Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles récents

Franc-Maçons et Templiers

22 Avril 2012 , Rédigé par Sophie Coignard Publié dans #histoire de la FM

  


Et si les milices des croisades étaient les ancêtres des «fils de la lumière» ? La thèse agite -et divise - les historiens et nourrit les spéculations. Les rituels franc-maçons et les grades de leur haute hiérarchie empruntent en tout cas largement aux Templiers. Enquête sur les liens secrets entre ces deux ordres.

Templiers et francs-maçons.

Moines soldats d'hier et mystérieux initiés d'aujourd'hui. Dans ses recettes infaillibles pour fabriquer un best-seller mondial, Dan Brown a compris tout le parti qu'il pouvait tirer de ces deux confréries qui, depuis des siècles, font fantasmer le monde. Dans "Da Vinci Code", son héros, Robert Langdon, découvrait un secret bimillénaire transmis par les Templiers. Dans la suite, connue sous le titre de travail «Les clés de Salomon» et dont la sortie est prévue pour 2007, il s'intéresse aux francs-maçons.

Mais l'exercice peut se révéler périlleux. L'homme aux 40 millions d'exemplaires devra, le 27 février, déposer devant un tribunal londonien pour répondre de l'accusation de «vol de propriété intellectuelle» portée contre lui par deux auteurs de best-sellers, Michael Baigent et Richard Leigh. Ces deux historiens très critiqués par les puristes vendent comme des petits pains des livres sur la descendance inconnue du Christ - d'où le procès -, mais aussi sur les Templiers et les francs-maçons.

Le lien entre ces deux institutions fait depuis des années l'objet de passions et d'empoignades musclées. D'un côté, Michael Baigent et Richard Leigh, les deux accusateurs de Dan Brown, racontent en près de 400 pages (1) leur aventure à la recherche de tombes templières au bord des lochs écossais. Leur thèse peut se résumer simplement. Il existe en Écosse de nombreuses tombes de Templiers. Or, au XIV siècle, Robert Bruce, roi d'Écosse excommunié, en guerre perpétuelle avec Londres et Rome, avait toutes les raisons d'accueillir ces soldats aguerris et persécutés par Philippe le Bel et l'inquisition. Dans leur refuge, les Chevaliers du Temple auraient continué de transmettre rituels et traditions qui seront à l'origine de la création de la franc-maçonnerie.

Une thèse qui fait s'étouffer d'indignation les tenants d'une méthodologie rigoureuse dans la recherche historique. Rien, selon eux, ne relie les milices des croisades et les « fils de la lumière», sinon de nombreux emprunts symboliques, qui concernent l'ensemble de la panoplie chevaleresque, et pas seulement les Templiers. «Il n'y a aucun lien historiquement démontrable, aucun document scientifiquement pertinent qui atteste une filiation, assure Yves Hivert-Messeca, enseignant chercheur et spécialiste de l'histoire de la franc-maçonnerie. D'ailleurs, comment pourrait-il y en avoir? Les Templiers disparaissent plusieurs siècles avant que la franc-maçonnerie moderne n'apparaisse. Les références aux Templiers dans les rituels maçonniques surgissent au XVIe siècle, parce que, à cette époque, tout ce qui se rattache à la chevalerie permet de faire chic. Aujourd'hui, il reste l'héritage symbolique, qui est une manière de mettre en scène le rituel maçonnique. Mais ce qui est intéressant, c'est l'émotion que ces rituels procurent à ceux qui les pratiquent. Parler de filiation directe n'a pas de sens. C'est un peu comme si je décidais de vivre comme un sénateur romain et que j'en concluais que je fais effectivement partie de la lignée d'un sénateur romain. »

La cause semble entendue.

Les francs-maçons ne peuvent pas descendre des Templiers. Cela aurait été, jusqu'à peu, la seule conclusion à laquelle serait parvenu un esprit rationnel. Mais deux des historiens les plus pointus apportent des nuances au scepticisme ambiant. Pierre Mollier, responsable de la bibliothèque, des archives, du musée, des études et recherches au Grand Orient de France (GODE), a consacré un ouvrage documenté et érudit à la chevalerie maçonnique sous toutes ses formes (2). Pour lui, la thèse de Baigent est délirante. Elle relève de l'«histoire-fiction», comme il y a de la science-fiction. «il tombe dans le schéma classique du manque de rigueur historique en faisant le raisonnement suivant: dans telle ville d'Écosse, il y a des tombes ornées d'épées; ce sont des tombes templières; or, dans cette ville, il y a aussi une très vieille loge. C'est là que les descendants des Templiers se sont fondus avec les premiers francs-maçons. Ce n'est pas très sérieux. Pour ma part, je suis persuadé que les Templiers ont disparu corps et biens. D'abord, ils n'avaient plus de raison d'être. Beaucoup de ceux qui ont survécu aux persécutions se sont reconvertis dans d'autres ordres plus importants qui continuaient, eux, à avoir une légitimité comme l'ordre de Malte, qui avait son propre État, ou les Chevaliers de saint-Lazare, qui combattaient la lèpre. Ensuite, la dimension chevaleresque dans la maçonnerie remonte au temps des compagnons et ne concerne pas, tant s'en faut, les seuls Templiers. Les teinturiers de Bourges, par exemple, célébraient l'instant où un compagnon était fait chevalier. » Mais Pierre Mollier n'en conclut pas pour autant qu'il n'y a rien, aucun lien entre les uns et les autres: « Je ne crois pas aux théories de Baigent et Leigh qui ne reposent sur rien de concret. Ah !, je ne crois pas non plus à un placage de certains rituels juste pour faire joli. Le plus ancien document qui a été retrouvé sur ce sujet en France date de 1750. Appelé le ”rituel de Quimper" il a été découvert dans les archives diocésaines de cette ville. Il prouve la trace, dès cette date, d'un grade chevaleresque templier, celui de "chevalier élu" ou "chevalier Kadosh " dans une loge maçonnique. Et personne n'est capable d'expliquer comment cette référence est arrivée jusque-là. »


«PERSONNE NE CONNAÎT EXACTEMENT L'ORIGINE DE LA FRANC-MAÇONNERIE;
UN TEL VIDE HISTORIQUE OUVRE LA VOIE À TOUTES LES SPÉCULATIONS.
»


En Grande-Bretagne, patrie d'origine de la franc-maçonnerie, un homme travaille depuis dix ans sur cette question. Matthew Scanlan fut pendant six ans conservateur-adjoint à la Grande Loge unie d'Angleterre avant de suivre une carrière universitaire. «Le sujet est énorme, dit-il. Les différentes légendes templières liées à la maçonnerie émergent au milieu du XVII siècle, et pour les étudier toutes de près il faudrait comprendre le français, l'anglais, l'allemand, l'écriture gothique, le suédois, le russe, le flamand, l'italien, le latin, et j'en oublie certainement Ce qui rend l'exercice particulièrement compliqué, c'est que personne ne connaît exactement l'origine de la franc-maçonnerie, et qu'un tel vide historique ouvre la voie à toutes les spéculations. Très récemment, un de mes amis, le professeur Andrew Prescott, de l'université de Sheffield, a découvert ce terme, ou plus exactement celui de "free stone mason", dans des manuscrits datant de 1325-1326. Avant, on croyait que, la plus ancienne mention datait de 1376. C'est vous dire si les références évoluent Mais j'ai trouvé, et j'en réserve la primeur pour mon livre, un lien réel entre la franc-maçonnerie moderne et l'ordre du Temple tel qu'il existait au Moyen Age. Mais celui-ci n'a rien à voir avec les hypothèses qui ont été émises jusqu'alors. » On n'en saura pas plus.


Ce qu'on sait, en revanche, c'est que le rituel maçonnique est truffé de références templières. Les correspondances entre le Temple et la Loge ont aussi d'autres origines, qui ne prouvent nullement une filiation mais plutôt une communauté d'inspirations et de destins.

D'inspirations avec les références à Jérusalem, au Temple de Salomon, et bien sûr à l'Écosse, où les templiers auraient pu trouver refuge et où est née la franc-maçonnerie moderne.

Des destins avec les persécutions.


L'histoire de Jacques de Molay a été rendue célèbre par Maurice Druon et ses « Rois maudits». Plus le temps a passé, plus la chasse aux Templiers, dans les mémoires, a été perçue au fil du temps comme une injustice par l'opinion publique. Voltaire trouvait à critiquer le pouvoir absolutiste en lui reprochant d'avoir pourchassé ceux qui, pendant trois siècles, s'étaient battus pour la foi chrétienne, apostolique et romaine. «Au XVIIe siècle, la réputation sulfureuse de l'ordre du Temple n'effrayait plus personne, au contraire, elle était loin de déplaire, explique Pierre Mollier. La rigueur même du verdict romain était suspecte. Généralement considérés comme injustement persécutés, mais néanmoins entourés de mystères, présumés détenteurs de secrets ésotériques, les Templiers représentaient un sujet propre à attirer l'attention des curieux et même du public en général.


Les francs-maçons très mal vus par la monarchie.

Et des francs-maçons en particulier, qui sont alors très mal vus par la monarchie, toujours suspicieuse à l'égard de ce qu'elle ne peut contrôler. «Entre 1735 et 1745, le pouvoir royal essaie de tordre le cou à ce mouvement naissant, explique Yves Hivert-Messeca. Mais chaque descente de police dans une loge est l'occasion de constater que la moitié de la gentry locale est présente, ce qui est embarrassant. Ensuite, la situation se pacifiera, car les francs-maçons se mettront en permanence sous la protection des grands de ce pays, dont le premier est le comte de Clerm. Enfin, l'idéologie maçonnique s'est de tout temps intéressée aux hérésies, péché essentiel reproché aux Templiers par Rome et l'inquisition. Ces correspondances ont sûrement contribué à la propagation des références templières en maçonnerie. »

Celles-ci éclosent à partir de 1720 un peu partout en Europe, et cette ubiquité a de quoi intriguer. Le récit de leur apparition a certainement été enjolivé au fil du temps. En Allemagne, un certain baron von Hund assure avoir été initié en 1743 dans, un grade maçonnique élevé qui fait explicitement référence à l'ordre templier. Ses initiateurs? Deux personnages masqués qui lui ont promis de le recontacter. Des années plus tard, il attend toujours et finit par se lancer lui-même dans la restauration d'un rituel directement inspiré de l'ordre du Temple. C'est la Stricte Observance templière, qui a donné naissance, au convent de Wilhelmsbad en 1782, à un rite encore pratiqué en France mais de manière très minoritaire: le Rite écossais rectifié, qui ne compte même pas 10 % de pratiquants chez les frères de l'Hexagone. «Ce rite s'inspire de manière très stricte des cérémonies de chevalerie, explique Pierre Mollier. Il intéresse ceux qui sont très marqués par une matrice judéo-chrétienne. Pratiquer le Rite écossais rectifié sans se soucier des fondements judéo-chrétiens, ce serait un peu comme manger de la choucroute sans charcuterie. » C'est là la première filière de passage entre les rituels de l'ordre du Temple et la maçonnerie. À la même période, en France, André Michel de Ramsay, chevalier de saint Lazare, prononce pour ses amis francs-maçons un discours dans lequel il ne mentionne pas l'ordre du Temple de manière explicite, mais où il fait référence à un mystérieux ordre bâtisseur hérité des croisades et qui serait retourné en Europe. Certains de ses membres auraient voyagé jusqu'à Kilwinning, en Écosse.


