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La Tenue du Franc-Maçon

5 Septembre 2014 , Rédigé par Tolérance et Fraternité Publié dans #Planches

« La Tenue du Franc-Maçon » voilà encore une planche découverte sur le Net qui m’a interpellé et que je vous livre. Je qualifie cette planche à double sens car elle revêt non seulement l’habit du franc-maçon mais aussi la conduite du franc-maçon. Un beau parallèle est fait dans ce morceau d’architecture sur la vie du Franc-maçon dans le monde maçonnique et dans le monde profane : pas un double sens mais un quadruple sens finalement.

 Thème d’étude de l’Alpina – LA TENUE DU MAÇON


Dans l’idée de « tenue », le Franc-Maçon se trouve confronté à quatre concepts essentiels. Tout d’abord, les réunions rituelles des Francs-Maçons au Temple, sont appelées « Tenues », illustrant tout simplement le fait que la réunion se « tient » à ce moment et en ce lieu précis. Pour participer à cette tenue le Franc-Maçon, va revêtir une « tenue » vestimentaire particulière.
En tenue », le Franc-maçon doit adopter donc une « tenue » convenable, ce qui signifie une attitude, un maintien et une manière d’être corrects. Enfin dans le monde profane, le Franc-Maçon se doit d’avoir une « tenue », donc un comportement irréprochable.
Nous passerons sans nous y arrêter sur la « tenue » = réunion pour ne traiter ici que des trois autres aspects et surtout du comportement en loge et dans le monde profane.
La tenue vestimentaire.
Lors des tenues, les Frères doivent être chaussés de noir, vêtus de sombre (gris foncé, bleu marine ou noir). Ils porteront une cravate ou un nœud papillon noir sur une chemise claire (de préférence blanche), auxquels viennent s’ajouter deux des éléments symboliques parmi les plus importants dans notre ordre: le tablier et les gants blancs.
Cette tenue vestimentaire de base, qui est complétée selon les rites et les loges d’accessoires divers, (baudriers, sautoirs, camails, bijoux de loge, couvre chef, épées…) répond évidemment à des notions symboliques… L’uniformité de la vêture des Frères, les dépouille des diverses apparences et appartenances que leur confère leur accoutrement profane et les place en situation d’égalité.
L’importance de l’habillement apparaît dès le début de notre parcours maçonnique à travers la demande rituelle: « Comment étiez vous lors de votre entrée en loge ‘? » et la réponse « Ni nu, ni vêtu et dépouillé de tous métaux. » L’initié qui vient en quelque sorte de subir une purification, outre sa nouvelle tenue sombre, requise pour les tenues, se voit remettre l’essentiel : ce tablier et ces gants évoqués plus haut.
Le tablier, en principe en peau d’agneau mais parfois en tissu, est le signe distinctif le plus visible du Maçon. La blancheur de ce symbole du travail, suggère la pureté, la lumière, la rectitude de nos mœurs et l’égalité entre tous les Frères. Il sensibilise le Franc-Maçon aux valeurs de base de notre ordre et marque pour le nouvel apprenti son appartenance à la fraternité universelle. Il protége symboliquement le Maçon de ses imperfections, ses vices et ses passions.
Les gants indiquent que les mains d’un Franc-Maçon sont pures de tout acte blâmable, tel qu’exigé pour tout travail rituel. Portés pendant toute la durée des travaux en tenue, ils sont retirés au moment de la Chaîne d’Union. Alors toutes les mains des assistants s’unissent; dénudées pour favoriser la circulation de l’énergie de fraternité. Indissociables du tablier en tenueMaçonnique, les gants rappellent les engagements solennellement pris et tous deux ont la même signification quant aux exigences de la purification, prélude à la renaissance spirituelle.
Du maintien lors de la Tenue.
On peur affirmer sans grand risque de se tromper, que le fait de revêtir l’habillement traditionnel en vue de la tenue, constitue une préparation intérieure à l’ouverture, et surtout à celle du cœur. En effet, après avoir endossé cette tenue rituelle, on ne se sent plus le même, quelque chose a changé. L’uniformité d’ensemble de l’habillement solennel, porté avec dignité en tenue, dégage une impression d’unité, de calme et de sérénité propice à la qualité des travaux.
De façon subtile, un peu malgré soi, on s’est coupé du monde habituel, le monde profane. On s’exprime autrement. Le langage profane se fait plus discret, puis disparaît. On voit malheureusement encore trop souvent des parvis de Temples qui ressemblent plus à des halls de gare ou de foire. Pendant la tenue les propos n’ont pas toujours la retenue ou la réserve qui sont le résultat de la réflexion et de la modération. La façon de dialoguer des Maçons, qui consiste à ne pas s’adresser directement à un Frère mais à la communauté, devrait, si elle était plus scrupuleusement appliquée, contribuer à maintenir les échanges à la hauteur qui convient.
Le comportement physique lui aussi fait sa mutation, faisant place à une gestuelle spécifique dans le travail. La prise de parole répond à des règles bien précises (variant un peu d’une loge à une autre). Les respecter garantit là aussi des échanges plus fraternels et plus profitables pour tous. La posture enfin, assis sur les colonnes, doit être détendue mais digne et respecter une unité propre à la Loge.
L’unité de l’attitude renforce encore le sentiment d’appartenance à un groupe d’une autre dimension que celle des groupes profanes. On peut parfaitement se tenir assis bien droit les genoux légèrement écartés et les pieds, talons joints à l’équerre, pendant toute la durée d’une tenue, sans en concevoir de fatigue particulière. Bien entendu les Frères les plus âgés ou ayant des difficultés d’ordre physique, adopteront une posture compatible ave leur état. Que dire de ces Frères littéralement avachis sur leur siège ou un bras nonchalamment posé sur le dossier de celui-ci ou encore croisant les jambes, quand ce n’est pas le pied opposé posé sur le genou, etc…? Triste spectacle que l’on voit encore trop souvent dans certains ateliers.
Respectons nos usages, usages auxquels nous avons librement adhéré, afin que le profane ne s’insinue pas dans nos Temples, lieux de résidence du seul sacré.

Tenue dans le monde profane.

La Franc-maçonnerie, afin d’édifier le Temple idéal de l’Humanité et plus prosaïquement d’améliorer un peu ce monde où nous vivons, a besoin que ses membres tiennent les promesses qu’ils ont faites à l’égard de leurs semblables, à travers leurs actions dans la vie quotidienne. Tout commence dans la propre famille de chacun d’entre nous, en en respectant chaque composante et en ayant le souci permanent d’éduquer nos enfants dans le respect des valeurs fondamentales de l’humanité que nous avons faites nôtres. Elargissons la famille à la société dans laquelle nous évoluons. En prenant part à la vie des associations diverses (de parents, de donneurs de sang,..), en assistant ceux qui en ont la nécessité (jeunesse, personnes âgées), en s’engageant d’une manière générale dans des activités sociales, qu’elles soient professionnelles, politiques ou culturelles, le Frère impliqué présentera là une attitude résolument Maçonnique. Pour y arriver il est nécessaire de mettre en pratique l’aptitude à l’ouverture et à la compréhension des autres et de leurs problèmes, acquise par notre avancée sur la voie Maçonnique. Exprimons cette capacité par des actes empreints d’abnégation plutôt que par de beaux discours, dans le respect de nos choix moraux et éthiques. Cette aide et cette compassion que nous apportons à nos semblables, ne serait-ce que par l’exemple, inscrivons-la dans une perspective de justice. Le faire est déjà acte de justice. Allons au-delà de nos préjugés, exerçons la charité et offrons notre amour à toute personne, quelle que soit sa condition, son appartenance ethnique ou sa religion. Ne nous laissons pas circonvenir par les idées toute faites et posons-nous les bonnes questions. Evitons d’asséner nos propres vérités et laissons la porte ouverte aux avis d’autrui. En présence de situations conflictuelles, le Franc-Maçon aura à cœur dans la mesure du possible, de par sa capacité de réflexion et de pondération, d’apporter calme et apaisement.
Plus généralement essayons à notre niveau et avec les moyens qui sont les nôtres (et qui ont quelque consistance) de lutter contre l’envahissement de notre société par les valeurs fallacieuses de l’argent et par l’individualisme forcené. Si nous sommes vraiment désireux de combattre l’injustice et faire respecter la dignité humaine, en tous temps, en tous lieux et en toutes circonstances, que chacun de nous commence tout de suite à faire le peu qu’il peut. Ceux qui s’engageront sincèrement sur cette voie, aillant revêtu la « tenue » rituelle ou non, en « tenue » ou dans le monde profane, auront une « tenue » absolument correcte.


Tolérance et Fraternité – Orient de Genève Octobre 2007 

source : http://www.gadlu.info/

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L'Incarnation du Verbe

4 Septembre 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Dans l'un des quatre récits évangéliques, dans celui que les philosophes et les amateurs de merveilleux préfèrent, il y a une phrase bien faite pour éveiller les curiosités. Saint Jean, considéré comme le plus compréhensif des évangélistes, comme ayant pénétré le plus près des mystères du Christ, dit à la fin de son Évangile: Il y a encore beaucoup d'autres choses que Jésus a faites; et, si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde entier pût contenir les livres qu'on écrirait. C'est de ces choses que je veux m'entretenir avec vous. C'est un sujet vaste, infini dans son ensemble et dans les détails. Nous prendrons seulement les épisodes typiques et représentatifs de la vie du Christ.

Si nous suivions l'ordre logique, il faudrait prendre le Verbe à l'origine des temps, Le suivre dans Sa descente immense à travers les mondes, à travers les nébuleuses, les planètes, voir ce qu'Il a fait sur la terre pendant le temps où Il disparut et où Ses faits et gestes nous sont inconnus, remonter avec Lui vers Son Père, lorsqu'Il quitta la terre, voir les secrets de Sa Présence permanente et de Son opération mystérieuse dans le coeur de ceux qui ont été élus à Le recevoir.

Une étude aussi systématique risquerait de devenir ennuyeuse. Je préfère adopter une méthode moins stricte, suivre l'un après l'autre les épisodes connus et soulever avec vous le voile qui flotte sur ces mystères. Ce sera un enseignement plus vivant et nous serons, en cela, plus conformes aux exigences de l'intelligence moderne qui recherche l'action et la vie. Comme chaque geste du Christ représente et féconde l'univers entier, nous aurons, en étudiant le plus minime de Ses gestes, un modèle pour tous nos actes et toutes nos pensées.

Aujourd'hui on parle beaucoup du Christ. Les uns cherchent à retrouver Ses traces en tentant des expériences avec la matière sociale, en se spécialisant dans la métaphysique ou dans les raffinements de l'esthétique. Mais le Verbe n'est pas ici ou là. Il est partout. Le Verbe offre, dans chacune de Ses manifestations, une synthèse parfaite de toute beauté, de toute bonté, de toute vérité. Chaque acte de Lui est un modèle pour nos sentiments, nos pensées et nos actes et reste toujours le type le plus idéal de tout ce que nous pouvons sentir, concevoir, élaborer ou réaliser.Jusqu'à présent on a fait la géographie de l'Évangile; nous allons essayer d'en faire la géologie, d'étudier les fondements de l'Oeuvre du Christ, de voir les côtés inconnus de Sa physiologie profonde. Tout ce qui est extérieur vient de l'intérieur, tout ce qui est visible vient de l'invisible. La vertu au moyen de laquelle les grands mystiques ont agi et qui a suscité d'autres mystiques sur leurs pas, n'est que la fleur merveilleuse de racines lointaines et profondes, d'efforts persévérants, de prières et de pénitences cachées de ces êtres supérieurs, de ces inconnus qui ont vécu dans l'obscurité et la pauvreté les plus complètes. L'enseignement du Christ est celui du labeur obscur auquel Il S'est astreint pour pouvoir produire et rendre possible en nous la descente de la Lumière. Tout ce que dit le Verbe vient du Père, le plus mystérieux, le plus inconnaissable des Etres. Les miracles spirituels qui nous charment par leur simplicité, leur familiarité, sont les fleurs jaillies de Ses labeurs inconnus, les fruits pour lesquels Il a tant peiné, accepté tant de souffrances et tant d'esclavages. Quand nous étudions l'Évangile, nous ne pensons qu'à imiter la vie publique du Christ. Nous devrions chercher à imiter les exemples et les leçons de sa vie cachée. Ce serait une tâche, un but plus modeste mais plus fertile en résultats. Il n'y a pas de sainteté sans la santé morale. Or rien n'est plus utile que le bon sens quand on aborde les mystères. Il faut savoir le conserver. Nous chercherons, dans ces causeries, à réagir contre la tendance contemporaine à rechercher l'effet et non le fond. Les hommes les plus en vue ne paraissent pas convaincus de ce qu'ils enseignent. On ne fait plus son travail consciencieusement et à fond, on donne à la réclame plus de soins qu'au travail. C'est pourquoi on arrive au factice et au falsifié. Il faut réveiller le goût du sincère, de l'authentique, de la conscience et, pour cela, fixer nos regards non seulement sur les scènes touchantes de la vie religieuse et mystique, mais sur le sol ingrat où ces merveilles ont trouvé leur primitive substance. L'incarnation du Verbe est un drame cosmique, le drame par excellence. La scène remplit tout l'espace, toute la durée du temps. Tous les personnages qui y participèrent et toute l'armée des créatures deviennent, à un moment, des spectateurs. Il faut se représenter l'instant initial du Monde, s'imaginer le Père semant une graine de Lumière dans un univers resplendissant, celui que le Christ appelle le Royaume , puis semant une autre graine dans cette circonscription prise sur le néant qu'est la Nature. Cette graine ci est semée à l'intersection de l'espace et du temps. Chacune de ces graines croît, mais en sens inverse; la première plonge ses racines en haut, dans le sol mystique que les Sages ont appelé la vierge éternelle. L'autre plonge ses racines dans toutes les substructures inférieures du monde matériel. Les deux se chercheront, progresseront à travers les siècles, tendant l'une vers l'autre et finiront par se rencontrer. Quand la rencontre a lieu sa fleur sera la Vierge son fruit sera la Nativité . Cette fleur donne naissance à un fruit qui rendra possible la Vie éternelle et le retour des créatures dans leur véritable patrie. Chacun de nous retournera un jour dans cette patrie vers laquelle quelque chose en nous tend comme l'enfant tend les bras à sa mère, sachant qu'il trouvera en elle le refuge qu'il cherche.
Mais, pour que le retour se réalise, il faut que toutes les créatures connaissent la vie inconnue du Christ et qu'elles aient compris et réalisé profondément ce qu'elle renferme d'enseignements. Cette vie inconnue, c'est la lente croissance de l'ordre éternel.

Avant de poursuivre, je veux attirer votre attention sur une distinction capitale. Je vais vous parler de choses merveilleuses, mais il faut faire la différence entre l'Occultisme et le Christianisme. Il ne se ressemblent pas; ils n'ont en commun que quelques traits extérieurs. L'ésotérisme et l'occultisme sont l'étude des forces naturelles par des moyens naturels et crées, par des méditations et des procédés tirés de l'arsenal de la nature. Le mysticisme n'est pas une étude, c'est un système de vie; il ne cherche pas la connaissance, mais l'amour; il ne convoite rien de la création, il ne désire posséder rien que le Surnaturel. Il a aussi un Invisible, comme l'occultisme, mais cet Invisible est purement spirituel. Prenez les forces les plus subtiles que jamais adepte ait maniées; elles obéissent néanmoins à des lois, elles sont conditionnées, soumises à l'espace et au temps; aussi renferment-elles toujours une proportion plus ou moins grande de matière. La physique, par exemple, a découvert que l'électricité, les sons, la lumière, les fluides ont un poids. On verra bientôt que la pensée, la vitalité pèsent aussi quelque chose. Dans l'Univers surnaturel, le domaine du mystère, tout est libre; il n'y a pas d'autre esclavage que celui qui est accepté librement par amour. Les forces du mysticisme ne sont soumises à aucune loi. Tout leur est perméable, depuis la roche la plus dure jusqu'aux océans de feu qui incendient les comètes; rien ne peut leur être une barrière. Dans l'Océan mystique, le Père veut; le Fils obéit. Il accomplit la volonté du Père. L'Esprit est le lien qui les unit, l'artisan de ces volitions. Selon l'occultisme aussi, sans doute, le Père crée, mais les études occultes n'ont d'autre objet que l'image de la Réalité, et l'Esprit y est remplacé par les forces naturelles. Par un décret providentiel, l'Arbre du Salut éternel est dirigé vers la terre vers un certain lieu, un certain groupe, et à un certain moment de la durée. Or qu'arrive-t-il lorsqu'un chimiste veut conserver un acide violent ? Il cherche un vase imperméable afin que ses parois résistent à l'action corrosive. La Providence fait comme le chimiste. Elle a prévu que le monde, un jour, aurait besoin d'Elle. Elle a donc préparé Sa venue dans Sa forme la plus visible; mais Elle a prévu que le monde ne pourrait supporter cette incandescence venant sous la figure du Verbe. En conséquence, elle a cherché sur terre un contenant, un vase éprouvé, afin que ce feu dévorant puisse y subsister, sans que les visages qui le regardent soient réduits en cendres. Elle a choisi, pour Se manifester, le temps le plus critique, où régnaient le mensonge, la violence, la négation de l'Esprit, le temps où les faibles étaient parvenus à la limite de l'écrasement, le temps où les humains semblaient n'avoir plus qu'un pas à faire pour tomber dans l'abîme. Ce temps ressemblait assez à celui où nous vivons actuellement. La Providence a choisi, dans ce siècle-là, les hommes les plus méprisés, les épaves des civilisations les plus anciennes, mais qui étaient les porteurs du plus grand acquis psychique; un peuple tenace, préoccupé de la matière, dur, fermé, intraitable; Elle a jugé que ce peuple constituait l'organe le plus propre à réaliser les desseins de Dieu, et que là pouvait descendre le Feu de Dieu .

