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Hauts Grades

Articles récents

St Patrick

17 Mars 2012 Publié dans #spiritualité

Né au Pays de Galle à la fin du 4ème siècle dans une famille aisée, il fut capturé à l’âge de 16 ans par un groupe de barbares irlandais et amené en Irlande où il passa les six années qui suivirent en captivité, travaillant comme berger. Sa religion était sa seule compagne et il devint un fervent chrétien.

Au bout de six ans, Patrick entendit la voix de Dieu lui dire qu’il était temps de quitter l’Irlande. Alors il s’échappa et retourna à la maison. Là, il eut une nouvelle vision d’un ange qui lui dit de retourner en Irlande pour prêcher la parole du Christianisme aux irlandais. Après 14 ans d’études, Patrick devint prêtre et retourna en Irlande où, pendant 30 ans, il construisit des églises et répandit la foi chrétienne jusqu’à sa mort le 17 mars 460.

St Patrick serait enterré en la cathédrale de Down dans la petite ville de Downpatrick (comté de Down, Irlande du Nord). Depuis sa mort, le 17 mars est devenu pour les missionnaires du monde entier une journée de prière et de renouveau spirituel.

Source : http://www.discoverireland.com/

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Syntaxe maçonnique (2)

16 Mars 2012 , Rédigé par Thomas Dalet

Quelle est la différence entre le Temple et la Loge ?

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Syntaxe maçonnique

15 Mars 2012 , Rédigé par Thomas Dalet

Doit-on parler de grades ou de degrés?

Il semble que les avis divergent...

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Le Grand Mystère des Franc-Maçons découvert (1724)

15 Mars 2012 Publié dans #histoire de la FM

Ce document ayant été trouvé en possession d'un Franc-Maçon qui est mort subitement, il a été jugé opportun de le publier mot pour mot, afin que le Public puisse enfin avoir des renseignements exacts sur le Grand Mystère des Francs-Maçons.

Un homme à Louvain annonça qu'il avait, à grand peine, découvert, vaincu et dompté, et qu'il était maintenant prêt à montrer dans sa Baraque pour six sous l'entrée, le Monstre le plus hideux et le plus vorace, le Tourment de toute l'Humanité, spécialement dans l'Adversité.

Les gens se pressèrent de toutes parts pour voir ce monstre : Ils entraient par devant; et, après avoir vu la Créature, sortaient par derrière, où on leur demandait si le Monstre valait la peine d'être vu. Et comme ils avaient, en entrant dans la Baraque, promis de garder le Secret, ils répondaient que c'était une Créature tout à fait extraordinaire... Et l'Homme y trouvait son compte. Mais par hasard, il fut révélé que cette Créature extraordinaire n'était qu'un POU.

Les signes du Franc-Maçon

Un Guttural

Un Pédestre

Un Manuel

Un Pectoral

D. Que la Paix soit ici.

R. J'espère qu'elle y est.

D. Quelle heure est-il ?

R. Ça va sur Six, ou ça va sur Douze.

Q. Avez-vous beaucoup de travail ?

R. Non.

Q. Donnez-vous ou prenez-vous ?

R. Les deux ou ce qu'il vous plaît.

Q. Comment vont les Equerres ?

R. Tout Droit.

Q. Etes-vous Riche ou Pauvre ?

R. Ni l'un ni l'autre.

Q. Changez-moi cela ?

R. Oui.

Q. Au nom de, etc. êtes-vous Maçon ? (in name of, etc. are you Mason ?)

R. Je suis Maçon.

Q. Qu'est-ce qu'un Maçon ?

R. Un Homme engendré d'un Homme, né d'une Femme et Frère d'un Roi.

D. Qu'est-ce qu'un Compagnon ?

R. Le familier d'un Prince.

Q. Comment saurais-je que vous êtes Franc Maçon ?

R. Par les Signes, les Attouchements et les Points de mon Entrée.

Q. Quel est le Point de votre Entrée ?

R. J'entends et je cache sous le châtiment d'avoir la gorge tranchée ou Langue arrachée de la Tête.

Q. Où avez-vous été fait Franc Maçon ?

R. Dans une Loge juste et parfaite.

Q. Combien font une Loge ?

R. Dieu et l'Equerre, avec cinq ou sept Maçons droits et parfaits, sur les plus hautes montagnes ou dans les plus profondes vallées du Monde.

Q. Pourquoi les Nombres impairs font-ils une Loge ?

R. Parce que tous les Nombres impairs sont à l'avantage des Hommes.

Q. De quelle Loge êtes-vous ?

R. De la Loge St Jean.

Q. Comment se tient cette Loge ?

R. Plein Est et Ouest, comme se tiennent tous les Temples.

Q. Où est le Point du Maçon ?

R. A la fenêtre de l'Est, attendant le lever du Soleil pour mettre ses Hommes à l'ouvrage.

Q. Où est le point du Surveillant ?

R. A la fenêtre de l'Ouest, attendant le coucher du Soleil pour renvoyer les Apprentis Entrés.

Q. Qui dirige et gouverne la Loge et en est le Maître ?

R. I r a h ou la Colonne de Droite. (irah pour Ivah ?) I a c h i n

Q. Comment est-elle gouvernée ?

R. Par l'Equerre et la Règle.

Q. Avez-vous la Clef de la Loge ?

R. Oui, je l'ai.

Q. Quel est son Pouvoir ?

R. Ouvrir et fermer, et fermer et ouvrir.

Q. Où la gardez-vous ?

R. Dans une Boîte d'ivoire, entre ma Langue et mes Dents, ou dans mon Cœur où je garde tous mes Secrets.

Q. Avez-vous une Chaîne à la Clef ?

R. Oui, j'en ai une.

Q. Quelle est sa longueur ?

R. Aussi longue que de ma Langue à mon cœur.

Q. Combien de Bijoux précieux ?

R. Trois; une Pierre d'équerre, un Diamant et une Equerre.

Q. Combien de Lumières ?

R. Trois; une plein Est, Sud et Ouest.

Q. Que représentent-elles ?

R. Les trois Personnes, le Père, le Fils et l'Esprit Saint.

Q. Combien de Colonnes ?

R. Deux : Iachin et Boaz.

Q. Que représentent-elles ?

R. Force et Stabilité de l'Église dans tous les âges.

Q. Combien d'angles y a-t-il dans une Loge de St Jean ?

R. Quatre, ressemblant à des Equerres.

Q. Comment trouve-t-on le Méridien ?

R. Quand le Soleil quitte le Sud et s'enfonce à l'Extrémité Ouest de la Loge.

Q. Dans quelle partie du Temple se tenait la Loge ?

R. Dans le Porche de Salomon à l'extrémité Ouest du Temple, où étaient dressées les deux Colonnes.

Q. Combien de Pas appartiennent-ils à un Maçon Droit ?

R. Trois.

Q. Donnez moi la Solution.

R. Oui, je vais le faire.

Le Très Vénérable, les Vénérables Maîtres et les Vénérables Compagnons de la Très Vénérable Loge d'où je viens vous saluent bien.

R. Que le Salut du Grand Dieu pour nous soit dans notre Assemblée et avec la Très Vénérable Loge d'où vous venez et dont vous êtes.

Q. Donnez-moi le mot de Jérusalem.

R. Giblin.

Q. Donnez-moi le Mot Universel.

R. Boaz.

Q. Droit Frère des nôtres, quel est votre Nom ?

R. M. ou N.

Bienvenue Frère M ou N dans notre Société.

Q. Combien de points particuliers appartiennent-ils à un Franc-Maçon ?

R. Trois : Fraternité, Fidélité, et Discrétion. (tacity)

Q. Que représentent-ils ?

R. L'Amour Fraternel, la Bienfaisance et la Vérité parmi tous les Maçons Droits auxquels tousles Maçons furent consacrés lors de la Construction de la Tour de Babel et du Temple de Jérusalem.

Q. Combien de Points justes ?

R. Cinq ; Pied à Pied, Genou à Genou, Main à Main, Cœur à Cœur et Oreille à Oreille.

Q. D'où vient un Arc ?

R. De l'Architecture.

Q. Combien d'Ordres en Architecture ?

R. Cinq ; le Toscan, le Dorique, l'Ionique, le Corinthien et le Composite

Q. A quoi correspondent-ils ?

R. Ils correspondent à la Base, à la Perpendiculaire, au Diamètre, à la Circonférence et à l'Equerre.

Q. Quel est le Mot droit ou le Point droit d'un Maçon?

R. Adieu. (en français dans le texte)

Le Serment du Franc-Maçon

Vous devez servir Dieu au mieux de votre Connaissance et Instruction et être un fidèle Homme Lige du Roi, et aider et assister tout Frère, pour autant que cela est en votre pouvoir ; par le Contenu de cette Ecriture Sainte vous tiendrez ce Serment. Ainsi Dieu vous soit en aide.

La Santé d'un Franc-Maçon

A la Santé de notre Société et de tout Frère fidèle qui tient son Serment de Secret. Car nous avons juré de nous aimer les uns les autres. Le Monde ne connaît aucun autre Ordre comme notre Noble et Ancienne Fraternité. Qu'ils cherchent à comprendre le Mystère.

Frère, à ta Santé.

Signes Pour reconnaître un véritable Maçon

1. Enlever le Chapeau avec deux doigts et le Pouce.

2. Frapper de la Main droite à l'intérieur du petit doigt de la gauche trois fois comme si l'on taillait la pierre (as if hewing) …

3. En formant l'Équerre, c'est-à-dire en assemblant les talons, les Orteils des deux Pieds écartés à une certaine distance, ou par tout autre Triangle.

4. Se prendre Main à Main, avec les Pouces gauche et droit serrés et se presser au Poignet trois fois avec l'Index sur le Pouls.

5. Vous devez murmurer en disant ainsi : Les Maîtres et Compagnons de la Vénérable Compagnie d'où je viens, vous saluent tous bien. L'autre répondra : Dieu salue bien les Maîtres et Compagnons de la Vénérable Compagnie d'où vous venez.

6. Passez les deux Index sur les Paupières trois fois.

7. Renversez un verre, ou quoique ce soit d'autre de creux, après avoir bu.

8. Demandez comment allez-vous ? et vos Frères boivent à la santé l'un de l'autre.

9. Demandez à quelle Loge ils ont été faits Francs-Maçons.

N.B. Dans la troisième (année) du Roi Henry VI un Acte du Parlement fut passé par lequel il était déclaré Félonie d'inciter les MAÇONS à se réunir en Chapitres et Assemblées. La peine est Emprisonnement et Amende et Rançon à la Volonté du Roi.

 

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Question (suite)

14 Mars 2012 , Rédigé par Thomas Dalet

Et les 30°,33°,Arcanana Arcanorum, CBCS, KT-KM, Magus.....? Je suis étonné que la plupart des réponses s'arrêtent au grade de Maître ou à celui de Vénérable Maître en Chaire. Or ceux-ci n'ont plus la Parole, ils ne peuvent donc pas être les plus hauts degrés de la Franc-Maçonnerie.

