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La loge militaire : Hainault Montmorency Hainaut Luxembourg

10 Avril 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #histoire de la FM

La L du régiment de Hainaut fut, avant 1771, laplus importante L mil.-, de France. C'est avec des éléments sortis de son sein, et avec le concours de la L des Mousquetaires et de celle des Amis Réunis, que fui formé le G O Son VM , le duc de Luxembourg, fut le véritable artisan de cette organisation.

Cette Lfut constituée par la GLde France le 1er juin 1762, sous le titre de Montmorency-Luxembourg. Ses pouvoirs furent renouvelés le 13 décembre 1773, par le GO Au moment de sa création, son colonel, le marquis de Montmorency-Royan, en était le VM , et parmi ses membres figuraient le lieutenant-colonel de Saint-Eloy ; le major de Saporta ; le commandant de Gand et les capitaines chevalier de Chollet et de Saulnier.

En 1772, elle se composait, d'après son tableau, de : Ven , Anne-Charles Sigismond de Montmorency-Luxembourg et Châtillon-sur-Loing, adm.gén. del'ordre; surv , Anne Paul-Emmanuel de Montmorency, chev. de Luxembourg, fils du précédent, cap. g. des corps, m. de camp de cavalerie ; 2e surv. , le Prince de Rohan-Guémené, cap. com. comp. gens d'armes duroi,m.de camp cavàl. ; orateur, Paul-Etieune-Augustede Beauvilliers, comte deBuzançois, G. d'Espagne de lr 0 cl., col. inf.; secret , duc de Lauzun, cap inf. corp. g. fr., puis duc de Biron ; trésorier, Pierre-Catherine Giraud-Destour, chev. Saint-Louis, lieut.-col. inf. ; maître d'hôtel, Adrien-Jean-Charles, chev. de Launcy, col. inf., off. maj. garde française, frère du gouverneur de la Bastille, m.* de cérém , Louis J.-B. de Seignelay, brig. armées du roi, col. rég. Champagne ; G. expert, marquis de Filz-James, brig. arm. du roi, col. inf. ; membres : vicomte d'Adhemar ; marquis de Barbantane ; S. A. R. de Bourbon, prince de Condé ; comte de Chabot ; duc de Coigny ; de la Faye ; chev. de Durfort ; duc de Fronsac ; marquis de Gamaches ; marquis de Laval ; prince de Ligne ; duc de la Trémouille ; prince de Montbazon ; prince de Nassau ; comte d'Osmont ; comte d'Ouessant ; comte de Périgny ; prince Piguatelli ; comte de Rouault ; vicomte de Rouault ; Varenne de Béost. En 1773, son cadre d'officiers était modifié de la façon suivante : VM., Anne-Ch. Sigis. de Montmorency, duc de Luxembourg : orat ,. comte de Buzançois ; 2e surv , prince de Rohan-Guémené ; 1e 1' surv , Anne- Paul Emmanuel de Montmorency, chev. de Luxembourg ; secret., duc de Lauzun ; m.-, céréni , marquis de Seignelay; m.-, d'hôtel, chev. de Launey ; trésorier, Giraud-Destours ; grand expert, marquis de Fitz- James ; membres : duc de la Trémouille ; vicomte de Rouault ; comte de Périgny ; Varenne de Béost.

En 1775, nous voyons figurer une nouvelle recrue, le chev. de Jerningham.

En 1776, elle comprenait 36 membres. Son VM , jusqu'en 1789, fut le capitaine des grenadiers de la Faye ; son secrétaire, le lieutenant Barbier ; son député au G O le comte de Buzançois, colonel d'infanterie, demeurant rue Saint-Dominique.

De 1779 à 1790, figurent parmi ses nouveaux membres :

Les capitaines de Barre, de Borassol, Deschamps, de Saviny et de Valleron ;

Les lieutenants de Clery, Donnadieu, du Coudray. Icard et deValory j les sous-lieutenants André, Bouché, chev. d'Icard, Lafon, Perier et Villaret.

Depuis le lc,'juin 1763, à la L des officiers la GL avait adjoint une L de bas-officiers, sous le titre de Sigismond-Luxembourg. Les constitutions de cette L furent renouvelées par le G O le 13 décembre 1773. Moins prospère que la L des officiers, cette L en 1776 ne comprenait que 11 membres. Son VM jusqu'en 1785 fut le sergent de la Faille et son député le comte de Buzançois.

En 1788 et 1789, elle eut pour VM. -. le capitaine chev. de Goussencourt, pour secrétaire le sergent Auguste Baude, et pour député au G. O Mercier, négociant.

En 1791, le régiment de Hainaut devint le 50e d'infanterie, et en 1794 il contribua à la formation des 99' et 100e demi-brigades.

Le 17 juillet 1804, le 50e d'infanterie, qui n'avait du reste aucun lien de sang avec la régiment de Hainaut, fit constituer sa L sous le litre de: les Enfants de Bellone.

Source :

http://fr.wikibooks.org/

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Les Loges militaires ; Vivarais Parfaite Union et Dauphin Dragon Parfaite Union

10 Avril 2012 Publié dans #histoire de la FM

VIVARAIS PARFAITE UNION

Le premier régiment français qui eut une L , reconnue par la suite officiellement par le GO , fut le régiment de Vivarais. Cette L avait pour titre distinctif : la Parfaite Union ; elle fut constituée le 15 avril 1759. Elle avait alors pour maître son colonel, le chevalier de Lanps, et on voit figurer parmi ses membres : lieutenant-colonel ; Maumusson, major; Beaudiau ; Dutilly ; Gualy ; Pagny et Vauconcourt. Maucler,

En 1775, elle se composait de quinze membres, parmi lesquels : Dupred, VM ; Roux, Lamarque et Seguin. Lamarque était son député au GO

De 1777 à 1789, Dupred, sous-lieutenant de grenadiers, fut son VM , et Charles de Roux, chev. de Saint-Louis, capitaine commandant, fut son secrétaire.

De 1779 à 1790, nous voyons figurer parmi ses membres :

Les capitaines : d'Auffrery ; de Borda ; chev. de Borda ; de Laroque ; de Montels et de Saint-Just ;

Les lieutenants ; de Castanet ; Deshous ; d'Hardivilliers ; Laffitte de Pelleport et Vandoeuvre;

Les sous-lieutenants : Bonnefoux ; Cyvoct ; Duboys de la Motte ; de Gevaudan ; Lahaye ; La Pujade ; Montrond ; Perdigau et Solage.

Le régiment de Vivarais devint, en 1791, le 71e régiment d'infanterie, et en 1794, ses deux bataillons servirent de noyau aux 131e et 132e demi- brigades.

(1) Tout en remerciant ici la haute personnalité écossaise qui a bien voulu me signaler une partie de ces noms, je regrette que des raisons de famille ou des raisons de parti l'aient empêché de me fournir la liste entière. Il faut espérer que, par la suite, mon travail sera complété et que l'on publiera l'intégralité des documents sur le rôle de Charles- Edouard en Ecosse en 1745 et 1746, et en France en 1748.

Il ne me paraît pas que la L. du régiment de Vivarais se soit reformée en 1801.

DAUPHIN-DRAGON  PARFAITE UNION

C'est également sous le litre distinctif de Parfaite Union que, le 5 mai 1760, fut constituée la L. de Dauphin-Dragon. La G L renouvela ses constitutions, le 29 août 1772, et le GO le 29 février 1776.

Avant 1771, figurent parmi ses membres ; le colonel comte de Canisy- d'Hervilly ; le lieutenant-colonel du Bâtiment ; le major Buzelet et les capitaines Marion et chev. de Tudert.

En 1776, celte L ne comprenait pas moins de 30 membres. A celte époque, son VM était le capitaine chevalier de Champeaux, chevalier de Saint-Louis. Son secrétaire était Kalekgraler, quartier-maître tréso- rier. Ces officiers occupaient encore ces fonctions en 1785.

En 1788, le VM était le lieutenant-colonel comte de Rocheret, brigadier dos armées du roi, et le secrétaire Wirion, quartier-maître trésorier.

En 1789, le VM était le lieutenant Desvieux, et le secrétaire de la Hais, quartier-maître trésorier.

Depuis 1788, le député au GO était le capitaine de dragons Lambert, demeurant au Vieux Louvre.

Parmi ses membres de 1779 à 1790 : le capitaine de Beaupuy ; les lieutenants de Bermont et de Rigault ; les sous lieutenants Abzac, Baillas, Devieux et Lucet.

En 1791, Dauphin-Dragon fut dénommé 7° régiment de dragons. Lors du réveil des L , en 1801, il ne me paraît pas que celle de ce régiment ait été tirée de son sommeil.

source : http://fr.wikibooks.org/

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Les loges militaires : Walsh La parfaite égalité

10 Avril 2012 Publié dans #histoire de la FM

WALSH LA PARFAITE ÉGALITÉ

En 1661, Charles II, à la veille de monter sur le trône d'Angleterre, forma à Saint-Germain en Laye un régiment sous le titre de Royal Irlandais, Ce régiment suivit la fortune des Stuarts sous le nom de Gardes Irlandaises. Compris dans la capitulation de Limerick, il débarqua à Brest le 9 octobre 1689, sous les ordres du colonel lord William Dorrington, appelé à remplacer son ancien colonel le duc d'Ormond, qui avait embrassé le parti de Guillaume III. Jusqu'en 1698, il tint garnison à Saint-Germain, sous le nom de Garde Irlandaise, en dehors des cadres français, bien qu'entretenu par Louis XIV. Le27 février 1698, il fut incorporé dans l'armée française sous le nom. de son colonel, qui était toujours lord Dorrington. Jusqu'à la formation des demi-brigades, ce régiment prit tour à tour le nom de ses divers colonels : Rooth (Michel Lesley, comte de), le 12 décembre 1718 ; Roolh (Charles-Edouard Lesley, comte de), le 28 mai 1733 ; Roseommon- (Robert Dillon, comte de), le 19 août 1766 ; Walsh-Serrant (Antoine-Joseph-Philippe, comte de), le 11 avril 1770 : Walsh i Charles-Joseph-Augustin, vicomte de), le 10 mars 1788; et O'Neill (Jean), le 8 janvier 1792. En 1791, il avait formé le 92e régiment d'infanterie.

Ce régiment semble avoir eu la plus ancienne L reconnue par le GO de France. En effet, le 13 mars 1777, le GO admit que sa constitution primitive datait du 25 mars 1688, et que cette constitution avait été renouvelée le 9 octobre 1772 par la GL de France.

Comment fut-elle installée à l'origine et de quelle puissance maçonnique tenait-elle ses pouvoirs ? Elle ne figure sur aucune des listes de L. '. reconnues par les Grandes L anglaises, et tout porte à croire qu'elle fut formée par la réunion de plusieurs frères, initiés antérieurement, qui constituèrent la L. . de leur propre autorité. C'est du reste de cette façon que se formèrent la plupart des L françaises- antérieures à 1743.

