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Hauts Grades

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Le Symbolisme en Franc-Maçonnerie

4 Mars 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

En Franc-Maçonnerie, pour pratiquer le symbolisme, il faut regarder ce qui existe comme une grande écriture. C'est penser la pensée et parler un langage.
Comme l'indique le mot, le symbole est un ensemble qui réunit plusieurs éléments, afin que l'ensemble représente davantage que la somme des parties.
"Ici tout est symbole", dit le rituel d'initiation au premier degré, celui d'apprenti Franc-Maçon, cette phrase décrit la voie symbolique : "Ici, nous apprenons à regarder la modalité symbolique de tout ce qui existe".
En somme, voir dans chaque mot une métaphore. Il convient d'insister sur ce fait parce que le symbolisme est perçu d'habitude comme l'apprentissage d'un langage codé par lequel se reconnaissent les membres d'un groupe, cela et rien d'autre.
Le symbolisme casse les définitions figées qui ne correspondent pas à la réalité en devenir, il entraîne à reconnaître la phase transitoire d'une chose à être.
Le but ?
Reconnaître la réalité telle qu'elle est, c'est-à-dire vivante, repérer la porosité des limites qui séparent les catégories, autrement dit "réunir ce qui est épars".
La pratique du symbolisme libère des idées reçues et des tics mentaux, sous réserve, bien évidemment, qu'elle ne soit pas dogmatique.
Si elle se réduit à la mémorisation de réponses et à l'énumération d'équations simplistes selon le schéma "ceci veut dire cela", elle rétrécit et aliène au lieu d'élargir l'esprit.
Le symbolisme ouvre des pistes sur la pensée lorsqu'il explore ce qui relie le désir à l'idée, l'imagination à la raison, l'esprit qui globalise et celui qui découpe, sans renier ni privilégier l'un ou l'autre, sans jamais se blottir dans des certitudes figées.
Le symbolisme est un exercice utile qui permet de débusquer la part de réflexe qui habite la réflexion, de relier un mot à son histoire.
Ainsi se corrigent les amalgames préjudiciables et générateurs de comportements aberrants, le symboliste est prémuni contre les dérives occultistes de l'ésotérisme.
Il ne confond pas la dévotion et le mysticisme, la foi et la confiance, la complaisance et la bienveillance, il apprend à être précis et s'en porte mieux.
Le projet du maçon est défini par ces deux propositions qui, dans tous les rites maçonniques, sont répétées souvent : "Aller plus loin" et "réunir ce qui est épars".
C'est en répondant à ces invitations que progresse la connaissance objective.
En effet, les opérations mentales par lesquelles se construisent les théories et les applications techniques s'articulent autour des actes d'englober, de rapprocher et d'appliquer.
Ceux-ci accomplissent le projet du maçon.
Le symbolisme met l'accent sur le savoir subjectif et la voie symbolique est celle de l'introspection conduite par les associations libres.
Le symboliste postule que le savoir objectif passe par le savoir subjectif, comme le dit l'aphorisme socratique : "Connais-toi toi-même et tu connaîtras le monde et les dieux".
Reconnaissant cela, il explore les voies qui relient le désir à l'idée et met en pièces toute affirmation dogmatique, même le dogmatisme de l'évidence.
Il explore les strates du sens et accomplit le travail auquel nous convie Spinoza : "Tu dis que tu as choisi une idée parce qu'elle est bonne, sache qu'en réalité tu dis qu'elle est bonne parce que tu l'as choisie".
Le Franc-Maçon, familier du Symbolisme, repère la part mythologique de tout discours.

LE SECRET MACONNIQUE

C’est l’obligation contenue dans l'engagement que prend le profane en devenant Maçon de ne révéler à aucun « non-Maçon » tout ce qui a trait à la Franc-Maçonnerie.
A chaque franchissement de degré, la même obligation pèse sur le récipiendaire à l'égard de ceux qui n'ont pas encore franchi ce même degré.
Cette obligation au secret n'a pas été respectée en fait par un certain nombre de Maçons en raison du caractère pratiquement incontrôlable de la diffusion de tout texte une fois imprimé de sorte que même si l'intention de respecter le secret existait sans doute, la prudence n'était pas à la hauteur des intentions.
Que faut-il réellement cacher et pourquoi?
En fait, il y a trois secrets maçonniques objectifs qui sont: le secret d'appartenance; le secret des Rites; le secret des délibérations.
a) Le secret des délibérations est prescrit par exemple par le Règlement général du Grand Orient de France qui interdit de rapporter à un Frère ce que l'on dit à une Tenue à laquelle ce dernier n'a pas assisté. Il s'étend donc à tous les Frères absents quels que soient leurs grades ou leurs offices respectifs, hormis ce qui figure sur « la Planche Tracée ».
b) Le secret des Rites ne vaut qu'à l'égard de ceux des Frères qui n'ont atteint pas le degré en cause.
c) Le seul secret qui ne concerne jamais un autre Maçon est le secret d'appartenance.
Mais à l'égard des profanes, il n'a pas une portée absolue puisqu'un Maçon qui veut faire entrer un candidat en loge est obligé de se dévoiler.
Théoriquement, cette faculté est réservée au Maître Maçon puisque, seul, il a le droit de présenter un profane.
Ensuite, les enquêteurs se dévoileront à leur tour, encore que l'on pourrait imaginer des méthodes qui éviteraient cette mise à découvert.
Cependant, en certains cas précis, les usages font que même le secret d'appartenance d'un Frère vaut à l'égard des autres Frères.
En effet, certains Frères placés à des endroits « stratégiques » , en général dans les services publics, doivent être protégés contre les sollicitations abusives ou des indiscrétions, notamment de la part de ceux qui quittent l'Ordre.
Le Vénérable de la loge du lieu de résidence ou de travail de l'intéressé connaît seul son appartenance et en fait usage avec la prudence désirable qui n'est jamais superflue tant il est vrai que pour être Maçon on n'en est pas moins homme.
Il convient en effet de noter que ce serment, lorsqu'il est fait au premier degré, s'opère indépendamment du serment maçonnique proprement dit et avant les épreuves.
Ce qui implique que quitter la Maçonnerie n'entraîne pas le dégagement du serment qui a été prêté en tant que profane.
Mais on peut toujours craindre le non-respect de la parole ainsi donnée.
Il faut néanmoins reconnaître que, compte tenu du grand nombre de Frères devenus irréguliers, c'est à dire démissionnaires, radiés ou exclus, ceux qui ne tiennent pas leur promesse de secret sont finalement peu nombreux.
Mais le problème important, c'est que ce secret en tant que tel peut sembler la cause d'une suspicion permanente et assez générale à l'égard de la Franc Maçonnerie, du moins dans les pays non protestants et plus exactement non anglo-saxons.
La réaction des profanes est évidemment simple, simpliste même : « si vous ne faites rien de mal, il n'y a pas de raison de vous cacher. Donc, si vous vous cachez, c'est que vous faites le mal. »
On remarquera néanmoins et ce n'est pas tout à fait un paradoxe que si tout le monde avait toujours gardé parfaitement le secret, la question n'aurait pas été posée puisque personne ne connaîtrait l'existence de la Franc-Maçonnerie.
Le secret des délibérations s'explique de façon simple : c'est la garantie de la liberté totale d'expression, condition fondamentale du travail de perfectionnement maçonnique.
C'est ainsi que trois professions qui ont besoin de cette liberté d'expression de leurs «clients» sont traditionnellement astreintes au secret professionnel : les médecins, les avocats et les prêtres.
S'y ajoutent le notaire dans certains cas, l'enquêteur des firmes d'études de marché et également le fondateur utilisé dans le perfectionnement de professionnels en place, ainsi que le journaliste... et même le policier.
Mais on notera avec un intérêt particulier, en raison d'une certaine analogie de situation, l'application de la règle du secret à tous les participants d'un « groupe de diagnostic ».
Le secret des Rites, qui s'étend évidemment aux symboles qui en sont les éléments, s'explique aisément si l'on veut bien se rappeler que ces Rites constituent d'abord des épreuves.
Or, il ne semble pas qu'il y ait jamais eu de contestation de la règle qui veut qu'on ne divulgue pas aux candidats les sujets d'examens avant que ceux-ci soient subis.
La contestation - si contestation il y a eu - s'est plutôt élevée dans le cas contraire.
Reste le secret d'appartenance que, dans la Maçonnerie des pays catholiques, on a eu tendance à expliquer par la nécessité de se protéger contre l'hostilité de la société profane.
La même explication vaut évidemment pour tout pays où la Maçonnerie est interdite et les Maçons persécutés comme dans nombre de pays islamiques, dans les démocraties populaires, et les Etats fascistes.
D'où évidemment la tendance naturelle à faire découler l'abandon du secret et les retours à des institutions réellement républicaines.
Le véritable secret maçonnique n'a rien que de très ordinaire : dans la mesure où la Franc-Maçonnerie est fondamentalement une expérience vécue, celle-ci est par définition incommunicable.

LES OUTILS DU BATISSEUR

I. LE MAILLET ET LE CISEAU

Cette paire d'outils impose à la pierre la volonté de l'ouvrier.
D'une main, il frappe le ciseau avec le maillet pour tailler et créer une forme à la ressemblance de celle qu'il imagine.
Le maillet est donc associé à la volonté agissante.
C'est pourquoi il est remis au vénérable et aux deux surveillants.
Il est utilisé au cours du rituel pour annoncer l'ouverture et la fermeture des travaux, et pour demander la parole.
Au cours de la cérémonie d'initiation, le vénérable pose l'épée sur l'épaule du récipiendaire puis frappe la lame de son maillet.
Pour tailler la pierre, le ciseau ou le maillet seuls sont inefficaces et la complémentarité de l'actif et du passif est évidente dans le symbolisme.

II. LA PERPENDICULAIRE ET LE NIVEAU

La perpendiculaire est le fil à plomb fixé au centre d'un arceau, et le niveau un fil à plomb fixé au sommet d'un triangle.
Le premier montre la verticale et le second donne l'horizontale.
Si les deux outils indiquent la verticale par le moyen du fil a plomb, le niveau donne l'horizontale indirectement : il faut, pour l'obtenir, que le fil a plomb croise la base du triangle comme une perpendiculaire, qu'il divise ainsi le triangle en deux triangles rectangles semblables.
La verticale s'obtient immédiatement : il suffit d'observer le fil à plomb immobile.
Puis l'horizontale en est déduite : il faut créer un angle droit en ajustant la base du triangle au fil à plomb.
Nous manipulons le triangle pour croiser sa base (le côté opposé à l'angle auquel est suspendu le fil à plomb) avec la verticale.
La gravité permet de fixer la verticale à partir de laquelle nous déterminons l'horizontale.

III. LA RÈGLE ET LE LEVIER

La règle et le levier sont formés tous deux par une ligne droite.
Outil de mesure, divisé en vingt-quatre degrés comme la division du jour en vingt-quatre heures, la règle permet de vérifier si la construction achevée est conforme au projet.
Divisible par deux et par trois, produit des quatre premiers nombres entiers, le nombre de la règle est idéal pour vérifier la justesse des proportions.
Le levier est l'outil qui multiplie la force de l'ouvrier.
Il sert à vaincre la force de gravitation.
Séparé en deux parties par un point d'appui, le levier augmente la force de l'homme proportionnellement à l'allongement de la partie sur laquelle il appuie.
Celle-ci est nommée "la puissance".
L'autre, celle qui est courte et supporte l'objet à soulever, est nommée "la résistance".

IV. LA TRUELLE

Cet outil représente l'achèvement du travail, le moment où l'on étale sur les murs le mortier ou le plâtre qui efface les distinctions entre les pierres.
Il est aussi associé à la puissance créatrice et, au Moyen Âge, le Créateur était parfois représenté une truelle à la main.
La truelle est la Cuillère pendant les agapes.
La truelle est l’outil qui permet de lier les pierres entre elles.
Il est à noter que la truelle est absente des Rites Écossais.
Pourvue d'un manche oblique, sa forme est empruntée à la « Truelle à finir ».
La Truelle est un Outil de « liaison » et de coordination. Rappel du lien Fraternel.
L'expression "passer la truelle" a le sens de pardonner et oublier les offenses.
Le symbolisme de cet outil se fonde aussi sur la forme triangulaire de sa lame et sur son profil brisé simulant l'éclair.

V. LA PIERRE BRUTE, LA PIERRE CUBIQUE ET LA PIERRE CUBIQUE À POINTE

Pierre Brute : L'Apprenti, par l'initiation « retrouve l'état de Nature».

Il lui appartient, par la suite, de polir « sa » pierre et « de la rendre parfaite à son gré ».
La pierre brute, l'Apprenti, devra se dégrossir pour parvenir au Soi, se débarrasser des atteintes à l'édifice global que forme la Maçonnerie.
Sur le plan opératif, la « pierre brute est aussi un « passage » entre le bois et la pierre taillée. Mais il signifie aussi sédentarisation, stabilisation ;

Pierre Cubique : C'est l'hexaidie, le Chef-d'œuvre que doit réaliser le Compagnon.

Comme la taille de la pierre brute, la pierre cubique se rattache étroitement au symbolisme des Outils et particulièrement de l'Équerre et de la Règle.
En loge, elle est sur les marches de l'Autel, côté colonne du Midi.
La pierre cubique est à la fois une forme de « pierre taillée » et une figure géométrique « le cube » qui permet des spéculations numérologiques et des commentaires analogiques à caractère moral.
Solide le plus parfait, il est « la pierre angulaire du Temple immatériel élevé à la Philosophie» et « l'emblème de l'âme aspirant à monter à sa source »

Pierre cubique à pointe : Dans le tableau, la pierre cubique est, le plus souvent, terminée en pyramide.

