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Hauts Grades

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Le Secrétaire

9 Janvier 2014 , Rédigé par H\ M\ Publié dans #Planches

Le Secrétaire en loge siège à l’Orient, face à l’Orateur, dans l’alignement de la colonne septentrionale et sous la lune à la droite du V\M\. Voilà pour la disposition dans l’espace et voilà que cet emplacement n’est pas anodin, nous le verrions à divers degrés. Mais l’on sait qu’en tout premier lieu, le Secrétaire, ici-même, fait fonction de “mémoire” de la Loge. Et, qu’est-ce que la mémoire? Au sens latin “memoria”, elle est l’“aptitude à se souvenir” mais je ne peux m’empêcher de penser, depuis que cette charge m’incombe, que le Secrétaire est, dans la pratique, plus dans le “mémorandum”, c’est à dire comme “l’Aide-Mémoire” de son Atelier et de ses membres. L’“Aide­Mémoire”, au sens propre, est censé rappeler les points essentiels d’une question, d’un débat, d’une narration, d’une décision tel le Mémorandum donc qui est l’objet même de ce qui doit-être rappelé. Le secrétaire est le Témoin qui écrit la synthèse et qui préserve l’Histoire de la Loge, au service de la Loge. Au service parce qu’il aide ses frères à se rappeler, et simplement aussi au service des autres comme tout un chacun dans une loge maçonnique puisque, quelle que soit sa charge, son plateau, c’est bien de fraternité et de devoir dont on parle et non de pouvoir ou de gloriole; notre charge EST le service et, pour ma part, plus encore depuis que j’ai accepté la charge de Secrétaire, cette utilité à la Loge, mes frères, m’honore et sincèrement me comble.
Donc, l’Aide-Mémoire de la Loge se doit d’être utile aux frères par l’Ecoute, la Rédaction et la Restitution lue des travaux en loge. Son devoir est de rédiger l’esquisse des travaux en cours puis de dresser la planche d’architecture qui sera soumise à l’approbation des Maîtres à la Tenue suivante. Le secrétaire est chargé de la correspondance, sous mandement, à l’intérieur comme à l’extérieur, des convocations, des rapports avec le Grand Secrétariat, de la mise à jour des registres. Il assiste au dépouillement des votes et note le montant du Tronc de la Veuve enfin, il signe avec le V\M\ la plupart des planches officielles et pièces administratives. Voilà presque exhaustivement l’activité et les obligations dues à sa charge.
Le Secrétaire, “Scriba” , est le copiste, le greffier et prend son origine dans l’Administration Royale (David et Salomon les employaient déjà comme spécialistes pour, entre autres choses, la rédaction des Lois); parce qu’il sait lire et écrire (mais aussi... épeler!). De même, le Scribe est “Docteur de la Loi” chez les Juifs. —Petite parenthèse toute personnelle, Moïse n’était-il pas, finalement, le scribe de Yavhé???
Bon, en fait, le Secrétaire est par delà et avant tout le dépositaire des Secrets, selon l’origine même du mot, secret du sacré et sacré du secret dont les racines proches portent sur l’idée du “séparé de, réservé à”. Oui, il s’agit bien ici de ce qui ne doit pas être révélé au profane, de ce qui est caché, à savoir, cet ensemble de “connaissances” réservées à quelques uns et, au sein même des Ateliers, de ce qui reste inconnu d’un degré à l’autre. Voilà de quoi est garant le Secrétaire qui, par la rédaction, par l’Ecrit, laisse une trace concrète de la pensée et donc de l’Oral en Loge.
Lorsque l’on parle d’Ecrit, on sous-entend, comme vu ci-avant, “scribere”, c’est à dire l’action de tracer des caractères, terme dérivé de l’indoeuropéen voulant dire “gratter, inciser” ou le “Skariphos grec” qui nous donnera “la scarification”. N’est-ce pas intéressant ici, par ce raccourci éthymologique, de passer de notre Ecrit contemporain (manuscrit- tapuscrit - courriel ... ) à la scarification ancestrale en vigueur chez de nombreuses ethnies encore aujourd’hui? Car la trace superficielle pratiquée au rasoir à même la peau des enfants participe pareillement du sacré. Sûrement que cela apparaît barbare pour nos “bonnes” civilisations ( pardonnez la litote!) mais c’est, à l’instar du baptême chrétien quelquepart et sans doute, le symbole de notre relation au cosmos et aux Dieux comme de l’appartenance à une tribu ou une caste. C’est donc un signe de reconnaissance fraternelle tout autant que le partage de croyances et rituels appropriés. Et cela parle bien sûr au Maçon que je suis qui utilise, même si cela est invisible au profane, des signes de reconnaissance et d’appartenance!
Dans ce sens, scarification oblige, le Tracé vif est à Vie.
Et, quand je parle de tracé vif, je parle aussi et bien sûr du tracé de l’instant, à l’instant. Ce qui est marqué à un moment T, devient permanent, inscrit d’une manière durable. Le Tracé s’inscrit, de constat, comme la gravure des secrets dans le Temps: “Scarifié dans le passé, Lu au présent, Cultivant notre avenir”.
Le marquage, trace concrète de la pensée (et pour nous en Loge, trace de notre Oral), devient alors “fondateur” et donc fondamental. On peut alors dire que la Trace fait l’Histoire. Elle ne crée pas l’Histoire, non, mais elle en est fondation... plus ou moins stable. N’en déplaise aux révisionnistes!
Tout cela met en évidence un paradoxe qui m’intéresse particulièrement: en effet, de tout temps, l’inscription faites par des scribes, des tailleurs, des sculpteurs, des sorciers, bref, des initiés à la transmission par le marquage, l’incision, le ciselage, le dessin ou l’écriture, s’intégrait à un rituel confinant au secret. Au secret de caste, d’appartenance, aux secrets des Dieux qui n’étaient divulgués, a forciori, qu’à certains, donc à une élite (ce qui n’est pas péjoratif, l’Elite je veux dire). Or, si l’on connaît aujourd’hui quelque peu l’art rupestre, le cunéiforme Sumérien ou le hiéroglyphe égyptien, c’est parce que le tracé est par devers lui objet même de communication.
Paradoxe donc, le Secret sert au partage des Savoirs et devient par cela mode lui-même de communication. Et si je vais jusqu’au bout de ce que d’aucuns prendraient pour un sophisme, le secret, le “séparé”, devient alors lui-même divulgation... ou facteur du partage, de la réunion, la réunification, etc. Je pourrais en déduire qu’à termes donc, le Secret a pour but de se faire connaître par la vulgarisation du savoir, vulgarisation dans son sens originel de “vulgus” et donc d’accessible à tous (ce qui, à mon sens, n’est pas du tout péjoratif, non plus!).
Dans cette approche, le Secrétaire serait bien le dépositaire du secret pour mieux le restituer ensuite. Malheureusement, les secrets ne sont pas tous bons à savoir pour l’Humanité et, ce, pour une raison toute simple: les secrets ne sont pas Vérité et demeurent humains (au même titre que le mensonge d’ailleurs)!!!
Digression terminée, “revenons à nos moutons”, comme disait Abraham.
Au regard de ce qui précède, considérons maintenant la place cardinale du scribe en atelier, soit le Secrétaire en loge, à l’Orient et dans l’alignement de la Colonne septentrionale. Positionné physiquement à la pointe de la branche Nord-Est d‘un pentagramme formé des 5 qui éclairent la Loge et la rend Juste, la vision plongeante qu’il a de cette place sur l’Atelier lui permet un regard global pour suivre les travaux afin de les retranscrire au mieux. Pour ma part, c’est effectivement une autre vision, donc approche, de notre Atelier et des FF\ qui le compose et il me semble que l’inverse est vrai puisque le Secrétaire, par sa fonction et l’emplacement de son plateau est mis en exergue au regard et au jugement fraternel de tous. Il n’est pas infaillible et se doit donc de respecter les critiques constructives de ses FF\ pour affiner son tracé.
Le F\ Secrétaire est donc placé sous la Lune (émanation même de la lumière solaire... de même que la planche synthétique des travaux précédents est et doit-être le juste Reflet de tout ce qui s’est passé et dit en Loge). Quant à son symbole (marqué au sautoir), il est le dessin de deux plumes entrecroisées qui définissent sa fonction. La plume et... la Lune donc ou, disons plus exactement, la plume, la croix et la lune.
Le symbolisme de la Plume, taillée en stylet comme représentant de l’écriture même (voire de l’écrivain), est aussi, par sa légereté, image du souffle et du verbe, donc de la Vie elle-même dans les cosmogonies les plus répandues, de l’ascencion céleste et de la clairvoyance. Dans moult civilisations, elle est directement associée à la Lune, elle même symbole de la connaissance indirecte puisque reflet de la Lumière solaire. Cette Plume dite aussi Qalam dans la tradition Islamique participe de la Création primordiale, elle écrit la Destinée sur le Livre, ou “tablette” qui participerait de la “Materia Prima”. Cette même “Calame” se retrouve comme outil concret de traçage chez les Sumériens.
Quant à la Lune, elle est aussi liée au Secret de part l’apparition et la disparition de sa rondeur ou de ses croissants dans le temps circonvolutif. Plume et Lune sont donc liées par le Savoir et la Connaissance cachés (ce qui n’est pas antinomique!). Quant à l’entrecroisement des deux plumes, sans développer ici la multiplicité des interprétations et la puissance du sens symbolique de la croix depuis l’antiquité, retenons simplement sa magnifique représentation de l’Orientation et de la Médiation, ce qui, pour le Secrétaire, en tant qu’“Aide Mémoire de la Loge” (j’insiste) s’affirme dans la mesure ou il décide, et donc oriente, de ce qui lui paraît essentiel de graver pour le bon fonctionnement de sa Loge. C’est une responsabilité lourde car, même si ce qu’il trace est voté— il n’y a pas si longtemps, son esquisse était validée en fin de chaque tenue—, ce qu’il omet peut être définitivement perdu. En effet, lorsque le F\ Secrétaire prête serment, il s’engage sur les Trois Grandes Lumières, à devenir “la Mémoire” de la Loge, à “Ecrire” en rappelant les décisions et tout ce qui paraît essentiel, à assurer la “Continuité” et la “pérénité”. Il fait sien son rôle et s’investit donc en tant que personne; sa responsabilité est de consigner ce qui “lui paraît être utile à tous”. Sa réflexion et son arbitrage tracé, telle “la croix” citée plus haut, prend ici une place prépondérante; et l’on comprendra aisémment que l’art du Secrétaire dans la restitution orale des travaux de la Loge participe plus de la Rhétorique que de la Dialectique.
Pour terminer ici, je me propose de vous réciter ce petit texte du XVI I I e siècle, que tout le monde assurément connaît et de vous en faire une interprétation très très personnelle, uniquement sur les premières strophes sachant que la chanson se termine en amours libertines et que son décryptage pourrait être sujet à un travail bien autre, voire à la controverse :
" Au clair de la Lune (éclairage émanent, reflet de la connaissance)
Mon ami Pierrot (Kefa, Simon Pierre, la Pierre fondatrice, voire Philosophale (oups!))
Prête moi ta Plume (le Qalam originel)
Pour écrire un mot (s’entend sur le livre créateur soufiste)
Ma chandelle est morte (je n’ai plus la lumière de l’intuitif assimilable au Soleil)
Je n’ai plus de feu (j’en suis mourant, sans plus de vitalité et ne peux transmuter)
Ouvre moi ta porte (par Janus, montre moi le Chemin, la Voie)
Pour l’amour de Dieu (et, enfin, accéder la sagesse) " .
Je trouve cette comptine particulièrement adaptée au Secrétaire qui écrit sous la réflexion lumineuse de l’Astre nocturne et qui sans sa plume est et restera des plus démunis, soit... le pauvre d’esprit.

