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Hauts Grades

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V Gouvernement général de l'Ordre ARTICLE I Nature du gouvernement Le Gouvernement de l'Ordre est aristocratique, les Chefs ne sont que les Président des Chapitres respectifs...."> RER code général des CBCS(2)

26 Avril 2005 Publié dans #hauts grades

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V

Gouvernement général de l'Ordre



ARTICLE I

Nature du gouvernement

 

Le Gouvernement de l'Ordre est aristocratique, les Chefs ne sont que les Président des Chapitres respectifs. Le Grand Maître général ne peut rien entreprendre sans les avis des Provinciaux. Le Maître provincial sans celui des Prieurs et des Préfets, les Préfets sans celui des Commandeurs et ceux-ci sans en avoir conféré avec les Chevaliers de leur district. Tous les Présidents d'assemblées, Maîtres provinciaux, grands Prieurs et Préfets ont toujours le droit après l'exposé de la matière fait par le Chancelier, la 1" voix consultative et la dernière délibérative.

 

Dans toutes les assemblées quelconques de l'Ordre, la pluralité des suffrages l'emporte, et les décisions ainsi portées doivent être exécutées sur le champ provisoirement, malgré protestations ou appellations quelconques. Cette loi de la pluralité est sacrée et fondamentale dans l'Ordre, ainsi que toute Société bien ordonnée : elle est le rempart de la liberté et la sauvegarde contre le despotisme. Un Chef ou Président d'une assemblée quelconque, qui voudrait abuser de ses pouvoirs, au point de renverser cette loi fondamentale, est censé parjure à ses obligations, et encourt les punitions les plus graves de la part de ses supérieurs.

 

ARTICLE II

Convent général

 

Le Convent  général est l'assemblée des Maîtres Nationaux et Provinciaux, ou d'autres Représentants des provinces choisis par elles.

 

Il est convoqué par le Maître Provincial d'Aragon ou à son défaut par un Chancelier nommé ad hoc par le Grand Maître Général Président du Convent.

 

Il doit être convoqué régulièrement tous les neuf ans et s'il se présente dans l'intervalle des affaires majeures le Grand Maître ne pourra le convoquer que du consentement des deux tiers au moins des provinces en activité.

 

Le lieu de l'assemblée sera décidé par la pluralité des suffrages des provinces. Si le Grand Maître général ne peut s'y trouver, il a le droit d'y envoyer un commissaire, et alors le Convent sera présidé par le plus ancien Grand-Maître national ou provincial selon l'ordre de la matricule.

 

Les lois promulguées par un Convent général sont obligatoires pour tout l'Ordre bien entendu que sur tous les points décidés les Maîtres Provinciaux ait reçu les instructions nécessaires de leurs commettants. Pour cette raison les objets à mettre en délibération dans un Convent général doivent être envoyés au moins six mois auparavant à tous les Chapitres Provinciaux, afin que ceux-ci aient le temps nécessaire pour en informer les Grands Prieurs et Chapitres Préfectoraux, et s'assurer ainsi du voeu général pour les instructions à donner aux députés de la Province.

 

ARTICLE III

Grand Maître général

 

Le Grand Maître général est Chef Suprême de tout l'Ordre  ; il est élu par les seuls Représentants des provinces parmi ceux, qui sont le plus à même par leur Rang dans la Société civile et leur mérite d'illustrer l'Ordre, et de faire le bien général.

 

Il ne peut rien innover de sa propre autorité dans la constitution de l'Ordre, exercer aucun pouvoir arbitraire, ni exiger d'aucun des Chevaliers, rien qui soit contraire aux règlements et statuts : tous les Chevaliers lui doivent respect et obéissance sous ces réserves.

Les autres prérogatives et droits honorifiques qu'on pourrait accorder aux Grands Maîtres Généraux, nationaux et provinciaux seront définis et clairement énoncés dans la capitulation que les électeurs feront avec eux, lors de leur élévation.

 

TITRE V

Gouvernement national de l'Ordre

 

ARTICLE I

Convent national

 

Le Convent national est l'assemblée des Maîtres Provinciaux, Grands-Prieurs, Conseillers, Préfets et Officiers nationaux, présidés par le Grand Maître national. Comme la tenue régulière des Convents généraux pourrait être sujette à quelque difficulté, le Convent national les supplée et pourvoit aux besoins des établissements de la nation par leurs Représentants réunis.

 

Le Convent national est convoqué ordinairement tous les six ans sur les ordres du Grand Maître de la Nation, par le Chancelier national, qui envoie les billets de convocation à tous les Grands Officiers de l'Ordre  et à toutes les Préfectures en activité, en cas de vacances du Magistère National ou d'empêchement quelconque, le Maître Provincial d'Auvergne (en France) est en droit d'en faire la convocation. Toutes les fois que des circonstances extraordinaires exigeront pour le bien de l'Ordre, la tenue d'un Convent national ; qu'il fera demandé par une des trois provinces de France et consentie par une autre ; le Convent  national sera convoqué extraordinairement par le Grand Maître National et à son défaut par le Maître Provincial ou l'administrateur de la plus ancienne des deux provinces qui l'auront désiré.

 

Le Convent complet est composé de 81 personnes, d'après le rang suivant :

            Le Grand Maître National

            Trois Maîtres Provinciaux

            Neuf Grands Prieurs

            Huit Conseillers d'Administration

            Trois Visiteurs généraux

            Trois Chanceliers de Provinces

            Cinquante quatre Préfets ou Représentants des Préfectures

 

Ces derniers roulent entre eux selon la date de l'érection de leurs Préfectures, sans égard à la matricule, avec la seule distinction, que les Préfets présents auront rang sur les simples Représentants.

 

Les Maîtres Provinciaux peuvent envoyer un commissaire à leur place, mais les Grands-Prieurs, Visiteurs et Chanceliers ne peuvent être remplacés en cas d'empêchement, que par un Représentant nommé par leur Chapitre respectif.

 

Tous les Chevaliers qui se trouvent sur les lieux, ont droit d'assister au Convent national, hors de l'enceinte des membres capitulaires, en observant le silence et le respect du à cette auguste assemblée législative de l'Ordre.

 

Le Convent national doit être annoncé six mois d'avance à toutes les Préfectures par le Chancelier, qui les invite dans des lettres de convocation à lui envoyer des demandes qu'elles désirent de mettre en délibération, il en rédige un cahier méthodique qui trace l'ordre des conférences capitulaires et l'envoie trois mois avant la Tenue aux Préfectures, pour mettre celles-ci à même de donner des instructions précises à leurs représentants. Nul objet ne pouvant être agité dans les Chapitres nationaux, qui n'ait été proposé et communiqué auparavant à toutes les Préfectures.

 

Le siège du Convent national de France ainsi que du conseil d'administration du sérénissime Grand Maître est à Paris, si les circonstances le permettent.

 

ARTICLE II

Grand Maître national

 

Le Grand Maître National est élu au Convent à la pluralité des suffrages par les Maîtres Provinciaux, Grands Prieurs, Visiteurs et Préfets des Provinces réunies, présidées ad hoc par le Maître Provincial d'Auvergne,

 

Le Grand Maître national expédie dans son conseil les patentes aux Maîtres provinciaux et Conseillers nationaux.

 

Le Grand Maître national proclame et enregistre dans son conseil toutes les Préfectures nouvelles, et y fait inscrire sur le tableau général des Loges régulières du royaume, les Loges constituées par les Directoires Ecossais.

 

Le Grand Maître National étant le Chef de l'Ordre  en France, et répondant à l'état de la bonne conduite de tous ses membres ; il reçoit dans son conseil l'obédience de tous les Maîtres Provinciaux, Grands Prieurs et Préfets, (excepté les Chefs et Officiers des Prieurés exempts), cette obédience consiste dans la promesse de ne jamais rien entreprendre dans l'Ordre  de contraire aux lois du royaume.

 

Les Grands Prieurs auront soin d'informer le Sérénissime Grand Maître des nouveaux établissements et actes de bienfaisance qui se font dans l'étendue de leur ressort, pour que celui-ci par une suite de la protection signalée qu'il doit par ses voeux à l'Ordre en faire mention dans l'occasion.

 

Le Grand Maître National a toujours la voix prépondérante à cas de partage égal d'opinions.

 

ARTICLE III

Conseil d'administration nationale

 

Le Conseil d'administration nationale ou Grand Directoire Ecossais de France est composé de neuf personnes y compris le Sérénissime Grand Maître ; les membres de ce conseil, qui exerce dam l'intérieur quelques droits honorifiques et reçoit les appels en dernière instance des Directoires dans les affaires symboliques sont choisir par le Sérénissime Grand Maître sur trois sujets présentés par le Convent. Si quelque place vaque dans l'intervalle d'un Convent, celui-là peut de l'agrément des trois Maîtres provinciaux nommer un Officier ad interim jusqu'au prochain Convent.

 

Les Maîtres Provinciaux et Grands Prieurs qui se trouvent sur les lieux, sont membres nés de ce tribunal et y prennent rang immédiatement après le Sérénissime Grand Maître.

 

On choisira parmi ces Conseillers un Chancelier national, convoque le Convent sur les ordres du Sérénissime Grand

 

ou de son vicaire né, et vise tous actes, patentes, procès verbaux. expédiés tant au Convent qu'au Conseil national, auxquels il met le grand sceau : il donne la première voix consultative tant au Couvent qu'au Conseil immédiatement après le Grand Maître, et tient le bureau en face du Grand Maître assisté de ses Secrétaires.

 

TITRE VI

Gouvernement provincial

 

ARTICLE I

Des chapitres provinciaux

 

Le Chapitre provincial est l'assemblée des Représentants de la Province présidé par le Maître Provincial ; il est composé de 27 personnes s'il est complet, du Provincial, des trois Grands

 

Prieurs, du Visiteur Général, du Chancelier Provincial, des dix huit Préfets et des trois Visiteurs Prieuraux.

 

Le Chapitre Provincial se tient tous les trois ans au mois d'Octobre au chef-lieu de la Province ; le Chancelier expédie les lettres de convocations aux personnes, qui ont droit d'y comparaître.

 

On ne traite au Chapitre Provincial que les affaires qui regardent toute la Province, comme changement de matricules, érection de Préfectures nouvelles, élection ou confirmation d'un officier supérieur de l'Ordre,  appel en dernière instance des Chapitres Prieuraux.

 

Tous les Chapitres Provinciaux doivent être ouverts et fermés solennellement et en vestition. Si parmi les officiers supérieurs de la Province, Représentants des Préfectures ou Conseillers de la Province, il se trouve un Chevalier ecclésiastique, il doit y remplir les fonctions de son état, à son défaut le Prieur du Clergé de la Préfecture du lieu.

 

ARTICLE II

Du Maître provincial

 

Le Maître Provincial est le Chef et Supérieur de sa province, tous les Chevaliers, lui doivent respect et obéissance, et doivent lors de leur réception la lui prêter entre les mains du Préfet.

 

Le Maître Provincial ne peut rien exiger d'aucun Frère qui soit au delà des règlements généraux, ni innover aucune disposition relative à la province, sans le consentement de la majeure partie du Chapitre : la loi sacrée de la pluralité étant fondamentale et constitutive dans l'Ordre.

 

Le Maître Provincial préside au Chapitre Provincial, s'il est empêché de s'y trouver il a le droit de nommer un commissaire pour y assister en son nom; ce commissaire à rang après les Grands Prieurs présents ; le Maître provincial représente de droit sa province au Convent général, mais n'y doit-il voter que d'après les instructions. Les patentes de tous les officiers de la Province sont expédiées en son nom, ainsi qu'en celui du Maître National par le Chancelier et contresignée par le Visiteur général de la province et le Prieur du district.

 

Le Visiteur général de la province doit envoyer tous les ans au Maître provincial l'état de la province et des différents établissements qui la comportent.

 

Le Maître Provincial est élu au Chapitre provincial de la manière suivante : les Préfets de chaque Prieuré, après avoir reçu les instructions de leurs commettants, se rassemblent dans une salle et y don

 

rient leurs suffrages, cacheté au Grand-Prieur qui porte ces sept voix au conclave présidé par le Visiteur général de la province et composé du Chancelier, des Visiteurs prieuraux et des Conseillers d'honneur de la province (s'il y en a). Le Chancelier confond les 21 billets et les ouvre en présence des Grands Prieurs, en attendant les Préfets se rendent au grand choeur et y prennent leur place, le conclave s'y rend de son côté, le Visiteur général proclame le nouveau Maître Provincial, et s'il est sur les lieux, en fait tout de suite la cérémonie de son installation, sinon on lui envoie un Chevalier d'honneur, qui lui porte le décret de son élection, et l'engage, s'il est possible, à venir tout de suite au lieu du Chapitre provincial, pour recevoir l'investiture.

 

En cas d'absence, d'âge avancé ou d'autres circonstances qui l'exigent, on peut du vivant du Maître Provincial et de son consentement nommer de la même manière un coadjuteur, qui supplée le Provincial en cas d'absence et le remplace un soin de droit.

 

ARTICLE III

Du Visiteur Général de la province

 

Le Visiteur de la Province est élu à la pluralité des suffrages du Chapitre provincial parmi les Préfets ou autres membres capitulaires.

 

Le Visiteur rend compte à chaque Chapitre provincial de l'état des Préfectures, de leurs caisses, Commanderies, hospices et du nombre des Chevaliers dont il compose la matricule et l'armorial général de la Province.

 

Les Fonds de l'Ordre  étant destinés pour les pauvres et les frais de visite trop multipliés pouvant occasionner des abus, on doit choisir le Visiteur de la Province parmi les Chevaliers les plus zélés et les plus aisés, qui fasse les visites à ses frais, et il ne pourra se faire rembourser que celles ordonnées spécialement par son Chapitre.

 

Le Visiteur général de la province lors de sa tournée fera un cahier de l'état de l'Ordre   dans chaque Préfecture, qui contiendra les noms d'Ordre  et du siècle des Préfets, Officiers Commandeurs, Chevaliers et autres membres de l'Ordre ; leurs qualités civiles et l'Ordre,  l'état des registres des caisses, les établissements et actes de bienfaisance, les observations des Préfets et autres Supérieurs, les plaintes des inférieurs.

 

Le Visiteur général se fera donner par les Doyens, Visiteurs des Préfectures, l'état des Commanderies et par l'Inspecteur  des Novices celui des Loges. S'il en a le loisir il visitera lui-même ces établissements, pour s'assurer par ses propres yeux de l'exactitude de leurs rapports.

 

Si le Visiteur général est empêché de faire ses visites lui-même, il les fera faire par les Visiteurs Prieuraux, qui sont ses délégués naturels.

 

Toutes les Préfectures et Commanderies doivent de la tournée du Visiteur général ou des Visiteurs particuliers leur ouvrir leurs registres et comptes et leur rendre les mêmes honneurs, qu'à leurs Supérieurs. Le Visiteur n'a pas le droit d'innover de sa seule autorité, mais il doit rendre compte de son inspection aux Chapitres Provinciaux. S'il arrivait cependant que dans le cours d'une de ses visites, le Visiteur général trouvait le Chapitre divisé et qu'il fût à craindre, que le progrès du désordre ne fit des ravages trop considérables, le Visiteur général a droit de prononcer provisoirement et les parties sont obligées de s'en rapporter à son jugement sauf l'appel aux instances supérieures, qui ne sera cependant pas suspensif.

 

Les Prieurés ou Préfectures nouvelles, ainsi que les Commanderies dans les districts où l'Ordre n'est pas encore en activité, doivent être installés par le Visiteur Général ou Prieural à son défaut.

 

ARTICLE IV

Du Chancelier de la province

 

Le Chancelier de la Province est élu à la pluralité des suffrages du Chapitre Provincial parmi les Préfets, Chanceliers ou autres officiers des Préfectures.

 

Sa place est une des plus importantes, Il est l'agent général de la Province ; toute la correspondance, le résumé des délibérations et la rédaction des matériaux à proposer au Chapitre roulent sur lui.

 

Il convoque le Chapitre sur les ordres du Provincial, ou à son défaut du premier Grand Prieur, son Vicaire né, rédige sur les propositions et demandes des Préfectures le cahier de délibérations et l'envoyé au moins un mois avant le temps de la tenue à toutes les Préfectures. Il expédie tous les actes, tient les registres et expose les matières, qu'on veut mettre en délibération.

 

Il expédie au nom du Grand Maître provincial les brevets et Patentes et en perçoit les rétributions suivant la taxe pour l'entretien des Secrétaires attachés à la Province, et les autres frais de Chancellerie.

 

Le Chancelier vise et enregistre les pouvoirs des Députés au Chapitre Provincial. Le Maître des Cérémonies de la Préfecture du lieu faisant fonctions de Maître des Cérémonies de la Province,

les place à leur rang. Le Chancelier est (assisté) assis aux Chapitres en présence et en face du Président, mais il a rang immédiatement après le Visiteur de la Province et avant les Préfets.

 

Les Chanceliers Prieuraux, qui se trouvent dans le lieu de la tenue du Chapitre Provincial, prennent séance à côté du Chancelier de

Province, et donnent leurs avis et voix consultatives après lui.

 

En cas d'absence ou empêchement quelconque du Chancelle: Provincial, le Chancelier Prieural en remplira les fonctions.

 

ARTICLE V

Conseillers d'honneur

 

Pour récompenser le zèle de ceux qui ont exercé longtemps des charges importantes dans la province, le Chapitre Provincial peut les nommer Conseillers d'honneur et leur accorder séance et voix consultative. On se servira de préférence des Conseillers d'honneur la Province, qui résident dans le chef-lieu pour composer le conseil d'administration. Les Princes étrangers ou Grands Seigneurs nationaux, qui désireront appartenir à une de nos Provinces, seront attachés par ce titre au Chapitre provincial. Le MaÎtre Provincial expédie les patentes des Conseillers d'honneur, et le Visiteur Général y met son visa.

 

ARTICLE VI

Comité d'administration

 

Pour entretenir l'activité pendant la vacance du Chapitre Provincial, celui-ci créera toutes les fois avant de se séparer un Comité pour l'expédition des affaires courantes et qui ne souffrent point de délai, ainsi que pour donner connaissance aux Chanceliers particuliers des Préfectures de la correspondance générale et des affaires, qui regardent toute la province. Le Comité sera établi toujours dans le Chef-lieu de la Province et jugera provisoirement les cas pressants sauf la ratification du Chapitre prochain auquel il rendra compte de toutes ses opérations. Le Visiteur général et le Chancelier de la province sont membres nés du comité. Le Comité répartit aussi tous

 

les ans les frais de la régie provinciale à portions égales sur les Préfectures. La Caisse préfectoral du Chef-lieu fait les avances, et tous les Trésoriers Préfectoraux doivent rembourser sur le champ l'assignation prise sur eux.

 

TITRE VII

Gouvernement prieural

 

Le Chapitre Prieural est l'assemblée des Représentants des Préfectures réunies, sous l'autorité du Grand-Prieur. Quand les six Préfectures sont en activité, il est composé de neuf personnes. Le Grand Prieur, les six Préfets, le Visiteur et le Chancelier du Prieuré.

 

Il se tient régulièrement vers Pacques, au Chef-lieu du Prieuré.

 

L'avis motivé sur l'érection, ou la translation de nouvelles Préfectures, le jugement des instances dévolues par l'appel des Chapitre préfectoraux à ce tribunal, ainsi que la constitution de toutes les Loges Symboliques, et la définition de toutes les instances maçonniques, dont on ne peut plus interjeter appel au Grand Directoire national, appartiennent aux Prieurés, qui prennent pour titre ostensible le nom de Directoire Ecossais.

 

Le Grand Prieur est Vicaire né du Maître Provincial dans l'étendue de son ressort. Les Chevaliers lui doivent en cette qualité respect et obéissance sous les réserves générales.

 

Le Grand-Prieur est élu par les six Préfets et choisi parmi eux, ou d'autres officiers du Prieuré. L'élection est présidée par le Visiteur Général de la Province, commissaire né du Chapitre Provincial, confirmée par le Chapitre et le Maître Provincial, qui lui expédient sa patente et notifiée au Grand Maître national.

 

Le Visiteur du Prieuré représente le Visiteur général dans l'étendue du ressort. Il ne pourra porter en frais les visites que lorsqu'elles auront été ordonnées par le Chapitre. Il est élu par le Chapitre Prioral et confirmé par la Chapitre Provincial. Sa patente est expédiée par le Chancelier de la Province au nom du Maître, et contresignée par le Visiteur général, qui l'installe.

 

Le Chancelier Prieural est choisi et patenté de la même manière. Il convoque le Chapitre Prieural dans le courant de Janvier, et renvoie au plus tard, au commencement de Mars les cahier de délibérations aux Préfectures de son district. En cas d'absence ou d'empêchement, le Chancelier de la Préfecture le remplace de droit.

 

Les frais de la tenue des Chapitres provinciaux sont puisés par le Visiteur dans la caisse préfectorale et celle d'une loge symbolique. sur la demande des Grandes Loges Ecossaises.   La première, vu les frais de la tenue des Chapitres provinciaux sont puisés par le Visiteur dans la caisse préfectoral du Chef-lieu, et remboursés à répartition égale par les Préfectures. Les comptes doivent être arrêtés au Chapitre avant la Clôture.

 

Les patentes que le Grand-Prieuré est dans le cas d'expédier sont celles de l'érection d'une nouvelle Préfecture et celle d'une Loge symbolique, sur la demande des Grandes Loges écossaises La première, vu les frais considérables des nouveaux établissements se donne gratis, à la réserve du 48* d'expédition pour la copie collationnée des règles, rituels, codes, matricules et noviciat. Les patentes des Loges nouvellement constituées ou rectifiées sont expédiées à la vérité par le Directoire Ecossais, mais celui-ci n'étant pas dans le cas d'avoir besoin d'une dotation, en abandonne les droits de constitutions à la Grande Loge Écossaise, en se réservant deux Louis pour frais d'expédition du code symbolique et des quatre grades maçonniques.

 

A l'instar du Chapitre provincial le Prieural peut nommer Conseillers d'honneur et un Comité d'expédition avant de se

séparer.

 

 

TITRE VIII

Gouvernement préfectoral

 

CHAPITRE 1

Des Préfectures

ARTICLE I

Composition des Chapitre préfectoraux

 

  Une Préfecture est l'assemblée des Commandeurs du district, présidée par le Préfet et dirigée par les Inspecteurs des Classes, Chancelier et autres officiers ; elle est toujours existante et en activité, tandis que les assemblées des tribunaux supérieurs ne sont pas permanents.

 

Le Chapitre Préfectoral est composé du Préfet, Doyen, Senior, lier, Trésorier, Eleemosynaire Inspecteurs des novices ou écuyers et Maître des Cérémonies.

 

Le Chapitre Préfectoral est donc composé de dix huit personnes, s'il est au complet. Lors d'une première formation, s'il n'y a pas encore beaucoup de sujets capables, les Commanderies et charges peuvent être réunies ; mais lorsque (le Préfet) ou la Préfecture est nombreuse, on évitera de donner deux places à la même personne.