L'interprétation de ce symbole est délicate.
La pierre cubique est par définition imparfaite mais on peut à la fois la prétendre inachevée ou, au contraire, en voie d'évolution vers une forme nouvelle, supérieure, la Pyramide.
« A l'inverse de la pierre cubique parfaite la pierre à pointe symbolise le caractère humain, donc imparfait, mais aussi libre de la Maçonnerie.
Chaque Maçon taille lui-même « sa » pierre, lui imprime « un caractère de personnalité qui sera sien et unique »

LE CODE MACONNIQUE

- Adore le Grand Architecte de l'Univers.
- Aime ton prochain.
- Ne fais point le mal.
- Fais le bien.
- Laisse parler les hommes.
- Le vrai culte du Grand Architecte consiste dans les bonnes moeurs.
- Fais donc le bien pour l'amour du bien lui-même.
- Tiens toujours ton âme dans un état pur pour paraître dignement devant le Grand Architecte de l'Univers, qui est Dieu.
- Estime les bons, plains les faibles, fuis les méchants mais ne hais personne.
- Parle sobrement avec les grands, prudemment avec tes égaux, sincèrement avec tes amis, doucement avec les petits, tendrement avec les pauvres.
- Ne flatte point ton frère : c'est une trahison. Si ton frère te flatte, crains qu'il ne te corrompe.
- Écoute toujours la voix de ta conscience.
- Sois le père des pauvres: chaque soupir que ta dureté leur arrachera augmentera le nombre de malédictions qui tomberont sur ta tête.
- Respecte l'étranger voyageur; aide-le, sa personne est sacrée pour toi.
- Évite les querelles; préviens les insultes, mets toujours la raison de ton côté.
- Respecte les femmes; n'abuse jamais de leur faiblesse et meurs plutôt que de les déshonorer.
- Si le Grand Architecte te donne un fils, remercie-le, mais tremble sur le dépôt qu'il te confie 
- Sois pour cet enfant l'image de la Divinité.
- Fais que jusqu'à dix ans il te craigne, que jusqu'à vingt il t'aime, que jusqu'à ta mort il te respecte.
- Jusqu'à dix ans, sois son maître,jusqu'à vingt ans, son père, jusqu'à la mort, son ami.
- Pense à lui donner de bons principes plutôt que de belles manières ; qu'il te doive une droiture éclairée, et non pas une frivole élégance.
- Fais-le honnête homme plutôt qu'habile homme.
- Si tu rougis de ton état, c'est orgueil ; songe que ce n'est pas ta place qui t'honore ou te dégrade, mais la façon dont tu l'exerces.
- Lis et profite ; vois et imite ; réfléchis et travaille, rapporte tout à l'utilité de tes frères, c'est travailler pour toi-même.
- Sois content de tout, partout et avec tout.
- Réjouis-toi de la justice, courrouce-toi contre l'iniquité, souffre sans te plaindre.
- Ne juge pas légèrement les actions des hommes, ne blâme point et loue encore moins; c'est au Grand Architecte de l'Univers qui sonde les coeurs à apprécier son ouvrage.

LE CALENDRIER MACONNIQUE


Traditionnellement, les Maçons utilisent, dans leurs actes et leur correspondance, l'ère maçonnique.
Celle-ci varie selon les rites et les Obédiences.
D'une façon générale, les loges anglo-saxonnes, françaises et allemandes utilisent l’année de la Vraie Lumière ou l'anno - Lucis pour faire remonter symboliquement l'origine de la Maçonnerie à la création du monde selon la tradition biblique.
Il est généralement admis que cette chronologie a été empruntée par les Maçons anglais à l'oeuvre d'un savant prélat anglican, James Usher, né à Dublin en 1580 et qui écrivit des Annales verteris et movi Testamenti (1650-1654) qui contenait une chronologie biblique remontant à 4004 avant J.-C. .
La chronologie utilisée par Anderson dans la partie historique de ses Constitutions coïncide sensiblement avec cette chronologie, généralement acceptée par les différentes Eglises anglaises au début du XVIIIème siècle et qui, d'ailleurs, coïncide sensiblement avec les données bibliques.
Il convient donc, pour obtenir la date maçonnique, d'ajouter 4000 ans à la date calendaire ou « Ere Vulgaire »).
Traditionnellement, en France, on utilise le calendrier julien faisant commencer l'année en mars.
L’emploi des mois hébraïques est aujourd'hui sorti d'usage (sauf parfois au Rite Ecossais), mais on n'emploie pas les noms des mois courants, mais seulement leurs quantièmes.
Ce style n'est pas accepté partout : les Maçons écossais emploient parallèlement, surtout aux Hauts Grades, en même temps que les mois hébraïques, un calendrier utilisant la « chronologie juive », l'anno hebraico ou l'anno mundi
Ce calendrier commence mi-septembre et il faut ajouter 3 760 ans (jusqu'en septembre) ou 3 761 ans au calendrier grégorien.
Au grade de Royal Arch, la date du point de départ du calendrier est celle du début de la reconstruction du Second Temple par Zorobabel, date fixée à 530 avant J.-C. et anno inventionis.
Au grade de « Royal and Select Master », le point de départ est la date de la dédicace du Temple de Salomon, soit 1 000 ans avant J.-C. C'est l'anno depositionis.
Aux grades Templiers, on compte depuis la date de création de l'Ordre du Temple (1118 après J.-C.).
C'est l'anno ordinis
.

Source : www.ledifice.net

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Mon anniversaire : 55 ans aujourd'hui

3 Mars 2014 , Rédigé par X Publié dans #perso

Propriétés du nombre 55

Symbolisme

  • Représente la Personne Divine, selon Abellio.
  • Selon R. Allendy, il représente "la vie individuelle confondue avec la vie cosmique; rapports de la vie de l'ensemble à la vie des parties dans l'individualité - 5 + 5 = 10".
  • Représente la limite de l'humanité, selon E. Bindel.
  • Nombre représentatif de la Vierge Marie.
  • Représente l'homme total et complet, symbolisé par les deux mains qui se joignent au moment de la prière pour refaire l'unité sous forme de dix, mais pouvant aussi s'exprimer sous la forme de 55, "addition dans le sens de la divine sagesse" selon Saint Martin.
  • Nombre symbolisant des grâces de bénédiction, selon L. Wood.
  • Selon Lima de Freitas, il symbolise la fusion des sexes, l'être androgyne, mais qui, en dépit de sa perfection, reste strictement humain.
  • Chiffre des guérisseurs.

Général

  • Cinquante-cinq années séparent l'Annonciation de l'Assomption de la Vierge.
  • Ce nombre se retrouve dans le chapelet de la Vierge Marie: le cercle formé par le collier est composé de 55 grains. Dans les visions de Marie d'Agréda, celle-ci fait mention d'un chiffre mystérieux rattaché à un collier dont la description fait penser à celle du chapelet. Quelques jours avant la naissance de Jésus, la Vierge Marie fut portée dans le ciel. En signe des privilèges qu'Elle avait comme Épouse de Dieu et comme Reine de l'Univers, Elle fut revêtue par deux séraphins d'habits et de joyaux splendides, dont un collier auquel pendait trois pierres précieuses avec un chiffre mystérieux dont le sens ne lui fut pas découvert. Ce n'est qu'après la naissance du Sauveur que le secret des chiffres de l'ornement lui fut révélé.
  • En tant que Corédemptrice avec le Christ, la Vierge ressentie de façon mystérieuse sur son corps toutes les souffrances de son Fils depuis le début de sa passion. Suite à la mort de Jésus en croix, ces souffrances continuèrent encore et ce, jusqu'à la résurrection de son Divin Fils. Pendant 55 heures elle supporta ses souffrances depuis le début de l'agonie de Jésus à Gethsémani jusqu'à sa résurrection. Le chiffre 55 pourrait être aussi vu comme l'union des 5 plaies physiques de Jésus avec les 5 plaies mystiques de Marie.
  • Le chapelet de la Sainte Famille est composé de 55 grains, divisés en cinq dizaines. Sur les petits grains, les noms de Jésus, Marie et Joseph sont invoqués. Sur les gros grains, une prière est adressée au Coeur Sacré de Jésus pour protéger nos familles. Enfin, sur la croix, le priant dit "actes de Foi, d'Espérance et de Charité".
  • Les apparitions de la Vierge Marie à Amsterdam, Pays-Bas, ont débuté le 25 mars 1945, fête de l'Annonciation, et se sont poursuivies jusqu'au 31 mai 1959. Il y eut un total de 55 apparitions. Notre-Dame est apparue à une femme d'âge moyen du nom d'Ida Perleman et lui a confié des messages concernant les événements futurs dans le monde et dans l'Église. La prophétie la plus significative donnée par Notre-Dame concerne le dernier dogme de l'histoire mariale qui sera promulgué par le pape. Ce dogme déclarera que désormais, Marie portera les titres de Corédemptrice, Médiatrice et Avocate.
  • Une étude rabbinique énumère 55 prophètes et prophétesses, divisés en 48 prophètes et 7 prophétesses. Cette liste apparaît dans le Commentaire de Rachi sur Méguilla 14a.
  • Les Bouriates connaissaient 99 dieux, divisés en 55 bons et en 44 mauvais. Ces deux groupes de dieux lutteraient depuis très longtemps entre eux.
  • Le Padma-purâna est une oeuvre hindoue remontant environ au 12e siècle. Elle décrit le monde et ses péripéties alors qu'il n'était encore qu'un lotus doré, d'où le nom du texte, composé de 55 milles vers répartis en cinq livres.
  • Dans le bouddhisme, le Taishô issaikyô est une édition moderne du Tripitaka chinois. Cet ouvrage de cent volumes comporte 3360 Sûtra et divers écrits. La partie principale compte cependant 55 volumes.
  • Les 55 messages du Christ à Dozulé reçus par Mme Madeleine Aumont.
  • Dans les messages du Christ à Dozulé reçus par Mme Madeleine Aumont, celui-ci demande que les hommes construisent une immense Croix Glorieuse, dont Il donne les dimensions, ainsi qu'un Sanctuaire de la Réconciliation. L'association RESSOURCE a élaboré un projet de construction de cette Croix Glorieuse, par une étude de faisabilité. Selon les plans, celle-ci est formée de 55 barreaux montant vers le ciel dans les 12 échelles de la Croix.
  • Le Hits'eu, qui est un commentaire du Yi King, développe le système des nombres: "Au Ciel appartient 1; à la Terre 2, au Ciel 3; à la Terre 4; au Ciel 5; à la Terre 6; au Ciel 7; à la Terre 8; au Ciel 9; à la Terre 10 (...). Les nombres célestes atteingnent 25, et les nombres terrestres 30. Les nombres du Ciel et de la Terre atteignent ensemble 55. C'est par ces nombres que s'effectuent les changements et transformations, et que les démons sont maintenus (...)".
  • Durant les épopées sumériennes, datant de plusieurs millénaires avant Jésus-Christ, il fut découvert que les sumériens avaient un procédé unique consistant à allouer à certains de leur dieux des rangs numériques. C'est ainsi que le père des dieux, Anou, avait le numéro 60, suivit de son épouse, Antou, ayant le numéro 55. Leurs decendants suivaient par la suite, tous espacés par un facteur 5. Le dernier des dieux sur la liste, Ninhoursag, avait le nombre 5, faisant ainsi un total de 12 dieux: 6 divinités maxculines et 6 divinités féminines. Les nombres se terminant par 5 étaient attribués au divinités féminines.
  • Selon W. Keller, dans son livre "La Bible arrachée aux sables": "Babylone n'était pas seulement la capitale des affaires mais aussi une métropole religieuse. Une inscription révèle que s'y élevaient cinquante-trois temples consacrés aux grands dieux, cinquante-cinq chapelles de Marduk, trois cent chapelles pour les divinités de la terre, six cents pour celles du ciel, cent quatre-vingts autels pour la déesse Ishtar, cent quatre-vingts pour les dieux Nergal et Adad, et douze pour d'autres divinités". Cela fait un total de 1380.
  • Le décibel, dixième partie (déci) de l'unité bel, sert à mesurer l'intensité des sons. La voix humaine a pour intensité moyenne 55 décibels et le tonnerre, 70.
  • Somme des deux séries de chiffres suivants: 1, 2, 4, 8 et 1, 3, 9, 27, il est aussi la somme des chiffres un à dix, c'est-à-dire le dixième nombre triangulaire. Anatolius souligne que 55 est encore la somme des parties aliquotes de 36 - 1+2+3+4+6+9+12+18 = 55 -, la somme de 5 nombres triangulaires successifs - 3+6+10+15+21 = 55 - et la somme des 5 premiers nombres carrés - 1+4+9+16+25 = 55.
  • Anniversaire de mariage: noces d'émeraude.

Guématrie

  • Valeur numérique du nom de la Vierge Marie - alchimia -, obtenu en utilisant l'alphabet numérique suivant: A=1, B=2, C=3, D=4, E=5, F=6, G=7, H=8, I=9, K=10, L=11 et M=13. Cette information fut divulguée par la Sainte Vierge à Andreae, frère de la Rose-Croix, dont l'histoire est racontée par lui-même dans les "Noces Chymiques de Christian Rose-Croix", Editions Anthroposophiques Romandes, Genève. Mais une anomalie bizarre fut signalée par certains commentateurs: une 'erreur d'imprimerie' - reproduite ici dans les valeurs numériques des lettres - se serait glissée dans le nombre qui fournit le total de l'addition puisque les lettres du mot alchimia donnent le total 56 et non 55. Pourtant, la Vierge déclare catégoriquement que le chiffre de son nom est 55.
  • Ce nombre peut être considéré comme étant la valeur numérique du premier mot de la Genèse si on écrit le premier verset en langue grecque et non en hébreu:

·                      E   n     a   r   c   h     e   p   o   i   h   s   e   n

·                      5  50     1  100 600  8     5  80  70  10   8  200  5  50

·                       55            709                       428

·          

             Aux         origines                    il fit

  • L'évangile de Marc évoque «le buisson» (Mc 12,26) avant que Jésus, interrogé par un scribe récite la Parole (Mc 12,30). C'est la seule fois où l'évangéliste emploie le mot buisson. En grec, la valeur numérique du mot buisson est de 55 en utilisant la guématrie en "n": 2+1+19+15+18 = 55.
  • La valeur numérique du mot «unique» en grec donne 55 en utilisant la guématrie en "N": 5+50 = 55.

