Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Articles récents

règles du Philathète

21 Septembre 2005 Publié dans #hauts grades

Première Règle

Qui que ce soit qui vous dise, ou veuille vous suggérer ; quoique vous puissiez lire dans les livres des Sophistes, ne vous écartez jamais de ce principe ; que comme le but où vous tendez est l'or, aussi l'or doit être le sujet seul sur lequel vous devez travailler.

Seconde Règle

Prenez garde qu'on ne vous trompe, en vous disant, que notre or n'est pas l'or vulgaire, mais l'or Physique; l'or vulgaire est mort à la vérité ; mais de manière que nous le préparons il se revivifie de même qu'un grain de semence, qui est mort dans le grenier, se revivifie dans la terre. Ainsi après six semaines l'or, qui était mort, devient dans notre œuf vif, vivant et spermatique, dès qu'il est mis dans la terre, qui lui est propre, c'est-à-dire dans notre composé. Il peut donc être appelé notre or, parce qu'il est joint avec un agent, qui certainement lui rendra la vie ; comme par une dénomination contraire, un homme condamné à mort est appelé un homme mort, parce qu'il est destiné à mourir bientôt, quoiqu'il soit encore en vie.

Troisième Règle

Outre l'or, qui est le corps, et qui tient lieu de mâle dans notre œuvre, vous aurez encore besoin d'un autre sperme, qui est l'esprit, l'âme ou la femelle ; et c'est le Mercure Fluide semblable dans sa forme à l'argent vif commun ; mais qui est pourtant et plus net et plus pur. Plusieurs au lieu de Mercure se servent de toutes sortes d'eaux et de liqueurs, qu'ils appellent Mercure Philosophale: ne vous laissez pas surprendre par leurs paroles, on ne saurait recueillir que ce que l'on a semé ; si vous semez donc votre corps, qui est l'or en une terre ou en un Mercure, qui ne soit pas métallique, et qui ne soit pas Homogène aux métaux, au lieu d'un Elixir métallique, vous ne recueillerez qu'une chaux inutile et sans vertu.

Quatrième Règle

Notre Mercure n'est qu'une même chose en substance avec l'argent vif commun; mais il est différent dans sa forme; car il a une forme céleste et ignée et il est d'une vertu excellent : telle est la nature et la qualité, qu'il reçoit par notre Art et notre préparation.

Cinquième Règle

Tout le secret de notre préparation consiste à prendre un minéral, qui est proche du genre de l'or et du Mercure. Il faut l'imprégner avec l'or volatile qui se trouve dans les reins de Mars, et c'est avec quoi il faut purifier le Mercure au moins jusques à sept fois ; ce qui étant fait, ce Mercure est préparé pour le bain du Roy.

Sixième Règle

Sachez encore que depuis sept fois jusques à dix, le Mercure se purifie de plus en plus et devient plus actif, étant à chaque préparation acué par notre vrai souffre ; et s'il excède ce nombre de préparations ou de sublimations, il devient trop igné ; de manier qu'au lieu de dissoudre le corps, il se coagule lui-même.

Septième Règle

Ce Mercure ainsi acué ou animé doit encore être distillé en une retorte de verre deux ou trois fois ; d'autant plus qu'il peut lui être resté quelques Atomes du corps, au temps de la préparation, et ensuite il le faut laver avec du vinaigre et du sel Ammoniac, alors il est préparé pour notre œuvre.

Huitième Règle

Choisissez pour cette œuvre un or pur et net, sans aucun mélange : et s'il n'est pas tel, lorsque vous l'achetez, purifiez-le vous-même par les moyens convenables. Alors vous le mettrez en poudre subtile, soit en le limant, soit en le réduisant, ou faisant réduire en feuilles, soit en le calcinant avec des Corrosifs, soit enfin par quelque autre voie que ce soit, pourvu qu'il soit très subtil, n'importe.

Neuvième Règle

Venons maintenant au mélange : et pour cela prenez du corps susdit, ainsi choisi et préparé une once, et deux ou trois onces au plus du Mercure animé, comme il a été dit ci-devant: mêlez-les dans un mortier de marbre, qui aura été auparavant chauffé aussi chaud que l'eau bouillante le pourra faire; broyez et triturez-les ensemble jusqu'à ce qu'ils soient incorporez ; puis y mettez du vinaigre et du sel jusqu'à qu'il soit très pur, et en dernier lieu vous le dulcifirerez avec de l'eau chaude, et le sécherez exactement.

Dixième Règle

Sachez maintenant que dans tout ce que nous marquons, nous parlons avec candeur ; notre voie n'est aussi que ce que nous enseignons, et nous protestons toujours que ni nous, ni aucun ancien Philosophe, n'a point connu d'autre moyen; étant impossible que notre secret puisse être produit par aucun autre disposition que par celles-ci. Notre Sophisme est seulement dans les deux sortes de feux employez à notre ouvrage.
Le feu secret interne est l'instrument de Dieu, et ses qualités sont imperceptibles aux hommes: nous parlerons souvent de ce feu, quoiqu'il semble que nous entendions la chaleur externe ; c'est de là que naissent plusieurs erreurs entre les imprudents. C'est ce feu, qui est notre feu gradué, car pour la chaleur externe elle est presque linéaire, c'est-à-dire égale et uniforme dans tout l'ouvrage; si ce n'est que dans le blanc ; elle est une sans aucune altération, hormis dans les sept premiers jours, où nous tenons cette chaleur un peu faible pour plus de sûreté; mais le Philosophe expérimenté n'a pas besoin de cet avis.
Pour la conduite du feu interne, elle est insensiblement graduée d'heure en heure, et comme il est journellement réveillé par la suite de la cuisson, les couleurs en sont altérées, et le composé meuri. Je vous ai dénoué un nœud extrêmement embarrassé ; prenez garde d'y être pris de nouveau.

Onzième Règle

Vous devez être pourvu d'un vaisseau ou matras de verre, avec lequel vous puissiez achever votre ouvrage, et sans lequel il vous serait impossible de rien faire: il le faut de figure ovale ou sphérique, de grosseur convenable à votre composé ; en sorte qu'il puisse contenir environ douze fois autant de matière dans sa capacité que vous y en mettrez. Il faut que le verre soit épais, fort et transparent, sans aucun défaut ; son col doit être d'une paume, ou tout au plu d'un pied de long ; vous mettrez votre matière dans cet œuf, scellant le col avec beaucoup de soin ; de sort qu'il n'y ait ni défaut, ni crevasse, ni trous ; car le moindre esvent ferait évaporer l'esprit le plus subtile et perdrait l'ouvrage : Vous pourrez être certain de l'exacte sigillation de votre vaisseau en cette manière. Lorsqu'il sera froid mettez le bout du col dans votre bouche à l'endroit où il est scellé, sucez fortement, et si il y a la moindre ouverture vous attirerez dans votre bouche l'air qui est dans le matras, et lorsque vous retirerez de votre bouche le col du vaisseau, l'air aussitôt rentrera dans la matras avec une sorte de sifflement, de manière que votre oreille en pourra entendre le bruit ; cette expérience est immanquable.

Douzième Règle

Vous devez aussi avoir pour fourneau ce que les Sages appellent Athanor, dans lequel vous puissiez accomplir tout votre ouvrage. Dans le premier travail celui dont vous avez besoin doit être disposé de telle manière qu'il puisse donner une chaleur d'un rouge obscur, ou moindre à votre volonté, et qu'en son plus haut degré de chaleur il s'y puisse maintenir égal au moins douze heures: si vous en avez un tel.

Observez premièrement que la capacité de votre nid ne soit plus ample que pour contenir votre bassin, avec environ un pouce de vide tout à l’entour, afin que le feu, qui vient du soupirail de la tour, puisse circuler autour du vaisseau.
En seconde lieu, votre bassin doit contenir seulement un vaisseau ou matras, avec environ un pouce d'épaisseur de cendres entre le bassin, le fonds, et les ôtez du vaisseau; vous souvenant de ce qui dit le Philosophe : Un seul vaisseau, une seule matière, et un seul fourneau.
Ce bassin doit être situé de manière qu'il soit précisément sur l'ouverture du soupirail d'ou vient le feu; et ce soupirail doit avoir une seule ouverture d'environ trois pouces de diamètre, qui biaisant et montant conduira une langue de feu, qui frappera toujours au haut du vaisseau, et environnera le fonds, le maintiendra continuellement dans une chaleur également brillante.

En troisième lieu, si votre bassin est plus grand qu'il ne faut, comme la cavité de votre fourneau doit être trois ou quatre fois plus grande que son diamètre alors le vaisseau ne pourra jamais être échauffé exactement ni continuellement comme il faut.

En quatrième lieu, si votre tour n'est de six pouces ou environ à l'endroit du feu, vous n'êtes pas dans la proportion, et vous ne viendrais jamais au point juste de chaleur ; car si vous excédez cette mesure, et que vous fassiez trop flamber votre feu, il sera trop faible.

En dernier lieu, le devant de votre fourneau doit se fermer exactement par un trou, qui ne doit être que de la grandeur nécessaire pou introduire le charbon, comme environ un pouce de diamètre, afin qu'il puisse plus fortement en bas récupérer la chaleur.

Treizième Règle

Les choses étant ainsi disposées, mettez le vaisseau, où est votre matière dans ce fourneau et lui donnez la chaleur que la nature demande, commençant où la nature a quitté.
Sachez maintenant que la nature a laissez vos matières dans le règne minéral ; c'est pourquoi encore que nous tirions nos comparaisons des végétaux et des animaux, il faut pourtant que vous conceviez un rapport convenable au règne, où est placée la matière, que vous voulez traiter. Si par exemple je fais comparaison entre la génération d'un homme et la végétation d'une plante; vous ne devez pas croire que ma pensée soit telle, que la chaleur, qui est propre pour l'un le soit aussi pour l'autre, car nous savons que dans la terre où les végétaux croissent, il y a de la chaleur que les plantes sentent, et même dès le commencement du Printemps.

Cependant un œuf ne pourrait pas éclore à cette chaleur, et l'homme ne pourrait en apercevoir aucun sentiment; au contraire elle lui semblerait un engourdissement froid. Mais puisque vous savez que votre ouvrage est entièrement dans le règne minéral, vous devez connaître la chaleur qui est propre pour les minéraux, et celle qui doit être appelée petite ou violente.
Considérez maintenant que la nature vous a laissé non seulement dans le règne minéral, mais encore que vous devez travailler sur l'or et le mercure, qui tous deux sont incombustibles.

Que le Mercure est tendre et qu'il peut rompre les vaisseau, qui le contiennent, si le feu est trop fort : qu'il est incombustible et qu'aucun feu ne lui peut nuire ; mais cependant qu'il faut le retenir avec le sperme masculin en une même vaisseau de verre, ce qui ne pourra se faire, si le feu est trop violent ; et par conséquent on ne pourrait pas accomplir l'œuvre.
Ainsi le degré de chaleur, qui pourra tenir du plomb ou de l'étain en fusion, et même encore plus forte, c'est-à-dire telle que les vaisseaux, la pourront souffrir sans rompre, doit être estimée une chaleur tempérée. Par là vous commencerez votre degré de chaleur propre pour le règne, où la nature vous a laissé.

Quatorzième Règle

Sachez que tout le progrès de cet ouvrage, qui est une cohobation de la lune sur le sol, est de monter en nuées et retomber en pluie ; c'est pourquoi je vous marque de sublimer en vapeurs continuelles, afin que la pierre prenne air et puisse vivre.

Quinzième Règle

Ce n'est pas encore assez;mais pour obtenir notre teinture permanente, il faut que l'eau de notre lac bouille avec les cendres de l'arbre d'Hermès ; je vous exhorte de faire bouillir nuit et jour sans cesse, afin que dans les ouvrages de notre mer tempétueuse, la nature céleste puisse monter et la terrestre descendre. Car je vous assure que si nous ne faisons bouillir nous ne pouvons jamais nommer notre ouvrage une cuisson, mais une digestion, d'autant que quand les esprits circulent seulement en silence, et que le composé, qui est en bas, ne se meut point par ébullition, cela se nomme proprement digestion.

