Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles récents

La Prière de l'alchimiste (1957)

5 Mai 2012 , Rédigé par d'Eugène Canseliet (1957) Publié dans #Alchimie

Dieu tout-puissant, éternel, père de la céleste lumière, de qui viennent aussi tous les biens et tous les dons parfaits : nous implorons ton infinie miséricorde, afin que tu nous permettes de connaître parfaitement ton éternelle sagesse qui environne ton trône et par laquelle toutes choses ont été créées et faites, et sont, à présent encore, conduites et conservées. Envoie-nous-la de ton ciel saint et du trône de ta gloire, afin qu'elle soit et travaille avec nous, puisqu'elle est la maîtresse de tous les arts célestes et occulteset qu'elle sait et comprend toutes choses. Fais lentement qu'elle nous accompagne dans toutes nos œuvres, afin que nous obtenions la véritable intelligence et la pratique infaillible de cet Art très noble, qui est la pierre miraculeuse des sages, que tu as cachée au monde et, du moins, que tu as coutume de révéler à tes élus. Que, certainement et sans aucune erreur, nous apprenions l'Œuvre suprême qui, par nous, doit être ici poursuivi sans relâche.

Tout d'abord, que nous l'entreprenions convenablement et bien ; que nous progressions constamment dans ce travail ; enfin que nous le terminions bienheureusement et en jouissions avec joie pour toujours, par Jésus-Christ, cette pierre céleste, angulaire, miraculeuse et fondée de toute éternité, qui, avec toi, ô Dieu le père, et l'Esprit-Saint, véritable Dieu dans une indissoluble et divine essencecommande et règne, Dieu triple en un, loué extrêmement dans les siècles sempiternels. Ainsi soit-il.

source : www.boutiquefs.com

Lire la suite

Vocabulaire des Francs-Maçons : de la Cotisation (1810)

5 Mai 2012 , Rédigé par E. F. Bazot 1810 Publié dans #histoire de la FM

La Cotisation de chaque membre de la loge sera de la somme de..... par année.

La cotisation sera toujours payée par quartier, et d'avance.

A l'assemblée qui précèdera la première de chaque quartier, le secrétaire remettra au trésorier un tableau de tous les membres de la loge.

Le trésorier présentera dans cette même assemblée, l'état des frères qui n'auront pas payé le quartier.

Il sera, sur-le-champ, écrit à un frère qui devra, pour le prier de s'acquitter sans délai.

Si le frère laisse passer trois assemblées sans payer ce qu'il doit, il lui sera écrit une seconde fois.

S'il ne paie point après cette seconde lettre, il lui sera adressé, après trois assemblées, une troisième lettre dans laquelle on l'invitera à payer ou à instruire la loge des raisons qu'il peut avoir de ne pas satisfaire à sa Cotisation, en l'avertissant que l'on regardera son silence et son refus de payer comme une démission.

S'il ne paie point et ne répond point à la lettre, il ne sera plus compris sur le tableau des membres de la loge.

Si le frère répond, la loge jugera de la légitimité des causes du retard de paiement.

Lorsqu'un frère sera obligé de s'absenter pour plus de trois mois de l'orient où la loge est située, il paiera d'avance pour le temps qu'il croira devoir être absent. S'il est forcé de rester éloigné plus longtemps, il priera la loge de lui accorder un congé. Pendant sa durée, il ne paiera que la moitié du prix de la Cotisation.

Source : www.boutiqueFs.com

Commentaire : à vos cotisations mes Frères, c'est CD qui vous le demande ! La FM devient de plus en plus une histoire de gros sous ! Tu payes tu es un Frère qui vote et qui existe, sinon tu n'as plus qu'à partir. Rien de nouveau sous le soleil !

Lire la suite

Le Grand Maître, l'Obédience, l'Ordre Maçonnique

5 Mai 2012 , Rédigé par Uni2r-Groupe Telos Publié dans #histoire de la FM

Le temps est venu de la réédification : quel que soit le regard que l’on porte sur les événements qui ont affecté la GLNF et tous ses membres, sur les causes et conséquences de la « crise de gouvernance », il faut désormais rassembler ce qui a été éparpillé, s’interdire invectives, objurgations et autres anathèmes, et redonner aux Frères confiance dans l’institution qu’ils ont choisie pour avancer dans la fraternité sur leur chemin initiatique.

 

Le prochain Grand Maître aura pour mission essentielle de diriger, dans la concorde retrouvée et avec l’appui de tous les Frères, cette reconstruction. Vaste programme dont il ne faut pas sous-estimer les embuches et exigeant, de celui qui le conduira, un grand courage et bien d’autres qualités. Aussi nous a-t-il paru utile d’élaborer un document de réflexion sur la fonction du Grand Maître, sur les qualités qu’elle requiert, sur les pouvoirs qui lui sont inhérents et leurs limites. Cette réflexion n’a pas de caractère polémique ; elle ne peut évidemment pas s’abstraire des dysfonctionnements que chacun a pu déplorer. Il ne s’agit pas ici de demander ou de régler des comptes mais de préparer un futur proche, pacifié et serein. D’aucuns pourront trouver dans les développements qui vont suivre des évidences tellement éclatantes qu’il ne servait à rien de les rappeler. Cependant, l’expérience courante nous a appris que « ce qui va sans dire va encore mieux en le disant » et l’expérience maçonnique que l’on peut être aveuglé par de trop vives lumières. Rappeler le basique permet de (re)construire sur de solides fondements. Nous souhaitons donc que ces pages soient lues, commentées, au besoin amendées et surtout enrichies dans un esprit constructif…

 

LA FONCTION DU GRAND MAITRE

 

1. La fonction d’une Obédience maçonnique
Nous savons tous que la Franc Maçonnerie de Tradition est par essence intemporelle et universelle. Mais pour l’initié qui s’est engagé sur une voie maçonnique, il s’agit de mettre en pratique dans son contexte existentiel les principes qui nous viennent de la tradition primordiale (ou du monde parfait des idées comme dirait un Frère platonicien !). La connaissance maçonnique est indissociable d’une praxis : pour être régulière, la Franc-maçonnerie s’érige en un « Ordre » au sein duquel les Frères peuvent vivre leur quête spirituelle dans la paix et l’harmonie. Cet Ordre se manifeste et s’organise sous forme d’institutions concrètes. L’Obédience apparaît donc comme une concrétisation contingente, dans un temps et un espace déterminés, de l‘Ordre maçonnique dont elle est l’instrument institutionnel (traduit en France sous la forme juridique de l’association de la loi de 1901).

 

Fondamentalement - et historiquement - la Loge, où un groupe d’initiés se réunissent pour travailler dans la fraternité, précède l’Obédience qui regroupe les Loges. L’intérêt d’une telle structure, à laquelle les Loges remettent autorité et pouvoirs - c’est le sens du mot « Obédience » - pour tout ce qu‘elles ont en commun, est matériel (les moyens partagés ainsi considérablement accrus) et spirituel (éviter les dérives doctrinales inévitables lorsque les travaux sont accomplis en de multiples lieux non coordonnés). L’Ordre maçonnique ne génère pas des Obédiences « par principe » mais par nécessité organisationnelle, pour la bonne marche des Loges. L’Obédience ne saurait avoir d’autres fins que celles de l’Ordre, en son sein comme dans les Loges.

 

  • une seule Grande Loge est reconnue comme Obédience « régulière » dans chaque pays, dès lors que celle-ci est la traduction fidèle de l’Ordre, qui est unique ;
  • cette Obédience prend en charge les moyens matériels et administratifs des loges ;
  • elle conditionne la cohérence de l’activité maçonnique des Loges et elle est garante de leur fonction initiatrice.

 

Il est de la responsabilité du Grand Maître que l’Obédience qu’il dirige remplisse ces seules fonctions mais qu’elle les remplisse complétement.

 

2. La fonction du Grand Maître de l’Obédience
Le Grand Maître dirige et administre la Grande Loge ; il a donc conjointement et indissociablement les attributions d’un chef de l’Ordre maçonnique et celles du Président d’une association.

 

Ses attributions maçonniques consistent de façon générale à prendre toutes mesures utiles au fonctionnement de l’Ordre et à représenter la Grande Loge. Ses attributions civiles sont de diriger l’administration de l’association et d’en gérer le patrimoine ; si elles relèvent du temporel, elles n’en doivent pas moins concourir au fonctionnement de l’Ordre.

 

La fonction du Grand Maître se définit en termes de responsabilités et de devoirs ; l’autorité et les pouvoirs qui lui sont conférés par délégation de la Grande Loge Souveraine n’ont d’autre fondement que de lui donner les moyens de remplir les devoirs attachés à sa fonction.

 

Si le chef de l’Obédience porte le titre de « Grand Maître » (et pas simplement celui de président), c’est bien pour souligner que sa fonction s’inscrit dans les finalités de l’Ordre et fait de lui le garant du respect, par les Loges et les Frères relevant de l’Obédience, des principes fondamentaux de la Franc-Maçonnerie de Tradition qui sont rappelés en tête des Constitutions de l’Ordre.

 

Nous pouvons lire notamment dans les « Obligations du Franc-Maçon » : « La Loge est un lieu paisible et harmonieux dans lequel les passions profanes n’ont pas accès » ;
et dans « La Règle en douze points » : « 11. Les Francs-Maçons contribuent par l’exemple actif de leur comportement sage, viril et digne, au rayonnement de l’Ordre dans le respect du secret maçonnique ».

 

Comme il est dit dans l’une des exhortations de la Tenue d’installation d’un Vénérable Maître : « C’est seulement en conformant notre propre conduite aux lois que l’on peut raisonnablement exiger que d’autres leur obéissent ». Il n’est pas dans les attributions du Grand Maître de se poser en guide spirituel de l’Ordre Maçonnique. En revanche, sa fonction implique en toute circonstance une attitude exemplaire conforme à tous les principes fondamentaux de l’Ordre.

 

3. Les qualités d’un Grand Maître
Dans l’Ordre, la légitimité des décisions et des actes au regard des finalités et principes de la Franc-Maçonnerie doit l’emporter sur la régularité formelle. Le Grand Maître qui perd sa légitimité n’a plus de facto la capacité de diriger efficacement l’Obédience.

 

Les qualités exigées d’un Grand Maître doivent préserver cette légitimité : aux compétences attendues du dirigeant d’une association s’ajoutent les qualités d’un « Maitre Maçon », l’expression étant ici entendue non comme le 3ème grade de la maçonnerie bleue mais comme le résultat d’un long parcours de perfectionnement personnel.

 

Choisi pour un temps déterminé parmi des sages imprégnés des vertus maçonniques et « primus inter pares », le Grand Maitre doit avant tout avoir conscience du fait que sa temporaire fonction lui impose de dépasser ses passions et limites et de reconnaître humblement que la « grandeur » est attribuée à sa fonction et non à sa personne.

 

Il gère de façon scrupuleuse et économe les fonds de l’association.

 

Se méfiant de ses préjugés, il doit être à l’écoute des Frères et notamment de ceux qui représentent les Loges.

 

Il s’entoure de conseillers et d’officiers dont les qualités maçonniques sont avérées et dont il attend des avis et mises en garde, visant au bien de l’Ordre et des Loges et il se garde attentivement des opinions complaisantes.

 

Il traite les problèmes en se conformant aux principes constitutionnels qui fondent l’Obédience et par ses décisions montre qu’il se considère comme soumis au premier chef à ces principes.

 

Dans sa fonction de représentation, sans dévoiler de secret, il expose sans vanité les objectifs traditionnels de la Franc-Maçonnerie.

