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Hauts Grades

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Quelques réflexions sur Hiram et le Grade de Maître

29 Mai 2012 , Rédigé par C\ G\ Publié dans #Planches


La première étape par laquelle le profane que nous fumes tous un jour, est mis sur le chemin de l’initiation c’est l’épreuve de la terre, qui se déroule dans le cabinet de réflexion.

Son symbolisme fort, le plus fort sans doute de l’initiation au premier degré, mais qui n’est pas forcément compris alors comme tel par le candidat, réside dans la mort du vieil homme et dans sa « résurrection », comme initié mis sur le chemin.

Des années plus tard, s’il a bien travaillé et franchi les étapes, le franc-maçon va à son tour mourir pour renaître, mais cette fois intégré à un mythe qui le transcende celui de la mort d’HIRAM, et devenir comme lui un Maître maçon.

Il m’a paru intéressant, à l’occasion de cette chambre du milieu, de revenir sur l’origine de notre grade, mes frères, et plus particulièrement sur cette légende d’HIRAM devenu le héros primordial de la Franc maçonnerie.

Toute association humaine a besoin d'un mythe fondateur pour se développer. Le mythe fondateur de la franc-maçonnerie spéculative est l'assassinat d'Hiram par trois mauvais compagnons.

Hiram est d’abord brièvement mentionné dans la Bible au premier « Livre des rois » : Le roi Salomon fit venir de Tyr Hiram qui travaillait sur l'airain. Hiram était rempli de sagesse, d'intelligence et de savoir. Il arriva auprès du roi Salomon et il exécuta tous ses ouvrages. (I Rois, VII, 13-14).

Trois siècles plus tard, il apparaît dans « Les chroniques » et il est grandi : de simple spécialiste du bronze il est devenu l’artisan, expert dans toutes les modalités de la matière. : je t’envoie un homme habile, habile pour les ouvrages en or, en argent, en airain et en fer, en pierre et en bois, en étoffes de teintes en pourpre et en bleu en étoffes de byssus et de carmin, et pour toute espèce de sculptures et d’objet d’art qu’on lui donne à exécuter.
La base biblique est, on le voit, très succincte et nulle part il n’est fait mention de la mort tragique d’Hiram, de sa passion.
Rien ne justifie donc bibliquement la légende de notre troisième degré, et ce n’est qu’au XVIIIème siècle comme nous allons le voir, et pour les besoins d’un symbolisme initiatique d’une très haute portée qu’il fut promu architecte

Les rituels maçonniques ont donc considérablement développé le texte initial en créant la légende de l'assassinat d'Hiram.

L’histoire maçonnique contemporaine, à peu près unanime, considère que la Légende d’Hiram a été introduite dans le rituel aux environs de 1730.

Cela ne signifie évidemment pas qu’elle fut inventée de toute pièce à cette époque.

Les propositions, interprétations, élucubrations même ne manquent pas quant à l’origine de la Légende et toutes les mythologies et religions antiques, égyptiennes, grecques, romaines, voire celtiques ont été appelées à la rescousse.

Certes ces antécédents lointains peuvent être invoqués comme autant d’archétypes du héros, du dieu qui meurt et renaît.

Mais pourquoi s’attacher ou feindre de croire que la légende qui nous occupe viendrait du fond des ages alors que ces sources mythiques ou légendaires sont sans rapport avec le Métier ?


Elle résulte plus certainement de la refonte, réalisée par substitution et juxtaposition, de plusieurs récits, dont ceux de Noé et de Betsaléel.

A cet égard, nous nous réfèrerons à un texte maçonnique de 1726, le manuscrit Graham, qui, à bien des égards tranche sur toutes les autres sources alléguées et approximatives.

Il décrit le redressement du corps de Noé par ses 3 fils Sem, Cham et Japhet, au moyen de cinq points, alors qu’ils sont à la recherche d’un secret lié à une révélation divine.

Il dépeint également la personnalité de Bétsaléel, artiste plein de sagesse, de connaissances et de savoir faire, possesseur de secrets liés au métier, connus seulement de 3 personnes, lui-même et les deux frères du Roi Alboin.

A sa mort il les emporta avec lui dans sa tombe et il apparaît que les deux Princes ne trouvèrent personne pour reformer avec eux la triple voix et révéler les secrets de la maçonnerie.

Enfin, le manuscrit Graham évoque le Hiram des « Rois », fils d’une veuve de la tribu de Nephtali qui vint auprès du roi Salomon et exécuta tous ses travaux.

Troublante coïncidence, ou source indiscutable de l’origine du mythe ?

Mais la toute première édition de la légende d'Hiram telle que nous la connaissons aujourd’hui se trouvait dans Masonry dissected (1730) de Samuel Pritchard.

Ce texte, dit de divulgation, et diffusé par un maçon « renégat » constitue la première révélation d’une organisation maçonnique en 3 grades culminant avec le grade de Maître, mais propose aussi la première version connue et cohérente de la Légende qui devait désormais constituer le cœur du grade, la Légende d’Hiram.

Dans la maçonnerie opérative telle que nous la connaissons à travers les Old Charges anglais et les Stuart Shaws écossais il n’existait traditionnellement que deux degrés celui d’apprenti et celui de compagnon ; un seul mot de passe, un seul signe de reconnaissance y étaient enseignés et le mythe d’Hiram y était inconnu.

Le Maître, alors, c’était soit le patron, soit un compagnon remplissant les fonctions de chef de chantier.
Avec le document de Prichard, il apparaît qu’un élément essentiel de la cérémonie du deuxième grade d’un système en deux grades (les 5 points du compagnonnage) attestés dès 1696 dans les textes écossais pour la réception de Compagnon du Métier, est transféré dans le troisième grade d’un nouveau système en trois grades.

Le lien entre l’apparition du grade de Maître et la Légende d’Hiram est incontestable.

Ce récit est d’évidence allégorique car nulle part dans la Bible il n’est fait allusion à sa fin.

La signification profonde de la Légende c’est d’abord, et avant tout, bien sur, la lutte de la Lumière contre les Ténèbres.

Cette conception originelle et primordiale a donné lieu à de nombreuses déclinaisons.

Rapporté au plan profane, Hiram serait le symbole de la Liberté.

Pour la maçonnerie chrétienne il représente le Christ crucifié, victime du fanatisme, de l’intolérance et de la vengeance et les mauvais compagnons sont identifiés à Hérode, Pilate et au Grand Prêtre Caïphe.

Certains ont pu y voir aussi une allégorie du soleil qui durant les 3 mois de l’hiver, symbolisés par les 3 mauvais compagnons, est en quelque sorte enchaîné, avant de reparaître dans tout son éclat après le solstice.

Pour nous F
M, Hiram est le symbole de l’homme valeureux, qui a résisté à la tentation et aux persécutions et qui a vaincu ses faiblesses et ses passions.

Ainsi il s’est rapproché de la perfection vers laquelle doit tendre l’espèce humaine.

Ses assassins ce sont les vices qui nous empêchent de parvenir à cet état : l’ignorance, le fanatisme, l’ambition déréglée.

Le vrai maçon, le Maître Maçon demeure fort dans la tentation et sait supporter la haine, la calomnie et les offenses, afin de demeurer fidèle à lui-même et à autrui.

Hiram est le symbole du devoir, de celui qui préfère mourir plutôt que de faillir à sa tache et à ses engagements.

Rien ne l’intimide, ni la menace, ni la souffrance, et ses ennemis ne pourront rien contre le bien dont il est le défenseur généreux.

La vérité malgré les embûches finit toujours par triompher et celui qu’on a cru abattre naît un jour à une vie nouvelle et meilleure.

Que ce retour à la justice tarde à se produire et d’autres hommes se lèveront et se feront les défenseurs du droit écrasé et de l’idéal méconnu car la force de l’idée est indestructible.

L’idée est immortelle et elle se poursuit à travers les siècles et les générations alors même que ceux qui l’ont exprimée pour la première fois sont morts et oubliés depuis longtemps.

Hiram est également un symbole de l’idée d’immortalité, que chacun peut du reste concevoir à sa manière : elle peut conforter celui qui croit à la vie de l’âme dans l’au-delà, mais aussi satisfaire celui qui voit dans cette idée l’expression de la constance de l’énergie dans ce monde.

Au plan cosmique la mort est une nécessité et l’homme qui aura appris à contempler les choses sous cet angle saura se soumettre à l’inéluctable loi.

Ainsi le cercueil et le tombeau ne sont pas seulement des symboles de mort, mais dans une mesure égale des symboles de vie.

Dans la mort d’Hiram nous voyons notre propre renaissance à une vie plus parfaite.

Les anciens Grecs enseignaient que tout est immortel et impérissable dans l’Univers, dans le Kosmos vivant. La mort physique n’est pour eux qu’un passage naturel d’un état à un autre ; aucun de nos atomes ne peut se perdre ou s’anéantir ; tout vit à jamais, c’est là l’image d’une Maîtrise éternelle.

Un Maître maçon sait qu’il vivra au delà de sa mort puisque rien ne se perd dans l’univers et que ses actes lui survivront ; car le Maître agit et se placer à l’ordre de Maître c’est dire « Me voici, je suis prêt à agir »

Enfin il se souviendra de la parole qui lui a été prononcée à l’oreille à l’heure de son élévation : « il vit dans le fils », une des interprétations de Mohabon.

C’est dans nos fils, dans nos disciples que les idées et les expériences dont nous avons-nous même été les réceptacles continueront de vivre
Ceux qui viendront après nous poursuivront notre travail à l’édification du temple de l’humanité.

D’autres suivront encore afin que la chaîne sacrée ne se brise jamais.
Entre nos mains est placée la dignité de l’humanité, à nous de la conserver.

Il ne saurait être question ici, dans le cadre de cette courte planche d’épuiser un sujet aussi vaste que l’étude des symboles contenus dans le mythe et qui font de notre grade le plus beau et le plus enrichissant de nos divers degrés symboliques.

Mais tout dans la Légende invite à l’approfondissement personnel, comme :
- l’acacia immortel au bois dur et solide mais hérissé d’épines,
- la parole perdue, que l’on recherche sans relâche,
- la marche du Maître qui enjambe trois fois le cercueil,
- ou encore le signe du Maître, qui se coupe le ventre comme le compagnon s’est arraché le cœur, afin que l’esprit domine les appétits et les passions.

C’est Oswald Wirth qui disait : « Hiram ne ressuscite pas en nous parce que nous avons extérieurement joué son rôle ; en initiation ne compte que ce qui s’accomplit intérieurement »

Et en effet, il ne suffit pas de relever le candidat par les 5 points parfaits de la Maîtrise pour que d’office il soit devenu Hiram lui-même !

On ne devient pas Maître en un seul instant ; un petit d’homme mis au monde doit encore grandir et le nouveau Maître doit comprendre que s’il a sans doute « 7 ans et plus » c’est le « et plus » qui doit surtout retenir son attention.

Efforçons nous donc, Vénérables Maîtres symboliques, de transformer le symbole en réalité.

En esquisse de conclusion j’emprunterai cette citation de notre frère Goethe

« Qui ignore le meurs et deviens, n’est qu’un morne passager sur une terre ténébreuse »

Et bien mes frères, nous qui croyons avoir vu l’Etoile flamboyante et qui prétendons connaître l’Acacia, ne soyons pas de ces mornes passagers mais voyageons, voyageons de l’Orient à l’Occident et de l’Occident à l’Orient et par toute la terre, afin de répandre partout la Lumière.

J
ai dit, T\R
\F\ Inspecteur et vous tous, Vénérables Maîtres.

Source : www.ledifice.net

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La légende d'Hiram

29 Mai 2012 Publié dans #fondements bibliques de la FM

Les origines de la légende d'Hiram

L’étude des origines d’une institution a pour préliminaire la distinction entre la légende et la vérité historique. Cette distinction, entre la fable et la réalité, s’impose particulièrement en ce qui concerne la légende d'Hiram
, dont les origines sont à la fois obscures et méconnues. Si l’on ajoute foi à des contes dont l’antiquité n’est pas douteuse, le problème sera vite résolu …Il suffira d’interroger un maître, de préférence "un ancien". Un de ceux qui ont conservé intacte la foi des anciens âges et d’écouter. Il dira les origines bibliques de la légende, les étapes de la construction du Temple de Salomon, les péripéties de la vie d’Hiram et son assassinat final par trois mauvais compagnons. Il citera des noms, des faits, des dates. Aucune question ne l’embarrassera, car la relation traditionnelle, dont il sera l’interprète, est des plus précises. Inutile d’ajouter que ses dires, dont la sincérité sera absolue, ne seront appuyés par aucune preuve, qu’ils resteront donc peu vraisemblables et que le travail de l’historien, loin d’être terminé, après cette audition, commencera seulement avec elle.

Martin Saint Léon expose les légendes que possèdent les fédérations qui administrent les trois Rites du Compagnonnage : "les Compagnons du devoir et de liberté", "les Enfants de Maître Jacques", "les Enfants du Père Soubise". Chacun des trois Rites possède sa légende propre et prétend se rattacher à l’un de ces trois fondateurs : Salomon, Maître Jacques, Soubise. Et chaque légende possède elle-même des variantes, voire des versions différentes. Maître Jacques aurait été l’un des premiers maîtres artisans de Salomon et l’un des compagnons d’Hiram. Il aurait travaillé à la construction du Temple de Salomon et serait devenu le Maître des Tailleurs de Pierre, des Maçons et des Menuisiers. Le Temple achevé, il aurait quitté la Judée, en compagnie d’un autre Maître, Soubise, avec lequel il se brouilla. Soubise débarqua à Bordeaux et Maître Jacques à Marseille. La fin de l’histoire de Maître Jacques semble calquée sur le récit de la passion du Christ. Alors qu’il était en prière, l’un de ses disciples vint lui donner un baiser de paix. C’était le signal convenu pour cinq assassins qui le tuèrent de cinq coups de poignard. Soubise fut accusé d’avoir été l’instigateur de ce meurtre, ce qui fut longtemps la cause de la désunion entre les Compagnons des deux Rites. Mais cette accusation fut finalement estimée infondée et injuste.

Une autre version de la légende veut, qu’au lieu d’avoir été un artisan contemporain de Salomon, Maître Jacques ait été tout simplement le même personnage que Jacques de Molay, dernier Grand Maître des Templiers
brûlé sur ordre de Philippe le Bel. Jacques de Molay a très bien pu, dans le cadre des nombreuses constructions édifiées par les templiers, donner une règle aux ouvriers Maçons, Tailleurs de Pierre et constituer des sociétés de Compagnons. Cette version, à première vue moins invraisemblable que la précédente, ne repose toutefois sur aucun fondement historique. Car si l’existence d’une filiation entre les Templiers et le Compagnonnage, n’est pas impossible, force est de considérer que, même probable, elle demeure purement conjecturale.

La légende de Soubise est implicitement contenue dans la précédente. Soubise, architecte du Temple de Salomon, comme Maître Jacques, ami de celui-ci, serait devenu l’instigateur de son assassinat. Le fait est toutefois contesté. Mais d’après un autre récit, Soubise aurait été un moine bénédictin qui aurait vécu à la fin du XIIIème siècle. C’est sous le costume des moines bénédictins, qu’il est généralement représenté dans les Cayennes. Soubise aurait participé, avec Jacques de Molay, à la construction de la cathédrale d’Orléans. Le Compagnonnage aurait été fondé à cette époque et Soubise aurait survécu quelques années au Grand Maître des Templiers. Cette version, qui n’est pas impossible, reste également purement conjecturale.

Les Compagnons du Devoir et de Liberté
" , Enfants de Salomon, prétendent eux, que leur fondateur est le Roi Salomon lui-même. Et ils se réfèrent à une légende qui a pour point de départ un passage de La Bible (Premier Livre des Rois, Chapitres 5 & 7) : "Le roi Salomon envoya quérir Hiram de Tyr. C’était le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali. Il était rempli de sagesse, d’intelligence, de science, pour faire toute œuvre en airain. Il vint donc chez le roi Salomon et fit ses ouvrages". Rien, dans ce texte, ne permet de conclure à l’existence d’une association telle que le Compagnonnage au temps de Salomon… Mais la légende continue le récit biblique. Pour payer les ouvriers, en éliminant les intrus et les oisifs qui se mêlaient à eux, Hiram donna à chacun des ouvriers un mot de passe pour se faire reconnaître. Ainsi, chacun était payé selon son mérite et recevait, le moment venu, le mot de passe de son nouveau grade. Le Compagnonnage de Liberté était fondé.

Une seconde légende se superpose à la première. Trois compagnons, Holem ou Hoben, Sterkin ou Skelem, et Hoterfut, furieux de s’être vus refuser la maîtrise, décidèrent de contraindre Hiram à leur donner le "mot" de maître ou de l’assassiner. Cette version constitue la trame du rituel maçonnique de l’élévation à la maîtrise.Le récit le plus connu et le plus complet de la légende se trouve dans le livre des "Voyages en Orient", de Gérard de Nerval. Il nous raconte "l’histoire de la Reine du Matin et de Soliman Ben Daoud, Prince des génies" (l’histoire de la Reine de Saba et de Salomon, fils de David)… Au fil des douze chapitres, d’"Adoniram", le premier, à "Mac Benah", le dernier, se révèle tout le symbolisme de la légende. Les trois mauvais compagnons y symbolisent l’ignorance, l’hypocrisie et le fanatisme. La recherche et la découverte du corps d’Hiram exaltent les trois vertus opposées, mais aussi la liberté et la fidélité, l’une portant l’autre, et qui sont les vertus de l’esprit. La fidélité est la lumière de l’esprit. Dès qu’on change ses idées d’après l’événement, l’intelligence n’est plus qu’une "fille".

La signification de la légende

La légende d’Hiram, est pour le nouveau maître une invitation à réfléchir son propre portrait dans le miroir que lui propose la légende. Il essayera donc d'observer comment le miroir est construit en tant que lieu spéculaire des métamorphoses de son propre moi symbolique … Car cette légende est d’abord un recours à soi-même, où chacun est invité à trouver sa propre vérité. Et c’est bien là que se trouve sans doute le sens alchimique de la légende, si l’on veut bien voir dans l’alchimie la tentative de chaque individu pour découvrir sa propre vérité, son propre secret, pour trouver la connaissance suprême réservée à chaque itinéraire humain. Car qu’est-ce donc que l’Initiation, sinon la traversée de la vie humaine, avec ses joies et ses épreuves, à travers laquelle l’être humain met à nu, lentement, cette étincelle qui est en lui et qui, une fois révélée, éclaire l’univers et lui donne un sens ?On retrouve les acteurs de la légende au portail Nord de la cathédrale de Chartres où figurent David avec Salomon et la Reine de Saba ainsi que Zorobabel ... Salomon, constructeur, il y a trois mille ans, du premier temple, détruit en l’an 600 avant notre ère par Nabuchodonosor II. Près de lui, se trouve Zorobabel, architecte du second temple, embelli par Hérode et détruit par les romains, en l’an 70 de notre ère. Eséchiel, l’inventeur du "troisième temple", a disparu du portail nord à la Révolution. Mais Saint Jean-Baptiste au même portail présente au passant l’emblème du troisième temple, la Jérusalem céleste, "la Cité qui n’a besoin ni du soleil, ni de la lune pour l’éclairer, car l’agneau est son flambeau".

