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Libre et de bonnes mœurs

25 Novembre 2013 , Rédigé par É\ F\ Publié dans #Planches

N’entre pas en maçonnerie qui veut ; il faut y être admis.
Un des critères d’admission est que le candidat soit « Libre et de bonnes mœurs ».
Si j’ai voulu traiter de ce sujet, c’est que m’est apparu, qu’une fois admis au sein de la loge, si le maçon se targuait d’être « libre dans une loge libre », on n’entendait plus parler de ses « bonnes mœurs ». Comme les métaux, les maçons laisseraient-ils leurs « bonnes mœurs » à l’entrée du temple ?
Sur les tout premiers textes de la maçonnerie opérative, il était noté qu’un maçon devait être « né libre et de bonnes humeurs ».
Les humeurs, pour la médecine antique, c’étaient les liquides du corps. Dans cette théorie, la santé (de l'esprit ou du corps) varie en fonction de l'équilibre des quatre humeurs :
- la pituite ou flegme ou lymphe : elle est rattachée au cerveau, elle apporte le caractère lymphatique,
- la bile noire ou atrabile, venant de la rate, donne le caractère mélancolique,
- le sang, qui est produit par le foie et reçu par le cœur : il donne le caractère sanguin, jovial, chaleureux ;
- la bile jaune : venant également du foie, elle procure le caractère bilieux, c'est-à-dire anxieux,
Ces humeurs correspondent aux quatre éléments, eux-mêmes caractérisés par leurs propres qualités : la terre (c’est le froid), l’eau (c’est l’humide), l’air (c’est le chaud) et le feu (c’est le sec).
Selon leur prédominance, ces éléments vont déterminer les quatre tempéraments fondamentaux :
· Le flegmatique (froid et humide), se dit de l'homme calme et imperturbable, qui garde son sang-froid,
· l'atrabilaire (froid et sec), se dit de celui qu'une bile noire rend triste et chagrin,
· le sanguin (chaud et humide), celui en qui le sang prédomine sur les autres humeurs, il est d'humeur gaie,
· le bilieux (chaud et sec), est enclin à la colère »[].

Être « de bonnes humeurs », voilà une astucieuse façon indirecte, habile, d’exiger une bonne santé physique des maçons opératifs afin qu’ils puissent travailler sur les chantiers.
Avec le symbolisme, le mot « humeurs » sera remplacé par « renom » : Libre et de bon renom.
Enfin, pour insister sur les valeurs morales, « renom » cèdera la place à « mœurs ».

La Franc-Maçonnerie s’implante en France autour de 1725.
Le Grand Orient de France institue le Rite Français et l’imprime sous la forme d’un recueil intitulé « Le Régulateur du Maçon », qui sera en vigueur entre 1783 et 1801. Dans ses préalables, il précise :
« Nul profane ne peut être admis avant l’âge de vingt et un ans, il doit être de condition libre et non servile, et maître de sa personne. […] On ne doit recevoir aucun homme professant un état vil et abject. » À l’époque du Régulateur, l’esclavage existe encore. L’esclave est, par définition, celui qui ne s’appartient pas lui-même, mais appartient à un autre, le maître ; l’esclave est privé de droit. Pas question d’admettre en loge un esclave. À cette époque, même un domestique ne peut être reçu qu’au titre de « Frère servant ». Il est aussi précisé que « Rarement on admettra un artisan », que « jamais on n’admettra les ouvriers ».
Dans le Recueil Précieux de la Maçonnerie Adonhiramite de 1786, nous lisons :
- Que fait-on à la loge de Saint-Jean ?
- On y élève des Temples à la vertu et l’on y creuse des cachots pour les vices.
- Dites-moi ce que c’est qu’un maçon ?
- C’est un homme libre, fidèle aux lois, le frère et l’ami des hommes vertueux.
Au 18ème siècle étaient exclus de la franc-maçonnerie :
les esclaves, les borgnes, les bossus, les boiteux, les domestiques, les employés,
les juifs (pour le motif d’incompatibilité de religion), les comédiens (parce qu’ils faisaient un métier immoral), … et bien entendu les femmes.

Dans une instruction du Rite écossais Ancien et Accepté de 1875, on peut lire :
- Qu’a-t-on exigé de vous pour vous faire maçon ?
- Que je fusse libre et de bonnes mœurs.
- Comment libre ? […]
- […] tout homme est libre, mais il peut être soumis à des empêchements sociaux qui le privent momentanément d’une partie de sa liberté, et d’un autre côté, il ne tombe que trop souvent dans l’esclavage de ses passions ou des préjugés de son enfance ou de son éducation, et c’est de ce joug surtout que tout néophyte doit être affranchi. […]
Nous avons là une première indication de ce que pourraient être des critères moraux de sélection. Ce qui ne nous dit cependant pas par quels moyens on pourrait les éprouver…
La notion de bonnes mœurs varie avec le temps et l’espace où elle est appliquée.
Ainsi l’avortement, crime abominable, est devenu légal. De même, l’homosexualité, bannie au début du XXème Siècle, est aujourd’hui entrée dans nos tolérances avec les lois concernant le PACS. Elle fait partie des mœurs de ce nouveau siècle ; aujourd’hui les homosexuels ne sont plus mis en marge de la société, même s’ils ne peuvent pas encore se tenir par la main dans la rue sans se faire agresser.
Les bonnes mœurs ne sont ni universelles et ni intemporelles. Les règles morales de la société, tel le balancier d’une horloge, font des allers et retours entre permissivité et répression. Nous faisons cependant le parallèle entre : « Libre et de bonne mœurs » et « Droits et devoirs » : « Être libre » semble être du domaine des droits ; « De bonne mœurs » nous apparaît comme étant du domaine des devoirs. Tout comme « Droits et devoirs » ne peuvent pas être dissociés, « libre et de bonnes mœurs » ne pourraient pas l’être non plus.
Mais qu’est-ce qu’être libre ?
La notion de liberté est d’émergence tardive.
Dans l’antiquité, on ne s'interrogeait pas pour savoir si l'individu pouvait disposer de son agir. Eleutheria, le mot grec qui désignait la liberté, avait un sens purement juridique : il désignait d’une part la condition de l'homme libre - opposée à celle d'esclave -, d’autre part celle de l'indépendance politique de l’état.
C’est épictète qui reconnaît à l’homme le pouvoir d’échapper à toute contrainte qui pèserait sur ses décisions, pouvoir qui repose sur la liberté intérieure de jugement. En effet, l’homme, même menacé, peut dépasser sa peur pour agir selon sa conscience, en toute liberté.
Au moyen-âge, on parle de « libre-arbitre ». L’homme est libre parce qu’il peut choisir.
Sous l’influence des philosophes, la liberté est devenue un état naturel, caractéristique et constitutif d’une essence universelle : l’humanité. Cependant, si théoriquement tous les hommes sont libres, juridiquement certains ne l’étaient toujours pas : les esclaves, les étrangers, les handicapés, les juifs, les femmes, etc. ; ici la non-liberté n’est pas une privation de la liberté, mais une aliénation, c’est-à-dire une incapacité à user de sa Raison.
Pour les philosophes, la liberté est une notion métaphysique et morale : on ne naît pas libre, mais apte à le devenir ; c’est la conquête morale de son autonomie qui conduit l’homme à la liberté. Pour la psychanalyse, l’homme n’est pas libre, il est assujetti au signifiant. Certes il n’est pas prédéterminé par les signifiants maîtres, mais surdéterminé : c’est-à-dire que si les grandes lignes de sa vie sont tracées dès l’enfance, il lui reste quand même quelques marges de manœuvre, donc de responsabilité. En maçonnerie, « libre » se traduit souvent par « franc », afin d’insister sur le sens d’ « affranchi ». Être libre, c’est en premier lieu avoir une totale liberté de choix, sans subir de domination arbitraire. Cette liberté nous permet de décider et implique la possibilité de refuser. Nous sommes libres de prendre ou non notre engagement de maçon. Cette vraie liberté, celle de la conscience, s’acquiert par la volonté, et se conserve par la persévérance.
« Un maçon libre dans une loge libre », c’est le principe essentiel de l’Ordre Maçonnique tout entier. C’est pourquoi il faut être majeur pour devenir maçon.
Mais comment s’assurer de la non-aliénation de quelqu’un, de sa santé mentale ? La question n’est pas anodine, j’ai récemment croisé deux maçons pervers (au sens nosographique). Que sont les mœurs ? C’est d’une part les habitudes de vie, c’est-à-dire les coutumes et usages du double point de vue collectif et individuel, et d’autre part les habitudes (d’une société, d’un individu) relatives à la pratique du bien et du mal.
Il s'agit d'une notion juridique ; en effet, on en trouve trace dans le droit romain : à Rome, les boni mores, c’est l’ensemble de principes impératifs de conduite se rattachant au droit.
Cette notion a été par la suite introduite dans le droit canonique après que les moralistes chrétiens l'aient reprise à leur compte. Ainsi, au Moyen-Âge, le droit canonique exigeait des clercs qu'ils aient de bonnes mœurs ; par exemple, dans les statuts établis par l'archevêque de Toulouse pour son diocèse en 1452, on trouve des prescriptions concernant la tenue morale exigée des clercs : obligation du célibat, de se vêtir convenablement, de ne pas porter la barbe, de ne pas s'enivrer, de ne pas porter d'armes.
Le premier statut des fonctionnaires, édicté sous Vichy, prévoyait que le candidat fonctionnaire devait « présenter des garanties de moralité et de bonne tenue ». Pour entrer dans la fonction publique, il fallait avoir une « bonne moralité ». La police mène des « enquêtes de moralité », l'administration pouvant écarter les candidats du fait de leur attitude scandaleuse, ou de leur inconduite notoire, ou en raison de relations compromettantes ou de manquements à l'honnêteté. Si la notion de « bonnes mœurs » appartient au lexique et au champ sémantique du droit, le droit n'en est pas moins incapable de définir cette notion. La référence aux bonnes mœurs est présente dans le code civil dès l'article 6, qui dispose qu'"on ne peut déroger, par des conventions particulières, aux lois qui intéressent l'ordre public et les bonnes mœurs" ; on la trouve ensuite dans le droit des successions, dans le droit des contrats, et encore à propos du contrat de mariage.
Dans l’ancien code pénal, les « attentats aux mœurs » sont constitués de « l'outrage public à la pudeur », « l'attentat à la pudeur », « le viol », « le proxénétisme », « l'excitation à la débauche », « la corruption de mineurs », mais aussi « l'outrage aux bonnes mœurs par la voie de la presse et du livre ». Ainsi, le Droit ne définit jamais ce que sont les « bonnes mœurs », il renvoie aux comportements collectifs ou individuels qui sont conformes à la morale sociale, c’est-à-dire à la conception établie, dominante, du bien et du mal. La qualification des mœurs est donc de nature morale ou religieuse, et non juridique, et basée sur la notion fluctuante de la normalité. En 1992, le nouveau code pénal a supprimé « l'outrage aux bonnes mœurs » : la moralité en tant que composante de l'ordre public s'est muée en « atteinte à la dignité de la personne humaine ». Dans tous les cas, il s’agit d’une violation des tabous sociaux, de valeurs morales intangibles. Cependant, toujours en 1992 - il y a 18 ans -, le nouveau Code pénal a aussi remplacé la notion de « Bonnes Mœurs » par celle de « décence ». Pour un juge, la décence correspond à la « prise en compte de toutes les manifestations d'opinions […] permettant […] de déterminer le niveau moyen des mœurs actuelles ».
Rappelons que les Francs-Maçons ont milité à l’extérieur du temple pour le Planning Familial, et ce dans une période où cette revendication apparaissait immorale, et contraire aux « bonnes mœurs ».
Revenons à la vertu, cette force avec laquelle l’homme tend au bien, cette force morale appliquée à suivre la règle et la loi morale définie par la société voire la religion.
Si les « bonnes mœurs » étaient conformes à la vertu, l’homme de « mauvaises mœurs » -notre Vénérable Maître me le rappelait l’autre jour - c’était le libertin, c’est-à-dire celui qui ne suivait pas les lois de la religion au niveau des croyances et/ou des pratiques… en somme un incrédule, un impie, un irréligieux, un libre penseur, un contestataire, un anarchiste…
Alors, que penser aujourd’hui de ce préalable à l’initiation à la GLMU :
« être libre, de bonnes mœurs et de probité reconnue », la probité étant cette « droiture de
cœur qui porte à l'observationscrupuleuse des règles de la morale sociale et des devoirs imposés par la justice ». Que signifie de devoir fournir un extrait de casier judiciaire, et de plus de devoir « affirmer sur l’honneur […] n’avoir jamais encouru de condamnations, mêmes prononcées avec sursis ou amnistiées » ? La question de départ pourrait se renverser ainsi : « Faut-il être libre et de bonnes mœurs pour pouvoir entrer en maçonnerie », ou alors « Devient-on libre et de bonnes mœurs une fois devenu maçon » ?
La Franc-Maçonnerie ne devrait-elle pas non s’ériger en gardienne discriminante des « bonnes mœurs » mais se faire le miroir dans lequel le maçon peut et doit sans cesse se regarder pour s’assurer qu’il s’efforce d’être un humaniste, non pas accompli, mais toujours en voie d’accomplissement.
Cette question s’actualise pour le compagnon que je suis dans le cadre de visites à des loges éloignées. L’actualité de la mixité des obédiences fait émerger des questionnements et des prises de position qui ne peuvent que nous émouvoir.
Tel ce frère qui s’interroge sur les critères d’admission des femmes à l’entrée au G.O. ; il reconnaîtra très vite qu’il n’y a pas à mettre en œuvre de discrimination positive pour faciliter la mixité.
Ou encore cette loge mixte du bord du golfe, mais à majorité féminine, qui accepte l’admission d’un homme dont les enquêtes et le passage sous le bandeau ont révélé qu’il est raciste et homophobe.
Au terme de cette planche, la question reste pour moi entière des critères d’admission à l’entrée des loges, et aussi de leur mise en œuvre.
Cependant, je crains que la référence obsolète aux « bonnes mœurs » dans notre rituel ne contribue pas à favoriser un dynamisme innovant au sein de nos loges.
Si nous n’y prenons pas garde, dans quelques temps, nos loges ne seraient plus réputées pour leurs « lacs d’amour », mais pour leur « look Damart ».

