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Hauts Grades

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Liberté !

2 Février 2014 , Rédigé par Les indignés Publié dans #Facebook

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Ombre et Lumière

1 Février 2014 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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Le Rite Ecossais Philosophique : description critique des éléments d'une Loge.(extrait)

31 Janvier 2014 , Rédigé par Jacques Litvine Publié dans #Rites et rituels

Analyse critique du rite philosophique aux grades symboliques.  

Bien que très proche du rite français, tant dans la disposition de la loge que celle des surveillants, le R.E.P. présente de nombreuses différences d'avec celui-ci.  

Les colonnes force, sagesse, beauté.  

· ..... "la loge est éclairée par trois grandes lumières que l'on nomme étoiles, placées en triangle autour du tapis de loge, c'est à dire, une du côté de l'Orient, à la droite en entrant dans la loge, la seconde du côté du premier surveillant ou du midi et la troisième du côté du second surveillant ou du nord" ... ou suivant le titre I art V et VI du Ms Calvet 3071: ...... " au milieu du Temple et sur le pavé, sera tracé avec de la craïe, le tableau connu de tout Maçon. Il y aura trois grands chandeliers portant chacun un flambeau: placés, l'un au coin du tableau entre l' Orient et le midi, les deux autres à l'Occident, l'un entre le midi & l'Ouest, l' autre entre l'Ouest & le Nord .... " Cette disposition observée actuellement au rite "moderne belge", diffère notamment du français qui les place au nord-est, sud-est et sud ouest. Les colonnes sagesse, force et beauté ou piliers, n'ont aucune origine biblique. Elles ne se rencontrent pas dans les Constitutions gothiques, n'apparaissent dans les manuels maçonnique qu'avec le pamphlet de- Prichard: "Masonry Dissected", puis il n'y est plus fait allusion, en Angleterre tout au moins, que dans un manuscrit; "Dialogue entre Simon et Philip" de 1740. En France, c'est avec le "Catéchisme des Francs-Maçons" qu'apparaissent effectivement les trois colonnes, confondues avec l'étoile flamboyante, pour la beauté, avec la colonne J pour la force et la colonne B, pour la sagesse. Presque toutes les divulgations françaises reprendront cette confusion, tant dans le "Maçon Démasqué" où il est dit à propos des colonnes J & B.: ...... "sur le chapiteau des colonnes (J & B.) et au point de l'orient, sont écrits les mots : Sagesse, Force, Beauté."

Ainsi que dans la "Maçonnerie Adonhiramite" où en page 21, le catéchisme identifie la colonne du septentrion avec la sagesse, en page 54 la colonne du midi avec la Force et assimile le tout en page 59 ... "soutenue par deux grands piliers" (sagesse et force). Le rituel reconstitué du Marquis de Gages datant de 1767 reprend la même imprécision symbolique. Mais dans la deuxième édition de "L'Ordre des Francs-Maçons trahis", datant de 1744, sur la planche II du Secret des Franc-Maçons, les trois lumières sont situées: deux à l'Orient sud et nord et une à l'Occident, sud, et sont indépendantes des colonnes. La distinction, ou, comme le dit Guy Verval, la dichotomie appartiendra aux rites Ecossais pour lesquels "Colonnes "et "Piliers "sont des entités différentes.

Le rite philosophique appuie sa description de la loge sur cette différence et le Règlement Général de la Maçonnerie Ecossaise de 1805, en page 2 art. 3, dit .... "Il y aura à l'Orient de la Loge, un siège élevé de trois marches au moins, surmonté d'un dais rouge ou bleu céleste, frangé de rouge et parsemé d'étoiles d'or, sur lequel se placera celui qui présidera la Loge. L'Orient sera décoré d'un soleil, d'une lune entourée d'étoiles et une étoile flamboyante avec la lettre connue des Maçons ... " et art. 4 ... "à l'Occident et à la porte extérieure du Temple seront les deux colonnes mystérieuses connues des Maçons. Dans l'intérieur du Temple, à l'extrémité des colonnes seront placés deux sièges élevés d'une marche au dessus des autre FF, lesquels seront occupés par les deux surveillants ... " puis l'art. 5 .... "Au milieu du Temple et sur le Pavé, .. ( .. ) .. environné de trois grands Chandeliers, portant chacun un flambeau, l'un au coin du tableau, entre l'Orient et le midi, les deux autres à l'Occident, l'un entre le Midi et l'Ouest, l'autre entre l'Ouest et le Nord .... " et l'assimilation des trois lumières aux trois flambeaux est définie dans l'article 6: · ..... " ..... ' sera présidée par un Frère que l'on nommera le Vénérable et par deux autres FF que l'on appellera Surveillants, lesquels représentent les trois lumières, ou les trois colonnes de la Loge ..... " Cette disposition sera observée tant à Marseille qu'à Paris. Pierre Noël, dans l'annuaire de 1984 souligne ce fait en page 60, bien qu'il signale dans le Règlement de la loge Saint Jean de la Vertu Persécutée en Avignon une position sud est, sud ouest et Nord-Ouest des trois chandeliers, ce que nous ne retrouverons ni dans les rituels de la Mère-Loge Ecossaise de Marseille, ni dans le manuscrit des Philalèthes, ni dans le texte souligné par Désaguliers (Ms Calvet 3071 1774) où la position est bien sud-est, N-E, N-O. Nous ajouterons une nouvelle source pour clore cette controverse, le Règlement Général de la Maçonnerie Ecossaise philosophique, scellé par Godefroid de la Tour d'Auvergne que nous a transmis René Désaguliers et qui en page 3 par. 5, reprend la même description. Le Catéchisme philosophique au degré d'apprenti définit l'interprétation:  

D - Qu'avez-vous vu quand on vous a donné la Lumière ?

R - Trois grandes Lumières: le Soleil, la Lune et le Vénérable.

D - A quoi servent ces Lumières?

R - Le Soleil à éclairer les FF. dans le jour, la Lune pendant la nuit, et le Vénérable dans le cours des travaux maçonniques.

D - N'avez-vous pas vu d'autres Lumières?

R - Trois grands flambeaux qui représentent le Vénérable et les deux Surveillants.  

Nous ne pouvons que constater cette différenciation, elle définit deux séries distinctes: les trois grandes Lumières sur lesquelles repose le Temple représentées par trois grands Chandeliers qui placés autour du tableau représentent la triade Sagesse Force et Beauté et sont associés au Vénérable Maître et aux deux surveillants, mais ne peuvent être assimilés au porche du Temple. Ceci se retrouve d'une manière nette dans le rituel du rite des Philalèthes, citant comme grade ultime de la maçonnerie Ecossaise celui de "Sublime Philosophie",

Dans son catéchisme au grade d'apprenti, nous lisons en page 30:  

D - Que représente le Temple?

R - Le Temple de Salomon.

D - Sur combien de colonnes était appuyé le Temple?

R - Sur trois colonnes

D - Comment s'appelaient-elles?

R - Force Sagesse et Beauté. La Force pour l'entreprise, la Sagesse pour l'exécution et la beauté pour l'ornement.

D - Combien y avaient-ils de colonnes dans le Temple?

R - Deux, la colonne J et la Colonne B.  

Voilà parfaitement exprimé, la notion des colonnes ou piliers-bases du Temple idéalisés par F-S-B et le porche du Temple où se rassemblent les Ouvriers de l'Œuvre. Aux rites Ecossais, l'association des trois grands piliers soutenant le Temple de Salomon, avec la Force, la Sagesse et la Beauté et aussi avec le Vénérable Maître et les Surveillants, est un fait que Pierre Noël décrit sous-tendant un élément vétéro-testamentaire qui ne se rencontre pas d'une manière précise dans le rite moderne.

Les loges anglaises considèrent la loge située au parvis du temple.

Preston dans ses lectures (clause 5, pp. 249) donne la version suivante: What name did he confer on them ? ... ' la colonne dans sa main droite, s'appelait "J", elle symbolise l'établissement, la solidité la permanence. La colonne dans sa main gauche (Salomon), il la nomma "B.", elle était l'emblème de la force du pouvoir et de la puissance. What were both considered ? Le nom de ces piliers se doit de démontrer la solidité de la bâtisse qu'Il avait érigée et que Dieu dans sa force veut confirmer (establish) et en faire sa maison à jamais. Les manuscrits anciens, du tout début de la Maçonnerie française, relevés par Verval "Toute l'Institution de la Franc-Maçonnerie"(1724), "Le grand Mystère des Francs-Maçons découverts"(1725), "L'institution des FRANC-MAÇONS" datant des mêmes années ainsi que "Toute l'Institution des Francs-Maçons ouverte" et toutes notent la colonne J à droite de la colonne B à gauche mais leur signification est différente, Jakin signifie "force" et Boaz" Beauté". La loge se tient au parvis du Temple et le Vénérable Maître fait face à l'Est pour regarder le soleil levant et les surveillants, face à l'Ouest pour contempler le soleil couchant ce qui est conforme à l'orientation biblique du Temple de Jérusalem. Plus tard, avec l'inversion des mots aux deux premiers degrés, cette disposition des deux colonnes porche du Temple fut inversée, et c'est cette nouvelle disposition qui rencontre les commentaires de Dyer et que les rites français de la moitié du 18èmesiècle adoptèrent. L' Ordre des Francs-Maçons Trahis expose dans ses planches J à Gauche en entrant et B, à droite. Les rituels philosophiques de 1774, de 82, de 1803 et celui des Philalèthes (1783 ?), également, et cela sera le cas des rites et rituels français, à l'exception du Rite Ecossais Ancien et Accepté lui procédera à l'inversion des colonnes, mais n'en modifiera pas la signification. n réalité, ce n'est pas tant l'inversion des colonnes qui est significative, mais la position de la loge par rapport au temple: le travail maçonnique s'effectue dans le temple et le Vénérable est ou le reflet du ou dans le Saint des Saints. Avant de continuer, j'aimerais soumettre aux réflexions une hypothèse sans doute critiquable, mais néanmoins curieuse. Dans le Temple actuel de la Respectable Loge "La parfaite Amitié no11", après le porche, derrière les colonnes, est placé un miroir couvrant le mur. Déplaçons ce miroir et plaçons le au niveau des colonnes J et B, comme s'il passait au milieu de celles-ci. Regardons l'image réfléchie du Temple virtuel. Le Vénérable en image a donc la colonne du Nord à sa droite, la colonne du Sud à sa gauche, il regarde le soleil levant et le porche est orné de deux colonnes J à gauche et B à droite ce reflet répond exactement à la disposition du Saint Temple de Jérusalem. Peut-on suggérer que la Loge n'est que le reflet d'une plus haute conception qui doit inspirer actes, paroles et pensées? Ne disons plus porche ou Saint des Saint, définitions difficiles et parfois grinçantes de la localisation de la Loge, mais reflet obligé de la Grande Loge au Haut des Cieux.  

Les Grandes Lumières.  

Les trois Grandes Lumières que les loges "Ancient" transformèrent ultérieurement en Bible, Equerre et Compas, étaient dans les premiers temps le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge. Le rite philosophique comme le rite Ecossais Rectifié et le rite Français Traditionnel, en les maintenant, respectaient la symbolique traditionnelle des "Moderns". Ces trois lumières gardent un caractère trinitaire ou ternaire indiscutable, la Maçonnerie du l8èmesiècle, très chrétienne, s'inspirait largement des Ecritures, mais avait également d'autres sources originelles que nous définirons plus loin. Quid au rite Philosophique? Le Ms. des Philalèthes, donne dans son Catéchisme les instructions suivantes:  

Q - En entrant en Loge, qu'avés-vous vû ? .

R - Rien que l'esprit humain puisse comprendre.

Q - Quand on vous a dessillé les yeux, qu'avés-vous vû?

R - Trois grandes Lumières, le Soleil, la Lune et le grand Maître.

Q - Est-ce que le  Maître est une lumière?

R - Oui, de même que le Soleil éclaire le jour, la Lune, la nuit, le Maître éclaire la Loge.

Q - N'avés-vous pas vû de plus grandes Lumières?

R - Oui, j'ai vu la Sainte Bible, qui est le vrai flambeau de nos âmes pour nous conduire dans la voie du Salut. 

Cette "plus grande Lumière" n'est pas sans rappeler le Catéchisme du Dialogue entre Simon et Philip, que reprend Verva1 en page 181,  

Phil- Vous dites que vous avez vu trois grandes Lumières, n'avez vous pas vu d'autres Lumières?

Sim- Si, une qui surpassait de loin le Soleil et la Lune.

Phil- Qu'était-ce?

Sim- La Lumière de l'Evangile.  

Les Instructions du premier grade de la Mère-Loge Ecossaise à l'Orient d'Avignon datant de 1774, donnent les réponses suivantes:  

Q - Qu'avez-vous vu quand on vous a donné la Lumière?

R - Trois grandes Lumières: le Soleil, La Lune et le Vénérable.

Q - A quoi servent ces Lumières ?

R - Le Soleil à éclairer les Frères le jour, la Lune, de nuit et le Vénérable en Loge sur les travaux Maçonniques.

Q - N'avez-vous point vu d'autres Lumières ?

R - Trois grands Flambeaux qui représentent le Vénérable et les deux Surveillants.

