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l'évangile de pierre

26 Avril 2005 Publié dans #spiritualité

 

1 .. Nul d'entre les juifs ne se lava les mains, ni Hérode ni l'un de ses juges. Et comme ils n'avaient pas voulu se laver les mains, Pilate se leva et partit.

2. Alors le roi Hérode ordonne que l'on emmène le Seigneur, disant:" Exécutez tous les ordres que je vous ai donnés à son sujet."

3. Joseph, l'ami de Pilate et du Seigneur, se trouvait là; sachant qu'on allait le crucifier, il se rendit chez Pilate et lui demanda le corps du Seigneur, en vue de sa sépulture.

4.Pilate fit demander le corps à Hérode.

5. Hérode répondit: " Frère Pilate, même si personne ne l'avait réclamé, nous l'ensevelissions, puisque le sabbat va commencer. Car il est écrit dans la loi: Que le soleil ne se couche pas sur un supplicié." Et il le livra au peuple, avant le premier jour des Azymes, leur fête.

6. Ils saisirent le Seigneur et ils l'entrainaient en hâte, et disaient: "Emmenons le Fils de Dieu, maintenant que nous le tenons en notre pouvoir."

7. Ils le revêtirent de pourpre et le firent asseoir sur une chaire de jugement, disant: " Juge selon la justice,roi d'Israël !"

 8. L'un d'eux apporta une couronne d'épine et la posa sur la tête du Seigneur.

9. D'autres, dans l'assistance,lui crachèrent au visage, d'autres le giflèrent, d'autres le piquaient avec un roseau, certains le flagellaient, disant:" Voilà les honneurs que nous devons au fils de Dieu !".

10. Ils amenèrent deux malfaiteurs, entre lesquels ils crucifièrent le Seigneur.Et lui se taisait, comme s'il n'éprouvait aucune souffrance.

11. Lorsqu'ils avaient dréssé la croix, ils y avaient inscrit: " Celui-ci est le roi d'Israël".

12. Ils déposèrent ses vêtements devant lui et se les partagèrent en les tirant au sort.

13.Un des malfaiteurs les admonesta en ces termes: "Nos crimes nous ont mérité ce supplice, mais lui,qui est le sauveur des hommes, quel mal vous a-t-il fait ?"

14. Eux, pleins d'irritation, ordonnèrent de ne pas lui rompre les jambes, de peur que la mort ne mit un terme à ses souffrances.

15. Il était midi et l'obscurité se répandit par toute la Judée. Ils étaient inquiets: ils craignaient que le soleil ne se couchât alors qu'il vivait encore. Leur loi dit en effet que le soleil ne doit pas se coucher sur un supplicié.

 16. Et l'un d'entre eux dit: " Donnez-lui à boire du fiel mêlé de vinaigre." Ils préparèrent le breuvage et le lui donnèrent.

17. Et ils accomplirent toutes choses, et ils amoncelèrent leurs fautes sur leurs têtes.

18. Beaucoup circulaient avec des torches, croyant que c'était la nuit, et ils tombèrent.

19. Et le Seigneur cria, disant: " Force, ô ma force, tu m'a abandonné !" Ayant parlé, il fut élevé.

20. A cet instant, le voile du temple de Jérusalem se déchira en deux.

21. Alors ils retirèrent les clous des mains du Seigneur et l'étendirent sur le sol. Et toute la terre trembla, et il y eut une grande frayeur.

 22. Puis le soleil se remit à briller: c'était la neuvième heure.

23. Les juifs se réjouirent, et donnèrent son corps à Joseph, afin qu'il l'ensevelît, puisqu'il avait vu tout le bien qu'il avait accompli.

 24. Joseph prit le Seigneur, le lava,l'enveloppa dans un linceuil et le porta dans son propre tombeau appelé jardin de Joseph.

25. Alors les juifs, les Anciens et les prètres, conscients du mal qu'ils s'étaient fait à eux-mêmes, commencèrent à se frapper la poitrine et à dire: " Malheur à nos fautes ! Le jugement approche et la fin de Jérusalem !"

26. Mes compagnons et moi étions dans l'affliction. Bléssés dans nos âmes, nous nous tenions cachés, car ils nous recherchaient, ainsi que des malfaiteurs, et comme si nous voulions incendier le temple.

 27. Nous jeûnions de surcroît, et restions assis dans le deuil et les larmes, nuit et jour, jusqu'au sabbat.

28. Les scribes, les pharisiens et les anciens se réunirent entre eux, parce qu'ils avaient appris que tout le peuple murmurait et se frappait la poitrine, disant:" Si ces signes inouïs se sont produit à sa mort, voyez comme il était juste !"

 29. Inquiets, les Anciens vinrent trouver Pilate et le supplièrent en ces termes:

30. "Donne-nous des soldats. Nous surveilleront son tombeau pendant trois jours, de peur que ses disciples ne viennent le dérober, que le peuple l'imagine ressuscité des morts et ne cherche à nous nuire."

 31. Pilate leur donna le centurion Petronius avec des soldats pour garder le sépulcre. Des Anciens et des scribes les accompagnèrent au tombeau.

 32. Ayant roulé la grande pierre, tous, aidés du centurion et des soldats la poussèrent à la porte du sépulcre.

 33. Ils y apposèrent sept sceaux, puis ils dressèrent une tente et montèrent la garde.

34. Le lendemain, au commencement du sabbat, de Jérusalem et des environs arriva une foule qui voulait voir le sépulcre scellé.

35. Dans la nuit qui précéda le dimanche, tandis que les soldats relevaient la garde, deux par deux, une grande voix retentit dans le ciel.

36. Et ils virent s'ouvrir les cieux et deux hommes, nimbés de lumière, en descendre et s"approcher du tombeau.

37. La pierre qui avait été placée à la porte roula d'elle même, et se rangea de coté, et le tombeau s'ouvrit et les deux jeunes gens entrèrent.

 38. A cette vue, les soldats réveillèrent le centurion et les Anciens, qui étaient là, eux aussi à monter la garde.

39. Et quand ils leurs eurent raconté ce qu'ils avaient vu, ils virent à nouveau trois hommes sortir du tombeau; deux d'entre eux soutenaient le troisième et une croix les suivait.

 40. Et tandis que la tête des deux premiers atteignait le ciel, celle de l'homme qu'ils conduisait par la main dépassait les cieux: "As-tu annoncé la nouvelle à ceux qui dorment ?"

 42. Et de la croix on entendit la réponse: " oui ".

43.Ces gens combinaient entre eux d'aller rapporter ces prodiges à Pilate.

 44. Ils en débattaient encore, quand on vit à nouveau les cieux s'ouvrir et un homme descendre et entrer dans le sépulcre.

45. A ce spectacle, le centurion et son escorte, dans la nuit, coururent chez Pilate, abandonnant le tombeau dont ils assuraient la garde, et en grand émoi, ils racontèrent tout ce qu'ils avaient vu, disant: " Il était véritablement le fils de Dieu."

46. Pilate répondit: "Je suis pur du sang du fils de Dieu. C'est vous qui l'avez voulu?" 47. S'étant approchés, tous le priaient et le suppliaient d'ordonner au centurion et à ses soldats de ne répéter à personne ce qu'ils avaient vu.

48. " Mieux vaut pour nous, disaient-ils, nous charger du plus grand péché devant Dieu, que de tomber aux mains du peuple juif et d'être lapidés."

49. Pilate donna donc ordre au centurion et aux soldats de ne pas souffler mot.

50. Le dimanche matin, Marie de Magdala, la disciple du Seigneur, craintive à cause des juifs, parce qu'ils étaient enflammés de colère, n'avait pas accompli au tombeau les devoirs que les femmes ont coutume d'acquitter vis-a-vis des morts qui leur sont chers.

 51. Elle prit avec elle ses amies et entra dans le sépulcre où il avait été déposé.

52. Craignant d'être aperçues des juifs, elles disaient: " Puisque le jour où il a été crucifié nous n'avons pu pleurer et nous frapper la poitrine, faisons-le au moins aujourd'hui sur sa tombe.

53. Mais qui nous roulera la pierre que l'on a placée à la porte du sépulcre, pour que nous puissions rentrer, nous asseoir auprés de lui et remplir notre office ?

54. La pierre est grande et nous craignons que l'on ne nous voie. Si la force nous manque, jettons au moins devant la porte les offrandes que nous apportons en souvenir de lui ! Pleurons et frappons-nous la poitrine jusqu'à l'heure de rentrer chez nous."

55. A leur arrivée, elles trouvèrent le tombeau ouvert. Elles s'approchèrent et se penchèrent pour regarder. Et elles virent un jeune homme, assis au milieu du tombeau. Il était beau et habillé d'un vêtement éblouissant. Il leur dit: " Pourquoi êtes-vous venues? Qui cherchez-vous ? Ne serait-ce pas le crucifié ? Il est ressuscité et il est parti. Si vous ne me croyez pas, baissait-vous et regardez l'endroit où il gisait. Il n'y est pas, puisqu'il est ressuscité et qu'il s'en est allé là d'où il a été envoyé."

57.Alors les femmes, épouvantées, s'enfuirent.

 58. C'était le jour des Azymes, et beaucoup s'enretournaient chez eux, la fête étant finie.

59. Nous les douze disciples du Seigneur, nous pleurions, nous étions dans le désaroi. Et chacun, consterné par ces évènements, rentra chez lui.

60. Moi, Simon Pierre et André mon frère, nous primes nos filets et gagnames la haute mer... Et Lévi était avec nous, fils d'Alphée, que le Seigneur....

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le Zohar(extraits)

26 Avril 2005 Publié dans #spiritualité

 - Zohar III 5a sur 1:3 Dans le livre de Rab Hammenouna le Vieillard, on interprète ainsi les paroles du verset suivant : "Et cet homme était plus grand que tous les enfants du Levant". Il était grand parce que, comme lui même, son épouse craignait le Seigneur. De même, ici, l'Ecriture dit : Yhwh est grand quand il est uni à Élohim. C’est pour cette raison que ce cantique (Ps. 48:1) a été chanté le second jour de la semaine. Mais comme Yhwh devait un jour se séparer d’Elohim, le mot "bon" ne figure pas dans la narration de la création du second jour de la semaine, ainsi que l'Ecriture dit: "Il n'est pas bien que l'homme soit seul" (Gen. 2:18). Quand l' "Homme" est seul, le mot "bon" ne figure pas.

2 - Zohar II 34a sur 1:4 - 1:5 - 1:10 Pour Job, I'Écriture dit : " Ses fils vont et font un festin dans la maison de l'un d'eux, en ce jour. Ils envoient et invitent leurs trois sœurs à manger et boire avec eux. ". L'ange accusateur requérait contre Job pendant tous les jours que ses enfants faisaient la fête; mais il ne pouvait s'attaquer a lui, ainsi qu'il est écrit "N'est-ce pas toi-même qui l'as couvert, lui, sa maison, et tout ce qui est à lui, autour ?" (1:10). Job n'offrait qu'a Dieu, et ne donnait pas sa part à la Sitra Ah’arah, ainsi qu'il est écrit : "et fait monter des montées d'après le nombre de tous". Mais pourquoi le Saint, béni soit-il, punit-il Job pour ne pas avoir offert sa part au démon ?— Parce que, si Job l'eût fait, il aurait détourné le démon de la partie sainte, qui aurait pu alors s’élever dans le monde d'en haut. Comme il n'a pas agi ainsi, le Saint, béni soit-Il, le punit. Remarquez que c'est parce que Job ne voulait pas unir le Bien et le Mal qu'il a été puni ; d'abord, il était heureux; ensuite, il devint malheureux; et, enfin. il redevint heureux. Dieu nous indique par la que l'homme doit examiner le Bien, ensuite le Mal, et enfin revenir au Bien ; c'est dans ce principe que consiste le mystère de la Foi. Remarquez que Job était un des serviteurs du Pharaon ; c'est pourquoi l'Écriture dit : "Ceux d'entre les serviteurs du Pharaon qui craignirent la parole du Seigneur..." (Exode 9:20). Remarquez en outre que le Saint, béni soit-Il, ne voulait pas déplacer Job de son pays où il protégeait le Pharaon ; ce n est qu’après que Job tomba en défaillance que Dieu se vengea du Pharaon.

3 - Zohar II 32b-33a sur 1:6 Rabbi Éleazar ouvrit une de ses conférence de la manière suivante: Il est écrit : " Et c'est le jour, les fils d'Elohim vinrent se tenir devant Yhwh Mais le Satân vint aussi avec eux ". Les mots : " Et c'est le jour " désignent le premier jour de l'an, durant lequel le Saint, béni soit-Il, juge le monde. De même, dans le verset suivant : "Le jour arriva, et Élisée vint là" (IV Rois 4:11), l’Ecriture désigne la fête du premier jour de l’an. " les fils d'Elohim " désignent les anges supérieurs qui servent de messagers en ce monde pour examiner les œuvres des hommes. L’Ecriture ajoute: "... viennent se tenir devant Yhwh (àl Yhwh), ainsi qu'il est écrit : "J'ai vu le Seigneur assis sur son trône, et toute l’armée du ciel autour de lui a droite et a gauche" (III Rois 12:19). Mais on peut également voir, dans cette expression "al Yhwh", le grand amour que le Saint, béni soit-Il, porte à Israël. Car ces anges parcourent le monde durant toute l’année pour connaître les actions des hommes ; et, lorsqu'arrive le jour du jugement, ils se constituent leurs accusateurs. Or, remarquez que, de tous les peuples du monde, Israël est le seul dont les oeuvres soient examinées, parce que les Israélites sont les enfants du Saint, béni soit-Il. Et quand les actions des Israélites ne sont pas trouvées telles qu'elles doivent être, les anges messagers qui se constituent en ce cas les adversaires d'Israël, deviennent en même temps,—-s'il est permis de s'exprimer ainsi,—les adversaires de Dieu lui-même, attendu que quand Israël commet de mauvaises actions, il affaiblit,— s'il est permis de parler ainsi,—la force du Saint, béni soit-Il. Mais lorsque, au contraire, il commet de bonnes actions, il prête de la force et de la puissance au Saint, béni soit-Il; et c'est pourquoi l’Ecriture dit: "Donne de la force a Elohim" (Ps. 48:35). Comment donne t-on de la force a Élohim ? En faisant de bonnes œuvres. Aussi, en ce premier jour de l'an dont parle l’Ecriture, les anges accusateurs, en se levant contre Israël, s'élevèrent également contre Dieu ; et c'est pourquoi l'Ecriture dit "àl Yhwh" ; L'Ecriture ajoute: " Mais le Satân vint aussi avec eux ". Par le mot "aussi", L’Ecriture nous fait voir que les autres anges venaient également pour requérir contre Israël, [33a] auxquels venait se joindre Satan lui-même qui est le plus grand accusateur de tous.

4 - Zohar III 219a sur 1:8 Pendant qu'ils parlaient, un jeune homme arriva et dit : La génération de Job était coupable, et Satan est venu pour l'accuser. Alors le Saint, béni soit-il,lui dit : " As-tu mis ton cœur sur mon serviteur Yove ? Non, il n'est pas sur terre d'homme semblable ". C'est pour sauver toute la génération que le Saint, beni soit-il, lui opposa Job. Ceci est comparable à un pasteur qui voit un loup se jeter sur son troupeau ; il lance contre lui un bouc, le plus fort du troupeau, et pendant qu'ils sont aux prises les autres sont sauvés. Le Saint, beni soit-il, fait ainsi pour chaque génération ; il met un juste aux prises avec Satan. Rabbi Siméon dit : Heureux le sort du juste qui souffre pour sa génération ! Il sera leur chef ; et Moise n'a été jugé digne de devenir le Pasteur d'Israël que parce qu'il a souffert pour eux. Il sera aussi leur Pasteur dans le monde futur; car il les a sauvés par la Loi et par les bonnes actions. Pourquoi le bras droit était-il frappé d'abord ? C'est ainsi qu'agissent aussi les médecins pour la saignée, le cote gauche étant trop près du cœur. Mais si la première saignée est insuffisante, on en pratique une seconde sur le bras gauche.

5 - Zohar II 33a sur 1:7 - 1:8 - 1:9 Le Saint, béni soit-Il, ayant vu que tous les anges messagers se préparaient de porter des accusations, dit immédiatement a Satan : "D'où viens-tu ? " Le Saint, béni soit-Il, ne savait-il donc pas d'où Satan venait ?—Mais il voulait, par cette demande, amener Satan a parler du sujet qu'il voulait. L'Ecriture dit: "Le Seigneur dit a Satan : D'où viens-tu ? Et Satan lui répondit: J'ai fait le tour de la terre et je l'ai parcourue tout entière". Nous inférons de ces paroles que la direction de la terre est confiée a des chefs célestes, excepté celle de la Terre sainte. Comme Satan disait : ""De naviguer sur terre et d'y cheminer ", le Saint, béni soit-Il, prévit qu'il voulait requérir contre Israël ; et c'est pourquoi l’Ecriture ajoute immédiatement après : "As-tu mis ton cœur sur mon serviteur Yove ? Non, il n'est pas sur terre d'homme semblable à lui ?" C'était le moment de donner sa part a Satan, afin de l'occuper ainsi et de détacher sa pensée d'Israël, ainsi que cela a été déjà dit. Ce cas est comparable à celui d'un pasteur qui veut faire passer un fleuve a son troupeau, etc. Aussi Satan se jeta- t-il immédiatement sur sa victime et ne requit plus contre Israël. L'Ecriture ajoute: " Le Satân répondit à Yhwh et dit : "Est-ce gratuitement que Yove frémit d'Elohim ?" Est-ce étonnant, disait Satan, qu'un serviteur craigne son maître qui lui accorde tous ses désirs ! Prive-le de ta providence, et tu verras alors s'il te craint réellement ou non. Remarquez que, lorsqu'Israël est en détresse, il se libère des accusations de Satan en lui jetant sa part. De là vient le sacrifice du bouc qu'on doit offrir le premier jour de chaque mois, ainsi que le jour du grand pardon ; Satan étant occupé de sa part néglige de requérir contre Israël. Dans le cas de Job, il était nécessaire d'accorder a Satan une victime issue d'Abraham, ainsi qu'il est écrit : "Apres cela, on vint dire à Abraham que son frère Nachor avait eu de sa femme Melcha plusieurs fils. Oust son aîné', etc‘ (Gen. 22:20). Remarquez en outre qu'au moment ou Satan dit a Dieu : " De naviguer sur terre et d'y cheminer ", il se proposait de requérir contre Israël, et cela en raison de la faute commise par Abraham en ne blessant pas Isaac après que celui-ci eut été lié sur l'autel : car Abraham n'avait point le droit de changer un sacrifice déjà placé sur l’autel contre un autre, ainsi qu'il est écrit : "Et le sacrifice ne pourra être changé, etc" (Lév. 27:10). Or, Isaac avait été déjà placé sur l'autel ; et cependant Abraham le changea contre un bélier, sans avoir blesse son fils auparavant. De même que contre Abraham, Satan requerrait également contre Joseph, et cela pendant plusieurs générations. Dans toutes ses requêtes, Satan se basait sur la justice. Aussi, a partir du moment ou Isaac fut changé contre un autre sacrifice, le Saint, béni soit-Il, se chargea de procurer à Satan une victime issue de la race d'Abraham, ainsi qu'il est écrit : "Nachor avait eu de sa femme Melcha plusieurs fils. Outs son aîné, etc‘ (Gen. 22:20). Pour éloigner Satan de tous les descendants d'Abraham, Dieu lui offrit une victime issue de la même race. Pourtant, tout ce que Dieu fait est base sur la justice et l’équité ; et, de même que Job avait juge, il a été juge. Car Job était un des conseillers intime du Pharaon ; et quand le Pharaon prit la décision de tuer les Israélites, Job l'en dissuada et lui dit : Dépouille-les de leur argent et opprime les par des travaux pénibles, mais ne les tue pas.

6 - Zohar I 224a-b sur 1:21 Un mystère de la tradition explique ainsi les paroles de l'Ecriture : "Et ils savaient qu'ils étaient nus" (Gen. 3:7). Cela veut dire: ils savaient réellement qu'il leur manquait cet habit précieux qui est forme des jours sans péché ; et ailleurs il est écrit : "Tes yeux m'ont vu lorsque j'étais encore informe; et tous sont écrits dans ton livre; les jours sont créés, et il n'en reste pas un seul" (Ps. 134:16). En effet, a Adam il n'est plus reste un seul jour; et aussi n'avait-il aucun habit pour se couvrir. Lorsqu'il a fait pénitence, le Saint, béni soit-Il, le reçut et le revêtit d'autres habits, mais non plus de ceux formés des jours, ainsi qu'il est écrit : "Le Seigneur Dieu fit a Adam et a sa femme des habits de peaux dont il les revêtit" (Gen. 3:21). Remarquez que l’Ecriture dit d'Abraham : "Il est venu avec les jours (ba bayamim)" (Gen. 14:1), parce qu'il était digne. Aussi, en quittant ce monde, trouva-t-il en haut tous les jours, de sorte qu'aucun des habits précieux qu'ils forment ne lui manquait. De Job, l’Ecriture dit : ""Nu je suis sorti du ventre de ma mère, et nu je retournerai là", parce qu'il ne lui restait plus aucun habit pour s'en revêtir. Heureux le sort des justes dont tous les jours sont bien remplis. En quittant ce monde, ils s'unissent ensemble et forment [224 b] les habits précieux dont le juste est revêtu et a l'aide desquels il arrive à jouir des délices du monde futur et a ressusciter au moment de la résurrection ; car tous ceux dont les âmes sont revêtues des habits formes des jours ressusciteront, ainsi qu'il est écrit : "Et ils se lèveront debout comme les vêtements" (Job 38:14). Malheur aux coupables de ce monde a qui les jours pendant lesquels ils ont commis des péchés manqueront dans le monde futur où ils ne trouveront de quoi se vêtir.

7 - Zohar II 32b sur 2:3 - 2:5 Et ailleurs il est écrit : "Le Seigneur te garde de tout mal" (Ps. 121:7). Il résulte donc de ces versets que le Saint, béni soit-Il, voit toutes les œuvres que l'homme accomplit dans ce monde, les bonnes autant que les mauvaises, ainsi qu'il est écrit : "L'homme peut-il se cacher devant moi, de sorte que je ne le voie, dit le Seigneur" (Jér. 23:24). Rabbi Yehouda lui répondit : En effet, c'est ainsi ; mais, remarquez que l’Ecriture dit : " envoie donc ta main, touche à ses os, à sa chair, etc." Et un peu plus haut il est écrit : " Mais tu m'incites contre lui à l'engloutir gratuitement ". Ces paroles nous démontrent que Satan a l'autorisation de requérir contre les hommes qui ne méritent point de tomber entre ses mains. Quant a la raison pour laquelle le Saint, béni soit-Il, donne pareille autorisation a Satan, c'est un mystère ; et l'homme est indigne d'approfondir les mystères des lois divines ; il n'est pas permis aux hommes de s'appliquer a pénétrer les raisons des lois divines et les mystères de la Loi, si ce n'est aux justes, amis de la vérité, qui connaissent les mystères et qui marchent dans la voie de la Sagesse.

8 - Zohar II 33a sur 2:5 - 2:6 Pour éloigner Satan de tous les descendants d'Abraham, Dieu lui offrit une victime issue de la même race. Pourtant, tout ce que Dieu fait est basé sur la justice et l’équité; et, de même que Job avait juge, il a été juge. Car Job était un des conseillers intimes du Pharaon ; et quand le Pharaon prit la décision de tuer les Israélites, Job l'en dissuada et lui dit : Dépouille-les de leur argent et opprime-les par des travaux pénibles, mais ne les tue pas. Alors le Saint, béni soit-Il, lui dit: Je jure par ta vie qu'il t'arrivera la même chose que tu as conseillée au Pharaon, ainsi qu'il est écrit : ", envoie donc ta main, touche à ses os, à sa chair, etc." Ainsi, il a été jugé comme il avait jugé les autres. Bien qu'en toute autre occasion Job craignit le Seigneur, il avait péché contre Dieu en donnant ce mauvais conseil au Pharaon. Remarquez que l’Ecriture ajoute : "... mais préserve son Néfesh ". Ainsi, Dieu autorisa Satan a exercer son pouvoir sur la chair de Job, en raison du mystère renfermé dans les paroles suivantes : "La fin de toute chair est venue devant moi" , ainsi que cela a été déjà expliqué .L'Ecriture dit : "La fin de toute chair...",et non pas : "La fin de toute vie..." Car la "Fin" émane du coté des ténèbres, ainsi qu'il est écrit : "Il a mis une fin aux ténèbres, etc.." (Gen. 6:13). Car il y a une autre "Fin" qui émane du côté droit, et que l'Ecriture désigne sous le nom de "Fin du côte droit". C'est pourquoi Dieu n'autorisa la "Fin du côté gauche", qui émane des ténèbres, a s'attaquer qu‘aux os et a la chair de Job "nais non pas à sa vie".

9 - Zohar III 43a sur 3:3 Remarquez qu'au moment où l'homme se sanctifie pour s'unir conjugalement à son épouse, un esprit sacré réveille un autre esprit saint composé de mâle et femelle ; et le Saint, béni soit-Il, fait signe à un messager céleste prépose à la grossesse et lui confie ce dernier esprit en lui indiquant l'endroit où il doit le déposer, ainsi qu'il est écrit : "Et la nuit dit : ÇUn mâle est conçu". La nuit dit a ce chef céleste mentionne: Un homme est conçu d'un tel. Le Saint, béni soit-Il, donne a l'esprit destiné a descendre ici-bas des conseils et lui fait des exhortations, ainsi que cela a été dit. L'esprit descend alors accompagné d'une image ; cette image accompagnait déjà l’esprit t en haut au moment de la conception, et c'est avec la même image que l'esprit descend en ce monde. Tant que cette image se tient près de l'homme, celui-ci peut subsister sur la terre. C’est pourquoi le roi Salomon exhorte les hommes en disant : "... Jusqu’à ce que le jour se lève et que les ombres disparaissent" (Cant. 2:17). Il parle de deux ombres.

10 - Zohar III 43a sur 3:3 C'est donc a cause de la lumière de la lune que le mot "Meoroth" est écrit de façon incomplète (dans Gen. 1 :16 : Dieu dit : "Qu'il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit; qu'ils servent de signes, tant pour les fêtes que pour les jours et les années) ; car, outre que sa lumière est cause d'une maladie enfant, sa lumière est inférieure a toutes les autres, et parfois même elle est obscurcie et ne reçoit plus sa nourriture du soleil. L’Ecriture ajoute: "...Dans le firmament du ciel". C'est le firmament qui renferme toutes les lumières. Rabbi Isaac, au contraire, dit : C'est le firmament inférieur qui n'a aucune lumière de lui-même ; nous l'appelons "Malkouth", "ciel", "terre d’Israël" et "terre de vie". Ainsi, en disant "dans le firmament du ciel", I'Ecriture entend le firmament qu'on désigne sous le nom de "ciel". C’est pour ces raisons que le mot "Meoroth" est écrit sans la lettre Vav. Pourquoi plutôt cette lettre qu'une autre ? Parce que, sans le Vav, qui est le symbole de l'Esprit saint, c'est la mort qui règne dans le monde. Par les mot « iehi meoroth (que les lumières soient faites) mots écrits de façon incomplète, l’Ecriture fait allusion à la femelle des démons appelée "Lilith", qui a reçu l'autorisation de résider dans le monde. C'est également a elle que font allusion les paroles de l’Ecriture: " Petits et grands sont là, et le serviteur libre de son maître ", et ailleurs : "Le Seigneur fera voir sa magnificence en ce lieu-là ..; les vaisseaux à rames ne prendront point leur route par là et la grande galère n'y passera point" (Isa. 33:21). C'est pourquoi également l'Ecriture ajoute : "C'est là où "Lilith" se retire ; cest là où elle trouve son repos" (Isa. 34:14). Rabbi Eleazar dit : Le mot "Meoroth" (lumières) est écrit de façon incomplète parce que les lumières dont nous jouissons ici-bas ne sont que le reflet des lumières supérieures, tel un fer-blanc réfléchissant la clarté d'une chandelle.

12 - Zohar I 179b sur 3:26 Rabbi Siméon a en outre commencé à parler de la manière suivante: Il est écrit : " Je ne m'apaise pas, je ne me calme pas, je ne me repose pas: l’exaspération est venue ". Remarquez combien nombreuses sont les peines des justes en ce bas monde; ils sont accablés de maux sur maux, de souffrances sur souffrances, pour devenir dignes du monde suprême. Combien Jacob n'a-t-il pas souffert! Le verset cite s'applique à lui: "Je n'ai pas conservé de repos", dans la maison de Laban, dont je ne pus me séparer de bon gré. Le terme "de tranquillité" désigne la douleur que Jacob éprouva lorsqu'il se vit persécuté par Esau et son ange tutélaire Le terme "et de sérénité" désigne la peine que Jacob éprouva lors de la séduction de Dina. La phrase: "Et la colère est tombée sur moi" désigne la douleur que Jacob éprouva à la suite de la vente de Joseph par ses frères, douleur d'autant plus grande que Jacob aimait ce fils plus que tous les autres, parce qu'il était l’image du mystère de l'Alliance. Mais, après tant de souffrances endurées, Dieu récompensa Jacob par l'objet même qui causait sa douleur...

13 - Zohar III 215a sur 4:7 Phinéès, fils d'Eléazar, fils du prêtre Aaron, a détourné ma colère de dessus les enfants d’Israël" (NOMB. 25:11). Rabbi Yehouda commença a parler ainsi : " Souviens-toi donc ! Quel innocent a péri ? Ou bien des équitables ont-ils été exterminés ?... Une tradition nous apprend que celui qui voit l'arc-en-ciel avec ses diverses couleurs doit prononcer la parole suivante: "Béni soit Celui qui se souvient de l'alliance". Car l'arc-en-ciel est l’emblème de l'Alliance sacrée que le Saint, béni soit-Il, a faite [215a] avec la terre, pour ne plus la ravager par un déluge. Et quand le nombre des coupables est grand en ce monde, le Saint, béni soit-Il, rappelle a la terre que, s il n'y avait pas le serment qu'il a prêté, il l'exterminerait. Car Dieu a juré de ne plus ravager la terre, puisqu'il a répété deux fois la négation: "Je ne répandrai plus ma malédiction sur la terre... Je ne frapperai plus tout ce qui est vivant et animé" (Gen. 8:21). Cette répétition équivaut a un serment, ainsi qu'il est écrit: "Comme ° j'ai juré a Noé de ne plus répandre sur la terre les eaux du déluge... " (Isaïe 54:9).

14 - Zohar I 8b (annexes) sur 4:9 Rabbi Hisda dit ; Le saint, béni soit-Il, ne fait jamais servir la rigueur contre les coupables, sans avoir préalablement consulté les âmes des justes, ainsi qu’il est écrit : " ils périssent; par le souffle (nishmath) de sa narine ".

