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Hauts Grades

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le soufisme

21 Septembre 2005 , Rédigé par ELIAS Publié dans #hauts grades

Le soufisme ou l'humanisme de l'Islam

 par Elias 

 Ce texte est paru dans la Tribune d'Octobre No 19
(El Badil, Montreuil, 25 mars 1990)

Le soufisme s'est développé dans un cadre particulièrement difficile. le pouvoir en place, sous les Omeyyades et plus particulièrement sous les 'Abbassides, était très sourcilleux sur l'orthodoxie sunnite et jetait le discrédit sur toute fausse note susceptible de donner plus d'assise au chiisme.

Il n'est pas du tout surprenant d'assister à une lutte sans merci pour la mainmise sur la religion dès l'avènement du deuxième calife Omar. L'élaboration de la vulgate coranique sous Othman avait donnée le ton de ce qui allait advenir en matière de politisation de la croyance. La volonté de régenter le culte s'en est davantage accentuée.

Dès l'époque Omeyyade, il y eut un islam officiel, proche du pouvoir en place et un islam légitimiste incarné par les chi'ites qui réclamaient un "juste retour des choses". Le message coranique subira dès lors beaucoup d'avatars pour culminer à l'époque 'Abbasside par une volonté de faire triompher le courant litté-raliste qui s'est non seule-ment attaché à mettre en avant l'aspect exotérique des Écritures Saintes mais en plus selon la technique de l'abrogation, s'est rangé sur les positions les plus restrictives voire répressives du message. Cette lecture littéraliste était le propre des théologiens de cour occupant des positions prédominantes dans le clergé informel de la judicature islamique.

Face à cette formalisation excessive d'une croyance basée sur l'émancipation des individus, d'autres catégories ont vu le jour pour mettre les pendules à l'heure: les philosophes et les soufis.

Les philosophes hellénisants n'avaient pas à proprement parler les coudées franches. Ils devaient promouvoir leur activité spéculative à l'ombre du dogme sous peine d'être taxés d'hérésie.

 Les soufis

En schématisant à l'extrême, on pourrait dire que le soufisme est un ésotérisme par opposition à l'ésotérisme. Cette attitude ésotérique (batin) n'est pas fortuite, elle plonge ses racines dans le champ ouvert par le Coran. Dès lors que le soufisme représente l'aspect intérieur de l'Islam, sa doctrine est en substance un commentai-re ésotérique du Coran. Le prophète lui-même a donné la clef de toute exégèse coranique dans ses enseignements oralement transmis et vérifiés par la concordance d'intermédiaires.

Parmi ces paroles prophétiques, certaines sont fondamentales pour le soufisme, à savoir celles que le Prophète énonçait en sa qualité, non de législateur, mais de saint contemplatif, et qu'il adressait à ceux de ses compagnons qui furent, par la suite, les premiers maîtres soufis, puis celles où Dieu parla directement par la bouche du Prophète et qu'on appelle Sentences Saintes (Ahadith Qudsiya). Celles-ci relèvent du même degré d'inspiration que le Coran, mais non du même mode "objectif" de révélation; elles énoncent, du reste, des vérités qui n'étaient pas destinées à toute la communauté religieuse, mais aux seuls contemplatifs. C'est de là que part l'exégèse soufie du Coran, "se basant sur la parole du Prophète selon laquelle chaque parole du Coran comporterait plusieurs sens et sur le fait que chaque lettre a son sens (hadd) et que chaque définition implique un lieu d'ascension" (matla') 1.

Le soufisme est né pratiquement avec l'Islam, cependant le terme tasawuf n'est apparu qu'aux confins du IIe et IIIe siècles de l'hégire. Un groupe de spirituels chi'ites aurait été le premier désigné sous le nom de soufis. Parmi eux un certain 'Abdak (210/825) antérieur à Jonayd et son maître Sari al-Saqati.

La Tradition du Prophète abonde en préceptes mystiques. N'est-ce pas lui qui incita à une lecture ésotérique du Coran. Abou Hurayra disait: "j'ai gardé précieusement dans ma mémoire deux trésors de connaissance que j'avais reçu du messager de Dieu; l'un, je l'ai rendu public, mais si je divulguais l'autre, vous me trancheriez la gorge".

Après la disparition du dernier calife qui était le chef légal, théologique et mystique, l'autorité se divisa entre les jurisconsultes, les théologiens et les mystiques. Hassan al Basri (mort en 728) était probablement le premier mystique "pur" n'ayant pas de responsabilité dans la direction de l'État. C'est aussi le premier, sans doute, à avoir posé explicitement ce qu'allait être le fondement du soufisme: "Qui connaît Dieu l'aime, et qui connaît le monde y renonce" 2.

Ce renoncement est repris par Dâwad at-Tâ'i, disciple et successeur de Habib al 'Ajami (le persan) lui-même disciple de Hassan al Basri: "Fais ton jeûne de ce monde, fais ton déjeuner de la mort et fuis les hommes comme tu fuirais les bêtes" 3.

Ces principes vont inaugurer toute une lignée de mystiques qui ne vont pas se contenter de rechercher la haqiqa (vérité spirituelle permanente) au détriment de la Shari'a (la lettre de la loi divine). Au premier rang desquels Jonayd (mort en 297/909) surnommé Cheikh at-Taifa (le maître du groupe des soufis). Iranien d'origine, il reçut l'enseignement des plus grands maîtres de l'époque dont Abu Thawr al Kalbi et fût initié par son oncle Sari al Saqati. Il résida toute sa vie à Bagdad et laissa une quinzaine de traités dont Kitab at Tawhid (le Livre de l'Unicité) et Kitab al-Fana' (le Livre de l'Extinction). Il disait à propos de l'absorption mystique (al Fana'): "le soufisme, c'est que Dieu te fasse mourir à toi-même et vivre en lui" 4.

Le supplice de Hallaj  

En 264/977, Hallaj fait la rencontre de Jonayd et pratique sous sa direction les exercices spirituels. Il reçoit la Khirqa (le manteau de soufi) des mains du maître. Mais dès son premier pèlerinage à la Mecque, il rompt ses relations avec les soufis ainsi qu'avec les traditionalistes et les juristes.

L'union avec Dieu réalisée grâce à l'amour était le sujet de ses prédications en public à Bagdad. Les canonistes en conçurent beaucoup de colère et l'accusèrent de panthéisme. Les soufis ne le soutinrent pas sous prétexte qu'il aurait divulgué des secrets qui ne devaient être communiqués qu'aux initiés. Hallaj avait commis la faute de rompre publiquement "la discipline de l'arcane". Les politiciens et les juristes réclamèrent une fatwa pour l'envoyer au gibet. Il fut mis à mort par un jour de printemps en l'an 922, le 24 Du'l-Qa'da.

Mais quels qu'aient pu être ses effets immédiat, son martyre se révéla finalement comme une source de force pour le statut des mystiques et pour le mysticisme lui-même au sein de la communauté dans son ensemble.

Le verdict déclarant que personne n'avait le droit de prononcer de telles paroles: "Ana al Haq" (je suis la Vérité) fut graduellement oublié en faveur d'une opinion selon laquelle ce n'était pas l'homme dans ce cas qui parlait et maintenant, pour un nombre croissant de musulmans la formule condamnée est elle-même d'abord un élément important de la preuve que Hallaj fut l'un des plus grands saints de l'Islam, alors qu'elle sert, en même temps, de démonstration générale du fait que les soufis ne sont pas toujours responsables de ce qu'ils expriment.

Cette reconnaissance graduelle et tardive est due en partie à des traités de soufisme plus simples. Des ouvrages accessibles à la masse comme Ta'aruf de Kalabadhi ou Kashf al Mahjub (le Dévoilement des choses cachées) de Hujwiri.

Les IVe et Ve siècles connurent un foisonnement sans pareil de grands maîtres.
Niffari est une des figures les plus intéressantes. Auteur de Kitab al Mawaqif (Le Livre des Stations) ou il relate les révélations qu'il aurait eues en état d'extase:

"Il m'établit dans la Mort; et je vis que les actes, tous sans exception, étaient mauvais.
Et je vis la crainte régnant sur l'espérance;
et je vis la richesse changée en feu et adhérant au feu;
et je vis la pauvreté comme un adversaire qui dépose;
et je vis que, de toutes les choses, aucune n'avait pouvoir sur l'autre;
et je vis que le monde est une illusion et les cieux en mensonge.

Et j'appelai: "Connaissance" mais elle ne répondit pas.
Et je vis que toute chose m'avait abandonné, et que tout être créé m'avait fui, je restais seul. Alors l'acte vint à moi et je vis en lui une imagination secrète et cette partie secrète était ce qui restait; et rien ne fut de secours que la Miséricorde de mon Seigneur.

Il me dit: Où est ta connaissance?
et je vis le Feu.

Il me dit: Où est ta gnose?
et je vis le Feu.

Et il me dévoila Ses Gnoses d'Unicité et le Feu s'éteignit.
Et il me dit: "je suis ton ami" et je fus affermi.
Et il me dit: "Je suis ta Gnose" et je parlai. Et il me dit: "je suis Celui que tu cherches" et je sortis".

Au-delà des propos d'extase qui ne peuvent être entendus que par une infime minorité d'initiés, il y eut un phénomène qui sauva le soufisme des griffes de ses détracteurs le jour où Ghazali 5 se convertit au soufisme.

Ce personnage exceptionnel ayant éprouvé les limites du rationalisme, fit l'expérience intense et providentielle de la nécessité du soufisme. Devenu l'un des premiers théologiens et juristes de Bagdad, il parvint à un état de crise durant lequel, comme il nous le rapporte, il fut pendant deux mois, en proie à des doutes sur la vérité de la religion. Le salut lui vint d'un contact avec le soufisme. Il raconte sa conversion (tawba) dans son autobiographie: al Munqidh min al Dhalal (Celui qui sauve de l'erreur) dont voici un extrait significatif:

"L'examen de ces doctrines terminé, je m'appliquai à l'étude de la Voie Soufie. Je vis que, pour la connaître parfaitement, il fallait joindre la pratique à la théorie. Le but que les soufis se proposent est celui-ci: arracher l'âme au joug tyrannique des passions, la délivrer de ses penchants coupables et de ses mauvais instincts, afin que dans le coeur purifié il n'y ait place que pour Dieu; le moyen de cette purification est le dhikr Allah, la commémoration de Dieu et la concentration de toute sa pensée en lui. Comme il m'était plus facile de connaître leur doctrine que de la pratiquer, j'étudierai d'abord ceux de leurs livres qui la renferment... les ouvrages... les fragments qui nous sont restés des cheikhs. J'acquis une connaissance approfondie de leurs recherches, et je sus de leur méthode tout ce qu'on peut savoir par l'étude et l'enseignement oral; il me fut démontré que son dernier terme ne pouvait être révélé par l'enseignement, mais seulement par le transport, l'extase et la transformation de l'être moral... J'en savais tout ce que l'étude peut en apprendre, et ce qui manquait était du domaine, non de l'enseignement, mais de l'extase et de l'initiation... Faisant un sérieux retour sur moi-même, je me vis enserré de toutes parts dans ces attaches. Examinant mes actions dont les plus honorables étaient l'enseignement et le professorat, je me surpris plongé dans plusieurs études de peu de valeur et sans profit pour mon salut. Je sondai le fond de mon enseignement et je vis qu'au lieu d'être sincèrement consacré à Dieu, il n'était stimulé que par le vain désir de l'honneur et de la réputation. Je m'aperçus que j'étais sur le bord de l'abîme et que, sans une conversion immédiate je serai condamné au feu éternel... Enfin sentant la faiblesse et l'accablement de mon âme, je me réfugiai en Dieu comme un homme à bout de courage et sans ressources. "Celui qui exauce le malheureux qui l'invoque" daigna m'exaucer; il facilita à mon coeur le sacrifice des honneurs, des richesses, de la famille".

