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Hauts Grades

Articles récents

Origène

17 Mars 2014 , Rédigé par T.D Publié dans #spiritualité

"Beaucoup ont essayé d'écrire des Evangiles, mais tous n'ont pas été acceptés. Et si vous ignorez qu'on n'a pas écrit seulement quatre Evangiles, mais un plus grand nombre, parmi lesquels ceux que nous possédons ont été choisis et remis aux Eglises, que le prologue de Luc, dont voici le texte, vous l'apprenne : Parce que beaucoup ont essayé de composer un récit (Lc 1, 1). Ces mots "ont essayé" contiennent une accusation cachée contre ceux qui, sans la grâce du Saint-Esprit, se sont lancés dans la rédaction des Evangiles. Matthieu, Marc, Jean et Luc n'ont pas "essayé" d'écrire, mais, remplis du Saint-Esprit, ils ont écrit les Evangiles.
Comme nous l'ont transmis ceux qui, dès le début, témoins oculaires, sont devenus ensuite serviteurs de la Parole (Lc 1, 2). Les Apôtres ont contemplé la Parole, non parce qu'ils avaient regardé le corps du Sauveur, mais parce qu'ils avaient vu le Verbe. Si, en effet, avoir vu Jésus selon la chair, c'est avoir vu la parole de Dieu, dans ce cas, Pilate, qui condamna Jésus, a vu la Parole, ainsi que le traître Judas et tous ceux qui vociféraient : Crucifie-le, enlève-le de la terre ! (Jn 19, 15) ont vu la Parole. Loin de moi cette pensée que n'importe quel incroyant puisse voir la parole de Dieu. Voir la parole de Dieu se comprend dans le sens ou le Sauveur a dit lui-même : Celui qui m'a vu a vu aussi le Père qui m'a envoyé (Jn 14, 9).
(Origène : Homélies sur St Luc, I, 1-4, SC 87).

"Tente donc, mon auditeur, toi aussi, d'avoir ton propre puits et ta propre fontaine, pour que toi aussi, lorsque tu prendras le livre des Ecritures, tu te mettes à tirer de ton propre fonds quelque intelligence ; et, selon la doctrine que tu as reçue dans l'Eglise, tente de boire, toi aussi, à la fontaine de ton esprit. Il y a en toi une nature d'eau vive, il y a des veines intarissables et des courants d'irrigation ; emploie-toi à creuser la terre et à la nettoyer des ordures, c'est-à-dire à repousser la paresse et à secouer la torpeur du coeur. Purifie ton esprit, pour qu'un jour vienne où tu boiras de tes propres fontaines et où tu puiseras de l'eau vive dans tes puits. Car si tu as reçu le Logos de Dieu en toi, si tu as reçu de Jésus l'eau vive avec fidélité, en toi s'ouvrira une fontaine d'eau jaillissant pour la vie éternelle. [Jn 4, 14]" (Origène : Homélie sur la Genèse, XII, 5).

"Comme les attitudes du corps sont innombrables, celle où nous étendons les mains et où nous levons les yeux au ciel doit être sûrement préférée à toutes les autres, pour exprimer dans le corps l’image des dispositions de l’âme pendant la prière. Nous disons qu’il faut agir de la sorte, quand il n’y a pas d’obstacles. Mais les circonstances peuvent amener parfois à prier assis, par exemple quand on a mal aux pieds ; ou à prier couché, à cause de la fièvre. Pour la même raison, si, par exemple, nous sommes en bateau ou que nos affaires ne nous permettent pas de nous retirer pour nous acquitter du devoir de notre prière, on peut prier sans prendre aucune attitude extérieure."(La prière, III, 31, "Les Pères dans la foi", p. 120).

"Lorsque quelqu'un nous donne un objet matériel, on ne peut pas dire qu'il nous donne l'ombre de cet objet (car il n'a pas l'intention de donner deux choses séparées, l'objet et son ombre mais l'ombre suit nécessairement l'objet donné), de même si nous considérons avec une certaine hauteur les grâces importantes que Dieu nous fait, nous pouvons dire que les biens matériels ne sont que l'ombre qui accompagne pour les saints les grâces spirituelles, immenses et célestes, pour leur profit et selon la disposition de Dieu. Le Seigneur agit toujours avec sagesse, même si nous ne connaissons pas le mobile de chacun de ses dons." (Origène, La prière, I, 5, 16, "Les Pères dans la foi", pp. 59-60).

"A l'homme qui recherche de belles perles (Mt 13,45), il faut appliquer les paroles suivantes : Cherchez et vous trouverez, et : Celui qui cherche, trouve (Mt 7,7-8). En effet, à quoi peuvent bien se rapporter "cherchez et celui qui cherche, trouve"? Disons-le sans hésiter : aux perles, et particulièrement à la perle acquise par l'homme qui a tout donné et tout perdu. A cause de cette perle, Paul dit : J'ai accepté de tout perdre afin de gagner le Christ (Ph 3,8). Par le mot tout il entend les belles perles, et par gagner le Christ l'unique perle de grand prix. (Commentaire sur l'évangile de Matthieu, 10, 9-10).

"Voici une comparaison pour inviter les hommes à prier et les empêcher de négliger la prière. Un homme ne peut pas avoir d'enfant sans s'unir à une femme. De même, pour obtenir ce qu'on désire, il faut prier avec de bonnes dispositions, avec foi, et se conduire dignement avant la prière. Il n'est pas nécessaire de dire beaucoup de paroles. Il ne faut pas non plus demander des choses sans importance, ni réclamer les biens de la terre, ni venir prier quand on est en colère ou troublé intérieurement. Pour comprendre ce que la prière exige, il faut avoir le coeur pur. De même, nous n'obtiendrons pas le pardon de nos péchés sans avoir pardonné du fond du coeur au frère qui nous demande pardon pour la peine qu'il nous a faite." (La prière, 8).

"Nous sommes en voyage, nous ne sommes venus en ce monde que pour passer de "vertus en vertus", et non pour rester sur terre par amour des objets terrestres, comme celui qui disait : "Je détruirai mes greniers et j'en construirai de plus grands" (Le 12,18). Ah ! que le Seigneur ne nous dise pas comme à lui : "Insensé, cette nuit, on te redemandera ton âme"." (Homélies sur les Nombres XXVII, 7).

"Si un homme a quelque jour brûlé du fidèle amour du Verbe de Dieu; si, pour parler comme le prophète, un homme, un jour, a reçu de la "flèche de choix" la douce blessure, la douce plaie; si quelqu'un, un jour, a été percé du trait amoureux, au point, ensuite, jour et nuit, de soupirer après lui de désir, et de ne plus pouvoir rien dire d'autre, et de ne plus vouloir rien entendre d'autre, et de ne plus rien savoir d'autre, et de n'avoir plus goût à rien désirer d'autre, rien envier d'autre, ni rien espérer hors de lui, celui-là alors, à juste titre, pourra dire: je suis blessé d'amour." (Homélies sur le Cantique des Cantiques, 1).

Source : http://peresdeleglise.free.fr/extraits2.htm#origene

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Tablier

15 Mars 2014 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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Remettez-vous en la main qui vous guide

14 Mars 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Dans certains rituels cette phrase est prononcée par le V\ M\ lors de la cérémonie de réception d'un apprenti, alors que le profane est à genoux devant l'autel des serments avant d'être soumis au serment prêté sur la coupe des libations et ensuite aux épreuves d'initiation. La phrase exacte est : « Profane ! Levez vous. Remettez-vous en la main qui vous guide. Puisse-t-elle vous préserver de tout danger ».

La signification première est claire. Après avoir fait passer le profane d'un état de soumission, position à genoux, à la position debout on lui demande de se confier à son guide. Le profane qui n'a encore prêté aucun serment est libre de ses actes. Si le terme remettez-vous peut sembler un ordre, il est plus exactement une demande. Il sous entend que celui auquel elle s'adresse l'exécute de son propre chef, de sa propre volonté. Cette phrase est à comparer avec celle prononcée par le V\ M\ après le serment sur la coupe des libations : « Frère Expert, emparez-vous du profane et faites-lui faire son premier voyage au cours duquel il subira « l'épreuve de l'air » ». Où, là, le profane qui a prêté son premier serment est contraint par le frère expert qui « s'empare » de lui.

« Remettez-vous en la main qui vous guide » : le profane qui est toujours sous le bandeau doit s'abandonner à son guide. Il lui est demandé, et c'est le cas de le dire, une confiance aveugle. Cette confiance passe par le seul moyen de connaissance qu'il a de son guide : la main.

Si la signification du mot « guide » est évidente et ne demande pas de développement, il en va tout autrement du mot main et de ses significations symboliques. Significations que je me garderais bien de développer ici de façon générale, mais le fait de se remettre en la main d'un guide fait penser à l'hommage féodal et à sa partie l'immixtio mannum. Le vassal, agenouillé, tête nue et sans armes, place ses mains dans celles de son suzerain, qui referme les siennes sur celles de son partenaire. Il y a par ce rite de l'hommage une radiation de soi même par le vassal et une acceptation par le seigneur. Les obligations qui en résultent sont réciproques. Ici le profane privé de sa vue se confie totalement au frère expert et il est demandé à ce dernier de veiller sur lui : « Puisse-t-elle vous préserver de tout danger ». On retrouve les principes d'abandon de soi et de réciprocité cités précédemment.

Rappelons nous par ailleurs de la scène exacte et de la façon de se donner la main. L’expert, de sa main gauche, saisit la main droite du profane doigt croisés et bloque l'avant bras avec le sien. Comment ne pas penser à ce moment au symbolisme Celtique de la main qui rejoint celui du bras qu'il est impossible de séparer totalement. Le mot Irlandais lam (main) servant d'ailleurs suivant le contexte à signifier le bras.

Le profane se confie au frère Expert par la main droite. Si l'on se réfère au Tao-te King Chinois la main droite correspond à l'action et la main gauche à la non action, à la sagesse. On retrouve bien le symbole du profane qui fait l'action de se confier, via sa main, au frère expert. Ce dernier représentant la sagesse de celui à qui l'on fait confiance pour que tout danger soit écarté.

Maintenant suivons les principes de la table d'émeraude et continuant notre travail de maçon essayons de nous élever sur la spirale. Et suivant la table d'émeraude n'oublions pas que les développements précédents vont toujours être applicables bien qu'à un autre niveau.

