Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles récents

L’homme est l’image immortelle de Dieu ; mais qui pourra la reconnaître, s’il la défigure lui -même ?

20 Juin 2014 , Rédigé par T.D Publié dans #Planches

Cette première maxime proposée au candidat par le Vénérable Maître, au cours de son Initiation et à l’issue de son premier voyage, fait prendre conscience au postulant franc-maçon de l’immensité du travail qu’il aura a accomplir pour parvenir au recouvrement de sa nature céleste.

Car il est écrit dans la Bible et c’est au commencement du monde, que Dieu créa l’homme à son image mais celui-ci en trahissant sa confiance précipita lui-même sa chute par le péché originel.

Depuis l’homme doit marcher sur les voies de la Lumière pour retrouver l’identité divine qu’il a perdu par sa faute. La première corruption de l’homme, il l’a connu en écoutant le serpent et en mangeant le fruit défendu.

Par sa chute l’être humain s’est détourné de la contemplation de Dieu, il s’est enfermé sur lui-même et s’est livré à de l’auto-contemplation. Il est devenu une caricature issue de ses illusions, elles-mêmes fruits de son orgueil et de l’omniprésence de son moi qui étouffe tout sur son passage.

Pascal écrivait à ce sujet dans les pensées, en parlant de Dieu : " j’ai crée l’homme saint, innocent, parfait ; je l’ai rempli de lumière et d’intelligence ; je lui ai communiqué ma gloire et mes merveilles. L’œil de l’homme voyait alors la majesté de Dieu. Il n’était pas alors dans les ténèbres qui l’aveuglent, ni dans la mortalité et dans les misères qui l’affligent. Mais il n’a pu soutenir tant de gloire sans tomber dans la présomption. Il a voulu se rendre centre de lui-même et indépendant...En sorte qu’aujourd’hui l’homme est devenu semblable aux bêtes, et dans un tel éloignement de Dieu , qu’à peine lui reste-t-il une lumière confuse de son auteur.. "

Nous nous trouvons ici au cœur de notre quête. Nous réalisons l’importance de l’œuvre qu’il va nous falloir réaliser sur notre esprit et notre cœur pour repousser le danger des illusions qui nous dominent lorsque nous sommes abandonnés à notre propre lumière.

Nous sommes ignorant bien que cherchant et persévérant et c’est par la souffrance que nous pourrons faire abstraction de nos préjugés et de notre amour-propre pour parvenir aux exigences de la Vérité.

En voulant à tout prix notre liberté, nous avons perdu la lumière, nous nous sommes égarés loin de l’image immortelle que Dieu nous avait donné à la Création et c’est en pratiquant de façon ferme et inébranlable le Bien que nous pourrons avoir accès à la plénitude et que nous pourrons sentir et voir les bribes de lueur qui nous seront indispensables pour progresser.

L’homme image immortelle de Dieu nous délivre le message que la Vie n’est pas seulement le vivant, que la Vie il faut la chercher à sa source et que cette source c’est Dieu parce qu’un seul souffle unit l’homme à Dieu et que l’essence de la Vie et celle de Dieu sont une seul et même essence. Le corps humain est l’image du monde, l’âme humaine est Image de Dieu. Seule notre âme survivra aux choses matérielles. L’âme est immortelle, elle est perfectible et doit être sans cesse être cultivée pour pouvoir être dégagée de la matière et se tourner vers le bien.

La religion nous enseigne de remettre notre âme à Dieu, c’est cet acte persévérant et confiant qui nous permettra d’être réuni à jamais avec lui. Nous devons privilégier le monde du ciel et l’au-delà de la vie et non une existence purement terrestre Condamnée par la mort.

Notre bonheur, est d’avoir été conçus à l’image de Dieu, par lui et pour lui.

En lui sacrifiant notre volonté, nos désirs, en aimant, en tolérant, en suivant les devoirs moraux de son enseignement nous sommes dignes de cette image.

Notre vie spirituelle est en même temps intime et relationnelle. On peut la qualifier d’autotranscendante, en effet elle se définit comme la présence de Dieu en nous ; elle unit le divin et l’humain sans qu’on puisse confondre ni distinguer les deux éléments.

La première maxime est reçue par le candidat près avoir subit l’épreuve du feu. Il passe de l’état de cherchant à celui de persévérant. Le Vénérable Maître en lui donnant cette maxime forte lui fait comprendre la rigueur et l’étendue de la  route qu’il doit entreprendre pour trouver la lumière. Il devra durant toute sa vie maçonnique, résister fermement aux affres de la corruption, ne pas se laisser tenter et se souvenir que lors de son initiation il a été mis en garde contre la déchéance qui menace tout être corrompu.

Mais cette maxime marque aussi l’importance de la relation qui existe entre le Rite Ecossais Rectifié et la religion chrétienne

Les règles établies aux convents de Lyon en 5778 et de Wilhelmsbad en 5782 stipulent que le premier engagement du franc-maçon en entrant dans l’ordre est d’observer ses devoirs envers Dieu et de pratiquer la vertu, la charité et la tolérance.

C’est sur le Livre Saint, sur l’évangile de Saint Jean dans lequel le disciple bien –aimé a établi la Divinité du Verbe que le postulant prête serment pour entrer dans la franc-maçonnerie. Cela a été voulu pour lui apprendre que la doctrine, la morale et toutes les vérités voilées sous les symboles maçonniques sont de tous les temps, de tous les âges et qu’elles ont été propagées par la Vraie Lumière.

" L’évangile est la base de nos obligations, si tu n’y croyais pas tu cesserais d’être franc-maçon.. "

Un autre extrait du Rite proclame avec force : " Oui l’ordre est chrétien ! Il doit l’être et ne peut admettre dans son sein que des chrétiens ou des hommes bien disposés à le devenir de bonne foi et à profiter des conseils fraternels par lesquels ils peuvent être conduit à ce terme. "

Par nos travaux, par notre assiduité, par notre stricte observance du Rite Ecossais Rectifié nous pouvons donc, et c’est à mon avis le sens de la première maxime, être l’image immortelle de Dieu et le rejoindre dans sa lumière.

Mais attention à la tentation qui nous guette depuis le Serpent dans le Jardin d’Eden ! L’être humain a prouvé qu’il était capable du meilleur et du pire, qu’il est une dualité permanente qui peut le conduire vers la vérité mais aussi vers sa propre déchéance. Le sens de notre quête est clairement révélé par cette première maxime : il nous faut sans cesse travailler pour mériter ce don exceptionnel que Dieu nous a fait dés l’origine des temps : être à son image..

J’ai dit Vénérable Maître !

T. D

Commentaire : ma première planche d’apprenti en 1999 au RER.

Lire la suite

Hommage à la Lucidité et au Courage

19 Juin 2014 , Rédigé par Michel de Just Publié dans #Planches

Dès que les yeux du profane qu'il était s'ouvrent à la vraie Lumière, le nouvel initié est frappé par la nécessité du travail constant sur lui-même, sur la pierre brute qu'il est, afin de se libérer de toutes les contraintes de l'erreur qui, jusque-là, le tenaient enfermé dans un monde de ténèbres et de dogmes asser­vissants. Il était esclave, conscient ou inconscient ; il va désor­mais, grâce aux outils qui lui sont confiés, forger sa liberté ; car il sait, nous savons tous, que s'il faut que la loi garantisse cette liberté, il ne suffit pas de la loi pour vivre réellement sa liberté ; il faut un long cheminement, que nous appelons la démarche ini­tiatique ; un long dépouillement systématique ; une volonté cons­tante pour se dépouiller de la défroque du vieil homme.

Mais nous savons aussi que si nous taillons la pierre brute, si nous voulons parvenir à la pierre cubique, ce n'est pas pour que cette pierre devienne pour nous objet d'un culte idolâtre ; ce n'est pas pour la contempler en une admiration narcissique ; c'est pour qu'elle serve à la construction du Temple de l'Humanité que nous voulons clair et radieux, illuminé de fraternité ; un Temple où les hommes, tous les hommes, pourront se retrouver, loin des luttes fratricides, des antagonismes habilement entretenus par la scélératesse de ceux qui espèrent ainsi mieux affermir leur domi­nation.

Or, pour bâtir ce Temple, phare de l'humanité et témoignage de Lumière, nombreuses sont les pierres nécessaires ; il faut que le plus grand nombre puisse y participer ; et même si nous regret­tons que tous les hommes aujourd'hui n'y puissent contribuer, il n'en est pas moins vrai que nous nous sentons tenus d'obligation de donner à tous la possibilité d'accéder au domaine de la connais­sance, condition indispensable à la liberté individuelle.

C'est pourquoi les Francs-Maçons ont voulu l'école du peuple. Ils savaient et savent que sans l'école il n'y a pas de liberté, il n'y a pas de république. Les grandes forces obscurantistes le savaient aussi qui, pendant des millénaires, depuis les prêtres des anciennes divinités jusqu'à des prédicateurs plus récents, quelle que soit l'apparente diversité de leurs discours ou la couleur des bannières qu'ils déploient, se rencontrent en un point qui leur est commun : enfermer l'homme dans l'ignorance pour pouvoir régner dictatoria­lement sur son esprit et sur son corps.

Nous fêtons aujourd'hui le centième anniversaire de la loi scolaire de notre Frère Jules Ferry. Et nous sommes en droit de nous poser la question suivante : est-ce que la démocratie aurait survécu en France à toutes les épreuves qu'elle a dû affronter si des hommes nourris de l'Idéal maçonnique comme Jules Ferry et d'autres n'avaient pas réussi à faire voter les lois qui ont institué l'Ecole de la République, école de la tolérance et de la fraternité ?

Dans leur insistance à assimiler la liberté à l'indépendance de l'individu face à toutes les oppressions qui trouvent un terrain d'action particulièrement facile dans un esprit ignorant, les Francs- Maçons de 1881 ont prouvé qu'ils étaient les héritiers de Montes­quieu et de ce siècle des Lumières si souvent décrié, mais auquel il faudra bien aussi rendre justice.

Il est facile aujourd'hui, pour un Grand Maître, d'expliquer que la Franc-Maçonnerie est l'école du citoyen ; elle l'est parce qu'elle se souvient qu'elle fut, et elle sait qu'elle est, la chambre de réflexion où des hommes, venus de tous les horizons politiques ou sociologiques, s'emploient à définir les droits du citoyen.

Il n'y aurait jamais eu, en France ni ailleurs, de conquête de la démocratie et de proclamation des libertés essentielles s'il n'y avait eu préalablement dans les Loges maçonniques la recherche et la définition des droits du citoyen. Il n'y a aujourd'hui de vie dénrocratique possible que là où la Franc-Maçonnerie peut pour­suivre son oeuvre ; et si on voulait s'en convaincre, il n'est que d'observer que dans le monde actuel le premier acte de tout régime dictatorial, de quelque bord qu'il soit, est d'interdire la Franc-Maçonnerie et de pourchasser, emprisonner, condamner et exécuter les Francs-Maçons.

Or, parmi les Droits de l'Homme, l'un des plus difficiles à faire accepter, et pour cause évidente, est le droit à l'enseignement pour tous.

Il faut remonter au Franc-Maçon Condorcet pour que se rejoi­gnent deux thèmes déterminants : l'idée de progrès et l'exalta­tion de l'instruction publique. En exposant dans son a Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain », la perfec­tibilité indéfinie de l'espèce humaine, en liant étroitement les unes aux autres, comme nous le faisons aujourd'hui, les améliora­tions matérielles, intellectuelles et sociales, il ne se bornait pas à présenter aux hommes de son temps et à l'éveil de leur cons­cience l'une des grandes idées-forces du XVIII° siècle ; il jetait aussi les bases de ce qui allait devenir plus tard la mystique de la république.

Dans son oeuvre était déjà contenues toutes les grandes visions optimistes des républicains de progrès de 1881 sur l'ave­nir de l'humanité et sur l'efficacité sociale du développement de la raison.

Dans les cinq mémoires sur l'instruction publique présentés entre 1790 et 1793 aux différentes assemblées parlementaires de la révolution française, le conventionnel mathématicien et philo­sophe proposait déjà les éléments d'un programme d'instruction généralisée et gratuite pour tous, ouverte en un vaste éventail qui, par cinq degrés successifs, embrassait toutes les étapes de l'école primaire à une société nationale des sciences et des arts, vouée à la recherche pure. Ce vaste programme alliait harmonieusement l'étude des belles lettres et le développement d'une éducation scientifique et technique que réclamaient déjà les encyclopé­distes.

C'est que, tout de même que nous en sommes encore persua­dés, nos ancêtres Francs-Maçons de 1790 savaient que la répu­blique ne peut atteindre ses objectifs prioritaires de liberté et d'égalité que le jour où il est permis à tous les citoyens d'acqué­rir l'instruction à laquelle leurs capacités personnelles leur don­nent droit de prétendre. L'égalité des droits, par l'école pour tous, doit se concilier avec l'égalité des chances.

Ces idées exposées par Condorcet ne sont que l'aboutisse­ment d'une longue recherche effectuée dans les Loges sur la philo­sophie du bonheur. Cette « rencontre de la bonté du coeur, de l'es­time des autres et du travail de l'esprit », comme il le disait lui- même à sa fille, et comme nous pouvons aujourd'hui encore le dire à tous les profanes qui viennent frapper à la porte du Temple.

Mais il allait falloir attendre près d'un siècle, 90 ans exacte­ment, pour que ces idées fussent inscrites dans la loi.

Nous savons que ce furent des Francs-Maçons, comme Jules Ferry, comme Emmanuel Arago, comme Adolphe Crémieux, comme Léon Gambetta, comme Garnier-Pagès, comme Eugène Pelletan, comme Jules Simon, comme Ernest Picard, qui se trouvèrent au premier rang en septembre 1870 pour proclamer la République.

Tous savaient que la République ne pourrait survivre que si l'école gratuite, laïque et obligatoire était un jour consacrée par la loi.

De ce que fut leur grande espérance alors nous trouvons l'écho et le témoignage dans ces paroles du Franc-Maçon Allain-Targé qui s'écriait : «Nous avons l'avenir, nous avons le temps. Le progrès se fait tous les jours et malgré tout ; il faut donc ne transiger sur aucun principe et profiter des vacances que le despotisme nous laisse pour instruire solidement et radicalement le pays des conditions de la liberté démocratique. »

Il n'est donc pas surprenant, lorsque nous nous penchons avec le recul du temps sur les événements qui ont marqué les dix pre­mières années de la république, de constater qu'au plan politique la lutte pour la démocratie s'est alors confondue avec le combat pour l'école. L'histoire ne connaît pas de hasard dans l'enchaîne­ment des événements qui font le destin des peuples. Il est logique que le gouvernement d'ordre moral qui, avec le maréchal Mac- Mahon et le duc de Broglie, manqua l'offensive contre la jeune république, ait été également celui qui tenta de reprendre au peuple les premiers droits à l'instruction publique qui venaient de lui être reconnus.

