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Hauts Grades

Articles récents

Prière (EMIA)

16 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Chants

Mon Dieu, mon Dieu, donne-moi la tourmente,
Donne-moi la souffrance
Donne-moi l'ardeur au combat
Mon Dieu, mon Dieu, donne-moi la tourmente,
Donne-moi la souffrance
Et puis la gloire au combat (bis)

Ce dont les autres ne veulent pas
Ce que l'on te refuse
Donne-moi tout cela, oui tout cela
Je ne veux ni repos, ni même la santé
Tout ça, mon Dieu, t'est assez demandé

Deux fois :
Mais donne-moi (bis)
Mais donne-moi la foi
Donne-moi force et courage

Mais donne-moi la foi
Pour que je sois sûr de moi.

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Plaine, ma plaine (chant russe)

16 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Chants

Plaine, ma plaine,
Plaine, ô mon immense plaine
Où traîne encore le cri des loups,
Grande steppe blanche de chez nous.
Plaine, ma plaine,
Dans l'immensité de neige,
Entends-tu le pas des chevaux
Entends-tu le bruit de ces galops
Plaine, ma plaine,
Entends-tu ces voix lointaines
Les cavaliers qui vers les champs reviennent
Sous le ciel chevauchant en chantant
Vent de ma plaine,
Va-t-en dire aux autres plaines,
Que le soleil et les étés reviennent
Pour tous ceux qui savent espérer
Plaine, ma plaine,
Sous l'épais manteau de neige
La terre enferme dans sa main la graine
Qui fait la récolte de demain
Plaine, ma plaine,
Vent de la plaine
Tu peux gémir avec les loups
L'espoir est à nous plus fort que tout !
 
 
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Salve Regina

16 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

Salve, Regina, mater misericordiae:
Vita, dulcedo, et spes nostra, salve.
Ad te clamamus, exsules, filii Hevae.
Ad te suspiramus, gementes et flentes
in hac lacrimarum valle.
Eia ergo, Advocata nostra,
illos tuos misericordes oculos
ad nos converte.
Et Iesum, benedictum fructum ventris tui,
nobis, post hoc exsilium ostende.
O clemens: O pia: O dulcis
Virgo Maria.

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Je crois en dieu

16 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant,
créateur du ciel et de la terre.

Et en Jésus-Christ, son Fils unique,
notre Seigneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
est né de la Vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate,
a été crucifié, est mort et a été enseveli,
est descendu aux enfers,
le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux,
est assis à la droite de Dieu
le Père tout-puissant,
d'où il viendra juger
les vivants et les morts.

Je crois en l'Esprit Saint,
à la sainte Eglise catholique,
à la communion des saints,
à la rémission des péchés,
à la résurrection de la chair,
à la vie éternelle.

Amen.

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Chant de promesse des scouts

16 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Chants

  1. Devant tous je m'engage
    Sur mon honneur
    Et je te fais hommage
    De moi, Seigneur.

Refrain :

Je veux t'aimer sans cesse
De plus en plus
Protège ma Promesse
Seigneur Jésus.

  1. Je jure de te suivre
    En fier chrétien
    Et tout entier je livre
    Mon coeur au tien
  2. Je suis de tes apôtres
    Et chaque jour
    Je veux aider les autres
    Pour ton amour
  3. Ta Loi a sur nous-mêmes
    Un droit sacré.
    Je suis faible tu m'aimes
    Je maintiendrai.
  4. Fidèle à ma Patrie
    Je le serai
    Tous les jours de ma vie
    Je servirai.
  5. Par-dessus les frontières
    Je tends la main
    Le monde de mes frères
    Naîtra demain
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Le Temple de Salomon

14 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

A la gloire du G.A.D.L.U Vénérable Maître et vous tous mes Frères et sœurs en vos grades et qualités.

L'un des caractères distinctifs de l’esprit humain, est la recherche par l’homme, depuis l'aube des temps, d'une autorité surnaturelle, d’un être suprême, qui confère à la fois : Un sens a son existence sur terre et révèle une vision du monde relié à l’idée du sacré, de l'inaccessible.

Au fil des civilisations, la dimension sacrée de l’homme devient le fondement et le pivot de toute morale. Au-delà d’une relation de l'homme avec les autres hommes, s’organise la relation de l‘homme avec le divin : Un ensemble de règles et d’interdits, mais aussi de pratiques culturelles et cultuelles, de croyances et de dogmes.

Ainsi ancré depuis la nuit des temps, le phénomène religieux dans sa diversité et son histoire heurtée, acquière peu a peu un caractère universel.

Un dieu unique, tout puissant transcendant, exclusif, créateur et maître de l’univers ; une source unique qui révèle l’oeuvre divine aux hommes et leur en impose les règles.

A l origine de cette histoire il y a l’alliance conclue par Dieu avec Abraham, en ces termes :
« Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle et va au pays que je t’indiquerai »

Abraham quitte Our en Chaldée et entreprend un immense voyage vers le pays de Canaan, la terre promise à lui et sa postérité. De lui le premier hébreu et le 1er des 3 patriarches sont issus : Isaac, son fils Jacob, et les 12 fils de celui-ci qui seront les héros éponymes des 12 tribus d’Israël. Tel est le point de départ consigné comme fait d’histoire d’un peuple et de sa religion.

Le monothéisme hebraique a pour théâtre privilégié une terre particulière, la terre de Canaan promise à Abraham et à sa descendance, et pour fondement, une alliance éternelle que dieu noue avec son peuple.

Si la manifestation de ce monothéisme est particularisme, son projet est deliberement universel : Dieu est le dieu de tous les hommes, pas seulement le Dieu des hébreux.

Voilà pourquoi comme l’a bien dit Ernest Renan :
« C’est le monothéisme hebraique qui permet l’éclosion d’une justice véritablement universelle ».
L’expérience du temple de Jérusalem représente la plus radicale d’irriguer d’un flux infini le domaine du fini.

Je vais donc laisser la parole a Joël pour qu’il nous explique pourquoi le temple

LE TEMPLE

Le mot français monument vient du mot latin moneo, qui signifie : J’enseigne. Un monument enseigne, par définition. Mais qu’enseigne t’il ?

Alain nous dit « Les, monuments sont les premiers écrits »
Traditionnellement, les hommes ont édifiés des monuments sacrés dans leurs désirs effrénés de dialoguer avec les forces cosmiques qui les dépassent. C’est donc a trois égards, que l’on peut véritablement parler d’une philosophie de l’architecture sacrée, en raison :

- Premièrement, de certains thèmes de sa décoration plastique,
- Deuxièmement de la portée philosophique de sa théologie, interprétée par l’exégèse symbolique et
- Troisièmement de la portée philosophique de sa symbolique cosmique.
 Alors qu’ils se trouvaient encore dans le désert, les enfants d’Israël reçurent l’injonction divine suivante :
« Et ils me construiront un sanctuaire pour que je réside au milieu d’eux (exode 25. 8) »

Longtemps, le temple ne fut désigné que comme la tente d’assignation ou tabernacle. C’est dans cette simple structure de poutres de bois et de tentures de peaux de chèvre que Dieu faisait connaître sa gloire a son peuple.

La tente d'assignation était véritablement un lieu de rendez-vous, ou Israël, rencontrait le divin, et une nation entière pouvait vivre dans l’unité d’un dieu résidant en son sein.

Le midrash énonce : « Le temple est l’embellissement du monde en ce qu’il représente l’essence même du beau sur terre il rend possible, la relation spirituelle entre dieu et l’homme «

Le temple est également une maison de prière pour toutes les nations .Tant qu’il perdurera, il demeura le centre spirituel d’une grande partie du monde. Et lorsque le deuxième temple fut détruit, il y a près de 2000 ans, le concept du temple demeura cependant une source spirituelle, un motif d’espoir et de nostalgie.

La tente d’assignation était le modèle réduit du temple, adapté aux pénibles conditions des pérégrinations dans le désert.
A chacune des étapes de son séjour dans le désert, la nation, organisée autour des 12 tributs et de leurs familles, campait autour du tabernacle.
Ainsi la chekhina, la présence divine, résidait concrètement au milieu de tout Israël.
Les différentes tribus de la famille des Lévi étaient chargées du service du tabernacle et de son entretien et campaient à proximité du centre.

Essayons de comprendre à présent, la pensée qui rattachait les sanctuaires mosaïques et salomoniens aux huttes et aux tentes de berger.