Les commentaires de René Désaguliers concernant cette réponse rencontrent la proposition faite concernant les colonnes Force Sagesse-Beauté: les Flambeaux se trouvent associés au Vénérable et aux deux Surveillants, mais sont séparés des trois grandes Lumières. Ce fait a eté signalé comme caractéristique des rites Ecossais, mais Désaguliers souligne que ... "ce fait n'est pas encore explicité clairement ni peut-être même ressenti" ... et d'ajouter ... "c'est ici que commence la difficulté de la superposition de la Grande Loge des Anciens transportée en milieu continental où les habitudes des Modernes étaient fortement enracinées" .... Grâce à René Désaguliers, qui réussit à tracer et retrouver des rituels soigneusement enfouis dans le secret des bibliothèques, nous avons pris connaissance des manuscrits "officiels" des Loges des "Commandeurs du Mont-Thabor"59à l'Orient de Paris et "Les Militaires Réunis" à l'Orient de Versailles". Les réponses aux questions précédemment posées sont identiques à 1774 et resteront identiques en 1811 (L. de Marseille) et 1841 (Bruxelles). Prichard dans "Masonry dissected" cite le catéchisme datant de 1730 et cite les répliques suivantes:  

Q - Have you any lights in your Logde ?

A - Yes, three.

Q - What do they represent ?

A - Sun, Moon and Master-Mason.  

et il continue le questionnaire ou catéchisme en énumérant les fenêtres qu'il qualifie de Fixed Lights. Dyer retrace le cheminement historique et ésotérique de ce symbole bien particulier. Le candidat est tenu de recevoir et percevoir la "Lumière maçonnique" lors de son initiation et lorsque le bandeau tombe, il est invité à  découvrir des sources de lumière, bien spécifiques: les trois Grandes Lumières. D'après Dyer, en 1717, la Première Grande Loge considérait celles-ci comme étant les lumières situées à l'est, au sud et à l'ouest. Le Manuscrit "Wilkinson" datant de 1727, est le premier à les dénommer ainsi d'une manière formelle écrit Dyer et comme nous le citions plus haut ne reprend plus cette définition et donne aux fenêtres le sens suivant: des sources de lumières venant de ces points cardinaux et représentant le soleil aux différents points de sa course, différents des trois grandes lumières, le Soleil, la Lune ces deux grands luminaires de la nature, offerts par Dieu au Maçon spéculatif, afin qu'il puisse en temps étudier et travailler pour sa loge. Même dans l'obscurité, Loge et Fraternité sont présentes mais seul ces cadeaux du Grand Architecte permettent de jouir de leur présence physique. Le Vénérable Maître est alors la source la plus importante de Lumière, car il est celui qui indique et communique. Mackenzie reprend cette définition qu'il juge assez ancienne et ajoute que dans les loges modernes (il faut entendre actuelles, nous sommes en 1875) les trois fenêtres de l'Est du Sud et de l'Occident ont été remplacées par les petites lumières. Seules les fenêtres ou "Fixed -Lights" jettent un regard sur l'extérieur et laissent surtout les, rayons du Soleil pénétrer le monde sacré. Comment en est-on arrivé à assimiler les Grandes Lumières au Volume de la Loi Sacrée, l'équerre et le compas? Il s'agit plus que probablement d'un emprunt britannique, assez tardif. Dans la deuxième période du 18ème siècle, la Grande Loge des Ancients, probablement sous influence Irlandaise transforma ces trois grandes Lumières en "moins grandes lumières" et remplaça les trois grands luminaires par le Volume de la Loi Sacrée, l'équerre et le compas. La source physique de l'inspiration devenant emblématique, et spiritualiste, guidant le maçon spéculatif dans ses devoirs d'homme, de maçon dans ses responsabilités vis-à-vis de Dieu et de ses voisins. Dans Hiram la différence entre Grandes et "Moins Grandes (lesser Lights) est clairement indiquée:  

Q - When you was thus brought to Light, what were the first things you saw?

A - The Bible, Square and compass.

Q - What was it they told you they signified?

A - Three great Lights in Masonry.

Q - Explain them, Brother.

A - The Bible, to rule and govern our Faith, the Square, to square our actions, the Compass to keep us within the bounds with all men.

Q - What were the next things that was shewn to you ?

A - Three Candles, which I was told were three lesser Lights.

Q - What do they represent ?

À. - The Sun, Moon and Master-Mason.

Q - Why so, Brother ?

A - lt is the Sun to rule the day, the Moon to rule the night and the Master-Mason his Lodge.  

Cette interprétation typiquement "Ancient" fut acceptée, comme l'ensemble du rituel d'ailleurs lors de l'Union en 1813. Le Rite Ecossais ancien et accepté l'adopta et nous trouvons dans le Guide des Maçons Ecossais de 1820 :  

D- Lorsque vous eûtes reçu la Lumière, qu'est ce qui frappa votre vue?

R - Une Bible, une équerre et un compas.

D - Que vous dit-on qu'ils signifiaient ?

R - Trois grandes Lumières dans la maçonnerie.

Q - Expliquez-les moi.

R - La Bible règle et gouverne notre Loi, l'Equerre nos actions et le compas nous maintient dans les justes bornes envers tous les hommes et particulièrement envers nos Frères.

Q - Que vous montra-t-on ensuite?

R - Trois Sublimes Lumières de la Maçonnerie, le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge.  

Les rites Français traditionnel, Ecossais Rectifiés et Philosophiques, gardèrent l'usage des symboles "Moderns".  

L'Etoile Flamboyante et la Lettre "G"  

Dans une loge philosophique, comme au RER ou au rite Français Traditionnel, l'étoile est toujours présente mais non illuminée au premier grade. Le Manuscrit philosophique Trumps66, le plus récent en notre possession, commence son catéchisme après les questions préliminaires, bien entendu, au grade de Compagnon par ces mots:  

D - Pourquoi vous-êtes vous fait- recevoir Compagnon?

R - Pour connaître la lettre "G".

Q - Que signifie la lettre "G" ?

 R- Gloire, Grandeur et Géométrie. Gloire à Dieu, Grandeur au Vénérable et Géométrie à tous les Maçons.  

Le Catéchisme de 1808, de la Resp. Loge des Commandeurs du Mont - Thabor est absolument identique. Le manuscrit Calvet de 1786, rapporté par René Désaguliers dans Renaissance Traditionnelle donne une question et réponse identique quant au fond mais légèrement différente dans la forme.  

Q - Quand vous avés été reçu Compagnon, qu'avez-vous vû ?

R. - Une grande Lumière qui était produite par l'étoile flamboyante au milieu de laquelle ét le lettre "G".

Q - Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Compagnon?

R - Pour connaître la lettre "G".

Q - Que signifie la lettre "G" ?

R - Elle signifie Gloire, Grandeur et Géométrie. La Gloire à Dieu, Grandeur au Maître et Géométrie aux Ouvriers.  

Le manuscrit de 333 cite deux réponses, la première en page 40:  

Q - Qu'avés-vous vû en entrant en Loge?

R - La Lettre "G".

Q - Que signifie-t-elle ?

R - Géométrie, cinquième des Sciences.  

Mais en page 49, lors de l'interrogatoire du Compagnon désireux d'être élevé à la Maîtrise, et qui subit un tuilage bien différent du tuilage "symbolique" de nos loges actuelles dont la brièveté cache le plus souvent une ignorance redoutable, les questions diffèrent:  

D - Que signifie la lettre "G" qui est au milieu de l'étoile flamboyante?

R - Quelque chose de plus grand que vous et moi, GOD qui en Anglois, veut dire Dieu.  

Ce qui rappelle le dialogue de Prichard  

Q - Who doth that "G" denote ?

A- The Grand Architect of the Universe and Contriver of the Universe, or he that was taken up to the top of the Pinnacle of the Holy Temple.  

Au Second Degré, c'est le terme Géométrie qui revenant comme un leitmotiv lors de l'initiation, martèle le thème principal de ce grade. Le Cooke MS. que Georges Payne introduisit comme "le plus vieux manuscrit des Constitutions" lors d'un discours en 1721 (74) mentionne les sept arts libéraux et les sciences insistant sur le fait que la Géométrie est une des plus importantes et l'origine de tout. 

Preston exprimait la pensée que Maçonnerie et géométrie devaient signifier la même chose pour ceux qui étaient concernés et s'en inquiétaient: ... "originellement, Maçonnerie et Géométrie devaient être considérés comme synonymes.  lorsque concernant les Sciences en général. La géométrie bien que limitée à une partie de la science était considérée comme essentielle à toutes et symboles de connaissance" ... , Preston affirme que la "Free-Geometry" était sujet d'études dans un cadre moral ou philosophique pour les Maçons spéculatifs. Dans la biographie de Preston par Dyer, l'auteur cite les clauses 6,7 & 8 des discours sur le second Grade. Preston y parle longuement de la lettre "G". Pour Preston la lettre "G" signifie second Grade. Preston y parle longuement de la lettre "G"75. Pour Preston la lettre "G" signifie bien Géométrie et énonce dans le premier alinéa de la clause 9:  

  • Quelle est la signification morale de la géométrie?
  • Dans cette recherche, nous sommes en mesure de retrouver la nature sous ses formes diverses et dans ses recoins les plus secrets, comme si par le biais de cette science, il nous y était possible de découvrir la Sagesse, le Pouvoir et la Bonté du Grand Architecte de l'Univers et examiner avec un plaisir sans bornes, les proportions sublimes qui unissent et sanctifient les fruits de la création ...... ". 

Cette conception de la figure géométrique, se retrouve dans un des dialogue de Platon le plus connu car traduit par Cicéron en Latin, mais non le plus crédible, le Timée, qui reprenant le 13èmepostulat d'Euclide qui venait d'être révélé à l'époque, fait des triangles équilatéraux le chaos originel qui mis en place par Dieu ou le Démiurge, donnent naissance à l'Univers et aux éléments, illustrés par les "corps Platoniciens". Le "G" ne pouvait alors qu'être "GOD" ou «Genèse» et cette définition est reprise dans le catéchisme au troisième grade du rite Ecossais Philosophique. Le régulateur du rite Français (1801) rejoint la définition postulée: ... "elle (la lettre "G") est l'emblème du Grand Architecte de l'Univers qui brille d'une Lumière qu'il n'emprunte qu'à lui seul ... elle est aussi le symbole de cette portion de Lumière divine dont le Grand Architecte de l'Univers a formé nos âmes ... ". La lettre HG" est donc forcément l'initiale du Très-Haut, et la "Géométrie" prend la même signification que Genèse 1. Le malaise rencontré dans certains rituels du second grade provient d'une déviation dans la compréhension de la philosophie du grade, qui doit sceller le devenir de l'apprenti en le confirmant dans l'acceptation au sein de la Fraternité et en lui donnant une place et la ligne de conduite obligée par l'Etoile Flamboyante et l'étude de la Géométrie, prise dans le sens platonicien. La transformation de ce grade-clef en une apologie du Compagnonnage comme il est souvent devenu sous certaines constitutions est une erreur...

ACTA MACIONICA Volume 7 (5997)

 

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Franc-Maçonnerie : 33 règles qui conduisent à la perfection

30 Janvier 2014 , Rédigé par Claude P. T. Publié dans #Planches

    I.            Ecoute et ne crois pas à tout ce que l’on te dit.

  II.            Garde les secrets, ne raconte pas ce que tu entends.

III.            Ne dis pas tout ce que tu penses, mais dis toujours la vérité.

IV.            Sois honnête, mérite que l’on te respecte.

  V.            Reconnais tes erreurs et n’aie pas peur de dire « je ne sais pas » et « je regrette ».

VI.            Ne perds jamais le contrôle de toi-même et traite les autres de la même manière que tu voudrais qu’on te traite.

VII.            Plutôt de critiquer, fait l’éloge de ceux qui t’entourent.

VIII.            Ne prive personne d’espérance, cela peut-être la seule chose que quelqu’un possède.

IX.            Laisse tomber la haine et la rancœur, ils font plus de mal à toi-même.

  X.            Apprends à dire non avec courtoisie et aisance.

XI.            N’oublie pas de dire « s’il te plait » et « merci ».

XII.            Regarde les gens dans les yeux.

XIII.            Vis le moment présent et fais une seule chose à la fois.

XIV.            Ne laisse pas les choses en suspens. Fais ce qui est à faire au moment précis où cela doit être fait.

XV.            Ne prends aucune décision quand tu es fâché.

XVI.            Il y a des choses qui ne reviennent pas en arrière : la parole prononcée, le temps parcouru et les opportunités qui se présentent.

XVII.            Tu as le droit d’être heureux.

XVIII.            Par conséquent, profite de ce qui est beau.

XIX.            Découvre les plaisirs les plus élémentaires : voire, écouter, respirer, toucher et savourer.

XX.            N’oublie pas de te reposer.

XXI.            Regarde au moins deux fois par an le lever du soleil et son coucher.

XXII.            Respecte ton corps et surveille ta posture physique.

XXIII.            L’immortalité existe, on l’appelle connaissance, demande ce que tu ne sais pas et rappelle-t-en pour si on te le demande.

XXIV.            Consacre chaque jour quelques minutes à la méditation.

XXV.            N’attends pas que la vie soit juste.

XXVI.            Le bonheur est comme une tirelire, on y met ce que l’on peut.

XXVII.            Ne crains pas de perdre une bataille si cela te conduit à gagner la guerre.

XXVIII.            Méfie toi de celui qui n’a rien à perdre.

XXIX.            N’accepte pas un salaire pour ton travail avant qu’il ne soit achevé.

XXX.            Dépense moins que ce que tu gagnes.

XXXI.            Accomplis ta tâche avec humilité, tu es infiniment petit dans l’immensité de l’univers.

XXXII.            Sache que tu es appelé à disparaître et que seule ton œuvre demeurera.

XXXIII.            Apprends qu’un jour tu pourras revoir ce que tu as été et en mourir de rire.

Source : http://www.gadlu.info/franc-maconnerie-33-regles-qui-conduisent-a-la-perfection.html

 

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La Grande Loge Française Unie des Maîtres Maçons de Marque et des Nautoniers de l’Arche Royale .

