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Hauts Grades

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les Maîtres Maçons de Marque

19 Juin 2005 , Rédigé par GLMMMF Publié dans #hauts grades

Tout chercheur curieux de l'histoire et des origines du rituel de ce Grade se reportera avec profit au monumental ouvrage du T.R.F le Rév. Neville Barker Cryer, An.G.M.Prov.(Surrey) : The Arch and the Rainbow(1), traduit en français par le Professeur Georges Lamoine, sous le titre L'Arche et l'Arc-en-Ciel, paru aux Editions SNES, à Toulouse en 1999.

Ps. 118, v. 22

La pierre que les maçons ont rejetée est devenue la pierre angulaire

Apo. 2, v.17

Au vainqueur je donnerai de la manne cachée, je lui donnerai une pierre blanche, et, gravé sur la pierre, un nom nouveau que personne ne connaît sinon qui le reçoit.

Selon la tradition, les tailleurs de pierre s’unirent pour la première fois en une Fraternité sur le chantier de la cathédrale de Magdebourg, ouvert en 1211.

Une loi du roi Edouard III d’Angleterre contient, en 1352, la première mention officielle des francs-maçons et la reconnaissance effective de corporations de maçons opératifs.

Entre 1390 et 1420 nombre de Règles et Devoirs sont adoptés par ces maçons et couchés par écrit afin d’en assurer la stabilité.

Parmi ces textes, les Statuts ou Règlements généraux des Steinmetzen, tels qu’ils furent établis en 1459 à Ragensbourg, puis en 1462 à Torgau en Saxe, prévoient l’attribution d’une marque distinctive au Compagnon maçon ou tailleur de pierre.

Il y est ainsi précisé à l’article 59 : « Tout apprenti recevra une marque en devenant Compagnon du Métier. »

et, plus loin, à l’article 72 : « Tout travail d’un Compagnon sera examiné par le Surveillant et nulle marque ne sera taillée dans la pierre si la pierre n’est pas trouvée conforme aux plans. Si la marque est ainsi accordée, alors le Compagnon aura le droit de toucher ses gages. »

Ces marques permettaient ainsi à chaque Compagnon d’être payé selon la tâche accomplie ce qui était l’usage de l’époque.

En Ecosse, au XVI° siècle, il est fait obligation d’utiliser une marque et de l’enregistrer dans un livre de Loge. Un exemplaire d’un tel document est d’ailleurs conservé à la Loge 1ter d’Aberdeen.

Il apparaît comme certain que, lorsque la Franc-maçonnerie spéculative fit son apparition, à l’aube du XVIII° siècle, de nombreux points essentiels de la Maçonnerie opérative ne furent pas repris dans les textes rituels primitifs.

Cependant, en Ecosse, sur l’insistance des opératifs, la présentation d’une marque fut maintenue et reconnue comme un usage maçonnique constant ainsi que l’attestent les minutes de la Loge Kilwinning lorsque, le 20 décembre 1674, John Smith : « fut admis et paya sa marque » , et que John Law fut aussi « inscrit avec sa marque. » . Plus tard, le 12 juillet 1720 : « …Robert Montgomerie a payé sa marque (tandis que) William Montgomerie reçoit la sienne. »

En Irlande, le même usage fut conservé, comme il ressort du discours de John Jones, étudiant au Trinity College de Dublin en 1688, prononcé lors de la cérémonie annuelle de remise de diplôme, quand il fait non seulement allusion à la Loge de l’Université, mais aussi au fait que chaque maçon y recevait sa marque.

La diffusion de ces usages particuliers fut facilitée par l’innovation irlandaise d’attribuer des chartes régimentaires itinérantes. Le 7 novembre 1732, la Grande Loge d’Irlande, octroya une charte au premier bataillon du régiment Royal Écossais. L’Écosse accorda la première à la Loge du Duc de Norfolk, au 12e d’Infanterie, en 1747 ; et l’Angleterre, Anciens ou Modernes, n’octroya de charte régimentaire qu’en 1755. Il n’est donc pas surprenant que plus de deux cent chartes ambulantes, attachées à des régiments, furent octroyées par l’Irlande, soit plus du total cumulé des deux autres Grandes Loges. Ces Loges furent, à n’en point douter, le vecteur essentiel de la diffusion de la maçonnerie « ancienne » tant dans les Amériques que dans le reste du monde.
L’infatigable maçon que fut Thomas Dunckerley participa, lui aussi, très activement à la propagation du grade de Marque comme de celui de l’Arche Royale. Si cela peut sembler curieux pour un dignitaire des Modernes qui considérait les Anciens comme des rebelles, il faut se souvenir que les Loges militaires dont il est issu pratiquaient les usages de la maçonnerie ancienne et, si l’on admet qu’il entendait combattre les dissidents par leurs propres armes, il put créer ainsi des ponts qui permettraient un jour le rassemblement des deux Grandes Loges rivales.

C’est entre 1770 et 1780 qu’apparaissent les premières mentions de la collation du grade de Marque en deux « étapes » à savoir, Maçon de Marque et Maître de Marque.

Jusqu’en 1813 la pratique de ce grade sous des formes variées fut donc persistante et largement répandue dans toute l’Angleterre et l’Ecosse.

Le 27 décembre 1813 les partisans de la maçonnerie des Anciens furent fort marris de constater que l’Acte d’Union en son article II prévoyait que « La Maçonnerie pure et ancienne se compose de trois grades et pas davantage …. ».

Un tel accord, à cette époque, et compte tenu tant des moyens de communication que de la résistance bien compréhensible des anciens, ne fut pas immédiatement appliqué et nombre de Loges continuèrent à pratiquer le grade de Marque en vertu de la patente de leur Loge symbolique.

Le 25 août 1851 survint un événement bien particulier puisque le Chapitre de l’Arche Royale Bon Accord n°70 d’Aberdeen en Ecosse nommait le Frère William Jones Maître de Marque de la Loge de Marque Bon Accord qui devait travailler … à Londres.

Les fondateurs de cette Loge spécifiquement de marque argumentaient que ce grade trouvait son origine dans la maçonnerie symbolique et non dans celle de l’Arche Royale.

Le succès de cette Loge fut immédiat puisqu’à l’automne 1855 elle comptait 120 membres. C’est à ce moment que le Grand Chapitre Suprême d’Ecosse contesta cette innovation et que les membres de la Loge se tournèrent vers la Grande Loge Unie d’Angleterre, lui demandant l’agrégation du grade de Marque à la maçonnerie symbolique.

Le 5 mars 1856, lors de la tenue trimestrielle de Grande Loge fut adoptée une résolution mentionnant que …. « Le grade de Maçon de Marque ou de Maître de Marque ne dévie pas des anciens landmarks de l’Ordre et le grade constitue une addition heureuse à la Maçonnerie traditionnelle, en fait partie intégrante et peut en conséquence, être conféré par toutes les loges régulièrement patentées, selon les dispositions de règlements à préparer par le Comité des Affaires Générales, pour être soumis à l’approbation du Très Respectable Grand Maître ».

Ce qui était la réalité dans certaines régions anglaises depuis presque un siècle recevait donc une certaine légitimité.

Or, lors de la tenue trimestrielle suivante, en juin 1856, soit sur intervention des partisans inconditionnels d’un système symbolique en trois grades soit…..sur la pression des partisans d’une Grande Loge de Marque distincte et souveraine …. les minutes ne furent pas adoptées et la démarche échoua.

Le 18 juin 1856, une patente fut accordée par le Grand Chapitre Suprême d’Ecosse à la loge de Marque Saint-Marc qui prit le N°1 sur le registre des loges de Marque Ecossaises hors d’Ecosse. La charte N°2 fut accordée à la loge St John’s à Bolton et la N°3 à la loge Thistle formée par des membres de la loge Bon Accord qui s’étaient soumis au Grand Chapitre.

Le 23 juin 1856, la loge Bon Accord ainsi que les trois loges précédemment citées se réunirent pour procéder à la formation de la Grande Loge de Marque. Le Très Honorable Lord Leight en fut élu le premier Grand Maître, charge qu’il occupa durant quatre ans.

Nonobstant cette création des chartes continuèrent régulièrement à être octroyées par l’Ecosse au point que fin 1858 ces loges étaient au nombre de 15 …

La nouvelle Grande Loge de Marque fut cependant, et au prix de très longues tractations, reconnue comme conservateur du grade de Marque en Angleterre en novembre 1875 par le grand Chapitre d’Irlande, en août 1877 par le Grand Chapitre Général des Etats-Unis (intitulé depuis Grand Chapitre Général International), en 1878 par les Grand Chapitres du District de Columbia et de la Virginie Occidentale et enfin, en 1879, par les Grands Chapitres de l’Illinois et du Québec.

Enfin, le 18 juin 1879, après 23 ans de conflit, le Grand Chapitre Suprême d’Ecosse prit la décision de reconnaître la Grande Loge des Maîtres Maçons de Marque d’Angleterre et du Pays de Galles comme organisme légal chargé de régir ce grade dans ces pays. Il convint de ne plus y accorder de charte de Marque, tout en préservant ses droits sur les loges déjà patentées.

Après ces débuts laborieux, la Grande Loge prospéra tant en Angleterre et au Pays de Galles que dans l’Empire et sur toute l’étendue du globe. Elle compte à ce jour quelques 1250 loges regroupées en 41 Provinces et 30 Districts outre-mer, dans lesquelles travaillent plus de 60 000 Maîtres Maçons de Marque.

Comme précisé en préambule, c’est le 20 février 1953 que le grade fut introduit en France par la consécration de la loge Lutèce N°1171, qui porte désormais le N°1 sur les registres de la Grande Loge des Maîtres Maçons de Marque de France, érigée en juridiction souveraine le 31 mai 1997.

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les Allied Masonic Degrees

19 Juin 2005 , Rédigé par GLMMMF Publié dans #hauts grades

le bref historique qui suit est essentiellement tiré de: The Order of the Allied Masonic Degrees par Harold H. Prestige publié en 1979; et de : A Centennial History of the Allied Masonic Degrees of the United States of America 1892-1992, par William G. Peacher, paru en 1993.

En 1717, quand les quatre célèbres Loges londoniennes fondèrent la première Grande Loge, leurs cérémonies privilégiaient certains évènements marquants de la construction du Temple du Roi Salomon, alors que presque toutes Loges opératives baignaient dans un corpus légendaire d’une incomparable variété qui apparaît encore à la lecture des Old Charges.

Les directives de la jeune Grande Loge ne purent empêcher la transmission de ces rituels locaux peu répandus par certains de leurs membres, ne souhaitant pas voir disparaître, au bénéfice de l’uniformité, des pratiques auxquelles ils étaient fort attachés.