Occurrence

  • Le nombre 55 est employé 2 fois dans la Bible.
  • Par 55 fois dans le Nouveau Testament il est fait référence à la Vierge Marie: 26 fois par le mot mère, 10 fois par le mot femme et 19 par le nom de Marie. Dans le TOB, le nom de Marie revient 55 fois.
  • A la toute fin de son évangile, Saint Jean consacre au total 55 versets - chapitre 20 et 21 -pour décrire les agissements du Christ qui ont eu lieu après sa mort, c'est-à-dire sa résurrection et ses apparitions.
  • Dans le Livre de Job, le nom de Job revient 55 fois.
  • Le mot «sauveur» revient 55 fois dans la TOB.
  • Les mots trône et nombre sont employés 55 dans le NT.

Source : http://membre.oricom.ca/sdesr/nb55.htm

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De la substance à la Pierre Angulaire

3 Mars 2014 , Rédigé par R\ C\ Publié dans #Planches

Quoi de plus fondamental qu’une pierre et la symbolique qui s’y attache.
Pour le profane qui va devenir apprenti, une pierre est une pierre, une matière brute sans plus, une substance qui peut ou non lui servir. Sous un autre angle, c’est aussi, la question classique des profanes et parfois de quelques maçons «le fameux à quoi ça sert la franc-maçonnerie », comme si tout devait se réduire à un usage à une utilité. La matière comme la franc-maçonnerie ne peuvent se réduire à n’être que des utilités. Or en loge symbolique, la première chose dont on parle et que l’on voit, c’est la pierre brute. C’est cette matière dont on sent qu’elle doit être grosse de quelque chose, mais de quoi ? Cette pierre s’offre au travail des hommes, « la matière à une propriété réfléchissante, elle est un miroir terni par notre haleine. Il faut seulement nettoyer le miroir et lire les symboles qui sont écrits dans la matière de toute éternité (1) ». Le travail seul va faire émerger autre-chose. Le geste du semeur aide à faire renaitre la graine en terre, les coups du ciseau de l’ouvrier donne à la pierre sa finalité. Nous avons tous ressenti cette haleine, le plaisir de raboter une planche dans le fil du bois, de tailler une pierre dans son lit, dans le sens où la nature l’a placé dans la carrière, à voir les arcs-boutants transmettre les efforts, et de plus comme dit le poète « un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres ! » Étymologiquement, la substance est conçue comme « ce qui se tient dessous (sub stare) », expression dans laquelle on distingue implicitement un certain mode d'être, d'un autre, peut-être une émergence qui pourrait se dévoiler par le travail. Le premier mode, est celui des choses qui ne peuvent exister sans être en relation avec autre chose qu'elles-mêmes. Le second mode, est celui des choses qui existent par elles-mêmes, et qui constituent ainsi le foyer ou le support des premières. Tout pareil à la matière, sont les hommes, certains n’existent que par les autres, d’autres sont autonomes, ces derniers ont assimilés l’Art Royal -ils sont Roi d’eux-mêmes et libèrent les premiers eux sont en attente d’être dégrossis, en attente de liberté, en attente de passer. Intuitivement le jeune initié devine qu’il y autre chose en dessous de cette pierre, il y distingue l’idée d’un principe de permanence, mais aussi que la pierre peut être autre chose que ce qu’elle est. Cette permanence est un point de départ. Une création à achever, à laquelle il est appelé à participer. Si cette pierre n’est pas nommée ou regardée, elle restera au mieux un caillou, au pire une matière, pas même matière première, pas même une substance. Si elle n’est pas travaillée en Loge, elle ne participera jamais l’établissement Temple. La Pierre est grosse d’un devenir, elle attend une forme et pourquoi pas un nom, par exemple, un songe comme celui de Jacob qui s’endormi la tête sur un caillou. Ce caillou qui lui servi d’oreiller est devenu la pierre de Béthel, Jacob, il est devenu Israël. Une substitution c’est opéré. Entre la main et l’esprit il y a interaction réciproque. Le monde est comme une grammaire ; regrouper des lettres fait émerger des mots, chaîner des mots entre eux pousse à l’émergence du sens et de l’action, c’est toute la puissance du verbe créateur évoqué par Jean dans son prologue. C’est ce verbe mis en acte qu’attendent la pierre et l’apprenti. La pierre en hébreu se dit Eben, mot composé des lettres Alef, Beth, Noun. Or Alef est la lettre de l’unité, de valeur 1, elle est de ce fait ce qui était avant le commencement, la lettre Beth deuxième lettre symbolise la demeure, notre monde, la lettre Noun symbolise l’homme. Mis en perspective, Eben, la pierre, signifierait, la divinité trouve demeure dans la pierre pour se révéler à l’homme. Confère les tables de la Loi. L’apprenti part de la pierre brute c’est-à-dire de lui-même.

Il est cette Pierre inaugurale, qui, par l’initiation devient la pose de la « Première pierre fondamentale de son Temple », la pose de sa pierre inaugurale. Temple qu’il se doit de construire suivant la tradition des bâtisseurs, c’est-à-dire avec ce qu’il y a sur chantier. Cette façon de faire traditionnelle, ouvre progressivement l’esprit à une spiritualité. Il n’a pas besoin de faire table rase de lui-même, il se reconstruit à partir de lui-même. Pas à pas, degré par degré, donc sans dogme, sans révélation, il est à la fois objet et sujet de son temple, matière et esprit tout à la fois, le processus est certes plus long. Il y faut de la volonté, on ne devient pas maçon par imprégnation. Cette spiritualité sans dogme, détachée de toute religiosité, l’Art ou la poésie auraient pu la lui suggérer avant l’initiation. Supposons que deux masses de pierre aient été placées l'une en face de l'autre. La première est restée brute. La seconde, l’artiste l’a converti en une statue d'homme ou de dieu. La pierre convertie en statue paraîtra la plus belle, non parce qu'elle est de pierre, car alors l'autre masse ne pourrait lui être inférieure, mais parce qu'elle a une forme que l'art lui a donnée. Cette forme cependant n'appartient pas à la matière ; car avant de se manifester sur la pierre, elle était dans la pensée de l'artiste, non parce qu'il a des pieds, des mains ou des sens, mais parce qu'il a le sentiment de l'art. Même dans l’imitation de la nature il y a une pensée, c’est cette vie de l’esprit qui nous préoccupe au REAA. Mais il y avait dans cet art une beauté bien plus grande qui n'a pu se manifester dans la pierre ; la manifestation de cette beauté sur la matière, n'est qu'une forme inférieure au désir de l'artiste, lui qui n'a fait qu'obéir aux principes de l'art. La forme qui passe dans la matière se détend et s’éloigne et devient plus faible que celle qui est restée enfermée dans la pensée. C'est ainsi que la force sort de la force, la chaleur de la chaleur, la beauté de la beauté, le désir de plaire du désir, l’imitation ou la copie de la création, le délit lorsque l’on ne taille pas la pierre dans son lit. La faculté productive est toujours plus excellente que l'objet produit. La faute n’en est pas imputable à la matière, mais à l’homme. Les arts n'imitent pas simplement ce que voient nos yeux, mais qu'ils remontent aux lois de la raison et de l’intuition. L’art ne peut se réduire à des effets sociologiques, à un statut social en échange de la maîtrise d’une pulsion, à des postures pour paraître ou survivre, à l’obtention d’une paix sociale. Lors de notre première entrée en Loge, avons-nous eut conscience de tout cela ? Je ne le pense pas, mais nous étions obscurément à la recherche de quelque chose. Lors de notre initiation avions-nous perçu que nous posions la première pierre d’un édifice ? Pas clairement je pense. Plus préoccupé à faire semblant de maîtriser les situations, emporté par un torrent, plus spectateur qu’acteur, plus imitateur que vrai. Nous n’avons pas même vu les fondations sur lesquelles nous allions nous bâtir. Les percevons-nous mieux aujourd’hui ?

Les Fondations

Lorsqu'on veut élever un temple, même intérieur, il ne faut jamais perdre de vue trois points principaux, sans lesquels il n'y a pas de bonne construction possible. Le premier est le choix d'un emplacement convenable, le second la solidité des fondements, le troisième la perfection de l'exécution des détails et de l'ensemble. Le premier dépend du but. Fonder une société, une nation, une entreprise, une fraternité, un homme, une spiritualité. Tout est dans l’orientation du bâtiment, de la destination du lieu, du bâtiment, de l’église, du temple. Construction extérieure ou construction intérieure. Le second point tient aux fondations. Dont les angles réguliers des Pierres d’angle indiquent la régularité du bâtiment, et dont la position perpendiculaire doit faire pressentir quel sera l'aplomb des murailles et l'équilibre parfait de l'ensemble de l'édifice.

De bonnes fondations c’est bien choisir ses valeurs, et les maintenir dans le temps. Ce travail s'accomplit dans les profondeurs mystérieuses que nous creusons après de longues et profondes méditations. Quels sont nos buts, lucratifs, affectifs, sexuels, une volonté de puissance, sociétaux, politiques, religieux, initiatiques, etc. autant de questions, il faut se connaître avant de creuser des fondations. Le troisième point c'est-à-dire, la perfection de l'exécution des détails et de l'ensemble. Ce qui demande le concours de tous les métiers, de tous les arts. C’est l’art de ce bien entouré pour ne pas être trahi par ceux qui travaillent avec nous à l’œuvre. Le travail du maçon, est prédestiné d'avance à passer inaperçu. La terre cache les fondations, les fondements, les fondamentaux qu'il a construits avec tant de peines et tant d'intelligence ; il n'a pas même le droit de se plaindre. Les superstructures doivent refléter les valeurs qui sont dans les fondations, comme chacun de nos actes dans le monde devraient être à l’image de nos principes. Le choix du lieu étant fait, et l’orientation définie, il nous faut penser à cette pierre qui va assurer la cohésion de l’ensemble, unité qui va faire que chacune des pierres va former un tout, la pierre d’angle, puis la pierre angulaire qui couronnera le tout. Au préalable cette pierre brute que l’on doit polir, représente l’homme dans ses deux principales dimensions terrestre et céleste. Une face tournée vers la terre, l’autre regarde le ciel. Cette tâche consiste à mettre la forme en rapport avec sa destination, mettre l’homme en relation avec sa destination, c’est l’objet de l’Art Royal que de polir et transformer, à la fois l’objet et le sujet.

La Pierre d’angle ou quadrangulaire (aux quatre angles du temple).

Le travail manuel de la pierre se double d’un travail spirituel, d’un acte mental, en taillant des pierres pour une destination, le tailleur de pierre fait plus qu’un geste pratique, il avance vers une maîtrise intérieure, une prise de conscience, il inscrit, grave dans le silence de la pierre l’écho d’une conscience, d’une parole. Écho que nous ressentons lors de la visite d’une cathédrale, d’un monument. L’architecture est bien le seul Art qui puisse être visité de l’intérieur. Avec la pierre quadrangulaire, nous allons vers l’autel orienté qui présente ses quatre faces vers les quatre points cardinaux. Le compagnonnage a conservé ce symbolisme voir Esaïe 28-16 (2). « Celui qui la prendra pour appui n’aura point hâte de fuir ». Autrement dit celui qui sait où il est et qui il est, n’a pas besoin de fuir ou de se fuir. L’objet final de cette planche est la pierre angulaire dite aussi pierre du sommet, celle qui est au sommet de l’édifice qui couronne le bâtiment. Le pyramidion qui couronne la pyramide, les égyptiens y gravaient le nom du défunt, des prières, c’était le passage vers ce qui nous dépasse. Cette pierre est seule de par sa forme unique. Cette pierre angulaire est aussi la marque de l’unité, elle matérialise le tout. La boucle ce referme. Cette pierre ne ressemble à aucunes autres, elle est différente, à la fois dans sa forme comme dans sa fonction. Ici se rejoignent forme et destination, il n’y a pas plus proche, la forme est fonction de la destination. La pierre cubique s’intègre, fait la chaîne avec les autres, c’est l’aspect égalitaire de la fraternité, « tu es mon frère parce que tu n’es pas différent de moi », est-ce une vraie fraternité que de n’aimer que son image, ou son identique ? Cette pierre du sommet doit faciliter la répartition des charges issues de la couverture et du ciel, pour les équilibrer de chaque côté de la voûte ou du dôme. Elle répartie la Loi sur tous. C’est à cette pierre qu’est attachée le fil à plomb, les autres pierres font en quelque sorte la chaine d’union, afin de faire passer la Loi dans toutes les parties de l’édifice. Au moyen Age la résistance des matériaux n’était pas encore connue, pour bâtir malgré tout, nos ancêtres avaient recours à des règles (les dogmes de l’époque) des proportions entre hauteurs, largeurs etc. il n’est donc pas étonnant de retrouver le nombre d’or dans la bataille, ici l’angle d’or, pour présider les tracés de cette pierre d’angle. Ce tracé demandé une grande maîtrise, un accomplissement dans une vie de bâtisseur (la stéréotomie). Imaginez-vous avoir à tracer l’intersection de trois, quatre ou six voûtes concourantes en un point. Sous un autre angle, c’est l’art de combiner des plans différents, de passer des droites aux courbes, de combiner l’équerre et le compas, de changer de plan et d’y revenir. Une solution pourrait être de boucher le trou central, avec du ciment et d’aplanir le tout à la truelle, ce serait alors nous couper de la spiritualité attachée à notre Rite. La pierre brute ou la pierre cubique est beaucoup plus facile à appréhender, tant sa forme est banale et ne laisse pas facilement deviner sa destination. Pour en saisir la destination il faut se rapporter au plan de l’architecte. Sans plans, pas de destination, et réciproquement c’est le plan qui fait apparaître le GADLU. Sans programme, sans plan, pas de Loge. La pierre cubique peut servir pratiquement à tout, faire une prison tout aussi bien qu’un temple, la différence vient de la destination. Mais souvenons-nous que l’indifférenciation, de la monotonie, ne naît pas la destination, de mais que c’est de la liberté, et de l’autonomie, toutes deux soumises à la Loi, que peut apparaître le dessein, le plan. Tous ne partagent pas ce point de vue, tel Plantagenet dans son cours philosophique faisant remarquer : que chez les Aryens, c'était au contraire la pierre taillée qui était symbole de l'obscurité et de la servitude, et la pierre brute le symbole de la liberté. La pierre taillée, finie, commente Plantagenet, est faite de préjugés, de passions, des dogmatismes acceptés sans contrôle. L'initiation rend à l’apprenti et à la pierre leur liberté potentielle et naturelle. Alors nous taillons notre pierre non pour être à l’identique « de » ou la résultante d’un groupe, mais pour être libre et participer en homme autonome à la stabilité de l’édifice, sans avoir besoin d’un ciment quelconque pour nous unir, car nous nous unissons en silence au principe créateur. La Pierre du sommet, si elle est mal tracée, mal calculée par rapport aux épreuves à subir, est rejetée ou rejetable, soit elle ne s’ajuste pas, soit les contraintes extérieures la rejette. Elle est refusée par l’édifice ou par le maître d’œuvre. Mais de toute manière, trop différente des autres, son destin, avant d’être en place, c’est d’être rejetée car incomprise sur le chantier avant la fin des travaux, parce que traçable uniquement par un Maître Architecte. Cette incompréhension est symboliquement marquée par le rejet des responsables de la Loge, car elle ne parait pas s’inscrire dans le cadre qu’ils avaient prévu, de ce qu’ils pensaient être la réalisation finale de l’édifice. Trop de différence, pas régulière à leurs yeux, difficile même impossible à rendre cubique. Elle finira par être reconnue, par celui qui connaît le plan de l’œuvre, par le Maître, celui qui cherche son idéal dans le principe et pas dans le consensus. Par celui qui sait où est le « trou du foyer » par où passe la Loi, le point où le temple s’unit au cosmos. D’ailleurs c’était la seule pierre qui était signée par celui qui était jugé digne de succéder à ses pairs.

