Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles récents

Jean-Baptiste Willermoz(1730-1824)

14 Août 2008 Publié dans #histoire de la FM


Jean-Baptiste Willermoz, né à Lyon le 10 juillet 1730 et mort dans la même ville le 29 mai 1824, fut un Maçon d'une envergure exceptionnelle, comme il ne s'en rencontre pas beaucoup par siècle. C'est indéniablement une des personnalités les plus éminentes et les plus considérables de l'histoire de la Maçonnerie - surtout de la Maçonnerie française, mais pas uniquement d'elle, et qui exerça sur son évolution une influence déterminante. Véritable père fondateur du Régime Ecossais Rectifié, il fut l'architecte en chef d'un édifice qui subsiste encore durablement malgré d'étonnantes vicissitudes. Il a longtemps été de mode d'adopter à son sujet un ton dénigrant et persifleur, qu'on retrouve à l'envi sous la plume de Paul Vulliaud, d'Alice Joly, de René le Forestier, de Pierre Chevallier… Le tournant fut pris en 1973 lorsque, dans son Esotérisme au XVIIIe siècle, Antoine Faivre, le premier, écrivit : « On peut dire qu'il atteignit une haute spiritualité et que sa largeur de vue était peu commune. Il se montra doué autant pour la méditation et l'illumination intérieure que pour l'organisation ou l'administration. La Révolution a failli être fatale à son œuvre ; mais on le considère toujours comme l'un des plus grands personnages de l'histoire maçonnique. » (p. 176). Depuis lors, en particulier avec la remise au jour de nombreux documents d'archives, la grandeur du personnage s'est imposée de plus en plus.

Issu d'une ancienne famille de bourgeois de Saint-Claude (dont le patronyme s'orthographiait originellement Vuillermoz), et qui était, d'après des documents de famille, d'origine espagnole lointaine, son père s'était installé à Lyon comme marchand mercier. Jean-Baptiste, aîné de douze frères et sœurs, fut très jeune projeté dans la vie active : mis en apprentissage auprès d'un commerçant en soieries à l'âge de 14 ans, il monta à 24 ans sa propre manufacture ; peu avant Wilhelmsbad, une notice le décrit comme « fabricant en étoffes de soie et d'argent et commissionnaire en soieries. » Il vendit son établissement en 1782 tout en conservant des intérêts dans la maison de mercerie en gros de son frère Antoine et de son beau-frère Pierre Provensal, époux de sa sœur aînée Claudine.

Même s'il consacra à la Franc-Maçonnerie l'essentiel de sa longue vie, il s'engagea activement dans la vie de la cité en se conformant à l'esprit des règles qu'il avait lui-même édictées pour les Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, c'est-à-dire en mettant ses facultés d'organisateur et d'administrateur au service de la religion et de la bienfaisance au sens large du terme : il fut successivement ou simultanément administrateur de l'hôtel-dieu (notamment durant la période périlleuse de la Terreur, en 1793) puis des hospices civils de Lyon, membre du conseil de fabrique (c'est-à-dire du conseil paroissial) de Saint-Polycarpe, conseiller général du département du Rhône, il s'occupa d'instruction primaire, devint agriculteur passionné… Willermoz fut tout sauf un Maçon en chambre.

C'est néanmoins par son œuvre maçonnique qu'il est passé à la postérité. Initié en 1750 à l'âge de 20 ans dans une loge dont on ignore le nom, il franchit très rapidement tous les échelons. Elu Vénérable à peine deux ans plus tard, en 1752, il ressent la nécessité de mettre de l'ordre dans une situation marquée « par des abus qui s'accréditaient de plus en plus » et il contribue à former, en 1760, la Grande Loge des Maîtres Réguliers de Lyon, reconnue en 1761 par la Grande Loge de France. Après en avoir été le Président en 1762-63, il obtient d'en devenir le « Garde des sceaux et archives », fonction qui devait avoir ses préférences dans tous, ou presque tous, les organismes auxquels il appartint car, tirant parti de la correspondance d'affaires qu'il entretenait avec l'Europe entière, il pouvait ainsi se livrer à une de ses activités favorites : recueillir, étudier et comparer les rituels de tous les grades possibles. Et cela indubitablement par goût de collectionneur, mais aussi pour des raisons bien plus profondes, qu'il exposera dans une lettre de novembre 1772 au baron de Hund, le fondateur de la Stricte Observance : « Depuis ma première admission dans l'Ordre, j'ai toujours été persuadé qu'il renfermait la connaissance d'un but possible et capable de satisfaire l'honnête homme. D'après cette idée, j'ai travaillé sans relâche à le découvrir. Une étude suivie de plus de 20 ans, une correspondance particulière fort étendue avec des frères instruits en France et au dehors, le dépôt des archives de l'Ordre de Lyon, confié à mes soins, m'en ont procuré bien des moyens… » Et il constitue, à l'effet d'étudier tous les « hauts grades » dont il se procurait la connaissance et d'en être en quelque sorte le « laboratoire », un chapitre réservé à une « petite société » : le chapitre des Chevaliers de l'Aigle noir, dont il confia la présidence à son frère Pierre-Jacques.

Le but de ces recherches, à savoir le véritable but de la Franc-Maçonnerie, lui fut révélé lorsqu'il fut admis en mars 1767, par Martines de Pasqually en personne, dans son Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l'Univers. Dans une lettre, également de 1772, à un autre dignitaire de la Stricte Observance, le baron de Landsperg, Willermoz s'en explique avec discrétion mais avec netteté : « Quelques heureuses circonstances me procurèrent l'occasion dans mes voyages d'être admis dans une société bien composée et peu nombreuse, dont le but qui me fut développé hors des règles ordinaires me séduisit. Dès lors tous les autres systèmes que je connaissais (car je ne puis juger ceux que je ne connais pas) me parurent futiles et dégoûtants. C'est le seul où j'ai trouvé cette paix intérieure de l'âme, le plus précieux avantage de l'humanité, relativement à son être et à son principe. » De fait, convaincu d'avoir découvert la vérité de la Maçonnerie, Willermoz ne s'en départira jamais et demeurera inébranlablement fidèle, en dépit des apparences, et quoi qu'on ait prétendu, à son initiateur Martines, à sa doctrine et à son Ordre.

Après l'avoir reçu, comme il vient d'être dit, au cours d'une cérémonie empreinte d'émotion (que Willermoz devait relater en 1781 à Charles de Hesse), le Grand Souverain, qui avait décelé ses capacités, le nomma peu après « Inspecteur général de l'Orient de Lyon et Grand Maître du Grand Temple de France ». En mai 1768, le Substitut Universel de l'Ordre des Elus Coëns, Bacon de la Chevalerie l'ordonna Réau-Croix ; bien que cette ordination ait été opérée sur autorisation de Martines, celui-ci éprouva des doutes sur sa parfaite régularité, et il décida de la confirmer deux ans plus tard, en mai 1730, par la « voie sympathique », c'est-à-dire à distance - méthode fréquente pour les opérations des Elus Coëns, notamment les travaux d'équinoxe.

Willermoz prit très au sérieux les fonctions qui lui avaient été conférées et, méticuleux comme il l'était, il fut, parmi les disciples de Martines, le plus pressant pour obtenir de lui des rituels, instructions et autres documents qui faisaient défaut aux Coëns pour travailler ; à cet égard, sa correspondance avec Saint-Martin, lorsque celui-ci fut devenu secrétaire de Martines, est des plus précieuses, de même que les notes que lui-même établit pour la pratique des rituels coëns. Par dérogation à la règle qu'il s'était imposée pour les autres systèmes, y compris le sien, à savoir le Régime Ecossais Rectifié, il tint à conserver la conduite du Temple de Lyon, et il le maintint en effet en activité bien après la désagrégation de l'Ordre des Elus Coëns, jusqu'aux premiers troubles de la Révolution. Preuve du respect révérencieux que Willermoz portait à l'œuvre de son maître, il n'apporta aucun changement, même léger, à l'Ordre des Elus Coëns, qu'il laissa complètement à l'écart de sa grande entreprise de réforme - de rectification - de la Maçonnerie. Enfin, en ce qui concerne l'homme, en dépit des tiraillements ou des agacements réciproques, inévitables de la part de personnes aux natures aussi caractérisées et aussi contrastées, il lui porta toujours la plus grande considération en tant que maître initiateur, écrivant à son sujet, dans son extrême vieillesse, en 1821 : « Cet homme extraordinaire auquel je n'ai jamais connu de second. »

C'est que Willermoz avait adhéré d'emblée, et définitivement, à la doctrine de la réintégration, doctrine dont il estima dès lors qu'elle avait été, et devait être toujours, à la base de la Maçonnerie primitive et authentique ; si elle était absente de tel ou tel système maçonnique, c'était la marque que celui-ci était « futile ou dégoûtant » ou encore « apocryphe », disait-il en empruntant le terme et l'idée à Martines.

La découverte de la doctrine de Martines ne dissuada nullement Willermoz de continuer ses enquêtes sur tous les systèmes maçonniques qui venaient à sa connaissance et de solliciter de ses nombreux correspondants, souvent princiers, tel Charles de Hesse, des échanges de « lumières ». Mais on s'est complètement mépris sur le sens de ces démarches, qu'on a présentées comme une quête incessante et toujours inassouvie de la vérité. Rien n'est plus erroné. Cette vérité, Willermoz était convaincu de l'avoir reçue, et elle le satisfaisait entièrement. S'il continuait à la chercher ailleurs que dans l'Ordre de Martines, c'était dans un tout autre but : celui de réunir en un faisceau tous les systèmes maçonniques authentiques - authentiques parce que, par hypothèse, ils véhiculaient la même doctrine, ou encore, pour reprendre une image qu'il utilisa souvent, pour réunir les branches issues d'un même tronc. Cette « réunion générale de tous les rites et systèmes maçonniques » était une idée qui le poursuivit longtemps et qu'il exposa publiquement devant le Convent de Wilhelmsbad ; et elle trouva son écho dans la titulature officielle des Loges du Régime Ecossais Rectifié, qui est : « Loges réunies et rectifiées de France ».

Ce n'est pas autrement qu'il faut interpréter son adhésion et celle des deux groupes dont il était le principal inspirateur, à Strasbourg et à Lyon, à la Stricte Observance, dite encore Maçonnerie réformée ou rectifiée de Dresde. Cette adhésion se fit sur la base d'un quiproquo complet : lorsque le baron de Weiler, émissaire de Charles de Hund, parlait de « rétablir l'Ordre dans son premier état », il sous-entendait par là le rétablissement de l'Ordre du Temple aboli en 1313, là où Willermoz comprenait le retour à la Maçonnerie primitive telle que Martines l'enseignait ; aussi avoua-t-il plus tard à Charles de Hesse être « tombé de son haut » en ne trouvant dans la Stricte Observance « qu'un système sans bases et sans preuves » et qu'une « profonde ignorance sur les choses essentielles ». La preuve - s'il en était besoin - du prix que Willermoz attachait à la doctrine de Martines est qu'il ressentit la nécessité, après le départ pour Saint-Domingue du Grand Souverain, puis sa mort, d'organiser chez lui, à Lyon, de janvier 1774 à octobre 1776, des « instructions » ou « leçons » auxquelles Saint-Martin, d'Hauterive et lui-même participèrent tantôt comme instructeurs, tantôt comme secrétaires de séance.

