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Histoire des Francs-Maçons (extrait)

6 Mai 2012 , Rédigé par J. P. Dubreuil 1863 Publié dans #fondements bibliques de la FM

 DE HIRAM ADONIRAM, ou ADORAM, ARCHITECTE DU TEMPLE DE SALOMON.

Pour comprendre le rapport qu'il y a entre cette histoire et la société des Francs-maçons, il faut savoir que leur loge représente le temple de Salomon, et qu'ils donnent le nom d'Hiram à l'architecte que ce prince choisit pour la construction de ce fameux édifice.

Quelques-uns prétendent que cet Hiram était roi de Tyr; et d'autres , que c'était un célèbre ouvrier en métaux, que Salomon avait fait venir des pays étrangers , et qui fit les deux colonnes d'airain qu'on voyait à la porte du temple , l'une appelée Jakin, et l'autre Boaz.

L'auteur du « Secret des Francs-maçons » a raison de dire qu'il ne s'agit point d'Hiram, roi de Tyr, chez les Francs-maçons. Mais il ne s'agit point non plus, comme il le prétend, de cet Hiram, admirable ouvrier en métaux, que Salomon avait fait venir de Tyr, et qui fit les deux colonnes de bronze. Quel rapport pourrait avoir un ouvrier en métaux, avec la confrérie des Francs-maçons? Il me semble que la qualité qu'ils prennent de Maçons , le tablier de peau blanche , la truelle qu'ils portent, et tous les autres instruments allégoriques dont ils se décorent en loge, n'ont rien de commun avec les orfèvres, les serruriers, les fondeurs, ni les chaudronniers. Mais, outre qu'il n'est point vraisemblable qu'il s'agisse parmi eux d'Hiram , roi de Tyr, non plus que d'Hiram , ouvrier en métaux, ils conviennent tous que c'est en mémoire de l'architecte du temple de Salomon, qu'ils font toutes leurs cérémonies, et principalement celles qu'ils observent à la réception des maîtres. Après cela, comment peut-on s'y méprendre , puisque l'Écriture nous apprend que celui qui conduisait les travaux pour la construction du temple de Salomon s'appellait Adoniram. II est vrai que Joseph, dans son Histoire des Juifs, dit qu'il se nommait Âdoram ; mais cette différence ne doit pas le faire confondre avec Hiram, roi de Tyr, ni avec Hiram, ouvrier en métaux. Il n'est donc pas douteux, que celui dont les Francs-maçons honorent la mémoire s'appelait Àdoniram ou Adoram, et que c'est à lui à qui ils prétendent qu'est arrivée l'aventure tragique , dont je vais faire le récit.

 On ne trouve aucun vestige de ce trait d'histoire dans l'Écriture ni dans Joseph. Les Francs-maçons prétendent qu'elle a été puisée dans le Talmud ; mais, comme je crois qu'il est fort indifférent de savoir d'où elle peut être tirée , je n'ai pas fait de grandes recherches pour m'en assurer. Je me fonde uniquement sur la tradition reçue parmi les Francs-maçons, et je la rapporte fidèlement, comme ils la racontent tous.

Adoniram, Adoram, ou Hiram, à qui Salomon avait donné l'intendance et la conduite des travaux de son temple, avait un si grand nombre d'ouvriers à payer , qu'il ne pouvait les connaître tous ; et pour ne pas risquer de payer l'apprenti comme le compagnon, et le compagnon comme le maître, il convint, avec chacun d'eux en particulier , de mots, de signes et d'attouchements différents, pour les distinguer.

Le mot de l’apprenti était Jakin, nom d'une des deux colonnes d'airain qui étaient à la porte du temple , auprès de laquelle ils s'assemblaient pour recevoir leur salaire. Leur signe était de porter la main droite sur l'épaule gauche, de la retirer sur la même ligne du côté droit, et de la laisser retomber sur la cuisse : le tout en trois temps. Leur attouchement était d'appuyer le pouce droit sur la première et grosse jointure de l'index de la main droite de celui à qui ils voulaient se faire connaître.

Le mot des compagnons était Boaz : on appelait ainsi l'autre colonne d'airain qui était à la porte du temple, où ils s'assemblaient aussi pour recevoir leur salaire. Leur signe était de porter la main droite sur la mamelle gauche , les quatre doigts serrés et étendus et le pouce écarté. Leur attouchement était le même que celui des apprentis, excepté qu'ils le faisaient sur le second doigt, et les apprentis sur le premier.

Le maître n'avait qu'un mot pour se faire distinguer d'avec ceux dont je viens de parler, qui était Jéhova ; mais il fut changé après la mort d'Adoniram, dont je vais faire l'histoire.

Trois compagnons, pour tâcher d'avoir la paye de maître, résolurent de demander le mot de maître à Adoniram, lorsqu'ils pourraient le rencontrer seul; ou de l'assassiner, s'il ne voulait pas le leur dire. Pour cet effet, ils se cachèrent dans le temple, où ils savaient qu'Adoniram allait seul tous les soirs faire la ronde. Ils se postèrent, l'un au Midi. l'autre au Septentrion, et le troisième à l'Orient. Adoniram étant entré, comme à l'ordinaire, par la porte de l'Occident, et voulant sortir par celle du Midi, un des trois compagnons lui demanda le mot de maître, en levant sur lui le bâton, ou le marteau , qu'il tenait à la main. Adoniram lui dit, qu'il n'avait pas reçu le mot de maître de cette façon-là. Aussitôt, le compagnon lui porta sur la tête un coup de son bâton ou de son marteau. Le coup n'ayant pas été assez violent pour jeter Adoniram par terre, il se sauva du côté de la porte du Septentrion, où il trouva le second, qui lui en fit autant. Cependant, comme ce second coup ne l'avait pas encore terrassé, il fut pour sortir par la porte de l'Orient : mais il y trouva le dernier, qui, après lui avoir fait la même demande que les deux premiers, acheva de l'assommer. Après quoi, ils se rejoignirent tous les trois pour l'enterrer. Mais, comme il faisait encore jour, ils n'osèrent transporter le corps sur-le-champ ; ils se contentèrent de le cacher sous un tas de pierres, et, quand la nuit fut venue, ils le transportèrent sur une montagne où ils l'enterrèrent ; et, afin de pouvoir reconnaître l'endroit, ils coupèrent une branche d'un acacia qui était auprès d'eux, et la plantèrent sur la fosse.

Salomon ayant été sept jours sans voir Adoniram, ordonna à neuf maîtres de le chercher ; et, pour cet effet, d'aller d'abord se mettre trois à chaque porte du temple, pour tâcher de savoir ce qu'il était devenu. Ces neuf maîtres exécutèrent fidèlement les ordres de Salomon; et, après avoir cherché longtemps aux environs, sans avoir appris aucune nouvelle d'Adoniram, trois d'entre eux , qui se trouvèrent un peu fatigués, furent justement pour se reposer auprès de l'endroit où il était enterré. L'un des trois, pour s'asseoir plus aisément, prit la branche d'acacia, qui lui resta à la main, ce qui leur fit remarquer que la terre en cet endroit avait été remuée nouvellement; et, voulant en savoir la cause, ils se mirent à fouiller, et trouvèrent le corps d'Adoniram. Alors ils firent signe aux autres de venir vers eux, et, ayant tous reconnu leur maître, ils se doutèrent que ce pouvait être quelques compagnons qui avaient fait ce coup-là, en voulant le forcer de leur donner le mot de maître ; et, dans la crainte qu'ils ne l'eussent tiré de lui, ils résolurent d'abord de le changer et de prendre le premier mot qu'un d'entre eux pourrait dire en déterrant le cadavre. Il yen eut un qui le prit par un doigt, mais la peau se détacha, et lui resta dans la main. Le second maître le prit sur-le-champ par un autre doigt, qui en fit tout autant. Le troisième le prit par le poignet, de la même manière que le grand-maître saisit le poignet du compagnon, dans la cérémonie de la réception : la peau se sépara encore ; sur quoi il s'écria, M.°. B.°. qui signifie, selon les Francs - maçons, la chair quitte les os, ou le corps est corrompu. Aussitôt ils convinrent ensemble que ce serait-là dorénavant le mot de maître. Ils allèrent sur-le-champ rendre compte de cette aventure à Salomon, qui en fut fort touché; et, pour donner des marques de l'estime qu'il avait eue pour Adoniram, il ordonna à tous les maîtres de l'aller exhumer , et de le transporter dans le temple , où il le fit enterrer en grande pompe. Pendant la cérémonie, tous les maîtres portaient des tabliers et des gants de peau blanche, pour marquer qu'aucun d'eux n'avait souillé ses mains du sang de leur chef.

 Telle est l'histoire d'Hiram, que le grand-maître raconte au récipiendaire, le jour de sa réception. Comme ce n'est qu'une fiction, et qu'on n'en trouve pas la moindre trace dans l'histoire sacrée ni profane , il ne faut pas être surpris si les Frans-maçons ne s'accordent pas toujours sur le nom de cet architecte, ni sur les circonstances de sa mort. Par exemple : j'ai dit que les trois compagnons plantèrent une branche d'acacia sur la fosse d'Hiram ; mais d'autres prétendent que cette branche fut plantée par les maîtres qui cherchaient le corps , afin de pouvoir reconnaître l'endroit où ils l'avaient trouvé. Quelques-uns prétendent aussi que les maîtres exhumèrent le corps d'Hiram , avant que d'aller rendre compte à Salomon de leur aventure, au lieu que j'ai dit que ce fut ce prince qui fit déterrer le cadavre. Il y en a encore qui soutiennent que le premier coup que reçut Hiram fut un coup de brique ; le second, un coup de pierre cubique ; et le troisième, un coup de marteau. Enfin, il y en a qui disent que ce fut Salomon qui s'avisa de changer le mot de maître ; au lieu que d'autres prétendent que les maîtres firent ce changement sans le consulter. En un mot, dans toutes les loges que j'ai vues, j'ai trouvé quelque différence ; mais par rapport aux particularités seulement, et non quant à l'essentiel. La manière dont j'ai raconté cette histoire est conforme à l'opinion la plus communément reçue.

