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Hauts Grades

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le Nom Sacré et hauts grades

1 Mai 2005 Publié dans #hauts grades

Enoch, fils de Yared, était de la sixième génération d'Adam. 

Il vivait dans la crainte et l'amour de Dieu, qui lui apparut en songe et lui dit :

Tu désires connaître mon nom ?" 

Suis-moi, je te le révélerai". 

Aussitôt, une montagne parut, s'élevant jusqu'au ciel.

Enoch y fut transporté. Là, Dieu lui fit voir une plaque d'or triangulaire sur laquelle apparut son nom en lettres flamboyantes.

Il ordonna de ne jamais prononcer ce nom.

Enoch, ensuite, fut emporté sous terre en traversant successivement neuf arches situées les unes en dessous des autres.

Arrivé sous la neuvième arche, il vit une plaque d'or tri­angulaire sur laquelle étincelaient les mêmes caractères que ceux qu'il avait déjà vus, et il lui fut à nouveau interdit de prononcer le nom.

Voulant matérialiser le songe qu'il avait fait, Enoch projeta de construire sous terre neuf arches semblables à celles qui lui étaient apparues.

Mathusalem, son fils aîné, fut désigné comme architecte de ce Temple. Il ne connaissait pas la raison de sa construction.

Le Temple fut construit dans le pays de Canaan, qui devint Terre Promise, ou Terre Sainte.

Enoch cisela une plaque d'or triangulaire ayant une coudée de côté, enrichie de pierres précieuses.

Il enchâssa cette plaque d'or dans une pierre d'agate de même forme qu'il transporta dans la neuvième arche.

Sur la plaque d'or, il grava les mêmes caractères que ceux qui lui étaient apparus.

Puis, il enchâssa le tout dans un piédestal de marbre blanc. Lorsque le Temple sous terre fut achevé, Dieu apparut à nouveau à Enoch et lui dit :

"Fais une trappe d'une seule pierre au sommet de la première arche. Tu y fixeras un anneau de fer afin de pouvoir la lever au besoin, car je dois faire périr tout ce qui respire sur terre".

La Grande Arche fut ainsi achevée et soigneusement scellée. Enoch seul connaissait l'existence du précieux trésor qui y reposait. Il était seul aussi à connaître la prononciation du Vrai Nom.

La méchanceté des hommes sévissant davantage, Dieu décida de provoquer la destruction totale sur terre.

Enoch, pressentant que la connaissance des arts libéraux serait à jamais perdue, et désireux de transmettre cette connaissance à la postérité et à ceux que Dieu daignerait épargner, érigea deux grandes colonnes sur la plus haute montagne.

L'une était d'airain pour résister à la force des flots, l'autre de marbre blanc pour résister au feu.

Sur la colonne de marbre, il grava des hiéroglyphes afin de faire comprendre, dans la mesure du possible, que près de là, sous des voûtes souterraines, était enfoui un trésor consacré à Dieu.

Sur la colonne d'airain, il grava les principes des arts libéraux.

Le déluge eut lieu. La colonne de marbre fut détruite ; la colonne d'airain résista à la force des eaux.

C'est ainsi que les principes des arts libéraux, dont découlent ceux de la Franc-Maçonnerie, furent transmis à la postérité.

La tradition d’Enoch se transmit à travers les âges, mais la prononciation correcte du Nom fut perdue.

La Bible raconte que Moïse eut connaissance du Nom sur le Mont Sinaï, mais qu'il s'engagea à ne jamais le prononcer.

Au cours des temps, la prononciation du Nom fut altérée par différentes traditions, mais Dieu avait promis à Moïse que lorsque les temps seraient venus, quelques-uns de sa postérité pourraient retrouver son Nom gravé sur une plaque d'or.

La même légende nous apprend que, lorsque les Israélites furent en possession de la Terre Promise, ils firent plusieurs tentatives pour retrouver le Nom.

Nous savons que David ne put bâtir le Temple à Dieu.

Cet honneur revint à Salomon, son fils, le plus sage des rois, et celui-ci se souvint des promesses que Dieu avait faites à Moïse de faire retrouver son Nom, le temps venu. La sagesse de Salomon lui fit comprendre que ce nom ne pouvait être retrouvé avant qu’il n’ait consacré un Temple à Dieu pour y déposer ce précieux trésor.

Dans la quatrième année de son règne, Salomon, suivant les plans que son père David lui avait légués, fit jeter les fondements de ce Temple sur la place la plus haute et la plus belle de Jérusalem.

En creusant les fondations, on trouva les ruines d'un ancien édifice et quantité de richesses, vases d'or et d'argent, colonnes de marbre, de porphyre et d'agate, et un nombre prodigieux de pierres précieuses.

Le tout fut apporté à Salomon.

Ce roi vertueux, présumant qu'en ce lieu il y avait eu, avant le déluge, un temple dédié à quelque divinité et craignant que ce ne fut pour le service d’un faux dieu, qu’en conséquence construire le Temple du vrai Dieu en cet endroit pourrait être sacrilège, décida de ne pas le faire. Il choisit l'aire du Jébusite Ornan, où David avait établi l'Autel des sacrifices au Seigneur.

Le Temple de Salomon fut donc construit comme nous l’enseigne la Maçonnerie.

Salomon donna l'ordre de construire sous terre une crypte, qu'il appela Voûte Secrète. Il y fit élever, au centre, un pilier de marbre blanc, qui supportait le Saint des Saints et qui fut appelée la Colonne Beauté.

On accédait à la Voûte Secrète par un souterrain qui la reliait au palais de Salomon en passant sous neuf Arches.

C'était dans ce saint lieu que Salomon, Hiram, Roi de Tyr et Hiram Avi s'entretenaient des Saints Mystères.

Nous connaissons les événements malheureux qui marquèrent la construction du Temple et la mort d'Hiram Avi.

Dans l'obligation d'être trois pour avoir le droit de pénétrer dans ce lieu sacré, la perte d'Hiram Avi en interdit l'accès aux deux rois, et ils furent contraints de choisir un troisième Élu avant de pouvoir à nouveau pénétrer sous la Voûte Secrète .

Certains Grands Maîtres Architectes ayant appris l'existence d'un souterrain dénommé Voûte Secrète connu seulement des deux rois, et étant informé de la présence d'Hiram de Tyr, à Jérusalem à l'occasion d'un renouvellement de l'Alliance, se rendirent auprès de Salomon et le prièrent de choisir l'un d'entre eux pour être introduit dans ce lieu secret, à cette occasion.

Salomon leur répondit.

Vous ne pouvez encore jouir de cette faveur, mais Dieu permettra peut-être que vous découvriez un jour ce que vous souhaitez connaître.

Quelques jours plus tard, Salomon envoya chercher les trois Grands Maîtres Architectes, Yahboulon, Yahoben et Stolkin.           

 Yahboulon, Yahoben et Stolkin, allez à nouveau fouiller dans les ruines où vous avez déjà trouvé tant de trésors et apportez-moi ce que vous y découvrirez.

Les Trois Grands Maîtres Architectes se rendirent parmi les ruines de l'ancien temple.

En piochant la terre, Yahboulon découvrit un gros anneau de fer auquel s’accrocha la pointe de sa pioche.

Il appela ses compagnons.

A l'aide de leurs outils, ils dégagèrent l'anneau et virent qu'il était scellé à une pierre en forme de carré parfait.

Avec beaucoup de patience et de peine, ils parvinrent à l’aide du levier à  déceler puis à soulever cette dalle. Ils s'aperçurent qu'elle fermait une voûte souterraine en son sommet et dissimulait une grande profondeur.

Yahboulon proposa à ses compagnons d'y descendre

A cet effet, ils lui nouèrent une corde autour de la poitrine.

Ils convinrent que, quand Yahboulon tirerait par trois fois sur la corde, ils le remonteraient immédiatement.

A peine descendu sous cette première voûte, Yahboulon découvrit un passage donnant accès à une deuxième voûte, puis à une troisième.

Yahboulon mit le genou droit en terre et tira sur la corde pour prévenir ses compagnons et se faire remonter.

Yahboulon fit part de sa découverte à ses compagnons et les engagea à descendre. Mais la crainte les retint et il entreprit seul une deuxième descente.

Il parvint jusqu'à la sixième voûte.

Là, il fut obligé de tirer sur la corde pour avertir Yahoben et Stolkin de le remonter.

Il leur dit qu'il y avait encore beaucoup de profondeur et leur demanda à nouveau d’y descendre. Effrayés par son récit, ils refusèrent encore.

Animé d'un nouveau courage, Yahboulon se munit d'un flambeau, descendit pour la troisième fois et pénétra jusqu’à la neuvième voûte.

Mais à peine y fut-il arrivé qu'un morceau de pierre tomba sur son flambeau et l'éteignit.

A cet instant, un rayon de lumière fit resplendir un triangle d'or incrusté de pierres précieuses.

Son éclat frappa si vivement Yahboulon qu'il tomba sur les deux  genoux et fit le signe d'adoration.

Afin de se faire remonter par Yahoben et Stolkin, Yahboulon, toujours agenouillé, tira sur la corde.

Il leur expliqua les choses merveilleuses qu'il avait vues sous la neuvième voûte et les persuada enfin de descendre avec lui.

Parvenus sous la neuvième voûte, les trois Grands Maîtres Architectes furent tellement éblouis qu'ils tombèrent sur les deux genoux en faisant le signe d'adoration, le même qu'avait fait Yahboulon lors de sa découverte.

Yahboulon restant toujours prosterné, Yahoben et Stolkin l’aidèrent à se relever. Le premier dit « TOV SHE'ANI GOMEL AMAL », ce qui signifie « il est bon de récompenser le travail ».

L’autre répondit « Yahboulon est un bon maçon ».

Les trois Grands Maîtres Architectes s'approchèrent respectueusement du triangle d'or et s’aperçurent qu’il était enchâssé dans une pierre d'agate de même forme et qu’il portait  des caractères qu'ils ne savaient pas déchiffrer.

Ils pensèrent que ces caracteres devaient être le Nom sacré de Dieu, qui n'était connu que de trois hommes : Salomon, Hiram de Tyr et Hiram Avi.

Ils décidèrent de remonter la pierre d'agate portant le Delta d'or et de l'apporter au Roi Salomon. …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                       

 

 

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Le Rite Suédois

26 Avril 2005 , Rédigé par Pierre NOEL Publié dans #Rites et rituels

 L'histoire de la franc-maçonnerie suédoise est mal connue hors de la Scandinavie. Lorsqu'il écrivit son "History of Freemasonry" (1886), R.F.Gould ne put que constater l'absence de toute documentation originale et se vit contraint d'utiliser les "Acta Latomorum " du français Thory et l'"Histoire de la franc-maçonnerie" de l'allemand Findel :

 "The two best attempts at a history with which I am acquainted - Allgemeines Handbuch, s.v. Schweden; and Findel, Gesch. Der Freim., 4th edit., pp. 596-608- are merely reproductions, as regard early facts, of Thory's "Acta Latomorum" (Gould, 1886, vol. III, p.198).

Findel, soit, je n'ai pu contrôler, mais Thory ? Les "Acta latomorum" (1815) comportent 10 entrées consacrées à la Suède. Il n'y est question que de futilités: frappe de médailles, fondation d'orphelinat, fêtes et banquets. Eckleff n'est jamais cité, Charles de Sudermanie ne l'est qu'une fois (pour une fête d'anniversaire) ! Le deuxième volume contient l'Ordonnance du 9 mars 1805 du roi de Suède, Gustave IV, contre les réunions secrètes (pp. 89-90) et les statuts de l'ordre civil institué par Charles XIII en faveur des francs-maçons le 27 mai 1811 (pp. 61-67). L'"Histoire de la fondation du Grand Orient de France" du même auteur (1812) cite la Suède une seule fois, en une note succincte, page 2, qui relate la création de l'ordre de Charles XIII.

Le grand homme de l'histoire maçonnique anglaise avait-il lu Thory ? 

Que la Suède occupe une place très particulière et originale dans le concert maçonnique est pourtant l'évidence et l'historien anglais, dont on connaît l'aversion pour les innovations continentales, n'hésita pas à écrire :

"The Swedes appear to have fallen away from the simple teachings of the Craft as easily and early as the other nationalities of Europe, but with this difference, that instead of flitting from one Rite to another, constantly seeking variety, they have remained steadfast to their first heresy, and still work the same ceremonies that originally riveted their attention about 1760" (1886, vol. III, p.195).

Ce qui suit est basé sur l' "History of Freemasonry" de Gould, sur Feddersen (op.cit., 1982) et quelques autres documents accessibles, dont une publication officielle de la Grande Loge de Suède, "Facts on the Swedish Order of Freemasons. Grand Lodge of Sweden", (1997). Alain Bernheim me fit l'amitié de bien vouloir corriger mon manuscrit, relevant les erreurs et coquilles que j'avais innocemment recopiées.

La franc-maçonnerie fut introduite en Suède par le comte Axel Ericson Wrede-Sparre, un officier de cavalerie qui avait été initié "à Paris", d'après sa propre inscription faite le 11 avril 1753 lorsqu'il devint membre de St Jean Auxiliaire à Stockholm. Il fut fait compagnon le 16 novembre 1731 et maître le 6 mai 1733 . La première réunion à Stockholm de la loge Wrede-Sparre eut lieu au Palais Stenbockn chez le baron Johann Gabriel Sack (1697-1751) le 17 mars 1735. Le comte Charles Gustave Tessin (1695-1770) fut reçu apprenti et compagnon (ce fut la première initiation sur sol suédois), avant de recevoir la maîtrise le 25 avril suivant et la "maîtrise Ecossaise" en 1744 à Berlin.

L'initiative semble avoir fait long feu, un décret royal de Frédéric I, daté du 21 octobre 1738, ayant interdit les réunions maçonniques "sous peine de mort" (il sera annulé la même année).

 Le 13 janvier 1752, le comte Knut Carlsson Posse fonda la loge "Saint Jean Auxiliaire" (le Baptiste) qui utilisait les rituels de Wrede-Sparre et s'affirma "Mère-Loge de Suède", à ce titre autorisée à distribuer des lettres de constitution dans le pays. Elle utilisait un système en six grades : les trois grades de Saint-Jean, deux de Saint-André, un "Frère Confident de Saint-Jean" et un "Frère très Elu".

En 1753, le baron, plus tard comte, Charles-Frédéric Scheffer (1715-1786), qui avait été initié le 14 mai 1737 dans la loge Coustos-Villeroy à Paris, fut élu Grand Maître National . Il avait reçu du "comte de Darwentwater" (sic) un document daté du 25 novembre 1737 qui est conservé dans les archives de la Svenska Frimurare Orden à Stockholm. Son premier article paraphrase l'article 1 des Constitutions anglaises de 1723 mais, à l'inverse de celles-ci, met l'accent sur le caractère exclusivement chrétien des obligations du maçon :

" Expédition des Regles generales de la Maçonnerie pour La Loge constituee à Stockholm par notre Cher et digne Frere Mr. Le Baron de Scheffer &c. ayant été pour cet effet muni d'un pouvoir en forme du Tres Venerable Grand Maître du Royaume de France l'an 1737.

Un Franc-Maçon est Obligé par son Etat de se conformer à la Morale et s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un Athé, ny un Libertin sans Religion. Dans les siecles passés les Francs-Maçons étoient obligés de professer la Religion Catholique, mais depuis quelque tems on n'examine pas sur cela leurs sentimens particuliers, pourvu toutefois qu'ils soient Chrétiens, fideles à leur promesse, et gens d'honneur et de probité, de quelque maniere; par ce moyen la Maçonnerie devient le centre et l'union d'une vraye amitié entre des personnes qui sans ce doux nœud seroient pour toujours Eloignés et separés les uns des autres quoi qu'ils puissent être distingués d'ailleurs". 

En 1756, les rituels français utilisés jusque-là furent revus par une commission présidée par le comte Posse, afin de leur donner "sérieux et hauteur". Le 3 septembre de la même année, la Mère-Loge "régularisa" Charles Frédéric Eckleff (1723-1786), un employé au ministère des Affaires Etrangères, lequel fonda le 30 novembre une loge de Saint-André, intitulée "L'Innocente", dont le premier vénérable fut le conseiller aulique von Haren. Lors de la fondation de la Grande Loge de Suède (probablement le 27 décembre 1761), Eckleff devint Assistant Grand Maître, le baron Scheffer assumant la Grande Maîtrise.

Eckleff, fort d'une patente étrangère dont on ignore tout, avait fondé, le 25 décembre 1759, le "Chapitre Illuminé de Stockholm". Devenu Ordens+Meister , il le présida jusqu'à ce que lui succède, le 14 mai 1774, le duc Charles de Sudermanie (1748-1818), "Eques a Sole vivificante" dans la Stricte Observance, plus tard roi de Suède (1809) sous le nom de Charles XIII, le même qui devint, le 30 novembre 1774, Grand Maître National, en remplacement de Scheffer. Il cumulait ainsi toutes les fonctions, ce qui lui permit de mener à bien l'œuvre de sa vie, l'organisation définitive du "Rite Suédois".

Mais Charles ne fit qu'achever le travail d'Eckleff qui avait jeté les bases du système dans les années 1760. L'origine des "Actes" d'Eckleff reste une énigme. Qu'il les ait obtenus lors de voyages à l'étranger, en France et en Allemagne, ou d'un tiers inconnu est possible. Il n'en reste pas moins qu'ils portent la marque de son imagination, sinon de son génie. Ils contiennent une procuration, les instructions, les règlements, les cérémonies et rituels des différents grades, le tout exprimé en un langage chiffré mais rédigé en français. La procuration n'est pas datée mais porte la déclaration finale "publié, dicté, felicité et registré (sic) Frederic Aescher, Secrétaire" .

Les grades pratiqués en 1766 étaient, d'après Gould 1, au nombre de neuf : les trois grades de St Jean ; l'apprenti-compagnon Ecossais ; le chevalier d'Orient et de Jérusalem ; le chevalier d'Occident ; le chevalier du Midi, maître du temple (qui voyait l'introduction de la légende templière) ; le vicaire de Salomon. En 1777 fut fondé le Grand Chapitre, le roi régnant, Gustave III, assumant le titre de vicaire de Salomon dont on ne sait s'il existait déjà avant cette date.

Le Rite Suédois est imprégné de préoccupations rosicruciennes, kabbalistiques et théosophiques, peut-être inspirées par les écrits de Swedenborg. D'après Eugen Lennhoff , le but de l'Ordre est la connaissance de Dieu par la reconnaissance de l'esprit divin présent dans chaque être humain et l'appréhension intime de la dimension trinitaire par la foi en Jésus-Christ. Les grades supérieurs, le IX° notamment, ne prennent leur sens que si l'on y voit une expérience mystique. Dans cette optique, le titre "Vicaire de Salomon", distinct de la fonction plus administrative de Grand Maître et attribué au seul vrai supérieur de l'Ordre, prenait une dimension véritablement "pontificale", au sens étymologique du mot, et faisait de son détenteur un "pape protestant", ou plutôt luthérien.

En 1780, l'échelle des grades fut remaniée pour atteindre sa forme définitive. Il n'est pas inintéressant de comparer la liste qu'en donne Gould  et celle, officielle, de l'actuelle Grande Loge de Suède (1997) :

Gould.

 1)     Loges de saint Jean

 

 

1° Apprenti

 

 

2° Compagnon

 

 

3° Maître

2)     Loges de saint André, grades Ecossais

 

 

4° Elu ou Apprenti-Compagnon Ecossais de saint André

 

 

5° Maître Ecossais de saint André

 

 

6° Frère Stuart ou chevalier d'Orient et de Jérusalem

 

 

3) Chapitres

 

 

 

 

 

7° Confident de Salomon (autrefois chevalier d'Occident)

 

 

8° Confident de saint Jean

 

 

9° Confident de saint André

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 4)     10° degré ( 3 grades honorifiques)

  

 

-Chevalier de la Croix Rouge

 

 

-Commandeur de la Croix Rouge (Grands Officiers)

 

 

-Vicaire de Salomon

 

Grande Loge de Suède.

 1) Grades de saint Jean

 

 

    : Apprenti

 

 

  II° : Compagnon

 

 

  III° : Maître

 2)     Grades Ecossais de saint André

 

 

IV-V°: Apprenti-Compagnon de saint André

 

 

 

 

 

 

 

 

VI°   : Maître de saint André

 3) Grades capitulaires

 

 

 

 

 

VII°  : Très Illustre Frère Chevalier d'Orient

 

 

 

 

 

VIII° : Très Illustre Frère Chevalier            d'Occident

 

 

IX°   :Frère éclairé de la loge de saint Jean

 

 

   : Frère Très éclairé de la loge de saint André

 4) Au sommet de l'échelle vient le

 

 

XI°   : Frère Très éclairé, Chevalier Commandeur de la Croix Rouge

 

 

 

L'origine des grades capitulaires est une autre énigme et la date exacte de l'introduction de la légende templière dans le système reste inconnue. Le séjour en Suède (1765) de Jean Christian Schubart (1734-1787) qui tenta sans succès d'introduire la Stricte Observance allemande, n'y fut peut-être pas étrangère. En tout cas, cette légende n'est pas d'origine suédoise , comme le prouve la lettre sibylline qu'écrivit, en 1784, le duc de Sudermanie au prince Charles de Hesse-Cassel :

"Quand à qui regards la constitution du Chapitre ils nous ont été donné par un Chapitre à Genève, et il est vrai qu'elle avoit tenu ses connoisssances d'un établi à Avignon ; mais seluis qui fu chargé de mettre notre Chapitre en travaille stoit un secrétaire de la Chancaellerie nomme Ekleff, liquel j'succedé" . 

Deux révisions successives, en 1780 et 1800, donnèrent au Rite sa forme définitive sous la direction de Charles de Sudermanie, devenu régent du royaume en 1792 après l'assassinat du roi Gustave III. Le 24 janvier 1798, Charles demanda la reconnaissance anglaise qui lui fut accordée, le 8 mai 1799, par le Prince de Galles (1762-1830), Grand Maître de la Grande Loge ("Moderns", 1790-1813), plus tard roi Georges IV d'Angleterre.

En I800 fut établie la "Constitution fondamentale" du Rite, très inspirée des Actes d'Eckleff. Divers éléments empruntés à la Stricte Observance et au Cléricat de Starcke furent ajoutés à l'œuvre initiale. Le travail achevé, Charles aurait brûlé tous les documents qui avaient servi à l'élaboration du Rite (j'emploie à dessein le conditionnel, cette histoire rappelant par trop l'autodafé" de "vieux documents" que relate Anderson dans la deuxième édition de ses Constitutions !). Devenu roi de Suède en 1809, après la destitution de son neveu Gustave IV, Charles XIII constitua, le 27 mai 1811, "l'Ordre (civil) de Charles XIII", limité à 27 chevaliers civils et 3 ecclésiastiques, détenteurs du X° grade.

"Le Roi complettera (sic) ce nombre d'après sa volonté, mais ne le surpassera jamais. Le prince héréditaire et les princes du sang royal que le Roi nommera Chevaliers, ne sont pas compris dans ce nombre" (art. III des statuts, in Thory, 1815, cf. supra).

 Ses membres portent, aujourd'hui encore, un costume de velours jaune dans le style du XVII° siècle, avec bottes à la mousquetaire et col de dentelle. L'article XVIII des mêmes statuts décrit le bijou des chevaliers, dont l'avers est ostensible dans les réunions civiles et l'envers dans les tenues maçonniques :

 Le signe de l'Ordre est une croix de couleur de rubis : les branches sortent, en forme de quatre triangles, d'une boule émaillée en blanc des deux côtés. D'un côté de la boule il y a deux CC croisés renfermant le nombre XIII ; de l'autre côté est la lettre B en noir, entourée d'un triangle d'or. cette croix, surmontée d'une couronne d'or, est portée par un ruban de couleur de feu qui traverse un anneau" (fig.4).

En 1811, Charles laissa à son fils adoptif, le maréchal français Jean Bernadotte (1764-1844), la Grande Maîtrise de l'Ordre, se réservant le titre de Vicaire de Salomon. A la mort de Charles XIII, en 1818, Bernadotte, devenu roi, sous le nom de Charles Jean XIV, et Vicaire de Salomon, confia la Grande Loge à son héritier Oscar, plus tard Oscar II.

Le Rite Suédois est d'abord templier, chrétien et mystique. Il doit l'essentiel de son inspiration à la maçonnerie française, adaptée au tempérament scandinave du temps, et l'influence anglaise ou écossaise n'y est qu'indirecte. Ceci n'empêche pas sa parfaite "régularité" et son corollaire, la reconnaissance britannique. Si l'atmosphère du Rite n'évoque guère l'éventuelle origine opérative de la franc-maçonnerie, elle s'accommode fort bien de la tripartition fonctionnelle que j'évoquais dans le n° 7 des Acta Macionica ("Initiation maçonnique et Ordres de société", 1997, pp. 179-204) : artisanale dans les grades bleus, chevaleresque dans les grades Ecossais, sacerdotale dans les grades capitulaires. Outre son caractère mystique, sa discrétion mérite d'être soulignée. Les rituels n'ont été que rarement divulgués et, aujourd'hui encore, les vénérables des différents corps, quoique nommés à vie, ne disposent que de rituels manuscrits qui leur sont confiés pour la durée de la tenue ! Le rituel de Lyon n'en acquiert que plus d'intérêt.

Willermoz et le Rite suédois.

Reste à envisager comment Willermoz obtint le rituel suédois et ce qu'il en fit

Le Convent de Wilhelmsbad (16 juillet - 1er septembre 1782).

La clef de l'énigme se trouve, me semble-t-il, dans les minutes du convent de Wilhelmsbad, du moins dans celles qui traitent des grades suédois. Willermoz s'y rendit, on le sait, avec l'intention arrêtée de faire adopter la réforme de Lyon. Au fait de tous les grades pratiqués en France ou peu s'en faut, il n'avait par contre qu'une connaissance imparfaite de la maçonnerie allemande. Quant aux degrés suédois, il n'en savait sans doute que ce que le prince Charles de Hesse-Cassel, qu'il n'avait jamais rencontré, avait bien voulu lui révéler dans une lettre du 22 septembre 1780 :

"Il n'y a que trois systèmes maçonniques, de parvenus à ma connaissance, dont l'un indiquant dans un de ses derniers degrés le matérialisme le plus décidé, ma fait résoudre à ne jamais abandonner la maçonnerie, arrive ce qui veut, uniquement pour pouvoir toujours être à même de prévenir l'introduction d'un système de cette nature que j'abhorre, et dont je regarde comme un de mes premiers devoirs de préserver ceux de mes Fr:. , qui voudront suivre ma voix, mes prières, et mes conseils. Des deux autres, l'un est celui d'où feu M. de Hund a puisé celui de la Stricte Observance qu'il nous a donné et pu donner seulement quant au cérémonial, soit légitimement soit illégitimement, et que j'espère de pouvoir bientôt approfondir davantage ; l'autre est celui que les Suédois professent sans le connaître en aucune manière. Leurs premiers degrés sont, ou doivent être vrais, et je les crois tels, et par les hiéroglyphes les plus exacts, au vrai but de la Maçonnerie, savoir à l'amour de N.S. J.-C. et à nous rapprocher de ce divin Maître. Un autre de leurs degrés doit être absolument faux, celui-ci visionnique, inext (sic) au Temple. Mais le digne Frère duquel j'ai reçu les premiers degrés vrais, dans lesquels il m'a instruit, m'a promis bientôt leur suite, que j'attends en son temps. Je sais que l'apôtre saint Jean, le bien-aimé de notre divin Sauveur, est l'instituteur de la Troisième Maçonnerie, sinon de toute la Maçonnerie, ayant rassemblé les mages qui connaissaient et cherchaient par le chemin de la nature le Seigneur qui devait venir". Le sujet vint sur le tapis dès les premières séances du convent. Lors de la 6° séance (23 juillet), Charles de Hesse, Eq. a Leone resurgente, s'expliqua sur "quelques ouvertures qu'il avoit reçues d'une branche de l'ordre des T.+ " et fit allusion à un Grand Maître "qui lui avoit été nommé". Il refusa que son discours soit repris dans le procès-verbal de la séance mais accepta de communiquer le nom dudit Grand Maître à un comité désigné par le duc Ferdinand de Brunswick-Lünebourg-Wolfenbüttel (1721-1792), Eques a Victoria, "Magnus Superior Ordinis" (Grand Supérieur de l'Ordre) de la Stricte Observance depuis le convent de Kohlo (juin 1772) et président du convent de Wilhelmsbad.

Prenant la balle au bond, "Rd. à (sic) Lillio convallium (Johan Joachim Christophe Bode, 1730-1793, Procureur Général de la VII° province et délégué de Weimar) crut devoir remarquer qu'il falloit user de la circonspection la plus délicate vis à vis d'un ordre aussi soigneux à envelopper ses Chefs des ombres du mystère". Il ajouta "qu'il peut ne pas être impossible que de pareils supérieurs d'O. sachant si soigneusement se cacher…étaient peut être une création du F. d'O. a Lapide nigro (Zinnendorf) appartenant jadis à notre Prov…L'on savait qu'il s'est séparé de nous, a reçu des Chevaliers pour lui-même, a adressé lui-même les mêmes prébendes d'O. qui lui étaient assignées en monnaie portugaise".

