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Hauts Grades

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Un membre du GODF sur une liste du FN : incompatible !

6 Mars 2014 , Rédigé par Noé Lamech

Le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France (GODF) a décidé le 22 février 2014 de saisir  la Cour Suprême de Justice Maçonnique (C.S.J.M.) en vue de sanctionner un membre de l’Obédience présent, dans le cadre des élections municipales à venir, sur une liste du Rassemblement Bleu Marine soutenu par le Front National.

Un courrier en date du 04 mars 2014 a été adressé aux loges de l’obédience en vue de rappeler que les membres sont comptables des principes et idéaux de l’Ordre auxquels il a souscrit,   la responsabilité des ateliers dans le processus de recrutement de nos membres, et l’esprit de fraternité au service de la grande loi de la Solidarité humaine, qui est la doctrine morale de la Franc Maçonnerie.

Lors de la session du 22 Février 2014, le Conseil de l’Ordre a décidé de saisir la C.S.J.M. en vue de sanctionner un membre de l’Obédience présent, dans le cadre des élections municipales à venir, sur une liste du Rassemblement Bleu Marine soutenu par le Front National. Cette décision appelle des précisions et s’inscrit dans une réflexion globale qui mérite quelques explications.

Il est incontestable que les nombreuses difficultés auxquelles notre pays est confronté depuis de nombreuses années suscitent tout à la fois du ressentiment, du désarroi voire de la colère. Qu’une telle situation puisse faire le jeu de divers extrémismes n’est pas en soi surprenant. Il n’est toutefois pas nécessaire de retracer l’histoire du Front National pour savoir que les orientations sur lesquelles il fonde son action sont, sans aucune ambiguïté possible, contraires aux valeurs qui ont conduit chacun d’entre nous à franchir la porte basse. L’humanisme fondateur de la franc-maçonnerie ne saurait en aucune circonstance se confondre avec une idéologie qui fait du bouc-émissaire son cheval de bataille et qui s’inscrit dans un courant anti-Lumières n’ayant au fond jamais admis la République à laquelle nous sommes attachés. Ce rappel permet de comprendre le contexte d’ensemble dans lequel la décision du Conseil de l’Ordre trouve naturellement son inscription.

Au-delà de ce cas d’espèce qui pourrait ne pas être isolé et sachant que le Conseil de l’Ordre saura en toute circonstance assumer ses responsabilités, il convient de rappeler que chacun d’entre nous est comptable des principes et idéaux de notre Ordre auxquels il a souscrit. Il appartient donc à toutes les Loges, au nom même de leur souveraineté, d’être à la fois les gardiennes et les promotrices des valeurs qui sont les nôtres en faisant preuve de la plus extrême vigilance.

Dans une période où un certain anti-maçonnisme tend de nouveau à poindre, il est en effet indispensable de rappeler la responsabilité des ateliers dans le processus de recrutement de nos membres. Il est à ce titre plus que jamais nécessaire que le G.O.D.F. compte parmi ses membres des femmes et des hommes de conviction animés, par delà leurs parcours profanes, d’un authentique esprit de fraternité au service de la grande loi de la Solidarité humaine, qui est la doctrine morale de la Franc Maçonnerie, conformément au serment que nous avons prêté lors de notre initiation et sans lequel nos efforts pour améliorer l’homme et la société resteraient vains.

Source : http://www.gadlu.info/un-membre-du-godf-sur-une-liste-du-fn-incompatible.html

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La Pierre Brute

6 Mars 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Quand j’ai su que je devais traiter ce sujet, j’ai tout d’abord pensé qu’il s’agissait du travail type de l’apprenti maçon. Puis en réfléchissant sur ce thème, j’ai réalisé qu’il est en effet celui de l’apprenti mais aussi celui de tout Franc Maçon tout au long de son parcours, tout au long de sa vie maçonnique ! Ceci explique certainement le nombre de fois où ce sujet est revenu dans les différentes planches que j’ai pu entendre depuis plus d’un an ! J’ai choisi dans un premier temps d’essayer de comprendre pourquoi tailler la pierre brute pour ensuite dans un second temps, aborder comment on peut effectuer ce travail.

Pourquoi tailler la Pierre Brute ? Nous sommes tous entrés en Franc Maçonnerie volontairement mais pour des raisons différentes. Cependant, nous avons tous la volonté de participer à l’amélioration de la condition humaine, à une évolution positive de la société dans laquelle nous vivons.Nous aurions pu le faire par l’adhésion à une association caritative, un syndicat ou un parti politique. Mais c’est une voie initiatique que nous avons choisie, la seule voie initiatique que propose l’occident aujourd’hui comme le rappelait notre frère Bruno Etienne dans sa planche. Avant d’avoir la possibilité de s’investir vraiment dans cette noble tâche qu’est la construction du temple de l’humanité, il est urgent de commencer par travailler sur soi. Quel noble cause que de vouloir construire le Temple de l’Humanité, mais n’est il pas plus sage de commencer par construire son propre temple intérieur, son être, sa personnalité. Et cela passe bien évidemment par la taille de la pierre brute, travail suggéré si fortement par l’initiation. Lors de l’initiation, l’épreuve du miroir m’a beaucoup fait réfléchir. « Tu es ton pire ennemi » m’a dit le frère qui le tenait. Je pense que l’on est en effet trop souvent « son propre ennemi », que l’on est souvent comme pris au piège par nos a prioris, nos idées toutes faîtes, notre éducation qui nous ont inculqué des idées qui ne sont pas forcément les nôtres. Certains psychanalystes considèrent même que nous établissons notre scénario de vie dés le plus jeune âge, entre 5 et 8 ans, et que nous nous y référons inconsciemment tout au fil de nôtre vie. On peut donc se demander si nos choix sont toujours de vrais choix. Tailler la Pierre Brute, c’est pour moi la volonté de faire table rase sur tout ça. Il ne s’agit pas de remettre absolument tout en question, ce serait impossible. Il ne s’agit pas non plus de s’auto analyser, ce serait une grosse erreur. Il s’agit simplement de se retrouver au plus profond de soi-même afin de corriger, d’améliorer, d’embellir son être après l’avoir consciemment identifié afin de se le réapproprié à nouveau. Tout cela pour apprendre à s’aimer vraiment soi-même, être en harmonie au moins avec soi-même et finalement pourquoi ne pas devenir « mon meilleur ami ». Comment avoir la prétention d’aimer les autres ou de les aider si on n’a pas tout régler avec soi même ? Nous l’avions abordé lors d’une discussion en loge, seul l’homme éveillé peut être placé au cœur de l’action. Comment atteindre l’éveil si de trop nombreuses couches, amoncelées années après années, viennent systématiquement « polluer » notre jugement, notre raisonnement. Comment atteindre l’éveil si nos passions, nos pulsions et nos émotions nous submergent trop facilement et tendent à prendre le pouvoir? Atteindre l’éveil passe à mon avis par la recherche de la vertu et comme le disait Platon « la première des vertus, c’est l’émerveillement ». A quoi sert ce travail sur soi si ce n’est pas aussi pour voir les choses différemment, sous un autre angle, avec un œil neuf qui donne à nouveau cette sensation d’émerveillement comme l’enfant de trois ans qui découvre le monde dans lequel il vit. Le monde profane tend à vouloir tuer l’émerveillement, à ne mettre en avant que les choses négatives et à faire de nous des gens déçus, blasés, désabusés et pessimistes. Comment construire si l’on considère par avance que l’édifice va s’écrouler ? Quel émerveillement que de pouvoir se regarder à l’intérieur, se voir, s’observer et se critiquer ! Quel autre animal peut se permettre cela ? Aucun bien sûr, seul l’animal conscient qu’est l’homme le peut. Quel émerveillement aussi de constater que nous sommes l’aboutissement d’une évolution de plusieurs millions d’années, sachant que notre espèce aurait pu s’éteindre de nombreuses fois ! Tailler la Pierre Brute, c’est pour moi la volonté de changer afin de voir le monde sous un autre angle, sans filtre, sans voile et donc de s’approcher le plus possible du vrai, du beau !
Comment tailler la Pierre Brute ?
Personnellement, je distingue deux phases. Une première phase d’observation qui me permettra de bien cerner la Pierre Brute, de l’apprécier sous ses différentes faces, de mieux la connaître, de la reconnaître. C’est seulement ensuite que débutera la deuxième phase qui consiste à tailler vraiment en utilisant les outils. Pour la première phase dite d’observation, je n’ai pas trouvé de manuel ni de livre de recettes indiquant la marche à suivre, mais j’ai été initié et cette épreuve m’a fortement suggéré le travail d’introspection, de retour sur soi dans le but de m’améliorer, d’avancer, de progresser avant d’avoir la prétention de vouloir faire avancer les autres. Pour moi, il me semble que ce travail avait déjà débuté avant l’initiation. C’était un travail certainement inconscient, non structuré mais il débutait quand même. Puis les choses se précisent vraiment dans le cabinet de réflexion où l’on se retrouve face à soi même, seul dans ce lieu si particulier que l’on oubliera jamais quoi qu’il arrive, un moment unique et indescriptible. Des symboles, un crâne humain, des phrases marquantes, un « flirt » avec la mort en quelques sortes. J’ai, comme nous tous, été intrigué par le fameux VITRIOL qui déjà incite à la recherche en soi, à visiter les profondeurs de la terre, nos profondeurs, à entrer en nous même et à apprendre à mieux se connaître en cherchant la pierre philosophale. A noter que La Franc Maçonnerie n’est pas la seule voie qui invite au travail sur soi.Les contemporains de Socrate lisaient déjà sur le fronton du Temple de Delphes le fameux « Connais toi toi-même ».Les Bouddhistes disent aussi : « Celui qui est maître de lui-même est plus grand que celui qui est maître du monde ». Il faut se connaître pour être maître de soi. Chez les égyptiens, on parlait de Ma’at qui signifie recherche de rectitude, de justice, de vérité. Dans ce cas précis, le lien avec la Franc Maçonnerie semble évident ! Est ce que je peux effectuer ce travail seul ? Pour une partie oui, mais on comprend très rapidement que l’autre est indispensable. Le travail est efficace seulement si, à mon avis, il y a aller et retour entre moi et l’autre. Dans cette phase d’observation, l’autre est un peu comme un miroir. Je me connais mieux en apprenant à connaître l’autre et inversement. Pour moi, chercher à se connaître c’est la démarche fondamentale, l’œuvre quotidienne et constante proposée par l’initiation. Par ce travail, je cherche à découvrir mon « être vrai », ma substantifique moelle, ce qui me compose vraiment au plus profond de moi, une fois toutes les pelures superficielles retirées. L’initiation invite à la recherche de l’essence en chacun de nous, la partie la plus simple et la plus importante, une fois le superflu écarté, la plus simple expression du « moi » en quelques sortes ! C’est en travaillant que je réalise que cet être intérieur ne m’est pas si étranger. C’est lui qui vibre en chacun de nous lorsque nous sommes touchés par une forme d’art ou une autre. Cela est vrai pour la musique dite universelle comme celle de Mozart ou de Bach qui interpelle obligatoirement celui qui écoute et ceci sans apprentissage préalable. L’art s’adresse à l’être intérieur de chacun car l’oeuvre est aussi l’expression de l’être intérieur de celui qui l’a crée. Je suis de culture occidentale mais je peux être touché par la musique indienne de Ravi Shankar comme par une sculpture réalisée par un artiste africain. L’art c’est l’être qui parle à l’être. L’être éveillé ne percevra que mieux le message, c’est évident. Pour moi, l’objectif de cette démarche est de privilégier l’être plutôt que l’avoir, contrairement à ce que propose trop souvent le monde profane. En effet, notre éducation nous a trop souvent enseigné les moyens de posséder, de paraître pour prendre notre place dans la société. La vie de tous les jours, la société nous ont aussi poussé à jouer parfois involontairement un rôle, à paraître quelqu’un que nous ne sommes pas toujours. On ne nous a pas ou peu enseigné comment être vraiment, et de plus être soi même. Le défi est bien là, apprendre à être après avoir si longtemps privilégier l’avoir ! Exister en étant, et non en possédant ou en paraissant. L’initiation est l’étincelle qui nous suggère ce travail, elle n’apporte pas la lumière à elle seule, ce serait trop simple mais elle incite, elle invite. Tout reste à faire et le chemin est long pour celui qui décide de l’emprunter. Il est sinueux, tortueux, pentu et même bordé d’orties ou de silex acérés comme nous avons pu l’entendre dans certaines planches. Le découragement guette sans cesse celui qui l’emprunte. Il faudra de la vigilance et de la persévérance comme nous le rappelle le cabinet de réflexion. Celui qui débute ce travail passera certainement par différents états, par différentes phases. Parfois le travail est efficace, il permet une avancée encourageante. Parfois au contraire, le travail doit s’arrêter car les conditions ne sont pas réunies, les aléas de la vie, l’émotionnel s’en mêlent et il est plutôt sage de poser les outils. Il peut être parfois très pénible d’être face à sa propre réalité, face à son vrai soi, face aux cases noires de son pavé mosaïque, alors que jusque là on ne voyait que les blanches ! L’observation sera d’autant plus efficace que le maçon aura une certaine maîtrise autant :

- Physique : c’est l’enveloppe et rien ne vaut un esprit sain dans un corps sain.
- Qu’ intellectuelle : l’objectivité du raisonnement.
- Qu’émotionnelle : si une émotion non maîtrisée submerge le tailleur, la taille s’arrête immédiatement.