 Salomon , pour récompenser ceux qui le servirent fidèlement, les établit surintendants de 153,392 ouvriers qui furent employés à la construction du temple, savoir: 70,000 ap..., 79,997 comp..., 3,595 maît... ; le maître s'appellait Abiram Akiroph.

Après la construction du temple, plusieurs s'unirent dans un même chef et travaillèrent à la réformation de leurs mœurs et se rendirent célèbres par leurs charités ; ils s'appelèrent Phares Kados (saints séparés) , mais ils ne se soutinrent pas longtemps : ils oublièrent peu à peu leurs obligations et négligèrent leurs devoirs ; ils n'eurent plus que les dehors de la vertu.

Le maître qui s'acquit le plus de réputation fut Ptolémée, philadelphe, roi d'Egypte, prince des astrologues, qui ordonna la Version des Septantes.

 Plusieurs zélés observateurs de leurs lois se séparèrent et élurent un grand-maître ad vitam. Une partie resta dans le monde et s'appliqua aux bonnes œuvres ; l'autre se retira dans les possessions qu'ils avaient en Syrie , en Scythie et dans la Thébaïde : ce furent de saints solitaires , des Pères du désert ; ils étaient connus dans ces temps sous le nom de Zécabithes. d'esséniens , de théraupètes et de kadiséens ; leur vie était si exemplaire qu'on les nomma kados (saints). Leur grand-maître le plus renommé fut Manchem; tous les écrivains, tant juifs que ecclésiastiques, s'accordent à le reconnaître pour saint.

Les anciens Maçons étaient donc Juifs; après la destruction du second temple, sous Titus, beaucoup embrassèrent le christianisme et communiquèrent leurs secrets aux Chrétiens les mieux pénétrés de l'évangile. Alexandre, patriarche d'Alexandrie , fut un grand ornement de l'ordre.

 

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1860 - La légende d'Hiram par Eliphas Lévi

6 Mai 2012 , Rédigé par Eliphas Levi Publié dans #fondements bibliques de la FM

La grande association kabbalistique, connue en Europe sous le nom de maçonnerie, apparaît tout à coup dans le monde au moment où la protestation contre l'Eglise vient de démembrer l'unité chrétienne.

 Les historiens de cet ordre ne savent comment en expliquer l'origine : les uns lui donnent pour mère une libre association de maçons, formée lors de la construction de la cathédrale de Strasbourg ; d'autres lui donnent Cromwell pour fondateur, sans trop se demander si les rites de la maçonnerie anglaise du temps de Cromwell ne sont pas organisés contre ce chef de l'anarchie puritaine ; il en est d'assez ignorants pour attribuer aux jésuites, sinon la fondation du moins la continuation et la direction de cette société longtemps secrète et toujours mystérieuse. A part cette dernière opinion, qui se réfute d'elle-même, on peut concilier toutes les autres, en disant que les frères maçons ont emprunté aux constructeurs de la cathédrale de Strasbourg leur nom et les emblèmes de leur art, qu'ils se sont organisés publiquement pour la première fois en Angleterre, à la faveur des institutions radicales et en dépit du despotisme de Cromwell.

On peut ajouter qu'ils ont eu les templiers pour modèles, les rose-croix pour pères et les joannites pour ancêtres. Leur dogme est celui de Zoroastre et d'Hermès, leur règle est l'initiation progressive, leur principe l'égalité réglée par la hiérarchie et la fraternité universelle ; ce sont les continuateurs de l'école d'Alexandrie, héritière de toutes les initiations antiques ; ce sont les dépositaires des secrets de l'apocalypse et du Zohar ; l'objet de leur culte c'est la vérité représentée par la lumière ; ils tolèrent toutes les croyances et ne professent qu'une seule et même philosophie ; ils ne cherchent que la vérité, n'enseignent que la réalité et veulent amener progressivement toutes les intelligences à la raison.

Le but allégorique de la maçonnerie, c'est la reconstruction du temple de Salomon ; le but réel, c'est la reconstitution de l'unité sociale par l'alliance de la raison et de la foi, et le rétablissement de la hiérarchie, suivant la science et la vertu, avec l'initiation et les épreuves pour degrés.

Rien n'est plus beau, on le voit, tien n'est plus grand que ces idées et ces tendances, malheureusement les doctrines de l'unité et la soumission à la hiérarchie ne se conservèrent pas dans la maçonnerie universelle ; il y eut bientôt une maçonnerie dissidente, opposée à la maçonnerie orthodoxe, et les plus grandes calamité de la révolution française durent le résultat de cette scission.

 

Les francs-maçons ont leur légende sacrée, c'est celle d'Hiram, complétée par celle de Cyrus et de Zorobabel.

Voici la légende d'Hiram :

Lorsque Salomon fit bâtir le temple, il confia ses plans à un architecte nommé Hiram.

Cet architecte, pour mettre de l'ordre dans les travaux, divisa les travailleurs par rangs d'habileté, et comme leur multitude était grande, afin de les reconnaître, soit pour les employer suivant leur mérite, soit pour les rémunérer suivant leur travail, il donna à chaque catégorie, aux apprentis, aux compagnons et aux maîtres, des mots de passe et des signes particuliers.

Trois compagnons voulurent usurper le rang des maîtres sans en avoir le mérite, ils se mirent en embuscade aux trois principales portes du temple, et lorsque Hiram se présenta pour sortir, l'un des compagnons lui demanda le mot d'ordre des maîtres, en le menaçant de sa règle.

Hiram lui répondit : Ce n'est pas ainsi que j'ai reçu le mot que vous me demandez.

Le compagnon courut à une autre porte, il y trouva le second compagnon, même demande, même réponse, et cette fois Hiram fut frappé avec une équerre, d'autres disent avec un levier.

Hiram courut à une autre porte, il y trouva le second compagnon, même demande, même réponse, et cette Hiram fut frappé avec une équerre, d'autres disent avec un levier.

A la troisième porte était le troisième assassin, qui acheva le maître d'un coup de maillet.

Ces trois compagnons cachèrent ensuite le cadavre sous un tas de décombres, et plantèrent sur cette tombe improvisée une branche d'acacia, puis ils prirent la fuite comme Caïn après le meurtre d'Abel.

Cependant Salomon, ne voyant pas revenir son architecte, envoya neuf maîtres pour le chercher, la branche d'acacia leur révéla le cadavre, ils le tirèrent des décombres, et comme il y avait séjourné assez longtemps, ils s'écrièrent en le soulevant : Mac bénach ! ce qui signifie : la chair se détache des os.

On rendit à Hiram les derniers devoirs, puis vingt-sept maîtres furent envoyés par Salomon à la recherche des meurtriers.

Le premier fut surpris dans une caverne, une lampe brûlait près de lui et un ruisseau coulait à ses pieds, un poignard était près de lui pour sa défense ; le maître qui pénétra dans la caverne reconnut l'assassin, saisit le poignard et le frappa en criant : Nekam ! mot qui veut dire vengeance ; sa tête fut portée à Salomon, qui frémit en la voyant, et dit à celui qui avait tué l'assassin : Malheureusement, ne savais-tu pas que je m'étais réservé le droit de punir ? Alors tous les maîtres se prosternèrent et demandèrent grâce pour celui que son zèle avait emporté trop loin.

Le second meurtrier fut trahi par un homme qui lui avait donné asile ; il était caché dans un rocher près d'un buisson ardent, sur lequel brillait un arc-en-ciel, un chien était couché près de lui, les maîtres trompèrent la vigilance du chien, saisirent le coupable, le lièrent et le menèrent à Jérusalem, où il périt du dernier supplice.

Le troisième assassin fut tué par un lion, qu'il fallut vaincre pour s'emparer de son cadavre, d'autres versions disent qu'il se défendit lui-même à coups de hache contre les maîtres, qui parvinrent enfin à la désarmer et le conduisirent à Salomon, qui lui fit expier son crime.

Telle est la première légende, en voici maintenant l'explication.

Salomon est la personnification de la science et de la sagesse suprêmes.

Le temple est la réalisation et la figure du règne hiérarchique de la vérité et de la raison sur la terre.

Hiram est l'homme parvenu à l'empire par la science et par la sagesse.

Il gouverne par la justice et par l'ordre, en rendant à chacun selon ses œuvres.

Chaque degré de l'ordre possède un mot qui en exprime l'intelligence. Il n'y a qu'une parole pour Hiram, mais cette parole se prononce de trois manières différentes.

D'une manière pour les apprentis, et prononcé par eux il signifie nature et s'explique par le travail.

D'une autre manière pour les compagnons, et chez eux il signifie pensée en s'expliquant par l'étude.

D'une autre manière pour les maîtres, et dans leur bouche il signifie vérité, mot qui s'explique par la sagesse.

Cette parole est celle dont on se sert pour désigner Dieu, dont le vrai nom est indicible et incommunicable.

Ainsi il y a trois degrés dans la hiérarchie, comme il a trois portes au temple ;

Il y a trois rayons dans la lumière ; Il y a trois forces dans la nature ;

Ces forces sont figurées par la règle qui unit, le levier qui soulève et le maillet qui affermit.

La rébellion des instincts brutaux, contre l'aristocratie hiérarchique de la sagesse, s'arme successivement de ces trois forces qu'elle détourne de l'harmonie.

Il y a trois rebelles typiques :

Le rebelle à la nature ;Le rebelle à la science ;Le rebelle à la vérité.

Ils étaient figurés dans l'enfer des anciens par les trois têtes de Cerbère.