L’intérêt pour ces rituels connut un réel renouveau lorsque fut fondée en 1751 la Grande Loge des Anciens, en réaction à l’attitude centralisatrice de la Grande Loge de Londres.

Cette Grande Loge des Anciens laissait, en effet, toute latitude à ses Loges pour user de leur patente pour travailler... tous les grades maçonniques possédés par l’un ou l’autre de leurs membres.

La Maçonnerie traversant la Manche, s’implanta sur le continent où elle connut un succès foudroyant et donna naissance à quelques 1400 grades dont beaucoup ne sont, bien sûr, que des variantes les uns des autres. Ces grades circulèrent à travers toute l’Europe et certains retournèrent même en Angleterre, berceau historique de la Maçonnerie.

Bien avant l’Acte d’Union de 1813, plusieurs corps maçonniques furent constitués. Thomas Dunckerley organisa les Chevaliers du Temple en 1791 et les Nautoniers de l’Arche Royale en 1793. Deux autres organisations, plus locales, virent le jour le Camp de Baldwyn (Baudouin) à Bristol en 1780 et l’Ordre Illustre des Chevaliers Grand Croix de Jérusalem à Newcastle-upon-Tyne vers la fin des années 1790.

Suite à l’Union des deux Grandes Loges rivales, le Grand Maître, le Duc de Sussex, pesa de son ferme inertie pour freiner toute tentative d’organisation des Grades autres que les trois de la Maçonnerie symbolique et leur complément : l’Arche Royale. Ce n’est qu’après son décès en 1843 qu’on put envisager de revigorer des autres grades.

La Grande Loge des Maîtres Maçons de Marque fut fondée en 1856 après une infructueuse tentative pour faire inclure le grade de Marque dans le corpus de la Maçonnerie symbolique.

Le Grand Conclave Impérial de la Croix Rouge de Rome et de Constantin, quant à lui, fut semble-t-il, reconstitué (mais peut-être simplement institué) en 1865.

En 1870 existaient en plus de ces corps souverains :
 
 
  • La Grande loge des Maçons de Saint Laurent dans le Lancashire,
     
  • Le Tabernacle Mère de la Grande Prêtrise à Manchester,
     
  • L’Ordre Ancien et Honorable des Chevaliers de Constantinople à Plymouth, et
     
  • Un Conseil de la Croix Rouge de Babylone ayant autorité sur des Conseils à Lancaster, Leigh et Liverpool.
     

Le 9 août 1879, la veille de la fête de Saint Laurent, et à l’instigation de la Loge de Saint Laurent Metropolitan à Londres, fut créé le Conseil des Grades Collatéraux (ou Side Degrees) qui l’année suivante changea son nom en Grand Conseil des Grades Maçonniques Alliés.

Divers grades vinrent se placer sous la juridiction du nouveau Grand Conseil au cours des années qui suivirent.

Un conflit dut cependant être réglé. Le Suprême Conseil d’Angleterre du Rite Ecossais Ancien et Accepté contestait la pratique du Grade de la Croix Rouge de Babylone prétextant qu’il figurait aux 14ème et 15ème degrés de leur série. Cette prétention fut toutefois abandonnée et donna lieu à un accord signé le 24 juillet 1893.

En 1893, le Grand Conseil obtint du Tabernacle Royal Kent à Newcastle une impressionnante série de grades et Ordres les plus divers dont le plus significatif sans aucun doute était celui de Chevalier du Temple Prêtre de la Sainte Arche Royale ou Ordre de la Sainte Sagesse. A la suite de négociations avortées sur le possible transfert de cet Ordre sous l’autorité du Grand Prieuré du Temple, c’est finalement en mai 1923 que se constitua le Grand Collège des Chevaliers du Temple Prêtres de la Sainte Arche Royale, comme juridiction souveraine. Le Grand Collège abandonna juridiction sur ces grades en date du 17 novembre 1924.

On notera en passant que pendant trente-sept ans, soit de 1894 à 1931, le Grand Conseil administra aussi l’Ordre du Moniteur Secret, qui lui avait été transmis par le Grand Collège Américain et ce, concurremment avec le Grand Conseil de l’Ordre du Moniteur Secret fondé en 1887 par le Dr. Isaachar Zacharie.

En 1909 fut définitivement réglé l’intégration du grade de Chevalier de Constantinople dont un Grand Conseil souverain tentait difficilement d’exister depuis 1866.

À Richmond, en Virginie, le 14 janvier 1892, un maçon d’une activité débordante, le Révérend Hartley Carmichael, fonda avec quelques maçons éminents à qui il avait communiqué un certain nombre de grades qu’il avait lui-même vraisemblablement reçu au Canada, dans l’Ontario, le Souverain Collège des Grades Alliés Maçonniques et Chrétiens administrant quelques quinze grades.

Le Révérend Carmichael prit immédiatement contact avec le Grand Conseil d’Angleterre et se fit communiquer par le Comte de Euston, Grand Maître, le texte des rituels anglais. Les deux Grands Maîtres s’échangèrent en outre des patentes de Grands Représentants auprès de leurs juridictions respectives.

Il conféra de plus le grade de Grand Tuileur de Salomon à Charles Fitzgerald Matier, Grand Secrétaire du Grand Conseil anglais avec pouvoir de le conférer au sein de la juridiction anglaise.

En 1894 il conféra de la même manière le grade de Moniteur Secret ce qui occasionna le problème ci-avant mentionné.

Le Souverain Collège, suite à l’élection d’un nouveau Grand Maître, changea de siège et s’installa à Norway dans le Maine.

Après 1924, faute de leader, ses membres vieillissant devinrent de moins en moins actifs et le Souverain Collège se mit en sommeil.

Cependant, un autre maçon très actif, J.Raymond Shute II, forma le 16 avril 1932 à Salisbury en Caroline du Nord, le Grand Conseil des Grades Maçonniques Alliés pour les Etats Unis d’Amérique.

J.Ray Shute II prit rapidement contact avec Souverain Collège et à la plus grande satisfaction de tous, l’union des deux juridictions fut scellée le 18 juillet 1933.

Le Grand Conseil de l’Ordre des Grades Maçonniques Alliés pour la France, constitué le 19 février 1999 à partir de trois Conseils Anglais, reçut lors de sa première assemblée annuelle du 5 mars 1999, patente du Grand Conseil pour les Etats Unis d’Amérique pour pratiquer l’intégralité des grades par lui pratiqués, ne figurant pas dans la série anglaise.
 
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l'Ordre de la Croix Rouge de Constantin

19 Juin 2005 , Rédigé par GLMMMF Publié dans #hauts grades

Les sources utilisées sont The Order of the Red Cross of Constantine, par Harold V.B.Voorhis, New York, 1963, ainsi que Coil’s Masonic Encyclopaedia de Henry W.Coil, Richmond, Va., 1996.

Il est difficile de déterminer avec précision l’origine et la première apparition de l’Ordre tel que nous connaissons aujourd’hui, tant furent nombreux, dès la fin du XVIII° siècle, les grades les plus divers s’intitulant Croix Rouge de … .

Malgré certaines mentions dès 1790, il est donc hasardeux d’avancer que le grade auquel il est fait allusion est bien celui qui nous intéresse.

Ce n’est qu’en 1865 que Robert Wentworth Little, salarié de la Grande Loge Unie d’Angleterre fonda ou reconstitua l’Ordre Impérial, Ecclésiastique et Militaire des Chevaliers de la Croix Rouge de Rome et de Constantin, soutenu par William Henry White, le Grand Secrétaire de ladite Grande Loge Unie qui en devint le premier Grand Souverain.

On remarquera en passant que Robert Wentworth Little, deux ans plus tard, établit en Angleterre la Societas Rosicruciana in Anglia. Ceci explique sans doute les relations privilégiés qui, à l’époque, régnaient entre les deux Ordres.

Au décès de William H. White, en avril 1866, Thomas Taylour, Lord Kenlis, plus tard créé Comte de Bective, lui succéda. Le développement de l’Ordre fut particulièrement remarquable puisqu’en 1876 cent trente six Conclaves avaient été constitués en Grande Bretagne et dans tout l’Empire : 6 en Écosse, 14 en Inde, 13 au Canada, 5 en Nouvelle-Zélande et 2 en Afrique du Sud.

L’Ordre gagnant le Nouveau Monde s’y établit avec un succès tel qu’en dix ans 48 conclaves avaient été consacrés aux Etats-Unis. Le 14 juin 1872 se constituait le Grand Conseil Impérial de Pennsylvanie ; puis le 30 août celui de l’Illinois. D’autres Grands Conseils ou Conclaves furent créés : Massachusetts et Rhode Island, puis New York en 1873 ; Michigan en 1874 ; Kentucky, Indiana, New Jersey, Maine, Vermont et Canada en 1875. La plupart eurent une courte existence, mais les deux juridictions primitives se constituèrent au tournant du siècle respectivement en Empire d’Orient (la Pennsylvanie) et Empire d’Occident (l’Illinois), unifiant les derniers survivants. Enfin en 1955 ils élirent de se réunir ce qui se concrétisa en 1958 par la création du Grand Conseil Impérial Uni pour les États Unis d’Amérique &c. A ce jour, seul l’état du Maine possède encore un Grand Conclave souverain.

L’Ordre de la Croix Rouge de Constantin se compose des trois grades de Chevalier, Prêtre-Maçon et Prince-Maçon, les deux derniers n’étant conférés qu’aux deux dirigeants d’un Conclave : l’Éminent Vice-Roi et le Très Puissant Souverain.

A cet Ordre sont liés ceux de Chevalier du Saint Sépulcre et de Chevalier de Saint Jean l’Evangéliste. Ce dernier apporte une vision chrétienne de la cérémonie de l’Arche Royale.

L’Ordre fut introduit en France en 1995, par la consécration à Toulouse du Conclave Occitania n°443 par le Grand Conclave Impérial pour l’Angleterre, le Pays de Galles et les Territoires Outremer de l’Ordre Maçonnique et Militaire de la Croix Rouge de Constantin et des Ordres du Saint Sépulcre et de Saint-Jean l’Évangéliste.

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l'Ordre du Moniteur Secret

19 Juin 2005 , Rédigé par GLMMMF Publié dans #hauts grades

1 Samuel XVIII,1-4

Or, dès que David eut fini de parler à Saül, Jonathan s’attacha à David et l’aima comme lui- même.

Ce jour là, Saül retint David et ne le laissa pas retourner chez son père.

