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Hauts Grades

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Le GRAHAM

25 Avril 2005 Publié dans #histoire de la FM

Toutes les institutions de la Franc-Maçonnerie révélées et prouvées par la meilleure tradition ainsi que par quelques références à l'Ecriture.

En premier lieu remarquez que tous nos signes proviennent de l'équerre quelle que soit la matière traitée. Ceci est prouvé par le Chapitre 6, Verset 9, du Premier Livre des Rois.

La salutation se fait comme suit

-D'où venez-vous ?

- Je viens d'une juste et respectable loge de Mditres et de Compagnons appartenant à Dieu et à Saint Jean, qui saluent tous les véritables et parfaits frères de nos saints secrets. Ainsi ferai-je avec vous si je vous trouve tels.

- Je vous salue bien mon frère et je vous demande votre nom.

La réponse est J. et l'autre doit dire que son nom est B.

 Le tuilage se fait comme suit

- Comment saurai-je que vous êtes maçon

-Par les véritables mots, signes et attouchements (1) de mon entrée.

-Où avez-vous été reçu Franc-Maçon ?

-Dans une loge juste et parfaite.

-Qu'est-ce qu'une loge parfaite ?

-Le centre d'un cœur sincère (2).

-Mais combien de Maçons sont-ils appelés ainsi ?

-N'importe quel nombre impair de 3 à 13.

-Pourquoi faire tant d'embarras et pourquoi toujours des nombres impairs ?

-Par référence à la Sainte Trinité, à l'avènement du Christ et à ses douze apôtres.

-Quel fut le premier pas de votre entrée ?

-Un fort désir de connaître les secrets de la Franc-Maçonnerie.

- Pourquoi fut-elle appelée Franc-Maçonnerie (3) ?

-Premièrement parce que c'est un franc (libre) don de Dieu aux fils des hommes, deuxièmement parce qu'elle est franche de l'intrusion des esprits infernaux, troisièmement parce qu'elle est une franche union des frères de ce saint secret qui doit durer à jamais.

- Comment êtes-vous entré dans la loge?

- Pauvre et sans le sou, aveugle et ignorant de nos secrets.

- Pour quelle raison ?

- En considération du fait que notre Sauveur devint pauvre pour notre Rédemption, de même je devins pauvre dans cette circonstance pour [accéder à] la science (4) de Dieu résumée dans l'équerre.

- Qu'avez-vous vu dans la loge quand vous avez regardé?

- J'ai vu la vérité, le monde et la justice et l'amour fraternel.

- Où ?

- Devant moi.

- Quy avait-il derrière vous ?

-Le parjure et la haine de la Fraternité pour toujours, si je découvrais nos secrets sans les avoir obtenus d'une triple voix (5) en étant entré, passé puis élevé et confirmé par trois loges différentes, et sans avoir . pris mon obligation d'être fidèle à nos articles.

- Comment se tenait votre loge à votre entrée ?

- A l'est, à l'ouest et au sud (6).

- Pourquoi pas au nord également ?

-Eu égard au fait que nous habitons la partie nord du monde, nous n'enterrons pas les morts du côté nord de nos églises, de même nous ménageons un espace libre du côté nord de nos loges.

- Pourquoi d'est en ouest?

- Parce que les églises se dressent d'est en ouest avec porches au sud.

- Pourquoi les églises se dressent-elles d'est en ouest ?

- Pour quatre raisons.

- Quelles sont-elles ?

- Premièrement parce que nos premiers parents furent installés à l'est en Eden, deuxièmement parce que le vent d'est assécha la mer devant les enfants d'Israël ; ainsi le Temple du Seigneur dut-il être construit. Troisièmement parce que le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest sur ceux qui habitent près de l'équateur (7). Quatrièmement parce que l'étoile apparut à l'est qui avertit à la fois les bergers et les rois mages que notre Sauveur s'était fait chair.

- Qui vous a guidé dans la loge ?

- Le surveillant et le plus ancien compagnon.

-Pourquoi pas le plus jeune compagnon ?

- Par référence au fait que notre Sauveur exhorta les grands à servir à table; ceci étant un exemple d'humilité que nous devons toujours suivre.

- Dans quelle disposition avez-vous prêté votre serment ?

- Je n'étais ni assis, ni debout, ni marchant, ni courant, ni à cheval, ni suspendu, ni volant, ni nu, ni vêtu, ni chaussé, ni pied-nu.

- Pour quelle raison étiez-vous dans un tel état

- En considération de ce qu'un Dieu et un homme composent le vrai Christ, de même un être sans ornements, mi-nu, mi-vêtu, mi-chaussé, mi pied-nu, mi-agenouillé, mi- debout, étant tout à demi, n'était rien complètement, ce qui indiquait un coeur humble et soumis pour être un fidèle disciples de ce Juste Jésus.

- Qu'avez-vous juré ?

- D'abord de conserver et de cacher nos secrets.

- Sur quels autres engagements portait votre serment ?

- Mon second était de me soumettre à Dieu et à toutes les équerres véritables exécutées ou adressées par un frère. Mon troisième était de ne jamais voler de peur d'offenser Dieu et et de déshonorer l'équerre. Mon quatrième était de ne jamais comrnettre d'adultère avec l'épouse d'un frère, ni de dire à celui-ci de mensonge intentionnel. Mon cinquième était de ne pas désirer une injuste vengeance d'un frère, mais de l'aimer et le secourir quand c'est en mon pouvoir, sans me causer trop de préjudice.

- Je reconnais que vous avez été dans une loge ; je vous demande maintenant combien de Lumières appartiennent à une loge ?

- Je réponds 12.

- Quelles sont-elles ?

- Les trois premiers joyaux sont le Père, le Fils et le Saint Esprit ; puis le soleil, la lune, le maître Maçon, l'équerre, la règle, le plomb, le fil, le maillet et le ciseau.

- Démontrez que tous ceux-ci sont complémentaires (adaptés).

- Pour ce qui est de la Sainte Trinité, elle donne la sagesse. En ce qui concerne le Soleil, il procure la lumière jour et nuit. Quant à la lune c'est un corps obscur issu de l'eau, elle reçoit sa lumière du soleil et est également reine des eaux qui sont le meilleur des niveaux. En ce qui concerne le maître maçon, il enseigne le métier et doit former une triple voix pour transmettre nos secrets, s'il est un homme éclairé, car nous croyons en un pouvoir supérieur. Car bien que les 70 aient eu un grand pouvoir, les 11 avaient un pouvoir plus grand encore parce qu'ils avaient choisi Mathias en place de Judas. Pour ce qui est de l'équerre, la règle, le plomb, le fil, le maillet et le ciseau, ce sont six outils sans la plupart desquels un maçon ne peut accomplir un bon travail.

- Quelle interprétation peut-on tirer de ces 12 lumières ?

- Nous en tirons l'interprétation selon laquelle ce sont les 12 patriarches et aussi les 12 boeufs, dont nous lisons au chapitre 7 du Premier Livre des Rois qu'ils portaient la mer d'airain et étaient le symbole des 12 disciples qui devaient être instruits par le Christ.

- Je reconnais que vous êtes entré. maintenant je vous demande si vous avez été élevé.

- Oui je l'ai été.

- Dans quoi avez-vous été élevé ?

- J'ai été élevé dans la science de nos [secrets] (8) originels tant par la tradition que par l'Ecriture.

- Quelles paroles de fondation prononcez-vous en commençant un édifice, là où vous supposez que quelque esprit infernal et destructeur hanterait les lieux et pourrait ébranler l'ouvrage de vos mains?

- 0 viens, permets-nous et tu recevras (9).

- A qui parlez-vous?

- En prière à la Sainte Trinité.

-Dans quelle posture prononcez-vous ces paroles ?

- Agenouillé, tête nue, la face tournée vers l'est.

- Et que voulez-vous dire par cette expression

- Nous voulons dire que nous rejetons l'hypocrisie (le pharisaïsme) et sommes différents de ces gens de Babel qui prétendaient construire jusqu'au ciel ; mais nous prions la Sainte Trinité qu'elle nous permette (10) de construire d'aplomb et d'équerre afin qu'elle reçoive la louange qui lui est dûe.

- De quand datent ces paroles et pourquoi en avait-on besoin ?

- La réponse est qu'au commencement, avant que l'Evangile ne se répande sur le monde envahi d'esprits infernaux et destructeurs, les hommes ne pouvaient construire que grâce à la foi et la prière, faute de quoi leurs ouvrages étaient souvent renversés.

- Mais comment arriva-t-il que des ouvrages des gens de Babel restèrent debout avant que la lumière de l'Evangile n'advienne ?

 - Je vous réponds cette fois en vous retournant votre question parce que l'orgueil de Babel déjà mentionné, avait insulté la Divinité de sorte qu'en raison de leur faute, les langues furent confondues afin que l'humanité ne refasse plus jamais la même chose sans la permission Divine, qui ne pourrait être obtenue que par la foi et la prière.

- [Montrez que] ceci [appartient] à la Tradition (11).

-Nous le possédons par tradition et aussi par référence à l'Ecriture qui dit que Sem Cham et Japhet eurent à se rendre sur la tombe de leur père Noé pour tenter d'y découvrir quelque chose à son sujet, qui les guiderait jusqu'au puissant secret que détenait ce fameux prédicateur. Ici, j'espère que chacun admettra que toutes les choses nécessaires au nouveau monde se trouvaient dans l'arche avec Noé.

Ces trois hommes avaient déjà convenu que s'ils ne trouvaient pas le véritable secret lui-même, la première chose qu'ils découvriraient leur tiendrait lieu de secret. Ils n'avaient pas de doute, mais croyaient très fermement que Dieu pouvait et aussi voudrait révéler sa volonté, par la grâce de leur foi, de leur prière et de leur soumission ; de sorte que ce qu'ils découvriraient se montrerait aussi efficace pour eux que s'il avaient reçu le secret dès le commencement, de Dieu en personne, à la source même.

Ils arrivèrent donc à la tombe et ne trouvèrent rien, si ce n'est le cadavre déjà presque entièrement corrompu. Ils saisirent un doigt qui se détacha et ainsi de suite de jointure en jointure jusqu'au poignet et au coude. Alors, ils redressèrent le corps et le soutinrent en se plaçant avec lui pied contre pied, genou contre genou, poitrine contre poitrine, joue contre joue et main dans le dos, et s'écrièrent : "Aide-nous, 0 Père ! ". Comme s'ils avaient dit : " 0 Père du ciel aide-nous à présent, car notre père terrestre ne le peut pas ".

Ils reposèrent ensuite le cadavre, ne sachant que faire. L'un d'eux dit alors : "Il y a encore de la moëlle dans cet os" (12), et le second dit : "mais c'est un os sec " ; et le troisième dit : "il pue" (13).

Ils s'accordèrent alors pour donner à cela un nom qui est encore connu de la Franc-Maçonnerie de nos jours.

Puis ils allèrent à leurs entreprises et par la suite leurs ouvrages tinrent bon. Cependant, il faut supposer et aussi comprendre que la vertu ne provenait pas de ce qu'ils avaient trouvé ou du nom que cela avait reçu, mais de la foi et de la prière. Ainsi allèrent les choses, la volonté soutenant l'action (14).

Pendant le règne du roi Alboin naquit Betsaléel, qui fut appelé ainsi par Dieu avant même d'être conçu dans la [matrice]. Et ce saint homme sut par inspiration que les titres secrets et les attributs principiels de Dieu étaient protecteurs, et il bâtit en s'appuyant dessus, de sorte qu'aucun esprit infernal et destructeur n'osa prétendre renverser l'oeuvre de ses mains.

Aussi ses ouvrages devinrent si fameux, que les deux plus jeunes frères du roi Alboin, déjà nommé, voulurent être instruits par lui de sa noble manière de construire. Il y consentit à la condition qu'ils ne la révèlent pas sans que quelqu'un soit avec eux pour composer une triple voix (15). Ainsi ils s'engagèrent par serment et il leur enseigna les parties théorique et pratique de la maçonnerie ; et ils travaillèrent.

Alors les salaires des maçons augmentèrent dans ce royaume et il y eut des maçons comptés parmi les rois et les princes.

Cependant, Betsaléel à l'approche de la mort, voulut être enterré dans la vallée de Josaphat et que fut gravée une épitaphe selon son mérite. Ceci fut accompli par ces deux princes et il fut gravé ce qui suit : "Ci-gît la fleur de la maçonnerie, supérieure à beaucoup d'autres, compagnon d'un roi et frère de deux princes. Ci-gît le coeur qui sut garder tous les secrets, la langue qui ne les a jamais révélés"

Alors, après sa mort les habitants de ce pays crurent que les secrets de la maçonnerie étaient complètement perdus parce qu'on n' en entendait plus parler, puisque personne ne connaissait ces secrets, à part ces deux princes, qui s'étaient engagés par leur serment à ne pas les révéler sans quelqu'un d'autre pour former une triple voix.

Mais il faut croire et aussi comprendre qu'un secret aussi saint ne pourra jamais être perdu tant qu'il restera un bon serviteur de Dieu en vie sur la terre; car tout bon serviteur de Dieu possédait et possédera toujours une grande part de ce saint secret, bien qu'ils ne le connaissent pas eux-mêmes ni ne sachent comment en faire usage.

Car il se produisit dans le monde de cette époque ce qui advint à l'Eglise Samaritaine au sujet du Christ : les gens cherchaient ce qu'ils avaient déjà (16), mais dans leur profonde ignorance ils ne pouvaient s'en rendre compte.

Tout continua ainsi dans les ténèbres de l'ignorance, en tout pendant quatre cent quatre vingts ans apres que les enfants d'Israël soient sortis du pays d'Egypte, jusqu'à la quatrième année du règne de Salomon sur Israël, quand Salomon commença à construire la Maison du Seigneur ; ce que son père David aurait dû faire, mais il ne fut pas donné à celui-ci d'accomplir cette oeuvre, car ses mains étaient souillées sur chaque face, par des guerres sanglantes (17).

Voici tout ce qui se rapporte au règne du roi Salomon, son fils, qui commença à construire la Maison du Seigneur:

Ici j'espère que tout le monde tiendra pour assuré qu'aucune des choses nécessaires pour mener à bonne fin cette sainte construction ne fut refusée à ce sage roi. Chacun doit l'admettre, sinon nous devrions accuser Dieu d'injustice, ce dont aucun faible mortel n'oserait accuser Dieu, et ce dont sa divine Bonté ne saurait d'ailleurs être coupable.

Cela dit, nous lisons au Premier Livre des Rois, chapitre 7, verset 13, que Salomon envoya chercher Hiram à Tyr. C'était le fils d'une veuve de la tribu de Nephtali et son père était un Tyrien qui travaillait le bronze (18).

Hiram était rempli de sagesse et d'habileté pour faire toutes sortes d'ouvrages de bronze. Il vint auprès du roi Salomon et lui consacra tout son travail.