Ils sont figurés dans la Bible par Coré, Dathan et Abiron.

Dans la légende maçonnique, ils sont désignés par des noms qui varient suivant les rites.

Le premier qu'on appelle ordinairement Abiram ou meurtrier d'Hiram, frappe le grand maître avec la règle.

C'est l'histoire du juste mis à mort, au nom de la loi, par les passions humaines.

Le second nommé Miphiboseth, du nom d'un prétendant ridicule et infirme à la royauté de David, frappe Hiram avec le levier ou avec l'équerre.

C'est ainsi que le levier populaire ou l'équerre d'une folle égalité devient l'instrument de la tyrannie entre les mains de la multitude et attente, plus malheureusement encore que la règle, à la royauté de la sagesse et de la vertu.

Le troisième enfin achève Hiram avec le maillet.

Comme font les instincts brutaux, lorsqu'ils veulent faire l'ordre au nom de la violence et de la peur en écrasant l'intelligence.

La branche d'acacia sur la tombe d'Hiram est comme la croix sur nos autels.

C'est le signe de la science qui survit à la science ; c'est la branche verte qui annonce un autre printemps.

Quand les hommes ont ainsi troublé l'ordre de la nature, la Providence intervient pour le rétablir, comme Salomon pour venger la mort d'Hiram.

Celui qui a assassiné avec la règle, meurt par le poignard. Celui qui a frappé avec le levier ou l'équerre, mourra sous la hache de la loi. C'est l'arrêt éternel des régicides.

Celui qui a triomphé avec le maillet, tombera victime de la force dont il a abusé, et sera étranglé par le lion. L'assassin par la règle, est dénoncé par la lampe même qui l'éclaire et par la source où il s'abreuve.

C'est-à-dire, qu'on lui appliquera la peine du talion.

L'assassin par le levier sera surpris quand sa vigilance sera en défaut comme un chien endormi, et il sera livré par ses complices ; car l'anarchie est mère de la trahison.

Le lion qui dévore l'assassin par le maillet, est une des formes du sphinx d'Œdipe.

Et celui-là méritera de succéder à Hiram dans sa dignité qui aura vaincu le lion.

Le cadavre putréfié d'Hiram montre que les formes changent, mais que l'esprit reste.

La source d'eau qui coule près du premier meurtrier, rappelle le déluge qui a puni les crimes contre la nature.

Le buisson ardent et l'arc-en-ciel qui font découvrir le second assassin, représentent la lumière et la vie, dénonçant les attentats contre la pensée.

Enfin le lion vaincu représente le triomphe de l'esprit sur la matière et la soumission définitive de la force à l'intelligence.

Depuis le commencement du travail de l'esprit pour bâtir le temple de l'unité, Hiram a été tué bien des fois, et il ressuscite toujours.

C'est Adonis tué par le sanglier, c'est Osiris assassiné par Typhon.

C'est Pythagore proscrit, c'est Orphée déchiré par les Bacchantes, c'est moïse abandonné dans les cavernes du Mont-Nébo, c'est Jésus mis à mort par Caïphe, Judas et Pilate.

Les vrais maçons sont donc ceux qui persistent à vouloir construire le temple, suivant le plan d'Hiram.

Telle est la grande et principale légende de la maçonnerie ; les autres ne sont pas moins belles et moins profondes, mais nous ne croyons pas devoir en divulguer les mystères, bien que nous n'ayons reçu l'initiation que de Dieu et de nos travaux, nous regardons le secret de la haute maçonnerie comme le nôtre. Parvenus par nos efforts à un grade scientifique qui nous impose le silence, nous nous croyons mieux engagé par nos convictions que par un serment. La science est une noblesse qui oblige, et nous ne démériterons point la couronne princière des rose-croix. Nous aussi nous croyons à la résurrection d'Hiram !

Les rites de la maçonnerie sont destinés à transmettre le souvenir des légendes de l'initiation, à le conserver parmi les frères.

On nous demandera peut-être comment, si la maçonnerie est si sublime et si sainte, elle a pu être proscrite et si souvent condamnée par l'Eglise.

Nous avons déjà répondu à cette question, en parlant des scissions et des profanations de la maçonnerie.

La maçonnerie, c'est la gnose, et les faux gnostiques ont fait condamner les véritables. Ce qui oblige à se cacher, ce n'est pas la crainte de la lumière, la lumière est ce qu'ils veulent, ce qu'ils cherchent, ce qu'ils adorent.

Mais ils craignent les profanateurs, c'est-à-dire les faux interprètes, les calomniateurs, les sceptiques au rire stupide, et les ennemis de toute croyance et de toute moralité.

De notre temps d'ailleurs un grand nombre d'hommes qui se croient francs-maçons, ignorent le sens de leurs rites, et ont perdu la clé de leurs mystères.

Ils ne comprennent même plus leurs tableaux symboliques, et n'entendent plus rien aux signes hiéroglyphiques, dont sont historiés les tapis de leurs loges.

Ces tableaux et ces signes sont les pages du livre de la science absolue et universelle. On peut les lire à l'aide des clés kabbalistiques, et elles n'ont rien de caché pour l'initié qui possède les clavicules de Salomon.

La maçonnerie a non seulement été profanée, mais elle a servi même de voile et de prétexte aux complots de l'anarchie, par l'influence occulte des vengeurs de Jacques de Molay, et des continuateurs de l'œuvre schismatique du temple.

Au lieu de venger la mort d'Hiram, on a vengé ses assassins.

Les anarchistes ont repris la règle, l'équerre et le maillet, et ont écrit dessus liberté, égalité, fraternité. C'est-à-dire liberté pour les convoitises, égalité dans la bassesse, et fraternité pour détruire.

Voilà les hommes que l'Eglise a condamnés justement et qu'elle condamnera toujours !

Source : http://legende-hiram-bis.blogspot.fr/2010/06/1860-la-legende-d-par-eliphas-levi.html

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Le nouveau catéchisme des Francs-Maçons (1780)

6 Mai 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Rites et rituels

 La légende d'Hiram

Mon cher Frère, pour commencer à vous instruire des mystères de la Maîtrise, il est bon de vous dire que notre respectable Maître Adoniram, grand Architecte du Temple de Salomon, possédant les secrets de la Maîtrise, aima mieux souffrir la mort que de révéler les dits secrets. Je pense que vous êtes dans les mêmes sentimens ; c'est pourquoi je me vois forcé de vous traiter de la même manière dont il fut traité par trois scélérats de Compagnons, qui attentèrent à sa vie pour avoir la paye de Maître. Du premier coup il fut étourdi, du second il trébucha, et du troisième il fut renversé. Mon cher Frère, c'est à vous que j'adresse la parole : Vous représentez ici notre très-respectable Maître, reposant dans le Saint des Saints ; c'est ce que je vais vous expliquer par un récit abrégé de la vie et de la mort de ce grand Homme. DAVID, Roi d'Israël, ayant formé le projet d'élever un Temple à l'Eternel, amassa pour cet effet de riches trésors. Mais ce grand œuvre était réservé à son fils SALOMON, à qui Dieu donna le don de sagesse par son esprit, de force par sa puissance, et de beauté par ses richesses. SALOMON ayant pris l'année, le mois et le jour, pour commencer ce grand Edifice, en fit part à HIRAM, Roi de Tyr, son voisin, son ami et son allié, qui lui envoya les Cèdres du Liban tous taillés et prêts à poser ; SALOMON en fit de même dans les carrières, pour les pierres dont il avait besoin pour la construction de son Temple : mais HIRAM lui fit un bien plus précieux don en la personne d'Adoniram, issu de son sang, fils d'une veuve de la tribu de Nephtali ; son père se nommait HUR, excellent ouvrier dans l'Architecture et dans la fonte des métaux. SALOMON connaissant ses vertus, son mérite et ses talents, le distingua par le poste le plus éminent, lui donnant la conduite du Temple, et la direction des Ouvriers. Mais comme les Ouvriers étoient en grand nombre, il les sépara en trois classes, les Apprentis, les Compagnons et les Maîtres, et leur donna à chacun d'eux un signe, une parole et un attouchement, pour pouvoir se faire connoître, et recevoir leur salaire.

Trois scélérats de Compagnons, remplis d'avarice et d'envie, voulant toucher la paye de Maître, projetterent de l'avoir de force, ou la vie de notre très-respectable Maître Adoniram. Pour cet effet, l'un se place à la porte de l'occident du Temple, le second à la porte du midi, et le troisième à la porte du nord. Adoniram, selon sa coutume, vers la fin du jour, s'en vint pour faire la visite des travaux, afin d'en rendre compte à SALOMON, et entra dans le Temple par la porte de l'occident, où il trouva le premier de ces malheureux, qui lui demanda avec violence la paye de Maître ou la vie. Adoniram surpris, lui répondit néanmoins avec douceur : Mon Frère, ce n'est point de cette façon que je l'ai acquise ; travaillez, méritez, et vous l'aurez. Non content de cette réponse, ce téméraire le frappa d'un coup de règle, qui le fit fuir vers la porte du midi, où il trouva le second de ces scélérats, qui lui fit la même demande : Adoniram lui fit la même réponse. Ce malheureux le frappa d'un coup de rouleau qui l'étourdit ; et, fuyant vers la porte du nord, il trouva le troisième, qui l'arrêta, en lui demandant la parole de Maître, ou la vie. Mais Adoniram persista avec fermeté et courage à garder son secret : c'est de ce troisième malheureux qu'il reçu un furieux coup de maillet, qui le fit tomber mort vers la porte de l'orient. Ils se rassemblèrent entre eux, se demandèrent la parole de Maître ; voyant qu'ils ne l'avoient pas et, honteux de leur crime, ils enlevèrent le corps de notre respectable Maître, le portèrent hors du Temple, le cachèrent sous des décombres, dans l'intention, furtivement de nuit, de l'enlever et de le porter hors de Jérusalem ; ce qu'ils firent. Trois, cinq et sept jours se passèrent sans que SALOMON vit son grand Architecte ; il en fut fort inquiet, et ordonna à neuf des plus jeunes Maîtres d'aller à la découverte, et de lui en apporter des nouvelles. Trois partirent par la porte de l'orient, trois par la porte du midi, et trois par la porte de l'occident ; ils convinrent entr'eux de ne point s'éloigner les uns des autres plus loin que la voix humaine ne puisse s'entendre. L'un d'eux, fatigué de sa course, et voulant se reposer au pied d'une colline, s'aperçut que la terre étoit fraîchement remuée ; il s'en approcha, et en fouillant, il trouva le corps de notre respectable Maître Adoniram. Il appelle ses camarades qui, à sa voix, s'approchent de lui ; il leur fait part de la triste découverte : mais par respect, n'osant y toucher, ils recouvrirent la fosse, et se trouvant proche de là un arbre nommé Acacia, ils en arrachèrent une branche, la plantèrent sur l'endroit, pour pouvoir le reconnoître, et s'en retournèrent à Jérusalem, rendre compte à SALOMON de la perte de son grand Architecte.