Ce chevalier de Ramsay fait partie des jacobites, ainsi appelés parce qu'ils sont partisans de la famille Stuart en exil. Comme lui, la plupart des francs-maçons à Paris sont des Britanniques réfugiés en France après la chute, en 1688, de Jacques II d'Angleterre, converti au catholicisme et chassé au profit de sa fille Mary, épouse de Guillaume d'Orange. Ces jacobites ont une influence considérable sur la franc-maçonnerie naissante en France. Pour eux, les frères descendent directement des croisés. «Le mot de Templiers n 'est pas prononcé parce que, à cette époque, les Templiers font toujours l'objet d'une condamnation de la part de Rome et du roi. Mais ces références sont alors très bien portées pour trois raisons, remarque Yves Hivert-Messeca. De tout temps, on adore les innocents injustement condamnés. Or les Templiers sont considérés comme tels par ceux qui pensent un peu librement. C'est ensuite un moyen détourné de contester la monarchie absolue. Enfin, l'aspect ésotérique, l'idée que ces chevaliers disparus étaient détenteurs de secrets faisait déjà fantasmer. »

Source ; www.ledifice.net

L'ordre de chevalerie des croisades auquel Ramsay fait référence dans son discours resté célèbre dans la mémoire fraternelle va donner naissance à l'un des hauts grades de la maçonnerie, toujours en vigueur aujourd'hui: chevalier d'Orient.

Car, durant ce XVIIIe siècle, pour ne rien simplifier, les grades se multiplièrent presque aussi vite que les adeptes du Grand Architecte de l'Univers. Et c'est là, dans ces échelons élevés, que les références à la chevalerie, pas seulement templière, vont pulluler.
Dans la franc-maçonnerie dite «opérative », héritée du compagnonnage; il existe seulement deux grades: apprenti et compagnon. Vers les années 1720-1730 apparaît celui de maître. Aujourd'hui encore, celui-ci est associé à la mort d'Hiram, architecte du Temple de Salomon assassiné par trois mauvais compagnons. Cette légende d'Hiram est, en termes de patrimoine, une pièce centrale pour tout maçon qui se respecte. Mais sa belle carrière commence de façon presque fortuite. «La création du troisième grade, celui de maître, est due à une revendication sociale: maître, cela en impose plus que compagnon, raconte Yves Hivert-Messeca. Mais il faut bien lui trouver un thème, une légende, à ce grade. Alors, on pique un personnage dans la Bible, le seul livre qui à l'époque parle à tout le monde. Ce sera Hiram, bronzier dont on fait un architecte du Temple. Tout le grade de maître porte sur le thème de la mort d'Hiram. »

Une hiérarchie parallèle

L'inflation des titres commence à sévir, comme dans. toutes les organisations, avec l'invention des hauts grades. Aujourd'hui, il y en a 30 dans le Rite écossais ancien et accepté. le plus pratiqué en France. L'apparition des hauts grades et des légendes chevaleresques qui leur sont associées est un peu le fruit de la fracture sociale de l'époque. "Tandis que les aristocrates et les grands commerçants ne voyaient pas d'inconvénient, en Angleterre, à être associés dans les loges à des personnes de plus basse condition, il n'en a pas été de même sur le continent, explique Matthew Scanlan. Beaucoup de commentateurs considèrent que les hauts grades, qui englobent de nombreux thèmes chevaleresques et templiers, ont été créés comme des refuges pour les élites de l'époque qui n'avaient pas envie de côtoyer la plèbe."


À quoi tiennent les destins des grandes légendes et des fantasmes contemporains ! Les rites chevaleresques en général, et templiers en particulier, concernent donc assez peu le franc-maçon de base. Il concerne avant tout les hauts grades, dont trois sont ouvertement templiers: le chevalier d'Orient (15e degré), hérité du discours de Ramsay, le chevalier de saint-André, dit aussi «Grand Écossais de saint-André » (29e degré), le plus ancien puisqu'il date de 1742, et le chevalier Kadosh (30e degré), l'un des plus importants. Kadosh, en hébreu, signifie « saint». Appelé aussi « grand inquisiteur», le chevalier Kadosh est là pour venger l'assassinat d'Hiram, le bâtisseur du Temple trahi par ses mauvais compagnons. C'est la première interprétation. Il y en a une seconde, selon laquelle le nom d'Hiram cacherait en fait celui de Jacques de Molay, Grand Maître des Templiers qui périt sur le bûcher, et dont le meurtre ourdi par Philippe le Bel doit être traduit en justice. Toute cette symbolique demeure assez mystérieuse pour le profane, et même pour le franc-maçon moyen. Ainsi, un livre est consacré au chevalier Kadosh et à ses rituels, mais il n'est accessible qu'aux initiés, de grade égal ou supérieur au 30'degré.


LE RITE ÉCOSSAIS RECTIFIÉ, INSPIRÉ DES CÉRÉMONIES DE CHEVALERIE, EST LA PREMIÈRE. FILIÈRE DE PASSAGE ENTRE LES RITUELS DU TEMPLE ET LA MAÇONNERIE.


Comme au XVIIIe siècle, lors de leur invention, les hauts grades forment encore aujourd'hui l'aristocratie des obédiences. Ils constituent même une sorte de hiérarchie parallèle. Pour faire simple: tout comme Ariette Laguiller n'est pas la vraie patronne de lutte ouvrière, le Grand Maître que l'on voit à la télévision n'est que très exceptionnellement paré des attributs du chevalier Kadosh et de ses trois supérieurs. D'ailleurs, ce Grand Maître n'est élu que pour deux mandats par ses pairs, alors que les titulaires du 33e degré siègent à vie au sein du Suprême Conseil. À vie! C'est bien entendu ce gouvernement invisible au profane et inaccessible au franc-maçon de base qui détient le vrai pouvoir, celui que confère la longévité. À preuve: tout Grand Maître qui veut faire son chemin dans les ateliers supérieurs doit être chaperonné par un plus gradé que lui.

Ce qui anime ces frères très titrés est finalement assez proche des préceptes de la chevalerie à laquelle ils ont tant emprunté: se perfectionner soi-même pour améliorer la société. Mais leur rapport au rituel et aux influences templières reste assez difficile à comprendre pour un non-initié.
Est-ce en raison de ce grand secret mâtiné d'élitisme que l'association entre Templiers et francs-maçons crée un rapprochement détonnant et fantasmatique dans l'inconscient collectif ? Sans doute. Mais c'est sûrement aussi, comme le remarque un frère du 33e degré, le signe d'une société en quête de magie et de réenchantement. 

Lire la suite

Le Grand Architecte et le Big-Bang

22 Avril 2012 , Rédigé par Galahad Publié dans #spiritualité

L'Univers naquit en un instant dans un rayonnement primordial d'une violence et d'une chaleur inouïe. Une fraction de non temps auparavant (le temps naît à l'instant même du Big Bang) la réalité est tassée, compressée dans une poussière de 20 microgrammes perdue dans le néant. Qu'on prenne quelques instants pour prendre conscience de cela... Il y a le noir absolu, la ténèbre totale, le néant infini... et quelque part dans ces ténèbres... se trouve...20 microgrammes de lumière. Un flocon de lumière tellement petit que le microscope le plus puissant ne peut le pressentir. Or, dans cette étincelle de lumière se trouve condensé toute la réalité telle que nous la connaissons.

Qu'est-ce à dire ? Que dans ce point d'une taille ridicule, se trouve contenu toute la Terre avec ses lacs, ses rivières, ses océans, ses montagnes et toutes les créatures vivantes... Mais pas seulement... Dans cette peluche se trouve aussi notre soleil et toutes les planètes de notre systèmes solaires... Plus impressionnant encore, toujours dans ce même point incandescent se trouvent toutes les étoiles qu'on peut voir les soirs d'été, ainsi que les milliards de milliards d'autres qu'on ne peut voir en raison de leur éloignement. Enfin, et l'idée donne le vertige, en même temps que l'ensemble de cette Création matérielle, le temps prend aussi naissance à cet instant précis. Dans une explosion lumineuse d'une chaleur inconcevable, 100.000 milliards de milliards de milliards de degré pour être précis, la Création prend naissance : Fiat Lux ! Et la Lumière fut !

Aujourd'hui, l'on sait à quel point ce jaillissement, ce dégagement d'énergie ultime, loin d'être une réaction chimique et physique anarchique fut incroyablement réglé et précis. c'est ce que les scientifiques appellent le point d'équilibre ou le réglage fin. Dans cet ordre d'idée, il faut savoir que l'Univers repose sur un ensemble de lois mathématiques, de constantes, ce que signalons-le au passage, les mystiques grecs comme Pythagore avaient déjà intuitivement compris. Or ces constantes interagissent les unes sur les autres, chacune des mesures influençant toutes les autres. La moindre modification dans l'une de ces constantes et la Création n'existe tout simplement pas. A titre d'exemple si les atomes tiennent ensemble pour former des corps et des objets cohérents, c'est parce qu'il existe la « force nucléaire forte » qui agit comme une sorte de colle à l'intérieur des atomes. Sans elle, l'Univers serait une espace de soupe informe. Or non seulement, cette force existe mais si elle n'avait pas précisément la puissance qu'elle a, si elle était 1 ou 2 % plus forte, la fusion de l'hydrogène serait impossible rendant l'Univers inhabitable. De même si la force d'expansion de l'Univers avait été plus lent de 1 sur 1 milliard, le cosmos se serait effondré sur lui-même. Si elle avait été plus rapide dans les mêmes proportions, tout se serait désagrégé... (chiffres et exemples cités par les frères Bogdanov dans leur excellent ouvrage « Le Visage de Dieu »). On peut multiplier les exemples à l'envi. Plus on observe l'Univers, plus on se rend compte que s'étendant dans toutes les directions, il est fantastiquement ordonné, hiérarchisé et structuré.

Fantastique équilibre permettant à la Vie de s'exprimer ici, permettant aux étoiles de naître là-bas. Lois universelles et cosmiques réglant tout le réel, donnant 6 pointes aux flocons de neige, distribuant les pétales des fleurs selon une loi immuable et éternelle.