L'explication de ces versets est la suivante : le mot "habileté" signifie « ingéniosité », car lorsque la sagesse et l'intelligence se trouvent réunies chez une même personne, il ne lui manque rien. Ainsi, par le présent passage de l'Ecriture, on doit convenir que ce fils de veuve, dont le nom était Hiram, avait reçu une inspiration divine, tout comme le sage roi Salomon ou encore le saint Betsaléel.

Or, il est rapporté par la Tradition que lors de cette construction, il y aurait eu une querelle entre les manoeuvres et les maçons au sujet des salaires. Et pour calmer tout le monde et arranger les choses, le sage roi aurait dit : « que chacun de vous soit satisfait, car vous serez tous payés de la même façon ». Mais il donna aux maçons un signe que les manoeuvres ne connaissaient pas. Et celui qui pouvait faire ce signe à l'endroit où étaient versés les salaires, était payé comme les maçons ; les manoeuvres ne le connaissant pas, étaient payés comme auparavant.

Cela dut être et même s'il en fut ainsi, nous devons juger avec beaucoup d'indulgence les paroles du sage roi Salomon, car il doit être compris et aussi tenu pour vrai, que le sage roi voulait rétribuer chacun selon ses mérites.

Cependant le chapitre 6, verset 7, du Premier Livre des Rois m'en apprend bien davantage, lorsqu'il y est dit que la Maison, pendant qu'elle était en chantier, fut construite avec des pierres préparées avant d'être apportées sur place, de sorte que l'on n'entendait ni marteau, ni laie, ni hache. ni aucun outil de fer dans la Maison pendant la construction (19).

On peut en conclure que tous les éléments étaient ajustés à l'avance, mais pas encore assemblés pour qu'ils puissent être déplacés sans [faux] mouvement (sans agitation).

Et toutes choses ayant été passées en revue, des limites du ciel à la surface de la terre, rien ne put être trouvé de plus convenable alors que l'équerre pour être leur signe, indiquant comment agir les uns envers les autres.

Ainsi le travail continua et progressa t il ne pouvait guère aller de travers, puisqu'ils travaillaient pour un si bon maître, et avaient l'hoinme le plus sage de la terre comme surveillant.

C'est pourquoi avec tant de talents dus au mérite, mais bien plus encore par libre grâce, la Maçonnerie obtint un nom et un nouveau commandement. Leur nom signifie "Force", leur réponse " Beauté" et leur commandement "Amour"..

Pour avoir la preuve de cela, lisez les 6e et 7e (chapitres) du premier Livre des Rois, vous y trouv erez les merveilleux travaux d'Hiram lors de la construction de la Maison du Seigneur.

Quand tout fut terminé, les secrets de la Franc-Maçonnerie furent mis en bon ordre, comme ils le sont maintenant et le seront jusqu'à la fin du monde, pour ceux qui les comprennent vraiment ; en trois parties, par référence à la Sainte Trinité qui fit toutes choses, puis en treize subdivisions rappelant le Christ et ses douze apôtres, qui sont comme suit : un mot pour un théologien (20), six pour le clergé et six pour le compagnon du métier, puis, en plein et total accord avec cela, suivent les cinq Points des compagnons franc-Maçons qui sont:. pied contre pied, genou contre genou, poitrine contre poitrine, joue contre joue et main dans le dos. Ces cinq points font référence aux cinq principaux signes qui sont . la têtet le pied, le corps, la main et le coeur; et aussi aux cinq principaux points d'architecture ; également aux aux cinq ordres de maçonnerie.

Ces [cinq] points tirent leur force de cinq origines, une divine et quatre temporelles, qui sont les suivantes : premièrement le Christ, la tête et la pierre d'angle, deuxièraernent Pierre appelé Cephas, troisièmement Moïse qui grava les commandements, quatrièmement Betsaléel le meilleur des maçons, cinquièmement Hiram qui était rempli de sagesse et d'intelligence. Votre premier est :

Vore second est - Votre troisième est

Votre quatrième est - Votre cinquième est

Votre sixième est - Votre septième est

Votre huitième est - Votre neuvième est

Votre dixième est - Votre onzième est

Votredouzième est - Votre treizième est

 Tho Graham étant maître de Loge Enquam Ebo (21),

 Octobre le 24, 1726, à tous ceux de notre fraternité qui veulent s'instruire par ceci.

(*) En fin de manuscrit, une phrase ajoutée par le scripteur et qui semble devoir remplacer en partie celle du texte : "Tout cela continua ainsi dans les ténèbres et l'obscurité pendant les jours suivants de son (sa) "

Traduction de Gilles PASQUIER.

  NOTES

  (1) «Attouchement» est le terme consacré en français. Mais il faut souligner que « token » signifie surtout «signe», voire " symbole",, même même si en anglais un signe peut être un mouvement de la main. (« Oxford dictionnary »).

(2) « Sentre » ("Senter", moyennant ce qui semble bien être ici une faute d'orthographe) est une forme archaïque (XIVe siècle) de "center". "The senter of a true heart" évoque "The center of union" dont dont parle Anderson dans l'article 1 de la Constitution (1723-1738).

(3) N'oublions pas que le sens premier de "franc" est "libre". Les deux mots se traduisent par "free" en anglais. Dans la réponse qui suit, nous utilisons le vocable "franc" en raison de son importance dans la question, au sein du mot composé "Franc-Maçonnerie", (en anglais « Free-Masonry »).

(4) « ... the knowledge of God contracted in the square ». ""Connaissance de Dieu " peut s'entendre de deux manières au moins : connaître Dieu, ou accéder à la science détenue par Dieu. J'ai retenu ce second sens, en raison de la suite du texte qui montre que le problème des maçons était d'accéder, par inspiration divine, à la connaissance de l'art de bâtir.

Toutefois, je ne veux pas passer sous silence la traduction sensible de notre T. V. F. Shoolingin : « compréhension de Dieu ». En effet : être guidé par Dieu dans la voie de la connaissance, peut mener à quelque chose qui est de l'ordre de la compréhension de Dieu. La question des attributs divins n'est d'ailleurs pas étrangère à cette préoccupation.

(5) Le maçon ne doit pas connaître les secrets sans les avoir reçus d'une triple voix.

« Trible voice » : la suite du texte montrera qu'il s'agit bien d'une triple voix (treble voice) et non d'une « voix de malheur » (trible voice). Cette triple voix est nécessaire pour transmettre les secrets des maçons.

(6) La loge étant aussi une assemblée de maçons, il est sans doute question ici de la disposition des maçons « formant la loge », pour accueillir le néophyte selon un schéma aujourd'hui disparu. Au rite Emulation, les officiers sont encore disposés selon ce schéma.

(7) « Equinoctial » : synonyme « Equatorial ». Forme ancienne peu usitée. L'exemple le plus récent donné par « l'Oxford dictionnary » remonte à 1860.

(8) Nous restituons le mot "secrets". Ceci se trouve justifié par la suite du texte.

(9) Le texte anglais, très elliptique, est le suivant : "0 come let us and you shall have". La traduction se trouve justifiée par le commentaire donné trois réponses plus loin.

(10) Ceci n'est pas souligné dans l'original. Il s'agit de la reprise, en deux parties, pour explication, de la formule incantatoire citée plus haut.

(11) Ici le style télégraphique règne en maître : " tradition that" dit le tuileur.

(12) "Marrow in this bone". Comment ne pas songer à une homophonie remarquable ?

(13) On comprend ici d'où le rite de la triple voix tire son origine.

(14) «So thus it contenued the will pass for the deed ». «Ainsi continuèrent les choses, la volonté soutenant l'action» («Oxford dictionnary »). Littéralement : « La volonté menant l'action au succès ».

D'après le "Random house", le sens archaïque de « to pass » est « to thrust » : pousser, imposer. On pourrait donc traduire fortement par "La volonté poussant à l'action".

(15) Le rite de la triple voix est ici nettement défini : trois personnes (en l'occurrence les deux princes et quelqu'un d'autre) doivent composer la triple voix.

(16) "They were seeking for what they did not want " .Le verbe "to want" possède un sens méconnu de beaucoup de lecteurs français: être privé de, manquer de. Le sens de la phrase est donc : "Les gens cherchaient ce dont ils n'étaient pas dépourvus". Soit ce qu'ils avaient déjà.

(17) La traduction donnée ici, pour la dernière proposition, est un peu risquée, mais le sens en est cohérent et conforme au reste de la phrase. Le texte anglais dit ceci : "... because his hands was gultie of blood wars being on every side". Mot à mot : « ... car ses mains étaient souillées par des guerres sanglantes étant de tous côtés" . Mais la phrase semble incomplète. La traduction finalement retenue est en accord avec les deux citations bibliques suivantes:

«David dit à Salomon . Mon fils, j'avais l'intention de bâtir une maison au nom de l'Etemel, mon Dieu. Mais la parole de l'Eternel m'a été ainsi adressée: tu as versé beaucoup de sang, et tu as fait de grandes guerres ; tu ne bâtiras pas une maison à mon nom, car tu as versé devant moi beaucoup de sang sur la terre" (1 Chroniques, 22-7, 8)

"Dieu m'a dit: tu ne bâtiras pas une maison à mon nom, car tu es un homme de guerre et tu as versé le sang ». (1 Chroniques, 28-3).

(18) ce passage est particulièrement facile à traduire: c'est la transcription d'un passage de la Bible (1 Rois, 7-13, 14).

(19) De nouveau une citation biblique. Peut-être le contenu de cette citation est-il à l'origine de l'usage consistant à laisser les métaux hors du temple.

(20) « A divine » : "Un théologien". Les orthodoxes appellent Saint Jean : Jean le Théologien. Il ne s'agit pas d'un théologien au sens actuel du terme, mais d'un homme ayant la connaissance divine, un inspiré.

(21) "Enquam Ebo". Ceci est certainement une formule latine déformée. Notre T. V. F. Shoolingin propose la traduction suivante : "Enquam Ebo" provient de "Inquam Ego", « dans laquelle je suis » (avec un solécisme). La phrase complète et cohérente devient alors: "Tho Graham étant Maître de Loges dont je fais partie".

 

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Le manuscrit d'Edimbourg

25 Avril 2005 Publié dans #histoire de la FM

Traduit et commenté par Edmond MAZET

INTRODUCTION

 Le document dont nous donnons ici la traduction a été découvert aux Archives d'Edimbourg en 1930, par Charles T. Mclnnes. Il a été publié sous forme photographique dans A.Q.C., vol. 43 (1930) par J. Mason Allan, et plusieurs fois imprimé, la dernière édition imprimée étant dans Knoop, Jones et Hamer, Early Masonic Catechisms, 2e édition, Londres, 1975. Il a souvent été utilisé par des auteurs maçonniques de langue française, mais sans qu'aucune traduction française en ait été publiée. On ignore par qui et dans quelles circonstances il a été rédigé. Mais il porte la suscription suivante: «Quelques questions à propos du mot du Maçon (Some Questiones Anent the mason word) 1696.» Il date donc de la période de transition de la Maçonnerie opérative à la Maçonnerie spéculative. Naturellement, il est loin d'être le plus ancien texte maçonnique écossais connu; rappelons en particulier, avant lui, les Statuts Schaw de 1598 et de 1599, et plusieurs registres de Loges, comme ceux d'Aitcheson Haven (1598 d'Édimbourg (1599 de Kilwinning (1642; d'autre part, à partir de 1660 environ, des Loges d'Écosse ont eu en leur possession des textes de la famille des Old Charges, d'origine anglaise. Mais, si l'on accepte les formules de serment contenues dans quelques manuscrits des Old Charges, le manuscrit des Archives d'Edimbourg est à l'heure actuelle, en Ecosse et dans le monde, le plus ancien document connu de caractère rituel. C'est ce qui fait son intérêt exceptionnel.

Il est à rapprocher, à cet égard, de deux autres textes également publiés dans Knoop, Jones et Hamer : le manuscrit Chetwode Crawley, daté d'environ 1700, donc à peu près contemporain du manuscrit des Archives d'Édimbourg, et un texte un peu plus tardif, le manuscrit Kevan (vers 1714-1720). Ces trois textes sont très voisins les uns des autres et, tout en présentant des variantes notables, dérivent certainement d'une source commune. Sans nous livrer à une comparaison systématique des trois textes, nous avons indiqué en notes quelques-unes de ces variantes, qu'il nous a paru intéressant de relever.

Si l'on ne peut préciser exactement l'origine de notre manuscrit, on peut du moins dégrossir le problème. Tout d'abord, il a certainement été copié sur un manuscrit antérieur (cf. note 9), aujourd'hui perdu. La réponse à la question 8 («Quel est le nom de votre Loge; Kilwinning») met vaguement cette source en rapport avec la Loge de ce nom, ou du moins avec les Loges du Sud-Ouest de l'Écosse, sur lesquelles la Loge de Kilwinning exerçait une juridiction plus ou moins bien définie par les Statuts Schaw de 1599, mais il est difficile de préciser davantage ce rapport. En fait, il apparaît clairement à la lecture du texte que celui-ci et sa source n'ont pas été rédigés par des Maçons, mais bien plutôt par des profanes qui avaient réussi (tout au moins l'auteur du manuscrit primitif) à percer le secret des travaux maçonniques.

On peut d'ailleurs se demander à ce propos, jusqu'à quel point notre manuscrit et les deux textes apparentés reflètent fidèlement les travaux des loges du XVIIe siècle. Il est certain que, dans le détail, ils nous transmettent certains termes sous une forme corrompue (cf. notes 2 et 8) ; d'ailleurs, à ce niveau, il existait sans doute dès le XVIIe siècle des variations locales dans la pratique des Loges (cf. note 6). Cependant, la comparaison avec les Statuts Schaw, avec les Old Charges, et avec les registres de Loges d'Écosse du XVIIe siècle, ainsi que l'existence, attestée en Ecosse à partir de 1637, du «mot du Maçon», permettent d'être raisonnablement assuré que, dans l'ensemble, les textes nous donnent une image fidèle de la réalité.

Le manuscrit des Archives d'Édimbourg se compose de deux parties (qui se retrouvent, quoique dans l'ordre inverse, dans le Chetwode Crawley et dans le Kevan).

La première est une suite de questions et de réponses convenues qui permettaient aux maçons de se reconnaître. Ces «catéchismes», selon le terme de Knoop, Jones et Hamer, sont à l'origine de nos instructions actuelles par demandes et réponses. Il y a de ceux-là à celles-ci une tradition continue que l'on peut suivre tout au long du XVIIIe siècle en Grande-Bretagne comme sur le continent: ces catéchismes ou instructions se sont développés et enrichis &emdash; non sans glissements ou même oblitération de sens sur certains points &emdash;, ils se sont diversifiés aussi selon les lieux et les rites, mais la filiation est incontestable.

