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Hauts Grades

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Colère...

14 Novembre 2015 , Rédigé par Commando Publié dans #Humeur

Hier, 13 novembre 2015, ma FRANCE s'est arrêtée de respirer pour subir avec horreur les atrocités commises par des individus qui croient Nous avoir vaincus.
Ces individus qui oublient que cent personnes se lèveront pour chaque personne tombée, que mille familles s'armeront pour chaque famille anéantie.
Qu'un million corrigera et effacera les atrocités de quelques uns.
Tu vois, Nous serons Toujours plus nombreux que Toi.
Permet moi quand même de t'expliquer quelque chose.
Toi terroriste, qui croît que, parce que tu enlèves nos vies, Nous arrêterons de vivre et surtout de Nous aimer.
Toi terroriste, qui croît nous avoir mis à terre, Nous arrêterons de Nous relever et de te faire face.
Toi terroriste, qui croît qu'en nous privant de nos proches dans la plus grande des tristesses, tu arriveras à Nous faire chanceler.
Et bien écoutes bien, je vais te raconter une histoire.
Moi FRANÇAIS, jamais je ne plierai le genou pour implorer ta clémence et me tiendrai debout même fragilisé.
Moi FRANÇAIS, jamais je ne baisserai la tête en te croisant et marcherai fièrement, et la tête haute de surcroît, profitant de cette occasion pour te fixer dans les yeux et te faire passer le message.
Moi FRANÇAIS, je soignerai et panserai les blessures des miens pour qu'ils souffrent le moins possible en prenant soin d'en guérir le maximum pour qu'ils réapprennent à vivre.
Ah oui j'oubliais une dernière petite chose que j'aimerai ajouter.
Moi MILITAIRE, je te traquerai jour et nuit, ne te laissant plus une seconde de répit ni d'endroit où te cacher ni te réfugier.
Moi MILITAIRE, j'endosserai le rôle de protecteur de la Nation et donnerai même jusqu'à ma vie pour défendre les inconnus qui m'entourent.
Moi MILITAIRE, je jure que lorsque je te trouverai, aucune loi, aucun obstacle ni aucune barrière ne m'empêcheront de te faire subir au centuple la douleur que tu as semée.
Pour finir,
Moi MILITAIRE FRANÇAIS voudrais maintenant te rappeler qu'aucun peuple du monde ne nous a jamais soumis.
Aujourd'hui, Nous sommes UN et t'envoyons maintenant Notre message d'avertissement.
CACHES TOI, C'EST A NOTRE TOUR MAINTENANT, NOUS SAVONS OÙ TU ES ET NOUS VENONS TE TRAQUER.
Nous sommes les loups, Vous êtes les agneaux.

Auteur : un ex membre du plus célèbre commando français…

Commentaire : ce texte est totalement apolitique. Il exprime la colère d'un soldat d'élite qui a servi la France en payant de sa personne.

" Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes..."

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Humilité

4 Novembre 2015 , Rédigé par Solange Sudarskis Publié dans #Planches

Courbez la tête, cette porte est très basse: par cette première parole, adressée au novice, la cérémonie d’initiation se place d’emblée sous le signe de l’inflexion. Le grand expert fait ressortir l’impétrant, le confronte avec le premier élément, puis le ramène. Courbez-vous cette porte est très basse. Le myste vient de vivre l’épreuve de la Terre. Il lui est rappelé qu’il en est le fils (il en vient, il y retournera). Et à ce fils de la Terre (humus en latin) il est demandé de montrer de l’ humilité par son inclination. Le néophyte entend: « Courbez-vous, cette porte est très basse ». Hésitera-t-il? Peut-il douter que l’entre-deux par lequel il doit passer pour franchir le seuil ne soit pas ce qu’on lui dit ? Depuis son obscurité, le récipiendaire fait confiance à la parole dans la lumière. Alors il se baisse, par acceptation que la porte soit basse; en réalité ou symboliquement. C’est CELA l’humilité, se baisser non pour se faire petit, mais pour faire confiance à l’autre; pour laisser place à la parole d’un autre qui sait mieux, qui guide, qui indique, qui dit. C’est l’humilitas selon Spinoza et non la micropsuchia (se minimiser) d’Aristote.

L’humilité n’est pas le mépris de soi, mais une connaissance de soi et une re-connaissance de l’autre.

En se baissant le futur maçon rend sensible sa confiance sous forme d’un acte qui n’est pas obéissance mais entendement et compréhension. Il se met en relation avec une forme du monde qui l’environne; il s’y adapte, il tient compte de ce qui lui est extérieur en se modifiant pour se conformer à une unité harmonique. L’humilité est ainsi une conscience extrême de ses limites. Je suis trop grand pour une porte plus basse que moi, ce n’est pas la porte que j’agrandis, car je ne le peux, c’est moi que je diminue pour me placer avec juste mesure dans l’espace que je traverse. Ainsi l’humilité vécue par le profane n’est pas une humiliation. C’est une épreuve de savoir-faire par une réponse de réalité adaptée à une parole qui ne commande pas mais recommande. Baissez-vous, la porte est basse et si je me baisse pour passer il y a alors une relation de qualité, de sujet à sujet, qui échange des informations constructives. Il est indiqué que la porte est basse. Une raison est donnée qui explique pourquoi il faut se baisser, il s’agit de pouvoir passer sans se faire mal. Et le récipiendaire qui vient juste de se baisser, pour toucher la terre, répète son mouvement pour avancer. Il se protège en se rapprochant de l’humus et se présente ainsi dans une position fœtale pour aller vers sa renaissance. Baissez-vous, c’est comme l’invitation à naître, à se baisser pour vivre debout; baissez-vous cela s’entend, en ce temps initial, comme une indication du moment à renaître. Allez maintenant, sortez de la matrice obscure pour pénétrer dans la loge-mère. Franchissez cette limite au-delà de laquelle il y a votre devenir franc-maçon. En se baissant, c’est par un changement de position que le profane passe d’une attitude rigide et droite à une autre position dans son mental. Il s’ouvre en laissant place en lui à sa renaissance. La porte basse est à vivre comme une difficulté de l’accès à un autre soi-même, comme nécessité d’une modification du récipiendaire pour parvenir à l’initiation. La porte est basse pour être le lieu de passage d’une arrivée de plus d’être qui, de ce fait, va participer de l’autre côté à la transformation du monde.

La porte basse marque l’espérance de cette possibilité d’accès à une réalité supérieure.

Les rites maçonniques placent au commencement de l’initiation une recommandation, celle de l’humilité qui de ce fait apparaît comme fondamentale et fondatrice du rapport entre F\ et S\. La fraternité c’est avant tout de l’humilité en ce sens qu’elle fait place à l’autre dans un relatif renoncement de la dilatation naturelle de l’ego au profit de la réalité de l’autre : Humilité, synergie de Tolérance. Par l’humilité, c’est à dire en se retirant de soi pour s’ouvrir aux autres, la tolérance se dynamise. Ce n’est plus seulement : tu penses ce que tu veux mais moi aussi et je ne change pas d’avis; c’est avec l’humilité se replacer, par un pluralisme interprétatif, dans un rapport au monde dans ce mouvement de transcendance vers l’autre qui ne signifie pas appropriation de la vérité, mais convergence vers le possible. L’écoute de la parole de l’autre permet une mise en mouvement orientée. Il y a articulation et clarification de l’expérience temporelle. Baissez-vous la porte est basse, mais en vérité la porte n’est pas basse. Que peut-on en penser? Pour les maç\ sur les colonnes il leur est donné à voir l’inexactitude de la parole du gd\exp\ qui guide le myste. De fait, cela se passe dans le contexte d’un rite, là où ce qui est dit, comme dans un récit mythique, devient vérité apodictique: ce qui est dit fonde la vérité absolue. Il s’agit évidemment de réalités sacrées car à ce moment c’est le sacré qui est réalité. Alors la porte est vraiment basse. Le temps sacré rend l’espace sacré et cette porte basse est celle du temple érigé dans la matière cosmique sanctifiée. Le modèle architectural de l’ouverture pour entrer dans le temple est donc une porte basse qui veut ainsi créer une rupture de niveau d’être pour parvenir dans ce nouveau monde que le maçon a choisi d’habiter. L’humilité maçonnique est cette capacité à se plier pour pénétrer dans le temple parmi les autres. C’est savoir tailler sa pierre avec la juste mesure pour qu’elle s’assemble, pour parvenir à être parmi les hommes. Mais c’est aussi entrer dans le temple intérieur pour s’accepter dans une recherche de soi à travers des niveaux de compréhension de plus en plus profonds.

L’humilité maçonnique est un acte dans le rapport à l’autre.

Ecouter en humilité est en soi un acte complet, il sera celui du F\M\ et tout particulièrement celui de l’apprenti. Cet acte porte en lui même sa liberté parce qu’il s’agit d’œuvrer pour que le moi laisse place à la relation. C’est l’abandon du vieil homme au profit d’une conscience attentive, c’est le renoncement de la répétition des enregistrements expérimentaux pour un temps sans cesse inaugural qui ajoute du nouveau à l’être, qui le fait avancer vers un être-autrement, un être avec les autres. L’humilité est cette conscience d’être perfectible et la capacité de douter qui laisse de la place en soi à autre chose qu’à ses certitudes. L’humble n’est pas un éclopé de la réussite, car cela suppose d’aller jusqu’au bout de ses forces pour reconnaître autrui, non comme négation victimaire de soi mais comme condition héroïque où l’homme fait place à l’homme. L’humilité est une mise en mouvement du « JE » qui fait place au « NOUS » pour l’instauration d’un juste rapport entre partenaires. L’humilité en tant que tolérance de soi avec les autres est l’indispensable manière d’être du maçon sur laquelle se solidifie l’édification du temple.

A la fin des travaux, lorsque le “JE” est devenu le “NOUS” rituel sur lequel s’appuie le serment du retour à la vie profane "promettons de garder le silence sur nos travaux ; Nous le promettons", la porte des commencements est devenue immense.

Solange Sudarskis

Source : http://solange-sudarskis.over-blog.com/article-650923.html

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L'Univers est-il infini dans l'espace ?

1 Novembre 2015 , Rédigé par G\ R\ Publié dans #Planches

La planche que m'a confiée notre vénérable maître porte sur un des sujets les plus passionnants les plus envoûtants, que les hommes aient étudiés depuis que leur intelligence leur permet de passer de la simple observation de leur environnement à l'abstraction. Les plus grands esprits qui ont marqué l'histoire de la pensée humaine, ont eu une opinion sur le sujet de l'univers : sur son périmètre, son organisation, la place de la terre et du soleil donc de l'homme dans cet univers. Les avis, les doctrines ont changé catégoriquement au fil des temps et souvent les intuitions géniales ont été contrariées et les progrès de la connaissance de ce fait ralentis, pour des raisons parfois d'obscurantisme, de sectarisme mais aussi d'intérêts et de pouvoir. Rien n'a donc été simple dans cette quête de la connaissance de l'univers duquel l'homme est indissociable et parfaitement solidaire quelqu’en soit la réalité ou la perception qu'il en a eue à travers les âges. Le sujet que je dois traiter ce soir est bien précis : il s'agit de savoir si l'univers est infini dans l'espace. Intitulé quelque peu paradoxal à plus d'un titre. L'Univers n'est il pas un synonyme de l'espace? Sans aucun doute dans l'inconscient populaire. Où pourrait être l'univers si ce n'est dans l'espace et réciproquement. Aujourd'hui l'infinitude de l'univers est communément acceptée après que celui-ci, à l'inverse, eut été considéré comme fini pendant des siècles depuis l'antiquité. Et paradoxe encore, aujourd'hui les choses se compliquent puisque nous verrons que l'hypothèse d'un univers fini, redevient d'actualité grâce à la science mathématique et plus particulièrement aux géométries non euclidiennes qui pourraient en régir les lois. Remettant au passage en cause les grandes théories du XXème siècle et notamment la vision einsteinienne du monde et de la mécanique. Peut-être le XXI ème siècle sera-t-il celui de la synthèse des grandes théories du XXème : la relativité générale expliquant l'infiniment grand et la théorie quantique l'infiniment petit. Espérons qu’une synthèse mettra tout le monde d'accord et qu'enfin nous saurons si notre univers est infini ou fini. Voilà posé le sujet. J'ai conscience que je pourrais en rester là et vous laisser par vos interventions approfondir la question. Mais nous sommes aux prémices de nos travaux sur l'univers et une petite histoire de la perception de l'univers par les hommes va nous permettre de suivre au fil des temps, cette vision de l'univers et peu à peu, de nous faire une idée sur sa finitude ou son infinitude. Enfin nous regarderons dans ces histoires de la pensée qu'elle peut-être pour le franc-maçon l'apport dans sa propre quête, de ces réflexions sur la nature de l'univers.

1. L'histoire de la connaissance de l'univers : une suite de confrontations entre des génies et des imbéciles ou des pervers !

La perception de l'univers son explication et son rôle dans l'histoire des hommes, sont le reflet d'une culture, d'une société, même d'une civilisation. Il est, en tout les cas le reflet de la connaissance et des capacités d'abstraction des hommes au moment où les hypothèses sont émises. Ainsi l'homme est ce qu'il sait. L'univers qu'il crée n'est pas unique mais multiple. Il change selon les époques et les cultures. Il a une vie et une histoire qui lui sont propres et qui le plus souvent, évoluent parallèlement à la vie et à la société qui l'a créé. "Un univers est comme un être humain, nous dit Trinh XuanThuan dans La mélodie secrète, il naît, atteint son apogée, entame son déclin et puis disparaît, remplacé par un autre univers. Le plus souvent c’est l'émergence de nouvelles idées qui remet en cause l'univers du moment. » Tout au long de la longue histoire des hommes, on le verra, une représentation de l'univers a toujours accompagné une époque. C'est la progression de la connaissance, le travail de réflexion et d'observation de grands intellectuels qui à chaque époque a fait progresser la connaissance sur et de l'univers. On rendra plus bas, hommage à quelques uns de ses visionnaires géniaux qui peu à peu on construit notre vision actuelle de l'univers. Malheureusement les visions successives étaient utilisées, lorsqu'elles étaient notamment en accord avec les textes saints des grandes religions, pour asseoir le pouvoir des religieux. Alors souvent et ce fut le cas dans toutes les époques, une nouvelle découverte révolutionnaire remettant en cause par des explications puissantes les précédentes théories confortables et installées, étaient combattues par les tenants de la "vérité" précédente et entraînait le bannissement, souvent la mort, de l'audacieux qui avait osé enfreindre l'ordre établi. Les senseurs avaient de nombreuses raisons : leurs croyances pour les plus honnêtes, leurs intérêts, le plus souvent allant de pair avec le maintien de leurs pouvoirs. Ils ont souvent fait reculer la connaissance et probablement retardé sensiblement la science expérimentale et théorique dans ce merveilleux domaine de la cosmogonie. Ainsi en est allé l'histoire des hommes et de leur univers fini ou infini que je vais vous tracer maintenant à grands traits.

2. L'histoire de l'univers.

Une approche complète de chacune des visions qui se sont succédé, serait beaucoup trop fastidieuse et surtout beaucoup trop longue. Aussi je me contenterai de vous donner quelques repères qui permettront à ceux qui le souhaitent d’approfondir le sujet.

L'univers magique des premiers hommes.

Le premier univers perçu a dû apparaître avec le langage. Dans les cavernes de Lascaux ou d'ailleurs. L'univers magique est peuplé d'esprit : esprit du soleil, de la Lune, des arbres, des forêts et de toutes les créatures de la nature dont l’homme constate l'existence sans en connaître autre chose que leur apparence et leur utilité pour lui. Il invoque leurs esprits pour garder leur faveur. Ce sont sans doute le temps des premiers sacrifices, mais tout est au premier degré, pas d’abstraction et bien sûr la finitude ou l'infinitude de l'univers ne sont pas des questions d'actualité. C'était simple, familier, à la mesure de l'homme. Puis les religions s'installant dans une certaines complexité, cet univers magique devint…

L'univers mystique.