C'était assez pour que Willermoz intervint: il fit remarquer qu'il serait essentiel de se procurer des éclaircissements sur le système de Zinnendorf qui "embrasse une grande partie de l'Allemagne". Il déposa la motion suivante :

L'intention du convent Général étant de réûnir autant qu'il sera possible toutes les branches de l'O. Maçonnique en une seule & même association, il paroit important de connoitre les Systèmes particuliers de chacune, comme étant le premier moyen de se réunir. Celle qui suit le système connu nommé Zinnendorfien étant fort considérable & fort répandue paroit celle qui doit principalement fixer l'attention du Convent. Il propose donc qu'il soit fait les Enquêtes convenables pour connoitre autant qu'il se pourra ce système particulier, son origine, & la partie historique qui la concerne avec toutes les circonstances qui doivent interesser".

Dans la foulée, Brunswick pria le F. Bödecker de satisfaire aux vœux du convent, ce qu'il fit par la présentation du 26 juillet (9° séance), déjà citée. Elle ne satisfit point Willermoz !

"Après cette lecture le Rd. Ab Eremo (Willermoz) requit que sa motion du 23 juillet qui avoit occasionné le travail du Rd. à (sic) Lapide Cubico fut relûe pour qu'il soit avéré, que l'objet essentiel étoit de connoître le but du système de la Gde. (Loge) Nationale de Berlin - que le mémoire qui a été lû, ne traçoit que le Tableau historique & qu'il seroit essentiel d'avoir les cahiers des grades de ce système autant ceux des 3 grades inférieurs que ceux d'Ecossois & autres Supérieurs persuadé que tous les Maçons qui se réunissent en Convent communiqueront librement les cahiers de leurs différents grades".

Charles de Hesse répondit qu'il attendait d'un jour à l'autre les cahiers des hauts grades suédois en langue française. Les grades que Zinnendorf avait reçus d'Eckleff, via Baumann, étaient étaient les mêmes que les Suédois avaient donnés au Directoire de Brunswick. A Leone résurgente en fit l'énumération :

"Loge de St. Jean. Apprentif, Compagnon, Maître;

Loge de St. André. Appr. Comp. Maître;

Chev. D'Orient - historique du T.

Chev. D'Occident - continuation du T., nommé sous Officier ou officiant;

Grand Officier ou Confident de St. Jean;

Magister Templi."

Willermoz, qui avait, n'en doutons pas, écouté avec la plus grande attention l'exposé de Bödecker et les explications du prince de Hesse, demanda que le convent ait connaissance du grade de confident de St. Jean. Brunswick déclara avoir reçu ce grade, de même que les FF. a Thymalo (August Dietrich, comte von Marschall, Grand Maître des cérémonies) et ab Urna (Johann Friedrich von Schwartz, secrétaire du convent pour la langue allemande), mais qu'il ne pouvait s'expliquer plus avant en raison de ses engagements. Willermoz n'insista pas mais, pour faire montre de sa bonne foi, déclara qu'il déposait à l'intention des délégués toutes les pièces, rituels, Codes et Instructions révisées au convent des Gaules, à Lyon, en 1778.

Une conclusion s'impose. En juillet 1782, Willermoz ignorait tout du contenu des grades suédois. Avide de nouvelles connaissances comme il le fut sa vie durant, il n'eut de cesse qu'ils lui fussent communiqués. Le 31 juillet (12° séance), profitant d'une motion de Charles de Hesse "de commencer à s'occuper de la révision des grades Simboliques", il proposa que soient lus les " différens cahiers arrêtés au Convent National (de Lyon), ainsi que de ceux de Suède & de Berlin". Il eut enfin gain de cause le 3 août (14° séance) lorsque le duc de Brunswick, sur proposition d'a Flumine (Jean de Türckheim) nomma deux comités "dont l'un s'occuperoit de tout ce qui a rapport au Code & à la rédaction des loix comme, règle, matricule, code des réglemens des (loges) de l'O. intérieur ; & l'autre du Rituel des grades".

Les membres du comité des rituels étaient le prince Charles de Hesse (a Leone resurgente) ; le chevalier Savaron (a Solibus), visiteur général de la II° province (Auvergne) ; Willermoz (ab Eremo) grand chancelier de le II° province ; Sébastien Giraud (a Serpente), chancelier du Grand Prieuré d'Italie (VIII° province) ; Eubert Bödecker (a Lapido cubico), député de la Grande Loge Nationale d'Autriche (VIII° province) ; le baron Frédérick von Dürckheim (ab Ave), délégué du Grand Maître Provincial de Bourgogne (V° province) ; et enfin Christian de Heine (ab Arca), député de la préfecture d'Eidendorp-Schleswig (VII° province). Pour faciliter leur tâche, on leur confia les 4 grades inférieurs (français) rectifiés au convent national de Lyon ainsi que le noviciat et le rituel de chevalerie adoptés au même Convent et le nouveau projet de noviciat des FF. d'Auvergne, les rituels des 4 grades inférieurs de la VII° province (allemande) dont les trois premiers en deux langues, le rituel présenté par les Clercs de la VII° province à Kohlo et, last but not least, les grades suédois et ceux de la Grande Loge de Berlin. La commission ne tarda pas. Les rituels des trois premiers grades furent présentés lors des 17° (16 août), 22° ( 22 août), 23° (23 août) et 25° (25 août) séances. Je les ai commentés dans mon article de 1995 (voir les pages 102-104). Le 4° grade fut discuté lors de la 21° (21 août) et de la 28° séance (28 août).

Le 21 août, après une âpre discussion, "le Convent (arrêta) à la pluralité que le grade d'Ecossisme seroit simbolique & intermédiaire entre la Maçonnerie bleue & l'ordre intérieur". Selon Willermoz, les matériaux nécessaires à son élaboration étaient réunis. Charles de Hesse annonça "que ce seroit Hiram ressusité du Tombeau, & le Temple réédifié qui seroit l'objet principal du grade".

La 28° séance fut décisive. Willermoz y présenta un "Projet d'ebauche pour servir de baze, au Rituel du 4e Grade" .

"Le F. ab Eremo a présenté la première Esquisse du nouvel ecossisme, 4. Grade de notre Maçonnerie Rectifiée : sur la quelle on a fait plusieurs remarques. On a demandé l'abolition du gibet & de la corde au cou par les recipiendaires : ce qui a été convenüe à la pluralité. L' Em.G.M.Gén. (Brunswick) & le Ser.F. à (sic) Leone resurgente (Charles de Hesse) ont cependant protesté contre l'abolition de la Corde au cou. Le F. à (sic) Cruce cerulea (Hyacinthe Chappes de la Henrière, député de la Préfecture de Nancy) a demandé la conservation des deux tableaux de l'ecossisme du Convent des Gaules, surtout le Maître Hiram sortant du tombeau & l'autel avec le feu sacré : on a observé , que les nouveaux simboles présentés dans l'esquisse étoient connûs depuis longues années en France, & y avoient été abandonnés. Le F. à (sic) Lilio convallium (Bode) croit que nos maçons ne sont pas encore assés préparés à un Ecossisme aussi sublime & aussi religieux & a ajouté qu'il se souvenoit que le tableau de l'Ecoss(isme) il y a 20 ans avoit été partagé en trois parties: l'inférieur contenant quelques simboles & instrumens Maçonniques, au milieu le Chandelier à 7 branches: autel des parfums, table des pains de proposition: l'arche d'alliance & les colonnes du Temple brisés; à la 3ème partie Supérieure il y avoit le mont Sion et l'agneau celeste. Le F. ab Eremo a désiré qu'en adoptant le tapis conforme à celui indiqué par le F. à (sic) Lilio convallium, on y ajoutat le Maître Hiram Resuscité & le feu sacré. Le Ser.M.Prov. (Charles de Hesse) étant entré dans les idées du F. ab Eremo, on est convenu de faire la rédaction d'après ces principes."

Le convent fut clôturé le 1er septembre 1782. Jean de Türckheim lut le "Recès" en huit articles, lequel fut adopté à l'unanimité. Son quatrième article affirme que les grades bleus étaient "déterminés", le quatrième seul restant inachevé:

"Article IV. Notre attention principale s'eft portée fur les rituels des 3 premiers Grades, bafe commune de tous ceux qui s'appellent maçons…Nous avons établi un committé, pour rechercher avec le plus grand foin, quels pouvoient être les rituels les plus anciens, & les moins altérés, nous les avons comparés avec ceux, arrêtés au Convent des Gaules, qui contiennent des moralités fublimes, & en avons déterminé un pour les grades d'Apprentif, Compagnon, & Maitre, capables de réunir les Loges divifées jusqu'ici, & qui fe rapprochat le plus de la pureté primitive…Et comme dans presque tous les régimes il se trouve une classe écossoise dont les rituels contiennent le complément des simboles maçonniques, nous avons jugé utile d'en conserver un dans le nôtre, intermédiaire entre l'ordre simbolique et intérieur, avons approuvé les matériaux fournis par le comitté des rituels et chargé le Respectable Frère ab Eremo de sa rédaction". Le duc de Brunswick avait déjà annoncé ces décisions dans une lettre adressée à la Grande Loge Ecossaise mère, "Frédéric au Lion d'Or", de Berlin", le 10 août 1782:

"Entre le premier (l'Ordre maçonnique), & le second (l'Ordre de chevalerie) il y aura un grade Ecoffois, qui n'a pu être fini, mais le Plan a été convenu, & la redaction de ce Grade refte confiée, à un de nos Frères de Lyon, qui a eu grande part à la redaction des autres" .

 Le "Maître Ecossais de Saint-André " de 1809.

La rédaction finale du 4° grade, confiée à Willermoz, ne fut achevée qu'en 1809. L'intervention de l'"Agent Inconnu", les drames de la révolution, l'âge enfin, empêchèrent le Lyonnais de mener sa tâche à bien avant cette date. Il s'en expliqua dans la lettre bien connue qu'il envoya au prince de Hesse le 10 septembre 1810.Le délai importe peu, seule compte la genèse de la version de 1809, faite d'apports successifs que l'analyse peut distinguer.

En 1774, Willermoz et ses amis avaient reçu du baron de Weiler, émissaire de von Hund, les rituels de la Stricte Observance. Conservés, entre autres, à Copenhague, La Haye et Lyon, ils furent publiés par J.F. Var en 1991. L'"Ecossais Vert", 4° degré du Rite, était encore rudimentaire. Le candidat, introduit la corde au cou, s'y voyait délivré du "joug de la maçonnerie symbolique" et revêtu de l'habit vert "couleur de l'esperance". L'enseignement du grade avait pour base la résurrection d'Hiram et la révélation de quatre animaux (lion, singe , épervier, renard):

 

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Le rite Emulation

26 Avril 2005 , Rédigé par Alec Mellor Publié dans #Rites et rituels

Alec MELLOR

Au nombre des Rites (1) pratiqués à la Grande Loge Nationale Française, figure le Rite Émulation. Contrairement à une erreur fréquente, il n'est pas le Rite officiel de la Grande Loge Unie d'Angleterre, laquelle n'a d'ailleurs pas de Rite officiel, et il n'est pas davantage le seul Rite anglais. Parmi ceux pratiqués Outre‑Manche (Bristol, Logic, Taylor, West End, etc.), et qui sont d'une même famille, ne différant que par des variantes parfois infimes, le Rite Émulation est cependant le plus important. Le Rite pratiqué en France sous son nom en comporte également quelques‑unes par la force des choses (2).

Nous examinerons dans ce bref article

1)     L'histoire du Rite

2)     Sa conception propre de la Franc‑Maçonnerie

3)     L'Esprit dans lequel il est pratiqué.

 

I

HISTOIRE DU RITE

Lorsque la Franc‑Maçonnerie, d'opérative qu'elle était, se fit spéculative (3), au terme d'une longue évolution poursuivie de la fin du XVIe siècle au début du XVIIIe siècle, son Rituel s'était naturellement modelé sur cette évolution.  Ce qu'était notre Rituel primitif nous est connu, mais imparfaitement, par les 'Old Charges' et les 'Early masonic cathechisms' pour l'Angleterre et par une abondante floraison de divulgations antimaçonniques pour la France (4). Ce Rituel nous apparaît comme d'une extrême simplicité : ouverture et clôture rituelles, prière initiale et finale, obligation prêtée par le candidat, communication des secrets, agape. Là se bornait le Rituel d'origine, celui dont tous les Rites maçonniques devaient sortir, puis se ramifier et se différencier.  Au XVIIIe siècle, surtout après que notre grade de maître eût fait son apparition (5), associé à sa légende thématique dont l'origine demeure une énigme, le Rituel s'étoffe.  L'un après l'autre, les éléments de la Franc‑Maçonnerie moderne viennent s'agglutiner autour du noyau primitif.  Beaucoup de fioritures seront éphémères. D'autres adjonctions subsisteront et telles parties archaïques s'avéreront les plus solides.

Cette même époque fut marquée par la rivalité des 'Antients' et des 'Moderns', qui ne se termina qu'en 1813 par l'Art of Union d'où sortit la moderne Grande Loge Unie d'Angleterre.  La recherche historique a mis en évidence, de nos jours, que la "réconciliation" des Antients et des Moderns fut, en fait, la victoire des Antients, dont le principal grief contre les Moderns était d'avoir laissé tomber en désuétude des portions du Rituel particulièrement vénérables par leur ancienneté. Le Rite Emulation devait ainsi, si l'on ose dire, sortir de l'œuf.

Par crainte des divulgations, mais aussi pour des motifs plus profonds, et dont l'explication appartient aux sociologues, le Rituel primitif s'était longtemps transmis par la seule transmission orale.  Lorsque la Maçonnerie se fit spéculative, l'antique interdiction d'écrire subsista, assortie de ses terribles peines symboliques.  Ainsi s'explique que de nos jours encore, le candidat doit s'obliger à ne jamais "écrire, buriner, sculpter, marquer, etc" les secrets, et cela bien que le Rituel soit aujourd'hui, non seulement écrit, mais ‑ sauf précautions cryptographiques et omissions voulues ‑ imprimé.

Nos anciens Frères s'étaient trouvés, en 1813, devant une difficulté grave comment concilier 1e respect de l'interdiction d'écrire et la nécessité de protéger le Rituel contre d'inévitables altérations de ville à ville, voire de loge à loge, si ce dernier était abandonné à tous les aléas d'une transmission purement orale ?  La Grande Loge avait recommandé qu'il y eût une parfaite unité (perfect unity) du Travail maçonnique, mais n'était‑ce pas préconiser l'alliance de l'eau et du feu ?

La difficulté fut résolue grâce à une institution nouvelle : les loges d'instruction.  La loge d'instruction était une sorte de loge fictive, destinée à faire répéter les cérémonies tout comme lors des "répétitions" des pièces de théâtre.  Elles ont survécu jusqu'à nous. Qu'est‑ce, au demeurant, qu'une initiation, sinon un véritable drame sacré ?  Le protagoniste n'en est d'ailleurs pas le Vénérable mais l'initié.  C'est dire le non‑sens qu'il y a à la lire.  Qui a compris cela comprendra tout l'esprit du Rite Émulation.  L'année 1823 vit naître l'Émulation Lodge of Improvement, à laquelle se consacra jusqu'à sa mort un maçon d'élite, Peter Gilkes (1765‑1833). Une lignée de grands ritualistes devait lui succéder jusqu'à notre époque.  Depuis 1823, il n'est pas un vendredi où l'Emulation Lodqe of Improvement ne se soit réunie à 18 heures, précises, dans le but de répéter les cérémonies des trois grades symboliques.  Le Rituel d'origine fut ainsi conservé dans sa pureté de manière stricte et, pourrait‑on dire, ombrageuse, par pure transmission orale, et est demeuré, à une virgule près, celui de 1813, immuable et inaltéré.  Si l'on considère que Peter Gilkes lui‑même avait été initié à la British Lodge n° 8 en 1786, nous tenons le chaînon qui relie le rite Émulation à celui pratiqué à une époque beaucoup plus ancienne, et l'on peut dès lors voir en lui le plus "pur" de tous les Rites maçonniques.

Un réseau de loges d'instruction devait, depuis lors, se répandre sur le globe.

L'archaïque malédiction contre qui oserait écrire le Rituel ne pouvait cependant survivre dans les sociétés modernes.  Dès le XVIIIe siècle, un parjure nommé Prichard divulgua les rituels des trois grades dans sa Masonry dissected (1730).  Il a rendu aux historiens le service de les renseigner sur ce qu'étaient nos cérémonies de son temps, mais il fut aussi durant des décennies la providence des Vénérables desservis par une mauvaise mémoire ou paresseux, qui le lurent en cachette.  Quelques éditions du Rituel virent ensuite le jour sans être des "divulgations" antimaçonniques, mais à titre privé.  La Grande Loge ferma les yeux, même lorsque fut ainsi imprimé à l'usage des chapitres le Rituel du Royal Arch, mais jamais elle n'autorisa l'existence d'un Rituel officiel. En 1969, 1'Emulation Lodqe of Improvement finit par céder et publia une version du Rituel Emulation, mais autorisée (authorized version) par elle seule, non par la Grande Loge.

La francisation du Rite a son histoire, inséparable de celle de la G.L.N.F.  D'abord pratiqué par les seules loges anglophones de notre Obédience, il fut adopté en 1927 par la R.L. Confiance n° 25 et, depuis lors, il est celui de plus du tiers des loges de l'Obédience.  Une première traduction française des rituels s'étant avérée défectueuse, ces derniers furent révisés sous la Grande Maîtrise du T.R.G.M. Ernest Van Hecke.

L'obédience eut enfin, à son tour, ses loges d'instruction.

 

II

SA CONCEPTION PROPRE DE LA FRANC‑MACONNERIE

Minoritaire dans notre pays, le Rite Émulation étonne le Frère visiteur qui assiste à une de ses Tenues pour la première fois.  Il n'y retrouve pas, en effet, des rites qu'il tenait pour essentiels, notamment la purification par les Éléments.

S'il lisait les plus vieux rituels français, il ne les y trouverait pas davantage.  Ces derniers proviennent d'un phénomène capital, survenu dans la seconde partie du XVIIIe siècle : l'adjonction de l'Hermétisme.  Il naquit en Europe centrale du réveil des curiosités alchimiques, puis passa en France.  Oswald Wirth a admirablement expliqué son évolution et la symbiose extraordinaire qui s'ensuivit.  Plaqué sur le Rituel d'origine, lequel était tiré du seul art de construire, il devait, par le canal de la Stricte Observance, être à l'origine de tout l'Écossisme.  Le R.E.R., puis le R.E.A.A. en sortirent successivement.  La traditionaliste et archaïsante Angleterre, elle, demeura rétive.  Sans doute eut‑elle ses alchimistes, dont Elias Ashmole, mais aussi bien d'autres.  Le phénomène d'absorption qui avait vu jour sur 1e Continent ne passa pas cependant la Manche, ou alla se perdre dans quelques Side Dégrées.  Le Rituel de base demeura jalousement fidèle à "l'opératisme" des origines, et lorsqu'en plein XXe siècle il reviendra en France, traversant la Manche en sens inverse, nos Loges de Rite Émulation ne feront que 1e retrouver (6).

Son passage par l'Angleterre et la mentalité anglaise lui a insufflé cette force qui fait de lui la colonne dorique du Temple, comme son allergie aux fantaisies imaginatives.  L'hypothèse guénonienne d'une "Tradition" primordiale, ignorée de l'histoire scientifique, lui demeure inconnue ou incompréhensible.  Son réalisme ne saurait lui faire place.  Il s'est dégagé de même de la vieille conception mythique de l'histoire de l'Ordre, grâce aux travaux poursuivis depuis 1884 par l'illustre loge Quator Coronati n° 2076, et de ce que l'on a appelé la Légende dorée maçonnique.  Il ne se donne ni pour le continuateur de légendaires loges de Saint‑Jean ni pour celui des Templiers, ni moins encore de la Gnose.

Le solide bon sens britannique continue ainsi à soutenir le Rite Émulation à la manière dont le tuteur soutient l'arbre, et cela non seulement en France mais à la surface du globe.  S'ensuit‑il cependant que sa conception propre de la Franc‑Maçonnerie soit une sorte de "rationalisation" ?  Conduit‑elle à en faire une discipline trouvant sa place en épistémologie parmi les autres ? et à se trouver rangée, fût‑ce dans une niche d'honneur, parmi les classifications scientifiques (7) ?

Le croire serait lui retirer son âme. Certes, un concept nouveau a fait de nos jours son apparition, directement issu du long effort des Quator Coronati, concept auquel nous avons proposé de donner un nom : celui de maçonnologie.  Alain le Bihan l'a heureusement défini "l'intégration du fait maçonnique dans les sciences de l'homme".  Le contenu interne du message maçonnique ne tient pas cependant dans cette définition.  Le profane, si érudit soit‑il, consacrerait‑il sa vie, voire sa thèse, à l'étude de l'Ordre, ne l'étudiera jamais qu'à la manière des civilisations disparues, tel un assyriologue ou autre spécialiste.  L'objet de notre quête se trouve au plus profond du for interne.

Après avoir dit ce que, dans la conception Émulation, la nôtre, la Franc‑Maçonnerie n'est pas, essayons de tirer au clair ce qu'elle est.

L'erreur fondamentale est de la présenter comme une école de pensée, cliché commode mais faux.  Pareille conception n'a pas pour elle la tradition du XVIIIe siècle, où les "travaux" au sens moderne n'existaient pas.  (Le livre d'Amiable, qualifié à bon droit par Jean Baylot d'"incroyablement romancé" a trop contribué à accréditer l'idée, erronée, que les loges de l'époque, et plus particulièrement Les Neuf Soeurs, auraient été le véhicule des Lumières).  Si la Maçonnerie était telle, les aspirants à la connaissance seraient, à coup sûr, fondés à lui préférer l'enseignement profane, de l'école du soir au Collège de France, suivant leurs aptitudes.

Un "irrégulier" au talent d'envergure, Albert Lantoine, a repris, pour parler des "planches" et de leur ridicule trop fréquent les étrivières de Juvénal. Nous préférons passer la truelle ...

L'Art Royal se place sur une autre longueur d'ondes et le Rite Émulation ne fait que rejoindre nos plus anciens prédécesseurs lorsqu'il place le dialogue suivant dans la bouche du Vénérable et d'un candidat au Passage

‑ Qu'est‑ce que la Franc‑Maçonnerie ?  (What is Freemasonry ?)

‑ Un système particulier de morale, enseigné sous le voile de l'allégorie au moyen de symboles.  (A peculiar system of morality, veiled in allegory and illustrated by symbols).

La définition, véritable et authentique, de l'Ordre, de ses buts et de sa signification spirituelle, nous a été léguée en ces deux phrases par nos ancêtres et les déviations de la Voie substituée importent peu, qu'elles soient pseudo‑mystiques ou pseudo‑rationnelles.  Le mot important, le mot‑clef, est ici l'adjectif particulier.  L'Ordre n'est pas une école de pensée mais une école de morale, une ascèse.  Ce qu'elle offre à ce constructeur symbolique qu'est l'initie est une technique propre en vue de sa moralisation, tirée de ce que les Constitutions d'Anderson appellent la Géométrie, terme qui, chez lui, est synonyme de l'Art de construire.  Un sujet pourrait être titulaire des plus hauts diplômes universitaires mais ne pas être initiable, sa pierre brute ne se transformera jamais en pierre cubique et demeurera une roche poreuse.

En quoi ce système particulier, cette ascèse consistera‑t‑elle ?  Essentiellement en une transposition de l'opératif dans le spéculatif.  Tout est centré autour de cette transposition.  Les rites d'ouverture, de suspension et de reprise des travaux, de clôture ont deux sens : l'un opératif, l'autre ésotérique.  Il en va de même de la deuxième et de la troisième Grandes Lumières, dès lors qu'elles reposent complémentaires et parlantes, sur la première la "plus importante des trois".  Le même double sens sera affirmé ‑ et avec quelle force ! ‑ dans l'explication des Outils, celle du tablier et celle de la planche tracée.  L'ésotérisme sera porté à son plus haut degré à propos de tel point mystérieux au milieu d'un cercle appelé le Centre.  Pourquoi ? Les initiés le savent.

Le but suprême de cette ascèse se définit, en termes figurés, l'édification du Temple de Salomon, entendons par là celui qui est au plus profond de chaque initié, lequel ne travaillera pas, dès lors, à la seule construction d'une oeuvre humaine, contingente et périssable, mais A.L.G.D.G.A.D.L.U.

Et c'est là, sous le voile du pauvre langage humain, le Secret maçonnique.

 

III

ESPRIT DANS LEQUEL IL EST PRATIQUE

Il existe sur le Rite Émulation beaucoup d'idées "reçues", pour reprendre le mot ironique de Flaubert.  Il ne conviendrait pas à la mentalité française.  Son obligation du "par cœur" serait propre à en dégoûter les intelligences.  Sa prédominance excessive du Rituel sur les planches développerait le psittacisme au détriment de la réflexion.

La première critique sera vite réfutée.  Nous avons vu que le Rite dérive d'un Rite plus ancien et qui fut le seul pratiqué en France, avant que les deux Rites écossais y fussent connus.  Par sa sobriété grave, il s'apparente, en outre, à l'esprit classique le plus français.

La nécessité de pratiquer le Rituel par cœur ‑ au moins dans le maximum du possible et sans fétichisme littéral ‑ ne se justifie plus aujourd'hui pour les mêmes raisons qu'autrefois.  Le vrai motif, c'est la profondeur du Rituel.  Nombreux sont les Frères sincères qui en ont fait l'expérience : plus on l'approfondit, plus on le découvre, et, dès lors, plus on s'initie.  Un mot peut découvrir brusquement des horizons insoupçonnés.  C'est là le salaire de l'ouvrier‑constructeur qui l'a mérité.  Celui qui, au contraire, lit en loge triche.  Il n'assimilera dès lors son Rituel que superficiellement.  Parfois même il restera profane, et cela quelles que soient les dorures dont il sera recouvert.

La prédominance du Rituel sur les planches doit être comprise.  Le Rite Émulation n'a jamais interdit les planches, mais professant à bon droit que le cœur de la Maçonnerie est dans son Rituel, il les réserve pour les Tenues où il n'y a ni initiation, ni passage, ni élévation à faire.  Faire prédominer les planches ne peut se faire qu'au dam du Rituel.  Un programme de conférences chargé interdit d'initier les candidats un par un ou conduit à bâcler.  La conclusion se tire d'elle‑même.

L'utilité des planches n'apparaît qu'à un niveau élevé.  Ce sera l'objet de loges spécialisées, dites loges de recherches, qui, pour mieux remplir leur tâche, s'abstiendront d'initier.  L'exemple des Quator Coronati a fait preuve de l'excellence de cette conception.

Soulignons enfin, en conclusion, le rôle de l'agape.  Ce n'est pas là un simple repas cordial, pris entre camarades pour finir la soirée.  Dans la conception Émulation, l'agape a un caractère rituel et est soudé à la Tenue.  De là son caractère obligatoire, car elle n'est pas autre chose que la continuation des travaux sous une autre forme.  Les ouvriers avant bien travaillé ont mérité de "casser la croûte ensemble" (8).  C'est un nouvel exemple de la transposition opérative, mais l'ambiance y change du tout au tout.  Celle d'une Tenue en loge doit demeurer grave, solennelle, ainsi qu'il convient dès lors que le V.S.L. est ouvert sur l'autel.  Si des désaccords ou des discussions existent entre Frères, c'est dans les coulisses, en comité ou ailleurs, qu'elles doivent se régler.  Jamais en loge ouverte.  Ainsi s'explique aussi la cessation en loge du tutoiement, comme tout un cérémonial que la vie profane ignore.  A l'agape, rien de tel.  Verre en main, sous la présidence d'un Vénérable généralement débonnaire, l'amitié fuse et la joie éclate.  Les tristesses ou les cruautés de la vie sont à l'extérieur, et le Tuileur monte la garde.

Et, en rafales salubres, les toast eux‑mêmes se font symbole, celui de l'amour fraternel.

 

 

(1)  Rappelons ici la différence de sens de ce mot, selon qu'il est écrit avec un R majuscule ou un r minuscule. On nomme Rite une branche particulière de la Franc‑Maçonnerie : Rite Emulation, Rite Ecossais, etc., comparable aux "liturgies" de l'Eglise, auxquelles le terme distinctif de "Rite" a été donné également (Rite romain, Rite byzantin, Rite maronite, etc.). On nomme rite tel acte cérémoniel. Ex. : le rite du dépouillement des métaux.

(2) I1 importe de distinguer l'essentiel de l'accessoire. En dehors de ce que 1e Rituel prescrit comme substantiel, de simples habitudes ont inévitablement tendance à s'intaller. Les vieux maçons ont trop tendance à les tenir pour sacro‑saintes pour la seule mais insuffisante raison qu'ils les ont "toujours vu pratiquer" dans leur loge. Par exemple, l'usage, au cours d'une installation, de saluer le nouveau Vénérable "en passant, mais sans tourner la tête". Saluer quelqu'un sans le regarder est absurde. La force d'une habitude n'en a pas moins prévalu, et le Rite Emulation n'a rien, touchant à ces vétilles, à envier aux autres.

(3) Contrairement à une erreur naïve, répandue jadis surtout en Allemagne, les Opératifs ne possédaient pas un Rituel au sens où nous l'entendons et leurs cérémonies de réception n'étaient pas des initiations. L'on n'y communiquait que des "secrets" de métier, tel le Mason's word et les signes, destinés à réserver l'embauche aux seuls ouvriers qualifiés. Une autre erreur à ne pas commettre est de confondre la Maçonnerie opérative médiévale avec le "Compagnonnage", organisation toute française et qui n'apparut qu'au XVIe siècle. Cf. notre livre Les mythes maçonniques (Payot, 1974), chap. II.