Cependant, à quelque chose malheur est bon. La parfaite connaissance que Willermoz avait du panorama maçonnique français et européen l'avait assez vite persuadé que le système de Martines était vraiment trop hétérogène par rapport à la Maçonnerie du temps pour pouvoir s'implanter durablement, a fortiori pour supplanter les autres. Cela tenait, pour le fond, à la doctrine et, pour la forme, au fait qu'il était en vérité une crypto-maçonnerie ou, si l'on peut dire, une « Maçonnerie au-delà de la Maçonnerie ». Or pourtant, selon Willermoz, la doctrine était la seule vraie, la seule à exprimer l'authentique vérité de la Maçonnerie.

C'est alors qu'il eut l'idée géniale de constituer son propre système qui transmettrait, à la fois par l'enseignement et par l'initiation, cette vérité et qui, de surcroît, protègerait en son for intérieur l'Ordre des Elus Coëns. Le résultat fut le Régime Ecossais Rectifié, qui devait être officiellement sanctionné, sur le plan national, par le Convent des Gaules, à Lyon (novembre-décembre 1778) puis, sur le plan international, par le Convent de Wilhelmsbad, en Allemagne (août-septembre 1782).

Ce Régime est doté d'une architecture concentrique, par cercles successifs, qui sont au nombre de trois :

 1)la classe symbolique ou Ordre maçonnique, avec ses quatre grades : Apprenti, Compagnon, Maître, Maître Ecossais ;

 2)l'Ordre intérieur, lequel est chevaleresque, avec ses grades, ou plutôt ses étapes, d'Ecuyer Novice - qui est une période probatoire - et de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte.

Ces deux premiers cercles constituent ce que Willermoz appelle les « classes ostensibles » du Régime. Elles empruntent l'essentiel de leurs formes extérieures aux grades maçonniques et chevaleresques en vigueur en France et en Allemagne (usages de ce qu'on appellera plus tard le Rite français, grades « écossais », Stricte Observance) - moyennant des adaptations non négligeables exigées par la doctrine.

 3)Vient ensuite un troisième cercle, la « classe secrète » de la Profession et de la Grande Profession, innovation majeure de Willermoz, dans laquelle « les Frères des classes inférieures qui en sont jugés dignes sont initiés, après les épreuves requises, à la connaissance des mystères de l'ancienne et primitive Maçonnerie et sont reconnus propres à recevoir l'explication et le développement final des emblèmes, symboles et allégories maçonniques » (art. 1er des statuts).

Ces trois cercles, ou classes, constituent le Régime Ecossais Rectifié. Pourtant, enchâssé, en son cœur, se trouve un quatrième cercle, protégé sous le voile du mystère, et qui est le nec plus ultra : l'Ordre des Elus Coëns. Mais aucune confusion n'est possible : bien que situé au centre du Régime Rectifié, l'Ordre Coën n'est plus le Régime Rectifié ; en passant de l'un à l'autre, on change de monde. En particulier, Willermoz s'attache à proscrire, dans les classes du Régime, tout ce qui pourrait s'apparenter fût-ce à une esquisse de pratiques théurgiques, comme par exemple la kabbale ou l'alchimie, ces pratiques étant l'exclusivité de l'Ordre Coën.

En revanche, ce que les deux, Ordre Coën et Régime Rectifié, ont en commun, c'est la doctrine de la réintégration, cette « science de l'homme », pour reprendre la formule de Joseph de Maistre, que la Maçonnerie a pour fonction d'enseigner et de mettre en œuvre initiatiquement. Sa substance initiatique, et par conséquent, son rituel initiatique, sont entièrement fondés sur : 1) la chute de l'homme de son état originel glorieux, et 2) son retour, sa réintégration par l'initiation dans cet état primitif, laquelle initiation, pour pouvoir opérer, exige l'intercession et l'action du « Grand Réparateur », qui est le Christ.

Ce thème, Willermoz l'a reçu des enseignements de Martines. Mais il l'a reçu aussi de la lecture des Pères de l'Eglise. En effet, ce que l'on sait peu, c'est que Willermoz avait une solide culture religieuse ; il avait été élève des Jésuites et, en dépit de son activité professionnelle précoce, il ne cessa jamais de chercher à s'instruire, ce qu'il pouvait aisément, puisqu'il y avait plusieurs prêtres dans sa propre famille, sans parler de son entourage maçonnique. C'est ainsi que le fonds maçonnique de Lyon conserve de ses notes de lecture sur des Pères de l'Eglise, en particulier les Pères grecs (dont les traductions étaient moins rares qu'on le croit communément). Or le thème de la chute et de la réintégration est ce que les Pères, depuis saint Irénée de Lyon, ont exprimé par le thème de l' « image et ressemblance » : l'homme a été créé à l'image de Dieu et selon sa ressemblance ; la chute lui a fait perdre la ressemblance mais l'image, empreinte divine, demeure inaltérée ; reste à réacquérir ou à reconquérir la ressemblance. Tel est l'objet et le but de l'initiation : le retour de la difformité à la conformité, de l'état déchu à l'état d'avant la chute.

Tout le système élaboré par Willermoz, c'est-à-dire le Régime Ecossais Rectifié, est modelé, et ses formes, adaptées, pour permettre à l'initiation d'opérer de cette façon-là.

En outre, Willermoz, convaincu que l'intelligence est un talent reçu de Dieu - talent que, selon la parabole évangélique, l'homme a le devoir de faire fructifier - double le processus initiatique par un processus pédagogique : il rédige une série d' « instructions » qui se succèdent de grade en grade afin d'exposer de plus en plus clairement et complètement cette doctrine de la réintégration dans tous ses aspects, non seulement anthropologiques, mais cosmologiques et théosophiques. Ces instructions culminent dans l'Instruction secrète des Grands Profès, où éclate son génie métaphysique, comme d'ailleurs aussi dans celles des « leçons de Lyon » qui sont de son cru ; car il y donne de la métaphysique de Martines une présentation particulièrement lumineuse.

Les mêmes qualités : logique, clarté, sens des nuances, qualité de l'expression, caractérisent le Préavis, véritable discours-programme qu'il prononça devant le Convent de Wilhelmsbad le 29 juillet 1782 afin de présenter à la fois le Régime et son inspiration. Willermoz était véritablement aussi doué pour les concepts et pour l'écriture que pour l'organisation ; c'était à l'évidence un esprit de premier ordre.

Ce qu'il importe néanmoins de souligner avec force, c'est que, si Willermoz s'est toujours défendu d'être le véritable auteur des instructions dont il était le rédacteur, il a également cru sur parole Martines lorsque celui-ci affirmait, lui aussi, ne faire que transmettre une très ancienne tradition, quasiment immémoriale. En fait, pour l'un comme pour l'autre, cette tradition, c'est-à-dire à la fois la doctrine, qui est science de l'homme, science de la réintégration de l'homme, et l'initiation qui va avec, sont le fait d'un unique « Haut et Saint Ordre », dont l'origine est aussi ancienne que le monde, et dont aussi bien l'Ordre des Elus Coëns que le Régime Ecossais Rectifié sont des manifestations temporelles, d'où leur harmonie en quelque sorte préétablie. Haut et Saint Ordre dont la fonction est de rétablir le vrai Temple, le temple de l'Homme où réside l'Esprit, par et dans le Christ - autre manière de décrire la réintégration.

Lorsqu'il mourut en 1824 à l'âge vénérable de 94 ans, peut-être Willermoz eut-il le sentiment que son œuvre s'éteindrait avec lui, voire qu'elle s'était déjà éteinte avant lui. On sait qu'il n'en fut rien, et que le Régime Ecossais Rectifié, dans toutes ses classes, reprit plus tard vigueur, sans parler de l'Ordre des Elus Coëns. Cela excède le champ de la présente étude. Cependant, on peut maintenant dire - ce qui n'était pas forcément vrai il y a seulement cent ans - que l'œuvre de Willermoz est toujours, et même plus que jamais, d'actualité.

Jean-François Var

Lire la suite

Chevalier de l'Aigle Rouge(GOE)

14 Août 2008 Publié dans #hauts grades

D : Comment l’œuvre de l’Aigle Rouge s’est-elle manifestée en toi ?

R : Lorsque la flamme subtile de mon Intellect et le pur regard de mon âme se sont détournés

du sensible pour commencer à comprendre le divin, alors la Lumière de l’Aigle Rouge s’est manifestée, m’environnant de ses ailes flamboyantes.

 

D : Que produit cette alliance pour le genre humain ?

R : Des trésors immenses qui dureront autant que le monde.

 

D : Tous les hommes sont-ils en état de travailler au Grand œuvre ?
R : Non, bien peu en sont capables. Il n'y a que les vrais maçons qui auront l'avantage d'y prétendre. Mais combien peu sont dignes d'y parvenir

Lire la suite

Prince de Mercy(fonds Kloss)

14 Août 2008 Publié dans #hauts grades

Système du grand oeuvre Philosophique

Le Prince Excellent dit:
D. F 1er Excellent, quelle est la première étude d'un philosophe?

R. C'est la recherche des opérations de la nature.

D. Quel est le terme de la nature?

R. Dieu, comme il en est le principe.

D. Que représente la lumière des Maçons?

R. Le souffle divin, le feu central et universel qui vivifie tout ce qui existe.

D. Quelles qualités doivent avoir les scrutateurs de la nature, F 2ème Excellent?

R. Ils doivent être tels que la nature elle même, c'est à dire, vrais, simples, patients et constants; ce sont les caractères essentiels qui distinguent les bons Maçons; et lorsqu'on inspire déjà ces sentiments aux Candidats dans les premières instructions, on les prépare d'avance à acquérir les qualités nécessaires pour la classe philosophique.

D. Quelle est la vraie et première matière des métaux?

R. La première et la principale est une humidité de l'air mêlée avec un air chaud, adhérente à chaque chose pure et impure.

D. Comment les philosophes ont-ils nommé cette humidité?

R. Mercure.

D. Quelle est la seconde matière?

R. C'est la chaleur de la terre, c'est à dire, une chaleur sèche que les philosophes appèlent souffre.

D. Quelle est la vie des métaux?

R . Elle n'est autre chose que le feu lorsqu'ils sont encore couchés dans leurs mines.

