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Hauts Grades

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Le Soufisme, méthode, spiritualité depuis le 10éme siècle

18 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Soufisme

Dans le Soufisme comme dans la Maçonnerie, il y a une multitude de courants d'importance diverse, échelonnés entre les débuts de l'lslam (c’est a dire le 7ème siècle) et l'époque actuelle.


Certains courants n'ont eu qu'une existence éphémère,et d'autres vivent encore.


Le Soufisme est né en Irak au 10ème siècle. Les soufis, auparavant dispersés dans l'ensemble du Proche-Orient, commencent à former des écoles autour de quelques maîtres de Bagdad et de Bassora. Les thèmes qui relèvent de l'expérience mystique sont alors développés publiquement, puis consignés en des traités.


Les premières confréries Soufies proprement dis apparaissent au 12ème siècle. Elles deviendront la forme dominante du Soufisme jusqu'à l'époque moderne.


Il existe deux sortes de confréries: confréries de cour et d'aristocrates, telles que les MEVLEVIS d'Anatolie fondée par AL ROUMI et des confréries plus populaires telles que le RIFA'IYYA de BABYLONIE fondée par AHMAD AL-RIFA'I. Certaines, nées à cette époque, subsistent encore aujourd'hui à travers des ramifications multiples telles que la QADIRIYYA de Bagdad fondée par ABD AL-QADIR AL-DJILANl mort en 1166 et dont le tombeau à Bagdad est un lieu de pèlerinage des Soufis aujourd'hui encore.


Le Soufisme est d'abord l'expérience du vécu individuel des questions qui nous brûlent l'esprit pour tout ce qui est de l'énigme de la vie et de ses racines si lointainement implantées dans les ténèbres de notre origine.

Et ceci présuppose au moins un pressentiment de la possibilité d'une perception intérieure directe, pressentiment qui pourrait devenir germe d'inspiration.


Voici près de mille ans, un grand Soufi disait du Soufisme qu'il était une «saveur», parce que son but et sa fin pourraient se définir comme la connaissance directe des vérités transcendantes, sa nature est en effet plus comparable aux expériences des sens qu'une connaissance procédant du mental.


Le Soufisme, se réclame des temps les plus anciens puisque il conceder que Adam etait un initié par ailleurs selon les Soufis l'usage du sceau de Salomon est une des clefs pour l'interprétation de nombreux textes dont le sens a échappé à la compréhension de ceux qui ignorent les lois du symbolisme.


Le Soufisme lui meme de par sa nature est un peu comme une énigme. La racine arabe «çouf» qui comprend les trois lettres «çâd-fâ-wâw-fâ» a comme sens de base «pureté». Elle possède selon la science des lettres une identité secrète avec la racine «çfou» qui s'écrit «çâd-fâ-wâw» et qui a pour sens de base «pureté» et désignant ce qui a été passé au tamis pour séparer les graines de la balle. En outre, il découle de cette racine une forme verbale qui, si on I'écrit sans voyelle comme cela se fait couramment en arabe, est en apparence identique à «çûfi» et signifie «il a été choisi comme un ami intime». Cependant les Soufis parlent le plus souvent d'eux-mêmes en disant les Pauvres «al-fuqarâ». La pauvreté (dans le sens de savoir) a pour eux un pouvoir alchimique en tant que vide demandant à être comblé. Les premiers Soufis portaient des vêtements en laine. Or, la science des symboles nous indique que le mouton a toujours été spécialement consacré au soleil; ainsi, en portant un vêtement de laine on revêt la robe de cet «éveil du cœur» symbolisé par la lumière du soleil et constituant l'aspect central de tout ce que le Soufi entreprend de reconquérir. Les soufis justifient le port de la robe de laine en affirmant qu'elle a été l'habit des prophètes (nabi) d'avant Mahomet et notamment celui de Moîse (Moussa) et de Jésus (Isa). Le Soufisme s'appuie également sur des valeurs Gamtatriques « numériques ».


Dieu possède dans la langue arabe (99) noms allant de l'éternel en passant par le grand, le fort, le puissant, le miséricordieux, etc... Les Soufis disent que la totalisation de (99), (9) plus (9), donne (18), (1) plus (8) donne (9), et la multiplication de (9) par (9) donne (81). (8) plus (1) donnant (9), la soustraction du premier et du deuxième donne (0) qui se dit «sifr», en arabe, ce qui signifie littéralement «néant», d'où la recherche soufique permanente auprès de la divinité car les lois de la nature et de la physique ne reconnaissent pas le néant.


«Fais-moi entrer, ô Seigneur, dans les profondeurs de l'océan de ton unité infinie». L'océan est souvent utilisé omme référence symbolique du terme vers lequel conduit le chemin Soufi.



De temps à autre, une révélation entre guillemets «flue» comme un grand flot de marée venant de l'Océan d'lnfinitude vers les rives de notre monde fini; et le Soufisme est la vocation, la discipline et la science permettant de se plonger dans le reflux de l'une de ses vagues et d'être ramené avec elle à sa source éternelle et infinie.


Il n'y a qu'une seule eau, mais deux Révélations selon les nécessités particulières de temps et de lieu. Elles peuvent être reçues de manière diffèrentes:


•les croyants dogmatiques sont dans leur grande majorité concernés exclusivement par l'eau qui constitue l'aspect formel de la religion.


•Les Soufis se préoccupent de l'eau laissée à découvert par la vague lors du reflux. Pour les Soufis le corps ne saurait refluer c'est-à-dire revenir vers sa source primordiale, avant la résurrection: quant à l'âme, elle doit attendre la mort du corps; jusque là, elle est, bien qu'immortelle, emprisonnée dans le monde mortel. A la mort du grand Maître Soufi Ghazâlî, au 11ème siècle, on trouva sous sa tête un poème qu'il avait écrit durant sa dernière maladie:


« Je suis un oiseau :
ce corps était ma cage,
mais je me suis envolé,
le laissant comme un signe.»


Chez les grands Soufis, quelque chose de plus essentiel que l'âme, qui doit attendre la mort pour parvenir à la liberté, avait déjà reflué et ceci malgré leur corps «cage», je veux dire AL-BARAKA.


Le centre de connaissance, I'Océan, est aussi bien au dedans qu'au dehors et le Târîka Soufi (c'est à dire la méthode Soufie) est un éveil progressif comme si l'on «reculait» en direction de la racine de son Etre; c'est un "ressouvenir" du Soi Suprême qui transcende infiniment l'Ego humain et qui n'est autre que les profondeurs vers lesquelles la vague reflue.


Les âmes sont comme des arbres. Celui qui se distingue des autres est celui qui, comme disent les Hindous est «libéré vivant»; il a réalisé ce que les Soufis appellent la «Station Suprême»; et le Soufisme est une voie et un moyen de prendre racine, à travers la «porte étroite» qui est dans la profondeur de l'âme, dans l'Esprit pur qui débouche lui-même dans la divinité.


Le Soufisme exige que l'âme se dépouille des limitations de l'homme, de ses habitudes et de ses préjugés qui étaient devenus une «seconde nature» et se couvre des caractéristiques de la nature primordiale de l'homme, c'est à-dire la pureté, la sincérité, la générosité etc...


Le Soufisme comme la Maçonnerie comporte des grades et des degrés d'initiation débutant par l'apprenti «Talib» qui en suivant un long et difficile parcours initiatique deviendra un aspirant «Murîd». Celui-ci passera par des «Maqâmat», étapes d'initiations successives, accédera à la dignité de «Murshid», directeur spirituel, guide des disciples, collaborateur du maître, gardien des règles et rites. Le moment venu, toutes les épreuves surmontées, le maître confère l'investiture au «Murshid» pour devenir un «Cheikh» maître possédant la «baraka» et le secret de la science divine «al-ma'rifa».


A ce stade là, il est dit que le maître sait distinguer I'homme (son maître passé) de son enseignement, s'attacher à la valeur propre de cet enseignement et non pas du comportement du maître. Il lui appartient alors de vérifier sur lui-même l'enseignement qu'il reçoit, sans s'attarder à en juger l'auteur.


le rite d'initiation Soufi, prend la forme d'une investiture: un manteau «Khirqah» est placé par le maître sur les épaules de l'initié il lui confère un pouvoir temporel rappelant la cape.


Un autre symbole Soufique est celui du «Silsila», la chaîne: au moment du serment, le «cheikh» maître tend son rosaire au récipiendaire; celui-ci en saisit l'autre extrémité qu'il tient pendant la prononciation de la formule d'initiation. Le lien de la chaîne spirituelle permet à l'initié de progresser le long du chemin, la traction de la chaîne transcende les efforts du voyageur, lesquels sont pourtant nécessaires pour la rendre opérante.


