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Hauts Grades

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Les Frères Initiés de l'Asie

21 Avril 2012 , Rédigé par Robert Vanloo Publié dans #histoire de la FM

En 1781 parut à Nuremberg sous la signature d'un certain Magister Pianco un livre intitulé Der Rosenkreuzer in seiner Blösse, ouvrage polémique dans lequel l'auteur reprochait à l'Ordre de la Rose-Croix d'Or de ne pas admettre en son sein les Juifs, d'avoir une échelle de grades tout à fait erronée et e faire indûment référence dans ses enseignements aux sages de l'Antiquité. Le Frère Schleiss von Löwenfeld répliqua aussitôt dansDer im Lichte der Warheit strahlende Rosenkreuser (Leipzig, 1782) en remarquant que Pianco avait été exclu de l'Ordre alors qu'il était membre seulement des premiers degrés, l'accusant d'apostasie Pourtant un autre pamphlet publié en 1781 et intitulé Ueber Jesuiten, Freymaurer und deutsche Rosencreutzer avait également jeté la suspicion sur les Rose-Croix. L'auteur, signant sous le pseudonyme d'Aloisus Maier n'était autre qu'Adolf Freiherr von Knigge, un des associés de Weishaupt. Comme le précédent, cet ouvrage reprochait aux Rose-Croix leur obscurantisme et leur absence d'ouverture aux Lumières, favorisant ainsi l'œuvre des jésuites. L'année 1785, celle de la Freimaurerpatent, verra paraître un autre pamphlet rédigé sur le modèle des Lettres persanes de Montesquieu, intituléDie theoretischen Brüder oder zweite Stuffe der Rosenkreuzer und Ihrere Instruktion, mettant en scène un despote éclairé (Schah Gebal), son conseiller philosophe des Lumières (Danischmemde) et enfin un Rose-Croix réactionnaire (Aeschmann) partisan de l'obscurantisme et de l'irrationnel. Peu après s'engagera dans les colonnes du Berlinische Monatschrift une discussion entre le philosophe Christian Garve et J.E. Biestere, coéditeur du périodique, qui s'alarmait de l'influence croissante des Rose-Croix d'Or, Garve demeurant quant à lui plutôt sceptique quant au réel pouvoir occulte de telles sociétés secrètes. Et le Franc-Maçon Biester de lui rétorquer de sérieuses critiques.

De telles critiques, jointes à la déception de nombreux Rose-Croix d'Or de voir leurs responsables s'en prendre à l'Ordre des Illuminés de Weishaupt, engendrèrent de nombreuses démissions. En 1787, date supposé d'un nouveau cycle pour les Roste-Croix d'Or, est décrété dans toutes les Loges un silanum,c'est-à-dire la suspension des travaux. Aucun signe ne fut jamais donné pour leur reprise, même si l'une ou l'autre Loge continua malgré tout à fonctionner. Sans doute, également, l'arrivée en Prusse aux affaires publiques des Rose-Croix Wöllner et Bischoffswerder rendait-elle désormais le travail des Loges secondaire, l'action politique et religieuse des Frères pouvant désormais s'accomplir au grand jour d'une façon officielle.

Beaucoup avaient cru déceler sous le pseudonyme de Magister Piancoun ancien membre des Rose-Croix d'Or. Hans Heinrich von Ecker und Eckhoffen, alias Nichneri Vekorth dans l'Ordre. En 1782, celui-ci avait publié pourtant un démenti catégorique dans Der im Lichte der Wahrheit strahlende Rosenkreuzer. D'ancienne noblesse bavaroise, mais désargenté, Hans Heinrich et son jeune frère Hans Carl n'en possédaient pas moins de nombreuses relations avec les milieux du pouvoir en Bavière et en Autriche, ainsi que dans la Franc-Maçonnerie. Déplorant que cette dernière, tout comme la Rose-Croix d'Or n'acceptât qu'en de trop rares exceptions les Juifs en son sein, les frères von Ecker und Eckhoffen émirent le projet de créer à l'intérieur de la Maçonnerie allemande une structure qui puisse leur être ouverte et convoyer en même temps un enseignement plus proche de la Kabbale. Une rencontre fut à cet égard décisive, celle d'un moine francisquain K. Justus qui s'intéressait aussi à l'alchimie, de son vrai nom Bischoof. Ce franciscain avait passé plusieurs années au Moyen-Orient et avait été initié aux mystères de la kabbale juive par un certain Asaria, connaissance qu'il avait transmise à Hans Heinrich.

C'est sur cette base que fut fondé en 1780-81 l'Ordre des Fratres Lucis(Die Ritter des Lichts), qui prendra ensuite le nom des Frères d'Asie (Die Brüder St. Johannes des Evangelisten aus Asien in Europa). L'obédience comportait cinq grades, les membres du degré le plus élevé étant appelés les Vrais Rose-Croix. L'Ordre était présidé par un suprême conseil du nom de Synedrion et leurs membres portaient un nom initiatique en relation avec la tradition juive. Dans un ouvrage anonyme français de 1789 portant comme titre Essai sur la secte des illuminésfigure en annexe la description suivante :

« L'Ordre des Chevaliers et Frères initiés de l'Asie.

« Cet Ordre vient d'être connu tout nouvellement par deux petits ouvrages[ : son origine paroît très moderne. Le premier qui en fit la découverte, suppose qu'il prit naissance à Vienne (...) Ce nouvel Ordre, si peu connu d'abord, s'est cependant déjà étendu depuis l'Italie jusqu'en Russie. Les hiéroglyphiques paroissent tous être pris de l'hébreu. La direction supérieure s'appelle le petit & constant Synedrion de l'Europe. Les noms des Employés, par lesquels ils se dérobent à leurs inférieurs sont hébreux (...) On reçoit sans égard à la naissance & à la religion, chaque honnête homme qui croit en Dieu et le confesse publiquement. On exige seulement qu'il ait passé les trois premiers grades de la Franche-Maçonnerie dans une Loge de S. Jean ou de Melchisédech. Il est connu que les Loges de S. Jean ne sont que pour les Chrétiens : celles de Melchisédech, toutes aussi bonnes & conformes à la loi, existent en grande quantité, en Italie, en Hollande, en Angleterre, en Portugal, en Espagne & reçoivent des Juifs, des Turcs, des Perses et des Arméniens. Cet ordre est pour toute l'Europe destiné au grand but de l'union (...) L'Ordre a les véritables secrets & les éclaircissements moraux et physiques des hiéroglyphes du très vénérable Ordre de la Franche-Maçonnerie. Il y a cinq degrés de l'Ordre, sous les noms suivants : les Chercheurs, les Souffrants ; ceux-ci ne sont que des degrés d'épreuves ; après viennent les trois principaux, les Chevaliers et Frères Initiés de l'Asie en Europe, les Maîtres des Sages, les Prêtres Royaux, ou véritables Frères Rose-Croix, ou le grade de Melchisédech. Quand on est parvenu au degré principal, on est obligé, par son serment, de rester & de vivre dans l'Ordre, d'après les lois. Le Synédrion consiste en soixante & douze membres (...) L'initié promet une parfaite soumission & une véritable & inaliénable obéissance aux loix de l'Ordre (...) Il promet de ne persécuter aucun des différentes branches de la Franche-Maçonnerie, mais d'aimer& d'honorer tous les Frères des différents systèmes, & de leur faire du bien à tous, quelque différents qu'ils soient. Ceci marque le grand but de l'union. On doit tolérer aussi les différentes sectes, qui pourtant entre elles se traitent d'hérétiques, & pourroient être diffamées & persécutées (...) »

Thomas von Schoenfeld, de son vrai nom Mosheh Dobruschka, participa également à la fondation du mouvement et apporta à son enseignement des éléments de ladoctrine sabbathienne Cette spécificité hermétique des Frères d'Asie lui attira de nombreux membres, que ce soit dans la noblesse allemande - le landgrave Charles de Hesse, le duc de Liechtenstein, et les comtes de Westenburg ou de Thurn en furent membres - ou bien dans les élites juives qui trouvaient dans l'affiliation à l'Ordre un moyen de reconnaissance sociale. Malheureusement, lors du tumultueux convent maçonnique tenu à Wilhelmsbad en 1782, les frères von Ecker und Eckhoffen ne parvinrent pas à faire reconnaître officiellement leur organisation car les partisans de la Maçonnerie spiritualiste souhaitaient préserver celle-ci dans sa pureté chrétienne. C'est en 1784 que L'Ordre des Frères d'Asie en Europe devint totalement indépendant et reçut des statuts spécifiques, le premier article déclarant que :

« Tout frère, quelle que soit sa religion, sa classe ou son système de pensée, peut se joindre à l'Ordre pour peu qu'il manifeste sa qualité d'homme de bien, tant par sa pensée que par ses actes. Notre seul but étant le bien et le bien-être de l'humanité, celui-ci ne saurait dépendre d'aucune circonstance, fût-ce la religion la naissance ou la classe sociale au sein de laquelle un homme a pu être élevé. »

En cette même année, H.H. von Ecker und Eckhoffen fait la connaissance à Vienne d'Ephraïm Joseph Hirschel, un étudiant à l'Université de Strasbourg dont le père était très versé en littérature kabbalisyique. En 1785, il nomme Hirschel secrétaire des Frères Asiatiques. L'Ordre connaît alors grâce à ses enseignements sur la kabbale un développement rapide et des Loges s'ouvrent à Prague, Innsbruck, Berlin, Francfort et Hambourg. D'après certaines sources, il semblerait même que Bischoffswerder et Wöllner se soient faits membres des Frères d'Asie au moment où la Rose-Croix d'Or commençait d'être contestée et à perdre son influence ? Carl von Ecker und Eckhoffen, le frère d'Hans Heinrich, dirigeait quant à lui les activités de la Loge d'Hambourg. Inquiet des effets à Vienne de la Freimaurerpatent, Hans Heinrich se rendit à Hambourg en vue de trouver de nouvelles protections en Allemagne du nord, notamment auprès des frères Ferdinand de Brunswick et le landgrave Charles de Hesse, régent pour le Schleswig alors sous tutelle du roi de Danemark. La mission fut couronnée de succès car Hans Heinrich réussit à convaincre en 1785 le landgrave Charles de prendre officiellement la direction de l'Ordre L'influence du mystérieux comte de Saint-Germain ne fut peut être pas étrangère non plus à cette décision.