D. Quelle est leur mort?

R. Leur mort et leur vie ont un même principe puisqu'ils meurent également par le feu, mais un feu de fusion.

D. Les divers métaux connus, ont-ils chacun des semences différentes?

R. Ils ont tous une même semence; mais le lieu de leur formation a été la cause de leur différence.

D. F1er Excellent, comment se forme l'or dans les entrailles de la terre?

R. Quand la première matière dont nous avons parlé, est sublimée au centre de la terre, et qu'elle passe dans les lieux chauds et purs, où une certaine graisse de souffre adhère aux parois, alors cette vapeur, ce mercure des philosophes s'unit, se joint à cette graisse qu'elle sublime; de ce mélange résulte une certaine onctuosité qui venant à se sublimer de nouveau en passant par d'autres lieux nettoyés par la vapeur précédente et où la terre est plus subtile, pure et humide, remplit les pores de cette terre, se joint à elle et c'est alors ce qui produit l'or.

D. Quel est l'objet de la recherche des philosophes?

R. C'est la connaissance de l'art de perfectionner ce que la nature a laissé imparfait dans le genre minéral, et d'arriver au trésor de la pierre philosophale.

D.Qu'est ce que cette pierre?

R. La pierre philosophale n'est autre chose que l'humide radicale des éléments parfaitement purifiés et amenés à une souveraine fixité, ce qui fait qu'elle produit de si grandes choses.

D. F2ème Excellent, quelle route doit suivre le philosophe pour parvenir à la connaissance et à l'exécution de l'oeuvre physique?

R. La même que le Grand Architecte de l'Univers suivit pour la création du monde, en observant comment le chaos fut débrouillé.

D. Combien d'opérations y a t il dans notre oeuvre?

R. Il n'y en a qu'une seule qui se réduit à la sublimation, qui n'est autre chose que l'élévation de la substance sèche par le moyen du feu, avec adhérence à son propre vase.

D. Quand un philosophe peut-il entreprendre la confection du Grand oeuvre?

R. Lorsqu'il saura par théorie tirer d'un corps dissous, et par le moyen d'un esprit cru, un esprit digeste, lequel il faudra derechef rejoindre à l'huile vitale.

D. F1er Excellent, expliquez moi cette théorie plus clairement?

R. Pour rendre la chose plus sensible, en voici le procédé; ce sera lorsque le philosophe saura par le moyen d'une menstrue végétale, uni et minéral, dissoudre un troisième essentiel, avec lesquels réunis il faut laver la terre, et l'exalter ensuite en quintessence céleste, pour en composer leur foudre sulfureux, lequel, dans un instant pénètre les corps, et détruit leurs excréments.

D. Combien d'or distinguent les philosophes?

R. Trois, comme vous l'avez dit plus haut: l'or astral, l'or élémentaire et l'or vulgaire.

D. Qu'est ce que l'or astral?

R. Il a son centre dans le soleil qui le communique à tous les êtres inférieurs. C'est une substance ignée et qui reçoit une continuelle émanation des corpuscules solaires qui pénètrent tout ce qui est sensitif et végétatif.

D.      Est ce dans ce sens qu'il faut considérer le soleil peint au tableau des premiers grades de

l'ordre?

R.       Oui, Prince Excellent, toutes les autres interprétations sont des voiles pour déguiser au Candidat les vérités philosophiques.

D. Quel est l'or élémentaire?

R. C'est la plus pure et la plus fixe portion des éléments et de toutes les substances qui en sont composées, de sorte que tout les êtres compris dans les trois règnes, contiennent dans leur centre un précieux grain de cet or élémentaire.

D.Comment cet or est-il figuré dans le tableau des trois premiers grades?

R. Ainsi que le soleil indique l'or astral, la lune signifie son règne sur tout les corps sublunaires qui lui sont subjacents, contenant en leur centre le grain fixe de l'or élémentaire.

D. Expliquez moi l'or vulgaire?

R. C'est le plus beau métal que la nature puisse produire, aussi parfait en soi qu'inaltérable.

D. Où trouve-t-on sa désignation aux symboles de l'art royal?

R. Dans les trois bijoux principaux: le triangle, le compas et l'équerre.

D. De quelle espèce d'or est la pierre philosophale?

R. De la seconde espèce, comme étant la plus pure portion de tous les éléments métalliques après sa purification.

D. Où se trouve la matière que nous employons?

R. Elle se trouve par tout, mais il la faut chercher principalement dans la nature métallique, où elle se trouve plus spécialement qu'ailleurs.

D. Laquelle doit on préférer à toutes les autres, F 2ème Excellent?

R. On doit préférer la plus mure, la plus propre et la plus facile, mais il faut la chercher principalement dans l'essence métallique, et qu'elle y soit non seulement en puissance, mais aussi en acte et qu'elle y ait une splendeur métallique.

D. F 1er Excellent, tout est-il renfermé dans ce sujet?

R. Oui, Prince Excellent; mais il faut pourtant secourir la nature, afin que l'ouvrage soit mieux et plutôt fait et cea par les moyens indiqués plus haut, et en employant le foudre sulfureux dont nous avons expliqué l'origine; c'est par ce procédé qu'on extraira de la matière l'or pur philosophique.

Le Prince Excellent dit au Récipiendaire:

Vous voyez, Très Excellent frère, par ce léger aperçu de notre théorie que la transmutation des métaux nous est connue; il est tems que vous appreniez le but et l'objet de tout nos travaux. Nous tenons des philosophes qui nous ont précédés l'important secret de composer l'or; mais les dangers qu' entrainent cette connaissance admirable, nous obligent à travailler sans cesse aux moyens de nous défier de nous mêmes.

Dans peu de jours d'une étude suivie, et en devenant le témoin secret de nos opérations vous ne tarderez pas à coopérer à ce que nous appelons le grand oeuvre, vous deviendrez chimiste habile, et vous ferez de l'or.

Il est une chose importante à vous révéler, c'est qu'aucun de nous n'à le droit de détourner la moindre parcelle de ce métal précieux. Si les philosophes qui m'entourent, ne prenaient pas la sagesse pour guide de leurs actions, ils s'approprieraient de suite l'or qu'ils confectionnent et se procureraient toutes les jouissances que donne la richesse. Qu'en résulterait-il? Que la facilité de produire entraînerait la nécessité de dépenser; que le public, le Gouvernement même serait intéressé à connaître la source de tant de biens et qu'enfin l'imprudent compromettrait sa personne, sa vie, et causerait infailliblement notre perte. Pour prévenir tant de malheurs, voici la marche régulière que nous avons adoptée.

Tout l'or sorti de notre laboratoire, où vous allez être introduit, nous le déposons dans une caisse artistement faite, qui contient pour environ trois millions de lingots. La lenteur de nos opérations et les précautions que nous prenons, afin d'écarter tout soupçon, exigent de nous trois ans de travail pour que nous puissions remplir cette caisse. Quand cette valeur métallique est complétée, le plus ancien de nous, qui est chargé durant trois années des fonctions dont je suis dépositaire, emporte cette caisse, nous dit un éternel à Dieu, après avoir prononcé un Serment terrible, et va jouir dans une contrée lointaine des fruits de son travail, de ses études et de sa discrétion.

Lire la suite

L'Etoile Flamboyante(1765)

14 Août 2008 Publié dans #hauts grades

Qu'est-ce que l'or astral ?

L'or astral a son centre dans le Soleil, qui le communique par ses rayons, en même temps que sa lumière, à tous les êtres qui lui sont inférieurs : c'est une substance ignée, & qui reçoit une continuelle émanation des corpuscules solaires qui pénètrent tout ce qui est sensitif, végétatif & minéral.

Est-ce dans ce sens qu'il faut considérer le Soleil peint au tableau des premiers grades de l'ordre ?

Sans difficulté : toutes les autres interprétations sont des voiles pour déguiser au candidat les vérités philosophiques qu'il ne doit point apercevoir du premier coup d'œil, & sur lesquelles il faut que son esprit & ses méditations s'exercent.

Qu'entendez-vous par or élémentaire ?

C'est la plus pure & la plus fixe portion des éléments & de toutes les substances qui en sont composées ; de sorte que tous les êtres sublunaires des trois genres contiennent dans leur centre un précieux grain de cet or élémentaire.

Comment est-il figuré chez nos Frères les Maçons ?

Ainsi que le soleil au tableau indique l'or astral, la lune signifie son règne sur tous les corps sublunaires qui lui sont subjacents, contenant en leur centre le grain fixe de l'or élémentaire.

Expliquez-moi l'or vulgaire ?

C'est le plus beau métal que nous voyons,  que la nature puisse produire, aussi parfait en soi qu'inaltérable.

Où trouve-t-on sa désignation aux symboles de l'Art royal ?

Dans les trois médailles, le triangle, le compas & tous autres bijoux ou instruments représentatifs, comme d’or pur.

De quelle espèce d'or est la pierre des Philosophes ?

Elle est de la seconde espèce, comme étant la plus pure portion de tous les éléments métalliques après sa purification,  alors il est appelé or vif philosophique.

Que signifie le nombre quatre adopté dans le grand écossisme de Saint-André d'Ecosse, le complément des progressions maçonniques ?

Outre le parfait équilibre, & la parfaite égalité des quatre éléments dans la pierre physique, il signifie quatre choses qu'il faut faire nécessairement pour l'accomplissement de l'œuvre, qui sont, composition, altération, mixtion & union, lesquelles une fois faites dans les règles de l'art, donneront le fils légitime du soleil, & produiront le phénix toujours renaissant de ses cendres.

 

 

Qu'est-ce que c'est proprement que l'or vif des Philosophes ?

Ce n'est autre chose que le feu du mercure, ou cette vertu ignée, renfermée dans l'humide radical, à qui il a déjà communiqué la fixité & la nature du soufre, d'où il est émané : le soufre des Philosophes ne laissant pas aussi d'être appelé mercure, à cause que toute sa substance est mercurielle.

Quel autre nom les Philosophes donnent-ils à leur or vif ?

Ils l'appellent aussi leur soufre vif, ou leur vrai feu, & il se trouve renfermé en tout corps, & nul corps ne peut subsister sans lui.

Où faut-il chercher notre or vif, ou notre soufre vif, & notre vrai feu ?

Dans la maison du mercure.

De quoi ce feu vit-il ?

De l'air.

Donnez-moi une comparaison du pouvoir de ce feu ?

Pour exprimer cette attraction du feu interne, on ne peut pas donner une meilleure comparaison que celle de la foudre, qui n'est d'abord qu'une exhalaison sèche & terrestre, unie à une vapeur humide, mais qui à force de s'exalter, venant à prendre la nature ignée, agit sur l'humide qui lui est inhérent, qu'elle attire à soi, & transmue en sa nature, après quoi elle se précipite avec rapidité vers la terre, où elle est attirée par une nature fixe semblable à la sienne.

Que doit faire le Philosophe après qu'il aura extrait son mercure ?

Il doit l'amener ou réduire de puissance en acte.

La nature ne peut-elle pas le faire d'elle-même ?

