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Hauts Grades

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Avant d'aller dormir sous les étoiles

22 Avril 2012 , Rédigé par robert Publié dans #Chants

Pour tous ceux qui vont s'endormir brisés par les combats stériles de la GLNF     

 

Avant d'aller dormir sous les étoiles
Doux maître, humblement à genoux
Tes fils t'ouvrent leur cœur sans voile
Si nous avons pêché, pardonne-nous.

Eloigne de ce camp la mal qui passe
Cherchant dans la nuit son butin
Sans toi, de toutes ces menaces
Qui nous protègera, berger divin ?

Protège aussi, Seigneur, ceux qui nous aiment
Partout, garde-les du péril
Pitié pour les méchants eux-mêmes
Et paix à tous nos morts.

Ainsi soit-il.

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Adhuc Stat, le symbole de la GLNF

22 Avril 2012 Publié dans #histoire de la FM

« Et pourtant elle tient encore debout ! »

Constat….

Une colonne brisée mais toujours debout, une seule partie est au sol le reste encore solidement ancrée dans le sol. Cette colonne est assise sur une base carrée, massive, brute. Carré car c’est la figure géométrique la plus stable celle qui permet d’être le plus en contact avec la terre, la matière, toutefois elle a obligatoirement des fondations sûres et très solide. Voilà peut être un premier signe qu’il est bon de se rappeler pour la suite.

Celle-ci est brisée légèrement en dessous du chapiteau magnifiquement ouvragé. La partie la plus belle la plus aboutie est au sol. Ce pourrait-il que cela nous renvoie l’image de notre propre orgueil de cette capacité ou de cette malédiction de l’Homme de toujours penser que nous sommes les meilleurs, définitivement sclérosé dans notre monde si matérialiste et insensible au divin. De croire que parce que le Divin nous a crée à son image nous serions son égal, homme imprudent que voilà (la Genèse 1.26 Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.)

La colonne est frêle, élancée, droite en opposition directe avec les troncs des arbres qui l’entourent. Ce que j’y voie là c’est que pour s’élever il ne faut pas chercher à aller le plus vite et donc le plus droit possible mais que surement les chemins les moins directs sont par conséquent les plus sur. Cette colonne qui pour un esprit profane ne représente après tout qu’une colonne nous représente nous maçon. N’a-t-elle pas voulu aller trop vite, trop haut n’as t’elle pas souhaiter atteindre le divin le plus rapidement possible.....

Source :http://www.dissertationsgratuites.com/

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Rituel de Rose-Croix au Rite Ecossais Philosophique