 

On pourrait résumer ces qualités par les vertus cardinales : Justice, Tempérance, Prudence et Force, propices au rayonnement dans sa personne des vertus supérieures qui doivent manifestement le conduire dans sa quête spirituelle. On peut souhaiter qu’il fasse sienne la maxime des grands hommes rappelée par Bossuet dans l’Oraison funèbre de Condé : « Dans les grandes actions, il faut uniquement songer à bien faire et laisser venir la gloire après la vertu. »

 

L’autorité du Grand Maître doit découler naturellement de l’exercice de ces vertus, plus que des textes définissant ses pouvoirs et si elle est mise en cause, les solutions doivent être recherchées en se référant aux principes fondamentaux, les arguties juridiques n’étant d’aucun secours pour la restaurer.

 

LES POUVOIRS DU GRAND MAITRE DE LA GLNF DANS SES CONSTITUTIONS ET STATUTS

 

Nous n’allons pas nous livrer dans cette étude à une analyse exhaustive des textes qui découragerait nombre de lecteurs mais nous en tenir à quelques remarques et suggestions pour l’avenir :

 

Le Grand-Maitre est qualifié à l’article 3-1 des Constitutions de « Chef Suprême de l’Ordre maçonnique en France ». Il « détient, par délégation de la Grande Loge et dans le respect des Constitutions et des Us et Coutumes de l’Ordre, tous les pouvoirs maçonniques d’administration, de réglementation et de décision sur toutes les affaires maçonniques concernant l’Ordre, les Grandes Loges Provinciales ou de District, les Loges et leurs membres ». Ces pouvoirs sont réaffirmés à l’article 5 et il faut relever que les organes de gouvernance du Livre II des Constitutions ont un rôle essentiellement consultatif.

 

Enfin, parallèlement aux Constitutions de l’Ordre, le Règlement Intérieur dans son article 2.1 prescrit que « La Grande Loge Nationale Française est placée sous l’autorité du Grand Maitre, Président de l’Association ». Ce qui établit, sans possibilité sérieuse de contestation, l’indivisibilité de la fonction civile et de la fonction maçonnique.

 

On pourrait voir dans ces textes que le Grand Maître est investi des pleins pouvoirs et le considérer comme une sorte de despote éclairé, selon le concept cher à certains penseurs du XVIIIème siècle. Mais ce serait méconnaître la limite fondamentale que le texte même des Constitutions a posée : le respect des principes fondamentaux de l’Ordre qui, ayant valeur constitutionnelle, transcendent l’exercice de la fonction.

 

Comme le soulignait le Grand Orateur lors de l’installation de François Stifani : « Vous êtes en même temps, Très Respectable Grand Maitre, celui qui ordonne, qui détient les pouvoirs les plus absolus et celui qui obéit, le plus scrupuleusement, à cet ensemble de Règles qui nous dépassent et, par là, nous transcendent ».

 

Certes ! Mais comment régler l’abus de pouvoirs ou le non-respect des Principes ? Faut-il, comme la Grande Loge Unie d’Angleterre dans son article 15, s’en remettre « à quelque disposition nouvelle dictée par les circonstances » ou prévoir une procédure de destitution ?

 

Il est regrettable que, par excès de confiance, nos Constitutions soient muettes sur ce point ; mais ne peut-on pas considérer que La Grande Loge souveraine peut, lorsque les circonstances l’exigent, résilier la délégation de pouvoirs qu’elle a donnée au Grand Maître ?

 

La réforme constitutionnelle, désormais nécessaire, devra procéder à un rééquilibrage des pouvoirs conférés aux instances de gouvernance de la GLNF et définir avec prudence les sanctions, en cas d’éventuels manquements du Grand Maître à ses responsabilités et devoirs.

 

L’Ordre, dans son essence, nous a donné tous les outils pour triompher des difficultés que nous rencontrons. Sans pour autant s’écarter de lui ou le renier, il nous appartient de nous mobiliser pour mettre en œuvre, en toute régularité, les principes qu’il nous a inculqués et redonner un avenir pacifié à notre Obédience.

 

Uni2r-Groupe Telos: franchement ils auraient pu trouver un autre nom!

 

Source : http://www.uni2r.com/pages/telos

 

Lire la suite

Lettre à un jeune Maître Maçon

5 Mai 2012 , Rédigé par Jean Reyor Publié dans #symbolisme

 Mon Cher Ami,

Votre lettre m'attriste et me déçoit quelque peu. Vous y faites le "bilan" de votre "expérience maçonnique", et celui-ci se traduit pour vous par l'amère conviction que vous avez perdu votre temps au cours de ces dernières années, et qu'en somme vous avez été illusionné par le mirage d'une "Maçonnerie de rêve", mirage provoqué par les écrits de René Guénon et par ceux de Jean Reyor.
Vous n'avez trouvé en Loge, dites-vous, ni une atmosphère vraiment spirituelle ni un vestige de "technique de réalisation". Vous vous plaignez aussi de ce que le milieu maçonnique, dans son
immense majorité, se montre réfractaire à la vérité traditionnelle et ne s'intéresse guère qu'à des spéculations philosophico-scientifiques, quand ce n'est pas aux simples contingences sociales. La curiosité que semblent éveiller chez vos Frères les exposés de questions purement initiatiques ne porte pas de fruits en ce sens que leur vie n'en paraît pas changée. Tout cela est probablement vrai. Ce n´est pas inattendu.
Si vous le permettez, je ne m'occuperai pas de vos Frères qui ne m'ont jamais demandé aucun conseil, et qui furent peut-être sages, car ce que je puis dire est dur à entendre pour les hommes de ce temps. Je ne m'occuperai que de vous, en fonction de ce que vous dites vous-même.
Seriez-vous par hasard une incarnation du Grand Architecte pour vous permettre de dresser le bilan d´une existence ou d'une tranche de cette existence, fût-ce la vôtre ? Comment pouvez-vous savoir ce que représentent et ce que valent les années dont vous parlez dans le cycle de votre existence humaine et à plus forte raison dans votre destinée totale à travers les cycles des états multiples de l'être ? Que savez-vous si cette initiation maçonnique que vous avez reçue n'est pas un germe
qui fructifiera dans d'autres états d'existence, qui fructifiera peut-être aussi demain, dans dix ans, dans vingt ?
Toutefois, si cette éventualité favorable – je parle de la dernière – doit se réaliser, il faut que vous cessiez de considérer votre initiation comme une "expérience", car expérience implique dualité
. Il faut que vous vous identifiez à votre qualité de Maçon et non pas que vous vous regardiez jouer le rôle d'un Maçon avec l'idée que demain peut-être, vous quitterez ce rôle pour en choisir un autre. Comment voulez-vous que l'Esprit recteur de l'initiation maçonnique fasse élection d'un support aussi peu sûr ? Car, en Maçonnerie comme ailleurs, il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus.
Nul, que je sache, ne vous avait promis, ni même laissé croire, que vous trouveriez dans la Maçonnerie actuelle des "techniques de réalisation", encoure qu'il soit peut-être téméraire de dire qu'on n'en retrouve plus aucun vestige. Votre Loge a, je crois, conservé l'ancienne acclamation écossaise qui est un appel à l'attribut divin de Force.
Chaque organisation initiatique reflète, en effet, un attribut divin plus spécialement. Il est certain que la Maçonnerie n'est pas sous le signe de l'attribut de sainteté, par exemple ; elle reflète, comme vous l'apprennent les trois grands "piliers" de la Loge, les attributs de Sagesse, de Force et de Beauté, avec un accent particulier sur la Force que je traduirais en disant que l'influence spirituelle propre à la Maçonnerie est une puissance connaissante et génératrice d'harmonie.Lorsque vous dites que vous ne trouvez pas en Loge une atmosphère vraiment spirituelle, je me demande si vous ne traduisez pas simplement le sentiment de l'absence d'un élément "dévotionnel" qui peut bien trouver sa place – je dirais même qui devrait trouver sa place – dans la vie quotidienne de chaque Maçon, mais qui n'appartient pas au domaine propre de l'initiation maçonnique. Je pense ici à l'atmosphère dans laquelle se déroulent le rituel d´ouverture et de fermeture des travaux, et non aux discours et aux discussions qui meublent l'intervalle entre l'une et l'autre. Mais ce qui importe, c'est évidemment le rituel, de même que ce qui importe, à l'église, c'est le sacrifice de la messe, beaucoup plus que le sermon du prêtre, qui peut être de qualité fort variable, et que les annonces des réunions des dames patronnesses.
Encore faut-il participer à ce rituel le plus souvent possible et ne pas se dispenser de l'assiduité aux tenues sous le prétexte que les travaux oratoires ne sont pas du genre ou du niveau que vous souhaiteriez, légitimement peut-être. Je suis convaincu, comme vous, que la Maçonnerie moderne, de quelque Obédience que ce soit, est fort loin de représenter intégralement ce que doit être une organisation initiatique, mais elle a à mes yeux un mérite immense : elle existe. Notre Maître Salomon nous en a prévenus : un chien
 vivant vaut mieux qu'unlion mort. Il affirmait ainsi, avec vigueur, le réalisme qui caractérise toute attitude vraiment traditionnelle.
Permettez-moi de vous le dire, mon cher ami, c'est vous qui rêvez et, dans l'espoir de vous tirer de votre rêve, je vais vous confier le grand secret de l'attitude initiatique, un secret que j'ai mis bien des années à découvrir. Il consiste en ceci : il faut savoir ce qu'on veut et, à chaque moment, faire ce qu'on peut – mais tout ce qu'on peut – avec les moyens dont on dispose dans ce moment. Le secret est bien banal, n'est-ce pas ? Tous les grands secrets sont simples... à énoncer. Réfléchissez-y et demandez-vous, sans ruser avec vous-même, si vous le mettez en pratique.
Il faut savoir ce quon veut. Que voulez-vous ? Rénover la maçonnerie ? Quand vous êtes venu me trouver, parce que l'étude de l'œuvre de Guénon vous avait donné le désir de la réalisation spirituelle, vous ne m'avez pas dit que vous étiez "missionné" par une autorité traditionnelle pour une entreprise de ce genre ; vous ne m'avez pas dit que des dignitaires d'une Obédience quelconque étaient venus solliciter vos lumières. A lors de quoi vous préoccupez-vous ? Je vais vous confier un autre secret : vous ne rénoverez pas la Maçonnerie, ni vous ni un autre. Sera-t-elle rénovée ou ne le sera-t-elle pas ? Je l'ignore tout à fait. Si elle est rénovée, elle le sera par le Grand Architecte qui, peut-être vous prendra avec six autres, ou avec mille autres, ou bien, vous, ne vous prendra pas, comme un instrument, comme un outil inerte, passif, pour cette reconstruction. S'il vous prend, ce ne pourra être que quand vous aurez abandonné toute volonté propre, quand vous aurez quitté tout désir de rénover quoi que ce soit, tout désir de faire aucune chose particulière, quand vous serez, vis-à-vis de Lui – mais de Lui, et non d'une organisation humaine – « comme le cadavre entre les mains du laveur des morts » ou « comme le bâton entre les mains du vieillard ».
Mais je veux croire qu'une telle ambition ne représente pas ce que vous voulez vraiment. Je veux croire que vous aspirez vraiment à cette réalisation spirituelle dont l'initiation est la condition sine qua non et dont le moyen est précisément l'extinction de la volonté propre, l'identification de votre volonté individuelle et de la volonté du Grand Architecte, qui vous est connue par les règles traditionnelles exotériques
et ésotériques et qui vous est connue aussi par les contraintes auxquelles vous plie le monde extérieur. De ce point de vue, vous vous plaignez de l'absence de techniques de réalisation dans la Maçonnerie. Je ne veux pas sous-estimer le rôle de semblables techniques qu'on retrouve dans l'Hindouisme, le Lamaïsme, l'Islam, l'Hésychiasme, pour ne parler que de choses actuelles et connues dans le monde extérieur. Mais, comme j'ai eu l'occasion de le dire ailleurs
[Note : Les Aperçus sur l'initiation (VIII), étude sur l'ouvrage de René Guénon, dans Etudes Traditionnelles de juillet-août 1950.], ces techniques ne représentent tout de même qu'un élément secondaire de la méthode, l'élément principal étant l'attitude intérieure de l'être, son état de soumission vis-à-vis du Principe, l'intensité de sa ferveur, sa capacité de se dégager de tout ce qui n'est pas l'Unique Chose nécessaire. Les techniques peuvent accentuer, faciliter, cette attitude interne de l'être ; elles ne peuvent pas la créer, et elles ne doivent normalement être confiées qu'à ceux qui ont fait préalablement la preuve qu'ils étaient capables de remplir les obligations communes à tous les croyants exotériques et de remplir aussi les obligations les plus élémentaires d'une organisation initiatique, à commencer par l'assiduité aux travaux.
Que la Maçonnerie possède aujourd'hui des techniques de réalisation ou n'en possède pas, me paraît tout à fait dépourvu d'importance pour vous, d'après ce que vous dites vous-même. Comme raison complémentaire de votre non-assiduité aux Tenues, vous me dites que vos aoccupations professionnelles et vos obligations familiales vous empêchent assez fréquemment d'y assister. Vous êtes, d'autre part, un fidèle d'une des religions révélées mais vous reconnaissez que la fatigue, l'ambiance familiale, vous amènent à écourter ou à omettre certaines obligations rituelles. Je connais trop bien les conditions matérielles et psychiques de notre époque pour être tenté de vous adresser le moindre reproche à ce sujet, mais enfin il ne faut pas rêver. Si vous êtes incapable de remplir convenablement des obligations de caractère préparatoire, comment voudriez-vous mettre en œuvre une technique de réalisation impliquant une stricte discipline quotidienne et qui demanderait chaque jour
un temps dont, semble-t-il, vous ne disposez pas ? – Votre cas n'est pas unique. J'ai connu des gens qui recherchaient l'initiation islamique, mais qui se révélaient incapables d'accomplir les cinq prières journalières et d'observer le jeûne du mois de Ramadan. j'en ai connu d'autres qui recherchaient l'initiation chrétienne et, comme on leur conseillait, à titre de préparation, d'entreprendre une étude sérieuse de l'Ancien et du Nouveau testament, j'en ai entendu répondre que « c'était bien gros et qu'ils n'avaient pas le temps ». Est-ce bien sérieux ? Encore une fois, il ne s'agit de blâmer personne, mais enfin il n'y a pas de loi sur le territoire de la IVe République qui oblige les gens à rechercher l'initiation quand ils n'ont pas la possibilité de poursuivre une carrière spirituelle. On peut, n'est-ce pas, être honnête homme et faire son salut sans cela.
Marius Lepage, dans son article du numéro de novembre 1952-janvier 1953, écrivait que le problème des qualifications – tant physiques que spirituelles – est un des plus obscurs qui soient. Il est sûr qu'en l'absence de sciences traditionnelles précises, il est bien difficile de déterminer les qualifications foncières d'un individu, car il ne nous est guère parvenu à cet égard qu'une liste de disqualifications corporelles. Mais nous pouvons plus aisément déterminer les qualifications "actuelles" pour entreprendre un travail de réalisation spirituelle et là, les conditions d'existence d'un être, les possibilités de liberté
[Note : Cf. l'article Libre et de bonnes mœurs dans Etudes Traditionnelles d'octobre 1952]que lui laissent les nécessités matérielles de la vie et son entourage familial, fournissent des indications qu'on ne peut pas négliger. Et qu'on ne crie pas à l'injustice. Qu'on ne me dise pas que tel individu est doué mais que seules les contingences l'empêchent de se livrer à sa vocation spirituelle, car l'homme et son destinsont inséparables, le second traduisant nécessairement la nature interne du premier. Tout ce qu'on peut dire, c'est que l'être considéré n'est pas actuellement prêt, étant entendu que, dans ce monde de la mutation et du changement, tout change à chaque moment d'une façon ou d'une autre.
Cette lettre, je le crains, vous semblera d'abord bien dure et bien décourageante. Il n'en est rien cependant. Si vous avez véritablement une vocation spirituelle, vous pourrez, jour après jour
travailler à rectifier et votre attitude interne et vos conditions externes d'existence, étant entendu que cette dernière modification ne peut s'accomplir légitimement que dans la stricte observance des obligations, familiales et autres, prescrites par toutes les traditions et en conformité avec les vertus de justice et de charité. L'aide du Grand Architecte, à laquelle vous avez droit par votre initiation dans la mesure où vous voulez vraiment ne faire que Sa volonté, l'aide du Grand Architecte ne vous fera sûrement pas défaut. Et le temps qui accomplira en vous et autour de vous des modifications, qui les amènera peut-être aussi pour d´autres que vous, amènera peut-être également et par cela même, la rénovation de la Maçonnerie.
Mais, direz-vous, si malgré mes efforts, ma destinée n'est pas d'atteindre en cette vie un degré quelconque de réalisation spirituelle, à quoi cela m'aura-t-il servi ? Je pourrais vous répondre, comme je le disais au début, que le germe fructifiera peut-être dans un autre état d'existence. Mais je veux vous donner une réponse valable dès cette vie et qui est à peu près celle que Pascal appliquait, non au domaine de la connaissance initiatique, mais au domaine de la foi : si vous faites ces efforts, vos avez peut-être tout à gagner et vous n'avez rien à perdre. Car vous me permettrez bien d'appeler "rien" tout ce que vous pourriez acquérir dans des chemins qui ne seraient ni ceux de la Connaissance ni ceux de la Foi.