Ce n'est pas un hasard non plus si le vote des lois scolaires, quatre ans après la victoire des 363 députés républicains, coïn­cide avec la naissance de cette Grande Loge Symbolique Ecos­saise qui, revendiquant l'autonomie de la Franc-Maçonnerie Sym­bolique de Rite Ecossais, allait préparer le réveil, en 1894, de notre Grande Loge de France.

Ces deux faits historiques procèdent finalement d'un même courant d'opinion ; l'un et l'autre ont répondu aux exigences d'une époque.

Or, cette époque, c'est précisément celle où se définit dans les Loges Maçonniques cette philosophie du solidarisme, cette philosophie de la fraternité dont le Franc-Maçon, Léon Bourgeois, va tenter de faire, en 1896, une doctrine de gouvernement.

On y retrouve toutes les leçons d'une vie maçonnique bien conçue avec cette affirmation que l'homme n'est vraiment libre qu'après avoir accompli son devoir social. On y trouve la promesse de toutes les conquêtes sociales du XXe siècle lorsque Léon Bour­geois, s'adressant désormais à un peuple qui a été réveillé et conduit à la connaissance par l'école de la République, ose enfin affirmer : « L'Etat est une création de l'homme ; il ne doit intervenir que pour rétablir l'égalité entre tous les participants au contrat. »

Il y a là, pour une démocratie éclairée telle que les Francs- Maçons français l'ont portée pendant plus d'un siècle dans leur espérance, toute la tradition du droit naturel, la subordination des lois à l'idée de justice. Grâce aux lois scolaires de 1881, les hommes qui assument le destin de la République ont enfin acquis le droit de proclamer que la démocratie et la science ne sont pas incompatibles.

Poursuivant leur œuvre, les Francs-Maçons vont veiller jalou­sement sur les conquêtes scolaires de 1881. Après Jules Ferry, nous verrons s'installer au ministère de l'Instruction publique d'autres hommes qui ont appris la solidarité et la justice dans nos Temples : René Goblet, Armand Fallières, Léon Bourgeois, Charles Dupuy, Georges Leygues, Emile Combes.

Tous ont exercé leur ministère avec cette conviction, affirmée par tous les Francs-Maçons du XIXe siècle, que pour survivre l'Etat démocratique devait être enseignant.

Nous célébrons aujourd'hui le centenaire des lois scolaires de 1881. Lorsqu'en 1931 fut célébré le cinquantenaire, on vit dans toutes les villes et dans tous les villages de France, garçons et filles en âge de fréquenter les écoles communales, défiler en chantant un refrain de circonstance dont les paroles ont sans doute laissé un écho dans leur mémoire ; il disait :

« Honneur et gloire à l'école laïque 
Où nous avons appris à penser librement 
A défendre, à chérir la grande République 
Que nos pères, jadis, ont faite en combattant »

Apprendre à penser librement... C'est, encore, dans ce Temple où nous nous réunissons notre recherche d'initiés.

Liberté, Egalité, Fraternité, proclamons-nous chaque soir lors de nos Tenues.

Et ce faisant, nous accomplissons la vocation que nos Maîtres avaient essayé de faire germer dans nos jeunes consciences.

C'est un cri de gratitude qui doit monter ce soir dans ce Temple vers ceux qui nous ont tout appris et sans lesquels nous ne serions jamais devenus ce que nous sommes, sans lesquels nous n'aurions jamais eu suffisamment de conscience et de lucidité pour emprun­ter la voie qui conduisait à la porte du Grand Savoir.

C'est à vos instituteurs que je vous demande de penser aussi ce soir ; et à vos professeurs. Comme je pense à ce M. Loucheux, homme du Nord que les vicissitudes de la guerre avaient envoyé dans une petite école de campagne, Lotoise, au milieu du Causse de Limagne et qui me fit faire mes premiers pas dans la vie de la connaissance et de la rigueur morale. Sans longs discours mais en payant d'exemple, il fit comprendre à l'enfant que j'étais que  l'humanité incarnée en moi et en les autres méritait que l'on se sacrifiât pour elle ; que la cause était noble et juste de l'homme luttant pour sa liberté contre toutes les dictatures ; que le res­pect de soi et d'autrui était la base de toute morale ; et que c'était en l'avenir de l'homme que nous devions placer tous nos espoirs.

Que faisait-il d'autre, soixante ans après, sinon suivre les exhortations que par son admirable lettre du 17 novembre 1883, Jules Ferry lançait aux instituteurs en leur rappelant que « la loi met en dehors du programme obligatoire l'enseignement de tout dogme particulier... ». Il s'agissait, ajoutait-il, « de distinguer enfin deux domaines trop longtemps confondus ; celui des croyances qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connais­sances qui sont communes et indispensables à tous ».

Pour former cette âme libre du citoyen conscient et respon­sable, quelle meilleure école que la Franc-Maçonnerie qui enseigne à ses adeptes à ne pas se laisser berner par les apparences les plus trompeuses, qui se proclame « Centre d'union où se rencon­trent fraternellement des hommes qui, sans elle, seraient demeu­rés perpétuellement étrangers les uns aux autres ».

Apprendre, comme nous l'apprenons, à écouter l'autre ; apprendre à nous enrichir de nos différences et à ne pas vitupérer celui qui ne partage pas nos idées ; savoir que l'homme n'est pas un être fini et statique mais qu'il peut toujours aller plus loin dans sa quête ; savoir que l'avenir sera ce que nous en ferons ; c'est cela aussi notre travail en Loge.

Comment, mieux que par notre démarche maçonnique, pou­vons-nous prendre conscience du plus impérieux de nos devoirs qui consiste à être les bâtisseurs du monde de demain, un monde fait d'harmonie retrouvée, de paix et de fraternité.

Nous rendons aujourd'hui hommage à nos grands ancêtres qui eurent la lucidité de découvrir l'adversaire et le courage de le combattre. Montrons-nous dignes d'eux et sachons, nous aussi, déceler l'ennemi, tous les ennemis, sous quelque forme qu'ils se cachent, de quelque voile qu'ils se parent, pour distiller en l'homme les germes empoisonnés du dogmatisme qui allume les bûchers, ouvre les portes de la nuit et du brouillard, crée les cliniques pré­tendues psychiatriques, arme la main du bourreau qui exécute par garrot vil et organise de mystérieuses disparitions.

Soyons dignes de l'enseignement reçu en oeuvrant à notre tour pour que se lève l'aube de la Fraternité sur un monde qui n'en peut mais d'attendre, un monde qui mourrait s'il était abandonné. Ne le décevons pas. Gardons courage et foi, mes Frères.

Michel de JUST,
Grand Maître.

Publié dans le PVI N° 42 - 3éme trimestre 1981  

Source : www.ledifice.net

Lire la suite
Lire la suite

De l’ombre à la lumière

18 Juin 2014 , Rédigé par B\ G\ C\ R\ C\ Publié dans #Planches

Face à l’angoisse de la page blanche, plongé dans les tourments et L’accablement, je suis tout d’abord enclin à considérer le sujet proposé à ma réflexion comme empreint d’une dimension pour moi impénétrable, pleine d’ombres confuses, fait d’un parcours hasardeux plein d’embuches dont il va me falloir décrypter les symboles et la face cachée pour avancer sur le chemin de la compréhension et de la lumière. Et puis, après un patient et long travail de cogitation intellectuelle, piochant au plus profond de mes connaissances acquises au cours de mon déjà long cheminement initiatique, les arcanes de la réalité se découvrent soudain, par petites touches successives, la spirale de l’angoisse s’immobilise et la lumière de la connaissance, déchirant les ténèbres insondables de mon esprit, indique le chemin et éclaire alors le travail à accomplir.

Sûr de votre fraternelle et bienveillante indulgence, je livre donc à votre sage méditation, le fruit de mon dur combat entre…ombre et lumière.

Toutes les religions, tous les mythes, toutes les légendes sur la création du monde sont fondés sur le principe universel de la séparation, à l’aube des temps, entre ombre et Lumière. Ce concept, relayé de façons très diverses selon les cultures, est l’acte créateur d’où découlerait la « Vraie lumière », cette illumination qui, portée par le pur et subtil Esprit, doit permettre de dominer la matière.

Mais générer la lumière, éclairer au sens propre comme au sens figuré, c’est aussi engendrer l’ombre, et cette dualité universelle, illustrée par le Yin et le Yang, et pour nous F\ M\ par le pavé mosaïque, nous rappelle l’indissociabilité entre blanc et noir, clarté et obscurité, positif et négatif, connaissance et ignorance. Ces deux pôles apparemment inconciliables sont en fait condamnés à vivre une perpétuelle dynamique de liaison/opposition, lumière et ombre étant « Les deux éternelles voies ».

Ce thème de la lumière et des ténèbres se décline le plus souvent par l’opposition de l’une aux autres. Le monde est envisagé comme composé de deux parties distinctes qui constamment se heurtent mais aussi se complètent en une opposition féconde, dualité que Spinoza traduit par : « Lux seipsam et tenebras manifestat » (La manifestation de la lumière manifeste les ténèbres).

Dans ce combat permanent entre ombre et lumière, entre esprit et matière, entre matérialisme et spiritualité, l’équilibre s’opère lorsqu’il y a fusion entre les deux, quand l’esprit avec force, sagesse et beauté, illumine la matière, quand le compas recouvre l’équerre nous permettant de rompre le cercle d’ombre qui nous entoure et d’aller jusqu’au bout de notre potentialité créative.

« Perdu dans les ténèbres à la croisée des chemins… Que la lumière nous éclaire » nous dit le Rituel. Notre quête à la recherche des ces « voies éternelles du monde » va donc nous entrainer de l’ombre à la lumière, de la matière à l’esprit, du profane au sacré. Pour pénétrer dans la lumière il va nous falloir découvrir et explorer tous les chemins possibles. Nous allons alors découvrir que « l’âme du monde » n’est pas d’une essence différente de la nôtre.

Mais avant de partir sur les traces de Zarathoustra explorer « Ces chemins de lumière entourés d’ombres épaisses », afin d’approcher les Vérités essentielles, il convient de définir les concepts « d’ombre » ou ténèbres et de « lumière » et d’envisager leur interaction inséparable.

De l’ombre à la lumière

Entre ombre et lumière : Le monde est constitué de cette intime complexité de zones d’ombre et de lumière placées sur notre chemin de vérité comme des épreuves à franchir pour nous élever vers la connaissance suprême. Toute vie se déroule entre ces deux pôles ultimes : l’inconscient obscur qui paralyse les convictions les plus ancrées et empêche notre jugement moral et rationnel de s’exercer, et la conscience éclairée symbole de créativité et de découverte de la réalité de soi-même et de l’Univers qui nous entoure.

Nous savons que l’ombre est le révélateur physique de la lumière. L’ombre est la preuve de l’existence d’une lumière qui préexiste comme l’écho invisible d’une spiritualité dynamique mais que notre rationalité portée aux évidences ne peut visualiser dans l’instant présent.

Le monde des profondeurs et de l’obscurité est aussi celui où s’opère la régénération du vivant. C’est dans le noir et l’obscurité de la terre féconde que va germer l’espoir du renouveau, c’est dans la caverne primordiale que peut être perçue la flamme fragile et vacillante mais porteuse de vie, pour une mise au monde d’autres facettes de soi-même ignorées ou occultées jusque-là.

Image de choses fugitives, irréelles et changeantes l’ombre est considérée dans de nombreuses civilisations comme « la seconde nature des êtres et des choses ». Elle est généralement liée symboliquement à la mort ou à ce qui touche à son royaume : celui des ténèbres, quelque chose d’inférieur, de primitif mais non d’absolument mauvais car il n’y a pas d’ombre sans lumière, de même l’homme ne trouve son complet épanouissement que dans la plénitude de son Être : Pas de perfection sans imperfection !

Ombre et lumière s’opposent depuis la nuit des temps et se partagent notre monde intérieur ; « Il n’y a pas de lumière sans ombre ! » et pas un être humain sans sa part d’ombre. C’est ce que pensait Jung qui, dans le cadre de son analyse psychologique de l’Homme, envisage que nous soyons tous porteurs, en nous-mêmes, d’une part d’ombre. C’est cette part d’ombre qui est à l’origine de « l’éternel antagonisme qui impose au sujet de se confronter à ce qu’il veut ignorer de lui-même… ». C’est cette « lumière noire », ce « Midi obscur », considérés par la mystique de l’Islam comme « l’ombre de Dieu », que le psychiatre suisse qualifie de « notre double inversé ». C’est la face obscure de notre personnalité, notre ombre intérieure, qui renferme l’ensemble de nos traits de caractères cachés. L’ombre de notre personnalité serait en quelque sorte notre « frère jumeau caché dans les profondeurs de notre inconscient ».

Notre part d’ombre est difficilement accessible car nous voulons ignorer, consciemment ou inconsciemment, cette part de nous-mêmes pourtant indissociable ; Peut-être, tout simplement parce que nous n’acceptons pas facilement nos défauts et nos manques !

Même occultée cette part d’ombre, ces tendances cachées, ne sont pas nécessairement négatives. Ce mécanisme de refoulement dans l’ombre de l’inconscient, pour pernicieux qu’il soit pour le psychisme, peut parfois s’avérer nécessaire, voir salutaire. Mais à trop refouler cette partie obscure de notre personnalité nous risquons d’être envahi par « les noires ténèbres » décrites par Freud.

Intégrer sa part d’ombre est une démarche certes difficile mais nécessaire à la construction de notre « Moi » ; c’est ce que Thomas Mann appelle : « Eclairer le côté nocturne de l’âme ». Tel Gilgamesh, roi et héros légendaire de Mésopotamie, nous devons affronter l’obscurité de notre monde souterrain, de notre « moi » intérieur, pour sortir « de l’autre côté de la montagne dans la lumière de l’aurore ». Sans doute que nous, Che\ R+ C, qui, à la croisée des chemins, passons de « L’heure où le soleil s’obscurcit et ou les ténèbres se répandent sur la terre » à celle « où les ténèbres se dissipent et la lumière est rendue à nos yeux », sommes-nous plus à même, grâce à la culture permanente des vertus que nous appelons théologales et qui sont en fait des valeurs humanistes au sens premier, de nous rénover et de progresser en intégrant notre part d’ombre. C’est sans doute grâce à notre méthode initiatique, qui permet de donner progressivement de plus en plus de lumière à notre conscience, que nous pourrons sortir de nos ténèbres intérieures, et mettre en lumière notre Être intime et secret.

« Que la lumière soit ! Et la lumière fut ».