Seizième Règle

Ne vous hâtez point dans l'espérance d'avoir la moisson ou la fin de l'œuvre aussitôt après son commencement; car si vous veillez avec patience l'espace de 50 jours au plus, vous verrez le bec du corbeau. 
Plusieurs, dit le Philosophe, s'imaginent que notre solution est une chose fort aisée; mais il n'y a que ceux qui l'ont essayée & qui en ont fait l'expérience, qui puissent dire combien elle est difficile.
Ne voyez-vous pas que si vous semez un grain de bled, trois jours après vous le verrez simplement enflé ; que si vous le faites sécher il deviendra comme auparavant. Cependant on ne peut pas dire qu'on ne l'ait pas mis en une matrice convenable ; car la terre est son vrai & propre lieu; mais il a seulement manqué de tems nécessaire pour la végétation.
Considérez que les semences les plus dures ont besoin d'être plus longtemps dans la terre, comme les noix & noyaux de prunes, chaque chose ayant sa saison ; & c'est une marque certain d'une opération naturelle, lorsque sans précipitation elle demeure le temps nécessaire pour son action. P
ensez-vous donc que l'or, qui est le corps du monde le plus solide, puisse changer de forme en si peu de temps. Il faut que nous demeurions dans l'attente jusqu'à vers la quarantième jour que le commencement de la noirceur se fait voir. Quand vous verrez cela concluez alors que votre corps est détruit; c'est-à-dire qu'il est réduit en une âme vivante, & votre esprit est mort ; c'est-à-dire, qu'il est coagulé avec le corps. Mais jusqu'à cette noirceur l'or & le mercure conservent chacun leur forme & leur nature.

Dix-septième Règle

Prenez garde que votre feu ne s'éteigne, pas même pour un moment ; car si une fois la matière devient froid, la perte de l'ouvrage s'ensuivra immanquablement.

Vous pouvez recueillir de tout ce que nous avons dit, que tout notre ouvrage n'est autre chose que faire bouillir notre composé au premier degré d'une liquéfiante chaleur, qui se trouve dans le règne métallique, ou la vapeur interne circule autour de la matière, & dans cette fumée l'une & l'autre mourront & ressusciteront.

Dix-huitième Règle

Continuez alors votre feu jusqu'à ce que les couleurs paraissent, & vous verrez enfin la blancheur. Sachez que lorsque la blancheur paraîtra (ce qui arrivera vers la fin du cinquième mois) l'accomplissement de la Pierre blanche s'approche. Réjouissez-vous donc, car le Roy a vaincu la mort, et paraît en Orient avec beaucoup de gloire.

Dix-neuvième Règle

Continuez encore votre feu, jusqu'à ce que les couleurs paraissent de nouveau, et vous verrez enfin le beau vermillon et le pavot champêtre. Glorifiez donc Dieu et soyez reconnaissant.

Vingtième Règle

Enfin il faut que fassiez bouillir (ou plutôt cuire cette Pierre) derechef dans la même eau, avec la même proportion et selon le même régime. Votre feu doit être seulement un peu plus faible, et par ce moyen vous l'augmenterez en quantité et en vertu suivant votre désir.
Que Dieu, le Père des Lumières, vous fasse voir cette régénération de Lumière, et vous fasse un jour participant de la vie éternelle. Ainsi soit-il.

 

Lire la suite

le Miroir d'Alchimie

21 Septembre 2005 , Rédigé par R BACON Publié dans #hauts grades

Dans leurs écrits les Philosophes se sont exprimés de bien des manières différentes, mais toujours énigmatiques. Ils nous ont légué une science noble entre toutes, mais voilée complètement pour nous par leur parole nuageuse, entièrement cachée sous un voile impénétrable. Et pourtant ils ont eu raison d'agir ainsi. Aussi, je vous conjure d'exercer avec persévérance votre esprit sur ces sept Chapitres, qui renferment l'art de transmuer les métaux, sans avoir à vous inquiéter des écrits des autres philosophes. Repassez souvent dans votre esprit leur commencement, leur milieu, leur fin, et vous y trouverez des inventions si subtiles que votre âme en sera remplie de joie.

CHAPITRE I : DÉFINITIONS DE L'ALCHIMIE.

Dans quelques manuscrits anciens, on trouve de cet art plusieurs définitions desquelles il importe que nous parlions ici. Hermès dit : " L'Alchimie est la science immuable qui travaille sur les corps à l'aide de la théorie et de l'expérience, et qui, par une conjonction naturelle, les transforme en une espèce supérieure plus précieuse. Un autre philosophe a dit : " l'Alchimie enseigne à transmuer toute espèce de métal en une autre, cela à l'aide d'une Médecine particulière, ainsi qu'on peut le voir par les nombreux écrits des Philosophes. " C'est pourquoi je dis : " l'Alchimie est la science qui enseigne à préparer une certaine Médecine ou élixir, laquelle étant projetée sur les métaux imparfaits, leur donne la perfection dans le moment même de la projection.

CHAPITRE II : DES PRINCIPES NATURELS ET DE LÀ GÉNÉRATION DES MÉTAUX.

Je vais parler ici des principes naturels et de la génération des métaux. Notez d'abord que les principes des métaux sont le Mercure et le Soufre. Ces deux principes ont donné naissance à tous les métaux et à tous les minéraux, dont il existe pourtant un grand nombre d'espèces différentes. Je dis de plus que la nature a toujours eu pour but et s'efforce sans cesse d'arriver à la perfection, à l'or. Mais par suite de divers accidents qui entravent sa marche, naissent les variétés métalliques, ainsi qu'il est clairement exposé dans plusieurs philosophes.

Selon la pureté ou l'impureté des deux principes composants, c'est-à-dire du Soufre et du Mercure, il se produit des métaux parfaits ou imparfaits, l'or, l'argent, l'étain, le plomb, le cuivre, le fer. Maintenant recueille pieusement ces enseignements sur la nature des métaux, sur leur pureté ou leur impureté, leur pauvreté ou leur richesse en principes.

Nature de l'Or : l'Or est un corps parfait composé d'un Mercure pur, fixe, brillant, rouge et d'un Soufre pur, fixe, rouge, non combustible. L'Or est parfait.

Nature de l'Argent : c'est un corps pur, presque parfait, composé d'un Mercure pur, presque fixe, brillant, blanc. Son Soufre a les mêmes qualités. Il ne manque à l'Argent qu'un peu plus de fixité, de couleur et de poids.

Nature de l'étain : c'est un corps pur, imparfait, composé d'un Mercure pur, fixe et volatil, brillant, blanc à l'extérieur, rouge à l'intérieur. Son Soufre a les mêmes qualités. Il manque seulement à l'étain d'être un peu plus cuit et digéré.

Nature du plomb : c'est un corps impur et imparfait, composé d'un Mercure impur, instable, terrestre, pulvérulent, légèrement blanc à l'extérieur, rouge à l'intérieur. Son Soufre est semblable et de plus combustible. Il manque au plomb, la pureté, la fixité, la couleur ; il n'est pas assez cuit.

Nature du cuivre : le cuivre est un métal impur et imparfait, composé d'un Mercure impur, instable, terrestre, combustible, rouge, sans éclat. De même pour son Soufre. Il manque au cuivre, la fixité, la pureté, le poids. Il contient trop de couleur impure et de parties terreuses incombustibles.

Nature du fer : le fer est un corps impur, imparfait, composé d'un Mercure impur, trop fixe, contenant des parties terreuses combustibles, blanc et rouge, mais sans éclat. Il lui manque la fusibilité, la pureté, le poids ; il contient trop de Soufre fixe impur et de parties terreuses combustibles. Tout alchimiste doit tenir compte de ce qui précède.

CHAPITRE III : D'OU L'OR DOIT RETIRER LA MATIÈRE PROCHAINE DE L'ÉLIXIR.

Dans ce qui précède on a suffisamment déterminé la genèse des métaux parfaits et imparfaits.

Maintenant nous allons travailler à rendre pure et parfaite la matière imparfaite. Il ressort des chapitres précédents que tous les métaux sont composés de Mercure et de Soufre, que l'impureté et l'imperfection des composants se retrouve dans le composé ; comme on ne peut ajouter aux métaux que des substances tirées d'eux-mêmes, il s'ensuit qu'aucune matière étrangère ne peut nous servir, mais que tout ce qui est composé des deux principes, suffit pour perfectionner, et même transmuer les métaux. Il est très surprenant de voir des personnes, pourtant habiles, travailler sur les animaux, lesquels constituent une matière très éloignée, alors qu'elles ont sous la main une matière suffisamment prochaine dans les minéraux. Il n'est pas impossible qu'un Philosophe ait placé l'Œuvre dans ces matières éloignées, mais c'est par allégorie qu'il l'aura fait.

Deux principes composent tous les métaux et rien ne peut s'attacher, s'unir aux métaux ou les transformer, s'il n'est lui-même composé des deux principes. C'est ainsi que le raisonnement nous force à prendre pour Matière de notre Pierre, le Mercure et le Soufre. Le Mercure seul, le Soufre seul ne peuvent engendrer les métaux, mais par leur union, ils donnent naissance aux divers métaux et à de nombreux minéraux. Donc il est évident que notre Pierre doit naître de ces deux principes.

Notre dernier secret est très précieux et très caché : sur quelle matière minérale, prochaine entre toutes, doit-on directement opérer ? Nous sommes obligé de choisir avec soin. Supposons d'abord que nous tirions notre matière des végétaux : herbes, arbres et tout ce qui naît de la terre. Il faudra en extraire le Mercure et le Soufre par une longue cuisson, opérations que nous repoussons, puisque la nature nous offre du Mercure et du Soufre tout faits.

Si nous avions élu les animaux, il nous faudrait travailler sur le sang humain, cheveux, urine, excréments, œufs de poule, enfin tout ce que l'on peut tirer des animaux. Il nous faudrait, là encore, extraire par la cuisson, le Mercure et le Soufre. Nous récusons ces opérations pour notre première raison. Si nous avions choisi les minéraux mixtes, telles que sont les diverses espèces de magnésies, marcassites, tuties, couperoses' ou vitriols, aluns, borax, sels, etc., il faudrait mêmement en extraire le Mercure et le Soufre par cuisson, ce que nous repoussons pour les mêmes raisons que ci-dessus. Si nous choisissions l'un des sept esprits comme le Mercure seul, ou le soufre seul, ou bien le Mercure et l'un des deux soufres, ou bien le soufre vif, ou l'orpiment ou l'arsenic jaune, ou l'arsenic rouge, nous ne pourrions les perfectionner; parce que la nature ne perfectionne que le mélange déterminé des deux principes. Nous ne pouvons faire mieux que la nature, et il nous faudrait extraire de cas corps le Soufre et le Mercure, ce que nous repoussons comme ci-dessus.

Finalement, si nous prenions les deux principes eux-mêmes, il nous faudrait les mêler selon une certaine proportion immuable, inconnue à l'esprit humain, et ensuite les cuire jusqu'à ce qu'ils soient coagulés en une masse solide.

C'est pourquoi nous écartons l'idée de prendre les deux principes séparés, c'est-à-dire le Soufre et le Mercure, parce que nous ignorons leur proportion et que nous trouverons des corps dans lesquels les deux principes sont unis dans de justes proportions, coagulés et conjoints selon les règles.

Cache bien ce secret: L'Or est un corps parfait et mâle sans superfluité ni pauvreté. S'il perfectionnait les métaux imparfaits fondus avec lui, ce serait l'élixir rouge. L'argent aussi est un corps presque parfait et femelle, et si par simple fusion, il rendait presque parfaits les métaux imparfaits, ce serait l'élixir blanc. Ce qui n'est pas et ce qui ne peut pas être, parce que ces corps sont parfaits à un seul degré. Si leur perfection était communicable aux métaux imparfaits, ces derniers ne se perfectionneraient pas et ce seraient les métaux parfaits qui seraient souillés par le contact des imparfaits. Mais s'ils étaient plus que parfaits, au double, au quadruple, au centuple, etc., ils pourraient alors perfectionner les imparfaits.

