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Hauts Grades

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Colonne du Nord, Colonne d'Apprenti...

23 Juin 2014 , Rédigé par Isha Publié dans #Planches

 « Le monde est double pour l’homme, car l’attitude de l’homme est double en vertu de la dualité des mots fondamentaux, des mots principes qu’il est apte à prononcer. » Martin Buber, JE et TU.

« Je retournais à moi-même, ayant contemplé la lumière autour de moi et le bien qui était en moi. Je devins Dieu… » Traité de l’étranger, codex de Nag Hammadi.

« Apprenti(e), j’ai beaucoup dormi sur ma colonne. Ce n’est que lorsque j’ai été compagnon que j’ai commencé à participer, que je n’ai eu le sentiment de participer pleinement aux travaux de la loge ». Cette expression je l’ai déjà entendue à plusieurs reprises.
Serait-ce donc la caractéristique, (la finalité ?) du lieu où l’on demande à l'Apprentie de s’asseoir ?
Colonne des apprentis, colonne du Nord, il y fait plus sombre, la sieste y est plus facile après une dure journée de travail, même si certains chuchotis viennent perturber la qualité de la récupération.
Mais dès que je m'y suis assise le premier soir, une petite voix s'est élevée : « tu n’as pas fini de m’entendre, ne t’en fais pas. Cette colonne est aussi mienne … . »
La symbolique générale de la colonne des apprentis

Une colonne ? Ah oui, là-bas. A la fois l’objet et le lieu où je dois me tenir.
La colonne est l’axe autour duquel s’articule une vie, principe qui soutient la marche et le mouvement et donc autorise le développement.
Elle est rouge, pleine d’énergie vitale, couleur de la joie, mais aussi de l’agressivité. Elle est de la couleur du Yang qui culmine en été et au sud.
Une couleur terriblement communiste, oh là là … .
Colonne du nord, Colonne qui déjà présente met en lien l'ombre et la lumière que je ne suis pas encore capable de la percevoir pleinement.

La colonne représente aussi le regard vers le ciel, lieu élu du spirituel, l’arbre de vie qui puise ses forces dans la terre pour se tendre vers l’infini, dans l’espoir, partagé avec les hommes qui s’identifie parfois à lui, de saisir l’infini, de s’élever vers l’insaisissable.

Colonne J. Colonne Yakin. « Il établira ». Cette colonne constitue le premier symbole d’origine biblique que je perçois visuellement et prend place parmi les éléments d’évocation du temple de Salomon. Elle supporte une lettre de l’alphabet, ça tombe bien je ne sais qu’épeler. Elle s’est adaptée à moi ma colonne, je sens que je vais bien l’aimer cette petite. Et peut-être me permettra-t-elle, conjuguée avec le silence, de construire un axe de développement en vue d’une parole réorganisée.

Arbre de vie, support de l’affirmation de soi, axe du développement de la connaissance et de la découverte de la parole, la colonne me montre une voie. Elle ne se limite déjà plus au support, elle me laisse libre des choix à opérer et devient une voie vers de multiples possibles.

La colonne J, le Iod en hébreu, est une colonne me dit-on partout, active par excellence et donc par excellence masculine, elle se veut caractéristique du travail de l’apprenti par opposition à l’autre colonne, colonne B, représentant la maison, l’intériorité, colonne dite passive et féminine par principe.

Le Iod est la dixième lettre de l’alphabet hébraïque, le point, la genèse d’où toutes les autres lettres sont issues.

Le 10 est la somme équilibrée de 5 + 5 traduction des deux sens du courant contraire de la conscience, l’évolution et l’involution. Ses attributions sont multiples : le monde a été créé en dix paroles nous dit le Zohar, les dix séphiroth de la Kabbale son considérées comme identifiant des attributs divins. Pour les Mayas, le chiffre 10 représente la fin d’un cycle et la début d’un autre, il est le chiffre de la vie et de la mort.

Pour le tarot, la dixième carte est la roue de fortune, où un sphinx qui pose la question « qui suis-je ? » se situe sur une roue.
La colonne Iod représente donc pour l'apprenti la colonne de la naissance où chacun doit trouver son propre nom, pas seulement dans le présent mais aussi vers l’avenir, puisque la colonne est le point autour duquel le mouvement de la roue peut se faire, le point d’où l’échelle qui relie le ciel et la terre, l'âme et le corps peut être fixée.
Le 10 se conçoit aussi comme un retour à l'unité, par l'addition de ses deux composantes. (1+0=1).

Le nom de la lettre « yod » composé de lettres qui éclairent son essence : d’abord un iod, le point de départ puis un « Vav » trait qui initie le mouvement et enfin, l’union des deux précédents dans le daleth pour créer le changement de direction par le trait brisé et marquer le libre arbitre et la potentialité d’orientation.
Déjà, la colonne commence à me parler : "petite apprentie, tu t'établiras, par la pleine conscience de tes choix, en avançant dans un univers multiple." Mais cette voix d’où est-elle originaire ? S’agit-il de ma colonne ou plutôt de ma petite voix intérieure ? Quel rapport la colonne entretient-elle avec mes doutes, mes peurs ? Et déjà se fait jour l’intuition d’un chemin tracé vers une libération des doutes
La colonne J représente aussi le principe yang du tao, lui aussi décrit comme masculin et actif.

La colonne désigne dans son acception la plus large à la fois l’objet et aussi le lieu où l’on s’assoit, mais ce dernier constitue plutôt le lieu sur lequel la colonne projette son ombre, ses significations philosophiques et symboliques. Apprenti, je m'assoie dans un espace symbolique enveloppé par l'ombre de ma colonne.
CECI – CELA : Colonne et binaire

Mais que veut-elle m’indiquer, en quoi peut-elle m’être utile sur ce chemin que j’ai choisi de prendre ? A quoi me sert d’être assise à l’ombre de la colonne ? Je ne voie pas beaucoup de colonnes à l’extérieur de la loge. Je ne peux répondre à mon interrogation que par le langage des symboles, par le raisonnement d’analogie.

L’analogie est la jonction entre l’induction qui permet de passer des faits à l’abstrait de la connaissance avec la déduction fondée sur l’expérience tangible. Elle ne s’oppose pas à un raisonnement totalement scientifique qui recherche l’identique et le reproductible alors que l’analogie oriente la recherche vers la fonction. Elle offre une autre voie à la réflexion sur le monde, à l'intelligence humaine.

L’analogie est le mode de raisonnement par lequel je vais me mettre en quête du semblable et non de l’identique. Elle est l’instrument que je vais devoir apprendre à mieux manier si je veux comprendre et rendre utile tout ce qui m’entoure.

La meilleur définition de l’analogie qui me vienne à l’esprit jaillit d’une référence biblique « Et D.ieu créa l’homme à son image. », non pas identique, mais semblable, doté du pouvoir de création, du pouvoir de nommer et donc de faire exister ce qui l’entoure et aussi du pouvoir de s’auto-créer, d’être dans le futur et non de demeurer figer dans le présent, de devenir celui qu’il sera.

Par l’analogie, je peux espérer identifier puis nommer ce qui m’entoure et d’abord les êtres humains que je côtoie.
Lourde responsabilité comme nous le verrons plus loin, puisque je peux les identifier comme « Tu » ou comme « Cela », comme autres moi-même, proches et différents, ou comme choses susceptibles d’expérience.

L'analogie exige une distance face à l'objet étudié et cette distance sauve du danger de l'incarnation des principes qui exige que le symbole, la fonction immatérielle soient retranscrit dans l'espace symbolique, du danger de l'idolâtrie qui se fixe à l'apparence pour oublier le sens. L'espace immatériel est alors limité pour être renvoyé au visible, au tangible du symbole matériel.

Elle n’est pas seule ma colonne, elle a une sœur, plus loin. Elles sont deux. Je sais que les colonnes sont réparties différemment selon les rites, mais j’ai aussi découvert que peu m’importe le sens ponctuel que chacune reçoit, ce qui m’importe, c’est qu’elles soient deux. Peu importe que la colonne du Nord soit « il établira » ou « dans la force » parce que les deux contiennent l’idée de construction et de force intérieure. L’établissement, la construction est enveloppée dans la force intérieure qui lui est nécessaire. Le couple des colonnes désigne une construction binaire du monde ou plutôt renvoi au lien entre l'unité, le binaire. Le tao n’enseigne-t-il pas que l’Un engendre le Deux, avant d’engendrer la multitude.
Les colonnes désignent en premier lieu le pavé mosaïque, principe ternaire.
Puisque l’initiation est une démarche par étape, je vais donc d’abord m’intéresser au principe binaire avant d’être en mesure peut-être un jour d’approcher le principe ternaire et qui sais, de tendre un jour mes branches vers le ciel.

Lorsque j’ai commencé à réfléchir sur la signification de la colonne J, Yakin, j’ai été très choquée de lire partout l’association entre une caractéristique fondamentale, l’identification au principe male et l’association au principe actif. Sur la colonne se trouve le J, et donc le Iod hébraïque, lettre mâle, elle représente le principe actif, elle ne peut donc qu’être associée au principe mâle, à moins que ce ne soit l’inverse. L’essentiel est ici la fusion, comme une mille-feuille donc la crème serait trop lourde.

En tant qu’individu de sexe féminin, je me suis alors mise à hurler et à trépigner (qu’est ce que c’est que ces … âneries !) et ceux qui connaissent mon parrain unique et préféré pourront vérifier auprès de lui. Il a fait les frais de mes hurlements.
Moi qui suis apprentie, pour entrer, on m’a demandé de me débarrasser de mes métaux et voilà que j’ai l’impression de trouver solidement enchaînés à l’airain de ma colonne les phantasmes, les projections culturelles et les jugements de valeurs les plus archaïques, tous présentés comme vérités d’évangile, évangile alchimique peut-être, mais vérités intangibles et imprégnées de dogmes humains.

J’ai donc dû dépasser cette analyse réductrice et en m’appropriant l’analogie, chercher une meilleur explication du principe binaire, non connotée idéologiquement.
Les alchimistes européens qui ont établit ce principe symbolique sexué vivaient tout de même dans un monde chrétien, ils ont donc été susceptibles, malgré leur curiosité et leur démarche de quête, d’être influencés par la culture de l’Europe chrétienne et une hiérarchisation des principes mâle et femelle. L’association entre deux principes dont l’un est polysémique, à la fois principe et jugement de valeur, ne pouvait se faire qu’au détriment des femmes supposées incarner le principe féminin, principe inférieur. Ou le symbolisme au secours du pouvoir social.

Pour dépasser ce blocage, alors traversons les mers et allons regarder ce que les traditions orientales peuvent nous apprendre. La source des principes qui ont agité les esprits européens ne pourrait-elle pas résider dans le TAO Te King qui instruit en ces termes ce qui veulent tenter l'aventure de la voie du milieu :

« Qui connaît son masculin
tout en préservant sa féminité,
celui-là est le ravin du monde.
Etant le ravin du monde
La Vie éternelle ne le quitte pas
Et il redevient tel qu’un enfant. »

Le TAO comme le Yi-King et l’acuponcture fonctionnent sur le fondement du Yin et du Yang, ce qu’il convient d’appeler ici pour l’utilité du raisonnement et de la compréhension le « ceci-cela »., soit le couple du principe ceci et du principe cela.
L'analogie permet de comprendre les représentations communes du yin et le yang.

Yin-Yang

Féminin
Négatif
Passif

Descendant

Contraction
Noirceur
Maison
Impairs
Eau
Froid
humide
Intérieur

Masculin
Positif
Actif
Ascendant
Expansion
Lumière
Jardin
Pairs
Feu
Chaud
Sec
Extérieur

Je dois ici présenter un mea culpa aux humains de genre masculin ici présent : à l’occasion de mes relectures, je me suis aperçue que j’avais quelque peu adapté cette tradition. Je m’explique : le yang est présenté comme masculin et actif et le yin comme féminin et passif. Je me suis aperçue lors d’une relecture attentive que ma présentation m’avait conduit aux termes suivants : le yang est féminin et actif et le yin masculin et passif. Il paraît que cette compréhension qui me semblait si naturelle pourtant n’est pas totalement conforme à la présentation traditionnelle.
Bon, je promets, je le ferai plus, ...

Mais derrière la plaisanterie, j’ai aussi mieux compris à quel type d’erreurs menait l’incarnation des principes, la limitation physique et territoriale du symbole. Il ne faut surtout pas que je me limite à la forme sensible, à la compréhension immédiate qui se trouve devant moi car alors je ne regarderai que le doigt en oubliant de regarder la lune.

Ces définitions ne sont que des tentatives de traduire en mots compréhensibles pour les occidentaux que nous sommes un concept qui nous est éloigné. A défaut de pouvoir véritablement l'expliquer, il convient de le mettre à portée par des définitions analogiques simples mais qui confinent à l'erreur de traduction lorsqu'elles sont prises dans leur sens littéral.

L'analogie est sexuelle: le yang n'est pas mâle, il est principe enveloppé; le yin n'est pas femelle, il est principe enveloppant.

Les alchimistes qui représentent la lune enveloppant le soleil avaient traduit cela dans leur langage symbolique propre.

Identifions l’un comme le principe cela et l’autre comme le principe ceci. Peu importe la qualification donnée, ce qui est signifiant réside dans le couple que « ceci » et « cela » fondent et dans la relation qui unit chaque membre du couple.
Une chose n'existe dans sa part de réalité que parce que quelque chose d'autre lui permet de se définir. "Ceci" n'existe que parce que "cela" participe aussi de l'ordonnancement du monde.
Le bas suppose l’existence du haut, le chaud l’existence du froid, le soleil est définit comme tel parce que la lune lui répond. Le mâle ne peut exister sans la femelle et inversement.

La colonne J ne peut exister que parce qu’une autre colonne se situe dans le cosmos symbolisé par le Temple. Si l’autre n’existait pas, elle n’existerait pas elle-même puisqu’il n’y aurait qu’elle dans le monde. Son existence est une partie de l’existence de l’autre. La colonne du Nord constitue l'un des éléments d'une polarité, d’un couple. Et c'est entre les deux vibrations de la polarité que la parole circule.
Ce que l'on présente souvent comme opposé ne l'est pas et chacun n'a qu'une fonction : exister avec l’autre. Les colonnes sont une double hélice, comme l’ADN. Par analogie, ma colonne ne peut exister sans sa sœur, je ne peux exister sans l'autre, même s’il me reste à identifier cet « Autre ».