Source : www.ledifice.net

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Un Homme Libre et de bonnes moeurs

24 Novembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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Vénérable Maître

23 Novembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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La Tradition Esotérique, analyse et critique

22 Novembre 2013 , Rédigé par J\ C\ Publié dans #Planches

Ces quelques pages, qui constituent une retouche de l'étude que nous écrivîmes il y a une vingtaine d'années, nous furent suggérées par l'étude approfondie de l'hermétisme, de la théosophie et du spiritisme, par la lecture attentive de divers ouvrages d'occultisme, tant anciens que modernes. Il convient de dire tout d'abord que beaucoup de ces livres offrent de l'intérêt et sont empreints d'originalité, mais que la plupart se répètent l'un l'autre et, pour le meilleur, se contentent de suivre les idées émises par quelques maîtres : Pythagore, Plotin, Geber, Raymond Lulle, Roger Bacon, Arnauld de Villeneuve, Agrippa, Cardan, Fludd, Khunrath, Paracelse, Fabre d'olivet et, parmi les contemporains, Eliphas Lévi, Stanislas de Guaita, F. Ch. Barlet, St Yves d'Alveydre, pour ne citer que les auteurs généraux.

Mais, nonobstant l'intérêt qui s'attache à ces œuvres, de grandes réserves nous paraissent devoir s'imposer. Nous nous permettons de les formuler très franchement, dans le seul but de contribuer à l'édification réellement positive et scientifique de la philosophie hermétique.

Les occultistes, et nous entendons par ce vocable les tenants de toutes les écoles ésotériques, suivent aveuglément les données de la Tradition hermétique, sauf quelques rares exceptions. Ils y croient, ils ont la foi. Pourtant rien n'est plus sujet à caution et à erreur qu'une tradition qu'il faut, sans cesse, rectifier et épurer, car une tradition est faite des croyances et des théories, des légendes et des fables, des phénomènes constatés et de la crédulité superstitieuse, successives et entremêlées de tous ses fidèles, de tous ses théoriciens, de tous ses commentateurs, depuis les origines de ladite tradition, à laquelle il n'est point possible de fixer un début réellement connu selon les normes de l'histoire positive. On doit donc sans cesse trier les faits et les systèmes, les sérier, en séparer l'erreur de la vérité expérimentale et rationnelle.

La Tradition est un bloc ; il n'en va pas de même de la recherche scientifique qui ne s'atteint que par un délicat tâtonnement. 
La Tradition ésotérique, en particulier, est constituée par les croyances religieuses, philosophiques, et aussi par les doctrines scientifiques mais le plus souvent magiques des anciens Egyptiens, des Chaldéens, des Phéniciens, des Perses, des Indous, des Grecs, des Gnostiques, des Arabes. Elle est touffue, et les textes qui nous sont parvenus ont été rédigés ou compilés par des écrivains, en général, d'un esprit assez médiocre. Un grand nombre de ces textes sont apocryphes, faussement attribués à des auteurs célèbres, à des philosophes de l'antiquité, alors qu'en réalité nous possédons bien peu d'écrits de ces penseurs qui soient réellement authentiques. 
Une foule d'erreurs, nombreuses et inévitables, se trouvent donc associées à ce que l'on a pu découvrir et observer d'exact durant une succession de siècles, toute une mythologie est mariée à l'étude parfois rudimentaire et puérile de la Nature. Quelle prudence il faut apporter au dépouillement de telles archives ! Quelle circonspection, quelle subtilité de critique et d'analyse il faut apporter dans l'étude des livres Sacrés, des recueils qui constituent les sources connues de la Tradition : livres hermétiques, papyrus de l'Égypte, Zend Avesta, Védas, Pouranas, Genèse, Bibles, ouvrages de l'Ecole d'Alexandrie, Zohar, Sepher Ietsirah, etc..., livres tronqués, remaniés, compilés, incertains, qu'une exégèse sérieuse n'ose plus guère défendre et qui reflètent, avant tout, les idées qui avaient cours à leur époque. Or, que voyons-nous ? La plupart des occultistes donnent comme absolument certaines les hypothèses qu'ils retracent de la science dite occulte ; ils font presque dogmatisme de cette connaissance complexe qui se continua, en somme, jadis, alors qu'on ne possédait guère de notions précises sur le monde, la cosmologie, l'histoire naturelle, la physique, la chimie.

Ces occultistes trop zélés et auxquels une souple critique fait défaut, semblent ainsi légitimer toutes les théories surannées et fausses d'une science rudimentaire, science fétichiste, plus mythologique et légendaire, plus fabuleuse que positive, rationnelle et expérimentale.
Prenant tout à la lettre, ils ne savent, pas plus que les auteurs qu'ils admirent les yeux fermés, découvrir sous les symboles, sous les allégories, une vérité qui te cache aux yeux des profanes. 
Les occultistes intelligents croient-ils, par exemple, que les opérations magiques d'incantations, d'évocations, de mythologie, enseignées dans les ouvrages des hermétistes soient exactes ? N'était-ce point là des Illusions, des suggestions absurdes, grossières, que nous avons écartées sans retour par l'esprit d'analyse et de raison froide ?

Cette insuffisance d'analyse, cette crédulité véritablement inexcusable, ne constitue-t-elle point un défaut certain et grave, imputable, grossomodoaux diverses écoles d'occultisme et de théosophie modernes. 
Les occultistes décrivent, par exemple, sans la moindre hésitation, sans la plus légère objection, sans le plus petit doute : les systèmes antiques des trois mondes au plans, la chute de l'humanité et son salut par l'intervention de Messies qui sont des demi-dieux, les doctrines religieuses et métaphysiques de la Kabbale, de la Gnose, etc. qu'ils expriment littéralement, au lieu de chercher à percer le sens métaphysique, unitaire et synthétique de ces interprétations de la mathématique du Cosmos. Ils affirment l'existence des élémentaux, des habitants divers de « l'astral », la réalité de la magie cérémonielle ; ils rapportent l'histoire des races humaines et de la terre suivant Fabre d'olivet, dont l'imagination suppléait au manque de connaissances historiques. Tout cela est, certes, très curieux, très amusant, mais ne pense-t-on point qu'aujourd'hui, il serait nécessaire de démontrer, de prouver ces hypothèses au lieu de se contenter de les affirmer d'après la tradition ésotérique, d'après les vieux livres des hermétistes de l'Egypte, de la Chaldée, de la Grèce, de la Judée, lesquels, répétons-le, n'avaient point puisé aux sources les plus pures et se contentaient de colporter des récits ou des fables, simple reflet de la croyance moyenne de leur époque.

Pouvons-nous, maintenant, nous contenter de ces simples affirmations doctrinales et autoritaires ? Le magister dixit n'a plus de valeur. La science moderne veut, à bon droit, plus de rigueur ; elle exige des faits et non point des hypothèses préconçues ; elle est positive, expérimentale, toujours relative, c'est-à-dire qu'elle ne prétend jamais formuler l'absolu, parce que l'Univers étant sorti de l'infini, ses possibilités sont sans fin et que vouloir les fixer est une inconcevable absurdité.
Ne vaudrait-il donc pas mieux, à présent, vérifier les conjectures, les hypothèses de la science dite occulte, au moyen des procédés inflexibles et rigoureux que nous apporte la méthode expérimentale, sans pour cela abandonner les grandes hypothèses de la philosophie hermétique ? 
Les groupes occultistes, théosophiques, spirites ne pensent-ils point que c'est nuire gravement au triomphe de l'hermétisme qui est à la base de toutes ces écoles que de les présenter en bloc comme le système du vrai intégral, alors qu'aucune expérience indiscutable ne vient prouver, par exemple, jusqu'ici, l'existence des élémentaux, la réalité des réincarnations conscientes, des phénomènes appelés d'ailleurs à tort magiques, tels que les phénomènes du fakirisme, des voyages en astral contés dans les ouvrages théosophiques ?

Ces constructions ou ces affabulations intellectuelles ou sentimentales ne peuvent être considérées que sous le point de vue dubitatif. Un contrôle très sévère s'imposerait. 
Il fut peut-être utile jadis il y a 50, 30, 20 ans de suivre cette voie d'affirmation à priori pour amener le public et les chercheurs à s'occuper des phénomènes « occultes » ou « psychiques », pour reconstituer les bases de l'hermétisme, de l'astrologie, de l'alchimie, du, magnétisme, pour faire connaître les ouvrages anciens, la vieille synthèse, pour vulgariser, en un mot, les grandes lignes de ce respectable savoir. 
Allan Kardec, Eliphas Lévi, Papus, Guaita, pour ne citer que les noms les plus typiques, jouèrent ce rôle nécessaire jusqu'en 1890. On peut dire qu'ils exhumèrent l'ensemble de la vieille tradition spiritualiste et qu'ils attirèrent sur elle l'attention d'une foule de chercheurs, qu'ils la galvanisèrent et, pour tout dire, la vulgarisèrent, parfois un peu grossièrement si nous en exceptons Guaita qui fut toujours un aristocrate.

Aujourd'hui, il n'en va plus de même et ce serait un signe de paresse mentale que d'adhérer pleinement à un syncrétisme assez peu ordonné et d'un abord vraiment trop facile. 
Les esprits sont fixés sur les faits psychiques, occultes, spirites, magnétiques, hypnotiques, sur la part de science que recélaient les traditions d'un ésotérisme généralement de seconde main, dont on a, du reste, beaucoup exagéré la valeur parfois, ce qui explique la méfiance que lui témoigne la plupart des savants et des philosophes contemporains qui jugent l'hermétisme d'après les publications souvent bien médiocres d'hier.

La science doit aborder ces problèmes avec une méthode rigoureuse et impartiale. L'astrologie, l'alchimie, la médecine spagirique, les arts divinatoires, la magie considérée comme la science des forces inconnues de la Nature sont étudiés, à l'heure présente, par un certain nombre de savants indépendants, d'une façon encore rudimentaire, certes, mais nettement positive c'est-à-dire faisant appel à l'expérience, en même temps qu'à la spéculation la plus libre. 
Cette méthode seule peut donner un résultat pratique; seule la vérification progressive des principes, des lois, des faits de l'Hermétisme, tenus comme les hypothèses les plus probantes qui se présentent à notre esprit, seul cet examen minutieux nous permettra d'édifier peu à peu la synthèse la plus belle, la plus vaste et la plus exacte de nos connaissances, parce qu'elle unit l'induction à la déduction, le particulier à l'universel, la raison à l’intuition, la théodicée à la Nature, l'expérience à l'intelligence, sans jamais isoler des contraires indispensables à l'équilibre d'un savoir non artificiel mais vivant.

Certes, il y a tout lieu de penser que la philosophie hermétique (constituée peut-être dans les temps très lointains par des races très savantes, très évoluées, très synthétiques, races disparues et qui léguèrent leurs sciences déjà amoindries à d'autres races plus jeunes) possède un grand fond d'exactitude, qu'elle contient en germes les découvertes ou, « redécouvertes » les plus sensationnelles. Mais de là à assurer que « l'occultisme » est vrai tel qu'il nous a été transmis par les Egyptiens, les Chaldéens, les Kabbalistes, les Gnostiques, etc. qu'il n'y aurait rien à rectifier; qu'il serait, comme on se l'imagine, la Science de l'Absolu, la Science de la vie ou de la mort, il y a un, abîme, et cet abîme, il ne faut pas le franchir.

Etudions loyalement, froidement et sans dogmatiser, contrôlons toujours avant de rien affirmer.
Plutôt que d'assurer sans preuve la réalité objective de la magie cérémonielle, que de définir l'existence, la classification, le nombre exact d'élémentaux, l'enchaînement des plans du monde, le passé et l'avenir des âmes, la topographie de l'au-delà; plutôt que de prêter aux voyants la connaissance exacte de l'invisible, d'accepter comme le fit le Docteur Rozier l'existence réelle des fées, que d'accorder aux Maîtres inconnus, aux mahatmas fabuleux, la puissance de vivre sur deux plans et de ressusciter les morts, etc. tenons toutes ces choses pour incertaines et possibles à la rigueur, mais considérons les avant tout pour ce qu'elles sont c'est-à-dire pour des intuitions poétiques, des pressentiments de la fécondité déconcertante de la Nature, pour de vastes symboles, enfin, traduisant en images le langage mystérieux d'un Univers sans borne.

Ce n'est que par une étude minutieuse et sincère de l'occultisme que l'on arrivera à retenir, l'attention des esprits graves sur cet ordre d'idées, le plus important qui soit, et que l'on parviendra à un résultat satisfaisant et utile à l'avancement des connaissances humaines. 
Il ne doit plus s'agir d'élever à priori un système d'autorité, arbitraire et fantastique, un système cosmologique construit par l'imagination, une gnose artificielle plus ou moins philosophique et mystique, ni plus ni moins vraie que les autres philosophies, d'Aristote à Bergson. Il s'agit, au contraire, d’établir a posteriori en nous guidant d'après les principes directeurs du véritable hermétisme, qui n'est autre que la géométrie de l'Univers et de la haute mathématique de l'Eternel, la Synthèse aussi exacte que possible de ce que nous pouvons savoir du monde où nous vivons et du monde infiniment plus vaste qui nous enveloppe, qui est le prolongement de notre minuscule sphéroïde.

  

Source : www.ledifice.net

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Egalité ! Quelle Egalité ?