Si Ghazali, le juriste shaféite, avait donné sa caution en se jetant corps et âme comme en témoignent ses "confessions" dans le soufisme, son jeune contemporain Abd al Qadir al Jilani avait rendu cette reconnaissance pleinement effective. Abd al Qadir réussira à faire admettre définitivement le soufisme dans la cité. La tariqa qadiriya en tant que branche de la jonaydia se développera dans la majeure partie des pays musulmans.

Avant d'évoquer le prolongement du soufisme en confréries religieuses, il n'est pas inutile d'évoquer l'ultime sinon la figure la plus marquante de l'histoire du soufisme: Ibn 'Arabi.

Al cheikh al akbar

Ibn 'Arabi est sans conteste celui qui donnera tout son sens au soufisme tant par sa pratique que par les centaines d'ouvrages qu'il a rédigé.

Né à Murcia en Andalousie en 569/1165, il rencontre
à l'âge de 17 ans Ibn Rochd (Averroès) qu'il ne devait jamais revoir. Ibn 'Arabi peut être considéré comme un héritier d'Abou Madyan Shu'ayb 6 car il fut en contact étroit avec plusieurs de ses disciples et parlait toujours de lui avec la plus grande vénération, le désignant parfois comme son "Cheikh".

Bien qu'ils ne se soient jamais rencontrés de fait, ils communiquèrent néanmoins grâce au miracle de la lévitation. Le lien spirituel existant entre eux fut confirmé au temps de la jeunesse d'Ibn 'Arabi. Ce dernier raconte qu'un soir après avoir accompli la prière du maghrib [coucher du soleil], il se mit à penser très fort à Abou Madyan et ressentit un très vif désir de le voir. Quelques instants plus tard, un messager entra, le salua et l'informa qu'il venait de la part du saint avec lequel il venait d'accomplir la prière à Bougie. Abu Madyan l'avait chargé de dire à Muhyi'd-din: "Pour ce qui est de notre rencontre dans l'esprit, tout est bien, mais Dieu ne permettra pas celle que nous pourrions avoir dans ce monde matériel. Rassurez-vous, cependant, car le temps fixé pour une rencontre entre vous et moi se situe dans la sécurité de la miséricorde divine" 7.

Ce disciple de Abu Madyan, écrivain d'une prolixité colossale, produisit au cours de son existence quelques huit cent cinquante-six ouvrages dont seulement cinq cent cinquante nous sont parvenus et sont attestés dans deux mille neuf cent dix sept manuscrits. Son chef-d'oeuvre le plus célèbre s'intitule: Kitab al Futuhat al Makkiya (Le livre des conquêtes spirituelles de la Mecque ou Illuminations Mecquoises). Cet ouvrage fut rédigé à la Mecque sous l'injonction de l'ange de la révélation. Il comporte 565 chapitres répartis sur quatre volumes.

Ibn 'Arabi s'éteignit paisiblement à Damas, entouré des siens, le 28 Rabi' 11638/16 Novembre 1240 peu avant la prise de Bagdad par les Monghols en 1258.

Depuis la disparition du Khatem Al Awliya' (Sceau des Saints), le soufisme n'a plus connu de théoricien de cette envergure. Les ordres soufis ont servi, depuis lors, de relais avec des fortunes diverses à ces penseurs qui incarnèrent la spiritualité de l'Islam.

1 Burkhardt.
Introduction aux doctrines ésotériques de l'islam
2 Abu Sa'id al-Kharraz.
Kitab aç-Cidq
3 Qushairî.
Risâlah
4
Qushairî. Risâlah
6 Al Ghazali surnommé Hujjat al Islam (la Preuve de l'Islam) naquit en 451/1059 à Tus dans le Khorassan. Après une formation de théologien et de juriste, il est nommé professeur à la Madrasa Nizamîya de Bagdad en 484/1091. En 488/1095, il renonce à sa chaire et entame une retraite mystique jusqu'à sa mort survenue en 505/1111.
7 Abu Madyan Shu'ayb était né à Séville, mais il se rendit en Orient où il aurait reçu son investiture (Khirqa) des mains d'Abd al-Qâdir Jilani.

 

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Adoniram et la Reine de Saba

12 Septembre 2005 , Rédigé par CHARLES GOUNOD Publié dans #fondements bibliques de la FM


Adoniram est troublé par les limites de l'artiste mortel qu'il est et en appelle à son ancêtre divin, Tubalkaïn, pour l'aider dans ses derniers projets : la fonte d'une vasque monumentale, la mer d'airain (air: "Inspirez-moi, race divine". Ses réflexions sont interrompues par l'entrée de son jeune apprenti, Benoni, qui lui annonce que l'illustre Balkis, la reine de Saba, arrivera bientôt à Jérusalem pour rendre visite à Soliman. Benoni chante sa beauté légendaire (romance: "Comme la naissante aurore"). Adoniram reçoit ensuite trois de ses ouvriers - Amrou, Phanor et Méthousaël ; ils exigent un meilleur salaire et le mot de passe secret que seuls peuvent connaître les maîtres artisans. Adoniram rejette leur requête et, après une courte apparition du grand prêtre Sadoc pour escorter Adoniram à une audience que lui accordent le roi et sa radieuse invitée, les trois ouvriers jurent de se venger (quatuor et trio: "Il nous repousse"). Devant le temple. Une longue marche instrumentale annonce l'arrivée de Soliman et de Balkis (cortège et finale). Les masses assemblées, dont un grand nombre d'ouvriers d'Adoniram, accueillent le couple royal avec des acclamations joyeuses. Lorsque cet accueil bruyant s'apaise, Soliman exprime son amour pour Balkis et lui demande un anneau qu'elle lui a promis en symbole de leurs fiançailles. Balkis le lui remet à contrecoeur. Elle s'émerveille de la magnificence du temple et demande à en voir l'architecte. Lorsque paraît Adoniram, Balkis fait l'éloge de la splendeur de son oeuvre ; sa voix éveille en lui un écho de sa lignée ancestrale. Pour répondre à une demande de la reine, Adoniram en appelle à l'attention des masses assemblées d'un mystérieux signal de la main ; à ce geste, les membres des diverses corporations se regroupent entre eux et marchent près de Soliman et Balkis dans un ordre parfait. Soliman est horrifié du contrôle qu'exerce Adoniram sur une si grande part de la population. Toutefois, Balkis est si impressionnée qu'elle retire son collier et le place autour du cou d'Adoniram.

Le plateau de Sion. On voit un haut fourneau à l'arrière de la scène.
Les ouvriers d'Adoniram lui annoncent que tout est prêt pour la fonte de la mer d'airain, mais dans l'immédiat le souvenir de sa rencontre avec Balkis le préoccupe. Il retrouve son calme et annonce à ses disciples qu'ils sont sur le point de vivre un moment décisif. Soliman et Balkis arrivent pour assister à la fonte. Au moment où le métal fondu est libéré du haut fourneau, Benoni se précipite vers Soliman pour lui annoncer que trois traîtres parmi ses ouvriers ont saboté le projet. Soliman déclare qu'il est trop tard pour prendre des mesures. Les trois coupables - Amrou, Phanor et Méthousaël - jubilent lorsqu'un torrent de métal fondu coule de façon incontrôlée du haut fourneau pour détruire le moule. Tous se mettent rapidement à l'abris. Sous les yeux d'Adoniram, le haut fourneau explose.

Une clairière dans un bois de cèdres et de palmiers; le lavoir de la suite de Balkis.
Après deux choeurs et un ballet des servantes de la Reine et de leurs homologues à la cour de Soliman, Balkis chante les sentiments qu'a éveillés en elle Adoniram (cavatine: "Plus grand dans son obscurité"). Contre toute attente, l'artiste arrive en personne. Il est découragé par l'échec de la fonte de la mer d'airain et, déclarant qu'il n'est pas digne de la Reine il arrache le collier qu'elle lui a donné (duo: "Qu'importe ma gloire effacée"). Lorsqu'elle admet qu'elle n'aime pas Soliman, il est plus enclin à lui révéler l'attraction qu'elle exerce sur lui. Balkis termine le duo en déclarant franchement son amour pour Adoniram. Leur rencontre est soudain interrompue par Benoni, qui leur apprend que les Djinns (esprits du royaume souterrain de Tubalkaïn) ont réparé le moule et que la vasque est achevée et désormais en place. En réponse à la question de Balkis sur cette surprenante tournure des événements, Adoniram admet qu'il est protégé par les Djinns et qu'il est du même sang que la Reine grâce à leur ancêtre commun, Nemrod le chasseur. Adoniram, Balkis, sa confidente Sarahil et Benoni chantent une prière de remerciement à Tubalkaïn, tandis qu'Amrou, Phanor et Méthousaël se glissent à la dérobée à l'arrière plan, marmonnant qu'ils vont informer Soliman de ce dont ils viennent d'être les témoins (septuor: "O Tubalkaïn mon père").

Une vaste salle du palais d'été du roi Soliman.
Un choeur cérémonial (choeur: "Soliman notre roi") commence par infirmer l'état d'esprit déprimé du Roi. Balkis n'a pas paru depuis quatre jours pour conclure le pacte de mariage, ce qui amène Soliman a ruminer sur la futilité de son attachement pour elle (récit et cavatine: "Sous les pieds d'une femme"). Sadoc annonce qu'Amrou, Phanor et Méthousaël attendent une audience. Ils viennent raconter à Soliman le rendez-vous nocturne d'Adoniram et de Balkis et le poussent à prendre des mesures (quatuor: "Hâtez-vous de parler"). Se souvenant qu'il s'agit des trois ouvriers qui ont interrompu la fonte de la mer d'airain, Soliman refuse de les croire. Des doutes assaillent le Roi, toutefois, lorsque Adoniram vient lui demander d'être relevé de ses fonctions, Soliman essaie de le dissuader en lui offrant de partager le pouvoir à part égale avec lui. L'artiste rejette cette proposition avec dédain et sort dignement. Soliman abandonne Adoniram a la "justice éternelle" et se prépare à recevoir la Reine. Seule avec le Roi, Balkis lui demande un jour supplémentaire avant leur mariage et l'apaise en lui promettant tout de suite une heure de son temps (duo: "Elle est en mon pouvoir"). Il admet qu'il a été informé du rendez-vous nocturne illicite et, dans son état enivré, passe alternativement des menaces aux déclarations d'amour à la Reine. Lorsqu'il tente d'étreindre Balkis par la force, Sarahil se glisse de derrière un rideau et verse un fort narcotique dans la tasse du Roi. La potion produit rapidement son effet et, alors que le Roi tombe inconscient, il maudit Balkis. Elle profite de l'occasion pour retirer l'anneau de la main inerte de Soliman.

