonnerie opérative son compagnon croisé Guillaume de Saint-Petbus. Les membres de cette maçonnerie opérative, appelés parfois « gavots » adoptent le nom de « Enfants de Salomon » (comme le signale Villard de Honnecourt à l’époque). C’est que pour eux, la construction d’une cathédrale est une réplique de la construction du Temple de Jérusalem. Le document appelé « Regius » (1390) décrit les sept « arts libéraux » et a comme titre « Ici commencent les statuts de l’enseignement de la géométrie selon Euclide » . « Géométrie » a le sens de « maçonnerie ». On enseigne aux apprentis que la « géométrie » a été préservée du déluge, retrouvée par Hermès, petit-fils de Noé, et qu’elle a été révélée à Charles Martel, dont un des architectes de la cour aurait participé à l’édification du temple de Jérusalem. Ainsi le mythe de Salomon se trouve adopté par la philosophie compagnonnique.

Le Mouvement va connaître un certain nombre de scissions. En 1400, à Orléans, au moment de la reconstruction d’une des tours, un affrontement entre compagnons et moines surgit, et les « indépendantistes » prennent le nom d’Enfants de Maître Jacques (référence au Grand Maître des Templiers, Jacques de Molay ?) ou « Compagnons du Saint-Devoir de Dieu » tandis que les catholiques fervents s’intitulent « Enfants du Père Soubise (référence à un bénédictin du XIIIe siècle ou à un « maître artisan » de Salomon) ». En 1404, le roi Charles V réforme les corps de métiers parisiens relatifs aux compagnons maçons et charpentiers. Un autre texte constitutif des « anciens devoirs » paraît en 1410 sous le titre de « Manuscrit Cook ».

Au XVIe siècle des intellectuels comme François Rabelais (1483-1553) ou des inventeurs comme Bernard Palissy (1510-1590) vont être reçus en loge opérative comme « maçon accepté ». Dans le « Tiers Livre », Rabelais évoque la légende de Renaud de Montauban, qui aurait tué un neveu de Charlemagne, et se serait réfugié sur le chantier de la future cathédrale de Strasbourg. Il se serait conduit comme un excellent ouvrier, mais victime de la jalousie de ses collègues, aurait été assassiné. Ce thème sera repris dans la maçonnerie du XVIIIe siècle avec l’allusion au meurtre d’Hiram, l’architecte en chef de Salomon.

Au XVIIe siècle, s’instaure une tradition écossaise de la maçonnerie opérative, particulièrement à Kilwinning. Un ouvrage polémique « Le Mot du Maçon », publié en 1637 décrit la forme primitive de ce rite maçonnique. On sait que la maçonnerie spéculative écossaise jouera un rôle important dans le développement de la maçonnerie française avec l’exil des partisans de la dynastie Stuart en France.

En 1646, à Oxford, Elias Ashmole (1617-1692) alchimiste célèbre, est également initié à la maçonnerie opérative, et plusieurs personnalités scientifiques oxoniennes joueront un rôle dans la création de la Grande Loge de Londres, à laquelle appartiendront 24 membres de la fameuse « Royal Society ».

A Perth, en 1658, les diplômes de maître maçon (« freeman ») et de compagnon de métier font référence au « Temple de Salomon », comme source des métiers. A la fin du siècle, à Aberdeen, on voit sur les tableaux de deux personnalités de la ville, Alexandre Petersen, diacre, et président de la Corporation d’Aberdeen, et Patrick Whyte, maître-serrurier, qu’ils sont peints, entourés des deux colonnes symboliques du Temple de Salomon.

La Franc Maçonnerie spéculative va emprunter un certain nombre de références aux métiers et aux héros mythiques des « Anciens Devoirs » du Compagnonnage. Dans les Constitutions d’Andersen (voir plus loin), sont mis en parallèle « l’architecte » pour son travail théorique et le « tailleur de pierres » pour son travail manuel. Les appellations d’ « apprenti » et de « compagnon » sont conservées. Les instruments de métier sont reproduits sur le « tableau de loge » (dessin d’abord reproduit à la craie, sur le sol, puis sur un tapis mobile) : l’équerre, évoquant la croix (serment de l’apprenti), le compas du Maître de Loge, la truelle « pour cacher les défauts des frères » ; le fil à plomb (échelle de Jacob), la règle (loi morale de la Franc-Maçonnerie), le niveau (égalité fraternelle) sont mentionnés dans la Bible.

Quant aux trois éminentes personnalités associées à la direction d’une loge, Salomon, Hiran roi de Tyr, et Hiram l’Architecte, elles seront le legs du compagnonnage à la maçonnerie spéculative naissante.

 

C) Dans le domaine de la Chevalerie

 

Charlemagne, lui aussi aurait été perçu comme un nouveau Salomon. A son époque, la Bretagne (on l’a vu plus haut) sera fière de son roi Salomon, béatifié par la suite.

Les Chansons de geste vont magnifier le mythe du Graal, apparu vers 1180, avec le Roi Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde.

Chrétien de Troyes, poète de la Cour de Champagne, crée le mythe d’une chevalerie légendaire avec ses héros Lancelot, Perceval, Eric, ainsi que Wolfram von Eschenbach (1210) avec son Parzival, dont le genre de vie et les aventures ont été analysées récemment en liaison avec les rois éponymes iraniens. Cette tradition va être adoptée au moment des Croisades par les Ordres Chevaleresques, les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui donneront naissance à l’Ordre de Malte, et dont le mythe survivra dans les loges dites de « Saint-Jean », les Chevaliers Teutoniques (créés en 1112 à Saint-Jean d’Acre) et dont la Stricte Observance Templière Allemande au XVIIIe siècle constituera la version maçonnique, et les Chevaliers du Temple, symbole de confraternité universelle, dont plusieurs, au moment de leur persécution en France, se réfugieront auprès des Compagnons du Devoir. Ramsay, maçon écossais, attaché aux Stuart, dans un discours célèbre de 1736 rappellera l’antériorité de ces Ordres médiévaux (« Nos ancêtres les croisés voulurent réunir dans une seule confraternité les sujets de toutes les nations ») par rapport à la Franc-Maçonnerie qui adoptera dans son « Rite Ecossais Ancien et Accepté » le principe du Templier, porteur de truelle et d’épée, et institutionnalisera dans les grades supérieurs les plus élevés le titre de « Chevalier Kadosh » (sanctifié), même si des mises en garde officielles relativiseront ces emprunts : « Notre grade commémore l’Ordre Templier et s’en inspire sans pour autant prétendre en être le continuateur et l’héritier », pourra-t-on lire dans la littérature maçonnique.

En tout cas, la franc-maçonnerie française s’ouvrira de fait à la haute noblesse, attentive à l’esprit chevaleresque. Le premier Grand-Maître français sera le duc d’Antin, en 1738, le deuxième le comte de Clermont en 1743. Le pouvoir ne tracassera presque pas la maçonnerie. En 1789, cette dernière comptera 629 loges et 30 000 maçons auxquels il convient d’ajouter les loges d’adoption féminines, dont la Grande Maîtresse sera la Duchesse de Bourbon. Une enquête portant sur la recension de 268 maçons en 1780 dénombrera parmi eux 78 % appartenant au Tiers-Etat, 18 % à la Noblesse et 4 % au Clergé.

 

III – Textes constitutifs de la Franc-Maçonnerie


L’intention de l’auteur n’est bien sûr pas de dévoiler des secrets déjà publiés d’ailleurs dans toutes sortes d’ouvrages destinés au grand public mais d’examiner l’instrumentalisation du mythe de Salomon, telle qu’on la découvre, comme on l’a vu, dans la structure initiatique opérative du compagnonnage, et comme on va le voir dans la structure initiatique philosophique de la Franc Maçonnerie. Patrick Négrier, David Stevenson, après Mircea Eliade, sont en mesure de nous apporter sur ce terrain des ouvertures très précieuses.

Tout d’abord, il semble que la tradition hermétique écossaise, évoquée plus loin, ait parfois conduit à une ambiguïté sémantique . En effet l’ancien nom d’Ecosse, « Calédonie » a été rapproché abusivement de « Chaldée », sans doute par référence biblique et l’utilisation de personnages historiques iraniens comme Cyrus dans le rituel des hauts grades ; il ne faut pas oublier qu’à l’élaboration des rituels maçonniques participaient des intellectuels latinistes et hellénistes, mais aussi des chercheurs qui avaient pu lire les récits de voyage en Orient et s’étaient intéressés à l’histoire de l’Orient ancien et moderne. Ramsay lui-même écrivit un ouvrage consacré à Cyrus.

Cette tradition « calédonienne » en tout cas rappelait que trois « degrés » d’initiation avaient été préservés depuis l’antiquité, un niveau opératif, celui des artisans, le niveau spéculatif des druides, enfin le niveau hermétique de l’architecture sacrée, dont un représentant illustre était Vitruve, qui avait été le maître à penser de Marc Aurèle. La référence à l’écossisme se retrouvait tout au long du Moyen Age avec Clément Scot, conseiller de Charlemagne, Jean Scot Erigene, conseiller de Charles le Chauve, Michel Scot de l’empereur Henri II, et un autre Michel Scot, conseiller de l’Empereur Frédéric II.

Dans le texte de ses « Constitutions » (1723), évoquées plus haut, Andersen décrit de manière lyrique le Temple de Salomon : « Celui-ci fut commencé et achevé, à l’étonnement du monde entier, dans le court espace de temps de 7 ans et 6 mois, par cet Homme très sage, ce très glorieux Roi d’Israël, ce Prince de la Paix et de l’Architecture que fut Salomon, fils de David ». Une description de plusieurs pages va suivre et l’auteur va directement relier la tradition salomonienne à la franc-maçonnerie « De sorte qu’après l’édification du Temple de Salomon, la Maçonnerie fut améliorée dans toutes les nations voisines, car les nombreux artistes employés par Hiram Abif se dispersèrent, après son achèvement, en Syrie, Mésopotamie, Assyrie, Chaldée, Babylone, chez les Mèdes, en Perse, Arabie, Afrique, Asie Mineure, en Grèce et dans les autres pays d’Europe où ils enseignèrent leur Art libéral aux Fils nés libres des Personnages éminents…Mais pas une nation, seule ou unie aux autres, ne pouvait rivaliser avec les Israélites, et encore moins les surpasser en Maçonnerie ; et leur Temple resta le constant modèle ».

Les Constitutions d’Andersen n’évoquent que les deux premiers grades de la Maçonnerie, apprenti et compagnon. Il semble que ce soit vers 1725 que pour parachever la hiérarchie des grades, on introduisit un troisième degré, celui de « Maître » ; c’est ce qui ressort d’un ouvrage polémique publié, à Paris, en 1726, sous le titre « Le Maçon Antédiluvien ». Le mythe salomonien de la construction toujours renouvelée du Temple bénéficie de la présence de l’architecte du temple, Hiram, dont le nom est en tout cas cité dans le Livre des Rois.

Il faut dire que l’institution maçonnique introduit dans son rituel le mythe du meurtre fondamental traditionnel. En Egypte, le meurtre d’Osiris, en Phénicie de Melqart (le roi Hiram de Tyr aura fait construire un temple à Melqart), à Rome entre Romus et Romulus, souligne le thème de la lutte du bien contre le mal. Mais le concept était déjà présent dans le compagnonnage. Un document d’Edimbourg de 1696 parle du « relèvement du cadavre d’Hiram par les cinq points du compagnonnage ». Les « cinq points » correspondaient aux « cinq points » du calvinisme tels qu’ils avaient été adoptés par le Synode de Dordrecht (1618-1619). Le catéchiste Graham avait souhaité assimiler les rois d’Angleterre des XVIe et XVIIe siècles à Salomon, Hiram représentant la communauté calviniste. On avait là une implication conjoncturelle.

Le 3e degré de la maçonnerie va donc expliciter les différentes fonctions de Salomon, du roi de Tyr Hiram, et de l’architecte Hiramabi, et annoncer les degrés suivants, dits de « perfection », de tradition salomonienne et qui vont apparaître vers 1738. Le rituel de loge sera dorénavant inspiré par le meurtre d’Hiram, comme l’indique le Manuscrit Wilkinson (1730) : « La loge est un carré long. C’est la forme de la tombe de notre Grand Maître Hiram ». La loge reconstitue le chantier du temple de Jérusalem, et celui qui la préside est un Hiram ressucité.

L’Hiram de la Bible apparaît donc dans le « Livre des Rois et les Chroniques ». Salomon (II Chroniques II, 2) s’adresse à Hiram roi de Tyr pour lui expédier des cèdres. Ce dernier lui répond : « Je t’envoie un homme sage, possédant l’intelligence, Hiram Abi ». Dans le « Livre des Rois » (VII,13-14), on apprend qu’Hiram Abi est fils d’un Tyrien et d’une Juive, qu’il érigera les deux colonnes de cuivre Jakin et Boaz devant l’entrée du Temple, qu’il construira la « Mer d’Airain » (bassin des ablutions) et qu’il terminera tous les travaux ». Mais il n’est pas mentionné dans le texte biblique qu’il était architecte et qu’il fut tué.

Dans la légende d’Hiram adoptée par la tradition maçonnique, Hiram devient le prototype de l’homme juste, fidèle au devoir jusqu’à la mort. Il refuse en effet de livrer des secrets à trois contremaîtres du chantier du Temple qui veulent être promus le plus vite possible, et il est assassiné par ces trois « mauvais compagnons », que douze autres contremaîtres poursuivront et tueront également. Bien sûr, dans l’esprit religieux de l’époque, existait une corrélation entre Hiram et Jésus, condamné par trois personnages, Caïphe, Hérode et Pilate. Cet assassinat d’autre part préfigure négativement la destruction du Temple, mais aussi positivement, la nomination d’un nouveau maître. Sur le tableau de loge, au grade de maître, figurent un crâne représentant le drame du Golgotha et le meurtre d’Hiram, et des larmes exprimant le repentir de Pierre et le chagrin de l’injuste destinée d’Hiram.

Ces interprétations et ces rapprochements considérés comme hasardeux de symboles religieux et philosophiques conduit Rome à publier, en 1735, une bulle antimaçonnique « In Eminenti » reprochant aux participants catholiques en loge de fréquenter des non-catholiques, et regrettant la présence d’ecclésiastiques dans ces réunions. En 1781, l’évêque de Grenoble Mgr de Bouteville est ouvertement franc-maçon, et la loge « La Parfaite Union de Rennes », en 1785, compte qu’un cinquième de ses membres est composé de religieux. M.Thierry Zarcone a d’ailleurs montré que même des musulmans avaient été initiés dans des loges européennes.

Comme nous l’avons vu plus haut, et grâce à Ramsay, le personnage de Cyrus sera instrumentalisé dans le rituel maçonnique dans les hauts grades . Le 15e degré évoque la Cour de Cyrus et le 20e degré lui donne un rôle important. C’est que le Roi Perse, en libérant les Israélites de Babylonie, permettra la construction du deuxième Temple de Jérusalem (cf les livres d’Esdras et de Néhémi dans la Bible).

Ces hauts grades, établis par Etienne Morin en 1761, dans le cadre du Rite Ecossais Ancien et Accepté, seront au nombre de 33. Ils vont à plusieurs reprises évoquer l’action mythique du roi Salomon.

