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Hauts Grades

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le SLOANE

26 Avril 2005 Publié dans #histoire de la FM

Description du mot et des signes des Francs-Maçons.

Ils se reconnaissent d'abord par des signes, puis ils vont s'entretenir à l'écart. L'un des signes consiste en un mouvement de la main droite en travers de la poitrine, de gauche à droite, le bout des doigts passant à trois ou quatre pouces au-dessous du menton ; un autre à retirer son chapeau de la main droite, avec les deux premiers doigts au-dessus du bord, le pouce et les autres doigts au-dessous, et à lui faire faire un mouvement de gauche à droite avant de le remettre sur la tête ; un autre encore consiste, en buvant, à faire avec son verre un mouvement transversal de gauche à droite sous le menton ; un autre à prendre son mouchoir par un coin avec la main droite, à le jeter par-dessus l'épaule gauche en le laissant prendre dans le dos, et à faire ainsi quelques pas ; si un maçon voit quelqu'un faire cela, il le suivra et lui serrera la main. Leur poignée de main, pour les compagnons, consiste à se saisir mutuellement la main droite en pressant avec l'ongle du pouce la troisième jointure de l'index ; leur poignée de main de maître, à se saisir mutuellement la main droite en appuyant fortement les ongles des quatre doigts sur le carpe ou l'extrémité du poignet, tout en enfonçant l'ongle du pouce juste entre la seconde jointure du pouce et la troisième de l'index. Toutefois, certains disent que la poignée de main de maître se fait comme je viens de le dire, à ceci près que le médius doit aller un peu plus loin d'un pouce ou de la longueur de trois grains d'orge, de manière à toucher une veine qui vient du coeur.

Un autre signe consiste à placer le talon droit dans le creux du pied gauche de manière à former une équerre, et à faire quelques pas en arrière et en avant, en marquant un bref arrêt tous les trois pas et en plaçant les pieds en équerre comme précédemment. Si des maçons vous voient faire cela, ils viendront bientôt à vous.

Si vous arrivez quelque part où il y a des outils de maçon, disposez les en forme de croix ils ne tarderont pas à s'apercevoir qu'un de leurs frères en Franc-Maçonnerie est passé par-là ; on encore, si un frère arrive quelque part où il y a des Francs-maçons au travail, il peut prendre quelques-uns de leurs outils et les disposer en équerre : c'est un signe pour se faire connaître.

Il peut aussi prendre un de leurs outils ou son propre bâton de voyage, et frapper doucement sur le mur ou sur l'ouvrage en disant : « ceci est bose ou creux » ; s'il y a un frère présent sur le chantier il répondra : « c'est plein », et ces mots sont des signes pour se reconnaître mutuellement.

Quelques-uns uns font usage d'un autre signe qui est de plier le bras droit en équerre en plaçant la paume de la main gauche sur le c¦ur. Un autre consiste à regarder de côté vers l'est tout en tordant la bouche vers l'ouest ; un autre à plier le genou droit en tenant la main levée vers l'est et, de nuit ou dans l'obscurité, ils se racleront la gorge deux fois doucement et une fois plus fort comme s'ils essayaient d'expulser un os ou un morceau de nourriture de leur gosier, puis ils diront : « le jour sert à voir, la nuit à entendre » ; un autre signe consiste à vous envoyer une épingle pliée ou un morceau de papier découpé en forme d'équerre : quand vous le recevez, votre serment vous fait une obligation d'accourir aussitôt, en quelque lieu et en quelque compagnie que vous soyez ; s'ils vous font les signes du chapeau ou de la main précédemment décrits, vous devez accourir, deviez-vous descendre du haut d'un clocher, pour savoir ce qu'ils désirent et pour les aider.

Celui qui veut vous faire savoir qu'il a besoin d'argent vous présentera un bout de tuyau de pipe ou quelque chose d'approchant, en disant : « pouvez-vous me changer un penny ? » Si vous avez de l'argent, dites oui, si vous n'en avez pas, dites non. Quelques-uns uns manifesteront leur besoin d'argent en tirant leur couteau du fourreau et en le donnant à un frère, soit en présence d'autres personnes, soit seuls ; si le frère a de l'argent, il prend le couteau, le met dans son fourreau et le rend à l'autre, sinon il le rend tel qu'il l'a reçu, c'est ce que beaucoup font en dépit de leur serment, et il y a ainsi beaucoup de signes auxquels ils refusent de répondre quoiqu'ils y soient tenus par serment.

Un autre signe encore est de tirer son mouchoir de la main droite et de se moucher, puis, le tenant à bout de bras devant soi, de le secouer deux fois doucement et une fois plus fort. Un autre est de frapper à une porte deux petits coups et un fort. Ils ont encore un autre signe dont ils se servent à table, en buvant, lorsque le pot ne circule pas assez vite ils disent : « voyez le traître ! ».

Pour s'adresser à un maçon en France, en Espagne ou en Turquie (disent-ils), le signe consiste à s'agenouiller sur le genou gauche et à lever la main droite vers le soleil : alors le frère étranger ne tardera pas à venir vous relever. Mais, croyez-moi, celui qui se met à genoux en comptant là dessus risque fort d'y rester longtemps ; et ceux qui attendent que quelqu'un remarque leurs signes risquent d'attendre aussi longtemps que les Juifs espéreront leur Messie qui, selon leur croyance, doit venir de l'Orient.

Voici maintenant leur entretien secret par demandes et réponses.

 Q : Êtes vous maçon ?

R : Oui, je suis franc-maçon.

Q : Comment le saurai-je ?

R : Par la perfection de mes signes, gestes convenus, et les premiers points de mon entrée.

Q : Quel est le premier signe ou geste convenu &endash;- montrez-moi le premier et je vous montrerai le second.

R : Le premier est celer et cacher, et garder secret, sous une peine qui ne saurait être moindre que d'avoir la langue coupée dans la gorge.

Q : Où avez-vous été fait maçon ?

R : Dans une loge juste et parfaite ou juste et légitime.

Q : Qu'est-ce qu'une loge juste et parfaite ou juste et légitime ?

R : Une loge juste et parfaite, c'est deux apprentis entrés, deux compagnons du métier et deux maîtres ; on peut être plus ou moins ; plus on est, plus on rit, moins on est, meilleure est la chère ; mais en cas de nécessité cinq suffiront, c'est-à-dire deux apprentis entrés, deux compagnons du métier et un maître, sur la plus haute colline ou la vallée la plus profonde du monde, là où l'on n'entend ni un coq chanter ni un chien aboyer.

Q : De qui tirez-vous vos principes ?

R : D'un plus grand que vous.

Q : Qui sur terre peut être plus grand qu'un Franc-Maçon ?

R : Celui qui fut transporté au plus haut pinacle du temple de Jérusalem.

Q : Votre loge est-elle fermée ou ouverte. ?

R : Elle est fermée.

Q : Où se trouvent les clés de la porte de la loge ?

R : Dans une boîte close ou sous un pavage à trois coins, à environ un pied et demi de la porte de la loge.

Q : De quoi est faite la clé de la porte de votre loge ?

R : Elle n'est faite ni de bois, ni de pierre, ni de fer, ni d'acier, ni d'aucun métal ; c'est la langue du bon renom qui ne dit que du bien d'un frère dans son dos aussi bien que face à face.

Q : Combien de bijoux y a-t-il dans votre loge ?

R : Il y en a trois : le pavé d'équerre, l'étoile flamboyante et le fil à plomb.

Q : Quelle est la longueur du câble de votre loge ?

R : Autant qu'il y a du repli de mon foie à la racine de ma langue.

Q : Combien y a-t-il de lumières dans votre loge ?

R : Trois : le soleil, le maître, et l'équerre.

Q : Quelle est la hauteur de votre loge ?

R : Des pieds, des aunes et des pouces sans nombre : elle atteint le ciel.

Q : Comment se tenait votre loge ?

R : Est et ouest, comme tous les saints temples.

Q : Quelle est la place du maître dans la loge ?

R : A l'est, est la place du maître dans la loge, et le bijou repose en premier sur lui et il met les hommes au travail. Ce que les maîtres ont semé le matin les surveillants le moissonnent l'après-midi. Dans certains endroits ils s'entretiennent comme suit :

Q : Où le mot a-t-il été donné pour la première fois ?

R : A la tour de Babylone.

Q : Où fut convoquée la première loge ?

R : Dans la chapelle de saint Jean.

Q : Comment se tenait votre loge ?

R : Comme ladite sainte chapelle et tous les autres saints temples, est et ouest.

Q : Combien y a-t-il de lumières dans votre loge ?

R : Deux, une pour y voir en entrant et une pour y voir en travaillant.

Q : Par quoi avez-vous prêté serment ?

R : Par Dieu et l'équerre.

Q : Par-dessus ou par-dessous les vêtements ?

R : Par-dessous.

Q : Sous quel bras ?

R : Sous le bras droit.

Q : Dieu soit favorable à tous les vénérables maîtres et compagnons de la vénérable loge d'où vous venez, et à vous, bon compagnon. Quel est votre nom ?

R : J ou B.

Puis, donnant la poignée de main, il dira « Frère Jean vous salue bien. »

R : Dieu vous salue bien, cher frère.

 Une autre salutation consiste à donner la poignée de main de maître ou de compagnon en disant : le très vénérable, les maîtres et compagnons de la vénérable loge d'où nous venons vous saluent, vous saluent, vous saluent bien ; alors, il répondra : Dieu vous salue bien, cher frère. Ils ont un autre mot qu'ils appellent le mot de maître, et c'est Mahabyn, qu'ils divisent toujours en deux mots. Ils se tiennent debout l'un contre l'autre, poitrine contre poitrine, les chevilles droites se touchant par l'intérieur, en se serrant mutuellement la main droite par la poignée de main de maître, l'extrémité des doigts de la main gauche pressant fortement les vertèbres cervicales de l'autre ; ils restent dans cette position le temps de se murmurer à l'oreille l'un Maha et l'autre, en réponse, Byn.

 Le serment

Vous garderez secret le mot du maçon et tout ce qu'il recouvre.

Vous ne l'écrirez jamais, directement ni indirectement ; vous garderez tout ce que nous-mêmes ou vos instructeurs vous ordonnerons de garder secret, vis-à-vis de tout homme, femme ou enfant, et même vis-à-vis d'une souche ou d'une pierre, et vous ne le révélerez jamais sinon à un frère ou dans une loge de Francs-Maçons, et vous observerez fidèlement les devoirs définis dans la Constitution.

Tous ces points vous promettez et jurez de les garder et de les observer fidèlement sans aucune espèce d'équivoque ou de restriction mentale, directe ou indirecte.

 Ainsi que Dieu vous soit en aide par le contenu de ce livre.

 

 

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REAA manifeste du convent de Lausanne(1875)

26 Avril 2005 Publié dans #hauts grades

Depuis trop longtemps, et dans ces derniers temps surtout, la Maçonnerie a été l'objet des plus injurieuses attaques.

Au moment où le Convent, après examen attentif des anciennes constitutions du Rite écossais ancien et accepté, conservant avec un religieux respect les sages dispositions qui le protègent et le perpétuent, délivre la Maçonnerie de vaines entraves et veut la pénétrer de plus en plus du souffle de liberté qui anime notre époque ; au moment où sur des bases inébranlables, il sanctionne une intime alliance entre les Maçons du monde entier, le Convent ne peut se séparer sans répondre par une éclatante manifestation à de déplorables calomnies et à d'énergiques anathèmes.

Avant tout, aux hommes qui, pour se présenter à la Franc-Maçonnerie, veulent connaître ses principes, elle les proclame par la déclaration suivante, qui est son programme officiel et dont les expressions ont été arrêtées par le Convent.

  

Déclaration de Principes

 

La Franc-maçonnerie proclame, comme elle a proclamé dès son origine, l'existence d'un principe créateur, sous le nom de Grand Architecte de l'Univers.

Elle n'impose aucune limite à la recherche de la vérité, et c'est pour garantir à tous cette liberté qu'elle exige de tous la tolérance.

La Franc-maçonnerie est donc ouverte aux hommes de toute nationalité, de toute race, de toute croyance.

Elle interdit dans les ateliers toute discussion politique et religieuse ; elle accueille tout profane, quelles que soient ses opinions en politique et en religion, dont elle n'a pas à se préoccuper, pourvu qu'il soit libre et de bonnes moeurs.

La Franc-maçonnerie a pour but de lutter contre l'ignorance sous toutes ses formes ; c'est une école mutuelle dont le programme se résume ainsi : obéir aux lois de son pays, vivre selon l'honneur, pratiquer la justice, aimer son semblable, travailler sans relâche au bonheur de l'humanité et poursuivre son émancipation progressive et pacifique.

Voilà ce que la Franc-maçonnerie adopte et veut faire adopter à ceux qui ont le désir d'appartenir à la famille maçonnique.

Mais à côté de cette déclaration de principes, le Convent a besoin de proclamer les doctrines sur lesquelles la Maçonnerie s'appuie ; il veut que chacun les connaisse.

Pour relever l'homme a ses propres yeux, pour le rendre digne de sa mission sur la terre, la Maçonnerie pose le principe que le Créateur suprême a donné à l'homme, comme bien le plus précieux, la liberté ; la liberté, patrimoine de l'humanité toute entière, rayon d'en haut qu'aucun pouvoir n'a le droit d'éteindre ni d'amortir et qui est la source des sentiments d'honneur et de dignité.

Depuis la préparation au premier grade jusqu'à l'obtention du grade le plus élevé de la Maçonnerie écossaise, la première condition sans laquelle rien n'est accordé à l'aspirant, c'est une réputation d'honneur et de probité incontestée.

Aux hommes pour qui la religion est la consolation suprême, la Maçonnerie dit : Cultivez votre religion sans obstacle, suivez les inspirations de votre conscience ; la Franc-maçonnerie n'est pas une religion, elle n'a pas un culte ; aussi elle veut l'instruction laïque, sa doctrine est toute entière dans cette belle prescription : Aime ton prochain.

A ceux qui redoutent avec tant de raison les dissensions politiques, la Maçonnerie dit : Je proscris de mes réunions toute discussion, tout débat politique ; sois pour ta patrie un serviteur fidèle et dévoué, tu n'as aucun compte à nous rendre. L'amour de la patrie s'accorde d'ailleurs si bien avec la pratique de toutes les vertus !

On a accusé la Maçonnerie d'immoralité ! Notre morale, c'est la morale la plus pure, la plus sainte ; elle a pour base la première de toutes les vertus : l'humanité. Le vrai Maçon fait le bien, il étend sa sollicitude sur les malheureux, quels qu'ils soient, dans la mesure de sa propre situation. Il ne peut donc que repousser avec dégoût et mépris l'immoralité.

Tels sont les fondements sur lesquels repose la Franc-maçonnerie et qui assurent à tous les membres de cette grande famille l'union la plus intime, quelle que soit la distance qui sépare les divers pays qu'ils habitent ; c'est entre eux tous, l'amour fraternel. Et qui peut mieux attester cette vérité que la réunion même de notre convent ?

Inconnus les uns des autres, venant des pays les plus divers, à peine avions-nous échangé les premières paroles de bienvenue que déjà l'union la plus intime régnait entre nous ; les mains se serraient fraternellement, et c'est au sein de la plus touchante concorde que nos résolutions les plus importantes ont été prises d'un assentiment unanime.

Francs-Maçons de toutes les contrées, citoyens de tous les pays, voilà les préceptes, voilà les lois de la Franc-maçonnerie, voilà ses mystères. Contre elle les efforts de la calomnie demeurent impuissants, et ses injures resteront sans écho ; marchant pacifiquement de victoire en victoire, la Franc-maçonnerie étendra chaque jour son action morale et civilisatrice.

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REAA constitutions de 1786

26 Avril 2005 Publié dans #hauts grades

VÉRITABLES INSTITUTS SECRETS ET BASES
FONDAMENTALES
De
L'ORDRE
des anciens Francs-Maçons-Unis
et
Grandes Constitutions Du Rit Ancien - Accepté - Écossais,
de l'An 1786

 

NOUVEAUX INSTITUTS SECRETS
ET BASES FONDAMENTALES

 

de la très ancienne et très Respectable Société des Anciens Francs-Maçons Unis, connue sous le nom d'Ordre Royal et Militaire de l'art libre de tailler la pierre.

NOUS, FREDERIC, par la grâce de Dieu, Roi de Prusse, Margrave de Brandebourg, etc., etc., etc. :

Souverain Grand Protecteur, Grand Commandeur, Grand Maître Universel et Conservateur de la très ancienne et très respectable Société des Anciens Francs-Maçons ou Architectes Unis, autrement appelée l'ORDRE Royal et Militaire de l'Art Libre de Tailler la Pierre ou Franche-Maçonnerie

 

A TOUS LES ILLUSTRES ET BIEN-AIMES FRERES QUI CES PRESENTES VERRONT

Tolérance, Union, Prospérité.

Il est évident et incontestable que, fidèle aux importantes obligations que nous nous sommes imposées en acceptant le protectorat de la très ancienne et très respectable Institution connue de nos jours sous le nom de " Société de l'Art Libre de tailler la pierre " ou " ORDRE DES ANCIENS FRANCS-MAÇONS UNIS " nous nous sommes appliqué, comme chacun sait, à l'entourer de notre sollicitude particulière.

Cette Institution universelle, dont l'origine remonte au berceau de la société humaine, est pure dans son Dogme et sa Doctrine : elle est sage, prudente et morale dans ses enseignements, sa pratique, ses desseins et ses moyens : elle se recommande surtout par son but philosophique, social et humanitaire. Cette société a pour objet l'Union, le Bonheur, le Progrès et le Bien Etre de la famille humaine en général et de chaque homme individuellement. Elle doit donc travailler avec confiance et énergie et faire des efforts incessants pour atteindre ce but, le seul qu'elle reconnaisse comme digne d'elle.

Mais, dans la suite des temps, la composition des organes de la Maçonnerie et l'unité de son gouvernement primitif ont subi de graves atteintes, causées par les grands bouleversements et les révolutions qui, en changeant la face du monde ou en soumettant à des vicissitudes continuelles, ont, à différentes époques, soit dans l'antiquité, soit de nos jours, dispersé les anciens Maçons sur toute la surface du globe. Cette dispersion a donné naissance à des systèmes hétérogènes qui existent aujourd'hui sous le nom de RITES et dont l'ensemble compose l'ORDRE.

Cependant, d'autres divisions, nées des premières, ont donné lieu à l'organisation de nouvelles sociétés : la plupart de celles-ci n'ont rien de commun avec l'Art Libre de la Franche-Maçonnerie, sauf le nom de quelques formules conservées par les fondateurs, pour mieux cacher leurs desseins secrets - desseins souvent trop exclusifs, quelquefois dangereux et presque toujours contraires aux principes et aux sublimes doctrines de la Franche-Maçonnerie, tel que nous les avons reçus de la tradition.

Les dissensions bien connues que ces nouvelles associations ont suscitées dans l'ORDRE et qu'elles y ont trop longtemps fomentées, ont éveillé les soupçons et la méfiance de presque tous les Princes dont quelques-uns l'ont même persécuté cruellement.

Des Maçons, d'un mérite éminent, ont enfin réussi à apaiser ces dissensions et tous ont, depuis longtemps, exprimé le désir qu'elles fussent l'objet d'une délibération générale afin d'aviser aux moyens d'en empêcher le retour et d'assurer le maintien de l'ORDRE, en rétablissant l'unité dans son gouvernement et dans la composition primitive de ses organes, ainsi que son antique discipline.

Tout en partageant ce désir que nous-même avons éprouvé depuis le jour où nous avons été complètement initié aux mystères de la Franche-Maçonnerie, nous n'avons pu, cependant, nous dissimuler ni le nombre, ni la nature, ni la grandeur réelle des obstacles que nous aurions à surmonter pour accomplir ce désir. Notre premier soin a été de consulter les membres les plus sages et les plus éminents de l'Ordre dans tous les pays sur les mesures les plus convenables à adopter pour atteindre un but si utile, en respectant les idées, de chacun, sans faire violence à la juste indépendance des Maçons et surtout à la liberté d'opinion qui est la première et la plus sacrée de toutes les libertés et en même temps la plus prompte à prendre ombrage.

Jusqu'à présent les devoirs qui nous étaient plus particulièrement imposés comme Roi, les évènements nombreux et importants qui ont signalé notre règne ont paralysé nos bonnes intentions et nous ont détourné du but que nous nous étions proposé. C'est désormais au temps, ainsi qu'à la sagesse, à l'instruction et au zèle des frères qui viendront après nous qu'il appartiendra d'accomplir et de perfectionner une oeuvre si grande et si belle, si juste et si nécessaire. C'est à eux que nous léguons cette tâche, et nous leur recommandons d'y travailler sans cesse, mais patiemment et avec précaution.

Toutefois, de nouvelles et pressantes représentations qui, de toutes parts, nous ont été adressées, dans ces derniers temps, nous ont convaincu de la nécessité d'opposer immédiatement une barrière puissante à l'esprit d'intolérance, de secte, de schisme et d'anarchie que des novateurs cherchent aujourd'hui à introduire parmi les frères. Leurs desseins ont plus ou moins de portée et sont ou imprudents, ou répréhensibles : présentés sous de fausses couleurs, ces desseins, en changeant la nature de l'Art libre de la Franche-Maçonnerie, tendent à la détourner de son but, et doivent nécessairement causer la déconsidération et la ruine de l'ORDRE. En présence de tout ce qui se passe dans les royaumes voisins, nous reconnaissons qu'une intervention de notre part est devenue indispensable.

Ces raisons et d'autres causes non moins graves nous imposent donc le devoir d'assembler et de réunir en un seul corps de Maçonnerie tous les RITES du Régime ECOSSAIS dont les doctrines sont, de l'aveu de tous, à peu près les mêmes que celles des anciennes Institutions qui tendent au même but, et qui, n'étant que les branches principales d'un seul et même arbre, ne diffèrent entr'elles que par des formules, maintenant connues de plusieurs, et qu'il est facile de concilier. Ces RITES sont ceux connus sous les noms de Rit Ancien, d'Hérédom ou d'Hairdom, de l'Orient de Kilwinning, de Saint-André, des Empereurs d'Orient et d'Occident, des Princes du Royal Secret ou de Perfection, de Rit Philosophique et enfin de Rit Primitif, le plus récent de tous.

Adoptant, en conséquence, comme base de notre réforme salutaire, le titre du premier de ces Rites et le nombre des Degrés de la hiérarchie du dernier, nous les DÉCLARONS maintenant et à jamais réunis en un seul ORDRE, qui, professant le Dogme et les pures Doctrines de l'antique Franche-Maçonnerie, embrasse tous les systèmes du Rit Écossais sous le nom de RIT ÉCOSSAIS ANCIEN ACCEPTE.

La doctrine sera communiquée aux Maçons en trente-trois Degrés, divisés en sept Temples ou Classes. Tout Maçon sera tenu de parcourir successivement chacun de ces Degrés, avant d'arriver au plus sublime et dernier ; et à chaque Degré, il devra subir tels délais et telles épreuves qui lui seront imposés conformément aux Instituts, Decrets et Réglemens anciens et nouveaux de l'ORDRE, ainsi qu'à ceux du Rit de Perfection.

Le premier Degré sera conféré avant le deuxième, celui-ci avant le troisième et ainsi de suite jusqu'au Degré Sublime - le trente-troisième et dernier - qui surveillera, dirigera et gouvernera tous les autres. Un corps ou Réunion de membres possédant ce Degré formera un SUPREME GRAND CONSEIL, dépositaire du Dogme ; il sera le Défenseur et le Conservateur de l'ORDRE qu'il gouvernera et administrera conformément aux présentes et aux Constitutions ci-après décrétées.

Tous les Degrés des Rites réunis, comme il est dit ci-dessus, du premier au dix-huitième, seront classés parmi les Degrés du Rit de Perfection dans leur ordre respectif et d'après l'analogie et la similitude qui existent entr'eux ils formeront les dix-huit premier Degrés du RIT ECOSSAIS ANCIEN ACCEPTE ; le dix-neuvième Degré, et le vingt-troisième Degré du Rit Primitif formeront le vingtième Degré de l'ORDRE. Le vingtième et le vingt-troisième Degré du Rit de Perfection, soit le seizième et le vingt-quatrième Degré du Rit Primitif formeront le vingt-unième et le vingt-huitième Degré de l'ORDRE. LES PRINCES DU ROYAL SECRET occuperont le trente-deuxième Degré, immédiatement au-dessous des SOUVERAINS GRANDS INSPECTEURS GENERAUX dont le Degré sera le trente-troisième et dernier de l'ORDRE. Le trente-unième Degré sera celui des Souverains-Juges-Commandeurs. Les Grands Commandeurs, Grands Elus Chevaliers Kadosch prendront le trentième Degré. Les Chefs du Tabernacle, les Princes du Tabernacle, les Chevaliers du Serpent d'Airain, les Princes de Merci, les Grands Commandeurs du Temple et les Grands Écossais de Saint-André composeront respectivement le vingt-troisième, le vingt-quatrième, le vingt-cinquième, le vingt-sixième, le vingt-septième et le vingt-neuvième Degré.

Tous les Sublimes Degrés de ces mêmes Systèmes Écossais réunis seront, d'après leur analogie ou leur identité, distribués dans les classes de leur Ordre qui correspondent au régime du RIT ÉCOSSAIS ANCIEN ACCEPTE.

Mais jamais et sous quelque prétexte que ce soit, aucun de ces sublimes Degrés ne pourra être assimilé au trente-troisième et très Sublime Degré de SOUVERAIN GRAND INSPECTEUR GÉNÉRAL, PROTECTEUR ET CONSERVATEUR DE L'ORDRE, qui est le dernier du RIT ANCIEN ACCEPTE ÉCOSSAIS et, dans aucun cas, nul ne pourra jouir des mêmes droits, prérogatives, privilèges ou pouvoirs dont nous investissons ces Inspecteurs.

Ainsi nous leur conférons la plénitude de la puissance suprême et conservatrice.

Et, afin que la présente ordonnance soit fidèlement et à jamais observée, nous commandons à nos Chers, Vaillants et Sublimes Chevaliers et Princes Maçons de veiller à son exécution.

DONNE en notre Palais à Berlin, le jour des Calendes premier - de Mai, l'an de Grâce 1786, et de notre Règne le 47e.

Signé " FREDERIC ".

Universi Terrarum Orbis Summi Architectonis Gloria ab Ingeniis.