 

Un officier du Chapitre, absent n'a pas droit de se faire représenter par un autre, parce que son titre est personnel, et ne peut être transféré que du consentement du Chapitre. Mais dans le cas

d'une longue absence le Chapitre pourra nommer un Vicaire, aux places, qu'un titulaire ne peut pas exercer par lui-même.

 

Seront par cette raison même exceptés de cette loi, les Commandeurs qui représentent leur districts, aux quels tant la Commanderie que le Commandeur même peuvent substituer un fondé de procuration tout et quantes fois celui-ci sera empêcher de se rendre en personne en Chapitre et d'y porter les voeux des Chevaliers de son district.

 

Tous les officiers de la Province et du Prieuré lorsqu'ils assistent aux Chapitres Préfectoraux, y prennent rang à la droite du Préfet et jouissent de la première voix consultative.

 

Les objets qu'on traite dans les Chapitres Préfectoraux sont l'administration générale de la Préfecture, l'établissement des Commanderies et de l'Hospice l'élection des officiers, l'examen des plans

économiques ou de bienfaisance présentés, la réception des nouveaux Chevaliers, l'installation des Loges maçonniques, les comptes des Chargés d'administrations, etc.

 

Les Chapitres Préfectoraux s'assemblent tous les 15 jours et au moins une fois par mois ; et extraordinairement toutes les fois que le Préfet le juge à propos.

 

Seront appelés les Chevaliers en Commanderies surtout pour la proposition d'un nouveau Candidat, pour l'élection d'un candidat, pour l'élection d'un Préfet et pour l'établissement de l'Hospice préfectoral. Le Préfet peut les convoquer aux autres assemblées s'il le juge à propos, sans qu'ils aient suffrage délibératif ; mais il demandera leur opinion pour éclairer davantage la délibération qu'on agite.

 

Toute affaire jugée majeure à la pluralité des suffrages, ne doit pas être décidée avec précipitation, mais communiquée aux Commanderies, pour que tous les Chevaliers concourent à la délibération et s'intéressent d'autant plus vivement au but de l'Ordre,  à l'administration duquel ils participent. Les Commandeurs doivent à l'assemblée fixée pour la décision voter d'après la pluralité des opinions des Chevaliers de leur district. Les Commanderies qui n'auront pas envoyé leur suffrage dans le terme prescrit, ne pourront plus revenir contre la délibération.

 

Le Président recueille les suffrages des membres capitulaires, et le Chancelier en prend note et les compte. Tout, indistinctement doit se décider à la pluralité, à moins que le Chapitre ne décide lui-même, qu'il faut les trois quarts ou l'unanimité des suffrages. Quand il s'agit de l'exclusion dans l'assemblée quelconque, il faudra au moins les trois quarts des suffrages.

 

Pour former une délibération capitulaire, il faut au moins cinq membres qui aient le droit de voter, non compris les Chevaliers que le Chef veut bien y appeler pour donner leur voix consultative. En cas d'égalité de suffrages, la délibération doit être remise à l'assemblée prochaine, et l'on doit alors marquer sur les billets de convocation, que c'est pour reprendre l'objet non décidé à la dernière assemblée ; et si à cette assemblée les suffrages se trouvent encore partagés également, celui du Préfet est prépondérant et décisif, à moins qu'il ne préfère de le renvoyer à une troisième délibération, dans laquelle l'affaire doit être terminée.

 

Tout membre capitulaire âgé de 50 ans, qui aura exercé un office à la Préfecture pendant 15 ans, ou bien s'il a moins de 50 ans, qui en aura 20 de service, a droit à la vétérance et devient Conseiller honoraire de son Chapitre ; il jouit en cette qualité de la voix délibérative dans toutes les assemblées.

 

Tout officier, qui donnera au Chapitre la démission de sa charge, ne l'obtiendra qu'après l'avoir demandé à trois reprises, et à intervalles égaux de mois à mois.

Les procès-verbaux d'une assemblée capitulaire seront rédigés par le Chancelier sur la minute, lus dans l'assemblée suivante, et signés au moins par cinq des membres capitulaires, qui ont été présentés.

 

ARTICLE II

Du Préfet

 

Ce Chevalier est Chef de la Préfecture, dont il gouverne les différents membres, selon les statuts et l'esprit de l'Ordre Il est représentant né de la Préfecture aux assemblées supérieures. Tous les Chevaliers de quelque classe ou dignité qu'ils soient, lui doivent respect et obéissance.

 

L'élection du Préfet se fait par les trois Inspecteurs, Chefs des Classes et les Commandeurs capitulaires, qui doivent voter d'après la pluralité des suffrages des Chevaliers de leur district, convoqué à cet effet Le Chapitre préfectoral. présente trois sujets, parmi lesquels on est obligé de choisir. L'élection est présidée par le Chancelier qui recueille les voix, sans en avoir une lui-même ; proclamée par le Maître des Cérémonies, et confirmée par le Maître Provincial. Le nouveau Préfet reçoit sa patente au Chapitre Provincial par le Chancelier et contresignée par le Grand Prieur et Visiteur général ; il est installé dans la Préfecture par le Visiteur général de la Province, ou à son défaut par le Visiteur du Prieuré.

 

La convocation de tous les Chapitres se fait sur les ordres du Préfet ou par la voix du Maître des Cérémonies, ou directement par le Secrétaire du Chapitre. En l'absence du Préfet, le doyen, après lui, le Prieur du Clergé, et le Senior sont en droit de convoquer ; ces derniers ne doivent cependant le faire que sous l'autorité du conclave composé de trois Inspecteurs des Classes et du Chancelier. Si le Préfet quoique présent, refuse pendant neuf jours la convocation, le conclave peut y suppléer et autoriser le Doyen à convoquer. Lorsqu'à l'heure fixée par arrêté capitulaire, ou indiquée dans les billets de convocation, le Préfet ou Président n'est pas arrivé, on attend un quart d'heure, à l'expiration duquel le Doyen ou plus ancien membre capitulaire ouvre le Chapitre.

 

Le Préfet ne peut rompre aucune conférence, mais il peut faire opiner au renvoi de la délibération à la prochaine assemblée, et si

la pluralité le juge ainsi, en ne peut la continuer ; on doit même de droit remettre toutes les propositions nouvelles qui demandent des éclaircissements préliminaires à la prochaine assemblée. Le renvoi sera décidé sur la demande d'un des membres du Conclave ou d'un Commandeur.

 

Tous les Chevaliers prêtent obédience au Préfet. Cette obédience n'est pas monastique et aveugle, mais tous doivent respecter en lui, le dépositaire principal des lois et de l'autorité dont les lumières et le zèle ont déterminé le choix du Chapitre ; ils doivent lui témoigner tous les égards possibles, non seulement dans les assemblées intérieures de l'Ordre  mais aussi dans la vie civile ; et ceIui-ci plus jaloux de régner sur les coeurs que d'exercer une autorité de pure représentation, mettra tous ses soins à mériter la confiance et l'amitié de ses Frères.

 

Si contre toute attente un Préfet s'oubliait au point de vouloir exercer des violences au Chapitre, forcer des délibérations, suspendre des travaux ou faire tel acte qui ferait péricliter la constitution de l'Ordre,  le Chapitre peut sous l'autorité du Doyen et à la pluralité des deux tiers des suffrages, faire un arrêté contre lui, qui doit être mis en exécution et envoyé tout de suite aux Supérieurs de la Provinces ; au Maître Provincial Grand-Prieur et Visiteur général, nonobstant appel quelconque qui sera cependant discuté en temps et lieu. Le Grand-Prieur doit en ce cas se composer un conseil de cinq membres du Prieuré au moins, et s'il confirme l'arrêté il peut suspendre provisoirement le Préfet de toutes ses fonctions.

 

Si le Préfet ne peut se rendre en personne aux Chapitres Prieuraux Provinciaux et Nationaux, auxquels il ne peut cependant voter que d'après les instructions positives de ses commettants, le Chapitre nomme un autre de ses membres pour le représenter et de préférence un des officiers du conclave.

 

Le Préfet régit et gouverne le Temple ou la Grande Commanderie de la Préfecture, qui est la maison commune louée ou achetée des deniers de l'Ordre consacrée à cet effet. Cette Maison doit être propre à y tenir les différentes assemblées de l'Ordre.  C'est dans ce Temple de l'amitié et de la bienfaisance que les Chevaliers se

rendent pour goûter ensemble des plaisirs purs et honnêtes, on y loge un Chevalier ou compagnon d'armes, pour avoir l'inspection sous les ordres du Préfet, ou du Maître des Cérémonies sur la maison.

 

ARTICLE III

Du Doyen du Chapitre

 

Le Banneret ou Inspecteurs des Chevaliers militaires est le Doyen ou la seconde personne du Chapitre, et remplace de droit de Préfet, en cas d'absence ou de vacances.

 

Il est nommé par le Chapitre auquel on appelle tous les Chevaliers militaires. Sa patente ainsi que celle de tous les Officiers de la Préfecture sont expédiées au Chapitre Préfectoraux sous l'autorité des maîtres National et Provincial et contresignées par le Grand Prieur et le Visiteur général.

 

Tous les compagnons d'armes prêtent obéissance au Banneret et sont commandés par lui, surtout le Porte-Bannière et le Porte Glaive, qui sont à sa nomination.

 

La Bannière des Préfectures, mi-partie, ainsi que l'ancien beauséant des Chevaliers du Temple, contient d'un côté les Armes de la Province et d'un autre les Armes de la Préfecture.

   

Le Doyen est visiteur né des Commanderies de la Préfecture

il veille avec sévérité à l'administration régulière des différents

caisses de l'Ordre,  qui sont toutes consacrées au bien de l'humanité.

Il installe les nouveaux établissements et visite les anciens. Ils pré

sentent leurs états au Chapitre et tous les ans au Visiteur Prieural.

 

Le Doyen est membre du conseil privé et de la commission du trésor, et un des trois administrateurs de l'Hospice,  qui est l'établissement bienfaisant de la Préfecture, déterminé par arrêté capitulaire d'après les besoins les plus pressants du local, soit qu'on

veuille établir une infirmerie ou porter des secours quelconques à des malades, soit qu'on préfère de fonder une maison d'éducation pour des orphelins, enfants trouvés ou nés de parents, qui sont dans l'impuissance de les élever ; soit qu'on ouvre un asile à la pauvreté, pour assurer à des indigents honnêtes une subsistance assurée en échange d'un travail proportionné à leurs forces ; soit enfin qu'on veuille transporter nos bienfaits à la campagne en instituant des fêtes villageoises, pour encourager les bonnes moeurs et l'industrie en perfectionnant les écoles rurales ; en établissant des sages-femmes ou des chirurgiens habiles à la campagne en faveur de la classe utile des cultivateurs ; ou tel autres moyens qui seront jugées propres à soulager l'humanité d'une manière efficace.

 

Les trois Inspecteurs des Classes dans l'Hospice, recevront des personnes, qu'il jugeront dignes de la pluralité des suffrages, et partageront (à eux) et entre eux les détails de l'administration. Le Doyen aura principalement la police et l'inspection sur ceux qui y sont employés, et y maintiendra l'ordre et la régularité. Le Prieur du Clergé sera préposé aux devoirs spirituels, à la conservation des moeurs et aux instructions qu'on jugera à propos d'y donner. Le Senior aura soin de la comptabilité et de tous les détails économiques.

   

Les administrateurs de l'Hospice tiendront bureau toutes les semaines pour la régie qui leur est confiée, et y emploieront de préférence des compagnons d'armes de l'Ordre.

 

Le Doyen a l'inspection particulière sur la vie et les moeurs des Chevaliers militaires, et est adjoint au Prieur du clergé pour les enquêtes à faire sur la vie et les moeurs des Frères de sa classe, qui demandent à être inscrit au Noviciat.

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RER code général des CBCS(1)

26 Avril 2005 Publié dans #hauts grades

Convent National des Gaules

novembre 1778-465

TITRE I

  Des différentes classes de l'ordre et des qualités requises pour y être reçu

ARTICLE I

 Différentes classes de l'Ordre

L'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la C. S. ramené par la réforme à son but primitif, qui n'est autre que le soulagement de l'humanité, au service de laquelle il est voué, s'occupe de tous les moyens propres à y atteindre, discute les idées utiles, et se sert de la réunion des forces individuelles pour les réaliser et les exécuter avec plus de facilité. On n'a donc pas cru devoir astreindre les Chevaliers à des obligations uniformes et souvent incompatibles avec l'état qu'ils ont choisi dans la Société Civile, mais comme jadis une partie de la milice du Temple combattait sur les grands chemins les ennemis des Chrétiens tandis qu'une autre recevait les pèlerins dans leurs hospices, et y joignait les pauvres et les blessés, on reconnaît de même aujourd'hui trois classes de Chevaliers, celles des Chevaliers Réguliers ou Clerc, des Chevaliers Militaires, Milites, et des Chevaliers Civils, Equites Cives Sanctae Civitatis. Les Chevaliers d'une Préfecture sont distribués et divisés de deux manières, par Commanderies selon leur domicile et par Classes selon leur condition civile. Chaque Classe dans une Préfecture a un Inspecteur, qui la préside lorsqu'elle est appelée à délibérer sur des objets relatifs à ses fonctions ou obligations.

  Les Chevaliers réguliers, c'est-à-dire, ceux qui ont reçu les Ordres Sacrés d'une communion Chrétienne, recommandent en particulier l'amour des bonnes mœurs et d'une religion douce, bienfaisante et tolérante, remplissent les fonctions ecclésiastiques dans les cérémonies de l'ordre, et veillent à l'observation du culte divin et d'une sainte discipline dans les asiles, hôpitaux d'orphelins et d'autres hospices fondés par l'Ordre

  Les Chevaliers Militaires, parmi lesquels on ne comprend en France, que ceux qui sont en activité de service, ou qui se sont retirés avec la croix, ou après avoir servi 20 ans, se dévouent par de nouveaux serments à la défense de leur patrie et promettent de se rappeler au milieu des horreurs de la guerre, des lois saintes de l'humanité et de la générosité envers les vaincus, les mourants et les prisonniers.

  On comprend parmi les Chevaliers civils, tous les Frères nobles ou non, qui n'ont pas servi pendant l'espace de temps prescrit et qui ont un état honorable dans la société, tel qu'il est défini ci-après. Les Magistrats et gens de Loi font vœu de défendre le faible et l'opprimé; les Médecins d'assister gratuitement les pauvres de leurs conseils, les Gens de Lettres de vouer leurs veilles à des ouvrages qui étendent l'empire de la vertu et de la vérité, ; les Négociants d'entretenir la circulation des besoins mutuels et de procurer du travail et du pain à des citoyens pauvres et honnêtes, les Agriculteurs, gens de finances et autres bourgeois honnêtes, placés dans un état moins assujettissant à des devoirs civils, sont d'autant plus à même de vouer leurs loisirs au bien de l'humanité; tous en général secondent les vues bienfaisantes de l'Ordre.

ARTICLE II

Des qualités requises pour être reçu

  L'Ordre des Chevaliers bienfaisants de C. S. fondé par des gentilshommes ; n'admettait dans son sein que ceux, qui prouvaient par titres authentiques et d'après les formalités requises, qu'ils étaient nés de parents nobles de noms et d'armes.

  Cet ancien statut fondé sur la constitution féodale de l'Europe et militaire de notre ordre, tenant plus de la vanité que de la justice, on a cru, que dirigé aujourd'hui vers l'exercice seul des vertus sociales et patriotiques, mixte d'ailleurs dans sa composition, on ne pouvait sans injustice en exclure des candidats utiles, remplis de talent et de zèle pour le bien public, mais moins favorisés par le hasard de la naissance. Considérant donc que la vraie noblesse consiste dans la vertu, et que celui, qui arrache son nom à l'obscurité par des actions généreuses, est digne des honneurs qui ne doivent en être que la suite, en a arrêté ce qui suit :   Nul ne sera admis dans l'Ordre  qu'il n'ait fait preuve de noblesse. Ces preuves consisteront, ou dans des titres d'une noblesse héréditaire, ou dans ceux d'une noblesse personnelle.

  Les preuves d'une noblesse personnelle, seront ou l'exercice d'un emploi qui donne la noblesse, ou des actions vertueuses et non suspectes, qui seront consignées par des informations préliminaires faites par le Prieur du Clergé et l'Inspecteur des Novices.   Quels que soient les titres de noblesse que produit un candidat, si dégénérant de ses ancêtres, il en souille la tige respectable par des actions déshonorantes, il sera rejeté et ne sera reçu, que lorsque par des mœurs pures et la vraie noblesse du cœur, il répondra à l'attente de la patrie.

  Ne seront point admis dans la classe des Chevaliers, ceux qui ne jouissent pas dans la Société civile d'une existence qui rapproche les individus, comme Nobles, Ecclésiastiques, Militaires, Magistrats, Médecins, Avocats, Négociants, Bourgeois aisés ou classés honorablement dans la finance, et enfin tous ceux qui ne feront pas rougir l'Ordre  de leur admission ; disposition dont l'application sera laissée à la prudence des Chapitres. Cette partie des informations qui doivent essentiellement précéder toute inscription de candidats au noviciat, dépend de l'Inspecteur des novices, qui examine les titres de noblesse héréditaire ou morale, en fait l'exposé au Chapitre et expédie au Commandeur de maison son consentement pour recevoir le candidat écuyer. C'est le président du Chapitre qui lui donne, lors de la cérémonie de son armement, le nom d'Ordre.   Tous les Chevaliers, qui ont été une fois admis à la profession de leurs vœux sont parfaitement égaux. Ni une naissance plus illustre, ni un rang plus élevé dans la Société civile, ne donnent la moindre prérogative réelle aux Frères. Les Princes mêmes, qui veulent renoncer volontairement aux prestiges de la vanité et à l'inégalité politique des hommes, pour goûter des plaisirs purs dans le sein de l'amitié et de la bienfaisance, respecteront la loi précieuse de l'égalité, base fondamentale de tout ordre, dont les membres se consacrent à l'exercice pénible, mais satisfaisant de la charité chrétienne. La seule prérogative due à leur naissance et aux moyens plus efficaces que la Providence leur a départis pour se rendre utiles à l'humanité, est celle que le Chapitre provincial ou celui de la Préfecture à laquelle ils sont attachés, leur présente tout de suite après la réception un brevet de conseiller d'honneur de la Province ou de la Préfecture, et le pas sur tous les simples Chevaliers.

C'est le Prieur du clergé qui est chargé des informations sur les qualités morales du candidat ; il fait les enquêtes les plus sévères pour s'assurer de ses principes religieux, de ses mœurs, et de son caractère. Il s'informera, s'il respecte la religion, base du bonheur public, s'il n'attaque jamais les principes et surtout les sentiments religieux par les sarcasmes, et s'il est pénétré de cette tolérance douce et éclairée, de cette charité fraternelle, que la loi chrétienne prescrit.   Quant aux mœurs, il écartera ces égoïstes décidés, qui ne vivent que pour eux et sacrifient à leur repos et à leurs familles et fantaisies, le bonheur de leur prochain. Il fermera l'entrée du Temple à ceux, qui ont manqué aux lois de la Probité et de l'honneur, qui sont connus publiquement pour avoir failli de satisfaire à leurs engagements, qui mènent une vie débauchée et crapuleuse et se déshonorent par tel autre vice majeur, qui donne scandale public.   Quant au caractère, il s'informera exactement, si le candidat est bienfaisant, humain, sensible, si une avarice sordide ne le rend pas inhabile à goûter la volupté pure, attachée aux bonnes actions et comme enfin l'intérêt de l'Ordre exige qu'on dérobe la connaissance de notre rétablissement et de nos opérations jusqu'au moment où nous aurons acquis par nos bienfaits et nos travaux des droits à l'estime publique et à une existence légale, pour que l'envie, le fanatisme et la manie malheureuse de jeter du ridicule ou du découragement sur les projets utiles, ne s'opposent à nos progrès on s'informera avec soin, si les candidats proposés sont discrets et susceptibles d'un zèle soutenu.   Les Chevaliers doivent être les arbitres de leur sort à avoir par cette raison atteint l'âge de majorité ou de 25 ans en entrant au Noviciat. Ils doivent jouir d'un revenu honnête et assuré, pour ne pas tomber à la charge, ou défaveur, ou au déshonneur de l'Ordre.  Si le candidat n'a pas encore atteint son âge de majorée il doit obtenir dispense d'âge du Chapitre, dont les suffrages doivent être unanimes sur ce point, et payer pour cette faveur un droit de passage applicable à l'hospice qui sera fixé par le Chapitre.  Le Noviciat est d'un an ordinairement. Celui qui pendant son année d'épreuve, n'aura pas été réglé en ses mœurs et conduite, sera tenu de continuer une seconde année, même une troisième, et si sa conduite ne devient pas plus régulière, il ne sera jamais armé Chevalier. Si l'Ecuyer demandait dispense d'intervalle à telles fin d'être armé Chevalier avant l'année révolue de son Noviciat, il  doit obtenir pareillement pour cette faveur le Consentement unanime du Chapitre.

On ne pourra recevoir Ecuyer un candidat d'une autre Province ou Préfecture sans le consentement formel de ses Supérieurs naturels. L'Inspecteur  des novices s'adressera à cet effet à eux, et pourra tout au plus rendre un compte favorable de ses vie et mœurs, s'il a demeuré pendant un certain temps dans le ressort de la Préfecture ou il demande le Noviciat.   L'Inspecteur des Novices de la Préfecture du lieu de naissance du Candidat, ou si elle n'est pas en activité, le Visiteur général de la Province ou du Prieuré, auquel on s'adresse en ce cas, commencent l'information d'état et de ses vie et de ses mœurs, et si elle est favorable et que le Chapitre y consente, on envoie au Chancelier de la Province ou à celui de la Préfecture où l'on veut recevoir, un acte qui lui donne facultatem inscribendi vel induendi selon la demande. Le Chapitre qui reçoit, prélève sur chacune des deux réceptions de l'intérieur un quart pour frais de réception et renvoie le surplus de la taxe au Chapitre préfectoral du lieu de naissance du candidat, à moins que celui-ci ne soit établi dans ce dernier lieu et y fasse élection permanente de domicile, dans lequel cas il n'y a pas de permission à demander.   Ne seront pas compris dans la classe de ceux, qui élisent leur domicile, les Militaires qui sont en garnison dans une ville, qu'on renverra au lieu de leur naissance ou de leur domicile ordinaire.

  Tout candidat enfin reçu dans la Fraternité intime des Chevaliers bienfaisants, doit recueillir les suffrages unanimes pour son admission, qui seront donnés par la voie du scrutin avec des ballotes blanches et noires. La première proposition faite par un Frère sera simplement consignée sur les registres, et quand il s'agira de passer au scrutin, le Préfet sera obligé de demander le consentement des Commandeurs respectifs. S'il y a deux ballotes noires, le scrutin est rompu et on ne peut proposer le candidat qu'après trois mois révolus. Si les Frères, qui ont été contraires, ont eu de bons motifs et qu'ils veuillent les déclarer en plein Chapitre, on prend acte de leur dire et l'on ne peut alors jamais recevoir le candidat, à moins que ceux-ci n'ayant donné par écrit le désistement de leur opposition, pour qu'on ne profite pas de leur absence, pour proposer un candidat, qui leur serait désagréable.   S'il n'y a qu'une ballote noire contraire à la réception le Maître des Cérémonies, qui recueille le scrutin, le déclare à haute voix, et invite l'opposant à exposer les motifs dans un billet anonyme qu'il enverra au conseil privé, qui examinera leur validité dans la huitaine : le Frère opposant sera obligé de se soumettre à la décision et de consentir à la réception du candidat, si les raisons de refus sont déclarées insuffisantes.