22 Avril 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Rites et rituels

Le grade de Rose-Croix est conféré en chapitre. Le chef du chapitre s'appelle souverain GM; son premier surveillant prince grand prieur ; le second, prince grand surveillant. Les officiers, tels que l'orateur, secrétaire, trésorier, économe, sont qualifiés princes commandeurs, et les autres frères simplement princes ou chevaliers.
Le but du chapitre en ce grade est, pour tous les chevaliers, d'attendre l'arrivée du soleil dans les douze maisons ou figures du zodiaque et de tirer des quatre éléments et des trois règnes de la nature, alliés ensemble, le fameux Alkaest des alchimistes.
La salle où l'on tient chapitre est un carré long, plus étendu de l'Orient à l'Occident que du Midi au Nord, à cause du soleil qui éclaire plus de ce côté. Dans le centre, on figure un grand cercle, autour duquel sont représentées les douze figures du zodiaque, lesquelles renferment le cadavre d'Hiram-Abif, symbole de la nature morte que le Grand Oeuvre doit faire revivre. Au-dessus se trouve la grande pentacle de Salomon, lame d'or de forme triangulaire capable de tout vivifier par sa vertu divine ; d'un côté une clef, de l'autre une balance. Le zodiaque est entouré de nuages. On y voit d'un côté un grand aigle qui désigne un gardien terrible et de l'autre un soleil qui marque le but du grade de Rose-Croix et la recherche du soleil de vie. A l'Occident est le Mont Ebron, où est censé être le corps d'Hiram. La planche à tracer de maître y est figurée ; c'est l'image du premier travail des philosophes qui opère la vie en produisant la vraie pierre cubique, dite pierre bénite ou des philosophes.
A l'entrée deux grandes colonnes, Jackin et Booz, symbolisent l'apprentissage dans le Grand oeuvre ; un coq représente la vigilance et la force dans les opérations ; une étoile flamboyante indique le commencement de l'oeuvre prenant couleur ; la lune est le symbole des sacrés mystères de l'Ordre. Une pierre brute désigne la matière informe et une pierre cubique pyramidale cette matière développée par le sel et le soufre. De plus, une équerre, un niveau, un fil à plomb et un maillet. On remarque encore un grand autel enflammé par le feu élémentaire tiré du ciel ; un grand bassin pour purifier les trois règnes de la nature ; un castor, image du travail continuel du vrai philosophe, et enfin une chouette, emblème du secret et du silence dans lequel on doit opérer.
Pour procéder à la réception d'un Rose-Croix, la salle du conseil doit être tendue de noir et décorée de douze colonnes corinthiennes de marbre blanc veiné de noir, avec des chapiteaux et des socles en or (deux à l'Orient, deux à l'Occident, quatre au Nord et quatre au Midi). Sur le milieu de chaque colonne est suspendu un cartouche entouré de festons et de guirlandes de feuilles, de fleurs et des pierres précieuses attribués à chaque mot dans le Grand Oeuvre. Ces douze cartouches représentent les douze maisons célestes correspondant aux douze noms de Dieu n'en composant qu'un seul. On écrira aussi sur les cartouches en lettres d'or les douze noms de l'Être suprême et des esprits qui sous sa puissance président à chaque mois de l'année, enfin les douze signes du zodiaque qui y correspondent. Le tout sera disposé de la façon suivante :
1° A l'Orient du côté du Nord : Marchidiel, Jehova, Mars, le Bélier ;
2° A l'Orient du côté du Midi : Asmodel, Emmanuel, Avril, le Taureau ;
3° A l'Occident du côté du Nord : Ambriel, Tétragrammaton, Mai, les Gémeaux ;
4° A I'Occident du côté du Midi : Mariel, Jeha, Jesas, ou Jesus, Juin, le Cancer;
5° Au Midi du côté de l'Orient : Verchiel, Messias, Juillet, le Lion ;
6° Au Midi : Kormaliel, Orpheton, Août, la Vierge ;
7° Au Midi : Zuriel, Anasbona, Septembre, la Balance;
8° Au Midi : Barbiel, Erigion, Octobre, le Scorpion;
9° Au Nord du côté de l'Occident : Adnakiel, Jersemon, Novembre, le Sagittaire;
10° Au Nord : Hamdel, Eloym, Décembre, le Capricorne ;
11° Au Nord : Gabriel, Agla, Janvier, le Verseau ;
12° Au Nord : Acchiel, Meleck, Février, les Poissons.
Le trône du souverain grand maître est placé entre les deux colonnes de l'Orient et élevé sur trois marches. Le dais aux tentures rouges galonnées d'or est surmonté d'un grand aigle d'or becqué, membré et couronné en noir, tenant dans ses serres d'un côté une balance, de l'autre une clef d'or. Le trône est noir et or. Au fond du dais, une étoile flamboyante d'or ornée du Yoth. A gauche du trône un autel triangulaire en or portant une Bible, un compas, une clef et un maillet. Au milieu du plancher la balance kabbalistique de Salomon et au-dessous une balance réelle.
La salle du conseil est éclairée sur les quatre faces par dix bras de métal doré, ayant chacun trois branches et placés entre les colonnes deux à l'Orient, deux à l'Occident, trois au Midi et trois au Nord.
Le pavé est également éclairé à l'Orient du côté du Midi et de chaque côté de l'Occident par un chandelier à deux branches, au centre par un chandelier à une branche. Toutes les bougies sont jaunes et n'ont servi qu'une fois, parce que tous les matériaux employés au Grand Œuvre doivent être vierges, non mixtes. Pour les allumer, il faut autant que possible employer de l'amadou enflammé au soleil et, à son défaut, la pierre et l'acier, mais jamais le feu commun et ordinaire.
Le prince grand prieur et le prince grand surveillant sont assis dans de petits fauteuils d'or élevés sur un degré, ayant devant eux une petite table triangulaire couverte d'un tapis d'or pour pouvoir frapper du maillet.
L'orateur et le secrétaire sont assis de la même manière, niais avec des ornements proportionnés à leurs charges.
Tous les princes sont assis sur des chaises bleues filetées de noir ; chacune d'elles porte les armoiries de son titulaire. On devra faire usage de maillets noirs filetés de jaune.
Les princes sont vêtus de noir, chapeau uni à plumet blanc sur la tête, l'épée au côté, garde ornée d'un ruban feu au lieu de l'écharpe ordinaire. Leur tablier blanc est bordé et doublé de rouge ; une broderie ou un dessin, représentant sur son milieu un grand aigle noir pareil à celui qui orne la salle ; sur sa bavette, renversée pour la circonstance, la lettre J est figurée en noir. Ils portent à la troisième boutonnière de leur habit une rosette de ruban rouge à laquelle pend un aigle d'or. Les gants doivent être bordés et doublés de rouge ; sur le dessus de la main droite est brodée en noir une balance et une clef au-dessus de la gauche.
Les princes sont décorés de trois bijoux : un compas couronné appuyé par son ouverture sur un quart de cercle portant au milieu une croix tirée de la balance kabbalistique de Salomon, à ses pieds un pélican avec sept petits et de l'autre côté un aigle les ailes éployées. Une branche d'acacia circule entre ces ornements. Ce bijou est l'emblème des trois règnes de la nature qui entrent dans le travail de la vraie science. Le second bijou est un triangle équilatéral, autrement dit pentacle du roi Salomon. Ce bijou renferme toute la science kabbalistique dont chaque lettre renferme une puissance dans l'opération du Grand Oeuvre ; le dernier bijou est l'aigle noir dont nous avons déjà parlé. Il est le symbole du rang suprême de l'Ordre où on l'emploie.
Pour être à l'ordre dans le chapitre, on porte les trois doigts du milieu de la main droite sur le coeur, en tenant le pouce et le petit doigt dans le creux de la main.
Pour la réception d'un aspirant Rose-Croix, la chambre de réflexion est dépouillée de tout ornement ; aussi obscure que possible, elle sera éclairée seulement par une petite lumière posée sur une table noire sur laquelle on a placé un pot d'eau, du sel, un pain et du soufre. Au-dessus de la table est pendu au mur un tableau représentant un coq et un sablier, portant écrit au-dessus en gros caractères : Patience et persévérance. Devant la table, un trépied percé par le fond sert de siège au récipiendaire.
Le rituel de l'ordre du Chevalier de l'Aigle noir ou Souverain prince Rose-Croix débute par un aperçu historique qui mérite d'être intégralement reproduit :
« Tout bon maçon instruit des mystères de l'Ordre, possédant les hauts grades, doit s'être imaginé que la maçonnerie a un but qui doit encore exister, que le travail ne portait pas seulement à élever des édifices au vrai Dieu, qu'il ne se bornait pas non plus aux seules vertus morales ; quelque autre motif avait donné naissance à un ordre aussi sublime ; oui, mes TT. CC. FF., la vraie philosophie connue et mise en pratique par le roi Salomon, c'est la base sur laquelle la maçonnerie est bâtie ; cet homme doué de sapience et le plus sage des rois de son temps, ne pouvant travailler seul, choisit dans ses États un nombre de sujets selon son coeur; il se les attacha par les bienfaits en les regardant comme ses ff et les initia dans les secrets les plus cachés de l'art kabbalistique ; qu'il serait à souhaiter, mes TT. CC. FF que cet art nous fût parvenu dans toute sa clarté; mais nos anciens maçons, soit par prudence ou par d'autres raisons, nous ont caché les points les plus importants de cet art divin sous des types qui ne présentent que des énigmes ; heureux celui d'entre nous qui sera assez laborieux pour faire, par ses recherches et son travail, la découverte de ces sublimes vérités, il pourra être assuré d'avoir trouvé la vraie félicité à laquelle un mortel puisse aspirer, car sa santé sera conservée, ses jours prolongés et ses moeurs exemptes d'être corrompues par les vices où l'indigence et l'infirmité ne conduisent que trop l'espèce humaine. Réfléchissons, mes TT. CC. FF sur tous les objets qui vous auront affectés dans les différents grades par où vous aurez passé, et vous verrez que c'étaient autant de signes et de mystères dont vous deviez un jour avoir la clef, c'est-à-dire apprendre au vrai à quoi ils devaient s'appliquer.
« Cet éminent grade les renferme tous, il en fait l'analyse, il vous présente du travail à entreprendre; c'est à vous, TT. CC. FF à entrer dans sa carrière munis de l'amour de la vérité et de la persévérance. Ce grade, qui compte un ordre de parfaits maçons, a été mis en lumière par le F Qui l'a tiré du trésor kabbalistique du Docteur et Rabbin Néamuth, chef de la synagogue de Leyde en Hollande, qui en avait conservé les précieux secrets et le costume ainsi qu'on va voir les uns et les autres dans le même ordre qu'il les a mis dans son Talmud mystérieux. »
Plus loin on explique que si les Chevaliers de l'Aigle noir sont appelés Rose-Croix ,c'est parce que « Raymond Lulle grand maçon et philosophe hermétique, ayant trouvé par la science kabbalistique le vrai salut de vie par le mariage des six métaux, il en composa un parfait appelé or ; il le présenta au roi d'Angleterre qui en fit fabriquer de la monnaie, où d'un côté était une croix symbole des quatre éléments, et de l'autre une rose, symbole du triomphe du Travail et le prix des sages, l'épine n'appartenant qu'aux vrais trompeurs et aux sots.
Raymond Lulle fut fait chevalier et, depuis lui, tous ceux qui travaillent à la science kabbalistique ou art royal sont appelés chevaliers Rose-Croix.
« Ce sublime grade est en vénération dans toutes les cours du Nord et en Prusse, où le souverain en est le protecteur et le GM C'est pour cela qu'il lui a même donné le nom d'Aigle noir comme roi des oiseaux et le seul fait pour voler au devant du soleil et en fixer la lumière.
« Le but de ce grade est la science sublime des connaissances de la nature et d'en tirer un travail utile au genre humain, soit dans la purification des métaux imparfaits pour les transmuer en or, seule production parfaite de la nature et comme telle l'emblème de la divinité qui n'a en soi ni impuretés, ni commencement, ni fin ; aussi l'or se trouve-t-il toujours en même poids et valeur dans tel feu que vous puissiez le mettre ; c'est aussi le fond du mystère de la salamandre qui vit dans le feu et du phénix qui renaît de ses cendres. Il n'est point ici compris parmi les six autres impurs parce que physiquement il est tout esprit et par ce moyen est incorruptible. De ce métal pur et rendu potable vous en tirez magnétiquement la médecine universelle, dont l'existence ne peut se nier, attendu tout ce qui est dit dans l'Écriture sacrée et dans tous les philosophes hermétiques et notamment (Le diadème des sages, 1782), par le premier but de l'association des chanoines de Paris et autres officiers ecclésiastiques qui sont venus après les druides ou prêtres des anciens Gaulois, desquels ils tenaient cette science par tradition, ce qui se trouve aisément dans les annales de Paris.
« Ces ecclésiastiques qui, suivant les anciens apôtres, étaient médecins des corps et des âmes, soignaient les malades et les traitaient avec beaucoup d'humanité et de charité. Ce qui était admirable, c'est qu'ils guérissaient toutes les maladies et infirmités (si Dieu n'en ordonnait autrement) par des remèdes naturels, dont ils avaient la connaissance philosophique acquise par l'usage et l'étude de la sage nature qui les fournit en profusion à ceux qui sont ses scrutateurs, sans qu'il soit besoin d'avoir recours à des secours étrangers, impuissants et destructeurs. C'est pourquoi ils avaient leur école de médecine près de leur église, rue de la Bûcherie, laquelle existe encore aujourd'hui. Et comme l'amour de Dieu et du prochain faisait tout leur devoir et leur mérite, en ces temps de sagesse et de simplicité, ils obtinrent de faire construire près d'eux un hôtel de charité, où l'on apportait, recevait et traitait les infirmes et malades avec tous les soins et secours dont par esprit d'institution et d'état ils étaient capables, et s'en faisaient un point essentiel de religion. Ils opéraient des cures et guérisons miraculeuses et si surprenantes que cet hôpital d'infirmerie fut alors appelé Hôtel de Dieu et par corruption Hôtel Dieu, ainsi qu'on peut le voir dans Nicolas Flamel ».
Nous sommes entrés dans tous les détails qui accompagnaient les initiations et nous avons choisi la plus curieuse d'entre elles ; nous avons également donné in extenso le type d'un balustre tel qu'il était d'usage d'en prononcer, afin que le lecteur puisse se rendre compte de la phraséologie amphigourique alors en usage, et enfin qu'il soit un exemple des formules employées pour faire allusion au mystère de la création. Nous en avons assez dit précédemment pour qu'il soit inutile d'insister sur l'étoile flamboyante et la parole perdue.
Nous allons voir maintenant comment on ouvrait un chapitre et comment se faisait la réception d'un aspirant Rose-Croix.
Le souverain GM après s'être fait assurer des portes et de la valeur maçonnique des ff présents, frappait un grand coup de maillet sur l'autel. Aussitôt tous les princes se tenaient debout et à l'ordre. Lorsque les deux surveillants avaient à leur tour frappé un coup de maillet, le souverain GM prenait la parole :
Princes chevaliers de l'Aigle noir, prince grand prieur, prince grand surveillant et officiers dignitaires, aidez-moi à ouvrir le chapitre .
On échangeait alors le signe, puis le prince grand prieur et le prince grand surveillant présentaient la pointe de leur épée au souverain GM, et tous les princes se mettaient à l'ordre ; le souverain G.M reprenait alors la parole.