14 - Zohar I 244a sur 6:15 Il est écrit : "Gad combattra tout arme a la tête d’Israël, et il retournera ensuite couvert de ses armes" (Gen. 49:19). Rabbi Yessa dit: C‘est du nom de Gad que nous inférons que des armées feront la guerre à la fin des temps car le nom de Gad est composé des deux lettres Ghimel et Daleth dont l'une donne et l'autre reçoit. Remarquez que le fleuve dont les eaux ne tarissent jamais est symbolisé par le Ghimel ; car c'est lui qui nourrit tous les mondes. Gad était l'image de ce fleuve. Rabbi Isaac dit : Si Gad n'avait pas été le fils d'une des servantes de Jacob, il serait arrive à un degré supérieur, ainsi qu'il est écrit : "A la bonne heure (bagad) !" (Gen. 30:11). Le mot "bagad" est écrit sans Aleph, parce que Gad était le fils d'une servante, en raison de quoi l'Aleph lui a été ôté, ainsi qu'il est écrit : " Mes frères passent devant moi (bagdou) comme un torrent" Ce verset fait allusion au fleuve céleste qui s’était retiré de Gad, à la suite de quoi l'Aleph lui a été ôté. C’est également pour la même raison que Gad n'a pas eu de part dans la Terre sainte.

15 - Zohar II 142b sur 7:2 Un chef céleste du nom de "Idoumiàm", qui porte le sceau gravé et servant à rendre authentiques les arrêts du tribunal céleste descend pendant cette nuit, accompagné de nombreux millions d'autres anges, chargées d’ôter l'ombre à tous ceux qui doivent mourir dans le courant de l'année ; ils portent ensuite ces ombres en haut. Quand "Nephesh" voit les ombres qu'on enlève, il retourne dans la tombe et crie aux autres morts : Un tel va venir nous rejoindre. Si l’homme en question est digne, les morts se réjouissent de sa venue prochaine; sinon, tous crient: Hélas ! Les ombres remontées en haut sont remises à ce serviteur fidèle qui porte le nom de Métatron. Celui-ci s’empare de l'ombre et la place a l'endroit qui lui est assignée, ainsi qu'il est écrit: "Comme un esclave soupire après l'ombre..." A partir de ce moment, on assigne une place a la ’Neschama’, au ’Rouah’ et au ’Nephesh’ de l'homme qui doit bientôt arriver. Car tout "Nephesch" ne demeure pas près du corps; il y en a qui ne trouvent jamais de repos. Ceux qui se séparent du corps dès le moment de la mort ne trouvent pas de repos ; et c'est d'eux que l’Ecriture dit: "Et l'âme (Nephesh) de vos ennemis sera agitée et jetée bien loin comme une pierre lancée par une fronde avec grand effort" (1 Rois 25:29). Un tel "Nephesch" erre constamment dans le monde et ne trouve de repos ni jour ni nuit; c'est le châtiment le plus terrible de tous.

16 - Zohar I 77b sur 7:9 Lorsque le corps est souillé, l’âme qui en sort plane dans l'air pur des régions supérieures ; elle monte et descend; et les portes célestes ne s'ouvrent pas devant elle ; elle est constamment secouée comme la pierre de la fronde. Malheur à ces hommes ; car ils ne jouiront pas des délices qui sont la récompense des Justes en cet endroit. Leurs âmes seront confiées à l'ange Douma; elles descendront à l'enfer et n'en sortiront jamais; c'est d'elle que l’Ecriture dit: "La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas". Au moment où la voix céleste fait retentir ces paroles, une flamme sortant du côte nord se répand dans toutes les quatre directions; elle descend également en bas et pénètre entre les ailes du coq; et c'est ce qui le fait chanter à minuit Personne ne se lève, excepté les bienheureux qui aiment la vérité; ceux-ci se lèvent et se consacrent a l'étude de la doctrine ésotérique. Alors le Saint, béni soit-Il, et tous les justes qui sont avec lui dans le Jardin de l’Eden, écoutent la voix de ces bienheureux, ainsi qu'il est écrit : "O toi, qui habites dans les Jardins, les collègues sont attentifs à écouter ta voix fais-la moi donc entendre" (Cant. 8:13).

Zohar I 160b sur 7:9 Les portes du ciel sont appelées aussi "fleuves et "rivières" ; car ceux-ci se répandent dans les six directions du monde céleste. Et il y a aussi des portes de la mort et de enfer. La mort et l'enfer ne font qu'un ; or, la mort représente le principe femelle du mauvais côte, et l enfer le principe male. C'est pourquoi le Saint, beni soit-il, dit à Job : " La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas ". Mais, en même temps, le Saint, beni soit-il, dit a Job : Les portes de la mort t'ont-elles été ouvertes ? Et as-tu vu les portes de l'enfer ?" Cela veut dire: je les supprimerai pour toujours de ce monde, ainsi qu'il est écrit : "Il précipitera la mort pour jamais" (Is. 25:8).

Zohar II 150b sur 7:9 Aussi, heureux le sort de celui qui se propose toujours de faire pénitence ; car, alors même qu'il ne pourrait jamais y parvenir, le Saint, béni soit-Il, lui en tiendrait compte. en assimilant l'intention a l'acte. Cette assimilation n'a lieu que pour le "bon coté" ; la mauvaise intention, au contraire, n'est pas assimilée a l'action, excepte l'intention d'adorer les idoles, ainsi que les collègues l'ont dit. Mais ceux ; qui n'ont jamais eu l'intention même de faire pénitence descendront à l'enfer et n'en sortiront jamais en toute éternité; c'est d'eux que l'Ecriture dit: " La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas". Et ailleurs : "C'est le Seigneur qui ôte et qui donne la vie, qui conduit au Schéol et qui en retire" (I rois 2:6). Rabbi Yehouda dit: Nous avons appris que les coupable si dans l'enfer, sont châtiés par un feu brûlant jour et nuit, afin que le châtiment corresponde a la faute qui consistait dans le feu de la passion. Toutes les fois que l'homme se laisse entraîner par la chaleur de la passion que lui communique l'esprit tentateur, il attire le feu de l'enfer.

Zohar III 286a sur 7:9 La tradition nous apprend que les damnés dans l'enfer séjournent dans des compartiments divers, suivant le degré de leur culpabilité. Le plus profond de tous est le compartiment "Abadon" (perte), et la tradition nous dit que les damnés jetés dans "Abadon", [286a] appelé également "compartiment inférieur", n'en remontent jamais. L'homme qui y est jeté est perdu pour toute l’éternité et pour tous les mondes; car ce compartiment n'a pas de porte; c'est de ce compartiment que l'Ecriture dit: " La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas". Cependant l'Ecriture dit ailleurs : "Il fait descendre dans le Scheol, et il en fait remonter" (1 Rois 2:6). Dans un verset, il est question du Sclléol, et dans l'autre verset, il est question du Schéol inférieur qui n'a point d'issue. Ceux qui ne répondent pas "amen" par mepris pour la prière sont jetés dans ce compartiment.

Zohar I 217b sur 8:9 Rabbi Yéhouda lui dit : Comment sais-tu que tu vas mourir ? Rabbi Isaac lui répondit : D’abord, parce que mon âme me quitte chaque nuit et ne me montre plus de songes comme auparavant ; en outre, j’ai l’habitude , chaque fois que, dans ma, priere, j'arrive a la benédiction: "Sois beni, Sei~rneur, qui entends les prieres", de contempler sur le mur vers lequel j'ai le visage tourné la silhouette formée par mon ombre or, cette fois-ci, je ne vois plus ma silbouette, et j'en conclus que la proclamation de ma mort a éte déja faite en haut, puisque mon image est effacée, ainsi qu'il est ecrit : « L'homme ne passe qu'avec l'image » (Ps. 34), ce qui veut dire qu'aussi longtemps que l'image de l’homme n'est effacée, l'homme reste attaché a son âme et qu'il la gardera encore longtemps; mais aussitot que l'image est effacée au point de ne plus etre reproduite par l'ombre, l'homme va disparaître de ce monde. Rabbi Yehouda lui répliqua : Ce que tu dis resulte égale ment du verset suivant: " l'ombre de nos jours sur terre".

Zohar III 43b sur 8:9 L'image sainte se tient toujours au-dessus d'elle, jusqu'à ce qu'elle vienne en ce monde. [43 b] Dès qu'elle arrive en ce monde, l'image s'associe à elle et croit avec elle, ainsi qu'il est ecrit : "L'homme passe avec l'image" (Ps. 34:7). Les jours de l'homme dépendent de cette image, ainsi qu'il est écrit : " ... Oui, nous sommes d'hier; nous ne connaissons pas l'ombre de nos jours sur terre". En effet, c'est de l'ombre (image) que dépendent nos jours.

Zohar I 188b sur 9:7 Rabbi Hizqiya ouvrit une de ses conférences de la manière suivante : Il est écrit : "Il le dit au soleil: il ne brille plus, quant aux étoiles, il les scelle" Remarquez que le Saint, béni soit-Il, a créé sept étoiles principales sous ce firmament; et sous chaque firmament il y a d autres corps célestes qui, tous, sont sous les ordres des chefs célestes, créés pour chanter la gloire du Saint, béni soit-Il . Certains chefs des corps célestes sont charges de faire les messages de leur Maître et de surveiller les actes des hommes; d'autres, n'ont pour mission que de chanter la gloire de leur Maître; ces derniers sont également charges d'accueillir les louanges que les hommes adressent a Dieu.

Zohar I 189a sur 9:7 L’Ecriture dit: " Il le dit au soleil: il ne brille plus ". D’après Rabbi Siméon, ces paroles désignent Joseph. Et les paroles suivantes: ".. quant aux étoiles, il les scelle " désignent les frères de Joseph, ainsi qu'il est écrit "Et le soleil et la lune et onze étoiles m’adoraient" D'après une autre interprétation, les mots: " Il le dit au soleil" désignent Jacob au moment où ses fils lui tendirent la chemise de Joseph pour la reconnaître. Les mots: "... il ne brille plus" désignent Jacob durant l'époque où la Schekhina s’était retirée de lui. Les mots: " ... quant aux étoiles, il les scelle " signifient que Jacob avait été privé de toutes les lumières durant le temps qu'il restait séparé de Joseph son fils. Remarquez en outre que, depuis le jour ou Joseph fut séparé de Jacob, celui-ci s'abstint de relations conjugales; et il porta le deuil jusqu'au jour où la bonne nouvelle de Joseph lui fut annoncée. 8 Déployeur des ciels, lui seul ,marche sur les flots de la mer ;

Zohar II 35b sur 9:8 Le serpent qui entoure le monde, se tenant constamment roulé autour de la terre et qui y porte les malédictions. Il ne se réveille qu'une fois en cinquante ans ; et, s'il veut se dresser debout, [35 b] Dieu en brise la force. Le Saint, béni soit-Il, le foule constamment aux pieds, pour l’empêcher de se redresser, ainsi qu'il est écrit : "... Qui marche sur les flots de la mer". Et quand le serpent se redressera, alors s'accompliront les paroles de l’Ecriture : "En ce temps-la le Seigneur viendra avec sa grande épée, son épée pénétrante et invincible, pour punir Leviathan, ce serpent immense, Leviathan, ce serpent a divers plis et replis, et il fera, mourir la baleine qui est dans la mer" (Isaïe 27:2). Remarquez que le serpent vit sur la terre, alors que le poisson vit dans l'eau. La force du démon vivant dans l'eau n'est pas si grande que celle de celui vivant sur la terre ferme; et c'est pourquoi le mot "meoroth" est écrit sans Vav. Bien qu'a la fin des temps il doive y avoir rencontre entre le démon de la mer et celui de la terre ferme, ce ne sera pas ce dernier qui combattra le premier; ce sera le Saint, béni soit-Il, lui-même, qui tirera le démon de l'eau, à cause de son orgueil, ainsi qu'il est écrit : "Voici ce que dit le Seigneur Dieu: Je viens a toi, Pharaon, roi d'Egypte, grand dragon qui te couches au milieu de tes neuves, etc." (Ezech. 29:3).

Zohar II 76a sur 10:11 De la création de l'homme l’Ecriture dit : " Tu m'as vêtu de peau, de chair; d'os et de nerfs, tu m'as couvert". Certes, la peau, la chair, les os et les nerfs ne constituent pas l'homme, attendu que l'âme seule constitue l’individualité de l'homme. La peau, la chair, les os et les nerfs forment seulement l'enveloppe de l'homme: ils constituent son habit, mais ne sont nullement l'homme, attendu que, quand l'homme meurt, il est dépouillé de toutes ces enveloppes. Cependant, bien que le corps de l’homme ne constitue que l'accessoire, sa forme cache un mystère suprême, ainsi que notre maître avait explique les paroles du verset suivant : "Toi qui es revêtu de la lumière comme d'un vêtement, et qui étends le ciel comme une tente..." (Ps. 104:2). De même que Dieu forme le point intérieur, et que toutes les légions célestes et tous les cieux ; ne forment que le vêtement, de même l’homme c'est l’âme intérieure, alors que toutes les parties du corps n'en sont que le vêtement. Voilà pourquoi l'Ecriture dit : "Et Elohim créa l'homme à son image" (Gen. 1:27). Dans ce verset, figure deux fois le mot "Elohim" pour correspondre au Principe mâle et au principe femelle.

Zohar III 199b sur 12:20 Mais le Saint, béni soit-Il, " Il retire le flux des orateurs, et confisque le goût des vieillards" Les mots: " retire le flux des orateurs" désignent la génération de la Tour de Babel. Les mots: " ... confisque le goût des vieillards" se rapportent a Balaam et a Balac. Tous leurs actes étaient accomplis dans une mauvaise intention ; tous deux avaient prépare des autels; mais Balaam s'attribua a lui seul le mérite, et il dit à Dieu: "J'ai prépare sept autels". Dieu lui répond : Impie, je sais tout; retourne auprès de Balac et tu lui parleras ainsi. D’après une autre explication, les mots: " ... confisque le goût des vieillards" s'appliquent aux anciens de Madian et de Moab qui sont allés consulter Balaam en emportant avec eus des objets de sorcellerie. [200a] "Balaam leur répondit : Demeurez ici cette nuit et je vous dirai tout ce que le Seigneur m'aura déclaré" (Nom. 22:8) La nuit est propice aux magiciens, et c'est pourquoi il leur demandait de passer chez lui la nuit, pour qu'il eût le temps de consulter les mauvais esprits. 21 Il répand le mépris sur les notables, et détache la ceinture des agresseurs. 22 Il découvre les profondeurs de la ténèbre, et sort, à la lumière, l’ombremort.

Zohar I 30b sur 12:22 Aussitôt que les lettres furent gravées sur le sceau de Dieu, le grand serpent et ses légions disparurent de la surface du monde et furent relégués sous les ouvertures de la terre conduisant a l’abîme, a une profondeur de mille cinq cents aunes. Mais le profond abîme rendit, plus tard, les démons a la surface de la terre qui fut, la la suite, entièrement voilée de ténèbres, jusqu'au jour ou la lumière céleste, dissipant les ténèbres, vint éclairer le monde, ainsi qu'il est écrit : "Il découvre les profondeurs de la ténèbre, et sort, à la lumière, l’ombremort". Les eaux ont été pesées sur une balance.

Zohar I 32a sur 12:22 Ce n'est que par la comparaison des ténèbres avec cette lumière qui se répandra dans le monde a la fin des temps, que les ténèbres seront reconnues ce qu'elles sont en réalité. C’est pourquoi, après avoir dit : " Et Elohim appela la lumière jour", l’Ecriture ajoute : "...Et il appela les ténèbres nuit". attendu que ce n'est que par la comparaison avec la lumière que les ténèbres paraissent ce qu'elles sont en réalité. C'est pourquoi nous savons par une tradition que le verset : " Il découvre les profondeurs de la ténèbre" doit être interprété de façon analogue. Que signifient les mots "découvre dans les ténèbres" ? Est-ce a dire qu'il découvre les choses cachées dans les profondeurs ? Pourtant nous savons que l'Ecriture fait allusion aux couronnes célestes qui sont les plus cachées. Pourquoi donc l’Ecriture parle-t-elle de "profondeurs", alors que les couronnes célestes sont dans les régions supérieures. Rabbi Yosse dit: Le sens de l'Ecriture est celui-ci: Il fait découvrir les Mystères suprêmes dans les ténèbres symbolisées par la nuit, c'est-à-dire qu'on ne saurait apprécier la lumière qu'en la comparant avec les ténèbres. Lorsque l'homme est arrivé à ce degré d'entendement, il voit la lumière dans les ténèbres mêmes; tel est le sens des paroles de l'Ecriture : "Et la lumière de la lune sera aussi éclatante que celle du soleil" (Isaïe 30:26).

Zohar I 145a sur 13:24 De même on trouve dans Job : " Me comptes-tu pour ton ennemi (oëb)". Ainsi le "iyob", c’est-à-dire Job, a été transformé en le mot "oïeb", ainsi que cela a été expliqué. Zohar I 6b sur 14:11 Depuis que l'essence divine appelée "Je" est dans l'exil, les eaux de ce fleuve ont tari et ne répandent plus de lumières comme précédemment. C’est à ce fleuve que font allusion les paroles de l’Ecriture : "le fleuve tarit, il est sec". Les deux expressions "tarir" et "sécher" désignent le premier et le second temples de Jérusalem.

Zohar I 186b sur 14:11 Les eaux d'en haut tarissent également ainsi qu'il est écrit : "11 Les eaux de la mer s'épuisent; le fleuve tarit, il est sec". Comme l'homme est formé ici-bas sur le modèle d'en haut. il s'ensuit que l'homme qui laisse tarir sa source et qui ne produit pas de fruits ici-bas, soit qu'il ne veuille pas prendre femme, soit qu’il prenne une femme incapable d'avoir des enfants, soit enfin qu'il cohabite avec sa femme de façon contre nature, commet un crime irréparable ; et c'est a lui que s'appliquent les paroles de l'Ecriture : "La faute ne peut jamais plus être réparée" (Eccl. 1:15).

Zohar III 219a sur 14:20 &15:2 Le Pasteur Fidèle dit: Que signifient les paroles : "Un vent passa ('abra) par lui » (15:2) ? "'Abra" veut dire colère, "'ebra"? un des chefs des mauvais esprits. Pour dépister le mauvais esprit, il faut changer de résidence, de nom et de conduite. Abraham a agi de la sorte ; il a quitte ,son pays ; il a changé son nom , et il a changé de conduite. Quand Dieu chassa Adam du Jardin d'Eden, il transforma sa physionomie, ainsi qu'il est écrit : " tu (flétries) changes ses faces et le renvoies". Quand un mauvais esprit passe et que l'homme a changé de nom, il voit "qu' il n’est plus", et il ne reconnaît plus sa place. C'est pourquoi les maisons impures sont reblanchies et dans d'autres cas détruites. Un arbre qui ne produit pas, on le greffe; de même un homme qui réside dans une ville habitée par des impies, où il ne peut se conformer aux préceptes de la Loi, doit changer de résidence et aller vivre au milieu de gens pieux et ou se trouvent des maîtres de la Loi. La Loi est appelée "arbre", et les commandements sont ses "fruits". La Loi sans les pratiques est appelée "stérile".

Zohar I 219a sur 14:22 Rabbi Yehouda dit: Pendant les premiers sept jours qui suivent la mort, l’âme va et vient entre la maison ou habitait le mort et le tombeau où repose le corps, car elle porte le deuil [219a] du corps, ainsi qu'il est écrit: " Mais sa chair contre lui s'endolorit; son être contre lui s'endeuille". L'âme revient ensuite a la maison et y voit tous ceux qui sont tristes et pleurent le mort. Une tradition nous apprend en outre que, pendant les sept jours qui suivent la mort, le corps reste ce qu'il était, alors que l'âme se promène ; tantôt elle va voir la place qui lui est réservée, tantôt elle rentre dans la "caverne double", ou les patriarches sont ensevelis; elle voit ce qui lui est donné a voir, et elle va partout où il lui est permis d'aller. Enfin, elle arrive a la porte du Jardin de l’Eden où elle rencontre les Kérouvim et où elle aperçoit l’épée étincelante du Jardin de l’Eden d'ici-bas.
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le Bahir(extraits)

26 Avril 2005 Publié dans #spiritualité

. Rabbi Neh’oniah ben HaKana dit : Un verset (Job 37:21) mentionne, "Et maintenant ils ne voient plus la lumière brillante (Bahir) dans les cieux (Shéh’aqim)..." Un autre verset, cependant, (Psaume 18:12), dit, "Il faisait de l’obscurité Son lieu caché." Il est aussi écrit (Psaume 97:2), "Nuage et obscurité l’entourent." C’est une contradiction apparente. Un troisième verset vient et réconcilie les deux. Il est écrit (Psaume 139:12), "même la ténèbre n’est pas ténèbre devant toi et la nuit comme le jour illumine."

§ 2. Rabbi Berakiah dit:

Il est écrit (Genèse 1:2), "La terre était Chaos (Tohu) et Désolation (Bohu). Quelle est la signification du mot "était" dans ce verset? Cela indique que le Chaos (Tohu) existait auparavant [et déjà était]. Qu’est-ce que le Chaos (Tohu)? Quelque chose qui déconcerte (Taha) les gens. Qu’est-ce que la Désolation (Bohu)? C’est quelque chose ayant de la substance. C’est la raison pour laquelle il est appelé Bohu, qui est, Bo Hou — "il est en lui ."

§ 3. Pourquoi la Torah commence t-elle avec la lettre Beith ? Pour qu’elle commence comme une bénédiction (Berakah). Comment savons-nous que la Torah est appelé "bénédiction" ? Parce qu’il est écrit (Deutéronome 33:23), "et rempli de bénédiction de Yhwh, possède la Mer et le Sud." La Mer n’est rien d'autre que la Torah, comme il est écrit (Job 11:9), "Elle est plus large que la mer." Quelle est la signification du verset, "et rempli de bénédiction de Yhwh ?" Cela signifie que chaque fois que nous trouvons la lettre Beith cela indique une bénédiction. Il est écrit (Genèse 1:1), "au commencement (BeReshit) [Dieu créa le ciel et la terre ."BeReshit est Beith Reshit.] Le mot "commencement" (Reshit) n’est rien d’autre que la Sagesse. Il est écrit (Psaume 111:10), "Le commencement de la sagesse, la crainte de Yhwh." La sagesse est une bénédiction. Il est écrit, "Et Dieu béni Salomon." Il est aussi écrit (I Rois 5:26), "Et Dieu donna la Sagesse à Salomon." Cela ressemble à un roi qui marie sa fille à son fils. Il la lui donne en mariage et lui dit, "Fais avec elle selon ton désir".

 § 4. Comment savons-nous que le mot Berakhah [ traduit habituellement par bénédiction] vient du mot Baroukh Hou [signifiant soit bénit-Il]? Peut-être cela vient il du mot Berek [ signifiant genou]. Il est écrit (Isaiah 44:23), "Pour moi chaque genou plie ." [Berakah peut donc signifier] sur le Lieu où chaque genou fléchi. A quoi cela est-il comparable ? Les gens veulent voir le roi, mais ne savent pas où trouver sa maison (Bayit). Ils demandent "Où est la maison du roi ?" Alors, seulement, ils peuvent demander, "Où est le roi ?" Il est écrit, "Pour moi chaque genou plie"— même le plus haut— "chaque langue jurera ."

§ 5. Rabbi Rahoumai s’assit et expliqua : Quel est la signification du verset (Deutéronome 33:23), "comblé de bénédiction de Yhwh, possédera la Mer et le Sud"? Cela signifie que partout où nous trouvons la lettre Beith il y a bénédiction. C’est la plénitude à laquelle il est fait référence dans le verset, "comblé de bénédiction de Dieu."De là, il nourrit ceux qui le demandent. c’est de cette plénitude que Dieu a tiré conseil. A quoi cela est-il comparable ? Un roi voulu bâtir son palais sur de grandes falaises. Il brisa les rocs et découvrit un grand flux d’eau vive. Le roi dit alors, "Puisque des eaux m’ont été données, je planterai un jardin. Puis je me réjouirai en lui, ainsi que tout le monde (olam) ." Il est donc écrit (Proverbes 8:30), " j’étais avec Lui comme un artisan, dans un enchantement jour après jour goûtant en sa présence des joies sans fin." La Torah dit, "Durant deux mille ans j’étais dans la poitrine du Saint, béni soit-Il, comme Son délice ."Le verset dit, "jour après jour." Chaque jour du saint, béni soit-Il, dure mille an, comme il est écrit (Psaume 90:4), "Mille années à vos yeux sont comme le jour d’hier qui s’est passé." Dès lors, par la suite, de temps en temps seulement, car il est dit : " sans fin ". Puis se sera pour tout le monde (leolam). Il est écrit (Isaiah 48:9), "[j’expirerai] pour vous Ma louange par Mon nez." Quelle est la signification de "Ma louange"? Comme il est écrit (Psaume 145:2), "Une louange de David : je t’exalterai [mon Dieu, O Roi, et je bénirai ton nom éternellement et pour toujours]."Pourquoi cette louange ? Parce que je " t’exalterai." Que signifie cette exaltation ? Parce que "je bénirai ton nom éternellement et pour toujours."

 § 6. Qu’est-ce qu’une bénédiction ?

Ceci peut être expliqué par un exemple. Un roi avait planté des arbres dans son jardin . Même s’il pleuvait, il fallait les arroser. Même si le sol était mouillé et regorgeait d’humidité, il devait tout de même les arroser. C’est pourquoi il est écrit : (Psaume 111:10), "Le début de la Sagesse, c’est la crainte de Yhwh, la bonne intelligence est pour ceux qui pratiquent (Sa louange éternellement)." Vous pouvez penser qu’il manque quelque chose. C’est pourquoi il est écrit, "Sa louange éternellement ."

 § 7. Rabbi Amorai s’assit et expliqua :

Quel est la signification du verset (Deutéronome 33:23), "comblé par la bénédiction de Dieu , la Mer et le Sud sont ta possession (ton héritage)" ? Moïse disait, "Si vous suivez mes lois, vous hériterez à la fois de ce monde et du monde à venir." Le Monde à venir est semblable à la mer, comme il est écrit (Job 11:9), "Elle est plus large que la mer ." Le monde actuel désigne le Sud. C’est pourquoi il est écrit (Josué 15:19), "Puisque tu m’as relégué au pays du Néguébh". Le Targoum traduit cela par, " la terre du sud".  § 8 - Pourquoi Dieu a t-Il ajouté la lettre Hé au nom d’Abraham, plutôt qu’une autre lettre ? Ceci afin que toutes les parties du corps de l’homme soient dignes de vivre dans le Monde à venir, qui est semblable à la mer. D’une certaine manière, l’Edifice a été achevé dans Abraham. (En ce qui concerne cette Edifice) il est écrit (Genèse 9:6), "Dans l’image d’Elohim, Il fit Adam ." La valeur numérique d’Abraham est 248, nombre des articulations du corps d’Adam.

 § 9. Quel est la signification de (Deutéronome 33:23), "(Comblé de bénédiction de Yhwh, la Mer et le Sud sont ta) possession (Yirashah )?" Il aurait suffit que le verset dise, "possède (Rash wr) (la Mer et le Sud)." Mais cela vient nous enseigner que Dieu doit aussi être inclus. Le mot Yirashah contient ainsi Rash et les lettres YH signifiant, "possède Yah (Dieu)". A quoi cela est-il comparable ? Un roi avait deux trésors, dont un qu’il avait caché au loin (mis en réserve). Le temps ayant passé, il dit à son fils, "Prends ce qu’il y a dans ces deux trésors." Le fils répondit, "Peut-être ne me donneras-tu pas ce que tu as mis en réserve." Le roi dit, "Prends tout." C’est pourquoi il est écrit, "la Mer et le Sud, sont ta possession." Possède Dieu (YH Rash) — tout vous sera donné si vous suivez simplement Mes voies.

 § 10. Rabbi Boun dit :

Quel est la signification du verset (Proverbes 8:23), " Du monde (me-olam) , je fus fondé en précédant l’origine de la terre". Quelle est la signification "d’éternité (Me -OLAM.)?" Cela signifie qu’il doit être dissimulé (ha - élém) du monde. Comme il est écrit (Ecclésiastes 3:11), "Il a mis aussi le monde (ha Olam) en leurs coeurs" , ne lit pas Ha-Olam (le monde), mais hal - élam (la dissimulation). La Torah dit, "J’ai précédé le début de la création." Il est écrit, "Je fus fondé dès le commencement". Vous pourriez penser que la terre fut avant elle (Torah). Il est donc précisé, "avant la terre ." Il est donc écrit (Genèse 1:1), "Au commencement Elohim a créé le ciel et la terre ." Quelle est la signification de "a créé" ? Il créé tout ce qui est nécessaire pour toutes choses. Puis Elohim. Et seulement après il est écrit "le ciel et la terre ."

 § 11 : Quelle est la signification du verset (Ecclésiaste 7:14), "Ainsi l’un comme l’autre ont été faits par Elohim". Il créa le Bohu (Désolation) et le plaça dans la Paix, et Il créa le Tobu (Chaos) et le plaça dans le Mal. Le Bohu est dans la Paix, comme il est écrit (Job 25:2), "Il a fait la paix dans Ses hauteurs". Cela nous enseigne que Mikael, le prince à droite du Saint, béni soit-il, est eau et grêle, tandis que Gabriel, le prince à gauche du Saint, béni soit-il, est feu. Les deux sont réconciliés par le Prince de la Paix. C’est la signification du verset, "Il fait la paix dans Ses hauteurs".

 § 12 : Comment savons-nous que ce Johu est dans le Mal? Il est écrit (Isaïe 45:7), "Il a fait la paix et créé le mal". Comment cela ?Le mai est un Tohu, tandis que la Paix est un Bohu. Il créa le Tohu et le plaça dans le Mal, comme il est écrit, "Il a fait la paix et créé le mal". Il créa le Bohu et le plaça dans la Paix, comme il est écrit "Il a fait la paix dans Ses hauteurs".

 § 13 : Rabbi Boun s’assit et expliqua : Quel est la signification du verset (Isaïe 45:7), "Il forme la lumière et crée la Ténèbre" ? La lumière a de la substance. Donc, le terme "Yetsirah" (Formation) est employé à son égard. La ténèbre n’a aucune substance, c’est pourquoi le terme "Beriah’ (Création) est utilisé. Ceci d’après (Amos 4:13), ‘Il forme les montagnes et créé le vent. " il y a une autre explication à cela : La lumière a une réelle existence, comme il est écrit (Genèse 1:3), "Et Dieu dit, que la lumière soit". Quelque chose ne peut pas être amené à l’existence à moins qu’elle ne soit faite. Le terme Yetsirah" (formation) est donc employé. Dans le cas de la Ténèbre, cependant, il n’y avait aucun fait, seulement la séparation et la différenciation. C’est pour cette raison que le terme "Beriah " (Création) est employé. Il a le même sens que dans l’expression, "Cette personne recouvre la santé (hiBria)".

 § 14 : Pourquoi la lettre Beith est-elle fermée de tous côtés et ouverte vers l’avant ? Cela nous enseigne qu’il s’agit de la Maison du monde, Le Saint, béni soit-il, est le lieu du monde, et le monde n’est pas Son lieu. Ne lis pas Beith, mais Bayit (maison). Il est écrit (Proverbes 24:3), "C’est par la sagesse qu’une maison s’élève, Et par l’intelligence qu’elle s’affermit’.