IV – Le mythe de Salomon dans la franc-maçonnerie

 Salomon apparaît dans plusieurs livres de la Bible, outre les Chroniques et le Livre des Rois, dans le Livre des Proverbes, le Cantique des Cantiques, l’Ecclesiaste, la Sagesse, les Psaumes. Ce sont ses connaissances scientifiques qui sont soulignés : la phytologie (La Sagesse 4, 4-5 ; 6, 15), la zoologie (Proverbes 6, 6-11 ; 26, 11 ; 28, 15 ; l’Ecclésiaste 3, 19-21 ; 9, 12 ; La Sagesse 5, 11), la cosmologie et l’astronomie (l’Ecclésiaste 1, 7 ; 3, 1-8 ; 11, 3 ; La Sagesse 2, 2-5 ; 19, 18-21 ; les Proverbes, 25, 23). Ainsi que son approche philosophique (1 Rois 5, 13 ; La Sagesse 7, 15-21) par le symbolisme des sept planètes errantes.

La Bible le fait voir en homme sage, voire exemplaire par son don du discernement afin de juger équitablement et son esprit de tolérance puisqu’il autorisera, à la fin de son règne, la pratique des cultes de ses épouses, moabites, hittites ou sidonites. Ce qui entraîne le problème de la responsabilité, cher aux francs-maçons. Son nom en hébreu Schlomo est à rapprocher de Shalom, paix, qui génère un état d’harmonie et de prospérité ; le Coran reprendra ce thème de correspondance entre « Suleyman » et « Salam » (la paix). A un plan supérieur, il est hissé au niveau de « prophète » (comme dans le Coran), les commentateurs rappelant qu’il n’y a pas d’autre prophète déclaré vivant à son époque. Certains ont pu le comparer à Jésus (cf Nathan, 2 et Samuel 7, 14) : « Je serai pour lui un Père, dit Yahvé, et lui sera pour Moi un fils », et dans les Psaumes 2, V ; 7, on lit ces autres paroles de Yahvé qui lui sont adressées : « Tu es mon fils, Moi aujourd’hui, Je t’ai engendré ».

Le rôle de bâtisseur de Salomon est aussi souligné à l’occasion de l’érection du Temple de Jérusalem (1 Rois 10, 1) qui prit 77 mois et dont la façade aurait imité le modèle fourni par les anciennes huttes des bergers mésopotamiens comme la famille d’Abraham. La Genèse (33, 17) parle de hutte « bâtie » par Jacob, et si l’Exode est présenté comme une quête de pâturage, la construction d’un Temple pour abriter l’Arche d’Alliance jusque là itinérante, souligne la sédentarisation des Hébreux (en arabe « Aber », celui qui parcourt les espaces, comme toutes les langues sémitiques). Sur une terrasse de 110 mètres de long sur 88 mètres de large, l’édifice aura 33 mètres de long, 11 mètres de large et 16,5 mètres de hauteur. Les rochers qui affleurent servirent d’autel des sacrifices pour les trois temples successifs ; ils seront recouverts par la « Coupole du Rocher » par le Calife Abdelmalek (685-691) et réintroduits dans l’imaginaire musulman avec l’empreinte d’un pied attribué à Mohammed au moment de son ascension céleste. Ce temple sera détruit en 586 avant J.C. par les Perses ; un deuxième temple sera érigé par Zorobabel en 450 avant J.C.. Ezechiel aura été missionné pour décrire le temple de Jérusalem aux Juifs de Babylone, insistant sur sa représentation du personnage créateur, du cosmos et de chaque être humain, notions instrumentalisées par les Francs-Maçons dans leur loge. Le troisième temple sera construit par Hérode le Grand, détruit par Titus en 70, et rasé par Hadrien en 135 de notre ère.

Dès le grade d’apprenti, la symbolique du Temple de Jérusalem apparaît dans le vestibule qui leur est réservé, rappelant les 15 marches extérieures du temple, le « heykal » ou partie centrale, où s’assemblent les maçons, et que l’on considère comme « centre du monde », transformable parfois au niveau des Maîtres, en « Dévir » ou « Chambre du milieu ». L’architecture intérieure et le mobilier, évoqués dans la Bible sont présents dans la loge , les deux colonnes du temple encadrent le « dévir », le tableau de loge symbolise les marches d’entrée du Temple, les fenêtres à cadres et à grilles ; la pierre rappelle le 1er Livre des Rois (V,32) : « Les maçons de Salomon, de Hiram et les guiblins (de Byblos) équarissaient et façonnaient le bois et la pierre pour l’édification du Temple » ; les grenades figurant sur le chapiteau des colonnes représentent, comme l’indique Patrick Négrier « la multiplicité des principes comportant l’Etre », le chandelier (ménara) à sept branches (cf Genèse, 1, 11 à 13) et enfin le pavé mosaïque évoquant la terre sainte du Sinaï.

Salomon est souvent présent dans le rituel maçonnique ; s’il clôt le premier des cycles de l’initiation, il ouvre les degrés dits salomoniens. Au 4e degré, la loge est présidée par Salomon, au Rite Ecossais Ancien et Accepté, et la Bible, présente sur « l’autel » est ouverte au premier livre des Rois ; les maçons déplorent la mort d’Hiram. Au 6e degré, Salomon et Hiram président les activités de la loge, et par une référence souchée sur le Livre des Rois (LX 11 à 13), Salomon pardonnera à un visiteur curieux, en fait l’impétrant, d’être venu s’informer en toute bonne foi. Au 8e degré, Salomon recherche un responsable pour le nommer à la tête des cinq ordres d’architecture. Les 9e, 10e et 11e degrés décrivent des rites de vengeance décidés par Salomon. La légende développée au 13e degré où le Président représente Salomon a été décrite dans le « Manuscrit Francken », présenté en France, comme on l’a vu plus haut, par Etienne Morin, en ces termes : « Ce roi vertueux (Salomon), supposant qu’avant le Déluge un temple avait peut-être été érigé sur ce lieu, et craignant que ce ne fût au culte de quelque faux dieu… ne voulut pas le construire là. Il partit donc et choisit la plaine d’Arunia (ou « Ornan »). C’est la légende du temple souterrain d’Henoch que reprendra le texte du rite maçonnique. Le président de loge représente encore Salomon au 14e degré. Au 27e degré, le mot de passe sera encore « Salomon ». Ainsi ce dernier apparaît comme garant symbolique de la maîtrise sans défaut, du secret, et de l’influence spirituelle de celui qui, élu par ses pairs, dirige une loge maçonnique.

 

Cette instrumentalisation européenne de ce personnage biblique de Salomon, dans les rites initiatiques, d’abord compagnonniques, puis chevaleresques, puis maçonniques, ne diffère pas,dans un triple rôle mis en valeur par la Bible, de roi, de prophète et de grand prêtre, de ce qu’il peut représenter dans des cérémonies exclusivement religieuses, comme l’ont montré plusieurs intervenants spécialisés dans d’autres régions du monde, asiatiques et africaines. En tout cas, la remarque de Jung « On ne fabrique pas un symbole, on le découvre », s’applique bien à l’appropriation, par les sociétés initiatiques, du mythe salomonien.

Lire la suite

3 points, 3 traits, un Triangle

28 Mai 2012 , Rédigé par D. Ter\ mai 6010 Publié dans #Planches

Dans une de mes dernières interventions j’ai planché sur le "trois". J’y ai relaté et répertorié les triades, chiffres et Nombres que nous utilisons dans nos loges c’est dire la place prépondérante qu’a le " 3"dans notre rituel. A l'intérieur même du temple, il nous sollicite et nous interpelle sans cesse à travers les symboles, les signes, prises de paroles, les batteries, etc.…Aujourd’hui je vais essayer de compléter ce travail par un florilège du triangle ce qui va me permettre de revisiter avec vous, toutes les arcanes du grade:

Chacun sait que le triangle est une figure géométrique formée par 3 points et par 3 segments de droites qui les relient. La dénomination de « triangle » est justifiée par la présence de trois angles dans cette figure, ceux formés par les segments entre eux. Les trois points sont : les sommets, les 3 segments: ses côtés, et les 3 angles: ses angles.
Le point (ou la ligne): représente le 1. Le point est souvent associé au cercle.
L'angle: est associé au nombre 2. (L’équerre)
Le triangle: il est associé au nombre 3. (La figure)
1+2+3= 6 soit 2x3... représentant un triangle spirituel et un triangle matériel que nous aborderons plus loin.

En géométrie élémentaire on distingue 3 types de triangle :
Le triangle isocèle (2 cotés égaux)
Le Triangle rectangle ou scalène (3 cotés inégaux avec un angle droit)
Le Triangle équilatéral (3 côtés et angles égaux)
La méthode du philosophe et mathématicien Euclide a déjà démontré il y a plus de 3 siècles

 Av J.C des travaux sur ces figures. Toutes ces études ont influencé les scientifiques comme : Newton, Galilée, Kepler et Copernic. Bien avant encore, signalons parmi les nombreuses propriétés du triangle rectangle, le fameux Théorème de Pythagore : « Un triangle admet un angle droit si et seulement si le carré de la longueur d'un de ses côtés est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres côtés. »

Ce cas particulier du triangle rectangle ou triangle d’or est connu depuis l'Antiquité. Il est facile à réaliser à l'aide d'une corde à treize noeuds : on l'utilisait jadis pour tracer un angle droit au sol. Pour cette raison, on l'appelle aussi « triangle des arpenteurs ».

Au regard de la croyance religieuse

 

Antérieurement au christianisme, le philosophe Xénocrate (au siècle de Platon) avait qualifié : Dieu, l'Intellect, qui contient en lui la totalité des idées-nombres, c'est-à-dire le modèle du monde.

Cette affirmation intéresse beaucoup de franc-maçon mais laissons ce sujet pour les degrés qui s’y affaire et regardons les différentes interprétations de notre triangle…

Dans notre culture occidentale Le triangle Isocèle qualifié de « démoniaque » Pointe en bas représenterait le diable

Le triangle Scalène, soit un carré long divisé par une diagonale, atteste le caractère d’« humain » par ce qu’il est imparfait.

Le Triangle Equilatéral de « divin »

Le Triangle symbolise la Trinité divine dans le culte catholique par le Père/le Fils/le saint Esprit mais n'en constitue pas une exclusivité, car en Maçonnerie également, on traduit les trois côtés du triangle par les formules :

Naissance /Vie/Mort ou encore par la devise:
Liberté/Egalité/Fraternité
Spiritus/ Anima /Corpus…

Au regard de cette affirmation religieuse (la trinité divine) voici une anecdote : Pour marquer son aversion envers la Franc maçonnerie, un membre du clergé Mgr Barbier de Montault déclara au 18ème siècle en parlant du Triangle: « Nous devons le repousser, parce que les francs-maçons en ont fait leur symbole: ils l'ont emprunté à l'Eglise… et pourtant, la trinité se retrouve dans des Civilisations et Religions beaucoup plus anciennes que celle du Christianisme.

Dans un esprit moins polémique maintenant :
En Egypte Antique on peut citer: la Triade Osirienne: Osiris, Isis, Horus.
En Inde: la trinité des déités hindoues la Trimurti : Brahma (créateur), Vishnou, (conservateur) Shiva (dispensateur de mort et de renaissance.)
En Perse: Auramazda (le sage le génie), Vohu Manô (la bonne pensée), Asha Vahista (la plus parfaite justice)
On pourrait ainsi multiplier les exemples de « trinités » dans la plupart des religions.
Le symbole dans le monde profane :

On trouve de moult applications de ce symbole, des plus figuratives aux plus sombres et ignobles. Il peut aussi désigner … un instrument de musique à percussion, réalisé d’une tige d’acier repliée, sur laquelle on frappe avec une baguette… cet instrument me convient bien de par sa forme certes… mais aussi par la petite musique qu’il laisse entendre…et qui a sa place dans les deux chœurs (cœur)

Au sens maçonnique maintenant

 

Je ne surprendrais personne en disant que Les nombres sont partout en maçonnerie, à commencer par le symbole ternaire, image de tout ce qui est Maçon ; il est l’Emblème, le Symbole par excellence de la F\M\ parce qu'il réunit TROIS en UN. Il évoque le travail profond de l'esprit se matérialisant par l'élaboration de la thèse, de l'antithèse et de la synthèse. Le « Delta Lumineux », lui-même, héritier de la tradition pythagoricienne est représenté par un triangle dont la pointe désigne l’homme. Ses Côtés, suivant la symbolique des nombres indiquent respectivement le ciel, la terre et l’homme.

La symbolique du Triangle désigne parfois un groupe de maçons formé de moins de 7 F\. Accessoirement, le terme de Triangle est usité dans nos loges pour indiquer le poids du repas ou d'un banquet c'est-à dire la quote-part de chacun à régler lors des agapes. Il y a la truelle aussi que l’on trouve dans d’autres obédience, elle désigne la Cuillère pendant les agapes et symbolise la cohésion de tous les frères.

On ne peut pas parler de triangle sans évoquer l’Equerre, deuxième Grande lumière après la Bible. Elle symbolise la rectitude et le droit, mais aussi la matière par rapport à l’esprit. Elle sert aussi à tracer le carré et à mesurer la terre. (2 sens) Elle forme l'angle droit qui forme les carrés, lesquels forment les cercles.

Nous connaissons aussi le Delta placé à l'Orient, derrière le V\M\et l'œil qui s'y trouve au centre représente la Science qui éclaire les hommes. Il symbolise, sur le plan physique :
le soleil visible d'où émanent la Vie et la Lumière,
sur le plan astral : le Verbe, le logos ou le principe créateur…
et sur le plan spirituel ou divin : le GADLU.
On peut aussi trouver les 4 lettres hébraïques YHVH dans ce même centre.

Notons également que le Delta lumineux placé au centre d'un soleil apparaît sur de nombreux documents que comportent la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen, traduisant la lumière que ce texte apporte à chacun.

On ne peut pas parler de triangle sans évoquer L’Etoile. En ce qui nous concerne j’en ai relevé trois qui nous intéressent:

Quand il s’agit de 2 triangles entrecroisés, ils figurent le sceau de Salomon traduisant l'union parfaite du Ciel et de la Terre, du divin et de l'humain réalisée au sein de “l'Homme Universel”. C’est aussi le Maguen David symbole du judaïsme.

Quant aux alchimistes, lorsque les 2 triangles sont distincts au lieu d'être imbriqués : 1 pointe vers le haut ou le Ciel symbolise le feu ou le principe igné tandis que le triangle pointant vers le bas ou la Terre représente l'eau ou le principe humide.

Puis le pentagramme à 5 branches : 3 triangles en oppositions, c’est l’étoile des Comp\ Opératifs et spéculatifs.

Voici maintenant un aspect de notre le rituel du grade

Le rituel indique que "trois dirigent les travaux de la loge" en l'occurrence le Vénérable Maître, le 1er Surveillant et le 2ème Surveillant. La disposition triangulaire des trois assesseurs démontre du symbolisme Maçonnique indéniable. Aussi on peut distinguer une multitude de triangles très opérationnelles dont en voici quelques uns : Le Vénérable et les deux surveillants dirigeant la Loge, constituent :

Le Triangle d'Autorité ou de Commandement ou encore du Maillet formé par le Vénérable et les deux surveillants qui veillent au bon déroulement de la Tenue et à la distribution de la Parole.

Le Triangle Rituel constitué par le V\M\, le M\ de Cérémonie, et l’Expert pour assurer l’accomplissement du Rituel.

Le Triangle de Sécurité incarné par le V\M\, le couvreur et le 1er Surv.: pour contrôler la couverture du temple.

Le Triangle de la Parole assuré par le V\M\, le secrétaire (officier de la parole fixée) et l'orateur (officier de la parole orientée).

Le Triangle des Moyens relie le V\M\, l'Hospitalier et le Trésorier pour coordonner les ressources et les charges

Par ailleurs le Vénérable forme également un Triangle à l'Orient avec les deux luminaires (le Soleil et la lune) les trois lumières de la loge.

