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Hauts Grades

Articles récents

In memoriam : pour mon Père

21 Février 2014 , Rédigé par T.D Publié dans #perso

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Rite York : Lecture historique et symbolisme du Grade de Maître

21 Février 2014 , Rédigé par Rite York GLNF Publié dans #Rites et rituels

V.M. L'histoire Sainte nous apprend qu'il a été décidé, par le Conseil des Infiniment Sages qu'un Temple devait être bâti à Jérusalem, et qu'il serait érigé à la Gloire de Dieu, et dédié à son Saint Nom. Le Grand Honneur et le Distingué Privilège d'accomplir cette tâche sacrée échut à David, Roi d'Israël, car, nous enseignent les Saintes Écritures, il avait accompli d'innombrables guerres et fait en abondance couler le sang de ses ennemis. Nous apprenons aussi, d'après la même source sacrée, que le Dieu d'Israël avait promis à David, que de ses reins sortirait la graine de celui qui serait son serviteur. Cette promesse divine et mémorable fut par la suite accomplie par Salomon, par sa carrière et par sa prospérité splendide et inégalée. Après que le Roi David eût rejoint ses pères, et que les derniers honneurs eussent été rendus à sa mémoire, Salomon maintint le sceptre d'Israël, la paix régna dans ses frontières, et les enfants d'Israël purent contempler avec une particulière satisfaction les résultats de sa sagesse, qui fit l'étonnement et le respect du monde.            Dans le second mois de la quatrième année de son règne, Salomon commença la construction de l'édifice, dont les difficultés d'exécution avaient été imaginées pour susciter l'étonnement et l'admiration des générations futures. Il était situé sur le Mont Moriah, à proximité de l'endroit ou Abraham était sur le point d'offrir à son fils Isaac en sacrifice, là où David avait rencontré et apaisé l'Ange Exterminateur, et était visible depuis l'aire de battage de Ornan le Jebusien. Dans le même temps le Roi Salomon reçut une lettre de félicitations d'Hiram, Roi de Tyr, qui lui offrait tout ce qui était en son pouvoir pour l'assister, et lui manifestait son fervent désir de participer à la gloire du Trône d'Israël. Ainsi progressait la construction de l'édifice, sous la direction de notre ancien G.M. opératif H.A., avec l'aide de H.R.d.T. Il était bien proche d'être terminé quand quelques ouvriers, désireux d'arracher au G.M.H.A. le mot secret de M.M., l'assassinèrent. Ainsi, pendant une courte période, la construction de l'édifice fut interrompue. Nous vous avons déjà raconté dans la deuxième partie de ce degré, la conspiration des 3 scélérats et des douze comp., la recherche et la découverte finale du corps de notre G.M.H.A. Les Saintes Écritures nous apprennent ensuite comment les restes de notre G.M.H.A. furent relevés de leur humble lieu de repos, emmenés en grande pompe jusqu'au Temple, et déposés aussi près du Saint des Saints que la Loi Israélite ne le permettait. Sur la tombe fut érigé un monument du marbre le plus fin qui fut, comprenant une colonne brisée, une vierge en pleurs, tenant dans la main droite une branche d'acacia et dans la main gauche une urne, devant elle un livre ouvert, derrière elle, le Temps qui défait et compte les boucles de ses cheveux. La colonne brisée symbolisait le fait que l'un des piliers de la Franc-Maçonnerie venait de s'écrouler, la vierge en pleurs symbolisait la mort prématurée de notre G.M.H.A, la branche d'acacia ce qui avait conduit à la découverte espérée de ses restes mortels, l'urne, le fait que ses cendres avaient été déposées en lieu sûr, le livre ouvert le fait que sa mémoire resterait éternellement parmi les maçons et le Temps rappelait que, malgré la mort d'Hiram et la perte du mot sacré, le temps, la patience et la persévérance qui accomplissent toutes choses, permettraient qu'un jour peut-être le véritable mot soit redécouvert et mis en Lumière. Ainsi, je viens de vous raconter la légende de la mort de Hiram Abif, une histoire vénérée en souvenir des jours anciens, et qui est considérée par les maçons avec un respect particulier, non seulement pour l'histoire en elle même, mais surtout pour la doctrine solennelle et sublime dont elle entend imprégner nos âmes et consciences : la résurrection du corps et l'immortalité de l'âme. Durant la construction du Temple, deux événements remarquables se produisirent : le premier nous est rapporté par l'histoire Sainte qui nous apprend que l'on n'entendit jamais le son d'aucune hache, marteau, ou autre objet métallique. Le second nous est rapporté par Joseph qui nous apprend que pendant les sept années que durèrent la construction du Temple, il ne plut jamais, sauf pendant la nuit et pendant que les ouvriers étaient au repos. Nous considérons ceci comme une manifestation frappante de la bienveillante sollicitude de la Divine Providence. L'on rapporte que le bâtiment était soutenu par quatorze cent cinquante trois colonnes et deux mille neuf cent six piliers, tous taillés dans le marbre le plus pur. Pour sa construction, furent employés trois Grands Maîtres assistés de trois mille trois cents Maîtres ou surveillants de l'ouvrage, quatre vingt mille compagnons ou tailleurs de pierre qui travaillèrent dans les carrières et les montagnes, et soixante dix mille apprentis ou porteurs de fardeaux. La Sagesse du R.S. permis que tous soient groupés et disposés de telle façon qu'aucune envie, discorde ou confusion, ne viennent jamais entraver la paix et la bonne entente qui régna en permanence parmi les travailleurs. Mon Frère, ceci nous amène à l'étude d'une deuxième sorte de symboles qui contient de multiples enseignements, tous forts instructifs et de grande valeur.  

LES TROIS COLONNES

Les Trois Colonnes vous ont déjà été expliquées, dans un degré précédent, et elles représentaient la Sagesse, la Force et la Beauté. Elles sont, dans ce degré revêtues d'une signification encore plus grande. Elles représentent nos Trois Anciens Grands Maîtres, Salomon Roi d'Israël, Hiram Roi de Tyr, et Hiram Abif. La Colonne Sagesse représente Salomon, Roi d'Israël, dont la Sagesse permit l'édification du Temple, et grâce auquel son nom fut honoré et exalté. La Colonne Force représente Hiram, Roi de Tyr qui aida le Roi Salomon dans l'accomplissement de sa difficile tâche, et la Colonne Beauté représente Hiram Abif, le fils de la veuve, de la tribu de Nephtali qui, grâce à ses talents d'artiste permit au Temple d'être si magnifiquement orné.  Les Apprentis tiennent leur réunion au Rez-de-Chaussée du Temple du Roi Salomon. Sept en constituent une Loge : Un Maître Maçon et six Apprentis ou Compagnons.  Les Compagnons tiennent leur réunion dans la chambre du milieu du Temple du Roi Salomon. Cinq la constitue, deux Maîtres Maçons et trois Compagnons. Les Maîtres Maçons tiennent leur assemblée dans le Saint des Saints inachevé du Temple du Roi Salomon, trois constituent une Loge. 

              LES TROIS MARCHES

Les Trois Marches qui délimitent le plateau du Vénérable sont les symboles de la vie humaine : l'enfance, l'âge viril et la vieillesse. Comme pour l'enfance, en tant qu'Apprenti nous devons occuper notre esprit à l'acquisition des connaissances usuelles. Comme dans l'âge viril, en tant que Compagnons, nous devons utiliser notre connaissance au service de Dieu, de notre prochain et de nous-mêmes afin que, parvenu à la vieillesse, nous puissions jouir de l'heureuse conclusion d'une existence de droiture et mourir dans l'espérance d'une immortalité glorieuse. 

L'ENCENSOIR

L'encensoir est le symbole d'un coeur pur, toujours prêt à présenter des offrandes au Seigneur et, de même l'encens se consume en dégageant une chaleur radieuse, de même, notre coeur doit toujours être prêt à brûler et à s'enflammer de gratitude envers notre Divin Créateur, pour les nombreux bienfaits et réconforts qu'il nous a accordés. 

LA RUCHE

La Ruche symbolise l'industrie et enseigne la pratique de cette vertu à tous les hommes. De même, nous venons au monde êtres intelligents et raisonnables, de même, devons-nous toujours être des êtres industrieux, jamais satisfaits par l'oisiveté, alors que nos Frères sont dans le besoin, et toujours désireux de pouvoir les secourir. Si nous observons la nature, nous découvrons l'homme dans son enfance, plus démuni que la plus primitive des créatures. Il gît, pendant des jours, des mois, des années, totalement incapable de subvenir à ses propres besoins ou de se protéger de l'attaque des animaux sauvages, et même de s'abriter des vicissitudes du temps. Il a certainement plu au Créateur Suprême de la Terre et des Cieux de faire en sorte que les hommes dépendent les uns des autres. Comme la dépendance est l'un des liens les plus puissants de la Société, les hommes ont été à dessein créés interdépendants pour se procurer aide et protection, afin qu'ils puissent mieux jouir de l'opportunité qui leur est offerte de nouer des liens d'amour et d'amitié. C'est ainsi que l'homme fut formé à la vie sociale et active, l’œuvre la plus utile de Dieu. Celui qui s'abaisse lui-même, en n'apportant pas sa propre contribution à la somme des connaissances et de la compréhension humaine, peut être considéré comme un membre inutile de la famille humaine et indigne de notre protection en tant que Maçon. 

LE LIVRE DES CONSTITUTIONS

 Le Livre des Constitutions, protégé par l'épée du Tuileur, nous rappelle que nous devons demeurer très vigilants, et être très prudents, dans nos pensées, nos actes et nos paroles et plus particulièrement au sujet de la Franc-Maçonnerie en présence de ses ennemis, nous remémorant sans cesse ces véritables vertus Maçonniques : le silence et la circonspection. 

L'ÉPÉE ET LE COEUR NU

L'épée pointée sur le coeur nu nous rappelle que, tôt ou tard, la justice nous atteindra, même si nos actes, pensées et paroles peuvent demeurer cachés aux yeux des hommes. Cependant celui qui voit tout, qui commande au Soleil, à la Lune et aux Étoiles, et sous la direction de qui, même les comètes les plus reculées, accomplissent leur prodigieuse révolution, fouille jusqu'au tréfonds du coeur humain, et nous accordera notre récompense, conformément à nos mérites. 

              L'ANCRE ET L'ARCHE

L'Ancre et l'Arche sont les symboles d'un espoir mérité et d'une existence bien remplie. Ils symbolisent : cet Arche Divin qui nous conduit par delà les Océans déchaînés de l'affliction là où l'Ancre nous permet de nous arrêter dans ce havre de paix où les méchants cessent leur persécution, et où les faibles trouvent le repos. 

LE QUARANTE SEPTIÈME PROBLÈME

 Le Quarante Septième Problème d'Euclide apprend aux maçons à aimer les arts et les sciences. 

LE SABLIER

Le Sablier symbolise la vie humaine. Voyez avec quelle douceur le sable s'écoule calmement, mais aussi avec quelle rapidité notre vie va vers sa fin. Nous ne pouvons pas sans étonnement contempler les infimes particules qui sont contenues dans cet objet, comment elles disparaissent imperceptiblement. Et cependant, à notre grand étonnement, elles ont toutes disparues dans l'intervalle minime d'une heure. Ainsi disparaissent les hommes ! Aujourd'hui il explose tels les bourgeons en feuilles tendres comme l'espoir, demain il sera fleurs éclatantes, témoignages de son épanouissement, alors que le surlendemain une légère gelée flétrira la jeune pousse, et alors qu'il se croyait au début de son épanouissement, il tombe à terre telle la feuille d'automne, qui vient fertiliser notre mère la terre. 

LA FAUX

La Faux symbolise le temps, qui tranche les fils tenus de la vie et nous transporte dans l'éternité. Voyez quel carnage la Faux dévastatrice du Temps a accompli parmi les humains. Si par bonheur nous échappons aux nombreuses maladies infantiles, aux périls de l'adolescence, et qu’avec force et vigueur nous atteignons l'âge viril, inexorablement nous serons bientôt abattus par la Faux dévastatrice du temps, et nous serons réunis en ce pays où nos pères nous ont précédés. J'attire maintenant votre attention sur le troisième et dernier groupe d'emblèmes et de symboles, qui est aussi sacré que les autres parties du d° qui vient de vous être conféré, et je souhaite que vous vous en souveniez comme tel. 