 § 15 : A quoi le Beith ressemble-t-il ? Il est semblable à un homme formé par la sagesse. Il est fermé de tous côtés, mais ouvert vers l’avant. Le Alef, cependant, est ouvert vers l’arrière. Cela nous enseigne que la queue du Beith est ouverte derrière. Sans cela ‘ l’homme ne pourrait exister. Pareillement, s’il n’y avait pas de 8eith sur la queue du Alef, le monde ne pourrait exister.

 § 16 : Rabbi Raboumai dit : L’illumination a précédé le monde, puisqu’il est écrit (Psaume 97:2), "Nuées, et Ténèbre l’entourent", Il est aussi écrit (Genèse 1:3.), "Et Dieu dit, que la lumière soit, et la lumière fut. " lis lui dirent, "Avant la création d’Israël, ton fils, lui avais tu préparé une couronne?" Il répondit oui. À quoi cela est-il comparable? Un roi languissait de son fils. Un jour il trouva une belle couronne précieuse, et il dit, "elle sera pour la tête de mon fils" * lis lui dirent, "Es-tu certain que ton fils soit digne de cette couronne?" Il répondit, "C’est ainsi. C’est ce qui jaillit dans ma pensée." Ainsi qu’il est écrit (2 Samuel XJV. 14) ; ‘il pense des pensées’ (vehashavmahashvoth)".

 § 11 : Rabbi Amorai s’assit et expliqua: Pourquoi le Aief est il au début? Parce qu’il fut avant tout, même avant la Torah. § 18 : Pourquoi Beith le suit-il ? Parce qu’il fut premier. Pourquoi a-t-il une queue? Pour indiquer le lieu d’où il vient. Certains disent que par cela le monde est soutenu.

 § 19 : Pourquoi le Guimel est-il troisième ? Il a trois parties, nous enseignant qu’il accorde (gomel) des bienfaits. Mais Rabbi Akiba dit que le Guimel a trois parties parce qu’il accorde, croît, et soutient. Comme il est écrit (Genèse 21:8), "L’enfant grandit (gadol), et fut sevré (gomel)". Il dit: c’est mon explication. Il croissait et accordait des bienfaits à ses voisins et ses proches.

 § 20 : Et pourquoi y a-til une queue au bas du Guimel? Il dit: Le Guimel a une tête au-dessus, et est comme un tube. Comme un tube, le Guimel attire par sa tête, et disperse par sa queue. C’est le Guimel.

 § 21 : Rabbi Yohanan dit : Au deuxième jour les anges furent créés, comme il est écrit : ‘il forme avec les eaux le faite de sa demeure’ (Ps. 104:3), il est également écrit: "Il fait des vents ses messagers, des flammes de feu ses serviteurs" (Ps. 104:4). Rabbi Levitas ben librous répondit : tout le monde l’admet et Rabbi Yoh’anan suppose que les eaux existaient déjà, mais en ce qui concerne le deuxième jour, il est écrit : ‘il forme avec les eaux le faîte de sa demeure" (Ps. 104:3). Qui est celui qui "chemine sur les ailes du vent’ ?Alors que les "messagers" ne furent créés que le cinquième jour.

 § 22. Tous admettent qu’aucun ne fut créé le premier jour. Il ne devrait donc pas être dit que Mikael étendait le ciel au sud, et que Gabriel l’étendait au nord, tandis que le Saint, béni soit-Il, ordonnait le centre. Ainsi qu’il est écrit: "Moi, Yhwh, j’ai fait toutes choses, seul j’ai déployé les cieux, seul j’ai étendu la terre, qui était avec moi ?" (Esaïe 44:24). Ce verset est lu "mi iti" : "qui était avec moi ?" Bien que nous lisions le verset "de Moi" . le suis celui qui a planté cet arbre afin que tout le monde s’en réjouisse. Et en lui, j’ai répandu le Tout. le l’ai appelé Tout (kol) parce que tous dépendent de lui, tous émanent de lui, et tous ont besoin de lui. lis le regardent et l’attendent, et par lui, les âmes voient dans la joie. ‘J’étais seul quand je l’ai fait, afin qu’aucun ange ne puisse se lever et dire: je t’ai devancé. J’étais aussi seul lorsque j’ai étendu Ma terre, dans laquelle j’ai planté et enraciné cet arbre. le me suis réjoui avec eux et en eux. Qui était avec Moi ? À qui aurai-je révélé ce mystère ?’

 § 23 Le rabbi Rahoumai dit : De tes paroles, nous pourrions conclure que le Saint, béni soit-il, a créé les besoins de ce monde avant de créer les cieux. Il répondit oui. À quoi cela est-il semblable ? Un roi voulut planter un arbre dans son jardin. il explora le jardin entier afin d’y trouver une source qui . amènerait l’eau pour nourrir l’arbre, mais il ne trouva rien. Il dit alors :’Je creuserai pour l’eau, et l’amènerai vers l’arbre pour le nourrir’. Il creusa et fit jaillir une source d’eau vive. Alors il plan ta l’arbre qui s’éleva et produit des fruits. Il était fructueux car ses racines étaient toujours bien arrosées.

§ 24. Rabbi Yanai dit : La terre fut créée avant les cieux, comme cela est écrit: terre et cieux" (Genèse 2:4). Lis lui dirent: n’est-il pas écrit: ‘Ies cieux et la terre"(Gen. 1: 1). Il répondit : À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait acheté un bel objet, mais qui était incomplet, alors il ne le nomma pas. Il dit : je le compléterai, lui préparerai un support et un lien, ensuite je le nomme rai’ * C’est ce qu’exprime : ‘7u as jadis fondé la terre"(Psaume 102:26) et ensuite : "les cieux sont l’ouvrage de tes mains’. De plus, il est écrit : "Il s’enveloppe de lumière comme d’un manteau; Il étend les cieux comme un rideau, Il forme avec les eaux le faîte de sa demeure’ (Psaume 104:2-3). Et il est écrit : ‘il fait des vents ses messagers, des flammes de feu ses serviteurs" (Psaume 104:4). Et enfin, il est écrit : "Il a établi la terre sur ses fondements, elle sera pour le monde et toujours (olam vaéd) (Psaume 104:5). Lorsqu’il fit son support, il le renforça. C’est pourquoi il est mentionné : "pour le monde et l’éternité". Quel est son nom ? "Vaéd" (et toujours) est son nom. Et le nom de son support est "Olam" (Monde). C’est pourquoi il est écrit : "pour le Monde et Toujours" `Olam vaéd".

 § 25. Rabbi Berahiah dit : Quelle est la signification du verset : "Et Elohim dit : qu’il y ait lumière et il eut lumière" (yéhiaurvayéhiaur) (Genèse 1:3) ? Pourquoi ce verset ne dit-il pas "et la lumière fut" (vehayah aur) ? À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait un bel objet, il le mit de côté jusqu’à ce qu’il ait trouvé une place pour lui, et alors il l’y plaça. C’est pourquoi il est écrit, " qu’il y ait lumière, et il y eut lumière" (vayéhi). Cela indique qu’elle existait déjà.

 § 26. RabbiAmoraidit: Quelle est la signification du verset ‘Yhwh est un homme de guerre" (Exode 15:3). Mar Rahoumai lui dit : Grand Ray, ne me demande pas conseil pour quelque chose d’aussi simple. Écoute-moi et je te conseillerai. Il lui dit : À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait nombre de belles habitations, il donna un nom à chacune. Chacune était meilleur que l’autre. Il dit, "je donnerai à mon fils l’habitation dont le nom est Aleph. Celle dont le nom est Yod est aussi belle, ainsi que celle dont le nom est Shin". Que fit-il ? il rassembla les trois, et fit un seul nom des trois et une seule maison. Il lui dit : Jusqu’à quand vas-tu continuer à dissimuler ton explication ? il répondit : Mon fils, Aleph est le commencement. Yod lui succède. Shin inclut tout le monde. Pourquoi Shin inclut tout le monde ? Parce qu’avec lui on écrit une réponse (Téshouvah).

 § 27. Les étudiants lui demandèrent : Qu’est-ce que la lettre Daleth ? Il répondit: À quoi cela est-il comparable ? Dix rois se trouvaient en un certain lieu. Tous étaient riches, mais un n’était pas aussi riche que les autres. Bien qu’il fût très riche, il était pauvre (Dal) par rapport aux autres.

 § 28. lis lui dirent : Qu’est-ce que la lettre Hé ? Il se fâcha et dit : Ne vous ai-je pas enseigné de ne pas m’interroger sur la dernière chose avant de l’avoir fait pour la première? lis dirent : Mais Hé vient après (Daleth). Il répondit: L’ordre devrait être Guimel, Hé. Pourquoi’ est-il Guimel, Daleth ? Parce qu’il doit être Daleth, Hé. Et pourquoi l’ordre est-il Guimel, Daleth ? Il leur dit : Guimel est à la place de Daleth, par sa tête, il est à la place de Hé. Daleth par sa queue est à la place du Hé.

 § 29. Qu’est-ce que la lettre Vav ? Il dit : Il y a un Hé supérieur et un Hé inférieur.

 § 30. Ils lui dirent : Mais qu’est-ce que le Vav ? Il dit : Le monde fut scellé par six directions. Ils dirent: Mais Vav n’est-elle pas une seule lettre ? Il répondit : Il est écrit :"ils "enveloppe de lumière comme d’un manteau" (Psaume 104:2).

 § 31. Rabbi Amorai demanda: Où est le jardin d’Eden ? 11 répondit : Sur terre.

 § 32. Rabbi Ishmael demanda à Rabbi Akiva : Quelle est la signification du verset : "et les cieux et la terre’ (éth hashmayim veéth haéréts) (Genèse 1:1) ? Si le mot "éth’ (un pronom accusatif hébreu, sans équivalence en français) était absent, nous penserions que "cieux" et "terre" sont des dieux. Il répondit : Par le Service Divin ! Tu peux accéder à la véritable signification, mais tu ne t’es pas assez étendu, c’est pourquoi tu parles de cette façon. Mais le mot ‘éth " [M41 (devant cieux) vient inclure le soleil, la lune, les étoiles et les constellations, tandis que (devant terre) il vient ajouter les arbres, les plantes, et le jardin d’Eden.

 § 33. lis lui dirent : Il est écrit : "Il a précipité la beauté d’Israël des cieux sur la terre." (Lamentations 2:1). Devons-nous comprendre qu’ils sont tombés ? Il répondit : Si vous l’avez lu, vous ne l’avez pas répété, et si vous l’avez répété, vous ne l’avez pas relu une troisième fois. À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait une belle couronne sur sa tête et un beau manteau sur ses épaules. Lorsqu’il entendit une mauvaise nouvelle, il ôta la couronne de sa tête et le manteau de ses épaules.

 § 34. lis lui demandèrent: Pourquoi la lettre H’eith est-elle ouverte ? Et pourquoi sa voyelle indique-t-elle un petit Patah ? Il répondit : Parce que toutes les directions (Rouah’ot) sont fermées, à l’exception du Nord, qui est ouvert pour le bien et pour le mal. lis dirent : Comment peux-tu dire que c’est pour le bien ? N’est-il pas écrit : "et je vis un vent orageux venant du Nord, un grand nuage et un feu brûlant" (Ezéckiel 1:4). Le feu n’est rien d’autre qu’un courroux, comme il est écrit: "Et le feu sortit devant Dieu, et il les consuma et les tua"(Lévitique 10:2). Il dit: Il n’y a pas de difficulté. Le second cas se produit lorsqu’israël accomplit la volonté de Dieu, tandis que dans l’autre cas Israël ne fait Sa volonté, alors le feu vient, l’attribut de miséricorde se déroule et l’entoure, comme il est écrit : ‘il supporte la faute et passe sur la rébellion" (Micah 7:18). § 35 - À quoi cela est-il comparable ? Un roi voulut punir et fouetter ses serviteurs. Un de ses gouverneurs se dressa et demanda la raison de cette punition. Après que le roi est décrit l’offense, le gouverneur dit : "Vos serviteurs n’ont jamais fait une telle chose. Je m’en porte garant jusqu’à plus amples informations." Dans l’attente, la colère du roi s’apaisa.

§ 36 - Ses étudiants demandèrent : Pourquoi est-ce que la lettre Daleth grossit-elle sur le côté ? Il répondit : A cause du Segol qui est dans le petit Pata’h. Ainsi qu’il est écrit (Psaume 24:7) : " Les portes (pit’hei) du Monde ". Il a placé un Pata’h au-dessus et un Ségol en dessous. C’est pour cette raison qu’il grossit.

§ 37 - Qu’est-ce que Pata’h ? C’est une ouverture (Peta’h). Que désigne cette ouverture? C’est la direction du nord, qui est ouverte au monde entier. C’est la porte d’où émergent le bien et le mal. Et quel est ce bien ? Il se moqua d’eux et dit : Est-ce que je ne vous ai pas dit que c’est un petit Pata’h (petite porte) ? Ils dirent : Nous l’avons oublié, enseigne-le à nouveau. Il leur dit : À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait un trône. Tantôt il le portait dans ses bras, tantôt sur sa tête. Ils demandèrent pourquoi, et il répondit : Parce qu’il était beau et il aurait été dommage de s'asseoir dessus. Ils demandèrent : Où l’a-t’il placé sur sa tête ? Il répondit: Dans le Mem ouvert. Ainsi qu’il est écrit (Psaume 85:12), " la vérité germera de la terre, et la justice se réfléchira par les cieux ".

§ 38 - Rabbi Amoraï s’assit et expliqua : Quel est la signification du verset (Psaume 87:2), " Yhwh aime les portes de Tsion plus que toutes les demeures de Jacob ". Les portes de Tsion sont les Portes du Monde. Une porte n’est rien d’autre qu’une ouverture. C’est pourquoi nous disons : " Ouvre-nous les portes de la pitié ". Le Saint, béni soit-il, dit : J’aime les " portes de Tsion lorsqu’elles sont ouvertes. Pourquoi? Parce qu"elles sont sur le côté du mal. Mais quand Israël fait le bien devant Dieu et se montre digne, ce bien-être généré pour eux, alors le saint, béni soit-il, les aime plus que toutes les demeures de Jacob ", qui sont toutes la paix, comme il est écrit (Genèse 25:27), " Jacob était un homme simple, demeurant sous des tentes ".

§ 39 - Ceci est comparable à deux hommes, l’un poussé à faire le mal et fait le bien, et l’autre poussé à faire le bien et fait le mal. Qui est le plus méritoire ? Celui qui a tendance à faire le mal et qui fait le bien, peut-être pourra-t-il le faire encore. C’est ce qui est écrit (Psaume 87:2) : "   Yhwh aime les portes de Tsion plus que toutes les demeures de Jacob ", qui sont toutes de paix, comme il est écrit (Genèse 25:27) " Jacob était un homme simple, demeurant sous des tentes ".

§ 40 - Ses étudiants demandèrent : Qu’est-ce que le H’olém ? Il répondit : C’est l’âme et son nom est H’olem. Si tu lui obéis, ton corps sera vigoureux (h’alam) dans les temps futurs. Mais si tu te révoltes contre lui, il y aura la maladie (h’oléh) sur ta tête, et les maladies (h’olim) sur la sienne.

§ 41 - Ils dirent encore : Chaque rêve (h’alom) est dans le h’olem. Chaque pierre précieuse blanche est dans le H’olem. Ainsi qu’il est écrit (au sujet du pectoral du Grand Prêtre) (Exode 28:19), " un blanc de veah’lamah ".

§ 42 - Il leur dit : Venez et écoutez les subtilités concernant les points de voyelle trouvés dans la Torah de Moïse. Il s’assit et expliqua : H’irik haït les méchants et les punit. Il englobe la jalousie, la haine et la controverse. Ainsi qu’il est écrit (Psaume 37:12), " Il grince (h’orek) des dents contre eux ". Ne lit pas h’orek (grince), mais roh’ek (éloigne). Eloigne (rah’ek) ces défauts de toi-même, et le mal s’éloignera de toi. Le bien s’attachera certainement à toi.

§ 43 - H’irik. Ne lit pas H’iRiK mais ZeRa’H (Glace). Tout ce que le H’irik touche devient de la glace. Il est ainsi écrit (Exode 34:7), " et il innocente".

§ 44 - D’où le H’irik tient-il la connotation de brûler ? C’est parce qu’il est feu qui brûle tout feu. Il est ainsi écrit (1 Rois 18:38), " Et feu de Yhwh tomba, et il consuma l’offrande, le bois, les pierres, la poussière, et évapora l'eau qui était dans la gouttière ".

§ 45 - Il dit : Quel est la signification du verset (Exode 20:15), " Et tous les gens voyaient les voix ". Ce sont les voix dont parle le Roi David, comme il est écrit : (Psaume 29:3), " La voix de Dieu est sur les eaux, le Dieu de gloire a tonné. (Psaume 29:4) " La voix de Dieu entre la force ". À ce sujet, il est écrit (Isaïe 10:13), " Par la force de ma main, j’ai agi ". Il est également écrit (Isaïe 48:13), " Ma main a fondé la terre ". (Psaume 29:4) " La voix de Dieu est dans la majesté ". Il est aussi écrit (Psaume 111:3), " Splendeur et majesté sont Ses oeuvres, Sa justice demeure toujours ". (Psaume 29:5) " la voix de Yhwh brise les cèdres ". C’est l’arc-en-ciel qui brise les cèdres et les cyprès. (Psaume 29:7) " la voix de Yhwh taille les flammes de feu ". C’est elle qui installe la paix entre l’eau et le feu. Elle réduit le pouvoir du feu et l’empêche de faire évaporer l’eau. Elle empêche aussi l’eau d’éteindre le feu. (Psaume 29:8), " la voix de Yhwh secoue le désert ". Il est écrit (Psaume 18:51) : " Il fait grâce à son Messie, à David et à ses descendants jusqu"à l’éternité ", plus que dans le désert. (Psaume 29:9),  " la voix de Yhwh fait enfanter les biches, elle écorce les arbres, tandis que dans Son Temple, tous crient : Gloire! ". Il est aussi écrit (Cantique des Cantiques 2:7), " je vous lie d’un serment, O filles de Jérusalem, avec les gazelles, ou avec les biches des champs ". Cela nous enseigne que la Torah fut donnée par sept voix. Par chacune d’elles le Maître de l’univers se révéla à eux, et ils le voyaient. Ainsi qu’il est écrit, " Et tous les gens voyaient les voix ".

§ 46 - Un verset fait état (2 Samuel XXII:10) : " Il inclina les cieux et descendit, avec l'obscurité sous Ses pieds ". Un autre verset dit (Exode 19:20) : " Et Yhwh descendit sur le mont Sinaï, au sommet de la montagne ". Cependant, un autre verset dit encore (Exode 20:22) : " ce sont des cieux dont je vous ai parlé ". Comment concilier ceci ? Son " grand feu " était sur la terre, et c’était une voix. Les autres voix étaient dans les cieux. Il est aussi écrit (Deutéronome 4:36) : " des cieux Il t’a fait entendre Sa voix, pour t’instruire. Et sur la terre t’a montré Son grand feu, et Ses mots, tu les as entendus du feu ". Quel était ce feu ? D’où ces paroles ont-elles émané ? De ce feu, comme il est écrit : " et Ses mots, tu les as entendus du feu ".

§ 47 - Que signifie le verset (Deutéronome 4:12) : " Vous n"avez vu aucune image, seulement une voix " ? C’est ce que Moïse a expliqué lorsqu’il a dit à Israël (Deutéronome 4:15), " Vous ne voyiez pas une image entière ". Vous voyiez une image, mais pas une " image entière ". À quoi cela est-il comparable ? À un roi, se tenant devant ses serviteurs, vêtus d’une robe blanche, bien qu’il soit loin, ils peuvent encore entendre sa voix. Ceci, malgré qu’ils ne pouvaient plus voir sa gorge lorsqu’il parlait. De la même façon, ils voyaient une image, mais pas une " image entière ". Il est donc écrit : " Vous ne voyiez aucune image, seulement une voix ". Il est aussi écrit (Deutéronome 4:12) : " vous entendiez le son des paroles".

§ 48 - Un verset (Exode 20:15), dit : " et tous le peuple voyait les voix ". Un autre verset, cependant,(Deutéronome 4:12), mentionne : " vous entendiez le son des paroles " Comment cela ? Au commencement, ils voyaient les voix. Qu’ont-ils vu ? Les sept voix mentionnées par David. Mais en fin de compte ils entendirent la Parole qui émanait d’elles toutes. Mais nous avons appris qu’il y en avait dix. Nos sages ont enseigné qu’elles ont toutes été prononcées comme une seule parole. Mais nous avons dit qu’il y en avait sept. C’était sept voix. Concernant trois d’entre elles, il est écrit : (Deutéronome 4:12), " vous entendiez le son des paroles, mais vous ne voyiez aucune forme, seulement une voix ". Cela nous enseigne qu’elles furent toutes prononcées comme une seule parole. Ceci afin qu’Israël ne commette pas d’erreur et dise, " D'autres l’ont aidé. Il aurait pu s’agir de l’un des anges. Mais Sa voix seule n’aurait pu être aussi puissante ". C’est pour cette raison qu’il les répète et les réunit.

§ 49 - Une autre explication : Afin que l’on ne puisse pas dire qu’il y avait dix paroles pour dix rois, n’auraient pu être prononcées ensemble. Il est dit (Exode 20:2) " Je suis (anokhi) " qui inclus les dix. Qui sont les dix rois ? Ce sont les sept voix et les trois paroles (Amarim). Quelles sont ces Paroles ? Elles font allusion au verset (Deutéronome 26:18) :   " Dieu a dit pour toi aujourd"hui ". Quelles sont les trois Paroles ? C’est le verset  (Proverbes 4:7) : " Le début de la Sagesse est: Acquiers la Sagesse (Hokhmah), avec toutes tes acquisitions, acquiers l’Intelligence (Binah) ". Il est aussi écrit (Job 32:8) : " l"âme de Shaddaï leur donne l’Intelligence ". L’âme (neshamah) de Shaddaï est ce qui leur donne l’Intelligence (Binah). Quelle est la troisième Parole ? Le vieil homme dit à l’enfant : " Ce qui est caché de toi, ne le cherche pas, et ce qui est dissimulé de toi, ne le creuse pas. Dans ce qu’il t’est permis, cherche à comprendre, mais ne fais rien des mystères ".

§ 50 - Nous avons appris (Proverbe 25:2) : " La gloire de Dieu scelle une parole ". Quelle est cette parole ? De celle dont parle le verset (Psaume 119:160) : " Le Début de Ta parole est vérité ". Il est aussi écrit (Proverbes 25:2) : " La gloire des rois est de sonder une parole ". Et quel est ce mot ? C’est à son sujet qu’il est écrit (Proverbes 25:11) : " Une parole dite à propos (Aphen av) ", ne lit pas " à propos (Aphen av) ", mais " sa roue " (Ophan’av),

§ 51 - Les étudiants demandèrent à Rabbi Berakhia : " Nous permets-tu de nous exprimer ", mais il ne leur donna pas de la permission. Une autre fois, cependant, il leur donna la permission, afin de savoir s’ils étaient bien préparés. Un jour il les interpella et dit : " me permettez-vous d’entendre votre Sagesse ? ". Ils commencèrent en disant : " Au début (Bereshith)  est un. (Isaïe 57:16) "devant moi succombent l’esprit et les âmes que j’ai faites  ". (Psaume 65:10) " Les divisions de Dieu sont remplies d"eau ". Quelles sont ces " divisions "? Tu nous enseignes, notre maître, que Dieu a pris les eaux de la création et les a séparés, plaçant une moitié dans les cieux et une moitié dans l’océan. C’est la signification des "divisions de Dieu sont remplies d"eau ". Par elles, l’homme étudie la Torah. Rabbi H’ama enseigne : C’est par le mérite et les bonnes actions, qu'une personne peut étudier la Torah. Il est aussi écrit :(Isaïe 55:1) : " Que ceux qui ont soif viennent pour l"eau, qu’ils viennent même sans argent, pour s’approvisionner et manger ". Aller vers Lui, et Il vous comblera de bienfaits, et vous vous " approvisionnerez et mangerez ".

§ 52 - " qu’ils viennent même sans argent " peut aussi s’expliquer d’une autre manière : " Venez vers Dieu, car Il a de l’argent  ", comme il est écrit (Haggai 2:8) : "À moi l'argent, et à moi l’or ! " Quelle est la signification du verset, "À moi l'argent, et à moi l’or ! " ? À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait deux trésors, l’un d’argent, et l’autre d’or. Il plaça celui d’argent à sa droite, et celui d’or à sa gauche. Il dit :   " celui-ci sera prêt, et facile à dépenser, à remplir sa fonction tranquillement. Il est attaché aux pauvres et s’accomplit calmement. C’est pourquoi il est écrit (Exode 15:6) : " Ta main droite, O Yhwh, est puissante dans la force ". S’il se réjouit dans sa part, alors tout est bien. Ainsi (Exode 15:6) : " Ta main droite, O Yhwh, écrase l"ennemi ". Il leur dit : Cela concerne l’or, comme il est écrit : "À moi l"argent, et à moi l’or ! ".

§ 53 - Pourquoi l’or s’appelle-t-il ZaHaV ? Parce qu’il inclut trois attributs : le Mâle, (Zakar), c’est le Zayin ; l’Ame, c’est le Hé, qui a cinq noms Néfésh, Roua’h, Neshamah, H’ayah, Yeh’idah. Quelle est la fonction du Hé ? C’est un trône pour le Zayin, comme il est écrit (Ecclesiaste 5:7) : " un supérieur est placé sous la surveillance d"un autre plus élevé ". Le Beith est son alimentation, comme il est écrit (Genèse 1:1) " Au (beith) commencement créa ".

§54. Quelle est ici la fonction? A quoi cela est-il comparable ? Il était une fois un Roi qui avait une fille bonne, agréable, belle et parfaite. Il la maria à un prince royal, l’habilla, la couronna , la couvrit de joyaux et lui donna une importante dot. Est-il possible pour le roi de se séparer à jamais de sa fille ? Vous consentirez que ce n’est pas possible. Est-il possible pour lui d’être avec elle constamment ? Vous consentirez aussi que ce n’est pas possible. Que peut-il donc faire ? Il peut placer une fenêtre entre eux, et ainsi lorsque le père requiert la fille, ou que la fille requiert le père, ils peuvent se rencontrer par la fenêtre. Il est écrit (Psaume 45:14), " Toute la gloire est à l'intérieur de la fille de roi, le vêtement est serti d’or. "

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le Sepher Yetsirah

26 Avril 2005 Publié dans #spiritualité

CHAPITRE 1

1-1 Par trente-deux sentiers merveilleux de la Sagesse s'établit : Yah Yhwh Dieu d'Israël, Elohim vivant, roi de l'univers El Shaddaï. Miséricordieux et clément, suprême et élevé résidant éternellement en permanente élévation. Saint est son Nom. Son univers fut créé par trois mesures : le nombre, l'écrit et le commentaire.
1-2 Dix Séphiroth dans le néant et vingt-deux lettres de fondements : trois mères, sept doubles et douze simples.
1-3 Dix Séphiroth dans le néant selon le nombre des dix doigts : cinq en face de cinq, alliance unique de l'axe central par le mot de la langue et l'incision de peau.
1-4 Dix Séphiroth dans le néant, dix et pas neuf, dix et pas onze. Discerne avec Sagesse et pénètre avec Intelligence. Examine-les, interroge-les, ainsi la Parole s'élèvera vers son créateur et le Formateur sera replacé sur sa base.
1-5 Dix Séphiroth dans le néant, correspondant à dix choses infinies, sans limites : profondeur de commencement, profondeur de fin, profondeur de bien, profondeur de mal, profondeur du haut, profondeur du bas, profondeur d'Orient, profondeur d'Occident, profondeur du Nord, profondeur du Sud. Le Maître Unique, Dieu roi fidèle, domine sur toutes de sa demeure sainte pour l'éternité des éternités à jamais.
1-6 Dix Séphiroth dans le néant. Leur apparition a l'aspect d'un éclair dont les extrémités sont sans terme. Son Verbe court continuellement en elles et lorsqu'Il parle tel un ouragan, elles s'inclinent devant son Trône et ils festoient.
1-7 Dix Séphiroth dans le néant. Leur fin réside dans leur début et leur début dans leur fin tel l'embrasement consumant le charbon. Car Il est Maître Unique sans second et seul Face à lui pourquoi comptes-tu ?
1-8 Dix Séphiroth dans le néant. Retiens ta bouche pour ne pas en parler et ton cœur pour ne pas y réfléchir et si ton cœur s'emporte, reviens à l'endroit où il est dit "Les vies allaient et venaient". Sur cette parole sera conclue l'alliance.
1-9 Dix Séphiroth dans le néant. Une : "Souffle d'Elohim Vivant", béni et glorifié soit le nom de Celui qui vivifie les mondes. La voix, le souffle et la parole sont l'Esprit Saint.
1-10 Deux : "Souffle issu du Souffle". Avec, Il traça et sculpta 22 lettres fondamentales, trois mères, sept doubles et douze simples, qu'un seul souffle anime.
1-11 Trois : "Eaux issues du Souffle", Il traça et sculpta 22 lettres sorties d'un Tohu Bohu de boue et d'argile. Il les traça comme une sorte de jardin. Il les sculpta comme une sorte de mur. Il les déploya comme une sorte de toit. Il versa de la neige et elles devinrent poussière, car il est écrit : "Il dit à la neige : Tombe sur la terre !"
1-12 Quatre : "Feu issu des Eaux". Avec, Il traça et sculpta le Trône de Gloire, les Sérafim, les Ofanim, les H'ayoth haQodésh et Ses anges de service. Sur ces trois, Il établit sa demeure, ainsi qu'il est écrit : "Il fait des souffles ses messagers, des flammes de feu ses serviteurs".
1-13 Il choisit trois lettres parmi les simples dans le mystère des trois mères : Aleph, Mem, Shin. Il les fixa dans son Grand Nom et scella avec elles six extrémités.
Cinq : Il scella le dessus et tourné vers le haut, il le fixa avec YHV.
Six : Il scella le dessous et tourné vers le bas, il le fixa avec HYV.
Sept : Il scella l'Est et tourné vers l'avant, il le fixa avec VYH.
Huit : Il scella l'Ouest et tourné vers l'arrière, il le fixa avec VHY.
Neuf : Il scella le Sud et tourné vers la droite, il le fixa avec YVH.
Dix : Il scella le Nord et tourné vers la gauche, il le fixa avec HVY.
1-14 Telles sont les dix Séphiroth dans le néant : Souffle d'Elohim Vivant, Souffle issu du Souffle, Eaux issues du Souffle, Feu issu des Eaux, Haut, Bas,Ouest, Nord, Est, Sud.