La seconde partie se présente comme un rituel sommaire de réception. On a un système en deux grades. Le premier grade est celui d'apprenti-entré ( «entered apprentice» : ce terme, qui reparaît dans les Constitutions d'Anderson, est toujours en usage dans la Maçonnerie de langue anglaise) ; la cérémonie de réception s'appelle l' entrée» (entrie). Cela est conforme aux Statuts Schaw qui, un siècle plus tôt, distinguaient déjà nettement deux stades dans l'apprentissage: tout d'abord l'apprenti était «reçu» (ce terme n'impliquant ici aucune cérémonie rituelle) par un maître qui le prenait à son service, le faisait enregistrer sur le livre de sa Loge, et commençait de lui enseigner le métier; quand l'apprenti était suffisamment instruit, il était «entré», et acquérait un minimum d'initiative professionnelle, sans cesser d'être un apprenti.

Le second et dernier grade est indifféremment appelé «compagnon du métier» (fellow craft), ou «maître maçon», ou seulement «maître» ou «maçon», et une fois «parfait maçon», tous ces termes étant équivalents. Cela encore est conforme aux Statuts Schaw, où l'expression master or fellow of craft» revient plusieurs fois.

A chacun de ces grades correspond une cérémonie. Ces cérémonies, très simples, comportent seulement le serment et la communication des secrets, c'est-à-dire ce qui formera toujours le noyau des cérémonies maçonniques plus élaborées, qui se développeront par la suite. Cependant, dans leur simplicité, elles s'accompagnaient de quelques formes tombées ensuite en désuétude, qui ne manquent pas d'intérêt, comme les « paroles de l'entrée », et l'usage émouvant et significatif de faire circuler le mot du plus jeune maçon jusqu'au maître de la Loge avant de le communiquer.

Parmi les secrets, le «mot du maçon» était apparemment considéré comme le plus important puisque la partie rituelle du texte est intitulée «la manière de donner le mot du maçon» (the forme of giveing the mason word). Comme nous l'avons déjà dit, I'existence du mot du maçon est attestée à partir de 1637 par diverses allusions qui y sont faites dans des sources profanes : il était l'objet parmi les gens simples, de craintes superstitieuses. Il ressort de notre texte que chaque grade avait son mot, et que ces mots étaient ceux qui sont encore en usage dans les deux premiers grades (cf. aussi note 11).

Nous n'avons pu donner, dans cette introduction et dans les notes, qu'un bref aperçu de ce que le manuscrit des Archives d'Édimbourg et les textes de la même famille apportent à notre connaissance de la tradition maçonnique. Le lecteur trouvera sans doute par lui même encore bien des remarques intéressantes à faire et bien des questions à se poser.

LE MANUSCRIT

 Quelques questions que les maçons ont coutume de poser à ceux qui ont le mot, avant de les reconnaître.

 

 

 Question 1 : Etes-vous maçon ?

 

 

Réponse : Oui.

 

 

Q. 2 : Comment le connaîtrai-je ?

 

 

R. : Vous le connaîtrez en temps et lieu convenables.

 

 

Remarques : la dernière réponse ne doit être faite qu'en présence de gens qui ne sont pas maçons. Mais en l'absence de telles gens vous devriez répondre : par signes, conventions (1) et autres points de mon entrée.

 

 

Q. 3 : Quel est le premier point ?

 

 

R. : Dites-moi le premier point, je vous dirai le second. Le premier est de celer (2) et cacher ; le second : «sous une peine qui ne saurait être moindre» (3), qui consiste alors à vous c....r la g...e, car vous devez faire ce signe quand vous dites cela.

 

 

Q. 4 : Ou avez-vous été entré ?

 

 

R. : A l'honorable Loge.

 

 

Q. 5 : Qu'est-ce qui fait une Loge véritable et parfaite ?

 

 

R. : Sept maîtres, cinq apprentis entrés, à un jour de marche d'un bourg, là où on n'entend ni un chien aboyer, ni un coq chanter (4) .

 

 

Q. 6 : Ne peut-on pas former à moins une Loge véritable et parfaite ?

 

 

R. : Oui, cinq maçons et trois apprentis entrés, & c.

 

 

Q. 7 : Et à moins [encore] ?

 

 

R. : Plus on est, plus on rit, moins on est, meilleure est la chère.

 

 

Q. 8 : Quel est le nom de votre Loge ?

 

 

R. : Kilwinning.

 

 

Q. 9 : Comment se tient votre Loge ?

 

 

R. : Est et Ouest, comme le temple de Jérusalem.

 

 

Q. 10 : Où se tint la première Loge ?

 

 

R. : Dans le porche du temple de Salomon.

 

 

Q. 11 : Y a-t-il des lumières dans votre Loge ?

 

 

R. : Oui, trois (5) : le nord-est, le sud-ouest, et le passage de l'est (6). La première désigne le maître maçon, la seconde le surveillant, la troisième le compagnon poseur (7).

 

 

Q. 12 : Y a-t-il des bijoux dans votre Loge ?

 

 

R. : Oui, trois : [un] parpaing, un pavé d'équerre et un large ovale (8).

 

 

Q. 13 : Où trouverai-je la clé de votre Loge ?

 

 

R. : A trois pieds et demi de la porte de la Loge, sous un parpaing et une motte verte. Mais sous le repli de mon foie, là où gisent tous les secrets de mon cœur (9).

 

 

Q. 14 : Qu'est la clé de votre Loge ?

 

 

R. : Une langue bien pendue.

 

 

Q. 15 : Où se trouve la c/é ?

 

 

R. : Dans la boîte d'os.

 

 

 Après que les maçons vous ont examinés par toutes ces questions ou par quelques-unes d'entre elles, et que vous y avez répondu avec exactitude et fait les signes, ils vous reconnaîtront, non pas cependant pour un maître maçon ou compagnon du métier, mais seulement pour un apprenti, c'est pourquoi ils vous diront : je vois que vous avez été dans la cuisine, mais je ne sais pas si vous avez été dans la salle.

 

 

R. : J'ai été dans la salle aussi bien que dans la cuisine.

 

 

Q. 1 : Etes-vous compagnon du métier ?

 

 

R. : Oui.

 

 

Q. 2 : Combien y a-t-il de points du compagnonnage ?

 

 

R. : Cinq, à savoir : pied à pied, genou à genou, cœur à cœur, main à main et oreille à oreille.

 

 

 Faites alors le signe du compagnonnage (10), et serrez la main [de votre interrogateur], et vous serez reconnu pour un véritable maçon. Les mots sont dans le premier livre des Rois, ch. 7, v. 2l et dans le deuxième livre des Chroniques, ch. 3, dernier verset (11).

 La manière de donner le mot du maçon.

Tout d'abord vous devez faire agenouiller la personne qui va recevoir le mot, et après force cérémonies destinées à l'effrayer, vous lui faites prendre la Bible et, plaçant sa main droite dessus, vous devez l'exhorter au secret, en le menaçant de ce que, s'il vient à violer son serment, le soleil dans le firmament et toute la compagnie témoigneront contre lui, ce qui sera cause de sa damnation, et qu'aussi bien les maçons ne manqueront pas de le tuer. Puis, après qu'il a promis le secret, ils lui font prêter serment comme suit :

Par Dieu lui-même et vous aurez à répondre à Dieu quand vous vous tiendrez nu devant lui au jour suprême, vous ne révélerez aucune partie de ce que vous allez entendre ou voir à présent, ni oralement, ni par écrit ; vous ne le mettrez jamais par écrit, ni ne le tracerez avec la pointe d'une épée, ni avec aucun autre instrument, sur la neige ou le sable, et vous n'en parlerez pas, si ce n'est avec un maçon entré ; ainsi que Dieu vous soit en aide.

Après qu'il a prêté le serment, on l'emmène hors de la compagnie, avec le plus jeune maçon, et quand il est suffisamment effrayé par mille postures et grimaces ridicules. il doit apprendre dudit maçon la manière de se tenir à l'ordre, ce qui est le signe, et les postures et paroles de .son entrée, qui sont comme suit :

Quand il rentre dans la compagnie, il doit d'abord faire un salut ridicule, puis le signe, et dire : Dieu bénisse l'honorable compagnie. Puis, retirant son chapeau d'une manière très extravagante qui ne doit être exécutée que dans ces circonstances (comme le reste des signes), il dit les paroles de son entrée, qui sont comme suit :

Me voici, moi le plus jeune et le dernier apprenti entré, qui viens de jurer par Dieu et saint Jean (12), par l'équerre, le compas et la jauge commune (13), d'être au service de mon maître à l'honorable loge, du lundi matin au samedi soir, et d'en garder les clés, sous une peine qui ne saurait être moindre que d'avoir la langue coupée sous le menton, et d'être enterré sous la limite des hautes marées, où nul ne saura [qu'est ma tombe].

Alors, il fait à nouveau le signe, en retirant la m..n sous le m....n devant la g...e, ce qui signifie qu'on l. l.. c...a au cas qu'il manque à sa parole.

Ensuite, tous les maçons présents se murmurent l'un à l'autre le mot, en commençant par le plus jeune, jusqu'à ce qu'il arrive au maître maçon, qui donne le mot à l'apprenti entré.

Maintenant, il faut remarquer que tous les signes et mots dont on a parlé jusqu'ici appartiennent à l'apprenti entré. Mais pour être un maître maçon ou compagnon du métier il y a plus à faire, et c'est ce qui suit.

Tout d'abord, tous les apprentis doivent être conduits hors de la compagnie, et il ne doit rester que des maîtres. Alors, on fait de nouveau agenouiller celui qui doit être reçu membre du compagnonnage, et il prête le serment qui lui est présenté de nouveau. Ensuite, il doit sortir de la compagnie avec le plus jeune maçon pour apprendre les postures et signes du compagnonnage, puis, en rentrant, il fait le signe des maîtres et dit les mêmes paroles d'entrée que l'apprenti, en omettant seulement la jauge commune. Alors, les maçons se murmurent l'un à l'autre le mot en commençant par le plus jeune comme précédemment, après quoi le nouveau maçon (14) doit avancer et prendre la posture dans laquelle il doit recevoir le mot, et il murmure au plus ancien maçon : les dignes maîtres et l'honorable compagnie vous saluent bien, vous saluent bien, vous saluent bien.

Alors le maître lui donne le mot et lui serre la main à la manière des maçons, et c'est tout ce qu'il y a à faire pour faire de lui un parfait maçon.

NOTES

1. Le mot «token» a pris par la suite dans le langage maçonnique le sens précis d'attouchement ou poignée de main. Dans la fameuse divulgation de Pritchard : Masonry Dissected (1730), on lit : «Que sont les tokens ?Certaines poignées de main régulières et fraternelles» . Dans notre texte, non plus que dans le Chetwode Crawley et dans le Kevan, il n'est question d'aucune poignée de main pour l'apprenti, alors qu'il en existe indubitablement une pour le compagnon. Le mot «token» désigne probablement ici l'ensemble des postures et gestes convenus qui accompagnent le signe et le mot.

2. Nous traduisons ainsi le mot «heill» (orthographié dans d'autres textes «hail», «heal» ou «hele»), mot archaïque ayant le même sens que le verbe usuel «conceal» qui le suit.

3. Cette formule provient des paroles de l'entrée, que l'on trouvera dans la deuxième partie du texte.

4. Les statuts de 1670 de la loge d'Aberdeen prescrivent que les tenues aient lieu «au milieu des champs», et que les réceptions d'apprentis se fassent «dans l'ancienne loge des champs» sur une paroisse rurale des environs (A.l . Miller, Notes on the early history and records of the Lodge Aberdeen 1 ter ; cité par A.C.F. Jackson, AQC, vol. 91, p. 17).

5. Ces trois lumières sont certainement les trois chandeliers que l'on retrouve (dans des dispositions différentes suivant les rites) dans les loges spéculatives. Prichard (1730) précise : «N.B. Ces lumières sont trois grandes chandelles placées sur de hauts chandeliers».

6. L'interprétation de l'expression «passage de l'est» (eastern passage) peut prêter à discussion ; la plus naturelle relativement au contexte nous parait être : plein est. Les documents iconographiques (gravures et reproductions de tableaux de loge) relatifs à la Maçonnerie spéculative avant 1750, montrent le plus souvent une disposition qui paraît dériver de celle indiquée dans notre texte ; la lumière du «passage de l'est » est seulement venue au sud-est, formant avec les deux autres un rectangle dont, seul, le sommet nord-ouest reste vide. Cette disposition se conserve de nos jours dans le Rite Français. Mais il est probable que dès le XVIIe siècle, la disposition des trois chandeliers variait suivant les loges. Le manuscrit Dumfries n° 4, qui date d'environ 1710, mais dont le contenu remonte presque certainement plus haut, nous dit que les trois lumières se trouvent à l'est, à l'ouest, et « au milieu» (c'est sans doute de là que dérive la disposition que l'on observe dans la Maçonnerie anglo-saxonne actuelle).

7. Le «maître maçon» dont il est question ici est évidemment le maître qui préside la loge. Au lieu de «compagnon poseur» (setter craft) le Chetwode Crawley et le Kevan ont ici simplement «compagnon du métier» (fellow craft). Les maçons opératifs se divisaient en «hewers» (tailleurs de pierre) et «setters» (qui posaient les pierres pour monter les murs). La signification de ces trois lumières a évolué. A partir de Pritchard 1730, elle s'est fixée en «le Soleil, la Lune et le Maître maçon», ou «le Soleil, la Lune et le maître de la Loge». Ces trois lumières ne sont évidemment point à confondre avec les trois grandes lumières symboliques : le volume de la Loi Sacrée, I'équerre et le compas. La Maçonnerie anglaise les en distingue en les appelant «lumières mineures» (lesser lights) .

8. Le parpaing (dans le texte : «perpend esler», corruption de «perpend ashlar») est certainement à l'origine de la pierre brute de la Maçonnerie spéculative, ce qui est un glissement de sens considérable ; le pavé d'équerre (square pavement) est à l'origine du pavé mosaïque. Quant au «large ovale» (broad ovall), c'est probablement la corruption de «broked mall» (marteau bretté), que l'on lit dans le Chetwode Crawley au même endroit ; ce marteau bretté serait alors à l'origine de l'instrument semblable à une hache qui figure sur les tableaux de loge français du XVIIIe siècle, à côté de la pierre cubique à pointe ; ce pourrait être aussi, selon KJH la corruption de broached urnall» mot qui désignerait la pierre cubique à pointe elle-même .

9. Le manuscrit des Archives d'Edimbourg a ici contracté deux questions de sa source, qui sont restées distinctes dans le Chetwode Crawley et dans le Kevan . «Ou trouverai-je la clé de votre loge ? &emdash;A trois pieds et demi de la porte de la loge sous un parpaing et une motte verte. &emdash;Qu'entendez-vous par un parpaing et une motte verte ? &emdash;J'entends non seulement sous un parpaing et une motte verte mais sous le repli de mon foie, là où gisent tous les secrets de mon cœur».

10. Le Chetwode Crawley et le Kevan ont ici : «Ce sont là les signes du compagnonnage».

11. Le Chetwode Crawley et le Kevan donnent les mots en toutes lettres.

12. On peut voir là une indication de ce que le serment était prêté sur l'Évangile de Saint Jean, comme l'usage en est nettement attesté par la suite dans la Maçonnerie française.