Les francs-maçons de Copenhague, craignant que de cefait les Frères d'Asie n'étendent leur influence au Danemark, décident, sous couvert du frère Friedrich Münter, de divulguer la constitution de l'Ordre des frères d'Asie avec une notice expliquant à quel point l'organisation est éloignée des usages et de la philosophie maçonnique des Lumières. Dans cet ouvrage publié sous couvert de l'anonymat et intitulé Autentische Nachrichtt von den Ritter - und Brüder -Eingeweihten aus Asien, Zur Beherzigung für Freymaurern (1787), l'auteur reproche aux Frères d'Asie de n'être qu'une nouvelle forme de la Rose-Croix d'Or et d'admettre comme membre des Juifs, contrairement aux usages en cours dans la Maçonnerie anglo-saxonne. Les frères von Ecker und Eckhoffen réagissent aussitôt et Hns Heinrich publie sous le titre de Abfertigung an denn ungenannten Verfasser der verbeiteten sogennanten : Autentische Nachrichtt von den Ritter -und Brüder - Eingeweihten aus Asien, Zur Beherzigung für Freymaurern(Hambourg, 1788) un mémoire relatant l'histoire de l'Ordre et sa« prétention en vertu de laquelle l'Ordre des asiatiques avait accès à la véritable interprétation de tout le symbolisme maçonnique ». Carl fait paraître sous le pseudonyme de Carl Ferdinand von Boscamp un texte intitulé Werden un koennen Israeliten zu Freimaurern aufgenommen werden (Hambourg, 1788) qui pose pour la première fois la question der la présence des Juifs au sein de la Franc-Maçonnerie. Ferdinand de Brunswick menaça cependant de subordonner son soutien officiel à l'Ordre à une mise à l'écart des Juifs, voire leur exclusion. Le landgrave Charles proposa en réponse un compromis consistant en la création d'une Loge distincte pour les membres juifs, dite Loge de Melchizedeck,qui impliquait par contrecoup la mise à l'écart de Hirschel (il se faisait désormais appeler Hirschfeld). Cette mise à l'écart entraîna un conflit entre Hirschfeld, qui reçut l'appui de Schoenfeld, et les frères Ecker und Eckhoffen, conflit qui allait mener rapidement à la disparition des Frères d'Asie, ceci d'autant plus qu'une Loge maçonnique acceptant les Juifs fut bientôt créée à Francfort lors de l'occupation par les troupes françaises. Cette Loge cosmopolite reprendra d'ailleurs, sous l'influence d'Hirschfeld, une partie des travaux des Frères Asiatiques. L'un des Frères, Franz J. Molitor, esprit particulièrement éclairé et tolérant qui entretenait de bonnes relations avec Hirschfeld, sut obtenir de Charles de Hesse que les Juifs prêtassent serment sur une Bible fermée et non sur l'Evangile de Saint Jean. Le retrait de Napoléon impliqua cependant le retour des difficultés pour les Juifs au sein des Loges allemandes, où la tendance conservatrice continua de prévaloir.

source : http://omrunis.canalblog.com

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Un chrétien authentique peut-il être un rosicrucien conscient ?

20 Avril 2012 , Rédigé par Louis Mpala Publié dans #spiritualité

Je ne suis pas rosicrucien et je n’ai jamais fait partie d’aucun mouvement mystique. Les Rosicruciens de Lubumbashi me connaissent pour avoir discuté avec eux publiquement sur les antennes de la R.T.N.C. en date du 01/02/2003 et 08/02/2003.

Pour bien répondre à ma question, je dois faire mienne cette déclaration du Pape Léon XIII : « La première loi de l’histoire est de ne pas oser mentir, et la seconde de ne pas oser ne pas dire la vérité ».

Un chrétien authentique ne peut pas être un rosicrucien conscient, et ce de par la conception que chacun d’eux se fait de Jésus, de la résurrection, de la réincarnation, de Dieu, de l’homme, du péché, de l’Eglise et de la communion des Saints.

Je tiens à signaler que tout mon propos sur la Rose-Croix AMORC relève de mes lectures.

1. Que dire de Jésus-Christ ?

Pour tout chrétien authentique, Jésus est non seulement Homme, il est aussi Dieu. Il est vrai homme et vrai Dieu. Semblable à l’homme sauf en ce qui concerne le péché, Jésus est mort pour le salut des hommes. Celui qui l’accepte comme Seigneur, Dieu et Sauveur, aura la vie éternelle s’il met en pratique ses commandements. Jésus est, pour le chrétien authentique ou conscient, la révélation de Dieu le Père. Jésus a parlé publiquement et ce que ses disciples entendaient dans le creux de l’oreille, devrait être proclamé sur les toits, recommandait-il ( Mt 8,15). Donc pas de secret pour son enseignement.

Le chrétien authentique sait qu’il est sauvé par la FOI, par la GRACE divine et non par ses propres efforts seulement. Jésus nous a apporté un salut unique et définitif.

Pour le Rosicrucien, de n’importe quelle tendance, Jésus n’est pas Dieu, il est un des messagers de Dieu. Il est un des avatars au même titre que Krishna, Bouddha et tant d’autres. Harvey Spencer Lewis (1889-1944), dans son livre La vie mystique de Jésus, refuse le caractère unique de la conception et de la naissance de Jésus qu’il nomme maître Jésus. Ainsi il n’est pas le Fils de Dieu. Pour H.S. Lewis Jésus n’est pas mort sur la croix pour libérer l’homme du péché. Jésus s’évanouie et des médecins esséniens l’ont réanimé. Comme on le voit, pour H.S. Lewis la vie de Jésus telle qu’elle nous est donnée dans la Bible est incomplète, en partie erronée et considérablement voilée. Donc la Bible n’est plus fiable à 100%. Seules les archives rosicruciennes contiennent la vérité sur Jésus. Celui-ci n’est pas Dieu et n’a sauvé personne. Par ailleurs, H.S. Lewis affirme que Jésus est né des parents gentils, et le sang aryen coulait dans leurs veines tandis que leur cœur et leurs esprits étaient pénétrés par les Enseignements de la Fraternité essénienne.

Comme on le voit, là où le Chrétien authentique confesse Jésus Christ Dieu fait homme, Sauveur et Seigneur, le Fondateur de la Rose-croix AMORC et ses disciples authentiques parlent du maître Jésus et du Christ initié, ayant un enseignement secret.

Que dire de la résurrection ?

2. Incarnation, Résurrection ou Réincarnation ?

Pour le chrétien authentique, Dieu s’est incarné. Il a pris la chair humaine et est devenu Jésus. Cette incarnation a eu lieu une seule fois dans l’histoire du monde. Voilà qui explique le caractère unique du salut apporté par Jésus-Christ. Mort sur la croix, il est ressuscité le troisième jour conformément aux Ecritures (1 Cor 15, 15). Pour le Chrétien authentique, après la mort vient le jugement (Hb 9, 27) et il n’y a aucune autre vie de repêchage.

La Rose-croix, toutes tendances confondues, confesse la réincarnation, par le concept de Karma-Samsara, Loi de la rétribution. Plusieurs raisons sont évoquées dont l’exigence morale de la justice devant les injustices du monde, la vie étant courte, il est absurde que le destin de l’homme soit fixé une fois pour toutes : seule la réincarnation peut expliquer pourquoi certains enfants sont plus doués que les autres, la réincarnation s’explique aussi par l’évolution du monde et de l’humanité. L’homme, dans cette optique réincarnationniste, est artisan de son propre salut. Pas question de grâce, sauf les efforts personnels et la GNOSE, la connaissance peuvent conduire au salut. Pas question de Paradis et d’Enfer, seule la Fusion.

De ce qui précède, on comprendra que le chrétien authentique croit en la Résurrection et le Rosicrucien conscient croit en la réincarnation.

Que dire de Dieu ?

3. De quel Dieu s’agit-il ?

Le Chrétien authentique, de par sa foi, croit en un Dieu personnel, créateur du ciel et de la terre, du monde visible et invisible, maître de l’Histoire. Il est Unique, transcendant, Omniscient, Omnipotent. Le Chrétien authentique confesse qu’il y a un seul Dieu et trois personnes en un seul Dieu. C’est le mystère de la trinité.

Le Rosicrucien conscient, de par sa profession de foi du Rosicrucien, sait qu’il existe une Energie Unique qui est à l’origine de toutes choses visibles et invisibles et son essence se propagent dans l’Univers et son Intelligence et sa conscience animent la personnalité de l’homme. Le dieu rosicrucien s’exprime sous trois manifestations : dans le macrocosme, comme lumière, vie et amour ; dans le microcosme, comme âme, ego et corps ; dans les sciences et les arts matériels comme thèse, antithèse et synthèse, tout cela étant symbolisé par le Triangle.

La Rose-croix est un panthéisme ou mieux un mysticisme panthéiste. Le dieu de la Rose-croix est un « dieu de la conscience », comme les Rosicruciens l’appellent. Chacun d’eux en parle et le conçoit selon le degré de son Evolution et compréhension. Energie, ce dieu est unique. Son essence se propage dans l’univers. Son Intelligence et sa conscience animent la personnalité de l’homme. Cette conception panthéiste de Dieu s’apparente au Sanatana – Dharma (Hindouisme) où Brahman et Atman sont des concepts clés.

De ce qui précède, on comprendra pourquoi le Rosicrucien conscient sait que la Sagesse Universelle se manifestant par les lois de Nature justifie sa FOI (et non la Raison et 1ère foi dans son credo) en l’Omniscience, l’Omnipotence, l’Omniprésence et l’Amour Cosmique. Ici le panthéisme se fait encore jour : Sagesse Universelle, Energie, Cosmos se confondent.

Là où le Chrétien authentique professe le Monothéisme, le Rosicrucien conscient proclame le Panthéisme. Le premier croit en un Dieu personnel, le dernier a foi en un dieu impersonnel.

Que dire de l’homme ?

4. Quelle conception de l’homme ?

Le chrétien authentique sait qu’il est créé à l’image de Dieu, tout en étant différent de Dieu. Composé d’un corps animé, le Chrétien reçoit sa dignité humaine dès la conception. Il sait qu’à la mort, il sera là où se trouve son Sauveur Jésus-Christ sans se fondre en lui. Son salut se joue dans sa vie terrestre unique. Dans sa vie, il compte plus sur son Dieu que sur ses efforts personnels.

Le Rosicrucien conscient sait que le souffle entre dans le corps à la naissance quand le bébé pousse le premier cri et c’est à ce moment, dit-il, que l’homme devient une personnalité vivante. Le Rosicrucien sait qu’il est un segment de l’Ame universelle et qu’il réside dans un véhicule mortel, le corps, pour des fins diverses.

Le Rosicrucien authentique se reconnaît être une partie (segment) de l’Ame Universelle, qui est dieu dans ce panthéisme. .

Si le chrétien authentique créé à l’image de Dieu ne se fond pas en son Dieu personnel et a un corps avec lequel il ressuscitera à la fin des temps, le Rosicrucien conscient se fondra dans l’Ame Universel en laissant le véhicule mortel.

Que dire du péché ?

5. Que penser du péché ?

Le Chrétien authentique accepte la doctrine du péché originel et cela justifie la Venue de Jésus-Christ, le Fils Unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu. Voilà pourquoi le Chrétien authentique reconnaît un seul baptême pour le pardon des péchés. Il accepte aussi le Sacrement de pénitence où il rencontre son Dieu pour recevoir le pardon du péché. Il sait que tout péché sera pardonné à l’exception du péché contre l’Esprit, péché refusant tout pardon de la part de Jésus-Christ.

