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Hauts Grades

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L'Etoile Flamboyante(1765)

14 Août 2008 Publié dans #hauts grades

Qu'est-ce que l'or astral ?

L'or astral a son centre dans le Soleil, qui le communique par ses rayons, en même temps que sa lumière, à tous les êtres qui lui sont inférieurs : c'est une substance ignée, & qui reçoit une continuelle émanation des corpuscules solaires qui pénètrent tout ce qui est sensitif, végétatif & minéral.

Est-ce dans ce sens qu'il faut considérer le Soleil peint au tableau des premiers grades de l'ordre ?

Sans difficulté : toutes les autres interprétations sont des voiles pour déguiser au candidat les vérités philosophiques qu'il ne doit point apercevoir du premier coup d'œil, & sur lesquelles il faut que son esprit & ses méditations s'exercent.

Qu'entendez-vous par or élémentaire ?

C'est la plus pure & la plus fixe portion des éléments & de toutes les substances qui en sont composées ; de sorte que tous les êtres sublunaires des trois genres contiennent dans leur centre un précieux grain de cet or élémentaire.

Comment est-il figuré chez nos Frères les Maçons ?

Ainsi que le soleil au tableau indique l'or astral, la lune signifie son règne sur tous les corps sublunaires qui lui sont subjacents, contenant en leur centre le grain fixe de l'or élémentaire.

Expliquez-moi l'or vulgaire ?

C'est le plus beau métal que nous voyons,  que la nature puisse produire, aussi parfait en soi qu'inaltérable.

Où trouve-t-on sa désignation aux symboles de l'Art royal ?

Dans les trois médailles, le triangle, le compas & tous autres bijoux ou instruments représentatifs, comme d’or pur.

De quelle espèce d'or est la pierre des Philosophes ?

Elle est de la seconde espèce, comme étant la plus pure portion de tous les éléments métalliques après sa purification,  alors il est appelé or vif philosophique.

Que signifie le nombre quatre adopté dans le grand écossisme de Saint-André d'Ecosse, le complément des progressions maçonniques ?

Outre le parfait équilibre, & la parfaite égalité des quatre éléments dans la pierre physique, il signifie quatre choses qu'il faut faire nécessairement pour l'accomplissement de l'œuvre, qui sont, composition, altération, mixtion & union, lesquelles une fois faites dans les règles de l'art, donneront le fils légitime du soleil, & produiront le phénix toujours renaissant de ses cendres.

 

 

Qu'est-ce que c'est proprement que l'or vif des Philosophes ?

Ce n'est autre chose que le feu du mercure, ou cette vertu ignée, renfermée dans l'humide radical, à qui il a déjà communiqué la fixité & la nature du soufre, d'où il est émané : le soufre des Philosophes ne laissant pas aussi d'être appelé mercure, à cause que toute sa substance est mercurielle.

Quel autre nom les Philosophes donnent-ils à leur or vif ?

Ils l'appellent aussi leur soufre vif, ou leur vrai feu, & il se trouve renfermé en tout corps, & nul corps ne peut subsister sans lui.

Où faut-il chercher notre or vif, ou notre soufre vif, & notre vrai feu ?

Dans la maison du mercure.

De quoi ce feu vit-il ?

De l'air.

Donnez-moi une comparaison du pouvoir de ce feu ?

Pour exprimer cette attraction du feu interne, on ne peut pas donner une meilleure comparaison que celle de la foudre, qui n'est d'abord qu'une exhalaison sèche & terrestre, unie à une vapeur humide, mais qui à force de s'exalter, venant à prendre la nature ignée, agit sur l'humide qui lui est inhérent, qu'elle attire à soi, & transmue en sa nature, après quoi elle se précipite avec rapidité vers la terre, où elle est attirée par une nature fixe semblable à la sienne.

Que doit faire le Philosophe après qu'il aura extrait son mercure ?

Il doit l'amener ou réduire de puissance en acte.

La nature ne peut-elle pas le faire d'elle-même ?

Non, parce qu'après une première sublimation elle s'arrête ; & de la matière ainsi disposée s'engendrent les métaux.

Qu'entendent les Philosophes par leur or & par leur argent ?

Les Philosophes donnent le nom d'or à leur soufre, & celui d'argent à leur mercure.

D'où les tirent-ils ?

Je vous ai déjà dit qu'ils les tirent d'un corps homogène où ils se trouvent avec abondance, & d'où ils les savent extraire l'un & l'autre, par un moyen admirable, & tout à fait philosophique.

Dès que cette opération sera dûment faite, que doit-on faire ensuite ?

On doit faire son amalgame philosophique avec une très grande industrie, lequel pourtant ne se peut exécuter qu'après la sublimation du mercure, & sa due préparation.

Dans quel temps unissez-vous votre matière avec l'or vif ?

Ce n'est que dans le temps qu'on l'amalgame : c'est-à-dire, par le moyen de cette amalgame, on introduit en lui le soufre, pour ne faire ensemble qu'une seule substance, & par l'addition de ce soufre, l'ouvrage est abrégé, & la teinture augmentée.

Que contient le centre de l'humide radical ?

Il contient & cache le soufre, qui est couvert d'une écorce dure.

Que faut-il faire pour l'appliquer au grand œuvre ?

Il faut le tirer de ses prisons avec beaucoup d'art, & par la voie de la putréfaction.

La nature a-t-elle dans les mines un menstrue convenable, propre à dissoudre, & à délivrer ce soufre ?

Non, à cause qu'il n'a pas un mouvement local ; car si elle pouvait derechef dissoudre, putréfier & purifier le corps métallique, elle nous donnerait elle-même la pierre physique, c'est-à-dire, un soufre exalté & multiplié en vertu.

Comment m'expliqueriez-vous, par un exemple, cette doctrine ?

C'est encore par la comparaison d'un fruit ou d'un grain, qui est derechef mis dans une terre convenable pour y pourrir, & ensuite pour multiplier ; or, le Philosophe qui connaît le bon grain, le tire de son centre, le jette dans la terre qui lui est propre, après l'avoir bien fumée & préparée, & là il se subtilise tellement, que sa vertu prolifique s'étend & se multiplie à l'infini.

En quoi consiste donc tout le secret pour la semence ?

A bien connaître la terre qui lui est propre.

Qu'entendez-vous par la semence dans l'œuvre des Philosophes ?

J'entends le chaud inné, ou l'esprit spécifique renfermé dans l'humide radical, ou la moyenne substance de l'argent vif, qui est proprement le sperme des métaux, lequel renferme en soi sa semence.

Comment délivrez-vous le soufre de ses prisons ?

Par la putréfaction.

Quelle est la terre des minéraux ?

C'est leur propre menstrue.

Quel soin doit avoir le Philosophe pour en tirer le parti qu'il désire ?

Il faut qu'il ait un grand soin de la purger de ses vapeurs fétides, & soufres impurs, après quoi on y jette la semence.

Quel indice peut avoir l'artiste qu'il soit sur le bon chemin au commencement de son œuvre ?

Quand il verra qu'au temps de la dissolution, le dissolvant, & la chose dissoute demeurent ensemble sous une même forme & matière.

Combien de solutions y a-t-il dans l'œuvre philosophique ?

Il y en a trois ; nombre par cette raison mystérieux & respectable aux Maçons. La première est celle du corps cru & métallique, par laquelle il est réduit dans ses principes de soufre & d'argent vif ; la seconde, celle du corps physique ; & la troisième, celle de la terre minérale.

Comment par la première solution peut-on réduire un corps métallique en mercure, & puis en soufre ?

Par le feu occulte artificiel, ou l'Etoile flamboyante.

Comment se fait cette opération ?

En tirant d'abord du sujet le mercure, ou la vapeur des éléments, & après l'avoir purifiée, s'en servir à sortir le soufre de ses enveloppes, par la voie de la corruption, dont le signe est la noirceur.

Comment se fait la seconde solution ?

Quand le corps physique se résout avec les deux substances susdites, & acquiert la nature céleste.

Quel nom donnent les Philosophes à la matière dans ce temps ?

Ils l'appellent leur chaos physique, & pour lors, c'est la vraie première matière, qui n'est proprement dite telle, qu'après la jonction du mâle, qui est le soufre, & de la femelle, qui est le mercure, & non pas auparavant.

A quoi se rapporte la troisième solution ?

Elle est l'humectation de la terre minérale, & elle a un entier rapport à la multiplication.

Est-ce dans ce sens qu'il faut entendre la multiplication usitée dans les nombres maçonniques ?

Oui, nommément celle du nombre trois, pour le conduire à son cube, par les progressions connues de 3, 9, 27, 81.

De quel feu doit-on se servir dans notre œuvre ?

Du feu dont se sert la nature.

Quel pouvoir a ce feu ?

Il dissout toutes choses dans le monde, parce qu'il est le principe de toute dissolution & corruption.

Pourquoi l'appelle-t-on aussi mercure ?

Parce qu'il est de nature aérienne, & une nature très subtile participant toutefois du soufre, d'où il a tiré quelque souillure.

Où est caché ce feu ?

Il est caché dans le sujet de l'art.

Qui est-ce qui peut connaître & former ce feu ?

Le Sage sait construire & purifier ce feu.

Quel pouvoir & qualité ce feu a-t-il en soi ?

Il est très sec & dans un continuel mouvement, & ne demande qu'à corrompre & à tirer les choses de puissance en acte ; c'est lui enfin qui, rencontrant dans les mines des lieux solides, circule en forme de vapeur sur la matière, & la dissout.

Comment connaîtrait-on plus facilement ce feu ?

Par les excréments sulfureux, où il est renfermé, & par l'habillement salin, dont il est revêtu.

Que faut-il à ce feu pour qu'il puisse mieux s'insinuer dans le genre féminin ?

A cause de son extrême siccité il a besoin d'être humecté.

Combien y a-t-il de feux philosophiques ?

Il y en a de trois sortes, qui sont le naturel, l'inaturel, & le contre nature.

Expliquez-moi ces trois sortes de feux ?

Le feu naturel est le feu masculin, ou le principal agent ; l'inaturel est le féminin, ou le dissolvant de nature, nourrissant & prenant la forme de fumée blanche, lequel s'évanouit aisément, quand il est sous cette forme, si on n'y prend bien garde, & il est presque incompréhensible, quoique par la sublimation philosophique, il devienne corporel & resplendissant ; le feu contre nature est celui qui corrompt le composé, & a le pouvoir de délier ce que la nature avait fortement lié.

Où se trouve notre matière ?

Elle se trouve partout, mais il la faut chercher spécialement dans la nature métallique, où elle se trouve plus facilement qu'ailleurs.

Laquelle doit-on préférer à toutes les autres ?