CONSTITUTIONS ET STATUTS des GRANDS ET SUPREMES CONSEILS

composés des Grands Inspecteurs Généraux, Patrons, Chefs et Conservateurs de L'ORDRE DU 33° et dernier degré du Rite Ecossais Ancien Accepté, et
REGLEMENS
pour le gouvernement de tous les Consistoires, Conseils, Collèges, Chapitres et autres Corps maçonniques soumis à la juridiction desdits Conseils.

Au nom du Très Saint et Grand Architecte de l'Univers Ordo ab Chao.

Avec l'approbation en la présence et sous les auspices de son Auguste Majesté Frédéric (Charles) II, Roi de Prusse, Margrave de Brandebourg, etc., très Puissant Monarque, Grand Protecteur, Grand Commandeur, etc... de l'ORDRE, etc., etc., etc.,
Les Souverains Grands Inspecteurs Généraux, en Suprême Conseil assemblé.
Ont, après délibération sanctionné les Décrets suivants qui sont et seront à perpétuité leurs CONSTITUTIONS, STATUTS ET REGLEMENTS pour le gouvernement des Consistoires et autres Ateliers Maçonniques soumis à la juridiction desdits Grands Inspecteurs.

ARTICLE I

Tous les articles des CONSTITUTIONS, Statuts et Réglements rédigés en l'année 1762 par les neuf Commissaires des Grands Conseils des Princes Maçons du Royal Secret, qui ne sont pas contraires aux présentes dispositions, sont maintenus et devront être observés ; ceux qui y sont contraires sont abrogés et considérés comme expressément abolis.

ARTICLE II

§ I. Le trente-troisième DEGRE confère aux Maçons qui en sont légitimement revêtus la qualité, le titre, le privilège et l'autorité de Souverains Grands Inspecteurs Généraux de l'ORDRE.
§ II. L'objet particulier de leur mission est d'instruire et d'éclairer leurs Frères ; de faire régner parmi eux la Charité, l'Union et l'Amour fraternel ; de maintenir la régularité dans les travaux de chaque Degré et de veiller à ce qu'elle soit observée par tous les Membres ; de faire respecter, et, dans toutes les occasions, de respecter et de défendre les Dogmes, les Doctrines, les Instituts, les Constitutions, les Statuts et les Réglements de l'ORDRE, et principalement ceux de la Haute Maçonnerie, et enfin de s'appliquer, en tous lieux, à faire des oeuvres de Paix et de Miséricorde.
§ III. Une réunion de membres de ce grade prend le titre de
CONSEIL DU TRENTE-TROISIEME DEGRE ou des Puissants Grands Inspecteurs Généraux de l'ORDRE ; ce Conseil se forme et se compose comme suit
1° Dans les lieux propres à l'établissement d'un Suprême Conseil de ce Degré, l'Inspecteur le plus ancien en grade est, par les présentes, autorisé à élever un autre Frère à la même dignité, après s'être assuré que celui-ci l'a réellement méritée par son caractère, son instruction et les grades dont il est revêtu, et il lui administrera le serment.
2° Ces deux Frères conféreront ensemble, et de la même manière le grade à un autre membre.
§ IV. LE SUPREME CONSEIL sera alors constitué. Mais aucun des autres Candidats ne sera admis, s'il n'obtient l'unanimité des suffrages, chaque membre donnant son vote de vive voix, en commençant par le plus jeune, c'est-à-dire, par le dernier reçu. Le vote négatif d'un seul des membres délibérants, si ses raisons sont jugées suffisantes, fera rejeter le candidat. Cette règle sera observée dans tous les cas analogues.

ARTICLE III

§ I. DANS les lieux ci-dessus désignés, les deux Frères qui, les premiers, auront été élevés à ce grade, seront de droit, les deux premiers Officiers du SUPREME CONSEIL, savoir : le très Puissant Monarque Grand Commandeur, et le très Illustre Lieutenant Grand Commandeur.
§ II. Si le premier de ces Officiers vient à mourir, s'il abdique, ou s'il s'absente, pour ne plus revenir, il sera remplacé par le second Officier qui choisira son successeur parmi les autres Grands Inspecteurs.
§ III. Si le second Officier abdique, s'il meurt ou s'il s'éloigne pour toujours, le premier Officier lui donnera pour successeur un autre Frère du même grade.
§ IV. Le très Puissant Monarque nommera également l'Illustre Ministre d'Etat du Saint Empire, l'Illustre Grand Maître des Cérémonies et l'Illustre Capitaine des Gardes ; et il désignera, de la même manière, des Frères pour remplir les autres emplois vacants ou qui pourront le devenir.

ARTICLE IV

Tout Maçon qui, possédant les qualités et les capacités requises, sera élevé à ce Grade Sublime, paiera préalablement, entre les mains du très Illustre Trésorier du Saint Empire, une contribution de dix Frédérics d'Or ou de dix Louis d'Or, monnaie ancienne, ou l'équivalent en argent du pays.
Lorsqu'un Frère sera initié au trentième, au trente-unième ou au trente-deuxième Degré, on exigera de lui une somme de pareille valeur et même titre, pour chaque grade.
Le SUPREME CONSEIL surveillera l'administration de ces fonds et en disposera dans l'intérêt de l'ORDRE.

ARTICLE V

§ I. TOUT SUPREME CONSEIL se composera de neuf Souverains Grands Inspecteurs Généraux du trente-troisième Degré, dont quatre, au moins, devront professer la religion dominante du pays.
§ II. Lorsque le très Puissant Monarque Grand Commandeur et le Lieutenant Grand Commandeur de l'ORDRE sont présents, trois membres suffisent pour composer le Suprême Conseil et pour l'expédition des affaires de l'ORDRE.
§ III. Dans chaque grande Nation, Royaume ou Empire d'Europe, il n'y aura qu'un seul Suprême Conseil de ce grade.
Dans les Etats et Provinces dont se compose l'Amérique Septentrionale, soit sur le continent, soit dans les îles, il y dura deux Conseils, aussi éloignés que possible l'un de l'autre.
Dans les Etats et Provinces dont se compose l'Amérique Méridionale, soit sur le continent, soit dans les îles, il y aura également deux Conseils, aussi éloignés que possible l'un de l'autre.
Il n'y aura qu'un seul Suprême Conseil dans chaque Empire, Etat Souverain ou Royaume d'Asie, d'Afrique, etc., etc.

ARTICLE VI

Le Suprême Conseil n'exerce pas toujours directement son autorité sur les Degrés au-dessous du dix-septième ou Chevalier d'Orient, d'Occident. D'après les circonstances et les localités, il peut la déléguer même tacitement ; mais son droit est imprescriptible, et toutes les Loges et tous les Conseils de Parfaits Maçons, de quelque degré que ce soit, sont, par les présentes, requis de reconnaître, dans ceux qui sont revêtus du trente-troisième Degré, l'autorité des Souverains Grands Inspecteurs Généraux de l'Ordre, de respecter leurs prérogatives, de leur rendre les honneurs qui leur sont dus, de leur obéir, et enfin, de déférer avec confiance à toutes les demandes qu'ils pourraient formuler pour le bien de l'ORDRE, en vertu de ses lois, des présentes Grandes constitutions et de l'autorité dévolue à ces Inspecteurs, que cette autorité soit générale ou spéciale, ou même temporaire et personnelle.

ARTICLE VII

TOUT CONSEIL et tout Maçon d'un grade au-dessus du seizième, ont le droit d'en appeler au SUPREME CONSEIL des Souverains Grands Inspecteurs Généraux, qui pourra leur permettre de se présenter devant lui et de se faire entendre en personne.
Quand il s'agira d'une affaire d'honneur entre des Maçons, de quelque grade qu'ils soient, la cause sera portée directement devant le SUPREME CONSEIL qui décidera en première et dernière instance.

ARTICLE VIII

Un GRAND CONSISTOIRE de Princes Maçons du Royal Secret choisira son Président parmi les membres du trente-deuxième Degré qui le composent ; mais, dans tous les cas, les actes d'un grand Consistoire n'auront de valeur qu'autant qu'ils auront été préalablement sanctionnés par le SUPREME CONSEIL du trente-troisième Degré, qui, après la mort de son Auguste Majesté le Roi, très puissant Monarque et Commandeur Général de l'ORDRE, héritera de l'autorité Suprême Maçonnique et l'exercera dans toute l'étendue de l'Etat, du Royaume ou de l'Empire qui aura été placé sous sa juridiction.

ARTICLE IX

Dans les pays soumis à la juridiction d'un SUPREME CONSEIL de Souverains Grands Inspecteurs Généraux, régulièrement constitué et reconnu par tous les autres Suprêmes Conseils, aucun Souverain Grand Inspecteur Général ou Député Inspecteur Général ne pourra faire usage de son autorité, à moins qu'il n'ait été reconnu par ce même SUPREME CONSEIL et qu'il n'ait obtenu son approbation.

ARTICLE X

Aucun Député-Inspecteur-Général, soit qu'il ait été déjà admis et pourvu d'une patente, soit qu'en vertu des présentes Constitutions il soit ultérieurement admis, ne pourra de son autorité privée, conférer à qui que ce soit le Degré de Chevalier-Kadosch ou tout autre degré supérieur, ni en donner des patentes.

ARTICLE XI

Le Degré de Chevalier Kadosch, ainsi que le trente-unième et le trente-deuxième Degré, ne sera conféré qu'à des Maçons qui en auront été jugés dignes, et ce, en présence de trois Souverains Grands Inspecteurs Généraux au moins.

ARTICLE XII

Lorsqu'il plaira au très Saint et Grand Architecte de l'Univers d'appeler à LUI son Auguste Majesté le Roi, très Puissant Souverain Grand Protecteur, Commandeur et Véritable Conservateur de l'ORDRE, etc., et., etc., chaque SUPREME CONSEIL de Souverains Grands Inspecteurs Généraux, déjà régulièrement constitué et reconnu, ou qui serait ultérieurement constitué et reconnu en vertu des présents Statuts, sera, de plein droit, légitimement investi de toute l'autorité Maçonnique dont son Auguste Majesté est actuellement revêtue. Chaque SUPREME CONSEIL exercera cette autorité lorsqu'il sera nécessaire et en quelque lieu que ce soit, dans toute l'étendue du pays soumis à sa juridiction ; et si, pour cause d'illégalité, il y a lieu de protester, soit qu'il s'agisse des Patentes ou des pouvoirs accordés aux Députés Inspecteurs Généraux, ou de tout autre sujet, on en fera un rapport qui sera adressé à tous les SUPREMES CONSEILS des deux hémisphères.

ARTICLE XIII

§ I. Tout SUPREME CONSEIL du trente-troisième Degré pourra déléguer un ou plusieurs des Souverains Grands Inspecteurs Généraux de l'ORDRE qui le composent, pour fonder, constituer et établir un CONSEIL du même degré dans tous les pays mentionnés dans les présents Statuts, à la condition qu'ils obéiront ponctuellement à ce qui est stipulé dans le troisième paragraphe de l'article II ci-dessus, ainsi qu'aux autres dispositions de la présente Constitution.
§ II. Le SUPREME CONSEIL pourra également donner à ces Députés le pouvoir d'accorder des patentes aux Députés Inspecteurs Généraux, qui devront au moins avoir reçu régulièrement tous les degrés que possède un Chevalier Kadosch, leur déléguant telle portion de leur autorité suprême qu'il sera nécessaire pour constituer, diriger et surveiller les Loges et les Conseils, du quatrième au vingt-neuvième Degré inclusivement, dans les pays où il n'y aura point d'ateliers ou de Conseils du Sublime Degré légalement constitués.
§ III. Le Rituel manuscrit des Sublimes Degrés ne sera confié qu'aux deux premiers Officiers de chaque Conseil ou qu'à un Frère chargé de constituer un Conseil des mêmes Degrés dans un autre pays.

ARTICLE XIV

Dans toute cérémonie maçonnique des Sublimes Degrés et dans toute procession solennelle de Maçons possédant ces degrés, le SUPREME CONSEIL marchera le premier, et les deux premiers Officiers se placeront après tous les autres membres et seront immédiatement précédés du grand Etendard et du Glaive de l'ORDRE.

ARTICLE XV

§ I. Un SUPREME CONSEIL doit se réunir régulièrement dans les trois premiers jours de chaque troisième nouvelle lune ; il s'assemblera plus souvent, si les affaires de l'ORDRE l'exigent et si l'expédition en est urgente.
§ II. Outre les grandes fêtes solennelles de l'ORDRE, le SUPREME CONSEIL en aura trois particulières chaque année, savoir : le jour des Calendes (premier) d'Octobre, le vingt-sept de Décembre et le jour des Calendes (premier) de Mai.

ARTICLE XVI

§ I. Pour être reconnu et pour jouir des privilèges attachés au trente-troisième Degré, chaque Souverain Grand Inspecteur Général sera muni de Patentes et de lettres de créances dont le modèle se trouve dans le Rituel du Degré. Ces lettres lui seront délivrées à la condition de verser dans le Trésor du Saint Empire la somme que chaque SUPREME CONSEIL fixera pour sa juridiction aussitôt qu'il aura été constitué. Ledit Souverain Grand Inspecteur Général paiera également un Frédéric, ou un Louis, monnaie ancienne, ou l'équivalent en argent du pays, à l'Illustre Secrétaire, en compensation de sa peine, pour l'expédition desdites Lettres et pour l'apposition du Sceau.
§ II. Tout Souverain Grand Inspecteur Général tiendra, en outre, un Registre de ses Actes : chaque page en sera numérotée ; la première et la dernière pages seront quottées et paraphées pour en constater l'identité. On devra transcrire sur ce Registre les Grandes Constitutions, les Statuts et les Règlements Généraux de l'Art sublime de la Franche-Maçonnerie.
L'inspecteur lui-même sera tenu d'y inscrire successivement tous ses Actes, à peine de nullité ou même d'interdiction.
Les Députés Inspecteurs Généraux sont tenus d'agir de même sous les mêmes peines.
§ III. Ils se montreront mutuellement leurs Registres et leurs Patentes, et ils y constateront réciproquement les lieux où ils se seront rencontrés reconnus. [
2]

ARTICLE XVII

LA MAJORITE des voix est nécessaire pour légaliser les actes des Souverains Grands Inspecteurs Généraux, dans les lieux où il existe un SUPREME CONSEIL du trente-troisième Degré, légalement constitué et reconnu. En conséquence, dans un pays, ou territoire sous la dépendance d'un SUPREME CONSEIL, aucun de ces Inspecteurs ne pourra exercer individuellement son autorité, à moins d'en avoir obtenu l'autorisation dudit SUPREME CONSEIL, et dans le cas où l'Inspecteur appartiendrait.

ARTICLE XVIII

Toutes les sommes reçues pour faire face aux dépenses, c'est-à-dire le prix des Réceptions, - et qui se perçoivent à titre de frais d'initiation aux Degrés au-dessus du seizième jusques et y compris le trente-troisième, seront versées dans le Trésor du Saint-Empire, à la diligence des Présidents et Trésoriers des Conseils et des Loges Sublimes de ces Degrés, ainsi que des Souverains Grands Inspecteurs Généraux, de leurs Députés, de l'Illustre Secrétaire et de l'Illustre Trésorier du Saint Empire.
Le SUPREME CONSEIL réglera et surveillera l'administration et l'emploi de ces sommes : il s'en fera rendre, chaque année, un compte exact et fidèle, et il aura soin d'en faire part aux ateliers de sa dépendance.

ARRETE, FAIT et APPROUVE en Grand et Suprême Conseil du trente-troisième Degré, régulièrement constitué, convoqué et assemblé, avec l'approbation et en présence de sa Très Auguste Majesté, FREDERIC, deuxième du nom, par la grâce de Dieu Roi de Prusse, Margrave de Brandebourg, etc., etc., etc., très Puissant Monarque, Grand Protecteur, Grand Commandeur, Grand Maître Universel et Véritable Conservateur de l'ORDRE. Le jour des Calendes - premier de Mai, A.L. 5786, et de l'ère Chrétienne 1786.

Signé " . . . . . . (+) . . . . . . " - " STARK. " - " . . . . . . (+ )
. ... " - " . . . (+) " - " H. WILLHELM " - " D'ES-
TERNO " - " . . . . . .
(+) . . . . . . " - " WOELLNER [3]

APPROUVE et donné en notre Résidence Royale de Berlin, le jour des Calendes - premier Mai, l'an de Grâce 1786, et de notre règne le 471.

L.S. Signé, FREDERIC.

APPENDICE
aux
STATUTS FONDAMENTAUX ET GRANDES CONSTITUTIONS
DU SUPREME CONSEIL DU TRENTE-TROISIEME DEGRÉ

ARTICLE I

L'ÉTENDARD de l'ORDRE est argent [4] frangée d'or, portant au centre un aigle noir à deux têtes, les ailes déployées ; les becs et les cuisses sont en or : il tient dans une serre la garde d'or, et dans l'autre la lame d'acier d'un glaive antique, placé horizontalement de droite à gauche. A ce glaive est suspendue la devise Latine, en lettres d'or, " DEUS MEUMQUE JUS ". L'aigle est couronné d'un Triangle d'or : il tient une banderole de pourpre frangée d'or et parsemée d'étoiles d'or.

ARTICLE II

Les Insignes distinctifs des Souverains Grands Inspecteurs Généraux sont
 1° Une Croix Teutonique rouge qui se porte sur la partie gauche de la poitrine.
 2° Un grand Cordon blanc moiré liséré d'or ; sur le devant est un Triangle d'or radieux ; au milieu du Triangle est le chiffre 33 ; de chaque côté de l'angle supérieur du Triangle est un glaive d'argent dont la pointe se dirige vers le centre, porté de droite à gauche et se termine en pointe par une frange d'or et une rosette rouge et vert à laquelle est suspendu le Bijou ordinaire de l'ORDRE.
 3° Ce Bijou est un aigle semblable à celui de l'Étendard : il porte le diadème d'or de Prusse.
 4° La Grande Décoration de l'ORDRE est gravée sur une croix Teutonique ; c'est une étoile à neuf pointes, formée par trois triangles d'or superposés et entrelacés. Un glaive se dirige de la partie inférieure du côté gauche à la partie supérieure du côté droit, et, du côté opposé, est une main de Justice. Au milieu est le Bouclier de l'ORDRE azur ; sur le Bouclier est un aigle semblable à celui de l'étendard ; sur le côté droit du Bouclier est une balance d'or ; sur le côté gauche, un compas d'or posé sur une Equerre d'or. Tout autour du Bouclier est une banderole bleue portant, en lettres d'or, l'inscription Latine, " ORDO AB CHAO ". Cette banderole est enfermée dans un double cercle, formé par deux serpents d'or, chacun d'eux tenant sa queue entre les dents. Des petits triangles formés par l'intersection des triangles principaux, les neuf qui sont le plus rapprochés de la banderole, sont de couleur rouge et portent chacune une des lettres dont se compose le mot S.A.P.I.E.N.T.I.A.
 5° Les trois premiers Officiers du SUPREME CONSEIL portent, en outre, une écharpe ou ceinture à franges d'or et tombant du côté droit.

ARTICLE III

LE GRAND SCEAU DE L'ORDRE est un Ecu d'argent sur lequel est un Aigle à deux têtes, semblable à celui de l'Etendard, mais portant de plus le diadème d'or de Prusse ; au-dessus du diadème est un Triangle radieux, au centre duquel est le chiffre 33. Toutefois, on peut se contenter de mettre au-dessus de l'Aigle, soit la couronne, soit le triangle seulement.
Au bas du Bouclier, au-dessous des ailes et des serres de l'Aigle, il y a trente-trois Etoiles disposées en demi-cercle ; tout autour est l'inscription suivante :
SUPREME CONSEIL DU TRENTE-TROISIEME DEGRE POUR ..........................

FAIT en Suprême Conseil du Trente-Troisième Degré, les jours, mois et an que dessus.

Signé " . . . . . . (+) . . . . . . " - " STARK " - " D'ESTERNO ".
" . (+) .. . " - " H. WILLELM " - " D . ...
" -
" WOELLNER ".

APPROUVE,
L.S. Signé, FREDERIC.

NOUS SOUSSIGNES, SS GG II GG, etc., etc., etc., composant le présent Congrès Maçonnique, conformément aux dispositions de l'Article III, en date de ce jour, avons attentivement collationné les copies qui précèdent ci-dessus à l'expédition authentique des véritables Instituts Secrets Fondamentaux, Statuts, Grandes Constitutions et Appendices du 1er Mai, 1786 (E V ), et dont les ampliations officielles sont déposées et ont été soigneusement et fidèlement conservées dans toute leur pureté parmi les archives de l'ORDRE.
NOUS, en conséquence, certifions les dites copies fidèles et littéralement conformes aux originaux des dits documents.
EN FOI DE QUOI, nous signons ces présentes, ce 15e jour d'Adar, A L , 5 833, (vulgo) le 23 février, 1834.

DEUS MEUMQUE JUS.

Baron Freteau de Peny, 33°,
Comte Thiebault, 33° , Setier, 33° ,
Marquis de Giamboni, 33° ,
A.C.R. d'Andrada, 33° ,
Luis de Menes Vascos de Drummond, 33°,
Comte de St. Laurent, S G I G ,33°, etc.
Lafayette, 33'

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REAA constitutions de 1762

26 Avril 2005 Publié dans #hauts grades

LES GRANDS STATUTS ET RÈGLEMENTS

 Faits en Prusse et en France le 7 Septembre 1762. Arrêtés par les Neuf Commissaires nommés par le Grand Conseil des Sublimes Princes du Royal Secret, au Grand Orient de France. En conséquence des délibérations à la date ci-dessus pour être observés par le susdit Grand Conseil des Sublimes Princes de France et de Prusse, et par tous les Conseils particuliers et réguliers répandus, sur les deux hémisphères.

 

Article 1. Le Souverain Conseil des Sublimes Princes est composé des 6 Présidents des Conseils, particuliers et réguliers, constitués dans les villes de Berlin et de Paris ; le Souverain des Souverains, ou son Substitut-Général, ou son représentant, à leur tête.

Article 2. Le Souverain Grd Conseil des Sub\ Princes du Royal Secret aura quatre assemblées par an nommées "Grand Conseil de communication de quartier" qui seront tenues le 21 Juin, le 27 Décembre, le 21 Mars et le 7 Septembre.

Article 3. Le 25 Juin, le Souverain Grand Conseil sera composé de tous les Présidents des Conseils, particulièrement de Berlin et de Paris, ou leurs représentants, assistés, pour ce jour seulement, de leurs deux premiers Grands Officiers qui sont le Ministre d'État et le Général de l'Armée qui n'auront que le droit de proposer, sans avoir voix délibérative.

Article 4. Tous les trois ans, le 27 Décembre, 1e Souverain Grand Conseil nommera 16 Officiers, savoir 2 représentants du Substitut-Général, 2 Grands Officiers qui sont le Ministre d'Etat et le Général de l'Armée, un Garde des Sceaux et Archives, un Grd Orateur, un Grd Secrétaire Général, un Secrétaire pour Paris et Berlin, [il n'est pas question de Bordeaux] un autre Secrétaire pour la province et autres lieux, un Grd Architecte, un Grd Hospitalier et 7 Inspecteurs, qui réunis sous les ordres au Souverain des Souverains Prince Président, ou de son Substitut-Général, composent le nombre de 18, auquel demeurera irrévocablement fixé le nombre des Grands Officiers du Souverain Grand Commandeur des Surs Princes du Royal Secret, lesquels ne pourront être choisis que parmi les Présidents des Conseils, particulièrement ceux des Princes de Jérusalem régulièrement constitués à Paris et à Berlin et ceux constitués par les Grands Inspecteurs ou leurs Députés. Et, faute par le Souverain, le Sublime Grd Conseil pourra les nommer en Grd Conseil composé au moins de 10 Présidents Princes.

Article 5. Il sera délivré à chaque Prince Grd Officier ou Dignitaire du Souverain Grd Conseil une patente de la dignité à laquelle il aura été nommé, laquelle désignera la durée de son exercice et sera contresignée de tous les Grds Officiers et ceux au Souverain Grd Conseil des Subles Princes de Royal Secret, créée (sic) est dûment scellée.

Article 6. Outre les quatre assemblées de communication de quartier, une réunion sera tenue chaque mois dans les premiers dix jours par les Grds Officiers et au grade de Suble Prince, seulement un Conseil à l'effet de régler les affaires de l'Ordre, tant générales que particulières sauf appel au Grand Conseil de Communication.

Article 7. Dans l'assemblée du Conseil de Communication, et dans celles du Conseil particulier, toutes les affaires seront décidées à la pluralité des voix, le Président aura deux voix et les autres membres une. Si dans ces assemblées il était admis, par dispense, un Député ou Suble Prince (qui n'en fût pas membre) il n'aura point de voix, ni ne donnera aucun avis s'il n'en est prié par le Président.

Article 8. Toutes les affaires portées au Souverain Grand Conseil des Subles Princes seront d'abord réglées dans les réunions des Conseils et les règlements en seront exécutoires provisoirement, sauf ratification par la communication de quartier.

Article 9. Lors de la tenue du Grand Conseil de Communication de Quartier, le Grand Secrétaire Général sera tenu de rapporter tous les registres courants et de rendre compte de toutes les délibérations et règlements faits pendant le dernier quartier pour être ratifiés, et s'il se trouvé des oppositions à la ratification, il sera nommé 9 Commissaires devant lesquels les opposants donneront par écrit les causes de leur opposition pour y être répondu aussi par écrit, et sur le rapport de la susdite Commission, pour être statué au suivant Conseil de Communication, et dans l'intervalle la susdite délibération de règlements continuera d'être exécutoire par patente

Article 10. Il sera tenu par le Grand Secrétaire Général un registre pour Paris et Berlin, et un autre pour les pays étrangers, contenant les noms des Conseils particuliers, par rang d'ancienneté suivant la date de leur constitution, et un tableau des noms, grades, offices, dignités, qualités civiles et demeure des membres conformés aux renseignements qui lui seront donnés par nos Inspecteurs et leurs Députés, ainsi que le nombre des Loges de Perfection régulières, établies sous l'autorité de nos Inspecteurs ou Conseils outremer. Le titre des dites Loges, les dates de leurs constitutions avec un tableau des noms, grades, offices (9),dignités, qualités civiles et demeure des membres conformes aux Etats qui nous seront remis par nos Inspecteurs en Grand Conseil de Communication.