Dans la Prière Noster Pater, le Chrétien demande à son Dieu de le délivrer de tout mal et de n’être pas laissé tomber en tentation. Ce chrétien sait que c’est lui-même qui pèche et non une partie de son être, à savoir le corps ou sa conscience. Pécheur, il est tout entier.

Le Rosicrucien conscient sait que seuls le corps et la conscience sont faillibles et que, pour chaque erreur (et non péché), son corps et sa conscience doivent une compensation (comme une renaissance malheureuse), car l’homme est né avec une âme pure du péché originel et c’est de l’ignorance et de l’ignorance seulement qu’il doit être délivré (grâce à l’illumination provenant de l’enseignement de la Rose-Croix). La GNOSE donne la vraie connaissance et délivre l’homme de l’ignorance, Avidya en hindouisme. Socrate et Bouddha se font aussi entendre dans ce 5ème article de la profession de foi du rosicrucien.

Là où le Chrétien authentique accepte le péché originel, le Rosicrucien conscient le rejette. Là où le Chrétien authentique parle du péché, le Rosicrucien conscient parle de l’erreur. Du Mal, le Chrétien authentique demande la délivrance de la part de Dieu, mais le Rosicrucien conscient, par ses efforts le conduisant à l’illumination, se délivrera de l’ignorance seulement.

Que dire de l’Eglise et de la communion des saints ?

6. Qu’en est-il de l’Eglise et de la communion des saints ?

Le Chrétien authentique sait qu’il appartient à l’Eglise, Corps du Christ. Il sait qu’il en est membre et qu’il doit vivre en communion avec l’Eglise visible et en communion des saints. Tous appartiennent à une même famille, celle des enfants de Dieu. Jésus-Christ en est la tête et sa parole est source de vie. Il a donné son corps et son sang, et l’Eglise visible doit faire le mémorial de la Sainte Cène. Il est dans l’eucharistie pour fortifier son peuple. Jésus est la Vie, la Vérité et le Chemin. Le suivre c’est se mette à son Ecole et celui qui suit son Enseignement aura la vie éternelle. Jésus est la solution des problèmes du chrétien authentique, car celui qui invoquera son Nom sera sauvé et au Nom de Jésus tout genou fléchit. Il a tout vaincu. Tout chrétien authentique sait qu’il ne doit jamais mettre sa foi en un mortel.

Le Rosicrucien conscient sait que la fraternité rosicrucienne est une école dont les enseignements visent à l’épanouissement de la conscience intérieure. Il sait aussi que l’autorité et les fondements de la fraternité rosicrucienne résident dans les réponses qu’elle apporte à l’homme et dans l’inspiration que ses dirigeants reçoivent du cosmos.

Le Chrétien authentique parle de l’Eglise et le Rosicrucien fait appel à la fraternité rosicrucienne. Les enseignements de l’Eglise proviennent de Dieu le Père, de Dieu le Fils, Jésus-Christ et de Dieu le Saint-Esprit, et tout est dans la Bible sans oublier la Tradition. Le Rosicrucien conscient fait de la Fraternité rosicrucienne une école dont l’autorité et ses fondements résident dans les réponses codifiées dans des monographies (et se faisant voir aussi dans les expériences mystiques) et c’est du Cosmique que les dirigeants reçoivent l’inspiration. C’est ici qu’intervient l’inspiration. C’est ici qu’intervient le 7ème article de la profession de foi du rosicrucien. Ainsi le Rosicrucien sait que les grands initiés de la fraternité visible de l’Ancien et mystique Ordre de la Rose-croix représentent les maîtres invisibles de la Grande Loge Blanche et qu’ils accomplissent leur œuvre cosmique au service de l’humanité.

Si les grands initiés de la fraternité visible peuvent être confondus à la Hiérarchie ésotérique composés de ceux qui ont atteint le 12ème degré, degré final, que dire des maîtres Cosmiques dont ils sont les représentants sur la terre ?

Le Rosicrucien conscient sait que les Maîtres Cosmiques oeuvrent en permanence au service de l’humanité, et en cela, ils constituent la Grande Loge Blanche, c'est-à-dire le Gouvernement Occulte du monde. Autrement dit, notre monde a un autre Gouvernement Occulte et seul le Rosicrucien conscient sait en quoi consiste ce Gouvernement Occulte. Alors à quoi sert notre Gouvernement visible ? Qui peut vérifier l’existence de ce Gouvernement Occulte et de son efficacité ? Seul le Rosicrucien conscient. Comment le fera-t-il ? C’est ici que la Rose-croix devient une voie de salut et met à la disposition de ses croyants une panoplie de prières, invocations, cérémonies et un arsenal d’objets liturgiques et des rites.

De tout ce qui précède, un chrétien authentique ne peut pas être un rosicrucien conscient. Nous avons affaire à deux visions du monde qui s’excluent et il sied de signaler que la Rose-Croix n’est pas une philosophie ; elle est bel et bien une RELIGION et pire encore, elle se dit être supérieure à la religion , car elle est, selon eux, un mysticisme.

Mes prochaines publications, si Dieu YHWH le permet, porteront sur la Rose-Croix comme religion et sur l’approche critique de la réincarnation quant à ce qui concerne les arguments pro et contre.

 

Source : http://www.louis-mpala.com/

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Règles rosicruciennes

20 Avril 2012 , Rédigé par sedir Publié dans #spiritualité

1. Aime Dieu par-dessus tout.

2. Consacre ton temps au développement spirituel.

3. Sois entièrement altruiste.

4. Tempéré, modeste, énergique et silencieux.

5. Apprends à connaître l'origine des métaux en toi.

6. Garde-toi des prétentions.

7. Vis dans une adoration constante du bien suprême.

8. Apprends la théorie avant la pratique.

9. Exerce la charité envers tous les êtres.

10. Lis les anciens livres de la sagesse.

11. Cherche à comprendre leur sens secret.

12. Arcane réservé aux Rose-Croix. II est purement intérieur. (Madathanus).

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Signes secrets d'un adepte de la Rose-Croix

20 Avril 2012 , Rédigé par SEDIR Publié dans #spiritualité

1. Le Rose-Croix est patient.

2. Bon.

3. Il ne connaît pas l'envie.

4. Il ne se hâte pas.

5. II n'est pas vain.

6. Il n'est pas désordonné.

7. Il n'est pas ambitieux.

8. Il n'est pas irritable.

9. Il ne pense pas mal des autres.

10. Il aime la justice.

11. Il aime la vérité.

12. Il sait comment être silencieux.

13. Il croit à ce qu'il sait.

14. Son espérance est ferme.

15. Il ne peut être va ont

16. II restera toujours membre de sa Société.

Ceci a été révélé à un pèlerin par un ange qui lui enleva le coeur et mit à sa place un charbon ardent. (Madathanus).

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Les 7 degrés de l’échelle d’Amour spirituelle

20 Avril 2012 , Rédigé par Ruysbroeck l’admirable 1350 Publié dans #spiritualité

Lorsque nous avons avec Dieu qu’une même pensée et une même volonté, nous sommes au premier degré de l’échelle d’amour et de Sainte vie…

Le premier fruit de la bonne volonté est la pauvreté volontaire, qui constitue le deuxième degré par lequel nous nous élevons sur l’échelle de la vie de l’amour…

Le troisième degré de l’échelle d’amour est la pureté de l’âme et la chasteté du corps…

Le quatrième degré de notre échelle céleste est l’humilité vraie…

Vient ensuite le cinquième degré de notre échelle spirituelle d’amour. Il s’appelle la noblesse de toute vertu et de toute bonnes oeuvres …

Vient ensuite le sixième degré qui est claire intuition, pureté d’esprit et de mémoire…

Le septième degré, qui vient ensuite, est le plus noble et le plus élevé qui puisse être réalisé dans la vie du temps et de l’éternité. Il existe lorsque, au-dessus de toute connaissance et de tout savoir, nous découvrons en nous un non-savoir sans limite; lorsque dépassant tout nom donné à Dieu, ou aux créatures, nous venons expirer pour passer à un éternel innommé, où nous nous perdons; lorsque, au-delà de toute exercice de vertus, nous contemplons et découvrons en nous un repos éternel, où nul ne peut opérer, et au-dessus de tous les esprits bienheureux, une béatitude immense, où nous sommes tous Un et cet Un même qui est la béatitude même dans son essence…

Source : http://chevaliersrc.unblog.fr/

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Catholique et Franc-Maçon : 2 engagements complémentaires chez moi

20 Avril 2012 , Rédigé par Jacques Ashmole Publié dans #Eglise catholique et FM

Nombreux sont mes amis catholiques à me dire : "il faut être athée pour être franc-maçon". La loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, ainsi que la propagande et le dogmatisme du Grand Orient de France, sont manifestement passés par là...

Je leur réponds que non ! Bien au contraire, la Franc-Maçonnerie régulière et traditionnelle demande à ses membres la croyance en un Grand Architecte de l'Univers. Elle laisse donc à ses membres la liberté de leur religion. Pour un chrétien, le Grand Architecte de l'Univers c'est Dieu.

Historiquement la Franc-Maçonnerie spéculative a été fondée en 1717 par un pasteur : Jean-Théophile Désaguliers, et ses Constitutions ont été compilées par un autre pasteur du nom d'Anderson. On peut penser que leur voeu le plus cher, dans un premier temps, était de rassembler dans une même fraternité tous les chrétiens (anglicans, réformés et catholiques). Puis cette idée de rassemblement s'est étendue avec le temps à tous les croyants.

La Franc-Maçonnerie spéculative s'inspire de la Franc-Maçonnerie opérative (les batisseurs de cathédrales) qui était chrétienne, et a été fondée par des chrétiens pour rassembler dans un même lieu tout d'abord les chrétiens, puis tous les croyants (juifs, musulmans, hindouistes, bouddhistes,shintoïstes...).

les deux principaux moteurs de la Franc-Maçonnerie sont donc la croyance en un grand architecte de l'univers et l'amour entre les hommes. L'amour et la fraternité sont les valeurs intangibles de cette honorable et vieille Institution.

La Franc-Maçonnerie traditionnelle est une fraternité d'hommes voulant mettre en application le 1er commandement du Christ : l'amour. Elle cherche à améliorer ses membres en cultivant en loge la Vertu et interdit tout ce qui les sépare (métaux, politique et religion).

Dés lors cette fraternité n'a pas une doctrine inconciliable avec celle de l'Eglise catholique. L'opposition de l'Eglise romaine à la Franc-Maçonnerie est vraisemblablement due à des raisons plus politiques et hégémoniques que morales et spirituelles.

L'Eglise romaine a toujours eu des difficultés pour accepter ce qu'elle ne contrôle pas. Il en fut de même par exemple avec le scoutisme à la fin du XIXème siècle : elle interdisait à ses fidèles de mettre leurs enfants chez les scouts; ces associations de jeunes venues d'Angleterre, un pays hostile au Pape, lui semblaient suspectes.

