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Du Vendredi 13

18 Novembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Introduction
Vénérable Maître et vous tous mes Sœurs et mes Frères en vos degrés et qualités.
Elevé dans des principes profondément athées et fortement impliqué dans un engagement politique que beaucoup considèrent comme dogmatiques, j’ai toujours eu la chance de pouvoir m’intéresser à un grand nombre de sujets, mais il en est que je m’interdisais d’aborder.
Ce ne fut donc pas simple de frapper à la porte du Temple et encore moins d’y être accepté.
Mais une fois le bandeau tombé, une fois le chemin esquissé, j’ai eu plaisir à m’autoriser enfin à d’autres quêtes, d’autres questionnements.
Immanquablement, comme un anorexique qui retrouverait l’appétit, mes travaux m’ont alors amené sur des chemins teintés d’ésotérisme, voire de mysticisme.
C’est dans ce contexte que je me suis interrogé sur le Vendredi 13.
Le fameux Vendredi 13, le très français Vendredi 13, car la connotation maléfique que nous lui attachons, ne dépasse guère les limites de notre doux pays.
Alors pourquoi tant de charge émotionnelle autour de ce diptyque formé d’un jour de la semaine et d’une date ?
Il y a certes cette journée du vendredi, celle au cours de laquelle Jésus fut crucifié… mais cela n’a jamais été un 13 et le Vendredi Saint n’a aucune implication maléfique et cette piste là n’apporte donc pas de solution satisfaisante.
Alors, pour ma part, je pense que dans notre histoire commune, le vendredi 13 ne peut se référer qu’à un seul évènement de nature à lui attacher une force symbolique aussi durable à savoir, vendredi 13 octobre 1307, date historique de la déroute de l’Ordre des Templiers.
Ce 13 octobre, à la demande du Roi de France et avec l’accord du Pape Clément V, l’Ordre le plus riche, le plus célèbre, mais également le plus craint de toute la chrétienté, se trouvait suspendu, ses biens confisqués et ses membres jetés en prison pour y être soumis à la question.
Cet évènement, qui annonçait en fait sa dissolution future, a tellement frappé les esprits, que ce jour fatidique en est resté associé à la notion du malheur ou, plus exactement, à celle de symbolisme, voire d’occulte.
En effet, il fut d’une telle importance, qu’il marque encore de son empreinte la civilisation occidentale du XXIème siècle et il est vrai que les questions sur la vie et la mort des Templiers, suscitent encore de très nombreux ouvrages, dont un « Best Seller » récent qui n’est en fait que la reprise des thèses développées dans un ouvrage édité pour la première fois en 1994.
Encore aujourd’hui et sans véritables certitudes historiques, cet Ordre, officiellement constitué en 1118, se trouve au confluent de bons nombres de groupes et mouvements d’idées, certains très connus tels les Cathares ou les alchimistes, d’autres plus secrets ou simplement plus controversés, tels les Rose Croix ou le Prieuré de Sion.
J’ai donc souhaité, au delà du prétexte de ce vendredi 13, vous parler d’un Ordre extraordinaire et unique, tant dans son existence que dans sa disparition.
Pour aborder ce sujet, je vous propose de n’en survoler que quelques éléments, tant les questions sont riches.
Je souhaite donc aborder successivement les conditions historiques de leur création et de leur épanouissement, pour bien évidemment aborder ensuite leur chute et ses motifs possibles, gardant la troisième partie pour évoquer leurs éventuels secrets.

I – Juste après l’an Mil.

Il n’est pas besoin de revenir sur cette période qui a entouré le passage à l’an mil et notre bug de l’an 2000 n’a rien été à côté de l’explosion de superstition qui a entouré ce passage du premier millénaire.
Mais si aujourd’hui nous rattachons cet An Mil à l’annonce faite dans l’Apocalypse selon saint Jean, tel n’était pas forcément le cas à l’époque, ou le calendrier était moins rigoureux et ou, par exemple, les années ne commençaient pas le même mois selon les pays concernés.
Je ne retiens donc pas l’An Mil dans sa connotation superstitieuse, mais plutôt dans sa révélation de la révolution « clunisienne » qui a directement influé sur le sujet qui nous intéresse.
Rappelez vous que Cluny a été fondée en 910 et qu’elle a entraîné véritablement le renouveau du Moyen Age, initiant un nouveau courant de pensée, même si elle appliquait la très ancienne règle de Saint Benoît.
La charte fondamentale de l’abbaye, comportait, entre autres clauses, quatre décisions capitales :
• l'obligation du strict respect de la règle de saint Benoît,
• l'exemption de toute sujétion temporelle, celle des rois et des seigneurs ou spirituelle, celle des évêques hormis celle du pape,
• la garde des apôtres Pierre et Paul et la défense du souverain Pontife,
• l'obligation expresse de s'adonner avec le zèle le plus ardent "selon l'opportunité et les possibilités du lieu, aux oeuvres quotidiennes de la miséricorde envers les pauvres, les indigents, les étrangers, les voyageurs",  
Cluny a donné à l’Eglise de grands hommes et, pour la période qui nous intéresse, elle a directement formé Hildebrand, devenu le Pape Grégoire VII créateur de la réforme Grégorienne mais également, celui qui devint en novembre 1095 le Pape Urbain II.
Nous nous rapprochons des Templiers, car il est aujourd’hui communément acquis que l’idée de la constitution des Templiers a germé dans l’esprit de certains chevaliers à l’occasion de la première croisade qui s’est déroulée de 1096 à 1099.
Notons au passage, que la fin de la croisade correspond presque exactement à la création de l’Abbaye de Cîteaux, mère de l’Abbaye de Clairvaux fondée par le future Saint Bernard.
Cette croisade a été voulue et conçue par Grégoire VII puis mise en oeuvre par Urbain II, dont la fougue et la force de conviction ont été soulignés par de nombreux historiens.
A ce stade, je peux rajouter que le Pape Urbain II est originaire d’un petit village champenois dénommé Châtillon, pas très loin de la demeure d’Hugues de Payns, fondateur de l’Ordre du Temple.
Au terme de cette croisade, se trouve fondé le Royaume de Palestine, dont Godefroy de Bouilon devient le premier souverain, sous le titre non pas de Roi mais « d’Avoué du Saint Sépulcre ».
Son frère devint le 1er Roi sous le titre de Baudouin I et mourut en 1118, laissant la place à Baudouin II.
Et nous voilà arrivés à nos Templiers !
En effet, il est le plus souvent admis que c’est justement en 1118, le champenois Hugues de Payns, Geoffroy de Saint-Omer et sept compagnons d'armes, proposaient au roi Baudouin II de Jérusalem la mise en place d'une troupe permanente qui, sous la forme d'un ordre à la fois militaire et religieux, garantirait la défense de la ville sainte et assureraient également la liberté des routes aux pèlerins.
Ils procèdent alors cette constitution, sous la dénomination de l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, dénomination qui, par la suite, ne pouvait valablement être compatible avec sa puissance et sa fortune, d’où la dénomination finale d’Ordre des Templiers.
Ils firent voeux de se consacrer à la protection des pèlerins en Terre Sainte.
Peu après leur création ils sollicitèrent le Pape Honoré II afin d'obtenir une constitution particulière, et, à l’occasion du Concile de Troyes en 1128, Saint Bernard leur composa une règle : "la louange de la nouvelle milice" (De laudae novae militiae ad milites templi).
C'est à dater du 29 mars 1139, avec la bulle "Omne datum optimum", accordée par Innocent II à Robert de Craon, que le Temple reçut sa constitution définitive, le pape assurait à l'Ordre ses privilèges, son indépendance et, notamment, l'exemption de la justice épiscopale.
Suivront vers 1165, les Retraits qui sont les véritables statuts hiérarchiques et, à partir de cette époque, l'Ordre du Temple ne relève plus que du Pape et devient en fait indépendant.
L'idée Cistercienne appliquée par les Templiers est de fédérer les divers royaumes européens sous la suzeraineté d'une haute autorité détenant un pouvoir moral et matériel lui permettant d'arbitrer les conflits avant qu'ils ne se déclarent et de maintenir une paix universelle profitable à tous les peuples chrétiens, juifs et musulmans.
Puissance temporelle indépendante, non soumise aux autorités locales, le Temple jouit alors de la protection du Pape, sans en accepter la tutelle.
L'ordre, compte 15 000 membres, répartis entre les Chevaliers – d’origine Noble - revêtus du fameux manteau blanc frappé de la croix rouge sang, les Sergents – issus de la Bourgeoisie – en Manteau Bruns, tous deux semble t’il soumis à la règle et les miliciens ou Turcopoles lorsqu’il s’agissait de « locaux », soldats ordinaires, employés à temps par l’Ordre, mais qui ne prêtaient qu’un voeu d’obéissance.
L’étude des combats menés par les Templiers permet de constater qu’ils développaient une ardeur au combat très au dessus de la moyenne, qu’ils soient aux cotés des croisés ou seuls face à l’ennemi, leur règle leur interdisait d’ailleurs de refuser un combat, sauf si l’ennemi était à un contre trois!
S’il est désormais acquis que les Templiers n’ont quasiment jamais accompagné ou protégé le moindre pèlerin, ils ont mis en place un système d’une rare efficacité, leur permettant de drainer en occident les moyens matériels et humains leur permettant de remplir leur véritable mission.
Et dans ce cadre, dans quasiment chaque domaine d’intervention, les Templiers se sont révélés en avance sur leur temps.
En effet, en ces époques troublées, les routes étaient peu sûres et quiconque partait en périple avec son or, n'était pas assuré d'arriver à destination sans être dévalisé.
Les Templiers révolutionnèrent leur époque en instituant la lettre de change, ou plutôt en transformant ce qui avait été mis en place de façon quasi artisanale par les Lombards, en un système universel de transmission de fonds.
Ainsi, dans les régions et pays où ils étaient implantés, il suffisait au voyageur de se rendre dans une Commanderie et d'y déposer son argent contre un reçu, pour pouvoir ensuite voyager l’esprit serein.
En effet, contre présentation de ce reçu dans n’importe quelle autre Commanderie, le voyageur pouvait récupérer son argent, limitant ainsi considérablement les conséquences d'une mauvaise rencontre, du moins sur le plan financier.
Les Historiens ont noté que les Templiers prélevaient à cette occasion un pourcentage mais, comme le prêt à intérêt était interdit par l’Eglise, cette somme était fictivement intégrée à celle qui était déposée, le déposant recevant alors un reçu amputé des intérêts convenus.
Le Temple possède au moment de sa suppression 9000 maisons réparties en Europe. Toutes ces maisons reçoivent des dépôts et accordent des prêts et des avances à des emprunteurs publics et privés.
Pour mémoire, le Temple de Paris a été longtemps le dépositaire du Trésor Royal et Philippe le Bel, a fréquemment recouru aux services du Temple pour effectuer des emprunts, les mauvaises langues prétendant même que le montant de la dette du monarque a pu valablement influer sur sa décision de faire disparaître les Templiers.
Mais les Templiers jouent également un rôle important dans les campagnes où ils financent des moulins à vent, à eau et des forges.
Si leurs premières terres résultent des dons effectués par ceux qui rejoignaient l’Ordre, il faut noter que les Templiers ont développé par la suite une politique d’achats – politique certaines fois particulièrement agressive – et que l’on peut également leur attribuer la paternité de la création du remembrement, l’Ordre s’attachant tout particulièrement à transformer ses possessions en unités économiques cohérentes.
Pour ce faire, ils ont notamment effectué un maillage du territoire, notamment sur les chemins du pèlerinage à saint Jacques de Compostelle, s’attachant à installer les commanderies et maisons de telle sorte que dans les endroits stratégiques ils n’étaient jamais distants de plus d’une journée de marche.
Avec les Templiers homme et argent étaient en sécurité.
Remarquables cambistes, dont les méthodes s'appliqueront encore cinq siècles après leur disparition, ils furent des comptables de premier plan puisqu'ils inventèrent la comptabilité en partie double et tinrent pour la première fois dans l'histoire un véritable "grand-livre".
Banquiers des pèlerins, les Templiers amassèrent ainsi une véritable fortune qui en fit une puissance aussi importante que celle de la royauté.
Malheureusement pour eux la situation s’est brusquement dégradée.

II – Plus dure sera la chute !

Sur le terrain d’abord, avec la perte du royaume de Palestine, qui obligea les Templiers à quitter l’Orient, même s’ils tentèrent de s‘installer à chypre.
En effet, si la première croisade a été un succès, cela était du pour une bonne partie aux divisions internes du camp musulman.
La seconde croisade, initiée par Saint Bernard, se déroule de 1146 à 1149 et se révèle un véritable désastre avec des pertes atteignant 90% des effectifs.
Les Templiers, tout comme les Hospitaliers sont sur place et défendent le royaume, alors même que les croisés sont retournés chez eux.
Ils sont au contact des populations locales et assument non seulement leur rôle de soldats, mais également d’administrateurs de nombreuses forteresses.
Malheureusement pour eux, leur vision du monde en général et de la défense de Jérusalem, n’est pas partagée par les autres nobles qui se battent entre eux pour le pouvoir et laissent leurs adversaires reprendre de plus en plus de villes. Le Royaume de Jérusalem se désagrège et se rétrécit, pendant que se poursuivent les luttes intestines et les erreurs militaires.
Les troisième et quatrième croisades s’arrêteront chacune à Constantinople.
Cette lente mais constante désagrégation trouvera son terme à l’occasion de la 9ème croisade, qui conduira à la perte de la dernière ville d’Orient, saint Jean D’Acre et à la disparition du Royaume de Jérusalem.
Les Templiers n’ont plus aucune légitimité en Orient et, même s’ils tentent de se trouver un Royaume, par exemple à Chypre, ils sont désormais comme des Rois sans terre.
En Occident également ils deviennent gênants là même, où leur système les maintenait comme une puissance financière et politique incontestable.
C’est dans ce contexte que Philippe le Bel, avec le plein accord du pape Clément V, décide de mettre un terme à cette situation et, le 13 octobre 1307.
Il a longuement mûrit son plan et n’a pas hésité– avec le tristement célèbre Guillaume de Nogaret - à se trouver à l’origine du décès d’un des prédécesseurs de Clément V à savoir Boniface VII. (De mauvaises langues prétendent qu’il empoisonna Saint benoît XI, éphémère Pape qui a succédé brièvement à Boniface VII)
Philippe le Bel organise longuement et méthodiquement son opération et adresse partout en France et dans le plus grand secret ses ordres et ainsi, il fait arrêter tous les Templiers, leurs biens étant confisqués
Les biens qui ont pu être saisis (pour l’essentiel les propriétés, les autres biens ainsi que la flotte n’ayant jamais été appréhendés) ont été remis en définitive à L'Ordre des Hospitaliers qui, pour sa part, a duré jusqu'à nous au travers de l'Ordre de Malte.
Le Grand Maître Jacques de Molay est lui-même arrêté et soumis à la question, il passe alors des aveux complets dès le 24 octobre 1307 mais il montera finalement sur le bûcher le 13 mars 1314, après s’être rétracté et diront certains retrouvé sa dignité, devenant ainsi un relaps ainsi promis au bras séculier, c’est à dire au bûcher.
L’ordre a été officiellement dissous par une bulle papale du 3 avril 1312, qui confirmait en fait la décision du pape Clément V, en date du 22 mars 1312, étant ici observé qu’il s’agissait d’une bulle « par provision » c’est à dire ne prononçant aucune condamnation définitive de l’Ordre.
Nous pouvons nous interroger sur les motifs de cette dissolution.
Les circonstances de cette opération sont bien connues.
Le Roi fait savoir que grâce à des dénonciations émanant d’anciens Templiers exclus, il avait eu connaissance de pratiques criminelles au sein de cet ordre tout à fait particulier.
Ces pratiques sont principalement les pratiques sodomites, l’adoration d’une idole et le triple renoncement à Jésus avec crachat sur la croix.
Les motifs véritables devaient sans doute plutôt trouver leurs racines dans la dimension matérielle de cet ordre, car l’on comprend que son pouvoir, son organisation et ses richesses, aient pu susciter envies et jalousies.
Il est peu crédible de penser que Philippe le Bel, qui est rendu responsable de la mort d’un, voire deux, Papes, ait pu véritablement être préoccupé de l’éventuelle hérésie de l’Ordre des Templiers.
On peut également souligner que cette hérésie aurait tout autant été remarquée voire pourchassée par d’autre royautés, or nous savons le peu d’empressement qu’on mis les autres Rois à appliquer la Bulle du Pape emportant dissolution de l’Ordre.
Il est en revanche établi que Philippe le Bel s’est vu refuser son initiation dans l’Ordre du Temple et que par ailleurs il avait une dette énorme vis à vis des Templiers qui – rappelons le – ont été pendant très longtemps les dépositaires des finances royales, y compris sous le règne de Philippe le Bel.
Nous indiquerons également que le Roi de France pouvait à juste titre se demander qui de lui ou de l’ordre, exerçait le véritable pouvoir temporel, mais il faut également préciser qu’au travers notamment de cette démarche de destruction du Temple, associée à un affaiblissement de la Papauté, Philippe le Bel est « l’inventeur » d’une Royauté laïque, c’est à dire indépendante du pouvoir spirituel et donc de Rome.
Il ne faut donc pas se figer sur une analyse qui placerait les Templier dans leur qualité de « Chevalier Blanc » alors que Philippe le Bel serait le méchant su scénario.
En effet, à partir du moment où l’Ordre, contrairement aux Hospitaliers, n’avait plus de raison d’être sur le plan militaire, il devenait un état dans l’état, de nature à heurter frontalement les intérêts de la royauté.
Le maintien des Templiers aurait été un obstacle déterminant à la création de la Royauté telle que Philippe le Bel la concevait et telle qu’elle s’est imposée jusqu’à ce jour.
Ainsi, avant Philippe le Bel, le Roi n’avait guère plus de puissance ou de richesses que ses vassaux et, par exemple, au 12° siècle, le Comte de Champagne possédait plus de terres que le Roi de France.
Philippe le Bel a inventé la Monarchie centralisée et son règne est marqué par un accroissement de l'autorité royale, un affranchissement de l'autorité pontificale, un développement de l'administration et une extension du domaine sous contrôle royal.
Il a véritablement initié la dynastie des Capétiens en s’éloignant des traditions féodales, par exemple, en organisant la tenue d'assemblées formées de représentants des 3 classes : clergé, noblesse et bourgeoisie. Ces assemblées, ancêtres des "états généraux", n'étaient réunies que dans des circonstances graves et avaient en fait un pouvoir bien réduit : le roi et ses conseillers n'attendaient qu'une approbation des propositions présentées, et ainsi l'appui moral des sujets importants du royaume.
Il a donc créé le premier état centralisé, même si cette création s’est faite au prix de l’assassinat d’un Pape et de la disparition des Templiers.