(4)  La réceotion mystérieuse (1737), Catéchisme des francs maçons (1744). L'Ordre des francs maçons trahis (1744). Le Sceau romzu (1745). La désolation des entrepreneurs modernes (1747). Le Maçon, démasqué (1751), etc.

(5) C'est‑à‑dire vers 1725. Si la cérémonie d'installation d'un Vénérable se fait toujours actuellement au grade de compagnon, c'est que cette cérémonie date d'une époque où ce grade était encore le grade suprême, antérieur à l'apparition du grade de maître. I1 n'est pas de preuve plus tangible de sa haute antiquité.

(6)  Ainsi s'explique aussi l'absence de l'Orateur au Rite Émulation, déjà connu en France à l'époque du Discours de Ramsay, mais que la maçonnerie anglaise devait continuer à ignorer et que, dès lors elle ne pouvait nous retransmettre.

(7) Pareille "rationalisation" a existé. Ce fut celle, au siècle dernier ‑mais non au XVIIIe siècle ‑, du Grand Orient de France. On peut y voir une erreur symétrique de l'erreur "mythique".

(8)  Aussi est‑ce, pensons‑nous, une erreur que d'organiser des "banquets blancs".  La Franc‑Maçonnerie régulière ignore les "Tenues blanches".  Or, qu'est‑ce qu'un banquet maçonnique, sinon, comme nous l'indiquons, qu'un déplacement de la Tenue?  Le Rituel 1e dit en toutes lettres en parlant du "passage du travail au repos" lors d'une suspension.  Or, l'agape, jadis, en était une.  Il en va tout autrement de la "soirée des dames" (ladies night), généralement annuelle, destinée à honorer les épouses.  Au gai XVIIIe siècle, certaines invitations portaient même "Wives and sweet hearts".  Depuis l'ère victorienne, elles sont tombées en désuétude en Angleterre et la G.L.N.F. ne les a pas fait revivre ...

 

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26 Avril 2005 Publié dans #spiritualité

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Franc-maçonnerie
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http://www.stelling.nl/vrijmetselarij/ritualen.html

Rite Ecossais Rectifié
http://www.rite-ecossais-rectifie.net
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Rite Ecossais Ancien et Accepté
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Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm
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Rite Français
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Rite d'York
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Rite Emulation
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Ordres de Chevalerie
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Kabbale
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Gnose
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Soufisme
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Alchimie
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Esséniens
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la Chrysopée du Seigneur

26 Avril 2005 , Rédigé par Raymond Lulle Publié dans #spiritualité

"La sagesse d'En-Haut est premièrement pure, ensuite, pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d'hypocrisie. Et le fruit de la justice est semé dans la paix, par ceux qui recherchent la Paix..." (Ep Jacques. III-17, 18) L'observation des Hommes a noté ce point particulier de leur nature, et qui veut qu'en eux la Paresse soit la mère de tous les Vices. Ce qui s'explique par le fait que le refus de la Chair de participer aux exigences des oeuvres de l'Esprit tend invinciblement à générer en eux-mêmes les éléments contraires susceptibles de mieux servir ce honteux défaut.

Ainsi donc, on peut admettre que l'Ame envahie par un Vice quelconque (manifestation d'un Principe intelligent et conscient de sa perversité), se trouve aussitôt en butte aux autres vices, que le premier qui força la place appelle aussitôt à l'aide, afin de conserver le fort qu'il vient d'emporter.

Mais si ce processus ne fait qu'exprimer en mode inversé, un processus naturel de génération des attributs de l'Ame, c'est que ce dernier existe bien par lui-même, et, conséquemment, que les Vertus de l'Ame sont susceptibles d'une manifestation et d'un développement harmoniques, leur épanouissement et leur permanence dépendant de leur totalité. Ainsi, de même qu'en l'édifice une pierre en appelle une autre, et qu'elles deux en exigent une troisième, ce jusqu'à la pose finale de la " clef ", de même une Vertu et un Vice sont générateurs d'autres Principes, ce jusqu'à concurrence de l'ensemble final.

C'est pourquoi, Fils du Soleil et de la Lune, si le langage des Philosophes ne t'est pas absolument inintelligible, médite leur enseignement. Méprisant le honteux désir de l'Or, vu la vaine curiosité naturelle qui ne conclut pas parce que ne s'étant jamais par avance fixé sa route, tu sauras alors percer le secret des véritables Fils du Feu. Tu comprendras alors seulement que ce Feu n'est point le feu. sombre et satanique, desséchant à la fois la chair et le coeur du faux sage ou de l'ignorant souffleur ; mais qu'au contraire, ce Feu est en réalité l'ESPRIT CONSOLATEUR que nous annoncent les saints Evangiles.

Puisses-tu alors avoir la Force de mettre en pratique les vrais secrets de l'Art que je te donne cy, puisses-tu mener à bien I'Oeuvre de ta propre Rédemption et atteindre ainsi l'Illumination finale promise aux saints hommes de Dieu.

C' est là, Fils du Soleil et de la Lune ce que te souhaite de tout son coeur ton Frère en Notre Seigneur Jésus-Christ, son saint Nom soit béni ! Amen. š›š› š› La Tradition de ceux qui nous précédèrent sur le chemin de la Sagesse, nous dit que toutes choses précèdent de Quatre Eléments, et que ces quatre Eléments sont à la base de tout. Ce sont respectivement la Terre, l'Eau, l'Air et le Feu.

De ces Quatre Eléments, l'Alchymiste sait tirer deux Principes respectivement mâle et femelle, et un troisième Principe, neutre. Ce sont là le Soufre des Philosophes, le Sel des Philosophes et le Mercure des Philosophes. Ainsi donc, par une Opération simple et salutaire, nous disent les Maîtres, les Quatre sont réduits à trois.

Mais Soufre, Mercure et Sel des Philosophes ne constituent qu'un aspect intermédiaire de l'évolution de nos Eléments. De leur série, naissent une nouvelle, composée de deux Principes, supérieurs à tous les autres. Ce sont le Soufre des Sages, et le Mercure des Sages. Voici donc en réalité nos deux suprêmes Arcanes de l'Art. Et c'est de leur copulation finale que naîtra enfin la Chrysopée.

Cette tétractys était bien connue des élèves du sage Pythagore, et les saints hommes de Dieu, versés dans la connaissance et l'emploi de ses Saints Noms ne l'ignoraient pas non plus. Telle qu'elle, c'est là toute la clé de notre Archymie. š›š› š› Dans l'Homme, les Eléments susceptibles de faire débuter l'oeuvre, sont les Quatre Vertus Cardinales, savoir : Force, Prudence, Tempérance et Justice.

Le Sage qui a su développer en son Ame ces Quatre Vertus est assuré, de par leur présence même, de voir se développer en lui, à leur tour, les trois Vertus Théologales, savoir : Foi, Espérance et Charité.

Ainsi, la pratique suivie et attentive des Vertus Cardinales, génère et suscite l'action des trois Vertus supérieures. A leur tour, lorsque nos trois Principes supérieurs sont définitivement acclimatés en nous, ils s'empressent d'éveiller d'autres présences, celles des Puissances de la dyade suprême : Intelligence et Sagesse.

Et à leur tour, ces deux grâces divines en éveillent une autre en nous : celle qui ne saurait être exprimée par des mots et des images. En cette dernière est toute la Béatitude promise aux élus, par elle, nous participons, créatures, à la Vie Divine.

Il serait vain de croire que la pratique d'une seule Vertu soit susceptible de générer les suivantes. De même que l'enfant naît du père et de la mère, de même que l'Esprit-Saint procède et du père et du Fils, de même une Vertu ne procède que de deux autres. Ainsi, sur l'Arbre de notre Connaissance. š›š› š› La première Vertu qu'il importe de développer en nous est celle de la Force. Car comment pouvons-nous nous attaquer à une telle entreprise si nous ne sommes pas, par avance, assurés de la mener à bien ? Il faut donc être fort ; fort contre le monde, fort contre nous, fort contre nos Vices.

La seconde Vertu à développer est la Prudence, car elle nous enseignera à nous défier du Monde, de nous-mêmes, des ruses subtiles des Vices, nos Ennemis conscients et subtils. Car, encore une fois, il ne faut point voir ces Vices comme des réactions instinctives et mécaniques de notre propre Chair. Sans doute, celle-ci sert de véhicule et de canal à ces réactions. Mais celles-ci sont inspirées par l'Esprit Démoniaque qui habite en elle, puisqu'il en est à la fois l'auteur et l'animateur. C'est par elle que l'Esprit des Ténèbres s'exprime ; et lorsqu'il la fait vibrer à sa guise, ainsi que la viole sous les doigts du ménétrier, nous devons, en tant qu'esprit libre, nous défier de tout ce qu'elle apporte de suggestions diverses, compliments ou reproches, conseils ou négations, tout ce qui semble présenter une justification de la prééminence de la Chair sur l'Esprit, tout est à rejeter. Voici la Vertu de Prudence.

De la pratique commune de ces deux premières Vertus, Force et Prudence, naîtront respectivement deux autres : Tempérance et Justice.

Lorsque la Force aura tendance à déborder son domaine, que Prudence s'effacera momentanément, Justice apparaîtra. Car, qui dit Justice dit rétribution exacte. Et par une réaction purement mécanique, l'équilibre un instant perturbé se rétablira.

Mais lorsque Prudence l'emportera sur Force, alors Tempérance apparaîtra. Elle a également nom Miséricorde, Douceur, Indulgence, et Pardon. Sur la ligne des deux plateaux, elle s'oppose à Justice, dont la rigoureuse précision ignore les variations suscitées par l'infini amour des êtres pour les êtres, et de Dieu pour eux tous. Lorsque ces Quatre Vertus Cardinales seront devenues actes de tous les instants, en toi, Fils du Soleil et de la Lune, les Eléments de l'Oeuvre seront prêts à entrer dans le jeu des générations supérieures. Alors, dans ton Ame, paraîtront trois hôtes nouveaux, les Vertus Théologales, qui ont nom Foi, Espérance et Charité.

Force était Feu ; Justice était Air ; Tempérance était Eau, et Prudence était Terre. En cette seconde série, Foi sera Soufre, Espérance sera Mercure et Charité sera Sel.

La Foi naît de la pratique de la Justice et de la Tempérance. Foi, avant tout, prend sa source dans la vérité et la franchise. Lorsque tu possèdes la Vérité, une Certitude, tu crois alors fermement au bien-fondé de ce qui s'y rapporte. Et la solidité de ta croyance est le fruit de ta certitude. Songe alors que la Foi que tu peux susciter chez autrui dépend totalement de la véracité de tes paroles, de tes actes et surtout de tes pensées. Pense juste, pour parler franchement et agir droit. Car Foi est surtout et avant tout Bonne Foi. Foi, c'est Franchise ! Ne mens pas, car le Mensonge tue la Foi. Ce faisant, tu tisses autour de toi-même un voile qui te cache Dieu, suprême Vérité.

Pour croire juste. il faut imaginer ou agir véridiquement. Ce faisant, tu fais naître en toi-même une Foi, fille de Certitude. Et Certitude est seule Réalité... Justice et Bonne Foi engendrent Espérance. Car, qui nierait que le Bon Droit, né de Justice, et Certitude, fille de Bonne Foi, sont seuls susceptibles d'asseoir sans crainte ton Espérance ?

Semblablement, Foi et Tempérance font naître Charité. Car la Bonne Foi et la Douceur exigent que nous rendions à autrui ce que nous souhaitons qu'il nous rende. Ainsi naît la Charité, autre aspect de l'Amour des êtres pour les êtres.

Mais Bonne Foi et Espérance font aussi naître Charité et ce pour les mêmes motifs. La Certitude que donne l'Espérance reposant sur la Vérité et sur la Bonne Foi, nous démontre que le but et l'état final des Etres est justement l'Amour de ces mêmes êtres les uns pour les autres. Donc, Foi et Espérance génèrent Charité. Ici, le Septenaire est établi. En toi-même, Fils du Soleil et de la Lune, ont été successivement générées Force et Justice, Tempérance et Prudence, donnant naissance à Foi, Espérance et Charité.

Issus des Quatre Eléments, Feu, Air, Eau, Terre, se dessinent flamboyants comme des personnages de Vitrail : Soufre, Mercure et Sel des Philosophes. Mais de même que notre Alchymiste ne saurait agir sur les Quatre Eléments et les Trois Principes sans utiliser un véhicule matériel (la "prima materia"), de même, Archymiste, tu es dans l'obligation de recourir au monde contingent pour canaliser et mener à bien ton action.

Ce que sont l'Athanor, le Creuset, la Prima Materia pour le Souffleur vulgaire, les Connaissances humaines, puis divines, le sont pour toi, et tu ne saurais te passer d'elles.

Gnose est donc le plomb vil sur lequel ta puissance morale va s'exercer. Si tu sais t'en rendre maître, sans être asservi par elle, tu pourras alors seulement mener à bien la Chrysopée. š›š› š› Gnose et Espérance appelleront en toi même, Fils du Soleil et de la Lune, Intelligence, qui est Compréhension. Car nous savons déjà qu'Espérance est aussi Certitude, et que Gnose est Savoir. Puisque Certitude est née de Vérité (ou Bonne Foi), Gnose ne peut alors qu'être Parfait Savoir. C'est pourquoi Parfait Savoir et Certitude donne Compréhension.

D'autre part, et parallèlement, Gnose et Charité appelleront en toi Sagesse, tout comme Gnose (ou Parfait Savoir), uni à Compréhension, généreront ladite Sagesse.

Mais, qu'est-ce donc que Sagesse ? Nous le comprenons maintenant, Intelligence et Sagesse sont respectivement Soufre et Mercure des Sages, pour nos vulgaires Alchymistes.

Sagesse est Usage, comme Intelligence est Compréhension. L'une, la première, est active, la seconde est passive. Et de l'union des deux doit naître enfin l'ultime et dernier terme de l'oeuvre, la Pierre Philosophale, l'Illumination qui refera de toi, Fils du Soleil et de la Lune, la Créature Céleste que tu fus à tes origines. š›š› š› "Que le Dieu de Paix, qui a ramené d'entre les Morts le Grand Pasteur des Brebis, par le Sang d'une Eternelle Alliance, Notre Seigneur Jésus-Christ, vous rende capable de toute bonne oeuvre pour l'accomplissement de Sa Volonté ; qu'Il fasse en vous tout ce qu'Il lui plaît de faire, par Jésus-Christ, auquel est la Gloire, aux siècles des siècles. Amen !" (Hébreux, XIII. 20).

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PROLOGUE Je suis Ananias, garde du corps, de rang prétorien, et jurisconsulte. J'ai connu notre Seigneur Jésus-Christ par les divines Ecritures et je me suis converti. Et j'ai..."> les actes de Pilates(extraits)

26 Avril 2005 Publié dans #spiritualité

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PROLOGUE

Je suis Ananias, garde du corps, de rang prétorien, et jurisconsulte. J'ai connu notre Seigneur Jésus-Christ par les divines Ecritures et je me suis converti. Et j'ai reçu l'honneur du saint baptême. Je me suis mis en quête des mémoires qui avaient été faits, à l'époque, sur notre Seigneur Jésus-Christ. Des Juifs les avaient consignes sous Ponce Pilate. J'ai donc retrouvé ces documents en langue hébraïque, et selon la volonté de Dieu je les ai traduits en grec, pour les diffuser parmi tous ceux qui invoquent le nom de notre Seigneur Jésus-Christ.

Sous notre empereur Flavius Théodose, an 17 de son règne et an 5 de celui de Flavius Valentin, en la neuvième indiction
Vous qui lirez cet ouvrage ou en ferez des copies, ne m'oubliez pas et priez afin que Dieu ait pitié de moi et qu'il pardonne les péchés que j'ai commis devant sa face.
Paix à ceux qui lisent, à ceux qui écoutent et à leurs familles, amen !
La quinzième année du règne de Tibère César, empereur des Romains, Hérode étant roi de Galilée depuis dix-huit ans ; et le huitième jour des calendes d'avril, soit le vingt-cinq mars, sous le consulat de Rufus et Rubellion ; en la quatrième année de la deux cent deuxième olympiade, Joseph Caïphe étant grand prêtre des Juifs, Nicodème rapporta tous les événements survenus après le crucifiement et la passion du Seigneur, et il les fit connaître aux grands prêtres et aux autres Juifs. Le même homme laissa un texte, écrit en hébreu.

PREMIERE PARTIE

1.1. Après s'être réunis en conseil, les grands prêtres et les scribes, Anne, Caïphe, Sémès, Datha, Gamaliel, Juda, Lévi, Nephtali, Alexandre, Jaïre et tous les autres Juifs se présentèrent devant Pilate, chargeant Jésus de nombreuses accusations : « Nous savons, disaient-ils, qu'il est le fils de Joseph le charpentier et qu'il est né de Marie. Or lui se prétend fils de Dieu et roi ! En outre, il viole le sabbat et veut détruire la loi de nos pères. »
Pilate leur dit : « Qu'est-ce qu'il fait donc et que veut-il détruire ? » Les Juifs répondirent : « Notre loi nous défend de donner aucun soin durant le sabbat. Or lui, par de louches manipulations, a guéri ce jour-là, des boiteux, des bossus, des gens aux mains desséchées, des aveugles, des impotents, des sourds et des possédés ! »
Pilate leur demanda : « Que voulez-vous dire, avec vos "louches manipulations" ? » Ils lui dirent :
« C'est un magicien. Il chasse les démons par BeLzébuth leur chef et tous lui obéissent. »
Pilate répliqua : « Un esprit impur ne peut pas chasser les démons ! Il y faut le Dieu Esculape ! »
2. Les Juifs dirent à Pilate : « Nous demandons à ta Grandeur de le convoquer devant ton tribunal et de l'entendre. » Pilate les interpella : « Dites-moi comment je puis, moi simple procurateur, soumettre un roi à l'interrogatoire ? » Ils répliquèrent : « Nous ne lui avons pas donné ce titre ! C'est lui qui se proclame roi ! »
Pilate appela un courrier et lui dit : « Amène-moi Jésus, mais traite-le respectueusement. » Le courrier sortit et quand il aperçut Jésus, il se prosterna devant lui. Puis, il prit la pièce de tissu qu'il tenait sur son bras, l'étendit à terre, et dit : « Seigneur, marche là-dessus et entre, car le gouverneur t'appelle. » Voyant ce qu'avait fait le courrier, les Juifs invectivèrent Pilate : « Pourquoi, disaient-ils, n'as-tu pas fait chercher Jésus par un héraut plutôt que par ce courrier ? Dès qu'il l'a vu il s'est jeté à ses pieds, il a déployé par terre l'enveloppe qui contient les faisceaux et il a fait marcher Jésus dessus, comme s'il était roi ! »
3. Pilate fit approcher le courrier et lui dit : « Qu'as-tu fait là ? Pourquoi as-tu étendu cette enveloppe sur le sol et as-tu dit à Jésus de marcher dessus ? »
Le courrier répondit : « Seigneur gouverneur, lorsque tu m'as envoyé à Jérusalem auprès d'Alexandre, j'ai vu cet homme assis sur un ânon, et les fils des Hébreux tenaient des branches dans leurs mains et ils l'acclamaient, tandis que d'autres étendaient leurs vêtements à terre en disant : Sauve-nous, toi qui es dans les hauteurs! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
4. Les Juifs s'en prirent alors au courrier : « Les fils des Hébreux crient en hébreu ! D'où vient que tu répètes leurs clameurs en grec ? » Le courrier leur dit : « J'ai interrogé un des Juifs et lui ai demandé ce qu'ils criaient là. Et lui m'a traduit. »
Et que criaient-ils en hébreu ? demanda Pilate. Les Juifs répondirent : « Hosannah, membronê, baruchama, adonai »
Que signifient Hosannah et les autres mots ? demanda Pilate. Les Juifs lui dirent : « Sauve-nous, ô toi qui es si haut ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! »
Pilate leur dit : « Si vous confirmez vous-mêmes les paroles prononcées par les fils des Hébreux, en quoi le courrier a-t-il mal agi ? » Ils gardèrent le silence.
Le gouverneur dit alors au courrier : « Sors, et ramène-nous Jésus, en le traitant à ta guise. » Le courrier sortit et se montra aussi respectueux que la première fois ; et il dit à Jésus : « Seigneur, entre, le gouverneur te demande. »
5. Jésus entra. Et les aigles que tenaient les porte-enseigne, fléchirent le col et adorèrent Jésus. En voyant que les aigles avaient bougé et qu'elles s'inclinaient en signe de respect devant Jésus, les Juifs injurièrent les porte-enseigne. Mais Pilate dit aux Juifs : « N'admirez-vous pas plutôt que ces aigles se soient penchées vers Jésus et l'aient adoré ? » Les Juifs répondirent à Pilate : « Nous avons vu les porte-enseigne leur tordre le col. Voilà comment ils adorent Jésus ! »
Le gouverneur fit approcher les porte-enseigne « Pourquoi avez-vous fait cela ? » leur dit-il. Ils dirent à Pilate : « Nous sommes grecs, nous, et ne rendons de culte qu'à nos dieux. Qu'irions-nous adorer celui-ci ? Nous tenions nos aigles, quand spontanément, celles-ci ont ployé leur col et l'ont adoré ! »
6. Pilate s'adressa aux chefs de la synagogue et aux Anciens du peuple : « Choisissez vous-mêmes des garçons forts et musclés. C'est eux qui porteront nos aigles : nous verrons si elles s'inclinent toujours seules. » Les Anciens des Juifs prirent douze hommes robustes et bien bâtis et leur firent porter les aigles en deux groupes de six. Et ils se tenaient debout devant la tribune du gouverneur.
Et Pilate dit au courrier : « Fais sortir Jésus du prétoire et ramène-le, en le traitant comme tu l'entends. » Jésus et le courrier quittèrent la salle. Pilate appela les premiers porte-enseigne et les avertit : « Je vous le jure par la vie de César, si les aigles ne s'inclinent pas à l'entrée de Jésus, je vous ferai couper la tête. » Et pour la deuxième fois, le gouverneur ordonna de faire entrer Jésus. Le courrier gardait la même attitude, et il priait Jésus de marcher sur l'étoffe. Jésus s'exécuta et entra. A peine le
seuil franchi, les aigles à nouveau s'inclinèrent devant Jésus et le saluèrent !

2.1. Ce spectacle remplit Pilate de crainte. Il voulut descendre de sa tribune. A peine en avait-il esquissé le mouvement, qu'un message lui parvint de sa femme, disant : « Qu'il n'y ait rien entre toi et ce juste. Car j'ai beaucoup souffert cette nuit à cause de lui. » Pilate alors s'adressa à tous les Juifs et leur dit : «Vous connaissez la piété de ma femme et savez qu'elle n'est pas loin de partager votre religion » Ils lui dirent : « Oui, nous le savons. » Pilate reprit : « Eh bien, ma femme m'envoie un message : Qu'il n'y ait rien entre toi et ce juste. Car cette nuit, j'ai beaucoup souffert à cause de lui. » Les Juifs répondirent à Pilate : « Ne t'avons-nous pas prévenu ? C'est un magicien, il a envoyé un songe à ta femme ! »
2. Pilate se tourna vers Jésus et lui dit : « Pourquoi ces gens portent-ils témoignage contre toi ? Tu ne dis rien...? » Jésus répondit : « S'ils n'avaient pas de puissance, ils ne parleraient pas. Mais chacun a le pouvoir de sa bouche, libre il est de dire le bien ou le mal. C'est à eux de voir ! »
3. Les Anciens des Juifs répliquèrent à Jésus : « Et que verrons-nous ? D'abord que tu es né de relations coupables. Puis, que ta naissance à Bethléem a provoqué un massacre d'enfants. Enfin, que ton père Joseph et Marie ta mère ont dû fuir en Egypte, tant ils étaient gênés devant le peuple. »
4. Quelques-uns de ces Juifs, plus délicats, protestèrent : « A notre avis, sa naissance n'est pas irrégulière ! Nous savons que Joseph a épousé Marie. Jésus est né comme il faut ! »
A ceux qui affirmaient le contraire, Pilate dit : « Vous ne dites pas la vérité ! Ses parents se sont mariés. Vos compatriotes en font foi. »
Anne et Caïphe dirent à Pilate : « Nous avons beau tous déclarer à la fois qu'il n'est pas de naissance honnête, on ne nous croit pas. Ces gens-là sont des prosélytes ou de ses disciples. » Pilate se tourna vers Anne et Caïphe « Que sont des prosélytes ? demanda-t-il. - Ce sont, répondirent-ils, des gens d'origine grecque, maintenant convertis au judaïsme. »
Les partisans de la naissance légitime, Lazare, Asténus, Antonius, Jacques, Amnès, Zénas, Samuel, Isaac, Phénéès, Crispos, Agrippa et Juda s'écrièrent : « Nous n'avons rien de prosélytes ! Nous sommes des fils de Juifs et nous déclarons simplement la vérité, ayant assisté au mariage de Joseph et Marie ! »
5. Pilate s'adressa aux douze qui affirmaient l'honnêteté de la naissance. « Jurez-moi sur la tête de César, leur dit-il, que vous m'avez bien dit la vérité : Jésus n'est donc pas né hors mariage ? » Ils répondirent à Pilate : « Notre Loi nous défend de jurer. Car c'est un péché. Mais eux, qu'ils jurent sur la tête de César que nous n'avons pas dit la vérité et nous aurons mérité la mort. »
Pilate dit à Anne et Caïphe : « Ne répondez-vous rien à cela ? » Anne et Caïphe dirent à Pilate : « Ces douze hommes qui soutiennent qu'il n'est pas né d'un adultère, on les croit ! Or nous sommes unanimes : Jésus est l'enfant de la débauche, il est magicien et se vante d'être le Fils de Dieu ! »
Pilate fit évacuer la salle, ne gardant que les douze hommes qui professaient la régularité de cette naissance, et il fit éloigner d'eux Jésus. Puis il leur demanda : « Pour quelle raison veulent-ils le tuer ? » Ils répondirent à Pilate : « Cela les enrage qu'il guérisse en plein sabbat ! » Pilate dit : « C'est donc sa charité qui leur donne des idées de meurtre ? »

3.1. Indigné, Pilate sortit du prétoire et leur dit : « Le soleil m'en est témoin, je ne trouve rien dont on puisse accuser cet homme. » Les Juifs répondirent au gouverneur : « S'il n'était pas un scélérat, nous ne te l'aurions pas livré. » Pilate leur dit : « Prenez-le donc, et jugez-le selon votre loi. » Les Juifs répondirent : « Nous n'avons pas le droit de mettre quelqu'un à mort. »
- A vous, Dieu interdit de tuer ? Mais à moi ? répliqua Pilate.
2. Alors il rentra dans le prétoire. Il appela Jésus à part « C'est toi, le roi des Juifs ? » demanda-t-il. Jésus répondit à Pilate : « Dis-tu cela de toi-même ou d'autres t'ont-ils parlé de moi ? » Pilate répondit à Jésus : « Suis-je juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t'ont remis entre mes mains. Qu'as-tu fait ? » Jésus répondit : « Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne fusse pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n'est pas d'ici. »
- Tu es donc roi ? demanda Pilate. Jésus lui répondit :
- Tu le dis. Je suis roi. Et je ne suis né et je ne suis venu dans le monde que pour faire entendre ma voix à quiconque est de la vérité.
- Qu'est-ce que la vérité ? lui dit Pilate.
- La vérité est du ciel, répondit Jésus. Pilate reprit « Et sur terre, il n'y a pas de vérité ? » Jésus dit à Pilate « Tu vois comment les maîtres du pouvoir sur terre jugent ceux qui disent la vérité ! »

4.1. Laissant Jésus à l'intérieur du prétoire, Pilate alla rejoindre les Juifs et leur dit : « Pour moi, je ne trouve aucun motif de condamnation. » Les Juifs lui disent « Cet homme a déclaré : Je peux détruire ce temple et le rebâtir en trois jours. »
- Quel temple ? demanda Pilate. Les Juifs répondent : « Celui que Salomon mit quarante-six ans à bâtir, lui prétend le démolir et le reconstruire en trois jours. Pilate leur dit : « Je suis pur du sang de ce juste. A vous de voir ! »
Les Juifs disent : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! »
2. Pilate fit approcher les Anciens, les prêtres et les lévites et il leur dit à voix basse : « Ne faites pas cela. Aucun de vos griefs ne justifie la mort. Vous ne l'accusez que d'opérer des guérisons et de transgresser le sabbat ! »
Anciens, prêtres et lévites dirent à Pilate : « Si quelqu'un blasphème contre César, est-il passible de la peine de mort ? »
- « Oui, répondit Pilate, il l'est. » Les Juifs reprirent : « Soit, celui qui blasphème contre César mérite de mourir, mais lui a blasphémé contre Dieu ! »
3. Le gouverneur fit sortir les Juifs du prétoire et ayant appelé Jésus, il dit : « Que ferai-je de toi ? » Jésus dit à Pilate : « Fais selon ce que tu as reçu. »
Pilate demanda : « Et qu'ai-je reçu ? » Jésus dit : « Moïse et les prophètes ont annoncé ma mort et ma résurrection. »
Les Juifs et ceux qui écoutaient demandèrent à Pilate « Que peux-tu entendre de plus fort que ce blasphème ? » Pilate dit aux Juifs : « Si sa réponse est un blasphème, prenez-le, vous, pour ce blasphème, emmenez-le dans votre synagogue, et jugez-le selon votre loi. » Les Juifs disent à Pilate : « Notre loi nous prescrit ceci : si un homme offense un homme, il recevra quarante coups de fouet moins un. S'il blasphème contre Dieu, il sera lapidé. »
4. Pilate leur dit : « Prenez-le donc, et châtiez-le à votre idée. » Les Juifs répondirent à Pilate : « Nous voulons qu'il soit crucifié ! » Pilate répliqua : « Il ne mérite pas la crucifixion. »
5. Le gouverneur ayant alors jeté les yeux sur la foule des Juifs, en vit beaucoup en larmes, et il dit : « Ils ne veulent donc pas tous qu'il périsse ? » Les Anciens des Juifs lui dirent : « Si, nous sommes venus tous ensemble exiger sa mort. » Pilate leur répondit : « Pourquoi doit-il mourir ? » Et les Juifs : « Parce qu'il se prétend fils de Dieu et roi ! »

