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Hauts Grades

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A tous nos Frères russes !

29 Juin 2014 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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Franc-Maçon un jour, Franc-Maçon toujours !

28 Juin 2014 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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Les Templiers et la Maçonnerie Ecossaise

27 Juin 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Quel est le devoir en Loge d'un bon Maçon?
Cette question est souvent posée dans notre rituel, et si il existe des bons Maçons, n'exercent-ils leur devoir qu'en Loge?
Existe-t-il une règle Maçonnique copiée sur celle des Templiers?
Si oui, il serait souhaitable de bien connaître l'origine d'un rite que bon nombre de profanes assimilent aux Templiers.
Ce qui est certainement étrange, pour tous ceux qui frappent à la porte du Temple, c'est la pratique d'un rite dit "chevaleresque" et d'origine "écossaise".
D'où vient ce mystère et peut-on trouver un lien entre les moines soldats de l'Ordre du Temple et la Maçonnerie Ecossaise.
Car il s'agit bien d'un mystère pour celui qui porte l'épée en Loge et qui prête serment sur l'Evangile de Saint-Jean. Peut-on s'imaginer être des descendants d'un Ordre, dont ses actes guerriers ont marqué à tout jamais la Chrétienté.
Cette question appelle des réponses, même si elles sont supposées. Et si l'histoire y répond en partie, il serait bon d'en faire un inventaire afin de comprendre la complexité du Régime Ecossais Rectifié.
Bien sûr, ce travail n'est qu'approximatif et restera inachevé, cependant je vais essayer de remonter le temps et de découvrir la trame de ce que j'appellerai "le mystère du Temple".
Si les Templiers étaient connus à cause des Croisades en Terre Sainte, bon nombre de personnes pensent qu'ils ont disparu après leur arrestation.
Mais qu'en est-il exactement?
Officiellement baptisée "Ordre des Pauvres Chevaliers du Temple de Salomon" l'Organisation fut fondée en 1118 par HUGUES DE PAYNS pour escorter les pèlerins qui se rendaient en Terre Sainte. Pendant les 9 premières années, les chevaliers restèrent 9, puis l'Ordre s'ouvrit et ne tarda pas à devenir une force considérable au Moyen Orient et dans toute l'Europe.
HUGUES DE PAYNS entreprit alors un voyage en Europe pour solliciter des terres et de l'argent auprès des rois et des nobles. Il visita l'Angleterre en 1129 où il fonda le premier site Templier à Londres.
Comme tout moine, un Templier faisait voeux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, et il était contraint au besoin de tirer l'épée contre les ennemis du Christ. L'image des Templiers devint inséparable des croisades organisées pour chasser les infidèles de Jérusalem et maintenir la ville sous domination Chrétienne.
C'est en 1128 que le Concile de TROYES déclara officiellement le Temple Ordre religieux et militaire. L'artisan principal de ce mouvement, BERNARD DE CLAIRVAUX, dirigeait l'Ordre Cistercien et il fut canonisé. Il rédigea la "Règle des Templiers", qui s'inspirait de celle des Cisterciens.
La richesse du Temple résulte en partie de sa Règle : tout nouveau membre devait céder ses biens à l'Ordre, qui s'enrichit parallèlement grâce aux donations massives de terres et d'argent de nombreux rois et de nobles. Ils devinrent les premiers banquiers internationaux, malgré le fait que leurs hommes de troupe étaient impécunieux.
Les Templiers étaient aussi célèbres pour leur vaillance au combat jusqu'à la témérité. Leur Règle leur interdisait de se rendre en combat si l'adversaire n'était pas au moins 3 fois plus nombreux. Ils constituaient des forces spéciales, un corps d'élite avec Dieu et l'argent dans leur camp. Malgré leurs efforts, la Terre Sainte tomba peu à peu aux mains des Sarrasins. En 1291, la ville d'ACRE, ultime territoire Chrétien était perdue à son tour.
Sans emplois, mais toujours riches et arrogants, les Templiers suscitaient un vif ressentiment car ils étaient exemptés de taxes et ne devaient allégeance qu'au Pape. En 1307, s'amorça leur déclin. Le Roi de France PHILIPPE LE BEL orchestra la destruction du Temple avec la complicité du Pape. Des ordres secrets furent transmis aux émissaires du Roi et le Vendredi 13 Octobre 1307 les Templiers, cernés de toutes parts, furent arrêtés, torturés et brûlés vifs, mais en fait peu d'entre eux furent exécutés.
Leur Grand Maître, JACQUES DE MOLAY, fut brûlé sur l'Ile de la Cité, à l'ombre de Notre-Dame de Paris, et sur les milliers d'autres, seuls ceux qui refusèrent de passer aux aveux, ou qui se rétractèrent, furent tués.
Malgré ce qu'on a pu leur faire avouer sous la torture, il semble quand même que les Templiers aient bel et bien été engagés dans des activités mystérieuses, voire occultes. Parmi ces confessions forcées, un certain FOULQUES DE TROYES aurait eu des déclarations énigmatiques, notamment en ce qui concerne Jésus et un grand secret (??).
Les Templiers vénéraient JEAN LE BAPTISTE, et l'Agneau de Dieu était un de leurs symboles essentiels, qui devint d'ailleurs l'un de leurs sceaux officiels, surtout dans le midi. On leur avait octroyé, au début de leur règne, une aile complète du Palais Royal de Jérusalem, qui aurait été construit sur les fondations du Temple de Salomon, dont les Templiers tiraient leur nom.
Certains disent que les Templiers espéraient trouver en Terre Sainte l'Arche d'Alliance et qu'ils auraient découvert des documents cachés provenant de la même source que les manuscrits de la Mer Morte.
Le Symbole Templier le plus connu était une croix rouge sur fond blanc, qu'ils portaient toujours sur eux, ils étaient considérés comme les chevaliers dévoués du Christ et les gardiens de l'idéal chrétien.
Les Commanderies qu'ils construisirent avaient la particularité d'être toutes à moins d'une journée de cheval les unes des autres, facilitant ainsi leurs communications.
L'aspect ésotérique de l'histoire du Temple est important et le Languedoc-Roussillon était la patrie de l'Ordre, en dehors de la Terre Sainte, comme les Cathares.
Certains documents prouvent qu'au plus fort de la Croisade Albigeoise, les Templiers hébergeaient des Cathares en fuite, allant même jusqu'à leur prêter main forte contre les croisés. Les inquisiteurs en avaient connaissance puisqu'ils firent déterrer des Cathares en Terres Templières, ceux-là mêmes qui torturèrent les Templiers par la suite. Certains pensent que Templiers et Cathares partageaient une connaissance secrète aux implications explosives.
Beaucoup de Templiers eurent néanmoins la vie sauve lors de ce sinistre Vendredi 13 Octobre 1307, et ils furent même autorisés à reformer l'Ordre sous un nom différent, alors que tous leurs biens avaient été confisqués.
Deux pays offrirent asile aux chevaliers en fuite : l'ÉCOSSE et le PORTUGAL, et dans ce dernier, ils prirent le nom de "Chevaliers du Christ".
Pour les historiens et les exégètes, les Templiers existent toujours malgré plusieurs schismes, et ouvreraient désormais au sein de différentes organisations.
L'Ordre du Temple était en fait composé de 7 cercles "extérieurs", consacrés aux petits mystères, et de 3 cercles "intérieurs", correspondant à l'initiation aux grands mystères. Le "noyau", lui, rassemblait les 70 Templiers interrogés par CLEMENT V, après les arrestations de 1307. Ce qui fait dire que le Pape avait certainement infiltré le noyau dur et secret des Templiers, sinon la coordination des inquisiteurs n'aurait pas pu être possible.
Un groupe intérieur pouvait demeurer occulte parce que les Templiers formaient essentiellement une école de mystères, reposant sur l'initiation. La plupart des Chevaliers du Temple n'étaient que de simples soldats chrétiens, alors que le cercle intérieur favorisait l'étude active de sujets ésotériques et religieux. Ils cherchaient les secrets de l'univers et eurent accès à une sagesse traditionnelle fort ancienne.
Ce mode de fonctionnement protégeait les véritables dirigeants de l'Ordre, car les Templiers des cercles inférieurs ne connaissaient pas les secrets des cercles supérieurs, un peu comme en maçonnerie où le mystère est souvent savamment entretenu entre les différents niveaux de la hiérarchie.
Les Templiers pratiquaient aussi l'alchimie et la légende rapporte que leur fortune ou leur trésor serait issu du plomb transformé en or.
Ce qui est curieux, c'est cette vénération que les Templiers portaient à "MARIE-MADELEINE". Dans leur règle, ils devaient allégeance à Béthanie, le Château de MARIE et de MARTHE. L'absolution Templière disait ceci : "Je prie Dieu qu'il pardonne vos péchés, comme il les a pardonné à Sainte Marie-Madeleine et au larron sur la croix".
Autre particularité, durant son premier siècle d'existence, l'Ordre acceptait des femmes qui prêtaient serment, surtout dans le Languedoc, alors qu'une modification ultérieure de la Règle interdisait spécifiquement aux Templiers de les accepter dans leurs rangs, afin de respecter le code chevaleresque et le célibat imposé aux moines soldats.
Ce qui est le plus étonnant, c'est que les Templiers marchèrent vers l'abattoir comme des agneaux, lors de leur arrestation, sans demander de renforts à l'étranger et sans vraiment se défendre contre les inquisiteurs, ce qui n'était pas coutumier dans la pratique de leur règle.
Certains, comme le Trésorier de l'Ordre, glissèrent à travers les mailles du filet, comme s'ils avaient bénéficié de complicités. Même la célèbre flotte Templière disparut et ne fut pas mentionnée lors des confiscations infligées par le Roi de France. Sans doute existait-il un complot prévu par le Pape et certains Templiers, afin d'éviter les débordements de l'Ordre et le rendre clandestin. Il n'existe à ce jour aucune trace de ces éventuels accords secrets, sauf peut-être dans les archives du Vatican.
Les Templiers avaient des connaissances secrètes et employaient un Code connu sous le nom d'ATBASH, qui, appliqué au nom de la mystérieuse idole templière à tête coupée appelée "BAPHOMET", on obtient le terme grec "SOPHIA", qui signifie "sagesse", en hébreu on dit "HOKMAH". La Sophia a été présentée par les Juifs et les chrétiens comme la "compagne de DIEU", qu'elle influence et conseille.
La Sophia se situait au centre de la cosmologie gnostique. Dans le texte de NAG HAMMADI, découvert en 1947 en Egypte, intitulé "PISTIS SOPHIA", elle est intimement associée à Marie Madeleine. En tant que HOKMAH, elle est la clé de la compréhension gnostique de la KABBALE, système occulte influent à la base de la magie médiévale et renaissante. Chez les gnostiques, elle correspondait à la déesse grecque ATHENA et à l'égyptienne ISIS, parfois appelée SOPHIA. Ce qui fait dire que les Templiers croyaient fermement en un principe féminin.
Les églises bâties par les Templiers étaient le plus souvent circulaires, parce qu'ils croyaient que tel était le Temple de Salomon. Peut-être le symbole d'un univers rond, mais plus probablement celui de la féminité. Cercles et cycles sont toujours associés aux déesses et au principe féminin, tant en ésotérisme qu'en biologie.
Le cercle est un archétype universel, les tertres funéraires préhistoriques étaient déjà circulaires car ils représentaient le ventre de la Terre, permettant ainsi une renaissance en esprit. Les hommes faisaient le lien entre la rondeur du ventre d'une femme enceinte et la pleine lune, qui en vint à symboliser la "maternité" de la déesse. Quoi qu'il en soit, l'Eglise Romaine déclara officiellement hérétiques les églises circulaires.
Les Templiers furent aussi les principaux instigateurs de la construction des grandes cathédrales gothiques, en particulier celle de Chartres. On les trouve aussi à l'origine des Guildes de Bâtisseurs, notamment celles des maçons, et leur écriture codée correspondait à une connaissance ésotérique templière.
SAINT-BERNARD, Patron des Templiers, avait défini Dieu comme étant "longueur, largeur, hauteur et profondeur", et les Templiers étaient eux-mêmes de grands bâtisseurs et de grands architectes.
Le plan des Cathédrales était conçu pour prendre en compte les principes d'une géométrie sacrée, dont certaines proportions géométriques sont en résonance avec l'harmonie divine. Voilà qui éclaire la déclaration de PYTHAGORE : "tout est nombre" et conforte l'idée que les mathématiques sont le langage par lequel Dieu ou les Dieux s'adressent à l'homme. Cette architecture ésotérique utilisait "la proportion dorée", c'est-à-dire la proportion parfaite, étant en quelque sorte une forme de panacée. Il y avait donc un sens dans la forme et une harmonie dans la proportion.
Le légendaire Temple de Salomon était pour les Templiers, comme aujourd'hui pour les Maçons, le plus beau fleuron de la géométrie sacrée. Il provoquait une réaction qui transcendait les 5 sens. Il était en résonance unique avec l'harmonie céleste. Sa longueur et sa largeur, sa hauteur et sa profondeur reproduisaient les proportions idéales de l'univers, le nombre d'or. Le Temple de Salomon était, en d'autres termes, l'âme même de Dieu, burinée dans la pierre.
Les Templiers étaient des êtres pragmatiques, qui recherchaient toujours l'application pratique d'une connaissance ésotérique. D'après eux, Dieu avait véritablement enseigné l'application pratique de la géométrie sacrée par le biais de l'architecture. Ils gravaient ainsi des messages codés dans la pierre afin de rappeler les principes hermétiques des maçons et des chevaliers.
SALOMON, fils du ROI DAVID, le légendaire héros Juif, construisit donc un temple d'une beauté inégalée, en utilisant les matériaux les plus fins et les plus riches, par l'intermédiaire de HIRAM ABIFF. Du marbre, des pierres précieuses, des bois aromatiques et les tissus les plus délicats furent utilisés pour que DIEU lui-même se sente chez lui. En son cour se trouvait le Saint des Saints, la mystérieuse "ARCHE D'ALLIANCE", qui devait répandre de grandes bénédictions sur les "justes", mais aussi détruire les "pécheurs". Les Templiers ont peut-être vu là l'arme ultime, et sont-ils partis à sa recherche?
La décoration des Cathédrales nous fournit des indications sur l'idée que les Templiers se faisaient de "l'Arche". Les allusions bizarres de ces constructions gothiques nous renvoie à l'Alchimie, pratiquée par les Templiers.
L'Alchimie nous viendrait des anciens égyptiens, via les arabes dont le mot dérive. Il englobait un ensemble d'activités et des modes de pensée : "magie, chimie, philosophie, hermétisme, géométrie sacrée et cosmologie".
Elle s'intéressait aussi à la recherche génétique et à des méthodes visant à ralentir le processus de vieillissement voire même à reproduire l'immortalité physique, sans doute est-ce là l'ancêtre de la chimie moderne et de la science actuelle.
Pour l'Eglise Romaine, tout Alchimiste était par définition hérétique, et cette pratique devint "l'Art noir".
L'Alchimie d'alors comptait plusieurs niveaux : "l'exotérique", qui consistait en un travail et une expérimentation sur les métaux, pour atteindre le Grand Ouvre en transmutant un métal vil en or. Et "l'ésotérique", où l'individu accède à l'illumination spirituelle et se trouve physiquement revitalisé grâce à un processus magique, qui l'amène au Grand Ouvre, acte d'initiation suprême.
Le symbole alchimique du Grand Ouvre est l'hermaphrodite, qui est littéralement la fusion du Dieu HERMES et de la Déesse APHRODITE. Certains imaginent que la réussite alchimique produirait une transformation si profonde, que celui qui y parviendrait risquerait de changer de sexe, ce qui est une pure légende médiévale.
Les cathédrales gothiques abritent nombre de curieux personnages, des démons aux hommes végétaux. Une sculpture de la cathédrale de Nantes représente une femme qui se regarde dans un miroir, l'arrière de sa tête étant le visage d'un vieillard. A Chartres, la pseudo Reine de SABA porte la barbe. On trouve ainsi des symboles alchimiques dans toutes les cathédrales associées aux Chevaliers du Temple.
Les Templiers connaissaient les propriétés de la terre et choisissaient un lieu en raison de la nature spécifique de son sol. Ils gravaient des symboles alchimiques dans ses pierres et laissaient des traces d'influences cathares et musulmanes. Ils fondèrent ainsi un hôpital pour Templiers en un lieu où le sol avait des propriétés curatives, et bien sûr on y trouvait des symboles alchimiques. En France, les anciennes propriétés templières sont d'ailleurs devenues des centres alchimiques majeurs.
Pour les Templiers, toute démarche alchimique débute par la quête du GRAAL, qui est l'allégorie du voyage spirituel du Héros vers sa propre transformation intérieure. L'expérience du GRAAL était exclusivement réservée aux plus grands initiés, dont l'objet, quel qu'il soit, était toujours gardé par des femmes. Aujourd'hui, le SAINT GRAAL désigne souvent un objectif illusoire et représente un symbole de perfection. Le GRAAL est un objet mystérieux, un trésor gardé dans une caverne, dit-on. Dans la légende, le GRAAL est une coupe dans laquelle JESUS aurait bu lors de la Cène. JOSEPH D'ARIMATHIE, un riche ami de JESUS, recueillit dans cette coupe le sang versé lors de la crucifixion, et qui se révéla posséder des propriétés miraculeuses.
La quête du SAINT GRAAL s'accompagne d'innombrables dangers tant physiques que spirituels. Dans toutes les versions de l'histoire, la coupe est à la fois objet concret et symbole d'éternité; le quêteur devant affronter toutes sortes d'ennemis et notamment des êtres surnaturels. Les plus anciennes versions de cette légende s'inspirent des mythes Celtes du ROI ARTHUR et de sa Cour. La première romance du GRAAL est une oeuvre inachevée de CHRETIEN DE TROYES datant de 1190, dont la ville qui porte son nom était le siège de la première commanderie templière et un centre kabbalistique connu.
Les Templiers vouaient aussi un culte à JEAN BAPTISTE. Dans la version de CHRETIEN DE TROYES, le Héros se nommait PEREDUR et le GRAAL était un plateau ou un plat sur lequel se trouvait une tête coupée. Rappelons que JEAN BAPTISTE fut décapité par HERODE ANTIPAS , celui-là même à qui il reprochait d'avoir épousé l'ex-femme de son demi-frère. Pour certains Juifs de cette époque, JEAN BAPTISTE était considéré comme le vrai messie et JESUS son disciple. Le moment critique de cette version, donc, est le moment où le Héros ne pose pas la question qui s'impose, ce péché d'omission le mettant alors en danger extrême.
Une autre version datant de 1205 laisse apparaître un Chevalier nommé GAWAIN, qui cherche l'épée qui a tranché la tête de JEAN BAPTISTE, et qui, par magie, saigne tous les jours à midi. Dans PERLESVAUS, écrit par un moine de l'abbaye de GLASTONBURY, les servants d'élite du GRAAL portent des vêtements blancs marqués d'une croix rouge, comme les Templiers.
Dans PARZIVAL, datant de 1220, le Château du GRAAL est un lieu secret gardé par les Templiers qualifiés d'hommes baptisés. Pour les gardiens du SAINT GRAAL, qui était le sang royal, le grand secret renvoie à une filiation sacrée liée à JESUS et MARIE MADELEINE. Ce Château aurait été identifié comme étant celui de MONTSEGUR, alliant ainsi Templiers et Cathares, gardiens d'un trésor inestimable. Le GRAAL étant ici symbolisé par une pierre, aussi appelée "pierre de mort" ou "pierre philosophale".
Les templiers sont donc à l'origine de nombreuses légendes et d'un symbolisme chrétien très poussé. Ils étaient censés posséder un reliquaire d'argent en forme de crâne de femme du nom de "CAPUT" qui veut dire "tête". Ils auraient aussi possédé l'index droit de JEAN BAPTISTE, souvent représenté avec l'index droit levé rituellement et peint par LEONARD DE VINCI.
Il faut rappeler qu'un mythe tenace fait état d'une relique détenue par les Templiers, contenant la tête du BAPTISTE, qu'ils auraient exhumé du Temple d'HERODE à Jérusalem. Les Templiers seraient ainsi liés à la décapitation et au fléau, 2 éléments majeurs du cycle du GRAAL.
Une autre tradition, semble-t-il plausible, indique que les romances du GRAAL furent inspirées par une "Eglise cachée" liée aux Templiers. La tradition JOHANNITE fait état d'une école mystique chrétienne fondée par JEAN L'EVANGELISTE et reposant sur des enseignements secrets transmis par JESUS. Cette connaissance ésotérique ne transparaissant pas dans les enseignements de l'Eglise de PIERRE.
Cette connaissance secrète basée sur l'Alchimie et la sexualité sacrée, incarnée par MARIE MADELEINE, connue aussi par les Cathares, a-t-elle été enfouie dans l'oubli? Toute survivance templière implique la transmission de grands secrets à travers une tradition occulte toujours active. Des secrets concernant le savoir scientifique des anciens alchimistes et des traditions ésotériques orientales, qui seraient toujours disponibles aujourd'hui.
Le mouvement Templier ne s'est pas éteint et certains Chevaliers ont réussi à fuir, notamment en Grand Bretagne. En Angleterre, par exemple, EDOUARD II refusa de croire les Templiers coupables des crimes dont on les accusait, s'engageant même dans un débat fiévreux avec le Pape et s'opposant à l'emploi de la torture.