Avec le savoir qui se développe, l’innocence disparaît au moins chez les « élites ». L’homme commence à percevoir son insignifiance devant l’univers immense. Pour gérer cette complexité qui lui apparaît, il fallait certainement des êtres aux pouvoirs bien plus grands que celui des hommes. Aussi il y a environ 10 000 ans l’univers devient un univers mythique et surhumain. L’univers est régit par des Dieux vivant dans un lointain au-delà. Dieu soleil, Dieu Lune, Dieux planètes, Dieux étoiles etc.… La cosmologie qui naît alors consiste en des mythes qui racontent l’histoire de ces dieux, leur naissance, leurs amours, leurs haines et leurs guerres. Tout est conséquence de l’intervention des dieux : la naissance de l’univers dont du ciel et de la terre, des mouvements constatés dans le ciel. La religion apparaît, les prêtres sont les intermédiaires entre ces dieux lointains et surhumains et les hommes faibles et devenus conscients de cette faiblesse. Toutes les grandes civilisations ont développées des univers mythiques : les Sumer de Babylone et l’Egypte bien sûr en sont des exemples les plus connus. Vers 2000 ans avant JC, les chinois compliquèrent un peu le schéma en organisant le fonctionnement des dieux à l’image de leur bureaucratie déjà très élaborée. En 500 avant JC enfin, Confucius introduisit la notion des pôles opposés, le YIN et le YANG qui permettait de tout classer et de tout organiser et notamment tous les objets célestes. Ce que l’on peut retenir de ces époques reculées, c’est une recherche de repérage des corps célestes visibles les uns par rapport aux autres, sans une véritable science de l’astronomie. L’examen des astres permet de prédire l’avenir de l’homme. Les prêtres sont plus des astrologues que des astronomes. Les distances dans l’univers n’ont pas une réelle importance et la aussi, la finitude ou l’infinitude de l’univers n’est pas une préoccupation première. Mais nous approchons de la période grecque et là tout va définitivement changer.

L'univers génial des grecs.

Le miracle grec commence au VI ème siècle avant JC. Cela va durer plus de huit siècles. Une poignée d’hommes géniaux vont semer les germes de l’univers scientifique qui est encore le notre. Les grecs eurent l’intuition que l’univers pouvait être étudié dans ses diverses composantes et que la raison humaine était capable d’appréhender les lois qui le régissent et les différentes interactions entre elles. La compréhension des lois naturelles, auparavant apanage des dieux, pouvait désormais être partagée par les hommes. Les grecs travaillèrent ! Leucippe et Démocrite morcelèrent la matière en atomes invisibles, vision toujours d’actualité ! Pythagore fonda les mathématiques et Euclide une géométrie qui est encore aujourd’hui un édifice intellectuel incontestable. De cette immense créativité va naître un univers qui prit vite ses distances avec tous les univers précédents. Thalès et Anaximandre firent avancer même si les hypothèses étaient fausses : une terre plate flottant sur un océan primordial, un ciel d’eau ! Puis l’univers géocentrique fut évoqué avec des corps célestes, soleil, lunes, planètes, étoiles qui s’encastrent dans des sphères solides en mouvement autour de la terre.

L'univers mathématique de Pythagore

Pythagore, le mathématicien, considérait que l’univers avait une géométrie harmonieuse, gouvernée par les mathématiques et les chiffres. Pour lui les nombres étaient le principe et la source de toutes choses, le reflet de la perfection de dieu. La Terre prit la forme parfaite d’une sphère, et Pythagore imagina un ballet très ordonné des corps célestes autour de ce qu’il appela le Feu central. Les étoiles étaient sur une sphère lointaine qui constituait les confins d’un univers fini.

L'univers Géocentrique

Avec Pythagore, tout bougeait, Platon quelques siècles plus tard, repris le modèle de Pythagore et le simplifia. La Terre était au centre d’une sphère extérieure qui contenait les planètes et les étoiles. L’univers de Platon était fini et limité par cette sphère. Mais ce modèle posait quelques questions épineuses : en particulier il ne pouvait expliquer le mouvement apparent des planètes dont certaines avaient parfois des mouvements rétrogrades troublants !

L'univers scientifique

Alors soucieux de comprendre d’autres philosophes grecs, comme Eudoxe, compliquèrent le modèle de Platon et introduirent des sphères multiples sur lesquelles se déplaçaient les corps célestes et expliquaient mieux les mouvements constatés. Aristote, fixa à 55 le nombre de sphères célestes. La Terre était au centre et immobile. Il y avait le monde manifesté, changeant et imparfait, auquel appartenait la Terre et La Lune, et le monde parfait des autres corps célestes avec le Soleil, les planètes et les étoiles. Ce monde tournait autour de la Terre dans un Ether. Enfin, vint l’univers de PTOLEMEE (vers 140 av JC) qui allait régner sans partage sur les 2000 suivantes années. Les principes de cet univers de Ptolémée étaient simples : L’univers était Géocentrique ; La Terre est sphérique et au centre de tout ; Les mouvements des planètes sont circulaires et uniformes. Il s’efforça de corriger quelques lacunes de l’univers d’Aristote : les mouvements anormaux des planètes et la variation de la distance entre la Terre et la Lune. Pour ce faire il détacha les planètes de leurs sphères célestes et les plaça sur de petits cercles, les épicycles, qui lui permirent d’expliquer toutes les questions restées en suspens dans l’univers d’Aristote. Il rédigea l’ALMAGESTE qui donnait les positions des planètes et les calculs nécessaires pour les déterminer. Ce livre, au nom arabe, fit autorité jusqu’au XVI ème siècle et constitua la base de la connaissance astronomique de la civilisation arabe.

L'univers médiéval

Ce monument de la pensée étant posé, il faut attendre le monde médiéval pour voir changer l’image de l’univers. En effet le monde romain n’a rien apporté à la connaissance de l’univers, il s’est contenté de la vision de PTOLEMEE. La religion a utilisé les sphères de Ptolémée pour positionner les lieux sacrés des grands textes. Le purgatoire est entre la Terre et la Lune, c’est dans les hautes sphères que réside Dieu et où le rejoignent les bienheureux. Ce lieu de résidence de Dieu c’est l’Empyrée, au-delà de la sphère cristalline des étoiles. La question qui se posait était de savoir faire cohabiter l’univers grec avec un univers chrétien. Pour les chrétiens l’univers avait été créé. Il avait donc un début. C’est SAINT THOMAS D’AQUIN qui fit la synthèse. Il introduisit Dieu dans la conception aristotélicienne. L’univers était toujours géocentrique. Au-delà de la sphère des étoiles, une sphère primaire délimite l’empyrée, la résidence de dieu. L’empyrée est à distance finie de la sphère primaire, l’univers est fini. Tout est bien installé : Dieu et les siens dans l’empyrée, le purgatoire entre la Terre et la Lune et l’enfer et les damnés dans les entrailles de la Terre.

Et si la Terre bougeait?

Cette réintroduction de la religion dans la cosmologie allait permettre, paradoxalement, de grandes avancées. Première contradiction qui nous ramène à notre sujet ; Dieu est infini omniprésent c’est ce qu’enseigne la théologie. Si Dieu est infini pourquoi l’univers ne serait-il pas lui aussi infini ? Pourquoi Dieu qui est partout ne serait-il pas au centre de l’univers qui serait alors partout ? Donc l’univers est infini CQFD. Cela remettait même en cause le principe géocentrique de l’univers ! Pourquoi la terre ne bougerait-elle pas puisque Dieu tout puissant pouvait le décider s’il le souhaitait.

L'univers héliocentrique de Copernic

Vint alors COPERNIC, le chanoine polonais. Il délogea définitivement la Terre du centre de l’univers et introduisit une vraie révolution dans la perception de l’univers qui se fait encore sentir aujourd’hui. Le soleil devint le centre de l’univers. Les planètes dont la terre tournaient autour du soleil. La Terre donc l’homme avait perdu sa place centrale dans l’univers.

L'univers infini

De ce fait l’univers, avait considérablement grandi. Pour expliquer sa thèse et notamment les mouvements des planètes et des étoiles, Copernic repoussa considérablement la sphère extérieure des étoiles. Il réduisit la taille relative du système solaire dans l’univers. On aurait pu imaginé que Copernic s’attira les foudres de l’Eglise, il n’en fut rien car il publia son livre que quelques temps avant sa mort et la préface indiquait qu’il s’agissait d’une hypothèse et un simple modèle mathématique. Ces successeurs devaient encore ajuster la vision de Copernic. L’anglais, Thomas DIGGES proposa de supprimer la sphère extérieure des étoiles en 1576. L’univers devenait infini dans le domaine illimité de Dieu. Giordano Bruno un moine italien voulu lui peupler d’une infinité de formes de vie cet univers infini. C’en était trop pour l’église et lui le paya de sa vie en 1600.

Les cieux sont imparfaits

Les astronomes suivants s’attaquèrent au concept de perfection des cieux. Ainsi Tycho BRAHE mit en évidence des étoiles nouvelles ou en mutation. Notamment il identifia en 1572 la première supernova sans savoir qu’il avait assisté à la mort d’une étoile. Il démontra aussi que les comètes ne sont pas des phénomènes atmosphériques mais cosmiques. Il y avait donc des objets qui apparaissaient et disparaissaient dans l’univers qui n’était plus immuable.

Galilée

C’est à cette époque qu’apparaît Galilée. Il voulait comprendre le mouvement des corps célestes. Il eu l’intuition géniale d’étudier d’abord les mouvements des corps sur la terre pour réussir à comprendre ce qui se passait dans le cosmos. Il détermina notamment que tous les corps qui tombent sur la terre ont la même accélération. Un astronaute américain lui rendra hommage 300 ans plus tard en faisant l’expérience sur la lune, sans atmosphère, de faire tomber ensemble une plume et une balle de golf qui bien sûr, touchèrent le sol lunaire en même temps ! Galilée commença ensuite ses observations avec une lunette, améliorée d’un télescope anglais. Il fit des découvertes fabuleuses repoussant les limites de l’univers comme chaque fois que depuis on pointe vers le ciel un nouvel instrument d’observation. Il se fit le champion de l’univers héliocentrique et brocarda fortement les tenants de l’univers géocentrique. Cela lui valu une mise en résidence surveillée jusqu’à sa mort en 1642. Son livre resta à l’index jusqu’en 1835 !!

Le mouvement des planètes

Cette réaction de l’église déplaça la recherche vers le nord de l’Europe. L’assistant allemand de Tycho BRAHE, Johannes KEPLER, dépouilla les observations de son maître, persuadé qu’il y trouverait les lois des mouvements des planètes.

Il était convaincu que les sphères cristallines célestes n’étaient que le fruit de l’imagination humaine. KEPLER pensait que l’univers était gouverné par les mathématiques et que Dieu était géomètre. Il découvrit notamment que les orbites étaient elliptiques et que le soleil occupait un foyer. Il mettait fin à un univers parfait de sphères et de cercles. Il lui restait à démontrer pourquoi les planètes et les corps célestes ne tombaient pas et tournaient éternellement sur leurs orbites. C’est évidemment l’anglais Isaac NEWTON qui le démontra. Il théorisa les intuitions de ses prédécesseurs et établi la théorie de la gravitation universelle qui expliquait enfin l’essentiel des interrogations des hommes depuis plusieurs millénaires. Peu d’homme si ce n’est peut être Einstein en 1905, découvrirent autant de choses aussi importantes en si peu de temps.

L'univers mécanique

L’univers était donc mécanique. Plus besoin d’intervention divine permanente. Il suffisait de lancer la mécanique et elle fonctionnait toute seule. Dieu de ce fait découvrait le temps libre !!! La théorie de NEWTON permit de vérifier un nombre incalculable des intuitions de ses prédécesseurs.

L'univers déterministe

Ainsi grâce au travail de tous ces génies l’homme du XVII ème siècle voyait dans le ciel un univers infini, rempli uniformément d’étoiles et dont il n’était plus le centre. Dieu était toujours là, infini mais très distant.

Et Dieu dans tout ça?

C’est Napoléon qui me fournit la transition avec la vision maçonnique de l'univers s'il en existe un ! Après sa lecture de La Mécanique Céleste de Laplace, l’Empereur lui reproche de ne pas avoir mentionné une seule fois Le Grand Architecte de l’Univers. Laplace lui a sèchement répondu qu’il n’avait pas besoin de cette hypothèse ! La confiance en la raison humaine est à ce moment illimitée.

3. Alors : fini ou infini dans l'espace.

Comment répondre après tout ce que l’on vient de voir ? Au fil du temps l’univers a été tour à tour fini ou infini. Par ce choix soit on magnifie Dieu, l’infini absolu, dont la création devait être elle aussi infinie ou on explique certaines théories qui ne se conçoivent que dans l’une ou l’autre des hypothèses. Ainsi certains ont même démontré que l’univers ne pouvait pas être infini. Le paradoxe d’Olbers mérite que l’on s’y arrête un peu. Si l’univers est infini les étoiles sont uniformément réparties dans toutes les directions et elles doivent nous éclairer uniformément. Le ciel nocturne doit être aussi brillant que le ciel diurne. Comme ce n’est pas le cas, certains y voient donc la certitude d’un univers fini et des étoiles réparties sur une sphère comme exposé dès l’antiquité. Plusieurs s’essayent à expliquer le paradoxe en maintenant la thèse de l’infinitude. Ce n’est pas simple. Une notion manque, le temps et bien sûr la vitesse de la lumière. On sait cependant déjà au XIXème siècle que la lumière se propage à 300 000Km à la seconde. Edgar POE l’écrivain donnera la solution du paradoxe. Beaucoup d’étoiles sont si éloignées de nous que leur lumière ne nous est pas encore parvenue. De ce fait le ciel ne peut pas être uniformément brillant. La fin du XIX ème siècle et le début du XXème Siècle sont l’époque des grandes découvertes scientifiques : relativité générale mécanique quantique. Le temps fait son entrée en force dans l’espace, si j’ose dire. La finitude et l’infinitude de l’univers deviennent une affaire à quatre dimensions. Je vais laisser à ceux qui me succèderont à ce plateau le plaisir de prolonger tout cela et de vous en donner la vision scientifique mais aussi spirituelle actuelle. Ce que je peux vous dire c’est qu’aujourd’hui la finitude ou l’infinitude de l’univers dépend de la géométrie avec laquelle on le regarde. Suivant la courbure de cette géométrie l’univers sera fini ou infini. Ce qui rend vous en conviendrez un peu aléatoire la réponse à la question qui m’a été posée. Et encore je vous fais grâce de la topologie !

4. La vision maçonnique de l'univers au travers de la diversité de la pensée et des croyances : ce que nous avons en commun c'est l'existence du Grand Architecte de l'Univers.

Je crois que chacun d’entre nous maçon pouvons avoir de l’univers une représentation qui nous soit propre. Les lectures des derniers développements de la science nous donnerons une tendance peut être des convictions mais probablement de grands doutes. Je retiens que nous partageons ici une vérité : l’existence du Grand Architecte de l’Univers, que nous considérons que nous ne sommes pas dans un univers, seul fruit du hasard mais résultat d’une organisation et d’une volonté qui nous dépasse. Cette force peut être a-t-elle voulu un univers fini, un univers infini, un univers en extension, un univers en contraction, voire un univers qui n’existe pas… Je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que cela est passionnant et que j’écouterai avec beaucoup d’attention les autres orateurs pour progresser encore dans mes interrogations et peut être parfois lever quelques voiles. Cela étant que l’univers soit infini ou pas, quelle importance pour nous, petite fourmi, sur notre terre, planète moyenne, éclairée par une étoile des plus banale dans une galaxie ordinaire dans un coin reculé de l’univers. Et de plus, avec bien peu de chance de sortir de la très proche banlieue de notre terre dans le temps sans doute bien limité qui sera celui de l’existence de l’espèce humaine sur la terre, rapportée au temps cosmique.