Un ravin isolé par un temps orageux.
Adoniram attend anxieusement la Reine pour s'enfuir avec elle. Il est surpris par l'apparition soudaine d'Amrou, Phanor et Méthousaël. Les trois ouvriers le pressent de céder à leurs demandes, mais Adoniram ne répond qu'avec des remarques méprisantes (quatuor: "Tes yeux ont su me reconnaître"). Ils le poignardent et s'enfuient. Balkis arrive auprès de l'artiste mortellement blessé et, après une étreinte finale, glisse à son doigt l'anneau qu'elle a repris a Soliman. Les esclaves et la suite de la Reine se précipitent pour assister à son bref panégyrique sur le corps (finale: "Emportons dans la nuit").

 
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La Légende d'Hiram(1810)

8 Septembre 2005 , Rédigé par 1810 GUIDE DES MACONS ECOSSAIS Publié dans #fondements historiques de la FM

David, roi d'Israël, ayant formé le projet d'élever un temple à l'Éternel, amassa, pour cet effet, d'immenses trésors..... Mais ce roi ayant quitté les sentiers de la vertu, et s'étant rendu indigne de la protection du grand Architecte, la gloire d'élever un temple au maître de l'Univers, fut donné à son fils Salomon.

Avant de commencer ce grand édifice, Salomon en fit part au roi de Tyr, son voisin, son ami et son allié, qui lui envoya Hiram, architecte célèbre. Salomon ayant reconnu les vertus et les grands talens d'Hiram, le distingua bientôt par les postes les plus éminens , et lui confia la direction des ouvriers et le soin de dresser les plans.

Les travaux étaient immenses, et le nombre des ouvriers nécessaires leur étant proportionné, il avait fallu les distribuer en plusieurs classes, et leur affecter un salaire proportionné à leurs talens. Ces classes furent divisées en apprentis, en compagnons et en maîtres. Chacun de ces grades avait des signes et des mots pour se faire reconnaître, et recevoir le salaire de leur ouvrage et de leur peine.

Les app.·. s'assemblaient à la colonne B; les compagnons à la colonne J, et les maîtres dans la chambre du milieu.

Quinze compagnon voyant le temps presque fini, et qu'ils n'avaient pu obtenir les mots de maîtres, parce que leur temps n'était pas encore expiré, convinrent de les obtenir par force du R.·. Hiram, à la première occasion, afin de passer pour maîtres dans d'autres pays, et en recevoir la paie .

Douze de ces compagnons se rétractèrent, les trois autres, nommés Jubelas, Jubelos et Jubelum, s'obstinèrent dans leur dessein. Ces trois compagnons sachant qu'Hiram allait tous les jours à midi faire sa prière dans le temple, pendant que les ouvriers se reposaient, furent se placer à chacune des portes.

Jubelas, à la porte du sud.

Jubelos, à celle de l'ouest.

Jubelum, à celle de l'est.

Là, attendant le moment où Hiram se présenterait pour sortir. Hiram dirigea d'abord ses pas vers la porte du sud, où Jubelas lui demanda le mot de maître; à quoi il répondit qu'il ne devait pas le recevoir de cette manière, qu'il fallait attendre avec patience que son temps fût fini; qu'au surplus il ne pouvait le donner seul, qu'il devait être accompagné des rois d'Israël et de Tyr, aux termes de son serment, de ne le donner qu'avec eux assemblé. Jubelas, peu satisfait de cette réponse, lui donna un coup de règle de 24 pouces, au travers de la gorge.

Le très-respectable maître Hiram s'enfuit à la porte de l'ouest, où il trouva Jubelos qui lui fit la même demande, et sur son refus, ce deuxième lui porta un coup violent avec une équerre dont il était armé.

Hiram, ébranlé du coup, rappela ses forces, et se sauva à la porte de l'est: mais il y trouva Jubelum, qui lui fit la même demande que les deux autres, et qui, sur son refus, lui asséna un si terrible coup de maillet sur le front, qu'il l'étendit mort à ses pieds.  

Les trois assassins s'étant rejoints, ils se demandèrent réciproquement la parole de maître; mais voyant qu'ils n'avaient pu l'obtenir, et désespérés d'avoir commis un crime sans utilité, ils ne songèrent plus qu'à en dérober la connaissance. À cet effet, ils enlevèrent le corps d'Hiram, et le cachèrent sous des décombres, et dans la nuit ils le portèrent hors de Jérusalem, sur une montagne, et l'enterrèrent. Le R.·. maître Hiram ne paraissant plus aux travaux comme à son ordinaire, Salomon fit faire les plus exactes recherches, mais inutilement.

Lorsque les douze compagnons qui s'étaient rétractés, soupçonnèrent la vérité, ils se réunirent, et résolurent entr'eux d'aller trouver Salomon, avec des gants blancs, comme le témoignage de leur innocence, et l'informèrent de ce qui s'était passé.

Salomon envoya ces douze compagnons à la recherche de leur maître Hiram, leur ordonna, dans le cas où ils le trouveraient, de chercher sur lui la parole de maître, et leur observant que s'ils ne pouvaient pas la retrouver, elle était perdue, attendu qu'il n'y avait que trois personnes qui la connussent, et qu'elle ne pouvait être donnée que par ces trois personnes réunies, dont Hiram faisait partie. Il leur observa, en supposant qu'il fût mort, que pour l'avenir le premier signe et le premier mot qui seraient fait et prononcé en retrouvant et en exhumant le corps de ce R.·. maître, seraient substitués aux anciens signe et mot de maître.

Ces compagnons ayant la promesse de Salomon d'être récompensés par la maîtrise, s'ils parvenaient au but de leur recherche, partirent, et se divisèrent en quatre bandes.

Trois allèrent vers le nord, trois au sud, trois à l'ouest et trois à l'est.

Une de ces quatre bandes descendit la rivière de Joppa: un d'eux s'étant reposé à côté d'une roche, il entendit de terribles lamentations par l'ouverture du rocher. Prêtant l'oreille, il entendit une voix qui disait: Oh! que j'eusse eu plutôt la gorge coupée, la langue arrachée jusqu'à la racine, et que j'eusse été enterré dans les sables de la mer à la basse marée et à une encablure de distance du rivage où la mer flue et reflue deux fois par jour, plutôt que d'avoir été complice de la mort de notre regretté maître Hiram!

Oh! dit un autre, que mon coeur ait été arraché de mon sein, et jeté pour servir de proie aux vautours, plutôt que d'avoir été complice de la mort d'un aussi bon maître!

Mais, hélas! dit Jubelum: Je l'ai frappé plus fort que vous deux, puisque c'est moi qui l'ai tué! Que j'eusse eu mon corps séparé en deux, une partie au midi, une autre au nord, et mes entrailles réduites en cendres et jetées aux quatre vents, plutôt que d'avoir été le meurtrier de notre respectable maître Hiram!

Ce compagnon, après avoir entendu ces plaintes lamentables, appela les deux autres compagnons; ils convinrent entre eux d'entrer dans l'ouverture du rocher, de se saisir des ouvriers, et de les transporter devant le roi Salomon; ce qu'ils exécutèrent.

Ces meurtriers avouèrent à Salomon ce qui s'était passé et le crime qu'ils avaient commis, et témoignèrent le désir de ne pas survivre à leur forfait.

En conséquence, Salomon ordonna que leur propre sentence fût exécutée, puisqu'ils avaient désigné eux-mêmes le genre de leur mort, et ordonna qu'il fût fait ainsi:

Jubelas eut la gorge coupée.

Jubelos eut le coeur arraché.

Jubelum eut le corps coupé en deux parties, l'une fut jetée au nord, l'autre au midi.

Salomon ayant ainsi vengé la mort du R.·. maître Hiram-Abif renvoya les mêmes compagnons pour remplir leur première mission.

Ces douze compagnons partirent une seconde fois, et voyagèrent pendant cinq jours sans rien trouver.

Ces compagnons ayant rendu compte à Salomon de l'inutilité de leur recherche, il ordonna à neuf maîtres de faire une seconde recherche. Ceux-ci furent sur le mont Liban, et le deuxième jour, l'un d'eux, excessivement fatigué, voulut se reposer sur un petit monticule. Là, il aperçut des branches d'arbres nouvellement coupées et plantées dans la terre. Il les arracha, et vit par-là que la terre avait été fraîchement remuée. Après avoir sondé la fouille dans ses trois dimensions, largeur, longueur et profondeur, il appela ses camarades, et leur fit part de sa découverte. Ensuite ils se mirent à ôter la terre avec beaucoup de précaution, et parvinrent à trouver ainsi le corps de notre R.·. maître Hiram, qui avait été assassiné; mais n'osant, par respect, pousser leur recherche plus loin, ils recouvrirent la fosse; et pour reconnaître le lieu, ils coupèrent une branche d'acacia, qu'ils plantèrent dessus, et se retirèrent vers Salomon, auquel ils firent leur rapport.

Salomon, pénétré de la plus vive douleur, jugea que ce ne pouvait être effectivement que son grand architecte Hiram. Il leur ordonna d'aller faire l'exhumation du corps, et de le rapporter à Jérusalem. Ces anciens maîtres se revêtirent de leur tablier et de gants blancs. Rendus au mont Liban, le deuxième jour, ils firent la levée du corps.

 

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la légende d'Hiram(1784)

8 Septembre 2005 , Rédigé par rituel du Duc de Chartres 1784 Publié dans #fondements historiques de la FM

«David ne laissa à son successeur, Salomon, que les fleurs et les délices de la royauté. La sagesse qu'il avait reçue du ciel se dévoilant tous les jours aux yeux de l'univers par des prodiges, il s'attira l'admiration de tous les peuples et on accourut de tout côté pour entendre ses oracles et voir les merveilles de son règne. Cette sagesse céleste dont il était doué, sa prudence plus qu'humaine et la vaste étendue de ses lumières, faisaient l'admiration générale.

«Il pensa à se faire bâtir un palais plus digne de la majesté royale que celui que David avait occupé, sans cependant oublier que l'édifice du Temple était la grande entreprise de son règne et que c'était surtout pour la consommer que le Seigneur lui avait mis la couronne sur la tête. Aussi ne perdit-il pas de vue depuis l'instant de son avènement au trône l'édification de ce grand ouvrage.

«Il fit assembler de nouveaux ouvriers et de nouveaux matériaux plus riches et en plus grande abondance que n'avait fait David. Il les fit transporter à Jérusalem pour les y employer. Il occupa à cet ouvrage cent cinquante mille hommes dont soixante-dix mille servaient au transport des matériaux, quatre-vingt mille taillaient les pierres dans [les] carrières, outre trois mille six cents inspecteurs qui veillaient sur les travaux et trois cents qui avaient la conduite de tout l'ouvrage.

«Les choses ainsi disposées, et Salomon ne trouvant pas dans son royaume des maîtres assez habiles dans l'architecture et un assez grand nombre d'ouvriers pour mettre en œuvre les cèdres du Liban, il tourna ses vues sur Hiram, roi de Tyr, le constant ami et allié de son père qui avait renouvelé son alliance à son avènement au trône d'Israël.

«Il lui écrivit donc une lettre pour le prévenir de l'édification du Temple de l'Éternel et le prier de lui procurer un ouvrier qui sût travailler l'or, l'argent, le cuivre, le fer, qui sût employer habilement la pourpre, l'écarlate et la hyacinthe, et qui fût expérimenté dans la sculpture et l'architecture afin qu'il pût l'établir maître et mettre sous sa direction les ouvriers que le roi David et lui avaient eu soin de rassembler. Il lui demanda aussi des bois de cèdre, de genièvre et de pin du mont Liban et lui offrit de payer ceux de ses sujets qu'il voudrait employer à ses travaux, promettant de leur donner vingt mille mesures de blé et autant d'orge, vingt mille pièces de vin et autant d'huile, et le pria de lui faire savoir si cette proposition lui convenait et si ses offres étaient suffisantes.