Le Zohar ne dit rien d'autre : « Ce qui provient de l’arbre de la connaissance porte en soi la duplicité ». Ses fruits en sont l’amour et la haine, la lumière et les ténèbres.
Les colonnes sont donc la manifestation matérielle de construction binaire, d'un enveloppant et d'un enveloppé, de ceci et de cela, d'une dualité dans l’unité.
Même si une colonne est attribuée aux apprentis, ce sont les deux colonnes qui sont les colonnes des apprentis francs-maçons.
Il est impossible de les séparer, elles sont un couple, comme l’indique le texte même de la bible les décrivant.

Une unité dans la dualité. Le couple de colonnes existe, il est une unité divisée en deux. Le couple existe, le Un se fait deux. Ce n’est pas parce que B existe que J existe. Si seule Yakin ou seule Boaz était matérialisée, l’élément matérialisé ne constituerait ni Yakin ni Boaz. C’est le couple qui est présenté aux apprentis et à tous les francs-maçons. Chaque colonne est Une tout en étant part de l’origine, l’unité duelle. Elle est à la fois Un et part du Deux, donc part d’une autre unité. (elle existe par et pour elle-même tout en étant membre d’une dualité). L’établissement est enveloppé par la force intérieure qui lui est nécessaire.

Un autre exemple permet de comprendre cette intuition de l’Unité dans la dualité : l’aimant. Si quelqu’un tente de briser un aimant pour séparer les polarités, quelque soit le mode de fracture qu’il choisit, il obtiendra tout de même, un nouvel aimant toujours porteur d’une double polarité intrinsèque.
Les exemples donnés précédemment illustrent la mutation et le mouvement permanent au sein d'un système binaire, ce qui est chaud refroidit, ce qui est en haut se retrouve en bas .... 
Si le soleil chauffait sans discontinuer, la terre serait brûlée, si la lune ne s'effaçait jamais, la végétation ne pourrait se développer.
Le yin est appelé à devenir le yang. Le vieux Yin devient jeune Yang. Le mouvement est aussi constitutif du binaire que l'est la complémentarité entre les éléments.

Les chinois matérialisent cette idée sous la forme du tao dont la représentation graphique est en cercle bicolore séparé en deux moitiés par une ligne ondulée dont la forme est celle d'une hélice de l'ADN. Chaque part présente un œil, couleur de l'autre part.
Les mutations du Yin et du Yang renvoient donc à une expérience en matière d'ombre et de lumière car elles favorisent le dépassement des oppositions relatives à ce qui se passe (le Yi) et ce qui demeure, (le King) pour, par l'union des complémentaires, ouvrir à la compréhension de toutes les possibilités qui naissent devant mes pas.
En étant deux, les colonnes sont le mouvement, un « va vers toi » retranscrit dans le symbole. Dans la double hélice de l’ADN, la branche qui est à droite passe à gauche et ce qui est à gauche passe à droite.
Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, par définition du principe analogique, alors ce qui est à l'extérieur de moi est comme ce qui est à l'intérieur de moi. Le monde est double à l'extérieur de moi, le monde est double à l'intérieur de moi.
La colonne, axe pour appréhender l'altérité.

La colonne du Nord est là pour me rappeler, comme le disait Martin Buber dans son ouvrage « Je et Tu » que "les bases du langage ne sont pas des noms de choses, mais de rapports". L'apprentie que je suis existe en loge dans un réseau de relations de fonctions, avec les autres membres de la loge. Mon silence n'est donc pas absence de langage ou de communication.

Depuis le début de cette planche, une petite voix, celle qui s'est manifestée le premier soir, essais de percer mes mots : "Au moins, quand tu es dans le silence, le chemin pour perturber tes pensées est plus long, tel le chemin des labyrinthes des cathédrales qui symbolise le long chemin vers soi. Quand tu charries des mots, tu exprimes du verbiage, le chemin pour perturber tes pensées est plus court". Agaçante, très agaçante voix qui peut mettre dans ma bouche des mots que je ne n'imaginais pas en voir jaillir.

Ce silence apparaît donc comme un instrument de mise en face avec une part plus ou moins ignorée de soi-même dans le contexte d'un processus initiatique.
Le silence permet de donner à l'initiation son effet sur les mots : les rendre actifs, pleins et non plus simplement des enveloppes de buées. La colonne, enveloppée, donne sa fonction au silence apparemment force d'inertie : elle permet aux mots de ne plus être des "Abel" mais de devenir verbe. Et puisque les mots définissent notre part de réalité : elle nous permet de devenir plus existant, à nous mêmes et aux autres.

Le conscient et l'inconscient sont tous deux importants, égaux. L’un sans l’autre n’existent pas, seul le couple existe. A ce titre, une différenciation en voie de hiérarchisation n’a pas de fondement.

Le silence autorise l'accès à cette altérité intérieure, pour dégrossir la pierre brute, par la confrontation avec cette voix qui piaffe et dérange . Le dialogue entre le principe ceci et le principe cela se manifeste ici : l'inconscient est principe enveloppant et le conscient principe enveloppé.
Le paysage intérieur évolue, le mouvement du tao est ici aussi perceptible, l’inconscient peut devenir conscient, lorsque l'individu aborde certains aspects de lui-même. L'ombre peut reculer lorsque la conscience s'exprime, mais elle ne disparaît pas. Le long chemin initiatique de la connaissance de soi, comparable aux labyrinthes de cathédrales, peut espérer conduire à développer le conscient.

Moi apprentie, il m'appartient de prendre conscience de mon enveloppant et de mon enveloppé intérieur en harmonisant les deux parts de l'intériorité et de l'esprit. Par l’initiation, le profane cherche à devenir celui qu’il contient lui-même mais qu’il ne connaît pas véritablement.
Je ne voie dans l’ombre de mon inconscient que ce que la lumière de ma conscience me permet de voir. Je ne verrai dans l’ombre de la colonne que ce que la lumière de mon existence me permettra de voir, et que mes expériences me permettront de dégager progressivement .
Je peux alors commencer à comprendre que l’on ne m’a pas donné la lumière lors de l’initiation, on m’a montré ce que j’abrite en moi-même. Pour trouver ma place symbolique à l’ombre de la colonne des apprentis, je dois trouver ma place à l’intérieure de moi, mon équilibre changeant et peut-être un jour mon harmonie lorsque j’aurais véritablement accepté les mouvements intérieurs. L’harmonie nécessite que l'on ne projette pas sur les autres ce que l'on ne peux assumer de moi-même, les accusant in fine d’être le miroir de ce que l’on se cache.
Transmettre la présence d'une lumière, c'est aussi transmettre la présence d'une part d'ombre. Révéler la lumière, c'est révéler l'ombre. L'ombre est ce qui permet à la lumière d'exister et d'être perçue. Voilà pourquoi l’on ne présente le TAO qu’en disant « le YIN et LE YANG » et non l’inverse.

S'il n'y avait que lumière, absolue conscience de soi, la personne serait aveuglée et ne pourrait faire face à ce qu'elle perçoit d'elle même en miroir. « Donner la lumière » selon la formule usuelle, conduit à révéler l'existence de l'ombre et à confronter l'apprenti à son ombre intérieure.
De la confrontation entre l'inconscient et le conscient, peut naître un équilibre, équilibre toujours ponctuel et perpétuellement changeant. Grâce à cet équilibre, l'individu redevient dans sa propre conscience de lui-même une unité qui peut se présenter comme telle à la perception du monde. L'unité pour exister doit être double pour redevenir ensuite unité.
Je suis un être humain multiple. Un et double et la pleine compréhension de ma dualité me trace une voie vers une autre compréhension : de la dualité apparente des choses doit se vivre le retour à l'unité.

Chaque humain est duel, Je est un Autre, les deux colonnes sont pour moi, en couple. J’établis dans la force. La force se comprend non pas comme une manifestation de la brutalité mais comme l’énergie vitale commune à tous les vivants.
Les symboles et les rites et le langage sont les chemins qui ouvrent les voies à l’éthique, c’est-à-dire à la relation au monde. S’ils ne contiennent pas d’éthique, ils deviennent répétition, ils ne sont que des sujets d’étude vides d’application.
Je suis apprentie, je suis une succession d’équilibres changeants qui se doit de maîtriser ses émotions pour émettre un Verbe véritable. La distance au monde, issue, par exemple, du silence, protége de l’identification réductrice. Comme le dit Marianne DUBOIS, « Quand la particule ne s’identifie pas aux circonstances de la vie, elle retrouve en elle la lumière de ses origines. » Alors, si je parviens à approcher cette lumière sans m’y consumer,
Chevalier JEDI je serai devenue.

L’équilibre de la dualité intérieure autorise la construction d’une éthique en vue du compromis de la relation extérieure. L’altérité intérieure, cette éthique du rapport à soi conduit à une éthique du rapport à l’Autre extérieur, l’autre doté d’un regard, d’une voix, d’un visage qui n’appartiennent qu’à lui.

Nul ne peut dire Tu à un être humain analogue s’il ne s’est pas auparavant construit intérieurement. Seul l’être entier, qui a appris à considérer son Tu intérieur, peut accéder à une parole qui qualifiera l’autre en TU externe. A défaut, il ne peut rien d’autre que projeter ses faiblesses, prêter aux autres ses propres manques et obéir à une voix intérieure qui se mue alors en dictateur impitoyable. En étant incapable de reconnaître son Tu, celui qui s’exprime ne qualifie pas l’autre avec lequel il est en relation comme un autre « Tu » mais comme un « cela » une chose tangible que l’expérience permet de qualifier.
Qualifier l’Autre avec lequel je suis en relation de « Tu » constitue aussi une voie pour éviter un écueil fondamental des relations humaines : la réception des mots au travers du philtre de ses a-priori et non la compréhension empathique du sens donné par l’autre à son propre Verbe pour que l'empathie puisse opérer, il convient que la communication ne soit pas uniquement verbale. Certes les relations sont projections de soi sur l’Autre, mais si ces projections sont construites de non-dit, de peur, elles construisent une barrière de verre entre les humains.
Mais là aussi, le mouvement existe, le Tu, lié à la relation immédiate, devient Cela lorsqu’il cesse d’être animé par la présence. Lorsque j’évoque une personne sans être dans la relation avec elle, elle devient Cela pour moi et pour mon interlocuteur, ce qui ne constitue pas une faible responsabilité dans mon rapport ultérieure avec elle. Mais le Cela peut devenir Tu s’il entre dans la relation.

L’humain ne peut vivre sans l’alternance du Tu et du Cela. « On ne peut vivre dans la seule présence, elle nous dévorerait » dit Martin BUBER. Comme il l’explique, l’être humain ne peut vivre sans le Cela, mais si son monde n’est organisé que de Cela, il ne peut se vivre véritablement et pleinement en être humain.

Cependant, les relations avec le Tu intérieur ne sont pas de même nature que les relations avec l’Autre extérieur.
Avec moi-même, il est question d’équilibre. Je ne peux progresser ou simplement me supporter qu’en acceptant les différents éléments de ma personnalité, en ne renonçant pas aux différentes sources d’équilibre qui fondent mon existence, délimitent ma part de cosmos. A cette seule condition, je serai moi-même et non la copie d’un autre.
Avec le Tu extérieur, la relation suppose un compromis entre deux « Moi intérieurs », entre deux individus, deux unités doubles. L’enjeu est alors de ne pas occuper tout le territoire commun disponible pour laisser une place physique, éthique et aussi symbolique à cet analogue à moi-même.
L’un des enjeux de l’affirmation de soi réside dans la nécessité de garder une porte ouverte au compromis pour rendre possible la rencontre. Les sociologues expliquent l’extension du célibat dans notre culture et la multiplication des lieux de rencontres entre personnes cherchant l’âme sœur par l’application de cette idée : notre civilisation de l’affirmation de soi freine le contact. Comment toujours s’affirmer comme individu et ne pas oblitérer le possible d’un croisement de regard ?
La double colonne, analogie de la complémentarité sexuée entre les humains.

Avant d’être une identité de genre, je suis un être humain et celui qui me parle est un être humain, lui-même représentant une unité dans la dualité, unité enveloppée et enveloppante.
Je me définie comme un être humain, unité double, avant d’être une identité sexuée, soit dit en passant parfaitement assumée dans toutes ses composantes. Même si mon identité sexuée, constitue l’un des éléments de ma qualité sociale d’être humain.
Mon unité intérieure me conduit au rejet de la parité politique. Je n’ai jamais été adepte de la parité que je perçois comme un enfermement déterministe dans une identité sexuée imposée et figée, identité figée, ne reconnaissant pas la valeur analogue de chacun des membres de l’humanité.
Si la parité avait pour fondement premier de permettre l’accès de femmes au monde politique, des motivations déterministes que je ne peux que rejeter sont très vite apparues. Dans la parité homme-femme, l’un n’est pas l’autre. Ni l’un ni l’autre n’est perçu comme une unité duelle, mais comme une identité déterminée et surtout solitaire à elle-même. Chacun est présenté comme une incarnation d’une des composantes du TAO et son identité sexuée l’enferme dans l’incarnation de cette seule part. Cette dualité se traduit dans la perception de l'autre par la définition d'un comportement pré-établi prédéterminé qui doit conditionner la manière dont l’individu se vit.

L’Homme est l’incarnation du principe masculin seul et de même, en parallèle, pour la Femme. L’un ne peut donc parler au nom de l’autre et chacun doit être représenté par une autre incarnation de son propre principe. Tel est le fondement de la parité. Le binaire se vit ici comme une opposition intrinsèque
Mais la parité oublie que l’individu est une unité composée de deux, yin et yang, principe ceci et principe cela, principe enveloppé et principe enveloppant.

La parité raisonne sur le fondement d’un rapport d’identité et non d’analogie. L’être humain féminin et l’être humain masculin sont analogues car ils ont les mêmes fonctions. Ils ne sont pas identiques puisque les fonctions ne s’expriment pas sur le même mode. La parité est la mise en avant de la dissemblance pour exalter l’absence d’identité et ensuite revenir à une forme de naturalisme. L’Homme, c’est ainsi ! (sous-entendu : fort, violent, dominateur) et la Femme, c’est comme ça et pas autrement (sous entendu douceur, amour, fragilité).
Mais puisque je suis une unité duelle, je ne peux et je ne veux être limitée à une identité unique. Je suis un être humain qui ne veut être limité à l’image et à des pré-définitions sociales de mon identité sexuée. Je m’adresse à des êtres humains. Lorsque je me place dans la société en tant qu’individu politique, je le fais en tant qu’Etre humain, unité duelle dotée d’une capacité au mouvement et au changement. Je ne me sens pas appartenir à une autre race, contrairement à Françoise Héritier pour qui "les femmes sont d'une race différente de celle des hommes".

