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Hauts Grades

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Retrait d'articles

8 Mai 2006 Publié dans #hauts grades

Conformément à mes engagements, j'ai retiré tout les articles concernant le Manuscrit d'Alger.

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lettre de Jean Baptiste Willermoz à Charles de Hesse

18 Avril 2006 , Rédigé par JB WILLERMOZ Publié dans #hauts grades

Lyon, 10 septembre 1810.   

 

A Son Altesse Sérénissime le Prince Charles (de Hesse-Cassel, Vice-Roi de Norvège et du  Wolstein, Maître provincial de la Province de l'Ordre, Le frère J.-B. WILLERMOZ, oncle,Chancelier provincial de la IIe Province de l'Ordre, dite d'Auvergne, à Lyon.  

 

Monseigneur, Très Illustre et révérendissime Frère, 

Près de vingt années se sont écoulées depuis que des circonstances impérieuses et de bien longue durée m'ont obligé de suspendre les relations de l'intime Fraternité qu'il m'était si  agréable, si consolant d'entretenir avec son Altesse Sérénissime, ainsi qu'avec le très illustre et sérénissime Frère Ferdinandus a Victoria dernier Grand Maître Général de l'Ordre, que l'inexorable mort nous a enlevé, dont je chérirai toujours la mémoire avec le souvenir de sa précieuse bienveillance, et qui, je n'en doute pas, est allé recevoir la récompense de ses vertus et de son grand amour pour notre divin Maître et Rédempteur, Jésus-Christ. Après un si long laps de temps et tant d'événements extraordinaires, Votre Altesse s'étonnera peut-être, en recevant la présente, d'y trouver la preuve de l'existence d'un homme qu'elle a daigné longtemps honorer de ses bontés, j'ose même dire de son amitié, et qu'elle a pu croire n'être plus dans ce monde. 

Oui, Monseigneur, j'existe encore malgré les dangers multiples dont ma vie a été menacée dans les temps orageux, je jouis même d'une parfaite santé exempte jusqu'ici des infirmités de la vieillesse, quoique chargé de 8o ans qui seront révolus dans peu de mois, et malgré une maladie grave, dont je fus attaqué au commencement de l'année dernière, qui dès la première semaine fit désespérer de ma vie tous ceux qui m'entouraient et se termina heureusement ; mais la divine Providence m'a conservé presque seul, tant à Lyon qu'en France, de tous ceux qui, par leurs fonctions et par leur longue expérience, pouvaient être utiles à l'Ordre ; ce qui m'a excessivement embarrassé dans bien des cas, me voyant isolé et privé de tout secours. 

Quoique éloigné corporellement de Votre Altesse, j'en ai été cependant souvent très rapproché par la pensée ; soit en relisant de temps en temps les lettres qu'elle m'avait fait l'honneur de m'écrire, du moins, celles qu'il m'a été possible de conserver, dans lesquelles se sont peinte la beauté de son âme, son grand amour pour la vérité, et qui m'ont rappelé des souvenirs bien chers et d'un grand intérêt ; soit en contemplant son portrait dont elle avait daigné me faire envoi, et qui orne maintenant mon cabinet.

Si la peinture en a été un peu altérée par 'les divers transports que j'ai été obligé d'en faire pour le cacher dons des temps, affreux, car s'il eût été découvert j'aurais infailliblement payé de ma tête sa conservation, je n'y reconnais pas moins tous les traits qui caractérisent votre personne et qui me le rendent précieux. J'ai pris aussi une vive part aux événements qui vous ont intéressés, tantôt en réjouissant, tantôt en affligeant votre cœur ; mais principalement à celui qui a placé sur le trône du Danemarck l'aimable princesse, votre fille aînéeMe permettrez-vous, Monseigneur, quelques questions sur des choses et sur des personnes, pour lesquelles, quoique vous tenant de moins près, vous aviez confiance et amitié. Qu'est devenu ce cher et digne Frère Baron d'Haugwitz (a Monte sancto), de Kapitz, et la sage école qu'il avait instituée par de solides instructions qui vous avaient été communiquées et dont plusieurs parties, essentielles sont dans mes mains ? Sa personne et cette école existent-elles encore ? A-t-il atteint le but final de ses travaux ? A-t-il été autorisé à les communiquer in plenis à des hommes préparés et choisis ? 

Qu'est devenu le Frère Baron de Wœchter ? A-t-il rencontré le grand supérieur qu'il cherchait ? En a-t-il reçu le nec plus ultra des grandes connaissances qui lui étaient promises ? En aurait-il donné connaissance à V. et au Sérénissime Grand Maître Général avant sa mort ? 

Qu'est devenu ce fameux chapitre illuminé de Suède, dont les Wœlner étaient les colonnes, qui sous la protection. de son chef le Sérénissime Frère (a sole vivificante) aujourd'hui sur le trône formaient à l'époque de Wilhemsbadt de si hautes prétentions et semblaient alors vouloir dominer en Allemagne ? Ce système qui fut rejeté par le Convent Général s'est-il répandu au-delà, s'est-il accrédité, existe-t-il encore ? Je n'ai eu jusqu'ici aucune connaissance qu'il ait pénétré en France. Qu'est devenu le Frère Schwartz (ab Urna) qui avait été nommé par le Convent Général Secrétaire Général de l'Ordre auprès de la personne du Sérénissime et Eminentissime Grand Maître Général, et archiviste du Grand Magister ? Existe-t-il encore ? Que sont devenues les archives générales de l'Ordre et les archives secrètes ? Ont-elle été à la mort du Sérénissime Grand Maître réunies et concentrées dans quelque main (il serait bien à souhaiter que ce fut dans les vôtres) ou dispersées dans plusieurs ? Enfin, existent-elles encore de manière à pouvoir suffire aux besoins des diverses provinces qui en réclameraient des actes ? 

Excusez, Monseigneur, tant de questions, il vous sera facile de démêler mes vrais motifs en les faisant, pour ne pas les attribuer à une simple curiosité ; j’en aurais même quelques autres à faire, mais moins importantes, et je m'arrête ici pour ne pas abuser de vos bontés et ne pas me rendre importun. 

Votre Altesse Sérénissime désire peut-être aussi de son côté d'apprendre ce qu'est devenu l'Ordre en France, et en quel état il se trouve aujourd'hui. J'entends ici par le mot Ordre l'ordre maçonnique intérieur et secret du régime rectifié à Wilhemsbad pour ne pas le confondre avec le régime du Rit français que suit la généralité des loges en France sous la direction du Grand-Orient de France à Paris. 

Depuis l'époque de Wilhemsbad, la prospérité de l'Ordre dans le régime rectifié alla toujours en croissant, en France et en Italie, jusqu'en 1790 ; mais, en 1792, sa décadence fut prompte, et aussi rapide que dans tous les autres régimes, par la force des événements qui survinrent dans l'ordre politique, et l'année suivante, 1793, en acheva la ruine par la mort et la dispersion de ses membres les plus utiles. La cessation absolue de tous les travaux et l'extinction des loges et chapitres fut consommée en 1794. Cet état de choses a duré très longtemps et serait encore à présent à peu près de même ; car ce n'est encore que dans quelques cantons isolés que depuis quelques années on a commencé à se réveiller. Mais nous touchons à une époque mémorable qui parait devoir lui rendre bientôt son éclat à la faveur d'une haute protection que la divine Providence lui a procurée en France l'année dernière pour atteindre ce but ; ce dont j'aurai l'honneur, avant de finir la présente, d'instruire Votre Altesse. Mais, pour lui rendre plus sensible le tableau que je vais tracer et la série des événements, je dois en reprendre, les détails de plus haut, et même remonter jusqu'à des faits qui lui ont été déjà connus. 

Votre Altesse se rappelle sans doute que le temps que les députés au Convent Général pouvaient accorder pour la durée de cette assemblée étant insuffisant pour perfectionner la multitude des travaux projetés, on s'occupa d'abord des plus importants ; on se borna ensuite à esquisser la réforme des grades symboliques et des deux de l'ordre intérieur. L'esquisse, des trois premiers considérée comme suffisante pour satisfaire la première impatience des o et des X et leur faire connaître le véritable esprit qui avait dirigé ce travail, fut imprimée et distribuée aux députés ; une commission spéciale prise dans le sein de l'assemblée parmi les Frères d'Auvergne et de Bourgogne, connus pour les plus instruits, fut chargée d'en faire plus à loisir la révision et la rédaction définitive, avec la faculté de s'adjoindre, à Lyon et, à Strasbourg, les Frères qu'ils jugeraient les plus capables de leur aider à perfectionner ce grand et important travail. Les bases du 4e grade furent aussi arrêtées, et Votre Altesse me confia personnellement les instructions et l'esquisse du tableau figurant la nouvelle Jérusalem et la Montagne de Sion surmontée de l'Agneau triomphant, le tout écrit de sa propre main et adopté par le Convent pour me diriger dans cette partie du travail. Les rituels français de Novices et de Chevaliers furent aussi pris pour base, de la révision de cette classe. 

Cette commission divisée en deux sections à cent lieues de distance l'une de l'autre, reconnut dès la première année de 1783 que les communications par correspondance de chaque parcelle du travail, prolongeraient son ensemble pour bien des années, on chercha donc les moyens de parer à cet inconvénient. Les FF. de Bourgogne, pleins de confiance envers ceux d'Auvergne, qui offraient à Lyon un plus grand nombre d'hommes capables qu'à Strasbourg, engagèrent ceux-ci à se charger de l'ensemble de l'ouvrage ; sauf la communication à leur donner de chaque partie avant qu'elle fût définitivement arrêtée ; c'est sur ce plan que tout le travail fut exécuté. 

La rédaction définitive ainsi concertée, ayant été adoptée par les trois provinces françaises et par celles d'Italie vers la fin de 1786, fut présentée à l'Eminentissime Grand Maître Général qui y donna son approbation en 1787 et dès lors ils furent publiés dans les X de France. L'époque de cette publication fut celle de la brillante prospérité du régime rectifié dont j'ai parlé plus haut. Les FF. des o du Rit français étant admis comme visitants dans les nôtres, frappés de la décence, de la gravité de nos cérémonies, de la solidité des principes moraux et religieux qui y étaient développés, et qui étaient si nouveaux pour eux, demandèrent avec un grand empressement d'être affiliés au régime rectifié. Des o entières demandèrent à y être réunies ; mais, manquant dans leur sein d'hommes capables de les diriger selon les vrais principes, on ne tarda pas à se repentir de les avoir pris en masse, et on se borna dès lors à un bon choix parmi les individus ; ce dont on a toujours eu lieu de s'applaudir. J'ignore si ces rituels symboliques ont été présentés aux. chapitres allemands et s'ils y ont été adaptés ; j'appris seulement quelque temps après que plusieurs de ces chapitres fortement attachés à leur système favori de restauration de I'O[rdre] du T[emple] auquel le Convent Général avait authentiquement renoncé, se montraient peu disposés à adapter des formes contraires à ce système. 

Quoi qu'il en soit, après la révision des trois premiers grades symb., il paraissait convenable de faire celle du 4e, ce qui aurait complété cette classe et en aurait accéléré la publication. 

Mais la commission se rappelant que le Convent avait considéré ce 4e comme intermédiaire entre le Symbolique et l'Intérieur, comme le complément du premier et préparatoire au second, enfin comme le point de liaison des deux. classes, crut devoir en suspendre la révision, et faire auparavant celles des deux rituels de Noviciat et de Chevalerie ; ces derniers n'exigeant point un travail ni long, ni difficile, et n'ayant plus besoin que d’être perfectionnés. Ceux-ci étant finis, la commission entreprit le travail du 4e dans les vues qui avaient été apportées de Wilhemsbad, elle s’en occupa longtemps avec une grande attention, sentant toute l'importance du travail qui lui était confié. Il était très avancé et presque fini lorsque les Etats Généraux de France furent convoqués. Plusieurs membres de cette commission jouissant d'une réputation distinguée, et appartenant aux Trois Ordres politiques, furent élus pour se rendre à cette assemblée ; leur départ faisant un grand vide dans la commission fit suspendre le travail jusqu'à un temps plus favorable pour le reprendre et ce temps n'est plus revenu. Elle remit entre mes mains tout ce qu'elle avait fait, ainsi que tous les renseignements, instructions et tableaux qui avaient été fournis par le Convent et par Votre Altesse, et j'en suis resté constamment dépositaire jusqu'à ce jour. 

Les provinces, informées que l'ouvrage était très avancé et qu'il laissait une grande lacune dans la rectification générale qui avait été annoncée, ne cessèrent de réclamer la confection et l'envoi de ce 4e, mais il ne fut pas possible de les satisfaire ; car la divergence des opinions politiques ne tarda pas bien longtemps à diviser partout les esprits. Celui de discorde vient bientôt souffler son poison dans les loges comme partout ailleurs ; celles du régime rectifié, plus fermes dans les principes, résistèrent plus longtemps que les autres, mais furent ensuite entraînées par le torrent. Les Frères Grands Profès, disséminés çà et là, réunirent leurs forces, soutinrent courageusement les chocs et firent tête à l'orage le plus longtemps qu'il fut possible ; mais, à leur tour, ils furent accablés. La faux révolutionnaire moissonna les plus fermes appuis de l'Ordre, dispersa les hommes qui lui étaient le plus utile et la mort naturelle a ensuite enlevé successivement le peu qui restait de ceux-là. J'ai été seul épargné de tous ceux qui remplissaient des dignités ou de grandes charges dans la province. J'en bénis chaque jour la Providence en attendant qu'elle me trace la route que je dois suivre pour ce qui concerne l'Ordre.