J’ai dit V\M\

source:
www.ledifice.net

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Midi / minuit

7 Janvier 2014 , Rédigé par O\ I\ Publié dans #Planches

Je me souviens de ma 1ère tenue, le jour de mon initiation, où la tête encore tourneboulée par mes voyages, j’ai entendu le Second surveillant répondre à la question posée par le VM : « à quelle heure les FM arrêtent-ils le travail ? », « il est minuit VM ».
« minuit !!! non déjà ?! », un rapide et discret coup d’œil à ma montre m’indique pourtant qu’il n’est que 22h30 !
Alors là bien sur, je m’interroge… Lorsque qu’il est 20h30, mes Frères disent qu’il est « midi », et à 22h30 ils disent qu’il est « minuit », un code secret probablement !
Les Travaux en loge, du fait de leur caractère rituel, se déroulent symboliquement en conformité harmonique avec les cycles naturels, et notamment avec le parcours journalier du soleil car nous sommes dans un rite solaire, dont les bornes sont les mouvements du soleil.
Tout Temple est à cet effet orienté Est / Ouest, selon la course du soleil qui diffuse sa lumière.
Cette Lumière, nous l’avons reçu le jour de notre initiation, lorsque Profane nous étions encore aveuglé par notre bandeau.
Cette Lumière nous était nécessaire, pour nous faire comprendre combien les ténèbres de l’ignorance et la nuit profonde des passions nous aveuglait et sont préjudiciables au bonheur de l’Homme.
Initié, et donc cherchant perpétuel, nous avons besoin d’être éclairés, d’être guidés pour nous diriger et avancer.
Non pas par un gourou bien sur, mais par une lumière qui éclaire notre esprit, une lumière qui nous éclaire dans la nuit, car on ne prend conscience de la lumière que par rapport aux ténèbres.
C’est le rôle des 5 lumières de notre loge que de nous éclairer dans la nuit.
Le soleil préside au jour et la lune à la nuit, le Vénérable Maître préside à la loge pour l’éclairer.
Le soleil symbolise la connaissance directe, immédiate et intuitive.
Il est indissociable de la lune et avec elle, il présente une alternance complémentaire du jour et de la nuit, de la vie et de la mort.
Cette orientation donnée par le soleil est essentielle à l’Apprenti qui cherche sa voie dans les ténèbres.
L’Apprenti travaille dans l’ombre, au Nord, car une exposition trop brutale à la lumière l’aveuglerait ; il se construit progressivement, par étape.
Il est dépendant du Maître, mais espoir de renouveau pour lui-même et pour la loge, toujours selon un cycle immuable.
Le Compagnon travaille au Sud, au midi, en pleine lumière ; cette lumière qui l’illumine lui est indispensable dans sa découverte du monde.
Le Maître lui, est devenu une lumière, qu’il réfléchit.
Il trans­met ainsi ce qu'il a lui-même reçu, en partageant ses réflexions personnelles, pour orienter ses Frères et les amener à réfléchir et développer leurs propres recherches.
Ce faisant, il se modifie lui-même et se perfectionne encore.
Effacer symboliquement les murs et le plafond nous permet d’ouvrir notre loge sur l’univers, sur un espace sacré qui va du Nadir au Zénith, du Nord au Sud et de l'Occident à l'Orient.
L’Est correspond au printemps et au soleil levant du matin.
Le Sud correspond à l’été et au midi.
L’Ouest correspond à l’automne et au soleil couchant du soir.
Le Nord correspond à l’hiver et à minuit
Les travaux maçonniques se déroulent symboliquement de midi à minuit.
Midi / minuit représente 12h, 12 comme les 12 travaux d’Hercule, les 12 tribus d’Israël, les 12 Apôtres de Jésus, les 12 mois de l’année …
La largeur du Temple va du septentrion (le Nord) au midi (le Sud).
Le midi appartient donc à la fois à l’espace (sud) et au temps (l’heure).
On voit donc son importance symbolique dans le Temple, l’espace, et le temps de la cérémonie maçonnique.
Midi marque le passage du profane au sacré ; le temps profane s'arrête, laissant place au temps sacré, dont l'intensité est plus importante que la durée.
A ce moment précis, la construction de notre temple intérieur commence, fait de compréhension mutuelle et de tolérance.
Midi signifie la mi-journée. C’est le moment où l’on fait le bilan de sa matinée et où l’on planifie son après-midi.
De même, au midi de sa vie, devenu adulte, l'Homme fait le bilan de son enfance et de son adolescence.
Il a vaincu certaines ténèbres durant cette période, il a fait la paix avec lui-même et a maintenant trouvé sa place dans la cité.
Les biens matériels ne suffisent plus à satisfaire son besoin légitime de reconnaissance sociale, il cherche une autre voie.
Attiré par la Lumière, il comprend que le moment est venu de s'avancer sur le chemin de l'initiation.
Si la lumière ne le brûle pas, il pourra alors redonner ce qu'il a reçu lui-même et travailler sans relâche au bonheur commun, en se rendant utile à ses semblables, ses Frères.
Les FM travaillent de midi à minuit, càd de l’heure à laquelle le soleil se trouve au zénith et où l’ombre n’existe pas, et donc ne peut fausser la vision des choses, à l’heure où l’ombre est omniprésente et empêche toute activité, le soleil étant alors passé à l’opposé, au nadir.
Minuit marque le retour au profane, la reprise du tic tac de nos montres.
C'est l'heure du repos, un repos mérité après un dur labeur.
Cependant la fermeture des travaux ne veut pas dire que tout est fini, bien au contraire, la lumière qui a éclairé nos travaux doit continuer de briller en nous pour que nous achevions au dehors l’œuvre commencée dans le temple.
Minuit signifie les ténèbres, mais cela signifie également l’émergence prochaine de la lumière au jour nouveau, lumière qui va s’intensifier jusqu’à midi, lorsque le soleil sera de nouveau au zénith, triomphant ainsi des forces de la nuit.
Pour ceux d’entre vous qui ont eu la chance de vivre une éclipse totale, ils n’auront pas manqué d’être surpris par le silence soudain et total qui se fait dans la nature à la tombée des ténèbres, et par l’aussi soudaine reprise d’une vie intense dés que réapparaît la lumière.
C’est la symbolique des cycles : cycle journalier, cycle annuel, cycle de l’ombre et de la lumière, cycle du bien et du mal, cycle de la vie et de la mort …
Une analogie peut également être établie entre les phases d’une journée et les phases d’une année.
Midi et minuit jouent en effet dans le cycle journalier un rôle analogue à celui joué par les 2 solstices d’été et d’hiver dans le cycle annuel.
Midi / minuit correspondent aux milieux du jour et de la nuit, comme les 2 solstices correspondent aux milieux de l'été et de l'hiver astronomique.
Tous ces cycles sont immuables et leur issue est inéluctable, mais toujours dans un but de renouvellement, de régénérescence.
Moi-même, depuis mon initiation, je ressens cette régénérescence, mon perfectionnement, qui émerge difficilement de mes réflexions et de mon travail, accompli avec la bienveillance de mes Frères.
J’aime ainsi à penser que l’avenir n’est pas ce qui vient vers nous, mais ce vers quoi nous allons.

J’ai dit, Vénérable Maître

Source ; www.ledifice.net

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La troisième Lumière

6 Janvier 2014 , Rédigé par GLSA Publié dans #Planches

Le LoGos et son signe

Notre Loge est dite “de St. Jean” et nous prêtons serment sur les trois grandes lumières de la Maçonnerie qui sont Le Compas, l’Équerre et le Volume de la loi sacrée. Le compas et l’équerre sont des sujets souvent abordés dans nos Ateliers, par contre nous débattons rarement de la troisième lumière sur laquelle repose nos deux outils : Le prologue de l’évangile de St. Jean.

Au commencement était le Verbe,

et le Verbe était auprès de Dieu,

et le Verbe était Dieu.

Il était au commencement avec Dieu.

 Tout fut par Lui,

et sans Lui rien ne fut.

 De tout être Il est la vie,

la vie est la lumière des hommes.

 La lumière luit dans les ténèbres,

et les ténèbres ne l’ont pas saisie.

Pourquoi la tradition maçonnique du Rite Écossais Ancien et Accepté s’attache-t-elle au prologue de St. Jean ? Pourquoi ne prêtons-nous pas serment sur un des trois autres évangiles celui de Matthieu, de Luc ou encore sur celui de Marc? En fait ces trois derniers évangiles racontent en parallèle la même histoire. En cela, ils sont qualifiés de Synoptiques qui signifie “sous le même regard”. Ils sont avant tout descriptifs, ils témoignent de la vie de celui qu’ils considèrent comme le fils de Dieu et, constituent la base de la Foi chrétienne. Leur différence n’est pas à trouver dans le message transmit mais plutôt dans la forme choisie car chacun d’eux s’adresse à des populations et à des cultures différentes. Matthieu, qui avec Jean est le seul apôtre parmi les évangélistes, écrit pour les communautés Juives de Syrie et de Palestine. Son texte original est en Araméen, la langue sémitique du Christ. Il est construit pour être compris par une civilisation organisée à partir de la Loi de Moïse. Luc, qui était un médecin Syrien helléniste, s’adresse à des Païens Grecs. Son texte comporte peu de références au judaïsme, mais il fait la part belle à l’hellénisme. Marc, qui comme Luc n’était pas un apôtre, s’adresse à des païens lointains de culture latine. Le livre qui fait partie de nos grandes lumières est tout autre. Sa structure est différente de celle qui prévaut pour les Synoptiques. Le manuscrit le plus ancien connu provient d’Egypte, il est écrit en grec et porte la date de l’an 115. Malgré l’utilisation de la plus élaborée des anciennes langues indo-européennes, son auteur a su garder vivantes les séquences verbales sémitiques, il introduit également toute une série de correspondances gématriques ou numériquesqui seront plus tard développées dans le livre de l’Apocalypse. Plus que les autres évangiles, il comporte plusieurs niveaux de lectures : un premier niveau, relativement simple, corporel et littéral ; un second niveau symbolique qui s’adresse à la Psyché et qui s’exprime par des personnages absents des autres évangiles tels que Nicodème, Lazare ou la Samaritaine et enfin un troisième niveau qui s’adresse à l’Esprit et qui est en relation étroite avec la gnose juive pré-chrétienne. Une quatrième lecture existe, elle déborde la raison et, pour l’instant, je n’en parlerai pas. De la vie de Jean nous ne connaissons pratiquement rien, nous savons cependant, par la relation de ses actes, qu’il est juif, érudit, qu’il est prêtre et consacré, très probablement de la tribu des Lévites. Pour cet initié, le Salut ne passe plus uniquement par la Foi en la résurrection, le Salut passe également par la voie de la Connaissance. Écoutez une nouvelle fois le premier verset du prologue qui contient le fondement philosophique d’une de nos trois grandes lumières.

Au commencement était le LoGos

et le LoGos était auprès de DIEU (ton Théon) qeon

et le LoGos était Dieu (Théos) qeoz

En marge de l’idée maîtresse de ce prologue qui est la doctrine du LoGos, il est important de s’attacher au texte original Grec, car lorsque Jean dit « et le verbe était auprès de DIEU », il utilise le terme “ton Théon” qui signifie Le DIEU vivant, celui qui dépasse notre entendement. Par contre lorsqu’il dit, à la fin du verset, « et le Verbe était Dieu », alors il utilise le terme “Théos”. Or chez les Grecs, on appelait Théos tous les êtres parvenus au plus haut degré de spiritualité. Pythagore en parle dans ses “Vers d’Or” et il nous dit que nous pouvons tous devenir des Théos. L’évangéliste, qui nous occupe ce soir, le mentionne également lorsque, relatant les paroles du Christ, il dit : « N’est-t-il pas écrit dans la Tora : vous êtes des Dieux ? ». Jean, dans son prologue, introduit donc 3 niveaux de déité différents, dans leur essence, de la trinité dogmatique : Père ; Fils et St. Esprit. Il y a pour Jean : Le DIEU suprême, (ton Théon),  les hommes de haute spiritualité, les éveillés (Théos) et le LoGos, le Christ qui est la parole et la lumière de la Vie, l’intermédiaire et l’intercesseur entre les hommes et leur Créateur. Pour comprendre une des relations cachée de la maçonnerie avec l’évangéliste, il est intéressant de se souvenir que le texte initial est rédigé en Grec ancien et que LoGos s’écrit avec les signes majuscules Lambda et Gamma. Le Lambda ressemble à notre A majuscule sans barre centrale et le Gamma majuscule ressemble à un L inversé. Voici donc le LoGos (LoGos), le verbe créateur, la lumière de la vie. Et le LoGos placé comme ceci sur le prologue de l’évangile de St. Jean, dans une Loge de St. Jean ! Certains d’entres vous penserons que je force la coïncidence, que je joue avec les signes et les symboles ! C’est vrai et je ne prétends pas avoir raison, j’explore simplement un champ auquel nos anciens ont peut-être pensé. J’associe ce qui a été divisé, j’unifie la trinité des grandes lumières et j’utilise le double sens symbolique si cher à la gnose chrétienne dont Jean est le plus parfait représentant.

La Gnose & le Nom divin

Que savons nous de la Gnose ? Quels sont les liens qui, à travers les âges, nous lient à cette cosmogonie hermétique ? Comment pouvons-nous, dans le fatras maçonnique, entendre les voix de Basilide d’Alexandrie, d’Hermès ou de l’illuminé de Pathmos ? Pourquoi et comment cette gnose se retrouve-t-elle sur notre autel, sur nos murs, dans notre cabinet de réflexion ? Pour comprendre la Gnose, il est tout d’abord nécessaire de se souvenir que, pour un Sémite, le nom… c’est l’essence de l’être. Ainsi, pour la Gnose, la connaissance du Nom divin équivaut à la connaissance de la Divinité. Cette connaissance est le domaine d’étude tout à la fois étroit et immense que se sont donné les gnostiques. Leur but n’étant pas de connaître Dieu, ils savent que cela ne peut pas se concevoir, leur but est celui que nous , connaîtrons plus tard au travers de l’Alchimie spéculative, leur but est… la naissance de l’homme intérieur. Lorsque, devant le buisson ardent, Moïse questionne : « si les enfants d’Israël me demande quel est ton Nom, que répondrai-je » Dieu alors dit : « Ehyèh asher Ehyèh ». (eheyeh asher eheyeh Version prononçable). Nombreuses ont été les traductions de cette phrase, peu d’entre elles cependant s’attachèrent à la séquence verbale originelle. Cette approche est pourtant essentielle car toutes les langues sémitiques ont en commun de posséder deux séquences verbales, le temps de l’accompli et le temps de l’inaccompli. Le premier temps peut être compris comme une séquence descendante multiple. Semblable la lumière des étoiles, cette séquence vient vers l’homme, c’est, premièrement le futur qui comporte tout le concept de prédestination, qui inclut les joies et les épreuves auxquelles l’homme ne pourra pas échapper. Lorsque cette lumière touche l’homme, la séquence prend forme matérielle, elle est le présent. Lorsqu’elle le traverse, elle devient le passé et entre dans la mémoire. La seconde séquence, celle de l’inaccompli, est ascendante, elle monte de l’être vers les étoiles. Elle définit la volonté de l’homme qui se dresse face à son destin et cherche à s’accomplir, à se connaître, à changer le court de la vie. Par l’utilisation du terme “asher” qui signifie “le devenir” « Ehyèh asher Ehyèh» (eheyeh asher eheyeh) entre dans cette séquence ascendante et doit donc être traduit par « Je suis celui que Je serai ». Le Dieu d’Israël dit que de tout temps il fut, mais il ajoute qu’il est aussi dans l’inaccompli, dans le changement. De l’indifférenciation, il progresse vers la différenciation et l’homme, sa créature, fait partie intégrante de ce changement. À l’époque du Christ, le Nom Divin ne pouvait être prononcé que par le grand prêtre, dans le temple, le jour des Expiations. Ce nom Divin était redoutable et le prononcer était un grave sacrilège. Ce Nom “Je suis celui que Je serai”, traduit en grec par “Ego Eimi” est le pivot central de l’évangile de Jean. On admet généralement que le Christ fut livré à la crucifixion car son ascendant sur le peuple d’Israël était devenu insupportable pour les autorités religieuses juives. C’est juste mais en partie seulement car les populations juives espéraient de tous leurs vœux le Messie qui les délivrerait du joug romain. Ils attendaient le prophète qui restaurerait la grandeur du peuple élu. Ils livrèrent également le Christ à Pilate pour une raison différente, ils le livrèrent car à chaque demande d’identité, le Christ répondait invariablement : « Ego Eimi », il répondait en utilisant le nom Divin que nul ne pouvait prononcer. En cela le “prophète” commettait un sacrilège et se comportait en mécréant ignorant la loi religieuse.