source : www.boutiquefs.com

Lire la suite

Le Grand Maître

5 Mai 2012 , Rédigé par Gustave Mesureur 1912 Publié dans #histoire de la FM

Définir les devoirs d'un Grand-Maître n'est pas chose aisée, si on imagine la diversité des Obédiences, françaises et étrangères, le milieu dans lequel elles évoluent, leur mentalité particulière et les conditions qui ont présidé à leur formation.

L'idée que nous nous faisons actuellement en France d'un Grand-Maître nous vient en ligne directe de la Maçonnerie des hauts grades, et notre Maçonnerie bleue, d'essence démocratique, ne s'est pas débarrassée d'une appellation grandiloquente, désormais dépour­vue de sens au sein d'organisations qui, rejetant le principe autoritaire de la hiérarchie dogmatique, ac­ceptent la loi de l'égalité qui exige que toutes les fonc­tions se recrutent par l'élection.

La Maçonnerie est essentiellement traditionnaliste et l'appellation de Grand-Maître a été réservée, en prin­cipe, aux présidents des Grandes Loges des trois premiers degrés ; mais des Suprêmes Conseils, notam­ment celui de France, ayant sous leur juridiction des Loges bleues, usèrent également de ce titre, de là une confusion ou une fusiondes droits et des devoirs des uns et des autres ; aussi leurs attributions ne doivent-­elles plus, à mon sens, avoir le même caractère que, jadis.

Si je rappelle mes souvenirs de jeune Maçon, si je rassemble les enseignements que j'ai pu acquérir, un Grand-Maître à ce moment, c'est-à-dire le très puissant souverain, Grand-Commandeur, Grand-Maître d'une Maçonnerie, représentait une fonction mystérieuse, en quelque sorte sacrée, dogmatique et, par cela même, autoritaire.

Il faut reporter sa pensée vers le passé et particulièrement sur l'histoire du siècle dernier pour com­prendre comment, dans notre pays, cette conception, si contraire à nos principes, s'est imposée à nous comme une nécessité.

La Maçonnerie, Société secrète, tolérée par les Gou­vernements, mais étroitement surveillée par eux, était constituée sur tous les points du territoire en Loges dis­tinctes. Ces Loges ne pouvaient pas naître spontané­ment sans guide et sans liens entre elles ; elles se seraient exposées à toutes les investigations de la police, à une époque où on n'avait pas le droit de s'asso­cier, ni même de se réunir plus de vingt et un. Il leur fallait un répondant, un tuteur au regard du pouvoir civil.

D'autre part, les Gouvernements ne pouvaient pas se donner le ridicule, si un Atelier manifestait trop vive­ment ses opinions, d'agir par leurs commissaires de police au risque de faire rire la galerie pour des inci­dents minuscules. En sévissant contre des groupes qui, soi-disant, n'existaient pas, on se donnait le tort de les avoir tolérés.

L'autorité dogmatique, c'est-à-dire le Grand-Maître, était là pour quelque chose ; il couvrait ses Ateliers, garantissait la liberté de leurs débats, engageait sa responsabilité et se faisait leur défenseur auprès des pouvoirs publics ; par contre, il exerçait sur eux un droit de surveillance et de discipline, les modérait et, parfois, les mettait en sommeil pendant quelques mois pour laisser passer l'orage qui les menaçait ; il pouvait même les démolir si leur attitude était de nature à compromettre la sécurité du Rite.
      Ce rôle de protecteur, les Grands-Maîtres du Rite Ecossais et du G:. O:. de France l'ont joué au cours du XIXème siècle, souvent avec éclat, toujours avec di­gnité.

Il faut se rappeler aussi que la Franc-Maçonnerie a toujours été, sinon l'ennemie de l'Eglise catholique, au moins le contre-poids de son influence politique dans la société, que c'est une force qui ne fut pas inutile et que n'ont pas dédaignée même les Gouvernements légi­timistes et impérialistes pour réfréner les exigences des cléricaux et modérer l'envahissement des Jésuites ; les attaques violentes et répétées de la presse cléricale ac­tuelle contre les Francs-Maçons nous montrent qu'il n'y a rien de changé et que la bataille continue.

C'est cette lutte contre une puissance admirablement disciplinée, où l'obéissance passive est un devoir, où les croyances et les directions venues de haut ne se discutent pas, qui devait, par une sorte de similitude, fortifier, avec le temps, le dogmatisme et le symbolisme  maçonniques, accroître l'autorité de ses chefs, depuis le Vénérable de Loge, jusqu'au Grand-Maître de l'Ordre.

La très-puissante Souveraineté, le Grand Comman­dement, la Grande-Maîtrise ont encore, à notre époque, une autre raison d'être. Ils doivent assurer les rela­tions internationales, pour resserrer et maintenir les liens qui unissent les FF:. des deux mondes ; le Su­prême Conseil de France du Rite Ecossais a fait de grands sacrifices pour prendre et maintenir sa place dans le concert des Suprêmes Conseils. Il en a fait notamment en 1875, en maintenant dans ce but, la formule à L:.G:.D:.G:.A:.D:.l'U:. ; il y a risqué une révolution intérieure ; puis, il a provoqué un schisme en 1879, où un grand nombre de Loges se sont sépa­rées de lui pour fonder la Grande Loge Symbolique et, enfin, encore, en consentant, en 1905, l'abandon de toute autorité sur ses Loges bleues qui forment aujour­d'hui une puissance indépendante : La Grande Loge de France.

