Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles récents

Chevalierdu Temple : réception

3 Janvier 2007 , Rédigé par gibelain Publié dans #hauts grades

La chambre doit être tendue de noir, rempli de larmes, de têtes de mort et d'os en sautoir 1.

Les Chevaliers sont ornés d'un ruban noir, bordé de blanc; au milieu du ruban, sur l'estomac, est une tête de mort brodée en argent, un peu plus bas, deux os en sautoir, et trois larmes au-dessus de la tête de mort; au bas du ruban, pour l'attribut, est une lance en argent. On porte un ruban sur l'épaule gauche à la hanche droite, une ceinture de crêpe noir mise par-dessus l'habit, un mouchoir blanc atta­ché au côté gauche, des gants blancs et sur la tête nue. Pour toute lumière, il y a une Etoile Flam­boyante, laquelle donne ses rayons sur le tombeau; on la place au-dessus du tombeau jusqu'à ce que l'on ait retrouvé la lumière.

n'1 Le Maître Sage se place au midi, à genoux sur le genou droit, la main droite en équerre sur le tom­beau et sur le coeur de notre Maître Hiram.

n'2 Le Premier Sage se tient à genoux de même que le Maître, en faisant le signe, ayant les mains renversées en l'air au-dessus de la tête.

n’3 Le Second Sage se tient aussi à genoux, ainsi que le Premier, faisant le signe, les mains l'une dans l'autre et les doigts fermés.

n'4 Le Premier Sage Servant se tient dans le coin de la loge, à la gauche du Maître, à genou sur le ge­nou droit, faisant le même signe que le Second Sage, et a le visage contre terre.

Tous les Frères se remettent à genoux, sur le genou droit, la jambe gauche allongée formant une équerre, le visage contre terre appuyé sur les mains, et se frappant la poitrine en disant neuf fois : « II est innocent ! ». Après cela il  est répété par les cinq Chevaliers en charge 3.Ensuite, on le relève.

Le Maître dit : a Avant que d'ouvrir la loge, mes Frè­res, examinons et voyons s il ne se trouve pas parmi nous des traîtres et, pour nous donner des preuves de notre sincérité, que les signes, attouchement et parole me parviennent ! ».

Signe

 

C'est mettre les mains jointes, renversées, sur la tête, et le dedans des mains en dehors, et le genou droit plié, comme si on voulait se mettre à genoux.

Attouchement

C'est de croiser les mains l'une dans l'autre et se tenir à pleines mains et serrer les doigts.

Mots

 

Abyram, Nicanor, Sidnay me sont connus comme trois scélérats, qui ont privé de la lumière notre Respectable Maître Hiram.

S'il se trouve plus de Chevaliers en loge que les cinq officiers, le Chevalier qui est à la droite du Maî­tre donne le signe au Chevalier qui est à côté de lui, aussi bien quel attouchement et le mot, qu'on se fait passer de Chevalier en Chevalier jusqu'au Premier Sage, qui le donne au Second Servant, le Second Servant au Se­cond Sage et le Second Sage au Premier Servant, et le Premier Servant le donne au Sage Maître. Le Sage Maître dit : « Mes Frères, puisque nous sommes assez heu­reux qu’il ne se trouve point de traître parmi nous, que tous, de concert avec moi, nous en témoignons notre joie. Après quoi, nous ouvrirons le Saint des Saints » Tous les Frères forment une sorte de chaîne et se donnent l'attou­chement en se disant à l'oreille : Nous serons des Elus devant notre Grand Architecte ! ».

Le Sage Maître dit au Frère Premier Sage : « De la part de notre sage 14 nous devons prier pour notre Res­pectable Maître Hiram; ainsi, mes Frères, joignez-vous tous avec moi ». Tous les Frères se remettent à genoux sur le genou droit, la jambe [gauche] allongée formant une équerre, le visage appuyé sur les deux mains. Les Chevaliers peuvent répéter à voix basse avec le Maître Sage :

« Toi, Grand Architecte, qui a tiré du chaos de la terre tous les éléments, Toi, qui es juste, accorde d notre Maître la récompense de ses travaux et le prix de son silence »

Tous les Frères répètent neuf fois : Ainsi soit-il ! ».

Le Maître Sage dit : La prière nous a donné l'ouver­ture à la Loge et le commencement de nos Travaux ». Tous les Frères se relèvent.

Quand il n'y a point de réception, on fait le caté­chisme.

 Réception d'un Chevalier du Temple

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Sage Maître demande au Premier Sage s'il n'y a rien de nouveau.

Le Premier Sage répond : « Un Martre Maçon se présente pour entrer dans le Saint des Saints ».

D. Avez-vous des preuves de son assiduité et s'il a accompli les fonctions qui furent établies par le Roi Sage; et s'il n'a pas trempé ses mains dans le sang de notre Respectable Maître Hiram; et répondez-vous pour lui ?

R. Je ne réponds que pour moi-même

Le Maître lui dit : « Faites-le examiner par le Second Frère Servant et qu'il lui demande s'il n'est pas du nombre des assassins et s'il n'a pas d'armes à feu sur lui; que son épée doit lui suffire pour sa défense, qu'il consulte son courage avant d'aller plus avant, qu'il pourrait peut-être se trouver en danger, ne s'étant trouvé personne qui voulût répondre pour lui, et même ceux qu'il croit ses meilleurs amis ! »

Alors le Premier Sage dit au Second Sage, le Se­cond Sage au Premier Servant, et le Premier Servant au Second, qu'il donne la place au plus ancien des Chevaliers et sorte pour rendre compte au Récipien­daire et revienne dire au Maître ce qu'il a dit.

Le Maître Sage dit au Premier Sage : « Allez dire qu'on prépare pour lui l'entrée du Saint des Saints ».

Préparation du Récipiendaire

Il doit être pieds nus, la tête nue, les mains nues, sans tablier, les yeux bandés, une corde au col, laquelle lui fait trois ou quatre tours autour du col; le Second Sage Servant le conduit à la porte de la loge en frappant cinq fois neuf coups. Le Premier Servant, qui est en dedans, lui répond de même. Notez que les huit premiers se frappent vite et qu'il y a un petit inter­valle au neuvième. Ensuite, on ouvre la porte de la loge. Le Premier Servant, qui est en dedans, lui dit : « Que demandez-vous I ». Le Second lui répond que c'est un Maître Maçon qui demande à être reçu Che­valier du Temple.

Cela revient, de voix en voix, jusqu'au Maître Sage.

Le Maître Sage dit au Premier Sage : Demandez-lui s'il se sent assez de foire pour surmonter tous les obstacles et les dangers qui peuvent se rencontra . dans ces voyages »

Cela revient toujours de voix en voix. Il répond oui ou non .

D. Demandez-lui son nom de Maître, son âge et le mot de passe de Maître.

R. Il les a rendus; son nom est Gabaon et son âge est sept ans et plus. Le mot de passe est Giblim ou l'acacia m'est connu.

D. Faites-le entrer.

Le Maître Sage demande pourquoi l'on ne fait pas avancer ce Maçon; le Second Sage répond qu'il lui est impossible de pénétrer plus avant.

D. Qui vous empêche ?

R. Sage Maître, le soupçon que l'on a contre le Frère d'avoir eu commerce avec les misérables qui ont assassiné notre Maître Hiram.

Le Sage Maître ordonne qu'on lui donne des ar­mes et qu'il jure et promette, en qualité de vrai Ma­çon, de ne pas faire les voyages qu'il n'ait percé le coeur des traîtres qui ont trempé leurs mains dans le sang de notre Res­pectable Maître Hiram.

Le récipiendaire répond : « Oui, je jure et promets de ne pas finir mes voyages que je n'aie vengé sa mort ! »

Le Second Servant lui donne deux épées, une dans chaque main, les pointes en bas, et les tient à pleines mains par-dessus les siennes. Le Maître Sage dit : « Puisqu'il a des armes et qu'il nous a promis de ven­ger la mort de notre Respectable Maître Hiram et de nous donner des preuves de son courage, qu'il commence ses voyages, que l'orient, l'occident, le midi et le septentrion soient témoins de son zèle et de sa fidélité ! »

On le fait voyager pendant neuf fois le tour de la loge, en commençant par l'orient. Au neuvième tour, il se trouve des Chevaliers au septentrion qui font du bruit avec leurs épées, le Second Servant lui dit : « Mon Frère, il faut retarder nos voyages, voici des Chevaliers en danger de péril, si vous ne les secondez. Ils combattent con­tre les traîtres qui ont assassiné notre Respectable Maître. Montrez votre courage et montrez-vous digne d'être Cheva­lier. »

Le Second Servant lui fait tenir les épées, la poin­te en haut, et lui fait pousser neuf coups. Ensuite, il lui dit : « Mon Frère, je vous félicite, les monstres sont morts et vous vous êtes montré digne de devenir Chevalier »

L'on crie trois fois : « Victoire ! ».

Le Sage Maître dit : « Puisqu'il nous a donné des preuves de son courage, qu'il continue ses voyages par les élé­ments, savoir le feu, le fer, l'eau et l'air ! ». On le fait voyager neuf fois le tour de la loge, tenant les épées comme ci-dessus, la pointe en bas. A son neu­vième tour, tous les Frères forment un cercle autour de lui et on lui fait jurer qu’il n'a pas trempé ses mains dans le sang de notre Respectable Maître Hi­ram.

Ensuite le Sage Maître dit : Qu 'On le fasse passer par le feu ! »

On prend un flambeau, on y jette de la résine, qui forme une espèce d'éclair.

Le Maître Sage ordonne de lui faire continuer ses voyages.

On lui fait faire neuf fois le tour de la loge, comme ci-dessus. Et on lui fait les mêmes questions.

Le Sage Maître commande qu'il passe par le fer, les Chevaliers forment une espèce de voûte avec leurs épées au-dessus de sa tête.

Le Maître dit de continuer ses voyages. Il voyage encore neuf tours comme ci-dessus et on lui fait les mêmes questions.

On apporte de l'eau dans une bassine, on lui mouille les pieds, les mains et un peu la tête.

Le Maître Sage dit de continuer ses voyages. Il voyage neuf tours comme ci-dessus et on lui fait les mêmes questions.