LE MAILLET, LA PELLE, LE CERCUEIL, LA BRANCHE D'ACACIA

Le Maillet symbolise l'outil par lequel notre G.M.H.A. fut assassiné. La Pelle, symbolise celle qui fut utilisée pour creuser sa tombe, et qui nous enseigne que, sous peu, un instrument similaire pourrait fort bien être utilisé pour creuser notre propre tombe.        Le Cercueil, celui qui contenait les restes de sa dépouille mortelle. Ceci mon Frère, sont des symboles saisissants qui, pour un esprit réfléchi, fournissent de sérieux sujets de méditation. Mais lorsque nous nous référons à la branche d'acacia, qui fut trouvée en fleurs sur la tombe de notre G.M.H.A., nous sommes amenés à nous souvenir qu'il existe une partie de nous-mêmes qui survivra à la tombe et ne périra jamais, jamais, jamais.

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Grande Loge Traditionnelle de France : consécrations

20 Février 2014 , Rédigé par T.D Publié dans #histoire de la FM

Hier soir, à l’Orient de  Paris, en présence d’une cinquantaine de Frères, la GLTF a consacré une Respectable Loge, La RL « Renaissance », qui travaillera au Rite Emulation dans la plus stricte observance de la Franc-Maçonnerie Régulière et de Tradition. A cette occasion, l’annonce a été faite de la création d’une seconde RL à l’Orient de Paris.

Important : la semaine dernière la GLTF a consacré sa première Loge à l'Orient de Lyon « la Voie de la Connaissance » qui travaillera au REAA.

 

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La Marche des neuf Maîtres

20 Février 2014 , Rédigé par C\ F\ Publié dans #Planches

Un voyage de plus sur notre chemin initiatique, où, déjà, sans que nous en ayons eu conscience, nous voyageons de façon centripète sur un cercle créateur. Aujourd'hui, morte une nouvelle fois à la vie, sous le linceul, la récipiendaire vit de manière statique le voyage des neuf Maîtresses. Elle ressent les vibrations de leurs déambulations qui se rapprochent de sa dépouille. Ce n'est plus l'heure d'écrire un testament. Elle pressent qu'elle doit se recentrer sur son Moi profond, sur son Être véritable, avant l'ultime voyage. Ces neuf Sœurs ont entrepris cette marche à la demande de la Très Respectable Maîtresse, qui, comme le dit le Rituel, après avoir pleuré notre Maître, veut lui rendre les honneurs funèbres qui lui sont dus, avec le secret espoir de recueillir quelques traces de sa science. Elle donne ainsi l'ordre :

« Voyagez mes Sœurs, de l'Occident à l'Orient, par le Septentrion, et de l'Orient au Midi, jusqu'à ce que vous ayez découvert le lieu sacré où d'infâmes meurtriers ont déposé le corps de notre Maître Hiram ».

Par cette injonction, elle s'assure que ce voyage couvrira la superficie intégrale de la terre et ne s'arrêtera qu'avec le succès de la quête. Cela nous laisse entrevoir l'importance de cette marche. Les neuf Maîtresses : la Maîtresse des Cérémonies, l'Experte, suivies de sept Sœurs, bras droit tendu au dessus du cadavre, font par trois fois dextrorsum le tour de la Loge. Ces bras tendus forment une voûte semblable à la voûte humaine sous laquelle passe solennellement la Vénérable Maîtresse lors de son installation, ou encore, celle d'acier qui accueille les Dignitaires. Ces voûtes témoignent de l'importance reconnue de la fonction honorée et de son aspect central, au sens de la construction de l'édifice, à l'image de la clef de voûte. Ces bras droits tendus, côté de l'action raisonnée de la construction, nous assurent ainsi de l'importance de la dépouille recherchée. Sous le linceul git, le futur Maître. Neuf Maîtresses voyagent. On rencontre ici le symbolisme du neuf. Le nombre neuf fait partie des nombres les plus chargés de sens symbolique, dernier de la série des chiffres, multiple de trois, chiffre impair qui suit le sept, lui-même, précédé du cinq. Trois, cinq, sept, des nombres déjà rencontrés sur notre chemin initiatique et chargés de sens dans notre tradition maçonnique. Dernier de la série des chiffres, il annonce une fin et un recommencement. C'est à dire une transposition sur un autre plan. Il exprime la fin d'un cycle, une transmutation. D'après mes recherches, le nombre neuf symbolise aussi la patience, la méditation, l'harmonie. Nombre du Yang, il est le nombre de la Plénitude. J'entrevois dans ces propos le pilier de la Vénérable Maîtresse, symbolisant la Sagesse, lueur d'espérance qui éclaire le troisième degré de notre rite. Neuf : deux plus sept, à l'image de la déambulation des Sœurs. La Maîtresse des Cérémonies et l'Experte, accompagnées de sept Sœurs. Deux symbolise le progrès, le développement. Sept est présent dans les degrés de la perfection, il n'indique pas une fin mais un passage vers d'autre chose. Il est notre âge en Chambre du Milieu où, nous avons sept ans et plus. Le nombre neuf nous assure ainsi dans cette marche.

- D'un changement d'état, du matériel au spirituel.
- D'une élévation à des niveaux supérieurs de perception.
- De la création de l'Être Véritable toujours en devenir.

Mais, il est aussi le nombre nécessaire pour que la totalité de la Connaissance soit retrouvée. Neuf Sœurs à la recherche des Secrets Véritables, cette quête qui est notre travail de Maîtresses, souligne que même si ce chemin est unique, pour le trouver, il faut être accompagnée. Nous avons besoin de nos Sœurs, dans le travail d'introspection que tout Initiée doit accomplir à la recherche de son Moi profond. Ce voyage organisé (9,2 plus 7) qui se fait dans la méditation peut donc être assimilé à une marche. Marche des neuf Maîtres et non Maîtresses pour donner une valeur universelle à cette marche. Le voyage entrepris ne se fait pas n'importe comment. Il comprend trois tours dextrorsum de la Loge. Ces circonvolutions doivent être concentriques. On rencontre, dans cette déambulation, le symbolisme de la spirale. En Chambre du Milieu, le désordre installé suite à la perte de Maître Hiram va retourner à l'ordre créé par le désordre, grâce à la spirale centripète formée par le mouvement tournoyant des neuf Sœurs. Elle est ici le signe de l'équilibre dans le déséquilibre « Ordo ab chao », de la permanence de l'être à travers les fluctuations du changement. Ce symbole a déjà été rencontré plusieurs fois sur notre chemin initiatique. La postulante ne prend-elle pas un escalier tournant pour accéder à la porte du Temple ? Le Rituel indique que si le local n'en possède pas, la Sœur Experte pourra symboliser cette notion d'évolution en spirale en faisant tourner la postulante dans les parvis (voir le Rituel d'Initiation). Ce mouvement spiralé se retrouve dans l'ordre architectural « ionique » qui orne le pilier allumé par la Très Respectable Maîtresse lors de l'ouverture des travaux et qui reste seul allumé lors de l'élévation à la Maîtrise. Il est par ailleurs évoqué au second voyage du récipiendaire, lors de son augmentation de salaire, sur le cartouche relatif à l'Architecture. Ce mouvement spiralé qui deviendra un cercle. Cercle créateur au centre duquel se construit l'Être Véritable. La Maîtresse Maçonne en cours de réalisation, débarrassée de ses scories (ambition, égo, à priori, fanatisme, ignorance…), aspire à devenir un milieu, un centre capable d'accéder à une dimension spirituelle. La découverte du corps, à l'ombre de l'Acacia, arbre symbole de la vie prenant sa source dans la mort, entre Compas et Équerre, le Moi profond du récipiendaire se trouve juste au centre du Cercle où descend le Fil à Plomb de la voûte étoilée. A partir de ce centre retrouvé, elle peut être relevée par les cinq points de la maîtrise. Bien au centre d’elle-même, cette élévation lui indique l’axe le long duquel on peut accéder à des niveaux supérieurs de perception. Comme le dit Irène Mainguy, « la nouvelle Maîtresse élevée se trouve entre le ciel et la terre. Elle cerne la manifestation et le manifesté ». La leçon de la Spirale, cycle de la vie, nous a appris à nous élever à une autre dimension de l'Être, à croître sans changer de forme, à évoluer sans cesser d'être nous-mêmes, sans jamais se renier. La vision de l'acacia, arbre de l'espérance, met fin à la marche des neuf Sœurs. Leur mission est accomplie. Trois Sœurs restent sur place pour garder la sépulture. La Très Respectable Maîtresse, les deux Sœurs Surveillantes s'assureront d'être en présence du Maître. Et permettre ainsi le relèvement. Le Maître est retrouvé. Il réapparait aussi radieux que jamais sous les traits de la nouvelle Maîtresse et assure ainsi la pérennité de l'Œuvre.

J'ai dit Très Respectable Maîtresse.

Source : www.ledifice.net

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Je n'ai rien dit

19 Février 2014 , Rédigé par Martin Niemoller Publié dans #Poèmes

Quand ils sont venus chercher les communistes,
je n'ai rien dit,
je n'étais pas communiste
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n'ai rien dit,
je n'étais pas  syndicaliste
Quand ils sont venus chercher les juifs,
je n'ai rien dit,
je n'étais pas juif
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
je n'ai rien dit,
je n'étais pas catholique.
Et, puis ils sont venus me chercher.
Et il ne restait plus personne pour protester.

Pasteur Martin Niemoller (1892-1984), Dachau 1942

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Maitresse Parfaite et Sublime Ecossaise

18 Février 2014 , Rédigé par JM Ragon Publié dans #Rites et rituels

MAITRESSE PARFAITE. (4e Grade).

 

Décoration de la loge. Tenture en drap cramoisi; le trône, le dais, le siège, sont de même étoffe, avec galons et franges en or.

La loge représente l'intérieur du tabernacle, dressé par Moïse dans le désert.

Au bas et un peu en avant du trône, sont deux colonnes torses : celle du côté de l'Afrique représente la colonne de feu qui dirigeait, pendant la nuit, les Israélites dans le désert. Elle est creuse et transparente pour pouvoir être rendue lumineuse.

La colonne du côté de l'Amérique représente la nue qui les protégeait pendant le jour, elle semble se perdre en ondes légères dans le plafond, image du ciel.

Ces deux colonnes sont réunies à leur sommet par un cintre représentant l’arc-en-ciel.

Dans un angle, est l'autel du Feu ou de la Vérité, sur lequel sont plusieurs vases antiques, au milieu est une cassolette où brûlent des parfums ; devant, est un plat pour recevoir les offrandes.

A côté, sur une table, sont un maillet et une boite, comme dans la maîtrise, mais au lieu d'un cœur, on trouve, tracés sur des tablettes, ces mots hébreux : Emeneth, hur, cana, signifiant vérité, liberté, zèle, et le mot grec enbulos, prudence.

Sur le pavé, est le tableau du grade représentant : le songe de Pharaon, lorsqu'il vit 7 épis pleins et 7 vides ; Joseph se réconciliant avec ses frères; plusieurs hommes avec des tabliers et tenant une truelle qu'ils emploient à pétrir la terre pour faire des briques ; Moïse exposé dans une corbeille sur les eaux du Nil ; et la fille de Pharaon qui, en venant pour se baigner, le fait retirer; sur le devant, Moïse et Aaron à la tète des Israélites, au moment de la submersion de l'armée d'Egypte dans les flots de la mer Rouge.

Titres. Le G\Me représente Moïse et la G\Msse, sa femme Séphora (en hébreu Tsephorah, avis vel passer, fille de Raguel ou Jéthro, prêtre des Madianites. Exod., ch. 2, v. 21 ; ch. 4, v. 25, et ch. 18, v. 2).

Le F\ déposit\ est nommé Aaron (en hébreu Aharon, monssive montanus, (fils d'Amron, fils de Cahath, fils de Lévi, frère de Moïse. Exod., ch. 6, v. 20).

Ordre. Les FF\ tiennent l'épée nue de la main droite, la pointe haute ; les Sœurs tiennent également la baguette élevée, appuyée contre l'épaule droite.

Signe. Mettre la main gauche dans son sein (les sœurs sur la poitrine) ; la retirer, regarder le dessus, avec l'air de l'étonnement ; mettre la main sous le tablier, et l'ayant retirée, la regarder en dedans avec un signe de joie. Ce mouvement rappelle ce que fit Moïse sur le mont Horeb, où il vit sa main couverte de lèpre et guérie sur-le-champ.

Attouchement. 1° Présenter le dessus delà main gauche, en faisant le signe. On répond en faisant de même.

2° Mettre la main sous le tablier, la retirer et montrer le dedans. Réponse par le même signe.

3° Passer la main sur celle du tuileur, et la ramener, en glissant, jusqu'au bout des doigts.