Au final, il apparaît que le Triangle est le plus évident de la matérialité du Nombre 3 dans le symbolisme maçonnique. Souvent assorti en son centre d’un œil schématisé, ou de l’œil d’Horus, parfois d’une étoile et souvent du tétragramme sacré. On le trouve encore lui-même au centre de diverses figues géométriques, c’est dire l’importance capitale que revêt notre symbole. Ces symboles sont des représentations profondes de l'être humain, Fruits de toutes les cultures et de tous les temps, ils reflètent une réalité d'ordre supérieur à partir d'une représentation d'ordre inférieur. A la lumière de tout cela et quelque soit la figure insérée dans ce Delta cela devrait nous laisser entrevoir le UN principe créateur

René Guénon spiritualiste moderne nous rappelle que "Ce n'est pas le dessin qui fait le symbole, mais le symbole qui rehausse le dessin". En ce sens, les symboles n'expriment pas, ils suggèrent. Au-delà de la vie physique et psychique, ils évoquent l'accès à la vie spirituelle. Le symbole constitue donc un objet de méditation vers le monde suprasensible. Un monde au-delà des mots et de l'exprimable. C’était cela mon objectif …

Pour conclure je dirais simplement par la phrase suivante : Le triangle est au maçon ce que l’étoile est au berger… qu’il soit la Lumière sur le chemin.

J'ai dit V\ M\

source :
www.ledifice.net

Lire la suite

Le Delta lumineux

28 Mai 2012 , Rédigé par SB Publié dans #Planches

Avant de commencer ma planche sur ce thème, j'ai cherché autour de moi pour voir sous quelle forme je pouvais trouver le Delta. Outre les pyramides d'Egypte, la Pyramide du Louvre, les jeux de société ou même les jeux télévisés, cette forme m'est apparue dans des lieux ou des formes plus ou moins insolites : le toit d’une bâtisse, un panneau de circulation routière et bien d’autres encore.

Abordons le Delta qui nous intéresse plus particulièrement Lumineux., le Delta

J'ai commencé à le chercher au sein même de la Loge. Je ne l'ai trouvé qu'une seule fois, au dessus du Vénérable Maître, entre le Soleil et la Lune, dominant les travaux. Il nous fait face et nous regarde pendant toute la durée de la Tenue et je suis persuadé qu'il ne nous quitte pas des yeux tout le long de notre vie.

Parlons maintenant de sa forme elle-même, le triangle.

Abordons-le côté chiffre. Nous savons que 180° est la somme des 3 angles d'un triangle. 108 est le nombre de l'Homme, 72 le nombre de la terre et 36 le nombre du ciel. Puisque 72 + 36 font 108, il y a là corrélation entre la Terre, le Ciel et l’Homme.
Les deux principaux triangles en Franc Maçonnerie sont le Delta Lumineux, à la valeur angulaire de 108° au sommet et de 36° pour les deux angles de sa base d'une part, et d 'autre part le "triangle sublime" dont l’angle au sommet est de 36° et les deux angles de bases de 72°. Soit le Ciel et la Terre encore une fois réunis en l’Homme.
Pour nous, Franc Maçon, Le Delta lumineux symbolise la présence Divine.

Nous pouvons tous tracer un triangle à l'aide d'un compas. Il suffit d'ouvrir celui-ci avec un angle aléatoire, de tracer un cercle puis de reporter le demi-rayon sur la circonférence à partir d'un point quelconque. Celle-ci sera divisée en 6 parties égales. Il faudra ensuite relier un point sur deux et l'on obtiendra un triangle équilatéral.

Si je trace un cercle autour de ce triangle et un autre dans le triangle lui-même, il s'avère que le point central est identique. Si je symbolise le grand cercle par le monde et le petit cercle par moi-même cela me fait penser au rapport entre le macrocosme et le microcosme, un exemple pour me rappeler l'Unité mais aussi que l'Homme est infiniment petit par rapport à l'Univers.

Le triangle, dont la pointe est orientée vers le haut symbolise la masculinité et le feu, la pointe vers le bas la féminité et l'eau. De la composition de ces 2 triangles résulte une étoile à 6 branches qui est le symbole très ancien du Sceau de Salomon, Elle est également l'emblème de l'Etoile de David dans la religion juive.

La forme du Delta est la quatrième lettre majuscule de l'alphabet grec, delta. Le triangle équilatéral est la première des figures géométriques. Par ses 3 côtés et ses angles égaux, il est un symbole d'équilibre, d'unité et d'harmonie. Le Delta Maçonnique est représenté avec sa base en bas, reposant sur la Terre, monde de l'Homme, de la matière et sa pointe dirigée vers le haut, vers le Ciel, monde céleste divin, monde de la spiritualité. Cet aspect m'évoque que l'Homme tend à s'élever du bas vers le haut, de l'être basique à l'être supérieur. De marcher vers la direction que nous montre le Delta, vers la source qui nous inonde.

Viennent ensuite les rayons qui émanent de lui.

Ils partent de cette source de savoir vers le reste du monde. Ces rayons montrent que ce symbole est actif et autonome. En effet que ce soit le Maillet, le Ciseau, l'Equerre, le Compas ou bien d'autres outils encore, une action est nécessaire afin de les employer. Ils ont besoin d'une action humaine pour être opérationnels. Ce symbole pour sa part, produit une énergie qui émane en permanence pour prodiguer la connaissance et l’ Amour Divin. Ses bienfaits sont dispensés à 360°, dans tous les sens, toutes les directions. Ceci pour ne pas oublier que tout le monde a le droit d'être éclairé par cet enseignement. Toute nationalité, religion, ethnie confondues.

Il est courant d'évoquer une lumière qui nous montre la direction à suivre; qui guide nos pas. Dans les récits des personnes qui ont frôlé la mort, il est cité une lumière au bout d'un tunnel. Dans les déserts ou sur les océans, quand il n'y a plus d'amer, le seul point de repère reste la lumière qui émane de la position des étoiles. Les rayons du Delta Lumineux sont une source d'énergie, de connaissance mais également la représentation des directions, nous montrant le chemin à suivre.
La Loge est pour moi un lieu où nous travaillons à nous améliorer, un chantier de perfectionnement en perpétuel mouvement.
Pour nous permettre cette évolution, il est mis à notre disposition des outils, des mots, des gestes qui nous permettent d'intégrer le plan parfait que le Grand Architecte de l' Univers nous a destiné afin que cet enseignement nous soit prodigué de façon juste et parfaite. Nous allons chercher la Lumière Divine et le Grand Architecte de l'Univers nous inonde de cette Lumière afin que nous puissions la refléter et la répandre au dehors.

Puis vient l'œil.

C'est un organe de perception, de communication avec l’extérieur. Il donne des informations sur les formes, les couleurs, les distances, la matière et bien d'autres encore. Nous avons également d'autres outils de perception comme l'ouïe, le toucher, odorat ou le gout.

L'œil qui nous intéresse est dépourvu de paupière, qu'est ce que cela peut il signifier ?
Il ne se ferme jamais, donc il est en contact permanent avec nous, il voit tout et à tout instant. Ce n'est évidement pas un œil normal, je dirai qu'il s'agit de l'œil du cœur, l'œil du Grand Architecte de l'Univers. Il symbolise la conscience qui est constamment en éveil.

L'œil gauche est tourné vers le passé et l'œil droit vers le futur. Mais cet œil du cœur lui regarde le présent. C'est un regard intérieur qui sonde l'invisible, le point central même de l'être.

Pour nous Franc Maçon, il est le symbole de la perception intérieure, de la connaissance de notre moi profond. Il symbolise également la vigilance et la clairvoyance qui permettent de discerner la réalité de l'illusion.

Au fil de mes investigations, j'ai vu le Delta avec en son centre soit rien, soit un œil, soit le tétragramme sacré IOD, HE, VAV, HE qui sont les lettres du nom divin qui, dans la religion juive, ne devait être prononcé que par le grand prêtre et une seule fois par an, dans le Débir du Temple de Jérusalem.

Si je prends pour image du Delta Lumineux un passage, une faille ou une porte entre le monde terrestre où nous vivons et le monde céleste de la Divinité, j'imagine très bien cette porte fonctionner dans les deux sens. La première direction est celle des rayons qui se propagent du Delta vers notre monde, c'est une action de Don. La deuxième est celle de l'œil qui reçoit les informations de ce monde pour les communiquer au travers de la porte. Voilà bien un outil de communication qui prodigue et recueille. Il sert de lien entre deux entités.

Le Delta Lumineux, une porte de communication, un symbole qui me guide, une forme que je vois tous les jours. Le ternaire dans sa forme et sa symbolique. Il m’aide à construire ce temple intérieur, cet édifice sacré qui règle ma vie. Il me rappelle que je dois transmettre ce que j’ai reçu, cet enseignement qui me fait évoluer, qui me fait dire plus fort de jour en jour, « je suis Franc-Maçon, mes Frères me reconnaissent comme tel. »
En sachant que je suis vu et aidé sans être juger, ai-je le droit de vivre sans me soucier des principes Divin ? Ai-je le droit de vivre sans me soucier de mon prochain, de mon propre Frère ? Voici de quoi me donner encore à réfléchir pendant un bon moment.

J’ai dit, Vénérable Maitre.

S\ B\

Source www.ledifice.net

 

Lire la suite

Le Triangle

28 Mai 2012 Publié dans #Planches

Cette étude d'un symbole portera sur le Triangle.
Vous savez que cette figure géométrique est la plus simple et c'est la première réalisable.

Nous allons voir ce que l'on peut en dire au 3ème degré.

Sans vouloir entrer dans la magie des nombres, ce qui dépasserait le cadre de cette causerie, il me faut préciser que le TRIANGLE symbolise le chiffre 3, dans un certain sens. Je viens de vous dire, "dans un certain sens" car, cette figure si simple en apparence, est en réalité, d'une grande complexité.

Nous allons l'examiner sous ses aspects principaux.

Premièrement, l'aspect symbolique courant, c'est à dire la signification que tout le monde connaît. Ensuite, nous l'étudierons selon le mode ésotérique pour en comprendre le sens initiatique qui nous intéresse au 3ème degré.
Nous allons donc commencer par le plus simple, le plus communément admis et nous irons chercher dans les arcanes hermétiques de la Sagesse, quelle en est la signification exacte. Ce raisonnement portera d'abord sur la signification du TRIANGLE en tant que symbole, ensuite, sur la synthèse qu'il représente par sa relativité, c'est à dire, par la place qu'il occupe dans le Temple et, enfin, nous en dégagerons le message que les créateurs du Temple ont voulu nous transmettre en plaçant le Triangle là où ils l'ont mis.

Le sens le plus connu, celui que l'on attribue le plus communément au TRIANGLE en tant que symbole est celui du chiffre 3. On le représente par les 3 coups ou par les 3 points. Le TRIANGLE, à lui seul, symbolise la Franc-Maçonnerie. Par sa représentation graphique ou par sa représentation symbolique des trois coups. Il est le signe de reconnaissance de tous les F\M\, de quelques Obédiences qu'ils soient à travers le Monde.

A ce stade, il signifie les trois dimensions dans lesquelles nous vivons. Il ne peut rien exister de tangible, de mesurable, de matériel, si les trois dimensions ne sont pas réunies. Chaque élément, pris séparément, est une abstraction qui n'a de manifestation effective qu'à partir du moment où il est associé aux deux autres.

Prenons un exemple. La longueur: il serait absurde de dire que la longueur n'existe pas. Si vous voulez saisir un objet situé à dix mètres de vous, ce sera impossible car l'objet est séparé de vous par une distance. Mais, cette distance n'existe que relativement, par rapport vous et à l'objet que vous voulez saisir. Vous pouvez la réduire, la supprimer en vous approchant de l'objet ou en le rapprochant de vous. Mais la distance n'existe pas par elle même. Vous ne pouvez pas la saisir, la couper au couteau, la mettre dans votre poche. Donc c'est une abstraction qui ne peut exister que si on la considère dans un contexte contenant les deux autres dimensions.

Illustrons cette démonstration par un autre exemple. Prenons une pièce de monnaie.
Nous y trouvons, comme dans tout, nos trois dimensions. Le coté pile, le coté face et reliant les deux, le corps de la pièce. Imaginez que vous vouliez enlever le coté pile. Pour si fine que soit la couche de métal enlevé, il restera toujours une épaisseur. Donc vous aurez fractionné votre pièce en deux morceaux ayant chacun un coté pile, un coté face et une épaisseur pour si fine qu'elle soit.

Voyons un autre exemple. Prenons une baguette et posons la devant nous.

Nous aurons un coté droit, un coté gauche et une partie centrale. Sectionnons la baguette par le milieu et enlevons le coté droit. Pensez vous qu'il va rester le coté gauche seulement ? Non, il va rester deux morceaux ayant chacun un coté droit, un coté gauche et une partie centrale.

Pour résumer cette première partie, nous dirons que pour qu'une chose existe réellement, il est indispensable que les trois conditions primordiales, c'est à dire les trois dimensions, soient réunies. Tant qu'elles ne le sont pas, rien n'existe effectivement, il n'y a pas de manifestation matérielle. Mais dès qu'elles sont réunies et tant qu'elles le sont il y a effectivement manifestation matérielle.

Remarquons que dans la nature, toutes les matières existantes sont formées par cette Loi et, comme on ne peut pas dissocier les trois principes de la manifestation, rien ne se créé, rien ne se détruit. Il y a seulement des modifications, des mutations, des changements de forme ou de volume.

C'est parce qu'ils connaissaient bien les lois fondamentales de la Nature que les fondateurs du Temple on choisi le TRIANGLE pour symbole. Le choix de cette figure géométrique, base symbolique de la F\M\, démontre que ses créateurs étaient des Initiés et qu'il ont voulu créer une école initiatique.

Voilà ce que l'on dit dans les Loges bleus, au premier grade. Mais ici, nous devons regarder le Triangle d'une autre façon, selon la méthode ésotérique. Souvenons nous qu'un symbole tout seul a bien une signification mais il ne veut rien dire. Pour en savoir plus, il faut regarder où il se trouve et surtout ce qui l'entoure

La F\M\ est une école initiatique qui a pour but de perfectionner la faculté de comprendre de ses membres. Le développement spirituel ne peut se faire que par l'étude des grandes Lois primordiales de la Nature qui sont contenues et résumées dans les symboles qui nous entourent. Tant que cette théorie ne sera pas comprise et
appliquée consciencieusement par tous les F\M\, aucun travail vraiment Maç... ne sera fait. Tant qu'un F\M\ n'a pas compris cette théorie et ne la met pas en application, il ne sera pas un vrai F\M\ et, de ce fait, ne pourra pénétrer dans le Temple de l'Esprit pour y jouir des bienfaits de la connaissance.

En vertu de ce qui vient d'être dit, je pense que tous ceux qui croient que chacun peut interpréter les symboles à sa manière sont dans l'erreur. On doit essayer de comprendre, sinon on se noie dans la littérature stérilisante.

Afin de vous le démontrer, nous allons passer à la seconde partie de cette causerie.
Elle a pour objet l'étude de TRIANGLE selon la méthode ésotérique.

Voyons d'abord le TRIANGLE lui-même. Il signifie 3. A condition que l'on prenne trois lignes existantes et qu'on les rassemble en faisant joindre leurs extrémités. Mais, si on trace, avec un crayon, ou une pointe, ce n'est plus vrai. Pour tracer une figure géométrique quelconque, il faut d'abord commencer par marquer un point. Ce point est l'origine, le principe de la figure. On ne peut pas ne pas en tenir compte car, sans lui, il n'y aurait rien de fait. Retenez que le Triangle est formé par un point de départ et de trois traits, ce qui fait quatre éléments. C'est à dire le quaternaire dont je vous parlerai plus loin.