Tentes et huttes symbolisent toutes deux, pendant la longue période hors d’Egypte, le pouvoir divin de procurer aux hommes un gîte ou passer la nuit. Une tente est faite de toile et de peaux tendues fixées au sol par des piquets métalliques. De même c’est ainsi que fut conçue la tente du tabernacle de l’exode, qui était fabriquée en toile de lin et en peaux de chèvre. Les hébreux battirent de même des huttes (soukha) faites de branches de palmier et de saule. Sa forme de tente rattachait le sanctuaire mobile de l’exode aux tentes de berger du néolithique antérieur ainsi qu’à la tente du berger Abraham. Voir figure N°1

La période du "Temple provisoire" d'Israël - le Tabernacle - dura 440 ans, jusqu'a la construction de l'édifice permanent à Jérusalem. Même après l'entrée des enfants d'Israël dans la Terre promise, le Tabernacle poursuivit son errance pour s'établir à Guilgal, Shilom, Nov et Guiveon.

Le concept même de temple, perçu comme résidence divine est de loin antérieur à Salomon ; c’est David qui initialement l’énonce ; C’est lui même qui va devenir le maître d’oeuvre de ce projet dont la bible nous dit qu’il a pensé les moindres détails architecturaux. Mais ici le thème de la paix, en tant qu’impératif incontournable à la construction du temple apparaît. En effet durant tout le règne de David, les guerres et les morts se sont succédés pour repousser les nombreux ennemis et l’idée de sainteté, dont le temple est le suprême réceptacle terrestre, interdisent sa réalisation. La première condition de sa demeure définitive avec son peuple en Canaan, c’est que la paix soit faite, ce qui se réalisa sous le règne de salomon.

Ce fut donc a Salomon que revint la divine tache d’ériger le temple sur le mont Moriah a Jérusalem, lieu auquel s’attachent de très nombreuses légendes talmudiques ; ainsi cette colline aurait été « conçue dans la pensée divine » avant même la création du monde, Dieu aurait prié l’ange Mikhael d’y prélever la terre a partir de laquelle Adam fut façonné, l’épisode du sacrifice d’Isaac s’y serait déroulé, plus tard Jacob y aurait même séjourné.

COMMENT ETAIT CONÇU LE TEMPLE DE SALOMON ?

Pour l'essentiel, le Temple de Salomon était identique au Tabernacle du désert dans son agencement et sa structure, mais il était construit dans des dimensions sensiblement plus importantes. Salomon augmenta également le nombre d'ustensiles consacrés en fonction des besoins d'Israël et du Temple élargi. Il fit également fabriquer des ustensiles propres a ce Temple.

L'émouvante cérémonie d'inauguration, ainsi que les prières récitées par le roi Salomon lors de l'achèvement du premier Temple, sont rapportées dans le premier Livre des Rois. Dans sa prière, le roi supplie Dieu d'agréer la prière de tout homme s'adressant à cette Maison. Bien que la prophétie d'Isaac annonçant que le Temple sera une « maison de prières pour toutes les nations" se rapporte au troisième Temple, elle se réalisa en partie dans le Temple de Salomon ou affluaient de l'ensemble du monde antique des foules d'hommes en quête de spiritualité‚ et de la Présence divine.

Le Temple construit par Salomon dura 410 ans jusqu'a sa destruction par Nabuchodonosor, roi de Babylonie. Au terme de cette époque, Josias, roi d'Israël, ordonna que l'Arche d'Alliance, le Candélabre et d'autres ustensiles soient dissimulés pour leur épargner la destruction.

Au fait qu’est devenue l’arche d’alliance ce grand trésor de l’humanité.

Plusieurs théories s’affrontent :
L’une appartient à Richard Andrews qui voue sa vie a la recherche d’indices de la présence de l’arche dans la montagne du temple. En effet des photos aériennes prises aux infra rouge du mont moriah ont montré des cavernes jusque la inconnues ; Malheureusement les autorisations nécessaires aux fouilles freinent ses recherches.
La deuxième théorie nous indique que 200 ans après la mort du roi Salomon l’arche d’alliance aurait été transportée et cachée en Ethiopie
Une troisième théorie prétendrait que l’arche d'alliance aurait été dérobée par les templiers pour être gardée secrètement dans la chapelle de Roslinn en écosse.  

JERUSALEM ET SALOMON

Pourquoi ce choix de Jérusalem ?

Le mot Sion, autre appellation de Jérusalem, vient du mot hébreu désignant l’excellence.

Lorsque Israël réside sur sa terre et que le temple remplit sa mission, il confère son excellence a toute l’humanité. C’est la raison pour laquelle les sages d’Israël enseignent que l’unique période de paix véritable et totale de toute l’histoire du monde fut celle des quarante premières années du temple de Salomon.

Le fils de David, Salomon, reçut les instructions de son père concernant le moindre détail de la construction du Temple. Toutes ces informations provenaient du don de prophétie dont David avait hérite des générations précédentes. En fait, les Sages d'Israël enseignent qu'un "Rouleau du Temple" (découvert en 1940 dans les grottes de Qumran) avait été remis par Dieu a Moise et qu'il s'était transmis de génération en génération. Ce document était un plan conçu par Dieu lui-même et contenait l'ensemble des détails, des esquisses et des diagrammes du Temple et des ustensiles, ainsi que des improvisations et innovations susceptibles de répondre à l'évolution des besoins d'une nation en plein essor.

Là, intervient une petite anecdote relatée par des textes anciens :

Salomon doit décider de l’emplacement du temple il hésite, pis, il doute... il ignore où devra être érigé le Temple... il a déjà fait creuser des fondations, bien sûr. Chaque fois elles ont été balayées par des calamités : Inondation, tremblement de terre, feu... Chaque fois, hélas, que Salomon décide d’un site, voici qu’une nouvelle catastrophe contrarie son choix! Salomon doute et craint!

- Imaginez, la tristesse de Salomon! Comment bâtir le Temple - et où? Or voici qu’une nuit d’insomnie, le roi, troublé et pensif comme de coutume, traverse Jérusalem. Il arrive, presque par inadvertance, au pied du mont Moriah. Las de sa rêverie, il s’adosse au tronc d’un olivier. Et voici qu’à quelques coudées de lui s’engage un étrange ballet. Un homme surgit de l’obscurité, les bras chargés de gerbes de blé, il les dépose dans un champ contigu à celui où il va aussitôt chercher d’autres gerbes, Après quoi il disparaît. Hors, le roi, stupéfait, voit arriver un autre individu faisant exactement la même chose que le premier, mais en sens inverse...

Très attaché à la justice, Salomon pense à faire arrêter ces hommes qu’il prend pour des voleurs. Cependant, le petit grillon qui l’accompagne toujours dans ses promenades, lui conseille de patienter jusqu’à la nuit suivante. Le lendemain, au même endroit, Salomon assiste à une scène encore plus extravagante. Cette fois, les deux hommes chargés de gerbes de blé se rencontrent. Au lieu de s’insulter ou d’en venir aux mains, les voilà qui tombent dans les bras l’un de l’autre. Sommés par le roi de s’expliquer, ils racontent. Ils sont frères. A la mort de leur père, ils ont partagé le champ en deux parts égales. Or l’un s’est marié depuis et a trois enfants, tandis que l’autre est resté célibataire. Celui-ci, considérant qu’avec plusieurs bouches à nourrir son frère a besoin de plus de blé que lui-même, il lui en apporte la nuit, en secret, pour ne pas blesser sa susceptibilité... En revanche, le frère marié s’estime privilégié, sa femme et ses enfants l’aident au travail. Il a donc décidé de partager son blé avec son frère, qui peine seul du matin au soir et doit faire appel à des ouvriers pour la moisson...

 Très ému, le roi serre les deux frères dans ses bras et les supplie de lui vendre leur champ, l’endroit le plus digne pour y élever le sanctuaire de Dieu! Les fondations ont été creusées là même où se sont échangées les gerbes de blé nocturnes. Cette fois, nulle catastrophe n’est plus venue troubler la construction du Temple!

 Et voilà Jérusalem, née autour du Temple, lui-même né dans l’espace de la fraternité ! 

 Mais revenons à Salomon roi de Judée et d’Israël,
« Le plus sage des hommes » c’est ainsi que la tradition juive appelle le roi Salomon.