Article 11. Il sera en outre tenu par le Grand Secrétaire un registre, contenant toutes les délibérations et règlements faits en Grand Conseil de Communication de Quartier où seront mentionnées toutes les affaires traitées dans le susdit Conseil, et toutes les lettres reçues, les sujets de réponses arrêtés"

Article 12. Le Grand Secrétaire Général écrira en marge des requêtes, lettres ou mémoires qui seront lus en Conseil le sujet arrêté pour réponse et, après avoir rédigé les réponses, il les fera signer par le Substitut Général ou son représentant, par le Secrétaire de la Juridiction, et le Garde des Grands Sceaux les signera, timbrera et scellera. Comme ces opérations ne peuvent être faites pendant la tenue du Conseil, et qu'il serait quelquefois dangereux de retarder les susdites lettres jusqu'au Conseil suivant, il rapportera les minutes de ses réponses pour être lues dans le Grand Conseil suivant et remises avec les pièces relatives au Garde des Archives pour être fait des changements que le Souverain Grand Conseil jugera à propos.

Article 13. Le Conseil particulier de Berlin ou de Paris ou de n'importe où ailleurs ne pourra envoyer aucune lettre, constitution ou règlement sans qu'ils n'aient été sanctionnées, dûment timbrés et scellés par le Souverain Grand Conseil ou un Grand Inspecteur de l'Ordre ou son Député.

Article 14. Le Grand Garde des Sceaux et Timbres ne pourra timbrer ni sceller aucune lettre qu'elle ne soit signée du Secrétaire Général et de deux secrétaires de juridictions différentes, ni ne pourra timbrer ni sceller aucun règlement qu'il ne soit signé du Substitut Général ou son représentant et des susdits 3 Grands Secrétaires. Ni ne pourra timbrer ni sceller aucune Constitution qu'elle ne soit de même, mûrie, signée des trois Grands Officiers ci-dessus et autres Princes, au nombre de sept au moins, membres du Souverain Grand Conseil des Princes.

Article 15. Le Grand Trésorier, qui doit être connu pour jouir ou posséder une fortune qui le rende indépendant ; sera chargé de tous les fonds qui seront levés pour les usages du Souverain Grand Conseil et donnés en charité ; et il tiendra un registre très exact par recette et dépenses, et distinguera clairement et distinctement comment et de quelle manière l'argent a été dépensé, tant à l'usage du Grand Conseil, qu'à celui du Fonds de Charité. Il. donnera de chaque somme un reçu spécifiant les folios de son registre et il ne paiera que sur les ordres par écrit du Président et des deux Grands Officiers du Souverain Grand Conseil.

Article 16. A la première assemblée du Grand Conseil le 27 Décembre, le Grand Trésorier rendra ses comptes.

Article 17. Aucun ordre de caisse sur le Grand Trésorier ne sera valable que ceux délivrés lors d'une assemblée plénière du Grand Conseil, et aucune sonne ne remboursera aucun frais d'aucune réunion de Conseil ordinaire mais ils seront payés par les membres respectifs sur leur propre bourse.

Article 18. S'il est porté devant le Souverain Grand Conseil quelques mémoires, requêtes ou plaintes d'un Conseil dont le Président soit membre du Grand Conseil ledit Président, bien que membre du Grand Conseil., ne pourra donner sa voix dans le débat sur cette plainte du Conseil, ni même son avis dans ledit débat, ladite plainte devant être présentée par écrit, à moins que le Président du Sublime Grand Conseil ne demande et requière quelque éclaircissement dudit membre président.

Article 19. Le Substitut Général et les Grands Officiers ne pourront être déposés que par le Grand Conseil de Communication de Quartier pour plaintes légitimes faites et rapportées dans la délibération, et alors leur abdication se fera en séance plénière du Grand Conseil. Le Substitut Général ne pourra être remplacé que sur la nomination seule du Souverain des Souverains et Très Puissant Chef et les deux premiers Grands Officiers en Communication de Quartier à la pluralité des voix.

Article 20. Le Grand Conseil fera visiter les conseils particuliers par des Députés qui visiteront aussi les Loges de Perfection, examineront les travaux, les registres, les Constitutions, les tableaux et listes desdits Conseils et Loges de Perfection. L'Inspecteur dressera procès-verbal de ses opérations qui sera signé par les officiers dignitaires desdits Conseils et Loges, et le Rapporteur les enverra au prochain Souverain Grand Conseil, adressé au Secrétaire Général. Les susdits Inspecteurs ou observateurs devront toujours présider les Conseils et Loges qu'ils visitent, et leurs visites seront aussi fréquentes qu'ils le voudront sans qu'aucun des officiers ou membres desdits Conseils et Loges quoiqu'ils soient ne puisse s'y opposer, sous peine de désobéissance et d'interdiction, car tel est notre bon plaisir.

Article 21. Lors de l'assemblée du Souverain Grd Conseil de Communication de Quartier régulièrement convoqué, lorsqu' il se trouvera 7 membres, ils ouvriront les travaux à l'heure dite ; et les règlements qui seront entre eux passés à la pluralité des voix auront force de loi comme si les autres membres avaient été présents.

Article 22. Lors de l'assemblée du Souverain Grand Conseil, si un membre se présente en état indécent, par intempérance ou autrement, ou s'il commet quelque faute capable de nuire à l'harnonie qui doit régner dans ces respectables assemblés, il sera admonesté pour la première fois ; pour la 2e, il sera condamné à une amende, payable sur le champ ; et pour la .3e offense, il sera privé, de sa dignité et, si à une majorité de voix le Grand Conseil décide son exclusion, il en demeurera exclu.

Article 23. Si un Président des autres Conseils, membre du Souverain Grand Conseil de Communication de Quartier, tombe dans les fautes mentionnées en l'Article ci-dessus, il sera pour la première fois condamné à une amende payable sur le champ ; pour la seconde faute, il sera exclu pendant un an des assemblées générales et on même temps privé de sa dignité ; et pour la troisième offense, il sera exclu immédiatement à perpétuité et perdre son office, par le Souverain des Souverains qui nommera immédiatement un nouveau Président pour le dit Conseil à sa place.

Article 24. Le Souverain Grand Conseil ne reconnaîtra pour Conseil régulier et Loge de Perfection que ceux pourvus de Constitutions à eux délivrées par un Grand Inspecteur ou son Député Il en sera de même vis-à-vis des Chevaliers Maçons Princes et Gd. E.. & P. Ms qui pourraient avoir été constitués abusivement par quiconque n'aurait pas été régulièrement autorisé à le faire.

Article 25. Toutes requêtes présentées au Souverain Grd Conseil, afin d'obtenir des lettres de Constitution soit pour ériger soit pour régulariser un Conseil ou une Loge seront remises à savoir pour le pays aux Inspecteurs. Cette juridiction choisira quatre commissaires pour prendre toutes les informations nécessaires qui seront envoyées au Grand Inspecteur de la juridiction avec un tableau exact des membres qui demanderont l'érection d'un Conseil ou d'une Loge de Perfection pour, sur le rapport les commissaires et du Grand Inspecteur, être statué par le Grand Conseil sur la demande des susdits membres. Et, pour un pays étranger le Grand Inspecteur ou son Député sera habilité et aura pouvoir d'ériger, constituer, interdire, abroger ou exclure selon sa sagesse ; ils établiront par écrit un procès verbal de leur action et afin d'être par eux informés de tout lorsqu'ils trouveront une occasion favorable. Le susdit Inspecteur ou son Député se conformera aux Lois du Souverain Grand Conseil et aux coutumes de notre Constitution secrète. Ils auront la liberté de choisir des Députés à envoyer et les mandateront par des lettres patentes, qui auront pouvoir et validité.

Article 26. Il ne sera accordé par le Souverain Grand Conseil de lettre de Constitution pour l'établissement d'une Loge Royale de Perfection, que le frère ne soit au moins Prince de Jérusalem, et pour l'établissement d'un Conseil de Chevaliers d'Orient, qu'à un frère qui soit ou moins Chevalier d'Orient et d'Occident. Mis pour l'établissement d'un Grand Conseil de Princes de Jérusalem, le frère doit obligatoirement être revêtu du grade le Chevalier et Prince du Soleil, et justifier par des titres autorisés qu'il a été légalement et régulièrement reçu, et qu'il a toujours joui d'un état libre et d'une vie décente et qu'il est à l'abri de tout reproche par une conduite probe et honnête en tous temps, et qu'il s'engage a se soumettre aux décrets et mandats omis par ce Conseil de Princes dont il désire être le chef.

Article 27. Il ne sera accordé par le Souverain Grand Conseil des Sublimes Princes aucune lettre patente ou Constitutions qu'au prix de 10 £ sterling pour le dédommagement de la personne employée. Les Grands Inspecteurs de l'Orient s'y conformeront eux-mêmes en pareil cas, en outre ils n'octroieront aucun diplôme ni patente à aucun prince pour les pays étrangers, la soumission devant être signée par le Frère, à l'Inspecteur ou à son Député, comme il est nécessaire .

Article 28. Lorsque les Inspecteurs ou Députés jugeront à propos de visiter où que ce soit sur les deux Hémisphères, soit des Grands Conseils de Princes de Jérusalem, des Conseils de Chevaliers d'Orient ou des Loges le Perfection ou toute autre Loge et lorsqu'ils auront été reconnus et pourvus de titres authentiques et décorés des ornements de leur dignité, soit à la porte du Grand Conseil des Chevaliers d'Orient ou à celle des Loges de Perfection, ils seront reçus avec tous les honneurs qui leur sont dus et jouiront partout le leurs privilèges et prérogatives ; et lorsque, les Inspecteurs aussi bien que les Chev. Princes Maçons visiteront une Loge Royale de Perfection ou n'importe quelle autre Loge, le T.F.P. (20) Grand Maître ou les Grands Surveillants de ces Loges enverront 5 Officiers ou députés dignitaires pour introduire les Princes Insprs, avec tous les honneurs qui lui sont dus en toute Loge cour comme il va être dit en détail ci-après.

Article 29.

 1ER. Les Princes le Jérusalem qui sont les Sublimes Princes valeureux et les Chefs de la Maçonnerie Rénovée ne doivent honneur qu'aux Sublimes Noachites, aux Chevaliers du Soleil, Kadosh et Sublimes Princes du Royal Secret, nos Illustres Chefs.

 2ND. Les Princes de Jérusalem ont le Droit et le Privilège d'annuler et d'abroger tout ce qui pourrait avoir été fait de contraire aux ordres et aux lois, dans un Conseil de Chevaliers d'Orient, mais aussi dans une Loge Royale de Perfection et dans toute autre Loge quelqu'elle soit, à condition néanmoins, que ne soit présent quelque Sublime Prince d'un grade supérieur

 3ME. Quand un Prince de Jérusalem sera annoncé â la porte d'une Loge Royale &c. comme le prouveront ses titres et ses décors, le T.F.P. de cette Loge enverra quatre frères officiers, députés dignitaires, pour l'introduire et l'accompagner. Lorsqu'il entre couvert, l'épée nue à la main droite ; au signe de Bataille, son bouclier au bras gauche et portant la cuirasse sil le juge bon, quand il arrive entre les Surveillants à l'ouest accompagné des quatre Députés, il salue d'abord de son Épée le T.F.P. Maître, puis le Nord et le Sud et ensuite les surveillants, après quoi le Prince visiteur fera le signe de la Loge qui est ouverte, qui sera rendu par le Maître et tous et tous les frères, après quoi le Maître dira, A l'ordre, et frappera un coup, tous les Frères du nord et du sud formeront la voûte sous laquelle il passera avec un visage grave jusqu'à ce qu'il arrive au Trône, à ce moment le Maître lui offrira sa chaire, qu'il peut accepter et il dirigera les travaux.
Le Maître doit ensuite lui rendre compte de tout ce qui concerne l'Ordre &c. et alors s'il le juge bon, il rendra la chaire au Maître afin de continuer les travaux commencés. Si le Prince Visiteur préfère se retirer avant la clôture de la Loge, après en avoir informé le Maître, il sera remercié de sa Visite, invité à revenir souvent et on l'assurera de toute l'aide au pouvoir de ladite Loge. Après ce compliment, le Maître frappera un grand coup et dira, A l'Ordre mes Frères, ce qui est répété à l'Ouest, et tous les Frères au Nord et au Sud, formeront la voûte comme précédemment, sous laquelle le Prince visiteur se retire qu'à ce qu'il arrive entre les Surveillants, à cet endroit il se tourne vers l'Est et salue le Maître, le Nord, le Sud et les Surveillants, et puis reprend sa marche vers la porte qui est ouverte à deux battants (ce qui doit être aussi fait lorsqu'il entre) et quand il a été, conduit à l'extérieur par les 4 Députés ceux-ci reviennent en Loge et continuent les Travaux.

 4 ME. Les Prince Jérusalem ne peuvent jouir de ces privilèges si se trouve présent un Chev. d'un grade supérieur, tels que Noachites, chevaliers du Soleil, ou des Aigles blanc et noir, ou un Sublime Prince du Royal Secret, mas ils peuvent faire leur entrée avec tous les honneurs qui leur sont dûs, si le Sublime Prince présent y consent.

 5 ME. On s'adressera à un Prince de Jérusalem comme valeureux prince, à un chevalier du Soleil comme Souverain Prince, et à un Sublime Prince du Royal Secret comme Illustre Souverain des Souverains. Un chevr. d'Orient, Excellent ; celui-ci a droit, lorsqu'aucun Prince de Jérusalem &c n'est présent, d'Inspection sur la Constitution le toute Loge Royale ; et pour réconcilier les Frères s'il y a quelque conflit persistant, d'exclure l'opiniâtre, et ceux qui ne se soumettront pas à ces Statuts et règlements.

 6 ME. Les très valeureux Princes de Jérusalem qui ont le droit de même que les chevaliers d'Orient et d'Occident, le siéger couverts durant les travaux les Loges Royales de Perfection. Les chevaliers d'Orient ou de l'Épée ont aussi ce droit, néanmoins, ils ne peuvent jouir le ces privilèges que s'ils sont reconnus comme tels et se présenteront convenablement décorés des attributs le leurs dignités &c.

 7 ME. Cinq Valeureux Princes de Jérusalem ont le pouvoir de former un Conseil de Chevaliers d'Orient partout où il n'en existe pas et ils seront Juges, mais ils doivent tenir au courant de leurs démarches les Souverains grds Conseils ou informer par écrit l'Inspecteur le plus proche ou son Député. Ce qui les autorise à agir ainsi est le pouvoir que le Peuple de Jérusalem a remis à leurs Illustres prédécesseurs au retour d'une très glorieuse Ambassade &c. &c.

Article 30. Pour établir régulièrement tous les Conseils Particuliers et avoir entre tous les Vrais Chevaliers, et Princes Maçons une correspondance régulière, chaque conseil particulier devra envoyer tous les ans au Grand Conseil un tableau particulier de tous les conseils particuliers, réguliers et autorisés avec les noms de leurs officiers. Ils devront aussi, dans le cours de l'année, donner avis de tous les changements intéressants qui pourraient survenir dans ledit tableau.

Article 31. Pour vaquer plus entièrement au maintien du bon ordre et de la discipline, les Souverains Grands Conseils des Sublimes Princes du Royal Secret ne se réuniront qu'une fois par an pour des travaux maçonniques pour n'admettre au Sublime et dernier grade de le Maçonnerie que les 3 plus anciens chevaliers du Soleil, qui seront proclamés dans les différents conseils et les Grdes Loges de perfection.

Article 32. Jours saints que devront observer les Chevaliers de Princes Maçons.
Les Princes de Jérusalem célèbreront en ce qui les concerne à savoir :

 1 ER. Le Saint jour du 20 mars, jour mémorable où leurs ancêtres firent leur entrée à Jérusalem.

 2ND. Ils célèbreront le 23 septembre pour remercier le Seigneur pour la reconstruction du Temple.

 Les Chevaliers d'Orient ne fêteront que le seul jour de le Réédification du Temple du Dieu Vivant, le 22 mars et le 22 septembre, jours Equinoxiaux du renouvellement des jours Longs et Courts pour rappeler que le Temple a été, construit deux fois. Tous les princes Maçons sont obligés d'assister au Conseil des Chevaliers d'Orient et les travaux ne seront ouverts qu'avec les Cérémonies Nécessaires.

 Le Grand Elu Parft et Sublime fêtera le 24 juin et le 26 septembre, la Dédicace du premier Temple le jour du mois où les chevaliers et les parfaits Maçons seront revêtus de leurs décors. Ces Statuts doivent être observés par tous nos Inspecteurs et Députés, qui les feront lire et reconnaîtra dans tous les Chapitres Privés, ainsi que dans le Grand Conseil quelqu'il soit.

Au Grand Orient, sous le Dais Céleste &c. le jour et an susdits.

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26 Avril 2005 Publié dans #hauts grades

ARTICLE IV

Du Prieur ecclésiatique

Le Prieur ecclésiastique, Inspecteur des Chevaliers réguliers est préposé à toutes les cérémonies religieuses et à la direction spirituelle des fondations bienfaisantes de l'Ordre.

Il est chargé particulièrement de la conservation de la règle et des moeurs. Par cette raison il est préposé aux enquêtes sévères qu'on fait avant de recevoir un candidat au noviciat et donne par écrit sa permission au Commandeur qui la fait enregistrer.

Le Prieur Ecclésiastique est élu par le Chapitre, auquel on adjoint les Chevaliers pour ce scrutin.

Dans les Chapitres de vestition, il ne peut jamais présider mais il occupe invariablement la première place à la gauche du Président, et y remplit les fonctions de sa charge ; mais dans les Chapitres de délibération, il peut en l'absence du Préfet et du Doyen présider aux conférences au rang de sa charge.

ARTICLE V

Du Senior du Chapitre

L'Inspecteur des Chevaliers de la classe civile est en même temps Senior du Chapitre, et le préside en l'absence des trois autres Chefs.

Il est élu par les membres du Chapitre, auxquels on adjoint les Chevaliers de la classe civile, pour former le conclave.

Il a l'inspection particulière sur les vies et moeurs des Chevaliers civils. Il est adjoint au Prieur du Clergé pour les informations à faire sur les candidats de sa classes.

Le Senior est membre du conseil privé, de la commission du trésor et un des administrateurs de l'Hospice,  et a particulièrement soin de la comptabilité et de tous les détails économiques.

ARTICLE VI

Du Chancelier préfectoral

La place de Chevalier est une des plus importante du Chapitre. Il est élu à la pluralité des suffrages.

Le Chancelier est l'agent général de la Préfecture et Chef de la Chancellerie. Il délivre, vise et scelle toutes les expéditions de l'Ordre.  On lui adjoint à titre de Secrétaire en Chef du Chapitre, un Chevalier, qui le soulage dans ses fonctions et tient le protocole. La Chancellerie est encore composée d'un ou plusieurs compagnons d'armes adjoints qui prêtent entre les mains du Chancelier en plein Chapitre le serment de fidélité et de discrétion.

Le Chancelier doit veiller particulièrement à la conservation des lois de l'Ordre   ; il requiert en cette qualité d'office dans tout ce qui regarde l'exécution des lois, et le Chapitre est obligé de statuer sur les réquisitions, et d'ordonner mention d'icelles sur les registres.

Par une suite de la parfaite connaissance des lois, que le Chancelier doit nécessairement avoir, il présente l'état de la question et établit son avis dans toutes affaires portées au Chapitre, sans préjudice à la voix délibérative qu'il donne à son tour. Dans les affaires importantes, il doit demander le renvoi de la proposition au prochain Chapitre, pour avoir et pour pouvoir se préparer suffisamment à exposer la matière.

Le Chancelier ou ses adjoins entretiennent la correspondance avec les Supérieurs et les autres Préfectures, tant de la Province que de l'ordre en général pour resserrer les liens intimes de la fraternité, et se communiquer réciproquement les opérations utiles de bienfaisance, qui peuvent servir d'exemple.

Il est cependant enjoint expressément au Chancelier de simplifier la correspondance, d'éviter les écritures inutiles et surtout de se concerter avec ses collègues, pour qu'elles ne soit par trop onéreuse, et qu'on ménage les frais, parce que tous nos fonds appartiennent aux pauvres.

Le Chancelier sur les propositions faites dans le courant de l'année, rédige un cahier de délibérations que la Préfecture envoyé au Chancelier du Prieuré, pour y être fait droit, ainsi que celui des objets qui doivent être portés aux Chapitres Provinciaux et Nationaux; il ne doit cependant les envoyer qu'après les avoir présentés auparavant au Chapitre et les avoir fait signer par les trois premiers officiers présents.

Le Chancelier rédige tous les actes du Chapitre ainsi que les instructions pour les députés de la Préfecture.

Le Chancelier prête un serment particulier au Chapitre, de ne communiquer à personne sans aveu du Chapitre aucune expédition des Règles, Rituel, Code ou autres pièces concernant l'ordre, ni d'en tirer copie pour lui-même.

Il a seul la garde des archives, tous les membres capitulaires y ont l'entrée de droit; mais ils doivent se faire accompagner par le Chancelier.

 

Le Chancelier ne doit écrire à personne au nom du Chapitre, sans en avoir conféré auparavant avec lui, dans un cas pressant, qui ne permet point de délai, il doit ou moins consulter le Préfet ou le Doyen en son absence, et rendre compte après au Chapitre.

Les extraits et autres expéditions faites par le Chancelier n'ont pas besoin d'être visés par le Préfet, mais en son absence les extraits faits par un autre qui remplit ses fonctions doivent être légalisés.

Le fisc de la Chancellerie provient des brevets et autres expéditions et sert aux frais de sceaux, papier, parchemin, plumes et autres matériaux nécessaires à la Chancellerie, le surplus doit être employé au bout de l'an en gratifications au Secrétaire du Chapitre et aux autres adjoins de la Chancellerie. En cas d'insuffisance le Chancelier avisera.

Ne seront point compris dans le fisc de la Chancellerie les rétributions pour l'établissement des Commanderies et constitutions de rectification des Loges, qui seront versées dans la caisse préfectorale Les premières seront de trois Louis, les lettres de constitution de cinq, et celles de rectification de soixante livres. Les officiers et Commandeurs reçoivent leur brevet au Chapitre Préfectoral. La patente sera expédiée sous l'autorité des Maîtres National et Provincial, au nom du Préfet par le Chancelier de la Préfecture et visée par le Grand-Prieur.

  

Les cinq premiers officiers dignitaires du Chapitre, savoir le Préfet, le Doyen, le Prieur du Clergé, le Senior et le Chancelier forment le conseil privé ou conclave, qui juge provisoirement et en première instance tous les objets qui demandent prompte expédition, parce qu'en pareil cas on ne peut pas toujours convoquer le Chapitre et que la multiplicité des voix ne ferait allonger la décision des affaires courantes.

 
ARTICLE VII

Du Trésorier

Le Trésorier chargé de la comptabilité de l'ordre est une des personnes les plus essentielles du Chapitre ; une probité scrupuleuse, le zèle le plus assidu et le plus vigilant doivent le caractériser ; c'est lui qui tant que l'Ordre  n'a point de sanction légale parait en son nom dans les affaires civiles.

 

Le Trésorier est le Chef de la commission du Trésor, dont en parlera plus bas ; il est chargé du placement de tous les fonds de l'Ordre Il recueille les responsions et donations des Chevaliers, et tient un état exacte des dépenses.

 

Il est élu à la pluralité des suffrages au Chapitre, qui fera tomber son choix sur un Chevalier qui entende les affaires et dont la fortune soit établie solidement.

Pour soulager le Trésorier dans ses fonctions, on lui adjoint le Procureur, qui sans être capitulaire, est officier de la Préfecture, et dont parlera plus bas.

ARTICLE VIII

De l’Eleemosynaire

 

L' Eleemosynaire est chargé de la distribution des aumônes. La caisse des aumônes est destinée à des actes de bienfaisances durables tels que ceux qui résultent des plans de charité combinés, on évitera de diminuer cette caisse par des générosités, qui n'ont pour objet que le soulagement momentané des malheureux, en faveur desquels on prendra d'autres voies. L'Eleemosynaire assiste les Frères malades, leur porte les secours qui peuvent leur être agréables, et préside aux honneurs funèbres que l'Ordre   rend à ceux de ses membres, qui payent le tribut à la nature.

 

Il est élu en Chapitre à la pluralité des suffrages de préférence dans la classe des Chevaliers réguliers, dont il est alors le Sous Prieur ; quoique le Chapitre ne soit pas strictement obligé à cela, s'il ne trouve pas de Chevaliers de cette classe en état de remplir cette place.

 

Les aumônes distribuées à la maison Préfectoral par l' Eleemosynaire proviennent des quêtes rassemblées aux Chapitres de vestition et de solennité et de la portion de revenus du Temple Préfectoral, qui sera affectée à cet objet, les aumônes ne seront pas données à des vagabonds mendiants de profession, mais on en fera de petites pensions hebdomadaires Ou mensuelles pour des pauvres honteux, pères de famille indigents  ou autres personnes misérables, incapables de gagner leur pleine subsistance, auxquelles on donnera les suppléments nécessaires selon la faculté de la caisse des aumônes.

 

L' Eleemosynaire  fera le cadastre des pauvres, qui doivent recevoir cette petite charité aux jours convenus à la Maison Préfectorale, et rendra compte tous les six mois de son administration au Chapitre.

 

En cas de maladie sérieuse d'un Frère, l' Eleemosynaire chargé par état de lui porter des consolations fraternelles, se nantira des papiers de l'ordre, qui pourront être en dépôt chez lui.

 

Lors du décès d'un Chevalier de 'ordre, le Chapitre s'assemblera pour célébrer sa mémoire, et l'on fait ce jour une distribution d'aumônes aux pauvres. A la fête des trépassés on fait l'énumération des Chevaliers morts dans l'année, et recommande leur souvenir aux Frères. S'il décède un membre capitulaire, sa place au Chapitre reste vacante et couverte d'un crêpe jusqu'à la nomination du successeur.


ARTICLE IX

De l'Inspecteur des Novices Ecuyers

 

L'Inspecteur des Novices ou Écuyers est chargé de les instruire, des usages anciens de l'ordre pendant leur noviciat et de veiller sur leur conduite. Du compte qu'il en rend au Chapitre dépend Li terme de leur épreuve. Il leur ordonne les caravanes prescrites pal l'ancienne règle et converties par la nouvelle en oeuvres  de bienfaisances et d'humanité, qu'ils sont obligés d'exercer, soit en visitant tant souvent l'hospice et s'y vouant aux détails de la charité, soit en se transportant à la campagne pour y verser des bienfaits.