Quant au Christ pourquoi pas, mais je penserai plutôt à son Père.

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Question

13 Mars 2012 , Rédigé par Thomas Dalet

Une question me turlupine depuis longtemps : quel est le plus haut degré maçonnique?

Vos réponses m'intéressent.

Evitez s'il vous plait "nous sommes tous des apprentis" ou alors "on s'en fiche".

Frat Thomas

PS : j'ai ma petite idée qui ne me fera pas que des amis!

PPS : je préfère degré à grade ce qui plaira aux puristes

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Martinisme, Martinezisme une querelle inutile

13 Mars 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #histoire de la FM

En 1778, consécutivement à une initiative de Louis-Claude de Saint-Martin, motivée par les meilleures intentions mais néanmoins porteuse de germes de discorde, apparaissait une querelle dont le Temple Coen de Versailles fut le théâtre particulier.

 

Les évènements survenus dans ledit Temple ainsi que les motifs de cette querelle sont exprimés dans différents courriers du Parfait Maître Salzac du Temple de Versailles conservés dans les anciennes archives Villareal. Il est ainsi intéressant de publier la lettre de Salzac à Frédéric Dish[1] relatant la visite de Saint-Martin au Temple de Versailles. Dans ce courrier, Salzac se plaint des agissements de Saint-Martin qui, tout en étant toujours dans l'Ordre, tend à éloigner les frères du Temple des pratiques de l'Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coens de l’Univers. Voici dans son intégralité cette lettre datant de mars 1778 :

« Très Haut, Très Respectable et Très Puissant Maître, voici du travail de M. l'abbé, qui pourra vous présenter quelque intérêt. On ne sait encore quel volume cela aura, à cause du développement que l'on peut donner à une telle matière. Vous m'en donnerez votre avis et, si cela vous agrée, je pourrai vous faire passer quelque autre chose avec les instructions du 45.

Je vous renvoie le billet de M. de Las Cases ; il a sa place marquée chez vous, tout de même que les petites histoires que je vous ai envoyées de Londres. Je n'en avais aucune explication quand M. de Saint-Martin est venu me voir, ce dont il faut que je vous fasse le conte. Comme il n'a pas cru devoir me confier qui l'a poussé dans ces vues, non plus qu'au frère Mallet qui était présent, je vous serai reconnaissant de nous instruire là-dessus, si toutefois je ne vous apprenais rien.

Il parait d'après ce T. P. M. que nous sommes dans l'erreur et que toutes les sciences que Don Martinès nous a léguées sont pleines d'incertitudes et de dangers, parce qu'elles nous confient à des opérations qui exigent des conditions spirituelles que nous ne remplissons pas toujours. Le frère Mallet a répondu que, dans l'esprit de Don Martinès, ses opérations étaient toujours de moitié pour notre sauvegarde, soit deux contre deux, pour parler comme notre maître, et que par conséquent si peu que nous fissions pour remplir la cinquième puissance que l'adversaire ne peut occuper, nous étions assuré de l'avantage. Mais le T. P. M. de Saint-Martin se tient à cette dernière puissance et néglige le reste, ce qui revient à placer le coche devant les quatre chevaux.

Nous lui avons fait observer que rien n'autoriserait jamais des changements semblables ou plutôt suppressions; que nous avions toujours opéré ainsi avec Don Martinès lui-même, a et que pour le présent nous n'avions qu'à nous louer de ses instructions. Je vous fais grâce du reste et des remarques peu aimables du frère Mallet.

M. de Saint-Martin ne donne aucune explication; il se borne à dire qu'il a de tout ceci des notions spirituelles dont il retire de bons fruits; que ce que nous avons est trop compliqué et ne peut être qu'inutile et dangereux, puisqu'il n'y a que le simple de sûr et d'indispensable. Je lui ai montré deux lettres de Don Martinès qui le contredisent là-dessus, mais il répond que ce n'était pas la pensée secrète de D. M.; que la lumière se fera en nous sans qu'il soit besoin de tout cela et que nos bonnes intentions sont les plus surs garants de sécurité.

Qu'objecter à cela sinon ce qu'a toujours dit le Grand Souverain, ce qu'il nous a prouvé par ses actes et ce que nous prouvent tous nos travaux. Pour conclure nous lui avons fait entendre que nous étions peu déterminés à le suivre dans sa voie. Au bout de quatre heures il est parti fort mal content. »

 

Il est une autre lettre du 3 février 1779 au même Frédéric Dish, beaucoup plus critique à l'encontre de Saint-Martin, dont voici un extrait [2] :

« … En attendant, c'est avec une satisfaction bien vive que j'ai appris qu'il n'y avait rien de vous dans les propositions du T. P. M. de Saint-Martin. Il y a trois mois que j'ai reçu confirmation du P. M. de Calvimont et de quelques autres frères de L... que ce T. P. M. n'avait aucun droit ni pouvoir à cet égard. Ces frères sont très attristés de la méchante posture où les mettent depuis deux ans des nouveautés que j'ai toujours jugées peu convenables à notre bien.

Tout est venu confirmer mes craintes, en ce que la reprise de leurs anciens travaux ne leur a donné aucun des fruits qui faisaient autrefois leur joie : bien au contraire. Je n'ose écrire que nous avons été la risée de nos ennemis ; mais il me faut bien rendre à l'évidente. Il semblerait que leur conduite ait profondément irrité nos majeurs et que les liens qui nous unissaient aient été rompus.

Voici donc la belle besogne de M. de Saint-Martin. Ils ont été dans cette malheureuse affaire les victimes de leur confiance dans un frère dont tous nous louons la vertu, mais dont les grands avantages d'esprit prévalent trop sur une juste estimation de nos besoins et sur une naturelle équité. Aujourd'hui il est notoire que les séduisantes propositions de ce T. P. Maître n'étaient que les fruits d'un esprit mieux intentionné que mûri, et que les intelligences qu'il en avait reçues n'étaient qu'une nouvelle machination de notre ennemi. Latet anguis in herba, et il a toujours une astuce prête, comme dans le récit que vous me faites si agréablement de votre cordeau dont j'aurais préféré une division par huit, ou par quarante-huit, ce qui est encore mieux à mon avis.

Pour conclure ils sont conseillés de s'adresser au Grand-Souverain, qui doit être de retour si j'en crois des nouvelles de Rouen, car le P. M. Substitut n'a rien voulu faire.

Pensez à moi pour votre cordeau.

Votre très fidèle et dévoué frère.

Salzac. »

 

Les choses s'envenimaient donc entre Louis-Claude de Saint-Martin et les émules du temple de Versailles. Alors nous nous posons la question : pourquoi une telle querelle entre hommes de désir?

 

Pour répondre à cette question, il nous faut établir clairement quels étaient les griefs et mises en garde de Saint-Martin vis-à-vis des pratiques Coens et si ces mises en garde étaient vraiment opportunes.

 

Louis-Claude de Saint-Martin prétend donc « que nous sommes dans l'erreur et que toutes les sciences que Don Martinès nous a léguées sont pleines d'incertitudes et de dangers, parce qu'elles nous confient à des opérations qui exigent des conditions spirituelles que nous ne remplissons pas toujours.» Quand nous étudions de près les exigences préparatoires et l’ascèse que demandait Martinès à ses émules, exigences parfaitement connues de Saint-Martin, il est pour le moins paradoxal de lire une telle mise en garde. En effet, Saint-Martin et Martinès concordent parfaitement sur l’impérative nécessité d’une ascèse morale et spirituelle qui pour le premier permet d’opérer la purification d’un cœur encore impur afin de le rendre digne un jour d’accueillir le Christ en ami, et pour le second d’opérer les opérations de réconciliation en toute sérénité et sans crainte des attaques ennemies. Pour Martinès, cette ascèse passe en effet par une observance de règles corporelles – ce qui lui confère un caractère vétérotestamentaire mais pas exclusivement pour autant, l’Eglise du Christ ayant conservé quelques unes de ces règles – mais aussi par la prière suivant une forme proche de la liturgie latine, par l’observation des rites de l’Eglise de Rome ainsi que par la participation à ses sacrements. Et que peut-on demander de mieux à un chrétien que la participation régulière aux saints sacrements de l’Eglise ? Quelle meilleure préparation que celle qui permet de recourir aux grâces et forces de l’Esprit-Saint et à la participation au Christ ? Les prières préparatoires de pénitence, d'action de grâce et de demande, la participation a la liturgie et au sacrément de l'eucharistie, les différents offices liturgiques dont celui du Saint Esprit ne sont pas nécessaires au recouvrement de l'image déjà rétablie par le baptême dans la Nouvelle Alliance. Non, mais ils sont indispensables à bien ancrer en l'homme cette image, à la nettoyer de toute scorie, à l'entretenir et à l'amener progressivement vers la ressemblance. Alors dans cet état le Coen peut prétendre à opérer ses travaux de réconciliation. L'âme de l'homme à été blanchie et nettoyée par le sacrifice du Christ qui par son sang à lavé une fois pour toutes notre sang. Et c'est pour cela que si nous respectons une ascèse de vie et spirituelle qui permet de conserver cette blancheur et redonner à l'âme un peu de son éclat original nous pouvons prétendre d'entrer dans le Sanctuaire et nous approcher sans crainte du Saint des Saints. Cette ascèse est donc pour les émules un véritable jeûne corporel et spirituel.

Saint-Martin appelle quant à lui à la naissance du Christ dans le cœur de l’homme par la prière. Martinès de son côté appelle à cette présence réelle par le sacrement de l’Eucharistie, sacrement reçu en toute pureté par des émules pratiquant une prière quotidienne et une véritable pénitence du cœur et de l’esprit. Rien de mieux, sauf à remettre en doute l’efficacité et la réalité des sacrements et la nécessité du culte liturgique, points que Saint-Martin abordera effectivement plus tard et qui n’est pas notre sujet.

 

Notons, que si Martinès exige la fidélité à l'église de Rome c'est qu'il ne connaissait vraiment que cette seule église à l'exception peut-être de celles issues de la Réforme et dont le décharnement sacramentel et rituélique ne pouvait d'évidence pas lui convenir alors qu’il entrait plus en résonnance avec les visions de Saint-Martin. L'Eglise d'Orient n’était pas non plus familière à Martinès, voire même sa théologie inconnue. Willermoz dont la culture religieuse était beaucoup plus affirmée tiendra compte des différentes sensibilités et confessions bien que ne cachant pas son attachement à Rome.

 

Saint-Martin estime donc que les opérations théurgiques des Coens sont dangereuses. Interrogeons-nous alors sur le type de danger que de telles opérations peuvent faire courir et la façon dont nous pouvons les prévenir.