J’ai dit V\M\

Source : www.ledifice.net

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Publié depuis Overblog

19 Octobre 2015 , Rédigé par GLCS Publié dans #Planches


A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers…

Depuis des siècles, la littérature et l’art, aussi bien en Orient qu’en Occident, se sont emparés de la figure mystérieuse de la Reine de Saba. Nos lointains Frères opératifs ont sculpté ses traits sur le parvis des cathédrales de Reims, de Chartres et l’ont représentée sur les vitraux des cathédrales de Strasbourg et de Cologne. Elle a fasciné des écrivains comme Gérard de Nerval ou André Malraux, qui en 1934 survola le Yémen dans l’espoir de retrouver les ruines de son palais. Elle a inspiré, nombre de peintres, de cinéastes et de compositeurs, comme Charles Gounod qui en 1862 immortalisa sa légende dans un opéra qui porte son nom et qui aux dires de certains, véhiculerait quelques valeurs maçonniques. Mais qui est donc cette reine légendaire, dont l’ensemble des sources s’accorde à dire qu’elle était dotée d’une incroyable beauté, d’un fort caractère et d’une sagesse rare ? « Sagesse, force et Beauté » voilà d’ores et déjà les trois grands piliers de la Franc-maçonnerie. Eh bien, mes Sœurs et mes Frères, partons à la rencontre de la légendaire Reine de Saba. Il y a environ 3000 ans, dans un lointain royaume aux frontières indéfinies, entre l’Arabie Heureuse et l’Ethiopie, sur les rivages de la mer rouge, vit une jeune et belle reine. Comment s’appelle-t-elle ? Balkana pour les Yéménites, Balkis ou Bilkis selon la tradition coranique, Makéda selon la tradition éthiopienne. Certains la dénomment également Cassiopée, l’associant à la reine éthiopienne du même nom dans la mythologie grecque. Peut-être aussi possède t’elle quelques noms secrets car dans ces régions du monde, il faut paraît-il, afin d’échapper aux esprits malins, être muni d’un nom magique que l’on dissimule jalousement. Son royaume est riche et prospère. Il a pour capitale la ville de Mârib, située dans l’actuel Yémen. Son peuple, les Sabéens, contrôle, via les caravanes, le commerce des épices, de la myrrhe et de l’encens…les produits les plus chers et les plus recherchés alors, du monde méditerranéen. Les Sabéens administrent les pistes caravanières qui traversent toute la péninsule arabique pour rejoindre Gaza où les résines aromatiques, après avoir été vendues à prix d’or étaient transformées en onguents, drogues, cosmétiques et parfums. Leur royaume est également ouvert à l’est sur l’Inde et sur l’Afrique. Les Sabéens exportent aussi de l’or, cet or qui sert plus au nord à couvrir de gloire les pharaons. Par ailleurs, ils maîtrisent depuis longtemps des techniques complexes d’irrigation des sols. Utilisant une topographie favorable, ils contrôlent la force des crues qui dévalent les montagnes, en période de mousson. A l’aide de digues et d’un réseau ingénieux de canaux, ils font converger cette eau si précieuse dans leur région, vers leurs champs. Des voyageurs grecs égarés dans ce lointain pays parlèrent en termes élogieux et admiratifs de cette prospérité et du caractère verdoyant de cette partie de l’Arabie. On trouve des mentions du « royaume de Saba » dans les annales de Sargon, roi d’Assyrie, au VIIIème siècle avant notre ère. Les historiens pensent qu’il a existé à partir d’environ 1000 ans avant Jésus-Christ pour disparaître vers l’an 550 de notre ère, après deux siècles de conflits avec les Arabes et les Perses. Cependant, des chercheurs ont retrouvé dans les inscriptions D’Arad-Nannar, l’un des plus anciens rois de l’Etat d’ Ur, le mot Sabum dont on pense qu’il désigne l’Etat de Saba. Si ce terme correspond effectivement à Saba, c’est la preuve que le royaume existait déjà en 2500 avant Jésus-Christ. Le royaume de Saba fut donc bel et bien réel. Mais notre reine a t’elle existé ? De fait, aucune source de cette époque n’évoque le règne, ni même l’existence de la Reine de Saba. Tout au plus, quelques rares inscriptions cunéiformes assyriennes nous apprennent que des femmes ont gouverné pendant plusieurs siècles, des petits royaumes dans cette région du monde. Le plus ancien texte évoquant « la reine de Saba » se trouve en fait dans la Bible, au chapitre 10 du Livre des Rois, probablement rédigé au VI ème siècle avant notre ère. Ce tout petit passage de l’Ancien Testament, raconte brièvement la venue de cette reine dans le royaume d’Israël et sa rencontre avec le roi Salomon. En 13 versets seulement, le récit biblique détaille les riches cadeaux offerts par la Reine à Salomon, puis comment elle fût impressionnée par le faste du palais, et la grande sagesse de Salomon après l’avoir éprouvée par des énigmes. Elle eut, je cite, « le souffle coupé » à la vue d’une cérémonie dans le Temple de Jérusalem. Elle loua la Sagesse de Salomon et de Dieu qui l’avait choisi pour diriger Son Peuple. Puis elle s’en retourna dans son pays. Ainsi s’achève cette rencontre diplomatique. Quelles étaient ces fameuses énigmes posées à Salomon ?
La tradition rabbinique a transmis une liste de questions attribuées à la reine dans le Targum Sheni d’Esther et dans trois Midrashim (Mischlé, ha Hefets et Ma’aseh Malkat Sheba).
On compte 22 questions de la reine au total, portant sur la conception, la filiation, l’identité sexuelle et religieuse. Celle-ci par exemple : Que signifie, sept cessent, neufs commencent, deux offrent à boire, un seul a bu ? Réponse de Salomon : Lorsque cessent les sept jours d’impureté de la femme, les neufs mois de grossesse commencent, les deux seins offrent à boire, et l’enfant boit. Autre énigme, l’épreuve dite du « motif des jeunes gens » : La reine de Saba envoie au roi un groupe de jeunes gens, hommes et femmes, tous vêtus à l’identique, des larges vêtements que portaient alors les habitants de l’Arabie Heureuse, de sorte qu’il était difficile de les reconnaître les uns des autres. Elle demande alors au roi de les séparer selon leur sexe. Salomon fit venir des grands vases d’eau de rose, invitant les jeunes gens à se débarbouiller après leur long périple jusqu’à Jérusalem. Or, au premier geste, Salomon, reconnaît les jeunes hommes qui rapidement, prennent l’eau à pleines mains et se frottent énergiquement le visage. Les jeunes filles qui tiennent à la pureté de leur teint prennent d’abord le soin de se laver les mains dans l’eau de rose avant d’attendre qu’on leur apporte d’autres vases pour se laver le visage. Un autre récit rapporte que Salomon parvint à reconnaître une unique fleur naturelle parmi un bouquet de fleurs artificielles grâce à une abeille. Le roi testa la reine également : Il la fit entrer dans son palais par une porte faite de verre et de marbre bleu. Le sol imitait si bien l’eau à cet endroit que la reine fut trompée. Pour traverser le bassin factice, elle remonta sa robe, dévoilant ses jambes. Le roi Salomon aurait ainsi voulu vérifier si elle n’avait pas, comme le prétendaient certains, des jambes de boucs ou d’âne. Il y a bien d’autres énigmes rapportées par ces textes anciens. Au fil des siècles, certains exégètes ont fait de la Reine de Saba un personnage maléfique, considérant que par ses énigmes, elle a défié l’autorité masculine et donc menacé l’ordre du monde. Ils diront aussi que, comme Dalila avec Samson, elle s’est rendue chez Salomon pour découvrir le secret de sa puissance et le détruire. Mais pour d’autres, le texte biblique qui relate la rencontre des deux souverains cache des significations secrètes qui révèlent à l’homme un chemin de pensée et d’espoir. La tradition juive a relevé que le roi et la reine portent en leurs noms, le symbole de ce qu’ils sont : Salomon, c’est Shalom, la paix. Et Saba, qui se dit Sheva en Hébreu, signifie « l’ancêtre », donc le sage. C’est aussi le chiffre 7, le jour du shabbat, jour de perfection et de sérénité. Qu’en est-il de la Reine de Saba dans la tradition chrétienne ? Le Nouveau Testament ne l’évoque que très brièvement. Notre reine apparaît dans l’Evangile de Luc, sous le nom de « Reine du Midi » ou « Reine du Sud», au jour du Jugement dernier. Voici ce que dit le texte : La reine du Midi se lèvera au jour du jugement avec cette génération, et la condamnera ; car elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon ; et voici, il y a ici plus que Salomon. L’Evangile de Matthieu (12 ; 42) rend sommairement hommage à sa sagesse, je cite : La reine du Midi, (qui) était plus sage que les Juifs du premier siècle. La tradition populaire dans l’Occident chrétien, notamment au Moyen-âge, en a fait un personnage positif. Souvent associée aux Rois Mages, venus eux aussi de l’Arabie heureuse, elle est l’incarnation de l’Eglise en route vers le royaume de Dieu. Une légende médiévale racontait même qu’elle fut guérie d’une infirmité lorsqu’elle toucha le bois avec lequel allait être échafaudée, des siècles plus tard, la croix du Christ. Et comme je le disais en introduction, elle a été immortalisée par nos lointains frères bâtisseurs, sur le parvis de plusieurs cathédrales, à Reims, à Chartres ou encore à Cologne…
Et dans l’islam ?
La reine de Saba est aussi présente dans le Coran sous le nom de Bilkis. La tradition musulmane nous apprend que Bilkis n’était pas fidèle à Dieu et que son peuple, païen, se prosternait devant le soleil. C’est pour cette raison que Salomon l’aurait invitée en envoyant sa huppe, oiseau légendaire, dans le but de la convertir au monothéisme. Voici ce que nous dit la sourate 27 dite sourate des fourmis : " Je connais quelque chose que tu ne connais pas ! Je t’apporte une nouvelle certaine des Saba. J’y ai trouvé une femme : elle règne sur eux, elle est comblée de tous les biens, et elle possède un trône immense. Je l’ai trouvée, elle et son peuple, se prosternant devant le soleil et non pas devant Dieu. Le Démon a embelli leurs actions à leurs propres yeux ; il les a écartés du chemin droit ; ils ne sont pas dirigés. " Des archéologues et des historiens ont depuis prouvé que pendant plusieurs siècles, les Sabéens ont effectivement pratiqué des cultes astraux jusqu’à l’introduction du judaïsme (IVème siècle) puis du christianisme et l’arrivée de l’islam dans cette partie du monde. On a notamment mis au jour à Marib, les ruines d’un temple dédié au dieu Lune. Cependant, il existe une source qui place la reine de Saba au cœur de l’histoire de tout un peuple : il s’agit du Kebra Nagast. Ce texte éthiopien rédigé en guèze, la langue du royaume d’Axoum, se présente comme la traduction d’un manuscrit trouvé dans l’Eglise Sainte Sophie de Constantinople. En effet, le Kebra Nagast, reprend les récits de l’Ancien Testament enrichis d’une longue histoire établissant comment la domination d’une moitié de l’univers a été promise aux rois éthiopiens, descendants de Salomon. Vous l’aurez compris, à la différence des autres sources, la tradition éthiopienne, affirme que notre jeune reine, après avoir succombé aux charmes du beau Salomon, lui donna un fils. Pour le Kebra Nagast, Makeda, c’est son nom, était si belle que le roi Salomon lui proposa de l’épouser. Mais elle refusa, car le roi avait déjà 300 femmes et 700 concubines, et elle voulait être l’unique femme d’un homme. Il lui promit alors de ne plus la solliciter si elle acceptait de ne rien prendre dans son palais. Dans le cas contraire, il aurait le droit de lui demander quelque chose qu’elle ne pourrait pas refuser. Makeda accepta. Peu de temps après, Salomon fit donner un grand banquet, volontairement riche en viandes épicées, salaisons et autres sucreries. A l’issue du banquet, la reine, se trouva incapable de dormir tellement elle avait soif. Salomon s’était arrangé pour qu’il n’y ait rien à boire dans ses appartements, aussi se mit-elle à la recherche d’eau. Or, dans le palais coulait un ruisseau qui avait été détourné exprès. Il lui permit de se désaltérer, mais quand la reine eut fini de boire, elle distingua Salomon qui l’observait. Ce dernier lui rappela sa promesse et lui demanda alors de partager sa couche. Elle décida peu après de se convertir et resta auprès de Salomon pendant encore quelques mois avant de se résoudre à regagner son lointain royaume. Sur le chemin du retour Makeda mit au monde un fils, né de son union avec le roi d’Israël : Ménélik. Il est le premier monarque de la longue dynastie des rois éthiopiens, la dynastie des Salomonides. Aujourd’hui encore, cette légende est vérité pour tous les Ethiopiens. Hailé Sélassié, dernier roi d’Ethiopie, assassiné en 1976, affirmait lui-même descendre de l’union de la reine de Saba et du Roi Salomon. C’est d’ailleurs une des raisons qui poussèrent une poignée de Jamaïquains, dans les années 1930, à lui vouer un culte qui donna naissance à une nouvelle religion laquelle a fait depuis quelques millions d’adeptes : le rastafarisme, mais c’est là un tout autre sujet. Sur un autre plan, certains ont vu, dans les Falashas ou Beta Israël, les célèbres juifs éthiopiens, le fruit des amours des deux souverains. Mais eux-mêmes le récusent, prétendant descendre de la tribu de Dan, une des « Dix tribus perdues d’Israël », déportées par les Assyriens en 722 avant Jésus-Christ. Pour le Kebra Nagast donc, l’union des deux souverains marque le début de l’histoire du royaume d’Ethiopie. Mais l’histoire ne s’arrête pas au retour de la reine dans son royaume. Le texte nous enseigne que le fruit de leur amour, leur fils Ménélik, fut élevé en Ethiopie. Adolescent, il décida de se rendre à Jérusalem. Une anecdote rapporte que la reine de Saba, lui aurait confié avant de partir, un anneau reçu de Salomon, pour que le roi puisse reconnaître son fils. Voici ce que nous dit le chapitre 35 du Kebra Nagast : Quand il le vit, le roi Salomon se leva et l'accueillit. Il ôta l'agrafe de son habit de son épaule et le serra de ses mains sur son visage, il embrassa sa bouche, son front et ses yeux et lui dit : " Maintenant mon père David retrouve sa jeunesse, il est ressuscité des morts ". Il revint à ceux qui l'avaient informé et leur dit: " M'avez vous dit: " Il te ressemble? ". Celui-ci n'a pas mon apparence mais l'apparence de David mon père dans les jours de sa jeunesse. (…) Il revêtit son fils de brocart d'or, d'une ceinture en or, d'une couronne sur sa tête, de bagues à ses doigts. Il le fit asseoir sur son trône et dit à ses honorables d'Israël : " Vous médisiez entre vous et vous disiez que je n'ai pas d'enfant, regardez celui-ci est mon enfant, le fruit de mon sein que m'a donné Egziabeher, le Dieu d'Israël de qui je ne [l'] avais pas attendu ". Ses honorables répondirent et lui dirent : " Que la mère qui a enfanté ce jeune homme soit bénie, que le jour où tu t'es uni à elle (…) soit béni. (…) Et pour nous ses serviteurs, il sera roi ". Et l'un après l'autre, ils lui apportèrent un cadeau. Quand ils furent seuls, il donna à son père l’anneau que sa mère lui avait confié et lui dit : " Prends cet anneau et souviens-toi de ce dont tu as discuté avec la reine. Et donne-nous le tissu qui couvre l'arche de l'alliance d'Egziabeher pour que nous nous prosternions devant elle en tous nos jours, tous ceux qui sont au-dessous de nous et ceux qui sont dans le royaume de la reine ". Et le roi lui dit : " Pourquoi m'as-tu donné l'anneau en signe? J'avais déjà trouvé ton apparence à mon image avant que tu me donnes un signe car tu es mon fils ". Le marchand Tamrin (qui accompagnait Ménélik) lui dit encore : " Ô roi ! Ecoute ce que ma maîtresse la reine de Saba, ta servante envoie par moi: « Oins cet enfant, sanctifie-le, bénis-le, couronne-le pour notre pays et ordonne que ne règne plus de femme d'éternité en éternité et envois-le en paix. (…) Le roi répondit : (…) La fille appartient à la mère et le fils au père. Egziabeher a maudit Eve en disant : " Enfante avec douleur et pincement de cœur et après ton enfantement retourne chez ton mari; enfante avec une promesse et après la promesse, retourne chez ton mari. Ainsi je ne donnerai pas mon fils, à la reine mais je le ferai roi sur Israël car celui-ci est mon premier-né, le premier de ma dynastie qu'Egziabeher m'ait donné ". Après cela, il lui envoya matin et soir de bons repas et des habits somptueux, de l'or et de l'argent et il lui dit : " Il est mieux de rester ici dans notre pays où il y a le temple où est l'arche de l'alliance et là où Egziabeher vit avec nous ". Mais son fils lui envoya [un message] disant : " Il y a de l'or et de l'argent; les habits ne manquent pas dans notre pays mais moi je suis venu pour écouter ta sagesse et voir ton visage, pour te saluer et servir ton royaume. Renvoie-moi chez ma mère dans mon pays car il n'y a personne qui hait le lieu où il est né et la langue de son pays. (…) Et même si je suis attiré par le pays qui ressemble au paradis, il ne peut pas réjouir mon cœur. Les montagnes du pays de ma mère (…) sont mieux pour moi. Et si je sers l'arche du Dieu d'Israël là où je suis, cela m'honorera. Je regarderai vers le Temple que tu as bâti; je sacrifierai et je servirai là où je serai. Donne-moi la frange de la couverture de l'arche de l'alliance, laisse-moi me prosterner devant elle avec ma mère et avec tous ceux qui sont soumis dans notre royaume. Car autrefois ma maîtresse la reine éliminait tous ceux qui adoraient et qui se prosternaient devant des idoles, des pierres et des arbres. Elle les éliminera et les conduira à l'arche de l'alliance car elle t'a écouté et elle s'est laissée instruire, elle a fait comme tu as dit et nous adorons Egziabeher "(…) Salomon avait d'autres femmes et sans doute de nombreux enfants mais c'était la reine de Saba qui l'avait le plus impressionné. Ménélik ayant promit à sa mère de revenir en Ethiopie finit par obtenir ce qu'il voulait de son père qui, dans l'espoir de voir son royaume s'agrandir vers le Sud, lui donna les premiers-nés de ses fonctionnaires afin que le royaume de Saba soit semblable au sien (…). Or les premiers nés ne quittèrent pas leur pays de plein gré pour une contrée aussi lointaine. Le fils du grand prêtre Sadok, devant partir comme tous les autres, s'était chargé de dérober l'arche de l'alliance qui se trouvait dans le saint des saints du temple de Jérusalem. Ils emportèrent donc en secret avec eux l'arche, symbole de la puissance du Dieu d'Israël qui avait conclu une alliance avec son peuple élu, au temps de Moïse. L'Ethiopie se réjouit de l'arrivée de l'arche de l'alliance et de l'élection du peuple de Saba, par le Dieu d'Israël. L'arche de l'alliance fut appelée Sion, mezgeba Axoum, trésor d'Axoum.
C’est pourquoi, mes sœurs et mes frères, si vous vous rendez en Ethiopie, sachez que, selon la tradition populaire, l’Arche est toujours à Axoum, plus précisément dans l’église Sainte Marie de Sion, le sanctuaire copte le plus sacré du pays. Elle est sous la protection d’un gardien qui est le seul autorisé à l’approcher et ne sort pratiquement jamais de l’enceinte de l’église.
Voilà donc pour la tradition éthiopienne. Pour les F\M\ que nous sommes, il existe une version un peu différente que l’on retrouve dans des romans d’inspiration maçonnique. Elle évoque un troisième personnage-clef. Les MM\ le connaissent bien, il s’agit d’Hiram l’architecte du Temple.
Cette version dévoilée par Gérard de Nerval dans son fameux « Voyage en Orient », paru en 1850, fait coïncider la visite de la Reine de Saba avec la présence d’Hiram à Jérusalem. Salomon souverain mais aussi mage, entreprit sur ordre de Dieu de faire construire un grand temple à Jérusalem pour abriter l’Arche d’alliance. Incapable de diriger les travaux malgré sa grande sagesse et ses immenses talents et ne disposant pas dans son royaume d’un architecte digne de cet ouvrage, le roi fit venir de l’étranger Hiram, maître dans l’art du Trait. Voici la légende telle qu’elle est rapportée dans un rituel du XIXème siècle, qui n’est qu’une des nombreuses interprétations de cette légende : Pendant la construction du Temple, Balkis reine de Saba vint à Jérusalem pour rencontrer Salomon, constater sa sagesse et contempler les merveilles de son royaume. Elle admira surtout le Temple qui se construisait, et voulut connaître l’architecte Hiram. Elle insista tant que le roi le lui présenta. En le voyant, la reine fut troublée. Elle voulut aussi voir l’armée d’ouvriers qu’il dirigeait. Alors pour lui faire plaisir, Hiram traça dans l’air un T mystérieux, l’initiale de Tyr et aussitôt tous les ouvriers de diverses nations se rangèrent, les charpentiers à droite, au centre les maçons et ceux qui travaillaient la pierre, et à gauche, les mineurs et les fondeurs. A un autre signe tout aussi mystérieux, la grande masse demeura immobile et silencieuse. C’est à ce moment là que la reine se rendit compte, que sa propre puissance ou celle du roi Salomon, n’était rien à coté de celle du grand constructeur. La reine de Saba voulut également assister à la coulée de la mer d’airain. Les trois compagnons, Jubélas le maçon, Jubélos le charpentier, et Jubélum, le mineur, vouant une haine terrible au grand architecte depuis qu’il leur avait refusé le grade de Maître décidèrent de profiter de l’événement pour se venger. Ils sabotèrent le travail. Ainsi, Jubélas mêla le calcaire avec la brique, Jubélos prolongea les traverses de poutres pour les exposer à la flamme, et Jubélum mélangea à la fonte les laves sulfureuses. Bénoni, un jeune ouvrier dévoué à Hiram, surprit le complot et en avertit Salomon, Mais le grand roi, jaloux d’Hiram, et content qu’il subisse un échec devant la reine dont il était amoureux, ne fit rien pour éviter la catastrophe.
La coulée d’airain fut un désastre. Hiram désespéré songeant à la reine de Saba dont il s’était aussi épris ne quitta pas les lieux. Il allait être englouti sous les flots de ce métal brûlant lorsqu’apparût Tubalcaïn, fils de Lamzeh qui l’amena au centre de la Terre où l’on pouvait goûter aux fruits de l’arbre de la Science, et Tubalcaïn, cet ancêtre des constructeurs, lui fit don de son précieux marteau. Revenu sur la terre, grâce à ce merveilleux instrument, Hiram répara le désastre. La reine de Saba, remplie d’admiration eut le cœur inondé de joie. Un jour Hiram qui cherchait la solitude, vint sans le vouloir à la rencontre de la reine de Saba. C’est alors qu’ils décidèrent de se prendre pour époux et de quitter tous les deux Jérusalem. Mais les trois mauvais compagnons se présentèrent au roi et lui dire que chaque soir Hiram se glissait sous la tente de la reine et restait avec elle jusqu’à l’aube. Quand Hiram informa le roi Salomon de son désir de quitter Jérusalem, celui-ci ne fit aucune objection. De son côté, après avoir confié à Hiram qu’elle gardait en son sein le fruit de leur amour, la reine de Saba quitta Jérusalem. Hiram visita une dernière le Temple avant son départ et c’est alors qu’il fut assassiné par les trois compagnons. Nerval a transposé dans son roman ce qu’il pensait être le mythe fondateur de la Franc-maçonnerie. Christian Jacq a repris partiellement cette histoire dans son roman « Maître Hiram et le Roi Salomon ». Voilà, mes Sœurs et mes Frères, l’histoire, on pourrait presque dire les histoires de la légendaire Reine de Saba. Alors, cela nous amène tout naturellement à la question suivante : Pourquoi avoir choisi le nom de « Reine de Saba » pour ce nouvel atelier de la GLCS ? Les raisons sont multiples : La première est évidente : La reine de Saba est liée directement à Salomon, et donc, de facto, au Temple et à la légende d’Hiram, fondateur pour nous autres maçons. C’est l’occasion de rappeler à nos Frères Apprentis, qu’une grande partie de nos symboles et des éléments présents dans l’atelier sont issus de ce mythe. Le siège du vénérable, par exemple, s’appelle « le trône de Salomon ». Les colonnes à l’entrée du Temple portent les lettres J et B, premières lettres des mots Ja…et Bo… qui étaient inscrits sur les colonnes du Temple de Jérusalem… C’est aussi à cause de la légende hiramique qu’on appelle les MM « Enfants de la veuve » car chaque maître est considéré comme une réincarnation d’Hiram et comme tel, enfant de sa veuve. La deuxième raison du choix de ce nom pour notre nouvel atelier est tout aussi évidente : par ce choix, nous rendons hommage à travers « La reine de Saba », aux femmes, j’ajouterais volontiers aux femmes « souveraines ». De nombreuses obédiences ont fermé leurs portes aux sœurs ou refusent encore la mixité, au nom d’une lecture restrictive des landmarks. Les membres fondateurs de la GLCS, tous maçons d’expérience, en ont décidé autrement. Le choix du nom de cet atelier, je devrais dire loge car le mot est féminin, va donc dans ce sens. La troisième raison c’est que la reine de Saba est une figure extraordinairement moderne. Imaginez, pour son époque (il y a près de 3000 ans) mais aussi pour la Bible ! Une femme belle, libre, sage et indépendante, qui de surcroît exerce le pouvoir politique…et qui parle d’égal à égal avec le plus sage des rois : Salomon. La quatrième raison qui justifie le choix du nom de la Reine de Saba pour notre atelier est sa dimension universelle. En effet, nous la retrouvons dans la Bible aussi bien dans l’Ancien que le Nouveau Testament, mais aussi dans le Coran. Elle est commune aux religions abrahamiques que sont, le judaïsme, le christianisme et l’Islam. Je rappelle, à ce sujet, que nous prêtons serment sur ces grands livres au cours de notre initiation comme lors de nos augmentations de salaires.
Enfin, en plus du lien avec la légende hiramique, on peut voir dans le voyage de la Reine de Saba, une dimension maçonnique à travers plusieurs points : - C’est la recherche de la sagesse qui motive la rencontre avec Salomon. La jeune reine ne se contente pas d’une vie pourtant enviable et confortable mais va quitter longuement son royaume pour partir à la recherche de la Sagesse. N’y a t’il pas là un peu de la démarche que chacun d’entre nous a fait un jour pou pousser la porte de Temple ? - D’autre part, il y a dans l’histoire de la reine de Saba, la notion de voyage, voyage dont elle revint enrichie que l’on peut rapprocher des voyages si importants dans nos rites maçonniques, pratiqués et symbolisés au cours de l’initiation et des augmentations de salaires qui suivent. Enfin, la rencontre des deux souverains illustre la possibilité d’abolir et de dépasser le conflit entre l’homme et la femme. Elle témoigne d’une absence de domination de l’un sur l’autre lorsque les deux sont sages et peuvent se parler d’égal à égal…c’est aussi ce que nous avons toujours pensé, ici, à la Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité.
Alors, longue vie à notre nouvel atelier, longue vie à « La reine de Saba ».