Tels étaient les Hébreux il y a 2000 ans. Quand Moïse les emmena d'Egypte, ces esclaves avaient dans les veines le sang noir des anciens Éthiopiens, le sang rouge des Atlantes et celui plus neuf des Celtes primitifs; mais ils étaient les hommes les plus irréductibles que l'on pût alors trouver. Moïse a mis tous ses soins de théurge à rendre cette raideur encore plus imbrisable. C'est que de ce roc devait sortir la source de la vie éternelle, de cette race devait sortir le Doux, le Martyr volontaire et perpétuel.

Le Judaïsme d'il y a vingt siècles formait le centre du monde antique. Situé entre l'Egypte rouge et la Chaldée noire, entre l'Orient fanatique et la Rome réaliste, il semblait un point mort où se rencontraient les anarchies, les novations, les traditions, les puissances césariennes et les forces des instincts populaires.
Si nous avons compris la position du Peuple Juif d'alors, nous avons déjà saisi le mode d'action du Ciel sur la terre. Le rayon de lumière est plus visible sur un fond sombre que sur un fond clair. Il en est de même du point de vue moral. Dans les enseignements du Christ nous voyons que les plus coupables ont tous ses soins, toute sa mansuétude; que, chez un homme ayant deux fils, Il ne S'occupe pas de celui qui est bon et obéissant, mais de l'enfant prodigue. Il met tout en oeuvre pour le repentir et le retour de celui-ci.

Telle est la méthode que le Père emploie aussi bien envers les individus qu'envers les peuples et les races. Là où les ténèbres sont le plus épaisses, là se dirige spécialement l'action du Ciel. Là où règnent les enfers, où le mal semble triompher, c'est là que le Verbe se présente, là que s'abat l'Esprit. Nous ne faisons pas d'ésotérisme; pourtant il nous faut étudier ce qui s'est passé à l'intérieur de ce monde surnaturel qu'est le Verbe, et qui est la corporisation de l'oeuvre providentielle du Père. Le Père, un jour, a donné la vie au monde; puis, après que l'homme eût méconnu Ses dons, Il nous a donné le moyen de rentrer dans notre patrie. L'Arbre éternel a passé par le centre d'Israël; c'est pourquoi ce peuple d'Israël, dans ses enseignements, a toujours été près de la vérité. Ces enseignements, c'est dans la Kabbale qu'on les retrouve avec le plus de pureté; en particulier la Kabbale contient de nombreuses indications sur le Verbe et la Vierge-mère. Mais, questionnons le Christ Lui même avec sincérité et ingénuité. Nous tâcherons d'obtenir des réponses, quoique celles-ci ne soient pas très urgentes, puisque ni les uns ni les autres nous n'avons pu réaliser ce que nous avons compris de Ses paroles ! Espérons qu'au moins ces réponses nous donneront plus de zèle pour faire un pas en avant. Le plan de la Création peut, en résumé, être représenté comme suit: nous sommes mis à l'école pour apprendre une leçon difficile, compliquée; ou dans un désert pour le défricher. Il y a un maître d'école chargé de nous venir en aide, dès que nous reconnaissons que nous ne pouvons plus rien apprendre par nous-mêmes; et aussi un jardinier qui a pour mission de nous montrer comment travailler. Mais pour écouter et imiter l'un ou l'autre, il faut que nous ayons des oreilles pour entendre et des mains pour travailler. Le Ciel nous donne les forces nécessaires selon notre désir et la qualité de notre effort vers Lui. Pour opérer le salut de n'importe quel être, le Verbe descend d'abord jusqu'au centre de cet être. Il y réalise Son opération divine par le ministère de l'Esprit et par l'être encore inconnu qu'on nomme la Vierge éternelle. La Vierge était déjà dans l'Éternité antérieure; elle est l'atmosphère du Royaume de Dieu où les élus sont assurés de trouver la béatitude. Dans notre coeur il y a aussi une vierge et quand le Christ, le Verbe, naît en nous, la vierge est toujours là qui préside à cette naissance. L'action du Verbe est totale et instantanée; elle n'a pas lieu seulement à un certain moment du temps, en un certain lieu de l'espace; elle se produit partout à la fois. C'est pourquoi ni les oeuvres du Christ, ni les faits de l'Évangile ne doivent être situés exclusivement dans l'Histoire. Si nous voulons en faire la nourriture de notre âme, nous devons nous souvenir que les vérités spirituelles sont de toujours et qu'elles sont éternellement agissantes. Le Christ n'est pas seulement né à Bethléem; Il naît partout où une étable veut bien Le recevoir. Il n'a pas exclusivement guéri tel ou tel individu, il y a 2.000 ans; maintenant encore cette action dure, pourvu que le malade joigne le Guérisseur dans Son domaine; et le moyen de Le joindre est cette naissance appelée la Foi. C'est qu'il n'y a pas qu'un Bethléem, qu'un Thabor, qu'un Golgotha; il en existait déjà avant ceux qui portent ces noms; et il y en aura encore jusqu'à la fin. Il y en a aujourd'hui et ces mêmes faits que l'Évangile raconte et qui s'appellent Nativité, Transfiguration, Crucifiement, se dérouleront, plus encore peut-être qu'alors, dans la gloire, parce qu'ils seront plus cachés. Une tempête dans le Pacifique pourra être calmée parce que des vagues ont été apaisées, un certain jour, sur le lac de Génézareth. Un criminel pourra trouver son pardon, parce qu'un certain larron fut pardonné voici dix-neuf siècles, sur le Golgotha. Les êtres et les personnages qu'on trouve dans l'Évangile: la drachme, le figuier, le levain, les vierges folles, l'enfant prodigue, etc. sont des êtres vivants, des vertus dont notre esprit immortel peut se nourrir, si nous le voulons bien.

Pour comprendre ces choses, il suffit d'avoir un peu ressenti la présence essentielle des êtres que l'on a coutume d'appeler inanimés.

D'abord les deux généalogies du Christ que nous trouvons dans Matthieu et dans Luc nous représentent la jonction successive de deux arbres. Chaque fois qu'un rameau descendant éternel a touché, rencontré un rameau ascendant terrestre, c'est un ancêtre de Jésus qui est né. Dans un certain endroit de la terre, une bénédiction spéciale fut donnée sous la forme de quelques épis de blé et de grains de raisin. Ces végétaux destinés à la nourriture de l'homme furent précieusement conservés par les soins des justes. C'est ce qui a permis d'acclimater sur notre terre la substance radiante du Verbe et la personne humaine du Christ. Ce froment et cette vigne, on les retrouve dans l'histoire des anciennes religions, dans les traditions des cultes les plus purs.

Melchissédec, cet homme mystérieux dont on n'a retrouvé nulle part les antécédents, quand il offrit le premier sacrifice non sanglant, fut le rénovateur de cette Bénédiction; Moïse en renouvela la forme dans l'Arche d'alliance. Dans les temples, ce n'est pas la grande statue adorée en public qui renferme les vertus du sanctuaire, c'est la petite image dont le grand-prêtre seul sait la présence cachée. La tradition catholique enseigne que le sacrifice de la messe dans une église n'est vraiment efficace que s'il a lieu sur les images ou les reliques des saints de cette église. C'est que, en réalité, le vrai support de l'énergie secrète d'un culte demeure toujours caché.

L'Arche d'alliance, on pouvait la voir; mais au dedans, à l'abri des regards, était le calice de métal où étaient gardés les grains de froment et les grains de raisin primitifs. Sur eux reposait la force du culte de Jéhovah. Quand les Israélites furent dispersés, ce calice et ces grains furent conservés en Israël: d'abord par le clergé ordinaire, les rabbins et les lévites. Parmi ces rabbins, les plus savants scrutaient le sens secret de la Thorah, de la Kabbale et ils faisaient leurs expériences métaphysiques dans les collèges prophétiques. En second lieu, il y avait les Juifs laïques: les Nazaréens consacrés à Dieu, pour une période déterminée, par une vie d'ascétisme et de pénitence. Enfin, il y eut un troisième groupe de sacerdotes secrets: les communautés esséniennes qui descendaient des prêtres à qui Moïse et Aaron avaient confié l'Arche. Les Esséniens, après la dispersion d'Israël, se réunissaient au Carmel, à Saint-Jean-d'Acre, sur l'Horeb. C'est là que fut gardé le Calice sacré en attendant que le règne de la Rigueur fût remplacé par celui de la Miséricorde en la personne du Messie.

Pour ces savants en science religieuse, les dix Sephiroth étaient les dix formes divines, et, dans l'une d'elles, la Vierge représentait la fleur de l'humanité qui devait recevoir le Sauveur. Les Esséniens travaillaient à hâter cette opération. Ils pensaient qu'un moyen de raccourcir le règne de la Rigueur était de s'en charger, de l'attirer sur eux-mêmes. Ils se condamnaient à l'ascétisme pour ce but, et s'offraient en holocaustes pour avancer la venue du Messie. Dans le Lévitique, on voit que, dans les sacrifices moïsiaques, une part de l'offrande était mise de côté pour être offerte à l'Éternel dans l'intention de Lui rappeler Sa promesse de miséricorde.

Toutes ces choses sont ignorées de l'homme ordinaire et peu connues des contemplatifs. C'est un bien sans doute, car elles soulèvent de nombreux problèmes. Si je vous raconte ces faits, qui risquent d'être considérés comme légendaires, c'est pour vous montrer combien grand est le souci du Père de nous attirer vers Lui; combien longtemps le Fils a été en marche vers nous, pour nous sauver; combien de planètes, de constellations, de nébuleuses, d'espaces Il a traversés pour nous venir en aide et rendre possible notre béatitude future !

Si nous pouvions nous représenter réellement cette marche, cette somme d'efforts renfermés dans la vie de Jésus, notre zèle s'enflammerait; nous aurions une vie toute de ferveur et de sacrifice. Nous verrions que le Verbe nous mène avec une sagesse pleine de sollicitude; que les épreuves auxquelles nous sommes soumis sont des écoles salutaires. Nous verrions comment le genre humain est mené de l'extérieur à l'intérieur; comment les sacrifices sanglants des Anciens évoluèrent vers le sacrifice non sanglant qu'est la sainte Cène et comment cette Cène est l'aurore et le présage de ce culte en Esprit et en Vérité que le Christ a annoncé.

Jésus n'a pas condamné les rites, puisqu'Il en a accompli les principaux Lui-même fidèlement; mais, entre autres lumières, Il a ravivé celle-ci; les rites ne sont rien s'il n'y a pas dans le coeur du fidèle la flamme dont ces rites sont la forme.

Toutefois, si les choses dont je veux vous entretenir ne doivent être qu'un aliment pour votre curiosité, il faut réprimer cet appétit du merveilleux et vous tourner plutôt vers les oeuvres substantielles du Maître de la Vie. Les oeuvres des hommes extraordinaires ne sont que des prestiges qui s'effacent au bout de quelques années. Les oeuvres du Christ durent toujours; ils sont les miracles de la permanente Réalité. Les hommes ne conservent leur puissance qu'un court espace de temps; le Verbe conserve toujours Son même degré de toute-puissance et d'actualité. Il est véritablement cet Alpha et cet Oméga dont parle Saint Jean dans l'Apocalypse; cette grandeur qui résulte de l'humilité; cette richesse que donne la pauvreté en esprit; cette beauté perpétuelle, couronnement de l'Amour vrai. Et, dans la mesure où nous réalisons Sa parole, nous acquérons ces merveilles spirituelles.

Telles sont les choses que je voudrais vous faire comprendre.

Source : www.ledifice.net

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Vers la réunion de la famille du REAA en France. Décision majeure du SCPLF.

3 Septembre 2014 , Rédigé par Jean-Laurent Turbet Publié dans #histoire de la FM

Une nouvelle aube se lève pour le REAA

Une aube nouvelle se lève pour le Rite Ecossais Ancien et Acceptéet pour la maçonnerie humaniste, régulière et spiritualiste de Tradition en France.

Tant de choses ont été dites, le plus souvent sans fondement, depuis plusieurs mois. La désinformation a joué à plein ainsi que la diffusion de fausses nouvelles.

La Grande Loge de France (GLDF) devra, au mois de décembre prochain, valider un certain nombre de points qui ne sont que la transposition « en droit interne » de mesures qui ont déjà été votées, par les députés de la GLDF, lors des convents précédents.

Sur la question « sensible » des visites, tout est réglé depuis l’adoption du « Protocole de visites et d’échanges maçonniques » adopté avec plus de 90% des voix des députés de la GLDF, en même temps que le traité fondateur de la CMF, en juin 2013. Il n’y a rien de nouveau dans ce qui est proposé en décembre. C’est d’ailleurs ce que le Convent de juin 2014 a également voté à 81%, à savoir que «dans le respect des principes de la Grande Loge de France, les frères ont la liberté de voyager ». Alors que des rumeurs et des interprétations fantaisistes fleurissent.

Idem pour les principes de Régularité. Ces principes, qui sont ceux de la Franc-Maçonnerie Universelle sont, de tout temps, les principes du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Faut-il une nouvelle fois les rappeler ? 

• l’invocation du Grand Architecte de l’Univers, 

• la présence en Loge des Trois Grandes Lumières: le Volume de la Loi Sacrée exposé et ouvert avec l’Equerre et le Compas, 

• la souveraineté exclusive sur les grades symboliques, 

• l’indépendance vis-à-vis de toute structure maçonnique de hauts grades, 

• la non- mixité dans les travaux rituels, 

• l’interdiction de discussions politiques ou religieuses, 

• le caractère progressif et spirituel de la démarche maçonnique. 

Ce sont bien les « landmarks », les bornes de notre rite.

Ce qui signifie donc qu’en deçà de ces principes, il n’est plus possible de parler de Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Les cinq Grandes Loges européennes signataires de la Déclaration de Bâle de juin 2012 considèrent la Grande Loge de France comme régulière, ce que, de fait, elle est, à la fois par rapport à ses principes et par rapport à son histoire.

Il convient juste qu’elle adapte ses règlements généraux en fonction des textes votés préalablement par les députés de la GLDF concernant la Confédération et les Grandes Loges Européennes la reconnaîtront, en même temps que la Confédération.

Là encore une confusion est savamment entretenue entre Régularité et Reconnaissance pour introduire le doute dans l’esprit des frères.

Et, last but not least - nous le verrons – la question que posent certains frères c’est « Pourquoi voter pour finaliser la CMF alors que la Grande Loge Unie d’Angleterre reconnait de nouveau la Grande Loge Nationale Française ? »

Cette question est perverse à plus d’un titre. Surtout parce qu’elle laisse croire que le but de la CMF était d’être reconnue par la GLUA.

Alors que depuis juin 2012, dans chacune de leurs déclarations, dans chacun de leurs textes les frères en charge des discussions pour créer la CMF ont déclaré n’avoir aucun rapport – ni officiel, ni officieux, de quelque nature que ce soit – avec des responsables de la GLUA. Que la reconnaissance de la GLUA n’était absolument pas à l’ordre du jour.