« Remettez vous en la main qui vous guide » Le mot guide nous amène tout de suite à l'idée du guide suprême. La main de Dieu un des symboles fort dans la tradition biblique : la main symbole de la puissance et de la suprématie de Dieu. Être saisi par la main de Dieu c'est recevoir la manifestation de son esprit. Cette phrase nous rappelle donc que nous avons un guide spirituel, nous qui sommes comme le profane sous le bandeau privés de nos sens principaux en ce qui concerne la compréhension de l'esprit nous avons une aide pour trouver la voie. Comme Moshè (Moïse) dans l'exode a été guidé par IHVH (Adonnaï) depuis le départ de Misraîm (Égypte) jusqu'à la terre sainte d'Israël via l'errance dans le désert.

L'existence de cette main, aide divine proposée à tout être, est représentée par exemple dans la religion catholique par l'ange gardien.

Une autre approche de l'existence de cette aide du principe peut se trouver dans la philosophie Kantienne où dans « Critique de la raison pure » où chapitre VII (édition 2) on peut lire : « Car la raison est le pouvoir qui fournit les principes de la connaissance à priori » l'instrument de cette donation à priori est constitué par l'intuition pure. Intuition pure née de rien et donc à mes yeux preuve de l'aide du G\ A\ D\ L\ U\.

Mais elle nous signifie aussi que nous avons une certaine liberté. Cette liberté dont Spinoza dira ; « C'est une solide réalité qu'obtient notre entendement par son union immédiate avec Dieu pour produire en lui-même des effets qui s'accordent avec sa nature, sans que ces effets soient soumis à aucune cause extérieure par laquelle ils puisent être altérés ou transformés ».Or comment définir la liberté face à Dieu. Bien faire c'est suivre la voie de Dieu, la liberté serait donc de pouvoir dévier de cette voie, volontairement ou par incompréhension. La position neutre de ne rien faire n'est-elle pas d'ailleurs de déjà faire le mal ? Et ce sans rentrer dans les querelles entre le théisme, qui engage la responsabilité personnelle (morale) de Dieu dans la production ou la permission des différentes espèces de maux, et le déisme qui exonère Dieu de responsabilités personnelles. Dixit Paul Clavier in Les Théodicées Salix n° 37.

La connaissance de l'existence de cette liberté doit donc nous inciter à rechercher cette main qui nous guide. Mais cette main est plus difficile à trouver que celle de l'expert et n'est-ce pas le premier travail du maçon de rechercher cette main de façon à être guidé dans notre démarche, et ne pas dévier de la voie ? Notre frère Jean Luc Fauque a écrit dans « La spiritualité du rite écossais ancien et accepté »: Les traditions nous rapportent que la nature aime à se cacher. La nature, Dieu, c'est le principe, et l'homme le cherche avec son intellect et sa sensibilité. Dieu devient l'Interlocuteur suprême infini et indéterminé. Il ne peut pas être le Dieu des religions. Il s'identifie, par voie apophatique (1), à quelque chose de perdu. Non au sens de détruit, mais dans celui de l'inaccessible, de caché, pour lequel le développement de l'esprit agit comme l'exposant qui fait tendre une fonction mathématique vers son asymptote. Ce cheminement est désigné par les maçons sous le terme de « quête de la parole perdue ». Parole perdue qui s'identifie avec le G\ A\ D\ L\ U\, dans la propagation du sens, indépendamment de toute notion de temps et d'espace.

Pour nous remettre en cette main il convient donc de la rechercher car c'est elle qui peut nous préserver de tous les dangers, tous les dangers qui nous guettent si nous nous éloignons de la voie. Il est bien connu que dans l'expression « faire son devoir » la difficulté est de définir ce devoir. Toutefois la recherche de ce guide doit se faire simultanément avec la connaissance de soi. Il existe d'ailleurs une interaction entre la recherche du guide et la recherche sur la connaissance de soi. Si cette dernière peut en effet nous faire connaitre nos tendances, nos options possibles c'est le G\ A\ D\ L\ U\ qui va nous nous aider à faire le choix.

J'ai dit.

Nota :

(1) Apophatique. La théologie négative est une approche de la théologie qui consiste à insister plus sur ce que Dieu n’est pas que sur ce que Dieu est. L'apophatisme est une démarche intellectuelle par laquelle toute idée que l'on se fait de la divinité se voit démasquée dans son inadéquation à délimiter ce qui est sans limite.

Source : www.ledifice.net

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La Marche du Compagnon

13 Mars 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Sensation furtive et profane de celui qui a l’impression de ne pas avoir tout compris ce qui lui arrivait. C’est l’impression que j’ai de mon passage dans le degré de compagnon. Difficile affirmation que de dire « je n’ai pas tout compris » et pourtant, je dois bien avouer qu’à ce jour, ce degré d’une grande richesse m’est sinon étranger, pour le moins encore étrange. L’idée de passer à une autre étape avant d’en avoir faire le tour m’intrigue.
Mais est-ce bien là le but ? Achever une tâche pour en commencer une autre ? Encore une erreur de débutant, mais il peut être est nécessaire de la faire pour relativiser l’angoisse générée par cette étape dans la vie du maçon. Et puis les sourires que provoquent cette réflexion chez les expérimentés qui m‘entourent me fait au moins comprendre que l’important est dans le cheminement.
Sous les colonnes du Septentrion, j’ai écouté mon surveillant, appris à comprendre les symboles, entendu et mémorisé la parole de mes frères maîtres, qui m’enrichissent.
Ma réflexion d’apprenti d’alors était « vivement que je puisse m’exprimer ! » « A mon tour de donner, d’affirmer, de rendre la monnaie ! »
Force est de constater aujourd’hui que l’apprenti bouillonnant à l’idée de prendre la parole et d’en placer une, et bien cet apprenti devenu compagnon, compagnon muet, non par manque d’idée, mais plutôt par la prise de conscience, que son arrivée à ce grade n’est qu’une étape intermédiaire, comme une moitié d’initiation, et que face à ses maîtres, il a quelque chose à dire, mais quand la parole est donnée, un maître a la capacité de le formuler mieux que lui, ou plus vite que lui, alors silence.
Intérieurement, je sais que quelque soit la forme, la couleur et les parements de mon tablier, il va falloir attendre encore avant de prendre la parole dans l’intérêt de la loge.
Dans sa symbolique, les 5 pas de la marche du compagnon sont composés par les 3 pas de la marche de l’apprenti. Le côté pénible, de ces trois premiers pas m’a d’abord appris la ponctualité…Normal, c’est le retardataire qui doit le pratiquer. Ces pas, tout juste arrachés à l’attraction terrestre, allant à l’encontre de la volonté et de l’esprit expriment bien ces métaux qui doivent rester à la porte du temple.
Les pas suivant, ceux du compagnon symbolisent l’éloignement de la route tracée, événement qui ne peut être décidé que de manière autonome, fruit de la liberté gagné par la confiance, un premier voyage en quelque sorte avec l’impression d’être le pilote à bord, libre de découvrir le monde, en abandonnant la ligne pour la surface. Puis vient le retour au tracé d’origine, symbolisant le souvenir des leçons et conseils reçus, la main sur le cœur, amour et fraternité en tête.
Le compagnon est d’abord un apprenti, un homme avec des vertus morales qui a reçu la lumière, qui a intégré des connaissances maçonniques, des symboles, et qui a passé une autre étape, celle de l’autonomie dans la prise de parole, dans la recherche de la compréhension du monde.
Et cette soudaine autonomie dans la construction de son édifice, de l’édifice crée une peur, une sensation de vide qui peut parfois lui faire croire qu’il n’a pas tout compris. Comme le parachutiste face à son premier vrai saut, le compagnon a peur, mais cette peur est constructive, car il est entouré par ses frères qui, même en silence, lui font comprendre, que eux aussi, ils on douté, et sont là, souriant, avec amour.
Le premier voyage et ces cinq sens (vue, ouïe, toucher, goût, odorat) matérialise les outils à sa disposition pour percevoir le monde extérieur, évaluer et ainsi se comparer avec l’autre et trouver sa place. L’humilité est de mise car sans sagesse ces perceptions peuvent nous tromper.
Il est temps pour le compagnon d’aller visiter d’autres loges, d’autres rites et de se rendre compte, de la richesse des différences. C’est d’abord le timbre des voix qui va ponctuer le rituel, la colonne d’harmonie, puis la richesse des interventions qui vont lui permettre de comprendre sa loge, et se comprendre comme dans « connais-toi toi-même ». Cet exercice est un échauffement à la compréhension de sa position d’homme, d’humain, vivant sur une planète, en société organisée, entouré d’une nature végétale, animale, minérale, et lui-même composante d’un tout, pour un temps donné.
Le compagnon a compris à travers des ouvrages maçonniques la portée des symboles.
Dorénavant, sa curiosité va pouvoir s’élargir au monde : La science, l’étude des autres sociétés, cultures, religions, croyances. Cette étape, c’est d’abord la lecture :
Albert Jacquard : après avoir entendu cet homme à Noël 2000 à la radio parler d’avenir, d’amour, et d’une future civilisation globale, dans un ouvrage très illustrée « la légende du futur », ou il imagine une civilisation mélangeant toute nos cultures, une occasion de nous rendre compte que nos différences sont bien minimes, autant dans le chromosome que dans le lien social, et cela qu’on soit un occidental urbain, ou un agriculteur bantou. C’est l’éveil du doutant que je suis.
Puis, ce fut André Comte Sponville, qui explique qu’il est difficile de vivre sans dogme, mais qu’une philosophie athée permet de renoncer à la notion de divinité et donc de redevenir humain intégré à la nature, donc conscient de n’être que des mourants en puissance.
Jacques Ellul dans « le bluff technologique », Jean-Claude Guillebaud dans « le principe d’humanité », entre autres m’apportent les réflexions permettant de construire une vision puis l’application dans le monde profane de tout ce qui est vu en loge.
La compréhension de la notion de hasard dans la constitution de l’humanité va ainsi petit à petit prendre place dans mon esprit, me faire perdre toute illusion profane, pour enfin me concentrer sur l’essentiel, la construction de l’édifice, un monde d’entente, d’amour et de raison, ici et maintenant.
Enrichissons nous de nos différences, cette magnifique phrase prend ici tout son sens.
Dans son deuxième voyage d’initiation, il est rappelé au futur compagnon que sa construction se fait avec le temps, et dans l’harmonie, que sa force réside dans le respect de la loi morale, et dans sa volonté de grandir. Une nouvelle dimension s’offre à lui, exprimée par les colonnes tout d’abord, la verticalité, qui permet une vision du lointain, de la perspective, et une capacité à réceptionner les messages extérieurs plus forte, comme une antenne, un totem. On pourrait comparer cette image, à celle, très belle, extraite du film « l’odyssée de l’espèce », retraçant l’évolution de l’espèce humaine ou est symbolisé l’arrivée de l’Homo Erectus, par ce primate, cet homme traversant les hautes herbes de la savane, qui s’élève et aperçoit enfin l’horizon.
Le compagnon ne peut pas avancer tout seul sans douter, et la progression ne peut se faire sans l’aide apportée par son surveillant, mais aussi par ses frères. Mes plus beaux moments de fraternité et d’amour resteront ceux qui suivent ces instants de désespoir, de doute, et d’incompréhension, quand à l’appel des mes jumeaux, puis de mes frères aînés, je reçois ces quelques conseils, qui rassurent, véritable message d’amour, de fraternité, qui créent la complicité, et qui solidifient les liens intérieurs qui font notre loge.
Troisième voyage : ici sont réunis, les arts libéraux mais aussi le Niveau. Les trois arts de la parole, mais aussi le symbole de l’égalité et de la modestie.
Réunir la parole et la modestie, voila ce qui expliquerait mon silence de compagnon.
Quatrième voyage, les grands initiés nous sont présentés, alors qu’ils ne sont pas maçons, d’horizons et d’époques différentes, ils se sont chacun sacrifié pour une philosophie : Moïse « tu ne tueras point », Socrate « Connais-toi toi-même » Phytagore par l’initiation par le silence, Jésus « aimez vous les uns les autres », et Confucius par la perpétuelle recherche du juste milieu.
La recherche du juste milieu, voila une phrase qui mérite réflexion, et montre l’ouverture et l’humilité nécessaire pour s’ouvrir au monde. Cette recherche est aussi enrichissante dans ce qu’elle m’apporte d’analyses, de réflexions, de compréhension du vaste et merveilleux système dont nous sommes une composante, mais aussi, dans le travail intérieur qu’il m’oblige à faire, quant face à cela, une occasion m’est offerte d’inverser le sens de ma quête et de me regarder dans le miroir, d’essayer de me comprendre en prenant le monde en compte. Dérouler la spirale dans l’autre sens pour amorcer une meilleure connaissance de moi-même, est l’autre face de cette recherche. Etonnante allusion à cette figure que je ne peux tracer. Au-delà de l’apprentissage et de la découverte, il y a la compréhension et la diffusion du « compris », sans être un de ces grands initiés, nous pouvons chacun rayonner à la hauteur de notre connaissance et de l’amour transmis. L’équerre, accompagne ce voyage, symbole de rectitude, éprouvé par l’équerre, le compagnon doit marcher, pour découvrir le monde et les lois qui le composent. Cet acte volontaire constitue les premiers pas du maçon.
Gloire au travail, cette phrase me serait restée incompréhensible sans la présence de l’étoile flamboyante.
Cette étoile à cinq branches, comme l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci. Représentation de l’éternité, parfois couronne, lumière mais exprimant le monde nocturne, origine ou destin du monde réunissant le terrestre et le céleste, Bourgeonnement, scintillement, c’est la croissance infinie ou son inverse, D’une lumière explosive, elle montre sa fin alors qu’elle exprime l’intemporel. Expliquer ou tenter d’expliquer la lettre G m’incommode, car la diversité des explications en dilue la force et le sens, je préfère la ressentir que l’expliquer.
C’est à travers l’étoile flamboyante, expression du minérale, mais aussi de l’humain, forme existante dans des constructions végétales, que je ressens la notion de labeur nécessaire et perpétuel, d’abord parce que seul un labeur continuel permet de ne pas ressentir une sensation de vide, par la régularité d’une recherche ordonnée, qui cherche la vérité avec la parfaite conscience de ne jamais la trouver.
C’est par ce même travail qui a fait l’homme se différencier de la nature, devenir sujet, que je me sais cheminer en liberté, de faire, sans pouvoir éviter les erreurs, mais là est peut être le chemin pour approcher l’harmonie et la paix intérieure qui semble régner chez mes aînés.