SALOMON, pénétré de la plus vive douleur, déchira ses vêtemens, et jura qu'il en seroit fait vengeance : il ordonna à neuf des plus anciens Maîtres, d'aller faire l'exhumation du corps, et de le rapporter à Jérusalem, avec pompe funèbre. Les Maîtres convinrent entr'eux, dans la crainte que par le force des tourmens et violence, le mot de Maître n'eut transpiré, que le premier signe, parole et attouchement qui seroit fait et proféré à la levée du corps, serviroit à l'avenir pour les Maîtres. De plus, ils se revêtirent de tabliers et gants de peau blanche, pour preuve de leur innocence, et qu'ils n'avoient point trempé leurs mains dans le sang innocent. Le plus ancien d'entr'eux s'avança, (en cet endroit, le Vénérable Maître, en continuant son Discours, opère et relève le Récipiendaire en lui donnant l'accolade) et en découvrant le gazon, dont ceci nous sert de symbole, il le prit par JAKIN, mais le doigt lui resta dans la main ; il le prit par BOOZ, de même, la chair étant putréfiée, les os quittèrent la peau ; mais pour plus de fermeté, il le prit par les cinq points de la Maçonnerie, que nous nommons la Grippe, et le releva de cette façon ; pied contre pied, genou contre genou, estomac contre estomac, la main derrière le dos, il proféra ces mots, M. B. qui signifie, le corps est corrompu; ils le rapportèrent à Jérusalem, où SALOMON, pour récompenser ses vertus, son mérite et ses talens, le fit inhumer dans le sanctuaire du Temple, et fit mettre sur son tombeau une médaille d'or en forme de triangle, où étoit gravé JEHOVA, l'ancien mot de Maître, qui signifie le nom de Dieu en Hébreu. Son cercueil étoit de marbre noir, de sept pieds de long, cinq de large et trois de profondeur.

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La Prière de l'alchimiste (1957)

5 Mai 2012 , Rédigé par d'Eugène Canseliet (1957) Publié dans #Alchimie

Dieu tout-puissant, éternel, père de la céleste lumière, de qui viennent aussi tous les biens et tous les dons parfaits : nous implorons ton infinie miséricorde, afin que tu nous permettes de connaître parfaitement ton éternelle sagesse qui environne ton trône et par laquelle toutes choses ont été créées et faites, et sont, à présent encore, conduites et conservées. Envoie-nous-la de ton ciel saint et du trône de ta gloire, afin qu'elle soit et travaille avec nous, puisqu'elle est la maîtresse de tous les arts célestes et occulteset qu'elle sait et comprend toutes choses. Fais lentement qu'elle nous accompagne dans toutes nos œuvres, afin que nous obtenions la véritable intelligence et la pratique infaillible de cet Art très noble, qui est la pierre miraculeuse des sages, que tu as cachée au monde et, du moins, que tu as coutume de révéler à tes élus. Que, certainement et sans aucune erreur, nous apprenions l'Œuvre suprême qui, par nous, doit être ici poursuivi sans relâche.

Tout d'abord, que nous l'entreprenions convenablement et bien ; que nous progressions constamment dans ce travail ; enfin que nous le terminions bienheureusement et en jouissions avec joie pour toujours, par Jésus-Christ, cette pierre céleste, angulaire, miraculeuse et fondée de toute éternité, qui, avec toi, ô Dieu le père, et l'Esprit-Saint, véritable Dieu dans une indissoluble et divine essencecommande et règne, Dieu triple en un, loué extrêmement dans les siècles sempiternels. Ainsi soit-il.

source : www.boutiquefs.com

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Vocabulaire des Francs-Maçons : de la Cotisation (1810)

5 Mai 2012 , Rédigé par E. F. Bazot 1810 Publié dans #histoire de la FM

La Cotisation de chaque membre de la loge sera de la somme de..... par année.

La cotisation sera toujours payée par quartier, et d'avance.

A l'assemblée qui précèdera la première de chaque quartier, le secrétaire remettra au trésorier un tableau de tous les membres de la loge.

Le trésorier présentera dans cette même assemblée, l'état des frères qui n'auront pas payé le quartier.

Il sera, sur-le-champ, écrit à un frère qui devra, pour le prier de s'acquitter sans délai.

Si le frère laisse passer trois assemblées sans payer ce qu'il doit, il lui sera écrit une seconde fois.

S'il ne paie point après cette seconde lettre, il lui sera adressé, après trois assemblées, une troisième lettre dans laquelle on l'invitera à payer ou à instruire la loge des raisons qu'il peut avoir de ne pas satisfaire à sa Cotisation, en l'avertissant que l'on regardera son silence et son refus de payer comme une démission.

S'il ne paie point et ne répond point à la lettre, il ne sera plus compris sur le tableau des membres de la loge.

Si le frère répond, la loge jugera de la légitimité des causes du retard de paiement.

Lorsqu'un frère sera obligé de s'absenter pour plus de trois mois de l'orient où la loge est située, il paiera d'avance pour le temps qu'il croira devoir être absent. S'il est forcé de rester éloigné plus longtemps, il priera la loge de lui accorder un congé. Pendant sa durée, il ne paiera que la moitié du prix de la Cotisation.

Source : www.boutiqueFs.com

Commentaire : à vos cotisations mes Frères, c'est CD qui vous le demande ! La FM devient de plus en plus une histoire de gros sous ! Tu payes tu es un Frère qui vote et qui existe, sinon tu n'as plus qu'à partir. Rien de nouveau sous le soleil !

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Le Grand Maître, l'Obédience, l'Ordre Maçonnique

5 Mai 2012 , Rédigé par Uni2r-Groupe Telos Publié dans #histoire de la FM

Le temps est venu de la réédification : quel que soit le regard que l’on porte sur les événements qui ont affecté la GLNF et tous ses membres, sur les causes et conséquences de la « crise de gouvernance », il faut désormais rassembler ce qui a été éparpillé, s’interdire invectives, objurgations et autres anathèmes, et redonner aux Frères confiance dans l’institution qu’ils ont choisie pour avancer dans la fraternité sur leur chemin initiatique.

 

Le prochain Grand Maître aura pour mission essentielle de diriger, dans la concorde retrouvée et avec l’appui de tous les Frères, cette reconstruction. Vaste programme dont il ne faut pas sous-estimer les embuches et exigeant, de celui qui le conduira, un grand courage et bien d’autres qualités. Aussi nous a-t-il paru utile d’élaborer un document de réflexion sur la fonction du Grand Maître, sur les qualités qu’elle requiert, sur les pouvoirs qui lui sont inhérents et leurs limites. Cette réflexion n’a pas de caractère polémique ; elle ne peut évidemment pas s’abstraire des dysfonctionnements que chacun a pu déplorer. Il ne s’agit pas ici de demander ou de régler des comptes mais de préparer un futur proche, pacifié et serein. D’aucuns pourront trouver dans les développements qui vont suivre des évidences tellement éclatantes qu’il ne servait à rien de les rappeler. Cependant, l’expérience courante nous a appris que « ce qui va sans dire va encore mieux en le disant » et l’expérience maçonnique que l’on peut être aveuglé par de trop vives lumières. Rappeler le basique permet de (re)construire sur de solides fondements. Nous souhaitons donc que ces pages soient lues, commentées, au besoin amendées et surtout enrichies dans un esprit constructif…

 

LA FONCTION DU GRAND MAITRE

 

1. La fonction d’une Obédience maçonnique
Nous savons tous que la Franc Maçonnerie de Tradition est par essence intemporelle et universelle. Mais pour l’initié qui s’est engagé sur une voie maçonnique, il s’agit de mettre en pratique dans son contexte existentiel les principes qui nous viennent de la tradition primordiale (ou du monde parfait des idées comme dirait un Frère platonicien !). La connaissance maçonnique est indissociable d’une praxis : pour être régulière, la Franc-maçonnerie s’érige en un « Ordre » au sein duquel les Frères peuvent vivre leur quête spirituelle dans la paix et l’harmonie. Cet Ordre se manifeste et s’organise sous forme d’institutions concrètes. L’Obédience apparaît donc comme une concrétisation contingente, dans un temps et un espace déterminés, de l‘Ordre maçonnique dont elle est l’instrument institutionnel (traduit en France sous la forme juridique de l’association de la loi de 1901).

