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Hauts Grades

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Petite histoire...

4 Juillet 2014 , Rédigé par S.S

Cinq francs-maçons se retrouvent au bar avant une tenue :

Le premier déclare : « Je suis le meilleur maçon de l'atelier, c'est le Vénérable Maître qui me l'a dit ».

Le second répond alors : « Peut-être, mais en ce qui me concerne, je suis le meilleur maçon de la région, c'est le Conseiller de l’Ordre qui me l'a dit ».

Le troisième dit à son tour : « Mouais, mais moi je suis le meilleur maçon de l'obédience, c'est notre Grand Maître qui me l'a dit ».

Le quatrième affirme : « Peut-être, mais, moi, je suis le meilleur franc-maçon du monde et c'est le Grand Architecte De l'Univers qui me l'a révélé ».

Le cinquième tourne alors la tête vers lui et surpris déclare : « Moi, je t'ai dit ça ? »

Source : www.ledifice.net

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La dernière lettre

4 Juillet 2014 , Rédigé par Antoine de Saint-Exupéry Publié dans #Philosophie

30 juillet 1944

Je viens de faire quelques vols sur P. 38. C’est une belle machine. J’aurais été heureux de disposer de ce cadeau-là pour mes vingt ans. Je constate avec mélancolie qu’aujourd’hui, à quarante trois ans, après quelques six mille cinq cents heures de vol sous tous les ciels du monde, je ne puis plus trouver grand plaisir à ce jeu-là. Ce n’est plus qu’un instrument de déplacement - ici de guerre. Si je me soumets à la vitesse et à l’altitude à mon âge patriarcal pour ce métier, c’est bien plus pour ne rien refuser des emmerdements de ma génération que dans l’espoir de retrouver les satisfactions d’autrefois. Ceci est peut-être mélancolique, mais peut-être bien ne l’est-ce pas. C’est sans doute quand j’avais vingt ans que je me trompais. En Octobre 1940, de retour d’Afrique du Nord où le groupe 2 - 33 avait émigré, ma voiture étant remisée exsangue dans quelque garage poussiéreux, j’ai découvert la carriole et le cheval. Par elle l’herbe des chemins. Les moutons et les oliviers. Ces oliviers avaient un autre rôle que celui de battre la mesure derrière les vitres à 130 kms à l’heure. Ils se montraient dans leur rythme vrai qui est de lentement fabriquer des olives. Les moutons n’avaient pas pour fin exclusive de faire tomber la moyenne. Ils redevenaient vivants. Ils faisaient de vraies crottes et fabriquaient de la vraie laine. Et l’herbe aussi avait un sens puisqu’ils la broutaient. Et je me suis senti revivre dans ce seul coin du monde où la poussière soit parfumée (je suis injuste, elle l’est en Grèce aussi comme en Provence). Et il m’a semblé que, toute ma vie, j’avais été un imbécile... Tout cela pour vous expliquer que cette existence grégaire au coeur d’une base américaine, ces repas expédiés debout en dix minutes, ce va-et-vient entre les monoplaces de 2600 chevaux dans une bâtisse abstraite où nous sommes entassés à trois par chambre, ce terrible désert humain, en un mot, n’a rien qui me caresse le coeur. Ça aussi, comme les missions sans profit ou espoir de retour de Juin 1940, c’est une maladie à passer. Je suis « malade » pour un temps inconnu. Mais je ne me reconnais pas le droit de ne pas subir cette maladie. Voilà tout. Aujourd’hui, je suis profondément triste. Je suis triste pour ma génération qui est vide de toute substance humaine. Qui n’ayant connu que les bars, les mathématiques et les Bugatti comme forme de vie spirituelle, se trouve aujourd’hui plongé dans une action strictement grégaire qui n’a plus aucune couleur. On ne sait pas le remarquer. Prenez le phénomène militaire d’il y a cent ans. Considérez combien il intégrait d’efforts pour qu’il fut répondu à la vie spirituelle, poétique ou simplement humaine de l’homme. Aujourd’hui nous sommes plus desséchés que des briques, nous sourions de ces niaiseries. Les costumes, les drapeaux, les chants, la musique, les victoires (il n’est pas de victoire aujourd’hui, il n’est que des phénomènes de digestion lente ou rapide) tout lyrisme sonne ridicule et les hommes refusent d’être réveillés à une vie spirituelle quelconque. Ils font honnêtement une sorte de travail à la chaîne. Comme dit la jeunesse américaine, « nous acceptons honnêtement ce job ingrat » et la propagande, dans le monde entier, se bat les flancs avec désespoir. De la tragédie grecque, l’humanité, dans sa décadence, est tombée jusqu’au théâtre de Mr Louis Verneuil (on ne peut guère aller plus loin). Siècle de publicité, du système Bedeau, des régimes totalitaires et des armées sans clairons ni drapeaux, ni messes pour les morts. Je hais mon époque de toutes mes forces. L’homme y meurt de soif. Ah ! Général, il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. On ne peut vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés, voyez-vous ! On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Rien qu’à entendre un chant villageois du 15ème siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi). Deux milliards d’hommes n’entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots. Tous les craquements des trente dernières années n’ont que deux sources : les impasses du système économique du XIXème siècle et le désespoir spirituel. Pourquoi Mermoz a-t-il suivi son grand dadais de colonel sinon par soif ? Pourquoi la Russie ? Pourquoi l’Espagne ? Les hommes ont fait l’essai des valeurs cartésiennes : hors des sciences de la nature, cela ne leur a guère réussi. Il n’y a qu’un problème, un seul : redécouvrir qu’il est une vie de l’esprit plus haute encore que la vie de l’intelligence, la seule qui satisfasse l’homme. Ca déborde le problème de la vie religieuse qui n’en est qu’une forme (bien que peut-être la vie de l’esprit conduise à l’autre nécessairement). Et la vie de l’esprit commence là où un être est conçu au-dessus des matériaux qui le composent. L’amour de la maison - cet amour inconnaissable aux Etats-Unis - est déjà de la vie de l’esprit. Et la fête villageoise, et le culte des morts (je cite cela car il s’est tué depuis mon arrivée ici deux ou trois parachutistes, mais on les a escamotés : ils avaient fini de servir) . Cela c’est de l’époque, non de l’Amérique : l’homme n’a plus de sens.