CHAPITRE 2

2-1 Vingt-deux lettres fondamentales : trois mères, sept doubles et douze simples. Les trois mères sont Aleph, Mem, Shin. Elles reposent sur le plateau du mérite et sur le plateau du devoir ; la langue du pacte est l'équilibre entre les deux. Trois mères, Aleph, Mem, Shin. Mem est bourdonnant, Shin est sifflant et Aleph est le souffle de l'air qui équilibre les deux.
2-2 Vingt-deux lettres fondamentales : Il les a gravées, sculptées, permutées, pesées, transformées. Avec elles, il a représenté tout ce qui a été formé et tout ce qui sera formé.
2-3 Vingt-deux lettres fondamentales : Ils les a gravées avec la voix, les a sculptées avec le souffle, Il les a fixées dans la bouche, en cinq endroits : Aleph, H'eith, Hé, Ayin dans la gorge ; Guimel, Yod, Kaph, Qof dans le palais ; Daleth, Teith, Lamed, Noun, Tav dans la langue; Zayin, Sameck, Shin, Reish, Tsadé dans les dents ; Beith, Vav, Mem, Pé dans les lèvres.
2-4 Vingt-deux lettres fondamentales : Il les plaça dans un cercle tel un mur ayant 231 portes. Le cercle oscille de l'avant vers l'arrière. Un signe explique cela : Rien n'est supérieur dans le bien que la joie et rien n'est inférieur dans le mal que la peste.
2-5 Comment ? Il les permuta, les pesa et les transforma. Aleph avec toutes et toutes avec Aleph. Beith avec toutes et toutes avec Beith. Elles se renouvellent dans un cycle et existent dans 231 portes. Tout ce qui est formé et tout ce qui est parlé émane du Nom Unique.
2-6 Il a formé la substance à partir du chaos et a tiré l'existence de la non-existence. Il a taillé de grands piliers à partir de l'air insaisissable. Voici est un signe : Aleph avec toutes et toutes avec Aleph. Il a contemplé, transformé et fabriqué tout ce qui est formé et tout ce qui est parlé : un seul Nom. Il y a un signe à cela : 22 objets dans un seul corps.

CHAPITRE 3

3-1 Trois mères : Aleph, Mem, Shin. Elles se tiennent entre le plateau du mérite et le plateau du devoir que le langage équilibre.
3-2 Trois mères : Aleph, Mem, Shin. Un grand et merveilleux secret y est dissimulé et scellé par six formes naturelles. D'elles émanent : Air, Eau, Feu. D'elles sont nés les Pères et des Pères, les engendrements.
3-3 Trois mères : Aleph, Mem, Shin. Il les a gravées, les a taillées, les a permutées, les a pesées, les a transformées. Par elles Il a représenté : Trois mères AMSh dans l'univers, trois mères AMSh dans l'année, trois mères dans Néfesh mâle et femelle.
3-4 Trois mères : Aleph, Mem, Shin, dans l'univers ce sontl’ Air, le Feu, l’Eau. Les cieux sont créés à partir du Feu. La terre est créée à partir des Eaux et l'air se place entre les deux.
3-5 Trois mères : Aleph, Mem, Shin, dans l'année ce sont le Chaud, le Froid, le Tempéré. Le Chaud est créé à partir du Feu. Le Froid est créé à partir des Eaux et le Tempéré de l'air qui se place entre les deux.
3-6 Trois mères : Aleph, Mem, Shin, dans Néfesh mâle et femelle, ce sont la Tête, le Ventre, la Poitrine. La tête est créée à partir du Feu. Le ventre à partir des Eaux et la poitrine à partir de l'air qui se place entre les deux.
3-7 Il fabriqua la lettre Aleph afin qu'elle règne sur l'air. Il la couronna. Il la combina avec toutes les autres. Avec elle Il forma l'air dans l'univers, le tempéré dans l'année et la poitrine dans le mâle avec AMSh et la femelle avec AShM.
3-8 Il fabriqua la lettre Mem afin qu'elle règne sur les eaux. Il la couronna. Il la combina avec toutes les autres. Avec elle Il forma les eaux dans l'univers, le froid dans l'année et la ventre dans le mâle avec MASh et la femelle avec MShA.
3-9 Il fabriqua la lettre Shin afin qu'elle règne sur le feu. Il la couronna. Il la combina avec toutes les autres. Avec elle Il forma le feu dans l'univers, le chaud dans l'année et la tête dans le mâle avec ShAM et la femelle avec ShMA.

CHAPITRE 4

4-1 Sept doubles : BGD KPRT. Elles s'expriment dans deux niveaux du langage : B-V G-GH D-DH K-KH P-F R-RH T-TH. D'après la structure : doux et dur, fort et faible.
4-2 Sept doubles : BGD KPRT. Elles reposent sur la sagesse, l'opulence, la semence, la vie, la domination, la paix et la grâce.
4-3 Sept doubles : BGD KPRT. Par le langage et par la substitution. Substitution de sagesse : folie. Substitution d'opulence : misère. Substitution de semence : désert. Substitution de vie : mort. Substitution de domination : servitude. Substitution de paix : guerre. Substitution de grâce : laideur.
4-4 Sept doubles : BGD KPRT. Haut et bas, Est et Ouest, Nord et Sud. Le Saint Palais est situé au centre et les supporte toutes.
4-5 Sept doubles : BGD KPRT. Sept et pas six, sept et pas huit. Examine-les, scrute-les. Place la parole sur cette essence et restitue le Formateur sur sa base.
4-6 Sept doubles : BGD KPRT fondamentales. Il les a gravées, les a sculptées, les a permutées, les a pesées, les a métamorphosées. Puis avec elles Il a formé sept planètes dans l'univers, sept jours dans l'année, sept portes dans l'âme mâle.
4-7 Sept planètes dans l'univers : Saturne, Jupiter, Mars, Soleil, Vénus, Mercure, Lune. Sept jours dans l'année les sept jours de la semaine. Sept portes dans Néfesh mâle et femelle : deux yeux, deux oreilles, deux narines et une bouche.
4-8 Il fit régner la lettre Beith par la sagesse, Il la couronna et la combina avec les autres. Avec elles Il forma la Lune dans l'univers, le jour 1 dans l'année, l'œil droit dans Néfesh mâle et femelle.
4-9 Il fit régner la lettre Guimel par l'opulence, Il la couronna et la combina avec les autres. Avec elles Il forma : Mars dans l'univers, le jour 2 dans l'année, l'oreille droite dans Néfesh mâle et femelle
4-10 Il fit régner la lettre Daleth par la fécondité, Il la couronna et la combina avec les autres. Avec elles Il forma le Soleil dans l'univers, le jour 3 dans l'année, la narine droite dans Néfesh mâle et femelle.
4-11 Il fit régner la lettre Kaph par la vie, Il la couronna et la combina avec les autres. Avec elles Il forma Vénus dans l'univers, le jour 4 dans l'année, l'œil gauche dans Néfesh mâle et femelle.
4-12 Il fit régner la lettre Pé par la domination, Il la couronna et la combina avec les autres. Avec elles Il forma Mercure dans l'univers, le jour 5 dans l'année, l'oreille gauche dans Néfesh mâle et femelle.
4-13 Il fit régner la lettre Reish par la vie, Il la couronna et la combina avec les autres. Avec elles Il forma Saturne dans l'univers, le jour 6 dans l'année, la narine gauche dans Néfesh mâle et femelle.
4-14 Il fit régner la lettre Tav par la grâce, Il la couronna et la combina avec les autres. Avec elles Il forma Jupiter dans l'univers, le jour 7 dans l'année, la bouche dans Néfesh mâle et femelle.
4-15 Sept doubles BGD KPRT. Avec elles ont été gravés sept univers, sept firmaments, sept terres, sept mers, sept fleuves, sept déserts, sept jours, sept semaines, sept années, sept cycles sabbatiques, sept jubilés et le Palais sacré. C'est pourquoi il aima faire des septénaires sous tous les cieux.
4-16 Deux pierres bâtissent deux maisons. Trois pierres bâtissent six maisons. Quatre pierres bâtissent vingt-quatre maisons. Cinq pierres bâtissent six cent vingt maisons. Sept pierres bâtissent cinq mille quarante maisons. A partir d'ici continue, calcule ce que la bouche ne peut exprimer et ce que l'oreille ne peut entendre.

CHAPITRE 5

5-1 Douze Simples : H, V, Z H’, T, Y, L, N, S, A, Ts, Q. Elles reposent sur : parole, pensée, locomotion, vue, ouïe, action, copulation, odorat, sommeil, colère, goût.
5-2 Douze Simples : H, V, Z H’, T, Y, L, N, S, A, Ts, Q.
Les douze limites diagonales sont leur fondement : Limite supérieure Est, limite Nord-Est, limite inférieure Est. Limite supérieure Sud, limite Sud-Est, limite inférieure Sud. Limite supérieure Ouest, limite Sud-Ouest, limite inférieure Ouest. Limite supérieure Nord, limite Nord-Ouest, limite inférieure Nord. Elles s'étendent sans cesse dans l'éternité des éternités, ce sont les limites de l'Univers.
5-3 Douze Simples : H, V, Z H’, T, Y, L, N, S, A, Ts, Q. Fondées, gravées, sculptées, permutées, pesées, transformées. Par elles sont formées douze constellations dans l'Univers, douze mois dans l'Année et douze dirigeants dans l'Ame, mâle et femelle.
5-4 Douze constellations dans l'Univers, Bélier, Taureau, Gémeaux, Cancer, Lion, Vierge, Balance, Scorpion, Sagittaire, Capricorne, Verseau, Poissons.
5-5 Douze mois dans l'année, Nissan, Iyar, Sivan, Tamouz, Av, Eloul, Tishri, H'éshévan, Kislév, Tévéth, Shevat, Adar.
5-6 Douze dirigeants dans Néfesh, deux mains, deux pieds, deux reins, vésicule biliaire, intestins, foie, estomac, kivah, rate
5-7 Il fit la lettre Hé, la fit régner sur la parole, la couronna et la combina avec les autres. Avec elles il forma le Bélier dans l'Univers, Nissan dans l'Année et le pied droit dans l'Ame mâle et femelle. Il fit la lettre Vav, la fit régner sur la pensée, la couronna et la combina avec les autres. Avec elles il forma le Taureau dans l'Univers, Iyar dans l'Année et le rein droit dans l'Ame mâle et femelle. Il fit la lettre Zayin, la fit régner sur la locomotion, la couronna et la combina avec les autres. Avec elles il forma les Gémeaux dans l'Univers, Sivan dans l'Année et le pied gauche dans l'Ame mâle et femelle.
5-8 Il fit la lettre H'éith, la fit régner sur la vue, la couronna et la combina avec les autres. Avec elles il forma le Cancer dans l'Univers, Tamouz dans l'Année et la main droite dans l'Ame mâle et femelle. Il fit la lettre Teith, la fit régner sur l'ouïe, la couronna et la combina avec les autres. Avec elles il forma le Lion dans l'Univers, Av dans l'Année et le rein gauche dans l'Ame mâle et femelle. Il fit la lettre Yod, la fit régner sur l'action, la couronna et la combina avec les autres. Avec elles il forma la Vierge dans l'Univers, Eloul dans l'Année et la main gauche dans l'Ame mâle et femelle.
5-9 Il fit la lettre Lamed, la fit régner sur la copulation, la couronna et la combina avec les autres. Avec elles il forma la Balance dans l'Univers, Tishri dans l'Année et la vésicule biliaire dans l'Ame mâle et femelle. Il fit la lettre Noun, la fit régner sur l'odorat, la couronna et la combina avec les autres. Avec elles il forma le Scorpion dans l'Univers, H'éshévan dans l'Année et le petit intestin dans l'Ame mâle et femelle. Il fit la lettre Sameck, la fit régner sur l'odorat, la couronna et la combina avec les autres. Avec elles il forma le Sagittaire dans l'Univers, Kislév dans l'Année et le pancréas dans l'Ame mâle et femelle.
5-10 Il fit la lettre Ayin, la fit régner sur la colère, la couronna et la combina avec les autres. Avec elles il forma le Capricorne dans l'Univers, Tévéth dans l'Année et le foie dans l'Ame mâle et femelle. Il fit la lettre Tsadé, la fit régner sur le goût, la couronna et la combina avec les autres. Avec elles il forma le Verseau dans l'Univers, Shevat dans l'Année et l'estomac dans l'Ame mâle et femelle. Il fit la lettre Qof, la fit régner sur le rire, la couronna et la combina avec les autres. Avec elles il forma les Poissons dans l'Univers, Adar dans l'Année et la rate dans l'Ame mâle et femelle. Il les forma en creux, Il les disposa comme une muraille, Il les fit s'opposer au-dessus.

CHAPITRE 6

6-1 Il y a Trois Mères AMSh. D’elles émanent Trois Pères, et ce sont air, eau, et feu. Les Pères engendrent. Trois Pères et leurs engendrements. Sept planètes et leurs hôtes, douze limites diagonales. Il y a des témoins pour le prouver, ce sont l’Univers, l’Année, l’Ame et une loi de douze, de sept et de trois, qu'il a établis dans le Téli, le Cycle, et le Coeur.
6-2 Trois Mères AMSh air, eau, et feu. Le feu est au-dessus, l’eau est en dessous, et le souffle de l’air légifère entre eux. Il y a un signe à cela, le feu soutient l’eau. Mem est bourdonnant, Shin est sifflant et Aleph est le souffle de l’air qui les départage.
6-3 Le Téli dans l’Univers est comme un roi sur son trône. Le Cycle dans l’Année est comme un roi dans la province. Le Cœur dans l’Ame est comme un roi en guerre.
6-4 "Ainsi Dieu a fait correspondre l’un à l’autre". Le bien est contraire au mal. Le mal est contraire au bien. Le bien est issu du bien. Le mal est issu du mal. Le bien définit le mal. Le mal définit le bien. Le bien est préservé par le bien. Le mal est préservé par le mal.
6-5 Trois : Chacun se tient seul, un défenseur, un accusateur, et médiateur. Sept: Trois contre trois et un qui les tient en équilibre. Douze en guerre : Trois aiment, trois haïssent, trois donnent la vie et trois tuent.
Trois aiment : le cœur et les oreilles.
Trois haïssent : le foie, la vésicule biliaire et la langue.
Trois donnent la vie : les deux narines et la rate.
Trois tuent : les deux orifices et la bouche.
Et Dieu, Roi fidèle, gouverne sur eux tous par Sa sainte Demeure pour l’éternité des éternités.
Un sur trois, trois sur sept, sept sur douze, Et tous sont liés l’un à l’autre.
6-6 C'est avec les vingt-deux lettres qu'est gravé Ehyeh, Yah, YHVH Elohim, YHVH, YHVH-Tzavaot, Elohim-Tzavaot, El Shaddaï, YHVH Adonaï. Avec elles Il a fait trois Livres, et avec eux Il a créé Son Univers. Avec elles il a formé tout qui a été formé et tout ce qui sera formé.
6-7 Lorsque Abraham notre père, puisse-t-il reposer en paix, regarda, il vit, comprit, sonda, grava et sculpta, Il fut fructueux dans la création, comme il est écrit, "Et les âmes qu’ils faisaient dans Haran". Aussitôt qu’il se révéla à lui le Maître de tout, puisse Son nom être éternellement béni, le plaça sur Sa poitrine, l’embrassa sur la tête et l’appela, "Abraham mon bien-aimé". Il fit un pacte avec lui et avec ses enfants et leurs descendants, comme il est écrit, "Et il eut foi en Yhwh, et Yhwh lui en fit un mérite". Il faisait un pacte avec lui entre les dix doigts de ses mains — c’est le pacte de la langue, et entre les dix orteils de ses pieds — c’est le pacte de la circoncision. Il attacha les 22 lettres de la Torah sur sa langue et lui révéla Son mystère. Il les plongea dans l’eau, les brûla avec le feu, les agita avec le souffle, les enflamma avec les sept (planètes) et les dirigea avec les douze constellations.

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L'évangile de Thomas

26 Avril 2005 Publié dans #spiritualité

Voici les paroles secrètes que Jésus le Vivant a dites et que Didyme Jude Thomas a écrites.

1Et il a dit : «Celui qui trouvera les interprétations de ces paroles ne goûtera jamais la mort.»

2Jésus a dit : «Que celui qui cherche ne cesse pas de chercher, jusqu’à ce qu’il trouve. Et, quand il aura trouvé, il sera troublé ; quand il sera troublé, il sera émerveillé, et il règnera sur le Tout.»

3Jésus a dit : «Si ceux qui vous guident vous disent : ‘Voici, le Royaume est dans le ciel’, alors les oiseaux du ciel vous précéderont ; s’ils vous disent qu’il est dans la mer, alors les poissons vous précéderont. Mais le Royaume est à l’intérieur de vous, et il est à l’extérieur de vous. Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra ; et vous saurez que c’est vous les fils du Père vivant. Si au contraire vous ne vous connaissez pas, alors vous êtes dans la pauvreté, et c’est vous la pauvreté. »

4Jésus a dit : «L’homme vieux dans ses jours n’hésitera pas à interroger un petit enfant de sept jours à propos du lieu de la vie, et il vivra. Car beaucoup de premiers seront derniers, et ils deviendront un seul.»

5Jésus a dit : « Reconnais ce qui est devant ta face, et ce qui t’est caché te sera dévoilé. Car il n’y a rien de caché qui ne sera manifesté.»

6Ses disciples l’interrogèrent et lui dirent : «Veux-tu que nous jeûnions ? Et comment prierons-nous ? Donnerons-nous l’aumône ? Et pour ce qui concerne la nourriture, quelles normes observerons-nous ?» Jésus dit : «Ne dites pas de mensonges, et ne faites pas ce que vous haïssez, puisque tout est dévoilé devant le ciel. Car il n’y a rien de caché qui ne sera manifesté et rien de couvert qui restera sans être dévoilé.»

7Jésus a dit : «Heureux le lion que l’homme mangera, et le lion deviendra homme ; et maudit est l’homme que le lion mangera, et le lion deviendra l’homme.»

8Et il a dit : «L’homme est semblable à un pêcheur avisé, qui jeta son filet à la mer et l’en retira plein de petits poissons ; parmi eux, le pêcheur avisé trouva un gros et beau poisson ; il rejeta tous les petits à la mer, et choisit le gros sans difficulté. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !»

9Jésus a dit : «Voilà, le semeur sortit, la main pleine de semences, et les lança. Quelques-unes tombèrent sur le chemin ; les oiseaux arrivèrent, et les ramassèrent ; d’autres tombèrent sur la pierre et ne prirent pas racine en profondeur ni ne firent monter d’épis vers le ciel ; d’autres tombèrent dans les épines : celles-ci étouffèrent la semence, et le ver dévora les grains ; d’autres tombèrent dans la bonne terre, et celle-ci fit monter du bon fruit vers le ciel : elle produisit soixante mesures pour une et cent vingt pour une.»

10Jésus a dit : «J’ai jeté un feu sur le monde, et voici, je le garde jusqu’à ce que le monde brûle.»

11Jésus a dit : «Ce ciel passera, et celui qui est au-dessus de lui passera ; ceux qui sont morts ne vivent pas, et ceux qui vivent ne mourront pas. Les jours où vous mangiez ce qui est mort, vous en faisiez quelque chose de vivant ; lorsque vous serez dans la lumière, que ferez-vous ? Le jour où vous étiez un, vous êtes devenus deux ; mais quand vous serez devenus deux, que ferez-vous ?»

12Les disciples dirent à Jésus : «Nous savons que tu nous quitteras. Qui deviendra la plus grand parmi nous ?» Jésus leur dit : «Où que vous soyez allés, vous irez vers Jacques le Juste, pour qui ont été faits le ciel et la terre.»

13Jésus a dit à ses disciples : «Faites une comparaison et dites-moi à qui je ressemble.» Simon Pierre lui dit : «Tu es semblable à un ange juste.» Matthieu lui dit : «Tu es semblable à un philosophe intelligent.» Thomas lui dit : «Maître, ma bouche est tout à fait incapable de dire à qui tu es semblable.» Jésus répondit : «Je ne suis pas ton maître ; puisque tu as bu, tu t’es enivré à la source bouillonnante que j’ai fait jaillir.» Et il le prit à part et lui dit trois paroles. Quand Thomas revint auprès de ses compagnons, ils lui demandèrent : «Que t’a dit Jésus ?» Thomas leur répondit : «Si je vous dis une seule des paroles qu’il m’a dites, vous prendrez des pierres et vous les lancerez contre moi ; et alors un feu sortira des pierres et vous brûlera.»

14Jésus leur a dit : «Si vous jeûnez, vous vous attribuerez un péché ; si vous priez, vous serez condamnés ; si vous donnez l’aumône, vous nuirez à votre esprit. Et lorsque vous allez dans n’importe quel pays et que vous marchez dans les villages, si on vous reçoit, mangez ce qu’on mettra devant vous, et soignez les habitants qui sont malades ; car ce qui entre dans votre bouche ne vous souillera pas, mais ce qui sort de votre bouche, c’est cela qui vous souillera.»

15Jésus a dit : «Quand vous verrez celui qui n’a pas été engendré par une femme, alors prosternez-vous, la face contre terre, et adorez-le : c’est lui votre Père.»

16Jésus a dit : «Peut-être les hommes pensent-ils que je suis venu jeter la paix sur le monde ; ils ne savent pas que je suis venu jeter les divisions sur la terre : feu, épée et guerre. Car il y en aura cinq dans une maison : trois contre deux et deux contre trois, le père contre le fils et le fils contre le père ; et ils se tiendront debout, en étant un seul.»

17Jésus a dit : «Je vous donnerai ce qu’aucun œil n’a vu et ce qu’aucune oreille n’a entendu et ce qu’aucune main n’a touché et ce qui n’est jamais monté au cœur de l’homme.»

18Les disciples demandèrent à Jésus : «Dis-nous comment sera notre fin.» Jésus dit : «Avez-vous donc découvert le commencement pour que vous cherchiez la fin ? Car, là où est le commencement, là sera la fin. Heureux celui qui se tiendra debout dans le commencement ; il connaîtra la fin et ne goûtera pas la mort.»

19Jésus a dit : Heureux celui qui était avant d’être ! Si vous devenez mes disciples et que vous écoutez mes paroles, ces pierres vous serviront. Car vous avez dans le paradis cinq arbres, qui ne changent ni en été ni en hiver et dont les feuilles ne tombent pas. Quiconque les connaîtra ne goûtera pas la mort.»

20Les disciples dirent à Jésus : «Dis-nous à quoi est semblable le Royaume des cieux.» Il leur répondit : «Il est semblable à un grain de sénevé, la plus petite de toutes les semences. Mais lorsqu’il tombe sur une terre travaillée, il produit une grande branche et devient un abri pour les oiseaux du ciel.»

21Marie dit à Jésus : «À qui ressemblent tes disciples ?» Il répondit : «Ils ressemblent à des enfants qui se sont installés dans un champ qui ne leur appartient pas. Quand les maîtres du champ viendront, les enfants diront : ‘Laissez-nous notre champ.’ Ils se mettent tous nus en face d’eux, si bien que les maîtres le leur cèdent, et les enfants leur donnent leur champ. C’est pourquoi je dis : ‘Si le maître d’une maison sait que le voleur va venir, il veillera avant qu’il n’arrive, et il ne permettra pas qu’il entre par la force dans la maison royale et qu’il en emporte les biens. Quant à vous, soyez vigilants en face du monde, ceignez vos reins avec grande force, de peur que les voleurs ne trouvent un passage pour arriver jusqu’à vous ; car le profit que vous attendez, ils le trouveront. Qu’il y ait parmi vous un homme d’expérience ! Quand le fuit est mûr, il vient tout de suite, la faucille à la main, et le cueille. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !’»

22Jésus vit des petits qui suçaient le lait. Il dit à ses disciples : «Ces petits qui sucent le lait sont semblables à ceux qui entrent dans le Royaume.» Ils lui dirent : «Alors en devenant petits, nous entrerons dans le Royaume ?» Jésus leur répondit : «Lorsque vous ferez des deux un, et que vous ferez l’intérieur comme l’extérieur, et l’extérieur comme l’intérieur, et le haut comme le bas, et que vous ferez du mâle et de la femelle un seul et même être, de façon à ce que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle ; lorsque vous ferez des yeux au lieu d’un œil, une main au lieu d’une main, un pied au lieu d’un pied, une image au lieu d’une image, c’est alors que vous entrerez dans le Royaume.»

23Jésus a dit : «Je vous choisirai, un entre mille et deux entre dix mille, et ils se tiendront debout, en étant un seul.»

24Ses disciples lui dirent : «Montre-nous le lieu où tu es, parce qu’il est nécessaire pour nous de le chercher.» Il leur répondit : «Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! Il y a de lumière dans un homme de lumière, et il illumine le monde entier ; s’il n’illumine pas, c’est l’obscurité.»

25Jésus a dit : «Aime ton frère comme ton âme ; veille sur lui comme sur la pupille de ton œil.»

26Jésus a dit : «La paille qui est dans l’œil de ton frère, tu la vois, mais la poutre qui est dans le tien, tu ne la vois pas. Quand tu auras enlevé la poutre qui est dans ton œil, alors tu verras assez bien pour enlever la paille de celui de ton frère.»

27<Jésus a dit : > «Si vous ne jeûnez pas par rapport au monde, vous ne trouverez pas le Royaume. Si vous ne faites pas du sabbat un sabbat, vous ne verrez pas le Père.»

28Jésus a dit : «Je me suis tenu debout au milieu du monde, et je me suis manifesté à eux dans la chair ; je les ai trouvés tous ivres ; je n’en ai trouvé aucun d’entre eux qui eût soif. Et mon âme s’est affligée pour les fils des hommes, parce qu’ils sont aveugles dans leur cœur, et n’arrivent pas à voir ; puisqu’ils sont venus dans le monde vides, et c’est vides aussi qu’ils cherchent à en sortir ; mais en ce moment ils sont ivres. Quand ils auront rejeté leur vin, alors ils se convertiront.»

29Jésus a dit : «Si la chair est venue à l’existence à cause de l’esprit, c’est une merveille ; mais si l’esprit est venu à l’existence à cause du corps, c’est une merveille des merveilles. Mais moi, je m’émerveille de ceci : comment cette grande richesse a-t-elle habité dans cette pauvreté ?»

30Jésus a dit : «Là où il y a trois dieux, il y a des dieux ; là où il y en a deux ou un, je suis avec lui.»

31Jésus a dit : «Un prophète n’est pas accepté dans son propre village ; un médecin ne soigne pas ceux qui le connaissent.»

32Jésus a dit : «Une ville édifiée sur une haute montagne et fortifiée ne peut tomber ni rester cachée.»

33Jésus a dit : «Ce que tu entendras dans ton oreille, proclame-le sur les toits à l’oreille d’autrui. Car personne n’allume une lampe pour la mettre sous le boisseau, ni dans un endroit caché ; mais au contraire, il la place sur un lampadaire, de façon à ce que quiconque entre et sort puisse voir sa lumière.»

34Jésus a dit : «Si un aveugle conduit un aveugle, ils tombent tous les deux dans une fosse.»

35Jésus a dit : «Il n’est pas possible que quelqu’un entre dans la maison d’un homme puissant et la prenne par la force, à moins qu’il ne lui ait lié les mains ; alors seulement il pourra piller sa maison.»

36Jésus a dit : «Ne vous inquiétez pas du matin au soir ni du soir au matin au sujet de ce que vous vêtirez.»

37Ses disciples dirent : «Quand est-ce que tu te manifesteras à nous et quand pourrons-nous te voir ?» Jésus répondit : «Lorsque, pareils à de petits enfants, vous vous déshabillerez sans avoir honte et que vous prendrez vos vêtements et les piétinerez, c’est alors que vous verrez le fils du Vivant ; et vous n’aurez pas peur.»

38Jésus a dit : «Bien des fois vous avez désiré entendre ces paroles que je vous dis, sans avoir nul autre de qui les entendre. Il y aura des jours où vous me chercherez, mais vous ne me trouverez pas.»

39Jésus a dit : «Les pharisiens et les scribes ont reçu les clés de la gnose et ils les ont cachées. Eux, ils ne sont pas entrés, et à ceux qui voulaient entrer ils ne l’ont pas permis. Quant à vous, soyez prudents comme les serpents et simples comme les colombes.»

40Jésus a dit : «Un cep de vigne a été planté en dehors du Père et, n’étant pas solide, il sera arraché jusqu’à sa racine et détruit.»

41Jésus a dit : «À celui qui a quelque chose dans la main, il sera donné, et à celui qui n’a rien sera enlevé même le peu qu’il a.»

42Jésus a dit : «Devenez passant.»

43Ses disciples lui dirent : «Qui es-tu pour nous dire ces choses ?» <Jésus leur répondit : > «Vous n’avez pas compris qui je suis à partir de ce que je vous dis, mais vous êtes devenus comme les Juifs : en effet, ils aiment l’arbre et ils haïssent son fruit, ou bien ils aiment le fruit et haïssent l’arbre.»

44Jésus a dit : «Celui qui a blasphémé contre le Père, on lui pardonnera, et celui qui a blasphémé contre le Fils, on lui pardonnera ; mais celui qui a blasphémé contre l’Esprit saint, on ne lui pardonnera point, ni sur la terre ni au ciel.»

45Jésus a dit : «On ne récolte pas des raisins parmi les épines, et l’on ne cueille pas des figues dans les buissons, car ils ne donnent pas de fruit. Un homme bon produit du bien de son trésor ; un homme méchant produit des choses pernicieuses du mauvais trésor qui est dans son cœur, et il dit des choses pernicieuses, car de l’abondance du cœur il produit des choses pernicieuses.»

46Jésus a dit : «Parmi ceux qui sont nés de femmes, depuis Adam jusqu’à Jean-Baptiste, il n’y a personne qui soit plus grand que Jean-Baptiste, si bien que tous doivent baisser les yeux devant lui. Mais j’ai dit que quiconque d’entre vous deviendra petit connaîtra le Royaume et deviendra plus grand que Jean.»

47Jésus a dit : «Il est impossible à un homme de monter en même temps deux chevaux ou de bander deux arcs ; et il est impossible pour un serviteur de servir deux maîtres, autrement il honorera l’un des deux et il offensera l’autre. Personne ne boit du vin vieux et n’a aussitôt envie de boire du vin nouveau. Et on ne verse pas du vin nouveau dans de vieilles outres, de peur qu’elles n’éclatent ; et le vin vieux, on ne le verse pas dans une outre neuve, de peur qu’elle ne le gâte. On ne coud pas une vieille pièce sur un vêtement neuf, parce qu’il se produirait une déchirure.»

48Jésus a dit : «Si deux font la paix entre eux dans cette même maison, ils diront à la montagne : ‘Déplace-toi’, et elle se déplacera.»

49Jésus a dit : «Heureux les solitaires et les élus, car vous trouverez le Royaume. En effet, vous êtes issus de lui, et vous y retournerez.»

50Jésus a dit : «S’ils vous disent : ‘D’où êtes-vous issus ?’, répondez-leur : ‘Nous sommes venus de la lumière, du lieu où la lumière est issue d’elle-même ; elle s’est dressée et elle s’est manifestée dans l’image des hommes.’ S’ils vous disent : ‘Est-ce vous ?’, répondez : ‘Nous sommes ses fils et les élus du Père vivant.’ S’ils vous demandent : ‘Quel est le signe de votre Père en vous ?’, répondez-leur : ‘C’est un mouvement et un repos.’»

51Ses disciples lui demandèrent : «Quand le repos des morts arrivera-t-il, et quand le monde nouveau viendra-t-il ?» Il leur répondit : «Ce repos que vous attendez est déjà venu, mais vous ne le reconnaissez pas.»