Que la seule reconnaissance qui était visée était celle des 5 Grandes Loges Européennes signataires de la déclaration de Bâle.

Et pourtant, malgré ces dénégations constantes et répétées, des « esprits chagrins » n’ont cessé de tenter de persuader les frères de la Grande Loge de France que le but ultime (et évidemment secret) était la reconnaissance de la GLUA.

Que n’a-t-on entendu de frères répéter qu’ils ne voteraient pas pour la CMF pour ne pas « passer sous les fourches caudines de Londres » alors qu’il n’en a jamais été question ! Cela s’appelle tout simplement de l’intox…

Mais maintenant au moins les choses sont claires.

La Grande Loge Unie d’Angleterre a de nouveau reconnu la Grande Loge Nationale Française (GLNF), ce qui est sommes toutes logique.

Dans une déclaration commune du 21 août 2014, les Grandes Loges britanniques déclaraient notamment que « À l'heure actuelle la Grande Loge Unie d’Angleterre et les Grandes Loges d'Irlande et d'Ecosse n’envisagent pas de reconnaitre une autre Grande Loge en France et ne le feront pas dans le futur sans l’accord de la Grande Loge Nationale Française ».

Elles levaient là clairement une hypothèque qui n’avait de fait jamais eu d’existence, sauf dans l’esprit de ceux qui, depuis le début, voient d’un mauvais œil la création de la Confédération Maçonnique de France.

D’ailleurs certains auraient pu penser que la GLNF aurait retenue certaines leçons de sa période de « déreconnaissance londonnienne » et qu’elle aurait dorénavant un esprit d’ouverture et de rassemblement avec la Franc-Maçonnerie régulière de tradition. D’ailleurs un certain nombre de propos de son Grand-Maître, Jean-Pierre Servel, dans la période de « non reconnaissance » auraient pu le laisser penser.

Ce qui a pu aussi  alimenter les choses est la possibilité exprimée par les 5 grandes loges européennes de reconnaître à la fois la CMF et la GLNF. Mais c’est parfaitement leur droit. La CMF n’entend pas donner des leçons à des grandes loges amies en leur disant qui elles ont le droit de reconnaître ou pas. Les 5 Grandes Loges sont libres de reconnaitre les obédiences qu’elles souhaitent.

Mais que nenni. A peine « re-reconnue » par Londres la GLNF renoue avec ses travers, ses mauvais penchants et son dogmatisme. Il aurait pu en être autrement. C’est le choix de ses dirigeants… Tout en le déplorant nous ne pouvons que le constater.

L’une des premières tâches a été de « mettre au pas » les juridictions de Hauts Grades et de les soumettre à l’obédience.

Toutes se sont plié au diktat des dirigeants de la GLNF… toutes sauf le Suprême Conseil pour la France du Rite Ecossais Ancien et Accepté (SCPLF) qui n’entend pas capituler devant la GLNF et être dirigé par elle.

Il faut dire que les deux tiers des effectifs du SCPLF se trouvent au sein de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique de France(GL-AMF) obédience constitutive de laConfédération maçonnique de France(CMF), avec la Grande Loge de France et la Grande Loge Indépendante de France(GLIF).

C’est donc la tentation de la vengeance et du règlement de comptes qui prévaut à la GLNF. Le SCPLF et les frères du Rite Ecossais Ancien et Accepté sont tenus pour responsables de la « crise » de la GLNF et sont considérés pour beaucoup en interne à la GLNF comme « ingérables ».

Il vaut mieux donc s’en séparer ou créer un organisme de hauts grades du REAA « à la main » de l’obédience et qu’elle pourra de fait contrôler.

Ce qui est totalement en contradiction avec les règles de la régularité. En effet si l’obédience doit avoir une totale « indépendance vis-à-vis de toute structure maçonnique de hauts grades », l’obédience doit aussi respecter l’indépendance de la juridiction qui doit – elle aussi – s’administrer en toute liberté.

C’est par exemple le système qui prévaut pour le Rite Ecossais Ancien et Accepté depuis 1904 entre la Grande Loge de France et le Suprême Conseil de France (SCDF) grâce notamment à l’action de Gustave Mesureur, à l’époque Grand-Maître de la GLDF. Totale indépendance des deux structures qui vivent et agissent en amitié, mais en toute indépendance l’une par rapport à l’autre.

Il faut également rappeler à ceux (forts peu nombreux) qui ne le sauraient pas, qu’une crise majeure a eu lieu en 1964 à la GLDF et au SCDF. Plusieurs centaines de frères et plusieurs dizaines de loges sont allés à la GLNF et ont créé le SCPLF.

Le Rite Ecossais Ancien et Accepté en France s’est donc trouvé séparé entre ces différentes structures alors qu’il avait été uni au moins depuis 1821 jusqu’en 1964.

Les actuels dirigeants de la GLNF pensaient certainement que les frères de Rite Ecossais Ancien et Accepté allaient plier et « rentrer dans le rang », après quelques menaces.

Déjà l’annonce avant les vacances que le Souverain Grand Comité de la GLNF, dans sa séance du 18 octobre prochain, prendrait acte de la création d’une structure de hauts grades du REAA.

Puis la lettre du 29 août 2014 du Grand-Maître Jean-Pierre Servel déclarant que l’appartenance à la GNLF et au SCPLF sont désormais « incompatibles ».

Le Grand-Maître demande donc « aux Frères de la Grande Loge Nationale Française qui en sont membres, de suspendre la fréquentation de toute structure relevant du Suprême Conseil pour la France du Rite Écossais Ancien et Accepté et ce, avant le 15 novembre 2014 ».

La rupture est donc consommée.

D’autant que – loin d’aller la corde au cou à Canossa repentant – le Souverain Grand-Commandeur du Suprême Conseil pour la France,Jean-Luc Fauque,  vient d’écrire le 2 septembre 2014 aux membres de sa juridiction une lettre d’une qui donne des perspectives inespérées il y a quelques années encore pour le rassemblement de l’Ecossisme en France.

Fidèle à l’esprit de l’Ecossisme il rappelle que « Nous n’avons jamais fermé et ne fermerons jamais, sous aucun prétexte ni injonction de quiconque, l’accès de nos ateliers à  tout Maître Maçon d’un Corps maçonnique régulier ».

Ce qui est important de savoir pour les frères de la Grande Loge de France :

« Dans   l’hypothèse, où  les cinq Grandes Loges Européennes précitées confirment définitivement en fin d’année, la reconnaissance de la Confédération Maçonnique Française, notre Juridiction, conformément à ses statuts et règlements, est légitimement fondée à recevoir dans ses ateliers tous les Maîtres Maçons de cette Confédération et de la Grande Loge Nationale Française ».

Pour la première fois depuis 1964 est évoqué des relations entre les frères du SCDF et du SCPLF :

« Nous avons dans cette perspective, établi des contacts avec les Frères du Suprême Conseil de France aux fins d’étudier les modalités qui permettraient de travailler ensemble, au développement du Rite Ecossais Ancien et Accepté sur le territoire Français.

Les destins de nos deux Suprêmes Conseils sont liés.

Les événements que vous connaissez, ont conduit, en 1964, à une séparation. Aujourd’hui, l’histoire sollicite de nouveau les Maçons Ecossais Français et ouvre l’espérance d’un développement futur du Rite à la hauteur de ses origines et de sa deuxième place dans le concert maçonnique mondial ».

Concernant Jean-Pierre Servel, le Grand-Maître de la GLNF, le constat est clair et sans appel : « Il emboîte ainsi, les pas de ses prédécesseurs qui ambitionnaient la domination d’un Collège des Rites, sur le modèle de celui   du Grand Orient de France. Comme la tentative avortée de 2007 de main mise sur le Suprême Conseil. L’histoire de la Grande loge Nationale Française est une longue succession de conflits et de schismes. Ces tentatives sont vouées à l’échec. Elles sont incompatibles avec l’esprit initiatique traditionnel de l’Ordre Ecossais.

Toute Juridiction est,  en vertu de ses constitutions,  totalement souveraine. Les considérations mises en avant par le Grand Maître SERVEL pour justifier  sa prise de position, sont purement politiciennes.

Il surfe sur des confusions entre régularité, reconnaissance et relations en  amitié qui débouchent sur des ukases incompatibles avec la liberté de choix et de conscience du Maçon Ecossais. Notre Juridiction s’interdit toute pression sur la liberté de  conscience de ses membres qu’elle considère comme essentielle et qu’elle s’oblige à respecter avant toute autre considération ».

« La Maçonnerie Française peut-elle encore se permettre un psychodrame de scission ? Ne pas chercher une solution à des affrontements purement politiques fait de notre maçonnerie une marionnette indigne des valeurs traditionnelles ! Les injonctions du Grand-maître de la GLNF vis-à-vis des Frères sont non seulement, incompatibles avec les idéaux de liberté de conscience maçonnique mais aussi avec les règles civiles des associations de 1901 ».

Et Jean-Luc Fauque de conclure : « Mes Très Chers Frères, nous avons aujourd’hui rendez-vous avec l’histoire. Soit, les Maçons Ecossais se laissent attirer vers une aventure sans avenir pour le Rite Ecossais Ancien et Accepté, en adhérent au projet de la Grande Loge Nationale Française et en obéissant aux injonctions de son Grand Maître. Soit, conscients de l’importance et du sens qu’ils donnent à la démarche initiatique, participent avec enthousiasme et détermination, au développement du Rite Ecossais Ancien et Accepté dans le cadre de ce nouveau contexte, inédit sur notre territoire.

Le Suprême Conseil pour la France, s’investira totalement dans cette voie et il est intimement convaincu que tous unis dans ce projet historique, nous saurons, sans dévier de nos valeurs, écarter les difficultés que nous pourrions rencontrer.

Nous comptons sur vous pour réussir ce défi que nous offre l’histoire ».

Oui le souverain Grand Commandeur du SCPLF a raison : les Francs-Maçons écossais de la Grande Loge de France et de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique de France ont aujourd’hui rendez-vous avec l’Histoire.

Et cette histoire commune s’inscrit nécessairement dans le cadre de la Confédération maçonnique de France.

Non pas pour « passer sous la domination de Londres » comme certains le faisaient faussement accroire. Pas plus d’ailleurs que « sous la domination » d’une autre obédience maçonnique française.

Une Grande Loge de France indépendante, clairement indépendante, fidèle à son histoire, à son rite, à sa tradition dans l’union avec ses frères de la Confédération maçonnique de France.

Pour aussi avoir comme but, à court ou moyen terme de voir réunis – enfin ! – les frères écossais séparés depuis la scission de 1964.

C’est possible. C’est à portée de main. Les frères de la GL-AMF comme de la GLDF y sont prêts. Quelle mission exaltante! Retrouver enfin l’unité perdue de la famille écossaise depuis trop longtemps séparée. Dans le respect de l’histoire des uns et des autres. Sans rien brusquer. Dans la fraternité absolue.

Avec comme Devoir de faire vivre et prospérer le Rite Ecossais Ancien et Accepté dans sa beauté initiatique avec un esprit de rassemblement, d’unité, d’amour fraternel.

Je me souviens de ces quelques lignes d’un texte du Conseil Fédéral de la Grande Loge de France dans sa déclaration du 13 juin 2012 :

Le Conseil Fédéral (…) « rappelle que la Grande Loge de France s'est toujours inscrite, depuis son origine il y a près de trois siècles, dans la pure tradition de la Franc-maçonnerie universelle et des principes fondamentaux de l'Ecossisme ».

et

« fait sienne la volonté du Grand Maître de n'exclure de cette recomposition aucun Frère, quelles que soient sa pratique et son Obédience ».

Cela démontre bien la cohérence de la démarche.

C’est bien de cela dont il s’agira en décembre 2014 pour les frères de la GLDF. Réunir ce qui est épars. Consolider un projet d’union et de fédération d’une maçonnerie humaniste, spiritualiste, régulière et de tradition en France aujourd’hui.

Les enjeux sont posés. Ils sont clairs. 50 ans après il s’agit d’effacer définitivement la séparation de 1964. Quel beau cadeau d’anniversaire que ce serait là !

Il n’y a plus qu’à attendre la réponse des frères de la GLDF. 

Jean-Laurent Turbet 

Source : http://www.jlturbet.net/

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Feu, Fer, Forge

2 Septembre 2014 , Rédigé par E\ V\ Publié dans #Planches

Cette planche s'intitule Feu, Fer, Forge, car cette trilogie a pris une grande place dans ma vie, tant sur un plan pratique et opératif, que symbolique, voici près de 15 ans, et grâce à laquelle j'ai le plaisir de me trouver parmi vous ce soir, puisque c'est bien grâce au feu et à la forge que la Maçonnerie m'a un jour tendu les bras.

La forge m'ayant souvent amené à me dire que je refaisais des gestes accomplis à l'identique par les forgerons depuis des millénaires, j'ai eu envie de me replonger dans le passé, mais ce passé s'il remonte à un peu plus de 3000 ans pour le travail de forge du fer, à près de 5000 ans pour le bronze, remonte à près de 500 000 ans pour que les hommes et le feu commencent leur histoire commune. Et quelques relectures récentes comme "la guerre du feu" de Rosny aîné, et "pourquoi j'ai mangé mon père" de Roy Lewis m'ont amené à voir avec d'autres yeux. Mais avant de commencer, lequel d'entre nous n'a jamais été fasciné devant le spectacle d'un feu de cheminée, par le travail d'un forgeron devant le blanc éblouissant du feu de forge, et l'éclat du métal rougeoyant ?
Depuis toujours, le feu nous fascine, nous hypnotise, et je me dis que si nous, avec une culture technique et scientifique ressentons encore ces émotions, qu'en a-t-il été il y a des milliers de siècles....

Alors si vous le voulez bien, fermez un instant les yeux, vous qui me lisez, et accompagnez-moi dans un voyage, que j'espère un peu initiatique : car ce soir, ce n'est pas un Franc-Maçon de la Grande Loge de France au début du XXIème siècle, un peu forgeron à ses heures, qui va vous parler du feu, mais un homme, non, un hominien, enfin un de ces êtres, il y a près de 500 000 ans, pas encore tout à fait un homme, et plus vraiment tout à fait un singe, un de nos ancêtres, qui vivait, nu, quelque part, sur le continent Africain, dans des conditions d'existence terriblement difficiles.
Notre ancêtre à tous, et déjà notre frère.
Pour lui, l'Univers se résumait à un concept : la survie; il possédait déjà peut-être en guise de vocabulaire quelques mots, enfin quelques grognements, et Teilhard de Chardin disait de lui : "Il est entré sans bruit sur la scène du monde. Mais il couvre l'Ancien Monde... Déjà certainement, il parle, il vit en groupe. Et déjà, il fait du feu..."
Trois points marquent et différencient cet homme :
- Son intelligence, qui entre autre lui permet de fabriquer...
les premiers outils.
- Ensuite le rire, propre de l'homme, d'après Bergson.
- Enfin la maîtrise du feu "signe éblouissant des hommes"
Pour cet homme déjà intelligent mais craintif, le monde qui l'entoure, pour son esprit encore fruste, pas encore analytique, n'est que symbole, peur et incompréhension, émerveillement, violence et mort, vivre ou être tué, manger pour survivre, ou être mangé... Et le monde alentour se résumait à peu de choses, la terre qui le portait et le nourrissait, l'eau pour boire, le vent dont il ne savait pas encore qu'il était fait d'air, et le plus terrible de tout ces symboles : le feu...