Non, parce qu'après une première sublimation elle s'arrête ; & de la matière ainsi disposée s'engendrent les métaux.

Qu'entendent les Philosophes par leur or & par leur argent ?

Les Philosophes donnent le nom d'or à leur soufre, & celui d'argent à leur mercure.

D'où les tirent-ils ?

Je vous ai déjà dit qu'ils les tirent d'un corps homogène où ils se trouvent avec abondance, & d'où ils les savent extraire l'un & l'autre, par un moyen admirable, & tout à fait philosophique.

Dès que cette opération sera dûment faite, que doit-on faire ensuite ?

On doit faire son amalgame philosophique avec une très grande industrie, lequel pourtant ne se peut exécuter qu'après la sublimation du mercure, & sa due préparation.

Dans quel temps unissez-vous votre matière avec l'or vif ?

Ce n'est que dans le temps qu'on l'amalgame : c'est-à-dire, par le moyen de cette amalgame, on introduit en lui le soufre, pour ne faire ensemble qu'une seule substance, & par l'addition de ce soufre, l'ouvrage est abrégé, & la teinture augmentée.

Que contient le centre de l'humide radical ?

Il contient & cache le soufre, qui est couvert d'une écorce dure.

Que faut-il faire pour l'appliquer au grand œuvre ?

Il faut le tirer de ses prisons avec beaucoup d'art, & par la voie de la putréfaction.

La nature a-t-elle dans les mines un menstrue convenable, propre à dissoudre, & à délivrer ce soufre ?

Non, à cause qu'il n'a pas un mouvement local ; car si elle pouvait derechef dissoudre, putréfier & purifier le corps métallique, elle nous donnerait elle-même la pierre physique, c'est-à-dire, un soufre exalté & multiplié en vertu.

Comment m'expliqueriez-vous, par un exemple, cette doctrine ?

C'est encore par la comparaison d'un fruit ou d'un grain, qui est derechef mis dans une terre convenable pour y pourrir, & ensuite pour multiplier ; or, le Philosophe qui connaît le bon grain, le tire de son centre, le jette dans la terre qui lui est propre, après l'avoir bien fumée & préparée, & là il se subtilise tellement, que sa vertu prolifique s'étend & se multiplie à l'infini.

En quoi consiste donc tout le secret pour la semence ?

A bien connaître la terre qui lui est propre.

Qu'entendez-vous par la semence dans l'œuvre des Philosophes ?

J'entends le chaud inné, ou l'esprit spécifique renfermé dans l'humide radical, ou la moyenne substance de l'argent vif, qui est proprement le sperme des métaux, lequel renferme en soi sa semence.

Comment délivrez-vous le soufre de ses prisons ?

Par la putréfaction.

Quelle est la terre des minéraux ?

C'est leur propre menstrue.

Quel soin doit avoir le Philosophe pour en tirer le parti qu'il désire ?

Il faut qu'il ait un grand soin de la purger de ses vapeurs fétides, & soufres impurs, après quoi on y jette la semence.

Quel indice peut avoir l'artiste qu'il soit sur le bon chemin au commencement de son œuvre ?

Quand il verra qu'au temps de la dissolution, le dissolvant, & la chose dissoute demeurent ensemble sous une même forme & matière.

Combien de solutions y a-t-il dans l'œuvre philosophique ?

Il y en a trois ; nombre par cette raison mystérieux & respectable aux Maçons. La première est celle du corps cru & métallique, par laquelle il est réduit dans ses principes de soufre & d'argent vif ; la seconde, celle du corps physique ; & la troisième, celle de la terre minérale.

Comment par la première solution peut-on réduire un corps métallique en mercure, & puis en soufre ?

Par le feu occulte artificiel, ou l'Etoile flamboyante.

Comment se fait cette opération ?

En tirant d'abord du sujet le mercure, ou la vapeur des éléments, & après l'avoir purifiée, s'en servir à sortir le soufre de ses enveloppes, par la voie de la corruption, dont le signe est la noirceur.

Comment se fait la seconde solution ?

Quand le corps physique se résout avec les deux substances susdites, & acquiert la nature céleste.

Quel nom donnent les Philosophes à la matière dans ce temps ?

Ils l'appellent leur chaos physique, & pour lors, c'est la vraie première matière, qui n'est proprement dite telle, qu'après la jonction du mâle, qui est le soufre, & de la femelle, qui est le mercure, & non pas auparavant.

A quoi se rapporte la troisième solution ?

Elle est l'humectation de la terre minérale, & elle a un entier rapport à la multiplication.

Est-ce dans ce sens qu'il faut entendre la multiplication usitée dans les nombres maçonniques ?

Oui, nommément celle du nombre trois, pour le conduire à son cube, par les progressions connues de 3, 9, 27, 81.

De quel feu doit-on se servir dans notre œuvre ?

Du feu dont se sert la nature.

Quel pouvoir a ce feu ?

Il dissout toutes choses dans le monde, parce qu'il est le principe de toute dissolution & corruption.

Pourquoi l'appelle-t-on aussi mercure ?

Parce qu'il est de nature aérienne, & une nature très subtile participant toutefois du soufre, d'où il a tiré quelque souillure.

Où est caché ce feu ?

Il est caché dans le sujet de l'art.

Qui est-ce qui peut connaître & former ce feu ?

Le Sage sait construire & purifier ce feu.

Quel pouvoir & qualité ce feu a-t-il en soi ?

Il est très sec & dans un continuel mouvement, & ne demande qu'à corrompre & à tirer les choses de puissance en acte ; c'est lui enfin qui, rencontrant dans les mines des lieux solides, circule en forme de vapeur sur la matière, & la dissout.

Comment connaîtrait-on plus facilement ce feu ?

Par les excréments sulfureux, où il est renfermé, & par l'habillement salin, dont il est revêtu.

Que faut-il à ce feu pour qu'il puisse mieux s'insinuer dans le genre féminin ?

A cause de son extrême siccité il a besoin d'être humecté.

Combien y a-t-il de feux philosophiques ?

Il y en a de trois sortes, qui sont le naturel, l'inaturel, & le contre nature.

Expliquez-moi ces trois sortes de feux ?

Le feu naturel est le feu masculin, ou le principal agent ; l'inaturel est le féminin, ou le dissolvant de nature, nourrissant & prenant la forme de fumée blanche, lequel s'évanouit aisément, quand il est sous cette forme, si on n'y prend bien garde, & il est presque incompréhensible, quoique par la sublimation philosophique, il devienne corporel & resplendissant ; le feu contre nature est celui qui corrompt le composé, & a le pouvoir de délier ce que la nature avait fortement lié.

Où se trouve notre matière ?

Elle se trouve partout, mais il la faut chercher spécialement dans la nature métallique, où elle se trouve plus facilement qu'ailleurs.

Laquelle doit-on préférer à toutes les autres ?

On doit préférer la plus mûre, la plus propre & la plus facile ; mais il faut prendre garde surtout que l'essence métallique y soit non seulement en puissance, mais aussi en acte, & qu'il y ait une splendeur métallique.

Tout est-il renfermé dans ce sujet ?

Oui, mais il faut pourtant secourir la nature, afin que l'ouvrage soit mieux & plutôt fait, & cela par les moyens que l'on connaît dans les autres grades.

Ce sujet est-il d'un grand prix ?

Il est vil & n'a d'abord aucune élégance en soi, & si quelques-uns disent qu'il est vendable, ils ont égard à l'espèce, mais au fond il ne se vend point, parce qu'il n'est utile que pour notre œuvre.

Que contient notre matière ?

Elle contient le sel, le soufre & le mercure.

Quelle est l'opération qu'on doit apprendre à faire ?

Il faut savoir extraire le sel, soufre & mercure l'un après l'autre.

Comment cela se fait-il ?

Par la seule & complète sublimation.

Qu'extrait-on d'abord ?

On tire d'abord le mercure en forme de fumée blanche.

Que vient-il après ?

L'eau ignée, ou le soufre.

Que faut-il faire ensuite ?

Il faut le dissoudre avec le sel purifié, volatilisant d'abord le fixe, & puis fixant le volatil en terre précieuse, laquelle est le véritable vase des Philosophes & de toute perfection.

Ne pourriez-vous pas mettre tout à coup sous les yeux, & réunir comme en un seul point, les principes, les formes, les vérités & les caractères essentiels de la science des Philosophes, ainsi que du procédé méthodique de l'œuvre ?

Un morceau lyrique, composé par un ancien savant Philosophe, qui joignait à la solidité de la science, le talent agréable de badiner avec les Muses, peut remplir à tous égards ce que vous me demandez : aucune science n'étant effectivement étrangère aux enfants de la Science ; cette ode, quoiqu'en langue italienne, la plus propre à peindre des idées sublimes, trouve ici sa place.

 

 

 

N. B. - Si tous les catéchismes de Maçonnerie étaient aussi instructifs que celui-là, & ceux des autres grades de cette partie que j'espère communiquer un jour au Public, s'il accueille cette ébauche ; il est à croire que l'on s'appliquerait davantage à se ressouvenir des questions de l'ordre ; mais leur sécheresse fatigue la mémoire, perd le temps & rebute l'esprit.

 

L'on a eu soin de mettre en lettres italiques toutes les questions & réponses qui sont absolument directes à la Maçonnerie proprement dite, ou qui en émanent, pour la facilité des intelligents en cette partie : attendu que l'objet purement philosophique contenu en ce grade ou sublime philosophie inconnue, peut être également utile à ceux qui ne sont pas Maçons, y ayant beaucoup de curieux & amateurs de la science, qui sans être imbus des principes de l'Art Royal, s'appliquent aux recherches curieuses de la nature : en effet, le sort d'une chose bonne, est de pouvoir l'être généralement pour tout le monde, sans que telle ou telle qualité prise d'une société particulière puisse exclure de sa participation. Le reproche que l'on a fait de tout temps à la Maçonnerie étant de dire que, puisque par son régime elle doit rendre les hommes meilleurs, il est absurde que ses connaissances soient absolument réservées à une poignée d'êtres, qui par état sont tenus d'en faire un mystère : l'objection cesse totalement, s'il est vrai que la science des Maçons, & leur but positif soit la philosophie hermétique, telle que l'on vient de la détailler. Je ne cautionnerais pas cette vérité, en supposant que c'en soit une, parce que je me suis imposé la loi de ne présenter jamais mon opinion particulière pour une règle de décision, & qu'il convient à la modestie de toute personne qui se mêle d'écrire sans prétendre former de système, de laisser à chacun la liberté des combinaisons, sauf à fixer par des raisonnements solides, les irrésolutions de ceux qui voudraient bien le consulter. Pour mon goût personnel, j'aimerais assez que la chose des Maçons fût effectivement la découverte du grand œuvre : j'y trouve de grandes probabilités, & il est constant qu'en anatomisant plusieurs de ce que l'on appelle grands grades, en écartant le mysticisme des uns, les entours fabuleux des autres, on les tournerait aisément à la spéculation physique, dont au fond ils semblent vouloir établir les principes ; un seul exemple le prouve : les faux schismes de Rose-Croix, traités avec l'appareil pieux, vague, lugubre & brillant, dont on les surcharge en certaines loges, n'offrent à l'esprit de celui que l'on initie, que l'action sainte, des mystères révérés que l'on peut avoir décrits en des livres que ce grade copie, pour ainsi dire, & ce n'est plus à beaucoup près le véritable Rose-Croix tel qu'il fut dans sa très ancienne origine ; cependant à qui voudrait le décomposer, en suivant exactement les mêmes surfaces, sous des analogies philosophiques, y trouverait infailliblement le grain fixe, si ce terme est permis, des éléments de la science d'Hermès ; & la signature même des Maçons orgueilleux de ce grade, F. R. C. ne signifie autre chose que Fraters Roris Cocti. Le grade du Phénix, que quelques-uns apprécient beaucoup plus qu'il ne vaut, revient entièrement à cette partie, le Tetragrammaton, le Stibium, la Pentacule, sont des emblèmes précis : de faux docteurs y ajoutent de très fausses recettes, contenues en une manière de procédé prescrit pour la perfection du Stibium ; ces erreurs ne trompent pas le sage, c'est à lui à les rectifier : il est toujours bien flatteur pour les Maçons de pouvoir aspirer à cette qualité, & se parer d'un titre qui fait honneur à l'esprit, annonce la pureté du cœur, & rassemble les ouvriers intelligents, dont le but est d'aider & d'éclairer l'humanité.