La lumière est le premier signe, le premier mot de la création, la première réalité de l’univers, la plus haute métaphore de l’infini. C’est du cœur de l’obscurité que nous voyons naître la lumière qui ne prend tout son éclat qu’en faisant reculer les ténèbres. Celui qui sait découvrir la lumière dans la profondeur des ténèbres sera aussi capable, en séparant l’ombre et la lumière pour faire naître « le Verbe clé des Mystères », de trouver la voie de l’Univers et de son « Moi » intérieur.

L’homme a toujours considéré la lumière comme source de bienfait, de chaleur, de joie, de guide conducteur. Dès qu’il s’est rassemblé en communauté, dès qu’il a établi des traditions et créé des mythes, la lumière a pris un autre sens, un sens caché au regard des non-initiés. C’est ce sens caché par le voile de l’ignorance qu’il nous appartient de chercher pour approcher les mystères de l’Univers.

Mais de quelle lumière parle-t-on ? Lumière Principe Créateur englobant le tout, lumière primitive archétype de la lumière, lumière physique, lumière symbole, lumière concept, lumière spirituelle, lumière divine, lumière de la connaissance, lumière métaphore, lumières permanentes, fausses lumières, autant d’aspects que revêt cette source de vie et de toute activité humaine. En ce domaine physique et métaphysique ne s’opposent pas réellement et, pourrait-on dire, se complète comme symbole de la vie.

« Recevoir la lumière ! » : Cette expression traduit l’ensemble des comportements, des pensées et des actions qui permettent à l’homme de s’élever et de percevoir « la lumière de l’infini », c'est-à-dire de ressentir en lui la présence dynamique de l’énergie qui traverse toute chose vivante.

Le symbolisme de la sortie des ténèbres et de l’émergence dans la lumière se retrouve dans de nombreuses civilisations pour concrétiser les étapes complémentaires, cycliques, évolutives et néanmoins précaires, des ères sombres et des époques lumineuses. Dans la Grèce antique et l’Egypte d’Akhenaton le soleil, source de lumière, est considéré comme l’émanation et l’expression du divin. Les gnostiques comme les néo-platoniciens font du soleil l’incarnation de la lumière divine, de l’illumination spirituelle et de la chaleur des êtres et des choses créés. Pour les pythagoriciens, la lumière participe à l’harmonie de la connaissance. Aussi bien dans les civilisations extrême-orientales, où « l’illumination » est synonyme de la Connaissance, que dans l’Islam, où la lumière est identifiée à l’Esprit, que dans Saint Jean, pour qui la lumière primordiale s’identifie au Verbe, ou encore chez Saint Paul, qui voit dans le 5 manifestation cosmique de la lumière succédant aux ténèbres « l’illumination intérieure de l’esprit et du corps », la lumière, sous ses diverses formes, est le point de départ d’expériences mystiques symbolisant la présence du Divin. Dans son œuvre majeur, « La Divine Comédie » Dante évoque le mythe du labyrinthe, « la sombre caverne » lieu symbolique de l’initiation totale et représentation du cheminement de l’initié entre le Bien et le Mal, entre l’ombre et la lumière, métaphore de la destinée humaine, qui doit nous conduire, à travers des méandres et des impasses, de la Jérusalem terrestre à la Jérusalem céleste, de l’ombre à la lumière. Prisonnier des ténèbres nous errons dans ce labyrinthe à la recherche de la lumière. Nous sommes des Thésée qui doivent affronter le Minotaure de nos faiblesses cachées dans le labyrinthe de notre personnalité pour découvrir, au-delà des illusions, au-delà des apparences, après un long cheminement dans l’obscurité, l’homme nouveau émergeant en pleine clarté.

Ce thème de la lumière est omniprésent dans la mystique juive. En hébreu le mot lumière se dit « or » et la réception de la lumière « Qabbalat ha-or » ou, plus simplement, « qabbala » autrement dit « Kabbale ». Toute la structure de la Kabbale est construite selon un schéma simple qui illustre la tension permanente qui existe entre la « lumière d’en haut » ou « lumière de l’infini » et la réception de cette lumière dans « le monde d’en bas ». Comme toutes les grandes œuvres mystiques juives, la Kabbale est une métaphysique de la lumière qui embrassent une immense vision, détaillée et cohérente de la relation de l’homme avec son univers ; elle est une aide pour dépasser un état d’esprit banal et découvrir au plus profond de soi une autre lumière. C’est par le rayonnement de la lumière à partir d’un point primordial de l’infini (En sof), d’une étincelle première, d’une « lumière supérieure infinie » qui s’est rétractée au centre de l’infini, qu’a été engendrée l’ordonnance du chaos à partir duquel la création a été rendue possible.

Enfin pour terminer ce court tour d’horizon citons Descartes pour qui la lumière est à la foi « lumière de l’âme et lumière de la raison », présente en tout homme qui pense et éclairant son raisonnement.

« Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir maçon ? »

« Parce que j’étais dans les ténèbres et que j’ai désiré voir la Lumière ».

En F\ M\ la Lumière est un leitmotiv qui s’applique à tout ce qui relève de l’intellect, de la création et du spirituel qu’ils soient extérieurs ou intérieurs à l’individu. Nous sommes des messagers de lumière et ce dès notre initiation première où la lumière spirituelle qui préside à nos travaux est omniprésente et éclaire le sens de notre quête mise en action par le verbe créateur. C’est la Lumière, évoquée tout au long du parcours initiatique, et qui se rapporte à la quête de l’absolu, qui va transcender notre recherche de la vérité afin de savoir, de comprendre, de faire évoluer nos connaissances. Cette lumière sera notre guide, notre étoile flamboyante, tout au long de notre cheminement vers la Connaissance, la recherche de la Vérité et de la parole perdue.

Dans la Loge les Lumières sont multiples, nous percevons bientôt qu’elles ne font qu’une et que cette lumière unique est toute orientée vers l’idéal de perfection, lumière infinie, éternelle devant recouvrir la totalité de l’Univers. L’homme qui est une réduction du Cosmos est comme ce dernier infini ; c’est dans le cercle de l’éternel recommencement de la vie infinie que nous devons donc chercher la Lumière reflet de la Vérité.

Si la recherche de la lumière se fait en commun dans nos Temples, cette lumière d’unicité et d’éternité, qui va éclairer notre réflexion, c’est en nous, dans notre Temple intérieur, au sein de notre caverne originelle, que nous allons l’apercevoir car comme le souligne Jung : « Ce n’est pas en contemplant la Lumière que l’on devient lumineux, c’est en portant un regard sur sa propre obscurité ».

Dans cette recherche de l’Absolu le libre-arbitre nous est toujours accordé : nous avons, à chaque étape de notre cheminement, le choix entre ombre et lumière.

Notre secret partagé, le secret maçonnique, est donc là, dans cette Lumière reçue lors de notre initiation première, lumière qui a commencé à naître comme une petite lueur fragile et tremblante et qui, peu à peu nous a guidés et permis de discerner, dans les ténèbres, la vérité cachée sous le voile de l’illusion.

« Et la lumière de la lune sera aussi éclatante que celle du soleil ! ».

Nous l’avons souligné, ces deux principes opposés, ombre et lumière, sont inséparables. Tout se joue sur la dualité permanente entre lumière et ombre ; cette opposition constitue un symbole universel matérialisé par trois aspects de la lumière opposés à trois formes de ténèbres : Lumière/séparation face aux abîmes ténébreux symbolisant la création de l’Univers, lumière/orientation contre l’obscurité structurant la symbolique de la connaissance universelle, et lumière/transformation s’opposant à l’opacité symbole de la purification, de la catharsis libératrice. Toute notre culture repose sur ce conflit latent entre « l’effrayante obscurité de l’âme » et la lueur d’espoir, la lumière salvatrice symbolisée par l’étoile-guide. « Ordo Ab chao ». De cette opposition entre deux principes apparemment inconciliables va émerger l’ordre et engendrer l’unité du cosmos dans sa totalité.

C’est, sans doute cette alliance-opposition que symbolise aussi notre croix, cette croix du Che\ R+C, symbole d’harmonie et d’équilibre, qui correspond à la croisée horizontale et verticale du ciel et de la Terre, du Nadir et du Zénith, de la nuit et du jour, de la mort et de la renaissance, de la lumière croissante et décroissante des solstices.

C’est au centre de la croix de Che\ R+C, symbole de notre double action tant sur notre verticalité et sur l’horizontalité de Monde, au cœur même de la rose que meurt et renait la lumière spirituelle, celle qui a le pouvoir de régénérer la nature humaine en la renouvelant, tel le phénix qui renaît de ses cendres plus fort et plus triomphant. Pour nous Che\ R+C, comme pour tous franc-maçon, la réalité du monde est dans la lumière qui se trouve en chaque Être, dans toute chose vivante. Dans notre recherche nous partons de la croyance dans la grandeur de l’homme et dans sa capacité à maîtriser et harmoniser toutes choses en ce monde, grâce à une pensée féconde, aux énergies vitales qui la traversent afin de les orienter dans la bonne direction, c'est-à-dire vers le positif et la quête du sens de la vie. Grâce aux vertus de Foi, d’Espérance et de Charité, le Che\ R+C peut espérer réaliser cette transparence de l’âme qui permet à la lumière de dissiper les ténèbres de l’illusion, ces ténèbres qui nous cachaient le principe d’unité de l’Esprit et de l’Être, et tenter de rendre visible, patent, ce qui fut ombre, afin de donner du relief à notre action sur cette terre. Ce que nous recherchons ce n’est pas l’éblouissement mais l’éclairement sur les vérités essentielles et immuables ; ce dont nous avons besoin c’est d’une lumière qui nous éclaire et non d’une lumière éblouissante qui nous aveugle. En réalisant l’espérance que la lumière va l’emporter inéluctablement sur l’obscurantisme nous retrouvons la capacité de recherche de la Vérité.

Dans le Temple, même à l’heure où le soleil s’obscurcit, grâce aux trois piliers de la construction, la lumière est là permanente, elle est contenant et contenu, elle est notre idéal. Jusqu’alors écartelée aux quatre directions de l’espace, la lumière de l’étoile flamboyante va de nouveau nous montrer le chemin et être notre guide au moment même où la parole perdue est retrouvée. Cette illumination, cette force lumineuse va enfin dissiper les ténèbres qui obscurcissent encore notre esprit et, par sa force rayonnante, faire resplendir l’espérance de ces retrouvailles cosmiques. Nous pouvons enfin, comme Zarastro dans la Flûte enchantée, lever le voile qui obscurcissait l’Univers et demander au soleil de faire fuir la nuit « afin que soient anéantie à jamais les puissances des démons » et découvrir ainsi, dans la lumière de la sagesse, l’esquisse de la Vérité afin de rendre à l’humanité la possession du monde.

Les lois de la physique formulent que la « lumière pense à angles droits ».

Nous Che\ R+C savons que nous devons également penser avec les lignes courbes et que notre recherche de la parole perdue consiste justement, en passant du carré au cercle et des angles droits aux lignes courbes, à rejeter l’ombre pour la lumière. Mais nous savons aussi que les lumières sont à allumer en permanence à la façon de l’allumeur de réverbères du « Petit Prince » qui parcourt une planète folle et irresponsable tournant de plus en plus vite. A la croisée des « deux éternels chemins du Monde », dans notre marche vers la Lumière nous avons donc tenté de concilier les contraires, en associant ombre et lumière, négatif et positif. Nous avons tenté de démontrer que si nous sommes en permanence assujettis à notre part d’ombre nous pouvons, en contrepartie, grâce à une méthode éprouvée, la méthode maçonnique, faire émerger en pleine lumière « l’homme nouveau » qui sommeille en chacun de nous. C’est en chacun de nous que doit s’inscrire cette permanente et constante exigence de recherche d’ouverture de nos consciences aux dimensions de l’Univers.

Alors, au moment de clore cette table burinée pouvons-nous dire que : « L’étoile flamboyante est réapparue dans toute sa splendeur… » pour nous monter le chemin et que : « La vraie lumière est revenue à nos yeux… » ? Cette recherche de la lumière implique de comprendre et d’intégrer cette idée apparemment paradoxale, aux symboles multiples : c’est en descendant au plus profond de soi, dans l’ombre de notre inconnu, que nous nous élèverons sur l’horizon de la connaissance vers la lumière. Notre tâche est loin d’être achevée ! Loin des dogmes et des vérités acquises, loin des fausses affirmations, des idées reçues et des révélations intolérantes qui par leurs pesanteurs et leur inertie veulent embrumer notre raisonnement et notre jugement, loin des ombres maléfiques soyons, comme l’aigle qui à la recherche de la sagesse s’élève toujours plus haut vers la lumière, ces « voyageurs éternels de l’infini », ces « explorateurs du vrai », ces « veilleurs de la Terre », ces « porteurs de lumières » progressant sans cesse vers « l’ultime Vérité » afin d’atteindre notre propre liberté. Car tant que nous continuerons à chercher, à savoir, à comprendre notre histoire et celle du monde, nous donnerons du sens à notre démarche initiatique.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Nos Nourritures

17 Juin 2014 , Rédigé par A\ Z\ Publié dans #Planches

A la fin de nos Travaux, nous nous réunissons autour de la table pour pratiquer la seconde partie de notre Tenue, les agapes.
Moment agréable s'il en est et qui permet de discuter librement sur les travaux de la Tenue. C'est à ce moment privilégié que les app:. peuvent et doivent demander des compléments ou apporter leurs propres idées.
Mais ces quelques agréables nourritures terrestres que nous partageons sont peu de choses par rapport à celles qui nous unissent, par notre volonté, en Loge : les nourritures spirituelles.

Notre engagement sur la voie maç:. avait comme détonateur notre volonté de surpasser notre personnalité profane afin de l'améliorer.
Ceci se fait en Loge en nous montrant un but d'élévation, afin d'élever cette personnalité à un point où elle s'identifie à la permanence de l'Universel.
Cette volonté de se représenter une tâche à accomplir, opposée au désir et à la passion, cette volonté d'atteindre par un élan spirituel à la finalité suprême, cette volonté est notre devoir. Et le F\ M\ s'engage à accomplir son devoir sans souci de son intérêt et sans orgueil ni ostentation.

Je fais ici une parenthèse en m'adressant plus particulièrement à nos app:. pour qui la mise en route sur le chemin vers la Lumière en est à ses débuts.
Ce mot devoir vous l'entendrez souvent.
Parce que nous sommes dans un monde initiatique à l'opposé du monde profane où le mot le plus souvent entendu est: Droit.
J'ai droit à ceci, c'est mon droit.
Nous, nous disons : c'est notre devoir.
De-Voir : de - préfixe qui marque la séparation, l'éloignement, et indique aussi le mouvement.
Il montre qu'à partir de ce de il y a une distance à parcourir pour arriver à voir. Voir par le regard intérieur.
Mot fort s'il en est puisqu'il implique une obligation morale.
En tant que F\ M\ nous avons le devoir de faire triompher l'idée au cœur de notre idéal, une union absolue des Hommes trop souvent divisés, le triomphe du bien sur le mal, de la sagesse sur les passions.
Le Devoir contient en lui seul le chemin qui mène vers la Lumière.