V\M\ et vous tous mes FF\, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Explication de la Pierre Cubique

12 Mars 2014 , Rédigé par F\ C\ Publié dans #Planches

Dans les hauts grades on doit donner le développement de la science maçonnique, dont les principes sont indiqués dans les trois grades symboliques : Mais cette première école ne s'expliquant pas suffisamment, nous allons entrer dans les plus grands détails, en parcourant les différents tracés qui sont sur la pierre, appelée cubique ; cette pierre angulaire est une des bases essentielles de l'art royal ; elle n'est qu'ébauchée dans le 2eme grade de la Maçonnerie bleue. Il aurait fallu que cette pierre ait été tracée en caractères hiéroglyphiques, selon la rigueur des lois maçonniques ; alors le G\ Or\ de France, aurait senti la nécessité de donner la clef de nos caractères, selon l'exemple qui est tracé dans le chapiteau du côté gauche.

Dans le bas qui forme un carré, est une division de 100 cases ; 26 contiennent les hiéroglyphes, 26 autres, les lettres italiques, 4 en hiéroglyphes composés, et 4 aussi en lettres composées ; 12 en ponctuations hiéroglyphiques ; 19 en caractères vulgaires et 16 remplies avec les chiffres depuis 1 jusqu'à 70.

Tel est le contenu du côté gauche de cette pierre que le G\ Or\ n'a pas songé à remplir. Il était donc essentiel pour l'art royal, qu'un ouvrier zélé voulut s'en occuper pour l'instruction de ses FF\ et pour leur apprendra à connaître les lettres, afin de pouvoir lire les mots mystérieux de notre art.

Les deux niveaux que vous voyez dans le haut du chapiteau vous annoncent que les connaissances rendent les hommes égaux ; et que les talents élèvent l'homme d'une classe ordinaire au niveau des grands de la terre.

Maintenant que nous connaissons les caractères, nous allons loin apprendre à connaître la face de cette pierre : cette face est un chef-d'œuvre du G\ Or\ de France, puisqu'elle renferme dans sa composition une division de 81 cases qui forment le carré de 9, où tous les mots mystérieux se trouvent renfermés, depuis le premier grade jusqu'à celui-ci, en y ajoutant les 16 du chapiteau, qui contiennent un seul mot sacré composé de trois paroles.

Pour lire ce que contient ce carre, on commence par le T, qui est au bas sur la première ligne à gauche, ensuite la lettre U, au dessus du T, dans la 1re case de la 2me ligne ; ce qui forme la première syllabe du mot de passe d'Apprentif ; puis vous prenez le B, de la 2me case de la 1re ligne, après un A, dans la première case de la 3me ligne en montant, vous descendrez en biais jusqu'à la lettre L., qui forme la 2me syllabe du mot précité ; ainsi du reste des mots que vous lirez en biaisant de gauche & droite, en descendant jusqu'à la dernière case en haut à droite, dans laquelle vous trouverez deux lettres TH, en opposition avec la lettre T, par laquelle vous avez commencé.

Les 16 cases triangulaires du chapiteau, forment ensemble un grand triangle, on Delta, emblème de la Divinité selon les Égyptiens. C'est dans ces cases qu'est placé le mot sacré du présent grade, le Tetra-grammaton, la parole inominale du grand Jehova qui était toujours tracée dans un Delta.

Vous remarquer que le G\ O\ de Franc dans sa sagesse, a cru devoir placer dans ce chapiteau triangulaire le grand mot de ce sublime grade.

Les chérubins qui sont placés sur ce chapiteau, et qui accompagnent ce triangle, vous annoncent que tout est divin dans les cérémonies de ce grade ; qu'il est l'annonce de la doctrine des Maçons ; ils adorent un Dieu unique, et ne le perdent jamais de vue dans toutes leurs actions.

Maintenant que nous avons épuisé les deux faces de cette pierre nous allons entrer dans d'autres détails, qui tiennent aux sciences dont on vous a parlé dans les gradés symboliques, et surtout à la géométrie, laquelle vous conduit naturellement aux connaissances les plus abstraites ; tels sont les systèmes du monde etc. etc.

Les anciens initiés aux mystères du Sacerdoce nous ont transmis la science des calculs. Cette science conduit naturellement à la géométrie ; dans le compagnonnage on en parle souvent ; cette science commence par la connaissance des chiffres, dont la clef nous vient des égyptiens. Elle est tracée dans le côté droit de la pierre.

Cette clef se compose d'un carré parfait coupé en 4 parties égales, par une ligne perpendiculaire et une horizontale, ensuite par deux autres lignes diagonales, d'angle en angle, qui divisent ce carré en 8 parties triangulaires ; c'est dans ce tracé que vous trouverez les figures des 10 chiffres depuis 1 jusqu'à zéro.

Le 1 est une ligne perpendiculaire, |.

Le 2 est pris dans un carré et forme un zed, Z.

Le 3 se prend par la moitié du grand carré duquel vous lirez une ligne jusqu'au coin, ensuite une autre jusqu'au centre, puis en reculant jusqu'au coin d'en bas, et une horizontale jusqu'à la ligne perpendiculaire du milieu, M.

Le 4 se trace par une perpendiculaire à droite. On prend le milieu de cette ligne, on en tire une horizontale jusqu'au centre du grand carré, et on remonte par une diagonale, jusqu'à l'angle d'en haut à droite, ce qui forme un 4 parfait 4.

Le 5 se fait en une ligne qui part de l'angle d'en haut à droite, eu descendant par une diagonale jusqu'au centre ; ensuite vous tirez: une ligne horizontale, à droite jusqu'à moitié de cette perpendiculaire du côté droit ; après, vous descendez jusqu'au bas, et retournez en arrière jusqu'à la perpendiculaire du milieu ….

Le 6 se fait en traçant une ligne diagonale, de l’angle droit d’en haut, à l'angle gauche d'en bas ; de là une horizontale en bas, jusqu'à celle du milieu que vous tracez en remontant jusqu'au point du centre, ….

Le 7 se prend depuis la ligne du milieu d'en haut en traçant une ligne horizontale jusqu'à l'angle à droite, puis vous descendez une diagonale jusqu'au coin opposé du grand carré a gauche en bas, 7.