Mille anecdotes, la plupart relevant de l’imaginaire, courent a son sujet. On vante son érudition, ses connaissances, ses dons et ses pouvoirs. Hommes d’Etat, écrivain, penseur, musicien, poète : Tout ce qu’il entreprenait lui réussissait. De partout, les souverains venaient admirer sa splendeur et recevoir son enseignement. Et puis, les femmes : On lui en attribue un millier. Juives et païennes, toutes étaient conquises par son charme. Ayant voyagé pendant 3 ans d’Ethiopie jusqu'à Jérusalem, la reine de Saba n’a-t-elle pas eu le coup de foudre en le voyant. Mais ce que l’histoire a certainement le mieux retenu de la personnalité du roi Salomon, c’est qu’il fut un homme de paix. Le nom même de Salomon est sur ce point puissamment évocateur :En hébreu, shlomo, nom dérivé de la racine shalom, signifie précisément
« La Paix » mot qui dans la tradition hebraique est un nom- attribut de Dieu.

L’autre trait saillant de la personnalité du Roi Salomon qui a profondément pénétré la mémoire des hommes concerne sa sagesse. La mémoire collective fâcheusement simplificatrice, faisant de ce roi, l’homme d’une situation prétendument archétypique : En l’occurrence, celle du célèbre Jugement de Salomon, durant lequel il du affronter deux femmes s’attribuant la maternité d’un seul enfant. Chacun connaît ce célèbre thème du jugement du roi Salomon

Il est temps maintenant de parler d’Hiram roi de Tyr

Le roi David contacta Hiram pour les préparatifs. La mort l'ayant arraché aux siens, c'est à son fils, le roi Salomon, que revînt la charge de mener à terme ce projet. Il demanda au roi Hiram de lui fournir le bois de cèdre et de lui prêter ses architectes et maçons afin de réaliser son dessein.

Il avait résolu de bâtir la maison de l’Éternel, parce que Dieu l’avait ainsi décrété.
Hiram se réjouit beaucoup quand il entendit les paroles de Salomon. Il se trouvait honoré de pouvoir contribuer par son service à la gloire du Dieu d’Israël.

Le premier acte de Salomon, c’est de transporter «de grandes pierres, des pierres de prix, pour faire les fondements de la maison, des pierres de taille». Il s’agit avant tout de poser un fondement de grand prix et d’une solidité à toute épreuve comme base du temple de Dieu. On ne peut en ôter une seule sans compromettre ou ébranler tout l’édifice. C’est ce que la sagesse de Salomon avait bien compris en préparant les pierres de taille sur lesquelles la maison de Dieu devait être édifiée.

Entrons dans le vif du sujet :
 Le Temple
Comme nous l’avons dit précédemment le temple fut bâti, par analogie aux dimensions et proportion de la tente d’assignation. La description qu’offre la bible du Temple est d’une riche technicité ou se côtoient jusqu’au vertige, noms de matériaux divers, longueur, hauteur, profondeur et largeur mais a le mérite d’être d’une exceptionnelle précision
Le portique du temple, son entrée seule, différait quant à ses proportions de ce qu’offrait la tente d’assignation. Sa hauteur était de cent vingt coudées

Tout autour du temple, sauf naturellement à son entrée, étaient situées les chambres latérales, demeures des sacrificateurs.
Les demeures des sacrificateurs étaient inséparables de la maison et faisaient corps avec elle, sans en dégrader aucune partie. Il est dit :

«Et la maison, quand on la bâtit, fut bâtie de pierre entièrement préparée avant d’être transportée ; et on n’entendit ni marteau, ni hache, aucun instrument de fer, dans la maison, quand on la bâtit»

On ne voyait, lors de la construction du temple, aucune trace d’instruments humains. Il s’édifiait en silence ; on n’entendait ni hache, ni marteau. C’était l’oeuvre de Dieu ; tout était préparé d’avance. Les pierres qui composaient la maison avaient le même caractère que les pierres de fondement, précieuses aussi et préparées d’avance (7:9-12).
Le temple, était revêtu de bois de cèdre. Le cèdre représente dans la Parole la majesté et la hauteur, la durée et la fermeté. Il n’y avait pas un seul point des murailles qui n’en fût intérieurement recouvert. La pierre ne paraissait nulle part. Mais le bois de cèdre lui-même et jusqu’au plancher en bois de cyprès, tout était entièrement recouvert d’or. L’or représente toujours, dans la Parole, la justice et la gloire divines.
Tous les ustensiles du temple étaient, en outre, soit en or, soit revêtus d’or pur, comme l’autel du parfum, les chérubins et les portes du lieu très saint.
Comme dans la tente d’assignation au désert, le lieu très saint formait à l’intérieur un cube parfait. «L’intérieur du saint des saints était de vingt coudées en longueur, et de vingt coudées en largeur, et de vingt coudées en hauteur» (v. 20). Il en sera de même de la nouvelle Jérusalem : «Sa longueur et sa largeur et sa hauteur étaient égales» (Apoc. 21:16. Le résultat de l’oeuvre de Dieu est parfait sans rien à y ajouter, ni rien à en retrancher. Tout est réglé selon la pensée du divin architecte. La nouvelle Jérusalem est pour ainsi dire un immense lieu très saint où Dieu peut habiter, comme dans le saint des saints du temple, parce que tout y répond à sa sainteté et à sa justice.

Le saint des saints était isole par un voile ou par une porte en bois d’olivier s’ouvrant à deux battants, recouverte d’or, un libre et large accès, permettant à la vue de pénétrer dans le lieu très saint.
L’Arche, en bois de chittim, était recouverte d’une couche d’or pur et également doublée d’or pur. Une corniche d’or l’entourait. Quatre anneaux étaient situés aux quatre coins de l’Arche, deux de chaque côté. C’est dans ces anneaux qu’étaient enfilées deux barres de bois recouvertes d’or. Une table d’or (dite propitiatoire) était placée sur l’Arche, deux chérubins en jaillissaient à ses deux extrémités. Le Talmud donne une description précise de l’Arche et des deux chérubins. Ces chérubins étaient des anges dotés d’ailes, qui avaient des corps d’oiseaux et des visages d’enfants, l’un masculin, l’autre féminin. Les deux chérubins se faisaient face mais leurs visages étaient inclinés vers le propitiatoire. Leurs ailes se déployaient vers le haut protégeant ainsi la table d’or.

Pourquoi ces chérubins décoraient ils le tabernacle ?

Le Midrash nous raconte que lors du Don de la Torah, D’\ demanda aux enfants d’Israël des garanties afin que Ses lois soient observées. Ce ne fut que lorsque Israël proposa les enfants comme garants que D’\ accepta. Effectivement depuis toujours, l’éducation de nos enfants occupe une place primordiale dans le judaïsme. Les jeunes représentent le futur et la continuité de notre peuple.
Les chérubins décorant le toit, point de rencontre avec le ciel, représentent l’éducation qui associe à la Torah les connaissances générales. Tous les chérubins ont un point commun : La proximité avec le Saint des Saints.
Le «Témoignage”, les Tables de la Loi que Moïse avait rapportées du mont Sinaï, furent déposées à l’intérieur de l’Arche et durant toute l’époque du Tabernacle du désert et celle du premier Temple, l’Arche fut abritée dans le Saint des Saints. C’est là que la Shekhina, la Présence divine résidait.

C’est là que je te donnerai rendez-vous, et je parlerai avec toi de dessus le propitiatoire, entre les deux chérubins placés sur l’Arche d’Alliance» (Exode, 25, 22).
 
Dans le Saint des Saints sur le mont Moriah, se trouvait la «Pierre de fondation”. Lorsque l’Arche se trouvait dans le Saint des Saints, elle était posée au sommet de cette pierre. La présence de la pierre de fondation fut révélée à l’époque du roi David et du prophète Samuel et d’après la tradition, elle existait de tous temps et était la fondation même sur laquelle Dieu avait créé le monde. C’est à partir de cet endroit, que le monde entier avait été constitué.

Selon d’anciens enseignements, lorsque le roi Salomon supervisait la construction du premier Temple sur le mont Moriah, il avait perçu, par illumination prophétique que le Temple serait par la suite détruit. Afin d’assurer la sauvegarde de l’Arche, il avait érigé un vaste système de tunnels au sein de la montagne et creusé une chambre secrète dans les profondeurs de la terre sous le mont du Temple où, en temps voulu, l’Arche serait cachée. A la fin de l’époque du premier Temple, le roi de Judée, Josias, qui avait prévu la destruction, cacha l’Arche.

Deux métaux, l’or et l’airain, jouent un rôle prépondérant dans la construction du temple.
Les colonnes d’airain,  placées devant le portique du temple, attiraient tout d’abord le regard.

Nous avons déjà dit que, dans le temple, aucune autre colonne n’est mentionnée. Elles se nommaient Jakin (il affermira) et Boaz (en lui est la force).
Les colonnes font allusion a l’infrastructure qui relie le monde d’en haut et le monde d’en bas
Selon le Zohar le monde repose sur trois colonnes :
La colonne de gauche symbolise la justice (Din)
La colonne de droite symbolise l’amour (Hessed)
La colonne du centre est l’harmonie. Dans le temple cette troisième colonne est inexistante et représente l’homme
Après les colonnes, le parvis du temple contenait la mer d’airain.