 

L'Inspecteur des Novices l'est aussi des Loges du ressort de la Préfecture, qui porte dans le symbolique le nom de Grande Loge Écossaise. Il reçoit le jour de son inspection annuelle dans les Loges, les honneurs dus aux x Supérieurs de l'ordre.

ARTICLE X

Du Maître des cérémonies

 

Le Maître des Cérémonies est chargé de tout le Rituel de l'Ordre de faire célébrer les fêtes et de veiller à ce que les armements des Chevaliers se fassent d'après le rit de l'Ordre.

 

Il est chargé et préposé à la garde de tous les effets et meubles de la maison communale. Il est le lieutenant du Temple. Le concierge reçoit de lui ses instructions et lui est entièrement subordonné.

 

Il est envoyé comme Chevalier d'honneur de la part du Chapitre, toutes les fois qu'il y a un  message intéressant à faire aux Supérieurs de l'Ordre

 

Il rédige la matricule et l'Armorial de la Préfecture ; y insèreles noms et armes d'ordre  du siècle des Chevaliers, ainsi que leur dignité et les remet tous les ans au Doyen-Visiteur, qui l'envoie au Visiteur du Prieuré.

 

Il soigne les petites dépenses nécessaires pour l'ameublement des Chapitres ; mais toutes dépenses extraordinaires doivent être communiquées auparavant à la commission du trésor.

 

La charge de Maître des Cérémonies est à la nomination du Maître Provincial sur trois sujets présentés par le Chapitre. Cette place porte par cette raison le nom de Commande Magistrale et le pourvu reçoit sa patente de Maître provincial contresignée par son Secrétaire particulier.

CHAPITRE Il

Des Commandeurs

ARTICLE I

 

Les Commanderies sont les premiers établissements de l'Ordre,  leur réunion forme les Préfectures, elles sont gouvernées par un Commandeur, qui en vertu de ce titre et de cet office est membre du Chapitre Préfectoral, auquel il porte les voeux et les suffrages de ses Chevaliers. Les Commanderies nouvelles sont installées sur les ordres du Chapitre Préfectoral par le Doyen-Visiteur.

 

Dans le ressort de chaque Préfecture on peut former neuf Commanderies et pas plus. Il suffit cependant qu'il y en ait trois en activité, pour qu'elles puissent se réunir en Chapitre Préfectoral.

 

On ne doit recevoir dans une Commanderie que 9 Chevaliers au plus et 5 au moins. L'un d'eux est Senior et remplace de droit le Commandeur tant dans les assemblées du Chapitre que dans celles de la Commanderie, même et un autre Procureur, chargé des détails économiques. Le Chapitre peut cependant pour faciliter un premier établissement permettre par dispense, que pendant la première année la Commanderie ne soit composée que de 3 Chevaliers.

 

Les Commandeurs sont élus de la manière suivante : Les Chevaliers de la Commanderie présentent au Chapitre trois sujets de leur district choisis par eux dans une assemblée convoquée ad-hoc. Le Chapitre nomme un des trois présentés qui est confirmé et patenté par le Maître Provincial et installé par le Doyen Visiteur du Chapitre.

 

Lorsque quelque Chevalier a des facilités pour faire un établissement dans quelque ville de la Préfecture propre à être le siège d'une Commanderie; il peut se présenter au Chapitre et lui demander le titre de Commandeur à brevet et la permission d'entamer dans ledit endroit les négociations nécessaires. Le Chapitre peut alors donner voix et séance au Commandeur titulaire, à charge par lui de remplir ses engagements dans l'espace d'un an, au bout duquel temps sa commission cesse et son brevet lui est retiré s'il n'y a satisfait.

 

Tout établissement qu'on veut faire dans un district, où l'Ordre n'est pas encore en activité, doit nécessairement commencer par la formation d'une Commanderie, qui sera mise sous les ordres et la direction de la Préfecture voisine et ce n'est qu'après que trois Commanderies composées de 3 Chevaliers chacune au moins seront érigées, et qu'elles pourront demander au Chapitre Prieural ou Provincial l'établissement d'une Préfecture ; on réitère à cet effet la défense expresse de créer des Prieurés ou Préfectures in partibus, sans qu'il y ait le nombre suffisant d'établissements inférieurs, qui doivent leur servir de base.

 

Les matières que le Chapitre est obligé de renvoyer aux Commanderies, sont l'élection d'un Préfet, la proposition d'un nouveau Candidat, l'établissement de l'Hospice  Préfectoral et toute autre affaire majeure, dont la communication aux Commanderies aura été ordonnée par le Chapitre. Dans les trois cas énoncés, tous In% suffrages des chevaliers seront comptés au Chapitre, dan.,, les autres le Commandeur seul votera au Chapitre selon la pluralité des avis.

 

Les Commandeurs ont droit d'assembler leurs Chevaliers souvent que les affaires et le bien de l'Ordre l'exigent. En du Commandeur, si le Chapitre renvoie à la maison la communication cation d'un arrêté, qui demande à être délibéré ou promulgué. Senior est en droit d'assembler les Frères.

 

Les Commanderies ont droit d'après le consentement préalable de la Préfecture, de recevoir des écuyers ou novices, mais elles ne doivent jamais armer ces derniers Chevaliers, solennité réservée aux seuls chapitres Préfectoraux.

TITRE IX

Objets économiques

ARTICLE I

Des Loges Maçonniques

 

La Franc-Maçonnerie Conservatrice de notre Saint-Ordre en est la pépinière, où l'on élève et prépare les sujets qu'on croit propre à y entrer; elle doit donc être dans une liaison intime avec le gouvernement intérieur du Saint-Ordre.

 

Le Convent a arrêté les statuts et règlements généraux de la maçonnerie, qui servent de règles invariables à tous ceux, qui suivent la réforme du T S.*. Ordre.

 

Les appels des Comités Ecossais des Loges sont portés aux Grandes Loges Ecossaises ou Chapitres Préfectoraux, delà aux Grands Prieurés ou Directoires Ecossais et enfin en dernière instance au Grand Directoire National. L'érection d'une Loge est accordée par le Directoire Écossais sur l'avis des Grandes Loges écossaises, mais elle doit être confirmée et enregistrée au Grand Directoire National.

 

Toute Loge est sous l'autorité d'un Commandeur qui peut en réunir plusieurs sous son maillet, dont il est alors le Chef titulaire ou Député-Maitre. Chaque Loge lui adjoint tous les trois ans un Vénérable pour la gouverner sous son autorité.

ARTICLE II

De la commission du Trésorier

 

Dans chaque Préfecture le Trésorier est préposé au maniement et placement des deniers de l'Ordre,  d'après les avis et arrêts de la commission du Trésor.

 

Celle-ci est composée du Trésorier-Président, des trois inspecteurs des classes, ou à leur défaut des plus anciens officiers du Chapitre subrogés par lui et du Procureur qui fait à la commission du Trésor, les mêmes fonctions que le Chancelier au Chapitre.

 

Le Trésorier fait des propositions et paie les déboursés du Chapitre subrogés par lui et du Procureur qui fait à la commission du Trésor, les mêmes fonctions que le Chancelier au Chapitre.

Le Trésorier fait des propositions et paie les déboursés du Chapitre sur des quittances ou des mémoires ; toute dépense ordinaire doit être proposée et approuvée par la commission du Trésor, et signée au moins de trois des commissaires avant d'être entreprise. Le Trésorier présente tous les six mois au Chapitre les comptes du Trésor particulier de la Préfecture.

 

Le Procureur est choisi parmi les Chevaliers de la Préfecture au Chapitre Préfectoral, la plus scrupuleuse intégrité et le zèle le plus épuré doivent déterminer le choix de cet officier ainsi que celui du Trésorier; il est membre né de la commission du Trésor et quoi qu'il ne soit point par sa place membre capitulaire ; il le devient après quelques années de service avec le titre de Conseiller de la Préfecture, en l'absence du Trésorier, il le remplace de droit au Chapitre. Le Dator pannorum,  choisi parmi les compagnons d'armes est à ses ordres.

ARTICLE II

Des dots payés par tous les Chevaliers

 

Tout Frère reçu dans l'intérieur doit payer pour sa réception une dot fixée dans chaque Préfecture selon les circonstances locales, dont le tiers sera payé lors de son inscription au noviciat et les deux autres tiers lorsqu'il est armé Chevalier.

 

Cette dot doit être la même pour tous les Frères. La Commission du Trésor est chargée de pourvoir à son payement et de faire avec le candidat à ce sujet tels arrangements qu'elle juge à propos. L'uniformité de cette contribution qui ne peut être diminuée en aucun cas, est le principe de l'égalité parfaite de tous les Frères.

 

Le Chapitre seul peut donner dans des cas extraordinaires et lors qu'il s'agit de faire l'acquisition d'un sujet distingué, qui est à même de se rendre utile, dispense du payement de cette dot, mais cette dispense, qui ne pourra être que très rare, doit être accordée, unanimement et sans contradiction d'un seul membre capitulaire.

 

Les Frères ne pourront avoir aucune Commanderie ou charge dans le Chapitre avant qu'ils aient quittance plénière de la commission du Trésor au sujet de leur droit de réception, et l'on fera lors de toutes les élections une liste des membres éligibles, parmi lesquels on n'en comprendra aucun, qui doive encore au Trésor.

 

Cette donation consacrée invariablement et sans la moindre déduction à des établissements pieux et solides est divisée en trois parties ; les deux tiers appartiennent à   l'Hospice de la Préfecture et le troisième au Temple.

 

Le placement des différents fonds de l'Ordre  appartient à la commission du Temple et du Trésor, qui les administre et délivre les intérêts de la prébende du Temple et de l'Hospice  aux administrateurs respectifs, quand elles sont en exercice.

 

Le Temple ou la Grande Commanderie Provinciale sera mise en activité, quand le Chapitre jugera à propos de faire acquisition d'une maison ou d'un terrain propre à en bâtir une. Lors qu'un jour il sera doté richement, après avoir prélevé les fonds d'achat, de construction et de décoration on placera le surplus à intérêt, un quart de la rente sera versé aux aumônes hebdomadaires, un autre quart destiné à l'entretien et la moitié servira au Préfet à faire les honneurs du Temple vis-à-vis des Chevaliers de la Préfecture et surtout des Frères étrangers.

 

L'Hospice  sera mis en activité, quand les fonds se seront accrus à un capital considérable et que le Chapitre Préfectoral le jugera à propos. On ajoutera jusqu'à cette époque les intérêts des sommes principales, qui entrent et ce n'est qu'alors que les intérêts courants et augmentant successivement seront appliqués aux usages prescrits par les administrateurs de l'Hospice.

 

Le Chapitre seul, auquel on appellera les Chevaliers ou au moins dans lequel on comptera leurs suffrages, présentés par leurs Commandeurs, décideront au moment que l'Hospice  Préfectoral doit être mis en exercice, de l'endroit ou il doit s'établir, ainsi que du genre d'établissement bienfaisant, auquel on doit donner la préférence.

 

La Commission du Trésor doit donner au moins tous les six mois aux administrateurs respectifs du Temple et de l'Hospice  l'état de leur caisse et ceux-ci en doivent faire le rapport tous les ans au Chapitre. Quand ces deux prébendes seront en activité, les comptes de l'emploi des revenus doivent être visés tous les ans par le Trésorier et le Procureur, qui sont auditeurs des comptes et présente ensuite au Chapitre.

 

C'est le Chapitre seul, qui peut reprendre un administrateur sur quelque emploi  mauvais des fonds, et lui enjoindre d'être plus circonspect et plus attentif à l'avenir.

ARTICLE III

Du bénéfice rural

 

Lorsqu'une fois l'Hospice  sera en activité et bien doté, on établira le bénéfice rural prescrit par la règle, en inscrivant la taxe de l'inscription au noviciat.

 

Le bénéfice rural sera alors consacré à des oeuvres de bienfaisance à exercer à la campagne. On y achètera des biens-fonds et y établira la maison des Novices de la Préfecture. Les deux tiers seront invariablement affectés à de bonnes oeuvres et administrés par le Prieur du Clergé. Le tiers des revenus du bénéfice rural peut être employé par le MaÎtre des Novices à l'entretien de la maison des Novices et autres dépenses, pour y recevoir les Frères qui voudront y goûter les plaisirs de la retraite et les Novices qui viendront y faire leur caravane.

ARTICLE IV

Caisse préfectorale

 

Tous les Chevaliers à commencer par leur réception au Noviciat s'engagent à une capitation annuelle d'un ducat évalué en France à 12 tt et destiné à être joint aux trois quarts du grade Ecossais. Le trésor particulier de la Préfecture sert à faire face au frais courant de correspondance, de réception, de décoration, etc., ainsi qu'aux contributions pour les dépenses communes et tenues de Chapitres Supérieurs Prieuraux,  Provinciaux et Nationaux.

 

Cette contribution se paye tous les ans au 1er de Juillet entre les mains du Minister Responsionum chargé de ce recouvrement. Ceux des Frères à qui l'on à demander et qui laissent écouler une année sans la payer, sont tenus de la payer double pour forme d'amende, sur simple assignation du Trésorier, dont on ne peut interjeter appel qu'au Chapitre assemblé. A l'instar des Chevaliers du S. 0. tous les maçons membres d'une loge réunie, qui en sont les Novices, payent tous les ans un écu de 66 tt versé dans la caisse Préfectoral.

 

En forme de reconnaissance de la faveur que l'Ordre  fait aux Officiers dignitaires de les décorer d'une charge ou titre, qui leur donne une influence plus satisfaisante dans le gouvernement de l'Ordre  ; ils payeront lors de leur élection deux louis pour leur brevet, à verser dans la caisse Préfectorale.

 

Les frais des Chapitres Prieuraux, sont répartis également entre les différentes Préfectures par le Chancelier et payés sur quittance par les Trésoriers respectifs.

 

Les frais des Chapitres Provinciaux et autres dépenses communes à la Province, sont répartis également tous les ans entre les différentes Préfectures par le Comité d'administration Provinciale et payés sur quittance par les Trésoriers respectifs.

ARTICLE V

Caisses des Commanderies

 

Chaque Préfecture étant subdivisé en neuf petits ressorts, qui forment autant de Commanderies pour l'intérieur, et sous l'autorité desquelles les Loges Maçonniques sont mises; les Commanderies ont leurs caisses et leur administration particulière. La caisse de la Commanderie est administrée à l'instar de la caisse Préfectorale par le Procureur, sous l'autorité de la commission du Trésor formée du Commandeur et du Senior. Les comptes seront rendus tous les six mois à la Commanderie, tous les ans au Doyen Visiteur, et aux Visiteurs Supérieurs toutes les fois qu'ils le demanderont.

 

Cette caisse, qui est proprement la caisse de réserve des Loges, est formée du quart des différentes affiliations ou réceptions symboliques,  qui se font dans les Loges du ressort.

 

Quand les fonds d'une Commanderie seront montés à 100 louis, on commencera à la mettre en activité alors la rente servira à un établissement particulier de bienfaisance, qui sera déterminé par le Chapitre Préfectoral sur les observations des Chevaliers et qui sera administré par le Commandeur. La Commanderie sera cependant en droit avant d'établir la prébende de bienfaisance, de faire sous l'autorité du Chapitre l'acquisition d'une maison commune pour y assembler les Chevaliers et la Loge de la ville qui en dépend.

ARTICLE VI

Caisse Maçonnique des Loges

 

Les Caisses maçonniques sont formées de trois quarts des droits d'affiliation et de réception aux trois premiers grades de la Maçonnerie, d'un quart de la taxe de la réception d'Ecossais,  ainsi que des quotités annuelles ; les taux de réception et de capitation sont fixés par chaque Loge d'après ses besoins et ses forces et confirmés par la grande Loge Écossaises

 

La disposition des fonds de la Loge appartient au Comité Écossais de ladite Loge sous la direction du Trésorier de la Loge, qui doit présenter tous les six mois ses comptes en Comité et tous les ans en Loge.

 

L'inspecteur des novices et le Député-Maître doivent surveiller l'emploi que font les Loges de leurs deniers ; malgré que ceux-ci leur appartiennent en pleine propriété elles ne doivent pas les éparpiller en dépenses vaines ou ridicules, mais consacrer à l'exemple de l'Ordre  intérieur dont elles sont la pépinière, le superflu de leurs fonds à des actes d'une bienfaisance éclairée et réfléchie, qui seront proposés par le Comité Ecossais et agréés par la Loge.

ARTICLE VII

Plans économiques

 

Tous les plans économiques proposés pour augmenter le bien-être du Chapitre faire travailler utilement les fonds, ou lui en procurer de nouveaux, doivent être portés au Chapitre, qui en renvoie l'examen d'abord à la commission du Trésor, et statue ensuite sur ses conclusions arrêtées et présentées au Chapitre par le Trésorier.

 

Si l'on proposait quelque plan commun à plusieurs Préfectures ou même à toute la Province - il doit être porté selon son étendue au Chapitre Prieural  ou Provincial pour y être statué de commodo vel incommodo. Ceux-ci statueront tout de suite ou in pleno, ou bien sur le rapport préalable des commissaires nommés pour l'examiner. L'Ordre recevant des bienfaits des étrangers comme de ses membres, on fera l'emploi suivant la volonté du bienfaiteur, pourvu néanmoins qu'elle ne soit pas contraire à la religion, ni au gouvernement, et à défaut de destination, l'ordre en fera l'emploi de la manière la plus convenable pour le bien de l'humanité et de la patrie.

Fait et arrêté en Convent National de France tenu à Lyon et clos aujourd'hui 29 Nov 465 - 10 Déc. 1778.

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V Gouvernement général de l'Ordre ARTICLE I Nature du gouvernement Le Gouvernement de l'Ordre est aristocratique, les Chefs ne sont que les Président des Chapitres respectifs...."> RER code général des CBCS(2)

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V

Gouvernement général de l'Ordre



ARTICLE I

Nature du gouvernement

 

Le Gouvernement de l'Ordre est aristocratique, les Chefs ne sont que les Président des Chapitres respectifs. Le Grand Maître général ne peut rien entreprendre sans les avis des Provinciaux. Le Maître provincial sans celui des Prieurs et des Préfets, les Préfets sans celui des Commandeurs et ceux-ci sans en avoir conféré avec les Chevaliers de leur district. Tous les Présidents d'assemblées, Maîtres provinciaux, grands Prieurs et Préfets ont toujours le droit après l'exposé de la matière fait par le Chancelier, la 1" voix consultative et la dernière délibérative.

 

Dans toutes les assemblées quelconques de l'Ordre, la pluralité des suffrages l'emporte, et les décisions ainsi portées doivent être exécutées sur le champ provisoirement, malgré protestations ou appellations quelconques. Cette loi de la pluralité est sacrée et fondamentale dans l'Ordre, ainsi que toute Société bien ordonnée : elle est le rempart de la liberté et la sauvegarde contre le despotisme. Un Chef ou Président d'une assemblée quelconque, qui voudrait abuser de ses pouvoirs, au point de renverser cette loi fondamentale, est censé parjure à ses obligations, et encourt les punitions les plus graves de la part de ses supérieurs.

 

ARTICLE II

Convent général

 

Le Convent  général est l'assemblée des Maîtres Nationaux et Provinciaux, ou d'autres Représentants des provinces choisis par elles.

 

Il est convoqué par le Maître Provincial d'Aragon ou à son défaut par un Chancelier nommé ad hoc par le Grand Maître Général Président du Convent.

 

Il doit être convoqué régulièrement tous les neuf ans et s'il se présente dans l'intervalle des affaires majeures le Grand Maître ne pourra le convoquer que du consentement des deux tiers au moins des provinces en activité.

 

Le lieu de l'assemblée sera décidé par la pluralité des suffrages des provinces. Si le Grand Maître général ne peut s'y trouver, il a le droit d'y envoyer un commissaire, et alors le Convent sera présidé par le plus ancien Grand-Maître national ou provincial selon l'ordre de la matricule.

 

Les lois promulguées par un Convent général sont obligatoires pour tout l'Ordre bien entendu que sur tous les points décidés les Maîtres Provinciaux ait reçu les instructions nécessaires de leurs commettants. Pour cette raison les objets à mettre en délibération dans un Convent général doivent être envoyés au moins six mois auparavant à tous les Chapitres Provinciaux, afin que ceux-ci aient le temps nécessaire pour en informer les Grands Prieurs et Chapitres Préfectoraux, et s'assurer ainsi du voeu général pour les instructions à donner aux députés de la Province.

 

ARTICLE III

Grand Maître général

 

Le Grand Maître général est Chef Suprême de tout l'Ordre  ; il est élu par les seuls Représentants des provinces parmi ceux, qui sont le plus à même par leur Rang dans la Société civile et leur mérite d'illustrer l'Ordre, et de faire le bien général.

 

Il ne peut rien innover de sa propre autorité dans la constitution de l'Ordre, exercer aucun pouvoir arbitraire, ni exiger d'aucun des Chevaliers, rien qui soit contraire aux règlements et statuts : tous les Chevaliers lui doivent respect et obéissance sous ces réserves.

Les autres prérogatives et droits honorifiques qu'on pourrait accorder aux Grands Maîtres Généraux, nationaux et provinciaux seront définis et clairement énoncés dans la capitulation que les électeurs feront avec eux, lors de leur élévation.

 

TITRE V

Gouvernement national de l'Ordre

 

ARTICLE I

Convent national

 

Le Convent national est l'assemblée des Maîtres Provinciaux, Grands-Prieurs, Conseillers, Préfets et Officiers nationaux, présidés par le Grand Maître national. Comme la tenue régulière des Convents généraux pourrait être sujette à quelque difficulté, le Convent national les supplée et pourvoit aux besoins des établissements de la nation par leurs Représentants réunis.

 

Le Convent national est convoqué ordinairement tous les six ans sur les ordres du Grand Maître de la Nation, par le Chancelier national, qui envoie les billets de convocation à tous les Grands Officiers de l'Ordre  et à toutes les Préfectures en activité, en cas de vacances du Magistère National ou d'empêchement quelconque, le Maître Provincial d'Auvergne (en France) est en droit d'en faire la convocation. Toutes les fois que des circonstances extraordinaires exigeront pour le bien de l'Ordre, la tenue d'un Convent national ; qu'il fera demandé par une des trois provinces de France et consentie par une autre ; le Convent  national sera convoqué extraordinairement par le Grand Maître National et à son défaut par le Maître Provincial ou l'administrateur de la plus ancienne des deux provinces qui l'auront désiré.

 

Le Convent complet est composé de 81 personnes, d'après le rang suivant :

            Le Grand Maître National

            Trois Maîtres Provinciaux

            Neuf Grands Prieurs

            Huit Conseillers d'Administration

            Trois Visiteurs généraux

            Trois Chanceliers de Provinces

            Cinquante quatre Préfets ou Représentants des Préfectures

 

Ces derniers roulent entre eux selon la date de l'érection de leurs Préfectures, sans égard à la matricule, avec la seule distinction, que les Préfets présents auront rang sur les simples Représentants.

 

Les Maîtres Provinciaux peuvent envoyer un commissaire à leur place, mais les Grands-Prieurs, Visiteurs et Chanceliers ne peuvent être remplacés en cas d'empêchement, que par un Représentant nommé par leur Chapitre respectif.

 

Tous les Chevaliers qui se trouvent sur les lieux, ont droit d'assister au Convent national, hors de l'enceinte des membres capitulaires, en observant le silence et le respect du à cette auguste assemblée législative de l'Ordre.

 

Le Convent national doit être annoncé six mois d'avance à toutes les Préfectures par le Chancelier, qui les invite dans des lettres de convocation à lui envoyer des demandes qu'elles désirent de mettre en délibération, il en rédige un cahier méthodique qui trace l'ordre des conférences capitulaires et l'envoie trois mois avant la Tenue aux Préfectures, pour mettre celles-ci à même de donner des instructions précises à leurs représentants. Nul objet ne pouvant être agité dans les Chapitres nationaux, qui n'ait été proposé et communiqué auparavant à toutes les Préfectures.

 

Le siège du Convent national de France ainsi que du conseil d'administration du sérénissime Grand Maître est à Paris, si les circonstances le permettent.

 

ARTICLE II

Grand Maître national

 

Le Grand Maître National est élu au Convent à la pluralité des suffrages par les Maîtres Provinciaux, Grands Prieurs, Visiteurs et Préfets des Provinces réunies, présidées ad hoc par le Maître Provincial d'Auvergne,

 

Le Grand Maître national expédie dans son conseil les patentes aux Maîtres provinciaux et Conseillers nationaux.

 

Le Grand Maître national proclame et enregistre dans son conseil toutes les Préfectures nouvelles, et y fait inscrire sur le tableau général des Loges régulières du royaume, les Loges constituées par les Directoires Ecossais.

 

Le Grand Maître National étant le Chef de l'Ordre  en France, et répondant à l'état de la bonne conduite de tous ses membres ; il reçoit dans son conseil l'obédience de tous les Maîtres Provinciaux, Grands Prieurs et Préfets, (excepté les Chefs et Officiers des Prieurés exempts), cette obédience consiste dans la promesse de ne jamais rien entreprendre dans l'Ordre  de contraire aux lois du royaume.

 

Les Grands Prieurs auront soin d'informer le Sérénissime Grand Maître des nouveaux établissements et actes de bienfaisance qui se font dans l'étendue de leur ressort, pour que celui-ci par une suite de la protection signalée qu'il doit par ses voeux à l'Ordre en faire mention dans l'occasion.

 

Le Grand Maître National a toujours la voix prépondérante à cas de partage égal d'opinions.

 

ARTICLE III

Conseil d'administration nationale

 

Le Conseil d'administration nationale ou Grand Directoire Ecossais de France est composé de neuf personnes y compris le Sérénissime Grand Maître ; les membres de ce conseil, qui exerce dam l'intérieur quelques droits honorifiques et reçoit les appels en dernière instance des Directoires dans les affaires symboliques sont choisir par le Sérénissime Grand Maître sur trois sujets présentés par le Convent. Si quelque place vaque dans l'intervalle d'un Convent, celui-là peut de l'agrément des trois Maîtres provinciaux nommer un Officier ad interim jusqu'au prochain Convent.

 

Les Maîtres Provinciaux et Grands Prieurs qui se trouvent sur les lieux, sont membres nés de ce tribunal et y prennent rang immédiatement après le Sérénissime Grand Maître.