Quel était son titre distinctif ? Il est probable qu'elle n'en ait pas eu au début. Je ne relève le titre de Parfaite Egalité qu'à partir de 1752, mais il est possible qu'elle l'ait porté antérieurement. Avant cette date, je relève parmi ses membres :

Michel Lesley, comte de Rooth (1718) ; Charles-Edouard Lesley, comte de Rooth (1727-1733) ; Arthur Dorrington, lieut.-col. 1710, chev. Saint-Louis ; Dassigny, Français né en Bourgogne, cap. 1698 ; Nagle, cap. 1698 ; Butler, cap. et chev. Saint-Louis, 1702 ; O' Calaghane, cap., blessé en 1701 ; Clayton (cap. en 1707) ; Heasse (cap. 1707) : O'Dono- ghane (cap. 1707 ; Mac Carthy. cap. 1701, en pied 1709 ; Wyndham, cap. 1703, en pied 1710 ; Cusarque, cap. réformé 1709, aide-major et cap. 1710 ; Dorrington; (1714); Weyer (1708) ; Dunne (1708); Geoghe- ghane (1709) ; Reyly ; Keating ; Cohelane, Fitz Patrice ; Calaghane ; Purcell ; Cusaque ; Hobbes ; Martin ; O'Ogheren ; Tilline ; Florence et Guillaume Hurly ou Hurty ('?).

De 1752 à 1777, je n'ai pu relever le nom d'aucun membre. En 1777, son VM est le capitaine d'Arcy ; le chev. Walsh, capitaine, est secrétaire, et son député au G O est Woulf, officier d'infanterie, rue Neuve-des-Bons-Enfants. Elle se composait de 17 membres. Un brevet du 7 septembre 1777, daté de Bapaume, contient les signatures de Jean O'Brien, chev. O'Connor, Shield, Narey, Swietniamn, Mac Carty, Roche, chev.de Keating, Nagle, Ch. Walsh, Plunkett, Nugent.

En 1785, son VM est le sous-lieutenant Hennery, son secrétaire le 1er lieutenant Begg.

En 1788 et 1789, son VM est Walsh, capitaine commandant, et son secrétaire Barbior, sergent-major.

Sur un brevet donné à l'île d'Oléron le 1er juin 1787, je relève les noms de F. Walsh, VM , Mac Carthy, Bulkeley, O'Brien, Kavanagh, O'Flyn, Ch. de Keating, Keating, Tobin, O'Rurday, Galhvey et Barry.

Entra-t-elle en sommeil pendant la tourmente révolutionnaire ? Cela est possible, bien que j'aie tout lieu de croire que les L.' persistèrent dans la plupart des régiments, continuant une vie indépendante, sans rapport avec aucun pouvoir central.

Les régiments furent disloqués par les organisations de 1791 et de 1794. En 1791, les régiments remplacèrent leurs noms séculaires par de simples numéros d'ordre et, en 1794, par l'amalgame avec les bataillons départementaux, la plupart des régiments contribuèrent à la formation de deux demi-brigades.

Le 23 mars 1801, il se forma au 92e d'infanterie une L sous le titre de la Parfaite Union, qui ne semble avoir aucun rapport avec l'ancienne Parfaite Égalité à l'O du régiment de Walsh. A cette époque du reste, le 92° n'avait plus aucun lien de sang avec le 92e de 1791.

Avant et après Fontenoy, des ordonnances royales pourvurent à la formation de quatre régiments écossais ou irlandais. Il est plus que probable que ces régiments eurent leurs L Celles-ci néanmoins n'ont pas laissé de traces. Parmi les officiers de ces corps, depuis leur formation jusqu'à 1771, je relève les noms d'un certain nombre d'initiés.

ROYAL ECOSSAIS, formé par ordonnance du 3 décembre 1743

Le colonel comte de Drummond, duc de Perth ; Louis Drummond de Melfort ; Colbert Castlehiel ; Stuart ; David Nairne ; Haie ; Macdonald de Glengary ; Mac Grégor de Glengile ; Macdonald de Clauvonald ; Cameron de Locheil ; Mac Pherson ; Guillaume Douglas ; Moorc

LALLY, créé par ordonnance du 1" octobre 1744.

Lally, colonel ; Dillon ; Glascoe ; Bourke ; Ryan ; Fitz Gérald ; Butler ; Michel Lally ; Lee ; Brown ; Fermor ; Hughes Heguerty ; Wogan et Macnemara.

O'GILWY, créé le 28 janvier 1747. Mylord O'Gihvy, colonel ; Jean Macdonald ; David Carnegie ; Brown ; Buchanan ; Thomas de Sotheringham ; Duncan Mackintosch ; Jean Menziès de Pitfodels ; Thomas, Guillaume et David O'Gihvy.

ALBANY, créé le 20 octobre 1747. Le colonel baron de Locheil ; le lieutenant-colonel et Gluny de Mac Pherson ; Archibald O'Gihvy ; Cameron de Glenkengy ; Frager de Fair- lield ; Petergraham ; John Alexandre de Cameron ; Blairfty ; James Cameron ; Thomas Nayrne ; Robert Graham Garrig ; James Sterbury ; John Drummond ; James Macdonald ; Jacques Graham Arth.

Il est possible que ces divers initiés aient fait partie de L civiles, ou du grand groupement de Saint-Germain, en admettant que ce dernier ait réellement existé (1).

source :

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Les loges militaires : la Loge de Dillon

10 Avril 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #histoire de la FM

Les LL militaires ne semblent pas avoir été installées dans les régiments français avant 1759. Il est probable qu'elles ne se sont pas formées spontanément et qu'avant leur organisation officielle à l'Odes régiments, de nombreux officiers fréquentaient les LL civiles. Les régiments, en se déplaçant, étaient de merveilleux agents de propagande que la FM n'eut garde de négliger. On créa même, après 1760, des Lmilitaires qui n'étaient à l'Od'aucun régiment. Ces LLeurent un rôle important dans le développement de l'ordre ; le nom de la plupart d'entre elles n'est pas parvenu jusqu'à nous. Avant 1771, je n'ai relevé que Saint-Jean de la Gloire et Saint-Alexandre, et cependant il me paraît certain qu'il en exista un nombre relativement considérable. Entre 1760 et 1769, je trouve leurs traces en Normandie, en Touraine, à Moulins, à Libourne, à Toulouse, en Provence et en Lorraine.

Il est curieux de constater qu'aucune de ces LLne figure sur les annuaires. De qui tenaient-elles leurs pouvoirs ?

D'après les Lqu'elles ont contribué à installer, il n'est pas douteux qu'elles étaient d'origine ou tout au moins de tendances jacobites ; l'Ode Bouillon a peut être aussi joué un rôle plus considérable qu'on ne l'a indiqué jusqu'ici dans le développement de la FM française.

DILLON

D'après la capitulation de Limerick, les officiers et soldats de l'armée jacobite avaient la faculté de suivre Jacques II ; il leur fut donc permis de rentrer en France. Les Gardes Irlandais, à l'exception de leur colonel, suivirent la destinée des Stuarts, et formèrent le régiment de Dorrington ; un grand nombre d'officiers des autres corps les imitèrent. Réfugiés à Saint-Germain-en-Laye auprès de leur souverain auquel Louis XIV avait donné un somptueux asile, ils ne tardèrent pas à former un second régiment composé des membres les plus distingués de l'émigration jacobite. On retrouve les premières traces de la formation de ce régiment par la nomination de Charles Mac Carthy, comte de Mountcashel, au grade de colonel, le 18 juin 1690. André de' Lee lui succéda, le 28 juil- let 1694. Quatre ans plus tard, le régiment passa au service de la France. Un autre membre de la famille Lee fut appelé à le commander, le 26 octobre 1704. Il ne fut remplacé que le 16 septembre 1733 par François, comte de Bulkeley, auquel succéda son fils Henri, le 7 mars 1754. C'est sous le nom de Bulkeley que le régiment figura brillamment à Fontenoy à côté de la Maison du roi.

 Le 26 avril 1775, le régiment passa à Arthur, comte Dillon ; le 1er juin 1784, à Charles-Joseph Augustin, vicomte de Walsh-Serrant, et le 10 mars 1788, au chevalier Théobald Dillon. C'est sous le nom de Dillon que ce régiment est plus connu dans l'histoire, en raison du rôle brillant joué par son l 01' bataillon dans les Antilles pendant la guerre de l'Indépendance américaine (1779-1783). Son passé n'avait pas été moins glorieux. A Malplaquat, à Denain comme à Detlingen, Fonteuoy et Laufeldt, il avait été « mordant sur l'anglais ». Devenus sujets du roi de France, leur dévouement à leur nouvelle patrie fut à toute épreuve.

En 1791, le régiment de Dillon devint le 87ème d infanterie et, le 5 février 1792, son colonel fut Thomas Keating. En 1794, le 1er bataillon fut le noyau de la 157" demi-brigade, et le 2e bataillon celui de la 158".

Est-ce que le régiment de Dillon eut une L ? Je n'ai pu en trouver une preuve positive. Etant donnée la composition delà Bonne Foi constituée à l'O. de Saint-Germain en 1778, on peut douter que cette L soit sortie du régiment de Dillon, qui n'avait du reste à cette époque aucune attache particulière avec Saint-Germain. Cependant je relève parmi les officiers de ce régiment un grand nombre de FM :

Lally, lieut.-col. du 25 juillet 1708 ; Linche, cap. des grenadiers (1705), retiré en 1734 ; Macdonald, cap. en pied du 3 déc. 1701, retiré en 1734 ; Gaydon, aide-major 1701, major 1er janvier 1709 ; Glasco, cap. en pied 1709, retiré en 1734 ; Jean Bourke, cap. en pied 1712, retiré en 1734 ; Mac Carthy, cap. 1703, retiré 1734 ; Lally, aide-major 1728 ; O'Toolle, lieut. grenadiers, 1709 ; Henry Dillon, fils du lieut.général, cap. 1730 ; Arthur et Charles Maunery ; Jean Bourke de Glinke ; Patrice Heguerty ; O'Neil ; Edouard et Richard Butler; Filz Gérald; Arthur Dillon ; Talbot deTyrconnel, etc.

De 1760 à 1780 figurent ; Bartholomew Radclyffe, lord Derwenwater, fils de Charles Radclyffe, le 1er grand maître.

De 1780 à 1790, le comte Dillon, mestre de camp et colonel du régiment ; le chevalier Théobald Dillon, colonel en second; Barthélémy Dillon, lieutenant-colonel ; le capitaine Thomas Dillon ; les lieutenants James et Denis O'FarelI ; le capitaine Charles Nugent ; le capitaine baron O'Neill et les sous-lieutenants Henry, Joseph et John O'Neill ; le capitaine et le lieutenant Shée et des Barry ; Blake ; Coghlau ; Darcy ; Fitz Gérald ; Filz Maurice ; Hussey ; Mahony ; O'Rcilly ; Plunkelt ; Sheldou ; Thompson ; Warren et Worth.

On peut admettre avec M. de Loucelles qu'à Saint-Germain était installée la L -. Mère du rite jacobite, qui eut successivement pour grand maître : Jacques II, Jacques III et Charles-Edouard, et parmi ses membres les plus distingués, le duc de Berwick, fils naturel de Jacques II ; Jean Drummond, duc de Melfort ; André-Louis Hector et Louis Drummond, ses descendants; Jacques Drummond, duc de Perlh, son fils et son petit-fils ; le comte de Hamiltoii ; les Dillon ; Ramsay ; les Radclyffe ; Alexandre deMontgommery, comle d'Eglington ; Alexandre, comte de Home ; Georges de Leslie ; Richard Talbot, duc de Tyrconnell ; Jean, baron de Dartfort et comle de Cary] ; Gérard, comte de Lally-Tollendal et son fils Thomas-Arthur ; les lords Bolingbroke, Clancarly, Clare, Greffin, Mac Carthy, Middlelon, d'Ormond, etc.