Mot de passe. Beth-gabara ou abara (en hébr. Beth-Heber, maison de passage ou alethé, vérité).

Mot sacré. Achitob (hébr. Ahhitoub, frère de bonté) ou Sigé, silence. Des rituels disent Achirab, c'est une faute.

Batterie. 7 coups, par 6 + 1.

Acclamation. Eva !

Cordon. Bleu moiré, porté en sautoir, auquel pend une étoile à 5 pointes avec les lettres : D. C. U. P. L., qui signifient : discrètes, constamment unies par l’estime.

Bijou. Un maillet d'or. Chaque sœur, à son admission, reçoit une alliance d'or, sur laquelle est gravé le mot sacré, et une paire de jarretières en taffetas ou satin blanc ; sur chacune est brodé en or un cœur, avec cette devise sur l'une, la vertu nous unit, et sur l'autre, le ciel nous récompense.

Habillement. Le G\ Me et le F\ déposit\ sont revêtus de l'habit de gr\ prêtre. Les FF\ et les Sœurs, comme dans le grade précédent. Les SS\ ont, de plus, une baguette à la main.

Questions d'ordre. D. Êtes-vous parfaite ?

R. Guidée par l'Éternel, je suis sortie de l'esclavage.

D. Qu'entendez-vous par cet esclavage ?

R. La captivité où nous languissons dans le siècle, figurée par celle des Israélites, en Egypte. Le vrai maçon se regarde, dans le monde, comme dans une terre étrangère, il gémit dans sa captivité, il n'aspire qu'après sa véritable patrie. (Cette morale est d'un cafard et non d'une Maçonne.)

D. Assujettie à ce corps fragile, comment pouvez-vous dire que vous êtes libre ?

R. L'initiation à nos mystères a dessillé mes yeux. J'ai secoué le joug des passions; la raison m'éclaire, et son flambeau perçant le voile dont la volupté masque le vice, m'en découvre toute l'horreur.

Observation. Un tel grade, portant la dénomination de parfaite, et dans lequel figure l'autel de la vérité, devait être un cadre heureux pour développer la vraie morale, celle qui doit servir de guide à la néophyte, et lui ouvrir la voie du progrès et de la perfectibilité. Au lieu de cela, qu'y trouve-t-on ? Un obscurantisme jésuitique, une niaiserie abrutissante qui nous dispense de rien rapporter de plus des dix-huit autres questions du rituel.

Les travaux s'ouvrent et se ferment comme dans la maîtrise.

Loge de table. Le maître s'appelle Respectable, les deux officiers Vénérables, et tous les autres : Mon cher frère, ma chère sœur.

Les verres se nomment des Étoiles.

Le vin et l'eau, des tonnes de déluge rouge, blanc. (Est-ce assez absurde ?) Le pain, du bois de l'arche.

On dit vider les étoiles avec les dignités écossaises par 4. (Nombre des vœux des jésuites, et c'est en l'honneur de ces vœux que les maçonnes doivent vider des étoiles !!)

Exercice. On porte l'étoile en 2 temps à la bouche, on la vide en deux temps, et on la pose sur la table en deux autres temps. On frappe 4 fois dans les mains, et l'on dit 2 fois : qu'il vive ! Il faut convenir que pour un grade de Parfaite, ces transformations de noms, loin d'être heureuses, sont par trop ridicules.

 

 SUBLIME ECOSSAISE (5e Grade)

 

Décoration de la loge. Il faut deux appartements pour les réceptions, ou bien on dispose la tenture de manière à pouvoir en changer promptement la couleur, soit en retournant les panneaux, soit en relevant les draperies.

Pour le premier point de la réception, la tenture est verte, parsemée d'étoiles d'or, galons et franges en or.

II y a 9 lumières : 7 ensemble et 2 séparées.

Pour le second point, la tenture est, comme pour les réceptions habituelles, couleur ponceau, galons et franges en or.

Outre les lumières exigées dans les grades précédents, il y a 3 lampes, chacune de 3 lumières suspendues au plafond, deux sont à l'Asie et la troisième à l'Europe, du côté de l'Afrique.

Sur l'autel est un vase où brûle de l'esprit de vin pendant la réception.

Titres. Le Me représente le grand-prêtre Éliacim (en hébr. Êliakim, résurrection de Dieu), gouverneur de Béthulie. Le ler surv\ représente Ozias (en hébr. Gosiah, force du Seigneur), prince de Juda. La sœur récipiendaire représente Judith (en hébr. Jehaudith, laudans.)

Signe. Saisir ses cheveux de la main gauche et faire de la droite le simulacre de se couper le cou.

Attouchement. S'entrelacer mutuellement le petit doigt de la main droite.

Mot de passe. Vazao (interior vel intimus), nom d'un des eunuques d'Holopherne, celui qui introduisit Judith dans la tente {Judith, ch. 12, v. 1).

Mot de reconnaissance. La vallée de Béthulie m'est connue.

Maitresses paroles. Sigé et Alethé, qu'on interprète ainsi : silence, vérité.

Marche. Sept pas, qui représentent les 7 vertus : amitié, union, soumission, discrétion, fidélité, prudence, tempérance, auxquelles sont opposés les 7 vices : haîne, discorde, orgueil, indiscrétion, perfidie, étourderie, médisance.

Batterie. Deux coups égaux.

Acclamation. Judith, répété 2 fois.

Age. Je passe cinq lustres.

Temps du travail. De l'entrée de la nuit à l'apparition du jour.

Habillement. Le président porte une longue robe blanche. Une large ceinture verte et ponceau fait deux fois le tour du corps, les bouts retombent jusqu'à terre du côté gauche, et sont rejetés sur l'épaule gauche pendant le cours des travaux. Sur la poitrine est une plaque d'or où sont gravées les lettres D\ V\ qui signifient, discrétion, vérité. Cette plaque est fixée par 4 chaînes qui passent sur le cou et sous les bras. Il est coiffé d'une tiare blanche en lin ; il a sur le front un bandeau jaune, sur lequel sont peints ou brodés les mots Kadosch Adonaï (consacré au Seigneur).

Cordon. Les sœurs portent le cordon écossais, ponceau moiré en écharpe, passant de droite à gauche ; au bas est suspendu un glaive attaché avec une rosette verte ; sur le devant sont brodées en argent 5 étoiles à 5 pointes ; il est fixé sur l'épaule avec une rosette blanche.

Bijoux. Outre le glaive suspendu au cordon, les sœurs portent une truelle en or qui s'attache sur la poitrine au côté gauche avec une faveur bleue. Du côté droit, sont attachés, avec une faveur couleur ponceau, un ciseau, un marteau et un anneau d'or ou alliance.

Tablier blanc, doublure ponceau, bordure verte ou bien doublure bleue, bordure ponceau, la bavette verte. On peut y broder divers attributs de l'adoption. Le maillet et le ciseau désignent la maîtrise ; le globe marque l'écossisme, et le sabre, la lance ; la tète de mort et le sac dénotent, dit le rituel, la sublime écossaise (le meurtre de Judith).

 

Tarleau. Béthulie et son grand-prêtre, avec ses habitants ; Judith, allant au camp, avec sa servante, qui porte un sac ; Judith coupant la tête d'Holoferne (capitaine Fort), dans sa tente.

Chambre de préparation. Sur une table est le tableau et un livre de prières ; de plus, une cuve pleine d'eau.

Une sœur fait à la récipiendaire les questions suivantes, tirées des grades précédents :

D. Pourquoi nos signes s'appliquent-ils presque uniquement sur les sens ?

R. C'est pour nous apprendre à n'en faire qu'un bon usage.

D. Expliquez-moi cet usage ?

R. 1°L'odorat. Les parfums les plus exquis sont comptés pour rien en loge, puisqu'on ne s'y met en bonne odeur que par la pratique des vertus.

2° L'ouïe. Tout bon maçon et bonne maçonne doivent fermer l'oreille à la calomnie, à la médisance, et à tous propos qui peuvent alarmer la prudence et la chasteté.

3° Le Gout. Quand les maçons et les maçonnes prennent des repas en loge, c'est comme les premiers fidèles, pour réparer leurs forces, rester ensemble, et s'exciter à la vertu, sans s'arrêter à la délicatesse des mets.

4° La Vue. Lorsqu'un maçon considère la beauté de ses sœurs, il ne doit être touché d'un si bel assemblage que pour les vertus de l'âme, et doit respecter en elles l'ouvrage accompli d'un créateur.

5° Le Toucher. Chaque fois que nous nous prenons la main, nous nous renouvelons tacitement le traité que nous avons fait de secourir mutuellement dans les dangers et dans le besoin.

Ouverture de la Loge. Le grand-prêtre frappe deux coups qui sont répétés par les surv\ et dit :

D. Quel doit être le soin des maçons et maçonnes ?

R. C'est de voir si l'on est en sûreté.

D. Quel est le devoir des bons maçons et maçonnes ?

R. Travailler, obéir et se taire.

D. Quelle heure est-il ?

R. Le point du jour.

« Puisqu'il est le point du jour et l'heure où tout bon maçon et maçonne doivent se mettre à l'ouvrage, avertissez les frères et sœurs que la loge de Sublime-Écossaise est ouverte. A l'exemple de Judith, veillons, travaillons et prions : Veillons, afin que nos ennemis ne nous surprennent pas et que nous soyons toujours prêts à les repousser. Travaillons pour réparer lès brèches faites à notre âme et nous éviter l'oisiveté d'où découlent tous les vices. Prions, afin que le Grand-Archiprêtre de l'Univers nous affermisse de plus en plus dans l'union, la concorde et la paix. »

— La récipiendaire, la tête couverte d'un drap noir saupoudré de cendre, arrive à la porte du temple. Elle est arrêtée par un garde qui en avertit le 2e surv\. Celui-ci va vers elle et lui dit :

D. Que voulez-vous ?

R. Je veux parler au grand-prêtre et aux principaux du peuple.

D. Qui êtes-vous ?

R. Judith.

D. De quelle nation ?

R. Femme juive de la tribu de Siméon.

Il l'introduit entre les deux colonnes.

Les frères et les sœurs restent assis, ayant la main droite sur le cœur, la gauche sur le front et la tête baissée pour simuler la douloureuse consternation qu'on éprouvait en Béthulie avant la sortie de Judith.

Le grand-prêtre dit à la récipiendaire :

D. Que demandez-vous ?

R. Que vous me fassiez ouvrir les portes de la ville pendant cette nuit, et que tout le peuple prie pour moi pendant cinq jours. Alors je vous apporterai des nouvelles sûres de la Béthulie. Je vous conjure de ne point rendre la ville avant ce temps.

Le grand-prêtre : « Allez en paix et que le Seigneur soit avec vous ! »

Elle sort et rentre dans la salle de préparation. Elle quitte son drap noir, se lave et revêt ses ornements. Elle prend de la main droite un sabre, de la gauche une tète de mort peinte, qui avaient été déposés pendant qu'elle était en loge.

(C'est alors qu'il faut changer la tenture verte en rouge.)

A son retour en loge, elle crie à la porte : Victoire ! victoire ! Le garde en avertit le second surveillant qui le dit au premier; celui-ci informe le grand-prêtre qu'on a crié deux fois Victoire ! à la porte de la loge.

Le grand-prêtre : Faites voir qui a crié ainsi.

R. C'est Judith.

Le grand-prêtre : Faites-la entrer ; mes frères et nus sœurs, soyons debout.

Judith est introduite. « Loué soit le Grand-Archiprétre de l'Univers, qui n'a point abandonné ceux qui espèrent en lai, qui a accompli par sa servante la miséricorde qu'il a promise à la nation d'Israël, et qui a tué cette nuit, par ma main, l'ennemi de son peuple (Elle montre la tête de mort). »

Le grand-prêtre : « Faites-la avancer par les sept pas, au pied de l'autel, pour prêter son obligation.

Elle donne la tête de mort au maître des cérémonies, qui la met au bout d'une lance placée contre l'autel. »

Obligation. Je promets, sous les mêmes obligations des grades précédents, de garder un secret inviolable sur celui qu'on me confère. Je promets d'aimer, protéger et secourir mes frères et sœurs dans toutes les occasions, même au péril de ma vie. Je promets toutes ces choses sur ma parole d'honneur, et je consens, si j'étais capable d'y manquer, d'encourir le mépris, la honte et l'infamie réservés aux parjures. Que Dieu me soit en aide !