21 Novembre 2013 , Rédigé par R M Publié dans #Planches

    


Il y a différentes formes d’égalité relatives aux personnes et aux situations sociales concernées.
Notre Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN affirme l’égalité de l’homme et de la femme -
NOUS Francs Maçons du Droit Humain - nous devons toujours avoir à l’esprit que les fondateurs d’un ordre Maçonnique Mixte et international en 1893, Maria Deraismes et Georges Martin, osaient poser à l’époque la femme comme l’égale de l’homme, en droits et en devoirs !
Ce pari lancé était formidable car l’égalité des droits entre les hommes et les femmes n’existait pas du tout dans le monde profane d’alors.
Mais plus d’un siècle a passé et l’affirmation de l’égalité fondamentale des hommes et des femmes interpelle toujours les citoyens que nous sommes.
De même, l’égalité des chances fait appel à l’idée que toutes personnes devraient être dans les mêmes conditions pour se lancer dans la vie.
Il est constaté encore à l’heure actuelle que les femmes - à diplômes égaux - reconnaissent que leur parcours professionnel n’est pas identique à celui des hommes et beaucoup plus difficile… car bien souvent les dirigeants laissent moins de liberté aux femmes dans leurs actions.
Historiquement un des combats très marquant dans ce sens a été l’abolition des privilèges avec la révolution française de 1789.
Pour les révolutionnaires l’égalité ne devait pas être une idée abstraite mais une valeur très réelle.
Une des grandes préoccupations du peuple était de « poser les bases d’une juste répartition de l’impôt entre tous les citoyens…… »
Ce « fardeau » de l’inégalité des impôts on le retrouve dans la traditionnelle figure de rhétorique se matérialisant dans une image très populaire au début de la révolution sous la forme d’une grosse pierre de « l’impôt territorial » et des sacs d’or de la « dette nationale » devenue commune à tous.
Ce fardeau semble moins lourd quand il est supporté par tous……
Puis des images allégoriques vont se développer dans la France révolutionnaire et en 1792 devenir républicaine.
La liberté va en être la figure dominante avec la Marianne qui en est son héritière directe, elle symbolise très rapidement avec son bonnet phrygien et ses faisceaux la nation et son régime républicain.
Pouvait-on y voir que ce symbole féminin présenté dans toute la France devenait enfin une représentation féminine ?
Le déroulement de l’histoire nous démontrera qu’il nous a fallu encore quelques révolutions pour exister en tant que telle……!
Mais on va trouver dans l’iconographie révolutionnaire des figures égalitaires, notamment quelques symboles reconnaissables :
- un premier va représenter une déesse qui tient dans sa main droite
Le niveau du maçon, l’instrument qui garantit la bonne EGALITE des murs les plus solides ;
- un second est le triangle, bien sûr aux 3 côtés égaux ;
- le troisième symbole est filial : les enfants de cette déesse, qu’ils soient blancs, noirs, pauvres ou riches, mais ils sont représentés le plus souvent par des garçons, l’égalité des filles n’est pas encore entrée dans une quelconque représentation……..!

TOUT EST SYMBOLE
En franc-maçonnerie ce mot EGALITE est un usage très courant.
Il fait partie des bases fondamentales de notre Ordre, nous l’invoquons haut et fort quand nous ouvrons et fermons nos travaux en loge, lorsque nous épelons cette devise fondamentale :
« LIBERTE EGALITE FRATERNITE »
Si l’on recherche
- car nous les hommes et les femmes qui composent le Droit Humain sommes des cherchants - en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous on trouvera de tous temps qu’il s’est toujours réduit à 2 objets principaux « LIBERTE EGALITE »
Mais quelle LIBERTE - quelle EGALITE ?
N’est-elle pas belle cette grande déclaration des droits de l’homme :
« LES HOMMES NAISSENT LIBRES ET EGAUX EN DROITS »
Ce petit « et » n’est-il pas très important de joindre liberté et
Égalité En fait, je vous avouerais qu’en voulant parler ce soir d’EGALITE j’ai eu beaucoup de mal à la dissocier de la liberté et de la fraternité.
Car même si nous naissons libres et égaux en droits et en dignité, nous ne pouvons pas agir sans l’esprit de FRATERNITE
De tous temps nous n’avons pas connu une vraie société égalitaire,
Même que puissent être proclamées des institutions et des lois.
De grandes inégalités sont toujours présentes que ce soient les droits,
Les revenus, les origines, l’éducation et le logement….!
Même les mouvements bénévoles, comme les associations, qui reposent bien souvent sur le travail des femmes, la domination masculine est évidente

TOUT EST SYMBOLE
Pour les francs-maçons que nous sommes l’égalité nous semble évidente dès que nous sommes initiés.
Nous devons déposer nos métaux à la porte du temple et celle-ci se confirme par l’égalité morale de tous les membres présents :
Hommes - femmes - jeunes ou vieux de la loge.
Nous devons perpétrer cette « mise à niveau » qui se déclenche dès le cabinet de réflexion ; Nous devons toujours travailler à partir des mêmes enseignements, ceux de la tradition maçonnique dans le respect à la fois de notre propre individualité et celle des autres membres de notre loge.
NOUS DEVONS ETRE ET DEMEURES EGAUX EGALITE DES CHANCES :
Cette idée très généreuse d’égalité des chances, guidée par l’aspiration à plus de justice, devrait toujours demeurer ponctuelle , notamment par rapport à l’égalité en droits.
Car sans l’égalité en droits, la fraternité sociale - dont peut se réclamer l’égalité des chances - deviendrait une charité sélective.
N’est-ce pas là un piège cette égalité des chances ?
Les institutions qui sont conduites à instaurer des mécanismes de compensation, parfois de prévention, ne provoquent-elles pas les plus flagrantes inégalités sociales ?
Elles doivent faire accepter qu’on donne plus à certains qu’à d’autres.
Quelle égalité des chances qui modifie en outre ces bornes de l’égalité en désignant ceux qui doivent en être les bénéficiaires ?
EGALITE - PARITE
Pour les femmes cette égalité des chances a évolué très doucement.
Que de mouvement a-t-il fallu pour enfin voir apparaître une « parité » des sexes.
Pour enfin voir la présence des femmes parmi les candidats à des élections, une loi sur la parité a du être votée.
On peut voir aussi depuis plusieurs années des femmes à des postes de direction dans les entreprises……!
Une neurobiologiste, Catherine Vidal, directrice de recherche à l’Institut Pasteur, déclare dans ses écrits « que les hommes et les femmes ont le même cerveau, même si certains en doutent encore, tout est affaire d’empreinte culturelle ; sous les crânes comme ailleurs ».
Elle signale aussi que les différences cérébrales entre individus d’un même sexe sont tellement importantes qu’elles l’emportent sur les différences entre hommes et femmes.
Doit-on en conclure que « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits » ?
J’espère que je ne serai pas décapitée en sortant du temple ce soir ; car Olympe de Couges le fut en 1793 Lorsqu’elle osa écrire, entre autres cette phrase , dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ?
Ce qui m’amène à poser cette question primordiale aussi :
Sommes-nous tous égaux devant la mort ?
Je serai tentée de penser que NON car la mort est souvent bien différente à chacun : beaucoup de souffrances pour certains, imprévue pour d’autres : elle nous prend par surprise en nous enlevant un être cher, elle nous prive d’une personne à laquelle nous étions profondément attachés…….

TOUT EST SYMBOLE
LA MORT D’HIRAM - tué par 3 compagnons.
La mort que nous mimons lors de notre élévation à la maîtrise, se révèle tout à fait égale pour tous et toutes. Cette épreuve que nous subissons nous révèle la mort par l’obscurité, la solitude et l’inertie.
Cette descente aux enfers a pour but de purger notre subconscient et nous ramener à nos principes vitaux élémentaires.
Dès que nous retrouvons la lumière c’est la vie qui réapparaît et que les ténèbres où nous étions son contraire - donc la mort.
La tradition telle qu’elle nous est transmise par la F M au R E A et A est bien claire sur ce point en reprenant la même ambivalence : je cite « le principe conscient s’illumine sous la double influence du raisonnement SOLEIL et de l’imagination LUNE.
L’acacia symbole de la vie perpétuelle nous est connu dorénavant, car grâce à la branche d’acacia plantée sur la tombe d’Hiram des maîtres ont pu le retrouver, nous trouver, afin que nous devenions Maître Maçon, en passant de l’équerre au compas…….
Je souhaite très fort que nous les francs-maçons nous devions toujours faire en sorte de peser par notre humanisme à un accroissement de
LIBERTE D’EGALITE ET DE FRATERNITE POUR TOUS
EN RESPECTANT - POUR CHACUN ET CHACUNE SES SPECIFICITES.
« NOUS DEVONS SANS CESSE CONTINUER DE NOUS BATTRE AFIN DE NE LAISSER LE POUVOIR ET LA REVOLTE AUX
MONSTRES…! »
(déclaration d’un ancien président de la ligue des droits de l’homme….)

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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Liberté - Egalité - Fraternité

20 Novembre 2013 , Rédigé par G\ J\ Publié dans #Planches

Le titre de cette planche : " LIBERTE - EGALITE - FRATERNITE " peut poser quelques interrogations à certains de mes FF\ imprégnés du Rite Ecossais Rectifié car cette devise est d'abord celle de l'état Français, mais aussi elle a été reprise par toutes les obédiences françaises travaillant ou pas sous les auspices du GRAND ARCHITECTE DE L'UNIVERS.
Pourtant en lisant des écrits sur la FM\, j'ai découvert que cette devise est due à un grand Franc-Maçon, ami de MARTINEZ DE PASQUALIS et Jean-Baptiste WILLERMOZ : Claude de SAINT-MARTIN dit " Le Philosophe inconnu " que nous trouvons au départ du Rite Ecossais Rectifié et membre de la STRICTE OBSERVANCE .
Je vais essayer de vous montrer que cette devise s'applique à toute FRANC-MACONNERIE et tout FRANC-MACON.

- LIBERTE -

Une des premières devises que j'ai appris en lisant ou en parlant avec des Francs-Maçons initiés, avant d'être moi-même initié, est : " LE MACON LIBRE DANS LA LOGE LIBRE ".
Le premier livre que nous prêtons au profane que nous cooptons est :
" QUI SOMMES -NOUS ? "
Le 2 octobre 1958, la GNLF OPERA publie son manifeste dont j'ai tiré un paragraphe. Je cite :
" Ces pénibles divergences sont dues à l'oubli du principe même de l'ordre maçonnique de ce que nous nommerons le Land Mark des Land Marks" 

- LE MACON LIBRE DANS LA LOGE LIBRE -

" La seule unité initiatique donc organique de la Franc-Maçonnerie étant la loge souveraine et indépendante composée de Frères eux-mêmes souverains et indépendants devant le seul jugement de leur propre conscience ".
Ceci n'est que la continuité des constitutions d'ANDERSON de 1723 :
- Les obligations d'un Franc-Maçon touchant à Dieu et la Religion -. Je cite : " Un Maçon est obligé en vertu de son titre d'obéir à la loi morale et s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin sans religion. Dans les anciens temps les Maçons étaient obligés dans chaque pays de professer la religion de leur Patrie ou Nation quelle qu'elle fût, mais aujourd'hui laissant à eux-mêmes leurs opinions particulières, on trouve plus approprié de les obliger seulement à suivre la Religion sur laquelle les hommes sont d'accord. Elle consiste à être bons, sincères, modestes et gens d'honneur, par quelque dénomination ou croyance particulière qu'on puisse être distingué : D'où il s'ensuit que la maçonnerie est le centre de l'union et le moyen de concilier une sincère amitié parmi les personnes qui n'auraient jamais pu sans cela se rendre familières entre elles ".
Lors de notre initiation, le Frère préparateur ne nous pose-t-il pas la question suivante ?
" Dites avec franchise, Monsieur, si vous êtes déterminé à être reçu Maçon par votre seule volonté ".
Je pourrais comme cela énumérer les 3/4 du rituel d'initiation car nous avons l'obsession de la LIBERTE.
Liberté de pensée, de croyance, d'idées politiques, puisque aucun de ces sujets ne peut être et ne doit être abordé en Loge. Cette obsession de liberté permet de penser que seul un homme libéré de toute contrainte ( la définition du petit Larousse : " Pouvoir agir sans contrainte " ) peut devenir Franc-Maçon.
Devenir Franc-Maçon doit venir du tréfonds de soi , de comprendre ses FF\, de comprendre que la Franche-Maçonnerie est individuelle.
Si, Les Francs-Maçons que nous sommes, ne nous améliorons pas, comment pourrons nous  améliorer l'Humanité, but final de la Franche-Maconnerie.
Il n'y a pas de discussion en Franche-Maçonnerie, chacun y fait sa planche, son travail individuel et les FF\ de la Loge y apportent leur pierre.
Cette façon de faire est la démocratie et la politique dans leur sens le plus profond si chacun respecte l'autre quel qu'il soit. Nous tendrons tous vers cette vérité que nous cherchons que jamais n'avons trouvé.
Il n'y a pas dans la Loge autre chose que des Frères. Il y a des Officiers dans le sens littéral du terme, qui tiennent un office, car nous sommes à la disposition de la Loge.
La loge choisit un Frère Maître pour la diriger car elle l'estime le plus apte à la diriger, de comprendre chaque Frère, de donner ou de poursuivre le travail de ses prédécesseurs, c'est à dire de créer ou de garder l'âme de la loge.
N'est-ce pas là, la plus belle des libertés : celle d'être seul et ensemble dans ce qui ne fait qu'un : LA LOGE, dans laquelle nous sommes venus volontairement.
JABES dit :  " Nous sommes notre vérité, c'est aussi notre commune liberté "
Cet acte  volontaire nous amène à faire un serment dont je cite un passage :
" Je promets de me soumettre aux lois de la Franche-Maçonnerie et d'obéir en ce qui concerne ses lois à ceux qui sont chargés de leur exécution, d'aimer tous mes Frères et de faire respecter et chérir l'ordre en pratiquant constamment, parmi les hommes les vertus qu'il exige ".
Finalement, nous ne sommes libres qu'en respectant nos règles et en étant comme il est dit à la disposition de la loge. La loge est l'espace de liberté où nous cherchons la vérité et la Lumière.
JABES dit encore : " Notre liberté ne serait-elle que l'éternelle perte de la liberté "