13. Gabarit fixant la dimension des pierres à tailler.

14. Le texte a ici : le plus jeune maçon (the youngest mason), mais c'est évidemment du récipiendaire qu'il s'agit.

 

 

 

 

 

 

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Le CHETWODE CROWLEY

25 Avril 2005 Publié dans #histoire de la FM

traduit et commenté par Edmond MAZET

 Le grand secret ou la manière de donner le mot du maçon.

Tout d'abord vous devez faire mettre à genoux la personne qui va recevoir le mot, et après forces cérémonies destinées à l'effrayer, vous lui faites prendre la Bible et, plaçant sa main droite dessus, vous devez l'exhorter au secret, en le menaçant de ce que, s'il vient à violer son serment, le soleil dans le firmament et toute la compagnie témoigneront contre lui, ce qui sera cause de sa damnation, et qu'aussi bien ils (1) ne manqueront pas de le tuer. Puis, après qu'il a promis le secret, ils lui font prêter serment comme suit :

 Les mots J et B (2).

Par Dieu lui-même, puisque vous aurez à répondre à Dieu quand vous vous tiendrez nu devant lui au jour suprême, vous ne révélerez aucune partie de ce que vous allez entendre ou voir à présent, ni oralement, ni par écrit; vous ne le mettrez jamais par écrit, ni ne le tracerez avec la pointe d'une épée, ni avec aucun instrument, sur la neige ou le sable, et vous n'en parlerez pas, si ce n'est avec un maçon entré ; ainsi que Dieu (vous) soit en aide.

Après qu'il a prêté ce serment, on l'emmène hors de la compagnie avec le plus jeune maçon, et quand il est suffisamment effrayé par mille postures et grimaces ridicules, il doit apprendre dudit maçon la manière de se tenir à l'ordre. ce qui est le signe. les paroles et postures de son entrée et c'est comme suit :

Me voici, moi le plus jeune et le dernier apprenti entré, qui viens de jurer par Dieu et saint Jean, par l'équerre, le compas et la jauge commune, d'être au service de mon maître à l'honorable loge, du lundi matin au samedi soir, et d'en garder les clés, sous une peine qui ne saurait être moindre que d'avoir la langue coupée sous le menton, et d'être enterré sous la limite des hautes marées, où nul ne saura (qu'est ma tombe).

Alors, il fait à nouveau le signe, en retirant la m..n sous le m....n devant la g...e, ce qui signifie qu'on l. l.. c...a au cas qu'il manque à sa parole.

Ensuite tous les maçons présents se murmurent l'un à l'autre le mot, en commençant par le plus jeune, jusqu'à ce qu'il arrive au maître-maçon, qui donne le mot à l'apprenti entré.

Maintenant, il faut remarquer que tous les signes et mots dont on a parlé jusqu'ici appartiennent à l'apprenti entré. Mais pour (être) (3) un maître-maçon ou compagnon du métier. il y a plus à faire, comme il suit.

Tout d'abord tous les apprentis doivent être conduits hors de la compagnie, et il ne doit rester que des maîtres.

Alors, on fait de nouveau agenouiller celui qui doit être reçu membre du compagnonnage, et il prête le serment qui lui est présenté de nouveau. Ensuite il doit sortir de la compagnie avec le plus jeune maître pour apprendre les paroles et signes du compagnonnage, puis en rentrant, il fait le signe de maître et dit les mêmes paroles d'entrée que l'apprenti, en omettant seulement la jauge commune. Alors, les maçons se murmurent l'un à l'autre le mot en commençant par le plus jeune comme précédemment, après quoi le jeune maître doit avancer et prendre la posture dans laquelle il doit recevoir le mot, et il murmure (au plus ancien maçon) (4): les dignes maçons et l'honorable compagnie d'où je viens (5) vous saluent bien, vous saluent bien, (vous saluent bien) (3).

Alors, le maître-maçon lui donne le mot et lui serre la main et après lui tous les maçons font de même (5), et c'est tout ce qu'il y a à faire pour faire de lui un parfait maçon.

Quelques questions que les maçons ont coutume de poser à ceux qui disent avoir (5) le mot, avant de les reconnaître.

Question 1: Etes-vous maçon.

Réponse: Oui, en effet, je le suis.

Question 2 : Comment le connaîtrai-je ?

Réponse: Vous le connaîtrez en temps et lieu convenable.

NOTA : La dernière réponse ne doit être faite qu'en présence de gens qui ne sont pas maçons. Mais en l'absence de telles gens vous devrez répondre : par signes et autres conventions d'entrée.

Q. 3 : Quel est le premier point ?

R. : Dites-moi le premier et je vous dirai le second.

Le premier est de céler et cacher ; le second : sous une peine qui ne saurait être moindre que d'avoir la gorge coupée. Mais vous devez faire le signe quand vous dites cela.

Q. 4 : Où avez-vous été entré ?

R. : A l'honorable loge.

Q. 5 : Ou'est-ce qui fait une vraie loge parfaite ?

R. : Sept maîtres, cinq apprentis, à un jour de marche d'un bourg, là où on n'entend ni un chien aboyer, ni un coq chanter.

Q. 6 : Ne peut-on pas former à moins une vraie loge parfaite ?

R. : Quatre maîtres, trois apprentis entrés, et le reste comme précédemment.

Q. 7 : Et à moins (encore) ?

R. : Plus on est, plus on rit, et moins on est, meilleure est la chère.

Q. 8 : Quel est le nom de votre loge ?

R. : La loge de Kilwinning.

Q. 9 : Comment se tient votre loge ?

R. : Est et ouest, comme le temple de Jérusalem.

Q. l0 : Où se tient la première loge ?

R. : Dans le porche du temple de Salomon.

Q. 11 : Y a-t-il des lumières dans votre loge ?

R. : Trois, le nord-est, le sud-ouest, et le passage de l'est. La première désigne le maître maçon, la seconde [le surveillant] (6), et la troisième le compagnon du métier.

Q. 12 : Y a-t-il des bijoux dans votre Loge ?

R. : Trois, (un) parpaing, un pavé d'équerre, et un marteau bretté (7)

Q. 13 : Où trouverai-je la clé de votre loge ?

R. : A trois pieds et demi de la (porte de la) (3) loge, sous le parpaing et une motte verte.

Q. 14 : Qu'entendez-vous par un parpaing et (une) motte verte ?

R. : J'entends non seulement sous un parpaing et (une) motte verte, mais sous le replis de mon foie là où gisent cachés tous les secrets de mon cœur.

Q. 15 : Qu'est la clé de votre loge ?

R. : Une langue bien pendue.

Q. 16 : Où se trouve la clé de votre loge ?

R. : Dans la boîte d'os.

Après que les maçons vous ont examiné par toutes ces questions ou par quelques-uns d'entre elles, et que vous y avez répondu avec exactitude et fait le signe, ils vous reconnaîtront, non pour un maître- maçon ou compagnon du métier, mais seulement pour un apprenti, c'est pourquoi ils ajouteront :

Q. 17 : Je vois que vous avez été dans la cuisine, mais je ne sais pas si vous avez été dans la salle.

R. : J'ai été dans la salle aussi bien que dans la cuisine.

Q. l 8 : Etes-vous compagnon du métier ?

R. : Oui.

Q. 19 : Combien y a-t-il de points du compagnonnage ?

R. : Cinq, à savoir 1°) pied à pied, 2°) genou à genou 3°) cœur à cœur, 4°) main à main, 5°) oreille à oreille.

Ce sont là les points du compagnonnage (8). Et, par une poignée de mains, vous serez reconnu pour un vrai maçon.

Q. 20 : Où trouve-t-on les mots ?

R. : En I Rois, chap. 7e, verset 21, et II Chron. 3e chap. dernier verset.

 NOTES

(I) Le manuscrit des Archives d'Edimbourg précise ici : «les maçons».

(2) Les mots sont en toutes lettres dans le manuscrit. Cela doit être une note postérieure au reste du texte.

(3) Restituée d'après le manuscrit des Archives d'Edimbourg.

(4) Corrigé d'après le manuscrit des Archives d'Edimbourg. Le Chetwode Crawley a ici « à l'honorable compagnie», mais il s'agit certainement d'une erreur de copiste, dont l'œil a été attiré par l' «honorable compagnie» de la ligne suivante.

(5) Cette précision intéressante a disparu dans le manuscrit des Archives d'Edimbourg.

(6) Corrigé d'après le manuscrit des Archives d'Edimbourg. Le Chetwode Crawley a : «the words», les mots, mais il s'agit certainement d'une faute de copie : «warden», mal écrit dans la source, aura été lu «words» par le copiste.

(7) Broked-mall. Le manuscrit des Archives d'Edimbourg a ici «broad ovall», qui est absurde.

(8) Si on lit then au lieu de these, on doit traduire presque comme dans le manuscrit des Archives d'Edimbourg : «Faites alors les signes du compagnonnage» (cependant signes est ici au pluriel et non au singulier).

 

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Que le Père tout-puissant avec la sagesse du glorieux Jésus et par la grâce du Saint-Esprit,..."> le DUMFRIES

25 Avril 2005 Publié dans #histoire de la FM

 

Manuscrit n° 4 datant de +/- 1710 (Archives de la loge Dumfries Kilwinning n° 53) <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

Que le Père tout-puissant avec la sagesse du glorieux Jésus et par la grâce du Saint-Esprit, qui sont trois Personnes en un seul Dieu que nous implorons, soit avec nous au commencement et nous donne la grâce de nous gouverner en cette existence afin que nous puissions parvenir à son Royaume qui n'aura pas de fin. Amen. Bons frères et compagnons, notre dessein est de vous faire connaître de quelle manière fut crée cette excellente science de la maçonnerie, quand et comment elle débuta, et aussi comment elle fut soutenue, favorisée et aimée par les plus fameux et braves héros de la terre tels que rois et princes, ainsi que toutes sortes de gens intelligents au plus haut degré ; de même que les obligations de tous les maçons vrais et reconnus, auxquelles on leur a enseigné de se conformer en toute loyauté et de bien prendre garde s'ils souhaitaient être récompensés. Les obligations que nous vous énumérons maintenant, ainsi que toutes les autres obligations et secrets se rapportant aux Francs-Maçons et à tous ceux, désireux de connaître, qui ont été reçus dans leur association, de même que les délibérations de cette loge, chambre ou salle de réunion. Vous ne devrez, contre aucun don, présent ou récompense, faveur ou affection, directement ou indirectement, ni pour aucune autre raison, les divulguer ni les dévoiler, que ce soit à père ou mère, ou frère ou enfants ou étranger ou toute autre personne.

Il y a sept sciences libérales.

La première est la théologie, qui enseigne les vertus logiques.

La seconde est la grammaire, jointe à la rhétorique, qui enseigne l'éloquence et comment parler en termes subtils.

La troisième est la philosophie, qui est l'amour de la sagesse, par laquelle les deux termes d'une contradiction sont conciliés, les choses courbes sont rendues droites, les noires deviennent blanches, grâce à une règle des contraires, etc.

La quatrième est la musique, qui enseigne le chant, la harpe et l'orgue ainsi que toutes autres sortes de musique vocale et instrumentale ; il faut savoir que cette science n'a ni milieu, ni fin.

La cinquième est la logique, qui découvre la vérité et l'erreur et est un guide pour les juges et les hommes de loi.

La sixième est la géométrie, qui enseigne à mesurer dans les cieux ainsi que toutes les dimensions de la terre et tout ce qui y est contenu.

La septième et dernière des sciences est l'astronomie, avec l'astrologie, qui enseigne à connaître le cours du soleil, de la lune et des étoiles qui ornent les cieux.

Les sept sciences proviennent toutes de la géométrie. Cette excellente science gère les autres ; c'est-à-dire qu'il n'est personne, dans aucun métier, qui ne travaille au moyen de mesure et ne dépende entièrement de la géométrie, car elle sert à peser et à mesurer toutes sortes de choses sur terre : spécialement pour les laboureurs et cultivateurs, le sol, graines et semences, vignes et fleurs, plantes et autres.

 Les Fils de Lamech et les deux colonnes.

 Avant le déluge de Noé, il y avait un homme appelé Lamech, qui avait deux femmes. L'une, Ada mit au monde deux fils, Jabel et Jubal, et de l'autre femme, il eut un fils appelé Tubalcaïn et une fille appelée Naama. Ces enfants inventèrent toutes les sciences et les métiers. Jabel était l'aîné et il inventa la géométrie ; il possédait des troupeaux de moutons et ils eurent aux champs des agneaux, pour qui il fabriqua des abris de pierre et de bois, ainsi que vous pouvez le trouver dans le 4ème chapitre de la Genèse. Son frère Jubal inventa l'art de la musique vocale et instrumentale. Le troisième frère inventa le travail de la forge, tel que cuivre, acier et fer, et leur sŠur inventa l'art du tissage. Ces enfants surent que Dieu voulait tirer vengeance du monde à cause de ses péchés, soit par le feu, soit par l'eau. Désirant porter profit à la postérité, ils gravèrent ces sciences qu'ils avaient inventées sur des colonnes de pierre de façon qu'elles puissent être retrouvées après le déluge : l'une était en marbre, qui ne peut brûler, l'autre était en briques, qui résiste l'eau. (En réalité, c'est le contraire).

 Hermorian - Nemrod.

 Après le déluge, le grand Hermorian fils de Cush et Cush était le fils de Cham, second fils de Noé fut appelé « le père de la sagesse », car il trouva ces colonnes après le déluge avec les sciences inscrites dessus : il les enseigna, lors de la construction de la Tour de Babylone, où il fut appelé Nemrod ou « puissant chasseur devant l'Éternel ». Nemrod pratiqua la maçonnerie à la demande du roi de Ninive son cousin. Il créa des maçons et les recommanda au seigneur du pays pour construire toutes sortes de constructions alors en vogue, et il leur enseigna des signes et des attouchements pour qu'ils puissent se reconnaître.  Les premières obligations.  Qu'ils s'aiment les uns les autres et qu'ils servent le Seigneur du ciel d'un cŠur vrai et sincère pour éviter sa vengeance future ; Qu'ils soient honnêtes et droits et loyaux envers le seigneur leur patron, de façon que ledit Nemrod soit honoré de les lui avoir adressés ; Qu'il n'y ait ni manuvres, menées, division, dissimulation ni mésintelligence parmi eux, sans quoi Dieu les rendrait muets comme précédemment lorsqu'il confondit leur langage à cause de leur présomption.