On doit préférer la plus mûre, la plus propre & la plus facile ; mais il faut prendre garde surtout que l'essence métallique y soit non seulement en puissance, mais aussi en acte, & qu'il y ait une splendeur métallique.

Tout est-il renfermé dans ce sujet ?

Oui, mais il faut pourtant secourir la nature, afin que l'ouvrage soit mieux & plutôt fait, & cela par les moyens que l'on connaît dans les autres grades.

Ce sujet est-il d'un grand prix ?

Il est vil & n'a d'abord aucune élégance en soi, & si quelques-uns disent qu'il est vendable, ils ont égard à l'espèce, mais au fond il ne se vend point, parce qu'il n'est utile que pour notre œuvre.

Que contient notre matière ?

Elle contient le sel, le soufre & le mercure.

Quelle est l'opération qu'on doit apprendre à faire ?

Il faut savoir extraire le sel, soufre & mercure l'un après l'autre.

Comment cela se fait-il ?

Par la seule & complète sublimation.

Qu'extrait-on d'abord ?

On tire d'abord le mercure en forme de fumée blanche.

Que vient-il après ?

L'eau ignée, ou le soufre.

Que faut-il faire ensuite ?

Il faut le dissoudre avec le sel purifié, volatilisant d'abord le fixe, & puis fixant le volatil en terre précieuse, laquelle est le véritable vase des Philosophes & de toute perfection.

Ne pourriez-vous pas mettre tout à coup sous les yeux, & réunir comme en un seul point, les principes, les formes, les vérités & les caractères essentiels de la science des Philosophes, ainsi que du procédé méthodique de l'œuvre ?

Un morceau lyrique, composé par un ancien savant Philosophe, qui joignait à la solidité de la science, le talent agréable de badiner avec les Muses, peut remplir à tous égards ce que vous me demandez : aucune science n'étant effectivement étrangère aux enfants de la Science ; cette ode, quoiqu'en langue italienne, la plus propre à peindre des idées sublimes, trouve ici sa place.

 

 

 

N. B. - Si tous les catéchismes de Maçonnerie étaient aussi instructifs que celui-là, & ceux des autres grades de cette partie que j'espère communiquer un jour au Public, s'il accueille cette ébauche ; il est à croire que l'on s'appliquerait davantage à se ressouvenir des questions de l'ordre ; mais leur sécheresse fatigue la mémoire, perd le temps & rebute l'esprit.

 

L'on a eu soin de mettre en lettres italiques toutes les questions & réponses qui sont absolument directes à la Maçonnerie proprement dite, ou qui en émanent, pour la facilité des intelligents en cette partie : attendu que l'objet purement philosophique contenu en ce grade ou sublime philosophie inconnue, peut être également utile à ceux qui ne sont pas Maçons, y ayant beaucoup de curieux & amateurs de la science, qui sans être imbus des principes de l'Art Royal, s'appliquent aux recherches curieuses de la nature : en effet, le sort d'une chose bonne, est de pouvoir l'être généralement pour tout le monde, sans que telle ou telle qualité prise d'une société particulière puisse exclure de sa participation. Le reproche que l'on a fait de tout temps à la Maçonnerie étant de dire que, puisque par son régime elle doit rendre les hommes meilleurs, il est absurde que ses connaissances soient absolument réservées à une poignée d'êtres, qui par état sont tenus d'en faire un mystère : l'objection cesse totalement, s'il est vrai que la science des Maçons, & leur but positif soit la philosophie hermétique, telle que l'on vient de la détailler. Je ne cautionnerais pas cette vérité, en supposant que c'en soit une, parce que je me suis imposé la loi de ne présenter jamais mon opinion particulière pour une règle de décision, & qu'il convient à la modestie de toute personne qui se mêle d'écrire sans prétendre former de système, de laisser à chacun la liberté des combinaisons, sauf à fixer par des raisonnements solides, les irrésolutions de ceux qui voudraient bien le consulter. Pour mon goût personnel, j'aimerais assez que la chose des Maçons fût effectivement la découverte du grand œuvre : j'y trouve de grandes probabilités, & il est constant qu'en anatomisant plusieurs de ce que l'on appelle grands grades, en écartant le mysticisme des uns, les entours fabuleux des autres, on les tournerait aisément à la spéculation physique, dont au fond ils semblent vouloir établir les principes ; un seul exemple le prouve : les faux schismes de Rose-Croix, traités avec l'appareil pieux, vague, lugubre & brillant, dont on les surcharge en certaines loges, n'offrent à l'esprit de celui que l'on initie, que l'action sainte, des mystères révérés que l'on peut avoir décrits en des livres que ce grade copie, pour ainsi dire, & ce n'est plus à beaucoup près le véritable Rose-Croix tel qu'il fut dans sa très ancienne origine ; cependant à qui voudrait le décomposer, en suivant exactement les mêmes surfaces, sous des analogies philosophiques, y trouverait infailliblement le grain fixe, si ce terme est permis, des éléments de la science d'Hermès ; & la signature même des Maçons orgueilleux de ce grade, F. R. C. ne signifie autre chose que Fraters Roris Cocti. Le grade du Phénix, que quelques-uns apprécient beaucoup plus qu'il ne vaut, revient entièrement à cette partie, le Tetragrammaton, le Stibium, la Pentacule, sont des emblèmes précis : de faux docteurs y ajoutent de très fausses recettes, contenues en une manière de procédé prescrit pour la perfection du Stibium ; ces erreurs ne trompent pas le sage, c'est à lui à les rectifier : il est toujours bien flatteur pour les Maçons de pouvoir aspirer à cette qualité, & se parer d'un titre qui fait honneur à l'esprit, annonce la pureté du cœur, & rassemble les ouvriers intelligents, dont le but est d'aider & d'éclairer l'humanité.

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Manuel de la Pierre des philosophes

14 Août 2008 Publié dans #spiritualité

II faut savoir comment la Pierre des Philosophes, que nous appelons Baume perpétuel et parfait, se prépare et comment son action se manifeste. Prenons un exemple commun, le feu, et disons comment il nous apparaît et comment sa chaleur se manifeste : le feu est excité par la silice ; mais, ce feu ne se manifeste s'il n'est mis en contact avec une matière amie, bois, résine, huile ou autre corps facilement inflammable. Et plus on lui fournira de matière inflammable plus il sera violent. De même, la Pierre des Philosophes ou Baume perpétuel ne manifeste sa puissance que lorsqu'elle est en contact avec le corps humain. Si cette Pierre est préparée avec la matière voulue et conformément aux principes de la Philosophie, elle renouvelle et restaure les organes de la vie, comme le bois qu'on apporte réveille le feu qui se meurt.

 

Il est clair que la matière de ce Baume qui guérit le corps humain de tous les accidents est complexe. Aussi, avant de trouver la vraie matière, faut-il longuement travailler, et, lorsqu'on l'a trouvée, faut-il la manier soigneusement et s'en servir avec prudence et modération. Dans ces conditions seulement cette Médecine purgera le sang de ses diverses impuretés et rendra la santé.

 

Le médecin probe doit posséder la vraie science et ne pas être ambitieux.; il ne doit pas aimer la pompe et les discussions, se fier à l'apothicaire, il doit connaître les maladies et les indispositions. Or, vous, médecins ineptes, vous soignez vos malades à l'aide seul de votre orgueil et de votre ignorance ! Un tel péché ne devrait pas rester impuni. C'est un crime prémédité et, commis dans le but de voler d& l'argent. Ces médecins qui se disent savants ne connaissent pas les remèdes qu'ils prescrivent et ne savent pas comment l'apothicaire doit les préparer. Et l'apothicaire les connaît encore bien moins.

 

A la vérité. Docteurs et Apothicaires ne s'occupent point de la santé de leurs clients, ils ne pensent qu'à emplir leur bourse. Lorsque eux-mêmes sont malades, ils ne prennent  pas les remèdes qu'ils prescrivent aux autres. Aussi, importe-t-il de dénoncer ces crimes. Mais, je crains bien que ces chiens enragés ne se laissent pas mater facilement.

 

Pour revenir à mon sujet (dont m'a écarté l'intérêt que je porte aux pauvres malades) je vais dire comment il faut préparer la Pierre des Philosophes et comment s'en servir. Sachez donc que beaucoup d'anciens ont décrit la matière de la Pierre en paroles allégoriques dans le but d'abuser les hommes inintelligents. Ensuite, Galien remplaça ces histoires par ses folies. Et ces folies sont si bien ancrées dans les pauvres cerveaux qu'elles subsistent encore. Or, dis-moi, médecin de l'école de Galien, d'où vient ta doctrine? As-tu déjà guéri la lèpre, l'hydropisie ? Tu te tais, tu ne sais que répondre, tu es forcé de reconnaître Théophraste pour maître. Si tu veux vraiment t'instruire, lis ce que j'écris, et tu comprendras que le corps humain n'a point besoin de tes herbes.

 

Quant à tes pilules, elles n'agiront sur le corps que lorsque tu l'auras purgé de ses impuretés. Sinon, elles feront autant de mal que de bien. Il est donc préférable de ne pas s'en servir. Tes sirops ne servent à rien non plus, leur goût amer et répugnant amène des nausées, ils aggravent le mal, causent des douleurs, opèrent par des moyens contraires à la nature. Je ne parle môme pas de tes autres médicaments absurdes et idiots.

 

Si nous voulons imiter la Nature et employer une médecine naturelle, cherchons ce qu'il y a de meilleur pour conserver la santé. Les métaux ont une grande affinité avec le corps humain, ils peuvent agir efficacement sur lui. Car, comme l nomme, ils sont formés de Soufre, de Mercure et de Se] occultes. Appliquer le Semblable au Semblable voilà le grand secret de la médecine, voilà l'Arcane.

 

J'ai déjà dit, dans mes autres livres, comment le Soufre, le Mercure et le Sel forment les métaux. Je ne parlerai donc ici que de la Pierre des Philosophes.

 

Sache donc que de la plus petite chose on peut tirer une autre chose. Chaque chose est formée, engendrée, multipliée et détruite selon sa nature, on peut voir ce qu'elle a été et ce qu'elle sera, et les accidents qui lui arriveront ne seront dus qu'à ses imperfections originelles. La nature seule peut guérir le mal causé par ces accidents ; le feu ne le pourrait. Pourtant, la Pierre des Philosophes le peut aussi. Si tu veux employer la vraie matière dans la confection de la Pierre, il faut chasser de cette matière les impuretés, et foi mer de cette matière et de sa correspondante une troisième matière. La matière de la Pierre est naturellement imparfaite ; et, imparfaite, elle ne peut faire ce qu'elle fera, une fois parfaite ; pas préparée, elle ne donne qu'un ouvrage à moitié achevé ; elle a besoin pour le parachever de sa correspondante. Le microcosme nous fournit un exemple, le principe vital de l'homme qui ne peut parachever son œuvre tant qu'il n'a été mis en contact avec sa matière correspondante, c'est-à-dire avec le principe féminin.