La nature opère toujours simplement, c'est pour cela que la perfection est simple en eux, indivisible et non transmissible. Ils ne pourraient entrer dans la composition de la Pierre, comme ferments, pour abréger l'œuvre ; ils se réduiraient en effet en leurs éléments, la somme de volatil dépassant la somme de fixe. Et parce que l'or est un corps parfait composé d'un Mercure rouge, brillant, et d'un Soufre semblable, nous ne le prendrons pas comme matière de la Pierre pour l'élixir rouge ; car il est trop simplement parfait, sans perfection subtile, il est trop bien cuit et digéré naturellement et c'est à peine si nous pouvons le travailler avec notre feu artificiel ; de même pour l'argent. Quand la nature perfectionne quelque chose, elle ne sait cependant pas le purifier, le parfaire intimement, parce qu'elle opère avec simplicité. Si nous choisissions l'or et l'argent, nous pourrions à grand peine trouver un feu capable d'agir sur eux. Quoique nous connaissions ce feu, nous ne pouvons cependant arriver à la purification parfaite à cause de la puissance de leurs liens et de leur harmonie naturelle ; aussi repoussons l'or pour l'élixir rouge, l'argent pour l'élixir blanc. Nous trouverons un certain corps, composé de Mercure et de Soufre suffisamment purs, sur lesquels la nature aura peu travaillé. Nous nous flattons de perfectionner un tel corps avec notre feu artificiel et la connaissance de l'art. Nous le soumettrons à une cuisson convenable, le purifiant, le colorant et le fixant selon les règles de l'art. Il faut donc choisir une matière qui contienne un Mercure pur, clair, blanc et rouge, pas complètement parfait, mélangé également, dans les proportions voulues et selon les règles, avec un Soufre semblable à lui. Cette matière doit être coagulée en une masse solide et telle qua l'aide de notre science et de notre prudence, nous puissions parvenir à la purifier intimement, à la perfectionner par notre feu, et à la rendre telle qu'à la fin de l'Œuvre, elle soit des milliers de mille fois plus pure et plus parfaite que les corps ordinaires cuits par la chaleur naturelle.

Sois donc prudent ; car si tu as exercé la subtilité et l'acuité de ton esprit sur ces chapitres où je t'ai manifestement révélé la connaissance de la Matière, tu possèdes maintenant cette chose, ineffable et délectable, objet de tous les désirs des Philosophes.

CHAPITRE IV : DE LA MATIÈRE DE REGLER LE FEU ET DE LE MAINTENIR.

Si tu n'as pas la tête trop dure, si ton esprit n'est pas enveloppé complètement du voile de l'ignorance et de l'inintelligence, je puis croire que dans les précédents chapitres tu as trouvé la vraie Matière des Philosophes, matière de la Pierre bénite des sages, sur laquelle l'Alchimie va opérer dans le but de perfectionner les corps imparfaits à l'aide de corps plus que parfaits. La nature ne nous offrant que des corps parfaits ou imparfaits, il nous faut rendre indéfiniment parfaite par notre travail la Matière nommée ci-dessus.

Si nous ignorons la manière d'opérer, quelle en est la cause, sinon que nous n'observons pas comment la nature perfectionne chaque jour les métaux ? Ne voyons-nous pas que dans les mines, les éléments grossiers se cuisent tellement et s'épaississent si bien par la chaleur constante existant dans les montagnes, qu'avec: le temps elle se transforme en Mercure ? Que la même chaleur, la même cuisson transforme les parties grasses de la terre en Soufre ? Que cette chaleur appliquée longtemps à ces deux principes, engendre salon leur pureté ou leur impureté, tous les métaux ? Ne voyons-nous pas que la nature produit et perfectionne tous les métaux par la seule cuisson ? 0 folie infinie, qui donc, je vous le demande, qui donc vous oblige à vouloir faire la même chose à l'aide de régimes bizarres et fantastiques. C'est pourquoi un Philosophe a dit : " Malheur à vous qui voulez surpasser la nature et rendre les métaux plus que parfaits par un nouveau régime, fruit de votre entêtement insensé. Dieu a donné à la nature des lois immuables, c'est-à-dire, qu'elle doit agir par cuisson continue, et vous insensés, vous la méprisez ou vous ne savez pas l'imiter. " II dit de même : " Le feu et l'azoth doivent te suffire. " Et ailleurs : " La chaleur perfectionne tout. " Et ailleurs: " II faut cuire, cuire, recuire et ne pas s'en fatiguer. " Et en différents passages: " Que votre feu soit calme et doux ; qu'il se maintienne ainsi chaque jour, toujours uniforme, sans faiblir, sinon il s'ensuivra un grand dommage. — Sois patient et persévérant. — Broyé sept fois. Sache que tout notre magistère se fait d'une chose, la Pierre, d'une seule façon, en cuisant et dans un seul vase. — Le feu broyé — L'Œuvre est semblable à la création de l'homme. Dans l'enfance on le nourrit d'aliments légers, puis quand ses os se sont affermis, la nourriture devient plus fortifiante ; de même notre magistère est d'abord soumis à un feu léger avec lequel il faut toujours agir pendant la cuisson. Mais quoique nous parlions sans cesse de feu modéré, nous sous-entendons néanmoins que dans le régime de l'Œuvre il faut l'augmenter peu à peu et par degré jusqu'à la fin.

CHAPITRE V : DU VAISSEAU ET DU FOURNEAU.

Nous venons de déterminer la manière d'opérer, nous allons maintenant parler du vaisseau et du fourneau, dire comment et avec quoi ils doivent être faits. Lorsque la nature cuit les métaux dans les mines à l'aide du feu naturel, elle ne peut y parvenir qu'en employant un vaisseau propre à la cuisson. Nous nous proposons d'imiter la nature dans le régime du feu, imitons-la donc aussi pour le vaisseau. Examinons l'endroit où s'élaborent les métaux. Nous voyons d'abord manifestement dans une mine, que sous la montagne il y a du feu, produisant une chaleur égale, dont la nature est de monter sans cesse. En s'élevant elle dessèche et coagule l'eau épaisse et grossière, contenue dans les entrailles de la terre, et la transforme en Mercure. Les parties onctueuses minérales de la terre sont cuites, rassemblées dans les veines de la terre et coulant à travers la montagne, elles engendrent le Soufre. Comme on peut l'observer dans les filons des mines, le Soufre né des parties onctueuses de la terre rencontre le Mercure. Alors a lieu la coagulation de l'eau métallique. La chaleur continuant à agir dans la montagne, les différents métaux apparaissent après un temps très long. On observe dans les mines une température constante, nous pouvons en conclure que la montagne qui renferme des mines est parfaitement close de tous côtés par des rochers ; car, si la chaleur pouvait s'échapper, jamais les métaux ne naîtraient.

Si donc nous voulons imiter la nature, il faut absolument que nous ayons un fourneau semblable à une mine, non par sa grandeur, mais par une disposition particulière, telle que la feu placé dans le fond ne trouve par d'issue pour s'échapper quand il montera, en sorte que la chaleur soit réverbérée sur le vase, clos avec soin, qui renferme la matière de la Pierre. Le vaisseau doit être rond, avec un petit col. Il doit être en verre ou en une terre aussi résistante que le verre; on enfermera hermétiquement l'orifice avec un couvercle et du bitume. Dans les mines, le feu n'est pas en contact immédiat avec la matière du Soufre et du Mercure ; celle-ci en est séparée par la terre de la montagne. De même le feu ne doit pas être appliqué à nu au vaisseau qui contient la Matière, mais il faut placer ce vaisseau dans un autre vase fermé avec autant de soin que lui, de telle sorte qu'une chaleur égale agisse sur la Matière, en haut, en bas, partout où il sera nécessaire. C'est pourquoi Aristote dit dans la Lumière des lumières, que le Mercure doit être cuit dans un triple vaisseau en verre très dur, ou, ce qui vaut mieux, en terre possédant la dureté du verre.

CHAPITRE VI : DES COULEURS ACCIDENTELLES ET ESSENTIELLES QUI APPARAISSENT PENDANT L'OEUVRE.

Ayant élu la Matière de la Pierre, tu connais de plus la manière certaine d'opérer, tu sais à l'aide de quel régime on fait apparaître les diverses couleurs en cuisant la Pierre. Un Philosophe a dit " Autant de couleurs, autant de noms. Pour chaque couleur nouvelle apparaissant dans l'Œuvre, les Alchimistes ont inventé un nom différent. Ainsi à la première opération de notre Pierre, on a donné le nom de putréfaction, car notre Pierre est alors noire. "Lorsque tu auras trouvé la noirceur, dit un autre Philosophe, sache que dans cette noirceur se cache la blancheur, et il faut l'en extraire."

Après la putréfaction, la pierre rougit et on a dit là-dessus : " Souvent la pierre rougit, jaunit et se liquéfie, puis se coagule avant la véritable blancheur. Elle se dissout, se putréfie, se coagule, se mortifie, se vivifie, se noircît, se blanchit, s'orne de rouge et de blanc, tout cela par elle-même. " Elle peut aussi verdir, car un philosophe a dit : " Cuis jusqu'à ce qu'un enfant vert apparaisse, c'est l'âme de la pierre. " Un autre a dit : " Sachez que c'est l'âme qui domine pendant la verdeur. " II apparaît aussi avant la blancheur les couleurs du paon, un philosophe en parle en ces termes : " Sachez que toutes les couleurs qui existent dans l'Univers ou que l'on peut imaginer, apparaissent avant la blancheur, ensuite seulement vient la vraie blancheur. Le corps sera cuit jusqu'à ce qu'il devienne brillant comme les yeux des poissons et alors la pierre se coagulera à la circonférence. "

" Lorsque tu verras la blancheur apparaître à la surface dans le vaisseau, dit un sage, sois certain que sous cette blancheur se cache le rouge ; il te faut l'en extraire, cuis donc jusqu'à ce que tout soit rouge. " II y a enfin entre le rouge et le blanc une certaine couleur cendrée, de laquelle on a dit: " Après la blancheur, tu ne peux plus te tromper, car en augmentant le feu, tu arriveras à une couleur grisâtre. " " Ne méprise pas la cendre, dit un Philosophe, car avec l'aide de Dieu, elle se liquéfiera. " Enfin apparaît le Roi couronné du diadème rouge, si dieu le permet.

CHAPITRE VII: DE LA MANIÈRE DE PAIRE LA PROJECTION SUR LES MÉTAUX IMPARFAITS.

Comme je l'avais promis, j'ai traité jusqu'à la fin notre Grand Œuvre, Magistère béni, préparation des élixirs blanc et rouge. Maintenant nous allons parler de la manière de faire la projection, complément de l'Œuvre, attendu et désiré avec impatience. L'Elixir rouge, jaunit à l'infini et transforme en or pur tous les métaux. L'Elixir blanc blanchit à l'infini et donne aux métaux la blancheur parfaite. Mais il faut savoir qu'il y a des métaux plus éloignés que d'autres de la perfection et, inversement il y en a qui sont plus prochains. Quoique tous les métaux soient également amenés à la perfection par l'Elixir, ceux qui sont prochains, deviennent parfaits plus rapidement, plus complètement, plus intimement que les autres. Lorsque nous aurons trouvé le métal le plus prochain, nous écarterons tous les autres. J'ai déjà dit quels sont les métaux prochains et éloignés et lequel est le plus près de la perfection. Si tu es suffisamment sage et intelligent, tu le trouveras, dans un précédent chapitre, indiqué sans détour, déterminé avec certitude. Il est hors de doute que celui qui a exercé son esprit sur ce Miroir trouvera par son travail la vraie Matière, et saura sur quel corps il convient de faire la projection de l'Elixir pour arriver à la perfection.

Nos précurseurs qui ont tout trouvé dans cet art par leur seule philosophie, nous montrent suffisamment et sans allégorie, le droit chemin, quand ils disent : " Nature contient Nature, Nature se réjouit de Nature, Nature domine Nature et se transforme dans les autres Natures. " Le semblable se rapproche du semblable, car la similitude est une cause d'attraction ; il y a des philosophes qui nous ont transmis là-dessus un secret remarquable. Sache que la nature se répand rapidement dans son propre corps, alors qu'on ne peut l'unir à un corps étranger. Ainsi l'âme pénètre rapidement le corps qui lui appartient, mais c'est en vain que tu voudrais la faire entrer dans un autre corps.