L’humain & sa lumière

Revenons à l’évangile de Jean et à la gnose. J’ai dit tout à l’heure que le but de la Gnose était la naissance de l’être intérieur mais aussi, que son domaine d’étude était la connaissance de lu divin. Pourquoi cet amalgame, que pouvons-nous comprendre à cela. La relation en est fort simple, cependant pour ne pas me perdre dans une explication sans fin, je laisserai maître Eckart répondre à ma place : Il dit « L’œil par lequel je regarde Dieu est l’œil par lequel Dieu me regarde ». Le VITRIOL des Maçons ne nous dit rien de différent. La lumière qui brille au tréfonds de la nature humaine est la lumière divine. Tu désires te connaître, connaître ton essence, va à l’intérieur de ton humanité et tu y trouveras le “Théos” qui de tout temps parle à ton oreille en lui disant « Répètes après moi : “Ego Eimi“, toi et ton Dieu vous ne faite qu’Un ». Ceci est la révélation de Jean l’évangéliste. Ceci est la raison pour laquelle le signe du Christ est posé sur le livre du Nom dans les loges de St. Jean. Certains diront « cette affirmation est du domaine de la foi » et, bien sûr, ils ont raison. Je répondrai simplement que la foi est aussi indispensable à l’homme que l’air qu’il respire. Je répondrai aussi que je ne connais aucun homme aucune femme qui ne tienne debout sans désirer ardemment une partie de cette certitude éphémère que nous appelons la foi ! Beaucoup cependant croient ne plus avoir la foi, beaucoup croient qu’elle est inutile, qu’elle n’est … qu’une réminiscence d’un passé religieux aujourd’hui dépassé. Ils ont tort, notre foi et nos croyances, même incomprises, sont littéralement la terre sur laquelle nous marchons. Pour ceux qui ont la prétention d’être sans foi, pour ceux qui n’ont pas cultivé leur foi, vient un jour où les circonstances de la vie les forcent, comme le dit si joliment Thérèse d’Avila : « à s’asseoir seul à la table du malheur ». Alors, ils se retrouvent sans aucune des petites croyances imperceptibles qui si longtemps les avaient tenus debout. Beaucoup d’entre vous mes frères savent très exactement, par expérience, ce que veut dire Thérèse d’Avila lorsqu’elle parle d’être assise seule à la table du malheur. Cette expérience de la douleur, par laquelle l’homme perd, en un instant, toutes ses croyances, s’appelle la déréliction. Elle est une grande souffrance, mais peut aussi devenir une chance inespérée que certains ne connaîtront jamais. Les femmes et les hommes se construisent aux extrêmes de la vie, ils se construisent dans l’amour et le partage mais aussi dans la perte et dans l’abandon. L’Âme invisible parle sans cesse, elle parle et elle demande a être entendue mais le bruit du monde, souvent, couvre sa voix. Ainsi va notre nature humaine, c’est dans la détresse et dans le malheur qu’enfin nous pouvons écouter. Alors, lorsque par le temps et par la force, l’oreille s’est ouverte, on l’entend et elle dit la consolation et la tendresse et l’amour. Elle dit que tout a un sens et que, même si nous ne le comprenons pas, il nous faut, à tout prix, garder confiance. Comme Jean nous le répète dans son évangile, l'Âme nous dit que de tout temps, elle fut avec nous. À ceux qui ont su préserver leur foi, elle dit son appartenance à la Lumière. À nous les maçons, elle dit le lieu de rencontre, le lieu où le compas et l’équerre touchent le livre du Nom. Cependant mes frères, je dois, ce soir, vous faire un aveu et une confidence. Tout ce que je vous ai dit concernant Dieu et son Nom n’a pour moi que peu d’importance. Je l’ai fait pour vous, je l’ai fait parce que l’un d’entre vous me l’a demandé. Je vous le dis maintenant car je pense sincèrement que parler de Dieu c’est babiller autour du silence, que parler de Dieu c’est danser en rond autour de l’immobilité. Dans ce sens, je ne crois pas en un Dieu, au contraire, j’utilise mon énergie à me tenir aussi éloigné que possible de toute croyance. Ma certitude et ma foi sont d’un autre ordre : Je sais et, par intuition je connais, un et un seul des mystères du monde, c’est l’unique chose que je puisse aujourd’hui, en toute humilité, partager avec vous : Mes Frères : l’Âme (certains dirons le “Théos”) existe ; elle est notre part de déité et trop souvent nous oublions d’écouter sa voix et trop souvent nos actes ne reflètent pas sa grandeur.

Vénérable, j’ai dit

Source : www.ledifice.net

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La Lumière

4 Janvier 2014 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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La fraternité maçonnique, source d'harmonie ?

3 Janvier 2014 , Rédigé par André M\ Frère de la loge Fidélité et Prudence à l’Orient de Genève Publié dans #Planches

L’évolution rapide des techniques de la communication et des microprocesseurs modifie en profondeur les comportements de notre société occidentale. Les décideurs politiques paradoxalement sont aujourd’hui perplexes devant l’avenir et ne savent pas comment interpréter les tendances sur le long terme. De même les entrepreneurs économiques doivent moderniser de plus en plus vite l’outil de production sous peine de disparaître et souvent sans connaître les raisons profondes de cette adaptation. Ce besoin de modernisme, comme nous le verrons plus loin n’est pas sans conséquence pour l’emploi, ni sur le comportement des travailleurs qui ont beaucoup de peine à s’adapter à ces changements. Nous assistons dans le domaine des télécommunications à une véritable révolution grâce au réseau INTERNET qui autorise de communiquer du texte, des photos ou même des films vidéo dans le monde entier aussi facilement qu’un coup de téléphone. Ainsi un laboratoire de recherche pourra transmettre instantanément les résultats de ces travaux, ou encore faire la promotion d’un produit spécifique ou d’une nouvelle technologie, voir même diffuser des textes d’origines douteuses afin d’égarer les concurrents. Ainsi, des associations religieuses et des sectes pourraient aussi utiliser ce réseau afin de publier plus largement leur catéchisme dans le but d’améliorer le recrutement. En l’absence d’une politique de contrôle, qui à l’heure actuelle n’existe pas et qui sera très certainement difficile à mettre en oeuvre, nous pouvons affirmer que le temps est arrivé pour réaliser des arnaques par diffusion d’images mensongères. Quelles seront alors les conséquences sociales, car n’oublions pas que les nouvelles techniques créatrices d’images virtuelles posent inéluctablement le problème du vrai et du faux. Jusqu’à aujourd’hui, le processus d’enregistrement des informations dans la mémoire obéissait à des rythmes d'assimilation qui permettait l’expression d’un sentiment caractérisé par une volonté : j’aime ou je n’aime pas et d’une conséquence réalisée par: « j’ai envie ou je n’ai pas envie » et qui débouchaient généralement sur une action exprimant la totalité du moi intérieur. Qu’en sera-t-il lorsque les références mémorisées n’exprimeront plus une cohérence naturelle ? Au-delà du problème de conscience que nous traiterons à travers le langage symbolique, nous constatons que la transmission quasi instantanée de l’information, et la progression fulgurante de la puissance des ordinateurs a augmenté considérablement la productivité. Ainsi, par une meilleure connaissance du code génétique de l’homme, il est raisonnable de penser que la médecine préventive permettra d’augmenter substantiellement l’espérance de vie. La pyramide des âges en sera alors profondément changée et personne aujourd’hui ne peut savoir qu’elles en seront les conséquences sociales ? Dans l’industrie, par contre les gains de productivité ne seront pas très favorables aux travailleurs vu que la plupart des activités manuelles seront remplacées par la robotique et la gestion assistée par ordinateurs. De nombreux postes de travail disparaîtront et l’école devra fournir des hommes capables de comprendre cette technicité. En aura-t-elle les moyens? Enfin, la transmission du savoir par la mise en commun des activités et des hommes sera différente, vu que la durée de vie des techniques se raccourcit. D’autre part il sera toujours plus nécessaire de détruire pour mieux vendre car la recherche scientifique met constamment sur le marché de nouveaux produits beaucoup plus performants et à moindre prix. Une des conséquences est que les hommes âgés ne pourront plus transmettre leurs expériences aux jeunes qui débutent leur carrière faute de moyens financiers. La société se retrouvera alors toujours plus morcelée en groupes sociaux professionnels aux intérêts souvent antagonistes, ce qui pourrait à terme déboucher sur des choix politique et industriels beaucoup plus directifs. Pour gérer une telle situation, il s’agira de mettre en place des structures instituant une plus grande solidarité entre les actifs et les personnes sans emplois ou retraitées, mais qui aura le courage d’initier ces changements? Est-ce que nos vieilles démocraties européennes sont toujours adaptées aux évolutions brutales de la société économique? Peuvent-elles encore être représentatives des intérêts de l’ensemble de la population ou sont-elles déjà inféodées par les groupes de pression économiques? Dans les années 1950, les gains de productivité des secteurs primaires et secondaires ont été intégralement transférés dans le tertiaire. Aujourd’hui, nous sommes à l’aube d’une profonde restructuration du tertiaire sans compensation dans un secteur quaternaire qui reste à créer. C’est tout le dilemme de notre époque que de réinventer en permanence des équilibres afin que personne ne soit oublié sur la route, mais qui est vraiment intéressé par ce problème ? L’enseignement dans nos universités ne fait référence qu’aux améliorations du produit, de la productivité et de la gestion des gains financiers. Les sociologues sont depuis longtemps déjà considérés par le milieu politique comme de braves farfelus qui dénoncent périodiquement les dégâts causés dans le corps social, mais ils sont peu écoutés et ils ont beaucoup de peine à faire valoir leurs idées auprès des responsables d’entreprises ou des décideurs. Notre société survit dans un climat de guerre économique engendré par sept cent million d'individus qui doivent satisfaire à satiété leurs envies de consommation sous peine de rejoindre les autres six milliards qui resteront forcément cantonné en deçà du seuil de pauvreté afin d’éviter d’insurmontables problèmes de déchets et de consommation d'énergie. Qui gérera ce problème? Ne voyons-nous pas déjà se dessiner une sorte d’aide humanitaire déculpabilisante et hypocrite financée par les pays riches pour maintenir le statut quo ? En même temps, de grandes zones de libre échange se créent afin de favoriser le commerce et la libre circulation des personnes. Les frontières disparaissent pour les citoyens membres de ces zones mais se ferment hermétiquement pour tous les habitants des pays en voie de développement. Une grande injustice est en marche, elle s’appelle intolérance. Le monde se disloque et les armées naissent. Chez les plus démunis la lutte est dictée malheureusement par les dogmes religieux qui institutionnalisent le terrorisme comme voie de libération. La force brutale aveugle répond à l’injustice des marchés. Quelle tristesse ! Ne sommes-nous pas aujourd’hui déjà comme un aveugle qui demande son chemin à un collègue qui a perdu sa canne ? Mais encore resterons-nous toujours des consommateurs ? Aurons nous encore envie demain de résoudre nos tensions existentiels par un achat ? Choisirons-nous toujours un supermarché comme lieu de méditation ? Pour éviter un dérapage vers des interrogations perverses, la société a mis en place tout un arsenal de miroirs tels la publicité, la flatterie, la vanité, le goût du lucre, le désir de paraître, le jeu de la carotte (qui n’est rien d’autre qu’une course effrénée à l’obtention d’un pouvoir hypothétique pour nous amener naturellement vers notre niveau d’incompétence), la considération et la reconnaissance sociale par le compte en banque, etc. Aujourd’hui déjà de nombreuses personnes vivent sans domicile fixe, car l’obtention d’un appartement est liée à une clarté financière définie par le système bancaire. A ce jeu nous sommes jeté un jour, repris le lendemain sans considération de la dignité humaine. Il semble que tout est mis en place pour que le niveau de conscience soit asservi au consumérisme. En effet, pour perdurer notre société libérale doit à tout prix séduire le consommateur, l'encourager à vivre des instants paradisiaques dans des temples d’objets inutiles, à réinventer des envies de destruction, car casser c’est acheté à nouveau. Bref, notre société veut qu’on l’aime, qu’on la courtise, qu’on la caresse du regard et qu’on la séduise. Le mariage est accomplit au caisse du supermarché, la nuit de noce lors de l’ouverture des paquets et le divorce lorsque l’objet devenu inutile est jeté sans considération aucune dans la poubelle. Aujourd’hui, elle ne maîtrise pas encore bien les fiançailles, demain elle fera de nous les valets à gants blancs payés au rabais pour une sieste éphémère. Dans ce contexte, nous comprenons bien que toute idée qui contrarie la philosophie économique est combattue fortement par un arsenal de lois qui protège le produit souvent mieux que l’homme. Il y a encore 50 ans cette bête économique n’était en fait qu’une machine au service du bien être de l’humanité et n’avait pas encore pris conscience de son pouvoir. A cette époque, plusieurs scénarios étaient possibles, car il existait une dialectique permanente qui favorisait la création de concepts alternatifs. Aujourd’hui, l’homme n’est plus l’entrepreneur du concept, il ne fait que s’adapter en perdant son âme.