Le Maître ordonne qu'il passe par l'air. Tous les Chevaliers l'enlèvent en l'air et le couchent, le ventre contre terre, au septentrion.

 

Le Maître Sage leur dit : « Chevaliers, donnez-lui le secours, il est innocent »

Tous les Chevaliers le relèvent et le portent au­près du Maître, le genou droit en terre, la main gau­che sur son épée. Le Maître Sage, tenant sa main droite, lui fait prononcer son Obligation.

Tous les Chevaliers se remettent dans la posture de l'Ouverture de la Loge.

Obligation

O Toi, Grand Architecte, qui tire du chaos les quatre éléments, qui nous a formés ci Ton image, qui nous a donné un cœur docile, dans lequel Tu as répandu toutes les semences de toutes les sortes de vertu, donne-moi présentement la force de remplir les engagements, les fonctions et les devoirs aux­quels je vais présentement m'obliger,- accorde-moi Ton secours et Ta bonté Je promets donc et jure à Toi, Grand Architecte, de ne jamais révéler aucuns des secrets, signes, mots et attou­chement qui me seront confiés dans la suite et de ceux qui m'ont été été donnés à aucun profane ni mime à aucun Frère Maçon que dans le Sanaa Sanctorum, en présence du tombeau de notre Respectable Maître Hiram, ayant reconnu des preuves de son innocence. Et, au cas d'infraction, je con­sens d'avoir les lèvres brûlées d'un fer rouge, la main coupée, mon corps pendu pendant la réception d'un Chevalier et qu'ensuite, il soit brûlé et que mes cendres et mon nom soient envoyées par toutes les loges de Chevaliers, afin qu'on se souvienne de ma perfidie. Pour garder les promesses, j'ai re­cours à Toi, Grand Dieu, afin que Tu me donnes la force de résister ainsi qu'a fait' notre Respectable Maître Hiram, à toutes les attaques qu'on pourrait me faire. Aide-moi, Grand Dieu, à garder ma promesse ! »

Ensuite, le Maître Sage dit au Second Servant : « Donnes-lui la lumière, qu'il jouisse des biens accordés par notre Grand Architecte à ceux qui sont du nombre des Chevaliers du Temple ! »

On fait un silence. Le sage Maître, ainsi que tous les Chevaliers, lui disent : 

 « Sage Chevalier, conservez-vous dans le bonheur dont vous jouissez. Gouttez-en les déli­ces, le sanctuaire de la vérité vous est ouvert, marchez d'un pas ferme. C'est ici le soir de la paix et de l'égalité, l'ami­tié j fixe son empire et rappelle l'homme aux devoirs de l'hu­manité, de la Religion et de la société civile, qualités essentiel­les, sans lesquelles un homme devient un fardeau sur la terre. Frère Premier Sage t,donnez à notre Frère nouvellement initié les signe, attouchement et parole pour que tous les Che­valiers puissent le reconnaître l'accueillir et le secourir dans le Saint des Saints, comme étant du nombre des Chevaliers »

Le Premier Sage lui donne le signe, l'attouche­ment et la parole. Ensuite, il les donne au Second Sage, au Premier Servant, au Second Servant et aux autres Chevaliers et, ensuite, il revient les donner au Maître Sage qui lui explique le signe 

 “ Sage Chevalier, le signe que vous venez de me donner ne peut être donné que dans le Saint des Saints, l'attouchement peut se donner par­tout, cependant prenez garde que quelque profane s en aper­çoive. Le mot est "Abram, Nicanor, Sidnay me sont connus"; ce sont les noms des trois scélérats que l’on soup­çonne d’avoir assassiné notre Respectable Maître Hiram, ce qui nous a été reconnu par leur absence et parce qu'ils n'ont plus paru dans le Temple. Voilà ce que vous ignoriez et ce qui vous met au nombre des Chevaliers »

Le Sage Maître dit à tous les Frères :

« Chevaliers Sages, que tous de concert nous nous félicitions d'avoir admis parmi nous un nouveau Chevalier qui, loin de chercher la ruine de la société, ne mérite que les moyens d'en assurer les fondements. Embrassons-nous, mes Frères, et faisons exalter notre joie »

Tous les Frères s'embrassent et frappent chacun neuf coups.

Pour fermer la Loge

Le Maître Sage dit : « Sages Chevaliers, nous appro­chons de la dernière heure du jour, le Soleil va finir sa car­rière, il nous faut préparer à finir nos travaux »

Tous les Chevaliers se mettent comme à l'ouver­ture de la loge et on observe le silence.

Le Maître Sage dit : « Premier Sage, informez-vous si le Frère Premier Servant a fini sa prière »

Le Premier Sage répond : « Oui, Sage Maître »

Le Maître Sage dit : « Sages Chevaliers, puisque nous avons tous adressé notre prière au Grand Architecte, pour qu'Il lui plaise de récompenser son hèle en faveur de notre Respectable Martre Hiram, martyrisé pour taire un secret, qu'il  a souffert la mort plutôt que d'enfreindre le serment qu'il avait fait au Roi des Rois,en présence de son Respec­table Maître Salomon, afin qu'il jouisse de la vue des anges et pour L'adorer de concert avec eux, répétons tous ensemble, Sages Chevaliers, il est innocent ! »

Tous les Frères en charge le répètent neuf fois. Alors le Maître Sage dit :

« Sages Chevaliers, voilà nos prières finies, nous allons fermer la loge du Saint des Saints. Cachons, s'il se peut, un trésor si précieux et renfermons dans nos azurs le de ignoré de tous les profanes et, pour en as­surer la durée, que tous les Chevaliers, de concert avec moi, jurent et promettent au Grand Architecte devant le tombeau de notre Respectable Maitre Hiram, de ne jamais révéler à aucun profane, ni mêmes aux Maçons, ce qui se passe dans le Saint des Saints »

Ici, on répète la même Obligation que ci-dessus.

Le Maître Sage leur dit : « Sages Chevaliers, les Obli­gations auxquelles nous venons de nous engager nous sont une preuve que nos cœurs se sont réunis et qu'il ne se trouve pas de traîtres parmi nous, puisque nos travaux n'ont pas été interrompus. Embrassons-nous en véritables Frères et promet­tons et jurons de ne jamais proposer des Maçons, pour être reçus Chevaliers du Temple, qui ne soient doués de toutes les vertus qu'il fauta un vrai Maçon » ....

Lire la suite

rituels numérisés

18 Septembre 2006 , Rédigé par gibelain Publié dans #Rites et rituels

Mes BAF's

je vous remercie de tous vos envois de rituels. Mon encyclopédie avance. Pour quelle soit presque complète, il me manque encore quelques rituels numérisés.

Je recherche , des rituels en français de KT-KM, des "cryptiques degrés", et des allied masonic degrees.

Merci

Mon adresse :

pod1@wanadoo.fr

 

Lire la suite

Contact Stricte Observance

25 Juillet 2006 , Rédigé par gibelain Publié dans #hauts grades

Mes BAF's,

j'aimerais rentrer en contact avec un Frère de la Stricte Observance, province d'Occitanie, pour mes recherches.

Discrétion assurée.

Frat

Patrick

pod1@wanadoo.fr

 

Lire la suite

Memphis Misraim

3 Juillet 2006 , Rédigé par gibelain Publié dans #hauts grades

Mes BAF's

si certains d'entre vous possèdent des rituels numérisés des hauts grades de Memphis Misraim,en français, je suis preneur.

Frat

Patrick

pod1@wanadoo.fr

Lire la suite

Retrait d'articles

8 Mai 2006 Publié dans #hauts grades

Conformément à mes engagements, j'ai retiré tout les articles concernant le Manuscrit d'Alger.

Lire la suite

lettre de Jean Baptiste Willermoz à Charles de Hesse

18 Avril 2006 , Rédigé par JB WILLERMOZ Publié dans #hauts grades

Lyon, 10 septembre 1810.   

 

A Son Altesse Sérénissime le Prince Charles (de Hesse-Cassel, Vice-Roi de Norvège et du  Wolstein, Maître provincial de la Province de l'Ordre, Le frère J.-B. WILLERMOZ, oncle,Chancelier provincial de la IIe Province de l'Ordre, dite d'Auvergne, à Lyon.  

 

Monseigneur, Très Illustre et révérendissime Frère, 

Près de vingt années se sont écoulées depuis que des circonstances impérieuses et de bien longue durée m'ont obligé de suspendre les relations de l'intime Fraternité qu'il m'était si  agréable, si consolant d'entretenir avec son Altesse Sérénissime, ainsi qu'avec le très illustre et sérénissime Frère Ferdinandus a Victoria dernier Grand Maître Général de l'Ordre, que l'inexorable mort nous a enlevé, dont je chérirai toujours la mémoire avec le souvenir de sa précieuse bienveillance, et qui, je n'en doute pas, est allé recevoir la récompense de ses vertus et de son grand amour pour notre divin Maître et Rédempteur, Jésus-Christ. Après un si long laps de temps et tant d'événements extraordinaires, Votre Altesse s'étonnera peut-être, en recevant la présente, d'y trouver la preuve de l'existence d'un homme qu'elle a daigné longtemps honorer de ses bontés, j'ose même dire de son amitié, et qu'elle a pu croire n'être plus dans ce monde. 

Oui, Monseigneur, j'existe encore malgré les dangers multiples dont ma vie a été menacée dans les temps orageux, je jouis même d'une parfaite santé exempte jusqu'ici des infirmités de la vieillesse, quoique chargé de 8o ans qui seront révolus dans peu de mois, et malgré une maladie grave, dont je fus attaqué au commencement de l'année dernière, qui dès la première semaine fit désespérer de ma vie tous ceux qui m'entouraient et se termina heureusement ; mais la divine Providence m'a conservé presque seul, tant à Lyon qu'en France, de tous ceux qui, par leurs fonctions et par leur longue expérience, pouvaient être utiles à l'Ordre ; ce qui m'a excessivement embarrassé dans bien des cas, me voyant isolé et privé de tout secours. 