Il faut absolument parler aux hommes.

A quoi servira de gagner la guerre si nous en avons pour cent ans de crise d’épilepsie révolutionnaire ? Quand la question allemande sera enfin réglée tous les problèmes véritables commenceront à se poser. Il est peu probable que la spéculation sur les stocks américains suffise au sortir de cette guerre à distraire, comme en 1919, l’humanité de ses soucis véritables. Faute d’un courant spirituel fort, il poussera, comme champignons, trente-six sectes qui se diviseront les unes les autres. Le marxisme lui-même, trop vieilli, se décomposera en une multitude de néo-marxismes contradictoires. On l’a bien observé en Espagne. A moins qu’un César français ne nous installe dans un camp de concentration pour l’éternité. Ah ! quel étrange soir, ce soir, quel étrange climat. Je vois de ma chambre s’allumer les fenêtres de ces bâtisses sans visages. J’entends les postes de radio divers débiter leur musique de mirliton à ces foules désœuvrées venues d’au-delà des mers et qui ne connaissent même pas la nostalgie. On peut confondre cette acceptation résignée avec l’esprit de sacrifice ou la grandeur morale. Ce serait là une belle erreur. Les liens d’amour qui nouent l’homme d’aujourd’hui aux êtres comme aux choses sont si peu tendus, si peu denses, que l’homme ne sent plus l’absence comme autrefois. C’est le mot terrible de cette histoire juive : « tu vas donc là-bas ? Comme tu seras loin » - Loin d’où ? Le « où » qu’ils ont quitté n’était plus guère qu’un vaste faisceau d’habitudes. Dans cette époque de divorce, on divorce avec la même facilité d’avec les choses. Les frigidaires sont interchangeables. Et la maison aussi si elle n’est qu’un assemblage. Et la femme. Et la religion. Et le parti. On ne peut même pas être infidèle : à quoi serait-on infidèle ? Loin d’où et infidèle à quoi ? Désert de l’homme. Qu’ils sont donc sages et paisibles ces hommes en groupe. Moi je songe aux marins bretons d’autrefois, qui débarquaient, lâchés sur une ville, à ces nœuds complexes d’appétits violents et de nostalgie intolérable qu’ont toujours constitués les mâles un peu trop sévèrement parqués. Il fallait toujours, pour les tenir, des gendarmes forts ou des principes forts ou des fois fortes. Mais aucun de ceux-là ne manquerait de respect à une gardeuse d’oies. L’homme d’aujourd’hui on le fait tenir tranquille, selon le milieu, avec la belote ou le bridge. Nous sommes étonnamment bien châtrés. Ainsi sommes-nous enfin libres. On nous a coupé les bras et les jambes, puis on nous a laissé libres de marcher. Mais je hais cette époque où l’homme devient, sous un totalitarisme universel, bétail doux, poli et tranquille. On nous fait prendre ça pour un progrès moral ! Ce que je hais dans le marxisme, c’est le totalitarisme à quoi il conduit. L’homme y est défini comme producteur et consommateur, le problème essentiel étant celui de la distribution. Ce que je hais dans le nazisme, c’est le totalitarisme à quoi il prétend par son essence même. On fait défiler les ouvriers de la Ruhr devant un Van Gogh, un Cézanne et un chromo. Ils votent naturellement pour le chromo. Voilà la vérité du peuple ! On boucle solidement dans un camp de concentration les candidats Cézanne, les candidats Van Gogh, tous les grands non-conformistes, et l’on alimente en chromos un bétail soumis. Mais où vont les Etats-Unis et où allons-nous, nous aussi, à cette époque de fonctionnariat universel ? L’homme robot, l’homme termite, l’homme oscillant du travail à la chaîne système Bedeau à la belote. L’homme châtré de tout son pouvoir créateur, et qui ne sait même plus, du fond de son village, créer une danse ni une chanson. L’homme que l’on alimente en culture de confection, en culture standard comme on alimente les bœufs en foin.

C’est cela l’homme d’aujourd’hui.