J’ai dit V\M\.

Source : www.ledifice.net

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La Table d'Emeraude

13 Octobre 2015 , Rédigé par A\U Publié dans #Planches

La Table d'Émeraude, en latin « Tabula Smaragdina » constitue le plus court résumé, sinon le plus clair, du Grand Œuvre alchimique. D'après la légende, cet abrégé de l'opus aurait été gravé avec une pointe de diamant sur une lame d'émeraude et découverte par les soldats d'Alexandre le Grand à l'intérieur de la grande pyramide de Giseh. Cette légende est avant tout un témoignage de l'origine à la fois grecque et égyptienne de l'hermétisme, et un hommage rendu par l'esprit hellénique à la vénérable ancienneté de la sagesse qui avait fleuri dans les sanctuaires des bords du Nil. L'auteur de la Table d'Émeraude reste un inconnu malgré les supputations qui la font attribuer à un philosophe néopythagoricien du 1er siècle de notre ère, Apollonius de Tyane dont l'existence semble d'ailleurs avoir été plus mythique qu'historique. Hermès Trismégiste, Hermès le « trois fois grand » (telle est la signification de Trismégiste) qui se désigne à la fin du texte de la Table comme son auteur, est tantôt considéré comme un sage égyptien, un adepte de la Gnose qui aurait vécu peut-être au Ilème siècle avant J.C., tantôt comme le dieu lui-même, qui apparaît dans le panthéon égyptien comme le premier ministre de Thot ? Dieu lunaire, et qui sera assimilé par les Grecs, vers le IVe siècle avant J.C., au Logos, c'est à dire au Verbe. C'est ainsi que Platon l'évoque dans son dialogue intitulé Cratyle ; Hermès est également appelé psychopompe (ou guide des âmes), il agit au niveau du ciel, de la terre et des enfers, il est le maître des trois mondes, et voici peut-être au travers de ces précisions l'explication du qualitatif « trismégiste ». Quoiqu'il en soit de son origine ou de son auteur, la Table d'Emeraude ne sera connue en Occident qu'au XIIème siècle dans une traduction latine dont le philosophe et savant Albert le Grand, provincial des Dominicains, théologien, maître de St Thomas d'Aquin, canonisé lui-même mais beaucoup plus tard, se fit le propagateur. Le texte original grec, qui n'a pas été retrouvé, avait auparavant transité par des traductions syriaques et arabes. Albert le Grand en effet tient un grand nombre de ses connaissances scientifiques et alchimiques de la source arabe et de la civilisation ibéro-islamique dont le centre de Culture était la ville de Cordoue (ce n'est pas pour rien qu'un important colloque scientifique international s'est déroulé à Cordoue sur le thème "Science et Connaissance" !). On notera aussi que les savants arabes du Moyen-âge nourrissaient une très grande vénération pour le réel ou mythique Apollonius de Tyane considéré comme l'auteur du Secret de la Création des Etres, livre qui développait une véritable cosmologie et cosmogénèse et qui s'achevait sur les préceptes de la Table d'Emeraude que nous lisons dans la version qu'en donne Fulcanelli en ses Demeures philosophales :

Il est vrai, sans mensonge, certain et très véritable

La première phrase est, comme on voit, très affirmative et redondante. La même idée est exprimée quatre fois, clôturée en elle-même par une sorte de quaternité expressive.
On a le sentiment que l'auteur de la Table définit l'espace quadrangulaire d'un mandala. Si l'on accepte l'interprétation jungienne du mandala comme enfermant la figure psychologique du Soi, ou de l'idéal du moi, on pourra admettre que la materia prima, la matière première de l'alchimiste auquel s'adressent les préceptes de la Table, est analogiquement sa psyché même, tout autant que le mercure philosophique grâce auquel il prétend élaborer la pierre philosophale, en vue d'une spiritualisation de la matière. Celle-ci, l'intention de spiritualisation, est perceptible dans la formule du premier principe exposé.

Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut

Autrement dit le monde terrestre a son modèle céleste ; c'est la formule de l'analogie appliquée à l'espace ; chaque geste d'en bas procède d'un archétype qui est "en haut". Ainsi les Idées pour Platon se projettent dans la réalité matérielle. Cependant, pour l'auteur de la Table d'Emeraude, l'analogie est réversible et la proposition admet sa réciproque : et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. La formule ainsi complétée combat le thème de la supériorité de l'Idée sur la matière. L'homologie est complète entre le bas et le haut, si bien que ces positions spatiales ne sauraient désigner une hiérarchie de type moral ; ce qui est « en haut » ne peut se targuer d'aucune préséance sur ce qui est « en bas ». Appliquée à l'univers humain la phrase définit les conditions d'une parfaite égalité en même temps que celles d'une différenciation nécessaire entre le haut et le bas des couches sociales. Ce précepte hermétique n'est il pas celui qui régit la démocratie exemplaire et cependant ordonnée, hiérarchisée des Loges ? Ce qui est dit du haut et du bas, du zénith et du nadir, peut aisément être étendu au midi et au septentrion, à l'orient et à l'occident. La vie d'un Atelier est en effet fondée sur l'échange et la circulation des rôles que, tour à tour, nous sommes amenées à y jouer. Projetée sur notre entité psychique la phrase hermétique nous invite à ne négliger aucun aspect de notre personnalité ; nos fonctions ont beau être hiérarchisées de la "terre" du corps au « ciel » de notre intellection, elles ont chacune la même importance ; si bien que l'unité psychique consistera dans une correspondance parfaite entre le corps, l'âme et l'esprit, qui sont les trois étages du microcosme humain. Egalement, suivant le postulat qui nous est cher, le microcosme humain n'atteindra son unicité que s'il se met en harmonie avec le macrocosme, c'est à dire avec les grandes lois qui, régissent l'univers ou la Nature. Toujours dans le même sens, notre extériorisation correspond à notre intériorité et notre intériorisation répond à ce qui est notre extériorité. Et l'on peut dire encore que le moi se modèle progressivement sur le soi, et que la découverte de soi ou du Soi dépend aussi de notre moi.

… par ces choses se font les miracles d'une seule chose

C'est cette seule chose qui est le centre de tout, le foyer par lequel transitent et s'échangent les choses du haut et du bas. La pierre cubique représente pour la Franc-maçonnerie cette unité qu'il poursuit, de même que la pierre philosophale symbolise pour l'alchimiste le sens unitaire de sa propre quête. Dans les deux cas la pierre apparaît comme un lieu de concentration des énergies telluriques et des énergies célestes, et le temple, qui est un agrégat de pierres, reçoit de cet échange et de cette circulation des influences d'en haut et d'en bas, sa raison d'être physique et sa signification métaphysique.