"Ici, tout est symbole",
cette affirmation, répétée au cours de la cérémonie d’initiation maçonnique est chargée de sens, parce qu’elle annonce la valeur de la démarche et la méthode de travail : la recherche du sens, au-delà de l’apparence. Après son apprentissage et son compagnonnage, le franc-maçon médite sur la passion d’Hiram. Et il apprend alors que les maîtres disposent pour se reconnaître d’un mot substitué à la "parole" qui a été perdue. La "parole" est perdue pour ceux qui croient avoir tout vu, tout dit et qui disent "qu’il n’y a rien à voir". La parole est effectivement perdue lorsqu’on n’est plus à même de produire une pensée nouvelle à propos des symboles. Ainsi la "parole" est-elle toujours à retrouver et sa quête exige une remise en question permanente de toutes nos certitudes antérieures. Muni du mot substitué, le Maître Maçon explore les paysages proposés par les rites. Mais le voyage initiatique ne peut être accompli que par celui qui ne se contente pas du mot substitué. La Maîtrise véritable exige l’essentiel. Encore faut-il garder un esprit critique et conserver un certain humour, afin de ne pas devenir un dévot béat qui attend une "révélation" de la part de ses maîtres. Ainsi, au départ, dès le commencement de la quête, il faut savoir que la "parole" ne pourra se dire. Elle sera montrée, sous l'égide de la rose, sortie d’une boite, sous forme d’initiales, qui sont le symbole du "mot" et non le "mot" lui-même, enfin retrouvé ...

 Le grade de Royale Arche

L'un des motifs qui provoqua, en 1750, la célèbre querelle maçonnique entre les
"Antients" et les "Modernes" réside dans l’attitude des uns et des autres envers le grade de Royale Arche - la Sainte Arche Royale de Jérusalem. Les Anciens admettaient la pleine valeur de ce grade dont ils faisaient l’une des pièces maîtresses de l’édifice maçonnique et qu’ils pratiquaient réellement. Les modernes, par contre, refusaient officiellement de reconnaître ce grade, bien qu’ils fussent nombreux à le prendre et à s’y faire recevoir. Le schisme cessa en 1823, par la création de la Grande Loge Unie d’Angleterre dont l’article 2 de la déclaration préliminaire précisait que : "la maçonnerie pure et ancienne consiste en trois degrés, sans plus, à savoir : Apprenti, Compagnon et Maître Maçon, y compris l’Ordre Suprême de la Sainte Arche Royale".

Ce grade est-il de source opérative ? Très probablement non. Est-il issu des degrés hiramiques, en constituant la seconde partie du grade de Maître ? Rien ne prouve que les deux légendes du troisième degré et de l’Arche Royale aient jamais été associées dans un même cérémonial. Toutefois, les Anciens accusaient les modernes d’avoir mutilé le grade de Maître en l’amputant de sa seconde partie. Ce qui porte l’idée d’une maçonnerie en trois grades, le troisième étant reçu au cours de deux cérémonies distinctes …


Les rituels du grade de Royale Arche


Les origines des rituels du grade de Royale Arche sont multiples et complexes. Le plus ancien rituel connu de ce grade date de 1760. Après la tenue du premier Grand Chapitre de Royale Arche en 1766, le développement des rituels se caractérise, sous l’influence semblerait-t-il de jésuites, par la substitution à la légende ancienne, solomonienne et hiramique, d’une nouvelle légende racontant la reconstruction du Temple par Zorobabel.


L’enseignement historique du grade - qui présente des similitudes avec celui de Chevalier d’Orient du Rite Français - raconte que,
"lors de la reconstruction du temple, trois pèlerins inconnus s’étaient offerts pour déblayer les décombres de l’ancien édifice. Et comme le bruit courait que quelque chose d’important était enfouis sous les décombres, il leur avait été recommandé de prendre le plus grand soin pour réaliser leur travail. Au bout de quelques jours, ils avaient découvert, derrière un mur sonnant le creux, une voûte où ils avaient aperçu des tables, portant une partie des lois divines et un petit autel recouvert d’un voile. Ce voile soulevé leur avait permis de lire les noms des Maîtres qui avaient construit le premier temple, mais aussi le nom de l’Eternel - non pas celui qui est donné à l’ordinaire, mais un autre - qui était manifestement la parole perdue. Tous les Maîtres présents avaient dû prendre l’engagement de ne jamais révéler aux autres frères la parole retrouvée et de ne jamais la prononcer qu’en présence de deux autres Maîtres". Le grade de Royale Arche, tel qu’il prend corps en Angleterre à partir de 1766 affiche une marque chrétienne que l’on retrouve dans le rituel de Maître Parfait du Rite Ecossais Rectifié. Ceci suppose que dans les Loges qui pratiquaient le grade de Royale Arche, la légende de l’Ancien Testament soit interprétée d’un point de vue chrétien : celui de l’annonce de la reconstruction symbolique du troisième temple.

Dans le rituel de 1765, les acteurs en sont les Maîtres Sublimes, Salomon, Hiram, Roi de Tyr et Hiram, l’architecte assassiné
. "Les Maîtres Sublimes demandent à Salomon de leur conférer le grade de Royale Arche. Salomon leur répond négativement, sachant qu’il a condamné une trappe dans le sanctuaire. Cette trappe mène à un souterrain qui donne accès à une voûte de neuf arches. Longtemps après, Salomon envoie trois intendants, Sublimes Ecossais, pour chercher les choses les plus précieuses dans les ruines du Temple (ce qui constitue une incohérence, le Temple de Salomon étant détruit plus de quatre cents ans après sa construction). L’un des intendants accroche sa pioche à un gros anneau fixé à une dalle. Il soulève la dalle - dont l’image se trouve sur le sautoir du 14ème grade du Rite Ecossais Ancien Accepté - et découvre le souterrain. Il lie une corde autour de sa taille et dit à ses compagnons qu’il tirera sur la corde pour demander qu’on le remonte. Il descend dans le trou - le souterrain serait donc bien au fond d’un puits. Il passe trois arches, tire trois fois la corde pour se faire remonter. Au cours d’une nouvelle tentative, il passe six arches, tire six fois la corde. Il redescend une nouvelle fois avec un flambeau et passe neuf arches. Un pan de mur se détache et il aperçoit une pierre triangulaire sur laquelle est écrit le mot sacré du grade de Royale Arche : JABULUM. Il fait le même signe que Salomon, lorsqu’il a refusé de leur conférer le grade de Royale Arche (Signe d’Admiration). Il met un genou en terre, une main dans le dos et l’autre pour se protéger de la lumière (Signe de Protection) et tire sur la corde pour se faire remonter. Revenu avec les autres intendants, il leur dit : "Jabulum est un bon maçon" et décide avec eux :- que le nouveau mot de passe sera "Je suis ce que je suis"…

Le symbolisme du grade de Royale Arche

Les soirées privilégiées parfois vécues par les francs- maçons ne peuvent se produire que dans les Loges qui, au moyen d’un rituel, pratiquent l’art d’ouvrir une porte sur un monde
hors du temps et sur un univers sans limite. Ce monde, à l’intérieur d’un Temple orienté, couvert de sa voûte étoilée, devient d’autant plus réel qu’il est imaginaire. Ainsi, par le moyen du Rite, le franc-maçon peut passer de la durée temporaire ordinaire au temps sacré. Le franc-maçon vit ainsi dans deux sortes de temps : le temps profane et le temps sacré, qui se présente sous l’aspect paradoxal d’un éternel présent mythique qu’il est possible de réintégrer par le Rite. Le thème de la recherche de la parole perdue s’inscrit naturellement dans cette démarche. Après son apprentissage et son compagnonnage, le franc-maçon médite sur le meurtre d’Hiram. Et il comprend que le mot que les Maîtres utilisent, pour se reconnaître, est un Mot substitué, dont ils portent les initiales sur leur tablier et que le but de la démarche est la recherche de la Parole perdue … Muni du mot substitué et afin de retrouver cette Parole, le Maître Maçon explore les paysages proposés par les rites. Le processus de l'initiation nous donc fait traverser des paysages, plus précisément des structures qui jalonnent la voie initiatique, qui n'est elle-même qu'une expérience totale de la vie

Au douzième degré du Rite Ecossais Ancien Accepté, le Maçon
redécouvre que le Temple que chaque Maçon doit construire en lui-même, représentel'édifice idéal que chacun de nous est appelé à réaliser et que le Temple de Jérusalem est une image de l'univers destiné à satisfaire notre raison, une conception philosophique traduisant, autant qu'il est possible, une approche de la Vérité.Au XVlllème siècle, avant la structuration définitive de la Franc-maçonnerie spéculative, la prononciation du mot de maître est J H V H (Jéhovah). Tout se passe ensuite comme si tout le mythe d'Hiram consistait, dans un de ses aspects, à supprimer cette invocation pour la remplacer par un mot substitué qui sera le premier mot que l'on entendra et dont les significations vont de Mach Banach, Marrow in the Bone, Moabon enfin, qui deviendra le mot substitué du Rite Ecossais Ancien Accepté.

Le sens profond du Rite Ecossais Ancien Accepté est le passage fondamental de l’Ancien au Nouveau Testament , où le tétragramme Chrétien I N R I se substitue au tétragramme hébraïque I H V H. Et toute la démarche ultérieure sera ciblée sur la découverte de la complémentarité de l’Ancien et du Nouveau Testament, l’un, symbolisé dans les grades vétéro-testamentaires par la formule : Amour de la Vérité et l’autre symbolisé par la référence au Nouveau Testament : Amour de l’Humanité, symbolisme que l’on retrouvera sur l'échelle mystérieuse du rituel du trentième grade du Rite Ecossais Ancien Accepté …Certains diront : qu’importent les spéculations et les retours vers le passé à l’époque de la science, de la technique, de l’efficacité, de la raison… Les sceptiques et les agnostiques diront que la maçonnerie n’a que faire de dieu et des religions. Les croyants objecteront que leur foi leur suffit et s’en remettront à leur église, avec plus ou moins de confiance, pour s’occuper de leur dieu et du salut de leur âme. L’église, de son côté, parle de moins en moins, afin de ne pas effaroucher le client, l’important restant de maintenir, autant que possible, une influence fondée sur quelques principes d’ordre moral.


Quant aux francs-maçons, ils se présentent sous des visages bien divers, sans unité de doctrine ni d’action. Il existe, il est vrai, pour les trois premiers grades, un critère simple : celui de la régularité, qui garantit, dans l’ensemble, la reconnaissance de principes communs traditionnels. Et les choses deviennent encore plus claires lorsqu’on sait que la régularité doit s’apprécier sous deux aspects complémentaires : la régularité obédientielle et la régularité initiatique. Mais cette simplicité relative, qui concerne la franc-maçonnerie des grades symboliques, fait place à une réelle confusion lorsqu’il s’agit des "hauts" grades.L’histoire de ces grades est fort complexe et l’on y trouve le meilleur, mais également, il faut en convenir, le pire. On s’aperçoit, de plus, qu’il n’existe, au regard des "hauts" grades, aucun critère de régularité, ni aucun pouvoir régulateur qualifié, même si le Rite Ecossais Ancien Accepté peut se prévaloir de regrouper, au niveau mondial, 90 pour 100 des maçons travaillant dans les Ateliers au delà du troisième grade. Peut-on d’ailleurs parler "du" Rite Ecossais Ancien Accepté, tant les pratiques en sont parfois différentes, et les formules constitutives laissées "ad libitum" de chaque Atelier ?


Il semblerait donc raisonnable d'accepter une constatation de départ aussi simple qu’évidente. La franc-maçonnerie est, à l’origine, une
initiation de Métier et l’ésotérisme qu’elle met en œuvre est d’essence judéo-chrétienne. Partant de là, il convient de déterminer et de comprendre l’expression de cette essence judéo-chrétienne, d’en suivre le passage de la maçonnerie opérative de jadis à la maçonnerie spéculative moderne, puis de son évolution jusqu’à la pratique actuelle. Salomon, Hiram, Zorobabel, n’ont ni construit, ni rebâti le Temple… Ils nous ont légué son modèle, caché sous une image. Ils nous indiquent le chemin vers la Cité Idéale où il s’élèvera, dans l’harmonie. Il importe donc que les maçons de bonne foi, rejetant les idoles, mènent à bonne fin une pratique des "hauts" grades qui leur donne leur seule justification : aider, servir et honorer la Franc-maçonnerie symbolique, qui est la seule détentrice de toute l’initiation. Ainsi, la maçonnerie de Royale Arche pourrait-elle être considérée à juste titre comme la fondation et la clé de voûte de l’ensemble de l’édifice maçonnique. Dégagée de tout dogme, de toute attache cultuelle, considérée non comme un grade, mais comme un complément et une explication des grades symboliques, laissée à la libre interprétation de la conscience individuelle de chacun, elle montrerait ainsi l’importance, non pas tant religieuse, que sacrée de l’initiation maçonnique. Avec elle, s’éclairerait toute la signification à donner à la légende opérative et traditionnelle du Temple de Jérusalem ainsi que la haute portée de son enseignement initiatique selon lequel l’accomplissement du chemin de la connaissance rejoint la quête spirituelle de l’Amour.

Source : http://www.troispoints.info/article-17635847.html

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Hiram Abiff,seqenenre tao ou mort et naissance du Maître Maçon

29 Mai 2012 , Rédigé par G:.M:. Robert Deumié 33º/95º Publié dans #fondements bibliques de la FM

"Ainsi Hiram acheva tout l'ouvrage que le Roi Salomon lui fit faire pour la maison de l'Éternel." (I Rois 7: 13:40)

Le rayonnement de la civilisation égyptienne n'a pas empêché sa chute, malgré les Pyramides, l'Astrologie, la Science en général... le phare s'est éteint. L'importance a été retirée de l'Égypte et du nord-est de l'Afrique. La vérité des vrais maîtres bâtisseurs a été camouflée et ensevelie sous toute une montagne de mensonges et de supercheries. Seuls quelques-uns ont su découvrir la vérité, c'est-à-dire ceux qui avaient appris la science de la cryptologie, l'étude des morts - non pas des morts physiques mais de ce que l'on appelait d'idées périmées confinées dans une langue ancienne. Même encore aujourd'hui, la Maçonnerie Moderne a ce qu'elle appelle des degrés cryptiques et la Maçonnerie cryptique. Mackey l'explique comme "la division du système maçonnique dirigée vers la recherche et la culture de degrés cryptiques." C'est littéralement la Franc-Maçonnerie de la Voûte Secrète (Encyclopedia of Freemasonry, vol. 1, page 256)

L'histoire de Hiram Abiff, le fils de la veuve, a été greffée sur celle d'Osiris par ceux qui désiraient réorienter l'intérêt humain. L'histoire est chargée de joyaux et de perles de sagesse. Comme la plupart des mythes et des paraboles elle permet différentes interprétations. Selon la légende, Hiram Abiff était l'un des trois responsables de la construction du Temple de Salomon. La légende dit que le Roi Salomon, Hiram Abiff, Roi de Tyr (1 Rois: 7:13), et Hiram Abi de la tribu de DAN (2 Chr.: 2:13) se sont réunis pour concevoir les plans de la construction du Temple. Nous apprenons que le grand savoir devait être gardé par ces trois personnes jusqu'au parachèvement du Temple.

La légende poursuit qu'un jour, alors que Hiram Abiff, le Maître Bâtisseur, était en route vers le lieu de prière du midi, trois voyous juifs viennent à sa rencontre. C'étaient des ouvriers, appelés Jubela, Jubelo et Jubelum. À l'origine, il y avait quinze conspirateurs pour préparer l'assassinat de Hiram Abiff. Cependant les douze autres se sont retirés du complot, car ils avaient une conscience du divin ou du spirituel. (Douze représente le divin ou le spirituel.)

Hiram Abiff est interpellé par Jubela à la porte sud, qui s'adresse à lui en ces termes: "Grand Maître Hiram, je suis heureux de te rencontrer seul: c'est une occasion que je cherche depuis longtemps. Tu sais que tu nous a promis de nous transmettre, après le parachèvement du Temple, les secrets d'un Maître Maçon ou le mot du Maître, nous permettant de voyager dans des pays étrangers, de travailler et de gagner le salaire d'un Maître. Le Temple est presque fini, et nous n'avons pas obtenu ce que nous cherchons depuis si longtemps. Je te demande donc de me donner les secrets d'un Maître Maçon." Regardez bien la réponse de Hiram: "Mon frère, c'est une manière extraordinaire de demander les secrets d'un Maître Maçon et ce n'est ni l'heure ni l'endroit; tiens ta promesse et je tiendrai la mienne. Attends la fin de la construction du Temple et si tu es digne tu les recevras, autrement tu ne peux pas les recevoir." Jubela dit alors: "Ne me parle pas de l'heure ni du lieu; au début je ne doutais point de la véracité de tes paroles, mais maintenant j'ai des doutes!" Hiram dit: "Je ne le ferai pas et je ne peux pas les donner avant le parachèvement du Temple et ensuite seulement en la présence de Salomon, roi d'Israël, d'Hiram, Roi de Tyr." Jubela lui transperce alors la gorge avec la baguette de 24 pouces (l'un des outils de travail du premier degré).

Hiram, le Maître Bâtisseur, court alors vers la porte ouest. C'est là qu'il rencontre Jubelo qui lui demande également le mot de pouvoir. Hiram refuse et il est frappé sur la poitrine gauche par l'équerre (l'outil de travail du deuxième degré ou du Compagnon). Hiram essaie désespérément de se sauver par la porte est. C'est là qu'il rencontre Jubelum qui lui demande le mot. Sur son refus, Hiram Abiff est frappé sur la tête avec un maillet (outil utilisé par le Maître Maçon) ce qui le tue.

La Bible dit: "Il était le fils d'une veuve de la tribu de Nephthali et d'un père tyrien, qui travaillait le bronze. Il était rempli de sagesse, d'intelligence et de connaissance pour faire toutes sortes d'ouvrages en bronze... Il sait travailler l'or, l'argent, le bronze et le fer, la pierre et le bois, les étoffes teintes en pourpre et en violet, les étoffes de byssus et le carmin. Il connaît tout l'art de la gravure et la fabrication de tous les objets qu'on lui donnera..." (1 Rois 7:40: 2 Chroniques 2:13).

Hiram périt par les mêmes outils qui lui servirent à la construction du temple. Un bâtisseur doit avoir des outils. Il était un Maître Bâtisseur ce qui signifie en Franc-Maçonnerie que ses outils étaient la baguette de 24 pouces, le marteau, le fil à plomb, le niveau, l'équerre, la truelle. Il utilise également la pelle, le compas, le burin, etc. Le premier point à noter c'est que les voyous ont utilisé les mêmes outils et la connaissance des ces outils pour tuer le Maître Bâtisseur. Ceci fait référence à la dualité du savoir et de la nature. Tout comme le feu on peut les utiliser pour le bien et pour le mal. Le feu n'est pas mauvais en soi. Cet aspect de la légende nous apprend que le savoir a été altéré, contrefait, qu'il ne sert plus à construction mais à la destruction.

On nous explique ensuite, une fois Hiram Abiff assassiné, Jubela, Jubelo et Jubelum l'ont caché sous les déchets du temple. À minuit ils ont pris son corps et ils l'ont enseveli à nouveau: cette fois-ci à l'ouest au sommet d'une colline. Rappelons-nous qu'en premier lieu Seth jette le corps d'Osiris dans le fleuve et qu'ensuite il l'a découpé en quatorze morceaux et dispersé à travers tout le pays. La légende nous dit que les trois voyous ont essayé de s'enfuir vers l'Afrique, l'Éthiopie. Nous apprenons qu'ils se sont adressés à un capitaine de navire dans le port de Joppa (Joppa est également le mot de passe d'un Maître Maçon de Marque). Ils espèrent pouvoir quitter Jérusalem pour se diriger vers l'Éthiopie. Cependant, on leur refuse le départ, car ils ne connaissent pas le mot de passe de Salomon.