L’analogie m’autorise à m’approprier une conception de soi comme individu doté de futurs, de libre arbitre et de multiples possibles tout en étant toujours en relation avec d’autres humains analogues . L’initiation procède d’un processus qui suppose, dans un jeu de ténèbres et de lumière, la recherche des significations des symboles, puis, leur appropriation consciente en vue de leur utilisation éthique au sein et hors de la loge. Les symboles conduisent à faire des rapprochements analogiques qui sont autant d’outils utiles pour se positionner dans le monde, ils sont une aide à la construction intérieure. J’ose espérer que les colonnes accompagneront mes pas, sinon pourquoi les avoir rencontré ? J'ai appris d'elle que l'apprentie que je suis n'est ni active ni passive par nature, ma colonne ne me fige pas dans une posture apparemment déterminée. Je suis ce que je décide d'être, active ou passive selon la valeur donnée par moi à mes silences, selon ma faculté à m'approprier tout ce qui est par les autres mis sur la table commune pour y manger ce dont j'ai besoin ou ce que je suis capable d'absorber et aussi selon ma capacité à donner à manger aux autres. Les colonnes m’apprennent par la dialectique entre l’unité et le complexe, la distance au monde pour ne plus être l’esclave des mots et du Verbe. Elles m’apprennent le danger de l’incarnation, le grave danger qu’il y a à se contenter de l’apparence revêtue par le symbole, à regarder le doigt et à ne pas essayer de soutenir l’éclat de la lune. Et toujours cette petite voix qui se manifeste : « ta colonne, tes colonnes, bon ! Moi aussi je serai toujours à tes cotés, nous sommes inséparables ne l’oublie pas. Tu ne pourras jamais m’oublier puisque moi je suis une part de toi et que chacun de tes pas manifeste une part de moi. » Apprentie franc-maçon, je porte en moi les deux colonnes. Si je veux construire solidement, je ne peux m’établir que dans la force, être en acte dans la puissance, en fondant ma démarche sur la complémentarité et non sur l’opposition, en combinant les principes enveloppé et enveloppant, yin et yang, ceci et cela qui sont réunis dans tout ce qui est manifesté. Pour former l’unité. Pour être celle que je serai. Je ne trouverai ma place dans la loge et dans le monde que lorsque j’aurai la réponse à ma question : de qui suis-je à la semblance ?

Alors qui sait ? maître JEDI un jour peut-être deviendrais-je.

Source : http://truthlurker.over-blog.com/article-5543083.html

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Remerciement

22 Juin 2014 , Rédigé par T.D

Je tiens à remercier notre Frère Apprenti T. F qui est le 1600ème abonné à ce blog.

 Merci de ta confiance et longue vie maçonnique !

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20 obédiences, 174 058 frères et soeurs !

21 Juin 2014 , Rédigé par François Koch Publié dans #histoire de la FM

Je publie une liste de 20 obédiences maçonniques avec leur nombre de frères et de sœurs. C’est une première. Le total est de 174 058 frères et sœurs (dont 32 457 sœurs soit 18,6%).  Il s’agit bien sûr de chiffres déclarés. Et il y a donc UNE question qui fera nécessairement débat : ces effectifs officiels sont-ils authentiques ?

1. Grand Orient de France (GODF) : 50 000 frères (dont 2,6% de sœurs).

2. Grande Loge de France (GLDF) : 33 000 frères.

3. Grande Loge nationale française (GLNF) : 25 500 frères.

4. Fédération française du Droit humain (FFDH) : 17 000 frères (dont 67% de sœurs).

5. Grande Loge de l’Alliance maçonnique française (GLAMF) : 14 700 frères.

6. Grande Loge féminine de France (GLFF) : 14 000 sœurs.

7. Grande Loge mixte de France (GLMF) : 4 900 (dont 45% de sœurs).

8. Grande Loge traditionnelle symbolique Opéra (GLTSO) : 4 700 frères.

9. Grande Loge européenne de la Fraternité universelle (GLEFU) : 2 400 frères (dont 22,5% de sœurs).

10. Grande Loge mixte universelle (GLMU) : 1 400 frères (dont 52% de sœurs).

11. Grande Loge féminine de Memphis-Misraïm (GLFMM) : 1 300 sœurs.

12. Ordre initiatique de l’Art royal (OITAR) : 1 200 frères (dont 50% de sœurs).

13. Grande Loge traditionnelle de France (GLTF) : 1 100 frères.

14. Grand Prieuré des Gaulles (GPDG) : 1 000 frères.

15. Grande Loge des cultures et des spiritualités (GLCS) : 900 frères (dont 30% de sœurs).

16. Grande Loge française de Memphis-Misraïm (GLFrMM) : 500 frères (dont 25% de sœurs).

17. Loge nationale de française (LNF) : 350 frères.

18. Grande Loge indépendante de France (GLIF) : 300 frères.

19. Grande Loge initiatique souveraine des rites unis (GLSRU) : 280 frères (dont 45% de sœurs).

20. Grande Loge nationale indépendante et régulière pour la France, les DOM et les TOM(GLNR) : 100 frères.

Petits commentaires sur l’évolution constatée sur 5 ans. Les effectifs ont progressé globalement de 9%. La proportion de sœurs n’a augmenté que d’1 point, passant de 17,6% à 18,6%. Les variations pour chaque obédience sont tellement différentes que cela en est troublant : GODF +1,6%, GLDF : +11,3%, GLNF:  -39% (scission), FFDH : +7,6%, GLFF : +9,4%, GLTSO : +17,5%, GLMF : +49%, GLMU : -3,4%, GLFMM : +8,3%. Et la LNF, sans changement.

Source : http://blogs.lexpress.fr/lumiere-franc-macon/2014/06/19/49475/

François Koch

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L’homme est l’image immortelle de Dieu ; mais qui pourra la reconnaître, s’il la défigure lui -même ?

20 Juin 2014 , Rédigé par T.D Publié dans #Planches

Cette première maxime proposée au candidat par le Vénérable Maître, au cours de son Initiation et à l’issue de son premier voyage, fait prendre conscience au postulant franc-maçon de l’immensité du travail qu’il aura a accomplir pour parvenir au recouvrement de sa nature céleste.

Car il est écrit dans la Bible et c’est au commencement du monde, que Dieu créa l’homme à son image mais celui-ci en trahissant sa confiance précipita lui-même sa chute par le péché originel.

Depuis l’homme doit marcher sur les voies de la Lumière pour retrouver l’identité divine qu’il a perdu par sa faute. La première corruption de l’homme, il l’a connu en écoutant le serpent et en mangeant le fruit défendu.

Par sa chute l’être humain s’est détourné de la contemplation de Dieu, il s’est enfermé sur lui-même et s’est livré à de l’auto-contemplation. Il est devenu une caricature issue de ses illusions, elles-mêmes fruits de son orgueil et de l’omniprésence de son moi qui étouffe tout sur son passage.

Pascal écrivait à ce sujet dans les pensées, en parlant de Dieu : " j’ai crée l’homme saint, innocent, parfait ; je l’ai rempli de lumière et d’intelligence ; je lui ai communiqué ma gloire et mes merveilles. L’œil de l’homme voyait alors la majesté de Dieu. Il n’était pas alors dans les ténèbres qui l’aveuglent, ni dans la mortalité et dans les misères qui l’affligent. Mais il n’a pu soutenir tant de gloire sans tomber dans la présomption. Il a voulu se rendre centre de lui-même et indépendant...En sorte qu’aujourd’hui l’homme est devenu semblable aux bêtes, et dans un tel éloignement de Dieu , qu’à peine lui reste-t-il une lumière confuse de son auteur.. "

Nous nous trouvons ici au cœur de notre quête. Nous réalisons l’importance de l’œuvre qu’il va nous falloir réaliser sur notre esprit et notre cœur pour repousser le danger des illusions qui nous dominent lorsque nous sommes abandonnés à notre propre lumière.

Nous sommes ignorant bien que cherchant et persévérant et c’est par la souffrance que nous pourrons faire abstraction de nos préjugés et de notre amour-propre pour parvenir aux exigences de la Vérité.

En voulant à tout prix notre liberté, nous avons perdu la lumière, nous nous sommes égarés loin de l’image immortelle que Dieu nous avait donné à la Création et c’est en pratiquant de façon ferme et inébranlable le Bien que nous pourrons avoir accès à la plénitude et que nous pourrons sentir et voir les bribes de lueur qui nous seront indispensables pour progresser.

L’homme image immortelle de Dieu nous délivre le message que la Vie n’est pas seulement le vivant, que la Vie il faut la chercher à sa source et que cette source c’est Dieu parce qu’un seul souffle unit l’homme à Dieu et que l’essence de la Vie et celle de Dieu sont une seul et même essence. Le corps humain est l’image du monde, l’âme humaine est Image de Dieu. Seule notre âme survivra aux choses matérielles. L’âme est immortelle, elle est perfectible et doit être sans cesse être cultivée pour pouvoir être dégagée de la matière et se tourner vers le bien.

La religion nous enseigne de remettre notre âme à Dieu, c’est cet acte persévérant et confiant qui nous permettra d’être réuni à jamais avec lui. Nous devons privilégier le monde du ciel et l’au-delà de la vie et non une existence purement terrestre Condamnée par la mort.

Notre bonheur, est d’avoir été conçus à l’image de Dieu, par lui et pour lui.

En lui sacrifiant notre volonté, nos désirs, en aimant, en tolérant, en suivant les devoirs moraux de son enseignement nous sommes dignes de cette image.

Notre vie spirituelle est en même temps intime et relationnelle. On peut la qualifier d’autotranscendante, en effet elle se définit comme la présence de Dieu en nous ; elle unit le divin et l’humain sans qu’on puisse confondre ni distinguer les deux éléments.

La première maxime est reçue par le candidat près avoir subit l’épreuve du feu. Il passe de l’état de cherchant à celui de persévérant. Le Vénérable Maître en lui donnant cette maxime forte lui fait comprendre la rigueur et l’étendue de la  route qu’il doit entreprendre pour trouver la lumière. Il devra durant toute sa vie maçonnique, résister fermement aux affres de la corruption, ne pas se laisser tenter et se souvenir que lors de son initiation il a été mis en garde contre la déchéance qui menace tout être corrompu.

Mais cette maxime marque aussi l’importance de la relation qui existe entre le Rite Ecossais Rectifié et la religion chrétienne

Les règles établies aux convents de Lyon en 5778 et de Wilhelmsbad en 5782 stipulent que le premier engagement du franc-maçon en entrant dans l’ordre est d’observer ses devoirs envers Dieu et de pratiquer la vertu, la charité et la tolérance.

C’est sur le Livre Saint, sur l’évangile de Saint Jean dans lequel le disciple bien –aimé a établi la Divinité du Verbe que le postulant prête serment pour entrer dans la franc-maçonnerie. Cela a été voulu pour lui apprendre que la doctrine, la morale et toutes les vérités voilées sous les symboles maçonniques sont de tous les temps, de tous les âges et qu’elles ont été propagées par la Vraie Lumière.

" L’évangile est la base de nos obligations, si tu n’y croyais pas tu cesserais d’être franc-maçon.. "

Un autre extrait du Rite proclame avec force : " Oui l’ordre est chrétien ! Il doit l’être et ne peut admettre dans son sein que des chrétiens ou des hommes bien disposés à le devenir de bonne foi et à profiter des conseils fraternels par lesquels ils peuvent être conduit à ce terme. "

Par nos travaux, par notre assiduité, par notre stricte observance du Rite Ecossais Rectifié nous pouvons donc, et c’est à mon avis le sens de la première maxime, être l’image immortelle de Dieu et le rejoindre dans sa lumière.

Mais attention à la tentation qui nous guette depuis le Serpent dans le Jardin d’Eden ! L’être humain a prouvé qu’il était capable du meilleur et du pire, qu’il est une dualité permanente qui peut le conduire vers la vérité mais aussi vers sa propre déchéance. Le sens de notre quête est clairement révélé par cette première maxime : il nous faut sans cesse travailler pour mériter ce don exceptionnel que Dieu nous a fait dés l’origine des temps : être à son image..

J’ai dit Vénérable Maître !

T. D

Commentaire : ma première planche d’apprenti en 1999 au RER.

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Hommage à la Lucidité et au Courage

19 Juin 2014 , Rédigé par Michel de Just Publié dans #Planches

Dès que les yeux du profane qu'il était s'ouvrent à la vraie Lumière, le nouvel initié est frappé par la nécessité du travail constant sur lui-même, sur la pierre brute qu'il est, afin de se libérer de toutes les contraintes de l'erreur qui, jusque-là, le tenaient enfermé dans un monde de ténèbres et de dogmes asser­vissants. Il était esclave, conscient ou inconscient ; il va désor­mais, grâce aux outils qui lui sont confiés, forger sa liberté ; car il sait, nous savons tous, que s'il faut que la loi garantisse cette liberté, il ne suffit pas de la loi pour vivre réellement sa liberté ; il faut un long cheminement, que nous appelons la démarche ini­tiatique ; un long dépouillement systématique ; une volonté cons­tante pour se dépouiller de la défroque du vieil homme.

Mais nous savons aussi que si nous taillons la pierre brute, si nous voulons parvenir à la pierre cubique, ce n'est pas pour que cette pierre devienne pour nous objet d'un culte idolâtre ; ce n'est pas pour la contempler en une admiration narcissique ; c'est pour qu'elle serve à la construction du Temple de l'Humanité que nous voulons clair et radieux, illuminé de fraternité ; un Temple où les hommes, tous les hommes, pourront se retrouver, loin des luttes fratricides, des antagonismes habilement entretenus par la scélératesse de ceux qui espèrent ainsi mieux affermir leur domi­nation.

Or, pour bâtir ce Temple, phare de l'humanité et témoignage de Lumière, nombreuses sont les pierres nécessaires ; il faut que le plus grand nombre puisse y participer ; et même si nous regret­tons que tous les hommes aujourd'hui n'y puissent contribuer, il n'en est pas moins vrai que nous nous sentons tenus d'obligation de donner à tous la possibilité d'accéder au domaine de la connais­sance, condition indispensable à la liberté individuelle.

C'est pourquoi les Francs-Maçons ont voulu l'école du peuple. Ils savaient et savent que sans l'école il n'y a pas de liberté, il n'y a pas de république. Les grandes forces obscurantistes le savaient aussi qui, pendant des millénaires, depuis les prêtres des anciennes divinités jusqu'à des prédicateurs plus récents, quelle que soit l'apparente diversité de leurs discours ou la couleur des bannières qu'ils déploient, se rencontrent en un point qui leur est commun : enfermer l'homme dans l'ignorance pour pouvoir régner dictatoria­lement sur son esprit et sur son corps.