 

Il faut d'abord réduire là Pierre en sa matière première, il faut que sa partie interne devienne sa partie externe et vice versa. Ainsi dégagée, cette semence pourra se réunir à l'autre dans le vase voulu ; le feu les y rendra pins parfaites et leur donnera la faculté de restaurer le corps humain ou purifier les métaux. C'est le Mystère de la nature, et tout médecin devrait le connaître. Pour parler pins clairement de la matière et de la préparation de cette précieuse médecine, je dirai aux fils de la doctrine aimant la vérité qu'ils doivent savoir ceci : La Nature a engendré une certaine chose dans laquelle sont mystérieusement cachés 1, 2, 3, dont la vertu conserve ta santé, chasse les imperfections, protège la vieillesse.

 

An sujet de la préparation de cette médecine, Galien, Rasés et leurs successeurs ne savent rien. Cette préparation, en effet, n'est pas la même que celle des pilules, et les vaches suisses ne peuvent

la comprendre. Et puis, les opérations de cette préparation sont presque célestes. Cette médecine purifie et restaure les métaux, ainsi que je l'ai dit dans mes Archidoxes. Que celui qui a des oreilles entende, qu'il cherche si Théophraste dit la vérité ou des mensonges, s'il parle en démon ainsi que toi, sophiste idiot.

 

Préparation de la Matière de la Pierre.

 

Prends de l'électre en limaille, mets-le dans son sperme afin de le laver de ses impuretés, purge le par l'antimoine selon la méthode alchimique. Ensuite, résous dans l'estomac d'une autruche rendue plus forte par l'âcreté d'un aigle. Lorsque l'électre sera consommé, tu n'oublieras pas de le ramener à son essence spirituelle qui est transparente et semblable à l'ambre. Puis, ajoute d'électre la moitié de ce que tu avais mis dans l'aigle étendu ; sors le fréquemment de l'estomac d'autruche : tu obtiendras ainsi l'électre spirituel.

 

Quand l'estomac d'autruche sera fatigué, il faudra lui redonner des forces. Quand il aura perdu son âcreté, tu ajouteras do la quintessence de tartre en quantité suffisante pour que sa partie rouge forme un dépôt de l'épaisseur de quatre doigts. Répète l'opération jusqu'à ce qu'il devienne blanc. Cela fait, sublime: ainsi, l'électre atteint la blancheur de l'aigle exalté et est transmuté.

 

Voilà la préparation de notre médecine. Cette médecine servira dans toutes les maladies où la médecine ordinaire ne peut servir. Selon l'usage que tu en voudras faire, tu la transformeras en eau, en huile ou en poussière rouge.

 

En vérité, je te le dis : le meilleur fondement de la médecine est dans l'électre. Sans doute, dans les autres minéraux il y a aussi de grands arcanes, mais, outre le long travail que ces arcanes exigent pour en être tirés, ils sont souvent plus dangereux qu'utiles. Le médecin doit savoir tout cela.

 

Les médecins de l'école de. Galien, qui consultent, non l'expérience, mais leur seule sottise, disent que l'électre est un poison. Je concède que, pendant sa préparation, il est an poison. Mais, il n'est point démontré qu'après sa préparation il le demeure : car la nature (bien que certaines têtes de gazelle ne veulent pas le comprendre) incline toujours vers la perfection ; à plus forte raison inclinera-t-elle vers la perfection si on lui adjoint l'art. Bien plus, je concède qu'après la préparation l'électre est encore un poison, et poison plus violent qu'avant la préparation : eh bien, étant donné que le semblable cherche son semblable, ce poison va s'attacher aux maladies incurables, non pour leur permettre de suivre leur cours et de nuire, mais pour s'emparer de son semblable, l'absorber jusqu'à la racine et le nettoyer comme le savon nettoie l'étoffé. Aussi, ce venin, comme tu l'appelles, est-il plus efficace que ton axonge dont se servent les médecins de l'école de Galien. L'arcane qui se cache dans notre médicament renferme une Essence qui ne peut être comparée à aucun poison et diffère de l'argent vif dont tu as coutume de te servir, autant que le ciel diffère de la terre. C'est pourquoi cette médecine est appelée médecine bénite de Dieu et n'est pas révélée à tous.

 

Je ne suis pas né pour le repos ni pour la paresse. Ce n'est pas dans un vase de nuit, c'est en me promenant, en vagabondant, comme tu dis dédaigneusement, et grâce à un long travail que j'ai trouvé ce secret. Toi, tu tiens ta science des grimoires poussiéreux de nigromantie.

 

Suite et fin de la préparation.

 

Ton électre détruit comme il a été dit, si tu veux continuer et arriver au but, prends d'électre détruit et rendu volatil la quantité que tu désires parfaire, mets-la dans l'Œuf philosophique, scelle-le de façon à ce que rien ne s'évapore, laisse l'Œuf dans l'Athanor jusqu'à ce que, de lui-même, sans aucune addition, l'électre commence à se résoudre, comme l'île qui au milieu de la mer se désagrège chaque jour, et devienne finalement noir. Cette couleur noire est l'oiseau qui, la nuit, yole sans ailes et auquel la première rosée céleste donne, par coction, ascension et descension, la couleur noire de la tête du corbeau ; la tête du corbeau est remplacée par la queue du paon, puis, par les plumes du cygne : enfin, arrive la couleur rouge qui est la marque de la nature du feu, lequel feu chasse toutes les maladies du corps et ranime les membres froids.

 

Selon l'opinion de tous les Philosophes, cette préparation ne demande qu'un vase, qu'un fourneau, qu'un feu.

 

Ainsi, cette médecine est parfaite et presque céleste ; elle restaure le corps humain et débarrasse les métaux de toutes leurs impuretés ; personne ne peut atteindre et comprendre un tel arcane sans l'aide de Dieu.

 

Mais, sache que cet électre n'aura point d'effet s'il n'a parcouru 3 fois le cercle des 7 au nombre 21. Aussi, dois-tu, lorsque tu détruis ton électre et le rends spirituel, te servir de l'arcane du tartre pour enlever les impuretés. Cet arcane ne demeurera pas, mais il aura aidé à atteindre le nombre voulu. C'est ainsi que, de lui-même, dans l'œuf philosophique, le feu se transforme en eau philosophique, que les Philosophes appellent eau visqueuse. Il m'est défendu d'écrire certaines choses touchant ce mystère. Cet art est, en effet, un don de Dieu. Ainsi soit-il.

 

Usage de la Pierre.

 

Je dois dire, maintenant, comment il faut employer cette médecine. Sache donc qu'il faut la prendre à très petite dose, et dans du vin ou autres liquides semblables.

Il me reste encore à donner la raison de l'obscurité que beaucoup relèveront dans mes écrit». Cette raison c'est qu'il ne faut pas donner des perles aux cochons ni une longue queue aux chèvres. La nature ne leur en a pas donné. Dieu a révélé le secret à assez de gens. Moi, j'écris pour l'initié.

Si tu suis ma recette, ta médecine sera semblable à l'air qui pénètre tout et est partout, elle chassera les maladies et apportera la santé. C'est la source du véritable or potable. Ce livre doit toujours être consulté par le fils de la Doctrine. Qu'il soit rendu grâce à Dieu. Ainsi soit-il.

 

Paracelse

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Compte rendu d'une transmutation effectuée par Cagliostro

13 Août 2008 Publié dans #hauts grades


Voici un rapport détaillé relatant la façon dont, le 7 juin 1780, Cagliostro fît de l’argent dans une loge maçonnique de Varsovie, tel que l’un de ses membres le consigna dans une description de cette expérience.

Cagliostro me fît peser une livre de mercure que je possédais, déjà purifié.

Avant cela, il m’avait ordonné de distiller de l’eau de pluie jusqu’à ce que tout le liquide s’évapore, laissant un dépôt qu’il appelait Terre Vierge ou secunda materia. Il en resta environs 16 grains. Sur ses instructions, j’avais également préparé un extrait de plomb. Après que tous ces préparatifs furent achevés, il vint à la loge et me confia la tâche d’exécuter l’ensemble de l’opération de mes propres mains. Je fis ceci selon ses instructions dans l’ordre suivant :

La Terre Vierge fut placée dans un ballon et la moitié du mercure y fut ajoutée. J’additionnais alors 30 gouttes d’extrait de plomb. Lorsque j’agitais un peu la fiole, le mercure apparut comme mort ou fortement congelé. Je versais alors le supplément d’extrait de plomb sur le mercure restant qui demeura non altéré. J’eu alors à placer ensemble les deux portions de mercure dans un ballon plus grand. Après l’avoir agité, tout le contenu pris en quelque sorte la même consistance solide. La couleur tourna au gris sale. L’ensemble fut alors agité dans un vase à moitié rempli. Cagliostro me donna ensuite un petit morceau de papier se révélant n’être que l’emballage de deux autres boulettes. Elles contenaient une poudre brillante de couleur carmin pesant sans doute un dixième de grain. La poudre fut mélangée dans le récipient et Cagliostro avala alors les trois papiers d’emballage. Pendant ce temps, je recouvrais le contenu du vase de plâtre de Paris préalablement préparé avec de l’eau chaude. Comme le récipient était rempli, Cagliostro le prit de mes mains, y ajoutant encore plus de plâtre de Paris et pressant fortement le tout de ses propres mains. Il me le rendit afin de sécher l’ensemble sur un feu de charbon de bois. Le vase fut placé dans un lit de cendres sur la fournaise à soufflerie. Le feu fut allumé et le récipient laissé ainsi pendant une demi-heure. Puis on le retira du feu grâce à une paire de pinces et on le transporta dans la loge. Le vase y fut brisé et dans le fond reposait une masse d’argent pesant 14 onces et demi.

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Le Convent de Wilhelmsbad(1782)

13 Août 2008 Publié dans #histoire de la FM

Le convent fut effectivement ouvert à Wilhelmsbad le 16 juillet 4782, sous la présidence du duc Ferdinand de Brunswick (eques a victoria) grand-maître du système templier. La direction centrale de l'Ordre intérieur avait été obligée de céder aux nombreuses demandes des provinces, mais elle comptait pouvoir vaincre aisément, grâce aux antagonismes qui se manifesteraient au sein de l'assemblée, et grâce à l'avantage que lui donnait la présidence. Tous les points qui devaient être adoptés avait été délibérés à l'avance pendant les douze mois d'atermoiement qui précédèrent l'ouverture du convent, et la direction centrale était résolue à arriver à son but par tous les moyens.