«Le roi Hiram se porta avec plaisir à servir son allié et lui répondit en ces termes par son ambassadeur : "Je ferais ce que vous souhaitez de moi pour les bois du Liban, et autres, qui vous sont nécessaires ; à l'égard du savant homme que vous cherchez pour conduire votre ouvrage, je vous envoie ce qu'il vous faut, très content de vous faire un si beau présent. C'est un de mes sujets nommé Hiram Abif, né d'un père tyrien nommé Hur et d'une mère originaire de la ville de Dan de votre tribu de Nephtali.

«"C'est d'ailleurs un homme très sage et un prodige d'habileté, d'adresse et de prudence. Je l'honore, je l'aime comme mon propre père et vous le recommande comme mon fils.

«"Il possède dans un degré éminent l'art de toutes les teintures de pourpre, d[e] hyacinthe et d'écarlate. Mais ce qui vous fera encore plus de plaisir dans la circonstance présente, et qui vous le rendra plus cher, c'est qu'il a un génie rare pour l'invention et un goût exquis pour le dessin. Il va vous joindre incessamment et je vais tout de suite mettre un nombre suffisant de mes sujets à vous couper du bois dans mes forêts du mont Liban que je vous ferai transporter au port de Joppé où vous pourrez les faire prendre et transporter jusqu'à Jérusalem, acceptant pour mes sujets qui travailleront pour vous les conditions que vous m'offrez."

«Tous les préparatifs étant faits et réglés par la sagesse de Salomon, et ayant établi le sublime Hiram Abif pour chef de ses travaux, il fit le dénombrement des prosélytes établis dans son royaume. On en compta cent cinquante-trois mille six cents qui furent tous employés aux ouvrages intérieurs ou extérieurs du Temple. On en marqua soixante et dix mille pour servir de manœuvres et pour porter des fardeaux. C'est ce nombre, M.·. F.·., qui fait l'époque et l'histoire des App.·. F.·. M.·., le premier grade symbolique que vous avez obtenu.

«Quatre-vingt mille furent envoyés dans les montagnes pour y tailler des pierres qu'on ôtait des carrières. C'est l'époque de l'histoire des Comp.·. et le 2e grade symbolique que vous avez reçu.

«Trois mille trois cents commandaient aux travailleurs et ils conduisaient l'ouvrage, et trois cents autres, qui avaient une inspection plus générale, présidaient à tout l'ouvrage sous les ordres d'Hiram, veillant avec zèle partout où leur présence était nécessaire. Ceux-ci sont l'époque symbolique du grade de M.·. que vous allez recevoir et dont je vais vous confier le secret et tout le sublime qu'il renferme. Redoublez votre attention !

«Quand tous les matériaux furent préparés, on commença la superbe bâtisse du Temple. Cette époque historique si célèbre pour les Hébreux, et plus encore pour les F.·. M.·., fut la quatre cent quatre-vingtième [année] depuis le passage de la mer Rouge, la quatrième du règne de Salomon et la première du jour du mois...

«Hiram, qui avait la direction de cette vaste entreprise, s'aperçut au bout de quelque temps qu'il payait au-delà de ce que pouvait monter un pareil nombre d'ouvriers, et cela par la voie de trois perfides Comp.·. qui faisaient, au sixième jour établi pour le paiement, avancer un grand nombre d'étrangers pour recevoir des salaires, comme s'ils eussent été réellement du nombre des travailleurs, et partageaient ensemble leur vol et leur butin.

«Hiram alors assembla tous les ouvriers et leur fit prêter un serment qui rendait inviolable le secret qu'il avait à leur confier. Cela fait, il les divisa en trois classes, comme il avait déjà fait, et fit d'abord celle des App.·. qui étaient au nombre de soixante et dix mille et leur donna un signe, un mot, une marche et un attouchement, pareils à ceux que vous [avez] reçus dans ce grade. Cela devait servir à les faire connaître quand ils viendraient le samedi au soir recevoir leur salaire. Il leur défendit de divulguer ces choses à personne et, pour les en empêcher, il leur fit faire la promesse que vous avez faite vous-même et leur désigna la colonne J à gauche du Temple pour y recevoir leur salaire.

«Il fit ensuite avancer les Comp.·., qui étaient au nombre de quatre-vingt mille, auxquels il donna un signe, un mot, une marche et un attouchement différents des premiers, pareils à ceux que vous avez reçu dans ce grade, sous promesse de ne point les divulguer, et leur assigna la colonne B pour recevoir leur salaire.

«Enfin, il fit la classe des M.·. qui étaient au nombre de trois mille six cents auxquels il donna des signes, des mots et des attouchements et une marche pour se reconnaître différents de ceux qu'avaient les App.·. et les Comp.·., leur fit faire serment de ne point les révéler et leur assigna le propitiatoire pour recevoir leur salaire qui était plus fort que ceux des deux autres classes.

«Tels furent les arrangements, mon F.·., que le grand homme, le premier Grand M.·. symbolique de la F.·. M.·., avait pris pour les secrets des paiements. C'est lui que représente dans nos L.·. le V.·. G.·. M.·.. Salomon lui donna deux adjoints qui portaient le nom de Survts.

«L'un payait les Comp.·. à la colonne B, et l'autre les App.·. à la colonne J, et sont représentés dans nos L.·. par les 1er et 2e Survts.

«Il arriva de cet arrangement que les trois Comp.·., ne pouvant plus voler l'argent destiné au paiement des ouvriers, et peu contents de leur paie, résolurent d'extorquer celle de M.·. en tâchant de se procurer le signe, le mot et l'attouchement de ce grade en le demandant à Hiram, qui leur répondit qu'ils n'étaient pas encore en état de travailler aux ouvrages de M.·., mais qu'ils n'avaient qu'à s'appliquer, et qu'aussitôt qu'ils seraient en état, il les ferait M.·. avec plaisir.

«Ces malheureux, mécontents de cette réponse, résolurent d'avoir de force ce qu'ils étaient indignes d'avoir par leur mérite, et s'y prirent de cette manière.

«Le T.·. R.·. M.·. Hiram était dans l'usage sur la fin du jour de faire la revue générale des travaux du Temple qui, pour lors, étaient déjà forts avancés. Ces trois scélérats attendirent que tous les ouvriers fussent sortis et se postèrent, un à la porte de l'Orient, l'autre à celle de l'Occident et le troisième à la porte du Midi.

«Hiram, seul ce soir-là, ayant fait la ronde à l'ordinaire et examiné les travaux du jour, se retirait au palais du roi. Il trouva à la porte de l'Occident un de ces scélérats qui l'attendait et qui, s'approchant de lui, en exigea le signe, le mot et l'attouchement de M.·.. Hiram le lui refusa en lui disant qu'il lui donnerait quand il en serait digne. L'infâme persista toujours à les lui demander, mais voyant qu'il ne pouvait l'obtenir du vertueux Hiram, il lui donna un coup de règle sur la tête qui l'étourdit. Mais, ayant repris ses esprits, il fut pour sortir par la porte du Midi où il trouva un autre de ces Comp.·. qui lui fit la même demande. Il reçut la même réponse du R.·. Hiram. Ce misérable, voyant qu'il ne pouvait rien obtenir, emporté par sa rage, lui donna un coup de marteau sur l'épaule qui le meurtrit cruellement. Il eut encore la force de se sauver à la porte de l'Orient, mais, y étant parvenu avec bien de la peine, il y trouva le troisième de ces scélérats qui le menaça de le tuer s'il ne lui donnait le mot, le signe et l'attouchement de M.·.. Hiram lui représenta avec douceur qu'il ne pouvait [les] lui donner ainsi et que son application au travail lui procurerait cet avantage un jour. Le forcené persista à le vouloir de force et, enflammé de colère par le refus d'Hiram, il lui déchargea un terrible coup de levier qui l'étendit mort à ses pieds.»

Ici, on étend le Récipiendaire sur le tombeau d'Hiram, on le couvre d'un drap noir, on lui met sur la tête un linge blanc ensanglanté qui était sur la tête du dernier M.·.. On allume neuf bougies autour du cercueil. Les FF.·. se placent des deux côtés en silence et on n'entend que quelques gémissements: «il est mort... il est tué», etc.

Alors le [T.·. R.·.] s'approche du cercueil et continue :

«Victime de son zèle et de son secret, exemple à jamais mémorable pour tous les M.·., le R.·. Hiram aima mieux mourir que de trahir son [serment]. Soyons donc, dans tous les temps, aussi fermes et aussi courageux que lui, à quelques épreuves que nous soyons mis. Ainsi périt le plus Vble et le premier M.·. que nous ayons eu.

«Dès qu'il fut mort, les trois assassins le cachèrent sous un escalier dérobé à l'Orient du Temple, voulant le porter sans risque pendant la nuit sur le mont Ebron, lieu qu'ils avaient choisi pour la sépulture.

«La nuit étant enfin venue, ils le transportèrent sur cette montagne. Comme ils étaient à creuser la terre, [l'] un d'eux dit qu'on ne devait pas ignorer que le roi Salomon ferait faire toutes les recherches possibles s'il ne voyait pas Hiram, que cette montagne étant un lieu où les ouvriers travaillaient, on découvrirait aisément leur crime. C'est pourquoi, ils marquèrent le lieu de la sépulture d'une grosse branche d'un acacia pour reconnaître l'endroit où ils mettaient le cadavre, dans l'intention de venir le prendre la nuit suivante et le transporter dans un endroit plus éloigné, dans le cas que Salomon n'aurait pas fait des recherches à cet égard.

«Hiram était dans l'usage d'aller tous les jours rendre compte à Salomon de ce qui s'était passé dans la journée et prenait avec lui les arrangements nécessaires pour la perfection du Temple. Le roi ne le voyant point paraître, et ignorant l'accident qui lui était arrivé, ordonna des recherches les plus vives pour avoir des nouvelles de son cher Hiram, voulant qu'on le trouvât mort ou vif, et promit à cet effet des récompenses à ceux qui pourraient le découvrir.

«Il fit aussi un édit par lequel il déclarait que nul ouvrier ne serait payé jusqu'à ce que l'on eût des nouvelles d'Hiram, et pour en avoir de promptes, il députa neuf M.·. à qui il ordonna de ne point revenir qu'ils n'en eussent de nouvelles.