Cette légende est appelée à se situer sur l'histoire de l'Hiram véridique qui n'est autre que celle du roi Seqenenre Tao, dernier roi de Thèbes avant l'avènement des Pharaons, et qui est exposé dans la salle des momies au sous-sol du Musée du Caire.

C'est l'histoire de l'Égypte vaincue temporairement par les Hyksos dont les chefs se placèrent la couronne des rois égyptiens sur la tête. Ils pouvaient ainsi s'arroger le pouvoir civil, mais non le pouvoir divin qui était conféré aux seuls rois de lignée divine.

Or, pour faire le voyage des morts vers les étoiles que chaque roi égyptien devait faire et la purification en Osiris et renaître en Horus, afin de recevoir le couronnement, avec toutes les fêtes, rituels et processions qui s'y rattachèrent, il était indispensable de posséder le rituel funéraire, le rituel de renaissance et le rituel de couronnement afin de constituer un vrai roi de droit divin.

Malheureusement, le sort qui fut fait à Seqenenre Tao, le dernier roi, frappé à mort au front, derrière l'oreille gauche et sur la tempe par Jubélo pour l'obtention des rituels, et dont le cercueil en bois clair se trouve à côté de Seqenenre Tao, nous donne l'histoire véritable et la perte définitive de ces rituels avec la mort du roi, qui a préféré mourir plutôt que de livrer le secret, ce qui s'exprime en maçonnerie par la "parole perdue".

Les textes funéraires ont été reconstitués d'après le "Livre des Morts égyptiens", mais le rituel de couronnement et les incantations du voyage vers les étoiles préliminaire n'ont jamais été pleinement reconstitués. Ils sont perdus à jamais, à moins que certaines fouilles, révélations ou l'étude de textes anciens ne lève le voile de l'obscurité.

Voilà le sens de cette recherche "éthique" des Hyksos.

Le Saint Coran innocente Salomon de toute négligence et explique comment les gens vivant à cette époque auraient pu se protéger contre de tels méfaits: "Ils suivent les dires des satans sous le règne de Salomon. Salomon n'était pas un incroyant, mais les satans étaient des incroyants. Ils enseignaient la magie et les révélations des deux anges de Babylone Hârout et Mârout mais ceux-ci n'instruisaient personne sans avoir dit d'abord: Nous ne sommes qu'une tentation, ne sois pas un infidèle. Ils apprenaient d'eux ce qui pouvait diviser l'homme d'avec sa femme, mais ils ne pouvaient nuire qu'avec la permission d'ALLAH. Ce qu'ils apprenaient leur était nuisible et ne pouvait leur servir. Ils savent pourtant que quiconque fait cette emplette n'aura pas de part à l'autre vie. Mauvais marché. S'ils avaient su! (2:102,3)

Les trois assassins voulaient fuir vers l'Éthiopie. Pourquoi l'Éthiopie? L'Éthiopie représente l'origine d'un système d'éthique. Le nom Éthiopia signfie Vision étique. Ethia fait référence à éthique et Opia à voir; donc Éthi-opia signifie "Focus éthique". Une des raisons pour lesquelles Jubelo, Jubela et Jubelum désiraient se rendre en Éthiopie était de réviser leur vision morale. Ils avaient perdu de vue le grand plan et le destin de l'Homme. Une autre explication suggère que l'Éthiopie était gouvernée par une grande reine et que les trois assassins voulurent s'y rendre pour implorer son pardon. Rudolph R. Windsor explique dans son livre From Babylon to Timbuktu: "En l'an 1012 avant notre ère une reine éthiopienne appelé Bilkis rendait visite au roi Salomon à Jérusalem. Bilkis venait du royaume de Saba faisant partie de l'empire de l'Éthiopie. Cet empire comprenait la Haute Égypte, l'Éthiopie et l'Arabie incluant le royaume de Saba."

Une autre hypothèse expliquant le projet de fuite vers l'Éthiopie est donné dans le Coran. La huppe dit: "J'ai vu qu'une femme est leur reine, elle est comblée de biens et elle a un grand trône. J'ai vu qu'elle et son peuple se prosternent devant le soleil et non devant ALLAH. Le Satan leur a embelli leurs actions et les a écartés du sentier, ils ne sont pas guidés. Ne se prosternent-ils pas devant ALLAH qui dévoile ce qui se cache au ciel et sur terre et sait ce que vous cachez comme ce que vous ébruitez. ALLAH, il n'y a de dieu que lui, est le Seigneur du trône sans borne." (27:23-26)

La légende nous apprend qu'ils ne pouvaient pas se rendre en Éthiopie, parce qu'ils ne connaissaient pas le mot de passe; ils ne savaient pas percer l'énigme. L'histoire de l'Islam révèle que pendant les premières années de la mission du prophète Mahomet certains de ces disciples fidèles se rendirent en Éthiopie et qu'ils y gagnèrent accès et restèrent avec les gens chrétiens. Selon l'histoire de l'Islam les musulmans essayaient d'échapper à leurs ennemis et on leur demanda d'expliquer leur religion et ce qu'elle dit de Jésus. Apparemment, ils portèrent le bon message, car on leur accorda le droit de passage et protection.

La légende poursuit disant qu'ensuite Jubela,Jubelo et Jubelum retournèrent vers l'intérieur des terres et qu'ils se cachèrent dans une caverne. Le rituel nous dit que le roi Salomon qui se rendait au Temple le lendemain, trouvant les ouvriers confus et aucun plan sur le tréteau, se faisait du souci pour Hiram Abiff. On informa Salomon que personne n'avait vu Hiram Abiff depuis midi la veille. Salomon ordonna une recherche minutieuse dans tous les coins du Temple. Ne le trouvant nulle part, Salomon convoqua le Grand Secrétaire et lui ordonna de faire un appel de tous les ouvriers pour voir s'il y en avait de disparus en même temps qu'Hiram Abiff. L'appel révéla que Jubela, Jubelo et Jubelum étaient également absents. Le roi Salomon ordonna leur recherche. Il envoya douze hommes à leur recherche. Ils se lancèrent à la recherche par groupes de trois. Ils voyaient vers l'est, vers le nord, vers le sud et vers l'ouest à la recherche du Maître Bâtisseur. Nous apprenons que le groupe ayant voyagé vers l'ouest rencontra le capitaine près de Joppa et lui demanda s'il avait vu des étrangers. Le capitaine disait qu'il avait vu Jubelo, Jubela et Jubelum et qu'ils avaient l'intention de se rendre en Éthiopie. Ils retournèrent et informèrent le roi Salomon qui leur ordonna à nouveau d'aller à la recherche d'Hiram Abiff. Selon la légende, ils cherchèrent le Maître Bâtisseur avec beaucoup de ferveur. Il est dit que "parmi eux il y avait un qui était plus épuisé que les autres et il s'était assis au sommet de la colline où Hiram était enseveli." En voulant se mettre debout, il accrochait accidentellement un plant d'acacia qui s'était laissé arracher facilement. Cela attirait son attention et il appela ses deux autres compagnons. Ils examinèrent le secteur et ils découvrirent une tombe récemment creusée. L'histoire nous dit qu'à ce moment-là les assassins avouèrent leur crime et ils furent amenés devant le roi Salomon. Après avoir avoué leur crime, Salomon ordonna leur exécution.

Un autre récit de la capture des assassins relate qu'un groupe de neuf personnes guidé par Jaobert arriva à la caverne où l'un des assassins se cacha. Comme l'assassin était endormi, Jaobert courut dans la caverne et lui coupa la tête. Le rituel dit: "Qu'as-tu vu dans la caverne?" RÉPONSE: "Une lumière, un poignard, une source et un traître." QUESTION: "Qui t'as indiqué le chemin jusque-là?" RÉPONSE: "Un inconnu." QUESTION: "Que signifie le chien que tu vois dans le chapitre sur la route au seuil de la caverne?" RÉPONSE: "L'inconnu ou le bon citoyen qui conduit l'Élu." QUESTION: "Quand arrivent-ils à la caverne?" RÉPONSE: "À la tombée de la nuit." QUESTION: "Quand sont-ils revenus?" RÉPONSE: "À l'aube."

Il est intéressant de voir que le Coran parle du compagnon de la caverne. Il fait également référence à un chien près de la caverne. Le Coran dit: "Quand les jeunes gens se réfugièrent dans la caverne, ils dirent: Seigneur, aie pitié de nous, donne-nous le droit chemin." (18:10). Le verset 18 dit: "Tu aurais cru qu'ils veillaient mais ils dormaient. Nous les retournions sur le côté droit et sur le côté gauche et leur chien avait les pattes étendues sur le seuil. Si tu les avais aperçus, tu te serais enfui, saisi de frayeur." Et le verset 22: "Ils vont dire: Ils étaient trois et le quatrième était leur chien. D'autres visant l'insondable: Ils étaient cinq et le sixième était leur chien. Ou bien: Ils étaient sept et le huitième était leur chien. Réponds: Mon Seigneur sait leur nombre mais peu de gens le savent. N'en discute pas, sinon pour la forme et ne questionne personne là-dessus."

Albert Pike écrit: "Isis était accompagnée dans sa quête par Anubis sous la forme d'un chien. Il était Sirius ou l'étoile-chien, l'ami et le conseiller d'Osiris, l'inventeur du langage, de la grammaire, de l'astronomie..." (Morals and Dogma, p. 376).

Une autre version veut que deux des assassins furent trouvés par Bengabee, l'un des serviteurs du pays de Salomon, de Cheth, gouverné par le roi Macha. On les renoya à Jérusalem où ils furent exécutés. Le rituel dit: "Le jour de l'exécution ils furent attachés à deux poteaux par le cou, la taille et les pieds, les bras derrière le dos. Les bourreaux leurs ouvrirent alors la poitrine jusqu'aux parties génitales et pratiquèrent une entaille transversale. On les laissa ainsi pendant huit heures; pendant cette durée des insectes et des mouches se gorgeaient de leur sang. Leurs cris étaient si terribles qu'ils parvenaient à émouvoir même le bourreau qui leur coupa la tête et jeta leurs corps par-dessus les murs de Jérusalem en pâture aux vaches et animaux sauvages de la forêt."

La légende continue qu'après l'exécution des trois assassins, Salomon, Hiram de Tyr et quelques ouvriers se rendirent à la tombe du Maître Bâtisseur. Cependant, l'histoire relate qu'avant d'arriver à la tombe le roi Salomon et le roi Hiram s'entendaient pour que le "premier signe donné à l'arrivée à la tombe et le premier mot dit seraient adoptés comme signe et mot donnés dans toutes les loges de Maîtres jusqu'à ce que des générations futures trouvent les justes." Le Maître Bâtisseur avait été dans sa tombe depuis 15 jours, alors quand ils s'approchèrent de la tombe, l'odeur et la condition du corps étaient si terribles que les hommes spontanément portèrent le dos de leur main droite sur leur visage pour protéger les yeux et ils tournèrent leur tête légèrement vers la droite. La main gauche est un peu plus bas et tournée vers le sol, comme si elle devait protéger les yeux de quelque chose sur le sol. Ceci fut adopté comme le signe d'horreur.

Selon la version maçonnique de cette histoire, le premier mot prononcé était Mah-Hah-Bone. Certains érudits maçons disent que la prononciation est Machaben ou Machbinna. Il existe différentes interprétations de ce mot substitué. Certains disent qu'il se réfère au roi Macha et Bengabee. D'autres disent qu'il fait allusion aux trois hommes qui étaient les premiers à découvrir la tombe. En tant que définition, il est dit signifier "Que le Bâtisseur"; "C'est le Bâtisseur". "Moelle dans l'os". Moelle dans l'os." Mah-Hah-Bone, moelle dans l'os."

L'histoire nous informe qu'ensuite Salomon ordonna à l'un de ses hommes d'essayer de soulever le Maître Bâtisseur avec l'attouchement de l'apprenti (premier degré). (On le fait en prenant la main comme pour une poignée de main normale, sauf que le pouce est placé sur la première phalange.) Cependant, comme le corps est dans la tombe depuis 15 jours, la peau est devenue trop glissante et le premier essai échoue. Il dit alors à Hiram, roi de Tyr: "Mon valeureux compagnon, tu prendras le corps avec l'attouchement du Compagnon (deuxième degré) pour voir s'il t'est possible de le soulever". Il prend la main droite comme pour une poignée de main normale et il place le pouce sur la deuxième phalange et il essaie de lever le Maître Bâtisseur, mais la peau glisse à nouveau et il est impossible de le lever.

Salomon dit: "J'ordonne le silence complet. Et avec ton aide mon valeureux compagnon de Tyr, je vais maintenant lever le corps avec la poignée forte du Maître Maçon ou la Patte du Lion." Salomon s'avance et saisit la main droite du Maître Bâtisseur - la tenant fermement - et il appuie les bouts de ses doigts fortement contre les jointures du poignet du Maître Bâtisseur, là où le poignet s'unit à la main et avec beaucoup de force il le tire de la tombe sur les cinq points du compagnon qui sont: pied contre pied; genou contre genou, poitrine contre poitrine, la main au dos et la bouche contre l'oreille.

C'est dans cette position que le mot substitué "Mah-Hah-Bone" est chuchoté dans l'oreille. Le corps est ensuite ramené au Temple où il est enterré dans le Saint des Saints qui est le troisième niveau du Temple. Le Temple du roi Salomon se composait du rez-de-chaussée, des chambres du milieu et du Saint des Saints.

Chaque Maître Maçon à l'instar de la légende de Hiram Abiff fait l'expérience de cet événement. On dit alors qu'il a été élevé. En termes maçonniques on pose la question: "De quoi, vers quoi et par quoi es-tu élevé au degré du Maître?" RÉPONSE: "De l'état de mort, à une vie perpendiculaire à l'équerre, par la forte poignée du Maître Maçon ou de la Patte de Lion sur les cinq points du compagnon." Cette histoire a une profonde signification spirituelle et une extraordinaire importance dans la vie de l'homme moderne.

  

Source : http://pages.infinit.net/daath/maitre_mac.html

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Hiram et les jésuites

29 Mai 2012 , Rédigé par Nicolas de Bonneville Publié dans #fondements bibliques de la FM

Les symboles du grade de maître ont été empruntés de la conjuration que formèrent les amis de Charles premier pour venger sa mort, et mettre son fils sur le trône. Les jésuites en ont formé aisément les cérémonies funèbres d'un ordre ecclésiastique, à l'instant où un novice y fait la profession publique de ses vœux. Le drap mortuaire, le cadavre, le Miserere, psaume de mort, le cercueil d'Hiram-Abif, tout y est funèbre.

Cet Hiram-Abif, H et A remplacent ici les lettres B et G du grade de compagnon ; elles reviennent au même et représentent également le nombre 9 ou la lettre I jésuite.

La lettre H, est pour le chiffre 8 ; la lettre A, est pour le chiffre I ; total 9, ou jésuite. Nous avons déjà montré que B, la deuxième lettre, et le G, la septième de l'alphabet, donnaient le nombre consacré neuf, ou la lettre I jésuite.

H et A forment le chiffre du Maçon parvenu à la maîtrise ; B et G forment le chiffre de l’apprenti devenu compagnon ; ces deux chiffres, différents en apparence, expriment également qu'ils sont jésuites.

Au dessus du cadavre couché dans le cercueil, veille un I, qu'on explique par l’ancien mot de maître, Jéhovah ; voilà le vrai jésuite, celui qui est le représentant de Dieu, celui qui tient la place de Dieu, locum Dei tenens.

L'apprenti, ou temporel, garde la colonne I dans le parvis du temple ; le compagnon, ou scolastique, entré dans la chambré du milieu, et le maître, ou coadjuteur spirituel, vient dans le sanctuaire, où il fait sa profession. Il meurt pour le monde.

Les trois pas vers le maître ne sont ici qu'une répétition des trois vœux ; il enjambe de l’équerre au compas, c'est-à-dire, de l’obéissance au commandement. En sa qualité de coadjuteur spirituel, il va commencer à aider le Dieu de l’ordre ; on lui donnera des emplois.

En mourant pour le monde, le maître Maçon-Jésuite n'a point la face tournée contre terre ; il est couché sur le dos ; c'est pour le distinguer des moines vulgaires. On relève le récipiendaire par les cinq points de la maîtrise ; cinq attouchements par lesquels le profes embrasse et saisit le nouveau maître. Jusqu’à la griffe du maître, ou l’impression des cinq doigts séparés, « tout est ici conforme à la réception du coadjuteur spirituel dans l’ordre des jésuites ».

Le mot de passe chiblim - C – qui représente le coadjuteur spirituel, s'explique dans les catéchismes avec beaucoup de finesse ; ces chiblim sont, dit le catéchisme, des tailleurs de pierre qui savaient préparer leurs matériaux avec tant de précision, que l’architecte pouvait bâtir sans qu'on entendit, aux environs, ni marteaux ni haches. Pouvait-on mieux exprimer le silence et le secret du travail jésuitique ?

Le nouveau mot de maître Mac-Benc est expliqué par le fils de la veuve, c'est-à-dire, Charles II, fils de la reine veuve ; ce Charles II est la parole perdue que cherchèrent alors les Maçons. II faut remarquer ici que le mot Grec logos ne signifie pas seulement le verbe, ou la parole, mais encore le fils : ils cherchaient donc le fils de Charles premier qui était perdu.

Outre cela, le mot Mac-Benac symbolise L'ordre par ses deux lettres majuscules ; - M — 12, B - 2, c'est-à-dire, 14 ; le chiffre 14 donne la lettre O, ordo. Ainsi la société littéraire de Bacon se trouva changée en ordre.

Et comme le mot propre de ce grade est Iehovah I, ou jésuite, l'ensemble des lettres M, B et I exprime ordo jesuitarum, l’ordre des jésuites.

On a fait du mot Jéhovah un mot de passe, c'est-à-dire, un mot qui doit être caché : c'est encore une allégorie pour exprimer que personne ne doit savoir le vrai nom des Maçons.

Les Maçons eux-mêmes, selon le catéchisme, doivent chercher le nom qui leur appartient.

Le maître tué dans le nouveau système signifie l'ordre des jésuites ; les trois compagnons qui l'ont tué vers l’orient, le midi et le septentrion, sont les trois royaumes, l'Angleterre, l'Ecosse et la France, d'où les jésuites ont été chassés au commencement du seizième siècle ; ces trois royaumes sont justement placés à l'orient, au midi et au septentrion.

Le corps du maître Hiram, suivant leurs modernes lectures ou légendes allégoriques, fut cherché par neuf maîtres ; l'ancien catéchisme dit que le corps d'Hiram fut cherché par quinze maîtres, ce qui revient au même. 9 est J ou jésuitae, jésuites. 15 donne P pattres, pères jésuites. On frappe par trois fois trois, en neuf, parce que les trois vœux sont parfaits.  

Extrait de Les Jésuites chassés de la Maçonnerie par Nicolas de Bonneville 1788

Source : www.ledifice.net

 

 

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La légende d'Hiram

29 Mai 2012 Publié dans #fondements bibliques de la FM

Chaque mois de juillet, le « Tour de France » ressuscite la grande fête du vélo. Il peut être vu comme un carnaval moderne où un univers, centré sur le profit, laisse une place à l’expression mouvante et rituelle des rêves populaires. Mais le « Tour de France » exprime un rapport capital avec le temps, le changement et l’avenir.

Dans ce moment de la vie, une nouvelle classe d’âge succède à la précédente. Le temps détrône l’ancien monde et couronne le nouveau.