Quoique éloigné corporellement de Votre Altesse, j'en ai été cependant souvent très rapproché par la pensée ; soit en relisant de temps en temps les lettres qu'elle m'avait fait l'honneur de m'écrire, du moins, celles qu'il m'a été possible de conserver, dans lesquelles se sont peinte la beauté de son âme, son grand amour pour la vérité, et qui m'ont rappelé des souvenirs bien chers et d'un grand intérêt ; soit en contemplant son portrait dont elle avait daigné me faire envoi, et qui orne maintenant mon cabinet.

Si la peinture en a été un peu altérée par 'les divers transports que j'ai été obligé d'en faire pour le cacher dons des temps, affreux, car s'il eût été découvert j'aurais infailliblement payé de ma tête sa conservation, je n'y reconnais pas moins tous les traits qui caractérisent votre personne et qui me le rendent précieux. J'ai pris aussi une vive part aux événements qui vous ont intéressés, tantôt en réjouissant, tantôt en affligeant votre cœur ; mais principalement à celui qui a placé sur le trône du Danemarck l'aimable princesse, votre fille aînéeMe permettrez-vous, Monseigneur, quelques questions sur des choses et sur des personnes, pour lesquelles, quoique vous tenant de moins près, vous aviez confiance et amitié. Qu'est devenu ce cher et digne Frère Baron d'Haugwitz (a Monte sancto), de Kapitz, et la sage école qu'il avait instituée par de solides instructions qui vous avaient été communiquées et dont plusieurs parties, essentielles sont dans mes mains ? Sa personne et cette école existent-elles encore ? A-t-il atteint le but final de ses travaux ? A-t-il été autorisé à les communiquer in plenis à des hommes préparés et choisis ? 

Qu'est devenu le Frère Baron de Wœchter ? A-t-il rencontré le grand supérieur qu'il cherchait ? En a-t-il reçu le nec plus ultra des grandes connaissances qui lui étaient promises ? En aurait-il donné connaissance à V. et au Sérénissime Grand Maître Général avant sa mort ? 

Qu'est devenu ce fameux chapitre illuminé de Suède, dont les Wœlner étaient les colonnes, qui sous la protection. de son chef le Sérénissime Frère (a sole vivificante) aujourd'hui sur le trône formaient à l'époque de Wilhemsbadt de si hautes prétentions et semblaient alors vouloir dominer en Allemagne ? Ce système qui fut rejeté par le Convent Général s'est-il répandu au-delà, s'est-il accrédité, existe-t-il encore ? Je n'ai eu jusqu'ici aucune connaissance qu'il ait pénétré en France. Qu'est devenu le Frère Schwartz (ab Urna) qui avait été nommé par le Convent Général Secrétaire Général de l'Ordre auprès de la personne du Sérénissime et Eminentissime Grand Maître Général, et archiviste du Grand Magister ? Existe-t-il encore ? Que sont devenues les archives générales de l'Ordre et les archives secrètes ? Ont-elle été à la mort du Sérénissime Grand Maître réunies et concentrées dans quelque main (il serait bien à souhaiter que ce fut dans les vôtres) ou dispersées dans plusieurs ? Enfin, existent-elles encore de manière à pouvoir suffire aux besoins des diverses provinces qui en réclameraient des actes ? 

Excusez, Monseigneur, tant de questions, il vous sera facile de démêler mes vrais motifs en les faisant, pour ne pas les attribuer à une simple curiosité ; j’en aurais même quelques autres à faire, mais moins importantes, et je m'arrête ici pour ne pas abuser de vos bontés et ne pas me rendre importun. 

Votre Altesse Sérénissime désire peut-être aussi de son côté d'apprendre ce qu'est devenu l'Ordre en France, et en quel état il se trouve aujourd'hui. J'entends ici par le mot Ordre l'ordre maçonnique intérieur et secret du régime rectifié à Wilhemsbad pour ne pas le confondre avec le régime du Rit français que suit la généralité des loges en France sous la direction du Grand-Orient de France à Paris. 

Depuis l'époque de Wilhemsbad, la prospérité de l'Ordre dans le régime rectifié alla toujours en croissant, en France et en Italie, jusqu'en 1790 ; mais, en 1792, sa décadence fut prompte, et aussi rapide que dans tous les autres régimes, par la force des événements qui survinrent dans l'ordre politique, et l'année suivante, 1793, en acheva la ruine par la mort et la dispersion de ses membres les plus utiles. La cessation absolue de tous les travaux et l'extinction des loges et chapitres fut consommée en 1794. Cet état de choses a duré très longtemps et serait encore à présent à peu près de même ; car ce n'est encore que dans quelques cantons isolés que depuis quelques années on a commencé à se réveiller. Mais nous touchons à une époque mémorable qui parait devoir lui rendre bientôt son éclat à la faveur d'une haute protection que la divine Providence lui a procurée en France l'année dernière pour atteindre ce but ; ce dont j'aurai l'honneur, avant de finir la présente, d'instruire Votre Altesse. Mais, pour lui rendre plus sensible le tableau que je vais tracer et la série des événements, je dois en reprendre, les détails de plus haut, et même remonter jusqu'à des faits qui lui ont été déjà connus. 

Votre Altesse se rappelle sans doute que le temps que les députés au Convent Général pouvaient accorder pour la durée de cette assemblée étant insuffisant pour perfectionner la multitude des travaux projetés, on s'occupa d'abord des plus importants ; on se borna ensuite à esquisser la réforme des grades symboliques et des deux de l'ordre intérieur. L'esquisse, des trois premiers considérée comme suffisante pour satisfaire la première impatience des o et des X et leur faire connaître le véritable esprit qui avait dirigé ce travail, fut imprimée et distribuée aux députés ; une commission spéciale prise dans le sein de l'assemblée parmi les Frères d'Auvergne et de Bourgogne, connus pour les plus instruits, fut chargée d'en faire plus à loisir la révision et la rédaction définitive, avec la faculté de s'adjoindre, à Lyon et, à Strasbourg, les Frères qu'ils jugeraient les plus capables de leur aider à perfectionner ce grand et important travail. Les bases du 4e grade furent aussi arrêtées, et Votre Altesse me confia personnellement les instructions et l'esquisse du tableau figurant la nouvelle Jérusalem et la Montagne de Sion surmontée de l'Agneau triomphant, le tout écrit de sa propre main et adopté par le Convent pour me diriger dans cette partie du travail. Les rituels français de Novices et de Chevaliers furent aussi pris pour base, de la révision de cette classe. 

Cette commission divisée en deux sections à cent lieues de distance l'une de l'autre, reconnut dès la première année de 1783 que les communications par correspondance de chaque parcelle du travail, prolongeraient son ensemble pour bien des années, on chercha donc les moyens de parer à cet inconvénient. Les FF. de Bourgogne, pleins de confiance envers ceux d'Auvergne, qui offraient à Lyon un plus grand nombre d'hommes capables qu'à Strasbourg, engagèrent ceux-ci à se charger de l'ensemble de l'ouvrage ; sauf la communication à leur donner de chaque partie avant qu'elle fût définitivement arrêtée ; c'est sur ce plan que tout le travail fut exécuté. 

La rédaction définitive ainsi concertée, ayant été adoptée par les trois provinces françaises et par celles d'Italie vers la fin de 1786, fut présentée à l'Eminentissime Grand Maître Général qui y donna son approbation en 1787 et dès lors ils furent publiés dans les X de France. L'époque de cette publication fut celle de la brillante prospérité du régime rectifié dont j'ai parlé plus haut. Les FF. des o du Rit français étant admis comme visitants dans les nôtres, frappés de la décence, de la gravité de nos cérémonies, de la solidité des principes moraux et religieux qui y étaient développés, et qui étaient si nouveaux pour eux, demandèrent avec un grand empressement d'être affiliés au régime rectifié. Des o entières demandèrent à y être réunies ; mais, manquant dans leur sein d'hommes capables de les diriger selon les vrais principes, on ne tarda pas à se repentir de les avoir pris en masse, et on se borna dès lors à un bon choix parmi les individus ; ce dont on a toujours eu lieu de s'applaudir. J'ignore si ces rituels symboliques ont été présentés aux. chapitres allemands et s'ils y ont été adaptés ; j'appris seulement quelque temps après que plusieurs de ces chapitres fortement attachés à leur système favori de restauration de I'O[rdre] du T[emple] auquel le Convent Général avait authentiquement renoncé, se montraient peu disposés à adapter des formes contraires à ce système. 

Quoi qu'il en soit, après la révision des trois premiers grades symb., il paraissait convenable de faire celle du 4e, ce qui aurait complété cette classe et en aurait accéléré la publication. 

Mais la commission se rappelant que le Convent avait considéré ce 4e comme intermédiaire entre le Symbolique et l'Intérieur, comme le complément du premier et préparatoire au second, enfin comme le point de liaison des deux. classes, crut devoir en suspendre la révision, et faire auparavant celles des deux rituels de Noviciat et de Chevalerie ; ces derniers n'exigeant point un travail ni long, ni difficile, et n'ayant plus besoin que d’être perfectionnés. Ceux-ci étant finis, la commission entreprit le travail du 4e dans les vues qui avaient été apportées de Wilhemsbad, elle s’en occupa longtemps avec une grande attention, sentant toute l'importance du travail qui lui était confié. Il était très avancé et presque fini lorsque les Etats Généraux de France furent convoqués. Plusieurs membres de cette commission jouissant d'une réputation distinguée, et appartenant aux Trois Ordres politiques, furent élus pour se rendre à cette assemblée ; leur départ faisant un grand vide dans la commission fit suspendre le travail jusqu'à un temps plus favorable pour le reprendre et ce temps n'est plus revenu. Elle remit entre mes mains tout ce qu'elle avait fait, ainsi que tous les renseignements, instructions et tableaux qui avaient été fournis par le Convent et par Votre Altesse, et j'en suis resté constamment dépositaire jusqu'à ce jour. 