La similitude est assez frappante ; les corps, dans l'Œuvre, deviennent spirituels et réciproquement les esprits deviennent corporels ; le corps fixe est donc devenu spirituel. Or, comme l'Elixir, rouge ou blanc, a été amené au delà de ce que sa nature comportait, il n'est donc pas étonnant qu'il ne soit pas miscible aux métaux en fusion, quand on se contente de l'y projeter. Il serait impossible ainsi de transmuer mille parties pour une. Aussi je vais vous livrer un grand et rare secret : il faut mêler une partie d'Elixir avec mille du métal le plus prochain, enfermer le tout dans un vaisseau propre à l'opération, sceller hermétiquement et mettre au fourneau à fixer. Chauffez d'abord lentement, augmentez graduellement le feu pendant trois jours jusqu'à union parfaite. C'est l'ouvrage de trois jours. Tu peux recommencer alors à projeter une partie de ce produit sur mille de métal prochain, et il y aura transmutation. Il te suffira pour cela d'un jour, d'une heure, d'un moment. Louons donc notre Dieu, toujours admirable, dans l'Eternité.

 

Lire la suite

le soufisme

21 Septembre 2005 , Rédigé par ELIAS Publié dans #hauts grades

Le soufisme ou l'humanisme de l'Islam

 par Elias 

 Ce texte est paru dans la Tribune d'Octobre No 19
(El Badil, Montreuil, 25 mars 1990)

Le soufisme s'est développé dans un cadre particulièrement difficile. le pouvoir en place, sous les Omeyyades et plus particulièrement sous les 'Abbassides, était très sourcilleux sur l'orthodoxie sunnite et jetait le discrédit sur toute fausse note susceptible de donner plus d'assise au chiisme.

Il n'est pas du tout surprenant d'assister à une lutte sans merci pour la mainmise sur la religion dès l'avènement du deuxième calife Omar. L'élaboration de la vulgate coranique sous Othman avait donnée le ton de ce qui allait advenir en matière de politisation de la croyance. La volonté de régenter le culte s'en est davantage accentuée.

Dès l'époque Omeyyade, il y eut un islam officiel, proche du pouvoir en place et un islam légitimiste incarné par les chi'ites qui réclamaient un "juste retour des choses". Le message coranique subira dès lors beaucoup d'avatars pour culminer à l'époque 'Abbasside par une volonté de faire triompher le courant litté-raliste qui s'est non seule-ment attaché à mettre en avant l'aspect exotérique des Écritures Saintes mais en plus selon la technique de l'abrogation, s'est rangé sur les positions les plus restrictives voire répressives du message. Cette lecture littéraliste était le propre des théologiens de cour occupant des positions prédominantes dans le clergé informel de la judicature islamique.

Face à cette formalisation excessive d'une croyance basée sur l'émancipation des individus, d'autres catégories ont vu le jour pour mettre les pendules à l'heure: les philosophes et les soufis.

Les philosophes hellénisants n'avaient pas à proprement parler les coudées franches. Ils devaient promouvoir leur activité spéculative à l'ombre du dogme sous peine d'être taxés d'hérésie.

 Les soufis

En schématisant à l'extrême, on pourrait dire que le soufisme est un ésotérisme par opposition à l'ésotérisme. Cette attitude ésotérique (batin) n'est pas fortuite, elle plonge ses racines dans le champ ouvert par le Coran. Dès lors que le soufisme représente l'aspect intérieur de l'Islam, sa doctrine est en substance un commentai-re ésotérique du Coran. Le prophète lui-même a donné la clef de toute exégèse coranique dans ses enseignements oralement transmis et vérifiés par la concordance d'intermédiaires.

Parmi ces paroles prophétiques, certaines sont fondamentales pour le soufisme, à savoir celles que le Prophète énonçait en sa qualité, non de législateur, mais de saint contemplatif, et qu'il adressait à ceux de ses compagnons qui furent, par la suite, les premiers maîtres soufis, puis celles où Dieu parla directement par la bouche du Prophète et qu'on appelle Sentences Saintes (Ahadith Qudsiya). Celles-ci relèvent du même degré d'inspiration que le Coran, mais non du même mode "objectif" de révélation; elles énoncent, du reste, des vérités qui n'étaient pas destinées à toute la communauté religieuse, mais aux seuls contemplatifs. C'est de là que part l'exégèse soufie du Coran, "se basant sur la parole du Prophète selon laquelle chaque parole du Coran comporterait plusieurs sens et sur le fait que chaque lettre a son sens (hadd) et que chaque définition implique un lieu d'ascension" (matla') 1.

Le soufisme est né pratiquement avec l'Islam, cependant le terme tasawuf n'est apparu qu'aux confins du IIe et IIIe siècles de l'hégire. Un groupe de spirituels chi'ites aurait été le premier désigné sous le nom de soufis. Parmi eux un certain 'Abdak (210/825) antérieur à Jonayd et son maître Sari al-Saqati.

La Tradition du Prophète abonde en préceptes mystiques. N'est-ce pas lui qui incita à une lecture ésotérique du Coran. Abou Hurayra disait: "j'ai gardé précieusement dans ma mémoire deux trésors de connaissance que j'avais reçu du messager de Dieu; l'un, je l'ai rendu public, mais si je divulguais l'autre, vous me trancheriez la gorge".

Après la disparition du dernier calife qui était le chef légal, théologique et mystique, l'autorité se divisa entre les jurisconsultes, les théologiens et les mystiques. Hassan al Basri (mort en 728) était probablement le premier mystique "pur" n'ayant pas de responsabilité dans la direction de l'État. C'est aussi le premier, sans doute, à avoir posé explicitement ce qu'allait être le fondement du soufisme: "Qui connaît Dieu l'aime, et qui connaît le monde y renonce" 2.

Ce renoncement est repris par Dâwad at-Tâ'i, disciple et successeur de Habib al 'Ajami (le persan) lui-même disciple de Hassan al Basri: "Fais ton jeûne de ce monde, fais ton déjeuner de la mort et fuis les hommes comme tu fuirais les bêtes" 3.

Ces principes vont inaugurer toute une lignée de mystiques qui ne vont pas se contenter de rechercher la haqiqa (vérité spirituelle permanente) au détriment de la Shari'a (la lettre de la loi divine). Au premier rang desquels Jonayd (mort en 297/909) surnommé Cheikh at-Taifa (le maître du groupe des soufis). Iranien d'origine, il reçut l'enseignement des plus grands maîtres de l'époque dont Abu Thawr al Kalbi et fût initié par son oncle Sari al Saqati. Il résida toute sa vie à Bagdad et laissa une quinzaine de traités dont Kitab at Tawhid (le Livre de l'Unicité) et Kitab al-Fana' (le Livre de l'Extinction). Il disait à propos de l'absorption mystique (al Fana'): "le soufisme, c'est que Dieu te fasse mourir à toi-même et vivre en lui" 4.

Le supplice de Hallaj  

En 264/977, Hallaj fait la rencontre de Jonayd et pratique sous sa direction les exercices spirituels. Il reçoit la Khirqa (le manteau de soufi) des mains du maître. Mais dès son premier pèlerinage à la Mecque, il rompt ses relations avec les soufis ainsi qu'avec les traditionalistes et les juristes.

L'union avec Dieu réalisée grâce à l'amour était le sujet de ses prédications en public à Bagdad. Les canonistes en conçurent beaucoup de colère et l'accusèrent de panthéisme. Les soufis ne le soutinrent pas sous prétexte qu'il aurait divulgué des secrets qui ne devaient être communiqués qu'aux initiés. Hallaj avait commis la faute de rompre publiquement "la discipline de l'arcane". Les politiciens et les juristes réclamèrent une fatwa pour l'envoyer au gibet. Il fut mis à mort par un jour de printemps en l'an 922, le 24 Du'l-Qa'da.

Mais quels qu'aient pu être ses effets immédiat, son martyre se révéla finalement comme une source de force pour le statut des mystiques et pour le mysticisme lui-même au sein de la communauté dans son ensemble.

Le verdict déclarant que personne n'avait le droit de prononcer de telles paroles: "Ana al Haq" (je suis la Vérité) fut graduellement oublié en faveur d'une opinion selon laquelle ce n'était pas l'homme dans ce cas qui parlait et maintenant, pour un nombre croissant de musulmans la formule condamnée est elle-même d'abord un élément important de la preuve que Hallaj fut l'un des plus grands saints de l'Islam, alors qu'elle sert, en même temps, de démonstration générale du fait que les soufis ne sont pas toujours responsables de ce qu'ils expriment.

Cette reconnaissance graduelle et tardive est due en partie à des traités de soufisme plus simples. Des ouvrages accessibles à la masse comme Ta'aruf de Kalabadhi ou Kashf al Mahjub (le Dévoilement des choses cachées) de Hujwiri.

Les IVe et Ve siècles connurent un foisonnement sans pareil de grands maîtres.
Niffari est une des figures les plus intéressantes. Auteur de Kitab al Mawaqif (Le Livre des Stations) ou il relate les révélations qu'il aurait eues en état d'extase:

"Il m'établit dans la Mort; et je vis que les actes, tous sans exception, étaient mauvais.
Et je vis la crainte régnant sur l'espérance;
et je vis la richesse changée en feu et adhérant au feu;
et je vis la pauvreté comme un adversaire qui dépose;
et je vis que, de toutes les choses, aucune n'avait pouvoir sur l'autre;
et je vis que le monde est une illusion et les cieux en mensonge.

Et j'appelai: "Connaissance" mais elle ne répondit pas.
Et je vis que toute chose m'avait abandonné, et que tout être créé m'avait fui, je restais seul. Alors l'acte vint à moi et je vis en lui une imagination secrète et cette partie secrète était ce qui restait; et rien ne fut de secours que la Miséricorde de mon Seigneur.

Il me dit: Où est ta connaissance?
et je vis le Feu.

Il me dit: Où est ta gnose?
et je vis le Feu.

Et il me dévoila Ses Gnoses d'Unicité et le Feu s'éteignit.
Et il me dit: "je suis ton ami" et je fus affermi.
Et il me dit: "Je suis ta Gnose" et je parlai. Et il me dit: "je suis Celui que tu cherches" et je sortis".

Au-delà des propos d'extase qui ne peuvent être entendus que par une infime minorité d'initiés, il y eut un phénomène qui sauva le soufisme des griffes de ses détracteurs le jour où Ghazali 5 se convertit au soufisme.

Ce personnage exceptionnel ayant éprouvé les limites du rationalisme, fit l'expérience intense et providentielle de la nécessité du soufisme. Devenu l'un des premiers théologiens et juristes de Bagdad, il parvint à un état de crise durant lequel, comme il nous le rapporte, il fut pendant deux mois, en proie à des doutes sur la vérité de la religion. Le salut lui vint d'un contact avec le soufisme. Il raconte sa conversion (tawba) dans son autobiographie: al Munqidh min al Dhalal (Celui qui sauve de l'erreur) dont voici un extrait significatif:

"L'examen de ces doctrines terminé, je m'appliquai à l'étude de la Voie Soufie. Je vis que, pour la connaître parfaitement, il fallait joindre la pratique à la théorie. Le but que les soufis se proposent est celui-ci: arracher l'âme au joug tyrannique des passions, la délivrer de ses penchants coupables et de ses mauvais instincts, afin que dans le coeur purifié il n'y ait place que pour Dieu; le moyen de cette purification est le dhikr Allah, la commémoration de Dieu et la concentration de toute sa pensée en lui. Comme il m'était plus facile de connaître leur doctrine que de la pratiquer, j'étudierai d'abord ceux de leurs livres qui la renferment... les ouvrages... les fragments qui nous sont restés des cheikhs. J'acquis une connaissance approfondie de leurs recherches, et je sus de leur méthode tout ce qu'on peut savoir par l'étude et l'enseignement oral; il me fut démontré que son dernier terme ne pouvait être révélé par l'enseignement, mais seulement par le transport, l'extase et la transformation de l'être moral... J'en savais tout ce que l'étude peut en apprendre, et ce qui manquait était du domaine, non de l'enseignement, mais de l'extase et de l'initiation... Faisant un sérieux retour sur moi-même, je me vis enserré de toutes parts dans ces attaches. Examinant mes actions dont les plus honorables étaient l'enseignement et le professorat, je me surpris plongé dans plusieurs études de peu de valeur et sans profit pour mon salut. Je sondai le fond de mon enseignement et je vis qu'au lieu d'être sincèrement consacré à Dieu, il n'était stimulé que par le vain désir de l'honneur et de la réputation. Je m'aperçus que j'étais sur le bord de l'abîme et que, sans une conversion immédiate je serai condamné au feu éternel... Enfin sentant la faiblesse et l'accablement de mon âme, je me réfugiai en Dieu comme un homme à bout de courage et sans ressources. "Celui qui exauce le malheureux qui l'invoque" daigna m'exaucer; il facilita à mon coeur le sacrifice des honneurs, des richesses, de la famille".