«Ces neuf M.·. se donnèrent rendez-vous en se désignant l'endroit où ils devaient se trouver le huitième jour. Ensuite, ils se dispersèrent et se divisèrent en trois bandes. Trois sortirent par la porte de l'Occident, trois par celle du Midi et trois par celle de l'Orient, dans le dessein de ne point retourner s'ils n'en avaient point de nouvelles. Ils cherchèrent inutilement pendant huit jours et ce ne fut que le soir du neuvième que, s'étant tous rejoints à l'Orient du Temple, fort chagrins, ils firent leur prière, et comme ils la finissaient, ils aperçurent dans le firmament une étoile qui, par son éclat au-dessus des autres et les feux qu'elle jetait, ressemblait aux rayons du Soleil. Ils la fixèrent avec étonnement et dirent qu'il y avait dans cette apparition quelque chose de miraculeux. Ils montèrent sur le mont Ebron où l'un d'eux, voulant considérer cette étoile flamboyante, s'appuya sur la branche d'acacia plantée sur la fosse d'Hiram qui tomba. S'apercevant que la terre avait été remuée à cet endroit, il appela ses compagnons qui présumèrent l'accident arrivé à leur R.·. M.·. et convinrent que le premier signe qu'ils feraient en découvrant son corps serait à l'avenir le signe de M.·., le premier signe pouvant être connu des meurtriers leur devenant inutile. Ils convinrent de même de l'attouchement et du mot et réformèrent ainsi le grade de M.·. en empêchant l'abus que les meurtriers auraient pu faire du secret de la M.·., en supposant qu'ils eussent réussi de lui arracher son secret avant sa mort. «S'étant rangés autour de la fosse de sept pieds en longueur, trois en largeur et cinq en profondeur, ayant découvert le corps d'Hiram qui était déjà corrompu, ils firent tous le signe d'horreur qui est encore le signe de M.·.. (Tous les M.·. font le signe.)

«Ensuite, l'un d'eux s'approchant de ce corps, lui prit un doigt de la main droite en prononçant «J.·.», et le doigt se détacha du corps et lui resta dans la main. Un second s'approcha, prit un autre doigt en prononçant «B.·.», qui se détacha de même que le premier. Enfin, un troisième s'étant approché du cadavre, lui mit pied contre pied, genou contre genou, son bras gauche derrière le corps, appuyant son estomac contre son estomac, et lui ayant cramponné la main droite au-dessus du poignet avec la sienne, il réussit à le relever en prononçant «M.·. B.·.», qui est encore le mot sacré du M.·..»

 

 

  

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La légende d'Hiram(1780)

8 Septembre 2005 , Rédigé par 1780 NOUVEAU CATHECHISME Publié dans #fondements historiques de la FM

Mon cher Frère, pour commencer à vous instruire des mystères de la Maîtrise, il est bon de vous dire que notre respectable Maître Adoniram, grand Architecte duTemple de Salomon, possédant les secrets de la Maîtrise, aima mieux souffrir la mort que de révéler les dits secrets. Je pense que vous êtes dans les mêmes sentimens ; c'est pourquoi je me vois forcé de vous traiter de la même manière dont il fut traité par trois scélérats de Compagnons, qui attentèrent à sa vie pour avoir la paye de Maître. Du premier coup il fut étourdi, du second il trébucha, & du troisième il fut renversé. Mon cher Frère, c'est à vous que j'adresse la parole : Vous représentez ici notre très-respectable Maître, repo-sant dans le Saint des Saints ; c'est ce que je vais vous expliquer par un récit abrégé de la vie & de la mort de ce grand Homme. D A V I D, Roi d'Israël, ayant formé le projet d'élever un Temple à l'Eternel, amassa pour cet effet de riches trésors. Mais ce grand œuvre était réservé à son fils S A L O M O N, à qui Dieu donna le don de sagesse par son esprit, de force par sa puissance, & de beauté par ses richesses. SALOMON ayant pris l'année, le mois & le jour, pour commencer ce grand Edifice, en fit part à H I R A M, Roi de Tyr, son voisin, son ami & son allié, qui lui envoya les Cèdres du Liban tous taillés & prêts à poser ; SALOMON en fit de même dans les carrières, pour les pierres dont il avait besoin pour la construction de son Temple : mais HIRAM lui fit un bien plus précieux don en la personne d'Adoniram, issu de son sang, fils d'une veuve de la tribu de Nephtali ; son père se nommait HUR, excellent ouvrier dans l'Architecture & dans la fonte des métaux. SALOMON connaissant ses vertus, son mérite & ses talents, le distingua par le poste le plus éminent, lui donnant la conduite du Temple, & la direction des Ouvriers. Mais comme les Ouvriers étoient en grand nombre, il les sépara en trois classes, les Apprentifs, les Compagnons & les Maîtres, & leur donna à chacun d'eux un signe, une parole & un attouchement, pour pouvoir se faire connoître, & recevoir leur salaire. Trois scélérats de Compagnons, remplis d'avarice & d'envie, voulant toucher la paye de Maître, projetterent de l'avoir de force, ou la vie de notre très-respectable Maître Adoniram. Pour cet effet, l'un se place à la porte de l'occident du Temple, le second à la porte du midi, & le troisième à la porte du nord. Adoniram, selon sa coutume, vers la fin du jour, s'en vint pour faire la visite des travaux, afin d'en rendre compte à SALOMON, & entra dans le Temple par la porte de l'occident, où il trouva le premier de ces malheureux, qui lui demanda avec violence la paye de Maître ou la vie. Adoniram surpris, lui répondit néanmoins avec douceur : Mon Frère, ce n'est point de cette façon que je l'ai acquise ; travaillez, méritez, & vous l'aurez. Non content de cette réponse, ce téméraire le frappa d'un coup de règle, qui le fit fuir vers la porte du midi, où il trouva le second de ces scélérats, qui lui fit la même demande : Adoniram lui fit la même réponse. Ce malheureux le frappa d'un coup de rouleau qui l'étourdit ; &, fuyant vers la porte du nord, il trouva le troisième, qui l'arrêta, en lui demandant la parole de Maître, ou la vie. Mais Adoniram persista avec fermeté & courage à garder son secret : c'est de ce troisième malheureux qu'il reçu un furieux coup de maillet, qui le fit tomber mort vers la porte de l'orient. Ils se rassemblèrent entre eux, se demandèrent la parole de Maître ; voyant qu'ils ne l'avoient pas & honteux de leur crime, ils calevèrent le corps de notre respectable Maître, le portèrent hors du Temple, le cachèrent sous des décombres, dans l'intention, furtivement de nuit, de l'enlever & de le porter hors de Jérusalem ; ce qu'ils firent. Trois, cinq & sept jours se passèrent sans que SALOMON vit son grand Architecte ; il en fut fort inquiet, & ordonna à neuf des plus jeunes Maîtres d'aller à la découverte, & de lui en apporter des nouvelles. Trois partirent par la porte de l'orient, trois par la porte du midi, & trois par la porte de l'occident ; ils convinrent entr'eux de ne point s'éloigner les uns des autres plus loin que la voix humaine ne puisse s'entendre. L'un d'eux, fatigué de sa course, & voulant se reposer au pied d'une colline, s'aperçut que la terre étoit fraîchement remuée ; il s'en approcha, & en fouillant, il trouva le corps de notre respectable Maître Adoniram. Il appelle ses camarades qui, à sa voix, s'approchent de lui ; il leur fait part de la triste découverte : mais par respect, n'osant y toucher, ils recouvrirent la fosse, & se trouvant proche de là un arbre nommé Acacia, ils en arrachèrent une branche, la plantèrent sur l'endroit, pour pouvoir le reconnoître, & s'en retournèrent à Jér usalem, rendre compte à SALOMON de la perte de son grand Architecte. SALOMON, pénétré de la plus vive douleur, déchira ses vêtemens, & jura qu'il en seroit fait vengeance : il ordonna à neuf des plus anciens Maîtres, d'aller faire l'exhumation du corps, & de le rapporter à Jérusalem, avec pompe funèbre. Les Maîtres convinrent entr'eux, dans la crainte que par le force des tourmens & violence, le mot de Maître n'eut transpiré, que le premier signe, parole et attouchement qui seroit fait & proféré à la levée du corps, serviroit à l'avenir pour les Maîtres. De plus, ils se revêtirent de tabliers & gants de peau blanche, pour preuve de leur innocence, & qu'ils n'avoient point trempé leurs mains dans le sang innocent. Le plus ancien d'entr'eux s'avança, (en cet endroit, le Vénérable Maître, en continuant son Discours, opère & relève le Récipiendaire en lui donnant l'ac-colade) & en découvrant le gazon, dont ceci nous sert de symbole, il le prit par JAKIN, mais le doigt lui resta dans la main ; il le prit par BOOZ, de même, la chair étant putréfiée, les os quittèrent la peau ; mais pour plus de fermeté, il le prit par les cinq points de la Maçonnerie, que nous nommons la Grippe, & le releva de cette façon ; pied contre pied, genou contre genou, estomac contre estomac, la main derrière le dos, il proféra ces mots, M. B. qui signifie, le corps est corrompu ;ils le rapportèrent à Jérusalem, où SALOMON, pour récompenser ses vertus, son mérite & ses talens, le fit inhumer dans le sanctuaire du Temple, & fit mettre sur son tombeau une médaille d'or en forme de triangle, où étoit gravé JEHOVA, l'ancien mot de Maître, qui signifie le nom de Dieu en Hébreu. Son cercueil étoit de marbre noir, de sept pieds de long, cinq de large & trois de profondeur.

 

 

 

 
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le Livre de l'Ecclésiaste

4 Septembre 2005 Publié dans #fondements bibliques de la FM

12.1 (12:3) Mais souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais arrivent et que les années s'approchent où tu diras: Je n'y prends point de plaisir;

12.2 (12:4) avant que s'obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages reviennent après la pluie,

12.3 (12:5) temps où les gardiens de la maison tremblent, où les hommes forts se courbent, où celles qui moulent s'arrêtent parce qu'elles sont diminuées, où ceux qui regardent par les fenêtres sont obscurcis,

12.4 (12:6) où les deux battants de la porte se ferment sur la rue quand s'abaisse le bruit de la meule, où l'on se lève au chant de l'oiseau, où s'affaiblissent toutes les filles du chant,

12.5 (12:7) où l'on redoute ce qui est élevé, où l'on a des terreurs en chemin, où l'amandier fleurit, où la sauterelle devient pesante, et où la câpre n'a plus d'effet, car l'homme s'en va vers sa demeure éternelle, et les pleureurs parcourent les rues;

12.6 (12:8) avant que le cordon d'argent se détache, que le vase d'or se brise, que le seau se rompe sur la source, et que la roue se casse sur la citerne;

12.7(12:9) avant que la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné.

12.8 (12:10) Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, tout est vanité.

12.9 (12:11) Outre que l'Ecclésiaste fut un sage, il a encore enseigné la science au peuple, et il a examiné, sondé, mis en ordre un grand nombre de sentences.

12.10 (12:12) L'Ecclésiaste s'est efforcé de trouver des paroles agréables; et ce qui a été écrit avec droiture, ce sont des paroles de vérité.

12.11 (12:13) Les paroles des sages sont comme des aiguillons; et, rassemblées en un recueil, elles sont comme des clous plantés, données par un seul maître.

12.12 (12:14) Du reste, mon fils, tire instruction de ces choses; on ne finirait pas, si l'on voulait faire un grand nombre de livres, et beaucoup d'étude est une fatigue pour le corps.

12.13 (12:15) Écoutons la fin du discours: Crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit faire tout homme.

12.14 (12:16) Car Dieu amènera toute oeuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.

 

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le Livre d'Amos

4 Septembre 2005 Publié dans #fondements bibliques de la FM

 

8.1  Le Seigneur, l'Éternel, m'envoya cette vision. Voici, c'était une corbeille de fruits.

8.2 Il dit: Que vois-tu, Amos? Je répondis: Une corbeille de fruits. Et l'Éternel me dit: La fin est venue pour mon peuple d'Israël; Je ne lui pardonnerai plus.

8.3 En ce jour-là, les chants du palais seront des gémissements, Dit le Seigneur, l'Éternel; On jettera partout en silence une multitude de cadavres.

8.4 Écoutez ceci, vous qui dévorez l'indigent, Et qui ruinez les malheureux du pays!