Cette phase qui consiste à s’observer soi même, son être, sa pierre brute afin d’en identifier plus précisément les défauts, les aspérités est très délicate car l’apprenti est à la fois sujet et objet, difficile d’être juge et partie. De l’objectivité du jugement dépendra la qualité du travail à venir. Avoir le recul suffisant, être assez neutre dans son jugement, assez objectif, pour s’observer, se critiquer, quelle difficulté ! Attention de ne pas tomber trop rapidement dans l’autosatisfaction et de se croire arrivé avant même d’avoir franchi la ligne de départ. La deuxième étape peut enfin débuter. L’apprenti peut se saisir de ses outils que sont le maillet et le ciseau. Il les maîtrise mal, il a le tablier relevé. Le maillet symbolise la volonté du tailleur. C’est lui qui apporte la force nécessaire à la taille.Il n’y a aucune réflexion, aucune finesse dans cet outil. Il est tenu de la main droite et apporte la puissance, la force, l’énergie nécessaire au travail. Le ciseau au contraire est l’outil de la précision. Il demande beaucoup plus de dextérité, d’application. Il va aller se placer à des endroits précis sur la pierre brute pour écarter les parties indésirables et préalablement identifiées comme telles. Au départ, le travail est grossier et l’on enlève facilement des parties de taille importante. Plus le travail avance et plus il est difficile, fin, délicat et demande des efforts importants. Si l’apprenti dispose d’outils, il lui faut aussi un cadre, un endroit propice à la méditation, au retour sur soi, à l’élévation. C’est le rituel qui permet cela et pour l’apprenti, le silence sur les colonnes. Chez les égyptiens, comme chez les bâtisseurs de cathédrales on ne taillait pas la pierre sur le chantier où régnait le silence et la discipline, mais à l’écart, dans la carrière. On ne l’amenait que pour lui faire prendre sa place définitive ; pour cela elle devait être dégrossie et la taille devait être même bien avancée. Alors elle pouvait enfin prendre sa place dans l’édifice. C’est grâce à ce travail que l’apprenti peut espérer « élever des temples à la vertu et creuser des cachots pour les vices ». Pour conclure, j’aimerai préciser que ce travail est particulier et propre à chacun d’entre nous. Pas de recette miracle, pas de raccourci pour atteindre l’objectif plus vite, mais du travail et encore du travail.Le but n’est pas de transformer totalement la pierre brute, mais bien de la rectifier, de la modifier sans qu’elle ne perde sa particularité, sa spécificité, son originalité car elle est unique ! Ce n’est que mon avis, mais je me retrouve assez peu dans le symbole de la pierre pointue et lisse que l’on a dans notre temple. Cette pierre taillée a été obtenue par une taille à la scie, outil moderne qui taille sans discernement et en une ou deux fois. Je pense qu’au contraire cette oeuvre nécessite une multitude de coups de maillet et de ciseau. Même taillée, la pierre garde quelques aspérités, quelques défauts qui font qu’elle est unique. L’aspect lisse et parfait de cette pierre me gène un peu. Peut être est ce uniquement l’objectif vers lequel il faut tendre ! Pour finir, je pense qu’il est sage de bien garder en mémoire que ce travail ne sera jamais fini.  La pierre va prendre une forme plus élaborée, mais l’effort devra être maintenu et de fréquents petits coups de ciseau seront nécessaires. Le livre d’André Comte Sponville « Petit traité des grandes vertus » est un ouvrage qui m’a permis de progresser car il analyse en profondeur chaque vertu. Il nous rappelle par exemple que la vraie générosité c’est donner à l’autre quelque chose qui nous fait vraiment défaut . Il nous rappelle aussi que se considérer humble, c’est déjà ne plus l’être. A une tout autre époque, Socrate expliquait aussi à ses juges qui se prétendaient sages, que penser être sage c’est évidemment, déjà, ne pas l’être. Il faut donc travailler et travailler encore avec humilité, et l’on pourra peut être un jour s’attaquer à cette noble tâche qu’est la construction du Temple de l’humanité. Pour moi, tailler la Pierre est un moyen et non uniquement une fin en soi car le monde évolue très vite et c’est dans la cité que je veux m’investir au risque sinon, de préférer l’introspection à la construction. Je me permets une dernière parenthèse pour dire un mot sur la musique que j’ai choisie pour illustrer cette planche d’apprenti vu qu’elle ne sera suivie d’aucune question. Elle sera diffusée après accord du maître de la colonne d’harmonie et du Vénérable Maître. Il s’agit des suites de Bach, interprétées au violoncelle par Alexander Kniazev. Ce choix m’a semblé judicieux car le soliste par son interprétation très sobre illustre bien la recherche de l’essentiel, du vrai, tout comme celui qui taille la Pierre Brute. Pour moi le travail de ce soliste symbolise l’introspection, alors que la symphonie symbolise plus la construction collective.

Source : www.ledifice.net

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RL de Recherche L. Dermott

5 Mars 2014 , Rédigé par T.D Publié dans #RL Laurence Dermott

200000 visites, 494 adhérents à la newsletter et plus de 700 textes, le blog de la RL Loge de Recherche Indépendante L. Dermott se porte bien. Merci pour votre soutien et votre fidélité.

La RL L. Dermott est une Loge de Recherche virtuelle. Elle peut cependant se réunir dans le "monde réel" ce qui a déjà été fait une fois à l’Orient de Rennes en 2013.

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Le symbolisme, base du travail maçonnique

5 Mars 2014 , Rédigé par Jean Pierre Augier Publié dans #Planches

Le thème de réflexion aujourd’hui soumis à votre assemblée et donc aux Loges – le symbolisme, base du travail maçonnique – est un thème traditionnel mais fondamental. Il se distancie intentionnellement de nos préoccupations immédiates afin de nous inviter à un retour aux sources. Nos assemblées de ce jour ont certes pour objet ponctuel de résoudre des problèmes organiques comme en rencontrent pratiquement toutes les associations. Cette tâche nécessaire est pour nous un devoir, mais ce n’est pas l’essentiel. Car nous ne sommes pas réunis seulement pour traiter de questions administratives à brève échéance. Cette assemblée a aussi pour but de stimuler notre réflexion et celles des Loges sur la mise en œuvre de notre idéal spécifique et sur l’avenir de la Franc-Maçonnerie suisse à long terme. C’est en effet dans la durée et dans la profondeur, non dans l’éphémère et le superficiel, que la Maçonnerie trouve à la fois sa raison d’être et la force de prospérer. La réflexion que je vous propose sur le thème du symbolisme s’articule sur trois axes :

1. Le symbolisme initiatique, cœur de la Franc-Maçonnerie
2. L’étude des symboles et la compréhension de la méthode symbolique.
3. La pratique du symbolisme dans la vie quotidienne et maçonnique.

1. Le symbolisme initiatique, cœur de la Franc-Maçonnerie

La Franc-Maçonnerie se différencie fondamentalement des autres associations de la société civile par son caractère initiatique et l’utilisation du langage symbolique. Dès ses origines, la Franc-Maçonnerie a reposé sur deux piliers. D’une part un engagement humaniste et exotérique collectif, sur le plan culturel, social ou politique. D’autre part une mission initiatique et ésotérique, individuelle, morale et spirituelle. L’équilibre entre ces deux axes doit être maintenu, car tous les deux répondent aux besoins de l’humanité et à l’attente des Frères.
Ce qui fait toutefois l’originalité propre de la Maçonnerie, c’est sa dimension initiatique, ses rituels et ses symboles. Puisque l’initiation et le symbolisme font la spécificité de la Maçonnerie, il est essentiel que les Loges et les Frères concentrent leur travail sur le symbolisme initiatique. Des rituels disent que le but de la Franc-Maçonnerie est de trouver la vérité à travers le voile des symboles. Autrement dit, le but, c’est la vérité ; le moyen d’y accéder, c’est le symbole. Toute la démarche maçonnique, au niveau des moyens et de la méthode, est basée sur le symbolisme, son langage et son efficacité. L’initiation en tant que rituel est elle-même un ensemble dynamique de symboles. Si les travaux en Loge se trouvent trop dépouillés, en qualité ou en quantité, de la richesse des rituels et de la symbolique, le travail maçonnique perd son sens et sa substance. Comprendre la place et l’importance des symboles et des rituels initiatiques permet de mieux discerner les objectifs principaux du travail maçonnique et la finalité de l’initiation. Le vécu des passages initiatiques, la participation aux rituels et l’étude des symboles ont pour but d’agir sur le Maçon, de façon à induire une transformation de son être. Cette action se situe sur deux plans. D’une part, les symboles le font réfléchir, d’autre part ils agissent de manière intuitive ou inconsciente. L’objectif premier du travail maçonnique est donc le développement personnel, l’épanouissement moral de l’être. Son objectif collectif vient en second, car l’élévation des individus est la condition sine qua non du progrès de l’humanité. La Franc-Maçonnerie étant initiatique, elle est par essence morale et spirituelle, dans ses fondements et dans ses buts. L’initiation, vécue comme un processus intérieur, est un cheminement vers la réalisation de soi, vers l’unité de l’être.

2. L’étude des symboles et la compréhension de la méthode symbolique

Pour améliorer le travail des Frères, il est utile d’étudier non seulement les symboles maçonniques, mais aussi de rechercher comment fonctionne le langage des symboles et comment le rituel agit sur l’initié. L’étude des symboles eux-mêmes, la recherche sur leur interprétation et la quête intellectuelle de leur signification, tout cela est utile mais ne fait pas un initié. Sinon les livres et les discussions suffiraient à la Maçonnerie, sans qu’elle ait besoin de Temples et de rituels. L’homme moderne vit sous l’empire de la science et il a besoin d’explications rationnelles. Quand il vit une initiation ou participe à une tenue, le Maçon d’aujourd’hui a envie de savoir comment cela fonctionne. Ce désir d’explication des phénomènes symboliques et initiatiques est positif, car la compréhension objective du » comment ça marche » permet certainement de mieux vivre ou conduire les rituels, avec plus de conscience, donc de les rendre plus efficaces pour soi et pour les Frères. La méthode symbolique et le phénomène initiatique ne relèvent pas du seul travail intellectuel. Les symboles et rituels influencent directement la psyché humaine, même sans médiation de l’intellect. C’est là une clé essentielle pour comprendre le symbolisme. Le symbole est le langage de l’initiation, car ce que transmet l’initiation ne peut pas être exprimé par le langage ordinaire et le discours intellectuel. Le symbole s’adresse à autre chose encore qu’au mental conscient. Il s’adresse à la perception immédiate de l’émotion ou de l’intuition. Pour bien pratiquer la Maçonnerie, il faut donc avoir tous ses sens en éveil. Si l’on veut que le symbolisme initiatique remplisse son rôle, agisse efficacement, deux conditions sont nécessaires. D’une part, il faut en Loge que les Frères soient à l’écoute avec tout leur être, à la fois concentrés et sereins. D’autre part, il faut que les tenues soient conduites avec un maximum de sérieux et de rigueur. Afin de sensibiliser les Frères à la nature du symbolisme, deux sujets de réflexion peuvent être intéressants. Premièrement la différence entre les signes, qui parlent à la raison, et les symboles, qui parlent à l’être tout entier. Deuxièmement la relation entre d’un côté le sens permanent et universel des symboles, d’un autre côté leur interprétation et leur perception personnelle. Symbolisme et initiation sont fondés sur des processus psychiques et spirituels bien réels. Les étudier sous l’angle de la psychologie permet de mieux comprendre et vivre le travail maçonnique et son but. La psychologie des profondeurs développée par Carl Gustav Jung, à ne pas confondre avec la psychanalyse freudienne, offre au Franc-Maçon d’aujourd’hui des clés précieuses pour comprendre comment fonctionne le symbolisme et quelle est la finalité morale et spirituelle de l’initiation. Les notions fondamentales de la psychologie jungienne, comme l’inconscient collectif, les archétypes, le Soi et le processus d’individuation, éclairent de façon très pertinente les phénomènes symboliques et initiatiques, par conséquent la Franc-Maçonnerie elle-même. Cette approche psychologique n’est en contradiction ni avec la tradition maçonnique spirituelle selon René Guénon, ni avec les conceptions de la Maçonnerie rationaliste. L’approche psychologique réconcilie, au contraire, science et spiritualité. Ce champ d’étude peut donc être fructueux.