Le grand-prêtre décore la récipiendaire du grand cordon vert, en disant : « Je vous décore de cet ornement ; sa couleur, symbole de l'espérance, doit vous attacher de plus en plus à nos préceptes. »

Il lui donne les gants et lui attache le tablier, ajoutant : « Ma vénérable sœur, la couleur de ces ornements vous désigne, par sa blancheur, l'innocence et la pureté des bons maçons et maçonnes. »

Enfin, il lui donne les signes, attouchement, paroles, mot de passe, et dit :

« Vous voilà, ma vénérable sœur, parvenue au dernier grade de la maçonnerie d'adoption. Tous les membres de cette resp\ loge ont concouru à ce qu'il vous fût accordé, parce qu'ils ont été édifiés de votre zèle à remplir vos devoirs dans les grades précédents. Celui-ci, par sa supériorité, vous oblige à de nouveaux efforts. Ne vous ralentissez pas, et que l'on puisse dire de vous, chère sœur, si elle possède tous les grades de la maçonnerie, c'est qu'elle est douée de toutes les vertus. »

Il la fait asseoir à côté de lui, et donne la parole à l'orateur qui développe le principe du grade.

Historique. Nabuchodonosor, roi des Assyriens, ayant vaincu Arphaxad, roi des Mèdes, conçut le dessein d'asservir tous les peuples de la terre. Il envoya d'abord des ambassadeurs dans tous les pays voisins de son empire, pour les engager à se soumettre de bonne volonté. Mais tous refusèrent et même chassèrent avec mépris les ambassadeurs. Il résolut de s'en venger et de les réduire par la force.

Holopherne, général de ses armées, fut chargé de la conduite de cette grande entreprise. Ce capitaine se mit aussitôt en marche avec une armée de 120,000 hommes de pied et de 120,000 archers. Tout se soumit par la frayeur qu'il inspirait.

Les enfants d'Israël, apprenant ce qu'il faisait souffrir aux peuples et aux villes qui avaient subi le joug, tremblaient de peur qu'il en fît autant à Jérusalem et au temple du Seigneur. Ils se hâtèrent de mettre les villes et bourgades en état de défense, et s'étant emparé des montagnes par où Ton pouvait passer pour aller à Jérusalem, ils en gardèrent soigneusement tous les défilés.

Holopherne apprit avec étonnement que les enfants d'Israël se préparaient à lui résister. Il demanda à ceux de sa suite ce que c'était que ce peuple qui refusait de suivre l'exemple de toutes autres. Achior, roi des Ammanites, fit un excellent discours sur la grandeur du roi des Juifs et sur les merveilles par les quelles il avait fait paraître sa puissance dans tous les temps.

Il l'assura que tant que ce peuple servait fidèlement son Dieu, il était toujours invincible, et qu'à moins qu'ils l'eussent irrité, il tenterait inutilement de les forcer.

Holopherne et tous ses officiers, indignés du discours d'Achior, lui firent lier les mains et l'attachèrent à un arbre au pied de la montagne de Béthulie.

Les Israélites l'ayant aperçu, descendirent de la montagne, le délièrent, l'amenèrent dans la ville, où il raconta le sujet des mauvais traitements qu'il avait reçus.

Après qu'il eut fini de parler, tous les Béthusiens se prosternèrent le visage contre terre, en s'écriant : « Seigneur tout puissant, Dieu du ciel et de la terre, considérez l'orgueil de nos ennemis, et voyez l'obéissance, la misère et l'état où sont réduits ceux qui vous sont consacrés. Faites voir que vous n'abandonnez point ceux qui attendent tout de votre miséricorde, et qu'au contraire ceux qui présument trop d'eux-mêmes et qui se glorifient de leurs propres forces, succombent. »

Or, il y avait, en ce temps-là, une veuve, nommée Judith, fort riche et parfaitement belle, qui, depuis son veuvage, vivait retirée, soumise au jeûne et au cilice ; s'étant depuis longtemps fortifiée par de saints exercices, elle se sentit, dans cette extrémité, poussée d'un désir qui ne pouvait venir que de Dieu.

Elle se présenta au grand-prêtre et à tout le peuple assemblé ; elle leur reprocha amèrement le peu de confiance qu'ils avaient en Dieu, en voulant rendre leur ville dans cinq jours, s'il ne venait point de secours. Elle leur déclara qu'elle avait un dessein, mais qu'elle ne pouvait le révéler, et leur demanda seulement de prier Dieu pour elle pendant quelle serait hors de la ville.

Elle rentra chez elle, se mit en prières, le corps vêtu d'un cilice couvert de cendres ; puis, elle se leva, prit ses plus beaux vêtements et se parfuma de parfums exquis. Comme aucun mauvais principe n'était dans son cœur, il semblait que Dieu répandait de nouveaux charmes sur son visage, pour la rendre plus belle.

Vers le point du jour, Judith, suivie d'une de ses femmes, se fit ouvrir les portes de la ville, descendit la montagne et fut menée à Holopherne. Ce général fut si charmé de sa beauté, qu'il ordonna qu'on la conduisit dans la tente, où étaient ses tréors, et qu'on lui donnât tout ce qu'elle désirerait.

Le quatrième jour, Holopherne fit un grand festin. Il y invita Judith pour laquelle il avait conçu une vive passion. Il fut si transporté de joie en la revoyant, qu'il but à l'excès et s'enivra. Tous ses officiers le voyant endormi se retirèrent.

Alors Judith ne pensa plus qu'à mettre son dessein à exécution. Elle s'approcha doucement du lit d'Holopherne, se saisit d'un sabre attaché à l'une des colonnes, et prenant Holopherne par les cheveux, elle dit : Seigneur, mon Dieu, fortifiez-moi dans ce moment ! Aussitôt elle le frappa de deux coups, et lui trancha la tète qu'elle donna à sa servante pour la mettre dans un sac.

Toutes deux sortirent du camp et revinrent à la porte de Béthulie, où Judith ayant été reconnue par les gardes, on la reçut aux flambeaux.

Elle fit son entrée tenant par les cheveux la tète sanglante d'Holopherne, et criant victoire ! Tout le peuple jeta de grands cris de joie, pour bénir Dieu d'une délivrance si inattendue, et pour relever la gloire de celle qui s'était si sensiblement exposée pour leur salut. (Livre de Judith, ch. 16.)

« Tout ce que vous avez vu et fait, vénérable sœur, dans votre réception, est précisément tout ce qui fut exécuté par Judith et dont je viens de vous faire le récit.

Veuillez, maintenant, prêter toute votre attention à l'instruction du grade. »

INSTRUCTION.

D. Êtes-vous Sublime-Écossaise ?

R. Oui, je le suis.

D. A quoi le connaitrai-je ?

R. Aux signe, attouchement et paroles.

D. Où avez-vous été reçue ?

R. Dans la ville de Béthulie .

D. Quel motif vous engagea à vous faire recevoir ?

R. La liberté de tous mes frères et sœurs.

D. Quel était leur tyran ?

R. Holopherne, général des armées de Nabuchodonosor.

D. Comment êtes-vous venue à bout de votre entreprise ?

R. En veillant, espérant et priant.

D. Qu'ont produit ces moyens ?

R. En veillant, j'ai cherché le moment favorable ; en espérant, je l'ai attendu avec confiance; en priant, j'ai obtenu du G\ Archiprêtre de l'U\ le courage et la force qui m'étaient nécessaires.

D. Quelle était- votre intention ?

R. De faire périr Holopherne, lorsque j'en trouverais l'occasion.

D. Quand se présenta cette occasion ?

R. Au moment où Holopherne, livré au vin et au sommeil, fut abandonné par ses gardes. Alors je pris son sabre et lui tranchai la tête.

D. Que signifient les sept pas pour arriver à l’autel ?

R. Les 7 qualités inséparables de tous maçons et maçonnes, savoir :

L'Amitié, sentiment que nous devons avoir pour tous nos frères et sœurs ;

L'Union, la pierre fondamentale de notre société ;

La Soumission, nécessaire pour recevoir, sans murmurer, les arrêts de la loge ;

La Discrétion, pour éviter les supercheries des profanes et garder nos secrets ;

La Fidélité, indispensable pour observer nos obligations ;

La Prudence, pour régler nos actions, afin que les envieux de nos plaisirs ne trouvent aucun moyen de blâmer notre conduite.

Et la Tempérance, pour éviter tout excès également nuisible au corps et à l'esprit.

D. Quels sont les 7 défauts opposés à ces qualités ?

R. La Haine que nous ne devons porter à aucun de nos FF\ et SS\, quelque insulte que nous ayons reçue ;

La Discorde, trop contraire à notre institution pour ne pas l'éviter ;

L'Orgueil, qui doit être banni de nos cœurs comme funeste à l'humanité :

L'Indiscrétion, qui doit être inconnue dans notre ordre où tout est mystère et secret.

La Perfidie, vice trop odieux pour ne pas nous être en horreur.

L'Étourderie, comme cause de querelles sans nombre.

Et la Médisance, qui est un vice si bas qu'il n'est point étonnant que les maçons et maçonnes, dont tout le soin est de tendre à la perfection, la fuient comme une peste sociale.

D. Expliquez-moi le tableau ?

R. Béthulie est la figure du vrai bonheur qu'on ne peut conserver qu'avec des soins et du travail. Le grand-prêtre est l'image de l'âme ; Judith et sa servante, celle de ses facultés. Les principaux du peuple et le peuple assemblé représentent le corps et ses membres. L'armée d'Holopherne représente les passions qui nous environnent et les charmes de Judith les illusions qui nous séduisent.

D. Que signifient la conduite et le mauvais traitement d'Achias ?

R. Que tout maçon et maçonne doivent plutôt s'exposer à souffrir la persécution que de s'écarter de la vérité, quand on les oblige à parler; qu'ils doivent, par des discours prudents, tâcher de ramener ceux qui sont dans l'erreur ; sa délivrance par les Israélites, c'est la charité que nous devons avoir tant pour nos ennemis que pour nos amis.

D. Donnez-moi la parole et l'application que vous en faites ?

R. Sigé, qui veut dire Silence, parce que nous devons écouter en silence et avec attention les leçons du grand-prêtre et que nous ne devons pas même les révéler aux FF\ et aux SS\ absents.

D. Dites-moi le mot de passe et son application ?

R. Alethé, qui signifie vérité et que tous les rapports que nous nous croyons obligées de faire au grand-prêtre, des fautes et négligences de nos FF\ et SS\, pour qu'ils y remédient, doivent être dans la plus stricte vérité. (Discipline des Jésuites.)

D. Comment vous nommez-vous et d'où êtes-vous ?

R. Judith, femme de la tribu de Siméon.

Clôture. Même cérémonial que pour l'ouverture.

Loge de Table. Elle est éclairée par 7 lumières ou lustres. Les verres se nomment Coupes. On vide la coupe en la prenant de la main gauche; de la droite, on prend le sabre qu'on passe, en deux temps, sur les bords de la coupe comme pour raser son contenu. Puis, on laisse tomber le sabre, et, de la main droite, on vide la coupe que l'on pose sur la table en deux temps ; et l'on frappe 2 fois des mains, en criant : Victoire, victoire!

Modèle d'un certificat. L. D. M. (Loge de Maçonnes.)

Du jardin d'Éden, côté de l'Orient, d'où sort la première lumière de la Loge des Dames, sous le titre distinctif de par les nombres mystérieux connus des seuls éclairés ;

Nous, chefs terrestres, dirigeant la sublime et respectable Loge des Dames, ayant connu le zèle et l'empressement, pour parvenir au suprême degré de lumière maçonn\, de la vénérable S\..., âgée de..., native de..., professant la religion....

Après avoir jugé de sa capacité, vie et mœurs, avec un scrupuleux examen de sa conduite tant en loge que dans le monde, et sachant qu'elle a satisfait à tous les devoirs exigibles en sa qualité de maçonne ;

Faisons savoir que nous l'avons admise aux grades d'apprentie, compagnonne, maîtresse, maîtresse parfaite et sublime écossaise. Mandons à tous nos FF\ et SS\ maçons et maçonnes de la reconnaître comme telle et d'ajouter foi au présent certificat que nous lui délivrons pour servir et valoir ce que de raison ; lequel nous avons signé de notre main, fait décorer du sceau de notre respectable loge et contre signé par notre secrétaire.

Donné au jardin d'Éden, du côté de l'Orient, le...jour de la...semaine du...mois de l'année maçonnique cinq mille huit cent...et du calcul vulgaire le...mil huit cent...