Le 8 se fait en traçant une croix de St. André, c’est-à-dire deux lignes croisées, fermées par une ligne horizontale en haut et en bas, …

Le 9 se fait en partant du centre, еn remontant la ligne perpendiculaire, puis une horizontale jusqu'à l'angle à droite, et descendant par une diagonale jusqu'à l'angle à gauche, …
-Le о est le carré, ð.
Vous voyez que les anciens chiffres étaient tous angulaires. A mesure que les peuples se policèrent, ils donnèrent a leurs caractères des formes plus agréables, arrondirent les lignes de leurs premiers chiffres, qui sont ceux que nous avons actuellement, et qu'improprement nous nommons chiffres arabes.

La connaissance de la géométrie, conduisit nos ancêtres à l'étude du monde habité, et bientôt ils surent approfondir ce dédale de l'immensité, et percer la voûte azurée.

L'homme se livra à l'étude des mathématiques, science sublime, seulement connue des initiés dans les mystères du 2me ordre ; cette science les conduisit à développer à peu près l'organisation de toute la nature, en observant le cours du soleil et celui de la lune, ainsi que l'ordre périodique des saisons.

Le carré du côté droit de la pierre nous représente cet ancien système.

Les 4 cercles sont les 4 régions présumées autour de la terre, on découvrit par le cours du soleil les quatre points cardinaux, orient, occident, midi et nord ; les quatre carrés servirent d'angles de division pour les saisons, en donnant le quart de l’année solaire de 91 jours environ, ce qui procurait pour l’année entière 364 jours, auxquels on ajoutait une ou deux journées de plus à la fin d'une période déterminée.

Les Mages considérèrent avec attention la nature entière. L'étude les porta à vouloir en connaître l'essence dans sa composition ; l'immensité du fluide aérien rempli de ces feux, qu'ils prirent pour au tant de petits soleils, qui furent par la suite nommés étoiles ; la puissance de l'air sur toutes les substances, et l'unité d'accord des lois organiques ; ce qui les porta à l'admiration des merveilles de la nature, et aiguillonna leur curiosité pour faire de plus grandes recherches, et pour parvenir à connaître le principe vivifiant, enfin l'âme de l'univers. Ils reconnurent par leur travail, la divinité seul principe de la conservation, et de l'organisation universelle ; ils adorèrent l'être suprême dans toutes les productions de la terre, comme étant son ouvrage ; ils cachèrent aux peuples les vérités qu'ils avaient découvertes, en donnant un sens différent aux emblèmes qu'ils exposaient aux regards du public.

Ils décomposèrent l'air et la matière. Le sel, le souffre et le mercure leur parurent en être les principes constituants : de ces trois parties, ils formèrent un triangle, qui devint avec plus de raison encore un principe de culte, comme étant l'emblème du grand moteur des êtres animés qui fut nommé Dieu. Les hébreux le nommèrent Jehova, ou la véritable âme de la nature ; ils placèrent ce triangle au centre de divers cercles et carrés, pour indiquer le principe vivifiant qui étendait ses ramifications sur toutes choses.

Dans la dernière partie de la pierre nous nommerons ce triangle le grand tout.

Les instrument qui décorent ce chapiteau, sont ceux que l'on emploie dans l'élude des mathématiques.

Par suite de plusieurs siècles, l'homme savant fit d'autres découvertes intéressantes dont les principales se trouvent indiquées dans la quatrième partie de cette pierre cubique.

Cette face nous représente un grand cercle divisé en 360 degrés, que le soleil parcourt périodiquement dans les vingt-quatre heures.

Dans ce cercle vous distinguez trois triangles, qui forment 27 cases dans lesquelles est tracé l'ordre invariable de tous les principes connus.

Pour bien concevoir ce coté, il faut commencer par le triangle du centre, nommé le grand tout qui nous représente la divinité ou l’âme de la nature.

C'est de ce point central, que nom admirerons les merveilles qui nous entourent, et nous verrons l'homme placé sur ce vaste univers, admirer avec étonnement l'espace infini de la voûte azurée, ce qui porta sa curiosité à vouloir étudier la nature dans toutes ses parties, et connaître le mouvement des corps célestes.

Il décomposa la lumière, il y trouva trois couleurs principales, le rouge, le jaune el le bleu. Les couleurs intermédiaires ne sont que des nuances formées par le mélange de deux couleurs réunies ; par exemple, le rouge et le jaune donnent la couleur orange ; jaune et bleu composent le vert ; bleu et rouge procurent le violet ; le blanc n'est pas une couleur c'est la lumière, comme le noir en est la négation.

Il fit d'autres découvertes qui lui procurèrent la connaissance des trois règnes, l'animal, le végétal, le minéral.

Il crut remarquer que le globe était composé d'une matière appelée terre, mélangée d'eau et de sel.

Ses recherches s'étendirent davantage, et il découvrit l'infinité de la nature, dans son renouvellement continuel, et la toute-puissance de la divinité dont le soleil a été longtemps un symbole, par l'influence qu’il a sur la végétation en général ; les premiers peuples lui rendirent des hommages comme a un Dieu éternellement bienfaisant.

L'homme agrandissant le cercle de ses connaissances voulut mesurer une superficie, il s’ареrçut de la nécessité de poser le point du départ, qui le menant à un autre, lui donna la ligne, ce qui procura des angles, et il parvint a avoir exactement la surface, et le cube des différents corps.

Il eut la témérité de vouloir mesurer le temps, et il parvint à en faire la division. Il admira la perfection dans certains corps, et la difformité dans les autres, et il conçut l'idée de la proportion. Il vit que la matière était ou tendre ou dure, et dès lors il se fit une idée de la solidité de l'une, et de la faiblesse de l'autre pour la construction.

Le besoin de se substanter porta l'homme à cultiver la terre, et l'agriculture s'établit ; la nécessité de s'abriter des injures du temps, et de se soustraire à la voracité des animaux féroces, l'obligea à se bâtir des cabanes, et nous procura par la suite l'architecture, que la vanité perfectionna.

La vue des corps célestes aiguillonna sa curiosité, qui le conduisit à étudier l'astronomie ; cette science mise en pratique par les mages, qui prédisaient l'arrivée des éclipses et des comètes, ajouta beaucoup aux mystères de la religion, et donna naissance à la métaphysique. Le vent, la grêle, le tonnerre, la foudre, le chaud, et le froid, portèrent l'homme à vouloir connaître la substance de l'air, ce qui le conduisit naturellement à la physique expérimentale, et lui prouva que le feu existait dans toutes les matières qui composent le globe.

Pénétré de ces vérités, il étudia la matière en général, il prit les végétaux et les minéraux, et chercha à en connaître les propriétés, il trouva moyen de les dédécomposer, et parvint à la chimie, qui servit à établir la médecine, dans laquelle il fallut admettre l'addition des doses bienfaisantes, et la soustraction de celles qui pouvaient être contraires. La superstition introduisit le rapport des nombres, combinés avec les mélanges, le quel était censé produire en grand bien, pour la guérison des maladies. Les mages pratiquaient la science d'Esculape, et acquéraient par ce moyen encore une plus grande vénération de la part du peuple, qui les prenait souvent pour des demi-Dieux, el leur rendait des hommages.

Aux quatre coins sont indiqués les arts, dont le principe est puisé dans la nature ; la voix el le son sont nés avec l'homme, ainsi que dans les animaux ; le chant des oiseaux, fournit à l'homme l'harmonie, que l'on nomma la musique, qui lut le premier des arts ; il devint la base de l'harmonie qu'on mit dans les paroles, et l'éloquence se fit entendre par les poètes, qui remployèrent à chauler la gloire des Dieux et des Héros.

L'homme trouva parmi les pierre» que la nature avait formé des ressemblances avec les êtres animés ; il en fit ses Dieux pénates ; par la suite il imita ces objets avec de la terre et du bois, en cherchant à perfectionner ce que la nature et le hasard avaient laissé d'imparfait selon son idée ; et la sculpture commença à paraître, ce qui conduisit naturellement à tracer des traits sur la pierre ou sur le bois pour en perfectionner les formes, et par la suite le dessin se forma, ce qui donna l'idée de colorer ces objets avec des terres différentes mêlées avec du charbon, et la peinture parut et flatta l'œil ; cet art arriva le dernier et séduisit par son illusion ; il fut ainsi que les autres arts, porté un très-haut degré de perfection.

Les 7 planètes qui décorent le chapiteau vous annoncent l'antiquité des grands personnages qui gouvernaient la terre, lesquels furent par la suite placés dans le ciel par ceux qui les avaient admirés.

Le soleil représente Apollon, le Dieu de la lumière, des sciences et des arts ; il indique au moral la première lueur de la lumière céleste.

La lune représente la déçue Diane, soeur d'Apollon ; elle était la lumière nocturne et ténébreuse de l'intelligence, ou lumière du 2e ordre.

Mars, dieu de la guerre et des combats présidait aux batailles.

Mercure est l'interprète de la lumière divine, son caducée celui de l'éloquence, et de la vérité.

Jupiter le maître des Dieux, emblème de l'intelligence et de la puissance divine ; il semble nous annoncer qu'il a été un des plus grands gouvernants de la terre.

Vénus, le dieu du charme, mère de l'Amour qui conduit à la fécondité.

Saturne, le dieu du temps qui se détruit et se renouvelle chaque jour ; les anciens nous le représentaient dévorant ses enfants (les jours qui fuient derrière nous.)

Les attributs qui ornent le chapiteau vous annoncent les sacrifices et les obligations qui se pratiquaient dans les cultes de l'antiquité, et desquels nous conservons encore quelques usages.

Au dessin du carré, sont tracés dent demi - cercles, dans lesquels sont indiqués deux principes ; la divinité et la nature ; pour le véritable Maçon, l'une et l'autre sont synonymes. Toul dans la nature étant soumis à une organisation, et a une marche périodique, nous annonce qu'il doit y avoir un grand moteur, qui attire à lui notre vénération, et nous oblige à penser que rien ne peut être au-dessus de lui. L'étoile flamboyante en est un symbole. Il est indique dans les trois premiers grades. Nous l'avons tracé sur cette pierre, dont le sommet nous annonce le ciel, séjour éternel de la divine providence, adorée par les maçons sous le titre du Grand Architecte de l'Univers.

HOUZA, HOUZA, HOUZA.