Et moi je pense que, il n’y a pas trois cents ans, on pouvait écrire La Princesse de Clèves ou s’enfermer dans un couvent pour la vie à cause d’un amour perdu, tant était brûlant l’amour. Aujourd’hui bien sûr les gens se suicident, mais la souffrance de ceux-là est de l’ordre d’une rage de dents intolérable. Ce n’a point à faire avec l’amour. Certes, il est une première étape. Je ne puis supporter l’idée de verser des générations d’enfants français dans le ventre du moloch allemand. La substance même est menacée, mais, quand elle sera sauvée, alors se posera le problème fondamental qui est celui de notre temps. Qui est celui du sens de l’homme et auquel il n’est point proposé de réponse, et j’ai l’impression de marcher vers les temps les plus noirs du monde. Ca m’est égal d’être tué en guerre. De ce que j’ai aimé, que restera-t-il ?Autant que les êtres, je parle des coutumes, des intonations irremplaçables, d’une certaine lumière spirituelle. Du déjeuner dans la ferme provençale sous les oliviers, mais aussi de Haendel. Les choses. je m’en fous, qui subsisteront. Ce qui vaut, c’est certain arrangement des choses. La civilisation est un bien invisible puisqu’elle porte non sur les choses, mais sur les invisibles liens qui les nouent l’une à l’autre, ainsi et non autrement. Nous aurons de parfaits instruments de musique, distribués en grande série, mais où sera le musicien ? Si je suis tué en guerre, je m’en moque bien. Ou si je subis une crise de rage de ces sortes de torpilles volantes qui n’ont plus rien à voir avec le vol et font du pilote parmi ses boutons et ses cadrans une sorte de chef comptable (le vol aussi c’est un certain ordre de liens). Mais si je rentre vivant de ce « job nécessaire et ingrat », il ne se posera pour moi qu’un problème : que peut-on, que faut-il dire aux hommes ?

Antoine de Saint-Exupéry

Commentaire : Antoine de Saint-Exupéry est mort le lendemain abattu en pilotant son P-38.

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Croyance et foi

3 Juillet 2014 , Rédigé par Eusthènes Publié dans #Planches

"La croyance désigne toute certitude sans preuve ...
Lorsque la croyance est volontaire et jurée d'après
la plus haute idée que l'on se fait du devoir humain, son vrai nom est la foi"
Alain.