 

On choisira parmi ces Conseillers un Chancelier national, convoque le Convent sur les ordres du Sérénissime Grand

 

ou de son vicaire né, et vise tous actes, patentes, procès verbaux. expédiés tant au Convent qu'au Conseil national, auxquels il met le grand sceau : il donne la première voix consultative tant au Couvent qu'au Conseil immédiatement après le Grand Maître, et tient le bureau en face du Grand Maître assisté de ses Secrétaires.

 

TITRE VI

Gouvernement provincial

 

ARTICLE I

Des chapitres provinciaux

 

Le Chapitre provincial est l'assemblée des Représentants de la Province présidé par le Maître Provincial ; il est composé de 27 personnes s'il est complet, du Provincial, des trois Grands

 

Prieurs, du Visiteur Général, du Chancelier Provincial, des dix huit Préfets et des trois Visiteurs Prieuraux.

 

Le Chapitre Provincial se tient tous les trois ans au mois d'Octobre au chef-lieu de la Province ; le Chancelier expédie les lettres de convocations aux personnes, qui ont droit d'y comparaître.

 

On ne traite au Chapitre Provincial que les affaires qui regardent toute la Province, comme changement de matricules, érection de Préfectures nouvelles, élection ou confirmation d'un officier supérieur de l'Ordre,  appel en dernière instance des Chapitres Prieuraux.

 

Tous les Chapitres Provinciaux doivent être ouverts et fermés solennellement et en vestition. Si parmi les officiers supérieurs de la Province, Représentants des Préfectures ou Conseillers de la Province, il se trouve un Chevalier ecclésiastique, il doit y remplir les fonctions de son état, à son défaut le Prieur du Clergé de la Préfecture du lieu.

 

ARTICLE II

Du Maître provincial

 

Le Maître Provincial est le Chef et Supérieur de sa province, tous les Chevaliers, lui doivent respect et obéissance, et doivent lors de leur réception la lui prêter entre les mains du Préfet.

 

Le Maître Provincial ne peut rien exiger d'aucun Frère qui soit au delà des règlements généraux, ni innover aucune disposition relative à la province, sans le consentement de la majeure partie du Chapitre : la loi sacrée de la pluralité étant fondamentale et constitutive dans l'Ordre.

 

Le Maître Provincial préside au Chapitre Provincial, s'il est empêché de s'y trouver il a le droit de nommer un commissaire pour y assister en son nom; ce commissaire à rang après les Grands Prieurs présents ; le Maître provincial représente de droit sa province au Convent général, mais n'y doit-il voter que d'après les instructions. Les patentes de tous les officiers de la Province sont expédiées en son nom, ainsi qu'en celui du Maître National par le Chancelier et contresignée par le Visiteur général de la province et le Prieur du district.

 

Le Visiteur général de la province doit envoyer tous les ans au Maître provincial l'état de la province et des différents établissements qui la comportent.

 

Le Maître Provincial est élu au Chapitre provincial de la manière suivante : les Préfets de chaque Prieuré, après avoir reçu les instructions de leurs commettants, se rassemblent dans une salle et y don

 

rient leurs suffrages, cacheté au Grand-Prieur qui porte ces sept voix au conclave présidé par le Visiteur général de la province et composé du Chancelier, des Visiteurs prieuraux et des Conseillers d'honneur de la province (s'il y en a). Le Chancelier confond les 21 billets et les ouvre en présence des Grands Prieurs, en attendant les Préfets se rendent au grand choeur et y prennent leur place, le conclave s'y rend de son côté, le Visiteur général proclame le nouveau Maître Provincial, et s'il est sur les lieux, en fait tout de suite la cérémonie de son installation, sinon on lui envoie un Chevalier d'honneur, qui lui porte le décret de son élection, et l'engage, s'il est possible, à venir tout de suite au lieu du Chapitre provincial, pour recevoir l'investiture.

 

En cas d'absence, d'âge avancé ou d'autres circonstances qui l'exigent, on peut du vivant du Maître Provincial et de son consentement nommer de la même manière un coadjuteur, qui supplée le Provincial en cas d'absence et le remplace un soin de droit.

 

ARTICLE III

Du Visiteur Général de la province

 

Le Visiteur de la Province est élu à la pluralité des suffrages du Chapitre provincial parmi les Préfets ou autres membres capitulaires.

 

Le Visiteur rend compte à chaque Chapitre provincial de l'état des Préfectures, de leurs caisses, Commanderies, hospices et du nombre des Chevaliers dont il compose la matricule et l'armorial général de la Province.

 

Les Fonds de l'Ordre  étant destinés pour les pauvres et les frais de visite trop multipliés pouvant occasionner des abus, on doit choisir le Visiteur de la Province parmi les Chevaliers les plus zélés et les plus aisés, qui fasse les visites à ses frais, et il ne pourra se faire rembourser que celles ordonnées spécialement par son Chapitre.

 

Le Visiteur général de la province lors de sa tournée fera un cahier de l'état de l'Ordre   dans chaque Préfecture, qui contiendra les noms d'Ordre  et du siècle des Préfets, Officiers Commandeurs, Chevaliers et autres membres de l'Ordre ; leurs qualités civiles et l'Ordre,  l'état des registres des caisses, les établissements et actes de bienfaisance, les observations des Préfets et autres Supérieurs, les plaintes des inférieurs.

 

Le Visiteur général se fera donner par les Doyens, Visiteurs des Préfectures, l'état des Commanderies et par l'Inspecteur  des Novices celui des Loges. S'il en a le loisir il visitera lui-même ces établissements, pour s'assurer par ses propres yeux de l'exactitude de leurs rapports.

 

Si le Visiteur général est empêché de faire ses visites lui-même, il les fera faire par les Visiteurs Prieuraux, qui sont ses délégués naturels.

 

Toutes les Préfectures et Commanderies doivent de la tournée du Visiteur général ou des Visiteurs particuliers leur ouvrir leurs registres et comptes et leur rendre les mêmes honneurs, qu'à leurs Supérieurs. Le Visiteur n'a pas le droit d'innover de sa seule autorité, mais il doit rendre compte de son inspection aux Chapitres Provinciaux. S'il arrivait cependant que dans le cours d'une de ses visites, le Visiteur général trouvait le Chapitre divisé et qu'il fût à craindre, que le progrès du désordre ne fit des ravages trop considérables, le Visiteur général a droit de prononcer provisoirement et les parties sont obligées de s'en rapporter à son jugement sauf l'appel aux instances supérieures, qui ne sera cependant pas suspensif.

 

Les Prieurés ou Préfectures nouvelles, ainsi que les Commanderies dans les districts où l'Ordre n'est pas encore en activité, doivent être installés par le Visiteur Général ou Prieural à son défaut.

 

ARTICLE IV

Du Chancelier de la province

 

Le Chancelier de la Province est élu à la pluralité des suffrages du Chapitre Provincial parmi les Préfets, Chanceliers ou autres officiers des Préfectures.

 

Sa place est une des plus importantes, Il est l'agent général de la Province ; toute la correspondance, le résumé des délibérations et la rédaction des matériaux à proposer au Chapitre roulent sur lui.

 

Il convoque le Chapitre sur les ordres du Provincial, ou à son défaut du premier Grand Prieur, son Vicaire né, rédige sur les propositions et demandes des Préfectures le cahier de délibérations et l'envoyé au moins un mois avant le temps de la tenue à toutes les Préfectures. Il expédie tous les actes, tient les registres et expose les matières, qu'on veut mettre en délibération.

 

Il expédie au nom du Grand Maître provincial les brevets et Patentes et en perçoit les rétributions suivant la taxe pour l'entretien des Secrétaires attachés à la Province, et les autres frais de Chancellerie.

 

Le Chancelier vise et enregistre les pouvoirs des Députés au Chapitre Provincial. Le Maître des Cérémonies de la Préfecture du lieu faisant fonctions de Maître des Cérémonies de la Province,

les place à leur rang. Le Chancelier est (assisté) assis aux Chapitres en présence et en face du Président, mais il a rang immédiatement après le Visiteur de la Province et avant les Préfets.

 

Les Chanceliers Prieuraux, qui se trouvent dans le lieu de la tenue du Chapitre Provincial, prennent séance à côté du Chancelier de

Province, et donnent leurs avis et voix consultatives après lui.

 

En cas d'absence ou empêchement quelconque du Chancelle: Provincial, le Chancelier Prieural en remplira les fonctions.

 

ARTICLE V

Conseillers d'honneur

 

Pour récompenser le zèle de ceux qui ont exercé longtemps des charges importantes dans la province, le Chapitre Provincial peut les nommer Conseillers d'honneur et leur accorder séance et voix consultative. On se servira de préférence des Conseillers d'honneur la Province, qui résident dans le chef-lieu pour composer le conseil d'administration. Les Princes étrangers ou Grands Seigneurs nationaux, qui désireront appartenir à une de nos Provinces, seront attachés par ce titre au Chapitre provincial. Le MaÎtre Provincial expédie les patentes des Conseillers d'honneur, et le Visiteur Général y met son visa.

 

ARTICLE VI

Comité d'administration

 

Pour entretenir l'activité pendant la vacance du Chapitre Provincial, celui-ci créera toutes les fois avant de se séparer un Comité pour l'expédition des affaires courantes et qui ne souffrent point de délai, ainsi que pour donner connaissance aux Chanceliers particuliers des Préfectures de la correspondance générale et des affaires, qui regardent toute la province. Le Comité sera établi toujours dans le Chef-lieu de la Province et jugera provisoirement les cas pressants sauf la ratification du Chapitre prochain auquel il rendra compte de toutes ses opérations. Le Visiteur général et le Chancelier de la province sont membres nés du comité. Le Comité répartit aussi tous

 

les ans les frais de la régie provinciale à portions égales sur les Préfectures. La Caisse préfectoral du Chef-lieu fait les avances, et tous les Trésoriers Préfectoraux doivent rembourser sur le champ l'assignation prise sur eux.

 

TITRE VII

Gouvernement prieural

 

Le Chapitre Prieural est l'assemblée des Représentants des Préfectures réunies, sous l'autorité du Grand-Prieur. Quand les six Préfectures sont en activité, il est composé de neuf personnes. Le Grand Prieur, les six Préfets, le Visiteur et le Chancelier du Prieuré.

 

Il se tient régulièrement vers Pacques, au Chef-lieu du Prieuré.

 

L'avis motivé sur l'érection, ou la translation de nouvelles Préfectures, le jugement des instances dévolues par l'appel des Chapitre préfectoraux à ce tribunal, ainsi que la constitution de toutes les Loges Symboliques, et la définition de toutes les instances maçonniques, dont on ne peut plus interjeter appel au Grand Directoire national, appartiennent aux Prieurés, qui prennent pour titre ostensible le nom de Directoire Ecossais.

 

Le Grand Prieur est Vicaire né du Maître Provincial dans l'étendue de son ressort. Les Chevaliers lui doivent en cette qualité respect et obéissance sous les réserves générales.

 

Le Grand-Prieur est élu par les six Préfets et choisi parmi eux, ou d'autres officiers du Prieuré. L'élection est présidée par le Visiteur Général de la Province, commissaire né du Chapitre Provincial, confirmée par le Chapitre et le Maître Provincial, qui lui expédient sa patente et notifiée au Grand Maître national.

 

Le Visiteur du Prieuré représente le Visiteur général dans l'étendue du ressort. Il ne pourra porter en frais les visites que lorsqu'elles auront été ordonnées par le Chapitre. Il est élu par le Chapitre Prioral et confirmé par la Chapitre Provincial. Sa patente est expédiée par le Chancelier de la Province au nom du Maître, et contresignée par le Visiteur général, qui l'installe.

 

Le Chancelier Prieural est choisi et patenté de la même manière. Il convoque le Chapitre Prieural dans le courant de Janvier, et renvoie au plus tard, au commencement de Mars les cahier de délibérations aux Préfectures de son district. En cas d'absence ou d'empêchement, le Chancelier de la Préfecture le remplace de droit.

 

Les frais de la tenue des Chapitres provinciaux sont puisés par le Visiteur dans la caisse préfectorale et celle d'une loge symbolique. sur la demande des Grandes Loges Ecossaises.   La première, vu les frais de la tenue des Chapitres provinciaux sont puisés par le Visiteur dans la caisse préfectoral du Chef-lieu, et remboursés à répartition égale par les Préfectures. Les comptes doivent être arrêtés au Chapitre avant la Clôture.

 

Les patentes que le Grand-Prieuré est dans le cas d'expédier sont celles de l'érection d'une nouvelle Préfecture et celle d'une Loge symbolique, sur la demande des Grandes Loges écossaises La première, vu les frais considérables des nouveaux établissements se donne gratis, à la réserve du 48* d'expédition pour la copie collationnée des règles, rituels, codes, matricules et noviciat. Les patentes des Loges nouvellement constituées ou rectifiées sont expédiées à la vérité par le Directoire Ecossais, mais celui-ci n'étant pas dans le cas d'avoir besoin d'une dotation, en abandonne les droits de constitutions à la Grande Loge Écossaise, en se réservant deux Louis pour frais d'expédition du code symbolique et des quatre grades maçonniques.

 

A l'instar du Chapitre provincial le Prieural peut nommer Conseillers d'honneur et un Comité d'expédition avant de se

séparer.

 

 

TITRE VIII

Gouvernement préfectoral

 

CHAPITRE 1

Des Préfectures

ARTICLE I

Composition des Chapitre préfectoraux

 

  Une Préfecture est l'assemblée des Commandeurs du district, présidée par le Préfet et dirigée par les Inspecteurs des Classes, Chancelier et autres officiers ; elle est toujours existante et en activité, tandis que les assemblées des tribunaux supérieurs ne sont pas permanents.

 

Le Chapitre Préfectoral est composé du Préfet, Doyen, Senior, lier, Trésorier, Eleemosynaire Inspecteurs des novices ou écuyers et Maître des Cérémonies.

 

Le Chapitre Préfectoral est donc composé de dix huit personnes, s'il est au complet. Lors d'une première formation, s'il n'y a pas encore beaucoup de sujets capables, les Commanderies et charges peuvent être réunies ; mais lorsque (le Préfet) ou la Préfecture est nombreuse, on évitera de donner deux places à la même personne.

 

Un officier du Chapitre, absent n'a pas droit de se faire représenter par un autre, parce que son titre est personnel, et ne peut être transféré que du consentement du Chapitre. Mais dans le cas

d'une longue absence le Chapitre pourra nommer un Vicaire, aux places, qu'un titulaire ne peut pas exercer par lui-même.

 

Seront par cette raison même exceptés de cette loi, les Commandeurs qui représentent leur districts, aux quels tant la Commanderie que le Commandeur même peuvent substituer un fondé de procuration tout et quantes fois celui-ci sera empêcher de se rendre en personne en Chapitre et d'y porter les voeux des Chevaliers de son district.

 

Tous les officiers de la Province et du Prieuré lorsqu'ils assistent aux Chapitres Préfectoraux, y prennent rang à la droite du Préfet et jouissent de la première voix consultative.

 

Les objets qu'on traite dans les Chapitres Préfectoraux sont l'administration générale de la Préfecture, l'établissement des Commanderies et de l'Hospice l'élection des officiers, l'examen des plans

économiques ou de bienfaisance présentés, la réception des nouveaux Chevaliers, l'installation des Loges maçonniques, les comptes des Chargés d'administrations, etc.

 

Les Chapitres Préfectoraux s'assemblent tous les 15 jours et au moins une fois par mois ; et extraordinairement toutes les fois que le Préfet le juge à propos.

 

Seront appelés les Chevaliers en Commanderies surtout pour la proposition d'un nouveau Candidat, pour l'élection d'un candidat, pour l'élection d'un Préfet et pour l'établissement de l'Hospice préfectoral. Le Préfet peut les convoquer aux autres assemblées s'il le juge à propos, sans qu'ils aient suffrage délibératif ; mais il demandera leur opinion pour éclairer davantage la délibération qu'on agite.

 

Toute affaire jugée majeure à la pluralité des suffrages, ne doit pas être décidée avec précipitation, mais communiquée aux Commanderies, pour que tous les Chevaliers concourent à la délibération et s'intéressent d'autant plus vivement au but de l'Ordre,  à l'administration duquel ils participent. Les Commandeurs doivent à l'assemblée fixée pour la décision voter d'après la pluralité des opinions des Chevaliers de leur district. Les Commanderies qui n'auront pas envoyé leur suffrage dans le terme prescrit, ne pourront plus revenir contre la délibération.

 

Le Président recueille les suffrages des membres capitulaires, et le Chancelier en prend note et les compte. Tout, indistinctement doit se décider à la pluralité, à moins que le Chapitre ne décide lui-même, qu'il faut les trois quarts ou l'unanimité des suffrages. Quand il s'agit de l'exclusion dans l'assemblée quelconque, il faudra au moins les trois quarts des suffrages.

 

Pour former une délibération capitulaire, il faut au moins cinq membres qui aient le droit de voter, non compris les Chevaliers que le Chef veut bien y appeler pour donner leur voix consultative. En cas d'égalité de suffrages, la délibération doit être remise à l'assemblée prochaine, et l'on doit alors marquer sur les billets de convocation, que c'est pour reprendre l'objet non décidé à la dernière assemblée ; et si à cette assemblée les suffrages se trouvent encore partagés également, celui du Préfet est prépondérant et décisif, à moins qu'il ne préfère de le renvoyer à une troisième délibération, dans laquelle l'affaire doit être terminée.

 

Tout membre capitulaire âgé de 50 ans, qui aura exercé un office à la Préfecture pendant 15 ans, ou bien s'il a moins de 50 ans, qui en aura 20 de service, a droit à la vétérance et devient Conseiller honoraire de son Chapitre ; il jouit en cette qualité de la voix délibérative dans toutes les assemblées.

 

Tout officier, qui donnera au Chapitre la démission de sa charge, ne l'obtiendra qu'après l'avoir demandé à trois reprises, et à intervalles égaux de mois à mois.

Les procès-verbaux d'une assemblée capitulaire seront rédigés par le Chancelier sur la minute, lus dans l'assemblée suivante, et signés au moins par cinq des membres capitulaires, qui ont été présentés.

 

ARTICLE II

Du Préfet

 

Ce Chevalier est Chef de la Préfecture, dont il gouverne les différents membres, selon les statuts et l'esprit de l'Ordre Il est représentant né de la Préfecture aux assemblées supérieures. Tous les Chevaliers de quelque classe ou dignité qu'ils soient, lui doivent respect et obéissance.

 

L'élection du Préfet se fait par les trois Inspecteurs, Chefs des Classes et les Commandeurs capitulaires, qui doivent voter d'après la pluralité des suffrages des Chevaliers de leur district, convoqué à cet effet Le Chapitre préfectoral. présente trois sujets, parmi lesquels on est obligé de choisir. L'élection est présidée par le Chancelier qui recueille les voix, sans en avoir une lui-même ; proclamée par le Maître des Cérémonies, et confirmée par le Maître Provincial. Le nouveau Préfet reçoit sa patente au Chapitre Provincial par le Chancelier et contresignée par le Grand Prieur et Visiteur général ; il est installé dans la Préfecture par le Visiteur général de la Province, ou à son défaut par le Visiteur du Prieuré.

 

La convocation de tous les Chapitres se fait sur les ordres du Préfet ou par la voix du Maître des Cérémonies, ou directement par le Secrétaire du Chapitre. En l'absence du Préfet, le doyen, après lui, le Prieur du Clergé, et le Senior sont en droit de convoquer ; ces derniers ne doivent cependant le faire que sous l'autorité du conclave composé de trois Inspecteurs des Classes et du Chancelier. Si le Préfet quoique présent, refuse pendant neuf jours la convocation, le conclave peut y suppléer et autoriser le Doyen à convoquer. Lorsqu'à l'heure fixée par arrêté capitulaire, ou indiquée dans les billets de convocation, le Préfet ou Président n'est pas arrivé, on attend un quart d'heure, à l'expiration duquel le Doyen ou plus ancien membre capitulaire ouvre le Chapitre.

 

Le Préfet ne peut rompre aucune conférence, mais il peut faire opiner au renvoi de la délibération à la prochaine assemblée, et si

la pluralité le juge ainsi, en ne peut la continuer ; on doit même de droit remettre toutes les propositions nouvelles qui demandent des éclaircissements préliminaires à la prochaine assemblée. Le renvoi sera décidé sur la demande d'un des membres du Conclave ou d'un Commandeur.

 

Tous les Chevaliers prêtent obédience au Préfet. Cette obédience n'est pas monastique et aveugle, mais tous doivent respecter en lui, le dépositaire principal des lois et de l'autorité dont les lumières et le zèle ont déterminé le choix du Chapitre ; ils doivent lui témoigner tous les égards possibles, non seulement dans les assemblées intérieures de l'Ordre  mais aussi dans la vie civile ; et ceIui-ci plus jaloux de régner sur les coeurs que d'exercer une autorité de pure représentation, mettra tous ses soins à mériter la confiance et l'amitié de ses Frères.

 

Si contre toute attente un Préfet s'oubliait au point de vouloir exercer des violences au Chapitre, forcer des délibérations, suspendre des travaux ou faire tel acte qui ferait péricliter la constitution de l'Ordre,  le Chapitre peut sous l'autorité du Doyen et à la pluralité des deux tiers des suffrages, faire un arrêté contre lui, qui doit être mis en exécution et envoyé tout de suite aux Supérieurs de la Provinces ; au Maître Provincial Grand-Prieur et Visiteur général, nonobstant appel quelconque qui sera cependant discuté en temps et lieu. Le Grand-Prieur doit en ce cas se composer un conseil de cinq membres du Prieuré au moins, et s'il confirme l'arrêté il peut suspendre provisoirement le Préfet de toutes ses fonctions.

 

Si le Préfet ne peut se rendre en personne aux Chapitres Prieuraux Provinciaux et Nationaux, auxquels il ne peut cependant voter que d'après les instructions positives de ses commettants, le Chapitre nomme un autre de ses membres pour le représenter et de préférence un des officiers du conclave.

 

Le Préfet régit et gouverne le Temple ou la Grande Commanderie de la Préfecture, qui est la maison commune louée ou achetée des deniers de l'Ordre consacrée à cet effet. Cette Maison doit être propre à y tenir les différentes assemblées de l'Ordre.  C'est dans ce Temple de l'amitié et de la bienfaisance que les Chevaliers se

rendent pour goûter ensemble des plaisirs purs et honnêtes, on y loge un Chevalier ou compagnon d'armes, pour avoir l'inspection sous les ordres du Préfet, ou du Maître des Cérémonies sur la maison.

 

ARTICLE III

Du Doyen du Chapitre

 

Le Banneret ou Inspecteurs des Chevaliers militaires est le Doyen ou la seconde personne du Chapitre, et remplace de droit de Préfet, en cas d'absence ou de vacances.

 

Il est nommé par le Chapitre auquel on appelle tous les Chevaliers militaires. Sa patente ainsi que celle de tous les Officiers de la Préfecture sont expédiées au Chapitre Préfectoraux sous l'autorité des maîtres National et Provincial et contresignées par le Grand Prieur et le Visiteur général.

 

Tous les compagnons d'armes prêtent obéissance au Banneret et sont commandés par lui, surtout le Porte-Bannière et le Porte Glaive, qui sont à sa nomination.

 

La Bannière des Préfectures, mi-partie, ainsi que l'ancien beauséant des Chevaliers du Temple, contient d'un côté les Armes de la Province et d'un autre les Armes de la Préfecture.

   

Le Doyen est visiteur né des Commanderies de la Préfecture

il veille avec sévérité à l'administration régulière des différents

caisses de l'Ordre,  qui sont toutes consacrées au bien de l'humanité.

Il installe les nouveaux établissements et visite les anciens. Ils pré

sentent leurs états au Chapitre et tous les ans au Visiteur Prieural.

 

Le Doyen est membre du conseil privé et de la commission du trésor, et un des trois administrateurs de l'Hospice,  qui est l'établissement bienfaisant de la Préfecture, déterminé par arrêté capitulaire d'après les besoins les plus pressants du local, soit qu'on

veuille établir une infirmerie ou porter des secours quelconques à des malades, soit qu'on préfère de fonder une maison d'éducation pour des orphelins, enfants trouvés ou nés de parents, qui sont dans l'impuissance de les élever ; soit qu'on ouvre un asile à la pauvreté, pour assurer à des indigents honnêtes une subsistance assurée en échange d'un travail proportionné à leurs forces ; soit enfin qu'on veuille transporter nos bienfaits à la campagne en instituant des fêtes villageoises, pour encourager les bonnes moeurs et l'industrie en perfectionnant les écoles rurales ; en établissant des sages-femmes ou des chirurgiens habiles à la campagne en faveur de la classe utile des cultivateurs ; ou tel autres moyens qui seront jugées propres à soulager l'humanité d'une manière efficace.

 

Les trois Inspecteurs des Classes dans l'Hospice, recevront des personnes, qu'il jugeront dignes de la pluralité des suffrages, et partageront (à eux) et entre eux les détails de l'administration. Le Doyen aura principalement la police et l'inspection sur ceux qui y sont employés, et y maintiendra l'ordre et la régularité. Le Prieur du Clergé sera préposé aux devoirs spirituels, à la conservation des moeurs et aux instructions qu'on jugera à propos d'y donner. Le Senior aura soin de la comptabilité et de tous les détails économiques.

   

Les administrateurs de l'Hospice tiendront bureau toutes les semaines pour la régie qui leur est confiée, et y emploieront de préférence des compagnons d'armes de l'Ordre.

 

Le Doyen a l'inspection particulière sur la vie et les moeurs des Chevaliers militaires, et est adjoint au Prieur du clergé pour les enquêtes à faire sur la vie et les moeurs des Frères de sa classe, qui demandent à être inscrit au Noviciat.