Avec comme point de départ, une Lumière née avant le commencement des temps : et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise. (Jn 1 ; 5)

Cette Lumière qui jaillit avec le commencement des temps est aussi l'organisatrice de cette Création, la source du réglage fin. Elle est le Logos, terme qu'on traduit par Verbe. Or qu'est ce qu'un verbe sinon celui qui organise la phrase ? Le verbe est son, fréquence, longueur d'onde et vibration, il est également information. Information ? Le mot est à la mode car on se rend compte que toute la base de l'Univers est information codée, depuis la chaîne d'ADN jusqu'à l'essence même de l'Univers (on parle d'ailleurs maintenant d'ADN de l'Univers pour décrire l'ensemble des lois immuables qui semblent inscrites dans la texture même de la réalité).

Le Verbe, Celui qui organise l'Univers : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement tourné vers Dieu. Tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui. (Jn 1 ; 1-3)

Comme dans une phrase prononcée de voix d'homme, le verbe organise le réel, il en est le centre et le pivot, il en est... l'Architecte.

Or ce Verbe, Grand Architecte de l'Univers, s'incarna dans un corps d'homme, dans ce temps et cette histoire qu'il a lui-même créé : il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l'a pas reconnu. (Jn 1 ; 10)

C'est avec ce Verbe structurant la Création que chaque chrétien travaille afin de se structurer lui même. Ouvrier œuvrant en bonne intelligence et en bonne synergie avec la volonté du Grand Architecte. Car chaque homme, créé à l'image de Dieu, est un petit univers et un logos unique : ce qui est en haut est comme ce qui est en bas dit la Table d’Émeraude.

Microcosme dans le macrocosme, la Chute nous a déboussolé et aveuglé. Il nous faut donc remettre de l'ordre en nous, nous rectifier, assurer notre propre « réglage fin », trouvant notre propre « point d'équilibre », afin de prendre part à la construction de cette belle et bonne Création en développement permanent.

Chaque chrétien est un ouvrier du GADLU en même temps que l'un de ses matériaux privilégié, pierre brute à tailler afin de parfaire la Création.

Chaque homme est un Univers qui attend un nouveau Big Bang, celui de l'âme et de la conscience qui va lui permettre de s'étendre vers l'Infini afin de retrouver sa nature essentielle.

Source : http://www.relianceuniverselle.com 

Lire la suite

Une Chevalerie au XXIème siècle ?

22 Avril 2012 , Rédigé par Galahad Publié dans #Chevalerie

Je suis un incorrigible romantique et l'image, l'archétype du chevalier reste pour moi l'une des accomplissements majeurs de la pensée chrétienne.

De plus en plus de personnes dans le monde chrétien semblent s'intéresser à nouveau à l'esprit chevaleresque. Qu'on se passionne pour la littérature de chevalerie, qu'on étudie les ordres disparus comme les templiers, qu'on fasse de la reconstitution médiévale ou qu'on s'implique dans les activités d'ordres vénérables subsistant depuis le Moyen Age comme l'Ordre de Malte et l'Ordre du Saint Sépulcre, la chevalerie semble fleurir de toute part dans notre monde moderne.

Certes, on pourra dire que le chevalier historique fut la plupart du temps un soudard, un pillard ou le bras armé d'une institution ecclésiale plus soucieuse de protéger ses avoirs que de guider les âmes vers le Royaume. Déjà le grand théoricien de la chevalerie Raymond Lulle se plaint au XIIIe siècle des mœurs des chevaliers de son temps qui sont, dit-il, « injuste, belliqueux, aimant le mal et les troubles. ». Certes. Néanmoins, l'image et l'idéal demeure.

Et plus que jamais, le monde a besoin de personnes puisant leur force à la Source Suprême de l'Esprit Saint afin de se dresser contre les démons du monde et défendre la veuve et l'orphelin. Plus que jamais la Lumière a besoin de champions.

Dans ce monde désenchanté, on voit que la figure du chevalier connait d'ailleurs un succès croissant dans l'imaginaire et l'inconscient populaire. Il suffit de voir le succès mérité du Seigneur des Anneaux, des Chroniques de Narnia, du Trône de Fer et autres romans de fantasy qui exaltent la figure du défenseur des faibles au nom des principes les plus haut. Dans un autre style, les héros de comics américains tiennent beaucoup de cet esprit chevaleresque. Le succès de ces romans, parfois dignes successeurs des romans arthuriens, montre le désir d'une large frange de la population de retrouver les repères archétypaux sans lesquels nous ne sommes que des plumes ballotées par le vent du relativisme.

Mais y a-t-il une place dans notre monde pour une vraie et active chevalerie ? Loin d'être anecdotique, loin d'être enfantin, le chevalier est l'une des expressions majeures de la Lumière chrétienne. Il fut un temps où l'Eglise considérait l'adoubement comme le huitième sacrement.

Au départ corps d'élite des armées séculières, le chevalier va être sanctifié par l'Eglise. De soudard, le chevalier va se convertir et devenir le défenseur de la foi et de la Vérité, de la Justice et du Bien.

Soldat au service du Christ, le chevalier possède la foi et le courage pour s'ériger contre toutes les injustices, pour se mettre au service des autres, pour combattre pour le Bien et non pour des privilèges, prêt à miser sa réputation ou à donner sa vie s'il le faut.

Pour Chrétien de Troye, la chevalerie est un Haut et Saint Ordre créé par Dieu au même titre que l'Ordre des Prêtres. Car n'oublions pas que tout homme est par son baptême roi, prêtre et prophète. La chevalerie ressort donc de la fonction royale inhérenteà la nature humaine. Dans le roman « Lancelot du Lac » (1230), on voit d'ailleurs la Dame du Lac enseigner à Lancelot qu'il n'y a dans la chevalerie aucune distinction de rang ni de noblesse mais une élection de ceux qui ont la force du Saint Esprit afin qu'ils utilisent cette force intérieure pour défendre les faibles, le Bien et la Vérité.

Au Moyen Age, la chevalerie est souvent ressentie par ceux qui l'idéalise, non comme un privilège mais comme un fardeau. Le chevalier aspire souvent à mener une vie « normale », à être débarrassé du poids de la quête. La part de lui-même non encore convertie geint sous l’exigence vertueuse que demande la vocation : « le chevalier devra être courtois sans vilenie, débonnaire sans méchanceté, compatissant aux malheureux, large et prêt à secourir les indigents, disponible et prêt à confondre les voleurs et les assassins, juge équitable sans haine ni amour. »

Équanimité, courage, savoir vivre, foi, tension vers Dieu et action dans le monde, le chevalier agit en ce monde non en son nom propre mais pour la gloire du nom divin. Ceci demande une force de caractère de la part du chevalier qui doit sans cesse se remettre en question, faire preuve d'un grand discernement et sans cesse cultiver en lui les vertus divines.

En réalité, le chevalier est le défenseur de la Vie, de la Lumière et de l'Amour du Christ dans le monde contre les forces de haine et d'enténèbrement. L'Ennemi contre lequel il lutte est celui du genre humain et les légions qu'il affronte portent les noms d'égoïsme, d'injustice, de haine, de cupidité, d'obscurantisme, de coercition et de mensonge. Loin de n'être qu'un ordre institué, la chevalerie est un état d'être, une disposition de l'âme de ceux qui ne craignent pas de s'exposer pour la défense de Celui qui est Vie.

Avec l'apparition des armes à feu et la sécularisation de la société, l'esprit chevaleresque fut relégué à un titre vide de sens.

Aujourd'hui, la chevalerie peut-être le fait d'hommes et de femmes ayant à cœur de s'engager pour la Vérité et de vivre les paroles de Saint Paul :

« Revêtez l'armure de Dieu pour être en état de tenir face aux manœuvres du diable. Ce n'est pas à l'homme que nous sommes affrontés, mais aux Autorités, aux Pouvoirs, aux Dominateurs de ce monde de ténèbres, aux esprits du mal qui sont dans les cieux. Saisissez donc l'armure de Dieu, afin qu'au jour mauvais, vous puissiez résister et demeurer debout, ayant tout mis en œuvre. Debout donc ! A la taille, la vérité pour ceinturon, avec la justice pour cuirasse et, comme chaussures aux pieds, l'élan pour annoncer l'Evangile de la paix. Prenez surtout le bouclier de la foi, il vous permettra d'éteindre tous les projectiles enflammés du Malin. Recevez enfin le casque du salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu. » (Ep 6:10-18)

Mais ces paroles de Saint Paul ne s'adressait pas aux chevaliers qui n'existaient pas à son époque. Ces paroles s'adressaient à tous les chrétiens, invités au combat intérieur contre l'Ennemi qui tente à chaque instant de faire obstacle à la déification de l'être c'est à dire à empêcher l'avènement de la véritable humanité. Car tout l'enjeu est là, le dépassement de la vie instinctive, égoïste et individuelle pour atteindre la vie personnelle, sainte et ecclésiale. Et à cela, tous les chrétiens sont appelés. Tous les chrétiens sont amenés à repousser Satan, à transcender la vie affectivo-instinctive et à se laisser engendrer d'En Haut.

Et si la victoire est déjà acquise par la mort et la résurrection du Christ, cela n'empêche l'Adversaire de déployer tous ses moyens pour retarder l'accomplissement. Aussi, tout chrétien est-il un soldat, un chevalier de Lumière repoussant les forces du mal.

Dans le baptême orthodoxes, trois exorcismes s'adressent à Satan directement : « Va-t-en, retire-toi du soldat nouvellement choisi, enrôlé par le Christ notre Dieu... esprit impur et pervers, néfaste et répugnant ». Et le célébrant de demander instamment au Seigneur Sabaoth, au Dieu d'Israël : « Menace les esprits impurs et chasse-les, purifie l'ouvrage de tes mains [c'est-à-dire le catéchumène] et, dans l'efficacité de ton pouvoir, hâte-toi d'écraser Satan sous ses pieds »... Puis, demandant au catéchumène de se tourner vers l'occident, vers le lieu où le soleil est sensé se coucher et qui nous parle donc symboliquement de ténèbres, le célébrant invite le catéchumène à « renoncer à Satan, à toutes ses œuvres, à tous ses anges, à tout son culte et à toutes ses pompes ».

Le rituel d'adoubement du chevalier médiéval était un rappel du baptême. Ainsi le décrit l'Ordene de chevalerie, poème en langue d'oïl rédigé au milieu du XIIIe siècle et cité par Jean Flori dans son admirable livre « Chevaliers et chevaleries au Moyen Age » :

« Le bain, comme le baptême d'un enfant, rappelle au chevalier qu'il doit sortir de l'eau purifié et se garder de toute vilenie ; on le couche en un lit, symbole de sa place au paradis, on le vêt de fin lin blanc, symbole de la pureté qu'il doit préserver, puis d'une robe vermeille, signe de son sang qu'il doit être prêt à répandre pour Dieu et pour défendre Sa loi ; ses chausses noires évoquent la terre dont il vient et où il retournera, le gardant ainsi de l'orgueil ; sa ceinture blanche devra le préserver de la luxure. Ses éperons, le rendre ardent au service de Dieu ; l'épée à deux tranchants signifie droiture et loyauté car il doit protéger le pauvre et soutenir le faible, afin que les riches ne puisse le honnir. »

Le chevalier est donc un chrétien qui tente de raviver perpétuellement la flamme de son baptême, qui vit dans le monde, cultive la vertu et met sa force au service de Dieu et du Bien, donc du pauvre, des opprimés et de l'Eglise. On peut se poser la question, la chevalerie est-elle chrétienne ou le chrétien est-il un chevalier en puissance ?