 Les obligations dictées par Euclide

 Abraham, avec Sarah, sa femme, vint en Égypte et y enseigna les sept sciences aux Égyptiens. Il eut en Égypte, un élève excellent, du nom d'Euclide. Ce jeune homme développa son talent au point qu'il surpassa tous les artistes, et il fit honneur à Abraham. C'était un grand expert et il prédisait les événements futurs. En ce temps là, les seigneurs et les grands de ce pays eurent beaucoup d'enfants, de leurs femmes de leurs concubines, car l'Égypte était alors propice pour procréer et il n'y avait pas suffisamment de quoi vivre pour ces enfants. C'est pourquoi les grands du pays se préoccupèrent de la manière de subvenir aux besoins des enfants. Le roi du pays convoqua une assemblée pour délibérer sur la façon dont on pourrait les approvisionner, mais ils ne trouvèrent pas d'autre solution que de faire proclamer par tout le pays que si quelqu'un pouvait faire savoir quelles dispositions prendre au sujet de leurs jeunes gens, il serait bien récompensé pour sa peine et son dérangement. Après cette proclamation, survint l'excellent docteur Euclide qui dit au roi et à ses seigneurs : « Donnez-moi vos enfants afin que je les gouverne et les enseigne comme il convient à des gentilshommes et faites-moi une dotation suffisante afin que je les puisse régir et enseigner conformément à leur qualité et leur donner l'instruction que la science requiert ». Le roi l'accorda et il scella cet accord par une charte. Euclide, l'excellent clerc, prit les enfants des seigneurs et leur enseigna la science de la géométrie, à uvrer à toutes sortes d'excellents ouvrages de pierre, temples, églises, cloîtres, cités, châteaux, pyramides, tours et tous autres bâtiments. Il les organisa et leur enseigna à se reconnaître avec certitude.

Il confirma les coutumes de Nemrod :

Qu'ils s'aiment les uns les autres ;

Qu'ils gardent la loi de Dieu écrite en leurs curs

Qu'ils gardent les secrets de la loge et les secrets les uns des autres ;

Qu'ils s'appellent l'un l'autre « compagnon » et qu'ils s'abstiennent de toutes autres appellations ;

Qu'ils se comportent comme des hommes de l'art et non comme des rustres incultes

Qu'ils choisissent l'un des plus sages d'entre eux pour être le maître des autres et superviser l'ouvrage ;

Qu'ils ne trahissent pas, par amour ou envie de richesses, la confiance qu'on leur a accordée et qu'ils ne désignent personne qui manque d'intelligence comme maître d'uvre afin que le métier ne puisse être cause de scandale ; Qu'ils appellent le gouverneur maître » durant le temps qu'ils travaillent avec lui. Et Euclide écrivit pour eux un livre des Constitutions et leur fit jurer par le plus grand serment usité en ce temps-là qu'ils observeraient fidèlement toutes les prescriptions contenues dans les Constitutions de la Maçonnerie. Il leur fit donner une paye suffisante pour qu'ils puissent vivre en hommes d'art et de science. Il décida aussi qu'ils s'assembleraient et se réuniraient pour tenir conseil sur les matières touchant au métier et à l'art de la géométrie, qu'ils ne devaient pas fréquenter celui qui n'est pas dûment qualifié et régulièrement créé dans une vraie loge ; et qu'ils se tiendraient à bonne distance de tout désordre, sans quoi Dieu mettrait parmi eux une seconde confusion qui se révélerait pire que la première. Après quoi, l'excellent clerc Euclide inventa maintes choses et accomplit des exploits merveilleux, car il n'y avait rien de trop dur pour lui dans le contenu des sept sciences libérales ; grâce à quoi il fit du peuple d'Égypte le plus sage de la terre.

 Les obligations dictées par David.

 Ultérieurement, les enfants d'Israël arrivèrent dans la Terre Promise, qui est maintenant appelée le pays de Jérusalem, où le roi David commença le Temple de Jérusalem qui, chez eux, est appelé le Temple de Diane . David aimait les maçons et les choya en leur donnant de bons gages.

Il leur donna comme obligation :

Qu'ils respectent fidèlement les dix Commandements qui avaient été écrits du doigt de Dieu sur la pierre ou Tables de marbre et remis à Moïse sur le saint mont Sinaï, dans une solennité céleste composée de myriades d'anges avec des chars de feu les escortant en cortège, ce qui prouve que la sculpture sur pierre est d'institution divine ainsi que maintes autres choses qu'il leur donna telles qu'il les avait reçues en Égypte du très fameux Euclide ; et encore d'autres obligations que vous entendrez plus tard.

 Salomon et Hiram.

 Après la mort de David, Salomon, son fils, réalisa le Temple que son père avait commencé. Divers maçons de plusieurs pays se rassemblèrent, il y en eut quatre-vingt mille, parmi lesquels trois cents qui étaient qualifiés et furent désignés comme surveillants de l'ouvrage. Il y avait à Tyr un roi nommé Hiram qui aimait beaucoup Salomon ; il lui donna du bois pour son ouvrage et lui envoya également un artiste du nom d'Hiram en qui était l'esprit de sagesse ; sa mère était de la tribu de Nephtali et son père un homme de Tyr. Le monde n'avait pas produit son égal jusqu'à ce jour. C'était un maître maçon d'un savoir et d'une générosité extrême. Il fut maître maçon de tous les bâtiments et bâtisseurs du Temple et de tous les ouvrages taillés et sculptés dans le Temple et alentour, ainsi qu'il est écrit au premier livre des Rois en ses 6e et 7e chapitres. Salomon confirma à la fois les obligations et les coutumes que David son père avait données aux maçons ; et l'excellent métier de la Maçonnerie fut confirmé dans le pays de Jérusalem, de la Palestine et en maints autres royaumes. Les gens du métier se répandirent au loin et apprirent davantage l'art ; certains furent qualifiés pour enseigner les autres et instruire les ignorants, en sorte que le Métier de développa dans le monde, particulièrement à Jérusalem et en Égypte.

 Minus Greenatus et Charles Martel.

 Vers cette époque, le maçon instruit Minus Greenatus , alias Green, qui avait aidé à bâtir le Temple de Salomon, vint dans le royaume de France, et il enseigna l'art de la maçonnerie aux adeptes de l'art en ce pays.

Charles Martel, prince royal en France, aima Minus Greenatus au-delà de toute expression, à cause de ses connaissances dans l'art de la maçonnerie. Il adopta les coutumes des maçons puis retourna dans son propre royaume car il semblerait qu'il ne fût pas français et il emmena chez lui beaucoup de braves maçons, et il leur alloua de bons gages. Il les organisa comme Greenatus lui avait enseigné, leur confirma une charte et leur ordonna de s'assembler fréquemment afin de maintenir le bon ordre au sein de leurs groupes. C'est ainsi que le Métier vint en France.

 Saint Alban.

 L'Angleterre durant toute cette période se trouva dépourvue de maçons, jusqu'au temps de saint Alban. En ce temps-là, le roi d'Angleterre était un païen ; et il bâtit la ville qu'on appela par la suite Saint-Albans. Du temps d'Alban, il y avait un excellent homme qui était intendant en chef du roi et qui était gouverneur du royaume. Il employa les maçons à bâtir les murailles de Saint-Albans. Il établit maçons ses principaux compagnons et il augmenta leur paye d'un tiers et il leur accorda trois heures chaque jour pour se reposer afin qu'ainsi leur emploi ne leur paraisse pas pénible et qu'ils vivent, non comme des esclaves, mais comme des gentilshommes d'art et de science. Et il prescrivit aussi qu'un certain jour, chaque année au mois de juin, une assemblée et une fête maintiendrait l'unité parmi eux, et que ce jour-là, celui de la saint Jean, ils hisseraient leur étendard royal avec les noms et titres de tous les rois et princes qui avaient été reçus dans leur association, de même que les armes des maçons avec les armes du Temple de Jérusalem et de tous les monuments fameux du monde. Ce noble homme les obtint toutes ces franchises du roi, et il leur fit accorder une charte pour les maintenir à jamais inchangées. De plus, ils reçurent comme devise, en lettres d'or posées sur champ de gueules avec sable et argent : Aucun chemin n'est inaccessible à la vertu.

 Athelstan et Hadrien.

 Par la suite, de grandes guerres survinrent en Angleterre et la règle de bonne conduite fut délaissée jusqu'au règne d'Athelstan, qui fut un bon roi d'Angleterre, pacifia le pays, et bâtit nombre d'excellents et somptueux bâtiments, tels qu'abbayes, églises, cloîtres, couvents, châteaux, tours, forteresses, remparts, ainsi que d'autres monuments. Il se comportait fraternellement avec tous les maçons qualifiés. Il avait un fils dont le nom était Hadrien (Edwin ?). Et cet Hadrien, aimait, quant à lui, les maçons au point de ne pouvoir manger et boire qu'en leur compagnie. Son esprit noble et généreux était rempli d'art et de pratique. Il préférait se réunir avec les maçons plutôt qu'avec les courtisans de la cour de son père et éprouvait plus de plaisir à s'entretenir avec les maçons. Il apprit leur art et il entra dans leur ordre. Il donna à l'ensemble des maîtres de la fraternité des équerres d'or et des compas d'argent à pointes d'or, de fils à plomb d'or pur, de truelles d'argent, et de même pour tous les autres instruments. Il leur fit en outre accorder par son père une charte et des pouvoirs pour tenir chaque année une assemblée où chaque maçon était obligé de rendre compte de sa capacité et de sa pratique. À ces réunions, il leur imposa de nouvelles méthodes de secret et il leur enseigna les bonnes coutumes conformément aux règles établies par Euclide, Hiram et autres notables fameux. Lorsqu'un délit était commis dans le Métier, il infligeait un juste châtiment au coupable. Il se consacra à l'anéantissement du vice et encouragea publiquement la vertu.

 L'assemblée d'York.

 Plus tard, il vint à York, et il y créa des maçons, leur donna leur obligation et leur enseigna les coutumes de la maçonnerie. Il écrivit un livre des Constitutions et il commanda que la règle soit maintenue éternellement. Il prit des ordonnances suivant lesquelles le métier serait réglé de règne en règne comme il fut alors spécifié et ordonné par les plus érudits de cette assemblée. De plus, il proclama que tous les maçons qui avaient des passeports ou attestations de leurs voyages, capacité et pratique devraient les présenter pour prouver leur art et leur comportement antérieurs. Il en fut apporté, certains en hébreu, d'autres en grec, latin, chaldéen, syriaque, français, allemand slave et anglais, ainsi que plusieurs autres langues, et la teneur en était identique. Hadrien leur remémora la confusion survenue à la construction de la Tour de Nemrod, et que s'ils désiraient être favorisés par Dieu et bénis dans leurs actions, ils ne devraient plus être tentés ou attirés par les idoles, mais honorer et adorer sincèrement le Grand Architecte du ciel et de la terre, unique protecteur de l'homme et des bêtes, qui régit et gouverne le soleil, la lune et les étoiles, fontaine et source de tout bien, qui l'édifia à partir du néant, en posa les fondements sur les eaux profondes, et ordonna à la mer d'aller jusque-là et pas plus loin. Il leur ordonna d'incarner sa Toute Puissance dans leur intelligence afin qu'ils aient d'autant plus horreur de l'offenser. Il leur mit en mémoire encore d'autres maximes divines. Il ordonna qu'un un livre raconte la façon dont le Métier fut inventé et qu'il soit lu chaque fois qu'on ferait un maçon de sorte que, si par la suite il s'égarait, il n'aurait vraiment aucune excuse pour échapper à son châtiment ; et qu'on lui donne son obligation conformément à ce livre. À partir de ce temps-là, les maçons maintinrent ces formes et ces dispositions, pour autant que les hommes purent en être maîtres. De plus, en des assemblées particulières, il y eut des obligations diverses ajoutées au fur et à mesure, sur le conseil des maîtres et compagnons, concernant leur comportement sur tous les points particuliers de la maçonnerie.

 LES OBLIGATIONS

 Exhortation.

 Que tout homme qui est maçon ou qui entre dans l'association pour élargir ses connaissances et est poussé par le désir d'apprendre prête attention à l'obligation suivante. S'il est coupable d'un des actes immoraux qui suivent, qu'il voie à se repentir et à s'amender en hâte, car il trouvera que c'est dur de tomber entre les mains de notre Dieu courroucé ; et tout spécialement s'il est assermenté, qu'il prenne garde à tenir le serment et la promesse qu'il a faite devant le Dieu Tout Puissant. Ne croyez pas qu'une restriction mentale ou équivoque puisse vous servir car chaque mot que vous avez prononcé pendant votre réception est un serment, et Dieu vous jugera d'après la pureté de votre cŠur et la netteté de vos mains. Vous jouez avec un outil au tranchant effilé, prenez garde d'être privé de votre salut pour quelque fausse satisfaction.

 Obligations générales.

 1. Vous servirez le vrai Dieu et vous observerez ses préceptes en général et particulièrement les Dix Commandements remis à Moïse sur le mont Sinaï ainsi que vous les trouverez exposés en entier à l'entrée du temple ;

2. Vous serez fidèle et constant envers la Sainte Église catholique et vous fuirez toute hérésie, schisme ou erreur dont vous aurez connaissance ;

3. Vous serez loyal à la loge et garderez tous les secrets s'y rapportant ;

4. Vous serez loyal au Roi légitime du royaume, vous prierez pour son salut dans toutes les occasions où vous prierez pour vous-même, et vous ne prendrez part à aucun plan de trahison contre sa personne et son gouvernement ;

5. Vous vous aimerez et serez loyaux les uns envers les autres et vous ferez à vos proches ou compagnons comme vous voudriez qu'ils vous fassent ;

6. Vous aurez des rapports loyaux et confiants avec tous les maîtres et compagnons que vous saurez avoir été régulièrement reçus dans l'ordre ; vous garderez leurs secrets, vous vous opposerez de toutes vos forces à ce qu'on leur fasse tort, vous soutiendrez leur honneur et leur crédit ;

7. Vous veillerez que tous les maçons disposent d'une véritable loge, chambre ou salle pour causer et juger des choses touchant à l'honnêteté et à la conduite morale, où ils pourront raviver les souvenirs des disparus éminents ;

8. Vous serez loyal et honnête envers le seigneur ou patron et ferez son ouvrage fidèlement. Faites tout votre possible pour assurer son profit et avantage, ne le fraudez en nul point, quel qu'il soit, afin qu'il n'ait aucun motif de réclamation et que vous en récoltiez de l'honneur.

9. Vous appellerez « maçons » vos compagnons et frères et vous ne leur donnerez pas des noms irrévérencieux qui pourraient provoquer des disputes, divisions et emportements et causer du scandale ;

10. Qu'aucun maître ou compagnon, par vilenie ou impiété, n'induise en adultère ou fornication la femme, la fille ou la servante d'un autre compagnon ;

11. Soyez très attentif à payer fidèlement et honnêtement votre part de nourriture, boisson, lavage et logement, quand vous êtes en pension ;

12. Prenez bien garde, là où vous logez, qu'aucune débauche ne soit commise, le Métier pourrait être diffamé ;

13. Observez attentivement et fidèlement le jour du Seigneur en vous abstenant de toute tâche mauvaise, appliquez-vous à consacrer ce jour à servir et chercher le vrai Dieu, à empêcher les facultés de votre âme de vagabonder après les vanités de ce monde, à prier Dieu de sanctifier votre volonté, votre intelligence et votre mémoire ainsi que votre raison et vos sentiments ;

14. Soulagez les pauvres selon votre talent et vos moyens, ne laissez pas votre prudence supplanter votre charité, dans l'idée que tel ou tel est indigne ou n'est pas dans le besoin, mais ne négligez aucune occasion, car c'est pour l'amour de Dieu et par obéissance à ses commandements que vous donnerez ;

15. Visitez les malades, réconfortez-les, priez pour eux et ne les laissez pas dans une détresse qu'il est en votre pouvoir de secourir ; si Dieu les rappelle, participez et assistez à leurs obsèques ;

16. Soyez affable et bon envers tous mais plus spécialement envers les veuves et les orphelins, prenez résolument leur parti, défendez leurs intérêts, soulagez leur indigence ; même si c'est du pain jeté en eau incertaine, car par la bénédiction particulière du ciel, il vous sera rendu avec un intérêt septuple et vous assurera une place dans l'autre monde.