 

Relativement à la prévention, le point a été soulevé et traité au niveau de la préparation. Nous n’y revenons donc pas. Relativement au danger qu’encourrait un homme préparé, la réponse du frère Mallet est la suivante : «dans l'esprit de Don Martinès, ses opérations étaient toujours de moitié pour notre sauvegarde, soit deux contre deux, pour parler comme notre maître, et que par conséquent si peu que nous fissions pour remplir la cinquième puissance que l'adversaire ne peut occuper, nous étions assuré de l'avantage. Mais le T. P. M. de Saint-Martin se tient à cette dernière puissance et néglige le reste, ce qui revient à placer le coche devant les quatre chevaux. » Ce passage nécessite à l’évidence quelques commentaires. Pour l’éclairer, reportons-nous au Traité de la Réintégration dans lequel, Martinès disserte sur les cinq doigts de la main de la façon suivante :

« Par la puissance du commandement, l'homme pouvait encore plus les [mauvais démons] resserrer dans la privation en leur refusant toute communication avec lui ; ce qui nous est figuré par l'inégalité des cinq doigts de la main, dont le doigt médium figure l'âme, le pouce, l'esprit bon, l'index, l'intellect bon ; les deux autres doigts figurent également l'esprit et l'intellect démoniaques. Nous comprendrons aisément par cette figure, que l'homme n'avait été émané que pour être toujours en aspect du mauvais démon, pour le contenir et le combattre. La puissance de l'homme était bien supérieure à celle du démon, puisque cet homme joignait à sa science celle de son compagnon et de son intellect, et que, par ce moyen, il pouvait opposer trois puissances spirituelles bonnes contre deux faibles puissances démoniaques ; ce qui aurait totalement subjugué les professeurs du mal, et par conséquent, détruit le mal même.»

 

Mallet objecte ainsi dans sa réponse que les opérations sont toujours « de moitié pour notre sauvegarde, soit deux contre deux. » Nous retrouvons-donc bien ici l’enseignement de Martinès relativement à l’opposition entre l’esprit bon compagnon et son intellect bon et l’esprit de prévarication et son intellect mauvais. Ainsi, les opérations des esprits sont-elles bien deux contre deux et de moitié au bénéfice du mineur spirituel donc pour la sauvegarde de l’homme. Mallet oppose aussi à Saint-Martin que « si peu que nous fissions pour remplir la cinquième puissance que l'adversaire ne peut occuper, nous étions assuré de l'avantage » signifiant par là le rôle qui est celui de l’opérant qui par sa force d’âme et sa puissance retrouvée, et avec le soutien des esprits bénins, parvient à soutenir l’action des esprits mauvais. Même si cette puissance d’âme du mineur n’est plus l’égale de celle dont il disposait à son origine, celle-ci existe toujours. Et justement, le Coen doit travailler inlassablement au renforcement de cette puissance et au recouvrement de la science qui était la sienne et qui restaure en lui l’image en la rendant de plus en plus semblable à son modèle. Ainsi, si peu que cette image divine soit restaurée dans l’homme, celle-ci lui donne l’avantage nécessaire. Ne mettons donc pas, comme le dit Mallet, le coche devant les chevaux et ne doutons pas de l’aide que peut nous apporter notre bon compagnon et qui nous rend ainsi supérieur aux esprits malins. Placer le coche avant les chevaux revient pour l’homme à penser qu’il doit agir prioritairement à toutes les autres créatures spirituelles, qu’il est le seul maître de sa restauration et que les forces spirituelles qui sont auprès de lui pour l’aider et le servir sont indépendantes voire impuissantes tant qu’il n’aura pas opéré sa réconciliation, qu’il ne peut les diriger et qu’il ne peut que subir leurs actions et réactions. Tout au contraire, les forces angéliques sont au service de l’homme ici et maintenant et oeuvrent de concert avec lui à sa réhabilitation. La pure intention de l’âme de l’homme, sa demande ferme, persévérante et sincère sont les outils sûrs par lesquels le mineur spirituel obtiendra les aides nécessaires de l’Esprit-Saint et de son bon compagnon qui lui permettront de se présenter en supériorité devant les forces spirituelles ennemies.

 

Ce point étant analysé et éclairci, nous devons bien constater qu’à lui seul il ne peut entretenir une telle controverse. En effet, il n’y aurait point de querelle si les seules différences s’arrêtaient à la forme que prend pour chacun la préparation nécessaire et les dangers éventuels d’une mauvaise préparation.

 

Non, ce qui opposera Saint-Martin et les Coens se concentre principalement autour de la forme théurgique que prennent les travaux des Elus Coens. En effet, Salzac nous rapporte le fond de la pensée de Saint-Martin qui explique « que ce que nous avons est trop compliqué et ne peut être qu'inutile et dangereux, puisqu'il n'y a que le simple de sûr et d'indispensable.» Il n'est pas surprenant que Saint-Martin, dont la sensibilité piétiste s'affirmera de plus en plus avec l'étude de Jacob Böhme - jusqu'à rejeter toute forme rituelle ainsi que l'Eglise et ses sacrements[3] - ait eu une telle réflexion. En fait, Saint-Martin s’oppose à la forme rituelle des travaux, opposition naissante qu’il avait déjà formulée à son maître Martinès de Pasqually dans cette question : « Maître, comment, il faut tout cela pour prier le bon Dieu ! » le Grand Souverain répondant : « Il faut bien se contenter de ce que l'on a.»[4]

 

Cette question concentre encore aujourd’hui les critiques de certains saint-martinistes envers les pratiques Coens. Mais les martinésistes doivent considérer la réponse donnée par le Grand Souverain qui dépasse la portée de la question et sous-tend tout le fondement externe de l’approche opératoire. En effet, s’il faut tout cela à l’homme actuel pour opérer son culte, c’est que l’homme reste, du fait de la chute, et malgré la rédemption opérée par le Christ, un mineur spirituel enfermé dans une forme corporelle. Et donc, le culte de louanges et d’actions de grâce qu’il devait opérer originellement doit maintenant obligatoirement être adapté à cette nouvelle condition de l’homme déchu. Ainsi de tout spirituel qu’il était, ce culte est devenu spirituel-temporel. Martinès exprime ceci très clairement dans le Traité :

« Ce culte, que le Créateur exige aujourd'hui de sa créature temporelle, n'est pas le même que celui qu'il aurait exigé de son premier mineur, s'il fût resté dans son état de gloire. Le culte que l'homme aurait eu à remplir dans son état de gloire n'étant établi qu'à une seule fin, aurait été tout spirituel, au lieu que celui que le Créateur exige aujourd'hui de sa créature temporelle, est à deux fins : l'une temporelle et l'autre spirituelle. Voilà ce qui a produit la prévarication de notre premier père.»

et plus loin :

« Adam, étant devenu impur devant le Créateur par son incorporisation matérielle, ne pouvait avoir qu'une postérité de matière, condamnée, de génération en génération, à opérer un culte mixte du spirituel et du matériel.»

Aussi pour s’accommoder de la forme corporelle de l’opérant ainsi que de toute forme de matière dans laquelle le Coen opère « il faut bien se contenter de ce que l'on a » c'est-à-dire une constitution établie sur une forme corporelle et une vie dans un monde de matière. Et il faut justement utiliser cette matière à notre propre avantage. Car en assignant à l’homme comme nouvelle résidence cet univers matériel, créé à l’origine pour préserver les régions surcélestes de toute souillure et ainsi contenir l’action des esprits de prévarication, l’Eternel n’a pas uniquement exercé sa justice envers l’homme mais lui a aussi donné les moyens de sa réconciliation. Car c’est par l’observation des lois naturelles et par effet d’analogie que l’homme accède aujourd’hui à la connaissance de lois et de vérités d’un ordre bien supérieur. C’est par la nature et la création générale et universelle que se rétablit aussi en partie la communication entre Dieu et l’homme. Ainsi l’homme doit-il opérer sa réconciliation avec et grâce aux moyens matériels qui lui sont donnés – et qui ne sont donc pas que des épreuves à son encontre – et doit aussi œuvrer à la restauration et la re-sacralisation de cet univers souillé par l’action des esprits déchus et aujourd’hui sa propre action. La matière est ce que nous possédons aussi et ce par quoi nous devons donc agir.

 

En fait, pour couper court à la querelle, Salzac finit par conclure dans sa lettre de mars 1778 que la vérité sur toutes ces choses s’imposera d’elle même comme un fruit des travaux. Et pour les frères du Temple de Versailles la vérité est donc dans ce qu’a toujours dit le Grand Souverain, « ce qu'il nous a prouvé par ses actes et ce que nous prouvent tous nos travaux. »

 

Quelles furent alors les conséquences pour le Temple de Versailles de cette controverse et de la tentative de réforme de Louis-Claude de Saint-Martin ? Des éléments de réponse nous sont donnés dans la lettre suivante du 3 février 1779. Le trouble ayant été installé au sein du Temple, et des modifications ayant été introduites dans la forme et le fond des opérations, les travaux se trouvèrent altérés et perturbés. Les résultats ne furent plus au rendez-vous et les frères se trouvèrent quelque peu désemparés. Et Salzac d’écrire : «Ces frères sont très attristés de la méchante posture où les mettent depuis deux ans des nouveautés que j'ai toujours jugées peu convenables à notre bien. » constat qui eut dû être considéré comme le résultat d’une tentative regrettable, une maladresse de jeunesse par celui-là même qui écrivit de fort belle manière quelques vingt ans plus tard : « J'ai désiré faire du bien, mais je n'ai pas désiré faire du bruit, parce que j'ai senti que le bruit ne faisait pas de bien, et que le bien ne faisait pas de bruit. » (De l’esprit des Choses)

Ce constat de maladresse Salzac le fit quand, relatant le dénouement de cet épisode de la vie du temple, il ne condamna aucunement Saint-Martin qui est alors toujours son frère dans l’Ordre. En effet, il conlut sur Saint-Martin en le décrivant comme « un frère dont tous nous louons la vertu, mais dont les grands avantages d'esprit prévalent trop sur une juste estimation de nos besoins et sur une naturelle équité. Aujourd'hui il est notoire que les séduisantes propositions de ce T. P. Maître n'étaient que les fruits d'un esprit mieux intentionné que mûri, et que les intelligences qu'il en avait reçues n'étaient qu'une nouvelle machination de notre ennemi. »

 

Cette conclusion met cependant en lumière un autre constat. En effet, si Saint-Martin estime que par leurs opérations les Coens s’exposent aux esprits malins, Salzac répond que par ses agissements Saint-Martin s’est mépris sur ce qu’est la bienfaisance et l’équité. En effet, Saint-Martin a préjugé des moyens qui étaient utiles ou inutiles aux frères ; il a pensé que chacun, à son image, pouvait et devait suivre une voie intérieure, entièrement tournée vers la mystique alors même que par leur condition corporelle les frères avaient besoin de support matériel. L’exigence de la voie de Saint-Martin était-elle alors trop forte pour les frères Coens versaillais ? Peut-être, sûrement même. Et c’est la raison pour laquelle Salzac pense que Saint-Martin a été, malgré lui, l’agent de la volonté perverse du Malin. En surestimant les forces des frères par une exigence trop importante, en leur imposant une voie guidée par une sensibilité qui n’était pas la leur, il finit par détourner les hommes de leur but et par les amener dans une voie dans laquelle ils finiraient par s’épuiser et abandonneraient tous travaux. Ainsi, comme souvent, le Malin pave ses routes de bonnes intentions. Alors, la voie de Saint-Martin était-elle moins délicate, moins dangereuse et escarpée que celle de Martinès ? Nous ne nous prononcerons pas sur ce point, étant particulièrement respectueux de l’une et de l’autre. Les voies mystiques comportent elles aussi leurs écueils et parfois nul ne sait si la contemplation ou l'état extatique qu'une méditation suscite sont guidés par les bons ou mauvais éléments. L’astral n’y est pas étranger et le psychisme peut là aussi jouer de vilains tours.