Et comme toutes les choses sont et proviennent d'UN, par la médiation d'un, ainsi toutes les choses sont nées de cette chose unique par adaptation :

L'accent est mis sur l'Unité fondamentale. Les physiciens actuels nous ont familiarisés avec un schéma d'organisation de l'univers qui ne contredit pas l'affirmation de la Table : à l'origine, avant que n'apparaissent les galaxies et les étoiles au sein des galaxies, avant que les atomes n'accomplissent leur différenciation par la fusion nucléaire au sein des étoiles, il y aurait eu de vastes nuages du gaz que nous appelons hydrogène, le plus léger de tous les éléments chimiques, dont le numéro atomique est égal à 1, puisqu'il est constitué seulement d'un proton et d'un électron. Pour l'astrophysicien moderne l'hydrogène est la matière première de l'univers, les autres corps ayant été obtenus par une densification progressive de celle-ci. Je ne m'aventurerai pas plus longuement dans ce genre d'hypothèses, à la considération desquelles il faudrait ajouter que la matière elle-même, fût elle gazeuse, n'est peut-être qu'un aspect de l'Energie première envisagée comme vibration périodique, c'est à dire comme une onde sonore ou visuelle, soit comme Verbe ou comme Lumière, selon les enseignements du prologue de St Jean. On aperçoit d'ailleurs que la physique n'est que le spectre visible ou audible des grandes questions métaphysiques qui motivent et appellent notre recherche. L'alchimiste, à l'opposé du chimiste, qui voudrait s'en tenir aux seules notions positives ou observables, l'alchimiste prend en compte le problème physique dans sa dimension métaphysique et religieuse : « En ce temps là la science et la foi se saluaient, égaux convives au banquet du Savoir ». Prenant conscience de l'unité du cosmos, de l'identité substantielle du micro et du macrocosme, l'alchimiste sait qu'il appartient à une fraternité universelle de la vie et il sait que les règnes réputés sinon inertes du moins inanimés, par exemple les minéraux et les métaux, sont eux aussi des manifestations de la vie dans sa globalité : c'est pourquoi d'ailleurs, fort de cette certitude, l'alchimiste n'hésite pas à projeter des images anthropomorphiques sur les mélanges qui s'opèrent dans son athanor. De même le Franc-maçon est, au moins à l'égard de tous les êtres pensants de la planète un universaliste : il présuppose l'existence d'une "chaîne d'union humaine" dont les maillons extrêmes touchent les autres espèces vivantes, car la chaîne du Vivant régie par l'Amour ou l'Eros universel prolonge et double en quelque sorte la chaîne de l'humanité.

Le Soleil en est le père, et la Lune la mère. Le vent l'a porté dans son ventre. La terre est sa nourrice et son réceptacle. Le Père de tout, le Thélème du monde universel est ici.

Le « thélème » c'est l'anima mundi, ou mieux le « spiritus mundi », « l'esprit du monde » le principe de tout ce qui vit, c'est à dire de tout ce qui est puisque, nous venons de le voir, tout ce qui est participe de quelque façon à la positivité de la vie. (Et ainsi la mort n'aurait pas d'existence substantielle, la mort n'étant que la disparition d'une apparence en vue de la constitution d'une autre apparence). L'esprit de la vie est la résultante des quatre éléments. On notera pourtant que le texte de la Table n'évoque pas l'Eau, quoique celle-ci soit structurellement représentée par la Lune. La conjonction hermétique du Soleil et de la Lune est en effet représentable par la superposition du triangle alchimique du feu et du triangle alchimique de l'eau qui forment ensemble la figure d'une étoile à six branches que l'on appelle le "sceau de Salomon". Le sceau de Salomon représente l'achèvement du grand Œuvre et son point central correspond à la pierre philosophale née de ces noces alchimiques. Le Soleil et la Lune suffisent pour l'engendrer (le Soleil en est le père et la Lune la mère) mais non pour produire sa manifestation : car la pierre philosophale qui est l'équivalent de l'esprit du monde ou du « thélème » évoqué par le texte, doit devenir "poudre de projection" ou "souffle vital" et alors c'est en effet le vent qui le porte dans son ventre. Au niveau de la terre "sa nourrice et son réceptacle" elle rencontre la matière elle-même et s'y incarne. A l'inverse de ce qu'on connaît par l'initiation (les épreuves de la terre, de l'air, de l'eau et du feu) l'esprit du monde parcourt les éléments selon une gamme descendante et à son dernier stade trouve son incarnation. Pour les maçons, la démarche est très normalement ascendante : nous venons des formes obscures de la manifestation et de la chair pour nous élever vers l'apparition lumineuse de l'esprit du monde, vers cette gloire du Grand Architecte de l'Univers dont l'aurore est symbolisée par le premier enlèvement du bandeau sur nos yeux. On peut encore remarquer que la quaternité élémentaire, équivalent à la structure carrée d'un mandala comme nous l'avions déjà observé à propos de la première phrase, a pour résultante un cinquième élément (qu'on appelle parfois la quintessence), lequel cinquième élément opère un retour à l'unité ‑ qui est le Père de tout. Il n'y a donc pas de chronologie certaine dans le Grand Œuvre : l'esprit du monde, qui est la quintessence ou l'essence de tout ce qui est à la fois l'origine de la différenciation élémentaire et le résultat de celle-ci. Elle est la fin et le commencement suivant la parole de l'Evangile appliquée à cette autre "pierre" que fut le Christ (il convient en effet de rappeler que le Christ est pour l'alchimiste une manière de lapis philosophorum ou de pierre philosophale). Le Thélème est l'Alpha et l'Omega, et il nous faut abandonner l'idée rationnellement scientifique d'une série causale où tout effet s'explique par une cause antérieure. La Table d'Emeraude évoque un système ou toute chose causée est en même temps causante, où la « Nature » comme dirait Spinoza est à la fois naturée et naturante. Ainsi les catégories du temps ordinaire où il y a un « avant » et un « après » s'abolissent dans le Grand Œuvre. Il ne reste plus peut-être qu'un « éternel » présent : le Père de tout, le Thélème universel est ici.

Sa force ou puissance reste entière, si elle est convertie en terre.

Entendons peut-être qu'elle doit se soumettre à un devoir d'incarnation, sous peine de demeurer virtuelle et sans efficace. De même sommes nous invités à nous tourner vers la matérialité du monde profane pour faire rayonner nos principes dans la "terre', qui en a le plus besoin.

Mais, ajoute le texte, Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l'épais, doucement avec grande industrie.

Fixer le volatil, volatiliser le fixe disent encore d'autres textes alchimiques. Il s'agit de tirer toute chose de son contraire, de découvrir le feu dans la terre, la lumière de l'obscurité, d'aboutir en somme à une spiritualisation de plus en plus grande de la matière. Telle est aussi la méthode maçonnique qui rend capable de percevoir et d'exprimer la conjoncture ou la complémentarité des opposés, qui rend de cette façon apte à comprendre et à surmonter les oppositions binaires : et l'eau n'éteint pas le feu, pas plus que le feu ne fait disparaître cette dernière. Nous conservons ensemble l'eau et le feu et nous profitons de la dynamique de leurs tendances opposées. Il monte de la terre et descend du ciel, et reçoit la force des choses supérieures et des choses inférieures. Ainsi l'esprit du monde ne néglige aucun apport. Toute la force du thélème est une sorte d'égrégore des forces contraires et unies. De même la force d'une loge provient de la diversité de ses composantes humaines, dont les unes sont plus "manuelles" et les autres plus « intellectuelles » (mettons des guillemets à ces deux qualificatifs, car il existe un aspect pratique de l'intellectualité comme il y a, d'évidence, une intelligence des mains). Des tendances caractérielles différentes qui, ailleurs, dans le monde profane, entreraient en conflit sont, au sein de la Loge, harmonisées en vue du profit supérieur à la fois des individus et de leur assemblée égrégorique. Enfin, dit la Table d'Emeraude ‑ et c'est là-dessus que j'arrêterai mon commentaire, car les dernières phrases ne sont qu'un récapitulatif de ce qui précède ‑ Tu auras par ce moyen la gloire du monde, et toute obscurité s'enfuira de toi. La « gloire du monde » doit être entendue non comme le souci d'une quelconque célébrité mais comme l'équivalent terrestre de la béatitude céleste. La gloire est alors l'éclat dont toute chose se trouve revêtue sous l'œil de l'initié qui la regarde. La nature, les êtres qui partagent notre vie quotidienne comme ceux que nous n'apercevons qu'un instant, prennent un sens nouveau sous l'œil de l'initié qui sait et qui contemple. Qu'est ce que le sentiment du sacré sinon la possibilité d'envisager chaque chose pour elle-même et en elle-même sans nous préoccuper de la ramener dans la sphère de l'utilitarisme ? Alors les êtres et les choses cessent de nous être des moyens propres à satisfaire nos intérêts. Tout ce qui est nous apparaît comme existant pour soi, et nous-mêmes nous sentons que nous vivons pour nous, ou plus exactement en vue de la réalisation du "soi" évoquée au début de ce propos. La splendeur de la liberté flotte sur toutes les apparences et auréole ou glorifie notre propre présence dans le monde. Ce miracle ontologique, cette coïncidence parfaite de la vie et de l'être c'est ce qu'Hermès Trismégiste nomme « I'Oeuvre solaire complet », qui vainc toute chose subtile et pénètre toute chose solide. C'est alors que l'Esprit est devenu Matière et la Matière est devenue Esprit. L'esprit et la matière cessent d'être antinomiques, deviennent homogènes l'un à l'autre. Nous reconnaissons bien là la cible idéale qu'en Fils de la Lumière nous visons quoique les buts réellement atteints soient en bas assez souvent moins glorieux que ce qu'ils doivent être en haut.

Publié dans Points de vue initiatiques 1987

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Les secrets véritables des Maîtres Maçons. Les mots substitués

9 Octobre 2015 , Rédigé par A/B Publié dans #Planches

D. - Comment voyagent les Maîtres Maçons ?
R. - de l’Orient à l’Occident et de l’Occident à l’Orient et par toute la terre
D. - Dans quel but ?
R. - pour chercher ce qui a été perdu, rassembler ce qui est épars et répandre partout la Lumière
D. - Qu’est-ce qui a été perdu ?
R. - les secrets véritables des Maîtres Maçons.
D. – Comment ont-ils été perdus ?
R. – par « Trois Grands Coups » qui ont causé la fin tragique de notre R\M\ HIRAM


Le mythe, qui voit dans la mort de HIRAM la perte des secrets véritables des Maît\ Maç\ nous invite donc à rechercher ce qu’est le secret de la F\M\ et ce sujet est un des éléments de base sur lequel s’édifie notre quête Maçonnique. Cette soi-disant perte est un symbole mystérieux et je ne prétends pas retrouver quoi que ce soit … mais on peut toujours en parler entre nous.

I. De la nécessité du mythe et son contexte.

Ainsi donc, l’histoire commence par un deuil qui est la conséquence d’un meurtre, c’est dire que l’ambiance générale est à la tristesse et que les MM\ MM\ présents épanchent leur chagrin par des larmes libératrices. Le T\V\M\déplore, en parlant de Hiram, que « hélas, lui seul possédait le secret de l’œuvre en cours d’exécution ». Voilà le problème posé. Aussitôt le T\V\M\ pense à « l’après Hiram » et il interroge « qui oserait maintenant se présenter pour lui succéder ? ».
La réponse viendra plus tard mais déjà par cette question, à ce moment-là, les FF\ sont invités à ne pas s’apitoyer sur eux même. D’ailleurs le T\V\M\ intervient sur le plan moral par cette injonction « ne perdons pas courage » et il indique la conduite à tenir dans l’immédiat :
« arracher les restes à ses meurtriers », il est pragmatique « rendre les honneurs funèbres à sa dépouille » : pour le respect et la dignité dus au défunt enfin, pour ouvrir le champ des possibles, tout cela avec dit-il « l’espoir de recueillir quelques traces de sa science ». Outre le chagrin, quelles sont les émotions qui habitent les FF\ à ce moment-là ? Quel est leur état d’esprit ? Vraisemblablement ressentent-ils la colère et la révolte, l’incompréhension, le dégoût, le désir de justice qui mène à la recherche des coupables - avec un désir de vengeance ? Car après avoir été capturés les meurtriers subissaient, d’après la loi de cette époque, le châtiment suprême pour venger le défunt et sa famille. Nous connaissons la suite et la fin de l’histoire qui nous amène sur un tout autre plan que celui de considérations matérielles, obscures, brutales et bornées. Mais revenons sur le chantier à la tombée de la nuit de cette journée-là. Hiram resté seul dans l’enceinte du temple reçoit deux coups puis un troisième qui est fatal. Il pouvait sauver sa vie en satisfaisant la volonté de ses agresseurs mais il choisit « la mort plutôt que de violer le Secret qui lui a été confié ». Cette mort ressemble donc à un sacrifice, un de plus dans la longue histoire des mythes à travers les époques. Hiram reste fidèle à son engagement, à ses idéaux. Quant au comportement des Comp\, il est moins clair. En effet, ils accumulent ce qui ressemble à des erreurs. Pourquoi avoir enseveli le corps si près du lieu du crime ? Pourquoi planter un Acacia en ce lieu ? lequel des trois Comp\ a eu cette idée, quel était son dessein ? En laissant de tels indices, ils donnent l’impression de vouloir être retrouvés. Et cela arrange bien les chercheurs que nous sommes. Alors, que savons-nous ?! Nous disons que Hiram a respecté ses serments solennels jusqu’au sacrifice. En sommes-nous sûrs ? Et si le mythe nous mentait ? Et si Hiram avait parlé ? C’est une hypothèse, pas une provocation. Un autre départ serait alors que les Comp\ se retrouveraient très embarrassés avec de bien encombrants secrets. En effet, en tant que créateur de l’œuvre, Hiram avait en tête la totalité de son projet architectural. Les Comp\, eux, n’avaient qu’une connaissance fragmentaire et imparfaite des plans et de l’idée « divine » détenue par Hiram puisque ces Comp\ n’étaient que des exécutants. Ils auraient été reçus avec les MM\. Qu’auraient-ils faits ? Qu’auraient-ils dits ? Combien de temps auraient-ils tenu sans être démasqués ? Mais la vérité est que Hiram n’a rien révélé et qu’il a été mortellement privé de la parole, ce qui nous pénalise, nous les MM\ MM\. Intuitivement nous comprenons que Hiram était au service du bien. Il était un homme bon, animé par un « esprit divin » au contraire des Comp\ que l’ignorance, le mensonge et l’ambition rendaient dépendants de l’esprit du mal. Cet esprit cherchait à ravir la puissance du premier pour prendre sa place. Et temporairement, le mal l’a emporté. Et que déplorons-nous le plus ? La perte de secrets ou le fait que les mauvais Comp\, en assassinant Hiram sont parvenus à détruire l’esprit d’harmonie qu’il symbolisait ? C’est en quelque sorte une mort libératrice mais qui condamne les MM\ MM\ à la liberté. Il est bien entendu nécessaire que Hiram meurt. Avec ou sans mauvais Comp\, le temple n’aurait-il pas été achevé ? Il faut se rappeler que deux autres personnes détiennent les clés du savoir et d’une certaine Connaissance. Il s’agit des deux Rois : Salomon et Hiram Roi de Tyr qui, de par leur fonction royale sont investis de pouvoirs particuliers. Ils forment un tri-magistère qui organise le chantier et s’assure du bon déroulement des travaux. Mais sans la mort de Hiram nous aurions été privés d’une histoire édifiante, édifiante dans le sens d’élévation spirituelle. De nombreux mythes sur la condition humaine rendent nécessaire la désobéissance, la révolte ou la transgression face à une autorité toute puissante. Dans l’histoire biblique du commencement, Adam et Eve passent outre un commandement divin et ils acquièrent indûment la connaissance du Bien et du Mal. Cela provoque un changement d’état et de plan de conscience ce qui les rend semblables aux dieux (au pluriel). Nous comprenons que nos besoins physiques primaires (biologiques) et psychiques nous lient par leur fonctionnement automatique. Par la transgression nous avons la faculté de nous en affranchir sans pour autant nous en abstraire, ce qui serait un non-sens. Plus tard, Moïse brisera les Tables de la Loi et plus tard encore Judas trahira Jésus. Pour ne citer que ceux-là car les rebellions sont nombreuses dans les Ecritures. Des récits représentatifs émanent d’autres cultures, je pense au mythe d’Isis et d’Osiris que je n’aborde pas non pas par désintérêt mais parce que je me sens plus à l’aise dans le domaine judéo-chrétien. Et malgré la mort du Maît\, paradoxalement, l’édifice sera achevé.