52Ses disciples lui dirent : «Vingt-quatre prophètes ont parlé en Israël, et ils ont tous parlé par ton intermédiaire.» Il leur répondit : «Vous avez oublié le Vivant qui est devant vous, et vous avez parlé seulement des morts.»

53Ses disciples lui demandèrent : «La circoncision est-elle utile ou pas ?» Il leur répondit : «Si elle était utile, leur père les engendrerait déjà circoncis de leur mère. C’est au contraire la vraie circoncision, celle en esprit, qui est devenue vraiment utile.»

54Jésus a dit : «Heureux vous, les pauvres, car le Royaume des cieux est à vous.»

55Jésus a dit : «Quiconque ne hait pas son père et sa mère ne pourra pas devenir mon disciple. Et quiconque ne hait pas ses frères et sœurs et ne porte pas sa croix comme moi ne sera pas digne de moi.»

56Jésus a dit : «Celui qui a connu le monde a trouvé un cadavre, et celui qui a trouvé un cadavre, le monde n’est pas digne de lui.»

57Jésus a dit : «Le Royaume du Père est semblable à un homme qui avait une bonne semence. Son ennemi vint la nuit, et il sema de l’ivraie parmi la bonne semence. L’homme ne permit pas qu’on arrache l’ivraie, et il leur dit : ‘De peur que vous n’alliez arracher l’ivraie et que vous n’arrachiez le blé avec elle.’ Car le jour de la moisson, l’ivraie apparaîtra, et elle sera arrachée et brûlée.»

58Jésus a dit : «Heureux l’homme qui a souffert ; il a trouvé la vie.»

59Jésus a dit : «Regardez le Vivant pendant que vous êtes en vie, de peur que vous ne mouriez, et que vous cherchiez à le voir, sans y réussir.»

60<Ils virent> un Samaritain qui partait un agneau en faisant route vers la Judée. Jésus dit à ses disciples : «Celui-là, que veut-il faire de son agneau ?» Ils lui répondirent : «Le tuer et le manger.» Il leur dit : «Tant qu’il est vivant, il ne le mangera pas, mais seulement quand il l’aura tué et qu’il sera devenu un cadavre.» Ils lui répondirent : «Il ne pourra pas faire autrement.» Il leur dit : «Vous aussi, cherchez-vous une place dans le repos, de peur que vous ne deveniez un cadavre et que l’on ne vous mange.»

61Jésus a dit : «Il y en aura deux qui se reposeront sur un lit : l’un mourra et l’autre vivra.» Salomé dit : «Qui es-tu, homme, fils de qui ?» Tu es monté sur mon lit et tu as mangé à ma table.» Jésus lui répondit : «Je suis celui qui est issu de celui qui demeure égal à lui-même. Il m’a été donné de ce qui est à mon Père.» <Salomé dit : > «Je suis ta disciple.» <Jésus lui dit : > «C’est pourquoi je dis : ‘Quand il sera réduit à l’unité, il sera rempli de lumière ; mais, tant qu’il sera divisé, il sera rempli de ténèbres.’»

62Jésus a dit : «C’est à ceux qui sont dignes de mes mystères que je dis mes mystères. Ce que ta main droite fera, que ta main gauche ne sache pas ce qu’elle fait.»

63Jésus a dit : «Il y avait un homme riche, qui possédait beaucoup d’argent. Il dit : ‘J’utiliserai mon argent pour semer, moissonner, planter et remplir mes magasins de fruits, de façon à ce que je ne manque de rien.’ Voilà ce qu’il pensait dans son cœur ; et cette même nuit, il mourut. Celui qui a des oreilles, qu’il entende !»

64Jésus a dit : «Un homme avait des invités ; lorsqu’il eut préparé le dîner, il envoya ses serviteurs pour les convier au repas. Il s’en alla chez le premier et lui dit : ‘Mon maître t’invite.’ Celui-ci répondit : ‘J’ai de l’argent à réclamer auprès de certains marchands ; ils vont venir chez moi ce soir ; je dois y aller et leur donner des instructions. Je m’excuse pour le dîner.’ Il s’en alla chez un autre et lui dit : ‘Mon maître t’a invité.’ Celui-ci lui répondit : ‘Je viens d’acheter une maison, et on me demande pour toute la journée ; je ne serai pas libre.’ Il s’en vint chez un autre et lui dit : ‘Mon maître t’invite.’ Celui-ci lui répondit : ‘Mon ami va se marier, et c’est moi qui ferai le dîner. Je ne pourrai pas venir ; je m’excuse pour le dîner.’ Il s’en alla chez un autre, et lui dit : ‘Mon maître t’invite.’ Celui-ci lui répondit : ‘Je viens d’acheter un domaine, et je m’en vais recevoir les redevances. Je ne pourrai pas venir, je m’excuse.’ Le serviteur retourna et dit à son maître : ‘Ceux que tu as invités au dîner se sont excusés.’ Le maître dit à son serviteur : ‘Va-t-en par les routes, et ceux que tu rencontreras, amène-les à dîner.’ Les acheteurs et les marchands n’entreront pas dans les lieux de mon Père.»

65Il a dit : «Un homme honnête avait une vigne. Il la donna à des vignerons pour qu’ils la cultivent et qu’il puisse en recevoir le fruit de leurs mains. Il envoya son serviteur pour que les vignerons lui donnent le fruit de la vigne. Ils saisirent son serviteur, le rouèrent de coups et peu s’en fallait qu’ils ne le tuent. Le serviteur retourna et raconta à son maître ce qui s’était passé. Le maître dit : ‘Peut-être ne l’ont-ils pas reconnu.’ Il envoya alors un autre serviteur. Les vignerons le rouèrent à son tour de coups. Alors le maître envoya son fils, et dit : ‘Peut-être montreront-ils du respect pour mon fils.’ Quand ces vignerons surent qu’il était l’héritier de la vigne, ils le saisirent et le tuèrent. Celui qui a des oreilles, qu’il entende.»

66Jésus a dit : «Montrez-moi la pierre que les bâtisseurs ont rejetée : c’est elle, la pierre d’angle.»

67Jésus a dit : «Si celui qui connaît le Tout est privé de soi-même, il est privé du lieu tout entier.»

68Jésus a dit : «Bienheureux serez-vous quand on vous haïra et quand on vous persécutera ; et on n’atteindra pas le lieu là où on vous a persécutés.»

69Jésus a dit : «Bienheureux sont ceux qui ont été persécutés dans leur cœur. Ce sont eux qui ont véritablement connu le Père. Bienheureux, les affamés, car le ventre de celui qui désire sera rempli.»

70Jésus a dit : «Lorsque vous produirez ceci en vous-mêmes, ce que vous avez vous sauvera. Si vous n’avez pas ceci en vous, ce que vous n’avez pas en vous vous tuera.»

71Jésus a dit : «Je détruirai cette maison et personne ne pourra la reconstruire.»

72Un homme lui dit : «Dis à mes frères de partager avec moi les biens de mon père.» Il lui répondit : «Ô homme, qui a fait de moi un partageur ?» Il se tourna vers ses disciples et leur dit : «Suis-je donc un partageur ?»

73Jésus a dit : «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le Seigneur pour qu’il envoie des ouvriers pour la moisson.»

74Il a dit : «Seigneur, il y en a beaucoup autour du puits, mais il n’y a personne dans le puits.»

75Jésus a dit : «Il y en a beaucoup qui se tiennent près de la porte, mais ce sont les solitaires qui entreront dans la chambre nuptiale.»

76Jésus a dit : «Le Royaume du Père est semblable à un marchand qui avait un ballot et qui trouva une perle. Ce marchand était avisé. Il vendit le ballot et s’acheta la perle seule. Vous aussi cherchez le trésor incorruptible et durable, où la mite ne vient pas manger et où le ver ne détruit pas.»

77Jésus a dit : «C’est moi la lumière qui est au-dessus d’eux tous ; c’est moi le Tout. Le Tout est issu de moi, et c’est à moi que le Tout est parvenu. Fendez du bois, et je suis là ; soulevez une pierre, et c’est là que vous me trouverez.»

78Jésus a dit : «Pourquoi êtes-vous allés à la campagne ? Pour voir un roseau agité par le vent, et pour voir un homme revêtu d’habits raffinés, comme vos rois et vos magnats ? Ce sont eux qui portent des habits raffinés, mais ils ne pourront pas connaître la vérité.»

79Une femme dans la foule lui dit : «Heureux le ventre qui t’a porté et les seins qui t’ont nourri !» Il lui dit : «Heureux ceux qui ont entendu la parole du Père et l’ont gardée en vérité ! Car des jours viendront où vous direz : ‘Heureux le ventre qui n’a pas conçu, et les seins qui n’ont pas allaité !’»

80Jésus a dit : «Celui qui a connu le monde a trouvé le corps, mais celui qui a trouvé le corps, le monde n’est pas digne de lui.»

81Jésus a dit : «Celui qui est devenu riche, qu’il devienne roi, et celui qui a de la puissance, qu’il y renonce !»

82Jésus a dit : «Celui qui est près de moi est près du feu, et celui qui est loin de moi est loin du Royaume.»

83Jésus a dit : «Les images sont manifestées à l’homme ; mais la lumière qui est en elles reste cachée dans l’image de la lumière du Père. Il se révélera, mais son image reste cachée par sa lumière.»

84Jésus a dit : «Quand vous voyez votre ressemblance, vous vous réjouissez ; mais lorsque vous verrez vos images, qui sont nées avant vous et ne meurent ni ne se manifestent, combien vous aurez à supporter !»

85Jésus a dit : «Adam est né d’une grande puissance et d’une grande richesse, mais il n’est pas devenu digne de vous ; car, s’il avait été digne, il n’aurait pas goûté la mort.»

86Jésus a dit : «Les renards ont leurs tanières, et les oiseaux ont leurs nids, mais le Fils de l’Homme n’a pas de place où poser sa tête et se reposer.»

87Jésus a dit : «Misérable est le corps qui dépend d’un corps, et misérable est l’âme qui dépend de ces deux corps.»

88Jésus a dit : «Les messagers et les prophètes viendront à vous, et ils vous donneront ce qui vous revient. Et vous aussi, donnez-leur ce que vous avez dans les mains, et dites-vous : ‘Quel jour viendront-ils recevoir ce qui est à eux ?’»

89Jésus a dit : «Pourquoi lavez-vous l’extérieur de la coupe ? Ne comprenez-vous pas que celui qui a fait l’intérieur de la coupe est le même que celui qui a fait l’extérieur ?»

90Jésus a dit : «Venez à moi car mon joug est bon et ma seigneurie douce, et vous trouverez le repos pour vous.»

91Ils lui dirent : «Dis-nous qui tu es, pour que nous croyions en toi.» Il leur répondit : «Vous éprouvez la face du ciel et de la terre, mais vous n’avez pas reconnu celui qui est devant vous et vous ne savez pas éprouver le moment présent.»

92Jésus a dit : «Cherchez, et vous trouverez ; mais ce que vous m’aviez demandé jadis et que je ne vous avais pas dit en ces jours-là, maintenant il me plaît de le dire, mais vous ne le cherchez pas.»

93<Jésus a dit : > «Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, de peur qu’ils ne le jettent au fumier ; ne jetez pas les perles aux porcs, de peur qu’ils n’en fassent [...]»

94Jésus a dit : «Celui qui cherche trouvera, et à celui qui frappe, on ouvrira.»

95Jésus a dit : «Si vous avez de l’argent, ne prêtez pas à usure, mais donnez [...] à celui de qui vous ne le recevrez plus.»

96Jésus a dit : «Le Royaume du Père est semblable à une femme. Elle prit un peu de levain, le cacha dans de la pâte et en fit de grands pains. Celui qui a des oreilles, qu’il entende !»

97Jésus a dit : «Le Royaume du Père est semblable à une femme, qui portait une cruche pleine de farine. Pendant qu’elle marchait sur un chemin éloigné, l’anse de la cruche se brisa et la farine se répandit derrière elle sur le chemin. Elle ne s’en aperçut pas ; elle n’avait pas su peiner. Lorsqu’elle entra dans sa maison, elle posa sa cruche à terre et la trouva vide.»

98Jésus a dit : «Le Royaume du Père est semblable à un homme qui voulait tuer un grand personnage ; il dégaina l’épée dans sa maison et perça le mur, pour voir si sa main serait ferme ; alors il tua le grand personnage.»

99Les disciples lui dirent : «Tes frères et ta mère se tiennent dehors.» Il leur répondit : «Ceux que voici, qui font la volonté de mon Père, ceux-là sont mes frères et ma mère. Ce sont eux qui entreront dans le Royaume de mon Père.»

100Ils montrèrent à Jésus une pièce d’or et lui dirent : «Les hommes de César réclament de nous les impôts.» Il leur répondit : «Donnez à César ce qui est à César, donnez à Dieu ce qui est à Dieu et donnez-moi ce qui est à moi.»

101<Jésus a dit : > «Celui qui ne haïra pas son père et sa mère comme moi, ne pourra pas devenir mon disciple. Et celui qui n’aimera pas son père et sa mère comme moi ne pourra pas devenir mon disciple. Car ma mère [...], tandis que ma mère véritable m’a donné la vie.»

102Jésus a dit : «Malheur aux pharisiens car ils ressemblent à un chien couché sur la mangeoire des bœufs : il ne mange ni ne laisse les bœufs manger.»

103Jésus a dit : «Heureux l’homme qui sait en quelle partie de la nuit les voleurs viendront, de telle manière qu’il se lèvera, il inspectera son domaine et se ceindra les reins avant qu’ils n’entrent.»

104Ils dirent à Jésus : «Viens, prions aujourd’hui et jeûnons.» Jésus répondit : «Quel est donc le péché que j’ai commis, ou en quoi ai-je été vaincu ? Mais quand l’époux sera sorti de la chambre nuptiale, alors qu’ils jeûnent et prient !»

105Jésus a dit : «Celui qui connaît son père et sa mère, on l’appellera fils d’une prostituée.»

106Jésus a dit : «Lorsque vous ferez des deux un, vous deviendrez des Fils de l’Homme ; et si vous dites : ‘Montagne, déplace-toi’, elle se déplacera.»

107Jésus a dit : «Le Royaume est semblable à un berger qui avait cent brebis ; l’une d’entre elles, la plus grosse, s’égara ; alors, il quitta les quatre-vingt-dix-neuf et chercha celle-là seule jusqu’à ce qu’il l’eût trouvée. Après qu’il eut peiné ainsi, il dit à la brebis : ‘Je t’aime plus que les quatre-vingt-dix-neuf autres.’»

108Jésus a dit : «Celui qui s’abreuvera à ma bouche deviendra comme moi. Moi-même, je deviendrai lui et ce qui est caché lui sera révélé.»

109Jésus a dit : «Le Royaume est semblable à un homme qui avait un trésor caché dans son champ, mais ne le savait pas. Après sa mort, il le laissa à son fils. Le fils ne savait rien du trésor ; il hérita le champ et le vendit. Celui qui l’avait acheté vint labourer et trouva le trésor. Il se mit à prêter de l’argent à intérêt à qui il voulut.»

110Jésus a dit : «Celui qui a trouvé le monde et est devenu riche, qu’il renonce au monde !»

111Jésus a dit : «Le ciel et la terre se retireront devant vous, et le Vivant issu du Vivant ne verra pas la mort. Jésus ne dit-il pas que celui qui se trouvera soi-même, le monde ne sera pas digne de lui ?»

112Jésus a dit : «Malheur à la chair qui dépend de l’âme ; malheur à l’âme qui dépend de la chair.»

113Ses disciples lui demandèrent : «Quand le Royaume viendra-t-il ?» <Jésus répondit : > «Il ne viendra pas parce qu’on l’attend ; on ne dira pas : ‘Voici qu’il est ici’ ou ‘Voici qu’il est là.’ Plutôt, le Royaume du Père est répandu sur la terre, et les hommes ne le voient pas.»

114Simon-Pierre leur dit : «Que Marie nous quitte, car les femmes ne sont pas dignes de la Vie.» Jésus dit : «Voici que moi je l’attirerai pour la rendre mâle, de façon à ce qu’elle aussi devienne un esprit vivant semblable à vous, mâles. Car toute femme qui se fera mâle entrera dans le Royaume des cieux.»

 

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Cabale et mécanique quantique

26 Avril 2005 , Rédigé par Patrick Publié dans #spiritualité

J’ai écrit  cette planche peu de temps après mon élévation et essentiellement pour pouvoir faire une mise au point. En effet, depuis mon entrée en maçonnerie, il y a un peu plus de quatre ans, j’ai consacré beaucoup de temps et le plus souvent tout seul, à étudier des sujets portant sur l’ésotérisme chrétien.

 

Comme apprenti, puis comme compagnon, j’ai fait des recherches sur la Gnose, le christianisme primitif, les esséniens, les évangiles apocryphes, les cathares, les templiers, la Quête du Graal et bien sûr la Kabbale.

 

Cette soif de connaissances, ce désir d’approfondir ma spiritualité m’a souvent marginalisé et fait passer pour un professionnel de la « cordonite » pressé d’arriver au sommet et peu fraternel parce que travaillant seul.

 

A notre dernière tenue et alors que je finissais par me demander si ma démarche était la bonne, notre Frère Christian a affirmé avec force que l’étude de la Kabbale était une partie intégrante de notre parcours maçonnique et ce dès notre entrée dans l’Ordre.

 

Sa position est d’ailleurs  très proche de celle des cabalistes, et l’un d’eux à ce sujet a écrit :

 

 « La première phase de l’étude de la Cabale consiste à lire le plus possible d’ouvrages et à faire passer à travers soi le plus possible de connaissances.. » Je vous avoue mes frères que cette vision de la progression vers la spiritualité, me plaît beaucoup, « lire le plus possible d’ouvrages, faire passer à travers soi le plus possible de connaissances », en un mot ne pas brider cette envie de connaître et de se connaître, voilà enfin une vision éclairée de la progression initiatique qui s’applique totalement à notre parcours maçonnique.

 

Je ne vais pas insister ce soir sur les liens étroits qui unissent notre Rite avec la Kabbale, il suffit de savoir que Martinez de Pasqualy était un cabaliste convaincu et que Jean-Baptiste Willermoz s’est largement inspiré de ses idées pour écrire les différents rituels du Régime Ecossais Rectifié.

 

 

 

Ceci étant posé, nous pouvons maintenant entrer dans le vif du sujet.

 

 

 

La Création du monde procède de plusieurs explications dont une nous est donnée dés le grade d’apprenti dans le Prologue de St Jean : « au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu-par lui tout à été fait-et sans lui rien n’a été fait de ce qui est fait. En lui était la Vie et la Vie était la Lumière des hommes. Et la Lumière luit dans les ténèbres et les Ténèbres ne l’ont pas comprise.. »

 

Ces versets ont suscité en moi le désir d’essayer de comprendre le Mystère de la Création et de progresser vers la Connaissance Suprême, la Gnose, celle qui nous rapproche de Dieu et qui nous rend à son image.

 

Vaste programme, les cabalistes estiment qu’il faut de trois à cinq ans d’études approfondies pour appréhender les différents mondes spirituels et les comprendre. C’est à la fois long et court, mais le temps presse pour franchir les 125 degrés spirituels qu’un cherchant doit atteindre au cours de sa vie pour maîtriser les enseignements cabalistiques.

 

 

 

Les principaux textes de la Cabale nous donnent une autre vision de la Création, en voici un extrait : « Sachez qu’avant la Création, seule existait la lumière supérieure qui, simple et infinie, emplissait l’univers dans son moindre espace. Il n’y avait ni premier ni dernier, ni commencement ni fin. Tout était douce lumière, harmonieusement et uniformément équilibrée en une apparence et une affinité parfaite,

 

quand par la volonté de Dieu furent crée le monde et Ses créatures, dévoilant ainsi sa perfection, source de la création du monde. Voilà qu’il se contracta en son point central, et il y eu alors restriction et retrait de lumière, laissant autour du point central entouré de lumière un espace vide formé de cercles. Après cette restriction, d’En haut vers En bas, un rayon s’est retiré de la lumière infinie, puis il est descendu graduellement par évolution dans l’espace vide. Epousant ce rayon, la lumière infinie dans l’espace vide est alors descendue et tous les mondes parfaits furent émanés.. »

 

 

 

Ce qui me frappe mes frères, entre les deux textes, celui de St Jean et celui-ci, c’est la présence commune de la Lumière et des ténèbres, du Bien et du Mal, symbolisés dans nos loges par le pavé mosaïque.

 

 

 

En fait qu’est-ce que la Cabale ? Je ne vais pas m’étendre sur son Histoire, je vais simplement vous en donner une courte définition : la Kabbale, c’est la voie de l’ésotérisme hébraïque, la forme spécifiquement hébraïque de la Tradition Primordiale chère à Guénon.

 

Il est important de noter qu’il existe aussi une Cabale chrétienne, Pic de La Mirandole en fut un des précurseurs, mais cet aspect plus spécifique de la Kabbale fera l’objet d’un autre travail.

 

Le sens du mot Qabalah nous est donné par sa racine QBL qui signifie recevoir et accepter. En d’autres termes, le cabaliste est celui qui va à la rencontre de l’autre pour le recevoir, l’accepter et ne former avec lui qu’un seul cœur. Vous voyez mes frères les cabalistes et les maçons ont en commun un profond idéal de fraternité ajouté à une volonté immense de recherche et de Connaissance.

 

La Kabbale repose entièrement sur cette singularité de l’Ecriture Sainte, selon ce qu’en rapporte le Zohar, un des fondements de la littérature cabalistique : « Dans chaque parole de l’Ecriture, le Saint, béni soit-il a caché un mystère suprême qui est l’âme du mot, et d’autres mystères moins profonds qui sont l’enveloppe du premier mystère. L’homme profane ne voit dans chaque mot que le corps, c’est à dire le sens littéral. Par contre les hommes clairvoyants voient dans chaque mot l’enveloppe qui entoure l’âme et au travers de cette enveloppe, ils entrevoient l’âme bien que la vue claire et nette de celle-ci leur soit impossible.. »

 

La force des mots, la puissance du Verbe, la Création repose sur ces concepts.

 

En fait, la Sagesse d’En Haut qui fut révélée à Moïse, au Mont Sinaï, en même temps que le Pentateuque, la Loi écrite de l’éxotèrisme du judaïsme constitue la connaissance cachée qui est l’objet de l’ésotérisme hébraïque : « La Kabbale, Loi orale secrète, recoupe le Pentateuque, Loi écrite qu’elle TRANSCENDE.

 

 

 

Tout est là et vous comprenez maintenant pourquoi l’enseignement de la Kabbale et sa transmission n’était réservée qu’à des initiés et à des rabbins triés sur le volet. J’ai mis cette phrase à l’imparfait car depuis quelques temps, l’étude de la Kabbale est ouverte à tous ceux qui cherchent, sans exclusive, avec une simple barrière naturelle, la langue hébraïque.

 

A ce sujet, la Cabale si elle est moins une technique de décryptage qu’un mode de vie spirituel, possède un mode opératoire très spécifique pour lequel elle dispose d’instruments dont les plus connus sont l’alphabet hébraïque composé de  22 lettres et les 10 séphiroths le tout aboutissant aux 32 voies de la Sagesse.

 

Pour les cabalistes, les 22 lettres de l’alphabet hébreux sont les instruments de la Création. En effet, d’après la Tradition, les lettres sont des éléments constitutifs des vibrations de l’Univers. Dans l’ordre inverse, à partir de la dernière lette, « taw » qui signifie le signe, les différentes lettres se présentent successivement devant Dieu pour créer le monde. Il les écarte les unes après les autres, mais retient « bet », la deuxième lettre qui a valeur 2 pour créer le monde.

 

La même tradition enseigne que d’une part les lettres sont des anges et que d’autre part, à chaque âme sur terre correspond une lettre de l’écriture, chaque âme étant une lettre et devant y trouver sa place.

 

L’alphabet hébreu est structuré en 3 lettres mères, 7 lettres redoublées et 12 lettres simples, elles ont chacune une valeur numérique qui traduit une réalité.

 

Un exemple, le mot NOM se dit CHEM en hébreu et possède une valeur numérique de 300+40=340 et le mot NOMBRE se dit SEPHAR et possède la même valeur numérique à savoir 60+80+200=340. On nomme Guématrie cette méthode qui établit une correspondance entre les lettres, les mots mais aussi les versets de la Bible, correspondance qui permet d’ouvrir de nouveaux horizons dans l’interprétation des textes sacrés.

 

 

 

Les séphiroths sont les émanations de la puissance divine. Ils sont au nombre de 10 et constituent avec les 22 lettres de l’alphabet hébreu, les 32 mystérieux chemins de la Sagesse selon lesquels Dieu a crée le monde.

 

Chaque séphira est l’archétype d’un membre ou d’un organe de l’homme et la totalité des séphiroths constituent, l’ "Homme d’En Haut ", ou l’Adam Kadmon, l’Adam Primordial.

 

Petite parenthèse, l’ésotérisme s’appuie sur un principe écrit dans la Table d’Emeraude qui proclame que tout ce qui est en haut est comme tout ce qui est en bas, le microcosme correspondant au  macrocosme et vice-versa.

 

Je ne vais pas trop insister sur les séphiroths, juste vous donner leurs noms. La première est KETHER, la Couronne et la dixième est MALKHUT, le Royaume. Les autres séphiroths unissent donc la tête, point suprême où commencent les mystères intelligibles au Royaume.

 

De KETHER émanent successivement, HOCHMAH, la Sagesse, l’intelligence, BINAH, la Mère, HESED, la Miséricorde, GEBURAH la Rigueur, le Jugement, TIPHERET, la Beauté, NETSAH, l’Eternité, HOD, la Gloire et YESOD, le fondement.

 

 

 

Un travail sur l’Arbre de Vie vous donnera plus d’explications sur l’importance des séphiroths dans la Kabbale, mais à ce stade de ma planche, je dois vous avouer qu’il me faut rester humble par rapport à la masse de connaissances qui relèvent de ce sujet.

 

Cependant, dans ma recherche des causes premières de la Création, j’ai été interpellé par cette idée développée dans le Zohar, qui met en évidence, au-dessus du monde des séphiroths "par lequel Dieu se manifeste ", un monde caché appelé EN-SOPH, la « Volonté Suprême », un monde sans commencement ni fin, sans limites qui demeure totalement inaccessible à l’homme. Il existe donc une limite à notre connaissance et à notre compréhension, une idée que l’on ne pourra jamais atteindre, un infini jamais explicable avec des concepts humains.

 

Et pourtant la Création du monde s’explique selon la Kabbale par une contraction de L’EN-SOPH, contraction nommée tsimtsoum qui a permis l’apparition d’un vide dans lequel allait se manifester le miroir de l’existence. Puis, nous l’avons déjà évoqué, un rayon de lumière a été produit, venant de l’En-Soph, rayon qui s’est manifesté à dix niveaux différents connus sous le nom de séphiroths.

 

En fait et pour résumer, l’Univers a été crée, selon la Kabbale par une rétractation divine, du néant a surgi la lumière qui a progressivement installé la nature et la Vie.

 

Si l’on rapproche une dernière fois le Zohar et l’évangile de St Jean on comprend aisément que le Verbe et le Premier Rayon de Lumière procèdent du même concept.

 

Voulant expliquer le phénomène de la Création par des moyens plus scientifiques, j’ai cherché du côté de la mécanique quantique, en essayant de répondre à cette question fondamentale, existe-t-il des vides créateurs de Lumière et de matière ?

 

Pour répondre à cette interrogation primordiale, je dois d’abord vous expliquer succinctement ce qu’est la mécanique quantique.

 

 

 

Développée au début du 20ème siècle, la mécanique quantique est la théorie qui décrit le monde microscopique des atomes et des particules. Elle remet en question la physique classique, héritage de Newton et de Galilée.Pendant longtemps, on a cru que le fonctionnement du monde atomique, inaccessible directement à nos sens était similaire à celui du monde macroscopique, celui de la vie de tous les jours. On ne faisait qu’appliquer le fameux « tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », d’Hermès Trimégiste. On croyait par exemple, que l’atome ressemblait à un système solaire miniature, les électrons jouant le rôle de planètes autour du noyau. En fait, il n’en est rien. Le principe d’incertitude de Heisenberg explique à ce sujet que l’on ne peut pas connaître précisément à la fois, la position et la vitesse d’une particule  et qu’en général, un électron ne possède pas une vitesse et une position bien définie, alors aller leur imaginer des orbite au sein de micros systèmes solaires, c’est totalement impossible.

 

Ces concepts de position et de vitesse tirés de la vie courante perdent leur sens dans le monde quantique.

 

Autre principe « révolutionnaire », une particule peut pendant un laps de temps infime, se trouver à deux endroits à la fois, on dit qu’elle est dans un état superposé, à la fois ici et là-bas.

 

Je passe enfin, sur la notion encore plus déroutante de téléportation quantique, pour vous dire que nous ne sommes pas dans la science-fiction et que la mécanique quantique est une science totalement exacte.

 

 

 

Et l’explication de la Création, où s’inscrit-elle ?

 

Selon la théorie des quantas,  notre Univers est bien issu d’un vide, mais celui-ci contenait « quelque chose », le néant absolu n’ayant pas existé. En fait ce vide d’avant la Création était plein d’énergie, de champs et de particules, à l’état virtuel, de la matière et de l’anti-matière apparaissant et disparaissant comme des bulles de savon.

 

Notre monde actuel serait issu de la fluctuation de ce vide non vide(la Cabale parle de rétractation) qui aurait donné à l’Univers son propre espace-temps, ses lois, sa physique et plus important encore, la façon dont s’est brisée l’Unité originelle pour engendrer les forces et les particules que nous y trouvons. L’élément décisif dans la théorie quantique est la densité de l’Univers au moment de la Création ; si celle-ci est élevée alors l’espace temps se courbe, la gravitation l’emporte et l’Univers SE CONTRACTE. Nous y sommes, contraction, rétractation, même si les phénomènes ne sont pas rigoureusement similaires, tous cela procède du même concept.

 

Pour le physicien quantique, le vide est l’état latent de la réalité et la matière son état manifeste, il y a eu brisure du vide dans la Lumière ce qui a crée la matière ;  « et le Verbe s’est fait chair »(St Jean), « la lumière infinie dans l’espace vide est descendue et tous les mondes parfaits furent émanés(Kabbale). »

 

 

 

La Kabbale et le Prologue de St Jean nous proposent une explication allégorique de la Création. Dieu par son souffle divin a fait surgir du néant des particules latentes de matière et d’anti-matière  ce qui a aboutit à la formation de l’Univers. Le vide évoqué dans le Zohar se retrouvant dans la notion de vide quantique.

 

 

 

Respectable Député Maître, avec ce travail, j’ai essayé de vous communiquer ma soif de connaissances qui m’a pris dés mon initiation. Le rôle du Maître Ecossais de St André est un rôle d’encadrement et de transmission, en tout cas c’est comme cela que je le conçois.