III – Les secrets des Templiers
Il faut tout d’abord se demander s’il y a le moindre secret dans l’aventure des Templiers.
Nous avons vu cependant qu’il y a de nombreux points d’ombre dans leur histoire et ce, dès leur constitution.
Nous avons indiqué également que leur expansion et leur disparition, peuvent toutes deux s’appuyer sur des réalités purement économiques.
Mais peut-on accepter que la cause de cette disparition ne se situe que dans la sphère de la temporalité et que le vitalité des Templiers n’ait été due qu’à leurs talents de cambistes ou de gestionnaires ?
La réponse vient, pour certains auteurs, des travaux entrepris par les neuf fondateurs lors de leur premier séjour en Palestine.
En effet, dès leur arrivée, ils obtinrent de Baudouin II, le droit de demeurer dans l'aile du Palais Royal de Jérusalem, qui jouxte la Mosquée El Aqsa, là où était censé s’élever l'antique Temple de Salomon, d'où leur première dénomination de Pauvres Soldats du Christ et du Temple de Salomon (Pauperes Commilitones Christi Templique Salomonici
A l’occasion de ces travaux, ils fouillent notamment les écuries de Salomon et pendant de nombreuses années, ils restent seuls, sans recrutement extérieur.
Puis brusquement, ils envoient une délégation auprès du Pape et bénéficient presque immédiatement de leur fameuse règle et d’exonérations multiples, qui les rendent totalement indépendant du pouvoir ecclésiastique et placés sous la seule –et lointaine – responsabilité du Pape.
Il est dès lors facile de penser qu’à l’occasion de ces fouilles menées dans un lieu hautement symbolique, les Templiers ont fait une découverte, qui leur a valu ce traitement de faveur de la part de l’Eglise Romaine.
Cette situation, le mystère qui entoure ces premières années de leur existence, suscite déjà des questionnements.
Pour ce qui concerne le passé des Templiers, beaucoup d’hypothèses circulent et certains auteurs prétendent que l’ordre des Templiers n’a été créé que pour officialiser une société secrète et occulte déjà préexistante, qui avait pour mission de rechercher les origines du christianisme.
Ils y voient alors une lointaine filiation avec Saint Benoît et avec les Bénédictins, en passant par Cluny, puis Clairvaux.
D’autres acceptent la date de création officielle de l’ordre et considèrent qu’ils ont effectué des fouilles de l’ancien Temple de Salomon et que, ce faisant, ils ont trouvé des éléments clés de l’histoire du Christianisme et, notamment, le Saint Graal.
Vous comprendrez aisément qu’il est impossible de résumer ici les théories ainsi développées et qui s’appuient toutes sur des recherches particulièrement érudites, mais pas toujours convaincantes.
Vous admettrez sans doute que ces théories, qui sont parfois contradictoires entre elles, se heurtent systématiquement – à l’une ou l’autre des étapes de la démonstration - à des carences en matière de preuve ou même à l’absence de rigueur dans le raisonnement.
Il existe cependant des éléments qui, à défaut d’être parfaitement certains, paraissent communs à tous les auteurs qui sont intervenus sur le sujet.
Il parait ainsi acquis que l’Ordre des Templiers comprenait plusieurs cercles et qu’il se comportait comme une école de mystères, avec une hiérarchie reposant sur l’initiation et le secret.
L’existence d’une règle secrète a été évoquée à plusieurs reprises, sans que ce document ait pu être appréhendé.
Mais derrière les accusations hérétiques portées contre les Templiers, figurent quelques éléments de recherche.
Il a été ainsi reproché aux Templiers d’adorer une tête coupée qu’ils appelaient le Baphomet.
Cette idole, dont l’adoration est explicitement visée dans les motifs de la dissolution de l’ordre a beaucoup intrigué et l’on n’en possède que très peu de représentations.
Pour certains elle est la preuve de la collusion avec les musulmans et elle serait une contraction entre BAPtiste et maHOMET, pour d’autres, il apparaîtrait que ce terme, décrypté selon le code dénommé Atbash – que l’on retrouve dans les manuscrits de Nag Hammadi rédigés plus de mille ans avant la création des Templiers – signifierait SOPHIA, terme grec pouvant signifier sagesse, mais également, selon les gnostiques, l’Egyptienne ISIS.
Enfin d’autres auteurs rapprochent ce terme des pratiques alchimistes et y voient le rappel du terme de « Bapheus mété » ou le « Teinturier de la Lune »ce qui nous renvoie à la réalisation du Grand OEuvre.
Mais hormis le débat sur ce Baphomet, la plupart des auteurs soulignent affirment qu’en fait, les Templiers paraissaient adorer le « principe féminin » , même si la référence à « Notre Dame » souffre plusieurs interprétations.
Ces éléments épars et à priori sans grande signification, sont à rapprocher du fait que ces moines soldats avaient une grande dévotion pour saint Jean le Baptiste – dont la tête coupée était l’une des représentations - et Marie Madeleine, même si officiellement ils vénéraient la Vierge Marie.
Or, saint Jean le Baptiste et Marie Madeleine sont les deux « piliers » de la plupart des thèses hérétiques ou gnostiques modernes et anciennes et si on les retrouve tous deux dans l’histoire et les pratiques des Templiers, ces deux personnages présentent comme point commun d’être, d’une part, centraux dans l’histoire de Jésus et, d’autre part, d’être quasiment bannis des évangiles canoniques.
Rappelons le rôle biblique de nos deux Saints.
Jean le Baptiste, tout d’abord, a baptisé Jésus dans le Jourdain et a annoncé sa venue au monde, en sa qualité de messie.
Marie Madeleine, pour sa part intervient à plusieurs reprises mais, fondamentalement c’est elle qui a oint Jésus avec le nard et cette onction se trouve bien être un des fondements du christianisme, dans la mesure où le terme Christ est dérivé du grec Christos, traduction de l’hébreu Messie, et que, contrairement aux croyances, ce terme signifie simplement « oint » (celui qui est oint), sans qu’il soit ici question de divinité.
Marie-Madeleine est également la première personne à laquelle s’est présenté le Christ ressuscité.
Voila donc deux personnages centraux qui, curieusement, sont quasiment absents des évangiles, comme si leurs rédacteurs avaient cherché à en minimiser l’importance, sans pour autant pouvoir en nier l’existence.
Car il est un fait acquis, que seules des personnes ayant autorité pouvaient pratiquer les rites du baptême et de l’onction, ce qui rajoute d’autant au mystère entourant nos deux Saints.
Prenons saint Jean le Baptiste, dont la tête coupée fut réclamée par Salomé, à son père.
On sait peu de choses de sa vie, hormis que sa naissance fut annoncée par un Ange et que sa mère enfanta alors qu’en théorie, elle était âgée et ménopausée.
Il est acquis que Jean était un prêcheur et qu’il dirigeait – ou qu’il avait fondé – un groupe religieux, voire une secte. (Certains auteurs parlent ici des essonniens).
On sait également que les premiers disciples de Jésus ont été recrutés parmi ceux de Jean et il faut dès lors s’interroger sur les liens entre Jésus et Jean.
Aux termes des prophéties, Jean aurait du être la réincarnation du prophète Elie et que c’est à ce titre qu’il aurait pu annoncer la venue du Messie.
On sait que Jean a refusé d’être reconnu comme la réincarnation d’Elie, mais qu’en revanche il annonce en ces termes la venue du messie : «
Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu. » (Matthieu, 3.11).
Les évangiles placent donc Jean le Baptiste comme un annonciateur de Jésus et puis, il disparaît quelque peu des textes sacrés.
La difficulté théologique, qui va sous-tendre les thèses hérétiques développées par la suite, pourrait venir du baptême même donné par Jean à Jésus.
En effet, ce rituel du baptême n’a d’autre but que de permettre la repentance et renvoie donc à des notions centrales du catholicisme, que sont le péché et justement la repentance, puis le pardon. Mais comment expliquer alors que le Fils de Dieu ait eu besoin du baptême ? Comment justifier cette nécessité de se laver de péchés que, par définition, sa nature également divine lui interdisait ?
L’Eglise Catholique répond en indiquant que Jésus, qui n’en avait pas besoin, a souhaité le Baptême pour montrer l’exemple.
La réponse habituellement apportée à cette question par ceux qui sont qualifiés d’hérétiques, se résume dans le fait que Jésus aurait été l’un des disciples de Jean et aurait recueilli ses enseignements.
Cette thèse appelle des développements particulièrement riches et complexes qui s’appuient sur la supposée existence d’une Eglise de saint Jean le Baptiste (l’église johannite), Eglise dont les principes auraient été retrouvés par les Templiers, ce qui aurait risqué de remettre en cause tous les fondements de l’Eglise Catholique, d’où la décision de dissolution de l’ordre du Temple.
Cette thèse s’appuie par exemple sur la découverte tardive de la survivance d’une secte dite « des mandéens » présente encore en Irak et qui pratique le baptême rituel en référence à saint Jean et qui considère Jésus comme un usurpateur. (Cette thèse de l’usurpateur peut être rapprochée de celle donnée de Jésus dans le Talmud)
Je n’irais pas plus loin dans l’évocation des thèses concernant le rôle spirituel et temporel de saint Jean le Baptiste et de sa possible opposition avec Jésus et je vous renvoie une nouvelle fois à la lecture des nombreux ouvrages rédigés sur ce sujet.
Je ferais cependant une nouvelle référence à saint Jean le Baptiste, après avoir évoqué les questions tournant autour de Marie Madeleine.
Comme je vous l’ai indiqué, elle est sans doute au coeur du mystère entourant la mort et la résurrection de Jésus.
Il semble aujourd’hui admis que Marie Madeleine et Marie de Béthanie – soeur de Lazare – ne soient qu’une seule et même personne.
On peut également noter que la mort et la résurrection de Lazare peuvent aisément être assimilées à un rite initiatique dont certains parmi nous, comprendrons la correspondance.
La plupart des auteurs contemporains considèrent également que Marie Madeleine n’était pas une prostituée, mais plutôt une femme d’un rang certain et qu’en fait, elle aurait été l’une des disciples de Jésus, si ce n’est, sa première disciple.
Cette affirmation renvoie aux questionnements concernant la relation entre l’église Catholique et les femmes et la véracité ou la partialité des évangiles « officielles », dites évangiles canoniques.
Vous savez que le nouveau testament s’est vu principalement constitué en 325, lors du concile de Nicée et que c’est à cette occasion que l’on a figé la doctrine catholique, prenant prétexte de la nécessité de trancher définitivement le débat sur la nature de Jésus.
Lors de ce concile, un texte est adopté qui affirme la foi de l’Eglise chrétienne, le fameux Credo.
On y affirme que le Fils est de la même substance que le Père et qu’ils sont donc parfaitement égaux.
" Nous croyons en un Dieu, Père tout-puissant, créateur de toutes les choses visibles et invisibles, et en un Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, unique engendré du Père, c’est à dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non fait, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait, ce qui est dans le ciel et ce qui est sur la terre, qui pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu, s’est incarné, s’est fait homme, a souffert, est ressuscité le troisième jour est monté aux cieux et viendra juger les vivants et les morts, et en l’Esprit Saint. "
En plus de l’adoption de ce texte, le concile fixe des dates de célébrations et détermine des règles plus ou moins importantes.
Ce concile marque également le rejet de certains textes et notamment de ce que l’on appelle aujourd’hui les évangiles gnostiques, dont certains ont été retrouvés, soit sur le site de Nag Hammadi, soit parmi les manuscrits de la Mer Morte.
Ces textes, désormais hérétiques, ne sont pas systématiquement en opposition avec les évangiles canoniques, mais ils apportent souvent des commentaires très divergents, notamment sur les rôles de saint Jean le Baptiste ou de Marie Madeleine.
L’ouvrage le plus connu de ce point de vue est le « Pistis Sophia » auquel le myste pourra se référer, mais, sans rentrer dans les détails, on peut dire que dans les textes ainsi rejetés, Jésus parlait notamment de Marie Madeleine en précisant qu’elle était « l’Apôtre des Apôtres », l’évangile gnostique de Philippe précisant par ailleurs que les autres Apôtres la détestaient et que Pierre, notamment, aurait demandé à Jésus pourquoi il la préférait à tous les autres et pourquoi il l’embrassait sur la bouche.
Cette vision d’une Marie Madeleine, initiée et disciple, est très éloignée de celle de la prostituée qui a toujours été véhiculée par le dogme catholique.
En revanche une telle vision peut apparaître comme compatible avec une déclaration de Jésus qui aurait dit lors de son onction – réalisée je le rappelle par Marie Madeleine - :
« Je vous le dis en vérité, partout où la bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait. » (Marc 14 :9)
Il n’existe peut être pas de vérité derrière ce débat sur la nature et le rôle de Marie Madeleine, mais c’est bien sur la base de ces discordances, que les plus célèbres thèses hérétiques se sont construites et resurgissent à nouveau au travers de l’actualité littéraire.
Si chaque auteur développe ses théories propres, le fil conducteur des thèses développées, soutenues et argumentées, repose sur le fait que Marie Madeleine était la concubine de Jésus et qu’ils auraient eu ensemble des relations sexuelles.
Certains rajoutent qu’ils étaient mariés, d’autres qu’ils auraient eu une fille, mais c’est bien la dimension charnelle, en même temps que spirituelle, de leur relation qui est développée.
Une de ces théories, est à la base de la thèse de l’existence du Prieuré de Sion et fait remonter la dynastie mérovingienne à la naissance de cet enfant.
Pour ma part, je ne souhaite pas argumenter sur le bien fondé de cette position.
Je préciserais simplement que les seules preuves tangibles de la création de cette association remontent au milieu du XXéme siècle, que le personnage à l’origine de cette mouvance est Monsieur Pierre Plantard, connu à ses débuts pour ses thèses antijuives et antimaçonniques.
Les thèses sont donc multiples et je me garderais bien d’en choisir l’une ou l’autre.
Mais pour ma part, je voudrais simplement indiquer aux Mystes que nous sommes, que celle qui m’a le plus interpellé se trouve notamment développée dans l’ouvrage de Lynn Picknett et Clive Prince : « La révélation des templiers ».
Cet ouvrage relie les pratiques des Templiers - l’adoration du principe de féminité notamment – à une thèse faisant de Jésus, Jean le Baptiste et Marie Madeleine, les prêtres d’un culte Osirien.
Ils rapprochent ainsi les éléments fondamentaux du Christianisme, de ceux présents dans ce culte égyptien, par exemple sur le baptême ou la rédemption.
Ils évoquent les curieuses analogies dans la mystique Egyptienne, avec celle retenue comme fondement du dogme catholique, en rappelant par exemple qu’Osiris fut tué par son frère et son corps dispersé, que sa mort intervint un vendredi, qu’il est ressuscité trois jours après grâce à l’intervention d’Isis.
De plus, dans ce culte ancestral, il faut souligner les conditions de cette résurrection, puisque Seth, le frère d’Osiris avait pris soin après plusieurs tentatives avortées de disperser les morceaux du corps de son frère et que c’est dans ces conditions qu’Isis avait reconstitué le corps d’Osiris, hormis son sexe qu’elle n’avait pu retrouver, et qu’alors, après cette résurrection, ils eurent ensemble un enfant dénommé Horus.
Par ailleurs, dans ces rites Osiriens, l’onction avait une place centrale et le rôle de la femme était déterminant.
Les auteurs précités replacent alors les interventions de Marie Madeleine, de l’onction au tombeau puis à l’annonce de la résurrection, dans ce cadre et rattachent le mythe de l’immaculée conception à l’enfantement d’Horus, étant précisé également que ce type de conception se retrouve également dans d’autres religions à mystères, comme le culte de diane.
L’onction pour sa part était l’un des éléments fondamentaux qui permettaient la transformation de Pharaon en Osiris et cette onction ne pouvait être réalisée que par une femme, représentation vivante d’Isis.
On retrouve bien tout ce qui est souvent présenté comme étant la spécificité, voire l’inventivité du dogme chrétien.
Cette thèse peut paraître comme loufoque ou hérétique aujourd’hui, mais on peut facilement imager comment elle aurait été qualifiée au temps des Templiers….
Mais si comme le prétendent les auteurs précités, c’est ce secret que les Templiers auraient découvert et qu’ils auraient protégé puis transmis, le regard porté sur leur développemen,t ou leur disparition en deviendrait tout autre.
Malheureusement les preuves historiques ou scientifiques nous manquent et l’on en reste donc au stade des hypothèses.. ou des secrets initiatiques.
Car si secret il y a il est peut être connu et non divulgué, en dehors de certains cercles.
Je ne parle pas de la mystification éventuelle du prieuré de Sion, mais bien de certains cercles, qu’ils soient à l’origine, au sein, ou en dehors de la Franc-Maconnerie.
Car la question de la transmission des secrets ou connaissances Templiers reste l’objet de débats et de recherches et c’est par cette question là que je conclurais mes travaux.