La signature, le nom gravé comme forme d’invocation d’autre chose.

Ce foyer, cette source, ce centre, cet œil par lequel passe symboliquement l’axe du monde, ce qui l’ordonne, lui donne sens. Axe vertical tourné vers là ce qu’il y a de plus haut, seule véritable issue dans le labyrinthe du monde profane. Mais attention de ne pas monter trop vite, trop haut, au risque de se bruler les ailes comme Icare. Le seul moyen pour sortir des situations complexes est par le haut, par un changement de logique, par un retour au centre, au Principe. Mais la pierre cubique peut aussi être déployée, mise à plat, sous la forme d’une croix. Le cube contient donc en lui autre chose, une forme implicite, une croix. Forme et substance sont intimement liées, unies. Quatre côtés, quatre angles, quatre pierres aux angles du Temple. Autant de sens et de manière de voir le Monde. De comprendre le principe créateur. Ces quatre sens déjà formulés au Moyen Âge : la lettre enseigne les faits, l'allégorie ce que tu dois croire, la morale ce que tu dois faire, l'anagogie ce que tu dois viser. (Littera gesta docet, quid credas allegoria, moralis quid agas, quo tendas anagogia). Même propos dans le Judaïsme sur les façons de comprendre un texte de manière littéral, allusive (littéralement : allusion), allégorique (littéralement : creuser, sonder, chercher), mystique (littéralement : secret). Les quatre pierres d’angle, des coins, dans lesquelles on peut aussi voir la représentation des évangélistes (Marc, Luc, Matthieu, Jean). Ou encore l’homme Adam de Matthieu, le Taureau (l'homme naturel) de Luc, le Lion (l'homme psychique) de Marc et l'Aigle (l’homme esprit) de Jean. L’homme dans toutes ses dimensions. Dans le manuscrit maçonnique de Graham, les quatre pierres sont, Saint Pierre (Képhas en grec), Moïse qui grava les commandements, Betsaléel le constructeur du tabernacle, et Hiram le sage, encore une autre vision des dimensions du monde. Les pierres ne vont pas n’importe où, elles ont une destination définie par un plan.

Dans la tradition chrétienne :

La pierre fondamentaleest placée dans le chœur de l’édifice, centre de la base : sur elle, est gravée une croix. La pierre de dédicace, en général enchâssée dans le pilier Nord Est du chœur. Sur la face intérieure sont gravées les dimensions de l’édifice, les dates, certaines particularités s’il y a lieu, et les noms des constructeurs. La pierre angulaire, clé de voûte, taillée en fleur de lys, à la verticale de la pierre fondamentale. Cette « pierre angulaire » du sommet est appelée aussi l'« œil » du dôme), elle se «reflète » en chacune des « pierres fondamentales » des quatre angles de la base. C’est la représentation du centre. Autrement dit, du Principe présent dans les faits, dans l'allégorie, à la base de la morale, et dans l'anagogie. C’est cette pierre pas comme les autres, rejetée de part sa différence qui va devenir la pierre qui donne sens au reste. C’est peut-être le profane qui frappe à la porte, « frappez, on vous ouvrira, cherchez, vous trouverez ». Ou bien l’apprenti trop différent pour être accepté compagnon. C’est peut-être le manuel que les intellectuels rejettent, l’intellectuel que les manuels repoussent, le poète que les rationalistes négligents, le sacré chassé par le profane, le visible chassant l’invisible, la liste est trop longue. C’est la diversité qui enrichi, qui fait que l’on peut s’approcher du Plan. Ce n’est pas pour autant qu’il faut accepter n’importe qui, surtout s’il y a absence de fondations. Je conclurai en citant G. de Nerval.

Homme ! Libre penseur-te crois-tu seul pensant.
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'univers est absent.

Respecte dans la bête un esprit agissant : ….
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d'amour dans le métal repose :
« Tout est sensible ! » -Et tout sur ton être est puissant !

Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épie
À la matière même un verbe est attaché…
Ne la fais pas servir à quelque usage impie !

Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché ;
Et comme un œil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres !

Gérard de Nerval

J’ai dit

Note :
(1) Simone Weil 1905-1943.
(2) 16 C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici, j'ai mis pour fondement en Sion une pierre, Une pierre éprouvée, une pierre angulaire de prix, solidement posée ; Celui qui la prendra pour appui n'aura point hâte de fuir. 17 Je ferai de la droiture une règle, Et de la justice un niveau ; Et la grêle emportera le refuge de la fausseté, Et les eaux inonderont l'abri du mensonge.

Source : www.ledifice.net

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La pierre angulaire

1 Mars 2014 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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De la Perpendiculaire au Niveau

28 Février 2014 , Rédigé par Rajen Publié dans #Planches

La Perpendiculaire et le Niveau donnent respectivement la verticale et l’horizontale. Nous retrouvons là encore l’actif et le passif, les deux polarités universelles, l’une de mouvement et d’action, l’autre d’inertie et de repos, les deux opposés dont le jeu réciproque conditionne la vie de l’univers, les deux sexualités qui font la vie.

Les Outils du Maçon et leur Symbolisme

Je souhaiterais m’attarder quelques minutes sur les différents outils symboliques mis à la disposition du Maçon.

Les outils Maçonniques nous ont donnés la possibilité de découvrir, à l’intérieur de nous-mêmes, les potentialités utiles à la construction de l’Homme que nous sommes, vers l’Homme que nous nous devons de devenir.

Le symbole correspond à une réalité universelle et a comme fonction de faire s'élever l'homme en le conduisant à se dépasser.

Le Ciseau et le Maillet

Le Ciseau aide à dégrossir les pierres en ôtant leurs aspérités et leur donner une forme. Symboliquement, cela consiste à affiner le caractère, à s’instruire, à se perfectionner et à augmenter ses connaissances.

Le Maillet permet à l’Apprenti d’utiliser son intelligence pour l’application, et son geste devient plus sûr. La Parole lui étant interdit, l’Apprenti affine son sens de l’observation, sa logique, son raisonnement par une action persévérante et pour apprendre à utiliser ses connaissances.

Le Compas et l’Équerre

Le Compas, signifie la circonspection, de la mesure, de l’impartialité, de la sagesse. Selon Oswald Wirth, le Compas est, "symbole de l'esprit et de son pouvoir sur la matière. Il mesure le domaine que peut atteindre le génie humain, le connu, au-delà duquel s'étend l'immensité mystérieuse de l'inexploré, provisoirement inconnaissable".

L’Équerre sert à tracer des angles droits et réunit l’horizontale et la verticale pour obtenir l’aplomb. L’Équerre donne la rectitude dans l’action et symbolise la justice. Dans le raisonnement, l’Équerre donne de l’ordonnancement dans les idées, afin que l’édifice tienne en place. L’Équerre nous astreint à nous corriger des défauts qui nous empêcheraient de tenir exactement notre place dans la construction humaine.

L’Équerre sur le Compas est la matière que ne domine pas encore l’esprit, mais aussi la droiture et la rectitude. Pour le Compagnon, l’Équerre étant croisée avec le Compas, il y a équilibre entre la matière et l’esprit. Le Compagnon n’est plus dans les ténèbres et il s’achemine vers la sincérité et le discernement.

L’Équerre, insigne du Vénérable Maître, lui est donnée dans son office pour la rectitude et le maillet affirme son autorité.

La Règle et le Levier

La règle sert à mesurer l’ouvrage, à mesurer les heures, et à servir. Elle coordonne les connaissances qui doivent être dirigées vers de multiples sujets, à chaque instant du jour. Elle permet de diriger ou de vérifier le travail accompli par précision dans les tâches, par la méthode, la rectitude et par l’application de la loi.

Le levier est une barre rigide qui sert au déplacement des pierres ou matériaux, et de leur mise en place. Son attribution est la force de la connaissance et des connaissances, symbole de puissance. Il est passif, mais son activité résulte de sa mise en oeuvre pour permettre le Compagnon de mouvoir des charges au-dessus des forces de l’homme, et est de ce fait souvent assimilé à un symbole de la volonté et de l’intelligence.

Les deux instruments alliés symbolisent la puissance de la pensée correctement mise en place.

La Perpendiculaire et le Niveau

Robert Ambelain dans le Symbolique Maçonnique des Outils explique « en Maçonnerie, ce que nous dénommons Perpendiculaire n’est autre que le Fil à Plomb. On sait que ce qui est ainsi désigné consiste en une masse pesante de petite volume, pendue à l’extrémité d’un cordonnet, indiquant la direction de la pesanteur, c’est-à-dire de la verticale, et servant ainsi à mettre à l’aplomb les ouvrages de charpente et de maçonnerie. »

Le Niveau sert à voir si un plan est horizontal et à déterminer les différences. Le niveau, explique aussi, l’hauteur de quelque chose par rapport à un plan horizontal de référence. Il est fait d’un triangle, ou Équerre juste dont l’angle au sommet est de 90° et d’un Fil à Plomb. Le Niveau, assure la pose horizontale des pierres, et, exige qu’un Macon envisage tout homme comme son égale, et, exige aussi l'équilibre, la soumission à la loi.

Je vais maintenant élaborer d’avantage sur ces deux outils qui font l’objet de ma Planche.

LA perpendiculaire

La Perpendiculaire et l'Apprenti

L’Initié, pendant son apprentissage travaille sous la Perpendiculaire, l’emblème du Second Surveillant. Celui-ci à la tache d’instruire celui qui vient de recevoir la Lumière. L’Apprenti, qui commence son cheminement avec tâtonnements à besoin du conseil rassurant du Second Surveillant, qui à la responsabilité de le guider, le mettre sur la bonne voie et l’y maintenir.

L’Apprenti progresse sur la verticale. Son monde a une dimension (la ligne droite), celle du silence et de l'introspection, de la démarche prudente, du retour vers le centre de son Étre (VITRIOL), de la remontée pour construire un homme nouveau, en abandonnant ses métaux.

Sous la tutelle de la Perpendiculaire, l’Apprenti a comme taches principales :
 - respecter les termes des devoirs compris dans le serment.
 - vaincre ses passions, soumettre sa volonté.
 - abandonner les métaux ou victoire sur l'orgueil et le matériel.
 - comprendre les symboles du degré comme le nombre du grade, travailler la pierre brute, dans le silence et sous l'égide du Fil à Plomb qui indique le ciel et donc la direction spirituelle à suivre.
 - apprendre l'histoire du rite.
 - pratiquer les devoirs fraternels.

Par sa disposition, la Perpendiculaire évoque nécessairement la verticalité. La position verticale est, ce qui distingue l'homme des animaux. Elle nous permet de passer des ténèbres de l'horizontalité à, sinon la lumière, du moins l'espoir d'une lumière, que représente la station debout de celui qui scrute l'horizon à la recherche de la vérité.

L’Étoile flamboyante, en astronomie, c'est le nom de la planète Vénus. Elle est le symbole de la Beauté intérieure. Notre étoile est donc le symbole de notre cœur qui est capable de rayonner à l'extérieur si nous sommes capables de le découvrir au plus profond de nous même.

De la Perpendiculaire au Niveau

Le devoir du Macon aux termes du serment prononcé lors de sa réception au grade d’Apprenti le précise en trois axes :
Devoirs envers Dieu,
Devoirs envers les hommes,
Devoirs envers soi-même.

il suffit simplement de suivre la voie que l'Ordre indique, laquelle passe par le travail sur la pierre brute, dans l'axe de la Perpendiculaire , puis sur le Niveau, en pratiquant les vertus et en renonçant aux vices.

Lorsque l’Apprenti devient Compagnon, on dit qu'il passe de la Perpendiculaire au Niveau, c'est à dire qu'ayant suffisamment approfondi les éléments de la connaissance il devient capable d'envisager ceux-ci dans leurs relations avec le Monde, avec le Cosmos.

Il incombe maintenant au Premier Surveillant de parfaire l’instruction du Compagnon. La responsabilité du Premier Surveillant, contrairement a celle du Second Surveillant, n’est pas d’inculquer des valeurs théoriques mais plutôt d’encourager le Compagnon a prendre des initiatives. Ce dernier, en passant au compagnonnage a démontré qu’il sait travailler, c’est les occasions de pratiquer, et ainsi se perfectionner, qu’il lui en faut.