En Allemagne, HUGO DE GUMBACH, Maître Templier, fit une entrée spectaculaire au Concile ouvert par l'Archevêque de Metz. Revêtu de son armure et accompagné de 20 Chevaliers triés sur le volet, il déclara que le Pape était un suppôt de Satan et qu'il devait être déposé. Il déclara que ses hommes étaient prêts à se soumettre à la justice divine en combattant l'ensemble des participants au Concile. Les charges furent abandonnées et les Chevaliers allèrent clamer partout leur innocence.
En Aragon et en Castille, les Archevêques qui présidaient le procès des Templiers, les ont déclaré innocents en 1312, malgré les ordres du Pape quant à la dissolution de l'Ordre. En France, peu d'entre eux furent exécutés et la plupart furent libérés après avoir abjuré. Ils reformèrent l'Ordre dans d'autres pays et certains rejoignirent les Ordres existants, comme les "Chevaliers Teutoniques". La plupart de leurs terres furent distribuées à leurs rivaux les "Chevaliers Hospitaliers". En Ecosse et en Angleterre, les propriétés templières restèrent aux mains des mêmes familles jusqu'en 1650.
La Franc-maçonnerie s'est ainsi développée en Ecosse sous l'influence de Templiers isolés, avant de se répandre en Angleterre en 1603, après l'accession au trône du Roi Ecossais JACQUES IV. Les Templiers seraient ainsi à l'origine de la révolte des paysans en 1381 qui s'en prirent aux biens de l'Eglise et des Chevaliers Hospitaliers. Néanmoins, la Maçonnerie des débuts était une école de mystères avec des initiations solennelles s'inspirant de traditions occultes anciennes ; visant ainsi à provoquer une illumination transcendantale et à tisser des liens intimes entre les Frères.
JOHN ROBINSON affirme détenir des preuves de l'existence de loges maçonniques dès les années 1380, un traité alchimique datant de 1450 utilise le terme "Franc-maçon", les premières références connues datant de 1614. Lors de la création de la ROYAL SOCIETY en Angleterre, il est fait état d'un "Collège invisible" original des Franc-maçon, formé en 1645.
L'actuelle Maçonnerie est apparue le 24 Juin 1717, jour de la Saint-Jean Baptiste, et constituée par la Grande Loge.
Il est avéré que la Maçonnerie était déjà une véritable société secrète avant sa fondation officielle. Certains prétendent descendre des guildes médiévales anglaises de tailleurs de pierres, qui utilisaient des gestes et des signes de reconnaissance secrets, ainsi que la géométrie sacrée.
Ces tailleurs de pierres auraient hérité leur connaissance secrète des bâtisseurs du Temple de Salomon.
Par contre les Templiers écossais actuels affirment descendre des Chevaliers fugitifs, qui avaient hérité de la flotte templière. Ils se battirent contre les anglais à la bataille de BANNOCKBURN le 24 Juin 1314, jour de la Saint-Jean Baptiste ; un contingent de Chevaliers du Temple assurant la victoire à la 11ème heure. Certains édifices portent les traces de cette tradition templière et maçonnique comme la chapelle de ROSSLYN à côté d'Edimbourg, qui fut bâtie entre 1450 et 1480.
Cependant en 1329, l'ombre de l'autorité Papale plana une nouvelle fois sur les Templiers lorsqu'il fut question de lever une croisade contre l'Ecosse. Les Templiers écossais jugèrent alors plus prudents de rentrer dans la clandestinité comme leurs Frères européens. Ce serait là une origine de la Franc-Maçonnerie.
Un écossais, ANDREW MICHAEL RAMSAY, Chevalier de l'Ordre de Saint-Lazare, fit un discours mémorable en 1737 à Paris, lors d'une réunion maçonnique où il fit la première allusion officielle au fait que les Francs-maçons descendraient des Templiers. Peut-être est-ce la raison de l'excommunication de l'ensemble de la Fraternité Maçonnique par le Pape l'année suivante.
L'inquisition n'hésitât pas à arrêter et torturer des Francs-maçons suite à la publication de cette bulle papale.
Par la suite, un certain Baron VON HUND affirma avoir été initié dans un Ordre Maçonnique du Temple à Paris en 1743, il ouvrit des Loges fondées sur une tradition qu'il nomma « STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE », plus connue en Allemagne sous le nom de « CONFRERIE DE JEAN BAPTISTE ». L'histoire précisait que lors de la condamnation du Temple, certains chevaliers s'étaient enfuis en Ecosse et avaient poursuivi l'idéal Templier tout en élisant régulièrement leurs Grands Maîtres. Le Baron VON HUND disait détenir une liste recensant tous les Grands Maîtres successeurs de JACQUES DE MOLAY dans la clandestinité, ce que les historiens n'ont jamais pu découvrir. Il se disait aussi détenteur de la patente Templière héritée des descendants de ces Grands Maîtres Templiers.
En fait la « STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE » était essentiellement un réseau alchimique de pure tradition templière. La Franc-maçonnerie Templariste se trouva alors établie des 2 côtés de l'Atlantique, ce qui influença certainement la pratique du RITE ECOSSAIS, dont le RITE ECOSSAIS RECTIFIE et le RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE sont particulièrement actifs en France. Certains ont même suggéré que les Templiers s'étaient cachés dans les hauts grades de la Maçonnerie, ce qui est difficile à vérifier quand on connaît l'hermétisme des Rites Ecossais.
Les Maçons Français, par contre véhiculaient une curieuse légende relative à « MAITRE JACQUES », personnage mythique et Saint Patron des guildes de tailleurs de pierres Français au Moyen Age. Il aurait été l'un des Maîtres Maçons qui ouvrèrent à la construction du Temple de Salomon. Après la mort d'HIRAM ABIFF, il quitta la Palestine avec 13 Compagnons et fit voile vers MARSEILLE. Les partisans de son pire ennemi, le Maître Maçon « FRERE SOUBISE », ayant décidé de le tuer, il se retira dans la caverne de la SAINTE BAUME, celle-là même qui aurait abrité MARIE MADELEINE. En vain, il fut trahi et assassiné. Aujourd'hui encore, bon nombre de Maçons vont en pèlerinage sur le site le 22 Juillet, jour de la Sainte Marie Madeleine, ainsi que certains Compagnons du Devoir, que l'on peut considérer comme des Maçons opératifs de l'ancienne tradition.
Un autre candidat au titre d'héritier de la connaissance ésotérique des Templiers est le mouvement de la « ROSE-CROIX ». L'hermétisme serait à l'origine de la renaissance et des Rose-Croix, alors que le gnosticisme donna naissance à l'hérésie Cathare. Tous 2 découlent des mêmes idées cosmologiques. Dans la hiérarchie des « mondes » et des « sphères », la matière occupe l'échelon le plus bas, le plus élevé revenant à Dieu. L'homme étant un être divin « emprisonné » dans une enveloppe matérielle, mais renfermant toujours une étincelle divine. Les hermétistes disaient souvent : « ne savez-vous pas que vous êtes des Dieux ? ». Les gnostiques expriment cette notion en termes religieux, ils prônent que « la réunion avec le Divin serait le salut ».
Le gnosticisme et l'hermétisme s'inspirent tous 2 des idées développées en Egypte, et plus particulièrement à Alexandrie aux 1er et 2ème siècles avant notre ère. Les Evangiles gnostiques découverts à NAG HAMMADI en 1947 comprennent des dialogues d'HERMES TRISMEGISTE. Il s'agirait d'une cinquantaine d'Evangiles rejetées par l'Eglise de PIERRE lors du Concile de NICEE devant ordonner le nouveau testament, et cachés en Egypte jusqu'à leur découverte.
La cosmologie de la PISTIS SOPHIA, l'Evangile gnostique qui attribue un rôle si important à MARIE MADELEINE, ne diffère guère de celle des mages de la renaissance. Les mêmes idées, la même culture, la même époque et le même lieu ont donné naissance à l'Alchimie, qui est née dans l'Egypte des premiers siècles de notre ère.
HERMES TRISMEGISTE aurait écrit : « quel miracle que l'Homme ! » cette exclamation sous-entend que l'Humanité renfermerait une étincelle divine. Contrairement aux Catholiques, les gnostiques et les hermétistes ne se considèrent pas comme des créatures inférieures et perdues, vouées au purgatoire, sinon à l'enfer. De la conscience de leur étincelle divine découlait le respect de soi et la confiance, l'ingrédient magique permettant à l'Homme de réaliser son potentiel, telle était la clé de la renaissance.
La naissance de l'hermétisme, quant à lui, était attribuée à HERMES TRISMEGISTE , auteur du légendaire « CORPUS HERMETICUM » et à sa table d'émeraude, sur laquelle étaient gravés des secrets profonds.
Les Rosicruciens par contre devaient leur nom à leur fondateur mythique « CHRISTIAN ROSENKREUZ », qui serait mort en 1484 à l'âge de 106 ans. Il aurait voyagé à travers l'Egypte et la Terre Sainte en quête d'une connaissance secrète qu'il aurait transmis à ses adeptes, ceux-là mêmes qui auraient joué un rôle important dans le développement de la Franc-Maçonnerie. Les 2 premiers Maçons Anglais connus : « ELIAS ASHMOLE » et l'alchimiste « ROBERT MORAY », auraient été liés au mouvement de la Rose-Croix. Ainsi donc, dans certaines formes de Maçonnerie, on vit apparaître les grades de « Chevalier du Temple » et de « Rose-croix ».
Les branches de la Franc-maçonnerie « occulte » remontant à la « Stricte Observance Templière » du Baron VON HUND, se développèrent surtout en France, et la clé en est fournie par le « RITE ECOSSAIS RECTIFIE », spécifiquement consacré aux études occultes dont certains insistent sur ses origines templières. Cette forme de Maçonnerie entretiendrait les liens les plus étroits avec les sociétés Rosicruciennes. Sa création remonte à 1778 lors d'un convent de Maçons Templaristes à Lyon.
En 1782, toutes les obédiences européennes se réunirent à Wilhelmsbad, dans la Hesse, sous la présidence du DUC DE BRUNSWICK, afin de régler la question de la relation maçonnique avec l'Ordre du Temple. Ce fut la fin de la Stricte Observance Templière du Baron VON HUND, mais les Templaristes firent reconnaître le RITE ECOSSAIS RECTIFIE, succédant ainsi au dernier rite templier.
Tous les Maçons se réfèrent au mystérieux « fils de la veuve ». Dans les rites égyptiens cette veuve n'est autre qu'ISIS. JACQUES-ETIENNE MARCONIS DE NEGRE fonda en 1838 le rite de MEMPHIS qui se prétendait descendre de la tradition templariste du Baron VON HUND.
Par contre, un peu avant, en 1804 BERNARD RAYMOND FABRE-PALAPRAT fonda « l 'ORDRE MILITAIRE DU TEMPLE DE JERUSALEM » et celui-ci prétendait détenir son autorité de la « Chartre de transmission de JOHANNES MARCUS LARMENIUS, nommé Grand Maître Templier par JACQUES DE MOLAY en 1324 ».FABRE-PALAPRAT a utilisé le « LEVITIKON » pour fonder son Eglise JOHANNITE néo-Templière, qui est une version de l'Evangile de JEAN aux accents nettement gnostiques remontant au 11° siècle.
Le « LEVITIKON » comprend 2 parties : la 1ère reprend les doctrines religieuses communicables aux initiés, que l'on retrouve dans le rituel des 9 grades de l'Ordre du Temple, et la 2ème est identique à l'Evangile de JEAN sans les 2 derniers chapitres.
Le « LEVITIKON » évoque une tradition du Moyen Orient utilisée par la secte JOHANNITE. JESUS y est présenté comme un initié aux mystères d'OSIRIS, il serait un simple mortel et non le fils de Dieu, mais le fils illégitime de MARIE. D'après cette secte le dogme de l'Immaculée Conception aurait été l'invention des Evangélistes pour occulter l'illégitimité de JESUS et le fait que sa mère ignorait l'identité de son père. Tous les chefs Johannites adoptèrent le titre de CHRIST, selon le terme grec original « CHRISTOS », qui pouvait désigner tout initié gnostique.
Rappelons que la légende d'OSIRIS, à laquelle fait allusion le LEVITIKON est une pure tradition égyptienne. OSIRIS était l'époux de sa soeur ISIS, la belle déesse de l'amour, de la guérison et de la magie. Leur frère SETH, qui désirait ISIS, complota pour assassiner OSIRIS. Ses complices surprirent ainsi OSIRIS, le démembrèrent et dispersèrent les morceaux de son corps. Désespérée, ISIS sillonna le monde pour les retrouver avec l'aide de NEPTHIS, elle aussi déesse et épouse de SETH. Toutes les 2 retrouvèrent les membres d'OSIRIS, à l'exception du phallus. Après les avoir rassemblé, ISIS utilisa un phallus artificiel pour concevoir HORUS, puis elle aurait eu ensuite une relation avec SETH, semblant ainsi obéir à un désir de vengeance.
HORUS, alors adolescent, prit ombrage de cette liaison, y voyant une trahison à la mémoire de son père OSIRIS. Il s'opposa alors en duel à SETH qu'il tua, mais y perdit un oil dans le combat. Il fut guéri et l'oil d'HORUS devint l'un des talismans magiques les plus appréciés en Egypte.
D'après FABRE-PALAPRAT, JESUS, initié au culte d'OSIRIS aurait transmis sa connaissance à JEAN « le bien-aimé » et ces enseignements secrets auraient influencé les Chevaliers du Temple.
HUGUES DE PAYNS et les Chevaliers fondateurs du Temple auraient donc été des initiés Johannites. Les Templiers se laissèrent ensuite corrompre par l'amour du pouvoir et de la richesse. Le Roi de France et le Pape ne pouvant tolérer que la vraie nature des Templiers soit connue, inventèrent-ils les accusations « d'idolâtrie, d'hérésie et d'immoralité ». Cependant, avant son exécution, JACQUES DE MOLAY aurait organisé et institué la Maçonnerie occulte selon ELIPHAS LEVI. Ce que contestent les partisans du « RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE », en prétendant que les Rosicruciens n'auraient pas adopté des doctrines templières, mais qu'ils se seraient fondus aux groupes templiers survivants en prenant JEAN L'EVANGELISTE comme Patron.
A l'origine, lorsque GODEFROY DE BOUILLON aurait rencontré des représentants d'une mystérieuse « EGLISE DE JEAN » appelés « les Frères d'ORMUZ », il aurait constitué un gouvernement secret auquel l'Ordre du Temple se conforma. Les Templiers auraient donc été créés pour épouser les idéaux de cette mystérieuse EGLISE DE JEAN.
Les Chevaliers du Temple et les Maçons ont adopté 2 traditions, celle de JEAN BAPTISTE et celle de JEAN L'EVANGELISTE. Les 2 « JEAN » comptent ainsi beaucoup pour la fraternité. Cette double vénération s'est établie au fil des ans, alors que cette allégeance à 2 Saints Chrétiens a complètement occulté le nom de JESUS. D'après la Maçonnerie Ecossaise, les initiés se sont transmis les secrets des premiers Templiers, et l'Evangile de JEAN, sur laquelle est prêté serment, renfermerait des secrets occultes.
Une légende plus récente nous renvoie à RENNES LE CHATEAU où l'ABBE SAUNIERE aurait fait une découverte liée aux secrets occultes des Templiers et des Cathares, ce que revendique un mystérieux Ordre : « LE PRIEURE DE SION », à l'origine semble-t-il de la création de l'Ordre du Temple et dont ses illustres Grands Maîtres auraient été ISAAC NEWTON, LEONARD DE VINCI ou encore ANDRE MALRAUX.
Cet Abbé aurait pratiqué le RITE ECOSSAIS RECTIFIE suivant une branche de la Maçonnerie occulte descendant des Templiers. Le Temple qu'il aurait d'ailleurs construit rassemble tous les symboles du Temple de Salomon ainsi que des rites écossais.
Le mystère du RITE ECOSSAIS RECTIFIE, hérité de la lignée des Templiers, renferme-t-il un enseignement secret lié à l'Evangile de JEAN, dont l'un est exotérique et l'autre ésotérique, réservé uniquement au cercle des initiés ?
La résurrection n'est semble-t-il pas un miracle, mais une épreuve initiatique au cours de laquelle le profane vit une mort et une renaissance symbolique avant de recevoir les enseignements secrets, composés avant tout de traditions orales et d'éveil à la spiritualité.
Les écoles de mystères remontent aux Grecs, aux Romains, aux Babyloniens et aux Egyptiens. En fait le Temple et les Maçons en ont repris le principe, en proposant un enseignement gradué pour ceux qui gravissent les échelons abrupts de l'initiation. La sagesse n'y étant accessible que d'après le mérite, un disciple ne reçoit l'illumination que si ses maîtres spirituels le jugent prêt.
JEAN LE BAPTISTE, prônait un acte initiatique unique, transcendant, avec lequel l'individu devait se confesser et se repentir. Le baptême, en tant que symbole extérieur et visible d'un renouveau spirituel intérieur, fait appel à la régénérescence du corps et de l'esprit. Ainsi, les 2 Saints JEAN font parti d'un cycle de mort et de renaissance.
Dans le prologue de l'Evangile de JEAN il est dit : « au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu ». Le concept de Verbe « LOGOS » semble féminin et le fait d'aller vers Dieu suggère la démarche d'un Homme cherchant l'unité avec la Femme. Ce principe peut être Alchimique si l'Homme conscient de son état, cherche son salut en retrouvant l'unité philosophique et primordiale. Ce que les Templiers pratiquaient d'une façon initiatique pour atteindre la connaissance, en passant par tous les stades intermédiaires.
Le Temple de Salomon fut bâti sur le modèle des temples phéniciens, lesquels se calquaient sur ceux de l'ancienne Egypte. Pour certains, les gravures sur l'Arche d'Alliance représenteraient YAHVE et une divinité féminine. « La Sagesse », en grec « SOPHIA » et en hébreu « CHOKMAH », est représentée par une femme, dont il est dit qu'elle coexista avec YAHVE avant le commencement. Cette allégorie de la Sagesse Divine influence l'Homme en quête de sa propre sagesse, telle qu'elle était au commencement.
Si le RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE vit le jour en 1804 à Charleston aux USA, MARTINES DE PASQUALLY fonda en 1761 l'ORDRE DES ELUS COHENS, d'origine Espagnole, il aurait été lié à l'ORDRE DES DOMINICAINS dont il aurait eu accès à ses archives. Il possédait une patente accordée à son père CHARLES EDWARD STUART, le rattachant à la Maçonnerie Ecossaise que soutenait le Baron VON HUND.
Son secrétaire, LOUIS CLAUDE DE SAINT-MARTIN, philosophe et occultiste, fonda un nouveau rite : « le RITE ECOSSAIS REFORME » affilié à la STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE, lors du Convent de Lyon en 1778, convoqué par JEAN BAPTISTE WILLERMOZ, Membre des ELUS COHENS. Ces Rites Ecossais s'unirent pour devenir le RITE ECOSSAIS RECTIFIE, dont les 3 premiers grades furent mis en place jusqu'en 1782 et jusqu'en 1805 pour la finition des derniers.
JOSEPH DE MAISTRE, un proche de WILLERMOZ, était un Chevalier de l'ORDRE DE SAINT-LAZARE de la branche Italienne. Ainsi le Chevalier RAMSAY était lui aussi un Chevalier de SAINT-LAZARE dont les rituels remonteraient à 1649. Il fut le précurseur de l'Ecossisme en France dans la première moitié du 18ème siècle. Il serait aussi à l'origine de la création d'un rite maçonnique chevaleresque vers 1728, qui aurait pris le nom de RITE DE BOUILLON, ce qui nous ramène au symbolisme du Saint-Sépulcre et de Saint-Lazare, ainsi qu'aux bases de la Chevalerie hiérosolomitaine des années 1097 à 1100.
Sur le plan ethnologique et sociologique, les racines des Chevaleries occidentales sont issues de la distribution des castes dans la mouvance indo-européenne aux alentours de 1500 ans avant J.C.
Au 8ème siècle, dans les rites Germains, des traces de rituels faisaient des jeunes mâles de la tribu des « Chevaliers », lorsqu'ils avaient prouvé leurs qualités de cavaliers et de combattants. Au 12ème siècle, plusieurs Ordres s'attribuent le concept de la « Chevalerie » : l'ORDRE SOUVERAIN DE MALTE, l'ORDRE DU SAINT-SEPULCRE ou l'ORDRE DE SAINT-LAZARE. Mais ce sont surtout les Templiers, dont leur filiation serait antérieure à leur création officielle, qui développèrent la Chevalerie religieuse.
La Chevalerie médiévale ne pouvait être que catholique, apostolique et romaine, et réservée qu'à des initiés. Mais d'autres Chevaleries se sont développées, comme celle du ROI ARTHUR au cours du 6ème siècle.
Au moyen âge, SAINT-BERNARD fut le promoteur des Chevaleries médiévales dont les adeptes auraient été surnommés « FILS DE LA VALLEE ». La milice du Temple adopta d'abord la règle de SAINT-AUGUSTIN lors de sa création en 1118. Puis en 1128, lors du Concile de Troyes, SAINT-BERNARD leur donna une règle définitive issue de la règle Cistercienne, et il bâtissait toujours ses monastères dans les vallées, contrairement à la règle de SAINT-BENOIT qui construisait en haut des collines. L'Ordre des moines soldats se développa jusqu'au 16ème siècle avec la mise en place de la Compagnie de Jésus de SAINT-IGNACE DE LOYOLA : « les JESUITES ».
Si les Chevaliers du Christ, appelés aussi Fils de la Vallée, à cause du mélange de la foi en l'idéal monastique et du code de la Chevalerie sur fond de structure féodale, n'avaient qu'un seul but : « que le Saint-Sépulcre soit Chrétien », ils devaient tout abandonner pour l'Ordre. Les bases de la Chevalerie occidentale sont avant tout axées sur la valeur et le dévouement, et un « Chevalier » était sélectionné surtout pour ce qu'il était. Ce concept se retrouve d'ailleurs dans le RITE ECOSSAIS RECTIFIE.
Les qualités de la plus belle Chevalerie sont : le courage et la vaillance, mais aussi la foi profonde, le respect des valeurs ainsi que l'élévation spirituelle nécessaire à la relativisation des choses matérielles, comme le pouvoir, l'argent et les honneurs. L'exemple archétypal étant GODEFROY DE BOUILLON.
Néanmoins, on peut considérer que le RITE ECOSSAIS RECTIFIE est Chrétien, dans le sens le plus large et le plus élevé. Le Rite est Chevaleresque comme dans l'archétype de GODEFROY DE BOUILLON : aptitude à l'engagement, respect de l'Etat, respect de la hiérarchie, etc. Il est aussi Hospitalier, au travers de la notion de bienfaisance, car le Maçon doit s'impliquer, dans la mesure de ses moyens, pour soulager les malheurs des autres. Il est aussi marqué par l'illuminisme du 18ème siècle suivant l'héritage de MARTINEZ DE PASQUALLY. Le RER n'est pas tenu pour une vérité et sa profondeur appelle aussi l'humilité.