 

Pendant la violence de cet orage épouvantable, la terreur s'empara des esprits dans toutes les provinces de l'Ordre ; chacun ne songeant qu'à sa propre sûreté et craignant de la compromettre en conservant quelques titres ou documents, on se hâta de les détruire, et partout les archives des X furent vidées. Les titres, documents, rituels et instructions furent réduits en cendre, et la disette en est depuis lors extrême partout. J'ignorais ce qui se passait dans les diverses contrées de la France ; car il n'était plus possible de correspondre nulle part. Mais, deux ou trois jours avant le commencement du siège qui menaçait la ville de Lyon, effrayé du danger que couraient les archives provinciales dont le dépôt m'était confié dans la maison de l'Ordre située hors de la ville je m'y transportai le plus secrètement possible, avec un seul servant d'armes courageux ; je vidai les armoires, j'entassai à la hâte ce qu'elles contenaient dans des malles, et je fus assez heureux pour les faire rentrer dans la ville le même jour, car dès le lendemain, il n'était plus temps ; le pont de communication de la ville à la maison d'Ordre ayant été rompu, et, trois jours après, cette maison et tout ce que je n'avais pu enlever fut brûlé et réduit en cendres. Une bombe tombée sur la maison en ville, où je venais de prendre un asile, mit en poussière une de ces malles remplie de registres, procès-verbaux et documents de tous genres. Après le siège, je me vis obligé par de nouveaux dangers plus pressants, qui me forcèrent de fuir et de me cacher, de réduire au plus petit volume ces archives, afin de pouvoir emporter avec moi ce que je n'avais pu enterrer ou déposer en mains sûres. J'ai été arrêté et emprisonné trois fois, et la troisième, le jour même où je fus condamné à la mort pour le lendemain, la chute de l'atroce tyran de la France, Robespierre, me rendit à la liberté. 

C'est ainsi, Monseigneur, qu'au milieu des plus grands dangers de tous genres, j'ai eu le bonheur de conserver ce qu'il y avait de plus précieux dans ces archives détruites partout ailleurs, et que je me trouve encore possesseur des originaux, (les rituels et instructions de l'O. symbolique et de l'O. intérieur, de beaucoup de titres et documents, de quelques parties essentielles de mes correspondances privées soit avec Votre Altesse et l'Eminentissime Grand-Maître Général, soit avec les S.S. F.F. Duc de Sudermanie, aujourd'hui sur le trône de Suède Prince de Wirtemberg, régnant à Stutgard et le Prince Maximilien régnant en Bavière, qui, je crois, ne s'en ressouviennent guère et s'en occupent aujourd'hui encore moins, et avec beaucoup d'autres personnes d’un rang distingué en France et au dehors. Il me reste aussi quelques fragments d'une correspondance privée avec le Sérénissime défunt Duc de Glocester, avec lequel j'avais eu divers entretiens familiers, lorsqu'il passait à Lyon au retour de ses voyages d’Italie, accompagné d'un de ses amis et des miens. Le Sérénissime Frère, frappé de l'ordre et de la beauté des rituels et instructions du régime rectifié, par comparaison avec les rituels anglais dont il ne faisait aucun cas, avait formé le projet d'introduire notre régime en Angleterre, ce qui était l'objet de notre correspondance ; mais la guerre y a mis fin. 

Ah ! Monseigneur, que les hommes, si nombreux aujourd'hui, qui ne veulent pas croire à une Providence active et directrice des événements, qui attribuent tout un hasard aveugle ou à des causes secondes, en méconnaissant la première, celle qui met en action toutes les autres, sont à plaindre ! Comment peuvent-ils expliquer autrement que par Elle, cette multitude d'événements généraux et particuliers d'un si grand intérêt ? Peut-on ignorer que si, pour parvenir à ses fins, elle trouve les vertus des hommes trop pures sur la terre, elle sait employer leurs passions, leurs vices leurs crimes même pour atteindre le but qu'elle s'est proposée ? 

Un des événements qui m'a le plus consolé au milieu de tant de calamités, c'est d'avoir eu le bonheur de sauver les archives particulières du Collège métropolitain de France, séant à Lyon ; c'est-à-dire les instructions et documents de la classe secrète des Chevaliers Grands Profès et diverses notes scientifiques et historiques qui m'avaient été confiées privément par Vos Altesses à Wilhemsbad. C'est à cette classe, qui est le dernier grade en France du régime rectifié, qui était répandue en petit nombre, partout inconnue et dont l'existence même est soigneusement cachée depuis son origine à tous les Chevaliers qui n'ont pas encore été reconnus dignes ou capables d'y être admis avec fruit, qu'était due la prospérité du régime dont j'ai parlé plus haut C'est elle qui, dans les temps orageux a été le palladium et le conservateur des principes fondamentaux de l'Ordre, qui j'espère le redeviendra encore bientôt, comme elle peut aussi en devenir le tombeau partout où elle sera livrée à des hommes qui n'ont que de la curiosité et ne savent profiter de rien, ou à des hommes légers et insouciants, pour qui l'enveloppe est tout, et qui ne pénètrent jamais jusqu'aux noyaux. J'aurais été vraiment inconsolable si les archives de cette classe si précieuse eussent subi à Lyon, qui est son dépôt général, le même sort de destruction qu'elles ont éprouvé partout ailleurs. 

Lorsque l'homme vraiment extraordinaire qui gouverne aujourd'hui la France, si évidemment suscité par la divine Providence pour y rétablir l'ordre et la tranquillité intérieure, fut parvenu à étouffer les haines et les dissensions qui avaient fait tant de ravages, les débris des loges et des chapitres disséminés dans quelques parties de la France se réunirent et cherchèrent à reprendre quelque activité : mais les rituels et les instructions brûlés et détruits partout leur en ôtaient tous les moyens. Informé par la suite que j'en avais sauvé et conservé le dépôt provincial, on s'adressait à moi de tout côté pour en obtenir des copies, s'annonçant comme des Frères nus en tous genres ; mais il me fut impossible de satisfaire à ces demandes, n'ayant auprès de moi aucun copiste digne de ma confiance que j'accorde difficilement pour ces objets. 

Les principaux établissements directoriaux de France étaient sans aucune activité ; je restais seul à Lyon ; la mort, les démissions anciennes et l'émigration avaient totalement éteint celui de Bourgogne à Strasbourg ; celui d'Occitanie à Bordeaux avait cessé d'exister avant même la Révolution. Vu son obstination, dans le système de restauration de l'Ordre du Temple et son refus d'adhérer aux décisions du Convent Général, tous ses droits de chapitre et de Directoire provincial avaient été transférés dès 1874 au Chapitre prioral de Septimanie à Montpellier, conformément au recès du Convent général. Celui-ci a depuis plusieurs années repris un peu d'activité. Dans le ressort d'Auvergne, partout où j'ai pu former un noyau de chevaliers Gr. Pr... capables de diriger sur les lieux les travaux, j'ai favorisé autant que j'ai pu de nouveaux établissements maçonniques. C'est ainsi qu'il en existe à Marseille, Aix, Avignon, etc., et un très important à Paris. Mais ils m'ont tous demandé instamment d'être constitués régulièrement par le Directoire d'Auvergne en loge réunie au régime rectifié. 

C'est ici, Monseigneur, que j'ai été le plus embarrassé. Ce Directoire n'existait plus à Lyon que dans ma personne et ne pouvait, par conséquent constituer in plenis. Mais, considérant que, soit en qualité de Chancelier et d'Agent général de la province, soit en vertu des pouvoirs qui me furent personnellement délégués dès lors par le diplôme de fondation du défunt Révérentissime Maître Carolus ab Ense ; considérant aussi les besoins du moment et l'impossibilité d'y satisfaire autrement, j'ai pris sur moi d'accorder en ma susdite qualité à ces établissements des patentes de constitutions provisoires, pour leur valoir jusqu'à ce que le Directoire régulièrement composé puisse leur en accorder de définitives. Je prie instamment Votre Altesse qui connaît parfaitement les règles et usages de l'Ordre, de me dire avec sa franchise naturelle si j'ai dû agir ainsi, ou si j'ai trop pris sur moi, car je me trouve encore en ce moment dans le cas d'agir ainsi dans une autre partie. 

Je viens de parler d'un établissement maçonnique formé à Paris en 18o8, et que j'ai ensuite constitué de même en Préfecture provisoire. Il y prospère beaucoup sous le titre de loge du Centre des Amis. C'est une pépinière de l'Ordre qui nous a déjà rendu de grands services. Car c'est par les soins des principaux membres de cette loge qui furent alors députés auprès de moi à Lyon, pour obtenir et copier les rituels, instructions et documents de tous les grades du régime, que nous devons l'honneur et l'avantage inappréciable d'avoir maintenant un chef, un protecteur et un Grand Maître national du régime rectifié en France dans la personne du Sérénissime Frère de Cambacérès, Prince Archi-Chancelier de l'Empire, Duc de Parmes, etc. (in ordine Eques Joannes Jacobus Regis a legibus), qui était déjà depuis quelques années Grand Maître des Loges du Rit français, dirigées par le Grand-Orient de France. Après avoir reconnu et apprécié les grandes différences caractéristiques qui sont entre le Régime rectifié et le Rit français, il a bien voulu accepter en juin 1809 l'élection que les deux Directoires d'Auvergne et d'Occitanie, seuls existant alors en France, ont fait de sa personne ; ce qui nous promet, vu le vif intérêt qu'il prend à la prospérité de l'Ordre, un avenir des plus satisfaisants pour nous, et dont les heureux effets pourraient un jour rejaillir sur l'Europe entière. Les deux provinces électrices ont ensuite formé à Paris un conseil d'administration nationale auprès de la personne du Sérénissime Grand Maître qui le préside ; il est composé quant à présent des quatre conseillers représentant les deux Provinces, d'un Chancelier National et d'un Secrétaire Général de la Chancellerie Nationale, qui sont tous Ch. Gr. Profès. C'est à ce conseil que se réfèrent toutes les affaires nationales. 

La province de Bourgogne, éteinte depuis longtemps à Strasbourg, parait aujourd'hui vouloir prendre une nouvelle existence à Besançon. Quelques observateurs de l'ancienne Commanderie qui existait autrefois dans cette dernière ville, se réunissant à quelques-uns encore existants, dans les environs de Strasbourg, et appuyés de suffrage de ceux qui ont appartenu autrefois au Grand Prieuré d'Helvétie à Bâle, ont formé le projet de transférer le chef-lieu provincial et le siège magistral à Besançon. Ils ont à cet effet présenté requête vers la fin de 1809 au Sérénissime Grand-Maître qui, de l'avis, de son conseil d'administration et avec le consentement des provinces d'Auvergne et d'Occitanie, et après avoir rempli toutes les formalités prescrites par les lois et usages, vient d'accorder provisoirement leurs demandes, réservant le définitif à la décision d'un Convent général ou national. Cet événement qui me parait fort heureux complétera la principale organisation nationale. 

J'ai annoncé plus haut à Votre Altesse que le travail de rédaction presque fini du 4e grade de Maître Écossais, avait été forcément suspendu en 1789 ; que la commission qui en avait été chargée avait remis alors entre mes mains, en se séparant, tout ce qui était nécessaire pour l'achever, et que cette lacune dans la totalité de la révision générale avait donné lieu à beaucoup d'instances faites de tout côté, que je n'avais pu satisfaire, n'osant pas prendre sur moi seul de compléter ce travail. Vingt années se sont écoulées en cet état ; mais l'année dernière, après l'a grande maladie que j'essuyai, me voyant rester seul de tous ceux qui avaient participé à cet ouvrage, effrayé du danger que je venais de courir et sentant vivement toutes les conséquences fâcheuses qui en résulteraient si cette lacune dans le régime rectifié n'était pas remplie avant ma mort, j'osai entreprendre de le faire. Il ne restait qu'à lier les différentes parties du rituel, et à mettre la dernière main aux explications des tableaux et aux Instructions de ce grade. Ce rituel a été publié dans les loges réunies de France vers la fin de 1809 ; et il a été accueilli partout avec la plus grande satisfaction ; je regrette seulement que le défaut de copistes ne m'ait pas permis de le communiquer encore à tous les établissements maçoniques qui le demandent. 

Pour pouvoir informer Votre Altesse de ce qui s’est passé d'intéressant dans nos contrées concernant l'Ordre, il m'a fallu entrer dans des détails qui auront pu fatiguer son attention. Je la prie d'excuser la longueur de cette lettre, le désordre même qui règne dans sa contexture, car commencée depuis plus d'un mois, elle doit inévitablement se ressentir de toutes les reprises et interruptions qu'elle a éprouvées. Ma main, depuis les fortes secousses morales que j'ai subies, me refuse son service pour toute écriture suivie. Je suis obligé d'emprunter celle de mon neveu (a lilio albo) fils aîné de mon frère (a concordia)pour écrire sous ma. dictée. Etant Chevr et Gr. Prof. il est le seul dont je puisse me servir pour des écritures confidentielles ; mais se trouvant excessivement occupé ailleurs tout le jour, il ne peut m'accorder de temps en temps que des moments bien courts. Vous voyez par là, Monseigneur, à quels titres je réclame votre indulgence. 