 

La Kabbale nous dit qu’elle ne peut être étudiée par des profanes ayant moins de quarante ans, qu’il faut attendre avant de s’engager sur la voie de la spiritualité, mais qu’il n’existe aucune limite à la soif de connaissance du cherchant, le rôle du Maître étant de canaliser celle-ci et non de  la réfréner.

 

Comme Second et bientôt Premier Surveillant d’une loge de St Jean travaillant au Rite Ecossais Rectifié, et comme Maître Ecossais de St André, j’ai le devoir d’accroître constamment mes connaissances pour mieux les transmettre, mais aussi je dois être capable d’encourager et non de freiner tous mes frères, Compagnons et Apprentis qui cherchent sans compter pour apporter leur Pierre au Temple de notre Ordre.

 

Jean Baptiste Willermoz a mis beaucoup de temps pour écrire le rituel de Maître Ecossais de St André, il l’a voulu parfait et complet.

 

Ce grand maçon, créateur du Régime Ecossais Rectifié, fut initié à l’âge de vingt ans et Vénérable de sa loge deux ans après. Passionné de maçonnerie, il rédigea les premiers rituels après avoir passé une multitude de Hauts Grades. Son but créer une synthèse parfaite et complète de tous les rites existant à la fin du 18ème siècle.

 

Aujourd’hui et pour faire honneur à ce qu’il nous a légué, nous nous devons de travailler sans relâche à notre perfectionnement en cherchant sans préjugés ni limites à comprendre tout ce que les différents rites peuvent nous apporter dans la compréhension de nos propres rituels.

 

Le rôle du Maître Ecossais de St André est triple. Il doit avant tout se former pour pouvoir répondre aux demandes des frères des loges bleues. Il doit ensuite encadrer les ateliers travaillant aux trois grades du Rite Ecossais Rectifié en veillant à la stricte observance des rituels et à la qualité des cérémonies Enfin il doit transmettre au sens cabaliste du terme, tel le Maître qui donne la Connaissance à celui qui deviendra un jour Maître à son tour.

 

Nietzsche  disait : « tout Maître n’a qu’un seul élève, mais il arrive qu’un jour l’élève dépasse le Maître ».

 

C’est un beau challenge et une noble mission que de faire de nos apprentis des compagnons et de nos compagnons des maîtres, c’est le sens de notre chaîne d’Union, c’est une grande responsabilité, mais c’est aussi une grande fierté d’appartenir à ce Rite,  transmis de générations en générations,  dans la plus pure Tradition maçonnique.

 

 

 

 

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louanges de la Milice du Temple

26 Avril 2005 , Rédigé par St Bernard de Clairvaux Publié dans #chevalerie

PROLOGUE

A Hugues, soldat du Christ, et maître de la milice, Bernard simple abbé de Clairvaux

combattre le bon combat.

Ce n’est pas une, mais deux, mais trois fois, si je ne me trompe, mon cher Hugues, que vous m’avez prié de vous écrire, à vous et à vos compagnons d’armes, quelques paroles d’encouragement, et de tourner ma plume, à défaut de lance, contre notre tyrannique ennemi, en m’assurant que je vous rendrais un grand service si j’excitais par mes paroles ceux que je ne puis exciter les armes à la main. Si j’ai tardé quelque temps à me rendre à vos désirs, ce n’est pas que je crusse qu’on ne devait en tenir aucun compte, mais je craignais qu’on ne pût me reprocher de m’y être légèrement et trop vite rendu et d’avoir, malgré mon inhabileté, osé entreprendre quelque chose qu’un autre plus capable que moi aurait pu mener à meilleure fin, et d’avoir empêché peut-être ainsi que tout le bien possible se fît. Mais en voyant que ma longue attente ne m’a servi à rien, je me suis enfin décidé à faire ce que j’ai pu, le lecteur jugera si j’ai réussi, afin de vous prouver que ma résistance ne venait point de mauvais vouloir de ma part, mais du sentiment de mon incapacité. Mais après tout, comme ce n’est que pour vous plaire que j’ai fait tout ce dont je suis capable, je me mets fort peu en peine que mon livre ne plaise que médiocrement ou même paraisse insuffisant à ceux qui le liront.
 
 

CHAPITRE I.

Louange de la nouvelle milice.

1. Un nouveau genre de milice est né, dit-on, sur la terre, dans le pays même que le Soleil levant est venu visiter du haut des cieux, en sorte que là même où il a dispersé, de son bras puissant, les princes des ténèbres, l’épée de cette brave milice en exterminera bientôt les satellites, je veux dire les enfants de l’infidélité. Elle rachètera de nouveau le peuple de Dieu et fera repousser à nos yeux la corne du salut, dans la maison de David son fils (Luc I, passim). Oui, c’est une milice d’un nouveau genre, inconnue aux siècles passés, destinée à combattre sans relâche un double (1) combat contre la chair et le sang, et contre les esprits de malice répandus dans les airs. Il n’est pas assez rare de voir des hommes combattre un ennemi corporel avec les seules forces du corps pour que je m’en étonne ; d’un autre côté, faire la guerre au vice et au démon avec les seules forces de l’âme, ce n’est pas non plus quelque chose d’aussi extraordinaire que louable, le monde est plein de moines qui livrent ces combats ; mais ce qui, pour moi, est aussi admirable qu’évidemment rare, c’est de voir les deux choses réunies, un même homme pendre avec courage sa double épée à son côté et ceindre noblement ses flancs de son double baudrier à la fois. Le soldat qui revêt en même temps son âme de la cuirasse de la foi et son corps d’une cuirasse de fer, ne peut point ne pas être intrépide et en sécurité parfaite ; car, sous sa double armure, il ne craint ni homme ni diable. Loin de redouter la mort, il la désire. Que peut-il craindre, en effet, soit qu’il vive, soit qu’il meure, puisque Jésus-Christ seul est sa vie et que, pour lui, la mort est un gain ? Sa vie, il la vit avec confiance et de bon cœur pour le Christ, mais ce qu’il préférerait, c’est d’être dégagé des liens du corps et d’être avec le Christ ; voilà ce qui lui semble meilleur. Marchez donc au combat, en pleine sécurité, et chargez les ennemis de la croix de Jésus-Christ avec courage et intrépidité, puisque vous savez bien que ni la mort, ni la vie ne pourront vous séparer de l’amour de Dieu qui est fondé sur les complaisances qu’il prend en Jésus-Christ, et rappelez-vous ces paroles de l’Apôtre, au milieu des périls : " Soit que nous vivions ou que nous mourions, nous appartenons au Seigneur " (Rm XIV, 8). Quelle gloire pour ceux qui reviennent victorieux du combat, mais quel bonheur pour ceux qui y trouvent le martyre ! Réjouissez-vous, généreux athlètes, si vous survivez à votre victoire dans le Seigneur, mais que votre joie et votre allégresse soient doubles si la mort vous unit à lui : sans doute votre vie est utile et votre victoire glorieuse ; mais c’est avec raison qu’on leur préfère une sainte mort ; car s’il est vrai que ceux qui meurent dans le Seigneur sont bienheureux, combien plus heureux encore sont ceux qui meurent pour le Seigneur ?

2. Il est bien certain que la mort des saints dans leur lit ou sur un champ de bataille est précieuse aux yeux de Dieu, mais je la trouve d’autant plus précieuse sur un champ de bataille qu’elle est en même temps plus glorieuse. Quelle sécurité dans la vie qu’une conscience pure ! Oui, quelle vie exempte de trouble que celle d’un homme qui attend la mort sans crainte, qui l’appelle comme un bien, et la reçoit avec piété. Combien votre milice est sainte et sûre, et combien exempte du double péril auquel sont exposés ceux qui ne combattent pas pour Jésus-Christ ! En effet, toutes les fois que vous marchez à l’ennemi, vous qui combattez dans les rangs de la milice séculière, vous avez à craindre de tuer votre âme du même coup dont vous donnez la mort à votre adversaire, ou de la recevoir de sa main, dans le corps et dans l’âme en même temps. Ce n’est point par les résultats mais par les sentiments du cœur qu’un chrétien juge du péril qu’il a couru dans une guerre ou de la victoire qu’il y a remportée, car si la cause qu’il défend est bonne, l’issue de la guerre, quelle qu’elle soit, ne saurait être mauvaise, de même que, en fin de compte, la victoire ne saurait être bonne quand la cause de la guerre ne l’est point et que l’intention de ceux qui la font n’est pas droite. Si vous avez l’intention de donner la mort, et qu’il arrive que ce soit vous qui la receviez, vous n’en êtes pas moins un homicide, même en mourant ; si, au contraire, vous échappez à la mort, après avoir tué un ennemi que vous attaquiez avec la pensée ou de le subjuguer ou de tirer quelque vengeance de lui, vous survivez sans doute, mais vous êtes un homicide : or il n’est pas bon d’être homicide, qu’on soit vainqueur ou vaincu, mort ou vif, c’est toujours une triste victoire que celle où on ne triomphe de son semblable qu’en étant vaincu par le péché, et c’est en vain qu’on se glorifie de la victoire qu’on a remportée sur un ennemi, si on en a laissé remporter une aussi sur soi à la colère ou à l’orgueil. Il y a des personnes qui ne tuent ni dans un esprit de vengeance ni pour se donner le vain orgueil de la victoire, mais uniquement pour échapper eux-mêmes à la mort : eh bien ! je ne puis dire que cette victoire soit bonne, attendu que la mort du corps est moins terrible que celle de l’âme (2) ; en effet celle-ci ne meurt point du même coup qui tue le corps, mais elle est frappée à mort dès qu’elle est coupable de péché.
 
 

CHAPITRE II.

De la milice séculière.

3. Quels seront donc le fruit et l’issue, je ne dis pas de la milice, mais de la malice, séculière, si celui qui tue pèche mortellement et celui qui est tué périt éternellement ? Car, pour me servir des propres paroles de l’Apôtre : " Celui qui laboure la terre doit labourer dans l’espérance d’en tirer du fruit, et celui qui bat le grain doit espérer d’en avoir sa part " (1 Co IX, 10). Combien étrange n’est donc point votre erreur, ou plutôt quelle n’est pas votre insupportable fureur, ô soldats du siècle, de faire la guerre avec tant de peine et de frais, pour n’en être payés que par la mort ou par le péché ? Vous chargez vos chevaux de housses de soie, vous recouvrez vos cuirasses de je ne sais combien de morceaux d’étoffe qui retombent de tous côtés (3) ; vous peignez vos haches, vos boucliers et vos selles ; vous prodiguez l’or, l’argent et les pierreries sur vos mors et vos éperons, et vous volez à la mort, dans ce pompeux appareil, avec une impudente et honteuse fureur. Sont-ce là les insignes de l’état militaire ? Ne sont-ce pas plutôt des ornements qui conviennent à des femmes ? Est-ce que, par hasard, le glaive de l’ennemi respecte l’or ? Epargne-t-il les pierreries ? Ne saurait-il percer la soie ? Mais ne savons-nous pas, par une expérience de tous les jours, que le soldat qui marche au combat n’a besoin que de trois choses, d’être vif, exercé et habile à parer les coups, alerte à la poursuite et prompt à frapper ? Or on vous voit au contraire nourrir, comme des femmes, une masse de cheveux qui vous offusquent la vue, vous envelopper dans de longues chemises qui vous descendent jusqu’aux pieds et ensevelir vos mains délicates et tendres sous des manches aussi larges que tombantes. Ajoutez à tout cela quelque chose qui est bien fait pour effrayer la conscience du soldat, je veux dire, le motif léger et frivole pour lequel on a l’imprudence de s’engager dans une milice d’ailleurs si pleine de dangers ; car il est bien certain que vos différends et vos guerres ne naissent que de quelques mouvements irréfléchis de colère, d’un vain amour de la gloire, ou du désir de quelque conquête terrestre. Or on ne peut certainement pas tuer son semblable en sûreté de conscience pour de semblables raisons.
 
 

CHAPITRE III.

Des soldats du Christ.

4. Mais les soldats du Christ combattent en pleine sécurité (4) les combats de leur Seigneur, car ils n’ont point à craindre d’offenser Dieu en tuant un ennemi et ils ne courent aucun danger, s’ils sont tués eux-mêmes, puisque c’est pour Jésus-Christ qu’ils donnent ou reçoivent le coup de la mort, et que, non seulement ils n’offensent point Dieu, mais encore, ils s’acquièrent une grande gloire : en effet, s’ils tuent, c’est pour le Seigneur, et s’ils sont tués, le Seigneur est pour eux ; mais si la mort de l’ennemi le venge et lui est agréable, il lui est bien plus agréable encore de se donner à son soldat pour le consoler. Ainsi le chevalier du Christ donne la mort en pleine sécurité et la reçoit dans une sécurité plus grande encore. Ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée ; il est le ministre de Dieu, et il l’a reçue pour exécuter ses vengeances, en punissant ceux qui font de mauvaises actions et en récompensant ceux qui en font de bonnes. Lors donc qu’il tue un malfaiteur, il n’est point homicide mais malicide, si je puis m’exprimer ainsi ; il exécute à la lettre les vengeances du Christ sur ceux qui font le mal, et s’acquiert le titre de défenseur des chrétiens. Vient-il à succomber lui-même, on ne peut dire qu’il a péri, au contraire, il s’est sauvé. La mort qu’il donne est le profit de Jésus-Christ, et celle qu’il reçoit, le sien propre. Le chrétien se fait gloire de la mort d’un païen, parce que le Christ lui-même en est glorifié, mais dans la mort d’un chrétien la libéralité du Roi du ciel se montre à découvert, puisqu’il ne tire son soldat de la mêlée que pour le récompenser. Quand le premier succombe, le juste se réjouit de voir la vengeance qui en a été tirée ; mais lorsque c’est le second qui périt " tout le monde s’écrie : Le juste sera-t-il récompensé ? Il le sera, sans doute, puisqu’il y a un Dieu qui juge les hommes sur la terre " (Ps LVII, 11). Il ne faudrait pourtant pas tuer les païens mêmes, si on pouvait les empêcher, par quelque autre moyen que la mort, d’insulter les fidèles ou de les opprimer. Mais pour le moment, il vaut mieux les mettre à mort que de les laisser vivre pour qu’ils portent les mains sur les justes, de peur que les justes, à leur tour, ne se livrent à l’iniquité.

5. Mais, dira-t-on, s’il est absolument défendu à un chrétien de frapper de l’épée, d’où vient que le héraut du Sauveur disait aux militaires de se contenter de leur solde, et ne leur enjoignait pas plutôt de renoncer à leur profession (Lc III, 13) ? Si au contraire cela est permis, comme ce l’est en effet, à tous ceux qui ont été établis de Dieu dans ce but, et ne sont point engagés dans un état plus parfait, à qui, je vous le demande, le sera-t-il plus qu’à ceux dont le bras et le courage nous conservent la forte cité de Sion, comme un rempart protecteur derrière lequel le peuple saint, gardien de la vérité, peut venir s’abriter en toute sécurité, depuis que les violateurs de la loi divine en sont tenus éloignés ? Repoussez donc sans crainte ces nations qui ne respirent que la guerre, taillez en pièces ceux qui jettent la terreur parmi nous, massacrez loin des murs de la cité du Seigneur, tous ces hommes qui commettent l’iniquité et qui brûlent du désir de s’emparer des inestimables trésors du peuple chrétien qui reposent dans les murs de Jérusalem, de profaner nos saints mystères et de se rendre maîtres du sanctuaire de Dieu. Que la doublé (5) épée des chrétiens soit tirée sur la tête de nos ennemis, pour détruire tout ce qui s’élève contre la science de Dieu, c’est-à-dire contre la foi des chrétiens, afin que les infidèles ne puissent dire un jour : Où donc est leur Dieu ?

6. Quand ils seront chassés, il reviendra prendre possession de son héritage et de sa maison dont il a dit lui-même, dans sa colère : " Le temps s’approche où votre demeure sera déserte " (Mt XXIII, 38), et dont le Prophète a dit en gémissant : " J’ai quitté ma propre maison, j’ai abandonné mon héritage " (Jr XII, 7) ; et il accomplira cette autre parole prophétique : " Le Seigneur a racheté son peuple et l’a délivré ; aussi le verra-t-on plein d’allégresse, sur la montagne de Sion, se réjouir des bienfaits du Seigneur ". Livre-toi donc aux transports de la joie, ô Jérusalem, et reconnais que voici les jours où Dieu te visite. Réjouissez-vous aussi et louez Dieu avec elle, déserts de Jérusalem, car le Seigneur a consolé son peuple, il a racheté la Cité sainte et il a levé son bras saint aux yeux de toutes les nations. Vierge d’Israël, tu étais tombée à terre, et personne ne se trouvait qui te tendît une main secourable ; lève-toi maintenant, secoue la poussière de tes vêtements, ô vierge, ô fille captive, ô Sion, lève-toi, dis-je, et même élève-toi bien haut et vois au loin les torrents de joie que ton Dieu fait couler vers toi. On ne t’appellera plus l’abandonnée, et la terre où tu t’élèves ne sera plus une terre désolée, parce que le Seigneur a mis en toi toutes ses complaisances et tes champs vont se repeupler. Jette tes yeux tout autour de toi et regarde ; tous ces hommes se sont réunis pour venir à toi ; voilà le secours qui t’est envoyé d’en haut. Ce sont ceux qui vont accomplir cette antique promesse : " Je t’établirai dans une gloire qui durera des siècles et ta joie se continuera de génération en génération : tu suceras le lait des nations et tu seras nourrie aux mamelles qu’ont sucées les rois " (Is LX, 15). Et cette autre encore : " De même qu’une mère caresse son petit enfant, ainsi je vous consolerai et vous trouverez votre paix dans Jérusalem " (Is LXVI, 13). Voyez-vous quels nombreux témoignages reçut, dès les temps anciens, la milice nouvelle et, comme sous nos yeux s’accomplissent les oracles sacrés, dans la cité du Seigneur des vertus ? Pourvu que maintenant le sens littéral ne nuise point au spirituel, que la manière dont nous entendons, dans le temps, les paroles des prophètes, ne nous empêche pas d’espérer dans l’éternité, que les choses visibles ne nous fassent point perdre de vue celles de la foi, que le dénuement actuel ne porte aucune atteinte à l’abondance de nos espérances et que la certitude du présent ne nous fasse point oublier l’avenir. D’ailleurs la gloire temporelle de la cité de la terre, au lieu de nuire aux biens célestes ne peut que les assurer davantage, si toutefois nous croyons fermement que la cité d’ici-bas est une fidèle image de celle des cieux qui est notre mère.
 
 

CHAPITRE IV.

Vie des soldats du Christ.

7. Mais pour l’exemple, ou plutôt, à la confusion de nos soldats qui servent le diable bien plus que Dieu, disons, en quelques mots, les mœurs et la vie des chevaliers du Christ ; faisons connaître ce qu’ils sont en temps de paix et en temps de guerre, et on verra clairement quelle différence il y a entre la milice de Dieu et celle du monde. Et d’abord, parmi eux, la discipline et l’obéissance sont en honneur ; ils savent, selon les paroles de la sainte Ecriture, " que le fils indiscipliné est destiné à périr " (Si XXII, 3), et que " c’est une espèce de magie de ne vouloir pas se soumettre, et une sorte d’idolâtrie de refuser d’obéir " (1 R XV, 23). Ils vont et viennent au commandement de leur chef ; c’est de lui qu’ils reçoivent leur vêtement et, soit dans les habits, soit dans la nourriture, ils évitent toute superfluité et se bornent au strict nécessaire. Ils vivent rigoureusement en commun dans une douce mais modeste et frugale société, sans épouses et sans enfants ; bien plus, suivant les conseils de la perfection évangélique, ils habitent sous un même toit, ne possèdent rien en propre et ne sont préoccupés que de la pensée de conserver entre eux l’union et la paix. Aussi, dirait-on qu’ils ne font tous qu’un cœur et qu’une âme, tant ils s’étudient, non seulement à ne suivre en rien leur propre volonté, mais encore à se soumettre en tout à celle de leur chef. Jamais on ne les voit rester oisifs ou se répandre çà et là poussés par la curiosité ; mais quand ils ne vont point à la guerre, ce qui est rare, ne voulant point manger leur pain à ne rien faire, ils emploient leurs loisirs à réparer, raccommoder et remettre en état leurs armes et leurs vêtements, que le temps et l’usage ont endommagés et mis en pièces ou en désordre ; ils font tout ce qui leur est commandé par leur supérieur, et ce que réclame le bien de la communauté. Ils ne font, entre eux, acception de personne, et sans égard pour le rang et la noblesse, ils ne rendent honneur qu’au mérite. Pleins de déférence les uns pour les autres, on les voit porter les fardeaux les uns des autres, et accomplir ainsi la loi du Christ. On n’entend, parmi eux, ni parole arrogante, ni éclats de rire, ni le plus léger bruit, encore moins des murmures, et on n’y voit aucune action inutile ; d’ailleurs aucune de ces fautes ne demeurerait impunie. Ils ont les dés et les échecs (6) en horreur ; ils ne se livrent ni au plaisir de la chasse ni même à celui généralement si goûté de la fauconnerie (7) ; ils détestent et fuient les bateleurs, les magiciens et les conteurs de fables, ainsi que les chansons bouffonnes et les spectacles, qu’ils regardent comme autant de vanités et d’objets pleins d’extravagance et de tromperie. Ils se coupent les cheveux (8), car ils trouvent avec l’Apôtre que c’est une honte pour un homme de soigner sa chevelure. Négligés dans leur personne et se baignant rarement, on les voit avec une barbe inculte et hérissée et des membres couverts de poussière, noircis par le frottement de la cuirasse et brûlés par les rayons (9) du soleil.

8. Mais à l’approche du combat, ils s’arment de foi au-dedans et de fer, au lieu d’or, au-dehors, afin d’inspirer à l’ennemi plus de crainte que d’avides espérances. Ce qu’ils recherchent dans leurs chevaux, c’est la force et la rapidité, non point la beauté de la robe ou la richesse des harnais, car ils ne songent qu’à vaincre, non à briller, à frapper l’ennemi de terreur, non point d’admiration. Point de turbulence, point d’entraînement inconsidéré, rien de cette ardeur qui sent la précipitation de la légèreté. Quand ils se rangent en bataille, c’est avec toute la prudence et toute la circonspection possibles qu’ils s’avancent au combat tels qu’on représente les anciens. Ce sont de vrais Israélites qui vont livrer bataille ; mais en portant la paix au fond de l’âme. A peine le signal d’en venir aux mains est-il donné qu’oubliant tout à coup leur douceur naturelle, ils semblent s’écrier avec le Psalmiste : " Seigneur, n’ai-je pas haï ceux qui te haïssaient, et n’ai-je pas séché de douleur à la vue de tes ennemiS ? " (Ps CXXXVIII, 21), puis s’élancent sur leurs adversaires comme sur un troupeau de timides brebis, sans se mettre en peine, malgré leur petit nombre, ni de la cruauté, ni de la multitude infinie de leurs barbares ennemis ; car ils mettent toute leur confiance, non dans leurs propres forces, mais dans le bras du Dieu des armées à qui ils savent, comme les Maccabées, qu’il est bien facile de faire tomber une multitude de guerriers dans les mains d’une poignée d’hommes, et qu’il n’en coûte pas plus de faire échapper les siens à un grand qu’à un petit nombre d’ennemis, attendu que la victoire ne dépend pas du nombre et que la force vient d’en-haut. Ils en ont souvent fait l’expérience, et bien des fois il leur est arrivé de mettre l’ennemi en fuite presque dans la proportion d’un contre mille et de deux contre dix mille. Il est aussi singulier qu’étonnant de voir comment ils savent se montrer en même temps, plus doux que des agneaux et plus terribles que des lions, au point qu’on ne sait s’il faut les appeler des religieux ou des soldats, ou plutôt qu’on ne trouve pas d’autres noms qui leur conviennent mieux que ces deux-là, puisqu’ils savent allier ensemble la douceur des uns à la valeur des autres. Comment à la vue de ces merveilles ne point s’écrier : " Tout cela est l’œuvre de Dieu ; c’est lui qui a fait ce que nos yeux ne cessent d’admirer " ? Voilà les hommes valeureux que le Seigneur a choisis d’un bout du monde à l’autre parmi les plus braves d’Israël pour en faire ses ministres et leur confier la garde du lit du vrai Salomon, c’est-à-dire la garde du Saint-Sépulcre, comme à des sentinelles fidèles et vigilantes, armées du glaive et habiles au métier des armes.
 
 

CHAPITRE V.

Le temple.

9. Il y a à Jérusalem un temple où ils habitent en commun ; s’il est bien loin d’égaler par son architecture l’ancien et fameux temple de Salomon, du moins il ne lui est pas inférieur en gloire. En effet toute la magnificence du premier consistait dans la richesse des matériaux corruptibles d’or et d’argent et dans l’assemblage des pierres et des bois de toutes sortes qui entrèrent dans sa construction ; le second, au contraire, doit toute sa beauté, ses ornements les plus riches et les plus agréables, à la piété, à la religion de ses habitants et à leur vie parfaitement réglée ; l’un charmait les regards par ses peintures ; mais l’autre commande le respect par le spectacle varié des vertus qui s’y pratiquent et des actes de sainteté qui s’y accomplissent. La sainteté doit être l’ornement de la maison de Dieu (Ps XCII, 5), qui se complaît bien plus dans des mœurs régulières que dans les pierres les mieux polies, et préfère beaucoup des cœurs purs (10) à des murailles dorées. Ce n’est pourtant pas que tout ornement extérieur soit banni de ce temple, mais ceux qu’on y voit ne consistent pas en pierres précieuses, ce sont des armures, et au lieu d’antiques couronnes d’or les murs sont recouverts de boucliers ; partout, dans cette demeure, les mors, les selles et les lances ont pris la place des candélabres, des encensoirs et des burettes ; toutes preuves évidentes que ces soldats sont animés pour la maison de Dieu, du même zèle dont se sentit si violemment enflammé leur premier Maître lui-même lorsque, armant jadis sa main sacrée, non d’un glaive, mais d’un fouet qu’il avait composé de petites cordes, il entra dans le temple, en chassa les marchands, y jeta à terre l’argent des changeurs et y renversa les sièges de ceux qui y vendaient des colombes, trouvant tout à fait indigne que la maison de prière fût souillée par la présence de tous ces trafiquants (Jn II, 15). A l’exemple de son chef, cette armée dévouée jugeant qu’il est bien plus indigne et bien plus intolérable encore de voir les saints lieux profanés par la présence des infidèles que par celle des marchands, a fixé sa propre demeure dans le lieu saint avec ses chevaux et ses armes, et, après avoir éloigné ainsi que de tous les autres lieux saints les infidèles dont la présence les souillait et la rage les tyrannisait, ils s’y livrent maintenant, le jour et la nuit, à des occupations aussi honnêtes qu’utiles. Ils honorent à l’envi le temple de Dieu par un culte plein de zèle et de vérité, et ils y immolent avec une inépuisable dévotion, non pas des victimes semblables à celles de la loi ancienne, mais de vraies victimes pacifiques, qui sont la charité fraternelle, une obéissance absolue et la pauvreté volontaire.

10. Pendant que ces choses se passent à Jérusalem, l’univers entier sort de sa léthargie, les îles écoutent, les peuples les plus lointains prêtent l’oreille, l’Orient et l’Occident bouillonnent, la gloire des nations déborde comme un torrent, on dirait le fleuve au cours impétueux qui réjouit la cité de Dieu. Mais ce qu’il y a de plus consolant et de plus avantageux, c’est que la plupart de ceux qu’on voit, de tous les pays, accourir chez les Templiers, étaient auparavant des scélérats et des impies, des ravisseurs et des sacrilèges, des homicides, des parjures et des adultères, tous hommes dont la conversion produit un double bien et par conséquent cause une double joie ; en effet pendant que, d’un côté, par leur départ, ils font la joie et le bonheur de leur propre pays, qu’ils cessent d’opprimer ; de l’autre, ils remplissent d’allégresse, par leur arrivée, ceux à qui ils courent se réunir, et les contrées qu’ils vont couvrir de leur protection. Ainsi en même temps que l’Egypte se réjouit de leur départ, la montagne de Sion est également dans le bonheur et les filles de Juda se félicitent de leur protection : l’une est heureuse de ne plus se sentir sous leur bras oppressif et l’autre se félicite de voir son salut entre leurs mains. Tandis que la première voit avec satisfaction s’éloigner d’elle ceux qui la dévastaient cruellement, la seconde accueille en eux, avec empressement, ses plus fidèles défenseurs, de sorte que ce que l’une perd pour son plus grand bonheur tourne à la plus grande consolation de l’autre. Voilà comment le Christ sait se venger de ses ennemis ; non seulement il triomphe d’eux mais il se sert d’eux pour s’assurer un triomphe d’autant plus glorieux qu’il réclame une plus grande puissance. Quel plaisir et quel bonheur, de voir d’anciens oppresseurs se changer en protecteurs, et celui qui de Saul persécuteur sut faire un Paul prédicateur de l’Evangile (Ac X, 15), changer ses ennemis en soldats de sa cause ! Aussi ne suis-je point étonné que la cour céleste, comme l’affirme le Sauveur lui-même, ressente plus de joie de la conversion d’un pécheur qui fait pénitence que la persévérance de plusieurs justes qui n’ont pas besoin de pénitence, puisque la conversion d’un pécheur et d’un méchant est la source de biens plus grands que les maux dont son premier genre de vie avait été la cause.

11. Salut donc, sainte Cité, dont le Très-Haut s’est fait à lui-même un tabernacle, toi, en qui et par qui une telle génération d’hommes fut sauvée. Salut, Cité du grand Roi, où depuis les temps les plus reculés, le monde n’a presque jamais cessé de voir se produire de nouvelles et consolantes merveilles. Salut, Maîtresse des nations, Princesse des provinces, Héritage des Patriarches, Mère des Prophètes et des Apôtres, Point de départ de notre foi, Gloire du peuple chrétien ; Dieu a permis que dès le principe tu fusses presque constamment assaillie par tes ennemis, afin que les braves trouvassent, à te défendre, une occasion, non seulement de montrer leur courage, mais encore de sauver leurs âmes. Salut, terre de la promesse, où jadis le lait et le miel ne coulaient que pour ceux-là seuls qui habitaient dans ton sein, qui maintenant encore prodigues des remèdes de salut et des aliments de vie à l’univers entier. Salut, dis-je, terre bonne, excellente, toi qui as reçu dans ton sein d’une extrême fécondité, une céleste semence de l’Arche du cœur du Père de famille ; tu as donné d’abord une moisson de martyrs et tu n’as point laissé ensuite, du reste des fidèles, de faire produire à ton sol fertile jusqu’à trente, soixante et même cent pour un sur la face de la terre entière. Aussi tous ceux qui ont eu le bonheur de se rassasier de tes innombrables douceurs et de s’engraisser de ton opulence, s’en vont proclamant partout le souvenir de ton abondance et de tes délices, racontant jusqu’au bout du monde, à tous ceux qui ne t’ont pas vue, ta gloire, ta magnificence et toutes les merveilles que tu renfermes dans ton sein. On rapporte de toi, ô Cité de Dieu, des choses glorieuses (Ps LXXXVI, 3). Mais il est temps que moi aussi je redise à ta louange et à la gloire de ton nom quelques-unes des délices dont tu es remplie.
 