Pour ne rien négliger, elle commença par éliminer systématiquement tous ceux qui lui parurent venir au convent avec des intentions opposées aux siennes. C'est ainsi qu'on refusa l'entrée du convent aux députés de la Mère Loge de la Croissante aux trois clefs, de Ratisbonne, et au marquis de Chefdebien, député des Philalèthes, et qu'on s'efforça autant que possible de ne recevoir que les délégués des divers directoires. D'ailleurs la Grande Loge de France et celle d'Angleterre, le Grand Orient de France et la Grande Loge Nationale d'Allemagne, non plus que la Suède, ne se firent point représenter au convent. La Grande Loge aux Trois Globes terrestres de Berlin ou plutôt les membres d'une de ses loges, celle de Frédéric au Lion d'Or, se contentèrent d'envoyer un mémoire dans lequel ils offraient de démasquer les Supérieurs Inconnus, de communiquer le véritable rituel de la haute maçonnerie, et concluaient à une association avec les Rose-Croix. Mais cet écrit fut simplement joint aux actes et le convent décida, qu'ayant renoncé à tous Supérieurs Inconnus, il serait passé â l'ordre du jour sur cette proposition. Ainsi fut tranchée une des questions posées au convent, savoir: « La Maçonnerie a-t-elle des Supérieurs Inconnus ; quels sont-ils; quelles sont leurs attributions ; consistent-elles à commander ou à instruire ? » Les autres questions ne devaient pas trouver pareille unanimité. La présidence en fit passer un grand nombre sous silence, mais elle dut cependant s'arrêter à celle qui était le principal objet du convent, savoir : « L'Ordre de la Stricte Observance descend-il des Templiers ? »

Cette question agita l'assemblée pendant près de vingt séances. Le frère Ditfurth de Wetzlar déclara tout à fait insuffisantes les preuves produites dans le but d'établir que l'Ordre descendait des Templiers. « Il serait parfaitement ridicule et inopportun, ajoutait-il, de ressusciter l'Ordre templier à une époque où un monarque éclairé (Joseph II) s'occupe à en faire disparaître les derniers vestiges. » Le frère Bode (eques a lilio convallium), homme d'une intelligence très active, auquel la Stricte Observante devait la meilleure partie de ce qu'il y avait de bon en elle, proposait, de son côté, que l'on remaniât tous les grades autres que les trois premiers dans un sens plus libéral et que l'on mît fin à des fables qui n'avaient aucun fondement : « En notre temps d'une confusion presque générale, disait-il, confusion qui a donné si beau jeu à plus d'un apôtre inconnu, il apparaît qu'ils n'ont pas porté la paix, mais le glaive. Et surtout ils ont répandu une défiance si générale qu'elle porte sur la base de l'Ordre même. Je veux dire que la certitude est devenue presque commune que le système de l'Ordre, tel qu'il a été cultivé depuis dix-huit ans, n'était qu'une pure invention d'Ab Ense (de Hund), et que Ab Ense, n'ayant reçu à sa réception qu'une partie de l'histoire de la véritable origine de la Franc-Maçonnerie, avait négligé les vrais moyens qu'il avait de s'instruire:et avait été assez inconsidéré pour prononcer de lui-même et pour suppléer à l'histoire et à l'explication des hiéroglyphes, en inventant un système qui excitait les soupçons de tous les gouvernements. » Presque tous les frères furent d'avis qu'il fallait effectivement réformer les hauts grades et l'organisation générale de l'Ordre, mais ils différèrent sur le sens de cette réforme. De Beyerlé demandait que l'on annulât tous les grades supérieurs aux trois premiers degrés y compris l'ordre intérieur templier, et que les loges fussent rendues libres de s'administrer comme bon leur semblerait et de disposer de leurs deniers; Ditfurth, que l'on ajoutât simplement aux trois premiers grades un quatrième grade où serait enseigné tout ce qui a trait à la franc-maçonnerie ; il demandait aussi que les juifs fussent admis à l'avenir. Ses propositions furent soutenues par Knigge. Willermoz était d'avis que l'ont maintint l'ordre intérieur, mais que l'on légitimât les rectifications du convent de Lyon en acceptant d'une façon générale le Chevalier de la Bienfaisance. Roth et Diethelm Lavater, que l'on ménageât les diverses confessions chrétiennes, etc., etc.

Les diverses propositions de tous ces frères furent soutenues et combattues tour à tour par la foule des députés suisses, français, italiens, allemands et russes; et l'assemblée fut quelque peu orageuse, car la direction centrale de Brunswick, qui regardait comme séditieuses toutes les demandes d'éclaircissement et de réforme, n'avait garde de la calmer par des concessions humiliantes pour les chefs du système. Cependant, comme il fallait arriver à une solution et que la discussion menaçait de s'éterniser, le frère Bode proposa d'abandonner le fond de la question et de se contenter de décider des modifications conformes à l'esprit du siècle et avantageuses à toutes les religions. Cette proposition fut le signal d'une sorte de transaction à laquelle souscrivit la direction centrale qui avait escompté la fatigue de l'assemblée. Dans cette transaction, par laquelle on s'efforça de contenter tout le monde sans arriver d'ailleurs à satisfaire personne, on arrêta, en faveur de Bode, de Knigge et de Beyerlé, que les loges garderaient leur administration intérieure; mais on décida, en faveur de Ditfurth, que les trois grades symboliques travailleraient sous la surveillance du quatrième grade, celui de maître écossais que, pour contenter Willermoz et Diethelm Lavater, l'on transforma en celui de chevalier de la Bienfaisance, pratiqué en France et en Suisse depuis 1778, en décrétant cependant que, si des motifs particuliers le requéraient, il serait loisible à toutes les provinces et préfectures de ne point faire usage de ce grade. Enfin la direction centrale et les partisans templiers reçurent satisfaction, en ce que le grade de Chevalier de la Bienfaisance comporta désormais un enseignement historique dans lequel était établie la connexion des trois premiers grades avec l'ordre templier représenté par l'ordre intérieur et ses deux grades : le Novice et le Chevalier templier, subdivisé en quatre degrés : eques, armiger, socius et profes.

Le tout fut rédigé dans la capitulation suivante que signa le duc Ferdinand de Brunswick, prenant le titre d'éminence en sa qualité de Grand Maître

« Aux trois grades symboliques de la Maçonnerie on n'ajoutera qu'un seul grade, celui de Chevalier de Bienfaisance. Ce grade doit être considéré comme le point de communication entre l'ordre extérieur et l'ordre intérieur.

L'ordre intérieur doit se composer de deux grades de Novice et de Chevalier. Les officiers des loges peuvent former le comité de la loge, et y préparer les objets 'a traiter. On n'examinera pas s'ils sont revêtus de grades écossais. Dans chaque district, la loge écossaise doit exercer une surveillance immédiate sur les loges symboliques. Les décorations de l'ordre intérieur doivent être. conservées. »

Ainsi, comme l'a fait remarquer Eckert, le résultat réel du convent de Wilhelmsbad fut une transaction intérimaire entre les divers systèmes. Tout en laissant au système de la « Stricte Observance» la direction générale, on accorda au système de la « Late Observance » l'indépendance d'administration des loges. On comprendra alors difficilement que la plupart des auteurs aient pu supposer que le convent avait décidé de détruire la Stricte Observance templière, alors qu'il ressort de l'examen des opérations de ce convent que l'on évita de résoudre la question templière et que la direction de Brunswick se contenta d'accorder quelques réformes administratives. Si le système templier fut presque détruit, ce fut parce que la plupart des frères quittèrent le convent très peu satisfaits et inquiets de l'attitude des directeurs, alors qu'en Suisse la république de Berne proscrivait déjà la Stricte Observance et en fermait toutes les loges. Beaucoup d'entre eux, et en particulier les frères De Virieu et de Haugwitz, revinrent du congrès en disant qu'il existait une conspiration sourde à laquelle la religion et l'autorité ne résisteraient pas. Le premier se contenta de ne plus faire partie de la Stricte Observance, mais le second devait attaquer violemment plus tard toutes les Sociétés maçonniques. Un grand nombre de membres furent affiliés par Knigge aux Illuminés de Weisshaupt, entre autres Ditfurth, sous le nom de Minos, et Bode sous le nom d'Amelius. De Beyerlé quitta ouvertement la Stricte Observance pour entrer chez les Philalèthes en faveur desquels il écrivit son fameux « De Conventu latomorum apud aquas Vilhelminas prope Hanoviam oratio » ouvrage dans lequel il se livrait à la critique des opérations du convent.

Ce fut une vaste désorganisation. Plusieurs provinces refusèrent d'adopter les conclusions du convent. Les loges de Pologne et de Prusse pratiquèrent, les premières, le rite écossais rectifié de De Glayre, les secondes, les systèmes de Zinnendorf ou de Wölener. Les loges de Hambourg et du Hanovre adoptèrent le système de Schröder et celles de la Haute Allemagne se rangèrent dans le système éclectique établi par Ditfurth ou contractèrent des alliances avec les Illuminés de Weisshaupt. La Russie se partagea entre les divers systèmes suédois, anglais ou de Mélesino. Le prince du Gagarin, qui y avait accepté la présidence de la. loge directoriale, se vit obligé d'autoriser l'emploi de l'ancien et du nouveau système de la Stricte Observance, en laissant aux frères le soin de démêler lequel des deux était le meilleur.

En résumé, le nouveau régime templier rectifié ne fut réellement adopté à l'étranger que par la province de Lombardie (1783-1784), par les deux directoires helvétique (1783), par celui de Hesse Cassel et par une loge de Danemark (1785); car nous avons lieu de croire que la loge centrale de Brunswick (Charles à la colonne couronnée), celle de Dresde, celle de Prague et celle de Bayreuth continuèrent à suivre l'ancien système.

En France, les provinces d'Auvergne et de Bourgogne seules pratiquèrent le nouveau système. Des deux autres provinces, l'une, celle d'Occitanie n'existait plus; quant à l'autre, celle de Septimanie, réduite aux huit membres de la loge de Montpellier, qui, en 1781, avait passé un traité avec le Grand Orient de France, il y a apparence dans les documents qui nous restent qu'elle ne pratiqua plus ni l'ancien ni le nouveau système.