Je suis entièrement retiré de toutes affaires extérieures, je vis depuis 15 ans dans un petit domaine rural dans l'intérieur de la ville, situé à l'une de ses extrémités, sur une colline où l'air est très favorable à ma santé ; la culture de la vigne et des fruits y occupe mes loisirs. J'y serais heureux si je n'avais eu le malheur de perdre, il y a deux ans, une épouse chérie à la suite d'un accouchement forcé avant terme. De tous les enfants que j'ai eu il ne me reste qu'un fils très bien constitué, mais âgé seulement de cinq ans et qui est destiné par la Providence à rester sans doute bientôt orphelin C'est là l'épine qui souvent fatigue mon cœur, mais je me soumets comme je le dois à toutes ses blessures. 

Depuis bien longtemps, je désire d'avoir l’Honneur de vous écrire, mais je ne savais comment vous adresser et vous faire parvenir sûrement ma lettre. J'adresse celle-ci à Paris et j'ai tout lieu de croire que par l'organe de nos Frères, elle arrivera dans vos mains, ce que je désire beaucoup d'apprendre. Si Votre Altesse daigne m'honorer d'une réponse qui est bien désirée, elle me parviendra certainement à l'adresse qui suit ma signature, et en cas d'accidents sur ma personne, elle tomberait dans les mains d'un autre moi-même qui est membre de l'Orde Intr (a ponte alto) excellent Chevr Gr. Pr. mon ami et mon confident en tout, ayant le titre de Visiteur Général de la Province, mais qui par la nature et l'immensité de ses occupations civiles ne peut quant à  présent me seconder en rien. 

Prêt à finir ma lettre, j'en reçois une fort inattendue, mais bien agréable du cher Fre Baron de Turkeim aîné (a flumine), ancien Chancelier provincial de la Vequi par ses talents distingués et sa très grande activité, fut bien utile à Wilhemsbad où il assista dans sa qualité de Visiteur Général de la même. Trompé par de faux avis, il croyait qu'après le siège de Lyon, j'avais été immolé comme des milliers d'autres bons citoyens par le fer des bourreaux de la France. Venant d'apprendre que j'existais encore, il s'est empressé de m'en témoigner son grand contentement avec une effusion de joie et d'amitié les plus touchantes. Dégoûté des grandes agitations de la scène du monde, mûri par son âge de 6o, ans, et s'étant démis depuis très longtemps de ses charges et dignités dans l'Ordre, pour vivre hors de la province qu'il a quitté depuis 20 ans, il se montre peu disposé à y reprendre aucun intérêt dans les choses ostensibles ; Maïs il conserve un invincible attachement à la Grande Profession des Chevrs et aux vérités sublimes qu'elle renferme, dont il fait son étude habituelle. 

Intimement attaché à notre sainte religion chrétienne, son ambition s'est éteinte, sa grande vivacité est devenue très modérée ; sa raison s'abaisse avec plaisir devant la Croix, et se plie sous le joug de la foi en notre Seigneur et Maître J.-C. Enfin il se croit maintenant tel que je désirais de le voir il y a 25 ans, et il me remercie affectueusement d'y avoir un des premiers beaucoup contribué dès lors. 

J'ai pensé qu'il serait agréable à Votre Altesse d'apprendre des nouvelles de l'existence et des heureux changements survenus dans un si digne et si aimable Frère, dans un homme auquel vous aviez accordé une bonne part dans votre estime ; et je n'ai pas craint d'en prolonger un peu la présente pour en saisir l'occasion. Je la finis enfin en vous priant, Monseigneur, d'agréer l'expression du plus sincère attachement à votre personne et du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, Monseigneur, De Votre Altesse Sérénissime, Le très humble, très dévoué, et très, affectionné serviteur et Frère d'Ordre.  

 

J.-B. Willermoz

 Oncle, propriétaire aux Collinettes,Montée Saint-Sébastien 41, à Lyon.

 

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Discours historique

18 Avril 2006 , Rédigé par Rituel d'Elu Secret Publié dans #hauts grades

 

 La pompe funèbre étant finie, et les travaux repris, Salomon n'eut pas de soin plus pressant que la perquisition des meurtriers d'Hiram, pour leur faire subir une punition proportionnée à leur crime. L'absence de trois Compagnons et de leurs outils, instruments de leur forfait, ne laissa aucun doute sur les coupables. Le plus vieux des trois, comme le plus criminel, fut désigné spécialement par le nom infâme d'Abibala, meurtrier du père. Un inconnu vint se présenter à la porte du palais, et s'étant fait introduire en secret auprès du Roi, lui révéla le lieu de la retraite des malfaiteurs. Salomon ne voulut confier à aucun étranger une commission si délicate ; mais, assemblant pendant la nuit le Conseil extraordinaire des Maîtres, il leur déclara qu'il avait besoin de neuf d'entre eux pour une commission importante, qui demandait du courage et de l'activité ; qu'il connaissait leur empressement et leur zèle ; qu'il ne voulait accorder de préférence à aucun d'eux, que le sort seul en déciderait, et que le premier que le sort aurait désigné serait le chef de l'entreprise. Il fit donc jeter devant lui tous les noms dans un scrutin. Le premier nom qui sortit fut celui de Joaben : il fut le chef de l'entreprise. Les huit autres furent élus successivement. Salomon congédia les Maîtres, et retint près de lui les neuf Elus. Il se retira avec eux dans le lieu le plus reculé des travaux ; là, il leur exposa la découverte qu'il venait de faire à l'aide d'un inconnu. Ils concertèrent entre eux les mesures qu'il fallait prendre pour réussir. Les Elus prêtèrent serment de venger la mort d'Hiram. Ils prirent pour mot de reconnaissance le nom du plus coupable, et sortirent de la ville avant le jour, afin de n'être vus de personne, marchant par des détours et des pays perdus, sous la conduite de l'inconnu. Ils arrivèrent à vingt-sept milles de Jérusalem, du côté de Joppa, près d'une caverne au bord de la mer, nommée la caverne de Benacar (fils de la stérilité, ou lieu stérile), où Abibala, meurtrier du père, et ses complices avaient coutume de se retirer. En effet, vers la fin du jour, ils aperçurent deux hommes qui marchaient avec précipitation vers la caverne. On les reconnut bientôt pour être des coupables, car, dès qu'ils eurent aperçu la troupe, ils prirent la fuite à travers les rochers, et se précipitèrent dans une fondrière, où les Maîtres les trouvèrent expirants.

Joaben, un peu écarté de ses camarades, aperçut le chien de l'inconnu, qui dirigeait sa route vers la caverne, ayant l'air de suivre quelqu'un à la piste. Ce zélé Maçon y court seul, et y pénètre par une descente fort roide, de neuf degrés, taillée dans le roc. Il aperçut, à la faveur d'une lampe, le traître qui venait de rentrer, et qui se disposait à se reposer. Ce malheureux, saisi de frayeur à la vue d'un Maître qu'il reconnut, se sacrifia lui-même en se plongeant un poignard dans le cœur. Joaben se saisit du poignard du traître, et sortit victorieux de la caverne. Il aperçut en sortant une source d'eau qui jaillissait d'entre les rochers ; il y courut se rafraîchir et remettre ses sens agités. Les Elus résolurent de laisser les corps en proie aux bêtes féroces ; ils s'emparèrent des têtes des trois scélérats, et repartirent dès le soleil couché. Ils se rendirent la nuit même à Jérusalem, où ils surprirent agréablement Salomon, en lui rendant compte de leur expédition. Il témoigna aux neuf Maîtres la satisfaction qu'il en avait, et voulut qu'ils portassent le nom distinctif d'Elus. Il leur ajouta six Maîtres qui n'étaient pas de l'expédition, ce qui forma le nombre de quinze Elus, au lieu de neuf qu'ils étaient dans le principe. Ils obtinrent, pour marque de décoration, une grande écharpe noire qui leur passait de l’épaule gauche à la hanche droite et au bout de laquelle était un poignard à poignée d'or. Les mots de reconnaissance et leurs signes furent analogues à l'action qu'ils venaient de faire. 

Par la suite, leur emploi fut l'inspection générale, à quoi les rendaient propres l'ardeur et la sévérité qu'ils avaient montrées. Lorsqu'il était question de rendre compte ou de procéder au jugement de quelque Maçon, le Roi les assemblait extraordinairement dans un lieu secret. L'inconnu, qui n'était qu'un pâtre, fut amplement récompensé. Il entra dans le corps des Maçons, et par la suite, quand il fut suffisamment instruit, il y obtint une place d'Elu. Les têtes des scélérats restèrent exposées pendant trois jours dans l'intérieur des ouvrages, avec l'instrument qui avait servi à leur attentat ; au bout de ce temps, elles furent consumées par le feu, leurs cendres jetées au vent, et leurs outils brisés. Le crime et la punition furent un secret. Salomon voulut qu'il restât concentré parmi les Maçons. La vengeance étant accomplie, il ne s'occupa plus que de mettre fin à son ouvrage. 

 

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Initiation et formes traditionnelles

18 Avril 2006 , Rédigé par R GUENON Publié dans #spiritualité

On peut dire que chaque forme traditionnelle particulière est une adaptation de la Tradition primordiale, dont toutes sont dérivées plus ou moins directement, à certaines circonstances spéciales de temps et de lieu ; aussi ce qui change de l'une à l'autre n'est-il point l'essence même de la doctrine, qui est au-delà de ces contingences, mais seulement les aspects extérieurs dont elle se revêt et à travers lesquels elle s'exprime. Il résulte de là, d'une part, que toutes ces formes sont nécessairement équivalentes en principe, et, d'autre part, qu'il y a généralement avantage, pour les êtres humains, à se rattacher, autant que possible, à celle qui est propre au milieu dans lequel ils vivent, puisque c'est celle-là  qui doit  normalement  convenir  le  mieux  à leur nature individuelle. C'est là ce que faisait remarquer à juste raison notre collaborateur J.-H. Probst-Biraben à la fin de son article sur le Dhikr1; mais l'application qu'il tirait de ces vérités incontestables nous paraît demander quelques précisions supplémentaires, afin d'éviter toute confusion entre différents domaines qui, tout en relevant également de l'ordre traditionnel, n'en sont pas moins profondément distincts.                                            

Il est facile de comprendre qu'il s'agit ici de la distinction fondamentale, sur laquelle nous avons déjà bien souvent insisté ailleurs, entre les deux domaines que l'on peut, si l'on veut, désigner respectivement comme « exotérique » et « ésotérique »,  en donnant à ces termes leur acception la plus large. Nous pouvons aussi identifier l'un au domaine religieux et l'autre au domaine initiatique; pour le second, cette assimilation est rigoureusement exacte dans tous les cas; et, quant au premier, s'il ne prend l'aspect proprement religieux que dans certaines formes traditionnelles, celles-ci sont les seules dont nous ayons à nous occuper présentement, de sorte que cette restriction ne saurait présenter aucun inconvénient pour ce que nous nous proposons. Cela dit, voici la question qu'il y a lieu d'envisager : lorsqu'une forme traditionnelle est complète, sous le double rapport exotérique et ésotérique, il est évidemment possible à tous d'y adhérer pareillement, soit qu'ils entendent se limiter au seul point de vue religieux, soit qu'ils veuillent suivre en outre la voie initiatique, puisque les deux domaines leur seront ainsi ouverts l'un et l'autre. Il doit d'ailleurs être bien entendu que, en pareil cas, l'ordre initiatique prend toujours son appui et son support dans l'ordre religieux, auquel il se superpose sans s'y opposer en aucune façon; et, par conséquent, il n'est jamais possible de laisser de côté les règles relevant de l'ordre religieux, et plus spécialement en ce qui concerne les rites, car ce sont ceux-ci qui ont la plus grande importance à ce point de vue, et qui peuvent établir effectivement le lien entre les deux ordres. Donc, quand il en est ainsi, il n'y a aucune difficulté à ce que chacun suive la tradition qui est celle de son milieu; il n'y a de réserve à faire que pour les exceptions, toujours possibles, auxquelles faisait allusion notre collaborateur, c'est-à-dire pour le cas d'un être qui se trouve accidentellement dans un milieu auquel il est véritablement étranger par sa nature, et qui, par suite, pourra trouver ailleurs une forme mieux adaptée à celle-ci. Nous ajouterons que de telles exceptions doivent, à une époque comme la nôtre, où la confusion est extrême en toutes choses, se rencontrer plus fréquemment qu'à d'autres époques où les conditions sont plus normales; mais nous n'en dirons rien de plus, puisque ce cas, en somme, peut toujours être résolu par un retour de l'être à son milieu réel, c'est-à-dire à celui auquel répondent en fait ses affinités naturelles.

Maintenant, si nous revenons au cas habituel, une difficulté se présente lorsqu'on a affaire, dans un milieu donné, à une forme traditionnelle où il n'existe plus effectivement que le seul aspect religieux. Il va de soi qu'il s'agit là d'une sorte de dégénérescence partielle, car cette forme a dû, aussi bien que les autres, être complète à son origine; mais, par suite de circonstances qu'il n'importe pas ici de préciser, il est arrivé que, à partir d'un certain moment, sa partie initiatique a disparu, et parfois même à tel point qu'il n'en reste plus aucun souvenir conscient chez ses adhérents, en dépit des traces qu'on peut en retrouver dans les écrits ou les monuments anciens. On se trouve alors, pour ce qui est du point de vue initiatique, dans un cas exactement semblable à celui d'une tradition éteinte: même en supposant qu'on puisse arriver à une reconstitution complète, celle-ci n'aurait qu'un intérêt en quelque sorte « archéologique », puisque la transmission régulière ferait toujours défaut, et que cette transmission est, comme nous l'avons exposé en d'autres occasions, la condition absolument indispensable de toute initiation. Naturellement, ceux qui bornent leurs vues au domaine religieux, et qui seront toujours les plus nombreux, n'ont aucunement à se préoccuper de cette difficulté, qui n'existe pas pour eux; mais ceux qui se proposent un but d'ordre initiatique ne sauraient, à cet égard, attendre aucun résultat de leur rattachement à la forme traditionnelle en question. 