Les provinces, informées que l'ouvrage était très avancé et qu'il laissait une grande lacune dans la rectification générale qui avait été annoncée, ne cessèrent de réclamer la confection et l'envoi de ce 4e, mais il ne fut pas possible de les satisfaire ; car la divergence des opinions politiques ne tarda pas bien longtemps à diviser partout les esprits. Celui de discorde vient bientôt souffler son poison dans les loges comme partout ailleurs ; celles du régime rectifié, plus fermes dans les principes, résistèrent plus longtemps que les autres, mais furent ensuite entraînées par le torrent. Les Frères Grands Profès, disséminés çà et là, réunirent leurs forces, soutinrent courageusement les chocs et firent tête à l'orage le plus longtemps qu'il fut possible ; mais, à leur tour, ils furent accablés. La faux révolutionnaire moissonna les plus fermes appuis de l'Ordre, dispersa les hommes qui lui étaient le plus utile et la mort naturelle a ensuite enlevé successivement le peu qui restait de ceux-là. J'ai été seul épargné de tous ceux qui remplissaient des dignités ou de grandes charges dans la province. J'en bénis chaque jour la Providence en attendant qu'elle me trace la route que je dois suivre pour ce qui concerne l'Ordre.

 

Pendant la violence de cet orage épouvantable, la terreur s'empara des esprits dans toutes les provinces de l'Ordre ; chacun ne songeant qu'à sa propre sûreté et craignant de la compromettre en conservant quelques titres ou documents, on se hâta de les détruire, et partout les archives des X furent vidées. Les titres, documents, rituels et instructions furent réduits en cendre, et la disette en est depuis lors extrême partout. J'ignorais ce qui se passait dans les diverses contrées de la France ; car il n'était plus possible de correspondre nulle part. Mais, deux ou trois jours avant le commencement du siège qui menaçait la ville de Lyon, effrayé du danger que couraient les archives provinciales dont le dépôt m'était confié dans la maison de l'Ordre située hors de la ville je m'y transportai le plus secrètement possible, avec un seul servant d'armes courageux ; je vidai les armoires, j'entassai à la hâte ce qu'elles contenaient dans des malles, et je fus assez heureux pour les faire rentrer dans la ville le même jour, car dès le lendemain, il n'était plus temps ; le pont de communication de la ville à la maison d'Ordre ayant été rompu, et, trois jours après, cette maison et tout ce que je n'avais pu enlever fut brûlé et réduit en cendres. Une bombe tombée sur la maison en ville, où je venais de prendre un asile, mit en poussière une de ces malles remplie de registres, procès-verbaux et documents de tous genres. Après le siège, je me vis obligé par de nouveaux dangers plus pressants, qui me forcèrent de fuir et de me cacher, de réduire au plus petit volume ces archives, afin de pouvoir emporter avec moi ce que je n'avais pu enterrer ou déposer en mains sûres. J'ai été arrêté et emprisonné trois fois, et la troisième, le jour même où je fus condamné à la mort pour le lendemain, la chute de l'atroce tyran de la France, Robespierre, me rendit à la liberté. 

C'est ainsi, Monseigneur, qu'au milieu des plus grands dangers de tous genres, j'ai eu le bonheur de conserver ce qu'il y avait de plus précieux dans ces archives détruites partout ailleurs, et que je me trouve encore possesseur des originaux, (les rituels et instructions de l'O. symbolique et de l'O. intérieur, de beaucoup de titres et documents, de quelques parties essentielles de mes correspondances privées soit avec Votre Altesse et l'Eminentissime Grand-Maître Général, soit avec les S.S. F.F. Duc de Sudermanie, aujourd'hui sur le trône de Suède Prince de Wirtemberg, régnant à Stutgard et le Prince Maximilien régnant en Bavière, qui, je crois, ne s'en ressouviennent guère et s'en occupent aujourd'hui encore moins, et avec beaucoup d'autres personnes d’un rang distingué en France et au dehors. Il me reste aussi quelques fragments d'une correspondance privée avec le Sérénissime défunt Duc de Glocester, avec lequel j'avais eu divers entretiens familiers, lorsqu'il passait à Lyon au retour de ses voyages d’Italie, accompagné d'un de ses amis et des miens. Le Sérénissime Frère, frappé de l'ordre et de la beauté des rituels et instructions du régime rectifié, par comparaison avec les rituels anglais dont il ne faisait aucun cas, avait formé le projet d'introduire notre régime en Angleterre, ce qui était l'objet de notre correspondance ; mais la guerre y a mis fin. 

Ah ! Monseigneur, que les hommes, si nombreux aujourd'hui, qui ne veulent pas croire à une Providence active et directrice des événements, qui attribuent tout un hasard aveugle ou à des causes secondes, en méconnaissant la première, celle qui met en action toutes les autres, sont à plaindre ! Comment peuvent-ils expliquer autrement que par Elle, cette multitude d'événements généraux et particuliers d'un si grand intérêt ? Peut-on ignorer que si, pour parvenir à ses fins, elle trouve les vertus des hommes trop pures sur la terre, elle sait employer leurs passions, leurs vices leurs crimes même pour atteindre le but qu'elle s'est proposée ? 

Un des événements qui m'a le plus consolé au milieu de tant de calamités, c'est d'avoir eu le bonheur de sauver les archives particulières du Collège métropolitain de France, séant à Lyon ; c'est-à-dire les instructions et documents de la classe secrète des Chevaliers Grands Profès et diverses notes scientifiques et historiques qui m'avaient été confiées privément par Vos Altesses à Wilhemsbad. C'est à cette classe, qui est le dernier grade en France du régime rectifié, qui était répandue en petit nombre, partout inconnue et dont l'existence même est soigneusement cachée depuis son origine à tous les Chevaliers qui n'ont pas encore été reconnus dignes ou capables d'y être admis avec fruit, qu'était due la prospérité du régime dont j'ai parlé plus haut C'est elle qui, dans les temps orageux a été le palladium et le conservateur des principes fondamentaux de l'Ordre, qui j'espère le redeviendra encore bientôt, comme elle peut aussi en devenir le tombeau partout où elle sera livrée à des hommes qui n'ont que de la curiosité et ne savent profiter de rien, ou à des hommes légers et insouciants, pour qui l'enveloppe est tout, et qui ne pénètrent jamais jusqu'aux noyaux. J'aurais été vraiment inconsolable si les archives de cette classe si précieuse eussent subi à Lyon, qui est son dépôt général, le même sort de destruction qu'elles ont éprouvé partout ailleurs. 

Lorsque l'homme vraiment extraordinaire qui gouverne aujourd'hui la France, si évidemment suscité par la divine Providence pour y rétablir l'ordre et la tranquillité intérieure, fut parvenu à étouffer les haines et les dissensions qui avaient fait tant de ravages, les débris des loges et des chapitres disséminés dans quelques parties de la France se réunirent et cherchèrent à reprendre quelque activité : mais les rituels et les instructions brûlés et détruits partout leur en ôtaient tous les moyens. Informé par la suite que j'en avais sauvé et conservé le dépôt provincial, on s'adressait à moi de tout côté pour en obtenir des copies, s'annonçant comme des Frères nus en tous genres ; mais il me fut impossible de satisfaire à ces demandes, n'ayant auprès de moi aucun copiste digne de ma confiance que j'accorde difficilement pour ces objets. 

Les principaux établissements directoriaux de France étaient sans aucune activité ; je restais seul à Lyon ; la mort, les démissions anciennes et l'émigration avaient totalement éteint celui de Bourgogne à Strasbourg ; celui d'Occitanie à Bordeaux avait cessé d'exister avant même la Révolution. Vu son obstination, dans le système de restauration de l'Ordre du Temple et son refus d'adhérer aux décisions du Convent Général, tous ses droits de chapitre et de Directoire provincial avaient été transférés dès 1874 au Chapitre prioral de Septimanie à Montpellier, conformément au recès du Convent général. Celui-ci a depuis plusieurs années repris un peu d'activité. Dans le ressort d'Auvergne, partout où j'ai pu former un noyau de chevaliers Gr. Pr... capables de diriger sur les lieux les travaux, j'ai favorisé autant que j'ai pu de nouveaux établissements maçonniques. C'est ainsi qu'il en existe à Marseille, Aix, Avignon, etc., et un très important à Paris. Mais ils m'ont tous demandé instamment d'être constitués régulièrement par le Directoire d'Auvergne en loge réunie au régime rectifié. 

C'est ici, Monseigneur, que j'ai été le plus embarrassé. Ce Directoire n'existait plus à Lyon que dans ma personne et ne pouvait, par conséquent constituer in plenis. Mais, considérant que, soit en qualité de Chancelier et d'Agent général de la province, soit en vertu des pouvoirs qui me furent personnellement délégués dès lors par le diplôme de fondation du défunt Révérentissime Maître Carolus ab Ense ; considérant aussi les besoins du moment et l'impossibilité d'y satisfaire autrement, j'ai pris sur moi d'accorder en ma susdite qualité à ces établissements des patentes de constitutions provisoires, pour leur valoir jusqu'à ce que le Directoire régulièrement composé puisse leur en accorder de définitives. Je prie instamment Votre Altesse qui connaît parfaitement les règles et usages de l'Ordre, de me dire avec sa franchise naturelle si j'ai dû agir ainsi, ou si j'ai trop pris sur moi, car je me trouve encore en ce moment dans le cas d'agir ainsi dans une autre partie. 

Je viens de parler d'un établissement maçonnique formé à Paris en 18o8, et que j'ai ensuite constitué de même en Préfecture provisoire. Il y prospère beaucoup sous le titre de loge du Centre des Amis. C'est une pépinière de l'Ordre qui nous a déjà rendu de grands services. Car c'est par les soins des principaux membres de cette loge qui furent alors députés auprès de moi à Lyon, pour obtenir et copier les rituels, instructions et documents de tous les grades du régime, que nous devons l'honneur et l'avantage inappréciable d'avoir maintenant un chef, un protecteur et un Grand Maître national du régime rectifié en France dans la personne du Sérénissime Frère de Cambacérès, Prince Archi-Chancelier de l'Empire, Duc de Parmes, etc. (in ordine Eques Joannes Jacobus Regis a legibus), qui était déjà depuis quelques années Grand Maître des Loges du Rit français, dirigées par le Grand-Orient de France. Après avoir reconnu et apprécié les grandes différences caractéristiques qui sont entre le Régime rectifié et le Rit français, il a bien voulu accepter en juin 1809 l'élection que les deux Directoires d'Auvergne et d'Occitanie, seuls existant alors en France, ont fait de sa personne ; ce qui nous promet, vu le vif intérêt qu'il prend à la prospérité de l'Ordre, un avenir des plus satisfaisants pour nous, et dont les heureux effets pourraient un jour rejaillir sur l'Europe entière. Les deux provinces électrices ont ensuite formé à Paris un conseil d'administration nationale auprès de la personne du Sérénissime Grand Maître qui le préside ; il est composé quant à présent des quatre conseillers représentant les deux Provinces, d'un Chancelier National et d'un Secrétaire Général de la Chancellerie Nationale, qui sont tous Ch. Gr. Profès. C'est à ce conseil que se réfèrent toutes les affaires nationales. 