N..., président. — N..., S\ grande-maîtresse. — N..., grand-inspecteur. — N..., S\ grande-inspectrice. Scellé par nous garde des sceaux et archives, N... — Par mandement de la R\ L\, N..., secrétaire. — Ne varietur. — N…

source : les Editions de l'Edifice

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Les rituels

17 Février 2014 , Rédigé par X Publié dans #Rites et rituels

Les rituels désignent les cahiers qui sont utilisés par les loges pour conduire les travaux des cérémonies maçonniques. Les rituels se distinguent du Rite, ou Régime, qui est lui, un ensemble de grades ainsi qu'une certaine manière de pratiquer le rituel. Lorsqu'il atteint ses objectifs, le rituel est l'outil fondamental de la méthode maçonnique.

Le premier objectif du rituel est de délimiter l'activité maçonnique, en la distinguant du monde profane. Superficiellement, la délimitation est spatiale : c'est le temple, (qui n'est pas une église). En profondeur, la délimitation est temporelle (entre le début et la fin des travaux). La Loge désigne à la fois le lieu où se réunit rituellement le groupe ainsi que le groupe lui-même. Il suffit de "tracer" les symboles du grade sur le sol pour qu'une cérémonie puisse se tenir. Le lieu est donc transitoirement consacré dès lors que le groupe est réuni pour y travailler rituellement.

Le second objectif du rituel est d'organiser le travail de la Loge en le rattachant aux valeurs de l'Ordre. Superficiellement, le rituel est contraignant. En profondeur, la règle acceptée par tous permet l'expression de la liberté et de l'égalité de chacun, condition de l'épanouissement de la fraternité. Le rituel nous rattache à la Tradition.

Le troisième objectif du rituel est de donner vie au symbolisme maçonnique, en centrant le travail maçonnique sur l'Homme, préoccupation primordiale des francs-maçons. Superficiellement, le rituel gère la forme des travaux de la Loge de manière purement organisationnelle et opératoire. En profondeur, le rituel a un sens, une richesse fondamentale, car il est symbolique et invite chacun à découvrir et à méditer l'enseignement dont il est porteur.

Le rituel est ainsi un élément constitutif de la vie de la Loge. Il faut donc respecter les rituels afin de pouvoir atteindre les objectifs qui viennent d'être définis et de donner de la substance au travail maçonnique, sans toutefois perdre de vue que les rituels sont un moyen et non une fin. Ainsi, le rituel est-il un élément nécessaire mais non suffisant pour le travail maçonnique et pour la vie harmonieuse de la Loge. Car nous ne sommes pas une secte et la franc-maçonnerie n'est pas un culte. Notre but est à la fois le travail spéculatif, (écoute, réflexion, discours) et l'action, vers l'idéal individuel de perfection vers lequel nous tendons et que nous sommes pourtant certains de ne jamais atteindre.

Certains francs-maçons ont vis à vis du rituel une attitude étrange, en considérant, parfois même avec une certaine véhémence, que toute idée de modification des rituels serait proprement "sacrilège". Une telle attitude est porteuse d'une certaine intolérance et pourrait rappeler celle des fidèles d'une fraternité intégriste qui a investi une église de Paris où bat le cœur des dévots de la tradition et du latin, clercs en soutane et militants d'extrême droite.

Or, l'étude de la franc-maçonnerie et particulièrement celle des rituels et des grades, nous apprend qu'ils constituent un jardin immense et touffu, riche des essences les plus exotiques et les plus étranges. On y découvre également que les rituels ont été rédigés par des hommes, certes sensibles aux modes intellectuelles, mais aussi parfois à la vanité. Et même si elle peut sembler difficile à entendre, il faut bien reconnaître cette évidence, "en restant toutefois indulgents pour tout ce qui vient au secours de la faiblesse humaine", comme le dit Albert Lantoine, (le plus grand historien de la franc-maçonnerie française).

Les rituels maçonniques peuvent d'autant moins être considérés comme porteurs d'une vérité intangible, que La Vérité ne peut pas être écrite une fois pour toutes dans "UN LIVRE" (ou un rituel). Car la Vérité, pour les francs-maçons, est comme un horizon et sa quête est celle de l'inaccessible. C'est afin de ne pas mettre de limite à cette recherche que la référence obligatoire au Grand Architecte de l'Univers a été supprimée des rituels du Grand Orient de France depuis 1877. A cette époque, à la fin de la cérémonie de réception au premier degré, le Vénérable s'adressait alors au nouveau récipiendaire en ces termes :

"Frère nouvellement initié, les formes que nous venons d'employer pour votre initiation diffèrent notablement de celles dont nous usions jadis et que vous pourrez encore voir employer dans certaines loges de France ou des pays étrangers. L'initiation se faisait fort simplement dans les loges françaises au dix-huitième siècle. On l'a beaucoup compliquée, au commencement du dix-neuvième, en y mêlant des particularités que l'on croyait empruntées aux initiations de l'ancienne Egypte. On cherchait à éprouver le courage du récipiendaire par des moyens terrifiants.

On simulait la quadruple purification par les quatre éléments des anciens, c'est à dire par la terre, l'air, l'eau et le feu. Le récipiendaire était à moitié dévêtu. Parfois, il était introduit dans le temple, couché dans un cercueil; parfois, on le faisait passer au travers d'un diaphragme en papier, pour symboliser son passage à une vie nouvelle. Dans le temple, il entendait des clameurs sourdes, des chocs violents, des bruits imitant la grêle et le tonnerre, des cliquetis d'épées. Il rencontrait des obstacles sous ses pieds. Il était précipité d'un lieu élevé, mais retenu par des mains secourables. On lui trempait les mains dans l'eau, quelquefois le bras jusqu'au coude. On lui faisait vider un calice d'amertume. On le faisait passer au milieu des flammes. On lui demandait de se soumettre à l'application d'un fer rouge. On réclamait de lui une obligation écrite et signée de son sang. Parfois, on le soumettait à des épreuves plus pénibles encore et plus effrayantes.

Vous ne devrez donc pas vous étonner, s'il vous arrive de vous trouver en présence de quelque pratique de ce genre. Vous n'en serez pas troublé, non plus, sachant que le progrès est lent et que l'évolution humaine est complexe". - Rituel de réception au premier degré du Grand Orient De France de 1887.

Cent vingt ans plus tard, on constate combien ce propos reste d'une étonnante actualité ...

A l'origine, les fondateurs de la franc-maçonnerie ont choisi la Bible comme référence, car il était indispensable de donner à l'institution maçonnique des origines très anciennes. Ce qui permettait accessoirement de ne pas effaroucher les candidats et de se protéger contre les persécutions. Un siècle plus tard, le génie des fondateurs du Rite Ecossais Ancien Accepté fut de briser l'antagonisme millénaire entre le judaïsme et le christianisme, entre l'église et la synagogue, en consacrant, dans tout l'itinéraire qu'il propose, la complémentarité de l'ancien et du nouveau testament : Amour de la Vérité, pour les grades vétéro-testamentaires et Amour de l'Humanité pour les grades "dits" de Chevalerie.

Une réflexion, qui proposerait aujourd'hui aux athées, aux agnostiques et aux musulmans, un symbolisme maçonnique dégagé des références catholico-hébraïsantes peut paraître sacrilège pour certains. Elle n'en serait pas moins innovante et prospective pour la grande famille des compagnons du Temple Invisible, voyageurs de l'absolu, qui est soudée par tout ce qu'elle a vécu, ce qu'elle vit, mais davantage encore parce qui lui reste à découvrir et à dire, même autrement ...

Source : http://www.troispoints.info

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33ème

15 Février 2014 , Rédigé par x Publié dans #Facebook

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La Franc-Maçonnerie a pour pères Enoch et Elie

14 Février 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Cette affirmation de CAGLIOSTRO en son Rituel  mérite que l'on s'interroge sur le sens  spirituel donné à cette assertion, sans nous attarder pour autant sur les indications rapportées par celui qui fut le fondateur des Rites Egyptiens. Chrétien, CAGLIOSTRO l'est, n'en déplaise aux tenants d'une Maçonnerie a-dogmatique et libérale, ou de ceux qui croiraient percevoir en lui un occultiste, de ce fait, comme cela va être exposé, en énonçant que tout à la fois ENOCH et ELIE sont les Pères de la Franc- Maçonnerie, CAGLIOSTRO va nous permettre de rappeler ce que doit être la Franc- Maçonnerie de Tradition qui s'oppose à cette vision moderne et erronée qui présente le maçon comme un être libre dans une loge libre. Non, il y  des Devoirs résultant d'une Conscience née d'une discipline qui prend sa source dans ce qui constitue précisément les bases de la Franc Maçonnerie de Tradition.

I

Qu'il me soit permis d'ouvrir préalablement une parenthèse.

La F M a-dogmatique et libérale a inventé tardivement le mythe de la mort d'Hiram. Si le roi de Tyr envoya à David des  charpentiers et des tailleurs de pierre pour construire une maison pour David (II Samuel V, 11), si par ailleurs "Hiram acheva tout l'ouvrage qu'il devait faire pour le roi Salomon dans la Maison du SEIGNEUR (I Rois, VII, 40) que par voie de conséquence en remerciement Hiram, roi de Tyr, se fit donner par le roi Salomon vingt villes du pays de Galilée., il s'avère qu'Hiram sortit de Tyr pour voir les villes que Salomon lui avait données, mais elles ne lui plurent pas. (I Rois IX, 11, 12), il écherra de noter que d'une part en nul endroit il n'est parlé de la mort d'Hiram que par ailleurs Hiram refusera des villes de Galilée, de cette Galilée où s'incarnera Dieu fait homme. Alors que la première apparition de la Légende d'Hiram dans le cadre d'un catéchisme s'avère provenir de Samuel PICHARD en 1730 en son opuscule La maçonnerie disséquée il n'en demeure pas mois que c'est Anderson qui dès 1723 évoque Hiram sans y joindre alors la légende partagée par tant de francs- maçons, lorsque dans le cadre des Anciens Devoirs, le Manuscrit  GRAHAM de 1726 propose une vision toute différente, préférant évoquer NOE plutôt qu'HIRAM. Ainsi, ayant préalablement rappelé qu'aucune construction ne peut se maintenir avant l'Incarnation du Christ sans la Foi et la prière, il est fait état du relèvement du corps non pas d'HIRAM mais de NOE par ses trois fils : " Ils arrivèrent donc à la tombe et ne trouvèrent rien, si ce n'est le cadavre déjà presque entièrement corrompu. Ils saisirent un doigt qui se détacha et ainsi de suite de jointure en jointure jusqu'au poignet et au coude. Alors, ils redressèrent le corps et le soutinrent en se plaçant avec lui pied contre pied, genou contre genou, poitrine contre poitrine, joue contre joue et main dans le dos, et s'écrièrent : "Aide-nous, 0 Père ! ". Comme s'ils avaient dit : " 0 Père du ciel aide-nous à présent, car notre père terrestre ne le peut pas ". Ils reposèrent ensuite le cadavre, ne sachant que faire. L'un d'eux dit alors : "Il y a encore de la moëlle dans cet os",et le second dit : "mais c'est un os sec " ; et le troisième dit : "il pue" . Ils 'accordèrent alors pour donner à cela un nom qui est encore connu de la Franc- Maçonnerie de nos jours."  

Ce qui importera de souligner, quand bien même relativement au redressement du corps qu'il s'agisse d'HIRAM ou de NOE, aucune référence scripturaire ne confirme ces faits, ce qui importe donc c'est de percevoir la différence entre Hiram qui ne se rattache à aucune spiritualité ni aucun lien avec Dieu, et NOE par qui une Alliance est confirmée par l'arc en ciel (Genèse IX, 12-17), NOE tout à la fois sauvé (Hébreux XI, 7) et prémisse du Salut (Sagesse XIV, 6).

Il est bien deux Maçonneries, l'Ancienne Maçonnerie dite de Tradition à laquelle se rattache l'Ordre de Lyon, et la nouvelle Maçonnerie a-dogmatique et libérale promue par ANDERSON : CAGLIOSTRO pour sa part, se rattache à la Maçonnerie de Tradition.

N'oublions pas ces deux mots souventes fois rappelés dans le Manuscrit GRAHAM : FOI et PRIERE !

II

Il échet que nous revenions à Enoch et Elie.

Alors que les légendes attachées à NOE et HIRAM portent sur le relèvement de leur corps, par des mains d'hommes, ENOCH et ELIE partagent un tout autre relèvement, il s'agit d'un enlèvement, non pas opéré par l'homme, mais venant de Dieu.