17. Ne buvez pas jusqu'à l'ivresse en aucune occasion, car c'est une offense à Dieu et, en outre, vous seriez capable de révéler les secrets de la loge et ainsi de vous parjurer

18. Abstenez-vous de tous divertissements scandaleux et profanes, des jeux de hasard et de, tous autres jeux ruineux ;

19. Bannissez tout langage lascif ainsi que tout langage, postures et gestes obscènes, car tout cela ne fait que plaire au diable et nourrir la luxure.  Telles sont les obligations générales auxquelles tout maçon, maître ou compagnon, doit se conformer. Il est souhaitable qu'ils les conservent avec soin dans leur cŠur, leur volonté et leurs sentiments ; ainsi ils seront honorés par les générations futures. Dieu bénira leur postérité, leur donnera un beau talent, et il répartira les descendants en des lieux agréables.

 Obligations des Maîtres et Compagnons.

 1. Aucun compagnon ne se chargera de l'ouvrage d'un seigneur ou d'un autre patron, s'il n'est capable et habile pour le parachever, de façon que le Métier n'éprouve aucun discrédit et que le seigneur ou patron ne soit pas dupé mais loyalement servi pour son argent. Si un maçon s'est chargé d'un ouvrage ou se trouve être le maître d'une Šuvre, il n'en sera pas évincé s'il est capable de l'achever ;

2. Aucun maître ou compagnon ne prendra un apprenti en vue de son admission pour moins que sept ans ; l'apprenti devra être valide des membres et avoir un bon souffle ;

3. Aucun maître ou compagnon ne recevra de l'argent avant l'embauche sans le consentement de la loge ;

4. Aucun maître ou compagnon ne se permettra de créer un maçon sans la présence d'au moins cinq ou six de ses compagnons dûment assermentés ;

5. Aucun maître ou compagnon ne mettra à la tâche qui était à la journée ;

6. Aucun maître ne donnera de paye à son compagnon pour plus que ce qu'il mérite, de sorte que le patron ne soit pas abusé par des ouvriers ignorants ;

7. Aucun compagnon n'en diffamera un autre derrière son dos, sans quoi il pourrait perdre sa bonne réputation ou ses biens terrestres ;

8. Aucun compagnon, dans une loge ou dehors, ne répondra à son compagnon d'une façon irrespectueuse ;

9. Aucun n'ira en ville la nuit, là où existe une loge de compagnons, sans qu'il ait avec lui un compagnon pour prouver qu'il est honnête homme ou qu'on le prend pour tel

10. Tout maître et compagnon se rendront à l'assemblée à la première convocation, si c'est dans la limite de 5 miles de chez lui, et il y demeurera aux frais de ses compagnons ou de son maître ;

11. Tout maître (et compagnon) priera pour son supérieur et le vénérera ;

12. Tout maître ou compagnon qui aura commis un délit se soumettra à l'arrêt des maîtres et compagnons, en fonction du rapport remis à son sujet ; et s'il ne peut être décidé autrement, l'affaire devra venir devant l'assemblée ;

13. Aucun maître maçon ne fabriquera de gabarit équerre ou règle pour un poseur ou un cowan (maçon non reçu) ;

14. Aucun maître, dans une loge ou dehors, ne confiera à un poseur un gabarit a pierre ou autre, à moins que ce ne soit pour sa propre formation ;

15. Tous les maçons recevront les maçons étrangers dans leurs groupes à travers le pays là où ils voudront se rendre, et ils les mettront à l'ouvrage selon les règles, c'est-à-dire, s'il y a un élément sculpté à mettre en place, qu'ils les engagent au moins deux semaines et leur donnent un salaire ; et s'il n'y en a pas qu'ils reçoivent nourriture et boisson pour leur permettre de tenir jusqu'à la loge suivante ;

16. Aucun de ceux qui sont dans l'ordre n'écoutera quelqu'un qui ne prononce pas les mots et ne fait ses pas correctement, mais s'il prouve qu'il est lui-même un homme de métier, alors vous êtes obligé de l'embrasser et de lui faire les politesses requises ;

17. Tous les maçons seront honnêtes dans leur ouvrage, qu'ils soient à la tâche ou à la journée, et ils le mèneront loyalement à son terme, de façon à agir correctement ;

18. Aucune loge ou assemblée régulière de maçons ne donnera le secret royal à quelqu'un, avant de s'être assuré avec grande circonspection, qu'il connaît ses questions par cŠur, puis ses symboles, et ensuite, la loge décidera.

 Les obligations de l'Apprenti.

 1. Il sera fidèle à Dieu, à la Sainte Église catholique, au roi et au maître qu'il servira ;

2. Il ne volera ni ne dérobera les biens de son maître ou de sa maîtresse et il ne s'absentera de leur service ni ne sortira de chez eux de jour ni de nuit sans permission ;

3. Il ne commettra pas d'adultère ni de fornication dans ou hors la maison de son maître, avec la fille ou la servante de son maître ou autrement ;

4. Il gardera le secret sur toutes choses dites dans ou hors la loge, chambre ou salle par un compagnon, un maître ou un frère ;

5. Il ne se livrera pas à une contestation empreinte d'insubordination ;

6. Il divulguera tout secret à cause de quoi un conflit pourrait survenir parmi les maçons, compagnons ou apprentis, mais il comportera avec déférence envers tous les francs maçons afin de gagner des frères à son maître ;

7. Il n'aura pas coutume de jouer aux cartes ou aux dés ou à tout autre jeu ou jeux interdits ;

8. Il ne dérobera ni ne volera aucun bien à personne ni ne s'y associera durant son apprentissage, mais s'y opposera de toutes ses forces et en informera son maître ou quelque autre maçon en toute hâte.

 Questions et réponses.

 1 Qui êtes-vous ?

Je suis un homme.

2. Comment le saurai-je ?

Par tous les signes véritables reçus dans la première partie de ma réception, que je tairai et cacherai.

3. N'êtes-vous rien de plus ?

Oui, un homme, engendré d'un homme et né d'une femme, et pourtant j'ai pour frères de puissants rois et de grands princes ;

4. Dans quelle loge avez-vous été reçu ?

Dans une véritable loge de saint Jean

5. Où une loge doit-elle être tenue ?

Au sommet d'une montagne ou au milieu d'un marécage, où l'on n'entend ni le chant d'un coq ni l'aboiement d'un chien

6. Quelle hauteur a votre loge ?

Des pouces et des empans sans nombre.

7. Qu'est-ce à dire, sans nombre ?

Des cieux matériels au firmament étoilé.

8. Combien y a-t-il de colonnes dans votre loge ?

Trois.

9. Lesquelles ?

L'équerre, le compas et la Bible.

10. Où repose la clef de votre loge ?

Dans une boîte d'os recouverte d'un poil hérissé.

11. Donnez les caractéristiques de votre boîte.

Ma tête est la boîte, mes dents sont les os, mes cheveux sont le poil, ma langue est la clef.

12. Comment avez-vous été introduit ?

D'une façon humiliante, avec une corde autour du cou.

13. Dans quelle posture étiez-vous lors de votre réception ?

Ni assis, ni debout, ni courant, ni marchant, mais sur mon genou gauche.

14. Pourquoi une corde autour du cou ?

Pour me pendre si je trahissais la confiance.

15. Pourquoi sur le genou gauche ?

Parce que je devais être dans une posture des plus humbles pour recevoir le secret royal.

16. À quelle obligation êtes-vous soumis ?

Un grand serment.

17. Quel châtiment est infligé à ceux qui révèlent le secret ?

Ils auront le cŠur arraché tout vif, la tête coupée et le corps enseveli entre les marques des marées de mer et en nul lieu où sont ensevelis les chrétiens.

18. Combien y a-t-il de lumières dans votre loge ?

Deux.

19. Lesquelles ?

Le soleil se levant à l'est qui met tous les hommes à l'ouvrage, et se couchant à l'ouest et ainsi renvoyant tous les hommes au repos.

20. De quelle façon est disposée votre loge ?

D'est en ouest, parce que toutes les églises et temples sacrés sont ainsi disposés, et particulièrement le Temple de Jérusalem.

21. Hiram n'aurait-il pu poser les fondations du Temple du sud au nord plutôt que de l'est à l'ouest ?

Non, il ne le pouvait pas.

22 Donnez une raison à cela.

David prescrivit que les fondations du Temple fussent posées sur un emplacement, comme vous pouvez le lire dans la Sainte Bible, où elle est dénommée l'aire d'Ornân le Jébuséen . De même, vous pouvez lire dans les Saintes Écritures que l'Arche du Seigneur, en laquelle était renfermée l'Alliance entre Dieu et les hommes ainsi que les deux Tables de marbre avec les Dix Commandements écrits du doigt de Dieu, fut retenue par malchance un temps considérable sur l'aire d'Ornân, ce qui obligea à poser les fondations d'est en ouest conformément à la position des deux Tables.

23. Qu'est-ce que la maçonnerie ?

Une Šuvre réalisée à l'équerre.

24. Qu'est-ce qu'un maçon ?

Un ouvrier de la pierre.

25. Reconnaîtriez-vous votre maître si vous le voyiez ?

Oui.

26. De quelle façon le reconnaîtriez-vous ?

A son habit.

27. Quelle est la couleur de son habit ?

Jaune et bleu, ce qui signifie le compas, qui est de cuivre et les pointes de fer.

28. Quel mortier les maçons usèrent-ils à la construction du Temple ?

Exactement le même mortier qu'à la construction de la Tour de Nemrod, c'est-à-dire de la boue qui était une sorte de terre qu'ils affinaient et pulvérisaient à l'intérieur du mur une fois les pierres posées ; c'était un ciment naturel ou bitume .

29. Quelle échelle eurent-ils lors de la construction ?

L'échelle de Jacob, entre ciel et terre .

30. Combien d'échelons y avait-il dans l'échelle de Jacob ?

Trois.

31. Lesquels ?

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

32. Combien y a-t-il de fleurs dans le bouquet du maçon ?

Trois et douze.

33. Comment les appelez-vous ?

La Trinité et les douze Apôtres.

34. Qui était maître maçon à la construction du Temple ?

Hiram de Tyr.

35. Qui posa la première pierre à la fondation du Temple ?

Hiram.

36. À quel emplacement posa-t-il la première pierre ?

À l'angle sud-est du Temple.

37. Que dit-il lorsqu'il la posa ?

Dieu nous aide !

38. Quelle fut la plus grande merveille vue ou entendue dans le Temple ?

Dieu fut homme et un homme fut Dieu, Marie fut mère et pourtant vierge.

39. A quoi la nuit est-elle bonne ?

La nuit est meilleure pour entendre que pour voir.

40. A quoi le jour est-il bon ?

Le jour est meilleur pour voir que pour entendre.

41. Que fit le deuxième homme lorsque le premier homme mourut ?

Il acheva l'ouvrage que le premier homme avait projeté, comme le roi David qui avait projeté de construire le Temple mais en fut empêché par la mort, ce fut Salomon qui l'acheva.

42. Que signifie la mer d'airain qu'Hiram façonna et qu'il soutint par douze bŠufs, trois regardant au nord, trois au sud, trois à l'ouest et trois à l'est ? A cette époque, elle était assignée aux prêtres pour s'y baigner et laver ; mais maintenant nous trouvons qu'elle était symbole du sang du Christ, sang destiné à purifier les péchés et à laver les élus, et les douze bŠufs un symbole des douze Apôtres qui luttèrent contre tout paganisme et athéisme et scellèrent avec leur sang la cause du Christ.

43. Que signifiait la porte d'or du Temple, par laquelle on entrait dans le Saint des Saints ?

C'était un autre type du Christ, qui est la porte, la voie, la vérité et la vie, par qui et en qui tous les élus entrent au ciel.  Salutations des étrangers.

 Les Vénérables Maîtres de notre Loge m'adressent à vous et vous saluent cordialement, en souhaitant que ma visite vous remémore votre bienveillance envers eux. Et nous, maîtres et compagnons de cette Loge, vous souhaitons une cordiale bienvenue, vous priant instamment d'user librement de ce que vous voyez, de nous dire vos désirs et de réclamer notre assistance qui sera à votre disposition en tous moments et occasions, et tous, nous continuerons à vous honorer, vous aimer et vous servir. Quand vous entrez dans une pièce, vous devez dire « La maison est-elle propre ? ». Si l'on répond : « Il dégoutte » ou « elle est mal couverte », à cette réponse vous devez rester silencieux. C'est la question la plus essentielle concernant la maçonnerie.

Sic subscribuntur (Ainsi sont rédigées les Constitutions).

 Questions concernant le Temple.

 1. Quel est le mystère du Temple ?

Le Fils de Dieu et en partie l'Église, le Fils souffrit et son corps fût détruit et ressuscitât le troisième jour, et il édifia pour nous l'Église chrétienne, qui est la véritable église spirituelle.

2. Quel est le mystère du marbre blanc ?

Le Christ est le marbre blanc sans tache, la pierre que les bâtisseurs ont rejetée, mais choisie par Dieu pour construire le Temple.

3. Quel est le mystère du bois de cèdre ?

Le bois de cèdre, de cyprès et d'olivier n'est pas sujet à la putréfaction et ne peut pas être dévoré des vers ; ainsi la nature humaine du Christ ne fut pas atteinte par la putréfaction et la corruption.

4. Quel est le mystère de l'or et les pierres précieuses ? .

L'or et les pierres précieuses représentent la divinité du Christ en qui elle réside pleinement, car il en est la source.

5. Quel est le mystère des chérubins ?

Premièrement, ils signifient la gloire céleste et la vie éternelle à venir ; représentés à l'image de l'homme, ils représentent l'assemblée des anges bénis et des saints qui chantent Te Deum laudamus.

Deuxièmement, les deux chérubins sur le propitiatoire dans le Saint des Saints signifient l'Ancien et le Nouveau Testament contenant la doctrine du Christ et, de même que leurs ailes se touchent, de même l'Ancien et le Nouveau Testament forment un tout, la fin de l'un commençant l'autre, l'un contenant le premier monde et l'autre la fin du deuxième monde ; tous deux étant en relation avec le Christ, à qui les ministres de Dieu furent consacrés.

6 Quel est le mystère de la porte d'or du Temple ?

Le Christ est la porte de la vie, par qui nous devons entrer dans la félicité éternelle ; les deux battants signifient la double connaissance nécessaire avant d'y entrer, c'est-à-dire de sa personne et de sa fonction.