Si Ghazali, le juriste shaféite, avait donné sa caution en se jetant corps et âme comme en témoignent ses "confessions" dans le soufisme, son jeune contemporain Abd al Qadir al Jilani avait rendu cette reconnaissance pleinement effective. Abd al Qadir réussira à faire admettre définitivement le soufisme dans la cité. La tariqa qadiriya en tant que branche de la jonaydia se développera dans la majeure partie des pays musulmans.

Avant d'évoquer le prolongement du soufisme en confréries religieuses, il n'est pas inutile d'évoquer l'ultime sinon la figure la plus marquante de l'histoire du soufisme: Ibn 'Arabi.

Al cheikh al akbar

Ibn 'Arabi est sans conteste celui qui donnera tout son sens au soufisme tant par sa pratique que par les centaines d'ouvrages qu'il a rédigé.

Né à Murcia en Andalousie en 569/1165, il rencontre
à l'âge de 17 ans Ibn Rochd (Averroès) qu'il ne devait jamais revoir. Ibn 'Arabi peut être considéré comme un héritier d'Abou Madyan Shu'ayb 6 car il fut en contact étroit avec plusieurs de ses disciples et parlait toujours de lui avec la plus grande vénération, le désignant parfois comme son "Cheikh".

Bien qu'ils ne se soient jamais rencontrés de fait, ils communiquèrent néanmoins grâce au miracle de la lévitation. Le lien spirituel existant entre eux fut confirmé au temps de la jeunesse d'Ibn 'Arabi. Ce dernier raconte qu'un soir après avoir accompli la prière du maghrib [coucher du soleil], il se mit à penser très fort à Abou Madyan et ressentit un très vif désir de le voir. Quelques instants plus tard, un messager entra, le salua et l'informa qu'il venait de la part du saint avec lequel il venait d'accomplir la prière à Bougie. Abu Madyan l'avait chargé de dire à Muhyi'd-din: "Pour ce qui est de notre rencontre dans l'esprit, tout est bien, mais Dieu ne permettra pas celle que nous pourrions avoir dans ce monde matériel. Rassurez-vous, cependant, car le temps fixé pour une rencontre entre vous et moi se situe dans la sécurité de la miséricorde divine" 7.

Ce disciple de Abu Madyan, écrivain d'une prolixité colossale, produisit au cours de son existence quelques huit cent cinquante-six ouvrages dont seulement cinq cent cinquante nous sont parvenus et sont attestés dans deux mille neuf cent dix sept manuscrits. Son chef-d'oeuvre le plus célèbre s'intitule: Kitab al Futuhat al Makkiya (Le livre des conquêtes spirituelles de la Mecque ou Illuminations Mecquoises). Cet ouvrage fut rédigé à la Mecque sous l'injonction de l'ange de la révélation. Il comporte 565 chapitres répartis sur quatre volumes.

Ibn 'Arabi s'éteignit paisiblement à Damas, entouré des siens, le 28 Rabi' 11638/16 Novembre 1240 peu avant la prise de Bagdad par les Monghols en 1258.

Depuis la disparition du Khatem Al Awliya' (Sceau des Saints), le soufisme n'a plus connu de théoricien de cette envergure. Les ordres soufis ont servi, depuis lors, de relais avec des fortunes diverses à ces penseurs qui incarnèrent la spiritualité de l'Islam.

1 Burkhardt.
Introduction aux doctrines ésotériques de l'islam
2 Abu Sa'id al-Kharraz.
Kitab aç-Cidq
3 Qushairî.
Risâlah
4
Qushairî. Risâlah
6 Al Ghazali surnommé Hujjat al Islam (la Preuve de l'Islam) naquit en 451/1059 à Tus dans le Khorassan. Après une formation de théologien et de juriste, il est nommé professeur à la Madrasa Nizamîya de Bagdad en 484/1091. En 488/1095, il renonce à sa chaire et entame une retraite mystique jusqu'à sa mort survenue en 505/1111.
7 Abu Madyan Shu'ayb était né à Séville, mais il se rendit en Orient où il aurait reçu son investiture (Khirqa) des mains d'Abd al-Qâdir Jilani.

 

Lire la suite

Adoniram et la Reine de Saba

12 Septembre 2005 , Rédigé par CHARLES GOUNOD Publié dans #fondements bibliques de la FM


Adoniram est troublé par les limites de l'artiste mortel qu'il est et en appelle à son ancêtre divin, Tubalkaïn, pour l'aider dans ses derniers projets : la fonte d'une vasque monumentale, la mer d'airain (air: "Inspirez-moi, race divine". Ses réflexions sont interrompues par l'entrée de son jeune apprenti, Benoni, qui lui annonce que l'illustre Balkis, la reine de Saba, arrivera bientôt à Jérusalem pour rendre visite à Soliman. Benoni chante sa beauté légendaire (romance: "Comme la naissante aurore"). Adoniram reçoit ensuite trois de ses ouvriers - Amrou, Phanor et Méthousaël ; ils exigent un meilleur salaire et le mot de passe secret que seuls peuvent connaître les maîtres artisans. Adoniram rejette leur requête et, après une courte apparition du grand prêtre Sadoc pour escorter Adoniram à une audience que lui accordent le roi et sa radieuse invitée, les trois ouvriers jurent de se venger (quatuor et trio: "Il nous repousse"). Devant le temple. Une longue marche instrumentale annonce l'arrivée de Soliman et de Balkis (cortège et finale). Les masses assemblées, dont un grand nombre d'ouvriers d'Adoniram, accueillent le couple royal avec des acclamations joyeuses. Lorsque cet accueil bruyant s'apaise, Soliman exprime son amour pour Balkis et lui demande un anneau qu'elle lui a promis en symbole de leurs fiançailles. Balkis le lui remet à contrecoeur. Elle s'émerveille de la magnificence du temple et demande à en voir l'architecte. Lorsque paraît Adoniram, Balkis fait l'éloge de la splendeur de son oeuvre ; sa voix éveille en lui un écho de sa lignée ancestrale. Pour répondre à une demande de la reine, Adoniram en appelle à l'attention des masses assemblées d'un mystérieux signal de la main ; à ce geste, les membres des diverses corporations se regroupent entre eux et marchent près de Soliman et Balkis dans un ordre parfait. Soliman est horrifié du contrôle qu'exerce Adoniram sur une si grande part de la population. Toutefois, Balkis est si impressionnée qu'elle retire son collier et le place autour du cou d'Adoniram.

Le plateau de Sion. On voit un haut fourneau à l'arrière de la scène.
Les ouvriers d'Adoniram lui annoncent que tout est prêt pour la fonte de la mer d'airain, mais dans l'immédiat le souvenir de sa rencontre avec Balkis le préoccupe. Il retrouve son calme et annonce à ses disciples qu'ils sont sur le point de vivre un moment décisif. Soliman et Balkis arrivent pour assister à la fonte. Au moment où le métal fondu est libéré du haut fourneau, Benoni se précipite vers Soliman pour lui annoncer que trois traîtres parmi ses ouvriers ont saboté le projet. Soliman déclare qu'il est trop tard pour prendre des mesures. Les trois coupables - Amrou, Phanor et Méthousaël - jubilent lorsqu'un torrent de métal fondu coule de façon incontrôlée du haut fourneau pour détruire le moule. Tous se mettent rapidement à l'abris. Sous les yeux d'Adoniram, le haut fourneau explose.

Une clairière dans un bois de cèdres et de palmiers; le lavoir de la suite de Balkis.
Après deux choeurs et un ballet des servantes de la Reine et de leurs homologues à la cour de Soliman, Balkis chante les sentiments qu'a éveillés en elle Adoniram (cavatine: "Plus grand dans son obscurité"). Contre toute attente, l'artiste arrive en personne. Il est découragé par l'échec de la fonte de la mer d'airain et, déclarant qu'il n'est pas digne de la Reine il arrache le collier qu'elle lui a donné (duo: "Qu'importe ma gloire effacée"). Lorsqu'elle admet qu'elle n'aime pas Soliman, il est plus enclin à lui révéler l'attraction qu'elle exerce sur lui. Balkis termine le duo en déclarant franchement son amour pour Adoniram. Leur rencontre est soudain interrompue par Benoni, qui leur apprend que les Djinns (esprits du royaume souterrain de Tubalkaïn) ont réparé le moule et que la vasque est achevée et désormais en place. En réponse à la question de Balkis sur cette surprenante tournure des événements, Adoniram admet qu'il est protégé par les Djinns et qu'il est du même sang que la Reine grâce à leur ancêtre commun, Nemrod le chasseur. Adoniram, Balkis, sa confidente Sarahil et Benoni chantent une prière de remerciement à Tubalkaïn, tandis qu'Amrou, Phanor et Méthousaël se glissent à la dérobée à l'arrière plan, marmonnant qu'ils vont informer Soliman de ce dont ils viennent d'être les témoins (septuor: "O Tubalkaïn mon père").

Une vaste salle du palais d'été du roi Soliman.
Un choeur cérémonial (choeur: "Soliman notre roi") commence par infirmer l'état d'esprit déprimé du Roi. Balkis n'a pas paru depuis quatre jours pour conclure le pacte de mariage, ce qui amène Soliman a ruminer sur la futilité de son attachement pour elle (récit et cavatine: "Sous les pieds d'une femme"). Sadoc annonce qu'Amrou, Phanor et Méthousaël attendent une audience. Ils viennent raconter à Soliman le rendez-vous nocturne d'Adoniram et de Balkis et le poussent à prendre des mesures (quatuor: "Hâtez-vous de parler"). Se souvenant qu'il s'agit des trois ouvriers qui ont interrompu la fonte de la mer d'airain, Soliman refuse de les croire. Des doutes assaillent le Roi, toutefois, lorsque Adoniram vient lui demander d'être relevé de ses fonctions, Soliman essaie de le dissuader en lui offrant de partager le pouvoir à part égale avec lui. L'artiste rejette cette proposition avec dédain et sort dignement. Soliman abandonne Adoniram a la "justice éternelle" et se prépare à recevoir la Reine. Seule avec le Roi, Balkis lui demande un jour supplémentaire avant leur mariage et l'apaise en lui promettant tout de suite une heure de son temps (duo: "Elle est en mon pouvoir"). Il admet qu'il a été informé du rendez-vous nocturne illicite et, dans son état enivré, passe alternativement des menaces aux déclarations d'amour à la Reine. Lorsqu'il tente d'étreindre Balkis par la force, Sarahil se glisse de derrière un rideau et verse un fort narcotique dans la tasse du Roi. La potion produit rapidement son effet et, alors que le Roi tombe inconscient, il maudit Balkis. Elle profite de l'occasion pour retirer l'anneau de la main inerte de Soliman.

Un ravin isolé par un temps orageux.
Adoniram attend anxieusement la Reine pour s'enfuir avec elle. Il est surpris par l'apparition soudaine d'Amrou, Phanor et Méthousaël. Les trois ouvriers le pressent de céder à leurs demandes, mais Adoniram ne répond qu'avec des remarques méprisantes (quatuor: "Tes yeux ont su me reconnaître"). Ils le poignardent et s'enfuient. Balkis arrive auprès de l'artiste mortellement blessé et, après une étreinte finale, glisse à son doigt l'anneau qu'elle a repris a Soliman. Les esclaves et la suite de la Reine se précipitent pour assister à son bref panégyrique sur le corps (finale: "Emportons dans la nuit").