5.1. Nicodème, un Juif, se tenait devant le gouverneur, et il dit : « S'il te plaît, homme plein de piété, permets-moi de dire quelques mots. »
- Parle, dit Pilate. Et Nicodème :
- J'ai dit aux Anciens, aux prêtres, aux lévites et à tout le peuple des Juifs dans la synagogue : « Pourquoi en voulez-vous à cet homme ? Il accomplit beaucoup de signes étonnants, que nul autre n'a fait ni ne fera. Laissez-le aller, et renoncez à lui faire du mal. Si les prodiges qu'il accomplit viennent de Dieu, ils demeureront. S'ils viennent des hommes, ils seront détruits ! » Car Moïse envoyé par Dieu en Egypte fit devant Pharaon, le roi de ce pays, les nombreux miracles que Dieu lui indiqua. Or il y avait là deux serviteurs de Pharaon, Jamnès et Jambrès et eux aussi accomplissaient des prodiges en grand nombre, comme Moïse, et les Egyptiens vénéraient à l'égal des dieux ce Jamnès et ce Jambrès! Mais leurs signes n'étaient pas de Dieu, et ils périrent, eux et leurs fidèles. Allons ! Libérez cet homme, il ne mérite pas la mort ! »
2. Les Juifs dirent à Nicodème : « Toi, tu es devenu son disciple et tu as du parti pris ! » Nicodème répliqua : « Et le gouverneur, lui, est-il son disciple, pour le défendre ainsi ? Ne tient-il pas de César la charge qu'il exerce ? » Les Juifs frémissaient et ils grinçaient des dents contre Nicodème. Pilate leur dit : « Pourquoi grincez-vous des dents contre lui ? Est-ce d'entendre la vérité ? » Les Juifs dirent à Nicodème : « Prends-la, sa vérité, et partage son sort ! - Amen, amen, répondit Nicodème, que je les prenne, comme vous l'avez dit ! »

6.1. Un des Juifs s'élança et demanda la parole au gouverneur : « Si tu veux parler, parle », répondit celui-ci. Et le Juif : « Moi, dit-il, je suis resté couché trente-huit ans, perclus de douleur. Jésus vint. Beaucoup de démoniaques et d'autres, atteints de maux divers étaient guéris par lui. Quelques jeunes gens eurent pitié de moi, ils me transportèrent avec mon lit et me posèrent devant lui. En me voyant, Jésus fut ému de compassion et il me dit : « Prends ton grabat et marche ! Et je pris mon grabat et je marchai ! »
Les Juifs disent à Pilate : « Demande-lui quel jour il fut guéri. » Le miraculé répondit : « C'était au sabbat. » Les Juifs s'exclamèrent : « Ne t'avions-nous pas averti qu'il guérit et chasse les démons en plein sabbat ? »
2. Un autre Juif bondit : « Moi, dit-il, j'étais aveugle de naissance; j'entendais les voix mais je ne voyais pas les visages. Quand Jésus passa près de moi, je criai à pleine gorge : Aie pitié de moi, fils de David ! Et il eut pitié, et il posa ses mains sur mes yeux. A l'instant, je recouvrai la vue.»
Un autre Juif accourut et dit : « J'étais bossu, et d'un mot, il m'a redressé ! » Un autre s'écria : « J'étais lépreux et d'un mot, il m'a purifié. »

7. Une femme, du nom de Bérénice, lui cria de loin : « J'avais une perte de sang, et j'ai touché la frange de son manteau et mon flux s'est tari, qui durait depuis douze ans ! » Les Juifs dirent : «Notre loi n'admet pas le témoignage d'une femme. »

8. Et une foule d'autres gens, hommes ou femmes, s'exclamait : « Cet homme est un prophète, et les démons lui sont soumis ! » A ceux qui disaient que les démons lui étaient soumis, Pilate dit : « Pourquoi vos docteurs ne lui obéissent-ils pas aussi ? » Ils dirent à Pilate : « Nous ne savons pas. » D'autres racontèrent qu'il avait relevé du tombeau Lazare, mort depuis quatre jours. Le gouverneur frissonna et dit à la multitude des Juifs : « Pourquoi voulez-vous répandre un sang innocent ? »

9.1. Il fit venir près de lui Nicodème et les douze hommes qui avaient affirmé l'honnêteté de sa naissance « Que dois-je faire ? leur dit-il, voilà que le peuple commence à s'agiter. » Ils lui dirent : « Nous ne savons pas, c'est à eux de voir. » A nouveau, Pilate interpella tout le peuple des Juifs : « Vous savez, dit-il, que c'est chez vous une coutume, à la fête des Azymes, que je vous relâche un prisonnier. J'ai sous les verrous un condamné du nom de Barabbas, et j'ai aussi celui qui vient de comparaître devant vous, ce Jésus en qui je ne trouve aucun motif de condamnation. Lequel voulez-vous que je relâche ?
- Barabbas, hurlèrent-ils. Pilate leur dit : Que ferai-je donc de Jésus, celui que l'on appelle le Christ ?
- Crucifie-le ! répondirent-ils. Certains des Juifs ajoutèrent : « Tu n'es pas l'ami de César si tu le relâches. Il s'est dit fils de Dieu et roi. C'est donc ce roi-là que tu veux, et pas César ? »
2. Excédé, Pilate dit aux Juifs : « Peuple toujours rebelle, vous vous dressez même contre vos bienfaiteurs ! » Les Juifs rétorquèrent : « Et qui sont nos bienfaiteurs ? » Pilate dit : « Votre Dieu vous a fait sortir d'Egypte et de votre cruelle servitude, et il vous a protégés sur la mer, asséchée sous vos pas, et dans le désert il vous a nourris par la manne et les cailles, et de l'eau d'un rocher il vous a désaltérés, et il vous a donné la Loi ! Et après tous ces bienfaits, vous avez allumé sa colère et vous vous êtes épris d'un veau coulé dans le métal et vous avez tellement exaspéré votre Dieu qu'il a résolu de vous faire périr ! Moïse a intercédé pour vous et vous n'êtes pas morts. Et vous venez maintenant me reprocher de haïr mon empereur ! »
3. Il se leva de son siège et il se dirigeait vers la sortie. Les Juifs s'écrièrent : « Nous reconnaissons pour roi César, pas Jésus ! Or les mages lui ont apporté d'Orient des cadeaux comme à un souverain. Et quand Hérode eut appris par ces mages qu'un roi était né, il voulut le faire périr. Joseph son père l'ayant su, prit l'enfant et sa mère, et ils s'enfuirent en Egypte. A cette nouvelle, Hérode ordonna le massacre des enfants hébreux nés à Bethléem. »
4. Ces discours alarmèrent Pilate. Il imposa silence aux foules bruyantes et leur dit : « C'est donc cet homme que recherchait Hérode ? - Oui, répondirent les Juifs, c'est lui ! »
Alors Pilate prit de l'eau et se lava les mains, face au soleil, disant : « Je suis pur du sang de ce juste ! A vous de voir ! » A nouveau les clameurs fusèrent parmi les Juifs : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! »
5. Pilate fit tirer le rideau de la tribune où il siégeait, et il dit à Jésus : « Ta nation a démenti que tu fusses roi. Voici ma sentence : tu seras d'abord flagellé selon la coutume de nos pieux empereurs, ensuite cloué en croix, dans le jardin où l'on t'a arrêté. Deux malfaiteurs, Dysmas et Gestas, seront crucifiés avec toi. »

10.1. Jésus sortit du prétoire accompagné des deux larrons. Lorsqu'ils furent sur place, on le dépouilla de ses vêtements, on le ceignit d'un linge et on lui posa une couronne d'épines sur la tête. Et l'on crucifia avec lui les deux larrons. Jésus disait : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. » Puis les soldats se partagèrent ses vêtements et le peuple se tenait là, regardant. Les grands prêtres et avec eux les chefs le narguaient, disant : « Il en a sauvé d'autres. Qu'il se sauve lui-même ! S'il est le fils de Dieu, qu'il descende de la croix ! » Et les soldats aussi le bafouaient ; ils s'approchaient de lui, lui présentaient du vin aigre mêlé de fiel et disaient : « Tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. »
Après la sentence, ordre avait été donné de porter sur un écriteau en lettres grecques, romaines et hébraïques le motif de sa condamnation, tel que les Juifs l'avaient énoncé : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
2. Un des malfaiteurs suspendus à la croix lui disait : « Si tu es le Christ, sauve-toi toi-même, et nous aussi. »
Mais Dysmas prit la parole et le réprimanda : « N'as-tu pas crainte de Dieu, toi qui subis la même peine ? Pour nous, c'est justice. Nous payons nos actes ; mais lui n'a rien fait de mal. » Et il disait : « Seigneur, souviens-toi de moi dans ton royaume. » Et Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, dès aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis. »

11.1. C'était environ la sixième heure et l'obscurité se fit sur la terre jusqu'à la neuvième heure, le soleil s'étant éclipsé. Et le voile du temple se déchira par le milieu.
D'une voix forte, Jésus s'écria : « Père, Baddoch efkid ruel », ce qui signifie : « Entre tes mains je remets mon esprit. » Il dit, et il expira.
A la vue de ce qui était arrivé, le centurion glorifia Dieu, disant : « Cet homme était un juste ! » Et les foules qui étaient accourues pour assister au spectacle, s'en retournaient en se frappant la poitrine.
2. Le centurion rapporta les événements au gouverneur. Alors Pilate et sa femme entrèrent dans une
profonde affliction et ce jour-là ils ne touchèrent plus ni mets ni boisson. Pilate, ayant convoqué les Juifs, leur dit : « Avez-vous vu ce qui est arrivé ? » Ils répondirent : « Il y a eu une éclipse de soleil. Nous en avons l'habitude.
3. Ses amis se tenaient à distance, ainsi que les femmes qui l'avaient accompagné depuis la Galilée et qui voyaient cela. Survint un homme, appelé Joseph, membre du Conseil, il était d'Arimathie et il avait foi dans le Royaume de Dieu. Il s'approcha de Pilate et lui demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, le roula dans un linceul tout blanc, et le plaça dans une tombe taillée dans le roc, où personne encore n'avait été mis.

12.1. Quand ils surent que Joseph avait demandé le corps de Jésus, les Juifs le cherchèrent, lui et les douze hommes qui avaient soutenu que Jésus était né régulièrement; ils cherchaient aussi Nicodème et bien d'autres encore, qui étaient accourus devant Pilate pour lui faire connaître les bienfaits de Jésus.
Tous s'étaient cachés. Seul Nicodème parut devant les Juifs, parce qu'il était l'un des principaux d'entre eux. Et il leur demanda : « Comment êtes-vous entrés dans la synagogue ? » Et les Juifs répondirent : « Et toi, comment y es-tu entré ? Tu es son complice, partage donc le même sort que lui dans le siècle futur ! » Nicodème répondit : « Amen, amen ! »
A son tour, Joseph sortit et leur dit : « Pourquoi vous êtes-vous irrités de ce que je demande le corps de Jésus ? Voici, je l'ai placé dans mon tombeau neuf, après l'avoir enveloppé d'un linceul tout blanc, et j'ai roulé la pierre devant la porte du caveau. Mais vous, vous avez mal agi envers ce juste, que vous avez crucifié sans remords et que vous avez même transpercé d'un coup de lance. »
Les Juifs empoignèrent Joseph et décidèrent de le faire garder jusqu'au lendemain du sabbat. « Sache bien, lui dirent-ils, que seule, l'heure nous empêche de te châtier, puisque le sabbat commence. Mais sache-le aussi, tu ne mérites pas même une sépulture. Nous jetterons ta chair aux oiseaux du ciel. » Joseph riposta : « Vous parlez avec l'arrogance de Goliath, qui insulta le Dieu vivant et le saint David ! Or Dieu répondit par le prophète : A moi la vengeance ! C'est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur. Et aujourd'hui l'incirconcis selon la chair, mais circoncis par le coeur, a pris de l'eau et s'est lavé les mains, à la face du soleil, disant : Je suis pur du sang de ce juste ! A vous de voir ! Et vous avez dit à Pilate : Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! En vérité, je crains que la colère du Seigneur déjà ne s'abatte sur vous et sur vos enfants, comme vous l'avez dit. »
Ces mots exaspérèrent les Juifs. Ils se saisirent de Joseph et l'enfermèrent dans une maison sans fenêtre, postèrent des gardes à l'entrée et scellèrent la porte derrière laquelle Joseph était captif.
2. Au sabbat, chefs de la synagogue, prêtres et lévites convinrent de se réunir à la synagogue le jour suivant. Les délibérations commencèrent tôt : quelle mort infligerait-on à Joseph ? Ils décidèrent de le faire comparaître séance tenante. Mais quand ils ouvrirent sa porte, ils ne le trouvèrent pas à l'intérieur. Le peuple entier fut stupéfait et même saisi de terreur quand il s'aperçut que les sceaux étaient intacts et que Caïphe avait gardé la clef. Et ils n'osèrent plus lever la main sur ceux qui devant Pilate avaient pris la défense de Jésus.

13.1. Ils siégeaient encore dans la synagogue, mal remis de leur étonnement, quand arrivèrent quelques membres de la garde que les Juifs avaient demandée à Pilate, et qu'ils avaient chargée de surveiller le tombeau de Jésus et d'empêcher ses disciples de venir le prendre. Ils racontèrent les événements aux chefs de la synagogue, aux prêtres et aux lévites : « Il s'est fait un grand tremblement, et nous avons vu un ange descendre du ciel, et il a roulé la pierre qui fermait le caveau et s'est assis dessus. Il étincelait comme la neige et comme l'éclair. En proie à une grande frayeur, nous tombâmes, à moitié morts. Et nous entendîmes la voix de l'ange : il parlait aux femmes debout près du sépulcre : soyez sans crainte, vous ! Je sais que vous cherchez Jésus, le crucifié. Il n'est pas ici. Il est ressuscité selon ce qu'il avait dit ! Venez et regardez l'endroit où avait été déposé le Seigneur. Et vite allez dire à ses disciples qu'il s'est relevé d'entre les morts et qu'il est en Galilée. »
2. Les Juifs dirent : « Qui étaient ces femmes à qui il parlait ? - Nous ignorons qui elles étaient », répondirent les gardes. Les Juifs : « Quelle heure était-il ? » Les gardes : « Minuit. » Les Juifs : « Et pourquoi ne les avez-vous pas arrêtées ? » Les gardes : « Nous étions morts de peur, et désespérions de jamais revoir la lumière du jour. Comment aurions-nous pu les arrêter ? » Les Juifs : « Aussi vrai que vit le Seigneur, nous ne vous croyons pas. » Les gardes dirent aux Juifs : « Vous avez rencontré en cet homme des signes aussi grands et ne l'avez pas cru. Pourquoi croiriez-vous des gens comme nous ? Mais vous avez bien fait de jurer par la vie du Seigneur, car il est vivant ! » Les gardes reprirent : « Il paraît que vous avez enfermé l'homme qui avait réclamé le corps de Jésus ; que vous avez scellé sa porte, mais quand vous l'avez ouverte, vous ne l'avez pas trouvé. Donnez-nous donc Joseph, et nous vous donnerons Jésus ! » Les Juifs répondirent « Joseph est rentré chez lui. » Les gardes répliquèrent :
« Et Jésus est ressuscité, c'est l'ange qui nous l'a dit. Il se trouve en Galilée. »
3. Ces propos inquiétaient les Juifs. Ils dirent : « Il ne faut pas que cette nouvelle s'ébruite et que tous se convertissent à Jésus. » Et après avoir délibéré, ils se cotisèrent et remirent un bon pécule aux soldats avec cette consigne : « Dites que la nuit, pendant que vous dormiez, ses disciples sont venus et l'ont dérobé. Si l'affaire parvient aux oreilles du gouverneur, nous nous chargeons de l'amadouer et nous vous épargnerons les ennuis. » Les soldats empochèrent l'argent et firent comme on leur avait dit.

14.1. Phinéès, un prêtre, Adas, un docteur et Aggée, un lévite, s'étant rendus de Galilée à Jérusalem firent ce récit aux chefs de la synagogue, aux prêtres et aux lévites : « Nous avons vu Jésus et ses disciples, assis sur la montagne appelée Milkom, et il disait à ses disciples Allez par le monde entier, proclamez à toute la création : celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné. Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru ; par mon nom ils chasseront les démons, ils parIeront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents, et s'ils boivent quelque poison mortel, ils n'en éprouveront aucun mal ; ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris. Jésus parlait encore à ses disciples, quand nous le vîmes enlevé au ciel. »
2. Anciens, prêtres et lévites dirent : « Rendez gloire au Dieu d'Israël et confessez son nom, si vraiment vous avez entendu et vu ce que vous racontez là ! » Les narrateurs se récrièrent : « Aussi vrai que vit le Seigneur et le Dieu de nos pères, Abraham, Isaac et Jacob, nous avons bien entendu son discours et nous l'avons vu s'élever dans le ciel. » Anciens, prêtres et lévites reprirent : « Mais pourquoi êtes-vous venus ? Pour nous annoncer cette nouvelle ou pour vous acquitter d'un voeu fait à Dieu ? - Pour nous acquitter d'un voeu », répondirent-ils. Anciens, prêtres et lévites déclarèrent alors : « Si vous êtes venus vous acquitter d'un voeu, à quoi bon avoir débité vos niaiseries devant tout le peuple ? »
Phinéès le prêtre, Adas le docteur et Aggée le lévite dirent aux chefs de la synagogue, aux prêtres et aux lévites : « Si les paroles que nous avons dites et dont nous témoignons constituent un péché, eh bien, nous sommes ici devant vous. Faites de nous ce que bon vous semble. »
Ils prirent la loi et les firent jurer de ne répéter à personne ce qu'ils avaient dit. Puis, ils leur donnèrent à manger et à boire et les chassèrent de la ville, en leur donnant de l'argent et trois hommes pour les raccompagner jusqu'en Galilée. Et ils rentrèrent sans incident.
3. Pendant que ces hommes regagnaient la Galilée, les grands prêtres, les chefs de la synagogue et les Anciens se réunirent dans la synagogue. Ils fermèrent la porte et donnèrent libre cours à leurs lamentations. » Quel est ce signe qui surgit à Jérusalem ? » gémissaient-ils. Anne et Caïphe leur dirent : « Qu'avez-vous à trépigner et à pleurer ? Ne savez-vous pas que les disciples leur ont donné de l'or avec mission de dire qu'un ange du Seigneur était descendu et avait roulé la pierre à l'entrée du tombeau ? » Mais les prêtres et les Anciens rétorquèrent : « Passe encore que les disciples aient dérobé son corps. Mais comment son âme a-t-elle rejoint ce corps et se trouve-t-elle en Galilée ? » Nul ne put expliquer ce mystère. Ils finirent par bredouiller : « Nous ne devons pas nous fier à des incirconcis. »

15.1. Nicodème se leva, et debout devant le Conseil, il dit : « Vous parlez fort bien ! Mais, l'ignorez-vous donc, peuple du Seigneur ? les gens qui sont descendus de Galilée craignent Dieu ; ils ont assez de bien et sont parfaitement désintéressés. Ce ne sont pas des fanatiques. Ils vous ont affirmé sous serment qu'ils avaient vu Jésus sur le mont Milkom avec ses disciples, auxquels il enseignait tout ce que vous avez entendu là, puis ils l'ont vu enlevé au ciel. Mais nous avons omis de leur demander de quelle façon il avait été enlevé. Les Saintes Ecrijtures nous ont appris qu'Elie aussi fut enlevé au ciel. Elisée l'appela d'une voix forte et Elie lui lança son manteau. Elisée jeta ce manteau dans le Jourdain, et il le traversa et gagna Jéricho. Et les fils des prophètes vinrent au-devant de lui et lui dirent : " Elisée, où est ton seigneur Elie ?" Il dit qu'il avait été enlevé au ciel. Et ils dirent à Élisée : "l'Esprit ne l'a-t-il pas plutôt emporté sur l'une des montagnes ? prenons nos serviteurs et partons à sa recherche." Elisée consentit et les accompagna. Ils le cherchèrent en vain pendant trois jours et admirent l'idée de son enlèvement.
« Et maintenant, écoutez-moi : envoyons des hommes par tout le territoire d'Israël et voyons si par hasard le Christ n'aurait pas été enlevé par un esprit et déposé sur l'une des montagnes. »
Cette idée convint à tous. Ils dépêchèrent des éclaireurs dans tout le pays d'Israël et ils cherchèrent Jésus, mais sans succès. A Arimathie, ils trouvèrent Joseph ; personne n'osa l'arrêter.
2. Ils firent prévenir les Anciens, les prêtres et les lévites : « Nous avons parcouru Israël en tout sens : pas de Jésus ! Mais nous avons trouvé Joseph à Arimathie. » Les chefs de la synagogue, les prêtres et les lévites furent heureux d'avoir des nouvelles de Joseph. Ils rendirent grâces au Dieu d'Israël et tinrent conseil pour savoir de quelle manière ils le rencontreraient. Puis ils prirent une feuille de papier et écrivirent ces mots à Joseph : « Paix à toi ! Nous avons conscience d'avoir péché contre Dieu et contre toi. Mais nous demandons à Dieu de te faire revenir auprès de tes pères et de tes enfants. Car nous nous sommes morfondus de ne pas te trouver en ouvrant ta porte. Nous le confessons, nous étions pleins de méchantes pensées à ton égard. Mais le Seigneur t'a pris sous sa garde et il a déjoué le complot que nous montions contre toi, vénéré père Joseph ! »
3. Ils choisirent parmi tout Israël sept hommes, amis de Joseph et bien connus de lui. Les chefs de la synagogue, les prêtres et les lévites leur dirent : « Attention ! S'il prend et lit notre lettre, cela indique qu'il reviendra chez nous en votre compagnie. Mais s'il refuse de la lire, entendez qu'il est mal disposé envers nous. Donnez-lui le baiser de paix et revenez. »
Ils bénirent les voyageurs et les laissèrent aller. Ceux-ci s'en furent trouver Joseph. Ils se rosternèrent devant lui et dirent : « Paix à toi ! - Paix à vous et à tout le peuple d'Israël ! » répondit-il.
Ils lui remirent la lettre. Joseph la prit, la lut, la baisa et rendit grâces à Dieu en ces termes : « Béni soit le Seigneur Dieu, qui a épargné à Israël de verser un sang innocent ! Béni soit le Seigneur qui a envoyé son ange, pour me couvrir de ses ailes ! » Puis il leur dressa une table. Ils mangèrent, burent et dormirent chez lui.
4. A l'aube ils se levèrent et prièrent. Puis Joseph sella son ânesse et partit avec ces hommes. Ils arrivèrent à la ville sainte de Jérusalem et tout le peuple accourut au-devant de Joseph en criant : « Paix à toi ! Sois le bienvenu ! » Et il répondit à tout le peuple : « Paix à vous ! » Tous l'embrassèrent et prièrent à ses côtés. Sa vue les remplissait de joie.
Nicodème le reçut chez lui et donna un grand festin où il invita Anne, Caïphe, les Anciens, les prêtres et les lévites, tout heureux de manger et boire en sa compagnie. Puis on chanta des hymnes et chacun rentra chez soi Joseph demeura chez Nicodème.
5. Le lendemain, qui était un vendredi, chefs de la synagogue, prêtres et lévites se rendirent en hâte chez Nicodème. Celui-ci sortit à leur rencontre et leur dit : « Paix à vous ! » Ils firent écho : « Paix à toi et à Joseph, à toute ta maison et à la sienne ! » Il les fit entrer. Tout le Conseil prit place et Joseph vint s'asseoir entre Anne et Caïphe. Mais nul n'osait lui adresser la parole.
Alors Joseph dit : « Pourquoi m'avez-vous convoqué ? » Ils firent signe à Nicodème de lui répondre. Celui-ci ouvrit la bouche et dit à Joseph : « Eh bien, les vénérables docteurs, les prêtres et les lévites aimeraient entendre de toi une parole. - Dites-moi donc laquelle », dit Joseph. Anne et Caïphe prirent le livre de la loi et adjurèrent Joseph en ces termes : « Glorifie le Dieu d'Israël et confesse son nom ! Adjuré par le prophète Josué, Achar ne faillit pas à ses serments, mais il lui révéla l'entière vérité, sans en omettre un mot. Toi non plus, ne nous cache rien. »
Joseph répondit : « Je ne vous cacherai rien. » Ils lui dirent : « Nous étions très fâchés que tu aies demandé le corps de Jésus, que tu l'aies roulé dans un linceul tout blanc et déposé dans le tombeau. C'est pour cela que nous t'avons enfermé dans une maison sans fenêtre, que nous avons muni l'entrée de clés et de cachets, tandis que des gardes surveillaient ta captivité. Mais le lendemain, quand nous ouvrîmes la porte, tu avais disparu. Cela nous plongea dans de cruelles alarmes et jusqu'à hier, le peuple du Seigneur était tout désemparé. A présent donc, raconte-nous ce qui s'est passé. »
6. Joseph prit la parole : « Vous m'avez enfermé le vendredi, vers la dixième heure, et je suis resté là tout le sabbat. Mais à minuit, tandis que j'étais debout à prier, la maison où vous m'aviez enfermé se souleva par les quatre coins et une sorte d'éclair vint éblouir mes yeux. Epouvanté, je tombai à terre. Alors quelqu'un me prit par la main et m'enleva de l'endroit où je gisais, et une eau fraîche coula sur moi de la tête aux pieds, tandis que des effluves de myrrhe emplissaient mes narines. Il m'essuya le visage, m'embrassa et me dit : « Ne crains pas, Joseph. Ouvre tes yeux et regarde quel est celui qui te parle. » Levant mon regard, je vis Jésus. Mes frayeurs redoublèrent. Je pensai que c'était un fantôme et je me mis à réciter les commandements. Mais il les récita avec moi. Or vous ne l'ignorez pas, quand un fantôme entend réciter près de lui les commandements, il prend la fuite. Voyant qu'il les disait avec moi, je m'écriai : « Rabbi Élie! » Il me dit : « Je ne suis pas Elie. - Qui es-tu, Seigneur, lui dis-je. Et il me dit : - Je suis Jésus. Tu as demandé mon corps à Pilate, puis tu m'as enveloppé dans un pur linceul et tu as couvert mon visage d'un suaire, puis tu m'as déposé dans ton caveau neuf et tu as roulé une grande pierre à l'entrée de la tombe. »
Et je dis à celui qui me parlait : « Viens me montrer l'endroit où je t'ai placé. » Il me conduisit à cet endroit et me le montra. Le linceul y traînait encore, et le suaire qui avait couvert son visage. Alors j'eus la preuve qu'il était Jésus.
Il me prit par la main et toutes portes closes, me transporta au milieu de ma demeure. Il me conduisit auprès de mon lit et me dit : « Paix à toi ! » Il m'embrassa encore et ajouta : « Tu ne sortiras pas de chez toi avant quarante jours. Car voici, je vais rejoindre mes frères, en Galilée. »