CONCLUSION :
L'Ordre du Temple était un Ordre militaire et féodal, il ne fut jamais un Ordre Hospitalier basé sur la bienfaisance et la charité Chrétienne dans son sens large et indéfini. Selon DANIEL LIGOU, auteur du « dictionnaire de la Franc-Maçonnerie », le Templarisme Maçonnique est donc une pure légende, et il convient de la considérer comme telle.
L'Ordre de SAINT-LAZARE fait référence à LAZARE : Seigneur de Béthanie, frère de MARTHE et de MADELEINE, qui employait ses biens à soulager les pauvres. Il exerçait l'hospitalité envers les Chrétiens et il trouva une terre de refuge en Provence, après la mort du Christ , en compagnie de ses deux sœurs et d'autres personnages légendaires. Cet Ordre était donc Hospitalier et la bienfaisance était l'axe fondamental de ses actions dans le monde.
Cet Ordre se rapproche du RER actuel, mais le symbolisme employé aux 3 premiers grades fait aussi référence aux symboles des Compagnons du Devoir ainsi qu'aux Guildes des constructeurs de Cathédrales.
On peut aussi considérer que le Maçons Ecossais devient un Chevalier dans l'Ordre intérieur, après avoir construit son propre Temple de Salomon, symbole de base de bon nombre de mouvements Chrétiens.
A la mort de WILLERMOZ, en 1824, le RER qui était surtout pratiqué au sein du GODF, fut mis en sommeil, mais néanmoins récupéré par le PRIEURE D'HELVETIE en Suisse. Lors de sa réactivation en France, en 1913 par CAMILLE SAVOIRE, EDOUARD DE RIBAUCOURT et BALTARD, le Rite avait reçu une impulsion nettement Templière qu'il n'avait pas auparavant.
Le GRAND PRIEURE INDEPENDANT DES GAULES, fondé en 1935 , fut donc à l'origine de la réinsertion du RER en France. Il s'incorpora ensuite à la GLNF, qui se scinda en deux en 1958, donnant naissance à la GLTS OPERA et à son Prieuré : « LE PRIEURE DE FRANCE ».
Aujourd'hui, le RER est surtout pratiqué au GO, à la GLNF et à la GLTSO, mais il a le choix de ses options, compte tenu des différents Prieurés dont il dépend. La Maçonnerie Ecossaise a donc une spécificité nettement Hospitalière et Chevaleresque, influencée par différents courants liés à son histoire mouvementée, dont à l'origine se trouve l'ORDRE DU TEMPLE et la STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE, sans oublier les symboles des constructeurs de Cathédrales.
Ce passé riche est certainement à la base d'une tradition solide dont le rituel est l'aboutissement sacramentel. Peut-être devrait-il s'ouvrir à la modernité et s'impliquer davantage dans des tâches plus charitables et bienfaisantes. La devise des CBCS n'est-elle pas : « MELIORA PRAESUMO » ?
V\M\ et vous mes FF\, J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Caïn, mon frère !