Dans ce marais économique morose, que devient le franc-maçon? Qu’en est-il de ses idéaux confronté à la dure réalité de la concurrence ? Quel est le rôle de la fonction initiatique aujourd’hui ? Que sera-t-elle demain ? Enfin la fraternité maçonnique, source d'harmonie peut-elle être vécue dans sa plénitude et apporter cette joie intérieure dans un monde si bouleversé. Voila, quelques questions auxquels nous essayeront de répondre plus loin. Existe-t-il une fraternité en dehors de la maçonnerie et qu’elles en sont ses particularités ? La fraternité naît de l’amour des autres et exprime un désir d’union réalisé par l’intelligence du coeur. Sa qualité d’action est fonction du niveau de conscience des membres de la communauté, mais aussi de l’attitude personnelle de chacun d’eux. D’une manière générale, son principe formateur est la reconnaissance acceptée et sans jugement de la diversité comme valeur d’union. Le deuxième principe est que chaque membre doit vivre sa vérité sans faux fuyant et exprimer son sentiment d’union par une attitude évolutive dans le sens du Vrai. Cela présuppose une attention de tous les instants et une rigueur personnelle qui demande beaucoup de courage et d’abnégation. A ce stade de l’analyse, il est nécessaire de fixer une sorte de référence de la reconnaissance et d’en déterminer les valeurs. Dans le monde profane, celle-ci se limite à l'acceptation d’un statut d’appartenance corporatif ou associatif et mis à part, les associations familiales et religieuses, les valeurs n’expriment que la volonté d’appartenance. Toutefois un club de boule n’aura pas le même recrutement qu’une association de défense des droits de l’homme ce qui signifie que la substance même de l’association détermine souvent la qualité fraternelle, mais elle reste le plus souvent mentalisée et émotive parce qu'elle découle du droit d’appartenance et reste étroitement associée aux statuts de la société et à son règlement interne dont, le but premier est de codifier et normaliser le comportement des membres. La qualité associative reste donc d’origine purement statutaire et d’une façon générale le règlement des conflits donne la priorité à la gestion de la faute et non à la dignité de la personne. Dans ce contexte, la fraternité est normative, réductrice, égotique et possessive. Comment peut-on alors qualifier une telle relation de fraternelle? Pour répondre à cette question, il faut se mettre dans la peau d’un homme qui a une très mauvaise audition depuis la naissance et à qui on demande s’il entend bien. Comment le saurait-il? Il répondra qu’il vous comprend parfaitement bien et il a raison. Tout est donc relatif, y compris le vécu fraternel, mais en tant que franc-maçon, je sais qu’il existe une autre fraternité vécue par l'intelligence du coeur et que j’ai reçue en entrant dans la chaîne d’union lors de mon initiation, je ne jetterai pas la pierre à celui qui n’a pas été initié, car à l’instar de cette homme mal entendant, il ne comprend que ce qu’il entend. Mon devoir est de ne pas juger sa réponse, mais d’être encore plus disponible afin de l’aider s’il le demande. Cette attitude de celui qui sait par rapport à celui qui ne sait pas est la clé de l’intégration éventuelle d’un nouveau membre dans une communauté partageant l’amour fraternel, car tout au long du chemin de la vie, nous rencontrerons des amis que nous saurons guider vers la Lumière en les aimant parce qu’ils respirent le même air que nous et en les respectant parce qu’ils sont nous, ici et maintenant, par la vie qui les habitent. Enfin, en aucun cas, mon attitude consistera à expliquer, car la fraternité maçonnique est à la fois universelle, personnelle et incommunicable entre non initié. Elle fait partie intégrante des plans supérieurs donc indifférenciée et non formulée. Ce ne sont plus les hommes qui parlent à travers elle, mais elle qui parle à tous les hommes qu’elles que soient leurs qualités. L’initié est celui qui sait, sa responsabilité est immense aujourd’hui, car ce qu’il doit communiquer ne pourra passer à travers un réseau informatique. Il sera de plus en plus marginalisé parce que considéré par la société comme un être improductif et perturbateur. Ne sera-t-il pas celui qui va donner du temps au temps, c’est à dire s’affranchir des rythmes de la production pour s’intéresser à l’équilibre des concepts et à la sauvegarde de l’homme? Ne sera-t-il pas aussi celui qui va intégrer la modernité avec la tradition en confrontant les valeurs symboliques des sciences antiques au monde de demain. Comme nous le voyons, le chantier est immense et le travail difficile, mais au milieu des grabats, les Maçons continueront inlassablement à tailler leur pierre afin de la placer à l'endroit définit par le G\ A\ D\ L\ U\. Le grand Oeuvre s’accomplira parce que l’architecture de l’édifice reste présent chez tout ceux qui font voeux d’humilité, de silence, de persévérance et qui sont animer d’une volonté sans faille afin de rassembler ce qui est épars. C’est à ce prix que le regard pourra se tourner vers le Haut et écouter les harmonies célestes. La fraternité est dans son essence composée aussi en Haut, elle vient du Beau mais comme elle est perçue en Bas, nous devons faire l’effort de rechercher son sens caché, sa portée perdue en quelque sorte. Rappelons quelques notions importantes sur le sens de l’initiation. Etre initié, c’est accepter de mourir à la vie profane pour renaître dans la Lumière. C’est aussi comme l’a écrit Hermès, « la création d’une âme par elle-même ». Cet acte de création est en définitive l'accès de l’informulé au formulé. Dans l’espace sacré du Temple, le Vénérable Maître crée et constitue le récipiendaire franc-maçon. Il le place en fait sur un chemin accepté et voulu par le postulant qui va ainsi prendre conscience à son rythme de la réalité et de sa spiritualisation. J. -L. Henderson dans les”Mythes primitifs et l’homme moderne” écrit que: "chaque humain a originellement un sentiment de totalité, c’est à dire un sens très fort et très complet du Soi, le soi étant constitué de la totalité psychique faite de la conscience et de l’océan infini de l’âme sur lequel elle flotte. C’est de ce soi, que se dégage la conscience individualisée du moi, à mesure que l’individu grandit le moi doit constamment revenir en arrière pour rétablir la relation avec le Soi, afin de conserver sa santé psychique" Ainsi l’essentiel du processus initiatique n’est rien d’autre que la quête du Soi afin de mieux retrouver sa totalité. Dans ce contexte la tenue maçonnique n’est qu’un moyen, tandis que le but est la prise de conscience par l’éveil. Accéder à ce Soi n’est pas chose facile et la période de maturation peut être parfois longue surtout, quand le langage symbolique, qui est l’alphabet du processus de réitération n’est pas toujours bien assimilé. Mais c’est le seul langage que connaît malheureusement notre psychisme. Il faut admettre que l’homme moderne est plongé dans un savoir très rationnel et qu’il a davantage développer l’esprit d’analyse que son intuition. La conséquence est que notre civilisation moderne vit dans l’angoisse, qu’elle a perdu contact avec la Nature qui est pourtant sa seule véritable ressource traditionnelle. L’homme est ainsi divisé, morcelé. Au-delà de la rationalité qui a permis de nombreuses découvertes scientifiques et par conséquent d’améliorer le niveau de vie des gens dans les sociétés occidentales, l’homme a perdu son contact avec l’Irrationnel. Il est déséquilibré par un cerveau gauche hypertrophié, mais il continue malgré tout son chemin dans cette impasse. Il ne rencontrera alors que des psychologues et psychiatres qui géreront à sa place ses angoisses existentielles. Cette voie est parfois suffisante mais souvent incomplète pour tous ceux qui recherchent un sens à leur vie La franc-maçonnerie reste alors une possibilité d’évolution car grâce à l’initiation le candidat devient l’égal de l’homme traditionnel. Il accorde de nouveau de l’importance aux messages d’en Haut en cherchant à comprendre leurs sens symboliques. La fraternité naît comme nous l’avons dit plus haut de l’amour des autres, mais elle est aussi étroitement liée aux concepts de liberté et d’égalité. Ces trois mots forment un ternaire. Les deux premiers termes liberté et égalité sont en fait opposés et signifie que la liberté sans limite crée le désordre et l’égalité crée l’injustice. Nous voyons qu’il est nécessaire de trouver un équilibre entre ces deux forces, lequel est réalisé grâce à la fraternité. Ainsi, une relation duale trouve sa résolution naturelle et harmonique dans un troisième terme qui n'exclut pas les deux premiers mais qui les associe en formant un ternaire. La représentation symbolique du ternaire est souvent le triangle dont la surface est inscrite dans un cercle. Le cercle symbolise l’Unité qui inclut le Tout et le Rien, car son tracé est lié au nombre pi, irrationnel et transcendantal. La règle qui définit l’Harmonie primordiale du ternaire est une vieille connaissance de la géométrie. En effet à partir de n’importe quel point à l’intérieur d’un triangle équilatéral, la somme de la longueur des perpendiculaires abaissée sur chacun des côtés est égale à la hauteur du triangle et quel que soit l’endroit où est situé le point. Cette relation remarquable montre à quel point la représentation ternaire des trois concepts de liberté, d’égalité et de fraternité sous la forme d’un triangle équilatérale suppose de celui qui l’accepte une attitude humaniste, une capacité au renoncement et au sacrifice et enfin, une éducation civique. Nous voyons bien là les bases structurelles ésotériques d’une société démocratiques que les francs-maçons de l’époque ont mis en oeuvre en participant à la rédaction des constitutions américaine et suisse. Il s'ensuit que les actes sociaux qui ne sont que l’étage supérieur de notre force créatrice sont réglés dans des équilibres respectant, comme nous le verrons plus tard à la fois la vie sous toute ses formes et surtout l’homme vivant symbole du Haut sur cette terre. Par l’utilisation du langage symbolique et de la loi d’analogie, il est permis d’associer tous les ternaires à celui du triangle équilatéral ainsi, apprendre, comprendre et vivre ou sur un autre plan Force, Sagesse et Beauté, ou encore Ame, Corps et Esprit sont analogiquement semblables. Tous les termes d’un ternaire sont aussi homologues entre eux, ce qui revient à dire qu’il n’est pas absolument nécessaire d’étudier leur historicité. Ainsi Force, Ame et apprendre sont homologues entre eux. Il suffit simplement de savoir qu’ils sont tous le premier terme d’une relation d’opposition et de dégager le sens du triangle. Nous voyons qu’il est possible de comprendre analytiquement le langage symbolique, mais cela n’est pas suffisant, il faut qu’il soit vécu et intégrer dans la personnalité afin que la volonté permettant l'action puise ses racines dans le coeur, source évidente de l’harmonie. L’initiation maçonnique est une clé importante de ce processus, car tout ce qui s’accomplit dans le temple est symbolique et totalement interdépendant. C’est par la découverte du rapport des valeurs symboliques que le niveau de conscience s’élève. L’initié pourra toujours comprendre le triangle comme une figure géométrique utile à la trigonométrie et à la construction, mais un jour le triangle deviendra ternaire, c’est à dire que les rapports des côtés, angles et sommets seront lié à son sens de gravité, lieu magique où l’Unité est la clé de l’informulé. La pointe du compas pourra alors dessiner le cercle qui ouvre la voie de la transcendance. Du monde des idées, le ternaire mutera en trinité et symbolisera le G\ A\ D\ L\ U\. Le processus de connaissance est maintenant vivant et il enchaîne les coeurs de tout ceux qui boivent à la même source d’amour, lieu géométrique de l’harmonie universelle sur cette terre. Enfin pour clore ce chapitre sur le langage symbolique, il est utile de rappeler que ~la partie consciente d’un homme peut être figurée sur trois axes représentant les plans physiques, affectifs et mentaux. Ainsi la conscience peut être représentée par un parallélogramme dont la dimension caractérise le niveau de conscience. D’autre part notre psychisme est constitué de trois niveaux Le premier étant celui du Moi, domaine du Je et de la conscience intérieure, le deuxième celui de l’Inconscient siège des mémoires actives ou en repos et le troisième, celui du Soi ou Ame, siège du non formulé qui englobe le Tout, et qui n’est pas perçu par les deux premiers. Les symboles sont les outils qui permettent le transfert d’informations du Soi à la conscience. Ils sont le révélateur de monde du Haut et assurent donc cette indispensable liaison, ce retour vers notre mer psychique commune comme le définissait Henderson sans lequel il n’y a pas d’acceptation relationnelle dans la diversité, pas d’amour inconditionnel, pas de compassion. Qu’en est-il de la fraternité dans une loge maçonnique et qu’est-ce qui la différencie de celle d’une société profane? Une loge est un microcosme de la société civile. Tous les Frères ont des aspirations différentes au vécu de la fonction initiatique. Cette grande diversité est une richesse immense car elle permet une dialectique permanente par un dialogue serein et respectueux des différences. Ainsi, les Maîtres dialoguent avec les Apprentis et Compagnons dans un esprit affectueux où les interrogations respectent le niveau initiatique, mais qu’en est-il du dialogue des Maîtres entre eux? Et qu’en est-il des attitudes de chacun d’eux vis à vis de la souffrance d’un Frère subissant un déséquilibre professionnel ou qui nécessite une aide morale? Nous allons tenter d’y répondre en cherchant avant tout à définir le sens de l'harmonie dans une loge et de son rapport avec la volonté d’agir. Une loge est symboliquement analogue à un homme. Elle a un corps représenté par ses statuts et règlement, une âme qui est la somme qualitative de la conscience des FF\ et un esprit fonction du vécu initiatique de chaque F\. Nous retrouvons à nouveau un ternaire dont nous savons que la résolution est idéalement située au centre du triangle. A ce point précis, l’harmonie d’une loge est évolutive c’est à dire que son action est au service de l’ensemble des Frère et en particulier du Frère en difficulté car il suffit d’un seul chaînon faible pour que la résistance de la chaîne diminue. Tout déplacement du point central doit donc être suivi d’une action de correction. Elle est du ressort de chaque Frère qui a pris conscience du changement d’équilibre, mais généralement la correction est faite dans un premier temps par le Vénérable Maître avec l'aide du comité directeur, puis ratifiée par le collège des officiers et enfin communiquée à la loge plénière si les solutions n’ont pas été trouvées auparavant. En aucun cas le problème doit rester sans action, car il entérinerait un nouveau point, une nouvelle référence en quelque sorte mal située et non représentative de l’Harmonie Universel. Cette volonté d'agir doit être sans faille et peut parfois sembler gêner certains FF\. Qu’ils ne prennent pas ombrages, car ils seront les premiers à ressentir la douce chaleur de notre amitié retrouvée. Une Loge obéit à la même logique d’évolution qu’un F\. Elle est donc caractérisée par un parallélogramme qui définit son niveau de conscience. Plus celui-ci est élevé et plus les informations entre le SOI, symboliquement représenté dans notre cas par 1’Egregore maçonnique nourrissent l’amour fraternel et qualifieront la fraternité. A contrario, si le niveau de conscience est bas, les activités s’exprimeront essentiellement dans les domaines proche du monde profane. Cela pourrait entraîner à terme des confusions sur les véritables objectifs de notre destin initiatique. Une loge crée et constitue des francs-maçons comme elle doit créer tous les actes qui permettent à ceux-ci d’espérer se perfectionner. Elle ne doit donc jamais ignorer ce qui l'alourdit et de même que nous nous levons ensemble à l’appel du Vénérable Maître, de même nous cherchons ensemble à aider ceux qui souffrent et à fortifier notre intuition afin d'étendre notre champs de conscience jusqu’à nos Frères passées à l’Orient Céleste qui sont notre inconscient collectif. N’oublions pas les messages qu’ils nous ont laissés ici Bas et continuons leur oeuvre en nous rappelant que tout ce qui est en Haut et aussi en Bas. Nous voyons mieux à ce stade de l’analyse ce qui différencie une société profane d’une société maçonnique, c’est le souci permanent d’une qualité relationnelle au service d’une Harmonie universelle. Aujourd’hui, le monde profane se construit sur des valeurs mathématiques qui sont du domaine du premier degré. Ce monde a donc besoin d’individus qui satisfassent son existence par une fidélité à toute épreuve. Dans ce monde-là comme dirait Brel, c’est la possession d’argent qui est le principe de reconnaissance accepté par tous. Le sens de l'Harmonie et l’art du compromis sont totalement incompatibles avec la productivité. Les états d’âme sont considérés comme sans valeur et pourtant chez nous en Maçonnerie, nous les recherchons à travers nos rituels. Que de différences constatées, que de désillusions à venir et pourtant nous devons vivre dans ce monde, réaliser notre destin et travailler pour nourrir notre famille. Notre chance en tant que F.’. M.’. c’est d’être libre et de vivre pleinement notre liberté dans une organisation acceptée et dont la finalité est la recherche de l’Unité. C’est dans un tel état d’esprit que nous osons espérer qu’un jour notre Loge sera la société de demain et cet espoir nous fait accepter de paraître au lieu d’être. Mais ce qui est important c’est de la savoir. Face à ces contradictions existentielles difficiles, le franc-maçon doit avoir une rigueur exemplaire. Confronté aux choix permanents du pouvoir et de la compassion, il est nécessaire qu’il vive dans une fraternité active et chaleureuse afin que son action exprime toujours le sens du Vrai. Recevoir des coups dans le monde profane sera alors le juste prix d’une démarche qui ira souvent à rebrousse poil d’une réalité économique mais alors, oh! Combien sera belle la récompense. L’âme sublimée l’entraînera dans les grandes plaines d'où viennent les senteurs de l’Orient, divins fruits gorgés de sucs paradisiaques qu’il pourra partager avec ses Frères en lutte. C’est alors que le monde mécanique, bétonné, ordonné et emprisonné laissera place à la douce réalité de l’illusion. Seul mais avec Tous, il saura encore partager cet instant de bonheur par un silence souriant. La Fraternité maçonnique est fille de l’harmonie. Elle se conjugue au féminin car comme Vénus, déesse et planète de l’amour, elle représente les actes de douceur symbolisée dans nos Loges par la chaîne d’union. La chaleur de nos mains est la Force qui naît de notre coeur, elle diffuse entre nous jusque dans les plans subtils de notre inconscient afin de cristalliser la beauté de cet instant. L’enchaînement des mains est aussi l’enchaînement des coeurs représentant l’acte de création symbolique de l’égrégore maçonnique. Dans ce plan d’amour Universel, les Frères de la loge se relient à un espace-temps indifférencié d’où émanent les volontés de partage. Savoir donner, savoir recevoir et savoir partager est le ternaire d’action de la fraternité maçonnique. Selon la loi d’analogie, partager est homologue à fraternité qui trouve alors son plan d’action à travers une volonté de reconnaissance et d’action réciproque. La boucle est bouclée et tel l’Ouroboros rien ne sert à diviser, tout naît d’une volonté unitaire sans début ni fin, car tout est dans l’instant vécu. La fraternité est vivante en nous, elle nous lie à tout jamais à notre devenir qu’il soit accepté ou non, c’est une réalité intangible et c’est un devoir de la partager. La fraternité maçonnique est aussi fils de la raison. A travers Mars, planète de l’énergie et de Mercure, planète de l’intelligence elle se veut dynamique, entreprenante et communicative. Le coeur enflammé ne saurait se consumer sans des actes réfléchis et concrets. Le coeur est la source de l’inspiration qui arme alors notre volonté d’action. Identifier la nature du déséquilibre est important. C’est ainsi que nous mettrons tout en oeuvre pour sauver notre Frère en difficulté. Cette volonté est d’ailleurs traduite en loge par un serment exprimé d’une même voix par tous les Frères présents lors d’une tenue d'initiation au premier grade. Ce serment est la clé donnant accès à l’action fraternelle qui s'exprimera alors par la recherche constante d’une solution au problème identifié. Il ne doit pas avoir de défaillance à ce niveau, car l’énergie martienne et mercurienne peut s’orienter vers le Haut ou vers le Bas, comme de même, le triangle équilatéral peut être exprimé pointe en Haut ou pointe en Bas. Une Loge maçonnique est responsable de l’orientation de son triangle puisqu’elle est triangle elle-même. C’est de l’action commune de tous les Frères en faveur du maillon affaiblit que jaillira alors l’inspiration salvatrice et réparatrice. Tel est le sens de Mars et de Mercure unis tous deux dans une action concrète de reconquête de l’harmonie. La fraternité nous engage donc à une rigueur symbolisée par le signe d’ordre, car de même que nous sommes à l’ordre en franchissant la porte du temple, de même nous sommes droit et en marche au milieu des deux colonnes J:. et B:. qui représentent dans cette circonstance la relation duale donner et recevoir; cette attitude volontaire vers des actions concrètes trouve sa source en nous-mêmes, vu que nous sommes après les trois pas d’entrée dans le temple le sommet d’un triangle équilatéral symbolisant le partage et par extension la fraternité. C’est de nous que viendront les actions de corrections et toute échappatoire provoquera des lésions profondes dans l’égrégore. Nos rituels en font mention et punissent l’inaction. Tel est le sens du devoir en Loge au service de la fraternité maçonnique afin qu’il anime les coeurs de ceux qui agissent dans le vrai pour le bien de celui qui souffre. Nous avons beaucoup parlé de la fraternité en Loge, car c’est dans ce microcosme, véritable Oeuvre du Haut exprimée en Bas, à l’instar de Saint Jean véritable initié sur cette terre que nous développons l’Art Royal. Mais qu’en est-il des actions du Maçon dans la vie profane? Comment doit-il vivre son art sans dévoiler les secrets ni les arcanes de sa foi maçonnique.