Alors, Jonathan fit alliance avec David, parce qu’il l’aimait comme lui même.

Jonathan se dépouilla du manteau qu’il portait et le donna à David, ainsi que ses habits, et jusqu’à son épée, son arc et son ceinturon.

Le bref historique qui suit est essentiellement tiré de:

- Collectanea, volume 13, publication du Grand Collège des Rites des Etats Unis d’Amérique, par William G. PEACHER, publié en 1988.

- The Order of the Allied Masonic Degrees par Harold Prestige publié en 1979.

- The History of the Order of the Secret Monitor par Maurice Herman Kellerman publié à Sidney en 1994.

Un catalogue de la Bibliothèque Nationale à Paris, mentionne un ouvrage intitulé : Abrégé des Lois et Constitutions de l’Ordre de Jonathan institué en l’honneur de la Providence Divine, 1762. Cet ouvrage n’a cependant pu être retrouvé. Il est cependant possible qu’il ait été la source d’un autre ouvrage, lui Hollandais, contenant les Règlements, Statuts, Constitutions et Cérémonies de l’Ordre de Jonathan et David et Jésus Christ, Amsterdam 1773. Celui-ci figure dans la Bibliothèque du Grand Orient des Pays-Bas et une copie dans celle de Mark Mason’s Hall à Londres.

Ce rituel décrit un Ordre en sept degrés et semble donc avoir été pratiqué dès la fin du XVIIIème siècle.

Un autre lien avec la France peut être mentionné à propos de l’attribution le 27 décembre 1788 à Hendrick Bolt, Vénérable Maître de la Loge Concordia Vincit Animos à Amsterdam, d’une patente émanant des Chapitres Jésus et Jonathan et David établis en Avignon l’autorisant à établir des Chapitres des Ordres Unis de Jonathan et David et Jésus Christ à Amsterdam. Le nom Carpentras figure sur l’un des deux sceaux de cire rouge apposés sur ladite patente. Le Grand Chapitre de Bolt ne vécut cependant que cinq ans et s’éteignit à la mort de son fondateur en 1793.

A cette époque, de nombreux émigrants Hollandais Protestants tournaient leurs regards vers le Nouveau Monde dans l’espoir d’y trouver tant de meilleures conditions de vie que la liberté d’exercer leur culte. Il est vraisemblable qu’ils furent le vecteur de la transmission de l’Ordre vers la jeune Amérique.

La diffusion de l’Ordre fut rapide puisque mention en est faite dès 1831 date à laquelle fut publié par Avery Allyn un Rituel de Grade du Moniteur Secret.

Il fut primitivement conféré individuellement, comme un side degree, et sans aucun contrôle juridictionnel.

Fondé le 14 janvier 1892, à Richmond en Virginie, le Souverain Collège des Grades Maçonniques et Chrétiens Alliés pour l’Hémisphère Occidental en prit bientôt le contrôle.

Le 16 avril 1932 fut créé à Salisbury en Caroline du Nord le Grand Conseil des Grades Maçonniques Alliés pour les Etats Unis d’Amérique. Ce Grand Conseil revendiquait lui aussi le contrôle de l’Ordre mais la rivalité prit fin quand en 1933 les derniers membres du Grand Collège de 1892 s’unirent au nouveau Grand Conseil.

L’Ordre, primitivement travaillé en un seul Grade le fut ensuite, comme en Grande Bretagne, en trois Grades et en février 2000, lors de son Assemblée Annuelle, le Grand Conseil des Grades Maçonniques Alliés des Etats Unis d’Amérique autorisa chacun de ses Conseils à s’ériger, lorsqu’il le souhaiterait, en Conclave de l’Ordre du Moniteur Secret.

L’introduction de l’Ordre du Moniteur Secret en Grande Bretagne est due au Dr. Isaachar Zacharie. De nationalité britannique, il émigra très jeune aux Etats Unis où il vécut environ quarante-cinq ans regagnant l’Angleterre en 1875 après avoir été initié en Californie en 1848 puis avoir servi en tant que médecin durant la Guerre de Sécession.

A Londres il devint en 1882 membre de la Loge de Marque Bon Accord, où il rencontra plusieurs Frères ayant reçu le Grade de Moniteur Secret en des époques et lieux très divers.

Sous son égide un Grand Conseil du Moniteur Secret fut formé en 1887 et les Grades portés au nombre de trois, le dernier étant celui de Suprême Gouverneur.

Cette nouvelle construction parut satisfaire une cinquantaine de Frères américains de Rocklands dans le Maine, titulaires du Grade unique américain, lesquels pétitionnèrent en 1894 le Grand Conseil du Dr Zacharie aux fins de fonder, sous sa juridiction, un Conclave de l’Ordre dans leur ville.

Cette démarche irrita le Grand Conseil des Grades Maçonniques Alliés des Etats Unis d’Amérique qui réagit en accordant au Grand Conseil des Grades Maçonniques Alliés de Grande Bretagne, fondé le 9 août 1879, le droit de conférer le Grade de Moniteur Secret concurrençant ainsi le Grand Conseil du Dr Zacharie.

S’ensuivit une période de 37 ans au cours desquels deux juridictions conférèrent concurremment l’Ordre du Moniteur Secret en Grande Bretagne….

Cette discorde prit fin par un accord à l’anglaise lorsque en 1931, le Colonel C.W. Napier-Clavering, Grand Maître du Grand Conseil des Grades Maçonniques Alliés, fut élu Suprême Gouverneur du corps concurrent. Le Grand Conseil des Grades Maçonniques Alliés abandonna alors le Grade au Grand Conseil de l’Ordre du Moniteur Secret.

En France, comme précisé dans la présentation, l’Ordre fut introduit par l’attribution le 29 septembre 1993 d’une patente du Grand Conclave de l’Ordre du Moniteur Secret ou Fraternité de David et Jonathan pour les Iles Britanniques et les Territoires Outre Mer aux fins de créer le Conclave Narbo Semper Fidelis n° 383 destiné à travailler à Narbonne.

 

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les Cryptic degrees

19 Juin 2005 , Rédigé par GLMMMF Publié dans #hauts grades

 

Tout Maçon curieux des Grades Cryptiques est invité à lire : A History of the Cryptic Rite (en 2 vols.) par Eugene E. Hinman, Ray V. Denslow & Charles C. Hunt, publié par le General Grand Council, Royal and Select Masters, U.S.A.; Tacoma, Wa. 1931.

Cette notice a été établie à partir de cet ouvrage monumental, ainsi que de : Coil’s Masonic Encyclopedia, par Henry W. Coil, révisée par Allen E. Roberts; Macoy Publishing, Richmond, Va. 1966; et de Masonic Rites and Degrees par Ray V. Denslow, publié chez l’auteur, 1955.

Bien que l’un des petits Ordres, c’est l’un des plus importants, et des plus curieux systèmes maçonniques. Il se compose de deux Grades : ceux de Maître Choisi et de Maître Royal, d’origines très diverses, auxquels un troisième : le Super-Excellent Maître, a été rattaché, bien qu’assez étranger à la série. A ce noyau, le Très Excellent Maître a généralement été ajouté, dans les pays pratiquant la forme anglaise de l’Ordre de la Sainte Arche Royale. Notre Grand Conseil a, en outre choisi d’adjoindre à la série l’Excellent Maçon, ou cérémonie du Passage des Voiles.

Après la création de la Grande Loge d’Angleterre de 1717, bien des Grades maçonniques firent leur apparition, se fondant sur des légendes tirées des Anciens Devoirs, alors même que de nombreux éléments disparaissaient du cérémonial, bien que des passages de ces Constitutions manuscrites y ayant trait, étaient lues lors des réceptions. Ceci devait inexorablement amener à l’apparition de Grades additionnels, tels que l’Arche Royale, rapidement enrichie dans les îles britanniques de développements tels que les Maçon de Marque, Maître de Marque, Excellent Maçon ou Maître, Super-Excellent Maître ou Maçon, etc. . . . , pendant qu’en France une immense variété de Grades voyaient le jour, introduisant de nombreuses légendes complémentaires. La plupart, sinon la totalité, des Grades encore pratiqués de nos jours, remontent à tel ou tel de ces rites ou grades du 18e siècle.

Bien qu’une forme du Maître Choisi (Select Master) ait pu être pratiqué de nombreuses années avant, à Albany (vers 1769), et Charleston (vers 1782) la première occurrence documentée de la collation du Maître Choisi, est un diplôme daté du 9 novembre 1790 à Savannah (Georgia), par lequel Moïse Cohen, Grand Inspecteur Général du Rite de Perfection à Kingston, Jamaïque, certifie qu’il a conféré certains Grades à Abraham Jacobs, parmi lesquels ceux de “Maçon Choisi des 27” et “Grand Maître Écossais”, lesquels ne firent jamais partie de ce rite ou système.

Bien qu’à l’époque les intitulés des Grades peuvent souvent prêter à confusion, on croît que ce “ Maçon Choisi des 27 ” est bien ce que nous appelons maintenant le “ Maître Choisi ”. Une copie préservée du “ rituel de Jamaïque (ou de Panama) ” du Rite de Perfection donne suffisamment de détails quant à la forme de la loge et le cérémonial d’ouverture, de fermeture et de réception pour voir qu’il est très proche de notre Maître Choisi.

Un certain Henry Wilmans, natif de Brême en Allemagne, immigré à Charleston vers 1788, s’installa à Baltimore, Maryland, vers 1792, où il visita une Loge comme Passé Maître d’une Loge St-Jean N°13, de Caroline du Sud. Cette même année, en vertu d’une Patente de Grand Inspecteur Général du Rite de Perfection l’investissant de pouvoirs pour “établir, ordonner, ériger et donner vigueur” à de tels ateliers, il y fonda un “Grand Conseil de Maçons Choisis (Select Masons)”.

En 1795 Philip P. Eckel succéda à ses prérogatives au sein du “Chapitre” de Maçons Choisis de Baltimore. Jeremy L. Cross en reçut le Grade en 1816, avec pouvoirs de le diffuser.

De nombreux chercheurs ont avancé que le projet réel avait toujours été d’intégrer ce Grade au système d’Arche Royale. Mais cela ne peut être. Pourquoi, en effet, Henry Wilmans, parvenant à la Grande Maîtrise de la G.L. du Maryland un an avant sa mort, n’essaya-t-il même jamais de faire procéder à l’intégration ? Et, plus tard, pourquoi Eckel et son associé Hezekiah Niles, firent-ils tout leur possible pour maintenir le Grand Conseil à Baltimore ? Philip Eckel non plus, qui devait devenir un membre très influent de l’Ordre de l’Arche Royale, ne tenta jamais l’intégration.