La mer d’airain  servait à la purification journalière des sacrificateurs. Ils y lavaient leurs mains et leurs pieds. Ils étaient ainsi qualifiés pour accomplir leur service et demeurer où demeurait l’Éternel. Sous la loi, ce lavage s’appliquait aux mains et aux pieds, c’est-à-dire aux oeuvres et à la marche.

Elle était posée sur douze boeufs regardants, trois par trois, les quatre coins de l’horizon. Le bœuf est l’un des quatre animaux qui forment les attributs du trône, et représentent les qualités actives de Dieu, les principes de son gouvernement

Les dix cuves de la mer d’Airain, cinq à droite, cinq à gauche du parvis servait à «laver ce qu’on préparait pour l’holocauste» (2 Chron. 4:6). Nous voyons, que le sacrificateur lavait avec de l’eau «l’intérieur et les jambes» de la victime.

La victime ne devant présenter à Dieu aucune souillure, il fallait démontrer qu’elle était parfaite, que cette pureté s’étendait non seulement à la conduite, mais à tout «l’intérieur» de l’offrande. Cette vérité était présentée par l’eau des cuves. La «mer unique» lavait les sacrificateurs. Tous avaient recours à ce seul moyen pour être purifiés des souillures de leur marche. Il fallait dix cuves pour laver les victimes qui devaient représenter la pureté devant Dieu.
La s’arrête l’œuvre d’Hiram

NOUS ALLONS A PRESENT VOUS DEVELOPPER L’USAGE DES USTENSILES DU TEMPLE ET LE SERVICE DIVIN
Un tableau de la vie quotidienne dans le Temple comprend bien des aspects étonnants :
Les prêtres et les lévites à leurs veilles pendant la nuit ; le flambeau de l’équipe de l’aube conduite par les prêtres ; le son des trompettes lors de l’ouverture et de la fermeture des portes du Temple par les lévites gardiens des portes. Les représentants des hébreux arrivent de tout le pays pour assister au service sacerdotal ; le choeur des lévites monte sur l’estrade pour entamer le service musical.

A l’aube, le sacrifice quotidien tamid est offert. Dans le Sanctuaire, la Ménorah est allumée et l’Encens présenté à Dieu ; le vin des libations est versé sur le coin de l’autel, les lévites chantent le cantique du jour et les prêtres, debout sur les marches du Sanctuaire, bénissent le peuple (bénédiction des cohanim). Lorsque le son des trompettes retentit, la communauté tout entière s’incline devant le Saint des Saints, prosternée dans la prière.

Plusieurs instruments importants étaient utilisés dans le Temple pour les offrandes de sacrifices ou pour d’autres aspects du service divin. A l’extérieur du Sanctuaire, sur le parvis, se dressait l’élément le plus important: l’autel sur lequel on offrait les sacrifices.
 
L’AUTEL EXTÉRIEUR
L’autel et la rampe d’ascension furent construits en pierre et en terre. La rampe d’ascension répond à une exigence biblique particulière, l’approche de la sainteté de l’autel par des marches étant considérée comme inconvenante et impudique: “Tu ne monteras pas sur mon autel à l’aide de marches afin que ta nudité ne s’y découvre point” (Exode 20, 26).
A l’intérieur même du sanctuaire se trouvaient trois autres ustensiles d’une grande beauté et d’une importance centrale pour le service quotidien du Temple. Tous trois étaient en or et d’apparence somptueuse. Il s’agissait de l’autel de Encens, de la Menorah (ou Candélabre) et de la Table des pains de proposition.

Les jours de fêtes, lorsqu’Israël effectuait un pèlerinage au Temple, les prêtres surélevaient la Table et la Ménorah afin que tous les aperçoivent. Ces ustensiles, conservés dans la partie sainte du Temple, n’étaient ordinairement pas vus par les membres ordinaires d’Israël, en sorte que l’événement suscitait émotion et émerveillement.
 
L’AUTEL DE L’ENCENS
La Bible décrit ainsi l’autel de l’Encens “Tu feras un autel pour la combustion de l’Encens; c’est en bois de chittim que tu le feras. Une coudée sera sa longueur, une coudée sa largeur, il sera carré, et deux coudées sa hauteur; ses cornes sailliront de lui. Tu le recouvriras d’or pur, son toit, ses parois, tout autour et ses cornes; et tu lui feras une bordure d’or tout autour.

Selon la tradition juive, le service de l’Encens avait pour vertu caractéristique d’amplifier la miséricorde et la bienveillance divine.
LA MÊNORAH (voir figure n° 5)

La Menorah le Candélabre à sept branches était constituée d’une seule pièce d’or pur. Elle était située à l’intérieur du Sanctuaire sur la face sud.

La Table des pains de proposition (Voir figure N°6), en or, était située au côté nord du Sanctuaire. Elle répondait au commandement de disposer les pains de proposition édicté par la Bible «Et tu placeras sur cette Table du pain de proposition, en permanence devant moi» (Exode 25, 30). Douze pains étaient spécialement cuits selon une méthode secrète connue seulement de la famille sacerdotale de Garmo. « Ils étaient disposés les uns sur les autres en deux groupes de six, séparés par des parois d’or qui empêchaient qu’ils ne se brisent. Ces pains étaient conservés toute la semaine sur la Table. »
 
ET SI NOUS PARLIONS UN PEU DE SYMBOLIQUE MAÇONNIQUE
Dix sept siècles plus tard, des européens un peu fous rêvent de reconstruire le temple de Salomon. Toutefois, ils ne sont ni juifs ni ouvriers. Ils décrètent que la reconstruction sera symbolique. Pour ce faire, il faut des outils. Ceux des maçons sont-la : L’équerre, le compas, le fil a plomb, la truelle, le maillet, le ciseau.

Des outils trop lourds a porter cependant, trop difficiles a manier pour des intellectuels. Qu’a cela ne tienne, ils seront déclares « symboles ». Ca ne pèse pas lourd un symbole penses t'on c’est aussi léger que l’air et derrière un compas et un maillet peuvent se cacher les idées les plus éthérées.
Ces Européens, Anglais et Ecossais pour la plupart, s’appellent francs-maçons entre eux et veulent que le monde les reconnaissent comme tels. Salomon pouvait compter sur l’aide d’un habile fondeur, un dénommé Hiram. Au XVIII siècle, Hiram n’est plus, il faut le remplacer. Mais que faire d’un fondeur, même s’il peut ériger les colonnes du Temple? Mieux vaut s’adjoindre un architecte digne de ce nom, un maître ès constructions. D’autant que le projet de reconstruction a pris cette fois des proportions démesurées, proprement titanesques: Ce n’est plus seulement le temple de Salomon qu’on ambitionne de construire à nouveau, c’est l’humanité tout entière! Une véritable utopie, un vent de folie qui souffle sur le Vieux Continent.

Pour un temps, Rome l’avait emporté sur Jérusalem. Les temples étaient détruits, anéantis... Reconstruire l’humanité! Il faut des centaines et des centaines, des milliers et des milliers d’architectes, des clones d’Hiram qui forment la chaîne d’union, de génération en génération, qui se transmettent le message. Reconstruire l’humanité!
 
Développons un peu la Symbolique du temple
La symbolique du temple est complexe puisqu’elle procède a la fois de sa disposition générale
Et des objets qu’il rassemble : Autel, mer d’airain, colonnes, parvis. Dans son ensemble le temple réponds a une symbolique cosmique et par la même a une symbolique microcosmique qui est mise en avant par saint Paul « ne savez vous pas que vous êtes le temple de dieu »analysés des l’antiquité par des écrivain tels que Philon d’Alexandrie etFlavius Josephe : « la division tripartite du temple vestibule sanctuaire saint des saints ou en hébreu oulam hekhal debir correspond aux 3 parties du cosmos hebraique eau primordiale, terre et ciel.

Devant le vestibule du Temple, Hiram dressa ce qui reste pour nous une énigme exemplaire, deux hautes colonnes de bronze ne supportant apparemment rien, surmontées d’un immense chapiteau très orné. Il les fondit dans la terre argileuse de la vallée du Jourdain, entre Sukkot et Cartan, avec du métal provenant des victoires de David sur Hadadézer, roi de Coba.