Source : www.ledifice.net

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La Pierre Cubique

11 Mars 2014 , Rédigé par Compagnon J\A\ S\ Publié dans #Planches

Etes‑vous Compagnon ?
- Je le suis
Comment justifiez vous cette affirmation ?
- En passant Compagnon j'ai pris conscience de moi-même. Je sais donc ce que je suis et je puis me prononcer avec assurance sur le Grade initiatique auquel je suis parvenu.
Que vous a‑t‑on enseigné au cours de vos voyages de Compagnon ?
- A me servir de mes outils qui servent à transformer la PIERRE BRUTE en PIERRE CUBIQUE, taillée selon les exigences de l'art ...
Je sais donc ce que je suis et je puis me prononcer
Se servir de ses outils, lesquels ? Comment ? Pourquoi ?
La réponse à ces premières questions nous la trouvons dans la longue observation du Compagnon mesurant l'importance d'outils matériels pour son travail de dégrossissement, mais découvrant, à chaque voyage la présence d'outils spirituels devenant alors nécessaires à son évolution, à son intégration dans un monde lui apparaissant soudain ouvert sur l'immensité de la réflexion.
Après avoir déblayé le sol de tout ce qui peut l'affecter dans sa rectitude et sa planitude, l'accomplissement des Cinq voyages du profit la spécificité du Ciseau et du Maillet, car sans le concours de ces deux précieux outils nul n'approche et ne réalise, dans sa démarche la transformation d'une Pierre Brute en Pierre Cubique.
Le Premier voyage se présente alors. Intervient la nécessité de mettre à profit la spécificité du Ciseau et du Maillet, car sans le concours de ces deux précieux outils nul n'approche et ne réalise, dans sa démarche la transformation d'une Pierre Brute en Pierre Cubique.
Le Ciseau et le Maillet ...: (peut ‑être les premiers outils de l'homme sur Terre lorsque celui ci sortait des ténèbres du temps qui s'écoulait, entraînant cette créature vers un très long parcours : l'histoire de l'humanité et de la place de l'Homme dans un Univers ouvert pour recevoir sa longue et interminable marche en avant.)
Deux outils, sélectionnés par le Franc-maçon, pour faire disparaître toutes les aspérités d'une Pierre Brute. Taillée de façon à ce qu'elle tienne exactement sa place dans un édifice débutant le jour... d'une première initiation, se prolongeant ... tout au long d'un parcours et se terminant ...le jour du Jugement Dernier de l'initié .

Le Ciseau tenu de la main gauche commande la résolution de notre esprit par un contact entre l'intellectuel et le physique, comme une espèce de fil conducteur émetteur donnant corps à l'Homme Matière dégrossi et dégarni de toutes ses aspérités. découvrant par la réflexion les bienfaits du discernement indispensable à sa progression, à son équilibre.
Le Maillet, brandi de la main droite, se voit attribuer la mission de communiquer toute l'énergie nécessaire et la détermination morale au long travail du Ciseau d'acier. Rien ne saurait s'accomplir sans l'action conjointe de ces deux outils. Une Pierre Brute serait condamnée à nulle progression sans l'aide de ces outils d'application et de perfectionnement.
L'intellectuel, armé uniquement du Ciseau, face à une problématique, apportera la réponse, sera en mesure de lister tous les moyens nécessaires à la résolution de cette problématique, mais, privé de l'énergie indispensable et du courage d'affronter cette problématique laissera en l'état son problème prouvant une fois de plus que nul perfectionnement ne trouve sa solution sans la volonté de mise en conformité.
L'état de projet permanent épuise plus que la réalisation de ces projets.
Egalement, utiliser à lui seul le Maillet, traducteur de la force morale, n'est qu'émetteur de bruit. L'Ouvrier habile doit travailler et se servir de ses deux mains, la droite communique la Force à la gauche qui perfectionne, habile dosage tirant profit des aptitudes de chacune. L'une et l'autre se complètent mais en aucun cas l'une ou l'autre se substitue à l'Ouvrier, à l'analyse et à la volonté.
Au delà de cet apport matériel renforcé par les Cinq sens : Vue Ouïe Toucher Gout Odorat, le précepte gravé en lettre d'or sur le fronton du Temple de DELPHES (cité de l'ancienne Grèce, aujourd'hui Castri , d'où Apollon ,par la bouche de la Prêtresse Pythie, rendait ses oracles répondant ainsi aux incessantes questions posées).
" CONNAIS‑TOI TOI‑MÊME " prend toute sa dimension interne, spirituelle; conduite par la signification et la destinée symbolique du Ciseau et du Maillet. C'est avec ses cinq sens que le Compagnon évaluera, débusquera toutes les aspérités visibles et palpables.
Le chemin sera long, jour après jour perfectionnant ses gestes pour faire disparaître le maximum de points d'ancrage, corrigeant également des aprioris mis à découvert par cette observation, des idées toutes faites, des jugements hâtifs. Lourd apprentissage destiné à une intégration dans une réflexion collective dont les initiés sont à la fois Constructeurs et Matériaux d'un Temple dont les contours lui apparaissent progressivement.
Transformation lente mais nécessaire car l'ajustement d'une Pierre à un édifice n'est possible qu'à la condition expresse que cette Pierre soit parfaitement taillée pour contribuer à la réalisation harmonieuse de cette construction .
Travail constant de perfectionnement, parcours fait d'observation, d'humilité et de gestes prémédités, découverte de toute la signification de la citation.
La beauté ( l'étoile du 2° Surveillant) ne se réalise qu'en unissant la sagesse (l'étoile du Vénérable Maître) qui conçoit à la force ( l'étoile du 1 ° Surveillant) qui exécute.
D'autres étapes vont entraîner le Compagnon vers d'autres découvertes nécessaires à son travail d’assemblage.
Le deuxième voyage, dotéde la Règle et du Levier, le Compagnon complète sa lente mais nécessaire progression. Marchant toujours droit devant lui, avec résolution, franchise et loyauté. Triomphant, par la rectitude inscrite dans sa conscience. Multipliant ses forces grâce à la confiance de ses Frères. C'est ainsi, et avec cela, que son trajet se déroule loin de toutes tentations dévastatrices et stériles pour une construction par un assemblage parfait exempt d'espace vide et inutile.
Méditation profonde plongeant l'esprit vers la diversité des ordres d'Architecture depuis les colonnes harmonieuses dressées à l'entrée du Temple de Salomon
‑ Le premier et le plus simple d'entre eux, l'ordre DORIQUE, se caractérise par une colonne cannelée reposant sur un stylobate, traduisant l'ordre, la grandeur et la rectitude ‑ Le deuxième , l'ordre IONIQUE, avec humilité, offre son chapiteau orné de 2 volutes latérales ‑ Le troisième, l'ordre CORINTHIEN, offre généreusement un chapiteau orné de 2 rangs de feuilles d'acanthe entre lesquelles s'élèvent des volutes, le tout dans une harmonie associant l'agressivité à la modération.
D'autres ordres d'Architecture interpellent notre conscience et mixent des origines ou des styles
‑ Le quatrième , l'ordre TOSCAN, voit son origine chez les Etrusques et mis en valeur par l'Empire Romain, s'inspirant de la forme Dorique ‑ Le cinquième, l'ordre COMPOSITE, rassemblera plusieurs styles, réunissant les feuilles d'acanthe du Corinthien et les volutes de l'Ionique, prouvant en cela que le polissage de toutes aspérités peut également se faire en mettant en présence deux unités complètement opposées mais acceptant de cohabiter dans le temps.
La représentation symbolique est présente dans nos Ateliers et sur les tableaux de nos Loges.­‑ Les deux Colonnes, les trois Piliers, les Instruments d'Architecture et bien sûr le Pavé Mosaïque.
En superposant les ordres d'Architecture, le Franc Maçon devient alors une Colonne vivante, s'élevant vers les hauteurs.
Déjà muni du Fil à Plomb (à son 3° voyage), le Compagnon, recherchera la vérité dans les approches verticales de son être, aidé en cela par le Niveau, rappel permanent d'humilité dans sa progression initiatique. Découverte soudaine d'un parcours déjà initié par le 2° Surveillant identifié par la Perpendiculaire et d'un voyage avec le 1 ° Surveillant portant en bijou l'Equerre Juste, symbolisant le Niveau. Pour la réussite d'une construction collective la Pierre Cubique ne doit en aucun cas être le bloc rigoureusement égal en tous sens, se suffisant à lui seul, en parfait équilibre de vie reposant sur un égo auto satisfait perfectionniste, n'éprouvant nul besoin d'être associé à d'autres, très engagé dans des affirmations à sens unique, sous estimant, parce qu'aveuglé, les détours et contours de parcours souvent plein de surprises désagréables et parfois très difficiles à surmonter ‑ SEUL.
Le perfectionnement pour être utile doit veiller au rapprochement des uns et des autres en veillant à l'absence de freins ou d'écueils et pour rendre possible l'élévation de l'Homme vers la connaissance parfaite, le Compagnon doit emprunter Sept Arts Libéraux échelonnés en 5 Ordres:
‑ le " TRIVIUM " des Anciens rassemblant
GRAMMAIRE‑RHETORIQUE‑LOGIQUE concernant les arts de la parole que l'on retrouve en Franc Maçonnerie par des symboles : mots de passe‑ mots sacrés langage convenu alphabet secret usage des initiales. C'est le véhicule ordonné de la pensée, du témoignage secret à transmettre. ‑ le " QUADRIVIUM regroupant ARITHMETIQUE‑GEOMETRIE reste lié à la science des nombres, usage constant dans nos travaux, 3, puis 5 pour le Compagnon, fournissant à notre ORDRE la plus grande partie de ses symboles Verticale‑Horizontale‑Triangle‑Equerre‑Carré long‑Pierre Cubique‑Sphère ‑ la MUSIQUE, Art à lui seul inspiré par la sensibilité, par l'immatériel, sons harmonieusement couplés inspirant l'humilité et entrainant vers la sagesse du silence et du recueillement. ‑ l'ASTRONOMIE encadre la vie du Franc‑Maçon par l'utilisation rituelle des points cardinaux, des heures " II est Minuit ..." des Solstices, du Soleil, de la Lune de la Voute Etoilée
Ce voyage entraîne alors l'esprit vers une dimension que le Compagnon ne pouvait soupçonner.
La position de l'Equerre et du Compas ( pointe découverte) placés sur le Volume de la Loi Sacré, témoigne d'une réalité, d'un progrès mais replonge le Compagnon vers l'immensité d'une mission que de grands Initiés ont abordé, bien avant lui.
MOÎSE, représenté dans tous les manuels avec sa barbe blanche rassurante, doit sa notoriété à une longue et incessante énergie de pensée et de travail. Guide et Législateur du Peuple Juif ne s'improvise pas. Ne s'autoproclame pas !
" Tu ne tueras point " sort l'humanité d'alors d'un paganisme obscur et d'une confusion polytheÏque la guidant vers la reconnaissance d'un DIEU unique. Mais MOÎSE, comme plus tard PYTHAGORE, tiraient leur enseignement des secrets des Temples d'Egypte, le second introduisant, pour nous Francs‑Maçons, l'initiation progressive sous la règle du silence. Le voyage dans le temps à la rencontre des grands Initiés se poursuit avec SOCRATE osant évoquer l'Unité du Principe Créateur dans un pays, la Grèce, peuplé à l'époque de Dieux multiples, introduisant également la notion d'immortalité de l'Ame.
" Connais-toi toi-même" interpelle et plonge le Franc‑Maçon vers une introspection. " Tu ne tueras point" " le Grand Architecte " " Connais-toi toi‑même" jettent les bases du fondement de notre édifices, travail collectif rendu possible par la réalité fraternelle annoncée par JESUS.
" Aimez vous les uns les autres" Voyage de découverte de maillons immortels d'une Chaine d'Union dont l'origine remonte à l'arrivée de l'homme sur Terre. Les maillons démontrent à l'évidence, que leur existence n'était pas concentrée sur un même Pays, une même race. En Chine, en 500 avant notre ère, KOUNG‑FOU‑TSEU (CONFICIUS ) taillait les premières Pierres de la Franc‑Maçonnerie actuelle.
L'approche exotérique et publique de ses grands hommes, n'avait pour seul but que d'amener, ceux qui s'estimaient être sur la voie de futurs Initiés, à découvrir l'ésotérisme de leur enseignement. Mais tous, depuis toujours, analysant l'homme ses faiblesses et tentations vers l'oisiveté " mère de tous les vices ", ont démontré que sans Travail et obstination le risque de retour vers le monde animal, d'où il est originaire ( d'après certains ! ).
Ce soir, 5 Décembre 6001, je vous livre, mes Frères, une Pierre Brute qui a vu le jour il y a quelques temps déjà, et qui patiemment, humblement, par des contacts fréquents du Ciseau commandé par le Maillet se transforma en Pierre Cubique.
Cette Pierre Cubique, aux couleurs de veine incertaine, qui demande ce soir rejoindre les autres Pierres Cubiques de notre Edifice, reconnait humblement ne pas être du même granit que d'autres, mais elle pense, avec modestie, que dans une construction un mur de granit gris est solide mais triste et froid. Elle vous confirme ce soir que nulle arête et aspérité dans sa coupe viendra gêner sa place, souhaitée discrète, vous rassurant sur un polissage atténuant quelques petites insuffisances pigmentaires.