C'était payer un peu cher sa place dans le consortium maçonnique universel, qui n'a pas été réalisé du reste, puisque l'Amérique maçonnique considère les Maçons français comme indésirables et que la Grande Loge d'Angleterre ne veut pas les connaître. Cette grande Loge Anglaise est mieux avec Berlin qu'avec Paris., c'est la seule tache à l'Entente cordiale ; nos FF:. Anglais voudront certainement l'effacer au plus tôt.

Mais ce n'est pas le moment de juger si, au Rite Ecossais, on a eu tort de faire des avances à l'étran­ger et si nous n'aurions pas mieux fait de rester nous­-mêmes, en arborant nettement notre drapeau de libres penseurs.

Il faut reconnaître que le Grand Orient de France a été plus logique, il n'a pas fait de concession, mais il n'a pas été jusqu'au bout de la logique. En juin  1865, en révisant sa Constitution, il a été sur le point de créer une Maçonnerie française d'essence et d'esprit; l'aboli­tion des hauts grades a été repoussée par 86 voix contre 83, trois voix ont assuré le triomphe des cordons et des vanités inutiles et fait échouer la constitution d'une Maçonnerie essentiellement démocratique.

En tant que membres de la Grande Loge de France, ces questions nous importent peu; nous considérons la Maçonnerie des trois premiers grades : Apprenti, Com­pagnon et Maître, comme la synthèse la plus complète et la plus belle de l'organisation sociale ; l'œuvre d'édu­cation philosophique que nous accomplissons s'arrête au Maçon parfait qui est le Maître, et cette hiérarchie si simple se retrouve partout, parce qu'elle est dans la nature même de l'homme qui ne peut s'élever que par la lente ascension du savoir, quel que soit le rôle social qu'il est appelé à jouer.

Ces principes, comme celui que je rappelais plus haut, que toutes les fonctions doivent se donner à l'élec­tion en vertu de la loi de l'égalité, nous montrent suffi­samment que le rôle du Grand-Maître d'une Grande Loge symbolique se réduit à une direction morale et administrative qui respecte le pacte fondamental résumé dans la formule : « Le Maçon libre dans la Loge libre. »

Jamais, comme Grand-Maître, il ne m'est venu à l'idée de restaurer l'autoritarisme et le dogmatisme des Grands-Maîtres passés et des Grands-Maîtres issus des Ateliers des hauts grades. Cela n'est plus de notre temps, en France du moins, puisqu'on voit encore en Amérique des Grands-Maîtres légiférer de leur autorité privée.

Le Grand-Maître, ou plus modestement et plus exac­tement le Président de la Grande Loge, doit faire res­pecter la séparation des pouvoirs ; la souveraineté réside dans les Loges et elles l'exercent par leurs délégués au Convent : mettre en échec la volonté des Convents, passer au-dessus de leurs décisions, c'est supprimer les garanties de liberté que la Constitution donne aux Loges et entrer dans la pratique des abus qui conduisent au despotisme.

Le Grand-Maître doit veiller à ce qu'on n'altère pas le symbolisme maçonnique et qu'on ne transforme pas les habitudes, les traditions rituéliques qui rattachent tous les Maçons du globe entre eux et leur permet de se comprendre et se reconnaître; mais le Grand-Maître, dans ce cas, ne fait encore que veiller à la stricte exécu­tion des engagements pris par les Loges et par chaque Maçon en particulier.

L'action morale, conciliatrice et paternelle d'un Grand-Maître n'a pas de limite ; maintenir la bonne harmonie, l'entente, la vraie confraternité entre ses collaborateurs, les Grands Officiers et le Conseil Fédé­ral, c'est-à-dire dans le sein du pouvoir exécutif, est le premier de ses devoirs. Apaiser les conflits qui peuvent s'élever entre les Loges, leur donner des conseils auto­risés, le cas échéant, défendre ses Loges et ses Frères auprès des Obédiences étrangères, enfin donner aux manifestations maçonniques l'éclat et la dignité qui convient, sont encore des devoirs de sa charge, et, en ce qui me concerne, l'affection de mes Frères me les a rendus aisés à remplir.

Cette méthode, pleine de réserve, respectueuse de la Constitution et de la liberté des Loges, de leur auto­nomie et de leur initiative, a le mérite de ne pas pro­voquer les oppositions, de calmer les passions et de permettre à notre Ordre de se développer dans la paix et dans la liberté ; j'estime que c'est la bonne.

Elle répartit les responsabilités, elle respecte toutes les opinions, elle permet à toutes les conceptions philo­sophiques et sociales de se soumettre à l'épreuve de la contradiction, elle a enfin le rare mérite de faire de la Maçonnerie une grande Ecole de solidarité et de former des citoyens que la République retrouve toujours quand l'heure sonne de la défendre.

C'est ainsi que la Grande Loge de France s'est développée magnifiquement depuis dix ans ; elle est bien la fille des Maçons qui ont donné au monde la formule Liberté-Egalité-Fraternité.

 

source : www.boutiquefs.com

 

Lire la suite

Prière de Louis-Claude de St Martin

5 Mai 2012 , Rédigé par Louis-Claude de St Martin Publié dans #spiritualité

J'irai vers toi, Dieu de mon être ; j'irai vers toi, tout souillé que je suis ; je me présenterai devant toi avec confiance. Je m'y présenterai au nom de ton éternelle existence, au nom de ma vie, au nom de ta sainte alliance avec l'homme ; et cette triple offrande sera pour toi un holocauste d'agréable odeur sur lequel ton esprit fera descendre son feu divin pour le consumer et retourner ensuite vers ta demeure sainte, chargé et tout rempli des désirs d'une âme indigente qui ne soupire qu'après toi. Seigneur, Seigneur, quand entendrai-je prononcer au fond de mon âme, cette parole consolante et vive avec laquelle tu appelles l'homme par son nom, pour lui annoncer qu'il est inscrit dans la milice sainte, et que tu veux bien l'admettre au rang de tes serviteurs ? Par la puissance de cette parole sainte, je me trouverai bientôt environné des mémorials éternels de ta force et de ton amour, avec lesquels je marcherai hardiment contre tes ennemis, et ils pâliront devant les redoutables tonnerres qui sortiront de ta parole victorieuse.

Hélas, Seigneur, est-ce à l'homme de misère et de ténèbres à former de pareils voeux et à concevoir de si superbes espérances ! Au lieu de pouvoir frapper l'ennemi, ne faut-il pas qu'il songe lui-même à en éviter les coups ? Au lieu de paraître, comme autrefois, couvert d'armes glorieuses, n'est-il pas réduit comme un objet d'opprobre, à verser des pleurs de honte et d'ignominie dans les profondeurs de sa retraite, n'osant pas même se montrer au jour ? Au lieu de ces chants de triomphe qui autrefois devaient le suivre et accompagner ses conquêtes, n'est-il pas condamné à ne se faire entendre que par des soupirs et par des sanglots ? Au moins, Seigneur, fais-moi une grâce, c'est que toutes les fois que tu sonderas mon coeur et mes reins, tu ne les trouves jamais vides de tes louanges et de ton amour ; je sens, et je voudrais ne jamais cesser de sentir, que ce n'est point assez du temps entier pour te louer ; et que, pour que cette oeuvre sainte soit accomplie d'une manière qui soit digne de toi, il faut que tout mon être soit saisi et mû par ton éternité ; permets donc, ô Dieu de toute vie et de tout amour, permets à mon âme de chercher à fortifier sa faiblesse dans ta puissance ; permets-lui de former avec toi une ligue sainte qui me rende invincible aux yeux de mes ennemis, et qui me lie tellement à toi par les voeux de mon coeur et du tien, que tu me trouves toujours aussi ardent et aussi empressé pour ton service et pour ta gloire, que tu l'es pour ma délivrance et pour mon bonheur.

source : http://recherchestraditions.blogspot.fr/

Lire la suite

Prière de Louis-Claude de St Martin

5 Mai 2012 , Rédigé par Louis-Claude de St Martin Publié dans #spiritualité

Source éternelle de tout ce qui est, toi qui envoies aux prévaricateurs des esprits d'erreur et de ténèbres qui les séparent de ton amour, envoie à celui qui te cherche un esprit de vérité qui le rapproche de toi pour jamais. Que le feu de cet esprit consume en moi jusqu'aux moindres traces du vieil homme, et qu'après l'avoir consumé, il fasse naître de cet amas de cendres, un nouvel homme sur qui ta main sacrée ne dédaigne plus de verser l'onction sainte. Que ce soit là le terme des longs travaux de la pénitence, et que ta vie universellement une transforme tout mon être dans l'unité de ton image, mon coeur dans l'unité de ton amour, mon action dans une unité d'oeuvres de justice, et ma pensée dans une unité de lumières. Tu n'imposes à l'homme de grands sacrifices que pour le forcer à chercher en toi toutes ses richesses et toutes ses jouissances, et tu ne le forces à chercher en toi tous ces trésors, que parce que tu sais qu'ils sont les seuls qui puissent le rendre heureux, et que tu es le seul qui les possède, qui les engendre et qui les crée.

 Oui, Dieu de ma vie, ce n'est qu'en toi que je peux trouver l'existence et le sentiment de mon être. Tu as dit aussi que c'était dans le coeur de l'homme que tu pouvais seulement trouver ton repos ; n'interromps pas un instant ton action sur moi, pour que je puisse vivre, et en même temps pour que ton nom puisse être connu des nations : tes prophètes nous ont enseigné que les morts ne pouvaient te louer ; ne permets donc jamais à la mort de m'approcher : car je brûle de rendre ta louange immortelle, je brûle du désir que le soleil éternel de la vérité ne puisse reprocher au coeur de l'homme d'avoir apporté le moindre nuage et causé la moindre interruption dans la plénitude de ta splendeur. Dieu de ma vie, toi que l'on prononce et tout s'opère, rends à mon être ce que tu lui avais donné dans son origine, et je manifesterai ton nom aux nations, et elles rapprendront que toi seul es leur Dieu et la vie essentielle, comme le mobile et le mouvement de tous les êtres. Sème tes désirs dans l'âme de l'homme, dans ce champ qui est ton domaine et que nul ne peut te contester, puisque c'est toi qui lui as donné son être et son existence. Sèmes-y tes désirs, afin que les forces de ton amour l'arrachent en entier aux abîmes qui le retiennent et qui voudraient l'engloutir pour jamais avec eux. Abolis pour moi la région des images ; dissipe ces barrières fantastiques qui mettent un immense intervalle et une épaisse obscurité entre ta vive lumière et moi, et qui m'obombrent de leurs ténèbres.

Approche de moi le caractère sacré et le sceau divin dont tu es le dépositaire, et transmets jusqu'au sein de mon âme le feu qui te brûle, afin qu'elle brûle avec toi, et qu'elle sente ce que c'est que ton ineffable vie et les intarissables délices de ton éternelle existence. Trop faible pour supporter le poids de ton nom, je te remets le soin d'élever en entier l'édifice, et d'en poser toi-même les premiers fondements au centre de cette âme que tu m'as donnée pour être comme le chandelier qui porte la lumière aux nations, afin qu'elles ne restent pas dans les ténèbres. Grâces te soient rendues, Dieu de paix et d'amour ! grâces te soient rendues de ce que tu te souviens de moi, et de ce que tu ne veux pas laisser languir mon âme dans la disette! Tes ennemis auraient dit que tu es un père qui oublie ses enfants, et qui ne peut pas les délivrer.

source :http://recherchestraditions.blogspot.fr

Lire la suite

Sur la route des Maîtres Maçons

5 Mai 2012 , Rédigé par Jean Reyor Publié dans #spiritualité

Dans l'article-programme publié en tête du numéro de juillet-septembre 1960, la Direction du Symbolisme annonçait son intention d'accorder « une place de plus en plus importante à la tradition maçonnique en elle-même et dans ses relations avec les traditions occidentales auxquelles elle est unie par de multiples liens ».