L'humain entre dans ce monde par une porte cosmique. Pour éviter de refluer par la même issue, sa petite vague individuelle doit atteindre le point culminant de la grande vague et pour cela, il a le pouvoir de jeter une chaîne traçant une lignée spirituelle remontant jusqu'à la verticalité divine de son initiateur.


Après l'initiation, le novice prend le genre de Vie de l'Adepte, qui consiste à anticiper sur la fin, c'est à dire la mort physique; ce qui l'amène par la puissance de la «Tariquah» à devenir un membre central «Salik», ce qui signifie voyageur. Le Soufi prend alors un sac, avec un morceau de pain, un papier et une plume. Il voyagera à travers les pays afin de rencontrer les Savoirs, mais les Soufis entendent aussi par voyage l'approfondissement intérieur ou le reflux du soi fini en direction de son principe divin.


LeSoufisme considère que l'homme étant un exilé, c'est seulement à partir du centre de l'état terrestre, c'est-à-dire au degré de la perfection humaine, qu'il est possible d'avoir accès aux états de l'Etre supérieur.


Le Soufisme enseigne que l'on ne peut exister à l'encontre de l'Etre, ni penser à l'encontre de l'Intelligence; il nous faut accorder nos rythmes à ceux de l'Infini.


Quand nous respirons, une partie de l'air est assimilée, I'autre est rejetée, il en est de même pour la résorption de la manifestation universelle, et le but suprême du Soufisme est d'être «Inspiré» par la divinité et réabsorbé donc de ne plus être expiré par la suite.


L'approche Soufique du Coran est très Symbolique et intérieure, contrairement aux Musulmans car si l'on se pose la question: Quelle est la forme prise par le flot de la marée, la réponse est un Livre «le Coran».


Les Soufis parlent de chercher à se noyer «istighrâq», mais en réalité ce qu'ils cherchent c'est l'extinction «fanâ» du créé dans I'Incréé, du temporel dans l'Eternel, du fini dans l'lnfini; et, pour certains Soufis, la récitation du Coran a constitué le principal moyen de Concentration, notamment en Inde et en Afrique occidentale, même s'ils savent très peu d'arabe; et si l'on objecte à cela qu'une telle récitation ne saurait avoir sur l'Ame qu'un effet fragmentaire étant donné que l'lntelligence des récitants ne peut y participer, on répondra que leur Intelligence est pénétrée par la Conscience de participer à la Parole Divine.


Par ailleurs, beaucoup d'écoles Soufis libèrent leurs adeptes des pratiques de la doctrine musulmane, ce qui leur a valu persécutions voire même exécutions sommaires sous prétexte d'hérésie et d'infidélité car les Soufis croient pouvoir approfondir le sens des paroles divines par une herméneutique de l'intériorité grâce à une expérience spirituelle toute intuitive et illuminative qu'ils vivent parfois jusqu'à l'extase.



Al-HALLAJ disait:

«je ne préfère aucune doctrine déterminée»...


L'intrusion du Soufisme dans la pensée religieuse d’alors va susciter des réactions. d'où des procès à la fin du 9ème siècle. Le Grand Maître Al-Halladj va accentuer ces réactions, lorsqu'il rendra public certains propos; telle la fameuse locution :

«Je suis vérité, c'est-à-dire Dieu».

Al-Halladj décrit ce processus de Bassora du mot Dieu qui s'accomplit dans l'intimité d'une union d'amour en disant :

«J'ai en moi un ami, je le visite dans les solitudes, présent même quand il échappe aux regards... c'est comme si j'étais devenu l'interlocuteur de moi même... présent, absent, proche, éloigné, insaisissable aux descriptions par qualités, Il est plus proche que la conscience pour l'imagination et plus intime que Bassora des inspirations» AL-Halladj fut emprisonné une dizaine d'années avant d'être jugé puis crucifié en 909.


La fin tragique de Al- Halladj mettait un point final à la mystique de la rupture c'est-à-dire de l'abandon du matériel. Les survivants du mouvement se rendirent soit en Irak soit en Iran. Depuis ils se cantonnent dans une discrétion qui consiste à ne tenir de propos d'une haute spiritualité qu'à ceux qui sont préparés à les entendre, donc des Initiés.


«O toi, âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée; entre parmi Mes serviteurs; entre dans Mon Paradis».


A ces propos coraniques un grand Soufi dit :

« Je suis entré en me laissant au dehors. »

En effet, puisque rien ne saurait être ajouté au Paradis de l'lnfini, ne peut y entrer que rien.


Le Cœur ou plutôt la Vision du cœur est l'un des plus importants symboles Soufiques «Ceux qui ont des cœurs» cette formule un peu énigmatique montre que la perspective est en accord avec celle de tout le monde antique, aussi bien de l'Orient que de l'Occident, lorsqu'elle attribue la faculté de vision au cœur et qu'elle mentionne celui-ci pour désigner, non seulement l'organe corporel de ce nom, mais aussi le centre de l'âme auquel il donne accès, alors que ce centre sert lui-même de passage vers un «Cœur» plus élevé, I'Esprit.


Ainsi le «Cœur» est-il souvent synonyme d'«intellect» dans le plein sens du latin «intellectus», nom de la faculté permettant de percevoir le transcendant.


Martin Lings explique très bien ce point en soulignant que :

Si le corps dans son ensemble est «horizontal» en ce qu'il est limité à son propre plan d'existence, le cœur possède, en plus de cela, une certaine verticalité du fait qu'il est l'extrémité inférieure de l'axe vertical venant de la Divinité elle même et passant par les centres de tous les degrés de l'univers.


Selon la doctrine soufique toute vie est divine. Le cœur physique reçoit la vie de la Divinité et l'épanche dans le corps, dans la direction opposée. Le cœur physique peut servir de foyer de concentration à toutes les forces de l'âme qui aspirent à l'lnfini.


Le Grand Maître Soufi Al-Hallâj dit :

«J'ai vu mon Seigneur par l'oeil du Cœur. Je dis: Qui es-tu? Il répondit: TOI».

Le Cœur est l'isthme «barzakh» qui sépare les deux mers qui représentent le Ciel et la terre, I'agréable mer d'eau douce étant le domaine de l'Esprit, et la mer salée et amère celui de l'Ame et du corps:

La lune transmet indirectement la lumière du soleil à l'obscurité de la nuit; et, semblablement, le Cœur transmet la lumière de l'Esprit à l'obscurité de l'âme.


En un mot la vision du Cœur c'est «Avoir un pressentiment de ses états supérieurs».

Notre F :. René Guénon devenu également Soufi, considère ce pressentiment comme un motif valable pour chercher à s'engager dans une voie spirituelle et comme critère de qualification pour une telle voie; et la manifestation de ce pressentiment est le sens, si reculé soit-il, est, ce que Guénon appelle «I'ldentité Suprême», une sorte d'avant-goût de la vérité qui rend au mot Saveur toute sa dimension de la connaissance directe du Cœur par opposition à celle du mental.

L'harmonie de l'Univers dépend parallèlement des similitudes et des différences, non seulement entre les individus, mais aussi entre les mondes. Il est ainsi possible de parler de mariage «du ciel et de la terre»; la réflection d'un objet est l'image fidèle mais inversée de I'objet lui-même, ce qui est le prototype naturel du sceau de Salomon de la perfection Zenitho/Nadiral active et passive.


«Détends ton esprit, et apprends à nager.»

Voici le terme le plus approprié, à mon sens, qu'un maître Soufi doit dire à son élève; en d'autres termes, libère ton mental de telle sorte que ton âme, ayant perdu pieds, puisse expérimenter les mouvements spontanés de l'intuition.

Si tu es dans un état de perplexité, prends soin de ne pas te cramponner à quoi que ce soit, de peur que tu ne fermes de ta propre main, la porte de la nécessité, car cet état prend pour toi, la place du Nom Suprême.


Le message du soufisme est celui du miracle de l'union entre l'âme individuelle et l'Absolu de la nature divine. L'homme reçoit la révélation et peut déployer son âme. Ce déploiement se fait dans l'extase, la dissolution de l'ego et du soi. Touchant alors directement tout être et toute chose, l'âme de l'individu devient conscience divine.

 

 source : www.ledifice.net

 

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Lettre du Grand Souverain Martinès de Pasqually du 16 Février 1770.

18 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #hauts grades

 

Au Nom du G.AR.D.L*U  + Amen + Amen + Amen +

Joie Paix Et Bénédictions sur qui m'entend

Du G. OR. Des OR. Universel Bordeaux 333. 357. 579. 601. 2448. 5730. 45. 1770 Du Dernier et premier quartier de la 2ème Lune de la susdite année ce 16 février.