 
Lire la suite

La Légende d'Hiram(1810)

8 Septembre 2005 , Rédigé par 1810 GUIDE DES MACONS ECOSSAIS Publié dans #fondements historiques de la FM

David, roi d'Israël, ayant formé le projet d'élever un temple à l'Éternel, amassa, pour cet effet, d'immenses trésors..... Mais ce roi ayant quitté les sentiers de la vertu, et s'étant rendu indigne de la protection du grand Architecte, la gloire d'élever un temple au maître de l'Univers, fut donné à son fils Salomon.

Avant de commencer ce grand édifice, Salomon en fit part au roi de Tyr, son voisin, son ami et son allié, qui lui envoya Hiram, architecte célèbre. Salomon ayant reconnu les vertus et les grands talens d'Hiram, le distingua bientôt par les postes les plus éminens , et lui confia la direction des ouvriers et le soin de dresser les plans.

Les travaux étaient immenses, et le nombre des ouvriers nécessaires leur étant proportionné, il avait fallu les distribuer en plusieurs classes, et leur affecter un salaire proportionné à leurs talens. Ces classes furent divisées en apprentis, en compagnons et en maîtres. Chacun de ces grades avait des signes et des mots pour se faire reconnaître, et recevoir le salaire de leur ouvrage et de leur peine.

Les app.·. s'assemblaient à la colonne B; les compagnons à la colonne J, et les maîtres dans la chambre du milieu.

Quinze compagnon voyant le temps presque fini, et qu'ils n'avaient pu obtenir les mots de maîtres, parce que leur temps n'était pas encore expiré, convinrent de les obtenir par force du R.·. Hiram, à la première occasion, afin de passer pour maîtres dans d'autres pays, et en recevoir la paie .

Douze de ces compagnons se rétractèrent, les trois autres, nommés Jubelas, Jubelos et Jubelum, s'obstinèrent dans leur dessein. Ces trois compagnons sachant qu'Hiram allait tous les jours à midi faire sa prière dans le temple, pendant que les ouvriers se reposaient, furent se placer à chacune des portes.

Jubelas, à la porte du sud.

Jubelos, à celle de l'ouest.

Jubelum, à celle de l'est.

Là, attendant le moment où Hiram se présenterait pour sortir. Hiram dirigea d'abord ses pas vers la porte du sud, où Jubelas lui demanda le mot de maître; à quoi il répondit qu'il ne devait pas le recevoir de cette manière, qu'il fallait attendre avec patience que son temps fût fini; qu'au surplus il ne pouvait le donner seul, qu'il devait être accompagné des rois d'Israël et de Tyr, aux termes de son serment, de ne le donner qu'avec eux assemblé. Jubelas, peu satisfait de cette réponse, lui donna un coup de règle de 24 pouces, au travers de la gorge.

Le très-respectable maître Hiram s'enfuit à la porte de l'ouest, où il trouva Jubelos qui lui fit la même demande, et sur son refus, ce deuxième lui porta un coup violent avec une équerre dont il était armé.

Hiram, ébranlé du coup, rappela ses forces, et se sauva à la porte de l'est: mais il y trouva Jubelum, qui lui fit la même demande que les deux autres, et qui, sur son refus, lui asséna un si terrible coup de maillet sur le front, qu'il l'étendit mort à ses pieds.  

Les trois assassins s'étant rejoints, ils se demandèrent réciproquement la parole de maître; mais voyant qu'ils n'avaient pu l'obtenir, et désespérés d'avoir commis un crime sans utilité, ils ne songèrent plus qu'à en dérober la connaissance. À cet effet, ils enlevèrent le corps d'Hiram, et le cachèrent sous des décombres, et dans la nuit ils le portèrent hors de Jérusalem, sur une montagne, et l'enterrèrent. Le R.·. maître Hiram ne paraissant plus aux travaux comme à son ordinaire, Salomon fit faire les plus exactes recherches, mais inutilement.

Lorsque les douze compagnons qui s'étaient rétractés, soupçonnèrent la vérité, ils se réunirent, et résolurent entr'eux d'aller trouver Salomon, avec des gants blancs, comme le témoignage de leur innocence, et l'informèrent de ce qui s'était passé.

Salomon envoya ces douze compagnons à la recherche de leur maître Hiram, leur ordonna, dans le cas où ils le trouveraient, de chercher sur lui la parole de maître, et leur observant que s'ils ne pouvaient pas la retrouver, elle était perdue, attendu qu'il n'y avait que trois personnes qui la connussent, et qu'elle ne pouvait être donnée que par ces trois personnes réunies, dont Hiram faisait partie. Il leur observa, en supposant qu'il fût mort, que pour l'avenir le premier signe et le premier mot qui seraient fait et prononcé en retrouvant et en exhumant le corps de ce R.·. maître, seraient substitués aux anciens signe et mot de maître.

Ces compagnons ayant la promesse de Salomon d'être récompensés par la maîtrise, s'ils parvenaient au but de leur recherche, partirent, et se divisèrent en quatre bandes.

Trois allèrent vers le nord, trois au sud, trois à l'ouest et trois à l'est.

Une de ces quatre bandes descendit la rivière de Joppa: un d'eux s'étant reposé à côté d'une roche, il entendit de terribles lamentations par l'ouverture du rocher. Prêtant l'oreille, il entendit une voix qui disait: Oh! que j'eusse eu plutôt la gorge coupée, la langue arrachée jusqu'à la racine, et que j'eusse été enterré dans les sables de la mer à la basse marée et à une encablure de distance du rivage où la mer flue et reflue deux fois par jour, plutôt que d'avoir été complice de la mort de notre regretté maître Hiram!

Oh! dit un autre, que mon coeur ait été arraché de mon sein, et jeté pour servir de proie aux vautours, plutôt que d'avoir été complice de la mort d'un aussi bon maître!

Mais, hélas! dit Jubelum: Je l'ai frappé plus fort que vous deux, puisque c'est moi qui l'ai tué! Que j'eusse eu mon corps séparé en deux, une partie au midi, une autre au nord, et mes entrailles réduites en cendres et jetées aux quatre vents, plutôt que d'avoir été le meurtrier de notre respectable maître Hiram!

Ce compagnon, après avoir entendu ces plaintes lamentables, appela les deux autres compagnons; ils convinrent entre eux d'entrer dans l'ouverture du rocher, de se saisir des ouvriers, et de les transporter devant le roi Salomon; ce qu'ils exécutèrent.

Ces meurtriers avouèrent à Salomon ce qui s'était passé et le crime qu'ils avaient commis, et témoignèrent le désir de ne pas survivre à leur forfait.

En conséquence, Salomon ordonna que leur propre sentence fût exécutée, puisqu'ils avaient désigné eux-mêmes le genre de leur mort, et ordonna qu'il fût fait ainsi:

Jubelas eut la gorge coupée.

Jubelos eut le coeur arraché.

Jubelum eut le corps coupé en deux parties, l'une fut jetée au nord, l'autre au midi.

Salomon ayant ainsi vengé la mort du R.·. maître Hiram-Abif renvoya les mêmes compagnons pour remplir leur première mission.

Ces douze compagnons partirent une seconde fois, et voyagèrent pendant cinq jours sans rien trouver.

Ces compagnons ayant rendu compte à Salomon de l'inutilité de leur recherche, il ordonna à neuf maîtres de faire une seconde recherche. Ceux-ci furent sur le mont Liban, et le deuxième jour, l'un d'eux, excessivement fatigué, voulut se reposer sur un petit monticule. Là, il aperçut des branches d'arbres nouvellement coupées et plantées dans la terre. Il les arracha, et vit par-là que la terre avait été fraîchement remuée. Après avoir sondé la fouille dans ses trois dimensions, largeur, longueur et profondeur, il appela ses camarades, et leur fit part de sa découverte. Ensuite ils se mirent à ôter la terre avec beaucoup de précaution, et parvinrent à trouver ainsi le corps de notre R.·. maître Hiram, qui avait été assassiné; mais n'osant, par respect, pousser leur recherche plus loin, ils recouvrirent la fosse; et pour reconnaître le lieu, ils coupèrent une branche d'acacia, qu'ils plantèrent dessus, et se retirèrent vers Salomon, auquel ils firent leur rapport.

Salomon, pénétré de la plus vive douleur, jugea que ce ne pouvait être effectivement que son grand architecte Hiram. Il leur ordonna d'aller faire l'exhumation du corps, et de le rapporter à Jérusalem. Ces anciens maîtres se revêtirent de leur tablier et de gants blancs. Rendus au mont Liban, le deuxième jour, ils firent la levée du corps.

 

Lire la suite

la légende d'Hiram(1784)

8 Septembre 2005 , Rédigé par rituel du Duc de Chartres 1784 Publié dans #fondements historiques de la FM

«David ne laissa à son successeur, Salomon, que les fleurs et les délices de la royauté. La sagesse qu'il avait reçue du ciel se dévoilant tous les jours aux yeux de l'univers par des prodiges, il s'attira l'admiration de tous les peuples et on accourut de tout côté pour entendre ses oracles et voir les merveilles de son règne. Cette sagesse céleste dont il était doué, sa prudence plus qu'humaine et la vaste étendue de ses lumières, faisaient l'admiration générale.

«Il pensa à se faire bâtir un palais plus digne de la majesté royale que celui que David avait occupé, sans cependant oublier que l'édifice du Temple était la grande entreprise de son règne et que c'était surtout pour la consommer que le Seigneur lui avait mis la couronne sur la tête. Aussi ne perdit-il pas de vue depuis l'instant de son avènement au trône l'édification de ce grand ouvrage.

«Il fit assembler de nouveaux ouvriers et de nouveaux matériaux plus riches et en plus grande abondance que n'avait fait David. Il les fit transporter à Jérusalem pour les y employer. Il occupa à cet ouvrage cent cinquante mille hommes dont soixante-dix mille servaient au transport des matériaux, quatre-vingt mille taillaient les pierres dans [les] carrières, outre trois mille six cents inspecteurs qui veillaient sur les travaux et trois cents qui avaient la conduite de tout l'ouvrage.

«Les choses ainsi disposées, et Salomon ne trouvant pas dans son royaume des maîtres assez habiles dans l'architecture et un assez grand nombre d'ouvriers pour mettre en œuvre les cèdres du Liban, il tourna ses vues sur Hiram, roi de Tyr, le constant ami et allié de son père qui avait renouvelé son alliance à son avènement au trône d'Israël.

«Il lui écrivit donc une lettre pour le prévenir de l'édification du Temple de l'Éternel et le prier de lui procurer un ouvrier qui sût travailler l'or, l'argent, le cuivre, le fer, qui sût employer habilement la pourpre, l'écarlate et la hyacinthe, et qui fût expérimenté dans la sculpture et l'architecture afin qu'il pût l'établir maître et mettre sous sa direction les ouvriers que le roi David et lui avaient eu soin de rassembler. Il lui demanda aussi des bois de cèdre, de genièvre et de pin du mont Liban et lui offrit de payer ceux de ses sujets qu'il voudrait employer à ses travaux, promettant de leur donner vingt mille mesures de blé et autant d'orge, vingt mille pièces de vin et autant d'huile, et le pria de lui faire savoir si cette proposition lui convenait et si ses offres étaient suffisantes.

«Le roi Hiram se porta avec plaisir à servir son allié et lui répondit en ces termes par son ambassadeur : "Je ferais ce que vous souhaitez de moi pour les bois du Liban, et autres, qui vous sont nécessaires ; à l'égard du savant homme que vous cherchez pour conduire votre ouvrage, je vous envoie ce qu'il vous faut, très content de vous faire un si beau présent. C'est un de mes sujets nommé Hiram Abif, né d'un père tyrien nommé Hur et d'une mère originaire de la ville de Dan de votre tribu de Nephtali.