3. La pratique du symbolisme dans la vie quotidienne et maçonnique

Le symbolisme n’est pas seulement un instrument maçonnique et initiatique. Il joue un rôle important dans l’existence intime de chacun, dans les relations avec autrui et dans la vie collective de l’humanité. La plupart des problèmes de société ont leur source dans les attitudes psychiques des individus qui composent la collectivité. Les comportements sociaux et politiques sont fortement influencés par les symboles. La connaissance du symbolisme permet donc de mieux comprendre les mouvements qui agitent le monde. Dans nos rapports quotidiens avec autrui, les paroles, attitudes et comportements ont, à côté de leur expression immédiate une portée souvent fortement symbolique. Etre sensible au langage des symboles peut aider à gérer sentiments et réactions émotionnelles dans les relations humaines. Sur le plan personnel, notre voix intérieure s’exprime souvent de manière symbolique, dans nos rêves, intuitions et réactions spontanées. L’ouverture au monde des symboles facilite l’écoute de soi-même et la compréhension des événements de notre vie. En Loge, le travail mérite de faire une large place au symbolisme, non seulement par la pratique des rituels, mais aussi par une instruction sérieuse des Frères de tous les grades. L’étude du symbolisme devrait naturellement porter sur les différents symboles propres à la Franc-Maçonnerie ainsi que sur les rituels, en s’efforçant d’en dégager le sens profond et d’en tirer un message concret pour les Frères. Le symbolisme d’autres traditions peut aussi être travaillé avec profit. Il serait en outre stimulant d’étudier le symbolisme initiatique en tant que méthode, de rechercher et d’expliquer comment il fonctionne. Dans cette perspective, l’approche psychologique peut être très enrichissante. Pratiquement, les Loges devraient inciter les Frères à faire des recherches personnelles et à présenter des planches traitant du symbolisme. Elles devraient également organiser des séances d’instruction, en particulier pour étudier les rituels des différents grades. Un soin tout particulier doit être apporté à la pratique des rituels, car ceux-ci sont un élément capital du travail et de l’initiation maçonniques. Les rituels doivent être tenus avec une grande rigueur pour que les Frères puissent les vivre avec profit. Les travaux de nos Loges s’ouvrent à la gloire du Grand Architecte de l’Univers et devant le volume de la Loi sacrée. Cela implique que nos travaux soient empreints de dignité et marqués par un certain degré de sacralité initiatique. Si l’on veut que la Franc-Maçonnerie réponde pleinement à sa vocation initiatique et contribue au développement moral et spirituel des Maçons, il est indispensable que nos travaux rituels soient d’une qualité irréprochable. Cette qualité est aussi la condition pour que l’enseignement maçonnique puisse porter ses fruits et être mis en pratique par chacun dans son existence quotidienne, à l’intérieur de lui-même comme dans ses rapports avec le monde.

Source : http://www.gadlu.info/le-symbolisme-base-du-travail-maconnique.

Source : http://www.masonica-gra.ch/symbolisme_augier.

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Le Symbolisme en Franc-Maçonnerie

4 Mars 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

En Franc-Maçonnerie, pour pratiquer le symbolisme, il faut regarder ce qui existe comme une grande écriture. C'est penser la pensée et parler un langage.
Comme l'indique le mot, le symbole est un ensemble qui réunit plusieurs éléments, afin que l'ensemble représente davantage que la somme des parties.
"Ici tout est symbole", dit le rituel d'initiation au premier degré, celui d'apprenti Franc-Maçon, cette phrase décrit la voie symbolique : "Ici, nous apprenons à regarder la modalité symbolique de tout ce qui existe".
En somme, voir dans chaque mot une métaphore. Il convient d'insister sur ce fait parce que le symbolisme est perçu d'habitude comme l'apprentissage d'un langage codé par lequel se reconnaissent les membres d'un groupe, cela et rien d'autre.
Le symbolisme casse les définitions figées qui ne correspondent pas à la réalité en devenir, il entraîne à reconnaître la phase transitoire d'une chose à être.
Le but ?
Reconnaître la réalité telle qu'elle est, c'est-à-dire vivante, repérer la porosité des limites qui séparent les catégories, autrement dit "réunir ce qui est épars".
La pratique du symbolisme libère des idées reçues et des tics mentaux, sous réserve, bien évidemment, qu'elle ne soit pas dogmatique.
Si elle se réduit à la mémorisation de réponses et à l'énumération d'équations simplistes selon le schéma "ceci veut dire cela", elle rétrécit et aliène au lieu d'élargir l'esprit.
Le symbolisme ouvre des pistes sur la pensée lorsqu'il explore ce qui relie le désir à l'idée, l'imagination à la raison, l'esprit qui globalise et celui qui découpe, sans renier ni privilégier l'un ou l'autre, sans jamais se blottir dans des certitudes figées.
Le symbolisme est un exercice utile qui permet de débusquer la part de réflexe qui habite la réflexion, de relier un mot à son histoire.
Ainsi se corrigent les amalgames préjudiciables et générateurs de comportements aberrants, le symboliste est prémuni contre les dérives occultistes de l'ésotérisme.
Il ne confond pas la dévotion et le mysticisme, la foi et la confiance, la complaisance et la bienveillance, il apprend à être précis et s'en porte mieux.
Le projet du maçon est défini par ces deux propositions qui, dans tous les rites maçonniques, sont répétées souvent : "Aller plus loin" et "réunir ce qui est épars".
C'est en répondant à ces invitations que progresse la connaissance objective.
En effet, les opérations mentales par lesquelles se construisent les théories et les applications techniques s'articulent autour des actes d'englober, de rapprocher et d'appliquer.
Ceux-ci accomplissent le projet du maçon.
Le symbolisme met l'accent sur le savoir subjectif et la voie symbolique est celle de l'introspection conduite par les associations libres.
Le symboliste postule que le savoir objectif passe par le savoir subjectif, comme le dit l'aphorisme socratique : "Connais-toi toi-même et tu connaîtras le monde et les dieux".
Reconnaissant cela, il explore les voies qui relient le désir à l'idée et met en pièces toute affirmation dogmatique, même le dogmatisme de l'évidence.
Il explore les strates du sens et accomplit le travail auquel nous convie Spinoza : "Tu dis que tu as choisi une idée parce qu'elle est bonne, sache qu'en réalité tu dis qu'elle est bonne parce que tu l'as choisie".
Le Franc-Maçon, familier du Symbolisme, repère la part mythologique de tout discours.

LE SECRET MACONNIQUE

C’est l’obligation contenue dans l'engagement que prend le profane en devenant Maçon de ne révéler à aucun « non-Maçon » tout ce qui a trait à la Franc-Maçonnerie.
A chaque franchissement de degré, la même obligation pèse sur le récipiendaire à l'égard de ceux qui n'ont pas encore franchi ce même degré.
Cette obligation au secret n'a pas été respectée en fait par un certain nombre de Maçons en raison du caractère pratiquement incontrôlable de la diffusion de tout texte une fois imprimé de sorte que même si l'intention de respecter le secret existait sans doute, la prudence n'était pas à la hauteur des intentions.
Que faut-il réellement cacher et pourquoi?
En fait, il y a trois secrets maçonniques objectifs qui sont: le secret d'appartenance; le secret des Rites; le secret des délibérations.
a) Le secret des délibérations est prescrit par exemple par le Règlement général du Grand Orient de France qui interdit de rapporter à un Frère ce que l'on dit à une Tenue à laquelle ce dernier n'a pas assisté. Il s'étend donc à tous les Frères absents quels que soient leurs grades ou leurs offices respectifs, hormis ce qui figure sur « la Planche Tracée ».
b) Le secret des Rites ne vaut qu'à l'égard de ceux des Frères qui n'ont atteint pas le degré en cause.
c) Le seul secret qui ne concerne jamais un autre Maçon est le secret d'appartenance.
Mais à l'égard des profanes, il n'a pas une portée absolue puisqu'un Maçon qui veut faire entrer un candidat en loge est obligé de se dévoiler.
Théoriquement, cette faculté est réservée au Maître Maçon puisque, seul, il a le droit de présenter un profane.
Ensuite, les enquêteurs se dévoileront à leur tour, encore que l'on pourrait imaginer des méthodes qui éviteraient cette mise à découvert.
Cependant, en certains cas précis, les usages font que même le secret d'appartenance d'un Frère vaut à l'égard des autres Frères.
En effet, certains Frères placés à des endroits « stratégiques » , en général dans les services publics, doivent être protégés contre les sollicitations abusives ou des indiscrétions, notamment de la part de ceux qui quittent l'Ordre.
Le Vénérable de la loge du lieu de résidence ou de travail de l'intéressé connaît seul son appartenance et en fait usage avec la prudence désirable qui n'est jamais superflue tant il est vrai que pour être Maçon on n'en est pas moins homme.
Il convient en effet de noter que ce serment, lorsqu'il est fait au premier degré, s'opère indépendamment du serment maçonnique proprement dit et avant les épreuves.
Ce qui implique que quitter la Maçonnerie n'entraîne pas le dégagement du serment qui a été prêté en tant que profane.
Mais on peut toujours craindre le non-respect de la parole ainsi donnée.
Il faut néanmoins reconnaître que, compte tenu du grand nombre de Frères devenus irréguliers, c'est à dire démissionnaires, radiés ou exclus, ceux qui ne tiennent pas leur promesse de secret sont finalement peu nombreux.
Mais le problème important, c'est que ce secret en tant que tel peut sembler la cause d'une suspicion permanente et assez générale à l'égard de la Franc Maçonnerie, du moins dans les pays non protestants et plus exactement non anglo-saxons.
La réaction des profanes est évidemment simple, simpliste même : « si vous ne faites rien de mal, il n'y a pas de raison de vous cacher. Donc, si vous vous cachez, c'est que vous faites le mal. »
On remarquera néanmoins et ce n'est pas tout à fait un paradoxe que si tout le monde avait toujours gardé parfaitement le secret, la question n'aurait pas été posée puisque personne ne connaîtrait l'existence de la Franc-Maçonnerie.
Le secret des délibérations s'explique de façon simple : c'est la garantie de la liberté totale d'expression, condition fondamentale du travail de perfectionnement maçonnique.
C'est ainsi que trois professions qui ont besoin de cette liberté d'expression de leurs «clients» sont traditionnellement astreintes au secret professionnel : les médecins, les avocats et les prêtres.
S'y ajoutent le notaire dans certains cas, l'enquêteur des firmes d'études de marché et également le fondateur utilisé dans le perfectionnement de professionnels en place, ainsi que le journaliste... et même le policier.
Mais on notera avec un intérêt particulier, en raison d'une certaine analogie de situation, l'application de la règle du secret à tous les participants d'un « groupe de diagnostic ».
Le secret des Rites, qui s'étend évidemment aux symboles qui en sont les éléments, s'explique aisément si l'on veut bien se rappeler que ces Rites constituent d'abord des épreuves.
Or, il ne semble pas qu'il y ait jamais eu de contestation de la règle qui veut qu'on ne divulgue pas aux candidats les sujets d'examens avant que ceux-ci soient subis.
La contestation - si contestation il y a eu - s'est plutôt élevée dans le cas contraire.
Reste le secret d'appartenance que, dans la Maçonnerie des pays catholiques, on a eu tendance à expliquer par la nécessité de se protéger contre l'hostilité de la société profane.
La même explication vaut évidemment pour tout pays où la Maçonnerie est interdite et les Maçons persécutés comme dans nombre de pays islamiques, dans les démocraties populaires, et les Etats fascistes.
D'où évidemment la tendance naturelle à faire découler l'abandon du secret et les retours à des institutions réellement républicaines.
Le véritable secret maçonnique n'a rien que de très ordinaire : dans la mesure où la Franc-Maçonnerie est fondamentalement une expérience vécue, celle-ci est par définition incommunicable.