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Rite Ecossais Primitif et Premières Loges Maçonniques en France

10 Avril 2012 Publié dans #Rites et rituels

Au risque de déplaire aux derniers maçons qui croient dur comme fer à la naissance de la Franc-maçonnerie en 1717, l’étude historique des loges régimentaires démontre la présence d’une Franc-maçonnerie primitive dès 1688 sur le territoire français. Cet aperçu historique se limite à l’arrivée des loges régimentaires accompagnant la famille Stuart en exil à Saint Germain en Laye. On a ainsi qualifié cette période de « maçonnerie de Saint Germain ». Nous n’étudierons pas la période révolutionnaire et napoléonienne où les Loges régimentaires furent utilisées pour une propagande liée à la conquête territoriale. Celle-ci allait de pair avec la conquête des esprits éclairés. Les lumières de la République et le progrès libérateur des peuples, étaient le sel de la Franc maçonnerie de cette époque…

La lutte contre les abus sur les champs de bataille, contre les égorgeurs, dépouilleurs de soldats blessés ne fut pas qu’une légende. Nombre de combattants eurent la vie sauve en faisant au moment adéquat le signe de détresse.

Cette maçonnerie des armes était bien plus qu’une assemblée frivole d’officier et bas officiers. Il y était question des usages au combat, des méthodes et des techniques qui en ces moments critiques, étaient susceptibles de sauvegarder des vies. La voie guerrière est initiatique.

L’art de la guerre se retrouvait ramené au dualisme d’un pavé mosaïque, avec pour auditeur ceux qui risquaient leur vie. L’acte guerrier porte la mort comme moyen et le respect de soi comme finalité. Cet art était proche de la chevalerie, dont on sait qu’elle avait de hauts buts et constituait une voie initiatique à part entière. La finalité des Loges militaires dépassait le combat lui-même. C’est une aristocratie de pensée qui s’élaborait peu à peu, sur les colonnes improvisées des loges sans Orient.

L’affectio sociétatis que nous trouvons aujourd’hui dans nos loges symboliques était de même nature dans ces loges provisoires, bien que d’intensité moindre. Les Loges se tenaient en tout lieu de fortune, arrière taverne, ou tente dans un campement. La peur du lever du jour marquant les premières manœuvres sur le champs de bataille, était une épreuve à laquelle il fallait se préparer. La loge devenait alors un lieu intense de recueillement et d’introspection au rythme des heures symboliques.

Les frères d’arme fusionnaient dans un égrégore sans pareil.

Peut il exister pareille intensité dans une loge civile de nos jours ? Qu’aurions nous donc à enseigner à nos frères, de plus intense que ce qu’ils allaient endurer ?

Vraiment les maçons spéculatifs d’aujourd’hui font pâle figure face à un bas officier Stuartiste du XVIIIème siècle, pour lequel la mort n’était pas qu’une potentialité.

Les tenues se déroulaient suivant un cérémonial identique à la maçonnerie de métier dont elle procédait. Elles se prolongeaient par le partage du pain et du vin.

Les maçons acceptés, militaires de leur état, avaient déjà importé les rituels communs, des villes et villages ou ils furent initiés. L’initiation par la transformation de la matière, épousait fort bien l’initiation par les armes. Ainsi, les concepts de transformation de soi par l’acte de bâtir le temple de Dieu sur terre, rejoignaient le don de soi et de sa vie sur le champ de bataille.

La traversée du champ de bataille valait bien la traversée du pavé mosaïque. Lieu de vérité ultime ou les vivants croisent ceux qui vont mourir, où le combattant et son arme ne font qu’un, comme le tailleur de pierre devient la pierre elle-même. La vie de l’un ne vaut que par la mort de l’autre, comme la case blanche n’existe que par la présence des cases noires.

Un homme du rang pouvait y être initié, mais on assistait plutôt à une fréquentation par les bas-officiers et officiers soit dans une même loge soit en deux loges.

La rituellie restait simple et efficace. On traçait à la craie ou au charbon le tableau de loge qui portait en lui tout les symboles, on l’entourait de trois flambeaux, on dressait un autel sommaire sur lequel étaient déployés la Bible, le compas et l’équerre.

Avec ou sans cornemuses, les Frères des régiments Ecossais ou Irlandais entraient après que les trois flambeaux furent allumés par le maître de cérémonie, car il faut rappeler que la lumière artificielle n’existait pas et les flambeaux préalablement allumés sécurisaient l’entrée des Frères.

Ils prenaient place sur deux colonnes, au Nord les apprentis entrés, au Sud les compagnons.

Il n’y avait que deux grades.

Le grade de Maître arriva vers 1730 et la légende d’Hiram fut interprétée dans ces Loges jacobites comme une allégorie politique de la déchéance et du retour des Stuarts au pouvoir. Autrement dit, la décapitation de Charles 1er en 1649, fait que l’on pleure le « maître » perdu et l’on espère sa résurrection par le fils Charles II, incarnant la parole perdue et retrouvée en sa personne, grâce au soutient et à la perspicacité de ses partisans, les enfants de la veuve. Le maître de Loge était, soit nommé à vie, soit élu en fonction de ses qualités.

L’inspection des colonnes était croisée conformément aux usages militaires du croisement des feux, le premier surveillant placé au Nord et le second placé au Sud.

La tenue était brève mais recherchée pour l’effet psychologique de cet égrégore de veillée d’arme.

Les décors étaient à dominante rouge et les tabliers bordés de rouge couleur de l’Irlande. Bien plus tard, vers 1750, on assistera dans les loges militaires et civiles à une francisation par la couleur bleue se substituant à la rouge et parfois par le non croisement de l’inspection des colonnes.

Aux engagements physiques des loges régimentaires et répondrons les engagements politiques des loges jacobites. Ce qui les unissaient aux maçons de l’autre bord était l’idée d’une fraternité que nous retrouvons intacte dans les rituels jacobites devenus Rite Ecossais Primitif.

Les loges régimentaires stationnant en garnison durablement, essaimaient dans une version civile entraînant dans leurs sillages des Frères plus ou moins acquis à la cause des Stuarts. Lesdites loges « civilisées » recevaient naturellement les officiers et bas officiers d’autres régiments mais aussi les exilés politiques et économiques d’Angleterre d’Ecosse et d’Irlande. On devine leurs sentiments vis-à-vis du pouvoir Orangiste qui règne sur la grande Ile. On comprendra que ces loges ont en partage, la notion de fraternité, teintée de reconquête du trône. Pour autant les loges jacobites recevaient en leurs sein des maçons orangistes de passage, démontrant que la fraternité n’était pas un vain mot, dans la mesure ou elle pouvait faire avancer la cause.

C’est ainsi qu’est née en Royaume de France à l’époque de Louis XIV une franc maçonnerie Jacobite supportant l’idée de reconquête Stuartiste du pouvoir. Elle précède de plusieurs décennies la maçonnerie Orangiste structurée en 1717 et 1723 en Grande Loge de Londres.

Derrière cette antériorité est sous-tendue l’opposition entre les loges dite Ecossaises attachées aux anciennes traditions et les loges Anglaises soumises aux constitutions novatrices de 1723. La terminologie Ecossaise et Anglaise et donc moins liée à une appartenance géographique qu’au maintient ou non des anciennes traditions.

Dès 1730 apparaîtra l’opposition entre les Anciens et les Modernes. Les deux systèmes vont générer des loges Ecossaises attachées à la tradition des anciens devoirs et des loges Anglaises mieux structurées car regroupées derrière la Grande loge de Londres qui deviendra la Grande Loge d’Angleterre.

Les Anciens tenteront leur propre Grande Loge derrière Laurence Dermott. En terre de France la tendance écossaise perce par le biais des loges Jacobites. Elle se structure de manière informelle derrière le système loge-mère, loge-fille. La loge mère de Marseille fit ainsi concurrence au système anglais de Grande Loge importé en France.

Pour conclure cette approche historique des loges régimentaires et de leurs effets dans le monde maçonnique français, il est indéniable que nous avons jusqu’au milieu du XVIIIème siècle trois vecteurs maçonniques. Le premier repose sur les Loges Jacobites de militaires et d’exilés, le second passe par les loges de rite écossais qui par affinité se superpose au Jacobites, et enfin les loges de rite Anglais francisées qui ont l’avantage d’une organisation plus ou moins centralisée leur donnant poids et efficacité par l’attraction de la « reconnaissance ». Le fond de commerce d’une obédience, depuis cette époque, demeure la reconnaissance obédientielle, qui donne l’aspect de la régularité. Cette trouvaille fit le bonheur du système anglais de Grande Loge et laissa la portion congrue aux loges dites libres qui sans être irrégulières au plan initiatique, le devinrent au plan administratif.

C’est donc la superposition des loges de rite Jacobite et d’une option rituelle écossaise qui produit ce Rite Ecossais Primitif.

Nous vous invitons à relire le résultat des recherches historiques de Gustave BORD publiées en 1908 dans « La Franc-maçonnerie en France » TI « Les ouvriers de la révolution , 1688-1771 ».

Nous avons conservé la pagination et les abréviations d’origine, pour favoriser le travail des chercheurs.

source : http://fr.wikibooks.org/

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L'influence jacobite : mythe ou réalité ?

10 Avril 2012 Publié dans #histoire de la FM

La littérature maçonnique abonde en référence aux Jacobites. Elles ont cependant l'inconvénient d'être contradictoires, en sorte que les opinions divergent. Tantôt on affirme que l'influence des Jacobites sur la naissance des "Hauts Grades" est nulle, si bien qu'elle participe du mythe; tantôt on la juge réelle, voire déterminante.
Les partisans de la thèse mythologique estiment que la source des malentendus réside dans une remarque imprudente faite par John Noorthouk en 1784 dans le livre des Constitutions de la première Grande Loge de Londres. Il y était déclaré, sans preuve, que le roi Charles II (frère aîné et prédécesseur de James II) fut constitué Franc-Maçon en Hollande durant son exil (1649-1660). Or il est établi qu'à cette époque, il n'existait pas encore de loges de Francs-Maçons sur le continent. Cette remarque visait certainement à flatter la Fraternité par la revendication de l'appartenance d'un ancien monarque. Cette légende fut embellie par John Robison (1739–1805), professeur de philosophie à l'Université d'Édimbourg dans un ouvrage anti-maçonnique publié en 1797*.
Néanmoins, avant les déclarations de Noorthouk plusieurs allusions au rôle des Jacobites se retrouvent dans les archives, et les plus importantes sont contenues dans la correspondance échangée entre 1777 et 1783 entre le baron danois von Wachter et le prince Charles Edouard, fils de Jacques III Stuart, lui-même neveu de Charles II. Dans un mémoire rédigé le 21 septembre 1777 par Wachter et approuvé par Charles Edouard, celui-ci dit très clairement que "plusieurs hommes illustres de sa maison (celle des Stuart) ont été Maçons". A l'époque, la mission de Wachter est justement de savoir quelle est la part jouée par les Jacobites dans la création de la Franc-Maçonnerie en général, et des "Hauts Grades" en particulier, surtout ceux à sensibilité templière. De la même façon, en 1767, un an après la mort de Jacques III survenue à Rome l'année précédente, le comte de Clermont, Grand Maître de la Grande Loge de France, reconnaît dans une lettre au marquis de Gages que Jacques III, qu'il appelle le "prince Edouard", selon une habitude acquise depuis le séjour de celui-ci à Saint-Germain-en-Laye, jusqu'en 1713, fut le principal dignitaire des "Hauts Grades", et que la Royale Loge qui fonctionna longtemps en France le fut en référence à sa personne.
Au milieu du XIXème siècle, le célèbre auteur maçonnique anglais George Oliver (1782-1867), dans son ouvrage « Historical Landmarks » déclare que le roi Charles II assistait régulièrement aux Tenues. Il est possible d'en douter, bien que des auteurs maçonniques français en acquiescent, comme Jean-Baptiste Ragon (1771-1862) et Emmanuel Rebold ; ce dernier imaginant même de toutes pièces une création des "Hauts Grades" au sein de la Loge Canongate Kilwinning d'Edimbourg. Mais la réfutation de cette extrapolation est une chose; l'autre, est le fait que les premiers "Hauts Grades" se focalisent sur des références constantes aux Stuarts. Ainsi, celui de la Voûte Sacrée, qui correspond en version anglaise au Royal Arch, fait explicitement référence à Jacques Ier, père de Charles II.