Tout au long de sa vie le maçon est confronté à cette question: Comment vivre son besoin d’équilibre et d’amour dans la société civile tout en acceptant les contraintes de la société de consommation? Comment vivre sa sensibilité, son désir de compassion sans être marginalisé et reconnu comme un faible. Pour mieux comprendre ce dilemme, rappelons quelques lois élémentaires du monde profane. Aujourd’hui, il faut gagner partout et toujours en acceptant le combat. La fin de la lutte est signifié lorsque la maladie s’installe, lorsque l’incompétence professionnelle est reconnue, lorsque l’incompatibilité caractérologique s’installe dans la hiérarchie, lorsque les amis de toujours vous trahissent, lorsque le stress amène le désordre et la dépression, lorsque le visage se ride et que la sagesse remplace l’impétuosité enfin lorsque l’indifférence de son entourage crée l’angoisse d’être rejeté. Le monde économique est concurrentiel ce qui entraîne une course à la productivité et sa fonction première est l’utilisation des individus les plus performants. Le concept est donc sélectif dans sa nature. Il n’y a pas de place pour celui qui ne sait pas ou plus gérer la baisse de performance, les incertitudes, les doutes, les interrogations existentielles. Sa règle première est de consommer toutes les qualités dans le seul but du profit puis de rejeter celui qui est épuisé dans les mains de l’état ou dans un corps social hors de la réalité économique. Comme nous l’avons identifié au début de cette planche, la bête économique est autonome et comme tout corps constitué cherche en permanence des équilibres pour survivre. Elle agit déconnectée de la nature et prends des décisions d’autant plus brutale qu’elle se sent atteinte d’un cancer généralisé et qu’il n’y a aucun médecin pour la soigner. C’est le Surmoi égotique absolu qui est face à son autodestruction. Les êtres naissent, grandissent et meurent à l’instar des sociétés. La nôtre a déjà diagnostiqué son grand âge. En tant que maçon, nous assistons conscient mais impuissant à cette évolution. Que faire quand nous sommes si seul dans la société politique et économique? Ils sont rare les instants où nous reconnaissons un Frère parmi ses collègues et alors que se passe-t-il ? Au-delà de la joie de la rencontre et du partage, comment agir ensemble pour annuler voir modifier certaines décisions contraires à l’intérêt maçonnique, mais en accord avec les objectifs de l’entreprise qui nous paye? Qui a la réponse à cette question? Est-ce que l'ordre maçonnique assumera les conséquences d’une résiliation de contrat privé pour une juste cause maçonnique? Ces interrogations expriment bien la difficulté de trouver une adéquation entre l’idéal maçonnique exprimé par notre conscience et notre volonté d’action dans le monde profane et les conséquences pratiques des actions entreprises. Dans nos Loges, nous cherchons le chemin de la Connaissance et quand nous l’avons trouvé ce n’est pas pour le quitter pour celui du Jugement. Nous continuerons donc imperturbablement à chercher l’acte juste en équilibre entre les intérêts profanes nécessaire à la vie familiale et les exigences maçonniques, mais les réalités du monde profane sont toujours plus exigeantes et dévoreuse de liberté de conscience et seule la pratique active de la fraternité maçonnique réduira les inévitables tensions psychologiques. Nous ne sommes que 6 millions sur cette terre c’est à dire un pour mille de la population mondiale. Que pouvons-nous faire ? D'autre part, comment communiquer notre savoir en dehors de la maçonnerie? Le maçon est un homme libre qui aime partager sa vision du monde en pratiquant l’esprit de synthèse, parce qu’il a intériorisé ceux de l’impulsion et de l’analyse lors de son initiation. Pour être compris, il a besoin de partager ses doutes dans la confiance et il ne pourra le faire qu’avec un autre homme pratiquant l’esprit de synthèse. La société civile ne développe pas cette qualité, car elle veut des individus asservis à son éthique consumériste. Elle forme donc des idéologues qui sont au service de cette cause et qu’elle nourrit d’espoirs matériels. Elle a davantage besoin d’homme de réaction que d’homme d’action. Le maçon est donc seul avec ses Frères. Bientôt, sa philosophie sera décrite dans le hand book des instituts universitaires psychiatriques comme une maladie psychique assimilable à une déviance nécessitant une thérapie d’isolement. J’espère que tous nos Frères psychiatres sauront le moment venu s’opposer à cette dérive. Mais qu’elles que soient les évolutions de la société, le maçon restera un entrepreneur de lui-même et aussi un salarié de la Loge, car en recevant son du auprès d’une des deux colonnes du temple, il accepte de devenir riche de l’amour des autres. Son rapport à l'argent est profondément distinct de celui du profane, car il aime être payé pour mieux aimer ses Frères et pour construire en respectant les équilibres naturels, ainsi il connaît la vraie valeur qui relie toutes les actions à l’Unité, centre du cercle et lieu géométrique de la diversité humaine. Il ne se reconnaîtra donc pas dans les attitudes impulsives et destructives qui enchaînent la conscience à la culpabilité mais au contraire il tentera d’en comprendre les mécanismes à la fois par la connaissance des détails mais aussi de leurs origines. Il pourra alors être cet homme de synthèse et trouver le point d’équilibre qui deviendra le vecteur d'une volonté farouche vers une action d’intégration. Intégrer est le maître mot, car personne ne sera oublié sur le grand chemin qui mène à l’Orient. C’est la récompense de la liberté quoiqu’en disent les gourous de l’économie. C’est parce que les Frères n’interrompent jamais leur marche que la Maçonnerie traversera aussi les époques les plus troublées, les plus obscures et qu’elle passera le témoin à la génération suivante. Telle est notre mission aujourd’hui, tel est aussi notre devoir d’affronter les épreuves dans un esprit serein, positif et dépourvu de passion. La fraternité est dans cette optique le ciment commun de tous les maçons du monde. Elle émane de notre chaîne d’union universelle et confortera toujours le coeur des Hommes sur cette terre.