Comme F\ M\ nous voulons nous libérer de la matière, ne pas être comme Narcisse qui se fit piéger par l'apparence matérielle des choses.
Cette matière, source de malaise, et dont Siddartha, plus connu sous son nom de Bouddha, indiquait que le désir d'obtenir était la source de tous nos maux.
Réaliser avant tout un certain détachement des choses matérielles. Ce qui ne veut pas dire rejet. La mode du Larzac et de ses moutons est passée. Il faut vivre dans son siècle et profiter de tous ses avantages.
Mais détachement veux dire ne pas se laisser submerger, ni dépasser par les événements.
J’ai : tant mieux.
Je n’ai pas : ce n’est pas grave. J’ai d’autres joies : famille, enfants, amis.
Pour en arriver là, il est nécessaire que nous ayons atteint une certaine sérénité.

Par le matraquage de la publicité la civilisation actuelle est de plus en plus tournée vers l'avoir, étouffant dans l'Homme ses maigres fondations spirituelles et lui faisant oublier son besoin fondamental: la réalisation de l'Etre.
Angoissé, inquiet, malheureux, il sera victime d'un certain malaise existentiel.

L'Homme, pour fuir son malaise s'est réfugié dans la religion, espérant qu'après cette vie il y en aurait une plus agréable et compensatrice de celle actuelle.
Par la suite lorsque la pratique religieuse s'estompa, il le fit dans la science au début du siècle et dans le marxisme qui lui promettait des lendemains qui chantent.
Parce que l'Homme contemporain redoute la solitude intérieure qui le conduit aux questions essentielles.
Il s'étourdit alors dans la foule et deviens l'esclave du bruit que l'on entend plus. Selon une expression à la mode, il veut s'éclater. Mais en réalité il a peur du silence.
Et il ne sait pas que ce silence est une composante de l'expérience spirituelle pourvu que ce soit le silence de la méditation..
Mes FF\ App\ profitez de ce silence. C'est votre première richesse.

De toute cette matière l'Homme aspire à se libérer. Libération inviolable car intérieure et que lui donne la démarche initiatique.
Par la tolérance il est à l'écoute de toutes les sensibilités, de tous les points de vue.
Il se dépouille de ses préjugés et découvre sa vraie nature par le moyen de l'outil symbolique et du rite.
C'est une libération que lui donne la quête de l'esprit.
L'Homme ne vit pas seulement de pain. Il a aussi besoin d'esprit. C'est ce qui fait sa grandeur et le différencie de l'animal. Pour le F\ M\ c'est sa raison d'existence.
La Spiritualité consiste donc à reconnaître l'existence de quelque chose, autre que matérielle et appelée Esprit, et la supériorité de cet Esprit sur la matière.

Libération qui n'est pas forcement pour tous accession à la Spiritualité ou à la Connaissance, mais besoin de transcendance.
Où le Moi s'efface devant l'Etre.
Quelles que soient ses opinions philosophiques, religieuses ou même politiques, nul Homme pour peu qu'il réfléchisse, c'est à dire qu'il ne soit pas enfermé dans un dogme, ressent un jour ce besoin de dépassement.
Il a besoin de laisser s'exprimer le divin qui est en lui.

Pour accéder à cette libération il faut en avoir envie et disposer en soi d'une qualité spirituelle. Et savoir qu'une telle démarche demande du temps et de l'effort, de l'espérance et de la persévérance.
Nous pourrons alors aller à l'essentiel, hiérarchiser les valeurs respectives de l'avoir et de l'être et définir le Tout en supprimant le Moi.

" La Voie, rien que la Voie" disait Lao-Tseu. C'est à dire que le but n'est pas la Connaissance, mais la façon d'y accéder. L'essentiel étant de se mettre en route. C'est de cette façon que l'on peut espérer se libérer et devenir un sage.
C'est l'acquisition d'une certaine sagesse que donne la démarche initiatique :
- Apprendre à se connaître et travailler sur soi.
- Prendre conscience de ses limites et les accepter.
- Comprendre l'unité de l'espèce humaine
- Devenir humble, montrant ainsi que l'on a pris conscience de la place de l'Homme dans l'Univers.

" Celui qui n’aime pas ses frères est dans les ténèbres" dit l’Apôtre Jean. Aimons les hommes et nous éliminerons une grande part de nos ténèbres intérieures.
C’est en analysant nos intériorités, nos ténèbres, que nous comprendront mieux le monde extérieur.
Travailler sur nous même fait remonter nos défauts en surface. Il nous est alors possible de pouvoir les corriger. C’est le Vitriol du cabinet de réflexion. C’est tout simplement notre vie.

Cette prise de conscience nous ouvre une voie de chaleur humaine, d’amour humain.
On apprécie alors la vie de tous les jours dans la joie comme dans la peine. Nos émotions positives ou négatives ne sont plus entretenues, mais reconnues et dépassées.

Cette vision des êtres et des choses nous ramène à une simplicité extrême et permet de se poser la question : le grain de poussière ou de sable est-il à même de vouloir se venger de l’Univers parce qu’il n’est pas rocher ?
Nous découvrons que le sens de la vie est la vie elle-même. Nous ne souhaitons ni atteindre la lune ni être un grand savant, mais simplement être un homme capable de partager avec les autres.
Cette vision personnelle de la vie me semble extrêmement important car dans la majorité des cas nous essayons d’avoir et non d’être. Nous fermons nos mains pour mieux saisir et retenir, afin de nous sentir plus riche, sans réaliser qu’à chaque fois, c’est notre cœur qui se ferme également.
Et chaque fois que nos mains laissent échapper quelque chose nous nous sentons plus pauvres et nous devenons plus aigris et notre réaction est d’accuser ou de détruire ce qui nous gêne pour saisir l’objet convoité.

Pour éviter de tomber dans ce cycle de violence, nous devons nous accepter tels que nous sommes, avec nos imperfections, et les corriger suffisamment pour qu‘elles deviennent un élément de notre progression.
Les ennuis du quotidien de la vie n’apparaîtront plus alors comme importants si nous les abordons simplement, sans nous laisser aller à l’agitation et à la précipitation.

Donner une place prépondérante à l'esprit influe sur la vision humaine de l'Univers et permet de situer la place de l'Homme.
Si nous voulons que la raison triomphe des préjugés, que l'amour règne parmi les Hommes, le F\ M\ doit être un combattant.
Combattre contre lui-même comme je l'ai déjà dit, mais aussi contre les injustices, les préjugés.

Alors nous pourrons espérer passer du plan à l'espace, évoluer de l'Homme machine dans les ténèbres, à l'Homme transcendantal à qui la vision de la Lumière pourra se faire un jour.
source :
www.ledifice.net

Lire la suite

Sept, serpent, spirale...

16 Juin 2014 , Rédigé par A\ B\ Publié dans #Planches

A peine chaussée de mes bottes de sept lieues, celles du chat Botté bien sur, pour gagner ce temple au plus vite, curieuse de te voir passer du Club des 5 au Clan des sept, je découvre que tu viens tout juste d’avoir 7 ans ! L’âge de raison en somme !

Tout ce temps pour cela. Serai-je désappointée ? Rassure-toi ! C’est exactement l’inverse. Aujourd’hui tu es devenu maître, accueilli en cette chambre du milieu et si ton âge est de 7 ans, ce n’est pas l’unique fait du hasard. Tu as successivement gravi 3 marches puis 5 et enfin 7 et tout cela par palier. Il y a quelques instants c’est par les 3 coups portés par les mauvais compagnons que la parole est perdue. et c’est par les 5 points parfaits de la maîtrise que tu viens d’être reçu en chambre du milieu.

Chaque étape de ta vie maçonnique a été ainsi jalonnée d’un nombre, celui de ton âge qui n’est que purement symbolique. Ce soir je vais donc m’attarder à ce 7.

D’emblée, sachez que je n’ai nullement l’intention de faire du symbolisme à outrance sur les chiffres bien consciente qu’on leur fait dire ce que l’on veut.

Ainsi si je considère les simples fait de la vie ; je constate comme chacun que la semaine comporte 7 jours, que l’arc-en-ciel est constitué de 7 couleurs, que la rose symbolique comporte 7 pétales, que la gamme musicale est composée de 7 notes. De même, il est référencé 7 péchés capitaux à savoir avarice, gourmandise, paresse ; colère, orgueil, envie et luxure (à l’opposé les vertus cardinales : tempérance, justice, force ne sont que 4 comme les filles du docteur March d’ailleurs) ; De là à penser qu’il est plus facile d’être mauvais que bon ! Y aurai-t- il un pas ?

Mon mauvais esprit en ce domaine est connu puisqu’il m’appartiendrait d’y ajouter les 3 vertus théologales que sont foi, espérance et charité pour obtenir les 7 vertus morales.

Je ne rappellerai pas davantage les 7 sacrements de l’église chrétienne et je comprends la frustration de notre sœur Françoise qui ne pouvait aborder l’apocalypse en toute liberté au grade d’apprenti car le nombre 7 est constant avec les 7 clés mais aussi 7 rois,, 7agneaux, 7 étoiles, 7 tonnerres, 7 trompettes …

La grande Ourse, elle aussi, est composée de 7 étoiles.

Dans la Bible Salomon a construit le temple en 7 ans.

Les légendes grecques sont elles aussi animées de ce même chiffre avec notamment le culte d’Apollon, les 7 hesperides ; les sept cordes de la lyre..

Athéna pour sa part, devait livrer chaque année au Minotaure 7 jeunes hommes et 7 jeunes filles. Thésée fut le 7 ème d’un groupe. Il pénétra dans le labyrinthe et tua le Minotaure.

Le bouddha comporte aussi 7 emblèmes.

Le bardo tibétain dure 49 jours soit 7 fois 7 jours.

Ne poursuivant pas davantage dans ce registre, je me réjouis d’évoquer les contes et en particulier les 7 fées qui se sont penchées sur la belle au bois dormant.

Je suis sûre que chacun connaît Timide, Prof, Simplet, Joyeux, Grincheux, Atchoum et Dormeur, les 7 nains qui entourent Blanche Neige mais aussi Barbe Bleue et ses 7 femmes.

Quant à notre Petit Poucet, n’est-il pas le dernier d’une famille de sept enfants !

Cependant, il se distingue de ses frères. Il possède un niveau différent de conscience par rapport à ses frères, cette conscience de la vie selon Loeffer différente des états de conscience de ses frères que sont conscience du corps physique, de l’émotion, de l’intelligence, de l’intuition, de la spiritualité, de la volonté. Cela correspond à des étapes d’évolution qui lui permettent d’avoir un rôle de sauveur comme ce 7 ème jour de la semaine que nous consacrons au repos mais qui est en fait un jour d’autres choses. Il correspond à un accomplissement, à la fin d’un cycle par analogie au cycle lunaire.

Ce 7 symbolise une totalité en mouvement.
En effet, nous pouvons ainsi représenter les 6 directions de l’espace que sont Nord Sud, Orient- Occident, Zénith et Nadir qui se croisent en un point central. Nous pouvons imaginer ainsi le plan avec ses 4 points cardinaux puis ce qui est au-dessus et ce qui est en dessous le tout se croisant en un point qui est l’homme. Cela est donc à la fois symbole du temps et de l’espace, de la totalité de l’univers en mouvement.

Lorsque Salomon construit le temple, la 7ème année est consacrée, elle aussi au repos et il est important de noter qu’il y a dans de nombreux exemples les 6 éléments précédant puis le 7ème isolé ; le tout formant l’unité. Le sept représente alors le sens d’un changement après un cycle accompli et un renouvellement positif. A partir de là, il est aisé de dire que 7 est le chiffre de l’accomplissement voire celui de la perfection Alors nous maîtres maçons sommes –nous parfaits ? j’en doute beaucoup !

Je préfère, pour ma part à cette expression de perfection, celle de l’harmonie, celle de l’équilibre qui confère alors ce sentiment d’unité. La perfection ne tolère selon moi aucune nuance, aucune souplesse tandis que celle d’équilibre accepte les écueils ; les éraflures, mais aussi les colmatages, les gommages. Elle n’est pas fin mais consensus Elle correspond selon moi à l’homme qui tente de se construire qui dérape, fort de ses défauts, de ses erreurs, ses passions, ses illusions e et qui repart enrichi de ses doutes et de ses expériences.

7 est l’addition de 6 et de 1, il est aussi addition de 4 et de 3.

Ainsi chez les Dogons, 4 est le féminin tandis que 3 est le principe masculin. l’union des deux est donc signe autant de fécondation que de perfection.

Dans la symbolique du tarot, l’arcane 4 est celle de l’empereur qui n’est anime ni d’un pouvoir dictatorial, ni directif mais qui correspond à la domination de soi-même et à une invitation à descendre plus bas pour remonter plus haut.

L’arcane 3 est celle de l’impératrice. Symbole de l’intelligence souveraine qui donne le pouvoir, la force motrice par laquelle vit tout ce qui vit. C’est aussi et surtout la possibilité de réaliser et accomplir le voyage dans son propre labyrinthe

7 c’est aussi l’addition de 5 et 2 et dans la symbolique du tarot cela correspond à la papesse.

( arcane 2) invitation à une rupture avec soi- même et ses acquis et à l’arcane 5 ( le pape) dont la voie conduit à l’homme parfait qui sera guidé dans sa démarche par l’étoile à 5 branches pour aboutir au triomphe de l’effort.

L’arcane 7 le chariot, résultante de ces 2 additions potentielles est celui du char triomphant celui de la force morale qui nous invite à être au-dehors ce que nous sommes au-dedans et vice versa et qui se met en mouvement d’accord avec la justice(arcane 8) pour aboutir à l’ermite (arcane 9) le sage, le philosophe expérimenté, le maître.

La sagesse n’est sans nul doute une vertu que l’on n’acquiert pas facilement encore moins spontanément. Il faut beaucoup d’efforts, il faut persévérer connaître la vie avec ses aléas. La règle et le compas nous aident à en tracer l’existence tandis que l’équerre permet de tailler et polir sa pierre. La sagesse fait référence pour ma part à la sérénité, cet état de bien être qui permet d’apprécier ce qui est au dehors mais aussi au-dedans tant de notre temple maçonnique que de nous-mêmes, ce qui nous permet recul, écoute en toute quiétude ; analyse sans jugement, harmonie, rappel de la table d’émeraude où tout ce qui est au-dessus est semblable à ce qui est dessous

Et nous voilà revenus en notre temple maîtres maçons. Parmi les 7 arts libéraux, le maçon en privilégie un qui est celui de la géométrie.

Le maître maçon a utilisé des outils tels l’équerre et le compas comme des outils de vérification, comme des outils d’homme libre.