C'est bien là « revenir sur la route des Maîtres Maçons ».

Entre les deux guerres, et surtout après la seconde, on a assisté, en France, à un véritable foisonnement de publications relatives aux traditions orientales : traductions de textes anciens, traductions d'œuvres d'Orientaux modernes, exposés dus
à des Occidentaux avant eu des contacts plus ou moins directs avec des enseignements orientaux. Ces productions étaient de valeur très inégale : il y avait là de l'excellent, du moins bon et du franchement mauvais. Ce n'est sans doute pas le meilleur qui a obtenu la plus large audience. Il fallait s'y attendre.

Ce qu'il y avait de meilleur dans ces publications ne présentait pas l'étude des doctrines orientales comme une fin en soi, mais comme un moyen pour les Occidentaux de mieux comprendre leurs propres traditions. En effet, pour des motifs qu'il ne saurait être question de développer ici, il se trouve que la partie métaphysique de la doctrine traditionnelle est plus accessible et plus clairement exposée dans les traditions orientales que dans celles de l'Occident, de sorte qu'un usage prudent de l'analogie, accompagné d'une certaine connaissance des doctrines orientales, permet de retrouver le sens le plus profond des dogmes religieux et des symboles
de l'Occident, si l'on admet l'unité et l'identité fondamentales des traditions.

Dans les œuvres auxquelles nous pensons, l'accent étant mis sur la nécessité d'un rattachement initiatique, un nombre appréciable d'étudiants des doctrines orientales sont allés vers la Maçonnerie. Ce n'est pas porter un jugement
, c'est énoncer une simple constatation de fait : la Maçonnerie moderne ne possède – et par conséquent ne peut transmettre – aucun enseignement métaphysique ou cosmologique explicite. Sans doute, on recommande aux Maçons de méditer sur les symboles, mais, faute d'une direction doctrinale, la porte reste ouverte à toutes les interprétations individuelles, sans qu'on puisse se flatter d'être garanti contre l'erreur ou la déviation. Alors, parmi les Maçons venus en Loge par la voie que nous venons de dire, certains se sont découragés et ont abandonné plus ou moins rapidement la pratique des rites maçonniques ; d'autres y sont demeurés attachés, tout en continuant à se nourrir intellectuellement de Vêdanta, de Bouddhisme Zen, ou de telle autre doctrine orientale. C'est surtout pour ces deux catégories de Maçons que nous écrivons ici.

Nous nous permettrons de dire aux premiers : le problème de la réalisation spirituelle ne se résout pas en « attrapant » une initiation quelconque et en se retirant chez soi pour méditer une doctrine étrangère, surtout quand il s'agit d'une initiation qui ne comporte, dans son état actuel, que des rites collectifs. Aux seconds, nous dirons : toute réalisation spirituelle implique unification des puissances de l'être, c'est-à-dire unification de la vie rituelle, de la vie affective et de la vie intellectuelle qui doivent se développer dans le cadre de la forme d'initiation à laquelle on appartient. On ne peut bénéficier d'une transmission initiatique que dans la mesure où on est intégré au courant traditionnel qui la véhicule et qui doit être, sur tous les plans, le milieu vital de l'individu.

Il est évident que la Maçonnerie – et, plus précisément, le courant maçonnique parvenu aux Européens d'Europe occidentale – n'a rien à voir avec l'Hindouisme, le Bouddhisme et le Taoisme, pas plus qu'avec les traditions des Indiens d'Amérique ou avec celles de l'Afrique Noire. L'aire géographique de la Maçonnerie, c'est, en gros, le monde de la Bible, ou ce qu'on appelle encore « le monde connu des Anciens », en somme le bassin méditerranéen, avec des prolongements plus ou moins avancés, au nord, dans le continent européen Les traditions auxquelles la Maçonnerie est « unie par de multiples liens », sont donc, parmi les traditions vivantes, le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam, et, parmi les traditions aujourd'hui éteintes, les traditions égyptienne, gréco-latine et celtique. Cela représente un domaine d'études déjà fort étendu, trop étendu pour que chaque Maçon en puisse acquérir une connaissance un peu approfondie. Mais on peut remarquer que toutes ces traditions ne présentent pas un égal intérêt pour la Maçonnerie, et aussi, que certaines d'entre elles n'ont laissé que des vestiges, des monuments ou des textes dont l'interprétation demeure conjecturale, de sorte qu'on ne peut trop compter sur celles-ci pour comprendre la Maçonnerie, car cela reviendrait à prétendre éclairer ce qui est obscur à l'aide de ce qui l'est davantage encore .
Si on admet que toutes les sciences et tous les arts ont eu une origine traditionnelle et ont servi de support de réalisation spirituelle, on peut dire que l'origine de la Maçonnerie se perd dans la nuit des temps et remonte au début même de l'art de construire. C'est ce que veulent dire les légendes selon lesquelles « Adam enseigna à ses fils la géométrie et son usage dans la série des arts et pratiques qui suffisaient à ces temps anciens » .Que cette initiation ait subi, dans sa forme, au cours des âges et selon les peuples, des adaptationset réadaptations diverses, opérées par des prophètes, des envoyés ou quelque autre autorité spirituelle, c'est l'évidence même. Ce que nous savons de science certaine, c'est que le courant d'initiation dont la Maçonnerie actuelle tient sa filiation a été intégré au Christianisme et, plus précisément, en ce qui concerne l'Europe occidentale, à l'ésotérisme catholique.. Les Constructeurs dont procède l'Organisation dénommée Franc-Maçonnerie, étaient Catholiques, les Old Charges l'attestent. Le Maçon, dans la Chrétienté latine du moyen-âgeétait d'abord – avant d'être Maçon – un catholique. Comme un ésotérisme, par définition, ne peut être en désaccord avec l'exotérisme auquel il se superpose, l'enseignement initiatique, dans la Maçonnerie, ne pouvait mener qu'à un approfondissement du dogme, des rites et des symboles catholiques.

Le Maçon, avons-nous dit, était un catholique. Un catholique comme les autres ? En un sens, oui, puisqu'il participait au même titre que tous les fidèles à l'enseignement et aux sacrements de l'Eglise
. En un autre sens, c'était évidemment un catholique « pas comme les autres », et ses contemporains en avaient peut-être plus ou moins confusément conscience.

A-t-on suffisamment remarqué que les légendes populaires font intervenir fréquemment les démons dans la construction ou la décoration de nombreux édifices ? C'est un démon qui apporta les quatre colonnes de marbre blanc qui ornent (ou ornaient ?) la chapelle supérieure du burg de Nüremberg édifiée au IIIe siècle ; ce sont des démons qui étaient supposés avoir bâti la « Muraille du diable » qui séparait jadis l'Ecosse de l'Angleterre, et ce sont des dénions aussi qui ont édifié le mur qui entoure le château de Vizille, résidence des présidents de la République. Ce sont eux, également, qui ont construit tant de ponts à travers l'Europe en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, en France ; les ponts de Beaugency, de Pont-de-l'Arche, d'Orthez, le fameux pont de Valentré à Cahors. C'étaient eux encore qui avaient ciselé les ferrures des quatre portes des deux portails de droite et de gauche de Notre-Dame de Paris, remplacés vers 1860, par Viollet le Duc par des copies plus ou moins fidèles auxquelles le diable n'a pas collaboré !
Qu'est-ce à dire ? Sinon
que, dans l'imagination populaire, les constructeurs étaient considérés comme détenteurs de connaissances et de pouvoirs secrets, supérieurs à ceux du commun des mortels ? Car leur activité n'ayant pas un caractère maléfique, bien au contraire, leurs « pouvoirs » ne pouvaient relever de la sorcellerie.

Mais comment aurait-on pu douter de ces pouvoirs puisque les Maçons, comme les Compagnons
Tailleurs de Pierre du Devoir de Liberté, sont « enfants de Salomon » et les héritiers « de ces étrangers que le grand roi dénombra pour la construction du temple de Jérusalem » ? Comment supposer que les Constructeurs n'aient pas reçu quelques bribes de la science universelle qui faisait de Salomon le détenteur de tous les secrets du monde corporel, du monde subtil et du monde spirituel et le maître des espritscélestes et infernaux ?

Et c'est bien, en effet, à Salomon et au Temple de Jérusalem que la légende maçonnique fait remonter l'origine de l'Ordre.

Certains auteurs ont pensé que cette origine, et plus généralement les éléments
bibliques de la Maçonnerie, étaient d'introduction récente et remontaient à la « Conspiration des Pasteurs », de 1717-1723. On a fait état, dans ce sens, de la modernité du grade de Maître, qui est celui où se trouvent les références explicites à la construction du temple de Jérusalem. Sur ce dernier point, nous dirons simplement qu'en l'état actuel de la documentation, il ne nous paraît pas possible de dire s'il y a eu un grade nouveau ajouté à une certaine époque, et dans ce cas si ce grade est celui que nous tenons aujourd'hui pour celui de Maître ou pour celui de Compagnon ; ou bien s'il y a eu un grade unique dédoublé en ceux de Compagnon et de Maître. Il reste que les références bibliques « même si on admet la modernité du grade de Maître actuel » sont assez nettement attestées par les deux colonnes Jakin et Booz qui figurent dès le grade d'Apprenti, et par le mot de passe du grade de Compagnon.

Il y a plus. H. F. Marcy  remarque que nous ne connaissons pas le texte de l'ancien rituel d'initiation qui, sans doute, n'était pas écrit, mais que tout Maçon devait savoir par cœur. Tout ce qu'on sait de positif, c'est qu'on y transmettait au moins un « mot » et un « signe » secrets. Or, une des rares précisions que nous ayons à ce sujet avant 1717, nous est donnée par Robert Kirk, ministre à Aberfoill, qui écrit en 1691 : « Le mot de Maçon est un mystère dont je ne veux pas cacher le peu que je sais. C'est une espèce de tradition rabbinique, une sorte de commentaire sur Jakin et Booz, les deux colonnes érigées clans le temple de Salomon, avec l'adjonction de certain signe secret transmis de main à main, au moyen duquel ils se reconnaissent et deviennent familiers entre eux »
Ainsi, le fameux « mot » ne serait pas seulement un « mot de passe » ou un » mot sacré », mais un « commentaire » qui serait « une tradition rabbinique s. Il nous semble difficile que l'auteur ait inventé cela. Il avait donc entendu parler d'un enseignement – si sommaire qu'on veuille le supposer – qui était d'origine ou de forme hébraïque.