Source : http://fm-symbolism.com

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Petit Abrégé historique du Rite Ecossais Primitif (Robert Ambelain)

10 Avril 2012 , Rédigé par Robert Ambelain Publié dans #Rites et rituels

La Franc‑Maçonnerie n'est pas née de la Grande Loge de Londres fondée en 1717 par le pasteur James Anderson, Dès le 26 mars 1688 (selon un Etat du Grand Orient pour l 779) nous avons la preuve de l'existence de loges militaires au sein des régiments écossais et irlandais ayant accompagné le roi Charles II d'Angleterre en son exil en France, Ces loges essaimèrent suffisamment pour grouper et constituer en 1725 l'Ancienne et Très Honorable Société des Francs‑Maçons dans le Royaume de France, Puis, intérêt ou curiosité, de très nombreux sujets du roi Louis XV se feront initier en des loges écossaises ou irlandaises civiles, bien que français. Et viendra le temps, en 1735, où le nom sera changé, et ce sera alors l'Ancienne et Très Respectable Société des Francs‑Maçons du Royaume de France, groupant des loges exclusivement françaises parce que composées de maçons français.

Enfin, en 1755, ces loges se grouperont en une Grande Loge de France, laquelle onze ans plus tard, par suite d'un schisme suscité par des tendances politiques dans le vent de l'époque, verra se constituer le Grand Orient de France que nous connaissons. Cette Grande Loge de France disparaîtra en 1769, laissant la place au Grand Orient de France, L'actuelle Grande Loge de France a été constituée en 1897, d'une Grande Loge Symbolique Ecossaise réinsérant d'anciennes loges ayant fait dissidence antérieurement : elle est donc sans aucune filiation avec celle du XVIIIème siècle.

Le Rite Ecossais Rectifié, fondé à Lyon en 1778 par un Convent organisé par J-B. Willermoz, ne fut que la rectification mêlée de Martinézisme du Rite Ecossais Primitif (Early Grand Scottish) pratiqué par ces anciennes loges militaires dès 1688 à Saint‑Germain‑en‑Laye. Leurs rituels furent apportés en 1751 à Marseille par le stuardiste Georges de Wallnon, qui y fonda le 27 août, avec des pouvoirs venus d'Edimbourg, celle qui devait devenir la Mère Loge Ecossaise de Marseille sous le nom de Saint‑Jean d'Ecosse.

C'est de cette filiation qu'est né l'actuel Rite Ecossais Primitif. D'où sa devis "Primigenius more majorem", allusion à l'ancienneté de celui‑ci.

Robert Ambelain

 

En ses Archives historiques de la Franc‑Maçonnerie, publié en 1981, l'éditeur Les Rouyat nous dit ceci :

"Ceux qui ont suivi Jacques III (Charles‑Edouard) en son exil, ont introduit en France la Maçonnerie jacobite catholique, opposée à la Maçonnerie orangiste protestante. L'activité des Ecossais en France, et notamment dans le Midi, est un des traits importants de cette période."

L'auteur n'a pas la minutie de contrôle des historiens et il a confondu Jacques III et Jacques II. Un magnifique ouvrage récent publié à l'occasion de l'exposition de Saint‑Germain‑en‑Laye de 1992 sur La Cour des Stuarts à Saint‑Germain‑en‑Laye nous dit finalement ceci page 233 :

"Cette religion universelle qui fit battre l'Europe au même rythme de ses loges et de ses maillets, fut importée sur le continent par des jacobites militants. En France elle fut introduite par Derwentwater et MacLean, par Wharton en Espagne, Patrick Gordon et James Keith en Russie, Lord Wintoun à Rome. On a même pu prétendre que la Franc‑Maçonnerie avait été une vaste entreprise de conspiration jacobite destinée à rétablir les Stuarts sur le trône. L'oeuvre maçonnique avait bien d'autres objectifs ; elle n'en a pas moins contribué à cimenter la solidarité des partisans. " (op. cil.)'

La présence de sommités des Archives de France et de la Bibliothèque Nationale en cette présentation écarte toute possibilité d'erreur grave. Par contre il en est une que divers auteurs spécialisés en la maçonnerie ont commise et qu'il convient de réfuter, soit l'affirmation que cette maçonnerie était catholique, alors qu'elle était simplement chrétienne, ce qui est fort différent. Il y a en effet des usages et des rites ésotériques qui parlent. C'est ainsi que le comte de Barnwall, qui fonda à Toulouse en 1747 la loge Les Ecossais Fidèles, nous montre dans le rituel le Rose‑Croix d'Hérédom de Kilwining arborant deux cordons, l'un vert, de gauche à droite, et l'autre rouge, de droite à gauche, Ce sont là les couleurs de deux branches différentes de la Maçonnerie stuardiste, car le vert est la couleur héraldique de la très catholique Irlande, et le rouge est celle de la très puritaine Ecosse. Ce qui nous a valu en un même degré deux dénominations différentes, le Maître Irlandais, frère jumeau du Maître Ecossais. C'est pourquoi Devaux d'Hugueville en 1779, accommodant le Rose‑Croix jacobite à sa façon, reconnaît que le ruban du Chevalier de Saint‑André est tantôt vert et tantôt rouge, selon les capitales,

La présentation de cette histoire de la Maçonnerie stuardiste en France va maintenant et nécessairement prendre l'aspect d'une chronologie.

1688 ‑ Le 26 mars 1688 la loge militaire du régiment de Dorrington (devenu ensuite régiment de Walsh) d'où son nom primitif Loge de Dorrington ouvre ses travaux à Saint‑Germain‑en Laye. En 1752 elle prendra le nom de La Parfaite Egalité et lors de son affiliation au Grand Orient de France, l'Etat de celui‑ci pour 1779 mentionnera la date de 1688 comme étant celle de sa fondation à Saint‑Germain‑en‑Laye. Cela à une époque où le Grand Orient est très sévère sur les dates avancées par les candidates à l'affiliation.

Il en sera de même pour celles du régiment de O'Gilwy (affiliée en 1747), du régimentd'Albany (l 747 également). La loge militaire des Gardes Irlandaises est repartie en Angleterre lors de la restauration de Charles II en 1660.

 

1716 ‑ Selon Alain Merger en la revue La Provence Historique de janvier‑mars 1978, Avignon, capitale du Comtat‑Venaissin et domaine pontifical indépendant du roi de France, est depuis 1716 le lieu de ralliement de l'émigration jacobite sur le continent. Dans les années 1736 et 1737, la ville deviendra le premier centre maçonnique méditerranéen. Ce sont des Francs-Maçons jacobites qui y fonderont en août 1737 la loge du marquis de Calvière, officier des gardes du corps du Pape, initié en 1734 par le comte irlandais Balmerino, jacobite convaincu. Le marquis de Calvière initiera à son tour le duc d'Aumont qui fondera plus tard la loge Bussi-Aumont. Ceci nous relie à la duchesse de Portsmouth et à ce fils, bâtard de Charles Il qui le titra duc de Richmond. Cette loge d'Avignon reçoit d'ailleurs fréquemment des Frères visiteurs venant de cette loge de Bussi‑Aumont.

1725‑1735 ‑ Mais jusqu'à présent les loges sont indépendantes, elles ne relèvent que du roi d'Angleterre légitime à leur yeux, c'est‑à‑dire nécessairement un Stuart, d'où leur nom de logesroyales (en anglais R. L., d'où on a fait en France "Respectable Loge") puisque le roi est le Grand Maître de la Franc‑Maçonnerie opérative depuis des siècles Elles ont néanmoins un nom collectif : Ancienne et Très Respectable Société des Francs‑Maçons dans le royaume deFrance. A cette époque et depuis plusieurs années, le Grand Maître est Sir James Hector MacLean. Il se dit "présent grand maître", ce qui sous‑entend évidemment qu'il n'est ni le premier ni le dernier. Les Constitutions de 1720(infra page ???) nous montrent comment s'effectuait la succession des grands maîtres. Effectivement il a succédé à Georges, duc de Warton. Et en 1735, fin de cette séquence, eu égard à l'amplification du nombre de Maçons français de souche, le nom collectif va changer, il devient Ancienne et Très Respectable Société des Francs‑Maçons du Royaume de France.

C'est à l'influence de Marseille, de sa noblesse locale et surtout de sa culture, que l'on peut attribuer la création de la plupart des loges provençales. Selon M. Agulhou en son livre Pénitents et Francs‑Maçons de l'ancienne Provence: "Dans la région provençale la diffusion de la Franc‑Maçonnerie est J'adoption d'un fait social national, venu de Paris et de Versailles, et rayonnant du centre de la France vers la périphérie." Il faut plutôt lire Paris plutôt que Versailles.

1736 ‑ Le marquis de Calvière reçoit un haut grade du jacobite "mylord comte de Baltimore", qui se dit grand maître de toutes les loges d'Angleterre, loges stuardistes évidemment. A cette époque une Maçonnerie encore très insuffisamment structurée a peine à conserver une organisation indiscutés. A son tour Calvière transmettra ce haut grade au duc d'Aumont, qualifié de "premier grand maître de toutes les loges de France", et qui donnera à son tour au même marquis de Calvière tous pouvoirs pour établir la loge Saint Jean à Avignon. Il semble qu'il y ait là confusion entre Aumont, de la loge Bussi‑Aumont, et le duc d'Antin premier grand maître de nationalité française (de 1738 à 1744). On peut situer ainsi les faits

- 1736 : initiation de Calvière dans les milieux jacobites d'Avignon,

- 1737 : séjour de Calvière à Paris, contacts avec les milieux jacobites,

- 1737 : en août, Calvière est muni pour trois mois des pouvoirs du duc d'Aumont pour la fondation de la loge Saint‑Jean à Avignon (cf. P. Chevalier: Les ducs sous l'Acacia) en septembre Calvière continue de répandre la Franc‑Maçonnerie en Avignon.