 

Fondamentalement - et historiquement - la Loge, où un groupe d’initiés se réunissent pour travailler dans la fraternité, précède l’Obédience qui regroupe les Loges. L’intérêt d’une telle structure, à laquelle les Loges remettent autorité et pouvoirs - c’est le sens du mot « Obédience » - pour tout ce qu‘elles ont en commun, est matériel (les moyens partagés ainsi considérablement accrus) et spirituel (éviter les dérives doctrinales inévitables lorsque les travaux sont accomplis en de multiples lieux non coordonnés). L’Ordre maçonnique ne génère pas des Obédiences « par principe » mais par nécessité organisationnelle, pour la bonne marche des Loges. L’Obédience ne saurait avoir d’autres fins que celles de l’Ordre, en son sein comme dans les Loges.

 

  • une seule Grande Loge est reconnue comme Obédience « régulière » dans chaque pays, dès lors que celle-ci est la traduction fidèle de l’Ordre, qui est unique ;
  • cette Obédience prend en charge les moyens matériels et administratifs des loges ;
  • elle conditionne la cohérence de l’activité maçonnique des Loges et elle est garante de leur fonction initiatrice.

 

Il est de la responsabilité du Grand Maître que l’Obédience qu’il dirige remplisse ces seules fonctions mais qu’elle les remplisse complétement.

 

2. La fonction du Grand Maître de l’Obédience
Le Grand Maître dirige et administre la Grande Loge ; il a donc conjointement et indissociablement les attributions d’un chef de l’Ordre maçonnique et celles du Président d’une association.

 

Ses attributions maçonniques consistent de façon générale à prendre toutes mesures utiles au fonctionnement de l’Ordre et à représenter la Grande Loge. Ses attributions civiles sont de diriger l’administration de l’association et d’en gérer le patrimoine ; si elles relèvent du temporel, elles n’en doivent pas moins concourir au fonctionnement de l’Ordre.

 

La fonction du Grand Maître se définit en termes de responsabilités et de devoirs ; l’autorité et les pouvoirs qui lui sont conférés par délégation de la Grande Loge Souveraine n’ont d’autre fondement que de lui donner les moyens de remplir les devoirs attachés à sa fonction.

 

Si le chef de l’Obédience porte le titre de « Grand Maître » (et pas simplement celui de président), c’est bien pour souligner que sa fonction s’inscrit dans les finalités de l’Ordre et fait de lui le garant du respect, par les Loges et les Frères relevant de l’Obédience, des principes fondamentaux de la Franc-Maçonnerie de Tradition qui sont rappelés en tête des Constitutions de l’Ordre.

 

Nous pouvons lire notamment dans les « Obligations du Franc-Maçon » : « La Loge est un lieu paisible et harmonieux dans lequel les passions profanes n’ont pas accès » ;
et dans « La Règle en douze points » : « 11. Les Francs-Maçons contribuent par l’exemple actif de leur comportement sage, viril et digne, au rayonnement de l’Ordre dans le respect du secret maçonnique ».

 

Comme il est dit dans l’une des exhortations de la Tenue d’installation d’un Vénérable Maître : « C’est seulement en conformant notre propre conduite aux lois que l’on peut raisonnablement exiger que d’autres leur obéissent ». Il n’est pas dans les attributions du Grand Maître de se poser en guide spirituel de l’Ordre Maçonnique. En revanche, sa fonction implique en toute circonstance une attitude exemplaire conforme à tous les principes fondamentaux de l’Ordre.

 

3. Les qualités d’un Grand Maître
Dans l’Ordre, la légitimité des décisions et des actes au regard des finalités et principes de la Franc-Maçonnerie doit l’emporter sur la régularité formelle. Le Grand Maître qui perd sa légitimité n’a plus de facto la capacité de diriger efficacement l’Obédience.

 

Les qualités exigées d’un Grand Maître doivent préserver cette légitimité : aux compétences attendues du dirigeant d’une association s’ajoutent les qualités d’un « Maitre Maçon », l’expression étant ici entendue non comme le 3ème grade de la maçonnerie bleue mais comme le résultat d’un long parcours de perfectionnement personnel.

 

Choisi pour un temps déterminé parmi des sages imprégnés des vertus maçonniques et « primus inter pares », le Grand Maitre doit avant tout avoir conscience du fait que sa temporaire fonction lui impose de dépasser ses passions et limites et de reconnaître humblement que la « grandeur » est attribuée à sa fonction et non à sa personne.

 

Il gère de façon scrupuleuse et économe les fonds de l’association.

 

Se méfiant de ses préjugés, il doit être à l’écoute des Frères et notamment de ceux qui représentent les Loges.

 

Il s’entoure de conseillers et d’officiers dont les qualités maçonniques sont avérées et dont il attend des avis et mises en garde, visant au bien de l’Ordre et des Loges et il se garde attentivement des opinions complaisantes.

 

Il traite les problèmes en se conformant aux principes constitutionnels qui fondent l’Obédience et par ses décisions montre qu’il se considère comme soumis au premier chef à ces principes.

 

Dans sa fonction de représentation, sans dévoiler de secret, il expose sans vanité les objectifs traditionnels de la Franc-Maçonnerie.

 

On pourrait résumer ces qualités par les vertus cardinales : Justice, Tempérance, Prudence et Force, propices au rayonnement dans sa personne des vertus supérieures qui doivent manifestement le conduire dans sa quête spirituelle. On peut souhaiter qu’il fasse sienne la maxime des grands hommes rappelée par Bossuet dans l’Oraison funèbre de Condé : « Dans les grandes actions, il faut uniquement songer à bien faire et laisser venir la gloire après la vertu. »

 

L’autorité du Grand Maître doit découler naturellement de l’exercice de ces vertus, plus que des textes définissant ses pouvoirs et si elle est mise en cause, les solutions doivent être recherchées en se référant aux principes fondamentaux, les arguties juridiques n’étant d’aucun secours pour la restaurer.

 

LES POUVOIRS DU GRAND MAITRE DE LA GLNF DANS SES CONSTITUTIONS ET STATUTS

 

Nous n’allons pas nous livrer dans cette étude à une analyse exhaustive des textes qui découragerait nombre de lecteurs mais nous en tenir à quelques remarques et suggestions pour l’avenir :

 

Le Grand-Maitre est qualifié à l’article 3-1 des Constitutions de « Chef Suprême de l’Ordre maçonnique en France ». Il « détient, par délégation de la Grande Loge et dans le respect des Constitutions et des Us et Coutumes de l’Ordre, tous les pouvoirs maçonniques d’administration, de réglementation et de décision sur toutes les affaires maçonniques concernant l’Ordre, les Grandes Loges Provinciales ou de District, les Loges et leurs membres ». Ces pouvoirs sont réaffirmés à l’article 5 et il faut relever que les organes de gouvernance du Livre II des Constitutions ont un rôle essentiellement consultatif.

 

Enfin, parallèlement aux Constitutions de l’Ordre, le Règlement Intérieur dans son article 2.1 prescrit que « La Grande Loge Nationale Française est placée sous l’autorité du Grand Maitre, Président de l’Association ». Ce qui établit, sans possibilité sérieuse de contestation, l’indivisibilité de la fonction civile et de la fonction maçonnique.

 

On pourrait voir dans ces textes que le Grand Maître est investi des pleins pouvoirs et le considérer comme une sorte de despote éclairé, selon le concept cher à certains penseurs du XVIIIème siècle. Mais ce serait méconnaître la limite fondamentale que le texte même des Constitutions a posée : le respect des principes fondamentaux de l’Ordre qui, ayant valeur constitutionnelle, transcendent l’exercice de la fonction.

 

Comme le soulignait le Grand Orateur lors de l’installation de François Stifani : « Vous êtes en même temps, Très Respectable Grand Maitre, celui qui ordonne, qui détient les pouvoirs les plus absolus et celui qui obéit, le plus scrupuleusement, à cet ensemble de Règles qui nous dépassent et, par là, nous transcendent ».

 

Certes ! Mais comment régler l’abus de pouvoirs ou le non-respect des Principes ? Faut-il, comme la Grande Loge Unie d’Angleterre dans son article 15, s’en remettre « à quelque disposition nouvelle dictée par les circonstances » ou prévoir une procédure de destitution ?

 

Il est regrettable que, par excès de confiance, nos Constitutions soient muettes sur ce point ; mais ne peut-on pas considérer que La Grande Loge souveraine peut, lorsque les circonstances l’exigent, résilier la délégation de pouvoirs qu’elle a donnée au Grand Maître ?

 

La réforme constitutionnelle, désormais nécessaire, devra procéder à un rééquilibrage des pouvoirs conférés aux instances de gouvernance de la GLNF et définir avec prudence les sanctions, en cas d’éventuels manquements du Grand Maître à ses responsabilités et devoirs.

 

L’Ordre, dans son essence, nous a donné tous les outils pour triompher des difficultés que nous rencontrons. Sans pour autant s’écarter de lui ou le renier, il nous appartient de nous mobiliser pour mettre en œuvre, en toute régularité, les principes qu’il nous a inculqués et redonner un avenir pacifié à notre Obédience.

 

Uni2r-Groupe Telos: franchement ils auraient pu trouver un autre nom!