26 Juin 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

De qui suis-je le frère ?
Vénérable maître, mes frères, vous qui constituez cette respectable loge, suffit-il d'avoir été initié, d'être Franc-maçon, d'en être heureux, pour reconnaître comme frère, (comme sœur), d'autres personnes ?
La réponse est oui, fût-ce au péril de ma vie, selon les anciennes obligations.
Il n'empêche que je ne me sens pas du tout le frère de certains maçons que les prisons accueillent, de quelques-uns qui règlent leurs problèmes de personne par justice, maçonnique parfois.
Je connais quelques frères qui ont fait confiance à d'autres et le regrettent amèrement. Ceux qui font référence à la bible se souviennent de la première relation fraternelle établie par Caïn après la naissance d'Abel (Genèse chapitre 4) !
L'homme, Adam, est façonné avec la poussière de l'adamah, la terre.
Adam est le "veilleur" de la terre. Il engendre avec Eve Caïn, puis Abel.
Caïn interroge YHWH : "Suis-je le veilleur de mon frère ?"
Dans la descendance de Caïn, nous trouvons Toubal-Caïn qui aiguisait tout soc de bronze et de fer. Caïn assure par sa descendance l'histoire des hommes qui partent à la conquête de l'univers ; il est le père, criminel, des bâtisseurs, des nomades, des musiciens, des forgerons.
En quoi un F\M\, un homme, peut-il se reconnaître dans ce récit qui met en scène le premier des aînés et le premier des cadets ?
Abel est le premier frère du volume de la loi sacrée !
Caïn est le premier cultivateur, Abel est le premier éleveur.
Tous les deux attendent d'être reconnus, dans ce qu'ils sont, par YHWH.
Le problème de la famille est posé.
Deux enfants ont des occupations, des intérêts différents, le sentiment de leurs différences les pousse à se tourner vers l'autorité dont ils attendent une reconnaissance, une justification.
J'écarte les explications sociologiques, historiques ou religieuses.
Je retrouve 2 hommes face à une autorité élue, je revis leurs rivalités, leur jalousie. Je constate le drame.
Si notre vision de ce drame est réductrice, Adam et Eve sont les parents du bon et du méchant, du juste et de l'injuste.
YHWH interdit la vengeance sur Caïn, il renouvelle l'interdit de la vengeance sur Lamek, son fils.
Pour recevoir une identité, Caïn et Abel tentent d'établir la communication avec Dieu par l'offrande sacrificielle du produit de leur travail.
Ils proposent le premier sacrifice de la bible.
Les problèmes techniques d'un sacrifice sont posés.
Je n'aborde pas cet aspect du problème.
Le premier sacrifice est un échec sanglant.
Le sacrifice assure la médiation entre l'humanité et Dieu dans le volume de la loi sacrée.
Il procède de la distance entre Dieu et l'homme, il n'est pas lié au péché ni à une forme de culpabilité.
L'homme manifeste, par le sacrifice, le besoin fondamental de se relier à la source de la vie. Caïn et Abel veulent rendre hommage à Dieu, ils manifestent leur soumission à l'autorité divine.
Chacun prépare son sacrifice à sa façon. Caïn apporte les fruits de la terre, Abel des morceaux d'animaux.
"En bon père" Dieu réagit aux offrandes, son regard se pose sur Abel, il ignore Caïn !
Dieu tranche, trie, sépare.
Il choisit.
J'essaie de comprendre.
Première difficulté, le produit de la terre est-il soumis à l'homme et à ses enfants, les animaux sont-ils soumis à Dieu ?
Les formes du travail sont-elles différenciées ? Des travaux seraient-ils plus noble que d'autres ? Le travail est-il admissible à la gloire ou, devons-nous glorifier certaines formes de travaux ?
Autre difficulté, Caïn ne se révolte pas contre Dieu ; Caïn est en colère.
Il ne tourne pas sa colère contre Dieu, il n'est pas en colère contre lui.
Le sentiment de la colère doit s'exprimer.
Abel ne sera plus perçu comme un frère mais comme le rival.
Cette rivalité ouvre la porte aux forces de la mort.
Comment vivre un choix ?
Caïn choisira, comme ses parents avaient, avant lui, en Eden, choisi.
Adam fut confronté au désir d'être comme Dieu, il devait apprendre à maîtriser l'usage de la liberté.
Caïn reçoit cet héritage, il devra, en plus, dominer tous les problèmes des inégalités, maîtriser le désir d'être comme l'autre, ce qui engendre la jalousie.
Accepter la vie, c'est accepter une place, travailler à l'amélioration de son sort, donner à l'autre une chance d'améliorer son sort.
Opter pour la mort, c'est vouloir prendre la place de l'autre.
La solution du partage n'est pas abordée dans l'instant par Caïn.
L'échec du sacrifice est-il préparé par l'interdit de l'arbre de vie ?
Attention, nous voulons éviter le piège de la fatalité, qui n'est pas une catégorie biblique ; l'interdit du meurtre n'a pas encore été prononcé ; Dieu n'a pas encore été mis en accusation.
Le choix de Caïn le conduit à singer sa victime, le cultivateur devient un nomade, un errant.
L'homme destiné à véhiculer la vie devient un pourvoyeur de la mort.
Le sacrifice provoque l'explosion de la violence.
Lorsque l'homme détruit son frère, lorsque l'homme ruine la société par laquelle il vit, il ne sait plus entrer en contact avec cette part de lui-même que j'appelle Dieu.
YHWH ne bénit plus l'homme, c'est l'homme qui devra bénir Dieu ; l'homme se livre aux forces de la mort.
Caïn, et l'humanité qui se réfère à lui, cherchera ce qu'elle a perdu, le contact direct avec la parole divine. La parole substituée régnera aussi longtemps que l'homme ne sera pas en contact de proximité avec l'homme, son frère, de l'homme avec lui-même ; je ne saurais être en contact avec l'autre tant que je n'aurai pas commencé à entrer en contact avec moi.
En voyant dans notre frère un souffle insignifiant, nous le supprimons, et nous retirons le souffle qui permet la parole.
Dans les animaux malades de la peste, La Fontaine mettait dans la bouche du Renard qui s'était fait l'avocat du roi l'expression, sotte espèce, pour qualifier les moutons qui étaient dévorés par le lion.
Les bandes dessinées des années 50 montraient le bon blanc qui règne sur la tribu nègre incapable de se gouverner.
Je mets, un peu mais pas trop, à l'écart les problèmes de la relation avec la femme.
En salle humide, celui-ci parle des maîtresses, celles avec lesquelles on couche.
En loge, cet autre parle de la femme qui pourrait être qualifiée de légère, d'autant plus qu'elle était princesse de Galles, de la femme qui pourrait être une sainte…
La mère et la prostituée relient au ventre ; nos tabliers cachent, parfois, les problèmes de base. Nos choix révèlent des choix de vie. Quel est mon droit de qualifier des femmes dont la vie, manipulée par les médias, ne m'est pas connue.
Est-il infamant d'aimer et d'être aimé(e) ? Est-il noble de justifier par une action caritative des gouvernements qui détruisent l'humanité ?
Une femme divorcée aurait-elle moins de droits qu'un homme divorcé ?
John Kennedy serait-il l'homme de toutes les turpitudes parce qu'il couchait, selon les médias, avec Marilyn Monroe ? François Mitterrand, l'homme aux vies multiples, aux enfants cachés révélés, selon les médias, est-il un homme léger ?
Femme et sœur, les deux termes sont incompatibles pour de trop nombreux frères.
Les femmes en loge constituent un autre problème, je ne l'aborde pas dans une loge masculine.
Eve, la première mère, nous pose un problème, son fils premier né lui permettrait de dire qu'elle a donné la vie !
Elle déifie la maternité ; voilà encore une difficulté.
Caïn, en bon fils, est le produit de sa mère ; Abel, son frère, est le miroir dans lequel il voit son reflet. Caïn lit dans ce miroir la réussite de l'autre, il découvre son échec. Il est incapable d'accepter ce qu'il est, d'offrir ce qu'il est.
Il est incapable de trouver dans l'autre ce supplément qui permet d'être mieux à soi, d'être à l'autre comme à soi.
Caïn est reconnu par sa mère, cela ne suffit pas.
Tant que l'homme ne se reconnaît pas, le peut-il, il se tourne vers une reconnaissance d'autrui.
Dieu ne punit pas Caïn, Dieu ne parle pas de faute ou de péché ; Dieu sait que l'homme ne sait pas veiller sur lui, il fera le travail, il deviendra son veilleur. Il lui avait offert le jardin d'Eden, il l'avait protégé ensuite par des tuniques de peau, après le meurtre d'Abel, il sera le veilleur de l'homme, de tout homme.
Caïn n'est pas un méchant ; les hommes qualifient les hommes.
Dieu ne distribue pas la récompense au juste, pas plus qu'il ne punit le méchant. Il attend une demande de l'homme.
Caïn fait connaissance avec Dieu sur le mode négatif, il détruit la vie de son frère. Il devra travailler au face à face avec lui, avec l'autre.
Le péché dans la bible, c'est la rupture de la relation, c'est la destruction de celui que je refuse d'écouter.
Le péché dans la vie, c'est de prendre à l'autre ce qui appartient à tous pour m'assurer ce qui m'est inutile ; c'est de faire croire à l'autre, que mon système législatif le protège alors qu'il me protège dans mes exactions vis à vis de lui.
Pour pouvoir tuer l'autre, abuser autrui, ne faut-il pas que j'ai, déjà, tué en moi la vie ?
Dieu ne condamne pas les fils pour les pères, ni les pères pour les fils ; chacun supporte le châtiment de ses crimes.

Chez tous les hommes, l'instinct du mal est puissant ; l'homme est un être qui doit choisir la liberté, qui doit permettre l'égalité, qui doit développer la fraternité.
Caïn a pris pour lui toute la terre, il veille la terre ; il ne veut rien partager, rien donner.
L'initié travaille à l'ouverture du cœur, il se différencie de l'animal. Il devient incapable de tuer pour le plaisir, pour satisfaire sa jalousie, sa vengeance.
Qu'est ce qu'un frère ?
La relation fraternelle est difficile, elle mérite donc d'être chaperonnée. Je n'ai pas la prétention de vous apporter la bonne réponse, je cherche quelques éléments que je partage avec vous.
Le droit d'aînesse reposait sur la nécessité de préserver le domaine familial ; il s'est exercé au mépris de la veuve et de la fratrie.
Le patriarche attribue ses biens au fils choisi.
Nous admirons Salomon, l'histoire l'implique dans des conflits sanglants contre ses frères.
Les histoires de frères qui se détruisent pour une femme, par rivalité, sont nombreuses.
La fraternité biologique est une notion construite. De même que nous parlons de père biologique ou nourricier, nous pouvons parler de fratrie biologique et de fratrie privilégiée.
Dans le courant du volume de la loi sacrée, la notion de frère est une notion plus large que de nos jours.
Dans la parenté, certains sont appelés frères ; des personnes de même rang social, de même fonction utilisent le mot frère.
L'Egyptien qualifie ainsi toute personne qu'il aime.
Le sage, le juge, le prophète en appelle à la fraternité pour apaiser les querelles des tribus. Les frères sont coalisés, ils font des pactes de non-agression.
Le thème de la fraternité sert souvent à démontrer le rôle de la violence, la nécessité de poser son identité, de comprendre l'identité de l'autre.
La séparation est un thème normal, elle permet la survie des frères séparés.
La distance permet de résoudre des difficultés de vie.
Jacob résume l'un de ces thèmes ; du fait de sa gémellité avec Esaü, il doit trouver son identité, il engage une démarche initiatique qui lui permettra de recevoir une identité qui le différencie de son jumeau.
Les thèmes sont aujourd'hui classiques ; la veillée solitaire, la nuit, la rencontre, l'initiation, le changement de nom.
Abel est cet autre qui n'a pas été acquis. Il naît sans reconnaissance, sans droit, aucune parole ne l'accueille, aucune parole ne se réjouit de sa présence. Il est celui qui vient après moi, il est l'autre ; je ne lui accorde pas sa place, je refuse de partager mon droit à l'être.
Le Vénérable peut bien partager la flamme de sa bougie avec les surveillants, sans que cette flamme ne meure ni décroisse, si je partage mon droit à l'être, l'autre pourra aussi le partager.
Si je suis Caïn, je refuse de partager le droit à la vie ; je refuse de partager l'espace, le temps, la nourriture, la reconnaissance de l'autorité.
Je détruis l'autre qui ose mettre mon existence en question.
Je suis la jalousie.
J'accuse Dieu de n'avoir pas fait son travail.
Chaque jour, les méfaits de l'humanité s'accumulent, chaque jour, l'homme interpelle Dieu, il l'accuse de non-assistance.
Caïn est un bon modèle, il transforme son histoire personnelle en tragédie, il porte accusation contre Dieu.
YHWH ne s'adapte pas à l'attente de l'homme et surtout pas aux idées anthropomorphiques que nous plaquons sur le Tout-puissant.
Dieu ne sauve pas Abel.
Caïn est maudit, la terre cessera d'être féconde pour lui, il sera errant et fugitif.
La malédiction lui permet de reconnaître la gravité de son acte.
La souche de Caïn est censée avoir disparu au déluge.
L'humanité ne descend pas de Caïn ; Abel est assassiné avant d'avoir assuré sa descendance.
L'humanité a son origine dans Seth, le troisième frère ; elle reçoit pour mission de réparer la mort d'Abel !
Notre humanité reçoit comme office la réparation des méfaits des autres !
Toute l'humanité prend place sous le signe de la violence, du meurtre de l'innocent. Nous devons répondre à la question posée par YHWH "où est Abel ?"
Nous devons refuser le choix d'être soit bourreau soit victime.
Caïn affirme que l'autre est de trop dans le monde, il vomit la haine, il digère la jalousie qu'il transforme en violence.
La réponse d'Abel détruit l'humanité.
Nous ne pouvons laisser la place libre aux violents, à la violence ; nous devons défendre la vie menacée avant qu'il ne soit trop tard.
La justice nous donne la vie, puisqu'elle permet à l'autre de vivre dans sa différence.
La tolérance unilatérale accorde des garanties aux malfaisants.
La descendance de Seth reçoit pour mission l'espérance.
Nous devons espérer que nous saurons recevoir la vie en partage. Celui qui n'exerce pas la justice vis à vis de son frère rejette la vie en partage, il hérite de la violence, de la mort. Une vie dédiée à soi se détruit, de même qu'une vie dédiée uniquement à autrui.
La solution est apportée par le nouveau testament, amour de soi, amour d'autrui, amour de Dieu.
Le sage kabbaliste affirme que l'homme ne doit pas oublier la terre et les hommes.
Il condamne celui qui se tourne vers Dieu, méprisant la création et la créature.
Caïn est le fils d'Adam ; l'homme qui s'est rendu complice de la faute originelle, qui a su accuser Eve de l'avoir induit en tentation.
Ils sont beaux les hommes d'Eve, ils écrasent tout sentiment pour se protéger ; ils acceptent la responsabilité partielle de leurs actes, ils refusent de se reconnaître coupables.
Adam s'abrite derrière la faute de sa femme, il n'assume rien, il ne demande pas le pardon ; la coupable, c'est l'autre, Eve, la tentatrice.
Caïn rejette son crime, il rend le destin responsable et coupable.
Il interpelle Dieu : "pourquoi m'as-tu laissé faire ?"
Notre orientation sera délibérée, j'ai le choix entre la famille biologique et la famille élue.
De l'une, et de l'autre, il est possible d'obtenir la paix.
Dans l'une et l'autre, par la proximité, il est possible de se préparer aux violences.
L'homme peut vivre comme Moïse et Aaron, ces deux frères permettent à Israël de gagner la terre promise.
Pour approcher d'une conclusion, je vais centrer la notion de frère.
J'ai, par la biologie, deux frères. Des gênes nous seraient communs, un sang, des caractères familiaux ! Quoi d'autre ?
Par quelques liens initiatiques, je suis en contact avec des sœurs et des frères.
Je vais préciser la notion de frère en maçonnerie comme je la conçois.
Est frère, tout membre de la G L et des obédiences par elle reconnues. On reste frère, tant que la cotisation est payée, tant qu'il est agréable d'être reçu chez vous, tant que vous pouvez aider les solliciteurs.
Cette fraternelle me concerne peu ; j'observe, j'utilise.
Est mon frère celui dont la présence est un plaisir.
Pense-t-il comme moi, vit-il comme moi ? Le problème n'est pas là, sa présence fait la fraternité ; sa présence m'apporte une chose qui me permet d'espérer.
Est mon frère cet allemand qui fut soldat, il y a plus de 50 ans, qui combat aujourd'hui pour une proximité entre les hommes, qui espère. Il rêve d'hommes qui se connaissent, qui ne veulent pas se battre parce qu'un ordre est donné.
Est mon frère, cet écossais qui affirme que le bon Dieu ne paie pas le chauffage ou l'électricité, que toute chose a un prix, que la dignité d'un homme ne s'achète pas.
Est mon frère, cet autre, ce miroir de moi-même.
Est mon frère, cet autre que je ne comprends pas, dont le comportement me fatigue parfois ; ainsi, il me rappelle que je n'approche pas de la perfection, que je suis homme, et faible.
Dans la vie quotidienne, est mon frère, celui qui se bat pour transformer le surinvestissement qu'il a mis dans ses enfants en investissement concret.
Lequel d'entre nous n'a pas espéré que ces enfants le rendent fiers !
Est mon frère, celui dont le regard prouve que ma présence lui suffit.
Est mon frère, le malheureux pour lequel une parole, ma parole, est nécessaire le temps qu'il retrouve ses capacités.
C'est de la fraternité au coup de cœur.
Je refuse une fraternité large, sans conditions.
Je me sens incapable de donner du frère de façon définitive, demain sera encore un jour.
Nous sommes tous frères, certes.
Caïn est mon frère ; la fraternité se mérite.
J'ai dit, vénérable maître.
En Grèce :
La notion de frère est peu utilisée ; les fratries sont constituées par des groupes religieux ou politiques.
Les fils d'Œdipe sont mis en scène par la malédiction que leur père prononce.
"Mes fils se partageront mon héritage le fer à la main"
La malédiction avait en Grèce un caractère sacré, elle devait donc être suivie d'effet ; en bon fils, peu intelligents, Etéocle et Polynice s'y conforment dans la violence.
Le fratricide, en Grèce, se caractérise dans la lutte entre des concitoyens qui détruisent le bien commun.
La tendresse fraternelle est abordée avec les Dioscures, Castor et Pollux.
Les frères et sœurs de Jésus :
Trois réponses sont possibles.
Marie et Joseph ont procréé, leur union charnelle a produit une descendance.
Les sœurs et les frères de Jésus sont les aînés issus de Joseph et d'un mariage antérieur ; ces enfants pouvaient être plus âgés que Marie.
Les frères et sœurs de Jésus sont des parents.
La solution choisie correspond à des croyances, à des orientations théologiques.
Concrètement une réponse sera-t-elle pragmatique ?