8.5 Vous dites: Quand la nouvelle lune sera-t-elle passée, Afin que nous vendions du blé? Quand finira le sabbat, afin que nous ouvrions les greniers? Nous diminuerons l'épha, nous augmenterons le prix, Nous falsifierons les balances pour tromper;

8.6 Puis nous achèterons les misérables pour de l'argent, Et le pauvre pour une paire de souliers, Et nous vendrons la criblure du froment.

8.7 L'Éternel l'a juré par la gloire de Jacob: Je n'oublierai jamais aucune de leurs oeuvres.

8.8 Le pays, à cause d'elles, ne sera-t-il pas ébranlé, Et tous ses habitants ne seront-ils pas dans le deuil? Le pays montera tout entier comme le fleuve, Il se soulèvera et s'affaissera comme le fleuve d'Égypte.

8.9 En ce jour-là, dit le Seigneur, l'Éternel, Je ferai coucher le soleil à midi, Et j'obscurcirai la terre en plein jour;

8.10 Je changerai vos fêtes en deuil, Et tous vos chants en lamentations, Je couvrirai de sacs tous les reins, Et je rendrai chauves toutes les têtes; Je mettrai le pays dans le deuil comme pour un fils unique, Et sa fin sera comme un jour d'amertume.

8.11 Voici, les jours viennent, dit le Seigneur, l'Éternel, Où j'enverrai la famine dans le pays, Non pas la disette du pain et la soif de l'eau, Mais la faim et la soif d'entendre les paroles de l'Éternel.

8.12 Ils seront alors errants d'une mer à l'autre, Du septentrion à l'orient, Ils iront çà et là pour chercher la parole de l'Éternel, Et ils ne la trouveront pas.

8.13 En ce jour, les belles jeunes filles et les jeunes hommes mourront de soif.

8.14 Ils jurent par le péché de Samarie, Et ils disent: Vive ton Dieu, Dan! Vive la voie de Beer Schéba! Mais ils tomberont, et ne se relèveront plus.

 

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la Beauté(2)

31 Août 2005 , Rédigé par gibelain Publié dans #symbolisme

 

désolé, je ne peux pas résister à la magie de ce sourire!

Mélissa THEURIAU

 
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le convent de Wilhelmsbad

31 Août 2005 , Rédigé par texte original Publié dans #fondements historiques de la FM

 

Juillet & Aouft 1782

Nous Grand Maître général, Maîtres Provinciaux, grands Officiers, Préfets & Députés des Chapitres du St\0\ des Chevaliers bienfaifans & des Francmaçons réunis fous le régime rectifié légitimement affemblés en Convent général à Wilhelmsbad près de Hanau pour affermir l'édifice maçonnique confié à nos soins, rectifier les principes & le but de cet Ordre ancien, & réunir fes différentes parties par des liens communs & durables; avons arrêté & ftatué ainsi qu'il fuit.

Convaincus dès les premiers pas de nos travaux, que pour entretenir l'activité entre les diverfes parties de l'Ordre, & établir peu à peu une uniformité de principes, rits, & obligations, il étoit néceffaire, de créer un centre refpectable, où elles viendroient toutes aboutir ; & confidérant que notre régime doit fa confervation aux foins infatigables du Ser.me F.‑. FERDINANDUS a Victoria ( in feculo Duc de Brundvic & Lunébourg) nous n'avons cru pouvoir mieux folemnifer notre reconnoiffance qu’en Le confirmant dans la dignité de Chef fuprême de toutes les r rectifiées, qui Lui a déjà été conférée au convent de Kohlo en 1772. & y ajoutant celle de grand ‑ Maître général de toutes les provinces de l'Ordre des Chevaliers bienfaifans & des Maçons rectifiés, que le voeu unanime de toutes les nations s'eft empreffé de lui offrir ‑ Enjoignons en conféquence à tous les Chapitres, r et frères qui fuivent notre régime, de Lui rendre en cette qualité l'hommage dû aux vertus éminentes dont Il préfente fans ceffe le modèle; Lui avons transmis par un acte folemnel, & exprimant notre confiance entière, 1e droit de convoquero & préfider les Convens générauxet de diriger par le fecours des Maîtres Provinciaux & autres chefs, les divers établiffemens de l'Ordre : & avons reçu en échange de Lui une capitulation, gage des principes fages, qui le dirigeront dans l'adminiftration de l'Ordre, & de la liberté qui doit en animer les travaux. Enjoignons pareillement à tous les établiffemens tant maçonniques que de l'Ordre intérieur de reconnoitre pour fecrétaire général de l'Ordre entier le R\ F\ ab Urna (Schwarz) & d'ajouter foi à tout ce qui fera expédié de fa part, comme chargé de la confiance particulière de l'Eminent.me Grand Maître. Pour faire paffer enfin à la poftérité un monument de notre heureufe réunion fous un Chef commun & refpectable par tant de vertus, nous avons arrêté, qu'il feroit frappé une médaille avec fon bufte & une dévife relative à l'époque fortunée de notre convent.

Un de nos premiers foins s'eft tourné vers l'authenticité du fiftème que nous avons fuivi jufqu'aujourd'hui & le but final, où il doit conduire nos frères.

Après  plufieurs recherches curieufes fur l'hiftoire de l'Ordre des Templiers, dont on dérive celui des Maçons, qui ont été produites, examinées & comparées dans nos conférences, nous nous fommes convaincus, qu'elles ne préfentoient que des traditions & des probabilités fans titres authentiques, qui puiffent mériter toute notre confiance . & que nous n'étions pas autorifés fuffifamment à nous dire les vrais & légitimes fucceffeurs des T\ que d'ailleurs la prudence vouloit que nous quittions un nom, qui feroit foupçonner le projet de vouloir reftaurer un Ordre profcrit par le concours des deux puiffances, & que nous abandonnions une forme qui ne quadreroit plus aux moeurs & aux befoins du fiècle.

En conféquence nous déclarons, que nous renonçons à un fiftème dangereux dans fes conféquences, & propre à donner de l'inquiétude aux Gouvernemens: & que fi jamais quelque Chapitre ou quelque frère formoit le projet de reftaurer cet Ordre, nous le désavouerions comme contraire à la première loi du Maçon, qui lui ordonne de refpecter l'autorité fouveraine. A cet effet & pour décliner à jamais toute imputation finiftre & démentir les bruits femés indifcrettement dans le public : nous avons dreffé un acte foufcrit par nous tous & au nom de nos commettans, par lequel nous confacrons cette détermination fage, & proteftons au nom de tout l'Ordre des Francmaçons réunis & rectifiés devant Dieu & nos frères, que l'unique but de notre affociation eft de rendre chacun de fes membres meilleur & plus utile à l'humanité par l'amour & l'étude de la vérité, l'attachement le plus fincère aux dogmes, devoirs & pratiques de notre fainte religion chrétienne, par une bienfaifance active, éclairée & univerfelle dans le fens le plus étendu & par notre foumission aux loix de nos patries refpectives.

Nous ne pouvons cependant nous diffimuler, que notre Ordre a des rapports réels & inconteftables avec celui des T\ prouvés par la tradition la plus confiante, des monumens authentiques & les hiéroglyphes mêmes de notre tapis: qu'il paroit plus que vraifemblable que l'initiation maçonnique plus ancienne que cet Ordre, a été connue à plufieurs de ces Chevaliers & a fervi de voile à quelques autres au moment de leur cataftrophe pour en perpétuer le fouvenir. En conféquence,et pour fuivre tous les veftiges d'un Ordre, qui paroit à un grand nombre de frères avoir poffédé des connoiffances précieufes,et auquel nous devons la propagation de la fcience maçonnique nous nous fommes crus obligés de conferver quelques rapports avec lui &  de configner ces rapports dans une inftruction hiftorique. & comme nous devons à l'ancien fiftème un plan de Coordination utile & des divifions avantageufes pour maintenir le bon ordre, & qu'en renverfant la forme extérieure de notre gouvernement nous romprions fans motif les liens, qui uniffent les différentes parties ; nous avons arrêté, que ces rapports feroient confervés dans un Ordre équeftre, connu, fous le nom de  Chevaliers bienfaifans & chargé du régime & de l'adminiftration des claffes fimboliques.

Nous avons divifé la réception dans cet Ordre intérieur en deux époques avons arrêté le rituel pour la réception des novices, qui doivent être inftruits des devoirs, dont ils contractent l'engagement, & avons approuvé l'efquiffe du cérémonial de l'armement même des chevaliers, qui reçoivent cette dignité comme récompenfe de leurs efforts dans la carrière de la bienfaisance, qui nous a été préfentée, & dont la rédaction a été confiée au F\ a flumine (de Turkheim). Mais comme quelques Provinces ou Préfectures pourroient avoir quelque raifon particulière, pour ne pas fe fervir de cette dénomination de Chevaliers bienfaifans & de la formule de leur réception, ou être gênés par des circonftances locales, dont nous remettons le jugement à la prudence de notre Éminentiffime G\M\G\; nous voulons & entendons leur laiffer la liberté d'y ajouter les modifications jugées convenables, fans rompre ou altérer pour cela leur union avec l'enfemble de l'Ordre, dont la connexion plus étroite a été un des principaux mobiles de nos travaux.

Avons accordé pareillement aux trois Provinces françoifes, qui depuis leur réforme nationale avoient adopté le titre de Chevaliers bienfaifans de la Cité Sainte, auquel elles attachoient un prix particulier, la liberté de continuer de s'en fervir.

En confervant enfin à cette Chevalerie chrétienne une croix, un habillement uniforme, les noms d'Ordre & la bague pour fe reconnoitre, nous préfcrivons pour les dattes I'ufage de l'Ere du falut & du calendrier réformé, en aboliffant dans les actes celui de l'Ere de l'Ordre établie auparavant.

Notre attention principale s'eft portée fur les rituels des trois premiers grades, bafe commune de tous ceux, qui s'appellent Maçons. Occupés à réunir fous une feule bannière les autres régimes, nous fentions, qu’il étoit impoffible de l’effectuer, fans conferver tous les emblêmes effentiels & en féparer ceux que l’efprit du fiftème y avoit ajoutés.

Pénétrés intimement, que les hiéroglyphes de ce tableau antique & inftructif, tendoient à rendre l'homme meilleur & plus propre à faifir la vérité, nous avons établi un comité, pour rechercher avec le plus grand foin, quels pouvoient être les rituels les plus anciens, & les moins altérés; nous les avons comparé avec ceux arrêtés au Convent des Gaules, qui contiennent des moralités fublimes & en avons déterminé un pour les grades d'Apprentif, Compagnon & Maître, capable de réunir les r divifées jufqu'ici, & qui fe raprochât le plus de la pureté primitive. Nous publions ce travail, & invitons nos r à le méditer & à le fuivre ; permettant aux Provinces, qui auroient des obfervations à y faire, de les communiquer à notre Emment.me G\M\ général d'ici à un an.

& comme dans prefque tous les régimes il fe trouve une claffe Écoffoife, dont les rituels contiennent le complément des fimboles Maçonniques, nous avons jugé utile, d'en conferver une dans le nôtre, intermédiaire entre l'Ordre fimbolique & intérieur; avons approuvé les matériaux fournis par le comité des rituels, & chargé le R\F\ ab Eremo, (WiIIermoz) d'en faire la rédaction.