Cela est d'ailleurs tout naturel, si on veut bien se rappeler que les rares rituels antérieurs à 1717 qu'on a pu retrouver nous apprennent que les travaux étaient ouverts par une invocation à un Nom divin hébreu entièrement étranger à la liturgie. Voici la traduction du texte d'une « prière » approuvée le 30 novembre 1663 par l'Assemblée générale de Wakefield :

« Très Saint et glorieux El Shaddaï, Grand Architecte du Ciel et de la Terre, Donateur de tous les dons et de toutes les grâces, qui a promis que, lorsque deux ou trois seraient assemblés en Ton Nom Tu serais au milieu d'eux ; en Ton Nom, nous nous assemblons et réunissons, Te suppliant très humblement de nous bénir dans toutes nos entreprises ; de nous donner Ton Esprit Saint, afin d'illuminer nos esprits de Sagesse, et l'Intelligence de Notre Vénérable et Digne Métier, afin que nous puissions Te connaître et Te servir comme il convient et que toutes nos actions puissent tendre vers Ta Gloire et le salut de nos âmes »
Et selon un rituel d'Ouverture des Travaux au 1er degré, traduit dans le numéro du 16 octobre 1913 de la revue La France anti-maçonnique, où se retrouve la prière ci-dessus. nous voyons que la Loge était ouverte « au Nom du Roi Salomon »
Il peut paraître étrange à nos contemporains que des chrétiens – des catholiques – aient fait un usage rituel de mots hébreux et de Noms divins hébreux, mais il ne faut pas perdre de vue que, si les chrétiens disposent de plusieurs langues liturgiques, ils ne disposent que d'une langue sacrée qui est l'hébreu, et que celle-ci, à peu près disparue de la liturgie dans la chrétienté latine, est demeurée en usage dans divers courants d'ésotérisme chrétien, sous forme parlée et sous forme écrite, et que les caractères de l'hébreu carré n'ont jamais cessé d'être utilisés comme symboles visuels, ainsi que nous l'avons vu dans un précédent article.

 

 

On peut encore signaler, dans le même ordre d'idées, l'inscription en hébreu et en latin de la cloche de Domeringen Elle vaut la peine d'être reproduite :

EL ELOHIM . ELOE . SABAOTH . ELYON ESE REIE . ADONAY
IA TET GRAMMATON SADDAY . XPC VINCIT XPC REGNAT XPC IMPRAT.

On a là, transcrite en caractères latins, une liste des dix principaux Noms divins hébraïques qu'on reconnaît aisément (ESEREIE pour ASHER EHIEH) et huit d'entre eux sont étrangers à la liturgie catholique, où on ne trouve qu'Adonaï et Tsabaoth. De plus, il est à noter que le Nom Ineffable
, qui ne doit pas être prononcé, n'est pas transcrit ici par Jehovah, comme c'était l'usage constant chez les exotéristes chrétiens (les érudits, aujourd'hui, le transcrivent Yahveh, ce qui n'est pas plus justifié), mais qu'il est remplacé par Tetragrammaton, comme l'ont fait généralement les kabbalistes chrétiens respectueux de l'interdiction traditionnelle.

Est-il concevable que les Maçons aient utilisé rituellement des mots hébreux et des Noms divins hébreux, que des peintres aient signé leurs œuvres en caractères hébraïques, que d'autres artisans aient gravé une liste de Noms divins hébreux, tout cela sans que les uns et les autres comprennent ce qu'ils faisaient, et sans que cela signifie que l'hébreu a eu un usage en rapport avec l'enseignement et les méthodes des initiations artisanales ? Et, dans l'ordre de la connaissance, à quoi l'hébreu pouvait-il servir, sinon à scruter le texte original de l'Ancien Testament à l'aide des méthodes de l'ésotérisme ? Car les traductions grecques et latines et les versions en langue moderne, suffisantes pour ce qui est de la foi et des mœurs, ne peuvent livrer que le sens littéral.

Nous entendons bien que tous les membres des organisations artisanales n'étaient pas des hébraïsants distingués – il suffisait que quelques-uns le fussent  .Nous entendons bien que la plupart, sans doute, ne savaient « ni lire ni écrire », surtout l'hébreu, mais beaucoup, sans doute, pouvaient « épeler » et, si on leur « donnait la première lettre », étaient en mesure de « donner la seconde », et finalement de retenir des « mots » et des formules rituelles .A défaut de recevoir, par transmission orale ou écrite, un enseignement métaphysique et cosmologique explicite, on voit assez bien dans quelle direction doit chercher le Maçon d'aujourd'hui, s'il se propose de retrouver doctrine et méthode. La prière maçonnique de 1663, comme l'inscription de la cloche de Domeringen, nous semblent significatives : d'une part, l'assimilation évidente du Christ au Nom divin El Shaddaï ?d'autre part, une liste de Noms divins conservés sous leur forme hébraïque, et suivie de la triple acclamation au Christ. Cela est caractéristique du courant d'ésotérisme qu'on peut appeler Kabbale chrétienne.

C'est en orientant ses études dans cette direction que le Maçon d'aujourd'hui a quelque chance de réaliser l'unité entre sa vie intellectuelle et sa vie rituelle. Et nous ajouterons : de trouver une méthode d'étude dont les résultats sont susceptibles de dépasser le domaine de la connaissance théorique.

Expliquons-nous.

Le travail proprement initiatique, dans la Maçonnerie moderne, se réduit à l'ouverture et à la fermeture des travaux. Il est certain que, primitivement, l'intervalle entre ces deux opérations rituelles devait être occupé par quelque chose dont la nature exacte est ignorée aujourd'hui – bien qu'il soit possible de faire à ce sujet quelques conjectures, par analogie avec d'autres formes d'initiation – mais dont on peut assurer qu'il ne s'agissait pas de discours sur les sujets les plus divers. Tout ce qu'il est sans doute possible d'envisager dans l'état présent des choses est de consacrer les Tenues à des études sur le symbolisme, le rituel et le courant traditionnel judéo-chrétien dont relèvent en Occident les initiations de Constructeurs. On conçoit cependant qu'un travail initiatique ne peut se limiter à la participation, une ou deux fois par mois, au rituel d'ouverture et de fermeture et à l'audition d'un exposé, si savant soit-il. De fait, sauf dans la Maçonnerie moderne, il existe partout un travail individuel quotidien. Chez les Constructeurs, il y a lieu de penser que ce travail se confondait, en partie du moins, avec le travail professionnel envisagé symboliquement. C'est là une impossibilité pour les Maçons modernes qui exercent les métiers les plus divers, dont la plupart n'ont aucun caractère traditionnel et, par suite, ne peuvent servir de support à la réalisation spirituelle.

Mais le Maçon qui désirera pousser ses études au delà d'une connaissance superficielle, dans la direction que nous avons indiquée, s'apercevra qu'elle nécessite une certaine connaissance de l'hébreu. A partir de ce moment, lui sera ouverte la possibilité du contact direct avec le Livre dans son texte même, le contact avec la langue sacrée, avec l'écriture sacrée. Le maniement de cette écriture et de cette langue revêt le caractère d'un acte rituel lorsqu'il s'effectue avec l'intention droite, nous voulons dire avec le désir respectueux de s'approcher des mystères, et non avec l'attitude critique de l'exégète et de l'historien des religions.

En effet, comme on l'a dit, les lettres hébraïques ne sont pas comme les autres : elles sont « vivantes » ;Elles sont vivantes, parce qu'étant la forme et « le corps » de la Révélation, elles conservent en elles l'influencespirituelle et sa vertu transformante. Et, étant vivantes, elles « agissent », elles purifient et instruisent « par le c–ur » celui qui, ayant reçu l'une des initiations issues du tronc hébraïque, médite sur elles avec respect et amour. Les lettres saintes sont une « incorporation » du Verbe ,de Celui par qui toutes choses ont été faites, en qui est la Vie, en qui est la Lumière des hommes, cette Lumière que les anciens Maçons entrevoyaient flans les opérations de la Loge de Saint-Jean.

Peut-être se vérifiera ainsi, pour quelques Maçons, ce qu'écrivait Paul Vulliaud – qui certes ne pensait pas à eux – : « Fichte affirmait un jour que nous serions sauvés par la métaphysique. En un sensource : s, c'est la vérité. Mais la grammaire hébraïque est capable de rendre ce salut plus rapide »

 Source : www.boutiquefs.com

Lire la suite

L'histoire du Rite : Une parabole de la Maçonnerie Symbolique

5 Mai 2012 , Rédigé par Constant Chevillon Publié dans #spiritualité

Dans une étude récente, nous avons examiné le sens initiatique des épreuves et dégagé l'orientation philosophique et morale par elles imposée à l'Apprenti-maçon.
II importe de sonder le problème plus profondément encore et de mettre chaque adepte
en présence de la signification vraiment ésotérique de son ascèse personnelle. Par là seulement, il pourra se rendre compte du chemin à parcourir et de l'esprit  vivifiant caché sous les voiles de la doctrine. De toute évidence, comme on va le voir, cette intelligence supérieure de la voie maçonnique convient à la seule élite, aux hommes de volonté dont la raison et l'entendement peuvent surclasser les contingences ordinaires de la vie humaine.

La Maçonnerie, depuis ses lointaines origines, a toujours été appelée : Science royale, Art royal. Or, ces deux termes
se complètent mutuellement, car la Maçonnerie est une science par la Gnose voilée sous les symboles et un art par la proportion, par le rythme qu'elle introduit dans les données de la science, en les réalisant sur le plan vital, sur le plan éthique et finalement sur le plan social. Par ce rythme, en effet, et par cette proportion, la beauté, sous tous ses aspects, est infusée dans la matière humaine, et la beauté est royale par destination, car elle se révèle, dans ses multiples manifestations, aux âmes nobles, aux belles intelligences et aux grands cœurs à l'exclusion des autres. Mais, entendus dans ce sens, l'art et la science ont aussi un autre nom, c'est le Grand Œuvre, objet de l'alchimie. Le Grand Œuvre peut se réaliser sur les trois plans de la nature. Sur le plan matériel, c'est la transmutation des métaux vils en or, en d'autres termes, la découverte de la Pierre philosophale. Sur le plan animique, c'est la recherche d'un équilibre constant des forcesvitales, la découverte de la panacée et de l'élixir de longue vie. Sur le plan spirituel, c'est la stabilisation de la conscience dans les hautes sphères intellectuelles, c'est la découverte de l'élixir de vie, ou, plutôt, d'immortalité.
Ainsi le maçon est un alchimiste, mais dans ce dernier sens seulement. II ne travaille pas à la transmutation des métaux : son labeur quotidien consiste à perfectionner son
humanité, à purifier, à développer sa conscience, pour en faire un feu vivifiant, un feu inextinguible.