Source : www.ledifice.com

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Immanence ou Transcendance

25 Juin 2014 , Rédigé par D\ H\ Publié dans #Planches

Travailler sous l’invocation d’un principe, revient à poser la question de l’Immanence ou de la transcendance.
Le principe étant posé, reste à savoir où se tient son lieu de résidence et ce qu’il y fait.
Esprit y es-tu ? Esprit que fais-tu ?

I- De l'immanence
L’étymologie suggère que le mot « immanence » signifie « séjourner, demeurer ». La signification du mot semble correspondre à un principe, qui continueraient à habiter sa propre maison et dont une flamme vivante peut symboliser la permanence de la présence.
Quelle maison ? Si le principe réside dans la nature comme le pensait Spinoza, ce principe qu’il nomme « conatus » sera tout à la fois : l’éternité des lois physiques, la flamme de la vie biologique, le souffle qui entretient la vie de la pensée, ou bien encore et surtout, le désir de vivre (et même de perdurer pour l’éternité). Tout comme « la lumière luit dans les ténèbres » ; dans l’immanence le principe est en nous (comme en toute chose) et il y continue son œuvre de perpétuation et d’actualisation. Il en émerge toutes les évolutions, astronomique, géologique, biologique, ainsi qu’une suite d’ordres culturels humains. Tout cela en une succession historique incessante pouvant laisser croire que le principe a une intention qui induirait un sens global à l’univers. Dans ce mouvement de « complexification », d’autorégulation, d’auto-organisation, dans ce qui peut aussi apparaître comme une improvisation multidirectionnelle, rien n’indique qu’il y ait une volonté. En l’absence d’un plan connu, se pose alors la question de l’absurde, car celui qui vit dans un système ne peut en connaître le sens et doit se résoudre à donner soi-même un sens à ce qui n’en a peut-être pas.
Ainsi le veut l’immanence : « la force est en nous ». Le principe est présent dans notre temps et dans notre espace dont-il sera l’organisateur (et non le créateur). Dans l’immanence il n’y a ni début ni fin
[1]  mais seulement un « éternel présent », une éternelle présence du principe. Il en résulte une absence d’origine et de fin : le principe est infini. Dans ce présent éternel[2]  tout est donné. Et puisque le « tout est dans le tout[3]  ». il ne peut en résulter qu’un monisme[4]  (et cela même, si le langage avec sa frontière symbolique[5], nous fait différencier la matière et l’esprit, afin de placer des bornes là où il n’y en peut-être pas). L’immanence est un infini ; il n’y a pas séparation du corps et de l’esprit, il n’y a pas disjonction du temps et de l’espace, il n’y a que la vie qui perpétue en elle son principe.

II- De la transcendance
L’étymologie suggère que le mot « transcendance » proviendrait d’une racine indo-européenne « skand » qui signifierait « monter » et dont dérivent les mots : « échelle », « escalier », « ascension » etc. Quant à « transcender », il s’agit de « passer par dessus ou au travers », c’est à dire de franchir la limite de l’échelle, de l’escalier ou encore la cloison du « trans-septum ».
En fait l’étymologie est trompeuse car il ne s’agit pas de monter, mais de remonter. L’équivoque est déjà dans le mot car la transcendance exige deux épisodes. Dans un premier temps, l’homme est jeté sur Terre ; puis dans un deuxième temps, il doit se relever afin de retrouver le paradis perdu. Entre les deux temps, c’est le cloisonnement, l’enfermement de l’homme dans un Monde où la limite est celle du jubé, véritable « barrière métaphysique » séparant le naturel du « surnaturel »
[6][7].
Le premier temps de la transcendance est un deuil, une séparation qui conduit à la découverte d’un savoir : celui de la solitude existentielle et de son effet ; la souffrance psychologique. Ce temps descendant est celui de « l’arbre inversé » de la connaissance ; temps du savoir d’une conscience, qui perdant son essence « intuitive », se découvre « rationalisant » en se regardant existante.
Deuxième temps : tentative d’évasion. Le rituel nous donne même la clé du portillon. Dans la transcendance il y a tentative d’évasion vers « le monde perdu » en utilisant « l’arbre dressé » vers la lumière. Cette évasion correspond à la transgression d’un interdit dont seuls les lévites peuvent s’approcher : pour les autres, les profanes, « circulez, il n’y a rien à voir ! », sinon St. Pierre avec son trousseau de clés, ou bien l’archange couvreur avec son épée, se saisiront de vous. Transgresser la frontière par la transcendance, vouloir accéder à l’inconnaissable, est mortifère. Dans la transcendance le corps reste sur place et seul l’âme passe à l’Ouest (même s’il est envisagé ensuite de revenir éternellement par la porte de l’Orient).
Dans la transcendance il y a création et la frontière instituée engendre un dualisme
[8] et donc une éventuelle[9] liberté. La frontière séparative est celle du Monde « naturel » de nos savoirs actuels dont le franchissement permettrait d’accéder à un Monde « surnaturel ». Pour accéder à ce Monde des Idées de Platon, nous butons sur les mots de la réalité qui cacheraient des idées non révélées.
Pourquoi sommes nous tentés par l’évasion
[10] ? je ne crois pas que cela relève de la simple curiosité du scientifique mais bien plutôt de notre état de souffrance. Depuis notre naissance nous souffrons de solitude (Souffrance psychologique que peut renforcer l’isolement physique). Heidegger formule la pensée suivante que je résume : [« l’homme est jeté sur Terre », puis reste attiré par « l’Être » qui lui a donné naissance, jusqu’à chercher à le retrouver dans la mort]. La transcendance vise à retrouver[11] le principe dont la résidence n’est pas en notre Monde connu, qu’il aurait néanmoins fondé et « pré-organisé » mais qu’il n’habiterait plus. Cette « pré-organisation » fondatrice, ce « plan dissimulé dans la graine qu’une bonne prononciation permettrait de reconnaître », cette intention non révélée, correspond aux « a priori transcendantaux » de Kant.
D’où avec cet auteur et les deux temps décrits, l’ambiguïté du mot transcendance qui oscille entre la forme passive « être transcendé » et la forme pronominale « se transcender ».
D’un côté, en étant transcendés (véritable transcendance), nous subirions comme une véritable aspiration qui nous tirerait par en avant (ou par le haut). Ce serait un appel qui aboutirait à une véritable sublimation alchimique par changement brutal d’état faisant passer du solide à l’éthéré. En étant transcendé, on ne s’élève pas, on est élevé sous notre propre verticale dont la corde au cou en est le symbole.
D’un autre côté, en nous transcendant
[12], nous nous élèverions par nous même comme une perpendiculaire est élevée à partir d’un plan. Ceci correspondrait à une maturation, à une construction, à un travail, à un éveil qui nous pousserait d’arrière en avant sur le chemin (ou de bas en haut comme Icare voulant échapper au labyrinthe). Cette autopropulsion (que A. Graesel nomme la « trans-ascendance ») correspond à la perfectibilité qui s’effectuerait sous l’influence des « a priori » qui auraient été préalablement semés en nous. Ici le mécanisme serait finalement une immano-transcendance car effectivement tout commence dans l’immanence du « schibboleth ». Avec Heidegger, les Allemands nomment ce mouvement : « Dasein[13] » dont il ne faut pas oublier qu’il conduit à la mort par la recherche d’une sainte gloire. Sainteté que la tradition juive nomme « Kadosh » et que les chrétiens traduisent par « élu ».
En définitive dans la transcendance le principe est soit derrière nous, soit devant nous, mais il ne vit pas en nous ( encore une fois, il aurait juste préalablement semés le « schibboleth », la graine des « a priori transcendantaux »). Il en résulte que dans la transcendance le principe est inatteignable
[14] puisqu’il réside en-deçà ou au-delà de nous et du Monde. Ainsi, le principe nous aurait autrefois créés, et dans le futur nous pourrions le retrouver après la mort ; mais dans le présent[15] il nous serait impossible de le rencontrer[16]. Certes il peut coexister avec nous dans le temps, mais pas dans l’espace. Alors le sens global (absolu) n’est pas de ce monde et il est à rechercher au dehors du Monde comme le dit Heidegger. Comme l’exprime aussi la philosophe mystique Simone Veil ; le principe s’est « retiré du Monde » , il n’est donc plus la lumière vivant en nous comme il l’était dans l’immanence. Dans la transcendance la lumière éclairerait notre chemin de l’extérieur, même s’il subsisterait en nous (comme dans la mythe d’Er décrit par Platon), une homéopathique trace de mémoire que l’eau d’un Léthé n’aurait pu effacer. Mais puisque la lumière est extérieure au système, elle peut donc lui donner un sens, et la vie n’en serait plus absurde. Voilà qui rassure psychologiquement, voilà qui rassure par des croyances ; à défaut de connaître la vérité.

III- Alors que choisir ! Immanence ou Transcendance ?
Il nous faut bien choisir car rien ne sert de s’évertuer à vouloir définir des mots si c’est pour les confondre dans le mixage d’une « immano-transcendance ».
Si nous admettons l’immanence, la lumière est vivante en nous, et il ne peut y avoir dissociation du temps et de l’espace. L’action comme son résultat sont escomptés pour « ici et maintenant ». Ainsi l’immanence est amour de la vie « naturelle » d’ici bas. L’immanence nous convie à sortir du Temple pour vivre.
Inversement la transcendance m’apparaît comme une élaboration de la pensée, comme un « leurre de la raison », qui vise un réconfort psychologique, qu’elle ne sait pas trouver sur Terre. Ainsi la transcendance est amour de la mort, car elle vise une vie « surnaturelle ». La transcendance nous invite à toujours garder un pied dans le Temple, tant il est vrai qu’elle fait primitivement de nous des prisonniers.
Immanence : amour de la vie. Transcendance : amour de la mort.

En conclusion : Quelle utilité peuvent avoir ces lignes ?
Pour ce qui me concerne l’initiation consiste à chercher la lumière dans la lucidité et non dans l’éblouissement. Cette lucidité est celle de la démarche de Socrate qui consiste à s’interroger sur soi-même et tout spécialement sur nos motivations psychologiques dont le désir d’absolu est la quille de l’iceberg.
Avant de commencer je ne savais pas ce contiendraient ces lignes et je les ai écrites pour éclairer ma lucidité (et surtout pas pour polémiquer).
J’ai été aidé par les écrits d’A.Comte-Sponville qui dit : « J’aime les définitions. J’y vois davantage qu’un jeu ou qu’un exercice intellectuel : j’y vois une exigence de la pensée »…afin de …« Mieux penser pour mieux vivre ». En cela c’est déjà un désir de perfection qui me suffit. Mieux penser pour mieux vivre m’a guéri de la recherche impossible du sens général qui ne peut conduire qu’à se perdre dans l’eschatologie. Je souhaite bon courage à ceux qui s’y lancent car il risque plus d’y perdre la vie que d’en gagner une autre, comme l’énonçait à peu près Pascal (« les hommes ne vivent pas, ils espèrent vivre »).
En essayant de mieux penser la signification des mots, cela m’aide à mieux vivre.
- Je comprends mieux le contenu de nos rituels, leurs références à l’immanentisme de l’évangile de Jean mais aussi à la maïeutique socratique qui consiste à faire vivre ce dont nous accouchons ici et maintenant.
- Je me situe mieux dans l’univers que je conçois comme un monisme spirituel me permettant de comprendre les bouddhistes lorsque notre frère Olivier nous énonce avec eux : « tant que tu dissocies le samsâra du nirvana, tu est dans le samsâra ».
Partant de là, où tout est une infinité de possibles, à défaut de trouver un sens là où il n’y en a peut-être pas, je vais au moins tenter de donner un contenu à ma vie afin de « mieux vivre en pensant mieux ».
Mes idées sont claires, mon chemin est libre : reste à cheminer lucidement…et ce n’est pas le plus facile. 
 