Nous fêtons aujourd'hui le centième anniversaire de la loi scolaire de notre Frère Jules Ferry. Et nous sommes en droit de nous poser la question suivante : est-ce que la démocratie aurait survécu en France à toutes les épreuves qu'elle a dû affronter si des hommes nourris de l'Idéal maçonnique comme Jules Ferry et d'autres n'avaient pas réussi à faire voter les lois qui ont institué l'Ecole de la République, école de la tolérance et de la fraternité ?

Dans leur insistance à assimiler la liberté à l'indépendance de l'individu face à toutes les oppressions qui trouvent un terrain d'action particulièrement facile dans un esprit ignorant, les Francs- Maçons de 1881 ont prouvé qu'ils étaient les héritiers de Montes­quieu et de ce siècle des Lumières si souvent décrié, mais auquel il faudra bien aussi rendre justice.

Il est facile aujourd'hui, pour un Grand Maître, d'expliquer que la Franc-Maçonnerie est l'école du citoyen ; elle l'est parce qu'elle se souvient qu'elle fut, et elle sait qu'elle est, la chambre de réflexion où des hommes, venus de tous les horizons politiques ou sociologiques, s'emploient à définir les droits du citoyen.

Il n'y aurait jamais eu, en France ni ailleurs, de conquête de la démocratie et de proclamation des libertés essentielles s'il n'y avait eu préalablement dans les Loges maçonniques la recherche et la définition des droits du citoyen. Il n'y a aujourd'hui de vie dénrocratique possible que là où la Franc-Maçonnerie peut pour­suivre son oeuvre ; et si on voulait s'en convaincre, il n'est que d'observer que dans le monde actuel le premier acte de tout régime dictatorial, de quelque bord qu'il soit, est d'interdire la Franc-Maçonnerie et de pourchasser, emprisonner, condamner et exécuter les Francs-Maçons.

Or, parmi les Droits de l'Homme, l'un des plus difficiles à faire accepter, et pour cause évidente, est le droit à l'enseignement pour tous.

Il faut remonter au Franc-Maçon Condorcet pour que se rejoi­gnent deux thèmes déterminants : l'idée de progrès et l'exalta­tion de l'instruction publique. En exposant dans son a Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain », la perfec­tibilité indéfinie de l'espèce humaine, en liant étroitement les unes aux autres, comme nous le faisons aujourd'hui, les améliora­tions matérielles, intellectuelles et sociales, il ne se bornait pas à présenter aux hommes de son temps et à l'éveil de leur cons­cience l'une des grandes idées-forces du XVIII° siècle ; il jetait aussi les bases de ce qui allait devenir plus tard la mystique de la république.

Dans son oeuvre était déjà contenues toutes les grandes visions optimistes des républicains de progrès de 1881 sur l'ave­nir de l'humanité et sur l'efficacité sociale du développement de la raison.

Dans les cinq mémoires sur l'instruction publique présentés entre 1790 et 1793 aux différentes assemblées parlementaires de la révolution française, le conventionnel mathématicien et philo­sophe proposait déjà les éléments d'un programme d'instruction généralisée et gratuite pour tous, ouverte en un vaste éventail qui, par cinq degrés successifs, embrassait toutes les étapes de l'école primaire à une société nationale des sciences et des arts, vouée à la recherche pure. Ce vaste programme alliait harmonieusement l'étude des belles lettres et le développement d'une éducation scientifique et technique que réclamaient déjà les encyclopé­distes.

C'est que, tout de même que nous en sommes encore persua­dés, nos ancêtres Francs-Maçons de 1790 savaient que la répu­blique ne peut atteindre ses objectifs prioritaires de liberté et d'égalité que le jour où il est permis à tous les citoyens d'acqué­rir l'instruction à laquelle leurs capacités personnelles leur don­nent droit de prétendre. L'égalité des droits, par l'école pour tous, doit se concilier avec l'égalité des chances.

Ces idées exposées par Condorcet ne sont que l'aboutisse­ment d'une longue recherche effectuée dans les Loges sur la philo­sophie du bonheur. Cette « rencontre de la bonté du coeur, de l'es­time des autres et du travail de l'esprit », comme il le disait lui- même à sa fille, et comme nous pouvons aujourd'hui encore le dire à tous les profanes qui viennent frapper à la porte du Temple.

Mais il allait falloir attendre près d'un siècle, 90 ans exacte­ment, pour que ces idées fussent inscrites dans la loi.

Nous savons que ce furent des Francs-Maçons, comme Jules Ferry, comme Emmanuel Arago, comme Adolphe Crémieux, comme Léon Gambetta, comme Garnier-Pagès, comme Eugène Pelletan, comme Jules Simon, comme Ernest Picard, qui se trouvèrent au premier rang en septembre 1870 pour proclamer la République.

Tous savaient que la République ne pourrait survivre que si l'école gratuite, laïque et obligatoire était un jour consacrée par la loi.

De ce que fut leur grande espérance alors nous trouvons l'écho et le témoignage dans ces paroles du Franc-Maçon Allain-Targé qui s'écriait : «Nous avons l'avenir, nous avons le temps. Le progrès se fait tous les jours et malgré tout ; il faut donc ne transiger sur aucun principe et profiter des vacances que le despotisme nous laisse pour instruire solidement et radicalement le pays des conditions de la liberté démocratique. »

Il n'est donc pas surprenant, lorsque nous nous penchons avec le recul du temps sur les événements qui ont marqué les dix pre­mières années de la république, de constater qu'au plan politique la lutte pour la démocratie s'est alors confondue avec le combat pour l'école. L'histoire ne connaît pas de hasard dans l'enchaîne­ment des événements qui font le destin des peuples. Il est logique que le gouvernement d'ordre moral qui, avec le maréchal Mac- Mahon et le duc de Broglie, manqua l'offensive contre la jeune république, ait été également celui qui tenta de reprendre au peuple les premiers droits à l'instruction publique qui venaient de lui être reconnus.

Ce n'est pas un hasard non plus si le vote des lois scolaires, quatre ans après la victoire des 363 députés républicains, coïn­cide avec la naissance de cette Grande Loge Symbolique Ecos­saise qui, revendiquant l'autonomie de la Franc-Maçonnerie Sym­bolique de Rite Ecossais, allait préparer le réveil, en 1894, de notre Grande Loge de France.

Ces deux faits historiques procèdent finalement d'un même courant d'opinion ; l'un et l'autre ont répondu aux exigences d'une époque.

Or, cette époque, c'est précisément celle où se définit dans les Loges Maçonniques cette philosophie du solidarisme, cette philosophie de la fraternité dont le Franc-Maçon, Léon Bourgeois, va tenter de faire, en 1896, une doctrine de gouvernement.

On y retrouve toutes les leçons d'une vie maçonnique bien conçue avec cette affirmation que l'homme n'est vraiment libre qu'après avoir accompli son devoir social. On y trouve la promesse de toutes les conquêtes sociales du XXe siècle lorsque Léon Bour­geois, s'adressant désormais à un peuple qui a été réveillé et conduit à la connaissance par l'école de la République, ose enfin affirmer : « L'Etat est une création de l'homme ; il ne doit intervenir que pour rétablir l'égalité entre tous les participants au contrat. »

Il y a là, pour une démocratie éclairée telle que les Francs- Maçons français l'ont portée pendant plus d'un siècle dans leur espérance, toute la tradition du droit naturel, la subordination des lois à l'idée de justice. Grâce aux lois scolaires de 1881, les hommes qui assument le destin de la République ont enfin acquis le droit de proclamer que la démocratie et la science ne sont pas incompatibles.

Poursuivant leur œuvre, les Francs-Maçons vont veiller jalou­sement sur les conquêtes scolaires de 1881. Après Jules Ferry, nous verrons s'installer au ministère de l'Instruction publique d'autres hommes qui ont appris la solidarité et la justice dans nos Temples : René Goblet, Armand Fallières, Léon Bourgeois, Charles Dupuy, Georges Leygues, Emile Combes.

Tous ont exercé leur ministère avec cette conviction, affirmée par tous les Francs-Maçons du XIXe siècle, que pour survivre l'Etat démocratique devait être enseignant.

Nous célébrons aujourd'hui le centenaire des lois scolaires de 1881. Lorsqu'en 1931 fut célébré le cinquantenaire, on vit dans toutes les villes et dans tous les villages de France, garçons et filles en âge de fréquenter les écoles communales, défiler en chantant un refrain de circonstance dont les paroles ont sans doute laissé un écho dans leur mémoire ; il disait :

« Honneur et gloire à l'école laïque 
Où nous avons appris à penser librement 
A défendre, à chérir la grande République 
Que nos pères, jadis, ont faite en combattant »

Apprendre à penser librement... C'est, encore, dans ce Temple où nous nous réunissons notre recherche d'initiés.

Liberté, Egalité, Fraternité, proclamons-nous chaque soir lors de nos Tenues.

Et ce faisant, nous accomplissons la vocation que nos Maîtres avaient essayé de faire germer dans nos jeunes consciences.

C'est un cri de gratitude qui doit monter ce soir dans ce Temple vers ceux qui nous ont tout appris et sans lesquels nous ne serions jamais devenus ce que nous sommes, sans lesquels nous n'aurions jamais eu suffisamment de conscience et de lucidité pour emprun­ter la voie qui conduisait à la porte du Grand Savoir.

C'est à vos instituteurs que je vous demande de penser aussi ce soir ; et à vos professeurs. Comme je pense à ce M. Loucheux, homme du Nord que les vicissitudes de la guerre avaient envoyé dans une petite école de campagne, Lotoise, au milieu du Causse de Limagne et qui me fit faire mes premiers pas dans la vie de la connaissance et de la rigueur morale. Sans longs discours mais en payant d'exemple, il fit comprendre à l'enfant que j'étais que  l'humanité incarnée en moi et en les autres méritait que l'on se sacrifiât pour elle ; que la cause était noble et juste de l'homme luttant pour sa liberté contre toutes les dictatures ; que le res­pect de soi et d'autrui était la base de toute morale ; et que c'était en l'avenir de l'homme que nous devions placer tous nos espoirs.

Que faisait-il d'autre, soixante ans après, sinon suivre les exhortations que par son admirable lettre du 17 novembre 1883, Jules Ferry lançait aux instituteurs en leur rappelant que « la loi met en dehors du programme obligatoire l'enseignement de tout dogme particulier... ». Il s'agissait, ajoutait-il, « de distinguer enfin deux domaines trop longtemps confondus ; celui des croyances qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connais­sances qui sont communes et indispensables à tous ».

Pour former cette âme libre du citoyen conscient et respon­sable, quelle meilleure école que la Franc-Maçonnerie qui enseigne à ses adeptes à ne pas se laisser berner par les apparences les plus trompeuses, qui se proclame « Centre d'union où se rencon­trent fraternellement des hommes qui, sans elle, seraient demeu­rés perpétuellement étrangers les uns aux autres ».

Apprendre, comme nous l'apprenons, à écouter l'autre ; apprendre à nous enrichir de nos différences et à ne pas vitupérer celui qui ne partage pas nos idées ; savoir que l'homme n'est pas un être fini et statique mais qu'il peut toujours aller plus loin dans sa quête ; savoir que l'avenir sera ce que nous en ferons ; c'est cela aussi notre travail en Loge.

Comment, mieux que par notre démarche maçonnique, pou­vons-nous prendre conscience du plus impérieux de nos devoirs qui consiste à être les bâtisseurs du monde de demain, un monde fait d'harmonie retrouvée, de paix et de fraternité.

Nous rendons aujourd'hui hommage à nos grands ancêtres qui eurent la lucidité de découvrir l'adversaire et le courage de le combattre. Montrons-nous dignes d'eux et sachons, nous aussi, déceler l'ennemi, tous les ennemis, sous quelque forme qu'ils se cachent, de quelque voile qu'ils se parent, pour distiller en l'homme les germes empoisonnés du dogmatisme qui allume les bûchers, ouvre les portes de la nuit et du brouillard, crée les cliniques pré­tendues psychiatriques, arme la main du bourreau qui exécute par garrot vil et organise de mystérieuses disparitions.

Soyons dignes de l'enseignement reçu en oeuvrant à notre tour pour que se lève l'aube de la Fraternité sur un monde qui n'en peut mais d'attendre, un monde qui mourrait s'il était abandonné. Ne le décevons pas. Gardons courage et foi, mes Frères.

Michel de JUST,
Grand Maître.

Publié dans le PVI N° 42 - 3éme trimestre 1981  

Source : www.ledifice.net

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De l’ombre à la lumière

18 Juin 2014 , Rédigé par B\ G\ C\ R\ C\ Publié dans #Planches

Face à l’angoisse de la page blanche, plongé dans les tourments et L’accablement, je suis tout d’abord enclin à considérer le sujet proposé à ma réflexion comme empreint d’une dimension pour moi impénétrable, pleine d’ombres confuses, fait d’un parcours hasardeux plein d’embuches dont il va me falloir décrypter les symboles et la face cachée pour avancer sur le chemin de la compréhension et de la lumière. Et puis, après un patient et long travail de cogitation intellectuelle, piochant au plus profond de mes connaissances acquises au cours de mon déjà long cheminement initiatique, les arcanes de la réalité se découvrent soudain, par petites touches successives, la spirale de l’angoisse s’immobilise et la lumière de la connaissance, déchirant les ténèbres insondables de mon esprit, indique le chemin et éclaire alors le travail à accomplir.

Sûr de votre fraternelle et bienveillante indulgence, je livre donc à votre sage méditation, le fruit de mon dur combat entre…ombre et lumière.

Toutes les religions, tous les mythes, toutes les légendes sur la création du monde sont fondés sur le principe universel de la séparation, à l’aube des temps, entre ombre et Lumière. Ce concept, relayé de façons très diverses selon les cultures, est l’acte créateur d’où découlerait la « Vraie lumière », cette illumination qui, portée par le pur et subtil Esprit, doit permettre de dominer la matière.

Mais générer la lumière, éclairer au sens propre comme au sens figuré, c’est aussi engendrer l’ombre, et cette dualité universelle, illustrée par le Yin et le Yang, et pour nous F\ M\ par le pavé mosaïque, nous rappelle l’indissociabilité entre blanc et noir, clarté et obscurité, positif et négatif, connaissance et ignorance. Ces deux pôles apparemment inconciliables sont en fait condamnés à vivre une perpétuelle dynamique de liaison/opposition, lumière et ombre étant « Les deux éternelles voies ».

Ce thème de la lumière et des ténèbres se décline le plus souvent par l’opposition de l’une aux autres. Le monde est envisagé comme composé de deux parties distinctes qui constamment se heurtent mais aussi se complètent en une opposition féconde, dualité que Spinoza traduit par : « Lux seipsam et tenebras manifestat » (La manifestation de la lumière manifeste les ténèbres).