Même, en 1782, cinq de ses membres, les frères Vincendi, Pierrugues, Dessalles, Selignac et De Bonnefoy, qui, depuis 1780, étaient affiliés aux Philalèthes, étant entrés en pourparlers avec les Elus Coëns d'Avignon et devenus désireux, par contre, de suspendre toute relation avec les directoires; donnèrent leur démission et s'entendirent avec le temple d'Avignon pour une affiliation qui eut lieu le 23 février de l'année suivante. Un passage de la déclaration qui fut faite en cette circonstance par le frère Pierrugues nous fait connaître l'opinion des cinq membres démissionnaires sur le convent de Wilhelmsbad et sur l'administration du Directoire d'Auvergne, opinion qui vient corroborer les anciennes protestations de la Loge provinciale de Lyon lors des traités de 1778. Voici en effet ce passage :

« J'avais fait le détail des tracasseries multiples dont cette correspondance était la source. La majorité de notre cercle ne se considérant plus comme faisant partie d'un système rendu plus insupportable par les réticences de la dernière assemblée, nous devions souhaiter que chacun s'occupât de ses propres affaires sans vouloir imposer aux autres ses faiblesses et ses incertitudes. Nous n'enviions pas de connaître les membres dont Prothière et Willermoz faisaient une réception inconsidérée sans prendre souci de leurs opinions déréglées sur les sujets les plus dignes de respect, sous le vain prétexte du crédit que ces réceptions pouvaient leur donner. Je rappelais les dernières difficultés et l'engagement pris par les Directoires de maintenir la discipline dans leurs loges pour que le gouvernement politique n'ait jamais lieu de faire à leur occasion aucun reproche au Grand Orient de France. Maître Dessalles ne voulait plus se charger des envois et personne ne voulait s'en charger après lui, etc., etc. »

F.Von Baader

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Ordre d'Eri. Irlande 1757 - USA 1858

13 Août 2008 Publié dans #hauts grades

Q - By what names has Ireland been known in ancient times .

 

A - It was first called "Inis na bford biode", which means "Island of the

Wood", from the fact that the Island was found covered with trees by Ninus,

son of Belus, when he visited it in 2000 B.C. 

 

Second, it was called "Greerigh na vernngha", which means "The End of

Nations", for it was the most western isle of the then known world. 

 

Third, "Innis Alga", "Noble Island", at the time it was conquered by

Firbolgs. 

 

Fourth, "ERIE", so named after Queen Erie. 

 

Fifth, "Fodhla", after Queen Fodhla, the most beautiful, patriotic and

virtuous of Irish women. 

 

Sixth, "Bamber", after Queen Bamber. The above named three Queens were

of the noble race of Tuatha de Danann who conquered the Firbolgs and ruled

Ireland for 197 years; from Erie, the most celebrated of these three Queens,

we derive "ERIN", in the Sanscrit "Iran", and it means "Sacred Land." 

 

Seventh, "Innisfail", "Island of Destiny." From this was derived "Liafail",

"Stone of Destiny" on which the Irish Kings were 

crowned. 

 

Eighth, "Muie-inis", "Island of Fogs", which fogs were said to be brought

about by the Magic of the Tuatha de Danann,  when the Sons of Melisius were about to land on the Island. 

 

Ninth, "Scotia", after "Scota", the mother of Heber. 

 

Tenth, "Hebernian", "Island of Heber". 

 

Eleventh, "Ireland", "Island of Eire". 

 

Twelfth, "Island of Saints". 

 

Thirteenth, "The Emerald Isle", on account of its verdure. 

 

Fourteenth, "Ogygia", "Old Land" or "Ocean Land" so called by Plutarch

(See "Ogygia, or an account of Irish events", etc., by Rev. J.Healy, 1790,

and "Ogygia", by O'Connor, 1775).

 

Fifteenth, "Island of the Sun", or "Sun Worshippers". 

 

Sixteenth, "Land of Gold". It may be noted that a large quantity of golden

ornaments have been found in the ruins and graves.

 

Seventeenth, "Ogugia", "The New and Pleasant country". ...

Q - Describe the origin of Knighthood in Ireland.

 

A - King Erminius or Ruid Ruide of Ullard, or Ulster, having reigned 45

years, called together the Princes and Nobles of the  land to meet him in a

special chamber called Aodmagromaca. The King also directed that those of

their sons who "had put on the mantle", that is, who were 18 years of age,

should attend with their Sires. These youths were formed in a circle round

the chamber of deliberation. When all were assembled with  due ceremony,

the King arose, and said, "What, if my sons chose out from among your

sons, each nine youths to be companions of their steps through the rugged

and uneven ways of life", and all the Princes and Nobles struck on their

white shields and cried, "Eri."  Then the King's sons went forth, and each

chose nine noble youths, whom the King at once created Knights, calling

them by his own family name of Ruid Ruide, and from this Order sprung the

other orders of Knighthood in Ireland. The King directed each of the new

made Knights to select nine youths as Esquires, and these in turn were

directed to select from their Clansmen, each nine followers, whom we now

term Men-at-Arms, and who were in time of war, placed in command of

small squads of the common soldiers or Gallowgasses. Thus:

Each Man-at-Arms would command 9 Gallowgasses.

Each Esquire, a company of 81 foot and 9 horsemen.

Each Knight, a battalion of 820 of all ranks.

Each Grand Cross, a brigade of 7380 men.

And the whole army would number 66,420 of all ranks.

 

Q - How many Orders of Knighthood existed in Ireland in ancient times .

 

A - Five

 

  Knights of the Ruid Ruide

  Knights of the Red Branch (Ulster)

  Knights of the Collar of Gold (Neagh Nase)

  Knights of the Golden Sword

  Knights of the Royal Order of Eri. ..

 

Q - Have any traces of Freemasonry been observed amongst the 

ancient Irish .

 

A - Yes, King Teuthal instituted Lodges of Architects with a peculiar

ceremonial derived from the Druids, one of whom was a member of each

Lodge, which was presided over by an Ollam Architect, whilst the ordinary

members occupied a position similar to the modern Fellow Craft Mason, and

in regard to whom all other Artizans were considered as Apprentices, who

could only attain to membership in the Architects Lodges, by having proved

themselves to be good men and true, and proficient in their Craft.

 

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Loge Ecossaise de la Fidélité(1744). Grade de Maître

13 Août 2008 Publié dans #hauts grades

Discours historique

 

David, Roi d'Israël, ayant formé le projet d'élever un Temple à l'éternel, amassa pour cet effet d'immenses trésors. Mais, ce roi, ayant quitté les sentiers de la vertu et s'étant rendu indigne  de la protection du grand architecte il fut réservé à son fils Salomon d'avoir la gloire d'élever ce Temple au Maître de l'Univers.

Avant de commencer ce grand édifice, Salomon en fit part au roi de Tyr son voisin et allié, qui lui envoya hyram fameux architecte.

Salomon ayant reconnu les vertus et les grands talents d'hyram, le distingua bientôt par le poste le plus éminent en lui donnant la direction des ouvriers et en le chargeant de dresser les plans.

Les travaux étaient immenses et le nombre d'ouvriers leur étant proportionné, il avait fallu distribuer ces derniers en plusieurs classes et leur affecter un salaire proportionné à leur talent

Les apprentis, compagnons et Maîtres avaient un mot pour se faire reconnaître, et recevoir le tribu de leur peine.

Les apprentis s'assemblaient à la Colonne B\, les compagnons à la colonne J\ et les Maîtres dans la Chambre du Milieu.

Quinze compagnons voyant le Temple presque fini et qu'ils n'avaient pu obtenir le mot de Maître, parce que le temps n'était encore expiré, convinrent de l'obtenir par force du très respectable Maître hyram, à la première occasion, afin de passer pour Maître dans d'autres pays et en recevoir la paye.

Douze de ces compagnons se rétractèrent,  les trois autres nommés  Jubulas, Jubulos et Jubulum s'obstinèrent dans leur dessein.

Ces trois compagnons, sachant qu'hyram allait tous les jours faire sa prière dans le Temple pendant que les ouvriers se reposaient surent se placer savoir Jubulas à la porte du sud, Jubulos à la porte de l'ouest et Jubulum à la porte de l'est et ils attendirent le moment où hyram se présenterait pour sortir.

Hyram se présente d'abord à la porte du Sud, où Jubulas lui demande le mot de Maître, à quoi il répond qu'il ne devait pas le recevoir de cette manière, qu'il fallait qu'il attendit avec patience que son temps fut fini, qu'en surplus il ne pouvait le donner seul, et qu'il devait être accompagné de rois d'Israël et de Tyr; Jubulas; peu satisfait de cette réponse, lui donna un coup d'une règle de vingt quatre pouces au travers de la gorge.

Le Respectable Maître hyram s'enfuit à la porte de l'ouest où il trouva Jubulos qui lui fit la même demande, et sur son refus, ce dernier lui porta, sur le sein gauche, un coup violent avec une équerre  (…) donc il était armé.

Le Très Respectable Maître hyram, ébranlé du coup, rappela ses forces et se sauva à la porte de l'Est. Mais il y trouva Jubulum qui lui fit la même demande que les deux autres et sur son refus, lui donna un si terrible coup de maillet sur le front qu'il l'étendit mort.

Les trois assassins s'étant rejoint se demandèrent réciproquement la parole de Maître mais voyant qu'ils n'avaient pu l'obtenir et désespérés d'avoir commis un crime inutilement ne songèrent plus qu'à en dérober la connaissance, à cet effet ils enlevèrent le corps d'hyram et le cachèrent sous  les décombres, et dans la nuit le portèrent hors de Jérusalem sur une montagne où il fut enterré.

Le Respectable Maître hyram ne paraissant plus sur les travaux comme à son ordinaire Salomon fit faire les plus exactes recherches mais inutilement. Lorsque les douze compagnons qui s'étaient rétractés soupçonnant la vérité se réunirent et résolurent, entre eux d'aller se présenter à Salomon avec des gants et des tabliers blancs, comme témoignage de leur innocence et l'informèrent de ce qui s'était passé Salomon envoya ces douze compagnons à la recherche de leur Très Respectable Maître hyram  et leur recommanda que dans le cas où ils le trouveraient, de chercher sur lui, la parole de Maître leur observant que s'ils ne pouvaient pas la trouver, elle était alors perdue, attendu qu'il n'y avait que trois personnes qui la connaissent et qu'elle ne pouvait être donnée que par ces trois personnes réunies dont le Respectable Maître hyram faisait partie.

Que pour l'avenir le premier signe qui serait fait en retrouvant le corps (supposant qu'hyram fut mort), le premier signe, le premier mot prononcé serait substitué aux anciens signes et mots.

Ces compagnons ayant la promesse de Salomon d'être récompensés par la maîtrise s'ils parvenaient au but de leurs recherches partirent et se divisèrent en quatre bandes.

Trois allèrent vers le Nord, trois au Sud,  trois à l'Ouest et trois à l'Est.