Penser est un long travail et une paix préalable. Sortant des forêts pleines de dieux l'homme, au bord de la falaise reconnut son redoutable royaume. Et c'est alors qu'il osa penser. Penser n'est pas croire. Peu de gens comprennent cela. Presque tous, et même ceux qui se défendent le plus de croire, cherchent obstinément quelque chose qu'ils puissent croire. Nous nous accrochons tous, plus ou moins, à nos idées et nous n'aimons pas toujours que l'on veuille nous les enlever.
La croyance désigne une disposition involontaire à accepter, sans preuve, une doctrine, un jugement ou un fait. La croyance désigne toute certitude sans preuve et les degrés du croire sont les suivants :
- Croire par peur ou par désir, ce que l'on redoute ou ce que l'on souhaite ;
- Croire par coutume ou par imitation ;
- Croire les rois, les riches, les orateurs, les prêtres ;
- Croire les vieillards, les traditions ;
- Croire ce que tout le monde croit, par exemple que l'Australie existe ;
- Croire enfin ce que les plus savants affirment en accord avec des preuves, par exemple que la terre tourne.
Lorsque la croyance est volontaire et jurée d'après la plus haute idée que l'on se fait du Devoir Humain, son vrai nom est la foi. Le fondement de la croyance de notre époque se trouve dans les créations mythiques dont le couronnement est le mythe chrétien. Croire est agréable. Mais c'est une ivresse dont il faut se priver. Ou alors il faut dire adieu à la Liberté, à la Justice et à la Paix. Le doute est le sel de l'Esprit, car sans la pointe du doute, toutes les connaissances sont bientôt pourries. Le doute est un passage et pour l'essayer, il faut d'abord sentir sous le pied, une inébranlable résistance. Ainsi le doute est-il, en un sens, le premier signe de la certitude.
Un croyant est un homme qui prend comme preuve sa propre humeur. Et contre cette mauvaise science, il faut seulement la volonté, le refus de croire, l'impiété délibérée. Il faut dire non aux signes, il n'y a pas d'autre moyen de les comprendre, mais toujours se frotter les yeux et scruter le signe. C'est cela même qui est veiller, autrement c'est dormir. Il faut percer l'apparence, car croire, c'est ne rien savoir. C'est même ne rien vouloir savoir. L'incrédulité est un bon mouvement. Sans l'incrédulité, la foi ne serait pas connue. Il faut partir de la stupide croyance. Il faut se sauver de là, toujours.
Seulement, il y a croire et croire. Et la différence apparaît dans les mots croyance et foi. Lorsqu'on dit qu'un homme est crédule, on veut dire par là qu'il subit l'apparence. Mais quand on dit d'un homme d'action qu'il a la foi, on veut exprimer justement le contraire. En fait, ceux qui refusent de croire sont des hommes de Foi. Croire à la Paix est foi. Mais il faut alors la vouloir. La foi est courage. Vouloir la Paix, tenir fermement cette espérance, c'est refus de croire, c'est la Foi.
Kant nous éclaire le chemin pour comprendre ce qu'est la foi. Il y a deux ordres des choses : celles qui sont et celles qui seront parce qu'on les voudra. Le ciel, au dessus de nos têtes est un symbole des choses qui sont. L'univers est un fait, il faut ici que la raison s'incline. Il faut qu'elle se résigne à dormir avant d'avoir compté les étoiles. Sans chercher dieu, pour savoir si le monde est bon ou mauvais. Car le monde n'est ni bon, ni mauvais. Il existe, c'est tout. Il faut donc ici ne pas croire, mais savoir.
Mais je ne sais pas si la Justice sera, car le futur n'appartient pas au savoir. Je dois croire qu'elle sera : voilà l'objet de la foi. Quand on voit qu'un homme qui entreprend quelque chose doute déjà de réussir avant d'avoir essayé, on dit qu'il n'a pas la foi. Vouloir, sans croire que l'on pourra vouloir sans un grand serment, ce n'est pas vouloir. Le plus haut devoir humain est qu'il faut croire, croire en sa propre volonté, comme l'entend Auguste Comte lorsqu'il affirme : "qu'il n'y a qu'un Dieu, l'Humanité et qu'une Providence, la Volonté raisonnable des Hommes".
L'histoire de Jeanne d'Arc est plus belle que la légende d'Hercule. Car Hercule avait la force. Jeanne n'eut que la foi. La foi contre la religion, la justice affirmée, la révélation directe, le vrai miracle qui est de Foi et d'Action, l'Amour combattant. Cette belle histoire finit tragiquement par le retour des évêques, des hiérarchies, des dogmes. C'est par les mêmes forces que la Révolution a fini par l'Empire : la crédulité contre la foi.
Il y a dans Jeanne, une idée flamboyante, une idée qui parle. Prodigieux mouvement de la Pensée, car cette idée veut être réalisée. Jeanne change les choses par bonne volonté, par liberté, sous l'idée d'un Devoir impérieux. Son Dieu l'inspire, mais ne l'aide pas. Aucun Dieu invisible ne marche à côté d'elle. En fait, Jeanne est seule, l'Idée est seule, partout seule. Et le bûcher de la fin éclaire le commencement. Car un vrai miracle, selon l'ordre traditionnel, descend du ciel sur les hommes. Le miracle de Jeanne était seulement dans le coeur. Il n'y aurait donc qu'à vouloir pour changer tant de choses. Prodigieux exemple. Et l'on finit par considérer comme magie noire et diabolique ce miracle de la volonté, ce dangereux miracle.
La médiocrité s'est bien vengée. Jeanne qui était l'esprit et la volonté a été brûlée par la bureaucratie de ce temps là. Mais le Peuple éclaire la Pensée lorsqu'il veut que le mot coeur exprime à la fois l'Amour et le Courage, vérité que le bourreau n'a pas brûlée. Ainsi, il y a la foi de Jeanne et la foi de ceux qui l'ont brûlée. Et j'y vois deux religions ennemies, deux Dieux en lutte : un dieu qui est chose et un Dieu qui est Esprit. Il n'est d'ailleurs pas rare que l'on croie en Dieu comme aux sorciers. Alors, le jugement se plie, l'homme se fait petit, adorateur, il croit aux sorciers, mais il applaudit aussi quand on les brûle. La vie est alors prosternée et il y a une manière de se tenir à genoux qui vous jette à quatre pattes.
Jeanne connut un autre Dieu, un autre culte, d'autres preuves. Elle se parla à elle-même, dans le silence. Elle s'éveilla à elle-même, elle jugea ce qui existait et le dit injuste. Cette foi s'éleva contre toutes les forces. L'Esprit décidait souverainement : Je dois, je veux, je vaincrai. Révélation par le dedans, Dieu Esprit. La croyance est esclavage, guerre et misère. La foi est à l'opposé de la croyance. La foi en l'Homme, c'est la foi en l'Esprit vivant. C'est une Foi qui secoue le dormeur.
Mais il y a aussi de vrais Croyants : un petit nombre de ceux qu'on ne peut atteler, qui ne croient à rien. Ceux-là ont la foi, la Foi qui sauve. Ainsi croyance et foi ne sont pas de l'ordre du savoir ou de la connaissance, mais bien de l'ordre de la conscience. D'où l'inévitable impuissance des mots pour exprimer ce qui relève de l'indicible.
"Il n'est pas sûr que les chemins s'ouvriront si on a la foi, mais il est sûr que tous les chemins seront fermés si l'on n'a pas d'abord la foi. Si l'on y regarde bien, la foi ne peut aller sans l'espérance et il y a un genre d'espérance et aussi un genre de foi qui concernent tous les hommes et dont le vrai nom est charité". - Alain.

source : www.ledifice.net

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Un beau texte

2 Juillet 2014 , Rédigé par Facebook Publié dans #Poèmes

L’EGO (l’homme extérieur) dit :
Quand tu dévoiles tes sentiments on te blesse
Quand tu es fidèle on te trompe
Quand tu aimes on te largue
Quand tu es honnête on te mens.

Le SAINT-ESPRIT (l’homme intérieur) dit :
Quand tu dévoiles tes sentiments à une personne 
dont tu ne t'es pas assurer avant qu'elle était fidèle tu te trompes - 
Quand tu aimes une personne 
dont tu ne t'es pas assurer avant qu'elle était honnête tu te mens ;
En conséquence tu es blessé(e) et on te largue.

« Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux celui qui ne se condamne pas lui-même dans ce qu'il approuve! Mais celui qui a des doutes au sujet de ce qu'il mange est condamné, parce qu'il n'agit pas par conviction. Tout ce qui n'est pas le produit d'une conviction est péché. » Romain 14. 22-23

« Car le salaire du péché, c'est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. » Romain 6. 23

 

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La Force

1 Juillet 2014 , Rédigé par Facebook Publié dans #Forces spéciales

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La Grande Loge de France, terre d’Asile Maçonnique (1981)

1 Juillet 2014 , Rédigé par PVI Publié dans #Planches

Le 23 octobre 1921, la Grande Loge de France avait été l'une des Puissances maçonniques qui avait signé la déclaration de principe du Congrès International de Genève.