 

1737 ‑ Le 28 septembre Mgr de Belzunce évêque de Marseille dénonce à l'Intendant de la province les activités maçonniques de sa ville et souligne l'importance de celles du marquis de Calvière. Aussi le 23 octobre 1737, celui‑ci (officier aux gardes du corps pontificaux du Comtat‑Venaissin) est dans l'obligation de cesser ses mêmes activités maçonniques à Marseille, se limitant à sa loge de Saint Jean à Avignon, mais demeurant fervent maçon néanmoins. En effet :

1738 ‑ Cette année là, Calvière appartiendra à la célèbre loge Bussi‑Aumont et y sera nomméDépositaire de l'Ordre, évidemment ordre jacobite (cf. le manuscrit n' 891 de la Bibliothèque de Carpentras, page 68 à 70). Il s'agit évidemment de la Maçonnerie jacobite puisqu'à cette époque il n'y en avait pas d'autre en France. A tel point qu'en septembre 1735 le Comte de Saint‑Florentin, secrétaire d'Etat était reçu Franc‑Maçon, En 1736, c'était le maréchal d'Estrée, et au début de 1737. ce seront six chevaliers de l'Ordre du Saint‑Esprit qui deviendront des frèresde tous les autres en la Maçonnerie française naissante.

1743 ‑ le 9 décembre 1743 le duc d'Antin meurt et lui succède le comte de Clermont, autre prince du sang,

1746 ‑ les Francs‑Maçons de Marseille savent depuis cette date que les loges maçonniques ne sont plus pratiquement inquiétées par la police en France, et ils s'efforcent alors, réaction normale, de monter le pouvoir civil contre les autorités religieuses, dont Mgr de Belzunce a été le plus brillant défenseur, n'hésitant pas à associer les Francs‑Maçons aux jansénistes

1747 ‑ Selon Gaston Martin et les archives départementales de la Haute‑Garonne, le comte irlandais John de Barnwall de Tromlestown fonde à Toulouse la loge Les Ecossais Fidèles. Louis XV le naturalisera français et lui confirmera son titre. Cette loge prendra par la suite le nom de Sagesse et Union, puis Sagesse, et enfin deviendra (on ne sait encore pourquoi) LaVieille Bru, ce qui sous‑entend qu'elle fut indirectement la "belle‑fille" d'une autre loge antérieure, peut‑ être une ancienne loge militaire des régiments irlandais.

1749 ‑ Des visites nombreuses de Francs‑Maçons jacobites vont se succéder à Avignon, la plupart, mais pas tous, venant de Marseille. En cette année il y a à Marseille les loges Saint Jean de Jérusalem, Saint Jean des Elus de la Vérité, etc. En tout une bonne trentaine de loges, peut‑être simplement composées de dix à douze membres étant donné les problèmes de locaux.

Voici maintenant un ancien document qui montre combien la Franc‑Maçonnerie jacobite était toujours active et puissante vers 1750‑1755. Il s'agit de J'affiliation (c'est‑à‑dire de la régularisation maçonnique) de la loge Saint Jean de Jérusalem de la Parfaite Union à 1'orient de St‑Pierre de la Martinique ; la pièce est datée du 2 août 1750.

 

"Nous Vénérable Maître, Officiers et Membres de la Très Respectable Loge Saint‑Ferréol de Clermont de la ville de Marseille, constituée par le Grand Maître et les Grands Officiers du Très Ancien et Très Illustre Ordre des Francs‑Maçons dans le Royaume de France, le 1er octobre 1749, accordons aujourd'hui par ces présentes l'affiliation à nos chers et dignes Frères de la Respectable Loge Saint Jean de Jérusalem de la Parfaite Union, au bourg de St‑Pierre de la Martinique, situé sous le 14ème degré 30 minutes, en qualité de petite‑fille de Clermont (1), l'autorisant par le pouvoir qui nous a été donné à jouir de tous les privilèges d'une loge régulière et constituée, confirmant à cet effet notre cher Frère…… Maître (de Loge), notre cher Frère ...... 1er Surveillant, et notre cher Frère d'Oïanboure 2ème Surveillant.

Nous enjoignons par ces présentes à notre cher Frère…… et à ses successeurs d'observer et faire observer exactement les règles générales et particulières de la Maçonnerie, de ne recevoir aucun candidat au‑dessous de l'âge de vingt et un ans, ni aucun profane dont la probité n'est pas tout‑à‑fait reconnue, de ne recevoir Maître aucun Frère servant sans une permission expresse de la Respectable Loge Saint‑Ferréol, ordonnons aussi à la dite loge Saint Jean de nous faire informer de chaque mutation qu'elle jugera à propos de faire des Maîtres et des Surveillants, le tout sous peine de nullité de la présente affiliation. En foi de quoi nous lui donnons et avons fait expédier ces présentes, scellées du Sceau de l'architecture de la loge Saint Ferréol deClermont. A Marseille ce 2 août 1750."

Mais dès 1738 avait été fondé en 1'lle de la Martinique une loge nommée La Parfaite Union laquelle avait modifié son nom pour démontrer son appartenance à la Maçonnerie stuardiste en y ajoutant celui de la loge affiliatrice : Saint Ferréol de Clermont. En effet toujours à la Martinique, une loge avait été fondée le 24 mars 1750 sous le nom de La Parfaite d'Ecosse, par patente délivrée par une loge écossaise de Bordeaux. Mais comme tout porte à croire qu'elle relevait de la Grande Loge orangiste d'Angleterre, La Parfaite Union avait tenu à se faire régulariser comme loge stuardiste par une patente émanant d'une filiation incontestable.

1750 ‑ Cette même année les archives nous révèlent qu'à Marseille le Frère Capellu y est qualifié de "grand maître général des Chevaliers d'Orient". Ce grade est celui au sommet de la hiérarchie écossaise de l'époque. Or à Avignon en 1751 on ne pratiquait que les grades d'Elu et d'Ecossais. S'agit‑il là l'une des activités de Ramsay ? C'est fort possible, car le très jacobite Ramsay fut en relations étroites avec Avignon, notamment avec le mystérieux Balmerino qui initia clavière.

1750 ‑ Toujours à Marseille. L'évêque de la ville Mgr de Belzunce écrit à Versailles pour protester contre le fait que les Francs‑Maçons sont en cours d'achat d'une demeure pour y installer leur temple, Comme suite à cette demande d'assistance, l'Intendant pour la Provence reçoit en réponse la lettre ci‑après

"Mgr l'évêque de Marseille a fait informer le Roi que les Francs‑Maçons s'assemblent publiquement en cette ville, et qu'ils sont même en marché d'une maison où ils se proposent de tenir leur loge. Sa Majesté me charge de vous écrire à employer votre autorité pour faire cesser ces assemblées et pour ôter à ceux qui les tiennent tous les moyens de continuer."

(1) En cette patente deux noms ont été effacés. Il s'agit probablement de ratures amenées par l'obligation de faire disparaître deux imprudentes nominations, celle du Vénérable et celle du ler Surveillant. A Marseille, les responsables de la loge Saint Ferréol de Clermont avaient appris par la suite que leur confiance avait été dupée. A cette époque, "aux Isles", il y avait de tout…

 

Cette lettre est signée du Comte de Saint‑Florentin, lequel est Franc‑Maçon depuis 1735 ! Quant à Louis XV il conseille à l'évêque de Marseille d'user de son autorité ! Mais celui‑ci n'en a aucune quant à la Police, et c'est là l'astuce du Roi. Celui‑ci sera lui‑même Franc‑Maçon, reçu en la logeLa Chambre du Roi groupant des officiers de celle‑ci, comme l'a démontré P. Chevalier; il autorisera l'Encyclopédie, anoblira Voltaire, sauvera le chevalier de la Barre d'une mort horrible suite à son sacrilège (il sera d'abord décapité), Enfin la bulle pontificale excommuniant les Francs‑Maçons ne sera pas publiée dans le royaume.

1751 ‑ Le 27 août de cette année le jacobite écossais Georges de Wallnon, qui est muni de pouvoirs datés d'Edimbourg le 17 juin 175 1, constitue à Marseille la loge Saint‑Jean d'Ecosse.

1752 ‑ Le 17 mai de cette année Georges de Wallnon transmet ses pouvoirs de Vénérable et Maître de Loge à Alexandre Routier, et la Loge prend alors le nom de Mère‑Loge de Marseille, titre qui lui restera longtemps. Loge puissante, tant par elle‑même que par celles qu'elle créa en France et au‑delà des mers, car elle eut en sa volontaire sobriété une très grande influence sur le milieu profane par la présence de Maçons de qualité. On observera que dès 1751, date de sa fondation, les "décors" maçonniques y ont été francisés, le rouge de l'écossisme et le vert de l'irlandisme ont cédé la place au bleu de France. La résurgence actuelle de 1985 est revenue au rouge par respect pour la tradition écossaise confirmée par les Constitutions de 1720, qui la régissent. A la mort de Jacques Il à Saint‑Germain‑en‑Laye le 5 septembre 1701, Louis XIV inséra les régiments écossais et irlandais en ses armées, avec évidemment leurs loges militaires. C'est ainsi que le Royal Ecossais arborera sur son drapeau, avec la croix de Saint‑André (en place de la latine) et les armes de l'Ecosse (en place de celles de France), la cordelière aux "lacs d'amour" de la Franc‑Maçonnerie, soutenant la médaille de l'Ordre de Saint‑André. Ces régiments s'illustrèrent au "service de France" dans les batailles de l'époque, à Fontenoy notamment.

1794 ‑ A Marseille, dans le début de l'année, Barras et Fréron envoyèrent à l'échafaud cinq membres de la loge Saint‑Jean‑d'Ecosse, alors en sommeil.

1801 ‑ Saint‑Jean‑d'Ecosse reprend ses travaux. En 1811 elle comprend 400 membres, et ses loges‑filles de Provence, du Levant, des Isles et même d'Italie, témoignent de son rayonnement (cf. Les Rouyat : Archives de la Franc‑Maçonnerie). Mais à cette date le souvenir de ses véritables origines stuardistes est à peu près oublié.

N.B. ‑ En 1812, à l'Orient de La Ciotat, la loge Saint‑Charles d'Ecosse travaillant au "Rite d'Edimbourg" (sic) était encore en activité. Fondée sans doute en l'honneur de Charles-Edouard Stuart passant à Antibes en 1744

Publié avec l'aimable autorisation du VM et de l'archiviste de la RL La Lumière Ecossaise, à l'Orient d'Ollioules (Var).

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La Franc-Maçonnerie jacobite

10 Avril 2012 , Rédigé par RL La Cité Sainte Publié dans #histoire de la FM

 

Pour bien comprendre les origines de la Stricte Observance Templière, il est indispensable que nous disions quelques mots de la Maçonnerie dite Jacobite. Cette Maçonnerie est étroitement liée à la dynastie des Stuarts.

Les Jacobites (venus surtout d’Irlande, d’Ecosse et du nord-ouest de l’Angleterre), partisans légitimistes de Jacques II Stuart et de son fils émigrèrent sur le continent de 1689 à 1750. Cet exode entraîna le départ de plusieurs dizaines de milliers d’Irlandais, d’Ecossais et d’Anglais non seulement en France mais aussi en Pologne, en Norvège, au Danemark et en Suède. Nombre de Jacobites rejoindront des couvents féminins à Ypres, Ostende et Bruxelles.


Les liens unissant l’Ecosse et la France ne datent pas d’hier : quelques rappels à propos de la guerre de Cent Ans. Alors que la France et l’Angleterre se faisaient la guerre, l’Ecosse était encore indépendante et elle était l’alliée de la France contre l’Angleterre.