La question ainsi posée est malheureusement bien loin de n'avoir qu'un intérêt purement théorique, car, en fait, il y a lieu de l'envisager précisément en ce qui concerne les  formes traditionnelles qui existent dans  le  monde occidental: dans l'état présent des choses, s'y trouve-t-il encore des organisations assurant une transmission initiatique, ou, au contraire, tout n'y est-il pas irrémédiablement limité au seul domaine religieux . Disons tout d'abord qu'il faudrait bien se garder de se laisser illusionner par la présence de choses telles que le « mysticisme », à propos duquel se produisent trop souvent, et actuellement plus que jamais, les plus étranges confusions. Nous ne pouvons songer à  répéter ici tout ce que nous avons eu déjà l'occasion de dire ailleurs à ce sujet; nous rappellerons seulement que le mysticisme n'a absolument rien d'initiatique, qu'il appartient tout entier à l'ordre religieux, dont il ne dépasse en aucune façon les limitations spéciales, et que même beaucoup de ses caractères sont exactement opposés à ceux de l'initiation. L'erreur serait plus excusable, du moins chez ceux qui n'ont pas une notion nette de la distinction des deux domaines, s'ils considéraient, dans la religion, ce qui présente un caractère non point  mystique, mais « ascétique », parce que, là du moins, il y a une méthode de réalisation active comme dans l'initiation, tandis que le mysticisme implique toujours la passivité et, par suite, l'absence de méthode, aussi bien d'ailleurs que  d'une transmission quelconque. On pourrait même parler à la fois d'une « ascèse » religieuse et d'une « ascèse » initiatique, si ce rapprochement ne devait suggérer rien de plus que cette idée d'une méthode qui constitue en effet une similitude réelle; mais, bien entendu, l'intention et le but ne sont nullement les mêmes dans les deux cas. Si maintenant nous posons la question d'une façon précise pour les formes traditionnelles de l'Occident, nous serons amené à envisager les cas que mentionnait notre collaborateur dans les dernières lignes de son article, c'est-à-dire celui du Judaïsme et celui du Christianisme ; mais c'est ici que nous serons obligé de formuler quelques réserves au sujet du résultat qu'on peut obtenir de certaines pratiques. Pour le Judaïsme, les choses, en tout cas, se présentent plus simplement que pour le Christianisme : il possède en effet une doctrine ésotérique et initiatique, qui est la Qabbale, et celle-ci se transmet toujours de façon régulière, quoique sans doute plus rarement et plus difficilement qu'autrefois, ce qui, d'ailleurs, ne représente certes pas un fait unique en ce genre, et ce qui se justifie assez par les caractères particuliers de notre époque. Seulement, pour ce qui est du « Hassidisme », s'il semble bien que des influences qabbalistiques se soient exercées réellement à ses origines, il n'en est pas moins vrai qu'il ne constitue proprement qu'un groupement religieux, et même à tendances mystiques ; c'est du reste probablement le seul exemple de mysticisme qu'on puisse trouver dans le Judaïsme ; et, à part cette exception, le mysticisme est surtout quelque chose de spécifiquement chrétien.

Quant au Christianisme, un ésotérisme comme celui qui existait très certainement au moyen âge, avec les organisations nécessaires à sa transmission, y est-il encore vivant de nos jours . Pour l'Eglise orthodoxe, nous ne pouvons nous prononcer d'une façon certaine, faute d'avoir des indications suffisamment nettes, et nous serions même heureux si cette question pouvait provoquer quelques éclaircissements à cet égard1 ; mais, même s'il y subsiste réellement une initiation quelconque, ce ne peut être en tout cas qu'à l'intérieur des monastères exclusivement, de sorte que, en dehors de ceux-ci, il n'y a                     

aucune possibilité d'y accéder. D'autre part, pour le Catholicisme, tout semble indiquer qu'il ne s'y trouve plus rien de cet ordre ; et d'ailleurs, puisque ses représentants les plus autorisés le nient expressément, nous devons les en croire, tout au moins tant que nous n'avons pas de preuves du contraire, il est inutile de parler du Protestantisme, puisqu'il n'est qu'une déviation produite par l'esprit antitraditionnel des temps modernes, ce qui exclut qu'il ait jamais pu renfermer le moindre ésotérisme et servir de base à quelque initiation que ce soit. Quoi qu'il en soit, même en réservant la possibilité de la survivance de quelque organisation initiatique très cachée3, ce que nous pouvons dire en toute certitude, c'est que les pratiques religieuses du Christianisme, pas plus que celles d'autres formes traditionnelles d'ailleurs, ne peuvent être substituées à des pratiques initiatiques et produire des effets du même ordre que celles-ci, puisque ce n'est pas là ce à quoi elles sont destinées. Cela est strictement vrai même lorsqu'il y a, entre les unes et les autres, quelque similitude extérieure : ainsi, le rosaire chrétien rappelle manifestement le wird des turuq islamiques, et il se peut même qu'il y ait là quelque parenté historique ; mais, en fait, il n'est utilisé que pour des fins uniquement religieuses, et il serait vain d'en attendre un bénéfice d'un autre ordre, puisqu'aucune influence spirituelle agissant dans le domaine initiatique n'y est attachée, contrairement à ce qui a lieu pour le wird. ..

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Zelator : récit historique

17 Avril 2006 , Rédigé par Rituel SRIA Publié dans #hauts grades

Enfouies dans les profondeurs de la solitude, éloignées de la vue et du bruit de l’agitation humaine, faites à la fois de blocs taillés et de pierres brutes, le tout précisément et soigneusement ajusté, se trouvaient ainsi trois Salles proches et communicantes, pourtant d’égale dimension ; si habilement et sérieusement faites, et inertes dans leur structure et leurs abords, que le monde extérieur ne pouvait connaître leur existence ; seul le roulement du tonnerre, ou les cris des Myriades pouvaient trouver un écho en ces lieux souterrains.

Une Salle abritait un Laboratoire général avec une section à part pour les fonctions domestiques, muni d’un ingénieux système semblable à celui des hottes filtrantes pour masquer l’évacuation des fumées et des gaz vers le monde extérieur. Ce Logement était longiligne et de grande taille ; tandis que le Second, également de forme rectangulaire, était séparé du reste, ne contenant que des couches dures, ainsi que de simples tables pour de frugaux repas. A l’opposé, de l’autre côté du Laboratoire Principal et s’ouvrant sur lui, mais avec des marches vers le bas, se trouvait la troisième Salle la plus grande, avec un toit de structure brute s’élevant en pointe, utilisé comme cellule de retraite et comme Chapelle. Au centre se trouvaient, à intervalles réguliers, 4 tables de forme cubique utilisées pour le travail, avec des sièges en pierre, et très haut au centre du toit était suspendue une lampe merveilleuse dont la flamme radieuse était pareille à la lumière rosée d’un coucher de soleil estival, intensément dorée, illuminant tout l’espace, ne nécessitant aucun entretien et inépuisable. Bien au-dessus, dans les arêtes de la voûte, se trouvait une Croix noire et blanche, mais massive, adroitement sculptée dans le marbre. En ces lieux silencieux et sacrés, personne n’était autorisé à entrer si ce n’est les Adeptes, le Magister Templi et le Magus, uniquement lors de la prière quotidienne du matin et du soir, au moment du rassemblement pour l’adoration silencieuse, ou bien à l’occasion de la réception des Aspirants, ou pendant l’Assemblée Annuelle. Ces Salles isolées constituaient la résidence des 36 de la Fraternité Rosicrucienne – ni plus, ni moins – qui seuls pouvaient occuper ces Salles construites dans le rocher ; tous les autres étaient astreints à suivre l’enseignement et devaient s’occuper du service. Une fois le bref séjour de ceux-ci terminé, le Magus choisissait à nouveau parmi ce nombre ceux qui allaient partir servir l’humanité, et les 36 qui resteraient. Ainsi s’écoulaient les années dans ces mystérieuses Cavernes avec le pilon, le mortier, l’alambic, le creuset et la forge ; le nitre, la résine, la roselite et divers sulfates d’étrange composition ; des instruments et des tables astronomiques. Tout cela en vue de l’étude abstruse d’analyses et de synthèses servant à permettre la conquête de tout ce qui est possible ; la réduction ou l’annihilation de la souffrance et des manquements dans l’organisme ; la régénération de l’homme, et l’obtention du solvant universel, ou Menstrum Universale, servant à enlever toute trace de maladie dans l’organisme humain, renouvelant ainsi la vie, la transmutation des métaux basiques en métaux supérieurs, ou l’élévation du Divin en l’Homme.

Deux fois la cloche au battant en fer avait retenti à travers les rochers, enlevant les moines à leurs songes et leurs devoirs, proclamant la trouvaille de quelque secret potentiel. Une fois cela concernait la résolution du Mystère de la transmutation de métaux de base ou d’alliages en Argent, et puis ensuite en Or précieux, mais sans qu’il soit possible que ceux-ci soit utilisés pour le confort et le luxe.

Cependant le plus grand secret restait caché, la prolongation, la régénération de la vie animale. La mort attendait celui qui sonnerait le tocsin, à l’exception de celui dont l’habileté avait permis de résoudre un des quatre problèmes : Premièrement, la régénération de la lampe éternelle ; Deuxièmement, la transmutation en Argent ; Troisièmement, la transmutation en Or ; et Quatrièmemnt, la découverte de l’Elixir Vitae. Concernant ce dernier, le Signor Gualdi, un Magister Templi, avait longuement recherché chaque jour la solution finale ; il ne doutait pas qu’il y arriverait bientôt, et son assurance avait pénétré l’esprit de ses compagnons. Il aspirait à faire retentir la cloche et faire tressaillir son âme. En lettres de feu, il avait écrit cet aphorisme, Igne Nitrum Roris Invenitur, « par le Feu le Nitre de la Rosée est extrait »  et cela devait être sa solution. Toute la nature dormait, les moines fatigués – à l’exception d’un seul – étaient partis se reposer, même les feux de la forge sommeillaient, lorsqu’à l’heure fatidique, l’entreprenant Gualdi quitta son siège de pierre dans la chapelle brillante du rocher, et en criant Eureka, fit résonner la cloche d’un son non-terrestre, dont l’écho traversa la roche. Cela cessa soudainement dès lors qu’un moine puis l’autre se rendirent vers la Pièce Sacrée sans voir ni rien rencontrer, si ce n’est l’écho de la cloche qui continuait encore de se perpétuer.

Sur la table-autel au centre étaient ouverts les livres de Gualdi, avec à côté un vaisseau contenant le nitre et un creuset partiellement rempli d’or en solution. Un peu plus loin on découvrit un Gualdi transi sur le sol, tenant encore le battant de la cloche.

Dirige-toi maintenant vers l’Officiant. L’Aspirant est conduit vers l’Officiant par le Nord.

Officiant : Ici, à présent, il faut nous reposer, mais nous ne pouvons quitter ce sujet sans que tu aies la possibilité d’enlever de ton esprit de fausses notions éventuelles quant aux Rosicruciens.

La Société ou Fraternité Rosicrucienne a souvent été mal représentée et beaucoup d’étudiants en ont subi le préjudice. L’intelligence devrait toujours prévaloir, mais l’ignorance pernicieuse s’est perpétuée sans qu’aucun ne recherche vraiment la vérité. L’ignorance, les préjugés, l’envie et la vanité se sont emparés de l’esprit des critiques et des historiens ; pourtant les doctrines uniques et attractives sur la Rose ont intéressé dès le XVIIe siècle, même si la Société avait déjà vu le jour à la fin du XVe siècle. La vie des Rosicruciens eut souvent un caractère fort dramatique. La branche pratique de la Société était en charge des Alchimistes et des Hermétistes, qui tout en affirmant avec raison leur capacité à transmuer les métaux en Or et en Argent s’intéressaient également aux pouvoirs de l’âme et de l’esprit, et non pas aux richesses, comme cela est le but de tous les vrais philosophes. Le vrai philosophe ne recherche pas la pompe, l’éclat, la splendeur ou le luxe, car il a été éduqué dans une sphère plus élevée et il est conscient de la nature transitoire des choses. Il considère les biens, l’honneur, la situation et l’argent comme insignifiants ; il pousse son âme en quête du Surnaturel à travailler dans une lumière aimante et à propager de saintes pensées en tant que biens célestes les plus précieux. La grandeur du monde s’effondre devant l’élévation de l’intelligence ; le monde physique perd de l’importance et le vrai philosophe se sent plus proche des hôtes angéliques. Il s’intéresse aux royaumes invisibles et à ce qu’il a pu entrevoir des gloires immortelles lors de ses rêves magiques. Il vit dans une atmosphère de musique céleste, son âme demeurant en harmonie avec les désirs de son esprit. Le souhait le plus cher des Rosicruciens était de traverser ce monde sans être remarqué ni contesté, mais ils ont toujours été prêts à agir au mieux quand ils le pouvaient le faire, sans révéler leur identité.

Maintenant, frater Zelator, que tu as passé les cérémonies prescrites par notre Cérémonial, et après que tu te sois agenouillé devant l’Autel de Lumière, il est permis de te joindre aux travaux mystiques de ce degré.