16.1. En écoutant le récit de Joseph, les chefs de la synagogue, les prêtres et les lévites défaillirent et restèrent prostrés à terre. Ils ne touchèrent plus à la nourriture jusqu'à la neuvième heure. C'est alors que Nicodème qui était aux côtés de Joseph, interpella Anne et Caïphe, les prêtres et les lévites : « Debout ! Remettez-vous sur vos pieds, et prenez courage : demain est le sabbat du Seigneur. » Ils se relevèrent et après avoir invoqué Dieu, ils mangèrent et burent, puis chacun s'en retourna chez soi.
2. Le jour du sabbat, nos docteurs siégèrent, ainsi que prêtres et lévites. Ils discutaient entre eux, disant : « Quelle est cette colère qui s'est abattue sur nous ? Nous Connaissons pourtant son père et sa mère. »
Lévi un docteur, déclara : « J'ai connu ses parents : ils craignaient Dieu et ne négligeaient pas la prière. Trois fois l'an, ils versaient la dîme. Lorsque Jésus naquit, ils l'emmenèrent en ce lieu-ci et offrirent à Dieu sacrifices et holocaustes. Et le grand docteur Syméon le prit dans ses bras et dit : « Maintenant tu peux laisser aller en paix ton serviteur, ô Maître, comme tu l'as promis. Car mes yeux ont vu ton salut, préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. »
Puis Syméon les bénit et dit à Marie sa mère : « J'ai à t'annoncer une grande nouvelle au sujet de cet enfant. »
Marie demanda : « Est-ce une bonne nouvelle, mon Seigneur ? »
Syméon lui répondit : « C'est une bonne nouvelle. Voici, cet enfant est là pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, et pour être un signe en butte à la contradiction. Et toi-même, une épée te transpercera l'âme, afin que de bien des coeurs soient révélées les pensées ! »
3. Ils dirent à Lévi, le docteur : « Comment sais-tu cela ? » Lévi répondit : « Ignorez-vous que c'est auprès de Syméon que j'ai étudié la Loi ? » Le Conseil lui dit : « Nous voulons voir ton père. » Et ils l'envoyèrent chercher. Puis ils l'interrogèrent, et celui-ci leur dit : « Pourquoi n'avez-vous pas cru mon fils ? Le bienheureux et juste Syméon lui a bien enseigné la Loi. » Le Conseil demanda : « Rabbi Lévi, c'est donc la vérité que tu as dite ? » Il répondit : « C'est la vérité. »
Les chefs de la synagogue, les prêtres et lévites dirent entre eux : « Eh bien, envoyons chercher en Galilée les trois hommes qui étaient venus nous informer de son enseignement et de son assomption. Il faut qu'ils nous expliquent ce qu'ils ont vu de cet enlèvement. »
Cette suggestion convint à tous. Ils reprirent les trois hommes qui les avaient déjà escortés en Galilée et leur donnèrent ces instructions : « Dites au rabbi Adas, au rabbi Phinéès et au rabbi Aggée : Paix à vous et à tous ceux qui vivent avec vous ! De graves débats se sont élevés dans notre Conseil. Aussi avons-nous chargé ces messagers de vous faire venir dans la sainte ville de Jérusalem. »
4. Les messagers partirent en Galilée, et ils trouvèrent leurs hommes assis, étudiant la Loi. Ils leur donnèrent le baiser de paix. Les Galiléens dirent aux voyageurs : « Paix à tout Israël! » Les autres répondirent : « Paix à vous ! » Les premiers reprirent : « Quel est l'objet de votre visite ? » Et les envoyés répondirent : « Le Conseil vous mande dans la sainte ville de Jérusalem. »
5. Quand ils surent qu'ils étaient appelés au Conseil, les hommes invoquèrent Dieu, puis ils s'attablèrent avec leurs hôtes, mangèrent et burent et enfin se levèrent et se rendirent sans incident à Jérusalem.
Le lendemain, le Conseil, réuni dans la synagogue, leur demanda : « Avez-vous réellement vu Jésus assis sur la montagne de Milkom, enseignant ses onze disciples, puis l'avez-vous vu enlevé au ciel ? » Ses interlocuteurs leur firent cette réponse : « Ce que nous avons vu de cet enlèvement, nous l'avons dit. »
6. Anne s'entêta : « Prenez-les un à un, dit-il, et voyons si leurs témoignages concordent. » Ils les séparèrent. Adas fut appelé le premier : « Rabbi, dirent-ils, qu'as-tu vu de cet enlèvement ? » Adas répondit : « Il était encore assis sur le mont Milkom et il enseignait ses disciples, quand nous vîmes une nuée le couvrir de son ombre, lui et ses disciples, et la nuée l'emporta dans le ciel, tandis que ses disciples gisaient, front contre terre. »
Ils appelèrent Phinéès le prêtre et l'interrogèrent : « Qu'as-tu vu de l'enlèvement de Jésus ? » La réponse fut la même. Ils interrogèrent aussi Aggée, qui leur fit une semblable déposition.
Alors le Conseil déclara : « Il est dit dans la Loi de Moïse : C'est au dire de deux ou trois témoins que la cause sera établie »
Buthem le docteur dit : « Il est écrit dans la Loi : Enoch marchait avec Dieu, puis il disparut, car Dieu l'emporta. » Jaïre le docteur dit : « Nous avons entendu parler de la mort du saint Moïse, mais nous ne l'avons pas vu ; car il est écrit dans la loi du Seigneur : Et Moïse mourut sur ordre du Seigneur, et nul, à ce jour, ne connaît son tombeau » Et le rabbi Lévi dit : « Pourquoi le rabbi Syméon a-t-il dit quand il vit Jésus : Voici, il est là, pour la chute et le relèvement du grand nombre en Israël, et pour être un signe en butte à la contradiction ? »
Et le rabbi Isaac dit : « Il est écrit dans la Loi : voici que j'envoie mon messager devant ta face ; il marchera devant toi pour te garder jusqu'au bout dans ce bon chemin. Car en lui mon nom est invoqué. »
7. Alors Anne et Caïphe dirent : « Vous avez fort justement çité la Loi de Moïse où il est dit que nul n'a vu la mort d'Enoch et nul n'a raconté celle de Moïse. Mais Jésus, lui, a parlé à Pilate. Nous l'avons vu essuyer en plein visage gifles et crachats. Et les soldats le couronnèrent d'épines. Il fut flagellé et il reçut la sentence de Pilate, et il fut crucifié au lieu du Crâne ainsi que deux larrons, et on lui fit boire du vin aigre mêlé de fiel, et le soldat Longin lui transperça le flanc de sa lance, et Joseph notre père vénéré demanda son corps, et il ressuscita, comme il l'avait dit, et comme viennent de le rappeler ces trois docteurs, disant : " Nous l'avons vu emporté vers le ciel", et le rabbi Lévi a confirmé les propos tenus par le rabbi Syméon, "Voici, a-t-il dit, celui-ci est là, pour la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël, et il sera un signe en butte à la contradiction".. »
Tous les docteurs dirent à tout le peuple du Seigneur : « Si par le Seigneur cette chose étonnante s'est produite sous nos yeux, sachez-le bien, maison de Jacob, qu'il est écrit : Tout pendu au bois est malédiction !. Un autre texte enseigne : « Les dieux qui n'ont pas fait le ciel et la terre périront. » Prêtres et lévites se dirent entre eux : « Si sa mémoire dure jusqu'à Sommos dit aussi Jobel, sachez que son règne est éternel et qu'il se lèvera un peuple nouveau. »
Alors les chefs de la synagogue, les prêtres et les lévites exhortèrent tout Israël, disant : « Maudit l'homme qui adorera des oeuvres faites de main d'homme et maudit l'homme qui adorera la créature au lieu du Créateur ! » Et tout le peuple répondit : « Amen ! Amen ! »
8. La foule chanta des hymnes au Seigneur et elle dit : « Béni soit le Seigneur qui accorda le repos au peuple d'Israël comme il l'avait promis. Il ne s'est pas perdu une seule parole de toutes celles qu'il avait dites à Moïse son serviteur. Que le Seigneur notre Dieu soit avec nous, comme il l'était avec nos pères. Qu'il ne nous entraîne pas à notre perte, afin que nous puissions convertir à lui notre coeur, et marcher dans toutes ses voies, garder ses commandements et les jugements qu'il a légués à nos pères. Et le Seigneur règnera sur toute la terre en ces jours-là. Et il sera le seul Seigneur, et le seul nom, le Seigneur notre roi !
« Lui-même nous sauvera. Il n'est personne qui te ressemble, Seigneur, tu es grand, Seigneur et grand est ton nom ! Dans ta puissance, guéris-nous, Seigneur, et nous serons les guéris ! Sauve-nous, Seigneur, et nous serons les sauvés ! Car nous sommes ta part et ton héritage. Et le Seigneur n'abandonnera pas son peuple, à cause de son nom magnifique. Car le Seigneur a commencé de faire de nous son peuple. »
Quand ils eurent ainsi chanté, chacun rentra chez soi, louant Dieu, dont la gloire est aux siècles des siècles, amen !


DESCENTE DE JÉSUS AUX ENFERS

17.1. Joseph dit : « Pourquoi vous étonner de la résurrection de Jésus ? Elle n'est pas étonnante. Etonnons-nous plutôt qu'il n'ait pas ressuscité seul. Il a relevé un grand nombre de morts, que beaucoup ont vus à Jérusalem. Vous ne les connaissez pas tous. Mais au moins connaissez-vous Syméon qui reçut Jésus dans ses bras et ses deux fils par lui ressuscités. Nous les avions ensevelis peu avant. Aujourd'hui on peut voir leurs tombes ouvertes et vides. Eux-mêmes sont vivants et habitent Arimathie. »
Ils envoyèrent de leurs gens pour vérifier que les tombes étaient bien ouvertes et vides. Joseph reprit « Allons à Arimathie ; nous les rencontrerons. »
2. Alors les grands prêtres, Anne, Caïphe, Joseph, Nicodème, Gamaliel et les autres se levèrent et se rendirent à Arimathie. Ils les trouvèrent, comme Joseph l'avait dit. Après les prières et les embrassements, ils reprirent avec eux la route de Jérusalem et les firent entrer dans la synagogue, dont ils fermèrent les portes avec soin. Puis les grands prêtres leur mirent en mains l'Ancien Testament des Juifs et leur dirent : « Nous aimerions qu'après avoir prêté serment par le Dieu d'Israël et d'Adonaï, vous nous disiez la vérité : comment avez-vous ressuscité et qui vous a ressuscités des morts ? »
3. A ces mots, les ressuscités se signèrent le front et dirent aux grands prêtres : « Donnez-nous du papier, de l'encre et une plume. » On leur apporta ces objets. Ils s'assirent et écrivirent ce qui suit

18.1. « Seigneur Jésus-Christ, résurrection et vie du monde, permets-nous de raconter ta résurrection et les merveilles que tu as accomplies en enfer. Nous y étions avec tous ceux qui se sont endormis depuis l'origine. A minuit, une lumière aussi vive que le soleil perça les ténèbres. Nous fûmes illuminés, et nous pouvions nous voir les uns les autres. Et aussitôt, les patriarches et les prophètes se joignirent à Abraham notre père, et au comble de la joie, ils se disaient entre eux : « Cette lumière provient de la grande lumière. » Le prophète Isaïe s'écria : « C'est la lumière du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Je l'avais annoncée de mon vivant, par ces mots : Terre de Zabulon, terre de Nephtali, le peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière. »
2. Puis un homme se présenta sous l'aspect d'un ermite du désert, et les patriarches l'interpellèrent : « Qui es tu ? » Il répondit : « Je suis Jean, le dernier des prophètes, j'ai aplani les chemins du Fils de Dieu, et j'ai prêché le repentir au peuple, pour la rémission de ses péchés. Et le Fils de Dieu est venu vers moi, et quand de loin je l'ai vu, j'ai dit au peuple : Voici l'agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. Je l'ai baptisé de ma main, dans l'eau du Jourdain, et j'ai vu l'Esprit saint, tel une colombe, descendre sur lui. Et j'ai entendu la voix de Dieu notre Père qui disait : Celui-ci est mon fils bien-aimé ; il a toute ma faveur.
« Et il m'a envoyé aussi parmi vous, vous annoncer que le Fils unique de Dieu viendrait ici afin que quiconque croit en lui soit sauvé et quiconque n'y croit pas, condamné. Aussi vous le dis-je à tous, quand vous le verrez, adorez-le. Voici les derniers jours où vous pouvez vous repentir et des cultes que vous avez rendus aux idoles dans le vain monde d'en haut, et des péchés que vous avez commis. Après, il sera trop tard. »

19. Tandis que Jean enseignait ainsi les foules de l'enfer, Adam le premier formé et le premier père, dit à son fils Seth : « Mon fils, je veux que tu exposes aux premiers pères de l'humanité et aux prophètes, le voyage que je t'ai fait entreprendre, lorsque je me couchais pour mourir. » Et Seth parla : « Prophètes et patriarches, écoutez. Mon père Adam, le premier formé, sentant venir sa fin, m'envoya tout près des portes du paradis ; je devais prier Dieu de me conduire par la main d'un ange à l'arbre de la miséricorde, et me laisser récolter de son huile pour en oindre mon père, et lui rendre ainsi ses forces. J'y allais. Quand j'eus prié, l'ange du Seigneur parut et me dit : Que demandes-tu, Seth ? Tu désires une huile qui guérit les malades et sauvera ton père ? Crois-tu trouver l'arbre qui produise cette huile ? Non, tu n'obtiendras rien aujourd'hui. Repars donc, et dis à ton père qu'il faut d'abord que cinq mille cinq cents ans s'écoulent à compter de la création du monde. Alors, le Fils unique de Dieu descendra sur terre, en se faisant homme, et il oindra ton père de cette huile et le ressuscitera. Dans l'eau et l'Esprit saint il le lavera, lui et ses descendants. Alors il sera guéri de toute langueur. Mais aujourd'hui, c'est impossible. »
En entendant ces mots, patriarches et prophètes frémirent d'allégresse.

20.1. Tandis qu'ils se réjouissaient tous à la fois, Satan, l'héritier des ténèbres, survint et dit à Hadès : « Toi le glouton et l'éternel affamé, écoute-moi bien. Un Juif, nommé Jésus, se fait appeler fils de Dieu. Ce n'est qu'un homme. Les Juifs l'ont crucifié, je les y ai bien aidés ! Maintenant qu'il est mort, prépare-lui ici de solides entraves. Ce n'est qu'un homme, je sais, dont j'ai surpris cette plainte : Mon âme est triste jusqu'à la mort. Mais il m'a causé beaucoup d'ennuis, au temps où il vivait dans le monde parmi les mortels. Quand il rencontrait mes sujets, il les chassait et les gens que j'avais faits bossus, aveugles, boiteux, lépreux, ou que j'avais affligés d'autres maux, d'une seule parole ils les guérissait. Beaucoup, qui par mes soins étaient prêts pour la tombe, d'une seule parole encore, il les ressuscitait. »
2. Hadès répondit : « Cet homme est capable de pareils exploits avec une seule parole ? Tu ne pourras pas te mesurer à un tel adversaire. Personne, à mon sens, ne lui tiendra tête. Il craint la mort, et tu dis avoir surpris cet aveu, mais il a dit cela en plaisantant : il se moquait de toi. Il compte t'enlever de sa main puissante. Malheur, malheur à toi dans tous les siècles ! »
Satan dit : « O enfer, gueule toujours béante, tu as donc si peur lorsqu'on te parle de notre ennemi commun ? Moi, je n'ai pas tremblé; j'ai excité les Juifs et ils l'ont crucifié ; ils l'ont abreuvé de fiel et de vinaigre. Prépare-toi plutôt, lorsqu'il viendra, à le maîtriser vigoureusement. »
3. Hadès répondit : « Héritier des ténèbres, fils de perdition, ô Diable, tu viens de me dire que d'une seule parole, il ressuscita un grand nombre de gens que grâce à tes bons offices, il ne restait plus qu'à inhumer. S'il a libéré des hommes du tombeau, comment et par quelle vertu le tiendrons-nous enfermé ? Naguère, j'ai englouti un mort du nom de Lazare, et peu après un vivant, par une seule parole, l'a arraché à mes entrailles. Je suppose que c'est celui dont tu me parles. Si nous le recevons ici, nous nous exposons, je le crains, à quelques ennuis avec nos morts. Tous ceux que j'ai engloutis depuis le commencement, je les sens bien agités, et j'en ai le ventre tout endolori. Ce Lazare, qui m'a été ravi le premier, ne me laisse rien augurer de bon. Il s'est envolé de chez moi, non comme un cadavre, mais comme un aigle, si impétueusement la terre le rejeta. Ainsi, je t'en conjure, dans ton intérêt et dans le mien, ne me l'amène pas ici. Car je soupçonne qu'il ne vient ici que pour sauver tous ces pécheurs que sont mes morts. Je te le répète, par notre royaume de ténèbres, si tu le fais descendre, il ne restera plus un seul trépassé en mon pouvoir. »

21.1. Satan et Hadès discutaient ainsi, quand une voix tonna : « Elevez vos frontons, princes. Elevez-vous, portes éternelles, et le roi de gloire entrera. » A ces mots, Hadès dit à Satan : « Va-t-en, si tu es vaillant, et livre-lui bataille. » Satan sortit. Alors Hadès dit à ses démons : « Fermez bien les portes de bronze, poussez les barres de fer, renforcez les verrous, exercez une surveillance sans relâche. Car s'il descend chez nous, il deviendra notre maître. »
2. Nos ancêtres, en entendant ces paroles, éclatèrent en invectives : « Glouton, éternel affamé, disaient-ils, ouvre donc et laisse entrer le roi de gloire. » David le prophète disait : « Ne sais-tu pas, aveugle, que lorsque je vivais sur terre, j'ai lancé cette prophétie : Princes, élevez vos frontons » Isaïe à son tour : « Et moi, averti par le Saint-Esprit, j'ai écrit : Les morts ressusciteront, et ils se réveilleront, ceux qui dorment dans les tombeaux, et ils exulteront, ceux qui vivent sur la terre. Et j'ai dit : Où est, mort, ton aiguillon ? Où, enfer, ta victoire ? »
3. La voix à nouveau retentit : ouvrez vos portes. En entendant cette parole pour la seconde fois, Hadès demanda, comme s'il ne savait pas : « Quel est ce roi de gloire ? » Les messagers du Maître lui dirent : « C'est le Seigneur le fort, le vaillant, le Seigneur vaillant des combats ~. » A peine avaient-ils prononcé ces mots que les portes de bronze se fracassèrent, et les barres de fer se rompirent et tous les morts furent déliés des chaînes qui les retenaient, et nous avec eux. Et le roi de gloire entra, sous l'aspect d'un homme, et les ténèbres de l'enfer devinrent éblouissantes.

22.1. Aussitôt Hadès cria : « Nous sommes vaincus ! Malheur à nous ! Mais qui es-tu donc, toi qui possèdes une telle puissance et un tel empire ? Qui es-tu, toi qui es venu ici exempt de faute ? Toi qui parais petit et réalises de grandes choses, toi qui es humble et sublime, esclave et maître, soldat et roi, toi qui commandes aux morts et aux vivants ? Tu fus cloué en croix et déposé au tombeau, et te voilà soudain libre et tu as anéanti notre royaume. Es-tu ce Jésus, dont Satan, notre chef suprême, nous a parlé, nous disant que la croix et la mort te feraient hériter le monde entier ?
2. Alors le roi de gloire empoigna par le sommet de la tête le chef suprême, Satan, et le livra aux anges, disant : « Mette

z-lui des chaînes aux mains et aux pieds, au cou et à la bouche. » Puis, le donnant à Hadès, il dit : « Prends-le et surveille-le étroitement jusqu'à mon retour. »

23. Hadès reçut Satan et lui dit : « Belzébuth, héritier du feu et du châtiment, ennemi des saints, qu'est-ce qui t'a poussé à faire crucifier le roi de gloire ? Il est descendu chez nous et nous a dépouillés. Retourne-toi et vois il ne me reste plus de morts. Tous ceux que tu avais gagnés par le bois de la connaissance, la croix te les a repris. Tes délices se sont changées en douleur. En voulant tuer le roi de gloire, tu t'es tué toi-même. Je t'ai reçu avec mission de bien te garder. Eh bien, tu sauras d'expérience quels maux je suis capable d'infliger. O chef des diables, prince de la mort, racine du péché, comble du mal ! Quel vice trouvais-tu en Jésus pour désirer sa perte ? Comment as tu osé lui nuire ? Pourquoi as-tu cherché à faire choir dans les ténèbres un homme qui t'a enlevé tous ceux qui depuis l'origine étaient morts ? »

24.1. Hadès parlait encore à Satan quand le roi de gloire étendit sa main, saisit Adam notre premier père, et le ressuscita . Puis, se tournant vers les autres, il dit : « Venez avec moi, vous tous qui devez votre mort au bois que celui-ci a touché. Car voici : je vous relève tous par le bois de la croix ! » Alors il les fit tous sortir, et l'on vit notre premier père Adam rempli de joie : « Je rends grâce à ta magnanimité, Seigneur, disait-il, car tu m'as fait remonter du fond des enfers. » Et tous les prophètes et tous les saints disaient : « Nous te rendons grâces, Seigneur, sauveur du monde, qui as tiré nos vies de la corruption. »
2. Et tandis qu'ils parlaient, le Seigneur bénit Adam en marquant son front du signe de la croix. Il fit le même geste avec les patriarches et les prophètes, les martyrs et les ancêtres, et d'un bond les fit sortir de l'enfer. Et pendant qu'il marchait, les saints pères chantaient derrière lui, et disaient : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Alléluia. A lui la louange de tous les saints. »

25. Il se rendit au paradis, tenant notre premier père Adam par la main, et il le confia à l'archange Michel, ainsi que tous les justes. Quand ceux-ci eurent franchi la porte du paradis, deux vieillards se présentèrent devant eux, et les saints pères leur dirent : « Qui êtes-vous, vous qui n'avez pas connu la mort et n'êtes pas descendus en enfer, mais qui, de corps et d'esprit, demeurez dans le paradis ? » L'un d'eux répondit : « Je suis Enoch, qui a eu la faveur de Dieu, et qui ai été transporté ici par ses soins. Lui, c'est Elie le thesbite. Nous devons vivre jusqu'à la consommation des temps. Alors nous serons envoyés par Dieu nous battre contre l'Antéchrist; il nous tuera ; après trois jours, nous ressusciterons et une nuée nous enlèvera et nous déposera aux pieds de Dieu.


26. Tandis qu'ils parlaient, un troisième homme arriva, humble, les épaules chargées d'une croix. Les saints pères lui dirent : « Et toi qui ressembles à un larron, qui es-tu ? Et quelle est cette croix sur tes épaules ? » Il répondit : « Comme vous le dites, j'étais un larron, et un malfaiteur dans le monde. Pour cette raison, les Juifs m'arrêtèrent et me condamnèrent à être crucifié en même temps que notre Seigneur Jésus-Christ. Tandis qu'il était suspendu à sa croix, je vis des signes s'accomplir, et je crus en lui. Et je lui parlai en ces termes : « Seigneur, lorsque tu règneras, ne m'oublie pas. » Il me répondit aussitôt : « En vérité, en vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. » Je me rendis donc au paradis, chargé de ma croix, et rencontrant l'archange Michel, je lui dis : « Notre Seigneur Jésus le crucifié m'envoie ici. Conduis-moi donc aux portes de l'Eden. » Et quand son épée de feu vit le signe de la croix, elle m'ouvrit et j'entrai. Puis, l'archange me dit : « Attends un peu. Le premier père du genre humain, Adam arrive avec les justes; ils vont entrer. » Et dès que je vous vis, je me précipitais à votre rencontre. »

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l'évangile de Marie

26 Avril 2005 Publié dans #spiritualité

" Qu'est-ce que la matière ? Durera-t-elle toujours ? " Le Maître répondit: " Tout ce qui est né, tout ce qui est crée, tous les éléments de la nature sont imbriqués et unis entre eux. Tout ce qui est composé sera décomposé ; tout reviendra à ses racines ; la matière retournera aux origines de la matière. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. "

Pierre lui dit: " Puisque Tu te fais l'interprète des éléments et des événements du monde, dis-nous: Qu'est-ce que le péché du monde ? " Le Maître dit: " Il n'y a pas de péché. C'est vous qui faites exister le péché lorsque vous agissez conformément aux habitudes de votre nature adultère là est le pêché. Voilà pourquoi le Bien est venu parmi vous ; Il a participé aux éléments de votre nature afin de l'unir de nouveau à ses racines. " Il continua et dit : " Voici pourquoi vous êtes malades et pourquoi vous mourrez, c'est la conséquence de vos actes ; vous faites ce qui vous éloigne... Comprenne qui pourra ! "

 

" L'attachement à la matière engendre une passion contre nature. Le trouble naît alors dans tout le corps; c'est pourquoi je vous dis : «Soyez en harmonie...» Si vous êtes déréglés, inspirez-vous des représentations de votre vraie nature. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. "

Après avoir dit cela, le Bienheureux les salua tous en disant : " Paix à vous, que ma Paix naisse et s'accomplisse en vous ! Veillez à ce que personne ne vous égare en disant : «Le voici, Le voilà.» Car c'est à l'intérieur de vous qu'est le Fils de l'Homme; allez à Lui: ceux qui Le cherchent Le trouvent En marche ! Annoncez l'Évangile du Royaume. "

 

" N'imposez aucune règle, hormis celle dont je fus le Témoin. N'ajoutez pas de lois à celles de celui qui a donné la Loi, afin de ne pas en devenir les esclaves. " Ayant dit cela, Il partit. Les disciples étaient dans la peine; ils versèrent bien des larmes, disant: " Comment se rendre chez les païens et annoncer l'Évangile du Royaume du Fils de l'Homme ? Ils ne l'ont pas épargné, comment nous épargneraient-ils ? "

Alors, Marie se leva, elle les embrassa tous et dit à ses frères: " Ne soyez pas dans la peine et le doute, car Sa Grâce vous accompagnera et vous protégera: louons plutôt Sa grandeur, car Il nous a préparés. Il nous appelle à devenir pleinement des êtres humains. " Par ces paroles, Marie tourna leurs cÏurs vers le Bien ; ils s'éclairèrent aux paroles du Maître.

 

Pierre dit à Marie: " SÏur, nous savons que le Maître t'a aimée différemment des autres femmes. Dis-nous les paroles qu'Il t'a dites, dont tu te souviens et dont nous n'avons pas la connaissance... " Marie leur dit : " Ce qui ne vous a pas été donné d'entendre, je vais vous l'annoncer: j'ai eu une vision du Maître, et je Lui ai dit: «Seigneur, je Te vois aujourd'hui dans cette apparition.» II répondit : S «Bienheureuse, toi qui ne te troubles pas à ma vue. Là où est l'intellect, là est le trésor.» Alors, je Lui dis: «Seigneur, dans l'instant, celui qui contemple Ton apparition, est-ce par l'âme qu'il voit ? Ou par l'esprit ?» Le Maître répondit: Ni par l'âme ni par l'esprit ; mais l'intellect étant entre les deux, c'est lui qui voit et c'est lui qui [...]»

 

" «Je ne t'ai pas vu descendre, mais maintenant je te vois monter «, dit le Désir, « Pourquoi mens-tu, puisque tu fais partie de moi ? « L'âme répondit: « Moi, je t'ai vue, toi, tu ne m'as pas vue. Tu ne m'as pas reconnue; j'étais avec toi comme avec un vêtement, et tu ne m'as pas sentie. « Ayant dit cela, elle s'en alla toute joyeuse. Puis se présenta à elle la troisième atmosphère, appelé Ignorance ; celle-ci interrogea l'âme, lui demandant: « Où vas-tu ? N'as-tu pas été dominée par un mauvais penchant ? Oui, tu étais sans discernement, et tu as été asservie. « L'âme dit alors : « Pourquoi me juges-tu ? Moi je n'ai pas jugé. On m'a dominée, moi je n'ai pas dominé ; on ne m'a pas reconnue, mais moi, j'ai reconnu que tout ce qui est composé sera décomposé sur la terre comme au ciel. «

 

Libérée de cette troisième atmosphère, l'âme continua de monter. Elle aperçut la quatrième atmosphère. Elle avait sept manifestations. La première manifestation est Ténèbres; la seconde, Désir ; la troisième, Ignorance; la quatrième, Jalousie mortelle; la cinquième, Emprise charnelle; la sixième, Sagesse ivre; la septième, Sagesse rusée. Telles sont les sept manifestations de la Colère qui oppriment l'âme de questions : « D'ou viens-tu, homicide ? Ou vas-tu, vagabonde ? « L'âme répondit: « Celui qui m'opprimait a été mis a mort ; celui qui m'étreignait n'est plus ; mon désir alors s'est apaisé, et je fus délivrée de mon ignorance. «

 

« Je suis sortie du monde grâce à un autre monde ; une représentation s'est effacée Grâce a une représentation plus haute. Désormais je vais vers le Repos où le temps se repose dans l'Éternité du temps. Je vais au Silence «. " Après avoir dit cela, Marie se tut. C'est ainsi que le Maître s'entretenait avec elle. André prit alors la parole et s'adressa à ses frères: " Dites, que pensez-vous de ce qu'elle vient de raconter? Pour ma part, je ne crois pas que le Maître ait parlé ainsi; ces pensées diffèrent de celles que nous avons connues. "

Pierre ajouta : " Est-il possible que le Maître se soit entretenu ainsi, avec une femme, sur des secrets que nous, nous ignorons ? Devons-nous changer nos habitudes, écouter tous cette femme ? L'a-t-Il vraiment choisie et préférée à nous ? "

 

Alors Marie pleura. Elle dit a Pierre: " Mon frère Pierre, qu'as-tu dans la tête ? Crois-tu que c'est toute seule, dans mon imagination, que j'ai inventé cette vision ? ou qu'à propos de notre Maître je dise des mensonges ? " Levi prit la parole : " Pierre, tu as toujours été un emporté ; je te vois maintenant t'acharner contre la femme, comme le font nos adversaires. Pourtant, si le Maître l'a rendue digne, qui es-tu pour la rejeter ? Assurément, le Maître la connaît très bien Il l'a aimée plus que nous. Ayons donc du repentir, et devenons l'être humain dans son intégrité ; laissons-Le prendre racine en nous et croître comme Il l'a demandé. Partons annoncer l'Évangile sans chercher a établir d'autres règles et d'autres lois en dehors de celle dont Il fut le témoin. "

 

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l'évangile de pierre

26 Avril 2005 Publié dans #spiritualité

 

1 .. Nul d'entre les juifs ne se lava les mains, ni Hérode ni l'un de ses juges. Et comme ils n'avaient pas voulu se laver les mains, Pilate se leva et partit.

2. Alors le roi Hérode ordonne que l'on emmène le Seigneur, disant:" Exécutez tous les ordres que je vous ai donnés à son sujet."