Lire la suite

Manuel de la Pierre des philosophes

14 Août 2008 Publié dans #spiritualité

II faut savoir comment la Pierre des Philosophes, que nous appelons Baume perpétuel et parfait, se prépare et comment son action se manifeste. Prenons un exemple commun, le feu, et disons comment il nous apparaît et comment sa chaleur se manifeste : le feu est excité par la silice ; mais, ce feu ne se manifeste s'il n'est mis en contact avec une matière amie, bois, résine, huile ou autre corps facilement inflammable. Et plus on lui fournira de matière inflammable plus il sera violent. De même, la Pierre des Philosophes ou Baume perpétuel ne manifeste sa puissance que lorsqu'elle est en contact avec le corps humain. Si cette Pierre est préparée avec la matière voulue et conformément aux principes de la Philosophie, elle renouvelle et restaure les organes de la vie, comme le bois qu'on apporte réveille le feu qui se meurt.

 

Il est clair que la matière de ce Baume qui guérit le corps humain de tous les accidents est complexe. Aussi, avant de trouver la vraie matière, faut-il longuement travailler, et, lorsqu'on l'a trouvée, faut-il la manier soigneusement et s'en servir avec prudence et modération. Dans ces conditions seulement cette Médecine purgera le sang de ses diverses impuretés et rendra la santé.

 

Le médecin probe doit posséder la vraie science et ne pas être ambitieux.; il ne doit pas aimer la pompe et les discussions, se fier à l'apothicaire, il doit connaître les maladies et les indispositions. Or, vous, médecins ineptes, vous soignez vos malades à l'aide seul de votre orgueil et de votre ignorance ! Un tel péché ne devrait pas rester impuni. C'est un crime prémédité et, commis dans le but de voler d& l'argent. Ces médecins qui se disent savants ne connaissent pas les remèdes qu'ils prescrivent et ne savent pas comment l'apothicaire doit les préparer. Et l'apothicaire les connaît encore bien moins.

 

A la vérité. Docteurs et Apothicaires ne s'occupent point de la santé de leurs clients, ils ne pensent qu'à emplir leur bourse. Lorsque eux-mêmes sont malades, ils ne prennent  pas les remèdes qu'ils prescrivent aux autres. Aussi, importe-t-il de dénoncer ces crimes. Mais, je crains bien que ces chiens enragés ne se laissent pas mater facilement.

 

Pour revenir à mon sujet (dont m'a écarté l'intérêt que je porte aux pauvres malades) je vais dire comment il faut préparer la Pierre des Philosophes et comment s'en servir. Sachez donc que beaucoup d'anciens ont décrit la matière de la Pierre en paroles allégoriques dans le but d'abuser les hommes inintelligents. Ensuite, Galien remplaça ces histoires par ses folies. Et ces folies sont si bien ancrées dans les pauvres cerveaux qu'elles subsistent encore. Or, dis-moi, médecin de l'école de Galien, d'où vient ta doctrine? As-tu déjà guéri la lèpre, l'hydropisie ? Tu te tais, tu ne sais que répondre, tu es forcé de reconnaître Théophraste pour maître. Si tu veux vraiment t'instruire, lis ce que j'écris, et tu comprendras que le corps humain n'a point besoin de tes herbes.

 

Quant à tes pilules, elles n'agiront sur le corps que lorsque tu l'auras purgé de ses impuretés. Sinon, elles feront autant de mal que de bien. Il est donc préférable de ne pas s'en servir. Tes sirops ne servent à rien non plus, leur goût amer et répugnant amène des nausées, ils aggravent le mal, causent des douleurs, opèrent par des moyens contraires à la nature. Je ne parle môme pas de tes autres médicaments absurdes et idiots.

 

Si nous voulons imiter la Nature et employer une médecine naturelle, cherchons ce qu'il y a de meilleur pour conserver la santé. Les métaux ont une grande affinité avec le corps humain, ils peuvent agir efficacement sur lui. Car, comme l nomme, ils sont formés de Soufre, de Mercure et de Se] occultes. Appliquer le Semblable au Semblable voilà le grand secret de la médecine, voilà l'Arcane.

 

J'ai déjà dit, dans mes autres livres, comment le Soufre, le Mercure et le Sel forment les métaux. Je ne parlerai donc ici que de la Pierre des Philosophes.

 

Sache donc que de la plus petite chose on peut tirer une autre chose. Chaque chose est formée, engendrée, multipliée et détruite selon sa nature, on peut voir ce qu'elle a été et ce qu'elle sera, et les accidents qui lui arriveront ne seront dus qu'à ses imperfections originelles. La nature seule peut guérir le mal causé par ces accidents ; le feu ne le pourrait. Pourtant, la Pierre des Philosophes le peut aussi. Si tu veux employer la vraie matière dans la confection de la Pierre, il faut chasser de cette matière les impuretés, et foi mer de cette matière et de sa correspondante une troisième matière. La matière de la Pierre est naturellement imparfaite ; et, imparfaite, elle ne peut faire ce qu'elle fera, une fois parfaite ; pas préparée, elle ne donne qu'un ouvrage à moitié achevé ; elle a besoin pour le parachever de sa correspondante. Le microcosme nous fournit un exemple, le principe vital de l'homme qui ne peut parachever son œuvre tant qu'il n'a été mis en contact avec sa matière correspondante, c'est-à-dire avec le principe féminin.

 

Il faut d'abord réduire là Pierre en sa matière première, il faut que sa partie interne devienne sa partie externe et vice versa. Ainsi dégagée, cette semence pourra se réunir à l'autre dans le vase voulu ; le feu les y rendra pins parfaites et leur donnera la faculté de restaurer le corps humain ou purifier les métaux. C'est le Mystère de la nature, et tout médecin devrait le connaître. Pour parler pins clairement de la matière et de la préparation de cette précieuse médecine, je dirai aux fils de la doctrine aimant la vérité qu'ils doivent savoir ceci : La Nature a engendré une certaine chose dans laquelle sont mystérieusement cachés 1, 2, 3, dont la vertu conserve ta santé, chasse les imperfections, protège la vieillesse.

 

An sujet de la préparation de cette médecine, Galien, Rasés et leurs successeurs ne savent rien. Cette préparation, en effet, n'est pas la même que celle des pilules, et les vaches suisses ne peuvent

la comprendre. Et puis, les opérations de cette préparation sont presque célestes. Cette médecine purifie et restaure les métaux, ainsi que je l'ai dit dans mes Archidoxes. Que celui qui a des oreilles entende, qu'il cherche si Théophraste dit la vérité ou des mensonges, s'il parle en démon ainsi que toi, sophiste idiot.

 

Préparation de la Matière de la Pierre.

 

Prends de l'électre en limaille, mets-le dans son sperme afin de le laver de ses impuretés, purge le par l'antimoine selon la méthode alchimique. Ensuite, résous dans l'estomac d'une autruche rendue plus forte par l'âcreté d'un aigle. Lorsque l'électre sera consommé, tu n'oublieras pas de le ramener à son essence spirituelle qui est transparente et semblable à l'ambre. Puis, ajoute d'électre la moitié de ce que tu avais mis dans l'aigle étendu ; sors le fréquemment de l'estomac d'autruche : tu obtiendras ainsi l'électre spirituel.

 

Quand l'estomac d'autruche sera fatigué, il faudra lui redonner des forces. Quand il aura perdu son âcreté, tu ajouteras do la quintessence de tartre en quantité suffisante pour que sa partie rouge forme un dépôt de l'épaisseur de quatre doigts. Répète l'opération jusqu'à ce qu'il devienne blanc. Cela fait, sublime: ainsi, l'électre atteint la blancheur de l'aigle exalté et est transmuté.

 

Voilà la préparation de notre médecine. Cette médecine servira dans toutes les maladies où la médecine ordinaire ne peut servir. Selon l'usage que tu en voudras faire, tu la transformeras en eau, en huile ou en poussière rouge.

 

En vérité, je te le dis : le meilleur fondement de la médecine est dans l'électre. Sans doute, dans les autres minéraux il y a aussi de grands arcanes, mais, outre le long travail que ces arcanes exigent pour en être tirés, ils sont souvent plus dangereux qu'utiles. Le médecin doit savoir tout cela.

 

Les médecins de l'école de. Galien, qui consultent, non l'expérience, mais leur seule sottise, disent que l'électre est un poison. Je concède que, pendant sa préparation, il est an poison. Mais, il n'est point démontré qu'après sa préparation il le demeure : car la nature (bien que certaines têtes de gazelle ne veulent pas le comprendre) incline toujours vers la perfection ; à plus forte raison inclinera-t-elle vers la perfection si on lui adjoint l'art. Bien plus, je concède qu'après la préparation l'électre est encore un poison, et poison plus violent qu'avant la préparation : eh bien, étant donné que le semblable cherche son semblable, ce poison va s'attacher aux maladies incurables, non pour leur permettre de suivre leur cours et de nuire, mais pour s'emparer de son semblable, l'absorber jusqu'à la racine et le nettoyer comme le savon nettoie l'étoffé. Aussi, ce venin, comme tu l'appelles, est-il plus efficace que ton axonge dont se servent les médecins de l'école de Galien. L'arcane qui se cache dans notre médicament renferme une Essence qui ne peut être comparée à aucun poison et diffère de l'argent vif dont tu as coutume de te servir, autant que le ciel diffère de la terre. C'est pourquoi cette médecine est appelée médecine bénite de Dieu et n'est pas révélée à tous.