Ce privilège n’est conféré qu’à ceux qui sont suffisamment discrets et dignes pour recevoir en toute confiance les révélations de la Théosophie et de la Science Hermétique. Lors de notre cérémonie, il est possible que tu aies remarqué une similitude avec un certain rite pratiqué lors des Anciens Mystères. C’est ainsi que nous espérons mener l’Aspirant sincère vers les royaumes élevés de la Vérité intellectuelle et à la connaissance de l’Eternité. L’origine de notre philosophie remonte au plus lointain passé, elle a été soutenue par des Sages et des Mages en une grande procession spirituelle d’instructeurs venus éclairer le chemin vers la Sagesse. Ces hommes dignes et sages furent les hérauts de nos principes, ils allumèrent leurs lampes à ce même Feu Sacré qui nous réjouit aujourd'hui. Ne sois pas effrayé parce que le chemin semble long et si l’âme se fatigue, mais travaille pour avancer vers les plus hauts plans de Sagesse. La vie elle-même est représentée dans cette cérémonie d’ouverture, et le serpent dans sa course, en vérité divinement dirigée, est celle des Hommes Sages en quête de Vérité. Des difficultés et des dangers peuvent troubler la vision mentale, et même si des obstacles se présentent dans les affaires de ce monde, rappelons-nous toujours, cependant, que la Connaissance est Pouvoir et que la source de toute Sagesse nous guidera dans nos pas peu assurés au cours de ce voyage qui mène à la Vie Eternelle.

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Cérémonie 66ème Degré

17 Avril 2006 , Rédigé par Rituel de Memphis Misraim Publié dans #hauts grades

 

 MATERIEL NECESSAIRE: 

- Feu Sacré {Les trois flambeaux classiques} 

- Une craie pour tracer le Mandala

- Un Suaire

- L'Eau Lustrale

- L'Huile Consacrée

- Une nappe blanche

- Un chandelier 1 trois branches

Création du MANDALA magique et animation de celui-ci par les forces Supérieures. L'Initiateur se trouve avec son assistant dans le Temple

- L'initiateur allume un à un les trois flambeaux rituels qu'il dispose en triangle au centre de l'atelier. Il donne ensuite TROIS COUPS de maillet sur l'Autel des Serments. Puis il dit : - "A la gloire du Souverain Architecte des Mondes, au nom des Anciens du Temple réunis et présents parmi nous, au nom du Grand Hyérophante, Je déclare ouverts les Travaux de ce respectable Sénat dans le visible et l'invisible" Il fait le tour du triangle, impose les mains aux trois flammes, élève les bras puis les abaisse vers le MANDALA et ajoute : - "Que les forces Suprêmes qui régissent les destins des hommes daignent, en cet instant, descendre en ce Centre rayonnant de désir spirituel et le rende ainsi animé, lumineux et incorruptible".

Il s'incline et dit : - "Faites entrer les membres de ce respectable Sénat". Chacun entre et se recueille devant le MANDALA et prend place. l'Initiateur: - 

FAITES ENTRER LE NEOPHITE Il entre et on le fait s'agenouiller front contre terre devant le Feu Sacré allumé sur l'Autel. On le recouvre d'un suaire. L'Initiateur, les bras étendus dit : - "Que ce feu Sacré nous éclaire, nous ambrasse et nous purifie. Qu'il détruise en nous tout ce que nous avons d'imparfait et que, devenus meilleurs et dignes de Lui, nous soyons admis au Mystère ineffable.

(Il donne alors neuf coups de maillet comme suit : 0000 00 000 ) puis il ajoute:

- « Relevez-vous, mon Frère. Je vais vous donner la PURIFICATION MENTALE. Nous monterons à l'Autel de la Vérité. Nous répandrons pour elle notre jeunesse. Purifions nos coeurs et nos âmes pour être admis sur le Plan de l'E1évation. Purifions d'abord notre pensée. (moment de silence) Mon Frère, je vous donne la PURIFICATION PHYSIQUE. Nous avons déjà à porter le poids de nos fautes antérieures  Ayons-en le regret et la plus vive douleur et demandons à la Divine Nature de nous pardonner nos faiblesses passées Scrutons notre conscience... Pesons nos actes avec sévérité. Le Juge nous scrute du centre du Triangle de Flamme et pèse nos actes présents et passés. Soyons Purs...Purs...Purs... Lavons nos fautes dans les regrets et que l'Eau Consacrée en efface les traces. 

L'Initiateur prend la vasque d'Eau Lustrale et en asperge les mains... le front... et la tête du Néophite. Puis il prend le Feu Sacré qui brûle à l'Autel, fait le tour du Néophite afin de l’entourer d’une JARRIERE ASTRALE en disant : - « Mon Frère, je vous donne la PURIFICATION ASTRALE, en purifiant maintenant notre astralité par le Feu Sacré. Que ce Feu Sacré mette autour de vous une protection, une barrière ineffable. Et maintenant que nous avons effacé nos fautes et consumé nos dernières imperfections, montons, le coeur joyeux, à l'Autel de la Vérité. A l'Orient, une nappe blanche est posée sur l'Autel, l'Initiateur reprend sa place derrière l'Autel et le candidat est conduit à l'Orient où il s'agenouille devant l'Autel. L'Initiateur lui dit: 

- "Mon frère, je vous investis des ORDRES MINEURS. Il impose les mains sur la tête en disant : - Recevez, mon Très Cher Frère le pouvoir de faire entendre partout la VERITE, de propager la LUMIERE, d'écarter les puissances mauvaises

Mon Frère, je vous investis des ORDRES MAJEURS L'Initiateur descend les mains jusqu'aux épaules prend la burette d'HUILE CONSACREE, en verse dans sa main droite et oint la main droite du néophite, en disant : - Recevez, Mon Frère, la puissance de commander et de rayonner la plénitude de ce qui est BIEN. L'Initiateur met dans la main droite du néophite le Chandelier à Trois Branches en disant : -"Recevez, Mon Frère la puissance d'éclairer autrui sur les trois Plans. 

Mon Frère, je vous consacre au SACERDOCE INTEGRAL L'Initiateur impose les mains sur la tête en disant: "Recevez Mon Frère, le pouvoir de réunir le Visible à l'Invisible par les Mystères Ineffables connus des seuls Enfants de la LUMIERE."L'Initiateur Oint alors les doigts de chaque main du néophite à qui on a repris le flambeau. "Daignez, Puissance Suprême qui régissez les destins des hommes, consacrer et sanctifier par cette onction sacrée, les mains de notre Très Illustre Frère, afin que : tout ce qu'elles bénissent soit béni, heureux et vivifié au nom du Sublîme Architecte des Mondes. Recevez aussi, mon Frère, le pouvoir de pardonner, de consoler, de guérir les maux du corps et de l'âme, car vos pouvoirs sont dorénavant ineffables: TU ES SACERDOTES lN AETERNUM et toutes vos imperfections ont été consumées par le Feu de l’Amour Divin. Recevez enfin, mon très cher Frère, Pouvoir de CONSACRER... L'Initiateur oint alors le front du néophite en forme de triple TAU (c'est-à-dire trois T

D'autres Frères au SACERDOCE sur les trois Plans et de leur conférer valablement les pouvoirs réels, qui en sont le privilège. L'Initiateur frappe alors les épaules du néophite avec le maillet, impose les mains et souffle sur lui en disant: "Participez à présent au souffle Divin qui entraîne, anime et vivifie tout ce qui existe dans l'Univers." l'Initiateur étend les mains et dit: O Puissance Souveraine que l'on invoque sous des Noms divers et qui régit seule le destin des hommes et des choses, reçois en ce moment notre hommage, notre cœur et notre joie. Fais en sorte, que ce nouveau guide des hommes soit pénétré de Ta Lumière, transporté par Ta Force, dévoré de Ton Zèle et brillé de Ta Bonté qui consume. Fais en sorte qu'il reste toujours Digne de Toi et qu’il passe dignement aussi le flambeau Sacré qui lui a été confié aujourd’hui à celui de ses disciples qu’il estimera le meilleur, le plus pur, le plus éclairé, le plus digne de cette de cette suprême faveur. Sois bénie par les Enfants de la Veuve et célèbre dans l'Eternité par toutes les harmonies des Sphères et les rayonnements des mondes.  Adonaï Adonaï Adonaï Relevez-vous, mon Frère, car vous allez vous revétir de la robe de pureté, du manteau de charité, du chapeau de la persévérance et du bâton de Pasteur. 

L'Initiateur le revêt des habits de ses fonctions, puis il ajoute: "J'ai maintenant le droit et le plaisir de vous communiquer les secrets du 66ème grade. ....

On conduit alors le Nouveau Patriarche Grand Consécrateur à l'Orient et l'Initiateur frappe un coup de maillet en disant: "le Frêre............debout à ma droite vient d'être initié par moi GRAND CONSECRATEUR et je vous prie de le considérer dorénavant comme tel. L'Initiateur termine par un mot de félicitation et la marche vers la sortie termine la cérémonie après que le nouvel initié ait donné sa première bénédiction Urbi et Orbi.

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Discours historique

17 Avril 2006 , Rédigé par Rituel de Gd Elu Ecossais Publié dans #hauts grades

Les meurtriers étaient punis, les travaux étaient à leur fin, il ne restait plus au grand Roi qu'à consigner dans un lieu sûr et secret le véritable nom du Grand Architecte de l’Univers, dont les caractères avaient été connus longtemps avant, lors de son apparition au mont Horeb sur un triangle radieux.

Sa prononciation était ignorée du peuple. Elle se transmettait par tradition une fois l'année; le Grand Prêtre prononçait le nom en l'épelant, entouré de tous ceux qui avaient droit de l'entendre. Pendant cette cérémonie, on ordonnait au peuple de faire beaucoup de bruit de peur que le nom ne vînt frapper les oreilles de quelqu'un. Salomon crut devoir le déposer dans un souterrain du Temple, comme un type immuable. I1 avait fait pratiquer sous la partie la plus mystérieuse du Temple une voûte secrète, au milieu de laquelle il plaça un piédestal triangulaire qu'il nomma le piédestal de la science. On y descendait par un escalier de vingt quatre marches divisées en repos par trois, cinq, sept, neuf. Cette voûte n'était connue que de Salomon et des Maîtres qui y avaient travaillé en secret.

Hiram grava la parole sur un triangle du plus pur métal, mais dans l'inquiétude où il était de la perdre, il la portait toujours au cou, la gravure du côté de la poitrine, le revers en dehors, et n’offrant qu'une surface unie et du plus parfait poli. Lors de son assassinat, il fut assez heureux pour se dépouiller de ce Delta précieux, et le jeta dans un puits, lequel était au coin de l'orient et du midi. Salomon témoigna sa crainte que ce précieux triangle ne tombât en des mains profanes, et en ordonna la recherche.  

 

Trois Maîtres eurent le bonheur d'en faire la découverte. Passant près du puits vers l'heure de midi, ils aperçurent dans le fond quelque chose de brillant. L'un d'eux, aidé de ses camarades, descendit dans le puits, et trouva réellement l'objet de leur recherche. Au comble de leur joie, ils se présentèrent à Salomon. A la vue du Delta, Salomon fit un pas en arrière, levant les bras au ciel en signe d'admiration, et s'écria: El Hanan, à Dieu grâce. I1 manda aussitôt les quinze Elus et les neuf Maîtres qui avaient travaillé à la construction de la voûte; accompagné d'eux et des trois qui avaient fait la découverte, il descendit dans la voûte secrète, fit incruster le Delta au milieu du piédestal, et le couvrit d'une pierre d'agate taillée en forme quadrangulaire, sur laquelle il fit graver à la face supérieure le mot substitué, à la face inférieure tous les mots secrets de la Maçonnerie, et aux quatre latérales les combinaisons cubiques de ses nombres, ce qui la fit dénommer pierre cubique. 

                                                                        

 

Au devant, Salomon fit placer trois lampes portant chacune neuf lumignons qui brûlaient d'un feu perpétuel. Il leur rappela l'ancienne loi qui défendait de prononcer le nom du Grand Architecte, et après avoir reçu d'eux le serment inviolable de ne jamais révéler ce qui venait de se passer, il lui donna le nom de Voûte Sacrée, et en fit sceller l'entrée, dont le secret n'en demeura qu'aux vingt-sept Grands Elus, auxquels il donna le nom d'Architectes, et à leurs successeurs. Ils se jurèrent une éternelle alliance et pour preuve de cette alliance, Salomon leur donna un anneau du plus pur métal. Remontés dans le Temple, ils admirèrent la beauté de l'ouvrage, et rendirent grâces au Grand Architecte de l’Univers. Salomon étant mort, ils se gouvernèrent par eux-mêmes suivant leurs lois, toujours dévoués à la conservation de l'ouvrage.

Quand le Temple fut détruit par les Assyriens, les Architectes demeurèrent. Ils restèrent inconnus, mais toujours unis dans l'espérance que la divine Providence permettrait un jour que le Temple fût rebâti. Et quand, en effet, un nouveau Temple s'éleva, c'est eux qui en furent chargés. 

 

Ce second édifice périt sous Titus. Les Architectes se perpétuèrent à travers les vicissitudes des civilisations, aussi vertueux dans la paix que vaillants dans la guerre. Ils étaient le soutien de l'innocence, les vengeurs du crime, les colonnes des Empires, le fléau des méchants et les barrières de l'impiété. Enfin, les malheurs des temps les obligèrent à s'établir en Occident, et tout particulièrement en Ecosse. De là, ils passèrent en France, où on leur donna le nom d’Ecossais que nous, leurs successeurs, portons désormais.