Le Dauphin, le futur Charles VII, qui sera sauvé par l’intervention providentielle de Jeanne d’Arc, avait d’ailleurs planifié de fuir en Ecosse au cas où le sort des armes lui aurait été défavorable. Les soldats Ecossais jouèrent un rôle clé dans les campagnes de Jeanne d’Arc. On sait peu que l’Evêque d’Orléans, à cette époque était lui-même Ecossais. La bannière de Jeanne d’ Arc fut peinte par un Ecossais, etc.

Une des conséquences de la guerre fut la création d’une armée permanente dans laquelle la « Compagnie des Gendarmes Ecossois » jouissait d’un statut privilégié. Elle passait en première lors des parades et son commandant avait le rang de « Premier Maître de Camp de la Cavalerie Française ».

C’est d’ailleurs une unité de Gardes Ecossais qui étaient les gardes du corps du roi de France. (Souvenons-nous du roman de Walter Scott : Quentin Durward qui raconte les aventures d’un jeune noble écossais à l’époque de Louis XI). De là est née une sorte de fraternité qui avait ses rites particuliers.

Ceci persista jusqu’à ce jour tragique où Henri II (1519-1559), à l’occasion du mariage de deux de ses sœurs, participa à un tournoi et jouta contre le capitaine des Gardes Ecossais : Montgomery. Aucun des adversaire n’ayant été désarçonné le roi exigea une seconde charge. On sait que la lance de Montgomery glissa sur la visière du heaume du roi, souleva la visière et pénétra dans sa tête au-dessus de l’œil droit.

Après cette tragédie, les gardes Ecossais continuèrent à faire partie de l’armée française mais ils perdirent certains de leurs privilèges. Quoi qu’il en soit, il resta cette tradition écossaise d’envoyer les jeunes gens faire leurs classes militaires dans l’armée française.

Jacques I° (1566-1625) fils de Marie Stuart, roi d’Angleterre né à Edimbourg en 1566 et roi d’Ecosse sous le nom de Jacques VI (1567-1625) devint roi d’Angleterre (1603-1625) après Elisabeth I°.

En 1593, il constitua la Rose Croix Royale avec trente-deux chevaliers de
l’Ordre de Saint André du Chardon fondé jadis en 1314 par Robert Bruce et rouvert par son père Jacques V roi d’Ecosse en 1540 (1513-1542). Devenu roi d’Angleterre, il devint Grand Maître des Maçons anglais mais les maçons écossais gardèrent le privilège de se choisir leur Grand Maître : William Sinclair de Rosslyn.

Les Francs-Maçons de l’époque étaient étroitement liés à la monarchie et durant la guerre civile et le protectorat de Cromwell, dans leur majorité, les Francs-Maçons restèrent fidèles à la monarchie des Stuarts. Son fils Charles I° devint roi de 1625 à 1649 et sera décapité en 1649. Après le protectorat et l’abdication du fils de Cromwell, son fils Charles II sera rappelé au pouvoir en 1660.

En 1685, Jacques II (1633-1701) monte sur le trône d’Angleterre (1685-1688) roi d’Ecosse sous le nom de Jacques VII (1685-1688). Catholique, intolérant et peu diplomate (la tolérance religieuse n’était pas à l’honneur à cette époque, Louis XIV venait de révoquer l’Edit de Nantes) il se fera détester tellement que le Parlement offrira la couronne à Guillaume Prince d’Orange.

Jacques II partira en exil en France en 1688. Tous ceux qui tentèrent de lui faire recouvrer le trône ou qui combattirent, après sa mort, en faveur de son successeur Jacques III Stuart dit le Prétendant ou Le Chevalier de Saint-Georges, né à Londres (1688-1766) ou de son fils, Charles-Edouard, né à Rome, dit aussi le Prétendant (1720-1788) sont désignés sous le nom de Jacobites.

Les Ecossais Jacobites se réfugièrent en nombre en France surtout après la défaite de Culloden le 16 avril 1746. A Saint-Germain, la cour des Stuarts comptera jusqu’à 2.500 personnes. Les liens étaient restés suffisamment solides entre la noblesse et le clergé des deux pays que pour leur ouvrir largement l’accès au clergé ,à l’armée, au commerce comme aux plus hautes charges du royaume de France. Un régiment écossais composé de stuardistes exilés aura ses quartiers à côté de l’abbaye de Munster.

Pour se donner une idée de l’influence des Jacobites, il suffit de savoir qu’alors que la maçonnerie bleue française a été surtout importée en France par des Loges issues des « Modernes » et donc hostiles aux Stuarts, à ses débuts, la Maçonnerie française se donnera pour Grands Maîtres des Jacobites.

La Grande Loge dite des Modernes avoue d’ailleurs qu’elle s’est constituée après la révolte écossaise de 1715. Sa fondation est le fait d’un certain nombre de Loges hostiles aux Stuarts car les constitutions d’Anderson débutent par ces mots révélateurs : « After the rebellion ». On sait qu’ elle ne parvint d’abord à rallier à ses vues que quatre Loges, les autres Loges préférant rester provisoirement indépendantes soit rester fidèles aux « Antients ».

Après l’avènement au pouvoir du roi Georges en 1714 un certain nombre de Loges sentirent bien qu’elles devaient détourner d’elles les soupçons d’être Jacobites. C’est ainsi qu’en 1723 les quatre loges étaient devenues cinquante-deux.


La Franc-Maçonnerie est bien antérieure à 1717 ou à 1723. Sur le tableau des Loges datant de 1723 au moins 36 Loges datent d’avant 1717. C’est la date de l’apparition de la Maçonnerie dite spéculative et des obédiences. Ces dates sont celles de la fondation de la Grande Loge des « Modernes » et des constitutions dites d’Anderson. Une constitution n’est qu’un texte législatif et n’a jamais été un texte rituel ou initiatique.

A cette époque, il existait toujours un grand nombre de Loges indépendantes qui se rallièrent peu à peu soit à la Grande Loge des « Modernes » soit à la Grande Loge dite des « Antients » car restée fidèle à certains anciens usages que ne pratiquaient pas les « Modernes ». D’ailleurs, on ne peut exclure totalement l’hypothèse qu’il existait peut être encore au 19° siècle, en Angleterre même, en Irlande ou en Ecosse des Loges restées indépendantes car réfractaires à la Grande Loge Unie d’Angleterre.

Cette rivalité entre les deux organisations persista jusqu’aux guerres napoléonniennes. C’est grâce à Napoléon et à son intention d’envahir l’Angleterre que la Grande Loge « Unie » d’Angleterre vit le jour ! Grande Loge « Unie » car elle mit fin aux rivalités entre les deux organisations. La population ne comprenait pas la rivalité des deux Grandes Loges, celle des « Modernes » fondée en 1717 et celle des « Antients » fondée en 1753. Le Roi exigea « l’union sacrée » de toutes les forces vives de l’Angleterre pour abattre Napoléon. Ce fut d’autant plus facile que les Grands Maîtres des deux organisations étaient tous deux frères du Roi.

Une Loge particulière dite « Loge Spéciale de Promulgation » s’est tenue à Londres du 21 novembre 1809 au 5 mars 1811 afin d’harmoniser les usages des deux Grandes Loges.

 

En fait, ce sont surtout les usages des « Antients » qui prirent le dessus et les « Modernes » furent peu à peu absorbés par la nouvelle organisation. Nous ne retiendrons que deux de ses décisions : la cérémonie de l’installation dite « secrète » des Vénérables fut considérée comme un usage séculaire et l’emplacement des colonnes.

Comme la Maçonnerie continentale « latine » était coupée de tout contact avec l’Angleterre à cause du blocus continental, d’une part elle ignora ces accords et d’autre part, n’y ayant pas participé, elle ne les ratifia pas non plus. Comme au 19° siècle, ce fut loin d’être « l’entente cordiale » entre la France et l’Angleterre et qu’en 1877 les relations furent rompues entre la Grande Loge Unie d’Angleterre et le Grand Orient de France on s’explique que des usages différents persistèrent. Par exemple, c’est surtout sur le continent qu’on est resté fidèle aux usages des « Modernes » comme aux Constitutions d’Anderson abandonnés en Angleterre.

Source : http://loge-la-cite-sainte.wifeo.com/

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Rite d'Observance Templière Mixte

10 Avril 2012 , Rédigé par RL La Cité Sainte Publié dans #Rites et rituels

 

1° Frère : Un certain nombre de Maçons Rectifiés considèrent que le Rite Ecossais Rectifié ne peut en aucun cas être mixte. Je pense qu'il faut distinguer deux aspects dans cette question. Le premier aspect est celui de la mixité en maçonnerie, prise de façon générale.
Le second est celui de la soi-disant incompatibilité de notre rite avec la mixité. En tant que Soeur, que pensez-vous tout d'abord de la présence des femmes en Maçonnerie?

  

2° Soeur La présence des femmes en Maçonnerie a longtemps été freinée par un problème de droit. En effet, il n'y a pas si longtemps encore, la femme était incapable sur le plan juridique. Elle était placée sous la tutelle de son mari et pour n'importe quel acte juridique, celui-ci devait intervenir et apposer la mention "lu et approuvé - bon pour autorisation maritale".

Seules les veuves et les femmes célibataires pouvaient être considérées comme majeures. La plupart des femmes ne répondaient donc pas à une des conditions premières de l'entrée en maçonnerie: être libre.

Dans les Constitutions d'Anderson de 1723, les femmes se retrouvent d'ailleurs classées entre les esclaves et les hommes immoraux, ce qui en dit long sur la mentalité de l'époque.

1° Frère         Pourtant, dès la moitié du XVIIIème siècle, des femmes ont été admises dans ce qu'on appelait des Loges d'Adoption.

 

3° Frère       Le Chevalier Guillemin de Saint Victor publie en effet à cette époque un recueil qui décrit un rituel d'adoption en quatre grades. Mais comme le nom l'indique, il ne s'agit pas d'un accès de plein droit, mais d'une adoption.

A la fin du XVIIIème siècle nous voyons Cagliostro créer une maçonnerie égyptienne restée célèbre.

La princesse de Lamballe, confidente de la Reine Marie-Antoinette, sera Grande Maîtresse d'une Loge d'Adoption.

Plus tard, sous Napoléon, nous verrons l'Impératrice Joséphine, Grande Maîtresse de la Maçonnerie féminine.
Mais cela n'empêche pas les Loges d'Adoption de garder les femmes dans un état subalterne par rapport aux hommes et que ces Loges d’Adoption soient toutes soumises à une Loge masculine.

Ce n'est qu’en 1893 que la mixité verra réellement le jour avec la création de la Grande Loge Symbolique Ecossaise Mixte "Le Droit Humain". Et encore de nos jours beaucoup de Maçons ne la considèrent pas comme régulière.

 

1° Frère     Il y a donc à peine un siècle que la mixité, c’est à dire en fin de compte la reconnaissance de l'égalité entre l'homme et la femme, est acceptée par une partie du monde maçonnique, ce qui prouve que les préjugés ont la vie dure.
Mais venons-en au Rite Ecossais Rectifié. Que certains Frères préfèrent pratiquer la maçonnerie entre hommes, ou que certaines Soeurs préfèrent la pratiquer entre femmes, cela relève de la liberté de chacun. Mais pourquoi s’indigner si d’autres Frères ou Soeurs souhaitent pratiquer le Rite Ecossais Rectifié de façon mixte ?