«"C'est d'ailleurs un homme très sage et un prodige d'habileté, d'adresse et de prudence. Je l'honore, je l'aime comme mon propre père et vous le recommande comme mon fils.

«"Il possède dans un degré éminent l'art de toutes les teintures de pourpre, d[e] hyacinthe et d'écarlate. Mais ce qui vous fera encore plus de plaisir dans la circonstance présente, et qui vous le rendra plus cher, c'est qu'il a un génie rare pour l'invention et un goût exquis pour le dessin. Il va vous joindre incessamment et je vais tout de suite mettre un nombre suffisant de mes sujets à vous couper du bois dans mes forêts du mont Liban que je vous ferai transporter au port de Joppé où vous pourrez les faire prendre et transporter jusqu'à Jérusalem, acceptant pour mes sujets qui travailleront pour vous les conditions que vous m'offrez."

«Tous les préparatifs étant faits et réglés par la sagesse de Salomon, et ayant établi le sublime Hiram Abif pour chef de ses travaux, il fit le dénombrement des prosélytes établis dans son royaume. On en compta cent cinquante-trois mille six cents qui furent tous employés aux ouvrages intérieurs ou extérieurs du Temple. On en marqua soixante et dix mille pour servir de manœuvres et pour porter des fardeaux. C'est ce nombre, M.·. F.·., qui fait l'époque et l'histoire des App.·. F.·. M.·., le premier grade symbolique que vous avez obtenu.

«Quatre-vingt mille furent envoyés dans les montagnes pour y tailler des pierres qu'on ôtait des carrières. C'est l'époque de l'histoire des Comp.·. et le 2e grade symbolique que vous avez reçu.

«Trois mille trois cents commandaient aux travailleurs et ils conduisaient l'ouvrage, et trois cents autres, qui avaient une inspection plus générale, présidaient à tout l'ouvrage sous les ordres d'Hiram, veillant avec zèle partout où leur présence était nécessaire. Ceux-ci sont l'époque symbolique du grade de M.·. que vous allez recevoir et dont je vais vous confier le secret et tout le sublime qu'il renferme. Redoublez votre attention !

«Quand tous les matériaux furent préparés, on commença la superbe bâtisse du Temple. Cette époque historique si célèbre pour les Hébreux, et plus encore pour les F.·. M.·., fut la quatre cent quatre-vingtième [année] depuis le passage de la mer Rouge, la quatrième du règne de Salomon et la première du jour du mois...

«Hiram, qui avait la direction de cette vaste entreprise, s'aperçut au bout de quelque temps qu'il payait au-delà de ce que pouvait monter un pareil nombre d'ouvriers, et cela par la voie de trois perfides Comp.·. qui faisaient, au sixième jour établi pour le paiement, avancer un grand nombre d'étrangers pour recevoir des salaires, comme s'ils eussent été réellement du nombre des travailleurs, et partageaient ensemble leur vol et leur butin.

«Hiram alors assembla tous les ouvriers et leur fit prêter un serment qui rendait inviolable le secret qu'il avait à leur confier. Cela fait, il les divisa en trois classes, comme il avait déjà fait, et fit d'abord celle des App.·. qui étaient au nombre de soixante et dix mille et leur donna un signe, un mot, une marche et un attouchement, pareils à ceux que vous [avez] reçus dans ce grade. Cela devait servir à les faire connaître quand ils viendraient le samedi au soir recevoir leur salaire. Il leur défendit de divulguer ces choses à personne et, pour les en empêcher, il leur fit faire la promesse que vous avez faite vous-même et leur désigna la colonne J à gauche du Temple pour y recevoir leur salaire.

«Il fit ensuite avancer les Comp.·., qui étaient au nombre de quatre-vingt mille, auxquels il donna un signe, un mot, une marche et un attouchement différents des premiers, pareils à ceux que vous avez reçu dans ce grade, sous promesse de ne point les divulguer, et leur assigna la colonne B pour recevoir leur salaire.

«Enfin, il fit la classe des M.·. qui étaient au nombre de trois mille six cents auxquels il donna des signes, des mots et des attouchements et une marche pour se reconnaître différents de ceux qu'avaient les App.·. et les Comp.·., leur fit faire serment de ne point les révéler et leur assigna le propitiatoire pour recevoir leur salaire qui était plus fort que ceux des deux autres classes.

«Tels furent les arrangements, mon F.·., que le grand homme, le premier Grand M.·. symbolique de la F.·. M.·., avait pris pour les secrets des paiements. C'est lui que représente dans nos L.·. le V.·. G.·. M.·.. Salomon lui donna deux adjoints qui portaient le nom de Survts.

«L'un payait les Comp.·. à la colonne B, et l'autre les App.·. à la colonne J, et sont représentés dans nos L.·. par les 1er et 2e Survts.

«Il arriva de cet arrangement que les trois Comp.·., ne pouvant plus voler l'argent destiné au paiement des ouvriers, et peu contents de leur paie, résolurent d'extorquer celle de M.·. en tâchant de se procurer le signe, le mot et l'attouchement de ce grade en le demandant à Hiram, qui leur répondit qu'ils n'étaient pas encore en état de travailler aux ouvrages de M.·., mais qu'ils n'avaient qu'à s'appliquer, et qu'aussitôt qu'ils seraient en état, il les ferait M.·. avec plaisir.

«Ces malheureux, mécontents de cette réponse, résolurent d'avoir de force ce qu'ils étaient indignes d'avoir par leur mérite, et s'y prirent de cette manière.

«Le T.·. R.·. M.·. Hiram était dans l'usage sur la fin du jour de faire la revue générale des travaux du Temple qui, pour lors, étaient déjà forts avancés. Ces trois scélérats attendirent que tous les ouvriers fussent sortis et se postèrent, un à la porte de l'Orient, l'autre à celle de l'Occident et le troisième à la porte du Midi.

«Hiram, seul ce soir-là, ayant fait la ronde à l'ordinaire et examiné les travaux du jour, se retirait au palais du roi. Il trouva à la porte de l'Occident un de ces scélérats qui l'attendait et qui, s'approchant de lui, en exigea le signe, le mot et l'attouchement de M.·.. Hiram le lui refusa en lui disant qu'il lui donnerait quand il en serait digne. L'infâme persista toujours à les lui demander, mais voyant qu'il ne pouvait l'obtenir du vertueux Hiram, il lui donna un coup de règle sur la tête qui l'étourdit. Mais, ayant repris ses esprits, il fut pour sortir par la porte du Midi où il trouva un autre de ces Comp.·. qui lui fit la même demande. Il reçut la même réponse du R.·. Hiram. Ce misérable, voyant qu'il ne pouvait rien obtenir, emporté par sa rage, lui donna un coup de marteau sur l'épaule qui le meurtrit cruellement. Il eut encore la force de se sauver à la porte de l'Orient, mais, y étant parvenu avec bien de la peine, il y trouva le troisième de ces scélérats qui le menaça de le tuer s'il ne lui donnait le mot, le signe et l'attouchement de M.·.. Hiram lui représenta avec douceur qu'il ne pouvait [les] lui donner ainsi et que son application au travail lui procurerait cet avantage un jour. Le forcené persista à le vouloir de force et, enflammé de colère par le refus d'Hiram, il lui déchargea un terrible coup de levier qui l'étendit mort à ses pieds.»

Ici, on étend le Récipiendaire sur le tombeau d'Hiram, on le couvre d'un drap noir, on lui met sur la tête un linge blanc ensanglanté qui était sur la tête du dernier M.·.. On allume neuf bougies autour du cercueil. Les FF.·. se placent des deux côtés en silence et on n'entend que quelques gémissements: «il est mort... il est tué», etc.

Alors le [T.·. R.·.] s'approche du cercueil et continue :

«Victime de son zèle et de son secret, exemple à jamais mémorable pour tous les M.·., le R.·. Hiram aima mieux mourir que de trahir son [serment]. Soyons donc, dans tous les temps, aussi fermes et aussi courageux que lui, à quelques épreuves que nous soyons mis. Ainsi périt le plus Vble et le premier M.·. que nous ayons eu.

«Dès qu'il fut mort, les trois assassins le cachèrent sous un escalier dérobé à l'Orient du Temple, voulant le porter sans risque pendant la nuit sur le mont Ebron, lieu qu'ils avaient choisi pour la sépulture.

«La nuit étant enfin venue, ils le transportèrent sur cette montagne. Comme ils étaient à creuser la terre, [l'] un d'eux dit qu'on ne devait pas ignorer que le roi Salomon ferait faire toutes les recherches possibles s'il ne voyait pas Hiram, que cette montagne étant un lieu où les ouvriers travaillaient, on découvrirait aisément leur crime. C'est pourquoi, ils marquèrent le lieu de la sépulture d'une grosse branche d'un acacia pour reconnaître l'endroit où ils mettaient le cadavre, dans l'intention de venir le prendre la nuit suivante et le transporter dans un endroit plus éloigné, dans le cas que Salomon n'aurait pas fait des recherches à cet égard.

«Hiram était dans l'usage d'aller tous les jours rendre compte à Salomon de ce qui s'était passé dans la journée et prenait avec lui les arrangements nécessaires pour la perfection du Temple. Le roi ne le voyant point paraître, et ignorant l'accident qui lui était arrivé, ordonna des recherches les plus vives pour avoir des nouvelles de son cher Hiram, voulant qu'on le trouvât mort ou vif, et promit à cet effet des récompenses à ceux qui pourraient le découvrir.

«Il fit aussi un édit par lequel il déclarait que nul ouvrier ne serait payé jusqu'à ce que l'on eût des nouvelles d'Hiram, et pour en avoir de promptes, il députa neuf M.·. à qui il ordonna de ne point revenir qu'ils n'en eussent de nouvelles.

«Ces neuf M.·. se donnèrent rendez-vous en se désignant l'endroit où ils devaient se trouver le huitième jour. Ensuite, ils se dispersèrent et se divisèrent en trois bandes. Trois sortirent par la porte de l'Occident, trois par celle du Midi et trois par celle de l'Orient, dans le dessein de ne point retourner s'ils n'en avaient point de nouvelles. Ils cherchèrent inutilement pendant huit jours et ce ne fut que le soir du neuvième que, s'étant tous rejoints à l'Orient du Temple, fort chagrins, ils firent leur prière, et comme ils la finissaient, ils aperçurent dans le firmament une étoile qui, par son éclat au-dessus des autres et les feux qu'elle jetait, ressemblait aux rayons du Soleil. Ils la fixèrent avec étonnement et dirent qu'il y avait dans cette apparition quelque chose de miraculeux. Ils montèrent sur le mont Ebron où l'un d'eux, voulant considérer cette étoile flamboyante, s'appuya sur la branche d'acacia plantée sur la fosse d'Hiram qui tomba. S'apercevant que la terre avait été remuée à cet endroit, il appela ses compagnons qui présumèrent l'accident arrivé à leur R.·. M.·. et convinrent que le premier signe qu'ils feraient en découvrant son corps serait à l'avenir le signe de M.·., le premier signe pouvant être connu des meurtriers leur devenant inutile. Ils convinrent de même de l'attouchement et du mot et réformèrent ainsi le grade de M.·. en empêchant l'abus que les meurtriers auraient pu faire du secret de la M.·., en supposant qu'ils eussent réussi de lui arracher son secret avant sa mort. «S'étant rangés autour de la fosse de sept pieds en longueur, trois en largeur et cinq en profondeur, ayant découvert le corps d'Hiram qui était déjà corrompu, ils firent tous le signe d'horreur qui est encore le signe de M.·.. (Tous les M.·. font le signe.)

«Ensuite, l'un d'eux s'approchant de ce corps, lui prit un doigt de la main droite en prononçant «J.·.», et le doigt se détacha du corps et lui resta dans la main. Un second s'approcha, prit un autre doigt en prononçant «B.·.», qui se détacha de même que le premier. Enfin, un troisième s'étant approché du cadavre, lui mit pied contre pied, genou contre genou, son bras gauche derrière le corps, appuyant son estomac contre son estomac, et lui ayant cramponné la main droite au-dessus du poignet avec la sienne, il réussit à le relever en prononçant «M.·. B.·.», qui est encore le mot sacré du M.·..»