Sur un plan plus juridique que religieux, certains croyants intégristes rappelleront que de nombreuses bulles papales ont condamné la Franc-Maçonnerie. Le canon 2335 du Code de droit canonique du 20 mai 1917 dispose que "les catholiques affiliés à la Franc-Maçonnerie ou d'autres associations du même genre intriguant contre l'Eglise ou les pouvoirs civils légitimes, encourent "ipso facto" l'excommunication réservée au siège apostolique".

Le 23 janvier 1983, un nouveau Code de droit canonique est paru. Le canon mentionnant la Franc-Maçonnerie a disparu. Un nouveau Canon, le 1374, dispose que : "Qui s'inscrit à une association qui conspire contre l'Église sera puni d'une juste peine ; mais celui qui y joue un rôle actif ou qui la dirige sera puni d'interdit."

Le corpus législatif du Vatican est donc clair : sont excommuniés les catholiques qui complotent contre l'Eglise. La Franc-Maçonnerie régulière et traditionnelle n'en fait donc pas partie. Les plus farouches opposants à la Maçonnerie ajoutent tout de même qu'à l'initiative du Cardinal Joseph Ratzinger (l'actuel Pape Benoit XVI), le 26 novembre 1983, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a déclaré l'appartenance à la Franc-Maçonnerie et à l'Eglise romaine incompatible. Ce n'est là ni plus ni moins qu'un appel du pied à l'aile plus intégriste de l'Eglise catholique.

Tout juriste vous répondra que "ne compte que la loi et seulement la loi". Or le canon 1374 du Code de droit canonique promulgué par Jean-Paul II n'a jamais été modifié. La Franc-Maçonnerie n'est donc plus mentionnée dans le Droit Canonique. Elle ne l'est plus que dans des textes ou déclarations qui n'ont pas de portée législative particulière, hormis le fait que celui qui a prononcé l'incompatibilité est actuellement Pape.


Cette modification du Droit canonique est issu des nombreux dialogues entre dignitaires maçons et catholiques. Après la Seconde Guerre Mondiale de nombreux prêtres ont oeuvrés pour un rapprochement entre le Vatican et les Francs-Maçons.

C'est notamment une partie de l'oeuvre du Pére Riquet, un jésuite qui avait résisté et fut déporté à la fin de la Guerre. Lors de sa déportation il a sympathisé avec des juifs, des communistes et des franc-maçons.

Voici également le faire-part de décés de l'abbé Jean-Claude DESBROSSE paru dans le carnet du jour du Figaro du 9 décembre 1999. Il n'est pas rare de croiser un prêtre en Franc-Maçonnerie. Ce prêtre, qui avait reçu l'autorisation de son évéque, y mentionne ostensiblement tous ces titres maçonniques :

« Autun. »

« On nous prie d'annoncer le retour à l'Orient éternel de l'abbé Jean-Claude DESBROSSE, prêtre du diocese d'Autun, Châlon et Mâcon. »

« La messe de funérailles a été célébrée le samedi 4 décembre, en la cathédrale d'Autun. »

« En vertu d'une autorisation accordée en 1980 par l'autorité ecclésiastique, l'abbé Desbrosse était membre, depuis cette date, de la Grande Loge Nationale Française. Il est entré au souverain grand comité de cette obédience en 1994. Il fut membre, plus spécialement des respectables loges suivantes : Atlas 171 (Neuilly), Gislebertus 478 (Autun), Trafalgar 223 (Edimburgh). Il fut également dignitaire de la Grande Loge des maîtres maçons de marque de France, membre de la loge de marque Augustodunum 28 (Autun). Il fut aussi dignitaire des grands chapitres de la Sainte et Royale Arche de Jérusalem de France, d'Ecosse et de l'Etat d'Israël. Il était encore membre du grand prieuré d'Ecosse des chevaliers du Temple et de Malte. Cependant, c'est dans l'ordre Royal d'Ecosse qu'il trouva ses plus grandes joies maçonniques. Il se recommande à la prière de ses frères, compagnons et chevaliers. »

Voici ce qu'en dit l'Express : Ce personnage a été prêtre et franc maçon…Initié à la Grande Loge Nationale Française, le père Desbrosse est decédé voilà bientôt dix ans, le 9 décembre 1999. Outre ses fonctions de responsable des voyages au sein de l’évéché, l’abbé Debrosse était un « illustre frère », appartenant à plusieurs loges, ayant lui même gravi les hauts grades de la Franc Maçonnerie.

Il avait reçu l’accord de l’évêque du diocése Monseigneur Albert Le bourgeois pour étre admis en Franc maçonnerie, dans une obédience « déiste » d’ailleurs

Enfin, vous trouverez également sur le site http://www.croire.com/ une réponse à la compatibilité catholique et franc-maçon:

http://www.croire.com/article/index.jsp?docId=2268101&rubId=187


Voici un passage qui m'a convaincu :

"Éric s’affronte ici à un jugement de fait qui appelle autant de discernement qu’un jugement de valeur. À propos des faits, Blaise Pascal soulignait, dans sa 18e lettre provinciale, qu’il fallait s’en remettre aux constats de ceux qui y sont allés voir : «D’où apprendrons- nous la vérité des faits ? Ce sera des yeux, mon Père, qui en sont les légitimes juges» (2). Il faudrait donc que j’aille voir, pense Éric, ou me fier aux témoignages de mon ami, ou des journaux, ou des maçons déçus, car il y en a certainement, ou des autres qui y trouvent ce qu’ils cherchent. Cette pensée fit surgir une nouvelle question : qu’est-ce que j’irais voir parmi les maçons, que je ne trouve pas dans ma religion? A priori rien, puisque la Franc-maçonnerie n’est pas une religion. Éric reste cependant tenté. Car son christianisme marqué par le MCC se vit dans le monde, non pas un monde choisi et séparé, mais le monde tel qu’il est, et qu’il lui faut aimer à la manière du Christ.

 

Reste l’autorité des pasteurs de l’Église. Cette autorité est nécessaire dans toute organisation, admet Éric. «Il existe une justice maçonnique comme il existe des tribunaux ecclésiastiques, confirme l’ami maçon, car ce qui engage le corps ne peut être aissé à l’arbitraire de chacun.» Pourquoi alors, pense Éric, ne pas m’en remettre à la décision du pontife romain ? Ce qui le conduisait, à regret, à refuser la perche tendue par son ami franc-maçon. Mais un scrupule jaillit en lui, venu de la doctrine de l’Église, traditionnelle depuis saint Thomas d’Aquin, et qui établit le primat de la conscience : «Lorsque la conscience persiste dans son jugement (contraire à celui de l’autorité) après un examen suffisant et des efforts convenables, non seulement elle n’est pas coupable, mais nous avons le devoir de la suivre» . De quoi plaire aux francs-maçons! se dit-il."

Je terminerai sur cette phrase de Saint-Jean qui dans sa 1re Epître, nous indique : "Celui qui dit être dans la lumière et qui hait son frère est encore dans les ténèbres. Celui qui aime son frère, demeure dans la lumière, et il n'y a en lui aucun sujet de chute. Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres; il marche dans les ténèbres, sans savoir où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux.

source : http://jacquesashmole.blogspot.fr

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Catholique et Franc-Maçon

20 Avril 2012 , Rédigé par Henri BRINCARD Publié dans #Eglise catholique et FM

- Au cours des dernières décennies, la Congrégation pour la doctrine de la foi a rappelé aux catholiques que l’appartenance à un mouvement maçonnique était contraire à la foi chrétienne. J’aimerais savoir pourquoi toutes ces réserves face à la Franc-maçonnerie. ?

Votre question est courageuse. Avant d’y répondre, je voudrais faire, en guise de préliminaire, les remarques suivantes :

1) Il arrive que les hommes soient bien meilleurs que les doctrines auxquelles ils adhèrent. Il faut s’en souvenir lorsque nous rencontrons des francs-maçons. En revanche, c’est toujours le contraire qui se produit lorsqu’il s’agit de l’Evangile. L’Evangile est plus grand que celui qui le professe. Nous comprenons dès lors pourquoi la première vertu chrétienne est celle de l’humilité.

2) Au cours d’un dialogue, il convient de rejoindre le cœur profond de son interlocuteur. Dans ce cœur, en effet, il y a des aspirations qu’une fausse doctrine ignorera. C’est encore le cas des francs-maçons.

3) Les origines historiques de la franc-maçonnerie sont obscures. Dans le cadre de notre émission, je ne puis m’attarder sur elles. Pour éclairer mon propos, il suffit de dire que la franc-maçonnerie, telle qu’elle apparaît au début du 18ème siècle, ne peut revendiquer sérieusement une filiation avec certaines corporations médiévales, par exemple, avec celle des tailleurs de pierres. De telles corporations, en effet, étaient d’inspiration chrétienne. Or les constitutions d’Anderson de 1723, texte de référence pour tous les francs-maçons, ne comportent plus la moindre référence au Dieu révélé en Jésus Christ, révélation reçue, gardée et transmise par l’Eglise fondée sur les apôtres envoyés par le Ressuscité prêcher au monde l’Evangile du Salut. Un orfèvre en la matière, Jacques Mitterrand – qu’il ne faut pas confondre avec son homonyme célèbre, François Mitterrand, l’affirme nettement dans un livre où il explique les principes fondamentaux de la franc-maçonnerie.

Et maintenant, j’en viens à la question souvent posée : « Peut-on être catholique et franc-maçon ? » Je réponds clairement : non ! La déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi, déclaration engageant fortement l’autorité de l’Eglise, est sans ambiguïtés sur ce point. Elle est du 26 novembre 1983, signée par le cardinal Ratzinger, préfet de cette Congrégation et dit ceci : « On a demandé si le jugement de l’Eglise sur les associations maçonniques était changé étant donné que dans le nouveau code canonique, il n’en est pas fait mention expresse comme dans le Code antérieur. Cette Congrégation est en mesure de répondre qu’une telle circonstance est due aux critères adoptés dans la rédaction qui a été suivie aussi pour d’autres associations également passées sous silence parce qu’elles sont incluses dans des catégories plus larges.

Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure inchangé parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion. Les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas compétence pour se prononcer sur la nature de ces associations maçonniques par un jugement qui impliquerait une dérogation à ce qui a été affirmé ci-dessus.

Le Souverain Pontife Jean-Paul II, dans l’audience accordée au cardinal Préfet a approuvé cette déclaration ». Cette déclaration a été précédée par une autre, non moins claire, cette fois de la conférence épiscopale allemande. Faite en 1981, elle est cependant peu connue. C’est pourquoi j’invite mes auditeurs à la lire dans » la Documentation catholique » (n°18O7). On y développe longuement l’incompatibilité fondamentale entre la doctrine de la maçonnerie et les enseignements de l’Evangile.

- Et qu’en disent les francs-maçons ?

La franc-maçonnerie reconnaît elle-même cette incompatibilité. J’en veux pour preuve ce que dit à ce sujet Paul Gourdeau, ancien grand maître du Grand Orient de France. Ecoutons son message : « Ce qu’il est aujourd’hui important de comprendre c’est que le combat qui se livre actuellement conditionne l’avenir, plus encore le devenir de la société.