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RER code général des CBCS(1)

26 Avril 2005 Publié dans #hauts grades

Convent National des Gaules

novembre 1778-465

TITRE I

  Des différentes classes de l'ordre et des qualités requises pour y être reçu

ARTICLE I

 Différentes classes de l'Ordre

L'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la C. S. ramené par la réforme à son but primitif, qui n'est autre que le soulagement de l'humanité, au service de laquelle il est voué, s'occupe de tous les moyens propres à y atteindre, discute les idées utiles, et se sert de la réunion des forces individuelles pour les réaliser et les exécuter avec plus de facilité. On n'a donc pas cru devoir astreindre les Chevaliers à des obligations uniformes et souvent incompatibles avec l'état qu'ils ont choisi dans la Société Civile, mais comme jadis une partie de la milice du Temple combattait sur les grands chemins les ennemis des Chrétiens tandis qu'une autre recevait les pèlerins dans leurs hospices, et y joignait les pauvres et les blessés, on reconnaît de même aujourd'hui trois classes de Chevaliers, celles des Chevaliers Réguliers ou Clerc, des Chevaliers Militaires, Milites, et des Chevaliers Civils, Equites Cives Sanctae Civitatis. Les Chevaliers d'une Préfecture sont distribués et divisés de deux manières, par Commanderies selon leur domicile et par Classes selon leur condition civile. Chaque Classe dans une Préfecture a un Inspecteur, qui la préside lorsqu'elle est appelée à délibérer sur des objets relatifs à ses fonctions ou obligations.

  Les Chevaliers réguliers, c'est-à-dire, ceux qui ont reçu les Ordres Sacrés d'une communion Chrétienne, recommandent en particulier l'amour des bonnes mœurs et d'une religion douce, bienfaisante et tolérante, remplissent les fonctions ecclésiastiques dans les cérémonies de l'ordre, et veillent à l'observation du culte divin et d'une sainte discipline dans les asiles, hôpitaux d'orphelins et d'autres hospices fondés par l'Ordre

  Les Chevaliers Militaires, parmi lesquels on ne comprend en France, que ceux qui sont en activité de service, ou qui se sont retirés avec la croix, ou après avoir servi 20 ans, se dévouent par de nouveaux serments à la défense de leur patrie et promettent de se rappeler au milieu des horreurs de la guerre, des lois saintes de l'humanité et de la générosité envers les vaincus, les mourants et les prisonniers.

  On comprend parmi les Chevaliers civils, tous les Frères nobles ou non, qui n'ont pas servi pendant l'espace de temps prescrit et qui ont un état honorable dans la société, tel qu'il est défini ci-après. Les Magistrats et gens de Loi font vœu de défendre le faible et l'opprimé; les Médecins d'assister gratuitement les pauvres de leurs conseils, les Gens de Lettres de vouer leurs veilles à des ouvrages qui étendent l'empire de la vertu et de la vérité, ; les Négociants d'entretenir la circulation des besoins mutuels et de procurer du travail et du pain à des citoyens pauvres et honnêtes, les Agriculteurs, gens de finances et autres bourgeois honnêtes, placés dans un état moins assujettissant à des devoirs civils, sont d'autant plus à même de vouer leurs loisirs au bien de l'humanité; tous en général secondent les vues bienfaisantes de l'Ordre.

ARTICLE II

Des qualités requises pour être reçu

  L'Ordre des Chevaliers bienfaisants de C. S. fondé par des gentilshommes ; n'admettait dans son sein que ceux, qui prouvaient par titres authentiques et d'après les formalités requises, qu'ils étaient nés de parents nobles de noms et d'armes.

  Cet ancien statut fondé sur la constitution féodale de l'Europe et militaire de notre ordre, tenant plus de la vanité que de la justice, on a cru, que dirigé aujourd'hui vers l'exercice seul des vertus sociales et patriotiques, mixte d'ailleurs dans sa composition, on ne pouvait sans injustice en exclure des candidats utiles, remplis de talent et de zèle pour le bien public, mais moins favorisés par le hasard de la naissance. Considérant donc que la vraie noblesse consiste dans la vertu, et que celui, qui arrache son nom à l'obscurité par des actions généreuses, est digne des honneurs qui ne doivent en être que la suite, en a arrêté ce qui suit :   Nul ne sera admis dans l'Ordre  qu'il n'ait fait preuve de noblesse. Ces preuves consisteront, ou dans des titres d'une noblesse héréditaire, ou dans ceux d'une noblesse personnelle.

  Les preuves d'une noblesse personnelle, seront ou l'exercice d'un emploi qui donne la noblesse, ou des actions vertueuses et non suspectes, qui seront consignées par des informations préliminaires faites par le Prieur du Clergé et l'Inspecteur des Novices.   Quels que soient les titres de noblesse que produit un candidat, si dégénérant de ses ancêtres, il en souille la tige respectable par des actions déshonorantes, il sera rejeté et ne sera reçu, que lorsque par des mœurs pures et la vraie noblesse du cœur, il répondra à l'attente de la patrie.

  Ne seront point admis dans la classe des Chevaliers, ceux qui ne jouissent pas dans la Société civile d'une existence qui rapproche les individus, comme Nobles, Ecclésiastiques, Militaires, Magistrats, Médecins, Avocats, Négociants, Bourgeois aisés ou classés honorablement dans la finance, et enfin tous ceux qui ne feront pas rougir l'Ordre  de leur admission ; disposition dont l'application sera laissée à la prudence des Chapitres. Cette partie des informations qui doivent essentiellement précéder toute inscription de candidats au noviciat, dépend de l'Inspecteur des novices, qui examine les titres de noblesse héréditaire ou morale, en fait l'exposé au Chapitre et expédie au Commandeur de maison son consentement pour recevoir le candidat écuyer. C'est le président du Chapitre qui lui donne, lors de la cérémonie de son armement, le nom d'Ordre.   Tous les Chevaliers, qui ont été une fois admis à la profession de leurs vœux sont parfaitement égaux. Ni une naissance plus illustre, ni un rang plus élevé dans la Société civile, ne donnent la moindre prérogative réelle aux Frères. Les Princes mêmes, qui veulent renoncer volontairement aux prestiges de la vanité et à l'inégalité politique des hommes, pour goûter des plaisirs purs dans le sein de l'amitié et de la bienfaisance, respecteront la loi précieuse de l'égalité, base fondamentale de tout ordre, dont les membres se consacrent à l'exercice pénible, mais satisfaisant de la charité chrétienne. La seule prérogative due à leur naissance et aux moyens plus efficaces que la Providence leur a départis pour se rendre utiles à l'humanité, est celle que le Chapitre provincial ou celui de la Préfecture à laquelle ils sont attachés, leur présente tout de suite après la réception un brevet de conseiller d'honneur de la Province ou de la Préfecture, et le pas sur tous les simples Chevaliers.

C'est le Prieur du clergé qui est chargé des informations sur les qualités morales du candidat ; il fait les enquêtes les plus sévères pour s'assurer de ses principes religieux, de ses mœurs, et de son caractère. Il s'informera, s'il respecte la religion, base du bonheur public, s'il n'attaque jamais les principes et surtout les sentiments religieux par les sarcasmes, et s'il est pénétré de cette tolérance douce et éclairée, de cette charité fraternelle, que la loi chrétienne prescrit.   Quant aux mœurs, il écartera ces égoïstes décidés, qui ne vivent que pour eux et sacrifient à leur repos et à leurs familles et fantaisies, le bonheur de leur prochain. Il fermera l'entrée du Temple à ceux, qui ont manqué aux lois de la Probité et de l'honneur, qui sont connus publiquement pour avoir failli de satisfaire à leurs engagements, qui mènent une vie débauchée et crapuleuse et se déshonorent par tel autre vice majeur, qui donne scandale public.   Quant au caractère, il s'informera exactement, si le candidat est bienfaisant, humain, sensible, si une avarice sordide ne le rend pas inhabile à goûter la volupté pure, attachée aux bonnes actions et comme enfin l'intérêt de l'Ordre exige qu'on dérobe la connaissance de notre rétablissement et de nos opérations jusqu'au moment où nous aurons acquis par nos bienfaits et nos travaux des droits à l'estime publique et à une existence légale, pour que l'envie, le fanatisme et la manie malheureuse de jeter du ridicule ou du découragement sur les projets utiles, ne s'opposent à nos progrès on s'informera avec soin, si les candidats proposés sont discrets et susceptibles d'un zèle soutenu.   Les Chevaliers doivent être les arbitres de leur sort à avoir par cette raison atteint l'âge de majorité ou de 25 ans en entrant au Noviciat. Ils doivent jouir d'un revenu honnête et assuré, pour ne pas tomber à la charge, ou défaveur, ou au déshonneur de l'Ordre.  Si le candidat n'a pas encore atteint son âge de majorée il doit obtenir dispense d'âge du Chapitre, dont les suffrages doivent être unanimes sur ce point, et payer pour cette faveur un droit de passage applicable à l'hospice qui sera fixé par le Chapitre.  Le Noviciat est d'un an ordinairement. Celui qui pendant son année d'épreuve, n'aura pas été réglé en ses mœurs et conduite, sera tenu de continuer une seconde année, même une troisième, et si sa conduite ne devient pas plus régulière, il ne sera jamais armé Chevalier. Si l'Ecuyer demandait dispense d'intervalle à telles fin d'être armé Chevalier avant l'année révolue de son Noviciat, il  doit obtenir pareillement pour cette faveur le Consentement unanime du Chapitre.

On ne pourra recevoir Ecuyer un candidat d'une autre Province ou Préfecture sans le consentement formel de ses Supérieurs naturels. L'Inspecteur  des novices s'adressera à cet effet à eux, et pourra tout au plus rendre un compte favorable de ses vie et mœurs, s'il a demeuré pendant un certain temps dans le ressort de la Préfecture ou il demande le Noviciat.   L'Inspecteur des Novices de la Préfecture du lieu de naissance du Candidat, ou si elle n'est pas en activité, le Visiteur général de la Province ou du Prieuré, auquel on s'adresse en ce cas, commencent l'information d'état et de ses vie et de ses mœurs, et si elle est favorable et que le Chapitre y consente, on envoie au Chancelier de la Province ou à celui de la Préfecture où l'on veut recevoir, un acte qui lui donne facultatem inscribendi vel induendi selon la demande. Le Chapitre qui reçoit, prélève sur chacune des deux réceptions de l'intérieur un quart pour frais de réception et renvoie le surplus de la taxe au Chapitre préfectoral du lieu de naissance du candidat, à moins que celui-ci ne soit établi dans ce dernier lieu et y fasse élection permanente de domicile, dans lequel cas il n'y a pas de permission à demander.   Ne seront pas compris dans la classe de ceux, qui élisent leur domicile, les Militaires qui sont en garnison dans une ville, qu'on renverra au lieu de leur naissance ou de leur domicile ordinaire.

  Tout candidat enfin reçu dans la Fraternité intime des Chevaliers bienfaisants, doit recueillir les suffrages unanimes pour son admission, qui seront donnés par la voie du scrutin avec des ballotes blanches et noires. La première proposition faite par un Frère sera simplement consignée sur les registres, et quand il s'agira de passer au scrutin, le Préfet sera obligé de demander le consentement des Commandeurs respectifs. S'il y a deux ballotes noires, le scrutin est rompu et on ne peut proposer le candidat qu'après trois mois révolus. Si les Frères, qui ont été contraires, ont eu de bons motifs et qu'ils veuillent les déclarer en plein Chapitre, on prend acte de leur dire et l'on ne peut alors jamais recevoir le candidat, à moins que ceux-ci n'ayant donné par écrit le désistement de leur opposition, pour qu'on ne profite pas de leur absence, pour proposer un candidat, qui leur serait désagréable.   S'il n'y a qu'une ballote noire contraire à la réception le Maître des Cérémonies, qui recueille le scrutin, le déclare à haute voix, et invite l'opposant à exposer les motifs dans un billet anonyme qu'il enverra au conseil privé, qui examinera leur validité dans la huitaine : le Frère opposant sera obligé de se soumettre à la décision et de consentir à la réception du candidat, si les raisons de refus sont déclarées insuffisantes.

ARTICLE III

Des compagnons d'arme

  Outre les Chevaliers qui ont le premier rang dans l'Ordre et peuvent seuls parvenir aux Commanderies et dignités, on recevra encore conformément à l'ancienne règle et observance des Compagnons d'armes ou Armigeri qui ne doivent pas être de condition servile, mais nés de parents libres, exerçants une profession honnête dans la Société et jouissants de la réputation d'une probité intacte. Ces compagnons d'armes feront le service intérieur du temple et quelques-uns seront adjoints aux Officiers pour les soulager dans les fonctions pénibles de leurs charges. On choisit parmi eux : le Dator pannorum, ou Maître de la garde-robe, et le Minister responsium, chargé de faire rentrer les fonds, subordonnés aux Trésorier et Procureur, ainsi que les Secrétaires adjoints au Secrétaire principal du Chapitre. Ils n'assistent aux Chapitres de conférences que quand ils y sont appelés, pour être consultés sur les détails de fonctions, qui leur sont attribuées ou pour les remplir.

  Le Chapitre pourra quelquefois, au bout d'un service long et distingué, recevoir un compagnon d'armes Chevalier de Grâce ; mais il faut que tous les Capitulaires y consentent ; ils recevront alors, outre le nom d'Ordre, qu'on leur donne lors de leur réception, un sceau avec la devise les éperons et le manteau. Les Compagnons d'Armes sont admis en plein à la participation du Secret de l'Ordre, et reçus d'après un formulaire prescrit et celui de l'armement des Chevaliers.

  Les Compagnons d'Armes  sont choisis, parmi les Frères à talent des Loges, dont la discrétion est éprouvée, et qui peuvent devenir utiles à l'Ordre  et retirer des appointements et gratifications à mesure qu'ils rendront des services. Les dignités de Porte-bannières et de Porte-glaive doivent être conférés à des gens de confiance, qui ayant servi dans les Troupes au moins pendant 6 ans. Ils doivent être tous Maçons et parvenus au grade de Maître. On les fera assister à une Loge d'Ecossais  ou ils prêteront l'obligation de discrétion, après quoi ils seront reçus tout de suite Compagnons d'Armes. On nomme un ou plusieurs Frères, pour s'informer de leur vie et mœurs, et les Compagnons d'armes sont ouis sur le camarade qu'on veut leur associer, et admis au ballottage  avec les autres Chevaliers.

On ne recevra plus dans l'Ordre  comme dans le passé des valets d'Armes, le Convent ayant trouvé qu'il était inutile et dangereux même de confier le secret de notre existence, qu'il nous est important de cacher encore à des gens de conditions serviles, qui n'ont pas toujours cette faculté et cette probité requise pour résister aux tentations qu'on pourrait leur faire, pour livrer nos secrets. On pourra tout au plus employer un ou deux valets dans l'enceinte extérieure et confier tout le service intérieur aux Armigeri. Dans ce cas les premiers seront aux ordres du Maître des Cérémonies, qui leur assignera leur poste.   On ne recevra plus dans l'Ordre dorénavant des sujets dans cette classe intermédiaire appelés faussement Ecuyer, ce qui a ouvert la porte au mécontentement, à la jalousie et où des distinctions arbitraires nées d'une interprétation plus ou moins forcée d'une loi vicieuse, dans la constitution actuelle de l'Ordre, qui ne tend qu'à la bienfaisance et à l'étude de la Vérité. En rappelant la signification d'Ecuyer à la véritable origine, qui était celle du Noviciat et de la pépinière des Chevaliers, on donne cette qualification à ceux qui sont dans leur année d'épreuves pour être reçus Chevaliers. Cette classe de membres de l'Ordre, inconnue jadis, où l'on ne trouve que les Equites, et Fratres Servientes, famuli ou armigeri, qui ne possédaient point de Commandories, reste donc supprimé à celle de Compagnons d'Armes  que nous lui subsistons, tracera mieux les limites de la séparation et entraînera moins d'abus et de plaintes.

  TITRE II

Des devoirs des frères

Les devoirs principaux des Chevaliers de la C. S. sont d'exercer les lois douces de la Bienfaisance envers tous les hommes et principalement envers les Frères, d'obéir à leurs Supérieurs, et de remplir avec zèle et exactitude les obligations de citoyens et autres, qui leur sont imposé par leur situation respective.   Tous les Frères de C. S. doivent respect et obéissance à leurs Supérieurs légitimes, au Grand-maître, Grand Prieur, Visiteur général, Préfet, Inspecteur de leur classe. Commandeur de leur district, et autres officiers dans les affaires relatives à leur département. Cette obéissance cependant, qui est d'essence dans tout Ordre régulier qui vivait anciennement en commun, doit être raisonnable, et n'est demandée que sur des choses justes et honnêtes, conforme aux Statuts, et point contraire aux lois de la patrie, ou aux obligations civiles de chacun.   L'Hospitalité  est la vertu principale des Chevaliers ils doivent l'exercer entre eux, d'une manière franche, simple et qui ne soit point onéreuse; on témoignera surtout aux étrangers toutes les prévenances et on leur rendra tous les services capables de rendre leur voyage utile et agréable.   Chaque Préfecture fera des lois particulières pour bannir du réfectoire de l'Ordre, le luxe et les progrès d'une somptuosité contraire à la simplicité respectable qui doit le caractériser. On a conservé principalement de l'ancienne règle de Saint-Bernard le titre : ut decimus panis pauperibus detur, qui est de stricte observance pour tous les Chevaliers et Commandeurs, et à l'exécution duquel l'Eleemosynaire doit veiller particulièrement.   La loi du Silence et de la discrétion la plus absolue est fondamentale dans l'Ordre ; il est défendu à tout Frère en telle dignité qu'il doit ou qu'il soit constitué, de révéler la moindre chose qui concerne notre constitution, ou ce qui se passe dans nos assemblées directement ou indirectement. Ceux qui seront convaincus d'avoir dérogé à cette loi, seront déclarés incapables de posséder aucune dignité ou charge dans l'Ordre, et condamnés à des amendes, selon la gravité du cas.   L'exercice inviolable des lois sociales et des vertus patriotiques étant la base et le garant de la prospérité de notre Ordre, celui qui serait parjure à sa patrie, qui troublerait le peuple et lui cause du dommage sera jugé par son Chapitre ; son procès lui sera fait sans indulgence, et son jugement sera envoyé dans toutes les provinces.   La pureté des mœurs peut seule préserver notre ordre de la corruption et de la décadence, où sont tombées la plupart des institutions humaines. Fondé sur l'amour de la religion, des mœurs et d'une bienfaisance épurée par les motifs raisonnés qui la dicte, l'Ordre ne peut conserver dans son sein des Gens qui le déshonoreraient par des actions malhonnêtes. Le Conseil privé, dont on parlera plus bas, et principalement le Prieur du clergé veillent à !a conservation des mœurs et requièrent d'office contre tous ceux qui donnent du scandale et compromettent l'Ordre par leurs principes ou leurs actions.   Tout Chevalier est en droit d'avertir le Prieur ecclésiastique, soit ouvertement, soit par billets non signés, des désordres commis par un Frère. Celui-là doit chercher avant tout de le ramener par des monitions fraternelles. Si elles ne réussissent pas, il en rend compte au conseil privé, qui examine la dénonciation, vérifie les faits dans le plus grand silence et conclut, soit à ce que la procédure demeure supprimée, soit à faire avertir une seconde fois le Chevalier accusé de changer de conduite, soit enfin, si le cas est plus grave, d'ordonner la communication du réquisitoire au Chapitre entier, qui seul peut de l'avis des Chevaliers prononcer l'interdiction ou l'exclusion d'un Chevalier. Elle doit cependant le faire sans éclat. Le Prieur-ecclésiastique fait cacheter le réquisitoire avec toutes les pièces, la procédure et le procès-verbal du prononcé, et le dépose aux archives dans un carton ou laisses particulières.   La Concorde intime qui doit régner entre les Frères pouvant être troublée par des motifs d'intérêt, ou par la malignité des gens qui se plaisent à semer la haine, on a cru nécessaire d'établir un conseil particulier d'arbitres ou de juges de paix destinés à réconcilier les Frères, que souvent malentendu refroidit ou aigrit, et employer tous les efforts pour concilier les procès civils des Frères, afin d'obvier, s'il est possible, à la ruine qu'entraîne  souvent la rapacité des suppôts de justice. Ce comité de conciliation a non seulement lieu dans les Préfectures, mais aussi dans les Commanderies.   Deux Frères qui sont en discussion ou en dispute, nomment chacun un arbitre et adjoignent à leurs arbitres un troisième, qui conviendra aux deux parties, avant de tenir comité, les arbitres prononcent le serment suivant :   "Moi, Chevalier de la C. S., je jure et promets de ne jamais parler hors de cette assemblée, d'aucun des objets qui y seront traités, et de donner mon avis en mon âme et conscience et selon mes lumières sans acceptation de personne, ainsi Dieu me soit en aide."   Lorsque la sentence du comité de conciliation sera signifiée aux parties et qu'elles y acquiesceront on en fera mention au Chapitre suivant et applaudira à la condescendance des parties aux vœux de l'Ordre, qui sont de diminuer les malentendus qui divisent les hommes et de tout tenter pour les rapprocher.   Par une suite de ce principe de bienveillance sociale universelle, tout Chevalier bienfaisant se regardera comme un juge de paix et emploiera tous ses soins à éteindre les haines, les procès et les divisions par de bons conseils et toutes les ressources honnêtes que son cœur et la confiance qu'il aura méritée par ses vertus, lui dicteront.   Tout Frère, qui plaidera contre un autre Frère devant les tribunaux ordinaires de la justice, sans avoir tenté la voie de la justice arbitraire de l'Ordre, sera regardé comme réfractaire au vœu de concorde juré par tous les Chevaliers, condamné à une amende de 5 louis au profit des pauvres et interdit pendant 6 mois.   Pour ce qui regarde enfin la décence et le respect dû à nos augustes assemblés, le Préfet veillera principalement à leur conservation. Il est défendu aux Frères de troubler l'ordre des conférences et des cérémonies, soit en quittant leur place, soit en parlant hors de leur tour sans demander la permission. Cette dernière formalité ne doit pas être regardée comme monastique, mais comme un moyen inévitable d'empêcher que les délibérations ne soient tumultueuses et infructueuses ; nous ordonnons sur-tout qu'on sévisse contre ceux des Frères, qui pourraient s'oublier au point de dire des injures ou d'insulter du geste ou de fait un Frère, voulant que le délinquant soit tenu de demander publiquement excuse à celui qu'il aura offensé, et condamné à de grosses amendes, et même selon la gravité du cas, privé de l'habit pour quelques mois ou pour toujours.

TITRE III

Composition de l'Ordre en général

L'Ordre des Chevaliers bienfaisants de la C. S. est divisé en 9 provinces - Aragon, Auvergne, Occitanie, Léon, Bourgogne, Grande Bretagne, Allemagne inférieure entre l'Elbe et l'Oder, haute Allemagne et Italie, Grèce et Archipel.   Les Armes de l'Ordre sont deux cavaliers sur un même cheval dans un écusson écartelé de la croix de l'Ordre.   Chaque Province a dans ses armes un caractère distinctif et chacun des MaÎtres provinciaux possède une des grandes charges de l'Ordre.   L'Aragon, dont le Provincial est grand Chancelier, et au nom duquel la convocation des convents généraux doit se faire, a pour arme un anneau d'or ayant au dehors la forme d'une couronne de lauriers, au milieu duquel en champs de gueules est écrit en lettres très hébraïques : In virtute tua.   Le Maître provincial d'Auvergne étant Grand Maréchal de la Cavalerie ; les armes de la Province sont un cavalier cuirassé portant une lance élevée en champs de gueules, avec l'inscription : Qui cupit   Celui d'Occitanie Grand Amiral, galère d'argent en champs de gueules avec l'inscription : Prospero motu.

  Léon, dont le Provincial est Grand Doyen de l'Ordre, a pour armes un lions d'argent en champ de gueules avec l'inscription :

Audaces juvat.   La Bourgogne a pour ses armes une tête de mort d'argent en champs de gueules avec l'inscription : Mors omnia aequat ; son Maître  Provincial est grand Trésorier dans l'Ordre.   La Bretagne a pour ses armes une ancre d'or en champs de gueules, avec l'inscription : Fata viam inveniunt. Son Maître Provincial est Grand Commandeur de l'Ordre.   L'Allemagne inférieure ou la province entre l'Elbe et l'Oder a pour armes un bras armé tenant un glaive nu et sortant d'un nuage en champs de gueules. Une étiquette d'azur contient trois lettres initiales L. V.  C. Labor viris convenit ; Son Maître Provincial est visiteur général de l'Ordre.

 La haute Allemagne a pour armes un acacia sous lequel on voit en champ d'azur, une lance d'or, et au-dessous une étiquette d'argent avec lettres gothiques : U. U. U.  Ultorem  Ulciscitur Ultor. Son Maître provincial est Proviseur général de l'Ordre.

  La neuvième province a pour armes un lion rouge, appuyé sur une croix noire en champ d'or avec l'inscription : veritas persuadet. Son Maître provincial est inspecteur général des troupes.   De ces neuf provinces, il n'y a que les trois provinces françaises, les deux allemandes et l'Italie qui soient en activité légale. Si une des autres pouvait être rétablie, ou qu'on voulut en créer de nouvelles, les Frères chargés de cette commission importante, doivent y être autorisés par un Convent général, ou à son défaut par les autres provinces, et la restauration doit être motivée et notifiée légalement à tous les Chapitres provinciaux pour être par eux la notification envoyée à toutes les Préfectures régulières du Saint Ordre.   Quant aux fonctions qui pourraient compéter aux Maîtres provinciaux en vertu de leurs grandes charges, elles seront réglées dans un Convent général, et jusque là aucun desdits Maîtres, ne pourra s'immiscer sous prétexte de sa grande charge, dans le gouvernement d'une province autre que la sienne. Celle de ces Provinces dont le ressort est réuni en entier ou pour la plupart sous une même domination, forment un corps national pour modifier les lois générales de l'Ordre d'après celles de la patrie, dont la stricte observance est le premier devoir des Chevaliers Bienfaisants ; ce qui forme la division de l'Ordre, en nations et langues. C'est ainsi que les Provinces d'Auvergne, d'Occitanie et de Bourgogne forment la nation ou la langue française.