" Hénoch marcha avec Dieu; puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit."  (Genèse, V, 24) Le motif à ce choix nous est donné dans l'Ecclésiastique XLIV, 16 : "Hénoch fut agréable au Seigneur, et il a été transporté, exemple de pénitence pour les générations" et l'Apôtre l'atteste, Hénoch avait plu à Dieu :" "C'est par la foi qu'Énoch fut enlevé pour qu'il ne vît point la mort, et qu'il ne parut plus parce que Dieu l'avait enlevé; car, avant son enlèvement, il avait reçu le témoignage qu'il était agréable à Dieu." (Hébreux XI, 5).

Plaire à Dieu... " et voici qu'un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l'un de l'autre, et Elie monta au ciel dans un tourbillon."  (II Rois, II, 11) Elie aura une triple mission énoncée en I Rois XIX, 9-18 et, principalement s'opposer à l'idolâtrie, et l'Apôtre nous rappelle cette plainte d'Elie en I Rois XIX, 10 : " Ne savez-vous pas ce que l'Écriture rapporte d'Élie, comment il adresse à Dieu cette plainte contre Israël:  Seigneur, ils ont tué tes prophètes, ils ont renversé tes autels; je suis resté moi seul, et ils cherchent à m'ôter la vie?" (Romains XI, 2, 3)

Annihiler l'idolâtrie ...

Annihiler l'idolâtrie, se débarrassant des idoles, de Baal, du Veau d'or, pour ne plus que chercher à plaire à Dieu, Dieu unique et invisible jusqu'à ce que, par l'Incarnation, Il se rende visible où alors l'adoration des Mages, comme le soulignera PELADAN signifie l'abdication des ésotérismes devant l'Incarnation de la Vérité.

Plaire à Dieu !

Je ne serrai pas  parjure à un Serment maçonnique si je dis seulement qu'à un certain stade de notre cheminement, il nous est rappelé qu'il nous échet de :

-"Rendre hommage à la Divinité dans son cœur, dans son âme et dans son esprit.

- "Proclamer Sa Gloire par des actes."

Mais avant de prétendre proclamer la Gloire de Dieu par des actes, alors que par Jésus+Christ nous sommes déjà sauvés, il nous revient de reconnaître la Grâce qui nous est faite en disant avec le Christ Jésus : "Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux." (Marc XIV, 36).

La Grâce qui nous est faite : "Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils, lequel crie: Abba! Père !" (Galates  IV, 6). Cette Grâce qu'il nous convient de tenter de comprendre, - il est tant de Grâces offertes par Dieu -, dès lors que nous l'associons à cette mystérieuse parole de Jésus+Christ  rappelée il y a peu d'instants par Marc où le Sauveur associe à l'exclamation Abba Père, la présence de cette coupe emplie de tous nos péchés, et par cette coupe, la souffrance morale de notre refus provisoire de Dieu, cette Grâce liée à la Gloire, passe par une souffrance, aussi l'Apôtre ne manque -t-il pas de rappeler : "J'estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous." (Romains VIII, 18). Cette Grâce qui nous est faite, se manifeste selon deux périodes :

- l'acceptation de suivre les Evangiles, c'est-à-dire suivre le Christ et prendre sa croix dès maintenant,

- la récompense de la Gloire à venir, dès lors que tout sera restauré dans le Christ.

Pour Irénée de Lyon, la Gloire n'interviendra que lors de ce qu'avec la Tradition j'aime nommer le 8° Jour, qui pour ce Père est le 7° Jour, ainsi déclare-t-il : "ce septième jour est le septième millénaire, celui du royaume des justes, dans lequel ils s'exerceront à l'incorruptibilité, après qu'aura été renouvelée la création pour ceux qui auront été gardés dans ce but. C'est ce que confesse l'apôtre Paul, lorsqu'il dit que la création sera libérée de l'esclavage de la corruption pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu."  

Mais les prémisses de cette Gloire ne peuvent-ils être déjà manifestés dans le cadre de notre actuel pèlerinage terrestre ? A Gethsémani notre Seigneur en Son dialogue avec le Père ne déclare-t’-il pas : " Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un."  (Jean XVII, 22).

Clément d'Alexandrie souligne : "Une compréhension intelligente suite de près la foi. 'Père des hommes et des dieux', s'écrie aussi Homère, quoi qu'il ne sache pas quel est le Père, ni comment il est Père. Mais de même qu'il est naturel aux mains de saisir, à l'œil qui n'est pas malade de voir la lumière, de même quiconque a reçu la foi possède la faculté de participer à la connaissance, pourvu qu'il veuille tailler l'or, l'argent, les pierres précieuses, et bâtir sur les fondements qu'il a posés. Il ne dit point : Je participerai un jour : il commence à participer. Il ne remet point sa gloire aux chances de l'avenir : roi lumineux, gnostique, il l'est déjà."

Il convient de participer déjà à la Gloire de Dieu.

Ainsi, comme l'explique Irénée : "Enoch, pour avoir plu à Dieu, fut transféré en son corps même en lequel il avait plu à Dieu, préfigurant ainsi le transfert des justes. Elie aussi fut enlevé tel qu'il se trouvait dans la substance de sa chair modelée, prophétisant par là l'enlèvement des hommes spirituels."  

Pour Irénée, ENOCH et ELIE annoncent la résurrection dans le Royaume, mais pas seulement, ils bénéficient d'une anticipation face au 8° Jour parce qu'ils agirent selon le souhait de Dieu, dès lors ils participèrent à la Gloire du Père.

III

Il convient de replacer ces rappels dans le catéchisme de CAGLIOSTRO. Selon la version que nous étudions, à la question : "Quel moyen faut-il employer pour obtenir cette grâce de Dieu?", il est répondu :  " En l'adorant, en respectant son souverain et surtout en se consacrant au bonheur et au soulagement de son prochain, la charité étant le premier devoir d'un philosophe et l'œuvre la plus agréable à la Divinité. À cette conduite, il faut y joindre des prières ferventes."

Sur les motifs de l'engagement que devra prendre le Maçon, CAGLIOSTRO précise : " ce serment ne consiste que dans la promesse d'adorer Dieu, de respecter votre souverain et d'aider votre prochain. Vous serez obligé de plus de promettre personnellement à votre maître de lui obéir aveuglément, de ne jamais passer les bornes qu'il vous aura prescrites, de ne jamais avoir l'indiscrétion de demander la connaissance des choses purement curieuses, enfin de vous soumettre à ne jamais travailler que pour la gloire de Dieu et pour l'avantage de son souverain et de son prochain."

Si le terme " Grâce" apparait souvent dans ce catéchisme, la Gloire qui vient d'être évoquée l'est tout autant et pour asseoir s'il était besoin cette importance liée à la conscience  de la Gloire présente comme l'est d'ailleurs la Grâce dans le Rituel de CAGLIOSTRO, qu'il me soit permis une dernière citation à cet égard, d'autant plus importante que je l'extraie du Rituel de réception à la Maîtrise, de cette Maçonnerie Egyptienne où il fallait déjà être Maître Maçon dans un autre Rite pour prétendre être admis comme Apprenti : "À l'ordre, mes frères. Au nom du Grand Copte, notre fondateur, cherchons à agir et à travailler pour la gloire de Dieu, de qui nous tenons la sagesse, la force et le pouvoir et tâchons d'obtenir sa protection et sa miséricorde, pour nous, pour les souverains et pour notre prochain. Joignez vos prières aux miennes pour implorer en ma faveur son secours et les lumières qui me sont nécessaires."

CAGLIOSTRO a parfaitement raison de donner à la Franc- Maçonnerie, ENOCH et ELIE comme Pères : ils travaillaient à la plus grande gloire de Dieu !

IV

La F M doit demeurer une voie rendant Gloire à Dieu !

Mes Bien Aimés Frères,

Pour sa part, l'Ordre de Lyon est fidèle aux Anciens Devoirs, à l'Ancienne Maçonnerie, qui était résolument Chrétienne,  lors de votre Affiliation il vous fut rappelé que notre Rite ne pouvait être suivi que par un observateur fidèle des usages anciens, et l'on vous fit lecture d’un extrait des « Règles et Devoirs de l'Ordre des Francs-Maçons du Royaume de France » l’Ordre de Lyon se référant à la version française la plus ancienne, datant de 1735 remises en novembre 1737 au baron de Scheffer à l'effet de constituer des Loges dans le Royaume de Suède.

Chrétien ! Il est de fait que les œuvres priment sur la Foi come le rappelle Origène en son Entretien avec Héraclide de la sorte être Chrétien serrait idéalement tout à la fois professer la Foi en la résurrection de NSJ+C et aimer son prochain, mais l'amour du prochain seul face à une foi de Pharisien fera du Publicain un Chrétien plus proche de Dieu que ne le serait un grand prêtre du Sanhédrin.

Notre Maître en Maçonnerie, Constant Chevillon, a souhaité dans son bel ouvrage Le vrai visage de la Franc- Maçonnerie rappeler, face aux dérives de notre auguste fraternité (provoquées par la révolution Andersonienne, le pensons-nous et comme exposé en d'autres travaux) que cette école méritait le nom d'école de vertu dès lors qu'elle expose (et oblige oserais-je dire) l'initié à une ascèse. Aucune ascèse ne se fait sans douleur. Aussi notre Très Illustre Frère précisait-il : " Pour infuser une vie nouvelle, une vie expansive, dans le corps anémié de la maçonnerie, il ne suffit pas de procéder par des exhortations qui seraient, selon le texte de l’Ecriture : Vox clamantis in deserto, la voix dans le désert. Il faut descendre dans l’arène, montrer à tous, les gestes précis de la lutte, les gestes de la victoire. Il faut restituer les assises et les coordonnées de la voie triomphale des réalisations, dont le début s’annonce dans la voie douloureuse de l’ascèse individuelle ; car personne ne peut connaître les gloires de l’ascension sans avoir gravi, d’abord, le Golgotha." 

Quel travail ascétique nous revient-il d'entreprendre, de faire ?

Si CAGLIOSTRO pour sa part joint aux prières, les bonnes actions en faveur de notre prochain qui n'est pas obligatoirement notre Frère ou notre Sœur en Maçonnerie, mais l'Autre, tous les Autres, il accomplit le rappel donné par Origène à la suite de l'enseignement des Evangiles que résumera s'il était besoin l'Apôtre (II Pierre, III, 11, 12), ce choix d'action s'oppose à l'égoïsme, nous oblige à nous oublier nous-mêmes, nous mentirions à prétendre que la voie ainsi choisie n'est pas douloureuse,  du moins en ses débuts ou durant un temps pouvant se prolonger, mais nous aurons peut-être en partage de prendre un jour conscience que cette voie est Joie.

Cette conscience, résulte d'une réciprocité entre le Don offert et la Grâce reçue, nous entrerons peut-être alors dans l'antichambre de La Présence,  et  pourra résonner en notre cœur cette exclamation de l'Apôtre : "ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi." (Galates II, 20).

La Présence du Christ Jésus, l'adhésion à l'Evangile, conduisent naturellement celui qui aurait pu être aux prises avec des idoles, à prendre conscience qu'il s'agissait de mirages, d'illusions, comme pourrait l'autoriser la confusion suggérée par une  Maçonnerie Libre et a-dogmatique où tout serait équivalent : en matière de Religion cela ne peut être, puisque l'Alliance entre Dieu et Sa créature doit être manifeste et non présumée. L'Apôtre nous met en garde : "si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi"

 (I Cor. XV, 14).

Ainsi que le rappelle l'Apôtre : "N'éteignez pas l'Esprit" (I Thes. V, 19), saint Séraphim de Sarov  explique à Motovilov que le but du christianisme demeure l'acquisition du Saint Esprit : "C'est donc dans l'acquisition de cet Esprit de Dieu que consiste le vrai but de notre vie chrétienne, tandis que la prière, les veilles, le jeûne, l'aumône et les autres actions vertueuses faits au Nom du Christ, ne sont que des moyens pour l'acquérir." 

Avant que l'impétrant ne pénètre dans le Temple, en vue de son initiation, le Grand Expert lui rappelle : "Il est presque toujours nécessaire à l’âme humaine, enténébrée, qu’elle soit assistée d’une intervention providentielle, d’une prédestination occulte et mystérieuse, pour qu’elle retrouve le chemin de sa liberté première".

Par Sa résurrection, Jésus+Christ nous a délivré du joug de notre chute, Il a accepté de laver par avance tous les clichés du Désespoir, alors qu'Il ne doutait pas, alors qu'Il n'avait pas à trébucher, il demanda que cette coupe s'éloigna de Lui, Il tomba par trois fois pour nous permettre de trébucher tel le reniement de Pierre, Il exprima le sentiment d'abandon exorcisant par avance nos éventuels doutes, désespoirs et chutes, dans et par Sa chair en complément à Sa Passion que l'on oublie trop comme étant cette Nuit de Gethsémani, Passion morale plus intense sans nul doute que la Passion physique, importante certes, puisqu'elle permet la victoire sur la mort conséquence du péché.