Conclusion

Les Templiers gardent une réelle capacité à nous interpeller et l’étude de leur Ordre ou de ceux qui gravitaient autour, nous ramène sans cesse sur la voie symbolique..
Nous aurons ainsi à coeur de rappeler qu’ils sont souvent présentés sous une forme duale (les fameux deux chevaliers partageant le même cheval) mais qu’ils étaient en réalité placés sous le signe du Ternaire (Accepter le combat à 1 contre trois, ne riposter qu’après trois attaques, trois messes par semaine, trois plats dans un repas sans viande, trois fois de la viande par semaine, communion trois fois l’an).
Nous pouvons suivre la piste de la flotte Templière lorsqu’elle a fuit la France et nous intéresser alors aux ports écossais.
Sur cette terre, nos pas peuvent nous mener alors vers la Chapelle de Rosslyn, au plan de cet édifice et aux curieuses décorations ornant cette chapelle ou aux tombes garnissant les cimetières alentours.
Nous pourrions également nous interroger sur les liens entre Christophe Colomb, Vasco de Gama et l’héritage Templier, ne serait ce qu’en se reportant aux symboles qu’ils portaient sur les voiles de leurs navires.
Nous pourrions mener très loin une recherche que je ne souhaite pas poursuivre ici.
Mais vraisemblablement, l’un des voyages les plus surprenant que nous propose l’étude des Templiers, ne se situe pas dans sa filiation contemporaine à notre propre création, mais plutôt l’étude des liens que l’Ordre a noué avec les constructeurs de Cathédrales, avec l’Art gothique.
Les Templiers se sont en effet trouvés à l’origine de cette explosion architecturale que représente l’édification des cathédrales gothiques et cette architecture Templière nous a laissé des nombreux messages symboliques, gravés dans la pierre.
Ils ont introduit l'arc brisé, appelé par dérision l'art gothique, qui symbolise l'élancement et la légèreté.
Mais de nombreux autres symboles nous viennent des Templiers, tels la feuille de chêne, symbole de pérennité, l'équerre, signifiant le travail dans la rectitude, le compas, évaluation de ses possibilités ou le laurier, symbole d'immortalité.
Mais cette implication forte dans la création de ces merveilles architecturales nous questionne nécessairement.
Comment, s’est-il trouvé, tout à coup dans l’Occident chrétien, des «dompteurs» de pierre comme on n’en avait jamais vu depuis les pyramides? D’où tenaient-ils leur savoir d’initiés?
Combien de générations de maçons et de tailleurs de pierre faudrait-il, aujourd’hui, pour produire des maîtres capables de réaliser l’équivalent des cathédrales de Chartres ou d’Amiens?
Les bâtisseurs de jadis ont laissé leurs signatures, sur des poutres ou des pierres.
Certes, nous connaissons des noms d’architectes et de maîtres d’oeuvre, pour Amiens, mais pas pour Chartres… et force est de constater qu’en fait, on sait peu de choses sur l’origine de ces constructeurs, sur le savoir-faire dont ils ont été les dépositaires.
Nous disposons pourtant de quelques pistes.
Ces constructeurs, qui se déplaçaient de chantiers en chantiers, étaient réunis en confréries, fraternités ou compagnonnages, un mot qui vient de «compas», leur outil de prédilection, et qui signifie également «qui partage le même pain».
Les confréries les plus connues ont eu pour nom les Enfants du père Soubise, les Enfants de Maître Jacques ou les Enfants de Salomon et elles ont aujourd’hui pour héritiers les Compagnons des devoirs du Tour de France.
Leur création est bien antérieure à celle des premières guildes anglaises des métiers (vers 1110 -1133) et sous l’Empire Romain, elles étaient déjà exemptes d’impôts.
Le Maître Jacques auquel elles font référence, est celui qui fut mandé par Hiram de Tyr, pour le compte du roi Salomon, afin de construire le temple de Jérusalem.
C'est un jars, un Maître Jars. Maître, il est initié à la nature de la pierre et la légende note bien qu'il taillait la pierre depuis l'âge de quinze ans.
Cette même légende donne Maître Jacques comme responsable des colonnes qui se trouvaient situées à l’extérieur du Temple et appelées B et J.
Certains légendaires le font assassiner par la fraternité des "Enfants du Père Soubise", c'est à dire : Cluny, qui nous donnera Clairvaux et Saint Bernard...
Ces confréries utilisaient un langage qui leur était propre, langage imagé dénommé « la langue des oiseaux » que l’on pratique en jouant de la consonance des mots, également définie comme étant parlée en art goth (voir l’origine grecque du mot goth : art de la lumière, art de l’esprit.) De saint Louis, ardent croisé, les bâtisseurs de cathédrales obtinrent des franchises royales qui en firent des «maçons francs». C’est dire la reconnaissance et l’estime dont ils jouissaient. Ces privilèges, le roi Philippe le Bel, dans son acharnement pour anéantir les Templiers, les supprima sèchement.
En effet, les bâtisseurs de cathédrales furent également pourchassés lors du procès des chevaliers du Temple, leurs protecteurs, si bien que beaucoup disparurent et que leur langage entra alors dans la clandestinité.
A Paris, ils trouvèrent refuge au sein de la Cour des Miracles et c’est sous la protection des voleurs et brigands qu’ils purent maintenir en vie leur langage, ce langage des oiseaux devenu langage de l’Art Goth, origine possible, même si elle est controversée, de l’argot.
Pourchassés, leurs confréries anéanties, ils sont passés dans la clandestinité mais, dans certaines régions, ils ont survécu sous la forme de groupes déjà clairement identifiés et, notamment, les fameux Cagots du Sud Ouest de la France.
Ils sont nombreux à avoir recherché les origines de ces chrestiàas, premier nom donné aux cagots.
Anciens Wisigoths ou Sarrasins, vrais lépreux «blancs », Arabes « collaborationnistes » ou anciens Croisés revenus de Terre Sainte, nul ne sait qui ils étaient vraiment et pourtant, ils ont construit les cathédrales.
Sans développer plus avant, il faut souligner que cette communauté était « maudite » qu’elle était obligée de résider en dehors des villages avec interdiction formelle de se mélanger avec le reste de la population et qu’ils devaient porter sur l’épaule une patte d’oie de tissu rouge, dont la symbolique ne peut nous échapper.
Beaucoup disparurent en même temps que les Templiers, laissant d’ailleurs en l’état les chantiers en cours, mais cette communauté a perduré au moins sous le règne de Louis XIV qui fut obligé de prendre des décrets pour tenter de mettre un terme à l’ostracisme dont ils étaient victimes.
Ces cagots font parti des nombreux mystères qui entourent les Templiers et des questions qui ne rencontrent pas de réponse satisfaisante.
Mais nous noterons que ces Compagnons – ceux là même qui refusèrent de construire des Prisons – ont cessé leur activité peu de temps après la disparition du Temple et on peut prétendre alors qu’en supprimant le Temple, Philippe le Bel a supprimé les Cathédrales !
Et ces Cagots, ces porteurs de l’Art Gothique, tout comme leurs protecteurs, appellent au débat, à la réflexion et à la recherche.
Ils nous renvoient à nos travaux et symboles et peut être plus spécialement au Pavé Mosaïque, tant leur approche ne peut se satisfaire de la ligne droite ou des vérités convenues.
Voilà donc les quelques pistes de réflexion que je souhaitais évoquer avec vous, en évoquant le vendredi 13.
Mais vous l’avez vu, ce jour un peu spécial, si loin et pourtant si prés, n’a été qu’un prétexte pour nous donner l’occasion d’approcher un Ordre fascinant et mystérieux.
Ainsi, en tentant de mieux connaître l’Histoire de cet Ordre, sous la double approche du matériel et du spirituel, de l’ésotérisme et de l’exotérisme, nous nous donnons les outils nécessaires pour étudier, alors, la transmission éventuelle de leurs savoirs.
C’est de cette transmission éventuelle ou de tout autre héritage des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon qu’il nous faudra parler lors d’une prochaine Planche.   
J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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York Rite

15 Novembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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L’apprenti, une autre perception de soi

15 Novembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Pourquoi suis-je entré en Maçonnerie ? « Parce que j’étais dans les ténèbres et que j’ai désiré la Lumière » répond le Rituel.
Essayons de nous remémorer notre état d’esprit à la veille de notre initiation. De nombreuses questions se posaient à nous que nous ne parvenions pas à résoudre. Qu’en était-il de Dieu, des hommes, de la famille, de la société, de nous-mêmes, de notre utilité ? Et combien d’autres interrogations encore, formulées ou passées sous silence ? Nous avions l’impression d’évoluer dans un épais brouillard que seul un soleil éclatant aurait pu dissiper. Ce même brouillard qui, paradoxalement, nous a peut-être conduits à la porte du Temple.
Pourquoi ? Certainement parce que nous avions pressenti que tout n’était pas définitivement figé. Qu’il devait être possible de faire reculer la part d’ombre qu’il y avait en nous. Avant même d’avoir ceint le tablier d’apprenti, nous avions donc fait le pari que nous pourrions réviser notre façon d’être, de concevoir et d’agir. L’homme que nous étions ne nous convenait plus. Nous commencions à entrevoir celui que nous pourrions être.
Comment, dans ces conditions, rendre compte de cette « autre perception de nous-mêmes » à laquelle nous devons probablement d’être ici ce soir et que nous n’avons cessé de cultiver depuis ? En la définissant comme « un autre regard :
- sur nous-mêmes,
- sur notre règle de vie,
- sur notre rapport à autrui. »

1 - L’apprenti, un autre regard sur lui-même

Retournons-nous un instant afin de mesurer le chemin parcouru. Qu’est-il advenu du profane que nous étions hier et que nous serons toujours peu ou prou dans une sorte de dédoublement constant entre ce que nous sommes et ce que nous voudrions être ? En quoi notre regard d’apprenti diffère-t-il de celui que nous portions sur nous-mêmes avant d’avoir embrassé la Maçonnerie ?
Nous étions-nous seulement interrogés sur ce que nous étions vraiment ? Assurément non ou, tout au plus, en de trop rares occasions au cours desquelles les questions les plus embarrassantes étaient le plus souvent refoulées.
Or, vers quoi devons-nous tendre ? Vers un « perfectionnement graduel » de nous-mêmes, répond le Rituel. Comment y parvenir ? Par un questionnement répété inlassablement jusqu’à ce qu’il devienne un acte réflexe, aussi nécessaire à notre survie que la respiration.
Même si la plupart des interrogations demeurent encore aujourd’hui sans réponse ou informulées, en quoi le recours fréquent à l’introspection peut-il avoir influé profondément sur la perception que nous avions de nous-mêmes ? En facilitant un inventaire aussi complet que possible de nos imperfections. En nous contraignant à les regarder en face et à renoncer aux fausses excuses dont nous avions coutume d’abuser jusqu’alors.
Ceci ne serait qu’une première étape insignifiante si elle ne se poursuivait par la mise en œuvre de mesures propres à éliminer tout ce qui doit l’être. A quoi servirait en effet d’avoir posé un diagnostic s’il n’était suivi de la médication appropriée ? Comme toute médication, la nôtre connaîtra des fortunes diverses : ce qui apparaît aujourd’hui comme une avancée définitive pourra se traduire demain par une rechute préoccupante effaçant les progrès de la veille. Qu’importe si nous ne laissons pas le découragement l’emporter sur notre détermination.
Le Cabinet de Réflexion nous avait laissé entrevoir ce que nous étions en réalité. Une pierre informe, noirâtre, recouverte d’aspérités et faiblement éclairée par une lumière incertaine. L’introspection nous a aidés à en préciser les contours. Puis, nous avons entrepris de la débarrasser de ses multiples imperfections afin de faire apparaître le cube qui sommeillait en elle. Il s’agit d’un travail de longue haleine demandant force et constance, adresse et précision. Ces mêmes qualités qu’exige du tailleur de pierre le maniement du maillet et du ciseau. Sans détermination, nous ne parviendrons pas à dégager notre pierre de sa gangue. Sans application, nous risquons de l’abîmer à jamais.
Mais, très vite, apparaîtront les premières satisfactions, juste rétribution d’une opiniâtreté sans faille. La nature ayant horreur du vide, l’espace libéré par l’élimination des copeaux s’éclairera peu à peu, au fur et à mesure que le doute fera place à des certitudes, si ténues soient-elles. Certes tout ceci s’opérera graduellement, imperceptiblement et souvent même sans que nous en ayons conscience. Ne nous impatientons pas devant la lenteur des résultats obtenus, des progrès accomplis. L’apprentissage est avant tout une question de résolution et de persévérance. La vie aussi.

2 – L’apprenti, un autre regard sur sa règle de vie

Comment se caractérisent nos sociétés d’aujourd’hui ? Par un matérialisme triomphant. Les préoccupations de carrière, la recherche du profit, l’assouvissement de besoins superflus ou artificiels tiennent lieu de ligne de conduite. De nouveau credo. L’affirmation est-elle exagérée, infondée ? Alors, songeons par exemple à l’enthousiasme suscité par la consommation sous toutes ses formes et au recul simultané des choses de l’esprit. Le danger est grand, devant cette recherche effrénée du plaisir, de prendre l’illusion pour la réalité, la forme pour le fond, l’éphémère pour le durable.
Que nous dit la Franc-Maçonnerie quant au comportement à adopter face à cette situation ? Soucieuse de la liberté de ses membres, elle se contente de leur rappeler, à travers le symbolisme de la Règle à 24 divisions, que « toutes les heures de la journée doivent être utilement employées ». Ce qui équivaut à tenir compte à la fois des impératifs professionnels, des obligations familiales, de la pratique religieuse et des activités de détente. Bien évidemment, il ne s’agit pas de partager équitablement le temps entre ces différents devoirs. Encore faut-il n’en négliger aucun. Il n’est question de rien d’autre, en définitive, que de l’utilisation harmonieuse de notre corps, de notre cœur et de notre esprit ou encore de la prise de conscience de nos obligations envisagées sous un jour nouveau. Or, qu’appelle-t-on prise de conscience si ce n’est une façon différente de percevoir son propre ressenti et son propre rôle ou, en d’autres termes, « une autre perception de soi » ?
Cette règle de vie devrait être universelle si elle n’était pas totalement passée de mode, dans nos sociétés postindustrielles en tout cas. Cela ne nous autorise pas pour autant à nous en affranchir. Au contraire, nous devons la faire entièrement nôtre dans son principe, comme dans son application. La Règle à 24 divisions nous le rappelle : nos responsabilités ne peuvent être fractionnées, hiérarchisées ni exercées les unes au détriment des autres. Elles forment un tout indivisible, parce qu’ « il ne saurait rien exister en dehors du tout » dit encore le Rituel. Et, s’il faut un dernier argument, que ce soit celui de la contagiosité de l’exemple. Le « vice » est contagieux, la « vertu » l’est tout autant. Sachons combattre le vice et propager la vertu.