Les devoirs du chevalier sont ceux de tout le peuple chrétien mais sans doute les accomplit-il de manière plus consciente, plus systématique et plus professionnelle.

Le chevalier médiéval exerce trois fonctions : la recherche de la sainteté par la pratique de la prière et de la vertu, la défense des opprimés et la protection de l'Eglise.

Comme le souligne Jean de Salisbury au XIIe siècle : « La fonction de la chevalerie régulière consiste à protéger l'Eglise, combattre la perfidie, révérer le sacerdoce, garantir les faibles des injustices, faire régner la paix dans le pays et comme l'enseigne l'origine du serment, de verser son sang pour ses frères et si besoin est donner sa vie pour eux. »

La première fonction est la recherche consciente d'une vie de sainteté. Cette recherche est propre à tous les chrétiens, non par le respect de la loi ou de règles extérieures mais par la rectification de leur moi intérieur qui se débarrasse du vieil homme afin de devenir réceptacle du Christ. Le chrétien accepte la transformation que Dieu lui propose, il accepte de se faire aimer par son Créateur. Cette transmutation est le socle, la force sur lequel le chevalier va construire son action. Car le chevalier est avant tout un être d'action.

On peut imaginer que le chevalier moderne est celui qui, ayant remis sa vie dans les mains de Celui qui est Lumière, soit un exemple de probité, de dévouement, de loyauté, de droiture et de courage. N'ayant jamais peur de s'exposer et de s'ériger contre la perfidie et l'injustice, le chevalier du XXI e siècle agit où il se trouve, où Dieu l'a placé. Il n'est pas un super chrétien mais un chrétien qui vit sa foi. Le chevalier défend également l’Église qui est le corps du Christ sur Terre et par conséquent l'Unité des Chrétiens qui elle seule pourra manifester la bonne santé de ce corps.

Pour ce faire, il reçoit son épée sainte, bénie sur l'autel le jour de son adoubement :

« Reçois, avec la bénédiction de Dieu, ce glaive qui t'est conféré pour la punition des malfaiteurs et la louange des bons. Que par ce glaive tu sois capable, par la puissance du Saint-Esprit, de résister et de t'opposer à tous tes ennemis et à tous les adversaires de la Sainte Eglise de Dieu, de préserver le royaume qui t'est confié et de protéger le camp de Dieu »(Prière germanique, IXe siècle)

Ou

« Que, par cette épée, tu manifestes la puissance de la justice, détruises avec force celle de l'iniquité, combattes pour protéger la Sainte Eglise de Dieu et ses fidèles, que tu défendes et aides avec bienveillance les veuves et les orphelins. »(Ordo de Stavelot, 936)

Quel beau symbole que la remise de cette épée et de cet étendard bénis sur l'autel de l’Église. Comme si l'officiant remettait au combattant un rayon de soleil propre à faire reculer les ténèbres environnantes.

On peut alors se poser les deux questions suivantes : qu'est ce que l'épée du chevalier au XXIe siècle ? Les trois fonctions précitées ont-elles encore un rôle aujourd'hui ?

La vie chrétienne est une vie d'évolution spirituelle mais aussi d'action. Si tout nous est donné à notre baptême, il nous faudra toute une vie pour en réaliser l'extraordinaire potentiel d'accomplissement.

Peu à peu, porté par la Parole et le travail spirituel, le regard que le chrétien porte sur le monde change, il se fait plus perçant, plus aigu jusqu’à ce qu’il se fasse adombrer par l’Esprit. Cette adombrement est aussi un adoubement car l’intellect de celui qui a été touché par l’Esprit est pareil à une épée. Prompt à discerner, rempli d'une force qui n'est pas de ce monde, il tranche les illusions et les faux semblants, il sait séparer l’erreur de la vérité, il peut combattre l’ennemi, c'est-à-dire l’ombre en lui même qui n’est ombre que parce qu’elle s’est éloignée de la Lumière. Celui qui a reçu l’épée du Seigneur peut construire le Temple du Christ en étant vigilant et en se gardant des ignorants et de la barbarie toujours prête à submerger le monde.

L’épée est une arme car celui qui marche sur le sentier doit toujours être vigilant afin de repousser les forces du mal extérieures (barbarie, tyrannie, injustice, fanatisme) mais aussi l’ennemi intérieur (vices, pulsion de mort, pulsion d’échec,…). Comme il est dit dans le Livre de Néhémie :

« Ceux qui bâtissaient la muraille et ceux qui portaient et chargeaient les fardeaux travaillaient d'une main et de l'autre tenaient une arme. Quant à ceux qui bâtissaient, chacun bâtissait, une épée attachée à ses reins. » (Ne 4 ; 11-12)

On bâtit le Temple, la truelle dans une main, l’épée dans l’autre.

L’épée est le symbole de l’action, de la protection des plus faibles par les plus forts et de la justice. L’épée est comme la torche, portée haut, elle reflète les rayons du soleil et fait reculer les ténèbres qui ne peuvent résister. L’épée est l’arme du combat intérieur, celle qui sert à terrasser nos démons, à faire rendre gorge à nos peurs, à nos préjugés, à nos aveuglements.

La quête de Dieu est le but de toute vie sur Terre. Quête de la connaissance qui libère, elle se conquiert avec le cœur autant qu’avec la clarté d’esprit. Quête de la transformation et de la transmutation, elle élève l’individu autant qu’elle le relie à ses semblables. Quête de la victoire de la Lumière, elle demande la force intérieure : force d’être heureux, force de s’émerveiller, force de donner, force de servir son prochain, force de se dépasser, force de faire éclore les graines plantées en nous et surtout force de repousser les attaques de l’entropie, de la facilité et de la stagnation.

La quête spirituelle demande d’être bien armé. Hommes de Bonne Volonté, adoubés par le Christ et ouvert à la Grâce, il appartient aux chevaliers de cœur et d'esprit de porter les armes de la Vie et de se battre pour le Royaume des Cieux, c’est-à-dire pour la transformation de la mort en Vie et la sublimation du monde qui nous a été confié.

Dès l’âge du bronze, chez les peuples celtiques et germaniques, les épées portent un nom, acquièrent une identité. Qu’on se souvienne de Joyeuse portée par Charlemagne, de Durandal maniée par Roland de Roncevaux ou de la célèbre Excalibur qui, plus encore que le Roi Arthur qui la tenait, fut la véritable source de l’unification de l’Angleterre. Par analogie, on se rend compte que celui qui a trempé et forgé son esprit pour en faire une lame pareille à celles précitées, a également acquis une identité. Et contrairement à ce que le laisserait croire notre époque gangrenée par un cynisme à tout crin, être un esprit fort individuel et individué est le contraire du rejet de toute morale et de toute spiritualité

Être un esprit fort, c’est précisément devenir un homme spirituel, trouvant sa voie personnelle entre le grand fatras du n’importe quoi new-age et le néant de l'athéisme. Être un esprit fort, c’est explorer les mondes spirituels et leurs infinies possibilités, c’est partir du monde matériel et ouvrir sa conscience de plus en plus grand, vers les terres de la créativité, de l’action charitable ou vers les terres conceptuelles et mystiques.

Être un esprit fort, c’est gonfler ses voiles du souffle de l'Esprit, de la poésie, du conte et des légendes.

Être un esprit fort, c’est cultiver les vertus cardinales (prudence, tempérance, force et justice) et théologales (foi, espérance, charité).

Désuètes les vertus ? De ces sept vertus découlent toutes les autres : droiture, loyauté, compassion, tendresse, humilité, discernement, noblesse de coeur… Désuètes les vertus ? Comment croire que les vertus ne sont pas nécessaires dans ce monde prompt à sombrer dans la barbarie, la superficialité, la vénalité et le mal. Mais le monde est ce qu’on en fait, la vie est ce qu’on en fait et celui dont le regard se porte vers les étoiles, ne peut que se vêtir des vertus.

Être un esprit fort, c’est savoir qu’on ne va pas loin sans Dieu car si nous sommes appelé vers l’Infini, que sommes-nous par rapport à l’Infini ?

Non, avoir son esprit affûté comme une épée n’est pas développer une sorte de cynisme corrodant la beauté et les émotions élevées, reliquats de la pureté originelle.

Avoir son esprit affûté comme une épée, c’est porter l’épée du chevalier à l’intérieur de soi, c’est intérioriser les vertus cardinales et théologales seules capables de nous individualiser en tant qu’homme.

En recevant son épée, le chevalier ose désormais faire le pas pour franchir l’abîme, il ose faire le pas vers la theosis, la déification du Moi, la transfiguration qui le changera à tout jamais tant physiquement qu’animiquement.

En recevant son épée, le chevalier reçoit l'arme du Verbe qu'il mettra au service de la veuve et de l'orphelin, de la Vérité et de la Lumière.

L'idéal chevaleresque fut bien souvent un « idéal », utopie du Graal à atteindre mais inaccessible à la plupart.

Et cet idéal chevaleresque est sans doute le plus intéressant parce qu'il est idéal précisément. Le pur Galahad, le preux Perceval, le vertueux Gauvain, autant de figures légendaires mais ô combien inspirantes pour les chrétiens d'hier et d'aujourd'hui. Plus réels, Saint Georges, Saint Michel et Sainte Jeanne d'Arc sont les protecteurs et les défenseurs de nombreuses nations européennes en même temps que les protecteurs de la chevalerie, montrant ainsi que cette âme chevaleresque résonne à jamais dans le cœur de l'Europe.

Le christianisme est intrinsèquement un combat contre l'oppression et contre l'injustice qui règne au dehors et au-dedans. Le christianisme est intrinsèquem ent un combat pour la Vie et pour l'Amour.

En ce XXIe siècle, il y a réellement la place pour une chevalerie spirituelle placée sous la protection de Saint Georges, de Sainte Jeanne d'Arc et de l'Archange Mikaël. Cette chevalerie peut œuvrer, selon l'idéal chevaleresque d'autrefois, c'est-à-dire pour la défense des opprimés d'où qu'ils soient. Et les injustices et les combats à mener dans le monde, les dragons à occire sont malheureusement nombreux !

Les trois fonctions du chevalier médiéval sont donc : la quête intérieure de Dieu, la défense de la veuve et de l'orphelin et la défense de l’Église. Ces trois fonctions ont elles encore un sens de nos jours ?