Il y a une histoire que vous connaissez sûrement : " Un homme passe devant un chantier et croisant un tailleur de pierre lui demande : " Que faites-vous ? " L'ouvrier lui répond : " Je gagne ma vie. "

Passant devant un second tailleur de pierre, il réitère sa question, cette fois l'homme lui répond : " Je taille la pierre. "

Croisant un Compagnon, il renouvelle sa demande : " Que faites-vous ? ", il s'entend alors répondre : " Je construis une cathédrale. "

Le Compagnon commence à prendre conscience de sa participation aux lois de l'univers et de son appartenance au cosmos. Graduellement, il commence à sentir que les choses changent en lui. Le silence qu'on lui imposait est désormais librement consenti.  Il doit commencer sont apprentissage de la parole qui sera un de ses outils les plus précieux. Les passions qui envahissaient sa poitrine et qu'il parvenait à grande peine à contenir, lui sont désormais familières. Les chutes inévitables qui jalonnent sa vie ne sont plus vécues comme des échecs, mais comme la preuve renouvelée que ce n'est qu'humblement que l'on marche vers la Lumière. Nul besoin désormais de le menacer - s'il trahissait son serment, c'est de lui-même qui s'arracherait le cœur. Il est plus conscient de sa responsabilité de participer à l'œuvre, celui de comprendre ses frères, celui de progresser dans l'amour et la fraternité.

Le Niveau

Le Niveau et le Compagnon

Le Niveau est l’attribut du premier Surveillant, il symbolise l’égalité sociale, base du droit naturel, le Niveau de Maçon est un triangle au sommet duquel est attaché un Fil à Plomb. Le Niveau, en symbolisme Maçonnique, doit être formé par une Équerre juste, c’est à dire que l’angle au sommet doit être de 90°.

Le Niveau est donc un instrument plus complet que la seule Perpendiculaire et c’est pourquoi il est l’insigne du premier surveillant, seul qualifié pour prendre la place du Vénérable en cas d’absence de celui-ci. Le Niveau montre que la connaissance doit être rapportée au plan terrestre, le seul qui puisse intéresser directement l’être humain. C’est en partant d’assises stables et bien établies que le Maçon peut et doit travailler en vue de son élévation spirituelle.

Ce n’est pas un nouveau cheminement qui commence pour le Compagnon mais plutôt une continuation de celui qu’il avait entreprit en tant qu’Apprenti. Il reprend les taches et les adaptent au Compagnon :

Travailler sur le nouveau nombre, l'étoile flamboyante, la lettre G, la pierre cubique à pointe, la lettre de la colonne du grade.

Acquérir des connaissances complémentaires sur l'histoire du rite, celle de l’obédience.

Développer ce qu’il a compris du Niveau lié à la Perpendiculaire, c'est-à-dire du travail dans le plan de l'homme (Niveau) et du plan céleste et divin (Fil à Plomb).

Signaler quels sont les progrès effectués dans les connaissances, les changements dans la manière de penser et de se conduire, les acquis. Dire en toute franchise ce qui continue à peiner le Compagnon dans ses faiblesses et ses défauts.

Conclusion

L’Apprenti a découvert l'axe du Fil à Plomb, la verticale qui relie le ciel et la terre, et qu'après avoir plongé à l'intérieur de lui même, en suivant cet axe vers le Nadir .... et effectué le travail à accomplir..... il lui sera remis le Niveau et il pourra alors, devenu Compagnon, remonter verticalement jusqu'au plan horizontal de la terre. Là avec l'aide de ce Niveau, tel le balancier d'un équilibriste, il va pouvoir se stabiliser, explorer et travailler sur ce plan. Lorsque ce travail aura été effectué et reconnu par les maîtres, la Perpendiculaire  et le Niveau formant l'Équerre, il pourra progresser verticalement vers des plans successifs en direction du zénith.

Il ne peut y avoir de verticale sans horizontale. Ainsi du vertical à l’horizontal, de l’horizontal au vertical, le Compagnon progresse dans son cheminement. On ne peut s'élever sans connaître, sans avoir fait un large tour du monde matériel qui nous entoure. Le plan horizontal l’aide aussi de se ressourcer, se mettre d’aplomb.

Le passage, est-ce seulement de la Perpendiculaire  au Niveau ou du Nadir au zénith ? De la colonne Jakin au Boaz ? De la colonne Beauté au Force ? Du septentrion à midi ? Es-ce que qu’ayant passé Compagnon  on ne sera plus Apprenti ?

Le passage de la Perpendiculaire au Niveau, implique une nécessite de transmettre d’autre connaissance au nouveau Compagnon, n’a-t-il pas été mis au courant de l’Etoile Flamboyante, de la Lettre G.. Les Cinq Voyages l’a fourni d’avantage de symbolisme.

Notre Acclamation Liberté, Egalité, Fraternité, avant l’ouverture et à la fermeture des travaux reflète bien l’essence de la Perpendiculaire  et du Niveau, mais aussi d’un troisième outil :

LIBERTE : Se libérer d’un soi-même dictateur empêtré de ses déchets métalliques, bataillant victorieusement pour retrouver la Lumière. N’est-ce pas la Perpendiculaire ?

EGALITE : Un Macon : "c’est un homme libre et de bonnes mœurs, également ami du riche et du pauvre s’ils sont vertueux. " Le Maçon considère tout être comme son égale, Et ceci ne peut-il pas résumer la fonction du Niveau ?

FRATERNITE : les Maçons deviennent Frères parce qu’ils ont a choisi une voie - la Voie Initiatique. Leurs cheminements sont celui d’entente et d’harmonie, protégés des déceptions profanes. Dans cette Fraternité Initiatique rien ne peut les séparer. Ils sont unis par le Ciment d’Éternité, plus fort que le sang, plus fort que l’amitié, que la fraternité, que l’amour profane et leurs déboires obligatoires. J’ose espérer qu’il y a un outil qui permet de tisser cette amitié !

L’Apprenti devenu Compagnon a eu d’autres outils symboliques à sa disposition mais toujours, même parvenu à la maîtrise, il aura sans nul doute le souvenir de la Perpendiculaire qui lui aura permis de modéliser son temple intérieur en lui donnant le moyen de créer une assise solide et durable

J’ai dit Vénérable Maître !

Source : www.ledifice.net

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Le Rôle du parrain en franc-maçonnerie…

27 Février 2014 , Rédigé par ERIC GRANDJEAN Publié dans #Planches

Le parrain est celui qui nous amène à découvrir la Lumière, c’est également celui qui est là…toujours là….Lourde responsabilité que celle d’être le parrain d’un de ses frères ou sœurs… « Le parrain, un mot qui devrait naturellement imposer le respect, tant il est chargé d’émotions et de souvenirs pour tout franc-maçon. Le parrain, c’est ce frère qui nous a un jour permis de frapper à la porte du temple pour renaître à une vie nouvelle. Le parrain, par ce qu’il nous a apporté tout au long de notre vie maçonnique, a naturellement une place toute particulière au fond de notre cœur. Et pourtant… Le parrain, non pas celui joué par Marlon Brando mais bien cet homme qui, un beau jour, s’est dévoilé à un autre homme, un ami bien souvent, qui errait dans les ténèbres et qui recherchait la lumière. De longues discussions se sont indubitablement enchaînées durant de nombreuses soirées. Des sujets graves aux thèmes plus légers, tout aura certainement été abordé entre ces deux hommes qui, bientôt, se retrouveront frères à jamais, jusque dans l’orient éternel.

Un chemin parcouru à deux

Après plusieurs mois destinés aux procédures administratives et aux enquêtes effectuées sur le candidat, le grand jour enfin arriva pour chacun. À l’un, l’on ouvrait toutes grandes les portes du temple, lui permettant ainsi une renaissance. À l’autre, l’on offrait un redoutable cadeau, celui de devenir parrain et d’avoir la lourde mais ô combien merveilleuse et exaltante mission de guider un filleul – ce nouveau maillon – tout au long de son parcours maçonnique qui le conduira plus tard à la maîtrise. Mais avant que son filleul ne découvre les secrets du grade suprême en maçonnerie dite bleue, le parrain devra prendre une part active, en compagnie des deux surveillants de l’atelier notamment, à l’instruction de son nouveau frère. Et afin de lui faire découvrir la richesse du monde maçonnique et ses nombreux rites, le parrain n’oubliera pas d’emmener régulièrement son filleul en visite dans d’autres loges. Ainsi, petit à petit, cette amitié profane se modifiera en un amour fraternel qui s’affermira encore un peu plus de jours en jours. Trois, cinq, sept, chaque âge permettra au jeune filleul de parcourir cet univers de tolérance et consolider encore un peu plus la chaîne universelle d’union. Mais tous les frères ont-ils eu la chance de vivre ainsi leur renaissance et leur parcours maçonnique? Je le leur souhaite vivement mais je sais que les contacts entre parrains et filleuls ne se déroulent pas toujours ainsi. Peut-être, n’ayant aucune relation parmi nos frères, un profane a- il, au moment où il s’est décidé à faire le grand saut, simplement contacté la chancellerie de l’Alpina? De là, on lui aura attribué un parrain que l’on dit de «substitution». Ils ne s’étaient jamais vus, ils ne se connaissaient pas, pourtant, ce futur parrain s’est immédiatement comporté comme s’ils avaient toujours été de la même famille, mettant ainsi plus ou moins à l’aise ce futur frère.

Un dialogue continu

Enfin le grand jour arrive où l’on procède à l’initiation. Qui des deux, parrain ou filleul, est le plus anxieux mais également le plus fier? Difficile à dire mais en salle humide, alors que tous fêtent cette nouvelle acquisition en portant les santés rituelles adéquates, les regards complices et fraternels se croisent entre les deux hommes. Trop de choses se sont passées durant cette soirée et la nuit a été des plus agitée. Dès le lendemain, le filleul inonde son parrain de questions. Pourquoi? Comment? On dirait un enfant émerveillé… Le parrain explique, le filleul tente de comprendre mais ce n’est guère facile. Pourtant, ce filleul a à cœur de s’instruire consciencieusement, d’ouvrir son esprit, de vaincre ses passions et de soumettre sa volonté. Né libre et de bonnes mœurs, il n’aura de cesse de s’améliorer, en écoutant silencieusement, assis au septentrion, ses frères durant tout l’apprentissage puis en partageant ses connaissances, ses expériences et ses doutes durant le compagnonnage, après avoir vu l’étoile flamboyante et être passé de la perpendiculaire au niveau. Enfin, viendra un jour l’élévation à la maîtrise, cérémonie au cours de laquelle une transformation en profondeur s’opérera secrètement. La boucle enfin sera bouclée. En chambre du milieu, le frère devenu maître, jouissant ainsi de tous ses droits en loge, pourra lui aussi, un jour, parrainer un profane qui sollicite la lumière. Mais durant ce long et passionnant parcours, le parrain, quant à lui, aura suivi, pas à pas, les progrès de son protégé, répondant à ses questions, s’intéressant à son parcours. Petit à petit, il aura subtilement intégré dans ses réponses de nouveaux paramètres de réflexion, cela afin de permettre à son filleul de continuer à progresser sur le chemin de la vérité, avec le secret espoir que l’élève dépasse un jour le maître.

Etre à la hauteur

Cette relation quasi fusionnelle, bien des frères l’ont connue et la vivent toujours avec leur parrain. Malheureusement, il existe également des cas, certes plus rares, où le parrain n’a pas été à la hauteur de la charge confiée par la loge. Très certainement, dès la présentation du dossier de candidature, les frères de l’atelier avaient eu des doutes. Lorsque l’on veut parrainer un profane, l’on se doit d’être un frère sans aucun reproche, motivé et assidu en loge, désintéressé dans son engagement maçonnique. Dès le début, ses absences continuelles et non excusées, son manque d’entrain ou de fraternité en avaient refroidis plus d’un et beaucoup ne le voyaient pas dans le rôle du parrain. Et pourtant, le dossier présenté paraissant si intéressant, les frères n’ont pas voulu péjorer ou refuser une candidature sérieuse au motif que le futur parrain ne semblait pas à même d’assumer sa mission. Peut-être, placé devant toutes ces nouvelles responsabilités, allait-il ouvrir les yeux et comprendre ce que l’on demande à un franc-maçon? Pour certains, devenir parrain leur enseigna beaucoup et ils se réapproprièrent les vertus auxquelles les frères croient. Pour d’autres en revanche, cet électrochoc salutaire ne vint pas, l’équerre, le niveau, la perpendiculaire et le ciseau leur étant devenus, au fil du temps, des instruments inconnus.

Jamais seul en maçonnerie

Est-il possible qu’un nouvel initié puisse appréhender l’univers maçonnique sans le moindre soutien ou la plus petite explication de son parrain sur le chemin parcouru jusqu’alors et sur la route qui lui reste à suivre encore? Lune, soleil, sagesse, force, beauté, midi, minuit, métaux, VITRIOL, mercure, souffre, sel, voyages, comment comprendre seul cet univers de symboles que l’on découvre en maçonnerie? Et ces deux travaux que le vénérable maître nous demande d’effectuer pour évoluer du statut d’apprenti à celui de maître, est-il aisé de devoir les traiter sans aucun secours de son parrain? A l’évidence non et fort heureusement, ce frère n’aura pas été seul dans son parcours. D’autres frères, qu’ils soient ou non de sa loge, auront été attentifs à son dénuement et lui auront spontanément porté assistance, suppléant ainsi aux carences manifestes de ce parrain. Ainsi accompagné, le filleul découvrira que la maçonnerie est une école de vie merveilleuse où chaque jour amène son lot de découvertes et de satisfaction. La maçonnerie n’est pas un dogme ni une doctrine, c’est une hygiène de vie avec laquelle l’homme ne cesse de s’améliorer. On ne peut être déçu de la maçonnerie, on ne peut l’être que de certains frères qui l’utilisent et la fréquentent dans de sombres desseins personnels intéressés.