3 - L’apprenti, un autre regard sur son rapport à autrui

Nous l’oublions fréquemment, notre engagement maçonnique ne se limite pas à un usage répété de l’examen de conscience en vue de notre « perfectionnement graduel ». Il ne se résume pas plus à l’utilisation balancée de notre temps. Les textes maçonniques ne manquent pas de lignes de conduite offertes à notre méditation. Ils évoquent notre volonté d’« être utiles à nos semblables », notre contribution à l’« élévation de l’état moral et matériel des individus et de la société tout entière » et notre apport au « perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité ».
Reconnaissons-le humblement : avions-nous pris le temps, avant notre initiation, de réfléchir à nos devoirs envers ceux qui évoluaient en dehors de notre cercle familial, professionnel et amical ? Et si nous l’avions fait, quelles avaient été les conclusions de notre réflexion et leur application pratique? Mieux, comment nous comporterons-nous ce soir, une fois de retour dans le monde profane ?
Le seul fait de nous poser la question marque, ici aussi, une différence profonde par rapport à notre ancienne façon d’être et, par conséquent, une perception nouvelle de nos nouvelles responsabilités. Avant, nous pouvions toujours prétendre que les exigences de notre vie quotidienne ne laissaient guère de place à d’autres préoccupations. Soit ! Mais en quoi le fait d’avoir reçu la Lumière influe-t-il désormais sur nos comportements ? Quelle que soit notre réponse, nous ne pouvons plus nous abriter derrière de faux prétextes. En effet, nous, nous savons et là réside toute la différence entre l’avant et l’après. Le reste ne relève plus que de notre seule conscience.
Entendons-nous bien. Il ne s’agit pas, à l’évidence, de procéder à une lecture mot à mot du Rituel. Vouloir assumer individuellement la charge de la « société tout entière » n’aurait évidemment aucun sens. Il nous est proposé, en revanche, de regarder au-delà de notre cadre de vie habituel et d’intervenir chaque fois que cela s’avèrera possible. Que se passerait-il si chacun de nous procédait régulièrement ainsi, même par des gestes de portée limitée ? Il est facile d’imaginer l’impact d’une telle juxtaposition de bonnes volontés, sans commune mesure avec la portée d’actes isolés. Là réside d’ailleurs la finalité de la démarche maçonnique. Démarche que résume si bien la sagesse populaire : « l’union fait la force ». Essayons de percevoir le pouvoir de la force décuplé par l’union et n’hésitons pas à en faire usage. Nous révolutionnerons ainsi la conception minimaliste et figée que nous avions nourrie jusqu’alors de notre utilité sociétale et sociale.

4 - En définitive

L’initiation, point de départ de notre alchimie interne, s’apparente à un véritable séisme. Tout en libérant les énergies que nous recélions sans en être toujours pleinement conscients et en montrant du doigt l’étendue de nos égoïsmes, elle nous propose de considérer sans concession ce que nous sommes afin de mieux aller vers ce que nous devrions être.
L’impartialité de cet état des lieux conditionne étroitement la réussite de notre entreprise. Peut-on envisager de bâtir sur des fondations incertaines ou mouvantes ? Le profane peut se laisser guider par les événements, comme la plante par son tuteur. L’apprenti, lui, s’est engagé à prendre son destin en main au terme d’une quête intérieure aussi rigoureuse que révélatrice de sa véritable personnalité.
Pour être fructueuse, cette quête ne devra pas se limiter aux seules investigations internes, mais déboucher au contraire sur des comportements nouveaux à l’égard de nous-mêmes, de nos proches comme de ceux qui le sont moins. Il nous faudra, pour ce faire, livrer un combat de tous les instants que nous ne remporterons qu’après avoir identifié notre ennemi le plus implacable : notre égoïsme et la force d’inertie qu’il secrète. Le succès de l’entreprise réside dans la juste perception que nous saurons acquérir de nous-mêmes.

J’ai dit Vénérable Maître

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Le Doute

14 Novembre 2013 , Rédigé par Geneviève CIV\ Publié dans #Planches

ARISTOTE dit : « l’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit » Dès que la conscience est apparue chez l’homme, le doute est né. Nous connaissons tous très bien pour l'avoir pratiqué: le doute ordinaire qui est l'expression d'un sentiment d'incertitude. Le doute est à l’origine des questions les plus essentielles de la vie, fondamentales mêmes : qui suis-je ? Mais aussi de la mort : ou vais-je, qu’y a-t-il maintenant ? De la Connaissance : Que sais-je ? Questions sans réponses, interrogations de toute une vie !

Doute (du latin dubium, dont la racine est duo), état de l'esprit qui ne se sent pas assez éclairé pour porter un jugement et prononcer entre deux choses. Le doute est particulièrement un fait de l'intelligence et indépendant de la volonté; aussi, quoiqu'il semble identique avec le scepticisme, il en diffère puisque ce dernier consiste à examiner, à considérer le pour et le contre, alors que le doute est souvent le résultat d'un examen qui n'a pas donné la lumière. Le doute examine, critique, vérifie et nous empêche de verser dans une crédulité aveugle et fanatique, la Franc-maçonnerie n’a-t-elle pas le même rôle, nos travaux en Loge ne sont ils pas faits pour nous faire réfléchir pour nous faire douter de nos certitudes, les questions de nos frères ne sont elles pas là pour nous obliger à aller plus loin, car le doute fait avancer en nous obligeant à aller plus profond au coeur de nos connaissances ou de nos pensées. Si les meilleures planches n’apportent pas de solution, elles sont là pour nous faire réfléchir, essayer d’aller plus loin dans la pensée de l’autre. Dès le début, dans le cabinet de réflexion on s’interroge et on doute : pourquoi suis-je là, qu’est ce que je cherche, la Franc-maçonnerie va t’elle m’apporter les réponses aux questions que je me pose ? Et bien non ! A mon avis, la franc-maçonnerie n’est pas là pour cela, elle n’apporte pas de réponses, elle permet de se poser les bonnes questions et de douter d’un certain nombre de certitudes. Toujours dans le cabinet de réflexion les phrases et les symboles sont là pour te dire : « Connais toi toi-même » et là on commence à douter ! Suis-je apte, ai-je assez réfléchi me suis-je assez posé de question, serai-je capable ?

Alain dans ses propos dit : « Quand un homme doute au sujet de ses propres entreprises, il craint toujours trois choses : les autres hommes, la nécessité extérieure, et lui-même. Or c'est de lui même qu'il doit s'assurer d'abord ; car, qui doute s'il sautera le fossé, par ce seul doute il y tombe. Vouloir sans croire que l'on saura vouloir, sans se faire à soi-même un grand serment, sans prendre, comme dit Descartes, la résolution de ne jamais manquer de libre arbitre, ce n'est point vouloir ». La pensée implique le doute. Elle a pour fonction, en effet, d'éprouver la vérité de faits, de récits ou de doctrines; sa tâche est d'examiner l'exactitude d'opinions, d'idées ou d'affirmations. Pour cela, elle doit les mettre en question. Descartes nous fournit un exemple célèbre de cette démarche de la pensée dans son Discours de la méthode; il décide de douter de tout afin de découvrir quelque chose qui soit incontestable. On peut donc dire que le doute est bénéfique quand il n’empêche pas d’agir, mais qu’il permet de réfléchir. Il y a des moments ou le doute peut s’avérer nocif, dangereux, c’est dans toutes les situations qui nécessitent une réponse immédiate, prenons l’exemple d’un pilote de course automobile : il faut qu’il soit sur de lui, il n’a pas le temps de douter. On peut donc dire que le doute doit nous permettre de réfléchir sans nous empêcher d’agir, il en est de même de nos travaux en loges qui nous font approfondir les sujets mais jamais ne nous empêchent de faire quelque chose. Thèse et anti-thèse : le doute est bénéfique ! Oui, mais ! Trop de doute ne risque t’il pas de vous amener à l’immobilisme ou à l’inertie. Le doute peut même devenir une maladie mentale. De même, l’argument « prouve ta preuve » est trompeur. Mieux vaut juger la connaissance à ses fruits que d’exiger une certitude absolue sur toutes choses dès le départ. On apprend à nager en nageant, pas en restant sur le bord pour se demander s’il est possible de nager. La valeur de la connaissance ne se prouve pas, elle s’éprouve et elle s’éprouve d'abord dans une prise de conscience qui est un passage de l’implicite à l’explicite.

On peut également parler du doute scientifique qui fit son apparition avec les philosophes, les mathématiciens et les physiciens. Ils révolutionnèrent des concepts que certains, comme l’Église, avaient intérêt à maintenir tels qu’ils avaient été considérés des siècles auparavant. C’est après le jugement de Galilée en 1633, pour avoir remis en cause le principe de la Terre comme étant le centre de l’univers défini et pour avoir été le déclencheur de tout un bouleversement idéologique, que Descartes rendit compte des erreurs que les certitudes engendrent dans les esprits. Contrairement aux sceptiques, il n’utilisa pas le doute pour douter mais mit en place une méthode radicale, excessive mais uniquement dans une phase temporaire, dans le but de se dégager du doute, et de le faire évoluer. C’est l’apparition du doute cartésien. Le doute scientifique s’applique donc aux choses démontrables, auxquelles on peut trouver une réponse plus ou moins vérifiable.

Douter, c’est admettre que l’on peut se tromper et être trompé par nos sens ou par nos propres pensées. On peut prendre l’exemple des illusions d’optiques ou même des rêves comme le fait René Descartes. Dans ces instants, on ne doute pas que ce que l’on croit vrai n’est pas la vérité alors que notre jugement est leurré. Refuser le doute, c’est se fermer à l’éventualité que la réalité puisse être différente et donc risquer de se tromper.

Il existe le doute suspensif et provisoire, a la suite duquel l'esprit ajourne son jugement; il prend le temps de chercher l'évidence, qui lui donne la certitude. Descartes en a fait la règle de sa méthode; c'est le doute méthodique ou philosophique. Ainsi considéré, le doute est utile et même inévitable, puisqu'il n'est pas donné à l'humain d'arriver sans efforts à la vérité. Il arrive que nous soyons pris de vertiges lorsque nous pensons à notre vie: avons-nous su faire les bons choix ? Les principes que nous avons voulu respecter, défendre et concrétiser en valent-ils vraiment la peine ? Nos croyances, nos valeurs ne sont-elles pas des illusions dont nous sommes les victimes ? Le monde, la vie et l'histoire ne sont-ils pas parfaitement et totalement absurdes, comme l'ont suggéré les écrivains existentialistes d’après-guerre ? Cette angoisse existentielle se trouve dans le Nouveau Testament. Elle saisit les disciples quand la tempête menace d'engloutir leur barque. Elle s'empare des amis de Jésus quand, le vendredi saint, leur cause semble définitivement perdue. Jésus lui-même la découvre quand il s'écrie sur la Croix: "mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" Habituellement on considère que le doute va contre la foi. Un véritable croyant, pense t-on, est inaccessible au doute, et celui qui doute n’a pas véritablement la foi. On trouve, par exemple, cette opinion chez Calvin insistant sur l’assurance inébranlable du chrétien qui, selon lui, ne doit éprouver ni peurs, ni angoisses parce qu’il se sait gardé par Dieu. Le fidèle a des certitudes absolues et une confiance totale, il est sûr de ce qu’il croit, sûr de son destin et de son salut, et surtout sûr de son Dieu. Mais n’est ce pas de telles certitudes qui ont amené Marx à dire que « la religion est l’opium du peuple » ?

Parlons maintenant d’une forme de doute beaucoup moins connue qui est le doute agnostique. L’agnosticisme est une philosophie qui déclare l’absolu, le divin et plus généralement ce qui ne peut-être appréhendé par l’expérience, inaccessible à l’esprit humain et à la perception. En conséquence, l’existence de Dieu ne peut être prouvé. Dans ce cas, le doute ne porte pas sur l’existence de Dieu mais sur la validité de la question. Le principal argument des agnostiques est celui de la sagesse. Pour eux les questions existentielles telles « L’univers a-t-il un sens ? » , « D’où vient l’homme ? » , « Quelle est sa destinée ? » ne peuvent avoir de réponses dans les religions car elles sont inaccessibles. La théologie et la métaphysique ne peuvent prouver l’existence de Dieu, la science ne peut prouver son inexistence. La position la plus sage consiste à reconnaître qu’on ne sait pas si Dieu existe ou pas et, en conséquence, de respecter les croyances et opinions de chacun. Cette position est parfois critiquée aussi bien par les croyants que par les athées : « Les agnostique ne se mouillent pas ! » « Ils ne prennent pas position » « Ils sont indécis » Peut-on leur reprocher de ne pouvoir ou vouloir opter ? De quel droit pourrait –on leur reprocher de ne pas prendre position ? Le doute est une des formes de solutions possibles à un problème. Dans ces « Propos sur l’éducation » Alain a dit : « Le doute n’est pas au-dessous du savoir, mais au-dessus ». L’Inquisition ne doutait pas de détenir la vérité et au nom de la religion ils ont tué sans état d’âme, quand on pense à Simon de Montfort lors de la Croisade des Albigeois disant : « tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ». Pas de doute, lui ne doutait pas de détenir la vérité. Des exemples similaires, d’hommes, de dictateurs qui ont perpétué des massacres sans douter un seul instant d’avoir raison, on pourrait en citer des centaines, nous les connaissons tous et l’histoire les a jugés ou les jugera. Il ne faut pas confondre doute et scepticisme : Le sceptique (qui a été dépeint avec talent et de manière séduisante par Montaigne et par Anatole France) ne prend rien au sérieux; il voit dans la vie un jeu, où tout n'est qu'apparence et illusion. A ses yeux, c'est une entreprise vaine que de lutter pour la justice, de s'interroger sur la vérité, ou de chercher quel sens a l'existence. Il se laisse porter par les circonstances; il vit au gré ses événements; il va vers le plus facile, il n'a aucune conviction profonde. Pilate se comporte vraisemblablement en sceptique lorsque, au cours du procès de Jésus, il demande: "qu'est-ce que la vérité ?". Très probablement, cette phrase signifie: "à quoi bon se préoccuper de la vérité ? De toutes façons, elle nous échappe; nous ne pouvons pas la connaître.

Dans le bouddhisme et d’autres philosophies orientales, le doute est une part importante du travail de réflexion. Il est considéré comme nécessaire pour élever sa conscience. Les apparentes certitudes sont reconsidérées et l’on réfléchit aux significations de la vie. En effet, on trouve, dans ces raisonnements, l’idée que les perceptions que l’on a de ce que l’on croit être la vie sont illusoires ou ne sont qu’une très petite partie de la réalité. Dans ce cas là, il devient primordial de développer une capacité d’amener le doute vers des considérations qui sont moins évidentes et parfois difficiles à comprendre ou à accepter. Mais revenons à la franc-maçonnerie :

Les pas de l'Apprenti sont prudents, hésitants et dirigés vers l'Orient. Dans le grade de Compagnon, s'ils sont faits dans la même direction, ils apparaissent cependant plus fermes, plus hardis et expriment la volonté d'obtenir une lumière plus vive. Mais le Compagnon ne se contente pas de marcher dans cette seule direction; il veut connaître le monde dans son ensemble, il veut aller au sud et au nord, étudier le bien et le mal, la lumière et les ténèbres, la vertu et le vice, la vie et la mort. De chaque valeur positive, il cherche le complément négatif et grâce à son intelligence, il ramène à l'unité les termes contraires.