La province de Bourgogne, éteinte depuis longtemps à Strasbourg, parait aujourd'hui vouloir prendre une nouvelle existence à Besançon. Quelques observateurs de l'ancienne Commanderie qui existait autrefois dans cette dernière ville, se réunissant à quelques-uns encore existants, dans les environs de Strasbourg, et appuyés de suffrage de ceux qui ont appartenu autrefois au Grand Prieuré d'Helvétie à Bâle, ont formé le projet de transférer le chef-lieu provincial et le siège magistral à Besançon. Ils ont à cet effet présenté requête vers la fin de 1809 au Sérénissime Grand-Maître qui, de l'avis, de son conseil d'administration et avec le consentement des provinces d'Auvergne et d'Occitanie, et après avoir rempli toutes les formalités prescrites par les lois et usages, vient d'accorder provisoirement leurs demandes, réservant le définitif à la décision d'un Convent général ou national. Cet événement qui me parait fort heureux complétera la principale organisation nationale. 

J'ai annoncé plus haut à Votre Altesse que le travail de rédaction presque fini du 4e grade de Maître Écossais, avait été forcément suspendu en 1789 ; que la commission qui en avait été chargée avait remis alors entre mes mains, en se séparant, tout ce qui était nécessaire pour l'achever, et que cette lacune dans la totalité de la révision générale avait donné lieu à beaucoup d'instances faites de tout côté, que je n'avais pu satisfaire, n'osant pas prendre sur moi seul de compléter ce travail. Vingt années se sont écoulées en cet état ; mais l'année dernière, après l'a grande maladie que j'essuyai, me voyant rester seul de tous ceux qui avaient participé à cet ouvrage, effrayé du danger que je venais de courir et sentant vivement toutes les conséquences fâcheuses qui en résulteraient si cette lacune dans le régime rectifié n'était pas remplie avant ma mort, j'osai entreprendre de le faire. Il ne restait qu'à lier les différentes parties du rituel, et à mettre la dernière main aux explications des tableaux et aux Instructions de ce grade. Ce rituel a été publié dans les loges réunies de France vers la fin de 1809 ; et il a été accueilli partout avec la plus grande satisfaction ; je regrette seulement que le défaut de copistes ne m'ait pas permis de le communiquer encore à tous les établissements maçoniques qui le demandent. 

Pour pouvoir informer Votre Altesse de ce qui s’est passé d'intéressant dans nos contrées concernant l'Ordre, il m'a fallu entrer dans des détails qui auront pu fatiguer son attention. Je la prie d'excuser la longueur de cette lettre, le désordre même qui règne dans sa contexture, car commencée depuis plus d'un mois, elle doit inévitablement se ressentir de toutes les reprises et interruptions qu'elle a éprouvées. Ma main, depuis les fortes secousses morales que j'ai subies, me refuse son service pour toute écriture suivie. Je suis obligé d'emprunter celle de mon neveu (a lilio albo) fils aîné de mon frère (a concordia)pour écrire sous ma. dictée. Etant Chevr et Gr. Prof. il est le seul dont je puisse me servir pour des écritures confidentielles ; mais se trouvant excessivement occupé ailleurs tout le jour, il ne peut m'accorder de temps en temps que des moments bien courts. Vous voyez par là, Monseigneur, à quels titres je réclame votre indulgence. 

Je suis entièrement retiré de toutes affaires extérieures, je vis depuis 15 ans dans un petit domaine rural dans l'intérieur de la ville, situé à l'une de ses extrémités, sur une colline où l'air est très favorable à ma santé ; la culture de la vigne et des fruits y occupe mes loisirs. J'y serais heureux si je n'avais eu le malheur de perdre, il y a deux ans, une épouse chérie à la suite d'un accouchement forcé avant terme. De tous les enfants que j'ai eu il ne me reste qu'un fils très bien constitué, mais âgé seulement de cinq ans et qui est destiné par la Providence à rester sans doute bientôt orphelin C'est là l'épine qui souvent fatigue mon cœur, mais je me soumets comme je le dois à toutes ses blessures. 

Depuis bien longtemps, je désire d'avoir l’Honneur de vous écrire, mais je ne savais comment vous adresser et vous faire parvenir sûrement ma lettre. J'adresse celle-ci à Paris et j'ai tout lieu de croire que par l'organe de nos Frères, elle arrivera dans vos mains, ce que je désire beaucoup d'apprendre. Si Votre Altesse daigne m'honorer d'une réponse qui est bien désirée, elle me parviendra certainement à l'adresse qui suit ma signature, et en cas d'accidents sur ma personne, elle tomberait dans les mains d'un autre moi-même qui est membre de l'Orde Intr (a ponte alto) excellent Chevr Gr. Pr. mon ami et mon confident en tout, ayant le titre de Visiteur Général de la Province, mais qui par la nature et l'immensité de ses occupations civiles ne peut quant à  présent me seconder en rien. 

Prêt à finir ma lettre, j'en reçois une fort inattendue, mais bien agréable du cher Fre Baron de Turkeim aîné (a flumine), ancien Chancelier provincial de la Vequi par ses talents distingués et sa très grande activité, fut bien utile à Wilhemsbad où il assista dans sa qualité de Visiteur Général de la même. Trompé par de faux avis, il croyait qu'après le siège de Lyon, j'avais été immolé comme des milliers d'autres bons citoyens par le fer des bourreaux de la France. Venant d'apprendre que j'existais encore, il s'est empressé de m'en témoigner son grand contentement avec une effusion de joie et d'amitié les plus touchantes. Dégoûté des grandes agitations de la scène du monde, mûri par son âge de 6o, ans, et s'étant démis depuis très longtemps de ses charges et dignités dans l'Ordre, pour vivre hors de la province qu'il a quitté depuis 20 ans, il se montre peu disposé à y reprendre aucun intérêt dans les choses ostensibles ; Maïs il conserve un invincible attachement à la Grande Profession des Chevrs et aux vérités sublimes qu'elle renferme, dont il fait son étude habituelle. 

Intimement attaché à notre sainte religion chrétienne, son ambition s'est éteinte, sa grande vivacité est devenue très modérée ; sa raison s'abaisse avec plaisir devant la Croix, et se plie sous le joug de la foi en notre Seigneur et Maître J.-C. Enfin il se croit maintenant tel que je désirais de le voir il y a 25 ans, et il me remercie affectueusement d'y avoir un des premiers beaucoup contribué dès lors. 

J'ai pensé qu'il serait agréable à Votre Altesse d'apprendre des nouvelles de l'existence et des heureux changements survenus dans un si digne et si aimable Frère, dans un homme auquel vous aviez accordé une bonne part dans votre estime ; et je n'ai pas craint d'en prolonger un peu la présente pour en saisir l'occasion. Je la finis enfin en vous priant, Monseigneur, d'agréer l'expression du plus sincère attachement à votre personne et du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, Monseigneur, De Votre Altesse Sérénissime, Le très humble, très dévoué, et très, affectionné serviteur et Frère d'Ordre.  

 

J.-B. Willermoz

 Oncle, propriétaire aux Collinettes,Montée Saint-Sébastien 41, à Lyon.

 

Lire la suite

Discours historique

18 Avril 2006 , Rédigé par Rituel d'Elu Secret Publié dans #hauts grades

 

 La pompe funèbre étant finie, et les travaux repris, Salomon n'eut pas de soin plus pressant que la perquisition des meurtriers d'Hiram, pour leur faire subir une punition proportionnée à leur crime. L'absence de trois Compagnons et de leurs outils, instruments de leur forfait, ne laissa aucun doute sur les coupables. Le plus vieux des trois, comme le plus criminel, fut désigné spécialement par le nom infâme d'Abibala, meurtrier du père. Un inconnu vint se présenter à la porte du palais, et s'étant fait introduire en secret auprès du Roi, lui révéla le lieu de la retraite des malfaiteurs. Salomon ne voulut confier à aucun étranger une commission si délicate ; mais, assemblant pendant la nuit le Conseil extraordinaire des Maîtres, il leur déclara qu'il avait besoin de neuf d'entre eux pour une commission importante, qui demandait du courage et de l'activité ; qu'il connaissait leur empressement et leur zèle ; qu'il ne voulait accorder de préférence à aucun d'eux, que le sort seul en déciderait, et que le premier que le sort aurait désigné serait le chef de l'entreprise. Il fit donc jeter devant lui tous les noms dans un scrutin. Le premier nom qui sortit fut celui de Joaben : il fut le chef de l'entreprise. Les huit autres furent élus successivement. Salomon congédia les Maîtres, et retint près de lui les neuf Elus. Il se retira avec eux dans le lieu le plus reculé des travaux ; là, il leur exposa la découverte qu'il venait de faire à l'aide d'un inconnu. Ils concertèrent entre eux les mesures qu'il fallait prendre pour réussir. Les Elus prêtèrent serment de venger la mort d'Hiram. Ils prirent pour mot de reconnaissance le nom du plus coupable, et sortirent de la ville avant le jour, afin de n'être vus de personne, marchant par des détours et des pays perdus, sous la conduite de l'inconnu. Ils arrivèrent à vingt-sept milles de Jérusalem, du côté de Joppa, près d'une caverne au bord de la mer, nommée la caverne de Benacar (fils de la stérilité, ou lieu stérile), où Abibala, meurtrier du père, et ses complices avaient coutume de se retirer. En effet, vers la fin du jour, ils aperçurent deux hommes qui marchaient avec précipitation vers la caverne. On les reconnut bientôt pour être des coupables, car, dès qu'ils eurent aperçu la troupe, ils prirent la fuite à travers les rochers, et se précipitèrent dans une fondrière, où les Maîtres les trouvèrent expirants.