Cette déclaration précisait notamment :

— La Franc-Maçonnerie a pour devoir d'étendre à tous les membres de l'humanité les liens fraternels qui unissent les Francs- Maçons sur toute la surface du globe.

A ce principe, la Grande Loge de France n'a jamais failli depuis ce jour.

Le 25 avril 1922, le Conseil Fédéral adressait une circulaire à toutes les loges pour leur demander d'organiser les secours pour les victimes de l'effroyable famine qui régnait alors en Russie.

Dans les temples de la rue Puteaux, siège de l'Obédience, plusieurs Loges regroupaient alors les exilés Russes. Au banquet du Convent de 1923, ce fut le frère Kousmins-Karavaeff, de la Loge « Astrée » qui prit la parole au nom des Francs-Maçons russes pour remercier la Grande Loge de France de l'accueil qu'elle avait réservé à ses compatriotes exilés.

Ce fut à ce moment que l'Obédience fut proclamée « Terre d'asile maçonnique ». En fait, il n'y avait là que la confirmation d'une tradition très ancienne. Déjà, au début du XVllle siècle, les premières loges spéculatives implantées en France dans la région de Saint-Germain-en-Laye avaient été créées par des officiers écossais et irlandais obligés de fuir leur pays après la défaite des Stuarts.

Il demeure que ce fut après la guerre de 1914-1918 que les réfugiés politiques affluèrent dans les temples de la rue Puteaux. Les Loges travaillant en langue russe au sein de la Grande Loge de France devaient tenir un congrès à la fin de janvier 1949 et rappeler leur histoire déjà vieille de 27 années.

— La Loge « Astrée », créée en 1922, se voulait gardienne des anciennes traditions de la Maçonnerie russe ; elle s'intéressait surtout aux questions philosophiques et sociales.
— « L'Aurore boréale », créée en 1924, se consacrait à des recherches métaphysiques.
— « Hermès », créée elle aussi en 1924, s'intéressait surtout aux problèmes économiques.
— « La Toison d'or », créée en 1924, regroupait essentielle­ment des originaires du Caucase, de la Géorgie, de l'Arménie et des montagnards mahométans.
— La Loge « Gamaïounne », fondée en 1930, s'efforçait avant tout de répondre aux aspirations d'une nouvelle génération d'émi­grés.
— La Loge « Lotos », fondée en 1933, regroupait des Frères qui cherchaient à développer dans la Franc-Maçonnerie les affinités nées dans l'exil.

La « Toison d'or » allait donner naissance à deux nouvelles Loges. Les montagnards et les Géorgiens créaient en effet « Pro­méthée » alors que les autres membres de la Loge se regroupaient au sein de « Jupiter » qui allait devenir le plus actif des Ateliers russes de la Grande Loge de France.

Il existait, bien entendu, entre ces différentes Loges de même tradition, des collaborations étroites. Ainsi, « Hermès » avait pris en charge la formation maçonnique des jeunes Frères de tous les Ateliers russes de Paris.

Il suffit aujourd'hui encore de parcourir l'annuaire de la Grande Loge de France pour constater que chaque nouvelle persécution dans un pays d'Europe a provoqué tout naturellement la naissance, au sein de notre Obédience, d'une nouvelle Loge d'accueil regrou­pant des Francs-Maçons en exil.

La Loge espagnole « Francisco Ferrer » a commencé ses travaux à Paris en 1910. La Loge « Rafla Libera » a vu le jour en 1913. La même année naissait la Loge espagnole - Plus ultra ».

Le 13 avril 1924, le Conseil Fédéral élevait une double protes­tation, d'une part contre la déportation du professeur Miguel de Unamuno, recteur de l'Université de Salamanque, d'autre part contre la condamnation en Russie des professeurs de Kiev.

Le Convent de 1926 adressa un message de sympathie à tous les persécutés politiques du monde.

C'était alors la montée du nazisme en Allemagne.

Le 6 mai 1933, la Grande Loge de France s'associait à la résolution prise à Bruxelles par le Comité Exécutif de l'Associa­tion Maçonnique Internationale qui déclarait :

« Le Comité Exécutif, profondément ému par les violences et les mesures d'exception dont sont l'objet dans certains pays, et particulièrement en Allemagne, plusieurs catégories de citoyens en raison uniquement de leurs origines, de leurs croyances ou de leurs opinions, fidèle aux principes de liberté, de tolérance et de justice qui sont à la base de l'Ordre Maçonnique, stigmatise devant la conscience humaine ces procédés de persécution indignes de nations civilisées, assure toutes les victimes de la sympathie agissante et incite toutes les puissances maçonniques du globe à s'unir pour assurer le respect des principes de liberté et de dignité humaine qui sont l'honneur de notre civilisation. »

A partir de 1934, ce sont les Francs-Maçons allemands, per­sécutés par le nazisme, qui se regroupent au sein de la Grande Loge de France.

En 1939, à la veille de la guerre, la dernière grande cérémo­nie maçonnique célébrée dans le temple de la rue Puteaux est l'intégration solennelle à la Grande Loge de France de la Loge

« Mozart », fondée par des Frères autrichiens qui ont été chassés de leur pays par l'arrivée des troupes hitlériennes.