Renaître grâce au parrain

Quelles que soient tes relations actuelles avec ton parrain, n’oublie jamais que grâce à lui, un jour, tu as eu le bonheur de connaître et d’entrer en franc-maçonnerie en frappant, dépourvu de tous métaux, de manière profane à la porte du temple, ce lieu secret qui sert d’abri aux maçons pour couvrir leurs travaux. Pour ma part, je tiens à remercier chaleureusement et fraternellement mes deux parrains de cœur pour m’avoir suivi, soutenu et guidé tout au long de ce long parcours initiatique qui mène à la maîtrise. Tout comme le mot sacré, je ne puis prononcer leurs noms mais ils se reconnaîtront, j’en suis certain… Le salaire suprême pour un franc-maçon est de pouvoir un jour parrainer un nouveau frère sur le chantier du perfectionnement qui mène à la vérité universelle. Encore faut-il être soi-même un bon ouvrier et savoir manier les outils à la perfection pour en apprécier toute la quintessence! »

Source http://www.gadlu.info/le-role-du-parrain-en-franc-maconnerie.html

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Le silence

26 Février 2014 , Rédigé par Christophe LEV\ Publié dans #Planches

Parler du silence c’est déjà faire grand bruit. On ne comprend pas très bien, si c’est le mystère qu’il dissipe, qui nous attire, la curiosité supplantant le désir de connaître, ou bien tout au contraire sa translucidité qui le rend loin d’être énigmatique puisque le silence en ne disant rien, dit tout.

Toute ma vie, j’ai couru sans relâche après ma réussite scolaire, amicale, familiale et bien sûr professionnelle sans vraiment avoir pris le temps, d’une réflexion posée avec mes réelles aspirations. Car la parole est la première des défenses à un profond ressenti, ceci nous permet de ne pas voir consciemment ce qui nous dérange intérieurement, a contrario le silence permet de faire le point.

Après une longue discussion avec mon parrain sur la franc-maçonnerie, sur ses conseils, je décidai de poser ma candidature pour enfin vous rencontrer.

Les enquêtes se déroulèrent et après plusieurs heures de discussion, aucune certitude ou réponse ressorti de ces entretiens, et là un silence s’opéra, car à qui en parler, comment en parler, et je m’aperçu qu’une douce et lente introspection commençait en moi.

Le passage sous le bandeau arriva, et nous entrâmes dans une salle d’attente, où le silence se fît entendre, car comme tous les futurs initiés, je fût dans le recueillement, dans mes inquiétudes et ma hâte de passer cette première épreuve, cette tranche de vie me permis de constater que le silence est un formidable outil de concentration et de méditation.

La deuxième étape vînt enfin, l’initiation, commençant par le cabinet de réflexion, j’entrais dans une petite pièce austère qui me fait penser à une geôle ou à un tombeau, j’y retrouvais beaucoup d’objets, de maximes, de symboles qui me plongèrent dans une grande réflexion. Mon silence commençait à me peser, car ne pas parler pendant plus de dix minutes m’étais impossible, et je compris très vite que je devais faire le point avec moi-même et que c’était pour cela que le silence, était de rigueur.

D’ailleurs, le silence est souvent associé à la mort, et là il s’agissait de la mienne, celle du profane que j’étais.

Le testament symbolique me laissa entrevoir enfin la, ou les vraies raisons de mon entrée dans notre obédience.

Au-dessus de moi, je pouvais lire « vigilance et persévérance », persévérance, oui ceci est compréhensible, mais pourquoi

vigilance, ne sommes nous pas tous en sécurité entourée de nos frères ?

C’est évident que le silence m’a aidé à trouver la symbolique « vigilance », car étant très nerveux et émotif, je compris très vite que la vigilance était envers moi, envers mes engagements, ma volonté et c’était, une des premières fois où je compris, tout l’intérêt du silence dans la compréhension de soi.

J’ai pu lire aussi « VITRIOL », mais ne sachant pas encore sa signification, j’y reviendrai plus tard dans ma planche.

L’initiation se déroula selon nos rituels, et me provoqua une grande émotion, car encore une fois je devais plus écouter, que parler, mais beaucoup de bruit

retenti lors de notre premier voyage, du brouhaha devrais-je dire.

Mon deuxième voyage était moins stressant, et je ressentis un certain calme revenir en moi, le troisième voyage était franchement apaisant, car le silence envahi le temple.

Il est évident que les hommes recherchent la sérénité dans le calme ou le silence et seul les sages réussissent à trouver une harmonie entre silence et bruit.

Il est vrai que j’observai le silence depuis notre initiation, ou devrais-je dire depuis que vous nous avez reçu apprenti, car avant, pendant mes trois voyages, j’ai pu encore répondre à certaines de vos questions ou ordres.

Si j’avais su, que c’était la dernière fois avant longtemps que je pouvais parler, j’y aurais pris plus de plaisir.

Car, depuis, à part le « Présent! Vénérable Maître », le silence est de rigueur.

J’ai constaté lors de nos tenues, que nos frères Maîtres maîtrisent parfaitement, le silence dans leur mode de communication, car ils ont conscience que le silence créé, permet de passer par une période de réflexion ou d’introspection.

Je pense que le jeune Apprenti que je suis avait besoin de cela pour tailler sa pierre.

Il est évident que pour moi, Apprenti, l’écoute des échanges dans le silence et ne pas participer au débat m’a permis de mieux comprendre le sens du rituel et de ses symboles.

Cet exercice permet une meilleure acceptation des différentes pensées, de me concentrer sur les différents avis de mes frères et de contrôler mes émotions et réactions.

Lors de nos tenues, dans le silence et l’écoute, je m’aperçois souvent, que certaines interrogations fusent dans mon esprit et souvent en laissant l’explication aller à son terme, les réponses arrivent naturellement.

Je reprendrai une phrase dite dernièrement par un de nos frères Maître lors de sa planche tracée, « Confusius à dit, nous avons deux oreilles et une bouche, donc nous devons parler deux fois moins que nous devons écouter."

Dans le cabinet de réflexion, je n’ai pu comprendre le terme « VITRIOL » effectivement grâce à nos chantiers d’apprenti et nos tenues, j’ai compris le sens de cette maxime et nous ne pouvons pas parler de silence sans appréhender notre propre introspection, cette perpendiculaire qui descend en nous pour aller vers le VITRIOL.

VITRIOL « Visite l’Intérieur de la Terre, et en rectifiant, tu trouvera la pierre occulte » entrer en nous pour voir et comprendre les formes de notre pierre brute, l’appréhender, la mesurer avec ses faiblesses et ses forces.

Le silence est un outil indispensable à toute perpendiculaire, car les sentiments ou ressentiments sont plus accessibles dans le silence.

Le symbole le plus fort que j’associerai à l’apprenti durant mes deux années est clairement le silence.

Je pense que le bruit ou la parole pollue la descente en nous, la parole est une défense à nos ressentis et le bruit autorise la déconcentration et la dispersion des pensées.

La musique est elle une forme de bruit ? certainement pas, car le bruit est nuisible durant nos travaux, tandis que les musiques choisies pour chaque événement nous entraînent dans nos pensées et émotions et stimulent notre propre introspection.

Nous pouvons aussi évoquer la déviance du silence, le mutisme, celui-ci est néfaste à l’homme car il est un état de fermeture à l’autre et à soi-même tandis que le silence est une ouverture à la révélation.

Le silence imposé a été aussi trop souvent le faire valoir des leaders de pays totalitaires en obligeant leur peuple à se taire. Les hommes sont rentrés dans une logique de développement personnel, sans partage, sans transfert de la connaissance. L’actualité contemporaine nous a démontré les méfaits de ce système.

Le Silence est constructif, mais peut être destructeurs, si nous sommes laissés seul avec notre silence, nous pourrions accéder à certains non-dits, qui souvent ont détruit beaucoup d’êtres, c’est là où les notions de transmission de connaissances et de fraternité interviennent.

Le Silence à un opposé, la parole, le bruit. Comme lorsqu’on perd un sens on développe naturellement les autres, je pense que pour nous c’est identique, car ne pouvant pas parler nous entraînons nos sens complémentaires importants, « la vue et l’écoute »,

De plus, ceci nous permet de mieux travailler avec les outils mis à notre disposition en écoutant nos frères lors de leur planche mais aussi de voir et de vivre le déroulement de notre rituel.

Le silence en loge catalyse les énergies et ceci donne une dimension spirituelle à nos tenues, cette énergie nous pouvons la ressentir dans la chaîne d’union, moment formidable de recueillement et de pensées pour nos frères parti à l’orient éternel, mais aussi, un instant très fraternel ou chacun partage son énergie avec ses frères.

Nous constatons aussi dans le monde profane que les hommes respectent « la minute de silence » cette hommage se fait dans le silence et le recueillement.

Nous avons trop vu malheureusement dans notre actualité, certaines personnes pas libres et de bonnes mœurs ne pas la respectée.

Nous Francs-maçons, nous jurons de garder la loi du silence en ne divulguant pas à l’extérieur ce que nous voyons ou entendons lors de nos tenues. Il est évident que nous devons protéger la symbolique du profane, de l’initié, car la franc-maçonnerie doit d’abord se vivre, et non se raconter ou s’expliquer.

Le silence est un antidote au bavardage qui est qualifiée de prostitution du verbe, au « croire parler » et à la parole exutoire, car connaître n’est pas savoir. Savoir est apprendre de l’autre, alors que connaître est apprendre de soi.

Pour l’apprenti, c’est la discipline imposée à « celui qui ne sait pas », comportement rare dans une collectivité ou la propension est à l’affirmation et à la valorisation de soi par la parole et la reconnaissance d’autrui.

Le silence est aussi un moyen formidable de mettre l’autre en valeur, car il nous permet de mieux l’écouter, de mieux le comprendre et donc de mieux le respecter.

Le silence dans l’écoute permet de développer des idées et connaissances tandis que la parole ne fait que d’émettre ses propres idées.

Il me paraît évident que ce travail doit être bien acquis par l’apprenti pour commencer à travailler sur les autres.

En conclusion:

Je pense que mon silence a été bénéfique à ma construction, à la taille de ma pierre.

Le silence m’a aussi provoqué certains tumultes intérieurs qui m’ont obligé à me maîtriser, à accepter les situations, telles quelles sont, ce qui m’a développé certaines longues réflexions nocturnes après les tenues en me replongeant dans les planches, les débats ou le rituel, cela a été nécessaire et bénéfique à mon apprentissage.

Mais je crois avoir réellement envie de retrouver la parole et même si cela n’est pas un exercice facile et n’ayant pas parlé durant près de deux ans, au-delà de mes frustrations égocentriques, et même si quelques fois le silence m’a apporté un certain confort intellectuel, il n’est pas une fin en soi, et je suis très content d’avoir repris la parole ce soir, pour, je l’espère ne plus la reperdre.

Source : www.ledifice.net

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Du savoir à la Connaissance maçonnique, l’échange entre générations

25 Février 2014 , Rédigé par Jean-Pierre Servel Publié dans #Planches

Très Respectables Grand Maître, mes Très Chers Frères,

Tous les philosophes aujourd’hui savent que Dieu est mort en Allemagne en 1882 sous la plume de Frederich Nietzche. De nombreux auteurs lui ont enjoint le pas sur le même thème. Ainsi dans « Les formes élémentaires de la vie religieuse » Emile Durkheim, sociologue français, parle, trente ans après Nietzsche, de la mort des dieux et du « désenchantement du monde »., En soulignant l’affaiblissement du christianisme, Durkheim analyse la disparition progressive des fondements de la morale et des normes chrétiennes. Ce faisant, il décrit la crise morale que traverse la culture occidentale, la même crise à laquelle Nietzsche fait allusion : une situation qui expose la société à un sentiment de perte de sens, dans lequel « les règles traditionnelles ont perdu leur autorité ».

Face à ce discours très inquiétant mes très chers frères, je vais développer des considérations portant sur :

  • L’espoir de restauration de sens porté par les valeurs maçonniques dans une France qui reste un terreau exceptionnel pour le développement de la franc-maçonnerie.
  • la tension intergénérationnelle qui affecte ces valeurs et le piège du savoir qui guette les jeunes générations
  • La mise en mouvement vers la connaissance. 

Le terreau maçonnique français et le rôle unique de la maçonnerie régulière :

Pour les Français, comme pour les européens, Dieu n’est pas aussi mort que Nietzsche et ses suiveurs l’ont pensé. Dans les sondages les plus récents que nous puissions consulter, plus de 65% des français se réclament d’une religion, en grande majorité de la religion chrétienne. A la question « croyez vous en Dieu ? », plus de 50% répondent oui. A la question « croyez-vous à une vie après la mort ? », 40% répondent encore oui. A la question « selon vous, a-t-on besoin de la religion pour faire la différence entre le bien et le mal ? », seuls 24% des français répondent par l’affirmative, moins de 25% prient, moins de 8% se rendent à un office religieux au moins une fois par mois. Ce rapide survol des chiffres dépeint la France comme un pays encore très habité du sentiment de Dieu, dans lequel la pratique religieuse est en perte de vitesse, ce qui ouvre la porte à une forme de curiosité pour toutes sortes de nouvelles pratiques spirituelles. Plus que les autres nations européennes (43% des européens identifient la morale à Dieu), les français font une large distinction entre les valeurs morales et la religion. Peut-on voir là le reflet de convictions laïques fortement enracinées depuis plusieurs générations, spécialement par le canal de l’éducation nationale ? Le terreau français dans lequel la maçonnerie plonge ses racines est donc fait de l’alliage paradoxal d’un sentiment religieux majoritaire, quoique devenu diffus et de « valeurs majoritairement laïques et républicaines ». Agressivement développée au 19ème siècle, la laïcisation française ne fut pas simplement envisagée comme neutralité religieuse et indépendance des pouvoirs politiques et religieux, elle fut une entreprise largement idéologique, dans laquelle la construction des lois républicaines fut envisagée comme une « œuvre humaniste » libérée de toute considération religieuse ou métaphysique, considérée comme obscurantiste. La franc-maçonnerie du Grand Orient, anticléricale et irrégulière, prit une part importante à la diffusion politique et médiatique des idées laïques en France et celles-ci représentent encore aujourd’hui le cœur des valeurs de ce corps maçonnique, exprimées comme liberté, égalité, fraternité, justice, ouverture, accueil, tolérance, solidarité sociale, etc. Si nombre de ces valeurs restent semblables à certaines valeurs chrétiennes et aux valeurs maçonniques traditionnelles et régulières, elles ne se réfèrent plus à l‘idée de Dieu, mais à celle de progrès. Progrès social, progrès technique, progrès économique, progrès humain.Aujourd’hui imprégnée de ces valeurs laïques, la France est devenue un pays désenchanté qui croit toujours majoritairement en Dieu et ne croit plus guère au progrès, tout en doutant, au spectacle du monde, du sens et de l’efficience des valeurs que celui-ci est supposé porter. Les autorités des corps maçonniques irréguliers français font elles-mêmes ce constat d’enlisement et se lamentent de ce que la maçonnerie qu’ils représentent soit devenue stérile en termes d’idées sociétales et peu influente en termes politiques. C’est à notre maçonnerie régulière qu’il appartient de restaurer, à la Lumière du Grand Architecte de l’Univers, c’est à dire de Dieu auquel une majorité de français croient, le sens premier des valeurs maçonniques ancestrales et universelles, aujourd’hui « laïcisées » en France, dégradées par la pratique politique et par l’idée que la liberté de conscience prévaut sur toutes les autres valeurs. Travaillant explicitement à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers et de sa volonté révélée, seule la maçonnerie régulière peut réaffirmer et porter haut l’espoir transcendant, profond, essentiel, qui habite les valeurs maçonniques traditionnelles incarnées par nos vertus : justice, force, tempérance, sagesse, foi, charité, espérance, mais aussi dépouillement des certitudes, respect de la tradition, bienveillance et pas seulement tolérance, écoute, à travers le silence, de l’autre comme créature de Dieu, humilité de se plier à la démarche initiatique et volonté de s’ouvrir réellement au Grand Architecte et à nos frères, maçons ou non.   