[1] Ni début ni fin : donc pas de finalité intentionnelle et absence de sens, mais possible réorganisation incessante qui cherche sa voie et qui néanmoins entreprend (sans certitude de réussite). Donc principe nécessaire mais au comportement hasardeux. En fait, c’est ce que nous constatons de l’évolution.

[2]Isaac Newton, membre de la Royal Society, elle-même indirectement liée à la Franc-Maçonnerie (souvenons-nous de B. Franklin, à la fois membre de cette institution et Maçon), auteur des “Principes mathématiques de la philosophie naturelle”, introduit le concept de “Démiurge”, “l’Horloger”, expliquant le fonctionnement de l’Horloge-Monde à partir des lois immanentes et non pas transcendantes de l’univers, monde « fabriqué » (présent) une fois pour toutes et sans intervention ultérieure. Ce qui est précisément le Mystère que releva aussi Leibniz (« Pourquoi quelque chose, plutôt que rien »).

[3]Cf. plus bas la note sur le dualisme.

[4]Pour ne pas dire un animisme.

[5] Le langage introduit une frontière (un lieu de passage) symbolique entre l’idée (le signifié) et le mot (le signifiant).

[6] La limite entre « naturel » et « surnaturel » fait référence à deux Mondes. Ce n’est pas la limite entre le « connu » et l’« inconnu » qui appartiennent au même Monde.

[7]remarquons au passage qu’il est cohérent d’avoir créé la prison avant d’y jeter le prisonnier.

[8] La dualité est générique pour signifier les oppositions. Le dualisme ne concerne que l’opposition entre la matière et l’esprit.

[9]Eventuelle liberté car si la grâce (les a priori) nous est donnée d’avance, la liberté est pour le moins conditionnelle.

[10] EVASION pour qui est sur Terre mais TRANSGRESSION pour qui nous y enferme.

[11] La transcendance implique la création accompagnée du Mal qui lui est afférent : en haut le « Bien », en bas est le « Mal » caractérisé par la souffrance de la solitude de l’âme et accessoirement par les douleurs du corps.

[12] Se transcender : le mouvement vient de nous

[13] Dasein (=être-là) : à la manière de Heidegger c’est « l’étant » dont le mouvement est généré par « l’être » (ousia) qu’il a en lui. En somme une « immano-transcendance » : conciliation psychologique (donc spirituelle) mais aberration logique si les mots veulent garder un sens. Sinon pourquoi deux mots pour une même chose qui serait alors un néo-monisme. A l’opposé de la rationalité qui les compare (ratio) et les met en relation , la spiritualité est analogie car elle vise à concilier les oppositions sous la directive d’un désir psychologique naît de la souffrance de séparation.

[14]Reste à savoir où se situe la limite du « trans ». Classiquement c’est l’au-delà du Monde et de tout. Mais ce peut-être l’au-delà de la conscience (phénoménologie), l’au-delà de l’expérience (Kant)

[15]Ici il s’agit du temps de la durée, qui est celui de notre présence (ou de la présence du Monde). Ce temps va avec l’espace. A l’opposé le temps qui n’est pas associé à l’espace est celui de l’éternité et par suite le temps d’un principe transcendant et indépendant d’une création (d’une présence du Monde).

[16]sauf fenêtre permettant l’exception mystique.  

Source : www.ledifice.net

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Franc-maçonnerie et monde protestant

24 Juin 2014 , Rédigé par R. Dachez Publié dans #Planches

Depuis son origine, la maçonnerie a entretenu avec le protestantisme des relations équivoques et contrastées, que la tolérance n’a pas toujours éclairées.

On a souvent souligné le rôle joué, dans la genèse de la franc-maçonnerie spéculative et obédientielle moderne, telle qu’elle surgit au début du XVIIIe siècle en Angleterre, par certains ministres protestants au premier rang desquels, bien sûr, les Révérends Jean-Théophile Désaguliers, de l’Église d’Angleterre, et James Anderson, presbytérien d’origine écossaise.  Au-delà de ces personnalités elles-mêmes, on a maintes fois souligné l’esprit qui s’exprime dans le fameux Titre Ier (« Concernant Dieu et la religion ») du Livre des Constitutions de 1723, édité sous l’autorité de la jeune Grande Loge de Londres, faisant de la maçonnerie le « Centre de l’Union » entre les « dénominations et confessions ». Il est facile d’y voir une manifestation de tolérance religieuse que des protestants tentaient alors d’imposer dans un pays déchiré pendant deux siècles par des querelles religieuses terribles et sanglantes.

On ne peut encore que relever le contraste existant entre l’extraordinaire destin de la maçonnerie en Angleterre - puis dans toutes les Iles britanniques et dans l’Empire -  bientôt intimement liée à tous les dignitaires de l’Église d’Angleterre et de la Monarchie elle-même, et les avanies - car il n’y eut pas de vraie persécution  - que durent subir les Frères en France, presque tous catholiques mais simplement « tolérés  par le gouvernement » en tant que maçons, parfois embastillés et subissant dès 1738 les foudres de la condamnation papale et l’excommunication majeure - du reste sans effet pour eux en France, grâce aux privilèges de l’Église gallicane et à l’opposition des Parlements...

Or, malgré ces débuts favorables, l’histoire des relations entre les différents églises issues de la Réforme et l’institution maçonnique, à travers le monde, n’a pas toujours été simple ni constamment amicale. Depuis quelques années, notamment en Angleterre mais aussi aux États-Unis, plusieurs églises ont émis des jugements plus moins ou critiques, parfois franchement très hostiles, comme dans les milieux évangéliques, et formulé des recommandations défavorables à l’égard de la maçonnerie.

Malgré les apparences, une telle méfiance et parfois un tel rejet explicite peuvent se comprendre. L’une des caractéristiques majeures du monde protestant est en effet d’être éclaté, fragmenté en une multitude dedénominations qui, au cours de l’histoire, ont souvent montré plus d’hostilité les unes envers les autres, qu’envers leur adversaire commun, l’Église catholique. Il règne volontiers dans ces diverses églises, encore plus ou moins marquées par la mystique de l’élection, le sentiment diffus d’appartenir à une communauté retranchée du monde, marquée d’un sceau particulier, et porteuse d’une grâce spéciale. Ce sentiment peut du reste être vécu dans une certaine convivialité à l’égard des autres groupes religieux ou spirituels, et l’on a vu nombre de protestants s’engager en maçonnerie, et celle-ci entretenir des relations officielles courtoises avec plusieurs églises de la Réforme. Il n’en demeure pas moins que la tolérance envers ceux que l’on croit objectivement dans l’erreur, lorsque l’on appartient à une communauté qui est « possédée » par la vérité, ne peut s’étendre au-delà de certaines limites. Force est de le constater, et l’histoire le montre : le protestantisme a toujours revendiqué la tolérance pour lui-même, mais ne l’a pas toujours pratiquée à l’égard des autres lorsque le pouvoir lui a été donné... 

La franc-maçonnerie qui elle aussi est une société sinon fermée du moins seulement entrouverte, pas réellement secrète mais plutôt discrète sur sa vie interne, montre ici sa différence essentielle par rapport au particularisme protestant. La franc-maçonnerie a une vocation qu’elle qualifie elle-même d’universaliste, elle repose sur l’idée que sa méthode, son ambition, sont accessibles à tous les hommes de bonne volonté, et que la nature humaine est fondamentalement perfectible par le travail intérieur, moral, intellectuel et spirituel auquel elle l’invite. Une telle conviction qui laisse à chaque homme un espoir, une telle démarche volontariste qui invite chacun à œuvrer, à bâtir sa vie pour la rendre meilleure, peut heurter, on en conviendra sans peine, certaines sensibilités protestantes.

Au-delà même de cet aspect moral et  théologique, aujourd’hui en recul dans le monde protestant - comme d’une manière générale toute formulation doctrinale claire dans les églises chrétiennes contemporaines - la simple appartenance maçonnique peut apparaître aux yeux de certaines communautés ferventes - notamment fondamentalistes - comme une sorte de reniement, ou du moins de manquement à l’égard de l’église, puisqu’on va chercher en dehors d’elle ce que la foi et l’Écriture seules, autour desquelles elle s’est structurée, peuvent apporter aux justes.

On peut noter enfin que la même ambiguïté, curieusement, marque aujourd’hui les réactions protestantes et catholiques à propos de l’engagement maçonnique. Il était aisé au siècle dernier de ne voir dans la maçonnerie, en France singulièrement, qu’une machine de guerre contre la religion - quelle qu’elle fût -, et les protestants pouvaient même secrètement se réjouir de voir leurs alliés objectifs, les maçons, attaquer sans répit l’Église catholique et chasser les congrégations. De nos jours, nombreux sont ceux, pourtant, qui ont saisi la dimension manifestement spirituelle et même presque religieuse de la maçonnerie, dans certaines de ses expressions. C’est alors cet engagement spirituel lui-même qui est dénoncé, par l’Église d’Angleterre en 1986, puis par l’Église méthodiste, comme elle l’est désormais dans un argumentaire renouvelé depuis 1983 par l’Église catholique : la maçonnerie est devenue une rivale aux  yeux de toutes ces églises parce ces dernières voient en elle une sorte d’église concurrente. Singulier retournement d’alliance !

Cela n'a pas empêché, en Angleterre, d'honorables clergymen de continuer à fréquenter les loges dont ils sont souvent les Chapelains - un Office incontournable dans la maçonnerie anglo-saxonne... 

Il faut sans doute rappeler que le problème maçonnique n’est pas une préoccupation majeure pour la majorité des églises protestantes, singulièrement en France, que nombre de protestants – notamment dans la mouvance libérale encore bien représentée en France –  fréquentent aujourd’hui les loges et parmi eux plus d’un pasteur. La plupart d’entre eux n’éprouvent aucune difficulté dans leur vie maçonnique, et ne ressentent aucune contradiction entre ces deux engagements, mais on pourrait, sur tous ces points, faire les mêmes observations à propos du monde catholique dont les fidèles, et parfois les prêtres, ignorent désormais sans inquiétude les réserves ou condamnations récemment renouvelées par le Vatican – on vient de le voir, récemment encore, avec le Père Vésin dont l’outing maçonnique lui a valu d’être exclu brutalement de son ministère !

En un siècle où dépérissent les Églises constituées et prolifèrent à nouveau les sectes, la maçonnerie, par sa nature hybride, à la fois société de pensée et communauté spirituelle, n’est plus pour le monde protestant l’alliée presque privilégiée qu’elle fut sans aucun doute au siècle dernier. Rien, cependant, ne peut les opposer fondamentalement - pour peu que leur esprit fondateur y demeure.

Cette remise en cause peut même être profitable à ces Églises qui doivent aujourd’hui s’interroger sur ce qu’elles veulent être désormais, comme à la maçonnerie, songeant à ce qu’elle pourrait redevenir…. 

Source : http://pierresvivantes.hautetfort.com/archive/2014/06/23/franc-maconnerie-et-monde-protestant-5396959.html

Roger Dachez

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Colonne du Nord, Colonne d'Apprenti...

23 Juin 2014 , Rédigé par Isha Publié dans #Planches

 « Le monde est double pour l’homme, car l’attitude de l’homme est double en vertu de la dualité des mots fondamentaux, des mots principes qu’il est apte à prononcer. » Martin Buber, JE et TU.

« Je retournais à moi-même, ayant contemplé la lumière autour de moi et le bien qui était en moi. Je devins Dieu… » Traité de l’étranger, codex de Nag Hammadi.

« Apprenti(e), j’ai beaucoup dormi sur ma colonne. Ce n’est que lorsque j’ai été compagnon que j’ai commencé à participer, que je n’ai eu le sentiment de participer pleinement aux travaux de la loge ». Cette expression je l’ai déjà entendue à plusieurs reprises.
Serait-ce donc la caractéristique, (la finalité ?) du lieu où l’on demande à l'Apprentie de s’asseoir ?
Colonne des apprentis, colonne du Nord, il y fait plus sombre, la sieste y est plus facile après une dure journée de travail, même si certains chuchotis viennent perturber la qualité de la récupération.
Mais dès que je m'y suis assise le premier soir, une petite voix s'est élevée : « tu n’as pas fini de m’entendre, ne t’en fais pas. Cette colonne est aussi mienne … . »
La symbolique générale de la colonne des apprentis

Une colonne ? Ah oui, là-bas. A la fois l’objet et le lieu où je dois me tenir.
La colonne est l’axe autour duquel s’articule une vie, principe qui soutient la marche et le mouvement et donc autorise le développement.
Elle est rouge, pleine d’énergie vitale, couleur de la joie, mais aussi de l’agressivité. Elle est de la couleur du Yang qui culmine en été et au sud.
Une couleur terriblement communiste, oh là là … .
Colonne du nord, Colonne qui déjà présente met en lien l'ombre et la lumière que je ne suis pas encore capable de la percevoir pleinement.

La colonne représente aussi le regard vers le ciel, lieu élu du spirituel, l’arbre de vie qui puise ses forces dans la terre pour se tendre vers l’infini, dans l’espoir, partagé avec les hommes qui s’identifie parfois à lui, de saisir l’infini, de s’élever vers l’insaisissable.

Colonne J. Colonne Yakin. « Il établira ». Cette colonne constitue le premier symbole d’origine biblique que je perçois visuellement et prend place parmi les éléments d’évocation du temple de Salomon. Elle supporte une lettre de l’alphabet, ça tombe bien je ne sais qu’épeler. Elle s’est adaptée à moi ma colonne, je sens que je vais bien l’aimer cette petite. Et peut-être me permettra-t-elle, conjuguée avec le silence, de construire un axe de développement en vue d’une parole réorganisée.

Arbre de vie, support de l’affirmation de soi, axe du développement de la connaissance et de la découverte de la parole, la colonne me montre une voie. Elle ne se limite déjà plus au support, elle me laisse libre des choix à opérer et devient une voie vers de multiples possibles.

La colonne J, le Iod en hébreu, est une colonne me dit-on partout, active par excellence et donc par excellence masculine, elle se veut caractéristique du travail de l’apprenti par opposition à l’autre colonne, colonne B, représentant la maison, l’intériorité, colonne dite passive et féminine par principe.

Le Iod est la dixième lettre de l’alphabet hébraïque, le point, la genèse d’où toutes les autres lettres sont issues.

Le 10 est la somme équilibrée de 5 + 5 traduction des deux sens du courant contraire de la conscience, l’évolution et l’involution. Ses attributions sont multiples : le monde a été créé en dix paroles nous dit le Zohar, les dix séphiroth de la Kabbale son considérées comme identifiant des attributs divins. Pour les Mayas, le chiffre 10 représente la fin d’un cycle et la début d’un autre, il est le chiffre de la vie et de la mort.