Cette chose vivante, terrifiante, rouge et orange, magique et rugissante, effrayante, fruit du courroux des Dieux d'en haut quand il tombait du ciel lors des orages, ou fruit de la colère des Dieux d'en bas quand la montagne se mettait à cracher du feu, symbole d'une bête vivante, et bien qu'immatérielle, aux dents terribles et à la morsure atrocement douloureuse, à l'appétit féroce et qui détruisait tout leur univers quand elle se mettait à courir plus vite qu'un cheval au galop, et qu'elle dévorait tout sur son passage, hommes, bêtes, arbres... Et cet homme a du se dire un jour que si tous les animaux étaient aussi effrayés que lui devant le feu, s'il pouvait maîtriser, apprivoiser cette bête, ce pourrait être un moyen de protéger sa horde des animaux sauvages...
Qu'a dû penser cet homme, qui déjà cherchait à domestiquer le feu, a-t-il voulu défier les Dieux tel Prométhée ?
La conquête du feu symbolise déjà le courage et l'intelligence qui lui permirent de surmonter sa peur.
Car cet Homo Prométhéus s'en alla un beau jour dérober le feu aux Dieux, découvrit qu'en plongeant un bâton dans ce feu, il pouvait en voler un peu et le rapporter dans sa grotte, il apprit à l'entretenir, à le nourrir, et miracle, les bêtes fauves qui la nuit venaient s'attaquer aux petits, aux malades, aux plus faibles se tenaient désormais respectueusement à distance. Pour ces hommes il devint rapidement symbole de sécurité, de vie, et de chaleur, vénéré tel un Dieu, et la nuit qui était si froide, les obligeant à se tenir pelotonnés les uns contre les autres, la nuit se réchauffait grâce au feu, et plus extraordinaire encore, les ténèbres, si sombres et si effrayantes étaient vaincues : l'homme en domestiquant le feu... venait de découvrir...
la Lumière... quelle magnifique initiation et quelle a dû être leur émotion...
Vous venez d'assister en direct à ce qui fût probablement la première cérémonie initiatique de l'histoire de l'humanité, vraie dans sa simplicité, émouvante dans sa grandeur quand le bandeau des ténèbres est tombé, fraternelle dans cette communion des hommes, femmes et enfants réunis autour du feu, par une véritable chaîne d'union...
A-t-il ressenti peut être en se brûlant ou en mettant le feu autour de lui, ce qu'ont pu éprouver les Rutherford et les Curie, Einstein et Oppenheimer perçant les secrets de la matière, et les premiers physiciens atomistes de Los Alamos en 1945, découvrant la puissance monstrueuse du feu de l'atome... et se disant ensuite devant leur boîte de Pandore : "Mon Dieu, qu'avons-nous fait ?"
Ce qui devint certainement un rite magique et religieux leur permettait d'empêcher la mort du soleil, la permanence du feu assurait leur protection, leur sécurité et les faisait peut-être déjà rêver d'immortalité... car l'animal le plus faible de la savane, ce petit être si peu protégé par une peau fragile, un maigre pelage, aux ongles et aux dents quasiment inutiles, à la vitesse de course ridicule, ce petit prédateur malingre et chétif se mua d'un coup en seigneur et maître de la brousse et de la savane, le chassé devint chasseur, la proie devint le plus grand des prédateurs.
La possession du feu venait de lui apporter le pouvoir, toute la puissance du monde, et allait lui permettre de dominer toutes les autres créatures de l'univers... et l'Univers lui-même... Peut-être est cette communion avec l'harmonie universelle que nous revivons lors de nos tenues, quand nous recréons un nouveau monde, sacré, par la montée de la Lumière... Il est vrai que les rites initiatiques redonnent en général au feu une importance ancestrale de purification et de rapprochement avec le cosmos que nos sociétés modernes ont peut être perdu...
Et de ce jour, au lieu de se blottir dans l'effroi dès la tombée du jour, ils se regroupèrent autour du feu le soir, la vie sociale naissait et avec elle le développement du langage, car je me plais à imaginer que l'homme a dû éprouver le besoin de communiquer le soir autour du feu... Education des jeunes, apprentissage, partage des connaissances, premiers mots d'amour peut-être... au coin du feu, déclarer sa flamme à celle que l'on aime...
La Lumière... symbole de la Vie, cette vie très vite il éprouva le besoin de la représenter sur un support, les parois de pierre de ses cavernes, représentation de la vie, de la chasse, de son monde... le feu était devenu Lumière, la Lumière éclairant le fond de la grotte était devenue mère de l'Art, et probablement la représentation artistique fut-elle ainsi la mère de sa spiritualité... La Lumière donna ainsi naissance à la Beauté...
Sécurité, chaleur, protection et lumière, pensée symbolique et artistique, l'homme commençait ainsi à goûter à ce qui allait lui devenir le plus cher : la liberté.
Un jour il ramassa une bête tombée par accident dans le feu ou victime d'un incendie de forêt, ça sentait bon, il goûta et en apprécia le goût et surtout la facilité extraordinaire pour mastiquer par rapport à la viande crue, il venait d'inventer la cuisson des aliments... et la nouvelle cuisine, car les aliments cuits se digéraient mieux que crus, et peut-être maintenant mieux nourri, vécut-il plus longtemps en meilleure santé, et put-il ainsi développer son intelligence, son esprit, curieux et inventif... et ce feu maintenant de plus en plus domestiqué et dompté, symbole de progrès et d'évolution, lui donna la puissance, la maîtrise du monde... mais peut-être aussi déjà le commencement de la folie des hommes, Force, Beauté, oui, mais peut-être pas Sagesse... (science sans conscience, dira-t-on plus tard...) et d'après Joseph Rosny Aîné, la première guerre des hommes a été... la guerre du feu... Un véritable voyage initiatique, série d'épreuves, et la quête du feu y était assimilée à une véritable lutte du bien contre le mal... entre le héros et ses adversaires, ou ses frères félons, mauvais compagnons retrouvés dans ce récit. Mais en regardant entre les lignes, le bien et le mal sont liés dans le feu...
La civilisation vient de prendre naissance, et ce symbole de progrès, déjà si ambivalent, peut se muer très facilement et rapidement en symbole de destruction... Il est la vie, mais il est la mort. Il éclaire, mais il aveugle aussi. Il cuit la nourriture, mais il brûle, il sert aussi à durcir la pointe des épieux de bois et des flèches, comme plus tard on trempera l'acier des armes, et les armes de chasse s'améliorant, la capture du gibier devint plus aisée, on pouvait s'attaquer à ceux dont la peau résistait, le gibier devenait abondant, le feu permit ainsi de ne plus avoir faim. Mais si l'industrie de la chasse s'améliore, l'industrie de la guerre ne va pas tarder à naître, et rapidement l'instinct de l'homme, instinct de possession, de territorialité, la défense du feu et de la tribu va amener les premiers affrontements humains, et les armes qui servaient à manger... et à se protéger... vont bientôt commencer à servir à tuer des hommes...
Revenons un instant, et gardez encore un peu les yeux clos, asseyez vous là, autour du feu parmi la horde, la horde devenue tribu maintenant depuis des lunes et des lunes et des lunes grâce à la protection du feu, et regardez là en face, celui qui taille des silex, ces pierres, dures, qui servent à dépecer les animaux, à racler la terre, à cueillir des fruits, à fixer au bout des lances, à couper des branches pour allumer le feu...
Vous allez assister à ce qui fût probablement le moment initiatique le plus fort de l'histoire de l'humanité, comparable au moins à la découverte de l'atome et pensez simplement à celui qui un jour eût l'idée ingénieuse et extraordinaire de comparer ces petites lueurs qui apparaissaient au bout d'un silex percuté avec une autre pierre (de la marcassite en général, contenant du minerai de fer) de les comparer au feu allumé à l'entrée de la grotte, ce feu qu'il fallait entretenir et nourrir, question de vie ou de mort, tout le monde n'ayant pas un orage ou un volcan à sa disposition immédiate... et qui réalisa que ces petites choses rouges au bout des silex, en tombant dans de la paille ou des feuilles sèches ... pouvaient démarrer un feu... dans l'esprit de celui qui le premier a fabriqué du feu, l'exaltation, l'émotion ont dû porter son âme au niveau des Dieux, dont il n'aurait plus à dépendre pour devenir leur égal, et pourquoi pas d'ailleurs envisager de les supplanter... D'ailleurs l'histoire nous rappelle que Zeus n'a pas vraiment aimé les exploits de Prométhée et qu'il le lui fit bien savoir... Mais quel plus beau symbole pour nous Franc-Maçons, que l'homme tirant le feu et la Lumière des pierres ... Pour nous, il a été le premier des alchimistes... communiant avec la matière et l'univers ...
Le pouvoir, la puissance, la domination, et l'orgueil venaient de naître au bout des doigts et de deux cailloux, et pour peu qu'il ait gardé pour lui ce secret, le maître du feu devenait le maître de la horde... le maître du monde... le premier tyran de l'histoire...
Par ailleurs la protection qu'apportait le feu impliquait sa possession et son entretien permanent sous peine de redevenir l'un des animaux les plus faibles de la nature, à nouveau à la merci des grands fauves. L'entretien du feu impliquait une présence permanente au foyer, le déplacement était périlleux, et le transporter entraînait le risque de le perdre ou de le voir mourir... Mais à partir de l'instant où le feu devenait productible à volonté, l'éloignement devenait possible en toute sécurité, et si la possession du feu symbolisait la liberté de la horde sur son territoire, sa fabrication amena la liberté dans l'espace, l'homme pût voyager, s'éloigner, acquérir la connaissance d'autres lieux, d'autres êtres, d'autres civilisations... La production d'une flamme en fît ainsi le symbole de l'ouverture sur le monde. Peut être le passage de l'ésotérisme à l'exotérisme ...
Il est ainsi le symbole du génie de l'homme qui a su passer de la terreur du feu à son observation, puis à la compréhension des avantages qu'il pourrait en retirer, pour en arriver à s'en emparer et enfin à le produire lui-même.
Car l'homme, ternaire achevé, d'après Guy PIAU, se composerait de trois éléments, trois principes : le corps, l'âme et l'esprit. Le corps est né de la terre, à laquelle on peut logiquement rajouter l'eau, il est donc l'élément matériel, la substance au sens étymologique du terme, et le siège des sensations. L'âme serait née du ciel, de l'air donc, elle est l'élément animique, sensibilité et sentiments... L'esprit lui serait né de l'Esprit Saint, du feu, il est intelligence, pensée, idée ... L'âme anime le corps et l'esprit l'éclaire. Ainsi en produisant le feu, l'homme s'est accompli dans sa totalité, il a achevé lui-même sa création.
Revenons un instant sur le feu et ce qu'il représente, car nul symbole ne semble aussi ambivalent : le feu réchauffe, éclaire, protège, mais peut aussi brûler, tuer, tout dévorer sur son passage, expression de la colère de la nature, foudre ou lave, ou de la folie des hommes. Le bien-être et la vie d'un côté, la souffrance et la mort de l'autre. Il est flamme divine, symbolisée par l'Esprit Saint, le Buisson Ardent apparu à Moïse, mais il est également les flammes vengeresses de l'Enfer, symbole de la punition. Il est purificateur, mais aussi châtiment. Il est le symbole du foyer, vénéré dans la Rome antique par les Vestales, symbole de vie au solstice à la Saint-Jean, hommage sacré dans nombre de cultures, anciennes ou modernes, les Egyptiens de l'Antiquité le vénéraient comme ils vénéraient le soleil, il est l'âme de notre Soldat Inconnu, symbole du héros et du martyr anonyme, il est le symbole du début des travaux et de la vie en Loge, et il est, des quatre éléments de notre tradition symbolique ... le seul que nous sachions produire... Et par parenthèse, le seul contre lequel nous ayons dû lever une armée, et oui, pour le combattre, en créant les pompiers... les soldats du feu. Pas besoin de soldats de la terre, de l'air ou de l'eau...

Et s'il est de tous temps chaleur et lumière, vie et force, énergie et puissance, il est aujourd'hui le premier outil de nos industries, le moteur de nos voitures, la flamme du serment Olympique, le laser qui rend la vue en recollant une rétine et permet de retrouver la lumière, mais, détourné de son utilisation pacifique par les hommes, il est aussi bûcher de l'Inquisition, horreur à Verdun ou Stalingrad, Dachau ou Auschwitz, Hiroschima et Nagazaki, bêtise ou faiblesse humaine à Tchernobyl ou à Toulouse, et démence criminelle en septembre 2001 à New York... il est ainsi le symbole absolu du pouvoir, de la force de l'homme et de son absence fréquente d'humilité et de sagesse, et comme tous les symboles il n'est que ce que nous en ferons. Voyez ces deux tours gigantesques, joyaux d'architecture et symboles de la puissance, et peut-être de la démesure de l'homme, réduites en cendres dans une apocalypse de fer et de feu...
Le feu a permis à l'homme de survivre puis de vivre, puis d'explorer le monde, puis de s'y adapter, et enfin de le dominer. Il est notre chemin en humanité, et il est notre devenir. Car d'une manière ou d'une autre, le feu détruira notre monde : si nous restons sages, notre étoile, le soleil, devenu une géante rouge s'embrasera dans environ 3,5 milliards d'années, et engloutira notre Terre et tout notre système solaire, tout notre univers, dans une gigantesque apocalypse de feu cosmique. Et si nous ne sommes pas restés sages, nous aurons largement devancé le soleil et accompli son travail bien avant lui. Le feu qui donna à l'homme la domination sur le monde lui donna aussi le pouvoir de se détruire. Il nous rappelle ainsi de temps en temps à l'ordre, ayons donc la sagesse de l'écouter.
Et pensons nous, amis lecteurs, nous qui allons dîner tout à l'heure sans songer que nos aliments ont été cuits sur une plaque à gaz à allumage piézo-électrique ou peut être même une plaque à induction, nous qui allons pour certains craquer une allumette ou utiliser un briquet pour allumer une cigarette, pensons nous à ce que ce geste si anodin aurait pu représenter pour les hommes pendant des centaines de milliers d'années, et jusqu'à une époque très récente, et encore de nos jours pour une partie de l'humanité, un simple briquet serait un objet presque magique, un trésor sans prix... et nous : "t'as du feu...?" et même pour finir et changer de symbole, nous représentons nous le trésor inimaginable pour une plus grande partie de l'humanité encore, que constitue un simple robinet d'eau pure ... Le feu devient ainsi le symbole de notre richesse, tout comme l'eau, symboles bien mal partagés de nos jours, mais en fin de compte, nous qui les possédons tous, l'air que nous polluons et la terre que nous salissons, nous ne prenons pas soin de nos quatre symboles de base ...
Difficile alors de ne pas penser qu'allumer un feu de cheminée ou me servir un verre d'eau sont des gestes qui devraient nous ramener à l'humilité.

Source : www.ledifice.net

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Un beau texte d'une pilote anonyme

1 Septembre 2014 , Rédigé par Anonyme Publié dans #spiritualité

Je voulais parler à mon père...alors j'ai pris mon avion et j' ai volé vers toi Daddy...Il y a un mois tu nous quittais pour une autre vie, cette vie que j'ai rencontrée il y a quelques années...voler pour te revoir...pour te dire que tu nous manques, pour te dire tous les « je t'aime » que je n'ai t'ai pas dit . Tu m'appelais ange aux ailes d'acier...parce que j'avais cette passion de vouloir être un oiseau.
Ce jour là mes ailes se sont brisées, j'ai perdu le contrôle de mon avion et celui de ma vie sur terre, et aujourd'hui j'ai refait ce même parcours, seule, pour te dire que tout va bien et que j'avais besoin de me sentir plus près de toi en perçant les nuages, tu te souviens je disais toujours « je pars percer les nuages » et bien c'est toujours ce que je dis avant de mettre le contact.
Cette histoire est la mienne, elle n'a jamais fait l'objet d'une publication publique, je vous en fais la confidence parce que je sais que beaucoup d'entre vous ont besoin d'espoir et d'amour et que le moment est venu pour moi de partager ce voyage.
Pour comprendre et admettre mon expérience EMI (état de mort imminente) ou NDE, il m'a fallu des mois, des années pour écrire tout mes souvenirs, car tout revient par vagues.