Elles étaient placées devant le sanctuaire du Temple. La hauteur des colonnes était de dix huit coudées et un fil de douze coudées en mesurait le tour. Il fit deux chapiteaux coules en bronze destines au sommet des colonnes, la hauteur d’un chapiteau était de cinq coudée  .La colonne de droite fut nommée YAKIN et celle de gauche BOAZ.

L’absence de toute fonction architecturale leur donne une valeur symbolique d’un relief saisissant.

Si le chiffre indiquant la hauteur des colonnes est symbolique, il doit être homogène aux autres chiffres des mesures du Temple et de son matériel. La dimension de vingt coudées est celle qui revient le plus fréquemment dans ces mesures. C’est la largeur du Temple, constante pour ses trois parties. Devant sa façade et les deux colonnes, l’autel des holocaustes a la forme d’un carré de vingt coudées de côté. Le Debir” est également un carré de vingt coudées de côté; ce sont ses dimensions intérieures, puisque l’envergure des Chérubins qui s’y trouvent représentés, et qui protègent l’arche de leurs ailes déployées est également de vingt coudée. Le Hekhal, devant le Debir, est un double carré (carré long) de quarante coudées de longueur. Or, si l’on ajoute aux trente cinq coudées des colonnes les cinq coudées du chapiteau on obtient cette même dimension.

Les chiffres vingt et quarante sont également essentiels dans les dates relatives au Temple. La construction du temple demande 7 ans, celle du palais de Salomon, qui lui est contigu, treize ans, il faut donc vingt ans pour construire l’ensemble. Le règne de Salomon dure quarante ans exactement comme le règne de David, son père, qui est l’«initiateur» du projet du Temple. Celui-ci est commencé dans la quatrième année du règne de Salomon, «l’an quatre cent quatre vingt après que les enfants d’Israël furent sortis du pays d’Egypte» (1 Rois, VI, 1). 480 = 40 x 12 il n’est pas évident bien sûr qu’il y ait derrière tout cela un symbolisme très précis; mais les recoupements sont trop insistants pour qu’il n’y ait pas la volonté d’établir un réseau d’analogies qui rend des symbolismes possibles. Il est probable toutefois que la hauteur totale de quarante coudées fait allusion aux quarante années passées par Israël dans le désert ; C’est donc cette dimension de quarante coudées qu’il y a lieu de retenir, me semble-t-il en raison de ses correspondances tant avec les autres mesures qu’avec les dates relatives au Temple.

Pour ce qui est du Temple, le maçon semble à priori bien loin d’avoir les yeux tournés vers Jérusalem et son Temple. La maçonnerie en effet ne le lie pas à une religion définie et le lieu sacré maçonnique n’est pas circonscrit à un point géographique précis. Aussi quelle n’est pas parfois la surprise du profane lors de son initiation de se voir placé devant un tableau de loge, symbole du temple de Salomon, lui qui croyait peut-être avoir rompu à jamais avec la religion en entrant en maçonnerie.

Dans cette perspective vient s’articuler toute la symbolique templière maçonnique La loge pour tout Temple n’a qu’un dessin, le tableau de loge. Si l’on demande à un maçon où il a été reçu, il ne répondra pas dans un temple mais dans une loge. En fait, la loge par sa voûte étoilée figure le Temple cosmique mais celui-ci n’est que la figure du microcosme qu’est l’Homme. Rappelons que le tableau de loge était primitivement tracé à la craie pour signifier que le Temple de Salomon était appelé à disparaître lors de la manifestation finale de la Gloire.


Or ce Temple de Salomon n’est que le signe du Mystère qui habite le Temple intérieur de l’Homme. L’apprenti n’a-t-il pas été créé à l’image de Dieu et éveillé à sa lumière intérieure et spirituelle qui est le Mystère qui l’habite ? L’apprenti a donc d’abord été reçu dans son propre corps Trois le composent, son corps son esprit et son âme qui forment les 3 parties de son Temple : Porche, temple intérieur et sanctuaire. Symboliquement le corps du maçon est donc tout à la fois loge et temple. Trois, cinq et sept sont les figures de la progression du retour du maçon vers son sanctuaire. Ils sont les symboles de ses voyages pour retrouver sa patrie, sa véritable demeure spirituelle, son identité perdue. Initié, il va retrouver lui qui n’était qu’un individu égaré, son nom véritable : Celui de frère, frère des êtres du cosmos et de l’humanité.

La symbolique su Temple n’est donc pas une coquille vide, elle se réfère bien à DEUX réalités de la vie du maçon. Elle met d’abord en évidence le Mystère qui l’habite et souligne ensuite le dynamisme de sa croissance spirituelle. De son état inachevé d’individu égaré à l’accomplissement de son identité retrouvée de frère.

A dire vrai dire le maçon n’entre pas dans une demeure spirituelle, il est appelé à être cette demeure. Désormais, il s’agit pour lui d’être pour paraître en vérité, d’être pour avoir sans être asservi, d’être pour agir sans se perdre dans l’activisme .
Alors seulement Jérusalem devient le symbole du Temple mystique qu’édifie le maçon. Quiconque vit ainsi cette identité spirituelle, celle du Temple qu’il est appelé à devenir, possède en son coeur Jérusalem. Celle-ci n’est jamais que le symbole de la réalité à venir. Il s’agit de faire rentrer le souffle divin dans l’Homme pour que l’Homme entraîne tout le cosmos dans son Assomption avec lui, vers cette cité de Lumière où il n’y a ni soleil ni lune, où Dieu est l’Unique Lumière.

S’il est par contre une situation que le maçon ne semble pas connaître, c’est bien celle des exilés du psaume, la déportation en terre étrangère. Qui d’entre nous pourrait-il se déclarer en exil? Qu’est-ce que l’exil pour le maçon? Cependant, si Jérusalem est ce Mystère qui nous habite force nous est donnée de reconnaître que nous en sommes très loin.

Une parabole tibétaine présente ainsi la condition de l’Homme. Il est comme un mendiant qui mendie toute la journée et le soir se couche à même le sol mais pose sa tète en guise d’oreiller sur un sac rempli d’émeraudes. Il ignore son Trésor. Nous aussi nous sommes comme celui qui cherche ses lunettes et ne les trouve pas parce qu’il les porte sur son nez. Ainsi cherchons-nous toujours en dehors, à l’extérieur, ce trésor tout proche. Nous sommes en exil de nous-même.

La belle histoire que nous avons tente de vous raconter se passait il y a quelques mille ans avant notre ère. Quatre siècles plus tard Jérusalem est prise par les chaldéens de Nabuchodonosor. Le temple est pillé et détruit. Les colonnes sont brisées et l’airain emporté a Babylone, elles ne seront jamais reconstruites. L’histoire du Temple de Salomon ne fait que commencer.

Nous avons dit VM

L\ S\ et J\ L\-B\ 

 

source : www.ledifice.net

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La Doctrine du Troisième Terme de la Trinité

13 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

La Divinité est triple : le Père, le Fils et la Mère.

Le Père est le départ, ou la chute, de l’Origine vers le plan de la division et de la multiplicité.

Le Fils est la nostalgie et la volonté du rachat universel, combattues par l’Adversaire inhérent à Sa nature : Satan.

 La Mère est le retour vers l’Origine, après le combat définitif et la réconciliation dans le Fils de Ses deux natures opposées : la nature christique et la nature satanique.

Le Fils se détache du Père et se partage en deux : Il est double.

La Mère procède du Père et du Fils, et les contient tous deux : Elle est triple.

Seul, le Père est homogène.

Les trois aspects de la Trinité – le Père, le Fils, la Mère – sont successifs dans le temps, mais simultanés en leur Présence Eternelle dans les régions non entraînées sur le plan de la division et de la multiplicité.

La succession – Père, Fils, Mère, – se justifie ainsi :

Le Père est le principe Mâle, qui accomplit l’acte de la négation de l’Esprit Unique ; c’est l’amour orienté vers la chair.

Le Fils est le principe de la seconde négation, celle qui dans la chair repousse la chair ; c’est l’amour orienté vers l’irréel, l’amour du cœur infécond. Le Fils n’est ni Mâle ni Femelle : il est en deçà des deux sexes divins. Il est à cause de cela au-delà des êtres sexués.

La Mère est le rétablissement du principe Mâle dans le sens inverse : Elle affirme l’Esprit Unique, et son amour, partant de la chair, s’oriente vers la réalisation spirituelle. Elle console et glorifie le Fils, car Elle concrétise dans la vie multiple son rêve de pureté sublime. La Mère apaise le combat entre le Christ et Satan, en ramenant ces deux volontés contraires sur la même voie d’ascension unique. La Mère procède du Père et du Fils, et leur est successive dans la subordination temporelle, parce que la négation ne se convertit en affirmation qu’au moyen de la seconde négation.