Une de ces quatre bandes descendit la rivière de Joppa, et un d'eux s'étant reposé à côté d'une roche entendit de terribles lamentations par l'ouverture du rocher et quelqu'un qui disait :

Ah que j'eusse plutôt la gorge coupée, ma langue arrachée jusqu'à la racine et que j'eusse été enterré dans les sables de la mer à la basse marée et à une encablure de distance du rivage où la mer flux et reflue deux fois par jour, plutôt que d'avoir été complice de la mort de notre Respectable Maître hyram.

Ah, dit un autre, que mon cœur eut été arraché de mon sein et jeté pour servir de proie aux vautours, plutôt que d'avoir été complice de la mort d'un aussi bon Maître.

 Mais hélas, dit Jubulum, je l'ai frappé plus fort que vous deux, car c'est moi qui l'ai tué. Que j'eusse eût mon corps séparé en deux, une partie au Midi et l'autre au Septentrion et mes entrailles réduites en cendre et jetées aux quatre vents, plutôt que d'avoir été la cause du meurtre de notre Respectable Maître hyram.

Le compagnon entendant ces plaintes lamentables appela les deux autres Compagnons, ils entrèrent dans l'ouverture du rocher, prirent les meurtriers et les menèrent devant le Roi Salomon. Ils avouèrent en sa présence, ce qui c'était passé et le crime qu'ils avaient commis. Ils témoignèrent le désir  de ne pas survivre à leur forfait. En conséquence Salomon ordonna que leur propre sentence fut exécutée puisqu'ils avaient désigné le genre de leur mort et dit qu'il fut fait ainsi qu'ils avaient désirés aux-mêmes.

Jubulas eut la gorge coupée, jubulos eut le cœur arraché et Jubulum eut le corps coupé en deux parties, l'une jetée au nord, l'autre au midi.

Salomon ayant ainsi vengé la mort du R\M\hyram abif renvoya les mêmes compagnons pour remplir leur mission.

Les douze compagnons voyagèrent pendant cinq jours sans  rien trouver.

Ces compagnons ayant rendu compte à Salomon de l'inutilité de leurs recherches, il ordonna à neuf M\ de faire une seconde recherche.

Après avoir parcouru bien des endroits ils parvinrent sur le mont Moria et le deuxième jour, l'un d'eux excessivement fatigué voulu se reposer sur un monticule. Il aperçut des branches d'arbres nouvellement coupées et plantées dans  la terre, il les arracha et vit par là que la terre avait été fraîchement remuée.

Après avoir sondé la fouille dans les trois dimensions longueur, largeur et profondeur, il reconnut qu'elle n'avait été faite que pour enterrer quelqu'un. Il appela ses camarades et leur fit part de sa triste découverte. Ils se mirent à ôter la terre avec beaucoup de précaution, ils trouvèrent ainsi le corps de notre Respectable Maître hyram abif qui avait été assassiné. N'osant, par respect, pousser leurs recherches plus loin ils recouvrirent la fosse et pour reconnaître le lieu, ils coupèrent une branche d'acacia qu'ils plantèrent dessus et se retirèrent vers Salomon auquel ils firent leur rapport.

Salomon pénétra dans la plus vive douleur jugea que ce pouvait être celui de son grand Architecte hyram, il leur ordonna d'aller faire exhumer le corps et de le rapporter à Jérusalem.

Les anciens Maîtres se revêtirent de tablier et de gants blancs et le deuxième jour rendu au mont Moria ils firent la levée du corps

 

 

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Nietzsche

12 Août 2008 Publié dans #spiritualité

Le christianisme est encore possible à chaque instant... Il n'est lié à aucun des dogmes impudents qui se sont décorés de son nom: il n'a besoin ni de la doctrine d'un Dieu personnel, ni de celle du péché, ni de celle de l'immortalité, ni de celle de la rédemption, ni de celle de la foi: il peut absolument se passer d'une métaphysique, plus encore de l'ascétisme et d'une " science naturelle " chrétienne...
Celui qui dirait aujourd'hui: " Je ne veux pas être soldat ", " je ne m'occupe pas des tribunaux ", " je ne réclame pas l'aide de la police ", " je ne veux rien faire qui trouble ma paix intérieure: et, si je dois en souffrir, rien ne me conservera mieux la paix que la souffrance... " - celui-là serait chrétien.
Toute la doctrine chrétienne de ce que l'on doit croire, la " vérité " chrétienne tout entière, n'est que mensonge. C'est exactement la contrepartie de ce que voulait, à ses débuts, le mouvement chrétien.
Ce qui est chrétien, dans le sens de l'Eglise, c'est ce qui précisément est anti-chrétien de prime abord: des objets et des personnes au lieu de symboles; de l'histoire au lieu de faits éternels; des formules, des rites, des dogmes au lieu d'une pratique de la vie. L'indifférence absolue à l'égard des dogmes, du culte, des prêtres, de l'Eglise, de la théologie, voilà ce qui est chrétien.
La pratique du christianisme n'est pas une chose chimérique, tout aussi peu que la pratique du bouddhisme: c'est un moyen pour être heureux...

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Rituel Martiniste de la St Jean d'été

11 Août 2008 Publié dans #hauts grades

Les travaux sont ouverts selon les rituels de l'ordre.

 

INITIATEUR

 Mes adelphes, vous êtes réunis pour fêter le solstice, la saint Jean d'été.

 

F Orateur

Nous fêtons une plénitude, et un déclin.

Nous célébrons deux fonctions traditionnelles symbolisées par

l'effacement de Jean le Baptiste et l'apparition de Jean l'Evangéliste.

Nous fêtons l'épi d'or et la graine qui sera posée au sein de la terre.

 

INITIATEUR

F. Secrétaire pourquoi les Martinistes fêtent-ils Jean l’Evangéliste ?

 

F Secrétaire

C'est un appel à la mémoire. Les hommes oublient celui qui est venu

indiquer le chemin, et ceux qui nous ont précédé pour aplanir notre chemin.

Jean a réuni des ouvriers dispersés, il les a mis au travail sur le

chantier du grand architecte.

 

INITIATEUR

F. Secrétaire., qui fut Jean le Baptiste ?

 

F Secrétaire

F I, Le Baptiste naquit selon la tradition au solstice d'été.

L'Evangile de Jean dit :

 Jean 3.30 "Il faut qu'il grandisse et que moi, je diminue."

  

INITIATEUR

F. Orateur., où est votre place dans notre temple ?

 

F Orateur

Au midi.

 

INITIATEUR

Pourquoi mon F. ?

  

F Orateur

e marque la position du soleil à son zénith. C'est l'heure où l'ombre

est la plus courte sur notre terre.

 

INITIATEUR

F. Orateur, quelle porte ouvre le pantacle à l’orient ?

 

F Orateur

La porte des Dieux ! Je l'ai passée pour venir aider les hommes, mes

adelphes. Celui qui l'ouvre et qui la ferme est Jean l'Evangéliste dont

nous célébrons la fête au solstice d'hiver, quand le soleil est au plus

haut dans sa course vers le Nord, au plus bas dans sa course vers le Sud.

INITIATEUR

F. Orateur. Qui est ce Jean l’Evangéliste ?

 

F Orateur

Jean 21.20

Pierre s'étant retourné vit derrière lui le disciple que Jésus aimait,

celui qui, au cours du repas, s'était penché vers sa poitrine et qui

avait dit : «Seigneur, qui est celui qui va te livrer» ?

 

Jean 21.21

Quand il le vit, Pierre dit à Jésus : «Et lui, Seigneur, que lui

arrivera-t-il» ?

 

Jean 21.22

Jésus lui répondit : «Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne,

que t'importe? Toi, suis-moi».

 

INITIATEUR

F. Secrétaire, où est votre place dans le temple ?

 

Secrétaire

Au Nord, F I.

J'observe ainsi les allées et venues par la porte d'Occident. Les

Adelphes la franchissent pour aller étudier le monde.

 

INITIATEUR

F. Secrétaire, qui les guide dans ce voyage ?

 

F Secrétaire

Ils quittent le temple sous le signe de celui dont nous célébrons la

fête en ce solstice d'été : Jean le Baptiste ou le Précurseur, celui qui

aplanit le chemin.

Ils vont vers le Grand Inconnu.

Jean vint rendre témoignage de la Lumière.

Ainsi, dans le monde profane, sommes-nous destinés à être les témoins de

la Lumière.

Jean le précurseur est fêté au moment où le soleil est au plus haut dans

sa course vers le sud, au plus bas dans sa course vers le nord.

 

INITIATEUR

F. Secrétaire, qui nous soutient dans ce long et périlleux voyage ?

 

Secrétaire

Le Martiniste est ouvert au ciel, à la Terre, aux hommes, à lui-même. Il

brûle du désir de comprendre le comment du fardeau de l'homme et accepte

les petits bonheurs qui sont offerts sur le chemin de la vie.

 

INITIATEUR

F. Secrétaire, que cherchons-nous ?

 

Secrétaire

Trois étoiles, F I

Je cherche l'étoile de la fraternité.

 

INITIATEUR

Quelle est cette Etoile ? Où brille t-elle dans le ciel ?

 

Secrétaire

Rouge, l'Etoile brille à l'Occident. C'est l'étoile du matin.

C'est aussi l'Etoile du soir, sa couleur est bleue au déclin du jour.

Elle est le Hé qui figure deux fois à l’Orient.

A chaque crépuscule, elle se rapproche du Nord. Elle est la Reine de la

Nuit, Dame du Ciel, Régente de la Terre.

 

F Orateur

Je cherche l'étoile de l'égalité ; l'étoile polaire est le centre à

partir duquel tout se coordonne.

Selon une tradition, le caractère qui figure au centre de l'étoile

signifie Unitas, l'unité.

La marche à l'étoile est le retour vers l'unité, vers le principe.

A l’orient, figure la lettre yod.

Elle se prononce parfois IAH.

 

INITIATEUR

Je cherche l'étoile de la liberté.

Je la trouve quand Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les

bons.

Le shin symbolise le siège tangible du soleil mystique, centre de l'univers.

 

Orateur

Jean 1.5

 et la lumière brille dans les ténèbres,

 

F Secrétaire

et les ténèbres ne l'ont point comprise.

 

INITIATEUR

Nous sommes les enfants de la lumière.

 

INITIATEUR

Où est la place du F I ?

 

F Orateur

A l'Orient, mon F I, entre celui qui est venu (Moïse ; le maître passé)

et celui qui doit venir (Elie ; le maître inconnu).

Jean aux 2 visages se tient dans l'instant insaisissable du présent,

entre le passé qui n'est plus et le futur qui n'est pas encore.

Il est le maître de la voie ascendante et de la voie descendante.