Joaben, un peu écarté de ses camarades, aperçut le chien de l'inconnu, qui dirigeait sa route vers la caverne, ayant l'air de suivre quelqu'un à la piste. Ce zélé Maçon y court seul, et y pénètre par une descente fort roide, de neuf degrés, taillée dans le roc. Il aperçut, à la faveur d'une lampe, le traître qui venait de rentrer, et qui se disposait à se reposer. Ce malheureux, saisi de frayeur à la vue d'un Maître qu'il reconnut, se sacrifia lui-même en se plongeant un poignard dans le cœur. Joaben se saisit du poignard du traître, et sortit victorieux de la caverne. Il aperçut en sortant une source d'eau qui jaillissait d'entre les rochers ; il y courut se rafraîchir et remettre ses sens agités. Les Elus résolurent de laisser les corps en proie aux bêtes féroces ; ils s'emparèrent des têtes des trois scélérats, et repartirent dès le soleil couché. Ils se rendirent la nuit même à Jérusalem, où ils surprirent agréablement Salomon, en lui rendant compte de leur expédition. Il témoigna aux neuf Maîtres la satisfaction qu'il en avait, et voulut qu'ils portassent le nom distinctif d'Elus. Il leur ajouta six Maîtres qui n'étaient pas de l'expédition, ce qui forma le nombre de quinze Elus, au lieu de neuf qu'ils étaient dans le principe. Ils obtinrent, pour marque de décoration, une grande écharpe noire qui leur passait de l’épaule gauche à la hanche droite et au bout de laquelle était un poignard à poignée d'or. Les mots de reconnaissance et leurs signes furent analogues à l'action qu'ils venaient de faire. 

Par la suite, leur emploi fut l'inspection générale, à quoi les rendaient propres l'ardeur et la sévérité qu'ils avaient montrées. Lorsqu'il était question de rendre compte ou de procéder au jugement de quelque Maçon, le Roi les assemblait extraordinairement dans un lieu secret. L'inconnu, qui n'était qu'un pâtre, fut amplement récompensé. Il entra dans le corps des Maçons, et par la suite, quand il fut suffisamment instruit, il y obtint une place d'Elu. Les têtes des scélérats restèrent exposées pendant trois jours dans l'intérieur des ouvrages, avec l'instrument qui avait servi à leur attentat ; au bout de ce temps, elles furent consumées par le feu, leurs cendres jetées au vent, et leurs outils brisés. Le crime et la punition furent un secret. Salomon voulut qu'il restât concentré parmi les Maçons. La vengeance étant accomplie, il ne s'occupa plus que de mettre fin à son ouvrage. 

 

Lire la suite

Initiation et formes traditionnelles

18 Avril 2006 , Rédigé par R GUENON Publié dans #spiritualité

On peut dire que chaque forme traditionnelle particulière est une adaptation de la Tradition primordiale, dont toutes sont dérivées plus ou moins directement, à certaines circonstances spéciales de temps et de lieu ; aussi ce qui change de l'une à l'autre n'est-il point l'essence même de la doctrine, qui est au-delà de ces contingences, mais seulement les aspects extérieurs dont elle se revêt et à travers lesquels elle s'exprime. Il résulte de là, d'une part, que toutes ces formes sont nécessairement équivalentes en principe, et, d'autre part, qu'il y a généralement avantage, pour les êtres humains, à se rattacher, autant que possible, à celle qui est propre au milieu dans lequel ils vivent, puisque c'est celle-là  qui doit  normalement  convenir  le  mieux  à leur nature individuelle. C'est là ce que faisait remarquer à juste raison notre collaborateur J.-H. Probst-Biraben à la fin de son article sur le Dhikr1; mais l'application qu'il tirait de ces vérités incontestables nous paraît demander quelques précisions supplémentaires, afin d'éviter toute confusion entre différents domaines qui, tout en relevant également de l'ordre traditionnel, n'en sont pas moins profondément distincts.                                            

Il est facile de comprendre qu'il s'agit ici de la distinction fondamentale, sur laquelle nous avons déjà bien souvent insisté ailleurs, entre les deux domaines que l'on peut, si l'on veut, désigner respectivement comme « exotérique » et « ésotérique »,  en donnant à ces termes leur acception la plus large. Nous pouvons aussi identifier l'un au domaine religieux et l'autre au domaine initiatique; pour le second, cette assimilation est rigoureusement exacte dans tous les cas; et, quant au premier, s'il ne prend l'aspect proprement religieux que dans certaines formes traditionnelles, celles-ci sont les seules dont nous ayons à nous occuper présentement, de sorte que cette restriction ne saurait présenter aucun inconvénient pour ce que nous nous proposons. Cela dit, voici la question qu'il y a lieu d'envisager : lorsqu'une forme traditionnelle est complète, sous le double rapport exotérique et ésotérique, il est évidemment possible à tous d'y adhérer pareillement, soit qu'ils entendent se limiter au seul point de vue religieux, soit qu'ils veuillent suivre en outre la voie initiatique, puisque les deux domaines leur seront ainsi ouverts l'un et l'autre. Il doit d'ailleurs être bien entendu que, en pareil cas, l'ordre initiatique prend toujours son appui et son support dans l'ordre religieux, auquel il se superpose sans s'y opposer en aucune façon; et, par conséquent, il n'est jamais possible de laisser de côté les règles relevant de l'ordre religieux, et plus spécialement en ce qui concerne les rites, car ce sont ceux-ci qui ont la plus grande importance à ce point de vue, et qui peuvent établir effectivement le lien entre les deux ordres. Donc, quand il en est ainsi, il n'y a aucune difficulté à ce que chacun suive la tradition qui est celle de son milieu; il n'y a de réserve à faire que pour les exceptions, toujours possibles, auxquelles faisait allusion notre collaborateur, c'est-à-dire pour le cas d'un être qui se trouve accidentellement dans un milieu auquel il est véritablement étranger par sa nature, et qui, par suite, pourra trouver ailleurs une forme mieux adaptée à celle-ci. Nous ajouterons que de telles exceptions doivent, à une époque comme la nôtre, où la confusion est extrême en toutes choses, se rencontrer plus fréquemment qu'à d'autres époques où les conditions sont plus normales; mais nous n'en dirons rien de plus, puisque ce cas, en somme, peut toujours être résolu par un retour de l'être à son milieu réel, c'est-à-dire à celui auquel répondent en fait ses affinités naturelles.

Maintenant, si nous revenons au cas habituel, une difficulté se présente lorsqu'on a affaire, dans un milieu donné, à une forme traditionnelle où il n'existe plus effectivement que le seul aspect religieux. Il va de soi qu'il s'agit là d'une sorte de dégénérescence partielle, car cette forme a dû, aussi bien que les autres, être complète à son origine; mais, par suite de circonstances qu'il n'importe pas ici de préciser, il est arrivé que, à partir d'un certain moment, sa partie initiatique a disparu, et parfois même à tel point qu'il n'en reste plus aucun souvenir conscient chez ses adhérents, en dépit des traces qu'on peut en retrouver dans les écrits ou les monuments anciens. On se trouve alors, pour ce qui est du point de vue initiatique, dans un cas exactement semblable à celui d'une tradition éteinte: même en supposant qu'on puisse arriver à une reconstitution complète, celle-ci n'aurait qu'un intérêt en quelque sorte « archéologique », puisque la transmission régulière ferait toujours défaut, et que cette transmission est, comme nous l'avons exposé en d'autres occasions, la condition absolument indispensable de toute initiation. Naturellement, ceux qui bornent leurs vues au domaine religieux, et qui seront toujours les plus nombreux, n'ont aucunement à se préoccuper de cette difficulté, qui n'existe pas pour eux; mais ceux qui se proposent un but d'ordre initiatique ne sauraient, à cet égard, attendre aucun résultat de leur rattachement à la forme traditionnelle en question. 

La question ainsi posée est malheureusement bien loin de n'avoir qu'un intérêt purement théorique, car, en fait, il y a lieu de l'envisager précisément en ce qui concerne les  formes traditionnelles qui existent dans  le  monde occidental: dans l'état présent des choses, s'y trouve-t-il encore des organisations assurant une transmission initiatique, ou, au contraire, tout n'y est-il pas irrémédiablement limité au seul domaine religieux . Disons tout d'abord qu'il faudrait bien se garder de se laisser illusionner par la présence de choses telles que le « mysticisme », à propos duquel se produisent trop souvent, et actuellement plus que jamais, les plus étranges confusions. Nous ne pouvons songer à  répéter ici tout ce que nous avons eu déjà l'occasion de dire ailleurs à ce sujet; nous rappellerons seulement que le mysticisme n'a absolument rien d'initiatique, qu'il appartient tout entier à l'ordre religieux, dont il ne dépasse en aucune façon les limitations spéciales, et que même beaucoup de ses caractères sont exactement opposés à ceux de l'initiation. L'erreur serait plus excusable, du moins chez ceux qui n'ont pas une notion nette de la distinction des deux domaines, s'ils considéraient, dans la religion, ce qui présente un caractère non point  mystique, mais « ascétique », parce que, là du moins, il y a une méthode de réalisation active comme dans l'initiation, tandis que le mysticisme implique toujours la passivité et, par suite, l'absence de méthode, aussi bien d'ailleurs que  d'une transmission quelconque. On pourrait même parler à la fois d'une « ascèse » religieuse et d'une « ascèse » initiatique, si ce rapprochement ne devait suggérer rien de plus que cette idée d'une méthode qui constitue en effet une similitude réelle; mais, bien entendu, l'intention et le but ne sont nullement les mêmes dans les deux cas. Si maintenant nous posons la question d'une façon précise pour les formes traditionnelles de l'Occident, nous serons amené à envisager les cas que mentionnait notre collaborateur dans les dernières lignes de son article, c'est-à-dire celui du Judaïsme et celui du Christianisme ; mais c'est ici que nous serons obligé de formuler quelques réserves au sujet du résultat qu'on peut obtenir de certaines pratiques. Pour le Judaïsme, les choses, en tout cas, se présentent plus simplement que pour le Christianisme : il possède en effet une doctrine ésotérique et initiatique, qui est la Qabbale, et celle-ci se transmet toujours de façon régulière, quoique sans doute plus rarement et plus difficilement qu'autrefois, ce qui, d'ailleurs, ne représente certes pas un fait unique en ce genre, et ce qui se justifie assez par les caractères particuliers de notre époque. Seulement, pour ce qui est du « Hassidisme », s'il semble bien que des influences qabbalistiques se soient exercées réellement à ses origines, il n'en est pas moins vrai qu'il ne constitue proprement qu'un groupement religieux, et même à tendances mystiques ; c'est du reste probablement le seul exemple de mysticisme qu'on puisse trouver dans le Judaïsme ; et, à part cette exception, le mysticisme est surtout quelque chose de spécifiquement chrétien.