Rassembler ce qui est épars ! La Franc-maçonnerie nous fait réfléchir nous fait nous interroger sur nous et sur les autres et dès l’instant que l’on s’interroge on doute. Le doute est bénéfique car souvent il naît de l’analyse mais souvent également l’analyse naît du doute. On ne peut pas parler du doute et de la franc-maçonnerie sans évoquer les enquêtes et le passage sous le bandeau. On écoute les enquêtes, on se fait une idée, mais il ne faut pas oublier que ces enquêtes sont faites par des femmes ou des hommes qui quelquefois se laissent aller a leur sympathie ou leur antipathie pour la personne qu’ils ont en face d’eux, et, je pense que c’est pour cela qu’il y a 3 enquêtes. Après il y a le passage sous le bandeau : influencés par ce qui a été dit précédemment, nous devons poser des questions afin de forger notre propre jugement. Nous devons douter, oui ! Mais de quel droit pouvons nous exclure quelqu’un qui n’a ni tué ni volé, et il ne faut pas oublier que le passage sous le bandeau est très stressant. Chacun a le droit de voir la lumière, selon moi. Bien sur, on doit s’interroger mais de là à rejeter ! Permettez moi de vous parler de ma propre expérience. Un jour des Soeurs et des Frères d’une autre obédience, m’ont laissé à la porte du Temple, blackboulée après le passage sous le bandeau et ce jour là j’ai douté de la franc maçonnerie, pourquoi ne me laissait elle pas voir la lumière, moi qui n’aspirait qu’à travailler, mais j’ai surtout douté de moi, peut-être n’étais je pas capable, peut-être n’en étais je pas digne ? Le doute et la justice : Dieu qu’il doit être difficile d’être juge ! Que de doutes doivent l’assaillir avant de prononcer un jugement, mais n’est ce pas là la base de sa réflexion, il doit douter ! Jamais je pense il ne doit se fier à une certitude sans que celle-ci soit passée par le hachoir du doute. Dans les cours d’assises les jugements sont rendus par un jury populaire et anonyme, des gens comme vous et moi, choisis au hasard et sans connaissance du droit et qui doivent décider de la liberté ou de l’emprisonnement d’un homme, je pense que jusqu’à la dernière minute, ils doivent douter et peut-être même après le jugement ! Ont-ils pris la bonne décision ? Le doute profite à l’accusé, oui mais cela veut dire, que peut-être on a laissé un assassin en liberté ! Le doute n’existe pas à tous les âges, une des nombreuses différences entre l’enfant et l’adulte est que l’enfant ne doute pas, il est plein de certitudes et sur d’avoir raison, il ne se pose pas de questions sur la vérité, il affirme et croit ce qu’il dit ! Ce qui d’ailleurs, et nous l’avons vu dans des procès récents, peut poser de graves problèmes à la justice. L’adolescent doute, car il s’interroge c’est l’âge ou beaucoup de choix doivent être faits, mais surtout il doute de lui-même. Après, à l’age adulte on continue à douter et à s’interroger sur soi mais également sur les autres. Quant à la vieillesse je vous dirai cela dans quelques années. Et comment ne pas parler du doute qui a assailli chacun de nous, homme ou femme et qui a causé tant de drames, a été le sujet de romans, poèmes, pièces de théâtre : le doute sentimental. M’aime t’il autant que je l’aime ? La jalousie est la racine du doute, la perte de confiance, c’est la partie négative, celle qui peut aller jusqu’à la tragédie. L’homme qui doute fait preuve d’humilité, il reconnaît ne pas savoir, il est le contraire de l’arrogant qui croit tout savoir. Et puis je vais terminer par cette phrase de Pierre Desproges qui exprime très bien ma pensée à la fin de cette planche :

« La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute ! » J’ai dit …

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Le doute comme outil de la démarche initiatique

13 Novembre 2013 , Rédigé par J\M\ D\ Publié dans #Planches

Lorsqu'un profane s'adresse à nous dans l'espoir d'être initié, la première question que nous nous posons à son sujet, c'est : est-ce qu'il est perfectible? Y a t-il en lui cette part de fragilité ,cette sensation de manque qui font qu'il va se mettre en recherche de quelque chose qui le dépasse? Lui -même, souvent, ne sait pas ce qu'il cherche, mais il cherche, il se pose des questions, sans trop savoir s'il obtiendra des réponses. Il est devant une porte, il frappe, on lui ouvre, il ne sait pas ce qu'il va trouver de l'autre côté..C'est davantage la quête qui l'attire, l'effort qu'il faut déployer, que l'objet même de la quête. Sans doute aussi la part de mystére, le voile qui recouyre tout cela. C'est cette incertitude qui le fascine, la délicieuse sensation de l'attente, un peu comme les préliminaires avant l'amour.

Le profane qui se présente à nous décontracté, parfois suffisant, avec l'air de tout savoir et de n'avoir rien à apprendre, bref l'homme pétri de certitudes ne nous intéresse pas.Il faut qu'il s'interroge , qu'il soit (au sens éthymologique) « inquiet », qu'il doute de ses capacités à franchir le cap des différentes épreuves, qu'il éprouve la crainte de trébucher, de n'être pas admis . Et nous devons sentir en lui , s'il est admis, la capacité à se poser des questions, à se remettre en questions, constamment, à chaque instant de son cheminement. Ce qui revient à dire que le doute est le moteur de toute démarche initiatique.

De quel doute s'agit-il?

Le sceptique, au sens philosophique, doute que l'homme puisse jamais atteindre la vraie Connaissance. Et certes, nous savons que l'esprit humain est nécessairement limité. L'une des sept vérités attribuées aux anciens gnostiques énonce que « le visible n'est que la manifestation de l'invisible ».
C'est une autre manière de dire que le monde tel qu'il nous apparaît n'est qu'illusion..Un sage tibétain illustre notre ignorance par la métaphore de la lune qui se refléte dans l'eau. Rapportée aux choses et aux événements de ce monde, aux êtres que nous croisons, la grande majorité des hommes s'imaginent que ce reflet de la lune dans l'eau constitue la réalité, alors qu'elle n'en est qu'une projection. Le Sage , lui, sait que la réalité ultime se situe à un autre niveau, inaccessible comme la Lune . Un proverbe chinois dit : « quand le Sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt ! »  Vous connaissez tous le fameux mythe de la Caverne de Platon, au Livre V de la République.

Des hommes sont enchaînés dans une sombre caverne, ils n'ont jamais vu la lumière du jour, ils n'en ont qu'une perception différée par les ombres qui se projettent sur le mur qui leur fait face . S'ils sortent à la lumière du jour ils seront éblouis, car leurs yeux, habitués aux ténèbres, ne peuvent supporter cette lumière crue. Dés lors, la tentation est grande pour eux de revenir dans la caverne et d'y rester. L'ignorance , même parée des plumes des fausses certitudes, est sans doute plus confortable que le combat à mener pour s'accoutumer à la Lumière.

Quand le postulant sort de son Cabinet de reflexion, il a brisé ses chaînes, mais devra peu à peu s'habituer à sa nouvelle condition d'homme libre. C'est pour cela que l'Apprenti prend place sur la Colonne du Nord, là où la Lumière du jour est encore proche de la nuit, comme lorsque le matin se lève. Ne sachant ni lire ni écrire, l'Apprenti sait épeler, et c'est déjà beaucoup. Il ne lui reste plus , dans le silence, qu'à reconstruire les mots, les mettre en ordre, comme à rassembler en lui ce qui est épars.

Ce travail-là requiert, c'est vrai, une bonne dose d'interrogation au départ. Il y a de quoi avoir des doutes ! Comment accepter ces épreuves sans douter un seul instant de leur aptitude à nous rapprocher de ce que nous espérons être la Vérité, notre vérité ?. Certains FF nous quittent parce qu'ils pensent que la Vérité va leur tomber du ciel. Ils sont comme ces insectes attirés par la lumière d'une bougie et s'y consument . Ils veulent aller trop vite. Parce que, au départ, ils ne doutaient pas qu'une illumination allait se produire, les transformant radicalement, d'égoïstes qu'ils étaient, par exemple, en êtres généreux et pleins d'amour, alors qu'on n'a pas assez de toute une existence pour approcher l'Idéal, et qu'il faut vraiment beaucoup, beaucoup travailler!

Nous nous dispersons beaucoup, surtout dans le monde d'aujourd'hui, nous nous éparpillons, piégés trop souvent par ce qui brille d'un éclat trompeur. Quand ce n'est pas l'argent , c'est le pouvoir, toutes choses qui peuvent donner à croire qu'on est supérieur à l'autre, qu'on peut le dominer,et certains ne s'en privent pas.

Parce que nous sommes sollicités de tous côtés, de mille et une manières, nous tenons pour essentiel ce qui est accessoire, et ce faisant , à l'engagement nous préférons la fuite en avant ou le repli sur soi.

Il y a pourtant parmi nous beaucoup de belle âmes (et je le dis sans ironie) beaucoup d'hommes qui possédent sous leur armure de métal des trésors de compassion et de courage.

Lancelot du Lac, le Lancelot des Chevaliers de la Table Ronde, passe à côté du Graal sans le voir, parce qu'il est aveuglé par son amour impossible pour Guenièvre .. Tintin et le capitaine Haddock parcourent les mers à la recherche du trésor de Rackam le Rouge et affrontent mille péripéties,alors que le trésor se trouve dans la crypte du château de Moulinsart ! Le trésor est en nous, c'est pourquoi nous ne le voyons pas ... La lune est là et nous ne regardons que le doigt !

C'est ici que le doute est salutaire. Il nous aide à y voir clair, c'est à dire autrement . Mais le scepticisme de départ ne doit pas nous conduire à douter de tout, car alors tout deviendrait absurde, et l'on n' aurait pas d'autre solution (partant du principe que rien n 'existe)que l'inaction totale ou le suicide !

L'année 2010 nous a permis de célébrer le 60éme anniversaire de la mort d'un grand homme de notre littérature. Un homme juste et courageux. Albert Camus n'a eu de cesse que de se poser des questions, déchiré qu'il était entre plusieurs passions d'égale importance pour lui : le gôut de la liberté, un lien charnel avec sa terre natale , l'amour de la justice , l'horreur du mensonge et de l'imposture. C'était un homme d'action qui aimait les jolies femmes, le football et les belles voitures ; mais c'était aussi un homme spirituel qui sous les traits de l'agnostique cherchait le divin en lui... ou bien devrais-je dire : une forme de sainteté ? Or cet humaniste sans concession faisait dialoguer en lui le prêtre et l'instituteur..Comme dans cet ouvrage majeur , La Peste ,où Camus, par la voix du médecin agnostique et humaniste, crie sa révolte face à un monde d'injustice et de misére..Un Dieu d'amour ne peut pas vouloir cela, donc Dieu n'existe pas !..Ce cri n'est pas d'un homme qui nierait la transcendance , Dieu ou quelque Principe premier, à la manière de l'athée stupide. C'est le cri d'un homme de coeur, blessé à mort par la souffrance des autres ! Et c'est ce questionnement-là qui fait la force de celui qui cherche ...Un tel homme ne peut se satisfaire des sentences pré-mâchées. On lui présente une idée, il la met à l'épreuve des faits , la disséque et cherche sous le voile des mots, ce qu'il y a d'authentique..En fin de compte, les idées s'envolent; reste la pâte humaine. « Un homme, disait Camus, est toujours la proie de ses vérités «  Ou encore : « les doutes, c'est ce que nous avons de plus intime ».

Dans le cours de notre quête initiatique, taraudés par ce doute intime, nous apprenons beaucoup de choses, en particulier qu'il n' y a pas d'ennemi , serait-ce le pire, qui ne puisse devenir un ami. C'est notre regard qui change tout. Lui dans sa tête peut se croire ennemi, mais si mon coeur dit : cet homme -là un jour a été un petit enfant , il est né du ventre de sa mère comme nous naissons tous,vous voyez bien que notre regard change ! Surtout lorsque nous avons revécu cette naissance le jour de notre Initiation et que nous avons tendu la main, symboliquement, à cet ennemi virtuel !
Au commencement ,donc, il y avait le doute...C'est lui qui a ébranlé ma conscience et qui, comme dans la scéne du miroir, m'a fait comprendre que le pire ennemi était moi-même ! Aprés ça, on peut pardonner bien des choses !

Et puis,c'est vrai, il y a la question : à quoi bon ? A quoi bon toutes ces cérémonies, toutes ces heures passées le soir à écouter des planches compliquées, un tantinet nombrilistes, alors qu'on serait si bien chez soi à regarder le match de rugby à la télé? A quoi bon, puisqu'il faudra bien mourir un jour, et qu'on n'en saura pas plus sur le pourquoi de la vie et sur ce qu'il y a aprés? Même les sciences avouent leurs limites ! Même les mathématiques , avec la théorie de l'incomplétude, nous disent qu'il y a des choses vraies qu'on ne peut pas démontrer ! C'est pourtant beau,une équation! Eh bien oui, c'est beau, il y en a même pour dire que ça peut être « élégant ! » Oui, et alors ?
Et puis, pour revenir sur terre, et à nos travaux de Loge,bien sûr qu' on retrouve des FF. , qui nous écoutent avec une patience d'ange et avec qui on va partager le pain sacré d'un compagnonnage spirituel …C'est beau, c'est bien,mais encore ?

Là aussi, il y aurait de quoi avoir des doutes...D'autant plus si on idéalise le Frère , en oubliant qu'il est d'abord un homme !Ou la Maçonnerie, en oubliant qu'elle est d'abord une institution humaine !( il y aurait beaucoup à dire là-dessus, n'est-ce pas ?)

En fait, notre démarche, si pénible soit-elle, n'a d'autre rétribution que la satisfaction du devoir accompli. C'est tout...Et c'est énorme ! Comme telle, elle vaut son pesant d'or. Question de Foi , me direz-vous,mais là-dessus, je n'ai pas le moindre doute, pour l'avoir éprouvé,pas de façon intellectuelle ni seulement affective, mais dans le secret de mon coeur, de manière absolument certaine et cependant impossible à traduire. Grâce à la Loge, grâce au Rituel, inlassablement répété et travaillé,grâce à l'Amour des FF et à leurs regards où je me découvre comme dans un miroir . C'est comme cela, par ce genre d'épreuve où l'aveuglement du prisonnier enchaîné se convertit en vision intérieure , , que l'on gravit , un à un, patiemment, les barreaux de l'échelle. Arriverons-nous tout en haut ? C'est une autre question .

Ici, nous pouvons rejoindre Camus, encore lui ! Avec son Mythe de Sisyphe …
Il nous commande l'action, l'engagement .

Sisyphe, héros grec, est condamné par les dieux de l'Olympe, à rouler sans cesse un rocher vers la cîme d'une montagne...Sisyphe porte un bandeau sur les yeux. Parvenu presque au sommet, le rocher retombe inexorablement dans la vallée, et le héros doit renouveler en permanence le même geste, cette remontée dont il sait qu'elle n'aboutira jamais . Situation absurde en apparence. Cependant , Sisyphe est libre. Il trouve sa raison d'être dans l'accomplissement de son travail, j'allais dire : son devoir...

«  Cet univers désormais sans maître , écrit Camus, ne lui paraît ni stérile ni fertile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit , à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux ».

Mes FF, il faut nous imaginer heureux, travaillant notre pierre inlassablement et la roulant vers des sommets que nous n'atteindrons jamais, mais qui sont si beaux à contempler !

J'ai dit

 