2008- FEVRIER

Ce jour là, nous avions entrepris avec quelques amis de faire la traversée du désert.
Chaque pilote aux commandes de son propre avion. Le temps étant d'une grande visibilité, de bonnes conditions météos, un ciel clair, je pouvais donc effectuer mon vol à vue, (dans ce cas le plan de vol n'est pas exigé et la tour de contrôle n'est pas en relation permanente avec votre appareil) on se sent plus libre au niveau de la circulation dans le ciel. J'étais en contact radio avec mes amis.
En vitesse croisière basse altitude, je pouvais admirer un paysage unique au monde de plénitude tout comme l'oiseau qui se laisse porter...par un souffle d'air divin. Le moment où la nature fusionne avec tout votre être...
Une sensation de liberté extrême, de communion entre le Ciel et la Terre, mon appareil et moi n'étions plus qu’un, ce que je ressens pour chaque destination encore et encore.
Le désert si calme d'apparence est en réalité une puissance vivante et active, le vent, le « chergui » qui sculpte ces vagues de sable, et qui parfois emporte un nuage subitement dans les airs …Jusqu' à vous plonger dans la tourmente des ténèbres et vous emporter dans son sillage. La force naturelle des éléments qui se déchaînent .Ces turbulences soudaines avec violente poussée vers le bas que les pilotes connaissent bien.
Ce nuage de sable je l'ai vu devant moi , il s 'élevait ,trop près, je n'avais pas le temps de demander l'activation du plan IFR ( vol aux instruments)sur la fréquence du centre de contrôle (comme il est possible de le faire en cas de conditions climatiques imprévues quand on en a les qualifications))juste le temps d'aviser par radio un autre pilote, de lancer un MAYDAY , la balise de détresse déclenchée ,quand j'ai compris que je volais à trop basse altitude pour l'éviter, plus de visibilité à vue, le contrôle perdu, prise dans ce tourbillon infernale, je décrochais, je tombais en vrille, ensuite le trou noir....je ne me souviens pas avoir eu peur.... 
Rêver , oublier la réalité en donnant un moment de liberté à l'âme pour aller dans le seul endroit ou l'impossible devient possible...Je me trouvais derrière le miroir..
J'observais la scène sans trop comprendre, mon corps sans vie dans la carlingue privée de ses ailes ...avec une sensation de bien-être intense où le temps et l'espace n'existe plus, un état de Paix et de Joie.
C'était plus réel que la réalité, ce n'était pas un rêve..
J'avais cette sensation de pénétrer une réalité transcendantale en sortant de mon corps, je flottais comme un nuage au dessus de mon avion et d'un corps sans vie dans une béatitude totale.
Le fait de quitter son corps, de s'élever et de se voir, de voir l'environnement donne le ressenti immédiat d'un grand bien être, l'absence de douleur et le désintérêt de ce corps qu'on laisse.
J'étais comme téléportée vers le haut … aspirée vers une lumière, pas la lumière du jour, une lumière intense, douce, dans laquelle se dégage une autre lumière profonde, un bonheur absolu qui vous pénètre, j'étais totalement immergée dans un monde ou les mots ne suffisent plus pour exprimer cette explosion de joie, cette attirance vers cette lumière irradiante dans une unité cosmique.
Je me souviens de la VOIX qui n'était pas une voix comme celle que nous connaissons en tant qu'êtres humains, je recevais des messages que je pourrais assimiler à des messages subliminaux, de la télépathie. Je ne me souviens pas avoir identifié des proches, seulement des reconnaissances d'esprits qui conduiront le fil de ma vie et celui de l'écriture.. 
Le dessein de Dieu est incontournable, je devais faire certaines rencontres ...Des lumières que j'appelle les anges gardiens ….des esprits de vies, de toutes vies.
Je me sentais dans une paix profonde, une extase extra- sensorielle, je ne voulais pas quitter cet état « d'être ». J' ai rencontré l' Amour , pas l'amour désir-charnel-plaisir terrestre, l' Amour Universel, celui qui vous enveloppe d' un bien être comme si vous aviez bu cet élixir de vie vibrante et jouissante que l'on pourrait appeler le « GRAAL » Cette quintessence d' Amour que nous possédons et dont nous sommes toujours à la recherche sans savoir qu' il est en nous et qui se transforme en une vague d' énergie comique, notre âme qui s'élève en symbiose éternelle avec les autres âmes.
Le choix m'a été donné, je pouvais rester ou réintégrer ce corps physique, mon choix était fait je voulais rester ! Mais la décision reste tout de même d'une certaine manière un choix imposé lié à la notion d'avoir à accomplir une mission sur la Terre. Etre les portes paroles de cet Amour Inconditionnel et Universel indispensable à la Vie terrestre et à la Paix, le partage, le respect, 
l'Amour de soi et d'autrui. Il ne peut y avoir de vie sans amour, il ne eut y avoir d'Amour sans la Lumière ce guide spirituel qui trace notre chemin.
Je suis donc revenue à la Vie après de soins de réanimation sur place pratiqués par une équipe de secours héliportée. J'ose à peine vous dire que « j'y ai été contrainte »...
Je repartais dans un coma provoqué mais sans aucun souvenir d'un voyage extra -physique. 
Le diagnostique vital étant en jeu, mon système d'allumage (une partie de mon cerveau) semblait être au point mort.
Probablement que ma pensée logique souhaitait retourner vers cette Vie merveilleuse, car lors d'une intervention chirurgicale qui s'en suivit je repartais pour un second voyage mais cette fois-ci avec l'enfant que je portais (4 mois), le ressenti intime est difficile à transmettre...vous comprendrez..
Une complication médicale majeure due, non pas à l'accident mais à l'erreur humaine …Traverser ce champ d'Amour m’a permis de pardonner...
Cette fois-ci encore je devais « revenir » ce n'était pas encore mon heure biologique.
J'ai compris que quoi que nous fassions, l'heure est programmée. J'ai juste eu une seconde chance pour accompagner cet enfant que je ne verrai jamais sourire, mais je sais qu'il n'est pas loin de moi, comme le sont tous ceux qui nous ont quittés, il faut seulement de la sensibilité pour reconnaître les signes de leur présence. Je prends le temps de me parler, de me retrouver et ainsi de parler avec mon âme..Souvent en vol parce que plus près ...du ciel.
Ca peut paraître fou, mais quand on pratique la méditation ou le self contrôle ( tai chi, gi quong, yoga en communion avec la nature) je vous assure qu’on y arrive et que le bonheur extirpé est un élixir de vie.
Ces expériences, cette rencontre avec la Lumière est d'une intensité émotionnelle extrême, ajoutée au fait que je suis dans l'incapacité d'en parler et d'écrire avec des mots divins..Tout simplement parce que ces mots n'existent que dans notre âme. Des mots tellement difficiles pour décrire l'indicible.
Ensuite vient le point de rupture, le séisme intérieur pour intégrer ces visions.
Vous vous sentez isolés, dépressifs, parfois en marge de la société, un sentiment de solitude avec une grande difficulté de revivre. 
Echapper à la mort est un traumatisme mais revenir à la Vie normale après une telle expérience est encore plus difficile car il s'agit en soi d'un choc majeur.
J'ai donc mis des mois à me rétablir, à comprendre pourquoi, à vivre tout simplement comme avant.
Je ne conservais aucune séquelle sinon un développement de ma capacité à penser, à engranger des informations, que j'appelle scientifico-philosophique extrême. Une mémoire active...
Ma renaissance s'est manifestée vivement par une soif de connaissances, de confiance, d'estime de soi et par la reconnaissance d'une notion d'une mission à accomplir.
J'étais donc, angoissée, dépressive, désorientée.
J'abandonnais tout attachement aux biens matériels, au statut social, au profit de la tolérance et de la primauté de l'Amour envers les autres. Rebelle j'étais, rebelle je suis redevenue...contre toutes formes d'oppression... « Impulsive »...oui c'est cela, je suis une guerrière de Paix, mon engagement est formel, solennel, irrévocable, dévoué à toutes les causes pour et envers la dignité e l'Humanité.
Ce qui m'a conduit à organiser des sauvetages de bébés nés génétiquement malformés du cœur et de leur donner une chance de vivre avec l'aide de plusieurs chirurgiens pédo-cardiologues dans le monde e de leur mener certains combats en faveur de l'enfance. Je remercie TERRE DES HOMMES qui œuvre en ce sens (Suisse)
A participer à des œuvres de charité, des convois humanitaires dan le monde. Confrontée à la misère infantile...je suis maman d'une petite fille M…. 5 ans sortie de l'enfer. J'espère pouvoir renouveler ce bonheur-partage avec l'amour des enfants.
Bien sûr je suis nomade des airs, mais j'ai appris à »gérer » le temps, pourvu que ces moments soient intenses, il ne s'agit pas de durée, il s'agit de les vivre
 à devenir un humain « humaine », à respecter toute vie, car la vie est la Vie.
Je ne mange pas l'agonie, car les animaux ont leur place, ils ont une âme, ils ne sont pas inutiles, il suffit de penser un seul instant à ce que serait notre Vie sur Terre sans les animaux, sans enfants, sans fleurs, sans nature...Ils étaient les premiers, la Terre est la leur. Souvenez-vous qu'avant d être un adulte vous étiez un enfant.
Ma sensibilité s'est donc développée encore davantage, m'a également donné des aptitudes nouvelles, des dons de télépathie avec certaines personnes même à distance, je peux ressentir la détresse des gens, je crois que certains d'entre vous l'ont compris. Parce qu'il suffit d'écouter les silences...Je crois en fait que nous avons tous des capacités en nous, il suffirait d'aimer...
Je n'ai jamais eu vraiment peur du risque, car avoir peur du risque c'est déjà ne plus VIVRE …
Je vous l'ai dit « je suis rebelle au cœur aventurier libre ». A 16 ans j'effectuai mon premier vol seule à bord...l'âge de l'insouciance où tout est permis.
Mais après ces expériences, je vous affirme ne plus avoir peur de la mort, je me sens libérée.
Je suis rassurée du fait qu'un jour je « retournerai chez moi » comme vous tous, c'est l'acceptation de la naissance vers la vie après la vie.
C'est donc après une période de déstabilisation et un retour douloureux à la vie quotidienne, et un parcours en quête d'une nouvelle manière de vivre que j'ai ressenti le besoin de trouver un sens à ma vie sur Terre. Et c'est à partir de ce moment là quand on trouve la Paix avec soi-même que l'on comprend et accepte cette nouvelle vie.
Ce fut une remise en question fondamentale des valeurs et de la manière de mener ma vie
que j'assume aujourd'hui et que je veux transmettre par mes messages positifs d'espoir, d'amour et de paix. J'ajoute qu'il ne faut jamais abandonner, jamais, la vie est un cadeau il faut la vivre.
Il existe une promesse de vie Universelle, nous ne faisons qu'un, une grande énergie il n'y a plus de disparités, de souffrances, il n'y a que l'amour dans une vaste Unité Cosmique. 
La Vie est le maître toujours présent qui enseigne dans chaque situation, chaque défi, à tout moment ; Je suis totalement libre de mes choix, ma liberté et en moi, l'esprit ne doit jamais obéissance !
Je ne savais pas que la vie serait si longue après la VIE !
« Lorsque l'Amour te visitera, tu n'oublieras jamais ce moment. Tu ressentiras un tel épanouissement que tu souhaiteras l'unir avec tous les êtres vivants. Ce moment laissera en toi une impression inoubliable où tu puiseras la plus grande force de ta Vie. »
Quand je parle d'Amour, celui dont je parle est une sensation mystique qui met l'homme en harmonie avec tout l'Univers, avec tous les êtres ; Vous existez en même temps que le Ciel et la Terre.
Nous sommes tous des visiteurs du Temps et de la Terre. Les rencontres e se font pas par hasard, c'est une décision de Dieu, no âmes sont reliées, probablement qu'elles se rencontrent bien avant que nous n'en prenions conscience. Certaines rencontres sont écrites, vous ne pouvez pas changer le « dessein « de Dieu, elles doivent se faire par sa volonté et quoi que vous fassiez vous ne changerez par la lignée de votre destin. Seul le temps en est l'arbitre...
Elevée dans la religion catholique, cette expérience m'a conduite à n'avoir pour seule religion que celle de Dieu. Les religions devant être au service de Dieu et non pas le contraire, je suis donc devenue monothéiste (j’accepte toutes confessions à partir du moment où il est question de Dieu).
Cette histoire est mon histoire la plus bouleversante de ma vie, pour certains elle peut paraître extravagante, pour d'autres j'espère que cela les aidera à surmonter leur peur, leur souffrance, leur détresse. Certains d'entre vous connaissent mon histoire et je les remercie pour leur fidélité.
Je vous aime parce que vous méritez d'être aimés.

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Commentaire : on sent la présence de St Exupéry « Terre des hommes » et de Richard Bach «  Jonathan Livingston le goéland » avec en prime « Dieu est mon copilote » de R.L Scott.

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Davy Crockett

31 Août 2014 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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Le Bon sens en ce 21éme siècle

29 Août 2014 , Rédigé par M\ D\ Publié dans #Planches

La planche qui me vaut l’honneur d’être devant vous ce midi a pour thème « Le Bon sens en ce 21ème siècle ». J’aimerai voir avec vous ce qu’il est fondamentalement ce « bon sens » et vers quoi il peut nous mener en ce siècle qui commence :
Rappelons tout d’abord ce que Descartes dit du Bon Sens : Il serait la puissance de bien juger et distinguer le vrai d'avec le faux. Il s’appellerait indifféremment « bon sens », « raison » et même « évidence ».
De plus, il faut souligner que cette notion de sens commun se rapporte à une forme de connaissance regroupant les savoirs socialement transmis et largement diffusés dans une culture donnée : tels que les normes, les valeurs, et symboliques.
Ce bon sens ou « raison » est alors à imaginer en dehors des platitudes du style : « il faut se couvrir quand il fait froid » et l’observer dans plusieurs contextes (les questions de pouvoir, d’éthique, de philosophie de vie, etc…), suivant le niveau de connaissance des uns et des autres, et l’implication de cœur ou de passion de l’un ou de l’autre dans l’affaire…
Mais Boileau, à l'instar de Littré rappelle que si «Tout doit tendre au bon sens…, pour y parvenir, le chemin est glissant et pénible à tenir; pour peu que l’on s'en écarte, aussitôt on se noie
Aussi peut-on se poser la question du « Bon sens » dans notre société occidentale en ce début du 21e siècle …qui a l’air de se noyer.
Là Descartes explique dans son discours de la Méthode :
« la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses.»
Sachant que La Bruyère soupire en parlant de la conduite humaine : «Qu'il est difficile d'être content de quelqu'un !» on cherchera à savoir si on parle avec une présupposée commune, un acquis commun, un but commun… Et l’on verra en définitive si l’on a un « bon sens » commun.
La chose est d’autant plus sensible que les « bons sens » peuvent être divers et contraires suivant ce qui est placé dans une société en priorité suivant des projets : des vues économiques et commerciales, sociales, morales, etc…
Rappelons-nous les catastrophes nucléaires au Japon : du bon sens technique et économique de fabriquer ces centrales face à la mer, on est rapidement passé après les soubresauts de la nature, à la mise en lumière d’un autre bon sens un peu oublié, celui de la sécurité, qui aurait du être suivi …et CQFD ne pas construire en ces endroits. Et ainsi, par effet domino, on voit des vérités de bon sens particuliers qui tout à coup sont vues avec le recul, donnant un bon sens, une évidence dirais-je… plus générale et globale… à cause des implications multiples que l’on y découvre, ou que l’on ne refuse plus de voir.
Prenons ensemble quelques points forts de nos questionnements au 21e siècle :
- L’éducation
- L’égalité entre l’homme et la femme
- La bonne gestion des deniers personnels
- La fin de vie

- L’éducation
Montesquieu écrivait dans L’Esprit des Lois : « La plupart des peuples anciens vivaient dans des gouvernements qui ont la vertu pour principe ; et lorsqu’elle y était dans sa force, on y faisait des choses que nous ne voyons plus aujourd’hui et qui étonnent nos petites âmes.
Leur éducation avait un autre avantage sur la nôtre ; elle n’était jamais démentie. Epaminondas, la dernière année de sa vie, disait, écoutait, voyait, faisait… les mêmes choses que dans l’âge où il avait commencé d’être instruit…
Aujourd’hui, nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celle de nos pères, celle de nos maîtres, celle du monde. Ce qu’on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières. Cela vient en quelque sorte du contraste qu’il y a parmi nous entre les engagements de la religion et ceux du monde ; chose que les anciens ne connaissaient pas ».
Ainsi d’une part, recevons nous aujourd’hui plusieurs types d’éducation : celle de nos parents charnels ou de substitution, celle de nos précepteurs institutionnels tels que les maitres d’école, les éducateurs et autres personnes ayant autorité sur nos jeunes âmes, sans oublier la quantité incroyable de maitres à penser non répertoriés comme tels, mais d’une impitoyable efficacité qui se montre sur les petits et grands écrans et ailleurs encore.
D’autre part, nous nous rendons compte que la lettre et l’esprit des éducations dispensées par l’un ou l’autre se rapprochent parfois et s’opposent souvent.
Alors comment : Garder un esprit serein ? Garder ses sens et apprendre avec « bon sens » et vivre pleinement ? Pour cela où trouver ce bon sens ? Quelle sera la vision de l’éducation dans sa méthode et dans son contenu qui sera vu par l’homme et la société dans laquelle il évolue, comme étant raisonnable et de bon sens ?
Serait-ce celui ou celle qui va dans l’esprit d’ambiance locale, comme parfois souligné « chute de toute barrière morale qu’elle soit religieuse ou laïque dans les domaines des mœurs au profit d’une vue consumériste de la liberté ? », ou l’« absence de projet de société qui fait que chaque fondement se trouve chahuté, déboulonné avec pour unique lietmotiv celui de faire ce qui nous plait sans explorer les conséquences funestes ? » Ou encore le « bon sens » nous guiderait-il a ne pas se poser trop de questions et se laisser aller à l’influence du courant majoritaire dans lequel nous baignons… avec seule direction celle du gouvernail de la vie, ou de survie ?
Là nous toucherions à ce qui est appelé la tyrannie de la majorité sous influence : En Chine par exemple, plus d’un milliard de chinois pensent avec leur bon sens que l’homosexualité est une maladie mentale, ou encore qu’il est normal de pratiquer l’avortement jusqu’au jour de la naissance supposée de l’enfant. Leur bon sens ? Une vue philosophique et une appréciation spécifique de la place de l’homme et sa valeur individuelle au sein de leur société.
Dans bien des états, d’orient à l’occident, on verra aussi …que la peine de mort est le fruit d’un raisonnement qu’il est impensable de remettre en cause. Par contre chez nous, le « bon sens » tel qu’il a été éduqué nous dicte d’autres voies dans tous ces domaines.