Quant au Christianisme, un ésotérisme comme celui qui existait très certainement au moyen âge, avec les organisations nécessaires à sa transmission, y est-il encore vivant de nos jours . Pour l'Eglise orthodoxe, nous ne pouvons nous prononcer d'une façon certaine, faute d'avoir des indications suffisamment nettes, et nous serions même heureux si cette question pouvait provoquer quelques éclaircissements à cet égard1 ; mais, même s'il y subsiste réellement une initiation quelconque, ce ne peut être en tout cas qu'à l'intérieur des monastères exclusivement, de sorte que, en dehors de ceux-ci, il n'y a                     

aucune possibilité d'y accéder. D'autre part, pour le Catholicisme, tout semble indiquer qu'il ne s'y trouve plus rien de cet ordre ; et d'ailleurs, puisque ses représentants les plus autorisés le nient expressément, nous devons les en croire, tout au moins tant que nous n'avons pas de preuves du contraire, il est inutile de parler du Protestantisme, puisqu'il n'est qu'une déviation produite par l'esprit antitraditionnel des temps modernes, ce qui exclut qu'il ait jamais pu renfermer le moindre ésotérisme et servir de base à quelque initiation que ce soit. Quoi qu'il en soit, même en réservant la possibilité de la survivance de quelque organisation initiatique très cachée3, ce que nous pouvons dire en toute certitude, c'est que les pratiques religieuses du Christianisme, pas plus que celles d'autres formes traditionnelles d'ailleurs, ne peuvent être substituées à des pratiques initiatiques et produire des effets du même ordre que celles-ci, puisque ce n'est pas là ce à quoi elles sont destinées. Cela est strictement vrai même lorsqu'il y a, entre les unes et les autres, quelque similitude extérieure : ainsi, le rosaire chrétien rappelle manifestement le wird des turuq islamiques, et il se peut même qu'il y ait là quelque parenté historique ; mais, en fait, il n'est utilisé que pour des fins uniquement religieuses, et il serait vain d'en attendre un bénéfice d'un autre ordre, puisqu'aucune influence spirituelle agissant dans le domaine initiatique n'y est attachée, contrairement à ce qui a lieu pour le wird. ..

Lire la suite

Zelator : récit historique

17 Avril 2006 , Rédigé par Rituel SRIA Publié dans #hauts grades

Enfouies dans les profondeurs de la solitude, éloignées de la vue et du bruit de l’agitation humaine, faites à la fois de blocs taillés et de pierres brutes, le tout précisément et soigneusement ajusté, se trouvaient ainsi trois Salles proches et communicantes, pourtant d’égale dimension ; si habilement et sérieusement faites, et inertes dans leur structure et leurs abords, que le monde extérieur ne pouvait connaître leur existence ; seul le roulement du tonnerre, ou les cris des Myriades pouvaient trouver un écho en ces lieux souterrains.

Une Salle abritait un Laboratoire général avec une section à part pour les fonctions domestiques, muni d’un ingénieux système semblable à celui des hottes filtrantes pour masquer l’évacuation des fumées et des gaz vers le monde extérieur. Ce Logement était longiligne et de grande taille ; tandis que le Second, également de forme rectangulaire, était séparé du reste, ne contenant que des couches dures, ainsi que de simples tables pour de frugaux repas. A l’opposé, de l’autre côté du Laboratoire Principal et s’ouvrant sur lui, mais avec des marches vers le bas, se trouvait la troisième Salle la plus grande, avec un toit de structure brute s’élevant en pointe, utilisé comme cellule de retraite et comme Chapelle. Au centre se trouvaient, à intervalles réguliers, 4 tables de forme cubique utilisées pour le travail, avec des sièges en pierre, et très haut au centre du toit était suspendue une lampe merveilleuse dont la flamme radieuse était pareille à la lumière rosée d’un coucher de soleil estival, intensément dorée, illuminant tout l’espace, ne nécessitant aucun entretien et inépuisable. Bien au-dessus, dans les arêtes de la voûte, se trouvait une Croix noire et blanche, mais massive, adroitement sculptée dans le marbre. En ces lieux silencieux et sacrés, personne n’était autorisé à entrer si ce n’est les Adeptes, le Magister Templi et le Magus, uniquement lors de la prière quotidienne du matin et du soir, au moment du rassemblement pour l’adoration silencieuse, ou bien à l’occasion de la réception des Aspirants, ou pendant l’Assemblée Annuelle. Ces Salles isolées constituaient la résidence des 36 de la Fraternité Rosicrucienne – ni plus, ni moins – qui seuls pouvaient occuper ces Salles construites dans le rocher ; tous les autres étaient astreints à suivre l’enseignement et devaient s’occuper du service. Une fois le bref séjour de ceux-ci terminé, le Magus choisissait à nouveau parmi ce nombre ceux qui allaient partir servir l’humanité, et les 36 qui resteraient. Ainsi s’écoulaient les années dans ces mystérieuses Cavernes avec le pilon, le mortier, l’alambic, le creuset et la forge ; le nitre, la résine, la roselite et divers sulfates d’étrange composition ; des instruments et des tables astronomiques. Tout cela en vue de l’étude abstruse d’analyses et de synthèses servant à permettre la conquête de tout ce qui est possible ; la réduction ou l’annihilation de la souffrance et des manquements dans l’organisme ; la régénération de l’homme, et l’obtention du solvant universel, ou Menstrum Universale, servant à enlever toute trace de maladie dans l’organisme humain, renouvelant ainsi la vie, la transmutation des métaux basiques en métaux supérieurs, ou l’élévation du Divin en l’Homme.

Deux fois la cloche au battant en fer avait retenti à travers les rochers, enlevant les moines à leurs songes et leurs devoirs, proclamant la trouvaille de quelque secret potentiel. Une fois cela concernait la résolution du Mystère de la transmutation de métaux de base ou d’alliages en Argent, et puis ensuite en Or précieux, mais sans qu’il soit possible que ceux-ci soit utilisés pour le confort et le luxe.

Cependant le plus grand secret restait caché, la prolongation, la régénération de la vie animale. La mort attendait celui qui sonnerait le tocsin, à l’exception de celui dont l’habileté avait permis de résoudre un des quatre problèmes : Premièrement, la régénération de la lampe éternelle ; Deuxièmement, la transmutation en Argent ; Troisièmement, la transmutation en Or ; et Quatrièmemnt, la découverte de l’Elixir Vitae. Concernant ce dernier, le Signor Gualdi, un Magister Templi, avait longuement recherché chaque jour la solution finale ; il ne doutait pas qu’il y arriverait bientôt, et son assurance avait pénétré l’esprit de ses compagnons. Il aspirait à faire retentir la cloche et faire tressaillir son âme. En lettres de feu, il avait écrit cet aphorisme, Igne Nitrum Roris Invenitur, « par le Feu le Nitre de la Rosée est extrait »  et cela devait être sa solution. Toute la nature dormait, les moines fatigués – à l’exception d’un seul – étaient partis se reposer, même les feux de la forge sommeillaient, lorsqu’à l’heure fatidique, l’entreprenant Gualdi quitta son siège de pierre dans la chapelle brillante du rocher, et en criant Eureka, fit résonner la cloche d’un son non-terrestre, dont l’écho traversa la roche. Cela cessa soudainement dès lors qu’un moine puis l’autre se rendirent vers la Pièce Sacrée sans voir ni rien rencontrer, si ce n’est l’écho de la cloche qui continuait encore de se perpétuer.

Sur la table-autel au centre étaient ouverts les livres de Gualdi, avec à côté un vaisseau contenant le nitre et un creuset partiellement rempli d’or en solution. Un peu plus loin on découvrit un Gualdi transi sur le sol, tenant encore le battant de la cloche.

Dirige-toi maintenant vers l’Officiant. L’Aspirant est conduit vers l’Officiant par le Nord.

Officiant : Ici, à présent, il faut nous reposer, mais nous ne pouvons quitter ce sujet sans que tu aies la possibilité d’enlever de ton esprit de fausses notions éventuelles quant aux Rosicruciens.

La Société ou Fraternité Rosicrucienne a souvent été mal représentée et beaucoup d’étudiants en ont subi le préjudice. L’intelligence devrait toujours prévaloir, mais l’ignorance pernicieuse s’est perpétuée sans qu’aucun ne recherche vraiment la vérité. L’ignorance, les préjugés, l’envie et la vanité se sont emparés de l’esprit des critiques et des historiens ; pourtant les doctrines uniques et attractives sur la Rose ont intéressé dès le XVIIe siècle, même si la Société avait déjà vu le jour à la fin du XVe siècle. La vie des Rosicruciens eut souvent un caractère fort dramatique. La branche pratique de la Société était en charge des Alchimistes et des Hermétistes, qui tout en affirmant avec raison leur capacité à transmuer les métaux en Or et en Argent s’intéressaient également aux pouvoirs de l’âme et de l’esprit, et non pas aux richesses, comme cela est le but de tous les vrais philosophes. Le vrai philosophe ne recherche pas la pompe, l’éclat, la splendeur ou le luxe, car il a été éduqué dans une sphère plus élevée et il est conscient de la nature transitoire des choses. Il considère les biens, l’honneur, la situation et l’argent comme insignifiants ; il pousse son âme en quête du Surnaturel à travailler dans une lumière aimante et à propager de saintes pensées en tant que biens célestes les plus précieux. La grandeur du monde s’effondre devant l’élévation de l’intelligence ; le monde physique perd de l’importance et le vrai philosophe se sent plus proche des hôtes angéliques. Il s’intéresse aux royaumes invisibles et à ce qu’il a pu entrevoir des gloires immortelles lors de ses rêves magiques. Il vit dans une atmosphère de musique céleste, son âme demeurant en harmonie avec les désirs de son esprit. Le souhait le plus cher des Rosicruciens était de traverser ce monde sans être remarqué ni contesté, mais ils ont toujours été prêts à agir au mieux quand ils le pouvaient le faire, sans révéler leur identité.