Lorsque l’œuvre de la Mère est accomplie, celle du Père recommence, car les trois aspects de la Divine Trinité se répètent sans cesse.

Dans l’histoire humaine, les trois phases divines se reflètent sous forme de trois types de religions, lesquelles se succèdent constamment, en déterminant trois types de civilisations, que nous retrouvons dans le cycle – ou triangle – auquel nous appartenons dans ces trois religions-civilisations : la religion hébraïque, la religion christique et la religion du Troisième Terme, annoncée actuellement.

Le symbole de la religion hébraïque – Religion du Père – est la verge cachée dans l’arche. Sa morale protège la reproduction de l’espèce.

Le symbole de la religion christique – Religion du Fils – est, d’une part, la croix, de l’autre l’épée : la renonciation à l’acte sexuel et le mépris pour la vie. Mais dans l’ombre du Christ, les adorateurs de Satan divinisent le ventre de la femme en des orgies secrètes, qui maintiennent le dynamisme de la marche en avant. La messe blanche de la transsubstantiation est ainsi atténuée par la messe noire de la redynamisation de la chair, laquelle, sans cela, serait anémiée.

Le symbole de la troisième religion – la Religion de la Mère – est la flèche lancée vers le ciel. La messe d’or, qu’elle instaurera, glorifiera l’amour réel de la chair, afin de dégager de cette dernière l’esprit rénovateur et ascendant, qui fera sur la terre toutes choses nouvelles.

Heureux ceux qui assisteront à cette messe.

 

Maria de Naglowska

 

source : www.esoblog.net

 

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Le cabinet de réflexion ou la caverne alchimique

13 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Alchimie

Le profane qui demande a être initié aux mystères de la Franc-Maçonnerie peut il imaginer ce qui l’attend et les épreuves que celui-ci devra surmonter afin de recevoir la lumière ? Non, mais son instinct lui laisse entrevoir un « changement », une « transmutation » qui se prépare au plus profond de lui. 

Le chemin qu’il vient de prendre c’est celui de l’Initiation, du latin Initiare qui veut dire commencer, car c’est bien une quête initiatique que celui-ci vient d’entreprendre. Pourquoi cherche t-il à être Initié ? Peut être que son inconscient, fil conducteur de la plupart de ses actions, au travers d’un imperceptible murmure, que seul celui qui écoute avec son cœur peut espérer entendre, lui a révélé le but ultime de l’ « Homme » : la PURIFICATION. 

En effet, l’Initiation c’est la purification, purification de l’ « Homme Cosmique » qui après le drame de la Chute édénique, entraînant sa propre destruction, cherche à se régénérer afin de réintégrer le paradis perdu. La première épreuve que le profane vivra pour entrer en Franc-Maçonnerie sera celle du cabinet de réflexion, nom étrange qui cache une pratique bien plus ancienne que la Maçonnerie elle-même. Le cabinet de réflexion est à mon sens, une des épreuves la plus importante sur le chemin de l’Initiation, car c’est en son sein qu’il faudra « procéder à une sorte de décrassement intellectuel et moral ayant pour but de débarrasser l’esprit de tout ce qui empêche la lumière de parvenir jusqu’à lui » (1) 

Le cabinet de réflexion utilise le langage universel de la symbolique, afin de faire vivre au profane sa première épreuve, qui est celle de la terre. Il est écrit quelque part dans la bible « tu es sorti nu du ventre de ta mère et tu retourneras nu dans le ventre de la terre. Tu n’emporteras rien en mourant, tu n’emporteras pas tes richesses avec toi », et en effet, avant que le profane ne rentre dans le cabinet de réflexion, on lui demande de ce défaire de son argent et de déposer tous ses objets métalliques. 

A l’intérieur du cabinet de réflexion, le profane découvrira plusieurs symboles évoquant la mort, puis le postulant est invité à rédiger son « testament philosophique » car à cette instant précis il va mourir à sa vie profane, mais avant de renaître et de vivre pleinement sa seconde naissance, il se doit de faire un bilan et de répondre par écrit à trois questions : Quels sont les devoirs de l’homme envers lui-même ? Quels sont les devoirs de l’homme envers Dieu ? Quels sont les devoirs de l’homme envers l’humanité ? 

Dans cette étroit cabinet de réflexion, aux murs peints en noir, dont la seule source lumineuse se trouve être une simple bougie dont la flamme vacille lentement, le profane, une fois que le bandeau lui est retiré, se trouve rapidement confronté aux nombreux symboles et inscriptions qui l’entourent. Puis peu à peu, il découvre un autre symbole, dont aucun support matériel ne peut exprimer la présence et qui pourtant est le plus important des symboles : le SILENCE. Il est dit que « quand se taisent les bruyantes passions du monde, le cherchant peut enfin écouter », ainsi le profane est invité à faire le silence, afin qu’il puisse écouter au plus profond de lui-même les paroles de sagesse que lui inspire son cœur. Le cabinet de réflexion est comme une caverne alchimique où se déroule un rite de purification, une matrice dans laquelle notre être renaîtra purifié, c’est un lieu où, si nous y passions plusieurs jours, nous pourrions y atteindre l’illumination intérieure. 
Lorsque le profane aura fait le silence sur les passions du monde qui l’entoure, et que par un savant contrôle de sa respiration il aura atteint une tranquille méditation, alors il commencera à devenir sensible aux messages qui l’entourent. 

Face à lui, une inscription énigmatique l’invite à un voyage au plus profond de lui-même, et sans même le savoir il s’y prêtera, guidé dans sa démarche par le rythme du silence. V.I.T.R.I.O.L, énigme indéchiffrable, dont le profane ne comprendra intellectuellement le sens que bien plus tard, mais à cet instant précis, lorsqu’il se trouve dans l’œuf primordial, caverne alchimique aux pouvoirs de transmutations infinie, son inconscient n’aura aucune peine a comprendre cette inscription dont la valeur alchimique ne fait plus aucun doute. Les sept initiales, V.I.T.R.I.O.L, sont la révélation de l’opération du Grand Œuvre, aide -mémoire indispensable au profane, comme à l’Initié, car il révèle le processus alchimique de la transmutation de l’être comme des métaux. V.I.T.R.I.O.L, septénaire mystérieux dont le sens dévoilé révèle une parfaite connaissance des processus qui mène à l’éveil, « Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem » : « Visite l’intérieur de la terre, et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée ». Cette pierre que le profane doit trouver n’est autre que la pierre philosophale des alchimistes, et celle-ci se trouve au plus profond de chacun d’entre nous, elle ne se dévoile qu’à ceux qui par un travail intérieur sincère, sont arrivés au parfait équilibre pour ne faire qu’un : « Omnia ab uno, omnia ad unum », « Tout procède de l’Unité, tout tend vers l’Unité ». 

Le ternaire alchimique est également présent, car indispensable au processus alchimique de formation de la pierre philosophale. 

Le Sel, le Souffre, et le Mercure exprime ensemble le véritable équilibre, auquel le profane doit tendre afin de se régénérer. 

Le Souffre représente l’énergie expansive, principe actif masculin et le Mercure représente l’énergie attractive, principe passif féminin, tandis que le Sel qui résulte de l’action du Soufre sur le Mercure, est neutre, résulta des deux principes, il est donc l’agent équilibrant, comme l’exprime avec perfection son symbole, un cercle divisé en deux par une diagonale qui le traverse, image parfaite de l’équilibre. 

Le sablier qui se trouve posé devant le profane, est un attribut de Saturne, il symbolise le temps, il représente sur le plan matériel, donc terrestre, le temps qui s’écoule et qu’on ne peut inexorablement pas arrêter, chaque grains de sable qui tombe nous rapprochant irréversiblement du jour de notre mort. Le sablier représente encore autre chose, qui pour le profane n’est peut être pas tout de suite perceptible, ce qui n’enlève rien à sa force évocatoire, car le sablier qui a tout pouvoir sur le plan terrestre ( matériel ), n’en a aucun sur le plan astral ou cosmique. Ce qui signifie, qu’une fois l’homme libéré des chaînes matérielles du temps terrestre, il pourra enfin réintégrer le temps initial, c’est-à-dire celui du commencement, de la création, l’instant primordial d’avant la chute, là ou le péché et les servitudes n’existaient pas. 