D. Prince grand prieur, quelle heure est-il ?
R. Souverain GM l'étoile du matin paraît.
D. Prince grand prieur, que devons-nous faire ?
R. Nous devons reprendre nos travaux.
D. Prince grand surveillant, quel est votre devoir ?
R. SGM c'est de voir si le chapitre est scellé hermétiquement, si les matériaux sont prêts, si les éléments se distinguent, si le noir fait place au blanc et le blanc au rouge.
D. Prince grand surveillant, voyez si tout est prêt.
R. SGM, tout est prêt, vous pouvez commencer l'oeuvre ; tout est prêt, le feu prend couleur, tout est prêt.
D. Prince grand prieur et prince grand surveillant, quittez le fer, prenez vos maillets et disposez les princes dans leurs postes.
R. Princes chevaliers qui habitez le zodiaque, observez dans vos travaux d'être exacts à nous procurer les trois règnes de la nature, c'est-à-dire : les animaux, les végétaux et les minéraux, subordonnés à chaque signe et à chaque mois de l'année, et renfermez tous vos métaux dans la maison du soleil.
D. Princes, que le bruit de vos outils retentisse d'un pôle à l'autre et que l'Orient et l'Occident dirigent désormais le cours des planètes.
Le Souverain GM frappe ensuite trois fois deux coups de maillet, les deux surveillants font de même.
D. Princes chevaliers, le chapitre est ouvert ; faisons notre devoir.
Les deux surveillants répètent ces paroles, tous les assistants font les signes ; on applaudit sept fois (six et un) en disant trois fois Vivat, puis chacun prend sa place et l'on procède à la réception.
Le parrain, assisté d'un chevalier préparateur, va chercher le récipiendaire dans la chambre de réflexion et lui demande s'il désire toujours avec ardeur se faire recevoir chevalier de l'Aigle noir. Sur sa réponse affirmative, le préparateur, après lui avoir bandé les yeux, l'introduit en le prenant par la main dans un appartement tendu de noir dans lequel se trouve étendu sur une table le dernier chevalier reçu, couché sur le dos, contrefaisant le mort ; on fait toucher le corps au récipiendaire, et pendant qu'on lui fait faire des voyages autour de la chambre, le chevalier étendu sur la table se retire sans bruit et l'on met à sa place un coeur de boeuf ou de mouton, une tête de mort et une lumière.
On demande au récipiendaire s'il est toujours décidé à poursuivre sa course et à anéantir tout ce qu'on lui ordonnera. Dès qu'il a répondu affirmativement, on le conduit armé d'un poignard près du coeur de boeuf et on lui dit :
- Frappez et n'hésitez pas ; malheur à vous si vous vous repentez du coup que vous aurez porté.
L'aspirant perce le coeur et y tient le poignard plongé.
- Savez-vous ce que vous venez de faire? lui demande le préparateur,
-Je ne sais rien. Tout ce que je puis croire, c'est que j'ai frappé quelque corps, mais je ne m'en repens pas, et pour preuve de ce que j'avance, je suis prêt à recommencer.
On retire le bandeau qui couvrait les yeux de l'aspirant, afin qu'il puisse contempler la lumière, le coeur et la tête de mort. Au bout d'un instant, le préparateur reprend :
- Emportez ce coeur au bout de votre poignard et suivez-moi.
Arrivé à la porte du chapitre, le parrain frappe deux coups irréguliers, auxquels le prince grand surveillant répond par une batterie semblable, et s'adressant à son collègue ;
- Prince grand prieur, on frappe en profane à la porte du chapitre.
Celui-ci en prévient le souverain GM, qui ordonne au prince grand surveillant qui frappe de lui en rendre compte. Après avoir parlementé avec le préparateur, le prince grand surveillant assure au souverain GM que le trophée que l'aspirant va lui présenter sera une garantie suffisante en sa faveur.
On demande au parrain le nom, l'âge du candidat, les grades par lesquels il a passé pour oser prétendre au sublime grade de Rose-Croix.
On l'introduit ensuite à l'occident du chapitre, le parrain et le préparateur remettent le récipiendaire au souverain GM et vont reprendre leurs places.
Après avoir posé à l'aspirant des questions sur son passé maçonnique, le souverain GM lui explique que le trophée représenté par le coeur a pour objet de lui rappeler que lorsqu'il a été reçu apprenti il a prêté le serment solennel, et qu'il a consenti à avoir le cœur arraché s'il devenait parjure à ses engagements. Comme, de plus, dans le grade de Rose-Croix, il faut des hommes résolus sur lesquels on puisse compter dans le besoin, on a voulu éprouver son courage. L'aspirant profite de la circonstance pour assurer qu'il est prêt à exécuter les ordres du souverain GM de quelque nature qu'ils soient.
Lorsqu'il a reçu cette assurance, le souverain GM autorise l'aspirant à venir jusqu'au pied de son trône en exécutant la marche des quatre éléments, qui se fait par les quatre points cardinaux en partant par l'Occident passant par le Centre, allant au Nord, traversant de nouveau le Centre pour arriver au Midi, puis à l'Orient et enfin aux pieds du souverain GM, devant lequel il se met à genoux en posant la main droite sur le plat de la Bible.
Le récipiendaire prête alors son serment.
- Je promets et jure, dit-il, devant le Suprême et Grand Architecte de l'Univers et devant le souverain chapitre ici assemblé de sceller, garder et ne jamais révéler les secrets des chevaliers de l'Aigle noir, dits Rose-Croix, à aucun des profanes ou maçons inférieurs à ce grade, sous quelque prétexte que ce puisse être ; de n'en parler qu'en chapitre et lors du travail. Si j'y manque et que je devienne parjure, je consens et je pardonne ma mort à ceux des chevaliers qui me la donneront de quelque manière que ce soit, par le fer, le feu ou le poison ; que ma mémoire soit en horreur parmi les Rose-Croix et les maçons répandus dans le monde entier ; priez pour moi, mes frères, que Dieu me soit en aide et me préserve de manquer à mon obligation.
Le serment prêté, le grand prieur fait relever le candidat, le présente au souverain G?M? qui le fait passer à sa droite et le décore sur-le-champ des bijoux, gants et tablier de l'ordre ; puis il lui donne les signes, mots et attouchements.
- Le signe, dit-il, se fait dans l'appel en portant l'index de la main droite sous le nez, ensuite sur la joue jusqu'à l'oreille, puis en le descendant le long du cou jusqu'à la clavicule afin de former l'équerre. On répond par le même signe, mais avec la main gauche.
- L'attouchement se donne en s'embrassant réciproquement : chacun avance son pied droit et se donne un coup de talon. Le mot sacré est Messias, qui veut dire trésor des philosophes. Celui de passe ou d'entrée est Och, qui signifie semence de tous les métaux.
Le candidat va se faire reconnaître par tous les princes, puis est reçu par le souverain GM qui lui dit :
- Par le pouvoir que j'ai reçu et du consentement unanime de cette auguste assemblée, je vous reçois prince maçon par le T P grade de Chevalier. de l'Aigle noir de Rose-Croix d'Allemagne dont vous êtes revêtu et devenu membre.
L'orateur lui dévoile alors en ces termes les mystères du grade :
- La figure de cette loge tracée est un carré long plus étendu de l'Orient à l'Occident que du Midi au Nord, parce que le soleil éclaire plus le globe terrestre dans le premier sens que dans le second, puisqu'il ne sort jamais au delà des tropiques.
Vous voyez ici, dans le centre, un grand espace circulaire composé de nuages renfermant les cercles du zodiaque où sont contenues les douze maisons du soleil, gardées chacune par un des douze mois de l'année ; chaque mois vous devez rentrer dans la chambre qui le représente pour y travailler et attirer la visite de l'astre lumineux vivifiant toute la nature et toute la matière.
Le soleil doit être reçu par les quatre éléments que vous inviterez à vous tenir compagnie, car sans eux la maison serait triste ; vous ferez banqueter le soleil des mets tirés des animaux et des fruits, qui sont nourris dans l'intérieur de chaque maison céleste. Si vous observez toutes ces choses, vous opérerez avec fruit.
Dans le cours de notre travail, il faut considérer la matière comme morte ; le cadavre d'Hiram en est l'emblème. Il faut le vivifier et le faire renaître de ses cendres, ce que vous obtiendrez par la végétation de l'arbre de vie représenté par la branche d'acacia ; mais vous ne saurez opérer avec fruit, si vous vous écartez de l'équerre et du compas qu'il faut sans cesse avoir devant vous.
Ces deux bijoux ne sont pas les seuls dont vous devez faire usage ; ils sont accompagnés des deux instruments indispensables : la balance et la clef. Vous ne pouvez non plus vous passer de la pentacule, qui renferme toutes les vertus célestes.
Abandonnons pour un moment, TT. CC. FF le centre mystique de notre loge, traversons la lune qui doit couvrir nos sacrés mystères et parcourons l'espace qui l'environne. A l'Occident nous trouverons le mont Ebron, sur le sommet duquel on éleva les deux grandes colonnes Jackin et Booz, c'est-à-dire Force et Beauté, premier principe du grand oeuvre que vous allez entreprendre. La force est représentée par les matériaux que vous devez employer et la beauté par l'ouvrage qu'ils nous produiront.
La colonne Jackin était dédiée à Dieu, tout venant de lui ; c'est ce que vous êtes présentement, puisque vous allez commencer à travailler. Vous deviendrez compagnons quand vous commencerez à connaître la beauté de la matière élémentaire ; enfin, vous deviendrez maîtres quand vous aurez placé dans votre planche la route fixe du soleil.
A l'Orient, nous voyons un grand aigle, roi des animaux de l'air, le seul qui puisse fixer l'astre radieux, car la matière de sa nature n'a point de forme; c'est la forme qui développe la couleur ; le noir, c'est la matière hors d'oeuvre. Change-t-elle de couleur ? elle reprendra une forme nouvelle, et un soleil des plus brillants en sortira. De même que la naissance du soleil est annoncée par l'étoile du matin, l'étoile flamboyante dans sa rougeur est accompagnée par la fraîcheur argentine de la lune.
Dans le plan de la loge, vous découvrirez une pierre brute, matière informe qu'il faut préparer, une pierre cubique à sommet pyramidal, et la matière développée : le sel et le soufre.
L'équerre, le niveau, la perpendiculaire et le maillet vous serviront à construire les maisons du soleil par où vous devez faire passer la matière informe. Aussi faudra-t-il les construire avec règle et préparation ; sans cela l'esprit de vie ne saurait s'y loger.
Avec tous ces instruments vous construirez le grand autel sur lequel brûlera le feu tiré du ciel, et le grand bassin servira à vous purifier les mains, le corps et tout ce que vous toucherez pour opérer avec fruit. Soyez laborieux comme le castor et cachez-vous comme la chouette, afin de bien travailler à l'abri des regards des curieux.
Le souverain GM ajoute à son tour :
- Chevaliers, princes nouveaux reçus dans l'ordre des chevaliers de l'Aigle noir, lorsqu'on vous mit en réflexion, vous aperçûtes du pain, de l'eau, du sel, du soufre, un coq et un sablier, avec ces mots : Patience et persévérance ; matières symboliques et faciles à expliquer.
Par le pain et l'eau, on vous marque la sobriété dans vos repas ; par le sel, les bonnes moeurs que vous devez avoir pour vous conserver parmi les hommes ; par le soufre, l'ardeur secrète que vous devez avoir de parvenir à la science kabbalistique en formant votre esprit à savoir promptement tous les instants où la lumière vous éclairera ; par le coq, la vigilance dans toutes vos oeuvres, et le sablier désigne le temps que l'on doit employer au travail qui doit être compté par heures et par minutes. Aidons donc les nouveaux chevaliers à découvrir le principe de vie renfermé dans le coeur de la matière première connue sous le nom d'Alkaest.
Puis le souverain GM fait l'instruction du grade par un dialogue avec les surveillants. De ce dialogue il résulte que le souverain GM se tient à l'Orient pour y attendre l'arrivée du soleil et l'accompagner dans ses douze maisons célestes dont les honneurs sont faits par le Grand Architecte de l'Univers lui-même, sous douze noms sacrés, tirés chacun des douze lettres du grand nom de Dieu en hébreu: Getimoaljeam. Les douze maisons sont partagées en quatre parties égales qui sont les quatre saisons de l'année, qui expliquent l'utilité du travail.
Dans ce travail on doit employer les quatre éléments et les trois règnes de la nature qui, pour être utilisés convenablement, doivent être pris dans leurs vraies saisons, pour que le genre humain puisse y trouver d'immenses trésors.
Adonaï, le plus puissant nom de Dieu, met tout l'univers en mouvement ; le chevalier qui serait assez heureux pour le prononcer kabbalistiquement aurait à sa disposition les puissances qui habitent les quatre éléments et les esprits célestes ; il posséderait aussi toutes les vertus utiles à l'homme et parviendrait avec leur concours à la découverte du premier des métaux qui est le soleil, qui provient de l'alliance intime des six métaux inférieurs, dont chacun contient la semence, et la fournit dans le lit nuptial.
Les six métaux inférieurs, le plomb, l'étain, le fer, le cuivre, le mercure et l'argent, sont symbolisés par Saturne, Jupiter, Vénus, Mercure et la Lune ; l'or soleil, le premier des métaux, est placé en leur centre, bien que physiquement il ne soit point un métal, car il est tout esprit et par là incorruptible, et c'est pour ces raisons qu'il est l'emblème de la Divinité, incapable d'aucune altération .
Pour parvenir à allier les six métaux et à n'en faire qu'un seul qui ne soit point un métal, on se sert de la règle et de la balance que Salomon a laissées dans son traité précieux de ses Clavicules kabbalistiques. La Kabbale est la pratique secrète des hautes sciences ou connaissance des secrets de la nature et de la grandeur de Dieu.
Pour sa balance, Salomon se servait de 25 nombres sous-divisés de la façon suivante : 1, 2, 3, 4, 5, qui contient 25 fois l'unité ; 12 fois 2, 8 fois 3, 6 fois 4 et 5 fois 5.
Sept philosophes ont donné la clef de cette balance : Albumasaris, Pythagore, Ptolémée, Antidonis, Platon, Aristote et Hali. Chacun d'eux s'est attaché à un métal, ils en ont fait un traité et en ont donné la mesure, la règle et la balance pour les mettre en oeuvre, et chaque traité est sous la domination d'un génie élémentaire. Les métaux et les génies correspondants sont: Plomb, Aratron ; Etain, Retor ; Fer, Phalech ; Or, Och ; Cuivre, Hagit ; Mercure, Aphiel, et Argent, Hali.
Pour fabriquer l'Alkaest, esprit ou dissolvant, inventé par Van Helmont, il faut commencer par travailler à l'alliance des quatre éléments simples dont tous les êtres sont composés et les trois règnes de la nature chacun dans leur saison, renfermés dans chacune des maisons du soleil en commençant par celle de Mars, parce que c'est par elle que commence l'année dans la philosophie hermétique et en astronomie. On prépare mystérieusement les trois productions de la nature avec le feu élémentaire tiré de la matière première par attraction et force centripète des mixtes, mises en digestion dans le fourneau économique allumé par les quatre vents.
Ce trésor produit des trésors immenses pour l'humanité et qui dureront autant que le monde. Il n'y a que les vrais maçons qui puissent participer au Grand oeuvre, et encore bien peu y parviennent-ils...
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Franc-Maçons et Templiers