ARTICLE III

Des compagnons d'arme

  Outre les Chevaliers qui ont le premier rang dans l'Ordre et peuvent seuls parvenir aux Commanderies et dignités, on recevra encore conformément à l'ancienne règle et observance des Compagnons d'armes ou Armigeri qui ne doivent pas être de condition servile, mais nés de parents libres, exerçants une profession honnête dans la Société et jouissants de la réputation d'une probité intacte. Ces compagnons d'armes feront le service intérieur du temple et quelques-uns seront adjoints aux Officiers pour les soulager dans les fonctions pénibles de leurs charges. On choisit parmi eux : le Dator pannorum, ou Maître de la garde-robe, et le Minister responsium, chargé de faire rentrer les fonds, subordonnés aux Trésorier et Procureur, ainsi que les Secrétaires adjoints au Secrétaire principal du Chapitre. Ils n'assistent aux Chapitres de conférences que quand ils y sont appelés, pour être consultés sur les détails de fonctions, qui leur sont attribuées ou pour les remplir.

  Le Chapitre pourra quelquefois, au bout d'un service long et distingué, recevoir un compagnon d'armes Chevalier de Grâce ; mais il faut que tous les Capitulaires y consentent ; ils recevront alors, outre le nom d'Ordre, qu'on leur donne lors de leur réception, un sceau avec la devise les éperons et le manteau. Les Compagnons d'Armes sont admis en plein à la participation du Secret de l'Ordre, et reçus d'après un formulaire prescrit et celui de l'armement des Chevaliers.

  Les Compagnons d'Armes  sont choisis, parmi les Frères à talent des Loges, dont la discrétion est éprouvée, et qui peuvent devenir utiles à l'Ordre  et retirer des appointements et gratifications à mesure qu'ils rendront des services. Les dignités de Porte-bannières et de Porte-glaive doivent être conférés à des gens de confiance, qui ayant servi dans les Troupes au moins pendant 6 ans. Ils doivent être tous Maçons et parvenus au grade de Maître. On les fera assister à une Loge d'Ecossais  ou ils prêteront l'obligation de discrétion, après quoi ils seront reçus tout de suite Compagnons d'Armes. On nomme un ou plusieurs Frères, pour s'informer de leur vie et mœurs, et les Compagnons d'armes sont ouis sur le camarade qu'on veut leur associer, et admis au ballottage  avec les autres Chevaliers.

On ne recevra plus dans l'Ordre  comme dans le passé des valets d'Armes, le Convent ayant trouvé qu'il était inutile et dangereux même de confier le secret de notre existence, qu'il nous est important de cacher encore à des gens de conditions serviles, qui n'ont pas toujours cette faculté et cette probité requise pour résister aux tentations qu'on pourrait leur faire, pour livrer nos secrets. On pourra tout au plus employer un ou deux valets dans l'enceinte extérieure et confier tout le service intérieur aux Armigeri. Dans ce cas les premiers seront aux ordres du Maître des Cérémonies, qui leur assignera leur poste.   On ne recevra plus dans l'Ordre dorénavant des sujets dans cette classe intermédiaire appelés faussement Ecuyer, ce qui a ouvert la porte au mécontentement, à la jalousie et où des distinctions arbitraires nées d'une interprétation plus ou moins forcée d'une loi vicieuse, dans la constitution actuelle de l'Ordre, qui ne tend qu'à la bienfaisance et à l'étude de la Vérité. En rappelant la signification d'Ecuyer à la véritable origine, qui était celle du Noviciat et de la pépinière des Chevaliers, on donne cette qualification à ceux qui sont dans leur année d'épreuves pour être reçus Chevaliers. Cette classe de membres de l'Ordre, inconnue jadis, où l'on ne trouve que les Equites, et Fratres Servientes, famuli ou armigeri, qui ne possédaient point de Commandories, reste donc supprimé à celle de Compagnons d'Armes  que nous lui subsistons, tracera mieux les limites de la séparation et entraînera moins d'abus et de plaintes.

  TITRE II

Des devoirs des frères

Les devoirs principaux des Chevaliers de la C. S. sont d'exercer les lois douces de la Bienfaisance envers tous les hommes et principalement envers les Frères, d'obéir à leurs Supérieurs, et de remplir avec zèle et exactitude les obligations de citoyens et autres, qui leur sont imposé par leur situation respective.   Tous les Frères de C. S. doivent respect et obéissance à leurs Supérieurs légitimes, au Grand-maître, Grand Prieur, Visiteur général, Préfet, Inspecteur de leur classe. Commandeur de leur district, et autres officiers dans les affaires relatives à leur département. Cette obéissance cependant, qui est d'essence dans tout Ordre régulier qui vivait anciennement en commun, doit être raisonnable, et n'est demandée que sur des choses justes et honnêtes, conforme aux Statuts, et point contraire aux lois de la patrie, ou aux obligations civiles de chacun.   L'Hospitalité  est la vertu principale des Chevaliers ils doivent l'exercer entre eux, d'une manière franche, simple et qui ne soit point onéreuse; on témoignera surtout aux étrangers toutes les prévenances et on leur rendra tous les services capables de rendre leur voyage utile et agréable.   Chaque Préfecture fera des lois particulières pour bannir du réfectoire de l'Ordre, le luxe et les progrès d'une somptuosité contraire à la simplicité respectable qui doit le caractériser. On a conservé principalement de l'ancienne règle de Saint-Bernard le titre : ut decimus panis pauperibus detur, qui est de stricte observance pour tous les Chevaliers et Commandeurs, et à l'exécution duquel l'Eleemosynaire doit veiller particulièrement.   La loi du Silence et de la discrétion la plus absolue est fondamentale dans l'Ordre ; il est défendu à tout Frère en telle dignité qu'il doit ou qu'il soit constitué, de révéler la moindre chose qui concerne notre constitution, ou ce qui se passe dans nos assemblées directement ou indirectement. Ceux qui seront convaincus d'avoir dérogé à cette loi, seront déclarés incapables de posséder aucune dignité ou charge dans l'Ordre, et condamnés à des amendes, selon la gravité du cas.   L'exercice inviolable des lois sociales et des vertus patriotiques étant la base et le garant de la prospérité de notre Ordre, celui qui serait parjure à sa patrie, qui troublerait le peuple et lui cause du dommage sera jugé par son Chapitre ; son procès lui sera fait sans indulgence, et son jugement sera envoyé dans toutes les provinces.   La pureté des mœurs peut seule préserver notre ordre de la corruption et de la décadence, où sont tombées la plupart des institutions humaines. Fondé sur l'amour de la religion, des mœurs et d'une bienfaisance épurée par les motifs raisonnés qui la dicte, l'Ordre ne peut conserver dans son sein des Gens qui le déshonoreraient par des actions malhonnêtes. Le Conseil privé, dont on parlera plus bas, et principalement le Prieur du clergé veillent à !a conservation des mœurs et requièrent d'office contre tous ceux qui donnent du scandale et compromettent l'Ordre par leurs principes ou leurs actions.   Tout Chevalier est en droit d'avertir le Prieur ecclésiastique, soit ouvertement, soit par billets non signés, des désordres commis par un Frère. Celui-là doit chercher avant tout de le ramener par des monitions fraternelles. Si elles ne réussissent pas, il en rend compte au conseil privé, qui examine la dénonciation, vérifie les faits dans le plus grand silence et conclut, soit à ce que la procédure demeure supprimée, soit à faire avertir une seconde fois le Chevalier accusé de changer de conduite, soit enfin, si le cas est plus grave, d'ordonner la communication du réquisitoire au Chapitre entier, qui seul peut de l'avis des Chevaliers prononcer l'interdiction ou l'exclusion d'un Chevalier. Elle doit cependant le faire sans éclat. Le Prieur-ecclésiastique fait cacheter le réquisitoire avec toutes les pièces, la procédure et le procès-verbal du prononcé, et le dépose aux archives dans un carton ou laisses particulières.   La Concorde intime qui doit régner entre les Frères pouvant être troublée par des motifs d'intérêt, ou par la malignité des gens qui se plaisent à semer la haine, on a cru nécessaire d'établir un conseil particulier d'arbitres ou de juges de paix destinés à réconcilier les Frères, que souvent malentendu refroidit ou aigrit, et employer tous les efforts pour concilier les procès civils des Frères, afin d'obvier, s'il est possible, à la ruine qu'entraîne  souvent la rapacité des suppôts de justice. Ce comité de conciliation a non seulement lieu dans les Préfectures, mais aussi dans les Commanderies.   Deux Frères qui sont en discussion ou en dispute, nomment chacun un arbitre et adjoignent à leurs arbitres un troisième, qui conviendra aux deux parties, avant de tenir comité, les arbitres prononcent le serment suivant :   "Moi, Chevalier de la C. S., je jure et promets de ne jamais parler hors de cette assemblée, d'aucun des objets qui y seront traités, et de donner mon avis en mon âme et conscience et selon mes lumières sans acceptation de personne, ainsi Dieu me soit en aide."   Lorsque la sentence du comité de conciliation sera signifiée aux parties et qu'elles y acquiesceront on en fera mention au Chapitre suivant et applaudira à la condescendance des parties aux vœux de l'Ordre, qui sont de diminuer les malentendus qui divisent les hommes et de tout tenter pour les rapprocher.   Par une suite de ce principe de bienveillance sociale universelle, tout Chevalier bienfaisant se regardera comme un juge de paix et emploiera tous ses soins à éteindre les haines, les procès et les divisions par de bons conseils et toutes les ressources honnêtes que son cœur et la confiance qu'il aura méritée par ses vertus, lui dicteront.   Tout Frère, qui plaidera contre un autre Frère devant les tribunaux ordinaires de la justice, sans avoir tenté la voie de la justice arbitraire de l'Ordre, sera regardé comme réfractaire au vœu de concorde juré par tous les Chevaliers, condamné à une amende de 5 louis au profit des pauvres et interdit pendant 6 mois.   Pour ce qui regarde enfin la décence et le respect dû à nos augustes assemblés, le Préfet veillera principalement à leur conservation. Il est défendu aux Frères de troubler l'ordre des conférences et des cérémonies, soit en quittant leur place, soit en parlant hors de leur tour sans demander la permission. Cette dernière formalité ne doit pas être regardée comme monastique, mais comme un moyen inévitable d'empêcher que les délibérations ne soient tumultueuses et infructueuses ; nous ordonnons sur-tout qu'on sévisse contre ceux des Frères, qui pourraient s'oublier au point de dire des injures ou d'insulter du geste ou de fait un Frère, voulant que le délinquant soit tenu de demander publiquement excuse à celui qu'il aura offensé, et condamné à de grosses amendes, et même selon la gravité du cas, privé de l'habit pour quelques mois ou pour toujours.

TITRE III

Composition de l'Ordre en général

L'Ordre des Chevaliers bienfaisants de la C. S. est divisé en 9 provinces - Aragon, Auvergne, Occitanie, Léon, Bourgogne, Grande Bretagne, Allemagne inférieure entre l'Elbe et l'Oder, haute Allemagne et Italie, Grèce et Archipel.   Les Armes de l'Ordre sont deux cavaliers sur un même cheval dans un écusson écartelé de la croix de l'Ordre.   Chaque Province a dans ses armes un caractère distinctif et chacun des MaÎtres provinciaux possède une des grandes charges de l'Ordre.   L'Aragon, dont le Provincial est grand Chancelier, et au nom duquel la convocation des convents généraux doit se faire, a pour arme un anneau d'or ayant au dehors la forme d'une couronne de lauriers, au milieu duquel en champs de gueules est écrit en lettres très hébraïques : In virtute tua.   Le Maître provincial d'Auvergne étant Grand Maréchal de la Cavalerie ; les armes de la Province sont un cavalier cuirassé portant une lance élevée en champs de gueules, avec l'inscription : Qui cupit   Celui d'Occitanie Grand Amiral, galère d'argent en champs de gueules avec l'inscription : Prospero motu.

  Léon, dont le Provincial est Grand Doyen de l'Ordre, a pour armes un lions d'argent en champ de gueules avec l'inscription :

Audaces juvat.   La Bourgogne a pour ses armes une tête de mort d'argent en champs de gueules avec l'inscription : Mors omnia aequat ; son Maître  Provincial est grand Trésorier dans l'Ordre.   La Bretagne a pour ses armes une ancre d'or en champs de gueules, avec l'inscription : Fata viam inveniunt. Son Maître Provincial est Grand Commandeur de l'Ordre.   L'Allemagne inférieure ou la province entre l'Elbe et l'Oder a pour armes un bras armé tenant un glaive nu et sortant d'un nuage en champs de gueules. Une étiquette d'azur contient trois lettres initiales L. V.  C. Labor viris convenit ; Son Maître Provincial est visiteur général de l'Ordre.

 La haute Allemagne a pour armes un acacia sous lequel on voit en champ d'azur, une lance d'or, et au-dessous une étiquette d'argent avec lettres gothiques : U. U. U.  Ultorem  Ulciscitur Ultor. Son Maître provincial est Proviseur général de l'Ordre.

  La neuvième province a pour armes un lion rouge, appuyé sur une croix noire en champ d'or avec l'inscription : veritas persuadet. Son Maître provincial est inspecteur général des troupes.   De ces neuf provinces, il n'y a que les trois provinces françaises, les deux allemandes et l'Italie qui soient en activité légale. Si une des autres pouvait être rétablie, ou qu'on voulut en créer de nouvelles, les Frères chargés de cette commission importante, doivent y être autorisés par un Convent général, ou à son défaut par les autres provinces, et la restauration doit être motivée et notifiée légalement à tous les Chapitres provinciaux pour être par eux la notification envoyée à toutes les Préfectures régulières du Saint Ordre.   Quant aux fonctions qui pourraient compéter aux Maîtres provinciaux en vertu de leurs grandes charges, elles seront réglées dans un Convent général, et jusque là aucun desdits Maîtres, ne pourra s'immiscer sous prétexte de sa grande charge, dans le gouvernement d'une province autre que la sienne. Celle de ces Provinces dont le ressort est réuni en entier ou pour la plupart sous une même domination, forment un corps national pour modifier les lois générales de l'Ordre d'après celles de la patrie, dont la stricte observance est le premier devoir des Chevaliers Bienfaisants ; ce qui forme la division de l'Ordre, en nations et langues. C'est ainsi que les Provinces d'Auvergne, d'Occitanie et de Bourgogne forment la nation ou la langue française.

  Les Provinces réformées d'après le nouveau rite, sont divisées en Grands Prieurés. La nouvelle Matricule des trois provinces françaises en établit trois par province. Il suffit cependant qu'il y en ait deux de restaurées par province, pour que celle-ci puisse être en activité légale.   Chaque Prieuré est divisé en Préfectures, la matricule en désigne six par ressort de chaque Prieuré ; il suffit cependant qu'il y en ait deux d'établies pour tenir Chapitre Prieural. Si des Etablissements nombreux excédant neuf Commanderies par Préfectures, forçaient de créer de nouvelles Préfectures dans le ressort d'un Prieuré, le Chapitre provincial, juge de tous les changements qu'on veut faire dans la matricule, pourra en augmenter le nombre par Prieurés jusqu'à neuf, après quoi on demanderait au Chapitre général ou à son défaut au Chapitre national la création d'un nouveau Prieuré.   Chaque Préfecture est composée de neuf commanderies, il suffit cependant que trois d'elles soient en activité pour que la préfecture puisse opérer légalement.   Les Loges maçonniques, sont le séminaire des sujets destinés au Saint Ordre, et sont mises sous l'autorité d'un Commandeur, qui en est le Chef titulaire et inamovible.
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Le livre d'Enoch(extraits)

26 Avril 2005 Publié dans #hauts grades

CHAPITRE PREMIER

1. Voici les paroles d'Enoch par lesquelles il bénit les élus et les justes qui vivront au temps de l'affliction, quand seront réprouvés tous les méchant et les impies. Enoch, âme juste qui marchait devant le Seigneur, quand ses yeux furent ouverts, et qu'il eut contemplé une sainte vision dans les cieux, parla, et il prononça: Voici ce que me montrèrent les anges. <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

2. Ces anges me révélèrent toutes choses et me donnèrent l'intelligence de ce que j'avais vu, qui ne devait point avoir lieu dans cette génération, mais dans une génération éloignée, pour le bien des élus.

3. C'est par eux que je pus parler et converser avec celui qui doit quitter un jour sa céleste demeure, le Saint et le tout-puissant, le Seigneur de ce monde,

4. qui doit fouler un jour le sommet du mont Sinaï, apparaître dans son tabernacle, et se manifester dans toute la force de sa céleste puissance.

5. Tous les vigilants seront effrayés, tous seront consternés.

6. Tous seront saisis de crainte et d'effroi, même aux extrémités de la terre. Les hautes montagnes seront ébranlées; les collines élevées seront déprimées; elles s'écouleront devant sa face comme la cire devant la flamme. La terre sera submergée, et tout ce qui l'habite périra; tous les êtres seront jugés, tous, même les justes.

7. Mais les justes obtiendront la paix; il conservera les élus, et exercera sur eux, sa clémence.

8. Alors ils deviendront la propriété de Dieu; il les comblera de bonheur et de bénédictions et la splendeur de la Divinité les illuminera.

 

 CHAPITRE II

1. Voici! il arrive avec dix mille de ses saints, pour juger toutes les créatures pour détruire la race des méchants, et réprouver toute chair à cause des crimes que le pécheur et l'impie ont commis contre lui.

 

 CHAPITRE III

 1. Tous ceux qui habitent dans les cieux savent ce qui se passe là-bas.

2. Ils savent que les globes célestes qui nous illuminent ne changent point leur voie; que chacun d'eux, se lève et se couche régulièrement, dans le temps qui lui est propre, sans jamais transgresser les ordres qu'il a reçus. Ils regardaient la terre, et soudain ils connaissent tout ce qui s'y passe depuis le commencement, et jusqu'à la fin.

3. Ils voient que chacune des créations de Dieu suit invariablement la voie qui lui est tracée. ils voient l'été et l'hiver; ils voient que toute la terre est remplie d'eau, et que les nuages, les vapeurs et la pluie en rafraîchissent la température.

 

 CHAPITRE IV

1. Ils considèrent et admirent comment chaque arbre se couronne de feuilles; comment il les perd ensuite, à l'exception de quatorze arbres privilégiés qui restent toujours verts, et qui pendant plusieurs hivers présentent l'apparence du printemps.

 

CHAPITRE V

1. Ils admirent ensuite dans les jours de l'été comment le soleil échauffe la terre, dés le commencement de sa carrière, tandis que vous cherchez la fraîcheur du feuillage; que le sol est crevassé par la chaleur torride, et que vous êtes incapables de vous promener soit dans la plaine, soit sur la montagne.

 

 CHAPITRE VI

 1. Ils admirent ensuite comment 1es arbres en se couvrant de feuilles poussent en même temps des fruits; mais aussi ils comprennent en même temps et reconnaissent que celui qui vit éternellement fait pour nous toutes choses.

2. Que toutes les oeuvres de chaque année que toutes ses créations suivent invariablement les ordres qu'il leur a donnés, toutefois, quand Dieu a résolu ainsi, toutes choses doivent s'évanouir.

3. Ils voient comment les mers, et les fleuves accomplissent chacun leur mission respective.

4. Tandis que vous, vous ne supportez qu'avec peine, vous ne remplissez qu'imparfaitement les commandements de Votre Seigneur; vous transgressez ses ordres, vous calomniez sa grandeur; et votre bouche impie va prononcer des blasphèmes, contre sa majesté!

5. Pécheurs au coeur endurci, il n'y aura point de paix pour vous.

6. Vos jours seront maudits, et les années de votre vie seront effacées du livre des vivants; vous serez en exécration à toute créatures, et vous n'obtiendrez point de miséricorde.

7. Dans ce jour, votre paix sera troublé par l'éternelle malédiction de tous les justes; et les pécheurs mêmes vous exécreront à tout jamais.

8. Oui, ils vous exécreront aussi bien les impies.

9. Mais pour les élus, à eux la lumière, la paix; à eux l'héritage terrestre.

10. Pour vous, impies, pour vous la malédiction.

11. Alors les élus recevront la sagesse il n'y aura plus ni transgression, ni impiété, ni orgueil se conduiront avec prudence, s'humilieront eux même, et ne violeront plus les saints commandements.

12. Aussi ne seront-ils pas condamnés tout le temps de leur vie, et leur vie sera sans trouble et sans douleur; la somme de leurs jours sera complète; ils vieilliront dans la joie et la paix; et leur années de bonheur se multiplieront avec la joie, avec la paix, sans nuage, sans trouble, tout le temps de leur existence.

 

 CHAPITRE VII. Section 2. (300)

1. Quand les enfants des hommes, se furent multipliés dans ces jours, il arriva que des filles leur naquirent élégantes et belles.

2. Et lorsque les anges, les enfants des cieux les eurent vues, ils en devinrent amoureux; et ils se dirent les uns aux autres: choisissons-nous des femmes de la race des hommes, et ayons des enfants avec elles.

3. Alors Samyaza leur chef leur dit: je crains bien que vous ne puissiez accomplir votre dessein.

4. Et que je supporte seul la peine de votre crime.

5. Mais ils lui répondirent: nous vous le jurons.

6. Et nous nous lions tous par de mutuelles exécrations; nous ne changerons rien à notre dessein, nous exécuterons ce que nous avons résolu.

7. En effet ils jurèrent et se lièrent entre eux par de mutuelles exécrations. Ils étaient au nombre de deux cents, qui descendirent sur Aradis, lieu situé près le mont Armon.

8. Cette montagne avait été appelée Armon, parce que c'est là qu'ils avaient juré et s'étaient lié par de mutuelles exécrations.

9. Voici le nom de leurs chefs; Samyaza, leur chef, Urakabarameel, Akibeel, Tamiel, Ramuel, Danel, Azkeel, Sarakmyal, Asael, Armers, Batraal, Anane, Zavebe, Samsavel,Ertael, Turel, Yomyael, Arazeal. Tels furent les chefs des ces deux cents anges; et le reste étaient tous avec eux.

10. Et ils se choisirent chacun une femme, et ils s'en approchèrent, et ils cohabitèrent avec elles; et ils leur enseignèrent la sorcellerie, les enchantements, et les propriétés des racines et des arbres.

11. Et ces femmes concurrent et elles enfantèrent des géants.

12. Dont la taille avait trois cent coudées. Ils dévoraient tout ce que le travail des hommes pouvait produire, et il devint impossible de les nourrir. (Une coudée = entre 44cm et 52cm)

13. Alors ils se tournèrent contre les hommes eux même, afin de les dévorer.

14. Et ils commencèrent à se jeter sur les oiseaux, les bêtes, les reptiles et les poissons, pour se rassasier de leur chair et se désaltérer de leur sang.