 

Les mésaventures de nos frères du XVIIIème siècle devraient pour tous les saint-martiniens et martinésistes être considérées comme une leçon de prudence et de fraternité. Cependant, il est curieux et désappointant de voir dans certains échanges sur la toile ou ailleurs, comment ce débat est encore parfois relancé.

 

Dans les voies qui sont les nôtres chacun aspire, avec ferveur et avec toute la pureté de cœur qui lui est donnée, à un but semblable tout en n'étant pas tout à fait identique. Chacun œuvre à sa réconciliation d'une façon et par des moyens qui sont propres à la voie qu’il aura choisie et qui lui convient le mieux. Les martinésistes pour leur part, fidèles à l'enseignement et les travaux dont ils ont hérité de leur Maître Martinès œuvrent par ce qu’il est convenu d’appeler l'externe ; les martinistes ou plutôt saint-martiniens oeuvrent par l’interne, la voie cardiaque c'est-à-dire une pratique plus mystique dirons-nous pour simplifier.[5]

 

Malheureusement nous entendons encore trop souvent les critiques de nos amis saint-martiniens qui semblent désirer poursuivre de nos jours cette controverse du XVIIIème siècle. Ces critiques se portant encore sur la forme même et l’inspiration des rituels Coens vont jusqu’à qualifier ceux-ci de magiques et occultistes.

 

Nous ne devons pas nous le cacher, et les Elus Coens du XVIIIème siècle le savaient[6], certaines inspirations des travaux opératoires Coens se trouvent - entre autres - dans Cornelius Agrippa, lui même n'ayant effectué qu'un recensement des pratiques occultistes et ésotéristes du Moyen-Âge et de la Renaissance consignées dans certains ouvrages. Nous citerons à titre dexemple le Pape Léon III et son Enchiridion, Grosschedel ab Aicha et son Calendarium Naturale Magicum (originalement conçu par Tycho Brahé), le Picatrix, le Legemeton ainsi que d'autres sources encore reprises par le R.P. Esprit Sabbathier dans L'ombre idéale de la sagesse universelle. Si Martinès s'inspira donc de façon évidente de certains éléments d'occultisme consignés dans l'ouvrage d'Agrippa De Occultia Philosophia il n'en reprit que certains (sceaux planétaires, caractères des alphabets dits magiques pour l'essentiel) mais ne développa aucunement ni magie naturelle, ni magie céleste et les aspects talismaniques du martinésisme se bornèrent à cette époque à l'utilisation de pentacles protecteurs très chrétiens, à l'image de ceux qu'arborent de façon pertinente les martinistes de nos jours. Notons de plus que si Agrippa fut inquiété d'hérésie du fait de son attachement aux théories de kabbale chrétienne présentées par Reuchlin, il ne fut jamais condamné et triompha de ses accusateurs. Enfin il ne fut ni accusé ni condamné pour magie bien que certains tentèrent de l'amener sur ce terrain. Bien au contraire, dans le Livre III du De Occultia il prit le soin de condamner certaines pratiques dites magiques (goétie, nécromancie, arts divinatoires, magie mathématique) et de mettre en garde sur l’usage de certaines autres (théurgie et cabale) sans préparation et discernement.

Les emprunts de Martinès à l’occultisme médiéval ou de la Renaissance s'arrêtent à peu près là, à l'exception encore de l'Heptameron de Pietro d’Abano qui fut repris sous le titre de De circulo et ejus compositiones dans un manuscrit du Fonds Z de la main de Saint-Martin.

Les textes invocatoires, les prières de bénédiction, les encensements et les exorcismes sont quant à eux très inspirés – quand ils ne sont pas copiés – des rituels de la liturgie romaine.

Enfin, concernant les noms d’esprits du Registre des 2400 Noms leurs origines sont diverses et multiples. Notons cependant des emprunts à la kabbale chrétienne (repris de même dans Agrippa et le Legemeton), à la mystique hébraïque et au Livre d’Enoch ainsi qu’au Sepher Raziel Ha-Malakh. Nous nous arrêterons là, les sources du Regsitre des 2400 noms méritant à elles seules une longue étude.

Ces emprunts donc très limités permettent-ils pour autant, comme se plaisent à le faire certains, de qualifier la théurgie Coen de magie? Certainement pas à notre sens. Car le but des travaux théurgiques martinésiens est très différent de celui de nombreux travaux théurgiques et/ou magiques. Ici l’objet n'est pas pour l’opérant d'acquérir des pouvoirs sur les choses ou êtres matériels et corporels, d’obtenir de « super-puissances » pour son seul profit, en sommant Dieu de les lui accorder ; l’objectif n’est pas de tenter une ressemblance forcée motivée par l’orgueil et l’ambition, mais plutôt, suivant la volonté divine et les pouvoirs reconquis grâce à une ascèse exigeante, d’appeler à lui les bonnes faveurs angéliques et les dons de l'Esprit-Saint afin d’obtenir une certaine illumination mais aussi afin d’opérer sa réconciliation ainsi que celle de toute la création. L’orgueil et l’ambition personnelle sont bien étrangers à cette perspective. Ceci, et il est juste de le rappeler, doit se faire avec la plus grande prudence et ne peut être tenté qu’après s’être préparé par une purification du coeur et de l’âme, ainsi que de celle du corps, préalables nécessaires à de tels travaux. On est donc assez éloigné de l’attitude du mage qui tenterait, sans avoir fait l’effort nécessaire d’expiation et de renoncement, d’obtenir quelques bénéfices personnel lui permettant d’affirmer sa domination sur les choses et les êtres. Notons au passage que la Rose-Croix s'inspira largement, bien avant Martinès, de toutes ces sciences et même bien au-delà en allant aussi chercher son inspiration dans d'autres contrées que l'Europe très chrétienne. Martinès s'inspira aussi de ce mouvement ce qui renforce la compatibilité de sa voie avec la Grande Église.

 

Nous devons aussi noter que dans ses travaux, l’émule n’opère pas juste dans son cœur, à la différence du saint-martiniste travaillant intérieurement par la prière. Il opère sur et pour tous les hommes, pour l’univers et donc pour la réconciliation universelle. Raison pour laquelle il opère extérieurement, au centre de ce macrocosme et de ses différentes régions figurées par le tracé d’opération, univers dont il est le microcosme.

 

Quand nous regardons de près les arguments parfois avancés par les détracteurs de la voie Coen, nous ne pouvons aussi qu’être surpris de constater une imparfaite compréhension de cette voie que certains qualifient de totalement vétérotestamentaire et ignorante des bienfaits de la Nouvelle Alliance. Surprenante affirmation quand Martinès lui même a écrit que les dernières opérations de réconciliation avaient étaient réalisées par le Christ sur la croix.

Les travaux d’invocation ne relèvent quant à eux nullement des invocations du Grand Prêtre dans le Temple, même si par la forme certaines similitudes se dégagent. Ces travaux ne sont par réservés à un seul Elu agissant sous le couvert du voile du Temple. Ils sont destinés à tous les émules ayant suivi la voie avec sincérité et ayant démontré, par leur assiduité et le résultat que les travaux opèrent graduellement sur eux-mêmes, leur capacité à réaliser une telle œuvre. Les ordinations viennent couronner ces efforts et aider chaque candidat à restaurer en lui les pouvoirs, puissances et vertus qu’il travaille à recouvrer. C’est l’influx nécessaire pour remettre en ordre l’homme déchu et déstructuré afin de l’aider à recouvrer la ressemblance avec son Créateur. Et tout au contraire d’une telle affirmation du caractère vétérotestamentaire de la voie Coen, force est de constater que les œuvres des Elus de l’Ordre ne sont rendues possible que parce que le Christ a opéré une oeuvre de rédemption et de régénération. Et cette oeuvre du Christ restaure en l’homme de désir l’image autrefois déformée par la chute lui permettant ainsi d’opérer de nouveau avec force et puissance sur les régions spirituelles afin de prétendre à la ressemblance du Créateur et à la parfaite réconciliation.

En cela, j’ose le dire, les Coens se différencient de la pensée de Louis-Claude de Saint-Martin qui ne voit souvent que l’état déchu de l’homme et difficilement l’œuvre de restauration déjà effectuée par Notre Seigneur Jésus-Christ par son sacrifice, sa résurrection et le don de l’Esprit que chaque chrétien reçoit dans la sacrement du Baptême. Non, le Christ n’est pas mort pour rien. Par le sang versé, il a circoncis toute l’humanité et opéré le dernier holocauste sanglant. Par sa descente aux limbes il est allé relever les Saints et les Patriarches et leur a ouvert la porte des Cieux. Le sacrificateur sacrifié a ainsi purgé l’homme de ses souillures. A lui de conserver l’éclat de cette nouvelle blancheur et de faire vivre le feu de l’Esprit qui est ranimé en lui.

 

Je voudrais enfin terminer ce trop long exposé par une simple question que l’on ne manquera pas de nous poser. Toutes les voies sont-elles donc utiles?

En ces domaines, nulle conclusion ne peut être définitive ni applicable à l’ensemble des hommes de désir. Utiles et nécessaires ? Certainement pas pour tout le monde et je dirais à chacun de trouver la sienne sans condamner les autres. Les voies qui mènent à la réconciliation et à l'illumination sont nombreuses et sont le fruit de la divine Providence ; rejeter telle ou telle voie serait se priver des secours que cette même Providence met à notre service ; et opposer les voies entre-elles reviendrait à déclarer que la Providence rentre en contradiction avec elle-même et donc se fourvoie. Ceci est folie car il est folie et blasphème de penser que Dieu est inconstant, changeant et que ses décrets ne sont vrais que temporairement.