L’équerre est associée au carré donc à la matière tandis que le compas est associé au cercle et donc à l’esprit.( Parallèlement, nous pourrions dire que le maillet du vénérable est symbole de temporel à l’opposé de l’épée d’ordre spirituel)Le géomètre bâtisseur mesure la parole selon son sens

A ce stade, désormais le compas est placé sur l’équerre car le maître maçon pratiquant l’art royal c’est à dire l’art de devenir un homme libre. capable de choisir son destin et d’élargir l’espace de son autonomie.

Si 7 des officiers sont obligatoirement élus à bulletin secret ; 7 parmi nous ont cherché la dépouille d’Hiram.

La tombe d’Hiram mesure 3 pieds de largeur ; 5 de longueur et 7 de profondeur. Notons que le chiffre de l’apprenti est affecté au côté le plus petit et ainsi de suite…

La loge est composée de 3 maîtres qui la constituent, de 5 qui l’éclairent tandis que 7 la rendent juste et parfaite. Là aussi, il y a évolution.

En effet lorsque la loge comprend 3 membres est en germination, elle est la graine d’une future loge qui est apte à chercher la lumière et pas encore prête à la délivrer. Mais lorsque les maîtres sont au nombre de cinq la loge est juste c’est à dire capable de juger et prendre des décisions théoriques Elle ne peut encore agir Lorsque le nombre de maîtres est de 7 alors la loge peut procéder à des initiations et elle peut agir totalement comme une entité maçonnique. Il semblerait que nous soyons passés du stade de l’enfance à celui de l’adolescence puis à celui de l’adulte. la loge est devenue majeure, libre et responsable ( 3 est le nombre de ce qui se conçoit : la sagesse, 5 est le nombre de toute décision consciente : la force ; et 7 est le nombre de l’action harmonique nécessaire à la réalisation de l’idéal conçu : la beauté).

Le maître maçon a 7 ans et plus.

Si 7 ans signifie connaissance, le plus est la nécessité d’accroître cette connaissance indéfiniment Il nous appartient peut-être de nous référer à Platon pour qui les nombres sont le plus haut degré de la connaissance.

Par ailleurs, notre mot de passe est Tubalcain.

Pourquoi ? parce que le forgeron est celui qui sait. Il maîtrise les 4 éléments :
Eau - terre - air - feu.

Il possède les techniques qui lui permettent d’accomplir ce qu’il sait ; il puise dans la terre les éléments, que sont les métaux puis crée des outils et tout ce qui lui est utile à son élévation ; il pratique l’art royal puisqu’il possède un savoir-faire.

Pour poursuivre, la 7ème lettre de l’alphabet hebraique est zain et son graphisme évoque un serpent dressé verticalement, associé à l’antique hiéroglyphe de la fécondation.

Par ailleurs, j’ai abordé précédemment un idéogramme de type septénaire avec la croix spatiale, il en est pourtant un autre auquel je suis particulièrement sensible. Il s’agit bien sûr de celui formé de 2 serpents enlacés autour d’un axe dont le nombre etait souvent cinq et qui ajouté au point de rencontre tête et queue constituent aussi 7 points fondamentaux formant le caducée, ce caducée cher à ma profession de pharmacien

Quelle ambiguïté pour moi qui, élevée selon la tradition judéo-chrétienne, ait dans mon enfance et mon adolescence été imprégnée du côté maléfique du serpent, lui le responsable, lui le provocateur, la cause de notre malheur d’humain.

Et puis quelques années après, j’ai pour emblème ce caducée formé de 2 serpents enroulés autour d’un bâton, le tout surmontée d’une coupe, celle d’Hygie. Et soudainement, ces serpents sont devenus salvateurs. Quel dilemme, convenons-en !

Je n ‘échapperai donc pas à évoquer avec vous ce reptile qui, visible, semble toujours jaillir d’une bouche d’ombre pour cracher la mort ou la vie. En effet l’été nous amène à découvrir ce reptile d’apparence froide telle la couleuvre qui se glisse entre quelques herbes sèches. Quant à la vipère, Hervé Bazin la décrit beaucoup mieux que moi (dans Vipère au poing).

« L’été craonnais, doux mais ferme, réchauffait ce bronze impeccablement lové sur lui- même : trois spires de vipères à tenter l’orfèvre, moins les saphirs classiques des yeux, car, heureusement pour moi, cette vipère, elle dormait.
Par bonheur, une tête de vipère c’est triangulaire.. Par bonheur, une peau de vipère c’est rugueux, sec d’écailles, privé de la viscosité défensive de l’anguille...

elle avait de jolis yeux, vous savez cette vipère, non pas des yeux de saphir comme les vipères de bracelets, je le répète mais des yeux de topaze brûlée, piqués noir au centre et tout pétillants d’une lumière que je saurais plus tard s’appeler la haine...

avec au centre la fameuse langue bifide- une pointe pour Eve, une pointe pour Adam- la fameuse langue qui ressemble tout bonnement à une fourchette à escargots…
».

Représenté chez les Pygmées comme une ligne sans fin ni commencement, le symbolisme du serpent est selon René Guenon, lié à celui de la vie. En effet en arabe le serpent ; c’est « el hayaah » et la vie « el hayat ».

Cependant ; pour nous le serpent est d’abord le tentateur de l’Eden.

Le couple Adam Eve, reflet de l’humanité primitive, ignore des éléments tels que le feu le vêtement, le logement. Son mode de fonctionnement, paradisiaque est donc l’instinct et il est satisfait de sa condition. Protégé, il n’a pas accès au discernement, générateur d’autonomie.

S’il renonce à se laisser guider ; il est coupable d’insubordination ; donc de péché.

L’intelligence suprême représentée par le dieu du paradis forme les acteurs du drame en l’occurrence le serpent, lui-même, doté d’un extraordinaire pouvoir de séduction. Considérons toutefois que ce drame est cause d’évolution. La désobéissance permet, en effet de passer de l’instinct à l’intelligence. Cela a probablement pris beaucoup de temps mais le mythe supprime la notion de temps.

Nous pourrions également dire que l’humanité a longtemps rêvé et donc que l’imagination a précédé la raison. C’est sans doute pourquoi le serpent s’adresse plus à Eve, symbole de l’imagination qu’à Adam symbole de la raison. Eve mange le fruit de l’arbre ( la pomme ), celui du discernement en le partageant avec Adam car elle le trouve excellent et que son intuition permet le progrès de son intellectualité.

Ceci permet finalement l’émancipation de l’humain et donc l’accès à la sagesse et à la connaissance.

La sagesse était pour les anciens grecs une vertu faisant partie intrinsèque de la personnalité.

La connaissance s’acquiert par l’intelligence et sa parfaite maîtrise conduit à la dite sagesse.

C’est donc pourquoi selon Wirth le serpent est maudit à tort car c’est selon lui, grâce au serpent que nous ne sommes plus des bêtes.

Goethe dans le serpent vert rend hommage lui aussi au serpent.
Il montre en effet ; la grande couleuvre se sacrifiant pour sauver le monde en se transformant en pont en reliant les 2 rives du fleuve de la vie.

Ainsi tout comme les fables par le biais du langage des animaux nous envoient des images propres à enseigner une morale, la doctrine chrétienne utilise l’intervention d’un sauveur pour réparer la catastrophe.

Parvenue à ce stade l’imagination( imprégnée des choses obtenues comme le serpent ou le python inspirateur dans la bible )e travaille et retient des images qu’elle fixe et donne ainsi naissance à l’idée, matière première de la pensée.

Le serpent est donc le 1er initiateur et Eve la 1ère initiée, la pomme le fruit initiatique (en analogie avec le symbolisme de l’étoile) et symbole de l’amour La bible ne précise d’ailleurs pas la nature du fruit. pomum signifie fruit et il s’agit probablement d’une déformation du mot.

Toutefois le serpent peut être aussi emblème guérisseur tel le serpent d’airain conçu par Moise et ainsi défini dans le livre des Nombres : Moise donc fit un serpent d’airain et il le mit sur une perche ; et quand quelque serpent avait mordu un homme, cet homme regardait le serpent et il était guéri.

Des textes littéraires ont évoqué cette dualité du serpent qui peut donner la mort et guérir l’homme. Ainsi Kipling écrit dans le livre de la jungle que la morsure du vieux serpent n’est pas mortelle.

Symbole de la vie, les Ligures le comparent au ruisseau et songent donc au rite de fertilité.

L’ouroboros serpent qui se referme sur lui-même en se mordant la queue signifie la vie indestructible, éternel recommencement, pur mouvement circulaire, évolution dans le temps éternel, dans celui de l’infini.

Ce serpent qui sort de terre, rampe et se tortille peut aussi représenter le feu vital enclos dans la matière.

Sous son aspect bénéfique, le serpent peut aussi s’associer l’oiseau tel le serpent à plumes « quetzalco-huatl ».

J’évoquerai rapidement ce mythe dans lequel Quetzalcoatl se dirige vers l’eau divine cad le Golfe du Mexique, jeune 4 jours, se revêtit de ses plus beaux habits, s’immola et son cœur monta aux cieux et se transforma ne Vénus, l’étoile du matin au milieu d’oiseaux sortis des flammes. Quetzalcóatl symbolisait sous cette forme la mort et la renaissance.

De même, L’homme doit aussi parcourir les cycles éternels et accepter la décomposition de son enveloppe charnelle tout en conservant un esprit (éternel)

Le maître, également, ne meurt pas même si l’on retrouve son cadavre. Il renaît par l’esprit et la chaîne s’allonge avec chaque nouveau maillon. Elle s’étire à l’infini vers l’avenir.

Ce serpent peut changer de peau donc se rajeunir. Aurait-il comme le phénix un don d’immortalité, Peut être est-il la santé qui succède à la maladie ?

Pour poursuivre l’étude du caducée, en latin caduceum mot provenant du grec signifiant héraut, annonciateur, ( dans la racine figure le mot coq héraut du soleil), je me dois d’aborder le mythe d’Hermès.

En effet, Hermès dieu ambivalent par excellence est doté d’une curiosité qui le fait se rapprocher un jour d’un chemin poussiéreux où s’affrontent 2 serpents dans une bataille sans merci. Voyant que la mort serait l’issue du combat, il lança sa baguette entre les 2 adversaires. Ceux –ci s’enroulèrent autour d’elle et s’y immobilisèrent pour l’éternité. La baguette devint le caducée symbole d’Hermès. En grec, kerrykeron ; insigne du héraut, de l’annonciateur, de celui qui proclame.

Hermès est le type même de la dualité car à la fois dieu de l’information et de la communication mais aussi du mensonge, messager des dieux et dieu des voleurs,, des savoirs secrets et de la manipulation( à la fois inventeur de l’astronomie et de l’astrologie), crée l’alphabet mais aussi des écrits incompréhensibles dits hermétiques, protecteur des voyageurs( sandales ailées et baguette), dieu de carrefours.

La baguette d’Hermès est le sceptre du souverain, symbole de l’initiateur et du conducteur et celui qui porte cette baguette possède la puissance

Le bâton appelé boursier dans le pays basque date de 15000 à 8000 ans avant notre ère. Il figure dans de nombreuses fêtes, danses, combats, bâton initiatique des confréries (notre maître des cérémonies en possède un)compagnon de voyageur souvent fourchu et en forme d’y. la houlette qui l’orne est symbole de connaissance Ce bâton impose l’attention sur celui qui la porte.

L’emblème des pharmaciens attribué à Mercure, dieu du commerce, homologue romain d’Hermès est proche de celui des médecins.

Le serpent d’Epidaure ne s’enroule plus autour du bâton d’Esculape mais du pied court d’une vaste coupe dans lequel, il vient s’abreuver, sans doute vase sacré qui doit contenir le liquide nourricier offert par la déesse Hygie.

Hygie ou Salus chez les romains était la déesse de la santé à la fois physique et morale, de la guérison, du bonheur et du bien public. Vers 500 avant JC, on en fit une déesse distincte mais toujours associée à d’autres dieux guérisseurs surtout à Asclépios, son père, dieu de la Médecine. (Panacée, une autre fille d’Asclépios était la déesse des soins ).

Le nom d’Hygie est à l’origine du terme hygiène et l’étymologie souligne le lien existant entre l’hygiène et la prévention en matière de santé puisqu’elle avait pour rôle d’enseigner les manières les plus saines de conduire notre vie. La coupe avec sa concavité s’apparente à l’arche. Le serpent, quant à lui puise sa connaissance dans cette matrice où la lumière continue de briller.

Le serpent maléfique et bénéfique est donc symbole double Les 2 serpents s’affrontent et se neutralisent comme deux forces opposées et égales le font.

Le caducée est le représentant de l’équilibre des tendances réalisées autour de l’axe du monde ; joignant le ciel et la terre, symbole de paix et de santé physique.

Pour les alchimistes, les 2 serpents sont les 2 principes que l’on doit unifier quels qu’ils soient il faut donc pour eux concilier force et volatil ; soufre et mercure ; chaud et froid ; sec et humide Ces principes se réalisent dans l’axe du caducée qui devient l’or philosophal.

Pour les maçons, le caducée est le symbole de l’équilibre auquel nous aspirons, alors que nous sommes comme tous les humains écartelés entre des pulsions antagonistes et puissantes mais qui peuvent aussi et surtout être complémentaires, devenant alors des éléments majeurs de progrès. Un combat se livre en permanence en nous sur le plan physique, moral ou spirituel Le caducée représente l’équilibre qui nous aide à franchir les cycles à effectuer nos changements d’états Il nous fait comprendre qu’il ne suffit pas de Savoir ni Connaître, il faut aussi transmettre. Le caducée transmet. exercice auquel le maître que nous sommes s’applique à faire.

Le caducée symbolise la coïncidence des opposés et la conciliation et la combinaison des contraires.

Le caducée, principe d’union réalise l’unité entre les forces descendantes et ascendantes et cela en un seul chemin que symbolise la baguette ; chemin qui est celui de la rectitude car il n 'est peut-être pas sain d’utiliser à outrance les multiplicités et divergences.

Il nous faut éviter d’errer indéfiniment dans le labyrinthe des spires du serpent afin d’atteindre notre idéal car ne pas craindre la morsure du serpent, c’est peut-être avoir appris à se dominer donc à se maîtriser et peut être avoir fait un pas sur la voie de la connaissance.

L’homme qui unit la paix du cœur et la connaissance par l’esprit réalise la conjonction de ses états afin de devenir l’homme universel ayant gagné la sérénité et peut-être la sagesse.

Dans la tradition tout mouvement ascendant est hélicoïdal et le serpent arc-en-ciel des aborigènes qui enroule sa spirale viscérale autour des écorces me semble une excellente passerelle pour aborder ce soir le troisième volet de mon travail à savoir la spirale.