LES OUTILS DU BATISSEUR

I. LE MAILLET ET LE CISEAU

Cette paire d'outils impose à la pierre la volonté de l'ouvrier.
D'une main, il frappe le ciseau avec le maillet pour tailler et créer une forme à la ressemblance de celle qu'il imagine.
Le maillet est donc associé à la volonté agissante.
C'est pourquoi il est remis au vénérable et aux deux surveillants.
Il est utilisé au cours du rituel pour annoncer l'ouverture et la fermeture des travaux, et pour demander la parole.
Au cours de la cérémonie d'initiation, le vénérable pose l'épée sur l'épaule du récipiendaire puis frappe la lame de son maillet.
Pour tailler la pierre, le ciseau ou le maillet seuls sont inefficaces et la complémentarité de l'actif et du passif est évidente dans le symbolisme.

II. LA PERPENDICULAIRE ET LE NIVEAU

La perpendiculaire est le fil à plomb fixé au centre d'un arceau, et le niveau un fil à plomb fixé au sommet d'un triangle.
Le premier montre la verticale et le second donne l'horizontale.
Si les deux outils indiquent la verticale par le moyen du fil a plomb, le niveau donne l'horizontale indirectement : il faut, pour l'obtenir, que le fil a plomb croise la base du triangle comme une perpendiculaire, qu'il divise ainsi le triangle en deux triangles rectangles semblables.
La verticale s'obtient immédiatement : il suffit d'observer le fil à plomb immobile.
Puis l'horizontale en est déduite : il faut créer un angle droit en ajustant la base du triangle au fil à plomb.
Nous manipulons le triangle pour croiser sa base (le côté opposé à l'angle auquel est suspendu le fil à plomb) avec la verticale.
La gravité permet de fixer la verticale à partir de laquelle nous déterminons l'horizontale.

III. LA RÈGLE ET LE LEVIER

La règle et le levier sont formés tous deux par une ligne droite.
Outil de mesure, divisé en vingt-quatre degrés comme la division du jour en vingt-quatre heures, la règle permet de vérifier si la construction achevée est conforme au projet.
Divisible par deux et par trois, produit des quatre premiers nombres entiers, le nombre de la règle est idéal pour vérifier la justesse des proportions.
Le levier est l'outil qui multiplie la force de l'ouvrier.
Il sert à vaincre la force de gravitation.
Séparé en deux parties par un point d'appui, le levier augmente la force de l'homme proportionnellement à l'allongement de la partie sur laquelle il appuie.
Celle-ci est nommée "la puissance".
L'autre, celle qui est courte et supporte l'objet à soulever, est nommée "la résistance".

IV. LA TRUELLE

Cet outil représente l'achèvement du travail, le moment où l'on étale sur les murs le mortier ou le plâtre qui efface les distinctions entre les pierres.
Il est aussi associé à la puissance créatrice et, au Moyen Âge, le Créateur était parfois représenté une truelle à la main.
La truelle est la Cuillère pendant les agapes.
La truelle est l’outil qui permet de lier les pierres entre elles.
Il est à noter que la truelle est absente des Rites Écossais.
Pourvue d'un manche oblique, sa forme est empruntée à la « Truelle à finir ».
La Truelle est un Outil de « liaison » et de coordination. Rappel du lien Fraternel.
L'expression "passer la truelle" a le sens de pardonner et oublier les offenses.
Le symbolisme de cet outil se fonde aussi sur la forme triangulaire de sa lame et sur son profil brisé simulant l'éclair.

V. LA PIERRE BRUTE, LA PIERRE CUBIQUE ET LA PIERRE CUBIQUE À POINTE

Pierre Brute : L'Apprenti, par l'initiation « retrouve l'état de Nature».

Il lui appartient, par la suite, de polir « sa » pierre et « de la rendre parfaite à son gré ».
La pierre brute, l'Apprenti, devra se dégrossir pour parvenir au Soi, se débarrasser des atteintes à l'édifice global que forme la Maçonnerie.
Sur le plan opératif, la « pierre brute est aussi un « passage » entre le bois et la pierre taillée. Mais il signifie aussi sédentarisation, stabilisation ;

Pierre Cubique : C'est l'hexaidie, le Chef-d'œuvre que doit réaliser le Compagnon.

Comme la taille de la pierre brute, la pierre cubique se rattache étroitement au symbolisme des Outils et particulièrement de l'Équerre et de la Règle.
En loge, elle est sur les marches de l'Autel, côté colonne du Midi.
La pierre cubique est à la fois une forme de « pierre taillée » et une figure géométrique « le cube » qui permet des spéculations numérologiques et des commentaires analogiques à caractère moral.
Solide le plus parfait, il est « la pierre angulaire du Temple immatériel élevé à la Philosophie» et « l'emblème de l'âme aspirant à monter à sa source »

Pierre cubique à pointe : Dans le tableau, la pierre cubique est, le plus souvent, terminée en pyramide.

L'interprétation de ce symbole est délicate.
La pierre cubique est par définition imparfaite mais on peut à la fois la prétendre inachevée ou, au contraire, en voie d'évolution vers une forme nouvelle, supérieure, la Pyramide.
« A l'inverse de la pierre cubique parfaite la pierre à pointe symbolise le caractère humain, donc imparfait, mais aussi libre de la Maçonnerie.
Chaque Maçon taille lui-même « sa » pierre, lui imprime « un caractère de personnalité qui sera sien et unique »

LE CODE MACONNIQUE

- Adore le Grand Architecte de l'Univers.
- Aime ton prochain.
- Ne fais point le mal.
- Fais le bien.
- Laisse parler les hommes.
- Le vrai culte du Grand Architecte consiste dans les bonnes moeurs.
- Fais donc le bien pour l'amour du bien lui-même.
- Tiens toujours ton âme dans un état pur pour paraître dignement devant le Grand Architecte de l'Univers, qui est Dieu.
- Estime les bons, plains les faibles, fuis les méchants mais ne hais personne.
- Parle sobrement avec les grands, prudemment avec tes égaux, sincèrement avec tes amis, doucement avec les petits, tendrement avec les pauvres.
- Ne flatte point ton frère : c'est une trahison. Si ton frère te flatte, crains qu'il ne te corrompe.
- Écoute toujours la voix de ta conscience.
- Sois le père des pauvres: chaque soupir que ta dureté leur arrachera augmentera le nombre de malédictions qui tomberont sur ta tête.
- Respecte l'étranger voyageur; aide-le, sa personne est sacrée pour toi.
- Évite les querelles; préviens les insultes, mets toujours la raison de ton côté.
- Respecte les femmes; n'abuse jamais de leur faiblesse et meurs plutôt que de les déshonorer.
- Si le Grand Architecte te donne un fils, remercie-le, mais tremble sur le dépôt qu'il te confie 
- Sois pour cet enfant l'image de la Divinité.
- Fais que jusqu'à dix ans il te craigne, que jusqu'à vingt il t'aime, que jusqu'à ta mort il te respecte.
- Jusqu'à dix ans, sois son maître,jusqu'à vingt ans, son père, jusqu'à la mort, son ami.
- Pense à lui donner de bons principes plutôt que de belles manières ; qu'il te doive une droiture éclairée, et non pas une frivole élégance.
- Fais-le honnête homme plutôt qu'habile homme.
- Si tu rougis de ton état, c'est orgueil ; songe que ce n'est pas ta place qui t'honore ou te dégrade, mais la façon dont tu l'exerces.
- Lis et profite ; vois et imite ; réfléchis et travaille, rapporte tout à l'utilité de tes frères, c'est travailler pour toi-même.
- Sois content de tout, partout et avec tout.
- Réjouis-toi de la justice, courrouce-toi contre l'iniquité, souffre sans te plaindre.
- Ne juge pas légèrement les actions des hommes, ne blâme point et loue encore moins; c'est au Grand Architecte de l'Univers qui sonde les coeurs à apprécier son ouvrage.

LE CALENDRIER MACONNIQUE


Traditionnellement, les Maçons utilisent, dans leurs actes et leur correspondance, l'ère maçonnique.
Celle-ci varie selon les rites et les Obédiences.
D'une façon générale, les loges anglo-saxonnes, françaises et allemandes utilisent l’année de la Vraie Lumière ou l'anno - Lucis pour faire remonter symboliquement l'origine de la Maçonnerie à la création du monde selon la tradition biblique.
Il est généralement admis que cette chronologie a été empruntée par les Maçons anglais à l'oeuvre d'un savant prélat anglican, James Usher, né à Dublin en 1580 et qui écrivit des Annales verteris et movi Testamenti (1650-1654) qui contenait une chronologie biblique remontant à 4004 avant J.-C. .
La chronologie utilisée par Anderson dans la partie historique de ses Constitutions coïncide sensiblement avec cette chronologie, généralement acceptée par les différentes Eglises anglaises au début du XVIIIème siècle et qui, d'ailleurs, coïncide sensiblement avec les données bibliques.
Il convient donc, pour obtenir la date maçonnique, d'ajouter 4000 ans à la date calendaire ou « Ere Vulgaire »).
Traditionnellement, en France, on utilise le calendrier julien faisant commencer l'année en mars.
L’emploi des mois hébraïques est aujourd'hui sorti d'usage (sauf parfois au Rite Ecossais), mais on n'emploie pas les noms des mois courants, mais seulement leurs quantièmes.
Ce style n'est pas accepté partout : les Maçons écossais emploient parallèlement, surtout aux Hauts Grades, en même temps que les mois hébraïques, un calendrier utilisant la « chronologie juive », l'anno hebraico ou l'anno mundi
Ce calendrier commence mi-septembre et il faut ajouter 3 760 ans (jusqu'en septembre) ou 3 761 ans au calendrier grégorien.
Au grade de Royal Arch, la date du point de départ du calendrier est celle du début de la reconstruction du Second Temple par Zorobabel, date fixée à 530 avant J.-C. et anno inventionis.
Au grade de « Royal and Select Master », le point de départ est la date de la dédicace du Temple de Salomon, soit 1 000 ans avant J.-C. C'est l'anno depositionis.
Aux grades Templiers, on compte depuis la date de création de l'Ordre du Temple (1118 après J.-C.).
C'est l'anno ordinis
.

Source : www.ledifice.net

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Mon anniversaire : 55 ans aujourd'hui

3 Mars 2014 , Rédigé par X Publié dans #perso

Propriétés du nombre 55

Symbolisme

  • Représente la Personne Divine, selon Abellio.
  • Selon R. Allendy, il représente "la vie individuelle confondue avec la vie cosmique; rapports de la vie de l'ensemble à la vie des parties dans l'individualité - 5 + 5 = 10".
  • Représente la limite de l'humanité, selon E. Bindel.
  • Nombre représentatif de la Vierge Marie.
  • Représente l'homme total et complet, symbolisé par les deux mains qui se joignent au moment de la prière pour refaire l'unité sous forme de dix, mais pouvant aussi s'exprimer sous la forme de 55, "addition dans le sens de la divine sagesse" selon Saint Martin.
  • Nombre symbolisant des grâces de bénédiction, selon L. Wood.
  • Selon Lima de Freitas, il symbolise la fusion des sexes, l'être androgyne, mais qui, en dépit de sa perfection, reste strictement humain.
  • Chiffre des guérisseurs.