Nous avons lieu d'efpérer qu'établiffant pour première loi des principes de tolérance pour les autres régimes, & ceux d'une bienfaifance active, éclairée & univerfelle pour caractériftiques du nôtre ; nous obtiendrons la réunion défirée avec tous les bons Maçons : but que nous nous propofons principalement, & déclarons que nous ne reconnoitrons pour fauffes & contraires à la vraie Maçonnerie, que ces ret ces grades dont les principes feroient oppofés à la religion, aux bonnes moeurs & aux vertus fociales.

Malgré que nos r fe foient toujours empreffées d'epfeigner à leurs membres les préceptes de la morale la plus pure & de graver furtout dans le coeur des nouveaux‑reçus les leçons de la fageffe & de la vertu : nous avons cru devoir faire compofer une règle générale pour tous les Maçons, qui leur traçât avec énergie ce qu'ils doivent à Dieu, à leur prochain, à eux‑mêmes, à leurs frères & à l'Ordre en général; nous avons par conféquent adopté une règle, écrite dans les deux langues, pour être lue au Candidat lors de fon initiation, & avons donné pareillement notre fanction à une paraphrafe de cette même règle contenue en neuf articles, pour être foumife à fa méditation ultérieure & être lue quelquefois l'année dans nos r.

et comme les Chevaliers bienfaians fe dévouent plus particulièrement à la défenfe de notre fainte religion, chrétienne, de l'innocence opprimée & de l'humanité fouffrante, & que nos fonds font confacrés à des établiffemens de bienfaifance, nous avons fait rédiger une règle, qui leur expliquât d'une manière plus pofitive leurs engagemens & les principes, qui doivent diriger l'Ordre Equeftre ; voulons & entendons, que cette règle, foit adoptée par tout Chevalier, comme norme de fa conduite dans l'Ordre, & lui foit lue lors de fa réception foit dans l'original latin, foit dans une des traductions.

Le défaut d'un bon code de loix, qui établiffe d'un côté autant d'uniformité qu'il eft poffible entre les différens établiffemens fans trop gêner d'un autre côté les convenances locales, eft caufe des variations & des

fchifmes que l'Ordre des Maçons a éprouvé, jufqu'ici. Nos Convens antérieurs ont déjà fenti la néceffité d'y porter remède, & celui des Provinces françoifes a fourni des efquiffes précieufes : nos vues ont dû s'arrêter fur le même objet: & nous avons vu avec plaifir un plan pour claffer les différentes parties de cette législation, par le F\ a fonte irriguo (de Kortum). Nous en avons difcuté plufieurs principes, & nous les communiquerons à toutes les Préfectures pour faire leurs obfervations fur ce travail. Mais nous aurions prolongé nos féances au delà du tems limité par les occupations civiles de nos députés, fi nous avions voulu en entreprendre la rédaction.

Nous nousfommes donc bornés, à approuver l'introduction à ce code, dans laquelle on fait fentir la néceffité des loix pofitives, les abus & les erreurs, qui jusfqu'ici ont infefté l'Ordre; les moyens de lui rendre fa pureté, & le précis des vues générales de l'Ordre, & des principes, qui doivent diriger la conduite de fes établiffemens & de fes membres. Nous enjoignons aux r de méditer fouvent cette introduction: & eftimons qu'on s'en fervira avec fuccès pour donner aux r d'un régime étranger une idée favorable du nôtre & les amener à la réunion que nous défirons.

Nous avons enfin chargé les FF\ a fonte irriguo, a circulis (Comte de Virieu) a Lilio convallium (Bode) a flumine (de Turkheitn) de la rédaction de ce code; les priant chacun d'en faire deux: dont l'un trace des principes fimples & fondamentaux, qui puiffent convenir à toutes les Provinces; & l'autre foit détaillé & motive les différentes loix générales & locales même, qu'ils croiront les meilleures pour que chaque Province puiffe y puifer à fon choix ce qui lui fera le plus convenable.

Nous comptons envoyer le travail de ces quatre frères. Aux Provinces, & lorfque celles‑ci auront communiqué leurs obfervations fur ces ouvrages, nous remettrons tous ces matériaux au F\ab Equo bellicofo (de Rofskampff) que nous avons défigné comme une perfonne agréable à tous, pour rédiger un feul code général.

Après avoir fixé un centre commun, nous devions nous occuper des parties conftituanteset fupérieures dans l'Ordre & revoir la matricule générale des Provinces qui relèvent immédiatement du grand‑Maître général.

Faisant donc droit fur les demandes du grand Prieuré d'Italie, ci‑devant un des deux grands Prieurés de la Ville accordées depuis plufieurs années par le voeu unanime des Provinces, exprimées vis‑à‑vis du Ser.me F\ a Victoria, nous le séparons du grand Prieuré d' allemagne & y joignant l'Archipel & la Grèce, le proclamons Province du S\ 0\ confidérant en outre, qu'ayant renoncé au fiftème de reftauration de l'Ordre des Templiers, il feroit peu conféquent & peu analogue à cette détermination de conferver l'ancien Ordre de la matricule : nous recevons entre nos mains toutes les grandes charges de l'Ordre annexées jadis aux maîtrifes provinciales, fans qu'aucun membre individuel, de l'Ordre puiffe en être revêtu dorénavant. Abrogeons les anciennes dénominations des Préfectures & Commanderies comme relatives entièrement à l'Ordre des Templiers, déclarons que le nombre des Provinces ne devra pas être borné néceffairement à celui de IX. mais qu'il dépendra des circonftanceset des befoins de l'Ordre; que cependant pour le moment nous ne voyons pas de néceffité de l'augmenter, puifque les deux Provinces qui portoient le nom d'Arragon & de Léon dans l'Ordre, ne font pas en activité, qu'il nous refte peu d'efpoir de porter les établiffemens Maçonniques de la grande Bretagne à une réunion folide & convenable, & que nous croyons devoir déclarer ces trois places vacantes. Partant de ce principe nous affignons le premier rang à celle de la Baffe‑Allemagne, qui portoit jufqu'ici, dans l'Ordre le nom de Vll.e comme à la plus ancienne des reftaurées; confervons à l'Auvergne, l'Occitanie & la Bourgogne leur rang de Il. III. & V. que cette dernière a déclaré expreffément vouloir conferver; accordons le titre de IV. à l'Italie; celui de Vl.e à la haute Allemagne & vû la requête des établiffemens du S\ 0\ dans les états Autrichiens, tendante à être réunis conformément aux voeux de leur Augufte Souverain en une Province, ou corps national, & le confentement des autres Provinces, furtout de celles fpécialement intéreffées, proclamons la Province d'Autriche Vlle dans l’Ordre, la compofant des chapitres de Vienne, Hongrie & Tranfylvanie,et y ajoutant la Préfecture de Prague, & les établiffemens en Gallicie & Lodomérie, appartenans jufqu' aujourd'hui à la I.e Démembrons en outre la Lombardie Autrichienne du reffort de la IV.eet la Flandre Autrichienne de celui de la V.e pour les réunir à cette nouvelle Province. & défirant enfin ménager toutes les voies de conciliation au Chapitre national de la Suède, dont nous ne pouvions reconnoître l'érection en IX.e Province, comme faite fans le concours des autres Provinces; mais confidérant en même tems que la Ruffie, qui devoit faire partie du reffort de la Suède d'après d'anciennes conventions, étoit un pays vafte, réuni fous une fouveraîne puiffante, qui verroit avec peine une dépendance étrangère, & contenant déjà beaucoup d'établiffemens d'ordre prêts à embraffer notre régime, & qui avoient demandé expreffément d'être réunis en Province féparée; nous proclamons la Ruffie VIII.e Province du S\ 0\et laiffons ouvert le rang de IX.e pour le Chap.e de la Suède, qui paroît attacher quelque prix à ce titre & à cette dénominationet avec lequel nous nous emprefferons de renouer les liens de la fraternité dès que des circonftances heureufes nous en préfenteront les moyens.

& comme nous avons adopté le principe, de réunir dans un reffort les établiffemens, qui font fous une même domination du moment que l'autorité fouveraine paroit le défirer; nous faifons droit fur la demande faite au nom du Révérendiffime Maître Provincial & de la IVe Province dite Italie ; pour réclamer la Préfecture de Chambéry, qui avoit jufqu'à ce jour fait partie de la II.e Province.

Les limites, entre les trois Provinces françoifes enfin, ayant été changées par le Convent national des Gaules, nous les rétabliffons dans l'état où elles étoient avant cette époque,furtout entre la Il.eet Ill.e ; invitons la Il.eet V.e à définir les leurs à l'amiable, à recourir en cas de différent à l'arbitrage de S.E.G.M.e G. & furtout la II.e à dédommager la V.e par une répartition plus égale de leur reffort; de la partie confidérable qui vient d'être retranchée à la dernière par les ceffions faites à la Province d'Autriche.

Les Préfectures relèveront immédiatement des Provinces fans inftances intermédiaires des Prieurés ; fi nous défirons d'un côté, que cette forme foit obfervée dans les Provinces nouvellement établies, nous n'entendons pas d'un autre gêner la volonté & les vues locales de celles, qui exiftent déjà fous une autre forme, & accordons nommément à la Il.eet IVe Province la liberté néceffaire de conferver les divifions de leur Provinces en Prieurés, & de fubordonner leurs Préfectures à ceux‑ci.

Ayant déjà conclu avec la r nationale d'Hollande il y a trois ans un traité d'union & de fraternité, qui a été fuivi peu après de l'établiffement d'un Chap.e à La Haye, nous avons admis le Député de ce Corps natio­nal à nos conférences, & celui‑ci nous ayant expofé le voeu du Chap.e des Bataves, de devenir grand Prieuré de la VI.e ayant fon Directoire & fon Chapitre féparé de celui de la haute Allemagne, & immédiatement foumis au Ser.e M.e Provincial, fans l'intervention d'un Chap.e Provincial: nous élevons ledit Chapitre des Bataves de l'avis & de confentement du Sen.e F\ a Leone réfurgente, Maître Provincial de la VI.e (Prince Charles de Heffe ‑ Caffel) & de fon conclave Provincial, en grand Prieuré exemt; & reconnoiffons pour grand Prieur le Ser.e F\ Fridericus a feptem fagittis (Prince Frédéric de Heffe-Caffel.)

Les FF\ de la Pologne nous ayant fait une demande pareille par le F\ a fonte irriguo leur Député ; nous n'avons pas encore cru leurs établiffemens confolidés fuffifamment pour pouvoir y déférer, & les retenons encore quant à préfent fous le Chap.e Provincial de la I.e mais en même tems nous avons ftatué, qu'en cas que plufieurs établiffemens réunis fous une feule domination, jaloufe de leur indépendance, nous demandaffent une exiftence féparée, & qu'il n'y eut pas encore un nombre de Chapitres convenable, pour être érigés en Province, ou que d'autres motifs s'y oppofaffent; on pourra leur accorder le rang & titre de grand Prieuré exemt, immédiatement, foumis à notre G\ M.e Général.

Quant au G. Prieuré d'Helvétie, nous entendons, que le concordat, qui a été fait entre lui & notre Chap.e provincial de la V.e foit exécuté & maintenu, & que les établiffemens Maçonniques de la Suiffe jouiffent des exemtions, qui leur y font affurées, en continuant de reconnoître le Maître & Chap.e Provincial de la V.e pour leurs fupérieurs.