Salut au G. OR. D. OR. De Lyon

 

T. h. et T. P. Maître,


Je suis enchanté de l'heureuse arrivée du paquet que je vous ai envoyé, vous devez voir par là combien je cherche à vous faire travailler et à vous procurer sans difficultés ni doute le véritable but de la chose que vous avez de bonne foi embrassé. Je ne puis attribuer le retardement de votre satisfaction envers la chose qu'à l'irrégularité de votre réception de Réaux + d'autant plus qu'elle a été faite hors de saison, l'autre que vous avez été travaillé par un homme impropre pour cela qui vous a reçu et ordonné clandestinement ainsi que vous devez le comprendre, par les différentes reprises, que l'on a faites à votre réception de Réaux + Vous avez été reçu par un homme qui n'avait aucun droit ni pouvoir à cet égard, le Maître Substitut universel n'ayant lui-même le droit et le pouvoir de transmettre sa puissance pour faire aucun Réaux + ni donner aucun grade supérieur, sinon de transmettre son pouvoir pour les grades d'apprenti jusqu'au Maître Chevalerie et non plus. Voila P. Maître ce que je sais pouvoir vous être contraire, c'est pourquoi j'ai recours à l'ordination de correspondance sympathique pour réparer le faux de votre réception de Réaux +.

Je vous poursuivrai encore les Équinoxes pour vous sortir de l'erreur dont on vous a plongé par les irrégularités de votre admission aux cercles. J'espère et j'ose espérer que cette dernière opération pourra vous remettre en grâce avec la chose ; ne négligez rien pour vous rendre au lieu destiné de votre ordination, ainsi qu'il vous sera indiqué dans ma lettre vous vous transporterez extraordinairement dans quelque chambre convenable à votre ouvrage ainsi qu'il vous a été expliqué jadis par moi, vous ferez un cercle avec de la craie blanche au milieu de votre chambre, vous tracerez aussi votre C. D. C. * quart de cercle * vers l'angle d'est qui sera éclairé à l'ordinaire, cela fait vous vous prosternerez la face en terre dans le cercle que vous aurez fait au centre de votre chambre, ledit cercle aura environ six pieds de diamètre le sommet de votre tête étant en prosternation regardera l'angle d'est où sera marqué le quart de cercle, vous vous prosternerez le 22 du mois prochain jour d'Équinoxe pour recevoir votre ordination à dix heures précises du soir et vous resterez prosternés prêt de demie heure la face vers terre et, moi je serai dans mon angle à neuf heures précises du soir pour travailler pour moi, et pour vous je resterai dans cet opération jusqu'à une heure d'après minuit, lorsque vous aurez resté l'heure indiquée dans votre prosternation, vous irez éteindre vos lumières ordinaires qui sont à votre quart de cercle, et vous effacerez tout ce que vous aurez tracé et vous vous retirerez chez vous. Le 25 dudit mois de mars prochain vous retracerez exactement les mêmes choses que vous aurez faites pour votre ordination soit cercle, et C. d. C. * quart de cercle * vous aurez tout prêt fait votre tracé à onze heure du soir précises, tout étant prêt vous commencerez par les invocations dernières que je vous ai envoyées après vous suivrez votre travail ordinaire premier vous observerez de ne point mettre de bougie au centre de votre cercle, qui sera tracé au milieu de votre chambre, vous y tracerez les lettres que je vous marque dans ma lettre ledit mot sera entre vos jambes pendant tout le temps de votre travail vous travaillerez pendant vos trois jours le dernier paquet que je vous ai envoyé, quoique cet ouvrage ne soit que pour le mercredi, et le samedi, les circonstances où vous êtes, me forcent à vous faire replier sur cet ouvrage, pendant les trois jours de votre opération, n'importe les jours ; à grands maux, grands remèdes ; le dernier ouvrage que je vous ai envoyé, vous vous en servirez après cette dernière opération, tous les jours qui vous sont seulement indiqué par ledit paquet vous pouvez en faire usage toutes les semaines, tous les mois ou deux ou trois fois par année conformément votre volonté lorsque vous vous sentirez bien disposé pour faire ce travail, cet ouvrage ne donne point de sujétion, Je n'ai rien à vous prescrire là-dessus, sinon que vous vous conformiez à ce qu'il est dit dans ce que je vous ai envoyé, pour l'avenir vous ne tracerez aucun tracé ni cercle ni autre chose, attendu que cette opération peut se faire par tout lieux, sans autre forme de procédé. Les visres (glyphes) sont blanc, bleu, blanc rouge clair enfin elles sont mixtes ou toute blanche couleur de flamme de bougie blanche, vous verrez des Étincelles rouges; vous sentirez la chair de poule sur votre corps, tout cela annonce le principe de l'attraction que la chose fait avec celui qui travaille ; tachez T. P. Maître de vous procurer quelqu'une de ses choses, puisque des simples émules que j'ai ici sous l'ordre du Grand Architecte voient de nuit, et de jour, sans lumière, ni bougie ni autre feu quelconque, cela ne me surprend point d'eux parce qu'ils sont entièrement donnés à la chose et ordonnés en règle, en cela ils vous font passer leurs certificats de vision fait et signé de leur propre main pour que vous soyez convaincu de leur succès dan l'Ordre, vous aurez attention de les faire passer au P. Maître Substitut pour qu'il voit clairement le succès de ses Vénérables Maîtres, ils sont quatre le premier le frère de Chevalerie, gentilhomme, ancien capitaine du Régiment, l'autre est le frère Desere second capitaine de l'artillerie sous commandant de l'artillerie de château de Bordeaux ; et l'autre le frère de Fournié ancien bourgeois vivant de ses revenus de Bordeaux, neveu du Grand prieur des Augustins de Paris. Si le frère Baron de Calvimont était, il aurait également donné son certificat, mais il le donnera d'abord son retour de ses terres s'il en fallait d'autre, il y aurait celui des Vénérables frères Cabony, Schild, Marcadé, ces derniers sont dans le même cas que les premiers, voilà P. Maître des personnes assez instruites et éclairées qui ne voudraient point tromper la Chose ni tromper les hommes de bonne foi par des illusions et se tromper eux-mêmes aussi ils ont consigné de quoi contribuer à tous les frères de leurs Établissements .soit pour ameublement et pour leur constitution, afin d'être en règle selon les conventions que j'ai faites avec mon tribunal souverain à Paris. Vous connaissez les hommes, ils se replient toujours sur leur simple volonté ils disent toujours que ce n'est point les constitutions des frères qui ne suivent en rien et pour rien la chose qui doit les instruire et les conduire aux buts où ils veulent aller par la Chose ce qui a pu donner occasion à ce propos c'est que j'ai écrit plusieurs lettres au Tribunal Souverain à ce sujet en égard les sollicitations de tous les frères que j'ai à Bordeaux de prévenir le tribunal Souverain sur leurs bonne volonté à suivre l'Ordre, et à se mettre en règle ainsi que je les ai exhortés ne voyant de sa part aucune réponse, il semble envisager quelque mépris de la part du Tribunal Souverain contre eux, ce qui pourrait le déterminer à ne point en vouloir recevoir d'autre que de ma part conformément au statut général, Je ne vois en conséquence faire passer la requête de ses frères et le prix des constitutions au Tribunal Souverain n'ayant reçu de lui aucune réponse à ce sujet, ils ont tout suspendu, cependant je verrai de ramener les esprits à cet égard, en me reposant sur votre représentation faite à ce sujet au Tribunal Souverain lorsque vous serez à Paris pour le mois d'avril prochain.