29 Janvier 2014 , Rédigé par Michel Publié dans #histoire de la FM

« Les Frères de la Marque « les Bonnets Rouges de Bretagne » se rebiffent….bientôt rejoints par les Frères de Provence, Paris, Bourges, …

Une nouvelle Obédience de Marque et des Nautoniers de l’Arche Royale vient de naître : « la Grande Loge Française Unie des Maîtres Maçons de Marque et des Nautoniers de l’Arche Royale ». 

« N’insultez pas l’avenir » a déclaré, à moult reprises, G. C.  Grand Maître de la Grande Loge des Maître Maçons de Marque de France  en prenant quelques jours plus tard une décision brutale et restrictive  en décidant de rejeter  tous les Frères qui ne seraient pas " G.L.N.F ou G.L.U.A"" etc.... Ce dernier a délibérément insulté les Frères de Marque, des Nautoniers de l’Arche Royale et des S.D. de Bretagne publiquement ce 19 octobre 2013 à Nantes lors de la Grande Communication Provinciale tout comme les FF de Normandie huit jours plus tard, et de ce fait, tous les Frères de Marque de  France ; 

Pourquoi cette décision suicidaire ?

Depuis, au moins, 2007, le Grand Maître, actuel, de la GLMMMF n’était-il pas, déjà, en délicatesse avec nos Frères Anglais avant que la « GLUA-Marque » ne décide de lui retirer définitivement sa reconnaissance ? 

Les démarches entreprises par la GLMMMF pour retrouver cette reconnaissance près de nos Frères Anglais sont, sans aucun doute, demeurées vaines. 

La solution imaginée,  semble-t-il, par la GLMMMF a été de s’accrocher à la G.L.N.F en espérance, elle aussi, de Reconnaissance par nos amis anglais. 

Pourquoi la GLMMMF a-t-elle instituée une mesure dérogatoire de deux années pour permettre aux Frères de retrouver une obédience reconnue, engageant, par ailleurs,  les Grands Maîtres Provinciaux à « recruter » près des autres Obédiences Régulières ? Une stratégie à double facettes pour préserver des acquis? 

Quels sont ces intérêts, d’un coup d’un seul, en ce 5 novembre 2013, de prendre la décision de « JETER » tous les Frères qui ne satisferont pas aux nouvelles exigences au 31 janvier 2014 ? 

Comment un «capitaine» de navire peut-il décider de le faire sombrer sans motif apparent, sinon celui d’obtenir des gages personnellement intéressés au péril de la vie morale de ses Frères ? Faire face à un Ego encore plus démesuré que nous lui connaissions déjà? 

Comment réagira le Grand Maître de la G.L.N.F. apprenant que de nombreux Frères appartenant à son Obédience viennent d’adresser leur démission de la GLMMMF pour rejoindre la nouvelle Obédience  de Marque et des N.A.R. ? 

Or, il a été démontré que les FF de MARQUE, Nautoniers et S.D. de Bretagne Atlantique Poitou, de sensibilités différentes (GLTF,GL-AMF, GLNF..) pouvaient travailler ensemble, dans un climat serein et évolutif dans le respect des uns des autres. 

Cette ségrégation maçonnique est inadmissible, irrespectueuse et contraire aux règles maçonniques essentielles ? 

Les Frères de Marque, des NAR, des S.D,  s’opposent  avec force à un système d’inquisition qui ne peut, en aucun cas, permettre, pour l’avenir,  une évolution positive du Paysage  Maçonnique Français. 

Il convenait  donc, solennellement, de constituer un outil de travail, ouvert à l’ensemble des frères respectant les landmarks et d’une façon générale la maçonnerie régulière. 

La Province de Bretagne-Atlantique-Poitou qui a déjà démontré sa capacité à rassembler se doit donc d’être cette locomotive  capable de  tirer tous les  wagons nécessaires au refuge et au travail de tous nos  Frères, de sensibilités différentes, dans un élan d’Amour et de  Fraternité au travers l’hexagone et des Départements d’Outre-Mer rejetant simplement ces tactiques déplorables censées profiter à des dignitaires rétrogrades en mal de quelle reconnaissance ?.. 

Les Frères de Marque, des Nautoniers de l’Arche Royale et des S.D. qui le souhaitent, dans un total œcuménisme, sont invités à rejoindre leur nouvelle maison où ils y trouveront, dans un environnement d’humilité, la joie de travailler dans nos carrières tout en respectant les us et coutumes de nos Ordres ; dans la Paix, le respecter et bien sûr en totale harmonie.

Mes Frères vos anciens « dignitaires » vous ont blessé dans votre chaire, dans votre âme, soyez, encore une fois généreux, ignorez-les tout simplement et venez vous ressourcer dans vos Loges et y travailler avec ferveur en vous rappelant cet adage « fais aux autres ce que tu aimerais  qu’ils te fassent ».

Je vous sais, déjà, nombreux à rejoindre notre Grande Arche de Noé et soyez les bienvenus une lourde tâche nous attend.

Je vous embrasse bien fraternellement,

Avec toute mon amitié,

Michel

Source : http://www.glfu-macondemarque.fr/

Commentaire : La GLNF en Bretagne a des soucis à se faire ! Je connais bien le Frère Michel qui est un Frère de qualité. Avec lui cette nouvelle obédience va prospérer.

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Les trois premiers grades du Rite Ecossais Philosophique

28 Janvier 2014 , Rédigé par Jacques Litvine Publié dans #Rites et rituels

Le premier grade.

 

La Loge étant formée toute la signification cérémonielle prend une valeur nouvelle et l'initiation revêt un instant sacré où l'impétrant naît à une vie nouvelle.

Comme à tous les rites, le principe ternaire, ou Trinitaire est de rigueur.

Le candidat est introduit par trois grands coups, le Vénérable lui demande par trois s'il persiste, après être sorti de la caverne où il communie avec la terre-Mère et sa conscience le candidat fera trois voyages initiatiques avant de prêter serment sur les trois lumières et être proclamé par trois fois.

L'ouverture et la fermeture ont été commentés avec les généralités, nous n'analyserons que la cérémonie proprement dite.

Le séjour dans la caverne est particulièrement important et au rite Philosophique bien codifié. Conçu pour amener le candidat à réaliser l'importance de sa démarche, il vise à ce que le futur maçon prenne conscience de son inimportance, de son insignifiance en dehors de, ou par comparaison avec l'humanité dont il n'est qu'un humble maillon.

Cette partie très importante de la cérémonie mettra l'ascension vers la lumière en valeur, mais aussi et surtout placera le candidat en "condition" pour qu'il reçoive celle-ci pleinement.

Le séjour dans la caverne est notablement sobre dans les détails, mais aussi plus éprouvant : pas de VITRIOL, pas de dessins, pas d'ossements, rien qu'un quignon de pain sec, un verre d'eau et une table avec du papier et un verre d'eau, éventuellement un sablier. Et les seuls contacts qu'il aura seront fait par deux FF inconnus du candidat afin de savoir s'il persiste à se  faire recevoir.

Le rite fait revêtir le candidat de lin blanc, n'est-il pas probe et libre, libre ... pas tout à fait: le pied droit en pantoufle, le pied gauche nu lui fait saisir la précarité de son existence et de sa situation en le déséquilibrant légèrement, la plante gauche dénudée, au contact de la terre lui rappelle sa dépendance totale vis à vis de celle-ci. Le genou droit dénudé lui permettra de prêter serment non seulement sur les symboles, mais mis à la terre", origine des "Mères" et comme le disait Goethe: il devrait trembler de prête serment sur de si redoutables fondations.

La poitrine dénudée montre que le cœur du candidat n'a rien à cacher et ose se montrer à nu aux yeux de ceux qu'il désire rejoindre. Accessoirement il témoigne de ce qu'il appartient bien au sexe masculin, mais là n'est pas le symbole principal, bien loin de là. La maçonnerie ne connaît pas le corps "matériel" en tant que tel, si ce n'est avec le profond respect pour l'âme qui l'habite.

Il est dépourvu de métaux, ceux-ci, outils de la civilisation, ne lui seront d'aucun secours en ce lieu sacré et le Temple ne fut-il pas bâti sans l'aide d'aucun outil de métal, la Jérusalem Céleste à laquelle il dédiera sa vie, à plus forte raison n'en requiert aucun.

L'introduction du candidat par trois grands coups appelle un interrogatoire sommaire quant à la personne du candidat conduit par le Vénérable, relayé par les surveillants. Au REP, il ne comporte aucune question quant à la religion du Candidat.

Les VOYAGES.            

Ceux-ci n'existent pas sous la forme connue par à peu près tous les rites continentaux au rite anglais. Ils proviennent probablement de la folie littéraire des XVIIèmeet XVIIIèmesiècles, avec le Télémaque de Fénelon, les voyages de Cyrus de Ramsay, le Séthos de Terasson et rappellent les épreuves initiatiques des Isiarques et d'Eleusis.

Les rites anglais adoptés par la Loge de réconciliation en 1813, connaissent effectivement les déambulations, mais celles-ci ne sont pas l'objet d'épreuves ni initiatiques ni "physiques" quelles qu'elles soient.

Le premier voyage amène une purification par l'eau. Ceci est le rite purificatoire primordial, l'impétrant doit se présenter lavé de toute souillure, les baptêmes par immersion ou par onction ne procèdent pas autrement.

Pratiqué d'une manière toute symbolique, ce voyage n'est pas accompagné comme au rite moderne d'un tintamarre qui lui ôte sa signification principielle pour en faire l'emblème du Chaos. Bousculer le candidat, lui mettre des obstacles sur la route qu'il parcourt les yeux bandés dans un chahut d'épées et de pieds tapés sur le sol, enlève en grande partie le sérieux e la cérémonie, la fait s'étioler dans l'esprit des assistants, mais surtout en change la signification profonde. Il s'agit au R.E.P d'une purification par l'eau lustrale et non d'un retour chaotique dans le monde profane.

A l'issue de ce premier voyage, conduit au son d'une musique relativement bruyante, quelques questions rituelles sont posées sur la conception du candidat quant aux DEVOIRS de l'homme.

Diablement important ce passage, car la morale actuelle oublie trop souvent les devoirs de l'homme pour ne penser qu'aux droits du citoyen. Le rôle du Maçon n'est-il pas cependant sa mise à la disposition de l'humanité et son travail un don à sa famille et à la société?

Les assistants se gardent bien d'interrompre ou de souffler la "bonne" réponse au candidat, qui reste seul devant les interrogations.

Le Vénérable s'il a obtenu une réponse satisfaisante fait alors procéder au second voyage qui est une PURIFICATION PAR LE FEU. A l'issue de celle-ci menée d'une façon symbolique, une flamme de bougie est promenée sur la main nue du candidat, d'autres questions sont posées par le Maître sur les raisons qui poussent le futur apprenti à vouloir entrer en loge.

Le troisième voyage crée la grande différence d'avec le rite moderne Français.

Au rite moderne, le candidat après avoir quitté la caverne, voyage par l'air dans un monde bruyant symbolisant le monde profane, puis dans un monde un peu plus éloigné de celui-ci, à l'issue duquel il est purifié par l'eau et enfin au troisième voyage, passé par les flammes purificatoires dans une sérénité enfin méritée.

Au rite philosophique comme au rite Français Traditionnel, la triade est fort différente. Pour bien situer l'impact de cette initiation, il faut se rappeler les Evangiles, notamment celui de Saint Jean, et si le premier voyage est un baptême par l'eau, le second voit l' impétrant purifié par le feu du Saint Esprit.

Une autre signification, kabbaliste, peut-être donnée à ceci, l'approche en sera faite lors d commentaires du grade de Maître.

Lavé de toutes souillures par l'eau baptismale, purification qu'il n'obtient qu'à la condition de souscrire aux devoirs essentiels de l'homme et d'en faire la preuve tant orale que morale par la qualité de ses réponses, le feu achève de métamorphoser le néophyte, s'il prouve la pleine conscience de sa démarche.

Ensuite vient l'épreuve ultime, l'alliance-baptême par le sang. Cette forme initiatique est une des plus anciennes de l'humanité, l'offrande du sang étant le don le plus sacré et le plus précieux et ce dans toutes les formes de pensée spirituelles.

Abraham offrait son fils au Seigneur; le sang des guerriers était versé pour la marche du Soleil Roi chez les Mayas comme chez les Aztèques et les alliances sacrées comme les "pactes" diaboliques ou non, n'étaient ils pas signés de mémoire d'homme par le sang, enfin, la Rédemption n'est-elle pas elle aussi un pacte de sang?

Cependant, avant cette offrande du sang à la Fraternité, un dernier voyage est accompli dans le silence le plus total.

Homme "pur" mais seul devant sa conscience, ainsi qu'il lui est fait préalablement remarquer, le candidat conduit toujours par le tranchant de l' épée du frère terrible symbole de la difficulté dans la voie de la vertu, voyage dans le noir et le silence.

Cette dernière déambulation est suivie d'une instruction ésotérique. Le Vénérable Maître l'instruit de l'Universalité de la famille Maçonnique, de la Fraternité profonde qui unit le Maçons.

Alors et alors seulement il lui est demandé de sceller son serment par l'offrande de son sang ou de sa vie en buvant le calice. Ce faisant il témoigne de son attachement définitif à l'Ordre dans1equel il désire entrer et prouve de son courage à en défendre les principes.