 

 

  

Lire la suite

La légende d'Hiram(1780)

8 Septembre 2005 , Rédigé par 1780 NOUVEAU CATHECHISME Publié dans #fondements historiques de la FM

Mon cher Frère, pour commencer à vous instruire des mystères de la Maîtrise, il est bon de vous dire que notre respectable Maître Adoniram, grand Architecte duTemple de Salomon, possédant les secrets de la Maîtrise, aima mieux souffrir la mort que de révéler les dits secrets. Je pense que vous êtes dans les mêmes sentimens ; c'est pourquoi je me vois forcé de vous traiter de la même manière dont il fut traité par trois scélérats de Compagnons, qui attentèrent à sa vie pour avoir la paye de Maître. Du premier coup il fut étourdi, du second il trébucha, & du troisième il fut renversé. Mon cher Frère, c'est à vous que j'adresse la parole : Vous représentez ici notre très-respectable Maître, repo-sant dans le Saint des Saints ; c'est ce que je vais vous expliquer par un récit abrégé de la vie & de la mort de ce grand Homme. D A V I D, Roi d'Israël, ayant formé le projet d'élever un Temple à l'Eternel, amassa pour cet effet de riches trésors. Mais ce grand œuvre était réservé à son fils S A L O M O N, à qui Dieu donna le don de sagesse par son esprit, de force par sa puissance, & de beauté par ses richesses. SALOMON ayant pris l'année, le mois & le jour, pour commencer ce grand Edifice, en fit part à H I R A M, Roi de Tyr, son voisin, son ami & son allié, qui lui envoya les Cèdres du Liban tous taillés & prêts à poser ; SALOMON en fit de même dans les carrières, pour les pierres dont il avait besoin pour la construction de son Temple : mais HIRAM lui fit un bien plus précieux don en la personne d'Adoniram, issu de son sang, fils d'une veuve de la tribu de Nephtali ; son père se nommait HUR, excellent ouvrier dans l'Architecture & dans la fonte des métaux. SALOMON connaissant ses vertus, son mérite & ses talents, le distingua par le poste le plus éminent, lui donnant la conduite du Temple, & la direction des Ouvriers. Mais comme les Ouvriers étoient en grand nombre, il les sépara en trois classes, les Apprentifs, les Compagnons & les Maîtres, & leur donna à chacun d'eux un signe, une parole & un attouchement, pour pouvoir se faire connoître, & recevoir leur salaire. Trois scélérats de Compagnons, remplis d'avarice & d'envie, voulant toucher la paye de Maître, projetterent de l'avoir de force, ou la vie de notre très-respectable Maître Adoniram. Pour cet effet, l'un se place à la porte de l'occident du Temple, le second à la porte du midi, & le troisième à la porte du nord. Adoniram, selon sa coutume, vers la fin du jour, s'en vint pour faire la visite des travaux, afin d'en rendre compte à SALOMON, & entra dans le Temple par la porte de l'occident, où il trouva le premier de ces malheureux, qui lui demanda avec violence la paye de Maître ou la vie. Adoniram surpris, lui répondit néanmoins avec douceur : Mon Frère, ce n'est point de cette façon que je l'ai acquise ; travaillez, méritez, & vous l'aurez. Non content de cette réponse, ce téméraire le frappa d'un coup de règle, qui le fit fuir vers la porte du midi, où il trouva le second de ces scélérats, qui lui fit la même demande : Adoniram lui fit la même réponse. Ce malheureux le frappa d'un coup de rouleau qui l'étourdit ; &, fuyant vers la porte du nord, il trouva le troisième, qui l'arrêta, en lui demandant la parole de Maître, ou la vie. Mais Adoniram persista avec fermeté & courage à garder son secret : c'est de ce troisième malheureux qu'il reçu un furieux coup de maillet, qui le fit tomber mort vers la porte de l'orient. Ils se rassemblèrent entre eux, se demandèrent la parole de Maître ; voyant qu'ils ne l'avoient pas & honteux de leur crime, ils calevèrent le corps de notre respectable Maître, le portèrent hors du Temple, le cachèrent sous des décombres, dans l'intention, furtivement de nuit, de l'enlever & de le porter hors de Jérusalem ; ce qu'ils firent. Trois, cinq & sept jours se passèrent sans que SALOMON vit son grand Architecte ; il en fut fort inquiet, & ordonna à neuf des plus jeunes Maîtres d'aller à la découverte, & de lui en apporter des nouvelles. Trois partirent par la porte de l'orient, trois par la porte du midi, & trois par la porte de l'occident ; ils convinrent entr'eux de ne point s'éloigner les uns des autres plus loin que la voix humaine ne puisse s'entendre. L'un d'eux, fatigué de sa course, & voulant se reposer au pied d'une colline, s'aperçut que la terre étoit fraîchement remuée ; il s'en approcha, & en fouillant, il trouva le corps de notre respectable Maître Adoniram. Il appelle ses camarades qui, à sa voix, s'approchent de lui ; il leur fait part de la triste découverte : mais par respect, n'osant y toucher, ils recouvrirent la fosse, & se trouvant proche de là un arbre nommé Acacia, ils en arrachèrent une branche, la plantèrent sur l'endroit, pour pouvoir le reconnoître, & s'en retournèrent à Jér usalem, rendre compte à SALOMON de la perte de son grand Architecte. SALOMON, pénétré de la plus vive douleur, déchira ses vêtemens, & jura qu'il en seroit fait vengeance : il ordonna à neuf des plus anciens Maîtres, d'aller faire l'exhumation du corps, & de le rapporter à Jérusalem, avec pompe funèbre. Les Maîtres convinrent entr'eux, dans la crainte que par le force des tourmens & violence, le mot de Maître n'eut transpiré, que le premier signe, parole et attouchement qui seroit fait & proféré à la levée du corps, serviroit à l'avenir pour les Maîtres. De plus, ils se revêtirent de tabliers & gants de peau blanche, pour preuve de leur innocence, & qu'ils n'avoient point trempé leurs mains dans le sang innocent. Le plus ancien d'entr'eux s'avança, (en cet endroit, le Vénérable Maître, en continuant son Discours, opère & relève le Récipiendaire en lui donnant l'ac-colade) & en découvrant le gazon, dont ceci nous sert de symbole, il le prit par JAKIN, mais le doigt lui resta dans la main ; il le prit par BOOZ, de même, la chair étant putréfiée, les os quittèrent la peau ; mais pour plus de fermeté, il le prit par les cinq points de la Maçonnerie, que nous nommons la Grippe, & le releva de cette façon ; pied contre pied, genou contre genou, estomac contre estomac, la main derrière le dos, il proféra ces mots, M. B. qui signifie, le corps est corrompu ;ils le rapportèrent à Jérusalem, où SALOMON, pour récompenser ses vertus, son mérite & ses talens, le fit inhumer dans le sanctuaire du Temple, & fit mettre sur son tombeau une médaille d'or en forme de triangle, où étoit gravé JEHOVA, l'ancien mot de Maître, qui signifie le nom de Dieu en Hébreu. Son cercueil étoit de marbre noir, de sept pieds de long, cinq de large & trois de profondeur.

 

 

 

 
Lire la suite

le Livre de l'Ecclésiaste

4 Septembre 2005 Publié dans #fondements bibliques de la FM

12.1 (12:3) Mais souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais arrivent et que les années s'approchent où tu diras: Je n'y prends point de plaisir;

12.2 (12:4) avant que s'obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages reviennent après la pluie,

12.3 (12:5) temps où les gardiens de la maison tremblent, où les hommes forts se courbent, où celles qui moulent s'arrêtent parce qu'elles sont diminuées, où ceux qui regardent par les fenêtres sont obscurcis,

12.4 (12:6) où les deux battants de la porte se ferment sur la rue quand s'abaisse le bruit de la meule, où l'on se lève au chant de l'oiseau, où s'affaiblissent toutes les filles du chant,

12.5 (12:7) où l'on redoute ce qui est élevé, où l'on a des terreurs en chemin, où l'amandier fleurit, où la sauterelle devient pesante, et où la câpre n'a plus d'effet, car l'homme s'en va vers sa demeure éternelle, et les pleureurs parcourent les rues;

12.6 (12:8) avant que le cordon d'argent se détache, que le vase d'or se brise, que le seau se rompe sur la source, et que la roue se casse sur la citerne;

12.7(12:9) avant que la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné.

12.8 (12:10) Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, tout est vanité.

12.9 (12:11) Outre que l'Ecclésiaste fut un sage, il a encore enseigné la science au peuple, et il a examiné, sondé, mis en ordre un grand nombre de sentences.

12.10 (12:12) L'Ecclésiaste s'est efforcé de trouver des paroles agréables; et ce qui a été écrit avec droiture, ce sont des paroles de vérité.

12.11 (12:13) Les paroles des sages sont comme des aiguillons; et, rassemblées en un recueil, elles sont comme des clous plantés, données par un seul maître.

12.12 (12:14) Du reste, mon fils, tire instruction de ces choses; on ne finirait pas, si l'on voulait faire un grand nombre de livres, et beaucoup d'étude est une fatigue pour le corps.

12.13 (12:15) Écoutons la fin du discours: Crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit faire tout homme.

12.14 (12:16) Car Dieu amènera toute oeuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.

 

Lire la suite

le Livre d'Amos

4 Septembre 2005 Publié dans #fondements bibliques de la FM

 

8.1  Le Seigneur, l'Éternel, m'envoya cette vision. Voici, c'était une corbeille de fruits.

8.2 Il dit: Que vois-tu, Amos? Je répondis: Une corbeille de fruits. Et l'Éternel me dit: La fin est venue pour mon peuple d'Israël; Je ne lui pardonnerai plus.

8.3 En ce jour-là, les chants du palais seront des gémissements, Dit le Seigneur, l'Éternel; On jettera partout en silence une multitude de cadavres.

8.4 Écoutez ceci, vous qui dévorez l'indigent, Et qui ruinez les malheureux du pays!

8.5 Vous dites: Quand la nouvelle lune sera-t-elle passée, Afin que nous vendions du blé? Quand finira le sabbat, afin que nous ouvrions les greniers? Nous diminuerons l'épha, nous augmenterons le prix, Nous falsifierons les balances pour tromper;

8.6 Puis nous achèterons les misérables pour de l'argent, Et le pauvre pour une paire de souliers, Et nous vendrons la criblure du froment.

8.7 L'Éternel l'a juré par la gloire de Jacob: Je n'oublierai jamais aucune de leurs oeuvres.

8.8 Le pays, à cause d'elles, ne sera-t-il pas ébranlé, Et tous ses habitants ne seront-ils pas dans le deuil? Le pays montera tout entier comme le fleuve, Il se soulèvera et s'affaissera comme le fleuve d'Égypte.

8.9 En ce jour-là, dit le Seigneur, l'Éternel, Je ferai coucher le soleil à midi, Et j'obscurcirai la terre en plein jour;

8.10 Je changerai vos fêtes en deuil, Et tous vos chants en lamentations, Je couvrirai de sacs tous les reins, Et je rendrai chauves toutes les têtes; Je mettrai le pays dans le deuil comme pour un fils unique, Et sa fin sera comme un jour d'amertume.

8.11 Voici, les jours viennent, dit le Seigneur, l'Éternel, Où j'enverrai la famine dans le pays, Non pas la disette du pain et la soif de l'eau, Mais la faim et la soif d'entendre les paroles de l'Éternel.

8.12 Ils seront alors errants d'une mer à l'autre, Du septentrion à l'orient, Ils iront çà et là pour chercher la parole de l'Éternel, Et ils ne la trouveront pas.

8.13 En ce jour, les belles jeunes filles et les jeunes hommes mourront de soif.

8.14 Ils jurent par le péché de Samarie, Et ils disent: Vive ton Dieu, Dan! Vive la voie de Beer Schéba! Mais ils tomberont, et ne se relèveront plus.

 

Lire la suite

la Beauté(2)

31 Août 2005 , Rédigé par gibelain Publié dans #symbolisme

 

désolé, je ne peux pas résister à la magie de ce sourire!

Mélissa THEURIAU

 
Lire la suite