22 Avril 2012 , Rédigé par Sophie Coignard Publié dans #histoire de la FM

  


Et si les milices des croisades étaient les ancêtres des «fils de la lumière» ? La thèse agite -et divise - les historiens et nourrit les spéculations. Les rituels franc-maçons et les grades de leur haute hiérarchie empruntent en tout cas largement aux Templiers. Enquête sur les liens secrets entre ces deux ordres.

Templiers et francs-maçons.

Moines soldats d'hier et mystérieux initiés d'aujourd'hui. Dans ses recettes infaillibles pour fabriquer un best-seller mondial, Dan Brown a compris tout le parti qu'il pouvait tirer de ces deux confréries qui, depuis des siècles, font fantasmer le monde. Dans "Da Vinci Code", son héros, Robert Langdon, découvrait un secret bimillénaire transmis par les Templiers. Dans la suite, connue sous le titre de travail «Les clés de Salomon» et dont la sortie est prévue pour 2007, il s'intéresse aux francs-maçons.

Mais l'exercice peut se révéler périlleux. L'homme aux 40 millions d'exemplaires devra, le 27 février, déposer devant un tribunal londonien pour répondre de l'accusation de «vol de propriété intellectuelle» portée contre lui par deux auteurs de best-sellers, Michael Baigent et Richard Leigh. Ces deux historiens très critiqués par les puristes vendent comme des petits pains des livres sur la descendance inconnue du Christ - d'où le procès -, mais aussi sur les Templiers et les francs-maçons.

Le lien entre ces deux institutions fait depuis des années l'objet de passions et d'empoignades musclées. D'un côté, Michael Baigent et Richard Leigh, les deux accusateurs de Dan Brown, racontent en près de 400 pages (1) leur aventure à la recherche de tombes templières au bord des lochs écossais. Leur thèse peut se résumer simplement. Il existe en Écosse de nombreuses tombes de Templiers. Or, au XIV siècle, Robert Bruce, roi d'Écosse excommunié, en guerre perpétuelle avec Londres et Rome, avait toutes les raisons d'accueillir ces soldats aguerris et persécutés par Philippe le Bel et l'inquisition. Dans leur refuge, les Chevaliers du Temple auraient continué de transmettre rituels et traditions qui seront à l'origine de la création de la franc-maçonnerie.

Une thèse qui fait s'étouffer d'indignation les tenants d'une méthodologie rigoureuse dans la recherche historique. Rien, selon eux, ne relie les milices des croisades et les « fils de la lumière», sinon de nombreux emprunts symboliques, qui concernent l'ensemble de la panoplie chevaleresque, et pas seulement les Templiers. «Il n'y a aucun lien historiquement démontrable, aucun document scientifiquement pertinent qui atteste une filiation, assure Yves Hivert-Messeca, enseignant chercheur et spécialiste de l'histoire de la franc-maçonnerie. D'ailleurs, comment pourrait-il y en avoir? Les Templiers disparaissent plusieurs siècles avant que la franc-maçonnerie moderne n'apparaisse. Les références aux Templiers dans les rituels maçonniques surgissent au XVIe siècle, parce que, à cette époque, tout ce qui se rattache à la chevalerie permet de faire chic. Aujourd'hui, il reste l'héritage symbolique, qui est une manière de mettre en scène le rituel maçonnique. Mais ce qui est intéressant, c'est l'émotion que ces rituels procurent à ceux qui les pratiquent. Parler de filiation directe n'a pas de sens. C'est un peu comme si je décidais de vivre comme un sénateur romain et que j'en concluais que je fais effectivement partie de la lignée d'un sénateur romain. »

La cause semble entendue.

Les francs-maçons ne peuvent pas descendre des Templiers. Cela aurait été, jusqu'à peu, la seule conclusion à laquelle serait parvenu un esprit rationnel. Mais deux des historiens les plus pointus apportent des nuances au scepticisme ambiant. Pierre Mollier, responsable de la bibliothèque, des archives, du musée, des études et recherches au Grand Orient de France (GODE), a consacré un ouvrage documenté et érudit à la chevalerie maçonnique sous toutes ses formes (2). Pour lui, la thèse de Baigent est délirante. Elle relève de l'«histoire-fiction», comme il y a de la science-fiction. «il tombe dans le schéma classique du manque de rigueur historique en faisant le raisonnement suivant: dans telle ville d'Écosse, il y a des tombes ornées d'épées; ce sont des tombes templières; or, dans cette ville, il y a aussi une très vieille loge. C'est là que les descendants des Templiers se sont fondus avec les premiers francs-maçons. Ce n'est pas très sérieux. Pour ma part, je suis persuadé que les Templiers ont disparu corps et biens. D'abord, ils n'avaient plus de raison d'être. Beaucoup de ceux qui ont survécu aux persécutions se sont reconvertis dans d'autres ordres plus importants qui continuaient, eux, à avoir une légitimité comme l'ordre de Malte, qui avait son propre État, ou les Chevaliers de saint-Lazare, qui combattaient la lèpre. Ensuite, la dimension chevaleresque dans la maçonnerie remonte au temps des compagnons et ne concerne pas, tant s'en faut, les seuls Templiers. Les teinturiers de Bourges, par exemple, célébraient l'instant où un compagnon était fait chevalier. » Mais Pierre Mollier n'en conclut pas pour autant qu'il n'y a rien, aucun lien entre les uns et les autres: « Je ne crois pas aux théories de Baigent et Leigh qui ne reposent sur rien de concret. Ah !, je ne crois pas non plus à un placage de certains rituels juste pour faire joli. Le plus ancien document qui a été retrouvé sur ce sujet en France date de 1750. Appelé le ”rituel de Quimper" il a été découvert dans les archives diocésaines de cette ville. Il prouve la trace, dès cette date, d'un grade chevaleresque templier, celui de "chevalier élu" ou "chevalier Kadosh " dans une loge maçonnique. Et personne n'est capable d'expliquer comment cette référence est arrivée jusque-là. »


«PERSONNE NE CONNAÎT EXACTEMENT L'ORIGINE DE LA FRANC-MAÇONNERIE;
UN TEL VIDE HISTORIQUE OUVRE LA VOIE À TOUTES LES SPÉCULATIONS.
»


En Grande-Bretagne, patrie d'origine de la franc-maçonnerie, un homme travaille depuis dix ans sur cette question. Matthew Scanlan fut pendant six ans conservateur-adjoint à la Grande Loge unie d'Angleterre avant de suivre une carrière universitaire. «Le sujet est énorme, dit-il. Les différentes légendes templières liées à la maçonnerie émergent au milieu du XVII siècle, et pour les étudier toutes de près il faudrait comprendre le français, l'anglais, l'allemand, l'écriture gothique, le suédois, le russe, le flamand, l'italien, le latin, et j'en oublie certainement Ce qui rend l'exercice particulièrement compliqué, c'est que personne ne connaît exactement l'origine de la franc-maçonnerie, et qu'un tel vide historique ouvre la voie à toutes les spéculations. Très récemment, un de mes amis, le professeur Andrew Prescott, de l'université de Sheffield, a découvert ce terme, ou plus exactement celui de "free stone mason", dans des manuscrits datant de 1325-1326. Avant, on croyait que, la plus ancienne mention datait de 1376. C'est vous dire si les références évoluent Mais j'ai trouvé, et j'en réserve la primeur pour mon livre, un lien réel entre la franc-maçonnerie moderne et l'ordre du Temple tel qu'il existait au Moyen Age. Mais celui-ci n'a rien à voir avec les hypothèses qui ont été émises jusqu'alors. » On n'en saura pas plus.


Ce qu'on sait, en revanche, c'est que le rituel maçonnique est truffé de références templières. Les correspondances entre le Temple et la Loge ont aussi d'autres origines, qui ne prouvent nullement une filiation mais plutôt une communauté d'inspirations et de destins.

D'inspirations avec les références à Jérusalem, au Temple de Salomon, et bien sûr à l'Écosse, où les templiers auraient pu trouver refuge et où est née la franc-maçonnerie moderne.

Des destins avec les persécutions.


L'histoire de Jacques de Molay a été rendue célèbre par Maurice Druon et ses « Rois maudits». Plus le temps a passé, plus la chasse aux Templiers, dans les mémoires, a été perçue au fil du temps comme une injustice par l'opinion publique. Voltaire trouvait à critiquer le pouvoir absolutiste en lui reprochant d'avoir pourchassé ceux qui, pendant trois siècles, s'étaient battus pour la foi chrétienne, apostolique et romaine. «Au XVIIe siècle, la réputation sulfureuse de l'ordre du Temple n'effrayait plus personne, au contraire, elle était loin de déplaire, explique Pierre Mollier. La rigueur même du verdict romain était suspecte. Généralement considérés comme injustement persécutés, mais néanmoins entourés de mystères, présumés détenteurs de secrets ésotériques, les Templiers représentaient un sujet propre à attirer l'attention des curieux et même du public en général.


Les francs-maçons très mal vus par la monarchie.

Et des francs-maçons en particulier, qui sont alors très mal vus par la monarchie, toujours suspicieuse à l'égard de ce qu'elle ne peut contrôler. «Entre 1735 et 1745, le pouvoir royal essaie de tordre le cou à ce mouvement naissant, explique Yves Hivert-Messeca. Mais chaque descente de police dans une loge est l'occasion de constater que la moitié de la gentry locale est présente, ce qui est embarrassant. Ensuite, la situation se pacifiera, car les francs-maçons se mettront en permanence sous la protection des grands de ce pays, dont le premier est le comte de Clerm. Enfin, l'idéologie maçonnique s'est de tout temps intéressée aux hérésies, péché essentiel reproché aux Templiers par Rome et l'inquisition. Ces correspondances ont sûrement contribué à la propagation des références templières en maçonnerie. »

Celles-ci éclosent à partir de 1720 un peu partout en Europe, et cette ubiquité a de quoi intriguer. Le récit de leur apparition a certainement été enjolivé au fil du temps. En Allemagne, un certain baron von Hund assure avoir été initié en 1743 dans, un grade maçonnique élevé qui fait explicitement référence à l'ordre templier. Ses initiateurs? Deux personnages masqués qui lui ont promis de le recontacter. Des années plus tard, il attend toujours et finit par se lancer lui-même dans la restauration d'un rituel directement inspiré de l'ordre du Temple. C'est la Stricte Observance templière, qui a donné naissance, au convent de Wilhelmsbad en 1782, à un rite encore pratiqué en France mais de manière très minoritaire: le Rite écossais rectifié, qui ne compte même pas 10 % de pratiquants chez les frères de l'Hexagone. «Ce rite s'inspire de manière très stricte des cérémonies de chevalerie, explique Pierre Mollier. Il intéresse ceux qui sont très marqués par une matrice judéo-chrétienne. Pratiquer le Rite écossais rectifié sans se soucier des fondements judéo-chrétiens, ce serait un peu comme manger de la choucroute sans charcuterie. » C'est là la première filière de passage entre les rituels de l'ordre du Temple et la maçonnerie. À la même période, en France, André Michel de Ramsay, chevalier de saint Lazare, prononce pour ses amis francs-maçons un discours dans lequel il ne mentionne pas l'ordre du Temple de manière explicite, mais où il fait référence à un mystérieux ordre bâtisseur hérité des croisades et qui serait retourné en Europe. Certains de ses membres auraient voyagé jusqu'à Kilwinning, en Écosse.