Je vous fais part que l'on doit recevoir au premier jour Monsieur le marquis de Ségur, cousin Du Cordon bleu, et Monsieur le marquis de Calvimont oncle du frère baron de Calvimont. Je suis convenu avec le P. Maître Substitut que le Tribunal Souverain ne donnera que les constitutions et moi, je me charge de donner toutes les cérémonies des différentes réceptions, mon Tribunal Souverain n'ayant ni le temps, ni la santé convenable pour se donner entièrement à cela ; tous les frères que j'ai ici ont payé ainsi que tous les frères de votre Orient leurs grades, ils ne se récrient point de l'argent qu'ils doivent donner pour leurs constitutions ni pour leur ameublement, il ne faut point qu'ils craignent de placer leur argent à des choses aussi utiles et avantageuses à l'homme de désir. Le prix des constitutions se monte à deux louis d'or pour chaque grade si vous êtes grande mère loge, comme je vous ai accordé le titre verbalement à Paris vous aurez le pouvoir de donner jusqu'au grade de G. Architecte ; ce qui fait en tout 16 louis d'or en comptant depuis le grade d'apprenti, Compagnon, Maître particulier, Maître grand Élu, apprenti Compagnon Maître Chevalerie et Maître Grand Architecte. Je suis en même de faire extraire toutes les cérémonies des réceptions des différents grades de même que des Catéchisme et différentes explications générales et secrètes, J'ai un secrétaire de confiance qui écrit sous moi depuis près d'une année J'ai rectifié tout ce que le Sieur du Guers a fait de son chef, touchant l'Ordre, en cela il faudra que vous suiviez l'ordre que j'ai donné pour payer les peines et soins que mon secrétaire se donne pour toutes les écritures qu'il fait pour les différents temples qui seront de notre affiliation. Le volume des écritures est fort considérable puisqu'il lui faut pour le moins plus de deux mois de temps pour transcrire tout ce qu'il faut pour un grand temple et bien deux bons mois pour donner tout ce qu'il faut pour un simple temple, en conséquence il revient de droit au frère secrétaire 86 h. ne voulant point multiplier considérablement les Établissements relativement à la difficulté qu'il me paraît à trouver des sujets propres à être admis dans notre Ordre ; Je vous dirai que j'ai reçu hier une lettre du P. Maître de Chevalerie où il me demande le pouvoir d'avancer en grade le frère Barbarin qui reste à Lorient avec le P. Maître de Chevalerie qui me certifie les progrès de ce frère m'assurant qu'il voit beaucoup et entend ; en conséquence je lui enverrai ce qu'il faut pour le faire parvenir au grade de Grand Architecte. Voyez par tout ce que je vous dis la possibilité de la chose, et la nécessité qu'il y a de se joindre à elle ; elle n'abandonne point ceux qui la suivent et se communique à ceux qui véritablement la cherchent avec désir il n'y a point à douter sur l'Ordre que vous avez embrassé de pas une de ses vérités ; ainsi tenez ferme c'est pour vous que je parle ; vous aurez la bonté de faire parvenir ou de présenter vous-même au Tribunal Souverain lesdits journaux pour qu'il n'y aie cause d'ignorance du progrès des dits frères ainsi que de leur zèle à suivre définitivement la Chose jusqu'à sa fin ; ainsi je vous exhorte de même que tous les frères de votre Orient à faire ce que je vous ai dit, vous aurez lieu d'être content. Je n'ai rien plus à vous dire, vous agirez à ce sujet comme vous le jugerez à propos ; Je vous prie de me faire réponse à lettre vue et m'accuser la réception des journaux. Je ne suis plus logé chez le Sieur Carvallo ancien juif à cause de l'assassinat qu'il a voulu commettre sur ma cuisinière et cela pour vouloir jouir d'elle, il est livré à la justice qui l'a décrété on le poursuit vivement à la Tournelle. C'est pour la troisième fois que cela lui est arrivé. C'est bien un malheureux Hébreu perverti et non converti en ce qu'il a abjuré pour épouser une créature chrétienne. Mon adresse est dans la même rue, maison Poiraud près la porte de la monnaie ; J'ai eu ma femme dangereusement malade elle s'est portée imprudemment à une perte considérable, hors d'état d'être soignée par la faculté sinon que par moi, en présence de quelques frères, elle est encore alitée mais entièrement s'il plaît à Dieu hors de danger. Dieu la tienne à sa sainte garde comme je le désire éternellement pour vous et pour nous tous il n'est pas de plus grand médecin que celui qui est et qui sera jusqu'à la fin des siècles amen. 
   

D. M. Pasqually G. Souverain.
    

Je vous préviens que personne plus parviendra au grade de Réaux Croix qu'il ne me produise un journal et que le journal n'aie été bien scrutiné ainsi que le frère, c'est le seul moyen que les Réaux + puissent tenir bon.

Je suis fort inquiet du rétablissement de la santé du P. Maître de La Chevalerie Je ne vous cacherai point qu'il risque beaucoup pour sa santé, s'il ne se ménage pas mieux à l'avenir ne lui faite point part de ce que je vous dis craindre de lui faire de la peine.

Tachez P Maître de me dire l'intention du Tribunal Souverain savoir s'il veut aller avant ou s'il veut se replier sur son état de Réaux croix. Je le crois plutôt propre pour cela que pour mener la chose vu leurs grandes occupations et leur peu de santé. 

 

Lettre du Grand Souverain Martinès de Pasqually du 16 Février 1770.

 

Les exigences du Grand Souverain seront de plus en plus précises et ceci afin de préserver les Ordinations en l'état, ainsi la Classe Sacerdotale des R+C sera effective dans sa pureté de transmission au sein même de l'Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns de l'Univers, cela est important car nous sentons de façon subtile que le Maître a du rencontrer des défections chez certains de ses éponymes.

source : http://rhely.blogspot.com/

 

 

 

 

 

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Un rite maçonnique en 4 grades

17 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Rites et rituels

Depuis 1813, la Franc-maçonnerie s'est progressivement imposée un modèle hiérarchique en trois grades : apprenti, compagnon et maître. Mais ce modèle n'a pas toujours été prédominant et en tout cas, il existe encore aujourd'hui des modèles alternatifs qui méritent d'être appréhendés.
La Franc-maçonnerie telle qu'on la connaît aujourd'hui est née dans les îles britanniques : quelque part part entre Edimbourg (1598) et Londres (1717). Elle se structurera assez vite selon un modèle en deux puis trois grades le troisième ayant ouvert la porte à plusierus dizaines de grades qu'on qualifie en général, et parfois à tort, de "hauts grades". La structure en deux grades est celle des origines et un troisième grade lui fut adjoint durant le premier tiers du XVIIIè siècle. Sur ce troisième garde, on pourra lire le livre de Roger Dachez récemment paru chez Vega : Hiram et ses frères. On en trouvera une esquisse ici (Renaissance Traditionnelle, n° 129).
Dachez a également suggéré dans l'une de ses études que le grade de maître pouvait être considéré comme le premier des hauts grades. On notera que ce troisième grade a une dimension mythologique que n'ont pas le premier et le deuxième gardes (mythe d'Hiram et la mise en scène qui s'en suit). Ce point le rapproche plus des grades qualifiés habituellement de "hauts" (mythologie des croisades, mythologie vétéro-testamentaire de la reconstruction du Temple, etc.).
Mais n'allons pas très loin dans l'étude du grade de maître et passons à ce qui le caractérise dans la franc-maçonnerie actuelle. En effet, depuis 1813, le grade de maître est considéré comme le sommet de la graduation maçonnique mais les choses sont moins simples qu'il n'y paraît...
Rappelons d'abord qu'en 1751, à Londres, est apparue une Grande loge qui s'est elle-même qualifiée d' "ancienne" par opposition à la Grande loge de 1717 que les "anciens" ont qualifié, à dessein bien sûr, de "moderne". Les modernes pratiquaient une maçonnerie en trois grades que le grade d'Arc royal (également appelé "Arche royale") complétait sans que cela soit dit officiellement. Les Anciens pratiquaient ces mêmes quatre grades mais nous pouvons noter, en résumant l'affaire,  que les Anciens pratiquaient l'Arc dans le prolongement du garde de maître et sans rupture entre les deux derniers grades de leur maçonnerie alors que les Modernes laissaient l'Arc en dehors de leur graduation officielle. Lorsqu'Anciens et Modernes fusionnèrent leurs deux obédiences en 1813 (15 novembre et 27 décembre), sous l'impulsion du Duc de Sussex pour constituer la Grande loge unie d'Angleterre, l'Acte d'union présenta la graduation maçonnique de manière très... anglaise !
Voici le texte précis :

[...] pure Ancient Masonry consists of Three Degrees and no more, namely those of the Entered Apprentice, the Fellow Craft and the Master Mason including the Supreme Order of the Holy Royal Arch.

Ce qui signifie :

La pure ancienne maçonnerie consiste en trois degrés et rien de plus, nommément ceux d'apprenti entré, de compagnon du métier et de maître maçon incluant l'ordre suprême du saint arc royal.

L'un des points de discorde a donc été tranché sans réellement l'être puisque le grade d'Arc royal est devenu une sorte de complément de la maîtrise qui l'inclut tout en ne l'incluant pas puisque ce sont des organismes distincts qui le confèrent (chapitres) et qui se regroupent entre eux le tout en dehors de la Grande loge (grands chapitres provinciaux et nationaux).
Malgré la formulation diplomatique de l'Acte d'union on voit bien que tout montre que l'Arc royal est bel et bien un quatrième grade en bonne et due forme :

  • mots, signes et attouchements connus des seuls adhérents à ce grade
  • organisation interne distincte : trois officiers principaux, etc.
  • organisation externe distincte : chapitres et grands chapitres autonomes vis à vis des loges et grandes loges

Tout cela c'était en 1813 et ça l'ait encore aujourd'hui dans nombre de contrées où la franc-maçonnerie s'est développée sous l'influence anglaise (cf note 1 infra).