 

2° Sœur  Deux arguments principaux sont présentés.Le premier est que le Convent de Wilhelmsbad de 1782 ne l’a pas prévu et que seul un nouveau Convent pourrait ajouter ou retrancher quoi que ce soit aux décisions de l’époque. Comme la division des Maçons est telle que la réunion d’un Convent est illusoire, les choses risquent de rester en l’état encore longtemps.

 

1° Frère Personnellement, je ne trouve pas ce premier argument très convaincant. La mentalité de l’époque n’était pas, nous venons de le voir, favorable à la mixité et d’ailleurs la mise sous tutelle du mari ne prédisposait pas la femme à une carrière de Chevalier. Admettons.

Mais ce n’est pas parce qu’à l’époque la majorité n’imaginait pas que ce statut puisse changer que la mixité doive être exclue à perpétuité.

Cet argument est d’autant plus faux qu’en réalité le Convent des Gaules (1778) a pris position sur le principe en ce qui concerne la mixité ! La question ayant été posée lors de l’avant dernière séance par Beyerlé : « Les chefs du Système devaient reconnaître que c’était là une noble entreprise et ils ne pouvaient faire de l’exclusion des femmes une question de principe, puisque Willermoz avait initié sa propre soeur et que Pasqually avait accordé la même faveur à plusieurs postulantes ... ». (La Franc-Maçonnerie Templière et Occultiste p.489, René le Forestier, 1970, Aubier-Montaigne, Paris-Nauwelaerts Louvain). Même si pour des raisons de politique maçonnique on proposa à Beyerlé de présenter un projet au prochain convent qui pourrait être adopté par les trois Provinces de France, on voit qu’on était loin d’un refus de principe ! Willermoz avait été parmi les plus pressants pour obtenir l’autorisation de Pasqually de recevoir des femmes et comme la décision tardait à venir il passa outre avec l’appui de Louis-Claude de Saint-Martin et reçut Mme Provensal aux hauts grades Cohen. (Idem p.321). Pasqually finit d’ailleurs par tenir parole et les rituels adaptés aux femmes furent envoyés à Willermoz le 3 août 1774.

 

3° Frère Justement, le deuxième argument est que, par nature, une femme ne peut pas accéder à la Chevalerie en général et à la Chevalerie Templière en particulier.

 

1° Frère Que la nature d’une femme l’empêche d’être chevalier n’était pas l’avis de nos ancêtres. Je citerai à titre d’exemples Tiphaine, épouse de Du Gesclin, Jehanne de Monfort ou encore Jeanne de Belleville, trois femmes chevaliers du moyen âge, célèbres pour leur bravoure.

Et puis, bien sûr, le plus célèbre chef de guerre féminin de l’histoire de France que fut la Pucelle d’Orléans, appelée aussi Jeanne d’Arc.

Tous les témoignages concordent, tant de la part de ses amis que de ses ennemis, pour certifier qu’elle fut à la fois une guerrière douée et courageuse et un excellent stratège, habile aussi bien dans les manœuvres qu’en matière de logistique ou d’usage de l’artillerie, ce qui même pour un homme était rare à l’époque.

Qu’elle ait été bergère, comme le prétend la légende, ou fille illégitime du duc d’Orléans et de la reine de France, comme le pensent certains historiens modernes, ne change rien au fait que des armoiries lui furent décernées par une ordonnance de Charles VII en date du 2 juin 1429, soit quatre semaines après qu’elle ait délivré Orléans des anglais.

Elle était donc noble et les historiens nous rapportent que son anneau de chevalier portait la mention “Jhésu Maria”. En fait, l’histoire de l’antiquité à nos jours est pleine d’exemples de femmes égales aux hommes en courage et en bravoure et nous avons de nombreux exemples de femmes armées Chevalier. Je vais d’ailleurs demander à notre Orateur de nous lire quelques passages significatifs d’un essai publié en 1788 par un Frère Chevalier du nom de Jean-Pierre Beyerlé, Président de la Grande Loge Ecossaise de Nancy, Eques a fascia, dans la Stricte Observance Templière. Ce texte a le mérite de nous démontrer que tous les maçons du XVIIIème siècle n’étaient pas hostiles à l’accès des femmes à la Chevalerie Templière, puisque l’auteur appartient à un Ordre Templier précurseur de notre Rite.

 

Orateur : Extraits de l’essai de Jean-Pierre Beyerlé (1788) “De la Franc Maçonnerie d’Adoption”:

“Si nous nous transportons à Delphes, à Eleusis, etc. nous trouverons le ministère sacré dans les mains des femmes, comme celles des vestales à Rome.

Plus nous nous éloignerons de ces temps reculés, et plus nous verrons des femmes coopérer aux actes qui paraissent ne devoir appartenir qu’aux hommes.

Dans son traité de la noblesse, la Roque nous dit: “L’on a mis en doute si les femmes peuvent être chevalières; sur quoi l’on peut dire que s’il y a eu des diaconesses dans l’église, et encore maintenant des chanoinesses, les femmes peuvent aussi participer aux honneurs séculiers.” Il y a plus, on cite un ordre de chevalerie, érigé pour récompenser la valeur des femmes catalanes, l’ordre de la hache, institué par Raymond Béranger, dernier comte de Barcelone. Si l’on n’institua pas un nouvel ordre pour reconnaître la bravoure des dames de Palence, c’est qu’on les décora de celui de la Bande.L’ordre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem fit naître celui des dames chevalières de Saint-Jean de Jérusalem, dont il y a plusieurs maisons, surtout en Espagne. On voit aussi, dans ce royaume, des chevalières de Saint-Jacques de l’épée et de Calatrava. Il ne serait donc pas étonnant qu’on agrégeât des femmes à la société maçonnique. Si, parcourant les fastes de l’histoire, on se repose sur les conséquences qui résultent des faits auxquels elles ont participées; pourra-t-on se refuser de leur accorder qu’elles ne le cèdent guère aux hommes dans la réussite de tous les projets qu’elles ont entrepris.”
L’auteur énumère ensuite des lieux où des femmes ont combattu l’ennemi, défendu des fortifications ou repoussé des assauts lors du siège d’une ville. Après avoir rappelé leur bravoure, il poursuit en disant: “L’histoire des héroïnes, très curieuse sans doute, est trop étendue pour pouvoir donner seulement leur nomenclature; mais il résulte de l’énumération de ces filles et femmes vaillantes, … que, quoi qu’on en puisse dire, les femmes sont aussi capables que les hommes d’entreprises périlleuses; on est même en droit d’en conclure que c’est à leur éducation plutôt qu’à leur âme, qu’on doit imputer ce défaut d’énergie, cette crainte, cette timidité, que l’oeil trop peu philosophe regarde comme un attribut du sexe féminin. Mais ce n’est pas seulement sous le casque, l’écu au bras, la lance au poing, que les femmes ont prouvé leur égalité avec les hommes.”
Et l’auteur de citer Sémiramis et Nitocris, reines de Babylone, et Elisabeth, reine d’Angleterre, comme exemples d’habileté dans le gouvernement, et beaucoup d’autres femmes célèbres pour leurs connaissances de théologie, de philosophie, de sciences ou de langues. Et de conclure: “La Franc-Maçonnerie. embrasse généralement toutes les connaissances divines et humaines, et ajoute à ce vaste plan l’exercice de tous les actes qui deviennent le fruit de l’étude de ces connaissances, et toute femme vertueuse a le droit d’occuper la place que son génie et ses talents lui désignent dans la société maçonnique.
L’homme et la femme sont deux dans un, et ces deux n’étant qu’un, une des portions de cet un a droit aux avantages auxquels l’autre prétend avoir droit.

Chassez de vos têtes la distinction de sexe, ne pensez pas à l’écorce dangereuse des femmes, ne voyez en elles que l’âme spirituelle; en parlant à une femme Maçonne que ce soit votre âme qui se développe à une autre âme, et réfléchissez que cette âme n’a point de sexe.”

 

1° Frère La position de notre Loge en la matière est-elle appuyée sur des arguments liés à la symbolique maçonnique ?

 

2° Soeur Notre position quant à la mixité est conforme à la symbolique du Temple maçonnique et découle de la spiritualité chrétienne dont nous nous réclamons. Le Temple maçonnique n’est-il pas peuplé d’emblèmes aussi bien masculins que féminins ? C’est en tout cas une condition que doit remplir tout temple qui se veut une représentation de l’Univers.
L’homme, temple lui aussi, fut créé, selon l’enseignement du Livre, à l’image de Dieu: mâle et femelle.

En hébreu, homme se dit “Isch” et femme “Ischa”. L’être humain, homme ou femme, est fait d’une unique substance, selon le texte, car les mots pour désigner cette différence sexuelle sont construits sur le même radical “Isch – Ischa” qu’on pourrait traduire par “homme” et “homesse” si on voulait reproduire en français la nuance de l’hébreu. L’égalité entre homme et femme est indiquée par la même racine étymologique comme ils sont faits d’une même matière d’os et de chair.

Ainsi la Loge Temple est bien plus conforme à la symbolique bisexuelle si des Sœurs figurent parmi eux. On pourrait même se demander si une Loge constituée seulement d’hommes n’est pas à demie construite.
La conclusion qui en résulte est que les Constitutions d’Anderson ont rejeté la femme des temples maçonniques (femme qui, rappelons-le, avait autrefois sa place dans les loges opératives) non pour des motifs initiatiques, mais pour se conformer à la situation sociale et juridique de la femme à cette époque. Aujourd’hui cette situation est tout autre, au point que la ségrégation sexiste est au contraire devenue choquante.

  

1° Frère Je conclurai en disant que le moins qu’on puisse attendre d’un Frère qui, selon le catéchisme du 1er grade, “vient en Maçonnerie pour apprendre à vaincre ses passions”, c’est d’être capable de résister aux tentations que lui impose “l’écorce dangereuse” dont on a parlé ; le temps d’une tenue en tout cas.
La mixité apporte selon nous une richesse supplémentaire à la réflexion et donne plus de relief et de couleur à nos recherches. C’est la raison pour laquelle, sans vouloir l’imposer à qui ne la souhaite pas, cette mixité est un idéal pour notre Loge auquel nous accordons le plus grand prix.

 Source : http://loge-la-cite-sainte.wifeo.com

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Histoire récente de l'Ordre de la Stricte Observance Templière

10 Avril 2012 , Rédigé par Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jerusalem Publié dans #histoire de la FM

 

Entre 1751 et 1755, l'Ordre templier, également connu sous le nom d'Ordre Illustre de la Stricte Observance, fut réorganisé sous l'impulsion de Varl Gotthelf, Freiherre von Und und Alten-Grotkau1, Eques ab Ense (Chevalier de l'Epée, qui fut reçu dans les trois premiers grades de la Franc-Maçonnerie le 20 mars 1742 au sein de la Loge l'Union de Francfort-sur-le-Main. C'est au cours d'un premier voyage (de décembre 1742 à septembre 1743) qu'il fut admis dans l'Ordre du Temple par Lord Kilmarnock, Grand Maître des Maçons d'Ecosse, et présenté à Charles-Edouard Stuart, le jeune prétendant, désigné sous le nom de « Chevalier au Plumet rouge ». Dirigé en 1743 vers Marschall von Bieberstein, Grand Maître Provincial de la VII° Province templière, il lui succéda en 1751.