Maintenant, frater Zelator, que tu as passé les cérémonies prescrites par notre Cérémonial, et après que tu te sois agenouillé devant l’Autel de Lumière, il est permis de te joindre aux travaux mystiques de ce degré.

Ce privilège n’est conféré qu’à ceux qui sont suffisamment discrets et dignes pour recevoir en toute confiance les révélations de la Théosophie et de la Science Hermétique. Lors de notre cérémonie, il est possible que tu aies remarqué une similitude avec un certain rite pratiqué lors des Anciens Mystères. C’est ainsi que nous espérons mener l’Aspirant sincère vers les royaumes élevés de la Vérité intellectuelle et à la connaissance de l’Eternité. L’origine de notre philosophie remonte au plus lointain passé, elle a été soutenue par des Sages et des Mages en une grande procession spirituelle d’instructeurs venus éclairer le chemin vers la Sagesse. Ces hommes dignes et sages furent les hérauts de nos principes, ils allumèrent leurs lampes à ce même Feu Sacré qui nous réjouit aujourd'hui. Ne sois pas effrayé parce que le chemin semble long et si l’âme se fatigue, mais travaille pour avancer vers les plus hauts plans de Sagesse. La vie elle-même est représentée dans cette cérémonie d’ouverture, et le serpent dans sa course, en vérité divinement dirigée, est celle des Hommes Sages en quête de Vérité. Des difficultés et des dangers peuvent troubler la vision mentale, et même si des obstacles se présentent dans les affaires de ce monde, rappelons-nous toujours, cependant, que la Connaissance est Pouvoir et que la source de toute Sagesse nous guidera dans nos pas peu assurés au cours de ce voyage qui mène à la Vie Eternelle.

Lire la suite

Cérémonie 66ème Degré

17 Avril 2006 , Rédigé par Rituel de Memphis Misraim Publié dans #hauts grades

 

 MATERIEL NECESSAIRE: 

- Feu Sacré {Les trois flambeaux classiques} 

- Une craie pour tracer le Mandala

- Un Suaire

- L'Eau Lustrale

- L'Huile Consacrée

- Une nappe blanche

- Un chandelier 1 trois branches

Création du MANDALA magique et animation de celui-ci par les forces Supérieures. L'Initiateur se trouve avec son assistant dans le Temple

- L'initiateur allume un à un les trois flambeaux rituels qu'il dispose en triangle au centre de l'atelier. Il donne ensuite TROIS COUPS de maillet sur l'Autel des Serments. Puis il dit : - "A la gloire du Souverain Architecte des Mondes, au nom des Anciens du Temple réunis et présents parmi nous, au nom du Grand Hyérophante, Je déclare ouverts les Travaux de ce respectable Sénat dans le visible et l'invisible" Il fait le tour du triangle, impose les mains aux trois flammes, élève les bras puis les abaisse vers le MANDALA et ajoute : - "Que les forces Suprêmes qui régissent les destins des hommes daignent, en cet instant, descendre en ce Centre rayonnant de désir spirituel et le rende ainsi animé, lumineux et incorruptible".

Il s'incline et dit : - "Faites entrer les membres de ce respectable Sénat". Chacun entre et se recueille devant le MANDALA et prend place. l'Initiateur: - 

FAITES ENTRER LE NEOPHITE Il entre et on le fait s'agenouiller front contre terre devant le Feu Sacré allumé sur l'Autel. On le recouvre d'un suaire. L'Initiateur, les bras étendus dit : - "Que ce feu Sacré nous éclaire, nous ambrasse et nous purifie. Qu'il détruise en nous tout ce que nous avons d'imparfait et que, devenus meilleurs et dignes de Lui, nous soyons admis au Mystère ineffable.

(Il donne alors neuf coups de maillet comme suit : 0000 00 000 ) puis il ajoute:

- « Relevez-vous, mon Frère. Je vais vous donner la PURIFICATION MENTALE. Nous monterons à l'Autel de la Vérité. Nous répandrons pour elle notre jeunesse. Purifions nos coeurs et nos âmes pour être admis sur le Plan de l'E1évation. Purifions d'abord notre pensée. (moment de silence) Mon Frère, je vous donne la PURIFICATION PHYSIQUE. Nous avons déjà à porter le poids de nos fautes antérieures  Ayons-en le regret et la plus vive douleur et demandons à la Divine Nature de nous pardonner nos faiblesses passées Scrutons notre conscience... Pesons nos actes avec sévérité. Le Juge nous scrute du centre du Triangle de Flamme et pèse nos actes présents et passés. Soyons Purs...Purs...Purs... Lavons nos fautes dans les regrets et que l'Eau Consacrée en efface les traces. 

L'Initiateur prend la vasque d'Eau Lustrale et en asperge les mains... le front... et la tête du Néophite. Puis il prend le Feu Sacré qui brûle à l'Autel, fait le tour du Néophite afin de l’entourer d’une JARRIERE ASTRALE en disant : - « Mon Frère, je vous donne la PURIFICATION ASTRALE, en purifiant maintenant notre astralité par le Feu Sacré. Que ce Feu Sacré mette autour de vous une protection, une barrière ineffable. Et maintenant que nous avons effacé nos fautes et consumé nos dernières imperfections, montons, le coeur joyeux, à l'Autel de la Vérité. A l'Orient, une nappe blanche est posée sur l'Autel, l'Initiateur reprend sa place derrière l'Autel et le candidat est conduit à l'Orient où il s'agenouille devant l'Autel. L'Initiateur lui dit: 

- "Mon frère, je vous investis des ORDRES MINEURS. Il impose les mains sur la tête en disant : - Recevez, mon Très Cher Frère le pouvoir de faire entendre partout la VERITE, de propager la LUMIERE, d'écarter les puissances mauvaises

Mon Frère, je vous investis des ORDRES MAJEURS L'Initiateur descend les mains jusqu'aux épaules prend la burette d'HUILE CONSACREE, en verse dans sa main droite et oint la main droite du néophite, en disant : - Recevez, Mon Frère, la puissance de commander et de rayonner la plénitude de ce qui est BIEN. L'Initiateur met dans la main droite du néophite le Chandelier à Trois Branches en disant : -"Recevez, Mon Frère la puissance d'éclairer autrui sur les trois Plans. 

Mon Frère, je vous consacre au SACERDOCE INTEGRAL L'Initiateur impose les mains sur la tête en disant: "Recevez Mon Frère, le pouvoir de réunir le Visible à l'Invisible par les Mystères Ineffables connus des seuls Enfants de la LUMIERE."L'Initiateur Oint alors les doigts de chaque main du néophite à qui on a repris le flambeau. "Daignez, Puissance Suprême qui régissez les destins des hommes, consacrer et sanctifier par cette onction sacrée, les mains de notre Très Illustre Frère, afin que : tout ce qu'elles bénissent soit béni, heureux et vivifié au nom du Sublîme Architecte des Mondes. Recevez aussi, mon Frère, le pouvoir de pardonner, de consoler, de guérir les maux du corps et de l'âme, car vos pouvoirs sont dorénavant ineffables: TU ES SACERDOTES lN AETERNUM et toutes vos imperfections ont été consumées par le Feu de l’Amour Divin. Recevez enfin, mon très cher Frère, Pouvoir de CONSACRER... L'Initiateur oint alors le front du néophite en forme de triple TAU (c'est-à-dire trois T

D'autres Frères au SACERDOCE sur les trois Plans et de leur conférer valablement les pouvoirs réels, qui en sont le privilège. L'Initiateur frappe alors les épaules du néophite avec le maillet, impose les mains et souffle sur lui en disant: "Participez à présent au souffle Divin qui entraîne, anime et vivifie tout ce qui existe dans l'Univers." l'Initiateur étend les mains et dit: O Puissance Souveraine que l'on invoque sous des Noms divers et qui régit seule le destin des hommes et des choses, reçois en ce moment notre hommage, notre cœur et notre joie. Fais en sorte, que ce nouveau guide des hommes soit pénétré de Ta Lumière, transporté par Ta Force, dévoré de Ton Zèle et brillé de Ta Bonté qui consume. Fais en sorte qu'il reste toujours Digne de Toi et qu’il passe dignement aussi le flambeau Sacré qui lui a été confié aujourd’hui à celui de ses disciples qu’il estimera le meilleur, le plus pur, le plus éclairé, le plus digne de cette de cette suprême faveur. Sois bénie par les Enfants de la Veuve et célèbre dans l'Eternité par toutes les harmonies des Sphères et les rayonnements des mondes.  Adonaï Adonaï Adonaï Relevez-vous, mon Frère, car vous allez vous revétir de la robe de pureté, du manteau de charité, du chapeau de la persévérance et du bâton de Pasteur. 

L'Initiateur le revêt des habits de ses fonctions, puis il ajoute: "J'ai maintenant le droit et le plaisir de vous communiquer les secrets du 66ème grade. ....

On conduit alors le Nouveau Patriarche Grand Consécrateur à l'Orient et l'Initiateur frappe un coup de maillet en disant: "le Frêre............debout à ma droite vient d'être initié par moi GRAND CONSECRATEUR et je vous prie de le considérer dorénavant comme tel. L'Initiateur termine par un mot de félicitation et la marche vers la sortie termine la cérémonie après que le nouvel initié ait donné sa première bénédiction Urbi et Orbi.

Lire la suite