Je vais arrêter ici l'étude ésotérique du TRIANGLE, non pas qu'elle soit terminée, loin de là, mais pour continuer à rechercher le message transmit par ce symbole.

Pour faire cette étude, nous devons regarder non plus seulement comment il est fait mais encore étudier l'emplacement et, aussi, quels sont les rapports avec le Temple et les autres symboles qui l'entourent. Autrement dit, nous allons faire la synthèse de ses différentes significations. Ce travail est véritablement le plus important. C'est ainsi que travaillaient les Sages Initiés de l'Antiquité. Au lieu de faire des spéculations de l'esprit, nous allons essayer de découvrir le sens réel de ce symbole.
Ce qui nous permettra de comprendre le message que les fondateurs du Temple ont voulu nous transmettre. Nous allons regarder notre TRIANGLE, comment il est fait et où il est placé.

Notre symbole primordial est toujours éclairé pendant nos travaux. Au centre vous voyez un œil. Pourquoi ? Pour trois raisons.

1°) Le TRIANGLE est placé au dessus de la tête du V\, tout le monde le voit et il nous voit tous. Nos travaux devant se dérouler selon les Lois et les enseignements du TRIANGLE, nous l'avons toujours en vue afin de ne pas nous égarer, de ne jamais oublier que nous sommes venus dans le Temple pour y faire un travail philosophique, pour y perfectionner nos esprits. Lui aussi nous voit, comme un bon maître, il surveille si les travaux qu'il doit diriger sont bien exécutés. Il représente donc l'œil qui voit tout, la conscience du vrai F\M\.

2°) Le fait qu'il soit placé derrière et au dessus du V\ doit nous inspirer une autre réflexion. Le TRIANGLE fut placé là lors de la création du Temple, il y restera tant que durera le Temple. Cette constatation devrait faire naître en nous un grand sentiment d'humilité. Combien de Maç... sont passés dans ce Temple ? Ils venaient du néant et y sont retournés. Le TRIANGLE, lui, est resté. Combien de Présidents sont venus, sont passés et ont disparus ? Le TRIANGLE lui, est resté. Parmi tous ces hommes, combien étaient ou se croyaient importants, irremplaçables ? Ils sont quand même partis pour retourner à cette poussière d'où ils étaient venus. Le TRIANGLE, lui, est resté. Toujours identique et égal à lui-même pour nous rappeler la vanité de la condition humaine.

3°) Dans le TRIANGLE, nous voyons un œil. Cet œil est formé par une forme ovale entourant un rond avec un point central. Écoutez moi bien mes FF... car ici se place une preuve magnifique de la haute science de nos anciens Maîtres qui, malicieusement, se plaisaient à jouer avec les apparences des formes classiques afin de les rendre incompréhensibles aux profanes et à ceux qui n'étaient pas suffisamment initiés.

Voyez comment le vrai sens du message est occulté par l'éblouissante simplicité de l'image car le vrai symbole n'est pas l'œil. L'œil n'est qu'un leurre destiné à bloquer l'étudiant novice sur le sens symbolique élémentaire de "l'œil qui voit tout". Cette interprétation qui est très juste dans un premier temps, empêche de voir le principal.
Car le vrai symbole, c'est le rond avec un point central.

Ce signe symbolique existe depuis la plus haute antiquité, dans toutes les Écoles initiatiques. Il est employé pour désigner l'Éternité par le rond et le Principe par le point central.

En effet, le cercle n'a pas de commencement ni de fin. C'est un trait qui continue sans que l'on puisse distinguer si il commence comme il finit, s'il finit exactement comme il commence ou s'il ne s'arrête jamais. Le point, comme je vous le disais au début, signifie le principe, le commencement de toutes choses.

Le mélange de ces deux significations peut s'exprimer de la façon suivante. Le Principe dans l'Éternité, l'Éternité du Principe ou encore le Principe Éternel. Ce signe a donc pour mission de représenter Dieu. Pas le dieu des catholiques, ni d'aucune autre religion mais le Principe de toutes créations, Le Grand Architecte.

Relisez les Constitutions d'Anderson, vous y trouverez qu'à son époque, pour être reçu F\M\, il fallait croire en Dieu, pas à un dieu particulier d'ailleurs, n'importe lequel faisait l'affaire puisque les F\M\ devaient toujours être de la religion du pays dans lequel ils se trouvaient. Et comme ils changeaient souvent de pays !!!

Mais il y a d'autres preuves de la justesse de ce raisonnement. Dans certaines obédiences, dans certaines Loges, dans certains grades, l'oeil de notre TRIANGLE est remplacé par quatre lettres qui sont IEVE ou INRI. C'est le mot que l'on voit sur les croix chrétiennes, c'est le nom de Dieu. Dans INRI, il y a deux I et dans IEVE, il y a deux E. Dans les deux cas, il y a trois lettres dont une est double. Bornons nous à constater que nous retrouvons là encore une fois le 3 et le 4, le Principe quaternaire qui ramène le Ternaire à l'Unité.

Enfin, remarquons que ces mots ont une signification profonde. Les mots sont le Verbe, ce sont des mots Principes. Principe veut dire début, commencement. On pourrait très bien remplacer notre TRIANGLE par la première phrase de la Bible "Au commencement était le Verbe", le sens serait le même.

Nous devons également considérer l'emplacement de TRIANGLE. Il se trouve à l'extrémité Est du Temple. Pourquoi cette place ? Il représente la Connaissance, le Savoir, la Sagesse. Or, l'Est est le point d'où vient le Jour, c'est le printemps, la jeunesse, c'est le point ascendant des Astrologues. En aucun cas, l'Est ne représente la Sagesse, ni le Savoir.

Il y a donc une contradiction apparente. A première vue, le TRIANGLE devrait être placé dans la colonne du Midi qui, elle, signifie l'Automne, l'âge mûr, les fruits que l'on récolte et, également, la Sagesse, la Connaissance et le savoir qui sont l'apanage des Maîtres. A moins que l'on admette que la Connaissance est venue de l'Orient.
C'est à dire, de croire que les occidentaux étaient des barbares, des sauvages et que ce sont les orientaux qui ont amené le Savoir, la Science. Mais ce serait une énorme erreur fondamentale, une méconnaissance totale de l'histoire du Monde.

Sachez que bien avant les Romains, avant les Grecs, les Chaldéens, les Egyptiens, les Sumériens, il existait une civilisation Celte qui avait d'immenses connaissances. A tel point que les Prêtres Egyptiens disaient que les Druides étaient les hommes les plus instruits du Monde.

L'histoire de cette civilisation nous est relatée par la légende de RAM et confirmée par les livres sacrés hindous "les VÉDAS". RAM, ce druide qui avait découvert le remède de la peste et qui, pour éviter une guerre civile provoquée par les exactions des druidesses au sujet des sacrifices humains qui menaçaient de décimer la jeunesse, quitta le GOLL-LAND, le pays des Forêts (la Gaule) avec ses partisans. Il les dirigea vers les contrées sauvages de l'Est. Ce long voyage les mena jusqu'aux Indes où ils furent accueillis avec un grand respect. RAM devint Roi car, lui et ses compagnons étaient de grands Initiés et les habitants de l'Inde étaient de pauvres barbares ignorants. Au Thibet, le grand prêtre porte le nom de son illustre prédécesseur. LAMA vient de RAMA.

Cette petite digression historique ne nous a pas éloigné du TRIANGLE car nous le retrouvons dans cette phrase que disaient les Bardes druidiques deux ou trois millénaires avant que les égyptiens ne commencent à construire leurs premières pyramides. "Trois choses sont primitivement contemporaines, Dieu, la Lumière et la Liberté". N'est-ce pas le prélude à notre trilogique acclamation?

Cherchons à présent le message que nous transmet le TRIANGLE. Vous savez que les symboles sont des figures qui condensent, qui résument de la façon la plus simple possible une idée, une Loi ou un Principe. Le symbolisme est le langage des initiés, il est réservé aux adeptes. Les profanes n'y comprendront jamais rien. Il permet de transmettre des messages qui peuvent traverser le Temps sans risques d'altération car un initié pourra toujours le reconstituer, très exactement, dans son sens originel quels que soient son époque ou le langage qu'il utilise.

Reprenons donc la contradiction apparente de la place du TRIANGLE dans le Temple. Il se trouve à l'Est, à l'endroit que les Astrologues nomment le point ascendant. Ce point représente dans l'interprétation astrologique la personnalité, l'essence même du sujet étudié. Dans le thème d'une Nation, il représente le peuple.

C'est ce point précis qui s'appelle l'Horoscope. Donc, si les créateurs du Temple ont mit un TRIANGLE à cet endroit, ce n'est pas par hasard car, des initiés qui sont capables de créer un Temple connaissent certainement la valeur des symboles qu'ils utilisent. S’ils ont mit un symbole aussi important à l'Orient, c'est pour préciser que ce symbole primordial représente la vraie personnalité de ce Temple. Le Temple étant une école, on peut en déduire que les buts poursuivis dans ce Temple seront l'étude du symbolisme et des enseignements contenus dans les symboles.

Souvenez vous de cette phrase dite pendant l'initiation au premier degré. "Ici, tout est symbole. Regarde, médite et tu comprendras" Voilà ce que nous dit le TRIANGLE.

Mais il dit aussi, de par sa formation quaternaire, le chiffre 4, la matière et par le chiffre 3, l'Esprit, il dit que nous, F\M\ de l'Esprit, nous devons apprendre à perfectionner notre esprit et, ensuite, faire profiter les autres de nos
connaissances, de nos acquisitions. Autrement dit, nous perfectionner pour pouvoir, ensuite, améliorer les autres. Si il en était autrement, si nous gardions égoïstement pour nous seuls les bienfaits que nous apporte la connaissance des grandes Lois naturelles contenues dans les symboles, nous irions à l'encontre des enseignements du TRIANGLE.

Le TRIANGLE étant la synthèse de la matière et de l'esprit nous dit qu'il ne doit pas y avoir de pratique sans théorie, pas de théorie sans pratique et pas de théorie, pas de pratique sans travail.

Pour terminer, je rends hommage aux hommes sages qui ont su créer ce monument de perfection qu'est le Temple Maçonnique et, comme il est dit dans toutes les Écoles initiatiques traditionnelles

"Je vous salue sur les trois points du TRIANGLE ".

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Le principe de triangulation dans les rites maçonniques : un modèle de communication original et ses effets

28 Mai 2012 , Rédigé par Céline Bryon-Portet Publié dans #symbolisme

Une étude attentive des rites maçonniques révèle l’omniprésence d’un principe de triangulation à différents niveaux, notamment ceux de la prise de parole, de la gestuelle, mais aussi de la gestion des distances spatiales et des données temporelles.

Revêtant des fonctions psychologiques, sociales et symboliques, la triangulation maçonnique constitue un véritable modèle de communication. Un tel modèle, dans lequel prime le genre expressif, inscrit les membres de la communauté au-delà des schémas de type interpersonnel et vise un dépassement des contraires, censé opérer un processus de médiation-transformation au sein de l’individu même.

 

Triangulation de la prise de parole et de la gestuelle en loge

La loge maçonnique est l’un des rares lieux sociaux où la prise de parole en public soit codifiée de manière aussi rigoureuse et dotée d’une charge symbolique aussi forte. L’une des particularités du rite maçonnique réside dans le fait que toute action des membres de la communauté, tout positionnement des objets dans le temple, est porteur d’information et de sens. Chaque chose est à sa place, chaque discours vient en son temps, et une telle distribution garantit la cohérence d’une totalité harmonieuse. L’ordre, recherché en permanence ne naît pas du respect de consignes arbitraires. Il est produit par l’agencement savant des divers rouages d’un système global que l’adepte, en tant que pièce constitutive, s’efforce de comprendre et d’intégrer. Même les célébrations religieuses, qui exécutent un rituel strict où les propos, suivant un canevas précis et extrayant des passages du livre sacré, sont accompagnés d’une gestuelle spécifique (signes de croix, etc.), ne vont peut-être pas aussi loin dans la sémantisation et la participation agissante des membres du groupe, dans la mesure où les spectateurs-acteurs se contentent d’en suivre le cours sans pouvoir intervenir individuellement dans son déroulement.

Les modes de communication mis en place par le rituel maçonnique sont d’une telle singularité qu’ils méritent que l’on s’attarde sur eux. En loge, la communication s’inscrit dans un schéma qui n’a rien de linéaire, comme peut l’être le modèle télégraphique de Claude Shannon, avec sa chaîne Émetteur-Message-Récepteur ; ni même simplement interactif ou circulaire, comme celui établi par les théoriciens de l’École de Palo Alto. Elle suit un schéma triangulaire, et cela à plusieurs niveaux. La première forme de triangulation est relative au discours : en loge, on ne prend pas la parole, on la demande. Et lorsqu’on la demande, on ne s’adresse pas directement au Vénérable Maître dirigeant la loge, qui peut seul l’accorder, mais à l’un des deux intermédiaires que l’on nomme Premier Surveillant et Second Surveillant. Enfin, le Vénérable Maître lui-même accorde la parole en passant également par l’un des deux intercesseurs suscités, lequel relaie l’information au requérant. Ce dernier s’exprime alors, et nul ne peut l’interrompre ni même s’adresser à lui, à moins que la teneur de ses propos ne nécessite une censure brutale de la part du Vénérable Maître (tel serait le cas pour des discours véhiculant des idéologies intolérantes, extrémistes ou racistes).

Certains pourraient ne voir dans ce procédé qu’un artifice pompeux, participant simplement de la théâtralité du cérémonial. Cependant, les raisons de cette triangulation de la parole sont plus profondes qu’il n’y paraît et dépassent largement le cadre de la dramaturgie. Procédé de médiation, elle a pour objectif d’évacuer toute communication interpersonnelle — forme la plus usuelle dans nos sociétés —, et de tisser un lien collectif en dépassant les échanges d’individu à individu (il n’est pas inutile de rappeler l’efficacité de ce que l’on appelle « l’effet de groupe » en psychosociologie, que les franc-maçons retrouvent à travers l’« Égrégore »). Les rites maçonniques ne relèvent donc pas de cette catégorie de rites que Erving Goffman a baptisés rites « d’interaction », mais bien de rites « sociaux » ou « communautaires », selon la typologie de Pascal Lardellier. Et si l’on veut bien se souvenir du fait que le terme communication (de communicare), signifie étymologiquement « mettre en commun » et implique les notions de partage, alors le rituel maçonnique atteint probablement l’objectif de toute communication, dans ses formes les plus paroxystiques.

Le rituel maçonnique apparaît doublement conjonctif. Il l’est d’abord en tant que rituel ainsi que le note Claude Lévi-Strauss :

[…] le rituel est conjonctif, car il institue une union (on peut dire une communion), ou, en tout cas, une relation organique, entre deux groupes (qui se confondent, à la limite, l’un avec le personnage de l’officiant, l’autre avec la collectivité des fidèles), et qui étaient dissociés au départ (1962 : 46-47).

Il l’est ensuite en tant que rituel particulier mettant en place des moyens de liaison internes, redondants avec sa fonction première. L’esprit de convivialité est crucial dans les loges, comme le prouve ce moment privilégié que constituent les « Agapes », mais aussi les nombreux vocables, symboles et métaphores exprimant la fraternité : la « truelle »  le « ciment », la « corde à nœuds », les « lacs d’amour », la « chaîne d’union », le « compagnon », les « frères » et « sœurs ». Le poète Alphonse de Lamartine, grand admirateur de la res maçonnica, pleinement conscient de son essence fédératrice, déclarait dans un discours prononcé en loge en 1848 : « Vous écartez tout ce qui divise les esprits, vous professez tout ce qui unit les cœurs, vous êtes les fabricateurs de la concorde » (cité par Garibal, 2004 : 23). La franc-maçonnerie remplit une fonction phatique prépondérante, pour reprendre la terminologie que Roman Jakobson applique à la linguistique. Car s’il est vrai qu’elle agit à ce niveau de communication que représente le contenu du message, par la transmission de valeurs, elle œuvre principalement au niveau de la relation. Là encore, nous nous trouvons fort éloignés du schéma de Claude Shannon, qui tend à réduire le réel à son aspect informationnel, à la notion de réseau et à la quantité d’informations qui circule en son sein .