"nul être de Désir ne saurait entrer ou demeurer au sein de l'Ordre, s'il ne se trouve aidé par la Grâce, être Chrétien selon la Tradition de la Franc-Maçonnerie et des Anciens Devoirs, sa Foi l'engageant à se placer sous la protection du Sublime Architecte des Mondes et à pratiquer l'Evangile." est-il déclaré par l'Ordre de Lyon.

Si donc l'être de Désir, notre Frère, Notre Sœur, nous- même, sommes fidèles aux Devoirs de l'Evangile, non seulement nous le serons envers l'Ancienne Maçonnerie, mais parce que nos actions rendrons Gloire à Dieu, sans être ni HENOCH, ni ELIE, mais de simples êtres de Désir, nous comprendrons pourquoi CAGLIOSTRO place ces prophètes comme les pères de notre auguste fraternité.

J'ai dit V M.

 

Source : http://www.masoniclib.com

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Essais sur la Franc-Maçonnerie

13 Février 2014 , Rédigé par Vuillaume Publié dans #histoire de la FM

Il nous a semblé convenable de faire précéder un ouvrage consacré à la Maçonnerie, de quelques vues sur cette institution aussi étonnante par son ancienneté que par les ténèbres dont se trouve enveloppée son origine.

La Maçonnerie pourrait être comparée aux fameuses pyramides d'Egypte, d'où elle semble sortir. Ces constructions gigantesques, quoique dépouillées des marbres qui les rebâtissaient, quoique leurs issues soient fermées, et leurs souterrains silencieux, ces monument attestent encore, par leur grandeur et leur majesté, la puissance. de leurs fondateurs et leurs connaissances dans les arts et dans les sciences. Les pyramides semblent encore annoncer à l'esprit étonné, les mystères auxquels elles conduisaient ; de même la Maçonnerie, aujourd'hui décolorée, est encore une grande institution, dont l'histoire excite vivement la curiosité, et sur laquelle on ne sait quel jugement porter.

Est-ce une institution moderne ? est-ce une suite des anciens mystères ? ou bien, est-ce l'un et l'autre ? Rien n'est écrit dans les archives de la société sur ce sujet; tout est de tradition; comment faire la part de ce qui est antique, et la séparer de ce qui est ou serait moderne ?

Nous n'entreprendrons pas de faire cette séparation, nous le laissons à la sagacité du lecteur ; nous nous borneront à présenter là-dessus nos idées, sans prétendre ' imposer à personne notre sentiment pour règle. Petit-être ouvrirons-nous à d'autres une route nouvelle -à parcourir; nous nous estimerons heureux, si nous parvenons à faire jaillir quelques étincelles de lumière nouvelle.

On a déjà beaucoup écrit sur la Maçonnerie, sans rien éclairer. Les écrivains non Maçons en ont parlé peut-être avec trop de mépris, et presque toujours dans l'ignorance de la chose. Les écrivains Maçons, les orateurs de loges en ont parlé avec enthousiasme, et souvent avec des préventions qui leur ont fait manquer ou dépasser le but. Ni les uns ni les autres ne nous ont appris ce que l'on désirait de savoir; ils n'ont pu pénétrer dans le secret de l'institution, ou ils ne l'ont pas voulu ; ils se sont tus sur son histoire ; tout paraît muet à cet égard.

Ce n'est pas moins une chose bien extraordinaire, que l'on en soit encore à désirer des faits positifs sûr l'histoire d'une société si répandue dans tous les pays civilisés, surtout lorsque l'on apprend qu'elle a compté parmi ses membres les, hommes les plus éclairés de tous les teins, lorsque l'on y voit encore aujourd'hui des hommes justement estimés pour l'étendue de leurs connaissances et de leurs lumières. 

Comment des savants ( de toutes les nations ont ils pu participer aux mystères de la Franc-Maçonnerie sans paraître seulement  s'être informés de leur sources ?

Comment, s'ils l'ont fait, et s'ils ont été mis dans le secret, n'en ont-ils laissé aucune trace dans leurs ouvrages ? Ils affectent en général sur ce sujet le silence le plus profond.

Serait-ce que, comme les initiés : aux mystères des anciens, la religion du serment les eût arrêtés au moment de parler ? Mais ce serment ne leur interdisait pas les recherches sur l'histoire de la Maçonnerie; ce n'est donc que le défaut de documents qui les a empêchés de s'en occuper.

Et nous, privés de même des matériaux nécessaires, oserons-nous présenter au lecteur nos conjectures sur l'origine de cette noble institution ?

Ce n'est certes pas sans une extrême défiance de nous-même que nous allons essayer de soulever un coin du voile épais qui la couvre; mais nous avons pour excuse cette défiance elle-même, et la conscience de nous livrer avec un cœur simple à la recherche de la vérité.

Quels que soient les doutes élevés par plusieurs écrivains sur l'ancienneté de la Franc- Maçonnerie, nous ne persistons pas moins à croire qu'elle a son berceau dans les mystères Egyptiens. Les trois grades connus sous le titre de Maçonnerie bleue justifient notre opinion ; mêmes épreuves, même enseignement, mêmes résultats, tout y est semblable, à la différence, cependant, des machines qu'avaient à leur disposition les prêtres initiant de l'antiquité, du temps qu'ils employaient à la préparation du Néophyte, et de celui qui lui était nécessaire pour l'étude des sciences, dont on se borne, dans l'initiation maçonnique, à donner la nomenclature.

Nous pouvons juger de ce qu'étaient les obstacles à vaincre dans l'initiation par le beau tableau du VIéme livre de l'Enéïde, où Virgile conduit son héros dans les enfers, tableau qui a été regardé, même du temps d'Auguste, comme la. peinture des épreuves de l'initiation ancienne. On trouve dans L’Anne d’Or d'Apulée des détails très piquants sur la nature de ces épreuves.. 

On trouve enfin dans les voyages de Sethos et dans ceux de Pythagore, ouvrages remplis d'érudition et de recherches curieuses sur les mœurs de l'antiquité, on y trouve, disons-nous, des récits qui paraissent fort exacts, des travaux auxquels on soumettait ceux qui prétendaient à l'initiation. ils étaient si grands, et, les épreuves si terribles, qu'il est dit qu'Orphée y succomba, et qu'il n'obtint sa grâce qu'en faveur des mélodieux accords de sa lyre.

Que les Maçons qui veulent comparer et s'instruire, se donnent la peine de lire les ouvrages que nous venons d'indiquer ; ils reconnaîtront que les épreuves modernes sont une véritable représentation des anciennes auxquelles l'état actuel de nos connaissances, ni les rapports des individus avec la société, ne permettent plus d'assujettir les aspirants.

Les prêtres initiant participaient, dans les temps dont nous parlons, au pouvoir du gouvernement; la société civile n'avait ni le droit ni la volonté de leur demander compte des individus qui étaient entrés dans l'intérieur de leurs temples, quelquefois pour n'en sortir jamais. 

Ces temples occupaient une vaste étendue de terrain, absolument fermée aux profanés ( On nommait temple, non seulement le lieu où l'on se réunissait pour les cérémonies du culte, mais encore toute l'enceinte des bâtiment occupés par les prêtres destinés à ce service. )

A 'aide de la physique, dans laquelle ils étaient instruits, ils pouvaient en imposer à l'imagination, déjà préparée par la terreur et par les dangers réels auxquels on avait exposé le Néophyte.

Tout aujourd'hui s'oppose à l'emploi des mêmes moyens ; mais le souvenir en est fidèlement conservé.

Comment donc les mystères sont-ils parvenus jusqu'à nous ? A quelle époque les initiés ont- ils pris le nom de Francs-Maçons ? C'est ce qui nous paraît difficile à déterminer; mais cette incertitude ne détruit pas ce que nous avons dit pour prouver que les mystères anciens et la Franc-Maçonnerie sont une même chose; et telle est à cet égard notre persuasion, que nous ne pensons pas que l'on en puisse encore douter.

Nous conviendrons avec tout le monde qu'après la Maçonnerie bleue, qui se compose des trois premiers grades ou degrés, le surplus est d'invention moderne, quoique ces additions mêmes nous paraissent appartenir à des temps déjà éloignés. Une grande partie des additions appartient à l'histoire des Templiers; une autre paraît avoir servi de lien aux philosophes hermétiques, lorsqu'ils s'occupaient de la recherche de la pierre philosophale, folie à laquelle nous devons la découverte de la chimie, l'une des sciences les plus belles et les plus utiles. Une autre partie enfin semblerait être due à un reste de judaïsme conservé par les initiés de l'Orient, et que nous regardons comme ceux par qui nous avons reçu les mystères actuels.

On demandera peut-être comment la Maçonnerie bleue a emprunté le fond de son système dans la Bible, et employé le langage hébraïque pour ses mots mystérieux ? nous croyons pouvoir donner de ce fait une assez bonne raison.

On paraît s'accorder sur l'opinion que les mystères, ou plutôt la Maçonnerie, ont été introduits 'en Europe par les croisés, et ce serait peut-être à cette époque qu'ils auraient pris le nouveau nom. On ne serait pas surpris que ceux qui s'armaient dans la vue de reconquérir la Terre Sainte, d'y planter l'étendard de la foi catholique, ayant trouvé les mystères conservés dans cette partie de l'Asie par le peu de chrétiens qui y étaient encore, les aient adoptés comme un lien qui les unit plus étroitement à des hommes qui pouvaient et qui devaient leur être fort utiles; il ne serait pas étonnant, disons-nous, que les nouveaux initiés eussent adopté, avec la langue des premiers, le projet même de la reconstruction du temple de Jérusalem, reconstruction qui est toujours l'objet des vœux du peuple Juif, et que, par cette raison, ils se fussent désignés sous le titre de Maçons libres, par opposition au métier de maçons proprement dit, qui n'était exercé que par les esclaves ou par les serfs, et parce qu'en effet il fallait être de condition libre pour être admis â l'initiation. Bien ne nous parait plus naturel.

Cela posé, il nous semble facile de concevoir comment la Maçonnerie a puisé dans la Bible les moyens et les titres de son organisation, ou plutôt de sa réorganisation. On sait que les premiers chrétiens étaient des Juifs réformés ; qu'avant que la religion nouvelle eût pris une forme extérieure, les réformés n'en suivaient pas moins la loi de Moïse. Les initiés, qui avaient fait la révolution, durent être bientôt dépassés par de nouveaux zélateurs : il y a apparence qu'ils n'adoptèrent pas toutes les innovations ; les schismes dont l'histoire de la religion chrétienne est remplie, en sont la preuve. Les initiés demeurèrent donc Chrétiens-Juifs, la Bible était toujours leur livre sacré, leur loi fondamentale ; et leurs formules restèrent hébraïques.

Que les mystères aient subi quelques changements lorsque les Européens furent initiés en assez grand nombre pour former une société à part, cela est possible; mais ils n'auront pas voulu, sans doute, se séparer absolument des Hébreux qui leur avaient enseigné ces mystères, et ils auront pris dans l'histoire de ceux-ci, dans leurs livres canoniques, les mots et les emblèmes de la Maçonnerie ; c'était un moyen certain de continuer à s'entendre et de lier les mystères anciens aux nouveaux. Telle était la destinée de la religion judaïque, de produire toutes les institutions de la catholicité.

Mais depuis longtemps, sans doute, les mystères égyptiens avaient dû être accommodés à la croyance et au culte des Hébreux; la Franc-Maçonnerie, que nous ne faisons remonter qu'à l'époque des Croisades, pourrait bien dater de temps plus reculés ; et, dans ce cas, la question posée se trouverait toute résolue, puisque les Hébreux ne devaient pas chercher ailleurs que dans leurs livres les emblèmes avec lesquels ils voulaient familiariser les initiés.

Ceux qui, depuis, ont ajouté aux degrés de l'initiation, n'auront eu qu'à suivre le premier thème; et il était tout simple qu'ils puisassent dans les mêmes sources.

Les chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, connus sous lé nom de Templiers, ou leurs successeurs Francs-Maçons, paraissent être, comme nous l'avons dit, les auteurs de la majeure partie de ces additions. Nous penserions qu'elles avaient été imaginées par les Templiers dans les teins de leur splendeur pour s'isoler de la foule des initiés, si nous ne remarquions pas que les nouveaux degrés d'initiation ont presque tous pour motif la situation de l'Ordre après sa chute.