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REAA

10 Novembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Facebook

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Le Doute

9 Novembre 2013 , Rédigé par J\M\ M\ Publié dans #Planches

Pourquoi le Doute ? Le Doute me semble être une vertu et un outil essentiels à tout quêteur de Lumière. Pourquoi au 3ème degré ? Parce que je n'ai jamais parlé du mythe d'Hiram. Alors pourquoi ne pas chercher les liens entre cette notion de Doute, et l'histoire qui nous est racontée lors de notre exaltation ? Des liens il y en a, que ce soit le Doute qu'on peut porter sur les outils symboliques que l'on nous donne, et qui peuvent servir le bien mais aussi le Mal, que ce soit dans le questionnement qui est suggéré au compagnon lors de l'exaltation, ou que ce soit les liens entre le Doute et les 3 mauvais compagnons que sont l'Ignorance, le Fanatisme et l'Ambition. J'en parlerai. Lorsqu'un profane frappe à la porte du temple, quel est le travail de son parrain, des 3 frères enquêteurs, des FF\ de la loge pendant le passage sous le bandeau, lors des votes ? C'est de s'assurer qu'il est initiable, c'est-à-dire qu'il est capable de travailler sa pierre pour trouver sa place dans l'édifice. S'il est sûr de lui, pétri de certitudes et de suffisance, il n'apportera rien à l'oeuvre commune et la F\ Mie\ ne lui apportera rien. Par contre, si on peut déceler chez lui une part de fragilité, s'il se pose des questions, s'il a une part d'inquiétude de ne pas franchir les différentes épreuves, s'il est capable de se remettre en question, sans se sentir dévalorisé, s'il est capable de soumettre ses opinions ou même ses certitudes au filtre du doute, alors il sera capable de vivre pleinement la démarche initiatique. Cette démarche initiatique ne peut fonctionner avec une personne qui base sa vie sur des dogmes, des préjugés, des certitudes inébranlables, avec une personne pour qui le Doute est une faiblesse ou une tare. Dans l'inconscient collectif, le doute a une connotation négative. Notre culture judéo-chrétienne ne nous apprend pas le doute. Au contraire. Il faut croire, sous-entendu le doute est une faiblesse. Ceci est d'ailleurs valable dans toutes les idéologies et dans toutes les religions du Livre. Ce n'est pas tout à fait le cas du Bouddhisme. Le philosophe Bruno Giuliani dit à propos du Bouddhisme - « Le doute est très important dans le message de Bouddha dans la mesure où il est toujours négatif. Il signale une incertitude, et cette incertitude est le signe que l'on n'a pas trouvé la vérité. Elle va donc entraîner une recherche de vérité dont le doute est le signe. On peut dire que la sagesse sceptique est présente dans le bouddhisme, puisque être sceptique ne veut pas dire douter au sens de ne rien affirmer, mais être en recherche, examiner pour atteindre la vérité ». Le doute est l'ennemi de tous les pouvoirs, de tous les ordres établis. Le travail de l'apprenti est d'apprendre à se connaître, celui du compagnon d'appréhender le monde. Pour agir dans ce monde, le maître doit utiliser le doute comme un outil d'approche de la vérité. Il s'agit de savoir ce que je peux admettre, ce que je dois refuser, ce que je peux tolérer. D'où l'importance du libre-arbitre. Grâce au doute nous pouvons rectifier nos erreurs et nous perfectionner. Le doute, c'est cet instant ou notre liberté s'autorise à décider. C'est le symbole de la maîtrise. Le doute, c'est ce temps de pause durant lequel je m'autorise à m'interroger. Si j'ai bien effectué le travail de l'apprenti, le « connais-toi toi-même», j'assume mes qualités et mes défauts, et en conséquence je m'autorise à émettre des doutes envers moi-même ou envers autrui. Douter c'est s'autoriser à avoir une opinion personnelle, c'est s'autoriser l'esprit critique, en son âme et conscience. Cela peut déplaire, si mes doutes se heurtent à l'opinion générale, cela peut même me déplaire, si j'ai des doutes sur une de mes actions ou sur des propos que j'ai tenu. C'est le prix à payer pour avancer et tailler sa pierre, c'est le prix de la liberté. Le doute, c'est ma liberté. Il y a ceux pour qui le Doute est une vertu et ceux pour qui c'est un vice. Quelques citations. Je commence par ceux pour qui le Doute est une faiblesse. « Il n'est qu'un remède au doute, c'est la prière. Or la prière du militant, c'est l'action politique ». Pour monsieur Le Pen le doute est une maladie, puisqu'il parle de remède. Pour lui, il ne faut pas réfléchir, il faut agir. « Personne n'est plus redoutable que celui qui n'a jamais de doutes ». Jacques Sternberg . Le père de Jacques Sternberg est mort en déportation à Majdanek et Nietzsche rajoute : « Ce n'est pas le doute qui rend fou, c'est la certitude». Il y a ainsi des personnes pour qui le doute est l'ennemi de leurs certitudes. Pourquoi ? Simplement parce qu'il est beaucoup plus confortable et rassurant de ne jamais douter de rien. C'est un gage de longue vie et de bonheur, mais c'est aussi l'expression d'une paresse intellectuelle certaine. Que ce soit en religion, en politique ou dans tous les domaines de la vie, des certitudes inébranlables, des dogmes rassurent. Etre persuadé qu'ici bas on fait partie de ceux qui détiennent la vérité, et que dans l'au-delà on a la vie éternelle, quoi de plus rassurant et réjouissant ? Pour cela il suffit de se complaire dans une certaine ignorance. Il y a quelques années, j'avais acheté une série de cassettes d'Arte qui s'appelait « Corpus Christi ». C'était un recueil d'interviews de savants, d'exégètes, d'universitaires, d'historiens, d'archéologues, de dignitaires des religions du livre, sur la vie de Jésus. J'ai voulu prêter ces cassettes à une personne très religieuse que j'aimais beaucoup. Elle les a refusé en me disant : « Je préfère ne pas les regarder, je pourrais douter ». Je n'ai pas insisté, et me suis même senti un peu coupable, parce que cette personne était heureuse de s'être trouvé des certitudes qui la rassuraient, peut-être face à l'angoisse du néant, de la mort. De quel droit, est ce que je pouvais l'amener à douter ? La tolérance va-t-elle jusqu'à accepter de laisser les autres dans une certaine ignorance, s'ils s'y sentent bien et qu'ils y trouvent leur équilibre ? Je répondrai oui, si leurs certitudes ne font de mal à personne, et non, si ces certitudes peuvent être dangereuses pour autrui.
A nous de choisir. Un proverbe hongrois dit : « Qui croit est heureux, qui doute est sage ».
Salämah Müssa dit : « Si la certitude est apaisante, le doute est plus noble ». Le doute est essentiel dans la démarche de recherche de la vérité. Jean-Charles Harvez dit : « Le doute est la base même du savoir, puisqu'il est la condition essentielle de la recherche de la vérité ». Cicéron ajoute : « En doutant, on atteint la vérité ». On comprend que le doute doit être pour nous cet outil, pour faire progresser notre réflexion. Georg Christoph Lichtenberg dit : « Douter ne signifie rien d'autre que d'être vigilant, sinon cela peut être dangereux ». Effectivement la vigilance, qui nous est conseillée depuis le cabinet de réflexion, n'est rien d'autre que ce temps de réflexion face à toute situation pour faire le meilleur choix. Pousser à l'extrême, le doute peut être dangereux parce qu'il peut devenir un frein qui nous paralyse. Il ne faut pas céder à l'hésitation permanente, à la résignation, au découragement, au manque de confiance en soi, à la faiblesse. Le doute doit rester un moteur pour notre réflexion et notre action. Il doit être avant tout vigilance permanente, envers les autres mais aussi envers soi-même, soif de progrès dans la connaissance, prudence, écoute, relativité permanente de nos certitudes. Pour cela nous avons un outil adapté, bien présent lors de la cérémonie d'exaltation, c'est le Compas. Il nous permet de mesurer en permanence la part qu'il faut laisser au doute et celle de notre certitude d'agir pour le bien et le progrès selon notre loi morale. Le Compas est le symbole de l'Esprit, alors que l'Equerre est le symbole de la Matière. En chambre du milieu le Compas est posé sur l'Equerre, c'est le pouvoir de l'Esprit sur la Matière. Ouvert à 90° il y a équilibre parfait entre les 2 forces, car le Compas devient Equerre juste. Cela évoque la prudence, la tempérance, la justice et la vérité que nous devons rechercher en pratiquant le doute raisonné, en notre âme et conscience. Face à une situation, lorsque nous avons un doute sur l'attitude à adopter, nous faisons travailler notre raison, évidemment, mais également notre intuition, notre cœur. L'intuition et la raison, même si elles semblent pouvoir s'opposer, doivent travailler ensemble, pour déterminer ce qui nous semble juste. Le Doute doit faire travailler conjointement ces deux niveaux, si on ne veut pas être simplement pragmatiquement raisonnable, ou simplement victime de nos émotions. Il n'est jamais simple d'ouvrir l'équerre à l'angle idéal.
Trop douter de soi-même est se sous-estimer. Ne pas douter de soi-même peut être se surestimer.
Trop douter des autres peut engendrer de la méfiance. Ne pas douter des autres peut être de la naïveté.
Il faut essayer de marcher sur cette ligne invisible entre les cases blanches et noires du pavé mosaïque.
On ne peut pas parler du Doute sans parler du Courage. Je parle du courage qu'il faut pour oser douter de soi-même lorsque c'est nécessaire, mais également du courage qu'il faut pour se fier à un doute sincère, lorsque l'environnement est totalement opposé à ce que l'on croit vrai et juste. Je pense à Copernic et Galilée qui ont mis en doute la théorie qui plaçait la terre au centre de l'univers. Giordano Bruno pour avoir osé défendre ces thèses est mort sur le bûcher de l'inquisition. On peut parler également de ceux qu'on a appelé les justes, qui ont osé mettre leur vie en péril au cour des années de guerre. Il leur en a fallu du courage pour faire confiance à leur intuition et à leur cœur, pour mettre, sans douter, leur vie en jeu, pour sauver les juifs et ceux qui étaient condamnés à disparaître par le régime nazi. Puisque j'ai choisi de vous parler de doute au 3ème degré, il convient de chercher le lien avec le mythe d'Hiram. Le doute est présent tout au long du rituel d'exaltation. A commencer par l'entrée du Récipiendaire à reculons. Puis les injonctions du V\ M\ : « Avez-vous bien réfléchi à la démarche que vous faites ? Vos mains sont elles pures ? Votre conscience est-elle tranquille ? Prenez garde à vos paroles. Avez-vous rempli vos Devoirs d'homme d'honneur et de F\ M\ ? » Le rituel suscite le doute dans l'esprit du récipiendaire pour le forcer à réfléchir. Puis le cadavre, ce face à face avec la mort, le cercueil qu'on lui fait enjamber, le questionnement sur les auteurs du crime. Le doute jeté sur la possible culpabilité du récipiendaire. Durant la deuxième partie du rituel d'exaltation, le doute est encore présent. Aux 2 premiers grades le compagnon avait appréhendé le fil à plomb, le niveau et le maillet comme des outils devant servir à la construction du temple. Voilà qu'ils servent d'armes pour faire périr l'homme juste, maître Hiram personnifié à ce stade du rituel par le récipiendaire lui-même. De coupable potentiel, le voilà victime. Victime de quoi ? Du mauvais usage des outils, et potentielle victime de lui-même. La fin du rituel ramène plus de sérénité dans l'esprit du récipiendaire. Par les 5 points parfaits de la maîtrise, le « maître est retrouvé et il reparaît aussi radieux que jamais ». Revenons un peu sur les 3 mauvais compagnons qui symbolisent : l'Ignorance, le Fanatisme et l'Ambition. L'absence de doute est un élément commun à l'ignorant, au fanatique et à l'ambitieux. Celui qui se complaît dans l'Ignorance ne doute de rien, puisqu'il ne cherche pas à savoir. Victor Hugo : « La liberté commence ou l'ignorance finit ». Aristote dit : « L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit ». Le doute qui engendre la réflexion est le chemin vers la sagesse et la connaissance. Et Turgot disait : « Le despotisme perpétue l'ignorance et l'ignorance perpétue le despotisme ». C'est grâce à l'ignorance que les despotes et les dictateurs perpétuent leur pouvoir. L'instruction est de ce point de vue un instrument essentiel pour combattre l'ignorance, l'obscurantisme. L'obscurantiste est celui qui prône et défend une attitude de négation du savoir, de restriction dans la diffusion des connaissances, ou de propagation de théories dont la fausseté est avérée. La F\ Mie\ doit combattre tous ceux qui s'appuient sur l'ignorance pour asseoir leur pouvoir. Que ce soit en interdisant ou limitant l'instruction aux femmes, que ce soit en limitant ou interdisant la liberté d'expression, ou la liberté de conscience, que ce soit en pratiquant l'intolérance vis à vis de croyances différentes des dogmes officiels. L'ignorance de celui qui n'a pas pu accéder à l'instruction n'est bien entendu pas condamnable. Seul l'ignorant qui se complaît dans l'ignorance, par paresse ou par intérêt est condamnable. Notre second mauvais compagnon symbolise le Fanatisme. On en a un peu parlé en abordant les liens entre l'ignorance et le despotisme. Plus encore que l'ignorant, le fanatique, qui est l'intolérance incarnée, ne doute pas. L'ignorance et le fanatisme vont de paire et s'alimentent l'un l'autre. Elie Wiesel nous en parle : « Le fanatisme est aveugle, il rend sourd et aveugle. Le fanatique ne pose pas de questions, il ne connait pas le doute ; il sait, il pense qu'il sait ». Et pour Voltaire : « Le fanatisme est un monstre, qui ose se dire le fils de la religion. Il est mille fois plus dangereux que l'athéisme philosophique ». L'ignorant écrase ses doutes, en sur-affirmant son maigre savoir. Le fanatique écrase ses doutes, en sur-affirmant sa foi. L'ambitieux écrase ses doutes, en focalisant son esprit sur le but qu'il s'est fixé. On en arrive donc à notre troisième mauvais compagnon qu'est l'Ambition. Tout comme l'ignorance symbolise le mauvais usage du Fil à Plomb par le second surveillant, qui devrait être particulièrement instruit, et que lefanatisme symbolise le mauvais usage du Niveau du premier surveillant, qui devrait exercer un contrôle éclairé sur les travaux sans faire subir aux F\ F\ une contrainte étouffante à cause de son fanatisme, l'ambition symbolise le mauvais usage du Maillet du V\ M\, qui devrait diriger les travaux avec un dévouement total, sans céder à des visées personnelles dérivées de son ambition. L'ambition est le désir de réussite, mais c'est aussi et surtout le désir excessif de réussite. Il convient donc de distinguer l'ambition-vertu qui est le désir naturel d'entreprendre et de réussir, de l'ambition-vice, démesurée, celle qui a les dents trop longues. Parce que cette ambition là, qui ne s'encombre pas de doutes, ne s'encombre pas non plus de scrupules. Pour elle la fin justifie les moyens, et la fin se résume souvent simplement à l'argent, au pouvoir et aux honneurs. « L'ambition est le fumier de la gloire » disait Pierre l'Arétin. (XVIè s). L'ambition-vertu, c'est le désir de réussir, c'est ne pas escompter plus que ce que nous vaut le mérite de notre action. La propension à l'orgueil, à la prétention, à l'excès de désir de réussite, à rechercher plus qu'il n'est mérité, au-delà de nos moyens, c'est l'ambition-vice. C'est celle qui animait les mauvais compagnons. On le voit, le Doute est une composante importante de l'exaltation. Ce Doute peut être déconcertant, inquiétant, source d'insatisfaction. Il pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses. C'est probablement pourquoi j'ai tant tardé à aborder ce sujet et le mythe d'Hiram. Au final, je suis heureux de m'y plonger, parce que ma saine curiosité, et mon intuition me disent que l'acacia peut être source d'espérance. Henry James dit : « Il faut croire dans le Doute, passionnément, parce que c'est ce qui fait la beauté de l'homme ».

V\ M\ j'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Big-Bang et Création

8 Novembre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Il était une fois, à un instant qui n’en n’est pas encore un, une origine mystérieuse, magique, merveilleuse, alchimique que nous ne savons pas placer, ni dans l’espace pas encore créé, ni dans le temps pas encore en mouvement. Et pourtant ! Cette chose que nous ne pouvons pas qualifier d’événement a bien existé. Cette chose nous l’appellerons si vous le voulez bien : Création ! Et cette Création, comme nous allons scientifiquement l’approcher, a existé il y a environ 14 milliards d’années ou plus, ou un peu moins, on en discute toujours, mais cela n’a pas d’importance fondamentale pour notre approche. En effet, notre essentiel est bien que cette origine puisse trouver un jour un sens véritable. 

C’est je l’espère par des mots simples, parfois peut-être même simplistes, que nous allons essayer ensemble de réaliser un tour d’horizon de l’état des connaissances de ce début du 3ème millénaire, afin de tendre vers un début d’approche de compréhension de l’origine. Que chacun y trouve un peu pour apporter beaucoup. 

L’état des connaissances des sciences physiques nous amène inéluctablement à l’envisager, à l’étudier et à l’imaginer. Mais il est plus que probable que nous n’ouvrirons un jour cette ultime porte de la connaissance uniquement munis d’outils physiques, mathématiques ou scientifiques en général. A ceux-ci, parfois fort complexes, il conviendra d’y ajouter un nouvel outil, le plus utile, le plus nécessaire, le seul qui sera capable d’ouvrir nos intelligences et de nous propulser sur la route de la connaissance. Cet outil porte déjà un nom, on l’appelle habituellement Spiritualité. Il conviendra de l’apprivoiser, le faire cohabiter et l’associer harmonieusement, dépouillé de tout dogme, aux autres outils de la connaissance. 

Toutes les religions ont proposé une histoire de la création, objet de tous les fanatismes et de toutes les intolérances. Dans les cas extrêmes, ceux qui n’étaient pas les tenants de la bonne théorie ont été passés par les armes, brûlés ou pendus. C’est ainsi que pendant des siècles les églises, les temples et les mosquées ont et souhaitent encore pour certains imposer leurs vues. La science est souvent l’ennemie jurée et proclamée des esprits étroits mais également des intérêts particuliers de gestion des masses par d’autres. C’est ainsi qu’on retrouve de nos jours le rejet de l’évolution au sein de certaines sectes, de groupes fondamentalistes, ou encore, au cœur même d’un pays pourtant si techniquement avancé comme les USA, chez les créationnistes. 

Il est vrai qu’en étudiant les textes consacrés à la création, on rencontre plus de philosophes que d’ingénieurs et parfois plus de métaphysique que de physique, mais la situation est heureusement en train de changer. Pour s’en persuader, les scientifiques que j’apprécie, ont toujours présent à l’esprit que la nature est plus riche qu’on ne peut l’imaginer. Elle a en tout cas, beaucoup plus d’imagination que n’importe lequel des plus brillants théoriciens ou philosophes. 

Citons ici, en préambule, Henri Poincaré qui écrivait que : « Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir ». Voila bien un principe, une école de vie, que nous pourrions retenir mes sœurs et mes frères, et l’appliquer à notre quotidien profane ainsi qu’à celui de maçon. 