A part quelques rares références antérieures, la première mention du Grade de Maître Royal n’apparaît pas avant 1804, lorsque Abraham Jacobs se rendit à New York où il l’aurait conféré à Thomas Lownds. C’était alors l’apogée de la crise profonde entre deux Suprêmes Conseils rivaux du R.E.A.A., ceux dirigés par John J Gourgas et Joseph Cerneau, et on ne saura peut-être jamais précisément quand (1807 ou 1808) et par qui notre Grade fut effectivement conféré à New York.

La première mention documentaire de la collation de ce Grade se trouve dans les archives du Columbian Grand Council of Royal Master Masons de New York, fondé par Thomas Lownds le 2 septembre 1810. Sept ans plus tard, ce corps semble s’être adjoint le Grade de Super-Excellent Maître et, bien que Lownds ne semble pas avoir pratiqué le Maître Choisi avant 1817, le Grand Conseil ne devait intégrer un Conseil de Maîtres Choisis le 8 décembre 1821.seulement.

Pendant ce temps, Jeremy L. Cross s’étant vu conférer le Select Master par Eckel en 1816, disséminait le Grade en Nouvelle Angleterre, puis fondait un Conseil à Windsor, au Vermont, tandis que John Barker faisait de même dans les états du Sud. En 1818, Cross recevait le Royal Master (avec ou sans le Super-Excellent), et commençait immédiatement à conférer les deux Grades à New Haven, au Connecticut. La même année le premier Grand Conseil de Maîtres Royaux et Choisis y été constitué, suivi en 1820 par la Virginie, puis le New Hamsphire en 1823.

La première tentative réussie d’amener ces Grades dans le giron de l’Arche Royale eut lieu au Maryland, où le Grand Chapitre autorisa ses Chapitres en 1817 à conférer le Select Master, pour, dix ans plus tard circulariser tous les Grands Chapitres les incitant à faire de même. Dès cette époque, les Grands Chapitres existant alors aux États-Unis, s’attribuèrent ou abandonnèrent tout à tour la pratique de ces Grades, tandis que le Grand Chapitre Général leur recommandait d’en prendre le contrôle. Après 1827, comme pour rendre les choses plus difficiles, quelques Députés Inspecteurs du Rite Écossais autorisaient les Conseils de Princes of Jérusalem (16°) de leur secteur à s’emparer de ces Grades.

En 1847, le Grand Chapitre Général autorisait les Chapitres à conférer les Grades de Maître Royal et Choisi dans les états non encore pourvus de Conseils et, en 1850, le Suprême Conseil du R.E.A.A. de la juridiction Nord publia un manifeste proclamant sa compétence sur les Grades de Royal & Select et décrétant propriété exclusive. Le Suprême Conseil de la juridiction Sud faisait rapidement de même pour ne pas être en reste. En 1853, lorsque le Grand Chapitre Général inversa sa position, renonçant à tout droit, le Grand Chapitre du Maryland (jusqu’en 1872) ainsi que celui de Virginia (de 1841 jusqu’à nos jours) les conserva sous sa coupe, tout comme la Virginie Occidentale dès sa création. D’autres Grands Chapitres prirent aussi le contrôle des Grades Cryptiques, même après la renonciation formelle de 1853 : le Texas (de 1864 à 1907), l’Illinois (1877-1882), le Mississippi (1877-1888), le Kentucky, l’Arkansas et le Wisconsin (1878-1881), le Nebraska (1878-1886) et la Caroline du Sud (1880-1881).

Outre les premiers déjà vus, des Grands Conseils se constituèrent au Massachusetts et en Georgie en 1826, au Kentucky en 1827, dans l’état de New York en 1828, en Louisiane en 1829 et dans l’Ohio en 1830. Dans la fin des années 1840 deux autres Grands Conseils devaient voir le jour, puis 10 de 1850 à 1860, 6 autres avant 1870 et enfin 3 avant 1880. Enfin, après plusieurs tentatives, un Grand Conseil Général fut constitué le 23 août 1880, puis ratifié dès le 1er mars 1881 par le nombre requis d’états constituant.

La Maçonnerie Cryptique, telle qu’actuellement pratiquée fut “ré-introduite” en Angleterre par patentes octroyées par le Grand Conseil de l’État de New York en 1871, et le Grand Conseil d’Angleterre fut constitué en 1873. L’Ordre “re-gagna” l’Écosse grâce à des patentes octroyées par le Grand Conseil de l’Illinois en 1878 et le Grand Conseil d’Écosse vit le jour en 1880. Il a depuis volontairement abandonné sa souveraineté pour être incorporé au Grand Chapitre Suprême de la Sainte Arche Royale de ce pays.

De nos jours, quelques quatre-vingt Grands Conseils administrent plus de 1 600 Conseils rassemblant aux environs de 300 000 Maçons Cryptiques de par le monde.

 

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les Nautoniers de l'Arche Royale

19 Juin 2005 , Rédigé par GLMMMF Publié dans #hauts grades

Les premières "Constitutions" manuscrites ou "Anciens Devoirs" , le Poème REGIUS(2) de 1390 environ (mais copie d'un texte des années 1350), contiennent à la ligne 537, la première allusion à Noé et au Déluge :

«... l'effroi restant  après la fin du Grand Déluge ...»(A.C.) ou « ... Bien après que, chose effroyable, Le Déluge de Noé eut déferlé ...» (E.M.).

Vingt ans plus tard, le manuscrit COOKE  , reprend et développe l'épisode. Noé y est cité six fois et soixante cinq lignes (257 à 320) sont consacrées, non pas seule ment à Noé et à l'Arche, mais aux causes et circonstances du Déluge et aux colonnes portant les sciences :

« …dieu voulait / se venger du péché par le feu ou par l’eau et ils s’efforcèrent de sauver les sciences qu'ils avaient inventées ... (lignes 257-261)... de faire II piliers [...] de marbre et de lacerus ...» (279-284) et « ...gravèrent sur les pierres toutes les VII sciences sachant qu'allait venir un châtiment...» (300-303).

Ainsi, dès le milieu du XIV° siècle l'histoire de Noé apparaît associée à la Maçonnerie.

La première édition des Constitutions d'Anderson  nous apprend en 1723 (p.3) :

« ... qu'enfin Noé, neuvième descendant de Seth, reçût commandement de Dieu de bâtir une Grande Arche ; bien faite en bois, elle fut fabriquée selon les principes de la Géométrie et les règles de la Maçonnerie », et plus loin « NOÉ et ses trois fils JAPHET, SEM et CHAM, tous Maçons authentiques, continuèrent après le déluge les arts et traditions antédiluviens et les diffusèrent largement à leur postérité croissante. »

En 1726, le manuscrit GRAHAM  ajoute bien plus encore, rapportant :

«... que Sem, Cham et Japhet eurent à se rendre sur la tombe de leur père Noé pour tenter d'y découvrir quelque chose [...] qui les guiderait jusqu'au puissant secret [...] . Ici, j'espère que chacun admettra que toutes les choses nécessaires au nouveau monde se trouvaient dans l'Arche avec Noé. »

En 1738, la deuxième édition des Constitutions d’Anderson  est plus précise dans sa partie légendaire :

«... quand la Destruction du Monde fut proche, Dieu commanda à NOÉ de construire la Grande ARCHE ou Château flottant [...]. Cet édifice quoique de bois uniquement, fut fabriqué selon les règles de la Géométrie

[...] à son bord montèrent Noé, ses fils [...] et après avoir pris le Chargement d'Animaux selon l'Ordre divin, ils furent sauvés dans l'Arche, quand tous les autres périrent dans le Déluge ...» et parle plus loin des « Noachides [Noachida;] ou Fils de Noé— le premier nom des Maçons selon les antiques traditions ».

et quelques pages plus loin, dans le premier des "Anciens Devoirs", il est dit :

«... un MAÇON est tenu par son Engagement d'obéir à la Loi morale, en vrai Noachide ou fils de Noé », et plus loin, référence est faite aux «... trois Grands Articles de. NOÉ ...».

On remarquera en passant que cette légende noachide (ou noachite) dut certainement servir de canevas au Troisième Grade original et fut peut-être la base de la légende plus récente de la mort d'Hiram.

Chacun sait la floraison des grades et ordres à partir des années 1740. Plusieurs de ceux-ci constituent aujourd'hui la base de notre grade de Nautonier de l'Arche.

En 1871, à Londres, une Grande Loge des Nautoniers de l'Arche Royale se dota de Statuts comprenant une longue présentation historique. Ils prétendaient qu'en 1772, une Grande Loge aurait été reconstituée confirmant ainsi que le Grade fut pratiqué à Londres bien avant cette date puis, sans interruption, jusqu alors. L ensemble se fonde sur une Charte de 1793 qui est un faux manifeste. Toutefois, seul le document est faux. Ce qu'il relate, en inventant les dates et les preuves, est assez exact dans les grandes lignes. C'est ce que nous allons voir maintenant.

La première collation authentique et avérée de ce Grade fut à Bath en 1790, quand un certain William Boyce"prit les grades de la Croix Rouge et aussi le Nautonier de l'Arche Royale", bien qu'un faisceau de coïncidences permettent de le penser connu à Portsmouth dès 1778 et peut-être à Londres vers 1772.

Un scandale électoral, relaté en 1830 dans une histoire locale, nous le montre aussi à Ipswich en juin 1790 quand " une personne du nom de 'Noé' Sibl[e]y [...] y fonda un club ou association [...], prétendue branche de la Franc- Maçonnerie, appelé les Bons Samaritains ou Maçons de l'Arche, dont le serment d'admission faisait obligation à chacun (d'une entr'aide totale) en toutes circonstances, et Sir John Hadiey D'OyIy (le candidat à l'élection) était Bon Samaritain. Leurs processions à travers les rues étaient un vrai spectacle: une réplique de l'Arche de Noé et toutes sortes de décors et bannières y étaient promenées.

Ebenezer Sibly, astrologue et plus tard chirurgien, initié à la Loge n° 79 (Anciens) de Portsmouth en 1784, apparaît lié à ce Grade par un rituel manuscrit conservé à la G.L.M.M.M. d'Angleterre : « La Loge d'Arche Royale ou le II ème
 grade du Maçon d'Arche, développé en forme d'Instruction ... , par Ebenezer Sibly, Député Grand Noé, 1790 », qui contient, entre autres, une 'Exhortation à la Digne Fraternité des Nautoniers d'Arche Royale' et un rituel dont les secrets et mystères sont ceux de ‘ce Grade Suprême de l'Ancienne Franc-Maçonnerie intitulé Noachite [Noachidia] ou Nautonier d'Arche' et le châtiment, le même que de nos jours.