Il repose sur l’équilibre de deux cultures : l’une fondée sur l’Evangile et l’autre sur la tradition historique d’un humanisme républicain. Et ces deux cultures sont fondamentalement opposées : ou la vérité est révélée et intangible d’un Dieu à l’origine de toute chose ou elle trouve son fondement dans les constructions de l’Homme toujours remises en question parce que perfectibles à l’infini. De cette bataille perpétuelle recommencée avec vigueur depuis quelques temps, Malraux disait hier que le 21ème siècle serait religieux ou ne serait pas. C’est à cette affirmation, c’est à ce défi qu’il nous appartient de répondre. » ( » Humanisme » n°193, octobre 1990).

Faire dire à la franc-maçonnerie ce qu’elle n’a jamais pensé, c’est à l’évidence faire preuve d’une naïveté nourrie d’ignorance, c’est confondre sentimentalisme et générosité. Mais Gustave Le Bon ne disait-il pas déjà : » Beaucoup d’hommes sont doués de raison, très peu de bon sens

- Sur quels points s’opposent l’Eglise catholique et la Franc-maçonnerie ?

J’en vois trois principaux :

A) La franc-maçonnerie prône le relativisme doctrinal. Autrement dit les vérités profondes concernant l’homme et sa destinée ne peuvent être connues avec certitude. A ce sujet, il n’y a donc ni vérité définitive ni vérité universelle. Le croyant, au contraire, affirme : » Jésus Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie. » Mais le croyant authentique ajoutera aussitôt : » Si en Jésus Christ, j’atteins la vérité, cette vérité, je la reçois ; ensuite je suis appelé à la connaître toujours plus ; enfin, ce que j’en connais, je ne le mets pas suffisamment en pratique. C’est pourquoi connaître la Vérité ne signifie pas la posséder, c’est bien plutôt Elle qui me possède ! » Voici quelques conséquences de ce relativisme doctrinal :

a) La connaissance de l’Etre suprême est une connaissance si générale que tout homme peut se faire un dieu selon son idée. » Le grand architecte de l’univers » – comme on appelle Dieu dans la tradition maçonnique – est quelque chose d’indéfini, ouvert à toute compréhension. Autrement dit, chacun peut y introduire sa représentation de Dieu, le chrétien comme le musulman, le confucianiste comme l’animiste ou le fidèle de n’importe quelle religion. Pour le franc-maçon, » le grand architecte de l’univers » n’est pas un être au sens d’un Dieu personnel. C’est pourquoi, il suffit d’une » vive sensibilité religieuse » pour reconnaître son existence. Cette conception d’un Etre suprême, trônant dans un éloignement déiste, veut, bien entendu, saper à la base la foi catholique en Dieu et rendre vaine toute réponse de l’homme à Celui qui se révèle comme un Père plein d’amour et de miséricorde.

b) La franc-maçonnerie, d’une manière générale, refuse jusqu’à la possibilité d’une révélation divine. Certaines obédiences soutiennent que l’intelligence humaine peut affirmer l’existence de l’Etre suprême. Mais aucun franc-maçon n’acceptera jamais que Dieu ait parlé aux hommes, leur donnant une lumière venant des profondeurs de son Amour, une lumière confiée à l’Eglise pour être transmise fidèlement à tous les hommes.

Ajoutons que lorsque une révélation divine est considérée comme acceptable, une telle révélation ne passe en aucun cas par un magistère ecclésial. Elle est livrée à l’appréciation subjective de chacun. Il faut surtout souligner que la franc-maçonnerie verse dans un rationalisme typique du » Siècle des Lumières. » Un tel rationalisme est une infirmité intellectuelle. En effet, quiconque cherche la vérité, l’aime pour elle-même, sans jamais prétendre qu’elle provient de la seule raison humaine. Si la vérité attire seulement en tant que mesurée par l’homme, cette attraction ne cache-t-elle pas un grand orgueil ?

c) La franc-maçonnerie n’admet aucune morale objective et donc universelle. Selon un franc-maçon que je cite : « La morale est essentiellement contingente. Elle évolue ». Nous saisissons mieux aujourd’hui les conséquences funestes d’un tel scepticisme.

B) La franc-maçonnerie refuse toute idée de salut. L’homme se construit par lui-même. Il n’a pas besoin de Dieu pour changer son cœur et trouver le bonheur. Il en va autrement pour le croyant. La foi lui découvre qu’en Jésus Christ, Dieu est venu parmi les hommes pour les sauver. » Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a envoyé son Fils ». Ce salut consiste en une délivrance. C’est un salut de tout l’homme, proposé à tout homme. Jésus Christ sauve en particulier la liberté humaine, abîmée par le péché. Mais en Jésus Christ, la vie divine est aussi communiquée : c’est une vie de lumière et d’amour que « l’œil n’a pas vue et que l’oreille n’a pas entendu ». L’homme est appelé à entrer en communion avec la Trinité divine. Autrement dit Jésus comble et même dépasse les aspirations les plus profondes du cœur humain.

L’opposition farouche de la maçonnerie au salut apporté en Jésus Christ, me fait penser à cette réflexion d’un grand écrivain de notre temps : « Le plus impressionnant aujourd’hui n’est pas que l’homme fasse le mal, c’est-à-dire se détruise et détruise les autres. Le plus effrayant est que l’homme veuille se passer de Dieu pour faire le bien ». Pierre Simon, ancien Grand Maître de la Grande loge, le dit à sa manière : » L’homme est le point de départ de tout chose et de toute connaissance, il est sa propre référence. Seul aujourd’hui, il peut dire ce qui est bon pour l’homme. »

C) Le secret maçonnique est quelque chose que l’Eglise n’a jamais accepté.

Sur ce point, il n’est pas nécessaire d’affabuler : l’existence de ce secret, reconnue par les francs-maçons eux-mêmes, porte gravement atteinte à la dignité de la personne humaine. Le secret maçonnique, en effet, empêche l’homme de s’engager consciemment et librement.

Evoquons brièvement quelques aspects de ce secret : un maçon n’a pas le droit de révéler à un » profane » l’identité de ses frères ; tout au plus peut-t-il – s’il le juge utile – déclarer son appartenance à la franc-maçonnerie.

Il ne peut pas non plus divulguer le contenu de certains travaux auxquels il a pris part au sein de son atelier ni faire connaître aux frères de grades inférieurs les mots de passe, signes ou symboles propres à son grade. Enfin, il existe un secret spécial, fruit d’une initiation aux formes douteuses. L’initiation est censée conduire à une révélation intérieure illuminant celui qui en est l’objet au fur et à mesure qu’il avance sur la voie de la connaissance.

A sa manière la franc-maçonnerie est donc une gnose » au nom menteur » (saint Irénée) avec une dimension occultiste très inquiétante. Ajoutons que les hauts gradés de la franc-maçonnerie présents dans une loge de la base ne révèleront jamais aux membres de cette loge leur » dignité ». On a pu dire à juste titre que la franc-maçonnerie est une » superposition de loges secrètes « .

- Pourtant, certains se revendiquent d’une double appartenance : à l’Eglise et à la Franc-maçonnerie ?

Je suis bien conscient que ce que je viens de dire ne plait pas à tout le monde. Je n’ignore pas non plus qu’un illustre jésuite, le père Riquet – pour ne pas le nommer – a défendu une position différente de celle de l’Eglise. Il l’a même fait connaître dans un livre publié peu de temps avant son décès. A titre personnel, j’ai de l’estime pour le père Riquet.

Je rends hommage à son courage pendant la deuxième guerre mondiale. C’est sans doute, un religieux exemplaire sous beaucoup de rapports. Mais à propos de la franc-maçonnerie, il s’est gravement trompé, probablement abusé par des amitiés nouées en des circonstances difficiles et par une bonne dose de naïveté. A ce propos, il est salutaire de se souvenir que si instruits que nous soyons, nous demeurons fragiles, exposés à de nombreuses erreurs. Un lecteur attentif découvre sans peine que le père Riquet fait preuve de beaucoup de crédulité, par exemple, lorsqu’il affirme que le symbolisme de la franc-maçonnerie peut conduire à la découverte de Jésus Christ !

En revenant à votre question initiale, je tiens à ajouter que les évêques, et moi le premier, nous sommes la voix de l’Eglise dans la mesure où nous agissons en communion les uns avec les autres autour du » serviteur des serviteurs » qu’est le pape. La déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi est une déclaration qui doit éclairer notre action pastorale.

- Après tout ce que vous venez de nous dire, Père évêque, quelle attitude avoir à l’égard des francs-maçons ?

Ma réponse est celle-ci : la franc-maçonnerie constitue un défi qu’il faut relever sereinement et courageusement. Certes, il ne faut pas exagérer l’influence de la franc-maçonnerie ; il ne faut pas, non plus, la sous-estimer. L’attitude d’un catholique agissant en cohérence avec sa foi, doit, me semble-t-il, être la suivante : d’abord la clairvoyance. Cela signifie connaître avec exactitude les véritables objectifs que poursuit la franc-maçonnerie. Ensuite, le désir d’approfondir sans cesse la foi chrétienne. L’ignorance est le grand ennemi de la foi. Enfin, la résolution de suivre de plus en plus fidèlement Jésus Christ. L’exemple est plus convaincant que la seule parole.

Et voici le mot de la fin : notre vraie force est de prendre appui sur Jésus Christ. Lui seul peut changer les cœurs. C’est pourquoi, autant il faut combattre la franc-maçonnerie en rappelant qu’elle est une forme particulièrement nocive de » gnose « , autant il faut poser sur les francs-maçons un regard d’espérance, regard né d’une authentique charité, car » rien n’est impossible à Dieu » !

+ Henri BRINCARD Evêque du Puy-en-Velay

Source : www.chretiente.info

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1000ème article du blog : Rennes: les Francs-maçons du GODF, 1748-1998: 250 ans dans la ville

19 Avril 2012 , Rédigé par La lettre de l'IDERM Publié dans #histoire de la FM

Pour publier le 1000ème article de ce blog, j'ai recherché un texte faisant état de la Franc-Maçonnerie à Rennes. Pas facile de trouver une étude complète et j'ai du me contenter de vous transmettre ce résumé du livre de Daniel Kerjean, écrit en 2005.