En effet pour ma planche d’augmentation de salaire, j’avais abordé à l’instar de Roger le thème de l’étoile. Afin de construire cette étoile, j’avais utilisé le compas et l’équerre. Parvenue à ce stade, j’avais alors ébauché l’approche de la spirale étant consciente que toute évolution ne se fait pas par stries mais bien par spires. Carl Jung dit d’ailleurs à ce sujet : « la voie vers le but s’élève en spirale ».

La spirale n’est-elle pas à la fois le symbole de l’évolution humaine, de l’évolution sociale mais aussi du cheminement initiatique ?

Omniprésente dans notre quotidien, j’évoquerai ainsi le célèbre jeu de l’oie, les coquillages, les cornes des dieux mythologiques de « cernunos » ou « dionysos » et celles du cerf, du mouflon, du bouc, les hélices des bateaux, les ressorts de nos piles de transistors et réveils. Quant à nos empreintes digitales formées de boucles, d’arcs et de spirales, elles nous amènent à songer à cette représentation en hélice de l’ADN si important dans les recherches d’aujourd’hui. Tous ces éléments qui ornent notre quotidien font état de formes concentriques ou spiralées en parfaite équilibre, en, totale harmonie… ce qui fait dire à Einstein ce qui m’étonne le plus c’est que notre monde soit compréhensible. Spirales, hélices, volutes, étoiles structurent notre monde.

À côté des spirales hélicoïdales voisinent les spirales planes dont le labyrinthe est l’image la plus connue. Symbole de la quête initiatique faite d’avancées et d’embûches, d’obstacles et de difficultés, le labyrinthe c’est aussi le symbole de la pensée avec son évolution et son progrès.

En effet si le cercle symbolise le temps cyclique et la droite le temps linéaire, la spirale évoque le temps évolutif par les rythmes répétés de la vie, avec pour exemple les stades classiques telles que naissance vie mort ; enfance adolescence-âge adulte ou matin, midi et soir !

Le rythme des saisons des cycles lunaires et solaires est davantage symbolisé par la roue qui tourne ou mieux encore par le serpent ourobros, celui qui se mord la queue, tel le cercle fini limité dans l’espace.

Par ailleurs, le féminin est au cœur de la spirale et Jacques Attali écrit à ce propos : « le premier chemin parcouru par l’homme, au terme duquel il devient une personne est celui qui le fait sortir du ventre maternel. La femme est le premier labyrinthe de l’homme »

Dans la même perspective pourquoi ne pas rapprocher cela de l’oreille, organe de l’écoute, construite en forme de spirale et qui transforme le bruit en sens et dans cet esprit est fécondante.

Enfin le serpent originel est en sa forme spiralée, symbole sexuellement ambivalent puisqu’à la fois matrice et phallus ? de la naissance de l’être, nous passons alors à la naissance du monde.

Entre sa naissance et sa mort ; l’être humain va connaître ambivalences et paradoxes, sel de sa vie et qui font l’intérêt et la complexité de son existence.

Car, en effet lors de sa naissance, il y a fin d’un état fusionnel mère fœtus mais aussi nostalgie du lien rompu ; souhait de retrouver les liens disparus, envie de créer des liens fraternels et à l’opposé quête de connaissance et de sagesse avec perte des illusions des passions des préjugés..

Pour nous francs- maçons ; la spirale a double vocation. Descendante, elle conduit dans les profondeurs d’un savoir complexe et ascendante, elle conduit vers la lumière ou plus précisément la spiritualité.

Je citerai pour témoin la marche dans nos temples. Au grade d’apprenti et de compagnon, nous marquons les angles lors de nos déplacements dans le temple tandis qu’au grade de maître nos déplacements se font sans les marquer ; montrant ainsi le passage du rectangle au cercle.

Sans doute ainsi défini, le passage de l’équerre au compas pour accéder à la maîtrise signifie dépasser le stade de la matière pour atteindre l’esprit.

La construction successive de cercles permet la réalisation de la sphère et donc de parvenir au cosmos et là, de toute évidence nous constatons la nécessité d de passages successifs, de graduations.

La spirale n’a ni fin ni commencement et laisse toujours l’accès à l’évolution ou au progrès mais aussi au recul. Tel l’escalier en spirale, elle permet la progression vers le savoir, l’accès à la connaissance. Elle participe à la construction de notre temple intérieur par une descente primordiale au fond de soi avant une remontée vers le perfectionnement et le développement spirituel. Invitant au voyage et à la découverte, elle participe alors à la construction du temple extérieur qui nous permet d’agir en citoyen actif.

Pour le compagnon devenu maître, elle représente l’atteinte de l’équilibre ; la maîtrise des dualités.

Le nouveau maître découvre et expérimente les multiples facettes de son compas car il ne se contente plus de tracer des cercles ; fermés par définition mais il élargit les cercles et peut laisser ainsi son esprit aller à la conquête de l’inconnu, de l’ignorance. Il a gagné sa liberté de penser, sa liberté de sentiments et de passions bref la maîtrise de lui- même.

Pour sa part, l’art royal ou art de la géométrie permet de résoudre les contradictions en les englobant dans une réalité qui les dépasse. Ainsi, la spirale ajoute une 3ème dimension à la rencontre du cercle et de la droite permettant d’unir imagination et raison et d’établir une progression géométrique comparable à la double voie initiatique de l’amour et de l’œuvre ;

Je ne pourrai terminer sans évoquer un symbole qui serpente sur nos murs et qui lui-même formant des lacs d’amour n’est qu’une succession de spirales.

Elle se concrétise par la chaîne d’union, spirale horizontale constituée des bras et des mains enlacés des frères et sœurs, symbole de l’union en dehors du temps et de l’espace, au-delà des murs et des frontières. Symbole si fort et si important à mes yeux que je n’ose penser que certains des maillons qui la constituent puissent être défaillants. Je ne pourrai en aucun cas m’associer à cette chaîne si des faits graves concernant l’un d’eux m’était connu. J'ai parallèlement des difficultés à accepter la différence entre paroles dans le temple et hors du temple Dans la table d’émeraude, ce qui est au –dessus est identique à ce qui est au –dessous. Pourquoi n’imaginerai- je pas que tel Hiram assassiné et relevé en notre nouveau maître Hiram, cette table passe symboliquement de l’horizontale à la verticale afin que ce qui est de chaque côté de la porte du temple soit identique, prouvant la cohérence entre les propos et les actes dans le temple et hors du temple.

J’ai eu connaissance de faits graves en l’occurrence de menaces de violence et de mort proférés par un maçon.

Qu’elles soient à l’encontre d’un profane ou d’un franc-maçon elles sont pour moi du domaine de l’intolérable et je me pose alors la question de ma présence ici sur ces colonnes ! Je me demande pourquoi certains soirs nous sommes si exigeants pour l’entrée de profanes parmi nous leur réclamant d’être libres et de bonnes mœurs tandis que d’autres franchissent allègrement les mailles du filet et atteignent des degrés importants.

- Oui, je suis triste et déçue
- Oui je sais que qu’il ne faut pas tout amalgamer et qu’il ne faut pas confondre franc- maçonnerie et francs-maçons.
- Oui nous ne sommes que des humains mais je ne peux accepter l’intolérable et là il est atteint.

J’ai été tentée de déposer mes outils mais finalement ce n’est pas la franc- maçonnerie qui m’a déçue ; Ce sont certains maçons qui du moins se disent comme tels qui m’ont déçue. Peut- être ai- je mis la barre un peu trop haute. Suis-je un peu trop utopiste Je me suis toutefois rappelée qu’il y a quelques mois je vous avais dit que tant que la paix ne règnerai pas sur terre je serai sur le chantier mais aussi que mon engagement m’invitait à travailler au perfectionnement de l’homme.

Ces évènements vont me permettre de retrouver un certain équilibre celui dont j’ai parlé tout au long de cette planche, cet équilibre que l’on atteint pas si facilement qui est fait de doutes de crises d’émotions, de tempêtes, d’épreuves mais aussi de joies et de travail. Le chantier est loin d’être achevé et nous avons encore beaucoup à travailler dans la recherche de l’harmonie, de l’équilibre nous ne sommes pas au bout du chemin., la spirale est sans commencement ni fin !

Elle est symbole de la diversité, de l’ouverture, de l’optimisme, de la connaissance à conquérir, du possible à construire, source de progrès et d’espérance initiatique car l’essence de la vie ne réside t-elle pas dans cette quête qui n’est réalisable que par d’infinies et successives spirales.

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Freemasons

15 Juin 2014 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

10398096_10152206039858004_3902953921685839487_n.jpg

Lire la suite

Message du Grand Maître de la GLNF

14 Juin 2014 , Rédigé par JP Servel Publié dans #histoire de la FM

Très Chers et Bien Aimés Frères,

La joie a ceci de particulier qu’elle se multiplie en se partageant. C’est une grande joie, une joie décuplée que j’ai le bonheur de partager avec vous : à l’occasion de leur réunion trimestrielle, la Grande Loge d’Irlande, la Grande Loge Unie d’Angleterre et la Grande Loge d’Écosse, viennent de renouer officiellement leurs relations d’amitié avec la GLNF, suspendues, puis rompues, en 2012, lors de la terrible crise que notre obédience a traversée.

En cette année de centenaire, la reconnaissance de notre Grande Loge Mère, la Grande Loge Unie d’Angleterre, prend une signification et un relief tout particuliers. Les tout premiers mots que m’inspire cette reconnaissance sont des mots de gratitude.

Gratitude envers chacun d’entre vous, pour l’attitude exemplaire que vous avez manifestée dans les heures difficiles. Dignité, humilité, discrétion et, surtout, Fraternité, nous ont conduits vers l’harmonie, vers la sérénité et la paix. Que chacun en soit remercié.

Gratitude envers nos Frères britanniques qui ont su écouter le fond de nos cœurs.

Gratitude envers l’équipe qui depuis des mois, chacun à sa place, œuvre sans relâche au renouveau de notre GLNF et à sa reconnaissance. Qu’il me soit permis de remercier devant vous notre Très Respectable Grand Maître Honoraire Jean-Claude Tardivat, lequel a engagé résolument au service de notre cause son énergie et le très grand crédit dont il jouit dans la maçonnerie régulière internationale. Qu’il me soit permis également de remercier notre Très Respectable Député Grand Maître Jean Boissière pour l’appui qu’il m’a donné. Qu’il me soit permis enfin de distinguer le travail exemplaire réalisé par l’équipe de la Chancellerie autour de notre Très Respectable Assistant Grand Maître et Grand Chancelier Jean-Pierre Rollet, lequel a préparé et conduit avec moi les conversations délicates ayant facilité ce résultat.

D’une façon plus large, le travail réalisé par mon collège de Grands Officiers autour de la réussite de notre centenaire, comme autour de la rénovation de notre Règlement Intérieur, la participation et l’appui unanime que vous leur avez apporté, le climat d’égrégore que vous avez su partager, tout cela nous conduit à la joie que nous partageons aujourd’hui.

Je sais pouvoir compter sur vous pour que cette joie ne soit pas ternie par des sentiments d’orgueil.

Soyons bienveillants envers tous nos Frères. Soyons heureux, ayons la sagesse de nous en rendre compte et de marquer ce jour exceptionnel et historique par les témoignages que vous jugerez utiles dans vos Loges ou dans vos Provinces. Pour autant, restons vigilants. Sachons garder au fond de nos cœurs l’amour de nos devoirs, l’attachement à notre Tradition et à l’esprit des Landmarks, qui inspire notre Fraternité.

Ce sont ces lignes directrices essentielles qui nous valent la reconnaissance dont nous sommes honorés.

L’harmonie, la simplicité, la Foi, le désir de faire des progrès en Sagesse, doivent rester les piliers de notre édifice personnel et de notre édifice commun. Restons unis et soyons attentifs à toujours contenir, de toutes nos forces, les germes de la division.

Soyons heureux mes Bien Aimés Frères.

Recevez l’assurance de ma fraternelle affection.