Naissance et mort y sont intimement liées. L’épreuve est une fête, un temps joyeux, qui interdit à l’ancien temps de se perpétuer et qui engendre le temps nouveau. Dans cette alternance temporelle qui donne vie et mort, la naissance et la mort ne sont pas coupées l’une de l’autre. Les deux pôles du devenir sont englobés dans leur unité contradictoire. Chaque étape est un nouveau commencement qui est porteur d’une virtualité future.

Les champions qui dominent la course cherchent à acquérir une « maîtrise » de la vie, une forme de perfection humaine où l’imitation des aînés joue un grand rôle. Cette recherche de la perfection pourrait se définir par trois maximes : « L’apprentissage, long et difficile, doit être méthodique », « Les chefs-d’œuvre sont marqués par le temps », « La mort vient toujours à son heure ». Mais, dans le « Tour de France », on parle de la mort en faisant la fête. Dans les cris de la foule, de nouveaux champions, pleins de force et d’espoir, viennent pour perpétuer la tradition.

Le maillot jaune est un symbole qui fait entrer son détenteur dans la catégorie des hommes-dieux qui meurent. Comme dans le cycle du « Rameau d’Or » décrit par James Frazer, « Il faut tuer l’homme-dieu, dès qu’apparaissent les signes de son déclin et transmettre son âme à un successeur vigoureux ».

Ainsi, de maillot jaune en maillot jaune, la course cycliste du « Tour de France » forme une longue chaîne de meurtres rituels. Héros solaire, le vainqueur conquiert la « Toison d’Or » après une longue lutte et par un acte de rupture : la mise à mort rituelle et symbolique de son prédécesseur, exécutée au nom de la pérennité des valeurs. Cette mise à mort est réalisée dans un moment de fête, d’une grande sacralité. L’ordre du monde se restaure et le nouvel élu symbolise l’éternelle jeunesse du monde nouveau.

Je vous ai parlé du « Tour de France » car il n’est pas sans analogie avec le Compagnonnage. Mais j’aurais pu vous entretenir tout aussi bien du « Mundial », des « Jeux Olympiques » ou de la « Corrida ».

Parce que j’ai la certitude que la démarche maçonnique ne consiste pas à « s’envoler » ou à « se réfugier » dans les « nuages théologiques » des rituels et des symboles. Et que j’ai l’intime, mais absolue, conviction qu’elle doit, au contraire, enraciner tout ce qui constitue sa substance, dans les traditions populaires, mythologiques et religieuses, afin d’y chercher tout ce qui peut y révéler le sens de la destinée de l’homme et la signification de l’aventure humaine.

Les origines de la légende

L’étude des origines d’une institution a pour préliminaire la distinction entre la légende et la vérité historique, entre les récits abondants et variés issus de l’imagination populaire et les données authentiques, dont on peut déduire, à défaut d’une certitude, une conjecture raisonnable. Cette distinction, entre la fable et la réalité, s’impose particulièrement en ce qui concerne la légende d’Hiram, dont les origines sont à la fois obscures et méconnues. Si l’on ajoute foi à des contes dont l’antiquité n’est pas douteuse, le problème sera vite résolu.

Il suffira d’interroger un maître, de préférence un ancien, un de ceux qui ont conservé intacte la foi des anciens âges et d’écouter… Il dira les origines bibliques de la légende, les étapes de la construction du Temple de Salomon, les péripéties de la vie d’Hiram et son assassinat final par trois mauvais compagnons. Il citera des noms, des faits, des dates. Aucune question ne l’embarrassera, car la relation traditionnelle, dont il sera l’interprète, est des plus précises. Inutile d’ajouter que ses dires, dont la sincérité sera absolue, ne seront appuyés par aucune preuve, qu’il resteront peu vraisemblables et que le travail de l’historien, loin d’être terminé après cette audition, commencera seulement avec elle.

Martin Saint-Léon, dans son livre sur le Compagnonnage, paru en 1901, expose les légendes que possèdent les fédérations qui administrent les trois Rites du Compagnonnage : « Les Compagnons du Devoir et de Liberté », « Les Enfants de Maître Jacques », « Les Enfants du Père Soubise ». Chacun des trois Ritespossède sa légende propre et prétend se rattacher à l’un de ces trois fondateurs : Salomon, Maître Jacques, Soubise. Et chaque légende possède elle-même des variantes, voire des versions différentes.

Selon Perdiguier, dans son livre sur le Compagnonnage, Maître Jacques aurait étél’un des premiers maîtres-artisans de Salomon et compagnon d’Hiram. Il travailla à la construction du Temple de Salomon et fut nommé Maître des Tailleurs de Pierre, des Maçons et des Menuisiers.

Le Temple achevé, il quitta la Judée, en compagnie d’un autre Maître, Soubise, avec lequel il se brouilla. Soubise débarqua à Bordeaux et Maître Jacques à Marseille, avec ses disciples. C’est alors qu’il dut se défendre contre ceux de Soubise qui décidèrent un jour de jeter Maître Jacques dans un marais, afin de le faire disparaître.

La fin de l’histoire de Maître Jacques semble calquée sur le récit de la passion du Christ. Alors qu’il était en prière, l’un de ses disciples vint lui donner un baiser de paix. C’était le signal convenu pour cinq assassins qui le tuèrent de cinq coups de poignard.

Sa dépouille mortelle fut rituellement ensevelie par ses Compagnons près de Saint Maximin et le traître eut la même fin que Judas.

Soubise fut accusé d’avoir été l’instigateur de ce meurtre, ce qui fut longtemps la cause de la désunion entre les Compagnons des deux Rites. Mais cette accusation fut finalement estimée injuste et un autre récit raconte que Soubise versa des larmes amères sur la tombe de son ancien ami et qu’il flétrit son assassinat

Mais une autre version de la légende, veut, qu’au lieu d’avoir été un artisan contemporain de Salomon, Maître Jacques ait été tout simplement le même personnage que Jacques de Molay, dernier Grand Maître des Templiers, brûlé sur ordre de Philippe le Bel. Jacques de Molay a très bien pu, dans le cadre des nombreuses constructions édifiées par les templiers, initiés et grands constructeurs, donner une règle aux ouvriers Maçons, Tailleurs de Pierre et Charpentiers qui travaillaient pour « Le Temple » et constituer des sociétés de Compagnons. Cette version, à première vue moins invraisemblable que la précédente, ne repose toutefois sur aucun fondement historique.

Car si l’existence d’une filiation entre les Templiers et les confréries ouvrières, d’où est issu le Compagnonnage, n’est pas impossible, force est de considérer que, même probable, elle demeure purement conjecturale.

La légende de Soubise est implicitement contenue dans la précédente.

Soubise, architecte du Temple de Salomon, comme Maître Jacques, ami de celui-ci, serait devenu l’instigateur de son assassinat. Le fait est toutefois contesté.

Mais d’après un autre récit, Soubise aurait été un moine bénédictin qui aurait vécu à la fin du XIIIème siècle. C’est sous le costume des moines bénédictins, qu’il est généralement représenté dans les Cayennes. Soubise aurait participé, avec Jacques de Molay, à la construction de la cathédrale d’Orléans. Le Compagnonnage aurait été fondé à cette époque et Soubise aurait survécu quelques années au grand Maître des Templiers. Cette version, qui n’est pas impossible, reste également purement conjecturale.

Les Compagnons du « Devoir et de Liberté », Enfants de Salomon, prétendent eux,que leur fondateur est le roi Salomon lui-même. Et ils se réfèrent à une légende qui a pour point de départ un passage de La Bible (Premier Livre des Rois, Chapitre 5, paragraphes 13 à 18 – 26 à 31 – dans l’édition de La Pléiade) :

« Salomon leva une corvée dans tout Israël et la corvée comprenait 30.000 hommes. Il les envoya au Liban, 10.000 par mois, par relèves.

Adoniram était préposé à la corvée. Salomon avait aussi 70.000 porteurs et90.000 carriers dans la montagne, sans compter les officiers nommés par les préfets et qui étaient préposés au travail, soit 3.300 qui avaient autorité sur les gens qui exécutaient le travail. Le roi ordonna d’extraire de grandes pierres, des pierres de prix, pour poser, en pierres de taille, les fondations de la Maison.

Puis les maçons ainsi que les Giblites, taillèrent et préparèrent les bois et les pierres pour bâtir la Maison… Le roi Salomon envoya quérir Hiram de Tyr. C’était le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali, mais son père était un Tyrien, artisan en airain. Il était rempli de sagesse, d’intelligence, de science, pour faire toute œuvre en airain. Il vint donc chez le roi Salomon et fit ses ouvrages (Premier Livre des Rois, Chapitre 7, paragraphes 13 à 15).

Rien, dans ce texte, ne permet de conclure à l’existence d’une association telle que le Compagnonnage au temps de Salomon… Mais la légende continue le récit biblique. Suivant la version d’Agricol Perdiguier, dans son livre sur le compagnonnage, les travaux étaient exécutés sous la direction d’un maître habile, nommé Hiram. Hiram travaillait le bronze et il était rempli de sagesse, d’intelligence et de science. Pour payer les ouvriers, en éliminant les intrus et les oisifs qui se mêlaient à eux, Hiram donna à chacun des ouvriers un nouveau mot de passe pour se faire reconnaître. Ainsi, chacun était payé selon son mérite et recevait, le moment venu, les assignations et les mots de passe qui lui permettaient de se faire reconnaître. Le Compagnonnage de Liberté était fondé.

Une seconde légende se superpose à la première. Trois compagnons, Holem ou Hoben, Sterkin ou Skelem, et Hoterfut, furieux de s’être vus refuser la maîtrise, décidèrent de contraindre Hiram à leur donner le « Mot » de maître ou de l’assassiner. C’est cette version qui constitue la trame du rituel que nous venons de vivre ensemble.

La signification de la légende

A quelque mythologie qu’elle se rattache, la légende peut être belle en elle-même. Elle peut même satisfaire l’esprit pendant des années, sans qu’il y décèle l’ouverture d’un chemin vers la philosophie. Puis un jour, mûr pour cette expérience, il perçoit d’instinct l’appel qui incite au mouvement. Double invitation au voyage. Mais invitation patiente et renouvelée dans le silence, car chacun partira s’il le veut et quand il le voudra… Pilate tue l’Esprit, mais au lieu de le mettre en croix, il met une croix dessus. Et c’est toujours la même opération, toujours à refaire. Mais on n’a pas assez de croix. Le Christ est mort, Pilate est né. Et tout irait parfaitement bien, comme Pilate l’entend, si l’on pouvait être sûr d’avoir tué l’Esprit.

Mais les esprits reviennent, comme on dit.

C’est pourquoi il faut avoir le courage de regarder jusqu’au fond du tombeau pour savoir qu’il est bien vide et que c’est ailleurs qu’il faut le chercher. Le suprême malheur, pour le sanctuaire, serait de devenir le tombeau scellé, devant lequel on monte la garde. Et on ne le ferait que parce qu’il y aurait là un cadavre. C’est pourquoi le suprême courage est de proclamer que le tombeau, tous les tombeaux, sont vides : celui de Persée, immortalisé dans les étoiles, celui du Christ, au matin de Pâques, celui d’Hiram, qui revit en chacun de nous.

Alors, comment aborder la légende d’Hiram, avec un regard résolument tourné vers le futur ? Peut-être en se demandant pourquoi il est impossible d’éviter de réfléchir son propre portrait dans le miroir qu’est par définition une légende. Car il n’existe aucun maçon sérieux qui n’ait trouvé dans ce récit autre chose que sa propre image. Voilà qui place la légende au cœur du véritable étonnement philosophique, au chapitre des miroirs… Et l’on peut se demander si la question du miroir n’est pas précisément la question fondamentale de l’initiation. Car le piège dans lequel la légende prend tout maçon, est qu’elle ne nous permet pas d’échapper à l’auto-portrait, du moins après avoir tenté de jeter un regard vers le miroir qui nous regarde. Car en fait, la véritable question est bien de savoir comment sont montés une légende, un mythe, un temple ou un rituel, en forme de miroirs. Et l’on essayera donc d’observer comment le miroir est construit, en tant que lieu spéculaire des métamorphoses de notre propre moi symbolique. Ainsi la légende d’Hiram engendre-t-elle ses propres lecteurs, car il n’y a pas plus de lecteur universel d’une légende ou d’un mythe qu’il n’y a
d’auditeur universel de la cinquième symphonie.

La légende d’Hiram, c’est donc d’abord un recours à soi-même, où chacun est invité à trouver sa propre vérité. Et c’est sans doute bien là que se trouve le sens alchimique de la légende, si l’on veut bien voir dans l’alchimie la tentative de chaque individu pour découvrir sa propre vérité, son propre secret, pour trouver la connaissance suprême réservée à chaque itinéraire humain. Car qu’est- ce donc que l’Initiation, sinon la traversée des épreuves, à travers lesquelles l’être humain met à nu, lentement, cette étincelle qui est en lui et qui, une fois révélée, éclaire l’univers et lui donne un sens. Il ne me semble donc pas que je ne vous parlerai que partiellement de la légende, car le pire serait de croire que la quête s’achève, que l’Initiation se termine et que l’on pourrait y mettre le point final d’une dissertation.

Ce sont des mots prononcés au hasard, qui m’ont peu à peu tout révélé. Les sonnets de Gérard de Nerval éveillèrent tout d’abord mon attention, puis mon intérêt. Et l’auteur de ces vers avait effectué un « Voyage en Orient » dont je compris qu’il ne serait pas sans intérêt de lire le récit qu’il en avait rapporté. Et c’est ainsi que je découvris « l’histoire de la Reine du Matin et de Soliman, Prince des génies ». Au fil des douze chapitres, d’« Adoniram », le premier, à « Macbenah », le dernier, la égende m’apparaissait plus symbolique. Les trois mauvais compagnons symbolisaient l’ignorance, l’hypocrisie et le fanatisme. La recherche et la découverte du corps d’Hiram exaltaient les trois vertus opposées, mais aussi la liberté et la fidélité, l’une portant l’autre, et qui sont les vertus de l’esprit. La fidélité est la lumière de l’esprit. Dès qu’on change ses idées d’après l’événement, l’intelligence n’est plus qu’une fille.

Et je retrouvais la légende au portail Nord de la cathédrale de Chartres, où figurent David ainsi que Salomon et la Reine de Saba.

Voici que de symbole, la légende devenait histoire… Salomon, constructeur, il y a trois mille ans, du « premier temple », détruit en l’an 600 avant notre ère par Nabuchodonodor II. Tout près, se trouve Zorobabel, architecte du « second temple », embelli par Hérode et détruit par les romains, en l’an 66 de notre ère. Eséchiel, l’inventeur du « troisième temple », a disparu du portail à la Révolution, mais Saint Jean-Baptiste présente « au passant » l’emblème de « la Cité qui n’a besoin ni du soleil, ni de la lune pour l’éclairer, car l’agneau est son flambeau ». Ainsi, n’y avait-il pas qu’un seul temple… Et peut-être pourrait-il s’agir ici de celui dont il est écrit : « Détruisez ce temple et je le rebâtirai en trois jours »…

La légende d’Hiram pose en fait la vraie question : crucifixion, résurrection, mort et renaissance, là est le vrai problème… La mort à soi-même que prônent les morales, les philosophies, les religions et la franc-maçonnerie elle-même, qui n’est pas une religion, ne peut être considérée comme l’écrasement devant l’autre ou encore comme la soumission à un sur-moi légaliste et culpabilisant. La signification en est toute autre… Mourir à soi-même, c’est perdre le narcissisme primitif qui rend l’homme inapte à toute vraie vie, à tout échange profond avec autrui. C’est passer du stade objet, soumis à des interdits et à des tabous, au stade sujet, autonome, responsable, capable de s’aimer profondément et d’aimer profondément l’autre.

C’est là sans doute le véritable sens de la résurrection ou de la re- naissance qui font de nous des êtres libres.

« Ici, tout est symbole », cette affirmation, répétée au cours de la cérémonie d’initiation est chargée de sens, parce qu’elle annonce la valeur de la démarche et la méthode de travail : la recherche du sens, au delà de l’apparence. Après son apprentissage et son compagnonnage, le franc-maçon médite sur la passion d’Hiram. Et il apprend alors que les maîtres disposent pour se reconnaître d’un mot substitué à la « parole » qui a été perdue. La « parole » est perdue pour ceux qui croient avoir tout vu, tout dit et qui disent « qu’il n’y a rien à voir… ». La parole est effectivement perdue lorsqu’on n’est plus à même de produire une pensée nouvelle à propos des symboles. Car le symbole est le langage du sens et il peut nous permettre d’accéder à la signification. Ainsi la « parole perdue » est-elle toujours à retrouver et sa quête exige une remise en question permanente de toutes nos certitudes antérieures.

Muni du mot substitué, le Maître Maçon explore les paysages proposés par les rites. Mais le voyage initiatique ne peut être accompli par celui qui se contente du mot substitué. La Maîtrise véritable exige l’essentiel. Encore faut-il garder un esprit critique et conserver un certain humour, afin de ne pas devenir un dévot béat qui attend une « révélation » de la part de ses maîtres.

Ainsi, au départ, dès le commencement de la quête, il faut savoir que la « parole » ne pourra se dire. Elle sera montrée, sortie d’une boite, sous l’égide de la Rose, sous forme d’initiales, qui resteront le symbole du « mot » et non le « mot » lui-même, enfin retrouvé… Connaître, ce n’est point démontrer ni participer. Et c’est un rude apprentissage. C’est pourquoi on cherche toujours « des hommes de bonne volonté ». Et voici l’évangile nouveau : « La Paix se fera, si les hommes la font. La Justice sera, si les hommes la font. Nul destin, ni favorable, ni contraire, n’est écrit. Les choses ne veulent rien du tout. Nul dieu dans les nuages… Mais le héros seul sur sa petite planète, seul avec les dieux de son cœur, Foi, Espérance, Charité. »… C’est pourquoi il faut avoir le courage de proclamer que le tombeau est vide et que l’acacia refleurira .

La suite de la légende

Jules Boucher donne, en complément de son livre sur « la symbolique maçonnique », la belle légende maçonnique, kabbalistique et profondément ésotérique « des trois Mages qui ont visité la grande voûte et qui ont découvert le centre de l’idée » (page 355).

« Longtemps après la mort d’Hiram et de Salomon, après que les armées de Nabuchodonosor eurent détruit le royaume de Juda, rasé la ville de Jérusalem et détruit le Temple, trois voyageurs arrivèrent au pas lent de leurs chameaux. C’étaient des Mages, des initiés de Babylone, qui venaient en pèlerinage et en exploration sur les ruines de l’ancien sanctuaire.

Après un repas frugal, en parcourant l’enceinte ravagée, ils découvrirent une excavation. C’était un puits, situé à l’angle sud- est du Temple. Le plus âgé des Mages, qui semblait être le chef, se couch à plat ventre sur le bord et regarda dans l’intérieur du puits. Un objet brillant frappa ses yeux et il appela ses compagnons.

Il y avait là un objet digne d’attention, sans doute un bijou sacré.

Ce bijou était un Delta d’une palme de côté, fait du plus pur métal, sur lequel Hiram avait gravé le nom ineffable et qu’il portait sur lui, le revers uni exposé aux regards.

Le Mage, descendu au fond du puits, ramassa le bijou, constata avec émotion qu’il portait le nom ineffable. Il regarda autour de lui et distingua dans la muraille une ouverture fermée par une porte d bronze. En remontant, il dit à ses compagnons ce qu’il avait vu et leur parla de la porte de bronze. Ils pensèrent qu’il devait y avoir là un mystère et résolurent de partir ensemble à sa découverte.