Les épreuves de l'eau baptismale, du feu purificateur et du sang qui scelle l'alliance, sont un triade initiatique relevant de l'antiquité la plus noble dans les pactes d'alliance entre l'humain et le divin.

La cérémonie se poursuivant l'impétrant, au rite écossais philosophique, est conduit dans sa robe blanche, symbole de la candeur de ses et des intentions de l'Ordre, à l'Occident. Les paroles du Vénérable changent de style, le ton se faisant plus affectueux, le candidat est rassuré quant au fait d'avoir les yeux bandés "qui n'enlève rien à sa dignité d'homme". Ensuite, instruction lui est faite par l'Orateur du serment traditionnel et ancestral , comprenant les pénalités anciennes, serment qui ne contient rien de contraire à l'Etat et à son Souverain ainsi qu'à la Religion (qui est ainsi évoquée pour la première fois) et assurance lui est demandée s'il "persiste s'engager formellement".

La Cérémonie, à la demande du candidat peut encore être interrompue à ce stade.

Il est évident que cette cérémonie initiatique, avec ses temps forts de purification et d'engagement suivis d'un serment dont le candidat a connaissance avant de le prêter et encore sous sa forme la plus sévère, est une cérémonie qui ne laisse subsister aucune équivoque ni aucune inconnue quant à son importance et sa portée, tant pour le néophyte que dans le chef des assistants.

Le candidat aura ensuite à prêter son serment, à l'Orient, le genou droit en terre en signe de communion avec celle-ci, mais le genou dans un équerre tournée vers l'Occident, car il est sous la protection de ceux qui sont déjà ses Frères un compas ouvert sur le cœur et il prononcera le serment devant" le Grand Architecte de l'Univers et la Respectable Assemblée" en le terminant par la phrase "Que Dieu me soit en aide" et en le scellant de ses lèvres sur le volume de la Sainte Loi.

Reconduit à l'Occident sous une voûte d'acier, la lumière lui sera accordée par le Vénérable au troisième coup de maillet et à cet instant, une lumière violente l'éblouira, lui rappelant comme le lui dira le Vénérable par sa fugacité, la vanité des gloires mondaines; la pipe à Lycopode du R.F.T et le "Sic Gloria Mundi" du rite écossais rectifié relèvent de la même démarche.

Le nouveau frère vient à la lumière dans le cercle des épées fraternelles qui lui rappellent une dernière fois la rectitude de pensée et d'action qui doivent obligatoirement animer les Franc-Maçons, ... mais aussi les remords qui ne manqueraient pas de lui percer le cœur s'il venait à manquer à son serment.

Il restera au jeune frère à être adoubé par le Vénérable, sur le front et par trois fois et à être reconduit au parvis pour reparaître en Loge, cette fois débarrassé de sa robe et correctement vêtu, mais toujours sans ses métaux.

Nouvel ouvrier à la Jérusalem Céleste, il doit apprendre, et le catéchisme le lui transmettra, que tous les outils de métaux en étaient bannis car impurs.

Il lui restera, pour que la cérémonie soit totale à recevoir son décor, les mots de passe et sacrés, les gestes et attouchements, et en prouver l'assimilation avant d'être proclamé devant la Loge debout, ce par trois fois.

Avant les paroles de bienvenue prononcées par le Frère Orateur, une instruction générale du grade doit obligatoirement être faite. Cette pièce d'anthologie maçonnique est, au rite philosophique, un réel credo maçonnique qui bien compris explique la dichotomie des Lumières, grandes et petites, la disposition de la loge.

Fermées par ses signes et acclamations ordinaires, cette cérémonie se terminera par la chaîne d'union en chantant le bonheur d'être Maçon.

En conclusion.

Cette cérémonie relève d'une philosophie basée sur des connaissances ésotériques qui ira au plus profond de l'âme lors des grades ultérieurs, et là est la différence d'avec les autres rites dits "modernes" qui font de la maçonnerie une fraternité charitable ou politique en en expurgeant les bases sacrées.

 

Le second grade.

 

Le second degré est contrairement au second grade des rites modernes qui se réfèrent sans arrêt au compagnonnage, un réel rituel de passage, en ce sens qu'il confirme le jeune maçon dans a fraternité et lui permet de s'approcher de l'initiation complète.

Si les écoles d'architecture des constructeurs de cathédrales, comme celle de Villard de Honnecourt se révélaient être une école d'initiation à la science de la pierre et les déplacements les compagnons et Maîtres motivés par les chantiers, le "tour de France" du Compagnon du XIXèmesiècle , Jacques ou Dévorant, est tout à fait différent et a une signification très différente.

Le compagnon cherche une formation complète en s' inscrivant dans diverses écoles afin d'en cerner les méthodes de travail et en connaître les différents secrets et en recevoir la morale. Il  s'agit non plus de déplacements motivés par des chantiers dirigés par un ou des Maîtres, mais un tour de formation revêtant certaines formes rituelles dans une apologie du travail bien fait et de l'ordre, bref, de la "belle ouvrage".

Les "Compagnons" tels que nous les connaissons sous leur forme actuelle, ne datent que du 19èmesiècle et le fameux "tour" également. Toute estimable que soit cette confrérie, elle n'a rien à voir avec la maçonnerie spéculative tant actuelle que passée et les "opératifs actuels" ont une vie, des activités et des idéaux bien à eux et qui ne relèvent pas Franc-maçonnerie ou franche maçonnerie née au 18èmesiècle.

Le compagnonnage actuel a emprunté ses rituels à la Franc-maçonnerie, et non le contraire. Que la Franc-maçonnerie tire son origine de sociétés opératives du XVII ou XVIIIèmesiècle est possible mais non prouvé, cela n'a d'ailleurs que peu d'importance, car nous n'en connaissons aucun des rituels.

La perte de la perception ésotérique dès les années 1850, fit que tout les rituels mais surtout ceux du second grade dévièrent puis se recherchèrent, mais dans un plan tellement différent du plan initial que ce second grade devint incompréhensible, quoiqu'en dise Wirth, Plantagenet ou Berteaux.

Dans les rituels philosophiques et Français Traditionnels qui datent du 18èmesiècle, l' apprenti apprend à s'approcher de la planche à tracer du Maître, par cinq voyages qui lui révèlent les cinq arts libéraux, et lui font gravir les cinq premières marches de l'escalier à vis.

Comme le dit Colin Dyer, les deux grades apprenti et compagnon, forment une suite logique et continue, l'apprenti au deuxième grade reçoit la révélation de l'étoile flamboyante, symbole de la divinité éternelle et omniprésente qui nous juge et nous apprécie suivant nos actions.

Q - Que signifie la lettre "G"

R - Géométrie mais aussi "God" ce qui signifie Dieu en Anglois.

Dans les instructions de Browne, on trouve la lecture suivante:

La Géométrie est à l'origine des mathématiques et à la base de l'architecture, comprenant la Doctrine de toute diminution ou augmentation, c'est à dire, non seulement le Point, la ligne ou la superficie mais aussi le temps, l'espace, la vitesse et la Grandeur, en général.

Par l'étude de la cinquième science, base de la Maçonnerie, nous sommes amenés à reconnaître les œuvres inimitables du Souverain Grand Géomètre de l'Univers.

Le discours de Preston en 1741 à la consécration de la Vernon Kilwinning Lodge à Edinbourg (Dyer pp. 90-91), adopté comme instruction standard depuis lors, donne la dimension du second degré:

· ..... "la Géométrie, la plus noble et la première des sciences est la base sur laquelle est érigée la superstructure maçonnique. Par "Géométrie", nous pouvons tracer la Nature au travers de ses diverses formes, jusqu'à ses formes les plus secrètes. Par elle, nous sommes à même de découvrir le pouvoir, la sagesse, et la beauté du grand Artisan (artificer) de l'Univers, et admirer avec un plaisir ébloui les proportions sublimes qui relient et bénissent cette vaste entreprise. ( ... ) ... des mondes sans nombre existent autour de nous, tous conçus par le même Artiste Divin ( ... ). l'observation de la nature et des proportions superbes, peuvent inciter de prime abord l'homme à imiter le plan divin et étudier la symétrie et l'ordre des choses. Cela crée des sociétés et donne naissance aux arts utiles. ( ... ) . plus tard, l'architecte dessine les plans qui améliorés par la pratique et l'expérience donneront des chefs d'œuvre qui feront l'admiration des générations futures .... "

Le Vénérable Maître, lors de la cérémonie, attire l'attention du futur compagnon sur la lettre "G" et lui tient discours sur l'importance de la Géométrie, la plus noble des sciences, mais une géométrie prise dans le sens ontologique, non pas dans le sens mathématique.

Tout se fait par cinq: batterie, celle d'apprenti plus deux longues, les voyages, la découverte des cinq arts libéraux, l'escalade de l'escalier à vis, mais tout en maçonnerie symbolique ne se fait-il pas par 3, 5, 7 ?

Un point important de la cérémonie est que au fur et à mesure de l'approche par le candidat de la révélation du cinquième "art" et de la lettre "G", il lui est donné ordre de frapper la pierre cubique à pointe sur la colonne du sud, en apprenti.

Que signifie?

La pierre cubique à pointe a une signification bien particulière. Pierre: il y aurait une belle planche à écrire au sujet de la pierre, qui suivant la légende de Prométhée a  conservé une odeur humaine.

La pierre brute, d'origine divine, vient du ciel et muée en pierre polie, remonte vers son Dieu.

Le Temple, ainsi devait être bâti en pierre brute (Exode 20,25).

La pierre taillée est œuvre humaine, cubique elle est féminine, conique elle est masculine.

Symbole de la terre-mère elle est synonyme de connaissance et correspond au sel des alchimistes.

La pierre cubique à pointe, présente un tout.

La pierre de base, symbole de liberté et du divin qui est homme, est sel et homme. Le fait d'être surmontée par une autre pierre masculine en fait un édifice spirituel, une pierre-principe dressée mais aussi une clef de voûte, c'est à dire, une pierre fondamentale, pierre d'achèvement, de couronnement, mais aussi d'accomplissement du Grand Œuvre, car pierre principe, elle résume l'alliance entre le dynamique et le statique, entre le masculin et le féminin, entre le divin et l' homme. Mise sous la hache, et elle est parfois représentée ainsi, elle évoque la liaison intime avec le divin, elle est la pierre philosophale.

L'apprenti, au cours de ses trois derniers voyages y affûtera ses outils, c'est à dire qu'il apprendra tout doucement à communiquer avec la spiritualité qui est en lui par l'entremise des symboles qu'il lui appartient de percer, et qui lui sont confiés.

La cérémonie prend alors un tour plus spiritualiste. Un tuilage assez poussé fait suite, le candidat doit confirmer l'assimilation de la symbolique d'apprenti. Souffler les réponses au futur compagnon, comme il-est bien souvent de coutume est une faute impardonnable. La cérémonie ou confirmation de la connaissance s'interpénètre avec une leçon symbolique où le Vénérable Maître montre au futur compagnon, au départ de ces connaissances essentielles la voie divine et où il lui apprend parles symboles à "s'instruire dans la Géométrie", seule voie vers la perfection, en affûtant les outils qui lui sont confiés et qui sont des vertus morales que pierre vivante il possède mais doit percevoir et extérioriser, sur la pierre parfaite, la pierre philosophale qui lui permettra de concevoir l'œuvre divine.

Après ces révélations, il lui sera alors seulement permit de gravir les cinq premières marches de l'escalier à vis.

 

Le troisième Grade.

 

En vérité si je renais, Osiris renaît

Il importe à chaque homme de faire mourir son être charnel pour faire revivre le Dieu qu'il porte en lui, et qu'il a précisément tué, aveuglé par ses sens ou tyrannisé par ses passions ou par ses préjugés.

Q - Que cachez-vous?

R - Le secret des Maçons et de la Maçonnerie.

Q - Où gardez-vous ce secret ?

R - Dans le cœur.

Q - Y a-t-il une clef pour y entrer '?

R - Oui, Très Respectable.

Q - Où gardez vous cette clef ?

R - Dans une boite de corail en forme d'ARCHE, qui ne s'ouvre et ne se ferme qu'avec d'autres clefs d'ivoire.

Q - De quel métal est celle du cœur?

R - D'aucun, c'est une langue accoutumée aux bons rapports.

Le degré de Maître, dit-on, est un degré de mort et de résurrection.

Waite fait remarquer que avant tout, bien que sous la forme d'une légende, nous assistons en ce grade à l'érection d'une bâtisse, le Temple de Salomon, création de l'esprit et de la loi morale, et non pas à l'érection d'un monument personnel.

De ce fait, nous rencontrons quelque chose de très différent des deux premiers degrés.

Le troisième et dernier grade, est vraiment un degré de mort, un retour vers le néant, et même si une résurrection est évoquée, elle l'est au travers d'une notion de pourriture du corps, de corruption de la matière. Ceci doit être rapproché de la notion de nature et de son ultime secret.

Le mot de substitution lui-même, n'est pas seulement un mot de "mort", mais aussi de pourriture.

M .. B .. : la chair quitte les os, donc un mot de passage, quant à la résurrection qui est jouée par le candidat à la maîtrise, elle est un fait personnel à celui-ci et non une image emblématique de mort et résurrection.

L'initiation, qui ici prend son plein sens se joue sur deux plans, un plan mythique, la construction de la Jérusalem Céleste, et un plan psychologique personnel à la personne du Candidat QUI N'EST PAS LE MAITRE ARCHITECTE.