Dans ce combat permanent entre ombre et lumière, entre esprit et matière, entre matérialisme et spiritualité, l’équilibre s’opère lorsqu’il y a fusion entre les deux, quand l’esprit avec force, sagesse et beauté, illumine la matière, quand le compas recouvre l’équerre nous permettant de rompre le cercle d’ombre qui nous entoure et d’aller jusqu’au bout de notre potentialité créative.

« Perdu dans les ténèbres à la croisée des chemins… Que la lumière nous éclaire » nous dit le Rituel. Notre quête à la recherche des ces « voies éternelles du monde » va donc nous entrainer de l’ombre à la lumière, de la matière à l’esprit, du profane au sacré. Pour pénétrer dans la lumière il va nous falloir découvrir et explorer tous les chemins possibles. Nous allons alors découvrir que « l’âme du monde » n’est pas d’une essence différente de la nôtre.

Mais avant de partir sur les traces de Zarathoustra explorer « Ces chemins de lumière entourés d’ombres épaisses », afin d’approcher les Vérités essentielles, il convient de définir les concepts « d’ombre » ou ténèbres et de « lumière » et d’envisager leur interaction inséparable.

De l’ombre à la lumière

Entre ombre et lumière : Le monde est constitué de cette intime complexité de zones d’ombre et de lumière placées sur notre chemin de vérité comme des épreuves à franchir pour nous élever vers la connaissance suprême. Toute vie se déroule entre ces deux pôles ultimes : l’inconscient obscur qui paralyse les convictions les plus ancrées et empêche notre jugement moral et rationnel de s’exercer, et la conscience éclairée symbole de créativité et de découverte de la réalité de soi-même et de l’Univers qui nous entoure.

Nous savons que l’ombre est le révélateur physique de la lumière. L’ombre est la preuve de l’existence d’une lumière qui préexiste comme l’écho invisible d’une spiritualité dynamique mais que notre rationalité portée aux évidences ne peut visualiser dans l’instant présent.

Le monde des profondeurs et de l’obscurité est aussi celui où s’opère la régénération du vivant. C’est dans le noir et l’obscurité de la terre féconde que va germer l’espoir du renouveau, c’est dans la caverne primordiale que peut être perçue la flamme fragile et vacillante mais porteuse de vie, pour une mise au monde d’autres facettes de soi-même ignorées ou occultées jusque-là.

Image de choses fugitives, irréelles et changeantes l’ombre est considérée dans de nombreuses civilisations comme « la seconde nature des êtres et des choses ». Elle est généralement liée symboliquement à la mort ou à ce qui touche à son royaume : celui des ténèbres, quelque chose d’inférieur, de primitif mais non d’absolument mauvais car il n’y a pas d’ombre sans lumière, de même l’homme ne trouve son complet épanouissement que dans la plénitude de son Être : Pas de perfection sans imperfection !

Ombre et lumière s’opposent depuis la nuit des temps et se partagent notre monde intérieur ; « Il n’y a pas de lumière sans ombre ! » et pas un être humain sans sa part d’ombre. C’est ce que pensait Jung qui, dans le cadre de son analyse psychologique de l’Homme, envisage que nous soyons tous porteurs, en nous-mêmes, d’une part d’ombre. C’est cette part d’ombre qui est à l’origine de « l’éternel antagonisme qui impose au sujet de se confronter à ce qu’il veut ignorer de lui-même… ». C’est cette « lumière noire », ce « Midi obscur », considérés par la mystique de l’Islam comme « l’ombre de Dieu », que le psychiatre suisse qualifie de « notre double inversé ». C’est la face obscure de notre personnalité, notre ombre intérieure, qui renferme l’ensemble de nos traits de caractères cachés. L’ombre de notre personnalité serait en quelque sorte notre « frère jumeau caché dans les profondeurs de notre inconscient ».

Notre part d’ombre est difficilement accessible car nous voulons ignorer, consciemment ou inconsciemment, cette part de nous-mêmes pourtant indissociable ; Peut-être, tout simplement parce que nous n’acceptons pas facilement nos défauts et nos manques !

Même occultée cette part d’ombre, ces tendances cachées, ne sont pas nécessairement négatives. Ce mécanisme de refoulement dans l’ombre de l’inconscient, pour pernicieux qu’il soit pour le psychisme, peut parfois s’avérer nécessaire, voir salutaire. Mais à trop refouler cette partie obscure de notre personnalité nous risquons d’être envahi par « les noires ténèbres » décrites par Freud.

Intégrer sa part d’ombre est une démarche certes difficile mais nécessaire à la construction de notre « Moi » ; c’est ce que Thomas Mann appelle : « Eclairer le côté nocturne de l’âme ». Tel Gilgamesh, roi et héros légendaire de Mésopotamie, nous devons affronter l’obscurité de notre monde souterrain, de notre « moi » intérieur, pour sortir « de l’autre côté de la montagne dans la lumière de l’aurore ». Sans doute que nous, Che\ R+ C, qui, à la croisée des chemins, passons de « L’heure où le soleil s’obscurcit et ou les ténèbres se répandent sur la terre » à celle « où les ténèbres se dissipent et la lumière est rendue à nos yeux », sommes-nous plus à même, grâce à la culture permanente des vertus que nous appelons théologales et qui sont en fait des valeurs humanistes au sens premier, de nous rénover et de progresser en intégrant notre part d’ombre. C’est sans doute grâce à notre méthode initiatique, qui permet de donner progressivement de plus en plus de lumière à notre conscience, que nous pourrons sortir de nos ténèbres intérieures, et mettre en lumière notre Être intime et secret.

« Que la lumière soit ! Et la lumière fut ».

La lumière est le premier signe, le premier mot de la création, la première réalité de l’univers, la plus haute métaphore de l’infini. C’est du cœur de l’obscurité que nous voyons naître la lumière qui ne prend tout son éclat qu’en faisant reculer les ténèbres. Celui qui sait découvrir la lumière dans la profondeur des ténèbres sera aussi capable, en séparant l’ombre et la lumière pour faire naître « le Verbe clé des Mystères », de trouver la voie de l’Univers et de son « Moi » intérieur.

L’homme a toujours considéré la lumière comme source de bienfait, de chaleur, de joie, de guide conducteur. Dès qu’il s’est rassemblé en communauté, dès qu’il a établi des traditions et créé des mythes, la lumière a pris un autre sens, un sens caché au regard des non-initiés. C’est ce sens caché par le voile de l’ignorance qu’il nous appartient de chercher pour approcher les mystères de l’Univers.

Mais de quelle lumière parle-t-on ? Lumière Principe Créateur englobant le tout, lumière primitive archétype de la lumière, lumière physique, lumière symbole, lumière concept, lumière spirituelle, lumière divine, lumière de la connaissance, lumière métaphore, lumières permanentes, fausses lumières, autant d’aspects que revêt cette source de vie et de toute activité humaine. En ce domaine physique et métaphysique ne s’opposent pas réellement et, pourrait-on dire, se complète comme symbole de la vie.

« Recevoir la lumière ! » : Cette expression traduit l’ensemble des comportements, des pensées et des actions qui permettent à l’homme de s’élever et de percevoir « la lumière de l’infini », c'est-à-dire de ressentir en lui la présence dynamique de l’énergie qui traverse toute chose vivante.

Le symbolisme de la sortie des ténèbres et de l’émergence dans la lumière se retrouve dans de nombreuses civilisations pour concrétiser les étapes complémentaires, cycliques, évolutives et néanmoins précaires, des ères sombres et des époques lumineuses. Dans la Grèce antique et l’Egypte d’Akhenaton le soleil, source de lumière, est considéré comme l’émanation et l’expression du divin. Les gnostiques comme les néo-platoniciens font du soleil l’incarnation de la lumière divine, de l’illumination spirituelle et de la chaleur des êtres et des choses créés. Pour les pythagoriciens, la lumière participe à l’harmonie de la connaissance. Aussi bien dans les civilisations extrême-orientales, où « l’illumination » est synonyme de la Connaissance, que dans l’Islam, où la lumière est identifiée à l’Esprit, que dans Saint Jean, pour qui la lumière primordiale s’identifie au Verbe, ou encore chez Saint Paul, qui voit dans le 5 manifestation cosmique de la lumière succédant aux ténèbres « l’illumination intérieure de l’esprit et du corps », la lumière, sous ses diverses formes, est le point de départ d’expériences mystiques symbolisant la présence du Divin. Dans son œuvre majeur, « La Divine Comédie » Dante évoque le mythe du labyrinthe, « la sombre caverne » lieu symbolique de l’initiation totale et représentation du cheminement de l’initié entre le Bien et le Mal, entre l’ombre et la lumière, métaphore de la destinée humaine, qui doit nous conduire, à travers des méandres et des impasses, de la Jérusalem terrestre à la Jérusalem céleste, de l’ombre à la lumière. Prisonnier des ténèbres nous errons dans ce labyrinthe à la recherche de la lumière. Nous sommes des Thésée qui doivent affronter le Minotaure de nos faiblesses cachées dans le labyrinthe de notre personnalité pour découvrir, au-delà des illusions, au-delà des apparences, après un long cheminement dans l’obscurité, l’homme nouveau émergeant en pleine clarté.

Ce thème de la lumière est omniprésent dans la mystique juive. En hébreu le mot lumière se dit « or » et la réception de la lumière « Qabbalat ha-or » ou, plus simplement, « qabbala » autrement dit « Kabbale ». Toute la structure de la Kabbale est construite selon un schéma simple qui illustre la tension permanente qui existe entre la « lumière d’en haut » ou « lumière de l’infini » et la réception de cette lumière dans « le monde d’en bas ». Comme toutes les grandes œuvres mystiques juives, la Kabbale est une métaphysique de la lumière qui embrassent une immense vision, détaillée et cohérente de la relation de l’homme avec son univers ; elle est une aide pour dépasser un état d’esprit banal et découvrir au plus profond de soi une autre lumière. C’est par le rayonnement de la lumière à partir d’un point primordial de l’infini (En sof), d’une étincelle première, d’une « lumière supérieure infinie » qui s’est rétractée au centre de l’infini, qu’a été engendrée l’ordonnance du chaos à partir duquel la création a été rendue possible.

Enfin pour terminer ce court tour d’horizon citons Descartes pour qui la lumière est à la foi « lumière de l’âme et lumière de la raison », présente en tout homme qui pense et éclairant son raisonnement.

« Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir maçon ? »

« Parce que j’étais dans les ténèbres et que j’ai désiré voir la Lumière ».

En F\ M\ la Lumière est un leitmotiv qui s’applique à tout ce qui relève de l’intellect, de la création et du spirituel qu’ils soient extérieurs ou intérieurs à l’individu. Nous sommes des messagers de lumière et ce dès notre initiation première où la lumière spirituelle qui préside à nos travaux est omniprésente et éclaire le sens de notre quête mise en action par le verbe créateur. C’est la Lumière, évoquée tout au long du parcours initiatique, et qui se rapporte à la quête de l’absolu, qui va transcender notre recherche de la vérité afin de savoir, de comprendre, de faire évoluer nos connaissances. Cette lumière sera notre guide, notre étoile flamboyante, tout au long de notre cheminement vers la Connaissance, la recherche de la Vérité et de la parole perdue.

Dans la Loge les Lumières sont multiples, nous percevons bientôt qu’elles ne font qu’une et que cette lumière unique est toute orientée vers l’idéal de perfection, lumière infinie, éternelle devant recouvrir la totalité de l’Univers. L’homme qui est une réduction du Cosmos est comme ce dernier infini ; c’est dans le cercle de l’éternel recommencement de la vie infinie que nous devons donc chercher la Lumière reflet de la Vérité.

Si la recherche de la lumière se fait en commun dans nos Temples, cette lumière d’unicité et d’éternité, qui va éclairer notre réflexion, c’est en nous, dans notre Temple intérieur, au sein de notre caverne originelle, que nous allons l’apercevoir car comme le souligne Jung : « Ce n’est pas en contemplant la Lumière que l’on devient lumineux, c’est en portant un regard sur sa propre obscurité ».

Dans cette recherche de l’Absolu le libre-arbitre nous est toujours accordé : nous avons, à chaque étape de notre cheminement, le choix entre ombre et lumière.

Notre secret partagé, le secret maçonnique, est donc là, dans cette Lumière reçue lors de notre initiation première, lumière qui a commencé à naître comme une petite lueur fragile et tremblante et qui, peu à peu nous a guidés et permis de discerner, dans les ténèbres, la vérité cachée sous le voile de l’illusion.

« Et la lumière de la lune sera aussi éclatante que celle du soleil ! ».

Nous l’avons souligné, ces deux principes opposés, ombre et lumière, sont inséparables. Tout se joue sur la dualité permanente entre lumière et ombre ; cette opposition constitue un symbole universel matérialisé par trois aspects de la lumière opposés à trois formes de ténèbres : Lumière/séparation face aux abîmes ténébreux symbolisant la création de l’Univers, lumière/orientation contre l’obscurité structurant la symbolique de la connaissance universelle, et lumière/transformation s’opposant à l’opacité symbole de la purification, de la catharsis libératrice. Toute notre culture repose sur ce conflit latent entre « l’effrayante obscurité de l’âme » et la lueur d’espoir, la lumière salvatrice symbolisée par l’étoile-guide. « Ordo Ab chao ». De cette opposition entre deux principes apparemment inconciliables va émerger l’ordre et engendrer l’unité du cosmos dans sa totalité.

C’est, sans doute cette alliance-opposition que symbolise aussi notre croix, cette croix du Che\ R+C, symbole d’harmonie et d’équilibre, qui correspond à la croisée horizontale et verticale du ciel et de la Terre, du Nadir et du Zénith, de la nuit et du jour, de la mort et de la renaissance, de la lumière croissante et décroissante des solstices.

C’est au centre de la croix de Che\ R+C, symbole de notre double action tant sur notre verticalité et sur l’horizontalité de Monde, au cœur même de la rose que meurt et renait la lumière spirituelle, celle qui a le pouvoir de régénérer la nature humaine en la renouvelant, tel le phénix qui renaît de ses cendres plus fort et plus triomphant. Pour nous Che\ R+C, comme pour tous franc-maçon, la réalité du monde est dans la lumière qui se trouve en chaque Être, dans toute chose vivante. Dans notre recherche nous partons de la croyance dans la grandeur de l’homme et dans sa capacité à maîtriser et harmoniser toutes choses en ce monde, grâce à une pensée féconde, aux énergies vitales qui la traversent afin de les orienter dans la bonne direction, c'est-à-dire vers le positif et la quête du sens de la vie. Grâce aux vertus de Foi, d’Espérance et de Charité, le Che\ R+C peut espérer réaliser cette transparence de l’âme qui permet à la lumière de dissiper les ténèbres de l’illusion, ces ténèbres qui nous cachaient le principe d’unité de l’Esprit et de l’Être, et tenter de rendre visible, patent, ce qui fut ombre, afin de donner du relief à notre action sur cette terre. Ce que nous recherchons ce n’est pas l’éblouissement mais l’éclairement sur les vérités essentielles et immuables ; ce dont nous avons besoin c’est d’une lumière qui nous éclaire et non d’une lumière éblouissante qui nous aveugle. En réalisant l’espérance que la lumière va l’emporter inéluctablement sur l’obscurantisme nous retrouvons la capacité de recherche de la Vérité.