"On a souvent souligné l'importance des monographies régionales pour une meilleurs connaissance de histoire de la Franc-maçonnerie. En effet, les études locales permettent de saisir toutes les composantes d'une réalité souvent trop simplifiée par les approches plus générales. L'ouvrage que publie aujourd'hui Daniel Kerjan, fruit de plusieurs années de recherche, est remarquable à plus d'un titre. Tout d'abord par le sujet puisque, avec La Parfaite Union, la Maçonnerie travaille à Rennes de façon continue depuis plus de 250 ans. C'est donc une véritable «coupe géologique» dans l'histoire de l'Ordre que peut nous présenter l'auteur: l'effervescence du XVIIIe siècle, la flamboyante maçonnerie de l'Empire, l'implication croissante dans le mouvement démocratique au mitan du XIXe siècle... La richesse des sources permet de restituer avec un niveau de détail passionnant toute l'épaisseur de la vie de la loge dans l'histoire de la ville. Grands jours comme, en 1802, celui où le maréchal Bernadotte, futur roi de Suède mais alors un des chefs du parti jacobin failli être initié. Moments difficiles quand en 1905 les Frères demandent l'aide du Grand Orient car dans un arrondissement les médecins, gagnés au parti clérical, refusent de soigner les familles des Maçons y compris lorsque les enfants sont malades. De ce livre très riches, on retiendra notamment le chapitre consacré à la période de la Révolution Française et dont les conclusions vont bien au-delà de la simple histoire maçonnique. L'œuvre d'Augustin Cochin sur le rôle des sociétés de pensées dans les événements de 1789 avait à son époque suscité des appréciations contradictoires. C'est François Furet qui en fait, dans les années 1970-1980, une des références de la nouvelle école historique sur la Révolution française qu'il anime et dont le célèbre Penser la Révolution Française sera le manifeste. A ce titre, la discussion de la thèse de Cochin devient un des enjeux du débat historiographique contemporain sur la Révolution. Or si Furet s'appuie sur Cochin, Cochin, lui, se fonde sur une étude de cas qu'il présente comme emblématique: l'histoire de l'une des grandes loges du XVIIIe siècle... La Parfaite Union de Rennes. Dans sa contribution serrée et qui va aux sources mêmes, Daniel Kerjan nous montre que si un certain nombre des acteurs de la Révolution à Rennes ont bien été Maçons, ce n'est souvent pas au même moment, cet engagement maçonnique a parfois été bien léger et la loge elle même a connu des divisions récurrentes. De plus les acteurs de la Révolution qui ont été à un moment ou à un autre membres de La Parfaite Union se retrouvèrent dans des camps politiques fort différents."

Source : la lettre de l'IDERM http://sog1.free.fr/Iderm

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Les maçons sont-ils les héritiers des bâtisseurs de cathédrales ?

19 Avril 2012 Publié dans #histoire de la FM

Des premiers maçons, les compagnons bâtisseurs de cathédrale, à la franc-maçonnerie philosophique des temps modernes, la transition se serait opérée en douceur.

En 1717, quatre loges londoniennes établies de « temps immémorial » et « quelques frères anciens » s’associent pour créer la première Grande Loge de Londres et jeter ainsi les bases d’une organisation centralisée qui aboutira, après plusieurs décennies et bien des péripéties, à la franc-maçonnerie moderne. Mais cet événement marque-t-il vraiment sa date de naissance. Il est évident que non : outre le fait qu’elle se réclame d’une fondation plus ancienne, l’initiative de ces loges vient sanctionner un état de fait et non le créer. Si l’on ne possède aucun document prouvant l’existence de ces quatre loges avant 1717, des « acceptations » dans des loges de personnes étrangères au métier de maçon sont bien attestées tout au long du XVIIe siècle. Le problème est donc en réalité le suivant : ces loges sont-elles les héritières des loges de métier de l’époque médiévale ? Car si les légendes maçonniques situent généralement la fondation de l’institution lors de la construction du Temple de Jérusalem sous le règne de Salomon (vers 970-931 av. Jésus-Christ) sous la conduite de l’architecte Hiram, c’est un lieu commun de la plupart des ouvrages consacrés à la franc-maçonnerie que d’affirmer, sans preuves, qu’elle provient directement des loges des « bâtisseurs de cathédrales ». Cette théorie trouve sa première expression notable dans la seconde édition des Constitutions d’Anderson (1738), texte fondateur de la maçonnerie moderne, lequel, en revendiquant une telle filiation « ininterrompue », vise avant tout à légitimer l’autorité autoproclamée de la Grande Loge de Londres. Cette hypothèse d’une maçonnerie spéculative naissant naturellement de la maçonnerie opérative par simple « transition », connaît aujourd’hui encore un grand succès, particulièrement en France, car elle flatte le sentiment d’enracinement des maçons dans une tradition multiséculaire et prestigieuse. Mais ce mythe fondateur est aujourd’hui remis en question par de nombreux historiens. Il apparaît de plus en plus nettement que, indépendamment du problème posé par les inévitables lacunes documentaires, la question de l’origine historique de la franc-maçonnerie est complexe et doit plutôt être posée au pluriel : quelles origines ? Car si la symbolique et l’appellation de l’institution obligent à supposer un lien avec les loges de bâtisseurs, aussi ténu soit-il, voire même plus idéal que réel, d’autres sources ont également joué un rôle important, si ce n’est prépondérant. Le plus ancien témoignage concernant l’organisation du métier de maçon en Angleterre remonte à 1356.

Les premiers règlements

Un conflit oppose les « maçons de taille » (les tailleurs de pierre) de Londres aux « maçons de pose ». Les autorités municipales édictent alors un règlement instituant la Compagnie des maçons, institution qui perdurera et au sein de laquelle, au XVIIe siècle, l’on peut relever la naissance des loges pré spéculatives. Ce règlement est modifié en 1481 et laisse alors apparaître une organisation relativement élaborée : la Compagnie exerce le contrôle du métier à Londres ; elle enregistre notamment les apprentis, lesquels, au terme de leur apprentissage (sept ans), comparaissent devant une commission interne, puis, après avoir prêté serment de fidélité et de loyauté envers le métier, la ville et la couronne, deviennent « hommes libres du métier ». Cette liberté ou « franchise » accordée aux maçons londoniens a souvent été rapprochée du terme franc-maçon (free mason), mais il est également possible que celui-ci soit la contraction de free (stone) mason, c’est-à-dire maçon de pierre « franche » (tendre, facile à tailler et à sculpter). Il est à noter que la symbolique maçonnique concerne tout particulièrement la taille de la pierre (le mot maçon désignant, au Moyen Âge, davantage le tailleur de pierre et l’appareilleur que le poseur) et que rien, dans les trois premiers grades, ne vient souligner le rapport avec une liberté acquise par l’affiliation à l’ordre. Le cas de la Compagnie des maçons de Londres reste d’ailleurs unique en Angleterre et il est donc difficile d’y voir l’origine de la franc-maçonnerie. On ne trouve dans le royaume aucune autre organisation exerçant une autorité équivalente sur un métier. Aucun document médiéval ne mentionne l’existence de « secrets » ou de grades. Plus encore, le mot « loge » n’est pas employé. Ce mot, pourtant si caractéristique de l’institution maçonnique, est attestée à partir du XIIIe siècle pour désigner la bâtisse édifiée sur le chantier où les ouvriers rangent leurs outils, travaillent, prennent leurs repas et se reposent. A partir du début du XVe siècle, il désigne l’ensemble des maçons d’un chantier, mais sans qu’il soit fait mention d’un contrôle du métier par cette communauté virtuelle. C’est seulement en 1598, dans les Statuts promulgués par William Shaw, Maître des ouvrages du roi d’Ecosse et Surveillant général de l’ « Incorporation » des maçons de ce royaume (reconnue en 1475), que le mot est employé pour désigner une juridiction permanente réglant l’organisation du métier et, fait important, coexistant avec l’institution municipale (corporation). C’est la loge qui contrôle l’entrée des apprentis et leur accès au rang de compagnon, qui règle les différends et punit les manquements au règlement. Mais la différence fondamentale, par rapport aux témoignages laissés par les organisations écossaises antérieures ou anglaises d’avant 1717, c’est que les maçons écossais de 1598 partagent des « secrets », notamment le « mot du maçon », qui leur sont communiqués au cours d’une cérémonie après qu’ils aient prêté serment de discrétion. Parmi les autres témoignages, les Old Charges, appelés aussi « Anciens devoirs » occupent une position privilégiée. Plus d’une centaine de manuscrits de ces Devoirs sont actuellement connus. Ils sont tous d’origine anglaise et s’échelonnent de la fin du XIVe siècle – les plus anciens étant les manuscrits Regius (vers 1390) et Cooke (vers 1420) – au premier tiers du XVIIIe siècle (certains sont postérieurs à 1717). Ces textes, classés en plusieurs « familles » par les spécialistes, sont structurés en deux parties : d’une part, une histoire légendaire du métier (où Euclide joue un rôle important) ; d’autre part, un code réglementant la conduite des maçons. Ces règlements diffèrent sensiblement de ceux de l’Ecosse ; en particulier, ils ne prévoient pas de dispositions laissant présager d’une coexistence avec un autre système réglementant le métier et ils donnent une large part à des prescriptions à caractère moral et religieux n’ayant aucun rapport direct avec le métier. De plus, ils n’évoquent pas l’existence de secrets et de mots de reconnaissance particuliers. Si les plus anciens de ces textes proviennent assez certainement de loges opératives réunies à l’occasion de tel ou tel chantier important, les plus récents semblent n’être que des copies effectuées au XVIIe siècle par des loges d’ores et déjà spéculatives. Les chercheurs contemporains penchent de plus en plus pour un « emprunt » par les spéculatifs de textes et de formes opératives, pour des raisons et dans les circonstances qui restent à éclaircir (politiques, religieuses ou sociales). Il est d’ailleurs à souligner que, malgré toute l’importance accordée aux Old Charges par les Constitution d’Anderson, c’est davantage du modèle opératif écossais que procède la maçonnerie moderne, la référence aux textes anglais apparaissant comme assez artificielle. L’intérêt pour l’architecture et pour l’Antiquité, caractéristique fondamentale de la Renaissance, trouve son symbole dans la redécouverte, en 1486, du De Architectura, le traité de Vitruve, architecte romain du 1er siècle av. J.-C. Très rapidement, de nombreuses traductions voient le jour dans toute l’Europe. Le portrait de l’architecte idéal selon Vitruve est celui d’un homme universel, connaissant non seulement la géométrie, les mathématiques et le bon usage des matériaux, mais possédant également une connaissance aussi vaste que possible de la météorologie, de l’astronomie, de la musique, de la médecine, de l’optique, de la philosophie, de l’Histoire, de la jurisprudence, etc. Nous avons là un programme d’études qui est à peu près celui que doit, symboliquement, parcourir l’apprenti franc-maçon lors de son passage au grade de compagnon. C’est en fait la base même de la franc-maçonnerie moderne.