En cette circonstance, le Grand Maître Michel Dumesnil de Gramont déclare :

« Frères de « Mozart », quelques-uns d'entre vous sont parfois venus remercier en ma personne la Grande Loge de France de l'hospitalité qu'elle a été heureuse de vous accorder et de l'empressement avec lequel elle vous a octroyé une patente de constitution. Croyez-le, ce n'est pas à vous de nous remercier.

C'est à nous bien plutôt de vous témoigner notre gratitude pour votre exemple de fidélité à l'Ordre Maçonnique que vous nous apportez aujourd'hui. C'est à nous, Maçons libres encore de poursuivre leurs travaux, de proclamer notre reconnaissance envers vous, Maçons proscrits qui, en ces jours chargés d'angoisse, êtes venus nous donner une retentissante profession de foi et d'espérance maçonnique. »

Le Vénérable de la nouvelle Loge, après avoir évoqué plusieurs des dignitaires autrichiens déjà tombés dans les bagnes nazis, répond alors au Grand Maître :

« Si je regarde ce Temple brillamment illuminé, je pense douloureusement à ce carré long de la Grande Loge de Vienne dans lequel nous avons reçu la lumière. Il est détruit, à moins que l'on en ait fait un musée antimaçonnique. On a pu détruire nos Temples, ô mes Frères, ils ne tueront jamais l'Esprit. »

L'écho de ces paroles prophétiques ne s'est pas encore dissipé dans le Temple de la rue Puteaux que déjà commence pour les Francs-Maçons français le temps des épreuves et des persécu­tions.

A la fin de la guerre, on vit renaître les Maçonneries allemande, autrichienne et italienne. Par contre, les Loges durent se mettre en sommeil en Pologne, en Roumanie, en Tchécoslovaquie, en Yougos­lavie. En Espagne et au Portugal, les Francs-Maçons étaient tou­jours traqués.

« Copernic », Loge de tradition polonaise, avait été créée en 1940 à Paris, « Exilio », de Montpellier, regroupe des républicains espagnols à partir de 1945. A Toulouse, ce fut à partir de 1946 la Loge « Reconstruction », puis à Paris à partir de 1947, la Loge « Espafia ».

En 1951, deux Loges de tradition roumaine virent le jour : « La Chaîne d'union » et « La Roumanie unie ». Elles ont depuis donné le jour à « La Chaîne d'union écossaise ».

« Martinovics », fondée en 1956, est une Loge de tradition hongroise.

Terre d'accueil maçonnique, la Grande Loge de France l'a été également par les positions publiques qu'elle a su prendre contre toutes les intolérances et toutes les iniquités. Depuis, nous avons vu venir à tous nos Frères d'Egypte, d'Indochine, d'Afrique du Nord.

Au Convent de 1950, présentant un panorama de la Franc- Maçonnerie Universelle, Michel Dumesnil de Gramont, alors Grand Chancelier de la Grande Loge de France, affirmait que la Maçonnerie de l'Europe représentait la Maçonnerie militante et souf­frante. « C'est elle, disait-il, qui définit une politique propre à satis­faire un désir d'universalisme fraternel ».

Le Convent de 1956 entendit et discuta un rapport sur les Maçonneries persécutées à travers le monde.

Au Convent de 1972, les Députés des Loges votèrent une motion par laquelle la Grande Loge de France dénonçait la violence raciale et politique au nom de laquelle venaient d'être commis les crimes qui avaient ensanglanté les Jeux Olympiques de Munich.

Aujourd'hui encore, il n'est de semaine où nous ne devions accueillir quelques-uns de nos Frères sud-américains, qu'ils aient été chassés de chez eux par une dictature militaire ou par une révolution populaire.

Chez nous, ils ne trouvent pas seulement le secours matériel et l'accueil que nous leur devons. Ils trouvent surtout la chaleur d'une fraternité retrouvée.

C'est le Grand Maître de la Grande Loge d'Iran (en exil) qui confiait récemment au Grand Maître de la Grande Loge de France :

« Depuis que l'intolérance et le fanatisme on détruit nos Temple, et nous ont chassés de notre patrie, c'est seulement dans votre maison qu'il nous arrive d'oublier que nous sommes des exilés. »

Publié dans le PVI N° 42 - 3éme trimestre 1981

 

Source : www.ledifice.net

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Travail !

30 Juin 2014 , Rédigé par Parti des Pauvres Français Publié dans #Facebook

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A l'est, le retour des francs-maçons (04/2000)