Dans le Temple, même à l’heure où le soleil s’obscurcit, grâce aux trois piliers de la construction, la lumière est là permanente, elle est contenant et contenu, elle est notre idéal. Jusqu’alors écartelée aux quatre directions de l’espace, la lumière de l’étoile flamboyante va de nouveau nous montrer le chemin et être notre guide au moment même où la parole perdue est retrouvée. Cette illumination, cette force lumineuse va enfin dissiper les ténèbres qui obscurcissent encore notre esprit et, par sa force rayonnante, faire resplendir l’espérance de ces retrouvailles cosmiques. Nous pouvons enfin, comme Zarastro dans la Flûte enchantée, lever le voile qui obscurcissait l’Univers et demander au soleil de faire fuir la nuit « afin que soient anéantie à jamais les puissances des démons » et découvrir ainsi, dans la lumière de la sagesse, l’esquisse de la Vérité afin de rendre à l’humanité la possession du monde.

Les lois de la physique formulent que la « lumière pense à angles droits ».

Nous Che\ R+C savons que nous devons également penser avec les lignes courbes et que notre recherche de la parole perdue consiste justement, en passant du carré au cercle et des angles droits aux lignes courbes, à rejeter l’ombre pour la lumière. Mais nous savons aussi que les lumières sont à allumer en permanence à la façon de l’allumeur de réverbères du « Petit Prince » qui parcourt une planète folle et irresponsable tournant de plus en plus vite. A la croisée des « deux éternels chemins du Monde », dans notre marche vers la Lumière nous avons donc tenté de concilier les contraires, en associant ombre et lumière, négatif et positif. Nous avons tenté de démontrer que si nous sommes en permanence assujettis à notre part d’ombre nous pouvons, en contrepartie, grâce à une méthode éprouvée, la méthode maçonnique, faire émerger en pleine lumière « l’homme nouveau » qui sommeille en chacun de nous. C’est en chacun de nous que doit s’inscrire cette permanente et constante exigence de recherche d’ouverture de nos consciences aux dimensions de l’Univers.

Alors, au moment de clore cette table burinée pouvons-nous dire que : « L’étoile flamboyante est réapparue dans toute sa splendeur… » pour nous monter le chemin et que : « La vraie lumière est revenue à nos yeux… » ? Cette recherche de la lumière implique de comprendre et d’intégrer cette idée apparemment paradoxale, aux symboles multiples : c’est en descendant au plus profond de soi, dans l’ombre de notre inconnu, que nous nous élèverons sur l’horizon de la connaissance vers la lumière. Notre tâche est loin d’être achevée ! Loin des dogmes et des vérités acquises, loin des fausses affirmations, des idées reçues et des révélations intolérantes qui par leurs pesanteurs et leur inertie veulent embrumer notre raisonnement et notre jugement, loin des ombres maléfiques soyons, comme l’aigle qui à la recherche de la sagesse s’élève toujours plus haut vers la lumière, ces « voyageurs éternels de l’infini », ces « explorateurs du vrai », ces « veilleurs de la Terre », ces « porteurs de lumières » progressant sans cesse vers « l’ultime Vérité » afin d’atteindre notre propre liberté. Car tant que nous continuerons à chercher, à savoir, à comprendre notre histoire et celle du monde, nous donnerons du sens à notre démarche initiatique.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Nos Nourritures

17 Juin 2014 , Rédigé par A\ Z\ Publié dans #Planches

A la fin de nos Travaux, nous nous réunissons autour de la table pour pratiquer la seconde partie de notre Tenue, les agapes.
Moment agréable s'il en est et qui permet de discuter librement sur les travaux de la Tenue. C'est à ce moment privilégié que les app:. peuvent et doivent demander des compléments ou apporter leurs propres idées.
Mais ces quelques agréables nourritures terrestres que nous partageons sont peu de choses par rapport à celles qui nous unissent, par notre volonté, en Loge : les nourritures spirituelles.

Notre engagement sur la voie maç:. avait comme détonateur notre volonté de surpasser notre personnalité profane afin de l'améliorer.
Ceci se fait en Loge en nous montrant un but d'élévation, afin d'élever cette personnalité à un point où elle s'identifie à la permanence de l'Universel.
Cette volonté de se représenter une tâche à accomplir, opposée au désir et à la passion, cette volonté d'atteindre par un élan spirituel à la finalité suprême, cette volonté est notre devoir. Et le F\ M\ s'engage à accomplir son devoir sans souci de son intérêt et sans orgueil ni ostentation.

Je fais ici une parenthèse en m'adressant plus particulièrement à nos app:. pour qui la mise en route sur le chemin vers la Lumière en est à ses débuts.
Ce mot devoir vous l'entendrez souvent.
Parce que nous sommes dans un monde initiatique à l'opposé du monde profane où le mot le plus souvent entendu est: Droit.
J'ai droit à ceci, c'est mon droit.
Nous, nous disons : c'est notre devoir.
De-Voir : de - préfixe qui marque la séparation, l'éloignement, et indique aussi le mouvement.
Il montre qu'à partir de ce de il y a une distance à parcourir pour arriver à voir. Voir par le regard intérieur.
Mot fort s'il en est puisqu'il implique une obligation morale.
En tant que F\ M\ nous avons le devoir de faire triompher l'idée au cœur de notre idéal, une union absolue des Hommes trop souvent divisés, le triomphe du bien sur le mal, de la sagesse sur les passions.
Le Devoir contient en lui seul le chemin qui mène vers la Lumière.

Comme F\ M\ nous voulons nous libérer de la matière, ne pas être comme Narcisse qui se fit piéger par l'apparence matérielle des choses.
Cette matière, source de malaise, et dont Siddartha, plus connu sous son nom de Bouddha, indiquait que le désir d'obtenir était la source de tous nos maux.
Réaliser avant tout un certain détachement des choses matérielles. Ce qui ne veut pas dire rejet. La mode du Larzac et de ses moutons est passée. Il faut vivre dans son siècle et profiter de tous ses avantages.
Mais détachement veux dire ne pas se laisser submerger, ni dépasser par les événements.
J’ai : tant mieux.
Je n’ai pas : ce n’est pas grave. J’ai d’autres joies : famille, enfants, amis.
Pour en arriver là, il est nécessaire que nous ayons atteint une certaine sérénité.

Par le matraquage de la publicité la civilisation actuelle est de plus en plus tournée vers l'avoir, étouffant dans l'Homme ses maigres fondations spirituelles et lui faisant oublier son besoin fondamental: la réalisation de l'Etre.
Angoissé, inquiet, malheureux, il sera victime d'un certain malaise existentiel.

L'Homme, pour fuir son malaise s'est réfugié dans la religion, espérant qu'après cette vie il y en aurait une plus agréable et compensatrice de celle actuelle.
Par la suite lorsque la pratique religieuse s'estompa, il le fit dans la science au début du siècle et dans le marxisme qui lui promettait des lendemains qui chantent.
Parce que l'Homme contemporain redoute la solitude intérieure qui le conduit aux questions essentielles.
Il s'étourdit alors dans la foule et deviens l'esclave du bruit que l'on entend plus. Selon une expression à la mode, il veut s'éclater. Mais en réalité il a peur du silence.
Et il ne sait pas que ce silence est une composante de l'expérience spirituelle pourvu que ce soit le silence de la méditation..
Mes FF\ App\ profitez de ce silence. C'est votre première richesse.

De toute cette matière l'Homme aspire à se libérer. Libération inviolable car intérieure et que lui donne la démarche initiatique.
Par la tolérance il est à l'écoute de toutes les sensibilités, de tous les points de vue.
Il se dépouille de ses préjugés et découvre sa vraie nature par le moyen de l'outil symbolique et du rite.
C'est une libération que lui donne la quête de l'esprit.
L'Homme ne vit pas seulement de pain. Il a aussi besoin d'esprit. C'est ce qui fait sa grandeur et le différencie de l'animal. Pour le F\ M\ c'est sa raison d'existence.
La Spiritualité consiste donc à reconnaître l'existence de quelque chose, autre que matérielle et appelée Esprit, et la supériorité de cet Esprit sur la matière.

Libération qui n'est pas forcement pour tous accession à la Spiritualité ou à la Connaissance, mais besoin de transcendance.
Où le Moi s'efface devant l'Etre.
Quelles que soient ses opinions philosophiques, religieuses ou même politiques, nul Homme pour peu qu'il réfléchisse, c'est à dire qu'il ne soit pas enfermé dans un dogme, ressent un jour ce besoin de dépassement.
Il a besoin de laisser s'exprimer le divin qui est en lui.

Pour accéder à cette libération il faut en avoir envie et disposer en soi d'une qualité spirituelle. Et savoir qu'une telle démarche demande du temps et de l'effort, de l'espérance et de la persévérance.
Nous pourrons alors aller à l'essentiel, hiérarchiser les valeurs respectives de l'avoir et de l'être et définir le Tout en supprimant le Moi.

" La Voie, rien que la Voie" disait Lao-Tseu. C'est à dire que le but n'est pas la Connaissance, mais la façon d'y accéder. L'essentiel étant de se mettre en route. C'est de cette façon que l'on peut espérer se libérer et devenir un sage.
C'est l'acquisition d'une certaine sagesse que donne la démarche initiatique :
- Apprendre à se connaître et travailler sur soi.
- Prendre conscience de ses limites et les accepter.
- Comprendre l'unité de l'espèce humaine
- Devenir humble, montrant ainsi que l'on a pris conscience de la place de l'Homme dans l'Univers.

" Celui qui n’aime pas ses frères est dans les ténèbres" dit l’Apôtre Jean. Aimons les hommes et nous éliminerons une grande part de nos ténèbres intérieures.
C’est en analysant nos intériorités, nos ténèbres, que nous comprendront mieux le monde extérieur.
Travailler sur nous même fait remonter nos défauts en surface. Il nous est alors possible de pouvoir les corriger. C’est le Vitriol du cabinet de réflexion. C’est tout simplement notre vie.

Cette prise de conscience nous ouvre une voie de chaleur humaine, d’amour humain.
On apprécie alors la vie de tous les jours dans la joie comme dans la peine. Nos émotions positives ou négatives ne sont plus entretenues, mais reconnues et dépassées.

Cette vision des êtres et des choses nous ramène à une simplicité extrême et permet de se poser la question : le grain de poussière ou de sable est-il à même de vouloir se venger de l’Univers parce qu’il n’est pas rocher ?
Nous découvrons que le sens de la vie est la vie elle-même. Nous ne souhaitons ni atteindre la lune ni être un grand savant, mais simplement être un homme capable de partager avec les autres.
Cette vision personnelle de la vie me semble extrêmement important car dans la majorité des cas nous essayons d’avoir et non d’être. Nous fermons nos mains pour mieux saisir et retenir, afin de nous sentir plus riche, sans réaliser qu’à chaque fois, c’est notre cœur qui se ferme également.
Et chaque fois que nos mains laissent échapper quelque chose nous nous sentons plus pauvres et nous devenons plus aigris et notre réaction est d’accuser ou de détruire ce qui nous gêne pour saisir l’objet convoité.

Pour éviter de tomber dans ce cycle de violence, nous devons nous accepter tels que nous sommes, avec nos imperfections, et les corriger suffisamment pour qu‘elles deviennent un élément de notre progression.
Les ennuis du quotidien de la vie n’apparaîtront plus alors comme importants si nous les abordons simplement, sans nous laisser aller à l’agitation et à la précipitation.

Donner une place prépondérante à l'esprit influe sur la vision humaine de l'Univers et permet de situer la place de l'Homme.
Si nous voulons que la raison triomphe des préjugés, que l'amour règne parmi les Hommes, le F\ M\ doit être un combattant.
Combattre contre lui-même comme je l'ai déjà dit, mais aussi contre les injustices, les préjugés.

Alors nous pourrons espérer passer du plan à l'espace, évoluer de l'Homme machine dans les ténèbres, à l'Homme transcendantal à qui la vision de la Lumière pourra se faire un jour.
source :
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Sept, serpent, spirale...

16 Juin 2014 , Rédigé par A\ B\ Publié dans #Planches

A peine chaussée de mes bottes de sept lieues, celles du chat Botté bien sur, pour gagner ce temple au plus vite, curieuse de te voir passer du Club des 5 au Clan des sept, je découvre que tu viens tout juste d’avoir 7 ans ! L’âge de raison en somme !

Tout ce temps pour cela. Serai-je désappointée ? Rassure-toi ! C’est exactement l’inverse. Aujourd’hui tu es devenu maître, accueilli en cette chambre du milieu et si ton âge est de 7 ans, ce n’est pas l’unique fait du hasard. Tu as successivement gravi 3 marches puis 5 et enfin 7 et tout cela par palier. Il y a quelques instants c’est par les 3 coups portés par les mauvais compagnons que la parole est perdue. et c’est par les 5 points parfaits de la maîtrise que tu viens d’être reçu en chambre du milieu.

Chaque étape de ta vie maçonnique a été ainsi jalonnée d’un nombre, celui de ton âge qui n’est que purement symbolique. Ce soir je vais donc m’attarder à ce 7.

D’emblée, sachez que je n’ai nullement l’intention de faire du symbolisme à outrance sur les chiffres bien consciente qu’on leur fait dire ce que l’on veut.

Ainsi si je considère les simples fait de la vie ; je constate comme chacun que la semaine comporte 7 jours, que l’arc-en-ciel est constitué de 7 couleurs, que la rose symbolique comporte 7 pétales, que la gamme musicale est composée de 7 notes. De même, il est référencé 7 péchés capitaux à savoir avarice, gourmandise, paresse ; colère, orgueil, envie et luxure (à l’opposé les vertus cardinales : tempérance, justice, force ne sont que 4 comme les filles du docteur March d’ailleurs) ; De là à penser qu’il est plus facile d’être mauvais que bon ! Y aurai-t- il un pas ?