7. Quel est le mystère du voile ?

Le Fils de Dieu, Notre Seigneur Jésus-Christ, suspendu sur l'autel de la Croix, est le vrai voile qui est placé entre Dieu et nous, rachetant par ses plaies et son sang la multitude de nos offenses, afin que nous soyons rendus acceptables à Dieu.

8. Quel est le mystère de l'Arche d'Alliance ?

Elle représente le Christ notre Sauveur et les cŠurs des fidèles. Car, dans la poitrine du Christ, était la doctrine de la Loi et de l'Évangile, il en sera de même pour les fidèles.

Le Christ fut la vraie manne qui descendit pour donner la vie au monde. Les tables de la Loi nous incitent à l'amour et à l'obéissance.

La verge d'Aaron couverte de fleurs symbolise la douceur de l'Évangile et la gloire de notre grand prêtre Jésus-Christ, personnifié par Aaron.

9. Quel est le mystère de l'autel ?

L'autel aux quatre cornes d'or, en bois d'acacia, recouvert et couronné d'or, représente l'unité de l'humanité et de la divinité de notre Sauveur, car ce qui était naturellement incorruptible était embelli par l'or ; de même, l'humanité incorruptible du Christ, ornée de la divinité céleste unie à la nature divine, est montée aux cieux et siège à la droite de Dieu son Père, couronnée de majesté et de joie éternelle.

10. Quel est le mystère du candélabre d'or ?

Le candélabre d'or avec ses six branches et ses sept lumières représente le Christ et les ministres.

Le Christ, le fondement, est le grand prêtre et la lumière du monde qui nous illumine et nous guide vers la vie éternelle ; les prêtres et ministres de l'Église sont les branches, que le Christ éclaire avec la saine doctrine de l'Évangile ; aussi ne doivent-ils pas être séparés du Christ, mais, par la lumière de la doctrine, éclairer sur nos pas, et de même que toutes les branches étaient réunies sur le candélabre, chaque ministre et enfant de Dieu doit-il être uni intimement au corps du Christ.

Les fleurs et les lis désignent les grâces de son Esprit qu'il a accordées aux ministres de la foi. Les lumières et les lampes rappellent à tous les ministres de Dieu de le servir avec soins et avec zèle.

11. Quel est le mystère de la table et des pains d'oblation ?

La table cerclée d'or représente les ministres de l'Évangile, les pains signifient le Christ, pain de vie.

12. Quel est le mystère de la vigne d'or et des raisins de cristal ?

La vigne à l'est du Temple, faite d'or étincelant, ressemble à notre Christ, qui s'est comparé lui-même à une vigne et les fidèles à des sarments

Les raisins de cristal sont la doctrine de l'Évangile et les Šuvres des fidèles, qui sont la foi, l'amour, l'espérance, la charité, la patience, la prière et les actions de grâce.

13. Quel est le mystère de la mer d'airain ?

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Le COOKE

25 Avril 2005 Publié dans #histoire de la FM

 Manuscrit datant de 1400 - 1410 (British Library, Cooke, ms 23198)

Grâces soient rendues à Dieu, créateur du ciel et de la terre et de toute chose qui s'y trouve de ce qu'il ait voulu engager sa glorieuse divinité dans la création de tant de choses utiles à l'humanité.

Car il fit toutes choses pour qu'elles fussent obéissantes et soumises à l'homme.

Car il créa tout ce qui est comestible et bon pour l'homme. De plus, il lui a donné la compréhension et la connaissance de diverses sciences et arts pour lui permettre de travailler afin d'arriver, en gagnant sa vie, à réaliser différentes choses qui plaisent à Dieu et lui procurent bien et confort.

Si je devais les énoncer ce serait trop long, mais je dois vous en exposer certaines, pour vous apprendre comment la science de la géométrie commença et qui en furent les inventeurs, ainsi que d'autres techniques comme il est dit dans la Bible et en d'autres livres.

Vous devez savoir qu'il y a sept sciences libérales ; grâce à elles, toutes les sciences et techniques de ce monde ont été inventées. L'une d'elles, en particulier, est à la base de toutes les autres, c'est la science de la géométrie.

Les sept sciences ont les noms suivants :

La première qu'on appelle fondement des sciences a pour nom grammaire, elle enseigne à parler correctement et à bien écrire.

La seconde est la rhétorique, elle enseigne à parler avec grâce et beauté.

La troisième est la dialectique qui enseigne à distinguer la vérité du faux et on l'appelle communément l'art de la sophistique.

La quatrième s'appelle l'arithmétique, elle enseigne l'art des nombres, comment calculer et faire des comptes de toutes choses.

La cinquième, la géométrie, enseigne toutes les dimensions et mesures, et le calcul des poids de toutes sortes.

La sixième est la musique qui enseigne l'art de chanter selon des notes par la voix, l'orgue, la trompe, la harpe et tout autre instrument.

La septième est l'astronomie qui enseigne le cours du soleil, de la lune et des autres étoiles et planètes du ciel.

Nous voulons parler principalement de l'invention de la noble science de la géométrie et dire qui en furent les fondateurs. Comme je l'ai déjà dit, il y a sept sciences libérales, c'est-à-dire sept sciences ou arts qui sont libres et nobles par eux-mêmes, lesquels sept n'existent que par géométrie. Et la géométrie est, on peut le dire, la mesure de la terre. Géométrie vient de geo qui veut dire "terre" en grec et metrona qui signifie "mesure", c'est-à-dire mesurage de la terre.

Ne vous étonnez pas que j'aie dit que toutes les sciences n'existent que grâce à la géométrie, car il n'y a pas métier ou travail fait de main d'homme qui ne se fasse par la géométrie et la raison en est évidente, car si un homme travaille de ses mains il travaille avec un certain outil et il n'y a pas d'instrument concret au monde qui n'ait son origine naturelle dans la terre et à la terre ne doive retourner. Et il n'existe aucun instrument, c'est-à-dire d'outil de travail qui ne soit basé sur des proportions. Proportion implique mesure, et l'outil ou instrument appartient à la terre. Or la géométrie est mesure de la terre si bien que je peux dire que les hommes vivent tous de la géométrie, car tous les hommes ici-bas vivent du travail de leurs mains.

Je voudrais vous donner bien d'autres preuves de ce que la géométrie est la science qui fait vivre tous les hommes intelligents, mais j'abandonne ici ce point qu'il serait long de développer car à présent je voudrais avancer dans mon sujet.

Vous devez savoir que parmi tous les arts du monde, en tant que métier d'homme, la maçonnerie a la plus grande réputation et forme la majeure partie de cette science de la géométrie, comme il est dit et noté dans les récits de la Bible et chez le Maître des Histoires . Et dans le Polychronicon , chronique qui a fait ses preuves, dans les traités connus sous le nom de Bède , le De Imagine Mundi , les Étymologies d'Isidore , et dans Méthode évêque et martyr.

Et bien d'autres encore disent que la maçonnerie est l'élément principal de la géométrie ce qui peut se dire car elle fut la première à être inventée comme il est noté dans la Bible au premier livre, celui de la Genèse, au chapitre 4 (Genèse 4, 17). En outre les docteurs précités s'accordent là-dessus et certains d'entre eux l'affirment plus ouvertement et plus clairement que ce n'est dit dans la Genèse.

La descendance directe d'Adam, au cours du 7e âge adamique avant le déluge comprenait un homme appelé Lamech, lequel avait deux femmes, l'une nommée Ada et l'autre Sella. Par la première femme Ada il eut deux fils, l'un appelé Jabel (Yabal) et l'autre Jubal (Yubal).

L'aîné Jabel fut le premier à inventer la géométrie et la maçonnerie. Et il construisit des maisons et son nom se trouve dans la Bible : il est appelé le père de ceux qui habitent sous des tentes, c'est-à-dire des maisons d'habitation.

Il fut le maître maçon de Caïn et chef de tous ses travaux quand il construisit la cité de Hénoch, qui fut la première cité à être jamais construite. Et elle fut construite par Caïn fils d'Adam, et il la donna à son propre fils Hénoch et donna à la ville le nom de son fils et l'appela Hénoch, mais elle s'appelle maintenant Effraym.

C'est là que pour la première fois, la science de la géométrie et de la maçonnerie fut pratiquée et mise au point comme science et art. Aussi pouvons-nous dire qu'elle fut la base et le fondement de toute science et technique. et cet homme Jabel fut aussi appelé Pater Pastorum.

Le Maître des Histoires ainsi que Bède, le De Imagine Mundi, le Polychronicon et bien d'autres disent qu'il fut le premier à partager le sol afin que tout homme pût savoir quel était son terrain personnel et y travailler comme à son propre bien. En outre, il partagea les troupeaux de moutons si bien que chacun sut quels étaient ses moutons, aussi pouvons-nous dire qu'il fut l'inventeur de cette science.

Et son frère Jubal ou Tubal, fut l'inventeur de la musique et du chant comme Pictagoras le dit d'après le Polychronicon, Isidore dit de même dans ses Étymologies au 6e livre : il y note qu'il fut l'inventeur de la musique, du chant, de l'orgue et de la trompe et qu'il inventa cette science en écoutant le rythme des marteaux de son frère, qui était Tubal-Caïn.

Tout comme la Bible, en son chapitre 4e de la Genèse, dit que Lamech eut de son autre femme, qui s'appelait Sella, un fils et une fille dont les noms furent Tubal-Caïn pour le fils et Naama pour la fille. Certains disent, suivant le Polychronicon, qu'elle fut la femme de Noé mais nous ne saurions l'affirmer.

Vous devez savoir que son fils Tubal-Caïn fut l'inventeur de l'art du forgeron et des autres arts des métaux, c'est-à-dire, du fer de l'acier, de l'or et de l'argent selon certains docteurs. Quant à sa s¦ur Naama elle inventa le tissage, car auparavant on ne tissait pas mais on filait et maillait les tissus et on se faisait les habits qu'on pouvait. Naama inventa l'art de tisser et c'est pourquoi on l'appela art de femme.

Or ces trois frères et s¦ur apprirent que Dieu voulait se venger du péché par le feu ou par l'eau et ils s'efforcèrent de sauver les sciences qu'ils avaient inventées. Ils réfléchirent, et se dirent qu'il existait deux sortes de pierre dont l'une résiste au feu &endash; cette pierre s'appelle marbre &endash; et l'autre flotte sur l'eau - et on l'appelle lacerus .

Ainsi imaginèrent-ils d'écrire toutes les sciences qu'ils avaient inventées sur ces deux pierres ; au cas où Dieu se vengerait par le feu le marbre ne brûlerait pas et s'il choisissait l'eau, l'autre pierre ne coulerait pas.

Ils demandèrent à leur frère aîné Jabel de faire deux piliers de ces deux pierres à savoir de marbre et de lacerus et d'inscrire sur ces deux piliers toutes les sciences et techniques qu'ils avaient inventées. Il fit ainsi et acheva tout avant le Déluge.

S'ils savaient bien que Dieu allait envoyer sa vengeance, ils ignoraient par contre, si ce serait par le feu ou par l'eau. Par une sorte de prophétie ils savaient que Dieu allait envoyer l'un au l'autre. Ils écrivirent donc leurs sciences sur les deux piliers de pierre. Certains disent qu'ils gravèrent les sept sciences sur les pierres, sachant qu'allait venir un châtiment.

De fait Dieu envoya sa vengeance si bien que survint un tel déluge et que toute la terre fut noyée. Et tous les hommes sur terre périrent sauf huit : Noé et sa femme, ses trois fils et leurs femmes. De ces trois fils descend toute l'humanité. Ils avaient pour noms Sem, Cham et Japhet. Ce déluge fut appelé le Déluge de Noé car lui et ses enfants en échappèrent.

Et bien des années après ce déluge, on trouva les deux piliers et, suivant le Polychronicon, un grand clerc, du nom de Pictagoras trouva l'un et Hermès, le philosophe, trouva l'autre. Et ils se mirent à enseigner les sciences qu'ils y trouvèrent inscrites.

Toutes les chroniques et histoires, de clercs et la Bible surtout attestent de la construction de la Tour de Babylone. On en trouve le récit dans la Bible, Genèse chapitre 11. Comment Cham fils de Noé engendra Nemrod, comment celui-ci devint puissant sur terre et grandit tel un géant et quel grand roi il fut. Le commencement de son royaume fut le royaume de Babylone proprement dit, Arach, Archad, Chalan et le pays de Sennar. Et ce même Nemrod entreprit la tour de Babylone et il enseigna à ses ouvriers l'art de la maçonnerie à beaucoup de maçons, plus de soixante mille.

Et il leur accordait affection et protection, comme il est écrit dans le Polychronicon et chez le Maître des Histoires et en maints autres traités, sans compter le témoignage de la Bible au même chapitre 11 où il est dit qu'Assur, qui était proche parent de Nemrod, sortit du pays de Sennar et bâtit la ville de Ninive et plateas et bien d'autres encore.

Il est logique que nous exposions clairement de quelle manière les instructions du métier de maçon furent inventées et qui donna pour la première fois son nom à la maçonnerie.

Vous devez savoir ce qui est dit dans le Polychronicon et chez Méthode évêque et martyr : Assur était un noble seigneur de Sennar qui demanda au roi Nemrod de lui envoyer des maçons et des ouvriers spécialisés capables de l'aider dans la construction de la ville qu'il avait l'intention d'entreprendre.

Et Nemrod lui envoya trente centaines de maçons. Quand ils furent prêts à partir, il les convoqua pour leur dire « allez chez mon cousin Assur pour l'aider à construire une ville : mais veillez à bien vous conduire. Je vous donnerai donc des instructions à notre profit commun. Une fois auprès de ce seigneur veillez à être loyaux envers lui comme vous le seriez envers moi et faites loyalement votre travail et votre métier. Tirez-en un salaire raisonnable selon votre mérite. En outre, aimez-vous comme si vous étiez frères et restez unis loyalement. Que celui qui a un grand savoir l'enseigne à son compagnon. Veillez à bien vous conduire vis-à-vis de votre seigneur et entre vous. Que je puisse ainsi être remercié pour vous avoir envoyés et vous avoir appris le métier ».

Ils reçurent ainsi leurs instructions de celui qui était leur maître et seigneur, et partirent chez Assur bâtir la cité de Ninive dans le pays de plateas et bien d'autres villes qu'on appelle Cale et Jesen, qui est une grande ville entre Cale et Ninive.

C'est de cette manière que l'art de la maçonnerie fut pour la première fois présenté comme science, avec des instructions.

Les aînés qui nous précédèrent parmi les maçons firent mettre ces instructions par écrit : Nous les possédons maintenant parmi nos propres instructions dans le récit d'Euclide.