Dans le sillage des compagnons

Or, l’Angleterre et l’Ecosse n’ont pas le monopole des organisations initiatiques de tailleurs de pierre. Pour ne citer que les deux exemples dont on connaît le mieux l’existence, il existe aujourd’hui encore en France un compagnonnage de tailleurs de pierre, les « Compagnons passants tailleurs de pierre » (un autre rite s’est éteint au début du XXe siècle), et il existait jusqu’au siècle dernier dans les pays germaniques une semblable organisation, la Bauhütte, dont le siège suprême était la loge de la cathédrale de Strasbourg. Si pour la France rien ne permet actuellement de prouver formellement l’existence de ces compagnonnages avant le début du XVIIe siècle, il n’en est pas de même pour la Bauhütte germanique : ses plus anciens règlements généraux remontent à 1459 et ils évoquent, comme les Statuts de Shaw, l’existence de pratiques secrètes, à caractère initiatique, et de mots de reconnaissance. Divers indices sérieux laissent cependant présager de l’existence de ces compagnonnages de tailleurs de pierre en France et en Allemagne dès le XIIIe siècle. Le fait est d’autant plus important que, dans les deux cas, il existe des similitudes avec la tradition maçonnique britannique (anglaise et écossaise) – ce qui n’exclut d’ailleurs pas des différences importantes. Au stade actuel de nos connaissances, ce serait aller trop vite en besogne que d’affirmer ipso facto que toutes ces fraternités initiatiques de tailleurs de pierre procèdent d’un tronc commun datant de l’époque médiévale, voir plus ancienne (pour ne pas dire biblique). Néanmoins, cette piste de recherche ne peut pas être rejetée : elle est même à privilégier.

La référence à Charles Martel

En effet, pour ne prendre qu’un seul exemple, elle trouve un écho troublant dans les légendes des Old Charges : ceux-ci présentent souvent la transmission de la maçonnerie à l’Angleterre depuis l’Antiquité comme s’étant opérée vie la France, du temps de Charles Martel. Or, c’est du même personnage que se revendiquent au XIIIe siècle les tailleurs de pierre parisiens pour faire enregistrer leur exemption du guet lors de la rédaction du Livre des métiers. Le fait en lui-même n’est peut-être pas historique, mais, quoi qu’il en soit, cette revendication démontre l’existence, dès cette époque, de racines légendaires communes. Et si le recours au thème de la construction du temple salomonien peut être considéré comme étant un indice insuffisant, car faisant partie de la culture « de base » à toute organisation médiévale de bâtisseurs, il n’en pas de même pour cette référence à Charles Martel, qui n’apparaît nulle par ailleurs. Il est donc obligatoire de poser l’hypothèse de l’existence de liens. D’autres indices d’une possible « origine » française ou, en tout les cas, continentale, existent dans les Old Charges. Cela n’a au fond rien d’étonnant si l’on tient compte de l’influence qu’exerça la France sur le développement de l’architecture gothique en Europe, influence due, entre autres facteurs, à la migration d’équipes entières de bâtisseurs. Une semblable migration s’est d’ailleurs répétée dans les décennies qui précèdent la naissance de la Grande Loge de Londres, suite au grand incendie qui ravagea la cité en 1666. Rien n’interdit donc de penser que des échanges dépassant le strict cadre technologique se sont produits à ces occasions. Il serait en fait parfaitement stupide de considérer que des bâtisseurs aient pu résider plusieurs années en terre étrangère sans fraterniser avec leurs homologues locaux ou sans que ceux-ci ne cherchent à pénétrer leurs « secrets »… Il apparaît par ailleurs, au travers des recherches les plus récentes, que les Compagnons passants tailleurs de pierre français sous l’Ancien Régime formaient un milieu possédant une culture « vitruvienne » et côtoyaient assidûment non seulement la noblesse et le clergé – leurs commanditaires – mais semble-t-il également les graveurs, imprimeurs et autres gens du Livre, un milieu passionné d’architecture (plusieurs la pratique avec talent) dont on sait qu’il joua, à l’échelle européenne, un rôle considérable dans l’épanouissement de l’hermétisme au XVIe et XVIIe siècles. Cet aspect peu connu susceptible de totalement modifier l’histoire des fraternités initiatiques de métiers possède un équivalent en Angleterre. En 1992, Joy Hancox publiait une étude sur une étonnante collection de dessins géométriques, architecturaux et symboliques, datant du XVIIe et du tout début du XVIIIe siècle et réunie vers 1725 par John Byrom (1691 – 1763), membre de la Royal Society et franc-maçon. Ces dessins renvoient explicitement à des thèmes et à des personnages qui appartiennent précisément à ce milieu des gens du Livre, des architectes et des hermétistes européens du XVIIe siècle, tels Théodore de Bry (graveur et éditeur de la plupart des grands textes hermétiques de l’époque), Michel Le Blon, Salomon de Caus (ingénieur protestant d’origine française et ami intime d’Inigo Jones, lequel est revendiqué en 1738 par Anderson dans ses Constitutions comme ayant été un Grand Maître de la maçonnerie), Athanasius Kircher, Isaac Newton, etc. Ce milieu s’ordonne autour des idées de l’alchimie et de la Kabbale chrétienne mais est aussi, au tout début du XVIIe siècle, très marqué par le courant rosicrucien qui, s’il se manifeste dans les contrées germaniques, possède de fortes racines et répercussions en Angleterre. Parmi les références à la franc-maçonnerie datant du XVIIe siècle, plusieurs font le rapprochement entre celle-ci et les mystérieux rose-croix. L’hypothèse d’un rapport étroit avec le rosicrucianisme n’a pas seulement pour mérite d’expliquer en profondeur l’accroissement du caractère spéculatif de la franc-maçonnerie au XVIIe siècle : ce courant possède une dimension politique considérable, dont l’alliance entre l’Angleterre et le Palatinat par le mariage en 1613 de la princesse Elisabeth avec Frédéric V, l’Electeur palatin, fut une tentative de réalisation.

En effet, le thème central des textes rosicruciens, c’est la description d’une société harmonieuse, dirigée par un cénacle d’initiés – thème qui sera remarquablement exposé en Angleterre par Francis Bacon (1561 – 1626) dans sa Nova Atlantis. C’est précisément là – on le lui a souvent reproché à cause de ses dérives – l’un des autres aspects caractéristiques de la franc-maçonnerie moderne… Au terme de ce bref tour d’horizon, il apparaît donc comme probable que la franc-maçonnerie est née non pas dans le sillage « direct » des loges de bâtisseurs, mais dans celui de ces hermétistes, rosicruciens et Kabbalistes, passionnés d’architecture et presque tous impliqués dans la fondation de la Royal Society. Le rapide développement de la franc-maçonnerie sur le continent pourrait d’ailleurs s’expliquer par le fait qu’il ne s’agissait pas seulement d’une nouveauté anglaise « à la mode », mais d’une sorte de « retour aux sources ». Car, outre la naissance quasi immédiate des hauts grades, ce développement s’est également accompagné d’une importante mutation du contenu des grades. La franc-maçonnerie britannique aurait-elle rencontré sur chemin des survivances d’une maçonnerie continentale ? C’est, avec la question de l’articulation entre les loges médiévales et celles de la Renaissance, au XVIe siècle, ainsi que celle de l’articulation entre les loges de bâtisseurs et les cénacles hermétistes et rosicruciens, au XVIIe siècle, l’un des nombreux mystères qui restent encore à éclaircir. source : http://www.chroniqueshistoire fr

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Le réveil des "frères " après la Révolution

19 Avril 2012 Publié dans #histoire de la FM

Mises en sommeil durant les  heures   sombres de la Révolution, les loges se réactivent sous le Consulat et l'Empire, quand l' initiation devient une preuve d'honorabilité et de réussite.

Implantée en France en 1725, la franc- maçonnerie y est florissante à la veille de la Révolution. Si la Grande Loge, dite Grande Loge de Clermont , compte moins de 200 loges, le Grand Orient, fondé en 1773, en rassemble environ 700, dont 84 à   Paris  et 479 en province , sans omettre des loges coloniales ou étrangères et des loges régimentaires. Il doit sa vitalité à son administrateur général , le duc de Montmorency- Luxembourg , plus qu'à son Grand Maître, Louis-Philippe  Joseph, duc de Chartres , puis duc d'Orléans.

La noblesse , d'épée ou de robe  , est largement présente dans les ateliers ; les aristocrates maçons représentent parfois jusqu'à 30 % des effectifs d'une loge. Dans les villes de Parlement , la présence des magistrats n'y est pas exceptionnelle. A Rouen , Louis François Elie Camus de Pontcarré, Premier Président du Parlement en 1782, est membre honoraire de la Céleste Amitié de 1782 à 1787 ; à Grenoble , en 1785, le vénérable de la loge Bienfaisance et Egalité est le Président de Barral de Montferrat, le premier surveillant, l'avocat général Savoye de Rollin et le deuxième surveillant, le conseiller La Salcette ; sur les tableaux de la loge dijonnaise la Concorde établis entre 1777 et 1783 figurent cinq Présidents ou anciens Présidents et cinq conseillers . Dans certaines loges, la présence des financiers est forte , comme dans les loges parisiennes les Amis réunis ou la Société   olympique, à laquelle appartient Necker.

  Ailleurs , le monde du grand négoce l' emporte ; en 1789, les deux tiers des 48 frères du Nouveau Peuple éclairé de Marseille   appartiennent à l'oligarchie des affaires . De nombreux ecclésiastiques, réguliers ou séculiers, sont aussi devenus enfants d'Hiram. De 1775 à 1785, la loge la Parfaite Union de Rennes a initié douze ecclésiastiques, parmi lesquels figuraient plusieurs prieurs (ceux des minimes, des bénédictins, des augustins) et le procureur des jacobins ; en 1786, la loge les Vrais Amis de Bourg-en-Bresse accueille le prieur des dominicains et celui des augustins, ainsi qu'un chanoine d'Ainay (Lyon). En Normandie , la présence des bénédictins de Saint -Maur est remarquable. Enfin, il convient de ne pas oublier les dames des loges d'adoption, comme la princesse de Lamballe.

La vie maçonnique est consacrée aux relations mondaines et à la philanthropie : aide aux vieillards, aux orphelins et aux indigents, réalisation de projets coûteux comme la construction d'hôpitaux. La culture , la lecture et les arts sont à l'honneur. Dans certains orients, les frères sont aussi membres d'une académie ; dans d'autres , au contraire, ils ont demandé à recevoir la lumière après avoir été rejetés par des académies au fonctionnement particulièrement élitiste. A Paris, la loge la Société olympique, fondée en 1783, initie des musiciens et organise des concerts ; Haydn compose à son intention six symphonies, dites " symphonies parisiennes ".

Malgré ce dynamisme, à la fin du XVIIIe siècle , le Grand Orient traverse une crise de valeurs . L'obédience est travaillée par une démocratisation de ses structures et l'on assiste à " une descente sociale du fait maçonnique " selon l' expression d'Eric Saunier, qui gagne la petite bourgeoisie. Toutes les loges n'acceptent pas cette évolution et certaines tiennent à leur élitisme social ; à Rouen, les petits bourgeois rejetés par les loges nobiliaires se rassemblent dans une nouvelle loge, l'Ardente Amitié : le mot " égalité " n'a pas le même sens dans le monde maçonnique et dans le monde profane. Par ailleurs, une frange de la maçonnerie manifeste son intérêt pour des questions idéologiques ; elle rompt ainsi avec le traditionnel apolitisme des loges, seule attitude permettant aux francs-maçons de prouver qu'ils sont de loyaux sujets, de rendre inutile la surveillance de la  police  et de réduire à néant les critiques de leurs adversaires. Cette neutralité n'est d'ailleurs pas feinte, et pour de nombreux maçons, le respect des pouvoirs établis est une exigence ; elle leur permet de s'adapter à différents régimes.