 

Gardons-nous donc d'opposer les hommes aux hommes, les voies aux voies, les saint-martinistes aux martinésistes. Ceci est discours de polémistes, d'hommes de controverses et d'esprits se refermant sur leurs préjugés au lieu de s'ouvrir aux mystères divins. Et rendons plutôt grâce à Dieu pour la multitude des secours qu'il nous accorde à la mesure de nos propres forces, sensibilités et inclinations.

 

Paix Joie et Bénédictions à toutes et tous. Source : http://reconciliationuniverselle.over-blog.com/

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Prières selon le Manuscrit d'Alger

13 Mars 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Rites et rituels

Prière
ô + 10 , Tu es saint, ô Père de toutes choses, dont la volonté est accomplie par ta propre puissance, tu es saint et tu veux être connu de tout homme de sens intellectuel, ayant établi toutes choses pour lui ; tu es saint et plus grand que toutes louanges, toi dont l’image est toute la nature ; reçois mes sacrifices verbaux par l’holocauste qui brûle devant toi, qui est purifié par cette flamme et que je te présente de tout mon cœur et de toute mon âme.

Le candidat passe ici trois fois ses mains ouvertes en équerre sur la flamme du feu où il fait sa prière en prononçant le mot qui y est tracé ; ensuite il continue la prière.

Suite de la prière

Ô+10 , ô Dieu indissoluble, indivisible et infini, toi qui ne peut être prononcé que par le silence, donne-moi force, puissance et secours pour que je ne retombe plus dans l’ignorance des connaissances qui sont selon mon essence.

Ô+ fortifie moi et éclaire les chefs régénérateurs qui me font concourir au grade que tu accordes par ta pure miséricorde à tes vrais élus ; Examine leurs vœux et mes prières pour que je sois marqué par eux du sceau de la réconciliation et que je reçoive en conséquence l’intelligence et la puissance qui y sont attachées. Éclaire les hommes de cette génération, tes enfants qui sont encore enfermés dans les ténèbres par l’ignorance où ils sont de ta science divine que tu me fais communiquer aujourd’hui par tes fidèles élus. Je rendrai témoignage à tous les humains, autant que tu le permettras, de la vérité et de la sainteté des connaissances que j’aurai acquises dans ce grade pour ta plus grande gloire et leur plus grande satisfaction. Donne-moi le don de les ramener à toi ô+10, qui es et qui aime ta créature.

Ô+ 10, ton homme qui par ta miséricorde infinie vient d’être béni en ton nom, sur lequel ton nom a été imposé, et qui a eu le bonheur de réunir ton nom adorable, ton homme désire d’être sanctifié et en union avec toi.

Ô+ comme tu lui en as donné la puissance, accorde-moi de ne me servir jamais des vertus, facultés et puissances que je reçois qu’à cette fin. Amen, Amen, Amen, Amen.

Pendant que le candidat prie, l’opérant sera à son côté droit et lui dira à chaque feu :

Qu’il te soit accordé par l’Éternel Ô+10, ce que tu lui as demandé, ce que tu lui demandes et ce que tu lui demanderas selon sa volonté, Amen.

Ensuite le R+ député pour la réception prendra de la cendre du feu qui se trouve devant le candidat au nord et lui en mettra une pincée au haut du front à la naissance des cheveux. Il fera le même souhait oratoire et la même cérémonie de la cendre au candidat au dessus de l’œil droit au sud ; il en fera autant à l’ouest au dessus de l’œil gauche de façon que le candidat soit marqué au front par une figure triangulaire des cendres de son holocauste ; il gardera ce signe jusqu’à la fin de la première opération. Le candidat sera aussi marqué par le sceau (11) [3].

On se rendra dans la chambre d’opération le premier jour à six heures après midi pour faire le tracé des cercles. Les planètes seront tracées sur les deux angles d’est et d’ouest et non ailleurs. (12) À neuf heures on allumera les feux nouveaux avec bois et charbon préparés.

On ouvrira ensuite la tête avec le couteau de cérémonie (13), de circonférence en circonférence pour ôter la cervelle, on en ôtera aussi la langue : il faudra remettre à la tête l’os que l’on aura enlevé pour pouvoir en ôter la cervelle afin qu’il brûle avec le reste de la tête. On pratiquera les autres cérémonies qui suivent cette opération, ainsi qu’il est dit. (14)

A minuit on entre dans le cercle de retraite pour les invocations et conjurations pour en sortir selon l’usage à une heure.

On fera les quatre prosternations aux quatre angles où on aura placé à chaque un nom sur 7, de plus qu’à l’ordinaire.

Voici quelques noms pour cet effet. Ils sont tirés du grand alphabet (15) de 7.9.5.4. portant sur 7 et sur 10. Ces noms portent sur chaque jour de la semaine, attendu qu’il ne faut pas les faire servir deux jours de suite, ce qui serait contre leur destination. Ils sont marqués par lettres algébriques célestes (16) ces noms sortent, par les chiffres que l’on voit de leur rang, de leur nombre, de leur puissance et de leur produit et fonction (17).

Il faut se servir d’un parfum prescrit (18).

A 93 Dimanche Adornaïk Soleil 7. 3
B 83 Lundi Brammati Lune 7. 3
C 34 Mardi Cimarmora Mars 7. 3
D 62 Mercredi Dazalmum Mercure 7. 3
E 86 Jeudi Éduemor Jupiter 7. 3
F 55 Vendredi Serphiel Venus 7. 3
G 94 Samedi Gezmoriak Saturne 7. 3 (19).

2. Prières selon les « Notes » de Saint-Martin du Fonds Z :

« Tu es saint, père de toutes choses, duquel la volonté est accomplie par ta propre puissance. Oui, tu es saint, et tu veux être connu par ton homme des sens intellectuels, ainsi que tu as établi toutes choses pour lui.

Tu es saint, plus puissant et plus grand que vertu et louange, duquel l’image est toute nature. Reçois mes sacrifices verbaux par l’holocauste qui brûle devant toi, présenté de cœur et d’âme, purifié par cette flamme. Passer trois fois les mains en équerre sur la flamme du feu où il fait sa prière, puis répéter le mots ci-dessus.

Ô indissoluble, ô indivisible, ô indéfini, toi qui ne dois être prononcé que par le silence, donne-moi force, puissance et secours pour que je ne retombe plus dans l’ignorance des connaissances qui sont selon mon essence, ô W.

Fortifie-moi et illumine les chefs régénérateurs qui me font concourir à la grâce que tu accordes par ta pure miséricorde à tes vrais élus, exauce leurs vœux et ma prière pour que je sois marqué du sceau de l’intelligence et de la puissance que tu leur donnes. Éclaire les hommes de ma génération, tes enfants qui sont enfouis dans les ténèbres par l’ignorance de la grâce que je vais recevoir par tes fidèles élus. Je suis certain de cette grâce et j’en rendrai témoignage à tous les humains, ô W.

Je passerai le reste de ma carrière en vie et lumière. Ô père éternel, tu es saint, ton homme est béni, il désire être sanctifié avec toi, ainsi que tu lui en as donné toute puissance. Amen, amen, amen, amen. »

Le candidat sera au côté droit du chef qui lui dira, après qu’il aura fini à chaque feu : Qu’il te soit accordé de l’Éternel ce que tu lui as demandé.

Ensuite, le chef prend de la cendre dudit feu [celui du Nord] et lui en met une pincée à la pointe des cheveux. Id. au Midi, au dessus de l’œil droit - id. à l’Ouest, au-dessus de l’œil gauche. Le candidat sera ainsi marqué triangulairement de la cendre de l’holocauste, ne le pouvant être du sang par l’événement. Il gardera la marque de son signe jusqu’à la fin de l’opération [4].

Se rendre à six heures précises dans la chambre ; y préparer tout ; à neuf heures, allumer les trois feux nouveaux. Ouvrir ensuite en circonférence, avec le couteau de cérémonie, la tête. L’os que l’on aura ainsi en circonférence, le mettre sur la tête qui brûle, parce que la tête doit être entière, sans cervelle et sans langue. À minuit, les prières et invocations ; en sortir à une heure et demie, et même deux, n’ayant pas d’heures fixes à cause du bouleversement du temps [5].

L’ensemble de ces documents permet de se faire une idée assez précise de la cérémonie d’initiation au grade de Réaux-Croix, une bien étrange cérémonie. Après avoir reproduit la lettre de la Martinès de Pasqually à Bacon de la Chevalerie, Gustave Bord ajoutait :

« On a vraiment peine à croire qu'en plein XVIIIe siècle il y avait encore des gens se livrant à ces pratiques surannées et ridicules, surtout lorsqu'on constate que Willermoz n'était pas parmi les plus exagérés, et qu'en dehors de la maçonnerie c'était un brave homme, un honnête commerçant et un bon père de famille [6]. »

Alice Joly se montrera plus ironique :

« Je ne sais si Jean-Baptiste Willermoz reçut l’ordination au milieu d’une âcre fumée de chairs et de poils brûlés, ni s’il but le calice et mangea le pain de la singulière communion des Coens. Une seule chose est sûre : aucun phénomène surnaturel ne vint l’assurer du succès de ces étranges cérémonies [7]. »

À la lecture de ces éléments, on comprend mieux la position de Saint-Martin lorsque ce dernier nous confiait dans ses mémoires :

« Lorsque dans les premiers temps de mon instruction je voyais le maître P. |Pasqually] préparer toutes les formules et tracer tous les emblèmes et tous les signes employés dans ses procédés théurgiques, je lui disais : Maître, comment, il faut tout cela pour prier le bon Dieu ! Je n'avais guère que 25 ans lorsque je lui tenais ce langage ; aujourd'hui que je suis près d'en avoir le double, je sens combien mon observation était fondée, et combien dès mon plus bas âge, j’ai offert des indices de l'espèce de germe qui était semé en moi [8]. »

À l’époque où Saint-Martin écrivait ses mots, il avait abandonné depuis longtemps les pratiques théurgiques pour se livrer à la seule initiation qu’il jugeait digne d’intérêt :

« celle par où nous pouvons entrer dans le cœur de Dieu, et faire entrer le cœur de Dieu en nous, pour y faire un mariage indissoluble qui nous rend l’ami, le frère et l’épouse de notre divin Réparateur. Il n’y a d’autre mystère pour arriver à cette sainte initiation, que de nous enfoncer de plus en plus jusque dans les profondeurs de notre être, et de ne pas lâcher prise, que nous ne soyons parvenus à en sortir la vivante et vivifiante racine ; parce qu’alors tous les fruits que nous devrons porter, selon notre espèce, se produiront naturellement en nous et hors de nous, comme nous voyons que cela arrive à nos arbres terrestres, parce qu’ils sont adhérents à leur racine particulière, et qu’ils ne cessent pas d’en pomper les sucs [9]

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lettre de Martinès de Pasqually à Bacon de la Chevalerie

13 Mars 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Rites et rituels

 

« À Bordeaux, le 2 mai 1768.