La médiation que le rituel maçonnique établit dans le cadre de la prise de parole constitue une véritable discipline à laquelle il convient de se soumettre, et qui contrarie les inclinations naturelles des individus, habitués à parler librement ou à demander l’autorisation de s’exprimer directement à la personne qui dirige un débat. Or, toute discipline vise à transformer, par une action contraignante, une materia prima. Tel est bien le cas de la franc-maçonnerie, qui se définit elle-même comme une institution « philanthropique, philosophique et progressive »  travaillant au perfectionnement moral et intellectuel de l’humanité et proposant à ses membres un changement de cadre mental, censé s’opérer durant le rituel.

Ensuite cette médiation, précieux outil de régulation, favorise l’ordre et la pondération, car elle rend impossibles les interventions intempestives, les débats à plusieurs voix où nul ne s’entend, les conflits engendrés par des membres en désaccord ayant l’opportunité de s’adresser les uns aux autres. Le respect d’autrui et la courtoisie sont d’ailleurs inscrits comme autant de devoirs dans un texte fondateur de 1735, faisant office de Constitution pour la maçonnerie française. Ainsi est-il stipulé, au 6e devoir, qu’aucun Frère n’aura des entretiens secrets et particuliers avec un autre sans une permission expresse du Maître de la Loge, ni rien dire d’indécent ou d’injurieux sous quelque prétexte que ce soit, ni interrompre les Maîtres ou Surveillants, ni aucun Frère parlant au Maître, ni se comporter avec immodestie ou risée (partiellement reproduit par Gayot, 1991 : 62).

Ce qui fait dire au franc-maçon Gilbert Garibal, docteur en philosophie et psycho-sociologue, que

[...] les frères, du néophite au « vétéran », fréquentent la loge pour communiquer, avec eux-mêmes et les autres. Cette communication fonctionne d’autant mieux que la loge est aussi « communicante ». Autrement dit, qu’elle prend bien soin d’éviter la formation de clans, castes et autres sous-groupes, nuisibles à son unité (2004 : 129).

La parole maçonnique n’est donc pas, loin s’en faut, un instrument de pouvoir à des fins de manipulation, mais utilise une méthode originale d’accouchement des esprits, assez proche de la maïeutique et de la dialectique socratiques (à la différence près que celles-ci étaient interpersonnelles). En outre, en mettant les locuteurs dans une position d’attente de leur tour de parole, le rituel temporise — au sens étymologique du terme —, c’est-à-dire écarte toute spontanéité et oblige à une certaine maturation de la réflexion. Car comme le souligne Oswald Wirth « les idées se mûrissent par la méditation silencieuse, qui est une conversation avec soi-même. Les opinions raisonnées résultent de débats intimes, qui s’engagent dans le secret de la pensée. Le sage pense beaucoup et parle peu. » (2001 : 122)

Accordant une importance aussi grande à la communication non-verbale (comme c’est le cas dans la plupart des traditions rituelles, qui font du corps un vecteur majeur de transmission de certaines valeurs), la maçonnerie applique un procédé de triangulation identique au plan de la gestuelle. À ce sujet, il est indispensable d’opérer « une partition entre ce qui relève de la gestuelle d’accompagnement et du message proprement dit », ainsi que le font remarquer Philippe Breton et Serge Proulx. « La gestuelle d’accompagnement est formée par tous ces gestes que nous faisons à l’appui d’une communication », elle est donc bien distincte « du langage des signes », où « c’est le geste qui constitue la communication » (2002 : 63 et 48). Dans ce cas, « la gestuelle se transforme en signes codés et signifiants ». Le rite maçonnique appartient à cette seconde catégorie. Il constitue l’un des rares langages des signes qui ne trouve pas son origine dans une incapacité à produire de l’oralité, comme c’est le cas avec le langage des sourds et des malentendants, par exemple.

Tandis que l’être humain s’approprie inconsciemment, par un phénomène de mimétisme, l’ensemble des codes corporels qui prévalent au sein de sa culture — ainsi que l’ont révélé des chercheurs en kinésique tels que Ray Birdwhistell (Winkin, 1981 : 61-77) —, et qui trahissent parfois malgré lui son état et ses intentions, le franc-maçon apprend un système de signes qu’il reproduit sciemment et adapte à divers contextes. Lorsqu’il rentre dans le temple, l’apprenti fait trois pas. Les bras, les mains et les pieds du maçon sont disposés en équerre. Les gestes sont précis, calculés, parfaitement maîtrisés. Ils traduisent en outre la médiation, leur modélisation ternaire représentant la réconciliation dialectique du même et de l’autre, la dualité dépassée car augmentée de l’unité8. Seule l’institution militaire s’est peut-être approchée de ce dispositif corporel complexe dans son cérémonial : les positions du garde-à-vous, le salut militaire, les demi-tours, forment d’ailleurs des équerres, ce qui n’a rien de surprenant si l’on considère les relations étroites que l’armée et la franc-maçonnerie ont entretenues à partir du xixe siècle, ainsi que l’a démontré Jean-Luc Quoy-Bodin (1987).

Là encore, il ne s’agit pas de faire exécuter au maçon une série de contorsions absurdes, mais plutôt de mettre ses membres en conformité avec son esprit. Inversement, on tente de produire un équarrissage de la pensée par la rigueur comportementale que l’on impose à une chair généralement livrée à une certaine liberté. La tension physique qu’engendrent des positions si peu familières à l’homme est en effet propice à l’effort et au travail. Combattant la nonchalance, qui se manifeste par une attitude de relâchement, ce maintien artificiel et peu confortable du corps requiert une attention soutenue, et suscite à son tour la concentration. Il a un effet structurant. Plantagenet ne s’y trompe pas lorsqu’il déclare : « remarquons combien cette marche rituelle est pénible : brutalement coupée par trois arrêts, elle brise notre élan ; à chaque fois elle nous contraint à un nouvel effort pour repartir » (2001 : 161). Au-delà de cette idée, tenace en Occident, selon laquelle « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » et qui veut que toute souffrance fût revêtue d’un caractère initiatique, selon l’exemple de la passion christique, le formalisme rigide infligé au corps conduit avant tout à un dressage dont nous étudierons ultérieurement la nature et les effets.

Enfin, force est de constater que la gestuelle extrêmement contraignante prescrite par le rituel recoupe l’aspect fonctionnel que recouvre la triangulation de la parole, aux effets pondérateurs. À propos de la position dite de l’ordre, posture obligatoire et assez inconfortable pour ceux et celles qui s’expriment oralement, Jules Boucher remarque ainsi que « indépendamment de la valeur réelle du signe, il faut remarquer que ce geste, si simple en apparence, empêche tout autre geste et par suite toute véhémence. Combien d’orateurs — profanes — parlent plus encore avec leurs mains qu’avec leur voix ! » (1998 : 323).

 

Triangulation de l’espace et du temps rituels

On sait, depuis les études fort éclairantes menées par Edward T. Hall dans le domaine de la proxémique10, que la gestion de l’espace et les distances qui séparent des individus sont, en elles-mêmes, un acte de communication, mais aussi des données remplies de sens révélant des appartenances culturelles parfois insoupçonnées. La franc-maçonnerie témoigne, si besoin en était encore, de l’importance que revêtent les données spatiales dans l’accomplissement et la compréhension des rôles incombant à chaque communicant dans un contexte particulier.

En loge, le positionnement des individus dans l’espace du temple définit des fonctions spécifiques : à l’Orient, où se lève la lumière, est situé le Vénérable Maître, à l’Occident crépusculaire est le Couvreur, et ainsi de suite — c’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle la géométrie tient une place cruciale dans la voie maçonnique. De la même manière, le positionnement des objets de culte ne doit rien au hasard. Il est toujours investi d’une signification, il est signifiant par lui-même. Il va sans dire que cet ancrage territorial du système sémantique à travers une localisation pertinente des personnes et des choses permet de rendre très concrets les messages symboliques que véhicule la cérémonie (« ici, tout est symbole », déclare-t-on à l’apprenti lors de son initiation). C’est ainsi que la modélisation ternaire de la parole, médiatisée entre le requérant et le Vénérable Maître par une tierce personne (Premier ou Second Surveillant), s’enracine également dans une triangulation spatiale, ce qui aboutit à une répétition du schéma ternaire. En effet, celui qui sollicite la parole pour le requérant auprès du Vénérable Maître est toujours le Surveillant qui se trouve sur les colonnes opposées, face au requérant. Ce croisement des prises de parole forme donc un triangle visible, un triangle humain qui incarne géographiquement la dynamique du chiffre trois.

Nous reproduisons ci-dessous le schéma en vigueur au Rite écossais (au Rite Français, la position des colonnes et des surveillants est inversée par rapport au Rite écossais, mais la triangulation spatiale demeure), qui montre bien le croisement systématique de la parole et la triangulation spatiale qui en résulte :

Il est à noter, cependant, qu’à l’inverse de la plupart des rites (notamment des rites politiques), où se « jouent des rapports de domination et de sujétion, hypostasiés à ce ballet qui définit les fonctions, exprime les allégeances, confirme les rangs et les statuts » (Lardellier, 2003 : 95), le rite maçonnique, créateur de lien social, ne fait guère reposer les rôles assignés aux adeptes sur la situation professionnelle et financière que chacun occupe sur l’échelle sociale, dans le monde profane. C’est ainsi qu’un ouvrier d’usine accèdera progressivement au grade de Maître, tandis que le PDG d’une grande entreprise ouvrira sa voie maçonnique au grade d’Apprenti, comme tout un chacun, avec les corvées qui accompagnent cette première étape (installation du Temple, préparation des Agapes et service durant le repas, etc.), qui se veut un apprentissage de la patience et de l’humilité, une familiarisation, aussi, avec une dimension symbolique souvent inconnue du néophyte.

D’autre part, les fonctions de chacun ne sont guère figées, puisque les membres du groupe changent de rôle au fil des ans. Or, ce principe d’égalité et de circularité est, encore une fois, spatialement et communicationnellement inscrit. Au Rite Écossais Ancien et Accepté, par exemple, le Vénérable Maître, après avoir occupé des fonctions centrales à l’Orient durant quelques années, se voit-il relégué à l’Occident, près du Parvis. Outre que ce positionnement diamétralement opposé lui confère un angle de vision — et par conséquent un angle de compréhension — différent sur le Temple, il traduit le passage d’une position supérieure à une position inférieure. En devenant Couvreur, il quitte la place dominante et ordonnatrice pour une place d’exécution, en contre bas. Il en va de même pour les autres officiers de la loge (citons l’interversion des Premier et Second Surveillants, notamment).

On ne s’étonnera donc guère que le niveau figure parmi les outils et symboles privilégiés de l’institution, ni même que le principe d’égalité présidant aux travaux maçonniques ait pu contribuer à la diffusion des idées émancipatrices jadis émises par les philosophes des Lumières. Sans verser dans la théorie du complot ou du projet intentionnel que certains, tel l’abbé Barruel (1803), prêtent à la franc-maçonnerie, il semble avéré qu’en favorisant le brassage social (puis la mixité, à partir du xixe siècle, dans quelques obédiences les loges précipitèrent la chute d’un régime inégalitaire. « La Franc-Maçonnerie vint ainsi offrir un excellent terrain de culture au ferment des idées révolutionnaires », souligne Oswald Wirth (2001 : 54). Les idées progressistes qu’elle véhiculait étaient d’ailleurs jugées subversives et dangereuses, tant par le pouvoir politique que par le pouvoir ecclésiastique. On peut aisément le comprendre à la lecture de certains textes du dix-huitième siècle : « Ramener les hommes à leur égalité primitive par le retranchement des distinctions que la naissance, le rang, les emplois ont apporté parmi nous. Tout maçon en loge est gentilhomme » (Le sceau rompu, 1745 : 22 ; cité par Gayot, 1991 : 125). Tout semble concourir à faire de l’espace maçonnique un espace sociopète, selon le mot de Edward T. Hall, un lieu de partage, de cohésion et d’intégration.

Comme l’espace de la loge, le temps maçonnique se trouve lui aussi soumis au principe de triangulation. Il serait fastidieux et surtout ambitieux de vouloir dresser une liste exhaustive de ce temps triangulaire, tant celui-ci est riche. Quelques exemples significatifs suffiront néanmoins à en rendre compte. Les maçons, tout d’abord, travaillent entre les heures symboliques de « Midi » et « Minuit » (périodes elles-mêmes transitoires puisqu’elles marquent tout à la fois l’apogée du jour et de la nuit, et leur déclin imminent), à l’âge non moins symbolique et transitionnel de « trois ans ». Parmi les fêtes maçonniques, mentionnons également les fêtes de la Saint-Jean d’hiver et de la Saint-Jean d’été, correspondant aux deux équinoxes. Comme les heures de midi et de minuit, les équinoxes traduisent un point d’équilibre précaire et transitionnel, l’apogée d’un état et par conséquent sa proche déchéance, selon la loi de la dialectique des contraires.

Autre expression de cette triangulation, lors de l’ouverture et de la fermeture des travaux, le Vénérable Maître, assisté des Premier et Second Surveillants, procède à l’allumage puis à l’extinction des feux. Au début de la tenue, chacun d’entre eux se tient devant l’un des trois piliers nommés Sagesse, Force et Beauté, afin d’allumer des bougies. Faisant le tour dans le sens des aiguilles d’une montre, ils échangent leur place et chaque officier se retrouve ainsi, l’instant d’après, face au pilier devant lequel était positionné son voisin de gauche. Ce mouvement circulaire en trois étapes autour des trois piliers forme une roue spatio-temporelle dynamique, proche de la svastika indienne. Certains maçons voient d’ailleurs dans ce moment cérémoniel une représentation de la création du monde (Doignon, 2005), un espace-temps zéro à partir duquel apparaissent progressivement l’espace et le temps sacrés. Cette interprétation semble corroborée par l’allumage des bougies qui provoque le passage des ténèbres à la lumière, ainsi qu’il est fait dans la Genèse où les mots fiat lux précèdent l’apparition des différents éléments du monde ; mais également par la signification attribuée aux trois piliers : la Sagesse « conçoit », la Force « exécute », et la Beauté « orne ». Il s’agit bien d’un acte de création primordial, similaire à celui du « Grand architecte de l’univers », et se déroulant en trois phases, à savoir conception, réalisation puis contemplation esthétique du produit fini.

L’omniprésence de la figure deltaïque, suggérant, selon certains maçons, un triangle temporel, semble confirmer ces vues. Ainsi Jean-Marie Ragon perçoit-il les points de cette figure géométrique comme évoquant le Passé, le Présent et l’Avenir (1853 : 369). Le sens de cette triade correspond parfaitement à la philosophie maçonnique, ancrée dans la tradition et tournée vers l’avenir d’un monde meilleur via une tentative de perfectionnement au quotidien. Les franc-maçons se sont d’ailleurs souvent inspirés, dans leurs réflexions, du célèbre tableau de Gauguin intitulé D’où venons-nous ?, Qui sommes-nous ?, Où allons-nous ?, preuve que leur voie s’interroge sur l’identité et le devenir de l’homme à travers les trois temporalités classiques que nous reconnaissons. Car comme toute tradition, la franc-maçonnerie opère à un niveau à la fois diachronique et synchronique. Soucieuse de transmettre des valeurs régulatrices, elle agit sur l’axe vertical du passé, où la mémoire relie la chaîne générationnelle à un temps originel, mais également sur l’axe horizontal de l’espace communicationnel qui met les vivants en présence (Debray, 1997). Nous pouvons résumer ainsi ce mouvement maçonnique, qui se nourrit au présent de la sagesse des anciens pour tenter de construire une société idéale.