Général

  • Cinquante-cinq années séparent l'Annonciation de l'Assomption de la Vierge.
  • Ce nombre se retrouve dans le chapelet de la Vierge Marie: le cercle formé par le collier est composé de 55 grains. Dans les visions de Marie d'Agréda, celle-ci fait mention d'un chiffre mystérieux rattaché à un collier dont la description fait penser à celle du chapelet. Quelques jours avant la naissance de Jésus, la Vierge Marie fut portée dans le ciel. En signe des privilèges qu'Elle avait comme Épouse de Dieu et comme Reine de l'Univers, Elle fut revêtue par deux séraphins d'habits et de joyaux splendides, dont un collier auquel pendait trois pierres précieuses avec un chiffre mystérieux dont le sens ne lui fut pas découvert. Ce n'est qu'après la naissance du Sauveur que le secret des chiffres de l'ornement lui fut révélé.
  • En tant que Corédemptrice avec le Christ, la Vierge ressentie de façon mystérieuse sur son corps toutes les souffrances de son Fils depuis le début de sa passion. Suite à la mort de Jésus en croix, ces souffrances continuèrent encore et ce, jusqu'à la résurrection de son Divin Fils. Pendant 55 heures elle supporta ses souffrances depuis le début de l'agonie de Jésus à Gethsémani jusqu'à sa résurrection. Le chiffre 55 pourrait être aussi vu comme l'union des 5 plaies physiques de Jésus avec les 5 plaies mystiques de Marie.
  • Le chapelet de la Sainte Famille est composé de 55 grains, divisés en cinq dizaines. Sur les petits grains, les noms de Jésus, Marie et Joseph sont invoqués. Sur les gros grains, une prière est adressée au Coeur Sacré de Jésus pour protéger nos familles. Enfin, sur la croix, le priant dit "actes de Foi, d'Espérance et de Charité".
  • Les apparitions de la Vierge Marie à Amsterdam, Pays-Bas, ont débuté le 25 mars 1945, fête de l'Annonciation, et se sont poursuivies jusqu'au 31 mai 1959. Il y eut un total de 55 apparitions. Notre-Dame est apparue à une femme d'âge moyen du nom d'Ida Perleman et lui a confié des messages concernant les événements futurs dans le monde et dans l'Église. La prophétie la plus significative donnée par Notre-Dame concerne le dernier dogme de l'histoire mariale qui sera promulgué par le pape. Ce dogme déclarera que désormais, Marie portera les titres de Corédemptrice, Médiatrice et Avocate.
  • Une étude rabbinique énumère 55 prophètes et prophétesses, divisés en 48 prophètes et 7 prophétesses. Cette liste apparaît dans le Commentaire de Rachi sur Méguilla 14a.
  • Les Bouriates connaissaient 99 dieux, divisés en 55 bons et en 44 mauvais. Ces deux groupes de dieux lutteraient depuis très longtemps entre eux.
  • Le Padma-purâna est une oeuvre hindoue remontant environ au 12e siècle. Elle décrit le monde et ses péripéties alors qu'il n'était encore qu'un lotus doré, d'où le nom du texte, composé de 55 milles vers répartis en cinq livres.
  • Dans le bouddhisme, le Taishô issaikyô est une édition moderne du Tripitaka chinois. Cet ouvrage de cent volumes comporte 3360 Sûtra et divers écrits. La partie principale compte cependant 55 volumes.
  • Les 55 messages du Christ à Dozulé reçus par Mme Madeleine Aumont.
  • Dans les messages du Christ à Dozulé reçus par Mme Madeleine Aumont, celui-ci demande que les hommes construisent une immense Croix Glorieuse, dont Il donne les dimensions, ainsi qu'un Sanctuaire de la Réconciliation. L'association RESSOURCE a élaboré un projet de construction de cette Croix Glorieuse, par une étude de faisabilité. Selon les plans, celle-ci est formée de 55 barreaux montant vers le ciel dans les 12 échelles de la Croix.
  • Le Hits'eu, qui est un commentaire du Yi King, développe le système des nombres: "Au Ciel appartient 1; à la Terre 2, au Ciel 3; à la Terre 4; au Ciel 5; à la Terre 6; au Ciel 7; à la Terre 8; au Ciel 9; à la Terre 10 (...). Les nombres célestes atteingnent 25, et les nombres terrestres 30. Les nombres du Ciel et de la Terre atteignent ensemble 55. C'est par ces nombres que s'effectuent les changements et transformations, et que les démons sont maintenus (...)".
  • Durant les épopées sumériennes, datant de plusieurs millénaires avant Jésus-Christ, il fut découvert que les sumériens avaient un procédé unique consistant à allouer à certains de leur dieux des rangs numériques. C'est ainsi que le père des dieux, Anou, avait le numéro 60, suivit de son épouse, Antou, ayant le numéro 55. Leurs decendants suivaient par la suite, tous espacés par un facteur 5. Le dernier des dieux sur la liste, Ninhoursag, avait le nombre 5, faisant ainsi un total de 12 dieux: 6 divinités maxculines et 6 divinités féminines. Les nombres se terminant par 5 étaient attribués au divinités féminines.
  • Selon W. Keller, dans son livre "La Bible arrachée aux sables": "Babylone n'était pas seulement la capitale des affaires mais aussi une métropole religieuse. Une inscription révèle que s'y élevaient cinquante-trois temples consacrés aux grands dieux, cinquante-cinq chapelles de Marduk, trois cent chapelles pour les divinités de la terre, six cents pour celles du ciel, cent quatre-vingts autels pour la déesse Ishtar, cent quatre-vingts pour les dieux Nergal et Adad, et douze pour d'autres divinités". Cela fait un total de 1380.
  • Le décibel, dixième partie (déci) de l'unité bel, sert à mesurer l'intensité des sons. La voix humaine a pour intensité moyenne 55 décibels et le tonnerre, 70.
  • Somme des deux séries de chiffres suivants: 1, 2, 4, 8 et 1, 3, 9, 27, il est aussi la somme des chiffres un à dix, c'est-à-dire le dixième nombre triangulaire. Anatolius souligne que 55 est encore la somme des parties aliquotes de 36 - 1+2+3+4+6+9+12+18 = 55 -, la somme de 5 nombres triangulaires successifs - 3+6+10+15+21 = 55 - et la somme des 5 premiers nombres carrés - 1+4+9+16+25 = 55.
  • Anniversaire de mariage: noces d'émeraude.

Guématrie

  • Valeur numérique du nom de la Vierge Marie - alchimia -, obtenu en utilisant l'alphabet numérique suivant: A=1, B=2, C=3, D=4, E=5, F=6, G=7, H=8, I=9, K=10, L=11 et M=13. Cette information fut divulguée par la Sainte Vierge à Andreae, frère de la Rose-Croix, dont l'histoire est racontée par lui-même dans les "Noces Chymiques de Christian Rose-Croix", Editions Anthroposophiques Romandes, Genève. Mais une anomalie bizarre fut signalée par certains commentateurs: une 'erreur d'imprimerie' - reproduite ici dans les valeurs numériques des lettres - se serait glissée dans le nombre qui fournit le total de l'addition puisque les lettres du mot alchimia donnent le total 56 et non 55. Pourtant, la Vierge déclare catégoriquement que le chiffre de son nom est 55.
  • Ce nombre peut être considéré comme étant la valeur numérique du premier mot de la Genèse si on écrit le premier verset en langue grecque et non en hébreu:

·                      E   n     a   r   c   h     e   p   o   i   h   s   e   n

·                      5  50     1  100 600  8     5  80  70  10   8  200  5  50

·                       55            709                       428

·          

             Aux         origines                    il fit

  • L'évangile de Marc évoque «le buisson» (Mc 12,26) avant que Jésus, interrogé par un scribe récite la Parole (Mc 12,30). C'est la seule fois où l'évangéliste emploie le mot buisson. En grec, la valeur numérique du mot buisson est de 55 en utilisant la guématrie en "n": 2+1+19+15+18 = 55.
  • La valeur numérique du mot «unique» en grec donne 55 en utilisant la guématrie en "N": 5+50 = 55.

Occurrence

  • Le nombre 55 est employé 2 fois dans la Bible.
  • Par 55 fois dans le Nouveau Testament il est fait référence à la Vierge Marie: 26 fois par le mot mère, 10 fois par le mot femme et 19 par le nom de Marie. Dans le TOB, le nom de Marie revient 55 fois.
  • A la toute fin de son évangile, Saint Jean consacre au total 55 versets - chapitre 20 et 21 -pour décrire les agissements du Christ qui ont eu lieu après sa mort, c'est-à-dire sa résurrection et ses apparitions.
  • Dans le Livre de Job, le nom de Job revient 55 fois.
  • Le mot «sauveur» revient 55 fois dans la TOB.
  • Les mots trône et nombre sont employés 55 dans le NT.

Source : http://membre.oricom.ca/sdesr/nb55.htm

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De la substance à la Pierre Angulaire

3 Mars 2014 , Rédigé par R\ C\ Publié dans #Planches

Quoi de plus fondamental qu’une pierre et la symbolique qui s’y attache.
Pour le profane qui va devenir apprenti, une pierre est une pierre, une matière brute sans plus, une substance qui peut ou non lui servir. Sous un autre angle, c’est aussi, la question classique des profanes et parfois de quelques maçons «le fameux à quoi ça sert la franc-maçonnerie », comme si tout devait se réduire à un usage à une utilité. La matière comme la franc-maçonnerie ne peuvent se réduire à n’être que des utilités. Or en loge symbolique, la première chose dont on parle et que l’on voit, c’est la pierre brute. C’est cette matière dont on sent qu’elle doit être grosse de quelque chose, mais de quoi ? Cette pierre s’offre au travail des hommes, « la matière à une propriété réfléchissante, elle est un miroir terni par notre haleine. Il faut seulement nettoyer le miroir et lire les symboles qui sont écrits dans la matière de toute éternité (1) ». Le travail seul va faire émerger autre-chose. Le geste du semeur aide à faire renaitre la graine en terre, les coups du ciseau de l’ouvrier donne à la pierre sa finalité. Nous avons tous ressenti cette haleine, le plaisir de raboter une planche dans le fil du bois, de tailler une pierre dans son lit, dans le sens où la nature l’a placé dans la carrière, à voir les arcs-boutants transmettre les efforts, et de plus comme dit le poète « un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres ! » Étymologiquement, la substance est conçue comme « ce qui se tient dessous (sub stare) », expression dans laquelle on distingue implicitement un certain mode d'être, d'un autre, peut-être une émergence qui pourrait se dévoiler par le travail. Le premier mode, est celui des choses qui ne peuvent exister sans être en relation avec autre chose qu'elles-mêmes. Le second mode, est celui des choses qui existent par elles-mêmes, et qui constituent ainsi le foyer ou le support des premières. Tout pareil à la matière, sont les hommes, certains n’existent que par les autres, d’autres sont autonomes, ces derniers ont assimilés l’Art Royal -ils sont Roi d’eux-mêmes et libèrent les premiers eux sont en attente d’être dégrossis, en attente de liberté, en attente de passer. Intuitivement le jeune initié devine qu’il y autre chose en dessous de cette pierre, il y distingue l’idée d’un principe de permanence, mais aussi que la pierre peut être autre chose que ce qu’elle est. Cette permanence est un point de départ. Une création à achever, à laquelle il est appelé à participer. Si cette pierre n’est pas nommée ou regardée, elle restera au mieux un caillou, au pire une matière, pas même matière première, pas même une substance. Si elle n’est pas travaillée en Loge, elle ne participera jamais l’établissement Temple. La Pierre est grosse d’un devenir, elle attend une forme et pourquoi pas un nom, par exemple, un songe comme celui de Jacob qui s’endormi la tête sur un caillou. Ce caillou qui lui servi d’oreiller est devenu la pierre de Béthel, Jacob, il est devenu Israël. Une substitution c’est opéré. Entre la main et l’esprit il y a interaction réciproque. Le monde est comme une grammaire ; regrouper des lettres fait émerger des mots, chaîner des mots entre eux pousse à l’émergence du sens et de l’action, c’est toute la puissance du verbe créateur évoqué par Jean dans son prologue. C’est ce verbe mis en acte qu’attendent la pierre et l’apprenti. La pierre en hébreu se dit Eben, mot composé des lettres Alef, Beth, Noun. Or Alef est la lettre de l’unité, de valeur 1, elle est de ce fait ce qui était avant le commencement, la lettre Beth deuxième lettre symbolise la demeure, notre monde, la lettre Noun symbolise l’homme. Mis en perspective, Eben, la pierre, signifierait, la divinité trouve demeure dans la pierre pour se révéler à l’homme. Confère les tables de la Loi. L’apprenti part de la pierre brute c’est-à-dire de lui-même.