Le plan mythique est basé sur un petit épisode de l'ancien testament (Rois, 1-7-13) et cet épisode est à prendre au second degré: est-ce bien d'Hiram qu'il s'agit ou plusieurs démarches analogiques sont-elles possibles?

Hiram, fils d'une Veuve de la tribu de Nephtali représente pour Trescases101l'archétype du héros, né d'une femme représentant la terre, et d'un Dieu représentant le Ciel, soit: Comme tout héros, réalisé entre ciel et terre, ou comme tout Maçon accompli entre l'équerre et le compas. Dans Roi. il est donné fils de forgeron donc fils de la lignée de Caïn, c'est à dire d'une race supérieure à celle d'Adam.102

Cette filiation rappelle des légendes qui nous ramènent aux premiers contes héroïques de l'humanité: l'épopée de Guilgamesh, mais surtout celle d'Isis, veuve de son époux et frère, errant de l'Occident à l'Orient, par toute la terre pour rassembler ce qui est épars et ressusciter la lumière.

C'est la résurrection du Christ montrant la voie du salut possible, c'est Elie implorant Yavhé: Mon Dieu fais revenir en lui l'âme de cet enfant, qui était le fils de la veuve de Sérepta; c'est l'effort qu'il appartient à chacun d'entre nous de faire pour ressusciter une conscience morte en réveillant un subconscient endormi.

Autre exemple tiré de la Biblel03du fils d'une veuve de Naïn que le Christ rappela à la vie. Le Seigneur dit: "Je te le dis, lève-toi ... et il se leva et se mit à parler". Cet épisode pose la question non de la parole perdue mais de la parole vivante, éternelle, en qui vivent toutes choses et qui prononce la vie dans la mortl04.... "Quand le Verbe parle dans l'âme et que l'âme répond dans le verbe vivant, le fils vivant revient dans l'âme." Mais ceci est peut-être autre chose à laquelle même ce degré ne peut répondre.

Lors de l'élévation à la maîtrise, le candidat joue le rôle du Maître, souffre avec et pour lui, pour avoir voulu tenir sa parole et respecter ses engagements.

La vie charnelle ici, s'éteint et est effacée pour faire place à quelque chose de pire, une chose putride pour laquelle rien ne peut être fait.

La chair quitte les os.

Ce n'est donc plus une mort et une renaissance, mais une mort et une naissance spirituelle, ce n'est pas le mort, mais la mort qu'il ressuscite: ce n'est donc plus ainsi qu'il est souvent avancé une résurrection spirituelle au travers d'une autre vie, mais un adoubement, une élévation et réunion définitive avec des pairs, une nouvelle vie consacrée par la surconscience et par le Verbe.

Ainsi, au rite écossais philosophique, en entrant dans la chambre des Maîtres, le candidat, "traverse le corps du Maître": en réalité, il rejoint un autre espace, un autre plan spirituel en passant au delà de la pourriture pour, par une marche sénestrogyre, descendre vers son propre enfer. Il commence sa propre introspection élucidante105, il pénètre son subconscient et alors, pourra-t-il peut-être atteindre la surconscience, sous l'œil d'Horus, l'œil qui voit tout, lucidité parfaite d'une conscience sans complaisance. Par la marche sinistre il atteindra le fond le sa propre horreur.

De là, symboliquement, la différence qui est faite en loge philosophique entre le "corps" pourriture initiatique, porte du retour et, le "cœur" du Maître, lequel scellé dans une obélisque présente en Loge glorifie la cérémonie.

En fait, l'initiation subie est assez analogue dans une certaine mesure à la passion du Christ. "Ce qui fut en Lui était la vie

Et la vie était la Lumière des hommes"(Jean).

Si, et Jean l'affirme, Chrestos était la Lumière, tuée par la haine que l'homme dans son conditionnement imparfait porte à cette Lumière de Vérité, il meurt sur la croix en tant qu'être de chair pour ressusciter en esprit après TROIS jours, étant descendu aux enfers .

Hiram est mort, la parole est perdue.

Au rite écossais philosophique, le candidat subit une cérémonie en deux temps. Le premier temps, concerne une acceptation éventuelle des Maîtres quant à l'élévation du Candidat. Celui-ci, placé devant le tombeau-obélisque s'entend interroger sur les buts et principes  l'art royal. Puis, est prié de voyager par trois fois autour de la loge, pendant que les Maîtres formant la chaîne autour du cercueil, c'est à dire de la porte des enfers, font circuler le mot de Maître en tapant du pied, à la façon des Lévites qui par leur bruit empêchaient la foule d'entendre le Grand Prêtre qui appelait Dieu par le nom sacré et mystérieux.

Le candidat admis en théorie, peut alors se retourner et traversant le tombeau, commence la seconde partie de l'initiation, le récit de la légende Hiramique.

La parole, pour lui, est perdue.

La parole ...... donc le logos, la lumière, l'intelligence, la raison, mais aussi, suivant la tradition Johannite le commencement, le principe animant, ...

... il était au commencement avec Dieu

Et le verbe était Dieu.

La connaissance du mot du Maître est donc la connaissance de la volonté divine telle qu'elle se manifeste dans la vie, c'est la connaissance du sens de la vie et le fait de n'en pas connaître le sens relève d'une absence de perception, d'une absence de compréhension.

La parole existe, le mot est connu des seuls initiés et pourtant, le candidat reste dans les ténèbres.

Seule la légende qu'il revit lui parvient: les mauvais compagnons ont tué Hiram pour lui arracher une parcelle de compréhension. Mais quoi donc? Le sens de la vie, la volonté de Dieu est-elle du domaine réservé? Et il appartiendra au candidat de comprendre que le cercueil dans lequel il gît est l'emblème de son égoïsme, de ses idées préconçues, de son enfer en fait, il est mort en esprit et son destin comme celui des trois mauvais compagnons devient sans intérêt. S'il ne fait aucun effort personnel, il restera prisonnier des ténèbres, privé du verbe qui est vie et lumière.

C'est alors que les Maîtres sur ordre du Très Respectable iront à la recherche de ce qui peut rappeler le Maître. Et ici, commence pour le futur maître, une remontée lente de sa propre misère vers la lumière. Après un instant de désintégration totale, un recentrage de la personnalité débute.

Après le noir et le silence, le martèlement des talons, sourd mais en cercle le cercueil en étant le point de convergence marche cette fois dextrogyre, indique au candidat qu'il est en fait le centre et la clef de l'initiation.

Les travaux dans la loge sont suspendus, car la Lumière est perdue. Les sept Maîtres dirigés par le Très Respectable assisté du F. Terrible referont le chemin de la lumière, ils se dirigeront vers l'Orient pour rassembler ce qui est épars 107, et avec la découverte de la branche d'acacia, symbole d'immortalité mais rappelant aussi la branche d'Olivier, symbole Noachite gage de paix retrouvée et signe annonciateur de l'Alliance (Trescases. pp. 170),

·         Alliance de Yahvé avec son peuple

·         Alliance du candidat avec l'Ordre Initiatique

·         Alliance de l'homme avec lui-même.

Ils découvriront, puis relèveront le candidat qui aura acquis son recentrage vital.

Reprenons la disposition d'une chambre de Maître au rite philosophique. Le corps du Maître n'est pas en réalité le tombeau de celui-ci mais un substitut où gît le candidat. le tombeau c'est l'Obélisque où est scellé le cœur d'Hiram et qui de l'Occident, tel l'œil d'Horus mène la cérémonie.

Le candidat lui est couché à même la terre et est ainsi au centre de l'Univers, dans l'axe du monde et se confondant avec la terre-mère. Qui est-il et que fait-il?

Il est l'éternel renouveau en quête de sa vie nouvelle, il est la graine qui se charge d'énergie, il est celui qui est sur le point de retrouver un sens à une vie nouvelle à laquelle il aspire mais ne peut encore concevoir.

Pour ce faire, il doit drainer en lui toute l'énergie accumulée au cours des initiations préliminaires.

Au premier grade, on lui aura appris à gravir les TROIS marches de l'escalier à vis, échelle de Jacob menant celui qui en a la persévérance à la plus sublime des transcendances, la sienne propre.

1 aura appris à connaître le Delta lumineux, symbole du TROIS, "élan vital, tel qu'il s'exprime incarné en lui-même (Trescases) par les trois pulsions qui se doivent d'être spiritualisées.

Parvenu à l'état de Compagnon, il a gravi les cinq premières marches de l'escalier, aura vu le rayonnement de 1'étoile à cinq branches et aura ainsi appris à connaître les cinq arts qui lui permettent d'ordonner son fonctionnement spirituel et concevoir les moyens de réaliser SON Temple spirituel.

Le chiffre SEPT, chiffre de mort et de destruction lui sera confié lors de sa descente en ses propres enfers, au centre de lui-même, loin de toutes les vanités.

Les trois tentatives de résurrection, la dernière étant la seule à réussir, ont suivant Trescases une signification bien établie.

Le second surveillant, gardien de la porte et surveillant de la colonne J ... colonne d'introspection et de méditation silencieuse, juge le candidat et ne peut que constater que l'imagination créant les pulsions primaires n'est toujours pas bridée, rectifiée ce qui est peut-être plus juste, il montre le ciel au candidat mais celui-ci qui n'est pas prêt ne peut y accéder: la chair quitte les os.

Le premier surveillant: maître de la colonne B ... , colonne de la force extravertie, tire le médius du candidat, fait en quelque sorte le contre signe, il lui demande s'il a "spiritualisé ses désirs pour les transformer en connaissance et amour", mais le candidat prisonnier de la erre, ne peut encore comprendre car il reste prisonnier de son subconscient. "La chair quitte les os".

Les cinq points de la Maîtrise: prouvent que rien n'est possible pour l'homme seul, c'est une apologie de la fraternité, le Maître rétablit le nouveau Maître dans le pentagramme droit et lui fait découvrir, s'il n'en avait pas encore pris conscience dans sa position de stagnation, la force de l'amour fraternel et de la solidarité et lui fait ainsi connaître le nombre 7.

Le nouveau maître apprendra mais bien plus tard, que le mot de Maître est la "parole" expression de la volonté divine.

En attendant, en jeune maître, il lui sera donné un mot de substitution qui doit le mettre su la voie, car comme le disait notre F. Raoul Berteaux le mot sacré substitué est un mot en "M" appelant le souffle créateur (OOM)

Berteaux attribuait énormément d'importance au "nom": nommer, c'est créer... "toute chose  naît, pour chacun de nous, à l'instant où nous en prenons conscience et la prise de conscience est témoignée par notre aptitude à nommer la chose."

Le candidat est donc mis sur la voie de la perfection par la révélation d'un mot qui ne peut être que le miroir du mot qu'il lui faudra chercher, de la pensée qu' il lui faudra épouser, du souffle vital qu'il lui faudra connaître.

Et, au rite philosophique, les Maîtres confirmés le connaissent, ce mot qui les unit à la vie mais aussi d'éternité en éternité dans la queste de la Lumière.

 

ACTA MACIONICA Volume 7 (5997)

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Le Chevalier Coën est de retour

24 Janvier 2014 , Rédigé par T.D Publié dans #perso

 