Chacun des Mages, tenant une torche, se laissa glisser jusqu’au fond du puits. Puis, sous la conduite de leur chef, ils s’enfoncèrent tous les trois dans le couloir menant à la porte de bronze… »

Il y a une définition du secret maçonnique qui prétend que : « dire quelque chose à quelqu’un, c’est l’appauvrir, parce que c’est l’empêcher de le découvrir seul ». Je vous laisserai donc partir seuls à la recherche de cette légende en vous souhaitant d’avoir un jour le bonheur de la vivre vous-mêmes en maçonnerie.

Source : http://hiram3330.unblog.fr/2008/10/17/la-legende-dhiram/

 

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Qui est Hiram ?

29 Mai 2012 , Rédigé par Jean-Pierre Bayard Publié dans #fondements bibliques de la FM

Voici un extrait du livre de Jean Pierre Bayard "Grande enyclopédie maçonnique des Symboles, Editions Cêtre 2000".
Cet article à la mérite d'être exhaustif en la matière, le voici à la demande de plusieurs Internautes et de notre sœur Esther.

HIRAM

Le nom d’Hiram figure à plusieurs reprises dans la Bible. Il est roi de Tyr, ami de Salomon (I Chroniques I, 52-54), auquel il expédie les bois du Liban et il lui adresse un ouvrier hautement qualifié, un autre Hiram « le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali, (une tribu d’Israël), et d’un père tyrien qui travaillait l’airain » (1 Rois VII, 13-14). Il y a également Adoniram chef des corvées, qui devient le successeur d’Hiram au 4e degré du REAA. On trouve encore Hiram-Abi ou Huram Abi ou Hiram Abiff « Hiram mon maître » qui apparaît en 1723 dans le Livre des Constitutions et correspond à la maçonnerie adonhiramite des Anglais ; ou encore Adon Hiram « Seigneur Hiram », Adoni étant un terme d’excellence. Quelques commentateurs veulent voir en l’artisan Hiram le fils du roi de Tyr, ce qui paraît invraisemblable car le roi aurait annoncé cette filiation à Salomon. Originaire de Tyr la phénicienne, on y ressent l’influence de Melkart : Hiram pratique-t-il une religion différente de celle de Salomon ? Celle de son père ou celle de sa mère ? Par « Adon-Hiram » on peut aussi comprendre « l’homme qui a dépassé la mort », ce qui présagerait le thème « Mort et résurrection ».

La légende maçonnique en fait l’architecte, chef de la constriction du Temple de Salomon et lui donne les pouvoirs les plus étendus, alors que pour la Bible il est principalement un fondeur d’élite. D’après Genèse IV, 18-24 ; 1 Rois VII, 14), le patriarche Lamech - ou son fils Tubal aussi nommé Tubalcaïn - serait l’ancêtre de tous les forgerons en cuivre et quelques versions maçonniques l’évoque à la place d’Hiram ; on laisse à celui-ci le bénéfice d’avoir fondu les colonnes J et B et la Mer d’airain. Ce forgeron qui travaille les métaux fait songer à Vulcain, le dieu du feu, un être boiteux qui vit dans le monde souterrain et comme tel il est évoqué dans les rituels des Compagnons Forgerons. Dans II Chroniques (II,13-14) Hiram travaille non seulement l’airain , mais tous les métaux, ce qui peut conduire à sa fonction de maître d’œuvre ; il n’est pas uniquement un alchimiste pratiquant la fusion des métaux, mais sur son énorme chantier il doit encore associer des volontés différentes : Sa réussite est incomplète puisque nous assistons à la révolte des « trois mauvais compagnons ».

Le mythe d’Hiram a été très souvent abordé et a conduit à de nombreuses interprétations. Maître Jacques et le Père Soubise travaillent sous sa direction à Jérusalem. La mort d’Hiram apparaît en 1730 dans La Maçonnerie disséquée de Samuel Pritchard. Rompant avec la stricte Maçonnerie de métier et tout en s’appuyant sur les faibles traces des textes sacrés, une magnifique légende a été créée plaçant la mort d’Hiram sur un plan initiatique, ayant pour thème la mort et la résurrection. Influence de la mort du Christ ? Ou de celles d’Osiris, de Maître Jacques, provenant du complexe d’Œdipe ? Nous n’avons aucun document sur l’origine du récit mais cet homme instruit meurt injustement sous l’effet d’une violence aveugle.

N’est-ce pas un sacrifice permettant à l’architecte de devenir le « Maître éternel » ? Les trois mauvais compagnons qui ne bénéficient pas du mot du Maître, sont la cause inconsciente de sa résurrection : « Le Maître est retrouvé et il reparaît plus radieux que jamais ». On songe à la mort annuelle du roi, ce qui permet la renaissance de la végétation, la fertilité du pays : Frazer a développé les aspects de ce mythe. On évoque peu en cette fin des travaux un « sacrifice de fondation » où un être était sacrifié pour assurer la stabilité de l’édifice, ni celui du maître architecte qu’on tue afin qu’il ne puisse communiquer les secrets de sa construction. Nous sommes à l’achèvement d’un temple dont les plans ont été établis par Dieu et où tout est sacré : Nous nous élevons vers des valeurs spirituelles.

Cependant cet édifice est-il absolument pur ? Sacré il ne peut être construit que par une main-d’œuvre « libre et de bonnes mœurs » instruite dans la religion juive. Or le peuple d’Israël jusqu’ici nomade ne sait pas réaliser de tels travaux, il a recours à des ouvriers compétents venus de différentes régions mais qui adorent un autre Dieu : Ces ouvriers immigrés, avec un chef Hiram lui-même étranger par son père, peuvent-ils construire valablement pour un Dieu qui leur est extérieur ? Le sang d’Hiram peut être un sacrifice qui remédie au sacrilège : Est-il le bouc émissaire ? Jésus est frappé à mort à cause de nos péchés. Ainsi nous sommes les véritables responsables de ces drames.

Cette légende a pu être connue des constructeurs médiévaux, mais nous n’en avons aucune preuve. Dans la légende des Quatre fils d’Aymon, Renaud de Montauban est tué car ce compagnon trop fort, trop parfait, trop travailleur, risque d’apporter un préjudice à leur profession. En 1723, les Constitutions d’Anderson ne mentionnent pas la mort d’Hiram ; l’édition de 1738 paraît l’évoquer avec ce vague troisième degré établi à Londres en 1726, mais en effet c’est dans le manuscrit Graham de 1726 que l’on trouve la mention du cadavre relevé. Le rituel des « Trois Coups Distincts » évoque une cérémonie semblable qui aurait été pratiquée par les loges des Ancients, donc vraisemblablement avant 1717. En réalité ce n’est qu’en 1730 que la mention du meurtre d’Hiram apparaît dans Masonry Dissected de Prichard. Les êtres qui apportent l’amour meurent sous la violence, comme Abel, Osiris, Maître Jacques, mais aussi comme Gandhi et principalement Jésus.

Il peut paraître qu’Hiram n’a pu ou n’a su transmettre sa connaissance et qu’ainsi une quête doit débuter pour rechercher tout indice sur la Parole qui semble perdue. Tout risque de disparaître avec cette mort. Il est cependant dit « que le maître est retrouvé entre l’équerre et le compas et il parait plus radieux que jamais » ; il n’a aucune apparence de souffrance ou de regret mais exprime l’image du repos, après le travail bien accompli. On donne des nombres bien symboliques à la tombe de l’architecte : Trois pieds de large, cinq de profondeur et sept de long. A la tête du tombeau est placée une branche d’acacia et une équerre ouverte à 90° sur l’occident ; le compas placé aux pieds est également ouvert vers l’occident.

Avec la mort d’Hiram, la franc-maçonnerie, plongée dans le deuil, revêt son temple de tentures noires. Le Vénérable descendu de son trône et ses deux surveillants jouent les rôles des trois félons », « trois mauvais compagnons » qui cependant appartiennent à l’ordre en recevant deux investitures. Les trois mauvais compagnons prennent les noms d’Ignorance, Fanatisme et Ambition, ou Jubelas (à la porte du Sud), Jubelos (à celle de l’Ouest), Jubelum (à la porte de l’Est) ; d’après Gérard de Nerval ce sont Olem, Sterkin, Hoterfut. Leurs noms varient selon les rites ; on trouve Jubela, Jubelo et Jubelum ; Giblon, Giblas et Giblos ; Abiram, Romvel et Hobden ; Starke, Sterkin et Oterfut… Ceux-ci expriment des vices caractéristiques : Ils n’ont pu s’intégrer dans l’esprit de la recherche et ils se révoltent contre leur Maître qui subit un échec dans sa maîtrise. Etrangement ces meurtriers sont représentés par les trois premiers officiers de la loge.

D’après le document Latonia cahier 12. (Maçonnerie des Hommes, Kloss XXXIV – 2p.107-127), intitulé Histoire des trois Elus Irlandais, il semblerait que les trois meurtriers ainsi désignés aient donné naissance à un système de trois grades. Il faut qu’il y ait un crime rituel pour qu’Hiram accède à sa véritable dimension. Les trois mauvais compagnons abattent leur maître avec trois nobles instruments : La règle qui l’atteint au bras droit, l’équerre qui le touche au cœur ou à l’épaule gauche, le maillet qui l’assomme, ce coup étant porté à la tête. Enterré furtivement par ses meurtriers, le corps étant bien orienté avec les pieds à l’Est, il n’est découvert que grâce au rameau d’acacia.

Connaître l’acacia indique que l’on est initié aux mystères du 3e degré.

Comme le suggère Michel Saint-Gall la mort d’Hiram paraphrase la mort du Christ qui elle-même apparaît selon les plus antiques civilisations dans le trépas d’un dieu. Celui qui est exalté au 3° degré du REAA devient Hiram et il est couché dans un cercueil, les pieds à l’Orient, la tête à l’Occident, comme le défunt entre dans l’église catholique.

Hiram, symbole de la connaissance toujours renaissante, par sa mort rituelle devient le prototype de l’initié alors que sans ce drame affreux il ne serait resté qu’un ouvrier habile qui aurait eu 170 000 ouvriers sous ses ordres. Mais ce grand architecte serait mort comme un simple mortel, à qui on aurait peut être rendu des honneurs éphémères, alors que maintenant il revit dans chaque nouvel initié…

On établi une correspondance entre les morts d’Hiram et d’Osiris, plus particulièrement au RER (Régime Ecossais Rectifié), alors qu’au rite Emulation on ressent une influence Compagnonnique bien que cette légende ne semble y apparaître que tardivement. Cependant aux 4°, 5° et 12° degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté (Maître secret, Maître Parfait, Grand Maître Architecte) on lui construit un mausolée et on s’interroge, non plus sur sa renaissance, mais sur le fait de la perte de la Parole et l’inachèvement du Temple dont les plans paraissent égarés. Ce sacrifice crée une rupture dans le ternaire Salomon, Hiram de Tyr et Hiram Abi : Il faut être trois pour ouvrir le coffre, pour former le triangle mystérieux, pour posséder le Mot qui paraît être perdu puisque la parole ne circule plus. Nous voici dans les ténèbres. Pour retrouver l’éclat premier il est nécessaire de reconstituer ce ternaire : le récipiendaire se substitue à Hiram Abi, subit le sacrifice mythique, connaît l’acacia signe d’immortalité et le mot « substitué » qui lui permet d’entreprendre la quête de la Parole hélas ! perdue.

Grâce au mythe, Hiram devient l’homme parfait, l’ouvrier modèle et il prend la stature du grand initié, du Maître dont la mort alimente les premières légendes des Hauts Grades. Au 6e degré (Secrétaire Intime), Joaben en apaisant la querelle entre Salomon et Hiram de Tyr, permet l’établissement d’une nouvelle alliance mais ne remplace cependant pas le Maître architecte. Dans la 9° arche Guibulum (Grand Elu Parfait et Sublime Maçon 14° degré) en retournant la Pierre d’Agate, atteint le Centre spirituel connu par Hiram.

Source :www.ledifice.net

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Le sceau de Salomon

29 Mai 2012 , Rédigé par AMS Publié dans #fondements bibliques de la FM

Fils du roi David, Salomon dont le nom dérive de Shalem, nom originel de Jérusalem, fit de cette ville une capitale de justice et de paix. Détenteur des deux vertus cardinales du souverain l’intelligence et la science, qui permettent de distinguer le bien du mal il sait appréhender l’univers. Dieu lui dit en songe : Je te donne un tel esprit de sagesse et d’intelligence, que ton pareil na pas existé avant toi ni ne sera après toi (I Rois, III, 12). L’exposition, qui fut organisée autour du thème du sceau de Salomon par le Dr Rachel Milstein au musée de la Tour de David de Jérusalem, investigue limage de ce roi, patron des sciences et des arts, qui fut aussi celui que Dieu désigna pour bâtir le Temple de Jérusalem.

Comment cette image nous est-elle parvenue ? La légende du sceau de Salomon, de ce sceau miraculeux confié au monarque par Dieu, est commune aux traditions juives, chrétiennes et musulmanes. Ancré dans la terre mais atteignant les cîmes paradisiaques, le sceau de Salomon symbolise l’harmonie des contraires, reflète l’ordre cosmique, les cieux, la trajectoire des astres, le flux perpétuel entre le ciel et la terre, entre l’air et le feu. Il incarne la sagesse surhumaine et la monarchie de droit divin.

A travers ce symbole et ses multiples significations, cette exposition explore les interactions culturelles entre les sciences et les techniques, la cosmologie, la médecine, l’architecture et la musique. Elle nous fait découvrir un univers dune grande richesse et dune grande beauté, et vient compléter un cycle d’expositions temporaires destinées à rehausser la place de Jérusalem en tant que carrefour de civilisations. Le sceau de Salomon est le symbole privilégié des échanges culturels entre l’Occident et l’Orient, un symbole de concorde au-delà des divergences ponctuelles entre langues et religions.

 

De Salomon à Suleiman

En 1536, Soliman le Magnifique entreprit de grands travaux de restauration sur le mont du Temple et convertit en mosquée l’église érigée par les croisés sur l’emplacement du Cénacle. Il soulignait ce faisant sa relation à Salomon, fils de David, et son appartenance à l’arbre de Jessé, la dynastie messianique à laquelle les chrétiens rattachent Jésus. Sur les murailles d’enceinte qu’il fit ériger furent gravés des symboles en forme de triangles entremêlés, des étoiles de David considérées par les musulmans comme le sceau de Salomon (Khatam Suleiman) et qui étaient censées protéger la ville sainte.

L’hexagramme est empreint de nombreuses connotations, surtout quand il est entouré dun cercle ; depuis l’Antiquité, en effet, lui sont attribués des pouvoirs magiques. Au-delà du motif décoratif ou du symbole nationaliste juif qui, du reste, ne date que du XIXe siècle, au-delà de l’élément abstrait de cette représentation de la voûte céleste et de sa complétude toute géométrique, l’hexagramme est avant tout un symbole universel. A l’instar du pentagramme, beaucoup plus ancien, il évoque l’épanouissement des mathématiques et de la géométrie par les civilisations méditerranéennes de l’Antiquité.

C’est par géométrie interposée que les pythagoriciens et leurs disciples investissaient dune symbolique cosmique que l’hexagramme et le pentagramme furent appréhendés comme la représentation du paradis et de sa réalisation sur terre, du divin réfléchi sur la création. Le lien entre la terre et le ciel, le macrocosme et le microcosme, l’esprit et la matière est précisément le thème de cette exposition qui réserve une place essentielle aux traditions des pays musulmans, prédominantes dans la région. Géométrique, lart islamique lest fondamentalement : pour le musulman, l’expression géométrique a plus de valeur que limage dans l’art figuratif ; artiste, en arabe, se dit musawwir, celui qui donne la forme, qui forge la relation harmonieuse entre les parties du monde, chacune possédant sa valeur de phrase musicale, toutes ensemble recréant l’harmonie des hommes et de l’univers.

L’islam, carrefour de civilisations, a véhiculé en Europe, par le biais d’innombrables groupements ethniques et religieux, les progrès accomplis par les hommes de l’Antiquité. A Jérusalem, ville sainte des trois religions monothéistes, l’islam va laisser une empreinte indélébile sur les sites et les traditions locales.

Le sceau de Salomon combine une force et une beauté symboliques et tangibles à la fois dans une seule figure, comme le veut l’art islamique. La propension avouée de l’artiste musulman pour la géométrie sous-tend la recherche d’harmonie entre les deux mondes, elle fait le lien entre la science, la beauté et la métaphysique. C’est pourquoi cette exposition recouvre les arts comme les sciences, la cosmologie comme la religion, sans marquer ce qui distingue telle discipline de l’autre : médecine et magie, astronomie et astrologie, techniques d’irrigation et leurs incidences sur les jardins, relation symbolique entre les jardins d’agrément d’ici-bas et ceux du paradis, entre la voûte céleste et les dômes des bâtiments à vocation séculière ou religieuse. Ce que cette exposition et le catalogue qui laccompagnait ont précisément voulu rehausser, c’est la manière dont le roi Salomon, patron des sciences et des arts, a imprimé son sceau sur les civilisations juive, chrétienne et musulmane ; puis, comment, à leur tour, les trois religions monothéistes ont laissé leur empreinte sur la civilisation universelle.

Au Xe siècle av. J.-C., Salomon hérite de son père, David, un royaume qui s’étend de l’Euphrate à la frontière égyptienne. Il va étendre au nord et à lest le territoire de ce royaume qui fut le plus vaste de l’histoire d’Israël. Malgré les rivalités et les révoltes qui marquèrent son avènement au pouvoir, son règne fut une période de paix, de prospérité et d’abondance. Pour la première fois dans l’histoire, la culture matérielle du royaume d’israël soutenait la comparaison avec celles des grands royaumes d’Orient. Le Temple, le palais du roi et les fortifications de Jérusalem furent les principales entreprises du souverain. Mais il y en eut d’autres, et les fouilles menées au cours des dernières décennies viennent conforter les descriptions dithyrambiques de la Bible sur le règne de Salomon.

Revers de la médaille : les impôts en nature et en espèces levés sur la population vont soulever les mécontentements et hâter la désintégration du royaume. L’issue tragique du règne de Salomon na toutefois pas influé sur la légende qui a fait de ce roi le plus célèbre de tous les temps. Sa sagesse, associée au fait quil fut le premier à bâtir le Temple et à y instaurer le culte du Dieu d’Israël, en fit un personnage dune importance religieuse et profane cruciale : un roi-prophète, un modèle de souverain aux yeux des musulmans et une préfiguration du Christ aux yeux des chrétiens. Son royaume est considéré comme l’apogée de la stabilité, de la prospérité et de la justice sur terre. Les monarques chrétiens et musulmans ‘sentourèrent des rites et de l’apparat que les légendes véhiculaient sur ce souverain, les artistes peignirent et sculptèrent son image, les écrivains associèrent son nom aux principes de légitimité du pouvoir et aux modalités du gouvernement équitable. Les califes abbassides (VIIIe-XIIIe siècle) encouragèrent la splendeur dune cour parée des symboles et du cérémonial dune monarchie qui empruntait ses fastes à celle de l’empire byzantin. Musulmans ou byzantins, tous s’inspiraient de traditions perses qui envisageaient le monarque comme un représentant de la divinité sur terre.