 

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Ecuyer Novice : instruction(3)

16 Avril 2006 , Rédigé par JB WILLERMOZ Publié dans #hauts grades

Ces philosophes croient que ce que l'Ecriture Sainte rapporte est allégorique et que toute la loi a une similitude avec l'homme animal, parce que les préceptes ont du rapport avec le Corps, mais que le sens caché sous le voile de la lettre a du rapport avec l'âme.  

 

Que dans ce sens l'âme raisonnable se contemple elle-même d'une manière élevée comme dans un miroir, apercevant sous cette même lettre la beauté admirable du sens qu'ils expliquent par le voile des allégories, et mettant au jour le sens caché, seulement pour ceux qui, enseignés occasionnellement, savent expliquer ce qui est obscur par ce qui est clair. Ils observent particulièrement les nombres, et révèrent non seulement le nombre simple de 7, mais aussi sa force multipliée. Le nombre de 50 est un nombre très saint parmi eux et très agréable à la nature. Ils le regardent comme résultant de la force d'un triangle rectangle qui, selon eux, est le principe de la génération de toutes les choses. Enfin, à quelques unes de leurs assemblées aux cérémonies en usage dans cette secte, à un signe caractéristique qui leur est propre, il semble que nous ne pouvons nous refuser de les reconnaître pour nos Frères.                                      

En effet, lorsqu'ils se réunissent, ils sont placés dans une position décente, tenant leurs mains sous le manteau, la droite entre la poitrine et la barbe, et la gauche posée au côté, ce qui forme exactement le signe d'apprenti, et prouve son ancienneté A l'égard des Esséens que des Maçons instruits ont associés avec les Chevaliers Temple et qu'ils ont reconnus par là comme liés à la Maçonnerie essentielle, ils méritent sans doute d'être distingués des sectes juives.

On ne voit pas dans l'Evangile que Jésus Christ en ait parlé, ni qu'il ait prêché parmi eux. Voués à la vertu, ils joignaient la philosophie morale à la philosophie naturelle, et initiaient d'autres personnes aux mêmes mystères. Ils apprennent, nous disent ceux qui ont parlé des Esséens, à connaître le vrai bien, le vrai mal, et ce qui est indifférent ; ce qu'il faut chercher, ce qu'il faut fuir, et examinent leurs actions d'après ces trois règles, l'amour de Dieu, de la vertu et des hommes. Ils servent Dieu avec la plus grande piété, non pas en immolant des victimes, mais en conformant leurs mœurs aux règles de la sainteté. Ce qui achève, Mon Bien Aimé Frère, de les rendre recommandables aux Maçons, c'est qu'on pense communément que Saint Jean Baptiste si justement vénéré par les Franc-Maçons a vécu parmi les Esséens jusqu'au temps où il commença à baptiser et à prêcher la pénitence. Il est constant qu'ils initiaient d'autres personnes à leurs mystères ; cette initiation doit être pure, puisque Saint Jean Baptiste est présumé l'avoir reçue. Ils recevaient les étrangers qui avaient les mêmes instituts ; les neuf premiers Chevaliers Templiers ont donc pu et du fraterniser avec eux, car leur institut paraît avoir les plus grands rapports, et l'initiation à leurs mystères est plus que probable ; Cherchez avec nous à vous rendre digne d'en acquérir la certitude.

Vous voyez, Mon Bien Aimé Frère, comment les neuf fondateurs de l'Ordre du Temple qui furent distingués, et méritèrent de l'être par la pureté de leurs mœurs, les grandes vertus et leur zèle pour la religion chrétienne, vous voyez comment ils ont été instruits, et les moyens qu'ils eurent pour faire des progrès dans les sciences. Soit que le Haut et Saint Ordre les ait instruits directement, soit que les Esséens aient été les intermédiaires dont le Saint Ordre s'est servi, ou qu'après s'être communiqués sur quelques objets, il ait permis aux Esséens de les initier à leurs mystères, on est convaincu assez généralement que les Templiers furent choisis pour devenir dépositaires de quelques connaissances dont la propagation importait au bonheur des hommes. Aujourd'hui on ne doute plus que ces connaissances n'aient des rapports essentiels avec la Franc-Maçonnerie et que par son secours on ne parvienne à les recouvrer, surtout depuis qu'on s'est confirmé dans l'opinion que les Templiers ont connu l'initiation Maçonnique et n'en sont pas les instituteurs.

En effet, il a été constaté, à l'époque du Convent de 1782, qu'ils ont pratiqué et professé la Maçonnerie dans ses principaux et plus anciens emblèmes. Ce n'est point une assertion hasardée, un Maçon très zélé dans les recherches qui pouvaient confirmer ce point de notre tradition, dirigé par un ancien manuscrit relatif à cet Ordre, a découvert en fouillant dans le Tyrol dans un terrain qui avait appartenu aux Templiers, des médailles anciennes très expressives, sur lesquelles sont gravés les principaux emblèmes et Symboles de la Franc-Maçonnerie. Le vulgaire sait seulement que les Templiers avaient une Règle secrète à laquelle les seuls Chevaliers ayant droit d'entrée dans les Chapitres généraux étaient admis, et qu'ils étaient peu nombreux. On a tiré des conséquences fausses contre ce qui se passait dans le secret. Les Maçons savent que ces grades successifs qui ne se conféraient qu'avec les plus grandes précautions, en y employant tout l'appareil du mystère, n'étaient autre chose que l'initiation Maçonnique par laquelle on les conduisait à quelques connaissances relatives qui ont été, et sont encore tenues très secrètes.

Ce qui a dû nécessairement échapper à la pénétration des écrivains, a été saisi par les Maçons instruits, qui savent apercevoir la cause de ce mystère dont les Templiers Maçons se sont enveloppés aux yeux du public, et même de la multitude de leurs Frères. Vous connaissez, Mon Bien Aimé Frère, le subit accroissement de cet ordre dont la plupart des membres, fiers de leur grand nombre, et de leurs richesses, oubliant l'esprit de leur règle, s'abandonnèrent aux vices, et attirèrent par là sur l'ordre même les maux qui en ont opéré la destruction. Ainsi, d'un côté l'orgueil qui accompagne trop souvent le pouvoir et l'opulence, et qui corrompt tout ce qu'il touche, de l'autre, leurs richesses qui excitèrent l'envie, la jalousie et la cupidité préparèrent leur ruine.

Philippe le Bel jura la perte de l'ordre, et il en exigeât le sacrifice de Clément V, pour prix de son exaltation dont il lui était redevable. Nous passons sous silence les détails révoltants des crimes absurdes dont l'ordre était accusé, et les supplices qui terminèrent les jours d'une multitude de Templiers Vous savez que Jacques de Molay, dernier Grand Maître et Guy, dauphin d'Auvergne, aimèrent mieux partager le sort de leurs frères, et subir la plus horrible mort, plutôt que d'entrer dans les vues de Philippe le Bel, qui, pour justifier ses cruautés, voulait les forcer d'avouer leur infamie, et ils terminèrent leur glorieuse vie avec l'héroïsme de l'innocence. Vous n'ignorez pas sans doute que le concile de Vienne se refusa de prononcer leur ex-tinction, et que le pape Clément V y suppléa par la plénitude de la puissance apostolique ; qu'en Angleterre les Templiers arrêtés ayant protesté de leur innocence furent relâchés, qu'en Espagne, en Allemagne, et en Italie ils furent absous, et déclarés innocents. Telles furent les révolutions et la fin d'un ordre illustre et malheureux, sorti, comme tous les autres, de l'ordre général de l'ancienne Chevalerie, distingué par les connaissances qu'il a possédé, connaissances précieuses cultivées secrètement qu'il tenait du Haut et Saint Ordre, et peut-être aussi par l'initiation des Esséens, par leur communication avec les Thérapeutes, ainsi qu'avec quelques uns de ceux qui avaient été admis chez les sages de l'orient aux connaissances qu'ils ont professées.

C'est, comme nous l'avons déjà dit, uniquement en vue de la Maçonnerie et dans l'intention de nous rapprocher du Haut et Saint Ordre que nous conservons des rapports de filiation avec l'ordre du Temple, voilà sur quoi elle est fondée. Par une tradition ancienne, secrète et accréditée parmi les Maçons on sait que Jacques de Molay, dernier Grand Maître, qui gémissait dans les fers, fut visité dans sa prison par le Comte de Beaujeu, son neveu qui en obtint la permission du Roi, parce qu'il ignorait qu'il fut Templier secret, c'est-à-dire qu'il fut initié aux connaissances secrètes de l'Ordre. L'infortuné Molay voyant approcher la fin cruelle de sa vie, songea au dépôt des choses précieuses de l'ordre dont il avait le secret, et qui, transportées de l'orient avaient été cachées dans les souterrains du Temple à Paris.

 Quoiqu'il fut connu de quelqu'autre, il ne pouvait être indifférent à Molay de le transmettre, il en était comptable envers le Haut et Saint Ordre de qui il le tenait. Beaujeu, après avoir reçu de lui les instructions convenables sur le dépôt, ainsi que sur les moyens de s'en saisir, rendit secrètement les honneurs funéraires à son oncle, et se mit en possession du précieux héritage qu'il venait de lui laisser. Beaujeu s'associa avec quelques autres Chevaliers qui avaient échappés à la persécution. On leur prête l'intention d'avoir voulu perpétuer l'ordre, chercher à le propager en secret sous les symboles de la Franc-Maçonnerie et que dans cette vue, ils élurent Beaujeu pour leur Grand Maître le jour de la fête de Saint Jean Baptiste de l'année 1313. Un autre motif les a réunis, c'était la conservation de ces connaissances précieuses dont ils étaient encore dépositaires. Mais il ne purent légalement se permettre de les communiquer sans le consentement de ceux qui les leur avaient confiées, et tout annonce que dès ce moment, elles devaient se réunir pour la partie essentielle dans le sein du Haut et Saint Ordre, d'où elle étaient émanées ; les formes Maçonniques et quelques explications qui peuvent rapprocher du but primitif pour les choses qu'ils ont pu transmettre, ceux qui ont pris cela pour la chose même ont du nécessairement s'égarer dans leurs recherches, et de là les systèmes qui nous divisent.

La même tradition nous apprend que Pierre d'Aumont, Maître Provincial d'Auvergne et quelques Chevaliers se réfugièrent à l'île de Mulle en Ecosse, où se rencontrèrent George Haris, Grand Commandeur d'Amptoncourt qui s'y était également retiré avec quelques Frères. Ils s'y confirmèrent dans le dessein de perpétuer la Franc-Maçonnerie d'où est ensuite provenue la dénomination de Maçon ou grade Ecossais. Beaujeu étant mort, Pierre d'Aumont lui succéda, et à celui-ci George Haris, ce fut ce dernier qui permit aux Chevaliers de se marier comme étant l'unique moyen de conserver l'ordre, en concentrant tous ses secrets dans leurs famille ; ils se perpétuèrent d'abord par leurs enfants, ensuite ils s'associèrent d'autres personnes par des initiations à différents degrés afin de s'assurer de leur discrétion. Si les Chevalier Templiers dont les noms se sont conservés parmi nous avaient le double but de conserver les connaissances précieuses qu'ils ont possédé, et de perpétuer et restaurer civilement l'ordre éteint, tout annonce que ce projet a été abandonné, puisque Haris n'a plus eu de successeurs connus dans la Grande Maîtrise

Et on pourrait peut-être dater de cette époque l'introduction d'une multitude d'opinons sur la Maçonnerie qui ont altéré les emblèmes, et rompu tous les rapports avec le Haut et Saint Ordre, qui ne s'est plus fait connaître qu'à un très petit nombre de Maçons qui ne cherchaient point le Grand Maître caché de l'ordre du Temple, mais l'ordre même qui lui est supérieur Cette tradition mal comprise a servi de prétexte à quelques sectateurs pour avancer que les emblèmes maçonniques ne servaient de voile qu'à l'ordre du Temple, et n'avaient pas d'autre but que de servir à la perpétuation secrète de cet ordre.

Aussi le terme final de ceux qui ont adopté ce système de restauration était de dire que les Templiers avaient été les premiers instituteurs de la Maçonnerie, qu'elle avait pris naissance à l'époque de leur extinction, et qu'ils avaient fait choix de l'emblème du Temple de Salomon, parce qu'ils obtinrent de Baudoin II un logement dans l'enceinte de l'ancien Temple de Jérusalem, d'où ils prirent le nom de Templiers ou de Chevaliers du Temple. ......

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Ecuyer Novice : instruction(2)

16 Avril 2006 , Rédigé par JB WILLERMOZ Publié dans #hauts grades

Motifs de la filiation avec l'Orient du Temple

Nos instituteurs occupés du bonheur des hommes, dans l'intention de les préparer, de les éprouver, et de les disposer à acquérir de plus grandes lumières, substituèrent à d'autres initiations préparatoires, qui eurent vraisemblablement une dénomination différente, l'institution que nous nommons aujourd'hui Franc-Maçonnerie. Ce ne fut point d'une manière arbitraire qu'ils nous donnèrent le Temple de la Cité Sainte pour emblème Général et fondamental ; nous pouvons vous assurer, comme nous l'avons dit en commençant, qu'il est le type universel de toutes les vraies connaissances ; mais il n'y a que le haut et Saint Ordre qui connaisse dans le sens le plus étendu et le plus élevé la véritable signification de tout ce qu'il représente. Les Chevaliers Templiers eurent parmi eux des Maçons et c'est par eux que l'initiation Maçonnique a été propagée, ainsi que vous le verrez dans la suite de cette instruction ; on est convaincu qu'ils reçurent au moment de leur établissement le dépôt de quelques connaissances relatives au but primitif du Saint Ordre, qui se plaît à répandre de temps en temps quelques rayons de lumière.