Les débuts de la Révolution voient les francs-maçons se diviser. Dès ses prémices, certains manifestent leur attachement à l' Ancien Régime . Le duc de Montmorency-Luxembourg accepte de renoncer aux privilèges financiers de la noblesse, mais refuse absolument le principe du vote par téte aux états généraux ; il émigre le 15 juillet 1789. Les maçons rouennais Camus de Pontcarré et Lambert de Frondeville sont hostiles à toute innovation ; lors des journées d'octobre 1789, le second conseille méme à Louis XVI de répondre au peuple soulevé par des coups de canon. A Marseille, le marquis de La Fare, membre de la loge le Nouveau Peuple éclairé, s'oppose à toute réforme, émigre et entretient des relations avec un réseau contre-révolutionnaire. Au total , 29 % des maçons nobles émigrent avant la fuite du roi. Mais nombre de frères font au contraire preuve de libéralisme, aspirent à des réformes et sont favorables à une monarchie constitutionnelle. Actifs lors de la rédaction des cahiers de doléances et de la préparation des élections pour les états généraux, des députés maçons, notamment du tiers état, mais aussi du clergé, se rangent derrière Mirabeau (qui avait été affilié à la loge parisienne les  Neufs Soeurs   au mois de décembre 1783) et se montrent favorables à la formation d'une Assemblée nationale constituante. Parmi les 1 200 députés de la Constituante se trouvent un peu plus de 200 maçons.

Divers auteurs insistent sur les   positions  modérées des francs-maçons durant la période révolutionnaire. Ces derniers se sentent progressivement dépassés par les événements ; la prise des Tuileries (La Fayette quitte la France après le 10 août 1792), l'exécution de Louis XVI et celle des Girondins les poussent à prendre leurs distances avec une Révolution qui leur semble aller trop loin. Aussi nombre de francs-maçons sont-ils emprisonnés ou guillotinés . Plus d'un fils d'Hiram monte en effet sur l'échafaud, et tout d'abord l' ancien Grand Maître du Grand Orient, le duc d'Orléans, dont la téte tombe le 6 novembre 1793. A Toulouse , durant le premier trimestre 1794, 70 maçons figurent sur la liste des personnes guillotinées.

Toutefois, bien d'autres francs-maçons adoptent des positions moins mesurées : Marat n'est-il pas franc-maçon ? Le 17 janvier 1793, la moitié des conventionnels maçons votent contre la mort du roi, l' autre moitié est composée de régicides, comme Charles -François Duval de La Bréhonnière et Joseph-Marie Séveste de La Mettrie, membres de la loge l'Egalité de Rennes, ou Prieur de La Marne, membre de la Triple Union de Reims et probablement de la Bienfaisance chalonnaise. A l'opposé, dans l'Ouest, des maçons s'engagent dans la chouannerie. Une conclusion s'impose : pendant la Révolution, les francs-maçons n'ont pas suivi une ligne politique unique ; que ce soit sous la Constituante, la Législative ou la Convention , on trouve des frères d'opinions divergentes ou contraires . Un épisode rend parfaitement compte de cette diversité . Le 10 aoà»t 1792, le maçon Pierre- Dominique Garnier , futur général d'Empire, est à la téte du 21e bataillon qui s'empare des Tuileries, alors que 11 des 50 officiers des gardes suisses assurant la défense du palais sont eux aussi maçons. Les francs-maçons qui ont exercé une action politique l'ont d'ailleurs fait en leur nom propre et non en celui de leur obédience ou de leur loge.

Tandis que les francs-maçons adoptent ainsi des positions différentes, les loges cessent progressivement de fonctionner. Pour la plupart, la mise en sommeil survient en 1790, 1791 ou durant le premier semestre 1792 ; mais quelques-unes ont arrété leurs activités dès 1789, comme la Parfaite Union d'Orléans, l'Union de la Sincérité de Troyes ou la Société olympique, dont le siège, situé sous les arcades du Palais-Royal , a été envahi par les gardes françaises dès le mois de juillet 1789. Cette suspension de l'activité maçonnique s'explique par la difficulté des temps, la dispersion des frères et la multiplicité des fonctions auxquelles ils sont appelés. La loge des Vrais Amis de Bourg-en-Bresse ne transmet au Grand Orient son tableau de 1789 qu'en février 1790, avec ces explications : " Les révolutions qui ont agité cette ville comme le reste du Royaume ont apporté du relâchement dans nos travaux, plusieurs de nos frères étant spécialement chargés des affaires publiques . " En effet, les francs-maçons, qui sont souvent des notables, se trouvent logiquement chargés de tâches administratives, dans les départements, les districts, les municipalités. Les mutations de la sociabilité entraînent un transfert d'activité des loges vers les clubs et les sociétés populaires. Malgré tout, quelques loges du Grand Orient fonctionnent encore en 1793 et 1794 grâce à une forme de " mimétisme révolutionnaire ". Quatre loges de Toulouse (Les Coeurs réunis, la Française Saint-Joseph des Arts, la Sagesse et les Vrais Amis réunis) se transforment en " loges républicaines ", brà» lent leurs anciennes constitutions, exigent un certificat de civisme des candidats à l'initiation, font revétir un bonnet rouge à leurs dignitaires. Paradoxalement, d'anciennes règles maçonniques sont conservées dans ces loges républicaines ; elles refusent d'initier les domestiques et les travailleurs manuels salariés et maintiennent une ségrégation sociale entre loges de petits artisans (les Vrais Amis réunis) ou de gros négociants (la Sagesse). Le représentant en mission les fait d'ailleurs fermer au mois d'octobre : le pouvoir révolutionnaire voit souvent d'un mauvais œil ces sociétés secrètes o๠peuvent conspirer les ennemis de la République.

En ces années difficiles, il y a malgré tout quelques fondations. En décembre 1790, le Dr Gerbier installe la loge parisienne des Amis de la Liberté, qui se proposent d'assurer la diffusion du message républicain dans le monde maçonnique ; en 1793, est créée la loge parisienne le Centre des Amis, fondée pour sauvegarder les valeurs et les rites de la maçonnerie traditionnelle. Ces deux loges entretiennent des relations. En octobre 1790, apparaît le Cercle social, qui tient de la loge, du salon littéraire et du club politique, mais qui n'est pas une loge à proprement parler, bien que 20 % de ses membres - parmi lesquels figurent Barère, Condorcet et Camille Desmoulins - soient maçons.

Les obédiences se heurtent aux mêmes difficultés que les loges. La Grande Loge de France tient sa dernière réunion le 3 octobre 1791. En 1792, le Grand Orient arrive à former une sorte de comité officieux pour la sauvegarde des personnes et des biens ; il poursuit son activité jusqu'en février 1793. A cette date, il n'a plus de Grand Maître puisque le duc d'Orléans a donné sa démission le 5 janvier 1793, par une lettre célèbre publiée dans le Journal de Paris .

Dans ces conditions, que vaut la fameuse thèse du complot, lancée par l'abbé Lefranc, reprise par l'abbé Barruel et indéfiniment ressassée par la suite, par Augustin Cochin, par Bernard Faà? et d'autres ? Que vaut l'opinion d'amis de la Révolution, de la République et de la franc-maçonnerie, comme Louis Blanc, pour qui les loges ont donné une impulsion décisive au processus révolutionnaire ? Tous les travaux des historiens rigoureux et impartiaux en ont fait justice, tout en reconnaissant, qu'à l'instar d'autres sociétés, les loges ont joué un rôle dans la diffusion des Lumières et la propagation de la notion de liberté.

Les obédiences reprennent leurs activités après quelques années d'interruption. La Grande Loge se réveille le 24 juin 1795. Le 24 février 1797, le Grand Orient, qui a repris une certaine vigueur depuis 1795, peut à son tour annoncer officiellement sa renaissance. Bonaparte comprend vite l'intérêt politique et social de la franc-maçonnerie ; il s'appuie sur elle comme sur une sorte de " parti officiel ", afin de contrôler tout ce qui compte dans l'opinion publique. L'abeille napoléonienne s'allie à l'acacia, l'un des symboles de la franc-maçonnerie.

Dans les différents orients, les loges, progressivement réveillées après le 9 Thermidor, mais surtout à partir du Directoire, reprennent vie sous le Consulat ou l'Empire. Des loges nouvelles " allument leurs feux " : ainsi, à Paris, la Clémente Amitié en 1805, ou la Rose du Parfait Silence en 1813. La composition des loges change : plus sensible aux condamnations pontificales qu'avant 1789, le clergé ne demande plus l'initiation ; la noblesse d'Ancien Régime rentrée d'émigration hésite à côtoyer la noblesse d'Empire ; les fonctionnaires francs-maçons sont au contraire nombreux. Localement les notables appartiennent souvent à la loge, car, sous l'Empire, l' initiation est considérée comme une preuve d'honorabilité et de réussite. Dans la loge du chef-lieu de préfecture, le maillet de vénérable est souvent tenu par le préfet ; de 1800 à 1814, les francs-maçons représentent 47 % du corps préfectoral. L'exemple de la loge Saint-Jean des Arts d'Auch est exemplaire. En 1806, M. Balguerie, préfet du Gers, tient le premier maillet ; à ses côtés maçonnent le directeur des Droits réunis, le conservateur des Hypothèques, le vice-président du tribunal et d'autres notables civils, et le général de division Dessoles. Les maires trouvent aussi leur place dans les loges, comme Louis Lézurier , maire de Rouen et membre de l'Ardente Amitié ; de 1800 à 1815, les maires successifs de Vannes appartiennent tous à la loge la Philanthropie. Trois des 93 loges que Paris compte en 1810 sont particulièrement prestigieuses, la loge Sainte-Caroline, l'Impériale des Francs Chevaliers et surtout la loge Saint-Napoléon, et cette dernière reçoit " sur ses colonnes " 3 maréchaux, 9 généraux et un vice-amiral ; son vénérable est le naturaliste Lacépède, qui est aussi grand chancelier de la Légion d'honneur.

De nouveau, l'activité des loges consiste surtout en mondanités et en pratiques de bienfaisance ; en 1805, la loge Saint-Louis des Amis réunis de Calais met au concours un sujet portant sur " la franc-maçonnerie en tant que société charitable ". Le caractère ésotérique du travail maçonnique est alors pratiquement abandonné, tandis que s'impose la dimension religieuse, avec l'invocation au Grand Architecte de l'Univers. L'inféodation à la dynastie Bonaparte est absolue. Les frères fétent avec enthousiasme les victoires militaires, le sacre de Napoléon ou la naissance de son fils. Le buste de l'empereur trône dans les loges ; aux Cœurs unis de Blaye, un buste est ainsi inauguré en grande pompe le 29 aoà»t 1805.

Etroitement liée à l'Empire, la franc-maçonnerie se ressent de la chute de Napoléon. La fin de l'alliance de l'acacia et de l'abeille ouvre une nouvelle période de son histoire. Source : http://www.chroniqueshistoire.fr/

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