 

Je ne suis pas né pour le repos ni pour la paresse. Ce n'est pas dans un vase de nuit, c'est en me promenant, en vagabondant, comme tu dis dédaigneusement, et grâce à un long travail que j'ai trouvé ce secret. Toi, tu tiens ta science des grimoires poussiéreux de nigromantie.

 

Suite et fin de la préparation.

 

Ton électre détruit comme il a été dit, si tu veux continuer et arriver au but, prends d'électre détruit et rendu volatil la quantité que tu désires parfaire, mets-la dans l'Œuf philosophique, scelle-le de façon à ce que rien ne s'évapore, laisse l'Œuf dans l'Athanor jusqu'à ce que, de lui-même, sans aucune addition, l'électre commence à se résoudre, comme l'île qui au milieu de la mer se désagrège chaque jour, et devienne finalement noir. Cette couleur noire est l'oiseau qui, la nuit, yole sans ailes et auquel la première rosée céleste donne, par coction, ascension et descension, la couleur noire de la tête du corbeau ; la tête du corbeau est remplacée par la queue du paon, puis, par les plumes du cygne : enfin, arrive la couleur rouge qui est la marque de la nature du feu, lequel feu chasse toutes les maladies du corps et ranime les membres froids.

 

Selon l'opinion de tous les Philosophes, cette préparation ne demande qu'un vase, qu'un fourneau, qu'un feu.

 

Ainsi, cette médecine est parfaite et presque céleste ; elle restaure le corps humain et débarrasse les métaux de toutes leurs impuretés ; personne ne peut atteindre et comprendre un tel arcane sans l'aide de Dieu.

 

Mais, sache que cet électre n'aura point d'effet s'il n'a parcouru 3 fois le cercle des 7 au nombre 21. Aussi, dois-tu, lorsque tu détruis ton électre et le rends spirituel, te servir de l'arcane du tartre pour enlever les impuretés. Cet arcane ne demeurera pas, mais il aura aidé à atteindre le nombre voulu. C'est ainsi que, de lui-même, dans l'œuf philosophique, le feu se transforme en eau philosophique, que les Philosophes appellent eau visqueuse. Il m'est défendu d'écrire certaines choses touchant ce mystère. Cet art est, en effet, un don de Dieu. Ainsi soit-il.

 

Usage de la Pierre.

 

Je dois dire, maintenant, comment il faut employer cette médecine. Sache donc qu'il faut la prendre à très petite dose, et dans du vin ou autres liquides semblables.

Il me reste encore à donner la raison de l'obscurité que beaucoup relèveront dans mes écrit». Cette raison c'est qu'il ne faut pas donner des perles aux cochons ni une longue queue aux chèvres. La nature ne leur en a pas donné. Dieu a révélé le secret à assez de gens. Moi, j'écris pour l'initié.

Si tu suis ma recette, ta médecine sera semblable à l'air qui pénètre tout et est partout, elle chassera les maladies et apportera la santé. C'est la source du véritable or potable. Ce livre doit toujours être consulté par le fils de la Doctrine. Qu'il soit rendu grâce à Dieu. Ainsi soit-il.

 

Paracelse

Lire la suite

Compte rendu d'une transmutation effectuée par Cagliostro

13 Août 2008 Publié dans #hauts grades


Voici un rapport détaillé relatant la façon dont, le 7 juin 1780, Cagliostro fît de l’argent dans une loge maçonnique de Varsovie, tel que l’un de ses membres le consigna dans une description de cette expérience.

Cagliostro me fît peser une livre de mercure que je possédais, déjà purifié.

Avant cela, il m’avait ordonné de distiller de l’eau de pluie jusqu’à ce que tout le liquide s’évapore, laissant un dépôt qu’il appelait Terre Vierge ou secunda materia. Il en resta environs 16 grains. Sur ses instructions, j’avais également préparé un extrait de plomb. Après que tous ces préparatifs furent achevés, il vint à la loge et me confia la tâche d’exécuter l’ensemble de l’opération de mes propres mains. Je fis ceci selon ses instructions dans l’ordre suivant :

La Terre Vierge fut placée dans un ballon et la moitié du mercure y fut ajoutée. J’additionnais alors 30 gouttes d’extrait de plomb. Lorsque j’agitais un peu la fiole, le mercure apparut comme mort ou fortement congelé. Je versais alors le supplément d’extrait de plomb sur le mercure restant qui demeura non altéré. J’eu alors à placer ensemble les deux portions de mercure dans un ballon plus grand. Après l’avoir agité, tout le contenu pris en quelque sorte la même consistance solide. La couleur tourna au gris sale. L’ensemble fut alors agité dans un vase à moitié rempli. Cagliostro me donna ensuite un petit morceau de papier se révélant n’être que l’emballage de deux autres boulettes. Elles contenaient une poudre brillante de couleur carmin pesant sans doute un dixième de grain. La poudre fut mélangée dans le récipient et Cagliostro avala alors les trois papiers d’emballage. Pendant ce temps, je recouvrais le contenu du vase de plâtre de Paris préalablement préparé avec de l’eau chaude. Comme le récipient était rempli, Cagliostro le prit de mes mains, y ajoutant encore plus de plâtre de Paris et pressant fortement le tout de ses propres mains. Il me le rendit afin de sécher l’ensemble sur un feu de charbon de bois. Le vase fut placé dans un lit de cendres sur la fournaise à soufflerie. Le feu fut allumé et le récipient laissé ainsi pendant une demi-heure. Puis on le retira du feu grâce à une paire de pinces et on le transporta dans la loge. Le vase y fut brisé et dans le fond reposait une masse d’argent pesant 14 onces et demi.

Lire la suite

Le Convent de Wilhelmsbad(1782)

13 Août 2008 Publié dans #histoire de la FM

Le convent fut effectivement ouvert à Wilhelmsbad le 16 juillet 4782, sous la présidence du duc Ferdinand de Brunswick (eques a victoria) grand-maître du système templier. La direction centrale de l'Ordre intérieur avait été obligée de céder aux nombreuses demandes des provinces, mais elle comptait pouvoir vaincre aisément, grâce aux antagonismes qui se manifesteraient au sein de l'assemblée, et grâce à l'avantage que lui donnait la présidence. Tous les points qui devaient être adoptés avait été délibérés à l'avance pendant les douze mois d'atermoiement qui précédèrent l'ouverture du convent, et la direction centrale était résolue à arriver à son but par tous les moyens.

Pour ne rien négliger, elle commença par éliminer systématiquement tous ceux qui lui parurent venir au convent avec des intentions opposées aux siennes. C'est ainsi qu'on refusa l'entrée du convent aux députés de la Mère Loge de la Croissante aux trois clefs, de Ratisbonne, et au marquis de Chefdebien, député des Philalèthes, et qu'on s'efforça autant que possible de ne recevoir que les délégués des divers directoires. D'ailleurs la Grande Loge de France et celle d'Angleterre, le Grand Orient de France et la Grande Loge Nationale d'Allemagne, non plus que la Suède, ne se firent point représenter au convent. La Grande Loge aux Trois Globes terrestres de Berlin ou plutôt les membres d'une de ses loges, celle de Frédéric au Lion d'Or, se contentèrent d'envoyer un mémoire dans lequel ils offraient de démasquer les Supérieurs Inconnus, de communiquer le véritable rituel de la haute maçonnerie, et concluaient à une association avec les Rose-Croix. Mais cet écrit fut simplement joint aux actes et le convent décida, qu'ayant renoncé à tous Supérieurs Inconnus, il serait passé â l'ordre du jour sur cette proposition. Ainsi fut tranchée une des questions posées au convent, savoir: « La Maçonnerie a-t-elle des Supérieurs Inconnus ; quels sont-ils; quelles sont leurs attributions ; consistent-elles à commander ou à instruire ? » Les autres questions ne devaient pas trouver pareille unanimité. La présidence en fit passer un grand nombre sous silence, mais elle dut cependant s'arrêter à celle qui était le principal objet du convent, savoir : « L'Ordre de la Stricte Observance descend-il des Templiers ? »

Cette question agita l'assemblée pendant près de vingt séances. Le frère Ditfurth de Wetzlar déclara tout à fait insuffisantes les preuves produites dans le but d'établir que l'Ordre descendait des Templiers. « Il serait parfaitement ridicule et inopportun, ajoutait-il, de ressusciter l'Ordre templier à une époque où un monarque éclairé (Joseph II) s'occupe à en faire disparaître les derniers vestiges. » Le frère Bode (eques a lilio convallium), homme d'une intelligence très active, auquel la Stricte Observante devait la meilleure partie de ce qu'il y avait de bon en elle, proposait, de son côté, que l'on remaniât tous les grades autres que les trois premiers dans un sens plus libéral et que l'on mît fin à des fables qui n'avaient aucun fondement : « En notre temps d'une confusion presque générale, disait-il, confusion qui a donné si beau jeu à plus d'un apôtre inconnu, il apparaît qu'ils n'ont pas porté la paix, mais le glaive. Et surtout ils ont répandu une défiance si générale qu'elle porte sur la base de l'Ordre même. Je veux dire que la certitude est devenue presque commune que le système de l'Ordre, tel qu'il a été cultivé depuis dix-huit ans, n'était qu'une pure invention d'Ab Ense (de Hund), et que Ab Ense, n'ayant reçu à sa réception qu'une partie de l'histoire de la véritable origine de la Franc-Maçonnerie, avait négligé les vrais moyens qu'il avait de s'instruire:et avait été assez inconsidéré pour prononcer de lui-même et pour suppléer à l'histoire et à l'explication des hiéroglyphes, en inventant un système qui excitait les soupçons de tous les gouvernements. » Presque tous les frères furent d'avis qu'il fallait effectivement réformer les hauts grades et l'organisation générale de l'Ordre, mais ils différèrent sur le sens de cette réforme. De Beyerlé demandait que l'on annulât tous les grades supérieurs aux trois premiers degrés y compris l'ordre intérieur templier, et que les loges fussent rendues libres de s'administrer comme bon leur semblerait et de disposer de leurs deniers; Ditfurth, que l'on ajoutât simplement aux trois premiers grades un quatrième grade où serait enseigné tout ce qui a trait à la franc-maçonnerie ; il demandait aussi que les juifs fussent admis à l'avenir. Ses propositions furent soutenues par Knigge. Willermoz était d'avis que l'ont maintint l'ordre intérieur, mais que l'on légitimât les rectifications du convent de Lyon en acceptant d'une façon générale le Chevalier de la Bienfaisance. Roth et Diethelm Lavater, que l'on ménageât les diverses confessions chrétiennes, etc., etc.