Les mythologies perses comme celles des civilisations du pourtour méditerranéen mentionnent en effet trois grands monarques dotés de symboles et d’attributs semblables : Salomon, roi d’Israël, Alexandre le Grand et Jamshid, le roi perse légendaire qui donna le feu à l’humanité et posa les fondations de la culture et du pouvoir. Les traditions islamiques, de leur côté, évoquent quatre monarques d’envergure suprême : deux idolâtres Pharaon et Nabuchodonosor et deux croyants Salomon et Alexandre. Des auteurs chrétiens et musulmans associèrent la fondation de Jérusalem à celle d’Alexandrie, attribuèrent tour à tour celle du Yémen ou de Constantinople soit à Salomon lui-même, soit à des matériaux prélevés dans des édifices érigés sous son règne. Les dynasties musulmanes de Perse, dIrak et d’Inde ajoutèrent à leurs attributs les mots de successeur du royaume de Salomon.

C’est sur une paroi de la synagogue de Doura-Europos (Syrie) qua été mis au jour le premier portrait du roi Salomon datant de 244 ap. J.-C. D’innombrables manuscrits enluminés en Allemagne, France et Italie entre le XIIIe et le XVe siècle sont illustrés de représentations du jugement de Salomon, thème abondamment exploité plus tard par les artistes qui enluminaient les ketoubot (contrats de mariage). La représentation du trône du souverain occupe une place essentielle en tant que symbole de la royauté dans les illustrations où figurent, de façon récurrente, des motifs associés à l’ordre, à la justice et à la paix universelle. On le trouve chez les chrétiens en particulier chez les souverains européens postérieurs à la Renaissance de la chrétienté occidentale et orientale. Le riche symbolisme du trône fascina les sultans musulmans, ce fut le cas du célèbre " Trône du paon " construit au XVIIe siècle pour Shah Jahan, bâtisseur du Taj-Mahal. La description de la cour du roi Salomon inspira la décoration de maints palais, tels le Kal`at Burg de Lahore (XVIIe siècle), comme elle lavait fait longtemps avant dans le palais omeyyade de Khirbet Mafjar près de Jéricho, où le personnage du souverain dressé sur un couple de lions orne la porte principale de l’enceinte.

Autre attribut iconographique du roi Salomon, contesté à l’évidence par l’orthodoxie musulmane mais pas par la chrétienne qui y voit l’unité avec la divinité : le gobelet. Le souverain assis sur son trône, tenant un gobelet et écoutant les sons du luth est une représentation courante dans toutes les civilisations, de l’Espagne à l’Afghanistan. Des gobelets royaux (dont l’un, remontant vraisemblablement au VIIe siècle, faisait partie du trésor des rois de France et était désigné sous le nom de Coupe de Salomon) décorés d’hexagrammes étaient produits dans les pays musulmans.

Les souverains musulmans associant leur autorité à limage de Salomon, son sceau devint dès lors le symbole de la sagesse, de la maîtrise des forces de la nature, du gouvernement des hommes, du réagencement de l’ordre cosmique grâce à la rectitude du souverain, par l’usage efficient des ressources naturelles, par l’empire de la moralité et de la justice, de la paix entre les créatures et avec les animaux, de la santé du corps et de l’esprit. La relation indissociable entre l’hexagramme et le pouvoir royal est manifeste dans les monnaies frappées à diverses époques et dans différents pays. Ce fut le cas notamment au Maroc où il fallut attendre les années quarante pour que l’hexagramme soit remplacé par le pentagramme sur les monnaies.

Le pentagramme, nous lavons déjà signalé, est de loin antérieur à l’hexagramme. Doté de propriétés magiques, il apparaît sur des coupelles où il sert à éloigner les mauvais esprits. L’hexagramme, pour sa part, pénétra l’islam à travers l’Egypte copte dès le VIe siècle. Il ne devint toutefois un motif religieux associé au mythe du roi Salomon qu’à la fin du VIIIe siècle chez les musulmans et inspira la facture des lampes. La convergence du sceau et de la lumière s’inscrit dans la tradition islamique qui assimile Dieu à la lumière, à la plénitude. Dans l’art juif, la première apparition qui nous soit parvenue du sceau de Salomon, associée à la représentation du candélabre du Temple, remonte à une illustration du Xe siècle figurant dans un manuel d’enseignement de l’hébreu rédigé en Egypte. On trouve fréquemment ce motif sur des pierres tombales et des objets rituels musulmans, notamment dans le minbar de la grande mosquée de Kairouan et dans des minbars et des mihrabs de Syrie, de Mésopotamie, d’Afghanistan et d’Inde à compter du XIe siècle. Le christogramme de l’iconographie chrétienne s’apparente également à l’hexagramme, et ce n’est sûrement pas un hasard.

Le sceau de Salomon apparaît également sur des objets familiers, parfois sur leurs parois intérieures pour attirer l’abondance, et sur des amulettes et talismans, voire, nous lavons mentionné, sur les murailles d’enceinte de la ville pour chasser les mauvais esprits.

De nos jours, l’hexagramme est assimilé à la fois au sceau de Salomon et à l’étoile de David, et considéré comme un signe distinctif du judaïsme tandis que le pentagramme est la représentation du sceau de Salomon pour les musulmans. Gershom Scholem, le grand spécialiste de la mystique juive, a investigué abondamment les fonctions protectrices de l’hexagramme et son intégration dans le judaïsme à partir de traditions islamistes. Selon cet éminent chercheur disparu, l’hexagramme fut un symbole universel avant d’être assimilé par les juifs, vraisemblablement pour la première fois, par la communauté de Prague au XIVe siècle. On le trouve dans des copies de la Bible et des manuscrits hébraïques allemands et espagnols dès le XIIIe siècle. La Kabbale en fit un usage abondant notamment dans des talismans et des mezouzot, où il symbolise le fait que l’homme scelle sa destinée dans un cercle magique que les démons ne pourront investir, en se protégeant des mauvais génies, conformément aux pouvoirs ésotériques que les légendes attribuent au roi Salomon.

 

La sagesse de Salomon

On attribue à Salomon la rédaction de trois livres de la Bible : l’Ecclésiaste, le Cantique des cantiques et les Proverbes. Parmi les livres qui lui furent attribués, citons La Sagesse de Salomon, partie du canon chrétien, qui octroie au souverain la maîtrise de l’astrologie et des puissances spirituelles ainsi que la connaissance des propriétés thérapeutiques des plantes. Flavius Josèphe évoque les pouvoirs magiques du roi dans ses Antiquités juives, et va jusquà dire que Salomon composait ses vers à des fins d’exorcisme. Les légendes relatives à son pouvoir sur les démons sont consignées dans le Testament de Salomon, compilation de récits grecs de médecine populaire datant du IIIe siècle et portant sur les causes de diverses maladies et sur les moyens de les prévenir. Des témoignages semblables ont été légués par certains auteurs musulmans qui désignent Salomon du nom de Calife de Dieu, préfiguration du Prophète et identifient le dôme du Rocher au Temple de Salomon comme le firent après eux les Templiers et les Hospitaliers avec leur Templum Salomonis. L’usage du sceau, au-delà de ses vertus d’auto-protection, est investi d’évidentes connotations politiques : le gardien du sceau royal est en effet le seul personnage du royaume à détenir le pouvoir démettre des décrets au nom du souverain, ce dernier lui ayant remis ce sceau reçu de Dieu qui y a gravé son Nom (le tétragramme), le transformant en Son calife, son préposé ici-bas. En l’occurence, une préfiguration du Prophète Mohamed.

Dans le domaine artistique, les légendes véhiculées par les traditions juive et musulmane décrivent Salomon comme un musicien accompli, digne fils de son père. La musique, qui était considérée par les Grecs comme appartenant à la catégorie des sciences exactes, connut un essor théorique considérable chez les Arabes dès le IXe siècle et était considérée comme une clé de l’appréhension de l’univers. Elle était associée à la médecine en tant que moyen de génération de l’harmonie de l’âme humaine, un moyen de parvenir à léquilibre psychique, mais aussi de soulager les douleurs, voire d’apaiser la démence. Ainsi on voit apparaître dans l’art islamique des personnages féminins tenant un luth, jouxtant un monarque brandissant un gobelet et parfois un sceau de Salomon sur des instruments ou sur des ouvrages de théorie musicale.

Parallèlement à ses pouvoirs et à sa sagesse, Salomon est doté du degré suprême de spiritualité, lequel trouve son expression à la fois dans les oeuvres architecturales quil laissa à la postérité, mais aussi dans sa production poétique. Le Cantique des cantiques qui lui est attribué possède des parallèles dans la poésie des Soufis et dans la poésie populaire en islam.

Salomon, dont la réputation s’étendait au monde de son époque attira à sa cour de nombreux souverains, la reine de Saba en particulier, celle dont le royaume est identifié à l’Abyssinie de la Bible. C’est ainsi que, depuis le XIIIe siècle de lère chrétienne, tous les descendants de la dynastie régnante en Ethiopie font remonter leurs origines au roi Salomon. Des descriptions de la visite que lui rendit la reine de Saba ornaient les murs de leurs palais. Salomon fut aussi un grand bâtisseur de bassins et de réservoirs deau. Et quand Soliman le Magnifique restaura le système d’adduction d’eau de Jérusalem, il forgea un lien supplémentaire avec les traditions du grand monarque. La sagesse octroyée par Dieu à Salomon lui permit de recréer en ce monde le jardin d’Eden. A noter que le mot hébreu pardess (paradis) fut emprunté par les Grecs aux Perses au IVe siècle av. J.-C. et que les traditions chrétiennes et islamiques préservèrent le motif des quatre fleuves avec un arbre à leur point de convergence.

Mais cest le Temple qui constitue l’apogée des trois religions monothéistes, il est le point de convergence entre Dieu et sa création, entre la Jérusalem céleste et la Jérusalem terrestre. La configuration même, traditionnellement attribuée au Temple est une représentation architecturale du cosmos, des sphères et des planètes, du
mouvement du soleil et des saisons. C’est, du reste, la raison pour laquelle les signes du zodiaque occupent une place aussi importante dans liconographie des synagogues de l’époque byzantine, qui évoquent le symbolisme du Temple. Depuis le premier siècle de l’hégire, le mont du Temple occupe une place privilégiée en islam, et pour les mêmes raisons que celles des juifs et des chrétiens : à la rédemption, les morts se présenteront au Temple pour y passer en jugement. Ce Temple où Mohamed, maillon entre le passé et lavenir, le judaïsme, le christianisme et l’islam, avait prié en compagnie des prophètes qui lavaient précédé ici-bas avant de s’élever vers le paradis.

Un ouvrage manuscrit, copié et enluminé à Istanbul vers 1500, le Suleiman Namé (Livre de Salomon) porte, sur son frontispice le roi-prophète installé dans une structure en coupole surmontant le toit d’un grand édifice de six étages, peuplé de toutes les espèces vivantes sur et sous terre, disposées par ordre hiérarchique. Les prophètes sont assis juste au-dessous de Salomon, puis viennent les rois, les soldats, les ouvriers et, au niveau inférieur, les animaux et les démons. Dans les cieux volent des oiseaux, au-dessus des oiseaux des anges. Une recherche stylistique sur les différents éléments de cette représentation indique une influence occidentale manifeste, probablement celle qui fut véhiculée dans l’empire ottoman par les juifs expulsés d’Espagne. L’illustration ottomane, par conséquent, referme le cercle du mythe et du symbole visuel qui firent leur apparition au cours de la période romaine, suivirent les errances du peuple juif en Espagne, pour revenir, via les pays d’Europe occidentale, en Orient, dans la capitale de l’empire ottoman, d’où le motif de l’hexagramme va se répandre à travers tout l’empire.

 

Source : http://www.mfa.gov.il/

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La Bible de Jérusalem 1 Rois, chapitre 5

28 Mai 2012 , Rédigé par Bible de Jerusalem Publié dans #fondements bibliques de la FM

1R 5:1-

Salomon étendit son pouvoir sur tous les royaumes depuis le Fleuve jusqu'au pays des Philistins et jusqu'à la frontière d'Egypte. Ils apportèrent leur tribut et servirent Salomon toute sa vie.

1R 5:2-

Salomon recevait chaque jour comme vivres : 30 muids de fleur de farine et 60 muids de farine,

1R 5:3-

dix boeufs d'engrais, vingt boeufs de pâture, cent moutons, sans compter les cerfs, gazelles, antilopes et coucous engraissés.

1R 5:4-

Car il dominait sur toute la Transeuphratène depuis Thapsaque jusqu'à Gaza sur tous les rois de Transeuphratène et il avait la paix sur toutes ses frontières alentour.

1R 5:5-

Juda et Israël habitèrent en sécurité chacun sous sa vigne et sous son figuier, depuis Dan jusqu'à Bersabée, pendant toute la vie de Salomon.

1R 5:6-

Salomon avait pour le service de ses chars 4.000 stalles et 12.000 chevaux.

1R 5:7-

Ces préfets pourvoyaient à l'entretien de Salomon et de tous ceux qui avaient accès à la table du roi, chacun pendant un mois ; ils ne le laissaient manquer de rien.

1R 5:8-

Ils fournissaient aussi l'orge et la paille pour les chevaux et les bêtes de trait, à l'endroit où il fallait, chacun selon la consigne qu'il avait reçue.

1R 5:9-

Dieu donna à Salomon une sagesse et une intelligence extrêmement grandes et un cœur aussi vaste que le sable qui est au bord de la mer.

1R 5:10-

La sagesse de Salomon fut plus grande que la sagesse de tous les fils de l'Orient et que toute la sagesse de l'Égypte.

1R 5:11-

Il fut sage plus que n'importe qui, plus que l'Ezrahite Étân, que les fils de Mahôl, Hémân, Kalkol et Darda ; sa renommée s'étendait à toutes les nations d'alentour.

1R 5:12-

Il prononça trois mille sentences et ses cantiques étaient au nombre de mille cinq.

1R 5:13-

Il parla des plantes, depuis le cèdre qui est au Liban jusqu'à l'hysope qui croît sur les murs ; il parla aussi des quadrupèdes, des oiseaux, des reptiles et des poissons.

1R 5:14-

On vint de tous les peuples pour entendre la sagesse de Salomon et il reçut un tribut de tous les rois de la terre, qui avaient ouï parler de sa sagesse.

1R 5:15-

Le roi de Tyr, Hiram, envoya ses serviteurs en ambassade auprès de Salomon, car il avait appris qu'on l'avait sacré roi à la place de son père et Hiram avait toujours été l'ami de David.

1R 5:16-

Et Salomon envoya ce message à Hiram :

1R 5:17-

" Tu sais bien que mon père David n'a pu construire un temple pour le Nom de Yahvé, son Dieu, à cause de la guerre que les ennemis lui ont faite de tous côtés, jusqu'à ce que Yahvé les eût mis sous la plante de ses pieds.

1R 5:18-

Maintenant, Yahvé mon Dieu m'a donné la tranquillité alentour : je n'ai ni adversaire ni contrariété du sort.

1R 5:19-

Je pense donc à construire un temple au Nom de Yahvé mon Dieu, selon ce que Yahvé a dit à mon père David : "Ton fils que je mettrai à ta place sur ton trône, c'est lui qui construira le Temple pour mon Nom. "

1R 5:20-

Maintenant, ordonne que l'on me coupe des arbres du Liban ; mes serviteurs seront avec tes serviteurs et je te payerai la location de tes serviteurs selon tout ce que tu me fixeras. Tu sais en effet qu'il n'y a personne chez nous qui soit habile à abattre les arbres comme les Sidoniens. "

1R 5:21-

Lorsque Hiram entendit les paroles de Salomon, il éprouva une grande joie et dit : " Béni soit aujourd'hui Yahvé qui a donné à David un fils sage qui commande à ce grand peuple ! "

1R 5:22-

Et Hiram manda ceci à Salomon : " J'ai reçu ton message. Pour moi, je satisferai tout ton désir en bois de cèdre et en bois de genévrier.

1R 5:23-

Mes serviteurs les descendront du Liban à la mer, je les ferai remorquer à l'endroit que tu me manderas, je les délierai là et toi, tu les prendras. De ton côté, tu assureras selon mon désir l'approvisionnement de ma maison. "

1R 5:24-

Hiram procura à Salomon des bois de cèdre et des bois de genévrier autant qu'il en voulut,

1R 5:25-

et Salomon donna à Hiram vingt mille muids de froment, comme nourriture de sa maison, et vingt mille mesures d'huile vierge. Voilà ce que Salomon donnait à Hiram chaque année.

1R 5:26-

Yahvé accorda la sagesse à Salomon, comme il le lui avait promis ; la bonne entente régna entre Hiram et Salomon et tous les deux conclurent un accord.

1R 5:27-

Le roi Salomon leva des hommes de corvée dans tout Israël ; il y eut trente mille hommes de corvée.

1R 5:28-

Il les envoya au Liban, dix mille par mois, à tour de rôle : ils étaient un mois au Liban et deux mois à la maison ; Adoram était chef de la corvée.

1R 5:29-

Salomon eut aussi soixante-dix mille porteurs et quatre-vingt-mille carriers dans la montagne,

1R 5:30-

sans compter les officiers des préfets qui dirigeaient ses travaux ; ceux-ci étaient trois mille trois cents et commandaient au peuple employé aux travaux.

1R 5:31-

Le roi ordonna d'extraire de grands blocs, des pierres de choix, pour établir les fondations du Temple, des pierres de taille.

1R 5:32-

Les ouvriers de Salomon et ceux de Hiram et les Giblites taillèrent et mirent en place le bois et la pierre pour la construction du Temple.

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Salomon et Hiram l'Architecte

28 Mai 2012 , Rédigé par Montegut Bourjac Publié dans #fondements bibliques de la FM

Le combat du roi Salomon contre les imperfections. L'art royal contre les passions animales.

Cette histoire se déroule dans le pays du roi Salomon il y a 3000 ans et simultanément à l'intérieur de notre conscience tous les jours.
Le récit décrit le combat de l'homme contre ses imperfections.
En nous, Hiram a été assassiné des milliers de fois.

Au début de cette allégorie on trouve 5 personnages.

1° Le roi Salomon représente ou symbolise la partie supérieure de l'homme. La partie qui doit régner et gouverner. La partie qui doit posséder l'art royal, l'art de gouverner.

2° Hiram l'architecte, le bras droit de Salomon, qui doit exécuter et concrétiser les plans du roi.

3° Les 3 mauvais compagnons qui représentent les imperfections dans l'être humain. Imperfections qu'il faut neutraliser, extirper ou tuer. En franc-maçonnerie on les appelle parfois; le fanatisme, l'ambition et l'ignorance, mais il y a bien d'autres.

5 personnages qui peuvent être logés ou inscrits dans chaque bras d'une étoile à cinq (5) branches.

Et finalement, qui sont Salomon et Hiram ? C’est à chacun de nous de trouver ce que ces personnages représentent.

Voici une interprétation possible :

Salomon représente ou symbolise la partie supérieure de l’homme. La partie qui doit régner et prendre des décisions. C’est le Chef qui possède l’art royal, l’art de gouverner. Salomon est un roi presque parfait, mais de notre point de vue, il a le défaut d’être toujours enfermé dans son palais trop éloigné de son peuple. Le son de sa voix dépasse rarement les murs du palais et peu parmi ses citoyens l’entende.


Les philosophes et les psychologues désignent parfois cette partie de l’homme avec de termes comme; l’âme, le soi, le sur-moi ou autres termes semblables.


Hiram est tout le contraire. Il n’est pas enfermé comme Salomon dans un palais à l’abri des dangers et des incertitudes. Il est constamment sur des chantiers dangereux pour surveiller l’exécution des plans du Roi.