Il est cette Pierre inaugurale, qui, par l’initiation devient la pose de la « Première pierre fondamentale de son Temple », la pose de sa pierre inaugurale. Temple qu’il se doit de construire suivant la tradition des bâtisseurs, c’est-à-dire avec ce qu’il y a sur chantier. Cette façon de faire traditionnelle, ouvre progressivement l’esprit à une spiritualité. Il n’a pas besoin de faire table rase de lui-même, il se reconstruit à partir de lui-même. Pas à pas, degré par degré, donc sans dogme, sans révélation, il est à la fois objet et sujet de son temple, matière et esprit tout à la fois, le processus est certes plus long. Il y faut de la volonté, on ne devient pas maçon par imprégnation. Cette spiritualité sans dogme, détachée de toute religiosité, l’Art ou la poésie auraient pu la lui suggérer avant l’initiation. Supposons que deux masses de pierre aient été placées l'une en face de l'autre. La première est restée brute. La seconde, l’artiste l’a converti en une statue d'homme ou de dieu. La pierre convertie en statue paraîtra la plus belle, non parce qu'elle est de pierre, car alors l'autre masse ne pourrait lui être inférieure, mais parce qu'elle a une forme que l'art lui a donnée. Cette forme cependant n'appartient pas à la matière ; car avant de se manifester sur la pierre, elle était dans la pensée de l'artiste, non parce qu'il a des pieds, des mains ou des sens, mais parce qu'il a le sentiment de l'art. Même dans l’imitation de la nature il y a une pensée, c’est cette vie de l’esprit qui nous préoccupe au REAA. Mais il y avait dans cet art une beauté bien plus grande qui n'a pu se manifester dans la pierre ; la manifestation de cette beauté sur la matière, n'est qu'une forme inférieure au désir de l'artiste, lui qui n'a fait qu'obéir aux principes de l'art. La forme qui passe dans la matière se détend et s’éloigne et devient plus faible que celle qui est restée enfermée dans la pensée. C'est ainsi que la force sort de la force, la chaleur de la chaleur, la beauté de la beauté, le désir de plaire du désir, l’imitation ou la copie de la création, le délit lorsque l’on ne taille pas la pierre dans son lit. La faculté productive est toujours plus excellente que l'objet produit. La faute n’en est pas imputable à la matière, mais à l’homme. Les arts n'imitent pas simplement ce que voient nos yeux, mais qu'ils remontent aux lois de la raison et de l’intuition. L’art ne peut se réduire à des effets sociologiques, à un statut social en échange de la maîtrise d’une pulsion, à des postures pour paraître ou survivre, à l’obtention d’une paix sociale. Lors de notre première entrée en Loge, avons-nous eut conscience de tout cela ? Je ne le pense pas, mais nous étions obscurément à la recherche de quelque chose. Lors de notre initiation avions-nous perçu que nous posions la première pierre d’un édifice ? Pas clairement je pense. Plus préoccupé à faire semblant de maîtriser les situations, emporté par un torrent, plus spectateur qu’acteur, plus imitateur que vrai. Nous n’avons pas même vu les fondations sur lesquelles nous allions nous bâtir. Les percevons-nous mieux aujourd’hui ?

Les Fondations

Lorsqu'on veut élever un temple, même intérieur, il ne faut jamais perdre de vue trois points principaux, sans lesquels il n'y a pas de bonne construction possible. Le premier est le choix d'un emplacement convenable, le second la solidité des fondements, le troisième la perfection de l'exécution des détails et de l'ensemble. Le premier dépend du but. Fonder une société, une nation, une entreprise, une fraternité, un homme, une spiritualité. Tout est dans l’orientation du bâtiment, de la destination du lieu, du bâtiment, de l’église, du temple. Construction extérieure ou construction intérieure. Le second point tient aux fondations. Dont les angles réguliers des Pierres d’angle indiquent la régularité du bâtiment, et dont la position perpendiculaire doit faire pressentir quel sera l'aplomb des murailles et l'équilibre parfait de l'ensemble de l'édifice.

De bonnes fondations c’est bien choisir ses valeurs, et les maintenir dans le temps. Ce travail s'accomplit dans les profondeurs mystérieuses que nous creusons après de longues et profondes méditations. Quels sont nos buts, lucratifs, affectifs, sexuels, une volonté de puissance, sociétaux, politiques, religieux, initiatiques, etc. autant de questions, il faut se connaître avant de creuser des fondations. Le troisième point c'est-à-dire, la perfection de l'exécution des détails et de l'ensemble. Ce qui demande le concours de tous les métiers, de tous les arts. C’est l’art de ce bien entouré pour ne pas être trahi par ceux qui travaillent avec nous à l’œuvre. Le travail du maçon, est prédestiné d'avance à passer inaperçu. La terre cache les fondations, les fondements, les fondamentaux qu'il a construits avec tant de peines et tant d'intelligence ; il n'a pas même le droit de se plaindre. Les superstructures doivent refléter les valeurs qui sont dans les fondations, comme chacun de nos actes dans le monde devraient être à l’image de nos principes. Le choix du lieu étant fait, et l’orientation définie, il nous faut penser à cette pierre qui va assurer la cohésion de l’ensemble, unité qui va faire que chacune des pierres va former un tout, la pierre d’angle, puis la pierre angulaire qui couronnera le tout. Au préalable cette pierre brute que l’on doit polir, représente l’homme dans ses deux principales dimensions terrestre et céleste. Une face tournée vers la terre, l’autre regarde le ciel. Cette tâche consiste à mettre la forme en rapport avec sa destination, mettre l’homme en relation avec sa destination, c’est l’objet de l’Art Royal que de polir et transformer, à la fois l’objet et le sujet.

La Pierre d’angle ou quadrangulaire (aux quatre angles du temple).

Le travail manuel de la pierre se double d’un travail spirituel, d’un acte mental, en taillant des pierres pour une destination, le tailleur de pierre fait plus qu’un geste pratique, il avance vers une maîtrise intérieure, une prise de conscience, il inscrit, grave dans le silence de la pierre l’écho d’une conscience, d’une parole. Écho que nous ressentons lors de la visite d’une cathédrale, d’un monument. L’architecture est bien le seul Art qui puisse être visité de l’intérieur. Avec la pierre quadrangulaire, nous allons vers l’autel orienté qui présente ses quatre faces vers les quatre points cardinaux. Le compagnonnage a conservé ce symbolisme voir Esaïe 28-16 (2). « Celui qui la prendra pour appui n’aura point hâte de fuir ». Autrement dit celui qui sait où il est et qui il est, n’a pas besoin de fuir ou de se fuir. L’objet final de cette planche est la pierre angulaire dite aussi pierre du sommet, celle qui est au sommet de l’édifice qui couronne le bâtiment. Le pyramidion qui couronne la pyramide, les égyptiens y gravaient le nom du défunt, des prières, c’était le passage vers ce qui nous dépasse. Cette pierre est seule de par sa forme unique. Cette pierre angulaire est aussi la marque de l’unité, elle matérialise le tout. La boucle ce referme. Cette pierre ne ressemble à aucunes autres, elle est différente, à la fois dans sa forme comme dans sa fonction. Ici se rejoignent forme et destination, il n’y a pas plus proche, la forme est fonction de la destination. La pierre cubique s’intègre, fait la chaîne avec les autres, c’est l’aspect égalitaire de la fraternité, « tu es mon frère parce que tu n’es pas différent de moi », est-ce une vraie fraternité que de n’aimer que son image, ou son identique ? Cette pierre du sommet doit faciliter la répartition des charges issues de la couverture et du ciel, pour les équilibrer de chaque côté de la voûte ou du dôme. Elle répartie la Loi sur tous. C’est à cette pierre qu’est attachée le fil à plomb, les autres pierres font en quelque sorte la chaine d’union, afin de faire passer la Loi dans toutes les parties de l’édifice. Au moyen Age la résistance des matériaux n’était pas encore connue, pour bâtir malgré tout, nos ancêtres avaient recours à des règles (les dogmes de l’époque) des proportions entre hauteurs, largeurs etc. il n’est donc pas étonnant de retrouver le nombre d’or dans la bataille, ici l’angle d’or, pour présider les tracés de cette pierre d’angle. Ce tracé demandé une grande maîtrise, un accomplissement dans une vie de bâtisseur (la stéréotomie). Imaginez-vous avoir à tracer l’intersection de trois, quatre ou six voûtes concourantes en un point. Sous un autre angle, c’est l’art de combiner des plans différents, de passer des droites aux courbes, de combiner l’équerre et le compas, de changer de plan et d’y revenir. Une solution pourrait être de boucher le trou central, avec du ciment et d’aplanir le tout à la truelle, ce serait alors nous couper de la spiritualité attachée à notre Rite. La pierre brute ou la pierre cubique est beaucoup plus facile à appréhender, tant sa forme est banale et ne laisse pas facilement deviner sa destination. Pour en saisir la destination il faut se rapporter au plan de l’architecte. Sans plans, pas de destination, et réciproquement c’est le plan qui fait apparaître le GADLU. Sans programme, sans plan, pas de Loge. La pierre cubique peut servir pratiquement à tout, faire une prison tout aussi bien qu’un temple, la différence vient de la destination. Mais souvenons-nous que l’indifférenciation, de la monotonie, ne naît pas la destination, de mais que c’est de la liberté, et de l’autonomie, toutes deux soumises à la Loi, que peut apparaître le dessein, le plan. Tous ne partagent pas ce point de vue, tel Plantagenet dans son cours philosophique faisant remarquer : que chez les Aryens, c'était au contraire la pierre taillée qui était symbole de l'obscurité et de la servitude, et la pierre brute le symbole de la liberté. La pierre taillée, finie, commente Plantagenet, est faite de préjugés, de passions, des dogmatismes acceptés sans contrôle. L'initiation rend à l’apprenti et à la pierre leur liberté potentielle et naturelle. Alors nous taillons notre pierre non pour être à l’identique « de » ou la résultante d’un groupe, mais pour être libre et participer en homme autonome à la stabilité de l’édifice, sans avoir besoin d’un ciment quelconque pour nous unir, car nous nous unissons en silence au principe créateur. La Pierre du sommet, si elle est mal tracée, mal calculée par rapport aux épreuves à subir, est rejetée ou rejetable, soit elle ne s’ajuste pas, soit les contraintes extérieures la rejette. Elle est refusée par l’édifice ou par le maître d’œuvre. Mais de toute manière, trop différente des autres, son destin, avant d’être en place, c’est d’être rejetée car incomprise sur le chantier avant la fin des travaux, parce que traçable uniquement par un Maître Architecte. Cette incompréhension est symboliquement marquée par le rejet des responsables de la Loge, car elle ne parait pas s’inscrire dans le cadre qu’ils avaient prévu, de ce qu’ils pensaient être la réalisation finale de l’édifice. Trop de différence, pas régulière à leurs yeux, difficile même impossible à rendre cubique. Elle finira par être reconnue, par celui qui connaît le plan de l’œuvre, par le Maître, celui qui cherche son idéal dans le principe et pas dans le consensus. Par celui qui sait où est le « trou du foyer » par où passe la Loi, le point où le temple s’unit au cosmos. D’ailleurs c’était la seule pierre qui était signée par celui qui était jugé digne de succéder à ses pairs.

La signature, le nom gravé comme forme d’invocation d’autre chose.

Ce foyer, cette source, ce centre, cet œil par lequel passe symboliquement l’axe du monde, ce qui l’ordonne, lui donne sens. Axe vertical tourné vers là ce qu’il y a de plus haut, seule véritable issue dans le labyrinthe du monde profane. Mais attention de ne pas monter trop vite, trop haut, au risque de se bruler les ailes comme Icare. Le seul moyen pour sortir des situations complexes est par le haut, par un changement de logique, par un retour au centre, au Principe. Mais la pierre cubique peut aussi être déployée, mise à plat, sous la forme d’une croix. Le cube contient donc en lui autre chose, une forme implicite, une croix. Forme et substance sont intimement liées, unies. Quatre côtés, quatre angles, quatre pierres aux angles du Temple. Autant de sens et de manière de voir le Monde. De comprendre le principe créateur. Ces quatre sens déjà formulés au Moyen Âge : la lettre enseigne les faits, l'allégorie ce que tu dois croire, la morale ce que tu dois faire, l'anagogie ce que tu dois viser. (Littera gesta docet, quid credas allegoria, moralis quid agas, quo tendas anagogia). Même propos dans le Judaïsme sur les façons de comprendre un texte de manière littéral, allusive (littéralement : allusion), allégorique (littéralement : creuser, sonder, chercher), mystique (littéralement : secret). Les quatre pierres d’angle, des coins, dans lesquelles on peut aussi voir la représentation des évangélistes (Marc, Luc, Matthieu, Jean). Ou encore l’homme Adam de Matthieu, le Taureau (l'homme naturel) de Luc, le Lion (l'homme psychique) de Marc et l'Aigle (l’homme esprit) de Jean. L’homme dans toutes ses dimensions. Dans le manuscrit maçonnique de Graham, les quatre pierres sont, Saint Pierre (Képhas en grec), Moïse qui grava les commandements, Betsaléel le constructeur du tabernacle, et Hiram le sage, encore une autre vision des dimensions du monde. Les pierres ne vont pas n’importe où, elles ont une destination définie par un plan.