IAjoutons enfin que le temps du rituel est rythmé par trois coups de maillet, répétés trois fois, par la triade Vénérable — Premier Surveillant — Second Surveillant, au début et à la fin de la tenue. Ce rythme ternaire ouvre et ferme l’accès au temps sacré, de même que les pas d’entrée sur le pavé mosaïque, puis la sortie hors du temple, équivalent à un va-et-vient entre l’espace sacré intra-muros et l’espace profane à laquelle les adeptes sont rendus dès la fin de la cérémonie rituelle. . Lorsque commencent les travaux, le Vénérable Maître n’affirme-t-il pas « nous ne sommes plus dans le monde profane » ? La figure du Vénérable est semblable à celle d’un chef d’orchestre (métaphore chère aux chercheurs de Palo Alto) qui, par ses coups de maillet injonctifs, introduit des ruptures rythmiques dans le temps mais aussi dans l’espace communicationnels de la cérémonie (silence/possibilité de prise de parole, immobilisme/gesticulation, position debout/assise), donnant le tempo d’une partition connue. Elle crée en outre une « synchronie interactionnelle », pour reprendre une expression de William Condon et de Edward T. Hall, chaque participant agissant en même temps que ses confrères et de manière identique à eux. Et si, pour les théoriciens modernes, toute communication doit être envisagée comme un système, dans lequel les multiples éléments interagissent les uns par rapport aux autres, le rituel maçonnique possède cette particularité rare qu’il est un système intentionnel et pré-régulé, qui cherche à optimiser au maximum ce caractère systémique et interactionnel. Ainsi en est-il de la « triple batterie » et de « l’acclamation », à l’annonce desquelles tous les maçons frappent rapidement trois fois dans leurs mains, et répètent ces gestes trois fois, en criant « Liberté », « Égalité », « Fraternité ».

Les penseurs de ce que l’on a appelé « la nouvelle communication », en effet, ont montré que l’espace et le temps au-delà de leur aspect physique, mathématiquement mesurable, forment des cadres culturels organisés et vécus de manière différente d’un continent à un autre, engendrant ainsi des modes de communication spécifiques. Mais de telles constructions, relatives puisque variant selon les époques et les lieux, sont généralement le fruit d’une élaboration longue et inconsciente, déterminée par l’histoire particulière des peuples et les paramètres environnementaux dans lesquels ils s’insèrent. Les individus répondent ainsi à des codes et règles tacites sans avoir conscience d’évoluer dans une dimension artificielle. Or, la maçonnerie offre l’exemple d’un programme culturel conscient et volontaire, d’une composition sémantique qui s’affiche comme telle, et qui a cependant — là est le paradoxe — une prétention universelle (les Ordres internationaux, faisant fi des divers particularismes locaux, appliquent le même rituel aux quatre coins de la planète), comme si sa valeur atteignait quelque absolu en saisissant l’essence de l’homme, le point nodal de ses aspirations.

 

Vers une triangulation de l’individu : pure métaphore ou symbolisme opératoire ?

La franc-maçonnerie introduit l’homme dans l’« empire des signes », pour reprendre l’expression que Roland Barthes a forgée à propos de la culture japonaise. Signes corporels et symboles divers jalonnent le laborieux parcours de l’adepte. Mais au stade de ce constat, il convient de s’interroger sur la fonction que remplissent ces signes : simple jeu d’analogies au sein duquel l’individu se meut plaisamment ; ou véritable projet transmutatoire engageant l’être lui-même, faisant de lui l’objet d’un changement radical ? Déchiffrage d’un langage codé ou règles opératives modifiant l’humain en profondeur ?

La réponse est donnée dès le grade d’apprenti, puisque l’on exhorte le jeune initié à dégrossir la pierre brute, qui n’est autre que lui-même. Oswald Wirth (2001) rappelle, en guise d’introduction au premier tome de son ouvrage : « De la création de l’homme par lui-même naît l’homme perfectionné, le Fils de l’Homme ». D’où l’importance accordée au corps, matière imparfaite qu’il faut patiemment ennoblir pour que s’ennoblisse aussi l’esprit, et dont la métanoïa ou conversion débute lors de l’initiation, ainsi que le relève Bruno Etienne (2002). Michel Foucault a fort bien montré que le dressage des esprits était indissociable du dressage des corps, ce que les institutions dites « totales » ont également compris et exploitent avec brio (1993 : 31-31). L’interaction corps-esprit/esprit-corps est reconnue depuis fort longtemps, puisqu’en des siècles reculés l’ascèse corporelle, au sein de l’institution religieuse et de certaines sociétés mystiques, avait pour but de purifier l’âme. Blaise Pascal ne déclarait pas autre chose lorsqu’il affirmait « qu’il faut s’agenouiller et faire les gestes de la foi pour croire »…

En revanche, il existe une différence notable entre le dressage pratiqué par les institutions totales, au rang desquelles on peut ranger l’armée, et celui auquel procède l’institution maçonnique. Car le premier développe un conditionnement de type pavlovien, privatif de toute liberté de pensée, d’expression et de comportement, tandis que le second, anti dogmatique et émancipateur, a pour effet de libérer le sujet de ses préjugés (le maçon est dit « libre et de bonnes mœurs »). Le rituel maçonnique ne peut donc être bénéfique que s’il est rigoureux et que son sens est parfaitement compris. « Tout symbole, tout rite — mise en action des symboles — perdent leur valeur, et ne sont plus que des “simagrées” dès qu’ils ne sont plus exactement respectés comme ils devraient l’être », affirme avec raison Jules Boucher. Puis de renchérir : « Et le plus souvent ils ne sont pas respectés, parce qu’ils ne sont pas compris » (1998 : 323).

Le corps est bien plus qu’un vecteur de communication à visée informative. Favorisant le mode expressif il est le creuset matriciel dans lequel s’accomplissent de véritables transformations mentales .Au-delà du fait qu’il est un langage dont il faut décoder le sens pour en saisir la pleine valeur, le dispositif matériel et physique du rituel maçonnique possède un caractère performatif, qui se révèle à son tour hautement signifiant par les changements cognitifs, sentimentaux et comportementaux qu’il introduit. On rejoint là la conviction de la philosophe Hannah Arendt, pour laquelle « être et paraître coexistent », et celle de nombreux penseurs avançant l’hypothèse que toute transformation ontologique s’enracine nécessairement dans une transformation phénoménale. Ainsi pourrait-on appliquer, en l’inversant, l’approche de John Austin : « Quand faire, c’est dire ». Des bâtisseurs de cathédrales et maçons francs opératifs, en effet, qui en furent la source d’inspiration principale, la maçonnerie spéculative a conservé une certaine concrétude à travers la mise en geste des mots et la mise en acte des idées. Pascal Lardellier, évoquant le rôle de ce « corps, puissamment sémantique », souligne avec justesse que

[...] le rite exige toujours de ses participants une démonstration physique, « une création de présence » (E. Schieffelin). Ne pouvant en aucun cas être vécu de manière abstraite, in absentiae, il impose une incarnation, sans laquelle aucune action symbolique ne saurait être atteinte. Car pour être crédible, ce rite se doit d’être vécu, investi de l’intérieur (2003 : 94).

En outre, l’effet cathartique produit par la mise en scène des corps — effet identique à celui que revêtait la tragédie selon Aristote — ne doit pas être négligé. L’élève de Platon évoquait avec raison « cette imitation qui est faite par des personnages en action et non au moyen du récit », et qui « opère la purgation propre à pareilles émotions » (1952 : 1449b). À son tour, Jacqueline de Romilly a mis en évidence la fonction psychologique et sociale de la tragédie grecque, qui permettait d’extérioriser la violence via un phénomène d’identification du spectateur à l’acteur-personnage, et de l’évacuer ainsi hors des murs de la cité. Le rituel maçonnique accomplit une purification assez semblable grâce au spectacle visuel qu’il livre. Il va même plus loin que la tragédie si l’on considère que tous les spectateurs sont également des acteurs de la pièce qui se joue, le geste se joignant à l’observation.

Les gestes que l’apprenti exécute sont d’ailleurs très évocateurs : le bras et la main disposés en équerre au dessous de la gorge sont destinées à juguler les passions provenant du cœur et à les empêcher de troubler l’âme, ainsi que l’explique le rituel au premier degré du Rite écossais ancien et accepté. Ce signe dit « guttural » devient un signe « pectoral » au grade de compagnon, la main se situant alors au niveau du cœur.

L’objectif opératif est si prépondérant que certains, tel Jules Boucher, font remarquer que ces positions correspondent à des chakras et mobilisent ainsi les centres d’énergie de l’être. Par ailleurs, l’idée d’une thérapie de groupe fondée sur une approche systémique, c’est-à-dire sur une régulation des relations que les éléments du groupe entretiennent les uns avec les autres, est assez proche, même si elle diffère dans sa mise en œuvre, des thérapies familiales de Don D. Jackson et de Paul Watzlawick et plus largement du Mental Research Institute, fondées sur la notion d’homéostasie.

L’aspect physique est tellement essentiel qu’un maçon doit être « un homme exempt de défaut du Corps, qui peut le rendre incapable d’apprendre l’Art »  de l’avis de certains adeptes. Il ne s’agit bien évidemment pas de discrimination, mais de la conviction que les lumières de la maçonnerie demeureraient à jamais inaccessibles à celui dont un corps infirme ne permettrait pas l’accomplissement du rituel, la spécificité de l’initiation étant par ailleurs le vécu d’une progression extérieur/intérieur. On voit là tout ce qui peut séparer la tradition maçonnique de certaines mystiques ou traditions ésotériques proposant une élévation spirituelle en s’adressant directement et uniquement à l’esprit. Passer du contact sensible des choses matérielles à leur conceptualisation, de la conceptualisation à l’imagination, de l’imagination à la monstration, de la monstration à l’intériorisation, et de cette dernière à une appréhension de nature intuitive : tel est l’un des objectifs de la voie maçonnique. Mais à l’instar de la tradition alchimique, cette dernière s’appuie toujours, initialement, sur un support physique, un substrat matériel, destiné à servir de déclencheur transmutatoire.

Dans l’accession à un mode de connaissance intuitif, le maniement des symboles joue un rôle déterminant. Signifiant moins abstrait, moins arbitraire surtout, que ne le sont les mots, formés de lettres et de sons conventionnels selon la linguistique saussurienne, le symbole possède en effet une sorte de lien naturel avec le signifié, puisqu’il procède par substitutions et transferts sémantiques. Il tient lieu de jonction entre les réalités strictement matérielles et les concepts purement intelligibles, les sens et la raison (l’idée d’une réunion de deux parties séparées est d’ailleurs présente dans l’étymologie du mot symbole, « sumbolon », et du verbe grec « sumballein » qui signifie « mettre ensemble »). S’il est un vecteur d’information et de communication privilégié, c’est précisément parce qu’il est doté de cette nature bicéphale qui introduit l’adepte dans un entre-deux. Il crée une voie médiane, ou troisième voie, pour ceux qui refusent le réductionnisme du matérialisme et de l’idéalisme. Procédant par triangulation, évitant le piège du principe de non-contradiction d’Aristote, que la physique quantique a récemment mis à mal il ouvre des perspectives nouvelles. En outre, la plupart des symboles prétendent à l’universalité. Empruntant au registre de Jung, on peut dire que ceux-ci possèdent une dimension archétypale qui les rend accessibles à chacun.

L’efficacité du symbole — notamment du symbole de condensation, réalisant une propagation affective et énergétique inconsciente, par opposition au symbole de référence , a été relevée par nombre de chercheurs. Pascal Lardellier note ainsi : « Et le contexte rituel dans son ensemble va aller jusqu’à générer des états modifiés de conscience, la réalité devenant symbolique, et le symbolique performatif, puisque capable de transformer cette réalité » (2003 : 92).  Les alchimistes, qui œuvraient également à partir d’une voie initiatique, hermétique et herméneutique, répétaient inlassablement les mêmes gestes dans les mêmes alambics, assortis des mêmes prières, paroles et symboles, ce qui était censé produire un éveil de la conscience et une transformation corporelle, conjointement à une transmutation de la matière hermétiquement scellée, sujet et objet ne faisant plus qu’un.

En conclusion, on peut dire que le rituel maçonnique repose sur l’intuition que l’homme est une vaste structure de relations externes et internes, dont le perfectionnement dépend d’une alchimie communicationnelle à plusieurs niveaux. Proposant un modèle interactionniste global, fondé non seulement sur le « dire », mais aussi sur le « voir », le « faire » et le « ressentir », il utilise le principe de triangulation de la prise de parole, de la gestuelle ainsi que de la gestion spatio-temporelle, qui vise à produire une dialectique visible-invisible, transcendance-immanence, théorie-pratique. In fine, celle-ci doit engendrer une triangulation de l’agent lui-même (du type soufre-sel-mercure, soit esprit-âme-corps), c’est-à-dire une transmutation de l’individu par la réconciliation des contraires qu’opère le modèle ternaire, prélude à l’unification finale de l’être. La philosophie maçonnique, avec son approche praxéologique, semble bien faire partie de ces systèmes d’« idées » qui « deviennent des forces matérielles », selon les mots de Régis Debray (1994 : 22). Cette thèse médiologique se trouve d’ailleurs énoncée près d’un siècle auparavant et dans des termes similaires par le maçon Edouard Plantagenet (1992 : 142), lorsque ce dernier explique que « l’idée froide », purement abstraite, entre en contact avec les sentiments fécondants durant le rituel et « se transforme soudainement en idée-force en s’intégrant dans notre personnalité ». Loin de se cantonner au plan individuel, cette transformation du maçon vise à transformer à son tour l’ensemble de la collectivité maçonnique et même de la société profane, étant entendu que le perfectionnement des parties constitutives d’un groupe participe également du perfectionnent de la structure globale.

 

Source : http://communication.revues.org/

Lire la suite

Qu'est-ce que le triangle ?

28 Mai 2012 , Rédigé par MGL Publié dans #Planches

Selon le dictionnaire Robert:
Le triangle est une figure géométrique, un polygone à trois côtés, trois angles et trois sommets. On distingue trois types de triangle :
Le Triangle isocèle (2 cotés égaux)
Le Triangle équilatéral (3 cotés égaux)
Le Triangle rectangle ou scalène (3 cotés inégaux avec un angle droit)

On parle également de :
Triangle de signalisation routière pour prévenir les usagers de l’immobilisation d’un véhicule en pleine voie de circulation.
Il peut aussi désigner un instrument de musique à percussion, fait d’une tige d’acier repliée, sur laquelle on frappe une baguette.
En géométrie euclidienne, un triangle est une figure plane, formée par trois points et par les trois segments qui les relient.

La dénomination de « triangle » est justifiée par la présence de trois angles dans cette figure, ceux formés par les segments entre eux. Les trois points sont : les sommets du triangle, les trois segments: ses côtés, et les trois angles: ses angles.

Le triangle est une figure géométrique élémentaire, à l'instar du point, de la droite ou du cercle. Il constitue depuis l'Antiquité une réserve inépuisable de propriétés, d'exercices et de théorèmes mathématiques de difficultés variées.