Par souci de progression et de simplification, je vous propose un périple dans le cosmos fait de voyages, initiatiques, à l’intérieur du Temple, image et symbole de la rencontre avec la création. 
Notre périple commencera par un survol rapide des débuts de la connaissance, voyageant à Babylone, croisant plus loin Aristote le philosophe et rencontrant Newton l’inventeur de la mécanique dans la physique. Epoques où les hommes levèrent les yeux vers le ciel dans le but de l’expliquer, époques où ils se dotèrent de moyens même les plus rudimentaires pour l’observer. Nous découvrirons les grandes découvertes et rencontrerons les premiers grands physiciens et grands astronomes. Un voyage parfois désordonné, fait d’embûches et souvent tumultueux. 

Le deuxième voyage nous contera l’explosion de la découverte scientifique de l’univers de la fin du 19ème siècle jusqu’à nos jours. Ce deuxième voyage pourra vous sembler plus construit et sûrement beaucoup plus calme. 

Notre troisième voyage, plus court celui-ci, mais plus profond, reviendra sur la conception du divin dans les quatre religions fondamentales du monde d’aujourd’hui, à savoir: le judaïsme, la christianisme, le bouddhisme et l’islam. 

Le quatrième voyage, lui, sera entièrement consacré au planétarium. 
Nous nous situerons dans l ‘espace de l’Univers et dans le temps. 

Citant quelques chiffres pour nous donner une première idée des dimensions et du temps. Cette étape doit nous apporter le repos mérité et doit nous permettre de prendre de nouvelles forces avant l’accélération vertigineuse qui nous attend dans la présentation du mouvement de l’Univers, objet du cinquième voyage initiatique qui peut-être, pourra nous rapprocher un peu du Grand Architecte de l’Univers. 

Nous prendrons alors le chemin à l’envers et remonterons dans le temps à la recherche de la merveilleuse et mystérieuse origine. Ce cinquième et dernier voyage initiatique fait d’obstacles terribles nous conduira vers une lumière, enfin tout près…, juste à côté…, mais sans jamais encore pouvoir la voir, car je ne peux faire tous les voyages initiatiques avec vous. C’est à chacun d’entre vous mes sœurs et mes frères, à partir de cette ultime étape de trouver dans son cœur la clé qui lui ouvrira la porte derrière laquelle est assurément dissimulée votre propre lumière. 

Premier voyage : Premiers pas dans la connaissance de l’Univers « Je tâte dans la nuit ce mur, l’éternité » disait Victor Hugo. 
C’est dans la nuit qu’est née l’une des plus anciennes disciplines scientifiques nommée Astronomie. 

Fascinés par l’immensité du ciel s’ouvrant à leurs yeux lorsque la lumière du soleil s’en allait de leur terre, les hommes et donc toutes les religions qu’ils ont créées ont alors localisé le royaume des dieux, loin, très loin dans le ciel. Avec la découverte des astres, l’astronomie divine était née. Mais l’astrologie en était le premier intérêt des grands de ce monde d’alors, qui voyaient là la science majeure qui pourrait leur prédire leur avenir heureux et les prévenir de leurs destins malheureux. Seraient-ils princes, rois, pharaons ou même pape ?……. 
Ptolémée fabriqua des horoscopes pour les pharaons, Thycho Brahée pour le roi du Danemark, Kepler pour l’empereur et Galilée pour des armateurs vénitiens… 

Mais si les hommes ont observé la voûte céleste, ce n’est pas seulement pour y lire des messages divinatoires, c’était aussi dans un but utilitaire, pour les besoins de l’agriculture puis plus tard de la navigation. 
« Qui apprend d’abord le système de Copernic…ne sait rien, il n’a pas suivi la route humaine » disait le philosophe Alain. 
C’est pourquoi, et pour répondre à une demande d’un grand nombre de soeurs et de frères, nous allons emprunter la route humaine, chemin de Compostelle de la connaissance scientifique de l’Univers. 

Très tôt on comprit qu’il y avait des astres proches et d’autres lointains. On voyait les étoiles fixes et des planètes en mouvement dans le ciel. C’est ainsi qu’est née l’idée que les étoiles étaient situées tout simplement sur une grande sphère fixe, telle une sphère céleste…, alors que les planètes se déplaçaient dans l’espace situé entre la terre et les sphères concentriques des étoiles fixes. Le centre étant bien 
évidemment la terre ou autrement dit l’Homme. 

Rien n’a vraiment changé aujourd’hui dans cette distinction entre planètes et étoiles, sauf l’immobilisme de la sphère céleste que nous 
remettrons en cause un peu plus loin. Nous nous croyons d’ailleurs toujours le centre du monde jusqu’à preuve du contraire. Comment 
cela pourrait-il être autrement ? Nous découvrirons que cela est faux et…vrai à la fois. 
Mais comment s’est déroulée cette aventure de la découverte ? 

Sans outils modernes de calcul, comment les anciens se sont-ils pris pour appréhender les premières dimensions de l’Univers ? 
Et bien le plus simplement du monde, grâce au Triangle. 

Il est fort probable que ce soit en Mésopotamie que naquit l’astronomie au IIIème millénaire avant JC. 
C’est ainsi que les astres fixes étaient déjà regroupés en constellations dans lesquelles on voyait déjà des formes animales ou mythologiques. 
Les astres mobiles (Soleil, Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne) rythmaient la vie. 

Les premiers calendriers pouvaient alors être créés. Le calendrier Babylonien primitif était construit à partir d’un nombre entier de 
lunaisons, débutant ainsi le mois à la nouvelle lune. Ce qui paraît acquis, c’est que les relevés effectués par les prêtres babyloniens 
pendant des siècles allaient alimenter les réflexions des grecs. 
Sur les rives du Nil, les Egyptiens eux, contrairement aux Babyloniens, ne croyaient pas au caractère divinatoire des étoiles. Il n’y voyaient que des lumières ou peut-être pour certains les âmes des défunts… 

Néanmoins, c’est quand même le Dieu Ra, cher à nos cruciverbistes d’aujourd’hui, qui possédait une barque dans laquelle il promenait le 
soleil d’un bout à l’autre du ciel. L'éclipse du soleil était alors simple à expliquer par la présence d’un gigantesque serpent qui de temps en temps renversait la barque de Ra… 

Vers 550 avant JC, le Pharaon égyptien AMASIS voulut mesurer la hauteur de la grande pyramide de KHEOPS dans le but unique, dit-on, 
de s’en faire construire une plus grande… Un de ses amis lui appris qu’il existait un gars très fort du nom de THALES et qui vivait sur l’île de MILET. D’où son nom Thales de Milet. 
Il le fit contacter, et Thales vint mesurer la hauteur de la pyramide grâce à ces premiers théorèmes sur les triangles rectangles. 
Erastosphène estimera ainsi le rayon de la terre. Je vous fais grâce ici de la démonstration scientifique que nous pourrons appréhender dans un autre contexte. 

Mais toutes ces mesures étaient statiques. Il faudra attendre COPERNIC en 1543 qui propose une explication du monde suivant laquelle la Terre tourne autour du soleil et non le contraire. La terre n’était donc plus tout à fait le centre du monde… et du coup nous non plus ! 
Mais revenons à l’époque de Thales de Milet qui fut le premier à comprendre par ailleurs que la lune était éclairée par le soleil et qui prédisait les éclipses avec une assez grande précision. Thalès posa sans doute le premier les questions les plus fondamentales : « de quoi le monde est-il fait ? » ; « comment l’univers s’est-il formé ? ». 
50 ans plus tard, aux environs de – 500 avant JC, PHYTAGORE établit que la Terre, la Lune et le Soleil étaient des sphères. Finis les astres plats. 
Une école est née ! Elle ne durera que 200 ans. 

Phytagore (570 – 480 avant JC) fonda son école dans le sud de l’Italie. 
Pour lui, les nombres étaient à l’origine de tout et en particulier il imposa le concept de l’Harmonie. C’était un visionnaire. Appliqué à l’astronomie, son concept d’harmonie et d’ordre idéal conduisait au concept d’harmonie des sphères. Il pensait même à cette époque, associer harmonie, mouvement et musique. C’est ainsi que le mouvement harmonieux des sphères célestes ne pouvait que s’accompagner de musique céleste…Le cosmos devenant ainsi un gigantesque instrument harmonique. 

On date par les écrits retrouvés, que la rotondité de la Terre a été imaginée aux alentours de – 500 avant JC. Les marins déjà observaient qu’à l’horizon la coque des navires disparaissait avant le mât…C’était aussi simple que cela…IL faut croire que par la suite nombre de religieux ne montèrent point sur un bateau…ou ne prirent jamais la peine romantique d’observer l’horizon. 

Vers – 400, Démocrite conçoit une réelle vision de la nature. 
Démocrite était matérialiste. Il inventa l’idée que la matière était composée d’atomes bien avant la découverte de ces derniers. Il pensait déjà que les étoiles n’étaient que des soleils éloignés. Encore un visionnaire. Il sera fermement critiqué par Socrate, Platon et Aristote. 
De plus, affirmant que l’Univers n’est pas gouverné par les Dieux, mais par la matière et le vide, l’atomisme porté par Démocrite entre en conflit direct avec l’ensemble des autorités religieuses. Repris par Epicure et Lucrèce, l’atomisme vivra cependant jusqu’à l’avènement du Christianisme. Puis jugé par trop matérialiste, il sera occulté au tout début de l’ère chrétienne. 
Finis les atomes ! 

Il faudra attendre le XVII ème siècle, pour voir revenir la théorie atomiste. Plus de 1600 ans de perdu dans l’obscurantisme dogmatique… 
Il est intéressant de noter ici que Lucrèce (poète latin du 1er siècle avant JC) a vulgarisé la philosophie atomiste dans un poème cosmologique « De Natura Rerum » (de la nature des choses). Il évoqua la notion d’espace infini et l’une de ses conséquences incontournables, la pluralité des mondes. Théorie de plus en plus pratiquée aujourd’hui, en particulier avec la découverte des trous noirs qui pourraient constituer des passages, mais n’allons pas trop vite. 

Puis vint l’époque d’ARISTOTE : une terre fixe au centre d’une sphère et autour rien si ce n’est l’Ether, bien qu’ayant dans ses réflexions approché de près la théorie de l’infini. 
L’astronomie allait prendre un tour bien différent avec la montée en vitesse de la civilisation grecque. 

Platon (427 – 348 avant JC) puis Aristote ( 384 – 322 avant JC) vont orienter la pensée scientifique et l’enfermer en quelque sorte pour trèslongtemps. 
La Terre ne pouvait être que fixe et seuls pouvaient se mouvoir les astres du monde d’en haut baignant dans l’Ether. 
Aristote distingua le monde terrestre d’en bas imparfait et le monde céleste d’en haut parfait. Le premier était formé des 4 éléments (eau, terre, air et le feu) tandis que le second était formé d’un seul matériau : l’Ether… 

L’Univers d’Aristote consistait en un agrément de sphères fixes. La Terre étant elle au centre du monde immobile. La Terre ne pouvant tourner, car l’homme en serait tombé depuis longtemps !... 
L’argument était irréfutable. Et il doit nous conduire à nous interroger sur nos schémas de pensée qui ne supposeraient ne s’appuyer que sur des choses établies. Large thème philosophique ! Il faudra attendre que l’imagination reprenne le pouvoir pour envisager la gravité. Mais c’est une autre histoire. 
 
C’est par 7 hommes que nous allons faire un bond dans la connaissance de l’Univers. 

Aristaque de samos né en 310 avant JC et mort en 230, propose l’idée que la terre tourne autour du Soleil et non l’inverse. 
Il l’avait fait en observant que les rayons émis par le Soleil, à la demilune, sont perpendiculaire à la droite Terre-Lune. Ainsi il calcula par une méthode de triangulation la distance qui sépare la Terre du Soleil. 
Il trouva que le Soleil était 19 fois plus loin que la Lune. Il se trompa lourdement, celui-ci étant 400 fois plus loin, mais cela ne changeait rien à la conclusion de son raisonnement. 

Le Soleil devait être très gros puisqu’il était 20 fois plus loin et que sa dimension apparente était la même que celle de la Lune. Et donc si l’on admettait que le Soleil tournait autour de la Terre, c’était le très gros objet qui tournait autour du petit. Ce qui déjà ne semblait pas très logique. 
Un procès lui fut intenté pour tant d’insolence, puis il disparut. Fin provisoire des travaux d’Aristaque de Samos. 

Ptolémée 
Les étoiles ont été regroupées en constellations dont la nomenclature la plus généralement adoptée aujourd’hui est due à Ptolémée pour la partie du ciel visible dans l’Europe et le bassin méditerranéen. 
Astrologue de son état, Ptolémée nous lègue une synyhèse des connaissances astronomiques de son époque, qui nous fut transmise par les arabes sous le nom de Takrir-al-magesti, comprendre : « OEuvre par excellence » qui deviendra « L’Almageste ». C’est ainsi que beaucoup de noms d’étoiles ont de fait une origine arabe (Altaïr, Beneb….) de même que des termes aussi spécialisés que Zénith (lieu du ciel situé à la verticale de l’observateur) ou nadir (point situé à l’opposé du Zénith)…. 

LES ARABES, justement : 
Au début de notre ère, la vision imposée était celle d’une terre au centre de l’Univers et de planètes animées d’une combinaison de mouvements circulaires qui tournaient autour d’elle. 
L’âge d’or de la culture athénienne était loin, et Rome après s’être largement imposée montrait de nombreux signes de faiblesses. Le monde occidental n’apportera rien de plus à la connaissance scientifique jusqu’au XVéme siècle. 
Heureusement, les auteurs arabes ont maintenu la tradition astronomique. Leurs motivations étaient au nombre de trois : 
- établir un calendrier ; 
- calculer le moment de la prière ; 
- et enfin s’orienter par rapport à la Mecque pour construire les mosquées. 

Les astronomes arabes, travaillant à partir de théorie de Ptolémée, ont ainsi maintenu et transmis la tradition. Ils nous laissent l’astrolabe qui permet de relier l’heure aux coordonnées géographiques du lieu, des cartes et des catalogues d’étoiles. 
L’astronomie arabe a été brillante pendant un millénaire, mais curieusement n’a réalisé aucun progrès conceptuel important par rapport au monde grec antique. 
L’effort, néanmoins produit par les astronomes arabes, a conduit à préserver la science de l’Antiquité à travers des traductions, des commentaires et de nouvelles observations. Cet effort est à l’évidence, à l’origine de la renaissance de l’astronomie en europe médiévale. 
5 hommes ont marqué la renaissance de l’astronomie en occident : 
- Copernic, 
- Tycho Brahe, 
- Kepler, 
- Galilée, 
- Newton. 

Copernic 
Nicolas Copernic, moine polonais, propose en 1543 une nouvelle explication du monde avec un soleil en son milieu et la Terre tournant autour de ce dernier. 
 
Rappelons qu’alors la Terre ne peut être que le centre du monde pour la religion chrétienne au moins, le tout étant démontré par une lecture rigide et primaire des saintes écritures pendant des siècles. 
Nicolas partit des travaux d’Aristarque de Samos pour construire un nouveau modèle de système solaire en suggérant que toutes les planètes tournent autour du soleil. 

Si la théorie de Copernic n’est parue dans un ouvrage nommé DE REVOLUTIONIBUS que l’année de sa mort en 1543, c’est que ce dernier, catholique, moine et prudent, n’est pas à l’origine de cette parution. C’est Rétif son stagiaire qui décida de faire publier d’abord quelques extraits pour en mesurer les effets, puis poussa Copernic à publier l’intégralité de ses travaux. L’ouvrage parut peu après la mort de Copernic. 
A l’époque l’Eglise se tût, sans doute préférant un silence religieux qui entraînerait dans l’oubli ce moine polonais audacieux qui provoquait post mortem la sainte inquisition. 
Seuls Luther, Calvin et autres de leurs collègues traitèrent Copernic de fou dangereux... Rigueur protestante sans doute…. 

Thycho Brahé (1546 – 1601) 
Trois ans après la mort de Copernic, naissait le danois Thycho Brahée. 
Protégé de Frédéric II du Danemark, amoureux des horoscopes, il inventa un nouveau système hybride entre le modèle de Ptolémée et celui de Copernic. C’était sans doute un fin diplomate. 
Les planètes tournaient bien autour du soleil, mais le soleil avec ses planètes accrochées tournait autour de la Terre. Malgré cette démarchehasardeuse de compromis entre l’église et la science, on lui doit néanmoins de fabuleuses tables d’observations. 
Si son système séduit, il présente une anomalie majeure, forcément, quand au déplacement de la planète Mars qu’on ne peut expliquer. 
C’est pourquoi, confronté à cette exception, il fait appelle à Kepler. 

Kepler ( 1571 – 1630) 
Appelé par Thycho Brahée en 1600, Kepler jeune astronome et mathématicien allemand a pour mission d’expliquer cette anomalie observée. 
Il laissera à la science les fameuses lois de Kepler d’où Newton tirera le principe de l’attraction universelle. A l’aide de ses tables on pouvait prévoir la position des planètes depuis 4000 ans avant JC jusqu’à 2100 après JC. 
Les lois de Kepler sont au nombre de trois, un peu complexes sans doute pour des profanes. On en retiendra ici, essentiellement que la première qui précise que les orbites planétaires sont des ellipses dont le soleil occupe un des foyers. 