Dans la tradition chrétienne :

La pierre fondamentaleest placée dans le chœur de l’édifice, centre de la base : sur elle, est gravée une croix. La pierre de dédicace, en général enchâssée dans le pilier Nord Est du chœur. Sur la face intérieure sont gravées les dimensions de l’édifice, les dates, certaines particularités s’il y a lieu, et les noms des constructeurs. La pierre angulaire, clé de voûte, taillée en fleur de lys, à la verticale de la pierre fondamentale. Cette « pierre angulaire » du sommet est appelée aussi l'« œil » du dôme), elle se «reflète » en chacune des « pierres fondamentales » des quatre angles de la base. C’est la représentation du centre. Autrement dit, du Principe présent dans les faits, dans l'allégorie, à la base de la morale, et dans l'anagogie. C’est cette pierre pas comme les autres, rejetée de part sa différence qui va devenir la pierre qui donne sens au reste. C’est peut-être le profane qui frappe à la porte, « frappez, on vous ouvrira, cherchez, vous trouverez ». Ou bien l’apprenti trop différent pour être accepté compagnon. C’est peut-être le manuel que les intellectuels rejettent, l’intellectuel que les manuels repoussent, le poète que les rationalistes négligents, le sacré chassé par le profane, le visible chassant l’invisible, la liste est trop longue. C’est la diversité qui enrichi, qui fait que l’on peut s’approcher du Plan. Ce n’est pas pour autant qu’il faut accepter n’importe qui, surtout s’il y a absence de fondations. Je conclurai en citant G. de Nerval.

Homme ! Libre penseur-te crois-tu seul pensant.
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'univers est absent.

Respecte dans la bête un esprit agissant : ….
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d'amour dans le métal repose :
« Tout est sensible ! » -Et tout sur ton être est puissant !

Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épie
À la matière même un verbe est attaché…
Ne la fais pas servir à quelque usage impie !

Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché ;
Et comme un œil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres !

Gérard de Nerval

J’ai dit

Note :
(1) Simone Weil 1905-1943.
(2) 16 C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici, j'ai mis pour fondement en Sion une pierre, Une pierre éprouvée, une pierre angulaire de prix, solidement posée ; Celui qui la prendra pour appui n'aura point hâte de fuir. 17 Je ferai de la droiture une règle, Et de la justice un niveau ; Et la grêle emportera le refuge de la fausseté, Et les eaux inonderont l'abri du mensonge.

Source : www.ledifice.net

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La pierre angulaire

1 Mars 2014 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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De la Perpendiculaire au Niveau

28 Février 2014 , Rédigé par Rajen Publié dans #Planches

La Perpendiculaire et le Niveau donnent respectivement la verticale et l’horizontale. Nous retrouvons là encore l’actif et le passif, les deux polarités universelles, l’une de mouvement et d’action, l’autre d’inertie et de repos, les deux opposés dont le jeu réciproque conditionne la vie de l’univers, les deux sexualités qui font la vie.

Les Outils du Maçon et leur Symbolisme

Je souhaiterais m’attarder quelques minutes sur les différents outils symboliques mis à la disposition du Maçon.

Les outils Maçonniques nous ont donnés la possibilité de découvrir, à l’intérieur de nous-mêmes, les potentialités utiles à la construction de l’Homme que nous sommes, vers l’Homme que nous nous devons de devenir.

Le symbole correspond à une réalité universelle et a comme fonction de faire s'élever l'homme en le conduisant à se dépasser.

Le Ciseau et le Maillet

Le Ciseau aide à dégrossir les pierres en ôtant leurs aspérités et leur donner une forme. Symboliquement, cela consiste à affiner le caractère, à s’instruire, à se perfectionner et à augmenter ses connaissances.

Le Maillet permet à l’Apprenti d’utiliser son intelligence pour l’application, et son geste devient plus sûr. La Parole lui étant interdit, l’Apprenti affine son sens de l’observation, sa logique, son raisonnement par une action persévérante et pour apprendre à utiliser ses connaissances.

Le Compas et l’Équerre

Le Compas, signifie la circonspection, de la mesure, de l’impartialité, de la sagesse. Selon Oswald Wirth, le Compas est, "symbole de l'esprit et de son pouvoir sur la matière. Il mesure le domaine que peut atteindre le génie humain, le connu, au-delà duquel s'étend l'immensité mystérieuse de l'inexploré, provisoirement inconnaissable".

L’Équerre sert à tracer des angles droits et réunit l’horizontale et la verticale pour obtenir l’aplomb. L’Équerre donne la rectitude dans l’action et symbolise la justice. Dans le raisonnement, l’Équerre donne de l’ordonnancement dans les idées, afin que l’édifice tienne en place. L’Équerre nous astreint à nous corriger des défauts qui nous empêcheraient de tenir exactement notre place dans la construction humaine.

L’Équerre sur le Compas est la matière que ne domine pas encore l’esprit, mais aussi la droiture et la rectitude. Pour le Compagnon, l’Équerre étant croisée avec le Compas, il y a équilibre entre la matière et l’esprit. Le Compagnon n’est plus dans les ténèbres et il s’achemine vers la sincérité et le discernement.

L’Équerre, insigne du Vénérable Maître, lui est donnée dans son office pour la rectitude et le maillet affirme son autorité.

La Règle et le Levier

La règle sert à mesurer l’ouvrage, à mesurer les heures, et à servir. Elle coordonne les connaissances qui doivent être dirigées vers de multiples sujets, à chaque instant du jour. Elle permet de diriger ou de vérifier le travail accompli par précision dans les tâches, par la méthode, la rectitude et par l’application de la loi.

Le levier est une barre rigide qui sert au déplacement des pierres ou matériaux, et de leur mise en place. Son attribution est la force de la connaissance et des connaissances, symbole de puissance. Il est passif, mais son activité résulte de sa mise en oeuvre pour permettre le Compagnon de mouvoir des charges au-dessus des forces de l’homme, et est de ce fait souvent assimilé à un symbole de la volonté et de l’intelligence.

Les deux instruments alliés symbolisent la puissance de la pensée correctement mise en place.

La Perpendiculaire et le Niveau

Robert Ambelain dans le Symbolique Maçonnique des Outils explique « en Maçonnerie, ce que nous dénommons Perpendiculaire n’est autre que le Fil à Plomb. On sait que ce qui est ainsi désigné consiste en une masse pesante de petite volume, pendue à l’extrémité d’un cordonnet, indiquant la direction de la pesanteur, c’est-à-dire de la verticale, et servant ainsi à mettre à l’aplomb les ouvrages de charpente et de maçonnerie. »

Le Niveau sert à voir si un plan est horizontal et à déterminer les différences. Le niveau, explique aussi, l’hauteur de quelque chose par rapport à un plan horizontal de référence. Il est fait d’un triangle, ou Équerre juste dont l’angle au sommet est de 90° et d’un Fil à Plomb. Le Niveau, assure la pose horizontale des pierres, et, exige qu’un Macon envisage tout homme comme son égale, et, exige aussi l'équilibre, la soumission à la loi.

Je vais maintenant élaborer d’avantage sur ces deux outils qui font l’objet de ma Planche.

LA perpendiculaire

La Perpendiculaire et l'Apprenti

L’Initié, pendant son apprentissage travaille sous la Perpendiculaire, l’emblème du Second Surveillant. Celui-ci à la tache d’instruire celui qui vient de recevoir la Lumière. L’Apprenti, qui commence son cheminement avec tâtonnements à besoin du conseil rassurant du Second Surveillant, qui à la responsabilité de le guider, le mettre sur la bonne voie et l’y maintenir.

L’Apprenti progresse sur la verticale. Son monde a une dimension (la ligne droite), celle du silence et de l'introspection, de la démarche prudente, du retour vers le centre de son Étre (VITRIOL), de la remontée pour construire un homme nouveau, en abandonnant ses métaux.

Sous la tutelle de la Perpendiculaire, l’Apprenti a comme taches principales :
 - respecter les termes des devoirs compris dans le serment.
 - vaincre ses passions, soumettre sa volonté.
 - abandonner les métaux ou victoire sur l'orgueil et le matériel.
 - comprendre les symboles du degré comme le nombre du grade, travailler la pierre brute, dans le silence et sous l'égide du Fil à Plomb qui indique le ciel et donc la direction spirituelle à suivre.
 - apprendre l'histoire du rite.
 - pratiquer les devoirs fraternels.

Par sa disposition, la Perpendiculaire évoque nécessairement la verticalité. La position verticale est, ce qui distingue l'homme des animaux. Elle nous permet de passer des ténèbres de l'horizontalité à, sinon la lumière, du moins l'espoir d'une lumière, que représente la station debout de celui qui scrute l'horizon à la recherche de la vérité.

L’Étoile flamboyante, en astronomie, c'est le nom de la planète Vénus. Elle est le symbole de la Beauté intérieure. Notre étoile est donc le symbole de notre cœur qui est capable de rayonner à l'extérieur si nous sommes capables de le découvrir au plus profond de nous même.

De la Perpendiculaire au Niveau

Le devoir du Macon aux termes du serment prononcé lors de sa réception au grade d’Apprenti le précise en trois axes :
Devoirs envers Dieu,
Devoirs envers les hommes,
Devoirs envers soi-même.

il suffit simplement de suivre la voie que l'Ordre indique, laquelle passe par le travail sur la pierre brute, dans l'axe de la Perpendiculaire , puis sur le Niveau, en pratiquant les vertus et en renonçant aux vices.

Lorsque l’Apprenti devient Compagnon, on dit qu'il passe de la Perpendiculaire au Niveau, c'est à dire qu'ayant suffisamment approfondi les éléments de la connaissance il devient capable d'envisager ceux-ci dans leurs relations avec le Monde, avec le Cosmos.

Il incombe maintenant au Premier Surveillant de parfaire l’instruction du Compagnon. La responsabilité du Premier Surveillant, contrairement a celle du Second Surveillant, n’est pas d’inculquer des valeurs théoriques mais plutôt d’encourager le Compagnon a prendre des initiatives. Ce dernier, en passant au compagnonnage a démontré qu’il sait travailler, c’est les occasions de pratiquer, et ainsi se perfectionner, qu’il lui en faut.

Il y a une histoire que vous connaissez sûrement : " Un homme passe devant un chantier et croisant un tailleur de pierre lui demande : " Que faites-vous ? " L'ouvrier lui répond : " Je gagne ma vie. "

Passant devant un second tailleur de pierre, il réitère sa question, cette fois l'homme lui répond : " Je taille la pierre. "

Croisant un Compagnon, il renouvelle sa demande : " Que faites-vous ? ", il s'entend alors répondre : " Je construis une cathédrale. "

Le Compagnon commence à prendre conscience de sa participation aux lois de l'univers et de son appartenance au cosmos. Graduellement, il commence à sentir que les choses changent en lui. Le silence qu'on lui imposait est désormais librement consenti.  Il doit commencer sont apprentissage de la parole qui sera un de ses outils les plus précieux. Les passions qui envahissaient sa poitrine et qu'il parvenait à grande peine à contenir, lui sont désormais familières. Les chutes inévitables qui jalonnent sa vie ne sont plus vécues comme des échecs, mais comme la preuve renouvelée que ce n'est qu'humblement que l'on marche vers la Lumière. Nul besoin désormais de le menacer - s'il trahissait son serment, c'est de lui-même qui s'arracherait le cœur. Il est plus conscient de sa responsabilité de participer à l'œuvre, celui de comprendre ses frères, celui de progresser dans l'amour et la fraternité.

Le Niveau

Le Niveau et le Compagnon

Le Niveau est l’attribut du premier Surveillant, il symbolise l’égalité sociale, base du droit naturel, le Niveau de Maçon est un triangle au sommet duquel est attaché un Fil à Plomb. Le Niveau, en symbolisme Maçonnique, doit être formé par une Équerre juste, c’est à dire que l’angle au sommet doit être de 90°.

Le Niveau est donc un instrument plus complet que la seule Perpendiculaire et c’est pourquoi il est l’insigne du premier surveillant, seul qualifié pour prendre la place du Vénérable en cas d’absence de celui-ci. Le Niveau montre que la connaissance doit être rapportée au plan terrestre, le seul qui puisse intéresser directement l’être humain. C’est en partant d’assises stables et bien établies que le Maçon peut et doit travailler en vue de son élévation spirituelle.

Ce n’est pas un nouveau cheminement qui commence pour le Compagnon mais plutôt une continuation de celui qu’il avait entreprit en tant qu’Apprenti. Il reprend les taches et les adaptent au Compagnon :

Travailler sur le nouveau nombre, l'étoile flamboyante, la lettre G, la pierre cubique à pointe, la lettre de la colonne du grade.