- EGALITE -

Je reprendrais les obligations d'un Franc-Maçon touchant à Dieu et à la Religion dans les constitutions d'ANDERSON :
" D'où il s'ensuit que la Maçonnerie est le centre de l'union et le moyen de concilier une sincère amitié parmi les personnes qui n'auraient jamais pu sans cela se rendre familières entre elles ".
N'oublions pas que nous sommes en 1723. Il existait à l'époque 3 classes :
- La Noblesse
- Le Clergé
- Le Tiers Etat
Seuls les nobles portaient chapeaux et épées.
Souvenons-nous de notre initiation, nous venons de recevoir la Lumière ; Tous, mes FF\ nous avons reçu la Lumière. Tous, nous avons été initiés en passant par la chambre de préparation et nous sommes montés à l'Orient pour être revêtus des habits de l'Ordre : Le tablier d'apprenti, Les gants blancs.
Le Vénérable Maître continue en nous disant : " Je vous rends votre épée, je vous rends votre chapeau ".
Ce rituel date de 1782.
La Franc-Maçonnerie avait inventé l'égalité en la tirant vers le haut, le Clergé et le Tiers Etat montaient à égalité avec la Noblesse.
Aujourd'hui, les différences se sont estompées ou plutôt différenciées, nous sommes au règne de l'argent. Dans la Loge, nous nous dépouillons de nos métaux, nous sommes  tous des Francs-Maçons. Nous nous sommes aussi dépouillés de nos métaux spirituels, nous recherchons la Lumière.
Où se trouve la Lumière ? A L'ORIENT.
La charge de l'Orient devient lourde, souvenez-vous mes Frères de l'ouverture des travaux, le premier surveillant dit :  " Mes FF\, voici l'Orient, La Lumière commence à se répandre sur nos travaux. Soyons prêts à les continuer dés que nous en recevrons l'ordre et le pouvoir du Vénérable Maistre ".
Dans les autres obédiences, le Vénérable Maître est élu par l'ensemble de la loge. Dans notre obédience, le Vénérable Maître est choisi parmi les FF\ du 4° degré et par les FF\ du 4° degré, soit les Maîtres de Saint-André, puis élu par les FF\ de la Loge Bleue.
Dans tous les cas, le Vénérable Maître est un Frère de la Loge, qui dirige la Loge et qui deviendra un Maître de la Loge lorsque son Vénéralat sera terminé comme tout autre officier de la Loge.
L'Evangile selon Saint Mathieu a tout dit : " N'allez donc pas les craindre ! Non, rien ne se trouve voilé qui ne doive être dévoilé, rien de caché qui ne doive être connu. Ce Que je vous dis dans les ténèbres, dites le au grand jour et ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez le sur les toits ".
Ce qu'un profane pourrait voir comme une inégalité est une égalité totale à partir du moment où la Loge travaille. Tous les FF\ sont apprentis au 1° degré, compagnon au 2° degré et Maistre au 3° degré.
Aujourd'Hui, Tenue au 1° degré symbolique, lorsque le Vénérable Maistre nous dit : " A l'ordre , mes Frères ", nous nous mettons tous à l'ordre d'apprenti.
En Franche Maçonnerie, tout est égalité.
L'initiation ainsi que le passage aux différents degrés sont les mêmes pour tous. Le rituel est le même pour chaque degré et pour chaque Frère qui y participe.
Lors de notre initiation, nous avons été " cherchant " puis " persévérant " et maintenat nous sommes des " souffrant ". Nous avons tous vu un petit bout de la lumière mais, oh ! difficulté nous voudrions voir TOUTE LA LUMIERE.
Sur le tapis de Loge, mes FF\, nous voyons le blanc et le noir. Nous sommes Frères mais aussi des hommes avec des moyens intellectuels et financiers totalement différents. Chacun mettra le temps qu'il faut pour repousser le noir vis à vis du blanc, mais tous nous nous tendrons vers ce même but :  LA LUMIERE.

- FRATERNITE -

Je reprends les obligations d'un Franc-Maçon touchant à Dieu et à la Religion :
D'où il s'en suit que la Maçonnerie est le centre de l'union et le moyen de concilier une sincère amitiés parmi les personnes qui n'auraient jamais pu sans cela se rendre familières entre elles. "
Tous les rituels et les règlements généraux sont imprégnés de fraternité. Dans l'ancien rituel du 1° degré, la formule de l'engagement des apprentis était : " Je promets sur le Saint Evangile en présence du Grand Architecte de l'Univers et je m'engage sur ma parole d'honneur devant cette respectable assemblée d'être fidèle à la Sainte Religion Chrétienne. "
Mais aujourd'hui :  " d'être fidèle au plus pur esprit du Christianisme ".
La nuance est d'importance, dans le premier cas, seul un profane pratiquant la religion Chrétienne pouvait être Franc-Maçon. Cela change avec le plus pur esprit du Christianisme car tout profane de religion monothéiste : Musulman, Juif, Chrétien, Bouddhiste etc...peut être Franc Maçon.
Cela nous rapproche aussi de l'idée templier que l'on se fait de la Franc-Maçonnerie puisque le plus pur esprit du Christianisme est dû aux Templiers qui avaient compris que le fondement de toutes les religions est le même. Toutes font références à Adam père de toutes les races et que le Christ n'a pas dit : " Je suis le fils de Dieu " mais " Je suis le fils de l'Homme ".
Tout est bon pour tout homme qui respecte les autres et lui-même ainsi que ses croyances.
La fraternité n'est pas oubliée dans le collège des officiers, selon les rituels, l'élémosinaire ou l'hospitalier, doit s'occuper des FF\ dans le besoin ( besoin financier ou moral ) c'est lui qui est proche de tous les FF\ de la Loge et qui en rend compte au Vénérable Maître.
Dans les règlements généraux, devoirs envers les FF\ je cite : " Ne rougis jamais en public d'un homme obscur mais honnête que dans nos asiles tu embrassais comme un frère quelques instants auparavant s'il est dans l'erreur et s'ils s'égare, viens à lui avec les lumières du sentiment, de la raison, de la persuasion. Ramène à la vertu des être qui chancellent et relèvent ceux qui sont tombés ".
Cette fraternité doit être de tous les instants à l'intérieur du Temple comme à l'extérieur.
Au Rite Ecossais Rectifié, cela se trouve à la fin et au début du rituel. Le Vénérable Maître dit : " quelle est-il enfin ? " et le deuxième Surveillant donne l'heure profane. Les travaux sont terminés dans le Temple mais continuent à l'extérieur.
Au début du rituel lorsque le Vénérable Maître est en place, le premier surveillant dit :
" Mes Frères, voici l'Orient, la Lumière commence a se répandre sur nos travaux, soyons prêts à les continuer. "
Nous ne les avons jamais arrêtés à la fin de notre tenue précédente. Dans les autres rituels, Le Vénérable Maître dit : " Continuons à l'extérieur ce que nous avons commencé à l'intérieur "
Le travail des Francs Maçons ne s'arrête jamais. Notre difficulté est de nous en imprégner.
En conclusion, nous voyons que pour être un Maçon accompli, nous devons être :
LIBRES, EGAUX et FRATERNELS.
Certains ont écrit que Claude de Saint-Martin avait prononcé quatre mots, le quatriéme étant : " JUSTICE " mais ceci peut être l'objet d'une autre planche.   
Je voudrais terminer ce travail en laissant la conclusion notre très illustre Frère M\ S\ :
" La vraie liberté, la plus équilibrante, celle qui ne sera jamais déstabilisante, est à la base de justice et de clémence qui donne naissance à la tempérance, elle même pendule des choix maçonniques qui, alliée à la prudence, arme pacifiante, sera à jamais la synthèse des décisions pour action de lumière. Nous pourrons ainsi arriver à l'unité, pierre de touche de la vérité ".

J'ai dit, Vénérable Maître.  

Source : www.ledifice.net

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La franc-maçonnerie a-t-elle encore un sens au 21e siècle?

19 Novembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #histoire de la FM

En 40 ans, la franc-maçonnerie a perdu presque 50% de ses adhérents aux Etats-Unis.

En France et ailleurs en Europe le nombre de francs-maçons augmente, mais les dissensions de toute sorte sont fréquentes. Elles contrecarrent les raisons de notre adhésion à ce mouvement. L'influence de la franc-maçonnerie sur la société a régressé partout. N'est-ce pas le moment pour réfléchir sur le sens et le rôle de la Franc-Maçonnerie au 21.siècle et redémarrer sur d'autres bases?

Introduction

La franc-maçonnerie est un mouvement initiatique que certains confondent avec une religion, d'autres avec un mouvement politique, une occasion de se réunir entre amis pour philosopher, ou bien un organisme de bienfaisance. Enfin, pour de nombreux maçons il s'agit principalement, sinon uniquement, d'un système de moralité à la fois voilé et explicité par des allégories et illustré par des symboles. Toutes ces démarches sont respectables et correspondent en partie au rôle de la franc-maçonnerie, mais elle n'a pas été créée uniquement ou principalement pour elles.

·         Si la franc-maçonnerie s'identifie à une assemblée de croyants, elle cesse d'être unique et irremplaçable.

·         Quand elle tente de jouer le rôle de parti politique ou de syndicat, elle n’accomplit pas non plus sa tâche spécifique. Par ailleurs, elle ne dispose pas d'outils appropriés pour être vraiment efficace dans ces domaines.

·         Ses règles de fonctionnement n'en font pas non plus le meilleur club de débats.

·         En se limitant à la bienfaisance, elle est surpassée par les ONG et autres sociétés caritatives.

·         La "haute valeur morale" étant la condition d'admission en maçonnerie, on peut concevoir que le travail en loge sert à la développer, mais la Constitution d'Anderson,fondatrice, lui assigne encore d'autres tâches.

·         Quant à certaines loges, transformées en instrument de promotion d'intérêts personnels, elles trahissent la franc-maçonnerie.

Certes, la franc-maçonnerie offre à ses adhérents une dimension spirituelle et morale, mais elle n'est pas nécessairement religieuse. Elle les incite à s'impliquer davantage dans la cité, mais ne se substitue pas pour autant aux partis, syndicats, associations, ni à l'université. Enfin, elle ne doit pas être un groupement d'intérêts. Ces confusions réduisent l'impact de la franc-maçonnerie et il n'est pas surprenant que depuis 40 ans elle ait perdu presque la moitié de ses effectifs, notamment aux Etats-Unis.

Cependant, la diminution de son attractivité n'est pas due uniquement à de telles erreurs d'entendement, pas plus qu'à la prétendue baisse d'intérêt des sociétés occidentales pour la spiritualité. Si cette baisse était réelle, les "sectes" et autres nouveaux chemins vers la transcendance ne fleuriraient pas autant, en particulier aux USA.

Il ne faut pas oublier que presque depuis la naissance de la franc-maçonnerie moderne, en 1723, les tenants de pensées centralisatrices et autoritaires expriment leur hostilité, parfois la haine, de sa nature humaniste, égalitaire et de sa liberté d'esprit. La premièreBulle papale date de 1738... Elle a été suivie par plus de deux siècles de calomnies et de tentatives de déstabiliser la franc-maçonnerie qui ont brouillé encore davantage son image. En Europe, les attaques et la persécution des francs-maçons par les nazis et les communistes du bloc soviétique sont dans toutes les mémoires.

Il n'est donc pas étonnant que les non-initiés, et parfois les francs-maçons eux-mêmes ne comprennent plus bien le sens profond et le rôle spécifique de ce mouvement.

La franc-maçonnerie moderne invite ses membres à faire un travail sur eux-mêmes et à assumer vis à vis de l'humanité des devoirs qu'aucune autre organisation ne prend en compte. Elle leur offre une méthode initiatique particulière. Toutefois, pour savoir si la franc-maçonnerie a encore un sens au 21e siècle, il faut revenir à ses fondamentaux.

XVe – XVIIIe siècles: époque charnière de l'histoire occidentale

Pour saisir le sens de la franc-maçonnerie dans le monde actuel il faut d'abord se rappeler les circonstances de sa naissance il y a trois siècles.

La franc-maçonnerie moderne a surgi à un moment de basculement de civilisation européenne où quatre loges de Londres ont considéré utile, et même nécessaire, de se fédérer et de doter l'initiation maçonnique traditionnelle d'un contenu réactualisé.

·         A la Renaissance, au XVe et XVIe siècles, l'Europe a redécouvert la puissante culture antique gréco-romaine.

·         Le saut technologique des transports maritimes permet de relier les continents et de découvrir de nouveaux territoires. En même temps, les échanges en Europe se développent grâce aux relais postaux, créés au XVe siècle pour les courriers administratifs et militaires, puis ouverts aux privés. L'invention de l'imprimerie les a enrichis.

·         Parallèlement, de nombreuses sciences connaissent un développement radical et de nouvelles disciplines naissent. La recherche s'affranchit d'un bon nombre de préjugés,  ses méthodes deviennent plus fiables, ses résultats vérifiables.

·         Toutes ces avancées approfondissent la connaissance de la plupart des civilisations du monde, passées et présentes, et posent les prémices d'une meilleure compréhension entre les individus et les sociétés éloignées.

L’acquisition de ces savoirs a abouti, entre autres, à la création de l'Encyclopédie.

Cette richesse d'informations et d'expériences, à la fois personnelles et collectives, sans équivalent jusqu'alors, rendait possible un bond dans l'étude de l'homme, de sa place dans l’univers et de l'univers lui-même. Elle posait les fondements d'une nouvelle étape du développement de l'humanité.

Naissance d'une civilisation planétaire

Divisés jusque-là en familles, clans, tribus, villages, pays et divers autres groupements, limités dans le temps et l’espace, les humains ont commencé à se percevoir comme parties prenantes d'entités planétaires durables, économiques, politiques et culturelles. Cela n'a pas dissout les sous-ensembles précités, mais a fait comprendre que les hommes et les femmes étaient aussi des parcelles de l'humanité, sorte d’organisme composé de tous les humains. Ce nouveau concept de l'humanité qui s’inscrit peu à peu dans la réalité "palpable", a abouti, au XVIIIe siècle à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, au XIXe siècle à la Déclaration universelle des droits de l'homme qui place ce dernier sous la protection de l'ensemble de la communauté, puis au XXe siècle à la création de tribunaux supra-nationaux jugeant les "crimes contre l'Humanité". Quelle sera la prochaine expression de cette philosophie?