15. Et alors la terre réprouva les méchants.

 

 CHAPITRE VIII

1. Azaziel enseigna encore aux hommes à faire des épées, des couteaux, des boucliers, des cuirasses et des miroirs; il leur apprit la fabrication des bracelets et des ornements, l'usage de la peinture, l'art de se peindre les sourcils, d'employer les pierres précieuses, et toutes espèces de teintures, de sorte que le monde fut corrompu.

2. L'impiété s'accrut; la fornication se multiplia, les créatures transgressèrent et corrompirent toutes leurs voies.

3. Amarazak enseigna tous les sortilèges, tous les enchantements et les propriétés de racines.

4. Armers enseigna l'art de résoudre les sortilèges.

5. Barkayal enseigna l'art d'observer les étoiles.

6. Akibeel enseigna les signes.

7. Tamiel enseigna l'astronomie.

8. Et Asaradel enseigna les mouvements de la lune.

9. Et les hommes sur le point de périr élevèrent leurs voix, et leurs voix montèrent jusqu'au ciel.

 

 CHAPITRE IX

 1. Alors Michaël et Gabriel, Raphaël, Suryal et Uriel, abaissèrent des cieux leurs regards sur la terre, et virent les flots de sang qui la rougissaient, et les iniquités qui s'y commettaient; et ils se dirent les uns aux autres: C'est le bruit de leurs cris.

2. La terre privée de ses enfants a élevé sa voix jusqu'aux portes du ciel.

3. Et c'est à vous ô essences célestes, c'est à vous que les âmes adressent leurs plaintes en disant: Obtenez nous justice du Très-Haut. Alors ils dirent à leur Seigneur et maître: Tu es le Seigneur des seigneurs, le Dieu des dieux, le Roi des rois. Le trône de ta gloire s'élève de toute éternité, et de toute éternité ton nom est sanctifié et glorifié. Tu es béni, et glorifié à jamais.

4. Tu es le créateur, le maître souverain de toutes choses; rien n'est caché à ton regard perçant. Tu domine sur tout, et rien ne peut se soustraire à ton autorité.

5. Tu as vu ce que Azariel a fait; comment il a enseigné aux hommes toute espèce d'iniquité, et comment il a révélé au monde tout ce qui se passe dans les cieux.

6. Samyaza aussi a enseigné aux hommes la sorcellerie, lui que tu avais placé au dessus de tous ses compagnons. Ils se sont alliés aux filles des hommes; ils ont péchés avec elles, et se sont souillés.

7. Ils leur ont découvert les crimes les plus abominables.

8. Et les femmes ont enfantés les géants.

9. Et toute la terre a été remplie de sang et d'iniquité.

10. Et voici maintenant que les âmes de ceux qui sont morts, élèvent la voix vers toi.

11. Et font monter leur plainte jusqu'aux portes du ciel.

12. Leurs gémissements montent vers toi; les hommes ne peuvent se soustraire à l'iniquité qui couvre la surface de la terre. Or tu connais toutes choses, avant même qu'elles existent.

13. Tu connais toutes choses; tu sais tout ce qui se passe, et cependant tu ne nous dis rien

14. Pour tant de crime, que devons nous faire aux méchants?

 

 CHAPITRE X

1. Alors le Très-Haut, le Grand et le Saint fit entendre sa voix

2. Et il envoya Arsayalalyur auprès de Lamech

3. Disant: parle-lui en mon nom; mais cache toi à ses yeux.

4. Puis dévoile-lui le grand cataclysme qui doit faire périr tous les hommes; quand les eaux du déluge se répandront sur la face de la terre, et que toute créature sera détruite.

5. Mais enseigne-lui les moyens d'échapper; dis-lui comment sa race se perpétuera sur toute la terre.

6. Puis le Seigneur dit à Raphaël; Prends Azaziel, lie-lui les pieds et les mains; jette-le dans les ténèbres; et abandonne-le dans le désert de Dudael.

7. Fais pleuvoir sur lui des pierres lourdes et pointues; enveloppe-le de ténèbres.

8. Qu'il y reste à jamais, que sa face soit couverte d'un voile épais; et qu'il ne voit jamais la lumière.

9. Et quand se lèvera le jour du jugement plonge-le dans le feu

10. Cependant purifie la terre, que les anges ont souillés; annonce-lui la vie; annonce-lui que je la revivifierai.

11. Les fils des hommes ne périront pas tous à cause des secrets que les vigilants leur ont révélés et qu'ils ont enseignés à leur descendant

12. Mais la terre a été souillée par les enseignements d'Azaziel. Aussi est-ce lui qui doit être responsable de tous les crimes.

13. Le Seigneur dit ensuite à Gabriel: Va vers les méchants, vers les réprouvés, vers les enfants de fornication; extermine ces enfants de fornication, ces rejetons des vigilants, du milieu des hommes; pousse-les, excite-les les uns contre les autres. Qu'ils périssent de leurs propres mains; car leurs jours ne seront pas complets.

14. Ils te supplieront, mais leurs prières n'obtiendront rien pour eux; et c'est en vain qu'ils espéreront pour leur enfants la vie éternelle, et même une vie de cinq cents années.

15. Le Seigneur dit ensuite à Michaël: Va et annonce le châtiment qui attend Samyaza et tous ceux qui ont participe à ces crimes, qui se sont unis à des femmes, qui se sont souillés par toutes sortes d'impuretés. Et quand leurs fils seront extermines, quand ils auront vu la ruine de ce qu'ils ont de plus cher au monde, enchaîne-les sous la terre, pour soixante-dix générations, jusqu'au jour du jugement, et de la consommation universelle; et l'effet de ce jugement sera pour eux éternel.

16. Alors ils seront jetés dans les profondeurs d'un feu qui les tourmentera sans cesse; et ils y resteront toute l'éternité.

17. Avec eux leur chef brûlera dans les flammes; et tous ils y seront enchaînés jusqu'à la consommation d'un grand nombre de générations.

18. Extermine en même temps toutes les âmes adonnées à de coupables jeux; extermine les rejetons des vigilants; assez et trop longtemps ils ont tyrannisé le genre humain.

19. Que les oppresseurs soient enlevés de la face de la terre.

20. Que le mal soit anéanti!

21. Mais que la plante de la justice et de l'équité refleurisse, et devienne un gage de bénédiction.

22. Car la justice et l'équité doit refleurir avec la joie pour des temps sans fin.

23. Et alors tous les Saints adresseront au ciel leurs actions de grâces, et vivront jusqu'à ce qu'ils aient engendré mille enfants, tandis que les jours de leur jeunesse et leurs sabats s'écouleront dans la joie et la paix. A cette époque toute la terre sera cultivée dans la justice: elle se remplira d'arbres et de bénédictions; des arbres délicieux y seront plantés.

24. La vigne y croîtra en abondance, et produira du fruit à satiété; toutes les semences qui seront confiées à la terre, rapporteront mille mesures pour une; et une mesure d'olive, fournira à dix pressées d'huile.

25. Délivré la terre de toute tyrannie, de toute injustice, de tout crime, de toute impiété, de tout ce qui peut la souiller. Que le mal en soit banni à jamais.

26. Alors, les enfants des hommes vivront dans la justice, et toutes les nations me rendront les honneurs qui me sont dus; toutes me béniront, toutes m'adoreront.

27. La terre sera délivrée de toute corruption, de tout crime, de tout châtiment, de toute souffrance; et elle n'aura plus à craindre de moi un déluge exterminateur.

 

 CHAPITRE XI

 1. Dans ces jours, j'ouvrirai les trésors de bénédictions que recèle le ciel, je les répandrai sur la terre, et ils féconderont les oeuvres et le travail des hommes.

2. La paix et la justice feront alliance avec les hommes, et ces unions sacrées dureront autant que le monde et que les générations.

 

 CHAPITRE XII (section 3)  

 1. Avant l'accomplissement de toutes ces choses, Enoch fut enlevé de la terre; et personne ne sut où il avait été enlevé, ni ce qu'il était devenu.

2. Tous ces jours, il les passa avec les saints, et avec les vigilants* (*Initiés).

3. Moi, Enoch, je bénissais le grand Seigneur, le Roi de la paix.

4. Et voici: les vigilants me nommèrent Enoch le scribe.

5. Et le Seigneur me dit: Enoch, scribe de justice, va dire aux vigilants du ciel, qui ont abandonné les hauteurs sublimes des cieux et leurs éternelles demeures, qui se sont souillés avec les femmes,

6. Et ont pratiqué les oeuvres des hommes, en prenant des femmes à leur exemple, qui se sont enfin corrompus sur la terre.

7. Dis-leur que sur la terre, ils n'obtiendront jamais ni paix, ni rémission de leurs péchés. Jamais ils ne se réjouiront dans leurs rejetons; ils verront leurs bien-aimés exterminés; ils pleureront leurs fils exterminés; ils me prieront pour eux, mais jamais ils n'obtiendront paix ou miséricorde.

 

 CHAPITRE XIII

1. Enoch partit donc, et il dit à Azaziel: Il n'y a plus de paix pour toi. Une grande sentence a été prononcée contre toi. Il t'enchaînera;

2. Il n'y aura jamais pour toi ni soulagement ni miséricorde, ni intercession, à cause de l'oppression que tu as enseignée.

3. Et parce que tu as appris aux hommes à outrager Dieu, à pécher et à tyranniser leurs semblables.

4. Et je le quittai, et j'allai annoncer la même nouvelle à tous les compagnons de ses crimes;

5. Et ils furent terrifiés et saisis d'un affreux tremblement;

6. Et ils me supplièrent d'écrire pour eux une humble supplique pour obtenir le pardon de leurs fautes; ils me prièrent de la faire parvenir au trône du Dieu du ciel, car ils n'osaient ni s'adresser à lui, ni même lever les yeux au ciel, à cause du grand crime pour lequel ils avaient été jugés.

7. Alors, j'écrivis une humble supplique à leur sujet, afin de leur faire obtenir repos et miséricorde pour tout ce qu'ils avaient fait.

8. Puis je les quittai, et continuai ma route tout en lisant leur requête, vers les eaux du Danendan, qui se trouvent à l'ouest d'Armon, et je m'endormis.

9. Et voici que j'eus un songe, et une céleste vision. Je tombai en extase, et je vis dans une vision, la punition dont je devais annoncer la triste nouvelle aux enfants des cieux, et les réprimander. Quand je m'éveillai, je me rendis auprès d'eux. Ils étaient réunis, pleurant et la face voilée dans Ubelseiael, lieu situe entre le Liban et Seneser.

10. Et je leur fis part de mes visions et de mes songes.

11. Et je leur adressai ces paroles de la justice, et les réprimandes que méritaient les enfants des cieux.

 

 CHAPITRE XIV

1. Ceci est le livre des paroles de la justice, et des paroles adressées aux vigilants, qui sont de ce monde, selon l'ordre que m'a donné dans la vision le Saint et le Grand. Je vis donc en songe que je parlais avec ma langue de chair et avec le même souffle dont le Tout-Puissant a animé la bouche des hommes, pour converser entre eux.

2. Et je compris avec le coeur. Et de même que le Seigneur a créé et donné aux hommes le pouvoir de comprendre les mots qui s'adressent à l'intelligence, de même aussi il a créé pour nous, et il m'a donné le pouvoir de reprendre les vigilants, les enfants du ciel. J'ai donc rédigé vos prières; mais j'ai su dans une vision, que tant que le monde existera, jamais vous n'obtiendriez ce que vous demandez.

3. Le jugement a été prononcé contre vous; toutes vos prières sont inutiles.

4. Ainsi, désormais, vous ne monterez plus au ciel; et sur terre, vous serez enchaînés aussi longtemps qu'existera le monde lui-même.

5. Mais auparavant, vous serez témoins de la misère de tout ce qui vous est cher, vous ne les posséderez plus. Ils tomberont sous le glaive sous vos propres yeux.

6. Et n'adressez point de prières ni pour eux ni pour vous!

7. Mais vous pleurerez, et vous supplierez en silence. Telles sont les paroles du livre que j'écrivis.

8. Voici maintenant la vision que j'eus:

9. Voici: Je me voyais environné de nuages et de brouillards épais; je contemplais avec inquiétude le mouvement des astres et celui des éclairs, tandis que des vents formidables soulevaient mes ailes, et accéléraient ma course.

10. Je fus enlevé ainsi jusqu'au ciel et j'arrivai bientôt à son mur bâti avec de pierres de cristal. Des flammes mobiles en enveloppaient les contours. Je commençai à être saisi d'effroi.

11. Cependant je m'enfonçai au milieu de ces flammes.

12. Et je pénétrai dans une vaste habitation dont le pavé était en pierres de cristal. Les murs comme le pavé, étaient également en cristal, aussi bien que les fondements. Son toit était forme d'étoiles errantes et d'éclairs de lumière, et l'on voyait, au milieu des chérubins de feu dans un ciel orageux. Des flammes vibraient autour de ces murailles, et la porte était de feu. Quand je suis entré dans cette habitation, elle était à la fois brûlante comme le feu, et froide comme la glace; et il n'y avait là, trace ni de bonheur, ni de vie. Alors, une terreur soudaine s'empara de moi; je tressaillis d'effroi.

13. Tout tremblant, je tombai la face contre terre, et j'eus une vision.

14. Voici; Il y avait une autre habitation plus spacieuse que la première, dont toutes les portes étaient ouvertes devant moi, au milieu d'une flamme vibrante.

15. Telle était sa gloire, sa magnificence, sa grandeur, qu'il m'est impossible de vous dépeindre, ni la splendeur qui l'environne, ni sa vaste étendue.

16. Le pavé était de feu; au-dessus, brillaient des éclairs et des étoiles érrantes, et le comble était tout entier d'un feu étincelant.

17. Je l'examinai avec attention, et je vis qu'il y avait un trône élevé;

18. Dont l'aspect ressemblait à la grêle, tandis que son contour était comme l'orbe éclatant du soleil; et il en sortait des voix de chérubins.

19. De ce trône puissant s'échappaient des torrents de flammes,

20. Qu'il était impossible d'envisager.

21. Et il y avait quelqu'un assis sur ce trône de gloire,

22. Dont le vêtement était plus blanc que la neige.

23. Et aucun ange n'était capable de regarder en face le Glorieux et le Magnifique, ni de s'approcher de lui; aucun mortel ne pouvait le contempler. Un feu brillant brûlait autour de lui.

24. Il s'élevait aussi devant lui, un feu d'une grande étendue; en sorte qu'aucun de ceux qui l'entouraient ne pouvaient en approcher, et des myriades de myriades étaient devant lui. Il n'avait besoin ni de conseils, ni d'assistance, et les saints qui formaient sa cour, ne le quittait ni jour ni nuit. Je m'approchai autant que je pus, voilant ma face, et plein de frayeur. Alors, le Seigneur lui-même daigna de sa propre bouche m'appeler par mon nom: approche, dit-il, approche de plus près, et viens entendre ma sainte parole.

25. Et il me prit, et il me fit pencher jusqu'à la porte. Et moi, je tenais mes yeux baissés vers la terre.

 

 CHAPITRE XV

1. Alors s'adressant à moi, il me parla ainsi: Ecoute, écoute sans crainte, ô juste Enoch, ô scribe de justice, approche, et écoute ma voix. Va, dis aux vigilants du ciel qui t'ont envoyé pour me prier pour eux. Vous deviez prier pour les hommes (325). et non pas les hommes pour vous!

2. Pourquoi avez vous abandonné les saintes hauteurs du ciel, votre demeure éternelle pour aller vous souiller avec des femmes? Pourquoi vous êtes-vous épris des filles des hommes et en avez vous fait vos épouses; avez vous pratiqué avec elles les oeuvres des enfants de la terre, et donné naissance à une race impie?

3. Vous qui étiez des esprits célestes, en possession de la sainteté, de la vie éternelle, vous vous êtes souillés avec des femmes; vous avez travaillé aux oeuvres de la chair, vous avez engendré dans le sang, vous avez agi comme ceux qui ne sont que de sang et de chair.

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les ésséniens

26 Avril 2005 , Rédigé par Flavius JOSEPHE Publié dans #hauts grades

Quand le domaine d'Archélaüs eut été réduit en province, Coponius, Romain de l'ordre équestre, y fut envoyé comme procurateur : il reçut d'Auguste des pouvoirs étendus, sans excepter le droit de vie et de mort. Sous son administration, un Galiléen, du nom de Judas, excita à la défection les indigènes, leur faisant honte de consentir à payer tribut aux Romains et de supporter, outre Dieu, des maîtres mortels.
Ce sophiste fonda une secte particulière, qui n'avait rien de commun avec les autres.
Il y a, en effet, chez les Juifs, trois écoles philosophiques : la première a pour sectateurs les Pharisiens, la deuxième les Sadducéens, la troisième, qui passe pour s’exercer à la sainteté, a pris le nom d'Esséniens,Juifs de naissance, mais plus étroitement liés d'affection entre eux que les autres, ces hommes répudient les plaisirs comme un péché et tiennent pour vertu la tempérance et la résistance aux passions.
Ils dédaignent le mariage pour eux-mêmes, mais adoptent les enfants des autres, à l'âge où l'esprit encore tendre se pénètre facilement des enseignements, les traitent comme leur propre progéniture et leur impriment leurs propres mœurs. Ce n’est pas qu'ils condamnent en principe le mariage et la procréation, mais ils redoutent le dévergondage des femmes et sont persuadés qu'aucune d'elles ne garde sa foi à un seul homme
. Contempteurs de la richesse, ils pratiquent entre eux un merveilleux esprit de communauté. Personne chez eux qui surpasse les autres par la fortune ; car leur loi prescrit à ceux qui adhèrent à leur secte de faire abandon de leurs biens à la corporation, en sorte qu'on ne rencontre nulle part chez eux ni la détresse de la pauvreté ni la vanité de la richesse, mais la mise en commun des biens de chacun donne à tous, comme s'ils étaient frères, un patrimoine unique.Ils considèrent l'huile comme une souillure, et si l'un d'eux a dû malgré lui se laisser oindre, il s'essuie le corps : car ils prisent fort d’avoir la peau rude et sèche et d'être toujours vêtus de blancs[.Ils ont, pour veiller aux intérêts communs, des administrateurs élus, à qui le suffrage de tous désigne leurs services particuliers. Ils ne forment pas une ville unique, mais vivent dispersés en grand nombre dans toutes les villes. Quand des frères arrivent d'une localité dans une autre, la communauté met tous ses biens à leur disposition, comme s’ils leur appartenaient : ils fréquentent chez des gens qu'ils n'ont jamais vus comme chez d'intimes amis. Aussi, dans leurs voyages n'emportent-ils rien avec eux, si ce n'est des armes à cause des brigands. Dans chaque ville est délégué un commissaire spécialement chargé de ces hôtes de la communauté ; il leur fournit des vêtements et des vivres. Leur habillement et leur tenue ressemblent à ceux des enfants élevés sous la férule d'un maître. Ils ne changent ni de robe ni de souliers avant que les leurs ne soient complètement déchirés ou usés par le temps. Entre eux rien ne se vend ni ne s'achète : chacun donne à l'autre sur ses provisions le nécessaire et reçoit en retour ce dont il a besoin ; mais, même sans réciprocité, il leur est permis de se faire donner de quoi vivre par l'un quelconque de leurs frères.  Leur piété envers la divinité prend des formes particulières. Avant le lever du soleil, ils ne prononcent pas un mot profane : ils adressent à cet astre des prières traditionnelles, comme s'ils le suppliaient de paraître .Ensuite, leurs préposés envoient chacun exercer le métier qu'il connaît, et jusqu'à la cinquième heure ils travaillent de toutes leurs forces ; puis ils se réunissent de nouveau dans un même lieu, ceignent leurs reins d'une bande de lin et se lavent tout le corps d'eau froide. Après cette purification, ils s'assemblent dans une salle particulière où nul profane ne doit pénétrer ; eux-mêmes n'entrent dans ce réfectoire que purs, comme dans une enceinte sacrée. Ils prennent place sans tumulte, puis le boulanger sert à chaque convive un pain, le cuisinier place devant lui un plat contenant un seul mets.

Le prêtre prononce une prière avant le repas, et nul n'y peut goûter que la prière ne soit dite. Après le repas, il prie derechef ; tous, au commencement et à la fin, rendent grâce a Dieu, dispensateur de la nourriture qui fait vivre. Ensuite, dépouillant leurs vêtements de repas comme des robes sacrées ils retournent à leurs travaux jusqu'au soir. Alors, revenus au logis commun, ils soupent de la même manière, cette fois avec leurs hôtes s'il s'en trouve de passage chez eux.
Ni cri, ni tumulte ne souille la maison : chacun reçoit la parole à son tour. Pour les gens qui passent, ce silence à l'intérieur du logis apparaît comme la célébration d'un mystère redoutable ; mais la cause en est simplement dans leur invariable sobriété, dans leur habitude de mesurer à chacun la nourriture et la boisson nécessaires pour le rassasier, sans plus.
Tous leurs actes en général s'exécutent sur l'ordre de leurs préposés, mais il y a deux vertus dont la pratique ne dépend que d'eux-mêmes : l'assistance d'autrui et la pitié. Il leur est permis, en effet, de secourir, sans autre formalité, ceux qui en sont dignes et qui les en prient, comme aussi de donner des vivres aux nécessiteux. Cependant, ils n'ont pas le droit de faire des dons à leurs proches sans l'autorisation des préposés. Ils savent gouverner leur colère avec justice, modérer leurs passions, garder leur foi, maintenir la paix. Toute parole prononcée par eux est plus forte qu'un serment, mais ils s'abstiennent du serment même, qu'ils jugent pire que le parjure, car, disent-ils, celui dont la parole ne trouve pas créance sans qu'il invoque Dieu se condamne par là même.

Ils s'appliquent merveilleusement à la lecture des anciens ouvrages, choisissant surtout ceux qui peuvent servir au bien de l'âme et du corps. C'est là qu'ils cherchent, pour guérir les maladies, la connaissance des racines salutaires, et des vertus des pierres.
Ceux qui désirent entrer dans cette secte n'en obtiennent pas aussitôt l'accès. Le candidat fait un stage extérieur d’une année, pendant laquelle il est astreint au genre de vie des Esséniens ; on lui donne une hachette la ceinture dont j'ai déjà parlé et le vêtement blanc. Quand il a fourni pendant le temps prescrit la preuve de sa tempérance, il est associé encore plus étroitement au régime des confrères : il participe aux lustrations du bain de purification, mais il n'est pas encore admis aux repas en commun Car après qu'il a montré son empire sur ses sens, il faut encore deux ans pour éprouver son caractère. Si l'épreuve est manifestement satisfaisante, il est alors admis dans la communauté. Mais avant de toucher à la nourriture commune, il s'engage envers ses frères, par de redoutables serments, d'abord à vénérer la divinité, ensuite à observer la justice envers les hommes, à ne faire tort à personne ni spontanément ni par ordre ; à toujours détester les injustes et venir au secours des justes ; à garder sa foi envers tous, particulièrement envers les autorités car c'est toujours par la volonté de Dieu que le pouvoir échoit à un homme.