Il organise les travaux, il trouve et commande les ouvriers, il monte sur des échafaudages et s’expose à de multiples dangers. Son corps est couvert de cicatrices causées par des accidents de chantier. Comme les autres citoyens du royaume il voit très rarement le roi Salomon qui pourtant lui a confié les grandes lignes pour la construction du temple dédié au perfectionnement de l’homme.

Si Salomon représente l’âme, on pourrait peut-être dire qu’Hiram représente l’homme de tous les jours. C’est l’homme qui se bat avec les événements journaliers de la vie terrestre. C’est lui qui choisit une carrière, c’est lui qui trouve un métier, c’est lui qui fonde une famille.

Il prend des coups sur les chantiers pendant que Salomon, à l’abri dans son palais, élabore les grandes lignes pour la construction du temple.

Comme nous le savons, suite à une inspection tardive d’un de ses chantiers, 3 de ses ouvriers l’ont attaqué et assassiné lâchement, car ils voulaient obtenir quelque chose prématurément qui était refusé par Hiram.

Il faut encore une fois rappeler que pour les francs-maçons Johaben représente le récipiendaire qui doit aller à la recherche des imperfections à l’intérieur de lui-même.

Mais Johaben possède les mêmes défauts que les mauvais compagnons.

Il est irréfléchi et agit par précipitation.

Il manque de patience, de réflexion et maîtrise de soi. Il brûle les étapes en dépassant les ordres de Salomon. Au lieu de faire justice, Johaben se transforme en meurtrier.

La légende d’Hiram nous présente un avenir assez sombre, car celui qui est censé résoudre les problèmes n’est guère mieux que les trois mauvais compagnons. Un soir, quand le roi Salomon réfléchissait sur l'origine de toutes les imperfections dans son royaume et les difficultés qu’il avait pour mettre en œuvre ses projets, un serviteur frappa à la porte et annonça qu'un des meilleurs coureurs du pays venait de se présenter à l’entrée du palais, avec un message de haute importance.

Le coureur venait d'une ville voisine où Salomon avait confié à Hiram, son architecte et son bras droit la construction d'un temple. Le temple dédié au perfectionnement de l'homme. Un gros chantier, peut être le plus gros de son règne.

Le roi laissa immédiatement entrer le messager.
Après avoir repris son souffle le coureur transmit le message que nous connaissons tous, à savoir l’assassinat du maître des maîtres par 3 compagnons impatients et la perte des plans pour la construction du temple.

Abattu à l’annonce de cette nouvelle, Salomon posa son regard sur l’étoile à 5 branches qui luisait faiblement au fond de la salle d’audience du palais comme s’il cherchait une solution à cette nouvelle épreuve, mais aucune réponse lui fut donnée.

Son chef d’œuvre, son plus grand cadeau à l’humanité anéanti en quelques instants par quelques compagnons ignorants et impatients. De nouveau tous ses efforts pour répandre la lumière et la connaissance furent brisés.

Vers minuit, accablé et ne sachant que faire, Salomon se rendit à son harem et s'endormit dans les bras d’une de ses favorites.

A son réveil, ayant retrouvé son pouvoir royal, celui de gouverner, Salomon prit la décision de nommer 9 maîtres pour aller à la recherche des meurtriers d’Hiram, et choisit Johaben, son secrétaire intime, comme chef.

Johaben avait accompli plusieurs missions pour Salomon dans le passé. Missions assez satisfaisantes malgré une tendance à vouloir faire les choses trop vite. Johaben était toujours impatient et pressé ne sachant attendre la maturité des événements, il lui fallait obtenir des résultats immédiats. (Comme les 3 mauvais compagnons) Malgré ses imperfections il était un proche collaborateur du roi Salomon.
Pour les francs-maçons Johaben représente le récipiendaire qui doit aller à la recherche des imperfections à l’intérieur de lui-même, en vue de les anéantir, extirper ou tuer.

Mais ceci ne concerne pas que les francs-maçons. Chaque être humain qui veut s’améliorer doit trouver et supprimer les mauvais compagnons qui sommeillent en lui.
Peut-être avec un peu moins de brutalité. Dans certains rituels on parle parfois de transmuer les mauvais compagnons en changeant l’ignorance en connaissance, le fanatisme en tolérance et l’ambition personnelle et égoïste en ambition pour un groupe ou pour la société. Cette technique peut convenir à condition de ne pas tomber sur un compagnon vraiment irrécupérable.

Très vite les 9 élus se mirent en route pour exécuter les ordres de leur roi, mais sans connaître l’endroit précis où se cachaient les coupables, les recherches restèrent sans résultats.
Un jour un étranger se présenta au palais du roi Salomon et informa le roi qu’il connaissait l’endroit ou s’était réfugié l’un des assassins du maître Hiram.
Salomon ordonna immédiatement aux élus des 9 de suivre l’étranger vers une caverne où un des meurtriers, nommé ABIRAM, s’était réfugié et de s’en emparer. Les 9 élus accompagnés de l’étranger partirent afin de trouver l’assassin, le compagnon égaré. Au début ils marchèrent ensemble mais Johaben devança les autres élus et entra le premier dans la caverne qui se trouvait à proximité d’un buisson ardant.
Par terre il vit couché ABIRAM, épuisé, amaigri et visiblement marqué par les remords de son acte infâme. Il était entouré d’un poignard, une fontaine et une lampe.

A la vue de cette scène étrange et ces 3 objets hautement symboliques, Johaben fut surpris, hésita un peu, mais soif de vengeance, il saisit le poignard et frappa au front, puis au cœur le compagnon égaré sans défense.

Son acte précipitamment accompli, et à la vue du cadavre sanglant, il fut frappé de remord. Encore une fois son défaut majeur, l’impatience l’avait emportée.

En oubliant les instructions du roi Salomon il commit la faute de pêcher par excès de zèle.

Des questions surgirent à son esprit. Avait-il bien agi ? Aurait-il fallu prendre la lampe pour éclairer le compagnon égaré et épuisé ? Aurait-il fallu donner à boire au pauvre scélérat ? Toutes ses questions furent dissipées par l’arrivée des autres élus qui pénétrèrent dans la caverne.
Il étancha alors sa propre soif à la fontaine et les élus en firent autant. Ils retournèrent ensuite tous vers le palais du roi Salomon, Johaben portant la tête du compagnon égaré.

Six mois après l’exécution d’Abhiram, Salomon apprit où étaient cachés les deux autres assassins. Il choisit cette fois 15 maîtres zélés pour trouver les meurtriers. Quinze jours plus tard les deux mauvais compagnons furent présentés à Salomon qui les enferma dans une tour en attendant leur exécution.
Peu de temps après on les attacha à deux poteaux. Leurs corps furent ouverts du pubis à la poitrine. Après quelques heures de cris et gémissements, ils furent décapitées, et leur têtes exposées aux portes de la ville.

Il y a de multiples détails dans le récit légendaire d’Hiram et de Salomon, qu’on en oublie parfois le message principal.
A savoir. Comment se débarrasser des mauvais compagnons ou imperfections qui sommeillent en nous ? Quelle technique utiliser pour neutraliser ces criminels ?
Le créateur de la légende Salomonienne nous suggère de réfléchir sur les questions suivantes.
Pourquoi 3 mauvais compagnons? L’homme a-t il 3 défauts majeurs, que la franc-maçonnerie nomme parfois l’ambition, l’ignorance et le fanatisme ?

L’auteur du récit insiste aussi sur l’endroit où sont cachées les 3 meurtriers. C'est-à-dire à l’intérieur de la terre. Le premier dans une caverne les deux autres dans une carrière. Les lieux de la pierre brute par excellence.

Ceci nous rappelle aussi le passage dans le cabinet de réflexion avec la formule hermétique. VITRIOL. Il est question de trouver une pierre philosophale pour ensuite la rectifier.

Un autre épisode intéressant est l’intervention d’un étranger quand la situation semble être bloquée.
Au début du 9° degré les élus ne savent pas dans quelle direction aller pour chercher les criminels, mais grâce à l’intervention de cet étranger, un simple paysan, ils trouvent Abhiram, le premier compagnon égaré.

Nous savons que le combat contre nos imperfections est une affaire personnelle, mais ici l’auteur du récit insiste sur l’importance des conseils venant de l’extérieur.
Déloger un mauvais compagnon qui sommeille à l’intérieur de soi, nécessite parfois une aide de l’extérieur. Un bon ami ou un frère par ex., symbolisé ici par l’étranger.
Il faut retenir de cette épisode que l’homme n’est jamais seul.

L'étoile à 5 branches

Pourquoi une telle insistance sur le symbolisme de l’étoile à cinq branches (Le pentagramme)?

Jules Boucher nous donne quelques pistes dans son ouvrage : « Le symbolisme maçonnique » Il écrit que l’étoile à 5 branches (le pentagramme) peut-être dessine de 2 manières. Une bénéfique avec un point vers le haut et parfois avec l’homme parfait dedans, et une seconde manière considérée comme maléfique, c’est-à-dire renversée avec 2 points vers le haut. Parfois avec une tête de bouc ou le diable inscrit

Si on place Salomon, Hiram et les 3 mauvais compagnons à l’intérieur de l’étoile à 5 branches avec Salomon au sommet avec Hiram à droite nous avons l’étoile à 5 branches bénéfique.
Salomon, qui représente ou symbolise la partie supérieure de l’homme, la partie qui doit gouverner se trouve au sommet où il exerce l’art royal, l’art de gouverner. et la maîtrise de soi. Le but pour chaque franc-maçon.

Par contre dans l’étoile maléfique Salomon est renverse et ne règne plus. Maintenant le pouvoir est exercé par les mauvais compagnons ou les imperfections en général.

La maîtrise de soi n’existe plus.

Source : http://montegut-bourjac.over-blog.fr/article-35934385.html

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Salomon dans les traditions ésotériques

28 Mai 2012 , Rédigé par Christian Lochon Publié dans #fondements bibliques de la FM

La personnalité de Salomon, son existence et sa geste, ses multiples dons de pacificateur, de constructeur, de magicien, auront été repris dans les traditions les plus variées, les domaines les plus étranges. Le fils du roi David apparaît dans les mythes du compagnonnage puis dans ceux de la franc-maçonnerie, développés par les savants oxoniens du XVIIe siècle, comme Elias Ashmole, admis dans une loge opérative, ou plusieurs membres éminents de la Société Asiatique, au XIXe siècle. Peut-être avaient-ils suivi les consignes exprimées par Jung : « Les légendes ont remplacé les outils rationnels : on y recherche les correspondances des personnages et des événements par une étude historique, biblique, l’archéologie, la philosophie dans un souci de l’appliquer à soi-même. La légende, au plan ésotérique, est une composante de la Tradition, une révélation exemplaire et sacrée, constituant un modèle pour la recherche humaine ».

I – Salomon dans l’histoire

 

Salomon n’est pas mentionné dans les annales mésopotamiennes. La tradition phénicienne est légendaire, Salomon aurait vendu à l’Etat Tyrien la ville de Khorbat Khozli et la Plaine d’Acre pour 120 talents d’or, et aurait eu recours au professionnalisme d’un bronzier tyrien, Hiram (cf Bible, 1R7, 15-47). Les relations avec l’Egypte, qui de toute façon, à l’époque, était la puissance dominante, et Salomon dut accepter de se placer dans l’orbite politique de ce pays qui imposait la pax egyptica, sont relevées dans la Bible uniquement, même le mariage de Salomon avec la fille du Pharaon Siamoun (976-954) de la XXe dynastie. Une trace littéraire cependant, les Cantiques des Cantiques, ou chant de Salomon à la Soulamite parait influencée par les poèmes d’amour égyptiens de la XVIIIe dynastie (autour de 1500 avant J.C.). Quant au Yemen et à la Reine de Saba, les Sabéens commenceront à être connus hors de leurs frontières au VIIIe siècle avant J.C. seulement.

Des doutes sont émis par les deux spécialistes sur l’authenticité des textes bibliques. Le « Livre des Rois », qui traite abondamment de la construction du palais de Salomon, de celle du temple et de son mobilier, de l’établissement de douze préfectures, quadrillant les territoires s’étendant de l’Oronte ( ?) à Gaza, est rédigé dans une langue tardive qui souligne les additions nombreuses présentant un aspect légendaire ou moralisateur : la sagesse de Salomon par rapport à la conduite désordonnée de ses successeurs (Roboam entre autres), avec le partage entre deux Etats (Juda et Israël), conséquence des fautes de Salomon. Les « Psaumes » attribués à Salomon seraient du Ier siècle avant J.C. et « Le Livre des Chroniques » du 2e siècle avant J.C., puisqu’il met en valeur la préséance de la classe sacerdotale de cette époque. En fait en 63 avant J.C., une fièvre eschatologique se répand en Judée, préfigurant la destruction définitive du Temple (74 après J.C.).

 

II - Mondialisation de la symbolique salomonienne

 

A) Dans le domaine religieux

Salomon se trouve présent dans les représentations iconographiques des Chrétiens d’Occident comme d’Orient, dans la fresque de Piero Della Francesca intitulée « La rencontre de Salomon avec la Reine de Saba » ou dans cette église Saint-Clément à Ohrid, en Macédoine (début du XIVe siècle) où autour du Pantocrator on découvre avec Adam, les deux ancêtres de Jésus, le roi David barbu et son fils imberbe le Roi Salomon. Au cours du Colloque, il aura été évoqué le roi de Bretagne Salomon, et Salomon le Savoyard. On connaît le rôle politique des prétendues dynasties salomoniennes en Ethiopie, et la présence constante de Salomon, représenté en Constantin, dans les psautiers ou le rôle qu’on lui fait jouer, associé au roi des forgerons, parfois privé de trône par un démon (source coranique), dans l’art talismanique des sceaux et des étoiles à huit branches dans ce pays.

Les références à Salomon, particulièrement vénéré dans le monde islamique, sont au nombre de 17, dans 8 sourates. S’il n’est pas associé à la construction du Temple, M. L. de Premare a montré cependant que la sourate 52, versets 1 à 8, rappelait le livre des Rois I, 7, 3 et la sourate 36, le Livre de Jérémie. Avant même l’apparition de l’Islam, le poète arabe Dabira fait l’éloge du roi de Hira en le comparant à Salomon. Là aussi, ses dons de magicien, de manipulateur des djinns, reconnus dans le Coran influencèrent les occultistes arabes qui semblent avoir créé le mythe du sceau de Salomon. La plupart des pays musulmans évoquent cette personnalité prophétique, spirituelle, voire magique, comme au Yemen (M. Christian Robin), en Iran (M.Assadallah Melikian-Chirvani), en Afghanistan et à la cour des Empereurs Moghols (Mme Corinne Lefèvre), et en Asie Centrale où M.Thierry Zarcone a recensé les lieux dédiés au fils de David.

 

B) Dans le domaine du compagnonnage

 

Dans chaque ville médiévale, s’étaient établies des corporations, chargées de défendre les intérêts professionnels des artisans et ouvriers, et qui étaient dirigées par les « maîtres de métiers ». Parallèlement à ces organismes locaux, des ouvriers itinérants, indépendants, se regroupèrent dans des sociétés compagnonniques (le terme de « frère » pour cet emploi était apparu dès 842), qui établirent des règles strictes garantissant la défense mais aussi la compétence de ses membres. Le terme de « compagnonnage » était apparu dès 779 et les différentes promotions dans les corps de métier s’effectueront par initiation tenue à l’abri des regards étrangers. Le « Compagnon Fini » est celui qui a passé toutes les épreuves et est devenu « maître » dans sa profession. Le terme apparaît en 1080, celui d’apprenti en 1175. Les apprentis et les compagnons font l’objet d’un enseignement initiatique basé sur des légendes tirées de la Bible. Ainsi des chérubins (ceux qui gardent l’entrée du devir, le lieu le plus secret du temple de Jérusalem) sont sculptés sur le couvercle du cercueil des compagnons menuisiers. Le patronage de Saint Jean Baptiste est également invoqué en liaison avec le « Quatuor Coronati », quatre tailleurs de pierre exécutés par Dioclétien vers 300. Les confréries qui apparaissent à la fin du XIIIe siècle conservent une orientation professionnelle en même temps que charitable, dans l’esprit catholique également.

Les textes fondateurs du Compagnonnage sont disséminés dans 130 manuscrits rédigés aux XIIIe et XIVe siècles et que la revue de la Grande Loge de Londres, « Ars Quatuor Coronatorum » a publiés.

Ainsi, en 1268, « Le Livre des Métiers » d’Etienne Boileau recense cent un métiers, et la promotion interne qui les gère, soit les apprentis, les compagnons et les maîtres. La construction des cathédrales s’appuie sur trois métiers principaux, les tailleurs de pierre, les menuisiers et les forgerons ; leurs membres se réunissent dans des « loges », installées, soit dans la crypte des cathédrales, soit dans un bâtiment annexe comme à Strasbourg. En 1283, Louis IX nomme Grand Maître de la maçonnerie opérative son compagnon croisé Guillaume de Saint-Petbus. Les membres de cette maçonnerie opérative, appelés parfois « gavots » adoptent le nom de « Enfants de Salomon » (comme le signale Villard de Honnecourt à l’époque). C’est que pour eux, la construction d’une cathédrale est une réplique de la construction du Temple de Jérusalem. Le document appelé « Regius » (1390) décrit les sept « arts libéraux » et a comme titre « Ici commencent les statuts de l’enseignement de la géométrie selon Euclide » . « Géométrie » a le sens de « maçonnerie ». On enseigne aux apprentis que la « géométrie » a été préservée du déluge, retrouvée par Hermès, petit-fils de Noé, et qu’elle a été révélée à Charles Martel, dont un des architectes de la cour aurait participé à l’édification du temple de Jérusalem. Ainsi le mythe de Salomon se trouve adopté par la philosophie compagnonnique.

Le Mouvement va connaître un certain nombre de scissions. En 1400, à Orléans, au moment de la reconstruction d’une des tours, un affrontement entre compagnons et moines surgit, et les « indépendantistes » prennent le nom d’Enfants de Maître Jacques (référence au Grand Maître des Templiers, Jacques de Molay ?) ou « Compagnons du Saint-Devoir de Dieu » tandis que les catholiques fervents s’intitulent « Enfants du Père Soubise (référence à un bénédictin du XIIIe siècle ou à un « maître artisan » de Salomon) ». En 1404, le roi Charles V réforme les corps de métiers parisiens relatifs aux compagnons maçons et charpentiers. Un autre texte constitutif des « anciens devoirs » paraît en 1410 sous le titre de « Manuscrit Cook ».

Au XVIe siècle des intellectuels comme François Rabelais (1483-1553) ou des inventeurs comme Bernard Palissy (1510-1590) vont être reçus en loge opérative comme « maçon accepté ». Dans le « Tiers Livre », Rabelais évoque la légende de Renaud de Montauban, qui aurait tué un neveu de Charlemagne, et se serait réfugié sur le chantier de la future cathédrale de Strasbourg. Il se serait conduit comme un excellent ouvrier, mais victime de la jalousie de ses collègues, aurait été assassiné. Ce thème sera repris dans la maçonnerie du XVIIIe siècle avec l’allusion au meurtre d’Hiram, l’architecte en chef de Salomon.

Au XVIIe siècle, s’instaure une tradition écossaise de la maçonnerie opérative, particulièrement à Kilwinning. Un ouvrage polémique « Le Mot du Maçon », publié en 1637 décrit la forme primitive de ce rite maçonnique. On sait que la maçonnerie spéculative écossaise jouera un rôle important dans le développement de la maçonnerie française avec l’exil des partisans de la dynastie Stuart en France.