 

« Je réponds T. H. T. R. M. aussi promptement que je le peux à la demande que vous me faites touchant le grade de Réaux-Croix que vous voulez donner à notre T. H. T. R. M. de Willermoz [1]. Je ne me refuserais jamais pour que ce R. M. soit récompensé à tous égards et même avec satisfaction, personne plus que lui le mérite davantage. Vous me permettrez P. M. de vous faire les observations secrètes de notre loi abstraite à ce sujet. Vous ne devez point ignorer que nous ne jouissons en notre qualité d'hommes, d'image et de ressemblance divine que de deux choses qui sont réellement en notre pouvoir, qui sont les différents actes cérémoniaux de nos opérations qui sont au nombre de quatre, auxquelles il nous est donné une seule puissance à chaque, qui font quatre puissances, ce qui complète avec les quatre cérémonies le nombre infini de huit. Toutes ces choses nous sont données avec précision d'heures, de jours, de semaines, de mois, de lunes et d'années. Et que par ce moyen en suivant scrupuleusement ce qui nous est prescrit par Dieu même, nous osons nous attendre à un succès plus considérable de nos travaux que lorsque nous en sortirons.

Vous savez que je vous ai toujours dit qu'il n'était point en mon pouvoir de satisfaire entièrement l'homme à ce sujet et qu'à Dieu seul appartenait cette sublime opération. À toutes ces choses près, T. P. M. comment pouvoir nous promettre quelque succès en faveur du candidat que vous voulez admettre à une opération hors de son temps, un fruit prématuré est hors de saison, une opération de principe faite hors de son temps est sans fruit. Vous me répondrez à tout cela comment faire ? Je lui ai promis.

Je dirai à cela tant pis, vous avez mal promis, ces sortes de choses sont-elles en votre pouvoir ? Indifféremment cela ne se peut d'aucune façon si nous ne suivons scrupuleusement ce qui nous est prescrit. La précision de la cérémonie ne suffit pas seule, il faut encore une exactitude et une sainteté de vivre au chef qui mène les cercles d'adoption intellecte (sic) il lui faut donc une préparation spirituelle faite par la prière, la retraite et la moration, vous avez su comment je me suis comporté à Paris à cet égard. Cependant je ferai mes efforts pour abandonner mes affaires domestiques afin de me disposer a vous fortifier dans votre opération, pour récompenser le zèle et les travaux laborieux au R. M. de Willermoz, que je crois être digne du succès que je lui désire dans cette opération, il ne dépendra pas de moi pour qu'il soit satisfait. Qu'il vous souvienne que c'est le dernier et le premier.

Vous observerez pour cette cérémonie de faire les mêmes cercles que je fis pour la réception du T. P. M. de Luzignan, vous attaquerez l'angle de l'Ouest comme votre chef angle. Il ne vous est point permis d'attaquer à l'Est directement, ce temps étant passé. Vous ferez toutes les mêmes cérémonies, tant en prières qu'en parfum ; vous n'offrirez d'autre holocauste d'expiation que la tête d'un chevreuil mâle, que vous ferez acheter indifféremment au marché, laquelle tête sera avec sa peau velue. Vous la préparerez ainsi que l'on prépare le chevreuil avant de l'égorger. Ensuite vous dresserez trois feux nouveaux. Dans celui qui sera au Nord vous mettrez la tête sans langue ni cervelle mais bien avec les yeux. Dans celui qui sera au Midi vous y mettrez la cervelle. Dans celui qui sera à l'Ouest vous y mettrez la langue. Lorsque le tout brûlera le candidat jettera trois grains de sel assez gros dans chaque feu. Ensuite il passera ses mains par trois fois sur chaque flamme de chaque feu en signe de purification. Il aura le genou droit à terre et l'autre debout et dira ensuite ce mot ineffable que vous trouverez marqué dans l'écrit ci-joint ainsi que leur nombre, caractères et hiéroglyphes, lesquels seront tracés devant chaque feu tel qu'ils sont marqués.

Si on ne peut avoir une tête de chevreuil, on prendra la tête d'un agneau couverte de sa peau. Il faut absolument que sa peau soit noire, sinon l'holocauste serait action de grâce et non d'expiation. Le candidat fera la cérémonie de la tête d'agneau ou de chevreuil avant tout autre cérémonie. Les cercles et l'appartement où l'on fait l'opération seront entièrement préparés ainsi que nous avons jadis fait. Vous aurez de l'eau comme il convient, vous commencerez votre opération le onze du courant, vous suivrez le 12 et finirez le 13 pour que vous vous rencontriez aux jours relatifs ou manquement de la saison. Par le nombre des jours que je vous fixe, vous remarquerez le nombre de confusion par 11/2. Le nombre terrestre et corporel par 12/3 et par 13/4 puissance.

Ensuite vous ferez commencer par les invocations ordinaires et conjurations entre lesquelles vous joindrez celle du commandeur d'Orient. Après les trois jours d'opérations faites, vous ramasserez soigneusement les cendres des trois feux que vous joindrez à celle que je vous ai donnée. Vous donnerez au candidat un scapulaire pareil à celui des autres R.+C. Vous lui ferez faire un talisman égal aux autres, vous assemblerez pareillement vos deux P. M. R.+ dont l'un et l'autre feront chaque jour une opération et vous ferez la dernière, il est égal qui des deux commence. Vous observerez de faire dire au candidat la prière qui est à la suite des mots d'abord qu'il aura passé les mains ouvertes sur le feu de l'holocauste, vous aurez de toute nécessité deux réchauds un peu grands pour faire consumer la langue et la cervelle, et celui qui sera sous la cheminée de la Chambre figurera le Nord, les deux réchauds figureront le Midi et l'Ouest, conformément à l'ancien usage, ou l’on portait des caisses grillées pour faire les holocaustes en campagne.

Voilà T. P. M. tout ce que je puis faire en faveur du zèle du R. M. de Willermoz. Dieu fasse qu'il l'entende et qu'il retire de cette opération tout l'avantage et le succès qu'il mérite. J'abandonne avec plaisir mes propres affaires pour sa satisfaction, ne comptant pas beaucoup sur la propagation de l'ordre par la lenteur que je lui vois. Je vous prie d'assurer le R. P. M. de Willermoz de mon sincère attachement.

Ne faites fautes de prévenir tous les R. R. M. M. Réaux Croix de l'opération que vous allez faire à l'extraordinaire, n'importe qu'ils soient ou non avertis quinze jours d'avance comme il convient. Si vous n'agissiez point comme je vous le dis, les R.+ pourraient très bien vous refuser la reconnaissance du R.+ que vous auriez fait et m'en porter leurs plaintes pour qu'il ne fut point inscrit dans mes circonférences secrètes ainsi que dans mon répertoire universel. Faites écrire par un des R. P. R.+ au T. P. M. de Champoléon, au T. P. M. de Grainville, au T. P. M. de Luzignan pour éviter toutes sortes de discussion.

Vous n'oublierez point de faire boire le calice en cérémonie après la réception et vous donnerez le pain mystique ou cimentaire à manger à votre Réaux + nouvellement reçu dans la même cérémonie que vous m'avez vu faire. »

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Rituel des Elus Coëns par Robert Amadou

13 Mars 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Rites et rituels

La théurgie cérémonielle, c'est-à-dire les rites propres à mettre l'opérant en rapport actif avec les esprits, les dieux, les anges, bons ou mauvais, cette théurgie-là, qu'on ne confondra pas avec la théurgie interne des néoplatoniciens et de Saint-Martin où le rapport s'établit entre l'âme et Dieu par des moyens spirituels et, éventuellement, des procédés psychophysiologiques ordonnés ; la théurgie des élus coëns faisait précisément des disciples de Martines de Pasqually, qui les y habilitait en les initiant rituellement aussi, des prêtres choisis (et non pas investis par une appartenance tribale ainsi que dans la loi de Moïse ) ; mais le détail rituel n'en a jamais été reconstitué avec exactitude.

La raison de cette lacune est simple manquaient les textes d'initiations aux divers grades, lesquels fixent la théorie et le symbolisme corrélatifs propre à chaque grade, et aussi, et surtout les textes de pénitence, d'invocation, de conjuration et d'exorcisme constituant à proprement parler le rituel théurgique. Papus et Le Forestier ont fait ce qu'ils ont pu avec la documentation dont ils disposaient et, le plus souvent, ils se sont égarés dans leurs conjectures : la part de reconstitution était trop forte, en effet.

Des indications plus précises ont été fournies par Robert Ambelain (qui ne désirait pas en publier beaucoup), parce que celui-ci avait bénéficié d'un gros volume manuscrit du XVIII° siècle désormais connu sous le nom manuscrit d'Alger (à cause du lieu de résidence de l'inventeur qui le lui remit). Ainsi fut publiée (Les Cahiers de la Tour Saint-Jacques, II-III-IV (1960), l'invocation des maîtres coëns alléguée dans une lettre de Saint-Martin à Willermoz, du 7 juillet 1771, suivie d'une conjuration aux anges -rituel mensuel pour les maîtres coën, que célébraient journellement les réaux-croix.

Ces derniers, titulaires du plus haut degré de l'ordre, sont prêtres en plein, non pas selon le sacerdoce organique des Églises chrétiennes, mais d'un sacerdoce ésotérique et, en même temps, réputé le plus général qui, cependant, loin de se déclarer anti-chrétien, se réfère à des vérités catholiques, au double sens universel et confessionnel du terme. A bon droit ou à contre-sens ? C'est affaire de jugement théologique. En tout cas, rien d'une caricature, encore moins d'un sacrilège délibéré. Les titulaires des grades mineurs sont autorisés et même astreints à participer, chacun en ce qui les concerne, aux opérations.

Celles-ci se déroulent selon des prescriptions extrêmement minutieuses, d'une complexité qui croit avec la hauteur du degré. Martines de Pasqually, dans son Traité de la réintégration ( éd. du bicentenaire, 1974, p. 392 ) distingue les types suivants d'opérations :

"1° le culte d'expiation,

2° le culte de grâce particulière générale,

3° le culte contre les démons,

4° le culte de prévarication et de conservation,

5° le culte contre la guerre,

6° le culte pour s'opposer aux ennemis de la Loi divine,

7° le culte pour faire la descente de l'esprit divin,

8° le culte de foi et de la persévérance dans la vertu spirituelle divine,

9° le culte pour fixer l'esprit conciliateur divin avec soi,

10° le culte annuel ou de dédicace de toutes ses opérations au Créateur.

Tous ces cultes ont été compris dans les deux qui ont été opérés par Moïse chez Israël et par Salomon dans le temple, où les différents bois et les différents parfums consacrés aux sacrifices ont été mis en usage. Le temps où chacun de ces cultes s'opérait était à chaque renouvellement de lune, et, depuis que les hommes existent, ce culte s'est opéré parmi eux ".