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Première clé

24 Janvier 2014 , Rédigé par M L Publié dans #Planches

Notre Santé, notre Bonheur, dépendent, non pas des évènements extérieurs, ni des actes des autres, mais fondamentalement de la façon dont nous pensons en mettant en oeuvre notre volonté.
J’ai cherché le moyen de vous faire partager cette conviction pour que vous preniez conscience de votre puissance créatrice intérieure, hors des limitations, des angoisses et de l’ignorance, pour vous aider à devenir un être renouvelé, efficace et triomphant.
Je serais heureux si cette planche peut vous guider vers une
véritable renaissance spirituelle.
À travers elle, j’ai souhaité partager avec vous ce que l’on m’a transmis depuis trente années de maçonnerie afin de vous permettre de faire de même.
J’ai pu constater à de nombreuses reprises que « La Magie de la Foi », si bien développée par Joseph MURPHY, existait bel et bien , que notre esprit est tel un jardin dans lequel vous semez des pensées, impressions, connaissances et croyance.
Tout ce que l’on grave dans notre subconscient se manifeste dans la réalité concrète ; c’est là une loi universelle.
L’Homme s’en prend constamment aux conditions, événement et circonstances, plutôt que de regarder en lui-même et de comprendre qu’il devient (ou qu’il lui arrive) ce qu’il pense.
Lorsqu’il découvre sa source et son essence véritable et qu’il s’accorde pleinement à l’infini Créateur, le Grand Architecte de l’Univers, en même temps qu’il rejette les fausses croyances, les erreurs et les superstitions, il devient le véritable maître de son chemin de vie.
Qu’est la F
\M\?
À quoi ça sert d’être Franc maçon !
Q’avons-nous à transmettre à nos Soeurs et Frères ?
Quelle force pouvons-nous en tirer ?
Tout d’abord, ce que j’appelle la vraie F\M\.
Pour moi, elle est un éveil intérieur par le rite.
Elle ne consiste pas à faire, mais à devenir, alors que les religions ont remplacé la transformation intérieure par des rituels extérieurs : Aller à l’église ou au temple pour répéter des prières…
La F
\M\ elle, s’occupe de votre centre spirituel, de votre vrai MOI.
Si ce centre change, la périphérie change elle aussi, mais l’inverse n’est pas vrai.
Les gens qui modifient leur vie extérieure sans transformer leur centre mènent une vie hypocrite et divisée.
La métamorphose doit commencer de l’intérieur.
Ensuite, la F\M\ est une affaire individuelle (de volonté de gravir l’échelle de son « moi ») et non une affaire de société.
La F
\M\ ne se soucie de personne d’autre que de vous, dans votre solitude totale.
Vous êtes un cercle : Vous avez un centre et une circonférence qui entre en relation avec d’autres cercles, d’autres pourtours.
Pour ce faire, l’Homme a créé des règles, des Religions, érigées en un système pour communiquer une hygiène de vie ainsi qu’une morale pour permettre à l’ Homme de cohabiter… ..
La morale d’abord, sert à vivre avec les autres, comme la philosophie…
La F
\M\ sert à vivre avec soi même
Un jour la flamme qui brille en votre centre finira par éclairer la périphérie et sa luminosité touchera même les personnes que vous croiserez.
Mais cette lumière n’est pas produite par vos bonnes actions car elle est au-delà de la moralité.
Le bien et le mal sont dissous dans la clarté dont la beauté est le reflet de sa propre valeur : Elle est là par elle-même.
Comme la fragrance d’une fleur qui éclot, ni bonne ni mauvaise.
La F
\M\ consiste à réunir.
Qui à quoi ? Vous à vous même ! Vous à la source de votre être intérieur.
Et il ne s’agit pas d ‘assembler, mais de rassembler, car vous êtes déjà unis à cette source par votre démarche d’admission puis
volonté de vous élever et de progresser.
La F
\M\ est une réunion (ré-union)
Nous avons trop souvent, à tort, puisque religion vient de « religare », qui signifie « ce qui relie » trop insisté sur le fait que la F\M\n’était pas une religion, elle est, dans ce sens la religion personnelle de chaque S\ ou F\
Mais la F\M\ : prône la laïcité, c'est-à-dire le respect de l’autre…
La Laïcité est la religion des Maçons dans la mesure où elle fixe des frontières.
Elle ne vous conduit pas à une origine que vous découvrirez pour la première fois- si c’était le cas, d’ou viendriez-vous ?
Mais elle vous y ramène.
En fait, vous êtes issus de la source dans laquelle, au plus profond de vous, vous avez toujours baigné.
La périphérie ressemble aux branches d’un arbre qui auraient oublié qu’elles sont rattachées aux racines.
Ces branches, à force de vivre si haut dans le ciel, d’avoir la Lune pour compagne, elles ont oublié qu’elles ne pourraient vivre un seul instant sans les racines enfouies sous la terre.
De même, l’homme vit dans les branches, émerveillé par l’extérieur. Il n’est pas déraciné ; il a simplement oublié qu’il avait des racines.
La F
\M\ rassemble l’homme à lui-même. Elle lui permet de se connecter à cette source, elle le réunifie.
Or, cela n’a rien à voir avec autrui puis que c’est l’ego qui se préoccupe toujours des autres.
Quand vous vous intéressez totalement à votre « soi », votre « moi » disparaît. Essayez !
Asseyez-vous seul, sans penser aux autres, et voyez : Quand vous êtes seul, vous n’avez pas d’ego.
J’entends par là, non pas l’ego profond et dynamique personnel que l’on peut décrire par le courage et la volonté, mais l’ego « orgueil » face à autrui.
Celui-ci n’est qu’un pont entre vous et les autres : Il a besoin de deux rives pour exister.
Il n’est pas en vous, mais entre vous et les autres.
Au plus profond de votre être, dans votre solitude totale, l’ego n’existe pas, n’existe plus.
C’est pour cela qu’il essaye de vous avoir : Quand vous êtes en quête de la vérité, il s’interpose immédiatement, vous suggérant insidieusement d’aider votre prochain, de transformer les autres autour de vous.
Mais cela n’est pas la F\M\.
Nous arrivons à une autre remarque, la F\M\ n’est pas un apostolat.
Le F\M\ s’il à le devoir de s’occuper de ses F\ et S\, son premier devoir est de trouver réponse à un problème qui le concerne .
Son aide est naturelle, elle coule de source : il ne la donne pas parce qu’il est F\.ni parce qu’il est en « mission » ni parce qu’il veut aider quelqu’un. Il ne cherche pas à changer qui que ce soit !
Essayer de modeler l’autre selon vos propres idées est une forme de violence très subtile : Cela signifie que vous n’acceptez pas l’autre avec ses différences, tel que le Grand Architecte l’a créé, et que vous savez mieux que le divin ce qui lui convient…
Quelle magnifique porte d’entrée pour l’ego !
Pourquoi forcer quelqu’un à penser comme vous, sur votre modèle ?
Par l’écoute et l’Amour cette personne viendra naturellement à vous et cet échange sera aussi constructif pour chacun d’entre vous.
Le monde est devenu irréligieux à cause des religions qui parlent de religion sans se demander s’il y a un réel besoin à combler.
Des mots aussi beaux que Dieu, Le Grand Architecte de l’Univers, prière, amour ou méditation perdent de leur sens lorsqu’ils sont imposés ; La beauté ne saurait être imposée par la force.
La F
\M\ ne s’occupe pas des autres, mais de chacun de vous, personnellement, dans un ensemble d’autres personnes.
L’apprentissage dans sa forme symbolique doit vous laisser la ou vous êtes tellement seul que vous ne pouvez y rencontrer personne d’autre que vous même.
C’est dans cette solitude absolue, le solipsisme dans le cabinet de réflexion, que naît une certaine maturité.
Retenez ceci : La maturité avec la volonté sont essentielles. Sans elles, il est inutile d’entreprendre quoi que ce soit.

Or parfois vous pensez que vous êtes prêts et vous n’êtes que curieux de découvrir le degré du dessus.
Enfin, La F\M\ n’a rien à voir avec les écrits, des mots qui certes, peuvent être d’une grande sagesse, mais, comme dans les religions, Krishna parlait à Arjuna, Jésus parlait à ses disciples, Abraham à Moïse. Ce sont des dialogues personnels.
Les religions, comme la F\M\ ne sont pas des émissions radiodiffusées, qui s’adressent à n’importe qui et au cours des quelles l’orateur parle dans un micro, sans voir le visage de son interlocuteur.
La F
\M\ est une lettre personnelle.
Si vous n’êtes pas présents, à l’écoute, ouverts et réceptifs, je ne peux rien dire, la présence de l’auditeur créé le dialogue, le rend vivant, lui donne une signification qu’aucun écrit n’aura jamais.
Il faut donc chercher, construire le Maître qui est en vous…
Vous pouvez lire des Auteurs comme Le Boucher, Le Tuileur de Vuillaume, Osward With, ou Pozarnik, c’est très beau, mais n’oubliez pas que ce n’est que de la littérature sur une réflexion qui est propre à chacun.
La fraternité ne peut naître qu’entre deux personnes dont l’une sait et l’autre ne sait pas, mais est prête à apprendre.
À quoi ça sert d’être Franc maçon !

Q’avons-nous à transmettre à nos Soeurs et Frères ?
Quelle force pouvons-nous en tirer ?
A cet égard, je me suis souvenu d’une belle histoire, pas une histoire ordinaire dont il convient de s’imprégner d’elle pour en comprendre toute la portée.
La réflexion est transposée dans une époque lointaine…
Apparemment elle est très simple, trop simple peut-être si l’on n’est pas prêt de la transposer au-delà du 1er degré d’écoute...
Il ne semble pas nécessaire d’être particulièrement intelligent pour la comprendre, et pourtant…
Si vous l’examinez attentivement, comme pour la mise en oeuvre de nos rituels, vous découvrirez qu’elle possède plusieurs niveaux : Il s’agit en fait d’une arme qui vous permet de trancher les nœuds d’une certaine ignorance.
Une fois comprise, elle devient la clé maîtresse qui ouvre les portes les plus secrètes de votre être.
Elle est puissante et pleine de significations.
En Franc-maçonnerie, il faut commencer par tout mettre en oeuvre pour en trouver le sens profond ; Le cabinet de réflexion (la terre) et la confrontation aux trois autres éléments, air, eau, feu, ne sont qu’un début, il faut ensuite la vivre, car c’est le seul moyen de la comprendre vraiment.
Entrons à présent dans notre histoire…. Par étape si vous le voulez bien !
Un roi très puissant possédait de nombreux domaines.

Il était tellement riche qu’il avait des sages à son service.
Autrefois, les rois et les empereurs s’entouraient de sages qui étaient à leur service. Mais je n’ai jamais entendu dire qu’aucun parmi eux n’ait appris quoi que ce soit.
On dit que le grand empereur Akbar avait neuf sages à sa cour, appelés les neuf joyaux.
Ils ne lui ont rien enseigné.
C’est que l’apprentissage passe par un autre type de relation : L’élève doit être respectueux de son maître…
Comment un empereur peut-il être soumis à ses serviteurs ?
C’est impossible, il ne peut que leur donner des ordres.
On raconte qu’un jour, alors qu’il était très en colère, Akbar convoqua ses neuf sages : « Tout le monde dit que vous êtes les hommes les plus sages du monde !
Comment se fait-il donc que je n’aie rien appris auprès de vous ?
Vous êtes là et je ne change pas.
Voulez-vous m’expliquer ce que vous faites ici ? « Un enfant qui avait accompagné un des sages, se mit à rire.
La clarté de son rire résonna dans le silence, car les sages ne savaient que répondre.
Akbar, furieux, s’adressa à lui : Pourquoi ris-tu ? Tu m’insultes !
On ne t’a donc jamais appris les bonnes manières ?
Je ris parce que ces neuf hommes se taisent et que je sais pourquoi ils restent silencieux, pourquoi vous n’avez pu profiter de leur présence !
Akbar regarda l’enfant ; son visage était innocent, voire même empreint de sagesse.
Un enfant est un être qui a déjà beaucoup vécu, il porte en lui toutes ses expériences passées et ses yeux reflètent la profondeur du savoir. Akbar lui demande alors ; Dans ce cas, peux-tu m’apprendre quelque chose ?
Oui !
Alors, enseigne-moi.
Pour cela il faut que vous fassiez ce que je vous demande.
Venez vous asseoir à ma place ; moi je m’installerai sur votre trône.
Ensuite, vous poserez des questions comme un disciple et non comme un maître.
On rapporte qu’Akbar compris la leçon.
Il s’assit par terre et l’enfant s’assit sur le trône. Akbar n’eut plus besoin de poser de question.
Il remercia l’enfant et lui toucha les pieds en disant : « Rien qu’en m’asseyant humblement à tes pieds, j’ai beaucoup appris. »
« Les neuf sages étaient disposés à m’enseigner, mais je n’étais
pas prêt à apprendre ».
L’humilité est essentielle pour apprendre vraiment.
Avec elle, vous pourrez apprendre même s’il n’y a pas de sage près de vous : Les arbres, les rivières, les nuages et le vent, l’existence tout entière deviendront vos maîtres ; Sans humilité, un Bouddha ne peut rien pour vous, parce qu’aucune intimité, aucune intériorité n’est créée et n’est possible.
Or, vous aimeriez tant apprendre sans avoir à vous incliner, à courber votre ego !
Un roi très puissant possédait de nombreux domaines.

Il était tellement riche qu’il avait des sages à son service.
C’est facile de rassembler des sages et de les amener chez soi !
Mais à quoi bon ?
Il est bien plus important de se rendre chez un sage, car le fait même d’y aller est en soi, un apprentissage (comme pour nos tenues…).
Et puis, drôles de sages, ceux qui choisissent de gaspiller leur temps à la cour !
Ce ne sont que des érudits, des intellectuels.
Le savoir et la sagesse sont deux choses totalement différentes.
Le savoir est une réponse morte, qui consiste à appliquer ce que l’on a appris à n’importe quelle situation.
La sagesse, la connaissance est une réponse vivante à une situation précise.
Elle n’est pas une réaction, mais une réponse.
Les réactions viennent du passé, tandis que les réponses sont créées dans l’instant présent.
Ce roi pouvait payer des sages pour être à sa cour.
Mais la sagesse ne s’achète pas…
On raconte qu’un roi célèbre alla voir Mahavira le fondateur du Jaïnisme et lui dit : « Je possède tout ce que le monde peut offrir et toutes mes ambitions sont satisfaites.
Pourtant je n’arrête pas de penser à cet état méditatif dont tu parles.
Qu’est-ce que c’est, qu’est-ce que la conscience divine ?
Je suis prêt à l’acheter quel qu’en soit le prix ; c’est la seule chose qui manque à mes trésors.
Tu peux me la vendre, puisqu’on dit que tu l’as obtenue.
Quel est ton prix ? »
Il lui répondit : « Il n’était pas nécessaire de faire un aussi long trajet pour venir me voir, dans ta capitale, il y a un homme très pauvre qui l’a aussi obtenue.
Il aimerait peut-être te la vendre. »
Le roi célèbre rentra dans sa capitale et alla aussitôt voir cette personne.
Il avait emmené plein de pièces d’or qu’il déposa devant le pauvre homme.
Il lui dit : Prends !
Tout ceci est à toi, et même plus si tu veux.
Mais où est la conscience divine ? Donne-la-moi ! »
L’homme se mit à pleurer et répondit :
« C’est impossible de te céder ce que tu demandes. Je peux par contre t’offrir ma vie si c’est nécessaire, car je t’aime et te respecte. Mais comment pourrais-je te donner la conscience divine ? »
Avez-vous remarqué ? On peut donner sa vie, mais non l’illumination.
Quelqu’un peut vous tuer, vous prendre la vie, mais il ne peut vous ravir de votre état méditatif.
Voilà le critère que vous devez toujours utiliser pour déterminer vos vraies richesses : La mort va-t-elle s’en emparer ou non ?
L’argent le prestige, le pouvoir, la réputation, la beauté, la force physique, le corps… quoi que vous ayez, demandez vous si la mort l’emportera.
Et vous découvrirez que tout vous est ôté, à l’exception de la conscience divine, qui est immortelle.
Le roi avait des problèmes ; un pays voisin projetterait de
l’attaquer. Il avait peur, peur de la mort, peur de la défaite, de la vieillesse.
Il convoqua donc ses sept sages… et leur dit : « Je ne sais pourquoi, mais quelque chose me pousse à chercher une bague qui permettrait de stabiliser mon état de confusion.
Chaque fois que je la regarderais, elle me rendrait joyeux si je suis malheureux, mais aussi, elle me rendrait triste si je suis heureux. »
Q’avons-nous à transmettre à nos Soeurs et Frères ?