30 Juin 2014 , Rédigé par Alain FAUJAS Publié dans #histoire de la FM

Sans avoir jamais eu, en Europe de l’Est, l’influence qu’elle a exercée en Occident, la franc-maçonnerie avait connu, en Russie, en Pologne, en Hongrie et en Tchécoslovaquie notamment, un essor remarquable. Brisé par les régimes communistes, qui pourchassèrent les francs-maçons accusés d’être des « ennemis de classe ». Depuis la chute du mur de Berlin (1989), on assiste à une timide renaissance des différentes obédiences occidentales. Mais les nouveaux maçons doivent faire face à l’incompréhension, aux nationalismes et aux mafias.
Pas plus que les Eglises ou les Etats, les francs-maçons n’ont pu ou su empêcher les drames ethniques qui ont martyrisé les nations d’Europe centrale et orientale, notamment dans les Balkans, où ils étaient pourtant très présents. Et le grand enthousiasme qui a porté les obédiences maçonniques vers l’Europe orientale au lendemain de la chute du mur de Berlin est, lui aussi, retombé. Car c’est avec ravissement que les francs-maçons avaient vu s’effondrer, en 1990, le régime communiste qui les avait bâillonnés pendant plus de soixante-dix ans en URSS, plus de quarante dans les « démocraties populaires ».
A vrai dire, la maçonnerie n’avait jamais eu, en Europe de l’Est, une influence comparable à celle qu’elle avait exercée en Amérique du nord, où de nombreux présidents des Etats-Unis, de George Washington à Franklin D. Roosevelt, s’en réclamaient ; en Amérique du Sud, où Simon Bolivar tout comme Salvador Allende faisaient partie des « frères ». Selon André Combes, spécialiste de l’histoire maçonnique, cette faiblesse à l’Est s’explique parce que la franc-maçonnerie y « a toujours été vivement combattue par divers courants religieux ou politiques, en particulier antisémites ».
Le poids des francs-maçons y a donc connu des hauts et des bas, comme le prouve l’exemple russe. Le rétablissement de la franc-maçonnerie en Russie, en 1802, lui avait valu un essor étonnant ; Saint-Pétersbourg comptait alors quelque 10 000 frère . L’écrivain Pouchkine est le maçon le plus célèbre de cette période. Le début du XXe siècle a vu un regain, sous l’appellation « maçonnerie de la Douma », initiée par le Grand Orient de France et dont étaient membres Alexandre Kerenski et la quasi-totalité de son gouvernement menchevik, en 1917.
Faute de démocratie, les traversées du désert ont été encore plus longues : l’échec du complot décembriste, auquel avaient participé, en 1825, nombre de maçons pour obtenir du tsar Nicolas Ier les réformes indispensables, valut à la maçonnerie russe d’être interdite pendant le reste du XIXe siècle. A partir de 1920, Léon Trotski élabora une critique de plus en plus violente contre ce mouvement « bourgeois » ; en 1922, il fit interdire la double appartenance au Parti communiste et à la maçonnerie, désignée comme représentant de l’« ennemi de classe ». L’élimination physique qui en résulta s’étendit à la Hongrie. Les régimes autoritaires en place en Bulgarie ou en Roumanie se mirent à pourchasser les obédiences, anticipant les persécutions du fascisme et du nazisme.
On avait dénombré jusqu’à 7 000 maçons hongrois et 1 700 tchécoslovaques. Au sortir de la seconde guerre mondiale et avec l’établissement des démocraties populaires, il n’en est plus resté. Le « coup de Prague » communiste qui, en 1948, préluda au départ du président (maçon) de la République, Edouard Benès, ouvrit une période de glaciation de quarante ans.

« Rallumer les feux »