La tension intergénérationnelle, le piège du savoir : aide toi, la techno t’aidera

Dans la crise de sens et de valeurs que la société traverse, pas seulement en France, pas seulement en Europe, l’accélération des innovations n’a fait que produire une forme de dilution des idées, des identités, des croyances dans une mondialisation incontrôlée, augmentant le doute quant à la réalité des progrès et quant à  l’idée même de progrès. L’idée de progrès ne porte plus de réel espoir, ne porte plus de sens. Si le « progrès » n’est plus un espoir ou un sens, il est devenu en revanche un état de fait, subi, inévitable, voire hostile. Dans ce climat de l’avenir hostile, les mécanismes de l’économie renforcent le sentiment d’appartenance générationnelle. L’accélération frénétique des innovations technologiques sans progrès humain produit des difficultés d’adaptation et surtout, contribue à accroitre le fossé générationnel. Les générations sont affectées à des titres très différents. Au cœur du désordre des idées représenté et interprété par les médias, les fils se dressent face à leurs pères. Très tôt, les jeunes sont formés à l’acquisition du savoir, n’ayant que peu d’idée de la notion de Connaissance. Possédant leur propre culture, musicale, technologique, ludique, picturale, les fils prennent très tôt l’habitude de s’enseigner entre eux, à travers l’accès mondial qu’ils ont aux immenses réserves de savoir stockées dans Internet. Mieux encore, plutôt que d’être enseignés par eux, ils prennent aussi le réflexe d’instruire leurs pères à propos de l’usage de ces technologies, ce qui n’est pas neutre pour la transmission des valeurs en général, ni même pour la transmission des valeurs maçonniques que nous recherchons. La mode a pris le pas, jusque dans le domaine des idées, sur le respect des anciens et de la tradition, laquelle est renvoyée au rang de l’immobilisme et des forces réactionnaires. Les pères prennent le risque de ne plus être « wired », « in », « aware ». Pour les jeunes, penser dans les pas de son père est faire preuve d’un désolant manque de personnalité. Dans la vie sociétale ordinaire et l’effort d’adaptation qu’elle demande à chacun, le savoir prend une place prépondérante. S’appuyant sur les  jeunes générations, l’arbitre du savoir prend souvent la forme de Google, ou de Wikipédia, créant ainsi une triangulation de la transmission, de chacun à chacun, à la gigantesque base de savoirs que constitue Internet. Chacun y puise quotidiennement le savoir dont il a besoin : savoir produire, savoir ce qui s’est passé, savoir s’exprimer (en plusieurs langues), savoir chercher, savoir se distraire, savoir consommer. Pourquoi fixer des limites ? Pourquoi pas le savoir être ? C’est ainsi que tout naturellement, Internet est devenu le véhicule de toutes les nouvelles doctrines spirituelles, courants de pensée asiatiques ou « new age », en même temps qu’il s’est invité au cœur de nos travaux maçonniques. Largement pratiquées dans de nombreux rites maçonniques, principalement écossais ou français, les planches sont supposées permettre à chaque maçon de chercher au fond de lui-même l’écho des symboles qui sont proposés à sa progression initiatique, pour partager avec ses Frères le fruit de ses recherches. Rares sont les planches aujourd’hui qui ne font pas référence à des notions, philosophiques ou autre, trouvées dans Internet, déclenchant en rebond des contributions et échanges eux-mêmes teintés des mêmes références. Un autre élément est celui que je nommerai la « spiritualité de consommation », qui fait qu’un grand nombre de jeunes impétrants frappant à la porte de nos temples viennent y consommer de l’ésotérisme avec les mêmes attentes de satisfaction, la même recherche « d’excellence », le même esprit critique que celui qu’ils auraient pour un livre ou une pratique quelconque, culturelle, voire sportive. Doit-on se plaindre des nouvelles pratiques issues des technologies en voie de généralisation ? Doit-on lutter contre leur propagation ? Ce fut le premier réflexe de nos anciens. Dès le départ, ceux-ci ont en effet senti le grand danger qui menace aujourd’hui notre tradition : celui de substituer à la prééminence du sage, initié à la connaissance par la pratique initiatique rituelle, la prééminence du sachant gavé d’internet et n’ayant guère compris le sens du chemin initiatique. Comment réagir ? Que devenons-nous faire aujourd’hui ? Comment vivre et faire vivre notre tradition à des maçons imprégnés de ce nouvel environnement technologique et générationnel ? Pour formuler l’avis que je suis venu partager avec vous, je rappellerai que le savoir fut d’abord conservé – et figé, en même temps que la connaissance, dans le calme des abbayes retirées du monde. Or la franc-maçonnerie prend justement ses racines symboliques dans ce qu’il est convenu d’appeler la « Renaissance », elle-même largement portée par le déclin des abbayes, l’urbanisation et par la nouvelle technologie de l’époque : l’imprimerie. Eût-il fallu mettre l’imprimerie sous le boisseau ? Je suis de l’avis qu’on ne peut pas contrer le mouvement de la société toute entière et qu’il nous appartient d’accueillir les nouvelles générations avec leurs richesses, tout en revitalisant notre tradition et nos moyens de transmission pour porter les valeurs qui seront éternellement les nôtres, à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers. 

Frappez, on vous ouvrira 

Le plus déroutant et en même temps le plus constructif, pour un nouvel arrivant dans notre Ordre, est certainement la frontière établie avec le monde extérieur, cette porte qu’il faut franchir et derrière laquelle, au sein de la loge, plus rien n’est pareil. Le caractère extrêmement formel de cette séparation de l’espace, du temps et des personnes est très fortement scénarisé avec les rituels d’ouverture et de fermeture des travaux, quel que soit le rite pratiqué. Passée cette première porte, au sein de la loge, la hiérarchie initiatique est rétablie par la formalisation de la progression d’apprenti à compagnon à maître-maçon. Une progression lente, qui demande du temps et une profonde transformation intérieure. La prééminence universelle du rituel comme forme d’encadrement des échanges ne laisse guère de doute quant au caractère très particulier de la progression initiatique, qui n’est pas une compétition universitaire. Ces portes, celle de la loge, et les portes initiatiques figurées par les grades maçonniques sont-elles suffisantes pour éviter toute « contamination » culturelle ou technologique, tout phénomène générationnel dans les loges ?

Le doute s’installe dans l’esprit des recrues et des maçons les plus aguerris aux nouvelles technologies lorsque les échanges s’aventurent sur des terrains où les maîtres ne sont pas si « maîtres » que cela, où les contributions peuvent consister en de simples faits de culture parfois discutables ou erronés, où les rituels eux-mêmes peuvent devenir des sujets de divergence lorsqu’ils sont interprétés à la lettre. Lorsque le savoir s’invite subrepticement dans nos travaux, sous le masque de « sachants » pétris d’une autorité qui ne leur est que rarement accordée. Contrairement à ce qui se passe dans les avenues extérieures au temple, le chemin la sagesse et de l’autorité ne passe pas par celui du savoir. La connaissance, si chèrement désirée, n’est pas une accumulation de savoir. Il arrive même que des maîtres maçons, connaissant par cœur le rituel et donneurs perpétuels de leçons non souhaitées, se voient privés justement de toute autorité, voire exclus de certaines loges. La sagesse, l’autorité, la connaissance, viennent d’ailleurs. Elles ne se résument pas au savoir, livresque, internet, ou autre, fût-ce le savoir du rituel. Internet et les nouvelles attitudes générationnelles ne sont pas seules en cause dans cette déviation « apprenante » qui parfois prétend se substituer à la démarche « initiatrice». Si elle est mal contrôlée, la multiplication des degrés et « grades » peut parfois aboutir à une forme d’universitarisme, où les grades sont alors vécus comme une échelle de savoir et d’autorité, plus que comme balises et ordre de progression personnelle. Les titres ronflants associés à chaque grade ne sont pas toujours pour encourager à l’humilité et faciliter une lecture de soi détachée de toute manifestation d’orgueil. Les déviations apprenantes ne datent pas d’aujourd’hui. A l’inverse, une posture visant à rester dans l’ignorance de tous les sujets proches de la maçonnerie, les « arts libéraux », tels qu’on les appelait au XVIIIème siècle, ne serait certainement pas un facteur de solidité et de rayonnement pour nos valeurs. De tout cela il faut dire à mon avis une chose simple. La recherche de savoir, les technologies générationnelles qui le supportent aujourd’hui, ne sont pas des concurrents de la voie initiatique. Elles ne peuvent s’y substituer. Elles n’en sont que des outils. Aucune « consommation » d’ordre spirituel, aucun savoir, aucune culture ne remplacera cette mise en mouvement, cet engagement fondamental, qui s’appelle l’initiation maçonnique. Toute vraie culture maçonnique est le fruit d’un apprentissage, peut-être aujourd’hui en partie numérique, mais surtout d’une mise en mouvement vers notre Vérité intérieure. Frappez. On vous ouvrira. 

Pour finir et pour vous éclairer sur les choix de la Grande Loge Nationale Française,

Permettez-moi, Très Respectables Grands Maîtres, très chers frères, de vous indiquer les conclusions à laquelle nous conduit la réflexion que vous m’avez invité à développer devant vous.

  1. La terre de France est un terreau fertile pour notre développement et il appartient à notre maçonnerie régulière de restaurer le caractère immuable de nos valeurs maçonniques, souvent dégradées au cours de l’Histoire et menacées aujourd’hui, non dans leur essence, mais dans la traduction désenchantée qui en est faite. Ces valeurs sont toujours neuves. Elles en sont pas en crise, mais porteuses d’Espérance, la plus belle de nos vertus.
  2. Comme partout en Europe, la tension intergénérationnelle est accentuée par le bouleversement des mécanismes de transmission du savoir et par les nouvelles technologies, porteuses de consommation culturelle et spirituelle. Ces pulsions générationnelles, consuméristes, et technologiques doivent être maîtrisées tout en sachant accueillir les jeunes générations en attente de sens et de « savoir être »
  3. La voie initiatique est également immuable et réfère à notre tradition primordiale. Cette voie amène les maçons à la connaissance, c’est à dire à la sagesse et à l’amour de ses frères dans la Gloire du Grand Architecte de l’Univers. Les savoirs, les arts libéraux, les outils permettant de s’en instruire ne sont que des outils permettant au maçon de progresser sur sa quête intérieure jusqu’aux portes de l’éternel Orient.  

La GLNF est donc fermement engagée dans une réflexion majeure portant sur les voies et le corpus de la formation maçonnique traditionnelle. Il s’agit de perpétuer les valeurs maçonniques contenues dans la finalité initiatique, tout en plaçant notre obédience dans les meilleures dispositions pour accueillir les nouvelles générations. Il s’agit de transformer, sans la renier ou la décourager, leur quête naturelle de savoir en une quête de connaissance, c’est à dire de savoir être, de sagesse et d’amour. Imprimés ou numériques, consultables individuellement ou dans le cadre de réunions avec les surveillants des loges, ces outils, ont trait, concernant la GLNF, à trois grands aspects de la progression du maçon. La compréhension du rituel et de la voie initiatique. La compréhension de la maçonnerie, de son histoire et de ses principaux symboles. La participation active à la recherche maçonnique et pour cela, la compréhension des « arts libéraux » d’aujourd’hui auxquels le maçon doit s’intéresser, tout en sachant bien qu’il ne s’agit que d’outils, de clés dans sa progression initiatique personnelle. 

Très Respectables Très Respectables Grands Maîtres, mes chers frères, je vous remercie de votre écoute. 

Jean-Pierre Servel

Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française

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Le Neuvième pas

24 Février 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Huit pas ! Me voilà bien avancé… L'idée de traiter le 9ème a déjà été exploitée, par une sœur qui, en quelques dizaines de magnifiques alexandrins, avait su exprimer tout ce qu'elle voyait de beau dans sa recherche. Je ne vais pas écrire en vers, donc, puisque ça a déjà été fait. Pardonne-moi, ma sœur Sylvette, de reprendre ton sujet.

J'ai donc fait 8 pas, et il faut que je continue de progresser. Si je ne cherche pas plus loin, je stagne. Et si je stagne, je régresse, ou pire encore, je croupis, comme l'eau stagnante. Avancer, oui, mais pour aller où ? Si je sais ce que je cherche, je trouverai plus facilement la méthode pour y parvenir. Et je saurai si mon travail se fera dans la solitude, ou dans l'union avec les autres. Mais il faut marcher. Le 3ème degré n'est pas l'oméga, mais l'alpha d'un monde nouveau, dans lequel je n'entrerai pas en restant immobile.

A quoi me servirait-il d'avoir surmonté l'épreuve que m'imposèrent les 3 mauvais compagnons, si je devais me contenter d'être le Maître ressuscité, si je devais me considérer comme achevé ? Rien n'est fini, la quête commence. J'ai les outils, je connais les mots, il me reste à retrouver la Parole perdue, cette parcelle de paradis, ce morceau d'Eden dans lequel m'attend, peut-être, la Compagne idéale. Ou ce morceau de pierre qui me fera bâtisseur. Ou n'importe quoi d'autre, ou rien, qui me fera penser, simplement, au seuil de l'orient éternel, que si je n'ai pas trouvé, au moins j'aurai cherché.