Nous les y avons vues rédigées à la fois en latin et en français. Mais il conviendrait que nous exposions maintenant comment cet Euclide s'intéressa à la géométrie, comme il est rapporté dans la Bible et en d'autres récits. Dans le 12e chapitre de la Genèse on nous dit comment Abraham vint au pays de Canaan, comment Notre Seigneur lui apparut et lui dit : « Je donnerai ce pays à ta descendance ». Mais une grande famine survint et Abraham prit Sara sa femme avec lui et alla en Égypte, avec l'intention d'y rester tant que durerait la famine,. Abraham était un homme sage et un grand clerc. Il connaissait les sept sciences et enseigna aux Égyptiens la science de la géométrie. Or notre noble clerc Euclide était son étudiant et apprit sa science. C'est lui qui lui donna pour la première fois le nom de géométrie car on la pratiquait avant qu'elle ne fût nommée géométrie. Il est dit dans les Étymologies d'Isidore, au livre cinq, qu'Euclide fut l'un des inventeurs de la géométrie et qu'il la nomma ainsi. Car de son temps il y avait au pays d'Égypte un fleuve nommé le Nil, et il se répandait si loin dans les terres que les gens ne pouvaient y habiter. Alors Euclide leur apprit à construire de grandes digues et fossés pour se protéger de l'eau. Par la géométrie il mesura le pays et le partagea en lots. Il ordonna à chacun d'enclore son propre lot de digues et de fossés. Le pays alors abonda en toutes sortes de rejetons, en jeunes gens et jeunes filles. Il y eut telle foule de jeunes qu'ils ne pouvaient plus vivre à l'aise.

Les seigneurs du pays se rassemblèrent et tinrent conseil pour savoir comment aider leurs enfants qui n'avaient pas de subsistance convenable, comment s'en procurer pour eux-mêmes et leurs enfants si nombreux. Parmi l'assemblée se trouvait Euclide. Quand il vit que personne ne trouvait de solution il leur dit « Voulez-vous confier vos fils à mes directives et je leur enseignerai une science telle qu'ils en vivront noblement, à condition que vous me juriez de suivre les directives que je donnerai à tous. » Le roi du pays et tous les seigneurs y consentirent. Il était logique que tous consentissent à cette affaire qui leur était profitable et ils confièrent leurs fils à Euclide pour qu'il les dirigeât à son gré et leur enseignât l'art de la maçonnerie.

Il lui donna le nom de géométrie à cause du partage des terrains, comme il l'avait enseigné aux gens du temps de la construction des digues et fossés mentionnés ci-dessus pour se protéger de l'eau. C'est Isidore qui dit dans ses Étymologies qu'Euclide appelle cette technique la géométrie.

Ainsi notre noble savant lui donna un nom et l'enseigna aux fils des seigneurs du pays dont il avait la charge. Et il leur donna pour instruction de s'appeler mutuellement compagnons et pas autrement parce qu'ils étaient du même métier, de naissance noble et fils de seigneurs. En outre celui qui serait le plus expert serait directeur de l'ouvrage et on l'appellerait maître.

Bien d'autres instructions se trouvent inscrites au Livre des instructions. Ainsi ils travaillèrent pour les seigneurs du pays et construisirent des cités, châteaux, temples et demeures seigneuriales. Tout le temps que les enfants d'Israël habitèrent en Égypte ils apprirent l'art de la maçonnerie.

Après qu'ils furent chassés d'Égypte ils arrivèrent en terre promise qui s'appelle maintenant Jérusalem. L'art y fut exercé et les instructions observées, ainsi que le prouve la construction du temple de Salomon, que commença le Roi David. Le Roi David aimait bien les maçons et leur donna des instructions fort proches de ce qu'elles sont aujourd'hui.

A la construction du Temple au temps de Salomon, comme il est dit dans la Bible au premier livre des rois chapitre cinq Salomon avait quatre-vingt mille maçons sur son chantier et le fils du roi de Tyr était son maître maçon. Il est dit chez d'autres chroniqueurs et en de vieux livres de maçonnerie que Salomon confirma les instructions que David son père avait données aux maçons. Et Salomon lui-même leur enseigna leurs coutumes, peu différentes de celles en usage aujourd'hui. Et dès lors cette noble science fut portée en France et en bien d'autres régions.

Il y eut autrefois un noble roi de France qui s'appelait Carolus secundus, c'est-à-dire Charles II. Et ce Charles fut choisi roi de France par la grâce de Dieu et aussi de sa naissance. Certains disent qu'il fut choisi par suite des événements, ce qui est faux puisque selon la chronique il était du sang des rois.

Ce même roi Charles fut maçon avant d'être roi. Après être devenu roi il accorda affection et protection aux maçons et leur donna des instructions et coutumes de son invention, qui sont encore en usage en France. Il leur ordonna aux maîtres et compagnons de tenir une assemblée une fois par an, d'y venir discuter et prendre des mesures concernant tout ce qui n'irait pas.

Peu de temps après arriva saint Adhabelle en Angleterre, et il convertit saint Alban au christianisme. Saint Alban aimait bien les maçons et le premier, il leur donna leurs instructions et coutumes pour la première fois en Angleterre. Il ordonna qu'on leur payât des gages suffisants pour leur travail. Il y eut ensuite un noble roi en Angleterre appelé Athelstan dont le plus jeune fils aimait bien la science de la géométrie. Il savait bien qu'aucun métier ne possédait la pratique de la science de la géométrie aussi parfaitement que celui des maçons, aussi leur demanda-t-il conseil et apprit-il la pratique de cette science correspondant à la théorie. Car il était instruit de la théorie. Il aimait bien la maçonnerie et les maçons et devint maçon lui-même. Et il leur donna les instructions et les noms en usage aujourd'hui en Angleterre et en d'autres pays. Il ordonna qu'on les payât raisonnablement.

Il obtint une patente du roi d'après laquelle ils pouvaient tenir une assemblée à leur convenance, quand ils verraient venu le moment opportun. On trouve mention de ces instructions, coutumes, assemblée et directives dans le Livre de nos instructions : je laisse donc ce point pour l'instant.

Bonnes gens, voici la cause et les circonstances des origines premières de la maçonnerie. Il arriva jadis que de grands seigneurs n'aient pas assez de revenus pour pouvoir établir leurs enfants nés libres, car ils en avaient trop. Ils délibérèrent donc sur le moyen d'établir leurs enfants et de leur montrer comment vivre honnêtement. Ils envoyèrent chercher de savants maîtres en la noble science de la géométrie afin que par leur savoir, ils leur montrent quelque honnête moyen de vivre.

Lors l'un d'eux, qui s'appelait Euglet , qui était fort subtil et savant inventeur, instaura une technique qu'il appela la maçonnerie. Cet art lui fournit l'honnête enseignement pour les enfants des grands seigneurs, à la demande des pères et au gré de leurs enfants.

Après un certain temps, quand ils eurent appris avec grand soin, ils ne furent pas tous capables de pratiquer l'art en question ; aussi le maître Euglet ordonna-t-il que ceux qui possédaient un meilleur savoir fussent honorés et il commanda qu'on appelât maître ceux qui étaient experts, afin qu'ils instruisent les moins habiles. Ils étaient appelés maîtres pour leur noblesse d'esprit et leur savoir. Néanmoins il commanda que ceux qui avaient moins d'esprit ne fussent pas appelés serviteurs ni sujets mais compagnons à cause de la noblesse de leur naissance.

C'est de cette façon que l'art en question commença en d'Égypte sous le magistère d'Euglet. Puis il se répandit de pays en pays, et de royaume en royaume.

Après bien des années, au temps du roi Athelstan qui fut jadis roi d'Angleterre, sur son ordre et celui d'autres grands seigneurs du pays, pour redresser de graves défauts trouvés chez les maçons, ils fixèrent une certaine règle entre eux.

Chaque année ou tous les trois ans comme le jugeraient nécessaire le roi et les grands seigneurs du pays et toute la communauté, des assemblées de maîtres maçons et compagnons seraient convoquées de province en province et de région en région par les maîtres. A ces congrégations les futurs maîtres seraient examinés sur les articles ci-après et mis à l'épreuve en ce qui concerne leurs capacités et connaissances, pour le plus grand bien des seigneurs qu'ils servent et le plus grand renom de l'art en question. En outre, ils recevront comme instruction de disposer avec honnêteté et loyauté des biens de leurs seigneurs, et ce, du haut en bas de l'échelle, car ils sont leurs seigneurs tout le temps qu'ils paient un salaire pour leur service et leur travail.

Article un.

Tout maître doit être compétent et loyal envers le seigneur qu'il sert, disposer de ses biens loyalement comme il le ferait des siens propres, ne pas donner une plus grande paye à aucun maçon que celle qu'il mérite, vu le manque de céréales et de vivres dans la région ; et n'accepter aucune faveur afin que tous soient récompensés d'après leur travail.

Article deux.

Tout maître sera prévenu de venir à cette congrégation afin d'y venir ponctuellement sauf s'il a quelque excuse. Cependant s'il est convaincu de rébellion à de telles congrégations ou de faute impliquant préjudice à son seigneur et tort à notre art, il ne doit avancer aucune sorte d'excuse, sauf s'il est en danger de mort et, bien qu'il soit en danger de mort, il doit informer de sa maladie, le maître qui préside au rassemblement.

Article trois.

Aucun maître ne prendra d'apprenti pour un stage inférieur à sept années au minimum parce que celui qui aurait un stage plus court ne serait guère capable d'être à la hauteur de son art, ni de servir loyalement son seigneur en s'appliquant comme un maçon doit le faire.

Article quatre.

Aucun maître, quel qu'en soit l'avantage, ne prendra d'apprenti né de sang servile, car son seigneur à qui il est asservi l'enlèverait à notre métier et il l'emmènerait avec lui hors de la loge ou de l'endroit de son travail ; ses compagnons risqueraient alors d'aller à son aide, de provoquer une altercation, et mort d'homme pourrait s'en suivre. Cela est interdit. Sans compter que son métier débuta avec des enfants de grands seigneurs de naissance libre, comme il est dit ci-dessus.

Article cinq.

Aucun maître ne donnera plus qu'il mérite à son apprenti pendant son apprentissage afin d'en tirer profit, ni pas assez pour que le seigneur du chantier où il travaille puisse tirer quelque profit de son enseignement.

Article six.

Aucun maître, par avarice ou âpreté au gain, ne prendra d'apprenti à enseigner qui soit difforme, c'est-à-dire ayant quelque défaut qui l'empêche de travailler comme il le devrait.

Article sept.

Aucun maître ne doit être complice, apporter secours ou procurer aide et assistance à un rôdeur venu voler. À cause de ces expéditions nocturnes on ne saurait accomplir son travail et labeur de jour.

Dans ces conditions ses compagnons pourraient se mettre en colère.

Article huit.

S'il arrive qu'un maçon excellent et compétent vienne chercher du travail et trouve un ouvrier incompétent et ignare, le maître du chantier doit accueillir le bon maçon et renvoyer le mauvais, pour le bien de son seigneur.

Article neuf.

Aucun maître ne doit en supplanter un autre car il est dit dans l'art de la maçonnerie que nul ne finirait aussi bien un travail entrepris par un autre, à l'avantage de son seigneur, aussi bien que l'autre le commença dans l'intention de le finir lui-même.

Autres conseils.

Ces conseils viennent de divers seigneurs et maîtres de différentes provinces et congrégations de maçonnerie.

Premier point.

Il faut savoir que qui désire embrasser l'état de l'art en question doit d'abord principalement aimer Dieu et la sainte Église et tous les saints et son maître et ses compagnons comme ses propres frères.

Second point.

Il doit accomplir loyalement la journée de travail t pour laquelle il reçoit son salaire.

Troisième point.

Il peut tenir secret l'avis de ses compagnons en loge et chambre et partout où maçons se retrouvent.

Quatrième point.

Il ne doit faire aucune malfaçon dans l'art en question, ne porter préjudice, ni ne soutenir aucun règlement nuisible au métier ou à quiconque du métier. Au contraire il doit le soutenir en tout honneur autant qu'il le peut.

Cinquième point.

Quand il recevra son salaire, qu'il le fasse humblement au moment fixé par le maître et qu'il remplisse les conditions de travail et de repos convenues et fixées par le maître.

Sixième point.

Si quelque dispute surgit entre lui et ses compagnons il doit rester tranquille et obéir humblement aux ordres de son maître ou du responsable de son maître au cas où le maître serait absent, jusqu'au prochain congé et s'arranger alors avec ses compagnons, en dehors d'un jour de travail, si non, ce serait préjudiciable à leur travail et au bien du seigneur.

Septième point.

Qu'il ne convoite pas la femme ni la fille de ses maîtres ni de ses compagnons sauf dans les liens de mariage et n'entretienne pas de concubines, de crainte des disputes qui pourraient survenir.

Huitième point.

S'il lui arrive de devenir responsable sous l'autorité de son maître, qu'il soit un intermédiaire loyal entre son maître et ses compagnons, qu'il s'active pendant l'absence de son maître pour l'honneur du maître et le bien du seigneur qu'il sert.

Neuvième point.

S'il est plus savant et plus subtil que son compagnon qui travaille avec lui dans sa loge ou dans quelque autre endroit et qu'il s'aperçoit qu'il risque de blesser la pierre sur laquelle il travaille par manque de science, il peut lui apprendre comment faire et il peut corriger la taille. Il lui en touchera un mot et l'aidera pour le plus grand bien de leur mutuelle affection et afin que l'¦uvre pour le seigneur ne soit pas abîmée.

Quand le maître et les compagnons, prévenus, se sont rendus à de telles congrégations, en cas de besoin, le shérif de la région ou le maire de la cité ou le conseiller de la ville où se tient la congrégation devra être compagnon et associé au maître de la congrégation pour l'aider contre les rebelles et faire prévaloir les lois du royaume.

Tout d'abord les nouveaux qui ne furent jamais instruits auparavant reçoivent des instructions suivant lesquelles ils ne doivent jamais être voleurs ni complices de voleurs, qu'ils doivent loyalement accomplir leur journée de travail et gagner le salaire qu'ils recevront de leur seigneur ; qu'ils rendront des comptes véridiques à leurs compagnons dans les affaires qui le requièrent et leur accorderont attention et affection comme à eux-mêmes.

Ils doivent être loyaux au roi d'Angleterre et au royaume et observer de toute leur force les articles mentionnés ci-dessus. Après quoi on s'enquerra de savoir si un maître ou compagnon, prévenu, à contrevenu à l'un de ces articles, ce qui, dans l'affirmative, devra alors être discuté.

C'est pourquoi il faut savoir que si un maître ou compagnon, convoqué à l'avance à de telles congrégations, se révolte et refuse de venir ou bien s'il a enfreint l'un des dits articles, et que cela peut être prouvé, il devra abandonner son art de maçon et renoncer à son métier. S'il a l'audace de continuer, le shérif de la région où on risque de le trouver au travail doit le mettre en prison, confisquer tous ses biens et les remettre au roi jusqu'à ce que le pardon royal lui soit octroyé et manifesté. C'est principalement pourquoi ces congrégations sont prévues afin que chacun, du haut en bas de l'échelle, soit bien et loyalement servi en cet art de maçonnerie par tout le royaume d'Angleterre.

 Amen ainsi soit-il.

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