Quelle force pouvons-nous en tirer ?
Le roi demande une clef.
Une seule clef qui lui permette d’ouvrir à la fois la porte du bonheur et la porte du malheur.
Il avait atteint un certain niveau de sagesse, ce qui arrive lorsque l’on a vécu une vie riche d’expérience en tout genre ; bonne et mauvaises morales et immorales, heureuses et malheureuses… Celui qui n’a pas vécu les extrêmes ne peut avoir une compréhension profonde de la vie.
C’est en vivant les choses qu’on comprend les quelles elles sont utiles.
Il est bon, à ce sujet de rappeler sommairement la vie de Bouddha ; Quand il naquit, les astrologues avaient prédit qu’il deviendrait soit un empereur, soit un disciple.
Deux avenirs aussi contradictoires pour le même enfant ?
Un empereur ou un homme qui a renoncé à tout pour devenir un moine errant…
Le père de Bouddha demanda comment il était possible que son fils ait le choix entre deux destins si opposés.
Les astrologues lui répondirent : « C’est toujours ainsi. Celui qui peut devenir un empereur peut également devenir le contraire ».
Le père ne comprenait toujours pas et demanda qu’on lui explique plus clairement.
Les astrologues lui dirent : « Nous ne connaissons pas grandchose à l’art d’être disciple, mais les saintes Écritures en parlent en ces termes : « Celui qui possède tout, prend conscience que tout est futile ».
Seuls les mendiants rêvent de palais ; les rois ont compris que leurs somptueuses résidences sont sans intérêt.
Celui qui n’a jamais connu de femme en rêve tout le temps ; celui qui en a connu n’est plus obsédé.
Seule l’expérience transforme.
Celui qui est destiné à posséder le monde entier finira donc un jour ou l’autre, par y renoncer.
Ce n’est pas par l’effet d’une coïncidence que tous les Bouddhas, tous les avatars hindous et tous les teerthankara jaïn sont nés rois.
Ils ont vécu une vie ou rien ne leur a été refusé.
Tôt ou tard ils ont aperçu la limite… et ils ont compris que tout cela n’est que vide, rien !
C’est comme lorsque l’on pèle un oignon, et qu’on découvre que chaque couche est plus fraîche que la précédente.
Si l’on ne va pas jusqu’au bout, on s’imagine qu’il doit y avoir quelque chose au centre, mais si l’on le pèle complètement, on s’aperçoit soudain qu’il n’y a rien sous la dernière pelure. Rien que le vide.
Un empereur a la possibilité de découvrir la vie dans son entier ; Un mendiant n’en expérimente que quelques facettes et se dit : « Il y a encore bien d’autres choses.
Si je n’ai pas atteint l’extase dans cette vie, c’est parce que je ne tiens pas le monde entier entre mes mains ».
Le père de Bouddha était troublé ; il se demandait comment éviter que son fils devienne mendiant.
Le roi était âgé, sa femme était morte. Bouddha était son fils unique, il n’aurait pas d’autre héritier. Comment assurer la continuité de la royauté ?
Il demanda conseil aux astrologues.
Ceux-ci lui donnèrent un avis raisonnable, mais non judicieux.
Ce n’était pas des sages, ils ne pouvaient pas voir au-delà de leur savoir ; ils connaissaient chaque mot des textes sacrés, mais ils n’en avaient pas saisi l’esprit.
Ils suggérèrent donc au roi de ne jamais laisser son fils affronter la misère, la souffrance, ni le malheur.
Il fallait qu’il ignore l’existence de la vieillesse et de la mort.
Qu’il soit entouré des plus belles femmes du royaume.
Que tous ses désirs soient exaucés, qu’il ne connaisse aucune déception, car sans frustration, personne ne devient un disciple.
Ces conseils furent suivis scrupuleusement par le roi.
Il aménagea trois maisons pour Bouddha : Une pour chaque saison.
Après avoir vécu les quatre mois d’été dans une région fraîche, l’enfant déménageait dans un autre palais pour la saison suivante.
Toutes les jolies filles du royaume furent appelées à la cour.
Dans les jardins du palais, on ne voyait aucune fleur morte : avant qu’elles ne se fanent, un serviteur venait les couper discrètement.
Ainsi, Bouddha ne pouvait imaginer que la vie prenait fin.
Le but semblait atteint, il ne pouvait lui venir à l’esprit l’idée de renoncer à cette vie qui s’achève inéluctablement.
Bouddha ne fut qu’entouré que de belles choses et vécut dans un rêve. Mais la réalité est plus puissante : Elle arrive à s’infiltrer même dans les songes, un roi ne peut lui faire échec : Elle jaillit ici et là et vous fait trébucher.
Un soir, au cours d’une veillée de danse et de musique, Bouddha s’endormit au milieu des danseuses.
Dans la nuit, il se réveilla et regarda autour de lui.
Quelle scène !
Où avait disparu la beauté ?
Une danseuse dormait la bouche ouverte, une autre faisait un cauchemar et gémissait, une troisième affalée bavait… cette nuit-là, la réalité fit irruption dans la vie de Bouddha, mais il garda sa découverte pour lui même.
Quelques jours plus tard, il sortit de la ville pour participer à une fête.
En chemin, il vit un homme âgé et demanda à son cocher ; qu’est il arrivé à cet homme ?
Pourquoi son visage est-il ridé ? Pourquoi a-t-il le dos voûté ? Quelle catastrophe lui est-il arrivé ?
Ce n’est pas une catastrophe, c’est naturel, cela arrive à toute personne lorsqu’elle vieillit.
Bouddha commençait à apercevoir la réalité.
Ils croisèrent ensuite un convoi qui amenait un cadavre au bûcher funéraire.
Qu’est-il arrivé à celui-ci ? Pourquoi les gens le portent-ils sur leurs épaules ?
Cet homme est mort, prince la mort est l’étape qui suit la vieillesse.
Arrêtons-nous !
Dis-moi : Est-ce que moi aussi, je vais mourir ?
Le cocher hésita.
Il connaissait les instructions du roi, mais c’était un homme simple et authentique, lui répondit : Je ne suis pas autorisé à te le dire, mais je ne peux pas non plus te répondre par un mensonge.
Tout comme cet homme, tu mourras un jour. Tout ce qui naît finit par mourir.
À ce moment apparut un disciple, qui suivait le cortège funéraire.
Suite logique : La vieillesse, la mort, puis l’initiation !
Que l’histoire soit vraie ou non, elle est magnifique, en effet, que reste-t-il à rencontrer après avoir croisé la mort, si ce n’est ce qui vous mène au-delà, l’initiation ?
Bouddha, qui n’avait jamais vu de disciple, demanda encore : Qu’est-il arrivé à cet homme-ci ?
Pourquoi porte-t-il une robe orange ?
Cet homme a compris la vie.
Il sait que la vie s’achève par la mort, alors il a renoncé.
Rentrons au palais. Je renonce.
Le cocher ne comprit pas ce que Bouddha voulait dire, mais la nuit même celui-ci quitta le palais…
Quand vous vivez totalement tout ce que la vie vous offre, un moment arrive où vous y renoncez !
Seuls ceux qui ont vécu des vies mornes, tièdes, insipides s’accrochent.
Se cramponner à la vie matérielle est la marque d’un esprit ignorant, qui n’a pas compris.
La renonciation est quelque chose de simple et de naturel, un aboutissement normal, un signe de maturité.
Les astrologues étaient des savants, non des sages.
En dépit de leur volonté, ils ont aidé Bouddha à renoncer.
Si le roi, le père de Bouddha avait demandé conseil à un sage, il lui aurait dit ceci :
« Donne-lui une nourriture frugale afin qu’il ait toujours faim, qu’il rêve sans cesse de mets délicieux. Garde les femmes à distance. Qu’il les voie, mais qu’il ne puisse s’en approcher, afin que son appétit sexuel ne soit lui non plus, jamais satisfait. Ne lui construis pas de palais. Qu’il vive indigent. Alors, jamais il ne renoncera ! »
Le roi de notre histoire, confronté à une crise importante, en était arrivé à comprendre que le malheur n’est pas différent de cette apparence de bonheur.
Il était plus sage que les sages !
Il demandait une bague, en réalité une clef unique pour ouvrir les deux portes qui, en réalité, sont les deux aspects d’un même phénomène.
Observez-vous même lorsque vous êtes heureux : Pouvez-vous dire en toute certitude que le malheur est absent ?
Le centre est occupé par le bonheur, mais le malheur n’est-il pas tapi quelque part ?
Le germe du malheur ne se trouve-t-il pas dans votre bonheur ?
A l’inverse lorsque vous êtes malheureux, êtes-vous certains d’être seulement malheureux, ou sentez vous aussi la possibilité de reprendre force pour transformer le malheur en bonheur ?
La F
\M\ n’est-elle pas une des manières d’apprendre LA POSITIVITE en relativisant l’événement ?
Quand le soleil se lève le matin, vous pouvez voir le crépuscule, mais vous savez qu’il se cache dans l’aube.
En fait, il est entré avec l’aurore.
A midi, quand le soleil est au zénith et que sa lumière inonde la terre, qui pense à la nuit ?
Pourtant, l’obscurité est présente dans cet apogée et commence à poindre, attendant son heure…
De même, l’ombre épaisse de la nuit porte en elle le matin.
Regardez bien les opposés, le pavé mosaïque nous le rappelle en permanence, vous y verrez le même phénomène.
Quand vous aimez, la haine est présente ; quand vous haïssez, l’amour est là, caché.
Lorsque vous êtes heureux, vous avez déjà commencé à avancer vers le malheur.
Si vous êtes malheureux attendez juste un peu, le bonheur est à la porte, s’il n’est déjà entré.
Les opposés sont solidaires.
Une fois que vous comprenez cela, la clef est à votre portée.
« Le roi dit aux sages : Je ne sais pas pourquoi, mais quelque
chose me pousse à chercher une bague qui permettrait de stabiliser mon état de confusion. Chaque fois que je la regarderais, elle me rendrait joyeux si je suis malheureux… ».
Il demanda une formule secrète d’alchimie qui lui permette de le rendre joyeux quand il est malheureux.
En fait il demande d’accéder à la maîtrise de ses humeurs… qui est la seule maîtrise qui soit !
Il veut être maître de ses humeurs et non en être victime.
Quand vous êtes malheureux, vous ne pouvez rien faire, vous subissez.
À d’autres moments, vous êtes heureux et, là aussi, vous n’y êtes pour rien.
Vous n’avez pas le contrôle de ces états.
Or, il existe une formule, un message secret qui peut vous transformer.
« Cette bague me rendrait joyeux si je suis malheureux, mais aussi, elle me rendrait triste si je suis heureux. »
Tel que je vous connais, vous êtes d’accord avec le premier point, mais vous êtes perplexe quant au second !
Or les deux points sont indissociables.
En maîtrisant l’un, vous maîtrisez l’autre.
Il n’y a rien de mal à être triste si vous l’avez décidé.
La tristesse a une profondeur qui lui est propre, une beauté très douce, que le bonheur n’atteint jamais.
Le bonheur est plus superficiel, peut être plus vulgaire aussi.
Vous n’aimez pas encore la tristesse parce que vous ne l’avez encore jamais éclairée de votre conscience.
Un homme éveillé apprécie tout, y compris la tristesse qui l’enveloppe comme un crépuscule et déploie son silence.
Les oiseaux se taisent, le vent s’arrête …
Tout devient silencieux et s’abîme dans une profonde détente.
Le roi voulait donc être maître de ses humeurs : Il voulait « se stabiliser » comment être équilibré, se cristalliser quand les humeurs soufflent de leur propre gré ?
L’une d’elle se lève à l’horizon et vous voilà malheureux : Tout se met à trembler en vous.
Surgit une autre humeur et vous voilà heureux : Une autre agitation, qui fait, elle aussi, tout remuer en vous…
Pour réaliser cette bague, les sages se consultèrent…