- L’égalité entre l’homme et la femme
La philosophie des Lumières occidentale a posé, au moins dans ses principes, l'égalité entre homme et femme, appartenant au même genre humain. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ne les distinguent d’ailleurs pas.
Ainsi voit-on que les combats pour cette égalité ont touché toutes les facettes de la relation homme-femme-enfants, remettant en cause les fondements de la société occidentale judéo-chrétienne. Mais ce qui est considéré comme une vraie avancée a bouleversé la donne sur de nombreux points.
1-Des altérations du modèle de distinction entre l’un et l’autre sexe se sont fait jour, nous poussant à revoir le modèle social du couple, que dire, de la famille, comme cellule primaire de la société : ce n’est plus l’homme et la femme comme deux parties dissemblables et égales transmettant la vie ; mais 1+1 quelque soit le sexe transmettant la vie selon de nouveaux plans. Et le rôle parental de se voir redistribué dans cette configuration même.
2-Des altérations par ce que certains appelleraient « abus de position dominante » de la femme …de par ce que la nature l’en a fait l’unique sexe gestateur et procréateur de la race humaine. Pardonnez ce raccourci, mais : L’un a la graine, l’autre a le ventre… Et là, d’égalité il n’y a pas. De nombreuses lois qu’elles soient dans le cadre du droit à l’avortement, de la reconnaissance de paternité et autres, nous montrent cette non égalité entre l’homme et la femme. La graine peut être prise là où elle se trouve sans que l’on dise au « Male » ce que l’on en fera. En outre si la femme est considérée de fait comme mère car ayant porté l’enfant à naitre, l’homme n’est pas implicitement reconnu comme père car ayant donné cette même graine.
Verra-t-on un jour le géni-sorcier de l’homme aller vers une égalité totale de l’homme et de la femme, qui le poussera à faire procréer la femme sans l’assistance de l’homme et l’homme sans l’assistance de la femme… comme dans certains films ou livres d’anticipation ? Verra-t-on la naissance de la race des femmes et celle des hommes qui devront au nom de cette égalité cohabiter ?
Aussi, où en est le « bon sens » ? Où a-t-il sa place ? Quel sera-t-il demain et que définira-t-il comme « raisonnable » ?

- La bonne gestion des deniers personnels
Il existe une littérature assez abondante sur le thème de la « bonne gestion », et Antoine Pinay « le sage de Saint Chamond » a été longtemps la référence politique en la matière. Il disait d’ailleurs du libéralisme : « c’est le régime qui implique le plus de rigueur volontaire et de sens de l'intérêt collectif. Il ne s'accommode ni de la fraude en matière fiscale, ni de la rouerie en matière commerciale ». On pourrait se demander avec un brin d’ironie : où sont ses disciples ? Laissons la gestion des biens de l’état et l’administration des entreprises pour se concentrer sur la gestion des biens personnels. Le « bon sens » ici se trouve bizarrement réduit à une notion des plus abstraite… « Vivre avec ce qu’on a » disent les uns. « Ne pas s’alarmer de la vie à crédit que l’on peut s’offrir » rétorquent les autres. « Garder une pomme pour la soif » reprennent d’autres encore… Et chacun de mettre le doigt sur un point philosophique ou d’intérêt purement politico-commercial pour juger d’une posture ou d’une autre. Citons quelques positionnements encore : « La jouissance vaut mieux que la possession » ; « créons des besoins car il faut faire tourner l’économie » ; «interdisons la fumée de tabac partout, car il faut que l’homme vive et consomme » ; « acceptons-là partout car sinon il y aura trop de retraités à payer »… Et la publicité de se faire l’écho démultiplicateur de l’influence pour l’une ou l’autre posture.
Enfin, dans cette attitude de gestion des deniers personnels on se rend compte d’une prise de conscience (ou ne serait-ce qu’un dictat de certains pour d’autres raisons moins louables…) d’une prise de conscience, dis-je de couleur verte ! Une moralisation de l’achat de par la vision catastrophiste donnée soit par les médias (sur le travail des enfants dans certains pays… donc n’achetez plus telle ou telle marque de chaussure) ou par les politiques même (sur le péril de l’emploi par chez nous si tout est produit « ailleurs », le réchauffement de la planète, la pollution…). On se posera la question : Est-ce que le bon sens du 21ème siècle prendra une vraie couleur humaine et plus préservatrice de l’environnement qu’au 20ème siècle ???
Si tel est le cas, il faudra savoir si… La mort programmée des biens de consommation que le courtier en bourse Bernard London a théorisé en 1929, année du fameux krach boursier de Wall Street, expliquant ses avantages pour relancer l’économie…. va être reprogrammée pour plus de liberté individuelle, moins de gaspillage et une consommation revue en quantité et qualité.
Autre point : un fabricant de maisons, (phénix pour ne pas le nommer) a bien compris qu’il fallait prendre la course à l’écologie au sérieux… mettant en vente une maison nommée « la maison du bon sens », éco-respectueuse… etc. Un vrai slogan type « moralisateur ».
Enfin, verrons-nous un autre « bon sens » que celui des producteurs et financiers ? Verrons-nous émerger un autre type de production et consommation rendant plus libre l’un et l’autre ? Est-ce que ce bon sens sera malgré tout soumis à un dictat ? Celui de la tyrannie du vert ? Celui de la tyrannie de l’anti consumérisme ?

- La fin de vie
« Il n’y a qu’une justice, c’est face à la mort » disaient les anciens… parmi lesquels mon propre grand-père.
M. Donat Decisier, membre du groupe de la confédération générale du travail (activités santé CGT) et membre de la section des affaires sociales écrivait lui dans un avis « Longtemps, la mort a été familière aux vivants. Le mourant était parfaitement au fait de sa fin prochaine et nul ne songeait à la lui cacher. Dans l'antichambre de la mort, il s'attachait à accomplir les dernières formalités.
On a peine à imaginer aujourd'hui de telles scènes, tant l'approche de la mort dans nos sociétés modernes a changé. La mort, le mourant, tout ce qui peut les entourer dans la représentation que l'on s'en fait remettent en cause l'image que nos sociétés veulent renvoyer d'elles-mêmes. La mort est une anomalie. On la tait, on la cache.
Sans doute aussi, les progrès considérables et fulgurants de la médecine et de la thérapeutique au cours de ces soixante dernières années, en repoussant toujours plus loin les limites de la vie, ont-ils contribué à façonner les mentalités. La médecine elle-même, cultivant volontiers une idéologie de puissance face à la maladie, a conforté cette tendance consistant à traiter la pathologie ou l'organe plutôt que la personne malade, à écarter la mort des trajectoires possibles.
Quel est le « bon sens » à suivre ? Qu’est-ce que la vie dans notre définition actuelle ? Qu’elle est l’existence dans notre définition actuelle ? Et pourquoi veut-on vivre ? Et pourquoi ne veut-on pas mourir ?
Certains verront l’utilité de la vie dans le sens philosophique utilitaire …comme un certain Saint-Paul qui disait avec sa vue spirituelle : « si je m’en vais, je suis plus près de mon Dieu, si je reste, je peux encore être d’une utilité quelconque pour mes frères ».
D’autres estimeront que l’âge avancé est un don qu’il faut savoir apprécier, indépendamment de ce que l’on fait de son temps d’existence.
Dans les services hospitaliers les différences d’opinion de bon sens se côtoient, se sentent et se pratiquent : Le bon sens là, y perd son sens, …et la raison ses raisons.
Verra-t-on alors au-delà de pilules et soins de jouvence super-vitaminés « une progression technique qui fera aller l’homme dans la voie du clonage humain, banque d’organe sur pieds et déclaré sans âme pour se donner bonne conscience », comme dans un film d’anticipation ? Et vers quelle vue ira-t-on pour définir l’humain ?
Verra-t-on aussi le remplacement de la chair par les micromachines ? Bref, que veut l’homme ? Veut-il rejoindre les mythiques Mathusalem, Enoch, Tubalcaïn et autres patriarches …à la vie longue de plusieurs centaines d’années ? Quelle classe d’hommes pourra accéder à « ces pratiques retardatrices de l’échéance ultime » ?
Et tout cela en amputant du discours toute la partie dite « question de société à grande échelle » avec le vieillissement de la population, les éventuelles tensions à venir allant vers un racisme anti-vieux qui pourrait être qualifié de « raisonnable » par certains aux vues soi disant cartésiennes, mais surtout « eugénistes ».
Est-ce qu’un certain eugénisme a plusieurs facettes deviendra dans la société de demain un « bon sens » comme un certain Hitler a pu faire croire en son temps à des jeunes de cours primaire en Allemagne, qu’il était raisonnable de ne pas soigner des attardés mentaux, car improductifs pour la société et aux soins couteux sans raison… ?
Le contrôle des naissances poussé à l’extrême dans certains pays comme en Chine communiste ou en Inde du temps d’Indira Gandhi avec la stricte observance du principe de l’enfant unique pour l’un et la stérilisation des populations sans leur demander leur avis pour l’autre, laisse dubitatif sur un pouvoir déshumanisé et nos rapports avec nos propres contemporains dans certains contextes.
On parlera aussi de l’étape ultime : Du libre choix de mourir dans la dignité pour les personnes âgées …va-t-on aller dans le choix pour l’autre, par la culpabilisation du vieux qui vit encore ? La fameuse assertion « la vie ne vaut plus la peine d’être vécue » va-t-elle aller jusqu’aux excès tels que nous les voyons dans la chirurgie plastique qui est partie de la réparation des gueules cassées (louable en soit), vers la folie du bistouri qui charcute en tout « bon sens » et choix « libre », les jeunes filles pré pubères parce que certains estiment que « c’est mon choix », ou du côté du médecin, « c’est son choix » ? Va-t-on revenir aux agissements vus dans certaines nations et la notre dans les villages jusqu’au fin du 19ème siècle, que l’ancien se sentant une charge se laissait mourir « logiquement, car le bon sens faisait que c’était comme ça » ?

Ma Conclusion sur le bon sens en ce siècle naissant serait :
D’une part :
N’oublions-nous pas qu’il n’y a pas de « bon sens » sans un chemin à fouler et emprunter, par définition « dans le bon sens et non à contre sens » ! Et pour la « raison », sa signification est non seulement « la raison dans l’appréciation du raisonnable », mais aussi « raison dans l’expression de la réponse aux questionnements sur le pourquoi des choses ».
Ainsi, sachant que la liberté humaine ne va pas sans conscience humaine et sans raison humaine, si on parle de liberté, on parle de limites, et si on parle de chemin, on parle de bordures du chemin et de destination à ce chemin. Et c’est peut-être ce qui nous manque dans ce siècle individualiste.
Sans voie ou projet de société, comme le porte par exemple l’idéal franc-maçon avec sa recherche du bien, du beau et du bon, la question du vrai et du faux se fait jour avec plus de finesse encore : Mais vrai, dans quoi ? Faux, pourquoi ? Et par rapport à quelle vision ? Tout est relatif, n’est-ce pas ???
D’autre part :
Si nous regardons même l’idéal qui est le notre, la ligne de conduite, son bon sens en question …doit être soumis à des intérêts, des vues supérieures, que nous nous voulons d’ailleurs voir répandues et partagées : Les valeurs inscrites dans la déclaration internationale des droits de l’homme, mais son pendant aussi, qui est l’action issue d’un projet muri !
Alors, oui !
L’expression du bon sens n’est pas fixe, très relatif même, mais répond à une certaine dynamique, selon les groupes sociaux, les intérêts et les transformations qui s’y opèrent en eux.
Plus il se transforme et plus il s’adapte dans un idéal humaniste respectueux, il n’en est alors que plus respectable. Sa légitimité s’affirme comme le résultat d’une mise au point, ainsi est-il nécessaire de le respecter et de s’y soumettre.
Les responsables athées ou religieux, les dirigeants de nations ou groupes plus restreints, doivent sans cesse être à l’écoute du bien être et du mouvement de la société, afin d’appliquer en bon sens tout ce qui est bon pour le temps et l’endroit où l’on est. Nous devons ainsi écarter les idées toutes faites, les slogans impropres car non adaptés. Nous devons par contre nous attacher à un idéal fort, qui transcende notre petitesse.
J’ose espérer que l’usage du « bon sens » qui sera le notre ne sera pas dans une réponse d’adaptation et de suivi des mouvements du monde seul, mais une vraie action créative, positive et constructive, …pour une amélioration de la société dans un but clairement défini : le bien de l’humanité entière dans tous ses aspects : son esprit, son âme et son corps pour certains, son esprit et son corps pour d’autres… dans ce qu’elle est, un tout à multi-facettes en interrelation avec chacune de ses composantes. Parmi celles-ci je mentionnerai : la nature, l’environnement social et culturel.
Bref, nous devons prendre un continuel souci de nous maintenir ouverts à la vérité et, comme dit Montaigne, être « en puissance de bien juger ». Et au fait qu’est-ce que le « Bien » ? Tissot le définit : « c’est ce qui doit être fait par un être raisonnable ».

J’ai dit !