Nous ne faisons pas de doute, comme on voit, que les Templiers étaient des initiés, même dès leur institution; nous pensons encore que c'est à eux que l'Europe doit la Maçonnerie, et que ce sont là les pratiques secrètes qui ont servi de prétexte à l'accusation d'irréligion et d'athéisme qui les a conduits à une fin si tragique. Tout confirme cette opinion.

Les malheurs de ces chevaliers, les persécutions auxquelles ils succombèrent, les forcèrent à chercher un dernier refuge dans ces mêmes mystères, à l'établissement desquels ils avaient tant contribué ; ils y trouvèrent quelques consolations et des secours. Leur situation n'étant pas commune aux autres initiés, ils songèrent à se resserrer entre eux, sans cependant se séparer de la grande famille des Francs-Maçons ; ils formèrent les grades ou degrés que nous voyons ajoutés aux trois premiers, et ne les communiquèrent, sans doute, qu'à ceux des initiés sur l'attachement desquels ils croyaient pouvoir compter.

Les Templiers ont disparu dans l'ordre civil ( L'Ordre des Templiers s'est cependant conservé en France, et prouve une succession non interrompue de grands-maîtres depuis J. Molay, qui, avant de périr, désigna J. M. Larmenius pour son successeur. La Charte originale de transmission, et quelques insignes de l'ordre, sont conservés avec soin dans la maison conventuelle qui subsiste à Paris. On compte parmi les grands- maîtres depuis J. Molay plusieurs princes de la Maison de Bourbon.); mais ils ont laissé des successeurs dans la Franc-Maçonnerie, et leurs institutions leur ont survécu.

Telle nous paraît être l'histoire et la marche de la Franc-Maçonnerie.

Mais, nous demande-t-on chaque jour, qu'est- ce que la Maçonnerie ? Quels sont donc ses mystères, dont on parle tant aux initiés, et qu'on ne leur. révèle jamais ?

Cette question, qui nous a été faite souvent, même par des Francs-Maçons, mérite considération, et. nous allons y 'répondre. Nous ne pouvons cependant nous défendre de quelque surprise, toutes les fois qu'un initié nous interroge sur ce sujet, et nous jugeons qu'il ne s'est pas donné la peine de réfléchir, ou qu'il n'a été frappé que de la superficie des formes.

Nous conviendrons, si on l'exige, que la Franc-Maçonnerie, devenue aujourd'hui presque vulgaire n'est plus en effet ce qu'elle était dans ses commencement; mais nous ajouterons qu'il n'est pas nécessaire qu'il en soit autrement, et qu'au surplus, ce n'est pas la faute de l'institution, mais bien celle des hommes et des circonstances, qui ne sont plus et ne doivent plus être les mêmes.

Nous avons vu que la Franc-Maçonnerie et les mystères anciens ont un tel rapport entre eux, que l'on peut, sans trop bazarder, considérer l'une comme la succession des autres. Or qu'étaient-ce que les anciens mystères ? qu'y enseignait-on aux initiés? quelle révélation leur était faite ?

Si nous consultons lés ouvrages qui ont traité des mystères, nous apprenons que leur secret était la doctrine des sages, des philosophes de l'antiquité, qui, abandonnant au peuple ignorant et stupide l'idolâtrie qui leur paraissait si chère, se réunissaient pour n'adorer qu'un seul Dieu, créateur et conservateur de toutes choses, un Dieu vengeur et rémunérateur, le seul Dieu éternel digne des hommages des hommes.

 L'initiation était divisée en plusieurs degrés ou époques; l'initié n'était éclairé que successivement et avec précaution, pour ne point trop choquer les préjugés de sa première éducation; il fallait qu'il fût déjà sorti de l'âge des passions; on le persuadait en l'instruisant, et on n'avait garde de lui imposer la croyance par. l'autorité. On le- formait dans les sciences humaines, alors renfermées dans le seul sanctuaire des temples, avant de lui montrer la vérité. C'était seulement après des études qui duraient au moins trois ans, et quelquefois davantage, que l'on conduisait le Néophyte dans l'intérieur, dans la partie la plus secrète du temple, où on lui dévoilait le vrai but de l'initiation.

Les initiés regardaient donc avec mépris l'idolâtrie., dont ils avaient appris à connaître l'absurdité ; et si, rendus à la société, ils respectaient les cultes établis, et s'y soumettaient, ce n'était que par déférence pour des opinions qu'il eût été dangereux de combattre ouvertement.

Aussi, à mesure que l'initiation s'est étendue, à mesure que la philosophie et les arts ont éclairé les peuples, le  culte des idoles, a perdu son crédit, et i1 a fini par être absolument oublié.

Tel était le but secret des grands mystères, et il a été atteint, mais après des efforts, innombrables.

De l'initiation sont sortis tous les philosophes qui ont illustré l'antiquité; à l'extension seule des mystères on a dû le changement qui s'est opéré dans la religion des peuples. Lorsque les mystères sont devenus vulgaires, cette grande révolution a été faite.

Moise, élevé eu Egypte, dans la cour du Pharaon et sans doute initié aux mystères égyptiens, est le premier, qui ait, établi le culte public du Dieu des initiés, du vrai Dieu. Son décalogue. n'est autre chose que la loi qui gouvernait les initiés, et sa physique est toute puisée dans les temples de Memphis.

Mais la loi de Moïse n'était encore qu'un essai imparfait de l'application des:principes de l'initiation; les temps n'étaient pas encore venus, où ces principes deviendraient la religion universelle, à cause de cela nommée catholique. Il n'entre pas dans notre plan d'examiner ce qui s'est opposé à ce que la religion hébraïque ait fait des prosélytes, ni ce qui l'a empêchée de s'étendre hors de la maison d'Israël ; mais après l'accomplissement des temps, on voit sortir du sein de cette religion, et probablement du secret même de ses initiations, une religion nouvelle, plus pure que la première, qui n'appelle plus seulement une famille, une nation, mais tous4les peuples de la terre à la participation de ses mystères.

L'initiation ancienne était donc la vraie religion, celle qui, depuis, a été nommée à juste titre catholique, parce qu'elle doit être celle de toutes les nations éclairées de l'univers, la religion qu'avait d'abord enseignée Moïse, celle qu'a prêchée Saint Jean, celle enfin de Jésus. Oui, la religion chrétienne est sortie des mystères de l'initiation, telle qu'elle était dans sa première simplicité ; et c'est cette sainte religion que l'on a conservée avec soin dans les temples de la Franc-Maçonnerie.

Nous pourrions, par des rapprochements sans nombre, faire voir que jusqu'aux formes du culte, que jusqu'à la hiérarchie ecclésiastique, tout, dans la religion chrétienne, est tiré des usages et des rituels des initiés, prédécesseurs des Francs-Maçons, si les bornes que nous nous sommes prescrites dans cet Essai nous le permettaient. L'Évangile cet œuvre de la morale la plus douce, la plus pure, ce livre vraiment divin, était le code des initiés, et l'est encore de la Maçonnerie.

Si nous avons démontré que la Franc-Maçonnerie est une succession des anciens mystères, (et nous croyons y être parvenus) si, disons-nous, les mystères étaient eux-mêmes la véritable religion de Jésus, il s'ensuit que la Maçonnerie est cette même religion qui, constamment, a combattu le matérialisme de l'idolâtrie, mais qui, avec la même constance, a refusé d'admettre les dogmes mystiques que la superstition, ou bien le zèle enthousiaste de quelques âmes ardentes ont trouvé le moyen d'enter sur l'arbre évangélique.

On nous dira peut-être que, cela étant ainsi, les mystères ont dû être sans objet raisonnable, dès le moment de l'établissement et de la profession publique du culte et de la croyance des initiés ; que le secret de leurs assemblées devenait au moins inutile.

Nous sentons toute la force de cette objection ; mais qui ne sait que la religion catholique a lutté pendant plus de trois siècles contre le paganisme, qui était le culte dominant, et contre les persécutions sans nombre que cette religion, son ennemie naturelle, a dû lui susciter ? qui ne sentira que le secret lui a été longtemps nécessaire avant d'obtenir seulement la tolérance, et enfin jusqu'au moment où Constantin la plaça sur le trône ? et encore, depuis le triomphe de la religion catholique, qui a été aussi l'époque des plus grands schismes et des disputes théologiques les plus sanglantes, les hommes sages et paisibles qui voulaient conserver pure la science divine, n'ont- ils pas dû se tenir éloignés des disputant, se renfermer de nouveau dans le secret des initiations, et par ce moyen en' transmettre l'esprit dans toute son intégrité ? Il nous semble que c'est ainsi que l'on peut rendre raison de la perpétuité des assemblées secrètes des initiés, et expliquer la transmission de leurs mystères jusqu'à nos jours ; de là les persécutions suscitées contre les Maçons par les ministres d'une religion qui aurait dû les regarder comme ses appuis les plus solides et ses plus fermes soutiens.

Quoi qu'il en soit de la succession des mystères, il paraît évident, par les emblèmes qui décorent les Loges des Maçons de tous les rites, que, lors de leur introduction en Europe sous le nom de Franc-Maçonnerie, on y a reconnu un but religieux.. Mais la Maçonnerie avait encore un autre but, c'était celui de l'hospitalité envers les soldats chrétiens, envers les veuves et les orphelins des guerriers morts pour la religion dans les champs de l'Asie; et l'on doit reconnaître dans cette dernière intention la cause du crédit qu'obtint dès l'origine cette institution.. toute philanthropique.

L'Europe se lassa enfin d'envoyer périr la fleur de ses citoyens dans un pays si funeste à ses armées; les calamités qui avaient accompagné une guerre éloignée et désastreuse cessèrent; mais l'amour, du. prochain ne cessa point d'animer les initiés. Francs-Maçons ; les liens qui les unissaient ne furent point brisés pour cela, et les malheurs ordinaires de la vie ne manquèrent pas d'offrir à leurs vertus bien des moyens de s'exercer.

Une occasion terrible s'en présenta bientôt. Les chevaliers du temple, qu'ils regardaient, avec raison, comme leurs instituteurs, périrent par une catastrophe épouvantable ; ceux qui échappèrent aux échafauds se réfugièrent parmi les Francs-Maçons, qui les accueillirent comme des fils accueillent leur père, les soutinrent et les protégèrent de tout leur pouvoir.

Peu curieux de disputes théologiques, les Francs-Maçons se firent une loi de ne s'occuper jamais d'opinions religieuses; ils oublièrent en quelque sorte que leur institution était le dépôt de la vraie religion catholique ; ils se bornèrent à prêcher dans l'intérieur de leurs temples, la morale de l'Évangile, à recommander la soumission aux lois civiles, à exalter toutes les Vertus sociales et particulièrement l'hospitalité et la bienfaisance.

Il ne s'ensuit pas de là, sans doute, que tous les Maçons individuellement soient vertueux; mais la société maçonnique l'est par essence ; elle ne pourrait subsister sans cela. Combien d'actes particuliers de générosité ne pourrions- nous pas citer pour prouver que la Maçonnerie est un véritable bienfait pour la société ! Combien d'établissements de bienfaisance fondés et entretenus par dés loges, ne pourrions-nous pas désigner à la 'reconnaissance publique! Mais ce serait affliger lés Maçons que de lés nommer; la première de leurs maximes est de cacher soigneusement la Main qui donne.

Nous avons vu que la Franc Maçonnerie est une institution religieuse et philanthropique.

Sous le premier aspect, la sagesse de ses principes, la pureté et la douceur de sa morale, si conforme à celle de l'évangile, doivent nécessairement en faire l'objet d'un profond respect.

Sous le second rapport, qui la rend si recommandable, c'est une institution que l'on ne peut trop encourager.

C'est, n'en doutons pas, par un trait de la plus haute sagesse de la part des Francs-Maçons, que le côté religieux est abandonné à la sagacité des initiés, et que l'on néglige de leur révéler les mystères que cachent aux yeux superficiels les signes emblématiques de la Maçonnerie; tandis que tous les discours, tous les exemples sont dirigés de manière à recommander l'amour de ses semblables comme la vertu distinctive des vrais Maçons.

Tel est le véritable but de cette institution si injustement méprisée par ceux qui ne la connaissent pas. Les initiés savent que nous n'avons rien dit que de vrai; si notre bonne foi ne peut persuader les non-initiés, nous espérons au moins de leur esprit de justice qu’ils ne condamneront pas à l'avenir nos frères sans les entendre, et qu'ils avoueront que si nous avons représenté la Maçonnerie telle qu'elle est en effet, elle est digne de l'estime des honnêtes gens.  

 Source : les Editions de l’Edifice

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