 

INITIATEUR

Mes Adelphes, avant de nous séparer, je vous demande de penser à nos

Adelphes qui sont éloignés, aux malades, aux malheureux, à ceux qui se

sont égarés dans les ténèbres, à ceux qui, dispersés, travaillent chaque

jour à multiplier les bienfaits dont le Martinisme est le dispensateur.

 

Silence.  Méditation ou prière du cœur ou concentration sur la lettre Vav

 

INITIATEUR

Mes adelphes la leçon des solstices est telle que si le monde est

l'effet du Verbe, la nature est le symbole de la réalité.

Le miroir nous apprend que le monde de la manifestation est le reflet

d'un autre.

L'image de la main gauche est une main droite, car ce qui est en haut

n'est pas ce qui est en bas, mais comme ce qui est en bas.

Le Verbe est parole à l'extérieur, pensée à l'intérieur.

Le Verbe est témoin de la Lumière de l'Esprit et de la *flamme* au coeur

du Martiniste.

Mes adelphes, debout et à l'ordre.

 

Le F I. allume des flambeaux au flambeau des maîtres passés et les

transmets aux adelphes présents.

 

INITIATEUR

Remettant, en premier, la flamme au trésorier Hospitalier

3 Jean 0.5

Cher Frère, tu agis selon ta foi dans les soins que tu prends pour les

Sœurs et les Frères.

3 Jean 0.6

Ils ont rendu témoignage à ta charité. Tu agiras bien en pourvoyant à

leur mission d'une manière digne de Dieu.

3 Jean 0.7

Car c'est pour le Nom qu'ils se mettront en route…

Mon frère Hospitalier, en quittant le temple, tu laisseras la flamme sur

ton siège, nos adelphes pourront se souvenir de ce symbole, et se

tourner vers toi en cas de besoin matériel.

 

L’hospitalier acquiesce par le signe du silence.

Ensuite :

 

INITIATEUR

Que chacun reçoive le symbole du grand architecte, et qu'il l'utilise

selon les besoins de l'ordre, du groupe, de ses adelphes sans jamais

s'oublier lui-même. Vous emporterez avec vous ce symbole, puisque vous

avez encore à travailler pour connaître et servir la charitas !

 

CLOTURE selon les rituels de l'ordre.

L’hospitalier reste silencieux.

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Ordre Martiniste 3ème Degré(1913)

11 Août 2008

Discours de l´Orateur

Le Troisième Degré est divisé en deux parties : initiatique et
administrative. Il forme la synthèse des deux autres degrés. S.I
est la signature distinctive de l´Ordre et indique à elle seule tous les
développements du Rituel symbolique. Les six points, disposés en deux
triangles opposés, figurent la disposition des luminaires, et leur disposition
représente le Ternaire dans les trois Mondes : Dieu, l´Homme et la Nature. La
lettre S, initiale des mots Silence et Supérieur, représente le Manteau
symbolique dont est recouvert tout Initié. La lettre I, initiale du mot
Incognitus, Inconnu, symbolise le Masque dans toutes ses significations.
L´opposition des deux lettres et l´opposition des deux triangles révèlent,
à l´oeil perspicace, les deux Colonnes dans leur opposition active (lettres)
et passive (points), opposition verticale et opposition horizontale, clef ou
Symbolisme de la Croix.
Le Symbolisme de notre Rite est encore plus magnifiquement récapitulé dans la
figure suivante, qui est très caractéristique. Le Point dans un Cercle
représente le Principe dans ses développements, Dieu dans l´Éternité, etc.
Dans le Royaume humain, le Point, ou Principe, représente l´Individu ; le
Cercle, ou développement, représente l´Humanité. Dans le Royaume
intellectuel, le Point représente la Science absolue ; le Cercle, les Théories
scientifiques, les Systèmes et les Écoles. Dans le Royaume moral, le Point
représente la Religion ; le Cercle, toutes les différentes formes
d´adoration. Enfin, le Point est la Cause, le Premier mobile ; le Cercle est
l´Effet, la Conséquence. Les Martinistes voient dans le Point l´emblème du
Masque, qui enseigne la Solitude, et, dans la Circonférence, celui du Manteau,
qui enseigne la Prudence. Les lignes parallèles supportées par les deux Saint
Jean, dont les fêtes ont lieu dans des saisons opposées de l´année,
représentent les Forces antagonistes de la Nature, maintenant l´Eternité
elle-même dans le plus parfait état d´équilibre ; ces lignes figurent aussi
les alternatives de Bien et de Mal, de Lumière et d´Obscurité, d´Homme et
de Femme, d´Esprit et de Matière, etc., etc., oppositions qui sont
indispensables pour établir, sur toute la Création, la Loi divine
d´Universelle Harmonie, représentée, dans les temps anciens, par la Lyre
d´Orphée, et, depuis l´Ère chrétienne, par la Bible, qui couronne le
Symbole entier. En méditant sur le sublime Symbolisme du Rite Martiniste, nous
sommes amenés à faire la profession de foi suivante :

Les Luminaires

« Nous croyons en un Dieu Unique et en la Religion Unique comme Lui, en un Dieu
bénissant tous les Dieux et en la Religion absorbant ou annulant tous les
Cultes. Nous croyons en l´Infaillibilité de l´Esprit de Charité plutôt
qu´en l´Infaillibilité de la témérité dogmatique de quelques hommes. »

Le Masque

« Nous croyons a la Liberté absolue, à l´Indépendance absolue, à la
Royaume même, à la Divinité relative de la Volonté humaine, lorsqu´elle
est réglée par la souveraine Raison. Nous croyons que, pour s´enrichir, il
faut donner, et que le Bonheur individuel ne peut être atteint que par le
Bonheur d´autrui. »

Les Colonnes

« Nous reconnaissons dans l´Être deux modes essentiels : l´Idée et la
Forme, l´Intelligence et l´Action. Nous croyons à la Vérité, qui est
l´Être conçu par l´Idée. Nous croyons à la Réalité, qui est l´Idée
démontrée ou démontrable par la Science. Nous croyons à la Raison, qui est
l´Être exprimé exactement par le Verbe. Nous croyons à la Justice, qui est
l´Être mis en action, suivant ses vrais rapports et ses proportions
raisonnables. »

Le Manteau

« Nous croyons que Dieu lui-même, le Grand Principe indéfinissable de
Justice, ne saurait être le despote ni le bourreau de ses Créatures ; qu´il
ne peut ni les récompenser ni les punir ; mais que la Loi de l´Universelle
Harmonie porte en elle-même sa sanction, de sorte que le bien de soi-même est
la récompense du Bien, et le mal le châtiment, mais aussi le remède du Mal.
»
Nous devons apporter plus de lumière sur la signification des Signes et des
Pentacles des deux premiers Degrés ; mais il ne faut pas s´attendre cependant
à ce que ce sujet soit épuisé ici et que son ésotérisme soit révélé.
C´est à l´Initié seul que cette tâche échoit ; tout ce qui nous est
permis à cet égard, c´est de lui frayer la route de la découverte.

La Croix

La Croix est l´image de la Loi quaternaire, elle-même dissimulée dans la
formation kabbalistique du TeTragrammaTon ou Nom Incommunicable à quatre
lettres. Cette connaissance forme le sommet de toutes les Écoles
d´Initiation, quels que soient leurs noms ou leurs Rites ; mais, dans presque
toutes, la lettre a remplacé l´esprit, et rien ne reste de la Tradition,
sinon quelques cérémonies qui ne sont plus comprises. Le Nom Incommunicable,
ou Parole perdue, que l´on prononce seulement à voix basse et au milieu des
Rites les plus solennels, est le  des Hébreux, lesquels le font
dériver des Egyptiens, leurs Maîtres. C´est aussi le I. N. R. I. des
Rose-croix et la Rota des Kabbalistes. Le Nom Incommunicable est également le
Grand Athanor (e PWZA (Azoth) des Adeptes du plus haut Degré de
l´Initiation hermétique. En connaître la vraie prononciation -
c´est-à-dire posséder la pleine compréhension du mécanisme de la Loi
quaternaire synthétisée dans la Parole perdue des Kabbalistes- c´est se
rendre Maître des quatre Éléments et concentrer dans son cerveau toutes les
Idées de Science, de Religion et de Progrès.

Nous avons vu que la Loi du Ternaire lie entre elles les Forces opposées et les
ramène à l´Unité du Triangle. Le Quaternaire est le complément du Ternaire
; il rassemble les Lois d´Opposition et d´Équilibre en un Tout harmonieux
qui est l´Entité. La Loi quaternaire est représentée en Géométrie par le
carré qui est composé de quatre angles de 90 degrés égaux chacun à la
quatrième partie du Cercle, emblème de l´Éternité. De là l´origine du
problème de la Quadrature du Cercle, insoluble pour la Mathématique moderne,
laquelle est basée sur le principe erroné du « Point mathématique », mais
parfaitement résolu par les Anciens Philosophes, qui représentaient de cette
manière la Loi absolue de l´Éternelle Harmonie. Le mode employé par les
Initiés pour écrire les Mots Sacrés est de les disposer en forme de croix
dans un Cercle.
Telles sont les réelles instructions initiatiques relatives à la Croix,
Symbole de la Divinité par le Mystère du Nom Incommunicable, lequel est, en
vérité, la Divinité elle-même manifestée au Philosophe par la Grande Loi
Universelle du Quaternaire.
Nous ne pouvons rien dire de plus sur ce sujet important. Nous t´avons donna
la Clef de la Science Universelle ; tu dois ouvrir toi-même la porte du
Sanctuaire.

Le Pentagramme

Le Pentagramme, avec ses cinq pointes, semble détruire la magnifique harmonie
du Quaternaire. En réalité, c´est ce qu´il fait. Il s´ensuit que le
nombre 5 est le Symbole de la Chute, de la Mort, de la Ruine, de la Corruption,
de la Putréfaction.
Mais l´Étoile Flamboyante, qui suggère la forme de l´Homme
(c´est-à-dire la tête et les quatre membres), est l´emblème de l´Homme
dans toute la force de sa Volonté libre, capable de maîtriser ses passions
quand l´Intelligence domine la Matière  ou de permettre à ses
Passions de dominer son Esprit  Cela représente donc le Bien et le
Mal, suivant la direction prise.