J’ai dit Vénérable Maître

Source : www.ledifice.net

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J'ai taillé ma Pierre brute, elle est devenue cubique !

10 Mars 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Ai-je pour autant modelé mon esprit ?
Tailler la pierre brute ou plutôt tailler « SA » pierre brute?
Travail de Titan, s’il en est, pour moi qui suis loin d'être un manuel et qui ne suis pas bâti comme un hercule.
Dès la porte du temple franchie lors de l'initiation, c'est le premier travail que l'on m'a demandé d'accomplir à moi, le nouvel apprenti maçon; il m'a fallu frapper 3 fois sur la pierre brute située en haut de la colonne du nord, à l'aide de 2 outils : le maillet d'une main qui frappera sur le ciseau tenu dans l’autre main pour commencer à tailler cette pierre.
Mais, pourquoi cette pierre et pas une autre, d'ou vient elle ? peut être d'une quelconque montagne transformée en carrière que l'on a exploité à coup de dynamite pour en extraire des tonnes comme elle, qui serviront, soient réduites en graviers pour être amalgamés à du béton
pour en faire n'importe quoi d'utile ou d'inutile suivant comment on emploiera ses capacités. Où alors mise de côté, car on s'est aperçu que sa forme, ses couleurs, sa composition, sa matière méritaient que l'on s'attarde à l'observer et à réfléchir à ce qu'on allait en faire ; peut être quelque chose de beau, de solide qui sortirait de l'ordinaire soit quelque chose d'unique et d'artistique comme une sculpture ou une œuvre d'art ou au contraire faisant partie d'un tout remarquable comme un mur de temple celui de Salomon par exemple ou un bel ouvrage d'art comme nos cathédrales ; c'est peut être la question que se pose le personnage dans l'illustration que nous connaissons tous de l'apprenti Franc-maçon en train de réfléchir l'air dubitatif devant sa pierre brute avant de commencer à la tailler.
Mais avant d'en arriver là, notre pierre va subir des transformations.
Mais comment commencer? De quelle manière et par où commencer ? et surtout avec quelle force frapper sur le ciseau pour ne pas risquer de l'éclater en mille morceaux.
C'est avec beaucoup de temps, et d'efforts que j'ai acquis le début du savoir faire et la méthode pour arriver à me servir de mes outils correctement ce qui a permis que cette pierre commence à ressembler à quelque chose. Cette pierre, qui, n’est autre que mon moi profond que je me dois de transformer. Ce « moi » véritable « Pierre Brute » va-t-il se modeler au fil du temps et de l’avancée de l’acquisition d’un nouveau savoir sur le chemin initiatique ? Essayons d’y voir un peu plus clair.
Il ne faut pas confondre, vouloir bien faire et prétendre savoir bien faire, l'accomplissement du vouloir bien faire et poursuivre un idéal de perfection. Il faut écouter, se connaître et analyser ses défauts et ses qualités . Donc tel Sisyphe, j'ai essayé de modeler cette pierre et remis sans cesse l'ouvrage sur le métier.
Savoir et vouloir rentrer en soit. Deux préceptes rentre en action : la volonté et la capacité. Sur le mur du cabinet de réflexion, lors de mon initiation, il était écrit à la craie ce mot : VITRIOL j'ai demandé à l'époque, au second surveillant qui avait la charge de mon instruction maçonnique, la signification de ce mot. C'est du latin me dit il, c'est l'abréviation des mots: "Visita Interiora Terrae Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem"qui se traduit par:" Visite l'intérieur de la terre, et en te rectifiant, tu trouveras la pierre cachée". Je connais maintenant la signification de cette citation.
D'ou le besoin de mesurer son effort, son comportement en fonction des besoins, il faut sans cesse s'adapter observer et analyser la situation dans laquelle on se trouve pour mieux réagir en toute connaissance de cause après avoir réfléchit et pris la sage décision d'agir le moment venu. Serait ce un comportement anglo saxon ? en tout cas, ils ont une expression typique pour décrire cet état de fait qui est "wait and see" attends et observe.
Mais vouloir se perfectionner est ce pour autant être orgueilleux ou vaniteux ? vouloir se perfectionner et penser que l'on avance sur le chemin, est c pour autant avoir le sentiment d'avoir avancé sur la voie de la vraie connaissance ? Pour ma part, je suis passé du silence à la
parole, mais mon impatience est elle pour autant récompensée ? En effet, j'ai , dans cet atelier et avec l'expérience de mes Frères, pris conscience du chemin que j'avais à parcourir ; j'ai pris également qu'en fait la Maçonnerie est une école de perfection ou je devais émousser mes
ambitions vers plus de modestie pour ressurgir ou plutôt renaître avec l'acquisition d'un savoir plus important grâce au travail que j'ai accompli en compagnie de mes frères.
La pierre brute est taillée et ajustée avec mes nouveaux outils qui m'ont été confiés lors de ma précédente augmentation de salaire tout d'abord au cours du premier voyage où j'ai reçu les ceux du tailleur de pierre: un ciseau et un maillet qui sont des outils complémentaires (la pensée et l'action, l'imagination et la raison, la force et la sagesse) puis au cours des voyages suivants, les outils du bâtisseur :
l'outils de la Force représenté par le levier c'est la volonté irrésistible au service de l'intelligence et de la justice. Archimède a dit : "Donnez moi point fixe et avec un levier je soulèverai la terre".
Les outils de la sagesse : Ce sont l'Equerre, le Compas et la Règle, mesure et rigueur dans la pensée, honnêteté, relativité et moralité de jugement.
Les outils de la Beauté : Ce sont le Niveau et la Truelle le premier pour constater l'horizontale stabilité de l'édifice, le second pour assurer la parfaite jointure des pierres et le lissage impeccable du crépit.
Autrement dit : Force et sagesse comme principes de Liberté, pour une Beauté faite d'Egalité et de Fraternité.
Mais à quoi servent ces outils ? on pourra les classer comme suit :
1°) à tracer le plan : ce sont l’Equerre, le Compas, la Règle ;
2°) à réaliser le plan : le Ciseau et le Maillet, Levier et Truelle ;
3°) à vérifier la bonne exécution du plan : l’Equerre, le Compas, la Règle, le Niveau.
Chacune de ces classifications paraît cohérente en elles-même, tout en bousculant une autre cohérence, celle des cinq enseignements initiatiques du Grade de Comp\ : les Sens en éveil, l’Homme s’ouvre aux Arts et aux Sciences et, par son travail, devient un Bienfaiteur de l’humanité. Le Bienfaiteur de l’humanité, n’est-ce pas le Pentagramme de l’absolu symbolisé par l’Etoile Flamboyante frappé de la Lettre G ?
J'ai donc employé mes nouveaux outils pour tailler ma pierre brute mais elle n'est pas devenue cubique pour autant et loin de l'être, en revanche, lorsque vous m'avez accueilli au sein de votre respectable Loge, le second surveillant m'a pris en charge et m'a aidé à refaire le chemin que j'aurai dû parcourir quelques temps auparavant, puisque m’étant retrouvé orphelin de ma Loge mère laquelle ayant décidé unilatéralement de partir à Bordeaux et qu’en plus j’ai, par là même, changé de rite. Passé du Rite de Memphis-Misraïm au R\E\A\A\ .
Sans tarder, j'ai dû remettre en question mon instruction et mes acquis précédemment engrangés. Ma difficulté majeure fut d'intégrer le changement de rite et je dois dire que si l'ambiance fraternelle des Frères Apprentis comme celle de toute la Loge que j'ai côtoyé à ce moment n'avait pas été au top niveau, je crois pouvoir dire que j'aurais volontiers baissé les bras.
Deux ans après, avec ces mêmes Apprentis, qui sont devenus mes Frères Compagnons, nous avons travaillé ensemble à façonner cette pierre, brute, devenue cubique. A leur contact, et avec l'aide du 2ème surveillant, du 1er Surv\ et des Frères Maîtres, je crois avoir acquis la certitude et un peu plus d'aptitude d'aller plus loin.
Aujourd'hui et après réflexion faite, je suis en mesure de penser que j'ai modifié, du moins en partie mon comportement, ma façon de penser, comme j'ai conscience d'avoir avancé modestement sur le plan spirituel et intellectuel.
Tout en restant toujours vigilant pour arriver à gommer mes défauts et essayer de les transformer en qualité en travaillant à remettre l'ouvrage sur le chantier pour polir la pierre afin de passer à l'étape suivante.
Une chose m'a permis, tout en m'obligeant, d'évoluer sur le chemin du savoir, c'est lorsque le Vénérable Maître m'a confié la charge de Maître d'Harmonie. Cela m'a donné une confiance en moi, dans la mesure de mes moyens limités de rechercher en fonction de l'ordre du jour et des planches, la concordance musicale en rapport avec le rituel et les symboles c’est un travail d’apprentissage enrichissant. Le fait aussi d'avoir la charge et la responsabilité de l’éclairage du Temple et de sa modulation en fonction du rituel me donne la chance de m'imprégner au maximum du rituel pendant la tenue et d'y être attentif pour intervenir précisément le moment venu, et pas question pour moi de me laisser distraire par-ci par-la pendant le déroulement d’ouverture et fermeture des travaux, de la cicumambulation des FF\dans le Temple, ou bien pendant la lecture des Planches…De toutes les façons, le Véné\M\veille au grain et sait par un simple regard me remettre dans le droit chemin si par un malheureux hasard je dévie quelque peu.
Au début c'était un peu n'importe quoi n'importe comment mais comme dit le poète, avec le temps ….est- ce que je réussis à faire ou ne pas faire mon travail correctement? Mes Frères, vous êtes là pour me le dire.
J'ai pris conscience dans cette évolution de mes défauts, mais laquelle en réalité s'est révélée d'une fragilité que je n'aurai pas soupçonné sans la découverte de mon moi profond.
ALORS !…AI-JE POUR AUTANT MODELE MON ESPRIT ?
A cette question. Comment répondre sans être présomptueux ?
Je répondrais que le terme « modelé » me dérange un peu dans la mesure où l'on conserve toute sa vie sa personnalité et son individualité que l'on à acquis dans les prime enfance, qui son faites de ses défauts et de ses qualités. Ne dit-on pas que l'individu à les défauts de ses qualités et les qualités de ses défauts ? tout dépend de la proportion et de l'équilibre de celles- ci.
Tout ce qui est dans l'univers est régi par la lois des contraires, et ne saurait exister sans cela ; tout cela est une question de rapport de l'un pour l'autre. On ne ferai aucune différence entre les carrés du pavé mosaïque si ceux n'était pas noir et blanc. Précisément, parce que, le blanc est blanc et parce que le noir est noir, l’essentiel, est de pouvoir être en mesure de bien discerner le filet de la limite de l’équilibre entre le noir et le blanc. Et de passer de l'un à l'autre suivant le moment et les réactions positives ou négatives plus ou moins sensibles aux événements extérieurs On sait que l'être parfait n'existe pas. Le drapeau Israélien est constitué de deux triangles opposés, l'un pointe en haut et à l'inverse l'autre pointe en bas. Ceci rejoindrai peut être un concept maçonnique d’Universalité, qui veux que tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut en haut.
Mais revenons à l'individu si j'ose dire tel qu'en lui même. Après avoir visiter l'intérieur de la terre et rectifier ce qu'il y a à rectifier, ce qu'il à trouver l'a fait réfléchir sur son comportement vis à vis de la société et des personnes qui composent cette société. Dans le testament philosophique une question posée me revient à l'esprit qui est celle ci : "Que pouvez faire de positif pour le bien de la cité et de ses habitants?" un autre paragraphe m'interpelle aussi c'est la définition de la Franc Maçonnerie et qui dit ceci : " la Franc-Maçonnerie, institution essentiellement philosophique, philanthropique et progressive à pour objet la recherche de la vérité, l'étude de la morale et la pratique de la solidarité. Elle travaille à l'amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuelle et sociale de l'humanité. Elle a pour principes la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l'appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. La Franc Maçonnerie a pour devise LIBERTE EGALITE FRATERNITE.
J'ai analysé avec attention tous les termes de cette définition qui à mon avis résume toute l'application de ce qu'est la taille de SA pierre brute.