Mais avant 1813, plus précisément en 1778 pour la France et en 1782 pour le reste de l'Europe, le régime écossais rectifié s'était déjà construit autour de quatre grades :

  • Apprenti
  • Compagnon
  • Maître
  • Maître écossais de saint André

Le quatrième grade est une sorte de couronnement de la graduation maçonnique rectifiée :

  • il est assez différent des trois premiers grades dans sa structure et son contenu
  • on y trouve une forme de synthèse et même d'explication des trois premiers gardes
  • on y dit explicitement au candidat que "le quatrième grade, [...] complète et termine [son] initiation maçonnique dans les classes des symboles."

Le régime écossais rectifié a connu une histoire mouvementée l'ayant mené en Suisses durant le XIXè siècle pour revenir en France au début du XXè siècle et s'étendre ensuite à la fin du XXè notamment au Portugal, en Belgique ou encore en Espagne. L'éclipse du XXè siècle a imposé au régime rectifié une forme d'adaptation par inculturation.

En réalité, le contenu et les formes du rite ont progressivement été perdus au détriment des us et coutumes de la maçonnerie majoritaire de l'époque (XIXè et une grande partie du XXè siècles). Ainsi le régime écossais rectifié s'est fondu dans la culture maçonnique ambiante et très vite une frontière artificielle est apparue entre le troisième grade et le quatrième. Cela s'est formalisé en France en 1935 lorsque le Grand Prieuré des Gaules (GPDG) régissant le régime en France a remis l'administration de ses loges de saint Jean (trois premiers grades) à une éphémère Grade Loge rectifiée qui ne tardera pas à se fondre dans la Grande loge de France. A compter de 1958, cette décapitation du régime s'accentua puisqu'elle est devenue la norme en France avec la signature d'un accord entre le GPDG et la Grande loge nationale française (GLNF) (cf note 2 infra) :

  • limitant le recrutement du GPDG aux maîtres maçons de la GLNF
  • remettant la gestion des loges de saint Jean (trois premiers grades) à la GLNF
  • remettant la gestion des loges de saint André (quatrième grade) à un organisme intermédiaire (Directoire écossais)
  • laissant la gestion de l'Ordre intérieur (classe chevaleresque presque non-maçonnique) au GPDG

A la suite de cela, et jusqu'en juin 2000, les différentes scissions issues du GPDG, et composant l'essentiel des branches de la maçonnerie rectifiée en France aujourd'hui, établiront cette fracture entre le "bleu" (couleur de la loge de saint jean)  et le "vert" (couleur de la loge de saint André) (cf note 3 infra).

Nous remarquerons que ce nouveau modèle se superpose à souhait avec le modèle anglo-saxon dans la mesure où le Maître écossais de saint André se retrouve administré et conféré par un Directoire écossais tout comme l'Arc royal est administré et conféré (en général) par Grand chapitre dédié à ce degré.

Le problème se pose lorsque l'on sait que la structure du rite rectifié est régit par un Code des loges réunies et rectifiées qui explicite l'enchaînement entre le "bleu" et le "vert". Nous ne détaillerons pas ici l'ensemble des liens organiques entre les deux niveaux de la maison rectifiée (cf note 4 infra), mais notons simplement que les principaux officiers (Vénérable Maître et deux surveillants) doivent être, selon le dit Code, des Maîtres écossais de saint André. Et pour cause, ils sont ceux qui animent la loge, ceux qui instruisent leurs Frères des différents grades "bleus", ceux qui proposent qu'un Maître soit admis en loge de saint André, etc. Comment le feraient-ils s'ils ne sont pas détenteurs de ce "quatrième grade, [qui] [...] complète et termine [l']initiation maçonnique dans les classes des symboles"... Quelle obédience "bleue" admettrait que des représentants d'une autre juridiction (Directoire écossais, par exemple) interviennent ex cathedra dans le déroulement des travaux des loges "bleues" qu'elle administre ? Probablement aucune...
Ainsi, on peut résumer la situation actuelle comme suit :

  1. Beaucoup sont aujourd'hui dans une telle situation où le "bleu" et le "vert" sont littéralement scindés laissant les Frères dans une situation soit (a) "décapitante" où il n'y a pas de lien entre le "vert" et le "bleu" soit (b) malsaine où les choses se font sous le manteau.
  2. Certains ont trouvé une solution intermédiaire où l'obédience "bleue" n'a pas vraiment de consistance initiatique et n'existe en réalité que pour traiter l'administratif et du même coup faire rentrer le rectifié dans le "moule" de la maçonnerie classique.
  3. D'autres enfin ont fait le choix de la clarté : le "bleu" n'existe pas en soi, il n'est que la base qui culmine en se prolongeant dans le "vert". Ce n'est pas un choix simple et cela peut poser des problèmes lors des visites ou des reconnaissances mutuelles, mais c'est un choix qui assure une cohérence pleine avec la logique interne du régime.

Les solutions 2 et, a fortiori, 3 ci-dessus me paraissent tenables sans grandes difficultés. La solution 1, dans sa conséquence (a) et dans sa conséquence (b), me paraît plus laborieuse et difficile à tenir sur le long terme.
J'espère avoir était assez clair dans ce sujet qui n'est pas simple à traiter tant les francs-maçons sont habitués à un fonctionnement standard ne laissant que peu de place aux "exotismes" locaux qui ont pourtant parfois un caractère essentiel.
Notes :

  1. Signalons, les travaux de l'excellente loge de recherche William Preston, de la Loge nationale française,  dédiée à l'étude du rite anglais (dit Emulation).
  2. Sur les différentes filiations rectifiées on pourra consulter notre note publiée ici.
  3. En 2000, la conséquence inattendue, mais ô combien satisfaisante, de la rupture des liens entre GLNF et GPDG permit à ce dernier d'établir sa juridiction sur l'ensemble du régime notamment en remettant le "vert" au sommet de la classe maçonnique de manière formelle...
  4. La double structure administrative et hiérarchique du Régime Ecossais Rectifié en 1778, Eques a Latomia Universa (R. Guilly-Désaguliers), in Renaissance Traditionnelle, n°31, Juillet 1977

source : blog de A Valle Sancta

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Prière du Parachutiste

17 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

Un commentaire d'un Frère parachutiste..

 

Mon TCF, voici l'origine de ce texte que notre confrérie des anciens parachutistes affectionne
tout particulièrement.

Cette prière fut trouvée sur le corps de l’Aspirant Zirnheld,
tué en juillet 42, en Libye, au cours d’un raid sur les arrières de l’ennemi. Elle avait été écrite en avril 1938, alors qu’André Zirnheld était professeur de philosophie au lycée de Tunis. Plus tard, l’Aspirant Zirnheld s’était engagé au 1° Bataillon d’infanterie de marine en Palestine, puis, envoyé à l’École d’aspirants de Brazzaville, il y fut recruté par le Capitaine Bergé qui mettait sur pied les premières compagnies SAS. A l’origine, ce texte s’intitulait “ Prière ”, mais il fut immédiatement adopté par les parachutistes qui, d’emblée, y retrouvèrent l’écho de leur âme : ce mélange d’abnégation orgueilleuse, de doute et de fureur, de désenchantement et de foi. Le texte de l’Aspirant Zirnheld exprime en effet aussi parfaitement que possible l’esprit parachutiste. Et, près d’un demi-siècle plus tard, dans un monde et un environnement différents il n’y a rien à y changer.

"Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste
Donnez-moi ce qu’on ne vous demande jamais.
Je ne vous demande pas le repos
Ni la tranquillité
Ni celle de l’âme, ni celle du corps.
Je ne vous demande pas la richesse
Ni le succès, ni même la santé.
Tout ça, mon Dieu, on vous le demande tellement
Que vous ne devez plus en avoir.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste
Donnez-moi ce qu’on vous refuse.
Je veux l’insécurité et l’inquiétude.
Je veux la tourmente et la bagarre.
Et que vous me les donniez, mon Dieu, définitivement."

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Le 9ème Maître

17 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

La Pl.que je vais vous présenter maintenant est le résultat d’une découverte – pour moi du moins – que j’ai faite l’été dernier en méditant sur un Rituel au Grade de Maître daté de 1788. J’y ai trouvé un passage insolite qui m’a profondément interpellé et intéressé, mais que je ne me souvenais pas avoir entendu ou lu ailleurs à quelque occasion que ce fut. J’ai cherché : je ne l’ai trouvé nulle part ailleurs, dans un premier temps. Nulle part, en particulier dans les Rituels aujourd’hui mis en œuvre au Rite Français Moderne ou Traditionnel, au Rite Ecossais Ancien et Accepté, au Rite Emulation et ce dans différentes obédiences. Pourtant, la symbolique que j’y vois me laisse penser que sa disparition dans les versions successives du Rite Français et des autres Rites depuis la fin du XVIIIème siècle  est regrettable : c’est soit une perte, soit une regrettable ignorance. Vous me direz peut-être ce que vous en pensez. Je vais donc tout d’abord synthétiser ma courte investigation historique. Courte, faute de temps et de moyens. Cependant, j’ai bénéficié de l’aide – ponctuelle mais très utile – de quelques FF\ historiens, archivistes ou conservateurs au G.O.D.F.et à la G.L.D.F. Ensuite, je vous ferai part de mon interprétation symbolique de ce passage de l’élévation au troisième Grade dans ce Rituel de 1788, inclut dans le Recueil de Maçonnerie de cette date. Cela me mènera à conclure avec une proposition en forme de question.