Acquérir des connaissances complémentaires sur l'histoire du rite, celle de l’obédience.

Développer ce qu’il a compris du Niveau lié à la Perpendiculaire, c'est-à-dire du travail dans le plan de l'homme (Niveau) et du plan céleste et divin (Fil à Plomb).

Signaler quels sont les progrès effectués dans les connaissances, les changements dans la manière de penser et de se conduire, les acquis. Dire en toute franchise ce qui continue à peiner le Compagnon dans ses faiblesses et ses défauts.

Conclusion

L’Apprenti a découvert l'axe du Fil à Plomb, la verticale qui relie le ciel et la terre, et qu'après avoir plongé à l'intérieur de lui même, en suivant cet axe vers le Nadir .... et effectué le travail à accomplir..... il lui sera remis le Niveau et il pourra alors, devenu Compagnon, remonter verticalement jusqu'au plan horizontal de la terre. Là avec l'aide de ce Niveau, tel le balancier d'un équilibriste, il va pouvoir se stabiliser, explorer et travailler sur ce plan. Lorsque ce travail aura été effectué et reconnu par les maîtres, la Perpendiculaire  et le Niveau formant l'Équerre, il pourra progresser verticalement vers des plans successifs en direction du zénith.

Il ne peut y avoir de verticale sans horizontale. Ainsi du vertical à l’horizontal, de l’horizontal au vertical, le Compagnon progresse dans son cheminement. On ne peut s'élever sans connaître, sans avoir fait un large tour du monde matériel qui nous entoure. Le plan horizontal l’aide aussi de se ressourcer, se mettre d’aplomb.

Le passage, est-ce seulement de la Perpendiculaire  au Niveau ou du Nadir au zénith ? De la colonne Jakin au Boaz ? De la colonne Beauté au Force ? Du septentrion à midi ? Es-ce que qu’ayant passé Compagnon  on ne sera plus Apprenti ?

Le passage de la Perpendiculaire au Niveau, implique une nécessite de transmettre d’autre connaissance au nouveau Compagnon, n’a-t-il pas été mis au courant de l’Etoile Flamboyante, de la Lettre G.. Les Cinq Voyages l’a fourni d’avantage de symbolisme.

Notre Acclamation Liberté, Egalité, Fraternité, avant l’ouverture et à la fermeture des travaux reflète bien l’essence de la Perpendiculaire  et du Niveau, mais aussi d’un troisième outil :

LIBERTE : Se libérer d’un soi-même dictateur empêtré de ses déchets métalliques, bataillant victorieusement pour retrouver la Lumière. N’est-ce pas la Perpendiculaire ?

EGALITE : Un Macon : "c’est un homme libre et de bonnes mœurs, également ami du riche et du pauvre s’ils sont vertueux. " Le Maçon considère tout être comme son égale, Et ceci ne peut-il pas résumer la fonction du Niveau ?

FRATERNITE : les Maçons deviennent Frères parce qu’ils ont a choisi une voie - la Voie Initiatique. Leurs cheminements sont celui d’entente et d’harmonie, protégés des déceptions profanes. Dans cette Fraternité Initiatique rien ne peut les séparer. Ils sont unis par le Ciment d’Éternité, plus fort que le sang, plus fort que l’amitié, que la fraternité, que l’amour profane et leurs déboires obligatoires. J’ose espérer qu’il y a un outil qui permet de tisser cette amitié !

L’Apprenti devenu Compagnon a eu d’autres outils symboliques à sa disposition mais toujours, même parvenu à la maîtrise, il aura sans nul doute le souvenir de la Perpendiculaire qui lui aura permis de modéliser son temple intérieur en lui donnant le moyen de créer une assise solide et durable

J’ai dit Vénérable Maître !

Source : www.ledifice.net

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Le Rôle du parrain en franc-maçonnerie…

27 Février 2014 , Rédigé par ERIC GRANDJEAN Publié dans #Planches

Le parrain est celui qui nous amène à découvrir la Lumière, c’est également celui qui est là…toujours là….Lourde responsabilité que celle d’être le parrain d’un de ses frères ou sœurs… « Le parrain, un mot qui devrait naturellement imposer le respect, tant il est chargé d’émotions et de souvenirs pour tout franc-maçon. Le parrain, c’est ce frère qui nous a un jour permis de frapper à la porte du temple pour renaître à une vie nouvelle. Le parrain, par ce qu’il nous a apporté tout au long de notre vie maçonnique, a naturellement une place toute particulière au fond de notre cœur. Et pourtant… Le parrain, non pas celui joué par Marlon Brando mais bien cet homme qui, un beau jour, s’est dévoilé à un autre homme, un ami bien souvent, qui errait dans les ténèbres et qui recherchait la lumière. De longues discussions se sont indubitablement enchaînées durant de nombreuses soirées. Des sujets graves aux thèmes plus légers, tout aura certainement été abordé entre ces deux hommes qui, bientôt, se retrouveront frères à jamais, jusque dans l’orient éternel.

Un chemin parcouru à deux

Après plusieurs mois destinés aux procédures administratives et aux enquêtes effectuées sur le candidat, le grand jour enfin arriva pour chacun. À l’un, l’on ouvrait toutes grandes les portes du temple, lui permettant ainsi une renaissance. À l’autre, l’on offrait un redoutable cadeau, celui de devenir parrain et d’avoir la lourde mais ô combien merveilleuse et exaltante mission de guider un filleul – ce nouveau maillon – tout au long de son parcours maçonnique qui le conduira plus tard à la maîtrise. Mais avant que son filleul ne découvre les secrets du grade suprême en maçonnerie dite bleue, le parrain devra prendre une part active, en compagnie des deux surveillants de l’atelier notamment, à l’instruction de son nouveau frère. Et afin de lui faire découvrir la richesse du monde maçonnique et ses nombreux rites, le parrain n’oubliera pas d’emmener régulièrement son filleul en visite dans d’autres loges. Ainsi, petit à petit, cette amitié profane se modifiera en un amour fraternel qui s’affermira encore un peu plus de jours en jours. Trois, cinq, sept, chaque âge permettra au jeune filleul de parcourir cet univers de tolérance et consolider encore un peu plus la chaîne universelle d’union. Mais tous les frères ont-ils eu la chance de vivre ainsi leur renaissance et leur parcours maçonnique? Je le leur souhaite vivement mais je sais que les contacts entre parrains et filleuls ne se déroulent pas toujours ainsi. Peut-être, n’ayant aucune relation parmi nos frères, un profane a- il, au moment où il s’est décidé à faire le grand saut, simplement contacté la chancellerie de l’Alpina? De là, on lui aura attribué un parrain que l’on dit de «substitution». Ils ne s’étaient jamais vus, ils ne se connaissaient pas, pourtant, ce futur parrain s’est immédiatement comporté comme s’ils avaient toujours été de la même famille, mettant ainsi plus ou moins à l’aise ce futur frère.

Un dialogue continu

Enfin le grand jour arrive où l’on procède à l’initiation. Qui des deux, parrain ou filleul, est le plus anxieux mais également le plus fier? Difficile à dire mais en salle humide, alors que tous fêtent cette nouvelle acquisition en portant les santés rituelles adéquates, les regards complices et fraternels se croisent entre les deux hommes. Trop de choses se sont passées durant cette soirée et la nuit a été des plus agitée. Dès le lendemain, le filleul inonde son parrain de questions. Pourquoi? Comment? On dirait un enfant émerveillé… Le parrain explique, le filleul tente de comprendre mais ce n’est guère facile. Pourtant, ce filleul a à cœur de s’instruire consciencieusement, d’ouvrir son esprit, de vaincre ses passions et de soumettre sa volonté. Né libre et de bonnes mœurs, il n’aura de cesse de s’améliorer, en écoutant silencieusement, assis au septentrion, ses frères durant tout l’apprentissage puis en partageant ses connaissances, ses expériences et ses doutes durant le compagnonnage, après avoir vu l’étoile flamboyante et être passé de la perpendiculaire au niveau. Enfin, viendra un jour l’élévation à la maîtrise, cérémonie au cours de laquelle une transformation en profondeur s’opérera secrètement. La boucle enfin sera bouclée. En chambre du milieu, le frère devenu maître, jouissant ainsi de tous ses droits en loge, pourra lui aussi, un jour, parrainer un profane qui sollicite la lumière. Mais durant ce long et passionnant parcours, le parrain, quant à lui, aura suivi, pas à pas, les progrès de son protégé, répondant à ses questions, s’intéressant à son parcours. Petit à petit, il aura subtilement intégré dans ses réponses de nouveaux paramètres de réflexion, cela afin de permettre à son filleul de continuer à progresser sur le chemin de la vérité, avec le secret espoir que l’élève dépasse un jour le maître.

Etre à la hauteur

Cette relation quasi fusionnelle, bien des frères l’ont connue et la vivent toujours avec leur parrain. Malheureusement, il existe également des cas, certes plus rares, où le parrain n’a pas été à la hauteur de la charge confiée par la loge. Très certainement, dès la présentation du dossier de candidature, les frères de l’atelier avaient eu des doutes. Lorsque l’on veut parrainer un profane, l’on se doit d’être un frère sans aucun reproche, motivé et assidu en loge, désintéressé dans son engagement maçonnique. Dès le début, ses absences continuelles et non excusées, son manque d’entrain ou de fraternité en avaient refroidis plus d’un et beaucoup ne le voyaient pas dans le rôle du parrain. Et pourtant, le dossier présenté paraissant si intéressant, les frères n’ont pas voulu péjorer ou refuser une candidature sérieuse au motif que le futur parrain ne semblait pas à même d’assumer sa mission. Peut-être, placé devant toutes ces nouvelles responsabilités, allait-il ouvrir les yeux et comprendre ce que l’on demande à un franc-maçon? Pour certains, devenir parrain leur enseigna beaucoup et ils se réapproprièrent les vertus auxquelles les frères croient. Pour d’autres en revanche, cet électrochoc salutaire ne vint pas, l’équerre, le niveau, la perpendiculaire et le ciseau leur étant devenus, au fil du temps, des instruments inconnus.

Jamais seul en maçonnerie

Est-il possible qu’un nouvel initié puisse appréhender l’univers maçonnique sans le moindre soutien ou la plus petite explication de son parrain sur le chemin parcouru jusqu’alors et sur la route qui lui reste à suivre encore? Lune, soleil, sagesse, force, beauté, midi, minuit, métaux, VITRIOL, mercure, souffre, sel, voyages, comment comprendre seul cet univers de symboles que l’on découvre en maçonnerie? Et ces deux travaux que le vénérable maître nous demande d’effectuer pour évoluer du statut d’apprenti à celui de maître, est-il aisé de devoir les traiter sans aucun secours de son parrain? A l’évidence non et fort heureusement, ce frère n’aura pas été seul dans son parcours. D’autres frères, qu’ils soient ou non de sa loge, auront été attentifs à son dénuement et lui auront spontanément porté assistance, suppléant ainsi aux carences manifestes de ce parrain. Ainsi accompagné, le filleul découvrira que la maçonnerie est une école de vie merveilleuse où chaque jour amène son lot de découvertes et de satisfaction. La maçonnerie n’est pas un dogme ni une doctrine, c’est une hygiène de vie avec laquelle l’homme ne cesse de s’améliorer. On ne peut être déçu de la maçonnerie, on ne peut l’être que de certains frères qui l’utilisent et la fréquentent dans de sombres desseins personnels intéressés.

Renaître grâce au parrain

Quelles que soient tes relations actuelles avec ton parrain, n’oublie jamais que grâce à lui, un jour, tu as eu le bonheur de connaître et d’entrer en franc-maçonnerie en frappant, dépourvu de tous métaux, de manière profane à la porte du temple, ce lieu secret qui sert d’abri aux maçons pour couvrir leurs travaux. Pour ma part, je tiens à remercier chaleureusement et fraternellement mes deux parrains de cœur pour m’avoir suivi, soutenu et guidé tout au long de ce long parcours initiatique qui mène à la maîtrise. Tout comme le mot sacré, je ne puis prononcer leurs noms mais ils se reconnaîtront, j’en suis certain… Le salaire suprême pour un franc-maçon est de pouvoir un jour parrainer un nouveau frère sur le chantier du perfectionnement qui mène à la vérité universelle. Encore faut-il être soi-même un bon ouvrier et savoir manier les outils à la perfection pour en apprécier toute la quintessence! »

Source http://www.gadlu.info/le-role-du-parrain-en-franc-maconnerie.html

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