A cette période, Thomas Dunckerley était Grand Maître Provincial pour le Comté de l'Essex où se déroula l'épisode politique déjà vu. Si rien n'assure absolument que Dunckerley possédait alors ce Grade gageons que, les deux hommes s'étant rencontrés, peut-être pour des motifs de discipline maçonnique, "l'infatigable fondateur" ait alors été fort intéressé.

Quoiqu'il en soit, le "Freemasons ' Magazine" relate dans sa livraison d'août 1794, à la page 147 :

« 16 AOÛT - L'anniversaire de son Altesse Royale le Duc d'York fut célébré avec toute la pompe maçonnique par l'Ordre des Chevaliers Templiers demeurant à Londres, auxquels s'était jointe la Société des Anciens Maçons de l'Ordre Diluvien d'Arche Royale et de Marque, réunis à la Taverne du 'Surrey', dans le Strand, sur convocation de Monsieur Thomas Dunckerley, Grand Maître et Grand Commandeur de ces Ordres Unis. »

II semble donc bien que Dunckerley ait pris le contrôle de la Grande Loge des Nautoniers de 1793, devenant chef des Ordres ainsi unis. Après sa mort en 1794, Lord Rancliffe fut installé Grand Maître des Ordres Unis du Temple et de Malte puis, par ailleurs, des Ordres de la Croix Rouge de Rome et de Constantin, ainsi que Grand Commandeur des N.A.R. en 1796, avec Noé Sibly comme Député Grand Noé et Robert Gill, Assistant Grand Noé. A la fin Gill, Charles Sinclair, William Jones, William Cooper et Isaac Mosley d'octroyer Patentes et dispenses aux Nautoniers de l'Arche régulièrement immatriculés ..». On retrouvera le dernier nommé trois ans plus tard, aux Amériques.

Un incendie ayant ravagé la demeure de Robert Gill, rien ne nous est parvenu de ses importantes archives amassées au long de sa riche carrière maçonnique. Dès 1799, à la mort de "Noé" Sibly, la Grande Loge des Nautoniers commença à décliner, pour bientôt sombrer dans l'oubli.

En 1816, puis en 1843, le F. John F.Dorrington, Grand Commandeur Noé (vraisemblablement en vertu de sa propre autorité) tenta, sans grand succès, de ressusciter la Grande Loge. Sa ténacité et ses efforts devaient pourtant, vingt-cinq ans plus tard, porter leurs fruits. Les membres de la Loge de Marque St.Mark, "assemblés en loge de Nautoniers de l'Arche Royale", publièrent dans le périodique le "Freemason" :

« NAUTONIERS DE L'ARCHE ROYALE - Un vaisseau de la Très Ancienne et Honorable Fraternité des Nautoniers d'Arche Royale se présenta au large de l'Hôtel George, à Aldermanbury, sur le coup des sept heures du soir, le lundi 2 mai 1870, sous le commandement de Père Noé, ayant à son bord les Nautoniers d'A.R. : Marsh comme Sem, Hub bard comme Japhet et Vesper comme P.N. Le vaisseau dû- ment amarré, l'Arche fut solennellement ouverte et les frères suivants, ayant prêté l'Ancienne Obligation de cette Honorable fraternité, montèrent à bord comme Nautoniers d'A.R., [suivent huit noms]. L'Arche fut ouverte au grade de Sem et Japhet et ces chaires furent successivement occupées par les Nautoniers d A.R. Marsh, Lubitt, Church, Levander et Morton Edwards.
Après une pause, et la sortie des autres Nautoniers, Hubbard, Levander et Edwards furent passés dans la Chaire de Premier Principal. Durant ces cérémonies, la Patente "Gill" de la Fraternité était sur la table du Scribe. L'Arche fut dûment fermée, le vaisseau prit le large, les Nautoniers d'Arche se retrouvèrent au Banquet et, après une soirée agréablement passée, se séparèrent. »

Morton Edwards, sculpteur connu, était Grand Officier de Marque. Le 13 mai 1870, à son domicile, à Londres, John Dorrington le nommait et investissait comme Député Grand Noé et Grand Scribe de l'Ordre, au moment même où un comité était constitué par la Grande Loge de Marque pour « étudier les rituels des grades d'Arche de Noé, Lien et Lutte (Link and Wrestle) et Très Excellent Maître. » Le 14 juin, le Chanoine George Portal, Grand Maître de la Marque, était élevé Nautonier et passé dans la Chaire de Noé par la Loge Old Kent, en compagnie plusieurs de ses Grands Officiers.

En août, le comité faisait rapport : le grade semblait avoir été pratiqué depuis 1790 au moins, au sein d'ateliers autonomes ou de Loges de Marque de Temps Immémorial ; il ne présentait rien de préjudiciable à l'Ancienne Maçonnerie ; rien ne semblait empêcher qu'il soit pratiqué sous l'autorité de la Grande Loge de Marque ; et il recommandait que les Loges de Marque désirant le pratiquer y soient autorisées par le Grand Secrétaire, par une Charte spéciale, aux conditions à déterminer.

La Grande Loge, réveillée en juillet 1870, par patente de Dorrington, avait maintenant Edwards comme Grand Commandeur Noé ainsi qu'un collège complet de Grands Officiers et, au moins sur le papier, des Grands Inspecteurs dans de nombreux pays.

En juin 1871, la Grande Loge de Marque désavouait Morton Edwards, l'un de ses Grands Officiers, et déclarait prendre le Grade de Nautonier sous sa protection. Edwards fit la sourde oreille pour ne se laisser convaincre qu'en 1884. Un rituel du Grade, publié en 1884, encore en circulation, indique dans l'Obligation l'allégeance due au "Grand Commandeur Noé".

Depuis 1871, en Angleterre, ce Grade est pratiqué sous l'égide de la Grande Loge de Marque, où il s'est développé avec dynamisme. Depuis 1994, il semble acquérir une certaine autonomie et se diriger vers le statut de Grande Loge agrégée, dont il jouit en France depuis la Constitution de la Grande Loge le 31 mai 1997.

En Ecosse, il est administré (sous l'égide d'une Grande Loge des Nautoniers intégrée), par le Grand Chapitre de la Sainte Arche Royale et pratiqué au sein de 'Loges et Conseils' conjointement avec celui de Chevalier de la Croix Rouge, Croix Rouge de Daniel ou 'Passe de Babylone'.

Aux États-Unis, le Grade, reçu d'Ecosse en 1931, est agrégé depuis 1932 à la série des grades contrôlés par le Grand Conseil des Grades Maçonniques Alliés et encore pratiqué de manière autonome par quelques rares Loges, essentiellement situées en Nouvelle Angleterre.

 

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déclaration de Cagliostro

8 Juin 2005 , Rédigé par Cagliostro Publié dans #fondements historiques de la FM

« Je ne suis d'aucune époque ni d'aucun lieu ; en dehors du temps et de l'espace, mon être spirituel vit son éternelle existence et, si je plonge dans ma pensée en remontant le cours des âges, si j'étends mon esprit vers un mode d'existence éloigné de celui que vous percevez, je deviens celui que je désire. Participant consciemment à l'Etre absolu, je règle mon action selon le milieu qui m'entoure.

Mon nom est celui de ma fonction et je le choisis, ainsi que ma fonction, parce que je suis libre ; mon pays est celui où je fixe momentanément mes pas.  Datez-vous d'hier, si vous le voulez, en vous rehaussant d'années vécues par des ancêtres qui vous furent étrangers ; ou de demain, par l'orgueil illusoire d'une grandeur qui ne sera peut-être jamais la vôtre ; moi, je suis Celui qui Est.

Je n'ai qu'un père : différentes circonstances de ma vie m'ont fait soupçonner à ce sujet de grandes et émouvantes vérités ; mais les mystères de cette origine, et les rapports qui m'unissent à ce père inconnu, sont et restent mes secrets ; que ceux qui seront appelés à les deviner, à les entrevoir comme je l'ai fait, me comprennent et m'approuvent.  Quant au lieu, à l'heure où mon corps matériel, il y  a quelque quarante ans, se forma sur cette terre ; quant à la famille que j'ai choisie pour cela, je veux l'ignorer ; je ne veux pas me souvenir du passé pour ne pas augmenter les responsabilités déjà lourdes de ceux qui m'ont connu, car il est écrit : "Tu ne feras pas tomber l'aveugle." Je ne suis pas né de la chair, ni de la volonté de l'homme ; je suis né de l'esprit.  Mon nom, celui qui est à moi et de moi, celui que j'ai choisi pour paraître au milieu de vous voilà celui que je réclame.

Celui dont on m'appela à ma naissance, ce qu'on m'a donné dans ma jeunesse, ce sous lesquels, en d'autres temps et lieux, je fus connu, je les ai laissés, comme j'aurais laissé des vêtements démodés et désormais inutiles.

Me voici : le suis Noble et Voyageur ; je parle, et votre âme frémit en reconnaissant d'anciennes paroles ; une voix, qui est en vous, et qui s'était tue depuis bien longtemps, répond à l'appel de la mienne ; j'agis, et la paix revient en vos coeurs, la santé dans vos corps, l'espoir et le courage dans vos âmes.  Tous les hommes sont mes frères ; tous les pays me sont chers ; je les parcours pour que, partout, l'Esprit puisse descendre et trouver un chemin vers vous. Je ne demande aux rois, dont je respecte la puissance, que l'hospitalité sur leurs terres, et, lorsqu'elle m'est accordée, je passe, faisant autour de moi le plus de bien possible ; mais je ne fais que passer.  Suis-je un Noble Voyageur ?

Comme le vent du Sud, comme l'éclatante lumière du Midi qui caractérise la pleine connaissance des choses et la communion active avec  Dieu, je viens vers le Nord, vers la brume et le froid, abandonnant partout à mon passage quelques parcelles de moi, me dépensant, me diminuant à chaque station, mais vous laissant un peu de clarté, un peu de chaleur, un peu de force, jusqu'à ce que je sois enfin arrêté et fixé définitivement au terme de ma carrière, à l'heure où la rose fleurira sur la croix. Je suis Cagliostro.

Pourquoi vous faut-il quelque chose de plus ? Si vous étiez des enfants de Dieu, si votre âme n'était pas si vaine et si curieuse, vous auriez déjà compris !

Mais il vous faut des détails, des signes et des paraboles. Or, écoutez ! Remontons bien loin dans le passé, puisque vous le voulez.