Plus que jamais, à condition de bien les comprendre.

a) La quête intérieure ou la quête du Graal

La quête intérieure est la première tâche du chevalier moderne. Il suit en cela l'un des premiers commandement que Dieu donna à Abraham : « Pars ! Va vers toi ! ». De la quête de Dieu en lui, le chevalier fera son assise. Avec l'épée de l'esprit et l'aide de Dieu, il affrontera les démons qui peuplent les différents niveau de sa conscience afin d'assainir son château intérieur et le parer des vertus de charité, de compassion, de force et de droiture.

Polissant son âme, affûtant son être, le chevalier apprend peu à peu à s'en remettre à la volonté de Dieu afin que les deux volontés ne fassent plus qu'une. Il trouve alors le Graal, c'est à dire le Christ qui vient vivre en lui et est en mesure d'agir pleinement sur le monde car il y fait, avec justesse et discernement, la volonté de Dieu sur Terre. Il devient alors le chevalier parfait, symbolisé par Galahad dans la légende arthurienne.

b) La défense de la veuve et de l'orphelin

S'il base sa vie sur la prière, la contemplation et la force que Dieu voudra lui donner, le chevalier est avant tout un être d'action. Être d'action mettant ses dons et ses compétences au service des autres, des plus faibles et de la justice.

Le vrai chevalier ne cède jamais aux préjugés et aux passions mais agit toujours avec équanimité et compassion. Ce qui ne l'empêche pas de mener d'épiques combats afin que règne la justice et que triomphe le Bien.

Et les champs de bataille ne manquent pas en ce début du IIIe millénaire : exclusion, anti-sémitisme, racisme, schisme entre les chrétiens, faim et pandémie dans le monde, persécution des chrétiens d'orient et d'ailleurs, destruction de l'environnement, mise en place d'une culture matérialiste basée sur l'égoïsme et la compétition outrée, montée en puissance des intégrismes et de certaines dictatures... autant de visages que prend l'ombre aujourd'hui et qu'il faut combattre.

A chacun de trouver ceux où Dieu l'appelle et à se joindre à l'armée des anges afin de repousser les légions de l'Ennemi.

c) La protection de l’Église

Cela a-t-il du sens de défendre l’Église en ce troisième millénaire ? Cette institution, sans doute la plus ancienne du monde, vaut-elle encore qu'on la défende après les abus dont elle fut l'instigatrice ?

Vivre une chevalerie au IIIe millénaire ne signifie pas défendre des valeurs ultra-conservatrices ou moralisatrices. Cela ne signifie pas non plus se faire le porte parole de la frange traditionaliste d'un clergé déconnecté de la réalité et de tout sentiment charitable. Non. Encore une fois, le chevalier se met au service des valeurs les plus saines et les plus saintes, parmi lesquelles se trouve la Liberté et une Compassion sans limite ancrée dans le monde.

Mais défendre l’Église ? Oui, certainement. Même contre elle-même quand elle s'éloigne trop de la Lumière de l'Esprit et de la Vie pour sombrer dans un formalisme figé.

Mais défendre l’Église ? Oui, certainement. Contre les divisions qui séparent le peuple de Dieu, contre l'esprit pharisien et patriarcal qui la minent de l'intérieur, contre l'obscurantisme et le passéisme dont elle fait parfois preuve.

Mais défendre l’Église ? Oui, en tant qu'assemblée de croyants chercheurs de Grâce, contre la laïcité ultra-militante, contre ses ennemis, contre les dérives d'une société désorientée et déracinée, contre le relativisme et le désenchantement.

Mais défendre l’Église ? Oui, en tant qu'épouse de Dieu, en tant que réceptacle de l'Esprit, en tant qu'institution théandrique menant l'humanité à son accomplissement.

Sans doute aucun la chevalerie est intemporelle et sans doute aucun une chevalerie inspirée est nécessaire en ce début de troisième millénaire.

 

Source : http://www.relianceuniverselle.com/

Lire la suite

Pour tous ceux qui vont quitter la GLNF

22 Avril 2012 Publié dans #Poèmes

- 1 -
Faut-il nous quitter sans espoir
Sans espoir de retour
Faut-il nous quitter sans espoir
De nous revoir un jour ?

Refrain
Ce n'est qu'un au revoir, mes frères,
Ce n'est qu'un au revoir
Oui nous nous reverrons, mes frères,
Ce n'est qu'un au revoir.

- 2 -
Formons de nos mains qui s'enlacent
Au déclin de ce jour
Formons de nos mains qui s'enlacent
Une chaîne d'amour.

- 3 - (Non chanté ici)
Unis par cette douce chaîne
Tous, en ce même lieu,
Unis par cette douce chaîne
Ne faisons point d'adieu.

- 4 -
Car Dieu qui nous voit tous ensemble
Et qui va nous bénir
Car Dieu qui nous voit tous ensemble
Saura nous réunir.

Lire la suite

Le testament de l'initié (Kipling)

21 Avril 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Poèmes

"Je ne suis qu'un homme parmi les hommes. Mais j'ai répondu sous le bandeau et gravi les trois marches. J'ai vu l'étoile flamboyante, j'ai fait le signe. Je suis devenu un maillon de la chaîne ! La chaîne est longue. Elle remonte jusqu'au siècle d'Hiram, et peut-être plus loin encore. On trouve notre signe sur les pierres dans les déserts de sable sous le ciel pur de l'Orient, dans ces plaines où s'élevaient des temples colossaux, poèmes purs de la puissance et de la gloire...

Je ne vis qu'un instant , mais je rejoins l'Eternel. A ma place, debout et à l'ordre, j'ai travaillé de mon mieux. Dans toutes les heures de la vie, mon coeur est resté fidèle. Je ne crains rien, pas même ce sommeil que l'on appelle la mort. J'aurai travaillé en dégrossissant la pierre, accompli ma tâche en bon ouvrier par l'équerre et le compas.

Quand je partirai mes frères, formez la chaîne. Rien ne sera perdu de ce qui fut donné. Je resterai toujours parmi vous car je vous laisserai le meilleur de moi-même, oh fils de la Lumière, mes frères ! "

Lire la suite

A tous les orphelins de la GLNF, mes Frères..

21 Avril 2012 , Rédigé par Hugues Aufray Publié dans #Chants

À tous ceux qui partent, tchin, tchin, tchin
À tous ceux qui restent, tchin, tchin, tchin
À tous ceux qui tombent, tchin, tchin, tchin
À tous ceux qui sombrent, tchin, tchin, tchin
Je lève mon verre, tchin, tchin, tchin
À vous tous mes frères, tchin, tchin, tchin
Je veux chanter pour vous, tchin, tchin, tchin
Et vous saluer debout, tchin, tchin, tchin.
Toi qui ce soir as perdu, tchin, tchin, tchin
Toi qui ce soir es battu, tchin, tchin, tchin
Je veux croire mon frère, en vidant ce verre
Je veux croire encore à ton espoir.
Toi qui n'as plus de maison, tchin, tchin, tchin
Toi qui n'as plus de raison, tchin, tchin, tchin
Je veux croire...
Toi qui pleures ta liberté, tchin, tchin, tchin
Toi qui encore es tombé, tchin, tchin, tchin
Je veux croire...
Toi qui es seul sans ami, tchin, tchin, tchin
Toi qui cherches dans la nuit, tchin, tchin, tchin
Je veux croire...
Au blé qui s'élève, tchin, tchin, tchin
La prison qui s'ouvre, tchin, tchin, tchin
À l'enfant qui pleure, tchin, tchin, tchin
À l'oiseau qui vole, tchin, tchin, tchin

Je lève mon verre...

Lire la suite

Les années décisives 1785 -1824

21 Avril 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #histoire de la FM

1785

  • Premier congrès maçonnique (Convent Philosophique) de Paris.

1786.

  • Le 22 mai se fonda en secret le Grand Orient National de Genève, remplacent la Grande Loge. Réinstallation d'une loge "Prudence" en date du 20 janvier, alors que la loge "la Prudence", existante semble t'il en 1750, passe (1786) au Grand Orient de France.

  • Adoption par le Grand Orient du Rite Français en sept degrés dont quatre Ordres : Elu, Ecossais, Chevalier d’Orient et Prince Rose-Croix

  • Le 14 janvier, fondation de la Grande Loge de la Caroline du Sud ; Le 16 décembre, de Géorgie ;

  • Patente délivrée par l’Ordre Royal d’Ecosse(Grand Chapitre d’Hérédom de Kilwinning, 25 degrés) au Chapitre de Rouen.

1787

  • Déçu par les expériences de JB Willermoz avec « l’Agent Inconnu » , St Martin regagne Paris et voyage à Londres et en Italie.

1788

  • Création du Rite de Venise

  • LC de St Martin se rend à Strasbourg et grâce à Salzmann découvre l’œuvre de J Boehme.

1789

  • Création par le Grand Orient de France de la Loge du Centre des Amis à Paris

  • Le 8 juillet, fondation de la Grande Loge du Connecticut ; - Le 18 juillet de New Hampshire (Etats-Unis).

1790

  • Démission de LC de St Martin de « l’Ordre Intérieur » et de toutes les listes maçonniques

1791

  • Le 25 juin, fondation de la Grande Loge de Rhode Island.

  • Les francs-maçons noirs américains se réunirent à Boston et constituèrent l'African Grand Lodge of North America. Prince Hall fut élu grand-maître à l'unanimité et le resta jusqu'à sa mort, en 1807. La Franc-Maçonnerie noire américaine est née (Elle porte le nom de Prince Hall). La ségrégation durera jusque dans les années 80 avec les Grandes loges des états du Nord.... Elle demeure à ce jour dans certaines Grandes Loges des états du Sud...

  • Le 5 décembre, quelques semaines après la première représentation de La Flûte Enchantée, Mozart meurt à 35 ans.

1792

  • « l’Homme de Désir » ,« Ecce Homo » et le « Nouvel Homme » de LC de St Martin

1793

  • 18 septembre : Le président George Washington pose la première pierre du Capitole en tenue maçonnique, entouré de très nombreux frères.

1794

  • 4 février (16 pluviôse an II) : Abolition de l'esclavage à l'initiative de l'Abbé Henri Grégoire (membre de la loge Les Neufs Soeurs). L'esclavage sera rétabli par Napoléon Bonaparte en 1802.

  • St Martin devient professeur de philosophie à l’Ecole Normale

  • Willermoz fuit Lyon, ne pouvant emporter qu’une partie de ses archives.

    Le 14 octobre, fondation de la Grande Loge de Vermont (Etats-Unis).

1796

  • Reprise solennelle des travaux du Grand Orient de France

  • Fermeture de l’Ecole Normale, St Martin retourne à Amboise

  • Willermoz épouse à soixante-six ans Jeannette Pascale âgée de vingt quatre ans.

  • Système de Fessler (Allemagne) en 9 grades

1798

  • Le 11 juin, fondation de la Grande Loge "Royal York à l'Amitié", à Berlin.

1799

  • Par le traité d'union du 23 mai, le Grand Orient reprend tous les pouvoirs de l'ancienne Grande Loge de France.