  Les Provinces réformées d'après le nouveau rite, sont divisées en Grands Prieurés. La nouvelle Matricule des trois provinces françaises en établit trois par province. Il suffit cependant qu'il y en ait deux de restaurées par province, pour que celle-ci puisse être en activité légale.   Chaque Prieuré est divisé en Préfectures, la matricule en désigne six par ressort de chaque Prieuré ; il suffit cependant qu'il y en ait deux d'établies pour tenir Chapitre Prieural. Si des Etablissements nombreux excédant neuf Commanderies par Préfectures, forçaient de créer de nouvelles Préfectures dans le ressort d'un Prieuré, le Chapitre provincial, juge de tous les changements qu'on veut faire dans la matricule, pourra en augmenter le nombre par Prieurés jusqu'à neuf, après quoi on demanderait au Chapitre général ou à son défaut au Chapitre national la création d'un nouveau Prieuré.   Chaque Préfecture est composée de neuf commanderies, il suffit cependant que trois d'elles soient en activité pour que la préfecture puisse opérer légalement.   Les Loges maçonniques, sont le séminaire des sujets destinés au Saint Ordre, et sont mises sous l'autorité d'un Commandeur, qui en est le Chef titulaire et inamovible.
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Le livre d'Enoch(extraits)

26 Avril 2005 Publié dans #hauts grades

CHAPITRE PREMIER

1. Voici les paroles d'Enoch par lesquelles il bénit les élus et les justes qui vivront au temps de l'affliction, quand seront réprouvés tous les méchant et les impies. Enoch, âme juste qui marchait devant le Seigneur, quand ses yeux furent ouverts, et qu'il eut contemplé une sainte vision dans les cieux, parla, et il prononça: Voici ce que me montrèrent les anges. <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

2. Ces anges me révélèrent toutes choses et me donnèrent l'intelligence de ce que j'avais vu, qui ne devait point avoir lieu dans cette génération, mais dans une génération éloignée, pour le bien des élus.

3. C'est par eux que je pus parler et converser avec celui qui doit quitter un jour sa céleste demeure, le Saint et le tout-puissant, le Seigneur de ce monde,

4. qui doit fouler un jour le sommet du mont Sinaï, apparaître dans son tabernacle, et se manifester dans toute la force de sa céleste puissance.

5. Tous les vigilants seront effrayés, tous seront consternés.

6. Tous seront saisis de crainte et d'effroi, même aux extrémités de la terre. Les hautes montagnes seront ébranlées; les collines élevées seront déprimées; elles s'écouleront devant sa face comme la cire devant la flamme. La terre sera submergée, et tout ce qui l'habite périra; tous les êtres seront jugés, tous, même les justes.

7. Mais les justes obtiendront la paix; il conservera les élus, et exercera sur eux, sa clémence.

8. Alors ils deviendront la propriété de Dieu; il les comblera de bonheur et de bénédictions et la splendeur de la Divinité les illuminera.

 

 CHAPITRE II

1. Voici! il arrive avec dix mille de ses saints, pour juger toutes les créatures pour détruire la race des méchants, et réprouver toute chair à cause des crimes que le pécheur et l'impie ont commis contre lui.

 

 CHAPITRE III

 1. Tous ceux qui habitent dans les cieux savent ce qui se passe là-bas.

2. Ils savent que les globes célestes qui nous illuminent ne changent point leur voie; que chacun d'eux, se lève et se couche régulièrement, dans le temps qui lui est propre, sans jamais transgresser les ordres qu'il a reçus. Ils regardaient la terre, et soudain ils connaissent tout ce qui s'y passe depuis le commencement, et jusqu'à la fin.

3. Ils voient que chacune des créations de Dieu suit invariablement la voie qui lui est tracée. ils voient l'été et l'hiver; ils voient que toute la terre est remplie d'eau, et que les nuages, les vapeurs et la pluie en rafraîchissent la température.

 

 CHAPITRE IV

1. Ils considèrent et admirent comment chaque arbre se couronne de feuilles; comment il les perd ensuite, à l'exception de quatorze arbres privilégiés qui restent toujours verts, et qui pendant plusieurs hivers présentent l'apparence du printemps.

 

CHAPITRE V

1. Ils admirent ensuite dans les jours de l'été comment le soleil échauffe la terre, dés le commencement de sa carrière, tandis que vous cherchez la fraîcheur du feuillage; que le sol est crevassé par la chaleur torride, et que vous êtes incapables de vous promener soit dans la plaine, soit sur la montagne.

 

 CHAPITRE VI

 1. Ils admirent ensuite comment 1es arbres en se couvrant de feuilles poussent en même temps des fruits; mais aussi ils comprennent en même temps et reconnaissent que celui qui vit éternellement fait pour nous toutes choses.

2. Que toutes les oeuvres de chaque année que toutes ses créations suivent invariablement les ordres qu'il leur a donnés, toutefois, quand Dieu a résolu ainsi, toutes choses doivent s'évanouir.

3. Ils voient comment les mers, et les fleuves accomplissent chacun leur mission respective.

4. Tandis que vous, vous ne supportez qu'avec peine, vous ne remplissez qu'imparfaitement les commandements de Votre Seigneur; vous transgressez ses ordres, vous calomniez sa grandeur; et votre bouche impie va prononcer des blasphèmes, contre sa majesté!

5. Pécheurs au coeur endurci, il n'y aura point de paix pour vous.

6. Vos jours seront maudits, et les années de votre vie seront effacées du livre des vivants; vous serez en exécration à toute créatures, et vous n'obtiendrez point de miséricorde.

7. Dans ce jour, votre paix sera troublé par l'éternelle malédiction de tous les justes; et les pécheurs mêmes vous exécreront à tout jamais.

8. Oui, ils vous exécreront aussi bien les impies.

9. Mais pour les élus, à eux la lumière, la paix; à eux l'héritage terrestre.

10. Pour vous, impies, pour vous la malédiction.

11. Alors les élus recevront la sagesse il n'y aura plus ni transgression, ni impiété, ni orgueil se conduiront avec prudence, s'humilieront eux même, et ne violeront plus les saints commandements.

12. Aussi ne seront-ils pas condamnés tout le temps de leur vie, et leur vie sera sans trouble et sans douleur; la somme de leurs jours sera complète; ils vieilliront dans la joie et la paix; et leur années de bonheur se multiplieront avec la joie, avec la paix, sans nuage, sans trouble, tout le temps de leur existence.

 

 CHAPITRE VII. Section 2. (300)

1. Quand les enfants des hommes, se furent multipliés dans ces jours, il arriva que des filles leur naquirent élégantes et belles.

2. Et lorsque les anges, les enfants des cieux les eurent vues, ils en devinrent amoureux; et ils se dirent les uns aux autres: choisissons-nous des femmes de la race des hommes, et ayons des enfants avec elles.

3. Alors Samyaza leur chef leur dit: je crains bien que vous ne puissiez accomplir votre dessein.

4. Et que je supporte seul la peine de votre crime.

5. Mais ils lui répondirent: nous vous le jurons.

6. Et nous nous lions tous par de mutuelles exécrations; nous ne changerons rien à notre dessein, nous exécuterons ce que nous avons résolu.

7. En effet ils jurèrent et se lièrent entre eux par de mutuelles exécrations. Ils étaient au nombre de deux cents, qui descendirent sur Aradis, lieu situé près le mont Armon.

8. Cette montagne avait été appelée Armon, parce que c'est là qu'ils avaient juré et s'étaient lié par de mutuelles exécrations.

9. Voici le nom de leurs chefs; Samyaza, leur chef, Urakabarameel, Akibeel, Tamiel, Ramuel, Danel, Azkeel, Sarakmyal, Asael, Armers, Batraal, Anane, Zavebe, Samsavel,Ertael, Turel, Yomyael, Arazeal. Tels furent les chefs des ces deux cents anges; et le reste étaient tous avec eux.

10. Et ils se choisirent chacun une femme, et ils s'en approchèrent, et ils cohabitèrent avec elles; et ils leur enseignèrent la sorcellerie, les enchantements, et les propriétés des racines et des arbres.

11. Et ces femmes concurrent et elles enfantèrent des géants.

12. Dont la taille avait trois cent coudées. Ils dévoraient tout ce que le travail des hommes pouvait produire, et il devint impossible de les nourrir. (Une coudée = entre 44cm et 52cm)

13. Alors ils se tournèrent contre les hommes eux même, afin de les dévorer.

14. Et ils commencèrent à se jeter sur les oiseaux, les bêtes, les reptiles et les poissons, pour se rassasier de leur chair et se désaltérer de leur sang.

15. Et alors la terre réprouva les méchants.

 

 CHAPITRE VIII

1. Azaziel enseigna encore aux hommes à faire des épées, des couteaux, des boucliers, des cuirasses et des miroirs; il leur apprit la fabrication des bracelets et des ornements, l'usage de la peinture, l'art de se peindre les sourcils, d'employer les pierres précieuses, et toutes espèces de teintures, de sorte que le monde fut corrompu.

2. L'impiété s'accrut; la fornication se multiplia, les créatures transgressèrent et corrompirent toutes leurs voies.

3. Amarazak enseigna tous les sortilèges, tous les enchantements et les propriétés de racines.

4. Armers enseigna l'art de résoudre les sortilèges.

5. Barkayal enseigna l'art d'observer les étoiles.

6. Akibeel enseigna les signes.

7. Tamiel enseigna l'astronomie.

8. Et Asaradel enseigna les mouvements de la lune.

9. Et les hommes sur le point de périr élevèrent leurs voix, et leurs voix montèrent jusqu'au ciel.

 

 CHAPITRE IX

 1. Alors Michaël et Gabriel, Raphaël, Suryal et Uriel, abaissèrent des cieux leurs regards sur la terre, et virent les flots de sang qui la rougissaient, et les iniquités qui s'y commettaient; et ils se dirent les uns aux autres: C'est le bruit de leurs cris.

2. La terre privée de ses enfants a élevé sa voix jusqu'aux portes du ciel.

3. Et c'est à vous ô essences célestes, c'est à vous que les âmes adressent leurs plaintes en disant: Obtenez nous justice du Très-Haut. Alors ils dirent à leur Seigneur et maître: Tu es le Seigneur des seigneurs, le Dieu des dieux, le Roi des rois. Le trône de ta gloire s'élève de toute éternité, et de toute éternité ton nom est sanctifié et glorifié. Tu es béni, et glorifié à jamais.

4. Tu es le créateur, le maître souverain de toutes choses; rien n'est caché à ton regard perçant. Tu domine sur tout, et rien ne peut se soustraire à ton autorité.

5. Tu as vu ce que Azariel a fait; comment il a enseigné aux hommes toute espèce d'iniquité, et comment il a révélé au monde tout ce qui se passe dans les cieux.

6. Samyaza aussi a enseigné aux hommes la sorcellerie, lui que tu avais placé au dessus de tous ses compagnons. Ils se sont alliés aux filles des hommes; ils ont péchés avec elles, et se sont souillés.

7. Ils leur ont découvert les crimes les plus abominables.

8. Et les femmes ont enfantés les géants.

9. Et toute la terre a été remplie de sang et d'iniquité.

10. Et voici maintenant que les âmes de ceux qui sont morts, élèvent la voix vers toi.

11. Et font monter leur plainte jusqu'aux portes du ciel.

12. Leurs gémissements montent vers toi; les hommes ne peuvent se soustraire à l'iniquité qui couvre la surface de la terre. Or tu connais toutes choses, avant même qu'elles existent.

13. Tu connais toutes choses; tu sais tout ce qui se passe, et cependant tu ne nous dis rien

14. Pour tant de crime, que devons nous faire aux méchants?

 

 CHAPITRE X

1. Alors le Très-Haut, le Grand et le Saint fit entendre sa voix

2. Et il envoya Arsayalalyur auprès de Lamech

3. Disant: parle-lui en mon nom; mais cache toi à ses yeux.

4. Puis dévoile-lui le grand cataclysme qui doit faire périr tous les hommes; quand les eaux du déluge se répandront sur la face de la terre, et que toute créature sera détruite.

5. Mais enseigne-lui les moyens d'échapper; dis-lui comment sa race se perpétuera sur toute la terre.

6. Puis le Seigneur dit à Raphaël; Prends Azaziel, lie-lui les pieds et les mains; jette-le dans les ténèbres; et abandonne-le dans le désert de Dudael.

7. Fais pleuvoir sur lui des pierres lourdes et pointues; enveloppe-le de ténèbres.

8. Qu'il y reste à jamais, que sa face soit couverte d'un voile épais; et qu'il ne voit jamais la lumière.

9. Et quand se lèvera le jour du jugement plonge-le dans le feu

10. Cependant purifie la terre, que les anges ont souillés; annonce-lui la vie; annonce-lui que je la revivifierai.

11. Les fils des hommes ne périront pas tous à cause des secrets que les vigilants leur ont révélés et qu'ils ont enseignés à leur descendant

12. Mais la terre a été souillée par les enseignements d'Azaziel. Aussi est-ce lui qui doit être responsable de tous les crimes.

13. Le Seigneur dit ensuite à Gabriel: Va vers les méchants, vers les réprouvés, vers les enfants de fornication; extermine ces enfants de fornication, ces rejetons des vigilants, du milieu des hommes; pousse-les, excite-les les uns contre les autres. Qu'ils périssent de leurs propres mains; car leurs jours ne seront pas complets.

14. Ils te supplieront, mais leurs prières n'obtiendront rien pour eux; et c'est en vain qu'ils espéreront pour leur enfants la vie éternelle, et même une vie de cinq cents années.

15. Le Seigneur dit ensuite à Michaël: Va et annonce le châtiment qui attend Samyaza et tous ceux qui ont participe à ces crimes, qui se sont unis à des femmes, qui se sont souillés par toutes sortes d'impuretés. Et quand leurs fils seront extermines, quand ils auront vu la ruine de ce qu'ils ont de plus cher au monde, enchaîne-les sous la terre, pour soixante-dix générations, jusqu'au jour du jugement, et de la consommation universelle; et l'effet de ce jugement sera pour eux éternel.

16. Alors ils seront jetés dans les profondeurs d'un feu qui les tourmentera sans cesse; et ils y resteront toute l'éternité.

17. Avec eux leur chef brûlera dans les flammes; et tous ils y seront enchaînés jusqu'à la consommation d'un grand nombre de générations.

18. Extermine en même temps toutes les âmes adonnées à de coupables jeux; extermine les rejetons des vigilants; assez et trop longtemps ils ont tyrannisé le genre humain.

19. Que les oppresseurs soient enlevés de la face de la terre.

20. Que le mal soit anéanti!

21. Mais que la plante de la justice et de l'équité refleurisse, et devienne un gage de bénédiction.

22. Car la justice et l'équité doit refleurir avec la joie pour des temps sans fin.

23. Et alors tous les Saints adresseront au ciel leurs actions de grâces, et vivront jusqu'à ce qu'ils aient engendré mille enfants, tandis que les jours de leur jeunesse et leurs sabats s'écouleront dans la joie et la paix. A cette époque toute la terre sera cultivée dans la justice: elle se remplira d'arbres et de bénédictions; des arbres délicieux y seront plantés.

24. La vigne y croîtra en abondance, et produira du fruit à satiété; toutes les semences qui seront confiées à la terre, rapporteront mille mesures pour une; et une mesure d'olive, fournira à dix pressées d'huile.

25. Délivré la terre de toute tyrannie, de toute injustice, de tout crime, de toute impiété, de tout ce qui peut la souiller. Que le mal en soit banni à jamais.

26. Alors, les enfants des hommes vivront dans la justice, et toutes les nations me rendront les honneurs qui me sont dus; toutes me béniront, toutes m'adoreront.

27. La terre sera délivrée de toute corruption, de tout crime, de tout châtiment, de toute souffrance; et elle n'aura plus à craindre de moi un déluge exterminateur.

 

 CHAPITRE XI

 1. Dans ces jours, j'ouvrirai les trésors de bénédictions que recèle le ciel, je les répandrai sur la terre, et ils féconderont les oeuvres et le travail des hommes.

2. La paix et la justice feront alliance avec les hommes, et ces unions sacrées dureront autant que le monde et que les générations.

 

 CHAPITRE XII (section 3)  

 1. Avant l'accomplissement de toutes ces choses, Enoch fut enlevé de la terre; et personne ne sut où il avait été enlevé, ni ce qu'il était devenu.

2. Tous ces jours, il les passa avec les saints, et avec les vigilants* (*Initiés).

3. Moi, Enoch, je bénissais le grand Seigneur, le Roi de la paix.

4. Et voici: les vigilants me nommèrent Enoch le scribe.

5. Et le Seigneur me dit: Enoch, scribe de justice, va dire aux vigilants du ciel, qui ont abandonné les hauteurs sublimes des cieux et leurs éternelles demeures, qui se sont souillés avec les femmes,

6. Et ont pratiqué les oeuvres des hommes, en prenant des femmes à leur exemple, qui se sont enfin corrompus sur la terre.

7. Dis-leur que sur la terre, ils n'obtiendront jamais ni paix, ni rémission de leurs péchés. Jamais ils ne se réjouiront dans leurs rejetons; ils verront leurs bien-aimés exterminés; ils pleureront leurs fils exterminés; ils me prieront pour eux, mais jamais ils n'obtiendront paix ou miséricorde.

 

 CHAPITRE XIII

1. Enoch partit donc, et il dit à Azaziel: Il n'y a plus de paix pour toi. Une grande sentence a été prononcée contre toi. Il t'enchaînera;

2. Il n'y aura jamais pour toi ni soulagement ni miséricorde, ni intercession, à cause de l'oppression que tu as enseignée.

3. Et parce que tu as appris aux hommes à outrager Dieu, à pécher et à tyranniser leurs semblables.

4. Et je le quittai, et j'allai annoncer la même nouvelle à tous les compagnons de ses crimes;

5. Et ils furent terrifiés et saisis d'un affreux tremblement;

6. Et ils me supplièrent d'écrire pour eux une humble supplique pour obtenir le pardon de leurs fautes; ils me prièrent de la faire parvenir au trône du Dieu du ciel, car ils n'osaient ni s'adresser à lui, ni même lever les yeux au ciel, à cause du grand crime pour lequel ils avaient été jugés.

7. Alors, j'écrivis une humble supplique à leur sujet, afin de leur faire obtenir repos et miséricorde pour tout ce qu'ils avaient fait.

8. Puis je les quittai, et continuai ma route tout en lisant leur requête, vers les eaux du Danendan, qui se trouvent à l'ouest d'Armon, et je m'endormis.

9. Et voici que j'eus un songe, et une céleste vision. Je tombai en extase, et je vis dans une vision, la punition dont je devais annoncer la triste nouvelle aux enfants des cieux, et les réprimander. Quand je m'éveillai, je me rendis auprès d'eux. Ils étaient réunis, pleurant et la face voilée dans Ubelseiael, lieu situe entre le Liban et Seneser.

10. Et je leur fis part de mes visions et de mes songes.

11. Et je leur adressai ces paroles de la justice, et les réprimandes que méritaient les enfants des cieux.

 

 CHAPITRE XIV

1. Ceci est le livre des paroles de la justice, et des paroles adressées aux vigilants, qui sont de ce monde, selon l'ordre que m'a donné dans la vision le Saint et le Grand. Je vis donc en songe que je parlais avec ma langue de chair et avec le même souffle dont le Tout-Puissant a animé la bouche des hommes, pour converser entre eux.

2. Et je compris avec le coeur. Et de même que le Seigneur a créé et donné aux hommes le pouvoir de comprendre les mots qui s'adressent à l'intelligence, de même aussi il a créé pour nous, et il m'a donné le pouvoir de reprendre les vigilants, les enfants du ciel. J'ai donc rédigé vos prières; mais j'ai su dans une vision, que tant que le monde existera, jamais vous n'obtiendriez ce que vous demandez.

3. Le jugement a été prononcé contre vous; toutes vos prières sont inutiles.

4. Ainsi, désormais, vous ne monterez plus au ciel; et sur terre, vous serez enchaînés aussi longtemps qu'existera le monde lui-même.

5. Mais auparavant, vous serez témoins de la misère de tout ce qui vous est cher, vous ne les posséderez plus. Ils tomberont sous le glaive sous vos propres yeux.

6. Et n'adressez point de prières ni pour eux ni pour vous!

7. Mais vous pleurerez, et vous supplierez en silence. Telles sont les paroles du livre que j'écrivis.

8. Voici maintenant la vision que j'eus:

9. Voici: Je me voyais environné de nuages et de brouillards épais; je contemplais avec inquiétude le mouvement des astres et celui des éclairs, tandis que des vents formidables soulevaient mes ailes, et accéléraient ma course.

10. Je fus enlevé ainsi jusqu'au ciel et j'arrivai bientôt à son mur bâti avec de pierres de cristal. Des flammes mobiles en enveloppaient les contours. Je commençai à être saisi d'effroi.

11. Cependant je m'enfonçai au milieu de ces flammes.

12. Et je pénétrai dans une vaste habitation dont le pavé était en pierres de cristal. Les murs comme le pavé, étaient également en cristal, aussi bien que les fondements. Son toit était forme d'étoiles errantes et d'éclairs de lumière, et l'on voyait, au milieu des chérubins de feu dans un ciel orageux. Des flammes vibraient autour de ces murailles, et la porte était de feu. Quand je suis entré dans cette habitation, elle était à la fois brûlante comme le feu, et froide comme la glace; et il n'y avait là, trace ni de bonheur, ni de vie. Alors, une terreur soudaine s'empara de moi; je tressaillis d'effroi.

13. Tout tremblant, je tombai la face contre terre, et j'eus une vision.

14. Voici; Il y avait une autre habitation plus spacieuse que la première, dont toutes les portes étaient ouvertes devant moi, au milieu d'une flamme vibrante.

15. Telle était sa gloire, sa magnificence, sa grandeur, qu'il m'est impossible de vous dépeindre, ni la splendeur qui l'environne, ni sa vaste étendue.

16. Le pavé était de feu; au-dessus, brillaient des éclairs et des étoiles érrantes, et le comble était tout entier d'un feu étincelant.

17. Je l'examinai avec attention, et je vis qu'il y avait un trône élevé;

18. Dont l'aspect ressemblait à la grêle, tandis que son contour était comme l'orbe éclatant du soleil; et il en sortait des voix de chérubins.

19. De ce trône puissant s'échappaient des torrents de flammes,

20. Qu'il était impossible d'envisager.

21. Et il y avait quelqu'un assis sur ce trône de gloire,

22. Dont le vêtement était plus blanc que la neige.

23. Et aucun ange n'était capable de regarder en face le Glorieux et le Magnifique, ni de s'approcher de lui; aucun mortel ne pouvait le contempler. Un feu brillant brûlait autour de lui.

24. Il s'élevait aussi devant lui, un feu d'une grande étendue; en sorte qu'aucun de ceux qui l'entouraient ne pouvaient en approcher, et des myriades de myriades étaient devant lui. Il n'avait besoin ni de conseils, ni d'assistance, et les saints qui formaient sa cour, ne le quittait ni jour ni nuit. Je m'approchai autant que je pus, voilant ma face, et plein de frayeur. Alors, le Seigneur lui-même daigna de sa propre bouche m'appeler par mon nom: approche, dit-il, approche de plus près, et viens entendre ma sainte parole.

25. Et il me prit, et il me fit pencher jusqu'à la porte. Et moi, je tenais mes yeux baissés vers la terre.

 

 CHAPITRE XV

1. Alors s'adressant à moi, il me parla ainsi: Ecoute, écoute sans crainte, ô juste Enoch, ô scribe de justice, approche, et écoute ma voix. Va, dis aux vigilants du ciel qui t'ont envoyé pour me prier pour eux. Vous deviez prier pour les hommes (325). et non pas les hommes pour vous!

2. Pourquoi avez vous abandonné les saintes hauteurs du ciel, votre demeure éternelle pour aller vous souiller avec des femmes? Pourquoi vous êtes-vous épris des filles des hommes et en avez vous fait vos épouses; avez vous pratiqué avec elles les oeuvres des enfants de la terre, et donné naissance à une race impie?

3. Vous qui étiez des esprits célestes, en possession de la sainteté, de la vie éternelle, vous vous êtes souillés avec des femmes; vous avez travaillé aux oeuvres de la chair, vous avez engendré dans le sang, vous avez agi comme ceux qui ne sont que de sang et de chair.

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les ésséniens

26 Avril 2005 , Rédigé par Flavius JOSEPHE Publié dans #hauts grades

Quand le domaine d'Archélaüs eut été réduit en province, Coponius, Romain de l'ordre équestre, y fut envoyé comme procurateur : il reçut d'Auguste des pouvoirs étendus, sans excepter le droit de vie et de mort. Sous son administration, un Galiléen, du nom de Judas, excita à la défection les indigènes, leur faisant honte de consentir à payer tribut aux Romains et de supporter, outre Dieu, des maîtres mortels.
Ce sophiste fonda une secte particulière, qui n'avait rien de commun avec les autres.
Il y a, en effet, chez les Juifs, trois écoles philosophiques : la première a pour sectateurs les Pharisiens, la deuxième les Sadducéens, la troisième, qui passe pour s’exercer à la sainteté, a pris le nom d'Esséniens,Juifs de naissance, mais plus étroitement liés d'affection entre eux que les autres, ces hommes répudient les plaisirs comme un péché et tiennent pour vertu la tempérance et la résistance aux passions.
Ils dédaignent le mariage pour eux-mêmes, mais adoptent les enfants des autres, à l'âge où l'esprit encore tendre se pénètre facilement des enseignements, les traitent comme leur propre progéniture et leur impriment leurs propres mœurs. Ce n’est pas qu'ils condamnent en principe le mariage et la procréation, mais ils redoutent le dévergondage des femmes et sont persuadés qu'aucune d'elles ne garde sa foi à un seul homme
. Contempteurs de la richesse, ils pratiquent entre eux un merveilleux esprit de communauté. Personne chez eux qui surpasse les autres par la fortune ; car leur loi prescrit à ceux qui adhèrent à leur secte de faire abandon de leurs biens à la corporation, en sorte qu'on ne rencontre nulle part chez eux ni la détresse de la pauvreté ni la vanité de la richesse, mais la mise en commun des biens de chacun donne à tous, comme s'ils étaient frères, un patrimoine unique.Ils considèrent l'huile comme une souillure, et si l'un d'eux a dû malgré lui se laisser oindre, il s'essuie le corps : car ils prisent fort d’avoir la peau rude et sèche et d'être toujours vêtus de blancs[.Ils ont, pour veiller aux intérêts communs, des administrateurs élus, à qui le suffrage de tous désigne leurs services particuliers. Ils ne forment pas une ville unique, mais vivent dispersés en grand nombre dans toutes les villes. Quand des frères arrivent d'une localité dans une autre, la communauté met tous ses biens à leur disposition, comme s’ils leur appartenaient : ils fréquentent chez des gens qu'ils n'ont jamais vus comme chez d'intimes amis. Aussi, dans leurs voyages n'emportent-ils rien avec eux, si ce n'est des armes à cause des brigands. Dans chaque ville est délégué un commissaire spécialement chargé de ces hôtes de la communauté ; il leur fournit des vêtements et des vivres. Leur habillement et leur tenue ressemblent à ceux des enfants élevés sous la férule d'un maître. Ils ne changent ni de robe ni de souliers avant que les leurs ne soient complètement déchirés ou usés par le temps. Entre eux rien ne se vend ni ne s'achète : chacun donne à l'autre sur ses provisions le nécessaire et reçoit en retour ce dont il a besoin ; mais, même sans réciprocité, il leur est permis de se faire donner de quoi vivre par l'un quelconque de leurs frères.  Leur piété envers la divinité prend des formes particulières. Avant le lever du soleil, ils ne prononcent pas un mot profane : ils adressent à cet astre des prières traditionnelles, comme s'ils le suppliaient de paraître .Ensuite, leurs préposés envoient chacun exercer le métier qu'il connaît, et jusqu'à la cinquième heure ils travaillent de toutes leurs forces ; puis ils se réunissent de nouveau dans un même lieu, ceignent leurs reins d'une bande de lin et se lavent tout le corps d'eau froide. Après cette purification, ils s'assemblent dans une salle particulière où nul profane ne doit pénétrer ; eux-mêmes n'entrent dans ce réfectoire que purs, comme dans une enceinte sacrée. Ils prennent place sans tumulte, puis le boulanger sert à chaque convive un pain, le cuisinier place devant lui un plat contenant un seul mets.