Ce chevalier de Ramsay fait partie des jacobites, ainsi appelés parce qu'ils sont partisans de la famille Stuart en exil. Comme lui, la plupart des francs-maçons à Paris sont des Britanniques réfugiés en France après la chute, en 1688, de Jacques II d'Angleterre, converti au catholicisme et chassé au profit de sa fille Mary, épouse de Guillaume d'Orange. Ces jacobites ont une influence considérable sur la franc-maçonnerie naissante en France. Pour eux, les frères descendent directement des croisés. «Le mot de Templiers n 'est pas prononcé parce que, à cette époque, les Templiers font toujours l'objet d'une condamnation de la part de Rome et du roi. Mais ces références sont alors très bien portées pour trois raisons, remarque Yves Hivert-Messeca. De tout temps, on adore les innocents injustement condamnés. Or les Templiers sont considérés comme tels par ceux qui pensent un peu librement. C'est ensuite un moyen détourné de contester la monarchie absolue. Enfin, l'aspect ésotérique, l'idée que ces chevaliers disparus étaient détenteurs de secrets faisait déjà fantasmer. »

Source ; www.ledifice.net

L'ordre de chevalerie des croisades auquel Ramsay fait référence dans son discours resté célèbre dans la mémoire fraternelle va donner naissance à l'un des hauts grades de la maçonnerie, toujours en vigueur aujourd'hui: chevalier d'Orient.

Car, durant ce XVIIIe siècle, pour ne rien simplifier, les grades se multiplièrent presque aussi vite que les adeptes du Grand Architecte de l'Univers. Et c'est là, dans ces échelons élevés, que les références à la chevalerie, pas seulement templière, vont pulluler.
Dans la franc-maçonnerie dite «opérative », héritée du compagnonnage; il existe seulement deux grades: apprenti et compagnon. Vers les années 1720-1730 apparaît celui de maître. Aujourd'hui encore, celui-ci est associé à la mort d'Hiram, architecte du Temple de Salomon assassiné par trois mauvais compagnons. Cette légende d'Hiram est, en termes de patrimoine, une pièce centrale pour tout maçon qui se respecte. Mais sa belle carrière commence de façon presque fortuite. «La création du troisième grade, celui de maître, est due à une revendication sociale: maître, cela en impose plus que compagnon, raconte Yves Hivert-Messeca. Mais il faut bien lui trouver un thème, une légende, à ce grade. Alors, on pique un personnage dans la Bible, le seul livre qui à l'époque parle à tout le monde. Ce sera Hiram, bronzier dont on fait un architecte du Temple. Tout le grade de maître porte sur le thème de la mort d'Hiram. »

Une hiérarchie parallèle

L'inflation des titres commence à sévir, comme dans. toutes les organisations, avec l'invention des hauts grades. Aujourd'hui, il y en a 30 dans le Rite écossais ancien et accepté. le plus pratiqué en France. L'apparition des hauts grades et des légendes chevaleresques qui leur sont associées est un peu le fruit de la fracture sociale de l'époque. "Tandis que les aristocrates et les grands commerçants ne voyaient pas d'inconvénient, en Angleterre, à être associés dans les loges à des personnes de plus basse condition, il n'en a pas été de même sur le continent, explique Matthew Scanlan. Beaucoup de commentateurs considèrent que les hauts grades, qui englobent de nombreux thèmes chevaleresques et templiers, ont été créés comme des refuges pour les élites de l'époque qui n'avaient pas envie de côtoyer la plèbe."


À quoi tiennent les destins des grandes légendes et des fantasmes contemporains ! Les rites chevaleresques en général, et templiers en particulier, concernent donc assez peu le franc-maçon de base. Il concerne avant tout les hauts grades, dont trois sont ouvertement templiers: le chevalier d'Orient (15e degré), hérité du discours de Ramsay, le chevalier de saint-André, dit aussi «Grand Écossais de saint-André » (29e degré), le plus ancien puisqu'il date de 1742, et le chevalier Kadosh (30e degré), l'un des plus importants. Kadosh, en hébreu, signifie « saint». Appelé aussi « grand inquisiteur», le chevalier Kadosh est là pour venger l'assassinat d'Hiram, le bâtisseur du Temple trahi par ses mauvais compagnons. C'est la première interprétation. Il y en a une seconde, selon laquelle le nom d'Hiram cacherait en fait celui de Jacques de Molay, Grand Maître des Templiers qui périt sur le bûcher, et dont le meurtre ourdi par Philippe le Bel doit être traduit en justice. Toute cette symbolique demeure assez mystérieuse pour le profane, et même pour le franc-maçon moyen. Ainsi, un livre est consacré au chevalier Kadosh et à ses rituels, mais il n'est accessible qu'aux initiés, de grade égal ou supérieur au 30'degré.


LE RITE ÉCOSSAIS RECTIFIÉ, INSPIRÉ DES CÉRÉMONIES DE CHEVALERIE, EST LA PREMIÈRE. FILIÈRE DE PASSAGE ENTRE LES RITUELS DU TEMPLE ET LA MAÇONNERIE.


Comme au XVIIIe siècle, lors de leur invention, les hauts grades forment encore aujourd'hui l'aristocratie des obédiences. Ils constituent même une sorte de hiérarchie parallèle. Pour faire simple: tout comme Ariette Laguiller n'est pas la vraie patronne de lutte ouvrière, le Grand Maître que l'on voit à la télévision n'est que très exceptionnellement paré des attributs du chevalier Kadosh et de ses trois supérieurs. D'ailleurs, ce Grand Maître n'est élu que pour deux mandats par ses pairs, alors que les titulaires du 33e degré siègent à vie au sein du Suprême Conseil. À vie! C'est bien entendu ce gouvernement invisible au profane et inaccessible au franc-maçon de base qui détient le vrai pouvoir, celui que confère la longévité. À preuve: tout Grand Maître qui veut faire son chemin dans les ateliers supérieurs doit être chaperonné par un plus gradé que lui.

Ce qui anime ces frères très titrés est finalement assez proche des préceptes de la chevalerie à laquelle ils ont tant emprunté: se perfectionner soi-même pour améliorer la société. Mais leur rapport au rituel et aux influences templières reste assez difficile à comprendre pour un non-initié.
Est-ce en raison de ce grand secret mâtiné d'élitisme que l'association entre Templiers et francs-maçons crée un rapprochement détonnant et fantasmatique dans l'inconscient collectif ? Sans doute. Mais c'est sûrement aussi, comme le remarque un frère du 33e degré, le signe d'une société en quête de magie et de réenchantement. 

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Le Grand Architecte et le Big-Bang

22 Avril 2012 , Rédigé par Galahad Publié dans #spiritualité

L'Univers naquit en un instant dans un rayonnement primordial d'une violence et d'une chaleur inouïe. Une fraction de non temps auparavant (le temps naît à l'instant même du Big Bang) la réalité est tassée, compressée dans une poussière de 20 microgrammes perdue dans le néant. Qu'on prenne quelques instants pour prendre conscience de cela... Il y a le noir absolu, la ténèbre totale, le néant infini... et quelque part dans ces ténèbres... se trouve...20 microgrammes de lumière. Un flocon de lumière tellement petit que le microscope le plus puissant ne peut le pressentir. Or, dans cette étincelle de lumière se trouve condensé toute la réalité telle que nous la connaissons.

Qu'est-ce à dire ? Que dans ce point d'une taille ridicule, se trouve contenu toute la Terre avec ses lacs, ses rivières, ses océans, ses montagnes et toutes les créatures vivantes... Mais pas seulement... Dans cette peluche se trouve aussi notre soleil et toutes les planètes de notre systèmes solaires... Plus impressionnant encore, toujours dans ce même point incandescent se trouvent toutes les étoiles qu'on peut voir les soirs d'été, ainsi que les milliards de milliards d'autres qu'on ne peut voir en raison de leur éloignement. Enfin, et l'idée donne le vertige, en même temps que l'ensemble de cette Création matérielle, le temps prend aussi naissance à cet instant précis. Dans une explosion lumineuse d'une chaleur inconcevable, 100.000 milliards de milliards de milliards de degré pour être précis, la Création prend naissance : Fiat Lux ! Et la Lumière fut !

Aujourd'hui, l'on sait à quel point ce jaillissement, ce dégagement d'énergie ultime, loin d'être une réaction chimique et physique anarchique fut incroyablement réglé et précis. c'est ce que les scientifiques appellent le point d'équilibre ou le réglage fin. Dans cet ordre d'idée, il faut savoir que l'Univers repose sur un ensemble de lois mathématiques, de constantes, ce que signalons-le au passage, les mystiques grecs comme Pythagore avaient déjà intuitivement compris. Or ces constantes interagissent les unes sur les autres, chacune des mesures influençant toutes les autres. La moindre modification dans l'une de ces constantes et la Création n'existe tout simplement pas. A titre d'exemple si les atomes tiennent ensemble pour former des corps et des objets cohérents, c'est parce qu'il existe la « force nucléaire forte » qui agit comme une sorte de colle à l'intérieur des atomes. Sans elle, l'Univers serait une espace de soupe informe. Or non seulement, cette force existe mais si elle n'avait pas précisément la puissance qu'elle a, si elle était 1 ou 2 % plus forte, la fusion de l'hydrogène serait impossible rendant l'Univers inhabitable. De même si la force d'expansion de l'Univers avait été plus lent de 1 sur 1 milliard, le cosmos se serait effondré sur lui-même. Si elle avait été plus rapide dans les mêmes proportions, tout se serait désagrégé... (chiffres et exemples cités par les frères Bogdanov dans leur excellent ouvrage « Le Visage de Dieu »). On peut multiplier les exemples à l'envi. Plus on observe l'Univers, plus on se rend compte que s'étendant dans toutes les directions, il est fantastiquement ordonné, hiérarchisé et structuré.

Fantastique équilibre permettant à la Vie de s'exprimer ici, permettant aux étoiles de naître là-bas. Lois universelles et cosmiques réglant tout le réel, donnant 6 pointes aux flocons de neige, distribuant les pétales des fleurs selon une loi immuable et éternelle.

Avec comme point de départ, une Lumière née avant le commencement des temps : et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise. (Jn 1 ; 5)

Cette Lumière qui jaillit avec le commencement des temps est aussi l'organisatrice de cette Création, la source du réglage fin. Elle est le Logos, terme qu'on traduit par Verbe. Or qu'est ce qu'un verbe sinon celui qui organise la phrase ? Le verbe est son, fréquence, longueur d'onde et vibration, il est également information. Information ? Le mot est à la mode car on se rend compte que toute la base de l'Univers est information codée, depuis la chaîne d'ADN jusqu'à l'essence même de l'Univers (on parle d'ailleurs maintenant d'ADN de l'Univers pour décrire l'ensemble des lois immuables qui semblent inscrites dans la texture même de la réalité).

Le Verbe, Celui qui organise l'Univers : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement tourné vers Dieu. Tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui. (Jn 1 ; 1-3)

Comme dans une phrase prononcée de voix d'homme, le verbe organise le réel, il en est le centre et le pivot, il en est... l'Architecte.

Or ce Verbe, Grand Architecte de l'Univers, s'incarna dans un corps d'homme, dans ce temps et cette histoire qu'il a lui-même créé : il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l'a pas reconnu. (Jn 1 ; 10)

C'est avec ce Verbe structurant la Création que chaque chrétien travaille afin de se structurer lui même. Ouvrier œuvrant en bonne intelligence et en bonne synergie avec la volonté du Grand Architecte. Car chaque homme, créé à l'image de Dieu, est un petit univers et un logos unique : ce qui est en haut est comme ce qui est en bas dit la Table d’Émeraude.