Références bibliographiques :

- En quête de la parole perdue. José Bonifacio

- La voie symbolique Raoul Berteaux

- Dictionnaire des sciences occultes, de l’ésotérisme et des arts divinatoires Hervé Masson

- L’idée Maçonnique. Essai sur une philosophie de la franc-maçonnerie Henry Tort-Nougues

- Les symboles maçonniques d’après leurs sources Patrick Négrier

     

Source : www.ledifice.net

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Bonne année !

31 Décembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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L’Armée et la Franc-maçonnerie

30 Décembre 2013 , Rédigé par R\ C\ Publié dans #Planches

Les Armées de l’Europe Moderne ont été les pôles de fixation d’un phénomène associatif original qui est la Franc-maçonnerie. Trois facteurs essentiels semblent avoir favorisé l’extension de la Franc-Maçonnerie dans les armées : Tout d’abord, le premier qui découle de la Chevalerie de Saint Lazare, fondée sur des principes fondamentaux dont nous retrouvons la similitude entre le code de notre propre Rite, le Rite Écossais Rectifié, et les règles et statuts de Saint Lazare. Pour celui-ci, il faut être Catholique, à défaut Chrétien, être fidèle à la Religion, humble, compatissant avec les pauvres et les malades, assurer une mission charitable. Il convient aussi, d’être apte au Combat et l’aborder avec courage. Dans le Code Rectifié, que retrouvons-nous ? La notion fondamentale du Rite et de son Régime est une fidélité à ce qui fut appelé « le plus pur esprit du Christianisme ». Certains voient dans cette phrase une définition de la Catholicité, d’autres du Christianisme des premiers Siècles ; l’extrait d’une lettre à un candidat à l’admission, dans une Loge rectifiée de J.B.Willermoz en est un témoignage : « Mais qui ne peut mériter de vertu qu’autant qu’elle est fondée au plus pur esprit du Christianisme ». Nous retrouvons d’ailleurs ce point précis dans le Rituel d’Initiation, au moment de l’engagement de l’Ap. « Je promets sur le Saint Évangile d’être fidèle au plus pur esprit du Christianisme » et aussi lorsque l’Ap. reçoit les vêtements de son grade, le V.M. lui dit en lui rendant son épée : « Je vous rends votre épée. Ne vous en servez désormais que pour le salut de la Patrie et de vos FF., et pour la défense de la Religion ». Le second facteur est l’essor d’un mouvement philanthropique et son succès auprès de la haute noblesse d’épée qui en a introduit les principes au sein des Régiments dont elle était propriétaire ; parmi ces principes l’idée selon laquelle la guerre n’est plus un art, mais une éthique, l’idée encore qu’il existe des principes humanitaires imprescriptibles qui président à la guerre. Le Troisième facteur est l’apolitisme de la Maçonnerie Militaire et son loyalisme à l’égard de tous les régimes qui se sont succédés jusqu’en 1815 et après. Le déclin des Loges militaires sera décisif après la Chute de Napoléon. Après 1848 cependant, de nombreux militaires reviennent sur les Colonnes. Les Loges deviennent des Sociétés de pensée où règne l’esprit dit Républicain. La lutte religieuse bat son plein : les conflits civils militaires s’accentuent sous le deuxième Empire et les militaires Francs-Maçons deviennent moins nombreux ; peu à peu, le conflit civil contre militaires devient le conflit de l’armée contre la Franc-maçonnerie. La progression des loges militaires sous le Consulat et l’Empire (1802-1814) montre que la Maçonnerie correspondait, pour les militaires, à un besoin collectif dans une Société à la recherche de nouvelles valeurs après la triste période révolutionnaire. Depuis quelques années, nous retrouvons ce même besoin, cette même recherche dans tous les milieux actuels, qu’ils soient militaires certes, mais aussi civils. Napoléon avançait : « Et si le militaire était le Franc-maçon par excellence ? » Il jugeait naturel ce que d’aucuns considèrent comme un paradoxe choquant « Le militaire Franc-maçon est une Franc-maçonnerie ; il y a entre tous, une certaine intelligence ». Après avoir examiné les trois éléments précités, nous essaierons de faire un rapide historique des Loges militaires et d’analyser si le militaire était plus disposé que d’autres à recevoir le message initiatique. En dernière partie nous tenterons de démontrer que le militaire, par son esprit de discipline, son goût de l’ordre et de la hiérarchie des grades, possède une grande aptitude à l’exercice des vertus maçonniques.