Pour que ce rite de vie et de mort puisse être efficace et aboutir à la purification du profane, il lui faut encore un puissant symbole, un « témoin » psychique permettant de relier les vivants aux morts, un lien puissant exprimant la chaîne ininterrompue entre les Maîtres passés à l’Orient Eternel et le profane qui aspire à reprendre le flambeau en devenant Franc-Maçon à son tour. 
Ce « témoin » psychique est un véritable crâne humain posé près du profane, et devant lui se trouve écrit ces mots : « J’étais ce que tu es, tu seras ce que je suis ! », des mots lourds de significations. Ce crâne, réceptacle des forces supérieures, transmettra alors un dernier message au profane, comme le faisaient autre fois les têtes de morts parlantes qui enseignaient aux vivants. 

Elle lui dira : Ce que tu vas voir, je l’ai déjà vu ; ce que tu vas vivre, je l’ai déjà vécu ; ce que tu vas entendre, je l’ai déjà entendu, je suis « la réalité telle qu’elle apparaît dépouillée de son décor sensible ; la vérité brutale, privée du voile des illusions », (O. Wirth) alors courage et bonne route ! Mais dans cette demeure alchimique, le crâne possède encore un autre secret, qui n’apparaît qu’au moment délicat de la sublimation alchimique, c’est celui du Caput mortem, lorsqu’il faut couper la tête, Caput mortem, afin de voir apparaître le cygne blanc, thème alchimique de la putréfaction. 

Mourir pour renaître à nouveau, c’est une loi universelle : « En vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruits » (Jean 12 : 24). 
Puis le profane, qui peu à peu sortira de sa profonde méditation, lèvera les yeux vers le Coq, symbole solaire qui lui annoncera la fin de sa nuit éternelle, et le triomphe prochain de la lumière sur les ténèbres.

Lausanne, le 05 juillet 2005

Par Marcos Drake Texte tiré du livre à paraître de Marcos Drake également disponible sur le site www.etoile-du-nord.com ou www.marcos-drake.com

 

(1)Oswald Wirth- L’apprenti. (2)Bible

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Exercices spirituels de St Ignace de Loyola : les additions

12 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

Additions à observer pour mieux faire les exercices et trouver plus sûrement ce que l'on désire.

 

Première addition. Après m'être couché, et avant de m'endormir, je penserai à l'heure à laquelle je dois me lever, et pour quelle fin, et je résumerai pendant l'espace d'un Je vous salue Marie l'exercice que je dois faire.

Deuxième addition. Lorsque je me réveillerai, j'éloignerai de mon esprit toute autre pensée, pour m'occuper de suite du sujet que je dois méditer dans le premier exercice, qui se fait au milieu de la nuit, m'excitant à la confusion de mes péchés, si grands et si nombreux; je me proposerai quelques comparaisons, par exemple celle d'un gentilhomme qui se trouverait devant son roi et devant toute sa cour, honteux et confus d'avoir grandement offensé celui dont il a d'abord reçu de nombreux bienfaits et des faveurs signalées. De même, dans le second exercice, je me regarderai comme un grand pécheur, enchaîné, et sur le point de comparaître devant le Juge suprême et éternel, m'aidant de la comparaison d'un criminel digne de mort, que l'on conduit chargé de fers devant son juge temporel: et, dans ces pensées ou d'autres semblables, selon la matière de l'exercice, je prendrai mes vêtements.

Troisième addition. Avant de commencer, je me tiendrai debout le temps de réciter le Notre Père, à un ou deux pas de l'endroit où je dois méditer, l'esprit élevé vers le ciel, et considérant comment Dieu, notre Seigneur, me regarde; puis je me prosternerai en m'humiliant devant lui.

Quatrième addition. Je commencerai ma contemplation, tantôt à genoux, tantôt prosterné, tantôt étendu sur la terre, le visage vers le ciel, tantôt assis, tantôt debout; cherchant toujours à trouver ce que je désire. Et en cela j'observerai deux choses: premièrement, si je trouve ce que je désire à genoux ou prosterné, je ne chercherai pas une autre position; secondement, si j'éprouve dans un point de la méditation les sentiments que je voulais exciter en moi, je m'y arrêterai et m'y reposerai sans me mettre en peine de passer outre, jusqu'à ce que mon âme soit pleinement satisfaite.

Cinquième addition. L'exercice terminé, assis ou en me promenant, j'examinerai pendant un quart d'heure quel en a été le succès: s'il n'a pas été heureux, j'en rechercherai attentivement la cause et, l'ayant découverte, je m'exciterai au repentir, afin de me corriger dans la suite; s'il a été heureux, j'en rendrai grâces à Dieu, notre Seigneur, et me conduirai une autre fois de la même manière.

Sixième addition. Je ne m'arrêterai volontairement à aucune pensée capable de me causer du contentement ou de la joie, comme serait le souvenir du ciel ou de la résurrection: car toute considération de cette nature m'empêcherait de ressentir de la peine et de la douleur, et de verser des larmes sur mes péchés. Je tâcherai, au contraire, de conserver toujours le désir d'éprouver de la douleur et du repentir, me rappelant plutôt à la mémoire la mort et le jugement.

Septième addition. Pour la même raison, je me priverai entièrement de jour, fermant les fenêtres et les portes de l'appartement que j'occupe, tout le temps où je m'y trouverai, excepté lorsque je devrai réciter l'Office divin, lire et prendre mon repas.

Huitième addition. Je m'abstiendrai de rire et de proférer aucune parole qui puisse porter à rire.

Neuvième addition. Je veillerai sur mes yeux et ne les lèverai sur personne, excepté lorsqu'il me faudra parler à quelqu'un, en l'abordant ou en le quittant.

Dixième addition. La dixième addition regarde la pénitence, qui se divise en intérieure et extérieure. La pénitence intérieure consiste dans la douleur de ses péchés, accompagnée d'un ferme propos de ne plus retomber dans ces mêmes péchés ni dans aucun autre. La pénitence extérieure est un fruit de la première et consiste à se punir de ses fautes passées; ce qui peut surtout se pratiquer en trois manières:

Premièrement, à l'égard de la nourriture. Sur quoi il faut remarquer que le retranchement du superflu n'est pas pénitence, mais tempérance. Il n'y a pénitence que lorsqu'on retranche quelque chose de ce que l'on pourrait prendre convenablement; et dans ce sens, plus nous parvenons à retrancher, plus la pénitence est grande et louable, pourvu qu'elle n'aille pas jusqu'à ruiner les forces et qu'elle n'altère pas notablement la santé.

Deuxièmement, à l'égard du sommeil. Pour la manière de le prendre, remarquez encore que ce n'est pas pénitence de retrancher ce qui ne servirait qu'à flatter notre délicatesse et notre sensualité. Il n'y a pénitence que dans la privation d'une partie des objets dont nous pourrions convenablement user; et, dans ce sens, plus on parviendra à retrancher, mieux on fera, pourvu qu'on n'altère pas considérablement sa santé et qu'il ne s'ensuive pas une infirmité notable. Quant au temps à donner au sommeil, il ne faut ordinairement rien retrancher de ce qui est convenable, à moins qu'il ne s'agisse de corriger l'habitude vicieuse de dormir trop et d'arriver à une juste mesure.

Troisièmement, à l'égard du corps. Elle consiste à lui faire souffrir une douleur sensible en portant des cilices, des cordes, des chaînes de fer sur la chair; en prenant des disciplines, ou en se faisant des plaies et en pratiquant d'autres genres d'austérités.

Ce qui paraît le plus convenable et le moins dangereux en ce point, c'est que la douleur ne soit sensible que dans la chair, et qu'elle ne pénètre pas jusqu'aux os: de sorte que la pénitence cause de la douleur et non quelque infirmité. Aussi semble-t-il à propos de faire usage de disciplines faites de petites cordes qui causent extérieurement de la douleur, plutôt que d'employer un instrument qui puisse causer une infirmité notable.

Première remarque. Les pénitences extérieures se pratiquent principalement pour trois fins: la première, pour la satisfaction des péchés que l'on a commis; la seconde, pour se vaincre soi-même, c'est-à-dire pour obliger la sensualité à obéir à la raison, et la partie inférieure de l'âme à se soumettre, autant qu'il est possible, à la partie supérieure; la troisième, pour obtenir de Dieu quelque grâce particulière que l'on désire, par exemple, celle de ressentir intérieurement une vive douleur de ses péchés, de les pleurer amèrement, ou de verser des larmes sur les douleurs et les souffrances que Notre-Seigneur Jésus-Christ endura dans sa Passion, ou enfin la solution de quelque doute.

Deuxième remarque. La première et la deuxième addition ne regardent que les exercices de la nuit et de l'aurore, et non ceux qui se font en d'autres temps. La quatrième addition ne s'observera jamais dans l'église ou en présence d'autres personnes, mais uniquement quand on est seul dans sa chambre ou ailleurs.