Il jure que si lui-même exerce le pouvoir il ne souillera jamais sa magistrature par une allure insolente ni ne cherchera à éclipser ses subordonnés par le faste de son costume ou de sa parure ; il jure de toujours aimer la vérité et de confondre les menteurs ; de garder ses mains pures de larcin, son âme pure de gains iniques ; de ne rien tenir caché aux membres de la secte et de ne rien dévoiler aux profanes sur leur compte, dût-on le torturer jusqu'à la mort. Il jure encore de transmettre les règles de la secte exactement comme il les a reçues, de s'abstenir du brigandage et de conserver avec le même respect les livres de la secte et les noms des anges.
Tels sont les serments par lesquels les Esséniens enchaînent les néophytes. 
Quelqu'un d'entre eux est-il pris sur le fait commettant un délit grave, ils le chassent de la communauté. Souvent l'expulsé trouve une mort misérable : car, lié par ses serments et ses habitudes, il ne peut toucher aux aliments des profanes ; réduit à se nourrir d'herbes, il meurt le corps épuisé de faim. Aussi ont-ils souvent repris par pitié ces malheureux au moment où ils allaient rendre le dernier soupir, considérant comme suffisante pour leur péché cette torture poussée jusqu'à la mort. 
Ils dispensent la justice avec beaucoup de rigueur et d'impartialité. Ils se rassemblent, pour juger, au nombre de cent au moins, et la sentence rendue est immuable. Après le nom de Dieu, celui du législateur est chez eux l'objet d'une vénération profonde ; quiconque l'a blasphémé est puni de mort.
Ils regardent comme louable de suivre l'autorité de l'âge et du nombre ; dix Esséniens siègent-ils ensemble, nul ne pourra parler si les neuf autres s'y opposent. Ils évitent de cracher en avant d'eux ou à leur droite et observent plus rigoureusement que les autres Juifs le repos du sabbat ; car ils ne se contentent pas de préparer la veille leur nourriture pour n'avoir pas à allumer de feu ce jour-là : ils n'osent ni déplacer aucun ustensile ni même satisfaire leurs besoins naturels.
Les autres jours, ils creusent à cet effet une fosse de la profondeur d'un pied à l'aide d'un hoyau -car telle est la forme de cette petite hache que reçoivent les néophytes - et l'abritent de leur manteau pour ne pas souiller les rayons de Dieu ; c'est là qu'ils s'accroupissent, puis ils rejettent dans la fosse la terre qu'ils en ont tirée. Ils choisissent pour cela les endroits les plus solitaires : et, bien qu'il s'agisse là d'une évacuation, ils ont l'habitude de se laver ensuite comme pour se purifier d'une souillure
. Ils se divisent en quatre classes suivant l'ancienneté de leur admission aux pratiques ; les plus jeunes sont réputés tellement inférieurs à leurs aînés que si un ancien vient à toucher un nouveau il doit se purifier comme après le contact d'un étranger. Ils atteignent un âge avancé, la plupart même passent cent ans, et ils doivent cette longévité, suivant moi, à la simplicité et à la régularité de leur vie. Ils méprisent les dangers, triomphent de la douleur par la hauteur de leur âme et considèrent la mort, si elle se présente avec gloire, comme préférable à une vie immortelle.

La guerre des Romains a éprouvé leur force de caractère en toutes circonstances : les membres roués, tordus, brûlés, brisés, soumis à tous les instruments de torture afin de leur arracher un mot de blasphème contre le législateur ou leur faire manger des mets défendus, on n'a pu les contraindre ni à l'un, ni à l'autre, ni même à flatter leurs tourmenteurs ou à verser des larmes. Souriant au milieu des supplices et raillant leurs bourreaux, ils rendaient l'âme avec joie, comme s'ils devaient la reprendre bientôt.
En effet, c'est une croyance bien affermie chez eux que le corps est corruptible et la matière qui le compose inconsistante, mais que l'âme est immortelle et impérissable, qu'elle habitait l'éther le plus subtil, qu'attirée dans le corps comme dans une prison, elle s'unit à lui par une sorte de charme naturel, que cette âme une fois détachée des liens de la chair, débarrassée pour ainsi dire d'un long esclavage, prend son vol joyeux vers les hauteurs.

D'accord avec les fils des Grecs, ils prétendent qu'aux âmes pures seules est réservé un séjour au delà de l'Océan, un lieu que n’importunent ni les pluies, ni les neiges, ni les chaleurs excessives, mais que le doux zéphyr, soufflant de l'Océan, vient toujours rafraîchir ; les âmes impures, au contraire, ils les relèguent dans un abîme ténébreux et agité par les tempêtes, foisonnant d'éternelles souffrances. C'est dans la même pensée, ce me semble, que les Grecs consacrent à leurs vaillants, à ceux qu'ils appellent héros et demi-dieux, les îles des bienheureux, aux âmes des méchants, l'Hadès, la région de l'impiété, ou, d'après leurs légendes, les Sisyphe, les Tantale, les Ixion et les Tityos sont au supplice : croyance où l'on retrouve d'abord l'idée de l'immortalité des âmes, ensuite la préoccupation d'exhorter à la vertu et de détourner du vice car les bons, pendant la vie, deviendront meilleurs par l'espérance des honneurs qu'ils obtiendront après leur mort, et les méchants mettront un frein à leurs passions dans la crainte que, même s'ils échappent de leur vivant au châtiment, ils ne subissent, après leur dissolution, un châtiment éternel.
Tels sont les enseignements religieux des Esséniens, appât irrésistible pour ceux qui ont une fois goûté à leur sagesse. 
Il y en a même parmi eux qui se font fort de prévoir l'avenir à force de s'exercer par l'étude des livres sacrés, les purifications variées et les paroles des prophètes1 et il est rare qu'ils se trompent dans leurs prédictions . Il existe encore une autre classe d'Esséniens, qui s'accordent avec les autres pour le régime, les coutumes et les lois, mais qui s'en séparent sur la question du mariage; Ils pensent que renoncer au mariage c'est vraiment retrancher la partie de la vie la plus importante, à savoir la propagation de l'espèce ; chose d'autant plus grave que le genre humain disparaîtrait en très peu de temps si tous adoptaient cette opinion. Ils prennent donc leurs femmes à l'essai, et après que trois époques successives ont montré leur aptitude à concevoir, ils les épousent définitivement.
Dès qu'elles sont enceintes, ils n'ont pas commerce avec elles, montrant ainsi qu'ils se marient non pour le plaisir, mais pour procréer des enfants. Les femmes usent d'ablutions en s'enveloppant de linges comme les hommes d'une ceinture. Tels sont les usages de cette classe d'Esséniens.
Des deux sectes plus anciennes, les Pharisiens, considérés comme les interprètes exacts des lois et comme les créateurs de la première école, rattachent tout au destin et à Dieu. Ils pensent que la faculté d'agir bien ou mal dépend pour la plus grande part de l'homme lui-même, mais qu'il faut que le destin coopère pour chaque acte particulier  que toute âme est impérissable, que celles des bons seules passent dans un autre corps que celles des mauvais subissent un châtiment éternel.
Quant à la seconde secte, celle des Sadducéens, ils suppriment absolument le destin et prétendent que Dieu ne peut ni faire, ni prévoir le mal ; ils disent que l'homme a le libre choix du bien et du mal et que  chacun, suivant sa volonté, se porte d'un côté ou de l'autre. Ils nient la persistance de l'âme après la mort, les châtiments et les récompenses de l'autre monde.
Les Pharisiens se montrent très dévoués les uns aux autres et cherchent à rester en communion avec la nation entière. Les Sadducéens, au contraire, sont, même entre eux, peu accueillants, et aussi rudes dans leurs relations avec leurs compatriotes qu'avec les étrangers. Voilà ce que j'avais à dire sur les sectes philosophiques des Juifs.

Flavius Josèphe 

 

 

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Les Templiers(3)

26 Avril 2005 , Rédigé par Olivier Publié dans #hauts grades

L’Ordre Spirituel des Templiers

 

En Orient, le Christianisme s’est élaboré à partir d’un milieu riche en systèmes religieux et philosophiques au sein desquels les idées de Création, de Trinité, de Rédemption, et de Résurrection circulaient déjà.

De la rencontre de ces systèmes et du Christianisme naquirent de nombreuses sectes hétérodoxes (nestorisme, manichéisme, etc.) regroupées sous l’appellation de GNOSTICISME (du grec GNOSIS signifiant CONNAISSANCE ). D’emblée déclarés hérétiques, ces sectes furent au cours de l’Histoire systématiquement condamnées par les conciles mais de même qu’il prit connaissance des textes esséniens, l’Ordre du Temple eut aussi accès aux doctrines gnostiques.

Qu’est-ce que la Gnose néanmoins ?

Apparue à peu près à la même époque que le Christianisme, la Gnose est née à la frontière du judéo-christianisme, et puise ses sources dans les pensées juive, chaldéo-babylonienne ,égyptienne et grecque.

Apanage des seuls initiés, elle se présente comme une sagesse communiquant par le mythe et le discours : les mystères sacrés pour mieux offrir une délivrance exprimée au travers d’un retour à soi, d’un retour à l’UNITE.

Selon la GNOSE, le salut ne peut en effet se faire que par une connaissance totale et immédiate englobant l’Homme , le Cosmos, et la Divinité.

Dans le sillage des gnoses classiques, s’est édifiée une Gnose chrétienne rattachée aux enseignements oraux secrets révélés par le Christ aux apôtres comme le décrit Saint Clément d’Alexandrie :

« … la Gnose, communiquée et révélée par le Fils de Dieu est la Sagesse… elle a été communiquée oralement par les Apôtres,…elle est la connaissance …de la nature de notre naissance et de celle de notre renaissance…la connaissance de l’homme est la connaissance de la perfection, la connaissance de Dieu en est la consommation… »

Deux éléments vont toutefois caractériser la Gnose chrétienne

·        Sa volonté de concilier les pensées grecques (Platonisme, Aristotélisme) et Chrétienne.

·        Son élitisme marqué et couplé à un profond mysticisme.

Dans le premier cas, tout en soulignant le fait que l’exil de l’âme lumineuse au sein de la matière ténébreuse soit assimilable à une dégénérescence de l’esprit, elle modèrera au fil du temps la pensée juive au profit d’une hellénisation du christianisme.

L’intention étant de donner du chrétien : l’allure d’un sage grec à l’âme claire et confiante dans le Seigneur.

C’est d’ailleurs la position de l’Ordre du Temple qui adopta comme patron Saint Jean l’Évangéliste de PATMOS, le disciple préféré du Christ.

Le caractère élitiste est, quant à lui, parfaitement exprimé dans un autre témoignage de Saint Clément affirmant :

« … le Seigneur nous a permis de communiquer les mystères divins…à ceux capables de les recevoir,…les choses secrètes se confient oralement, et non par écrit et Dieu fait de même,… les symboles sont divulgués sous une forme mystique… mais cette transmission sera faite moins par les mots que par leur sens cach酠»

Par cet élitisme, on peut imaginer qu’un enseignement assorti de rites spécifiques qui déconcertèrent tant de frères non-initiés, était délivré à tous ceux qui constituaient l’Ordre Intérieur Templier.

En fait, la Gnose chrétienne renvoie indubitablement à l’existence d’un ésotérisme chrétien présent dans l’Église primitive et pourtant nié de tous temps par l’Église de Pierre.

Il reste néanmoins, évoqué dans l’Évangile de Marc au travers des lignes suivantes :

« …a vous disciples choisis, il est donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu mais à la multitude, ces choses sont dites en paraboles afin qu’ils voient et n’entendent pas, qu’ils écoutent et ne comprennent pas… »

Il est aussi attesté par le fait que jusqu’au IVe  siècle , le cheminement qui devait mener le catéchumène à l’entendement des doctrines et des rites chrétiens passait à un moment déterminé par « l’étape » de l’arcane.

Ce n’est qu’ultérieurement que deux voies se dessinèrent :

·        La voie exotérique incarnée par l’Église de Pierre qui en tant qu’Église Universelle « catholicos » fut fondée sur la Croyance (PISTIS) dévotionnelle et formelle.

·        La voie ésotérique représentée par l’Église de Jean, basée sur la Connaissance (GNOSIS) de l’initié et ne se dévoilant que progressivement à travers la pratique rituélique des saints mystères et dont l’Ordre Templier fut la remanifestation entre 1118 et 1314.

Sur un plan historico-symbolique, ces deux voies ne sont que les expressions des deux pontificats parallèles que l’on retrouve dans l’Ancienne Alliance assimilés aux sacerdoces d’AARON,et de MELCHISEDEQ : le Roi du Monde.

Selon la Tradition, le Pontificat de Pierre prendra fin avec le retour du Christ auquel succèdera le glorieux Pontificat de Jean qui rétablira à jamais la Tradition Primordiale.

Toute la supériorité de Jean et la nature dissimulée de son rôle sont d’ailleurs pleinement exprimées au cours de l’épisode de la pêche miraculeuse qui souligne aussi son rôle, prolongement de celui du Christ :

« …Pierre se retournant, vit venir derrière eux le disciple que Jésus aimait, celui qui pendant le repas du soir, s’était aussi penché en arrière sur sa poitrine et avait dit :Seigneur qui est celui qui te livre ?

Pierre donc en l’apercevant dit à Jésus : Seigneur, que fera celui-là (Jean), Jésus lui dit : Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, en quoi cela te regarde-t-il ?

Toi (Jean), continue à me suivre… » (JEAN : XXI 20-22)

C’est dans cette optique qu’il faut percevoir la création du Temple, l’Ordre fut en fait la « cristallisation » de l’héritage secret de Jean, il fut destiné à incarner le lien entre l’Orient et l’Occident, tous deux détenteurs au delà des formes, des rites, et dévotions d’une portion de la Tradition Première.

L’Ordre Templier œuvrait pleinement à l’avènement du second pontificat. En fait il a bel et bien existé pendant plusieurs siècles en Orient comme en Occident (à Lyon) une Église officielle de Jean.

Au XIIe siècle, cette Église prospère possédait ses propres rites, son texte canonique : l’APOCALYPSE (du grec APOCALYPSIS : Révélation), et son clergé dont fut membre le Patriarche THEOCLETES, celui-là même qui donna au Temple ses pouvoirs lors de sa création.

En dépit de sa filiation et de sa mission johannique, l’Ordre à son tour se scinda en un temple extérieur et un temple intérieur. Le temple extérieur suivait les enseignements de l’Église de Rome et s’adressait aux templiers non-initiés, le temple intérieur suivait ceux  de Jean, privilégiant son évangile et célébrant son office selon vraisemblablement le rite Byzantin. L’Ordre du Temple appartenait donc bien à la « Maison de Jean », nom qu’il donnait d’ailleurs à sa Maison cheftaine de Jérusalem.

Gardien du saint Graal, Jean incarne toute la puissance de la Tradition Originelle et Éternelle qui s’exprime  intensément dans la Révélation Christique car contrairement à la pensée émotionnelle de Pierre, celle de Jean privilégie l’Esprit Saint, le Verbe, le Logos, c’est à dire toute cette Énergie Secrète de l’Univers assimilée au Christ Solaire et victorieux, porteur de Lumière et de Vie.

L’Ordre du Temple fut ainsi dans une certaine mesure davantage l’Église du Saint Esprit que celle du Christ proprement dit, d’où l’explication du rite de reniement que l’on  connaît.

A Jean de PATMOS, l’Ordre associait Jean le Baptiste, tous deux étaient fêtés à l’occasion des solstices quand les jours recommencent à croître comme à décroître, illustrant parfaitement cette parole de l’Évangile de Jean :

« … Il faut que celui là croisse et que moi je diminue… »

 

Le Temple avait ainsi symboliquement compris que les deux Jean à l’image du Janus latin ne sont rien d’autre que les pôles de l’initiation aux mystères, Jean le Baptiste se confond en ce « vieil homme » qui doit mourir par la descente aux enfers au profit du « nouvel homme » incarné par Jean l’Évangéliste.

La « nouvelle naissance » permettant dès lors d’ouvrir les portes du Ciel donnant accès aux réalités premières.

Voilà ici résumés tout le sens et contenu de la Quête du Graal auquel l’Ordre faisait référence quand il demandait aux frères « de mourir saintement afin de renaître dans la Gloire du Seigneur Dieu ».

Cette association des deux Jean pourrait aussi fournir l’explication du mystère de la tête coupée des templiers souvent décrite dans les aveux comme une tête biface avec une face vielle et barbue( Jean le Baptiste) et une jeune imberbe ( Jean de PATMOS).

Une telle représentation pourrait bien avoir exprimé cette image d’un « Baptême par le feu » représentation de l’Esprit Saint johannique, venant compléter le « Baptême par l’eau » autre symbole du Baptiste car : « seul l’Esprit Saint …infusé en l’être lui permet l’accession à la Gnose et à la Grâce… de la compréhension des Mystères divins… »

L’Ordre templier fut aussi dès sa création lié à la personnalité de Saint Bernard de Clairvaux dont la pensée en modela la destinée. Cette pensée prenait appui sur  « Dame  Charité » ainsi que sur l’Amour Divin que l’âme peut atteindre par l’extase.

Charité et Amour ne sont toutefois pas donnés spontanément à l’homme, ils ne peuvent s’acquérir que par un effort constant et intense qui aboutit à une connaissance absolue ainsi qu’à un don entier de soi.

Conformément à la doctrine de Jean, il est dit que Charité et Amour concernent tous les hommes une fois reconstitués les liens de l’Unité Première (l’Androgynie Originelle) par la réactivation d’un centre dépositaire de la Sagesse Primordiale.

De ce principe découleront le concept de Terre Sainte de la pensée bernardine et templière ainsi que l’entière fonction de l’Ordre. L’Ordre du Temple se conçoit en effet en terme de « Milice de Dieu » destinée à « servir de chevalerie au Souverain Roi » et à recréer en tant que telle les liens spirituels entre les hommes, c’est pourquoi il n’hésitera pas à contacter d’autres ordres initiatiques traditionnels(ASSACIS, COPTES, DRUZES etc.) sans pour autant hésiter, quand cela sera nécessaire, à faire preuve de rudesse comme «  d’agir par le fer ».

L’autre grand apport de Saint Bernard au Temple fut celui de la vénération pour la Vierge Marie, remanifestation, christianisée de la Grande Protectrice génésique qui chez les peuples pré-chrétiens répondait aux noms d’ISIS, d’ISHTAR ou de VENUS.

Archétype de la femme sublimée, la Vierge est ainsi la Voie, l’intermédiaire qui permet au Verbe de s’incarner, elle dessine un chemin par où passe la force cosmique, elle symbolise l’Amour éternel et indifférencié, la Dame au sens chevaleresque du terme, qui fournit à tous  cherchants : formes et âmes. Au sein de l’Ordre Templier et comme précédemment, la thématique de Marie connut deux niveaux d’interprétation :

·        Un niveau exotérique à base strictement dévotionnelle où la Vierge est définie comme la mère du Sauveur, conformément à l’enseignement de l’Église de Pierre.

·        Un niveau ésotérique où Marie image voilée d la « Sophia grecque » n’est autre que la SCHEKINAH kabbalistique, la présence immédiate et sensible de la Divinité au sein du monde comme de l’homme.

Marie est dès lors le lien qui relie le fini à l’infini, les mondes supérieur et inférieur, la médiatrice sublime qui fait communiquer Dieu et les hommes.

Ce concept est d’ailleurs exprimé dans les ultimes paroles prononcées par le Christ mourant comme relaté dans l’Évangile de Jean :

« … Jésus donc voyant sa mère et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voici ton fils, ensuite il dit au disciple : voilà ta mère… et depuis lors le disciple la garda dans sa maison… » (JEAN XIX :26).

Une fois encore, Jean apparaît donc pleinement être ce gardien de la Tradition Apostolique    du Christianisme Originel, Tradition que l’on assimile à Marie et à sa virginité, « …la virginité de Marie est comparable à celle des Écritures du Seigneur, ces écritures sont fécondes par la lumière qui en rayonne, et par la vérité qu’elles mettent au monde, mais elles demeurent vierges et enveloppent d’un voile saint et pur les mystères de la Vérit酠»

Bien que la pensée de Jean privilégie l’Esprit Saint, Marie n’est pas étrangère à cette primauté, l’Ordre du Temple eut connaissance de celle-ci au travers d’une tradition de tos temps rejetée par l’Église de Rome et qui veut que la Vierge fut parmi les Apôtres lors de leur transfiguration par l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte. Mieux encore, cette même tradition précise que c’est sur elle même que s’est initialement posé l’Esprit Saint pour se répandre ensuite en langues de feu sur tous ceux qui l’entouraient.

Marie est ainsi, un personnage fondamental dans l’Église de Jean, à la fois médiatrice et dispensatrice de l’Esprit Saint, il était légitime que l’Ordre lui porte une profonde dévotion et puisse percevoir à travers elle le commencement et l’achèvement de toutes religions.

  

Notre voyage au sein de l’Ordre Templier s’achève il nous a révélé qu’ « … à travers l’Histoire et ses incidences temporelles, il a toujours existé chez un petit nombre d’hommes, un mouvement dynamique orienté vers l’essentiel, celui-ci permet d’opérer des percées lumineuses donnant accès au fond d’Éternité qui appartient à chaque homme… »

La tentative historique et spirituelle des Templiers eut ainsi deux entrées :

Celle de la Foi qui transcende le monde matériel et permet de le considérer à sa juste et relative valeur,

Celle de l’expérience initiatique qui emprunte la voie de l’apparence pour s’enquérir de l’invisible.

Investis dans leur tâche métaphysique les Templiers empruntèrent puis dépassèrent rapidement la seule voie religieuse pour dessiner cette voie spirituelle où l’Harmonie découle de l’union des contraires.

L’Ordre devint alors une œuvre harmonieuse et cohérente où des hommes tournaient leur regard vers Dieu, s’engageant dans un quête à la fois douce et brutale mais dont l’essence respire encore puissamment à travers leur devise :

« …Non pas à nous Seigneur, non pas à nous, mais à ton Nom seul donne la gloire !… »

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Les Templiers(2)

26 Avril 2005 , Rédigé par Olivier Publié dans #hauts grades

 

Les énigmes templières

 

 Avec sa disparition brutale , l’Ordre du Temple laisse derrière lui un ensemble ’énigmes nées d’accusations et d’aveux jamais résolus à ce jour. Certaines, cquises sous la persécution, sont à rejeter cependant, d’autres furent obtenues librement comme celles déposées devant la Commission pontificale voire devant le pape en personne.

 

Le fait que le pouvoir royal ait déformé certaines de ces accusations n’efface en rien leur réalité, au contraire elles paraissent reposer sur un fond de vérité confirmant ainsi qu’il se déroulait bien au sein du Temple des évènements singuliers et inconnus des autres ordres de l’époque.