Microcosme dans le macrocosme, la Chute nous a déboussolé et aveuglé. Il nous faut donc remettre de l'ordre en nous, nous rectifier, assurer notre propre « réglage fin », trouvant notre propre « point d'équilibre », afin de prendre part à la construction de cette belle et bonne Création en développement permanent.

Chaque chrétien est un ouvrier du GADLU en même temps que l'un de ses matériaux privilégié, pierre brute à tailler afin de parfaire la Création.

Chaque homme est un Univers qui attend un nouveau Big Bang, celui de l'âme et de la conscience qui va lui permettre de s'étendre vers l'Infini afin de retrouver sa nature essentielle.

Source : http://www.relianceuniverselle.com 

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Une Chevalerie au XXIème siècle ?

22 Avril 2012 , Rédigé par Galahad Publié dans #Chevalerie

Je suis un incorrigible romantique et l'image, l'archétype du chevalier reste pour moi l'une des accomplissements majeurs de la pensée chrétienne.

De plus en plus de personnes dans le monde chrétien semblent s'intéresser à nouveau à l'esprit chevaleresque. Qu'on se passionne pour la littérature de chevalerie, qu'on étudie les ordres disparus comme les templiers, qu'on fasse de la reconstitution médiévale ou qu'on s'implique dans les activités d'ordres vénérables subsistant depuis le Moyen Age comme l'Ordre de Malte et l'Ordre du Saint Sépulcre, la chevalerie semble fleurir de toute part dans notre monde moderne.

Certes, on pourra dire que le chevalier historique fut la plupart du temps un soudard, un pillard ou le bras armé d'une institution ecclésiale plus soucieuse de protéger ses avoirs que de guider les âmes vers le Royaume. Déjà le grand théoricien de la chevalerie Raymond Lulle se plaint au XIIIe siècle des mœurs des chevaliers de son temps qui sont, dit-il, « injuste, belliqueux, aimant le mal et les troubles. ». Certes. Néanmoins, l'image et l'idéal demeure.

Et plus que jamais, le monde a besoin de personnes puisant leur force à la Source Suprême de l'Esprit Saint afin de se dresser contre les démons du monde et défendre la veuve et l'orphelin. Plus que jamais la Lumière a besoin de champions.

Dans ce monde désenchanté, on voit que la figure du chevalier connait d'ailleurs un succès croissant dans l'imaginaire et l'inconscient populaire. Il suffit de voir le succès mérité du Seigneur des Anneaux, des Chroniques de Narnia, du Trône de Fer et autres romans de fantasy qui exaltent la figure du défenseur des faibles au nom des principes les plus haut. Dans un autre style, les héros de comics américains tiennent beaucoup de cet esprit chevaleresque. Le succès de ces romans, parfois dignes successeurs des romans arthuriens, montre le désir d'une large frange de la population de retrouver les repères archétypaux sans lesquels nous ne sommes que des plumes ballotées par le vent du relativisme.

Mais y a-t-il une place dans notre monde pour une vraie et active chevalerie ? Loin d'être anecdotique, loin d'être enfantin, le chevalier est l'une des expressions majeures de la Lumière chrétienne. Il fut un temps où l'Eglise considérait l'adoubement comme le huitième sacrement.

Au départ corps d'élite des armées séculières, le chevalier va être sanctifié par l'Eglise. De soudard, le chevalier va se convertir et devenir le défenseur de la foi et de la Vérité, de la Justice et du Bien.

Soldat au service du Christ, le chevalier possède la foi et le courage pour s'ériger contre toutes les injustices, pour se mettre au service des autres, pour combattre pour le Bien et non pour des privilèges, prêt à miser sa réputation ou à donner sa vie s'il le faut.

Pour Chrétien de Troye, la chevalerie est un Haut et Saint Ordre créé par Dieu au même titre que l'Ordre des Prêtres. Car n'oublions pas que tout homme est par son baptême roi, prêtre et prophète. La chevalerie ressort donc de la fonction royale inhérenteà la nature humaine. Dans le roman « Lancelot du Lac » (1230), on voit d'ailleurs la Dame du Lac enseigner à Lancelot qu'il n'y a dans la chevalerie aucune distinction de rang ni de noblesse mais une élection de ceux qui ont la force du Saint Esprit afin qu'ils utilisent cette force intérieure pour défendre les faibles, le Bien et la Vérité.

Au Moyen Age, la chevalerie est souvent ressentie par ceux qui l'idéalise, non comme un privilège mais comme un fardeau. Le chevalier aspire souvent à mener une vie « normale », à être débarrassé du poids de la quête. La part de lui-même non encore convertie geint sous l’exigence vertueuse que demande la vocation : « le chevalier devra être courtois sans vilenie, débonnaire sans méchanceté, compatissant aux malheureux, large et prêt à secourir les indigents, disponible et prêt à confondre les voleurs et les assassins, juge équitable sans haine ni amour. »

Équanimité, courage, savoir vivre, foi, tension vers Dieu et action dans le monde, le chevalier agit en ce monde non en son nom propre mais pour la gloire du nom divin. Ceci demande une force de caractère de la part du chevalier qui doit sans cesse se remettre en question, faire preuve d'un grand discernement et sans cesse cultiver en lui les vertus divines.

En réalité, le chevalier est le défenseur de la Vie, de la Lumière et de l'Amour du Christ dans le monde contre les forces de haine et d'enténèbrement. L'Ennemi contre lequel il lutte est celui du genre humain et les légions qu'il affronte portent les noms d'égoïsme, d'injustice, de haine, de cupidité, d'obscurantisme, de coercition et de mensonge. Loin de n'être qu'un ordre institué, la chevalerie est un état d'être, une disposition de l'âme de ceux qui ne craignent pas de s'exposer pour la défense de Celui qui est Vie.

Avec l'apparition des armes à feu et la sécularisation de la société, l'esprit chevaleresque fut relégué à un titre vide de sens.

Aujourd'hui, la chevalerie peut-être le fait d'hommes et de femmes ayant à cœur de s'engager pour la Vérité et de vivre les paroles de Saint Paul :

« Revêtez l'armure de Dieu pour être en état de tenir face aux manœuvres du diable. Ce n'est pas à l'homme que nous sommes affrontés, mais aux Autorités, aux Pouvoirs, aux Dominateurs de ce monde de ténèbres, aux esprits du mal qui sont dans les cieux. Saisissez donc l'armure de Dieu, afin qu'au jour mauvais, vous puissiez résister et demeurer debout, ayant tout mis en œuvre. Debout donc ! A la taille, la vérité pour ceinturon, avec la justice pour cuirasse et, comme chaussures aux pieds, l'élan pour annoncer l'Evangile de la paix. Prenez surtout le bouclier de la foi, il vous permettra d'éteindre tous les projectiles enflammés du Malin. Recevez enfin le casque du salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu. » (Ep 6:10-18)

Mais ces paroles de Saint Paul ne s'adressait pas aux chevaliers qui n'existaient pas à son époque. Ces paroles s'adressaient à tous les chrétiens, invités au combat intérieur contre l'Ennemi qui tente à chaque instant de faire obstacle à la déification de l'être c'est à dire à empêcher l'avènement de la véritable humanité. Car tout l'enjeu est là, le dépassement de la vie instinctive, égoïste et individuelle pour atteindre la vie personnelle, sainte et ecclésiale. Et à cela, tous les chrétiens sont appelés. Tous les chrétiens sont amenés à repousser Satan, à transcender la vie affectivo-instinctive et à se laisser engendrer d'En Haut.

Et si la victoire est déjà acquise par la mort et la résurrection du Christ, cela n'empêche l'Adversaire de déployer tous ses moyens pour retarder l'accomplissement. Aussi, tout chrétien est-il un soldat, un chevalier de Lumière repoussant les forces du mal.

Dans le baptême orthodoxes, trois exorcismes s'adressent à Satan directement : « Va-t-en, retire-toi du soldat nouvellement choisi, enrôlé par le Christ notre Dieu... esprit impur et pervers, néfaste et répugnant ». Et le célébrant de demander instamment au Seigneur Sabaoth, au Dieu d'Israël : « Menace les esprits impurs et chasse-les, purifie l'ouvrage de tes mains [c'est-à-dire le catéchumène] et, dans l'efficacité de ton pouvoir, hâte-toi d'écraser Satan sous ses pieds »... Puis, demandant au catéchumène de se tourner vers l'occident, vers le lieu où le soleil est sensé se coucher et qui nous parle donc symboliquement de ténèbres, le célébrant invite le catéchumène à « renoncer à Satan, à toutes ses œuvres, à tous ses anges, à tout son culte et à toutes ses pompes ».

Le rituel d'adoubement du chevalier médiéval était un rappel du baptême. Ainsi le décrit l'Ordene de chevalerie, poème en langue d'oïl rédigé au milieu du XIIIe siècle et cité par Jean Flori dans son admirable livre « Chevaliers et chevaleries au Moyen Age » :

« Le bain, comme le baptême d'un enfant, rappelle au chevalier qu'il doit sortir de l'eau purifié et se garder de toute vilenie ; on le couche en un lit, symbole de sa place au paradis, on le vêt de fin lin blanc, symbole de la pureté qu'il doit préserver, puis d'une robe vermeille, signe de son sang qu'il doit être prêt à répandre pour Dieu et pour défendre Sa loi ; ses chausses noires évoquent la terre dont il vient et où il retournera, le gardant ainsi de l'orgueil ; sa ceinture blanche devra le préserver de la luxure. Ses éperons, le rendre ardent au service de Dieu ; l'épée à deux tranchants signifie droiture et loyauté car il doit protéger le pauvre et soutenir le faible, afin que les riches ne puisse le honnir. »

Le chevalier est donc un chrétien qui tente de raviver perpétuellement la flamme de son baptême, qui vit dans le monde, cultive la vertu et met sa force au service de Dieu et du Bien, donc du pauvre, des opprimés et de l'Eglise. On peut se poser la question, la chevalerie est-elle chrétienne ou le chrétien est-il un chevalier en puissance ?

Les devoirs du chevalier sont ceux de tout le peuple chrétien mais sans doute les accomplit-il de manière plus consciente, plus systématique et plus professionnelle.

Le chevalier médiéval exerce trois fonctions : la recherche de la sainteté par la pratique de la prière et de la vertu, la défense des opprimés et la protection de l'Eglise.

Comme le souligne Jean de Salisbury au XIIe siècle : « La fonction de la chevalerie régulière consiste à protéger l'Eglise, combattre la perfidie, révérer le sacerdoce, garantir les faibles des injustices, faire régner la paix dans le pays et comme l'enseigne l'origine du serment, de verser son sang pour ses frères et si besoin est donner sa vie pour eux. »

La première fonction est la recherche consciente d'une vie de sainteté. Cette recherche est propre à tous les chrétiens, non par le respect de la loi ou de règles extérieures mais par la rectification de leur moi intérieur qui se débarrasse du vieil homme afin de devenir réceptacle du Christ. Le chrétien accepte la transformation que Dieu lui propose, il accepte de se faire aimer par son Créateur. Cette transmutation est le socle, la force sur lequel le chevalier va construire son action. Car le chevalier est avant tout un être d'action.