Lire la suite

Les Origines du rite et des constitutions

13 Juin 2014 , Rédigé par x Publié dans #Planches

Mes Frères, quel est le lien qui nous unit ? C'est la franc-maçonnerie. Qu'est ce que la franc-maçonnerie ? C'est une alliance universelle d'hommes éclairés, réunis pour travailler en commun au perfectionnement spirituel, moral, matériel et intellectuel de l'humanité. Ces mots, ces phrases, sont ceux que nous apprenons tous par cœur durant notre apprentissage.
Bien souvent, nous les oublions après, non pas que nous nous sentions débarrasser d'une corvée, mais logiquement, plus le temps passe, plus nous vieillissons et plus nous nous élevons. Le résultat fait qu’automatiquement, nous nous éloignions de la base. Alors pour un instant, redescendons. Juste un peu d'histoire afin de situer la franc-maçonnerie dans le temps et les époques. Tout d'abord, pour une société qui serait prétendument secrète, la franc-maçonnerie détient un record singulier, c'est celui de la bibliographie. En 1925, déjà ¾ de siècle, un érudit allemand du nom de WOLFSTIEG avait déjà dénombré (Toutes œuvres confondues) plus de 54.000 titres traitant du sujet Imaginez vous ¾ de siècle après, à l'aube du nouveau millénaire, et avec les récentes affaires, ce que cela peut donner en plus comme articles, brochures et livres divers.
Cette planche n'a pas pour but de les connaître ni de les énumérer, mais plus simplement, je dirais qu'il s'agit ici d'un résumé de notre histoire, de ses bases et des origines de nos Constitutions.
Au commencement, à la sortie de l'âge des cavernes, dès qu'il se trouva des hommes pour extraire la pierre, au moyen de la construction ils élevèrent des murs et posèrent dessus un toit pour s'abriter. Dès cet instant, l'ARCHITECTURE était née. L'Architecture est la mère de toutes les civilisations. Elle est la condition première car sans elle, nulle pensée créatrice ne peut prendre forme. Cette inspiration émane directement du Grand Architecte de l'Univers et elle en est l'expression humaine. Dans sa forme originelle et de part sa source, elle justifie sa prééminence sur les autres arts pour faire entendre et comprendre ce qu'était la vie et les aspirations des peuples qui bâtissaient.
Bien des siècles plus tard se dresseraient dans les cieux européens les grandes cathédrales qui pour MICHELET étaient « de gigantesques actes de Foi ». Au Moyen âge, il s'est trouvé des architectes, des tailleurs de pierre, des appareilleurs et des imagiers pour donner à l'ART ROYAL sa destination la plus haute : La gloire de Dieu, Incréé et Créateur, à la fois géniteur et asexué, en un mot : Le Grand Architecte de l'Univers. Lorsque vers 1145, le moine cistercien Garin de Troyes appartenant à l'abbaye de Fontenay, réussi a appliquer à la géométrie les « Postulats d'Euclide », il venait d'inventer l'art du Trait, qui permettrait aux Compagnons du Devoir d'élever les constructions que nous connaissons encore de nos jours
La franc-maçonnerie, née au cours du 12ème siècle, est issue du milieu des bâtisseurs. Ils étaient à l'époque les seuls capables de construire ces cathédrales. En somme, ils étaient les représentants de la haute technologie de leur temps. Si nous pouvons connaître quel monastère forma les premiers d'entre eux, ce que nous ignorons encore, c'est où et comment ils ont été recrutés et sur quelles bases ils le furent pour être plus précis.
Tous ces hommes étaient organisés en confréries. Détachés des structures sociales et politiques de leur temps, ouvert à tous ceux qui en acceptent les règles, la confrérie unit les hommes épris d'un même idéal. On trouvait dans leurs rangs des Maîtres, des Compagnons et des Apprentis. Ils furent les premiers FRANCS-MACONS. J'ouvre ici une brève parenthèse. Il faut savoir que le mot franc maçon est français. Au temps des constructeurs, c'est à dire au 11ème siècle, c'était le terme exact pour désigner ceux qui appartenaient à des confréries ou des corporations qui bénéficiaient d'une franchise. Voyez la Franche-Comté qui était en fait une Comté Franche, ou encore les francs bourgeois.
De nos jours existent encore des ports francs. Rappelons nous de discussions entre Frères qui faisaient remarquer que le terme Franc Maçon venait de l'anglais Free Masson, mais n'oublions pas non plus que nos Chers Frères d'outre-Manche placent la charrue avant les bœufs. Il nous suffit de faire comme pour le mot V\ I\ T\ R\ I\ O\ L\ rectifier. Cette franchise donc, permettait de libérer un homme, un vilain, de son servage. Le seigneur de son fief lui accordant alors le droit de devenir autre chose que sa condition première ne lui aurait pas permis. En quelque sorte naissait l'homme nouveau. On peut comprendre également le terme Franc-maçon dans le sens de maçon travaillant la pierre franche, celle que l'on taille et que l'on sculpte. Le franc-maçon est l'artisan qui par son habileté et sa compétence a su devenir un homme libre, libre d'esprit et j'irai jusqu'à dire de libre pensée puisque son propre créateur, affranchi de sa servitude par son travail, délivrant par son art de travailler la matière, un message de liberté intellectuelle et de pure spiritualité.
La hiérarchie pyramidale est basée sur le Maître d'œuvre appelé également Vénérable, qui est respecté, non pour sa personne mais pour sa fonction, ses qualités spirituelles et son expérience. Il est chargé outre l'organisation générale du travail sur le chantier, de veiller à l'évolution spirituelle de tous les membres. Dans sa tâche, il est secondé par les autres Maîtres, les Surveillants, qui dirigent les équipes sur le chantier. Ces équipes sont formées par des Compagnons auxquels sont adjoints les Apprentis.
Assujetti aux rudes épreuves du service sur le chantier, le postulant se voit astreint aux tâches les plus basses et soumis aux railleries de la part de ses aînés. Tout est mis en œuvre pour éprouver sa volonté et le dissuader d'intégrer la confrérie. S'il parvient à faire preuve de patience et de stoïcisme, il sera accepté et subira les épreuves de l'initiation. Une fois admis, outre l'application au métier, une conduite irréprochable sera exigée de lui ainsi que le strict respect des lois de la confrérie.
Celui qui transgresse les lois de l'ordre est sévèrement puni et en cas de faute grave, de divulgation des rites et des secrets au profane, il peut-être exclut à vie de l'ordre. Il ne nous faut pas comprendre les soucis du secret avec une volonté déterminée d'occulter les connaissances, mais l'enseignement ésotérique (du grec Eisio pour ce qui est en dedans) dispensé dans les ateliers à pour but d'éviter la dissolution des connaissances et surtout les mauvaises transmissions qui en résulteraient. Seul celui qui a réussi les épreuves peut apprendre et transmettre. C'est le principe même de la confrérie ; la transmission de l'enseignement avec le souci que ce dernier survive aux hommes. Souvenons-nous d'Archimède pendant que Syracuse tombait. Alors qu'il allait être frappé à mort par le soldat romain, il lui aurait dit : « Tue-moi mais n'efface pas çà ».
Hormis l'aparté sur Archimède, tous les éléments que j'ai cités seront, comme nous le verrons, repris plus tard par Anderson pour l'établissement des Constitutions. J'ai utilisé le mot YMAGIER et non pas YMAGEUR en l'écrivant avec un Y pour initiale comme dans sa forme en français de l'époque. J'aurais plutôt dû employé à la place le terme barbare d'IMAGINEUR car « TOUT EST IMAGINATION ». Ces ouvriers étaient en fait des OEUVRIERS. Ayant la charge de faire naître sous leurs mains les statues, ils faisaient appel à leur imagination ainsi qu'à leur interprétation symbolique des Ecritures. Ils créaient une œuvre en taillant leur pierre. Ce n'étaient aucunement des illettrés comme nous pourrions le penser, mais des gens simples, instruits sur les chantiers pour la plupart, et à qui l'ont communiquaient la CONNAISSANCE.
« Un maçon est obligé par sa tenure d'obéir à la Loi morale, et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux ». (Art 1 des Anciennes Obligations). Des querelles virent le jour entre Francs Maçons appartenant aux confréries et les autres, maçons grossiers, appartenant aux corporations et n'ayant pas eu accès aux Arcanes du Métier, n'entendant pas l'utilisation du compas, de l'équerre et de la règle. Elles ne servirent qu'à creuser le fossé entre eux. Les Confréries de Francs Maçons apparurent en Occident aux environs du 10ème siècle sans que cette période puisse être vraiment retenue comme authentique.

Dans « LA FRANC-MACONNERIE, HISTOIRE ET INITIATION », Christian JACQ nous rapporte la légende suivante, tirée du Manuscrit « Cooke » : « Durant le 10ème siècle vivait en Angleterre un roi du nom de ATHELSTAN. Ce roi régna jusqu'aux environs de l'An 940. Ce serait sous son règne que Saint Alban fit construire par des maçons la ville qui porte son nom. L'un des fils du roi prénommé Edwin voulant faire partie des constructeurs, il devint géomètre et Maître d'œuvre après avoir franchi toutes les étapes de l'Initiation Maçonnique. Elu Grand Maître, il aurait fondé à York la première Grande Loge et réunit une Assemblée Plénière en 925 ou 926, assemblée qui devait ensuite se tenir tous les ans et qui de nos jours fait partie de nos Traditions ».
La légende toujours, raconte qu'Edwin aurait voulu procéder à la rédaction de Constitutions propres aux Maçons. Pour ce faire et par souci d'honnêteté, il aurait réuni tous les Rituels Maçonniques accessibles dans toutes les langues de l'époque. Les Maçons des diverses régions du globe lui auraient fait parvenir des écrits en Grec, en Latin, en Français et en Allemand. Edwin en fit faire une compilation et désormais un Livre des Constitutions serait remis à chaque nouveau Franc Maçon. La phrase qui débutait l'ouvrage aurait été : « GRAND ARCHITECTE DU CIEL ET DE LA TERRE, FONTAINE ET SOURCE DE TOUTE BONTE, QUI BATIT DE RIEN SA CONSTRUCTION VISIBLE ».
(Référence Manuscrit COOKE. Vers 1410/1420). Réalité, légende, la plupart des historiens ne jugent pas sérieuse l'histoire d'Edwin, fils de roi, architecte, géomètre et franc-maçon. Le haut moyen âge, je devrais plutôt dire le Grand moyen âge, celui des cathédrales, meurt avec le 14ème Siècle et la Disparition de l'ordre du Temple. Les Francs Maçons ne jouissent plus en France de la puissante protection de l'ordre. La période fin 15èmè Siècle début du 16ème voit encore les Francs Maçons beaucoup voyager. (Ils auraient été alors plus de 30.000). Ils sont allé partout, aussi bien dans le monde occidental que dans le monde oriental. Leurs constructions témoignent pour eux en Angleterre, en France, en Espagne, au Portugal, en Allemagne, en Italie, en Palestine, à Chypre. C'est également cette époque qui voit naître le récit selon lequel un passant observant 3 ouvriers sur un chantier leur aurait posé cette question : « Que faites vous ? ».
Le premier aurait répondu : « Je gagne ma vie », le deuxième « Je taille une pierre », le troisième, « Je construit une cathédrale ». Seul celui-là aurait été un Initié. Le 16ème siècle voit les non maçons entrer en Loge. Dans les débuts, se ne sont pas encore des intellectuels ni des philosophes mais plutôt des hermétistes. Ces « Maçons » dits « Acceptés » seront de plus en plus nombreux dans les Ateliers. Cette période de la fin du 16è et du début du 17ème verra la venue des bourgeois, puis celle des prêtres et des nobles. La réaction en sera que les Opératifs et les Manuels quitteront les Loges et la fracture se fera entre les Francs Maçons et les Compagnons. Frères utérins d'une même mère « LA CONNAISSANCE » ayant œuvré pour un même but « LE PERFECTIONNEMENT » dans le respect d'une même Règle, « LA TRADITION ». Ce ne sera que quelques siècles plus tard que de timides rapprochements auront lieu. En 1535, l'Evêque de Cologne Monseigneur HERMAN estime que le destin des constructeurs est menacé et qu'il faudrait de nouveau définir le rôle de la Francs Maçonnerie par rapport aux grands problèmes du temps. Pour cela, il provoque la réunion de Cologne où des délégations de Francs maçons viennent des toutes les capitales européennes. Leur premier travail devra être une charte où sera affirmée l'antiquité de l'Institution et son originalité. Décision sera prise de conserver les signes et les mots rituels, le patronage de Saint Jean étant toujours de mise. Cette charte stipule qu'une Loge désirant initier un profane doit obligatoirement comprendre 7 Frères, placés sous la direction d'un Maître. Ainsi, les bases de l'ordre sont conservées dans leur ensemble.

En 1599 Des documents maçonniques Administratifs comme les Procès-verbaux de la Loge Saint Mary's Chapel à Edimbourg, sont connus. (Le premier procès-verbal d'une initiation daterait du 9 Janvier 1598). Le nouvel initié ayant pour nom Alexandre CERBIE. Les Loges étant fixées dans les villes, elles deviennent plus accessibles aux profanes. La Tradition étant conservée par des Artisans, souvent se sont eux qui dirigent les Loges. C'est sans doute pour cela que la maçonnerie dite « ECOSSAISE » est considérée comme la plus respectueuse des idéaux primitifs.

L'année 1688 aurait vu la création à Saint Germain en Laye d'une Loge fondée par le Roi Jacques II Stuart, alors en exil en France. C'est cette première Loge fondée en 1688 qui aurait introduit la maçonnerie écossaise détentrice des Rites les plus anciens, inspirés des initiations de Bâtisseurs et de la Tradition Templière.

1717 marques la naissance de la Franc Maçonnerie moderne ou « SPECULATIVE ». Un pouvoir maçonnique centralisateur est constitué ; une Logé Mère s'arrogeant la toute puissance législative.

En 1718, le Grand Maître PAYNE demanda aux Frères d'apporter en Grande Loge toute pièce d'archives concernant la Fraternité, et à plusieurs reprises au cours de tenues trimestrielles de Grande Loge, plusieurs documents lui furent présentés.

En 1721, Payne put soumettre un règlement contenant 39 articles ainsi que les textes dont il s'était servi. 29 Septembre 1721. Une tenue de Grande Loge chargea le Révérend ANDERSON de « mettre en ordre dans une nouvelle méthode » les Anciennes Constitutions.
Le 25 Mars 1722, Création d'une commission de 14 Frères (2x7) qui rapporta. 25 Mars 1722. Sur ordre du Duc de MONTAIGU alors Grand Maître de la Grande Loge d' Angleterre, le pasteur James ANDERSON fait imprimer et éditer le livre intitulé : « DES MACONS FRANCS ET ACCEPTES » ; Recueilli par lui dans les Anciennes Archives. Ces Anciennes Obligations sont LE LIVRE DE LA LOI des Maçons Spéculatifs. Elles énoncent quels sont les Devoirs et Obligations envers l'ordre, La Loge, Les Frères ainsi que la conduite qu'un maçon doit tenir chez lui. Elles seront dans le Livre des Constitutions.
Ces Anciennes Archives ou Old Charges sont en grande partie tirées du Manuscrit COOKE. Le manuscrit Cooke se présente comme un poème anonyme daté aux environs de 1410. Ce manuscrit dont l'érudition laisse à penser qu'il est le fruit de la collaboration de plusieurs auteurs, comme son modèle immédiat le REGIUS, aborde d'une manière neuve l'éloge des ARTS LIBERAUX et l'histoire légendaire du Métier de Bâtisseur. L'histoire relatée par le manuscrit Cooke est un véritable enseignement voilé sous un manteau d'allégories. Si nous l'examinons dans le détail, les différents aspects du manuscrit sont :

a) La Maçonnerie comme fondement des Arts Libéraux. Ce trait de pensée s'appuie sur l'Universalité de l'Architecture qui fait appel à l'ensemble des Arts Libéraux et sur le fait que, d'après la Genèse : (Chapitre 4, 17). Je cite : « Caïn connu sa femme, qui conçut et enfanta Hénok. Il devint un constructeur de ville ». Si je lis bien, l'invention de la maçonnerie précéda et prépara peut-être l'invention des autres Arts Libéraux, le trivium (Grammaire, rhétorique, dialectique) et le quadrivium. (Arithmétique, géométrie, astrologie et musique) Poursuivons notre citation. Nous lisons : (Genèse 4, 18-19). « A Hénok naquit Irad, et Irad engendra Mehuyaël, et Méhuyaël engendra Métushaël, et Métushaël engendra Lamek. Lamek prit deux femmes ; le prénom de la première était Ada et le nom de la seconde Cilla et encore : (Genèse 4, 22) : Cilla enfanta TUBAL-CAÏN ; il fut l'ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer ».