II. De l’outil au Logos
Ce paradoxe permet d’aborder les divers aspects de la Parole qui est l’outil qui donne forme au récit, que les mots habillent et que le nom désigne. Tout d’abord, la Parole véhiculerait-elle des secrets que nous ignorons pour n’en avoir pas conscience ou par ignorance ? Les trois premiers chapitres de la Genèse nous livrent quelques clés pour comprendre le processus de création par Dieu et Adam. Au commencement, Dieu sépare la lumière et les ténèbres. Il appelle la lumière « jour » et les ténèbres « nuit ». Le fait de nommer organise le temps par séparation et spécification. Ensuite Dieu crée l’homme à son image, ainsi que la femme. La divinité crée par le pouvoir et la force de la Parole sur une Terre informe et vide. Aucun témoin n’intervient dans cette première étape qui symbolise l’état d’inconscience du monde. Dans le chapitre II, Dieu modèle les bêtes sauvages et confie à Adam le soin de les nommer. Adam est ainsi préparé à prendre conscience de son environnement. Le chapitre III voit Adam et Eve émerger dans le conscient. Le serpent, nouvel acteur, entre en jeu et il dialogue avec Eve pour lui proposer de manger le fruit défendu. Celle-ci accepte et en offre à Adam qui reste étrangement silencieux. C’est ainsi que le couple entre dans le monde du langage et de l’expérience au prix d’importantes modifications de leur état primordial. Mais l’homme conserve le souvenir de son ancien pouvoir - celui de nommer - et qu’il vient de perdre en étant chassé du Paradis. Dans les Traditions Egyptiennes et bibliques, seuls certains prêtres connaissent le secret du nom divin et ont le pouvoir de le prononcer. A condition toutefois de savoir le prononcer correctement sinon la mort frappera l’imprudent. Paroles et mots servent jusqu’ici à nommer des individualités : Dieu, homme, animaux ou objets dans un but métaphysique le plus souvent. La parole est aussi utilisée socialement pour satisfaire des obligations politiques ou religieuses. La Grèce antique a vu l’éclosion de nombreuses écoles qui exaltaient la puissance de la parole. Celle-ci parfois coupée de la réalité proposait d’accéder à une connaissance logique et désincarnée. Son apprentissage vise l’efficacité et ne nécessite ni connaissance de soi, ni connaissance de l’autre car seule l’intellectualisation du langage est recherchée. Ces philosophies qui conviennent au monde profane vont à l’encontre de ce que nous imaginons en Maç\ car pour nous elles sont source d’ignorance. Les secrets véritables qui ont été perdus ne sont pas du même ordre. Les mauvais Comp\ pensaient qu’ils relevaient de la communication d’un savoir alors que notre recherche se place sur le plan de la Connaissance synonyme ici de qualité d’être. Je m’arrête aussi sur l’épisode Babylonien représentatif des dangers du langage soi-disant unique. Cette légende nous dit que Noé et les siens ont bâti une ville et une tour dont le sommet atteint le ciel. Leur but est de s’installer durablement et de ne pas disperser leur force. Ils parlent tous la même langue, sont unis et réussissent dans leurs entreprises. La manifestation de cet orgueil déplaît à Dieu qui les disperse sur toute la surface de la terre car, dit-il, « tout ce que les hommes entreprennent ensemble leur réussit ». Ce pourrait être une bonne chose mais connaissant les hommes, n’est-ce pas là plutôt une illustration du risque totalitaire ? Un seul peuple, un seul langage, une seule parole dans la bouche d’un seul chef ? Quelle place aurait été donnée aux étrangers ou à ceux qui refusent dogmatisme et fanatisme ? Les mots avaient perdu leur sens ce qui rendait la parole incompréhensible ou bien le dialogue devenait un simple bavardage. De la confusion des langues naît l’obligation pour l’homme de rassembler ce qui est épars, à condition de savoir chercher, savoir et vouloir trouver ce qu’il pense être perdu.

III. Chercher ce qui a été perdu
Une chose est sûre : nous savons où retrouver un Maît\ perdu. On le retrouverait « entre l’Equerre et le Compas », ou bien « au Centre du Cercle ». Et par un heureux hasard, retrouverait-il lui-même à cet endroit les secrets véritables des MM\ MM\ ?! Ainsi, est-il permis de penser que ces secrets symboliquement disparus avec Hiram auraient un rapport avec l’Unité ? Au XII ème siècle, des philosophes ont utilisé le cercle – symbole de l’espace clos – pour définir Dieu. La phrase est bien connue : « Dieu est une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part ». Ils parvenaient à dire la vertigineuse problématique du cercle avec ses rapports du centre à la périphérie, et la difficulté de trouver les places respectives de Dieu et de l’homme. Nous, Maç\, reprenons la démarche Adamique sur le plan des idées. En nommant les animaux, Adam les faisait exister par le moyen de sons organisés qui contenaient la plénitude de ce qu’il désignait. C.à.d. la chose elle-même ou le « ça », avec le sens de son expression qui permet de situer le « ça » dans l’espace et dans le temps tout en précisant sa fonction, sa finalité, son usage, etc. Ce que les Esotéristes appellent : « la multiplicité dans l’Unité primordiale » Cette langue merveilleuse et parfaite a été perdue lorsque le 1er couple a heureusement failli aux obligations qui les rendaient semblables aux Dieux. En accédant à la Connaissance, ils ont appris l’expérience individuelle qui peut être expliquée, démontrée, imitée voire transmise mais qui demeure rigoureusement incommunicable. Adam et Eve nous disent de quitter le domaine de l’intellect pour entrer dans le devenir pour espérer Etre. Peut-être notre mémoire nous rappelle-t-elle ce monde-là lorsque par nos rituels nous sacralisons l’espace et le temps ? S’agit-il de nostalgie ou de l’espoir de retrouver pour un moment une étincelle de perfection ? Pour nous mortels, la quête de sens consiste aussi à tenter de comprendre l’ordre des choses. La multiplicité des éléments qui apparaissent indépendants les uns des autres peut-elle être reliée par une Loi qui les gouvernerait tous ? Nous rassemblons ce qui est épars, comme par exemple les pierres, pour qu’elles deviennent Temple qu’il faut ici comprendre dans son sens de Connaissance et d’Unité.

IV. Les mots forcément substitués
Quels mots allons-nous utiliser pour construire ? Des mots forcément substitués à la langue originelle. Nous avançons prudemment. Tout d’abord, nous épelons, puis au grade Comp\ nous donnons un mot de passe au risque de le mal prononcer. Au 3ème D\ le F\ 1er Surv\ revient de l’Occident avec un mot de passe et un mot de Maît\ que le T\V\M\ approuve jusqu’à ce que, dit-il, les mots véritables puissent être retrouvés. Il est clairement entendu qu’il s’agit-là d’un arrangement, d’un accommodement …
Mais plus qu’un mot, le Maç\ devient comme un Dieu qui grave les Tables de la Loi pour lui-même, les autres Maç\ s’y employant aussi. Il est souhaitable que l’homme ne commette pas l’erreur mainte fois répétée dans l’histoire de faire de cet homme le centre du monde, conséquence d’un nombrilisme désastreux qui altère les vertus de l’espérance. Peut être devons-nous avoir à l’esprit que la voie Maç\ et sa méthode favorisent la connaissance de soi et la transformation de soi pour permettre l’émergence naturelle de la Loi morale.
Les Maç\ travaillent donc à tailler les Tables de la Loi jusqu’à ce que la Loi s’y révèle d’elle-même. Pour cela, nous allons sans cesse du silence intérieur à la parole qui rend possible le dialogue. Il n’est pas dit que les aller-retour dans la verticalité doivent se faire dans le silence. Mais pour l’horizontalité il est certain que seul le langage permet d’échanger avec nos semblables. Encore que … Mais je m’en tiendrai au REAA qui nous dit que l’on transmet en substitution la première parole prononcée lors de la découverte de la dépouille de Hiram.

Frédéric Dard, alias San Antonio, fait dire à l’un de ses personnages : « les autres font ce qu’ils veulent de tes paroles tandis que tes silences les affolent ».
Le silence est l’épreuve que subissent les Ap\ jusqu’à ce qu’ils accèdent au grade de Comp\. Je dis épreuve car pour beaucoup c’est une période difficile qui n’est pas prolongée au-delà du grade d’Ap\. Le silence est ici une ascèse à durée limitée contrairement à d’autres spiritualités – exotériques le plus souvent – qui érigent le silence en discipline de vie. La discipline Maç\ vise, bien sûr, à apprendre aux Ap\ à « enfermer nos secrets dans un lieu sûr et sacré », qui est le cœur. Car il n’a jamais été bénéfique pour personne de « jeter des perles devant les porcs », comme le dit durement l’Ecriture. On ne peut communiquer un secret à qui n’a pas vocation pour le connaître. La suite du verset dit pourquoi : « de peur qu’ils se retournent contre vous pour vous déchirer ». Oui, mais parfois le silence fait peur. Quant à la parole elle peut être dangereuse, parfois aussi. Ou simplement remplir un espace immense et intervenir dans les divers aspects de la vie des individus ou des sociétés. L’épisode biblique de la résurrection de Jésus (qui devient Christ) illustre cela. Les femmes qui suivaient Jésus de son vivant se rendent à son sépulcre dont elles trouvent l’entrée ouverte et le tombeau vide de son occupant.
Dans cette histoire aussi la mort retire la parole au protagoniste. Mais depuis 2000 ans ne peut-on dire que son absence est parlante ? Le Temple dit de Salomon a été détruit deux fois au cours de son histoire. Et entre temps, il a été profané à plusieurs reprises. Où étaient les MM\MM\ pendant ces périodes troubles ? Où s’assemblaient-ils ? Participaient-ils à d’autres constructions ? Quels mots utilisaient-ils pour exprimer leurs secrets ? Comment ont-ils préservé leurs secrets ? Pour eux, je ne sais pas. Pour nous, aujourd’hui, j’ai quelques idées. La démarche Maç\ qui est collective est pratiquée par des hommes individuellement faibles, mais forts lorsqu’ils s’assemblent en L\. Forts ils resteront s’ils quittent la L\ avec la volonté de pratiquer fidèlement le Devoir. Mais on parle à l’extérieur du Temple avec des mots également substitués car il faut « penser en Maç\ et parler en profane » ai-je lu récemment. Toutefois dans l’enceinte sacralisée, nous « rassemblons ce qui est épars » en utilisant les mots substitués du REAA car seul l’usage de ces mots limite les risques de dispersion dans la manœuvre de recentrage. Le choix des mots substitués que nous utilisons est, ou a été, l’objet de discussions. J’aimerais être kabbaliste pour en discourir à mon aise. Ce n’est pas le cas. Je préfère donc retenir que le mot est le véhicule de l’idée. La narration biblique de l’histoire du peuple d’Israël est un cheminement de substitution en substitution. Souvenons-nous : L’Eternel ordonne un sacrifice à Abraham et son fils semble être le sacrifié alors qu’au dernier moment un bélier le remplacera sur l’Autel. Plus tard, la Loi morale s’inscrit dans le Décalogue ; la transmission orale devient Loi écrite, gravée. En termes d’interdictions pour certains préceptes : « tu ne … ». Sachant ce qu’il ne faut pas faire, il appartient aux hommes de s’organiser librement socialement. La substitution est double puisque l’expression de la Loi change de forme et que l’homme bénéficie à cet instant de la capacité de prendre des initiatives personnelles et collectives. Plus tard encore, au cours de son ministère Jésus dit être venu pour accomplir la Loi et non pas la détruire. L’ancienne alliance devient nouvelle – du moins pour les chrétiens – et les sacrifices n’ont plus lieu d’être puisqu’il se propose en victime expiatoire pour l’humanité. Le plan de conscience est une fois encore modifié. De Jésus il est dit dans le rituel de réception au 2ème D\ qu’ « il vint annoncer à l’Occident la Bonne Nouvelle de la Fraternité humaine : Aimez-vous les uns les autres ». Que penser de l’application de ces simples mots au cours des 2000 ans écoulés ? Les disciples de Jésus dispenseront la pensée de leur Maître par des écrits dont les mots et leur sens vont du plus simple au plus complexe et constituent la Loi morale. La Maç\ et les Maç\ y trouvent la Sagesse, la Force et la Beauté - ainsi que l’Amour - pour relever de nombreux Temples temporairement à terre.
Hiram, notre semblable, est soulevé par les Cinq Points Parfaits de la Maîtrise et le T\V\M\lui communique aussitôt les syllabes du Mot Sacré des Maîtres. Ils nous reviendront en écho, enrichis de son expérience. C’est ainsi que, avec des Mots nous bâtissons le 3ème Temple idéal et éternel. Mon F\ MO....N,je suis à l’écoute de tes Secrets véritables et de tes Mots substitués.
J’ai dit.

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Impressions d’Initiation

8 Octobre 2015 , Rédigé par C\ T\ Publié dans #Planches

Intéressé par la franc-maçonnerie, c’est après un certain temps de réflexion que j’ai demandé mon admission dans cet ordre. Lorsque l’on prend un engagement, il faut être fidèle à l’idéal que l’on s’est fixé. Cet idéal doit correspondre à l’orientation que l’on veut donner à son existence. Ainsi, l’idéal de la Franc-­Maçonnerie : recherche de la Lumière dans la Liberté, l’Egalité et la Fraternité traduit la finalité de l’existence humaine telle que je la conçois. Mais un être isolé ne peut atteindre ce but ; il est faible, il doit se heurter à tant de difficultés venant de lui-même et de ses semblables, pour les vaincre il doit être entouré de sympathie, aidé par d’autres, animés du même idéal que lui. Ceci nous amène aux diverses démarches et épreuves qui ont précédé mon initiation

· Les contacts individuels que j’ai beaucoup appréciés, dans lesquels j’ai senti la sympathie, la volonté de recherche de la valeur morale de l’individu, la sincérité de ses réponses.

· L’interrogatoire sous le bandeau, qui suscite de l’anxiété car il laisse peu de place à la réflexion. De plus, les questions sont si diverses et touchent profondément l’individu car elles le concernent directement.