3. Joseph, l'ami de Pilate et du Seigneur, se trouvait là; sachant qu'on allait le crucifier, il se rendit chez Pilate et lui demanda le corps du Seigneur, en vue de sa sépulture.

4.Pilate fit demander le corps à Hérode.

5. Hérode répondit: " Frère Pilate, même si personne ne l'avait réclamé, nous l'ensevelissions, puisque le sabbat va commencer. Car il est écrit dans la loi: Que le soleil ne se couche pas sur un supplicié." Et il le livra au peuple, avant le premier jour des Azymes, leur fête.

6. Ils saisirent le Seigneur et ils l'entrainaient en hâte, et disaient: "Emmenons le Fils de Dieu, maintenant que nous le tenons en notre pouvoir."

7. Ils le revêtirent de pourpre et le firent asseoir sur une chaire de jugement, disant: " Juge selon la justice,roi d'Israël !"

 8. L'un d'eux apporta une couronne d'épine et la posa sur la tête du Seigneur.

9. D'autres, dans l'assistance,lui crachèrent au visage, d'autres le giflèrent, d'autres le piquaient avec un roseau, certains le flagellaient, disant:" Voilà les honneurs que nous devons au fils de Dieu !".

10. Ils amenèrent deux malfaiteurs, entre lesquels ils crucifièrent le Seigneur.Et lui se taisait, comme s'il n'éprouvait aucune souffrance.

11. Lorsqu'ils avaient dréssé la croix, ils y avaient inscrit: " Celui-ci est le roi d'Israël".

12. Ils déposèrent ses vêtements devant lui et se les partagèrent en les tirant au sort.

13.Un des malfaiteurs les admonesta en ces termes: "Nos crimes nous ont mérité ce supplice, mais lui,qui est le sauveur des hommes, quel mal vous a-t-il fait ?"

14. Eux, pleins d'irritation, ordonnèrent de ne pas lui rompre les jambes, de peur que la mort ne mit un terme à ses souffrances.

15. Il était midi et l'obscurité se répandit par toute la Judée. Ils étaient inquiets: ils craignaient que le soleil ne se couchât alors qu'il vivait encore. Leur loi dit en effet que le soleil ne doit pas se coucher sur un supplicié.

 16. Et l'un d'entre eux dit: " Donnez-lui à boire du fiel mêlé de vinaigre." Ils préparèrent le breuvage et le lui donnèrent.

17. Et ils accomplirent toutes choses, et ils amoncelèrent leurs fautes sur leurs têtes.

18. Beaucoup circulaient avec des torches, croyant que c'était la nuit, et ils tombèrent.

19. Et le Seigneur cria, disant: " Force, ô ma force, tu m'a abandonné !" Ayant parlé, il fut élevé.

20. A cet instant, le voile du temple de Jérusalem se déchira en deux.

21. Alors ils retirèrent les clous des mains du Seigneur et l'étendirent sur le sol. Et toute la terre trembla, et il y eut une grande frayeur.

 22. Puis le soleil se remit à briller: c'était la neuvième heure.

23. Les juifs se réjouirent, et donnèrent son corps à Joseph, afin qu'il l'ensevelît, puisqu'il avait vu tout le bien qu'il avait accompli.

 24. Joseph prit le Seigneur, le lava,l'enveloppa dans un linceuil et le porta dans son propre tombeau appelé jardin de Joseph.

25. Alors les juifs, les Anciens et les prètres, conscients du mal qu'ils s'étaient fait à eux-mêmes, commencèrent à se frapper la poitrine et à dire: " Malheur à nos fautes ! Le jugement approche et la fin de Jérusalem !"

26. Mes compagnons et moi étions dans l'affliction. Bléssés dans nos âmes, nous nous tenions cachés, car ils nous recherchaient, ainsi que des malfaiteurs, et comme si nous voulions incendier le temple.

 27. Nous jeûnions de surcroît, et restions assis dans le deuil et les larmes, nuit et jour, jusqu'au sabbat.

28. Les scribes, les pharisiens et les anciens se réunirent entre eux, parce qu'ils avaient appris que tout le peuple murmurait et se frappait la poitrine, disant:" Si ces signes inouïs se sont produit à sa mort, voyez comme il était juste !"

 29. Inquiets, les Anciens vinrent trouver Pilate et le supplièrent en ces termes:

30. "Donne-nous des soldats. Nous surveilleront son tombeau pendant trois jours, de peur que ses disciples ne viennent le dérober, que le peuple l'imagine ressuscité des morts et ne cherche à nous nuire."

 31. Pilate leur donna le centurion Petronius avec des soldats pour garder le sépulcre. Des Anciens et des scribes les accompagnèrent au tombeau.

 32. Ayant roulé la grande pierre, tous, aidés du centurion et des soldats la poussèrent à la porte du sépulcre.

 33. Ils y apposèrent sept sceaux, puis ils dressèrent une tente et montèrent la garde.

34. Le lendemain, au commencement du sabbat, de Jérusalem et des environs arriva une foule qui voulait voir le sépulcre scellé.

35. Dans la nuit qui précéda le dimanche, tandis que les soldats relevaient la garde, deux par deux, une grande voix retentit dans le ciel.

36. Et ils virent s'ouvrir les cieux et deux hommes, nimbés de lumière, en descendre et s"approcher du tombeau.

37. La pierre qui avait été placée à la porte roula d'elle même, et se rangea de coté, et le tombeau s'ouvrit et les deux jeunes gens entrèrent.

 38. A cette vue, les soldats réveillèrent le centurion et les Anciens, qui étaient là, eux aussi à monter la garde.

39. Et quand ils leurs eurent raconté ce qu'ils avaient vu, ils virent à nouveau trois hommes sortir du tombeau; deux d'entre eux soutenaient le troisième et une croix les suivait.

 40. Et tandis que la tête des deux premiers atteignait le ciel, celle de l'homme qu'ils conduisait par la main dépassait les cieux: "As-tu annoncé la nouvelle à ceux qui dorment ?"

 42. Et de la croix on entendit la réponse: " oui ".

43.Ces gens combinaient entre eux d'aller rapporter ces prodiges à Pilate.

 44. Ils en débattaient encore, quand on vit à nouveau les cieux s'ouvrir et un homme descendre et entrer dans le sépulcre.

45. A ce spectacle, le centurion et son escorte, dans la nuit, coururent chez Pilate, abandonnant le tombeau dont ils assuraient la garde, et en grand émoi, ils racontèrent tout ce qu'ils avaient vu, disant: " Il était véritablement le fils de Dieu."

46. Pilate répondit: "Je suis pur du sang du fils de Dieu. C'est vous qui l'avez voulu?" 47. S'étant approchés, tous le priaient et le suppliaient d'ordonner au centurion et à ses soldats de ne répéter à personne ce qu'ils avaient vu.

48. " Mieux vaut pour nous, disaient-ils, nous charger du plus grand péché devant Dieu, que de tomber aux mains du peuple juif et d'être lapidés."

49. Pilate donna donc ordre au centurion et aux soldats de ne pas souffler mot.

50. Le dimanche matin, Marie de Magdala, la disciple du Seigneur, craintive à cause des juifs, parce qu'ils étaient enflammés de colère, n'avait pas accompli au tombeau les devoirs que les femmes ont coutume d'acquitter vis-a-vis des morts qui leur sont chers.

 51. Elle prit avec elle ses amies et entra dans le sépulcre où il avait été déposé.

52. Craignant d'être aperçues des juifs, elles disaient: " Puisque le jour où il a été crucifié nous n'avons pu pleurer et nous frapper la poitrine, faisons-le au moins aujourd'hui sur sa tombe.

53. Mais qui nous roulera la pierre que l'on a placée à la porte du sépulcre, pour que nous puissions rentrer, nous asseoir auprés de lui et remplir notre office ?

54. La pierre est grande et nous craignons que l'on ne nous voie. Si la force nous manque, jettons au moins devant la porte les offrandes que nous apportons en souvenir de lui ! Pleurons et frappons-nous la poitrine jusqu'à l'heure de rentrer chez nous."

55. A leur arrivée, elles trouvèrent le tombeau ouvert. Elles s'approchèrent et se penchèrent pour regarder. Et elles virent un jeune homme, assis au milieu du tombeau. Il était beau et habillé d'un vêtement éblouissant. Il leur dit: " Pourquoi êtes-vous venues? Qui cherchez-vous ? Ne serait-ce pas le crucifié ? Il est ressuscité et il est parti. Si vous ne me croyez pas, baissait-vous et regardez l'endroit où il gisait. Il n'y est pas, puisqu'il est ressuscité et qu'il s'en est allé là d'où il a été envoyé."

57.Alors les femmes, épouvantées, s'enfuirent.

 58. C'était le jour des Azymes, et beaucoup s'enretournaient chez eux, la fête étant finie.

59. Nous les douze disciples du Seigneur, nous pleurions, nous étions dans le désaroi. Et chacun, consterné par ces évènements, rentra chez lui.

60. Moi, Simon Pierre et André mon frère, nous primes nos filets et gagnames la haute mer... Et Lévi était avec nous, fils d'Alphée, que le Seigneur....

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le Zohar(extraits)

26 Avril 2005 Publié dans #spiritualité

 - Zohar III 5a sur 1:3 Dans le livre de Rab Hammenouna le Vieillard, on interprète ainsi les paroles du verset suivant : "Et cet homme était plus grand que tous les enfants du Levant". Il était grand parce que, comme lui même, son épouse craignait le Seigneur. De même, ici, l'Ecriture dit : Yhwh est grand quand il est uni à Élohim. C’est pour cette raison que ce cantique (Ps. 48:1) a été chanté le second jour de la semaine. Mais comme Yhwh devait un jour se séparer d’Elohim, le mot "bon" ne figure pas dans la narration de la création du second jour de la semaine, ainsi que l'Ecriture dit: "Il n'est pas bien que l'homme soit seul" (Gen. 2:18). Quand l' "Homme" est seul, le mot "bon" ne figure pas.

2 - Zohar II 34a sur 1:4 - 1:5 - 1:10 Pour Job, I'Écriture dit : " Ses fils vont et font un festin dans la maison de l'un d'eux, en ce jour. Ils envoient et invitent leurs trois sœurs à manger et boire avec eux. ". L'ange accusateur requérait contre Job pendant tous les jours que ses enfants faisaient la fête; mais il ne pouvait s'attaquer a lui, ainsi qu'il est écrit "N'est-ce pas toi-même qui l'as couvert, lui, sa maison, et tout ce qui est à lui, autour ?" (1:10). Job n'offrait qu'a Dieu, et ne donnait pas sa part à la Sitra Ah’arah, ainsi qu'il est écrit : "et fait monter des montées d'après le nombre de tous". Mais pourquoi le Saint, béni soit-il, punit-il Job pour ne pas avoir offert sa part au démon ?— Parce que, si Job l'eût fait, il aurait détourné le démon de la partie sainte, qui aurait pu alors s’élever dans le monde d'en haut. Comme il n'a pas agi ainsi, le Saint, béni soit-Il, le punit. Remarquez que c'est parce que Job ne voulait pas unir le Bien et le Mal qu'il a été puni ; d'abord, il était heureux; ensuite, il devint malheureux; et, enfin. il redevint heureux. Dieu nous indique par la que l'homme doit examiner le Bien, ensuite le Mal, et enfin revenir au Bien ; c'est dans ce principe que consiste le mystère de la Foi. Remarquez que Job était un des serviteurs du Pharaon ; c'est pourquoi l'Écriture dit : "Ceux d'entre les serviteurs du Pharaon qui craignirent la parole du Seigneur..." (Exode 9:20). Remarquez en outre que le Saint, béni soit-Il, ne voulait pas déplacer Job de son pays où il protégeait le Pharaon ; ce n est qu’après que Job tomba en défaillance que Dieu se vengea du Pharaon.

3 - Zohar II 32b-33a sur 1:6 Rabbi Éleazar ouvrit une de ses conférence de la manière suivante: Il est écrit : " Et c'est le jour, les fils d'Elohim vinrent se tenir devant Yhwh Mais le Satân vint aussi avec eux ". Les mots : " Et c'est le jour " désignent le premier jour de l'an, durant lequel le Saint, béni soit-Il, juge le monde. De même, dans le verset suivant : "Le jour arriva, et Élisée vint là" (IV Rois 4:11), l’Ecriture désigne la fête du premier jour de l’an. " les fils d'Elohim " désignent les anges supérieurs qui servent de messagers en ce monde pour examiner les œuvres des hommes. L’Ecriture ajoute: "... viennent se tenir devant Yhwh (àl Yhwh), ainsi qu'il est écrit : "J'ai vu le Seigneur assis sur son trône, et toute l’armée du ciel autour de lui a droite et a gauche" (III Rois 12:19). Mais on peut également voir, dans cette expression "al Yhwh", le grand amour que le Saint, béni soit-Il, porte à Israël. Car ces anges parcourent le monde durant toute l’année pour connaître les actions des hommes ; et, lorsqu'arrive le jour du jugement, ils se constituent leurs accusateurs. Or, remarquez que, de tous les peuples du monde, Israël est le seul dont les oeuvres soient examinées, parce que les Israélites sont les enfants du Saint, béni soit-Il. Et quand les actions des Israélites ne sont pas trouvées telles qu'elles doivent être, les anges messagers qui se constituent en ce cas les adversaires d'Israël, deviennent en même temps,—-s'il est permis de s'exprimer ainsi,—les adversaires de Dieu lui-même, attendu que quand Israël commet de mauvaises actions, il affaiblit,— s'il est permis de parler ainsi,—la force du Saint, béni soit-Il. Mais lorsque, au contraire, il commet de bonnes actions, il prête de la force et de la puissance au Saint, béni soit-Il; et c'est pourquoi l’Ecriture dit: "Donne de la force a Elohim" (Ps. 48:35). Comment donne t-on de la force a Élohim ? En faisant de bonnes œuvres. Aussi, en ce premier jour de l'an dont parle l’Ecriture, les anges accusateurs, en se levant contre Israël, s'élevèrent également contre Dieu ; et c'est pourquoi l'Ecriture dit "àl Yhwh" ; L'Ecriture ajoute: " Mais le Satân vint aussi avec eux ". Par le mot "aussi", L’Ecriture nous fait voir que les autres anges venaient également pour requérir contre Israël, [33a] auxquels venait se joindre Satan lui-même qui est le plus grand accusateur de tous.

4 - Zohar III 219a sur 1:8 Pendant qu'ils parlaient, un jeune homme arriva et dit : La génération de Job était coupable, et Satan est venu pour l'accuser. Alors le Saint, béni soit-il,lui dit : " As-tu mis ton cœur sur mon serviteur Yove ? Non, il n'est pas sur terre d'homme semblable ". C'est pour sauver toute la génération que le Saint, beni soit-il, lui opposa Job. Ceci est comparable à un pasteur qui voit un loup se jeter sur son troupeau ; il lance contre lui un bouc, le plus fort du troupeau, et pendant qu'ils sont aux prises les autres sont sauvés. Le Saint, beni soit-il, fait ainsi pour chaque génération ; il met un juste aux prises avec Satan. Rabbi Siméon dit : Heureux le sort du juste qui souffre pour sa génération ! Il sera leur chef ; et Moise n'a été jugé digne de devenir le Pasteur d'Israël que parce qu'il a souffert pour eux. Il sera aussi leur Pasteur dans le monde futur; car il les a sauvés par la Loi et par les bonnes actions. Pourquoi le bras droit était-il frappé d'abord ? C'est ainsi qu'agissent aussi les médecins pour la saignée, le cote gauche étant trop près du cœur. Mais si la première saignée est insuffisante, on en pratique une seconde sur le bras gauche.

5 - Zohar II 33a sur 1:7 - 1:8 - 1:9 Le Saint, béni soit-Il, ayant vu que tous les anges messagers se préparaient de porter des accusations, dit immédiatement a Satan : "D'où viens-tu ? " Le Saint, béni soit-Il, ne savait-il donc pas d'où Satan venait ?—Mais il voulait, par cette demande, amener Satan a parler du sujet qu'il voulait. L'Ecriture dit: "Le Seigneur dit a Satan : D'où viens-tu ? Et Satan lui répondit: J'ai fait le tour de la terre et je l'ai parcourue tout entière". Nous inférons de ces paroles que la direction de la terre est confiée a des chefs célestes, excepté celle de la Terre sainte. Comme Satan disait : ""De naviguer sur terre et d'y cheminer ", le Saint, béni soit-Il, prévit qu'il voulait requérir contre Israël ; et c'est pourquoi l’Ecriture ajoute immédiatement après : "As-tu mis ton cœur sur mon serviteur Yove ? Non, il n'est pas sur terre d'homme semblable à lui ?" C'était le moment de donner sa part a Satan, afin de l'occuper ainsi et de détacher sa pensée d'Israël, ainsi que cela a été déjà dit. Ce cas est comparable à celui d'un pasteur qui veut faire passer un fleuve a son troupeau, etc. Aussi Satan se jeta- t-il immédiatement sur sa victime et ne requit plus contre Israël. L'Ecriture ajoute: " Le Satân répondit à Yhwh et dit : "Est-ce gratuitement que Yove frémit d'Elohim ?" Est-ce étonnant, disait Satan, qu'un serviteur craigne son maître qui lui accorde tous ses désirs ! Prive-le de ta providence, et tu verras alors s'il te craint réellement ou non. Remarquez que, lorsqu'Israël est en détresse, il se libère des accusations de Satan en lui jetant sa part. De là vient le sacrifice du bouc qu'on doit offrir le premier jour de chaque mois, ainsi que le jour du grand pardon ; Satan étant occupé de sa part néglige de requérir contre Israël. Dans le cas de Job, il était nécessaire d'accorder a Satan une victime issue d'Abraham, ainsi qu'il est écrit : "Apres cela, on vint dire à Abraham que son frère Nachor avait eu de sa femme Melcha plusieurs fils. Oust son aîné', etc‘ (Gen. 22:20). Remarquez en outre qu'au moment ou Satan dit a Dieu : " De naviguer sur terre et d'y cheminer ", il se proposait de requérir contre Israël, et cela en raison de la faute commise par Abraham en ne blessant pas Isaac après que celui-ci eut été lié sur l'autel : car Abraham n'avait point le droit de changer un sacrifice déjà placé sur l’autel contre un autre, ainsi qu'il est écrit : "Et le sacrifice ne pourra être changé, etc" (Lév. 27:10). Or, Isaac avait été déjà placé sur l'autel ; et cependant Abraham le changea contre un bélier, sans avoir blesse son fils auparavant. De même que contre Abraham, Satan requerrait également contre Joseph, et cela pendant plusieurs générations. Dans toutes ses requêtes, Satan se basait sur la justice. Aussi, a partir du moment ou Isaac fut changé contre un autre sacrifice, le Saint, béni soit-Il, se chargea de procurer à Satan une victime issue de la race d'Abraham, ainsi qu'il est écrit : "Nachor avait eu de sa femme Melcha plusieurs fils. Outs son aîné, etc‘ (Gen. 22:20). Pour éloigner Satan de tous les descendants d'Abraham, Dieu lui offrit une victime issue de la même race. Pourtant, tout ce que Dieu fait est base sur la justice et l’équité ; et, de même que Job avait juge, il a été juge. Car Job était un des conseillers intime du Pharaon ; et quand le Pharaon prit la décision de tuer les Israélites, Job l'en dissuada et lui dit : Dépouille-les de leur argent et opprime les par des travaux pénibles, mais ne les tue pas.

6 - Zohar I 224a-b sur 1:21 Un mystère de la tradition explique ainsi les paroles de l'Ecriture : "Et ils savaient qu'ils étaient nus" (Gen. 3:7). Cela veut dire: ils savaient réellement qu'il leur manquait cet habit précieux qui est forme des jours sans péché ; et ailleurs il est écrit : "Tes yeux m'ont vu lorsque j'étais encore informe; et tous sont écrits dans ton livre; les jours sont créés, et il n'en reste pas un seul" (Ps. 134:16). En effet, a Adam il n'est plus reste un seul jour; et aussi n'avait-il aucun habit pour se couvrir. Lorsqu'il a fait pénitence, le Saint, béni soit-Il, le reçut et le revêtit d'autres habits, mais non plus de ceux formés des jours, ainsi qu'il est écrit : "Le Seigneur Dieu fit a Adam et a sa femme des habits de peaux dont il les revêtit" (Gen. 3:21). Remarquez que l’Ecriture dit d'Abraham : "Il est venu avec les jours (ba bayamim)" (Gen. 14:1), parce qu'il était digne. Aussi, en quittant ce monde, trouva-t-il en haut tous les jours, de sorte qu'aucun des habits précieux qu'ils forment ne lui manquait. De Job, l’Ecriture dit : ""Nu je suis sorti du ventre de ma mère, et nu je retournerai là", parce qu'il ne lui restait plus aucun habit pour s'en revêtir. Heureux le sort des justes dont tous les jours sont bien remplis. En quittant ce monde, ils s'unissent ensemble et forment [224 b] les habits précieux dont le juste est revêtu et a l'aide desquels il arrive à jouir des délices du monde futur et a ressusciter au moment de la résurrection ; car tous ceux dont les âmes sont revêtues des habits formes des jours ressusciteront, ainsi qu'il est écrit : "Et ils se lèveront debout comme les vêtements" (Job 38:14). Malheur aux coupables de ce monde a qui les jours pendant lesquels ils ont commis des péchés manqueront dans le monde futur où ils ne trouveront de quoi se vêtir.

7 - Zohar II 32b sur 2:3 - 2:5 Et ailleurs il est écrit : "Le Seigneur te garde de tout mal" (Ps. 121:7). Il résulte donc de ces versets que le Saint, béni soit-Il, voit toutes les œuvres que l'homme accomplit dans ce monde, les bonnes autant que les mauvaises, ainsi qu'il est écrit : "L'homme peut-il se cacher devant moi, de sorte que je ne le voie, dit le Seigneur" (Jér. 23:24). Rabbi Yehouda lui répondit : En effet, c'est ainsi ; mais, remarquez que l’Ecriture dit : " envoie donc ta main, touche à ses os, à sa chair, etc." Et un peu plus haut il est écrit : " Mais tu m'incites contre lui à l'engloutir gratuitement ". Ces paroles nous démontrent que Satan a l'autorisation de requérir contre les hommes qui ne méritent point de tomber entre ses mains. Quant a la raison pour laquelle le Saint, béni soit-Il, donne pareille autorisation a Satan, c'est un mystère ; et l'homme est indigne d'approfondir les mystères des lois divines ; il n'est pas permis aux hommes de s'appliquer a pénétrer les raisons des lois divines et les mystères de la Loi, si ce n'est aux justes, amis de la vérité, qui connaissent les mystères et qui marchent dans la voie de la Sagesse.

8 - Zohar II 33a sur 2:5 - 2:6 Pour éloigner Satan de tous les descendants d'Abraham, Dieu lui offrit une victime issue de la même race. Pourtant, tout ce que Dieu fait est basé sur la justice et l’équité; et, de même que Job avait juge, il a été juge. Car Job était un des conseillers intimes du Pharaon ; et quand le Pharaon prit la décision de tuer les Israélites, Job l'en dissuada et lui dit : Dépouille-les de leur argent et opprime-les par des travaux pénibles, mais ne les tue pas. Alors le Saint, béni soit-Il, lui dit: Je jure par ta vie qu'il t'arrivera la même chose que tu as conseillée au Pharaon, ainsi qu'il est écrit : ", envoie donc ta main, touche à ses os, à sa chair, etc." Ainsi, il a été jugé comme il avait jugé les autres. Bien qu'en toute autre occasion Job craignit le Seigneur, il avait péché contre Dieu en donnant ce mauvais conseil au Pharaon. Remarquez que l’Ecriture ajoute : "... mais préserve son Néfesh ". Ainsi, Dieu autorisa Satan a exercer son pouvoir sur la chair de Job, en raison du mystère renfermé dans les paroles suivantes : "La fin de toute chair est venue devant moi" , ainsi que cela a été déjà expliqué .L'Ecriture dit : "La fin de toute chair...",et non pas : "La fin de toute vie..." Car la "Fin" émane du coté des ténèbres, ainsi qu'il est écrit : "Il a mis une fin aux ténèbres, etc.." (Gen. 6:13). Car il y a une autre "Fin" qui émane du côté droit, et que l'Ecriture désigne sous le nom de "Fin du côte droit". C'est pourquoi Dieu n'autorisa la "Fin du côté gauche", qui émane des ténèbres, a s'attaquer qu‘aux os et a la chair de Job "nais non pas à sa vie".

9 - Zohar III 43a sur 3:3 Remarquez qu'au moment où l'homme se sanctifie pour s'unir conjugalement à son épouse, un esprit sacré réveille un autre esprit saint composé de mâle et femelle ; et le Saint, béni soit-Il, fait signe à un messager céleste prépose à la grossesse et lui confie ce dernier esprit en lui indiquant l'endroit où il doit le déposer, ainsi qu'il est écrit : "Et la nuit dit : ÇUn mâle est conçu". La nuit dit a ce chef céleste mentionne: Un homme est conçu d'un tel. Le Saint, béni soit-Il, donne a l'esprit destiné a descendre ici-bas des conseils et lui fait des exhortations, ainsi que cela a été dit. L'esprit descend alors accompagné d'une image ; cette image accompagnait déjà l’esprit t en haut au moment de la conception, et c'est avec la même image que l'esprit descend en ce monde. Tant que cette image se tient près de l'homme, celui-ci peut subsister sur la terre. C’est pourquoi le roi Salomon exhorte les hommes en disant : "... Jusqu’à ce que le jour se lève et que les ombres disparaissent" (Cant. 2:17). Il parle de deux ombres.

10 - Zohar III 43a sur 3:3 C'est donc a cause de la lumière de la lune que le mot "Meoroth" est écrit de façon incomplète (dans Gen. 1 :16 : Dieu dit : "Qu'il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit; qu'ils servent de signes, tant pour les fêtes que pour les jours et les années) ; car, outre que sa lumière est cause d'une maladie enfant, sa lumière est inférieure a toutes les autres, et parfois même elle est obscurcie et ne reçoit plus sa nourriture du soleil. L’Ecriture ajoute: "...Dans le firmament du ciel". C'est le firmament qui renferme toutes les lumières. Rabbi Isaac, au contraire, dit : C'est le firmament inférieur qui n'a aucune lumière de lui-même ; nous l'appelons "Malkouth", "ciel", "terre d’Israël" et "terre de vie". Ainsi, en disant "dans le firmament du ciel", I'Ecriture entend le firmament qu'on désigne sous le nom de "ciel". C’est pour ces raisons que le mot "Meoroth" est écrit sans la lettre Vav. Pourquoi plutôt cette lettre qu'une autre ? Parce que, sans le Vav, qui est le symbole de l'Esprit saint, c'est la mort qui règne dans le monde. Par les mot « iehi meoroth (que les lumières soient faites) mots écrits de façon incomplète, l’Ecriture fait allusion à la femelle des démons appelée "Lilith", qui a reçu l'autorisation de résider dans le monde. C'est également a elle que font allusion les paroles de l’Ecriture: " Petits et grands sont là, et le serviteur libre de son maître ", et ailleurs : "Le Seigneur fera voir sa magnificence en ce lieu-là ..; les vaisseaux à rames ne prendront point leur route par là et la grande galère n'y passera point" (Isa. 33:21). C'est pourquoi également l'Ecriture ajoute : "C'est là où "Lilith" se retire ; cest là où elle trouve son repos" (Isa. 34:14). Rabbi Eleazar dit : Le mot "Meoroth" (lumières) est écrit de façon incomplète parce que les lumières dont nous jouissons ici-bas ne sont que le reflet des lumières supérieures, tel un fer-blanc réfléchissant la clarté d'une chandelle.

12 - Zohar I 179b sur 3:26 Rabbi Siméon a en outre commencé à parler de la manière suivante: Il est écrit : " Je ne m'apaise pas, je ne me calme pas, je ne me repose pas: l’exaspération est venue ". Remarquez combien nombreuses sont les peines des justes en ce bas monde; ils sont accablés de maux sur maux, de souffrances sur souffrances, pour devenir dignes du monde suprême. Combien Jacob n'a-t-il pas souffert! Le verset cite s'applique à lui: "Je n'ai pas conservé de repos", dans la maison de Laban, dont je ne pus me séparer de bon gré. Le terme "de tranquillité" désigne la douleur que Jacob éprouva lorsqu'il se vit persécuté par Esau et son ange tutélaire Le terme "et de sérénité" désigne la peine que Jacob éprouva lors de la séduction de Dina. La phrase: "Et la colère est tombée sur moi" désigne la douleur que Jacob éprouva à la suite de la vente de Joseph par ses frères, douleur d'autant plus grande que Jacob aimait ce fils plus que tous les autres, parce qu'il était l’image du mystère de l'Alliance. Mais, après tant de souffrances endurées, Dieu récompensa Jacob par l'objet même qui causait sa douleur...