On peut imaginer que le chevalier moderne est celui qui, ayant remis sa vie dans les mains de Celui qui est Lumière, soit un exemple de probité, de dévouement, de loyauté, de droiture et de courage. N'ayant jamais peur de s'exposer et de s'ériger contre la perfidie et l'injustice, le chevalier du XXI e siècle agit où il se trouve, où Dieu l'a placé. Il n'est pas un super chrétien mais un chrétien qui vit sa foi. Le chevalier défend également l’Église qui est le corps du Christ sur Terre et par conséquent l'Unité des Chrétiens qui elle seule pourra manifester la bonne santé de ce corps.

Pour ce faire, il reçoit son épée sainte, bénie sur l'autel le jour de son adoubement :

« Reçois, avec la bénédiction de Dieu, ce glaive qui t'est conféré pour la punition des malfaiteurs et la louange des bons. Que par ce glaive tu sois capable, par la puissance du Saint-Esprit, de résister et de t'opposer à tous tes ennemis et à tous les adversaires de la Sainte Eglise de Dieu, de préserver le royaume qui t'est confié et de protéger le camp de Dieu »(Prière germanique, IXe siècle)

Ou

« Que, par cette épée, tu manifestes la puissance de la justice, détruises avec force celle de l'iniquité, combattes pour protéger la Sainte Eglise de Dieu et ses fidèles, que tu défendes et aides avec bienveillance les veuves et les orphelins. »(Ordo de Stavelot, 936)

Quel beau symbole que la remise de cette épée et de cet étendard bénis sur l'autel de l’Église. Comme si l'officiant remettait au combattant un rayon de soleil propre à faire reculer les ténèbres environnantes.

On peut alors se poser les deux questions suivantes : qu'est ce que l'épée du chevalier au XXIe siècle ? Les trois fonctions précitées ont-elles encore un rôle aujourd'hui ?

La vie chrétienne est une vie d'évolution spirituelle mais aussi d'action. Si tout nous est donné à notre baptême, il nous faudra toute une vie pour en réaliser l'extraordinaire potentiel d'accomplissement.

Peu à peu, porté par la Parole et le travail spirituel, le regard que le chrétien porte sur le monde change, il se fait plus perçant, plus aigu jusqu’à ce qu’il se fasse adombrer par l’Esprit. Cette adombrement est aussi un adoubement car l’intellect de celui qui a été touché par l’Esprit est pareil à une épée. Prompt à discerner, rempli d'une force qui n'est pas de ce monde, il tranche les illusions et les faux semblants, il sait séparer l’erreur de la vérité, il peut combattre l’ennemi, c'est-à-dire l’ombre en lui même qui n’est ombre que parce qu’elle s’est éloignée de la Lumière. Celui qui a reçu l’épée du Seigneur peut construire le Temple du Christ en étant vigilant et en se gardant des ignorants et de la barbarie toujours prête à submerger le monde.

L’épée est une arme car celui qui marche sur le sentier doit toujours être vigilant afin de repousser les forces du mal extérieures (barbarie, tyrannie, injustice, fanatisme) mais aussi l’ennemi intérieur (vices, pulsion de mort, pulsion d’échec,…). Comme il est dit dans le Livre de Néhémie :

« Ceux qui bâtissaient la muraille et ceux qui portaient et chargeaient les fardeaux travaillaient d'une main et de l'autre tenaient une arme. Quant à ceux qui bâtissaient, chacun bâtissait, une épée attachée à ses reins. » (Ne 4 ; 11-12)

On bâtit le Temple, la truelle dans une main, l’épée dans l’autre.

L’épée est le symbole de l’action, de la protection des plus faibles par les plus forts et de la justice. L’épée est comme la torche, portée haut, elle reflète les rayons du soleil et fait reculer les ténèbres qui ne peuvent résister. L’épée est l’arme du combat intérieur, celle qui sert à terrasser nos démons, à faire rendre gorge à nos peurs, à nos préjugés, à nos aveuglements.

La quête de Dieu est le but de toute vie sur Terre. Quête de la connaissance qui libère, elle se conquiert avec le cœur autant qu’avec la clarté d’esprit. Quête de la transformation et de la transmutation, elle élève l’individu autant qu’elle le relie à ses semblables. Quête de la victoire de la Lumière, elle demande la force intérieure : force d’être heureux, force de s’émerveiller, force de donner, force de servir son prochain, force de se dépasser, force de faire éclore les graines plantées en nous et surtout force de repousser les attaques de l’entropie, de la facilité et de la stagnation.

La quête spirituelle demande d’être bien armé. Hommes de Bonne Volonté, adoubés par le Christ et ouvert à la Grâce, il appartient aux chevaliers de cœur et d'esprit de porter les armes de la Vie et de se battre pour le Royaume des Cieux, c’est-à-dire pour la transformation de la mort en Vie et la sublimation du monde qui nous a été confié.

Dès l’âge du bronze, chez les peuples celtiques et germaniques, les épées portent un nom, acquièrent une identité. Qu’on se souvienne de Joyeuse portée par Charlemagne, de Durandal maniée par Roland de Roncevaux ou de la célèbre Excalibur qui, plus encore que le Roi Arthur qui la tenait, fut la véritable source de l’unification de l’Angleterre. Par analogie, on se rend compte que celui qui a trempé et forgé son esprit pour en faire une lame pareille à celles précitées, a également acquis une identité. Et contrairement à ce que le laisserait croire notre époque gangrenée par un cynisme à tout crin, être un esprit fort individuel et individué est le contraire du rejet de toute morale et de toute spiritualité

Être un esprit fort, c’est précisément devenir un homme spirituel, trouvant sa voie personnelle entre le grand fatras du n’importe quoi new-age et le néant de l'athéisme. Être un esprit fort, c’est explorer les mondes spirituels et leurs infinies possibilités, c’est partir du monde matériel et ouvrir sa conscience de plus en plus grand, vers les terres de la créativité, de l’action charitable ou vers les terres conceptuelles et mystiques.

Être un esprit fort, c’est gonfler ses voiles du souffle de l'Esprit, de la poésie, du conte et des légendes.

Être un esprit fort, c’est cultiver les vertus cardinales (prudence, tempérance, force et justice) et théologales (foi, espérance, charité).

Désuètes les vertus ? De ces sept vertus découlent toutes les autres : droiture, loyauté, compassion, tendresse, humilité, discernement, noblesse de coeur… Désuètes les vertus ? Comment croire que les vertus ne sont pas nécessaires dans ce monde prompt à sombrer dans la barbarie, la superficialité, la vénalité et le mal. Mais le monde est ce qu’on en fait, la vie est ce qu’on en fait et celui dont le regard se porte vers les étoiles, ne peut que se vêtir des vertus.

Être un esprit fort, c’est savoir qu’on ne va pas loin sans Dieu car si nous sommes appelé vers l’Infini, que sommes-nous par rapport à l’Infini ?

Non, avoir son esprit affûté comme une épée n’est pas développer une sorte de cynisme corrodant la beauté et les émotions élevées, reliquats de la pureté originelle.

Avoir son esprit affûté comme une épée, c’est porter l’épée du chevalier à l’intérieur de soi, c’est intérioriser les vertus cardinales et théologales seules capables de nous individualiser en tant qu’homme.

En recevant son épée, le chevalier ose désormais faire le pas pour franchir l’abîme, il ose faire le pas vers la theosis, la déification du Moi, la transfiguration qui le changera à tout jamais tant physiquement qu’animiquement.

En recevant son épée, le chevalier reçoit l'arme du Verbe qu'il mettra au service de la veuve et de l'orphelin, de la Vérité et de la Lumière.

L'idéal chevaleresque fut bien souvent un « idéal », utopie du Graal à atteindre mais inaccessible à la plupart.

Et cet idéal chevaleresque est sans doute le plus intéressant parce qu'il est idéal précisément. Le pur Galahad, le preux Perceval, le vertueux Gauvain, autant de figures légendaires mais ô combien inspirantes pour les chrétiens d'hier et d'aujourd'hui. Plus réels, Saint Georges, Saint Michel et Sainte Jeanne d'Arc sont les protecteurs et les défenseurs de nombreuses nations européennes en même temps que les protecteurs de la chevalerie, montrant ainsi que cette âme chevaleresque résonne à jamais dans le cœur de l'Europe.

Le christianisme est intrinsèquement un combat contre l'oppression et contre l'injustice qui règne au dehors et au-dedans. Le christianisme est intrinsèquem ent un combat pour la Vie et pour l'Amour.

En ce XXIe siècle, il y a réellement la place pour une chevalerie spirituelle placée sous la protection de Saint Georges, de Sainte Jeanne d'Arc et de l'Archange Mikaël. Cette chevalerie peut œuvrer, selon l'idéal chevaleresque d'autrefois, c'est-à-dire pour la défense des opprimés d'où qu'ils soient. Et les injustices et les combats à mener dans le monde, les dragons à occire sont malheureusement nombreux !

Les trois fonctions du chevalier médiéval sont donc : la quête intérieure de Dieu, la défense de la veuve et de l'orphelin et la défense de l’Église. Ces trois fonctions ont elles encore un sens de nos jours ?

Plus que jamais, à condition de bien les comprendre.

a) La quête intérieure ou la quête du Graal

La quête intérieure est la première tâche du chevalier moderne. Il suit en cela l'un des premiers commandement que Dieu donna à Abraham : « Pars ! Va vers toi ! ». De la quête de Dieu en lui, le chevalier fera son assise. Avec l'épée de l'esprit et l'aide de Dieu, il affrontera les démons qui peuplent les différents niveau de sa conscience afin d'assainir son château intérieur et le parer des vertus de charité, de compassion, de force et de droiture.

Polissant son âme, affûtant son être, le chevalier apprend peu à peu à s'en remettre à la volonté de Dieu afin que les deux volontés ne fassent plus qu'une. Il trouve alors le Graal, c'est à dire le Christ qui vient vivre en lui et est en mesure d'agir pleinement sur le monde car il y fait, avec justesse et discernement, la volonté de Dieu sur Terre. Il devient alors le chevalier parfait, symbolisé par Galahad dans la légende arthurienne.

b) La défense de la veuve et de l'orphelin

S'il base sa vie sur la prière, la contemplation et la force que Dieu voudra lui donner, le chevalier est avant tout un être d'action. Être d'action mettant ses dons et ses compétences au service des autres, des plus faibles et de la justice.

Le vrai chevalier ne cède jamais aux préjugés et aux passions mais agit toujours avec équanimité et compassion. Ce qui ne l'empêche pas de mener d'épiques combats afin que règne la justice et que triomphe le Bien.

Et les champs de bataille ne manquent pas en ce début du IIIe millénaire : exclusion, anti-sémitisme, racisme, schisme entre les chrétiens, faim et pandémie dans le monde, persécution des chrétiens d'orient et d'ailleurs, destruction de l'environnement, mise en place d'une culture matérialiste basée sur l'égoïsme et la compétition outrée, montée en puissance des intégrismes et de certaines dictatures... autant de visages que prend l'ombre aujourd'hui et qu'il faut combattre.