C’est pourquoi je dis qu’ils ne devaient pas être si sages !
Des experts se consultent, mais pas des sages.
Les experts sont des gens de savoir ; ils ont besoin de s’entretenir parce qu’un autre sait peut-être ce qu’ils ignorent.
Un sage sait, tout simplement !
Il n’a pas besoin de réfléchir, il ne pense pas.
Sa réponse vient spontanément de son être intérieur.
Donc, je reprends le fil de mon histoire : les sages se consultèrent et entrèrent dans une profonde contemplation.
Les sages ne trouvèrent pas la réponse, ils firent appel à un vrai sage, un disciple qui possède la bague.
Il la retira de son doigt et leur dit : « Donnez ceci au roi, mais dites-lui bien qu’il n’y a qu’une condition à observer : Il ne doit ouvrir la bague que quand il ne peut plus faire autrement.
Le message qui se trouve à l’intérieur, sous la pierre précieuse ne doit pas être lu par simple curiosité, car le sens ne peut être compris que lorsque l’on se trouve dans un certain état de conscience.
Avant de l’ouvrir que le roi attende d’être à l’agonie, d’avoir tout perdu, de n’avoir vraiment plus aucune autre solution.. »
Ce que dit le disciple est très important : Le message ne sera efficace que si la conscience à atteint un certain niveau et j’aimerais pouvoir vous poser la même condition avant de vous communiquer le contenu de cette inscription.
La compréhension ne vient pas des mots, elle naît en vous.
Le roi suivit scrupuleusement les instructions du disciple...
Son Pays s’est trouvé engagé dans une guerre qu’il perdit…
A plusieurs reprises il est sur le point d’ouvrir le chaton de la bague, mais il estime que la condition n’est pas encore remplie : « Je suis toujours en vie. J’ai perdu mon royaume, mais je peux encore le reconquérir. »
Quelle force pouvons-nous en tirer ?
Il s’enfuit de son Pays pour avoir la vie sauve, mais l’ennemi le poursuit.
Son cheval meurt, ses amis sont décimés.
Il poursuit sa fuite à pied, ses pieds sont en sang, il ne peut plus faire un pas.
Il se retrouve acculé au bord du précipice, les chevaux ennemis se rapprochent.
Pourtant, il attend toujours pour ouvrir la bague.
« Je suis encore en vie, l’ennemi peut encore aller dans une autre direction et je peux être tenté de sauter dans le vide sans me tuer. »
Mais voilà que l’ennemi est tout près.
Il regarde le précipice…
Cette fois, les secondes sont comptées…
Il prend la bague, l’ouvre, regarde sous la pierre et trouve ce message « CELA AUSSI PASSERA » !
Soudain un sentiment d’apaisement l’envahit : « Cela aussi passera »
L’ennemi le prenant pour un gueux, passe devant lui sans le voir, le roi souffle puis reprend ses esprits.
En dix jours, il réussit à rassembler une armée, rentre dans son pays, chasse l’ennemi et réintègre son palais.
C’est la fête, les gens sont en liesse, ils dansent dans les rues pleines de lumières, de couleurs, de pétards et de feux d’artifice.
Le roi est si excité et si heureux que son coeur bat à tout rompre ; Il est au bord de l’extase, à deux doigts de s’évanouir.
Soudain, il se rappelle la bague, l’ouvre et lit pour la seconde fois le message : « Cela aussi passera » !
Aussitôt, il se détend… et l’on rapporte qu’il a atteint la sagesse ultime grâce à ces mots lus et relus.
Quelle que soit l’humeur et les sentiments qui vous envahissent : Colère, haine, passion, désir, malheur, tristesse, bonheur,… ou même quand vous méditez, rappeler vous toujours cette phrase : « Cela aussi passera ».
Qu’advient-il si ces mots deviennent votre devise ?
Le bonheur ne sera plus le bonheur, mais seulement une phase, un nuage qui passe.
Vous découvriez que cet état n’est pas vous, puisque vous êtes témoins de ce qui va et vient.
En vous rappelant « Cela aussi passera » vous prenez de la distance par rapport à l’événement.
L’humeur vient à vous, mais elle n’est pas vous, elle s’éloigne en vous laissant intacts après son passage.
Vous ne vous identifiez plus à elle.
Vous êtes devenus des témoins, des spectateurs conscients…
A ce moment, un silence que vous n’avez pas créé, que vous n’avez pas imposé descend sur vous.
Il vient de sources jusqu’alors inconnues, les sources du divin, du Grand Architecte de l’Univers.
Rien ne pourra ébranler vos fondations, votre volonté d’être actif dans la chaîne d’union…
En effet, plus vous prenez de la distance avec les événements, plus votre conscience croît ; Plus votre conscience croît et plus vous prenez de la distance.
Vous voilà stabilisé.
Vous devenez comme le Bouddha assis sous l’arbre de Boddhi.
Mais ceci ne peut arriver que si vous avez accepté par l’initiation, le passage au grade de compagnon et enfin l’élévation à la maîtrise, de mourir de ce que vous étiez pour renaître en un homme nouveau.
Alors, vous ressusciterez ; ce sera là votre naissance de votre être originel.
Vos vieilles habitudes, vos manies, vos concepts, vos idéaux, votre prétendue identité, votre ego vieux et ratatiné, vos « métaux » tout cela doit faire place nette pour accueillir ce qui est nouveau et qui en fait, a toujours été présent en vous, mais ne dispose d’aucune place pour se manifester.
L’invité est là, mais l’hôte n’est pas prêt.
Faite le vide !
Faire le vide, c’est se mettre en état de « vacance », qui signifie « soyez vacants », comme le nénuphar qui reçoit la lumière, cet état de vacance c’est se mettre en harmonie avec l’Univers.
La présence aux tenues, dans notre chaîne d’union vous y aide, vous entretiennent dans cette démarche de prise de conscience pour dégager votre espace intérieur.
Imprégnez-vous de cette phrase, qu’elle vous poursuive jusque
dans votre sommeil.
Merci chers Frères et Sœurs de m’avoir écouté si patiemment.
j’ai essayé de vous transmettre ce que je pense être, une des nombreuses clefs qui vous permettra d’ouvrir une des portes secrètes de votre être ; Grâce à elle, vous aurez accès au coeur même de votre existence et par là même à mieux comprendre celles et ceux qui sont assis à vos côtés sur les colonnes, ils forment notre chaîne d’union maçonnique à travers le monde.
Je serais heureux que cette phase puisse vous apporter la force, le réconfort dans la peine et que vous puissiez à votre tour, par celle-ci, apporter un juste retour au bonheur à ceux que vous aimez..
Nous rencontrons tous des difficultés, plus ou moins importantes, n’oublions jamais : « Cela aussi passera »

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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Justice, Maçonnerie et Liberté

23 Janvier 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

C’est ce titre de planche que je veux privilégier dans mon travail de ce jour. Il n’est pas question de parler ici d’un thème tel que : « Justice Maçonnique et Liberté » dans nos structures qui pourrait engendrer un débat sur la justice a l’intérieur de la structure maçonnique et qui n’a pas lieu d’être au sein d’une Loge, particulièrement au premier degré.

Justice, Maçonnerie et Liberté.

Mes Frères ce thème est grandiose… Il pourrait être le sujet central d’une année de réflexion pour la Loge, même en faisant abstraction des considérations politiques ou religieuses. Je vais m’abstenir de vous retranscrire les grands textes philosophiques sur la justice ou la Liberté pour aller en dix minutes à mon essentiel.

Humblement, en employant pour une fois la première personne, il va m’être difficile de dire pourquoi cette trilogie : Justice, Maçonnerie et Liberté, est la résultante apparente, pour chacun d’entre nous, d’un cheminement dans la pratique de l’Art Royale.
Pourquoi parler du « je » sur un thème comme la justice ? Il est le plus souvent exploré dans un contexte social donc pour le plus grand nombre, mais c’est au niveau individuel qu’il est parfois le plus durement ressenti.
Aristote disait et c’est la seule allusion que je ferais au niveau des philosophes :

« La justice parfaite et génératrice d’un idéal existe bel et bien et chaque homme la connaît en lui-même, chacun en a comme une divination. Ce sens de la justice est naturel et commun et il ne reste qu’à le réaliser dans la vie des hommes ».

Pourtant la vie sociale ne semble pas habitée par la justice. L’institution semble positionner des lois équitablement pour tous, pourtant, malgré son universalité et sa présence dans le cœur des hommes, la justice est dans la réalité galvaudée par l’argent ou la position sociale…
À mon humble avis il n’y a pas de fatalité. La société, souvent malade, n’est-elle pas la somme d’individus ? Notre environnement, nos habitudes, notre civilisation semble vivre l’injustice comme étant inhérente à une vie en société. Il y aurait comme un seuil acceptable ! Elle ne devient égoïstement inacceptable que quand elle nous atteint, que nous la subissons, et quelle touche notre choix de vie, notre portefeuille ou notre chair…

Raisonnons par l’absurde, supposons que j’ai le pouvoir demain, de réveiller ce sens de la justice naturel et commun dont parle Aristote. Plus que l’exemple, c’est la reconnaissance en soit de ce sentiment naturel qu’il me faudra donner à chacun le moyen de redécouvrir. J’inventerai alors un moyen ludique et hiérarchisé permettant à chacun de voir dans un miroir son reflet au milieu des autres.
Formidable mes Frères je vais donc créer un cérémoniale et une hiérarchie, les hommes marchent bien au spectacle et à la reconnaissance de leur pouvoir. Certains n’y verront que les décorations et le faste, d’autres y puiseront l’essence pour une nouvelle vie d’équilibre…

Nous y voilà, cette utopie, pour un profane, nous savons nous maçon qu’elle existe depuis des siècles. Elle est la seule structure, en dehors de tout dogme politique ou religieux, qui permette à l’homme d’acquérir la maturité du juste milieu. L’idée est belle et généreuse elle n’impose rien, elle ne donne que des outils et une traduction de leur utilisation spéculative librement découverte…
Justement mes Frères l’Art Royal est une révélation du cœur et de l’esprit que certains d’entre nous ne recevront jamais…

La Franc-Maçonnerie est l’école de la Liberté. Comme il n’y a pas de liberté sans justice, essayons-nous à ce rêve fou de l’utopie à l’intérieur de nos Loges.
Pourquoi croyez-vous que pour un vote exprimé en loge, l’abstention n’existe pas ?
Le Maçon se refuse à la facilité, il dit, oui ou non, parfois dans la douleur jamais dans l’indifférence. Il travaillera toujours avec ses frères à exprimer sa liberté de dire, de faire et avec eux il découvrira la justice et le bien pour la loge.

Le Maître Maçon ne délégue pas ses responsabilités, ils les assument. À notre Rite, l’histoire même en atteste, les Ecossais sont très présents.
Voir « les statuts dressés par la R\L\ Saint Jean de Jérusalem gouverné par N\T\C\F\ Louis de Bourbon, Grand Maître de toutes L\L\ régulière de France, le 24 juin 1745 ».
Article XLIV « Les Ecossais seront les surintendants des travaux, ils auront la liberté de parole, et seront les premiers à donner leur suffrage, se placeront où ils voudront, et lorsqu’ils seront en faute, ils ne pourront être redressés que par des écossais… ».
Mes Frères nous avons là presque à nous confronter avec les frondeurs du pays Cathare…
C’est à cette époque que commence les grandes discussions concernant l’élection du Vénérable dans la loge…je ne saurais trop vous conseiller la lecture du Livre de Claude Guérillot : « La genèse du R\E\A\A\ » aux éditions Guy Trédaniel.

Il est indéniable que l’usage de la parole au R\E\A\A\, associé à la symbolique maçonnique, fait de nous des hommes amoureux de leur liberté et par là, de leur expression sous quelque forme que se soit. Il y a tradition dans la distribution de la parole par le vénérable sur les sujets symboliques, et nous devons être très attachés à la forme que nous utilisons. Avec le temps, elle nous donne technique, réserve et modération pour une meilleure communication, un meilleur échange entre les hommes.

J’ai abordé ce sujet avec des frères trop discrets, la liberté et la justice passent portant par des actes et il est impossible de faire abstraction de la parole. Quelques un ont la qualité de cœur des timides et préfèrent s’abstenir. Ils nous privent alors du meilleur et c’est dommage pour la Loge.

Ne me faites pas croire que le silence est synonyme de sagesse. L’hypocrisie silencieuse existe aussi. Le sage n’existe pas, l’homme ne peut qu’approcher parfois la sagesse. Je n’ai jamais entendu un homme revendiquer cet état et quand nous le disons de l’un d’entre nous, le temps nous fait reconnaître un homme comme les autres avec son ombre et sa lumière…

Quelques-uns d’entre vous retrouveront un jour cette phrase dans un vieux Rituel :
…Tu ne te forgeras point des idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion, mais tu répondras toi-même de tes actes et tu ne prendras point les mots pour la réalité…

Notre relation avec les autres peut-elle engendrer une perception interactive de la justice ? N’est-ce pas ce conventionnel de tous les jours, ces paroles ordinaires, qui nous rendent malheureux et qui ont la plupart du temps à voir avec l’injustice des mots du quotidien. Soyons attentifs à cette souffrance que nous distribuons par désinvolture, elle est cumulative elle peu engendrer un sentiment d’injustice intolérable.

Cette justice, cette liberté qui nous est donnés dans les ateliers maçonniques nous devons en faire nos compagnes dans la vie profane mais aussi quand nous nous parlons de la Fraternité. Cette dernière passe elle aussi par la justice. Que faites-vous de la Liberté d’un Frère quand vous lui demandez une intervention qui, quelques fois, n’a rien à voir avec l’équité ?

Revenons à Aristote. Pour réaliser notre vie d’homme notre temple, la justice et la liberté ont besoin de l’idée maçonnique. Bien comprise je reste persuadé qu’elle est une école de liberté et que son symbolisme exacerbe l’équité pour la recherche du juste milieu s’est à dire de l’harmonie. La résultante s’obtient dans la difficulté de la rigueur morale et intellectuelle en transgressant les habitudes socialement correctes et le raisonnement confortable.

Nous savons que c’est la démarche d’une vie. Une succession de victoire et de défaite, pour de temps en temps avoir le cadeau d’une jouissance intellectuelle. Elle résulte toujours d’une communion avec cette phrase d’un vieux Rituel :

« Ce que la Maçonnerie te demande, c’est de promouvoir la justice… »

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Franc-Maçonnerie américaine

22 Janvier 2014 , Rédigé par X Publié dans #Rites et rituels

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