13 - Zohar III 215a sur 4:7 Phinéès, fils d'Eléazar, fils du prêtre Aaron, a détourné ma colère de dessus les enfants d’Israël" (NOMB. 25:11). Rabbi Yehouda commença a parler ainsi : " Souviens-toi donc ! Quel innocent a péri ? Ou bien des équitables ont-ils été exterminés ?... Une tradition nous apprend que celui qui voit l'arc-en-ciel avec ses diverses couleurs doit prononcer la parole suivante: "Béni soit Celui qui se souvient de l'alliance". Car l'arc-en-ciel est l’emblème de l'Alliance sacrée que le Saint, béni soit-Il, a faite [215a] avec la terre, pour ne plus la ravager par un déluge. Et quand le nombre des coupables est grand en ce monde, le Saint, béni soit-Il, rappelle a la terre que, s il n'y avait pas le serment qu'il a prêté, il l'exterminerait. Car Dieu a juré de ne plus ravager la terre, puisqu'il a répété deux fois la négation: "Je ne répandrai plus ma malédiction sur la terre... Je ne frapperai plus tout ce qui est vivant et animé" (Gen. 8:21). Cette répétition équivaut a un serment, ainsi qu'il est écrit: "Comme ° j'ai juré a Noé de ne plus répandre sur la terre les eaux du déluge... " (Isaïe 54:9).

14 - Zohar I 8b (annexes) sur 4:9 Rabbi Hisda dit ; Le saint, béni soit-Il, ne fait jamais servir la rigueur contre les coupables, sans avoir préalablement consulté les âmes des justes, ainsi qu’il est écrit : " ils périssent; par le souffle (nishmath) de sa narine ".

14 - Zohar I 244a sur 6:15 Il est écrit : "Gad combattra tout arme a la tête d’Israël, et il retournera ensuite couvert de ses armes" (Gen. 49:19). Rabbi Yessa dit: C‘est du nom de Gad que nous inférons que des armées feront la guerre à la fin des temps car le nom de Gad est composé des deux lettres Ghimel et Daleth dont l'une donne et l'autre reçoit. Remarquez que le fleuve dont les eaux ne tarissent jamais est symbolisé par le Ghimel ; car c'est lui qui nourrit tous les mondes. Gad était l'image de ce fleuve. Rabbi Isaac dit : Si Gad n'avait pas été le fils d'une des servantes de Jacob, il serait arrive à un degré supérieur, ainsi qu'il est écrit : "A la bonne heure (bagad) !" (Gen. 30:11). Le mot "bagad" est écrit sans Aleph, parce que Gad était le fils d'une servante, en raison de quoi l'Aleph lui a été ôté, ainsi qu'il est écrit : " Mes frères passent devant moi (bagdou) comme un torrent" Ce verset fait allusion au fleuve céleste qui s’était retiré de Gad, à la suite de quoi l'Aleph lui a été ôté. C’est également pour la même raison que Gad n'a pas eu de part dans la Terre sainte.

15 - Zohar II 142b sur 7:2 Un chef céleste du nom de "Idoumiàm", qui porte le sceau gravé et servant à rendre authentiques les arrêts du tribunal céleste descend pendant cette nuit, accompagné de nombreux millions d'autres anges, chargées d’ôter l'ombre à tous ceux qui doivent mourir dans le courant de l'année ; ils portent ensuite ces ombres en haut. Quand "Nephesh" voit les ombres qu'on enlève, il retourne dans la tombe et crie aux autres morts : Un tel va venir nous rejoindre. Si l’homme en question est digne, les morts se réjouissent de sa venue prochaine; sinon, tous crient: Hélas ! Les ombres remontées en haut sont remises à ce serviteur fidèle qui porte le nom de Métatron. Celui-ci s’empare de l'ombre et la place a l'endroit qui lui est assignée, ainsi qu'il est écrit: "Comme un esclave soupire après l'ombre..." A partir de ce moment, on assigne une place a la ’Neschama’, au ’Rouah’ et au ’Nephesh’ de l'homme qui doit bientôt arriver. Car tout "Nephesch" ne demeure pas près du corps; il y en a qui ne trouvent jamais de repos. Ceux qui se séparent du corps dès le moment de la mort ne trouvent pas de repos ; et c'est d'eux que l’Ecriture dit: "Et l'âme (Nephesh) de vos ennemis sera agitée et jetée bien loin comme une pierre lancée par une fronde avec grand effort" (1 Rois 25:29). Un tel "Nephesch" erre constamment dans le monde et ne trouve de repos ni jour ni nuit; c'est le châtiment le plus terrible de tous.

16 - Zohar I 77b sur 7:9 Lorsque le corps est souillé, l’âme qui en sort plane dans l'air pur des régions supérieures ; elle monte et descend; et les portes célestes ne s'ouvrent pas devant elle ; elle est constamment secouée comme la pierre de la fronde. Malheur à ces hommes ; car ils ne jouiront pas des délices qui sont la récompense des Justes en cet endroit. Leurs âmes seront confiées à l'ange Douma; elles descendront à l'enfer et n'en sortiront jamais; c'est d'elle que l’Ecriture dit: "La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas". Au moment où la voix céleste fait retentir ces paroles, une flamme sortant du côte nord se répand dans toutes les quatre directions; elle descend également en bas et pénètre entre les ailes du coq; et c'est ce qui le fait chanter à minuit Personne ne se lève, excepté les bienheureux qui aiment la vérité; ceux-ci se lèvent et se consacrent a l'étude de la doctrine ésotérique. Alors le Saint, béni soit-Il, et tous les justes qui sont avec lui dans le Jardin de l’Eden, écoutent la voix de ces bienheureux, ainsi qu'il est écrit : "O toi, qui habites dans les Jardins, les collègues sont attentifs à écouter ta voix fais-la moi donc entendre" (Cant. 8:13).

Zohar I 160b sur 7:9 Les portes du ciel sont appelées aussi "fleuves et "rivières" ; car ceux-ci se répandent dans les six directions du monde céleste. Et il y a aussi des portes de la mort et de enfer. La mort et l'enfer ne font qu'un ; or, la mort représente le principe femelle du mauvais côte, et l enfer le principe male. C'est pourquoi le Saint, beni soit-il, dit à Job : " La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas ". Mais, en même temps, le Saint, beni soit-il, dit a Job : Les portes de la mort t'ont-elles été ouvertes ? Et as-tu vu les portes de l'enfer ?" Cela veut dire: je les supprimerai pour toujours de ce monde, ainsi qu'il est écrit : "Il précipitera la mort pour jamais" (Is. 25:8).

Zohar II 150b sur 7:9 Aussi, heureux le sort de celui qui se propose toujours de faire pénitence ; car, alors même qu'il ne pourrait jamais y parvenir, le Saint, béni soit-Il, lui en tiendrait compte. en assimilant l'intention a l'acte. Cette assimilation n'a lieu que pour le "bon coté" ; la mauvaise intention, au contraire, n'est pas assimilée a l'action, excepte l'intention d'adorer les idoles, ainsi que les collègues l'ont dit. Mais ceux ; qui n'ont jamais eu l'intention même de faire pénitence descendront à l'enfer et n'en sortiront jamais en toute éternité; c'est d'eux que l'Ecriture dit: " La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas". Et ailleurs : "C'est le Seigneur qui ôte et qui donne la vie, qui conduit au Schéol et qui en retire" (I rois 2:6). Rabbi Yehouda dit: Nous avons appris que les coupable si dans l'enfer, sont châtiés par un feu brûlant jour et nuit, afin que le châtiment corresponde a la faute qui consistait dans le feu de la passion. Toutes les fois que l'homme se laisse entraîner par la chaleur de la passion que lui communique l'esprit tentateur, il attire le feu de l'enfer.

Zohar III 286a sur 7:9 La tradition nous apprend que les damnés dans l'enfer séjournent dans des compartiments divers, suivant le degré de leur culpabilité. Le plus profond de tous est le compartiment "Abadon" (perte), et la tradition nous dit que les damnés jetés dans "Abadon", [286a] appelé également "compartiment inférieur", n'en remontent jamais. L'homme qui y est jeté est perdu pour toute l’éternité et pour tous les mondes; car ce compartiment n'a pas de porte; c'est de ce compartiment que l'Ecriture dit: " La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas". Cependant l'Ecriture dit ailleurs : "Il fait descendre dans le Scheol, et il en fait remonter" (1 Rois 2:6). Dans un verset, il est question du Sclléol, et dans l'autre verset, il est question du Schéol inférieur qui n'a point d'issue. Ceux qui ne répondent pas "amen" par mepris pour la prière sont jetés dans ce compartiment.

Zohar I 217b sur 8:9 Rabbi Yéhouda lui dit : Comment sais-tu que tu vas mourir ? Rabbi Isaac lui répondit : D’abord, parce que mon âme me quitte chaque nuit et ne me montre plus de songes comme auparavant ; en outre, j’ai l’habitude , chaque fois que, dans ma, priere, j'arrive a la benédiction: "Sois beni, Sei~rneur, qui entends les prieres", de contempler sur le mur vers lequel j'ai le visage tourné la silhouette formée par mon ombre or, cette fois-ci, je ne vois plus ma silbouette, et j'en conclus que la proclamation de ma mort a éte déja faite en haut, puisque mon image est effacée, ainsi qu'il est ecrit : « L'homme ne passe qu'avec l'image » (Ps. 34), ce qui veut dire qu'aussi longtemps que l'image de l’homme n'est effacée, l'homme reste attaché a son âme et qu'il la gardera encore longtemps; mais aussitot que l'image est effacée au point de ne plus etre reproduite par l'ombre, l'homme va disparaître de ce monde. Rabbi Yehouda lui répliqua : Ce que tu dis resulte égale ment du verset suivant: " l'ombre de nos jours sur terre".

Zohar III 43b sur 8:9 L'image sainte se tient toujours au-dessus d'elle, jusqu'à ce qu'elle vienne en ce monde. [43 b] Dès qu'elle arrive en ce monde, l'image s'associe à elle et croit avec elle, ainsi qu'il est ecrit : "L'homme passe avec l'image" (Ps. 34:7). Les jours de l'homme dépendent de cette image, ainsi qu'il est écrit : " ... Oui, nous sommes d'hier; nous ne connaissons pas l'ombre de nos jours sur terre". En effet, c'est de l'ombre (image) que dépendent nos jours.

Zohar I 188b sur 9:7 Rabbi Hizqiya ouvrit une de ses conférences de la manière suivante : Il est écrit : "Il le dit au soleil: il ne brille plus, quant aux étoiles, il les scelle" Remarquez que le Saint, béni soit-Il, a créé sept étoiles principales sous ce firmament; et sous chaque firmament il y a d autres corps célestes qui, tous, sont sous les ordres des chefs célestes, créés pour chanter la gloire du Saint, béni soit-Il . Certains chefs des corps célestes sont charges de faire les messages de leur Maître et de surveiller les actes des hommes; d'autres, n'ont pour mission que de chanter la gloire de leur Maître; ces derniers sont également charges d'accueillir les louanges que les hommes adressent a Dieu.

Zohar I 189a sur 9:7 L’Ecriture dit: " Il le dit au soleil: il ne brille plus ". D’après Rabbi Siméon, ces paroles désignent Joseph. Et les paroles suivantes: ".. quant aux étoiles, il les scelle " désignent les frères de Joseph, ainsi qu'il est écrit "Et le soleil et la lune et onze étoiles m’adoraient" D'après une autre interprétation, les mots: " Il le dit au soleil" désignent Jacob au moment où ses fils lui tendirent la chemise de Joseph pour la reconnaître. Les mots: "... il ne brille plus" désignent Jacob durant l'époque où la Schekhina s’était retirée de lui. Les mots: " ... quant aux étoiles, il les scelle " signifient que Jacob avait été privé de toutes les lumières durant le temps qu'il restait séparé de Joseph son fils. Remarquez en outre que, depuis le jour ou Joseph fut séparé de Jacob, celui-ci s'abstint de relations conjugales; et il porta le deuil jusqu'au jour où la bonne nouvelle de Joseph lui fut annoncée. 8 Déployeur des ciels, lui seul ,marche sur les flots de la mer ;

Zohar II 35b sur 9:8 Le serpent qui entoure le monde, se tenant constamment roulé autour de la terre et qui y porte les malédictions. Il ne se réveille qu'une fois en cinquante ans ; et, s'il veut se dresser debout, [35 b] Dieu en brise la force. Le Saint, béni soit-Il, le foule constamment aux pieds, pour l’empêcher de se redresser, ainsi qu'il est écrit : "... Qui marche sur les flots de la mer". Et quand le serpent se redressera, alors s'accompliront les paroles de l’Ecriture : "En ce temps-la le Seigneur viendra avec sa grande épée, son épée pénétrante et invincible, pour punir Leviathan, ce serpent immense, Leviathan, ce serpent a divers plis et replis, et il fera, mourir la baleine qui est dans la mer" (Isaïe 27:2). Remarquez que le serpent vit sur la terre, alors que le poisson vit dans l'eau. La force du démon vivant dans l'eau n'est pas si grande que celle de celui vivant sur la terre ferme; et c'est pourquoi le mot "meoroth" est écrit sans Vav. Bien qu'a la fin des temps il doive y avoir rencontre entre le démon de la mer et celui de la terre ferme, ce ne sera pas ce dernier qui combattra le premier; ce sera le Saint, béni soit-Il, lui-même, qui tirera le démon de l'eau, à cause de son orgueil, ainsi qu'il est écrit : "Voici ce que dit le Seigneur Dieu: Je viens a toi, Pharaon, roi d'Egypte, grand dragon qui te couches au milieu de tes neuves, etc." (Ezech. 29:3).

Zohar II 76a sur 10:11 De la création de l'homme l’Ecriture dit : " Tu m'as vêtu de peau, de chair; d'os et de nerfs, tu m'as couvert". Certes, la peau, la chair, les os et les nerfs ne constituent pas l'homme, attendu que l'âme seule constitue l’individualité de l'homme. La peau, la chair, les os et les nerfs forment seulement l'enveloppe de l'homme: ils constituent son habit, mais ne sont nullement l'homme, attendu que, quand l'homme meurt, il est dépouillé de toutes ces enveloppes. Cependant, bien que le corps de l’homme ne constitue que l'accessoire, sa forme cache un mystère suprême, ainsi que notre maître avait explique les paroles du verset suivant : "Toi qui es revêtu de la lumière comme d'un vêtement, et qui étends le ciel comme une tente..." (Ps. 104:2). De même que Dieu forme le point intérieur, et que toutes les légions célestes et tous les cieux ; ne forment que le vêtement, de même l’homme c'est l’âme intérieure, alors que toutes les parties du corps n'en sont que le vêtement. Voilà pourquoi l'Ecriture dit : "Et Elohim créa l'homme à son image" (Gen. 1:27). Dans ce verset, figure deux fois le mot "Elohim" pour correspondre au Principe mâle et au principe femelle.

Zohar III 199b sur 12:20 Mais le Saint, béni soit-Il, " Il retire le flux des orateurs, et confisque le goût des vieillards" Les mots: " retire le flux des orateurs" désignent la génération de la Tour de Babel. Les mots: " ... confisque le goût des vieillards" se rapportent a Balaam et a Balac. Tous leurs actes étaient accomplis dans une mauvaise intention ; tous deux avaient prépare des autels; mais Balaam s'attribua a lui seul le mérite, et il dit à Dieu: "J'ai prépare sept autels". Dieu lui répond : Impie, je sais tout; retourne auprès de Balac et tu lui parleras ainsi. D’après une autre explication, les mots: " ... confisque le goût des vieillards" s'appliquent aux anciens de Madian et de Moab qui sont allés consulter Balaam en emportant avec eus des objets de sorcellerie. [200a] "Balaam leur répondit : Demeurez ici cette nuit et je vous dirai tout ce que le Seigneur m'aura déclaré" (Nom. 22:8) La nuit est propice aux magiciens, et c'est pourquoi il leur demandait de passer chez lui la nuit, pour qu'il eût le temps de consulter les mauvais esprits. 21 Il répand le mépris sur les notables, et détache la ceinture des agresseurs. 22 Il découvre les profondeurs de la ténèbre, et sort, à la lumière, l’ombremort.

Zohar I 30b sur 12:22 Aussitôt que les lettres furent gravées sur le sceau de Dieu, le grand serpent et ses légions disparurent de la surface du monde et furent relégués sous les ouvertures de la terre conduisant a l’abîme, a une profondeur de mille cinq cents aunes. Mais le profond abîme rendit, plus tard, les démons a la surface de la terre qui fut, la la suite, entièrement voilée de ténèbres, jusqu'au jour ou la lumière céleste, dissipant les ténèbres, vint éclairer le monde, ainsi qu'il est écrit : "Il découvre les profondeurs de la ténèbre, et sort, à la lumière, l’ombremort". Les eaux ont été pesées sur une balance.

Zohar I 32a sur 12:22 Ce n'est que par la comparaison des ténèbres avec cette lumière qui se répandra dans le monde a la fin des temps, que les ténèbres seront reconnues ce qu'elles sont en réalité. C’est pourquoi, après avoir dit : " Et Elohim appela la lumière jour", l’Ecriture ajoute : "...Et il appela les ténèbres nuit". attendu que ce n'est que par la comparaison avec la lumière que les ténèbres paraissent ce qu'elles sont en réalité. C'est pourquoi nous savons par une tradition que le verset : " Il découvre les profondeurs de la ténèbre" doit être interprété de façon analogue. Que signifient les mots "découvre dans les ténèbres" ? Est-ce a dire qu'il découvre les choses cachées dans les profondeurs ? Pourtant nous savons que l'Ecriture fait allusion aux couronnes célestes qui sont les plus cachées. Pourquoi donc l’Ecriture parle-t-elle de "profondeurs", alors que les couronnes célestes sont dans les régions supérieures. Rabbi Yosse dit: Le sens de l'Ecriture est celui-ci: Il fait découvrir les Mystères suprêmes dans les ténèbres symbolisées par la nuit, c'est-à-dire qu'on ne saurait apprécier la lumière qu'en la comparant avec les ténèbres. Lorsque l'homme est arrivé à ce degré d'entendement, il voit la lumière dans les ténèbres mêmes; tel est le sens des paroles de l'Ecriture : "Et la lumière de la lune sera aussi éclatante que celle du soleil" (Isaïe 30:26).

Zohar I 145a sur 13:24 De même on trouve dans Job : " Me comptes-tu pour ton ennemi (oëb)". Ainsi le "iyob", c’est-à-dire Job, a été transformé en le mot "oïeb", ainsi que cela a été expliqué. Zohar I 6b sur 14:11 Depuis que l'essence divine appelée "Je" est dans l'exil, les eaux de ce fleuve ont tari et ne répandent plus de lumières comme précédemment. C’est à ce fleuve que font allusion les paroles de l’Ecriture : "le fleuve tarit, il est sec". Les deux expressions "tarir" et "sécher" désignent le premier et le second temples de Jérusalem.

Zohar I 186b sur 14:11 Les eaux d'en haut tarissent également ainsi qu'il est écrit : "11 Les eaux de la mer s'épuisent; le fleuve tarit, il est sec". Comme l'homme est formé ici-bas sur le modèle d'en haut. il s'ensuit que l'homme qui laisse tarir sa source et qui ne produit pas de fruits ici-bas, soit qu'il ne veuille pas prendre femme, soit qu’il prenne une femme incapable d'avoir des enfants, soit enfin qu'il cohabite avec sa femme de façon contre nature, commet un crime irréparable ; et c'est a lui que s'appliquent les paroles de l'Ecriture : "La faute ne peut jamais plus être réparée" (Eccl. 1:15).

Zohar III 219a sur 14:20 &15:2 Le Pasteur Fidèle dit: Que signifient les paroles : "Un vent passa ('abra) par lui » (15:2) ? "'Abra" veut dire colère, "'ebra"? un des chefs des mauvais esprits. Pour dépister le mauvais esprit, il faut changer de résidence, de nom et de conduite. Abraham a agi de la sorte ; il a quitte ,son pays ; il a changé son nom , et il a changé de conduite. Quand Dieu chassa Adam du Jardin d'Eden, il transforma sa physionomie, ainsi qu'il est écrit : " tu (flétries) changes ses faces et le renvoies". Quand un mauvais esprit passe et que l'homme a changé de nom, il voit "qu' il n’est plus", et il ne reconnaît plus sa place. C'est pourquoi les maisons impures sont reblanchies et dans d'autres cas détruites. Un arbre qui ne produit pas, on le greffe; de même un homme qui réside dans une ville habitée par des impies, où il ne peut se conformer aux préceptes de la Loi, doit changer de résidence et aller vivre au milieu de gens pieux et ou se trouvent des maîtres de la Loi. La Loi est appelée "arbre", et les commandements sont ses "fruits". La Loi sans les pratiques est appelée "stérile".

Zohar I 219a sur 14:22 Rabbi Yehouda dit: Pendant les premiers sept jours qui suivent la mort, l’âme va et vient entre la maison ou habitait le mort et le tombeau où repose le corps, car elle porte le deuil [219a] du corps, ainsi qu'il est écrit: " Mais sa chair contre lui s'endolorit; son être contre lui s'endeuille". L'âme revient ensuite a la maison et y voit tous ceux qui sont tristes et pleurent le mort. Une tradition nous apprend en outre que, pendant les sept jours qui suivent la mort, le corps reste ce qu'il était, alors que l'âme se promène ; tantôt elle va voir la place qui lui est réservée, tantôt elle rentre dans la "caverne double", ou les patriarches sont ensevelis; elle voit ce qui lui est donné a voir, et elle va partout où il lui est permis d'aller. Enfin, elle arrive a la porte du Jardin de l’Eden où elle rencontre les Kérouvim et où elle aperçoit l’épée étincelante du Jardin de l’Eden d'ici-bas.
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le Bahir(extraits)

26 Avril 2005 Publié dans #spiritualité

. Rabbi Neh’oniah ben HaKana dit : Un verset (Job 37:21) mentionne, "Et maintenant ils ne voient plus la lumière brillante (Bahir) dans les cieux (Shéh’aqim)..." Un autre verset, cependant, (Psaume 18:12), dit, "Il faisait de l’obscurité Son lieu caché." Il est aussi écrit (Psaume 97:2), "Nuage et obscurité l’entourent." C’est une contradiction apparente. Un troisième verset vient et réconcilie les deux. Il est écrit (Psaume 139:12), "même la ténèbre n’est pas ténèbre devant toi et la nuit comme le jour illumine."

§ 2. Rabbi Berakiah dit:

Il est écrit (Genèse 1:2), "La terre était Chaos (Tohu) et Désolation (Bohu). Quelle est la signification du mot "était" dans ce verset? Cela indique que le Chaos (Tohu) existait auparavant [et déjà était]. Qu’est-ce que le Chaos (Tohu)? Quelque chose qui déconcerte (Taha) les gens. Qu’est-ce que la Désolation (Bohu)? C’est quelque chose ayant de la substance. C’est la raison pour laquelle il est appelé Bohu, qui est, Bo Hou — "il est en lui ."

§ 3. Pourquoi la Torah commence t-elle avec la lettre Beith ? Pour qu’elle commence comme une bénédiction (Berakah). Comment savons-nous que la Torah est appelé "bénédiction" ? Parce qu’il est écrit (Deutéronome 33:23), "et rempli de bénédiction de Yhwh, possède la Mer et le Sud." La Mer n’est rien d'autre que la Torah, comme il est écrit (Job 11:9), "Elle est plus large que la mer." Quelle est la signification du verset, "et rempli de bénédiction de Yhwh ?" Cela signifie que chaque fois que nous trouvons la lettre Beith cela indique une bénédiction. Il est écrit (Genèse 1:1), "au commencement (BeReshit) [Dieu créa le ciel et la terre ."BeReshit est Beith Reshit.] Le mot "commencement" (Reshit) n’est rien d’autre que la Sagesse. Il est écrit (Psaume 111:10), "Le commencement de la sagesse, la crainte de Yhwh." La sagesse est une bénédiction. Il est écrit, "Et Dieu béni Salomon." Il est aussi écrit (I Rois 5:26), "Et Dieu donna la Sagesse à Salomon." Cela ressemble à un roi qui marie sa fille à son fils. Il la lui donne en mariage et lui dit, "Fais avec elle selon ton désir".

 § 4. Comment savons-nous que le mot Berakhah [ traduit habituellement par bénédiction] vient du mot Baroukh Hou [signifiant soit bénit-Il]? Peut-être cela vient il du mot Berek [ signifiant genou]. Il est écrit (Isaiah 44:23), "Pour moi chaque genou plie ." [Berakah peut donc signifier] sur le Lieu où chaque genou fléchi. A quoi cela est-il comparable ? Les gens veulent voir le roi, mais ne savent pas où trouver sa maison (Bayit). Ils demandent "Où est la maison du roi ?" Alors, seulement, ils peuvent demander, "Où est le roi ?" Il est écrit, "Pour moi chaque genou plie"— même le plus haut— "chaque langue jurera ."

§ 5. Rabbi Rahoumai s’assit et expliqua : Quel est la signification du verset (Deutéronome 33:23), "comblé de bénédiction de Yhwh, possédera la Mer et le Sud"? Cela signifie que partout où nous trouvons la lettre Beith il y a bénédiction. C’est la plénitude à laquelle il est fait référence dans le verset, "comblé de bénédiction de Dieu."De là, il nourrit ceux qui le demandent. c’est de cette plénitude que Dieu a tiré conseil. A quoi cela est-il comparable ? Un roi voulu bâtir son palais sur de grandes falaises. Il brisa les rocs et découvrit un grand flux d’eau vive. Le roi dit alors, "Puisque des eaux m’ont été données, je planterai un jardin. Puis je me réjouirai en lui, ainsi que tout le monde (olam) ." Il est donc écrit (Proverbes 8:30), " j’étais avec Lui comme un artisan, dans un enchantement jour après jour goûtant en sa présence des joies sans fin." La Torah dit, "Durant deux mille ans j’étais dans la poitrine du Saint, béni soit-Il, comme Son délice ."Le verset dit, "jour après jour." Chaque jour du saint, béni soit-Il, dure mille an, comme il est écrit (Psaume 90:4), "Mille années à vos yeux sont comme le jour d’hier qui s’est passé." Dès lors, par la suite, de temps en temps seulement, car il est dit : " sans fin ". Puis se sera pour tout le monde (leolam). Il est écrit (Isaiah 48:9), "[j’expirerai] pour vous Ma louange par Mon nez." Quelle est la signification de "Ma louange"? Comme il est écrit (Psaume 145:2), "Une louange de David : je t’exalterai [mon Dieu, O Roi, et je bénirai ton nom éternellement et pour toujours]."Pourquoi cette louange ? Parce que je " t’exalterai." Que signifie cette exaltation ? Parce que "je bénirai ton nom éternellement et pour toujours."

 § 6. Qu’est-ce qu’une bénédiction ?

Ceci peut être expliqué par un exemple. Un roi avait planté des arbres dans son jardin . Même s’il pleuvait, il fallait les arroser. Même si le sol était mouillé et regorgeait d’humidité, il devait tout de même les arroser. C’est pourquoi il est écrit : (Psaume 111:10), "Le début de la Sagesse, c’est la crainte de Yhwh, la bonne intelligence est pour ceux qui pratiquent (Sa louange éternellement)." Vous pouvez penser qu’il manque quelque chose. C’est pourquoi il est écrit, "Sa louange éternellement ."

 § 7. Rabbi Amorai s’assit et expliqua :

Quel est la signification du verset (Deutéronome 33:23), "comblé par la bénédiction de Dieu , la Mer et le Sud sont ta possession (ton héritage)" ? Moïse disait, "Si vous suivez mes lois, vous hériterez à la fois de ce monde et du monde à venir." Le Monde à venir est semblable à la mer, comme il est écrit (Job 11:9), "Elle est plus large que la mer ." Le monde actuel désigne le Sud. C’est pourquoi il est écrit (Josué 15:19), "Puisque tu m’as relégué au pays du Néguébh". Le Targoum traduit cela par, " la terre du sud".  § 8 - Pourquoi Dieu a t-Il ajouté la lettre Hé au nom d’Abraham, plutôt qu’une autre lettre ? Ceci afin que toutes les parties du corps de l’homme soient dignes de vivre dans le Monde à venir, qui est semblable à la mer. D’une certaine manière, l’Edifice a été achevé dans Abraham. (En ce qui concerne cette Edifice) il est écrit (Genèse 9:6), "Dans l’image d’Elohim, Il fit Adam ." La valeur numérique d’Abraham est 248, nombre des articulations du corps d’Adam.

 § 9. Quel est la signification de (Deutéronome 33:23), "(Comblé de bénédiction de Yhwh, la Mer et le Sud sont ta) possession (Yirashah )?" Il aurait suffit que le verset dise, "possède (Rash wr) (la Mer et le Sud)." Mais cela vient nous enseigner que Dieu doit aussi être inclus. Le mot Yirashah contient ainsi Rash et les lettres YH signifiant, "possède Yah (Dieu)". A quoi cela est-il comparable ? Un roi avait deux trésors, dont un qu’il avait caché au loin (mis en réserve). Le temps ayant passé, il dit à son fils, "Prends ce qu’il y a dans ces deux trésors." Le fils répondit, "Peut-être ne me donneras-tu pas ce que tu as mis en réserve." Le roi dit, "Prends tout." C’est pourquoi il est écrit, "la Mer et le Sud, sont ta possession." Possède Dieu (YH Rash) — tout vous sera donné si vous suivez simplement Mes voies.

 § 10. Rabbi Boun dit :

Quel est la signification du verset (Proverbes 8:23), " Du monde (me-olam) , je fus fondé en précédant l’origine de la terre". Quelle est la signification "d’éternité (Me -OLAM.)?" Cela signifie qu’il doit être dissimulé (ha - élém) du monde. Comme il est écrit (Ecclésiastes 3:11), "Il a mis aussi le monde (ha Olam) en leurs coeurs" , ne lit pas Ha-Olam (le monde), mais hal - élam (la dissimulation). La Torah dit, "J’ai précédé le début de la création." Il est écrit, "Je fus fondé dès le commencement". Vous pourriez penser que la terre fut avant elle (Torah). Il est donc précisé, "avant la terre ." Il est donc écrit (Genèse 1:1), "Au commencement Elohim a créé le ciel et la terre ." Quelle est la signification de "a créé" ? Il créé tout ce qui est nécessaire pour toutes choses. Puis Elohim. Et seulement après il est écrit "le ciel et la terre ."