Le triangle est aussi le profil de la pointe d'une flèche, le symbole de la direction, de la détermination, de la pénétration. C'est le profil de l'aile d'un deltaplane ou du Concorde, des avions de chasse modernes.

Dans certaines sociétés traditionnelles, c'est le symbole de la femme, car c'est la forme de la pilosité pubienne ; par exemple, le foyer (entendons par là le feu) entretenu par la femme est constitué de trois pierres disposées sous la forme d'un triangle.

AU SENS MACONNIQUE

Avant même le début du christianisme, le philosophe Xénocrate (339-314av.J-C) avait qualifié :
Le Triangle Equilatéral de « divin »
Le triangle Isocèle de « démoniaque »
Le triangle Scalène d’« humain » (imparfait).

Le Triangle désigne parfois un groupe de maçons formé de moins de sept Frères. Structure maçonnique reconnue d'une obédience, se réunissant, particulièrement dans des lieux ou la maçonnerie n'est pas bien implantée. Les membres d'un triangle ne peuvent pas initier.

Accessoirement le terme de Triangle est usité par les maçons pour indiquer le poids du repas ou d'un banquet c'est-à dire la quotte part de chacun aux agapes!

Le Triangle est l’Emblème capital de la FM parce qu'il réunit TROIS en UN, rappelant ainsi le Ternaire des anciens. Il évoque le travail profond de l'esprit se matérialisant par l'élaboration de la thèse, de l'antithèse et de la synthèse.

Le Triangle réalise l'équilibre entre deux forces opposées: l'Actif et le Passif.

 

Le « Delta Lumineux », lui-même, hérité de la tradition pythagoricienne est représenté par un triangle isocèle dont la pointe désigne l’homme et la base le ciel. Ses Côtés, suivant la symbolique des nombres indiquent respectivement le ciel, la terre et l’homme. Au Grand Orient de France, ses trois côtés sont aréolés de sa devise: Liberté, Egalité, Fraternité.

Le Triangle lumineux ou le Delta, placé à l'orient derrière le vénérable Maître et l'oeil qui s'y trouve représente la Science qui éclaire les hommes. L'oeil ouvert, pour ne pas dire mi-clos, figure la conscience qui dirige, la sagesse vigilante qui observe le principe du bien et fixe le mal pour le vaincre.

Il symbolise, sur le plan physique , le soleil visible d'où émane la Vie et la Lumière, sur le plan astral le Verbe, le logos ou le principe créateur et sur le plan spirituel ou divin, le Grand Architecte de l'Univers.

Par ailleurs, il faut noter que le Delta lumineux placé au centre d'un soleil apparaît sur de nombreux documents que comportent la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen, symbolisant la lumière que ce texte apporte à chacun.

Le Triangle symbolise la Trinité divine dans la religion Catholique mais n'en constitue pas une exclusivité, car en Maçonnerie également, on traduit les trois côtés du triangle par les formules:
· Bien penser- Bien dire-Bien faire

ou par
· Naissance - Vie -Mort

ou encore par la devise:
·
Liberté - Egalité - Fraternité

Pour marquer son aversion envers la Françmaconnerie, un membre du clergé Mgr Barbier de Montault déclara au XVIIème (17ème) siècle en parlant du Triangle: « Nous devons le repousser, parce que les francs-maçons en ont fait leur symbole:ils l'ont emprunté à l'Eglise, qui avait
donné la Trinité créatrice pour patronne aux architectes et aux maçons. »

ET pourtant, la trinité se retrouve dans des Civilisations et Religions beaucoup plus anciennes que le Christianisme:
En Egypte Antique on peut citer: la Triade Osirienne: Osiris, Isis, Horus.
En Inde: la Trimourti hindoue: Brahma (créateur), Vishnou,(conservateur)Civas (destructeur)
En Perse: Auramazda ou Ormazd (le sage le génie),Vohu Manô (la bonne pensée), Asha Vahista (la plus parfaite justice)

On pourrait ainsi multiplier les exemples de « trinités » dans la plupart des religions.

Dans un esprit moins polémique, le rituel de mon grade indique que « trois dirigent les travaux de la loge » en l'occurrence le Vénérable Maître, le 1er Surveillant et le 2ème Surveillant. La disposition triangulaire des trois assesseurs fait montre du symbolisme Maçonnique.

Le Vénérable et les deux surveillants, qui « dirigent » la Loge, constitue le Triangle de commandement.

Les officiers dans leur ensemble se situent parfaitement au sommets d'une étoile à six branches encore appelée « Sceau de Salomon ».

Ainsi nous pouvons distinguer à travers cette étoile à six(6) branches une multitude de triangles très opérationnelles dont voici quelques uns :

- Le Triangle d'Autorité ou de Commandement ou encore du Maillet formé par le Vénérable et les deux surveillants qui veillent au bon déroulement de la Tenue et à la distribution de la Parole.
- Le Triangle Rituel constitué par le V\M\, le M\C\, et le Grand Expert pour assurer la bonne exécution du Rituel.

- Le Triangle de Sécurité incarné par le V\M\, le couvreur et le 1er Surv\ pour contrôler la couverture du temple.

- Le Triangle de la Parole assuré par le V\M\, le secrétaire (officier de la parole fixée) et l'orateur (officier de la parole orientée).

- Le Triangle des Moyens relie le V\M\, l'Hospitalier et le Trésorier pour coordonner les ressources et les charges de la Loge.


La dissection faite des potentialités de triangles dont le sceaux de Salomon renferment, nous permet de distinguer deux principaux Triangles:
· dans le sens Ascendant formé par le Vénérable et les deux surveillants
· et dans le sens Descendant par l'Orateur, le Secrétaire et le Couvreur.

Ce sceau est interprété comme la spiritualisation de la matière dans le sens ascendant et la matérialisation de l'esprit dans le sens descendant.

Par ailleurs le Vénérable forme également un Triangle à l'Orient avec les deux luminaires (le Soleil et la lune) les trois lumières de la loge, ce qui nous rappelle cette interrogation de notre rituel :

- Qu'as-tu vu lorsqu'on t'as donné la lumière?
- Le soleil, la lune et le Maître de la loge.

Au final, il apparaît que le Triangle soit le plus évident de la matérialité du nombre TROIS dans le symbolisme maçonnique. Dans le rituel maçonnique, le chiffre TROIS a une place de choix. A l'intérieur même du temple, il nous sollicite et nous interpelle sans cesse à travers les symboles et les signes : l'âge de l'apprenti = 3ans ; les 3 pas de l'apprenti vers l'Orient, les 3 coups de maillets pour la distribution de la parole pendant les tenue et la batterie.

Mais pour suivre une bonne chronologie où est donc la place du deux?

Prenons par exemple les pas de l'apprenti; il se fait en deux temps. Pareille pour la batterie et les trois coup de maillet pour ouvrir et fermer les travaux de la loge.

Si la dualité est dynamique on peut néanmoins se poser la question de savoir si on doit en rester là?
La dualité s'achève par l'existence d'un troisième terme. L'esprit ne peut distinguer que ce qu'il peut embraser et unir dans cet embrasement.

C'est ainsi que j'en ai conclu que le chiffre deux est générateur du trois.

En d'autres termes, le chiffre trois correspond à la synthèse qui jaillit de la thèse et de l'antithèse.

En bref, le trois est la résultante qui naît de l'action et de la réaction c'est-à-dire de deux forces opposées ou parfois successives.

Par cette même opération, l'apprenti ne vivrait-il pas en loge sa propre gestation quand il reçoit en loge une pléthore d'idées qui vient se heurter à son devoir de silence, n'est-ce pas pour mieux préparer l'éveil de sa pensée et par la même occasion l'éclosion de sa parole ?

La synthèse par le trois, le triangle est-elle la seule possibilité de l'esprit? N'est-ce pas s'arrêter facilement ?

Ainsi les trois piliers qui entourent le tapis de loge ne montrent-ils pas la nécessité d'un quatrième (Pilier) pour la stabilité? L’œil dans le triangle ne nous laisse t-il pas entrevoir un quatrième point?

Pour terminer, J'évoquerai ici la truelle, non seulement pour sa forme triangulaire certaine, mais aussi pour son symbole.

Lors d'un voyage, j'ai pu observer, une truelle que le vénérable maître utilisa pour sceller symboliquement les lèvres du nouvel apprenti pour lui retirer la parole avant de l'envoyer sur la colonne du Nord.

Par la suite, j'ai appris que la truelle désignait également la Cuillère pendant les agapes et symbolise par dessus tout la garantie de la cohésion de tous les frères d'une loge en particulier et de tous les francs-maçons en général. Il nous rappelle nos liens Fraternels. En traitant ce sujet, j'ai été interpellé non seulement par sa forme mais aussi par son symbole pourtant je ne saurais vous en dire plus puisque je ne sais pas encore m'en servir.

Pour conclure, le Triangle, tel que je viens de l'exposer a une stricte correspondance avec le chiffre 3, ce qui m'a permis de revisiter toutes les arcanes de mon grade, le rapport entre eux et surtout l'utilisation concrète du Triangle au service de la loge.

Les épreuves de l'initiation décrivent le triangle pointe en haut de mon tablier, le sens ascendant du feu intérieur. L'épreuve de l'AIR (1er Voyage se fait auprès du 2 ème Surveillant), l'épreuve de l'eau (2ème Voyage auprès du 1er Surveillant) et l'épreuve du feu (3ème Voyage auprès de l'Orient).

Cet appel à mon feu interieur, à mon dynamisme ou plutôt à mon principe créateur, ne sollicite t-il pas l'oeuvre de mon esprit, la recherche des angles de travail pour me dégrossir? Car ne nous y trompons pas « la pierre brute », c'est bien de nous qu'il s'agit.

J'ai dit Très Vénérable Maître

M\G\ L\

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Magie Hermétique

27 Mai 2012 , Rédigé par Eliphas Levi Publié dans #Hermétisme

C'est en Égypte que la magie se complète comme science universelle et se formule en dogme parfait. Rien ne surpasse et rien n'égale comme résumé de toutes les doctrines du vieux monde les quelques sentences gravées sur une pierre précieuse par Hermès et connues sous le nom de table d'émeraude ; l'unité de l'être et l'unité des harmonies, soit ascendantes, soit descendantes, l'échelle progressive et proportionnelle du Verbe ; la loi immuable de l'équilibre et le progrès proportionnel des analogies universelles, le rapport de l'idée au Verbe donnant la mesure du rapport entre le créateur et le créé ; les mathématiques nécessaires de l'infini, prouvées par les mesures d'un seul coin du fini ; tout cela est exprimé par cette seule proposition du grand hiérophante égyptien :
«Ce qui est supérieur est comme ce qui est inférieur, et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut pour former les merveilles de la chose unique.»
Puis vient la révélation et la description savante de l'agent créateur, du feu pantomorphe, du grand moyen de la puissance occulte, de la lumière astrale en un mot.
«Le soleil est son père, la lune est sa mère, le vent l'a porté dans son ventre.»
Ainsi cette lumière est émanée du soleil, elle reçoit sa forme et son mouvement régulier des influences de la lune, elle a l'atmosphère pour réceptacle et pour prison.
«La terre est sa nourrice.»

C'est-à-dire qu'elle est équilibrée et mise en mouvement par la chaleur centrale de la terre.
«C'est le principe universel, le TELESMA du monde.»
Hermès enseigne ensuite comment de cette lumière, qui est aussi une force, on peut faire un levier et un dissolvant universel, puis aussi un agent formateur et coagulateur.
Comment il faut tirer des corps où elle est latente, cette lumière à l'état de feu, de mouvement, de splendeur, de gaz lumineux, d'eau ardente, et enfin de terre ignée, pour imiter, à l'aide de ces diverses substances, toutes les créations de la nature.
La table d'émeraude, c'est toute la magie en une seule page.
Les autres ouvrages attribués à Hermès, tels que le Pymandre, l'Asclepius, la Minerve du monde, etc., sont regardés généralement par les critiques comme des productions de l'école d'Alexandrie. Ils n'en contiennent pas moins les traditions hermétiques conservées dans les sanctuaires de la théurgie. Les doctrines d'Hermès ne sauraient être perdues pour qui connaît les clefs du symbolisme. Les ruines de l'Égypte sont comme des pages éparses avec lesquelles on peut encore, en les rassemblant, reconstruire le livre entier, livre prodigieux dont les grandes lettres étaient des temples, dont les phrases étaient des Cités toutes ponctuées d'obélisques et de sphinx !
La division même de l'Égypte était une synthèse magique ; les noms de ses provinces correspondaient aux figures des nombres sacrés : le royaume de Sésostris se divisait en trois parties : la haute Égypte ou la Thébaïde, figure du monde céleste et patrie des extases ; la basse Égypte, symbole de la terre ; et l'Égypte moyenne ou centrale, pays de la science et des hautes initiations.

Chacune de ces trois parties était divisée en dix provinces appelées nomes, et placées sous la protection spéciale d'un dieu. Ces dieux, au nombre de trente, groupés trois par trois, exprimaient symboliquement toutes les conceptions du ternaire dans la décade, c'est-à-dire la triple signification naturelle, philosophique et religieuse des idées absolues attachées primitivement aux nombres. Ainsi, la triple unité ou le ternaire originel, le triple binaire ou le mirage du triangle, qui forme l'étoile de Salomon ; le triple ternaire ou l'idée tout entière sous chacun de ses trois termes ; le triple quaternaire, c'est-à-dire le nombre cyclique des révolutions astrales, etc. La géographie de l'Égypte, sous Sésostris, est donc un pantacle, c'est-à-dire un résumé symbolique de tout le dogme magique de Zoroastre, retrouvé et formulé d'une manière plus précise par Hermès.
Ainsi, la terre égyptienne était un grand livre et les enseignements de ce livre étaient répétés, traduits en peintures, en sculpture, en architecture, dans toutes les villes et dans tous les temples. Le désert même avait ses enseignements éternels, et son Verbe de pierre s'asseyait carrément sur la base des pyramides, ces limites de l'intelligence humaine, devant lesquelles médita pendant tant de siècles un sphinx colossal en s'enfonçant lentement dans le sable. Maintenant sa tête, mutilée par les âges, se dresse encore au-dessus de son tombeau, comme si elle attendait pour disparaître qu'une voix humaine vienne expliquer au monde nouveau le problème des pyramides.
L'Égypte est pour nous le berceau des sciences et de la sagesse ; car elle revêtit d'images, sinon plus riches, du moins plus exactes et plus pures que celles de l'Inde, le dogme antique du premier Zoroastre.

L'art sacerdotal et l'art royal y formèrent des adeptes par l'initiation, et l'initiation ne se renferma pas dans les limites égoïstes des castes. On vit un esclave hébreu s'initier lui-même et parvenir au rang de premier ministre, et peut-être de grand hiérophante, car il épousa la fille d'un prêtre égyptien, et l'on sait que le sacerdoce ne se mésalliait jamais. Joseph réalisa en Égypte le rêve du communisme ; il rendit le sacerdoce et l'état seuls propriétaires, arbitres, par conséquent, du travail et de la richesse. Il abolit ainsi la misère, et fit de l'Égypte entière une famille patriarcale. On sait que Joseph dut son élévation à sa science pour l'interprétation des songes, science à laquelle les chrétiens de nos jours, je dis même les chrétiens fidèles, refusent de croire, tout en admettant que la Bible, où sont racontées les merveilleuses divinations de Joseph, est la parole du Saint-Esprit.
La science de Joseph n'était autre chose que l'intelligence des rapports naturels qui existent entre les idées et les images, entre le Verbe et ses figures. Il savait que pendant le sommeil, l'âme plongée dans la lumière astrale voit les reflets de ses pensées les plus secrètes et même de ses pressentiments ; il savait que l'art de traduire les hiéroglyphes du sommeil est la clef de la lucidité universelle ; car tous les êtres intelligents ont des révélations en songes.
La science hiéroglyphique absolue avait pour base un alphabet où tous les dieux étaient des lettres, toutes les lettres des idées, toutes les idées des nombres, tous les nombres des signes parfaits.
Cet alphabet hiéroglyphique dont Moïse fit le grand secret de sa kabbale, et qu'il reprit aux Égyptiens ; car, suivant le Sepher Jezirah, il venait d'Abraham : cet alphabet, disons-nous, est le fameux livre de Thauth, soupçonné par Court de Gébelin de s'être conservé jusqu'à nos jours sous la forme de ce jeu de cartes bizarres qu'on appelle le tarot ; mal deviné ensuite par Eteilla, chez qui une persévérance de trente ans ne put suppléer au bon sens et à la première éducation qui lui manquaient ; existant encore, en effet, parmi les débris des monuments égyptiens, et dont la clef la plus curieuse et la plus complète se trouve dans le grand ouvrage du père Kircher sur l'Égypte.