En première partie, il nous revient donc de conforter notre affirmation sur la Chevalerie. En effet, à l’origine, celle-ci ne s’insérait pas dans une hiérarchie, cette qualité étant individuelle ; elle était conférée d’homme à homme, chaque Chevalier ayant le pouvoir d’armer Chevalier, qui il en jugeait digne. La conscience de la nature de la Chevalerie resta très vive tout au long du moyen âge, et au delà. Dès le XIe. siècle, la Chevalerie à l’origine forme d’Initiation non Chrétienne, reçut le sceau du Christianisme lorsque l’Eglise fit de l’adoubement une cérémonie religieuse, et surtout institua les Ordres religieux dans la Chevalerie. Cela est particulièrement important pour nous, puisque c’est dans la tradition de ces Ordres religieux militaires que se situe notre propre Ordre, lequel est essentiellement Chrétien, comme on n’a cessé de vous le rappeler depuis que vous y êtes entré. Les Chevaliers furent dès lors réunis en des sociétés organisées sur le modèle des Ordres monastiques. A l’instar des Moines, les Chevaliers faisaient le triple vœu d’Obéissance, de pauvreté et de Chasteté, afin de se vouer entièrement au but de l’Ordre. Pour les Princes de Sang Royal eux-mêmes, l’adoubement était un des événements les plus importants de leur vie. Le jeune prince François 1er fut armé Chevalier sur le Champ de Bataille de Marignan par le simple Chevalier Bayard. Des similitudes existent avec la remise des Casoars aux Saint-cyriens ; tous ensemble, ils posent un Genou en terre : « A Genoux les hommes ! ». Les parrains coiffent alors leur filleul du Casoar, un peu comme jadis on armait un Chevalier. C’est bien dans la tradition de ces Ordres religieux militaires que se situe notre propre Ordre. Celle de la Chevalerie était de se grouper en Unités militaires, de combattre, et de défendre le faible et l’opprimé. - Dans la société profane, le Chevalier était dénommé par le mot Miles, lequel prit une portée nouvelle puisqu’il désigna le Soldat de Christ. Qu’il me suffise de vous rappeler cette sculpture de la Cathédrale de Reims qui représente un Chevalier recevant la communion de la main d’un prêtre, mais dans lequel la tradition a toujours vu la représentation d’Abraham recevant le pain et le vin des mains de Melchisédech (Gen.14/17-20). Une telle conception de la Chevalerie ne recevra jamais, et par nature, ne saurait recevoir la caution des historiens. Nous croyons qu’elle atteint, au-delà de l’histoire, une réalité plus profonde qui a trouvé son expression. Seule subsistait l’action, cette nostalgie du rêve, et la guerre, cette finalité du soldat. Comme chez nous les Franc-maçon, le passé, dans sa complexité, dans son entité, dans ses contradictions aussi, est d’une importance essentielle. Il nourrit le présent qui a lui-même entre ses mains, l’essentiel de l’avenir. Le Passé, le Présent, l’Avenir ne peuvent être séparés ; Ils sont solidaires. Tout se tient, emmené par la tradition. Il faut aussi apprendre à obéir avant de commander. Le prestige : oui, mais aussi le respect de la hiérarchie. Cependant, il convient que les supérieurs restent à l’écoute de leurs subordonnés. Les historiens anglais de la Loge Quatuor Coronati n° 2076 reconnaissaient la tradition selon laquelle la maçonnerie opérative avait eu comme premiers protecteurs militaires le roi Ashelstan (925-961) pour l’Angleterre, et le roi Charles Martel pour la France. Parmi les tout premiers militaires initiés à la Maçonnerie spéculative figure : Le Très honorable Robert Moray, quartier maître général de l’Armée d’Ecosse qui avait auparavant servi dans l’armée française sous Richelieu. C’est en Angleterre, en 1721, que le Frère duc Montaigu inaugure la série des Grands Maîtres Militaires. De nombreux militaires et marins avaient été initiés, mais l’idée de constituer des Loges uniquement réservées aux militaires n’avait pas encore germé dans l’esprit des dirigeants de la Maçonnerie. La toute première Loge exclusivement réservée aux militaires aurait été établie à Gibraltar en 1728. La première Loge régimentaire ne sera fondée que quatre années plus tard en 1732. Le R. F. GOULD avance pour sa part l’existence de cette première Loge régimentaire en 1742. Ce flottement manifeste de la chronologie des Loges militaires témoigne de l’absence d’une quelconque définition officielle. En France, les initiations individuelles précèdent l’apparition de Loges uniquement composées de militaires. Le premier officier supérieur reçu par les Loges fut le Maréchal d’Estrée en 1737, suivi de près par le Maréchal de Saxe et le Duc de Richelieu. En 1744, on dénombre 5 Loges dans les régiments et en 1776 la France compte 23 Loges militaires regroupant 600 Frères. En dehors de ces Loges régimentaires, l'armée compte un grand nombre de Maçons non affiliés aux Loges régimentaires. On relève les noms du Duc de Chartres, du Duc de Montmorency-Luxembourg, du Duc de la Tremouille, du Marquis de La Fayette... On peut signaler aussi qu’en 1744, la France déclare la guerre à l’Autriche et que des contacts ont lieu aux Pays-Bas, entre officiers Maçons des camps adverses. Le renversement des alliances en 1748 fait de la France l’alliée de l’Autriche contre la Prusse et l’Angleterre. La reprise de la guerre en 1756 va entraîner l’éclosion de quelques Loges au sein des armées en conflit. Pour la France, la grande maîtrise d’un militaire, le Comte de Clermont, si elle n’a pas favorisé l’essor de la Maçonnerie, ne l’a pas non plus, contrarié. L’origine de l’actuel « Centre des Amis », selon l’historien G. BORD, se trouve dans les Loges Militaires de la « Principauté de Bouillon », et en particulier dans la Loge « L’Union », antérieure à 1766, du Régiment dit : « Toul Artillerie ». Celle-ci fonde, après une forme intermédiaire dite « La Parfaite Union », deux Loges ; la Loge « Henri IV », (qui dura de 1776 à 1786), et la Loge « Sully » (1776-1789). A ces deux Loges s’adjoint « La Sincérité » de Besançon, et toutes trois fondent la Loge « Guillaume Tell », du Régiment de Sonnenberg, dont le Temple est à Courbevoie (Caserne des Gardes Suisses). Au commencement de la Révolution, on compte six Loges provinciales, 629 Loges militaires dont 60 purement régimentaires. La dernière créée est celle du Royal Italien, qui date de 1787, le Vénérable n’est autre qu’André MASSENA, le futur Maréchal. Pendant la période révolutionnaire, la Maçonnerie plongeant dans les convulsions profondes qui secouent la nation se trouve affaiblie. Les ateliers sont mis en sommeil : les Frères dispersés, poursuivis, persécutés ; la terreur les frappe.  « Les Gardes Suisses », qui ont juré fidélité au Roi, donne l’Ordre du « Cessez-le-feu » ; ils se désarment. Alors, sans défense, ils sont tous massacrés par la populace (10 Août 1792). Les Gardes Suisses Maçons, hors service ce jour, fondent le 2 février 1792, douze jours après la décapitation de Louis XVI, en pleine terreur, « Le Centre des Amis ». En 1797, il reste 18 Loges en activité, dont 3 à Paris. Un renouveau de grande ampleur des Loges militaires marquera le Consulat et surtout l’Empire. La Loge militaire est un instrument important entre les mains de Napoléon. En 1802, trente-cinq ateliers sont créés. A la fin de 1804, Napoléon souhaite l’unité maçonnique et parmi les 148 grands officiers, on compte 24 maréchaux, amiraux et généraux. Depuis 1805, Joseph Bonaparte est Grand Maître et une grande partie de la famille et des proches de l’Empereur a reçu la lumière. (Bernadotte, Soult, Bonneville, Lefebvre, Poniatowski) portent, avec le triomphe de leurs armées, les idées maçonniques mises au goût du jour par Napoléon. En 1805, on compte : 3032 officiers, 1458 sous-officiers et 437 soldats Francs-Maçons. Leur nombre ne cesse de croître jusqu’en 1814, date à laquelle 73 Loges militaires sont dénombrées : une Loge militaire existait pratiquement dans chaque régiment, ainsi que dans la garde impériale. Oasis de calme pour des gens à la vie agitée, la Maçonnerie militaire sert à l’avancement tout en permettant, à l’occasion, d’avoir la vie sauve en faisant le signe de détresse sur le champ de bataille. De nombreux exemples cités par un orateur de la Loge Ernest Renan montrent que la solidarité internationale maçonnique jouait au-dessus des considérations militaires les plus impérieuses. Toutefois cette Maçonnerie militaire perd de son caractère spirituel comme en témoignent les changements d’appellation. Cette « Maçonnerie en Armes », « Maçonnerie de la Servilité » est frappée par la chute de l’Empire. En 1815, l’abandon du Maréchal Ney par ses frères en est le symbole. En 1823, il reste 4 Loges militaires et en 1830, au moment de la campagne d’Algérie, il reste 2 Loges militaires. Cette campagne sera pour l’armée française l’occasion d’implanter solidement et solidairement la Franc-maçonnerie dans ce pays. Dans le corps expéditionnaire il y a de nombreux officiers Francs-Maçons (Maréchal Pélissier, Magnan). Alors que la Franc-maçonnerie stagne en France, sous l’impulsion des militaires, elle fait preuve sur place d’un grand dynamisme. En effet, la composition sociale des Loges va évoluer rapidement et en 1847, les fonctionnaires et les militaires sont peu à peu remplacés par des commerçants, des artisans et des industriels. En ce qui concerne les militaires la trop célèbre circulaire SOULT de 1845, interdisant aux militaires de se faire initier, va amorcer la désertion de ceux contraints de quitter les Loges. Celles-ci sont désorganisées car de nombreux officiers supérieurs sont Vénérables. Deux groupes de militaires resteront sur les colonnes et reprendront l’œuvre Maçonnique : les officiers de santé et les officiers des bureaux arabes. Après 1848, de nombreux militaires reviennent sur les colonnes. Les Loges deviennent des sociétés de pensée où semble régner l’esprit dit républicain. En 1858, on assiste à la création d’une Loge militaire en Crimée. Cependant des ministres de la guerre (les généraux Billot en 1882 et Freycinet en 1889), adressèrent une circulaire interdisant aux militaires en activité de faire partie d’aucune association. Les nombreuses conspirations républicaines fomentées par les Carbonari et les Maçons du moment, avaient justement attiré l’attention sur le deuxième objectif d’une certaine Maçonnerie : après avoir fortement désarticulé la puissance catholique par ses attaques, il s’agissait de briser la Monarchie et de faire accéder le peuple au stade démocratique grâce auquel la Maçonnerie, armature secrète du régime, devrait arriver bientôt à dominer l’Europe. La puissance révolutionnaire des masses populaires se révélant plus forte et plus sûre pour les Loges, que les appels à l’armée, les Loges militaires disparurent, moitié sous l’effet de la circulaire de SOULT, moitié devant la force nouvelle du peuple excité et trompé par l’Orientation nouvelle de cette presse maçonnique : En effet, la Maçonnerie « nouvelle mouture », changeait de tactique. Parmi les éléments qui ont dynamisé la Franc-maçonnerie militaire, la mobilité des régiments et le phénomène associatif dans les armées en sont les principaux éléments auxquels il convient d’ajouter, pour la majeure partie : la foi Chrétienne. En effet, au XVIIIème siècle, comme il y a peu d’années encore, les militaires Maçons fréquentaient, autant que faire se peut, et les Églises, et les Loges de leur garnison. Se déplaçant souvent, mutés fréquemment, il leur était impossible de s’agréger à une Loge civile, d’où la nécessité « d’ateliers ambulants ». Il suffisait parfois d’un seul officier muni d’une patente régulière pour qu’une Loge soit ouverte, ce qui favorisa leur multiplication. Certaines étaient stables, mais la plupart se déplaçaient avec les régiments. Elles initiaient aussi des civils, permettant ainsi l’implantation d’ateliers dans des « Orients » fixes. - Elles se composaient d’officiers de rang moyen (chirurgiens, aumôniers, Sous-officiers). Cette forme de Maçonnerie qui connut un vif essor pendant la guerre de cent ans, fut bien implantée dans les régiments de Hussards et de Dragons, ainsi que dans les unités militaires de la Maison du Roi.Les Loges navales constituées à bord des navires pour occuper les soirées n’étaient pas rattachées à des Obédiences et il est de ce fait, impossible de les dénombrer. Les « FF. de la Côte » en sont un exemple. De nombreux marins furent Maçons, initiés dans leur port d’attache ou au cours d’escales, et ils contribuèrent, avec les fusiliers marins, (ossature de l’armée Coloniale) à diffuser la Maçonnerie dans les colonies. Parmi les marins Maçons, il faut citer le bailli de Suffren, Surcouf initié en 1756, à l’âge de 23 ans, à « la Triple Espérance »à l’Ile Maurice.Si les Loges militaires permirent, sous l’ancien régime et avec Napoléon 1er, à faire connaître l’idéal maçonnique en France et en Europe lors des campagnes napoléoniennes, elles n’ont guère survécu à l’épopée du Premier Empire. Cela étant, et grâce aux militaires, la Franc-maçonnerie a été implantée en Algérie. Voilà donc le destin d’un corps social qui a su œuvrer à sa manière pour reprendre notre idéal de Franc-maçon. Mais le survol de l’histoire des Loges militaires, leur naissance, leur multiplication, leur apogée et leur déclin seraient incomplets sans faire référence aux Loges militaires de prisonniers francs-maçons qui réaffirmaient dans leur servitude, parfois dans des conditions abominables, surhumaines, la foi de l’initié. Bien des Triangles, parfois des Loges, ont été formées dans les Stalags, voire même dans « les Camps de la Mort » où des déportés résistants et politiques étaient enfermés. Cet épisode de la Maçonnerie Militaire devrait normalement faire l’objet d’un développement ultérieur par un de nos frères martyrs, donc témoin de ces geôles et…des atrocités qui y furent commises ! Nous n’avons pratiquement pas d’écrits sur ce sujet. C’est regrettable ! Nous allons à présent aborder la réflexion qui nous conduira à nous poser la question : Le militaire serait-il disposé à recevoir le message Initiatique ? Encore aujourd'hui pour toute une opinion - dite conservatrice, le problème se pose toujours en ces termes : « Comment l'Armée dont l'image a été associée à l'idée d'ordre politique et de fidélité patriotique, a-t-elle pu « s'entendre » autrefois avec la Franc Maçonnerie si longtemps dénoncée comme le parti par excellence de la trahison diffuse, et visant à saper les fondements de l'ordre et de la morale traditionnels, c'est-à-dire chrétiens ? » Trois éléments ont formé le rôle catalyseur dans l'élaboration de cette conviction : La défaite de 1870, L'affaire dite des fiches, L'affaire DREYFUS. La défaite de la France dans sa guerre contre la Prusse était due, selon certains esprits et sans aucune preuve, à la présence de Francs-Maçons dans des Loges organisées qui communiquaient aux Prussiens des informations hautement confidentielles ? La guerre était ressentie par les Loges parisiennes comme une trahison : trahison du serment prêté par le Frère GUILLAUME 1er, Roi de Prusse. Or, le triomphe était impossible, la Nation française était condamnée par la Haute Maçonnerie internationale ! Cependant malgré les accusations d'antipatriotisme portées par la presse, les Maçons se sont montrés aux premiers rangs des défenseurs de la Patrie et ses Temples qui sont ouverts à tous les hommes restent les meilleures écoles pour former les citoyens. Jusqu'en 1815, le discours maçonnique avait prêché l'opportunisme et l'apolitisme. A partir de cette date, l'Ordre subit une évolution sensible. L'armée quant à elle, après avoir appuyé la réaction en 1848 contre les mouvements de libération nationalistes européens, et soutenu le coup d'état du 2 décembre 1851, va devenir à partir de la fin du second Empire, par son recrutement de plus en plus aristocratique aux convictions religieuses affirmées, et Catholiques en particulier, un bastion du conservatisme. Le principe du recrutement par cooptation accentue encore le caractère conservateur du Haut État-major. La Franc-maçonnerie, elle, accuse les généraux de vouloir « décléricaliser », et l'Armée refuse souvent l'initiation d'officiers qui sont réputés réactionnaires et catholiques… Après l'école primaire, c'est dans l'armée que la Franc-maçonnerie situe le lieu d'apprentissage des principes maçonniques. L'armée étant un terrain propice pour la diffusion des lumières, le devoir maçonnique n'est nullement incompatible avec le devoir militaire. Le Général Freycinet accepte de ne pas s'opposer à ce que les militaires entrent en Maçonnerie, à condition de ne faire aucune manifestation publique et de ne pas attirer sur eux, l'attention de la presse. C'est justement la presse (lorsque éclate l'affaire DREYFUS) qui va jouer un rôle catalyseur de toutes les vieilles hantises des différentes sensibilités. Au sujet de l'affaire, c'est dans la bonne conscience d'un honneur sauvegardé et avec discrétion et dignité, que les militaires acceptent la sentence rendue par le premier Conseil de Guerre de Paris. L'honneur du corps des officiers français demeure au-dessus de tout soupçon. La question de l'appartenance du Capitaine DREYFUS à la Maçonnerie ne manque pas d'être soulevée, mais en réalité il n'existe aucune trace permettant de le confirmer. Dreyfus condamné à nouveau par le Tribunal Militaire de Rennes sera réhabilité en 1906. Le Haut État-major commence, dès 1905, à faire l'objet de démocratisation et de décléricalisation. Les Loges proposent un certain nombre de résolutions vis-à-vis de l'Armée. La Loge « Les Enfants de Gergovie à Clermont-Ferrand » suggère que : « toutes les propositions pour l'avancement, les décorations, les récompenses et que toutes les nominations soient faites au cabinet du Ministre, ceci sans tenir compte de l'avis des chefs qui sont pour la plupart cléricaux et réactionnaires. Ces accusations atteignent leur paroxysme en 1904 avec l'affaire dite des fiches ». Le Ministre de la Guerre, le Général André est interpellé à la Chambre. Il est accusé d'utiliser les officiers Francs Maçons pour enquêter sur les opinions et pratiques religieuses des cadres de l'Armée soupçonnés de « Jésuitisme ». Certains FF. considèrent en effet que l'Armée est restée une institution de l’ancien régime et que rien n'a été fait pour la Républicaniser. Cette affaire est loin d'avoir l'unanimité au sein des Loges et l'une des conséquences en a été la remise en question de l'appartenance des militaires à la Franc-maçonnerie. A cet égard le Frère Chatenet de l'orient de Paris considère : « que les officiers n'étant ni électeurs, ni éligibles, ne peuvent faire partie de la Franc-maçonnerie ». Ainsi le militaire n'étant pas un citoyen libre, ne saurait être un Maçon libre ? Point de vue combattu par le Frère Duprat de la Loge de Rochefort qui affirme : « C'est dans l'élément militaire que nous avons trouvé le plus de fidélité aux idées maçonniques. C'est un honneur pour la Loge de recevoir des officiers et des soldats qui montrent ainsi leur courage et leur détermination vis-à-vis de nos idéaux ». La Franc Maçonnerie fait ainsi l'aveu qu'elle n'a plus prise sur l'Armée, qu'elle n'est plus à même de se porter garant de son loyalisme, mais encore que sa méfiance et sa suspicion à son égard sont totales. Dès lors elle requiert toute une série de mesures visant à modeler l'appareil militaire sur l'idéal républicain. Les méthodes utilisées n'étaient pas nouvelles, la pratique des fiches existait déjà en 1789 ; le but étant de dépister les officiers nobles et contre-révolutionnaires. Les procédés du Général André se situaient dans la plus pure tradition jacobine de pureté et de fidélité républicaine. A la veille du premier conflit mondial, une question semble l'emporter sur les autres. C'est celle posée en janvier 1914 par l'Association antimaçonnique de France dans le cadre : « D’une consultation publique sur le rôle et l'action de cette société secrète et internationale qui constitue un état dans l'état : « l'existence de la Franc Maçonnerie (Société secrète et internationale) qui a instauré le régime des fiches, est-elle compatible avec la hiérarchie de l'Armée, la discipline militaire et la Défense Nationale ? » Ainsi la Société militaire a-t-elle connu une évolution révélatrice ces derniers cent ans. Aussi beaucoup d'anti-maçons étaient-ils convaincus qu'une fois la France en guerre, l'ennemi véritable serait à l'arrière et jouerait le jeu de l'adversaire. L'obsession du « coup de poignard dans le dos » tentera de façon presque paranoïaque certains groupes jusqu'à la Libération. En tout état de cause, et durant le conflit, les Frères affirment hautement leur idéal patriotique : leur participation active et sans réserve n’est pas contestable. La progression des Loges Militaires montre que la maçonnerie correspondait à un besoin collectif dans une société à la recherche de nouvelles valeurs. Cependant, certains militaires voyaient dans la Franc maçonnerie un remède à la morosité de la vie de garnison, d'autres une source d'avantages et de protection. Si le discours maçonnique, à la fin du 18ème et de l'Empire, proclame que tous les hommes sont frères, il est cependant reconnu que tous n'ont pas la même aptitude à la vertu. Mais l’initiation a un effet compensatoire qui rapproche les conditions inégales sans les confondre. L'initiation a un effet anoblissant. Le gentilhomme de cette nouvelle race étant dès lors celui qui possède la capacité d'intuition suffisante pour parvenir à la connaissance qui lui est suggérée à travers l'initiation. Chacun des rites maçonniques est régi par un ensemble de règles qui donne à chaque rite un caractère spécifique. L'institution militaire possède aussi ses rites qui diffèrent d'une Armée à l'autre et d'un régiment à l'autre. On retrouve cette similitude dans les symboliques, verbal et gestuel, et dans les rituels. Les rituels maçonniques font appel à des techniques récurrentes sous la forme d'invocations ou de récitations répétitives pour marquer un instant solennel. La brièveté et le rythme des questions et réponses contribuent à renforcer le pouvoir du son vocal. Ce son vocal a un pouvoir et c'est pour cela qu'il est fréquemment employé par les militaires à l’occasion de parades, de défilés ou pour la conduite des hommes au combat. La précision est dans les gestes et les attitudes constitutives d'une tradition respectée par les Maçons et les militaires. La mise à l'ordre, le signe, la griffe et la marche sont autant de gestes communs qui traduisent le respect envers l'autorité supérieure et l'état de préparation de l'homme face à ses responsabilités. Le langage symbolique en Maçonnerie fonctionne selon la structure des « langues sacrées ». La connaissance de la langue sacrée est indispensable pour comprendre l'enseignement ésotérique. C'est un langage, une science, un art. Le milieu militaire possède depuis toujours, son langage dont seul un initié possède la clé. Ainsi chaque année, chaque spécialiste a son langage spécifique qui permet une meilleure compréhension, une cohésion plus grande et une meilleure conservation des secrets. Dès lors la détention d'un secret confère un pouvoir et un rang qui agrègent, au terme de l'épreuve, à une communauté nouvelle dont les membres se reconnaissent à certains signes, mots et attouchements. Le rituel décrit la façon de réaliser certaines opérations. La préparation de la Loge, l'ouverture et la fermeture des travaux ne sont pas sans rappeler les dispositions entourant une cérémonie ou une opération militaire. Pour y assister, il faut être militaire ou y être invité. Le décor est imposé en fonction du type de parade, Les travaux sont terminés après le départ du drapeau et de sa garde. Les nôtres sont immuables et le déroulement obéit à certaines règles. Si le Frère porte tablier et gants blancs comme vêtements de protection contre les possibles dangers, l'officier porte gants blancs, épée, sabre ou poignard pour se défendre. Il porte, comme le Maçon Rectifié en particulier, une coiffure pour marquer son indépendance et son autorité. Enfin, s'il doit se voir récompenser sur la « personne » par la remise d'une décoration, il sera dépouillé de tous ses métaux. L'élévation à l'état d'officier rappelle certaines cérémonies d'initiation et d’augmentation de Salaire. L'instruction du grade est poursuivie individuellement ou à l'occasion de séminaires et a pour but d'acquérir les connaissances pour mériter une éventuelle augmentation de grade. Ceci n'est pas sans rappeler la tradition militaire. L'état de militaire prédispose à la pratique des devoirs du Maçon dans le sens d'une plus grande maîtrise de soi-même. Inversement l'Art Royal est ce qu'il y a de plus propice à nous faire accomplir nos devoirs de soldats de la manière la plus élevée possible. Cependant entre les devoirs du soldat et la profession de foi du Maçon, le militaire ne dissimule plus la troublante ambiguïté de sa tâche telle qu'elle apparaissait à la fin de l'ancien régime. En 1781, un capitaine apprenti Maçon déclare : « Le Maçon gémit de l'affreuse nécessité qui le contraint à remplir un devoir barbare…». Sous l'Empire, le respect de la dignité du vaincu, surtout s'il est Maçon, est réaffirmé avec une vigueur nouvelle. Les scrupules du soldat ne tiennent pas tant à un manque de courage qu'à un surplus d'humanité. Les faits de fraternisation entre adversaires Maçons sur le champ de bataille ont été, dès le Second Empire diversement interprétés. Ainsi au plus fort de la guerre, c'est au milieu même de l'Armée que les doctrines spécifiques semblaient s'être réfugiées. Sous le régime de Bonaparte, elle devint une société d'assurance contre le meurtre militaire et le signe de détresse fut une chance de sauvegarde dans les combats et devant les Conseils de Guerre. Certaines Loges ont à cette époque perçue la contradiction entre Armée et Maçonnerie. En fait, le guerrier Maçon sera toujours aux prises avec deux sortes d'ennemis, l'un extérieur et l'autre intérieur, le combat maçonnique étant d'abord un combat en dehors de lui-même, et la seule victoire, une victoire sur lui-même. Peut-on dire que c'est en temps de guerre que le Maçon peut répandre ses plus grands bienfaits ? Peut-on affirmer que la guerre est une véritable épreuve initiatique ? Bien des militaires ont vu dans la guerre une véritable entreprise missionnaire, une croisade contre le fanatisme et la superstition. Les événements d’Algérie l’ont illustré. Les Chefs de S.A.S., les responsables de Harkas ou plus simplement les Capitaines Commandant d’Unités et les Chefs de Postes dans les Aurès, en Kabylie, dans l’Algérois ou dans l’Oranais l’ont amplement démontré. Par l'évocation lyrique de l'époque guerrière, le Militaire Maçon se rappelle qu'il a été formé à l'apprentissage des armes avant de l'être à celui de la sagesse. Dans l’ère napoléonienne, son culte de l'Empereur venait bien plus tôt, avant celui du Grand Architecte et son amour de la Patrie, avant celui de l'univers. Les vertus guerrières ne sont point fondées sur le mépris qu’on fait de la vie, mais bien sûr, sur une force d’âme et une intrépidité héroïque, qu’aucun péril ne peut arrêter, dès qu’il s’agit de devoir et des Ordres Supérieurs. Ce n’est pas aux Soldats, ni aux Officiers, à examiner si la guerre est juste sans doute, l’esprit de discipline devant primer, mais il appartient bien aux Nations héroïques pouvant conduire à une seconde naissance, d’éveiller l’individu à un nouveau lui-même. « Comment expliquer cet attachement du militaire pour la Franc-maçonnerie ? » Une affinité particulière entre Armée et Maçonnerie expliquerait-elle la pénétration de l'une par l'autre de ces deux formes de sociétés fort différentes mais douées également de vertus associatives ? L'histoire des Loges Militaires nous démontre que la société militaire par son esprit de corps, sa cohésion, sa discipline, sa tolérance, a favorisé à sa manière l'expansion de la Franc-maçonnerie en France, en Europe, voire même en Afrique. Aujourd'hui, la guerre conduite par le Militaire pour rétablir la paix est-elle compatible avec les principes généraux de la Franc-maçonnerie ? Cette question s'adresse à la Franc-maçonnerie en général, œuvre humanitaire, expression de l'Art Royal lequel, au-delà du temps et de l'espace unit à jamais les Fils de la Lumière. A la représentation essentiellement affective, voire sentimentale, que les militaires se faisaient de la Maçonnerie dans les années 1870 a succédé, sous l'Empire, celles qui unissent les hommes face aux épreuves de la guerre. Après l'abandon à cette sensibilité, l'attachement aux serments inébranlables revient à grands pas. Dès lors la bravoure s'exalte en un fol héroïsme qui place le Militaire Maçon au-dessus du commun des mortels. Cette exaltation lyrique de la solidarité maçonnique a pu se trouver confortée par l'élargissement constant de l'Empire mais la référence à l'époque napoléonienne comme modèle d'élan patriotique fut sans lendemain. Certains dénoncent la période impériale comme celle qui avait dévoyé la Maçonnerie en la plaçant sous le joug d'un militarisme omnipotent. Pour d'autres, la guerre reste comme étant l'état le plus propre pour développer en soi l'état maçonnique. La fraternité maçonnique n'a nullement empêché les hommes de se battre, ni moins infléchi le sort des batailles, tout comme aucun fait ne peut laisser soupçonner que la fraternité maçonnique ait affaibli le sentiment patriotique chez ses adeptes. Les Francs-Maçons, comme les Militaires, ont joué le rôle d'une courroie de transmission entre des organisations et des hommes qui s'attachaient à promouvoir l'idée de la nécessité d'une amélioration morale et matérielle de l'homme. Dans leur comportement, les hommes sont attachés aux valeurs de discipline, de rigueur, d’honneur, de patrie et de sens des responsabilités. Aussi dans les périodes troublées, le drapeau, symbole de ralliement et d'unité, peut constituer pour beaucoup de militaires le seul orient possible. On ne sait jamais ce que l'on vaut tant qu'on n'a pas été mis à l'épreuve, mais il faut au moins se demander dans le secret de son cœur, lorsque l'on veut entrer en Maçonnerie, si l'on sera au moins capable de courage. C'est aussi le problème que se pose l'homme qui a choisi le métier des armes