En 1646, à Oxford, Elias Ashmole (1617-1692) alchimiste célèbre, est également initié à la maçonnerie opérative, et plusieurs personnalités scientifiques oxoniennes joueront un rôle dans la création de la Grande Loge de Londres, à laquelle appartiendront 24 membres de la fameuse « Royal Society ».

A Perth, en 1658, les diplômes de maître maçon (« freeman ») et de compagnon de métier font référence au « Temple de Salomon », comme source des métiers. A la fin du siècle, à Aberdeen, on voit sur les tableaux de deux personnalités de la ville, Alexandre Petersen, diacre, et président de la Corporation d’Aberdeen, et Patrick Whyte, maître-serrurier, qu’ils sont peints, entourés des deux colonnes symboliques du Temple de Salomon.

La Franc Maçonnerie spéculative va emprunter un certain nombre de références aux métiers et aux héros mythiques des « Anciens Devoirs » du Compagnonnage. Dans les Constitutions d’Andersen (voir plus loin), sont mis en parallèle « l’architecte » pour son travail théorique et le « tailleur de pierres » pour son travail manuel. Les appellations d’ « apprenti » et de « compagnon » sont conservées. Les instruments de métier sont reproduits sur le « tableau de loge » (dessin d’abord reproduit à la craie, sur le sol, puis sur un tapis mobile) : l’équerre, évoquant la croix (serment de l’apprenti), le compas du Maître de Loge, la truelle « pour cacher les défauts des frères » ; le fil à plomb (échelle de Jacob), la règle (loi morale de la Franc-Maçonnerie), le niveau (égalité fraternelle) sont mentionnés dans la Bible.

Quant aux trois éminentes personnalités associées à la direction d’une loge, Salomon, Hiran roi de Tyr, et Hiram l’Architecte, elles seront le legs du compagnonnage à la maçonnerie spéculative naissante.

 

C) Dans le domaine de la Chevalerie

 

Charlemagne, lui aussi aurait été perçu comme un nouveau Salomon. A son époque, la Bretagne (on l’a vu plus haut) sera fière de son roi Salomon, béatifié par la suite.

Les Chansons de geste vont magnifier le mythe du Graal, apparu vers 1180, avec le Roi Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde.

Chrétien de Troyes, poète de la Cour de Champagne, crée le mythe d’une chevalerie légendaire avec ses héros Lancelot, Perceval, Eric, ainsi que Wolfram von Eschenbach (1210) avec son Parzival, dont le genre de vie et les aventures ont été analysées récemment en liaison avec les rois éponymes iraniens. Cette tradition va être adoptée au moment des Croisades par les Ordres Chevaleresques, les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui donneront naissance à l’Ordre de Malte, et dont le mythe survivra dans les loges dites de « Saint-Jean », les Chevaliers Teutoniques (créés en 1112 à Saint-Jean d’Acre) et dont la Stricte Observance Templière Allemande au XVIIIe siècle constituera la version maçonnique, et les Chevaliers du Temple, symbole de confraternité universelle, dont plusieurs, au moment de leur persécution en France, se réfugieront auprès des Compagnons du Devoir. Ramsay, maçon écossais, attaché aux Stuart, dans un discours célèbre de 1736 rappellera l’antériorité de ces Ordres médiévaux (« Nos ancêtres les croisés voulurent réunir dans une seule confraternité les sujets de toutes les nations ») par rapport à la Franc-Maçonnerie qui adoptera dans son « Rite Ecossais Ancien et Accepté » le principe du Templier, porteur de truelle et d’épée, et institutionnalisera dans les grades supérieurs les plus élevés le titre de « Chevalier Kadosh » (sanctifié), même si des mises en garde officielles relativiseront ces emprunts : « Notre grade commémore l’Ordre Templier et s’en inspire sans pour autant prétendre en être le continuateur et l’héritier », pourra-t-on lire dans la littérature maçonnique.

En tout cas, la franc-maçonnerie française s’ouvrira de fait à la haute noblesse, attentive à l’esprit chevaleresque. Le premier Grand-Maître français sera le duc d’Antin, en 1738, le deuxième le comte de Clermont en 1743. Le pouvoir ne tracassera presque pas la maçonnerie. En 1789, cette dernière comptera 629 loges et 30 000 maçons auxquels il convient d’ajouter les loges d’adoption féminines, dont la Grande Maîtresse sera la Duchesse de Bourbon. Une enquête portant sur la recension de 268 maçons en 1780 dénombrera parmi eux 78 % appartenant au Tiers-Etat, 18 % à la Noblesse et 4 % au Clergé.

 

III – Textes constitutifs de la Franc-Maçonnerie


L’intention de l’auteur n’est bien sûr pas de dévoiler des secrets déjà publiés d’ailleurs dans toutes sortes d’ouvrages destinés au grand public mais d’examiner l’instrumentalisation du mythe de Salomon, telle qu’on la découvre, comme on l’a vu, dans la structure initiatique opérative du compagnonnage, et comme on va le voir dans la structure initiatique philosophique de la Franc Maçonnerie. Patrick Négrier, David Stevenson, après Mircea Eliade, sont en mesure de nous apporter sur ce terrain des ouvertures très précieuses.

Tout d’abord, il semble que la tradition hermétique écossaise, évoquée plus loin, ait parfois conduit à une ambiguïté sémantique . En effet l’ancien nom d’Ecosse, « Calédonie » a été rapproché abusivement de « Chaldée », sans doute par référence biblique et l’utilisation de personnages historiques iraniens comme Cyrus dans le rituel des hauts grades ; il ne faut pas oublier qu’à l’élaboration des rituels maçonniques participaient des intellectuels latinistes et hellénistes, mais aussi des chercheurs qui avaient pu lire les récits de voyage en Orient et s’étaient intéressés à l’histoire de l’Orient ancien et moderne. Ramsay lui-même écrivit un ouvrage consacré à Cyrus.

Cette tradition « calédonienne » en tout cas rappelait que trois « degrés » d’initiation avaient été préservés depuis l’antiquité, un niveau opératif, celui des artisans, le niveau spéculatif des druides, enfin le niveau hermétique de l’architecture sacrée, dont un représentant illustre était Vitruve, qui avait été le maître à penser de Marc Aurèle. La référence à l’écossisme se retrouvait tout au long du Moyen Age avec Clément Scot, conseiller de Charlemagne, Jean Scot Erigene, conseiller de Charles le Chauve, Michel Scot de l’empereur Henri II, et un autre Michel Scot, conseiller de l’Empereur Frédéric II.

Dans le texte de ses « Constitutions » (1723), évoquées plus haut, Andersen décrit de manière lyrique le Temple de Salomon : « Celui-ci fut commencé et achevé, à l’étonnement du monde entier, dans le court espace de temps de 7 ans et 6 mois, par cet Homme très sage, ce très glorieux Roi d’Israël, ce Prince de la Paix et de l’Architecture que fut Salomon, fils de David ». Une description de plusieurs pages va suivre et l’auteur va directement relier la tradition salomonienne à la franc-maçonnerie « De sorte qu’après l’édification du Temple de Salomon, la Maçonnerie fut améliorée dans toutes les nations voisines, car les nombreux artistes employés par Hiram Abif se dispersèrent, après son achèvement, en Syrie, Mésopotamie, Assyrie, Chaldée, Babylone, chez les Mèdes, en Perse, Arabie, Afrique, Asie Mineure, en Grèce et dans les autres pays d’Europe où ils enseignèrent leur Art libéral aux Fils nés libres des Personnages éminents…Mais pas une nation, seule ou unie aux autres, ne pouvait rivaliser avec les Israélites, et encore moins les surpasser en Maçonnerie ; et leur Temple resta le constant modèle ».

Les Constitutions d’Andersen n’évoquent que les deux premiers grades de la Maçonnerie, apprenti et compagnon. Il semble que ce soit vers 1725 que pour parachever la hiérarchie des grades, on introduisit un troisième degré, celui de « Maître » ; c’est ce qui ressort d’un ouvrage polémique publié, à Paris, en 1726, sous le titre « Le Maçon Antédiluvien ». Le mythe salomonien de la construction toujours renouvelée du Temple bénéficie de la présence de l’architecte du temple, Hiram, dont le nom est en tout cas cité dans le Livre des Rois.

Il faut dire que l’institution maçonnique introduit dans son rituel le mythe du meurtre fondamental traditionnel. En Egypte, le meurtre d’Osiris, en Phénicie de Melqart (le roi Hiram de Tyr aura fait construire un temple à Melqart), à Rome entre Romus et Romulus, souligne le thème de la lutte du bien contre le mal. Mais le concept était déjà présent dans le compagnonnage. Un document d’Edimbourg de 1696 parle du « relèvement du cadavre d’Hiram par les cinq points du compagnonnage ». Les « cinq points » correspondaient aux « cinq points » du calvinisme tels qu’ils avaient été adoptés par le Synode de Dordrecht (1618-1619). Le catéchiste Graham avait souhaité assimiler les rois d’Angleterre des XVIe et XVIIe siècles à Salomon, Hiram représentant la communauté calviniste. On avait là une implication conjoncturelle.

Le 3e degré de la maçonnerie va donc expliciter les différentes fonctions de Salomon, du roi de Tyr Hiram, et de l’architecte Hiramabi, et annoncer les degrés suivants, dits de « perfection », de tradition salomonienne et qui vont apparaître vers 1738. Le rituel de loge sera dorénavant inspiré par le meurtre d’Hiram, comme l’indique le Manuscrit Wilkinson (1730) : « La loge est un carré long. C’est la forme de la tombe de notre Grand Maître Hiram ». La loge reconstitue le chantier du temple de Jérusalem, et celui qui la préside est un Hiram ressucité.

L’Hiram de la Bible apparaît donc dans le « Livre des Rois et les Chroniques ». Salomon (II Chroniques II, 2) s’adresse à Hiram roi de Tyr pour lui expédier des cèdres. Ce dernier lui répond : « Je t’envoie un homme sage, possédant l’intelligence, Hiram Abi ». Dans le « Livre des Rois » (VII,13-14), on apprend qu’Hiram Abi est fils d’un Tyrien et d’une Juive, qu’il érigera les deux colonnes de cuivre Jakin et Boaz devant l’entrée du Temple, qu’il construira la « Mer d’Airain » (bassin des ablutions) et qu’il terminera tous les travaux ». Mais il n’est pas mentionné dans le texte biblique qu’il était architecte et qu’il fut tué.

Dans la légende d’Hiram adoptée par la tradition maçonnique, Hiram devient le prototype de l’homme juste, fidèle au devoir jusqu’à la mort. Il refuse en effet de livrer des secrets à trois contremaîtres du chantier du Temple qui veulent être promus le plus vite possible, et il est assassiné par ces trois « mauvais compagnons », que douze autres contremaîtres poursuivront et tueront également. Bien sûr, dans l’esprit religieux de l’époque, existait une corrélation entre Hiram et Jésus, condamné par trois personnages, Caïphe, Hérode et Pilate. Cet assassinat d’autre part préfigure négativement la destruction du Temple, mais aussi positivement, la nomination d’un nouveau maître. Sur le tableau de loge, au grade de maître, figurent un crâne représentant le drame du Golgotha et le meurtre d’Hiram, et des larmes exprimant le repentir de Pierre et le chagrin de l’injuste destinée d’Hiram.

Ces interprétations et ces rapprochements considérés comme hasardeux de symboles religieux et philosophiques conduit Rome à publier, en 1735, une bulle antimaçonnique « In Eminenti » reprochant aux participants catholiques en loge de fréquenter des non-catholiques, et regrettant la présence d’ecclésiastiques dans ces réunions. En 1781, l’évêque de Grenoble Mgr de Bouteville est ouvertement franc-maçon, et la loge « La Parfaite Union de Rennes », en 1785, compte qu’un cinquième de ses membres est composé de religieux. M.Thierry Zarcone a d’ailleurs montré que même des musulmans avaient été initiés dans des loges européennes.

Comme nous l’avons vu plus haut, et grâce à Ramsay, le personnage de Cyrus sera instrumentalisé dans le rituel maçonnique dans les hauts grades . Le 15e degré évoque la Cour de Cyrus et le 20e degré lui donne un rôle important. C’est que le Roi Perse, en libérant les Israélites de Babylonie, permettra la construction du deuxième Temple de Jérusalem (cf les livres d’Esdras et de Néhémi dans la Bible).

Ces hauts grades, établis par Etienne Morin en 1761, dans le cadre du Rite Ecossais Ancien et Accepté, seront au nombre de 33. Ils vont à plusieurs reprises évoquer l’action mythique du roi Salomon.

IV – Le mythe de Salomon dans la franc-maçonnerie

 Salomon apparaît dans plusieurs livres de la Bible, outre les Chroniques et le Livre des Rois, dans le Livre des Proverbes, le Cantique des Cantiques, l’Ecclesiaste, la Sagesse, les Psaumes. Ce sont ses connaissances scientifiques qui sont soulignés : la phytologie (La Sagesse 4, 4-5 ; 6, 15), la zoologie (Proverbes 6, 6-11 ; 26, 11 ; 28, 15 ; l’Ecclésiaste 3, 19-21 ; 9, 12 ; La Sagesse 5, 11), la cosmologie et l’astronomie (l’Ecclésiaste 1, 7 ; 3, 1-8 ; 11, 3 ; La Sagesse 2, 2-5 ; 19, 18-21 ; les Proverbes, 25, 23). Ainsi que son approche philosophique (1 Rois 5, 13 ; La Sagesse 7, 15-21) par le symbolisme des sept planètes errantes.

La Bible le fait voir en homme sage, voire exemplaire par son don du discernement afin de juger équitablement et son esprit de tolérance puisqu’il autorisera, à la fin de son règne, la pratique des cultes de ses épouses, moabites, hittites ou sidonites. Ce qui entraîne le problème de la responsabilité, cher aux francs-maçons. Son nom en hébreu Schlomo est à rapprocher de Shalom, paix, qui génère un état d’harmonie et de prospérité ; le Coran reprendra ce thème de correspondance entre « Suleyman » et « Salam » (la paix). A un plan supérieur, il est hissé au niveau de « prophète » (comme dans le Coran), les commentateurs rappelant qu’il n’y a pas d’autre prophète déclaré vivant à son époque. Certains ont pu le comparer à Jésus (cf Nathan, 2 et Samuel 7, 14) : « Je serai pour lui un Père, dit Yahvé, et lui sera pour Moi un fils », et dans les Psaumes 2, V ; 7, on lit ces autres paroles de Yahvé qui lui sont adressées : « Tu es mon fils, Moi aujourd’hui, Je t’ai engendré ».

Le rôle de bâtisseur de Salomon est aussi souligné à l’occasion de l’érection du Temple de Jérusalem (1 Rois 10, 1) qui prit 77 mois et dont la façade aurait imité le modèle fourni par les anciennes huttes des bergers mésopotamiens comme la famille d’Abraham. La Genèse (33, 17) parle de hutte « bâtie » par Jacob, et si l’Exode est présenté comme une quête de pâturage, la construction d’un Temple pour abriter l’Arche d’Alliance jusque là itinérante, souligne la sédentarisation des Hébreux (en arabe « Aber », celui qui parcourt les espaces, comme toutes les langues sémitiques). Sur une terrasse de 110 mètres de long sur 88 mètres de large, l’édifice aura 33 mètres de long, 11 mètres de large et 16,5 mètres de hauteur. Les rochers qui affleurent servirent d’autel des sacrifices pour les trois temples successifs ; ils seront recouverts par la « Coupole du Rocher » par le Calife Abdelmalek (685-691) et réintroduits dans l’imaginaire musulman avec l’empreinte d’un pied attribué à Mohammed au moment de son ascension céleste. Ce temple sera détruit en 586 avant J.C. par les Perses ; un deuxième temple sera érigé par Zorobabel en 450 avant J.C.. Ezechiel aura été missionné pour décrire le temple de Jérusalem aux Juifs de Babylone, insistant sur sa représentation du personnage créateur, du cosmos et de chaque être humain, notions instrumentalisées par les Francs-Maçons dans leur loge. Le troisième temple sera construit par Hérode le Grand, détruit par Titus en 70, et rasé par Hadrien en 135 de notre ère.

Dès le grade d’apprenti, la symbolique du Temple de Jérusalem apparaît dans le vestibule qui leur est réservé, rappelant les 15 marches extérieures du temple, le « heykal » ou partie centrale, où s’assemblent les maçons, et que l’on considère comme « centre du monde », transformable parfois au niveau des Maîtres, en « Dévir » ou « Chambre du milieu ». L’architecture intérieure et le mobilier, évoqués dans la Bible sont présents dans la loge , les deux colonnes du temple encadrent le « dévir », le tableau de loge symbolise les marches d’entrée du Temple, les fenêtres à cadres et à grilles ; la pierre rappelle le 1er Livre des Rois (V,32) : « Les maçons de Salomon, de Hiram et les guiblins (de Byblos) équarissaient et façonnaient le bois et la pierre pour l’édification du Temple » ; les grenades figurant sur le chapiteau des colonnes représentent, comme l’indique Patrick Négrier « la multiplicité des principes comportant l’Etre », le chandelier (ménara) à sept branches (cf Genèse, 1, 11 à 13) et enfin le pavé mosaïque évoquant la terre sainte du Sinaï.

Salomon est souvent présent dans le rituel maçonnique ; s’il clôt le premier des cycles de l’initiation, il ouvre les degrés dits salomoniens. Au 4e degré, la loge est présidée par Salomon, au Rite Ecossais Ancien et Accepté, et la Bible, présente sur « l’autel » est ouverte au premier livre des Rois ; les maçons déplorent la mort d’Hiram. Au 6e degré, Salomon et Hiram président les activités de la loge, et par une référence souchée sur le Livre des Rois (LX 11 à 13), Salomon pardonnera à un visiteur curieux, en fait l’impétrant, d’être venu s’informer en toute bonne foi. Au 8e degré, Salomon recherche un responsable pour le nommer à la tête des cinq ordres d’architecture. Les 9e, 10e et 11e degrés décrivent des rites de vengeance décidés par Salomon. La légende développée au 13e degré où le Président représente Salomon a été décrite dans le « Manuscrit Francken », présenté en France, comme on l’a vu plus haut, par Etienne Morin, en ces termes : « Ce roi vertueux (Salomon), supposant qu’avant le Déluge un temple avait peut-être été érigé sur ce lieu, et craignant que ce ne fût au culte de quelque faux dieu… ne voulut pas le construire là. Il partit donc et choisit la plaine d’Arunia (ou « Ornan »). C’est la légende du temple souterrain d’Henoch que reprendra le texte du rite maçonnique. Le président de loge représente encore Salomon au 14e degré. Au 27e degré, le mot de passe sera encore « Salomon ». Ainsi ce dernier apparaît comme garant symbolique de la maîtrise sans défaut, du secret, et de l’influence spirituelle de celui qui, élu par ses pairs, dirige une loge maçonnique.

 

Cette instrumentalisation européenne de ce personnage biblique de Salomon, dans les rites initiatiques, d’abord compagnonniques, puis chevaleresques, puis maçonniques, ne diffère pas,dans un triple rôle mis en valeur par la Bible, de roi, de prophète et de grand prêtre, de ce qu’il peut représenter dans des cérémonies exclusivement religieuses, comme l’ont montré plusieurs intervenants spécialisés dans d’autres régions du monde, asiatiques et africaines. En tout cas, la remarque de Jung « On ne fabrique pas un symbole, on le découvre », s’applique bien à l’appropriation, par les sociétés initiatiques, du mythe salomonien.

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