Méthodes de création d'une civilisation planétaire

La formation d'une entité planétaire peut s'effectuer soit par la domination d'un pays ou d'une civilisation sur les autres, soit par la construction d'une humanité multiculturelle, basée sur le respect des différences. La première méthode existe et se perpétue depuis la nuit des temps au niveau des clans, pays, religions. La deuxième est utilisée moins souvent.

Les auteurs de la Constitution d'Anderson semblent avoir été convaincus que la mise en commun du potentiel de l'humanité dans sa diversité pourrait être la condition indispensable de réussite de la "mondialisation" qui s'annonçait.

Comment l'ont-ils exprimé ? De quelle manière leur héritage peut-il contribuer au succès de la construction pacifique d'une civilisation planétaire multiculturelle?

Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne faisaient partie des penseurs les plus éclairés de leur temps. Plusieurs appartenaient à l'Académie Royale de Londres. Scientifiques et philosophes, ils évoluaient parallèlement au mouvement des Lumières en France. Ils avaient l'intuition, et sans doute  aussi les moyens de comprendre rationnellement, l'esprit de leur époque et de le traduire en action. C'est à peu près comme si au XXe siècle la méthode initiatique aurait été repensée par Einstein, Bergson, Freud, Marie Curie, Ghandi et quelques autres de leurs pairs...

Pour faire saisir la merveilleuse richesse des savoirs, accumulés par les générations précédentes, au plus grand nombre de leurs contemporains et de leurs successeurs, ils les ont rassemblés sous forme de rituels et de symboles, régis par les règles spécifiques d'un système initiatique. Ils n'ont pas traité ces connaissances, opinions et pratiques du point de vue historique. Ils ne les ont pas non plus exposés sous forme logique, mais représentés par des images faciles à mémoriser. A  la différence de "vraies" encyclopédies, les symboles et rituels maçonniques ne décrivent pas les connaissances, ils se contentent de les évoquer et de dessiner les liens qui les unissent par-dessus les civilisations. En plus, ces rituels et symboles contiennent le mode d'emploi orientant l'utilisation de tous ces savoirs vers la création d'une "humanité nouvelle".

L'origine des symboles, rites et rituels maçonniques est étonnamment disparate. A première vue, mélanger les cultures égyptienne, grecque et romaine, les religions juive et chrétienne, les procédés initiatiques des alchimistes et des templiers, réunir dans un même ensemble des francs-maçons "opératifs" et "spéculatifs", risquait d'aboutir à un kaléidoscope de contradictions. Nos savants prédécesseurs auraient certainement été en mesure d'élaborer un système cohérent sans recourir à ces mélanges, sans anachronismes et contresens apparents. Pourquoi alors, à leurs yeux, pouvait-il paraître nécessaire de nous transmettre leur vision du monde par une telle méthode qui nécessite l’acquisition d'une grille de lecture permettant d'attribuer aux symboles des valeurs en fonction du contexte de leur utilisation ?

La réponse à ces questions se trouve dans la pratique maçonnique. Ce qui précède semble très compliqué, mais dans les temples l'initiation fonctionne sans que l'on soit nécessairement conscient de tous les tenants et aboutissants.

La franc-maçonnerie moderne est une sorte d'"encyclopédie universelle condensée". Pour "décompresser" ces savoirs, ses adeptes doivent fournir un intense effort. Le but n'est  pas d'acquérir l'ensemble des connaissances contenues dans les rituels et symboles, chacun acquière les informations qui trouvent un écho dans ses propres connaissances et expériences. Cependant, l'immersion dans l’atmosphère des loges favorise l'étude des idées les plus variées, souvent très éloignées de ce que les francs-maçons rencontrent dans leur vie de tous les jours. Ainsi apprennent-ils assez vite à déchiffrer les symboles, à écouter les opinions les plus contradictoires et à tolérer même celles qui s'opposent à leurs convictions. Il ne s'agit pas de les accepter passivement, pas plus que de renoncer à sa propre personnalité, bien au contraire. Les échanges qui s'ensuivent sont un bon entrainement à étayer ses propres pensées, et aussi à les exposer clairement, sans pour autant tenter de les imposer aux autres. Cet élargissement de l'horizon développe l'imagination. Par extension, l’initiation maçonnique fait comprendre que tout sur la terre est lié, au point d'être interdépendant.

Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne étaient écologistes avant l'heure.

Tolérance, liberté d'esprit, fraternité

Les membres des quatre loges de Londres étaient tous des fidèles sujets de sa Majesté et des bons croyants protestants mais, pour les raisons déjà exposées, ils ressentaient le besoin d'une liberté absolue de conscience. L'article premier de la Constitution d'Anderson qu'ils ont rédigée exprime clairement cette exigence:

"Un maçon est obligé, selon son Ordre, d'obéir à la loi morale et s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un athée stupide ni un profane libertin. Quoique dans le vieux temps les maçons fussent obligés d'être de la religion de chaque pays où ils étaient, cependant on juge maintenant qu'il est plus convenable de les obliger seulement à être de la religion dont tous les honnêtes gens conviennent, en gardant leurs opinions particulières pour eux-mêmes: c'est à dire être des hommes vrais et bons, ou hommes d'honneur et d'honnêteté, peu importe par quel nom ou conviction ils peuvent être distingués; ainsi la maçonnerie devient-elle le Centre de l'Union et le moyen d'établir une étroite et solide amitié parmi des personnes qui auraient dû être à jamais maintenus à distance."

"…  être de la religion dont tous les honnêtes gens conviennent" ne fait évidemment référence à aucune église ni foi métaphysique car aucune n'est commune à tous. Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne pensaient à la morale "des hommes vrais et bons, ou hommes d'honneur et d'honnêteté", qu'ils espéraient universelle. Elle semble exister, fondée à la fois sur l'instinct de survie et les exigences de la vie en commun. Elle incite, au moins dans les conditions de vie "normales", à la coopération et interdit de nuire aux autres.

Pour rendre "palpables" les liens unissant tous les humains et ''rassembler ce qui est épars'', ils ont forgé la notion de "fraternité universelle". Ils voulaient que les francs-maçons soient le point de départ et le centre de l'union de cette nouvelle humanité.

Ces hommes étaient vraiment admirables. Considérer, après tant de guerres interminables, tous les humains comme frères et vouloir dialoguer avec eux sans préjugés était une idée bouleversante.

Certes, de nombreuses religions sont fondées sur l'idée de fraternité, mais elle diffère en plusieurs points de la fraternité des francs-maçons:

·         La fraternité religieuse est toujours "verticale" car elle relie les humains en tant qu'enfants d'un être supérieur, leur Père.

·         Être issus tous du même père tout puissant est rassurant.

·         La fraternité qui en résulte est fondée sur la soumission à ce père, voire à ceux qui le représentent.

·         Elle est synonyme de l'amour qui, à l’instar des familles de sang, devrait régner entre les membres des églises.

·         Pour les religions la fraternité se limite presque toujours à leurs adeptes et à eux seuls.

·         Certaines églises ont tenté d'imposer leur croyance même aux non-croyants par le feu et l’épée, moyens pas vraiment appropriés pour répandre fraternité et amour...

·         La fraternité maçonnique est "horizontale". Elle résulte d'une décision individuelle de percevoir les autres comme ses frères et d'être reconnu à son tour comme leur frère.

·         A priori, l'homme se méfie de tous ceux qui diffèrent de lui. Considérer par un choix volontaire,  directement, sans intermédiaire, les autres, tous les autres, comme frèresdemande un grand effort. La "méthode maçonnique" prépare les "initiés" à le fournir et leur offre les outils nécessaires.

·         La fraternité qui en résulte est fondée sur la liberté.

·         Plus que l'amour, elle exprime un lien. Il s'agit de comprendre et de ressentir à quel point les humains sont interdépendants à la fois entre eux et avec tout ce qui les entoure. Le caractère viscéral de ce lien pouvait être supposé depuis longtemps, grâce à l'observation de la nature en général et celle des foetus humains aux différents stades de leur évolution. Au XIXe siècle, ce lien a été prouvé par la théorie de l'évolution des espèces de Darwin, puis re-confirmé encore plus fermement un siècle plus tard par l'écologie.

·         Les observations scientifiques actuelles prouvent que la diversité est la condition indispensable du développement et du maintien de la vie sur la terre. Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne ont eu l’intuition de l'importance vitale de la diversité. Leur concept de la "fraternité universelle" enseigne la compréhension de toutes les visions du monde et, compte-tenu de ce qui précède sur l'évolution, le respect de toutes les formes de vie.

·         Les francs-maçons n'ont jamais voulu imposer par force l'adhésion à leur mouvement. Tous "les honnêtes gens" devraient en faire partie, toutefois cela ne dépend que de leurs libre-arbitre.

La fraternité religieuse et la fraternité maçonnique ne s'excluent pas, elles jouent chacune un autre rôle.

L'homme doit être capable d'être à la fois indépendant et de savoir se soumettre. Son indépendance d'esprit l'aide à apprendre, à comprendre, à développer un regard critique. Par contre, son interdépendance avec les autres, donc la nécessité de vivre en société, l'oblige parfois à obéir. La société lui permet de survivre et également de confronter son savoir avec celui des autres, de vérifier sa pertinence, de l'enrichir et de le rendre utile. Enfin, sa double nature d'individu et de parcelle de divers ensembles l'aide à choisir entre opinions et intérêts (le sien et celui de la collectivité) parfois opposés, puis d'agir en fonction de ce choix. Ces qualités contradictoires et complémentaires, apparemment inconciliables, peuvent coexister en alternance.

Exigence morale

La franc-maçonnerie est une vision du monde, une méthode initiatique d'apprentissage et une exigence morale. Ses concepteurs étaient conscients que, pour arriver à bon port, leur projet devait être fondé sur des "valeurs" et encadré par elles.

Les valeurs de la franc-maçonnerie moderne sont issues de la morale profane et religieuse, notamment protestante, de l'Angleterre du XVIIe et XVIIIe siècles. Elles ont été enrichies par d'autres apports. Bons sujets de sa Majesté et, pour la plupart, croyants fidèles, nos ancêtres ont été sûrs du bien-fondé de leurs convictions, mais ont été capables de relativiser leurs opinions. Ils admettaient que la franc-maçonnerie pouvait évoluer, se transformer et se diversifier suivant les pays. Ils savaient que si le "point ferme" d'Archimède était indispensable pour faire "bouger la terre", il pouvait être situé à divers endroits.

Si elle est maniée correctement, la méthode maçonnique exclue tout dogmatisme. Au contraire, dès ses origines la franc-maçonnerie moderne est vouée à la diversification car chaque maçon, chaque loge, obédience et pays déchiffrent son contenu en fonction de leurs cultures personnelles et collectives. La Constitution d'Anderson prône le respect et la tolérance. L'une des clefs  de ce système se trouve dans le symbole du "pavé mosaïque"...

Conclusion

Commencée à la Renaissance, accentuée au XVIIe siècle, confirmée au XVIIIe, l'unification du monde se poursuit jusqu'à aujourd'hui et continuera demain. Aujourd'hui les États hésitent entre la conquête et l'association. Ils tentent de collaborer pacifiquement, mais  s'arment au point de pouvoir détruire l'humanité entière. Certains pensent être en mesure d'imposer leur domination par intimidation, sans arriver à l'extrémité d'une guerre mondiale, mais ils marchent sur la corde raide, risquant de précipiter dans l'abîme avec eux toute l´humanité.

Cet armement à outrance relève de la folie. Même si une superpuissance arrivait à s'accaparer du monde, les problèmes posés par la construction d'une civilisation planétaire sont tellement complexes qu'un État ou un petit groupe d’États, aussi puissant soit-il, ne peut pas les maîtriser. L'exemple de nombreux très grands empires prouve que, mus par une seule vision, ils ont été voués à la destruction. La difficulté ne consiste pas uniquement dans la quantité de données "objectives" à prendre en compte, mais dans l'incroyable diversité des humains qui leur permet de s'adapter et de survivre dans  pratiquement n’importe quelles conditions. Elle résonne avec l’instinct vital de notre espèce et c'est aussi pour cette raison que chaque groupe défend sa particularité avec énergie.

L'initiation maçonnique ouvre l'esprit à la diversité, à la tolérance, au respect et à l'amour des autres. Elle nous permet de nous débarrasser de nos préjugés et d'imaginer une profonde réorganisation de nos modes de vie dont nous sommes prisonniers. Ainsi, la franc-maçonnerie moderne est-elle l'amorce d'une nouvelle civilisation.

Si pour la survie de l'humanité la diversité des cultures est aussi importante que la bio-diversité, alors la franc-maçonnerie est toujours d'actualité. En sommes-nous suffisamment conscients? Sommes-nous dignes de cet héritage? N'a-t-il pas été dilapidé ou trahi?