L´Etoile à cinq pointes est par-dessus tout emblématique de la Chute  de
l´Homme ; et aussi d´une condition corrompue soit physique, soit
morale.
Mais nous avons vu, dans les Degrés précédents, que la Volonté humaine est
puissante, même contre la Providence. Aussi, pour effectuer sa rédemption.
Était-il nécessaire que la Volonté libre et le Consentement de l´Homme
s´unissent aux desseins de la Providence. Cette Alliance, cette Communion, eut
lieu quand la Divinité s´incarna dans le Corps de l´Homme, quand le Verbe
fut fait Chair. L´Homme avait offense son Créateur, profané le Nom Sacré de
Dieu, en d´autres termes, détruit l´harmonie de la relation entre les Cieux
et la Terre, - idée exprimée kabbalistiquement par la mutilation du Nom Sacré
divisé en deux parties ; le sublime Quaternaire avait été violemment séparé
en deux Binaires, c´est-à-dire en deux termes d´opposition : Un tel antagonisme ne pouvait pas continuer. Le TeTragrammaTon désirait la
Régénération de l´Homme. Ce désir est exprimé en Kabbale par le triple
Tau hébreu, la lettre , qui, affectant la forme de langues, représente aussi
le Verbe, c´est-à-dire la Divinité elle-même en tant que manifestée par la
Parole. la lettre , (Schin), deux fois l´emblème de Dieu, fut donc
introduite dans le Nom Sacré mutilé, de manière à réunir les deux fragments
Ce nouveau Nom de cinq lettres, emblème de la rédemption de
l´Homme, se lit en Hébreu Iéoschouah ; c´est le nom du Nazaréen, et nous
voyons que le chiffre 5, auparavant Destructeur de l´Harmonie, devient, sous
la nouvelle disposition, le chiffre béni de la Réintégration de l´Homme
dans son état originel de pureté. Tu comprendras maintenant le sens
ésotérique de la mort d´Osiris et de celle d´autres héros plus modernes
des Mystères, même antérieurement au Christ, car depuis la Chute de l´Homme
sa rédemption a toujours été possible. Ces explications ésotériques doivent
toujours être présentes à notre esprit. Elles te conduiront, mon Frère, à
la plus haute conception de l´Univers, de ses Lois et de son Grand Architecte.
La connaissance provenant de la contemplation de nos symboles s´étend bien
au-delà de celle que ne pourrait te donner aucune association secrète
contemporaine. Il nous reste à t´expliquer, mon Frère, le signe de ce Degré
: le Sceau de Salomon, ou double Triangle, et le Pentacle Universel de
Saint-Martin, l´illustre fondateur de notre Rite Sublime.

Le Sceau de Salomon

Le Sceau de Salomon, ou Etoile à six pointes, représente l´Univers et ses
deux Ternaires, Dieu et la Nature, et est, pour cette raison, appelé le Signe
du Macrocosme, ou Grand Monde, par opposition à l´Étoile à cinq pointes,
qui est le signe du Microcosme, ou Petit Monde, ou Homme. Il est composé de
deux triangles. Celui dont le sommet est au-dessus représente tout ce qui monte
; il symbolise le Feu et la Chaleur ; psychiquement, il représente les
aspirations de l´Homme vers son Créateur ; matériellement. Il représente
l´Évolution des Forces physiques, du Centre de la Terre au Centre de notre
Système planétaire, le Soleil. En un mot, il exprime le retour naturel des
forces, morales et physiques, au Principe dont elles émanent. Le Triangle dont
la pointe est en bas représente tout ce qui descend ; c´est le Symbole
hermétique de l´Eau et de l´Humidité. Dans le Monde spirituel, il
représente l´action de la Divinité sur ses Créatures ; dans le Monde
physique, il représente le courant d´involution partant du Soleil, centre de
notre Système planétaire, et allant au centre de la Terre. Combinés, ces deux
triangles expriment non seulement la Loi de l´Équilibre, mais encore
l´Activité éternelle de Dieu et de I´Univers ; ils représentent le
Mouvement perpétuel, la Génération et la Régénération incessantes par
l´eau , et par le feu +, c´est-à-dire par la Putréfaction- terme usité
jadis à la place du mot plus scientifique de Fermentation. Le Sceau de Salomon
est donc l´image parfaite de la Création, et c´est avec cette signification
que Notre Vénérable Maître, Louis-Claude de Saint-Martin, l´a renfermé
dans son Pentacle Universel.

Pentacle Universel

Dieu, le Premier Principe de l´Univers, est représenté par un Cercle,
symbole de l´Eternité :

L´action de l´Eternité passant du pouvoir latent à l´action, est symbolisée par la relation mystique du Centre à la Circonférence ; par le rayon projeté six fois autour du Cercle, ce qui produit l´Hexagone, emblématique des six périodes de la Création.

Le Point central forme la Septième période, celle du Repos.
C´est entre ces émanations créatrices que la Nature évolue par ses deux
grands courants d´Involution et d´Evolution (Triangles ascendant et
descendant).

Remarquons que la Nature, symbolisée par le Sceau de Salomon, n´atteint pas
Dieu, mais seulement les forces créatrices émanées de Lui. Du Centre de
l´Univers à Dieu lui-même (Cercle), la puissance de l´Homme prend
naissance, Unissant les effets de la Divinité au fatalisme de la Nature, dans
l´Unité de sa Volonté libre symbolisée par la Croix, qui rattache le centre
de l´Univers (âme humaine) à Dieu lui-même.

Telle est l´explication de la figure la plus complètement synthétique que le
génie de l´homme n´ait jamais découverte. Elle révèle tous les mystères
de la Nature ; elle est vraie aussi bien en Physique qu´en Métaphysique, dans
les Sciences naturelles qu´en Théologie. C´est le Sceau qui unit la Raison
à la Foi, le Matérialisme au Spiritualisme, la Religion à la Science.
Médite, mon Frère, médite de toute ton âme sur ce qui t´a été enseigné
jusqu´ici. Le Désir et la Méditation te conduiront aux plus grandes
découvertes : l´Homme de Désir est le protégé de la Providence.

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Ordre Martiniste 2ème Degré(1913)

11 Août 2008 Publié dans #hauts grades

Devenu un Philosophe de l´Unité, tu peux, ainsi que les anciens Initiés,
entrer en communion spirituelle avec les prêtres de tous les Cultes, avec les
disciples de toutes les Écoles de Philosophie ; à jamais, tu auras présent
devant les yeux le fécond Symbole des Luminaires, enseignant comment la
Diversité revient sans cesse vers l´Unité, loi que les Egyptiens
symbolisaient par la pyramide qui, bien que triangulaire à la base, se termine
cependant au sommet par un point unique, figurant l´Unité de la Vérité ou
de l´Absolu.
La pyramide présente ceci de particulier que chaque face peut être prise pour
base, le sommet correspondant étant infailliblement un point. Ceci nous
enseigne qu´aucune nation, aucun peuple, aucune catégorie d´individus,
aucune personne ne peut réclamer pour soi le monopole exclusif de la Vérité
de Dieu ; mais que celle-ci est, au contraire, accessible à tout individu, à
toute communauté, à tout peuple, à toute nation dont les aspirations sont
élevées.
Au Congrès des Religions, en 1893, le Professeur J. Estin Carpenter,
d´Oxford, disait : « Celui-ci est ne Païen ; cet autre, Juif ; ce
troisième, Musulman. Le Philosophe voit en chacun un être qui cherche Dieu. »
Cela est une pure doctrine martiniste.
De même que toutes les formes du Culte divin se réunissent dans l´Unité
d´une Religion Universelle et que tous les systèmes de Philosophie
s´harmonisent dans l´Unité de la Science, de même tous les Hommes et
toutes les Femmes forment l´Unité de l´Humanité.
De même que la Cellule, principe anatomique du Corps, forme les organes
(muscles, glandes, sang, veines...), de même les organes forment les appareils
(cerveau, coeur), et l´assemblage des appareils nécessaires forme
l´Individu.
C´est ainsi que l´Individu, cellule du grand Corps de l´Humanité, forme
la Famille, organe de l´Humanité. Plusieurs familles forment une Tribu et
plusieurs Tribus forment une Colonie, qui est un individu plus considérable.
Enfin les Colonies forment les Nations, les Nations composent les Races, et
toutes les Races se combinent dans l´organisation sublime de l´Individu le
plus considérable : le Genre Humain.

C´est pour cette raison que les Nations et même les Tribus diffèrent par
leurs aptitudes, leurs langages, leurs usages, comme cela a lieu chez les
individus. l´Humanité elle-même est un Individu, un être réel, ayant sa
conscience propre, ses lois particulières de vitalité et de transformation -
non de mort, car l´Humanité est éternelle, - et ces lois réagissent sur
chacun de nous autres, hommes, qui composons le grand Corps, de la même façon
que chacune de nos cellules anatomiques réagit sur notre organisme entier,
Ceci te donne la clé de la nécessité sociale qu´il y a pour nous d´avoir
de la solidarité et de détruire les monstrueux préjugés contre les Sexes,
les Religions et les Races ; et te démontre clairement combien il est rationnel
de sacrifier sa personnalité pour le plus grand bien de la collectivité, ainsi
que l´enseigne le Symbole impressionnant du Masque.
Dans le système religieux des Parsis, on voit que chaque disciple de Zoroastre,
avant de prier pour lui-même, prie pour son souverain et sa Communauté sa
Religion lui prescrit de noyer son Individualité dans l´intérêt de sa
Communauté. Il doit se considérer comme une partie et une parcelle de la
Communauté entière. Le bien de tous sera le Bien - et le bien solide - de
chacune des parties.
Cette sublime philosophie, qui fut celle de tous les Initiés des Centres
Orientaux et Occidentaux de l´Illuminisme, est aussi vieille que le monde est
vieux, et, si l´on en croit la Tradition, ce fut le premier Commandement de
Dieu aux Anges du septième Ciel.
L´Humanité, formée ainsi de tous les hommes et toutes femmes qui la
constituèrent, fut appelée par les Anciens Adam-Eve. Adam signifiait l´ «
ensemble des hommes » ; Eve, l´ « ensemble des femmes ». L´Histoire
d´Adam et d´Eve n´est pas autre chose que l´Histoire du Genre humain,
laquelle a été indignement travestie par les théologiens.
Cette connaissance de la Personnalité de l´Être Humain nous donne la raison
d´être de la Fraternité, en montrant que la réhabilitation Individuelle ne
saurait exister sans être accompagnée de la réhabilitation de la
Collectivité.
Applique ces connaissances aussi bien à tes études sociales qu´à tes
études religieuses.
Philosophe de l´Unité, médite de tout ton coeur sur les conséquences des
quelques idées qui viennent de t´être exposées et qui ressortent clairement
du Symbole des Luminaires et de celui du Masque. La chute de l´Homme
t´apparaîtra alors comme une triste réalité, et, dans la réintégration
dans ses droits et prérogatives primitifs, tu verras le véritable but des
aspirations de tout Initié. La réhabilitation de la Collectivité par le
désintéressement, et, s´il le faut, par le sacrifice de l´Individualité
intellectuelle, telle est la base des mystérieux enseignements du Martinisme.

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