  • Fondation du Gr. Chapitre général des Etats-Unis de Royal Arch. Rite.

1800

  • Le 16 octobre, fondation de la Grande Loge de Kentucky (Etats-Unis).

  • Publication de « De l’Esprit des Choses » par LC de St Martin

1801

  • Le 31 mai, fondation à Charleston (USA) du premier Suprême Conseil du rite écossais ancien et accepté avec trente-trois degrés sous l'impulsion de John Mitchell et Frederic Dalcho.

  • Adoption par le Grand Orient du rite français moderne.

  • L'empereur François II prohibe la F.M. en Autriche.

  • Fondation du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des Etats-Unis.

1803

  • Décès de Louis-Claude de St Martin

  • Fondation du Grand Orient d'Italie.

1804

  • Trois loges La Prudence, La Fraternité et Le Soleil Levant quittent la Grande Loge Provinciale de Genève pour adhérer au Grand Orient de France.

  • Le 21 septembre, fondation à Paris par le comte de Grasse-Tilly, du Suprême conseil de France. C'est l'acte de naissance du Rite Ecossais Ancien & Accepté en France.

  • Le 22 septembre, création de la Grande Loge générale écossaise de France du rite ancien et accepté.

  • Rédaction du grade de Maître Ecossais de St André par JB Willermoz

  • Renaissance du Régime Ecossais Rectifié

1805

  • A Paris, Joseph Bonaparte Grand Maître du Grand Orient.

  • Apparition du Rite de Misraïm qui pénétrera en France en 1814

  • Fondation du Grand Orient de "Portugal" et d'un Suprême Conseil à Milan.

1806

  • Le 6 juin, fondation de la Grande Loge de Delaware (Etats-Unis).

1808

  • Le 7 janvier, fondation de la Grande Loge de l'Ohio (Etats-Unis).

1810

  • Le 11 décembre, fondation de la Loge du district de Colombie (Etats-Unis).

1811

  • Le 28 septembre, fondation de la Grande Loge de Saxe à Dresde et du Suprême Conseil d'Espagne.

1812

  • Le 21 janvier, fondation de la Grande Loge de Louisiane (Etats-Unis).

1813

  • Création de la Grande Loge Unie d'Angleterre par la fusion de la Grande Loge des Anciens et de la Grande Loge des Modernes.

  • Rite Emulation créé par Peter Gilkes

1824

  • Décès de Jean-Baptiste Willermoz

Lire la suite

Les années décisives 1754 -1784

21 Avril 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #histoire de la FM

1754

  • Fondation à Paris du Rite de Perfection

  • Fondation à Paris du Chapitre de Clermont

  • Fondation du Chapitre des Juges Ecossais à Montpellier par Martinez de Pasqually

1756

  • La Grande Loge Anglaise de France devient Grande Loge de France

  • Le 27 décembre, fondation de la Grande Loge nationale des Pays-Bas.

  • Publication de Ahiman Rezon par Laurence Dermott. Livre des Constitutions de la Grande Loge des Anciens, par opposition aux Constitutions d'Anderson pour les Modernes.

1758

  • Création du Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident (25 degrés)

1759

  • Le Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident constitue à Bordeaux un Conseil des Princes du Royal Secret

  • Rite Suédois en 12 grades

1760

  • Création de la Grande Loge des Maîtres Réguliers à Lyon, fondation d’un Temple des Elus Cohen à Foix par Martinez de Pasqually
    Fondation de la Grande Loge de Suède à Stockholm.

  • Divulgation anti-maçonnique : "Les trois coups Distincts".

1761

  • Délivrance de lettres patentes donnant à Etienne Morin le droit de créer des hauts grades en Amérique, jusqu'au 25e degré, grade alors terminal de la franc-maçonnerie (Rite de Perfection dirigé par le « Conseil des Empereurs d'Orient et d'Occident »)

1763

  • Etienne Morin arrive en Haïti où il fonde des loges écossaises.

  • JB Willermoz fonde avec son frère le Chapitre des Chevaliers de l’Aigle Noir

1764

  • 12 avril : Création de la Loge les « Parfaits d'Écosse » à la Nouvelle Orléans. C'est le premier atelier de hauts grades sur le continent nord américain.

  • Le 20 juin, fondation de la Grande Loge de Pensylvanie (Etats-Unis).

  • Convent d’Altenberg (Stricte Observance Templière)

1765

  • Ordre de l’Etoile Flamboyante du Baron de Tschoudy

  • Introduction en Suisse de la Stricte Observance Templière

1766

  • Conseil des Chevaliers d’Orient

  • Rite de Pernety ou des Illuminés d’Avignon en 6 grades

  • Rite de Schroeder (Allemagne)

1767

  • Initiation de JB Willermoz par Martines de Pasqually à Paris dans l’Ordre des Elus Cohen . Création du Tribunal Souverain avec Bacon de La Chevalerie, Willermoz, Lusignan…

  • Rite des Illuminés Théosophes en 6 grades

  • 26 décembre : Henry Andrew Francken, Député Grand Inspecteur Général d'Etienne Morin s'installe à New York où il reçoit une patente, datée du 26 décembre 1767, pour la formation d'une loge de Perfection à Albany qui lui permet de conférer les degrés de perfection (du 4e au 14e) pour la première fois dans les treize colonies britanniques. Cette patente ainsi que les minutes des premiers travaux de cette loge sont actuellement dans les archives du Suprême Conseil de la Juridiction Nord des États-Unis.

  • Rite des Architectes Africains en 11 grades

1768

  • Initiation de LC de St Martin par Martinez de Pasqually dans l’Ordre des Elus Cohen

  • La Grande Loge d'Ecosse introduit l'usage de délivrer des diplômes à ses membres.

1769

  • 1ère attestation du grade de Maçon de Marque(Mark Mason) à Portsmouth

1770

  • Fondation de la Grande Loge nationale d'Allemagne à Berlin sous le protectorat du Fr. Frédéric II roi de Prusse.

  • Système de Zinnendorf (Allemagne) en 7 grades

  • Rite Ecossais Primitif de Namur en 33 grades

  • Etienne Morin crée un « Grand Chapitre » de rite de Perfection à Kingston, en Jamaïque, où il meurt en 1771.

  • Temples Cohen à Bordeaux, Montpellier, Foix, Libourne, La Rochelle, Lyon, Versailles, Paris Metz

1771

  • Grande Maîtrise du Duc de Chartres malgré les interdictions royales.

  • LC de St Martin devient le secrétaire de Martinez de Pasqually

1772

  • Convent de Kohlo : Stricte Observance Templière

  • Martinez de Pasqually part pour St Domingue

  • Willermoz écrit à Karl von Hund

1773

  • Scission au sein de la Grande Loge de France dite Loge de Clermont.

  • Naissance du Grand Orient de France qui connaît d'entrée un grand succès. Election des Officiers du GODF.

  • Maçonnerie du Frère Henoch en 4 grades

  • Rite des Philalèthes en 12 grades

  • Réponse favorable de Karl von Hund à JB Willermoz pour installer la Stricte Observance Templière à Lyon

  • LC de St Martin vient à Lyon pour former les Elus Cohen

1774

  • Décès de Martinez de Pasqually à St Domingue

  • Weiler installe à Lyon le Grand Chapitre de la Province d’Auvergne de la Stricte Observance Templère .

1775

  • Convent de Brunswick(SOT)

  • LC de St Martin hébérgé chez JB Willermoz à Lyon écrit son premier ouvrage : « des erreurs et de la Vérité ».Désaccord entre St Martin et Willermoz à propos de l’affiliation à la SOT.

  • Le 6 mars, Prince Hall et quatorze autres hommes de couleur sont initiés aux trois premiers degrés de la franc-maçonnerie au sein de la Military Lodge N°441, qui était attachée à l'armée britannique et stationnait à Boston..

1775-1783

  • Guerre d'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique. La Franc-Maçonnerie y joue un grand rôle, par l'appartenance de nombreux leaders tant américains (Washington, Franklin...) que français (La Fayette, Rochambault...).

1776

  • Concordat entre les directoires écossais et le Grand Orient de France.

  • Rite Ecossais Philosophique par le Frère Boileau en 15 grades
    Convent de Wiesbaden(SOT) et décès de Karl von Hund

  • Création de la Loge des Neufs Sœurs à Paris

  • Rite Philosophique des Sublimes Elus de la Vérité

  • 1er mai : Création des Illuminati de Bavière par Adam Weishaupt, professeur de théologie à l'Université d'Ingolstadt.

1777

  • Remaniement des grades de la SO Templière par Willermoz et les lyonnais ; classe symbolique, Maïtre Ecossais, Ordre Intérieur. Rédaction des cahiers de la classe supérieure des Profès et Grands Profès, Introduction de la doctrine des Elus Cohen dans la maçonnerie rectifiée par JB Willermoz.

  • Le 6 novembre, fondation de la Grande Loge de Virginie.

  • Institution à Londres du Grand Chapitre du Royal Arch.

1778

  • Convent des Gaules à Lyon ; la Stricte Observance Templière devient pour les provinces françaises, l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte. Rédaction du « Code maçonnique des loges Réunies et Rectifiées de France ».

1779

  • Attaque en Allemagne de la SOT par le système des Rose-Croix d’ Or créé en 1770 en Bavière, en Autriche et en Hongrie. Le système des Templiers allemands s’affaiblit de plus en plus.

  • Le 25 mai, installation de la Grande Loge provinciale de Russie (St. Pétersbourg).

  • Fondation à Bale, du Grand Prieuré d’Helvétie

1780

  • Rite Primitif de Narbonne en 3 classes et un grand nombre de grades

  • Correspondance de JB Willermoz avec le Duc de Brunswick et le Prince Charles de Hesse : promotion de la réforme du convent de Lyon auprès des chefs de la Stricte Observance Templière.

  • Fondation de la Grande Loge de Madras (Indes anglaises).

1781

  • Maçonnerie Adohiramite en 13 grades

  • Fondation de la Grande Loge de New-York (Etats-Unis).

1782

  • Alliance entre le système Rectifié de Lyon et le système des templiers allemands . Les Frères de Lyon deviennent les précepteurs de leurs anciens maîtres

  • Convent de Wilhelmsbad, convoqué par Ferdinand de Brunswick, Grand-Maître de la Stricte Observance. Conflit Philalèthes, Illuminés de Bavière, Rose-Croix d’Or et Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte(CBCS).Renonciation à la filiation historique templière et élaboration d’un système maçonnique en six grades culminé par le CBCS. Disparition des Profès et Grands Profès, règle que JB Willermoz n’appliquera pas. Elaboration des cahiers des trois grades bleus et de l’Ordre Intérieur. Grade de Maître Ecossais devra être rédigé ultérieurement.Victoire de JB Willermoz et de ses alliés.

  • Publication du 2ème ouvrage de LC de St Martin : « tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l’Homme et l’Univers.