Mon mauvais esprit en ce domaine est connu puisqu’il m’appartiendrait d’y ajouter les 3 vertus théologales que sont foi, espérance et charité pour obtenir les 7 vertus morales.

Je ne rappellerai pas davantage les 7 sacrements de l’église chrétienne et je comprends la frustration de notre sœur Françoise qui ne pouvait aborder l’apocalypse en toute liberté au grade d’apprenti car le nombre 7 est constant avec les 7 clés mais aussi 7 rois,, 7agneaux, 7 étoiles, 7 tonnerres, 7 trompettes …

La grande Ourse, elle aussi, est composée de 7 étoiles.

Dans la Bible Salomon a construit le temple en 7 ans.

Les légendes grecques sont elles aussi animées de ce même chiffre avec notamment le culte d’Apollon, les 7 hesperides ; les sept cordes de la lyre..

Athéna pour sa part, devait livrer chaque année au Minotaure 7 jeunes hommes et 7 jeunes filles. Thésée fut le 7 ème d’un groupe. Il pénétra dans le labyrinthe et tua le Minotaure.

Le bouddha comporte aussi 7 emblèmes.

Le bardo tibétain dure 49 jours soit 7 fois 7 jours.

Ne poursuivant pas davantage dans ce registre, je me réjouis d’évoquer les contes et en particulier les 7 fées qui se sont penchées sur la belle au bois dormant.

Je suis sûre que chacun connaît Timide, Prof, Simplet, Joyeux, Grincheux, Atchoum et Dormeur, les 7 nains qui entourent Blanche Neige mais aussi Barbe Bleue et ses 7 femmes.

Quant à notre Petit Poucet, n’est-il pas le dernier d’une famille de sept enfants !

Cependant, il se distingue de ses frères. Il possède un niveau différent de conscience par rapport à ses frères, cette conscience de la vie selon Loeffer différente des états de conscience de ses frères que sont conscience du corps physique, de l’émotion, de l’intelligence, de l’intuition, de la spiritualité, de la volonté. Cela correspond à des étapes d’évolution qui lui permettent d’avoir un rôle de sauveur comme ce 7 ème jour de la semaine que nous consacrons au repos mais qui est en fait un jour d’autres choses. Il correspond à un accomplissement, à la fin d’un cycle par analogie au cycle lunaire.

Ce 7 symbolise une totalité en mouvement.
En effet, nous pouvons ainsi représenter les 6 directions de l’espace que sont Nord Sud, Orient- Occident, Zénith et Nadir qui se croisent en un point central. Nous pouvons imaginer ainsi le plan avec ses 4 points cardinaux puis ce qui est au-dessus et ce qui est en dessous le tout se croisant en un point qui est l’homme. Cela est donc à la fois symbole du temps et de l’espace, de la totalité de l’univers en mouvement.

Lorsque Salomon construit le temple, la 7ème année est consacrée, elle aussi au repos et il est important de noter qu’il y a dans de nombreux exemples les 6 éléments précédant puis le 7ème isolé ; le tout formant l’unité. Le sept représente alors le sens d’un changement après un cycle accompli et un renouvellement positif. A partir de là, il est aisé de dire que 7 est le chiffre de l’accomplissement voire celui de la perfection Alors nous maîtres maçons sommes –nous parfaits ? j’en doute beaucoup !

Je préfère, pour ma part à cette expression de perfection, celle de l’harmonie, celle de l’équilibre qui confère alors ce sentiment d’unité. La perfection ne tolère selon moi aucune nuance, aucune souplesse tandis que celle d’équilibre accepte les écueils ; les éraflures, mais aussi les colmatages, les gommages. Elle n’est pas fin mais consensus Elle correspond selon moi à l’homme qui tente de se construire qui dérape, fort de ses défauts, de ses erreurs, ses passions, ses illusions e et qui repart enrichi de ses doutes et de ses expériences.

7 est l’addition de 6 et de 1, il est aussi addition de 4 et de 3.

Ainsi chez les Dogons, 4 est le féminin tandis que 3 est le principe masculin. l’union des deux est donc signe autant de fécondation que de perfection.

Dans la symbolique du tarot, l’arcane 4 est celle de l’empereur qui n’est anime ni d’un pouvoir dictatorial, ni directif mais qui correspond à la domination de soi-même et à une invitation à descendre plus bas pour remonter plus haut.

L’arcane 3 est celle de l’impératrice. Symbole de l’intelligence souveraine qui donne le pouvoir, la force motrice par laquelle vit tout ce qui vit. C’est aussi et surtout la possibilité de réaliser et accomplir le voyage dans son propre labyrinthe

7 c’est aussi l’addition de 5 et 2 et dans la symbolique du tarot cela correspond à la papesse.

( arcane 2) invitation à une rupture avec soi- même et ses acquis et à l’arcane 5 ( le pape) dont la voie conduit à l’homme parfait qui sera guidé dans sa démarche par l’étoile à 5 branches pour aboutir au triomphe de l’effort.

L’arcane 7 le chariot, résultante de ces 2 additions potentielles est celui du char triomphant celui de la force morale qui nous invite à être au-dehors ce que nous sommes au-dedans et vice versa et qui se met en mouvement d’accord avec la justice(arcane 8) pour aboutir à l’ermite (arcane 9) le sage, le philosophe expérimenté, le maître.

La sagesse n’est sans nul doute une vertu que l’on n’acquiert pas facilement encore moins spontanément. Il faut beaucoup d’efforts, il faut persévérer connaître la vie avec ses aléas. La règle et le compas nous aident à en tracer l’existence tandis que l’équerre permet de tailler et polir sa pierre. La sagesse fait référence pour ma part à la sérénité, cet état de bien être qui permet d’apprécier ce qui est au dehors mais aussi au-dedans tant de notre temple maçonnique que de nous-mêmes, ce qui nous permet recul, écoute en toute quiétude ; analyse sans jugement, harmonie, rappel de la table d’émeraude où tout ce qui est au-dessus est semblable à ce qui est dessous

Et nous voilà revenus en notre temple maîtres maçons. Parmi les 7 arts libéraux, le maçon en privilégie un qui est celui de la géométrie.

Le maître maçon a utilisé des outils tels l’équerre et le compas comme des outils de vérification, comme des outils d’homme libre.

L’équerre est associée au carré donc à la matière tandis que le compas est associé au cercle et donc à l’esprit.( Parallèlement, nous pourrions dire que le maillet du vénérable est symbole de temporel à l’opposé de l’épée d’ordre spirituel)Le géomètre bâtisseur mesure la parole selon son sens

A ce stade, désormais le compas est placé sur l’équerre car le maître maçon pratiquant l’art royal c’est à dire l’art de devenir un homme libre. capable de choisir son destin et d’élargir l’espace de son autonomie.

Si 7 des officiers sont obligatoirement élus à bulletin secret ; 7 parmi nous ont cherché la dépouille d’Hiram.

La tombe d’Hiram mesure 3 pieds de largeur ; 5 de longueur et 7 de profondeur. Notons que le chiffre de l’apprenti est affecté au côté le plus petit et ainsi de suite…

La loge est composée de 3 maîtres qui la constituent, de 5 qui l’éclairent tandis que 7 la rendent juste et parfaite. Là aussi, il y a évolution.

En effet lorsque la loge comprend 3 membres est en germination, elle est la graine d’une future loge qui est apte à chercher la lumière et pas encore prête à la délivrer. Mais lorsque les maîtres sont au nombre de cinq la loge est juste c’est à dire capable de juger et prendre des décisions théoriques Elle ne peut encore agir Lorsque le nombre de maîtres est de 7 alors la loge peut procéder à des initiations et elle peut agir totalement comme une entité maçonnique. Il semblerait que nous soyons passés du stade de l’enfance à celui de l’adolescence puis à celui de l’adulte. la loge est devenue majeure, libre et responsable ( 3 est le nombre de ce qui se conçoit : la sagesse, 5 est le nombre de toute décision consciente : la force ; et 7 est le nombre de l’action harmonique nécessaire à la réalisation de l’idéal conçu : la beauté).

Le maître maçon a 7 ans et plus.

Si 7 ans signifie connaissance, le plus est la nécessité d’accroître cette connaissance indéfiniment Il nous appartient peut-être de nous référer à Platon pour qui les nombres sont le plus haut degré de la connaissance.

Par ailleurs, notre mot de passe est Tubalcain.

Pourquoi ? parce que le forgeron est celui qui sait. Il maîtrise les 4 éléments :
Eau - terre - air - feu.

Il possède les techniques qui lui permettent d’accomplir ce qu’il sait ; il puise dans la terre les éléments, que sont les métaux puis crée des outils et tout ce qui lui est utile à son élévation ; il pratique l’art royal puisqu’il possède un savoir-faire.

Pour poursuivre, la 7ème lettre de l’alphabet hebraique est zain et son graphisme évoque un serpent dressé verticalement, associé à l’antique hiéroglyphe de la fécondation.

Par ailleurs, j’ai abordé précédemment un idéogramme de type septénaire avec la croix spatiale, il en est pourtant un autre auquel je suis particulièrement sensible. Il s’agit bien sûr de celui formé de 2 serpents enlacés autour d’un axe dont le nombre etait souvent cinq et qui ajouté au point de rencontre tête et queue constituent aussi 7 points fondamentaux formant le caducée, ce caducée cher à ma profession de pharmacien

Quelle ambiguïté pour moi qui, élevée selon la tradition judéo-chrétienne, ait dans mon enfance et mon adolescence été imprégnée du côté maléfique du serpent, lui le responsable, lui le provocateur, la cause de notre malheur d’humain.

Et puis quelques années après, j’ai pour emblème ce caducée formé de 2 serpents enroulés autour d’un bâton, le tout surmontée d’une coupe, celle d’Hygie. Et soudainement, ces serpents sont devenus salvateurs. Quel dilemme, convenons-en !

Je n ‘échapperai donc pas à évoquer avec vous ce reptile qui, visible, semble toujours jaillir d’une bouche d’ombre pour cracher la mort ou la vie. En effet l’été nous amène à découvrir ce reptile d’apparence froide telle la couleuvre qui se glisse entre quelques herbes sèches. Quant à la vipère, Hervé Bazin la décrit beaucoup mieux que moi (dans Vipère au poing).

« L’été craonnais, doux mais ferme, réchauffait ce bronze impeccablement lové sur lui- même : trois spires de vipères à tenter l’orfèvre, moins les saphirs classiques des yeux, car, heureusement pour moi, cette vipère, elle dormait.
Par bonheur, une tête de vipère c’est triangulaire.. Par bonheur, une peau de vipère c’est rugueux, sec d’écailles, privé de la viscosité défensive de l’anguille...

elle avait de jolis yeux, vous savez cette vipère, non pas des yeux de saphir comme les vipères de bracelets, je le répète mais des yeux de topaze brûlée, piqués noir au centre et tout pétillants d’une lumière que je saurais plus tard s’appeler la haine...

avec au centre la fameuse langue bifide- une pointe pour Eve, une pointe pour Adam- la fameuse langue qui ressemble tout bonnement à une fourchette à escargots…
».

Représenté chez les Pygmées comme une ligne sans fin ni commencement, le symbolisme du serpent est selon René Guenon, lié à celui de la vie. En effet en arabe le serpent ; c’est « el hayaah » et la vie « el hayat ».

Cependant ; pour nous le serpent est d’abord le tentateur de l’Eden.

Le couple Adam Eve, reflet de l’humanité primitive, ignore des éléments tels que le feu le vêtement, le logement. Son mode de fonctionnement, paradisiaque est donc l’instinct et il est satisfait de sa condition. Protégé, il n’a pas accès au discernement, générateur d’autonomie.

S’il renonce à se laisser guider ; il est coupable d’insubordination ; donc de péché.

L’intelligence suprême représentée par le dieu du paradis forme les acteurs du drame en l’occurrence le serpent, lui-même, doté d’un extraordinaire pouvoir de séduction. Considérons toutefois que ce drame est cause d’évolution. La désobéissance permet, en effet de passer de l’instinct à l’intelligence. Cela a probablement pris beaucoup de temps mais le mythe supprime la notion de temps.

Nous pourrions également dire que l’humanité a longtemps rêvé et donc que l’imagination a précédé la raison. C’est sans doute pourquoi le serpent s’adresse plus à Eve, symbole de l’imagination qu’à Adam symbole de la raison. Eve mange le fruit de l’arbre ( la pomme ), celui du discernement en le partageant avec Adam car elle le trouve excellent et que son intuition permet le progrès de son intellectualité.

Ceci permet finalement l’émancipation de l’humain et donc l’accès à la sagesse et à la connaissance.

La sagesse était pour les anciens grecs une vertu faisant partie intrinsèque de la personnalité.

La connaissance s’acquiert par l’intelligence et sa parfaite maîtrise conduit à la dite sagesse.

C’est donc pourquoi selon Wirth le serpent est maudit à tort car c’est selon lui, grâce au serpent que nous ne sommes plus des bêtes.

Goethe dans le serpent vert rend hommage lui aussi au serpent.
Il montre en effet ; la grande couleuvre se sacrifiant pour sauver le monde en se transformant en pont en reliant les 2 rives du fleuve de la vie.

Ainsi tout comme les fables par le biais du langage des animaux nous envoient des images propres à enseigner une morale, la doctrine chrétienne utilise l’intervention d’un sauveur pour réparer la catastrophe.

Parvenue à ce stade l’imagination( imprégnée des choses obtenues comme le serpent ou le python inspirateur dans la bible )e travaille et retient des images qu’elle fixe et donne ainsi naissance à l’idée, matière première de la pensée.

Le serpent est donc le 1er initiateur et Eve la 1ère initiée, la pomme le fruit initiatique (en analogie avec le symbolisme de l’étoile) et symbole de l’amour La bible ne précise d’ailleurs pas la nature du fruit. pomum signifie fruit et il s’agit probablement d’une déformation du mot.

Toutefois le serpent peut être aussi emblème guérisseur tel le serpent d’airain conçu par Moise et ainsi défini dans le livre des Nombres : Moise donc fit un serpent d’airain et il le mit sur une perche ; et quand quelque serpent avait mordu un homme, cet homme regardait le serpent et il était guéri.

Des textes littéraires ont évoqué cette dualité du serpent qui peut donner la mort et guérir l’homme. Ainsi Kipling écrit dans le livre de la jungle que la morsure du vieux serpent n’est pas mortelle.

Symbole de la vie, les Ligures le comparent au ruisseau et songent donc au rite de fertilité.

L’ouroboros serpent qui se referme sur lui-même en se mordant la queue signifie la vie indestructible, éternel recommencement, pur mouvement circulaire, évolution dans le temps éternel, dans celui de l’infini.