Pour le tarot, la dixième carte est la roue de fortune, où un sphinx qui pose la question « qui suis-je ? » se situe sur une roue.
La colonne Iod représente donc pour l'apprenti la colonne de la naissance où chacun doit trouver son propre nom, pas seulement dans le présent mais aussi vers l’avenir, puisque la colonne est le point autour duquel le mouvement de la roue peut se faire, le point d’où l’échelle qui relie le ciel et la terre, l'âme et le corps peut être fixée.
Le 10 se conçoit aussi comme un retour à l'unité, par l'addition de ses deux composantes. (1+0=1).

Le nom de la lettre « yod » composé de lettres qui éclairent son essence : d’abord un iod, le point de départ puis un « Vav » trait qui initie le mouvement et enfin, l’union des deux précédents dans le daleth pour créer le changement de direction par le trait brisé et marquer le libre arbitre et la potentialité d’orientation.
Déjà, la colonne commence à me parler : "petite apprentie, tu t'établiras, par la pleine conscience de tes choix, en avançant dans un univers multiple." Mais cette voix d’où est-elle originaire ? S’agit-il de ma colonne ou plutôt de ma petite voix intérieure ? Quel rapport la colonne entretient-elle avec mes doutes, mes peurs ? Et déjà se fait jour l’intuition d’un chemin tracé vers une libération des doutes
La colonne J représente aussi le principe yang du tao, lui aussi décrit comme masculin et actif.

La colonne désigne dans son acception la plus large à la fois l’objet et aussi le lieu où l’on s’assoit, mais ce dernier constitue plutôt le lieu sur lequel la colonne projette son ombre, ses significations philosophiques et symboliques. Apprenti, je m'assoie dans un espace symbolique enveloppé par l'ombre de ma colonne.
CECI – CELA : Colonne et binaire

Mais que veut-elle m’indiquer, en quoi peut-elle m’être utile sur ce chemin que j’ai choisi de prendre ? A quoi me sert d’être assise à l’ombre de la colonne ? Je ne voie pas beaucoup de colonnes à l’extérieur de la loge. Je ne peux répondre à mon interrogation que par le langage des symboles, par le raisonnement d’analogie.

L’analogie est la jonction entre l’induction qui permet de passer des faits à l’abstrait de la connaissance avec la déduction fondée sur l’expérience tangible. Elle ne s’oppose pas à un raisonnement totalement scientifique qui recherche l’identique et le reproductible alors que l’analogie oriente la recherche vers la fonction. Elle offre une autre voie à la réflexion sur le monde, à l'intelligence humaine.

L’analogie est le mode de raisonnement par lequel je vais me mettre en quête du semblable et non de l’identique. Elle est l’instrument que je vais devoir apprendre à mieux manier si je veux comprendre et rendre utile tout ce qui m’entoure.

La meilleur définition de l’analogie qui me vienne à l’esprit jaillit d’une référence biblique « Et D.ieu créa l’homme à son image. », non pas identique, mais semblable, doté du pouvoir de création, du pouvoir de nommer et donc de faire exister ce qui l’entoure et aussi du pouvoir de s’auto-créer, d’être dans le futur et non de demeurer figer dans le présent, de devenir celui qu’il sera.

Par l’analogie, je peux espérer identifier puis nommer ce qui m’entoure et d’abord les êtres humains que je côtoie.
Lourde responsabilité comme nous le verrons plus loin, puisque je peux les identifier comme « Tu » ou comme « Cela », comme autres moi-même, proches et différents, ou comme choses susceptibles d’expérience.

L'analogie exige une distance face à l'objet étudié et cette distance sauve du danger de l'incarnation des principes qui exige que le symbole, la fonction immatérielle soient retranscrit dans l'espace symbolique, du danger de l'idolâtrie qui se fixe à l'apparence pour oublier le sens. L'espace immatériel est alors limité pour être renvoyé au visible, au tangible du symbole matériel.

Elle n’est pas seule ma colonne, elle a une sœur, plus loin. Elles sont deux. Je sais que les colonnes sont réparties différemment selon les rites, mais j’ai aussi découvert que peu m’importe le sens ponctuel que chacune reçoit, ce qui m’importe, c’est qu’elles soient deux. Peu importe que la colonne du Nord soit « il établira » ou « dans la force » parce que les deux contiennent l’idée de construction et de force intérieure. L’établissement, la construction est enveloppée dans la force intérieure qui lui est nécessaire. Le couple des colonnes désigne une construction binaire du monde ou plutôt renvoi au lien entre l'unité, le binaire. Le tao n’enseigne-t-il pas que l’Un engendre le Deux, avant d’engendrer la multitude.
Les colonnes désignent en premier lieu le pavé mosaïque, principe ternaire.
Puisque l’initiation est une démarche par étape, je vais donc d’abord m’intéresser au principe binaire avant d’être en mesure peut-être un jour d’approcher le principe ternaire et qui sais, de tendre un jour mes branches vers le ciel.

Lorsque j’ai commencé à réfléchir sur la signification de la colonne J, Yakin, j’ai été très choquée de lire partout l’association entre une caractéristique fondamentale, l’identification au principe male et l’association au principe actif. Sur la colonne se trouve le J, et donc le Iod hébraïque, lettre mâle, elle représente le principe actif, elle ne peut donc qu’être associée au principe mâle, à moins que ce ne soit l’inverse. L’essentiel est ici la fusion, comme une mille-feuille donc la crème serait trop lourde.

En tant qu’individu de sexe féminin, je me suis alors mise à hurler et à trépigner (qu’est ce que c’est que ces … âneries !) et ceux qui connaissent mon parrain unique et préféré pourront vérifier auprès de lui. Il a fait les frais de mes hurlements.
Moi qui suis apprentie, pour entrer, on m’a demandé de me débarrasser de mes métaux et voilà que j’ai l’impression de trouver solidement enchaînés à l’airain de ma colonne les phantasmes, les projections culturelles et les jugements de valeurs les plus archaïques, tous présentés comme vérités d’évangile, évangile alchimique peut-être, mais vérités intangibles et imprégnées de dogmes humains.

J’ai donc dû dépasser cette analyse réductrice et en m’appropriant l’analogie, chercher une meilleur explication du principe binaire, non connotée idéologiquement.
Les alchimistes européens qui ont établit ce principe symbolique sexué vivaient tout de même dans un monde chrétien, ils ont donc été susceptibles, malgré leur curiosité et leur démarche de quête, d’être influencés par la culture de l’Europe chrétienne et une hiérarchisation des principes mâle et femelle. L’association entre deux principes dont l’un est polysémique, à la fois principe et jugement de valeur, ne pouvait se faire qu’au détriment des femmes supposées incarner le principe féminin, principe inférieur. Ou le symbolisme au secours du pouvoir social.

Pour dépasser ce blocage, alors traversons les mers et allons regarder ce que les traditions orientales peuvent nous apprendre. La source des principes qui ont agité les esprits européens ne pourrait-elle pas résider dans le TAO Te King qui instruit en ces termes ce qui veulent tenter l'aventure de la voie du milieu :

« Qui connaît son masculin
tout en préservant sa féminité,
celui-là est le ravin du monde.
Etant le ravin du monde
La Vie éternelle ne le quitte pas
Et il redevient tel qu’un enfant. »

Le TAO comme le Yi-King et l’acuponcture fonctionnent sur le fondement du Yin et du Yang, ce qu’il convient d’appeler ici pour l’utilité du raisonnement et de la compréhension le « ceci-cela »., soit le couple du principe ceci et du principe cela.
L'analogie permet de comprendre les représentations communes du yin et le yang.

Yin-Yang

Féminin
Négatif
Passif

Descendant

Contraction
Noirceur
Maison
Impairs
Eau
Froid
humide
Intérieur

Masculin
Positif
Actif
Ascendant
Expansion
Lumière
Jardin
Pairs
Feu
Chaud
Sec
Extérieur

Je dois ici présenter un mea culpa aux humains de genre masculin ici présent : à l’occasion de mes relectures, je me suis aperçue que j’avais quelque peu adapté cette tradition. Je m’explique : le yang est présenté comme masculin et actif et le yin comme féminin et passif. Je me suis aperçue lors d’une relecture attentive que ma présentation m’avait conduit aux termes suivants : le yang est féminin et actif et le yin masculin et passif. Il paraît que cette compréhension qui me semblait si naturelle pourtant n’est pas totalement conforme à la présentation traditionnelle.
Bon, je promets, je le ferai plus, ...

Mais derrière la plaisanterie, j’ai aussi mieux compris à quel type d’erreurs menait l’incarnation des principes, la limitation physique et territoriale du symbole. Il ne faut surtout pas que je me limite à la forme sensible, à la compréhension immédiate qui se trouve devant moi car alors je ne regarderai que le doigt en oubliant de regarder la lune.

Ces définitions ne sont que des tentatives de traduire en mots compréhensibles pour les occidentaux que nous sommes un concept qui nous est éloigné. A défaut de pouvoir véritablement l'expliquer, il convient de le mettre à portée par des définitions analogiques simples mais qui confinent à l'erreur de traduction lorsqu'elles sont prises dans leur sens littéral.

L'analogie est sexuelle: le yang n'est pas mâle, il est principe enveloppé; le yin n'est pas femelle, il est principe enveloppant.

Les alchimistes qui représentent la lune enveloppant le soleil avaient traduit cela dans leur langage symbolique propre.

Identifions l’un comme le principe cela et l’autre comme le principe ceci. Peu importe la qualification donnée, ce qui est signifiant réside dans le couple que « ceci » et « cela » fondent et dans la relation qui unit chaque membre du couple.
Une chose n'existe dans sa part de réalité que parce que quelque chose d'autre lui permet de se définir. "Ceci" n'existe que parce que "cela" participe aussi de l'ordonnancement du monde.
Le bas suppose l’existence du haut, le chaud l’existence du froid, le soleil est définit comme tel parce que la lune lui répond. Le mâle ne peut exister sans la femelle et inversement.

La colonne J ne peut exister que parce qu’une autre colonne se situe dans le cosmos symbolisé par le Temple. Si l’autre n’existait pas, elle n’existerait pas elle-même puisqu’il n’y aurait qu’elle dans le monde. Son existence est une partie de l’existence de l’autre. La colonne du Nord constitue l'un des éléments d'une polarité, d’un couple. Et c'est entre les deux vibrations de la polarité que la parole circule.
Ce que l'on présente souvent comme opposé ne l'est pas et chacun n'a qu'une fonction : exister avec l’autre. Les colonnes sont une double hélice, comme l’ADN. Par analogie, ma colonne ne peut exister sans sa sœur, je ne peux exister sans l'autre, même s’il me reste à identifier cet « Autre ».

Le Zohar ne dit rien d'autre : « Ce qui provient de l’arbre de la connaissance porte en soi la duplicité ». Ses fruits en sont l’amour et la haine, la lumière et les ténèbres.
Les colonnes sont donc la manifestation matérielle de construction binaire, d'un enveloppant et d'un enveloppé, de ceci et de cela, d'une dualité dans l’unité.
Même si une colonne est attribuée aux apprentis, ce sont les deux colonnes qui sont les colonnes des apprentis francs-maçons.
Il est impossible de les séparer, elles sont un couple, comme l’indique le texte même de la bible les décrivant.

Une unité dans la dualité. Le couple de colonnes existe, il est une unité divisée en deux. Le couple existe, le Un se fait deux. Ce n’est pas parce que B existe que J existe. Si seule Yakin ou seule Boaz était matérialisée, l’élément matérialisé ne constituerait ni Yakin ni Boaz. C’est le couple qui est présenté aux apprentis et à tous les francs-maçons. Chaque colonne est Une tout en étant part de l’origine, l’unité duelle. Elle est à la fois Un et part du Deux, donc part d’une autre unité. (elle existe par et pour elle-même tout en étant membre d’une dualité). L’établissement est enveloppé par la force intérieure qui lui est nécessaire.

Un autre exemple permet de comprendre cette intuition de l’Unité dans la dualité : l’aimant. Si quelqu’un tente de briser un aimant pour séparer les polarités, quelque soit le mode de fracture qu’il choisit, il obtiendra tout de même, un nouvel aimant toujours porteur d’une double polarité intrinsèque.
Les exemples donnés précédemment illustrent la mutation et le mouvement permanent au sein d'un système binaire, ce qui est chaud refroidit, ce qui est en haut se retrouve en bas .... 
Si le soleil chauffait sans discontinuer, la terre serait brûlée, si la lune ne s'effaçait jamais, la végétation ne pourrait se développer.
Le yin est appelé à devenir le yang. Le vieux Yin devient jeune Yang. Le mouvement est aussi constitutif du binaire que l'est la complémentarité entre les éléments.

Les chinois matérialisent cette idée sous la forme du tao dont la représentation graphique est en cercle bicolore séparé en deux moitiés par une ligne ondulée dont la forme est celle d'une hélice de l'ADN. Chaque part présente un œil, couleur de l'autre part.
Les mutations du Yin et du Yang renvoient donc à une expérience en matière d'ombre et de lumière car elles favorisent le dépassement des oppositions relatives à ce qui se passe (le Yi) et ce qui demeure, (le King) pour, par l'union des complémentaires, ouvrir à la compréhension de toutes les possibilités qui naissent devant mes pas.
En étant deux, les colonnes sont le mouvement, un « va vers toi » retranscrit dans le symbole. Dans la double hélice de l’ADN, la branche qui est à droite passe à gauche et ce qui est à gauche passe à droite.
Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, par définition du principe analogique, alors ce qui est à l'extérieur de moi est comme ce qui est à l'intérieur de moi. Le monde est double à l'extérieur de moi, le monde est double à l'intérieur de moi.
La colonne, axe pour appréhender l'altérité.

La colonne du Nord est là pour me rappeler, comme le disait Martin Buber dans son ouvrage « Je et Tu » que "les bases du langage ne sont pas des noms de choses, mais de rapports". L'apprentie que je suis existe en loge dans un réseau de relations de fonctions, avec les autres membres de la loge. Mon silence n'est donc pas absence de langage ou de communication.

Depuis le début de cette planche, une petite voix, celle qui s'est manifestée le premier soir, essais de percer mes mots : "Au moins, quand tu es dans le silence, le chemin pour perturber tes pensées est plus long, tel le chemin des labyrinthes des cathédrales qui symbolise le long chemin vers soi. Quand tu charries des mots, tu exprimes du verbiage, le chemin pour perturber tes pensées est plus court". Agaçante, très agaçante voix qui peut mettre dans ma bouche des mots que je ne n'imaginais pas en voir jaillir.

Ce silence apparaît donc comme un instrument de mise en face avec une part plus ou moins ignorée de soi-même dans le contexte d'un processus initiatique.
Le silence permet de donner à l'initiation son effet sur les mots : les rendre actifs, pleins et non plus simplement des enveloppes de buées. La colonne, enveloppée, donne sa fonction au silence apparemment force d'inertie : elle permet aux mots de ne plus être des "Abel" mais de devenir verbe. Et puisque les mots définissent notre part de réalité : elle nous permet de devenir plus existant, à nous mêmes et aux autres.

Le conscient et l'inconscient sont tous deux importants, égaux. L’un sans l’autre n’existent pas, seul le couple existe. A ce titre, une différenciation en voie de hiérarchisation n’a pas de fondement.