1783

  • Le 18 mars, fondation de la Grande Loge Eclectique de Francfort s. M.

  • Fondation de la Grande Loge du Maryland (Etats-Unis).

  • Attaque de Willermoz par les Philalèthes(Chefdebien et Savalette) . JB Willermoz reproche à LC de St Martin de ne pas l’avoir soutenu.

1784

  • le 14 décembre : Initiation de Mozart au sein de la loge la Bienfaisance

  • Fondation du Grand Orient de Pologne et de Lituanie.

  • Prince Hall est ses Frères obtiennent une patente de la Premier Grand Lodge of England sous la dénomination d' African Lodge n°459. Cependant, du fait des difficultés de communications, cette patente ne leur parvint qu'en 1787.

  • St Martin vient à Lyon et est reçu Profès et Grand Profès

Lire la suite

Les années décisives 1717 - 1753

21 Avril 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #histoire de la FM

1717

  • Pour le solstice d'été, le 24 juin 1717, jour de la Saint-Jean-Baptiste, quatre loges de Londres se réunirent dans la taverne Goose and Gridiron (l'Oie et le Grill). Elles portaient le nom des tavernes où elles avaient l'habitude de se réunir : L'Oie et le Grill, La Couronne, Le Pommier, Le Gobelet et les Raisins. Elles créent la Grande Loge de Londres et de Westminster. Anthony Sayer, premier Grand Maître.

  • C'est l'acte de Naissance de la Franc-Maçonnerie moderne, dite spéculative.

1719

  • Jean-Théophile Désaguliers, Grand Maître de la Grande Loge de Londres. Principal collaborateur d'Isaac Newton, il est membre de la Royal Society. A partir de cette date et sous l'impulsion de Désaguliers, intellectuels, philosophes, scientifiques, nobles, intègrent les loges.

1721

  • Le 13 octobre, institution à Dunkerque du premier atelier français "Amitié et Fraternité" par le duc de Montaigu, Grand-Maître de la Loge de Londres.

1722

  • Naissance de Karl von Hund

1723

  • En janvier, publication des « Constitutions d'Anderson ». Constitutions de la Franc-Maçonnerie sous le nom de The Constitutions of the Free-Masons containing the History, Charges, Regulations, & of that most Ancient and Right Worshipful Fraternity: For use of the Lodges, écrites par le Revd. Dr. James Anderson (1680-1739).

  • Création de la Grande Loge d’Irlande

1725

  • Nous savons qu'une loge se réunissait chez le traiteur Huré, rue des Boucheries, « à la manière des sociétés angloises », et regroupait principalement des Irlandais et des exilés stuartistes

  • Apparition du grade de Maître, à Londres.

  • · Création de la Grande Loge d’York

1726

  • Première loge maçonnique française dont les documents sont connus et attestés en France : Patentes de la Grande Loge de Londres pour la Loge « Saint Thomas », se réunissant à l'enseigne du « Louis d'Argent », rue des Boucheries.

1727

  • Naissance de Joachim Martinez de Pasqualy

1728

  • Les loges françaises sont placées sous la direction du duc de Wharton, ancien Grand-Maître de la Grande Loge de Londres.

  • Rite de Ramsay en 3 grades : Ecossais, Novice et Chevalier du Temple

  • La F.M. est introduite en Espagne

  • Loges constituées à Gibraltar et en Inde

1730

  • Première grande divulgation anti-maçonnique. L'ouvrage de Samuel Pritchard: "Masonry Dissected" (en anglais)

  • 16 mai : Initiation de Montesquieu en Angleterre au sein de la loge Horn (Le Cor) qui se réunit à la Westminster Tavern de Londres.

  • Naissance de Jean-Baptiste Willermoz à Lyon

1731

  • Le 14 mai, initiation du duc François de Lorraine, futur empereur d'Autriche.

  • La F. M. est introduite dans le royaume de Naples.

1733

  • Fondation de la Grande Loge de Massachusetts (Amérique du Nord).

1734

  • La F. M. est introduite dans le royaume de Pologne.

  • Première réunion des F.M. hollandais, le F. comte de Waegenaer est élu Grand Maître.

1735

  • Le F. comte Sparre introduit la F. M. en Suède en fondant une loge à Stockholm.

1736

  • Introduction de la Franc-Maçonnerie à Genève par un noble anglais, Georges Hamilton.

  • Fondation de la Grande Loge de France devenue en 1773 le Grand Orient de Paris. - Les loges françaises sollicitent l'autorisation de créer la Grande Loge provinciale.

  • Le 15 octobre, fondation à Edimbourg de la Grande Loge Edimbourg.

  • Le 6 décembre, introduction définitive de la F. M. à Hambourg par la Loge "Absalom".

1737

  • Discours du chevalier de Ramsay, un écossais, qui oriente la franc-maçonnerie française vers un ordre chevaleresque, le métier des armes succédant à celui du constructeur.

1738

  • Le 4 mai, le pape Clément XII publie la Bulle "In Eminenti Apostolatus specula" excommuniant la franc-maçonnerie et ses adeptes. « Nous avons conclu et décrété de condamner et d'interdire ces dites sociétés, assemblées, réunions, agrégations ou conventicules appelés du nom de Francs-Maçons, ou connus sous toute autre dénomination, comme Nous les condamnons et les défendons par Notre présente constitution, valable à perpétuité». Première d'une longue série de bulles papales...

  • La Grande Loge de Londres se proclame Grande Loge d'Angleterre.

  • Le duc d'Antin est le premier Grand-Maître français.

  • Interdiction de la F.M. dans les Pays-Bas et la Suède.

1739

  • La F. M. est introduite dans les pays Sardes.

  • L'inquisition persécute la F. M. à Florence.

1740

  • Fondation à Berlin de la Grande Loge "Aux Trois Globes".

  • Edit de Philippe V roi d'Espagne, contre la F. M.

  • Le Grand-Maître de l'Ordre de Malte interdit aux F. M. l'accès de son île.

1741

  • Fondation de la Grande Loge "Zur Sonne" à Bayreuth

  • Fondation de la Loge "Minerva aux Trois Palmes" à Leipzig.

  • Fondation de l'Ordre d'Heredom en Ecosse.

1742

  • Introduction de la F. M. en Autriche.

1743

  • Election à Paris le 11 décembre du Comte de Clermont et installation de la Grande Loge Anglaise de France

  • Grade de Petit Elu à Lyon

  • Le 14 mars, par ordre de l'Inquisition, appuyée par le roi Jean V, les F. M. sont torturés et brûles vifs au Portugal.

  • Naissance de Louis Claude de Saint Martin à Amboise

1744

  • Le Fr. prince royal de Prusse (Frédéric II) est élu Grand-Maître des "Trois Globes" à Berlin.

1745

  • Création de la Loge Ecossaise à Bordeaux par Etienne Morin.

  • Divulgation anti-maçonnique : "Le Sceau Rompu"

1747

  • Chapitre Primordial de Rose-Croix Jacobite d’Arras

1748

  • Rite des Ecossais Fidèles à Toulouse divisé en 3 chapitres

  • La Porte Ottomane s'oppose à l'introduction de la F. M. en Turquie.

1749

  • Introduction de la F. M. en Hongrie.

1750

  • Jean-Baptiste Willermoz est élu Vénérable de sa Loge à Lyon

  • Mère Loge Ecossaise de Marseille : Rite Ecossais Philosophique en 18 degrés

1751

  • Le 18 mai, Bulle du pape Benoît XIV "Providas Romanorum Pontificum" contre l'Ordre maçonnique.

  • Fondation de l’Ordre Intérieur de la Stricte Observance par Karl von Hund

  • Le 2 juillet, sous l'influence de l'Inquisition, Ferdinand IV d'Espagne interdit la F. M. dans ses Etats.

  • 17 juillet : Schisme au sein de la Franc-Maçonnerie anglaise. Création de la Antient Grand Lodge of England à la Turk's Head Tavern, en réaction à la création de la Grande Loge de Londres de 1717, appelée Grande Loge des Moderns. Robert Turner, premier Grand Maître en 1753. Le schisme durera jusqu'en 1813, où les deux Grandes Loges fusionneront pour faire la Grande Loge Unie d'Angleterre.

1752

  • Souverain-Conseil, sublime Mère-Loge des Excellents du Grand Globe français

  • Fondation à Berlin de la Loge "L'Amitié" devenue la Grande Loge "Royal York à l'Amitié".

1753

  • JB Willermoz fonde la Loge la « Parfaite Amitié » à Lyon

Lire la suite

Les Frères Initiés de l'Asie

21 Avril 2012 , Rédigé par Robert Vanloo Publié dans #histoire de la FM

En 1781 parut à Nuremberg sous la signature d'un certain Magister Pianco un livre intitulé Der Rosenkreuzer in seiner Blösse, ouvrage polémique dans lequel l'auteur reprochait à l'Ordre de la Rose-Croix d'Or de ne pas admettre en son sein les Juifs, d'avoir une échelle de grades tout à fait erronée et e faire indûment référence dans ses enseignements aux sages de l'Antiquité. Le Frère Schleiss von Löwenfeld répliqua aussitôt dansDer im Lichte der Warheit strahlende Rosenkreuser (Leipzig, 1782) en remarquant que Pianco avait été exclu de l'Ordre alors qu'il était membre seulement des premiers degrés, l'accusant d'apostasie Pourtant un autre pamphlet publié en 1781 et intitulé Ueber Jesuiten, Freymaurer und deutsche Rosencreutzer avait également jeté la suspicion sur les Rose-Croix. L'auteur, signant sous le pseudonyme d'Aloisus Maier n'était autre qu'Adolf Freiherr von Knigge, un des associés de Weishaupt. Comme le précédent, cet ouvrage reprochait aux Rose-Croix leur obscurantisme et leur absence d'ouverture aux Lumières, favorisant ainsi l'œuvre des jésuites. L'année 1785, celle de la Freimaurerpatent, verra paraître un autre pamphlet rédigé sur le modèle des Lettres persanes de Montesquieu, intituléDie theoretischen Brüder oder zweite Stuffe der Rosenkreuzer und Ihrere Instruktion, mettant en scène un despote éclairé (Schah Gebal), son conseiller philosophe des Lumières (Danischmemde) et enfin un Rose-Croix réactionnaire (Aeschmann) partisan de l'obscurantisme et de l'irrationnel. Peu après s'engagera dans les colonnes du Berlinische Monatschrift une discussion entre le philosophe Christian Garve et J.E. Biestere, coéditeur du périodique, qui s'alarmait de l'influence croissante des Rose-Croix d'Or, Garve demeurant quant à lui plutôt sceptique quant au réel pouvoir occulte de telles sociétés secrètes. Et le Franc-Maçon Biester de lui rétorquer de sérieuses critiques.