L’aveu le plus courant est celui du reniement du Christ et de la Croix, ce rite se pratiquait la nuit en huis clos en la chapelle ou dans la salle capitulaire, l’officiant, (un chevalier ou chapelain) assisté de chevaliers et sergents entouraient le nouveau frère, la Croix qui comportait souvent l’image du crucifié était posée à terre. Au delà des hypothèses multiples plus ou moins acceptables telles que le rejet de l’Église Exotérique de Pierre l’influence islamique du « mauvais maître » alias GERARD de RIDEFORT, tout ici exprime un rite purement initiatique dont le contenu symbolique est incompris par récipiendaires et officiants, d’où le parfum d’hérésie que l’on connaît.

En fait, l’existence du rite suggère celle d’un cercle intérieur d’initiés dans l’Ordre que l’on pourrait imaginer structuré en trois niveaux donnant lieu à trois types distincts de réceptions :

·        Le premier, sans rite ni mystère, était réservé à la majorité des frères comme l’affirment les aveux de nombre d’entre eux jurant ne rien connaître de telles pratiques.

·        Le second où se pratiquait le reniement du Christ

·        Le troisième réservé aux seuls membres du Chapitre Général :

«…nous avons trois articles … » déclarait le frère GAUCERANT de MONTPEZAT, « …

que personne ne connaîtra jamais excepté Dieu… et les Maîtres…. »

 

Ainsi, on peut concevoir que c’est au deuxième niveau que le frère devenait réellement templier par l’accomplissement d’un rite de passage où mourrait le « vieil homme » encore empreint de christolâtrie pour que surgisse le « nouvel homme »

Tout cherchant ne doit-il pas d’abord se plonger dans les ténèbres pour ensuite se relever dans la lumière ici apportée par le groupe d’affiliation en l’occurrence l’Ordre ?

Cette « descente » et cette « remontée » pourraient avoir été symbolisées par le reniement du Christ, Jésus apparaissant dès lors davantage sous une figure humaine voire humanisée, que divine figure assimilée par analogie au récipiendaire que ses propres pêchés pouvaient conduire à sa « mort » à sa crucifixion symbolique à la perte de son Paradis. Ainsi, plus qu’une »…véritable abjuration.. ; » le reniement du Sauveur est davantage « …une sorte d’épreuve où l’on devait témoigner de la faculté de dépasser une forme exotérique, simplement religieuse et dévotionnelle du culte… » Autre chef d’accusation : les baisers interdits donnés aux frères par ceux qui les recevaient comme le commente HUGUES de BURE :

« …J’ai été reçu dans la Commanderie… par le frère… précepteur…,j’enlevai tous mes vêtements sauf chemise et braie et il me remit le costume et le manteau de l’Ordre, il me baisa ensuite sur les lèvres puis au nombril et à l’épine dorsale… » Là encore la réalité de ces baisers reproduit un rite initiatique antique totalement incompris, celui-ci fait référence à « l’activation des potentialités de l’Énergie ou du Verbe alimentant les centres forces diversifiés des actions humaines. C’est ce que les traditions orientales désignent sous le terme de KUNDALINI et de CHAKRAS.

Le baiser buccal symbolise toute la transmission du souffle de l’initiateur à l’initié, le souffle représentant lui-même l’Esprit et le Verbe Divin Créateur.

Le second baiser donné sur le plexus sacré avait pour fonction de transmettre la force créatrice spiritualo-temporelle émanée de la « Vénus » antique, de cette Beauté absolue créatrice des œuvres issues de l’Intelligence. Le troisième baiser appliqué sur l’ombilic liait le frère à l’Ordre qui la recevait.

L’ordre d’application de ces baisers avait une profonde importance, l’on, devait commencer par le bas, le plexus sacré où siègent les souffles de la matière brute puis continuer par le ventre lieu d’élaboration et de création pour terminer par la bouche et la tête lieu du souffle purifié et siège du Divin car « l’homme nouveau » doit partir du bas de la matière première pour parvenir en haut, à la matière purifiée.

Une telle « élévation symbolique » fut d’ailleurs jusqu’au XVIIIe siècle présente au sein de l’Église où cardinaux comme prélats baisaient successivement les pieds, genoux, et ventre du Pape, éliminant dès lors le parfum de scandale et le caractère spécifiquement templier de ce rite qu’une certaine conception de l’Histoire nous a imposée.

 

L’autre accusation sérieuse portée contre l’Ordre Templier et source de malentendus qui excitèrent l’imagination des détracteurs contemporains et ultérieurs fut celle de l’adoration du BAPHOMET et de son idolâtrie. Confondu avec l’image de la tête adorée soi-disant par les Templiers le BAPHOMET aurait désigné la tête idole en question alors qu’il existe plus que jamais deux réalités bien distinctes :

En premier lieu , le terme BAPHOMET ne fut jamais prononcé par les Templiers à l’exception d’un seul le frère sergent occitan GAUCERANT qui s’accusa à titre individuel d’avoir adoré une image Baffométique un BAPHOMET qui en langue d’Oc était une déformation populaire désignant MAHOMET.

Ignorant par ailleurs que l’Islam interdit toute représentation humaine, dans l’esprit du frère occitan, une telle image assimilée à tort à une image mahométane ne pouvait être qu’une représentation païenne.

De là, les erreurs d’interprétation affirmant l’existence d’une influence musulmane dans les croyances secrètes du Temple que l’autorité royale saura déformer à souhait et que les auteurs des siècles suivants teinteront d’occultisme.

L’accusation d’idolâtrie en revanche, porte davantage à réflexion à la lecture du Procès Verbal d’avril 1310 :

« …ils adoraient … cette idole, ils la vénéraient… comme leur Sauveur, spécialement dans leurs grands chapitres,… ils disaient que cette tête… donnait à l’Ordre toutes ses richesses, qu’elle faisait fleurir les arbres, qu’elle faisait germer. Ils entouraient cette tête de cordelettes, les lui faisaient toucher puis ils ceignaient leurs corps avec ces cordelettes… »

 

L’aspect de la tête diffère selon les témoins, masculine et féminine pour certains, hideuse et angélique pour d’autres, elle présente donc deux faces comme JANUS.

Sa matière est tout aussi variée à ce point que les témoignages contradictoires et le fait que les juges et les gens d’armes chargés de perquisitionner les commanderies n’aient jamais mis en évidence une seule de ces têtes, nous laisse à penser que celles-ci n’ont jamais matériellement existé.

Il semble qu’elles fassent appel à une expérience dramatisée de la conscience propre à chaque templier pendant sa réception, d’un choc initiatique en présence de la Lumière, celle-là même « … qui éclaire nos travaux… »

En fait nous sommes ici en présence d’une captation par l’homme d’une sagesse et d’une Connaissance, d’une Gnose au sens le plus élevé du terme qui est celle de la « Vierge Sophia » qui donne : vie éternelle, gloire et richesse au plan spirituel, cela s’entend. Le rite de la tête quant à lui, s’inscrit comme une donnée essentielle de la Tradition Primordiale, ce qui explique qu’elle soit présente universellement tant chez les grecs avec la tête de la Méduse que chez les vikings, avec celle de MIMIR qu’ODIN venait consulter, que chez les aztèques avec celle de TEZCATLIPOCA.

Ce rite qui est celui de la décollation renvoie à une double initiation, en coupant la tête d’un adversaire (initiateur), le vainqueur (néophyte) s’approprie à la fois l’énergie transcendante et la puissance spirituelle du Maître, il abandonne dès lors son corps de chair au bénéfice de l’Esprit.

Loin d’être une idole, la tête templière est définitivement la base d’un rite initiatique de type héroïco solaire, à la fois moines et guerriers, les templiers par le rite de la décollation symbolique de la tête s’appropriaient la puissance spirituelle et l’Esprit pour mieux se préparer à vaincre les ennemis visibles mais ceux aussi plus redoutables qui siègent dans les profondeurs de l’Être et qui influencent l’Âme et l’Esprit de chacun.

Quant au problème rapporté au lien entre la tête idole et la cordelette portée par les frères et qui selon les aveux était ceinte après avoir été passée autour du cou de la tête en question n’y a t il pas encore malentendu quand on sait que cette pratique est tout à fait conforme au rite chrétien de la bénédiction et de la conservation d’un objet ? La cordelette, symbole de chasteté du moine, étant ici tout simplement bénie par la mise en contact avec un objet sacré reliquaire assimilé dans le cas présent à la tête idole.

 

Enfin, d’autres accusations persistent comme celle de la Règle Secrète ou celle de la Réception dans l’Ordre des chevaliers excommuniés.

La Règle secrète renvoie inévitablement à l’existence d’un Ordre intérieur, de nombreux aveux dont ceux du précepteur de Laon, GERVAIS de BEAUVAIS convergent dans ce sens :

« … il y avait dans l’Ordre un règlement si extraordinaire et sur lequel un tel secret devait être gardé que chacun aurait préféré se faire couper la tête que de le révéler… »

 

Jacques de Molay nia toujours l’existence des deux mais il est curieux de constater que peu avant le 13 octobre 1307, le grand Maître ait détruit un certain nombre ‘exemplaires de la Règle toutefois : de quelle règle s’agissait-il ? De la règle officielle ou de la Règle secrète ? Même s’il apparaît logique qu’un Ordre initiatique et parallèle désire que son règlement ne soit accessible qu’aux seuls frères qualifiés l’Histoire a conservé son secret.

La réception et l’inhumation en terre chrétienne des chevaliers excommuniés fut un autre des griefs portés contre le Temple, l’exemple du Comte d’Essex, Geoffroy de

MANDEVILLE mort excommunié et inhumé par les templiers d’Angleterre en 1143 est particulièrement révélateur. Il exprime une évolution de l’esprit de l’Ordre allant à l’encontre d’un dogme fondamental du Christianisme officiel et traduisant de fait une opposition à l’autorité de l’Église romaine dont les représentants sont en principe seuls maîtres du pouvoir « de lier et délier ».

Cette évolution se fait pleinement sentir dans la différence qui marque la Règle latine de l’Ordre adoptée au Concile de Troyes en 1128 de la Règle française de 1140.

La première, en effet, interdit expressément toute admission de chevaliers excommuniés alors que la seconde les accepte voire les recherche, à la condition unique qu’ils expriment un repentir sincère.

Certes, tout ceci répond avant tout à une nécessité militaire sous tendue par la vertu élémentaire de charité chrétienne, néanmoins cette volonté affichée de donner à tous l’ultime occasion de se racheter est aussi bernardine de conception. Saint Bernard, en effet, ne déclare-t-il pas se réjouir de voir l’Ordre s’ouvrir « aux impies,…aux sacrilèges car le Christ a triomphé d’eux avant de triompher par eux… »

En cela, il reste conforme au message de Saint Jean l’Évangéliste fondé sur l’Amour Universel dont nul ne saurait être exclu et fait du Temple, plus que jamais une église Johannique.

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Les Templiers(1)

26 Avril 2005 , Rédigé par Olivier Publié dans #hauts grades

 

L’ordre Temporel des Templiers

 

L’ordre du Temple naît au cours du XII e siècle des suites de l’issue victorieuse de la première croisade(1096-1099) marquée par la prise de Jérusalem et la constitution des États Latins d’Orient.

Après la disparition précoce et brutale du pieux GODEFROY de BOUILLON, son frère BAUDOIN  de Boulogne, alias BAUDOIN PREMIER puis son cousin BAUDOIN SECOND, prennent successivement le titre de rois de Jérusalem.

Sous le règne du dernier, un double constat s’impose brutalement :

Comment préserver l’intégrité des frontières du fragile royaume et assurer dans le même temps la sécurité des routes qui depuis Jaffa et Saint Jean d’Acre exposent les pèlerins, toujours plus nombreux depuis le reconquête de la Ville Sainte à de multiples dangers ?

La réponse est apportée par GUILLAUME de TYR :

« … quelques nobles chevaliers, hommes dévoués à Dieu, et animés de sentiments religieux, se consacrèrent au service du Christ…, il leur fut enjoint de travailler de toutes leurs forces et pour la rémission de leurs pêchés à protéger les routes et les chemins et de s’appliquer à défendre les pèlerins…  »

Ainsi HUGUES de PAYNS, GEOFFROY de  SAINT OMER,PAGAN de MONTDIDIER , ARCHAMBAUD de SAINT AMAND, , GEOFFROY de BRISSOL, , GONDEMARE ,  ROSSAL ,HUGUES RIGAUD et ANDRE de MONTBARD, le propre oncle de Saint Bernard prononcèrent leurs vœux devant le Patriarche THEOCLETES soixante septième successeur de l’Apôtre Saint Jean l’Évangéliste et « … comme ils n’avaient ni église, ni résidence fixe, le roi leur concéda… un logement dans le palais qui est situé auprès du Temple du Seigneur, du côté du midi… »

La Milice des Pauvres du Christ était née. Apparu en l’an 1118 et reposant sur le postulat de la Croisade, l’Ordre se réfère toutefois aux concepts antérieurs de « guerre juste » et de « guerre sainte » de Saint Augustin (354-430 ).

Pour celui-ci une guerre n’est juste qu’en présence de trois critères :

 

·        L’autorité du souverain : seuls dieu et le pape ou le roi peuvent décider si le recours à la guerre est justifié.

·        Une juste cause : la cause sera toujours juste quand il s’agira de corriger une injustice.

·        Une intention droite : dont le principe même interdit toute violence gratuite.

 

L’autre grand apport de Saint Augustin à l’Ordre Templier réside dans l’expression de ce dernier qui conçoit le clerc comme un combattant utilisant des armes spirituelles par opposition au laïc qui doit lutter et vaincre avec des armes temporelles à sa disposition.

Saint Augustin établit ainsi une hiérarchie fonctionnelle où le clerc qui incarne la fonction spirituelle ( l’âme ) commande au guerrier qui lui incarne la fonction corporelle (le corps ) tout comme « .. l’âme fait mouvoir le corps… »

Ainsi dès le V ème siècle la pensée augustinienne porte l’embryon du concept des ordres monastico-militaires à savoir celui d’établir un groupe d’hommes à la fois clercs et guerriers, maniant armes temporelles et spirituelles pour mener la guerre juste et gagner la guerre sainte qui se confond en la pleine réalisation spirituelle de la Voie Héroïque dominée elle même par la sublimation de la mort.

Bien que nourri par les concepts augustiniens, l’Ordre Templier s’appuie avant tout sur la croisade dont l’idée dérive quelque peu, de celle du Pèlerinage rite purificateur par excellence.

 

Il est vrai que la limite entre les deux reste floue, comme l’illustrent l’expression « pèlerinage armé » pour désigner la première croisade ou l’usage d’itinéraires de pèlerinage pour assurer conquêtes et reconquêtes ; à l’image du Chemin de Compostelle pour la « Reconquista » du Cid.

Le pèlerinage en Terre Sainte a cependant cette exclusivité d’établir un contact concret avec un ensemble de lieux marqués par le Divin, il auréole dès lors la rémission de tous pêchés et donne la valeur de martyr et l’accès paradisiaque à tous ceux qui disparaissent en chemin.

 

C’est dans un tel état d’esprit accentué par les excès du Calife Fatimide HAKEM que la croisade prônée en 1095 par l’appel de Clermont  du Pape URBAIN II prendra forme.

Son contenu au fil du temps gagnera en symbolisme, ainsi à l’institution première de la Paix de Dieu entre chrétiens destinée à détourner la violence profane vers les non chrétiens se greffera avec Saint Bernard la vertu d’engagement susceptible de donner à tous croisés :l’opportunité de réintégrer la Grâce Divine en défendant au prix de sa vie, une terre sainte et spirituelle.

Le port de la croix d’étoffe est ainsi ce symbole qui concrétise l’association du pèlerin aux souffrances du Christ.

 

Avec les premiers désastres, l’écrasement de l’armée croisée par SALADIN à HATTIN en Juillet 1187, puis la perte de Jérusalem en octobre de la même année, la papauté fera usage du côté pénitentiel de la croisade avant que celle-ci ne soit progressivement remplacée dans les esprits par l’idée de mission lancée par Saint François d’Assise en 1219.

L’Ordre Templier apparaît dans une société morcelée et hiérarchisée, la société féodale connaît en effet deux sortes de liens :

 

·        Un lien vertical constitué par un ensemble d’institutions et d’usages créant et entretenant des relations réciproques, l’Ordre échappe toutefois à celui-ci car en tant qu’institution religieuse il ne relève que de l’autorité papale.

·        Un lien horizontal dominé par un découpage du pouvoir public, notamment des terres et dans lequel l’Ordre s’impliquera profondément à travers legs et dons multiples.

L’axe de cette société demeure cette caste guerrière issue des mondes mérovingien et carolingien, désignée sous le terme de Chevalerie à laquelle l’Église sut fournir un réel contexte spirituel.

 

En christianisant, en effet l’antique remise des « armes viriles » la Chrétienté créa à la fois une société d’hommes sacralisée :un Ordre mais dessina une voie : la Voie Chevaleresque qui autorise chacun selon sa propre mesure à bâtir son perfectionnement spirituel pour mieux harmoniser sa « …mortelle individualit酠»

L’Ordre du temple propose au postulant de suivre la modalité spirituelle de la Chevalerie pour atteindre la perfection « dans la lumière directe du… Christ… »

Ici, le suzerain est assimilé à l’Ordre et à l’Église, quant à la Courtoisie, elle ne s’adresse qu’à la Femme Céleste ou Sublimée : la Vierge Marie.

 

N’est-ce pas d’ailleurs à Saint Bernard que revient l’invention et l’usage du terme de Notre Dame ? Création originale ayant réussi la synthèse entre la fougue de la Chevalerie et les idéaux spirituels de Paix et de Charité, le Temple sut parfaitement conjuguer vie militaire et religieuse.

Il fut ainsi en quelque sorte une institution « androgyne » à la fois passive ou (réceptrice) par la prière et contemplation et active (ou émettrice) par l’action guerrière à l’image des antiques confréries.

D’ailleurs, « l’entrée en la Maison du Temple » revêtait les allures d’un authentique rituel initiatique, signifiant par là que l’Ordre possédait une dimension symbolique certaine, le huit clos de la réception du futur templier, le fait que celle ci se pratiquait la nuit, nous renvoient plus que jamais aux mystères des initiations antiques.

Selon son lieu de résidence, la vie du templier diffère , toujours prêt en Orient à « …chasser… d’un cœur intrépide les ennemis de la Croix du Christ, allant constamment de par les routes… la peau tannée par la chaleur et la cotte de mailles… »,  il est en Occident davantage un moine sachant mettre en valeur les terres achetées ou léguées ainsi qu’un expert dans toutes les activités bancaires.

 

Bien que pour le templier, la vie soit à la fois ascèse et combat un tel concept dut rapidement être rattaché à un cadre, une Règle destinée à discipliner « … les corps et âmes… » et officialisée par la Papauté.

Cette reconnaissance fut accordée en 1128 au cours du Concile de Troyes, le Temple reçut alors du Pape Honorius III la Règle Cistercienne fortement inspirée par Saint Bernard.

Jusqu’ici, la première règle de type augustinien se résumait en l’obligation de prononcer les trois vœux monastiques , de promettre soumission au « Maître du Temple de Jérusalem » et de respecter jeûnes et abstinences tout en soulignant les devoirs du chevalier.

Avec la règle cistercienne qui précise droits et devoirs des frères et réitère les obligations , précautions et interdits, l’Ordre se structure en trois niveaux reproduisant ainsi les ‘trois états de la société médiévale que sont :

 

·        Les Oratores : ceux qui prient (les chapelains)

·        Les Bellatores : ceux qui combattent ( les chevaliers et sergents)

·        Les Laboratores : ceux qui travaillent ( les domestiques et servants)

 

A côté de la Règle, il existe d’autres dispositions comme les Retraits ou textes traitant des fonctions administratives , les Statuts qui précisent les détails des cérémonies et les Egards qui notifient interdits, exclusions et pénitences.

Enfin certains témoignages font aussi état d’une Règle Secrète propre à l’existence d’un Ordre Intérieur.

Toute la finalité du Temple se confond en la garde de la Terre Sainte celle ci impliquait souvent une lutte armée mais engendrait parfois des rencontres fortes faites de traités d’alliance et d’échanges avec les musulmans.

 

L’Ordre eut ainsi accès à d’autres niveaux de connaissances humaines comme les écrits des philosophes grecs de l’Antiquité retraduits par les érudits perses islamisés, il découvrit bien avant son arrivée en Europe via l’Espagne des Almohades, l’Art d’Hermès ou l’Alchimie en vogue en Égypte fatimide.

Tout aussi fécond fut le constat de partager la valeur commune des protagonistes chrétiens et musulmans de la Chevalerie, en effet au « miles » se superpose au travers de rites similaires : jeûnes, pénitences, code d’honneur le « fata » islamique dont l’archétype est Ali le gendre de Mahomet.

Tous ces points communs devaient faire naître une estime mutuelle entre adversaires même si les combats étaient acharnés et sans pitié. Certains iront même jusqu’à affirmer que quelques seigneurs musulmans furent adoubés.

En contact permanent avec tous les aspects de la société proche orientale le Temple noua dès l’époque d’Hughes de Payns des rapports étroits avec les locaux et gagna dès lors le respect et l’amitié de nombreux princes musulmans.

 

Ces rapports étaient renforcés par les multiples liens que l’Ordre tissait par l’entremise des relations économiques et financières ainsi que par son activité diplomatique visant à instaurer un espace politique et religieux voire un ensemble unifié supra spirituel.

A tous ces contacts, il faut aussi ajouter des liens purement spirituels que l’Ordre Templier entretint avec certains groupes musulmans comme non musulmans (manichéisme, zoroastrisme, gnosticisme, l’Église Copte).

Ces échanges relevaient davantage du métaphysique que des données strictement religieuses, c’est la Tradition Primordiale qui était là mise en valeur, celle là même dont la connaissance et les interprétations étaient devenues incompréhensibles à la majorité.

Dans ses rapports avec l’Islam, l’Ordre privilégia toujours le CHIISME mystique et initiatique et son interlocuteur privilégié fut l’Ordre des ASSACIS ( de l’arabe ASSAS qui signifie gardien).

Celui ci réfugié au nord de la Perse dans la forteresse d’ALAMUT, structuré en société secrète sous l’autorité absolue du Maître de la Montagne , n’hésita pas dans sa lutte contre le SUNNISME à utiliser terreur et assassinats.

Nombreuses sont les similitudes entre les deux institutions à commencer par leur esprit d’indépendance et leurs doctrines.

L’Ordre des Assacis étudia le Coran dans un sens ésotérique, enseignant que Dieu se confond en la Raison Universelle dont l’attribut principal est la Connaissance et le noble art des armes.

N’est-ce pas là ce que faisait le Temple avec la Bible et l’Évangile de Saint Jean à cette différence près que l’interprétation de l’esprit et du symbole primait sur la lettre et le maniement des armes du moins en Occident ?

En dehors d’une durée de manifestation à peu près semblable dans le temps, et d’une pratique initiatique rattachée à une tradition comme à une vision de l’unicité du Sacré, les deux ordres partageront aussi une soudaine destruction entreprise par les pouvoirs établis.