C’est donc avec une grande émotion et une grande joie que j’ai appris le résultat de ces démarches et la date de mon initiation. C’est aussi avec une certaine fierté oui n’à rien à voir avec l’orgueil que l’on apprend qu’un groupe veut bien vous admettre dans son sein. Cette attente du jour de l’initiation nous permet donc de mûrir les raisons qui nous ont poussés à entrer dans la Franc-maçonnerie et à œuvrer pour un idéal commun, dans une ambiance ayant un support affectif : la fraternité, élément que je juge très important. Un autre sentiment se précise : l’anxiété résultant de l’attente des épreuves que l’on ignore. Ajoutons à cela l’impatience du dévoilement. Le jour enfin venu, nous sommes introduits dans une petite pièce sans ornements, propre à la réflexion, encore que celle-ci ne puisse se poursuivre que dans le calme de l’esprit. L’émotion et l’anxiété augmentent. Le moindre bruit de pas est perçu. Enfin, après un temps qui nous paraît excessivement long, on vient nous chercher. Après nous avoir bandé les yeux, on nous conduit dans un lieu qui appelle à la méditation. Entre la tête de mort qui rappelle la fragilité de l’existence humaine et les maximes, l’individu se retrouve en face de lui-même. C’est dans cette atmosphère qu’il est invité à repenser à son idéal, à remettre en question l’orientation de sa vie, enfin à rédiger un testament. Nous sommes donc amenés à reconsidérer notre propre vie, à mourir à la vie de profane. Bien sûr, l’homme entre dans la Franc-maçonnerie avec ses forces et ses faiblesses, face à son semblable en possession de ses propres attributs puisque telle est sa nature. Il y a donc une réaction de part et d’autre. Une prise de conscience est nécessaire afin de faire intervenir les forces de contrôle (raisonnement). Pour cela, il faut faire abstraction de soi-même, éviter de juger à travers ses propres valeurs puisque l’individu est lié à son histoire, à son éducation. Mais la croyance en la perfectibilité de l’homme doit être à la base de nos actions. C’est par l’altruisme qu’il peut être régénéré. Cette épreuve est suivie de près par celle de la terre. Celle-ci nous donne une leçon d’humilité, Nous y retrouvons le principe d’égalité. En effet, la mort ne connaît pas de barrières sociales. Cependant, quitter ceux que l’on aime, penser que l’on ne les reverra jamais, c’est une réalité qui n’est pas si facile à accepter, même si c’est un fait inéluctable. Conserver sa dignité au moment de la fin demande un certain courage. Vient ensuite l’épreuve de l’eau, symbole de purification. Régénéré, l’individu peut prendre place parmi les élus. L’épreuve de l’air représente à mon avis le souffle de la vérité et de la vie. Tout être vivant respire, s’anime, agit. La présence d’un obstacle surgissant sur notre parcours est destinée à nous rappeler l’image de l’existence parsemée d’embûches. Pour vaincre les difficultés que l’on rencontre, un effort soutenu est indispensable. La joie de surmonter les épreuves est d’ailleurs d’autant plus grande que l’effort a été important. Toutefois, la présence d’un guide est d’un grand secours en la circonstance. Pour ma part, je lui ai accordé toute ma confiance. Nous avons besoin de nous appuyer sur quelqu’un et cela justifie la solidarité humaine, voire la fraternité. Le profane est comme l’enfant qui cherche un modèle. Enfin, dernière épreuve, celle du feu. S’il symbolise aussi la purification, le feu est source d’énergie, moteur de toute action. Posséder un idéal, c’est bien, mais faut-il encore acquérir la volonté indispensable pour atteindre un but. Le parcours se termine, mais nous ne pouvons passer sous silence l’impression qui nous saisit lorsque l’on nous débande les yeux. Le profane ne peut jusque-là manifester d’assurance, il est maladroit; cependant, c’est par le tâtonnement que l’on parvient à la Lumière. C’est pourquoi, les épreuves terminées, le bandeau de l’ignorance est retiré pour donner accès à la Lumière. Ce n’est pas sans une réelle satisfaction que l’on retrouve des visages connus, voire des visages qui nous sont chers. Enfin, après l’effort, la récompense, et nous avons la joie d’être jugé digne de porter les insignes de notre Ordre, concrétisation de notre promotion. Certes, au cours de ces épreuves, une explication nous a été donnée, mais nous étions saisis d’une telle émotion qu’il est bien difficile d’en retrouver le contenu. Aussi, pour ma part, j’ai cherché à en approfondir le sens par la suite. Dans cette ascension vers la lumière, à travers les représentations symboliques des épreuves, il est une chose dont je conserverai toujours le souvenir : ce sont les manifestations de sympathie qui m’ont été témoignées. Bien que plongée dans l’obscurité, je n’ai pu voir, dès le début de la cérémonie, les visages ; pourtant, une sorte de chaleur humaine m’a été communiquée. J’en ai retiré une impression de réconfort, plus même, de la douceur. Je remercie donc toute l’assemblée et lui témoigne toute ma gratitude pour la belle cérémonie qui a présidé à mon initiation.

Source : www.ledifice.net

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Impression d'initiation : mon initiation

5 Octobre 2015 , Rédigé par F.J Publié dans #Planches

Mes FF.: et mes SS.: en vos grades et qualités

C’est pour moi une joie de pouvoir m’adresser à vous ce soir, au sein du T.: de la F.:M.:

Comme vous vous souvenez, j’ai été initié ici même, il y a un mois, sous ce même zénith, avec quelques uns d’entre vous et par certains d’entre vous. Il m’ai donné ce soir l’occasion de vous donner les impressions que m’on laissé mon initiation. Sujet passionnant et dense. Ce sera le premier écrit qui marquera au fer rouge ma conscience avec des expériences et des sentiments et bien sur des symboles qui m’ont été révélés.

Lorsque je me suis mis à écrire sur le sujet je me suis demandé s’il était nécessaire de consulter les dictionnaires et autres livres sur la F.:M.: pour aller au fond du sujet puis je me suis dis que l’initiation était un moment de vécu, que je ne devais déchiffrer que par mes souvenir et mes quelques références sur la symbolique. Je n’essaierai donc pas d’expliquer tous les symboles et tout le ressenti que cette initiation a provoqué en moi. Je me contenterai, au travers de mon vécu, de mes autres expériences initiatiques et de mes quelques connaissances dans les symboles maçons, de vous donner un aperçu personnel de cette expérience que j’ai vécu en compagnie de mes très chers FF.: Jumeaux, Michel, Marc et Robin et de tout les frères qui ont participé à notre voyage initiatique. Dans mon opinion, mon initiation commence un peu pendant les semaines qui ont précédées la cérémonie d’initiation à proprement dite. Ces semaines ont été pour moi l’occasion d’une réflexion rétrospective et introspective sur ma volonté d’appartenir à la fraternité des F.:F.:M.:M.:. Les enquêtes que j’ai subies de la part des trois frères m’on révélé la teneur des valeurs spirituelles et philosophiques mais aussi éthiques que la F.:M.: cultivait. C’est vraiment au travers de ces questions et évidement des a priori que je m’en faisais, que j’ai pris conscience de la symbiose qu’il pouvait se réaliser entre l’homme que je suis devenu, profane éclairé de quelques lumières et cette communauté d’homme loyaux, de bonnes mœurs, intéressé par l’être et le devenir de l’Humanité. A partir de cette heureuse constatation, j’ai attendu la date de votre vote avec impatience. La peur d’être stoppé dans mon élan d’être des vôtres par quelques boules noires m’a terrassé. J’ai même repensé à cette expression populaire « avoir les boules » sans trop savoir s’il y avait un lien. Vous me le direz. A l’annonce de mon acceptation par notre Vénérable, la joie a je crois mi le feu aux poudres de ma future initiation. Je m’explique. Je crois maintenant qu’il n’y initiation que s’il y a désir. Je m’attarderai donc quelques instants sur mon désir d’être initié avant de vous révéler à mon tour les symboles qui m’on littéralement traversé l’âme, si vous me permettez de nommer ainsi la jonction du cœur et de l’esprit. Ce désir est né de la rencontre avec un de vos F.:F.:, philosophe, juriste, fondateur d’une université et d’un courant de pensé qui m’a, je crois, fait toucher du doigt (le doigt de l’esprit) le moteur spirituel de la F.:M.: et d’autres courants philosophiques et philanthropiques. C’est je crois la réunification de l’individu avec le troisième élément de son indivision. J’ai peur d’être peu clair et c’est parce que je fais des raccourcis d’années de réflexions mais le concept est simple. Pour moi il n’y a pas d’individu qui puisse survivre sans les autres, sans sa tribu, son clan, sa société ou son humanité, il faut reconstituer l’homme dans une dimension triple. Son corps, son esprit et sa société. Je cherche depuis cette rencontre, avec plus ou moins de détermination, suivant les étapes de ma vie, à trouver le fil conducteur essentiel entre cet individu bancal, incomplet et cet, pardonnez moi ce néologisme, intrivitrio, ensemble inséparable du corps, de l’esprit et de la société qui l’entour. Vous penserez pour certain que je m’écarte du sujet, du sujet de mon initiation, mais non, c’est réellement lorsque j’ai compris que je pouvais, grâce à vous, les francs maçons, chercher et peut-être trouver puis comprendre cet élément, ce chaînon manquant à l’individu que je suis, que vous êtes aussi peut-être pour certain d’entre vous, que j’ai décidé que même mon sang valait la peine d’être mêlé au votre. De nombreux rites d’initiation anciens passent par le sang. Encore aujourd’hui, ces rituels ce pratiquent et pas seulement de manière symbolique, non plus de manière cruelle car il s’agit de marquer les esprits par la communion pas par la peur ou la haine. Le sang c’est notre corps, notre coté liquide, éthérique, à travers lequel nous vivons en nous rendant compte que sans ces quelques galons de liquide opaque nous ne sommes qu’une carcasse inerte, sans vie. En unifiant notre sang, symboliquement à ces autres hommes, les plus vieux, qui savent et les plus jeunes qui nous survivrons, nous devenons sages et immortels. La sagesse et l’immortalité symbolique sont les deux vecteurs qui m’on emmené, lors de mon initiation, à libérer mon corps de profane de ses métaux, de toute les superficialités qui pourraient empêcher aux penser de glisser entre les corps symboliques. Des êtres totalement égaux entrent dans le T.:, un autre espace temps, un espace métaphysique. Nous voilà arrivés au fait de l’initiation. L’esprit de corps entre les frères jumeaux commence à se concrétiser lors du rite de la division de chacun de nous en deux moitiés. Celle de droite est enchaînés par les métaux de la vie profane à droite, le travail, la vie familial, les ambitions, tandis que celle de gauche est nue et libre de chaîne, du côté du cœur, donc équipé du désir et de la liberté d’entrer dans le T.: et d’y être initié. Mais avant que de naître M.: en recevant la Lumière il faut mourir. Je reviens donc un instant à ce moment étonnant, inimaginable de l’isolement dans cette petite pièce obscure. Je me suis senti en plein mythe de la caverne. Platon m’a traversé et, à la faible lumière de la bougie, qui projette les illusions sur les murs, j’ai écrit mon testament. Moment extrêmement intime que d’écrire son testament philosophique. De faire un bilan qui sera ensuite brûlé sous nos yeux comme pour effacer la vie du profane dans son entier. Une fois initié, des cendres de ce testament renaît, tel le phénix, l’esprit libre du M.:. V.I.T.R.I.O.L. sur le mur du centre sonne aussi comme le glas de la superficialité des hommes. Le coq sur le mur de gauche chante et annonce la sentence de mort de Socrate, qui symboliquement renonce à la vie de la pensée décadente pour la survie de son esprit de libre penseur en quête de vérité. Vigilance et persévérance, à droite, sont les seuls outils du libre penseur dans le monde profane. Revenons à cet instant de l’entrée dans le temple. C’est dans le secret du murmure, que nous avons confirmé notre volonté libre d’entrer dans le temple et d’aller vers la lumière. Les rituels qui s’en suivirent furent étonnants. Une voie solennelle nous rappelait à chaque instant que tout est symbole. Beaucoup de symboles nous sont parvenus. Je n’ai pu en interpréter que trop peu mais je pense que mon année d’apprentissage sera entièrement dédiée à l’étude de ces nombreux symboles. Du Nadir au Zénith, de l’Orient à l’Occident, de l’obscurité vers la lumière, les quatre initiés nous voyagions seuls contre tous, puis accompagné d’appuis fraternels puis ensemble, libérés de nos chaînes, faisant parti de cette fraternité, renforcé par cette union. Nous prenons conscience que cette fraternité s’entre aide pour traverser le bruit du monde extérieur et ces obstacles. Mais notre corps de profane libéré de ses chaînes devait aussi être purifié par les éléments, symboliques. Le feu est resté quelques jours marqué sur ma peau. Le lendemain je pouvais voir dans ma chaire que je n’avais pas rêvée. Que j’étais différent, à jamais. De nombreux autres symboles et moment du rituel peuvent être racontés et décortiqués, mais je ne voudrais pas ni ne pourrais pas à ce jour tous les expliquer ni même encore les comprendre. Après ces voyages et ces purifications symboliques, c’est haut et fort que nous confirmons nos vœux fraternels. Alors la lumière nous a été donnée, le bandeau c’est levé, et tous ces visages fraternels me sont apparus, quelques pointes d’épées pointées sur notre poitrine, marquant un accueil et en même temps une dernière mise en garde. Vigilance et persévérance. Nous t’acceptons et nous te protègerons, même de toi-même. Regarde, derrière toi, ton reflet même pourrait te tromper. Derrière, ton Parrain, un F.: veilleras toujours sur tes arrières. Ces images seront gravées à jamais dans mon cœur. Une dernière image m’a rappelé, comme un éclair de lumière du passé, mon initiation d’officier. Agenouillé à terre, en tenue, les mains gantées de blanc, symbole d’innocence, je reçoit d’un frère, de la pointe de son épée sur mon épaule, le grade d’APP.: M.:. Aujourd’hui, mon choix d’initié est d’appartenir plus que jamais à cette fratrie qui cherche à comprendre le sens et participer de l’histoire de l’Humanité. Sans regret j’abandonne le simple spectateur, aveuglé et impuissant. Mon propos est d’être avec vous l’aspiration et l’inspiration de cette Humanité d’homme, complété par l’union de ce chaînon de liberté, d’égalité et de fraternité,

J’ai dit.

Source : http://tablierpentagonal.over-blog.org/article-5217010.html

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Impressions d’initiation

2 Octobre 2015 , Rédigé par T\-M\ S\ Publié dans #Planches

Vénérable Maître Et vous tous mes Frères, en vos grades et qualités,

J’ai le devoir de vous restituer mes impressions d’initiation à l’occasion de la cérémonie de ma réception parmi vous. Avant l’initiation, j’avais des à-priori positifs en comparaison aux fantasmes profanes sur la franc-maçonnerie, d’autant plus que je soupçonnais certaines personnes de mon entourage d’y être, lesquelles personnes ont des attitudes et des comportements exemplaires. Je me suis toujours demandé « d’où leur vient-il cette capacité à garder leur calme dans toutes les situations » ? Mes à priori se sont renforcés lorsque j’ai lu un franc-maçon qui a écrit que « Le Dieu des Maçons n'est ni Substance, ni Cause, ni Ame, ni Créateur, ni Père, ni Verbe, ni Amour, ni Rédempteur, ni Satan, ni rien de ce qui correspond à un concept transcendantal : toute métaphysique est écartée. C'est la personnification de l'équilibre universel : Dieu est architecte. Il tient le niveau, l'équerre, le marteau, tous les instruments de travail et de mesure. Dans l'ordre moral, il est la Justice ». Cette théologie me convenait parfaitement, restait à trouver la voie pour me faire initier. Aujourd’hui, je suis entrain de m’exprimer devant une assemblée de Franc-maçon, de vous livrer, mes chers Frères, mes impressions et dans ce présent où nous sommes, je réalise que moi aussi, je suis bien franc-maçon du REAA, que je porte des gants blancs et un tablier, que je bien suis bien dans une loge, que je suis dans le secret, que je suis dans ce que peu d’hommes ont pu côtoyer dans leurs courtes vies terrestres. Etre franc-maçon, plus qu’un objet d’orgueil, est un privilège et un honneur. Les impressions que j’ai eues des interrogatoires relatives aux enquêtes préliminaires sont la nécessité d’être un homme libre et de bonnes mœurs pour avoir l’opportunité de faire partie d’une confrérie qui a traversé les époques, les temps, les conflits et qui reste traditionnelle. Cette épreuve m’a montré la nécessité d’avoir une parole de fer qui ne change pas au gré des circonstances. Lorsque, pour mon audition la première fois sous le bandeau et sous les bruits menaçants des épées, je reçus des questions venant de tous les sens, j’ai appris la leçon selon laquelle, je vis comme un aveugle et qu’il est nécessaire de répondre intérieurement aux questions en donnant les réponses appropriées sans me mentir à moi-même afin d’avoir accès à la lumière. Le bandeau est une leçon sur l’état de l’homme profane qui vit sous un voile perpétuel, l’initiation seule permet d’enlever ce bandeau. L’initiation maçonnique est une formidable leçon de courage. Il m’a fallu avoir la volonté de continuer à avancer malgré mes peurs. Malgré que j’aie quitté mon domicile sans n’avoir rien dit à personne de là ou je vais, de me mettre dans une tenue d’enterrement, tout de noir vêtu, d’accepter de me faire mettre le bandeau et de me laisser emmener par des routes sinueuses sans savoir ou je vais, de me mettre à la merci d’un groupuscule pouvant me faire du mal sans que je connaisse les visages des agresseurs, mais de croire en même temps quelque part en mon for intérieur que malgré ces risques, il se peut aussi que je regagne mon domicile le soir, c’est ça le courage ! Et la franc-maçonnerie m’a confirmé que je suis courageux. Le 15 Janvier 2012, date gravée à jamais dans ma mémoire, on me conduisit dans le cabinet de réflexion ou, sous le bandeau on me demanda de me dépouiller de tout ce qui était en métal, je le fis sans discuter, ensuite je découvre au retrait du bandeau, un endroit macabre : un mûr noir, une bougie allumée, un crâne humain, des tubes avec des substances, un morceau de pain, une sorte de clochette, une instruction qui disait : « VITRIOL», à côté « Vigilance et persévérance » et des instructions menaçantes au mûr. Le temps a duré, seul dans ce coin, j’ai fixé le crâne humain pendant longtemps et je me suis dit : « L’homme se retrouve donc ainsi après la vie, moi aussi je serais comme ça » et la phrase du roi Salomon m’est revenu en tête, « Vanité des vanités, tout est vanité ». L’homme ancien est mort dans le cabinet de réflexion et il a rédigé son testament philosophique et moral. L’homme ancien est entré par la porte de la loge de manière bandée, il n’en sortira plus jamais, seul l’homme nouveau va en sortir. Ensuite, la porte s’est ouverte, le frère Expert est venu ouvrir la porte et me conduisit au sein de la loge, sous le bandeau, dans une apparence insolite, bras gauche et sein gauche nus, pied nu, corde au cou, j’en ai fait le rapprochement avec l’enfant qui vient nu, avec un cordon ombilical mais tant que celui-ci n’est pas coupé, l’enfant ne peut pas encore respirer et c’est là qu’intervient les trois épreuves de l’Air, de l’Eau et du Feu. Lors de l’épreuve de l’Air, j’ai senti une véritable peur parce qu’il y avait beaucoup de bruits, je commençais à marcher sur une sorte de pente qui brusquement est devenu un vide et le sentiment de chute m’est apparu, un frère m’a heureusement, retenu. J’ai compris ici, l’importance de l’aide des autres pour s’en sortir dans les épreuves de la vie. L’épreuve de l’eau a été moins bruyante, celle du feu a été sans bruit et à chaque fois, il fallait renouveler le serment et confirmer si j’acceptais de continuer en franc-maçonnerie, le « Oui monsieur » que je prononçais, je le pressentais, me rapprochait de plus en plus du but. Et ce serment sur le Volume de la Loi Sacrée, avec le compas pointé sur mon sein gauche était lourd en termes de mots à prononcer « Je préférerais avoir la gorge tranchée que de manquer à mon serment », après un tel serment, il faut avoir peur, même de son ombre. A la demande du V\ M\ le bandeau me fût retiré et je découvre un corps gisant au sol sous un drap, des épées dirigées vers moi, les tenants des épées ayant une main cachant leurs visages et le vénérable maître de marteler la menace liée à la trahison du serment, qui s’apparenterait à la personne gisant au sol. La grande consécration est celle où le V\ M\ s’adresse à moi en disant : « je vous crée, constitue et reçois Apprenti franc-maçon, 1er Degré du REAA » Je suis donc devenu franc-maçon, pour de vrai, le parcours a été celui d’un combattant ! Je me vis remettre, par le V\ M\ les cendres de mon testament brûlé, une paire de gants blancs et un tablier blanc. Je découvre la chaîne d’union, la façon de se mettre à l’ordre, la façon d’acclamer, le mot de passe et l’Agape, qui a été un merveilleux moment de partage et d’échange. Le mot fraternité a pris tout son sens. L’initiation m’a marqué pour la vie, je n’oublierais jamais le bandeau, le cabinet de réflexion, le serment ; l’initiation m’a marqué par le rappel que je me fais chaque jour des épreuves subies, lesquelles épreuves me guident chaque fois je sens l’impulsion monter, chaque fois que la passion veut prendre le dessus, chaque fois que l’émotion veut l’emporter sur la raison.
Vénérable Maître, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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De l'Ombre à la Lumière