Il ne s'agit point, ici, d'étudier l'arbre
maçonnique dans ses ultimes ramifications ; nous nous contenterons d'explorer les grades du porche. Ils contiennent tout, du reste, dans leur riche substance et se prêtent à des synthèses de plus en plus vastes dont les degrés subséquents sont les formules adéquates.
Sous quels symboles la Maçonnerie a-t-elle voilé la route de l'immortalité ? Sous le couvert des phénomènes naturels dont le flux incessant est à notre portée immédiate. La carrière du maçon, en effet, est assimilée au mouvement diurne de la terre sur son axe et à une révolution complète autour de notre soleil
, c'est à dire à ces divisions temporelles qu'on nomme : le jouret l'année. Ces deux symboles de fait, sont une seule et même chose ; ils se répondent membre à membre, comme dans une équation algébrique bien équilibrée.
Le jour, pour le maçon, comporte cette partie du temps, qui s'écoule entre le lever et le coucher de l'astre-roi ; il se calcule sur la période idéale de l'équinoxe
moment où la lumière et les ténèbres sont réparties avec équité sur l'ensemble d'un hémisphère. L'Apprenti engagé arrive à la Maçonnerie pour voir poindre la lumière au-dessus de l'horizon. II a les pieds dans la nuit et son œil est frappé par le rayon lumineux. Tout autour de lui est enfoui dans l'ombre, mais la lumière s'accroît de minute en minute, chaque chose perd progressivement sa forme fantômale et revêt son aspect réel, s'échauffe, vibre et chante sous le baiser du soleil vivant. L'âme de l'Apprenti se revêt en même temps d'un manteau d'allégresse, car sa terreur et son angoisse deviennent amouret certitude. Or, le temps d'apprentissage va de 6h à 9h du matin ; le soleil, alors, chasse les miasmes de la nuit, résorbe la rosée et réchauffe les sillons. De 9h à midi, le compagnon se met à la besogne ; il ameublit la terre, il sème, il plante, il élague et redresse, il prépare la récolte future. Et le soleil vient au zénith pour féconder et mûrir ; le maître apparaît dans la moisson jaunissante et dans la vigne en fleurs. A ses mains expertes le vrai travail est confié, celui de préserver les fruits et de les récolter à la maturité totale. Il accomplit sa tâche en deux temps, de midi à 3h et de 3h à 6h. Au premier temps, c'est l'apogée de la lumière et de la chaleur sa sève plus ardente monte jusqu'aux fruits, les nourrit et les dore : c'est la vie dans son complet épanouissement, la vie féconde, espoir des futures récoltes. Au second temps, c'est la cueillette : le soleil à son déclin va rentrer dans sa période d'apparente passivité ; de l'orient les ténèbres montent pour le sommeil et la mort.
Cette allégorie s'adapte exactement, en raccourci, à la révolution annuelle de notre planète. L'apprenti, c'est aussi le printemps, la moisson qui lève et fleurit ; le compagnon, c'est l'été, les fleurs font place aux fruits
; la maîtrise, c'est l'automne, la maturité complète, la fin du cycle. Et l'automne glisse à l'hiver, c'est-à-dire aux bras de la mort. Mais le maître n'est plus l'apprenti, il a emmagasiné la récolte, il pourra parcourir le champ des ténèbres pour atteindre le renouveau, sans guide et sans autre soutien que les provisions amassées au cours des grands travaux de midi à la nuit.
La Science alchimique n'est-elle pas le symbole concret de cette abstraite activité maçonnique ? On ne peut en douter. La matière appelée à devenir de l'or se revêt dans le creuset d'une couleur
noire, c'est le corbeau ; les germes métalliques sont comme putréfiés et morts. Ainsi l'apprenti enfermé dans la chambre de réflexion est dans les ténèbres, au milieu des ossements et des débris de cercueils, car on ne peut passer du cercle profane au cycle de la lumière sans traverser le royaume de l'obscurité et de la mort. Mais la matière en putréfaction renferme en elle la puissance de renaître, de se revivifier ; elle endosse successivement toutes les couleurs de l'arc-en-ciel avant de refléter la couleur jaune, image de la lumière parfaite, polarisée par le prisme vital. L'apprenti, comme elle, possède un principe de régénération, la lumière de sa conscience. Les ténèbres voudraient l'absorber, mais il la conserve jalousement et, grâce à elle, il arrive à la porte du temple. Il est alors soumis au feu philosophique. Ce feu, c'est l'enseignement oral du maître de la Loge, ce sont les épreuves et les voyages à travers les éléments origine de son expérience personnelle. Il voit alors apparaître la rouge lueur de l'aube. Puis, le feu poursuit son œuvre ; à chaque étape de l'opération, comme dans l'alchimie, la lumière prend une teinte différente et plus vive. Enfin, c'est l'apogée, la lumière est totale, sans trace de mélange ; la transmutation est accomplie, il a réalisé en lui l'or pur des philosophes, la divine sagesse, la vraie science a mûri dans son intelligence et dans son cœur.
Mais, ce n'est pas tout. A l'apogée succède le déclin, non pas de la science, mais de la vie individuelle, rançon de notre état humain. Et le maître est mis en présence de la grande loi des alternatives dont la mort est l'un des pivots. En effet, comme toute vie s'en va inexorablement vers la mort, celle-ci est une porte ouverte sur une vie nouvelle. L'être s'épanouit à la lumière du soleil et se concentre à l'état latent dans la nuit du tombeau. Vie et mort sont des étapes successives sur la voie indéfinie de la vie éternelle.
Or, le maître, comme nous l'avons dit, n'est plus un apprenti, il n'accomplit plus le ténébreux trajet dans la même inconscience, il n'a plus besoin d'adjuvant extérieur, il possède un viatique
et il renaîtra bientôt sur un plan plus élevé du monde des idées. Tel est le sens profond de la légende d'Hiram, semblable de tous points à la légende d'Osiris, à celle de l'Yma avestique, de l'Yama hindou et du Min-Adam des plateaux caucasiens. Sur la tombe du maître, en effet, on plante le rameau d'acacia le rameau d'or des initiés. Sous l'écorce de l'arbre, dans son cœur, sommeille le feu de la résurrection, le feu vital et spirituel qui, plus tard, à l'intersection des deux branches de la  croix idéale, s'épanouira en cinq jets lumineux, symboles de l'étoile flamboyante.
Pour pénétrer dans l'ésotérisme
de la Maçonnerie du porche, nous avons fait appel aux procédés de la science alchimique. N'est-ce pas un rapprochement gratuit, une assimilation forcée et conventionnelle ? Non. La matière première du Grand Œuvre, le corbeau, n'est pas autre chose que la pierre brute, image de l'apprenti. Comme le feu philosophique va commencer à épurer la matière, le maillet et le ciseau contribuent à dégrossir le bloc informe sorti de la carrière ; les deux méthodes et leurs résultats sont identiques. La matière doit s'affiner progressivement dans le creuset, il faudra de même, par un travail parallèle, opérer le calibrage de la pierre. C'est pourquoi le  compagnon copie, en quelque sorte, les métamorphoses réalisées au sein de l'Athanor. Au maillet et au ciseau, il ajoute d'autres outils : la règle, l'équerre et le compas. Avec leur aide, il détermine les arêtes, les angles et les courbes: d'un moellon brut il fait une pierre cubique, susceptible d'être utilisée dans la construction du temple. Ici, encore, la corrélation et la signification de l'activité sont semblables.
Quant au maître, il n'a plus besoin d'outils spéciaux, il a réalisé en lui la Pierre cubique à pointe, il est lui-même la poudre de projection, la pierre angulaire de l'œuvre. Aussi, on place dans sa main la branche d'acacia réceptacle du feu latent qui informe toute vie nouvelle. Et c'est pourquoi, lorsqu'il prononce la parole : «
Je connais l'acacia », il ne dit pas une chose sans portée, il fait appel à la loi du retour, germe de l'avenir.

source : www.boutiquefs.com

Lire la suite

1842 - "La maçonnerie: considérée comme le résultat des religions égyptienne juive et chrétienne"

4 Mai 2012 , Rédigé par Reghellini Publié dans #histoire de la FM

La Maçonnerie de Salomon avait, comme on l'a dit, consacré les symboles de mort répandus dans tous les mystères orientaux. Nous le répétons, les Egyptiens pleuraient Osiris mort, pour le Soleil arrivé à la fin de sa course au solstice d'hiver ; les Ethiopiens Memnon , les Perses Mythras, les Grecs Bacchus, d'autres Atys, les Babyloniens Adonis ; tous ces peuples différents ont établi la passion, la mort, la résurrection de leur respective divinité, qui n'était, dans le fait, que le Soleil.

Chez les Juifs, on devait appliquer cette légende à Hiram, constructeur du Temple de Salomon, qui jouait un si grand rôle dans la Mystagogie juive.

On doit regarder le Mythe d'Adon-Hiram, comme l'une des formes les plus anciennes de la personnification solaire introduite dans les Temples maçonniques, qui ont conservé ce mystère, comme dans son institution primitive. On est surpris de trouver le même Mythe dans la passion et le supplice de Jésus-Christ : c'est le sacrifice de son corps, de son sang ; c'est sa mort, le nœud essentiel qui unit les Chrétiens, et que ceux-ci rappellent par une cérémonie commémorative, celle de la communion ; elle existe dans les mystères des anciennes religions, et, pour un cas semblable, l'allégorie de la future rédemption figure dans les mystères maçon.-., comme on le voit par la mort mystique d'Hiram, Grand-Architecte, assassiné par trois compagnons qui voulaient lui ravir cette parole sacrée, tant vénérée par les Juifs , et qui avait occasionné la fête et la commémoration du 10 Thischri. Il est à supposer que les Lévites durent attacher à la parole perdue, par cet assassinat, une seconde allégorie, la rapportant à la liberté, aux biens, à l'autorité perdue à la suite de leurs derniers Rois.

Qu'il nous soit permis de répéter que cette parole de Jéhovah, que le Grand-Prêtre des Juifs ne pouvait prononcer qu'une seule fois par année, était en si grande vénération près des Lévites, que la peine de mort fut ordonnée sous l'empire de la Loi mosaïque contre les blasphémateurs de cette parole; les Israélites se servaient d'autres mots, qui se rapportaient à celui-ci, pour exprimer Dieu; néanmoins ils les respectaient tous, ils cherchaient même à les sanctifier de toute manière, ils les prononçaient avec une grande vénération, ne s'en servant (i) que dans de grands périls, ou pour un usage particulier de dévotion. Cette parole Jéhovah, dans les mystères juifs, s'étant perdue comme on a vu par la fête et cérémonie du a o Thischri, les prêtres et Lévites firent un devoir aux initiés de la chercher, de la trouver, et de mettre tout en œuvre pour venger l'assassinat supposé. Il est constaté que nous conservons ces pratiques, la première dans le Chevalier Ecossais, et la seconde dans les Elus.

Ainsi qu'on vient de le dire, toutes les religions de l'antiquité avaient puisé leurs principes chez les Egyptiens , où se trouvait la commémoration par nous expliquée de la mort d'Osiris, et l'allégorie mystérieuse de sa vengeance sur ses meurtriers. Les prêtres juifs n'ont l'ait que substituer Hiram à Osiris; quelques rites, en place d'Hiram , ont Adon-Hiram, qui était le héros des Bahyloniens.

La commémoration de ces vengeances n'était point instituée chez les Egyptiens, ni chez les autres peuples, ni dans nos mystères, pour des fins sanglantes, comme quelques détracteurs se sont plu à le répandre faussement, et comme on le verra par la suite (i); elle se rapporte aux simples opérations de la nature, qui n'offre que guerres continuelles entre leprincipe générateur et le principe destructeur, doctrines invariables que les prêtres égyptiens enseignèrent toujours à leurs néophytes.

Ainsi les anciens instituteurs des mystères, dans l'application particulière de leurs vengeances simulées, faisaient allusion à telle histoire ou à telle légende : ce que nous avons adopté après eux dans nos différens degrés et rites : de là , des visionnaires mal instruits et malicieux ont essayé de persuader que nous voulions réellement les exécuter, et que le néophyte devait venger ces assassinats allégoriques sur leurs auteurs, soit figurativement, soit implicitement, ou sur ceux qui les représentent.

Qu'on se désabuse; ces vengeances ne sont que les allégories des effets de la nature, ou du conflit perpétuel de la Génération avec la Destruction de l'œuvre qui produit la Régénération ou Réparation des êtres, ce qu'on a si souvent répété; vérités incontestables enseignées par les prêtres égyptiens, principes fondamentaux de tous leurs mystères et de tous leurs dogmes comme du nôtre.

Les Lévites durent se servir de la branche sacrée de l'Acacia pour figurer l'assassinat d'Hiram : nos instituteurs choisirent cette branche d'arbre, car elle était commune à tous les mystères anciens.