Le silence autorise l'accès à cette altérité intérieure, pour dégrossir la pierre brute, par la confrontation avec cette voix qui piaffe et dérange . Le dialogue entre le principe ceci et le principe cela se manifeste ici : l'inconscient est principe enveloppant et le conscient principe enveloppé.
Le paysage intérieur évolue, le mouvement du tao est ici aussi perceptible, l’inconscient peut devenir conscient, lorsque l'individu aborde certains aspects de lui-même. L'ombre peut reculer lorsque la conscience s'exprime, mais elle ne disparaît pas. Le long chemin initiatique de la connaissance de soi, comparable aux labyrinthes de cathédrales, peut espérer conduire à développer le conscient.

Moi apprentie, il m'appartient de prendre conscience de mon enveloppant et de mon enveloppé intérieur en harmonisant les deux parts de l'intériorité et de l'esprit. Par l’initiation, le profane cherche à devenir celui qu’il contient lui-même mais qu’il ne connaît pas véritablement.
Je ne voie dans l’ombre de mon inconscient que ce que la lumière de ma conscience me permet de voir. Je ne verrai dans l’ombre de la colonne que ce que la lumière de mon existence me permettra de voir, et que mes expériences me permettront de dégager progressivement .
Je peux alors commencer à comprendre que l’on ne m’a pas donné la lumière lors de l’initiation, on m’a montré ce que j’abrite en moi-même. Pour trouver ma place symbolique à l’ombre de la colonne des apprentis, je dois trouver ma place à l’intérieure de moi, mon équilibre changeant et peut-être un jour mon harmonie lorsque j’aurais véritablement accepté les mouvements intérieurs. L’harmonie nécessite que l'on ne projette pas sur les autres ce que l'on ne peux assumer de moi-même, les accusant in fine d’être le miroir de ce que l’on se cache.
Transmettre la présence d'une lumière, c'est aussi transmettre la présence d'une part d'ombre. Révéler la lumière, c'est révéler l'ombre. L'ombre est ce qui permet à la lumière d'exister et d'être perçue. Voilà pourquoi l’on ne présente le TAO qu’en disant « le YIN et LE YANG » et non l’inverse.

S'il n'y avait que lumière, absolue conscience de soi, la personne serait aveuglée et ne pourrait faire face à ce qu'elle perçoit d'elle même en miroir. « Donner la lumière » selon la formule usuelle, conduit à révéler l'existence de l'ombre et à confronter l'apprenti à son ombre intérieure.
De la confrontation entre l'inconscient et le conscient, peut naître un équilibre, équilibre toujours ponctuel et perpétuellement changeant. Grâce à cet équilibre, l'individu redevient dans sa propre conscience de lui-même une unité qui peut se présenter comme telle à la perception du monde. L'unité pour exister doit être double pour redevenir ensuite unité.
Je suis un être humain multiple. Un et double et la pleine compréhension de ma dualité me trace une voie vers une autre compréhension : de la dualité apparente des choses doit se vivre le retour à l'unité.

Chaque humain est duel, Je est un Autre, les deux colonnes sont pour moi, en couple. J’établis dans la force. La force se comprend non pas comme une manifestation de la brutalité mais comme l’énergie vitale commune à tous les vivants.
Les symboles et les rites et le langage sont les chemins qui ouvrent les voies à l’éthique, c’est-à-dire à la relation au monde. S’ils ne contiennent pas d’éthique, ils deviennent répétition, ils ne sont que des sujets d’étude vides d’application.
Je suis apprentie, je suis une succession d’équilibres changeants qui se doit de maîtriser ses émotions pour émettre un Verbe véritable. La distance au monde, issue, par exemple, du silence, protége de l’identification réductrice. Comme le dit Marianne DUBOIS, « Quand la particule ne s’identifie pas aux circonstances de la vie, elle retrouve en elle la lumière de ses origines. » Alors, si je parviens à approcher cette lumière sans m’y consumer,
Chevalier JEDI je serai devenue.

L’équilibre de la dualité intérieure autorise la construction d’une éthique en vue du compromis de la relation extérieure. L’altérité intérieure, cette éthique du rapport à soi conduit à une éthique du rapport à l’Autre extérieur, l’autre doté d’un regard, d’une voix, d’un visage qui n’appartiennent qu’à lui.

Nul ne peut dire Tu à un être humain analogue s’il ne s’est pas auparavant construit intérieurement. Seul l’être entier, qui a appris à considérer son Tu intérieur, peut accéder à une parole qui qualifiera l’autre en TU externe. A défaut, il ne peut rien d’autre que projeter ses faiblesses, prêter aux autres ses propres manques et obéir à une voix intérieure qui se mue alors en dictateur impitoyable. En étant incapable de reconnaître son Tu, celui qui s’exprime ne qualifie pas l’autre avec lequel il est en relation comme un autre « Tu » mais comme un « cela » une chose tangible que l’expérience permet de qualifier.
Qualifier l’Autre avec lequel je suis en relation de « Tu » constitue aussi une voie pour éviter un écueil fondamental des relations humaines : la réception des mots au travers du philtre de ses a-priori et non la compréhension empathique du sens donné par l’autre à son propre Verbe pour que l'empathie puisse opérer, il convient que la communication ne soit pas uniquement verbale. Certes les relations sont projections de soi sur l’Autre, mais si ces projections sont construites de non-dit, de peur, elles construisent une barrière de verre entre les humains.
Mais là aussi, le mouvement existe, le Tu, lié à la relation immédiate, devient Cela lorsqu’il cesse d’être animé par la présence. Lorsque j’évoque une personne sans être dans la relation avec elle, elle devient Cela pour moi et pour mon interlocuteur, ce qui ne constitue pas une faible responsabilité dans mon rapport ultérieure avec elle. Mais le Cela peut devenir Tu s’il entre dans la relation.

L’humain ne peut vivre sans l’alternance du Tu et du Cela. « On ne peut vivre dans la seule présence, elle nous dévorerait » dit Martin BUBER. Comme il l’explique, l’être humain ne peut vivre sans le Cela, mais si son monde n’est organisé que de Cela, il ne peut se vivre véritablement et pleinement en être humain.

Cependant, les relations avec le Tu intérieur ne sont pas de même nature que les relations avec l’Autre extérieur.
Avec moi-même, il est question d’équilibre. Je ne peux progresser ou simplement me supporter qu’en acceptant les différents éléments de ma personnalité, en ne renonçant pas aux différentes sources d’équilibre qui fondent mon existence, délimitent ma part de cosmos. A cette seule condition, je serai moi-même et non la copie d’un autre.
Avec le Tu extérieur, la relation suppose un compromis entre deux « Moi intérieurs », entre deux individus, deux unités doubles. L’enjeu est alors de ne pas occuper tout le territoire commun disponible pour laisser une place physique, éthique et aussi symbolique à cet analogue à moi-même.
L’un des enjeux de l’affirmation de soi réside dans la nécessité de garder une porte ouverte au compromis pour rendre possible la rencontre. Les sociologues expliquent l’extension du célibat dans notre culture et la multiplication des lieux de rencontres entre personnes cherchant l’âme sœur par l’application de cette idée : notre civilisation de l’affirmation de soi freine le contact. Comment toujours s’affirmer comme individu et ne pas oblitérer le possible d’un croisement de regard ?
La double colonne, analogie de la complémentarité sexuée entre les humains.

Avant d’être une identité de genre, je suis un être humain et celui qui me parle est un être humain, lui-même représentant une unité dans la dualité, unité enveloppée et enveloppante.
Je me définie comme un être humain, unité double, avant d’être une identité sexuée, soit dit en passant parfaitement assumée dans toutes ses composantes. Même si mon identité sexuée, constitue l’un des éléments de ma qualité sociale d’être humain.
Mon unité intérieure me conduit au rejet de la parité politique. Je n’ai jamais été adepte de la parité que je perçois comme un enfermement déterministe dans une identité sexuée imposée et figée, identité figée, ne reconnaissant pas la valeur analogue de chacun des membres de l’humanité.
Si la parité avait pour fondement premier de permettre l’accès de femmes au monde politique, des motivations déterministes que je ne peux que rejeter sont très vite apparues. Dans la parité homme-femme, l’un n’est pas l’autre. Ni l’un ni l’autre n’est perçu comme une unité duelle, mais comme une identité déterminée et surtout solitaire à elle-même. Chacun est présenté comme une incarnation d’une des composantes du TAO et son identité sexuée l’enferme dans l’incarnation de cette seule part. Cette dualité se traduit dans la perception de l'autre par la définition d'un comportement pré-établi prédéterminé qui doit conditionner la manière dont l’individu se vit.

L’Homme est l’incarnation du principe masculin seul et de même, en parallèle, pour la Femme. L’un ne peut donc parler au nom de l’autre et chacun doit être représenté par une autre incarnation de son propre principe. Tel est le fondement de la parité. Le binaire se vit ici comme une opposition intrinsèque
Mais la parité oublie que l’individu est une unité composée de deux, yin et yang, principe ceci et principe cela, principe enveloppé et principe enveloppant.

La parité raisonne sur le fondement d’un rapport d’identité et non d’analogie. L’être humain féminin et l’être humain masculin sont analogues car ils ont les mêmes fonctions. Ils ne sont pas identiques puisque les fonctions ne s’expriment pas sur le même mode. La parité est la mise en avant de la dissemblance pour exalter l’absence d’identité et ensuite revenir à une forme de naturalisme. L’Homme, c’est ainsi ! (sous-entendu : fort, violent, dominateur) et la Femme, c’est comme ça et pas autrement (sous entendu douceur, amour, fragilité).
Mais puisque je suis une unité duelle, je ne peux et je ne veux être limitée à une identité unique. Je suis un être humain qui ne veut être limité à l’image et à des pré-définitions sociales de mon identité sexuée. Je m’adresse à des êtres humains. Lorsque je me place dans la société en tant qu’individu politique, je le fais en tant qu’Etre humain, unité duelle dotée d’une capacité au mouvement et au changement. Je ne me sens pas appartenir à une autre race, contrairement à Françoise Héritier pour qui "les femmes sont d'une race différente de celle des hommes".

L’analogie m’autorise à m’approprier une conception de soi comme individu doté de futurs, de libre arbitre et de multiples possibles tout en étant toujours en relation avec d’autres humains analogues . L’initiation procède d’un processus qui suppose, dans un jeu de ténèbres et de lumière, la recherche des significations des symboles, puis, leur appropriation consciente en vue de leur utilisation éthique au sein et hors de la loge. Les symboles conduisent à faire des rapprochements analogiques qui sont autant d’outils utiles pour se positionner dans le monde, ils sont une aide à la construction intérieure. J’ose espérer que les colonnes accompagneront mes pas, sinon pourquoi les avoir rencontré ? J'ai appris d'elle que l'apprentie que je suis n'est ni active ni passive par nature, ma colonne ne me fige pas dans une posture apparemment déterminée. Je suis ce que je décide d'être, active ou passive selon la valeur donnée par moi à mes silences, selon ma faculté à m'approprier tout ce qui est par les autres mis sur la table commune pour y manger ce dont j'ai besoin ou ce que je suis capable d'absorber et aussi selon ma capacité à donner à manger aux autres. Les colonnes m’apprennent par la dialectique entre l’unité et le complexe, la distance au monde pour ne plus être l’esclave des mots et du Verbe. Elles m’apprennent le danger de l’incarnation, le grave danger qu’il y a à se contenter de l’apparence revêtue par le symbole, à regarder le doigt et à ne pas essayer de soutenir l’éclat de la lune. Et toujours cette petite voix qui se manifeste : « ta colonne, tes colonnes, bon ! Moi aussi je serai toujours à tes cotés, nous sommes inséparables ne l’oublie pas. Tu ne pourras jamais m’oublier puisque moi je suis une part de toi et que chacun de tes pas manifeste une part de moi. » Apprentie franc-maçon, je porte en moi les deux colonnes. Si je veux construire solidement, je ne peux m’établir que dans la force, être en acte dans la puissance, en fondant ma démarche sur la complémentarité et non sur l’opposition, en combinant les principes enveloppé et enveloppant, yin et yang, ceci et cela qui sont réunis dans tout ce qui est manifesté. Pour former l’unité. Pour être celle que je serai. Je ne trouverai ma place dans la loge et dans le monde que lorsque j’aurai la réponse à ma question : de qui suis-je à la semblance ?

Alors qui sait ? maître JEDI un jour peut-être deviendrais-je.

Source : http://truthlurker.over-blog.com/article-5543083.html

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Remerciement

22 Juin 2014 , Rédigé par T.D

Je tiens à remercier notre Frère Apprenti T. F qui est le 1600ème abonné à ce blog.

 Merci de ta confiance et longue vie maçonnique !

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20 obédiences, 174 058 frères et soeurs !

21 Juin 2014 , Rédigé par François Koch Publié dans #histoire de la FM

Je publie une liste de 20 obédiences maçonniques avec leur nombre de frères et de sœurs. C’est une première. Le total est de 174 058 frères et sœurs (dont 32 457 sœurs soit 18,6%).  Il s’agit bien sûr de chiffres déclarés. Et il y a donc UNE question qui fera nécessairement débat : ces effectifs officiels sont-ils authentiques ?

1. Grand Orient de France (GODF) : 50 000 frères (dont 2,6% de sœurs).

2. Grande Loge de France (GLDF) : 33 000 frères.

3. Grande Loge nationale française (GLNF) : 25 500 frères.

4. Fédération française du Droit humain (FFDH) : 17 000 frères (dont 67% de sœurs).

5. Grande Loge de l’Alliance maçonnique française (GLAMF) : 14 700 frères.

6. Grande Loge féminine de France (GLFF) : 14 000 sœurs.

7. Grande Loge mixte de France (GLMF) : 4 900 (dont 45% de sœurs).

8. Grande Loge traditionnelle symbolique Opéra (GLTSO) : 4 700 frères.

9. Grande Loge européenne de la Fraternité universelle (GLEFU) : 2 400 frères (dont 22,5% de sœurs).

10. Grande Loge mixte universelle (GLMU) : 1 400 frères (dont 52% de sœurs).

11. Grande Loge féminine de Memphis-Misraïm (GLFMM) : 1 300 sœurs.

12. Ordre initiatique de l’Art royal (OITAR) : 1 200 frères (dont 50% de sœurs).

13. Grande Loge traditionnelle de France (GLTF) : 1 100 frères.

14. Grand Prieuré des Gaulles (GPDG) : 1 000 frères.

15. Grande Loge des cultures et des spiritualités (GLCS) : 900 frères (dont 30% de sœurs).

16. Grande Loge française de Memphis-Misraïm (GLFrMM) : 500 frères (dont 25% de sœurs).

17. Loge nationale de française (LNF) : 350 frères.

18. Grande Loge indépendante de France (GLIF) : 300 frères.

19. Grande Loge initiatique souveraine des rites unis (GLSRU) : 280 frères (dont 45% de sœurs).

20. Grande Loge nationale indépendante et régulière pour la France, les DOM et les TOM(GLNR) : 100 frères.

Petits commentaires sur l’évolution constatée sur 5 ans. Les effectifs ont progressé globalement de 9%. La proportion de sœurs n’a augmenté que d’1 point, passant de 17,6% à 18,6%. Les variations pour chaque obédience sont tellement différentes que cela en est troublant : GODF +1,6%, GLDF : +11,3%, GLNF:  -39% (scission), FFDH : +7,6%, GLFF : +9,4%, GLTSO : +17,5%, GLMF : +49%, GLMU : -3,4%, GLFMM : +8,3%. Et la LNF, sans changement.

Source : http://blogs.lexpress.fr/lumiere-franc-macon/2014/06/19/49475/

François Koch

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