Décidé à rétablir l'Ordre du Temple dans son ancienne splendeur et à le renouveler, le baron de Hund, avec l'aide des Frères Georges et Charles Schmidt, de von Tanner et de von Schoenberg, réécrivit les rituels de l'Ordre et mit au point le cérémonial. Vers 1751, il érigea une Loge et un Chapitre Provincial sur ses terres, à Unwuerde et, en 1753, il délivra une nouvelle patente à la Loge de Naumburg. Ce fut dans cette Loge que le premier projet financier ou « Plan Economique » fut élaboré car, sans finances, il était évidemment impossible de restaurer toutes les Provinces de l'Ordre. En 1755, un deuxième Plan Economique prenant appui sur le premier fut promulgué.
L'Europe fut divisée, comme autrefois, selon le Livre Rouge, en neuf provinces: I. Aragon, II. Auvergne, III. Occitanie, IV. Léon, V. Bourgogne, VI. Grande-Bretagne, VII. Basse-Allemagne jusqu'à l'Elbe et l'Oder, VIII. Haute-Allemagne jusqu'au Danube, IX. Grèce et Archipel.

Au Convent d'Altenberg, convoqué en mai 1764, le baron de Hund rencontra Johnson qui se déclarait l'émissaire de l'Ordre du Temple et député par le Souverain Chapitre d'Ecosse pour organiser l'Ordre en Allemagne. Le baron de Hund qui s'inquiétait des agissements de Johnson et de sa folie des grandeurs, le débouta de ses prétentions. Arrêté et enfermé à la Wartburg2, il y mourut le 13 mai 1775. Après avoir conté aux Frères l'histoire de son admission dans l'Ordre et montré le Livre Rouge ainsi que d'autres documents, le baron de Hund vit son autorité confirmée en tant que Grand Maître Provincial par les membres présents qui reçurent de lui de nouvelles instructions.
En 1766, un nouveau Plan Economique qui prévoyait, entre autres, des revenus financiers pour assurer les prébendes des dignitaires du système fut mis au point.

Le 17 février 1767, le pasteur Jean-Auguste Starck et ses associés fondèrent la Loge « Les Trois Lions » à Wismar et greffèrent sur elle le Chapitre Clérical de l'Ordre. C'est au Convent de Kohlo (du 4 au 24 juin 1772), qui vit la réorganisation de l'Ordre, la création du Directoire de Dresde et l'abandon définitif d'un plan économique, qu'un accord fut conclu avec les Clercs dont les Chapitres Cléricaux devaient désormais émaner de la seule autorité du baron de Hund; de plus, les Chevaliers ne pourraient, à l'avenir, être reçus sans la présence d'un Clerc; le Grand Prieur devait siéger au Grand Chapitre de Dresde et apposer sa signature sur toutes les patentes et constitutions. A ce même Convent, le duc Ferdinand de Brunswick fut élu Magnus Superior Ordinis et Grand Maître de toutes les loges écossaises du régime, Charles de Hund, en tant que Grand Maître Provincial, assurant désormais le rôle d'un monarque constitutionnel.

Sous la direction du baron Weiler, nommé par le Grand Maître Provincial Commissarius et Visitator specialis,furent organisées les trois Provinces françaises: en 1772, la V° Province, la Bourgogne; en 1774, la II° Province, l'Auvergne, et, la même année, la III° Province, l'Occitanie. Mais, dès 1778, le Convent des Gaules, sous l'impulsion de Jean-Baptiste Willermoz, décida d'abandonner toute référence à l'Ordre du Temple, de modifier en conséquence les rituels et de transformer le dernier grade templier de la Stricte Observance en celui de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte.

Le Convent de Brunswick (23 mai-6 juillet 1775) légalisa officiellement les neuf Provinces de l'Ordre et transféra le Directoire à Brunswick, mais le vieux débat concernant la patente de Hund, par laquelle il assurait détenir son autorité, refit surface. Un nouveau Convent, convoqué à Wiesbaden (15 août-4 septembre 1776), vit s'effondrer, peu après, les prétentions de Gugomos qui affirmait être en relation avec le véritable chef de la branche savante de l'Ordre à Chypre et posséder les connaissances secrètes de cette branche.

Le 8 novembre 1776, le baron de Hund mourut à Meiningen (Thuringe) et son inhumation eut lieu le 13 novembre, avec toute la pompe due à son haut rang, au pied du maître-autel de l’église catholique de St Kilian de Mellrichstadt (Franconie). Sa mort fut suivie d’une période de confusion et, en 1777, le prince Charles de Hesse, duc de Sudermanie, proposa sa candidature à l’office vacant de Grand Maître Provincial. C’est cette même année que Charles-Edouard Stuart nia tout lien avec la Franc-Maçonnerie, cet aveu, pour quelques-uns, ayant été de pure circonstance et dicté par des raisons politico-religieuses. La tradition secrète de l’Ordre affirme qu’il fut élu Grand Maître de la branche écossaise de l’Ordre du Temple3, qui s’était perpétuée sans interruption en Ecosse depuis l’abolition de l’ancien Ordre et qui n’avait évidemment rien de maçonnique, à Holyrood Palace, le 24 septembre 1745 ; ce qui lui permit de dénier quelque appartenance que ce fût à l’Ordre maçonnique. C’est au sein de cette branche séculière de l’Ordre du Temple, fondée par des chevaliers écossais après la suppression de leur Ordre, que fut transmise durant quelques siècles la Grande Maîtrise de l’Ordre templier.
La conférence de Hambourg (4-16 juillet 1777) accepta la candidature de Charles de Suède, qui fut approuvée par le Convent préliminaire de Leipzig (16-22 octobre 1777).
Le Convent de Wolfenbüttel (15 juillet-24 août 1778) élut Grand Maître Provincial le prince Charles de Suède, mais le départ des Clercs du système et le retrait des Chapitres de Silésie et de Berlin annoncèrent le début du déclin de la Stricte Observance.
Le Convent ou Diète de Brunswick ’24 août-9 septembre 1779) procéda à l’installation par procuration du prince Charles de Suède et à l’élection de son coadjuteur, le landgrave de Hesse-Cassel.
Le 20 avril 1781, Charles de Suède renonça à la grande maîtrise provinciale et se retira à son tour de la Maçonnerie Rectifiée, autre appellation de la Réforme de Dresde.

C’est le Convent de Wilhelmsbad qui précipita le déclin de la Stricte Observance dont l’organisation se voulait calquée sur l’ancien Ordre du Temple : le système et le rite furent réorganisés ; la réforme française dite de Lyon fut adoptée ; Ferdinand de Brunswick fut élu Grand Maître Général ; la numérotation des Provinces de l »Ordre fut changée et le Directoire transféré à Weimar.
Peu à peu la Stricte Observance perdit le prestige qu’elle avait exercé sur la Franc-Maçonnerie germanique et continentale. Le 30 janvier 1784, le système des « Trois Globes » de Berlin rompit tout lien avec l’Ordre templier et le Rite Rectifié ; et le 31 décembre 1784, les loges de Hambourg prirent la même décision. En 1792, on peut relever les dernières traces identifiables des Clercs et, avec la mort du prince Ferdinand de Brunswick, le 3 juillet 1792, le système de la Maçonnerie Rectifiée devait connaître une longue éclipse.
Le 2 novembre 1792, le prince Charles de Hesse fut nommé Grand-Maître de la Franc-Maçonnerie danoise par décret royal, mais il se considéra toujours comme Grand Maître d'Allemagne. A sa mort, en 1836, le prince héritier de Danemark devint Protecteur. Le système persista jusqu'en 1855 sous une forme quelque peu altérée.
En 1855, le Protecteur, le roi Frédérick VII, ordonna que le Rite Suédois, fortement inspiré par la Stricte Observance, fût adopté ; il est, depuis lors, pratiqué par les Grandes Loges et les Chapitres de Danemark, de Suède, de Finlande et de Norvège.

Mais la Stricte Observance ne cessa jamais d'exister sous sa forme particulière, bien qu'« occultée », dans certains pays germaniques et du nord de l'Europe ; sa survivance explique son influence sur les systèmes « templiers » actuels. De plus, la filiation individuelle de la qualité de « Chevalier du Temple » au sein de quelques familles nobles a permis la transmission de l'intégralité du message dans la fidélité à la sainte religion chrétienne.
On peut considérer que, de son côté, le Régime Ecossais Rectifié, dont les prémices avaient été posés au Convent de Kohlo en 1772, a conservé en son sein le « souvenir » de la Stricte Observance de laquelle il tire indubitablement son origine ; mais les Convents fondateurs du Régime, ceux de Lyon en 1778 et de Wilhelmsbad en 1782, avaient déjà remanié considérablement les rituels et l'organisation de l'Ordre.
Après la Révolution française, le Régime Ecossais Rectifié connut, à son tour, de nombreuses vicissitudes. La conséquence en fut que, en 1828, la Préfecture de Besançon, appartenant à la V° Province, dite de Bourgogne, avant de cesser ses travaux, remit à Genève (qui appartenait à la même Province) une partie de ses archives afin qu'elle conservât intacts les codes (celui des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte et le Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées), les rites et la doctrine.
C'est pourquoi le Grand Prieur d'Helvétie devint le conservateur du rite jusqu'à ce que le Régime Ecossais Rectifié reprenne son développement avant la création de Grands Prieurés, en France, en Belgique et aux Etats-Unis.

Il faut souligner que, parallèlement, la Stricte Observance perdura en tant que telle dans sa forme initiale voulue par ses fondateurs, se référant explicitement aux valeurs fondamentales de l'Ordre du Temple, telles qu'on pouvait les concevoir au XVIII° siècle. La filiation s'est opérée de chevalier à chevalier au sein de quelques familles nobles, assurant ainsi l'intégralité du message.
En France, une résurgence récente a vu la restauration officielle de la III° Province templière de l'Ordre, dite d'Occitanie, de façon régulière, tel le phénix renaissant de ses cendres. Plusieurs hauts dignitaire du Régime Ecossais Rectifié ont senti le besoin pressant de revenir aux sources de la chevalerie templière et ont eu également le privilège d'être reçus Chevaliers du Temple et Clercs de la Stricte Observance par un éminent dignitaire de l'Ordre en Europe Centrale, l'Eques Professus ab Hieracio. Une première Loge fut consacrée3 selon les us et coutumes des Loges réunies, le 1er avril 1995, en la fête de saint Hugues, par un collège consacrant constitué de Francs-Maçons émérites ayant accédé aux plus hautes responsabilités maçonniques dans une autre Province. Le Grand Chapitre Provincial d'Occitanie, III° Province de l'Ordre, fut solennellement consacré le 11 novembre 1995 au cours d'une cérémonie qui reprenait les fastes de la Maçonnerie templière à ses débuts ; ce même jour, le Grand Prieur de l'Ordre devait également installer le Grand Maître Provincial, l'Eques Professus Petrus a Militia Christi, et ses Officiers dans la plus pure tradition templière de la Stricte Observance.
Des nécessités impérieuses ont amené les Grands Dignitaires de l'Ordre à réunir un Convent le 1er octobre 2010 au cours duquel fut rétablie la Grande Maîtrise Générale de l'Ordre qui reprit alors son ancien nom d'Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem ; le jour même fut élu et installé le Grand Maître Général, Protecteur de l'Ordre et Conservateur du Rite, l'Eques Professus a Militia Christi.

Depuis lors, le Grand Chapitre Provincial d'Occitanie, en l'attente de la restauration des autres Provinces de l'Ordre, gère plusieurs loges en France regroupées au sein d'une Grande Loge Ecossaise placée sous sa haute juridiction

source : http://gleo.fr/

 

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