Troisième remarque. Quand celui qui fait les exercices n'obtient pas ce qu'il désire, comme des larmes, des consolations, etc., il est souvent avantageux qu'il fasse quelque changement dans la nourriture, dans le coucher, ou dans le sommeil, et dans les autres manières de faire pénitence; qu'il modifie sa conduite, pratiquant des mortifications deux ou trois jours de suite, et les suspendant les deux ou trois jours suivants. Car quelques-uns ont besoin de faire plus de pénitences, et d'autres moins; et aussi parce que souvent nous omettons les pratiques extérieures de pénitence par amour des sens, et par un jugement erroné qui nous fait croire faussement que nous ne pourrons les supporter sans causer à notre santé un tort considérable. Quelquefois, au contraire, nous faisons trop, ne consultant pas assez nos forces; et, comme Dieu, notre Seigneur, connaît infiniment mieux notre nature que nous ne la connaissons nous-mêmes, il daigne souvent, tandis que nous alternons de la sorte, nous faire connaître clairement ce qui nous est convenable.

Quatrième remarque. On se proposera, dans l'examen particulier, de corriger les défauts et les négligences commises, soit dans les exercices, soit dans l'observation des additions. La matière de cet examen sera la même dans la seconde, la troisième et la quatrième semaine.

 

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Les exercices de St Ignace de Loyola (suite)

11 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

Le deuxième exercice est la méditation sur ses propres péchés. Il comprend, outre l'oraison préparatoire et les deux préludes, cinq points et un colloque.

L'oraison préparatoire sera la même. Le premier prélude sera la même composition de lieu. Le second prélude consiste à demander ce que l'on veut obtenir. Dans cette méditation, je demanderai une douleur intense et profonde et des larmes pour pleurer mes péchés.

Le premier point est comme une revue générale. Je tâcherai donc de me souvenir de tous les péchés de ma vie, la repassant tout entière d'année en année, ou d'époque en époque. Pour cela, il me sera très utile de me rappeler trois choses: premièrement, les lieux que j'ai habités; secondement, les relations que j'ai eues avec d'autres personnes; troisièmement, les emplois que j'ai exercés.

Dans le second point, je pèserai mes péchés: c'est-à-dire que je considérerai la laideur et la malice intrinsèque de chaque péché mortel, supposé même qu'il ne soit pas défendu.

Dans le troisième, je considérerai qui je suis, en m'efforçant par diverses comparaisons de paraître de plus en plus petit à mes yeux. Premièrement, que suis-je en comparaison de tous les hommes? Deuxièmement, que sont tous les hommes en comparaison de tous les Anges et de tous les Saints du paradis? Troisièmement, que sont toutes les créatures en comparaison de Dieu? Donc moi seul, enfin, que puis-je être? Quatrièmement, je considérerai toute la corruption et toute l'infection de mon corps. Cinquièmement, je me regarderai comme un ulcère et un abcès d'où sont sortis tant de péchés, tant de crimes et tant de souillures honteuses.

Dans le quatrième point, je m'appliquerai à connaître Dieu que j'ai offensé. Je m'aiderai de la considération de ses attributs, que je comparerai aux défauts contraires qui sont en moi: sa sagesse à mon ignorance, sa toute-puissance à ma faiblesse, sa justice à mon iniquité, sa bonté à ma malice.

Le cinquième point sera le cri d'étonnement d'une âme profondément émue. Je parcourrai toutes les créatures, leur demandant comment elles m'ont laissé la vie, comment elles ont concouru à me la conserver. Je demanderai aux Anges, qui sont le glaive de la justice divine, comment ils m'ont souffert et gardé, comment ils ont même prié pour moi; aux Saints, comment ils ont aussi intercédé et prié pour moi. Je m'étonnerai que les cieux, le soleil, la lune, les étoiles et les éléments, les fruits de la terre, les oiseaux, les poissons et les animaux, que toutes les créatures aient continué à me servir et ne se soient pas élevées contre moi; que la terre ne se soit pas entrouverte pour m'engloutir, creusant de nouveaux enfers où je devais brûler éternellement.

Je terminerai par un colloque, dans lequel j'exalterai la miséricorde de mon Dieu; je lui rendrai grâces de m'avoir conservé la vie jusqu'à ce moment, et je prendrai la résolution de me corriger avec le secours de sa grâce. Notre Père, etc.

Troisième exercice

Le troisième exercice est la répétition du premier et du deuxième, terminée par trois colloques.

Après l'oraison préparatoire et les deux préludes, je répéterai le premier exercice et le deuxième, faisant une attention spéciale aux endroits qui m'auront fait éprouver plus de consolation ou de désolation, et que j'aurai médités avec plus de goût spirituel, m'y arrêtant quelque temps. Je ferai ensuite les trois colloques de la manière suivante:

Le premier à Notre-Dame, pour qu'elle m'obtienne de son Fils et Seigneur trois grâces: la première, de connaître d'une connaissance intime mes péchés et d'en concevoir de l'horreur; la deuxième, de sentir le désordre de mes actions, afin que, le détestant, je me corrige et je règle ma conduite; la troisième, de connaître le monde, afin que l'ayant en horreur, je m'éloigne de tout ce qui est vain et périssable. Terminer ce premier colloque par le Je vous salue Marie12.
Le second au Fils, lui demandant les mêmes grâces et le priant de me les obtenir de son Père céleste. Terminer par la prière:
Âme du Christ
13.
Le troisième à Dieu le Père, lui demandant toujours les mêmes grâces et le suppliant de me les accorder lui-même, lui qui est le Seigneur éternel de toutes choses. Je réciterai le
Notre Père.

Quatrième exercice

Le quatrième exercice est un résumé du troisième.

Je dis un résumé, dans lequel l'entendement, sans s'égarer, réfléchit attentivement, en se rappelant les vérités qu'il a contemplées dans les exercices précédents. On terminera en faisant les trois mêmes colloques.

Cinquième exercice

Le cinquième exercice est la méditation de l'enfer. Il comprend, outre l'oraison préparatoire et les deux préludes, cinq points et un colloque.

L'oraison préparatoire, comme à l'ordinaire. Le premier prélude est la composition de lieu, qui consiste, dans cette méditation, à voir des yeux de l'imagination la longueur, la largeur et la profondeur de l'enfer. Le second est la demande de la grâce que l'on veut obtenir. Ici je demanderai le sentiment intérieur des peines que souffrent les damnés, afin que, si mes fautes me faisaient jamais oublier l'amour du Seigneur éternel, du moins la crainte des peines m'aidât à ne pas tomber dans le péché.

Dans le premier point, je verrai des yeux de l'imagination ces feux immenses, et les âmes des réprouvés comme enfermées dans des corps de feu.

Dans le deuxième, j'entendrai, à l'aide de l'imagination, les gémissements, les cris, les clameurs, les blasphèmes contre Jésus-Christ Notre-Seigneur et contre tous les Saints.

Dans le troisième, je me figurerai que je respire la fumée, le soufre, l'odeur d'une sentine et de matières en putréfaction.

Dans le quatrième, je m'imaginerai goûter intérieurement des choses amères, comme les larmes, la tristesse, le ver de la conscience.

Dans le cinquième, je toucherai ces flammes vengeresses, m'efforçant de comprendre vivement comment elles environnent et brûlent les âmes des réprouvés.

Faisant un colloque avec Jésus-Christ Notre-Seigneur, je me rappellerai combien d'âmes sont en enfer: les unes parce qu'elles n'ont pas cru à la venue du Sauveur, les autres parce qu'en y croyant elles n'ont pas agi selon ses commandements; partageant ces âmes en trois classes: la première, celles qui se sont perdues avant sa venue; la deuxième, pendant sa vie; la troisième, après sa vie en ce monde. Je lui rendrai grâces de ne m'avoir laissé tomber par la mort dans aucune de ces classes; me rappelant, au contraire, comment j'ai toujours été jusqu'ici l'objet de sa grande compassion et de sa grande miséricorde; et je terminerai en récitant le Notre Père.

Le premier exercice se fera au milieu de la nuit; le deuxième, le matin, aussitôt après le lever; le troisième, avant ou après la Messe, mais toujours avant le dîner; le quatrième, à l'heure des vêpres; le cinquième, une heure avant le souper. Ce règlement, tel ou à peu près tel que nous venons de l'indiquer, est le même pour les quatre semaines, autant que l'âge, la disposition et les forces de la personne qui fait les exercices lui permettront d'en faire cinq, ou l'obligeront d'en diminuer le nombre.

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