 § 11 : Quelle est la signification du verset (Ecclésiaste 7:14), "Ainsi l’un comme l’autre ont été faits par Elohim". Il créa le Bohu (Désolation) et le plaça dans la Paix, et Il créa le Tobu (Chaos) et le plaça dans le Mal. Le Bohu est dans la Paix, comme il est écrit (Job 25:2), "Il a fait la paix dans Ses hauteurs". Cela nous enseigne que Mikael, le prince à droite du Saint, béni soit-il, est eau et grêle, tandis que Gabriel, le prince à gauche du Saint, béni soit-il, est feu. Les deux sont réconciliés par le Prince de la Paix. C’est la signification du verset, "Il fait la paix dans Ses hauteurs".

 § 12 : Comment savons-nous que ce Johu est dans le Mal? Il est écrit (Isaïe 45:7), "Il a fait la paix et créé le mal". Comment cela ?Le mai est un Tohu, tandis que la Paix est un Bohu. Il créa le Tohu et le plaça dans le Mal, comme il est écrit, "Il a fait la paix et créé le mal". Il créa le Bohu et le plaça dans la Paix, comme il est écrit "Il a fait la paix dans Ses hauteurs".

 § 13 : Rabbi Boun s’assit et expliqua : Quel est la signification du verset (Isaïe 45:7), "Il forme la lumière et crée la Ténèbre" ? La lumière a de la substance. Donc, le terme "Yetsirah" (Formation) est employé à son égard. La ténèbre n’a aucune substance, c’est pourquoi le terme "Beriah’ (Création) est utilisé. Ceci d’après (Amos 4:13), ‘Il forme les montagnes et créé le vent. " il y a une autre explication à cela : La lumière a une réelle existence, comme il est écrit (Genèse 1:3), "Et Dieu dit, que la lumière soit". Quelque chose ne peut pas être amené à l’existence à moins qu’elle ne soit faite. Le terme Yetsirah" (formation) est donc employé. Dans le cas de la Ténèbre, cependant, il n’y avait aucun fait, seulement la séparation et la différenciation. C’est pour cette raison que le terme "Beriah " (Création) est employé. Il a le même sens que dans l’expression, "Cette personne recouvre la santé (hiBria)".

 § 14 : Pourquoi la lettre Beith est-elle fermée de tous côtés et ouverte vers l’avant ? Cela nous enseigne qu’il s’agit de la Maison du monde, Le Saint, béni soit-il, est le lieu du monde, et le monde n’est pas Son lieu. Ne lis pas Beith, mais Bayit (maison). Il est écrit (Proverbes 24:3), "C’est par la sagesse qu’une maison s’élève, Et par l’intelligence qu’elle s’affermit’.

 § 15 : A quoi le Beith ressemble-t-il ? Il est semblable à un homme formé par la sagesse. Il est fermé de tous côtés, mais ouvert vers l’avant. Le Alef, cependant, est ouvert vers l’arrière. Cela nous enseigne que la queue du Beith est ouverte derrière. Sans cela ‘ l’homme ne pourrait exister. Pareillement, s’il n’y avait pas de 8eith sur la queue du Alef, le monde ne pourrait exister.

 § 16 : Rabbi Raboumai dit : L’illumination a précédé le monde, puisqu’il est écrit (Psaume 97:2), "Nuées, et Ténèbre l’entourent", Il est aussi écrit (Genèse 1:3.), "Et Dieu dit, que la lumière soit, et la lumière fut. " lis lui dirent, "Avant la création d’Israël, ton fils, lui avais tu préparé une couronne?" Il répondit oui. À quoi cela est-il comparable? Un roi languissait de son fils. Un jour il trouva une belle couronne précieuse, et il dit, "elle sera pour la tête de mon fils" * lis lui dirent, "Es-tu certain que ton fils soit digne de cette couronne?" Il répondit, "C’est ainsi. C’est ce qui jaillit dans ma pensée." Ainsi qu’il est écrit (2 Samuel XJV. 14) ; ‘il pense des pensées’ (vehashavmahashvoth)".

 § 11 : Rabbi Amorai s’assit et expliqua: Pourquoi le Aief est il au début? Parce qu’il fut avant tout, même avant la Torah. § 18 : Pourquoi Beith le suit-il ? Parce qu’il fut premier. Pourquoi a-t-il une queue? Pour indiquer le lieu d’où il vient. Certains disent que par cela le monde est soutenu.

 § 19 : Pourquoi le Guimel est-il troisième ? Il a trois parties, nous enseignant qu’il accorde (gomel) des bienfaits. Mais Rabbi Akiba dit que le Guimel a trois parties parce qu’il accorde, croît, et soutient. Comme il est écrit (Genèse 21:8), "L’enfant grandit (gadol), et fut sevré (gomel)". Il dit: c’est mon explication. Il croissait et accordait des bienfaits à ses voisins et ses proches.

 § 20 : Et pourquoi y a-til une queue au bas du Guimel? Il dit: Le Guimel a une tête au-dessus, et est comme un tube. Comme un tube, le Guimel attire par sa tête, et disperse par sa queue. C’est le Guimel.

 § 21 : Rabbi Yohanan dit : Au deuxième jour les anges furent créés, comme il est écrit : ‘il forme avec les eaux le faite de sa demeure’ (Ps. 104:3), il est également écrit: "Il fait des vents ses messagers, des flammes de feu ses serviteurs" (Ps. 104:4). Rabbi Levitas ben librous répondit : tout le monde l’admet et Rabbi Yoh’anan suppose que les eaux existaient déjà, mais en ce qui concerne le deuxième jour, il est écrit : ‘il forme avec les eaux le faîte de sa demeure" (Ps. 104:3). Qui est celui qui "chemine sur les ailes du vent’ ?Alors que les "messagers" ne furent créés que le cinquième jour.

 § 22. Tous admettent qu’aucun ne fut créé le premier jour. Il ne devrait donc pas être dit que Mikael étendait le ciel au sud, et que Gabriel l’étendait au nord, tandis que le Saint, béni soit-Il, ordonnait le centre. Ainsi qu’il est écrit: "Moi, Yhwh, j’ai fait toutes choses, seul j’ai déployé les cieux, seul j’ai étendu la terre, qui était avec moi ?" (Esaïe 44:24). Ce verset est lu "mi iti" : "qui était avec moi ?" Bien que nous lisions le verset "de Moi" . le suis celui qui a planté cet arbre afin que tout le monde s’en réjouisse. Et en lui, j’ai répandu le Tout. le l’ai appelé Tout (kol) parce que tous dépendent de lui, tous émanent de lui, et tous ont besoin de lui. lis le regardent et l’attendent, et par lui, les âmes voient dans la joie. ‘J’étais seul quand je l’ai fait, afin qu’aucun ange ne puisse se lever et dire: je t’ai devancé. J’étais aussi seul lorsque j’ai étendu Ma terre, dans laquelle j’ai planté et enraciné cet arbre. le me suis réjoui avec eux et en eux. Qui était avec Moi ? À qui aurai-je révélé ce mystère ?’

 § 23 Le rabbi Rahoumai dit : De tes paroles, nous pourrions conclure que le Saint, béni soit-il, a créé les besoins de ce monde avant de créer les cieux. Il répondit oui. À quoi cela est-il semblable ? Un roi voulut planter un arbre dans son jardin. il explora le jardin entier afin d’y trouver une source qui . amènerait l’eau pour nourrir l’arbre, mais il ne trouva rien. Il dit alors :’Je creuserai pour l’eau, et l’amènerai vers l’arbre pour le nourrir’. Il creusa et fit jaillir une source d’eau vive. Alors il plan ta l’arbre qui s’éleva et produit des fruits. Il était fructueux car ses racines étaient toujours bien arrosées.

§ 24. Rabbi Yanai dit : La terre fut créée avant les cieux, comme cela est écrit: terre et cieux" (Genèse 2:4). Lis lui dirent: n’est-il pas écrit: ‘Ies cieux et la terre"(Gen. 1: 1). Il répondit : À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait acheté un bel objet, mais qui était incomplet, alors il ne le nomma pas. Il dit : je le compléterai, lui préparerai un support et un lien, ensuite je le nomme rai’ * C’est ce qu’exprime : ‘7u as jadis fondé la terre"(Psaume 102:26) et ensuite : "les cieux sont l’ouvrage de tes mains’. De plus, il est écrit : "Il s’enveloppe de lumière comme d’un manteau; Il étend les cieux comme un rideau, Il forme avec les eaux le faîte de sa demeure’ (Psaume 104:2-3). Et il est écrit : ‘il fait des vents ses messagers, des flammes de feu ses serviteurs" (Psaume 104:4). Et enfin, il est écrit : "Il a établi la terre sur ses fondements, elle sera pour le monde et toujours (olam vaéd) (Psaume 104:5). Lorsqu’il fit son support, il le renforça. C’est pourquoi il est mentionné : "pour le monde et l’éternité". Quel est son nom ? "Vaéd" (et toujours) est son nom. Et le nom de son support est "Olam" (Monde). C’est pourquoi il est écrit : "pour le Monde et Toujours" `Olam vaéd".

 § 25. Rabbi Berahiah dit : Quelle est la signification du verset : "Et Elohim dit : qu’il y ait lumière et il eut lumière" (yéhiaurvayéhiaur) (Genèse 1:3) ? Pourquoi ce verset ne dit-il pas "et la lumière fut" (vehayah aur) ? À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait un bel objet, il le mit de côté jusqu’à ce qu’il ait trouvé une place pour lui, et alors il l’y plaça. C’est pourquoi il est écrit, " qu’il y ait lumière, et il y eut lumière" (vayéhi). Cela indique qu’elle existait déjà.

 § 26. RabbiAmoraidit: Quelle est la signification du verset ‘Yhwh est un homme de guerre" (Exode 15:3). Mar Rahoumai lui dit : Grand Ray, ne me demande pas conseil pour quelque chose d’aussi simple. Écoute-moi et je te conseillerai. Il lui dit : À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait nombre de belles habitations, il donna un nom à chacune. Chacune était meilleur que l’autre. Il dit, "je donnerai à mon fils l’habitation dont le nom est Aleph. Celle dont le nom est Yod est aussi belle, ainsi que celle dont le nom est Shin". Que fit-il ? il rassembla les trois, et fit un seul nom des trois et une seule maison. Il lui dit : Jusqu’à quand vas-tu continuer à dissimuler ton explication ? il répondit : Mon fils, Aleph est le commencement. Yod lui succède. Shin inclut tout le monde. Pourquoi Shin inclut tout le monde ? Parce qu’avec lui on écrit une réponse (Téshouvah).

 § 27. Les étudiants lui demandèrent : Qu’est-ce que la lettre Daleth ? Il répondit: À quoi cela est-il comparable ? Dix rois se trouvaient en un certain lieu. Tous étaient riches, mais un n’était pas aussi riche que les autres. Bien qu’il fût très riche, il était pauvre (Dal) par rapport aux autres.

 § 28. lis lui dirent : Qu’est-ce que la lettre Hé ? Il se fâcha et dit : Ne vous ai-je pas enseigné de ne pas m’interroger sur la dernière chose avant de l’avoir fait pour la première? lis dirent : Mais Hé vient après (Daleth). Il répondit: L’ordre devrait être Guimel, Hé. Pourquoi’ est-il Guimel, Daleth ? Parce qu’il doit être Daleth, Hé. Et pourquoi l’ordre est-il Guimel, Daleth ? Il leur dit : Guimel est à la place de Daleth, par sa tête, il est à la place de Hé. Daleth par sa queue est à la place du Hé.

 § 29. Qu’est-ce que la lettre Vav ? Il dit : Il y a un Hé supérieur et un Hé inférieur.

 § 30. Ils lui dirent : Mais qu’est-ce que le Vav ? Il dit : Le monde fut scellé par six directions. Ils dirent: Mais Vav n’est-elle pas une seule lettre ? Il répondit : Il est écrit :"ils "enveloppe de lumière comme d’un manteau" (Psaume 104:2).

 § 31. Rabbi Amorai demanda: Où est le jardin d’Eden ? 11 répondit : Sur terre.

 § 32. Rabbi Ishmael demanda à Rabbi Akiva : Quelle est la signification du verset : "et les cieux et la terre’ (éth hashmayim veéth haéréts) (Genèse 1:1) ? Si le mot "éth’ (un pronom accusatif hébreu, sans équivalence en français) était absent, nous penserions que "cieux" et "terre" sont des dieux. Il répondit : Par le Service Divin ! Tu peux accéder à la véritable signification, mais tu ne t’es pas assez étendu, c’est pourquoi tu parles de cette façon. Mais le mot ‘éth " [M41 (devant cieux) vient inclure le soleil, la lune, les étoiles et les constellations, tandis que (devant terre) il vient ajouter les arbres, les plantes, et le jardin d’Eden.

 § 33. lis lui dirent : Il est écrit : "Il a précipité la beauté d’Israël des cieux sur la terre." (Lamentations 2:1). Devons-nous comprendre qu’ils sont tombés ? Il répondit : Si vous l’avez lu, vous ne l’avez pas répété, et si vous l’avez répété, vous ne l’avez pas relu une troisième fois. À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait une belle couronne sur sa tête et un beau manteau sur ses épaules. Lorsqu’il entendit une mauvaise nouvelle, il ôta la couronne de sa tête et le manteau de ses épaules.

 § 34. lis lui demandèrent: Pourquoi la lettre H’eith est-elle ouverte ? Et pourquoi sa voyelle indique-t-elle un petit Patah ? Il répondit : Parce que toutes les directions (Rouah’ot) sont fermées, à l’exception du Nord, qui est ouvert pour le bien et pour le mal. lis dirent : Comment peux-tu dire que c’est pour le bien ? N’est-il pas écrit : "et je vis un vent orageux venant du Nord, un grand nuage et un feu brûlant" (Ezéckiel 1:4). Le feu n’est rien d’autre qu’un courroux, comme il est écrit: "Et le feu sortit devant Dieu, et il les consuma et les tua"(Lévitique 10:2). Il dit: Il n’y a pas de difficulté. Le second cas se produit lorsqu’israël accomplit la volonté de Dieu, tandis que dans l’autre cas Israël ne fait Sa volonté, alors le feu vient, l’attribut de miséricorde se déroule et l’entoure, comme il est écrit : ‘il supporte la faute et passe sur la rébellion" (Micah 7:18). § 35 - À quoi cela est-il comparable ? Un roi voulut punir et fouetter ses serviteurs. Un de ses gouverneurs se dressa et demanda la raison de cette punition. Après que le roi est décrit l’offense, le gouverneur dit : "Vos serviteurs n’ont jamais fait une telle chose. Je m’en porte garant jusqu’à plus amples informations." Dans l’attente, la colère du roi s’apaisa.

§ 36 - Ses étudiants demandèrent : Pourquoi est-ce que la lettre Daleth grossit-elle sur le côté ? Il répondit : A cause du Segol qui est dans le petit Pata’h. Ainsi qu’il est écrit (Psaume 24:7) : " Les portes (pit’hei) du Monde ". Il a placé un Pata’h au-dessus et un Ségol en dessous. C’est pour cette raison qu’il grossit.

§ 37 - Qu’est-ce que Pata’h ? C’est une ouverture (Peta’h). Que désigne cette ouverture? C’est la direction du nord, qui est ouverte au monde entier. C’est la porte d’où émergent le bien et le mal. Et quel est ce bien ? Il se moqua d’eux et dit : Est-ce que je ne vous ai pas dit que c’est un petit Pata’h (petite porte) ? Ils dirent : Nous l’avons oublié, enseigne-le à nouveau. Il leur dit : À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait un trône. Tantôt il le portait dans ses bras, tantôt sur sa tête. Ils demandèrent pourquoi, et il répondit : Parce qu’il était beau et il aurait été dommage de s'asseoir dessus. Ils demandèrent : Où l’a-t’il placé sur sa tête ? Il répondit: Dans le Mem ouvert. Ainsi qu’il est écrit (Psaume 85:12), " la vérité germera de la terre, et la justice se réfléchira par les cieux ".

§ 38 - Rabbi Amoraï s’assit et expliqua : Quel est la signification du verset (Psaume 87:2), " Yhwh aime les portes de Tsion plus que toutes les demeures de Jacob ". Les portes de Tsion sont les Portes du Monde. Une porte n’est rien d’autre qu’une ouverture. C’est pourquoi nous disons : " Ouvre-nous les portes de la pitié ". Le Saint, béni soit-il, dit : J’aime les " portes de Tsion lorsqu’elles sont ouvertes. Pourquoi? Parce qu"elles sont sur le côté du mal. Mais quand Israël fait le bien devant Dieu et se montre digne, ce bien-être généré pour eux, alors le saint, béni soit-il, les aime plus que toutes les demeures de Jacob ", qui sont toutes la paix, comme il est écrit (Genèse 25:27), " Jacob était un homme simple, demeurant sous des tentes ".

§ 39 - Ceci est comparable à deux hommes, l’un poussé à faire le mal et fait le bien, et l’autre poussé à faire le bien et fait le mal. Qui est le plus méritoire ? Celui qui a tendance à faire le mal et qui fait le bien, peut-être pourra-t-il le faire encore. C’est ce qui est écrit (Psaume 87:2) : "   Yhwh aime les portes de Tsion plus que toutes les demeures de Jacob ", qui sont toutes de paix, comme il est écrit (Genèse 25:27) " Jacob était un homme simple, demeurant sous des tentes ".

§ 40 - Ses étudiants demandèrent : Qu’est-ce que le H’olém ? Il répondit : C’est l’âme et son nom est H’olem. Si tu lui obéis, ton corps sera vigoureux (h’alam) dans les temps futurs. Mais si tu te révoltes contre lui, il y aura la maladie (h’oléh) sur ta tête, et les maladies (h’olim) sur la sienne.

§ 41 - Ils dirent encore : Chaque rêve (h’alom) est dans le h’olem. Chaque pierre précieuse blanche est dans le H’olem. Ainsi qu’il est écrit (au sujet du pectoral du Grand Prêtre) (Exode 28:19), " un blanc de veah’lamah ".

§ 42 - Il leur dit : Venez et écoutez les subtilités concernant les points de voyelle trouvés dans la Torah de Moïse. Il s’assit et expliqua : H’irik haït les méchants et les punit. Il englobe la jalousie, la haine et la controverse. Ainsi qu’il est écrit (Psaume 37:12), " Il grince (h’orek) des dents contre eux ". Ne lit pas h’orek (grince), mais roh’ek (éloigne). Eloigne (rah’ek) ces défauts de toi-même, et le mal s’éloignera de toi. Le bien s’attachera certainement à toi.

§ 43 - H’irik. Ne lit pas H’iRiK mais ZeRa’H (Glace). Tout ce que le H’irik touche devient de la glace. Il est ainsi écrit (Exode 34:7), " et il innocente".

§ 44 - D’où le H’irik tient-il la connotation de brûler ? C’est parce qu’il est feu qui brûle tout feu. Il est ainsi écrit (1 Rois 18:38), " Et feu de Yhwh tomba, et il consuma l’offrande, le bois, les pierres, la poussière, et évapora l'eau qui était dans la gouttière ".

§ 45 - Il dit : Quel est la signification du verset (Exode 20:15), " Et tous les gens voyaient les voix ". Ce sont les voix dont parle le Roi David, comme il est écrit : (Psaume 29:3), " La voix de Dieu est sur les eaux, le Dieu de gloire a tonné. (Psaume 29:4) " La voix de Dieu entre la force ". À ce sujet, il est écrit (Isaïe 10:13), " Par la force de ma main, j’ai agi ". Il est également écrit (Isaïe 48:13), " Ma main a fondé la terre ". (Psaume 29:4) " La voix de Dieu est dans la majesté ". Il est aussi écrit (Psaume 111:3), " Splendeur et majesté sont Ses oeuvres, Sa justice demeure toujours ". (Psaume 29:5) " la voix de Yhwh brise les cèdres ". C’est l’arc-en-ciel qui brise les cèdres et les cyprès. (Psaume 29:7) " la voix de Yhwh taille les flammes de feu ". C’est elle qui installe la paix entre l’eau et le feu. Elle réduit le pouvoir du feu et l’empêche de faire évaporer l’eau. Elle empêche aussi l’eau d’éteindre le feu. (Psaume 29:8), " la voix de Yhwh secoue le désert ". Il est écrit (Psaume 18:51) : " Il fait grâce à son Messie, à David et à ses descendants jusqu"à l’éternité ", plus que dans le désert. (Psaume 29:9),  " la voix de Yhwh fait enfanter les biches, elle écorce les arbres, tandis que dans Son Temple, tous crient : Gloire! ". Il est aussi écrit (Cantique des Cantiques 2:7), " je vous lie d’un serment, O filles de Jérusalem, avec les gazelles, ou avec les biches des champs ". Cela nous enseigne que la Torah fut donnée par sept voix. Par chacune d’elles le Maître de l’univers se révéla à eux, et ils le voyaient. Ainsi qu’il est écrit, " Et tous les gens voyaient les voix ".

§ 46 - Un verset fait état (2 Samuel XXII:10) : " Il inclina les cieux et descendit, avec l'obscurité sous Ses pieds ". Un autre verset dit (Exode 19:20) : " Et Yhwh descendit sur le mont Sinaï, au sommet de la montagne ". Cependant, un autre verset dit encore (Exode 20:22) : " ce sont des cieux dont je vous ai parlé ". Comment concilier ceci ? Son " grand feu " était sur la terre, et c’était une voix. Les autres voix étaient dans les cieux. Il est aussi écrit (Deutéronome 4:36) : " des cieux Il t’a fait entendre Sa voix, pour t’instruire. Et sur la terre t’a montré Son grand feu, et Ses mots, tu les as entendus du feu ". Quel était ce feu ? D’où ces paroles ont-elles émané ? De ce feu, comme il est écrit : " et Ses mots, tu les as entendus du feu ".

§ 47 - Que signifie le verset (Deutéronome 4:12) : " Vous n"avez vu aucune image, seulement une voix " ? C’est ce que Moïse a expliqué lorsqu’il a dit à Israël (Deutéronome 4:15), " Vous ne voyiez pas une image entière ". Vous voyiez une image, mais pas une " image entière ". À quoi cela est-il comparable ? À un roi, se tenant devant ses serviteurs, vêtus d’une robe blanche, bien qu’il soit loin, ils peuvent encore entendre sa voix. Ceci, malgré qu’ils ne pouvaient plus voir sa gorge lorsqu’il parlait. De la même façon, ils voyaient une image, mais pas une " image entière ". Il est donc écrit : " Vous ne voyiez aucune image, seulement une voix ". Il est aussi écrit (Deutéronome 4:12) : " vous entendiez le son des paroles".

§ 48 - Un verset (Exode 20:15), dit : " et tous le peuple voyait les voix ". Un autre verset, cependant,(Deutéronome 4:12), mentionne : " vous entendiez le son des paroles " Comment cela ? Au commencement, ils voyaient les voix. Qu’ont-ils vu ? Les sept voix mentionnées par David. Mais en fin de compte ils entendirent la Parole qui émanait d’elles toutes. Mais nous avons appris qu’il y en avait dix. Nos sages ont enseigné qu’elles ont toutes été prononcées comme une seule parole. Mais nous avons dit qu’il y en avait sept. C’était sept voix. Concernant trois d’entre elles, il est écrit : (Deutéronome 4:12), " vous entendiez le son des paroles, mais vous ne voyiez aucune forme, seulement une voix ". Cela nous enseigne qu’elles furent toutes prononcées comme une seule parole. Ceci afin qu’Israël ne commette pas d’erreur et dise, " D'autres l’ont aidé. Il aurait pu s’agir de l’un des anges. Mais Sa voix seule n’aurait pu être aussi puissante ". C’est pour cette raison qu’il les répète et les réunit.

§ 49 - Une autre explication : Afin que l’on ne puisse pas dire qu’il y avait dix paroles pour dix rois, n’auraient pu être prononcées ensemble. Il est dit (Exode 20:2) " Je suis (anokhi) " qui inclus les dix. Qui sont les dix rois ? Ce sont les sept voix et les trois paroles (Amarim). Quelles sont ces Paroles ? Elles font allusion au verset (Deutéronome 26:18) :   " Dieu a dit pour toi aujourd"hui ". Quelles sont les trois Paroles ? C’est le verset  (Proverbes 4:7) : " Le début de la Sagesse est: Acquiers la Sagesse (Hokhmah), avec toutes tes acquisitions, acquiers l’Intelligence (Binah) ". Il est aussi écrit (Job 32:8) : " l"âme de Shaddaï leur donne l’Intelligence ". L’âme (neshamah) de Shaddaï est ce qui leur donne l’Intelligence (Binah). Quelle est la troisième Parole ? Le vieil homme dit à l’enfant : " Ce qui est caché de toi, ne le cherche pas, et ce qui est dissimulé de toi, ne le creuse pas. Dans ce qu’il t’est permis, cherche à comprendre, mais ne fais rien des mystères ".

§ 50 - Nous avons appris (Proverbe 25:2) : " La gloire de Dieu scelle une parole ". Quelle est cette parole ? De celle dont parle le verset (Psaume 119:160) : " Le Début de Ta parole est vérité ". Il est aussi écrit (Proverbes 25:2) : " La gloire des rois est de sonder une parole ". Et quel est ce mot ? C’est à son sujet qu’il est écrit (Proverbes 25:11) : " Une parole dite à propos (Aphen av) ", ne lit pas " à propos (Aphen av) ", mais " sa roue " (Ophan’av),

§ 51 - Les étudiants demandèrent à Rabbi Berakhia : " Nous permets-tu de nous exprimer ", mais il ne leur donna pas de la permission. Une autre fois, cependant, il leur donna la permission, afin de savoir s’ils étaient bien préparés. Un jour il les interpella et dit : " me permettez-vous d’entendre votre Sagesse ? ". Ils commencèrent en disant : " Au début (Bereshith)  est un. (Isaïe 57:16) "devant moi succombent l’esprit et les âmes que j’ai faites  ". (Psaume 65:10) " Les divisions de Dieu sont remplies d"eau ". Quelles sont ces " divisions "? Tu nous enseignes, notre maître, que Dieu a pris les eaux de la création et les a séparés, plaçant une moitié dans les cieux et une moitié dans l’océan. C’est la signification des "divisions de Dieu sont remplies d"eau ". Par elles, l’homme étudie la Torah. Rabbi H’ama enseigne : C’est par le mérite et les bonnes actions, qu'une personne peut étudier la Torah. Il est aussi écrit :(Isaïe 55:1) : " Que ceux qui ont soif viennent pour l"eau, qu’ils viennent même sans argent, pour s’approvisionner et manger ". Aller vers Lui, et Il vous comblera de bienfaits, et vous vous " approvisionnerez et mangerez ".

§ 52 - " qu’ils viennent même sans argent " peut aussi s’expliquer d’une autre manière : " Venez vers Dieu, car Il a de l’argent  ", comme il est écrit (Haggai 2:8) : "À moi l'argent, et à moi l’or ! " Quelle est la signification du verset, "À moi l'argent, et à moi l’or ! " ? À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait deux trésors, l’un d’argent, et l’autre d’or. Il plaça celui d’argent à sa droite, et celui d’or à sa gauche. Il dit :   " celui-ci sera prêt, et facile à dépenser, à remplir sa fonction tranquillement. Il est attaché aux pauvres et s’accomplit calmement. C’est pourquoi il est écrit (Exode 15:6) : " Ta main droite, O Yhwh, est puissante dans la force ". S’il se réjouit dans sa part, alors tout est bien. Ainsi (Exode 15:6) : " Ta main droite, O Yhwh, écrase l"ennemi ". Il leur dit : Cela concerne l’or, comme il est écrit : "À moi l"argent, et à moi l’or ! ".

§ 53 - Pourquoi l’or s’appelle-t-il ZaHaV ? Parce qu’il inclut trois attributs : le Mâle, (Zakar), c’est le Zayin ; l’Ame, c’est le Hé, qui a cinq noms Néfésh, Roua’h, Neshamah, H’ayah, Yeh’idah. Quelle est la fonction du Hé ? C’est un trône pour le Zayin, comme il est écrit (Ecclesiaste 5:7) : " un supérieur est placé sous la surveillance d"un autre plus élevé ". Le Beith est son alimentation, comme il est écrit (Genèse 1:1) " Au (beith) commencement créa ".

§54. Quelle est ici la fonction? A quoi cela est-il comparable ? Il était une fois un Roi qui avait une fille bonne, agréable, belle et parfaite. Il la maria à un prince royal, l’habilla, la couronna , la couvrit de joyaux et lui donna une importante dot. Est-il possible pour le roi de se séparer à jamais de sa fille ? Vous consentirez que ce n’est pas possible. Est-il possible pour lui d’être avec elle constamment ? Vous consentirez aussi que ce n’est pas possible. Que peut-il donc faire ? Il peut placer une fenêtre entre eux, et ainsi lorsque le père requiert la fille, ou que la fille requiert le père, ils peuvent se rencontrer par la fenêtre. Il est écrit (Psaume 45:14), " Toute la gloire est à l'intérieur de la fille de roi, le vêtement est serti d’or. "

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