1 Octobre 2015 , Rédigé par D\ L\ Publié dans #Planches

Avant de recevoir la lumière et de travailler à l’ombre sur la colonne du septentrion, l’apprenti se trouve plongé dans les ténèbres que sa condition profane lui inflige : Les sens allégoriques des symboles Ombre, Lumière et de son antonyme Ténèbres ne feront pas l’objet de mes propos de ce soir. Tout au plus rappellerais-je que, en franc-maçonnerie, les Ténèbres sont assimilées symboliquement à l’Ignorance et qu’à l’inverse, la lumière évoque la connaissance; quant à l’ombre, celle-ci n’a aucune signification allégorique reconnue, si ce n’est pour évoquer l’ambiance dans laquelle se trouvent les apprentis sur la colonne du nord. Je m’intéresserai d’avantage au principe d’opposition entre ténèbres et lumière dans un premier temps, pour étudier ensuite quels sont les pré- requis maçonniques qui facilitent le passage de l’ombre à la lumière. Il y a un aspect quasi démiurgique dans l’opposition ténèbres - lumière. Le principe d’opposition binaire fondamentale est un outil qu’affectionne particulièrement la Franc-maçonnerie dans un but pédagogique. En effet, le manichéisme étant une attitude naturellement humaine, les oppositions fondamentales sont souvent sclérosantes dans la vie profane. La maçonnerie utilise celles-ci et en les rendant fécondes et nécessaires ( dixit le rituel d’initiation) pour nous orienter, soit vers le binaire de complémentarité, soit vers le ternaire.
Au grade d’apprenti auquel nous travaillons ce soir je citerai parmi ces oppositions fondamentales :

  • Lune et Soleil,
  • Noir et Blanc contenus dans le pavé mosaïque,
  • Equerre et Compas,
  • Nadir et Zénith,
  • Force et Beauté,
  • Sud et Septentrion,
  • Midi et Minuit,
  • Masculin et Féminin,
  • Ordre et Chao… Etc

La voie médiane proposée en loge réconcilie ces oppositions fondamentales en nous débarrassant du manichéisme, ainsi :

  • Le Delta lumineux symbole de la connaissance gnostique éclairant le monde figure à l’orient entre la Lune et le Soleil ;
  • Le Fil du Pavé Mosaïque enserre les cases Blanches et les cases noires dans une Harmonie bienvenue ;
  • La position de l’équerre et du compas forment le sceau de Salomon, symbole d’équité et de justice ;
  • Le fil à plomb, symbole de la descente en nous même, aide à faire la jonction entre le Nadir et le zénith alors que la table d’émeraude qui figure à l’occident, symbole d’Hermès Trismégiste, nous indique que « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » .
  • La sagesse préside à la construction de l’édifice, soutenue par la Force et Ornée de la Beauté ;
  • L’orient, où siège le VM, foyer de concentration des énergies des FF\ et de la loge, joint le septentrion et le midi ;
  • La durée de la tenue va de Midi à Minuit ;
  • La Spiritualité est Asexuée ;
  • Et le substantif AB joint ORDO et CHAO dans la devise « ORDO AB CHAO » du REAA car, chez nous, l’ordre est issu du Chao.

Dès lors, pourquoi ne pas considérer l’ombre comme la voie médiane qui atténuerait l’opposition fondamentale entre Ténèbres et Lumière ? Ainsi , le chemin de l’ombre serait celui qui nous ferait passer des ténèbres à la lumière… Revenons quelques instants sur le rituel d’initiation que nous avons encore vécu récemment : La noirceur du cabinet de réflexion prolongée par la cécité qu’entraine le bandeau sur les yeux du profane indique que celui-ci est plongé dans les ténèbres. L’impétrant triomphe des 4 épreuves sur les 4 éléments pour aspirer en sortir ; La lumière qui lui est demandée par le premier surveillant lui est brutalement assénée. Ainsi, la première manifestation de l’Initiation accomplie est le fait qu’on retire le Bandeau obstruant la vue du profane. L’aveuglement provoqué par la brutalité de la lumière fait donc suite à la cécité entretenue par le port du bandeau … L’apprenti a reçu la lumière initiatique, mais il est incapable de décrypter les enseignements de la F\M\ qui viennent de lui être donnés ou vont incessamment lui être communiqués au cours de la cérémonie. A la faveur des yeux qui se dessillent, la lumière de l’initiation ne va pas éclairer autre chose que l’ésotérisme de la F\M\ ; non pas par exotérisme ; Au contraire ! La lumière fait prendre conscience au nouvel initié de la difficulté de pénétrer l’institution et d’en explorer les Arcanes… Ainsi l’apprenti est en droit de penser ; « je viens d’être adoubé , je suis Franc Maçon, donc fils de lumière et mes FF\ me reconnaissent comme tel… Mais je suis app, je n’ai que trois ans , je dois me taire, et je ne sais ni lire ni écrire… Et en plus on me demande de respecter le secret sur ce qui vient de m’être enseigné … mais tout ce qui vient de m’être enseigné est secret à mes yeux… ». C’est à peine initié, et autorisé à s’asseoir dans l’ombre sur la colonne du septentrion, que l’app F\M\ prends conscience du chemin qui le sépare de la lumière. Un chemin qu’il soupçonne infiniment plus important qu’il ne l’imaginait avant son initiation… Je voudrais dire ce soir à nos FF\ app que l’ombre de la colonne du nord est néanmoins le chemin le plus rapide pour tendre vers la lumière ; encore faut-il apprivoiser celle-ci afin de se repérer le plus rapidement possible sur la voie initiatique et ne pas s’y perdre ; Si, bien entendu, aucune leçon de Maçonnerie n’est à prodiguer dans le cadre de ce travail, je me permettrai de faire part des observations que j’ai faites au cours de mes 25années passées en FM. Tout au long de ce parcours, je me suis inspiré des FF\ que je pressentais comme les plus éclairés afin d’essayer, non sans difficultés d’ailleurs, de leur emboiter le pas sur la voie initiatique… La première de ces observations est l’appropriation du langage symbolique et la compréhension du Rite ; A l’instar de la lumière d’ordre qui se répand au début de la tenue afin d’éclairer nos travaux, la compréhension du rite par l’appropriation de ses symboles permet à la lumière de se répandre en l’initié, d’éclairer en lui la finalité de la F\M\ et de lui faire comprendre l’institution, le Rite pratiqué et les symboles. Cette appropriation par chacun de nous est indispensable pour assurer la sérénité de nos travaux en les préservant des écueils des travers profanes. La progressivité garantie par les Rituels d’ouverture et de fermeture des travaux en loge dégage le temple maçonnique de l’espace temporel et sociétal en le prémunissant du Forum. Le REAA entretient, par un juste équilibre, une spiritualité laïque propice à la diffusion de la lumière sur nos travaux ; Sa compréhension par chacun est donc une condition nécessaire, mais ô combien insuffisante ! En effet, cette lumière n’éclaire que les scories de notre condition profane. Cette profanité (pardon du néologisme) planerait sans cesse dans le temple si les adeptes ne cherchaient pas, par eux-mêmes, à déceler la vraie richesse qu’ils ont en eux. Le VITRIOL (Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée) du Cabinet de réflexion n’est pas autre chose que le « Connais toi toi-même et tu connaitras l’univers et les dieux … » Aucun Maître Maçon, aucune Institution, aucun Ouvrage ne peut révéler autre chose que ce qui repose, à moitié endormi, dans le commencement de sa propre connaissance. Alors, le Silence imposé à l’apprenti, dans l’ombre de la colonne du septentrion, va se transformer petit à petit en véritable ascèse volontaire et méditative. Le VITRIOL est l’huile de la lampe qui éclaire la voie initiatique ; une voie qui ne mène nulle part ailleurs qu’à sa propre réalisation humaine ; autrement dit, la seule voie initiatique qui vaille est sa propre voie, sa propre initiation… Prenons garde, la voie initiatique est un chemin long, tortueux et parsemé d’embuches… Il faut s’y engager avec prudence, mais détermination, car on a vite fait de s’y égarer voire de la quitter. Cela m’amène à ma deuxième observation ; elle concerne l’assiduité, le zèle et le dévouement… Nombreux sont ceux qui quittent la voie par inassiduité, entrainant ainsi leur désintérêt et leur démotivation. Les raisons de ne pas venir en loge sont bien plus nombreuses et évidentes que celles de venir y travailler. Mais la maçonnerie se pratique en groupe et le chantier d’œuvre a besoin d’ouvriers pour bâtir le temple idéal et seule la confrontation fraternelle de nos idées parvient à faire grandir celles-ci. Nous sommes dans un ordre, donc une institution de devoirs dont les droits ne confèrent rien d’autre que le droit de remplir d’autres devoirs. C’est pour cela que les FF\ les plus éclairés sont volontaires pour tout, tout en étant candidats à rien… Le Zèle et le dévouement sont les clés qui ouvrent les portes de l’élévation sur la voie initiatique. Le REAA comporte 33 degrés d’élévation et si l’apprenti est le premier d’entre eux, le grade de maître en est le troisième échelon. La règle, qui est le premier outil qui nous a été montré le soir de notre initiation, nous indique que nous appartenons à un ordre, et ses 24 graduations nous confirment que c’est 24 heures sur 24 que nous y appartenons. Rappelons-nous ce que notre rituel de fermeture profère : « que la lumière qui a éclairé nos travaux continue à briller en nous pour que nous poursuivions en dehors, l’œuvre commencée dans le temple… » Et si La tenue commence à midi pour se terminer à minuit, cela nous indique que nous devons passer la moitié de notre vie à nous perfectionner tandis que l’autre moitié doit servir à l’amélioration de l’humanité. La troisième observation que j’ai faite est que les FF\ \les plus éclairés que j’ai rencontrés, agissait dans l’ombre car ils sont souvent très humbles et très aimants. Il faut se méfier des apparences, les décors les plus resplendissants de notre institution n’ont pas droit de cité ailleurs, alors que le plus modeste en apparence cache parfois un très haut niveau d’élévation. De même, le bien parler en loge n’est pas l’utilisation d’un beau phrasé, mais l’usage du langage du cœur. L’humilité est contemporaine de la lucidité car la gnose n’est pas le savoir ; au contraire ! L’art Royal ne se pratique qu’en remettant en permanence ses acquits en cause ; Le sachant est emprunt de certitudes alors que le sage est pénétré par le doute ; Ainsi, la seule conviction que j’ai acquise en maçonnerie, c’est celle qui consiste à ne pas douter du doute !... La perfection ne peut être qu’un idéal à atteindre. Symbolisée par la lumière, elle revêt le manteau de la sagesse et se pare des atours de la vérité ; Mais bien entendu, elle est inatteignable, car nous sommes imparfaits! Seul l’amour fraternel dans l’altérité permet de passer outre nos imperfections mutuelles. La fraternité est le lien indéfectible qui unit les F\M\ quelles que soient leurs différences, leur situation profane, leur culture, leur religion ou leurs opinions… L’amour fraternel permet d’entretenir à l’intérieur de soi la lumière initiatique qui, par irradiation, permet aux autres d’éclairer leur propre conscience, et de voir clair en eux même. Si la lumière d’ordre se répand de manière efficace en loge grâce aux compréhensions individuelles du rite et des symboles, l’amour et le sens de l’altérité de certains initiés répand, sur tous les FF\ de la loge, la chaude lumière de la connaissance. Celle-ci est partie intégrante de notre Egrégore et elle éclaire en permanence notre chaîne d’union, même lorsqu’ils sont passés à l’Orient Eternel. Voilà mes FF, vous aurez compris que cette planche n’est que le témoignage d’une expérience intime, mon expérience intime… A l’issue de celle-ci, je suis fermement convaincu que, malgré la stricte observance des préceptes de la Franc-maçonnerie, on ne passe pas de l’ombre à une lumière absolue, mais à un jeu d’ombre et lumière maitrisées ; Et c’est tant mieux, car je pense que l’ombre est absolument nécessaire à la mise en exergue de la lumière, qu’elle favorise le discernement et donne du relief à notre vie. Malgré ces 25 ans de parcours, je ne sais pas si je suis plus éclairé qu’auparavant. Néanmoins, la voie initiatique a émulé en moi, le sens de la clairvoyance, ce qui m’a aidé à m’acclimater et apprivoiser l’ombre qui m’entoure et qui continuera de m’entourer, en tant qu’eternel apprenti franc-maçon ; quant à la part d’ombre que j’ai en moi, elle est le reflet de mon ignorance, et je ne l’ai pas supprimé. La F \M \, m’a cependant appris à l’accepter et à vivre avec; l’initiation a révélé en moi une aptitude à discerner ce qui est du ressort de la conscience qui m’appartient, que je contrôle et que j’essaie d’améliorer ; de ce qui résulte de mon inconscient qui ne m’appartient pas, que je ne contrôle pas, mais que je peux borner ; En quelques mots, mon initiation m’a permis de circonscrire cette part d’ombre et d’ignorance qui est en moi, et émuler la lumière de la connaissance, dont mes FF\ \ les plus éclairés m’ont gratifié . Quant à savoir si je prodigue un éclairement, je ne suis pas apte à le dire… La seule chose que je sais, c’est que, comme le disait Saint EXUPERY : « On ne voit vraiment bien qu’avec le cœur car l’essentiel est invisible à nos yeux », autrement dit, mes FF\, le regard que je porte sur vous avec mon cœur me permet de voir infiniment plus de choses que ce m’autorisent mes yeux …


source : www.ledifice.net

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