Les divers systèmes qui règnent parmi les Maçons, servent à confirmer que les Chevaliers Templiers ont occupés un rang distingué chez ceux qui ont possédé des connaissances d'un ordre supérieur relatives à la vraie Maçonnerie ; ils ne diffèrent entre eux que sur la nature et le but de ces connaissances. C'est donc uniquement comme Maçon, pour la Maçonnerie et en vue des connaissances qu'elle peut procurer que nous conservons une filiation avec l'ordre du Temple. Notre véritable but est de mériter de fixer l'attention de l'institut sublime et secret, de rassembler ce qui en a été divisé, de rétablir enfin une communication plus intime de lui à nous ; communication dont la multitude des Maçons s'est rendue indigne à l'exemple de l'ordre du Temple qui, oubliant l'esprit de son institution, s'abandonna aux vices et attira par là les maux qui ont opéré sa destruction ; mais, Mon Bien Aimé Frère, si les Chevaliers Templiers obtinrent pour quelques-uns le rare et précieux avantage de trouver des Maîtres éclairés qui les instruisirent dans la science, les vrais Chevaliers Maçons de la Cité Sainte peuvent concevoir le même espoir, lorsqu'ils auront su prouver que leur but est constamment le culte du vrai Dieu, l'amour du prochain, et de concourir de toutes leurs forces à la destruction du Règne des Ténèbres.

Le titre de Chevalier dont le maçon finit par être décoré n'est pas un titre vain, Mon Bien Aimé Frère, il ne saurait être étranger au Maçon, en effet, que l'ordre antique et général de la Chevalerie, duquel sont provenus tous les ordres particuliers de la Chevalerie religieuse et militaire, avait des cérémonies mystérieuses et symboliques ; on en cherche l'origine, et lorsqu'on voit que cette institution est si ancienne, que l'époque n'en peut être assignée ; lorsqu'on voit qu'il est peu de régime qui n'ait conservé un ordre de chevalerie quelconque, on est forcé de regarder cette institution d'un œil différent que les historiens, qui ne l'ont considéré comme un établissement politique et militaire que pour n'avoir pas compris qu'il devait nécessairement tenir à quelque chose d'important. On a dû chercher la cause de l'analogie des cérémonies de l'ancienne chevalerie avec quelques usages maçonniques ; et s'ils nous viennent des Chevaliers Templiers, c'est que ceux-ci tenaient à l'ordre général de la chevalerie. On ne peut connaître l'ordre du Temple qu'en remontant à une époque plus éloignée ; l'ordre assemblé en ce convent général en 1782, en établissant des rapports plus étendus, a préparé tous les moyens de vous conduire au terme heureux que vous vous êtes proposé ; il a pensé que la tradition de l'ordre serait enrichie, et deviendrait plus instructive en y joignant les réflexions qui se présentent d'elles-mêmes à celui qui cherche à approfondir les objets ; c'est dans cette vue, Mon Bien Aimé Frère, que nous allons parler de l'ancienne chevalerie, avant de nous occuper avec plus de détail de ce qui concerne les chevaliers du Temple. 

Idée succincte de l'ancienne Chevalerie 

L'opinion que les Maçons instruits ont adoptés sur l'Ordre antique de la Chevalerie exige la plus sérieuse attention ; et quand on lit l'histoire dans un autre esprit que celui des historiens qui l'ont écrite, il est difficile de se refuser aux divers points de vue que la Chevalerie nous présente  ; on sait, en effet, qu'il existait entre les Chevaliers une fraternité et des liens inconnus à ceux qui n'avaient pas ce titre ; on remarque qu'il y avait une supériorité attribuée à quelques-uns dont le public ignorait les causes, comme il a toujours ignoré les secrets de leurs constitutions, la nature du serment qui les liait à la Chevalerie et ce que c'était que la Chevalerie.

Le voile le plus épais est étendu sur son origine ; si quelques-uns ont tenté de le soulever,ça n'a été que pour nous empêcher de considérer les objets comme ils devaient l'être. Nous voyons dans l'histoire sainte qu'il existait des Chevaliers ; on pourrait citer plusieurs faits qui l'indiquent : au moins voit-on que David, à qui les plans du Temple élevé par Salomon furent mystérieusement tracés, fut fait Ecuyer par Saül, ce qui suppose le Grade Supérieur dans ce dernier ; aussi David fut-il placé dans la suite au nombre des neuf preux Chevaliers qui étaient trois hébreux ; trois gentils et trois chrétiens : Josué, David, Juda Machabée ; Hector, Alexandre le Grand, Jules César ; Artur, Charlemagne et Godefroy de Bouillon. Cette tradition ancienne parmi les Chevaliers, le rôle important qu'ils ont joué dans l'univers, leur division ternaire qui forme un type en ce quelle semble indiquer un rapport avec trois Epoques principales, leur nombre qui se trouve un des nombres mystérieux de la Franc-Maçonnerie ; les cérémonies qui se pratiquent dans leurs réceptions non moins altérées aujourd'hui que nos rituels qui sont en caractères symboliques, Religieux et Mystérieux, tout atteste quelque analogie avec nos usages, on les voit revêtus de l'habit blanc au moment de leur réception, les purifications symboliques y sont employées, etc...

C'est en parcourant l'histoire de la Chevalerie, et de tous les ordres qui en sont provenus, qu'on y aperçoit des choses si surprenantes, qu'il est difficile de se refuser à croire qu'on n'a connu de la Chevalerie que l'écorce, comme la multitude ne connaît que celle de l'institut Maçonnique. Cependant tous les auteurs les plus estimés s'accordent à reconnaître, dans les formes de la Chevalerie, des rapports sensibles avec les cérémonies employées dans les diverses Eglises chrétiennes pour l'administration des sacrements. Les plus anciens panégyristes parlent des engagements des Chevaliers, comme de ceux de l'ordre monastique, et même du sacerdoce ; ils semblent même vouloir mettre la chevalerie au niveau de la prélature. Tout ce que la Religion a de plus sacré et de plus imposant y était employé. C'était aux pieds des autels que le Chevalier prononçait ses vœux qui tendaient au maintien et à l'honneur de la religion, et de la chevalerie 

C'était également aux pieds des autels que le Chevalier était armé, et on lui apprenait alors que tout était mystérieux, et que chacune des choses qu'il recevait était un emblème qui devait l'instruire de son devoir. L'ordre de chevalerie a donc vraiment un caractère d'antiquité et de mystère qui peut permettre d'y voir des analogies avec l'Ordre essentiel, que nous appelons justement le Saint Ordre, et dans cette allégorie d'un poète très ancien, la vérité semble y être peinte. "La chevalerie (dit-il en parlant des vertus), en est la fontaine, et l'on ne peut tant y puiser qu'elle soit jamais tarie, de Dieu vint et les Chevaliers sur qui elle découle de la tête aux pieds en sont les possesseurs : ils tiennent en bref tout ce qui en arrose le reste du monde, autres gens n'en ont que l'écorce" On ne peut avoir qu'une haute idée de l'antique chevalerie, lorsqu'on se rappelle qu'autrefois, avant que les empereurs fussent couronnés, ils étaient faits Chevaliers par les cardinaux ou prélats, qui étaient députés pour représenter dans cette cérémonie la personne du pape. On sait que Guillaume, comte de Hollande, élu roi des Romains, n'étant que damoiseau, fut fait Chevalier avant que d'être couronné à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, par Pierre CAPUCIO, cardinal de Saint George au voile d'or, à qui le roi de Bohême, l'un des électeurs de l'Empire, présenta après l'Evangile, le futur Chevalier.  Les auteurs qui nous ont conservé le détail de cette réception, rapportent, pour confirmer que, par la coutume ancienne, les princes souverains recevaient l'ordre de la chevalerie des mains des prélats, qu'encore aujourd'hui nos monarques très chrétiens, après être sacrés et couronnés, reçoivent l'ordre de la chevalerie des mains des prélats qui les ont sacrés et couronnés.

Le roi Henri le Grand le reçu par Nicolas de Thou, évêque de Chartres, et le roi Louis XIII, par les mains du cardinal de Joyeuse, archevêque de Rouen. Ajoutons enfin que Louis XI voulut recevoir l'ordre de chevalerie de la main de Philippe, duc de Bourgogne, le jour de son sacre. François 1er , avant la bataille de Marignan, reçut le même ordre par le fameux Bayard que sa vertu fit surnommer le Chevalier sans peur et sans reproche.

Tout cela prouve que ce titre était fait pour ajouter à la majesté des Souverains ; ce qui n'est plus aujourd'hui qu'une vaine cérémonie, donnait aux rois un caractère particulier. La dignité des Chevaliers était en si grand honneur, qu'ils avaient droit de s'asseoir à la table du Souverain, honneur que n'avaient point ses fils mêmes, ni ses frères, s'ils n'étaient pas Chevaliers. La politique seule n'opère pas de si grandes choses. Quelles foules de réflexions naissent de ces faits ! Quelles lumières ils semblent répandre sur l'Ordre antique de la Chevalerie! En considérant ainsi cet ordre dont l'origine est un problème, on apprend à connaître ce qu'étaient les premiers Chevaliers Templiers qui tenaient à l'ordre général de la Chevalerie.

La tradition secrète de l'Ordre va répandre un jour nouveau sur tous ces objets ; l'histoire qui ne présente à la multitude que des faits absurdes, incroyables, devient pour le Maçon un flambeau qui, tout faible qu'il est, peut cependant servir à le guider au milieu de ces ténèbres, que le temps a encore épaissies.  

Tradition secrète de l'Ordre

Au temps des Croisades il se trouvait une multitude de Chevaliers à la Terre Sainte, lorsque quelques-uns excités par un zèle ardent pour la défense de la religion chrétienne, et peut-être aussi par d'autres motifs importants et moins connus, formèrent des associations particulières de chevalerie, sous la forme d'ordre religieux. Hugues de Paganis, Geoffroy de Saint Omer, et sept autres Chevaliers appartenant à l'ordre général se réunirent pour fonder un ordre religieux et militaire. La forme qu'ils adoptèrent extérieurement voilait un régime secret et intérieur dont le mystère a servi de prétexte pour en suspecter le but.

La forme extérieure n'était que le moyen de s'associer des coopérateurs pour remplir leur but ostensible en même temps qu'elle servait à conduire à un autre terme ceux qui s'en rendaient dignes, et pour parler le langage même de la règle : "Cet ordre, très petit dans le commencement, tirait son origine de celui qui dit : C'est moi qui suis le principe et qui vous parle ; c'est pourquoi lorsque quelqu'un de la masse de perdition voulait s'attacher à cet ordre, qu'on ne le lui accorde pas d'abord ; mais selon le commandement de Saint Paul : Eprouvez les esprits s'ils sont de Dieu et après qu'on lui permette l'entrée". 

L'histoire vous a appris, Mon Bien Aimé Frère, que ce fut en 1118 et le jour de la fête de la Trinité, que Guivinond, patriarche de Jérusalem, reçut de ces pieux Chevaliers leurs trois   vœux de  pauvreté,   de chasteté  et   d'obéissance,  auxquels  ils  ajoutèrent  celui  de défendre les pèlerins contre les insultes des Sarrasins, et d'exposer journellement leur vie pour le soutient de la foi chrétienne : Hugues de Paganis fut reconnu pour leur chef, et ils portèrent à cette époque le nom de Chevaliers de la Cité Sainte. Si, pendant les neuf premières années de leur institution, il ne leur fut pas permis d'être plus de neuf, ce fut, n'en doutez pas, par une délibération sage de l'Ordre essentiel que les choses furent ainsi réglées. Il voulut d'abord occuper à des objets plus réels, d'une utilité plus générale, et qui pouvaient convenir à tous les temps ceux qui, dans la suite, devaient accroître leur nombre, pour servir et défendre la religion autrement que par leurs armes, en instruisant à leur tour les Frères qui se réuniraient à eux, ou du moins ceux qui s'en rendraient dignes. Quelques sectateurs de la Maçonnerie qui ont évité de parler de l'Ordre essentiel et primitif ont adopté une opinion qui parait avoir quelque fondement. Ne pouvant se dissimuler que les Templiers ont eu des connaissances essentielles, ils ont pensé qu'ils les tenaient des Esséens qui vivaient dans la Palestine.

Il est une autre secte qui semble avoir des rapports avec la Maçonnerie, c'est celle des Thérapeutes. Ce qu'on connaît des Thérapeutes et des Esséens doit les rendre recommandables, et loin de rejeter cette union avec les Templiers indiquée par quelques grades, ils doivent fixer l'attention des Maçons, et il peut être aussi avantageux qu'intéressant de les rappeler dans une tradition secrète. L'institut de la philosophie des Thérapeutes, c'est-à-dire médecins ou étudiants, d'après leur rai nom, parce qu'ils professent cette médecine qui est plus élevée que celle qu'on exerce dans toutes les villes, cet institut, disons-nous, avait pour objet la contemplation de la nature. Les Thérapeutes s'adonnaient uniquement à cette étude, et aux soins de l'âme ...