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Mon office de second surveillant

28 Août 2014 , Rédigé par S\ A\ Publié dans #Planches

Faire une planche symbolique mes Frères, c’est essayer de traduire ce que l’on ressent à la vue d’une image, d’un outil ou à l’écoute d’une phrase dont on ne perçoit pas immédiatement le sens, ou tout simplement comme ce soir, c’est vous faire partager le bonheur que j’ai à remplir mon rôle de second surveillant que vous m’avez confié.
M’occupant de l’instruction des Apprentis, étant attentif à leurs premiers pas, vous comprendrez aisément que ma planche leur est tout naturellement destinée, tant ils ont contribué sans le savoir à la poursuite de mon propre perfectionnement , de ma quête personnelle qui est bien loin d’être achevée.
La charge de second surveillant est d’une importance capitale et l’on se rend rapidement compte que l’on est confronté à une mission de grande difficulté. L’Initiation est le commencement d’une vie nouvelle, l’entrée dans la tradition maçonnique. Cette tradition que la stricte observance du rituel nous habilite et nous invite à transmettre. Le rituel, par des phrases simples, parfois curieuses, nous aident dans notre cheminement car il nous amène à nous poser des questions, à nous interroger sur tout ce qui nous entoure. L’initiation est donc l’entrée dans une vie nouvelle et dès le début de l’instruction des Apprentis, on va rassurer les uns qui désespèrent devant le silence des outils, on va tempérer les autres qui trépignent d’impatience et voudraient posséder le livre de la connaissance si tant est qu’il puisse exister.
Patience mes Frères Apprentis, si notre progression se fait degré par degré ce n’est pas un hasard. Le nouvel initié est une graine en germination et l’Initiation lui a donné le souffle nécessaire pour démarrer sa croissance. Combien c’est passionnant mes Frères de contribuer à ce chamboulement progressif ! Les réunions d’Apprentis auxquelles plusieurs Maîtres de la loge ont participées cette année, et d’autres participeront l’année prochaine, ont pour but d’éveiller la conscience de chacun point de départ du développement intérieur.
Comment ? En les invitant, après leur visite des profondeurs de la terre dans le cabinet de réflexion, à pénétrer leur moi profond pour apprendre à mieux se connaître. C’est la démarche fondamentale, c’est l’œuvre quotidienne et constante, qui se traduit par un cheminement dont le but est la recherche de la vérité, leur vérité.
Oubliées toutes les certitudes de la vie profane. C’est en se laissant aller au fil d la perpendiculaire, symbole du second surveillant, que l’on retrouve peu à peu notre innocence primordiale. C’est en voyageant sans cesse que les symboles muets deviennent vivants et nous conduisent ainsi à une réflexion intérieure. Il est grand temps mes frères apprentis de tendre l’oreille du cœur pour écouter ce que nous dit le silence. Faites fi de la réalité et des apparences, car tout ce que vous cherchez au loin se trouve peut-être autour de vous dans cette loge.
Est-ce la raison qui guide vos pas ? Moi je vous demanderai d’imaginer, de rêver, d’essayer de traduire vos émotions, d’avoir la pensée intuitive et l’imagination créatrice. Bien sûr, il faut se livrer et quelque fois ce n’est pas facile. Mais rien n’est ridicule, tout à un sens et peu à peu à force de travail, vous trouverez peut-être le fil de votre propre réalité. Comme il n’est pas facile de la trouver, la méthode initiatique nous indique un axe de travail vertical, la perpendiculaire dont j’ai déjà parlé. Il faut sans cesse redescendre en soi pour mieux s’élever. C’est le moyen qui nous permet d’échapper à notre nature matérielle et progressivement de passer d’un plan à un autre : du matériel vers le spirituel. Mais nous avons besoin d’un support pour réaliser cela. Alors la Franc Maçonnerie nous a transmis un rituel. Pourquoi un rituel ? tout simplement parce qu’il nous conditionne, nous prédispose à entendre ce que l’on ne peut recevoir dans le monde profane. On est ainsi en situation de sentir toute cette richesse qui nous entoure. Peu importe si l’on se sent perdu. Il n’y a pas que le visible qui doit guider vos pas. Fouillez, gratter, chercher autre chose. Battez vous contre vous même, c’est ainsi que vous avancerez. Cette lutte symbolique, ce combat intérieur que vous avez décidé de mener vous pouvez en sortir vainqueur à force de travail et de volonté.
Vous êtes sur le chemin du connais-toi toi même. Le silence que vous êtes tenu d’observer va vous aider dans ce sens car il est la condition nécessaire pour mieux se connaître et ainsi progresser. Ce silence qui nous dit qu’il y a de la vie qu’il y a de l’être. L’Être avec un grand « E » serait en nous et contribuerait sans que nous le sachions à la construction de notre être ? Nous, si petits, porterions nous en notre sain l’immensité ? Je ne puis répondre à ces questions car j’en suis bien incapable.
Cependant, comme moi, vous avez prêté un serment. Il est de votre devoir de le respecter car il est tout simplement. Faire son devoir ne requiert aucun motif. Pourquoi je le fais ? Tout simplement parce que je me dois de le faire. Comme moi vous avez un projet. Celui de votre propre perfectionnement. Nous avons donc en commun le même projet. Vous comprenez alors que le perfectionnement de l’un profite non seulement à vous même mais aussi au groupe tout entier. C’est cela la Franc Maçonnerie : l’amélioration de chacun profite au collectif et vice versa.
Chaque Franc Maçon doit être son propre créateur. Vous êtes l’outil et l’objet de votre travail, vous êtes un être en devenir. Peu à peu mes Frères Apprentis vient la paix intérieure, la tranquillité obtenue dans le partage et la fraternité. C’est au fond de nous mêmes que nous sommes le plus près de nos frères. Ce lien qui nous unit est invisible mais il est si indéfectible qu’il nous unit pour toujours à nos Frères qui nous ont quitté. Lorsque je pense à cela , je mesure la chance que j’ai d’appartenir à la franc maçonnerie. Alors mes frères ne nous égarons pas sur les sentiers fleuris, poursuivons notre tache et que la joie soit dans les cœurs !

J’ai dit V\M\ 
 

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Code journalier du Chevalier

27 Août 2014 , Rédigé par X Publié dans #chevalerie

Je m'applique jour et nuit à l'écoute, la réflexion et la méditation.

Je m'applique à maîtriser mes émotions envers mes proches comme envers mes ennemis.

Je m'applique à fuir les lieux nuisibles et les émotions négatives afin de développer en moi une conduite vertueuse.

Je m'applique à aimer mes frères et mes sœurs plus que moi-même, à ne voir que les qualités des autres, même de ceux qui ne voient que mes défauts.

Je m'applique à ne jamais nuire à autrui, même au péril de ma vie.

Je m'applique à engendrer l'esprit d'éveil afin de libérer l'infinité des êtres.

Je m'applique à échanger mon bonheur contre la souffrance d'autrui.

Je m'applique à me servir de la matière sans en devenir esclave.

Je m'applique à louer celui qui me révèle mes défauts.

Je m'applique, dans le dénuement, sujet à un mépris constant, en proie aux maladies, à garder le courage et des pensées positives.

Je m'applique même dans l'opulence, à considérer les biens à leur juste valeur et à ne pas négliger les autres.

Je m'applique à percevoir que, sous leur apparente beauté, les objets plaisants et attrayants n'ont pas plus de beauté qu'un arc-en-ciel.

Je m'applique de même à ne considérer les difficultés comme illusoires.

Je m'applique à pratiquer la générosité sans attendre de retour.

Je m'applique à pratiquer la discipline chevaleresque sans motivation mondaine.

Je m'applique à m'exercer à la patience.

Je m'applique à développer l'enthousiasme et la persévérance.

Je m'applique à m'exercer au calme mental et à pratiquer la concentration qui transcende les quatre états sans forme.

Je m'applique à éviter toute parole blessante et déplaisante.

Je m'applique à être conscient de mon état d'esprit du moment et à rechercher sans trêve la connaissance de moi-même.

Je m'applique à observer constamment mes défauts et à m'en défaire.
La perfection n'est pas de ce monde, mais le Chevalier s'engage à en faire sa quête, se servant de son courage comme monture et de sa volonté comme bouclier.

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Suicide et initiation : pour mon beau-frère

26 Août 2014 , Rédigé par Michel VIOT. Publié dans #Planches

Que représente le suicide pour l'initié ? Peut-il être et doit-il être un aboutissement ? Peut-il être et doit-il être toujours envisagé comme une défaite, voire une lâcheté et une démission ? Comment peut-il nous concerner, qu'il entre ou non dans les recours possibles auxquels nous pouvons songer ?

Une première réflexion s'impose quant au terme de suicide lui-même. Formé de deux mots latin, sui « de soi-même » et cidium du verbe cedere tuer, ce terme de suicide n'est guère employé dans la langue française avant le XVIlle siècle. Voltaire s'en est servi dans son commentaire de l'esprit des lois en 1778 alors que Montesquieu ne l'employait pas. Le mot se trouvera dans la troisième édition du dictionnaire de l'Académie la même année. Quelle formule utilisait-on auparavant ? Montesquieu parle d'homicide de soi-même ou même de mort volontaire. Il semble, cependant, que l'expression la plus couramment employée ait été se défaire soi-même. On la trouve utilisée comme terme technique dans les textes juridiques qui traitent du suicide et Voltaire l'emploie encore. Se défaire soi-même, se suicider, dans aucun des deux cas, on ne trouve sur le plan étymologique, l'évocation du meurtre : commettre un meurtre, se dit occidere. C'est le mot utilisé par la Vulgate pour le sixième commandement. Nous reviendrons sur cette question. Bornons-nous simplement à remarquer que sur le plan du vocabulaire les expressions « se défaire » puis « se suicider » ne comportent pas l'évocation péjorative du meurtre, ce qui est particulièrement intéressant par rapport aux lois, us et coutumes des pays chrétiens qui interdisaient le suicide et le sanctionnaient au nom de la morale et de la religion. « Le suicide, pourra encore écrire Jean-Jacques Rous­seau, en plein XVIIIe siècle, siècle bien peu religieux pourtant, est une mort furtive, honteuse, c'est un vol fait au genre humain. »

Les maçons que nous sommes doivent me semble-t-il, être sensibles au symbolisme de langage. Aussi, l'étymologie comprise dans sa dimension symbolique doit-elle constituer un précieux outil de réflexion. Et je trouve pour ma part extrêmement révélateur que des siècles de censures et d'interdits religieux ainsi que tout un arsenal de lois répressives n'aient pas réussi à forger des expressions péjoratives pour signifier la mort volontaire. Cela devrait suffire pour nous inciter à nous poser la question du bien- fondé de ces interdits surtout si nous songeons qu'un certain nombre de sociétés fort civilisées et fort respectables, loin de condamner systématiquement le suicide, le prônaient, au contraire dans certains cas. Je songe à la société japonaise, entre autres.

Pour sérier notre problème nous laisserons de côté toute cette question de suicide dans les autres civilisations pour ne nous préoccuper que de la nôtre et des deux sources qui, en gros, l'ont formée : l'Antiquité gréco-romaine et la Bible.

L'Antiquité gréco-romaine admettait le suicide sous l'influence de la philosophie stoïcienne. La loi romaine ne poursuivait le suicide que quand celui-ci était accompli pour échapper à un châtiment capital. La peine était la confiscation des biens par le fisc. Et encore y avait-il des accommodements dans ce domaine si le suicide faisait faire à l'Etat l'économie d'un procès. Moyennant un arrangement financier avec l'Empereur celui qui recevait l'ordre de se suicider, pouvait tester en faveur des siens, même si par son suicide il échappait à la peine capitale. Par contre, tous les autres motifs étaient parfaitement admis et ce, grâce à la très grande influence de la morale stoïcienne dont il nous faut dire maintenant quelques mots, car celle-ci n'est pas sans rapport avec certains de nos principes maçonniques. Je voudrais pour cela citer un passage du traité de Cicéron « de fins des biens et des maux », un des rares exposés d'ensemble de la morale stoïcienne qui est, d'ailleurs, sans doute, beaucoup plus une traduction d'un traité grec remontant à la fin de l'ancien stoïcisme plutôt qu'une œuvre composée par Cicéron lui-même. Avant de citer ce passage, il me faut rappeler une notion importante pour la compréhension de ce texte comme du stoïcisme en général et qui est celle du convenable ou encore du rôle de l'office : en grec kathékon, en latin officium. Les passions constituent l'ennemi essentiel du sage stoïcien parce qu'elles l'empêchent de remplir le rôle, l'office que la nature lui a assigné ; aussi, l'on peut dire, et je cite, ici, Lafon dans son livre sur les stoïciens (page 96) : « quand un homme fait ce qui convient à l'homme ses actes s'expliquent. Convenable se dit de tout acte susceptible d'une explication raisonnable. Le convenable pour chaque être, c'est son rôle, son office, sa fonction. Comme chaque être tient son rôle de la nature, l'origine du convenable doit être cherchée dans les tendances premières de cette nature ; et le premier convenable, le premier office, consiste à obéir à ses tendances. De cet office primordial dérivent tous les autres. »

Ecoutons, maintenant, Cicéron traiter du problème du suicide : Comme tous les convenables procèdent des choses moyennes, l'on dit, non sans motif, que toutes nos réflexions se rapportent à elles, entre autres la question de savoir si nous devons quitter la vie ou y demeurer. Sont-ce les états conformes à la nature qui dominent chez un homme, alors il est convenable de rester en vie ; si ce sont les états contraires qui paraissent dominer ou sur le point de dominer, il est convenable de quitter la vie »... et plus loin, « Souvent le convenable pour le sage est de s'écarter de la vie, alors qu'il est au comble du bonheur, s'il peut le faire à propos ; car les stoïciens pensent que la vie heureuse, c'est-à-dire la vie conforme à la nature est liée à l'opportunité des actes. Ainsi, la sagesse prescrit qu'on l'abandonne (la vie) si le sage a profit à l'abandonner (pages 284-285).

Ainsi, le suicide n'est-il envisagé, ici, ni comme une défaite, ni comme une démission, ni comme une lâcheté. Tout au plus, peut-on parler de fuite devant ce qui peut apparaître au sage comme dégradant, comme contraire aux aspirations de sa nature profonde ou encore de nature à troubler l'équilibre auquel il a pu parvenir. Ainsi, l'a bien exprimé et vécu Henry de Montherlant, un authentique stoïcien et je cite, ici, l'un de ses carnets : « Va jouer avec la poussière » (pages 118 et suivantes) « on se suicide par peur de ce qui va être et il faudrait fouetter jusqu'au sang les gens qui osent flétrir cette peur quand, eux, ils n'ont rien à craindre. On se suicide par respect pour la raison quand l'âge ou la maladie enténèbrent la vôtre et qu'y a-t-il de plus honorable que ce respect de la raison ? On se suicide par respect pour la vie quand votre vie a cessé de pouvoir être digne de vous et qu'y a-t-il de plus honorable que ce respect de la vie ? » Henry de Montherlant n'a pas triché avec ses exigences ; contrairement beaucoup d'écrivains et de philosophes volontiers matamores, il avait un courage à la hauteur de sa plume. Sa mort volontaire, sinon l'approbation, mérite le respect. De toutes les justifications et explications données, en effet, par les stoïciens sur le suicide, il ressort, en effet, une idée fondamentale, une idée maîtresse qui ne peut nous laisser insensibles, nous maçons, et qui est la maîtrise de soi. Comme le sage stoïcien, nous devons, en effet, tendre à la maîtrise de nos passions par la découverte de nos convenables de ce qui est conforme à notre nature. Il va sans dire qu'une pareille démarche est inaccessible à la masse qui la traduirait immédiatement en licence ou en laisser-aller un peu comme le font les ignorants à vernis culturel pour qui épicurisme signifie bon vivant voire débauché. La découverte de ses « convenables » pour reprendre cette notion stoïcienne, n'est possible que dans le cadre d'une véritable ascèse, ce à quoi devrait mener la quête initiatique. Parvenu aux stades élevés du « connais-toi toi-même », l'homme doit savoir à quoi s'en tenir, sur lui, sur les autres et en particulier sur les éléments qui donnent de la valeur à sa vie. Au nom de qui alors, je vous le demande, pourrions-nous, en tant que maçon condamner la mort volontaire de celui pour qui la continuation de la vie aboutirait à la souffrance stérile et dégradante. Au nom de la seule raison, aucune condamnation n'est sérieusement possible à moins d'un recours à de subtils artifices et surtout d'une révélation religieuse. Et de fait, c'est au nom de la religion que certains ont établi les censures les plus rigoureuses en assimilant le suicide au meurtre et en rappelant que toute vie appartient à Dieu. Nous verrons plus loin ce qu'il faut en penser. Constatons simplement que la démarche initiatique, pour qui la maîtrise des passions est un des buts essentiels, ne peut condamner systématiquement le suicide pourvu que celui-ci intervienne comme signe de réelle maîtrise et non comme signe d'abandon. Entachera-t-il la gloire du Grand Architecte de l'Univers ?

Disons tout de suite qu'au sens où nous entendons ce symbole, c'est-à-dire le principe d'ordre de la création et non un Dieu personnel, la réponse est non. La création, en effet, est pleine de morts et de souffrances sans explication, sans raison, ce qui ne permet pas de dire que cette création constitue en elle-même un appel à la vie à tout prix. Ou alors peut-on tout au plus dire que si appel à la vie il y a, toute forme de vie ne saurait être réputée sacrée et respectable.

Dans la nature comme chez les humains en particulier, il existe, nous le savons, des formes de vie nuisibles qui n'ont absolument rien de sacré. Tous les systèmes moraux désireux de maintenir une forme de vie organisée admettent alors fort bien qu'au nom de ce maintien, on élimine, d'une manière ou d'une autre, les formes de vie nuisibles. On tuera des microbes, on abattra un bandit. Ce qui revient à supprimer un type de vie pour en sauvegarder un autre. Pourquoi un tel raisonnement appliqué à soi-même contrarierait-il alors l'ordre de l'univers ? La seule objection qu'on puisse sérieusement lui faire ne se situe pas au niveau des principes qui président à une telle application mais à la justesse du raisonnement. Autrement dit et pour en rester au seul niveau de la raison, je ne me sens pas le droit en tant que maçon de décréter que celui qui renonce à la vie parce que celle-ci va devenir insupportable et partant nuisible pour lui-même et pour les, autres, qui donc supprime sa vie par refus de voir celle-ci se pervertir, épargnant aux autres et à lui-même des épreuves pénibles, celui-là porte atteinte à l'ordre de l'Univers alors que cet ordre de la Création pour rester ordre implique la mort et la souffrance.