 

CHAPITRE VI.

Bethléem. (11)

12. Arrêtons-nous avant tout pour la réfection des âmes saintes à Bethléem, la maison du pain, où apparut pour la première fois, quand une vierge le mit au jour, le Pain vivant descendu du ciel. On y montre encore aux pieuses bêtes, la crèche et dans la crèche, le foin du pré virginal, que le bœuf et l’âne ne peuvent manger sans reconnaître, l’un son maître, et l’autre son seigneur. " Toute chair n’est que de l’herbe et toute sa gloire est comme la fleur de l’herbe des champs " (Is XL, 6). Or parce que l’homme n’a pas compris le rang honorable où il a été créé, il s’est vu comparé aux bêtes qui n’ont point de raison, et leur est même devenu semblable ; le Verbe qui est le pain des Anges, s’est fait le pain des bêtes, afin que l’homme qui avait perdu l’habitude de se nourrir du pain de la parole, eût le foin de la chair à ruminer, jusqu’à ce que, rendu par l’Homme-Dieu à sa première dignité, et, de bête redevenu homme, il pût dire avec saint Paul : " Si nous avons connu Jésus-Christ selon la chair, nous ne le connaissons plus maintenant de cette sorte " (2 Co V, 16). Ce que nul, je crois, ne peut dire avec vérité, s’il n’a pas d’abord entendu avec Pierre ces mots sortis de la bouche de la Vérité même : " Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie, le chair ne sert de rien pour les entendre " (Jn VI, 64). D’ailleurs celui qui trouve la vie dans les paroles du Christ ne cherche plus la chair ; il est de ces bienheureux qui n’ont pas vu et qui ont cru (Jn XX, 29). Le lait n’est nécessaire qu’aux enfants et le foin ne l’est qu’aux bêtes ; mais celui qui ne pèche plus dans ses paroles est un homme parfait et peut supporter une nourriture tout à fait solide ; si c’est encore à la sueur de son front qu’il mange le pain de la parole, du moins le mange-t-il sans pécher. Il ne parle de la sagesse de Dieu, en toute sécurité et sans crainte de donner du scandale, qu’en présence des parfaits, et ne propose les choses spirituelles qu’aux spirituels ; mais se trouve-t-il parmi les enfants et les bêtes, il a soin de se proportionner à leur intelligence et ne leur propose que Jésus-Christ, mais Jésus-Christ crucifié. Ce n’en est pas moins le même aliment des célestes pâturages que la bête rumine avec douceur et dont l’homme fait sa nourriture ; il fortifie l’homme fait, et donne des forces à l’enfant.
 
 

CHAPITRE VII.

Nazareth.

13. Je vois aussi Nazareth, c’est-à-dire la fleur, Nazareth où l’enfant Dieu, qui naquit à Bethléem, fut nourri comme le fruit dans la fleur. Ainsi le parfum de la fleur a précédé le goût du fruit qui a humecté de sa sainte liqueur la bouche des apôtres, après avoir flatté, de son arôme, l’odorat des prophètes, et qui fournit aux chrétiens un aliment substantiel et fortifiant, après que les Juifs se furent contentés d’en respirer à peine l’odeur. Pourtant Nathanaël avait senti le parfum de cette fleur qui répand une odeur plus suave que tous les aromates, c’est ce qui lui faisait dire : " Peut-il sortir quelque chose de bon de Nazareth ? " (Jn I, 46). Mais au lieu de se contenter de sentir cette délicieuse odeur, il suivit Philippe qui lui avait répondu : " Viens et vois ". Bien plus comme enivré des suaves parfums dont il se sent pénétré, et, de plus en plus pressé du désir de goûter au fruit à mesure qu’il en aspire la bonne odeur, il se laisse guider par elle et se hâte d’arriver jusqu’au fruit qui l’exhale, car il brûle de sentir tout à fait ce qu’il n’a senti qu’à peine, et de savourer de près ce qui ne l’a embaumé que de loin. Mais rappelons-nous aussi ce que sentait Isaac ; peut-être n’est-ce point sans rapport avec notre sujet, voici ce qu’en dit l’Ecriture : " Dès qu’il eut senti la bonne odeur qui sortait de ses habits, – c’est-à-dire des habits de Jacob, – il s’écria : L’odeur qui sort des habits de mon fils est semblable à celle d’un champ que le Seigneur a comblé de bénédictions " (Gn XXVII, 27). Il a senti la bonne odeur qui s’exhalait de ses vêtements, mais il n’a pas reconnu quel était celui qui les portait, tant il est vrai que le charme qu’il ressentait, ne venait que du dehors, c’est-à-dire du vêtement de Jacob comme d’une fleur, non pas de l’intérieur comme d’un fruit dont il aurait savouré la douceur, puisqu’il ignorait même lequel de ses deux enfants était élu et le sens de ce mystère. Qu’est-ce à dire ? C’est que le vêtement n’est autre que l’esprit, tandis que la lettre est la chair même du Verbe. Mais aujourd’hui même le Juif ne reconnaît ni le Verbe dans la chair ni la divinité dans l’homme, ni même le sens spirituel caché sous la lettre. Ne touchant au-dehors que la peau du chevreau qui était la figure d’un plus grand, c’est-à-dire du premier et antique pécheur, il ne peut arriver à la pure vérité. Si celui qui est venu, non pour faire le péché mais pour l’effacer, s’est manifesté sinon dans une chair de péché, du moins dans une chair semblable à celle qui est sujette au péché, il nous en a lui-même donné la raison en nous disant : " C’est afin que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles " (Jn IX, 39). Trompé par cette ressemblance, le Prophète encore aveugle de nos jours, continue à bénir celui qu’il ne connaît pas, puisqu’il ne reconnaît point à ses miracles celui dont lui parlent ses livres, ni à sa résurrection celui qu’il a touché de ses propres mains quand il l’a chargé de liens, flagellé et souffleté ; " s’ils l’avaient connu, jamais ils n’auraient crucifié le Seigneur de la gloire " (1 Co II, 8). Disons quelques mots de la plupart des lieux saints ou du moins admirons-en les plus fameux si nous ne pouvons les citer tous.
 
 

CHAPITRE VIII.

Le mont des Oliviers et la vallée de Josaphat.

14. Montons sur le mont des Oliviers et descendons ensuite dans la vallée de Josaphat, afin de tempérer la pensée des trésors de la miséricorde divine par la crainte du jugement dernier ; car si Dieu est plein de miséricorde pour pardonner, ses jugements n’en sont pas moins un abîme de terreur pour les enfants des hommes. Si David parle de la montagne des Oliviers, quand il dit : " Seigneur, tu sauveras les hommes et les bêtes selon l’abondance de ton infinie miséricorde " (Ps XXXV, 7), il fait allusion dans le même psaume, à la vallée du jugement dernier, quand il dit : " Que le pied du superbe qui me poursuit ne vienne point jusqu’à moi, et que la main du pécheur ne réussisse point à m’ébranler " (Ps XXXV, 12). Il nous fait assez connaître la terreur que lui inspire la pensée des gouffres de cette vallée, quand il s’écrie ailleurs, au milieu de sa prière : " Seigneur, pénètre ma chair de ta crainte, tes jugements me remplissent de frayeur " (Ps CXVIII, 120). L’orgueilleux est précipité dans cette vallée et s’y brise ; l’humble y descend et ne court aucun danger. L’orgueilleux excuse son péché, l’humble au contraire le confesse, parce qu’il sait bien que Dieu ne juge pas une seconde fois celui qui est jugé, et que si nous nous jugeons nous-mêmes, nous ne serons pas jugés (1 Co XI, 31).

15. Mais l’orgueilleux, oubliant combien il est horrible de tomber entre les mains du Dieu vivant, se laisse facilement aller à des paroles de malice et ne songe qu’à chercher des excuses à ses péchés. C’est en effet une malice bien grande que de n’avoir pas même pitié de toi, ô orgueilleux, et de repousser loin de toi, après ta faute, ce qui peut seul en être le remède, c’est-à-dire la confession de ta faute ; d’aimer mieux renfermer des tisons allumés dans ton sein que de les rejeter loin de toi et de ne tenir aucun compte de ce conseil du Sage : " Aie pitié de ton âme en te rendant agréable à Dieu " (Si XXX, 24). D’ailleurs pour qui est bon celui qui n’est pas bon pour lui-même ? C’est maintenant que le monde est jugé et maintenant aussi que le prince de ce monde doit être chassé dehors, c’est-à-dire hors de ton cœur, pourvu que tu t’humilies et que tu te juges toi-même. Le jugement du Seigneur se fera quand le ciel lui-même sera appelé d’en haut par Dieu et la terre appelée d’en bas, pour faire en leur présence le discernement de son peuple. C’est alors que tu auras lieu de craindre d’être précipité avec Satan et ses anges, s’il se trouve que tu n’as pas encore été jugé. Quant à l’homme spirituel, comme il juge tout, il n’est lui-même jugé par personne (1 Co II, 14). Voilà donc pourquoi le jugement commence à se faire dans la maison même de Dieu ; de cette manière, le juge, quand il viendra, trouvera les siens, ceux qu’il connaît pour lui appartenir, déjà jugés ; il n’aura plus besoin de les juger puisqu’il ne doit juger que ceux qui ne participent point aux travaux ni aux fatigues des hommes, et n’éprouvent point les fléaux auxquels les autres hommes sont exposés (Ps LXXII, 5).
 
 

CHAPITRE IX.

Le Jourdain.

16. Quelle joie pour le Jourdain qui se glorifie d’avoir été consacré par le baptême de Jésus-Christ, de recevoir les chrétiens dans ses eaux ! Il avait bien tort ce Syrien frappé de la lèpre (2 R V, 12), qui préférait aux fleuves d’Israël je ne sais quelle rivière de Damas, quand notre Jourdain s’est montré si souvent soumis à Dieu comme un esclave, a su modérer si miraculeusement son cours soit pour Elie, soit pour Elisée, soit encore, en remontant plus haut dans l’antiquité, pour Josué et pour tout le peuple d’Israël, à qui il laissa un passage à pied sec (2 R II, 8 ; Jos III). Après tout, où trouver un fleuve plus illustre que celui-là et comme lui consacré par une sorte de présence sensible de la Trinité ? Car sur ses bords la voix du Père se fit entendre, le Saint-Esprit se fit apercevoir et le Fils fut baptisé ? C’est donc avec raison que sur l’ordre même de Jésus-Christ, tout le peuple fidèle éprouve maintenant dans son âme, la vertu de ses eaux dont Naaman, sur le conseil du Prophète, fit l’expérience dans sa propre chair (2 R V).
 
 

CHAPITRE X.

Le Calvaire.

17. Allons aussi sur le Calvaire où le véritable Elisée, dont ont ri des enfants insensés (2 R II, 17), donna un rire éternel à ceux dont il a dit : " Me voici, moi et les enfants que le Seigneur m’a donnés " (Is VIII, 18). O vertueux enfants, tandis que les premiers ne savaient que bafouer le Prophète, le Psalmiste excite les seconds à chanter les louanges de Dieu en leur disant : " Louez le Seigneur, vous qui êtes ses enfants, louez le nom du Seigneur " (Ps CXII, 1), afin que dans la bouche de ces vertueux enfants se trouve la louange du Très-Haut qu’avaient cessé de faire entendre les odieux enfants dont il se plaint en ces termes : " J’ai nourri des enfants et les ai élevés, et après cela ils m’ont méprisé " (Is I, 2). Notre chauve est monté sur la croix et s’est exposé aux regards du monde pour sauver le monde ; rien ne voilait sa face, rien ne couvrait son front pendant qu’il expiait nos péchés ; il n’a pas plus reculé devant l’ignominie que devant les supplices d’une mort honteuse et terrible, pour nous arracher à des supplices éternels et nous rendre à la gloire. Pourquoi nous en étonner, et pourquoi aurait-il éprouvé de la confusion, puisqu’il n’a pas lavé nos souillures comme l’eau qui les délaye et s’en charge elle-même, mais comme les rayons du soleil qui les dessèchent et demeurent toujours purs ? Car la sagesse de Dieu atteint partout, à cause de sa pureté.
 
 

CHAPITRE XI.

Le Sépulcre.

18. De tous les lieux saints, celui qui tient la première place en quelque sorte, qu’on désire le plus voir et où l’on ressent je ne sais quel redoublement de piété, c’est celui où le Christ reposa après sa mort plutôt que ceux où il vécut. La pensée de sa mort plus encore que celle de sa vie réveille notre piété. Je pense que cela vient de ce que l’une paraît plus austère et l’autre plus douce et que le repos et la sécurité de la mort sourient plus à la faiblesse humaine que les fatigues et la rectitude de la vie. La vie du Christ m’indique de quelle manière je dois vivre, sa mort, au contraire, me rachète de la mort ; l’une règle ma vie, l’autre est le rachat de la mort. Sa vie fut laborieuse sans doute, mais sa mort est précieuse, sans que l’une toutefois ait été moins nécessaire que l’autre. En effet, à quoi aurait servi la mort du Christ à celui qui vit mal, et sa vie à celui qui meurt en damné ? Est-ce que la mort du Sauveur peut, de nos jours, sauver de la mort éternelle ceux qui vivent dans le mal jusqu’à la mort, ou sa sainte vie a-t-elle pu sauver les saints Pères qui sont morts avant sa venue, selon ces paroles : " Quel homme pourra vivre sans mourir un jour et qui pourra soustraire son âme à la puissance de l’enfer ? " (Ps LXXXVIII, 49). Mais comme il nous est également nécessaire de vivre saintement et de mourir en pleine sécurité, il est venu par sa vie nous apprendre à vivre, et, par sa mort, rendre la sécurité à la nôtre ; il est mort pour ressusciter et nous a ainsi donné l’espérance de ressusciter aussi après notre mort. A ces deux bienfaits, il en ajouta même un troisième, sans lequel les deux autres ne pouvaient sous servir : il a effacé nos péchés. En effet, ne fussions-nous souillés que du seul péché originel, à quoi nous servirait, par rapport à la vraie et suprême félicité, la vie la plus sainte et la plus longue qui se puisse voir ? Dès que le péché est entré dans notre âme il faut que la mort le suive ; si l’homme ne l’avait point commis, il n’aurait jamais connu la mort.

19. C’est donc par le péché qu’il a perdu la vie et mérité la mort : Dieu le lui avait prédit, et il était juste par conséquent qu’il mourût s’il péchait ; est-il, en effet, rien de plus juste que la peine du talion ? De même que l’âme est la vie du corps, Dieu est la vie de l’âme ; en péchant volontairement il a perdu volontairement la vie, mais c’est bien contre son gré qu’il a perdu en même temps le pouvoir d’entretenir même la vie. Il a spontanément repoussé la vie quand il n’a plus voulu vivre, il ne pourra plus désormais la donner à qui que ce soit quand même il le voudrait. L’âme n’a plus voulu être gouvernée par Dieu, elle ne pourra plus désormais gouverner elle-même son corps ; si elle ne veut pas se soumettre à son supérieur, pourquoi son esclave lui obéirait-il ? Le Créateur a trouvé la créature rebelle à ses volontés, n’est-il pas juste que la créature trouve sa servante révoltée contre elle ? L’homme a transgressé la loi de Dieu, il doit trouver maintenant dans ses membres une loi qui se trouve en révolte ouverte contre celle de l’esprit et qui la captive elle-même sous la loi du péché. Or, il est dit (Is LIX) que le péché élève une séparation entre Dieu et nous, il s’ensuit que la mort, à son tour, met aussi une séparation entre notre corps et nous. C’est le péché qui a séparé notre âme de Dieu, de même la mort la sépare de notre corps. En quoi donc la vengeance est-elle plus sévère que la faute, puisque l’âme ne souffre de son esclave que ce qu’elle s’est permis la première de faire souffrir à son auteur ? Pour moi je ne trouve rien de plus juste que la mort engendre la mort, que la mort de l’esprit entraîne celle du corps, la mort du péché celle du châtiment, la mort qui est née de notre volonté celle qui s’impose à notre volonté.

20. L’homme donc se trouvant condamné à une double mort dans sa double nature, l’une spirituelle et volontaire, l’autre corporelle et forcée : l’Homme-Dieu a remédié à l’une et à l’autre avec autant de bonté que d’efficacité par sa mort corporelle et volontaire, et, en mourant une fois, il a tué nos deux morts. Il ne pouvait en être autrement ; car nos deux morts étant le fruit de notre péché et le payement de notre dette, le Christ, en prenant sur lui notre dette, sans participer à notre péché, nous a rendu en même temps, par sa mort volontaire et corporelle, la vie et la justice. S’il n’avait pas souffert corporellement, il n’aurait point acquitté notre dette ; et si sa mort n’avait point été volontaire, elle n’aurait eu aucun mérite. D’où il suit, s’il est vrai, comme il est dit, que la mort est la dette en même temps que la peine du péché ; que le Christ, en effaçant le péché et en mourant pour les pécheurs, a acquitté notre dette et subi notre peine.

21. Mais d’où vient au Christ le pouvoir de remettre les péchés ? Sans doute de ce qu’il est Dieu et qu’il peut tout ce qu’il veut. Mais à quoi reconnaissons-nous sa divinité ? C’est à ses miracles ; car il a fait des choses que nul autre que lui ne peut faire ; sans parler des oracles des prophètes et du témoignage que son Père lui a rendu du haut du ciel, au milieu de sa glorieuse transfiguration. Si nous avons Dieu pour nous, qui sera contre nous ? Si Dieu même nous justifie qui est-ce qui nous condamnera ? Si ce n’est qu’à lui que nous disons tous les jours : " J’ai péché contre toi, Seigneur " (Ps L, 5), qui mieux que lui ou plutôt quel autre que lui peut nous remettre le péché que nous avons fait contre lui ? Ou bien comment ne le pourrait-il pas, lui qui peut tout ? Après tout je puis, si bon me semble, pardonner les fautes qu’on a à se reprocher à mon égard, pourquoi Dieu ne pourrait-il pas en faire autant ? Si donc le Tout-Puissant peut, mais peut seul remettre les péchés commis contre lui, on doit proclamer bien heureux celui à qui il n’impute point son péché. Quoi qu’il en soit, c’est donc en vertu de sa divinité que le Christ a pu nous remettre nos péchés.

22. L’a-t-il voulu ? Qui peut en douter ? Comment croire que celui qui a voulu se revêtir de notre chair et subir la mort pour nous, nous refusera sa justice ? Après s’être incarné parce qu’il l’a voulu, avoir été crucifié parce qu’il l’a voulu, n’y a-t-il que sa justice qu’il ne voudra point nous communiquer ? Or il est certain qu’il a voulu en tant qu’homme ce qu’il a pu en tant que Dieu. Mais qui nous a dit qu’il a fait mourir la mort ? Nous le savons par cela seul qu’il a voulu la souffrir bien qu’il ne l’eût pas méritée. En effet à quel titre réclamera-t-on de nous le payement d’une dette qu’il a acquittée pour nous ? Celui qui a effacé la dette du péché en nous donnant sa justice, a acquitté en même temps la dette de la mort et nous a rendu la vie, car la vie reparaît à la mort de la mort, de même que la justice revit là où le péché disparaît. Or la mort est mise en fuite par la mort du Christ, d’où il suit que sa justice nous est imputée. Mais comment un Dieu a-t-il pu mourir ? Parce qu’il était homme. Et comment la mort de cet homme peut-elle profiter aux autres hommes ? C’est parce qu’il était juste. Il est bien certain qu’étant homme il a pu mourir, et qu’étant juste il est mort sans avoir mérité de mourir. Un pécheur ne saurait mourir pour un autre, puisqu’il est d’abord obligé de mourir pour lui-même ; mais celui qui n’a point à mourir pour soi, mourra-t-il inutilement pour les autres ? Non, et plus la mort de celui qui n’a point mérité de mourir est injuste, plus il est juste que celui pour lequel il meurt, vive.

23. Mais, direz-vous, où est la justice quand un innocent meurt pour un coupable ? Je vous répondrai : il n’y a pas là justice mais miséricorde ; s’il y avait justice, c’est qu’il ne mourrait pas pour rien, mais pour acquitter sa dette ; or s’il mourait parce qu’il doit mourir, il mourrait effectivement, et celui pour qui il mourrait n’en vivrait pas plus pour cela. Mais s’il n’y a pas justice, du moins il n’y a pas non plus injustice qu’il meure, autrement il ne pourrait jamais être en même temps juste et miséricordieux. Mais s’il n’y a rien d’injuste à ce qu’un innocent satisfasse pour un coupable, comment un seul pourra-t-il le faire pour plusieurs ? Il semble que la justice exige que s’il n’y a qu’un seul qui meure il meure pour un seul. A cela l’Apôtre répond : " De même que c’est par le péché d’un seul que tous les hommes sont tombés dans la condamnation, ainsi c’est par la justice d’un seul que tous les hommes reçoivent la justification et la vie ; car comme plusieurs sont devenus pécheurs par la désobéissance d’un seul, ainsi plusieurs seront rendus justes par l’obéissance d’un seul " (Rm V, 19). Mais si un seul a pu rendre la justice à plusieurs peut-être n’a-t-il pas pu leur rendre la vie. L’Apôtre répond : " Comme la mort est venue par un homme, la résurrection des morts doit venir également par un homme, et si tous meurent en Adam, tous aussi revivront en Jésus-Christ " (1 Co XV, 22). En effet, quand un seul a péché, et que tous sont réputés pécheurs, pourquoi la justice d’un seul ne serait-elle imputée qu’à lui ? Le péché d’un seul aurait causé la mort de tous, et la justice d’un seul ne rendrait la vie qu’à un ? La justice de Dieu tendrait donc plus à condamner qu’à absoudre ? Ou faut-il croire qu’Adam fut plus puissant pour le mal que le Christ pour le bien ? On m’imputera la faute d’Adam et la justice du Christ ne me sera comptée pour rien ? L’un aura pu me perdre par sa désobéissance et l’autre ne pourra me sauver par son obéissance ?

24. Vous me direz sans doute qu’il est juste que le péché d’Adam passe en nous tous, puisque nous avons tous péché en lui, attendu que, lorsqu’il a péché, nous étions tous en lui et que c’est de lui que nous descendons par la concupiscence de la chair. Mais nous descendons encore bien plus directement de Dieu selon l’esprit que d’Adam selon la chair ; car selon l’esprit nous étions en Jésus-Christ bien avant que nous fussions en Adam par la chair, si pourtant nous pouvons nous flatter d’être de ceux dont l’Apôtre voulait parler quand il disait : " Il (c’est-à-dire Dieu le Père) nous a élus en lui, – en son Fils, – avant la création du monde " (Ep XII). Pour ce qui est d’être nés de Dieu même, l’Evangéliste saint Jean ne nous permet pas d’en douter quand il dit : " Ils ne sont pas nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu même " (Jn I, 12) et ailleurs (1 Jn III, 8) : " Celui qui est né de Dieu ne pèche pas, parce que son origine céleste le conserve ". Mais, reprenez-vous, la concupiscence de la chair montre assez que nous sommes nés de la chair, et le péché que nous sentons dans la chair prouve jusqu’à l’évidence que selon la chair nous descendons d’un pécheur. Cela n’empêche pas que leur génération spirituelle ne soit sentie, sinon dans la chair, du moins dans le cœur, par ceux qui peuvent dire avec saint Paul : " Pour nous, nous avons l’esprit de Jésus-Christ " (1 Co II, 16), dans lequel ils ont fait tant de progrès qu’ils peuvent ajouter en toute confiance : " L’Esprit de Dieu même rend témoignage à notre esprit que nous sommes ses enfants " (Rm VIII, 16) et encore : " Nous n’avons point reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit de Dieu, afin que nous connaissions les dons que Dieu nous a faits " (1 Co II, 12). L’Esprit de Dieu a donc répandu la charité dans nos cœurs, de même que notre origine charnelle d’Adam a fait couler la concupiscence dans nos membres, et de même que celle-ci, qui a sa source dans le père de nos corps, se retrouve en toute chair mortelle en cette vie ; ainsi celle-là, qui vient du Père des esprits, n’est jamais absente du cœur des enfants parfaits de Dieu.

25. Mais si nous sommes nés de Dieu et choisis en Jésus-Christ, où serait la justice que notre origine humaine et terrestre l’emportât sur notre origine céleste et divine, que notre héritage charnel prévalût sur l’élection de Dieu, et que la concupiscence de la chair, qui nous vient d’une source temporelle, prescrivît contre ses éternels desseins ? Ou plutôt, si la mort a pu venir jusqu’à nous par le fait d’un homme, pourquoi la vie n’y viendrait-elle pas à plus forte raison également par un homme, et surtout par un tel homme ? Pourquoi enfin, si nous mourons tous en Adam, ne serions-nous pas plus sûrement vivifiés en Jésus-Christ ? " Enfin, s’il n’en est pas de la grâce de Dieu comme du mal arrivé par un seul homme qui a péché, car nous avons été condamnés au jugement de Dieu pour un seul péché, au lieu que nous sommes justifiés, par la grâce de Jésus-Christ, après plusieurs péchés " (Rm V, 15). Le Christ a donc pu nous remettre nos péchés parce qu’il est Dieu ; mourir, puisqu’il est homme, et payer, en mourant, notre dette à la mort, parce qu’il est juste. Et, d’un autre côté, la vie et la justice d’un seul ont pu suffire à tout par la même raison que le péché et la mort ont pu passer d’un seul homme dans tous les hommes.

26. Mais ce n’est pas sans nécessité que l’Homme-Dieu retarda sa mort et vécut pendant quelque temps parmi les hommes ; c’était pour les exciter aux choses invisibles par de nombreux entretiens où il leur faisait entendre les paroles de la vérité, pour établir la foi dans leur âme par la vue de ses œuvres merveilleuses et pour les former à la vertu, par l’exemple de sa conduite. L’Homme-Dieu a donc mené sous nos yeux une vie de tempérance, de justice et de piété, enseigné la vérité, opéré des merveilles, souffert des tourments qu’il n’avait pas mérités, aussi que nous a-t-il manqué pour le salut de ce côté ? Si à cela s’ajoute la rémission de nos péchés, je veux dire une rémission gratuite, il est évident que l’œuvre de notre salut est complète. Il n’y a pas à craindre que pour remettre ainsi nos péchés la puissance ou la volonté manquent à Dieu et surtout à un Dieu qui a souffert et tant souffert pour les pécheurs, pourvu qu’il nous trouve disposés à imiter, comme il est juste, les exemples qu’il nous a donnés, à respecter les miracles qu’il a faits, à croire à sa doctrine et à lui témoigner notre reconnaissance pour tout ce qu’il a souffert.

27. Ainsi, en Jésus-Christ, tout nous a servi, tout a été salutaire pour nous, tout nous fut nécessaire, et sa faiblesse ne nous a pas été moins utile que sa grandeur ; car si la vertu de sa divinité a écarté le joug du péché qui pesait sur nos têtes, c’est la faiblesse de la chair qui lui permit, par sa mort, de rompre la puissance de la mort. C’est ce qui faisait dire avec tant de raison à l’Apôtre : " Ce qui paraît une faiblesse en Dieu est une force plus grande que celle de tous les hommes " (1 Co I, 25). Et cette folie par laquelle il lui a plu de sauver le monde, afin de confondre en même temps la sagesse et les sages du monde, quand, par exemple, tout Dieu et tout égal à Dieu qu’il fût formellement, il s’abaissa jusqu’à prendre la forme d’un esclave ; tout riche, grand, élevé et puissant qu’il fût, il se fit pour nous, pauvre, petit, humble et faible ; quand il eut faim et soif, quand il ressentit la fatigue des voyages et le reste, non parce qu’il y était contraint, mais parce qu’il l’a bien voulu, cette espèce de folie de sa part, ne fut-elle point pour nous la voie de la sages

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preuve de noblesse des chevaliers de Malte

26 Avril 2005 Publié dans #chevalerie

Pour devenir chevalier de Malte il fallait prouver que ses bisaïeuls paternels et maternels étaient des gentilshommes de noms et d'armes et que leur descendance était aussi de nom et d'armes. On entendait par gentilhomme de nom et d'armes une personne née avec nom et armes nobles, par conséquent il fallait que les bisaïeux soient nés de pères nobles, et ainsi prouver la noblesse des trisaïeux. La descendance des trisaïeux ne devait pas avoir dérogé, avoir toujours vécu noblement et joui de tous les privilèges de la noblesse. Si pour un des trisaïeux on ne faisait pas preuve par titres honorifiques des 116 ans de noblesse, il fallait remonter jusqu'au quadrisaïeul et trouver pour lui une preuve de noblesse claire et authentique. En ce qui concerne la noblesse, au moyen-âge, toutes les attestations de noblesse du présenté se résumaient à faire mention des noms de son père et de sa mère, qu'on supposait être issu de gentilshommes de nom et d'armes. Mais au fil des temps, les familles nobles durent se résoudre à épouser des roturières pour des raisons d'argent. La réaction de l'Ordre ne se fit pas attendre, il dut mettre au point un règlement des preuves de noblesse, par lequel il fut ordonné qu'il soit dressé un procès-verbal, soutenu par des titres écrits, afin d'établir la légitimation et l'ascendance, et la noblesse de nom et d'armes du présenté.

Ne pouvait être reçu chevalier aucune personne née hors légitime mariage, excepté les enfants des rois et des princes souverains, à l'exception de tous autres fils illégitimes mêmes des ducs et pairs de France et des Grands d'Espagne. De plus, ne pouvait devenir chevalier de Malte aucun descendant de Juifs et de Musulmans, et le fait de professer la religion catholique était une obligation.

Et il fallait suivre la procédure suivante :

L'impétrant devait se présenter en personne au Chapitre ou l'assemblée provinciale du Grand-Prieuré, dans l'étendue duquel il était né, en cas de demande d'admission de majorité, ou bien en cas d'admission de minorité ou comme page il était représenté par son père ou sa mère en cas de veuvage. Il devait être porteur de son acte de baptême, du mémorial de ses preuves littérales contenant les extraits des titres qui justifiaient sa noblesse et celle des quatre familles du côté paternel et maternel, c'est à dire jusqu'au bisaïeux, et ce uniquement lorsque la noblesse du nom paternel et maternel n'avait pas encore été prouvée à Malte, car alors il fallait avant de demander des commissaires au chapitre et avoir envoyé à Malte et à la vénérable langue un inventaire des titres dont prétendait se servir le présenté. Ce mémorial généalogique coûtait fort cher aux familles. Même quand le prétendant avait eu un ou plusieurs oncles reçus chevalier de Malte, leurs preuves ne lui suffisaient pas pour sa propre réception. Par contre il arrivait souvent que par grâce spéciale l'on reçoive un prétendant sur les preuves de son frère, en prouvant qu'il était frère légitime de père et de mère et qu'il était né dans les limites du Grand prieuré où il désirait être reçu. Pour cela il fallait tout de même que le prétendant présente son acte de baptême et un certificat de deux chevaliers profès certifiant le lien de parenté, et qu'il ait payé le droit de passage.