Source : http://www.call-of-bratislava.com/

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Ce qui nous rassemble

18 Novembre 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Facebook

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Du Vendredi 13

18 Novembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Introduction
Vénérable Maître et vous tous mes Sœurs et mes Frères en vos degrés et qualités.
Elevé dans des principes profondément athées et fortement impliqué dans un engagement politique que beaucoup considèrent comme dogmatiques, j’ai toujours eu la chance de pouvoir m’intéresser à un grand nombre de sujets, mais il en est que je m’interdisais d’aborder.
Ce ne fut donc pas simple de frapper à la porte du Temple et encore moins d’y être accepté.
Mais une fois le bandeau tombé, une fois le chemin esquissé, j’ai eu plaisir à m’autoriser enfin à d’autres quêtes, d’autres questionnements.
Immanquablement, comme un anorexique qui retrouverait l’appétit, mes travaux m’ont alors amené sur des chemins teintés d’ésotérisme, voire de mysticisme.
C’est dans ce contexte que je me suis interrogé sur le Vendredi 13.
Le fameux Vendredi 13, le très français Vendredi 13, car la connotation maléfique que nous lui attachons, ne dépasse guère les limites de notre doux pays.
Alors pourquoi tant de charge émotionnelle autour de ce diptyque formé d’un jour de la semaine et d’une date ?
Il y a certes cette journée du vendredi, celle au cours de laquelle Jésus fut crucifié… mais cela n’a jamais été un 13 et le Vendredi Saint n’a aucune implication maléfique et cette piste là n’apporte donc pas de solution satisfaisante.
Alors, pour ma part, je pense que dans notre histoire commune, le vendredi 13 ne peut se référer qu’à un seul évènement de nature à lui attacher une force symbolique aussi durable à savoir, vendredi 13 octobre 1307, date historique de la déroute de l’Ordre des Templiers.
Ce 13 octobre, à la demande du Roi de France et avec l’accord du Pape Clément V, l’Ordre le plus riche, le plus célèbre, mais également le plus craint de toute la chrétienté, se trouvait suspendu, ses biens confisqués et ses membres jetés en prison pour y être soumis à la question.
Cet évènement, qui annonçait en fait sa dissolution future, a tellement frappé les esprits, que ce jour fatidique en est resté associé à la notion du malheur ou, plus exactement, à celle de symbolisme, voire d’occulte.
En effet, il fut d’une telle importance, qu’il marque encore de son empreinte la civilisation occidentale du XXIème siècle et il est vrai que les questions sur la vie et la mort des Templiers, suscitent encore de très nombreux ouvrages, dont un « Best Seller » récent qui n’est en fait que la reprise des thèses développées dans un ouvrage édité pour la première fois en 1994.
Encore aujourd’hui et sans véritables certitudes historiques, cet Ordre, officiellement constitué en 1118, se trouve au confluent de bons nombres de groupes et mouvements d’idées, certains très connus tels les Cathares ou les alchimistes, d’autres plus secrets ou simplement plus controversés, tels les Rose Croix ou le Prieuré de Sion.
J’ai donc souhaité, au delà du prétexte de ce vendredi 13, vous parler d’un Ordre extraordinaire et unique, tant dans son existence que dans sa disparition.
Pour aborder ce sujet, je vous propose de n’en survoler que quelques éléments, tant les questions sont riches.
Je souhaite donc aborder successivement les conditions historiques de leur création et de leur épanouissement, pour bien évidemment aborder ensuite leur chute et ses motifs possibles, gardant la troisième partie pour évoquer leurs éventuels secrets.

I – Juste après l’an Mil.

Il n’est pas besoin de revenir sur cette période qui a entouré le passage à l’an mil et notre bug de l’an 2000 n’a rien été à côté de l’explosion de superstition qui a entouré ce passage du premier millénaire.
Mais si aujourd’hui nous rattachons cet An Mil à l’annonce faite dans l’Apocalypse selon saint Jean, tel n’était pas forcément le cas à l’époque, ou le calendrier était moins rigoureux et ou, par exemple, les années ne commençaient pas le même mois selon les pays concernés.
Je ne retiens donc pas l’An Mil dans sa connotation superstitieuse, mais plutôt dans sa révélation de la révolution « clunisienne » qui a directement influé sur le sujet qui nous intéresse.
Rappelez vous que Cluny a été fondée en 910 et qu’elle a entraîné véritablement le renouveau du Moyen Age, initiant un nouveau courant de pensée, même si elle appliquait la très ancienne règle de Saint Benoît.
La charte fondamentale de l’abbaye, comportait, entre autres clauses, quatre décisions capitales :
• l'obligation du strict respect de la règle de saint Benoît,
• l'exemption de toute sujétion temporelle, celle des rois et des seigneurs ou spirituelle, celle des évêques hormis celle du pape,
• la garde des apôtres Pierre et Paul et la défense du souverain Pontife,
• l'obligation expresse de s'adonner avec le zèle le plus ardent "selon l'opportunité et les possibilités du lieu, aux oeuvres quotidiennes de la miséricorde envers les pauvres, les indigents, les étrangers, les voyageurs",  
Cluny a donné à l’Eglise de grands hommes et, pour la période qui nous intéresse, elle a directement formé Hildebrand, devenu le Pape Grégoire VII créateur de la réforme Grégorienne mais également, celui qui devint en novembre 1095 le Pape Urbain II.
Nous nous rapprochons des Templiers, car il est aujourd’hui communément acquis que l’idée de la constitution des Templiers a germé dans l’esprit de certains chevaliers à l’occasion de la première croisade qui s’est déroulée de 1096 à 1099.
Notons au passage, que la fin de la croisade correspond presque exactement à la création de l’Abbaye de Cîteaux, mère de l’Abbaye de Clairvaux fondée par le future Saint Bernard.
Cette croisade a été voulue et conçue par Grégoire VII puis mise en oeuvre par Urbain II, dont la fougue et la force de conviction ont été soulignés par de nombreux historiens.
A ce stade, je peux rajouter que le Pape Urbain II est originaire d’un petit village champenois dénommé Châtillon, pas très loin de la demeure d’Hugues de Payns, fondateur de l’Ordre du Temple.
Au terme de cette croisade, se trouve fondé le Royaume de Palestine, dont Godefroy de Bouilon devient le premier souverain, sous le titre non pas de Roi mais « d’Avoué du Saint Sépulcre ».
Son frère devint le 1er Roi sous le titre de Baudouin I et mourut en 1118, laissant la place à Baudouin II.
Et nous voilà arrivés à nos Templiers !
En effet, il est le plus souvent admis que c’est justement en 1118, le champenois Hugues de Payns, Geoffroy de Saint-Omer et sept compagnons d'armes, proposaient au roi Baudouin II de Jérusalem la mise en place d'une troupe permanente qui, sous la forme d'un ordre à la fois militaire et religieux, garantirait la défense de la ville sainte et assureraient également la liberté des routes aux pèlerins.
Ils procèdent alors cette constitution, sous la dénomination de l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, dénomination qui, par la suite, ne pouvait valablement être compatible avec sa puissance et sa fortune, d’où la dénomination finale d’Ordre des Templiers.
Ils firent voeux de se consacrer à la protection des pèlerins en Terre Sainte.
Peu après leur création ils sollicitèrent le Pape Honoré II afin d'obtenir une constitution particulière, et, à l’occasion du Concile de Troyes en 1128, Saint Bernard leur composa une règle : "la louange de la nouvelle milice" (De laudae novae militiae ad milites templi).
C'est à dater du 29 mars 1139, avec la bulle "Omne datum optimum", accordée par Innocent II à Robert de Craon, que le Temple reçut sa constitution définitive, le pape assurait à l'Ordre ses privilèges, son indépendance et, notamment, l'exemption de la justice épiscopale.
Suivront vers 1165, les Retraits qui sont les véritables statuts hiérarchiques et, à partir de cette époque, l'Ordre du Temple ne relève plus que du Pape et devient en fait indépendant.
L'idée Cistercienne appliquée par les Templiers est de fédérer les divers royaumes européens sous la suzeraineté d'une haute autorité détenant un pouvoir moral et matériel lui permettant d'arbitrer les conflits avant qu'ils ne se déclarent et de maintenir une paix universelle profitable à tous les peuples chrétiens, juifs et musulmans.
Puissance temporelle indépendante, non soumise aux autorités locales, le Temple jouit alors de la protection du Pape, sans en accepter la tutelle.
L'ordre, compte 15 000 membres, répartis entre les Chevaliers – d’origine Noble - revêtus du fameux manteau blanc frappé de la croix rouge sang, les Sergents – issus de la Bourgeoisie – en Manteau Bruns, tous deux semble t’il soumis à la règle et les miliciens ou Turcopoles lorsqu’il s’agissait de « locaux », soldats ordinaires, employés à temps par l’Ordre, mais qui ne prêtaient qu’un voeu d’obéissance.
L’étude des combats menés par les Templiers permet de constater qu’ils développaient une ardeur au combat très au dessus de la moyenne, qu’ils soient aux cotés des croisés ou seuls face à l’ennemi, leur règle leur interdisait d’ailleurs de refuser un combat, sauf si l’ennemi était à un contre trois!
S’il est désormais acquis que les Templiers n’ont quasiment jamais accompagné ou protégé le moindre pèlerin, ils ont mis en place un système d’une rare efficacité, leur permettant de drainer en occident les moyens matériels et humains leur permettant de remplir leur véritable mission.
Et dans ce cadre, dans quasiment chaque domaine d’intervention, les Templiers se sont révélés en avance sur leur temps.
En effet, en ces époques troublées, les routes étaient peu sûres et quiconque partait en périple avec son or, n'était pas assuré d'arriver à destination sans être dévalisé.
Les Templiers révolutionnèrent leur époque en instituant la lettre de change, ou plutôt en transformant ce qui avait été mis en place de façon quasi artisanale par les Lombards, en un système universel de transmission de fonds.
Ainsi, dans les régions et pays où ils étaient implantés, il suffisait au voyageur de se rendre dans une Commanderie et d'y déposer son argent contre un reçu, pour pouvoir ensuite voyager l’esprit serein.
En effet, contre présentation de ce reçu dans n’importe quelle autre Commanderie, le voyageur pouvait récupérer son argent, limitant ainsi considérablement les conséquences d'une mauvaise rencontre, du moins sur le plan financier.
Les Historiens ont noté que les Templiers prélevaient à cette occasion un pourcentage mais, comme le prêt à intérêt était interdit par l’Eglise, cette somme était fictivement intégrée à celle qui était déposée, le déposant recevant alors un reçu amputé des intérêts convenus.
Le Temple possède au moment de sa suppression 9000 maisons réparties en Europe. Toutes ces maisons reçoivent des dépôts et accordent des prêts et des avances à des emprunteurs publics et privés.
Pour mémoire, le Temple de Paris a été longtemps le dépositaire du Trésor Royal et Philippe le Bel, a fréquemment recouru aux services du Temple pour effectuer des emprunts, les mauvaises langues prétendant même que le montant de la dette du monarque a pu valablement influer sur sa décision de faire disparaître les Templiers.
Mais les Templiers jouent également un rôle important dans les campagnes où ils financent des moulins à vent, à eau et des forges.
Si leurs premières terres résultent des dons effectués par ceux qui rejoignaient l’Ordre, il faut noter que les Templiers ont développé par la suite une politique d’achats – politique certaines fois particulièrement agressive – et que l’on peut également leur attribuer la paternité de la création du remembrement, l’Ordre s’attachant tout particulièrement à transformer ses possessions en unités économiques cohérentes.
Pour ce faire, ils ont notamment effectué un maillage du territoire, notamment sur les chemins du pèlerinage à saint Jacques de Compostelle, s’attachant à installer les commanderies et maisons de telle sorte que dans les endroits stratégiques ils n’étaient jamais distants de plus d’une journée de marche.
Avec les Templiers homme et argent étaient en sécurité.
Remarquables cambistes, dont les méthodes s'appliqueront encore cinq siècles après leur disparition, ils furent des comptables de premier plan puisqu'ils inventèrent la comptabilité en partie double et tinrent pour la première fois dans l'histoire un véritable "grand-livre".
Banquiers des pèlerins, les Templiers amassèrent ainsi une véritable fortune qui en fit une puissance aussi importante que celle de la royauté.
Malheureusement pour eux la situation s’est brusquement dégradée.

II – Plus dure sera la chute !