Ce serpent qui sort de terre, rampe et se tortille peut aussi représenter le feu vital enclos dans la matière.

Sous son aspect bénéfique, le serpent peut aussi s’associer l’oiseau tel le serpent à plumes « quetzalco-huatl ».

J’évoquerai rapidement ce mythe dans lequel Quetzalcoatl se dirige vers l’eau divine cad le Golfe du Mexique, jeune 4 jours, se revêtit de ses plus beaux habits, s’immola et son cœur monta aux cieux et se transforma ne Vénus, l’étoile du matin au milieu d’oiseaux sortis des flammes. Quetzalcóatl symbolisait sous cette forme la mort et la renaissance.

De même, L’homme doit aussi parcourir les cycles éternels et accepter la décomposition de son enveloppe charnelle tout en conservant un esprit (éternel)

Le maître, également, ne meurt pas même si l’on retrouve son cadavre. Il renaît par l’esprit et la chaîne s’allonge avec chaque nouveau maillon. Elle s’étire à l’infini vers l’avenir.

Ce serpent peut changer de peau donc se rajeunir. Aurait-il comme le phénix un don d’immortalité, Peut être est-il la santé qui succède à la maladie ?

Pour poursuivre l’étude du caducée, en latin caduceum mot provenant du grec signifiant héraut, annonciateur, ( dans la racine figure le mot coq héraut du soleil), je me dois d’aborder le mythe d’Hermès.

En effet, Hermès dieu ambivalent par excellence est doté d’une curiosité qui le fait se rapprocher un jour d’un chemin poussiéreux où s’affrontent 2 serpents dans une bataille sans merci. Voyant que la mort serait l’issue du combat, il lança sa baguette entre les 2 adversaires. Ceux –ci s’enroulèrent autour d’elle et s’y immobilisèrent pour l’éternité. La baguette devint le caducée symbole d’Hermès. En grec, kerrykeron ; insigne du héraut, de l’annonciateur, de celui qui proclame.

Hermès est le type même de la dualité car à la fois dieu de l’information et de la communication mais aussi du mensonge, messager des dieux et dieu des voleurs,, des savoirs secrets et de la manipulation( à la fois inventeur de l’astronomie et de l’astrologie), crée l’alphabet mais aussi des écrits incompréhensibles dits hermétiques, protecteur des voyageurs( sandales ailées et baguette), dieu de carrefours.

La baguette d’Hermès est le sceptre du souverain, symbole de l’initiateur et du conducteur et celui qui porte cette baguette possède la puissance

Le bâton appelé boursier dans le pays basque date de 15000 à 8000 ans avant notre ère. Il figure dans de nombreuses fêtes, danses, combats, bâton initiatique des confréries (notre maître des cérémonies en possède un)compagnon de voyageur souvent fourchu et en forme d’y. la houlette qui l’orne est symbole de connaissance Ce bâton impose l’attention sur celui qui la porte.

L’emblème des pharmaciens attribué à Mercure, dieu du commerce, homologue romain d’Hermès est proche de celui des médecins.

Le serpent d’Epidaure ne s’enroule plus autour du bâton d’Esculape mais du pied court d’une vaste coupe dans lequel, il vient s’abreuver, sans doute vase sacré qui doit contenir le liquide nourricier offert par la déesse Hygie.

Hygie ou Salus chez les romains était la déesse de la santé à la fois physique et morale, de la guérison, du bonheur et du bien public. Vers 500 avant JC, on en fit une déesse distincte mais toujours associée à d’autres dieux guérisseurs surtout à Asclépios, son père, dieu de la Médecine. (Panacée, une autre fille d’Asclépios était la déesse des soins ).

Le nom d’Hygie est à l’origine du terme hygiène et l’étymologie souligne le lien existant entre l’hygiène et la prévention en matière de santé puisqu’elle avait pour rôle d’enseigner les manières les plus saines de conduire notre vie. La coupe avec sa concavité s’apparente à l’arche. Le serpent, quant à lui puise sa connaissance dans cette matrice où la lumière continue de briller.

Le serpent maléfique et bénéfique est donc symbole double Les 2 serpents s’affrontent et se neutralisent comme deux forces opposées et égales le font.

Le caducée est le représentant de l’équilibre des tendances réalisées autour de l’axe du monde ; joignant le ciel et la terre, symbole de paix et de santé physique.

Pour les alchimistes, les 2 serpents sont les 2 principes que l’on doit unifier quels qu’ils soient il faut donc pour eux concilier force et volatil ; soufre et mercure ; chaud et froid ; sec et humide Ces principes se réalisent dans l’axe du caducée qui devient l’or philosophal.

Pour les maçons, le caducée est le symbole de l’équilibre auquel nous aspirons, alors que nous sommes comme tous les humains écartelés entre des pulsions antagonistes et puissantes mais qui peuvent aussi et surtout être complémentaires, devenant alors des éléments majeurs de progrès. Un combat se livre en permanence en nous sur le plan physique, moral ou spirituel Le caducée représente l’équilibre qui nous aide à franchir les cycles à effectuer nos changements d’états Il nous fait comprendre qu’il ne suffit pas de Savoir ni Connaître, il faut aussi transmettre. Le caducée transmet. exercice auquel le maître que nous sommes s’applique à faire.

Le caducée symbolise la coïncidence des opposés et la conciliation et la combinaison des contraires.

Le caducée, principe d’union réalise l’unité entre les forces descendantes et ascendantes et cela en un seul chemin que symbolise la baguette ; chemin qui est celui de la rectitude car il n 'est peut-être pas sain d’utiliser à outrance les multiplicités et divergences.

Il nous faut éviter d’errer indéfiniment dans le labyrinthe des spires du serpent afin d’atteindre notre idéal car ne pas craindre la morsure du serpent, c’est peut-être avoir appris à se dominer donc à se maîtriser et peut être avoir fait un pas sur la voie de la connaissance.

L’homme qui unit la paix du cœur et la connaissance par l’esprit réalise la conjonction de ses états afin de devenir l’homme universel ayant gagné la sérénité et peut-être la sagesse.

Dans la tradition tout mouvement ascendant est hélicoïdal et le serpent arc-en-ciel des aborigènes qui enroule sa spirale viscérale autour des écorces me semble une excellente passerelle pour aborder ce soir le troisième volet de mon travail à savoir la spirale.

En effet pour ma planche d’augmentation de salaire, j’avais abordé à l’instar de Roger le thème de l’étoile. Afin de construire cette étoile, j’avais utilisé le compas et l’équerre. Parvenue à ce stade, j’avais alors ébauché l’approche de la spirale étant consciente que toute évolution ne se fait pas par stries mais bien par spires. Carl Jung dit d’ailleurs à ce sujet : « la voie vers le but s’élève en spirale ».

La spirale n’est-elle pas à la fois le symbole de l’évolution humaine, de l’évolution sociale mais aussi du cheminement initiatique ?

Omniprésente dans notre quotidien, j’évoquerai ainsi le célèbre jeu de l’oie, les coquillages, les cornes des dieux mythologiques de « cernunos » ou « dionysos » et celles du cerf, du mouflon, du bouc, les hélices des bateaux, les ressorts de nos piles de transistors et réveils. Quant à nos empreintes digitales formées de boucles, d’arcs et de spirales, elles nous amènent à songer à cette représentation en hélice de l’ADN si important dans les recherches d’aujourd’hui. Tous ces éléments qui ornent notre quotidien font état de formes concentriques ou spiralées en parfaite équilibre, en, totale harmonie… ce qui fait dire à Einstein ce qui m’étonne le plus c’est que notre monde soit compréhensible. Spirales, hélices, volutes, étoiles structurent notre monde.

À côté des spirales hélicoïdales voisinent les spirales planes dont le labyrinthe est l’image la plus connue. Symbole de la quête initiatique faite d’avancées et d’embûches, d’obstacles et de difficultés, le labyrinthe c’est aussi le symbole de la pensée avec son évolution et son progrès.

En effet si le cercle symbolise le temps cyclique et la droite le temps linéaire, la spirale évoque le temps évolutif par les rythmes répétés de la vie, avec pour exemple les stades classiques telles que naissance vie mort ; enfance adolescence-âge adulte ou matin, midi et soir !

Le rythme des saisons des cycles lunaires et solaires est davantage symbolisé par la roue qui tourne ou mieux encore par le serpent ourobros, celui qui se mord la queue, tel le cercle fini limité dans l’espace.

Par ailleurs, le féminin est au cœur de la spirale et Jacques Attali écrit à ce propos : « le premier chemin parcouru par l’homme, au terme duquel il devient une personne est celui qui le fait sortir du ventre maternel. La femme est le premier labyrinthe de l’homme »

Dans la même perspective pourquoi ne pas rapprocher cela de l’oreille, organe de l’écoute, construite en forme de spirale et qui transforme le bruit en sens et dans cet esprit est fécondante.

Enfin le serpent originel est en sa forme spiralée, symbole sexuellement ambivalent puisqu’à la fois matrice et phallus ? de la naissance de l’être, nous passons alors à la naissance du monde.

Entre sa naissance et sa mort ; l’être humain va connaître ambivalences et paradoxes, sel de sa vie et qui font l’intérêt et la complexité de son existence.

Car, en effet lors de sa naissance, il y a fin d’un état fusionnel mère fœtus mais aussi nostalgie du lien rompu ; souhait de retrouver les liens disparus, envie de créer des liens fraternels et à l’opposé quête de connaissance et de sagesse avec perte des illusions des passions des préjugés..

Pour nous francs- maçons ; la spirale a double vocation. Descendante, elle conduit dans les profondeurs d’un savoir complexe et ascendante, elle conduit vers la lumière ou plus précisément la spiritualité.

Je citerai pour témoin la marche dans nos temples. Au grade d’apprenti et de compagnon, nous marquons les angles lors de nos déplacements dans le temple tandis qu’au grade de maître nos déplacements se font sans les marquer ; montrant ainsi le passage du rectangle au cercle.

Sans doute ainsi défini, le passage de l’équerre au compas pour accéder à la maîtrise signifie dépasser le stade de la matière pour atteindre l’esprit.

La construction successive de cercles permet la réalisation de la sphère et donc de parvenir au cosmos et là, de toute évidence nous constatons la nécessité d de passages successifs, de graduations.

La spirale n’a ni fin ni commencement et laisse toujours l’accès à l’évolution ou au progrès mais aussi au recul. Tel l’escalier en spirale, elle permet la progression vers le savoir, l’accès à la connaissance. Elle participe à la construction de notre temple intérieur par une descente primordiale au fond de soi avant une remontée vers le perfectionnement et le développement spirituel. Invitant au voyage et à la découverte, elle participe alors à la construction du temple extérieur qui nous permet d’agir en citoyen actif.

Pour le compagnon devenu maître, elle représente l’atteinte de l’équilibre ; la maîtrise des dualités.

Le nouveau maître découvre et expérimente les multiples facettes de son compas car il ne se contente plus de tracer des cercles ; fermés par définition mais il élargit les cercles et peut laisser ainsi son esprit aller à la conquête de l’inconnu, de l’ignorance. Il a gagné sa liberté de penser, sa liberté de sentiments et de passions bref la maîtrise de lui- même.

Pour sa part, l’art royal ou art de la géométrie permet de résoudre les contradictions en les englobant dans une réalité qui les dépasse. Ainsi, la spirale ajoute une 3ème dimension à la rencontre du cercle et de la droite permettant d’unir imagination et raison et d’établir une progression géométrique comparable à la double voie initiatique de l’amour et de l’œuvre ;

Je ne pourrai terminer sans évoquer un symbole qui serpente sur nos murs et qui lui-même formant des lacs d’amour n’est qu’une succession de spirales.

Elle se concrétise par la chaîne d’union, spirale horizontale constituée des bras et des mains enlacés des frères et sœurs, symbole de l’union en dehors du temps et de l’espace, au-delà des murs et des frontières. Symbole si fort et si important à mes yeux que je n’ose penser que certains des maillons qui la constituent puissent être défaillants. Je ne pourrai en aucun cas m’associer à cette chaîne si des faits graves concernant l’un d’eux m’était connu. J'ai parallèlement des difficultés à accepter la différence entre paroles dans le temple et hors du temple Dans la table d’émeraude, ce qui est au –dessus est identique à ce qui est au –dessous. Pourquoi n’imaginerai- je pas que tel Hiram assassiné et relevé en notre nouveau maître Hiram, cette table passe symboliquement de l’horizontale à la verticale afin que ce qui est de chaque côté de la porte du temple soit identique, prouvant la cohérence entre les propos et les actes dans le temple et hors du temple.

J’ai eu connaissance de faits graves en l’occurrence de menaces de violence et de mort proférés par un maçon.

Qu’elles soient à l’encontre d’un profane ou d’un franc-maçon elles sont pour moi du domaine de l’intolérable et je me pose alors la question de ma présence ici sur ces colonnes ! Je me demande pourquoi certains soirs nous sommes si exigeants pour l’entrée de profanes parmi nous leur réclamant d’être libres et de bonnes mœurs tandis que d’autres franchissent allègrement les mailles du filet et atteignent des degrés importants.

- Oui, je suis triste et déçue
- Oui je sais que qu’il ne faut pas tout amalgamer et qu’il ne faut pas confondre franc- maçonnerie et francs-maçons.
- Oui nous ne sommes que des humains mais je ne peux accepter l’intolérable et là il est atteint.

J’ai été tentée de déposer mes outils mais finalement ce n’est pas la franc- maçonnerie qui m’a déçue ; Ce sont certains maçons qui du moins se disent comme tels qui m’ont déçue. Peut- être ai- je mis la barre un peu trop haute. Suis-je un peu trop utopiste Je me suis toutefois rappelée qu’il y a quelques mois je vous avais dit que tant que la paix ne règnerai pas sur terre je serai sur le chantier mais aussi que mon engagement m’invitait à travailler au perfectionnement de l’homme.

Ces évènements vont me permettre de retrouver un certain équilibre celui dont j’ai parlé tout au long de cette planche, cet équilibre que l’on atteint pas si facilement qui est fait de doutes de crises d’émotions, de tempêtes, d’épreuves mais aussi de joies et de travail. Le chantier est loin d’être achevé et nous avons encore beaucoup à travailler dans la recherche de l’harmonie, de l’équilibre nous ne sommes pas au bout du chemin., la spirale est sans commencement ni fin !

Elle est symbole de la diversité, de l’ouverture, de l’optimisme, de la connaissance à conquérir, du possible à construire, source de progrès et d’espérance initiatique car l’essence de la vie ne réside t-elle pas dans cette quête qui n’est réalisable que par d’infinies et successives spirales.

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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Freemasons

15 Juin 2014 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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