Et la seule question qui pour l'initié doit se poser est la suivante : le suicidé a-t-il oui ou non bien apprécié sa situation, a-t-il eu raison vus ses « convenables », pour reprendre le terme stoïcien, de mettre fin à ses jours ? Si oui, sa mort n'est pas une régression dans son ascension initiatique, elle peut même lui avoir fait franchir une étape supplémentaire, je ne pense pas à la mort en elle-même comme suprême initiation débouchant sur l'Orient Eternel, non, je pense tout simplement à l'idée de la mort immédiate, de la mort prochaine, notion essentielle dans notre quête initiatique et que notre rituel nous rappelle de multiples manières. Les gestes, les actes, les pensées, les écrits qui viennent de celui qui se prépare à une mort volontaire peuvent donc être compris comme autant de rites initiatiques. Ils symbolisent la mort sans être la mort elle-même au même titre que ce que nous utilisons dans nos rituels. Aussi, le suicide stoïcien a-t-il une réelle valeur initiatique. Seulement comme tout ce qui touche à l'initiation, il ne peut concerner qu'un petit nombre d'individus. Pour la grande majorité des individus, le suicide reste sans grande valeur spirituelle. Il a souvent le goût amer de la défaite, de la défaite du suicidé et de son entourage. La vocation exotérique des Eglises devrait donc fatalement les pousser à condamner le suicide et à le ranger dans le domaine des maux. Il était alors normal que les sociétés de chrétienté le considérassent comme crime et leur médecine comme folie. Crime et folie, deux termes qui traduisent bien chacun dans leur domaine la faiblesse humaine perçue au niveau sociologique. Mais qu'en est-il exactement au niveau de la Bible dont les Eglises juive, chrétienne et musulmane s'inspirent pour condamner le suicide ? C'est là une question que nous devons maintenant nous poser, avant d'aller plus loin dans notre réflexion sur le suicide et l'initiation, non seulement parce que nous l'avons dit au début de cette planche, notre civilisation a été marquée par le judéo-christianisme, mais encore parce que dans nos Temples la Bible est le volume de la Loi Sacrée, une des trois grandes lumières de la Franc-Maçonnerie régulière dont la fonction ne doit pas être seulement décorative. Or, il est frappant de constater que, dans cette Bible, il n'y a aucune condamnation explicite du suicide et que, par ailleurs, les cas de suicide y sont assez rares. Il est vrai qu'on ne se tue pas chez les juifs comme l'a fort bien montré Durckheim, nous reviendrons sur cette question. Si l'on écarte, en effet, les faux suicides qui sont le sacrifice de Samson faisant écrouler le temple de Dagon sur les ennemis d'Israël et sur lui-même (juges 16-29 ss.) et les suicides de Abimelec (juges 9-54) Saül et son écuyer (1 Sam 31-4 et ss.) et du général Zimri (1 Rois 16-18) qui ne font que devancer une mort certaine qui aurait eu en plus l'inconvénient d'être accompagnée de honte et d'outrages, il ne reste, en fait que deux suicides, celui d'Achitophel et de Judas. Vous connaissez l'histoire de Judas, moins celle d'Achitophel. Ce dernier était conseiller du roi David et avait une très grande réputation de sagesse. On l'écoutait donc toujours. Quand il prend le parti d'Absalon qui s'était révolté contre son père David, le roi David est terrorisé à l'idée que les révoltés vont avoir avec eux un aussi habile conseiller et il demande, alors, à Dieu de réduire à néant les conseils d'Achitophel. Et c'est ce qui se produisit. Achitophel donne à Absalon un bon conseil que celui-ci pour son malheur ne suit pas. De dépit Achitophel va se pendre. Le seul aspect négatif sur le plan moral de cette histoire est qu'Achitophel avait trahi David comme d'ailleurs Judas avait trahi Jésus. Leur mort par suicide peut donc apparaître comme un châtiment. Cependant, la Bible n'en donne aucun commentaire. La situation d'Achitophel et de Judas était sans issue, le suicide par désespoir apparaît donc dans ces deux récits comme une solution logique.

Sur quoi se basera-t-on, alors, pour condamner le suicide. Sur une interprétation du commandement « tu ne commettras pas de meurtre », improprement traduit par « tu ne tueras point ». Je dis improprement car le mot hébreu employé désigne lui le meurtre et non l'action de tuer que la Bible permet dans certains cas : dans le châtiment des criminels et dans le métier de soldat. Et encore faudra-t-il attendre le Ive siècle avec saint Augustin pour que soit faite l'assimilation du suicide au meurtre. Et il faudra encore attendre le Vle siècle pour que le Concile d'Orléans en 553 refusât les rites funéraires aux suicides religieux, puis le Concile de Prague en 562 pour que ce refus s'étendît à tous les suicidés. Les Conciles suivants comme celui de Troyes en 578 confirmèrent ces dispositions en faisant du suicide une des conséquences de l'inspiration démoniaque. Saint Thomas qui fixera pour longtemps la doctrine catholique sur ce point en fera un crime plus grave que l'homicide ordinaire.

Ainsi, écrira-t-il, dans la Somme théologique : « l'homicide de soi-même l'emporte d'autant plus en gravité sur les autres homicides que l'amour qu'on se doit à soi-même doit être le type de l'amour qu'on doit aux autres hommes ». Ainsi, le suicide devient-il le péché du péché par ce que s'opposant à l'un des plus grands commandements : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».Comment en est-on arrivé là, pourquoi cette escalade dans la condamnation ? Je crois personnellement que les persécutions dont les chrétiens ont été l'objet au cours des premiers siècles ont joué leur rôle. Le martyr, ne l'oublions pas, donnait la certitude du salut. D'où la recherche du martyr quelquefois si insistante qu'elle peut être assimilée dans bien des cas à de véritables suicides. La mort intervient alors comme la séparation définitive d'un monde jugé méprisable et la porte ouverte sur le Royaume de Dieu. Quand les persécutions cessèrent au Ive siècle, justement, il y eu un vide. Les souffrances et la mort manquèrent à certains et ce d'autant plus que la vie en ce monde apparaissait comme toujours méprisable. A ceux qui se lancèrent dans l'ascèse désordonnée destinée à provoquer la mort lente par des souffrances purificatrices, l'Eglise proposa des règles monastiques pour limiter les dégâts, à ceux qui préfèreraient des solutions plus rapides, elle opposera une condamnation sans appel du suicide qui alla en s'aggravant. Le sommet étant atteint par le Moyen Age. Au fond, l'Eglise a voulu endiguer l'instinct de mort au niveau des masses comme les sentiments masochistes. Au niveau où elle se situait, elle ne pouvait pas faire de détail. Même démarche dans l'Islam et le judaïsme. Il n'en est pas de même, par contre, pour un ordre initiatique qui, parce qu'il fait appel à la réflexion personnelle à partir de symboles, ne peut s'adresser valablement qu'à une élite. Voilà pourquoi je ne me suis pas senti le droit de rejeter le suicide stoïcien. Certes, cette position n'est pas sans danger. Et il est toujours à craindre, y compris dans un groupe comme le nôtre, que de pareils propos et surtout ceux qui vont suivre en conclusion, puissent être compris à tort comme faisant finalement l'apologie du suicide.

Dans son admirable étude sociologique sur le suicide, Durckheim classe dans l'ordre suivant les confessions religieuses quant à l'importance du nombre de suicides ; en tête, le protestantisme, puis le catholicisme, en dernier et loin derrière, le judaïsme. Il remarque que la culture n'est pas sans jouer un rôle ce qui appuie cette remarque de Voltaire : « les sauvages ne s'avisent pas de se tuer, c'est un raffinement de gens d'esprit ». Mais là n'est pas la cause essentielle car celle-ci ne joue absolument pas pour le judaïsme qui, en Europe, détient le record absolu dans le domaine de l'instruction. La cause fondamentale et qui doit nous faire réfléchir est le libre examen et le manque de structures ecclésiastiques qui placent le protestant devant une liberté plus grande que le catholique ou le juif. Celui qui peut plus librement qu'un autre réinventer pour lui-même, non pas l'essentiel de sa foi mais simplement sa formulation, celui qui a moins de comptes à rendre à un clergé qu'à Dieu seul, celui-là dispose plus facilement de sa vie. Et ce qui achève de prouver cette démonstration, c'est que, parmi les pays protestants, celui qui a le taux de suicide le plus faible est l'Angleterre dont l'Eglise est la plus structurée.

Ne risquons-nous pas, alors, nous maçons, par notre exhortation à la constante recherche de la vérité et de la perfection, par notre refus dans le cadre maçonnique des dogmes, ne risquons-nous pas par notre proximité avec la morale stoïcienne, ne risquons-nous pas de dépasser la simple compréhension du suicide dans certains cas pour en arriver à l'incitation. Je ne le crois pas.

Car la liberté maçonnique avec tout ce qu'elle implique est vécue dans un cadre précis qui est celui de la loge et du rituel, structure solide mais non étouffante qui doit et qui peut donner le sentiment à celui qui en fait partie, qu'il appartient à un groupe réel. Cette notion de conscience du groupe est de première importance dans la dissuasion du suicide. Pour Durkheim, c'est elle qui donne au judaïsme le taux plus bas, avec il est vrai, comme facteur supplémentaire les menaces permanentes de l'antisémitisme. Les groupes, les peuples qui ont à lutter pour la vie, et ce quels qu'en soit les motifs, ne se suicident pas. Le Franc-Maçon qui n'a été persécuté que rarement et peu de temps, en Occident du moins, ne saurait être retenu de se suicider pour ce dernier facteur. Par contre, la conscience d'appartenir à une loge, à une véritable famille de frères où il a à poursuivre une recherche spirituelle, non pas seul mais aidé par les autres et par un rituel, tout cela devrait le retenir et éviter le suicide démission, le suicide fuite, le suicide lâcheté. Si ceux-ci interviennent quand même, alors l'échec de groupe est certain. Tous les suicides ne méritent cependant pas ce qualificatif, en particulier le suicide stoïcien quand il est commandé par l'honneur et par l'esprit de sacrifice. Peut-on, dans ces conditions, parler d'échec du groupe, d'échec de la Loge ?

Avant d'y répondre je voudrais vous citer deux courts passages du livre de Durkheim que j'approuve entièrement :

« Dans l'ordre de la vie, rien n'est bon sans mesure. Un caractère biologique ne peut remplir les fins auxquelles il doit servir qu'à condition de ne pas dépasser certaines limites. Il en est ainsi des phénomènes sociaux. Si, comme nous venons de le voir, une individuation excessive conduit au suicide, une individuation insuffisante produit le même effet. Quand l'homme est détaché de la Société, il se tue facilement, il se tue aussi quand il y est trop fortement intégré » (page 233).

Puis plus loin : « chaque sorte de suicide n'est donc que la forme exagérée ou déviée d'une vertu ». Ne vous semble-t-il pas, qu'on nous parle, ici, de la situation commune à tout initié. Par son idéal de bâtisseur, celui-ci est fortement intégré à la Société aussi bien sous sa forme profane qu'initiatique mais par la nature même de la démarche initiatique essentiellement individualiste et spirituelle, il est aussi détaché de cette Société qu'elle s'appelle l'Humanité, son Eglise, son pays, sa famille, sa loge. De toutes les structures humaines même de celles qui lui sont les plus chères, un initié ne saurait être l'esclave au sens où il leur sacrifierait quoi que ce soit aux dépens de sa quête initiatique qui ne peut être qu'ascendante.

Constamment, il doit lutter contre tout ce que ces différentes structures humaines comportent de négatif et de profane, d'éléments qui tirent l'homme vers le bas pour le ramener dans les ténèbres d'où l'initiation l'a fait sortir. Selon le sens qu'un homme a donné à sa vie et nul n'a alors le droit de juger car ce choix appartient à chaque individu, cet homme sera sensible aux défauts d'une telle structure humaine plutôt qu'à telle autre. Et cette sensibilité pourra être si forte qu'aucune contrepartie venant d'ailleurs sera de nature à l'apaiser. Nous devons donc admettre que lorsqu'un initié se trouve dans l'impossibilité de continuer certaines luttes sous peine de déchoir et de remettre en cause ce qu'il a conquis, celui-ci affiche alors son mépris pour la vie en la quittant parce que celle-ci est devenue ou risque de devenir trop profane. Il agira, alors, dans la logique de son initiation, et la loge ne pourra considérer son brusque départ comme un échec.

L'initiation n'est-elle pas au fond un suicide permanent ? Ne nous apprend-on pas, en effet, tout au long de notre vie initiatique, à tuer en nous le profane. Et tout cela a procédé d'un libre choix quand nous avons voulu frapper à la porte du Temple parce que nous éprouvions le besoin d'un supplément d'âme et que nous en avions assez d'une certaine forme de vie. Nous avons accepté, alors, un certain nombre de démarches pour préparer notre mort initiatique, nous avons mis de l'ordre en nous, nous avons réfléchi et médité et nous avons alors suivi des rites de mort et de résurrection. Avons-nous pris vraiment tout cela au sérieux ? Si oui et c'est le seul cas qui m'intéresse, nous ne devrions pas avoir de peine à imaginer la même démarche avec quelques variantes et je dis la même démarche car les rites ne ressemblent au point que quelquefois ils se confondent. Seulement l'épée peut ne pas être symbolique, elle peut être remplacée par un vrai poignard ou par d'autres choses qui font que la mort n'est plus symbolique mais effective. Celui qui agit ainsi s'est peut-être trop laissé détruire par la lumière initiatique et à l'instar de certains Indiens adorateurs du soleil fixant constamment leur Dieu de leur regard, sera-t-il devenu aveugle ? Mais il est aussi permis de penser qu'il a bien compris cette leçon particulière de l'initiation, cette leçon de flammes et de cendres. Ecoutons encore Montherlant : « Cet attrait semblable à celui de l'abîme de détruire avant de mourir une partie au moins de ce qu'on a écrit. J'ai pensé d'abord que c'était pour montrer à quel point on s'en fichait. Ensuite, j'ai pensé que c'était la même mécanique que le suicide. Dans le suicide on n'est pas libre entièrement puisque de toute façon on devra mourir ; on est libre pour les circonstances et pour l'heure (du moins si tout va bien). En détruisant une partie de ce qu'on a écrit, convaincu que tout le sera un jour, par le temps ou par les hommes, on se donne là aussi une certaine liberté quant à la mort de son œuvre. On choisit la partie que l'on détruit et l'heure où on la détruit. C'est comme avec le suicide, une parcelle de liberté dans la nécessité ». (« Carnets », ma Marée du Soir, page 77, année 1969). Le sens de l'honneur, la défense d'une idée, la protection de ceux que l'on aime peuvent donc conduire d'authentiques initiés à choisir la solution du suicide. Habitués à la mort, exercés à s'en approcher, ils ont pu tout naturellement songer à la voir de plus près. Et si c'était là, compte tenu des éléments donnant à leur vie sa valeur, la seule parcelle de liberté qu'il leur restât dans la nécessité où ils se trouvaient, je considère qu'ils ont agi en maçons accomplissant le sacrifice suprême pour rester libres jusqu'au bout.

Mais il va de soi que le choix d'une semblable solution implique une réelle maîtrise dans le domaine de l'initiation. Il est difficile de dire de quelqu'un avec certitude qu'il y est parvenu comme d'affirmer qu'il n'y ait pas parvenu. Tout ce que l'on peut dire, c'est que cet état de maîtrise est certainement fort rare et que nous avons raison de nous considérer comme étant toujours des apprentis même si nous ne le pensons pas autant de fois que nous le disons. Il faudra donc toujours y regarder à deux fois avant d'interrompre un apprentissage. C'est la raison essentielle pour laquelle le suicide ne saurait être encouragé chez nous. Il doit néanmoins être compris et accepté dans les cas d'exception où il apparaît comme une expression de la liberté et l'évolution initiatique.

Publié dans le PVI N° 37 - 2éme trimestre 1980

Source : www.ledifice.net

 

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