Le prêtre prononce une prière avant le repas, et nul n'y peut goûter que la prière ne soit dite. Après le repas, il prie derechef ; tous, au commencement et à la fin, rendent grâce a Dieu, dispensateur de la nourriture qui fait vivre. Ensuite, dépouillant leurs vêtements de repas comme des robes sacrées ils retournent à leurs travaux jusqu'au soir. Alors, revenus au logis commun, ils soupent de la même manière, cette fois avec leurs hôtes s'il s'en trouve de passage chez eux.
Ni cri, ni tumulte ne souille la maison : chacun reçoit la parole à son tour. Pour les gens qui passent, ce silence à l'intérieur du logis apparaît comme la célébration d'un mystère redoutable ; mais la cause en est simplement dans leur invariable sobriété, dans leur habitude de mesurer à chacun la nourriture et la boisson nécessaires pour le rassasier, sans plus.
Tous leurs actes en général s'exécutent sur l'ordre de leurs préposés, mais il y a deux vertus dont la pratique ne dépend que d'eux-mêmes : l'assistance d'autrui et la pitié. Il leur est permis, en effet, de secourir, sans autre formalité, ceux qui en sont dignes et qui les en prient, comme aussi de donner des vivres aux nécessiteux. Cependant, ils n'ont pas le droit de faire des dons à leurs proches sans l'autorisation des préposés. Ils savent gouverner leur colère avec justice, modérer leurs passions, garder leur foi, maintenir la paix. Toute parole prononcée par eux est plus forte qu'un serment, mais ils s'abstiennent du serment même, qu'ils jugent pire que le parjure, car, disent-ils, celui dont la parole ne trouve pas créance sans qu'il invoque Dieu se condamne par là même.

Ils s'appliquent merveilleusement à la lecture des anciens ouvrages, choisissant surtout ceux qui peuvent servir au bien de l'âme et du corps. C'est là qu'ils cherchent, pour guérir les maladies, la connaissance des racines salutaires, et des vertus des pierres.
Ceux qui désirent entrer dans cette secte n'en obtiennent pas aussitôt l'accès. Le candidat fait un stage extérieur d’une année, pendant laquelle il est astreint au genre de vie des Esséniens ; on lui donne une hachette la ceinture dont j'ai déjà parlé et le vêtement blanc. Quand il a fourni pendant le temps prescrit la preuve de sa tempérance, il est associé encore plus étroitement au régime des confrères : il participe aux lustrations du bain de purification, mais il n'est pas encore admis aux repas en commun Car après qu'il a montré son empire sur ses sens, il faut encore deux ans pour éprouver son caractère. Si l'épreuve est manifestement satisfaisante, il est alors admis dans la communauté. Mais avant de toucher à la nourriture commune, il s'engage envers ses frères, par de redoutables serments, d'abord à vénérer la divinité, ensuite à observer la justice envers les hommes, à ne faire tort à personne ni spontanément ni par ordre ; à toujours détester les injustes et venir au secours des justes ; à garder sa foi envers tous, particulièrement envers les autorités car c'est toujours par la volonté de Dieu que le pouvoir échoit à un homme.

Il jure que si lui-même exerce le pouvoir il ne souillera jamais sa magistrature par une allure insolente ni ne cherchera à éclipser ses subordonnés par le faste de son costume ou de sa parure ; il jure de toujours aimer la vérité et de confondre les menteurs ; de garder ses mains pures de larcin, son âme pure de gains iniques ; de ne rien tenir caché aux membres de la secte et de ne rien dévoiler aux profanes sur leur compte, dût-on le torturer jusqu'à la mort. Il jure encore de transmettre les règles de la secte exactement comme il les a reçues, de s'abstenir du brigandage et de conserver avec le même respect les livres de la secte et les noms des anges.
Tels sont les serments par lesquels les Esséniens enchaînent les néophytes. 
Quelqu'un d'entre eux est-il pris sur le fait commettant un délit grave, ils le chassent de la communauté. Souvent l'expulsé trouve une mort misérable : car, lié par ses serments et ses habitudes, il ne peut toucher aux aliments des profanes ; réduit à se nourrir d'herbes, il meurt le corps épuisé de faim. Aussi ont-ils souvent repris par pitié ces malheureux au moment où ils allaient rendre le dernier soupir, considérant comme suffisante pour leur péché cette torture poussée jusqu'à la mort. 
Ils dispensent la justice avec beaucoup de rigueur et d'impartialité. Ils se rassemblent, pour juger, au nombre de cent au moins, et la sentence rendue est immuable. Après le nom de Dieu, celui du législateur est chez eux l'objet d'une vénération profonde ; quiconque l'a blasphémé est puni de mort.
Ils regardent comme louable de suivre l'autorité de l'âge et du nombre ; dix Esséniens siègent-ils ensemble, nul ne pourra parler si les neuf autres s'y opposent. Ils évitent de cracher en avant d'eux ou à leur droite et observent plus rigoureusement que les autres Juifs le repos du sabbat ; car ils ne se contentent pas de préparer la veille leur nourriture pour n'avoir pas à allumer de feu ce jour-là : ils n'osent ni déplacer aucun ustensile ni même satisfaire leurs besoins naturels.
Les autres jours, ils creusent à cet effet une fosse de la profondeur d'un pied à l'aide d'un hoyau -car telle est la forme de cette petite hache que reçoivent les néophytes - et l'abritent de leur manteau pour ne pas souiller les rayons de Dieu ; c'est là qu'ils s'accroupissent, puis ils rejettent dans la fosse la terre qu'ils en ont tirée. Ils choisissent pour cela les endroits les plus solitaires : et, bien qu'il s'agisse là d'une évacuation, ils ont l'habitude de se laver ensuite comme pour se purifier d'une souillure
. Ils se divisent en quatre classes suivant l'ancienneté de leur admission aux pratiques ; les plus jeunes sont réputés tellement inférieurs à leurs aînés que si un ancien vient à toucher un nouveau il doit se purifier comme après le contact d'un étranger. Ils atteignent un âge avancé, la plupart même passent cent ans, et ils doivent cette longévité, suivant moi, à la simplicité et à la régularité de leur vie. Ils méprisent les dangers, triomphent de la douleur par la hauteur de leur âme et considèrent la mort, si elle se présente avec gloire, comme préférable à une vie immortelle.

La guerre des Romains a éprouvé leur force de caractère en toutes circonstances : les membres roués, tordus, brûlés, brisés, soumis à tous les instruments de torture afin de leur arracher un mot de blasphème contre le législateur ou leur faire manger des mets défendus, on n'a pu les contraindre ni à l'un, ni à l'autre, ni même à flatter leurs tourmenteurs ou à verser des larmes. Souriant au milieu des supplices et raillant leurs bourreaux, ils rendaient l'âme avec joie, comme s'ils devaient la reprendre bientôt.
En effet, c'est une croyance bien affermie chez eux que le corps est corruptible et la matière qui le compose inconsistante, mais que l'âme est immortelle et impérissable, qu'elle habitait l'éther le plus subtil, qu'attirée dans le corps comme dans une prison, elle s'unit à lui par une sorte de charme naturel, que cette âme une fois détachée des liens de la chair, débarrassée pour ainsi dire d'un long esclavage, prend son vol joyeux vers les hauteurs.

D'accord avec les fils des Grecs, ils prétendent qu'aux âmes pures seules est réservé un séjour au delà de l'Océan, un lieu que n’importunent ni les pluies, ni les neiges, ni les chaleurs excessives, mais que le doux zéphyr, soufflant de l'Océan, vient toujours rafraîchir ; les âmes impures, au contraire, ils les relèguent dans un abîme ténébreux et agité par les tempêtes, foisonnant d'éternelles souffrances. C'est dans la même pensée, ce me semble, que les Grecs consacrent à leurs vaillants, à ceux qu'ils appellent héros et demi-dieux, les îles des bienheureux, aux âmes des méchants, l'Hadès, la région de l'impiété, ou, d'après leurs légendes, les Sisyphe, les Tantale, les Ixion et les Tityos sont au supplice : croyance où l'on retrouve d'abord l'idée de l'immortalité des âmes, ensuite la préoccupation d'exhorter à la vertu et de détourner du vice car les bons, pendant la vie, deviendront meilleurs par l'espérance des honneurs qu'ils obtiendront après leur mort, et les méchants mettront un frein à leurs passions dans la crainte que, même s'ils échappent de leur vivant au châtiment, ils ne subissent, après leur dissolution, un châtiment éternel.
Tels sont les enseignements religieux des Esséniens, appât irrésistible pour ceux qui ont une fois goûté à leur sagesse. 
Il y en a même parmi eux qui se font fort de prévoir l'avenir à force de s'exercer par l'étude des livres sacrés, les purifications variées et les paroles des prophètes1 et il est rare qu'ils se trompent dans leurs prédictions . Il existe encore une autre classe d'Esséniens, qui s'accordent avec les autres pour le régime, les coutumes et les lois, mais qui s'en séparent sur la question du mariage; Ils pensent que renoncer au mariage c'est vraiment retrancher la partie de la vie la plus importante, à savoir la propagation de l'espèce ; chose d'autant plus grave que le genre humain disparaîtrait en très peu de temps si tous adoptaient cette opinion. Ils prennent donc leurs femmes à l'essai, et après que trois époques successives ont montré leur aptitude à concevoir, ils les épousent définitivement.
Dès qu'elles sont enceintes, ils n'ont pas commerce avec elles, montrant ainsi qu'ils se marient non pour le plaisir, mais pour procréer des enfants. Les femmes usent d'ablutions en s'enveloppant de linges comme les hommes d'une ceinture. Tels sont les usages de cette classe d'Esséniens.
Des deux sectes plus anciennes, les Pharisiens, considérés comme les interprètes exacts des lois et comme les créateurs de la première école, rattachent tout au destin et à Dieu. Ils pensent que la faculté d'agir bien ou mal dépend pour la plus grande part de l'homme lui-même, mais qu'il faut que le destin coopère pour chaque acte particulier  que toute âme est impérissable, que celles des bons seules passent dans un autre corps que celles des mauvais subissent un châtiment éternel.
Quant à la seconde secte, celle des Sadducéens, ils suppriment absolument le destin et prétendent que Dieu ne peut ni faire, ni prévoir le mal ; ils disent que l'homme a le libre choix du bien et du mal et que  chacun, suivant sa volonté, se porte d'un côté ou de l'autre. Ils nient la persistance de l'âme après la mort, les châtiments et les récompenses de l'autre monde.
Les Pharisiens se montrent très dévoués les uns aux autres et cherchent à rester en communion avec la nation entière. Les Sadducéens, au contraire, sont, même entre eux, peu accueillants, et aussi rudes dans leurs relations avec leurs compatriotes qu'avec les étrangers. Voilà ce que j'avais à dire sur les sectes philosophiques des Juifs.

Flavius Josèphe 

 

 

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Les Templiers(3)

26 Avril 2005 , Rédigé par Olivier Publié dans #hauts grades

L’Ordre Spirituel des Templiers

 

En Orient, le Christianisme s’est élaboré à partir d’un milieu riche en systèmes religieux et philosophiques au sein desquels les idées de Création, de Trinité, de Rédemption, et de Résurrection circulaient déjà.

De la rencontre de ces systèmes et du Christianisme naquirent de nombreuses sectes hétérodoxes (nestorisme, manichéisme, etc.) regroupées sous l’appellation de GNOSTICISME (du grec GNOSIS signifiant CONNAISSANCE ). D’emblée déclarés hérétiques, ces sectes furent au cours de l’Histoire systématiquement condamnées par les conciles mais de même qu’il prit connaissance des textes esséniens, l’Ordre du Temple eut aussi accès aux doctrines gnostiques.

Qu’est-ce que la Gnose néanmoins ?

Apparue à peu près à la même époque que le Christianisme, la Gnose est née à la frontière du judéo-christianisme, et puise ses sources dans les pensées juive, chaldéo-babylonienne ,égyptienne et grecque.

Apanage des seuls initiés, elle se présente comme une sagesse communiquant par le mythe et le discours : les mystères sacrés pour mieux offrir une délivrance exprimée au travers d’un retour à soi, d’un retour à l’UNITE.

Selon la GNOSE, le salut ne peut en effet se faire que par une connaissance totale et immédiate englobant l’Homme , le Cosmos, et la Divinité.

Dans le sillage des gnoses classiques, s’est édifiée une Gnose chrétienne rattachée aux enseignements oraux secrets révélés par le Christ aux apôtres comme le décrit Saint Clément d’Alexandrie :

« … la Gnose, communiquée et révélée par le Fils de Dieu est la Sagesse… elle a été communiquée oralement par les Apôtres,…elle est la connaissance …de la nature de notre naissance et de celle de notre renaissance…la connaissance de l’homme est la connaissance de la perfection, la connaissance de Dieu en est la consommation… »

Deux éléments vont toutefois caractériser la Gnose chrétienne

·        Sa volonté de concilier les pensées grecques (Platonisme, Aristotélisme) et Chrétienne.

·        Son élitisme marqué et couplé à un profond mysticisme.

Dans le premier cas, tout en soulignant le fait que l’exil de l’âme lumineuse au sein de la matière ténébreuse soit assimilable à une dégénérescence de l’esprit, elle modèrera au fil du temps la pensée juive au profit d’une hellénisation du christianisme.

L’intention étant de donner du chrétien : l’allure d’un sage grec à l’âme claire et confiante dans le Seigneur.

C’est d’ailleurs la position de l’Ordre du Temple qui adopta comme patron Saint Jean l’Évangéliste de PATMOS, le disciple préféré du Christ.

Le caractère élitiste est, quant à lui, parfaitement exprimé dans un autre témoignage de Saint Clément affirmant :

« … le Seigneur nous a permis de communiquer les mystères divins…à ceux capables de les recevoir,…les choses secrètes se confient oralement, et non par écrit et Dieu fait de même,… les symboles sont divulgués sous une forme mystique… mais cette transmission sera faite moins par les mots que par leur sens cach酠»

Par cet élitisme, on peut imaginer qu’un enseignement assorti de rites spécifiques qui déconcertèrent tant de frères non-initiés, était délivré à tous ceux qui constituaient l’Ordre Intérieur Templier.

En fait, la Gnose chrétienne renvoie indubitablement à l’existence d’un ésotérisme chrétien présent dans l’Église primitive et pourtant nié de tous temps par l’Église de Pierre.

Il reste néanmoins, évoqué dans l’Évangile de Marc au travers des lignes suivantes :

« …a vous disciples choisis, il est donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu mais à la multitude, ces choses sont dites en paraboles afin qu’ils voient et n’entendent pas, qu’ils écoutent et ne comprennent pas… »

Il est aussi attesté par le fait que jusqu’au IVe  siècle , le cheminement qui devait mener le catéchumène à l’entendement des doctrines et des rites chrétiens passait à un moment déterminé par « l’étape » de l’arcane.

Ce n’est qu’ultérieurement que deux voies se dessinèrent :

·        La voie exotérique incarnée par l’Église de Pierre qui en tant qu’Église Universelle « catholicos » fut fondée sur la Croyance (PISTIS) dévotionnelle et formelle.

·        La voie ésotérique représentée par l’Église de Jean, basée sur la Connaissance (GNOSIS) de l’initié et ne se dévoilant que progressivement à travers la pratique rituélique des saints mystères et dont l’Ordre Templier fut la remanifestation entre 1118 et 1314.

Sur un plan historico-symbolique, ces deux voies ne sont que les expressions des deux pontificats parallèles que l’on retrouve dans l’Ancienne Alliance assimilés aux sacerdoces d’AARON,et de MELCHISEDEQ : le Roi du Monde.

Selon la Tradition, le Pontificat de Pierre prendra fin avec le retour du Christ auquel succèdera le glorieux Pontificat de Jean qui rétablira à jamais la Tradition Primordiale.

Toute la supériorité de Jean et la nature dissimulée de son rôle sont d’ailleurs pleinement exprimées au cours de l’épisode de la pêche miraculeuse qui souligne aussi son rôle, prolongement de celui du Christ :

« …Pierre se retournant, vit venir derrière eux le disciple que Jésus aimait, celui qui pendant le repas du soir, s’était aussi penché en arrière sur sa poitrine et avait dit :Seigneur qui est celui qui te livre ?

Pierre donc en l’apercevant dit à Jésus : Seigneur, que fera celui-là (Jean), Jésus lui dit : Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, en quoi cela te regarde-t-il ?

Toi (Jean), continue à me suivre… » (JEAN : XXI 20-22)

C’est dans cette optique qu’il faut percevoir la création du Temple, l’Ordre fut en fait la « cristallisation » de l’héritage secret de Jean, il fut destiné à incarner le lien entre l’Orient et l’Occident, tous deux détenteurs au delà des formes, des rites, et dévotions d’une portion de la Tradition Première.

L’Ordre Templier œuvrait pleinement à l’avènement du second pontificat. En fait il a bel et bien existé pendant plusieurs siècles en Orient comme en Occident (à Lyon) une Église officielle de Jean.

Au XIIe siècle, cette Église prospère possédait ses propres rites, son texte canonique : l’APOCALYPSE (du grec APOCALYPSIS : Révélation), et son clergé dont fut membre le Patriarche THEOCLETES, celui-là même qui donna au Temple ses pouvoirs lors de sa création.

En dépit de sa filiation et de sa mission johannique, l’Ordre à son tour se scinda en un temple extérieur et un temple intérieur. Le temple extérieur suivait les enseignements de l’Église de Rome et s’adressait aux templiers non-initiés, le temple intérieur suivait ceux  de Jean, privilégiant son évangile et célébrant son office selon vraisemblablement le rite Byzantin. L’Ordre du Temple appartenait donc bien à la « Maison de Jean », nom qu’il donnait d’ailleurs à sa Maison cheftaine de Jérusalem.

Gardien du saint Graal, Jean incarne toute la puissance de la Tradition Originelle et Éternelle qui s’exprime  intensément dans la Révélation Christique car contrairement à la pensée émotionnelle de Pierre, celle de Jean privilégie l’Esprit Saint, le Verbe, le Logos, c’est à dire toute cette Énergie Secrète de l’Univers assimilée au Christ Solaire et victorieux, porteur de Lumière et de Vie.

L’Ordre du Temple fut ainsi dans une certaine mesure davantage l’Église du Saint Esprit que celle du Christ proprement dit, d’où l’explication du rite de reniement que l’on  connaît.

A Jean de PATMOS, l’Ordre associait Jean le Baptiste, tous deux étaient fêtés à l’occasion des solstices quand les jours recommencent à croître comme à décroître, illustrant parfaitement cette parole de l’Évangile de Jean :

« … Il faut que celui là croisse et que moi je diminue… »

 

Le Temple avait ainsi symboliquement compris que les deux Jean à l’image du Janus latin ne sont rien d’autre que les pôles de l’initiation aux mystères, Jean le Baptiste se confond en ce « vieil homme » qui doit mourir par la descente aux enfers au profit du « nouvel homme » incarné par Jean l’Évangéliste.

La « nouvelle naissance » permettant dès lors d’ouvrir les portes du Ciel donnant accès aux réalités premières.

Voilà ici résumés tout le sens et contenu de la Quête du Graal auquel l’Ordre faisait référence quand il demandait aux frères « de mourir saintement afin de renaître dans la Gloire du Seigneur Dieu ».

Cette association des deux Jean pourrait aussi fournir l’explication du mystère de la tête coupée des templiers souvent décrite dans les aveux comme une tête biface avec une face vielle et barbue( Jean le Baptiste) et une jeune imberbe ( Jean de PATMOS).

Une telle représentation pourrait bien avoir exprimé cette image d’un « Baptême par le feu » représentation de l’Esprit Saint johannique, venant compléter le « Baptême par l’eau » autre symbole du Baptiste car : « seul l’Esprit Saint …infusé en l’être lui permet l’accession à la Gnose et à la Grâce… de la compréhension des Mystères divins… »

L’Ordre templier fut aussi dès sa création lié à la personnalité de Saint Bernard de Clairvaux dont la pensée en modela la destinée. Cette pensée prenait appui sur  « Dame  Charité » ainsi que sur l’Amour Divin que l’âme peut atteindre par l’extase.

Charité et Amour ne sont toutefois pas donnés spontanément à l’homme, ils ne peuvent s’acquérir que par un effort constant et intense qui aboutit à une connaissance absolue ainsi qu’à un don entier de soi.

Conformément à la doctrine de Jean, il est dit que Charité et Amour concernent tous les hommes une fois reconstitués les liens de l’Unité Première (l’Androgynie Originelle) par la réactivation d’un centre dépositaire de la Sagesse Primordiale.

De ce principe découleront le concept de Terre Sainte de la pensée bernardine et templière ainsi que l’entière fonction de l’Ordre. L’Ordre du Temple se conçoit en effet en terme de « Milice de Dieu » destinée à « servir de chevalerie au Souverain Roi » et à recréer en tant que telle les liens spirituels entre les hommes, c’est pourquoi il n’hésitera pas à contacter d’autres ordres initiatiques traditionnels(ASSACIS, COPTES, DRUZES etc.) sans pour autant hésiter, quand cela sera nécessaire, à faire preuve de rudesse comme «  d’agir par le fer ».

L’autre grand apport de Saint Bernard au Temple fut celui de la vénération pour la Vierge Marie, remanifestation, christianisée de la Grande Protectrice génésique qui chez les peuples pré-chrétiens répondait aux noms d’ISIS, d’ISHTAR ou de VENUS.

Archétype de la femme sublimée, la Vierge est ainsi la Voie, l’intermédiaire qui permet au Verbe de s’incarner, elle dessine un chemin par où passe la force cosmique, elle symbolise l’Amour éternel et indifférencié, la Dame au sens chevaleresque du terme, qui fournit à tous  cherchants : formes et âmes. Au sein de l’Ordre Templier et comme précédemment, la thématique de Marie connut deux niveaux d’interprétation :

·        Un niveau exotérique à base strictement dévotionnelle où la Vierge est définie comme la mère du Sauveur, conformément à l’enseignement de l’Église de Pierre.

·        Un niveau ésotérique où Marie image voilée d la « Sophia grecque » n’est autre que la SCHEKINAH kabbalistique, la présence immédiate et sensible de la Divinité au sein du monde comme de l’homme.

Marie est dès lors le lien qui relie le fini à l’infini, les mondes supérieur et inférieur, la médiatrice sublime qui fait communiquer Dieu et les hommes.

Ce concept est d’ailleurs exprimé dans les ultimes paroles prononcées par le Christ mourant comme relaté dans l’Évangile de Jean :

« … Jésus donc voyant sa mère et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voici ton fils, ensuite il dit au disciple : voilà ta mère… et depuis lors le disciple la garda dans sa maison… » (JEAN XIX :26).

Une fois encore, Jean apparaît donc pleinement être ce gardien de la Tradition Apostolique    du Christianisme Originel, Tradition que l’on assimile à Marie et à sa virginité, « …la virginité de Marie est comparable à celle des Écritures du Seigneur, ces écritures sont fécondes par la lumière qui en rayonne, et par la vérité qu’elles mettent au monde, mais elles demeurent vierges et enveloppent d’un voile saint et pur les mystères de la Vérit酠»

Bien que la pensée de Jean privilégie l’Esprit Saint, Marie n’est pas étrangère à cette primauté, l’Ordre du Temple eut connaissance de celle-ci au travers d’une tradition de tos temps rejetée par l’Église de Rome et qui veut que la Vierge fut parmi les Apôtres lors de leur transfiguration par l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte. Mieux encore, cette même tradition précise que c’est sur elle même que s’est initialement posé l’Esprit Saint pour se répandre ensuite en langues de feu sur tous ceux qui l’entouraient.

Marie est ainsi, un personnage fondamental dans l’Église de Jean, à la fois médiatrice et dispensatrice de l’Esprit Saint, il était légitime que l’Ordre lui porte une profonde dévotion et puisse percevoir à travers elle le commencement et l’achèvement de toutes religions.

  

Notre voyage au sein de l’Ordre Templier s’achève il nous a révélé qu’ « … à travers l’Histoire et ses incidences temporelles, il a toujours existé chez un petit nombre d’hommes, un mouvement dynamique orienté vers l’essentiel, celui-ci permet d’opérer des percées lumineuses donnant accès au fond d’Éternité qui appartient à chaque homme… »

La tentative historique et spirituelle des Templiers eut ainsi deux entrées :

Celle de la Foi qui transcende le monde matériel et permet de le considérer à sa juste et relative valeur,

Celle de l’expérience initiatique qui emprunte la voie de l’apparence pour s’enquérir de l’invisible.

Investis dans leur tâche métaphysique les Templiers empruntèrent puis dépassèrent rapidement la seule voie religieuse pour dessiner cette voie spirituelle où l’Harmonie découle de l’union des contraires.

L’Ordre devint alors une œuvre harmonieuse et cohérente où des hommes tournaient leur regard vers Dieu, s’engageant dans un quête à la fois douce et brutale mais dont l’essence respire encore puissamment à travers leur devise :

« …Non pas à nous Seigneur, non pas à nous, mais à ton Nom seul donne la gloire !… »

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