De telles critiques, jointes à la déception de nombreux Rose-Croix d'Or de voir leurs responsables s'en prendre à l'Ordre des Illuminés de Weishaupt, engendrèrent de nombreuses démissions. En 1787, date supposé d'un nouveau cycle pour les Roste-Croix d'Or, est décrété dans toutes les Loges un silanum,c'est-à-dire la suspension des travaux. Aucun signe ne fut jamais donné pour leur reprise, même si l'une ou l'autre Loge continua malgré tout à fonctionner. Sans doute, également, l'arrivée en Prusse aux affaires publiques des Rose-Croix Wöllner et Bischoffswerder rendait-elle désormais le travail des Loges secondaire, l'action politique et religieuse des Frères pouvant désormais s'accomplir au grand jour d'une façon officielle.

Beaucoup avaient cru déceler sous le pseudonyme de Magister Piancoun ancien membre des Rose-Croix d'Or. Hans Heinrich von Ecker und Eckhoffen, alias Nichneri Vekorth dans l'Ordre. En 1782, celui-ci avait publié pourtant un démenti catégorique dans Der im Lichte der Wahrheit strahlende Rosenkreuzer. D'ancienne noblesse bavaroise, mais désargenté, Hans Heinrich et son jeune frère Hans Carl n'en possédaient pas moins de nombreuses relations avec les milieux du pouvoir en Bavière et en Autriche, ainsi que dans la Franc-Maçonnerie. Déplorant que cette dernière, tout comme la Rose-Croix d'Or n'acceptât qu'en de trop rares exceptions les Juifs en son sein, les frères von Ecker und Eckhoffen émirent le projet de créer à l'intérieur de la Maçonnerie allemande une structure qui puisse leur être ouverte et convoyer en même temps un enseignement plus proche de la Kabbale. Une rencontre fut à cet égard décisive, celle d'un moine francisquain K. Justus qui s'intéressait aussi à l'alchimie, de son vrai nom Bischoof. Ce franciscain avait passé plusieurs années au Moyen-Orient et avait été initié aux mystères de la kabbale juive par un certain Asaria, connaissance qu'il avait transmise à Hans Heinrich.

C'est sur cette base que fut fondé en 1780-81 l'Ordre des Fratres Lucis(Die Ritter des Lichts), qui prendra ensuite le nom des Frères d'Asie (Die Brüder St. Johannes des Evangelisten aus Asien in Europa). L'obédience comportait cinq grades, les membres du degré le plus élevé étant appelés les Vrais Rose-Croix. L'Ordre était présidé par un suprême conseil du nom de Synedrion et leurs membres portaient un nom initiatique en relation avec la tradition juive. Dans un ouvrage anonyme français de 1789 portant comme titre Essai sur la secte des illuminésfigure en annexe la description suivante :

« L'Ordre des Chevaliers et Frères initiés de l'Asie.

« Cet Ordre vient d'être connu tout nouvellement par deux petits ouvrages[ : son origine paroît très moderne. Le premier qui en fit la découverte, suppose qu'il prit naissance à Vienne (...) Ce nouvel Ordre, si peu connu d'abord, s'est cependant déjà étendu depuis l'Italie jusqu'en Russie. Les hiéroglyphiques paroissent tous être pris de l'hébreu. La direction supérieure s'appelle le petit & constant Synedrion de l'Europe. Les noms des Employés, par lesquels ils se dérobent à leurs inférieurs sont hébreux (...) On reçoit sans égard à la naissance & à la religion, chaque honnête homme qui croit en Dieu et le confesse publiquement. On exige seulement qu'il ait passé les trois premiers grades de la Franche-Maçonnerie dans une Loge de S. Jean ou de Melchisédech. Il est connu que les Loges de S. Jean ne sont que pour les Chrétiens : celles de Melchisédech, toutes aussi bonnes & conformes à la loi, existent en grande quantité, en Italie, en Hollande, en Angleterre, en Portugal, en Espagne & reçoivent des Juifs, des Turcs, des Perses et des Arméniens. Cet ordre est pour toute l'Europe destiné au grand but de l'union (...) L'Ordre a les véritables secrets & les éclaircissements moraux et physiques des hiéroglyphes du très vénérable Ordre de la Franche-Maçonnerie. Il y a cinq degrés de l'Ordre, sous les noms suivants : les Chercheurs, les Souffrants ; ceux-ci ne sont que des degrés d'épreuves ; après viennent les trois principaux, les Chevaliers et Frères Initiés de l'Asie en Europe, les Maîtres des Sages, les Prêtres Royaux, ou véritables Frères Rose-Croix, ou le grade de Melchisédech. Quand on est parvenu au degré principal, on est obligé, par son serment, de rester & de vivre dans l'Ordre, d'après les lois. Le Synédrion consiste en soixante & douze membres (...) L'initié promet une parfaite soumission & une véritable & inaliénable obéissance aux loix de l'Ordre (...) Il promet de ne persécuter aucun des différentes branches de la Franche-Maçonnerie, mais d'aimer& d'honorer tous les Frères des différents systèmes, & de leur faire du bien à tous, quelque différents qu'ils soient. Ceci marque le grand but de l'union. On doit tolérer aussi les différentes sectes, qui pourtant entre elles se traitent d'hérétiques, & pourroient être diffamées & persécutées (...) »

Thomas von Schoenfeld, de son vrai nom Mosheh Dobruschka, participa également à la fondation du mouvement et apporta à son enseignement des éléments de ladoctrine sabbathienne Cette spécificité hermétique des Frères d'Asie lui attira de nombreux membres, que ce soit dans la noblesse allemande - le landgrave Charles de Hesse, le duc de Liechtenstein, et les comtes de Westenburg ou de Thurn en furent membres - ou bien dans les élites juives qui trouvaient dans l'affiliation à l'Ordre un moyen de reconnaissance sociale. Malheureusement, lors du tumultueux convent maçonnique tenu à Wilhelmsbad en 1782, les frères von Ecker und Eckhoffen ne parvinrent pas à faire reconnaître officiellement leur organisation car les partisans de la Maçonnerie spiritualiste souhaitaient préserver celle-ci dans sa pureté chrétienne. C'est en 1784 que L'Ordre des Frères d'Asie en Europe devint totalement indépendant et reçut des statuts spécifiques, le premier article déclarant que :

« Tout frère, quelle que soit sa religion, sa classe ou son système de pensée, peut se joindre à l'Ordre pour peu qu'il manifeste sa qualité d'homme de bien, tant par sa pensée que par ses actes. Notre seul but étant le bien et le bien-être de l'humanité, celui-ci ne saurait dépendre d'aucune circonstance, fût-ce la religion la naissance ou la classe sociale au sein de laquelle un homme a pu être élevé. »

En cette même année, H.H. von Ecker und Eckhoffen fait la connaissance à Vienne d'Ephraïm Joseph Hirschel, un étudiant à l'Université de Strasbourg dont le père était très versé en littérature kabbalisyique. En 1785, il nomme Hirschel secrétaire des Frères Asiatiques. L'Ordre connaît alors grâce à ses enseignements sur la kabbale un développement rapide et des Loges s'ouvrent à Prague, Innsbruck, Berlin, Francfort et Hambourg. D'après certaines sources, il semblerait même que Bischoffswerder et Wöllner se soient faits membres des Frères d'Asie au moment où la Rose-Croix d'Or commençait d'être contestée et à perdre son influence ? Carl von Ecker und Eckhoffen, le frère d'Hans Heinrich, dirigeait quant à lui les activités de la Loge d'Hambourg. Inquiet des effets à Vienne de la Freimaurerpatent, Hans Heinrich se rendit à Hambourg en vue de trouver de nouvelles protections en Allemagne du nord, notamment auprès des frères Ferdinand de Brunswick et le landgrave Charles de Hesse, régent pour le Schleswig alors sous tutelle du roi de Danemark. La mission fut couronnée de succès car Hans Heinrich réussit à convaincre en 1785 le landgrave Charles de prendre officiellement la direction de l'Ordre L'influence du mystérieux comte de Saint-Germain ne fut peut être pas étrangère non plus à cette décision.

Les francs-maçons de Copenhague, craignant que de cefait les Frères d'Asie n'étendent leur influence au Danemark, décident, sous couvert du frère Friedrich Münter, de divulguer la constitution de l'Ordre des frères d'Asie avec une notice expliquant à quel point l'organisation est éloignée des usages et de la philosophie maçonnique des Lumières. Dans cet ouvrage publié sous couvert de l'anonymat et intitulé Autentische Nachrichtt von den Ritter - und Brüder -Eingeweihten aus Asien, Zur Beherzigung für Freymaurern (1787), l'auteur reproche aux Frères d'Asie de n'être qu'une nouvelle forme de la Rose-Croix d'Or et d'admettre comme membre des Juifs, contrairement aux usages en cours dans la Maçonnerie anglo-saxonne. Les frères von Ecker und Eckhoffen réagissent aussitôt et Hns Heinrich publie sous le titre de Abfertigung an denn ungenannten Verfasser der verbeiteten sogennanten : Autentische Nachrichtt von den Ritter -und Brüder - Eingeweihten aus Asien, Zur Beherzigung für Freymaurern(Hambourg, 1788) un mémoire relatant l'histoire de l'Ordre et sa« prétention en vertu de laquelle l'Ordre des asiatiques avait accès à la véritable interprétation de tout le symbolisme maçonnique ». Carl fait paraître sous le pseudonyme de Carl Ferdinand von Boscamp un texte intitulé Werden un koennen Israeliten zu Freimaurern aufgenommen werden (Hambourg, 1788) qui pose pour la première fois la question der la présence des Juifs au sein de la Franc-Maçonnerie. Ferdinand de Brunswick menaça cependant de subordonner son soutien officiel à l'Ordre à une mise à l'écart des Juifs, voire leur exclusion. Le landgrave Charles proposa en réponse un compromis consistant en la création d'une Loge distincte pour les membres juifs, dite Loge de Melchizedeck,qui impliquait par contrecoup la mise à l'écart de Hirschel (il se faisait désormais appeler Hirschfeld). Cette mise à l'écart entraîna un conflit entre Hirschfeld, qui reçut l'appui de Schoenfeld, et les frères Ecker und Eckhoffen, conflit qui allait mener rapidement à la disparition des Frères d'Asie, ceci d'autant plus qu'une Loge maçonnique acceptant les Juifs fut bientôt créée à Francfort lors de l'occupation par les troupes françaises. Cette Loge cosmopolite reprendra d'ailleurs, sous l'influence d'Hirschfeld, une partie des travaux des Frères Asiatiques. L'un des Frères, Franz J. Molitor, esprit particulièrement éclairé et tolérant qui entretenait de bonnes relations avec Hirschfeld, sut obtenir de Charles de Hesse que les Juifs prêtassent serment sur une Bible fermée et non sur l'Evangile de Saint Jean. Le retrait de Napoléon impliqua cependant le retour des difficultés pour les Juifs au sein des Loges allemandes, où la tendance conservatrice continua de prévaloir.

source : http://omrunis.canalblog.com

Lire la suite