Toute lumière vient de l'Orient ; toute initiation, de l'Égypte ; j'ai eu trois ans comme vous, puis sept ans, puis l'âge d'homme, et, à partir de cet âge, je n'ai plus compté. Trois septénaires d'années font vingt et un ans et réalisent la plénitude du développement humain. Dans ma première enfance, sous la loi de rigueur et justice, j'ai souffert en exil, comme Israël parmi les nations étrangères.

Mais, comme Israël avait avec lui la présence de Dieu, comme un Metatron le gardait en ses chemins, de même un ange puissant veillait sur moi, dirigeait mes actes, éclairait mon âme, développant les forces latentes en moi.  Lui était mon maître et mon guide.

Ma raison se formait et se précisait ; je m'interrogeais, je m'étudiais et je prenais conscience de tout ce qui m'entourait ; j'ai fait des voyages, plusieurs voyages, tant autour de la chambre de mes réflexions que dans les temples et dans les quatre parties du monde ; mais lorsque je voulais pénétrer l'origine de mon être et monter vers Dieu dans un élan de mon âme, alors, ma raison impuissante se taisait et me laissait livré à mes conjectures. Un amour qui m'attirait vers toute créature d'une façon impulsive, une ambition irrésistible, un sentiment profond de mes droits à toute chose de la Terre au Ciel, me poussaient et me jetaient vers la vie, et l'expérience progressive de mes forces, de leur sphère d'action, de leur jeu et de leurs  limites, fut la lutte que j'eus à soutenir contre les puissances du monde ; je fus  abandonné et tenté dans le désert ; j'ai lutté  avec l'ange comme Jacob, avec les hommes et avec les démons, et ceux-ci, vaincus, m'ont appris les secrets, qui concernent l'empire des ténèbres pour que je ne puisse jamais m'égarer dans aucune des routes d'où l'on ne revient pas.

Un jour après combien de voyages et d'années le Ciel exauça mes efforts : il se souvint de son serviteur et, revêtu d'habits nuptiaux, j'eus la grâce d'être admis, comme Moïse, devant l'Eternel. Dès lors je reçus, avec un nom nouveau, une mission unique. Libre et maître de la vie, je ne songeai plus qu'à l'employer pour l’œuvre de Dieu. Je savais qu'il confirmerait mes actes et mes paroles, comme je confirmerais son nom et son royaume sur la terre.  Il y a des êtres qui n'ont plus d'anges gardiens ; je fus de ceux-là.

Voilà mon enfance, ma jeunesse, telle que votre esprit inquiet et désireux de mots la réclame ; mais qu'elle ait duré plus ou moins d'années, qu'elle se soit écoulée au pays de vos pères ou dans d'autres contrées, qu'importe à vous ? Ne suis-je pas un homme libre ? jugez mes mœurs, c'est-à-dire mes actions ; dites si elles sont bonnes, dites si vous en avez vu de plus puissantes, et, dès lors, ne vous occupez pas de ma nationalité, de mon rang et de ma religion.

Si, poursuivant le cours heureux de ses voyages, quelqu'un d'entre vous aborde un jour à ces terres d'Orient qui m'ont vu naître, qu'il se souvienne seulement de moi, qu'il prononce mon nom, et les serviteurs de mon père ouvriront devant lui les portes de la Ville Sainte. Alors, qu'il revienne dire à ses frères si j'ai abusé parmi vous d'un prestige mensonger, si j'ai pris dans vos demeures quelque chose qui ne m'appartenait pas ! »

 

 

 

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l'émanation et les nombres

8 Juin 2005 , Rédigé par L-C DE st Martin Publié dans #spiritualité

L’émanation divine doit être comprise en tant que le Principe créateur n’a éprouvé ni séparation, ni division, ni aucune altération dans leur essence. Pour bien comprendre ce terme, procédons par analogie. Quand je produis extérieurement quelque acte intellectuel, lorsque je communique à l’un de mes semblables la plus profonde de mes pensées, ce mobile que je porte dans son être, qui va le faire agir peut lui donner une vertu : ce mobile, quoique sorti de moi, quoi qu’étant, pour ainsi dire, un extrait de moi-même et de ma propre image, ne me prive point de la faculté d’en produire de pareils. J’ai toujours en moi le même germe de pensées, la même volonté, la même action ; et cependant j’ai en quelque façon donné une nouvelle vie à cet homme, en lui communiquant une idée, une puissance qui n’était rien pour lui, avant que j’eusse fait en sa faveur, l’espèce d’émanation dont je suis susceptible. Nous souvenant toutefois qu’il n’y a qu’un seul Auteur et créateur de toutes choses, on verra pourquoi je ne communique que des lueurs passagères ; au lieu que cet Auteur universel communique l’existence même, et la vie impérissable.

Mais, si dans l’opération qui m’est commune avec tous les hommes, on sait évidemment que l’émanation de mes pensées, volontés et actions, n’altèrent en rien mon essence ; à plus forte raison la vie divine peut se communiquer par des émanations : elle peut produire sans nombre et sans fin, les signes et les expressions d’elle-même, et ne jamais cesser d’être le foyer de la vie.

Si nous sommes émanés d’une source universelle de vérité, aucune vérité ne doit nous paraître nouvelle et réciproquement, si aucune vérité ne nous paraît nouvelle, mais que nous n’y apercevions que le souvenir ou la représentation de ce qui était caché en nous, nous devons avoir pris naissance dans la source universelle de la vérité. L’homme intellectuel, par sa primitive existence, a dû selon la loi universelle des êtres tenir à son arbre générateur. Il était, pour ainsi dire, le témoin de tout ce qui se existait dans son atmosphère : et comme cette atmosphère est autant au-dessus de celle que nous habitons, que l’Intellectuel est au-dessus du matériel même, les faits auxquels l’homme participait, étaient incomparablement supérieurs aux faits de l’ordre élémentaire : et la différence des uns et des autres, est celle qu’il y a entre la réalité des êtres qui ont une existence vraie et indélébile, et l’apparence de ceux qui n’ont qu’une vie indépendante et secondaire. Ainsi, l’homme étant lié à la vérité, participait, quoique passivement, à tous les faits de la vérité. Après avoir été détaché de l’arbre universel , qui est son arbre générateur, l’homme se trouvant précipité dans une région inférieure pour y éprouver une végétation intellectuelle, s’il parvient à y acquérir des lumières et à manifester les vertus et les facultés analogues à sa vraie nature, il ne fait que réaliser et représenter par lui-même ce que son Principe avait déjà montré à ses yeux : il ne fait que recouvrer la vue d’une partie des objets qui avaient déjà été en sa présence ; que se réunir à des êtres avec lesquels il avait déjà habité ; enfin, que découvrir de nouveau, d’une manière plus intuitive, plus active, des choses qui avaient déjà existé pour lui, dans lui, et autour de lui.

Voilà pourquoi l’on peut dire d’avance que tous les êtres créés et émanés dans la région temporelle, et l’homme par conséquent, travaillent à la même oeuvre, qui est de recouvrer leur ressemblance avec le Principe, c’est-à-dire, de croître sans cesse jusqu’à ce qu’ils viennent au point de produire leurs fruits, comme il a produit les siens en eux. L’homme est né pour prouver à tous les êtres qu’il y a un Dieu nécessaire, lumineux, bon, juste, saint, puissant, éternel, fort, toujours prêt à revivifier ceux qui l’aiment, toujours terrible pour ceux qui veulent le combattre ou le méconnaître. Heureux l’homme, s’il n’eût jamais annoncé Dieu qu’en manifestant ses puissances et non pas en les usurpant ! L’homme ne peut surpasser son Créateur puisque toute les productions sont inférieures à leur Principe générateur, puisque nous ne sommes que l’expression des Facultés divines et du Nombre divin, et non pas la nature même de ces facultés et de ce nombre qui est le caractère propre et distinctif de la Divinité.

A quelque point que nous montions, il sera éternellement et infiniment au dessus de nous, comme au dessus de tous les êtres. C’est même l’honorer que d’ennoblir ainsi notre propre essence ; parce que nous ne pouvons nous élever d’un degré que nous ne l’élevions en même temps dans un rapport quadruple ; puisque toute action, comme tout mouvement, toute progression est quaternaire, et que nous ne pouvons nous mouvoir que selon l’immuabilité de ses lois.

Enfin, si nous descendons de la Divinité, si elle est le principe immédiat de notre existence, plus nous nous en rapprochons, et plus nous l’agrandissons aux yeux de tous les êtres ; puisqu ’alors nous faisons sortir d’autant plus d’éclat de ses Puissances et de sa supériorité. Dieu doit être notre terme de comparaison si nous voulons nous préserver de toutes les illusions et des amorces de l’orgueil par lesquelles l’homme est si souvent réduit.

Puisque l’être divin est le seul Principe de la lumière et de la vérité : puisqu’il possède seul les facultés fixes et positives, dans lesquelles réside exclusivement la vie réelle et par essence : dès que l’homme a cherché ces facultés dans un autre être, il a dû de toute nécessité les perdre de vue, et ne rencontrer que le simulacre de toutes ces vertus. Ainsi, l’homme ayant cessé de lire dans la vérité n’a pu trouver autour de lui que l’incertitude et l’erreur. Ayant abandonné le seul séjour de ce qui est fixe et réel, il a dû entrer dans une région nouvelle, qui, par ses illusions et son néant, fût toute opposée à celle qu’il venait de quitter. Il a fallu que cette région nouvelle par la multiplicité de ses lois et de ses actions, lui montrât en apparence une autre unité que celle de l’être simple, et d’autres vérités que la sienne. Enfin, il a fallu que le nouvel appui sur lequel il s’était reposé, lui présentât un tableau fictif de toutes les facultés, de toutes les propriétés de cet être simple, et cependant qu’il n’en eût aucune.

L’homme s’est égaré en allant de quatre à neuf ; c’est-à-dire, qu’il a quitté le centre des vérités fixes et positives, qui se trouvent dans le nombre quatre comme étant la source et la correspondance de tout ce qui existe ; comme étant encore, même dans notre dégradation, le nombre universel de nos mesures, et de la marche des Astres.

L’homme s’est uni au nombre neuf des choses passagères et sensibles, dont le néant et le vide sont écrits sur la forme même circulaire ou neuvaire, qui leur est assignée, et qui tient l’homme comme dans le prestige.

 

 

 

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les douze règles pour le combat spirituel

8 Juin 2005 , Rédigé par Pic de la Mirandole Publié dans #spiritualité

I. - Si l'homme trouve dure la route de la vertu, parce que sans cesse il nous faut lutter contre la chair, le diable et le monde, qu'il se souvienne que quelque vie qu'il ait choisie, fut-elle selon le monde, beaucoup d'adversité, de tristesses, de désagréments, de travail s'y rencontreraient.