Cette liste tient moins du catalogue exact, quoiqu'elle paraisse s'y apparenter, que de la délimitation d'un champ d'action.

Le champ, c'est le monde, l'immensité, dit Martines de Pasqually, terrestre et l'immensité céleste, mais elle implique aussi les deux autres immensités qui, avec celles-là, composent le Tout : immensité surcéleste et immensité divine. Quant à l'action, c'est un combat, une participation, et la plus utile, la plus nécessaire qui soit, de l'homme au combat de l'ombre et de la lumière : à son profit, pour l'humiliation des démons, esprits de par leur volonté déchus, en vue de les neutraliser et de leur réintégration ultime ( comme de tout ce qui n'est pas Dieu, dans la cour divine ), avec le concours des esprits fidèles, et à la gloire de l'Éternel, jusqu'à ce qu'elle soit entière et que ce nom seul se fasse entende, ainsi que d'une seule voix, par sept fois sans cesse répétées.

Mais l'homme étant incorporisé, d'après la doctrine des élus coën, qu'il tourne donc à son avantage et à l'avantage du spirituel, le matériel si souvent dommageable ! Les rites naissent de cette conversion, où interviennent figures, notamment cercles et quarts de cercle, "vautours", paroles, parfums, chandelles et calendriers, ornements personnels, surtout les noms des bons et des mauvais esprits avec leurs hiéroglyphes, ou leurs griffes, respectifs, leurs signatures. Au cours des opérations, des esprits, qu'il a d'abord fallu appeler, convoquer à toutes fins utiles (et c'est selon leur nature), se manifestent, si tout va bien, par des signes visibles - les "passes" - que le recueil des hiéroglyphes permet d'identifier. Une importance particulière est reconnue à l'aide de l'esprit " bon compagnon, exotériquement l'ange gardien ou à peu près.

Désormais, nous aurons l'ensemble des rituels d'opérations, de même que des rituels d'initiations (1), copiés par Saint Martin, que le Philosophe Inconnu conserva par devers lui jusqu'à sa mort afin de les célébrer d'abord, puis, quand il eut renoncé à la théurgie cérémonielle par discipline et par piété, mais aussi, j'en suis convaincu, aux fins de consultations assez fréquentes.

Cette partie du fonds Z permet, en intégrant les éléments dispersés dont on devait se contenter auparavant ( 2 ), de tracer le tableau exact et presque complet du rituel composé par Martines de Pasqually pour ses disciples. C'est la matière de deux volumes pourvus de commentaires. Mais, après les indications élémentaires qui précèdent, voici, en primeur, disions-nous, quelques textes théurgiques qui contribueront déjà à fixer quelques idées relativement au sens de la théurgie du maître de Bordeaux. " D'où venait-il ? Où allait-il ?". André Breton exigeait des professeurs censés savoir et accusés de dissimuler, qu'ils lui répondissent. Façon de discréditer les imposteurs tout en exaltant la vie et la fonction de Martines.

Outre que beaucoup ont attesté son efficacité, la liturgie coën - initiations et opérations - possède une haute valeur philosophique et spirituelle, plus justement théosophique. Qu'on en juge à la lecture de ces pages tirées de l'ombre pour la première fois ; elles sont dignes d'être méditées. Même l'adepte de la théurgie interne trouvera à s'y instruire.

L'illustration de cet article comprend trois nouveaux tableaux d'opération ( 3 ) et quelques hiéroglyphes d'esprits propices, d'après le registre copié par Saint-Martin et à paraître en fac-similé dans l'édition annoncée.

(1) - Des rituels d'initiations ont été publiés dans les deux numéros précédents de l'Autre Monde, n° 68 et n° 69.

( 2 ) - Ajoutons-y deux pièces majeures récemment mises au jour : une invocation de réconciliation, dans les Archives théosophiques, I, 1981, pp. 99-108, et Invocation pour le maître élu, dans l'Initiation, juillet-septembre 1977, p. 140-143.

( 3 ) - Deux autres sont parus dans les deux articles cités dans la note 1.

 Assignation et retraite

L'opérant, debout sur le bord de cercle du centre, à l'ouest, et faisant face à l'est, prend l'encensoir ou la terrine où il a déjà mis les parfums nécessaires et encense par trois fois chacun des quatre mots divins qui sont dans le centre du  étoile à six pointes. Il remet la terrine hors des cercles, puis il fléchit les deux genoux en terre, sur le bord du même cercle, toujours à l'ouest, la face à l'est. Il oint ses deux mains, les doigts entrelacés, il les descend avec le corps, en appuyant le front sur le dos de ses mains ainsi jointes. Il restera dans cette position environ deux minutes, sans remuer ni parler et les yeux fermés pour n'avoir aucune distraction et remarquer plus aisément le bruit qui se pourrait faire par quelque esprit dans l'appartement et surtout auprès de lui-même dans les cercles; Après cet instant d'inaction et d'attention, l'opérant assigne tous les esprits des angles de l'appartement à venir se réunir avec tous ceux qui sont dans les cercles et dans les angles du (étoile à six pointes) ainsi qu'il  suit.

L'opérant nomme tous les noms des esprits des anges ensuite ceux des trois premiers cercles et ceux des angles du étoile, et dit  "Bénis soient ceux qui viennent à moi au nom de 1'éternel ". Il fait aussi la réponse des esprits en disant : Loué celui qui nous invoque en face des mots redoutables par les lesquels tout a été fait ! Amen ".

L'opérant prononce ensuite les quatre mots divins qui sont dans le centre du étoile, et dit après " Je vous conjure, esprits saints et purs, par les quatre mots sacrés que vous venez d'entendre prononcer à mon âme puissante, d'être par ces mêmes mots (qu'il prononce encore) intimement liés à moi, de façon que, dans ce moment, il n'y ait aucune différence entre vous tous et moi seul ; que, revêtu de toutes vos intelligences spirituelles et divines, vous ayez à m'écouter, m'entendre et me parler sur tout ce que ma puissance vous demande et vous demandera par les mots sacrés et ineffables (il prononce les quatre mots du centre). Je vous invoque et vous commande par eux, ainsi que Moïse, Aaron et Josué vous ont commandé, auxquels vous avez obéi aussi promptement que vous avez entendu leur invocation. Je vous invoque tous dans cet endroit sacré, par la toute paissance des quatre mots divins qui contiennent l'univers (il prononce les quatre mots du centre), et en vertu du grand et redoutable nom de l'éternel devant lequel tout tremble et frémit, et que par respect je ne saurais prononcer, je consacre ce lieu sanctifié et pur pour être l'endroit fixe de mon invocation et commandement, ainsi que Moïse sacra et consacra le sommet de la montagne de Sinaï où vous reçûtes de lui ordre et commandement d'agir et d'opérer selon ses désirs, suivant la force et la puissance que l'éternel lui donna sur vous. Vous fîtes par lui commandés et assujettis pour sa défense contre les ennemis de la Loi divine et du peuple choisi. Je suis un fidèle élu, sacré et consacré par le Dieu vivant de Moïse, d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, pour l'appui de cette même Loi que 1'Eternel rappelle à l'homme par la voix de Moise".

L'opérant se relève et se tient debout au centre du étoile. Là, il dit d'un ton ferme, haut et absolu : "Je commande. Alerte, terreur, frémissement et soumission à la voix qui vous appelle" Il nomme par exclamation tous les esprits des angles des cercles des correspondances, des cercles d'opération et des angles du étoile, par la vertu invincible, par la puissance redoutable, par le pouvoir terrible et absolu et par la justice immuable des quatre mots sacrés et ineffables ( les quatre mots du centre ) par lesquels tout est, et par lesquels tout être créé et soumis subsiste. "Je vous conjure et vous commande, du saint des saints de mes cercles, d'aller en sentinelle, chacun aux lieux qui vous sont destinés et assignés par moi, ainsi que j'en ai obtenu le pouvoir par celui qui est, et par les quatre mots divins (les mêmes quatre mots du centre ) qui vous soumettent aux invocations et commandements de l'homme-Dieu, roi et père de toute postérité terrestre. Je vous l'ordonne à tous, en général et en particulier ".
L'opérant s'adresse en particulier aux quatre esprits des trois premiers cercles d'opération pour leur demander généralement tout ce dont il a besoin, ne pouvant point s'adresser particulièrement aux esprits des angles de l'appartement, parce que l'angle du midi est resté sans aucun bon esprit. Ceux des correspondances et des cercles d'opération regardant les quatre régions sont à préférer d'autant plus que l'opérant les a déjà établis chefs sur tous les esprits quelconques qui habitent dans les quatre régions universelles.

Après que l'opérant a demandé ou commandé ce qu'il aura voulu pour lui personnellement ou pour autrui aux dits esprits des cercles d'opération ou des cercles de correspondances, il se remet à genoux sur le bord du cercle intérieur, dans la même attitude. et dit à basse voix : «Je te rends grâces. très haut et très puissant Dieu créateur universel. de la puissance qu'il t'a plu donner à ton homme sur tout être créé. par le mot sacré et ineffable qui le constitue à ta ressemblance (le mot du centre qui est vers l'est), que je remets à ta Sainte garde, à l'heure convenue de toi à moi. Amen ».

L'opérant efface le mot qu'il vient de nommer et continue : « Souviens-toi, ô Eternel, Dieu fort des armées célestes et terrestres de ton homme et fidèle serviteur, que tu as doué supérieurement de vertus. de puissance, de pouvoir. pour et contre tout être créé par ton propre mot doublement fort et redoutable (le mot du centre vers ouest), que je remets à ta sainte garde. comme il m'est par toi ordonné à l'heure convenue de toi à moi. Amen».

L'opérant efface le deuxième mot de la main droite comme le premier, et continue : « ô Eternel. Dieu fort et triple fort des esprits majeurs inférieurs et mineurs, fortifie ton homme en sainteté en vertus et en puissance comme il t'a plu de faire pour Chiram ton député pour la réconciliation du reste des mortels avec toi. Qu'il me soit fait ainsi. ô Eternel, et par ce triple et ineffable mot (le mot du centre qui est vers nord) qui me caractérise tel que tu m'as fait. que je remets en toute sainteté et respect à sa première place, selon qu'il te plaît, à l'heure convenue de toi à moi. Amen ».