Me voici au 9, pour ne pas dire à neuf. J'ai des outils, une situation, des repères. J'aurai besoin de l'aide d'autres maîtres, même si mon chemin doit être solitaire. Et ce chemin passe de l'unification à la purification, et de la purification à l'amour des autres. Suivons-le. Je suis à 9. Passons très vite sur les références numérologiques. 9 = 4 + 3 + 2. Alliance, et pourquoi pas, somme parfaite, entre 4, nombre de la matière ; 3, nombre de l'esprit ; et 2, incontournable binaire dans lequel se trouve tout et son contraire, chiffre de l'équilibre entre tous les antagonismes, du blanc au noir, du Yin au Yang, du ciel à la terre, ou, comme dans le Yi-King, de l'obstruction à la tranquillité. J'en oublie et j'en omets ! Tout ceci, après avoir franchi le cercueil, est utile à savoir, mais a un petit air de réchauffé. Tout est dans le 8, synthèse du Maître. Et c'est ainsi déjà, que je rejoins l'unité. Je peux la rejoindre autrement.

Si je suis le zodiaque des anciens, je commence mon périple au Bélier. Ca tombe bien. C'est le signe du printemps, de la nature qui renaît, de Perséphone qui revient des enfers, de l'Apprenti qui sort des ténèbres. L'Apprenti est un bélier, fougueux, présomptueux, aimable aussi, dans ses maladresses. Il a besoin des leçons de patience du Taureau. Sous l'égide du soleil, la raison de l'Homme peut monter vers les Gémeaux, qui invitent à la contemplation tranquille. Ensuite, le Cancer appelle au retour sur soi. Restant apprenti, il faut redescendre vers la Terre. Le terrain est rendu fertile pour le Lion, qui déchire, assèche, et dévore. Heureusement, la Vierge lui succède, pour redonner au monde vivant l'équilibre, la sérénité, la justice de la Balance.

Enfin vient la chute, la descente vers la mort qui précède toute naissance. Le Scorpion, bien connu du rédacteur, instille son venin dans le fruit pour y provoquer la nécessaire pourriture.
De cette pourriture, le Sagittaire tirera la substance qui fera renaître l'esprit traversant le soleil d'hiver. Je suis au 9ème signe. Les trois autres feront le reste pour réunifier ce qui doit être uni, pour donner un nouveau sens à la vie. 9 = 1, l'unification continue, et se fortifie. Cela ne peut suffire. Mais comment faire ? Où aller ? Le 9ème arcane majeur du Tarot s'appelle l'Ermite. On n'en sort pas. D'autant moins que la formule qui l'accompagne est encore plus décourageante, au premier abord, ou démontre au contraire que tout reste toujours à faire : V\ I\ T\ R\ I\ O\ L\…

Tout est à refaire ? Non. A recommencer, ce qui n'est pas la même chose. Refaire implique une imperfection de l'objet. Le besoin de recommencer, en revanche, exprime une carence du sujet, du « facteur ». C'est une autre histoire… Il me plaît, cet Ermite. Il est aussi maladroit que moi. Il possède une clé, et ne sait qu'en faire. « A quoi sert le cochonnet si t'as pas les boules ? » chante A\ Bashung. A quoi sert une clé, si on ne trouve pas la serrure ? Dans ce cas, on cherche une autre porte ! Et on voit ce qui s'ouvre. Entre le 8 et le 9, l'Ermite se tient sur le chemin qui mène de la miséricorde, de la grâce, à la beauté et à l'harmonie. Mais ce chemin est troublant, insatisfaisant. Excitant, soit, mais incomplet. La sagesse est sûrement ailleurs, puisque si je suis, comme dans une marelle, l'arbre des Sephirot, tout dépend de la colonne que j'ai empruntée au départ.

Si j'ai emprunté la colonne de rigueur, mon 9ème pas me mènera de l'intelligence à la sagesse. Si j'ai privilégié la colonne de miséricorde, il me conduira de la sagesse à l'intelligence. Tous les chemins mènent à Rome. Toute introspection mène à soi : J'arriverai à Kéther, 10ème étape d'une promenade dont je ne connais pas la fin. Il en est des Sephirot comme du pavé mosaïque. On n'en ressort qu'avec des questions. Qui a eu raison ? Celui qui a choisi la rigueur ? Ou celui qui a préféré la miséricorde ? Et quid de la volonté ? Cette troisième colonne n'est-elle pas ce qui reste quand on a décidé de flotter entre le noir et le blanc de la mosaïque ? Du pavé des Muses ?

9 Muses…9 filles! Et pas n'importe lesquelles. Les filles de Zeus, roi des dieux, et de Mnémosyne, la mémoire des hommes. Compagnes d'Apollon, elles avaient puissance d'oracle. Elles disaient « ce qui est, ce qui sera, et ce qui a été ». Comme Isis, en Egypte, qui était tout cela à la fois, sans jamais se dévoiler aux hommes. Le voile des musulmanes pourrait-il être une survivance de ce voile d'Isis ? Il serait, dans ce cas, tellement beau, symbole d'une sagesse inaccessible aux hommes, et tenue secrète par les femmes. La sagesse, sous certaines formes, est féminine. Et quand ils ne peuvent la dévoiler, les frustrés algériens, iraniens ou afghans, n'ayant rien compris et ne cherchant pas à comprendre, la recouvrent d'une chape de plomb. Mais je m'égare. Connaissance et unification n'ont pas de frontière de temps ou d'espace. Revenons aux Muses. Seule la neuvième, ce soir, m'intéresse. Elle avait nom Calliope, et elle était considérée comme reine de la poésie épique et de l'éloquence. Ca tombe bien, j'en ai besoin. Pas pour vous convaincre, mes Frères, simplement pour être agréable à vos oreilles, ce qui serait déjà bien.

Ses outils étaient le stylet et les tablettes. Tiens, tiens…ça rappelle un compas sur sa planche à tracer… Et n’oublie pas qu'elle fut mère d'un chanteur célèbre à Thrace, en son temps : Orphée, dont on sait ce qu'il advint dans ses amours avec la belle Eurydice. Que de symboles, que de références, que de points de repère, que de mythes qui tous nous ramènent au même sujet : l'Homme, vivant sur terre, et qui se cherche, encore, encore, et encore ! Je rappelle que je suis arrivé à ces digressions en partant de l'arbre des Sephirot. Il faudra que je revienne à cet arbre, même s'il est moins reposant que celui de Brassens. Je n'aspire pas au repos. Dans une autre planche, peut-être ? Il faut savoir fermer, même provisoirement, des portes, quand elles s'ouvrent en trop grand nombre.

Allons donc plus loin, à défaut d'aller plus tard. Tout n'est qu'une question de dimension, et il faut atteindre la purification, après avoir réussi l'unification. Mon outil, pour le 9ème pas, sera la truelle. Nous sommes au cœur de la recherche, puisque cet outil symbolise l'unification et la perfection. Le Maître passe la truelle pour effacer les imperfections de la construction. Les pierres s'assemblent parfaitement, unification et purification possibles et nécessaires. Il y a encore plus intéressant, ou plus troublant. Nous savons que les Rose-Croix ont eu une part marquante dans la création du grade de Maître. Pour eux, la truelle évoque la réintégration : L'univers matériel se double d'un univers spirituel, subtil, dans lequel les intelligences vivent en harmonie parfaite. Par désir de changement, ou par banalité, les intelligences se corporisent et descendent dans le monde matériel. Elles y perdent leur substance, et l'amour, qui était leur ciment collectif, s'efface en elles.

Dans ce monde imparfait, la démarche de re-spiritualisation constitue ce que les rosicruciens appellent la réintégration. A l'égarement individuel succédera alors l'être unique, constitué par ces intelligences, et que cimente un amour universel. L'humanité éparpillée devient alors totale, réunifiée, et parvient à la création de l'Adam primitif, l'Homme unique, se reflétant dans la masse. Bien sûr, je résume.

Mais tout est dans tout. La purification est en route. On croit, ou on ne croit pas. En soi, cette théorie est un beau rêve. Mais elle en rejoint une autre, plus belle et exaltante encore, qui démontre une permanence dans la recherche par l'humanité de ce qui la dépasse. Et c'est cette similitude qui est la plus troublante. Je cite Grillot de Givry, qui nous dit ceci : « Toute chose possède dans l'absolu son archétype parfait ». On ne saurait être plus clair. Poursuivons : « La voie de l'absolu n'est pas dans les nombres, car l'infini n'est ni la somme, ni la limite des Nombres… La réduction de tous les nombres à l'unité doit donc être préalablement opérée avant la possession de l'infini ».

« Car l'unité et l'infini sont les deux noms d'une seule et unique chose... Et c'est là le Grand Œuvre que les philosophes ont enseigné ». Ces considérations peuvent paraître absconses. Mais elles sont une porte vers la purification enseignée par les alchimistes, nos ancêtres, nos Frères. Le principe directeur de l'alchimie, dont le travail des métaux n'est que l'expression symbolique, est de rendre moins impur ce qui est impur, et plus pur ce qui est pur. La spiritualisation de la matière et la matérialisation de l'esprit aboutissent au Grand Œuvre, naissance de la pierre philosophale, ou de l'Homme parfait. L'alchimiste complète le travail de la nature, et poursuit l'accomplissement d'un projet qui dépasse ses dimensions, en faisant évoluer sa nature, à partir du désordre inférieur, le chaos absolu, vers l'ordre supérieur, l'ordre absolu.

La première étape du Grand Œuvre, appelée œuvre au noir, est une putréfaction. C'est la mort d'Hiram, où la chair quitte les os, où tout se désunit. La fin du passage au 3ème degré marque le début de l'œuvre au blanc. C'est le départ vers cette nouvelle étape qui constitue le 9ème pas du Maître. Car le rôle de l'initié aux mystères de la F\ M\, par comparaison, est de reprendre en lui-même ce qu'il y a d'inachevé pour aboutir à la plus grande lumière. Succession de dissolutions et de coagulations, réunion de l'Un et du Tout, du microcosme et du macrocosme, en partant du désordre initial : Ordo ab chao…

Tout est dit? Non. Car à l'œuvre au blanc devra succéder l'œuvre au rouge, qui seule apporte cette lumière parfaite de la connaissance, aussi vrai que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, que ce qui est a été et sera. La purification est en marche. Mais elle rencontre des obstacles. Elle a du mal à s'achever. Les 8 premiers pas ont-ils été trop rapides ? Sur un circuit de course automobile, il arrive qu'un pilote se retrouve derrière ceux qui ont un tour de retard. Tout est dans le cercle… Même les manœuvres de ceux qui, craignant d'être dépassés, obstruent le passage. En course, le coupable d'une telle manœuvre, dangereuse pour tous, est disqualifié. En d'autres lieux, on justifie l'inqualifiable.

Il est donc possible en retour de qualifier l'injustifiable. Il m'arrive de le faire, et je ne m'en excuse pas. Les plus grands alchimistes étaient des hommes seuls. Ils ont trouvé, pour certains, la pierre qu'ils cherchaient, par leur propre V\ I\ T\ R\ I\ O\ L\. Première pierre du Temple qu'ils bâtissent en eux, pour atteindre la Jérusalem céleste. Il faut donc cheminer seul, à partir du 9ème pas. Même si mon chemin n'est pas le bon, qu'importe ? La terre est ronde, le Maître est au centre du cercle; j'arriverai donc au même endroit, même si je suis moins rapide. Il est bon de marcher, même dans le doute, quand tant d'autres sont immobiles dans leurs certitudes.

Sans fierté excessive, je partagerai avec ceux qui le voudront les embûches du chemin. Sans humilité excessive, j'avancerai. Le poète aussi, marche seul. Mais au moins il marche : « Mon verre n'est pas grand, mais je bois dans mon verre... » Qu'en est-il de l'amour des autres ? J'y arrive. Nous sommes passés de l'unification à la purification. Il faut ouvrir la porte de l'ultime étape, parvenir au sommet de l'œuvre, but premier et même unique de l'Art Royal. Me voici, pauvre albatros, voulant connaître la majesté du vol. Car il faut bien que l'oiseau prenne son envol, puisque à terre, maladroit, comme le dit Baudelaire, « ses ailes de géant l'empêchent de marcher ».

Au 9ème pas, donc, je prends mon envol. Rêvons. Je ne suis plus albatros. Vais-je devenir goéland ? Jonathan Livingstone, le plus célèbre d'entre eux, a pris une magnifique leçon de vie et de mort. Il progresse, avec ses congénères, et s'en va, après une vie exemplaire. Mais tout s'arrête trop tristement. Le phénix, oiseau mythique, cher aux alchimistes, présent dans l'œuvre au rouge, se couche dans son nid pour mourir, et sa seule chaleur enflamme sa couche. Le feu suffit à lui redonner vie, il renaît de ses cendres. La vie n'a pas de fin, le phénix porte en lui l'espoir. C'est de nouveau un début pour un œuvre au blanc. Mais quelle solitude ! L'amour des autres est-il ailleurs ? Ecoutons encore Musset, dans « la Nuit de Mai » :

« Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lents une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte ;
En vain il a des mers fouillé la profondeur ;
L'océan était vide et la plage déserte ;
Pour toute nourriture, il apporte son cœur ».

Le silence qui suit est encore de Musset... Voilà l'amour, total, jusqu'au sacrifice ultime. Symbole christique, et non chrétien, présent dans l'inconscient collectif comme l'archétype du don de soi. Aidez-moi, mes Frères, à avoir le cœur aussi grand. Cela m'aidera pour mon 9ème pas. Allons plus loin ensemble. Devenons tous des pélicans. Notre monde a assez souffert. Il a absorbé tant de sang qu'il a fait son œuvre au rouge. Assez de haine. Assez de misère. Acceptons de mourir d'aimer, pour que plus personne ne meure par manque d'amour.

Source : www.ledifice.net

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Loyauté

22 Février 2014 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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