Les diverses propositions de tous ces frères furent soutenues et combattues tour à tour par la foule des députés suisses, français, italiens, allemands et russes; et l'assemblée fut quelque peu orageuse, car la direction centrale de Brunswick, qui regardait comme séditieuses toutes les demandes d'éclaircissement et de réforme, n'avait garde de la calmer par des concessions humiliantes pour les chefs du système. Cependant, comme il fallait arriver à une solution et que la discussion menaçait de s'éterniser, le frère Bode proposa d'abandonner le fond de la question et de se contenter de décider des modifications conformes à l'esprit du siècle et avantageuses à toutes les religions. Cette proposition fut le signal d'une sorte de transaction à laquelle souscrivit la direction centrale qui avait escompté la fatigue de l'assemblée. Dans cette transaction, par laquelle on s'efforça de contenter tout le monde sans arriver d'ailleurs à satisfaire personne, on arrêta, en faveur de Bode, de Knigge et de Beyerlé, que les loges garderaient leur administration intérieure; mais on décida, en faveur de Ditfurth, que les trois grades symboliques travailleraient sous la surveillance du quatrième grade, celui de maître écossais que, pour contenter Willermoz et Diethelm Lavater, l'on transforma en celui de chevalier de la Bienfaisance, pratiqué en France et en Suisse depuis 1778, en décrétant cependant que, si des motifs particuliers le requéraient, il serait loisible à toutes les provinces et préfectures de ne point faire usage de ce grade. Enfin la direction centrale et les partisans templiers reçurent satisfaction, en ce que le grade de Chevalier de la Bienfaisance comporta désormais un enseignement historique dans lequel était établie la connexion des trois premiers grades avec l'ordre templier représenté par l'ordre intérieur et ses deux grades : le Novice et le Chevalier templier, subdivisé en quatre degrés : eques, armiger, socius et profes.

Le tout fut rédigé dans la capitulation suivante que signa le duc Ferdinand de Brunswick, prenant le titre d'éminence en sa qualité de Grand Maître

« Aux trois grades symboliques de la Maçonnerie on n'ajoutera qu'un seul grade, celui de Chevalier de Bienfaisance. Ce grade doit être considéré comme le point de communication entre l'ordre extérieur et l'ordre intérieur.

L'ordre intérieur doit se composer de deux grades de Novice et de Chevalier. Les officiers des loges peuvent former le comité de la loge, et y préparer les objets 'a traiter. On n'examinera pas s'ils sont revêtus de grades écossais. Dans chaque district, la loge écossaise doit exercer une surveillance immédiate sur les loges symboliques. Les décorations de l'ordre intérieur doivent être. conservées. »

Ainsi, comme l'a fait remarquer Eckert, le résultat réel du convent de Wilhelmsbad fut une transaction intérimaire entre les divers systèmes. Tout en laissant au système de la « Stricte Observance» la direction générale, on accorda au système de la « Late Observance » l'indépendance d'administration des loges. On comprendra alors difficilement que la plupart des auteurs aient pu supposer que le convent avait décidé de détruire la Stricte Observance templière, alors qu'il ressort de l'examen des opérations de ce convent que l'on évita de résoudre la question templière et que la direction de Brunswick se contenta d'accorder quelques réformes administratives. Si le système templier fut presque détruit, ce fut parce que la plupart des frères quittèrent le convent très peu satisfaits et inquiets de l'attitude des directeurs, alors qu'en Suisse la république de Berne proscrivait déjà la Stricte Observance et en fermait toutes les loges. Beaucoup d'entre eux, et en particulier les frères De Virieu et de Haugwitz, revinrent du congrès en disant qu'il existait une conspiration sourde à laquelle la religion et l'autorité ne résisteraient pas. Le premier se contenta de ne plus faire partie de la Stricte Observance, mais le second devait attaquer violemment plus tard toutes les Sociétés maçonniques. Un grand nombre de membres furent affiliés par Knigge aux Illuminés de Weisshaupt, entre autres Ditfurth, sous le nom de Minos, et Bode sous le nom d'Amelius. De Beyerlé quitta ouvertement la Stricte Observance pour entrer chez les Philalèthes en faveur desquels il écrivit son fameux « De Conventu latomorum apud aquas Vilhelminas prope Hanoviam oratio » ouvrage dans lequel il se livrait à la critique des opérations du convent.

Ce fut une vaste désorganisation. Plusieurs provinces refusèrent d'adopter les conclusions du convent. Les loges de Pologne et de Prusse pratiquèrent, les premières, le rite écossais rectifié de De Glayre, les secondes, les systèmes de Zinnendorf ou de Wölener. Les loges de Hambourg et du Hanovre adoptèrent le système de Schröder et celles de la Haute Allemagne se rangèrent dans le système éclectique établi par Ditfurth ou contractèrent des alliances avec les Illuminés de Weisshaupt. La Russie se partagea entre les divers systèmes suédois, anglais ou de Mélesino. Le prince du Gagarin, qui y avait accepté la présidence de la. loge directoriale, se vit obligé d'autoriser l'emploi de l'ancien et du nouveau système de la Stricte Observance, en laissant aux frères le soin de démêler lequel des deux était le meilleur.

En résumé, le nouveau régime templier rectifié ne fut réellement adopté à l'étranger que par la province de Lombardie (1783-1784), par les deux directoires helvétique (1783), par celui de Hesse Cassel et par une loge de Danemark (1785); car nous avons lieu de croire que la loge centrale de Brunswick (Charles à la colonne couronnée), celle de Dresde, celle de Prague et celle de Bayreuth continuèrent à suivre l'ancien système.

En France, les provinces d'Auvergne et de Bourgogne seules pratiquèrent le nouveau système. Des deux autres provinces, l'une, celle d'Occitanie n'existait plus; quant à l'autre, celle de Septimanie, réduite aux huit membres de la loge de Montpellier, qui, en 1781, avait passé un traité avec le Grand Orient de France, il y a apparence dans les documents qui nous restent qu'elle ne pratiqua plus ni l'ancien ni le nouveau système.

Même, en 1782, cinq de ses membres, les frères Vincendi, Pierrugues, Dessalles, Selignac et De Bonnefoy, qui, depuis 1780, étaient affiliés aux Philalèthes, étant entrés en pourparlers avec les Elus Coëns d'Avignon et devenus désireux, par contre, de suspendre toute relation avec les directoires; donnèrent leur démission et s'entendirent avec le temple d'Avignon pour une affiliation qui eut lieu le 23 février de l'année suivante. Un passage de la déclaration qui fut faite en cette circonstance par le frère Pierrugues nous fait connaître l'opinion des cinq membres démissionnaires sur le convent de Wilhelmsbad et sur l'administration du Directoire d'Auvergne, opinion qui vient corroborer les anciennes protestations de la Loge provinciale de Lyon lors des traités de 1778. Voici en effet ce passage :

« J'avais fait le détail des tracasseries multiples dont cette correspondance était la source. La majorité de notre cercle ne se considérant plus comme faisant partie d'un système rendu plus insupportable par les réticences de la dernière assemblée, nous devions souhaiter que chacun s'occupât de ses propres affaires sans vouloir imposer aux autres ses faiblesses et ses incertitudes. Nous n'enviions pas de connaître les membres dont Prothière et Willermoz faisaient une réception inconsidérée sans prendre souci de leurs opinions déréglées sur les sujets les plus dignes de respect, sous le vain prétexte du crédit que ces réceptions pouvaient leur donner. Je rappelais les dernières difficultés et l'engagement pris par les Directoires de maintenir la discipline dans leurs loges pour que le gouvernement politique n'ait jamais lieu de faire à leur occasion aucun reproche au Grand Orient de France. Maître Dessalles ne voulait plus se charger des envois et personne ne voulait s'en charger après lui, etc., etc. »

F.Von Baader

Lire la suite

Ordre d'Eri. Irlande 1757 - USA 1858

13 Août 2008 Publié dans #hauts grades

Q - By what names has Ireland been known in ancient times .

 

A - It was first called "Inis na bford biode", which means "Island of the

Wood", from the fact that the Island was found covered with trees by Ninus,

son of Belus, when he visited it in 2000 B.C. 

 

Second, it was called "Greerigh na vernngha", which means "The End of

Nations", for it was the most western isle of the then known world. 

 

Third, "Innis Alga", "Noble Island", at the time it was conquered by

Firbolgs. 

 

Fourth, "ERIE", so named after Queen Erie. 

 

Fifth, "Fodhla", after Queen Fodhla, the most beautiful, patriotic and

virtuous of Irish women. 

 

Sixth, "Bamber", after Queen Bamber. The above named three Queens were

of the noble race of Tuatha de Danann who conquered the Firbolgs and ruled

Ireland for 197 years; from Erie, the most celebrated of these three Queens,

we derive "ERIN", in the Sanscrit "Iran", and it means "Sacred Land." 

 

Seventh, "Innisfail", "Island of Destiny." From this was derived "Liafail",

"Stone of Destiny" on which the Irish Kings were 

crowned. 

 

Eighth, "Muie-inis", "Island of Fogs", which fogs were said to be brought

about by the Magic of the Tuatha de Danann,  when the Sons of Melisius were about to land on the Island. 

 

Ninth, "Scotia", after "Scota", the mother of Heber. 

 

Tenth, "Hebernian", "Island of Heber". 

 

Eleventh, "Ireland", "Island of Eire". 

 

Twelfth, "Island of Saints". 

 

Thirteenth, "The Emerald Isle", on account of its verdure. 

 

Fourteenth, "Ogygia", "Old Land" or "Ocean Land" so called by Plutarch

(See "Ogygia, or an account of Irish events", etc., by Rev. J.Healy, 1790,

and "Ogygia", by O'Connor, 1775).

 

Fifteenth, "Island of the Sun", or "Sun Worshippers". 

 

Sixteenth, "Land of Gold". It may be noted that a large quantity of golden

ornaments have been found in the ruins and graves.

 

Seventeenth, "Ogugia", "The New and Pleasant country". ...

Q - Describe the origin of Knighthood in Ireland.

 

A - King Erminius or Ruid Ruide of Ullard, or Ulster, having reigned 45

years, called together the Princes and Nobles of the  land to meet him in a

special chamber called Aodmagromaca. The King also directed that those of

their sons who "had put on the mantle", that is, who were 18 years of age,

should attend with their Sires. These youths were formed in a circle round

the chamber of deliberation. When all were assembled with  due ceremony,

the King arose, and said, "What, if my sons chose out from among your

sons, each nine youths to be companions of their steps through the rugged

and uneven ways of life", and all the Princes and Nobles struck on their

white shields and cried, "Eri."  Then the King's sons went forth, and each

chose nine noble youths, whom the King at once created Knights, calling

them by his own family name of Ruid Ruide, and from this Order sprung the

other orders of Knighthood in Ireland. The King directed each of the new

made Knights to select nine youths as Esquires, and these in turn were

directed to select from their Clansmen, each nine followers, whom we now

term Men-at-Arms, and who were in time of war, placed in command of

small squads of the common soldiers or Gallowgasses. Thus:

Each Man-at-Arms would command 9 Gallowgasses.