 

De quoi s’agit-il précisément ?

Il existe un document imprimé dont le titre exact est « Recueil des trois premiers grades de la Maçonnerie, sous la dénomination d’Apprenti, Compagnon et Maître », daté de 1788 et signé par « un ex-Vble » qui dédie ce document « à tous les Vbles Mes de LL\ Régulières ». Le document lui-même fait 184 pages et couvre effectivement les trois grades de la Franc-maçonnerie, dite symbolique. Il a été – très heureusement pour moi et pour nous ce soir – publié par les soins de N\T\C\F\ Pierre Mollier, Bibliothécaire du G\O\D\F\ en 2001, aux Editions A l’Orient.

L’épisode qui nous intéresse commence page 151, lorsque, Hiram étant mort et les trois mauvais compagnons ayant enterré le corps d’Hiram sur le mont Sinaï, le roi Salomon s’inquiète de trois jours d’absence consécutive de l’Architecte. Les MM\ lui proposent de partir à sa recherche, mais Salomon, pour éviter d’éveiller l’attention des assassins, en fait designer Neuf au sort qui partent à la recherche d’Hiram aux environs de Jérusalem. Ils conviennent de se retrouver sur le Mont Sinaï – surnommé « des Acacias » (sic) -, de fouiller neuf lieues à la ronde, trois partant par la porte du Nord, trois par celle du Midi, trois par celle d’Occident.

A ce moment du récit, le T\R\M\ quitte l’Orient et vient se placer au pied du cercueil, puis fait le tour de celui-ci trois fois avec les autres FF\ en sondant le terrain de la pointe de leur glaive. Ces voyages finis, le T\R\ s’arrête à l’O\ et poursuit le récit. Les MM\ ont voyagé jusqu’au 9ème jour ; jour où ils se retrouvent comme convenu sur le Mont Sinaï. Ils se plaignent les uns aux autres de leurs recherches infructueuses. C’est alors qu’advient l’épisode qui m’intéresse tant.

Les 9 MM\ ont cherché Hiram pendant 9 jours, trois par trois, 9 lieues à le ronde, sans réussir à le trouver. Alors 8 d’entre eux décident de rentrer à Jérusalem. Mais le 9ème refuse (page 152-153), les assurant qu’il ne partira pas sans avoir fouillé jusqu’au plus petit recoin du Mont. Les 8 autres partent, effectivement. Le 9ème, peut-être fatigué (c’est ce que disent certains Rituels, mais pas celui-ci), veut s’asseoir. Pour ce faire, il prend appui sur une branche – d’Acacia – qui lui reste dans les mains. Du coup, il découvre que la terre alentour est fraichement remuée, il se demande pourquoi et, vu les éventualités, rappelle les autres. Ils creusent, trouvent un cadavre, couvert d’un linge ensanglanté, avec une Equerre à la tête et un Compas aux pieds, le cadavre à la main droite au signe de Comp\, la gauche le long du corps, la jambe droite en équerre, l’autre étendue. Se doutant qu’il puisse s’agir d’Hiram, ils soulèvent le linge et le découvre. Le Rituel poursuit ensuite selon les grandes étapes connues au Rite français.

J’ai trouvé ce passage remarquable pour les raisons symboliques que je vais vous exposer ci-après. Mais aussi parce que je pense que c’est la première fois que je lisais un récit circonstancié des événements ayant entrainé la découverte du cadavre d’Hiram, la plupart des Rituels anciens ou contemporains étant – à ma connaissance – assez pauvres, voire silencieux, sur le sujet. Je me suis alors mis en quête de la présence ou non de ce passage dans d’autres Rituels, au Rite Français et à d’autres Rites. D’autant que ce passage du Recueil, que nous appellerons ici « de 1788 », n’était pas considéré comme anecdotique par le Vénérable rédacteur et/ou ses prédécesseurs. En effet dans le catéchisme qui suit (pages 170-171) l’épisode, et donc son enseignement, est rappelé. Je cite (en laissant l’orthographe de l’édition) :

D. Que fit alors Salomon ? (après qu’il eut considéré l’assassinat probable de son Architecte)

R. Comme tous les Mes\ se dévouèrent par zèle à cette recherche, ce sage Roi leur présenta qu’ils ne pouvoient tous s’absenter sans occasionner des soupçons, en conséquence il en fit élire neuf au sort & renvoya les autres à leurs ateliers.

D. Quel arrangement prirent les neufs Maîtres sur qui le sort tomba ?

R. Ils convinrent de se séparer trois par trois, de fouiller les environs de Jérusalem neuf lieues à la ronde, & se donnèrent rendez-vous sur le Mont Sinaï.

D. Comment partirent-ils ?

R. Trois par la porte du Nord, trois par le Porte du Midi & trois par celle d’Occident.

D. Quel fut le succès de leur entreprise ?

R. Ils voyagèrent jusqu’au neuvième jour sans faire la moindre découverte.

D. Où se rejoignirent-ils ?

R. Sur le Mont Sinaï.

D. Quelle fut alors leur résolution ? (sens au XVIIIème siècle = décision prise ou dessein)

R. Huit d’entre eux résolurent de retourner à Jérusalem, mais le neuvieme, plus zèlé, protesta (sens XVIIIème = déclara, promis) qu’il ne s’en retourneroit qu’après avoir fouillé toute la montagne.

D. Qu’en arriva-t-il ?

R. Qu’après le départ des huit Maîtres, le neuvieme voulant s’asseoir pour se reposer, s’appuya sur une branche d’acacia qui lui resta à la main ; cela fut cause qu’il examinât de plus près cet endroit, & s’appercevant que la terre étoit nouvellement remuée, il rappella les Maîtres.

D. Que firent-ils ?

R. Ils se mirent à creuser, & à cinq pieds de profondeur, ils trouvèrent un cadavre au signe de Compagnon, couvert d’un linge teint de sang, ayant une équerre à la tête & un compas aux pieds, & l’un d’eux ayant enlevé le linge qui lui couvroit le visage, ils reconnurent Adonhiram assassiné.

Etc.

 

 Symbolisme de cet épisode rituel

Si je me suis tant intéressé à l’origine de ce passage du Rituel d’Elévation à la Maîtrise du Recueil de 1788, c’est que sa découverte a agi sur moi en me faisant découvrir de nouvelles approches de l’engagement maçonnique et surtout un support rituel et symbolique à la compréhension que j’en ai. Que « dit » ce passage ? Quel est son enseignement ?

Observons avec précision la rédaction dans le Recueil de 1788. Il me semble que ce passage suggère plusieurs enseignements essentiels, l’interprétation ne pouvant guère s’égarer au regard des formulations adoptées.

Ce passage nous dit des choses essentielles sur la manière dont la Tradition de l’Initiation survit, sur la manière dont la Lumière prévaut et surtout sur la manière dont la transmission se fait malgré la foule des « renonçants » et des renoncements. En même temps, ce passage nous faire prendre conscience de notre pouvoir à l’échelon individuel. Car qu’un seul/qu’une seule assure la transmission, qu’un seul/qu’une seule poursuive et notre Ordre avec son Idéal ressurgit.

Tout ceci n’est compréhensible que si l’on imagine – au moins à titre d’expérience philosophique en pensée - un monde dans lequel l’idéal maçonnique disparaitrait vraiment et donc avec lui notre idéal de vérité dans l’esprit de chacun et de fraternité entre tous. Un monde dans lequel il ne serait plus possible de réaliser matériellement et de concevoir dans nos esprits ce qui nous réunit ce soir encore… que serait ce monde-là ? Que serait cet univers où plus une femme et plus un homme ne serait résolu à faire prévaloir en lui et autour de lui de la fraternité, de la solidarité, de la considération pour l’autre et pour soi ? Si tous nous ne faisons rien, ce monde peut advenir. Quand nous renonçons à un effort utile à la Fraternité, rien, absolument rien ne  nous garantit que qui que ce soit le fera à notre place. Et si tous nous nous disions que de toute façon quelqu’un d’autre le fera bien… nul ne le ferait. En cela, le symbolisme du Neuvième Maître rappelle ce que nous disons dès le début au nouvel initié dans notre rituel d’Initiation au Rite Français (variante Salvador Allende – Louise Michel) : « Chaque occasion d’être utile dont il (le Franc-maçon) ne profite pas est une infidélité. Chaque secours qu’il refuse est un parjure. »

Autrement dit, nous portons tous, non pas ensemble mais de même, toute la Maçonnerie sur nos frêles épaules dès lors que nous devenons, puis restons Maîtres Maçons. Et quand bien même démissionnerions-nous que je ne suis pas sûr que nous échappions au Devoir librement contracté.