Les mongols et le sultan BAIBARS précéderont seulement de quelques années en 1271, le roi Philippe le Bel et le Pape Clément V dans leur politique d’anéantissement.

Avec la perte de la Terre Sainte en 1291, et le retour via Chypre de l’Ordre Templier en France, le Temple voit son prestige amoindri.

L’Orient latin perdu, est-il encore nécessaire que l’Ordre conserve ses richesses, ses privilèges, ses armes ?

Ces interrogations associées aux révélations d’hérésie faites par un templier apostat vont mettre en marche une infernale machine répressive alimentée en premier lieu par la cupidité d’un roi et les indécisions d’un pape. Au delà des faits, il existe cependant d’autres raisons, il est admis que le Temple contraria le désir secret de Philippe IV le Bel qui était d’instaurer un ordre religieux réunissant le Temple et l’Hôpital, d’en prendre la direction avant d’évangéliser les pays musulmans et d’instaurer une monarchie universelle.

Dans l’esprit du roi, ce nouvel ordre désigné sous l’appellation d’Ordre des Chevaliers de Jérusalem aurait vu sa maîtrise revenir de génération en génération au fils aîné de la famille royale et obtenir comme privilège suprême le droit de regard sur l’épiscopat voire l’élection papale. C’est d’ailleurs tout le sens de certaines actions du roi comme : sa volonté émise de voir s’installer la papauté en France, son « appui bienveillant » apporté à l’élection du futur Clément V, sa tentative vaine de se faire admettre au sein du Temple.

Philippe le Bel ne pardonna jamais à l’Ordre d’avoir par son refus de fusion avec les hospitaliers, anéanti son grandiose projet.

En fait il n’est pas interdit de penser que le roi et l’Ordre des templiers partageaient un désir identique, celui d’établir une Théocratie, d’où cette lutte en coulisse exprimée au travers d’accusations spiritualo-profanes destinées aux non initiés et qui ne pouvait se conclure que par la défaite de l’une ou l’autre partie.

Le deuxième acteur de « l’affaire du Temple » fut Bertrand de Got, alias le Pape Clément V. Fin lettré et éminent juriste, il n’a ni caractère ni force morale et son attitude fut d’emblée circonspecte.

Ne pouvant croire initialement aux calomnies portées contre l’Ordre, il céda au fil du temps aux instances du roi pour se résoudre finalement à la suppression du Temple sans toutefois le condamner, le tout en parfaite connaissances des vices de forme des procès royaux et des accusations fantaisistes. Là encore néanmoins, les pressions du pouvoir royal n’expliquent pas tout.

 

Sans s’égarer on peut imaginer que le pape eut la révélation de certaines pratiques incomprises que l’Église de Pierre  ne pouvait accepter sous peine de les valider et de mettre en danger l’intégrité du dogme. De plus, l’Ordre du XIVe siècle n’est plus d’un point de vue doctrinal celui du XIIe , bien que toujours chrétien, il a évolué vers une dimension qui n’est plus en adéquation avec l’Église de Rome.

Cette dimension est « johannique » voire gnostique, son but ultime est une réalisation de nature supra traditionnelle au sein de laquelle l’Église de Pierre est dans l’impossibilité d’occuper une place dominante. Ainsi trop puissant temporellement et extrêmement dangereux spirituellement, l’Ordre du Temple pour Philippe le Bel et Clément V doit impérativement disparaître mais c’est oublier que des cendres de Jacques de Molay s’envolera l’éclatant Phénix.

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L'homme du huitième jour

26 Avril 2005 , Rédigé par Olivier Publié dans #hauts grades

Dans la Genèse, il est fait mention des six jours de la Création ainsi que d’un septième dédié au repos, le premier jour est consacré à l’apparition d’un ciel incorporel et d’une terre invisible.

Les essences incorporelles en question précèdent  l’existence des formes sensibles  pour mieux leur servir de modèles et  le monde intelligible fondé dans le Logos divin est d’emblée  présent , désigné par l’expression : « au commencement ».

Le Temps alors  n’existe pas et demeure contemporain de la Création, n’est il pas dit que « …le Jour UN était encore l’éternit酠»(R.Arnaldez) ?

Ce n’est qu’avec le deuxième jour ou du moins à la fin du premier qu’il apparaît, signalé par l’existence d’un soir et d’un matin.

Dès lors,  les jours se succèderont  jusqu’au sixième inclus, illustrant  tout un déroulement d’étapes successives.

Au sixième jour, l’homme est formé, il porte en lui l’image  de son Créateur et est décrit comme androgyne, c’est dire combien il se suffit alors à lui-même !

Dominant la Nature, il en est le Roi et l’Ordonnateur ,toute créature ne lui est –elle pas soumise ?

 

Le septième jour ,consacré au repos ne comporte ni matin ni soir et apparaît  comme le point culminant de la Création.

Répétant en  quelque sorte  le premier jour,  il illustre un passage dans l’Eternité , Dieu se repose dans le cœur de l’homme et l’homme se repose dans le cœur de Dieu.

Pendant six jours Dieu a créé et le septième , il attire à Lui la Création, à l’image de la  rencontre des fiancés qui le jour du Sabbat vont l’un vers l’ autre pour célébrer leurs noces éternelles.

Le repos du septième jour inaugure un printemps gonflé de promesses, de fleurs et de fruits et quand l’homme se tient dans ce repos, il redevient alors l’Adam d’avant la chute, « tombant » en son Créateur par l’effet de sa naturelle pesanteur.

C’est pourquoi il ne peut exister de huitième jour sans passer par le repos du septième car ce n’est que lorsqu’il est dégagé  des  sens extérieurs qui soulignent l’apparente  dualité des choses,  que l’homme découvre son fond, son « royaume des cieux » qui ont toujours existé au plus profond de lui –même.

L’homme du huitième jour est donc celui qui poursuit l’œuvre de la Création et la parachève mais avant de parvenir à un tel accomplissement, il lui faut dépasser les états successifs de « …commençant,…de progressant … » et de « …parfait… » assimilés

aux stades : animal, psychique et spirituel.

Reprenant Grégoire de Nysse, la purification doit être initiale et implique la nécessité du passage par l’ascèse qui s’assimile davantage à une désobstruction qu’à une acquisition proprement dite.

Œuvre laborieuse de déblaiement, l’ascèse succède aussi à une certaine illumination car aucune démarche n’est possible sans avoir éprouvé une séduction initiale.

C’est la Lumière qui stimule la recherche et déclenche le premier pas, cette Lumière qui permet de comprendre qu’il existe des choses cachées qui aspirent à se faire reconnaître.

Dieu ne s’est il pas manifesté initialement à Moise dans la Lumière avant de lui apparaître dans la Nuée ?

Percevons en cette Nuée le synonyme de nôtre tâtonnement car il nous est impossible de courir dans la demi-obscurité de nôtre chemin. Puissamment écartelé entre la séduction du terrestre qui nous retient et la nostalgie du céleste dont nous ignorons encore toute la splendeur, nous demeurons hésitants.

La voie psychique , celle de l’âme est pourtant la plus difficile à quitter, le psychique qui vient de dépasser l’état animal  risque en évoquant ses efforts, d’avoir bonne conscience avant d’éprouver le besoin de juger et de comparer.

Prisonnier de sa dualité du bien et du mal, il peut alors facilement manquer de compassion à l’égard d’autrui.

Homme de l’extériorité, il peut croire aimer Dieu et n’être qu’un idolâtre.

Comment alors dépasser ces états animal et psychique qui semblent convenir à la majorité des hommes et pénétrer dans la Ténèbre lumineuse ?

Il n’existe pas de réponse stéréotypée à cette question , parfois celle-ci prendra l’aspect , d’une « souffrance »externe ou interne, d’un examen qu’il nous faudra subir  tant que nous n’en n’aurons pas retenu l’enseignement premier.

D’autres fois, il pourra s’agir d’une joie ressentie par la rencontre d’un « libéré vivant »  provoquant alors l’éblouissement indispensable.

Justice, Tempérance, Prudence , Persévérance et Compassion semblent néanmoins être de biens précieux conseillers sur ce long chemin.

Tous conduiront un jour peut-être le véritable cherchant à devenir  Fils de la lumière, celui-ci rejoindra alors le groupe de ces êtres lumineux qui enfantés par la Sagesse sont comparables à des piliers qui soutiennent le monde et le relient au céleste.

Devenu transparent, comme l’affirmait déjà l’Evangile selon Thomas, l’homme du huitième jour laissera passer la Lumière avant qu’elle ne diffuse à l’Univers tout entier, dès lors son âme s’affinera en se spiritualisant au profit de l’esprit.

L’homme-microcosme saisira à cet instant ses rapports de parenté avec le Cosmos depuis la pierre jusqu’à ses semblables en cheminant par l’amour des végétaux et de l’animal, il percevra en la créature la plus humble le sceau de l’Eternel, il mêlera sa voix aux chants de louange de la nature.

Les astres et les éléments seront ses frères et il les regardera avec une chaleureuse affection.

En apportant au monde sa Rédemption, l’homme du huitième jour prolongera l’œuvre du Verbe créateur,  car celui dont les yeux du cœur se seront ouverts aura reçu la visite de l’Ange dont parle Ezechiel.

Il sera alors devenu un visionnaire car seuls les yeux du cœur permettent de dévoiler les mystères dissimulés aux regards obscurcis, son illumination l’aura fait alors définitivement passer de la chair à l’esprit.

Grâce à cette intelligence spirituelle, l’homme du huitième jour déchirera les voiles qui protègent les mystères pour mieux les contempler du plus simple des regards, il reconnaîtra comme nécessaires rituels, religions et liturgies tout en reconnaissant qu’en objectivant la Réalité, on déforme aussi le message initial.

En vivant le fait que les rites extérieurs ne sont que le déploiement de rites intérieurs, que les églises extérieures ne servent qu’à faire écho à l’Eglise Universelle du dedans, l’homme ressuscité savourera sa pleine et réelle Béatitude.

A toutes époques, il a existé des hommes du huitième jour, considérés comme marginaux, ils furent bien souvent persécutés et mis à mort avant de se voir « élevés » sur les autels mais il en viendra de nouveaux car aucun d’entre eux n’est lié à une époque déterminée.

Après l’Age du Père(l’Ancien Testament) et l’Age du Fils(Nouveau Testament), l’Esprit inaugurera des Temps Nouveaux, l’ Histoire s’accélérera et des yeux s’ouvriront , ils seront alors capables de discerner la venue des fils de l’Aurore qui métamorphoseront la terre d’exil en « Terre Céleste ».

Le royaume du dedans deviendra perceptible au-dehors, empruntant la voix du bien-aimé, chacun pourra dire alors à son frère : « …lève-toi…et viens…l’hiver est fini ;la pluie a cessé…les fleurs ont paru sur la terre, le temps des chants est arriv酠»(Cantique2,11-12).

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Kabbale et Chevalerie

26 Avril 2005 , Rédigé par Olivier Publié dans #hauts grades

Les Chevaliers de la Table Ronde

A chacun des sept chevaliers « appelés », se rapporte un ensemble de caractéristiques détaillées au travers de leurs parcours propres, celles-ci n’étant que les expressions voilées d’une influence séphirotique prépondérante véhiculée par le corps céleste, auquel elle est liée.

Ainsi, Galaad, sommet et perfection de la voie chevaleresque, symbolise de par son apparition, sa pureté absolue et sa vocation sacrificielle : le Messie, il illustre dès lors la Séphira CHESED, celle là même ouverte dans le corps de l’Homme Dieu d’où s’écoule le sang royal. C’est pourquoi Galaad est aussi dénommé « Chevalier Désiré » car « …seul est digne de conquérir et de garder le Graal, celui qui par sa lignée terrestre, descend de David et de Joseph d’Arimathie, et par sa qualification spirituelle à la Séphira de la Grâce, au côté droit transpercé du Christ… ». Expression de CHESED traditionnellement liée à Jupiter, et dont les qualités de générosité et de magnanimité nourrissent l’évolution de chaque être, Galaad fait référence à la vertu de CHARITE.

Deuxième des trois chevaliers prédestinés : Bohort, qui se démarque par deux particularités : -sa chasteté : Galaad et Perceval sont décrits comme « vierges ». -son retour à la cour du Roi Arthur. La chasteté du chevalier Bohort, est en fait, synonyme d’une double connaissance : celle du corps terrestre, et de l’effort ascétique exigé pour le dominer et le transcender. Rien d’étonnant dès lors que le cheminement de Bohort soit empreint d’austérité, et marqué par nombre de combats solitaires, comme de tentations éprouvantes. N’est-ce pas le propre de la Voie Héroïque, qui comme la Voie Hermétique, a pour finalité de transmuter le plomb en or ? Les qualités soulignées, ici, sont celles du courage, de la résolution, de la rigueur, elles se rapportent à la Séphira GEBURAH, elle même associée à la planète Mars, et incarnation de la vertu d’ESPERANCE. Grâce à ses efforts, le chevalier terrestre Bohort, deviendra céleste avant de revenir à la Cour du Roi, c’est le seul des trois chevaliers élus à revenir sur terre, après l’achèvement de la Quête, peut-être pour mieux transmettre le récit sacré à la postérité ? Comment ne pas voir en lui, l’incarnation d’une transmission : celle de la Tradition Primordiale, et de sa clé symbolique, obtenue après avoir atteint la perfection spirituelle ? Comment ne pas évoquer l’image de Saint Jean l’évangéliste ou d’Elie, tous deux marqués comme Bohort par la puissance de la foudre ?

Né, élevé, évoluant tout au long du récit dans les forêts, Perceval nous renvoie d’abord à la Nature(Vierge, par excellence), cependant la virginité de Perceval s’assimile à une disposition spontanée de Cœur et d’Esprit, qui le conduira par droit naturel, au Saint Graal. C’est ainsi qu’à Perceval, sont révélées avant tout autre, l’origine comme l’achèvement du cheminement graalique, c’est encore à Perceval, qu’est envoyée l’Arche qui recueillera les trois chevaliers élus, pour les mener successivement, à la Nef de Salomon, puis au Château du Graal. Perceval symbolise ainsi la voie directe de la Quête, synonyme de transparence et de pureté, il reste le symbole parfait des puissances animales, végétales et minérales non corrompues par la Chute. En lui, nous pouvons percevoir « l’Or natif », la lignée spirituelle d’ABEL dont le regard « …perce le val des apparences dans la lumière simple de la Foi… ». Simplicité, Spontanéité, Générosité sont les qualités de Perceval, digne personnification de la Sephira centrale du Monde et de la Création :TIPHERETH, comme de son corps céleste : l’Astre solaire.

Elevé par la Dame du Lac, Lancelot conjugue toute l’ambiguïté de ses eaux, comme si la à la pureté limpide de celles-ci, devait s’opposer le reflet trompeur du miroir, d’où naît l’attachement aux formes. Cette ambiguïté est, on ne peut mieux, mise en relief au vu du double aspect : positif et négatif du personnage. · L’aspect positif : entant que géniteur de Galaad, le meilleur chevalier céleste(ou chevalier du Monde de la Création), Lancelot est, par voie de fait, le meilleur chevalier terrestre(ou chevalier du Monde de la Formation).Lancelot annonce Galaad comme l’Etoile du matin annonce le soleil d’Orient. · L’aspect négatif : séduit et captivé par la beauté de la Reine Guenièvre, son amour passionné le rend prisonnier de ses sens, et stérilise dès lors ses vertus naturelles. Bien qu’expert dans les tournois de guerre, comme d’amour(n’est-il pas désigné comme étant le meilleur chevalier du monde), Lancelot est vaincu une seule fois par son fils Galaad. Loin d’être un échec, cette défaite annonce une libération, celle de « la mort du vieil homme » car, délaissant sa condition d’homme dans ce qu’elle a de plus passionnée, Lancelot s’abandonne alors à la volonté divine, et obtiendra ainsi d’entrevoir le Saint Graal. Il reste d’ailleurs, le seul des chevaliers terrestres non prédestinés à atteindre le Château Graalique. L’histoire de Lancelot dessine à elle seule, la voie exotérique, prisonnière des formes, mais elle annonce aussi , le Salut au travers de la pénitence, de la conversion, de la piété et de la discipline. L’attachement amoureux de Lancelot, l’image de l’Etoile du matin, nous renvoient au ciel de Vénus, véhicule de la Séphira NETZACH dont les qualités se confondent en la beauté séduisante, et en l’amour joyeux du monde de la nature.

Frère jumeau de Bohort, Lyonel aveuglé par l’orgueil, l’ambition et la colère, est décrit comme « une poutre pourrie… ». Un épisode du récit illustre la différence extrême séparant les deux frères. Lyonel sans respect pour Bohort le provoque, acculé à se défendre, ce dernier va le frapper, quand une voix s’écrie : « …Fuis Bohort, ne le touche pas, tu le tuerais !… » et entre eux, descend du ciel, un brandon de feu, la même voix enjoint alors Bohort « …à se lever et à quitter la compagnie de son frère… ». Quelle leçons pouvons-nous tirer de cette confrontation, qui nous rappelle nombre de nos combats personnels ? · Celle qui veut que la force du Soi, toute puissante, puisse foudroyer par simple contact. · Celle qui souligne la nécessité, tout comme Bohort, de laisser les illusions de l’ego, pour arriver à transmuter notre moi en expression du Soi. A travers toute sa verve et sa versatilité, Lyonel symbolise toute l’ambiguïté gémellaire de la sphère de Mercure, véhicule de la Séphira HOD, qui est aussi celle de la splendeur illusoire.

Neveu et plier du Roi Arthur, Gauvain est décrit comme « …un vieil arbre qui n’a plus de feuilles ni fruits… », c’est là, une allusion au tronc de l’Arbre de Vie, en attente de reverdir, et dont les fleurs blanche, verte, et rouge, sont incarnées par les trois chevaliers purs. Gauvain illustre en fait, le symbole en ce monde, d’une trace présente au plus profond de notre être, celle de l’état premier qui ne demande qu’à refleurir. Dans le récit, cette renaissance survient au décours du choc qu’il reçoit à la tête, infligé par Galaad et son épée, celle là même sortie du perron, au début du récit. Le choc fut si violent qu’il « …fendit le heaume et la coiffe de fer… » mais, en tuant « …la chair matérielle et en libérant les os de la résurrection… », il souligne une puissance salvatrice : celle de l’Initiation. A lui seul, Gauvain personnifie la Séphira YESOD, qui tire toute sa valeur de l’éclat de TIPHERETH(Gauvain n’est-il pas le meilleur ami de Perceval ?), de même que sa sphère céleste, la Lune, qui tire lumière et énergie du Soleil. Grâce à la puissance imaginative et intuitive de YESOD, directement issue de l’éclat de TIPHERETH, l’équilibre entre lumières et ténèbres, tout comme l’espoir de renouer avec le Principe Créateur, peuvent être maintenus.

Dernier des chevaliers appelés, Helain le Blanc, celui-ci n’est en réalité, qu’un nom de convenance attribué à sept compagnons, qui échouent dans la Quête du Graal, symbolisant tous ceux qui ne dépassent pas le monde d’ASSIAH, ce monde physique dans lequel nous sommes nés, étape ultime de notre incarnation terrestre. Helain le Blanc se confond en la Séphira MALKUTH ou Séphira du monde physique manifesté, il symbolise tous ceux enfermés dans les illusions des apparences visibles et des puissances charnelles.

Des 150 chevaliers, seuls trois d’entre eux : Galaad, Bohort et Perceval seront élus, mais au travers de leur particularisme, chacun incarne une tonalité spirituelle spécifique. Galaad, de par son détachement et sa disposition absolue à la Vocation ne nous renvoie-t-il pas à la Voie UNITIVE de la Mystique ? L’ascèse de Bohort n’illustre-t-elle pas la Voie PURGATIVE de celle-ci ? Quant aux dévoilements et autres découvertes de Perceval, ne soulignent-ils pas la Voie ILLUMINATIVE de cette même Mystique ? A partir de ce constat, tout un ensemble s’articule harmonieusement devant nous, c’est ainsi qu’à chacune de ces voies, on peut y rapporter un vœu, une règle, voire un Archange :

· à la Voie UNITIVE : le vœu d’OBEISSANCE, la Règle des Templiers, l’Archange MIKAEL(qui est comme Dieu).

· à la Voie PURGATIVE : le vœu de PAUVRETE, la Règle des Chevaliers hospitaliers de Saint Jean , L’Archange GABRIEL(Force de Dieu).

· A la Voie ILLUMINATIVE : le vœu de CHASTETE, la Voie des Chevaliers errants, l’Archange RAPHAEL(Guide de Dieu).

Le plus grand secret toutefois réside dans la révélation que les Voies UNITIVE, PURGATIVE et ILLUMINATIVE , sont indissociables entre elles et qu’elles doivent se vivre malgré nos dispositions naturelles, successivement puis simultanément. Rappelons nous aussi, que bien que poursuivant initialement des cheminements distincts, ce n’est qu’une fois réunis, que les trois chevaliers purs parviennent au Château du Graal. Sur le postulat que le chevalier sur son cheval est synonyme du principe spirituel de la personnalité, porté par la force vitale, que peut bien sous entendre le changement de monture de nos trois chevaliers élus Galaad, Bohort et Perceval, ainsi que du chevalier sauvé Lancelot, à la cinquième étape de leur cheminement respectif, qui les voit alors voyager dans une Arche ? Changer de monture, est ici assimilable à un changement d’état, passer du cheval à la nef, n’est que la signature de l’abandon des facultés et volontés individuelles, pour s’en remettre à jamais à la volonté du Très Haut. Voilà la différence absolue entre la « Chevalerie Terrienne » et « la Chevalerie Céleste ». Ainsi donc, la reconquête de l’état paradisiaque passe initialement par 7 étapes, en relation directe avec les 7 Séphiroths et leurs sphères planétaires. Une fois ces étapes franchies, Galaad, Bohort et Perceval, accèderont à la 8° porte : La Séphira BINAH. Celle-ci dénommée, Cité de SARRAZ, n’est rien d’autre que la Jérusalem Céleste, le Centre Universel de la Tradition Primordiale, que le Christ lui-même, confia à Josèphe, fils de Joseph d’Arimathie. Il est écrit, que ce centre spirituel suprême est constitué d’un cercle de douze élus, où Josèphe exerce à la Table d’Argent du Graal un sacerdoce souverain : « …et vous êtes douze tout comme il y eut douze apôtres,…moi je suis le treizième qui doit être votre maître et votre pasteur… ». Comme stipulé par Josèphe, ce sacerdoce est permanent, voire éternel : « …de même que je le servis quand j’étais créature terrienne, de même je le sers maintenant en esprit… ». La Quête du Graal dessine donc un chemin ouvert à tous les hommes sincères de cœur et d’esprit, qui s’établit depuis la Table Ronde en MALKUTH, jusqu’à la Table d’Argent du Graal en BINAH. Tout au long de ce cheminement, marqué par l’Ascension, l’âme du Cherchant se voit rejeter les choses communes de l’existence terrestre en MALKUTH, elle se voit animée par une quête incessante en YESOD, invitée à l’action en HOD, embrasée d’un désir intense pour Dieu en NETZACH. Elle s’est vue apercevoir Dieu en TIPHERETH, le toucher en GEBURAH, elle s’est aussi découverte audacieuse à l’extrême, dans son désir d’union au Divin en CHESED avant de capturer le Bien Aimé en BINAH. Au delà, il est dit que l’âme se consume doucement en Dieu en CHOKMAH, avant de s’assimiler intégralement à celui-ci en KETHER. La finalité de la Quête du Graal, c’est peut-être le Christ lui-même, qui l’exprime à la perfection en déclarant : « …je suis sorti du Père et venu dans le monde, maintenant je quitte le monde et je vais au Père… » (Jean 16/28).