L'opérant efface le troisième mot comme les autres et continue : «Je remets à toi seul, ô Eternel, qui est sans principe et sans fin, la puissance immense et invincible qu'il t'a plu me donner par ta seule volonté sur tout ce qui peut avoir rapport à ta création. Oui, Dieu vivant de nos pères, oui, Dieu fort, vengeur et rémunérateur, je soumets, ton homme et toutes les puissances qui sont contenues en lui à ta sainte garde et sous la protection de la quatriple essence, comme tu as daigné le permettre et l'accorder par ta pure miséricorde à Noé, à Abraham, à Moïse et à David, qui règnent et vivent en toi et parmi nous. Amen. Reçois, ô tout-puissant Eternel, le sacrifice sincère et pur que je te fais en ce moment de mon corps, de mes Biens, de mon âme et de tout ce qui peut être sous sa dépendance. Reçois ce sacrifice aux pieds de ton saint et très saint tabernacle, ainsi que je le désire et le demande par mon existence et pour ta plus grande gloire. Je t'en conjure. ô Eternel par ce quatriple mot (le quatrième mot du centre qui est au sud) qui contient, dirige et gouverne l'univers, que je remets sous ta sainte garde et sous ta protection, ainsi que tous les esprits qui me servent et me serviront jusqu'à l'heure convenue entre toi qui es et celui qui sera en toi. Amen ».

L'opérant efface le quatrième mot comme les autres. Il se relève et enlève toute allumée la bougie du centre du double étoile, pour s'en éclairer en lisant les demandes et invocations particulières qu'il fera aux esprits à minuit précis. L'invocation et les demandes particulières qu'il fera aux esprits ne dureront qu'un quart d'heure au plus, afin d'avoir les trois autres quarts d'heure pour l'examen et la contemplation de la passe des esprits, caractères et hiéroglyphes.
Lorsque I'opérant aura fini son invocation particulière, il ira cacher sa bougie dans l'angle d'ouest, de façon qu'elle ne donne qu'une faible lueur dans l'appartement, attendu que les apparitions spirituelles portent leurs lumières avec elles. Aussitôt que la lumière sera cachée, l'opérant prendra du papier noir et un crayon blanc pour y marquer tout ce qui apparaîtra à lui, observant de marquer la division où il verra chaque chose, afin de pouvoir faire un journal particulier et exact et un grand pentacle pour vérifier et confirmer les différentes apparitions, soit de corporisations, soit de caractères et hiéroglyphes, ou de lettres qui paraîtront dans les opérations suivantes. L'opérant connaîtra par la répétition des visions, les esprits qui lui seront les plus familiers et les plus attachés, il emploiera les bons plus particulièrement en s"adressant de préférence à eux pour obtenir soit la connaissance des autres esprits que l'on invoque et commande, soit tout ce qu'on désire en général et en particulier de savoir.

Pour cet effet, le nom d'un esprit souvent répété à un opérant par caractère, hiéroglyphe ou lettres, sera placé dans le centre du deuxième et troisième cercles, sans son caractère ni son hiéroglyphe, attendu qu'il n'est point du travail journalier que l'opérant fait. Il devient au contraire son protecteur et son fidèle compagnon. il est neutre dans l'opération, on ne fait en son nom aucune cérémonie. L'opérant lui demande ou lui commande ce qu'il juge à propos tout simplement.

Lorsqu'une heure sonne. l'opérant dit : "la première et la dernière heure du jour étant consommées par le travail ordinaire du maître spirituel, il vous renvoie chacun  à votre destination. A l'ordre, soyez prompts au commandement de licence et de servitude. Que la paix soit entre vous et moi à la fois. Amen ».

L'opérant se déshabille à la lumière qu'il avait cachée. Ensuite, il allume une autre lumière qui n'ait point servi à I'opération pour s'éclairer dans les besoins subséquent, attendu que toutes les bougies qui ont servi à une opération ne sont consacrées qu'à cet usage. L'opérant aura attention de marquer la bougie du centre du étoile pour qu'elle y soit toujours placée.

Il en fera autant pour les quatre bougies de l'angle d'est, attendu qu'elles éclairent des mots, et pour celles de l'angle du sud qui y ont éclairé le mot divin. Toutes les autres bougies de  l'opération qui n'ont point éclairé de mots divins peuvent être mêlées et reprises indifféremment.

Prosternations

Prosternation de l'est

Prosterné, ô Éternel, aux pieds de ta suprême divinité, je viens déposer dans cet angle d`expiation la multitude des crimes que j'ai pu commettre contre toi-même, contre ta divine puissance, contre ton esprit et contre toute ta cour spirituelle divine, majeure, inférieure et mineure, devant lesquelles je proteste pour ta plus grande gloire un repentir impénétrable au reste des mortels. Oui, Eternel, couvert d'opprobres, de confusion et de honte, je viens ici gémir en ta présence pour implorer ta miséricorde infinie que tu accordes avec satisfaction à tous ceux qui se réclament à toi directement. Je m'écrie vers toi, Dieu saint, Eternel, du profond de mes abîmes, et je t'offre dans ce bas lieu en présence de toute ta cour spirituelle, mon cœur, mon corps et la puissance de mon âme spirituelle divine, pour satisfaire à ta plus grande justice. Exauce, Seigneur, la parole et l'intention de ton serviteur, ratifie la puissance de l'âme que j'ai soumise à ta divine bonté, purifie son corps et fortifie son coeur pour que le tout ensemble n'opère à l'avenir que pour ta plus grande gloire et pour l'exemple de mes frères, mes égaux et mes semblables : qu'à cette considération je sois ordonné et marqué du sceau sympathique spirituelle dont tu fis marquer jadis par ton serviteur Moïse tes vrais élus. Oui, tout-Puissant, je suis un de ceux que tu as destinés à ton élection divine, que ton élu soit marqué par l'esprit qui marqua Jean dans le désert du Jourdain, à qui ton Fils divin confirma par son apparition cet esprit fort que tu avais attaché à ce digne serviteur ton fidèle élu. J'invoque l'esprit de Zorobabel en jonction de celui de Jean, de Jacques et de Philippe, pour être mes guides, mes conseils et mon appui dans toutes mes pensées, paroles et actions temporelles et spirituelles divines. Qu'ils règnent et vivent éternellement avec moi et tous les miens : qu'ainsi soit fait selon que je suis ordonné par le Dieu vivifiant, par le Dieu vivant et par le Dieu de vie. Amen, amen, amen.

Prosternation de l'ouest

Prosterné devant toi. ô Dieu vivant, action directe du Père créateur, Dieu des dieux, Dieu vengeur et rémunérateur des cieux, de la terre et de tout ce qui actionne dans tout cet univers, je viens devant toi recevoir confirmation de l'élection et ordination que je viens de recevoir sous les trois puissances divines. que le Créateur accorda à son serviteur Zorobabel. pour l'entière délivrance de la servitude et de la captivité où furent mis les restes infortunés des enfants d'Israël par la force de leur prévarication. A cet exemple, Seigneur, je me prosterne devant toi pour t'offrir mon âme et la soumettre sous ta puissance spirituelle divine. Qu'il te plaise, Seigneur. délivrer cette âme pénitente de l'esclavage des démons, et de la servitude de leurs intellects démoniaques, afin qu'étant sous ta sainte et adorable protection, je sois dépouillé de toute ambition cupide, mondaine et matérielle temporelle, pour n'être revêtu que de celle spirituelle divine, pour la plus grande gloire du Créateur, pour celle de son Fils, pour celle de son Saint-esprit et pour celle de son fidèle serviteur et son élu qui ne peut opérer, vivre et mourir qu'en eux. Amen. amen. amen.

Prosternation du nord

Prosterné devant toi. ô Esprit-Saint, action du Père créateur, action du fils divin régénérateur, et action de tout ce qui a vie dans cet univers, reçois la très humble invocation de celui qui te parle au nom du Père et au nom du Fils, par qui j'ai été régénéré spirituellement dans la plus grande vertu autorité spirituelle divine. J'ai été lavé, je suis aussi blanc que la neige, reçois le sacrifice que je te fais de mon âme, de mon corps et de tous mes biens temporels, bénis-le tout pour que, d'hors en avant, ils ne servent que pour ta plus grande sainteté, pour être ton asile et ta demeure immémoriale. Qu'étant ainsi joint avec moi, je puisse par ta toute-puissance être joint à ton intellect divin et me conserver pendant cette vie de larmes et pendant l'éternité à venir dans le sentier de la vertu spirituelle divine où je viens d'être remis de par l'éternel. Sois mon guide, mon appui, mon soutien et mon conducteur, ainsi que tu le fus en faveur des enfants d'Israël sous la conduite de Zorobabel. Ratifie l'ordination qu'il a plu au Créateur me faire donner par celui qui prie pour moi et me soutient par ses instructions spirituelles divines, pour la plus grande gloire du Père, du Fils et du Saint-esprit, envers qui et pour qui je ne veux vivre et opérer que pour leur plus grande justice. Amen, amen, amen.

PROSTERNATION DU SUD

Prosterné devant vous, esprits majeurs, inférieurs et mineurs, je viens vous invoquer pour soumettre mon autorité et ma vertu spirituelle divine à la votre, afin qu'elle ne soit qu'une, et vous conjure par tout ce qu'il a plu au Créateur me faire être dans son sanctuaire spirituel, de répondre à ma parole et à mon intention. Que votre intellect se joigne à mon âme, et qu'il la tienne toujours suspendue des sens de sa matière, pour qu'elle soit éternellement occupée à l'entendement spirituel de vos intellects, et que par ce moyen mon âme soit spiritualisée et circoncise par votre feu spirituel. Amen, amen, amen.

PROSTERNATION DU CENTRE

Prosterné devant toi, unité ternaire, spirituelle divine, je viens soumettre dans ton immensité dominante la vertu et l'autorité qu'il t'a plu me remettre relativement à mon ordination de réconciliation, et qu'en vertu de cette ordination, tout esprit de ténèbres, d'horreur et d'abomination démoniaque frémisse à ma parole ! Que l'enfer de privation spirituelle divine et tous ses habitants soient en terreur et en frémissement à mon commandement ! Qu'il ne soit plus question d'aucune communication d'eux avec moi, que pour recevoir leur condamnation et se voir par moi repoussés avec la plus grande impétuosité et précipités dans leurs abîmes sépulcrales pour une éternité ! Que ces monstres d'abomination et tous leurs adhérents s'éloignent de moi et de tous ceux qui sont à moi directement et indirectement, de tous mes frères spirituels et temporels, de mes amis et de mes bienfaiteurs ! J'abjure Satan, ses pompes, ses adhérents et tout ce qui en dépend. Que toute cette cour démoniaque soit liée et réenchaînée par ma seule vertu et autorité spirituelle divine ! Je lie et réenchaîne Satan, ses pompes et tous ses adhérents pour une éternité ; ''j'invoque l'esprit de Jean, l'esprit de Jacques et de Philippe, et celui que le Créateur a donné à mon âme pour être son guide et son appui, pour qu'ils soient pour un temps immémorial mes associés et mes alliés. Qu'ils soient prompts à mon commandement, de même que ceux sur lesquels s'étend mon autorité. Amen, amen, amen.

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