Le Neuvième Maître, lui, refuse de renoncer. Consciemment. Délibérément.

Le Neuvième Maître est, comme les huit autres élus, épuisé, fatigué. Mais sa conduite nous décrit un Maître Maçon qui ne tire pas argument de sa fatigue, de ses doutes ou de ses incertitudes, pour renoncer, abandonner. Il ne tire surtout pas argument de ce que ses efforts sont infructueux pour conclure qu’ils sont inutiles. Il ne cherche pas d’excuse pour cesser ses efforts. Il a adopté une posture radicale, engagée qui ne lui laisse d’autre choix que d’être ce qu’il a justement choisi d’être : un Maître, un « cherchant » devant tout faire pour trouver, faire aboutir sa quête.

Les Huit autres Maîtres, eux, « s’affligèrent de l’inutilité de leurs recherches : alors [ils] résolurent de retourner à Jérusalem ».

Tout ce que ne fait pas le Neuvième Maître nous enseigne autant que ce qu’il fait.

Le Neuvième Maître ne cherche pas à retenir les huit autres maîtres : sa décision est prise, implicitement depuis le début. Il ne les juge pas en ne les retenant pas. Leur compréhension et leur aide ne lui sont pas nécessaires pour déterminer sa conduite. Il n’attend de nul qu’il lui indique ce qu’il doit faire ni ne l’encourage. Il est souverain dans son jugement et sans la tâche du désir de convertir l’autre par l’autorité ou la conviction, pour se rassurer lui-même en faisant nombre.

S’il ne les juge pas, l’épisode rituélique souligne à quel point son attitude est en elle-même une critique : la fouille des huit autres est incomplète à ses yeux, il est possible et nécessaire d’aller plus loin pour atteindre leur but. C’est d’autant plus une critique en actes que l’issue des événements lui donne raison. Les huit autres avaient de facto tort d’abandonner. De ce point de vue, le Neuvième Maître nous indique « où » nous devons faire porter notre critique du monde et comment : dans et par nos actes, non par la seule parole. La critique formulée en parole ne change rien. Formulée en actes, elle change le monde en y existant, c’est-à-dire en démontrant que ce que nous estimons nécessaire et juste est possible. C’est donc une critique par l’état de fait, une énonciation en acte de nos refus.

On peut considérer que le Neuvième Maître devient Hiram en refusant de renoncer à trouver son cadavre, ce qui symbolise le refus de voir mourir la Tradition qu’il portait et incarnait, en décidant unilatéralement de devenir le pont ou la porte entre les Maîtres passés et ceux à venir. La recherche et la découverte du cadavre d’Hiram symbolise, entre autre chose, la continuité de la Tradition maçonnique et de la connaissance du métier de Bâtisseur (d’Hommes et de sociétés humaines) malgré et grâce au meurtre du Maître. Les qualités qui font le Maître Bâtisseur ne sont-elles pas notamment celles qui permettent de retrouver Hiram ? Le mythe symbolise cette continuité malgré l’adversité : IL FAUT retrouver le cadavre d’Hiram, de même qu’il faut qu’Hiram soit assassiné.

Il est intéressant de noter la structure du mythe même. Au fond, Hiram renaît dans le nouveau Maître, le Neuvième parce que celui-ci réalise les qualités qui font le Maître en le cherchant et en refusant d’abandonner sa quête, ce qui le même à la découverte du Maître. On retrouve-là un enseignement proche de l’Extrême-Orient où l’on désigne les Initiations à l’aide un idéogramme ( en japonais, tao en chinois) qui littéralement désigne la route, le chemin, la voie. Comme si les motifs et les conditions du cheminement se confondaient avec le but…

Il faut aussi s’interroger sur les autres possibilités rituelles imaginables ou par ailleurs mise en œuvre dans d’autres rituels. Je ne suis pas sûr d’avoir trouvé tout ce qu’il y a à trouver à ce sujet (comme sur aucun autre !), mais il semble qu’il y a trois scénarios-types menant à la découverte du Maître :

Le Hasard ou la Providence qui permettent à la recherche de trouver son issue. C’est la thèse de la plupart de Rituels actuels. On « tombe » sur des indices d’une manière qui semble effectivement providentielle. Cependant, cette thèse fait souvent appel – mais pas toujours - à la perspicacité des FF\ : ils doivent détecter quelque signe qui leur permet de donner une issue favorable à leur recherche : trouver le tombeau du Maître.

L’Enquête. Cette dernière nécessiterait de retrouver les coupables, de les faire avouer, de collecter des indices, des témoignages, etc. C’est l’option retenue sous diverse formes par les systèmes de Hauts-Grades, notamment ceux qui mènent ensuite à la Vengeance. Mais nous aborderons cette question plus tard.

L’Opiniâtreté, autrement dit l’Engagement. C’est la Thèse originale du Recueil de 1788 et du Marquis de Gages. Dès lors les détails qui semblent providentiels ne le sont plus, puisque que tout devient une question de temps, d’efforts, d’engagement, dans le sens de ce refus de l’abandon. Il reste tout de même une certaine dose de perspicacité dans les réactions du Neuvième Maître. Mais le point original est l’introduction de l’opiniâtreté dans les facteurs et donc les qualités assurant la pérennité de l’Ordre. Cette opiniâtreté se dissimule derrière la terminologie du XVIIIème. L’enseignement par Demandes et Réponses indique :

« le neuvieme, plus zèlé, protesta qu’il ne s’en retourneroit qu’après avoir fouillé toute la montagne. » « Zélé » n’est-il pas l’ancien mot pour « engagé » et « zèle » pour « engagement radical » au sens étymologique de « radical », i.e. ce qui touche à la racine des choses et des êtres ?

Ainsi, la comparaison des rituels permettent d’identifier les facteurs permettant la découverte du tombeau d’Hiram qui, par analogie, se confondent avec les qualités permettant de trouver le Maître, Hiram… en nous-mêmes. Ces qualités sont au nombre de trois : la Méthode, l’Opiniâtreté et la Perspicacité. On y décerne un subtil dosage de qualités psychologiques – l’Opiniâtreté - et l’effet de l’exercice de la Raison – la Méthode. La dernière qualité – la Perspicacité – relève des deux registres car elle est tout autant l’exercice des facultés de raisonnements de l’esprit humain que de facultés plus intuitives peut-être plus liées à l’émotionnel. En tout cas, le destin de la Quête du Maître Maçon n’est plus abandonnée au Hasard et aux caprices de la Providence. Il est intéressant de mettre ces trois qualités en parallèle avec les trois vices incarnés par les trois mauvais Compagnons – l’Ignorance, le Fanatisme et l’Hypocrisie - et avec les trois principales facultés de l’esprit énoncées lors de l’Initiation : le Sentiment, l’Intelligence et la Volonté – soit le Cœur, l’Intellect et la Mise en actes, le Faire.

Il y a en filigrane de nos rituels et de notre symbolisme toute une théorie de l’action – ce que l’on appelle une praxéologie – de et sur l’esprit humain et des idées pratiques pour le mener vers la Lumière. Cet épisode du Neuvième Maître y participe par la mise ne scène des qualités nécessaires à la Quête de la Maîtrise maçonnique qui n’est plus abandonnée au Hasard par la pauvreté de la plupart des versions contemporaines du Rituel d’Elévation à la Maîtrise. Notre Rituel au Rite Français n’est pourtant pas muet. On y lit la nécessaire opiniâtré dans la recherche, l’importance de la méthode (« recommencez vos recherches en y apportant un soin plus minutieux »), puis l’exercice de la perspicacité (avec la découverte d’un tertre puis d’une branche d’acacia, qualifiés d’« indices »). Mais la scénographie ne permet pas la personnification de ces qualités comme le fait le rituel du Recueil de 1788 et celui du Marquis de Gages. Or cette personnification est l’une des données techniques permettant l’identification, c’est-à-dire ce processus d’intériorisation par lequel nous faisons nôtres des qualités nouvelles. En ce sens, le Recueil de 1788 propose une formulation rituélique plus puissante.