 

Source : http://www.uni2r.com/pages/telos

 

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Lettre à un jeune Maître Maçon

5 Mai 2012 , Rédigé par Jean Reyor Publié dans #symbolisme

 Mon Cher Ami,

Votre lettre m'attriste et me déçoit quelque peu. Vous y faites le "bilan" de votre "expérience maçonnique", et celui-ci se traduit pour vous par l'amère conviction que vous avez perdu votre temps au cours de ces dernières années, et qu'en somme vous avez été illusionné par le mirage d'une "Maçonnerie de rêve", mirage provoqué par les écrits de René Guénon et par ceux de Jean Reyor.
Vous n'avez trouvé en Loge, dites-vous, ni une atmosphère vraiment spirituelle ni un vestige de "technique de réalisation". Vous vous plaignez aussi de ce que le milieu maçonnique, dans son
immense majorité, se montre réfractaire à la vérité traditionnelle et ne s'intéresse guère qu'à des spéculations philosophico-scientifiques, quand ce n'est pas aux simples contingences sociales. La curiosité que semblent éveiller chez vos Frères les exposés de questions purement initiatiques ne porte pas de fruits en ce sens que leur vie n'en paraît pas changée. Tout cela est probablement vrai. Ce n´est pas inattendu.
Si vous le permettez, je ne m'occuperai pas de vos Frères qui ne m'ont jamais demandé aucun conseil, et qui furent peut-être sages, car ce que je puis dire est dur à entendre pour les hommes de ce temps. Je ne m'occuperai que de vous, en fonction de ce que vous dites vous-même.
Seriez-vous par hasard une incarnation du Grand Architecte pour vous permettre de dresser le bilan d´une existence ou d'une tranche de cette existence, fût-ce la vôtre ? Comment pouvez-vous savoir ce que représentent et ce que valent les années dont vous parlez dans le cycle de votre existence humaine et à plus forte raison dans votre destinée totale à travers les cycles des états multiples de l'être ? Que savez-vous si cette initiation maçonnique que vous avez reçue n'est pas un germe
qui fructifiera dans d'autres états d'existence, qui fructifiera peut-être aussi demain, dans dix ans, dans vingt ?
Toutefois, si cette éventualité favorable – je parle de la dernière – doit se réaliser, il faut que vous cessiez de considérer votre initiation comme une "expérience", car expérience implique dualité
. Il faut que vous vous identifiez à votre qualité de Maçon et non pas que vous vous regardiez jouer le rôle d'un Maçon avec l'idée que demain peut-être, vous quitterez ce rôle pour en choisir un autre. Comment voulez-vous que l'Esprit recteur de l'initiation maçonnique fasse élection d'un support aussi peu sûr ? Car, en Maçonnerie comme ailleurs, il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus.
Nul, que je sache, ne vous avait promis, ni même laissé croire, que vous trouveriez dans la Maçonnerie actuelle des "techniques de réalisation", encoure qu'il soit peut-être téméraire de dire qu'on n'en retrouve plus aucun vestige. Votre Loge a, je crois, conservé l'ancienne acclamation écossaise qui est un appel à l'attribut divin de Force.
Chaque organisation initiatique reflète, en effet, un attribut divin plus spécialement. Il est certain que la Maçonnerie n'est pas sous le signe de l'attribut de sainteté, par exemple ; elle reflète, comme vous l'apprennent les trois grands "piliers" de la Loge, les attributs de Sagesse, de Force et de Beauté, avec un accent particulier sur la Force que je traduirais en disant que l'influence spirituelle propre à la Maçonnerie est une puissance connaissante et génératrice d'harmonie.Lorsque vous dites que vous ne trouvez pas en Loge une atmosphère vraiment spirituelle, je me demande si vous ne traduisez pas simplement le sentiment de l'absence d'un élément "dévotionnel" qui peut bien trouver sa place – je dirais même qui devrait trouver sa place – dans la vie quotidienne de chaque Maçon, mais qui n'appartient pas au domaine propre de l'initiation maçonnique. Je pense ici à l'atmosphère dans laquelle se déroulent le rituel d´ouverture et de fermeture des travaux, et non aux discours et aux discussions qui meublent l'intervalle entre l'une et l'autre. Mais ce qui importe, c'est évidemment le rituel, de même que ce qui importe, à l'église, c'est le sacrifice de la messe, beaucoup plus que le sermon du prêtre, qui peut être de qualité fort variable, et que les annonces des réunions des dames patronnesses.
Encore faut-il participer à ce rituel le plus souvent possible et ne pas se dispenser de l'assiduité aux tenues sous le prétexte que les travaux oratoires ne sont pas du genre ou du niveau que vous souhaiteriez, légitimement peut-être. Je suis convaincu, comme vous, que la Maçonnerie moderne, de quelque Obédience que ce soit, est fort loin de représenter intégralement ce que doit être une organisation initiatique, mais elle a à mes yeux un mérite immense : elle existe. Notre Maître Salomon nous en a prévenus : un chien
 vivant vaut mieux qu'unlion mort. Il affirmait ainsi, avec vigueur, le réalisme qui caractérise toute attitude vraiment traditionnelle.
Permettez-moi de vous le dire, mon cher ami, c'est vous qui rêvez et, dans l'espoir de vous tirer de votre rêve, je vais vous confier le grand secret de l'attitude initiatique, un secret que j'ai mis bien des années à découvrir. Il consiste en ceci : il faut savoir ce qu'on veut et, à chaque moment, faire ce qu'on peut – mais tout ce qu'on peut – avec les moyens dont on dispose dans ce moment. Le secret est bien banal, n'est-ce pas ? Tous les grands secrets sont simples... à énoncer. Réfléchissez-y et demandez-vous, sans ruser avec vous-même, si vous le mettez en pratique.
Il faut savoir ce quon veut. Que voulez-vous ? Rénover la maçonnerie ? Quand vous êtes venu me trouver, parce que l'étude de l'œuvre de Guénon vous avait donné le désir de la réalisation spirituelle, vous ne m'avez pas dit que vous étiez "missionné" par une autorité traditionnelle pour une entreprise de ce genre ; vous ne m'avez pas dit que des dignitaires d'une Obédience quelconque étaient venus solliciter vos lumières. A lors de quoi vous préoccupez-vous ? Je vais vous confier un autre secret : vous ne rénoverez pas la Maçonnerie, ni vous ni un autre. Sera-t-elle rénovée ou ne le sera-t-elle pas ? Je l'ignore tout à fait. Si elle est rénovée, elle le sera par le Grand Architecte qui, peut-être vous prendra avec six autres, ou avec mille autres, ou bien, vous, ne vous prendra pas, comme un instrument, comme un outil inerte, passif, pour cette reconstruction. S'il vous prend, ce ne pourra être que quand vous aurez abandonné toute volonté propre, quand vous aurez quitté tout désir de rénover quoi que ce soit, tout désir de faire aucune chose particulière, quand vous serez, vis-à-vis de Lui – mais de Lui, et non d'une organisation humaine – « comme le cadavre entre les mains du laveur des morts » ou « comme le bâton entre les mains du vieillard ».
Mais je veux croire qu'une telle ambition ne représente pas ce que vous voulez vraiment. Je veux croire que vous aspirez vraiment à cette réalisation spirituelle dont l'initiation est la condition sine qua non et dont le moyen est précisément l'extinction de la volonté propre, l'identification de votre volonté individuelle et de la volonté du Grand Architecte, qui vous est connue par les règles traditionnelles exotériques
et ésotériques et qui vous est connue aussi par les contraintes auxquelles vous plie le monde extérieur. De ce point de vue, vous vous plaignez de l'absence de techniques de réalisation dans la Maçonnerie. Je ne veux pas sous-estimer le rôle de semblables techniques qu'on retrouve dans l'Hindouisme, le Lamaïsme, l'Islam, l'Hésychiasme, pour ne parler que de choses actuelles et connues dans le monde extérieur. Mais, comme j'ai eu l'occasion de le dire ailleurs
[Note : Les Aperçus sur l'initiation (VIII), étude sur l'ouvrage de René Guénon, dans Etudes Traditionnelles de juillet-août 1950.], ces techniques ne représentent tout de même qu'un élément secondaire de la méthode, l'élément principal étant l'attitude intérieure de l'être, son état de soumission vis-à-vis du Principe, l'intensité de sa ferveur, sa capacité de se dégager de tout ce qui n'est pas l'Unique Chose nécessaire. Les techniques peuvent accentuer, faciliter, cette attitude interne de l'être ; elles ne peuvent pas la créer, et elles ne doivent normalement être confiées qu'à ceux qui ont fait préalablement la preuve qu'ils étaient capables de remplir les obligations communes à tous les croyants exotériques et de remplir aussi les obligations les plus élémentaires d'une organisation initiatique, à commencer par l'assiduité aux travaux.
Que la Maçonnerie possède aujourd'hui des techniques de réalisation ou n'en possède pas, me paraît tout à fait dépourvu d'importance pour vous, d'après ce que vous dites vous-même. Comme raison complémentaire de votre non-assiduité aux Tenues, vous me dites que vos aoccupations professionnelles et vos obligations familiales vous empêchent assez fréquemment d'y assister. Vous êtes, d'autre part, un fidèle d'une des religions révélées mais vous reconnaissez que la fatigue, l'ambiance familiale, vous amènent à écourter ou à omettre certaines obligations rituelles. Je connais trop bien les conditions matérielles et psychiques de notre époque pour être tenté de vous adresser le moindre reproche à ce sujet, mais enfin il ne faut pas rêver. Si vous êtes incapable de remplir convenablement des obligations de caractère préparatoire, comment voudriez-vous mettre en œuvre une technique de réalisation impliquant une stricte discipline quotidienne et qui demanderait chaque jour
un temps dont, semble-t-il, vous ne disposez pas ? – Votre cas n'est pas unique. J'ai connu des gens qui recherchaient l'initiation islamique, mais qui se révélaient incapables d'accomplir les cinq prières journalières et d'observer le jeûne du mois de Ramadan. j'en ai connu d'autres qui recherchaient l'initiation chrétienne et, comme on leur conseillait, à titre de préparation, d'entreprendre une étude sérieuse de l'Ancien et du Nouveau testament, j'en ai entendu répondre que « c'était bien gros et qu'ils n'avaient pas le temps ». Est-ce bien sérieux ? Encore une fois, il ne s'agit de blâmer personne, mais enfin il n'y a pas de loi sur le territoire de la IVe République qui oblige les gens à rechercher l'initiation quand ils n'ont pas la possibilité de poursuivre une carrière spirituelle. On peut, n'est-ce pas, être honnête homme et faire son salut sans cela.
Marius Lepage, dans son article du numéro de novembre 1952-janvier 1953, écrivait que le problème des qualifications – tant physiques que spirituelles – est un des plus obscurs qui soient. Il est sûr qu'en l'absence de sciences traditionnelles précises, il est bien difficile de déterminer les qualifications foncières d'un individu, car il ne nous est guère parvenu à cet égard qu'une liste de disqualifications corporelles. Mais nous pouvons plus aisément déterminer les qualifications "actuelles" pour entreprendre un travail de réalisation spirituelle et là, les conditions d'existence d'un être, les possibilités de liberté
[Note : Cf. l'article Libre et de bonnes mœurs dans Etudes Traditionnelles d'octobre 1952]que lui laissent les nécessités matérielles de la vie et son entourage familial, fournissent des indications qu'on ne peut pas négliger. Et qu'on ne crie pas à l'injustice. Qu'on ne me dise pas que tel individu est doué mais que seules les contingences l'empêchent de se livrer à sa vocation spirituelle, car l'homme et son destinsont inséparables, le second traduisant nécessairement la nature interne du premier. Tout ce qu'on peut dire, c'est que l'être considéré n'est pas actuellement prêt, étant entendu que, dans ce monde de la mutation et du changement, tout change à chaque moment d'une façon ou d'une autre.
Cette lettre, je le crains, vous semblera d'abord bien dure et bien décourageante. Il n'en est rien cependant. Si vous avez véritablement une vocation spirituelle, vous pourrez, jour après jour
travailler à rectifier et votre attitude interne et vos conditions externes d'existence, étant entendu que cette dernière modification ne peut s'accomplir légitimement que dans la stricte observance des obligations, familiales et autres, prescrites par toutes les traditions et en conformité avec les vertus de justice et de charité. L'aide du Grand Architecte, à laquelle vous avez droit par votre initiation dans la mesure où vous voulez vraiment ne faire que Sa volonté, l'aide du Grand Architecte ne vous fera sûrement pas défaut. Et le temps qui accomplira en vous et autour de vous des modifications, qui les amènera peut-être aussi pour d´autres que vous, amènera peut-être également et par cela même, la rénovation de la Maçonnerie.
Mais, direz-vous, si malgré mes efforts, ma destinée n'est pas d'atteindre en cette vie un degré quelconque de réalisation spirituelle, à quoi cela m'aura-t-il servi ? Je pourrais vous répondre, comme je le disais au début, que le germe fructifiera peut-être dans un autre état d'existence. Mais je veux vous donner une réponse valable dès cette vie et qui est à peu près celle que Pascal appliquait, non au domaine de la connaissance initiatique, mais au domaine de la foi : si vous faites ces efforts, vos avez peut-être tout à gagner et vous n'avez rien à perdre. Car vous me permettrez bien d'appeler "rien" tout ce que vous pourriez acquérir dans des chemins qui ne seraient ni ceux de la Connaissance ni ceux de la Foi.