Comme dit la publicité, ce que l'on fait à l'intérieur, il faut que ça se voit à l'extérieur.

J'ai dit .

Source : www.ledifice.net

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Le Mont Saint- Michel

8 Mars 2014 , Rédigé par X Publié dans #spiritualité

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La Pierre Taillée

7 Mars 2014 , Rédigé par M\ D\ Publié dans #Planches

En m'expliquant sur le processus qui m'avait permis de mettre de l'ordre dans mon Chaos à Bordeaux, j'avais écrit dans ma dernière planche que, "
Tailler sa pierre, ne pas la laisser brute, c'était aussi lui permettre à terme de pouvoir s'intégrer dans l'édifice. "
En effet la taille de la pierre n'est pas une fin en soi.
Dans ma vie profane de bâtisseur, j'ai chaque jour l'occasion de le vérifier : les maisons ne se vendent pas pierre à pierre mais se montent, par contre, bien de cette manière, cet acte résultant, à la fois, d'un travail d'architecture préalable, et d'une mise en oeuvre précise dans, pour ce qui me concerne, un environnement d'hommes exigeants et quelquefois dubitatifs sur le savoir-faire féminin, du moins en la matière.
En préparant cette planche j'ai découvert un ouvrage intitulé, " Le manuel de coupe des pierres ou l'art du trait ", de Monsieur Poussain, qui dit, je cite : " Le tailleur de pierre est l'ouvrier qui taille et qui façonne la pierre, afin de lui donner la forme convenable pour l'emplacement auquel on la destine ".
L'objectif recherché dans ce travail de taille m'apparaît finalement avec assez d'évidence, et le travail que je peux faire sur moi pour y parvenir m'est familier.
Pourtant, en réfléchissant à mon parcours, en reprenant mon entrée en maçonnerie depuis son origine, et surtout, en essayant de poser ce que ce passage à la maîtrise pouvait signifier pour moi, ma réflexion sur la pierre taillée s'est orientée de telle manière que je pourrais la résumer en les trois questions suivantes :
Qu'entend-on, en premier lieu, par pierre, et, en second lieu, par pierre " taillable " ?
Enfin, troisième et dernière question, non pas, " comment est-ce que l'on taille sa pierre " mais " qu'est-ce que tailler sa pierre concrètement " ?
Pour répondre à ces questions, je me suis appuyée sur un traité de gemmologie. La mise en parallèle de ces deux mondes, minéral et humain, m'a donné une autre grille de lecture que le guide des symboles et outils ; les parallèles m'ont paru d'autant plus troublantes.
A quel titre sommes-nous des pierres ?
L'origine des roches, et donc des pierres, précieuses ou pas, est liée, disent les géographes, à des phénomènes magmatiques, sédimentaires et métamorphiques, ainsi qu'à certains processus d 'altération.
Ce sont les actions consécutives de la nature, de l'extracteur, puis du tailleur de pierre qui ponctuent à nos yeux le chemin de la pierre brute à la pierre taillée.
L'homme, pierre en devenir de l'humanité, naît aux autres, bébé innocent, avant de naître à lui-même en conscience, beaucoup plus tard. C'est dans le cadre de cette prise de conscience, que j'ai demandé, un jour, à devenir maçon. Ensuite, il m'a semblé être, à la fois matière, et tailleur, de ma propre mutation.
Mais est-ce totalement exact ?
Le gisement des hommes en devenir a la dimension de notre planète.. Si l'on reprend maintenant le parallèle avec les couches sédimentaires, nos sociétés, comme autant de strates, ont généré des clivages économiques, sociaux ou culturels, à l'échelle du monde dans lequel s'inscrivent nos existences.
Quel est donc le processus d'extraction du maçon dans ce gisement humain ? Comme les pierres brutes de la carrière, nous n'en sommes pas totalement maître. Certes nous portons en germe notre devenir de pierre " taillable ", mais d'autres doivent nous découvrir, nous extraire, ou à défaut nous répondre, ce qui suppose également de notre part l'acceptation d'yeux critiques.
Pierre brute du gisement humain, je me rappelle de longues conversations avec celle qui devint ma marraine, Marlène, puis les enquêtes, et le bandeau et mon initiation.
Puis un parcours personnel qui m'a amenée à l' étranger, pour être à mon retour, après un long sommeil, présentée de nouveau à une nouvelle personne, Claire, par un tiers avec lequel j'avais repris les passionnantes conversations trop longtemps laissées en suspens.
Et qu'ont donc vu les yeux de ceux qui sont aujourd'hui mes frères et sœurs, pour, à deux reprises, m'amener sur les chemins de cette obédience ?
Pierres taillées, savaient-il au nom de leur patient travail sur eux-mêmes, apprécier l'intérêt que je pourrais trouver moi aussi à suivre leur traces ?
Ont-il exercé à mon égard ce que les tailleurs de pierre avertis pratiquent en examinant chaque jour des pierres brutes ? Ce qu'à notre tour, nous sommes, tous et toutes amenés à pratiquer.
Mais comment apprécier en une pierre brute sa capacité à être taillée en temps que telle, suffisamment pour qu'elle s'intègre, aussi, dans cet ensemble subtil qu'est la loge et son égrégore. Dure responsabilité pour tous ceux et celles qui en ont la charge, mais passage obligé pour la pérennité de l'ouvre.
Apprécier la taillabilité d'une pierre, qu'est-ce donc ?
Que chercher ? La structure de l'être comme on apprécie celle d'un minéral ? Au fait que regarde-t-on au juste chez un minéral ? Le traité de gemmologie précise qu'il faut considérer quatre caractéristiques et deux propriétés.
Voyons d'abord les quatre caractéristiques.
En premier lieu, on observe la dureté de la pierre. Il ne s'agit pas, au premier degré, d'une caractéristique physique, mais de sa cohésion. Il n'existe pas d'échelle de mesure ou de comparaison, on apprécie la résistance d'une pierre à sa manière de réagir à différents types d'abrasifs extérieurs. Il faut que la pierre, même soumise à cette usure, garde les qualités intrinsèques de sa nature.
Or à quels abrasifs l'homme est-il soumis ? A la matérialité de la société, au leurre des discours idéologiques extrémistes, aux modes, à la perte de repères .La dureté à ces abrasifs n'est-elle pas la capacité à conserver son intégrité, sans sous-estimer la puissance de tous ces mirages tentateurs ou spécieux. N'est-ce pas là aussi une caractéristiques essentielle de base de la pierre taillable ?
En second lieu, en matière minérale, on examine la transparence. Là encore, plus qu'un caractère physique, il s'agit de l'absence d'inclusions de corps étrangers à la matière de la pierre elle-même. Cela m'a fait penser aux corps étrangers que sont les dogmes pour l'être pensant. Certes, la pierre peut avoir des fissures ou des fêlures, comme l'homme des blessures de vie. C'est un état de fait, une marque de son histoire. Il suffira d'en tenir compte durant la taille pour que le résultat soit optimal.
En troisième lieu est examinée la couleur . La couleur est celle que la nature a donné à la pierre. Rien ne saurait l'altérer. Elle est. D'aucuns y seront plus sensibles que d'autres. C'est un peu le cas, me semble-t-il avec notre propre couleur, nos origines sociales et nos histoires respectives .
En quatrième et dernier lieu, l'effet lumineux . Soumises à la lumière, certaines pierres sont directement traversées sans l'altérer, d'autres chargent subtilement cette lumière de leur couleur naturelle. La chaleur environnante peut éventuellement influencer le résultat, mais dans tous les cas, aucune pierre, artificielle, ne saurait égaler l'indice de réfraction d'une pierre naturelle. En effet lorsqu'une pierre naturelle est travaillée correctement, l'axe de réflexion est double : vers elle-même et vers l'extérieur. Intéressant, n'est-ce pas ?
Les deux propriétés appréciées pour les minéraux sont l'éclat et la densité.
L'éclat fonctionne par réflexion et dispersion. Il est d'autant plus intense que la taille est subtile.
Certaines pierres présentent des formes internes équilibrées définies par les lois de la symétrie, en cristaux, d'autres n'ont aucune structure cristalline, elles sont dites amorphes ? et ne sont pas retenues.
En maçonnerie, les métaux restent à la porte du temple dit-on. La beauté, l'aisance, l'apparence ou le statut social affichés restent vains sans, l'éclat et la force, que donnent des dispositions à l'autocritique vis à vis de soi même, à la bienveillance pour les autres, et de manière plus générale, à l'écoute et à l'amour, ultime éclat, bien sûr.