Each Esquire, a company of 81 foot and 9 horsemen.

Each Knight, a battalion of 820 of all ranks.

Each Grand Cross, a brigade of 7380 men.

And the whole army would number 66,420 of all ranks.

 

Q - How many Orders of Knighthood existed in Ireland in ancient times .

 

A - Five

 

  Knights of the Ruid Ruide

  Knights of the Red Branch (Ulster)

  Knights of the Collar of Gold (Neagh Nase)

  Knights of the Golden Sword

  Knights of the Royal Order of Eri. ..

 

Q - Have any traces of Freemasonry been observed amongst the 

ancient Irish .

 

A - Yes, King Teuthal instituted Lodges of Architects with a peculiar

ceremonial derived from the Druids, one of whom was a member of each

Lodge, which was presided over by an Ollam Architect, whilst the ordinary

members occupied a position similar to the modern Fellow Craft Mason, and

in regard to whom all other Artizans were considered as Apprentices, who

could only attain to membership in the Architects Lodges, by having proved

themselves to be good men and true, and proficient in their Craft.

 

Lire la suite

Loge Ecossaise de la Fidélité(1744). Grade de Maître

13 Août 2008 Publié dans #hauts grades

Discours historique

 

David, Roi d'Israël, ayant formé le projet d'élever un Temple à l'éternel, amassa pour cet effet d'immenses trésors. Mais, ce roi, ayant quitté les sentiers de la vertu et s'étant rendu indigne  de la protection du grand architecte il fut réservé à son fils Salomon d'avoir la gloire d'élever ce Temple au Maître de l'Univers.

Avant de commencer ce grand édifice, Salomon en fit part au roi de Tyr son voisin et allié, qui lui envoya hyram fameux architecte.

Salomon ayant reconnu les vertus et les grands talents d'hyram, le distingua bientôt par le poste le plus éminent en lui donnant la direction des ouvriers et en le chargeant de dresser les plans.

Les travaux étaient immenses et le nombre d'ouvriers leur étant proportionné, il avait fallu distribuer ces derniers en plusieurs classes et leur affecter un salaire proportionné à leur talent

Les apprentis, compagnons et Maîtres avaient un mot pour se faire reconnaître, et recevoir le tribu de leur peine.

Les apprentis s'assemblaient à la Colonne B\, les compagnons à la colonne J\ et les Maîtres dans la Chambre du Milieu.

Quinze compagnons voyant le Temple presque fini et qu'ils n'avaient pu obtenir le mot de Maître, parce que le temps n'était encore expiré, convinrent de l'obtenir par force du très respectable Maître hyram, à la première occasion, afin de passer pour Maître dans d'autres pays et en recevoir la paye.

Douze de ces compagnons se rétractèrent,  les trois autres nommés  Jubulas, Jubulos et Jubulum s'obstinèrent dans leur dessein.

Ces trois compagnons, sachant qu'hyram allait tous les jours faire sa prière dans le Temple pendant que les ouvriers se reposaient surent se placer savoir Jubulas à la porte du sud, Jubulos à la porte de l'ouest et Jubulum à la porte de l'est et ils attendirent le moment où hyram se présenterait pour sortir.

Hyram se présente d'abord à la porte du Sud, où Jubulas lui demande le mot de Maître, à quoi il répond qu'il ne devait pas le recevoir de cette manière, qu'il fallait qu'il attendit avec patience que son temps fut fini, qu'en surplus il ne pouvait le donner seul, et qu'il devait être accompagné de rois d'Israël et de Tyr; Jubulas; peu satisfait de cette réponse, lui donna un coup d'une règle de vingt quatre pouces au travers de la gorge.

Le Respectable Maître hyram s'enfuit à la porte de l'ouest où il trouva Jubulos qui lui fit la même demande, et sur son refus, ce dernier lui porta, sur le sein gauche, un coup violent avec une équerre  (…) donc il était armé.

Le Très Respectable Maître hyram, ébranlé du coup, rappela ses forces et se sauva à la porte de l'Est. Mais il y trouva Jubulum qui lui fit la même demande que les deux autres et sur son refus, lui donna un si terrible coup de maillet sur le front qu'il l'étendit mort.

Les trois assassins s'étant rejoint se demandèrent réciproquement la parole de Maître mais voyant qu'ils n'avaient pu l'obtenir et désespérés d'avoir commis un crime inutilement ne songèrent plus qu'à en dérober la connaissance, à cet effet ils enlevèrent le corps d'hyram et le cachèrent sous  les décombres, et dans la nuit le portèrent hors de Jérusalem sur une montagne où il fut enterré.

Le Respectable Maître hyram ne paraissant plus sur les travaux comme à son ordinaire Salomon fit faire les plus exactes recherches mais inutilement. Lorsque les douze compagnons qui s'étaient rétractés soupçonnant la vérité se réunirent et résolurent, entre eux d'aller se présenter à Salomon avec des gants et des tabliers blancs, comme témoignage de leur innocence et l'informèrent de ce qui s'était passé Salomon envoya ces douze compagnons à la recherche de leur Très Respectable Maître hyram  et leur recommanda que dans le cas où ils le trouveraient, de chercher sur lui, la parole de Maître leur observant que s'ils ne pouvaient pas la trouver, elle était alors perdue, attendu qu'il n'y avait que trois personnes qui la connaissent et qu'elle ne pouvait être donnée que par ces trois personnes réunies dont le Respectable Maître hyram faisait partie.

Que pour l'avenir le premier signe qui serait fait en retrouvant le corps (supposant qu'hyram fut mort), le premier signe, le premier mot prononcé serait substitué aux anciens signes et mots.

Ces compagnons ayant la promesse de Salomon d'être récompensés par la maîtrise s'ils parvenaient au but de leurs recherches partirent et se divisèrent en quatre bandes.

Trois allèrent vers le Nord, trois au Sud,  trois à l'Ouest et trois à l'Est.

Une de ces quatre bandes descendit la rivière de Joppa, et un d'eux s'étant reposé à côté d'une roche entendit de terribles lamentations par l'ouverture du rocher et quelqu'un qui disait :

Ah que j'eusse plutôt la gorge coupée, ma langue arrachée jusqu'à la racine et que j'eusse été enterré dans les sables de la mer à la basse marée et à une encablure de distance du rivage où la mer flux et reflue deux fois par jour, plutôt que d'avoir été complice de la mort de notre Respectable Maître hyram.

Ah, dit un autre, que mon cœur eut été arraché de mon sein et jeté pour servir de proie aux vautours, plutôt que d'avoir été complice de la mort d'un aussi bon Maître.

 Mais hélas, dit Jubulum, je l'ai frappé plus fort que vous deux, car c'est moi qui l'ai tué. Que j'eusse eût mon corps séparé en deux, une partie au Midi et l'autre au Septentrion et mes entrailles réduites en cendre et jetées aux quatre vents, plutôt que d'avoir été la cause du meurtre de notre Respectable Maître hyram.

Le compagnon entendant ces plaintes lamentables appela les deux autres Compagnons, ils entrèrent dans l'ouverture du rocher, prirent les meurtriers et les menèrent devant le Roi Salomon. Ils avouèrent en sa présence, ce qui c'était passé et le crime qu'ils avaient commis. Ils témoignèrent le désir  de ne pas survivre à leur forfait. En conséquence Salomon ordonna que leur propre sentence fut exécutée puisqu'ils avaient désigné le genre de leur mort et dit qu'il fut fait ainsi qu'ils avaient désirés aux-mêmes.

Jubulas eut la gorge coupée, jubulos eut le cœur arraché et Jubulum eut le corps coupé en deux parties, l'une jetée au nord, l'autre au midi.

Salomon ayant ainsi vengé la mort du R\M\hyram abif renvoya les mêmes compagnons pour remplir leur mission.

Les douze compagnons voyagèrent pendant cinq jours sans  rien trouver.

Ces compagnons ayant rendu compte à Salomon de l'inutilité de leurs recherches, il ordonna à neuf M\ de faire une seconde recherche.

Après avoir parcouru bien des endroits ils parvinrent sur le mont Moria et le deuxième jour, l'un d'eux excessivement fatigué voulu se reposer sur un monticule. Il aperçut des branches d'arbres nouvellement coupées et plantées dans  la terre, il les arracha et vit par là que la terre avait été fraîchement remuée.

Après avoir sondé la fouille dans les trois dimensions longueur, largeur et profondeur, il reconnut qu'elle n'avait été faite que pour enterrer quelqu'un. Il appela ses camarades et leur fit part de sa triste découverte. Ils se mirent à ôter la terre avec beaucoup de précaution, ils trouvèrent ainsi le corps de notre Respectable Maître hyram abif qui avait été assassiné. N'osant, par respect, pousser leurs recherches plus loin ils recouvrirent la fosse et pour reconnaître le lieu, ils coupèrent une branche d'acacia qu'ils plantèrent dessus et se retirèrent vers Salomon auquel ils firent leur rapport.

Salomon pénétra dans la plus vive douleur jugea que ce pouvait être celui de son grand Architecte hyram, il leur ordonna d'aller faire exhumer le corps et de le rapporter à Jérusalem.

Les anciens Maîtres se revêtirent de tablier et de gants blancs et le deuxième jour rendu au mont Moria ils firent la levée du corps

 

 

Lire la suite

Nietzsche

12 Août 2008 Publié dans #spiritualité

Le christianisme est encore possible à chaque instant... Il n'est lié à aucun des dogmes impudents qui se sont décorés de son nom: il n'a besoin ni de la doctrine d'un Dieu personnel, ni de celle du péché, ni de celle de l'immortalité, ni de celle de la rédemption, ni de celle de la foi: il peut absolument se passer d'une métaphysique, plus encore de l'ascétisme et d'une " science naturelle " chrétienne...
Celui qui dirait aujourd'hui: " Je ne veux pas être soldat ", " je ne m'occupe pas des tribunaux ", " je ne réclame pas l'aide de la police ", " je ne veux rien faire qui trouble ma paix intérieure: et, si je dois en souffrir, rien ne me conservera mieux la paix que la souffrance... " - celui-là serait chrétien.
Toute la doctrine chrétienne de ce que l'on doit croire, la " vérité " chrétienne tout entière, n'est que mensonge. C'est exactement la contrepartie de ce que voulait, à ses débuts, le mouvement chrétien.
Ce qui est chrétien, dans le sens de l'Eglise, c'est ce qui précisément est anti-chrétien de prime abord: des objets et des personnes au lieu de symboles; de l'histoire au lieu de faits éternels; des formules, des rites, des dogmes au lieu d'une pratique de la vie. L'indifférence absolue à l'égard des dogmes, du culte, des prêtres, de l'Eglise, de la théologie, voilà ce qui est chrétien.
La pratique du christianisme n'est pas une chose chimérique, tout aussi peu que la pratique du bouddhisme: c'est un moyen pour être heureux...

Lire la suite