A chacun de trouver ceux où Dieu l'appelle et à se joindre à l'armée des anges afin de repousser les légions de l'Ennemi.

c) La protection de l’Église

Cela a-t-il du sens de défendre l’Église en ce troisième millénaire ? Cette institution, sans doute la plus ancienne du monde, vaut-elle encore qu'on la défende après les abus dont elle fut l'instigatrice ?

Vivre une chevalerie au IIIe millénaire ne signifie pas défendre des valeurs ultra-conservatrices ou moralisatrices. Cela ne signifie pas non plus se faire le porte parole de la frange traditionaliste d'un clergé déconnecté de la réalité et de tout sentiment charitable. Non. Encore une fois, le chevalier se met au service des valeurs les plus saines et les plus saintes, parmi lesquelles se trouve la Liberté et une Compassion sans limite ancrée dans le monde.

Mais défendre l’Église ? Oui, certainement. Même contre elle-même quand elle s'éloigne trop de la Lumière de l'Esprit et de la Vie pour sombrer dans un formalisme figé.

Mais défendre l’Église ? Oui, certainement. Contre les divisions qui séparent le peuple de Dieu, contre l'esprit pharisien et patriarcal qui la minent de l'intérieur, contre l'obscurantisme et le passéisme dont elle fait parfois preuve.

Mais défendre l’Église ? Oui, en tant qu'assemblée de croyants chercheurs de Grâce, contre la laïcité ultra-militante, contre ses ennemis, contre les dérives d'une société désorientée et déracinée, contre le relativisme et le désenchantement.

Mais défendre l’Église ? Oui, en tant qu'épouse de Dieu, en tant que réceptacle de l'Esprit, en tant qu'institution théandrique menant l'humanité à son accomplissement.

Sans doute aucun la chevalerie est intemporelle et sans doute aucun une chevalerie inspirée est nécessaire en ce début de troisième millénaire.

 

Source : http://www.relianceuniverselle.com/

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Pour tous ceux qui vont quitter la GLNF

22 Avril 2012 Publié dans #Poèmes

- 1 -
Faut-il nous quitter sans espoir
Sans espoir de retour
Faut-il nous quitter sans espoir
De nous revoir un jour ?

Refrain
Ce n'est qu'un au revoir, mes frères,
Ce n'est qu'un au revoir
Oui nous nous reverrons, mes frères,
Ce n'est qu'un au revoir.

- 2 -
Formons de nos mains qui s'enlacent
Au déclin de ce jour
Formons de nos mains qui s'enlacent
Une chaîne d'amour.

- 3 - (Non chanté ici)
Unis par cette douce chaîne
Tous, en ce même lieu,
Unis par cette douce chaîne
Ne faisons point d'adieu.

- 4 -
Car Dieu qui nous voit tous ensemble
Et qui va nous bénir
Car Dieu qui nous voit tous ensemble
Saura nous réunir.

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Le testament de l'initié (Kipling)

21 Avril 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Poèmes

"Je ne suis qu'un homme parmi les hommes. Mais j'ai répondu sous le bandeau et gravi les trois marches. J'ai vu l'étoile flamboyante, j'ai fait le signe. Je suis devenu un maillon de la chaîne ! La chaîne est longue. Elle remonte jusqu'au siècle d'Hiram, et peut-être plus loin encore. On trouve notre signe sur les pierres dans les déserts de sable sous le ciel pur de l'Orient, dans ces plaines où s'élevaient des temples colossaux, poèmes purs de la puissance et de la gloire...

Je ne vis qu'un instant , mais je rejoins l'Eternel. A ma place, debout et à l'ordre, j'ai travaillé de mon mieux. Dans toutes les heures de la vie, mon coeur est resté fidèle. Je ne crains rien, pas même ce sommeil que l'on appelle la mort. J'aurai travaillé en dégrossissant la pierre, accompli ma tâche en bon ouvrier par l'équerre et le compas.

Quand je partirai mes frères, formez la chaîne. Rien ne sera perdu de ce qui fut donné. Je resterai toujours parmi vous car je vous laisserai le meilleur de moi-même, oh fils de la Lumière, mes frères ! "

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A tous les orphelins de la GLNF, mes Frères..

21 Avril 2012 , Rédigé par Hugues Aufray Publié dans #Chants

À tous ceux qui partent, tchin, tchin, tchin
À tous ceux qui restent, tchin, tchin, tchin
À tous ceux qui tombent, tchin, tchin, tchin
À tous ceux qui sombrent, tchin, tchin, tchin
Je lève mon verre, tchin, tchin, tchin
À vous tous mes frères, tchin, tchin, tchin
Je veux chanter pour vous, tchin, tchin, tchin
Et vous saluer debout, tchin, tchin, tchin.
Toi qui ce soir as perdu, tchin, tchin, tchin
Toi qui ce soir es battu, tchin, tchin, tchin
Je veux croire mon frère, en vidant ce verre
Je veux croire encore à ton espoir.
Toi qui n'as plus de maison, tchin, tchin, tchin
Toi qui n'as plus de raison, tchin, tchin, tchin
Je veux croire...
Toi qui pleures ta liberté, tchin, tchin, tchin
Toi qui encore es tombé, tchin, tchin, tchin
Je veux croire...
Toi qui es seul sans ami, tchin, tchin, tchin
Toi qui cherches dans la nuit, tchin, tchin, tchin
Je veux croire...
Au blé qui s'élève, tchin, tchin, tchin
La prison qui s'ouvre, tchin, tchin, tchin
À l'enfant qui pleure, tchin, tchin, tchin
À l'oiseau qui vole, tchin, tchin, tchin

Je lève mon verre...

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Les années décisives 1785 -1824

21 Avril 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #histoire de la FM

1785

  • Premier congrès maçonnique (Convent Philosophique) de Paris.

1786.

  • Le 22 mai se fonda en secret le Grand Orient National de Genève, remplacent la Grande Loge. Réinstallation d'une loge "Prudence" en date du 20 janvier, alors que la loge "la Prudence", existante semble t'il en 1750, passe (1786) au Grand Orient de France.

  • Adoption par le Grand Orient du Rite Français en sept degrés dont quatre Ordres : Elu, Ecossais, Chevalier d’Orient et Prince Rose-Croix

  • Le 14 janvier, fondation de la Grande Loge de la Caroline du Sud ; Le 16 décembre, de Géorgie ;

  • Patente délivrée par l’Ordre Royal d’Ecosse(Grand Chapitre d’Hérédom de Kilwinning, 25 degrés) au Chapitre de Rouen.

1787

  • Déçu par les expériences de JB Willermoz avec « l’Agent Inconnu » , St Martin regagne Paris et voyage à Londres et en Italie.

1788

  • Création du Rite de Venise

  • LC de St Martin se rend à Strasbourg et grâce à Salzmann découvre l’œuvre de J Boehme.

1789

  • Création par le Grand Orient de France de la Loge du Centre des Amis à Paris

  • Le 8 juillet, fondation de la Grande Loge du Connecticut ; - Le 18 juillet de New Hampshire (Etats-Unis).

1790

  • Démission de LC de St Martin de « l’Ordre Intérieur » et de toutes les listes maçonniques

1791

  • Le 25 juin, fondation de la Grande Loge de Rhode Island.

  • Les francs-maçons noirs américains se réunirent à Boston et constituèrent l'African Grand Lodge of North America. Prince Hall fut élu grand-maître à l'unanimité et le resta jusqu'à sa mort, en 1807. La Franc-Maçonnerie noire américaine est née (Elle porte le nom de Prince Hall). La ségrégation durera jusque dans les années 80 avec les Grandes loges des états du Nord.... Elle demeure à ce jour dans certaines Grandes Loges des états du Sud...

  • Le 5 décembre, quelques semaines après la première représentation de La Flûte Enchantée, Mozart meurt à 35 ans.

1792

  • « l’Homme de Désir » ,« Ecce Homo » et le « Nouvel Homme » de LC de St Martin

1793

  • 18 septembre : Le président George Washington pose la première pierre du Capitole en tenue maçonnique, entouré de très nombreux frères.

1794

  • 4 février (16 pluviôse an II) : Abolition de l'esclavage à l'initiative de l'Abbé Henri Grégoire (membre de la loge Les Neufs Soeurs). L'esclavage sera rétabli par Napoléon Bonaparte en 1802.

  • St Martin devient professeur de philosophie à l’Ecole Normale

  • Willermoz fuit Lyon, ne pouvant emporter qu’une partie de ses archives.

    Le 14 octobre, fondation de la Grande Loge de Vermont (Etats-Unis).

1796

  • Reprise solennelle des travaux du Grand Orient de France

  • Fermeture de l’Ecole Normale, St Martin retourne à Amboise

  • Willermoz épouse à soixante-six ans Jeannette Pascale âgée de vingt quatre ans.

  • Système de Fessler (Allemagne) en 9 grades

1798

  • Le 11 juin, fondation de la Grande Loge "Royal York à l'Amitié", à Berlin.

1799

  • Par le traité d'union du 23 mai, le Grand Orient reprend tous les pouvoirs de l'ancienne Grande Loge de France.

  • Fondation du Gr. Chapitre général des Etats-Unis de Royal Arch. Rite.

1800

  • Le 16 octobre, fondation de la Grande Loge de Kentucky (Etats-Unis).

  • Publication de « De l’Esprit des Choses » par LC de St Martin

1801

  • Le 31 mai, fondation à Charleston (USA) du premier Suprême Conseil du rite écossais ancien et accepté avec trente-trois degrés sous l'impulsion de John Mitchell et Frederic Dalcho.

  • Adoption par le Grand Orient du rite français moderne.

  • L'empereur François II prohibe la F.M. en Autriche.

  • Fondation du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des Etats-Unis.

1803

  • Décès de Louis-Claude de St Martin

  • Fondation du Grand Orient d'Italie.

1804

  • Trois loges La Prudence, La Fraternité et Le Soleil Levant quittent la Grande Loge Provinciale de Genève pour adhérer au Grand Orient de France.

  • Le 21 septembre, fondation à Paris par le comte de Grasse-Tilly, du Suprême conseil de France. C'est l'acte de naissance du Rite Ecossais Ancien & Accepté en France.

  • Le 22 septembre, création de la Grande Loge générale écossaise de France du rite ancien et accepté.

  • Rédaction du grade de Maître Ecossais de St André par JB Willermoz

  • Renaissance du Régime Ecossais Rectifié

1805

  • A Paris, Joseph Bonaparte Grand Maître du Grand Orient.

  • Apparition du Rite de Misraïm qui pénétrera en France en 1814

  • Fondation du Grand Orient de "Portugal" et d'un Suprême Conseil à Milan.

1806

  • Le 6 juin, fondation de la Grande Loge de Delaware (Etats-Unis).

1808

  • Le 7 janvier, fondation de la Grande Loge de l'Ohio (Etats-Unis).

1810

  • Le 11 décembre, fondation de la Loge du district de Colombie (Etats-Unis).

1811

  • Le 28 septembre, fondation de la Grande Loge de Saxe à Dresde et du Suprême Conseil d'Espagne.

1812

  • Le 21 janvier, fondation de la Grande Loge de Louisiane (Etats-Unis).

1813

  • Création de la Grande Loge Unie d'Angleterre par la fusion de la Grande Loge des Anciens et de la Grande Loge des Modernes.

  • Rite Emulation créé par Peter Gilkes

1824

  • Décès de Jean-Baptiste Willermoz

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