Dernière propriété des minéraux à être vérifiée, la densité qui permet à la pierre de supporter le contact de la taille et évite perte d'éclat, endommagement voire destruction.
Le travail sur soi est infiniment difficile. Combattre ses démons, ou au moins les connaître et les apprivoiser, demande un effort permanent. Mesurer la capacité d'aucun à engager valablement ce combat, c'est peut-être ce qui va distinguer, entre autre l'engagement maçonnique de la participation même très active à tel ou tel autre cénacle. La démarche est commune à d'autres traditions de recherche et de perfectibilité des individus.
C'est là qu'intervient me semble-t-il l'effet croisé de l'égrégore, comme résultant de l'ensemble des apports individuels et de la manifestation à par entière de la valeur de ce travail.
Ainsi, retenir une pierre brute n'est pas retenir la plus spectaculaire, d'ailleurs, toutes les pierres brutes ne sont pas flamboyantes. C'est là que commence l'importance et la qualité de leur façonnage possible. Le résultat du travail ne dépend pas bien sûr du seul matériaux brut. Un pierre superbe mais mal taillée n'égalera jamais une pierre plus modeste mais façonnée avec habileté. Identifier la pierre, sa taillabilité n'est pas suffisant, il faut qu'un travail effectif se fasse ensuite.
Alors en quoi doit consister ce travail de taille concrètement ?
Pour y répondre, je reprends le parallèle avec le monde minéral.
Je crois que tailler une pierre n'est pas simplement la graver. Nous avons tous pu admirer les sceaux ou chevalières. Ils témoignent plus d'un état ou d'une représentation symbolique que d'un processus de métamorphose profonde.
Pour moi, la taille d'une pierre, c'est le changement de sa géographie personnelle . Tailler une pierre c'est y imprimer une volonté, y manifester un travail pour lui donner d'abord la dimension de sa propre unité avant d'en préciser les dimensions en travaillant chacune de ses faces.
Donner un éclat à une pierre, en la polissant simplement, ne permet pas de révéler sa véritable beauté, seule la taille le peut.
Tailler correctement une pierre requiert des connaissances théoriques et pratiques, du travail et un sens esthétique, sagesse, force et beauté.
Le vocable de taille a d'abord été utilisé pour les diamants. A une surface plane, la table, on ajoute un certain nombre de facettes. Quatre, tout d'abord.
Aujourd'hui on instruit les tailleurs de pierre en devenir soit à partir des lois et connaissances concernant l'optique cristalline, soit par la géométrie . de l'espace. Dans tous les cas de figure ils doivent se servir d'outils bien particuliers.
Entreprendre la taille avec ceux-ci c'est d'abord apprendre à connaître ce qui doit être taillé, projeter la forme définitive que l'on souhaite donner, bien programmer les étapes qui y mènent.
PESER d'abord, OSER ensuite, disent les maîtres en gemmologie.
Or tout ce travail doit se faire aussi dans le tumulte de notre vie, et d'une certaine mesure lorsqu'on le pratique vraiment, nous donner une force nouvelle, une intuition affinée, une relativité de nature à alléger le poids de ce qui nous heurte. Parallèlement à mon cheminement dans cette loge, j'ai dû affronté la mort, celle de mon père, le passage de mon divorce, les remous d'un parcours professionnel au combien difficile. J' ai trouvé à mes côtés de véritables sœurs, qui n'étaient pourtant pas membres de ma famille biologique, et qui ont su être là, tout simplement. J'ai aussi partagé les joies ou douleurs de certaines d'entre-elles, et je m'étonne de ce processus qui nous fait devenir finalement si proches les unes des autres.
Tailler sa pierre n'est pas un processus totalement individuel, c'est aussi une interaction subtile entre nos propres cheminements.
Que dire en conclusion ?
Dans le manuel de coupe des pierres, Toussaint dit encore : " le détermination de la forme générale est du ressort de l'architecte car elle suppose de sa part des connaissances qui sont généralement étrangères à ceux chargés d'exécuter la pensée de l'architecte. L'exécution appartient au bâtisseur. Si celui-ci est familier avec la géométrie il y parviendra avec une grande facilité. Mais comment nous efforcer de le rendre intelligible au simple ouvrier qui n'a jamais pu se livrer à cette étude. "
J'ai été un jour ce simple ouvrier, et peut-être d'une certaine manière le resterai-je toute ma vie. D'apprenti à compagnon, les maîtres de la loge, mes frères et sœurs en maçonnerie avez su m'accompagner jusque là. J'aurai bien sûr une pensée toute particulière pour Marlène ce soir.
Superbe aventure. Des liens se sont tissés, des moments sont devenus souvenirs, une histoire s'est écrite. Toute modeste, à l'échelle de notre vie, infime par rapport à celle de l'ouvre à laquelle nous participons, mais partie intégrante du tout, n'est ce pas ?
En tout état de cause, merci.
J'ai dit vénérable maître.

Source : www.ledifice.net

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Un membre du GODF sur une liste du FN : incompatible !

6 Mars 2014 , Rédigé par Noé Lamech

Le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France (GODF) a décidé le 22 février 2014 de saisir  la Cour Suprême de Justice Maçonnique (C.S.J.M.) en vue de sanctionner un membre de l’Obédience présent, dans le cadre des élections municipales à venir, sur une liste du Rassemblement Bleu Marine soutenu par le Front National.

Un courrier en date du 04 mars 2014 a été adressé aux loges de l’obédience en vue de rappeler que les membres sont comptables des principes et idéaux de l’Ordre auxquels il a souscrit,   la responsabilité des ateliers dans le processus de recrutement de nos membres, et l’esprit de fraternité au service de la grande loi de la Solidarité humaine, qui est la doctrine morale de la Franc Maçonnerie.

Lors de la session du 22 Février 2014, le Conseil de l’Ordre a décidé de saisir la C.S.J.M. en vue de sanctionner un membre de l’Obédience présent, dans le cadre des élections municipales à venir, sur une liste du Rassemblement Bleu Marine soutenu par le Front National. Cette décision appelle des précisions et s’inscrit dans une réflexion globale qui mérite quelques explications.

Il est incontestable que les nombreuses difficultés auxquelles notre pays est confronté depuis de nombreuses années suscitent tout à la fois du ressentiment, du désarroi voire de la colère. Qu’une telle situation puisse faire le jeu de divers extrémismes n’est pas en soi surprenant. Il n’est toutefois pas nécessaire de retracer l’histoire du Front National pour savoir que les orientations sur lesquelles il fonde son action sont, sans aucune ambiguïté possible, contraires aux valeurs qui ont conduit chacun d’entre nous à franchir la porte basse. L’humanisme fondateur de la franc-maçonnerie ne saurait en aucune circonstance se confondre avec une idéologie qui fait du bouc-émissaire son cheval de bataille et qui s’inscrit dans un courant anti-Lumières n’ayant au fond jamais admis la République à laquelle nous sommes attachés. Ce rappel permet de comprendre le contexte d’ensemble dans lequel la décision du Conseil de l’Ordre trouve naturellement son inscription.

Au-delà de ce cas d’espèce qui pourrait ne pas être isolé et sachant que le Conseil de l’Ordre saura en toute circonstance assumer ses responsabilités, il convient de rappeler que chacun d’entre nous est comptable des principes et idéaux de notre Ordre auxquels il a souscrit. Il appartient donc à toutes les Loges, au nom même de leur souveraineté, d’être à la fois les gardiennes et les promotrices des valeurs qui sont les nôtres en faisant preuve de la plus extrême vigilance.

Dans une période où un certain anti-maçonnisme tend de nouveau à poindre, il est en effet indispensable de rappeler la responsabilité des ateliers dans le processus de recrutement de nos membres. Il est à ce titre plus que jamais nécessaire que le G.O.D.F. compte parmi ses membres des femmes et des hommes de conviction animés, par delà leurs parcours profanes, d’un authentique esprit de fraternité au service de la grande loi de la Solidarité humaine, qui est la doctrine morale de la Franc Maçonnerie, conformément au serment que nous avons prêté lors de notre initiation et sans lequel nos efforts pour améliorer l’homme et la société resteraient vains.

Source : http://www.gadlu.info/un-membre-du-godf-sur-une-liste-du-fn-incompatible.html

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