C'est la copie d'une table isiaque ayant appartenu au célèbre cardinal Bembo. Cette table était de cuivre avec des figures d'émail ; elle a été malheureusement perdue ; mais Kircher en donne une copie exacte, et ce savant jésuite a deviné, sans pouvoir toutefois pousser plus loin son explication, qu'elle contenait la clef hiéroglyphique des alphabets sacrés.
Cette table est partagée en trois compartiments égaux ; en haut les douze maisons célestes, en bas les douze stations laborieuses de l'année, au centre les vingt et un signes sacrés correspondent aux lettres.
Au milieu de la région centrale siége l'image d'IYNX, pantomorphe, emblème de l'être universel correspondant au jod hébraïque, la lettre unique dont se forment toutes les autres. Autour d'IYNX on voit la triade ophionienne correspondant aux trois lettres mères des alphabets égyptien et hébreu ; à droite les deux triades ibimorphe et sérapéenne, à gauche la triade nephtéenne et celle d'Hécate, figures de l'actif et du passif, du volatil et du fixe, du feu fécondant et de l'eau génératrice. Chaque couple de triades, combiné avec le centre, donne un septénaire ; le centre lui-même en contient un. Ainsi les trois septénaires donnent l'absolu numéral des trois mondes, et le nombre complet des lettres primitives, auxquelles on ajoute un signe complémentaire, comme aux neuf caractères des nombres, on ajoute le zéro.
Les dix nombres et les vingt-deux lettres sont ce qu'on appelle en kabbale les trente-deux voies de la science, et leur description philosophique est le sujet du livre primitif et révéré qu'on nomme le Sepher Jezirah, et qu'on peut trouver dans la collection de Pistorius et ailleurs.

L'alphabet de Thauth n'est l'original de notre tarot que d'une manière détournée. Le tarot que nous avons est d'origine juive et les types des figures ne remontent pas plus haut que le règne de Charles VII. Le jeu de cartes de Jacquemin Gringonneur est le premier tarot que nous connaissions, mais les symboles qu'il reproduit sont de la plus haute antiquité. Ce jeu fut un essai de quelque astrologue de ce temps-là pour ramener le roi à la raison à l'aide de cette clef, des oracles dont les réponses, résultant de la combinaison variée des signes, sont toujours exactes comme les mathématiques et mesurées comme les harmonies de la nature. Mais il faut être déjà bien raisonnable pour savoir se servir d'un instrument de science et de raison ; le pauvre roi, tombé en enfance, ne vit que des jouets d'enfant dans les peintures de Gringonneur, et fit un jeu de cartes des alphabets mystérieux de la kabbale.
Moïse nous raconte qu'à leur sortie d'Égypte, les Israélites emportèrent les vases sacrés des Égyptiens. Cette histoire est allégorique, et le grand prophète n'eût pas encouragé son peuple au vol. Ces vases sacrés, ce sont les secrets de la science égyptienne que Moïse avait appris à la cour de Pharaon. Loin de nous l'idée d'attribuer à la magie les miracles de cet homme inspiré de Dieu ; mais la Bible elle-même nous apprend que Jannès et Mambrès, les magiciens de Pharaon, c'est-à-dire les grands hiérophantes d'Égypte, accomplirent d'abord, par leur art, des merveilles semblables aux siennes. Ainsi, ils changèrent des baguettes en serpents et des serpents en baguettes, ce qui peut s'expliquer par prestige ou fascination.

Ils changèrent l'eau en sang, ils firent paraître instantanément une grande quantité de grenouilles, mais ils ne purent amener ni des mouches ni d'autres insectes parasites, nous avons déjà dit pourquoi, et comment il faut expliquer leur aveu lorsqu'ils se déclarèrent vaincus.
Moïse triompha et emmena les Israélites hors de la terre de servitude. À cette époque, la vraie science se perdait en Égypte, parce que les prêtres, abusant de la grande confiance du peuple, le laissaient croupir dans une abrutissante idolâtrie ; là était le grand écueil de l'ésotérisme. Il fallait voiler au peuple la vérité sans la lui cacher ; il fallait empêcher le symbolisme de s'avilir en tombant dans l'absurde ; il fallait entretenir dans toute sa dignité et dans toute sa beauté première le voile sacré d'Isis. C'est ce que le sacerdorce égyptien ne sut pas faire. Le vulgaire imbécile prit pour des réalités vivantes les formes hiéroglyphiques d'Osiris et d'Hermanubis. Osiris devint un boeuf, et le savant Hermès un chien. Osiris, devenu boeuf, se promena bientôt sous les oripeaux du boeuf Apis, et les prêtres n'empêchèrent pas le peuple d'adorer une viande prédestinée à leur cuisine.
Il était temps de sauver les saintes traditions. Moïse créa un peuple nouveau, et lui défendit sévèrement le culte des images. Malheureusement ce peuple avait déjà vécu avec les idolâtres, et les souvenirs du boeuf Apis le poursuivaient dans le désert. On sait l'histoire du veau d'or, que les enfants d'Israël ont toujours adoré un peu. Moïse, cependant, ne voulut pas livrer à l'oubli les hiéroglyphes sacrés, et il les sanctifia en les consacrant au culte épuré du vrai Dieu. Nous verrons comment tous les objets servant au culte de Jéhovah étaient symboliques, et rappelaient les signes révérés de la révélation primitive.

Mais il faut en finir d'abord avec la gentilité et suivre, à travers les civilisations païennes, l'histoire des hiéroglyphes matérialisés et des anciens rites avilis.

Source : http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre11102-chapitre48845.html

Lire la suite

La Double Chaîne du Caducée d’Hermès

27 Mai 2012 , Rédigé par Eliphas Levi Publié dans #Hermétisme

Le mouvement des serpents autour du Caducée indique la formation d’une chaîne.

Cette chaîne existe sous deux formes : la forme droite et la forme circulaire. Partant d’un même centre elle coupe d’innombrables circonférences par d’innombrables rayons. La chaîne droite c’est la chaîne de transmission. La chaîne circulaire c’est la chaîne de participation, de diffusion, de communion, de religion. Ainsi se forme cette roue composée de plusieurs roues tournant les unes dans les autres, que nous voyons flamboyer dans la vision d’Ezéchiel. La chaîne de transmission établit la solidarité entre les générations successives.

Le point central est blanc d’un côté et noir de l’autre.

Au côté noir se rattache le  serpent noir ; au côté blanc se rattache le serpent blanc. Le point central représente le libre arbitre primitif, et à son côté noir commence le péché originel.

Au côté noir commence le courant fatal, au côté blanc se rattache le mouvement libre. Le point central peut être représenté allégoriquement par la lune et les deux forces par deux femmes, l’une blanche et l’autre noire.

La femme noire c’est Eve déchue, c’est la forme passive, c’est l’infernale Hécate qui porte le croissant et la lune sur le front.

La femme blanche, c’est Maïa ou Maria qui tient à la fois sous son pied le croissant de la lune et la tête du serpent noir.

Nous ne pouvons nous expliquer plus clairement, car nous touchons au berceau de tous les dogmes. Ils redeviennent enfants à nos yeux, et nous craignons de les blesser.

Le dogme du péché originel, de quelque façon qu’on l’interprète, suppose la préexistence de nos âmes, sinon dans leur vie spéciale, du moins dans la vie universelle.

Or, si l’on peut pécher à son insu dans la vie universelle, on doit être sauvé de la même manière ; mais ceci est un grand arcane.

La chaîne droite, le rayon de la roue, la chaîne de transmission rend les générations solidaires les unes des autres et fait que les pères sont punis dans les enfants, afin que par les souffrances des enfants, les pères puissent être sauvés.

C’est pour cela que, suivant la légende dogmatique, le Christ est descendu aux enfers d’où ayant arraché les leviers de fer et les portes d’airain, il est remonté vers le ciel entraînant après lui la captivité captive.

Et la vie universelle criait : Hosannah ! Car il avait brisé l’aiguillon de la mort !

Qu’est-ce que tout cela veut dire ? Osera-t-on l’expliquer ? Pourra-t-on le deviner ou le comprendre ?

Les anciens hiérophantes grecs représentaient aussi les deux forces figurées par les deux serpents sous la forme de deux enfants qui luttaient l’un contre l’autre en prenant un globe de leurs pieds et de leurs genoux.

Ces deux enfants étaient Éros et Anteros, Cupidon et Hermès, le fol amour et l’amour sage. Et leur lutte éternelle faisait l’équilibre du monde.

Si l’on n’admet pas que nous ayons existé personnellement avant notre naissance sur la terre, il faut entendre par le péché originel une dépravation volontaire du magnétisme humain chez nos premiers parents, qui aurait rompu l’équilibre de la chaîne, en donnant une funeste prédominance au serpent noir, c’est-à-dire au courant astral de la vie morte et nous en souffrons les conséquences comme les enfants qui naissent rachitiques à cause des vices de leurs pères, portent la peine des fautes qu’ils n’ont pas personnellement commises.

Les souffrances extrêmes de Jésus et des martyrs, les pénitences excessives des saints auraient eu pour but de faire contrepoids à ce manque d’équilibre, assez irréparable d’ailleurs pour devoir entraîner finalement la conflagration du monde. La grâce serait le serpent blanc sous les formes de la colombe et de l’agneau, le courant astral de la vie chargé des mérites du rédempteur ou des saints.

Le diable ou tentateur serait le courant astral de la mort, le serpent noir taché de tous les crimes des hommes, écaillé de leurs mauvaises pensées, venimeux de tous leurs mauvais désirs, en un mot LE MIAGNÊTISIME DU MAL.

Or, entre le bien et le mal, le conflit est éternel, Ils sont à jamais inconciliables. Le mal est donc à jamais réprouvé, il est à jamais condamné aux tourments qui accompagnent le désordre, et cependant dès notre enfance il ne cesse de nous solliciter et de nous attirer à lui. Tout ce que la poésie dogmatique affirme du roi Satan s’explique parfaitement par cet effrayant magnétisme d’autan plus terrible qu’il est plus fatal, mais d’autant moins à craindre pour la vertu qu’il ne saurait l’atteindre, et qu’avec le secours de la grâce elle est sûre de lui résister.

 

Lire la suite

Le Corpus Hermeticum

27 Mai 2012 Publié dans #Hermétisme

Jamblique cite le témoignage de Manethon qui attribue à Hermès 36
525 livres. Plus raisonnable, Seleucus, toujours cité par Jamblique,
évalue les œuvres d'Hermès à 20 000 livres.

En réalité, ce qu'on appelle aujourd'hui le Corpus Hermeticum est un
ensemble de dix-sept traités vraisemblablement écrits entre le IIe
siècle avant et le IIIe siècle après notre ère : le Poimandrès ou
Pimandre, l'Asclepius ou Discours parfait, les Fragments de Stobée
(parmi lesquels on trouve la Koré Kosmou, texte d'une importance
cosmogonique majeure) et enfin le De castigatione animae (Du
châtiment de l'âme), texte arabe postérieur datant vraisemblablement
du IXe ou Xe siècle. Outre ces textes cosmogoniques, une série
d'écrits hétérogènes peut être classée comme suit : les écrits
astrologiques, les sciences occultes et les sciences alchimiques.

La fin de l'antiquité et la destruction de la bibliothèque
d'Alexandrie font tomber dans l'oubli une partie des manuscrits
hermétiques. Les ésotéristes médiévaux (c'est-à-dire surtout les
alchimistes) travailleront sur la base de l'Asclepius et des écrits
alchimiques. Ainsi, si depuis la Renaissance on s'accorde à dire que
le Pimandre est l'essence même du Corpus Hermeticum, il fut
totalement oublié par le Moyen âge. C'est un moine qui le retrouve
en Macédoine et le rapporte à Florence vers 1450. Dix ans plus tôt
Cosme de Médicis, dont la réputation d'ami des lettres n'est plus à
faire, avait confié à Marcile Ficin la création de l'Académie
néoplatonicienne. Le manuscrit est attribué à Hermès le Trois Fois
Grand. L'enthousiasme est tel que Cosme demande à Ficin d'abandonner
la traduction de Platon au profit de celle de ce nouveau manuscrit.

De fait Platon est alors considéré comme un des derniers maillons de
la philosophia perennis : « Dans le temps où naissait Moïse,
florissait l'astronome Atlas, frère du physicien Prométhée, aïeul
maternel de l'ancien Mercure, de qui le petit-fils fut Mercure
Trismégiste, tout ensemble le plus grand des prêtres et le plus
grand des rois. Ensuite succède Orphée puis Aglaophemus, initié au
savoir secret par Orphée, suivi à son tour par Pythagore, dont le
disciple fut Philolaos, le maître du divin Platon ». Voilà un
exemple de « chaîne » initiatique montrant l'origine de la prisca
theologia. D'après cette conception, le savoir initiatique est
transmis secrètement de maître en maître au cours des âges depuis la
plus haute Antiquité. De nos jours, ce type de concept a encore
cours dans les mouvements ésotériques sous le nom de Tradition
Primordiale. Cette transmission est non seulement intellectuelle par
l'apprentissage des connaissances et des textes, mais aussi
spirituelle par l'initiation.

En 1471, paraît la première édition latine du Corpus Hermeticum qui
ne connaîtra pas moins de 25 rééditions jusqu'en 1641. Nous nous
proposons d'entrer petit à petit dans la pensée hermétique en
examinant plus en détail les textes, que nous n'allons pas étudier
en suivant l'ordre chronologique de leur rédaction, mais plutôt en
tentant de tirer les lignes de force et les idées majeures de la
pensée hermétique. Toutefois, il faut garder à l'esprit que les
textes hermétiques ne forment pas un tout cohérent, les textes,
parfois de qualité très inégale, présentent un certain nombre de
contradictions doctrinales.

P. Festugière distingue deux types d'hermétisme. Un hermétisme
savant et un hermétisme populaire. D'une part les hautes envolées
mystiques, ésotériques et philosophiques, et d'autre part
les "recettes de cuisine" visant à acquérir la longévité, à
fabriquer de l'or ou à se libérer d'un maléfice. Nous ne nous
intéresserons qu'à la première catégorie de textes. En effet, les
véritables ésotéristes ne se serviront que de ceux-là, les seconds
servant aux faiseurs d'or et de « miracles ». à ce propos, nous
céderons la parole à Paracelse : « Arrière donc, tous les faux
alchimistes qui prétendent que cette science divine (l'alchimie) n'a
qu'un but : faire de l'or ou de l'argent ! »

Source : http://fr.groups.yahoo.com/group/GrandeLogeBleueInternationale/message/136

Lire la suite