II. - Qu'il se souvienne que, dans les choses du monde, plus longtemps on combat, plus péniblement un travail succède à un autre travail, avec, au bout, le châtiment éternel.

III. - Qu'il se souvienne qu'il est insensé de croire qu'on puisse parvenir au ciel autrement que par une lutte de ce genre, de même que notre chef, le Christ, n'est monté au ciel que par la Croix ; la condition du serviteur peut-elle être meilleure que celle du Maître ?

IV. - Qu'il se souvienne que non seulement il faudrait supporter ce combat, mais le désirer, même s'il ne nous arrivait aucune récompense, seulement pour se conformer à la doctrine du Christ notre Dieu et Seigneur. Chaque fois qu'en résistant à l'un quelconque de tes sens tu te fais violence, pense à la partie de la Croix du Christ à laquelle tu te rends ainsi conforme. Quand, résistant à ton ventre, tu mortifies le goût, rappelle-toi sa boisson de fiel et de vinaigre ; quand tu retires ta main du rapt de quelque chose qui te plaît, pense à ses mains fixées pour toi sur le bois de la croix ; et si tu résistes à l'orgueil, rappelle-toi celui qui, alors qu'il avait la forme d'un Dieu, a accepté pour toi la forme d'un esclave et a été humilié jusqu'à mourir sur la croix, et quand tu es tenté par la colère, souviens-toi que lui qui était Dieu, et le plus juste de tous les hommes, se voyant malgré cela raillé, insulté, flagellé, couvert de toutes sortes d'opprobres comme un voleur, mélangé avec des brigands, n'a cependant donné aucun signe de colère ou d'indignation, mais supportant tout très patiemment, répondait à tous avec la plus grande douceur, et ainsi, en suivant tout point par point, tu ne trouveras aucune souffrance qui, par un certain côté ne te rende conforme au Christ.

V. - Mais ne te fie pas à ces douze armes pas plus qu'à aucun moyen humain ; confie-toi en la seule vertu de Jésus-Christ qui a dit : " Prenez confiance, j'ai vaincu le monde " et ailleurs : " Le prince de ce monde est jeté dehors " ; aussi fions nous à sa seule force pour vaincre le monde et dompter le diable ; et pour cela, nous devons toujours demander son secours par la prière et le secours de ses saints.

VI. - Souviens-toi quand tu as vaincu une tentation, que toujours une autre va venir, car le diable rôde toujours autour de nous, cherchant à nous dévorer. C'est pourquoi il faut toujours se tenir dans la crainte et dire avec le prophète : " je me tiendrai sur mes gardes. "

VII - Non seulement il ne faut pas être vaincu par le diable, mais il faut toi-même le vaincre, et cela se fait quand non seulement tu ne pèches pas, mais que, dans ce qui t'avait tenté, tu trouves l'occasion d'un bien ; de même, si quelque bonne, action t'est procurée, pour que tu te laisses aller à ce sujet à une vaine gloire, pense aussitôt que ce n'est pas ton oeuvre, mais un bienfait de Dieu ; humilie-toi, et songe à être plus reconnaissant envers Dieu de ses bienfaits.

VIII. - Quand tu combats, combats comme sûr de la victoire, et devant avoir enfin une paix perpétuelle, car Dieu t'accordera peut-être cette grâce que le diable, confus, de ta victoire, ne reviendra pas ; quand tu as vaincu, comporte-toi comme si tu allais encore combattre, comme si tu combattais encore. Souviens-toi toujours de ta victoire, et, dans la victoire, souviens-toi du combat.

IX. - Quoi que tu te sentes bien gardé et fortifié, fuis cependant toujours les occasions de pécher ; le Sage a dit : " Qui aime le danger y périra ".

X. - Dans les tentations, cours toujours au principe et précipite les enfants de Babylone sur la pierre ; la pierre, c'est le Christ ; car le remède est toujours préparé tardivement, etc.

XI. - Souviens-toi que même dans le moment du combat, c'est une ruse de la tentation de montrer la bataille : et, cependant, il est bien plus doux de vaincre la tentation que d'aller au péché où la tentation t'appelle. Et, en cela, beaucoup sont trompés ; car ils ne comparent pas la douceur de la victoire à la douceur du péché, mais le combat au plaisir : et cependant l'homme, qui mille fois a fait l'expérience de ce qu'était céder à la tentation, devrait bien, une fois du moins expérimenter ce qu'est amère ta tentation.

XII. - En outre, parce que tu es tenté, ne te crois pas abandonné de Dieu ou peu agréable à Dieu, ou peu juste et imparfait. Souviens-toi qu'après que Paul eut vu la divine essence, il subît les tentations de la chair que Dieu permit qu'on lui envoyât, pour lui éviter celles de l'orgueil. Et en cela l'homme doit remarquer que Paul, qui fut un vase d'élection et fut ,enlevé jusquíau troisième ciel, était cependant en danger de s'enorgueillir de ses vertus comme il le dit lui-même : " Pour que la grandeur des révélations ne me fut pas un danger, on m'a donné l'aiguillon de la chair qui me souffletât ". Ainsi, de toutes les tentations, celle de l'orgueil est-elle celle dont l'homme doit le plus se défier, car l'orgueil est la racine de tous les maux : le seul remède contre elle est de songer sans cesse que Dieu s'est humilié pour nous jusqu'à la croix et que la mort, malgré nous, nous humiliera jusqu'à faire de nous la nourriture des vers.
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le mystère de Melchisédech

8 Juin 2005 , Rédigé par Max Heindel Publié dans #fondements bibliques de la FM

Parmi les personnages mentionnés dans la Bible, aucun n'est plus mystérieux que Melchisédec. On dit qu'il n'avait ni père, ni mère, ni parenté terrestre, et qu'il remplissait le double office de roi et de prêtre. Dans son Epître aux Hébreux, Paul nous donne beaucoup de renseignements qui montrent le lien entre le Christ et Melchisédec, tous deux étant Rois et Grands-Prêtres, mais dans des dispensations différentes.

"Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé les mondes (1:1-2) (...). Nul ne s'attribue cette dignité, s'il n'est appelé de Dieu, comme le fut Aaron. Et le Christ ne s'est pas non plus attribué la gloire d'être devenu grand prêtre, mais il la tient de celui qui lui a dit: Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd'hui. Comme il dit encore ailleurs: Tu es prêtre pour toujours, selon l'Ordre de Melchisédec. C'est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté, avec de grands cris et avec des larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, tout Fils qu'il était, apprit l'obéissance par les choses qu'il a souffertes. Après avoir été élevé à la perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent le prometteur du salut éternel, Dieu l'ayant déclaré grand prêtre selon l'Ordre de Melchisédec. Nous avons beaucoup à dire là-dessus, et des choses difficiles à expliquer (5:1-11) (...). En effet, ce Melchisédec, roi de Salem, prêtre du Dieu très-haut, qui alla au-devant d'Abraham lorsqu'il revenait de la défaite des rois, qui le bénit et à qui Abraham donna la dîme de tout, qui est d'abord roi de justice, d'après la signification de son nom, ensuite roi de Salem, c'est-à-dire roi de paix, qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n'a ni commencement de jours, ni fin de vie, mais qui est rendu semblable au Fils de Dieu, ce Melchisédec demeure prêtre à perpétuité (7:1-3) (...). Et ici, ceux qui perçoivent la dîme (les Lévites) sont des hommes mortels, mais là, c'est celui dont il est attesté qu'il est vivant (7:8) (...). Si donc la perfection avait été possible par le sacerdoce lévitique, qu'était-il encore besoin qu'il parût un autre prêtre selon l'Ordre de Melchisédec, et non selon l'Ordre d'Aaron? (7:11) (...). Car il est évident que notre Seigneur est sorti de Juda, tribu dont Moïse n'a rien dit en ce qui concerne le sacerdoce. Cela devient plus évident encore, quand il paraît un autre prêtre à la ressemblance de Melchisédec, institué non d'après la loi d'une ordonnance charnelle, mais selon la puissance d'une vie impérissable, car ce témoignage lui est rendu: Tu es prêtre pour toujours, selon l'Ordre de Melchisédec (7:14-17) (...). Par cela même Jésus est le garant d'une alliance plus excellente (7:22) (...) Mais lui, parce qu'il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n'est pas transmissible (7:24) (...). En effet, la loi établit grands-prêtres des hommes sujets à la faiblesse, mais la parole du serment qui a été fait après la Loi établit le Fils, qui est parfait, pour l'éternité (7:28).

"Le point capital de ce qui vient d'être dit, c'est que nous avons un tel grand prêtre, qui s'est assis à la droite du trône de la majesté divine dans les cieux, comme ministre du sanctuaire et du véritable Tabernacle, qui a été élevé par le Seigneur, et non par un homme (8:1-2) (...). Et presque tout, d'après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang, il n'y a pas de pardon. Il était donc nécessaire, puisque les images des choses qui sont dans le cieux devaient être purifiées de cette manière, que les choses célestes elles-mêmes le fussent par des sacrifices plus excellents que ceux-là. Car Christ n'est pas entré dans un sanctuaire fait de main d'homme, en imitation du véritable, mais il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu (9:22-24) (...). Mais maintenant il a obtenu un ministère d'autant supérieur qu'il est le médiateur d'une alliance plus excellente, qui a été établie sur de meilleures promesses. En effet, si la première alliance avait été sans défaut, il n'aurait pas été question de la remplacer par une seconde. Car c'est avec l'expression d'un blâme que le Seigneur dit à Israël: Voici, les jours viennent, dit le Seigneur, où je ferai avec la maison d'Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle, non comme l'alliance que je traitai avec leurs pères, le jour où je les saisis par la main pour les faire sortir du pays d'Egypte, car ils n'ont pas persévéré dans mon alliance, et moi non plus, je ne me suis pas soucié d'eux, dit le Seigneur. Mais voici l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël après ces jours-là, dit le Seigneur: je mettrai mes lois dans leur esprit, je les écrirai dans leur cour, et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Aucun n'enseignera plus son concitoyen, ni aucun frère, en disant: connais le Seigneur! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu'au plus grand d'entre eux (8:6-11)."