On peut donc voir dans le Neuvième Maître la figure mythique de l’Engagement du Maître Maçon, qui jamais ne renonce, et surtout pas à être ce qu’il est : le successeur d’Hiram, Hiram lui-même ; du moins le fait-il renaître progressivement en lui par son travail, son engagement, ses réalisations de Bâtisseur. La solitude ne le désoriente pas. Les compromis et l’abandon des autres ne le font pas dévier de la conduite que lui impose sa condition, cette condition qu’il a recherchée et acceptée. Le Neuvième Maître est le F\ ou la S\ par qui la Tradition survit parce qu’elle devient lui- ou elle-même.

La découverte du cadavre d’Hiram symbolise la transmission de la Tradition et de la Connaissance, la recherche du Maître, indissociable de l’affrontement à la Mort et de l’émancipation de la peur qu’elle inspire aux humains. Au sens littéral, les 9 MM\ « recherchent le Maître » et ils trouvent la Mort : dernier enseignement d’Hiram à ces 9 MM\ qui lui sont tant attachés, dernier enseignement au Neuvième Maître grâce auquel le Maître accède, à travers cette mort qui lui permet d’échapper à la peur tyrannique qu’elle inspire, au stade ultime de la Maîtrise : la liberté.

 

Conclusion

Ma conclusion sera brève. Tout d’abord, je voudrais attirer votre attention sur le rapport, non prémédité, entre cette planche et notre Question à l’Étude des Loges « maçonnique » cette année[1] ; le rapport aussi avec les projets de Commission des Rituels. Les Rituels ont beaucoup varié. Il a fallu les formuler, les développer, les adapter parfois aux circonstances. Ils ont aussi été appauvris, notamment par ce processus, qui a touché je pense bien des Maçonneries à travers le monde, qui consiste à la standardiser, parfois à les simplifier. Nous avons là l’exemple d’un élément rituélique perdu dont, à bien des égards, il pourrait être intéressant d’étudier la réintroduction dans notre Rituel. Mais pour cela, il faut en être libre et le rester. Être libre d’ajuster la formulation de nos outils à l’environnement dans lequel notre Ordre doit agir, être libre de faire renaître ce qui parfois a été perdu.

Une autre question se pose, plus fondamentale : quand dire non ? Comment dire non ? Comment faire la différence entre engagement et obstination ? Où et quand s’arrêter ? Le Neuvième Maître pose et répond aussi à ces questions. Son attitude n’est pas de refuser « totalement » de rentrer, d’abandonner si la recherche s’avère infructueuse ou impossible. Simplement, il voit encore quelque chose à faire et juge qu’il doit donc le faire. De ce point de vue, le Neuvième Maître n’est pas simplement un « bon » frère à opposer aux huit autres qui seraient de « mauvais » frères, faibles, paresseux, indifférents ou négligents. Plutôt, il souligne ce qui nous range souvent du côté des « huit » : le manque de discernement, le fait de ne pas, de ne plus voir ce qui peut encore être fait avant de renoncer à ce qui nous défini : notre Quête et les motifs que nous lui avons donnés.

Le Neuvième Maître est le Maître qui assume son engagement et donc celui ou celle par lequel(le) la tradition maçonnique se maintient vivante. Son engagement radical mais serein et réfléchi, sa détermination définitive et son « zèle », dont nous parlent les manuscrits anciens, sont la marque du Maître.

J’ai dit, V\M\.

 F.Zenon

 

source : http://montaleau.over-blog.com/

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La blanche Hermine

16 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Chants

J'ai rencontré ce matin devant la haie de mon champ
Un troupe de marins, d'ouvriers, de paysans.
Où allez-vous, camarades, avec vos fusils chargés?
Nous tendons des embuscades, viens rejoindre notre armée!

La voilà la blanche hermine,
Vivent la mouette et l'ajonc,
La voilà la blanche hermine,
Vivent Fougère et Clisson!


Où allez-vous, camarades, avec vos fusils chargés?
Nous tendons des embuscades, viens rejoindre notre armée.
Ma mie dit que c'est folie d'aller faire la guerre aux Francs,
Moi je dis que c'est folie d'être enchaîné plus longtemps.

Ma mie dit que c'est folie d'aller faire la guerre aux Francs,
Moi je dis que c'est folie d'être enchaîné plus longtemps.
Elle aura bien de la peine pour élever les enfants,
Elle aura bien de la peine car je m'en vais pour longtemps.

Elle aura bien de la peine pour élever les enfants,
Elle aura bien de la peine, car je m'en vais pour longtemps.
Je viendrai à la nuit noire, tant que la guerre durera,
Comme les femmes en noir, triste et seule, elle m'attendra.

Je viendrai à la nuit noire, tant que la guerre durera,
Comme les femmes en noir, triste et seule, elle m'attendra.
Mais sans doute pense-t-elle que je suis en déraison?
De la voir mon coeur se serre, là-bas devant la maison.

Mais sans doute pense-t-elle que je suis en déraison?
De la voir mon coeur se serre, là-bas devant la maison.
Et si je meurs à la guerre, saura-t-elle me pardonner
D'avoir préféré ma terre à l'amour qu'elle me donnait?

Et si je meurs à la guerre, saura-t-elle me pardonner
D'avoir préféré ma terre à l'amour qu'elle me donnait?
J'ai rencontré ce matin devant la haie de mon champ
Un troupe de marins d'ouvriers de paysans...  

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Les oies sauvages

16 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Chants

Les oies sauvages vont vers le Nord,
Leur cri dans la nuit monte,

Gare au voyage, car la mort
Nous guette par le monde.

 

 

  (bis)

En avant, vole grise armée
Et cingle aux mers lointaines.
Tu reviendras, mais nous qui sait,
Où le destin nous mène.

Au bout de la nuit qui descend,
Voyage grise escadre.
L'orage gronde et l'on entend
La rumeur des batailles.

Comme toi, toujours nous allons,
Grise armée dans la guerre.
Murmure-nous si nous tombons
La dernière prière.  

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Chant des Marais

16 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Chants

Loin dans l'infini s'étendent
Les grands prés marécageux,
Pas un seul oiseau ne chante
Dans les arbres secs et creux.
Ô terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher, piocher.
Dans ce camp morne et sauvage
Entouré de fils de fer,
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d'un grand désert.
Bruits de pas et bruits des armes
Sentinelles jour et nuit
Et du sang, des cris, des larmes,
La mort pour celui qui fuit.
Mais un jour dans notre vie,
Le printemps refleurira,
Liberté, liberté chérie
Je dirai :"Tu es à moi"
Ô terre d'allégresse
Où nous pourrons sans cesse,
Aimer, aimer, aimer.
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Le Myosotis

16 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #histoire de la FM

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Le nombre de franc-maçons tués à l'époque nazie n'est pas exactement connu, mais il est estimé entre 80 000 et 200 000.

Les archives du Reichssicherheitshauptamt (RSHA, bureau du haut commandement des services de sécurité), démontrent que des persécutions de francs-maçons furent organisées. Toutefois, les historiens estiment que la plupart de ceux pour lesquels ces persécutions allèrent jusqu'à la déportation furent envoyés à la mort pour un ensemble de motifs (dont le plus souvent leur engagement dans les mouvements de résistance ou leur appartenance

 

aux peuples exterminés par les nazis), et très rarement seulement au motif exclusif de leur appartenance maçonnique.

En France, Bernard Faÿ, administrateur de la Bibliothèque Nationale, fut nommé chef du Service des sociétés secrètes, chargé de classer les archives saisies dans les loges, d'orchestrer la propagande anti-maçonnique et surtout de dresser des fiches afin de répertorier tous les anciens francs-maçons, de les surveiller et de les radier des professions libérales comme de la fonction publique.

La loge belge « Liberté chérie » est connue pour avoir été fondée à l'intérieur du camp de concentration d'Esterwegen et y avoir fonctionné pendant environ un an.

En 1948, le myosotis, cette petite fleur bleue appelée en anglais « forget-me-not » (« ne m'oubliez pas ») fut adoptée comme emblème par la Grande Loge Unie d'Allemagne à l'occasion de sa première conférence annuelle. Souvent représentée sous la forme d'un pictogramme, elle rappelle dans ce contexte particulier le souvenir de tous ceux qui ont souffert au nom de la franc-maçonnerie, surtout durant la période nazie.

source : le Myosotis de Corse

 

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Prière (EMIA)

16 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Chants

Mon Dieu, mon Dieu, donne-moi la tourmente,
Donne-moi la souffrance
Donne-moi l'ardeur au combat
Mon Dieu, mon Dieu, donne-moi la tourmente,
Donne-moi la souffrance
Et puis la gloire au combat (bis)

Ce dont les autres ne veulent pas
Ce que l'on te refuse
Donne-moi tout cela, oui tout cela
Je ne veux ni repos, ni même la santé
Tout ça, mon Dieu, t'est assez demandé

Deux fois :
Mais donne-moi (bis)
Mais donne-moi la foi
Donne-moi force et courage

Mais donne-moi la foi
Pour que je sois sûr de moi.

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