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Ecuyer Novice : instruction(1)

16 Avril 2006 , Rédigé par JB WILLERMOZ Publié dans #hauts grades

Le Temple célèbre élevé par Salomon dans la Cité Sainte est devenu le Symbole général de la Franc-Maçonnerie, et cela devait être parce qu'il fut et sera à jamais le Type universel de toutes les vraies connaissances ; sa réédification allégorique se trouvant achevée au IVème  Grade, on a dû vous dire qu'il formait le complément et la fin des Symboles, parce que les Saintes Ecritures nous disent clairement que le Temple même rebâti par Zorobabel n'était qu'une figure de l'avenir. Ce que nous lisons dans le prophète Zacharie vous fera encore mieux comprendre ce qu'on a voulu vous enseigner en retraçant l'époque du second Temple dans le Grade de Maître Ecossais, et ces mots expressifs : MELIORA PRAESUMO qui forment sa devise qui ne vous présenteront plus un sens obscur. Voici comment s'exprime le prophète : 

"L'ange du Seigneur dit à Jésus fils de Josedée : je vous ai dépouillé de vos iniquités et je vous ai revêtu d'habits précieux. Ecoutez ô Jésus grand prêtre ! Vous et vos amis qui sont auprès de vous, parce qu'ils sont destinés pour être la vraie figure de l'avenir... je m'en vais faire venir l'Orient qui est mon serviteur... ECCE VIR ORIENS NOMEN EJUS. Ce sera un germe qui poussera de lui-même, et il bâtira un Temple au Seigneur ; il sera couronné de gloire ; il s'assoira sur son trône et il dominera... Ceux qui sont les plus éloignés viendront et bâtiront dans le Temple du Seigneur" (Zach. Cha. 3 et 6).

Cette prophétie a eu son accomplissement, le Seigneur s'est réveillé enfin, et il s'est avancé vers nous de son sanctuaire. Vous devez mieux concevoir à présent dans quelle intention on s'est servi de l'ancien Temple pour en former le principal emblème de la Franc-Maçonnerie et pourquoi tous nos Grades respirent la morale pure qui nous est enseignée par l'Evangile. Votre attente n'aura pas été déçue, Mon Bien Aimé Frère, puisqu'on vient de vous montrer que les vrais Maîtres sont destinés à devenir Chevaliers de la Cité Sainte, que zélés défenseurs de la religion du Divin Christ, vivant dans l'Espérance, la Foi et la Charité, ils bâtissent dans le Temple du Seigneur, et sous le voile des Symboles et emblèmes des Maîtres ils cherchent par une douce persuasion à y conduire ceux qui en sont les plus éloignés. Vous avez peut-être pensé, Mon Bien Aimé Frère que vous recevriez aujourd'hui l'explication de tous ces Symboles et emblèmes dont vous avez été entourés dans le cours de votre carrière maçonnique ; mais un nouvel ordre de chose se présente, et ce n'est qu'en qualité de Novice que vous entrez dans la milice bienfaisante de la Cité Sainte ; ce titre seul annonce que le développement des Symboles ne pouvait être que partiel ; d'un autre côté, si vous avez pénétré le sens des questions qui vous ont été proposées aujourd'hui, vous avez dû pressentir qu'on voulait essentiellement et avant tout fixer vos idées sur l'origine et le but primitif de la Franc-Maçonnerie et, vous devez le désirer vous-même, à présent que l'ordre qui vous était caché vient de vous être dévoilé ; car il vous serait aisé de confondre des choses qu'il est bien important de savoir distinguer. Ne croyez pas cependant qu'en vous arrêtant à cet objet votre marche soit rétrograde, et ne serait-ce pas une découverte utile pour vous qui cherchez à remonter au but primitif et fondamental, si l'on vous indique les rapports que la vraie Maçonnerie peut avoir avec l'institut sublime et secret qui lui a donné naissance, et par conséquent avec ceux qui ont le bonheur d'en connaître la valeur intrinsèque .

 Tel est aussi, Mon Bien Aimé Frère, le but principal de cette instruction, le tableau que nous allons tracer embrasse les plus grands objets, et ne sera encore qu'une ébauche ; mais il n'en est pas moins digne de vous intéresser ; donnez-y toute votre attention, elle vous sera nécessaire pour en bien saisir l'ensemble et les détails. 

I - Idée générale du Régime Rectifié considéré sous ses Rapports Moraux

'institution Maçonnique ne peut ni ne doit être confondue avec l'ordre primitif et fondamental qui lui a donné naissance ; ce sont en effet deux choses très distinctes. L'ordre primitif doit être secret, parce qu'il a un but essentiel qui est très élevé, que peu d'hommes sont dignes de connaître ; son origine est si reculée, qu'elle se perd dans la nuit des siècles ; tout ce que peut l'institution maçonnique, c'est d'aider à remonter jusqu'à cet ordre primitif, qu'on doit regarder comme le principe de la Franc-Maçonnerie ; c'est une source précieuse, ignorée de la multitude, mais qui ne saurait être perdue ; l'un est la Chose même, l'autre n'est que le moyen d'y atteindre ; c'est sous ce point de vue, Mon Bien Aimé Frère, qu'il faut considérer la Franc-Maçonnerie en général, et le régime particulier auquel vous êtes attaché, si vous voulez en avoir une juste idée, et en retirer uelque fruit. Ce régime Maçonnique, vous le savez maintenant, est composé de deux classes essentiellement distinctes ; la première classe est symbolique, c'est celle des maçons ; la seconde forme un Ordre Equestre composé de deux grades ; le premier donne au Maçon le nom d'Ecuyer Novice ; au second il fait profession des vérités de la religion chrétienne, et dès lors il est décoré du titre de Chevalier Maçon de la Cité Sainte ; la classe symbolique prépare et conduit à la seconde, comme celle-ci peut conduire à quelqu'autre ceux qui savent s'en rendre dignes et que la providence destine à de plus grandes faveurs ; et que la réunion de toutes les classes considérées relativement au but fondamental de l'ordre primitif et essentiel constitue l'Ordre Maçonnique en général et les deux classes dont nous venons de parler constituent le Régime rectifié.

L'Ordre Maçonnique pris dans sons sens le plus étendu, éclaire les hommes et en fait des Sages. Le Régime Rectifié les prépare, les éprouve, et les dispose à acquérir la Sagesse. Le but de ce Régime embrasse le bonheur particulier de ses membres et celui de l'humanité en général ; en effet, de la perfection individuelle de soi-même résulte nécessairement une utilité générale pour la famille humaine par l'exercice d'une bienveillance active, éclairée et universelle qui, dès lors s'étend à tous les besoins dont les hommes sont susceptibles. Pour parvenir à un but si important, il a fallu employer des moyens particuliers, les diviser en deux classes et les mettre à la portée de ceux qui les composent. Les Symboles se sont présentés, le choix ne pouvait être arbitraire ; mais comme ils sont relatifs au but fondamental et primitif de l'institut Maçonnique et aux buts particuliers du Régime Rectifié, ils sont aussi susceptibles d'explications différentes dans chacune des classes ; ceci pourrait vous égarer, si l'on ne vous faisait remarquer qu'en dernier résultat ces explications se confondent par le but essentiel auquel les Symboles se rapportent.  

 Dans la première classe, l'explication morale des Symboles vous a été donnée progressivement comme étant la plus essentielle pour vous, Mon Bien Aimé Frère, comme la plus propre au but de perfection individuel de soi-même ; la carrière symbolique considérée dans ce sens, n'est autre chose qu'une école dans laquelle on se propose de former le cœur et l'esprit des maçons en leur enseignant une morale douce, vraie, simple et pure, d'élever leur intelligence qu'on exerce par les emblèmes sacrés qu'on leur présente ; enfin, d'exciter l'amour de la vérité, et de développer dans leurs cœurs le germe précieux des vertus religieuses, morales et patriotiques ; car il faut aimer ces vertus avant de les commander.

Dans la seconde classe, les emblèmes cessent, ainsi le maçon devient Chevalier de la foi, et dès le premier pas il s'engage à faire ses efforts pour mettre fidèlement et constamment en pratique toutes les vertus qu'on lui a enseigné ; le Noviciat de l'Ecuyer n'a pas d'autre objet. Son propre bonheur lui en fait une loi ; il le doit pour l'instruction comme l'édification de la grande famille humaine ; il le doit pour le soulagement de l'humanité souffrante, pour la prospérité et la gloire de la Religion chrétienne dont il devient le défenseur.

Si l'Ordre Maçonnique peut effectivement conduire à quelques connaissances relatives et plus élevées, ah ! n'en doutez jamais, Mon Bien Aimé Frère, il n'y a que la pratique constante et pure de toutes ces vertus, rigoureusement exigées dans l'ordre intérieur, qui puisse donner quelque titre pour pouvoir y aspirer ; toute autre voie égare et peut devenir plus funeste qu'on ne pense.

C'en est assez pour vous donner une juste idée du Régime Rectifié, et même du but essentiel de la Franc-Maçonnerie, vous avez appris sous le voile des Symboles qu'il est des devoirs importants pour l'homme ; l'on vient de vous faire entrevoir la nécessité de les remplir avec fidélité ; cherchez par cette voie la science, et avant elle vous trouverez, Mon Bien Aimé Frère, un trésor plus précieux, c'est la sagesse.

II- Origine de l'initiation Maçonnique

Nous venons, Mon Bien Aimé Frère, de vous indiquer un ordre primitif et essentiel, duquel serait provenu l'initiation Maçonnique. Ce n'est pas comme quelques-uns l'ont pensé de l'ordre du T. dont nous avons entendu parler, ni celui des Chevaliers de la Cité Sainte ; c'est d'un ordre sublime et secret dont l'existence ne peut paraître douteuse qu'à ceux qui n'ont pas fait une étude un peu réfléchie de la Franc-Maçonnerie. Il est facile de s'en convaincre en méditant l'histoire sainte et en y cherchant les grands rapports que présente l'emblème du Temple de la Cité Sainte avec tout ce qui l'a précédé et suivi. Elle nous apprend que Salomon, que le Seigneur avait désigné par la bouche de ses prophètes, pour être le constructeur de ce Temple unique et merveilleux dont les plans avaient été mystérieusement tracés à David son père ; elle nous apprend, disons-nous, que Salomon fut doué d'une prudence et d'une sagesse prodigieuse, qui surpassaient celle de tous les Orientaux et de tous les Egyptiens ; il était plus sage que tous les hommes, son esprit fut capable de s'appliquer à autant de choses qu'il y a de grains de sable sur le rivage de la mer, il traita depuis le cèdre qui est sur le Liban, jusqu'à l'hysope qui sort de la muraille, et il traita de même des animaux de la terre, des oiseaux, des reptiles et des poissons (R. L. 3 Ch. 4). Cela seul vous annonce une universalité de connaissances, et qu'alors il existait une école où la science était professée secrètement et il faut que cela soit, puisque de tout ce qu'a écrit Salomon, on ne connaît que ce qui est renfermé dans les livres saints. Cependant il ne faut pas croire que ces connaissances ont été perdues ; l'histoire du peuple hébreu nous montre clairement que ces quelques êtres privilégiés qui furent préposés pour instruire et conduire les peuples étaient instruits dans la science, et tout atteste une initiation secrète. Sans pouvoir vous en donner la preuve, il nous est impossible de nous refuser à penser que ces connaissances sublimes et précieuses se sont perpétuées sans interruption pendant tous les siècles, du monde ; c'est Salomon que l'on peut regarder comme le chef des initiés de ce temps-là, qui nous dit lui-même : J'ai appris que tous les ouvrages que Dieu a créés, demeurent à perpétuité et que nous ne pouvons rien ajouter ni rien ôter à tout ce que Dieu a fait. CE QUI A ETE EST ENCORE ; CE QUI DOIT ETRE A DEJA ETE, ET DIEU RAPPELLE CE QUI EST PASSE (Ecc1. Ch. 3 V. 14-15). 

Les maçons justement appelés Sectateurs des sciences professées par Salomon, qui travaillent mystiquement à rebâtir un Temple élevé par lui à l'Eternel, Temple qui n'était lui-même qu'une figure de l'avenir, les maçons ne peuvent révoquer en doute le témoignage du plus sage des hommes ; oui Mon Bien Aimé Frère, CE QUI A ETE EST ENCORE, et l'initiation Maçonnique n'est que l'ombre d'une initiation plus parfaite, comme nos travaux ne sont qu'un symbole de ceux qui occupèrent le fils de David. Pour peu que vous ayez réfléchi sur les objets qu'on a présenté à votre intelligence, il doit vous être facile de concevoir que le but primitif de cette initiation parfaite est très élevé, et doit être tenu très secret, que l'ordre même doit éviter de se montrer parce que peu d'hommes sont dignes d'y être admis, sans pour cela qu'il cesse d'agir efficacement pour le bonheur de l'espèce humaine ; cet ordre par excellence, distingué du nôtre et de celui du Temple à défaut de le pouvoir nommer, ne peut être appelé que le haut et saint ordre. Les vrais maçons, Mon Bien Aimé Frère, tirent leur origine de cette source pure et sacrée, ils cherchent à légitimer leur existence en mettant tous leurs soins à se faire reconnaître comme sortant de cette tige précieuse ; mais entre cet ordre par excellence et le nôtre, vous voyez l'ordre illustre et malheureux des Chevaliers du Temple. Il faut vous apprendre pourquoi il forme un anneau de la chaîne Maçonnique. Ceci nous conduit en quelque sorte à tracer l'histoire abrégée de la Franc-Maçonnerie, seul moyen de vous indiquer les rapports que la vraie Maçonnerie peut avoir avec l'ordre sublime et secret qui lui a donné naissance.

 

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