Sur le terrain d’abord, avec la perte du royaume de Palestine, qui obligea les Templiers à quitter l’Orient, même s’ils tentèrent de s‘installer à chypre.
En effet, si la première croisade a été un succès, cela était du pour une bonne partie aux divisions internes du camp musulman.
La seconde croisade, initiée par Saint Bernard, se déroule de 1146 à 1149 et se révèle un véritable désastre avec des pertes atteignant 90% des effectifs.
Les Templiers, tout comme les Hospitaliers sont sur place et défendent le royaume, alors même que les croisés sont retournés chez eux.
Ils sont au contact des populations locales et assument non seulement leur rôle de soldats, mais également d’administrateurs de nombreuses forteresses.
Malheureusement pour eux, leur vision du monde en général et de la défense de Jérusalem, n’est pas partagée par les autres nobles qui se battent entre eux pour le pouvoir et laissent leurs adversaires reprendre de plus en plus de villes. Le Royaume de Jérusalem se désagrège et se rétrécit, pendant que se poursuivent les luttes intestines et les erreurs militaires.
Les troisième et quatrième croisades s’arrêteront chacune à Constantinople.
Cette lente mais constante désagrégation trouvera son terme à l’occasion de la 9ème croisade, qui conduira à la perte de la dernière ville d’Orient, saint Jean D’Acre et à la disparition du Royaume de Jérusalem.
Les Templiers n’ont plus aucune légitimité en Orient et, même s’ils tentent de se trouver un Royaume, par exemple à Chypre, ils sont désormais comme des Rois sans terre.
En Occident également ils deviennent gênants là même, où leur système les maintenait comme une puissance financière et politique incontestable.
C’est dans ce contexte que Philippe le Bel, avec le plein accord du pape Clément V, décide de mettre un terme à cette situation et, le 13 octobre 1307.
Il a longuement mûrit son plan et n’a pas hésité– avec le tristement célèbre Guillaume de Nogaret - à se trouver à l’origine du décès d’un des prédécesseurs de Clément V à savoir Boniface VII. (De mauvaises langues prétendent qu’il empoisonna Saint benoît XI, éphémère Pape qui a succédé brièvement à Boniface VII)
Philippe le Bel organise longuement et méthodiquement son opération et adresse partout en France et dans le plus grand secret ses ordres et ainsi, il fait arrêter tous les Templiers, leurs biens étant confisqués
Les biens qui ont pu être saisis (pour l’essentiel les propriétés, les autres biens ainsi que la flotte n’ayant jamais été appréhendés) ont été remis en définitive à L'Ordre des Hospitaliers qui, pour sa part, a duré jusqu'à nous au travers de l'Ordre de Malte.
Le Grand Maître Jacques de Molay est lui-même arrêté et soumis à la question, il passe alors des aveux complets dès le 24 octobre 1307 mais il montera finalement sur le bûcher le 13 mars 1314, après s’être rétracté et diront certains retrouvé sa dignité, devenant ainsi un relaps ainsi promis au bras séculier, c’est à dire au bûcher.
L’ordre a été officiellement dissous par une bulle papale du 3 avril 1312, qui confirmait en fait la décision du pape Clément V, en date du 22 mars 1312, étant ici observé qu’il s’agissait d’une bulle « par provision » c’est à dire ne prononçant aucune condamnation définitive de l’Ordre.
Nous pouvons nous interroger sur les motifs de cette dissolution.
Les circonstances de cette opération sont bien connues.
Le Roi fait savoir que grâce à des dénonciations émanant d’anciens Templiers exclus, il avait eu connaissance de pratiques criminelles au sein de cet ordre tout à fait particulier.
Ces pratiques sont principalement les pratiques sodomites, l’adoration d’une idole et le triple renoncement à Jésus avec crachat sur la croix.
Les motifs véritables devaient sans doute plutôt trouver leurs racines dans la dimension matérielle de cet ordre, car l’on comprend que son pouvoir, son organisation et ses richesses, aient pu susciter envies et jalousies.
Il est peu crédible de penser que Philippe le Bel, qui est rendu responsable de la mort d’un, voire deux, Papes, ait pu véritablement être préoccupé de l’éventuelle hérésie de l’Ordre des Templiers.
On peut également souligner que cette hérésie aurait tout autant été remarquée voire pourchassée par d’autre royautés, or nous savons le peu d’empressement qu’on mis les autres Rois à appliquer la Bulle du Pape emportant dissolution de l’Ordre.
Il est en revanche établi que Philippe le Bel s’est vu refuser son initiation dans l’Ordre du Temple et que par ailleurs il avait une dette énorme vis à vis des Templiers qui – rappelons le – ont été pendant très longtemps les dépositaires des finances royales, y compris sous le règne de Philippe le Bel.
Nous indiquerons également que le Roi de France pouvait à juste titre se demander qui de lui ou de l’ordre, exerçait le véritable pouvoir temporel, mais il faut également préciser qu’au travers notamment de cette démarche de destruction du Temple, associée à un affaiblissement de la Papauté, Philippe le Bel est « l’inventeur » d’une Royauté laïque, c’est à dire indépendante du pouvoir spirituel et donc de Rome.
Il ne faut donc pas se figer sur une analyse qui placerait les Templier dans leur qualité de « Chevalier Blanc » alors que Philippe le Bel serait le méchant su scénario.
En effet, à partir du moment où l’Ordre, contrairement aux Hospitaliers, n’avait plus de raison d’être sur le plan militaire, il devenait un état dans l’état, de nature à heurter frontalement les intérêts de la royauté.
Le maintien des Templiers aurait été un obstacle déterminant à la création de la Royauté telle que Philippe le Bel la concevait et telle qu’elle s’est imposée jusqu’à ce jour.
Ainsi, avant Philippe le Bel, le Roi n’avait guère plus de puissance ou de richesses que ses vassaux et, par exemple, au 12° siècle, le Comte de Champagne possédait plus de terres que le Roi de France.
Philippe le Bel a inventé la Monarchie centralisée et son règne est marqué par un accroissement de l'autorité royale, un affranchissement de l'autorité pontificale, un développement de l'administration et une extension du domaine sous contrôle royal.
Il a véritablement initié la dynastie des Capétiens en s’éloignant des traditions féodales, par exemple, en organisant la tenue d'assemblées formées de représentants des 3 classes : clergé, noblesse et bourgeoisie. Ces assemblées, ancêtres des "états généraux", n'étaient réunies que dans des circonstances graves et avaient en fait un pouvoir bien réduit : le roi et ses conseillers n'attendaient qu'une approbation des propositions présentées, et ainsi l'appui moral des sujets importants du royaume.
Il a donc créé le premier état centralisé, même si cette création s’est faite au prix de l’assassinat d’un Pape et de la disparition des Templiers.

III – Les secrets des Templiers
Il faut tout d’abord se demander s’il y a le moindre secret dans l’aventure des Templiers.
Nous avons vu cependant qu’il y a de nombreux points d’ombre dans leur histoire et ce, dès leur constitution.
Nous avons indiqué également que leur expansion et leur disparition, peuvent toutes deux s’appuyer sur des réalités purement économiques.
Mais peut-on accepter que la cause de cette disparition ne se situe que dans la sphère de la temporalité et que le vitalité des Templiers n’ait été due qu’à leurs talents de cambistes ou de gestionnaires ?
La réponse vient, pour certains auteurs, des travaux entrepris par les neuf fondateurs lors de leur premier séjour en Palestine.
En effet, dès leur arrivée, ils obtinrent de Baudouin II, le droit de demeurer dans l'aile du Palais Royal de Jérusalem, qui jouxte la Mosquée El Aqsa, là où était censé s’élever l'antique Temple de Salomon, d'où leur première dénomination de Pauvres Soldats du Christ et du Temple de Salomon (Pauperes Commilitones Christi Templique Salomonici
A l’occasion de ces travaux, ils fouillent notamment les écuries de Salomon et pendant de nombreuses années, ils restent seuls, sans recrutement extérieur.
Puis brusquement, ils envoient une délégation auprès du Pape et bénéficient presque immédiatement de leur fameuse règle et d’exonérations multiples, qui les rendent totalement indépendant du pouvoir ecclésiastique et placés sous la seule –et lointaine – responsabilité du Pape.
Il est dès lors facile de penser qu’à l’occasion de ces fouilles menées dans un lieu hautement symbolique, les Templiers ont fait une découverte, qui leur a valu ce traitement de faveur de la part de l’Eglise Romaine.
Cette situation, le mystère qui entoure ces premières années de leur existence, suscite déjà des questionnements.
Pour ce qui concerne le passé des Templiers, beaucoup d’hypothèses circulent et certains auteurs prétendent que l’ordre des Templiers n’a été créé que pour officialiser une société secrète et occulte déjà préexistante, qui avait pour mission de rechercher les origines du christianisme.
Ils y voient alors une lointaine filiation avec Saint Benoît et avec les Bénédictins, en passant par Cluny, puis Clairvaux.
D’autres acceptent la date de création officielle de l’ordre et considèrent qu’ils ont effectué des fouilles de l’ancien Temple de Salomon et que, ce faisant, ils ont trouvé des éléments clés de l’histoire du Christianisme et, notamment, le Saint Graal.
Vous comprendrez aisément qu’il est impossible de résumer ici les théories ainsi développées et qui s’appuient toutes sur des recherches particulièrement érudites, mais pas toujours convaincantes.
Vous admettrez sans doute que ces théories, qui sont parfois contradictoires entre elles, se heurtent systématiquement – à l’une ou l’autre des étapes de la démonstration - à des carences en matière de preuve ou même à l’absence de rigueur dans le raisonnement.
Il existe cependant des éléments qui, à défaut d’être parfaitement certains, paraissent communs à tous les auteurs qui sont intervenus sur le sujet.
Il parait ainsi acquis que l’Ordre des Templiers comprenait plusieurs cercles et qu’il se comportait comme une école de mystères, avec une hiérarchie reposant sur l’initiation et le secret.
L’existence d’une règle secrète a été évoquée à plusieurs reprises, sans que ce document ait pu être appréhendé.
Mais derrière les accusations hérétiques portées contre les Templiers, figurent quelques éléments de recherche.
Il a été ainsi reproché aux Templiers d’adorer une tête coupée qu’ils appelaient le Baphomet.
Cette idole, dont l’adoration est explicitement visée dans les motifs de la dissolution de l’ordre a beaucoup intrigué et l’on n’en possède que très peu de représentations.
Pour certains elle est la preuve de la collusion avec les musulmans et elle serait une contraction entre BAPtiste et maHOMET, pour d’autres, il apparaîtrait que ce terme, décrypté selon le code dénommé Atbash – que l’on retrouve dans les manuscrits de Nag Hammadi rédigés plus de mille ans avant la création des Templiers – signifierait SOPHIA, terme grec pouvant signifier sagesse, mais également, selon les gnostiques, l’Egyptienne ISIS.
Enfin d’autres auteurs rapprochent ce terme des pratiques alchimistes et y voient le rappel du terme de « Bapheus mété » ou le « Teinturier de la Lune »ce qui nous renvoie à la réalisation du Grand OEuvre.
Mais hormis le débat sur ce Baphomet, la plupart des auteurs soulignent affirment qu’en fait, les Templiers paraissaient adorer le « principe féminin » , même si la référence à « Notre Dame » souffre plusieurs interprétations.
Ces éléments épars et à priori sans grande signification, sont à rapprocher du fait que ces moines soldats avaient une grande dévotion pour saint Jean le Baptiste – dont la tête coupée était l’une des représentations - et Marie Madeleine, même si officiellement ils vénéraient la Vierge Marie.
Or, saint Jean le Baptiste et Marie Madeleine sont les deux « piliers » de la plupart des thèses hérétiques ou gnostiques modernes et anciennes et si on les retrouve tous deux dans l’histoire et les pratiques des Templiers, ces deux personnages présentent comme point commun d’être, d’une part, centraux dans l’histoire de Jésus et, d’autre part, d’être quasiment bannis des évangiles canoniques.
Rappelons le rôle biblique de nos deux Saints.
Jean le Baptiste, tout d’abord, a baptisé Jésus dans le Jourdain et a annoncé sa venue au monde, en sa qualité de messie.
Marie Madeleine, pour sa part intervient à plusieurs reprises mais, fondamentalement c’est elle qui a oint Jésus avec le nard et cette onction se trouve bien être un des fondements du christianisme, dans la mesure où le terme Christ est dérivé du grec Christos, traduction de l’hébreu Messie, et que, contrairement aux croyances, ce terme signifie simplement « oint » (celui qui est oint), sans qu’il soit ici question de divinité.
Marie-Madeleine est également la première personne à laquelle s’est présenté le Christ ressuscité.
Voila donc deux personnages centraux qui, curieusement, sont quasiment absents des évangiles, comme si leurs rédacteurs avaient cherché à en minimiser l’importance, sans pour autant pouvoir en nier l’existence.
Car il est un fait acquis, que seules des personnes ayant autorité pouvaient pratiquer les rites du baptême et de l’onction, ce qui rajoute d’autant au mystère entourant nos deux Saints.
Prenons saint Jean le Baptiste, dont la tête coupée fut réclamée par Salomé, à son père.
On sait peu de choses de sa vie, hormis que sa naissance fut annoncée par un Ange et que sa mère enfanta alors qu’en théorie, elle était âgée et ménopausée.
Il est acquis que Jean était un prêcheur et qu’il dirigeait – ou qu’il avait fondé – un groupe religieux, voire une secte. (Certains auteurs parlent ici des essonniens).
On sait également que les premiers disciples de Jésus ont été recrutés parmi ceux de Jean et il faut dès lors s’interroger sur les liens entre Jésus et Jean.
Aux termes des prophéties, Jean aurait du être la réincarnation du prophète Elie et que c’est à ce titre qu’il aurait pu annoncer la venue du Messie.
On sait que Jean a refusé d’être reconnu comme la réincarnation d’Elie, mais qu’en revanche il annonce en ces termes la venue du messie : «
Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu. » (Matthieu, 3.11).
Les évangiles placent donc Jean le Baptiste comme un annonciateur de Jésus et puis, il disparaît quelque peu des textes sacrés.
La difficulté théologique, qui va sous-tendre les thèses hérétiques développées par la suite, pourrait venir du baptême même donné par Jean à Jésus.
En effet, ce rituel du baptême n’a d’autre but que de permettre la repentance et renvoie donc à des notions centrales du catholicisme, que sont le péché et justement la repentance, puis le pardon. Mais comment expliquer alors que le Fils de Dieu ait eu besoin du baptême ? Comment justifier cette nécessité de se laver de péchés que, par définition, sa nature également divine lui interdisait ?
L’Eglise Catholique répond en indiquant que Jésus, qui n’en avait pas besoin, a souhaité le Baptême pour montrer l’exemple.
La réponse habituellement apportée à cette question par ceux qui sont qualifiés d’hérétiques, se résume dans le fait que Jésus aurait été l’un des disciples de Jean et aurait recueilli ses enseignements.
Cette thèse appelle des développements particulièrement riches et complexes qui s’appuient sur la supposée existence d’une Eglise de saint Jean le Baptiste (l’église johannite), Eglise dont les principes auraient été retrouvés par les Templiers, ce qui aurait risqué de remettre en cause tous les fondements de l’Eglise Catholique, d’où la décision de dissolution de l’ordre du Temple.
Cette thèse s’appuie par exemple sur la découverte tardive de la survivance d’une secte dite « des mandéens » présente encore en Irak et qui pratique le baptême rituel en référence à saint Jean et qui considère Jésus comme un usurpateur. (Cette thèse de l’usurpateur peut être rapprochée de celle donnée de Jésus dans le Talmud)
Je n’irais pas plus loin dans l’évocation des thèses concernant le rôle spirituel et temporel de saint Jean le Baptiste et de sa possible opposition avec Jésus et je vous renvoie une nouvelle fois à la lecture des nombreux ouvrages rédigés sur ce sujet.
Je ferais cependant une nouvelle référence à saint Jean le Baptiste, après avoir évoqué les questions tournant autour de Marie Madeleine.
Comme je vous l’ai indiqué, elle est sans doute au coeur du mystère entourant la mort et la résurrection de Jésus.
Il semble aujourd’hui admis que Marie Madeleine et Marie de Béthanie – soeur de Lazare – ne soient qu’une seule et même personne.
On peut également noter que la mort et la résurrection de Lazare peuvent aisément être assimilées à un rite initiatique dont certains parmi nous, comprendrons la correspondance.
La plupart des auteurs contemporains considèrent également que Marie Madeleine n’était pas une prostituée, mais plutôt une femme d’un rang certain et qu’en fait, elle aurait été l’une des disciples de Jésus, si ce n’est, sa première disciple.
Cette affirmation renvoie aux questionnements concernant la relation entre l’église Catholique et les femmes et la véracité ou la partialité des évangiles « officielles », dites évangiles canoniques.
Vous savez que le nouveau testament s’est vu principalement constitué en 325, lors du concile de Nicée et que c’est à cette occasion que l’on a figé la doctrine catholique, prenant prétexte de la nécessité de trancher définitivement le débat sur la nature de Jésus.
Lors de ce concile, un texte est adopté qui affirme la foi de l’Eglise chrétienne, le fameux Credo.
On y affirme que le Fils est de la même substance que le Père et qu’ils sont donc parfaitement égaux.
" Nous croyons en un Dieu, Père tout-puissant, créateur de toutes les choses visibles et invisibles, et en un Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, unique engendré du Père, c’est à dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non fait, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait, ce qui est dans le ciel et ce qui est sur la terre, qui pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu, s’est incarné, s’est fait homme, a souffert, est ressuscité le troisième jour est monté aux cieux et viendra juger les vivants et les morts, et en l’Esprit Saint. "
En plus de l’adoption de ce texte, le concile fixe des dates de célébrations et détermine des règles plus ou moins importantes.
Ce concile marque également le rejet de certains textes et notamment de ce que l’on appelle aujourd’hui les évangiles gnostiques, dont certains ont été retrouvés, soit sur le site de Nag Hammadi, soit parmi les manuscrits de la Mer Morte.
Ces textes, désormais hérétiques, ne sont pas systématiquement en opposition avec les évangiles canoniques, mais ils apportent souvent des commentaires très divergents, notamment sur les rôles de saint Jean le Baptiste ou de Marie Madeleine.
L’ouvrage le plus connu de ce point de vue est le « Pistis Sophia » auquel le myste pourra se référer, mais, sans rentrer dans les détails, on peut dire que dans les textes ainsi rejetés, Jésus parlait notamment de Marie Madeleine en précisant qu’elle était « l’Apôtre des Apôtres », l’évangile gnostique de Philippe précisant par ailleurs que les autres Apôtres la détestaient et que Pierre, notamment, aurait demandé à Jésus pourquoi il la préférait à tous les autres et pourquoi il l’embrassait sur la bouche.
Cette vision d’une Marie Madeleine, initiée et disciple, est très éloignée de celle de la prostituée qui a toujours été véhiculée par le dogme catholique.
En revanche une telle vision peut apparaître comme compatible avec une déclaration de Jésus qui aurait dit lors de son onction – réalisée je le rappelle par Marie Madeleine - :
« Je vous le dis en vérité, partout où la bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait. » (Marc 14 :9)
Il n’existe peut être pas de vérité derrière ce débat sur la nature et le rôle de Marie Madeleine, mais c’est bien sur la base de ces discordances, que les plus célèbres thèses hérétiques se sont construites et resurgissent à nouveau au travers de l’actualité littéraire.
Si chaque auteur développe ses théories propres, le fil conducteur des thèses développées, soutenues et argumentées, repose sur le fait que Marie Madeleine était la concubine de Jésus et qu’ils auraient eu ensemble des relations sexuelles.
Certains rajoutent qu’ils étaient mariés, d’autres qu’ils auraient eu une fille, mais c’est bien la dimension charnelle, en même temps que spirituelle, de leur relation qui est développée.
Une de ces théories, est à la base de la thèse de l’existence du Prieuré de Sion et fait remonter la dynastie mérovingienne à la naissance de cet enfant.
Pour ma part, je ne souhaite pas argumenter sur le bien fondé de cette position.
Je préciserais simplement que les seules preuves tangibles de la création de cette association remontent au milieu du XXéme siècle, que le personnage à l’origine de cette mouvance est Monsieur Pierre Plantard, connu à ses débuts pour ses thèses antijuives et antimaçonniques.
Les thèses sont donc multiples et je me garderais bien d’en choisir l’une ou l’autre.
Mais pour ma part, je voudrais simplement indiquer aux Mystes que nous sommes, que celle qui m’a le plus interpellé se trouve notamment développée dans l’ouvrage de Lynn Picknett et Clive Prince : « La révélation des templiers ».
Cet ouvrage relie les pratiques des Templiers - l’adoration du principe de féminité notamment – à une thèse faisant de Jésus, Jean le Baptiste et Marie Madeleine, les prêtres d’un culte Osirien.
Ils rapprochent ainsi les éléments fondamentaux du Christianisme, de ceux présents dans ce culte égyptien, par exemple sur le baptême ou la rédemption.
Ils évoquent les curieuses analogies dans la mystique Egyptienne, avec celle retenue comme fondement du dogme catholique, en rappelant par exemple qu’Osiris fut tué par son frère et son corps dispersé, que sa mort intervint un vendredi, qu’il est ressuscité trois jours après grâce à l’intervention d’Isis.
De plus, dans ce culte ancestral, il faut souligner les conditions de cette résurrection, puisque Seth, le frère d’Osiris avait pris soin après plusieurs tentatives avortées de disperser les morceaux du corps de son frère et que c’est dans ces conditions qu’Isis avait reconstitué le corps d’Osiris, hormis son sexe qu’elle n’avait pu retrouver, et qu’alors, après cette résurrection, ils eurent ensemble un enfant dénommé Horus.
Par ailleurs, dans ces rites Osiriens, l’onction avait une place centrale et le rôle de la femme était déterminant.
Les auteurs précités replacent alors les interventions de Marie Madeleine, de l’onction au tombeau puis à l’annonce de la résurrection, dans ce cadre et rattachent le mythe de l’immaculée conception à l’enfantement d’Horus, étant précisé également que ce type de conception se retrouve également dans d’autres religions à mystères, comme le culte de diane.
L’onction pour sa part était l’un des éléments fondamentaux qui permettaient la transformation de Pharaon en Osiris et cette onction ne pouvait être réalisée que par une femme, représentation vivante d’Isis.
On retrouve bien tout ce qui est souvent présenté comme étant la spécificité, voire l’inventivité du dogme chrétien.
Cette thèse peut paraître comme loufoque ou hérétique aujourd’hui, mais on peut facilement imager comment elle aurait été qualifiée au temps des Templiers….
Mais si comme le prétendent les auteurs précités, c’est ce secret que les Templiers auraient découvert et qu’ils auraient protégé puis transmis, le regard porté sur leur développemen,t ou leur disparition en deviendrait tout autre.
Malheureusement les preuves historiques ou scientifiques nous manquent et l’on en reste donc au stade des hypothèses.. ou des secrets initiatiques.
Car si secret il y a il est peut être connu et non divulgué, en dehors de certains cercles.
Je ne parle pas de la mystification éventuelle du prieuré de Sion, mais bien de certains cercles, qu’ils soient à l’origine, au sein, ou en dehors de la Franc-Maconnerie.
Car la question de la transmission des secrets ou connaissances Templiers reste l’objet de débats et de recherches et c’est par cette question là que je conclurais mes travaux.