source : www.boutiquefs.com

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Le Grand Maître

5 Mai 2012 , Rédigé par Gustave Mesureur 1912 Publié dans #histoire de la FM

Définir les devoirs d'un Grand-Maître n'est pas chose aisée, si on imagine la diversité des Obédiences, françaises et étrangères, le milieu dans lequel elles évoluent, leur mentalité particulière et les conditions qui ont présidé à leur formation.

L'idée que nous nous faisons actuellement en France d'un Grand-Maître nous vient en ligne directe de la Maçonnerie des hauts grades, et notre Maçonnerie bleue, d'essence démocratique, ne s'est pas débarrassée d'une appellation grandiloquente, désormais dépour­vue de sens au sein d'organisations qui, rejetant le principe autoritaire de la hiérarchie dogmatique, ac­ceptent la loi de l'égalité qui exige que toutes les fonc­tions se recrutent par l'élection.

La Maçonnerie est essentiellement traditionnaliste et l'appellation de Grand-Maître a été réservée, en prin­cipe, aux présidents des Grandes Loges des trois premiers degrés ; mais des Suprêmes Conseils, notam­ment celui de France, ayant sous leur juridiction des Loges bleues, usèrent également de ce titre, de là une confusion ou une fusiondes droits et des devoirs des uns et des autres ; aussi leurs attributions ne doivent-­elles plus, à mon sens, avoir le même caractère que, jadis.

Si je rappelle mes souvenirs de jeune Maçon, si je rassemble les enseignements que j'ai pu acquérir, un Grand-Maître à ce moment, c'est-à-dire le très puissant souverain, Grand-Commandeur, Grand-Maître d'une Maçonnerie, représentait une fonction mystérieuse, en quelque sorte sacrée, dogmatique et, par cela même, autoritaire.

Il faut reporter sa pensée vers le passé et particulièrement sur l'histoire du siècle dernier pour com­prendre comment, dans notre pays, cette conception, si contraire à nos principes, s'est imposée à nous comme une nécessité.

La Maçonnerie, Société secrète, tolérée par les Gou­vernements, mais étroitement surveillée par eux, était constituée sur tous les points du territoire en Loges dis­tinctes. Ces Loges ne pouvaient pas naître spontané­ment sans guide et sans liens entre elles ; elles se seraient exposées à toutes les investigations de la police, à une époque où on n'avait pas le droit de s'asso­cier, ni même de se réunir plus de vingt et un. Il leur fallait un répondant, un tuteur au regard du pouvoir civil.

D'autre part, les Gouvernements ne pouvaient pas se donner le ridicule, si un Atelier manifestait trop vive­ment ses opinions, d'agir par leurs commissaires de police au risque de faire rire la galerie pour des inci­dents minuscules. En sévissant contre des groupes qui, soi-disant, n'existaient pas, on se donnait le tort de les avoir tolérés.

L'autorité dogmatique, c'est-à-dire le Grand-Maître, était là pour quelque chose ; il couvrait ses Ateliers, garantissait la liberté de leurs débats, engageait sa responsabilité et se faisait leur défenseur auprès des pouvoirs publics ; par contre, il exerçait sur eux un droit de surveillance et de discipline, les modérait et, parfois, les mettait en sommeil pendant quelques mois pour laisser passer l'orage qui les menaçait ; il pouvait même les démolir si leur attitude était de nature à compromettre la sécurité du Rite.
      Ce rôle de protecteur, les Grands-Maîtres du Rite Ecossais et du G:. O:. de France l'ont joué au cours du XIXème siècle, souvent avec éclat, toujours avec di­gnité.

Il faut se rappeler aussi que la Franc-Maçonnerie a toujours été, sinon l'ennemie de l'Eglise catholique, au moins le contre-poids de son influence politique dans la société, que c'est une force qui ne fut pas inutile et que n'ont pas dédaignée même les Gouvernements légi­timistes et impérialistes pour réfréner les exigences des cléricaux et modérer l'envahissement des Jésuites ; les attaques violentes et répétées de la presse cléricale ac­tuelle contre les Francs-Maçons nous montrent qu'il n'y a rien de changé et que la bataille continue.

C'est cette lutte contre une puissance admirablement disciplinée, où l'obéissance passive est un devoir, où les croyances et les directions venues de haut ne se discutent pas, qui devait, par une sorte de similitude, fortifier, avec le temps, le dogmatisme et le symbolisme  maçonniques, accroître l'autorité de ses chefs, depuis le Vénérable de Loge, jusqu'au Grand-Maître de l'Ordre.

La très-puissante Souveraineté, le Grand Comman­dement, la Grande-Maîtrise ont encore, à notre époque, une autre raison d'être. Ils doivent assurer les rela­tions internationales, pour resserrer et maintenir les liens qui unissent les FF:. des deux mondes ; le Su­prême Conseil de France du Rite Ecossais a fait de grands sacrifices pour prendre et maintenir sa place dans le concert des Suprêmes Conseils. Il en a fait notamment en 1875, en maintenant dans ce but, la formule à L:.G:.D:.G:.A:.D:.l'U:. ; il y a risqué une révolution intérieure ; puis, il a provoqué un schisme en 1879, où un grand nombre de Loges se sont sépa­rées de lui pour fonder la Grande Loge Symbolique et, enfin, encore, en consentant, en 1905, l'abandon de toute autorité sur ses Loges bleues qui forment aujour­d'hui une puissance indépendante : La Grande Loge de France.

C'était payer un peu cher sa place dans le consortium maçonnique universel, qui n'a pas été réalisé du reste, puisque l'Amérique maçonnique considère les Maçons français comme indésirables et que la Grande Loge d'Angleterre ne veut pas les connaître. Cette grande Loge Anglaise est mieux avec Berlin qu'avec Paris., c'est la seule tache à l'Entente cordiale ; nos FF:. Anglais voudront certainement l'effacer au plus tôt.

Mais ce n'est pas le moment de juger si, au Rite Ecossais, on a eu tort de faire des avances à l'étran­ger et si nous n'aurions pas mieux fait de rester nous­-mêmes, en arborant nettement notre drapeau de libres penseurs.

Il faut reconnaître que le Grand Orient de France a été plus logique, il n'a pas fait de concession, mais il n'a pas été jusqu'au bout de la logique. En juin  1865, en révisant sa Constitution, il a été sur le point de créer une Maçonnerie française d'essence et d'esprit; l'aboli­tion des hauts grades a été repoussée par 86 voix contre 83, trois voix ont assuré le triomphe des cordons et des vanités inutiles et fait échouer la constitution d'une Maçonnerie essentiellement démocratique.

En tant que membres de la Grande Loge de France, ces questions nous importent peu; nous considérons la Maçonnerie des trois premiers grades : Apprenti, Com­pagnon et Maître, comme la synthèse la plus complète et la plus belle de l'organisation sociale ; l'œuvre d'édu­cation philosophique que nous accomplissons s'arrête au Maçon parfait qui est le Maître, et cette hiérarchie si simple se retrouve partout, parce qu'elle est dans la nature même de l'homme qui ne peut s'élever que par la lente ascension du savoir, quel que soit le rôle social qu'il est appelé à jouer.