En 1990, la franc-maçonnerie est à reconstruire en Europe orientale, et c’est avec passion que les différentes obédiences occidentales vont s’efforcer de « faire refleurir l’acacia » à l’orient du Vieux continent. Bien des nationalités s’y attellent : en tête, les Français, mais aussi les Allemands, les Belges, les Italiens, les Grecs, les Finlandais, les Autrichiens et les Amé ricains. On retrouvera, sur le terrain, les deux grandes familles maçon niques : la « régulière », qui fait obligation de croire en un Dieu révélé ; et la « libérale », qui professe la liberté absolue de conscience.
Le mécanisme est, en général, le suivant : la création de loges et le « rallumage des feux » ont lieu à l’Ouest parce qu’il n’existe sur place ni maçon patenté, ni temple, ni rite. La colonie polonaise du nord de la France renoue ainsi des contacts et crée les premières loges en 1991, à Lille, comme Nadjega (L’Espoir) du Grand Orient de France (GODF) qui réveille, la même année, L’Etoile du nord à Moscou. La Grande loge de France (GLF) n’est pas en reste et implante, elle aussi en 1991, à partir de la loge parisienne Pouchkine, la loge Nicolas-Novikoff dans la capitale russe. La Grande loge féminine de France (GLFF) initie, à partir de la loge parisienne La Rose des vents, des sœurs hongroises qui créent, en 1992, la loge Napraforgo (Tournesol) à Budapest. La Grande loge nationale de France (GLNF) consacre, la même année, la loge moscovite Astrée.
La démarche des Occidentaux suppose une aide matérielle à des frères démunis. M. Yves Trestournel, grand secrétaire de la GLNF, se souvient d’une « tenue » dans une école maternelle de Saint-Pétersbourg meublée de chaises lilliputiennes. M.André Combes, à l’époque grand secrétaire aux affaires extérieures du GODF, rappelle que le temple de Bucarest était une HLM de banlieue. M. Alain Sède, ancien président du Droit humain (DH), estime que son obédience devait « une aide logistique et matérielle à des loges très, très pauvres », dépourvues de livres ou d’objets du rituel. Le GODF, lui, a voté une contribution de près de 800 000 francs par an. La GLF a dégagé 300 000 francs.
Mais ce renouveau maçonnique se fait dans la précipitation. La concurrence entre les obédiences incite celles-ci à initier des apprentis et à conférer les grades de compagnons et de maîtres en une seule journée alors que cette progression prend normalement trois ans. Une « guéguerre » s’ensuit entre les obédiences pour recruter le plus grand nombre et les meilleurs. Certes, le GODF et la GLF s’entendent pour s’implanter en Hongrie ou en Tchécoslovaquie ; le Droit humain et le GODF font cause commune en Roumanie. Mais, dans l’ensemble, chaque obédience épaule « ses » filles et tente de débaucher celles des autres. Le GODF perd son premier Vénérable russe au profit de la GLNF, qui lui subtilise également la loge Le Sphinx de Saint-Pétersbourg. La loge Zora (Aurore) de Belgrade passe de la GLF au GODF, et les Lettons abandonnent la maçonnerie française pour l’allemande. Autrement dit, l’universalisme maçonnique se mue en esprit de clocher.
Les avis sont partagés sur le danger mafieux. Certains estiment qu’il est fantasmatique. D’autres le jugent très réel : « Nous avons été contactés par des groupes politico-affairistes, raconte un ancien responsable. En 1993, l’un d’eux nous a offert, dans un grand hôtel parisien, un chèque de 100 000 francs "pour nos pauvres" en échange de lettres d’implantation dans leur pays. Nous avons déchiré le chèque. »
Infiniment plus redoutable est la tentation de l’ethnocentrisme. En effet, l’imbrication des peuples suscite des réflexes d’exclusion même chez les francs-maçons. « En 1994, nos frères roumains ne voulaient pas accueillir de Tziganes, attitude contre laquelle je me suis insurgé, explique M. Jean-Michel Ducomte, ancien grand secrétaire aux affaires extérieures du GODF. Six mois plus tard, ils m’ont téléphoné pour savoir comment nous avions, en France, géré nos différences ethniques. En 1996, ils initiaient un Tzigane. »
Autre handicap : l’absence de références symboliques, faute de culture biblique. « Il nous a fallu expliquer des concepts évidents pour nous, comme le soleil ou l’équerre, affirme Mme Marie-France Coquart, ancienne grande maîtresse de la GLFF. Ils ignoraient qui étaient le roi Salomon et son architecte Hiram. Ils ne comprenaient pas ce que voulait dire la construction de soi-même.» M. Gilbert Schulsinger, ancien grand secrétaire aux affaires extérieures de la GLF, confirme ce vide culturel : « A Varsovie, en 1991, j’ai fait un discours sur la liberté auquel ils n’ont rien compris. Après tant d’années de lavages de cerveau, notre vocabulaire leur paraissait vraiment abscons ! »
Des décennies de communisme ont donné aux maçons orientaux un goût immodéré pour la liberté qui leur fait oublier égalité et fraternité, les deux autres valeurs maçonniques que la propagande soviétique avait galvaudées. L’Amérique et sa franc-maçonnerie régulière apparaissent donc souvent - notamment en Russie - comme mieux capables d’étancher cette soif de liberté.
Les maçons d’Europe de l’Est n’ont pas la vie facile. Il leur a fallu accepter d’anciens apparatchiks, ce qui n’est pas allé sans grincements de dents. Dans beaucoup de pays, ils sont confrontés à un réveil de l’anti-maçonnisme, bien qu’ils soient peu influents dans les milieux d’affaires (sauf la maçonnerie régulière, à laquelle appartiennent la GLNF et la Grande loge d’Angleterre) ou politiques. Certes, on en trouve dans l’entourage du maire de Moscou, et plusieurs députés yougoslaves de tous bords appartiennent à une obédience. Dans l’ensemble, ils font partie de l’élite intellectuelle et sont professeurs, ingénieurs, artistes, comédiens ou journalistes. Le président tchèque Vaclav Havel n’en est pas, à la différence de son père.
Malgré cette réserve et malgré l’usage de rituels écossais se référant à des textes religieux, de vieilles hostilités réapparaissent, par exemple en Pologne, où certains ont réédité les élucubrations écrites par Léo Taxil en 1886 et prêtant à la maçonnerie des penchants sataniques.

Dix mille « frères »

IL n’est pas aisé de chiffrer le nombre des francs-maçons en Europe orientale, car à leur discrétion s’ajoutent une rotation élevée de leurs membres et des « schismes » qui brouillent les comptes. Les ateliers regroupent moins de membres qu’en Occident, entre quinze et cinquante en général. Le GODF semble l’obédience la mieux implantée. De façon fort approximative, on peut avancer le chiffre de moins de dix mille francs-maçons de toutes obédiences dans l’ensemble des pays autrefois d’obédience soviétique. La Yougoslavie, avec environ un millier de frères, détiendrait le ruban bleu. C’est peu en comparaison des cent mille maçons français ou des quatre millions de frères américains !
« Toutes les familles maçonniques ont éprouvé l’envie de faire revivre à l’Est ce qui nous est cher, conclut M. Claude Charbonniaud, grand maître de la GLNF. Nous devons constater qu’il n’y a pas eu de rush vers la franc-maçonnerie. Allons-y prudemment pour ne pas attirer des gens sans idéal. » Même circonspection chez M. Jean-Claude Bousquet, grand maître de la GLF : « Les résultats obtenus sont modestes, dit-il. Mais nous ne sommes pas partisans du recrutement à tout- va qui attirerait des maçons tièdes ou tentés par l’affairisme. Nous devons être très prudents pour participer au recul du totalitarisme sans galvauder nos valeurs initiatiques. » Le triomphalisme, qui eut un temps, n’est plus de mise.

Source : http://www.kalinka-machja.com/

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