Les citations précédentes, tirées de l'Epître de Paul aux Hébreux, ne s'y trouvent pas à la suite les unes des autres comme nous les avons données. Il est nécessaire de rassembler intelligemment les passages du récit Biblique pour obtenir un aperçu du futur développement qui a été esquissé par les Hiérarchies divines en vue de notre évolution. Saisir ce plan est essentiel à la compréhension correcte de la relation Cosmique qui existe entre la Franc-Maçonnerie et le Catholicisme; elle est également nécessaire pour apprécier complètement le but de la Mer de Fonte et apprendre comment faire ce merveilleux alliage. Ainsi que le dit Paul, ces choses sont difficiles à exprimer, mais nous allons tenter de présenter le mystère de Melchisédec et de la Mer de Fonte dans un langage simple, afin de pouvoir aider à atteindre le but indiqué par la Bible, qui est d'éclairer tous les hommes qui doivent tout savoir, du plus petit jusqu'au plus grand, sur le but de l'évolution, leur donnant ainsi une chance de se conformer à la marche des événements Cosmiques.

Pour comprendre le mystère de Melchisédec, nous devons remonter aux premières époques du séjour de l'homme sur la terre, pendant l'Epoque Hyperboréenne. La terre était alors dans des conditions d'extrême chaleur. L'homme en formation avait le double sexe, masculin et féminin, comme beaucoup de plantes de nos jours. Il ressemblait aussi aux plantes par son inertie, son manque de désirs et d'aspirations. A cette époque, l'homme était le protégé obéissant des Divines Hiérarchies qui le guidaient physiquement. Celles-ci sont vaguement désignées sous le nom de "Rois d'Edom". Plus tard, pendant l'Epoque Lémurienne, le corps de l'homme s'étant cristallisé et condensé un peu plus, l'humanité fut divisée physiquement en deux sexes. Mais comme la conscience de l'homme était toujours centrée sur le monde spirituel, il était inconscient de l'acte physique de reproduction, comme nous le sommes aujourd'hui pour la digestion. Il ne connaissait pas non plus la naissance et la mort; en fait, il était complètement inconscient de la possession d'un corps physique. C'est par l'acte créateur qu'il en eut la sensation, et c'est ainsi qu'Adam a "connu" Eve. A cette époque, les Esprits Lucifer, Anges déchus et habitants de Mars, leur apprirent à manger du fruit de l'arbre de la connaissance, qui est le nom symbolique de l'acte créateur. Ainsi, par degrés, leurs yeux se sont ouverts et ils sont devenus conscients du monde physique, mais ils ont perdu le contact avec le monde spirituel et avec les Anges Gardiens qui avaient été précédemment leurs guides bienveillants. Seuls, quelques-uns d'entre eux, parmi les plus spirituels, ont conservé leur vision supérieure et leurs rapports avec les Hiérarchies Divines. Ils étaient alors connus sous le nom de prophètes; ils agissaient comme messagers entre les divins guides invisibles et leurs peuples respectifs. Mais, à la longue, l'humanité a voulu choisir ses propres guides, et elle a demandé des rois visibles; du moins, nous savons que les Israélites répudièrent le gouvernement divin et demandèrent un roi, et c'est ainsi que Saül fut désigné ( I Samuel, chapitre 8). Alors le double office de Roi et de Prêtre, comprenant la direction temporelle et spirituelle, fut aussi divisé, car aucun homme suffisamment versé dans les affaires temporelles pour remplir efficacement l'office de roi n'avait été trouvé assez saint pour assumer la direction spirituelle de ses frères, et vice-versa. Un vrai prêtre, capable de conduire spirituellement ses ouailles, ne peut pas aussi diriger utilement leur vie matérielle dans le domaine temporel. En effet, le Gouvernement, dans sa phase la plus élevée, vise seulement au bien-être physique des masses, et la Prêtrise vise uniquement à leur bien-être spirituel. De cette séparation, un conflit doit nécessairement résulter, même quand les gouverneurs spirituels et temporels sont animés des motifs les plus désintéressés. Melchisédec était le nom symbolique des Divines Hiérarchies qui avaient exercé le double office de rois et de prêtres. Pendant leur règne, la paix avait régné sur l'humanité hermaphrodite, mais dès que l'office de roi et de prêtre fut divisé et que les sexes furent séparés, il n'est pas surprenant, pour les raisons données ci-dessus, que le règne de paix de Melchisédec air été suivi d'une période de guerres et de luttes, telles que nous les connaissons dans la présente dispensation. Précédemment, les facteurs unifiant du double office du gouvernement et le double sexe de l'humanité prévenaient le choc des intérêts qui se produit maintenant et qui continuera jusqu'à ce qu'un autre gouverneur divin se présente pour incarner en sa personne les qualités du double office de roi et de prêtre selon l'Ordre de Melchisédec, et jusqu'à ce que le mode actuel de reproduction soit aboli. Sous ce rapport, il est significatif que le récit de la Bible commence dans le Jardin d'Eden où l'humanité était hermaphrodite et innocente. Puis, dans le chapitre suivant, on nous parle de la division des sexes, de la transgression de l'ordre donné de ne pas manger du fruit de l'Arbre de la Connaissance, et du résultat qui fut l'enfantement dans la douleur et la mort prématurée. A partir de là, l'Ancient Testament parle de guerres, de luttes, de querelles et, au dernier chapitre (Malachie 3:20) la prophétie annonce un "Soleil de Justice" avec la guérison sous ses ailes. Le Nouveau Testament s'ouvre alors sur le récit de la naissance du Christ, qui proclame l'établissement d'un royaume des cieux. Il est plus tard appelé Roi et Prêtre selon l'Ordre de Melchisédec (Epître aux Hébreux) c'est-à-dire unissant dans sa personne le double office. Il est aussi dit que dans le ciel, il n'y aura plus de mariage, car le "sôma psuchikon", ou corps de l'âme dont nous userons dans le royaume des cieux (I Corinthiens 15:44) est un corps qui n'est sujet, ni à la mort, ni à la désintégration. Par conséquent, "la mort ne sera plus", et la naissance de corps semblables à ceux engendrés dans le mariage serait superflue, car Paul nous dit que la chair et le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu. Ainsi, le mariage ne sera plus nécessaire; le choc des intérêts découlant de l'attrait des sexes et de la soif de pouvoir disparaîtra, et l'amour des âmes sera sanctifié par l'esprit de paix.

On comprend ainsi facilement que les Fils de Caïn avec leurs partisans, les Artisans, et les Fils de Seth, avec leur suite, le Clergé, se fondront finalement et seront unifiés dans le Royaume du Christ. Nous avons déjà vu comment Hiram Abiff, le Fils de la Veuve, abandonna son père, l'Esprit Lucifer Samaël, après le baptême du feu dans la Mer de Fonte, et comment il reçut la mission de préparer le chemin de ce royaume parmi les Fils de Caïn, ses frères, en développant les arts et métiers comme constructeurs du Temple, ou Maçons, et en leur enseignant la préparation de la Pierre Philosophale ou Mer de Fonte. De même, les Fils de Seth, physiquement passifs, doivent apprendre à quitter leur père, Jéhovah, et naturellement le premier à prendre cette décision doit posséder une grande âme.

De même que l'habileté extrême des Fils de Caïn s'est concentrée en Hiram Abiff au moment de son baptême de feu, ainsi la sublime spiritualité des Fils de Seth était concentrée en Jésus au moment de Son baptême dans l'eau du Jourdain. A Sa sortie de l'eau, Il était dans la même position qu'Hiram émergeant du feu; chacun d'eux avait abandonné son père, Jéhovah et Samaël respectivement, et chacun était prêt à servir le Christ. Alors, on vit l'Esprit du Christ, lors du Baptême, descendre sur le corps de Jésus, qui fut habité et utilisé par le Christ pendant Son ministère. Jésus lui-même, l'esprit, abandonna ce corps et reçut la mission de servir les églises pendant que son corps était employé pour l'enseignement direct par le Christ, et son sang devint le Sésame Ouvre-toi pour le Royaume de Dieu, une panacée à l'usage de Ses frères, les Fils de Seth, de la même manière que la Mer de Fonte est utilisée par les Fils de Caïn.

Dans l'Epître aux Hébreux, où Paul nous donne quelques renseignements au sujet du Mystère de Melchisédec dans ses fonctions de Grand-Prêtre, il insiste sur l'absolue nécessité du sang dans le Service du Temple; il nous montre comment le Grand-Prêtre était invité à offrir du sang pour ses propres péchés avant d'être admis à offrir également le sacrifice pour les péchés du peuple, et que ce double sacrifice devait être accompli chaque année. Il signale le sacrifice sur le Golgotha comme ayant eu lieu une fois pour toutes, fournissant un moyen d'expiation par le sang de Jésus. Sous le régime de Jéhovah, le sang de l'humanité s'était imprégné d'égocentrisme, qui est le facteur séparatif de cette période. Il devait être purifié de ce péché avant que l'humanité puisse entrer unie dans le Royaume du Christ. Cette tâche était gigantesque, car l'humanité était tellement imprégnée d'égoïsme que c'était à peine si on se rendait service l'un à l'autre. Il en résulte qu'à l'époque du Christ, le panorama post mortem ne contenait rien qui puisse procurer après la mort une vie au Premier Ciel ou permettre un progrès spirituel. Presque toute l'existence post mortem des gens se passait dans l'expiation purgatorielle de leurs mauvaises actions, et même leur vie au Deuxième Ciel, où l'homme apprend à faire un travail créateur, était presque improductive. Alors Salomon, le roi, fut appelé à nouveau dans l'arène de la vie pour accomplir une mission au profit et pour le bien-être de ses frères, les Fils de Seth; il était particulièrement apte à ce travail, parce qu'il avait un cour généreux, comme il l'avait montré quand Jéhovah lui était apparu en rêve, lui demandant quel présent il désirait recevoir au moment de son avènement au trône. Salomon répondit alors: Tu as traité David, mon père, avec une grande bienveillance, et tu m'as fait régner à sa place. Maintenant, ô Dieu, que Ta promesse à David, mon père, s'accomplisse, puisque Tu m'as fait régner sur un peuple nombreux comme la poussière de la terre. Accorde-moi donc la sagesse et l'intelligence, afin que je sache me conduire à la tête de ce peuple! Car qui pourrait juger Ton peuple, ce peuple si grand? Dieu dit à Salomon: Puisque c'est là ce qui est dans ton cour, puisque tu ne demandes ni des richesses, ni des biens, ni la gloire, ni la mort de tes ennemis, ni même une longue vie, et que tu demandes pour toi la sagesse et l'intelligence, afin de juger mon peuple sur lequel je t'ai fait régner, la sagesse et l'intelligence te sont accordées. Je te donnerai, en outre, des richesses, des biens et de la gloire comme n'en a jamais eus aucun roi avant toi et comme aucun n'en aura après toi"....

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