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Rites et hauts grades

25 Avril 2005 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Rites et rituels

 Les Rites ou Systèmes maçonniques posent les règles des Rituels particuliers à chaque degré et à chaque type de cérémonie maçonnique. Les premiers Rites pratiqués par la Franc-maçonnerie moderne de 1723 sont issus d'une synthèse d'anciens catéchismes maçonniques et de cérémonies antérieures à 1717, avec des emprunts probables à la Maçonnerie opérative écossaise synthèse à laquelle la Grande Loge de Londres (dite « des Modernes ») a apporté plusieurs innovations, notamment le troisième degré associé au mythe d'Hiram. Par la suite, les Loges du Continent, qui pratiquaient le Rite de cette Grande Loge apporteront leurs propres modifications, ce qui explique les nombreux Rites et Systèmes maçonniques pratiqués aujourd'hui dans le monde. Certains se limitent volontairement aux trois premiers degrés exclusivement, comme le Rite Schroeder, par exemple; d'autres, au contraire, y ajoutent une série de degrés complémentaires appelés Hauts Grades dans certains cas.

Les Rites peuvent varier suivant les loges ou les obédiences, certaines Obédiences regroupant des Loges d'un même Rite, d'autres regroupant des Loges de Rites différents..

Le Rite de Schroeder

Frédéric-Louis Schroeder (1744-1816), directeur du Théâtre Municipal de Hambourg et Grand Maître de la Grande Loge de Hambourg, passa près de vingt ans à la mise en forme définitive du Rite qui porte son nom. Allergique à l'aspect chevaleresque qui caractérise la symbolique de la plupart des Hauts Grades, il réforma les cérémonies de son Obédience dans le sens d'une plus grande simplicité, en remettant en vigueur l'usage du Rite anglais ancien et en ne prenant en considération que les trois premiers grades. Le Système de Schroeder était le plus démocratique de tous les Rites pratiqués en Allemagne avant la deuxième Guerre mondiale, ce qui fit son succès. Actuellement, il est pratiqué par la Grande Loge des Anciens Maçons Libres et Acceptés d'Allemagne, par la Grande Loge d'Autriche et par quelques Loges de la Grande Loge Suisse Alpina, ces dernières y ayant toutefois apporté quelques modifications mineures.

Le Rite Suédois

Le Rite Suédois est un mélange du rite dYork, des hauts-grades du rite Français et un prolongement de la Stricte Observance.

La première loge régulière a été consacrée en 1735 à Stockholm par le comte Axel Wrede-Sparre. Dés 1756 on fonde la première loge de St André, desprit comparable au grade dEcossais Vert de la Stricte Observance.

En 1760, fondation de la Grande Loge de Suède.

Il comporte 11 grades divisés en loges de St Jean, loges de St André, chapitre intérieur et Sanhédrin.Le rite suédois est réservé aux chrétiens et est sous la protection directe des souverains du pays.

 

Le Rite standard dEcosse

 

Pratiqué en France uniquement à la GLNF, cest un rite basé sur loralité qui vient directement dEcosse, berceau de la Maçonnerie opérative.

Il exclut toute référence alchimique, kabbalistique et chevaleresque.

Il se rattache au rite pratiquée par la célèbre Kilwining Lodge n°0, la première de toutes les loges maçonniques.

Pas de Hauts-Grades pratiqués en France, uniquement les trois grades bleus.

Pour la petite histoire, les frères de ce rite portent leurs tabliers sous leurs vestes.

Il concerne environ 150000 maçons écossais.

 

Le Rite Emulation

 

Créé en 1813 par Peter Gilkes, le Rite Emulation revendique une filiation aux plus anciens rituels de la Franc-maçonnerie opérative. Il tient son nom de la Loge "Emulation of Improvement" (perfectionnement) qui s'est réunie pour la première fois en octobre 1823 au Freemason's Hall à Londres. C'est le Rite le plus pratiqué au sein de la Grande Loge Unie d'Angleterre. Introduit en France en 1925, il fut adopté par plusieurs Loges de la Grande Loge Nationale Française et en Suisse par quelques Loges de la Grande Loge Suisse Alpina. Une des particularités de ce Rite, qui ne pratique que les trois premiers grades, Apprenti, Compagnon et Maître, est l'oralité: les cérémonies doivent être pratiquées par cur; pratique qui provient de l'époque où, autant dans le Compagnonnage qu'en Franc-maçonnerie opérative, les Rituels étaient appris par cur car, dans l'esprit de sauvegarde du secret du métier, rien ne devait être écrit. Des degrés additionnels (qui ne sont pas considérés comme des Hauts Grades, mais comme de simples compléments au 2e et au 3e grade) viennent compléter les 3 degrés symboliques du Rite Emulation tout en étant administrés séparément du Rite. Ce sont les degrés de Royal Arch et de Mark Master.

Le degré de Royal Arch est considéré comme un complément au grade de Maître (et non comme un 4e grade) censé contenir la quintessence de la philosophie maçonnique. Il possède son propre Rituel et est administré par un Chapitre autonome.

Le degré de Mark Master ou Mark Mason, dit de la Maçonnerie de la Marque, est, quant à lui, une continuation de l'ancien grade opératif de Compagnon (à l'origine, le grade de Compagnon était le dernier degré initiatique, l'appellation de Maître étant réservée uniquement au Maître ou Vénérable qui présidait la Loge). Son enseignement met l'accent sur la fameuse "pierre angulaire" rejetée par les bâtisseurs, dont il est fait mention dans la Bible (Psaume 118:22, Matthieu 21:42, Marc 12:10, Luc 20:17) et, qui est devenue la pierre d'angle maîtresse de l'uvre. Sur cette pierre en forme de coin, qui n'est autre que la clé de voûte de l'édifice, le Mark Master inscrit sa "marque", signe géométrique que l'on retrouve sur les édifices monumentaux et religieux.


Le Rite Français

 

Le Rite Français détient les formes les plus proches de la première Franc-maçonnerie pratiquée en France vers 1725 sous l'influence de Maçons anglais. C'est la traduction en français des rituels de la Maçonnerie andersonienne de 1717, qui donnera naissance au Rite Français, appelé aussi plus tard, au 19e siècle, Rite Français Moderne.

Ce rite est né en 1783 avec la constitution au sein du Grand Orient de
France d'un Grand Chapitre Général de France, intégré à l'obédience en 1787.
Ses statuts et règlements généraux prévoyaient que le rite était composé de
5 ordres. C'est en 1801 que les rituels des différents ordres furent
publiés. La particularité de ce rite est son articulation autour de la symbolique
de la Rose+Croix. Il était qualifié de "Moderne" car il faisait appel au
symbolisme en usage à la Grande Loge d'Angleterre (dite des "Moderns").
Avec les événements de 1877, le rite tel qu'il était pratiqué au Grand
Orient de France a été modifié et une grande partie de sa symbolique
relative au compagnonnage a disparu. Le rite Français d'aujourd'hui dit
"Groussier" (tel qu'il est pratiqué par la plupart des loges du Grand Orient
de France) n'a plus grand chose à voir avec le rite de 1783 même si, depuis une dizaine d'années des Frères du Grand Orient ont rallumé les feux du Grand Chapitre Général de France. La pratique du rite dans sa forme originelle a donc été conservée au sein du Grand Orient deFrance par quelques Loges.

Loges Bleues :

1-Apprenti
2-Compagnon
3-Maître

Premier Ordre de Rose+Croix :

4-Maître Élu

Second Ordre de Rose+Croix :

5-Maître Écossais

Troisième Ordre de Rose+Croix :

6-Chevalier Rose+Croix

Quatrième Ordre Rose+Croix :
7-Souverain Prince Rose+Croix

Un cinquième ordre a été prévu par le "Régulateur" du Rite Français. Il
n'est pas toujours pratiqué dans les obédiences. Le Grand Orient de France
n'est pas la seule obédience Française à pratiquer le Rite Français Moderne.
Ce rite est également répandu à la Grande Loge Nationale Française.

.Le Rite Ecossais Ancien et Accepté

 

La doctrine connue sous le nom d'Ecossisme, qui servit de base à la constitution des premiers Hauts Grades de la Franc-maçonnerie ou grades chevaleresques, serait issue, entre autres, du célèbre "Discours" attribué au noble Ecossais André Michel de Ramsay, et prononcé pour la première fois le 26 décembre 1736.

Les premiers Hauts Grades apparaîtront alors en France sous l'appellation de Maîtres Ecossais, en 1743, suivis du grade de Chevalier d'Orient en 1749. Par la suite, des Chapitres et Conseils seront institués pour la pratique de ces grades. Puis viendront encore sajouter dautres degrés qui seront à l'origine des Hauts Grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté. C'est, en effet, un Maçon nommé Etienne Morin, originaire de Cahors, qui répandra aux Antilles et en Amérique du Nord ce Rite dont les degrés seront alors portés à trente-trois. De là naquirent les Suprêmes Conseils des Grands Inspecteurs Généraux du 33e et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA) de Charleston en 1801 et de Paris en 1804, dont le fondateur fut le comte Alexandre de Grasse-Tilly, fils du célèbre amiral français de la Guerre d'Indépendance des Etats-Unis. Réparti aujourd'hui en plusieurs Suprêmes Conseils indépendants dans le Monde, le REAA regroupe ses trente-trois degrés en différentes catégories:

Loges Bleues
1er. Apprenti Maçon
2e. Compagnon Maçon
3e. Maître Maçon

Loges de perfection
4e. Maître Secret
5e. Maître Parfait
6e. Secrétaire intime
7e. Prévôt et Juge
8e. Intendant des Bâtiments
9e. Maître Élu des Neufs
10e. Illustre Élu des Quinze
11e. Sublime Chevalier Élu
12e. Grand Maître Architecte
13e. Chevalier Royal-Arche
14e. Grand Élu de la Voûte Sacrée ou Sublime Maçon

Chapitres
15e. Chevalier d'Orient ou de l'Épée
16e. Prince de Jérusalem
17e. Chevalier d'Orient et d'Occident
18e. Souverain Prince Rose-Croix

Aréopages
19e. Grand Pontife ou Sublime Écossais dit de la Jérusalem Céleste
20e. Vénérable Grand Maître de toutes les Loges Régulières ou Maître ad Vitam
21e. Noachite ou Chevalier Prussien
22e. Chevalier Royal Hache ou Prince du Liban
23e. Chef du Tabernacle
24e. Prince du Tabernacle
25e. Chevalier du Serpent d'Airain
26e. Écossais Trinitaire ou Prince de Mercy
27e. Grand Commandeur du Temple ou Souverain Commandeur du Temple de Jérusalem
28e. Chevalier du Soleil
29e. Grand Écossais de Saint-André d'Écosse
30e. Grand Élu Chevalier Kadosch ou Chevalier de l'Aigle Blanc ou Noir

Tribunaux
31e. Grand Inspecteur Commandeur

Consistoires
32e. Sublime Prince du Royal Secret
33e. Souverain Grand Inspecteur Général

Le Convent international de Lausanne qui réunissait en 1875 les Suprêmes Conseils de l'époque, dont ceux de France et d'Angleterre, a posé et adopté les Principes de base qui définissent l'esprit du REAA. On y trouve notamment cette citation: "Pour relever l'homme à ses propres yeux, pour le rendre digne de sa mission sur la terre, la Maçonnerie pose le principe que le Créateur suprême a donné à l'homme comme bien le plus précieux, la Liberté; la liberté, patrimoine de l'humanité tout entière, rayon d'en haut qu'aucun pouvoir n'a le droit d'éteindre ni d'amortir et qui est la source des sentiments d'honneur et de dignité." Ce Rite est pratiqué un peu partout dans le monde .

 

Le Rite Ecossais Rectifié

 

L'origine de ce Rite, créé par Jean-Baptiste Willermoz, remonte au Système de la Stricte Observance, fondé en 1756 par le baron de Hund, initié à Paris. Ce Rite invoquait bien sûr, comme la plupart des Systèmes de Hauts Grades de l'époque, la filiation templière.

A la mort du baron de Hund en 1776, le Rite de la Stricte Observance, constitué en Directoires Ecossais, allait évoluer et préciser ses objectifs lors des Convents de Lyon, 1778, et de Wilhelmsbad, 1782, sous la présidence de son nouveau Grand Maître, le duc Ferdinand de Brunswick. Depuis lors, le Rite a pris le nom de Rite Ecossais Rectifié et se compose des Loges de Saint-André, d'une part, correspondant au grade de Maître Ecossais, et de l'Ordre intérieur, d'autre part, comprenant les Ecuyers Novices et les Chevaliers bienfaisants de la Cité Sainte (CBCS). Un Grand Prieuré, organisé en Commanderies et Préfectures, dirige l'ensemble.

Loges Bleues :
1-Apprenti
2-Compagnon
3-Maître Maçon


Loges Vertes dites "de St André":

4-Maître Écossais de Saint André

Ordre Intérieur :
5-Écuyer Novice
6-Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte

Profession (classe secrète) :
7-Profès
8-Grand Profès

Ce rite est pratiqué en France par le Grand Prieuré des Gaules, la Grande
Loge Traditionnelle et Symbolique - Opéra, la Grande Loge Nationale
Française, le Grand Orient de France et la Grande Loge de France.

 

Le Rite de Memphis-Misraïm

 

Le Rite de Memphis-Misraïm résulte de la fusion opérée en 1881 par GARIBALDI qui en fut le premier Grand-Maître général, des deux rites de Misraïm et de Memphis. Le Rite de Misraïm avait été constitué en 1788 à Venise; il tenait sa filiation de CAGLIOSTRO, qui lui avait confié les grades inférieurs de la Grande Loge d'Angleterre et les hauts grades de ma Maçonnerie templière allemande. Le Rite de Memphis fut constitué à Montauban en 1815 par des maçons ayant participé à la mission d'Egypte avec Bonaparte. Furent associés à ces deux obédiences, des grades initiatiques venant des anciennes Obédiences ésotériques du XVIIIème siècle: Rite PRIMITIF, Rite des PHILADELPHES,etc.
Ce rite est surtout le lieu de rassemblement des Maçons que lient un attrait pour l'Esotérisme, l'Occultisme, le Symbolisme, etc. C'est en somme un carrefour de rencontre.

Le rite de MEMPHIS-MISRAIM continue en outre la tradition d'attachement aux principes de tolérance et de liberté de pensée qui en firent, au XIXème siècle, sous la Terreur Blanche, le refuge et la pépinière des Carbonari.
Ce Rite perpétue ses traditions de fidélité aux principes démocratiques et aux sciences initiatiques. Déiste, sans aucune intransigeance, il fait sienne la définition de la "religion maçonnique", précisée par les Constitutions d'Anderson de 1723, et consistant dans "la morale générale des honnêtes gens". Ses Loges symboliques travaillent soit au Rite Templier (Misraïm) soit au Rite Egyptien (Memphis), mais sur les autels, elles joignent la Règle au traditionnel enlacement du Compas et de l'Equerre.

Le violet est la couleur maçonnique de ses rituels, le bleu étant celui du Rite Français et le bleu bordé de rouge celui du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Le violet constituait un rappel de la couleur de la violette de Parme, duché où résidait le petit roi de Rome, alors âgé de quatre ans.
Le Rite de Memphis-Misraïm a associé le violet de ces origines au bleu turquoise attribué à la grande Isis dans l'ancienne Egypte, unissant ainsi un double symbolisme ésotérique.


Les grades d'instruction du rite Memphis-Misraïm sont:

Loges bleues :
1-Apprenti
2-Compagnon
3-Maître-Maçon

Ateliers de Perfection :
4-Maître Secret
5-Maître Parfait
6-Secrétaire Intime ou Maître par Curiosité
7-Prévôt et Juge
8-Indépendant des Bâtiments ou Maître en Israël
9-Maître Élu des Neuf
10-Illustre Élu des Quinze
11-Sublime Chevalier Élu ou Élu des Douze
12-Grand Maître Architecte
13-Royal Arche
14-Grand Élu, Élu Parfait ou Grand Écossais de la Voûte Sacrée,

Chapitres :
15-Chevalier d'Orient ou de l'Épée, ou Chevalier Maçon Libre
16-Prince de Jérusalem
17-Chevalier d'Orient et d'Occident
18-Souverain Prince ou Chevalier Rose-croix ( d'Hérédom )

Aréopages :
19-Grand Pontife ou Sublime Écossais de la Jérusalem céleste
20-Chevalier du Temple ou Vénérable Grand Maître de toutes les Loges
21-Noachite ou Chevalier Prussien
22-Chevalier de Royal Arche ou Prince du Liban
23-Chef du Tabernacle
24-Prince de Tabernacle
25-Chevalier de Serpent d'Airain
26-Écossais Trinitaire ou Prince de Merci
27-Grand Commandeur du Temple, dit Souverain Commandeur du Temple de
Jérusalem
28-Chevalier du Soleil ou Prince Adepte
29-Grand Écossais de Saint André d'Écosse dit Patriarche des Croisades
30-Grand Élu Chevalier Kadosch, dit Chevalier de l'Aigle Blanc et Noir

Degrés Administratifs Ecossais :
31-Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur
32-Sublime Prince du Royal Secret
33-Souverain Grand Inspecteur Général

Degrés Ésotériques :

66-Patriarche Grand Consécrateur
90-Patriarche Sublime Maître du Grand Oeuvre

Degrés Administratifs :
95-Grand Conservateur
96-Grand et Puissant Souverain de l'Ordre
97-Député Grand Maître International
98-Grand Maître International
99-Grand Hiérophante

Ce rite est pratiqué au Grand Orient de France, à la Grande Loge
Symbolique de France ainsi qu'à la Grande Loge Féminine de Memphis Misraïm.


Le Rite dYork

Les États-Unis détiennent une place un peu particulière sur l'échiquier de la Franc-Maçonnerie mondiale; d'abord parce que leurs effectifs sont très nombreux (aux alentours de 4 millions), ensuite parce qu'ils pratiquent une maçonnerie uniquement axée sur le rituel. En loge bleue, ils pratiquent le "Ancient Work", le rite standard des loges bleues américaines. Les hauts grades souchés sur le Rite Américain sont appelés Rite d'York. Il est fréquent que les membres du Rite d'York appartiennent également au hauts grades du Rite Écossais Ancien et Accepté. Ainsi aux USA, un Maçon aura le droit d'être Chevalier du Temple au Rite d'York et Sublime Prince du Royal Secret (32°) au REAA. Il existe d'ailleurs des équivalences (ou passerelles) entre ces différents rites et degrés. Le Rite York comporte 15 degrés dans son ensemble qui sont:

Loges Bleues :

1. Apprenti
2. Compagnon
3. Maître maçon

Chapitres :

4. Maître Maçon de Marque
5. Passé Maître
6. Très Excellent Maître
7. Maçon de l'Arche Royale

Conseils :

8. Maître Royal
9. Maître Select
10.Très Excellent Maître

Commanderies :

11. Chevalier de la Croix-Rouge
12. Chevalier de Malte
13. Chevalier de l'ordre du Temple

Grand Champs :
14. Chevalier de la Croix-Rouge de Constantin

Collège Royal de York

15. Chevalier de York

Les Side Degrees


Order of the Allied Masonic degrees

Tout grade contrôlé par le Grand Conseil ne peut être conféré quà des Maçons de la Sainte Arche Royale, Princes de lOrdre du Moniteur Secret, admis depuis au moins douze mois Les grades de lOrdre sont ceux de :

Maçon de St Lawrence le Martyr
Chevalier de Constantinople
Grand Tuileur de Salomon
Croix-Rouge de Babylone
Saint Ordre des Grands Prêtres


Order of Eri

sergent darmes

écuyer

chevalier
Ce magnifique degré est basé sur l'histoire de l'Irlande et l'ésotérisme chrétien irlandais.
Le rituel évoque l'invasion de l'Irlande par les danois,la bataille de Clontarf, l'origine des ordres chevaleresques dans ce pays, les anciens noms de l'Irlande(17 noms!), les débuts de la Franc-Maçonnerie, St Patrick et les rois Brian Boru et Malachi.

 

La Sociétas Rosicruciana in Anglia

La Societas Rosicruciana In Anglia est une organisation chrétienne fondée en 1865 et indépendante de toute structure maçonnique. Tous ces membres sont néanmoins Maîtres Maçons actifs dans leurs loges symboliques. Les degrés conférés par cet organisation ne sont pas considérés comme des degrés « supérieurs » mais plutôt comme un complément à la Maîtrise. Elle utilise le symbolisme et les Traditions d'une société beaucoup plus ancienne connue sous le nom de Fraternité de la Rose+Croix, se réclamant de son fondateur légendaire : Christian Rosenkreutz. La SRIA a essaimé en Écosse, aux États Unis, en France ainsi que dans d'autres pays d'Europe.

La SRIA est organisée en 9 degrés, chacun possédant un rituel spécifique. La finalité étant d'apporter à ses membres une ouverture d'esprit supplémentaire sur la Vraie Nature des choses et une compréhension du Monde dans lequel ils évoluent. Les membres de la SRIA se regroupent en Collèges. L'admission à la SRIA est limitée aux Maîtres Maçons qui sont membres d'une obédience régulière, qui sont de foi Chrétienne et qui croient en la Sainte Trinité. Les degrés sont répartis en 3 Ordres :

Premier Ordre
 

I° - Zelator
  II° - Theoricus
  III° - Practicus
  IV° - Philosophus
  V° - Adeptus Minor

 

 

 

 

 

Deuxième Ordre
VI° - Adeptus Major
  VII° - Adeptus Exemptus

Troisième Ordre
VIII° - Magister
  IX° - Magus

 
Royal Order of Scotland

LOrdre Royal dÉcosse est composé de deux degrés qui sont :

Hérédom de Kilwinning
Chevalier Rose+Croix.

 

Le mot Hérédom dérive du mot hébreu Harodim, signifiant "les règles" et du nom de Kilwinning qui se rapporte au rétablissement de l'ordre par le Roi Robert Bruce à Kilwinning, où il a présidé en tant que premier Grand Maître de lOrdre.

Le degré de Hérédom de Kilwinning est en particulier intéressant puisquil traite de lenseignement et du symbolisme des trois premiers degrés de la Maçonnerie de Saint Jean (Loges Bleues).

La Tradition veut que le degré de Chevalier Rose+Croix ait été institué par Robert Bruce sur le champ de bataille de Bannockburn le jour de la Saint Jean dété 1314 au moment des combats pour lindépendance de lÉcosse.

 

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