Conclusion

Les Templiers gardent une réelle capacité à nous interpeller et l’étude de leur Ordre ou de ceux qui gravitaient autour, nous ramène sans cesse sur la voie symbolique..
Nous aurons ainsi à coeur de rappeler qu’ils sont souvent présentés sous une forme duale (les fameux deux chevaliers partageant le même cheval) mais qu’ils étaient en réalité placés sous le signe du Ternaire (Accepter le combat à 1 contre trois, ne riposter qu’après trois attaques, trois messes par semaine, trois plats dans un repas sans viande, trois fois de la viande par semaine, communion trois fois l’an).
Nous pouvons suivre la piste de la flotte Templière lorsqu’elle a fuit la France et nous intéresser alors aux ports écossais.
Sur cette terre, nos pas peuvent nous mener alors vers la Chapelle de Rosslyn, au plan de cet édifice et aux curieuses décorations ornant cette chapelle ou aux tombes garnissant les cimetières alentours.
Nous pourrions également nous interroger sur les liens entre Christophe Colomb, Vasco de Gama et l’héritage Templier, ne serait ce qu’en se reportant aux symboles qu’ils portaient sur les voiles de leurs navires.
Nous pourrions mener très loin une recherche que je ne souhaite pas poursuivre ici.
Mais vraisemblablement, l’un des voyages les plus surprenant que nous propose l’étude des Templiers, ne se situe pas dans sa filiation contemporaine à notre propre création, mais plutôt l’étude des liens que l’Ordre a noué avec les constructeurs de Cathédrales, avec l’Art gothique.
Les Templiers se sont en effet trouvés à l’origine de cette explosion architecturale que représente l’édification des cathédrales gothiques et cette architecture Templière nous a laissé des nombreux messages symboliques, gravés dans la pierre.
Ils ont introduit l'arc brisé, appelé par dérision l'art gothique, qui symbolise l'élancement et la légèreté.
Mais de nombreux autres symboles nous viennent des Templiers, tels la feuille de chêne, symbole de pérennité, l'équerre, signifiant le travail dans la rectitude, le compas, évaluation de ses possibilités ou le laurier, symbole d'immortalité.
Mais cette implication forte dans la création de ces merveilles architecturales nous questionne nécessairement.
Comment, s’est-il trouvé, tout à coup dans l’Occident chrétien, des «dompteurs» de pierre comme on n’en avait jamais vu depuis les pyramides? D’où tenaient-ils leur savoir d’initiés?
Combien de générations de maçons et de tailleurs de pierre faudrait-il, aujourd’hui, pour produire des maîtres capables de réaliser l’équivalent des cathédrales de Chartres ou d’Amiens?
Les bâtisseurs de jadis ont laissé leurs signatures, sur des poutres ou des pierres.
Certes, nous connaissons des noms d’architectes et de maîtres d’oeuvre, pour Amiens, mais pas pour Chartres… et force est de constater qu’en fait, on sait peu de choses sur l’origine de ces constructeurs, sur le savoir-faire dont ils ont été les dépositaires.
Nous disposons pourtant de quelques pistes.
Ces constructeurs, qui se déplaçaient de chantiers en chantiers, étaient réunis en confréries, fraternités ou compagnonnages, un mot qui vient de «compas», leur outil de prédilection, et qui signifie également «qui partage le même pain».
Les confréries les plus connues ont eu pour nom les Enfants du père Soubise, les Enfants de Maître Jacques ou les Enfants de Salomon et elles ont aujourd’hui pour héritiers les Compagnons des devoirs du Tour de France.
Leur création est bien antérieure à celle des premières guildes anglaises des métiers (vers 1110 -1133) et sous l’Empire Romain, elles étaient déjà exemptes d’impôts.
Le Maître Jacques auquel elles font référence, est celui qui fut mandé par Hiram de Tyr, pour le compte du roi Salomon, afin de construire le temple de Jérusalem.
C'est un jars, un Maître Jars. Maître, il est initié à la nature de la pierre et la légende note bien qu'il taillait la pierre depuis l'âge de quinze ans.
Cette même légende donne Maître Jacques comme responsable des colonnes qui se trouvaient situées à l’extérieur du Temple et appelées B et J.
Certains légendaires le font assassiner par la fraternité des "Enfants du Père Soubise", c'est à dire : Cluny, qui nous donnera Clairvaux et Saint Bernard...
Ces confréries utilisaient un langage qui leur était propre, langage imagé dénommé « la langue des oiseaux » que l’on pratique en jouant de la consonance des mots, également définie comme étant parlée en art goth (voir l’origine grecque du mot goth : art de la lumière, art de l’esprit.) De saint Louis, ardent croisé, les bâtisseurs de cathédrales obtinrent des franchises royales qui en firent des «maçons francs». C’est dire la reconnaissance et l’estime dont ils jouissaient. Ces privilèges, le roi Philippe le Bel, dans son acharnement pour anéantir les Templiers, les supprima sèchement.
En effet, les bâtisseurs de cathédrales furent également pourchassés lors du procès des chevaliers du Temple, leurs protecteurs, si bien que beaucoup disparurent et que leur langage entra alors dans la clandestinité.
A Paris, ils trouvèrent refuge au sein de la Cour des Miracles et c’est sous la protection des voleurs et brigands qu’ils purent maintenir en vie leur langage, ce langage des oiseaux devenu langage de l’Art Goth, origine possible, même si elle est controversée, de l’argot.
Pourchassés, leurs confréries anéanties, ils sont passés dans la clandestinité mais, dans certaines régions, ils ont survécu sous la forme de groupes déjà clairement identifiés et, notamment, les fameux Cagots du Sud Ouest de la France.
Ils sont nombreux à avoir recherché les origines de ces chrestiàas, premier nom donné aux cagots.
Anciens Wisigoths ou Sarrasins, vrais lépreux «blancs », Arabes « collaborationnistes » ou anciens Croisés revenus de Terre Sainte, nul ne sait qui ils étaient vraiment et pourtant, ils ont construit les cathédrales.
Sans développer plus avant, il faut souligner que cette communauté était « maudite » qu’elle était obligée de résider en dehors des villages avec interdiction formelle de se mélanger avec le reste de la population et qu’ils devaient porter sur l’épaule une patte d’oie de tissu rouge, dont la symbolique ne peut nous échapper.
Beaucoup disparurent en même temps que les Templiers, laissant d’ailleurs en l’état les chantiers en cours, mais cette communauté a perduré au moins sous le règne de Louis XIV qui fut obligé de prendre des décrets pour tenter de mettre un terme à l’ostracisme dont ils étaient victimes.
Ces cagots font parti des nombreux mystères qui entourent les Templiers et des questions qui ne rencontrent pas de réponse satisfaisante.
Mais nous noterons que ces Compagnons – ceux là même qui refusèrent de construire des Prisons – ont cessé leur activité peu de temps après la disparition du Temple et on peut prétendre alors qu’en supprimant le Temple, Philippe le Bel a supprimé les Cathédrales !
Et ces Cagots, ces porteurs de l’Art Gothique, tout comme leurs protecteurs, appellent au débat, à la réflexion et à la recherche.
Ils nous renvoient à nos travaux et symboles et peut être plus spécialement au Pavé Mosaïque, tant leur approche ne peut se satisfaire de la ligne droite ou des vérités convenues.
Voilà donc les quelques pistes de réflexion que je souhaitais évoquer avec vous, en évoquant le vendredi 13.
Mais vous l’avez vu, ce jour un peu spécial, si loin et pourtant si prés, n’a été qu’un prétexte pour nous donner l’occasion d’approcher un Ordre fascinant et mystérieux.
Ainsi, en tentant de mieux connaître l’Histoire de cet Ordre, sous la double approche du matériel et du spirituel, de l’ésotérisme et de l’exotérisme, nous nous donnons les outils nécessaires pour étudier, alors, la transmission éventuelle de leurs savoirs.
C’est de cette transmission éventuelle ou de tout autre héritage des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon qu’il nous faudra parler lors d’une prochaine Planche.   
J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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York Rite

15 Novembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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