On verra que les Sabéens et les Chrétiens de St. Jean honoraient cet arbre, et se servaient d'une de ses branches dans les initiations. Les Sabéens appelaient cet arbre Houzza; ce nom se trouve littéralement être celui de l'acclamation et du vivat des Maçons Ecossais « Houzé », qu'on écrit « Huzza ». La Maçonnerie d'Ecosse, d'Angleterre, de France, d'Italie, d'Allemagne, a emprunté son cri de joie au rameau des initiés, et le place en tête de ses chartes et capitulaires.

Ce symbole, au commencement de nos mystères, est un objet de tristesse, mais l'allégresse la suit de près : or, à la manifestation d'Hiram, les Juifs durent y unir l'allégorie du bois qui donne le salut, et l'Acacia était regardé pour le Lignum salutis. On prétend que la croix de Jésus était de cet arbre.

Les Parsis, peuple de l'Orient, conservaient encore, dans certaines fêtes, l'emploi d'un rameau mystérieux, quelquefois végétal, le plus souvent métallique : c'est un signe qu'on retrouve partout où il y a trace d'initiation.

Nous le trouvons dans le gui des Druides et dans la fête des Rameaux des Chrétiens de Rome, laquelle précède de cinq jours la commémoration de la mort de Jésus sur le Bois de salut.

Quelques critiques ont avancé que les prêtres de Rome conservent l'emblème de l'Acacia , qu'eux aussi sont initiés, qu'ils ont des signes allégoriques, mais qu'ils ne les comprennent pas; ces mêmes critiques disent encore que l'usage de ces objets sacrés ne sert qu'à alimenter leur puissance, se borne chez eux à des cérémonies insignifiantes , et qu'ils ne pratiquent pas généralement les vertus que leurs emblèmes et leurs cérémonies sont destinés à leur retracer.

Un grand nombre de médailles et d'abraxas, qui portent l'initiation, sont accompagnés d'un rameau. (Voyez Montfaucon et ses planchesdes i.er et a.e vol.)

Les Parsis se servaient aussi dans leurs mystères de branches sacrées de Hom , elles n'étaient propres au service religieux qu'après qu'elles étaient restées trempées pendant un an dans l'eau bénite (Voyage aux Indes, par Kleucher et Zendavesta, ni, 6). Les rameaux des Chrétiens romains doivent être également bénis et aspergés avec de l'eau bénite par un prêtre; alors les crédules leur attribuent des pouvoirs miraculeux, même celui d'écarter la foudre.

On lit dans Herden (Philosophie de l'Histoire, tom. in, § 29), que les habitans des bords du Gange s'y baignent pour l'expiation de leurs péchés; mais il faut qu'ils tiennent à la main des brins de paille bénis par un Brama, sans quoi l'immersion est nulle.

Cette mort mystérieuse et cette branche qui la manifeste, se trouve aussi dans les mystères des anciens Romains; nous ne faisons que rapporter ce qu'un moderne savant, l'auteur du Poème de la Maçonnerie, observe très-judicieusement (ce qui avait été dit par l'Encyclopédie Maçonnique), qu'il y a une analogie frappante entre l'initiation romaine et celle des Egyptiens, qui est la même que celle des Maçons d'aujourd'hui.

Les cérémonies maçonniques ont un rapport marqué avec plusieurs passages de Virgile, qui, non-seulement les expliquent, mais même seraient inintelligibles sans lui. Ainsi, par exemple, dans son 6ème livre de l'Eneide, Enée descend aux Enfers, cherche la branche fatale et mystérieuse ( qu'on a comparée au gui dont se servaient les Druides dans leurs mystères ) : là, il découvre le corps de Misène, tué par un Dieu jaloux. Virgile, après avoir décrit le mystère de la putréfaction et de la chair qui se détache du corps, nous dépeint son héros frappant de son épée des monstres terribles qui s'opposent à son passage, et triomphant enfin de tous les obstacles, même des quatre élémens qui se trouvent précisés dans ses vers.

L'incertitude qui a régné longtemps sur l'affinité des anciens mystères avec ceux des Maçons, a disparu par la comparaison et par le récit des épreuves des anciens ; l'on voit clairement qu'en elles tout est emblématique , qu'on y représentait aux initiés l'avantage des sociétés, la nécessité des lois qui en découlaient; on y prouvait que l'initiation était un secours de plus pour parvenir à l'exercice de ses devoirs, et qu'il fallait la pureté du cœur et l'habitude des vertus pour l'obtenir. On peut se persuader et on peut dire qu'il est démontré clairement que, par l'initiation, on parvenait à la connaissance des secrets de la nature, et à la vérité ; que cette dernière toute raie ne convenait pas pour tous les yeux; aussi pour participer à cette connaissance, exigeait-on des épreuves, des grades de mérite, en un mot, il fallait s'en rendre digne.

Ces obstacles préliminaires, que nous lisons dans Setos et dans Virgile., constituaient, à proprement parler, l'initiation; nos sages instituteurs ont voulu, en les rendant difficiles à surmonter, ne pas rendre trop générale la connaissance des vérités, qui auraient été nuisibles aux hommes non destinés à connaître la nature dans sa pureté native : voilà pourquoi, dans les Temples égyptiens, la nature, qui ne représentait que la vérité, était voilée. Mais revenant au poème de Virgile, « la Descente d'Enée aux Enfers », réunit sur l'initiation tout ce qu'on ne trouve qu'avec peine dans une multitude d'auteurs; on y voit les épreuves et les cérémonies des mystères; on y trouve les mêmes doctrines : -car si l'on examine les discours de la Sybille, dans le langage qu'elle tient, nous trouvons celui des préparateurs égyptiens et juifs, qui étaient chargés d'instruire et de conduire l'initié dans les épreuves, et le discours d'Anchise nous dévoile le Hiérophante égyptien, juif et grec, qui instruit l'initié après les épreuves; il roule tout entier sur l'Etre Suprême, sur l'immortalité de l'âme, sur les récompenses et punitions futures. D'après ce que nous venons d'exposer, on peut aisément conclure que les Juifs, fondateurs de ces nouveaux mystères, indépendamment de ce qu'ils choisirent pour l'Etre allégorique un personnage illustre, réellement figuré dans la construction du Temple de Salomon, cherchèrent encore qu'il donnât par quelque rapport une idée du sens mystérieux, de l'objet et du fond de l'allégorie cachée : ainsi, ils choisirent Hiram , parce que la Bible, liv. III des Rois, chap. 7, v.13, le cite comme le fondeur, le ciseleur, le sculpteur de Salomon, ce qui se trouve confirmé par Joseph ; ils le choisirent par une analogie très-remarquable, car il était le fils de Ur, et .ce mot chez les Juifs se prend pour le feu , qui est le principal des quatre élémens, cause de toute génération chez les Perses et chez les Egyptiens.

Il est à remarquer de plus, que chez toutes les nations qui avaient admis dans leur religion et leurs mystères, le culte du Soleil, les Hiérophantes cachaient l'objet de leur vénération par la substitution d'un des héros de leur pays; les uns établirent la légende de Phthas, les autres d'Osiris, de Bacchus, d'Hercule, de Mithras, d'Ammon, etc. Les Lévites ont dû choisir Hiram, d'après l'exercice de son art, et d'après le nom de son père, pour l'être allégorique qui représente le Grand-Architecte du Temple de Salomon ; ces Lévites, lors de leur esclavage à Babylone , durent regarder cette liturgie comme l'allégorie de leurs pouvoirs, biens et liberté perdus par leurs Rois. Nous avons souvent occasion de reproduire de pareils faits, et la nature de notre sujet nous y force.

Cette allégorie et cette légende d'Hiram varient dans nos Temples; il en est de même de celle de ses trois assassins. Elle est l'allégorie de Jésus-Christ dans la Maçonnerie couronnée, et est suivie par les Bons Cousins.

Jésus-Christ, comme le Soleil, termine sa carrière, apostrophé par le mauvais principe ou par le mauvais larron. Le bon principe suit le Christ dans sa gloire : on a même voulu faire ressortir davantage l'allégorie dans le tremblement de terre, dans les ténèbres, dans le bouleversement de la nature, qui suivent la mort du Divin Maître, de même que si réellement le Soleil s'était anéanti. Hiram, dans la Maçonnerie ancienne et acceptée dans un de nos Ordres, est l'emblème de Jésus Christ , du Grand-Architecte , de son Eglise; dans un autre , il représente l'ordre parfait qui se trouve dans la nature. Hiram, dans les Kadosch de tous les rites (remarquons que cet Ordre n'est pas, selon les plus savans Maçons , celui des Juifs et de l'antiquité), est cru l'allégorie du martyre de Jacques Molay et de la destruction des Templiers; opinion adoptée par le régime de la StricteObservance , par les rites écossais des Templiers, et même par celui qui s'est dernièrement reproduit sur l'horizon sous la dénomination de l'Ordre du Temple.

La légende des trois assassins d'Hiram varie de la même manière ; chez les uns, ce fut Judas, Caïphe, Pilate; chez d'autres, Luther, Calvin, Zwingler, ou Abiram, Romvel, Grevelot, ou Giblon, Giblas, Giblos, ou Jubela, Jubelum, Jubelos; tandis que le Kadosch , la Stricte-Observance et l'Ordre du Temple ont Squin de Florian, Neffodei et l'inconnu dans un point ; et dans un autre, on leur suppose avoir Philippe-le-Bel, Bertrand de Gotte et l'inconnu, ou le Grand-Maître de Malte, qui firent périr les Templiers.

Les Rose-Croix de Kilwinning nomment les trois assassins Gain, Haken et Heni ; .tandis que les Adon-Hiramites les appellent Hobben, Austersfuth, Schterke

Chez les nations où un pouvoir absolu ou illégitime tient lieu de gouvernement paternel et représentatif, souvent l'allégorie d'Hiram et de ses assassins s'est prêtée à la commémoration, peut-être irrégulière, de l'assassinat de la liberté civile, occasionné par l'avarice, la superstition, le despotisme.

Les Ordres des Maîtres Elus, Kadosch, Templiers, etc. etc., envisagés par quelques cabinets comme dangereux, par suite de préventions mal fondées, furent accusés de vouloir, par leur allégorie, venger la destruction des Chevaliers Templiers dans leurs assassins ; mais que tous les politiques se désabusent, l'Ordre maçonnique est bien plus ancien que ces Chevaliers, qui n'y furent admis qu'au 13ème siècle, et desquels on adopta seulement quelques systèmes dans quelque Ordre dont l'institution est moderne. Par tout ce qu'on vient de dire précédemment, les allégories du Maître, de l'Elu, du Kadosch, quoi qu'en disent les légendes , ne tiennent, par les cahiers qu'on peut examiner, qu'à des faits physiques et moraux, liés à d'anciennes institutions : elles ne se rapportent aucunement à ces points historiques et politiques. Mais quand cela serait, que tous ces visionnaires se rassurent; car, dis-je, quand même l'allégorie d'Hiram se rapporterait à la politique, il est évident qu'alors elle serait bien plus favorable que nuisible à l'autorité royale, même despotique et absolue ; car elle commande la vengeance du meurtre d'un héros égorgé par trois rebelles ; et dans le rite moderne français, elle le commande au nom du plus juste des Rois juifs.

Quant aux Lévites, outre les allégories personnelles que présentaient leurs mystères, ils en avaient aussi de matérielles ; ce que nous conservons dans tous les rites, comme la pierre cubique, sous laquelle est caché le précieux Delta, qui porte gravé le nom du grand innominable Jéhovah.

Source : http://legende-hiram.blogspot.fr

 

 

Lire la suite