b) Les « Patrons» du métier de Bâtisseur. Les « Patrons » cités en référence dans le manuscrit REGIUS daté de 1390, sont remplacés dans la rédaction du manuscrit Cooke par la référence aux « Patrons Testamentaires » du Métier, Testamentaires par référence à l'Ancien Testament. Ces 'anciens patrons' étaient : SEVERIN, SEVERE, CARNOPHORE et VICTORIN.
Quatre tailleurs de pierre martyrisés. Ils sont représentés sur une clef de voûte de l'église de Chars. Appelés également « LES QUATRE COURONNES », ils représentent symboliquement les 4 points cardinaux, rayonnant à partir d'un centre qui est l'initié lui même et en qui tout se trouve. Ces « nouveaux Patrons » cités dans la Bible sont : Genèse 4, 20-21 Caïn et Jabel « Patrons » des maçons ; Jubal « Patron » des musiciens ; Tubal-Caïn « Patron » des forgerons et Naamah, sœur de Tubal-Caïn « Patronne » des tisseuses et des fileuses. (Sic) Réf. Manuscrit Cooke.
Puisque je cite à nouveau Tubal-Caïn en temps que « patron » des forgerons, il me paraît nécessaire de rappeler que beaucoup considèrent les « Opératifs » originels comme ayant été des orfèvres en la matière, que se soit en matière d'architecture, de taille de pierre et de sculpture. Or si nous analysons le terme « orfèvre », qu'y trouvons-nous ? Tout d'abord le préfixe « OR », du Latin Aurum, métal noble et précieux, et ensuite le suffixe « FEVRE », qualificatif vieux français, qui s'est fait 'patronyme' et a pris les formes de « FAVRE ». « LEFEVRE » ; « FABRE » ; « LEFEBURE » avec un V\ ou avec un B\ ou même les deux, le V\ s'étant transformé au moment de la révolution pour devenir un U\. Toutes ces formes d'un même mot variant selon la région d'origine et qui signifient « FORGERON ». Le tout réuni établissant le qualificatif de « FORGERON DE L'OR ». Bien qu'étant placé sous le patronage de Saint Eloi, il est quand même l'expression d'un travail du métal, comme il se trouve exprimé avec Tubal-Caïn pour la franc-maçonnerie dans le manuscrit Cooke.

c) Les 2 COLONNES de LA CONNAISSANCE. Toujours selon le Cooke, ces 2 Colonnes étaient destinées à échapper au Déluge et dessus auraient été inscrites les connaissances propres aux Arts Libéraux, par opposition à Flavius Josèphe dans ces « ANTIQUITES JUIVES ». Reprises dans le Manuscrit REGIUS sur l'épisode de la Tour de Babel, les auteurs du Régius et du Cooke intègrent ces 2 colonnes dans leur texte en raison de leur analogie avec les 2 colonnes JAKIM et BOAZ du Temple de Salomon. Je cite : « Il dressa les colonnes devant le vestibule du sanctuaire ; il dressa la colonne de droite et lui donna pour nom : YAKIM ; il dressa la colonne de gauche et lui donna pour nom : BOAZ. Ainsi fut achevée l'œuvre des colonnes » (1 er Livre des Rois, 7, 21-22). Dans « le Cantique des Cantiques », hymne à l'amour attribué à Salomon, nous trouvons au 5ème poème : « Ses jambes sont comme des colonnes d'albâtre, posées sur des bases d'or pur ». Il est certain qu'alors Salomon ne parlait pas des colonnes du Temple, mais qui sait, peut-être La connaissance était-elle au bout.

d) L'IMPORTATION DE LA MACONNERIE. Du chantier du Temple de Salomon, en Angleterre, via la France, cette importation exprimée dans le Cooke est une allégorie servant à signifier un fait bien connu de l'Architecture ; à savoir que l'Art Gothique des Cathédrales apparut en Ile de France avant d'être importé au 12ème siècle en Angleterre. Des textes existent, prouvant l'envoi d'architectes français aux 12 et 13ème siècle en Angleterre. Le manuscrit Cooke prouve que les maçons, principalement formés aux arts mécaniques, étaient également instruits et mêmes lettrés à l'égal des savants instruits des arts libéraux.

17 JANVIER 1723. Adoption du texte des « ANCIENNES OBLIGATIONS » comme Loi de la Maçonnerie par la G.L.d'Angleterre. Année 1728 : Création de la 1 ère G\ L\ D\ F\ « Mise en sommeil en 1767 ». 1894 Recréation de la G\ L\ D\ F\ La Constitution fut votée par l'Assemblée Générale des 10, 11, 12 Mai 1895, avec élection du Grand Maître et des Grands Officiers.

Après l'histoire, passons au Rite. La terminologie de ce mot a deux sens différents selon qu'il est écrit avec un R majuscule ou avec un R minuscule. Est appelé Rite avec une majuscule, une branche particulière de la Franc Maçonnerie. (Rite Ecossais Ancien et Accepté, Rite Ecossais Rectifié, Rite Français). Est appelé rite avec une minuscule, un acte cérémoniel dont la forme a été réglée à l'avance en vue de sa finalité initiatique. Au grade d'Apprenti, il suffit de se souvenir du moment où l'on dépouille de ses métaux le futur Frère. Dans un sens comme dans l'autre, le terme RITE ne doit jamais être employé comme un synonyme de « PRINCIPE ETABLI » ou bien de « SYMBOLE ». La religion catholique possède plusieurs liturgies auxquelles la terminologie a donné le nom de Rite. En effet, il y a le Rite Romain, le Rite Maronite des chrétiens du Proche Orient, le Rite Orthodoxe des grecs et des slaves. Un Rite peut donc se définir comme une présentation dont le caractère le distingue des autres par la forme. Il est impossible de citer tous les Rites et toutes les Religions. Par des événements encore présents dans les esprits et dans les chairs, nous avons eu à connaître en Europe, une nouvelle guerre de religions. C'est dire combien peut-être dure parfois, la coexistence de différents rites.
Qu'on le nomme Dieu, Yawhé, Allah, l'Eternel, l'Ineffable, ou la Grand Architecte, tous ces noms ne sont que l'expression d'une même chose ; un concept qui dépasse l'entendement du commun des mortels. Au delà de tout dogme, c'est la représentation que l'homme s'est fait de ce qu'il ne peut toucher ou voir mais qu'il essaie encore et toujours d'appréhender Eternelle dualité de l'esprit et de la Lettre. Qu'il soit juif ou chrétien, catholique ou protestant, musulman sunnite ou chi'ite, l'homme à toujours le même devoir envers les autres ; La Charité. Le partage est le début de la connaissance de soi. La charité est un devoir, mais qui ne doit pas s'exercer au préjudice des siens, comme pour un Franc Maçon. Elle doit se faire, sans ostentation. N'importe qui peut en bénéficier. Qu'il soit animiste, chrétien ou juif, la charité ne saurait faire preuve de distinction dans la pauvreté et le besoin. Le tronc de La Veuve détenu par l'hospitalier peut-être réclamé par qui veut. Il peut-être versé à qui le mérite, sans distinction de nationalité, de race ou de religion s'il est F\ M\. N'oublions pas que le mot hospitalier vient du mot hospice d'où dérive le mot hôpital. L'ordre des Hospitaliers, rival de celui du Temple et l'un des bénéficiaires de la dissolution de ce dernier, avait été crée pour venir en aide aux pauvres en Terre Sainte.
Qui veut venir en Loge vient, celui qui ne veut pas venir, reste. Si un Rite ne plaît pas ou s'il est mal vécu, liberté est d'en changer afin d'en pratiquer un autre. J'ai volontairement soustrait de mon travail, les vicissitudes ainsi que toutes les péripéties qui ont entourées l'établissement du Rite Ecossais Ancien et Accepté en France, ces dernières mériteraient à elles seules plusieurs planches, de très longues heures de lecture, et de jouer les rats de bibliothèque, afin de pouvoir consulter tous les écrits, Décrets, et Circulaires du Suprême Conseil de France, ainsi que les Archives du Grand Orient. Donc, je me contenterai juste de citer les plus pratiqués en France.

Commençons par celui que nous connaissons et pratiquons le Rite ECOSSAIS, ANCIEN ET ACCEPTE, le Rite EMULATION, le Rite FRANÇAIS, Le Rite ECOSSAIS RECTIFIE. Depuis 1938, existent à la Grande Loge de France des ateliers qui travaillent au Rite rectifié.
Le Rite Ecossais Rectifié serait le prolongemenLes Origines du rite et des constitutionst de la maçonnerie qui aurait existé en Angleterre avant 1717. Créé officiellement en 1778, il résulte qu'il est certainement la forme la plus ancienne de la maçonnerie spéculative. Il a conservé dans son rituel un archaïsme qui le distingue des formes modernes que nous connaissons et qui lui donne une valeur initiatique très estimable. En Europe, il est surtout pratiqué en Suisse.

Le Rite français ou Moderne. Rite pratiqué par le Grand Orient de France. La plupart des ses Ateliers travaillent avec ce Rite. Il ne comprend que sept degrés mais le Grand Collège des Rites confère tous les grades de l'écossisme jusqu'au 33 è. Bien qu'étant cataloguée « Obédience irrégulière », la Grande Loge de France et les Loges qui lui sont fédérées, n'en travaillent pas moins au Rite Ecossais Ancien et Accepté. D'autres Ateliers dans d'autres Obédiences utilisent ce rituel mais parfois, celui-ci ayant été 'adaptés' sur différents points, il peut s'en suivre de notables différences. « Celui qui a reçu l'initiation dans une Loge régulièrement constitué est un maçon « régulier » ».
A la Grande Loge de France, nous travaillons surtout au Rite Ecossais Ancien et Accepté. Ici, l'ostracisme est absent. Nous acceptons tous les Frères, de toutes les Obédiences. Nous sommes autant F\ M\ qu'eux. Ils peuvent venir assister à nos travaux, nos outils sont les leurs. Nous tendons tous vers les mêmes buts ; notre perfectionnement, le perfectionnement de l'homme, le bien-être de l'humanité, normalement. Quand le Rite est bon et bien fait, il est facile pour le franc-maçon de travailler avec ses outils et ses symboles - c'est-à-dire l'intelligence de sa main et la beauté de son cœur - à son perfectionnement, pour la joie de ses Frères et de son Atelier.
Le chemin offre tout et bien plus encore, mais rien n'y est gratuit. Les réponses sont en nous. Faisons le premier pas, le chemin fera le reste. Le passé avec ses clivages a permis que s'établisse la séparation entre les racines, le tronc et les branches. Ne continuons pas à débiter « l'arbre merveilleux » même pour en faire de belles planches, sinon que nous restera t il de l'héritage originel des bâtisseurs ?

Nous sommes tous des ENFANTS DE LA VEUVE. Cette veuve est la Connaissance. Connaissance de Soi, connaissance des Autres, connaissance de l'Univers « CONNAIS-TOI TOI MEME ET TU CONNAITRAS L'UNIVERS ET LES DIEUX ». Nous disparaîtrons tous un jour, telle est la Loi de la nature et de la Vie. Hâtons-nous de nous connaître et de connaître les autres. Construisons maintenant afin que nos descendants n'est peut-être pas à le faire à leur tour, et s'ils devaient chercher, qu'ils trouvent et comprennent pourquoi nous cherchions et ce que nous tentions de construire : L'Homme et l'Humanité. Lorsque nous pénétrons pour la première fois dans un Temple maçonnique, nous ne savons pas très bien comment va se passer l'apprentissage. Evidemment, qui dit apprentissage, dit formation. Arrêtons- nous un instant sur le verbe Former. Il signifie que quelque chose va changer de forme, va se transformer. Donc, nous avons une matière. Les Origines du rite et des constitutions. Que celle-ci soit végétale ou minérale, durant l'apprentissage, nous allons la façonner, tout d'abord comme le veut le Maître puis sans bien nous en apercevoir, nos mains et nos pensées vont agir selon notre cœur. Et bien cette matière qui insidieusement nous change, nous transforme, c'est le Rite. Il est à la fois actif et passif, présent actuel et passé futur. Le Rite est comme l'air qui nous entoure ; impalpable mais essentiel. Nous ne pouvons ni le voir, ni l'étreindre mais lui nous baigne. La première fois, nous ne saisissons pas tout. Nous faisons des gestes, nous prenons des attitudes sans bien saisir toutes leurs significations. Au fur et à mesure que le temps passe, nous sommes de plus en plus pénétrés par ce que nous vivons. En fait, la matière qui a évolué c'est nous. Je terminerai ici mon bref survol de l'histoire des origines, en souhaitant qu'il se rapproche le plus possible de la vérité historique, et qu'en même temps, il soit conforme à la beauté de la légende de notre confrérie. Si tel n'était pas le cas, veuillez m'excuser par avance des erreurs ou omissions que j'aurai pu faire.

Au moyen âge, un ordre chevaleresque avait une très belle devise, qui malheureusement a disparu avec lui et les événements. Il s'agit de la devise de l'ordre des Pauvres Chevaliers du Temple de Salomon. Permettez-moi de vous la restituer en la visitant et en la rectifiant.

Pas pour nous grande architecte. Pas pour nous. Mais pour le gloire de ton nom.

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

Lire la suite

Le Testament de l’Initié

12 Juin 2014 , Rédigé par R Kipling Publié dans #Poèmes

Je ne suis qu’un homme parmi les hommes,
Mais j’ai répondu sous le bandeau et j’ai gravi les trois marches.
J’ai vu l’étoile flamboyante, j’ai fait le signe.
Je suis un maillon de la Chaîne ! La Chaîne est longue.

Elle remonte jusqu’au siècle d’Hiram, et peut-être plus loin encore.
On trouve notre signe sur les pierres dans les déserts de sable sous le ciel pur de l’Orient,
dans ces plaines où s’élevaient les temples colossaux, poèmes purs de la puissance et de la gloire.

On trouve notre signe sur les papyrus que l’âge a teinté d’ocre, sur les feuilles où le calame a
tracé les phrases les plus belles qu’un être ait pu lire.
On trouve notre signe sur les hautes cathédrales aux sommets sublimes aérés par les vents des siècles.
On trouve notre signe jusque sur les conquêtes de l’esprit qui font l’humanité meilleure,
sur la partition de Mozart, sur la page de Goethe, le livre de Condorcet, les notes d’Arago.

Et pourtant, je ne suis qu’un homme parmi les hommes, un homme sans orgueil, heureux de
servir à sa place, à son rang, je ne suis qu’un maillon de la Chaîne, mais je me relie à l’Univers dans l’espace et dans le temps.

Je ne vis qu’un instant, mais je rejoins l’Eternel.
Ma foi ne saurait faire couler le sang, je ne hais point, je ne sais point haïr.
Je pardonne au méchant parce qu’il est aveugle, parce qu’il porte encore le bandeau, mais je
veux l’empêcher de mal faire, de détruire et de salir.

A ma place, debout et à l’ordre, j’ai travaillé de mon mieux.
Dans toutes les heures de la vie, mon coeur est demeuré fidèle.
Je me suis dépouillé des métaux, j’ai combattu jusqu’à la limite de mes forces le fanatisme et
la misère, la sottise et le mensonge.

Je ne crains rien, pas même ce sommeil que l’on appelle la mort.
J’espère supporter la souffrance avec l’aide des miens, je saurai subir ce qui doit être subit
parce que c’est la loi commune.

J’aurais dégrossi la pierre, accompli ma tâche en bon ouvrier par l’équerre et le compas.

Quand je partirai, formez la Chaîne.
Rien ne sera perdu de ce qui fut donné. Je resterai toujours parmi vous car je vous laisserai le
meilleur de moi-même, oh fils de la Lumière, mes Frères.

Rudyard Kipling

Source : www.ledifice.net 

Lire la suite