Les preuves littérales étaient tirées de titres écrits, tels les contrats de mariage et testaments que le présenté produisait. Mais ces titres ne suffisaient pas à prouver la noblesse, car les qualifications des personnes dans les actes notariés n'étaient pas vérifiées par le notaire, dont ce n'était pas le métier. Il fallait avoir recours aux partages de terres nobles, aux actes de tutelle, lettres de garde-noble, aux actes de foi et hommage, aux aveux et dénombrements, aux brevets et provisions de charges portant titre de noblesse, aux convocations aux bans et arrière-bans, les lettres de noblesse dûment vérifiées et enfin aux inscriptions funéraires. Certains impétrants afin de mieux appuyer leurs preuves de noblesses officielles, faisaient appel aux confréries nobles du royaume, dont celle de Saint-Georges en Franche-Comté, que j'ai étudié, et qui avait les mêmes exigences en matières de noblesse que l'Ordre de Malte. Voici un certificat délivré par cette confrérie pour Charles-Antoine de POLIGNY :

" Nous chevaliers de l'Ordre de Saint-Georges au comté de Bourgogne, scavoir faisons et certifions à tous que les maisons de Poligny et Montrichard-Fertans sont très nobles et très anciennes de noms et d'armes et qu'en cette qualité, elles ont été jurées et reçues audit Ordre tant de leur chef que par alliance à diverses fois et à divers temps nommément en la personne de Messire Claude de Poligny, l'an mil six cent vingt cinq, de messire Philibert de Poligny, l'an 1648, de messire Jean-Claude de Poligny, l'an 1654 ; …. . Personne n'étant admis et reçu audit Ordre que par la preuve de 16 ascendants nobles et non anoblis de leur chef et que nous avons ainsi déclaré et certifié pour bien de justice à la requête de Dame Dame Claude-Etiennette Jacques de Nans… (ADR, 48 H 93)

Ces preuves si elles étaient approuvées devaient être envoyées cachetées au chapitre, et ensuite remis au commissaire in partibus, lesquels ne pouvaient ni ne devaient pas travailler aux preuves qu'on ne leur avait remis un tel dossier approuvé, a moins d'avoir établi clairement que les noms du père et de la mère avaient déjà été prouvés à Malte. En effet si un des noms avait déjà été prouvé à Malte, il ne fallait faire que l'inventaire des preuves de la famille non prouvée. Le but de ce dossier était de prouver la filiation légitime et noble jusqu'à tous les trisaïeux paternels ou maternels, depuis 116 ans au moins comme il était d'usage dans la Langue d'Auvergne. Outre ces pièces, le candidat était tenu de fournir son arbre généalogique d'ascendance armorié en couleurs dressé à partir des preuves, sur 4 ou 5 générations. Il est bon de signaler que tous les candidats pouvaient solliciter une dispense que ce soit d'âge ou de preuves de noblesse auprès du pape par un bref ou auprès du chapitre général de l'Ordre, entérinés par le Sacré Conseil.

Puis des commissaires étaient désignés parmi les commandeurs et chevaliers qui devaient avoir au moins 10 ans d'ancienneté dans l'Ordre et cinq ans de résidence à Malte. Ils avaient un mois pour accomplir leur mission à partir de la date de leur nomination. Ils ne devaient pas être de la même région que le présenté ni être un de ses parents ou alliés. Ils étaient chargés de faire des enquêtes sur d'autres preuves. Toutes les preuves devaient se faire non seulement dans le lieu de la naissance du présenté, mais même dans les lieux de l'origine des diverses familles du père, de la mère et des aïeux, sinon elles étaient rejetées et devaient être refaites, et aux dépens des commissaires qui avaient commis l'erreur. Si une des familles se trouvait être trop lointaines à l'intérieur de la langue d'Auvergne pour que les témoins désignés les connaissent, il fallait se rendre dans la province d'origine de cette famille. Si une des familles se trouvait hors de la langue d'Auvergne, il fallait demander au chapitre une lettre rogatoire pour le prieuré d'où était originaire la famille, afin qu'il désigne des commissaires pour faire les preuves et ensuite en envoyer le procès-verbal au chapitre où se faisait recevoir le présenté, pour y être examiné. Les commissaires ne devaient pas loger et manger dans la maison du prétendant ou d'un parent de celui-ci lors de leurs enquêtes. Ces enquêtes se faisaient au frais du prétendant, ainsi que les voyages des commissaires et de leur secrétaire.

Preuves testimoniales :

Ces preuves résultaient du témoignage de quatre témoins nobles, qui devaient être gentilshommes de nom et d'armes. Les commissaires, qui étaient ordinairement des anciens commandeurs, leur faisaient prêter un serment solennel de dire la vérité, et ils interrogeaient les témoins séparément. Le problème avec ce genre de preuve en France était que les témoins étaient choisis par les présentés ou ses parents. Ces témoins étaient interrogés séparément les uns des autres à partir des questions du formulaire établi par la langue d'Auvergne. les questions étaient les suivantes :

1 - Quel nom a ledit présenté ?
2 - De qui il est le fils ?
3 - Quel âge il a ?
4 - Où il est né et baptisé, & en quel évêché
5 - Et s'il est né dans les limites du Grand Prieuré d'Auvergne ?
6 - S'il est né en légitime mariage ?
7 - Et de parents aussi légitimes ?
8 - S'il est de la religion Catholique, Apostolique et Romaine
9 - Si ses père & mère, ancêtres en sont et en ont été ?
10 - Si lui ni ses parents ne descendent pas de race des Juifs, Mahométans, ou Sarrasins ?
11 - S'il vit vertueusement et chrétiennement ?
12 - S'il n'a point commis quelque crime ou été repris de justice ?
13 - Si lui ou ses parents ne retiennent aucuns biens ou droit de notre Ordre ?
14 - S'il n'est point débiteur de sommes considérables qu'il ne puisse payer ?
15 - S'il est sain, fort et robuste pour rendre service à notre Religion ?
16 - S'il n'a point fait vœu en quelque religion, contracté ou consommé mariage ?
17 - S'il est gentilhomme de nom et 'armes, et issu de père et mère, aïeux & aïeules, bisaïeux et bisaïeules, tant paternels que maternels, nobles et vivant noblement, gentilshommes de nom et d'armes, tels tenus & réputés au pays & jouissant des privilèges de noblesse du moins depuis cent seize ans ?
18 - Si ses parents ont toujours été appelés aux bans et arrière bans & autres assemblées de gentilshommes ?
19 - S'ils ont eu des charges et dignités qui ne se donnent qu'aux nobles ?
20 - S'ils n'ont point dérogé à leur noblesse par quelques marchandises, trafic, ou tenant banque, & ayant compagnie ou société avec des marchands ?
21 - Et s'ils sont sujets à aucuns impôts & subsides des rois et princes qui n'ont été & ne sont payés que par les roturiers.
22 - Enfin s'il est tel que pour être chevalier de notre Ordre, les statuts & ordonnances le veulent et requièrent.

On leur relisait la déposition afin de savoir s'ils persistaient, ils signaient et mettaient leur cachet.

Preuves secrètes :

Ces preuves se faisaient après les preuves testimoniales et à l'insu du présenté, et faisaient appel à quatre témoins choisis par les commissaires et qui n'avaient pas à être nobles, mais faire preuve de leur probité, ne pas être domestique, ni parents, ni alliés, ni même débiteurs du présenté et avoir un certain âge. Le but de ces preuves était de déterminer la filiation légitime et la noblesse du prétendant, mais aussi de corroborer les affirmations des preuves testimoniales.

Preuves Locales :

Ces preuves étaient destinées à la vérification des armes, des qualités des ancêtres du présenté par les monuments publics, épitaphes, documents anciens, livres d'Histoire, Armoriaux, etc. Mais il est bon de signaler qu'elles étaient considérées comme accessoires et non indispensables, les commissaires s'en dispensaient généralement.

A l'issue de ces enquêtes, les commissaires en dressaient procès-verbal qui était porté au chapitre du prieuré ; puis dans les mains de deux autres commissaires qui examinaient si toutes les règles prescrites par le Statut avaient été observées. Dans ce procès-verbal les commissaires exprimaient leur avis sur les preuves, s'ils les admettaient comme suffisantes, ou s'ils les rejetaient, voire s'ils avaient des doutes. En effet, s'il y avait un quartier dont la filiation légitime ne leur paraissait pas suffisamment prouvée, mais sans qu'il y ait soupçon de roture ou de dérogeance, ils pouvaient demander des preuves plus convaincantes. Chacun des commissaires pouvait émettre son propre avis. Puis, le chapitre de la langue examinait le dossier, entendait les commissaires, et se prononçait sur l'acceptation des preuves comme " bonnes et valables ", et pouvait décider d'un complément d'enquête ou refuser les preuves, sur les recommandations des commissaires. Après cet examen et avis, un exemplaire du procès verbal accompagné de l'arbre généalogique armorié était envoyé à Malte, et un autre était gardé dans les archives de la langue, les familles pouvaient aussi en demander un exemplaire. Après cinq ans passés dans l'Ordre, on ne pouvait plus faire de procès à un chevalier sur son état, sa réception ou son ancienneté.

Toutes ces démarches n'étaient pas gratuites, loin s'en faut. En effet, les frais de réception des chevaliers de majorité étaient à la fin de l'Ancien Régime de 3155 livres, dont 2325 pour le droit de passage, 30 de quittance et 800 pour le généalogiste de l'ordre et les commissaires aux preuves. Pour ce qui était des pages, ces frais se montaient à 3185 livres, dont 2325 de droit de passage, 30 pour la quittance, 30 pour les lettres de page et 800 pour le généalogiste et les commissaires. Enfin pour les chevaliers de minorité, ils étaient de 7374 livres, dont 6200 de droit de passage, 74 de quittance et accessoires, 300 pour le bref de minorité, 400 pour le généalogiste et 800 pour les commissaires.

Contrairement à certains usages encore en vigueur, on ne peut qualifier de chevalier de Malte qu'une personne dont les preuves ont été trouvées bonnes et valables par le chapitre de la langue concernée, en effet le paiement du droit de passage, ou un bref de minorité ne suffisaient pas pour être qualifié de chevalier de Malte. (...)

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historique et symbolique de la chevalerie

26 Avril 2005 , Rédigé par Olivier Publié dans #chevalerie

 

Souvent associée au Régime Féodal, la Chevalerie puise, en fait, ses racines au Néolithique où naquirent en effet : les notions de guerre et de guerrier.

Dès l’âge de Fer, de par la valorisation : de l’arme, du cheval, et d’une élite se consacrant exclusivement à l’art de la guerre, apparaît un ordre aux droits, devoirs, rites et codes d’honneur bien déterminés.

Ces principes associés à la remise des armes viriles de la coutume germanique, cérémonie au cours de laquelle l’adolescent né libre, reçoit la framée et le bouclier, complétée ultérieurement de préceptes chrétiens, seront les bases de la chevalerie médiévale.

Jusqu’au 4 ème siècle, le Christianisme rejeta catégoriquement la guerre et les guerriers, mais à défaut de pouvoir supprimer ceux-ci, l’Eglise les incorpora progressivement dans un système de valeurs(la guerre juste et injuste de Saint Augustin :354 à 430) et finit par les canaliser en faveur de ses intérêts, la guerre est alors légitimée voire sacralisée.

La légitimité augustinienne de la guerre autorise également la récupération des valeurs païennes glorifiant la Force, le culte du Héros, la mort transfiguratrice au combat, l’accent mis sur le « Dieu des Armées » et le développement du culte des saints militaires tels Saint Michel et Saint Georges, s’inscrit pleinement dans ce cadre. Ainsi au guerrier brutal, l’Eglise propose une voie l’autorisant par le métier des armes, et selon sa propre nature d’agir afin de réaliser harmonieusement sa double vocation temporelle et spirituelle.

Idéalement, l’image du chevalier accompli comme des impétrants à l’initiation chevaleresque requiert une triple disposition :

 

  • Une disposition physique : le chevalier doit être bel homme car la beauté corporelle au Moyen Age ne peut être que l’expression de la beauté de l’âme et de la beauté morale.

« …Toi, qui surpasses en beauté les enfants des hommes, ceins toi de l’épée… »

 

  • Une disposition d’âme : soulignant les valeurs héroïco-viriles d’honneur, de fidélité, de sacrifice, d’amour du combat, enrichies des apports chrétiens de pitié, de charité et de protection du faible. Cet ensemble devant participer à créer un genre d’homme aux rapports clairs et ouverts au goût marqué de la hiérarchie déjà soulignée par le lien féodo-vassalique et maintenu par la permanente angoisse de « faillir », ceci permettant de comprendre et d’apprécier tant d’actes héroïques :

« …c’est à cette loi qu’obéit Foucart, l’orphelin qui ne permet pas à son seigneur, le Comte de Flandres de monter le premier à l’échelle, à la périlleuse échelle qui doit conduire les barons chrétiens jusque sur les remparts d’Antioche, mais qui après avoir dit sans amertume ces trois simples paroles :Si je meurs, personne ne me pleurera, s’offre comme victime, rejette son blason derrière ses épaules, empoigne à deux mains l’échelle, fait une longue prière à Dieu, s’élance et ne laisse que le second rang…à des héros tels que Bohémond et Tancrède… »(Léon Gautier).

 

  • Une disposition d’esprit :Soulignons avant tout qu’au Moyen Age, le monde est perçu comme un ensemble de symboles et de signes par lesquels, se manifeste l’action divine. La disposition intéresse donc « …les diverses attitudes vis à vis du monde spirituel…mythes et …symboles comme à la diversité de l’expérience religieuse elle même… »(JuliusEvola).

Cette disposition a pour finalité : l’acquisition des valeurs de Liberté et de Vérité, celles là mêmes décrites dans l’Evangile de Saint Jean en ces termes : « …si vous demeurez dans ma parole, vous serez vraiment mes disciples et vous connaîtrez la Vérité, et la Vérité vous libèrera… », car seules la Liberté et la Vérité participent à l’éveil divin du chevalier, ne serait-ce qu’au travers de son engagement au service des réalités transcendantes comme :

           

1.      le Roi : représentant de Dieu sur Terre.

2.      la Dame :miroir de la Beauté divine.

 

Dès lors, dans sa quête, en repoussant le mensonge, image de disharmonie et en reconnaissant pour unique loi, la Fidélité, reflet de l’esprit humain à l’essence divine, le chevalier se fait l’agent accompli des desseins de la Providence.

L’investiture chevaleresque ne s’acquiert qu’au travers d’une phase de maturation où temps, travail, discrétion et discipline demeurent les maîtres mots.

Ainsi, l’enfant à l’âge de 7 ans, damoiseau, s’il est de haute lignée, valet s’il est de plus petite naissance, reçoit les rudiments d’équitation, d’escrime, et de chasse.

Vers l’âge de 12 ans, le jeune garçon débute son apprentissage sous la direction de son père, de son oncle, voire d’un protecteur. Pendant plusieurs années, il servira ce maître en qualité de valet de table ou d’écurie et l’accompagnera à la guerre où il porte ses armes.

La majorité chevaleresque octroyée vers 15 ans au 12ème siècle, tient en fait à l’aptitude du candidat ainsi qu’au développement de sa force physique. Une fois celui-ci reconnu comme apte, l’écuyer entre en chevalerie selon un rite de passage spécifique : l’Adoubement.

Au 13 ème siècle, la christianisation complète de ce rite, fait que cet Adoubement est assimilable à une véritable ordination allant se dérouler en trois temps :

                         

-         La préparation : qui comprend elle même : le jeûne, la confession, la veillée d’armes dans la solitude d’une église par référence à la descente en la matrice dépouillant « le vieil homme », à laquelle fait suite au petit matin : le bain lustral, naissance et remontée vers la lumière du « nouvel homme », ainsi que la communion et la remise de vêtements neufs.

 

-La consécration : qui a valeur de mutation individuelle marquant l’entrée dans la voie d’un perfectionnement initiatique.

Concrètement, elle s’exprime par la bénédiction du futur chevalier, la remise de l’épée bénite, le baiser de paix ou transmission du souffle divin, la paumée : coup de poing porté sur la nuque afin que le chevalier puisse s’éveiller et veiller dans la Foi en Christ, la remise des éperons d’or et du cheval au symbolisme bien défini.

 

- Les Festivités, où repas, danse, joute, clôturent la cérémonie.

 

L’Adoubement, en fait, induit un ensemble de conséquences dans la vie du chevalier. Celui-ci, en effet, est maintenant tenu à des droits de Justice et de Protection ainsi qu’à des devoirs spirituels, temporels et personnels.

 

                        Des devoirs spirituels :en tant que chrétien, il doit se soumettre aux seuls enseignements de l’Eglise, auxquels s’ajoutent :

 

                        -La Défense de l’intégrité de la Foi, ou lutte contre toutes formes d’hérésie.

                       

                        -La Défense des biens de l’Eglise.

 

                        -La Charité envers les faibles et les démunis.

 

 

                        Des devoirs temporels :avec le respect du serment de « Foi et Hommage » envers son seigneur immédiat.

 

                        Des devoirs personnels :à travers l’observance de ses propres valeurs, le chevalier exprime la voie chevaleresque tout en restant fidèle à lui-même et aux engagements acceptés le jour de son Adoubement.

 

Devoirs spirituels, temporels, et personnels étant on ne peut mieux récapitulés par la Trinité :

« Mon âme à Dieu, ma vie au Roi, l’honneur à moi… ».

 

A côté de ces précédents purement descriptifs, la richesse première de la Chevalerie réside dans la puissance et l’omniprésence de son symbolisme exprimé au travers de la Voie Chevaleresque elle même, de l’armement propre du chevalier auquel on peut adjoindre la science héraldique sans faire abstraction quant au rôle de la Dame et de son archétype sublimé : la Vierge Marie.

Qu’en est-il de la Voie Chevaleresque ?

Celle-ci est pleinement réalisée par l’interaction entre elles de 2 assises, l’assise temporelle et l’assise spirituelle qui toutes deux, prendront leur sens entier à l’occasion des croisades.

 

L’Assise Temporelle, exotérique apporte au chevalier, un ensemble de valeurs allant lui permettre de mettre pleinement en place son vis à vis spirituel, elle s’exprime principalement au travers :

 

  • Du Port des Armes, aussi bien de fer que symboliques placées sur l’écu, contre partie  des servitudes morales dont le corps est le socle.

 

  • De l’acceptation de verser son sang, de faire don de sa vie pour expulser l’âme bestiale et libérer l’âme immortelle par une mort sereine et triomphale :

 

« …la Voie Chevaleresque est toute entière centrée…sur une vision sacrificielle de la vie…au sens…de l’acte de rendre sacré…de réunir le moi au Soi et de là…de retrouver sa semblance divine… »(Gérard de Sorval).

 

  • De la bienfaisance envers tous ceux qui permettent de mettre l’épée au service de l’Ordre Divin car l’essentiel n’est-il pas de détruire l’ignorance et le chaos, de sauver la Création et de la recentrer sur le Principe ?

 

  • De la prouesse et de la loyauté soulignant l’Honneur, pièce maîtresse de « l’homme vrai ».

 

  • De la largesse par mépris du profit.

 

  • De la courtoisie, qui définit les rapports et devoirs de « l ‘homme vrai » à la Dame.

 

 

L’Assise spirituelle de la Voie Chevaleresque, ésotérique par définition, en constitue la partie centrale par laquelle le chevalier accède à la plénitude de son état et se son être.

L’Assise ou fondement spirituel s’articule autour d’un ensemble regroupant :

 

  • La quête et l’aventure : qui autorisent toutes deux, la rencontre avec soi même par les épreuves traversées car le chevalier doit s’éprouver lui même et garder une constante vigilance.

 

  • La double conquête : condition indispensable de la rencontre avec le Divin et impliquant :

 

1.        La petite guerre sainte ou confrontation aux forces extérieures, épreuve sanglante contre l’infidèle, par exemple.

 

2.        La Grande Guerre Sainte, combat mené contre l’ennemi intérieur, il s’agit ici à l’image de Saint Michel ou de Saint Georges de « …vaincre le Dragon… », sans pour autant le détruire mais en le canalisant à l’aide de cet objet opératif que demeure : la lance, élément fécondant et solaire. En s’enfonçant dans le monstre, symbole de la matière hostile au Divin, celle-ci marque alors autant la fixation et l’orientation positive du chaos que sa spiritualisation.

 

 

  • La maîtrise de sa monture, c’est à dire de son moi pour accéder au Soi. Le chevalier est un cherchant qui se réalise dans l’action pour une cause supérieure, ce qui le conduit à spiritualiser la guerre, l’amour et la mort, qu’il doit vivre avec la même intensité afin de les accomplir intégralement.

 

  • Le culte de la Beauté, en tant qu’image de Dieu.

 

  • La soumission à la Dame, image de l’âme pure et de la perfection spirituelle.

 

 

Quid du symbolisme de l’armement du chevalier ?

Celui-ci s’ensource dans l’épître aux éphésiens de Saint Paul :

 

« …Tenez vous donc debout avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse et pour chaussures le zèle à propager l’Evangile de Paix, ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre les traits enflammés du Mauvais, enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l’Esprit, c’est à dire : la Parole de Dieu… ».

 

A chaque attribut du chevalier, correspond une valeur propre, au casque : celle de l’Intelligence, à la cuirasse : la Prudence, aux gants : l’Honneur, à l’écu : la Foi, aux éperons d’or : la Tempérance, à la lance : la Sagesse, à l’épée : la Parole de Dieu qui ordonne la Création, détruit l’ignorance et maintient la Justice comme la Paix.

L’épée est aussi le lien vertical entre le ciel et la terre par lequel communiquent le Principe et les hommes. Ainsi donc porteur de l’épée croix, le chevalier est la vivante figuration du Christ dont il prépare le retour sur Terre.

Comment dès lors, ne pas voir en cette épée un être vivant en symbiose avec son porteur et ne pas lui attribuer un nom comme Durandal ou Excalibur dont le pouvoir créateur s’exprimera à la moindre prononciation de nom en question ?

 

Quant au cheval, « …véhicule de la quête spirituelle… », dont la maîtrise n’est que le reflet de la maîtrise intérieure du cavalier, il se confond dès l’obtention de la dite maîtrise en l’image parfaite de la puissance dominée par la raison.

C’est alors Pégase, maîtrisé par Bellérophon, s’élevant vers le monde céleste.

 

Que dire de la science héraldique ?

Pour le chevalier, l’écu armorié demeure le support à l’aide duquel l’initiation va se réaliser en lui-même, ainsi le contenu symbolique de ses armes est l’ossature intime et spirituelle du cherchant, de même que sa vocation dévoilée dans le plan divin.

Le mode opératif des armes se déploie selon deux éléments :

 

  • L’écu, divisé en neuf parties, 9 étant le symbole du « nouvel homme » que demeure tout chevalier dont l’âme est régénérée par l’effusion du Saint Esprit.

 

  • Les éléments qui prennent place sur l’écu, dont la disposition et la nature expriment « le programme » que le chevalier se propose de mettre en action pour accomplir sa quête graalique.

 

 

Qu’est-ce que le Graal, néanmoins ?

Tantôt vase sacré ayant servi à Jésus pour l’Eucharistie et à Joseph d’Arimathie pour recueillir le sang du Christ, tantôt livre, tantôt pierre verte, le Graal se présente comme l’image du Centre Royal de soi-même ou Centre Primordial, qui seul conduit au Centre Suprême où réside le Principe.

Ainsi, la Quête du Graal est la seule à conduire à la restauration androgynale de « l’Age d’Or », état premier et sacré où l’homme et Dieu, vivaient en équilibre harmonieux.

 

Dernier élément de la symbolique chevaleresque et non des moindres :

La Dame, au rôle magistral de par l’obligation qu’elle impose au chevalier à maintenir sa quête dans la juste voie, lui permettant ainsi d’espérer devenir : modèle de Victoire et de Justice, à l’image du Christ.

La Dame, dès lors, renvoie à la Vierge Marie vénérée jusque sur le bûcher par Jacques de Molay, dernier maître de l’Ordre du Temple car la Vierge, image voilée de la Schekinah kabbalistique, apparaît comme le lien absolu qui relie les mondes supérieur et inférieur, comme la médiatrice sublime qui fait communiquer Dieu et les hommes.

 

Fraternité guerrière  d’hommes libres épris de Vérité et d’Absolu, la Chevalerie se démarque par ses nobles idéaux qui ont pour noms : Courage, Epée, Cheval, Graal et Dame, qu’il importe de poursuivre et de défendre car la mort dans la juste voie ne peut être que sublimée :

 

« …il est là, gisant le Comte Roland et a voulu se tourner du côté de l’Espagne, il se prit alors à se souvenir de plusieurs choses, de tous les pays qu’il a conquis, et de douce France, et des gens de sa famille, et de Charlemagne don seigneur, qui la nourri ; il ne peut s’empêcher d’en pleurer mais il ne veut pas se mettre lui-même en oubli et réclame le pardon de Dieu, il lui a tendu le gant de sa main droite et Saint Gabriel l’a reçu. Alors sa tête s’incline sur son bras et il est allé mains jointes à sa fin, Dieu lui envoya deux de ses Anges Chérubins : Saint Raphaël et Saint Michel, Saint Gabriel est venu avec eux, ils emportent l’âme du Comte au Paradis… »(Chanson de Roland)

 

                                                                                                                        O.G :

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le prologue de l'évangile de St Jean

26 Avril 2005 Publié dans #fondements bibliques de la FM

Jn 1,1. Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu.

Jn 1,2. Il était au commencement avec Dieu.

Jn 1,3. Toutes choses ont été faites par Lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans Lui.

Jn 1,4. En Lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes;

Jn 1,5. et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas saisie.

Jn 1,6. Il y eut un homme envoyé de Dieu, dont le nom était Jean.

Jn 1,7. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.

Jn 1,8. Il n'était pas la lumière, mais il vint pour rendre témoignage à la lumière.

Jn 1,9. C'était la vraie lumière, qui éclaire tout homme venant en ce monde.

Jn 1,10. Il était dans le monde, et le monde a été fait par Lui, et le monde ne L'a pas connu.

Jn 1,11. Il est venu chez Lui, et les Siens ne L'ont pas reçu.

Jn 1,12. Mais, à tous ceux qui L'ont reçu, Il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu; à ceux qui croient en Son nom,

Jn 1,13. qui ne sont pas nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.

Jn 1,14. Et le Verbe a été fait chair, et Il a habité parmi nous; et nous avons vu Sa gloire, gloire comme du Fils unique venu du Père, plein de grâce et de vérité.

Jn 1,15. Jean rend témoignage de Lui, et crie, en disant: C'est celui dont j'ai dit: Celui qui doit venir après moi a été placé au-dessus de moi, parce qu'Il était avant moi.

Jn 1,16. Et nous avons tous reçu de Sa plénitude, et grâce pour grâce.

Jn 1,17. Car la loi a été donnée par Moïse; la grace et la vérité ont été faites par Jésus-Christ.

Jn 1,18. Nul n'a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Pére, voilà Celui qui L'a manifesté.

Jn 1,19. Or voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites, pour lui demander: Qui es-tu?

Jn 1,20. Et il confessa, et il ne nia point; et il confessa: Je ne suis pas le Christ.

Jn 1,21. Et ils lui demandèrent: Quoi donc? Es-tu Elie? Et il dit: Je ne le suis pas. Es-tu le prophète? Et il répondit: Non.

Jn 1,22. Ils lui dirent donc: Qui es-tu? afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même?

Jn 1,23. Il dit: Je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Rendez droit le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe.

Jn 1,24. Or ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens.

Jn 1,25. Ils continuèrent de l'interroger, et lui dirent: Pourquoi donc baptises-tu, si tu n'es ni le Christ, ni Elie, ni le prophète?

Jn 1,26. Jean leur répondit: Moi, je baptise dans l'eau; mais, au milieu de vous, Se tient Quelqu'un que vous ne connaissez pas.

Jn 1,27. C'est Lui qui doit venir après moi, qui a été placé au-dessus de moi: je ne suis pas digne de dénouer la courroie de Sa sandale.

Jn 1,28. Ces choses se passèrent à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.

Jn 1,29. Le lendemain, Jean vit Jésus qui venait à lui, et il dit: Voici l'Agneau de Dieu, voici Celui qui enlève le péché du monde.

Jn 1,30. C'est Celui dont j'ai dit: Après moi vient un homme qui a été placé au-dessus de moi, parce qu'Il était avant moi.

Jn 1,31. Et moi, je ne Le connaissais pas; mais c'est pour qu'Il soit manifesté en Israël que je suis venu baptiser dans l'eau.

Jn 1,32. Et Jean rendit témoignage, en disant: J'ai vu l'Esprit descendre du Ciel comme une colombe, et Se reposer sur Lui.

Jn 1,33. Et moi, je ne Le connaissais pas; mais Celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et Se reposer, c'est Celui qui baptise dans l'Esprit-Saint.

Jn 1,34. Et j'ai vu, et j'ai rendu témoignage qu'Il est le Fils de Dieu.

Jn 1,35. Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples.

Jn 1,36. Et regardant Jésus qui passait, il dit: Voici l'Agneau de Dieu.

Jn 1,37. Les deux disciples l'entendirent parler ainsi, et ils suivirent Jésus.

Jn 1,38. Jésus, S'étant retourné, et voyant qu'ils Le suivaient, leur dit: Que cherchez-vous? Ils Lui dirent: Rabbi (ce qui signifie Maître), où demeurez-Vous?

Jn 1,39. Il leur dit: Venez et voyez. Ils vinrent et virent où Il demeurait, et ils restèrent chez Lui ce jour-là. Il était environ la dixième heure.

Jn 1,40. Or André, frère de Simon-Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean, et qui avaient suivi Jésus.

Jn 1,41. Il trouva le premier son frère Simon, et lui dit: Nous avons trouvè le Messie (ce qui signifie le Christ).

Jn 1,42. Et il l'amena à Jésus. Jésus, l'ayant regardé, dit: Tu es Simon, fils de Jona; tu seras appelé Céphas (ce qui signifie Pierre).

Jn 1,43. Le lendemain, Jésus voulut aller en Galilée, et il rencontra Philippe. Et Il lui dit: Suis-moi.

Jn 1,44. Or Philippe était de Bethsaïda, la ville d'André et de Pierre.

Jn 1,45. Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit: Celui de qui Moïse a écrit dans la loi, et qu'ont annoncé les prophètes, nous L'avons trouvé; c'est Jésus de Nazareth, fils de Joseph.

Jn 1,46. Et Nathanaël lui dit: De Nazareth peut-il venir quelque chose de bon? Philippe lui dit: Viens et vois.

Jn 1,47. Jésus vit Nathanaël qui venait à Lui, et Il dit de lui: Voici un véritable Israélite, en qui il n'y a pas de fraude.

Jn 1,48. Nathanaël Lui dit: D'où me connaissez-Vous? Jésus lui répondit: Avant que Philippe t'appelât, lorsque tu étais sous le figuier, Je t'ai vu.

Jn 1,49. Nathanaël Lui répondit: Rabbi, Vous êtes le Fils de Dieu, Vous êtes le roi d'Israël.

Jn 1,50. Jésus lui répondit: Parce que Je t'ai dit: Je t'ai vu sous le figuier, tu crois; tu verras des choses plus grandes que celles-là.

Jn 1,51. Et Il lui dit: En vérité, en vérité, Je vous le dis, vous verrez le Ciel ouvert, et les Anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme....

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