Ces principes, comme celui que je rappelais plus haut, que toutes les fonctions doivent se donner à l'élec­tion en vertu de la loi de l'égalité, nous montrent suffi­samment que le rôle du Grand-Maître d'une Grande Loge symbolique se réduit à une direction morale et administrative qui respecte le pacte fondamental résumé dans la formule : « Le Maçon libre dans la Loge libre. »

Jamais, comme Grand-Maître, il ne m'est venu à l'idée de restaurer l'autoritarisme et le dogmatisme des Grands-Maîtres passés et des Grands-Maîtres issus des Ateliers des hauts grades. Cela n'est plus de notre temps, en France du moins, puisqu'on voit encore en Amérique des Grands-Maîtres légiférer de leur autorité privée.

Le Grand-Maître, ou plus modestement et plus exac­tement le Président de la Grande Loge, doit faire res­pecter la séparation des pouvoirs ; la souveraineté réside dans les Loges et elles l'exercent par leurs délégués au Convent : mettre en échec la volonté des Convents, passer au-dessus de leurs décisions, c'est supprimer les garanties de liberté que la Constitution donne aux Loges et entrer dans la pratique des abus qui conduisent au despotisme.

Le Grand-Maître doit veiller à ce qu'on n'altère pas le symbolisme maçonnique et qu'on ne transforme pas les habitudes, les traditions rituéliques qui rattachent tous les Maçons du globe entre eux et leur permet de se comprendre et se reconnaître; mais le Grand-Maître, dans ce cas, ne fait encore que veiller à la stricte exécu­tion des engagements pris par les Loges et par chaque Maçon en particulier.

L'action morale, conciliatrice et paternelle d'un Grand-Maître n'a pas de limite ; maintenir la bonne harmonie, l'entente, la vraie confraternité entre ses collaborateurs, les Grands Officiers et le Conseil Fédé­ral, c'est-à-dire dans le sein du pouvoir exécutif, est le premier de ses devoirs. Apaiser les conflits qui peuvent s'élever entre les Loges, leur donner des conseils auto­risés, le cas échéant, défendre ses Loges et ses Frères auprès des Obédiences étrangères, enfin donner aux manifestations maçonniques l'éclat et la dignité qui convient, sont encore des devoirs de sa charge, et, en ce qui me concerne, l'affection de mes Frères me les a rendus aisés à remplir.

Cette méthode, pleine de réserve, respectueuse de la Constitution et de la liberté des Loges, de leur auto­nomie et de leur initiative, a le mérite de ne pas pro­voquer les oppositions, de calmer les passions et de permettre à notre Ordre de se développer dans la paix et dans la liberté ; j'estime que c'est la bonne.

Elle répartit les responsabilités, elle respecte toutes les opinions, elle permet à toutes les conceptions philo­sophiques et sociales de se soumettre à l'épreuve de la contradiction, elle a enfin le rare mérite de faire de la Maçonnerie une grande Ecole de solidarité et de former des citoyens que la République retrouve toujours quand l'heure sonne de la défendre.

C'est ainsi que la Grande Loge de France s'est développée magnifiquement depuis dix ans ; elle est bien la fille des Maçons qui ont donné au monde la formule Liberté-Egalité-Fraternité.

 

source : www.boutiquefs.com

 

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Prière de Louis-Claude de St Martin

5 Mai 2012 , Rédigé par Louis-Claude de St Martin Publié dans #spiritualité

J'irai vers toi, Dieu de mon être ; j'irai vers toi, tout souillé que je suis ; je me présenterai devant toi avec confiance. Je m'y présenterai au nom de ton éternelle existence, au nom de ma vie, au nom de ta sainte alliance avec l'homme ; et cette triple offrande sera pour toi un holocauste d'agréable odeur sur lequel ton esprit fera descendre son feu divin pour le consumer et retourner ensuite vers ta demeure sainte, chargé et tout rempli des désirs d'une âme indigente qui ne soupire qu'après toi. Seigneur, Seigneur, quand entendrai-je prononcer au fond de mon âme, cette parole consolante et vive avec laquelle tu appelles l'homme par son nom, pour lui annoncer qu'il est inscrit dans la milice sainte, et que tu veux bien l'admettre au rang de tes serviteurs ? Par la puissance de cette parole sainte, je me trouverai bientôt environné des mémorials éternels de ta force et de ton amour, avec lesquels je marcherai hardiment contre tes ennemis, et ils pâliront devant les redoutables tonnerres qui sortiront de ta parole victorieuse.

Hélas, Seigneur, est-ce à l'homme de misère et de ténèbres à former de pareils voeux et à concevoir de si superbes espérances ! Au lieu de pouvoir frapper l'ennemi, ne faut-il pas qu'il songe lui-même à en éviter les coups ? Au lieu de paraître, comme autrefois, couvert d'armes glorieuses, n'est-il pas réduit comme un objet d'opprobre, à verser des pleurs de honte et d'ignominie dans les profondeurs de sa retraite, n'osant pas même se montrer au jour ? Au lieu de ces chants de triomphe qui autrefois devaient le suivre et accompagner ses conquêtes, n'est-il pas condamné à ne se faire entendre que par des soupirs et par des sanglots ? Au moins, Seigneur, fais-moi une grâce, c'est que toutes les fois que tu sonderas mon coeur et mes reins, tu ne les trouves jamais vides de tes louanges et de ton amour ; je sens, et je voudrais ne jamais cesser de sentir, que ce n'est point assez du temps entier pour te louer ; et que, pour que cette oeuvre sainte soit accomplie d'une manière qui soit digne de toi, il faut que tout mon être soit saisi et mû par ton éternité ; permets donc, ô Dieu de toute vie et de tout amour, permets à mon âme de chercher à fortifier sa faiblesse dans ta puissance ; permets-lui de former avec toi une ligue sainte qui me rende invincible aux yeux de mes ennemis, et qui me lie tellement à toi par les voeux de mon coeur et du tien, que tu me trouves toujours aussi ardent et aussi empressé pour ton service et pour ta gloire, que tu l'es pour ma délivrance et pour mon bonheur.

source : http://recherchestraditions.blogspot.fr/

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Prière de Louis-Claude de St Martin

5 Mai 2012 , Rédigé par Louis-Claude de St Martin Publié dans #spiritualité

Source éternelle de tout ce qui est, toi qui envoies aux prévaricateurs des esprits d'erreur et de ténèbres qui les séparent de ton amour, envoie à celui qui te cherche un esprit de vérité qui le rapproche de toi pour jamais. Que le feu de cet esprit consume en moi jusqu'aux moindres traces du vieil homme, et qu'après l'avoir consumé, il fasse naître de cet amas de cendres, un nouvel homme sur qui ta main sacrée ne dédaigne plus de verser l'onction sainte. Que ce soit là le terme des longs travaux de la pénitence, et que ta vie universellement une transforme tout mon être dans l'unité de ton image, mon coeur dans l'unité de ton amour, mon action dans une unité d'oeuvres de justice, et ma pensée dans une unité de lumières. Tu n'imposes à l'homme de grands sacrifices que pour le forcer à chercher en toi toutes ses richesses et toutes ses jouissances, et tu ne le forces à chercher en toi tous ces trésors, que parce que tu sais qu'ils sont les seuls qui puissent le rendre heureux, et que tu es le seul qui les possède, qui les engendre et qui les crée.

 Oui, Dieu de ma vie, ce n'est qu'en toi que je peux trouver l'existence et le sentiment de mon être. Tu as dit aussi que c'était dans le coeur de l'homme que tu pouvais seulement trouver ton repos ; n'interromps pas un instant ton action sur moi, pour que je puisse vivre, et en même temps pour que ton nom puisse être connu des nations : tes prophètes nous ont enseigné que les morts ne pouvaient te louer ; ne permets donc jamais à la mort de m'approcher : car je brûle de rendre ta louange immortelle, je brûle du désir que le soleil éternel de la vérité ne puisse reprocher au coeur de l'homme d'avoir apporté le moindre nuage et causé la moindre interruption dans la plénitude de ta splendeur. Dieu de ma vie, toi que l'on prononce et tout s'opère, rends à mon être ce que tu lui avais donné dans son origine, et je manifesterai ton nom aux nations, et elles rapprendront que toi seul es leur Dieu et la vie essentielle, comme le mobile et le mouvement de tous les êtres. Sème tes désirs dans l'âme de l'homme, dans ce champ qui est ton domaine et que nul ne peut te contester, puisque c'est toi qui lui as donné son être et son existence. Sèmes-y tes désirs, afin que les forces de ton amour l'arrachent en entier aux abîmes qui le retiennent et qui voudraient l'engloutir pour jamais avec eux. Abolis pour moi la région des images ; dissipe ces barrières fantastiques qui mettent un immense intervalle et une épaisse obscurité entre ta vive lumière et moi, et qui m'obombrent de leurs ténèbres.

Approche de moi le caractère sacré et le sceau divin dont tu es le dépositaire, et transmets jusqu'au sein de mon âme le feu qui te brûle, afin qu'elle brûle avec toi, et qu'elle sente ce que c'est que ton ineffable vie et les intarissables délices de ton éternelle existence. Trop faible pour supporter le poids de ton nom, je te remets le soin d'élever en entier l'édifice, et d'en poser toi-même les premiers fondements au centre de cette âme que tu m'as donnée pour être comme le chandelier qui porte la lumière aux nations, afin qu'elles ne restent pas dans les ténèbres. Grâces te soient rendues, Dieu de paix et d'amour ! grâces te soient rendues de ce que tu te souviens de moi, et de ce que tu ne veux pas laisser languir mon âme dans la disette! Tes ennemis auraient dit que tu es un père qui oublie ses enfants, et qui ne peut pas les délivrer.

source :http://recherchestraditions.blogspot.fr

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