Rien ne nous tenant à coeur autant que de faire régner la concorde & la bonne harmonie entre les différens établiffemens d'une même Province, nous voyons avec peine la mésintelligence, qui divife depuis plufieurs années les deux Prieurés de Bordeaux & de Montpellier dans la III.e Prov.e. La médiation de notre Em.e G. M. Général & des II.eet V.e Provinces ayant été infructueufes jufqu'ici, nous efpérions les terminer en ce Convent à la fatisfaction commune ; mais le Chap.e de Bordeaux n’ayant pas répondu à l'invitation de comparoître en Convent, celui de Montpellier a réclamé nos confeils fraternels & un arrêt conciliatoire, quoique définitif fur, les limites, privilèges & rapports de ces deux r ; nous les invitons donc à fe rapprocher & à oublier le paffé . chargeons les FF\ a circulis & a Capite Galeato (Marquis de Chef de bÏen) d'interpofer à cet effet leurs bons offices : autorifons le Chap.e de Montpellier à exercer d'ici à la fin de 1783 dans tout le reffort de son Prieuré, & paffé cette époque, dans tout celui de la IlI.e Prov.e tous les droits des fupérieurs, jufqu'à ce que le Cha.e de Bordeaux accède aux arrêtés de ce convent, & approuve ce que Montpellier aura fait dans l'intervalle : avertiffons le Chap.e de Bordeaux de ne pas procéder à une élection d'un Maître Provincial fans le concours de celui de Montpellier, & autorifons ce dernier paffé le 1er  janvier 1784 d'y procéder feul en cas que Bordeaux ne fe foit pas mis en règle d'ici à ce terme : entendons enfin qu'en cas de formation du nouveau Chap.e Provincial on partage les charges entre les deux Prieurés & qu'un commiffaire de S. E. le G.M.e G. y affifte la première fois, pour y remplir les fonctions de médiateur.

S\E\ le G. M. G. ayant trouvé convenable pour le bien. de la I.e Province, que fon Directoire foit transféré de Brunsvic ,  nous propofons aux grands Officiers & Préfectures, de l'établir à Weymar vû la fûreté dont on y jouiroit pour les archives. Transférons pareillement de l'avis & voeu du Maître Provincial & du Chap.e de la VI.e le Directoire de la haute Allemagne de Meinungen à Heidelberg, & en proclamons Préfident le R\ F\ a Tumba Sacra (Baron de ‑DablBerg). Sur la demande faite au nom des FF\et r du Palatinat & accueillie favorablement par la VI.e Province, nous proclamons en fon nom la Préfecture du Palatinat: reconnoiffons pareillement fur le confentement de la I.e Province le Chapitre Prépofitural de Brémen comme Préfecture exemte : & érigeons enfin de l'exprès confentement du Révérendiffime M.e Provincial du Chap.e Provincial & Vifiteurteur général de la V.e la Commanderie du S\ 0\ à Metz en Préfecture régulière, fauf à la faire inftaller légalement par un Commiffaire de la Province.

Pour affurer le bon ordre dans nos ret en voir épurer de plus en plus la compofition, nous avons dès actuellement fixé quelques principes, qui doivent entrer dans le nouveau code. Nous établissons donc les r Écoffoifes compofées des Écoffois de l’arrondiffementet préfidées par le Commandeur de maifon Député‑Maître, comme Infpectriceet première inftance des r bleues ou fimboliques; n'accordant aux Écoffois d'autre prérogative en r bleue que celle des Maîtres, à moins qu'ils foient officiers de la r lefquels formeront un Comité à la demande des Vénérables pour préparer les affaires à délibérer par devant les r.

Fixons dorénavant le nombre effentiel de ceux‑ci à fept, favoir le Vénérable, les deux Surveillans, l'Orateur, le Secrétaire, le Tréforier & Éléemofinaire, auxquels chaque r pourra adjoindre un Maître des Cérémonies & un Économe ; enjoignons aux r de ne recevoir aucun Candidat au deffous de 21 ans accomplis, & prouvé par extrait baptiftaire: en faifant remife d'un an à ceux qui feront préfentés par leurs pères, membres de la r ; mais en n'accordant aucune difpenfe & exigeant que jufqu'à l'âge de 25 ans on rapporte le confentement du père, à moins que le fils ne foit émancipé, & pour ne pas multiplier à volonté les réceptions & borner le nombre des membres par r nous faifons la loi expreffe, que jamais aucune r ne pourra être compofée de plus de 54 frères & que du moment que ce nombre fera rempli, on ne puiffe recevoir qu'en cas de vacance.

Nous avons enfin arrêté, qu'au défaut du Vénérable Maître, la r ne foit pas préfidée par l'Ex‑maître, mais que le droit de Préfidence foit alors dévolu au 1er  Surveillant & que celui ‑ là rentre du moment de la ceffation de fes fonctions, dans la claffe des Écoffois & ne conferve d'autre prérogative que celle de porter à la boutonnière une petite marque, de fon ancienne dignité.

& comme enfin nous fommes plus jaloux de perfuader que de contraindre, & que nous repofant tranquillement fur la bonté de nos intentions, nous n'avons eu d'autre but que celui d'épurer notre régime & d'y réunir tous les frères, qui font animés de l'amour du bien; nous n'avons pas jugé convenable d'exiger une acceptation pure & fimple de nos Chapitres mais nous leur laiffons la liberté d'examiner d'ici à la fin, de 1783 nos opérations & de déclarer au bout de ce terme, s'ils veulent en acceptant le travail du Convent continuer d'adhérer à notre régime, ou s'ils préfèrent de s'affocier à tel autre. Nous ne craignons pas d'avancer que celui qui fera fondé fur les bafes les plus folides & qui enfeignera avec le plus de fuccés les vérités religieufes & morales, & les vertus fociales & patriotiques; préfentera les moyens les plus efficaces pour exercer la bienfaifance dans toute fon étendue, devra néceffairement entraîner la confiance de tous ceux, qui favent apprécier ces avantages.

NousGrand Maître général & membres Capitulaires du Convent réitérons & déclarons, que ces arrêtés font conformes aux délibérations générales & doivent guider les Chapitres & les r auxquelles ils feront duement infinués par les Directoires Provinciaux.

En foi de quoi nous les avons tous figné de notre nom.

Fait à Vilhelmsbad le I.er septembre 1782

               

 

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Pensées

30 Août 2005 , Rédigé par Epictète Publié dans #spiritualité

Si tu le peux donc, fais tomber par tes discours la conversation de tes amis sur ce qui est décent et convenable ; et si tu te trouves avec des étrangers, garde le silence opiniâtrement.

Ne ris ni longtemps, ni souvent, ni avec excès.

Refuse  le serment en tout et partout, si cela est en ton pouvoir ; sinon, autant que l'occasion pourra le permettre.

Évite de manger dehors et fuis tous les festins publics ; mais si quelque occasion extraordinaire te force de te relâcher en cela, redouble alors d'attention sur toi-même, de peur que tu ne te laisses aller aux façons et aux manières de faire du peuple. Sache que, si l'un des conviés est impur, celui qui est assis près de lui, et qui fait comme lui, est nécessairement souillé, quelque pureté qu'il ait par lui-même.

N’use des choses nécessaires au corps qu'autant que le demandent les besoins de l'âme, par exemple de la nourriture, des habits, du logement, des domestiques. Et rejette tout ce qui sent la mollesse ou la vanité.

Si quelqu'un te rapporte qu'un tel a mal parlé de toi, ne t'amuse point à réfuter ce qu'on a dit, mais réponds simplement : « Celui qui a dit cela de moi ignorait sans doute mes autres vices, car il ne se serait pas contenté de ne parler que de ceux-là. »

Ne va ni aux récits, ni aux lectures des ouvrages de certaines gens, ou du moins n'y va pas sans motif. Mais, si tu t'y trouves, conserve la gravité et la retenue, et une douceur qui ne soit mêlée d'aucune marque de chagrin et d'ennui.

Quand tu dois avoir quelque conversation avec quelqu'un, surtout avec quelqu'un des premiers de la ville, demande-toi ce qu'auraient fait en cette rencontre Socrate ou Zénon. Par ce moyen, tu ne seras point embarrassé pour faire ce qui est de ton devoir et pour user convenablement de tout ce qui se présentera.

Quand tu vas faire ta cour à quelque homme puissant, représente-toi d'avance que tu ne le trouveras pas chez lui, ou qu'il se sera enfermé, ou qu'on ne daignera pas t'ouvrir sa porte, ou qu'il ne s'occupera pas de toi. Si, malgré cela, ton devoir t'y appelle, supporte tout ce qui arrivera, et ne t'avise jamais de dire ou de penser que « ce n'était pas la peine ». Car c'est là le langage d'un homme vulgaire, d'un homme sur qui les choses extérieures ont trop de pouvoir.

Dans le commerce ordinaire, garde-toi bien de parler mal à propos et trop longuement de tes exploits et des dangers que tu as courus ; car, si tu prends tant de plaisir à les raconter, les autres n'en prennent pas tant à les entendre.

Garde-toi bien encore de jouer le rôle de plaisant. On est induit par là à glisser dans le genre de ceux qui ne sont pas philosophes, et en même temps cela peut diminuer les égards que les autres ont pour toi.

Il est aussi très dangereux de se laisser aller à des discours obscènes, et, quand tu te trouveras à ces sortes de conversations, ne manque pas, si l'occasion le permet, de tancer celui qui tient ces discours ; sinon, garde au moins le silence, et témoigne, par la rougeur de ton front et par la sévérité de ton visage, que ces sortes de conversations ne te plaisent point.

Quand tu fais une chose, après avoir reconnu qu'elle est de ton devoir, n'évite point d'être vu en la faisant, quelque mauvais jugement que le peuple en puisse faire. Si l'action est mauvaise, ne la fais point ; si elle est bonne, pourquoi crains-tu ceux qui te condamneront sans raison et mal à propos ?

De même que ces deux propositions : « Il est jour, Il est nuit, » sont très raisonnables quand elles sont séparées, qu'on en fait deux parties, et très déraisonnables si on les émet en même temps et que des deux parties on n'en fait qu'une ; ainsi, dans les festins, il n'y a rien de plus déraisonnable que de vouloir tout pour soi, sans aucun égard pour les autres. Quand donc tu seras prié à un repas, souviens-toi de ne penser pas tant à la qualité des mets qu'on servira et qui exciteront ton appétit, qu'à la qualité de celui qui t'a prié, et à conserver les égards et le respect qui lui sont dus.

Si tu prends un rôle qui soit au-dessus de tes forces, non seulement tu le joues mal, mais tu abandonnes celui que tu pouvais remplir.

Comme, en te promenant, tu prends bien garde de ne pas marcher sur un clou, et de ne pas te donner une entorse, prends garde de même de ne pas blesser la partie maîtresse de toi-même, la raison qui te conduit. Si, dans chaque action de notre vie, nous observons ce précepte, nous ferons tout plus sûrement.

La mesure des richesses pour chacun, c'est le corps, comme le pied est la mesure du soulier. Si tu t'en tiens à cette règle, tu garderas toujours la juste mesure ; mais si tu n'en tiens pas compte, tu es perdu : il faudra que tu roules comme dans un précipice où rien ne pourra t'arrêter. De même pour le soulier : si tu passes une fois la mesure de ton pied, tu auras d'abord des souliers dorés, ensuite tu en auras de pourpre, et enfin tu en voudras de brodés. Car il n'y a plus de bornes pour ce qui a une fois passé les bornes.
 

 

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