J'ai dit

Source : www.ledifice.net

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Marius : Parcours commando (éd Nimrod)

29 Décembre 2013 , Rédigé par Stéphane DUGAST Publié dans #Forces spéciales

Nom d’usage : Marius. Matricule :  0585-3861. Signes particuliers : figure emblématique des commandos Marine devenue comédien sur grand ou petit écran. Cette fois, il raconte sa vie sans rien cacher de son passé tumultueux. Un récit autobiographique tranchant comme la lame d’une dague. Passé de l’ombre à la lumière depuis le reportage À L’école des bérets verts diffusé sur France 2 et son apparition au cinéma dans Forces Spéciales, Marius partage désormais son quotidien entre ses activités, de directeur de la sécurité d’un port méditerranéen de comédien au cinéma ou à la TV et… désormais d’écrivain ! L’idée de raconter sa vie lui trottait en tête depuis un bon moment. C’est chose faite ! Marius - alias Alain A. - raconte avec verve, franchise et souvent faconde, les épisodes clefs de sa vie assurément sinueuse. Si Marius est devenu un commando Marine respecté, c’est à la force du poignet et fort d’un mental à toute épreuve qu’il le doit. Sa route entamée dans le «milieu» marseillais ne démarrait pas sous les meilleurs auspices. De sa jeunesse embrouillée, il est évidemment question dans ce récit autobiographique. Pour d’évidentes raisons de confidentialité, l’intéressé s’épanche en revanche peu sur son vécu opérationnel. Il préfère s’attarder sur ses premières années à l’école des fusiliers marins et commandos à Lorient, et le fameux «stageco», le stage pour devenir béret vert. Marseille, l’enfance, les pleurs, l’assistance sociale, la peur, des malheurs, des bonheurs, des larcins, l'argent facile, une vie dorée, une garde à vue, un choix, Lorient, la Bretagne, les commandos, la sueur, les efforts, l’abnégation, la télé, la médiatisation, le cinéma, les strass, les paillettes, la famille, les valeurs… C’est le parcours d’un homme à la dérive qui s’accomplira, deux décennies durant, dans l’univers des fusiliers-marins et commandos de Marine, lavant ainsi durablement son honneur. Un récit choc !412599_252448384839213_262284652_o-copie-1.jpg

Source : http://www.defense.gouv.fr/marine/au-fil-de-l-eau/livre-commando-signe-marius

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Le Fils du Père ou la Vie nouvelle

28 Décembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

L’élévation au sublime grade de Maître, cérémonie émouvante et éprouvante, voit s’accomplir la renaissance d’Hiram. Découvert par ses frères dans une sépulture encore fraîche, celui-ci recouvre la vie dans la personne du récipiendaire à qui le Vénérable Maître donne le baiser fraternel et dit le mot sacré substitué.
En effet, suite au lâche assassinat d’Hiram, la parole fut perdue par trois grands coups et les Maîtres convinrent entre eux de se servir du premier mot prononcé en le découvrant afin de pouvoir se reconnaître.
Le catéchisme de Maître nous invite à célébrer le retour de la Lumière et de la Vérité et nous indique que ce mot signifie le Fils du Père ou la Vie Nouvelle.
Quel sens faut-il donner à cette parole ?

Pour moi, il est évident que Fils du Père comprend de manière implicite le concept de naissance, de même que Vie Nouvelle, naissance ou Re-Naissance , mais également l’idée de transmission.
La transmission, c’est transmettre, faire passer d’une personne à l’autre. On transmet un savoir, une histoire, des traditions, tout ce qui fait l’identité d’un individu. Jadis la transmission était uniquement orale et sans transmission, une civilisation pouvait perdre sa culture en une génération.

Que fait le père vis à vis de son fils, de la naissance de celui-ci à sa propre mort ? Il transmet d’abord des caractéristiques physiques et génétiques, un nom, puis une expérience, un vécu.
Une fois les bases acquises, le fils doit parfaire son éducation et apprendre à se connaître lui-même, comme le recommande d’ailleurs Platon et nos rituels par la découverte et l’expérimentation.
Notre frère Rudyard Kipling l’a écrit de manière extraordinaire dans son poème « Tu seras un homme mon fils » ou au travers des mots on devine les préceptes maçonniques de dominer ses passions et soumettre sa volonté.

Naître, renaître à l’initiation et transmettre, c’est le chemin du Maître maçon.
Pour René Guenon, l’initiation a pour objet la transmission d’une influence spirituelle au travers d’une instance rituellement constituée. La tradition initiatique s’exprime donc au travers des rites et de ce qu’ils véhiculent de la tradition Universelle.

Ces rites mettent en œuvre un ensemble de symboles cohérent et ordonné, la symbolique maçonnique , spécifique à notre Ordre dans sa réalisation et universel dans son essence. Ainsi le recours à la tradition suppose la faculté de bénéficier de l’expérience des aînés qui nous ont précédé sur la voie.

Instruit des secrets de l’Art Royal, le maître accompli doit donc transmettre son savoir et guider les pas des apprentis et des compagnons afin de les amener sur le chemin de la vérité, comme un père bienveillant et indulgent envers son fils aimé.

Dans notre Franc-Maçonnerie de tradition, les rituels de Maître sont inspirés de la mort d’Hiram, architecte du temple de Salomon, victime du fanatisme, de l’ignorance et de l’ambition, il succombe sous les coups de trois félons. Ainsi, le compagnon élevé au sublime grade de maître revit cet épisode tragique .

Tragique, mais exaltant car après sa découverte par neuf maîtres et son passage du plan horizontal au plan vertical, « le maître renaît plus radieux que jamais ». Radieux signifie « qui brille d’un grand éclat ».
Mais quelle lumière a donc absorbé ce nouveau maître ?

Son sacrifice lui permet d’atteindre la libération totale, celle du cœur et de l’esprit. Ainsi il devient homme parfait, ouvrier modèle qui prend la stature du grand initié et poursuit la construction du temple dans une dimension non plus matérielle mais spirituelle.

L’initiation au sublime grade de maître n’est pas la fin d’un cycle, mais plutôt le début d’une nouvelle vie. Le troisième coup reçu sur le front lors de l’élévation ouvre d’après les spécialistes en études maçonniques le troisième œil, celui de la connaissance et de l’illumination et affirme l’éternité du maître qui maintenant connaît l’acacia, symbole d’immortalité comme bois imputrescible.
A la recherche de la vérité, l’homme neuf a pleinement conscience de détenir une parcelle de lumière divine et d’appartenir à un ensemble, au Grand Tout, et toutes ses actions doivent tendre à atteindre la perfection et l’harmonie afin d’être en accord avec le Créateur.

L’initié sait que la mort n’est qu’un passage, une étape vers autre chose de mieux. « Le maître renaît plus radieux que jamais » ! Socrate a dit « Nous aurons su vivre si nous savons mourir » et à l’Orient éternel, après l’ultime initiation que le profane appelle la mort nous passerons vraiment de l’équerre au compas, de la matière à l’esprit et alors la vie nouvelle commencera, une vie nimbée de lumière dans les pas du fils du Père…

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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Les Deux Saint Jean

28 Décembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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