Galilée (1564 – 1642) 
Fondateur de la physique moderne, il inventa la dynamique, la microscopie et la thermométrie. Il établit la loi de la chute des corps et du mouvement du pendule et trouve le principe de l’inertie. Il fut l’un des premiers à pointer une lunette qui en vaille le nom vers le ciel, et fit en quelques nuits de juillet 1610 la plus grande moisson de découvertes jamais réalisées par un astronome. Les taches et la rotation du soleil qui perdit ainsi son statut d’astre parfait (et oui le soleil tourne sur lui même, on a tendance à l’oublier !), les cratères et les montagnes de la lune, les 4 gros satellites de Jupiter, les anneaux de Saturne et une multitude d’étoiles. Ces découvertes confirmaient les hypothèses de Copernic sur la multiplicité des centres de mouvements de l’Univers. L’opposition aristotélicienne entre le monde terrestre et le monde céleste divin s’évanouissait, ce que l ‘Eglise ne put admettre. Les écrits de Copernic et de Galilée furent donc mis à l’index. La suite, parce qu’il avait mis en évidence par ses travaux que la terre tournait, il dut à l’age de 70 ans s’agenouiller devant les inquisiteurs généraux contre la malice hérétique à Rome dans le couvent de Minerve le 22 juin 1633 et renier ses déclarations qui avaient été jugées contraire aux saintes écritures. 
Après avoir rejetée la thèse de l’éternité du monde en 1277 dans 219 articles, l’Eglise mettait un nouveau frein aux ardeurs scientifiques. 

Newton (1642- 1727) 
Né l’année de la mort de Galilée, Newton est le fondateur de la mécanique, de l’optique moderne et du calcul différentiel. Il invente le télescope et met au point la théorie de la gravitation universelle grâce à une pomme dit-on. 
Pour faire simple, il découvre que c’est le même processus physique qui décrit la chute des corps (la pomme) et le mouvement des planètes. Une des lois fondamentales de Newton peut s’exprimer ainsi : Deux corps s’attirent réciproquement avec une force proportionnelle au carré de la distance qui les sépare. La première traduction française des Principes de newton, oeuvre de Gabrielle Emilie de Breteuil, marquise du Châtelet et égérie de Voltaire, ne verra le jour qu’en 1758. C’est grâce à Newton, qu’enfin on comprit le phénomène des marrées qui s’expliquait par l’attraction des masses d’eau par la lune. 

Avec Newton, on comprendra que l’Univers est plus vaste qu’on ne peut encore l’imaginer, que la terre n’est pas le centre du monde et que ce dernier ne peut avoir de centre. Enfin, avec ses théories tous les points de l’Univers deviennent équivalents. 
Il faudra attendre la relativité d’Einstein et la théorie de la relativité générale pour compléter la théorie de la gravitation. 
Il est donc temps, à l’issue de cette rapide présentation des principaux révélateurs de la connaissance scientifique, de faire un premier bilan. 
Dans l’antiquité, comme nous venons de le voir, toutes les civilisations sont intéressées au monde et au rapport homme-monde. 
Le concept d’Univers tel que nous le connaissons aujourd’hui n’existait pas. Les sciences modernes n’ont que 3 siècles d’existence et datent de l’ère de Newton. 

Les grecs avaient donc une vision du monde bien différente de la notre, le considérant beaucoup plus petit et centré sur la Terre. 
De plus, il était supposé fini avec une frontière matérialisée par une sphère, qu’ils appelaient la sphère des fixes. Ou plus exactement la dernière des sphères des fixes, car ils avaient fini par comprendre que l’éloignement de certains astres n’était pas le même, ce qui induisait inévitablement une conception d’emboîtement de sphères des fixes toutes centrées sur la Terre, et dont la dernière constituait la limite du monde. Cette conception, essentiellement due à Platon et Aristote, comme nous l’avons vu précédemment, perdurera 2 millénaires. 
On notera dans la description du monde, la prééminence du cercle et donc de la sphère, symboles tous deux de l’harmonie. Il s’agissait là d’un dogme platonicien qui considérait que seul le cercle pouvait décrire le monde en vertu de son harmonie. 

Cette approche dure jusqu’à Copernic et Kepler qui mettront en évidence que le mouvement des planètes n’est pas circulaire. Finie cette harmonieuse idée platonicienne empruntée aux pythagoriciens. 
2000 ans de description du monde vont s’écrouler avec ce qu’il est commun d’appeler la 1ère révolution cosmologique, qui prend naissance après la renaissance grâce à Copernic, Keppler et Tycho Brahe et à la fin du XVIIème siècle avec Newton. 

Pour Copernic, le soleil prend la place de la terre dans son rôle de centre du monde. 
Avec Newton, l’Univers devient plus vaste, il n’existe plus de sphères des fixes, la Terre n’est pas le centre du monde, car en fait il n’y a pas de centre du monde. 

Le problème de l’origine du système solaire, quant à lui, ne s’est pratiquement pas posé avant le XVIIème siècle, les philosophes considérant qu’il était là depuis toujours et pour l’éternité. Rien de possible sans la philosophie… 
Dès 1633 Descartes apporte une idée de l’évolution. Pour lui dans l’Univers, les objets naissent, vivent et meurent. Rien n’est plus éternel. Mais leur durée de vie est tellement plus longue qu’il nous semble que rien ne change : « De mémoire de rose, on n’a jamais vu mourir un jardinier »… 
Après Descartes, viendront Buffon (1741), Kant (1755) et Laplace (1796) qui vont proposer deux théories qui s’opposent pendant près de deux siècles. 
 
La 1ère théorie catastrophiste par laquelle la formation des planètes serait due au passage proche d’une étoile qui aurait arraché un filament de matière du soleil, nous est apportée par Bouffon, la 2ème théorie de la nébuleuse primitive selon laquelle le soleil et les planètes ont été formés à partir d’une même nébuleuse de gaz primordiale nous est apportée par Kant en premier et Laplace en 1796, qui n’ayant pas connaissance des travaux de Kant, évoquera le même principe. Kant, déjà qui avait proposé un Univers ressemblant à un rassemblement de mondes comme des îles dans un océan. 

On tendra alors vers ce qu’il est commun d’appeler le principe d’universalité. Tout doit être vrai et partout dans l’Univers. C’est d’ailleurs un des grands principes de la physique qui préconise que l’expérience soit réalisée ici ou ailleurs, elle doit conduire au même résultat. 
La physique ainsi que la philosophie se retrouvent confrontées à un Univers, qui plus est ne peut être fini et doit donc être infini. 
En compléments aux démonstrations mathématiques, on met également en évidence que l’Univers n’est pas composé uniquement des 4 éléments, mais qu’il y a d’autres particules. C’est l’avènement de l’atomisme. Voilà les théories de Démocrite qui reviennent. Il était temps… 
La physique de Newton aura été efficace jusqu’au jour, où on rencontre une nouvelle difficulté conceptuelle dans l’infiniment petit, ou sa théorie ne s’applique plus… Et c’est avec Albert Einstein que de nouvelles réponses seront apportées avec ses théories sur la relativité restreinte en 1905 et la relativité générale en 1915. C’est la fin de la première révolution cosmologique et la naissance de la seconde, que l’on appelle cosmologie moderne ou relativiste. 

Cette seconde révolution est engendrée grâce aux nouvelles théories mais également aux nombreux progrès de l’observation(télescope, hotographie…). 
Depuis la fin du 19éme siècle, un grand débat sévissait dans le monde des astrophysiciens « : « jusqu’où va notre Univers ? ». 

Deuxième voyage : 
 
Dès la fin du 19ème, les astronomes avaient compris globalement qu’on se situait dans un amas d’étoiles, et avaient décrit grossièrement notresystème solaire. 
Mais l’Univers était-ce que cela avec du vide autour ? Certains déjà évoquaient l’existence d’autres galaxies. 
En 1924, Edwin Hubbel observa la nébuleuse d’Andromède….en dehors de notre galaxie. On en tira la conclusion que l’Univers est immense et devait être fait de nombreuses galaxies. La nébuleuse d’Andromède porte le nom aujourd’hui de galaxie d’Andromède. Et depuis Hubble, nous avons découvert des milliers de galaxies… 
Les choses vont aller très vite. En 1929, en pleine crise, Vato mit en évidence que les galaxies sont toutes en mouvement et qu’elles s’éloignent les unes des autres, dans un mouvement d’expansion régulier. Sauf quelques exceptions, comme d’habitude dans la nature… Tant et si bien, qu’une galaxie fonce sur la notre à la vitesse de 40 km/s et pourrait nous atteindre d’ici 4 milliards d’années, ce qui nous laisse encore quelques heures de calme devant nous. 

On découvre par ailleurs une magnifique étrangeté. Plus les galaxies sont éloignées, plus elles s’éloignent vite… 
Le mystère sera résolu par un prêtre belge du nom de Lemaître. Dès 1927, il découvre en résolvant les équations de la relativité générale d’Einstein, que l’Univers ne peut être qu’en expansion ou en régression. Sa découverte passera inaperçue pendant près de 3 années. 
C’est lorsqu’il décide de l’adresser à Eddington que celui-ci prend la décision de la publier dans une revue scientifique de renom. Seul, décidément on est stérile. Si Hugo n’avait pas eu d’éditeurs courageux qui l’auraient connu ? La communauté scientifique, grâce aux découvertes empiriques et aux travaux de Lemaître, comprend que l’Univers est en expansion dans un mouvement régulier et accéléré aux bornes, qui n’est que la propriété de lui-même. 

Mais revenons, un court instant sur la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein. Que nous dit-elle ? Deux choses fondamentales et non remises en cause à ce jour. La première est que l’espace et le temps sont mélangés dans ce qu’il est commun d’appeler un « espace – temps ». La seconde, est que donc sa géométrie est variable. Une variation dans le temps a un impact sur sa géométrie. Pour imaginer l’Univers et son mouvement ainsi que ceux des galaxies et des planètes, on peut facilement comprendre en observant une rivière et ses bateaux. Les bateaux pourvus de moteurs sont mis en mouvement par le courant de la rivière et par la force du moteur, tandis que les bateaux sans moteur, sont mis en mouvement par le courant. Il en est exactement de même pour les galaxies qui sont entraînées dans un courant d’Univers. 

Dès 1931, la communauté scientifiques comprend que l’Univers est en expansion dans un mouvement régulier propriété de lui-même. 
C’est à partir de ce moment très précis, et en particulier grâce à la concomitance des découvertes mathématiques, et des observations que la théorie va s’expliquer et va évoluer vers l’hypothèse du Big Bang. 

Lemaître est sans doute le seul avoir pu imaginer le modèle de l’atome primitif, ce qui va beaucoup ressembler à certains nombres de modèles du Big Bang itial, rencontrera beaucoup d’opposants. On ne connaissait qu’à peine la physique quantique (physique des particules) et encore moins la physique neutronique. On lui reprocha d’avoir, par sa théorie, voulu réintroduire les écritures dans la physique. Il va de soit, que ses détracteursn’étaient pas autres que ceux qui s’accrochaient à un univers infini sans commencement ni fin. Avec Lemaître, la physique prévoyait qu’il y eut un début, et qu’il y aura une fin, et que tout est fils de la Lumière. C’était intolérable pour une communauté esclave d’une certaine forme de pensée scientifique…unique. 

Le modèle de Lemaître proposait une élévation, et en quelque sorte un rapprochement de l’explication du monde du divin. 
La maturation nécessaire à la compréhension d’une telle théorie n’était pas présente encore chez les scientifiques qui n’étaient encore qu’àl’adolescence de la démarche de la connaissance, puisque privée de l’intégration de la spiritualité. 
L’acceptation d’une origine, d’une singularité initiale nécessitait une approche initiatique, un chemin long fait de volonté jusqu’au point où seul l’esprit peut saisir les suprêmes mystères de nos origines. Initier ne signifie pas autre chose que : « élever les facultés propres de la connaissance pour atteindre à une vision toujours plus profonde du monde ». Seulement voila, il faut être initié et sans doute maçon avec ou sans tablier pour si ce n’est le comprendre au moins le saisir et l’approcher…La période était difficile. 

A partir de 1940, alors que le monde vit dans la tourmente nazie, l’intérêt des physiciens se porte enfin vers les théories du prêtre belge Lemaître. 
Dès cette époque, les physiciens nucléaires en pleine activité (on pense en particulier à des hommes comme Oppenheimer), comprennent que l’univers dans le passé a connu une période très dense et très chaude, et qu’il fut un état idéal pour produire les réactions nucléaires. Dès lors, la question est posée : « Et si tout avait été créé dans l’instant initial, ce fameux Big-bang ? » La réponse est négative aujourd’hui. Bien qu’elle soit positive, pour les éléments fondamentaux tels que le Deutérium, l’Hélium et le Lithium en abondance dans l’Univers…La physique met en évidence la création de la matière ultérieurement. 

Le 6 juillet 1945, à cinq heures et demie du matin, dans le désert du Nouveau Mexique, un souffle brûlant, puis, quelques instants plus tard, une effroyable onde de choc. Dans un éclair aveuglant, une immense boule de feu rouge orangé se lèvera, tel un soleil de cauchemar, à plus de vingt mille mètres d’altitude. 

Le Japon sera le premier et le dernier pays à en faire les frais. 
Deux années après avoir mis au point la plus terrible arme jamais inventée par les hommes, Oppenheimer démissionne et prend la direction de l’Institut d’Etudes avancées de Princeton. En proie à de terribles remords, Oppenheimer décède en 1967. 

En 1964, à la même Université de Princeton, les calculs des physiciens prédisent que si la théorie du Big-bang est vraie, alors on doit observer un vestige de celui-ci sous la forme d’un rayonnement, une onde radio qui doit baigner tout l’univers puisque produite à sa création. La décision est prise de construire une antenne pour l’observer. Mais, dans le même temps, deux ingénieurs de la compagnie Bell Telecom découvrent par le plus grand des hasards ce rayonnement qu’ils considèrent à l’origine comme un parasite. Ces deux ingénieurs Penzas et Wilson reçurent le prix Nobel en 1978 pour cette importante découverte. 

On peut dire que dès 1965, les modèles de Big-bang sont pris au sérieux par l’ensemble de la communauté scientifique. 
Le mot Big-bang a été inventé en Angleterre en 1951, lors d’une émission de radio à la BBC par l’astrophysicien Sir Fred Hoyle de l’Université de Cambridge, dans le but de tourner en dérision l’idée, absurde à ses yeux, d’expansion de l’Univers. Chaque fois qu’il rencontrait l’abbé Lemaître lors d’un congrès il s’exclamait : « tiens voila monsieur Big-bang ! » 

Depuis l’acceptation de cette théorie, il existe à ce jour trois modèles d’univers. 
Dans le premier modèle, la vitesse avec laquelle les milliards de galaxies s’éloignent les unes des autres est suffisamment faible pour que l’attraction de la gravité qui existe entre elles finisse par les empêcher de s’éloigner et inverse ce mouvement pour les faire se rapprocher. L’univers sera donc en expansion jusqu’à ce qu’il atteigne une taille maximum, puis il se contractera de nouveau pour emprunter le chemin inverse pour finir comme il a commencé dans ce qu’on appelle par opposition au Big-bang un big Crunch. 

Certains adeptes de cette théorie vont légitiment jusqu’à imaginer que l’évolution de l’univers pourrait être cyclique, du big-bang au bigcrunch, puis un nouveau big-bang, une nouvelle expansion puis un nouveau big-crunch etc… Cette théorie cyclique ravit les amateurs d’infini temporel… Bien sûr elle se heurte un peu aux écritures ! Dieu infini aurait créé un nombre de fois infini l’Univers ! 

Dans le deuxième modèle, les galaxies s’éloignent les unes des autres avec une vitesse suffisante pour que la gravité ne puisse jamais contrecarrer ce mouvement, et l’Univers sera éternellement en expansion jusqu’à finir dans ce qu’il est commun d’appeler « une soupe froide ». Ainsi il y aurait un début et une fin. 

Enfin dans le troisième modèle, et c’est le dernier, les galaxies s’éloignent les unes des autres exactement au rythme critique nécessaire pour empêcher l’univers de se contracter à nouveau. Mais son avenir est exactement le même que pour le second modèle. A partir de ces quelques considérations sur l’évolution de l’Univers, l’esprit vagabonde inéluctablement de la physique vers la métaphysique. Le Grand Architecte de l’Univers n’est plus très loin de nos pensées. Et enfin, la science et en particulier la cosmologie en observant le passé comme en imaginant le futur se rapproche de la création et de son créateur. 
Peut-être, à ce stade, n’est-il pas inutile, de revisiter les conceptions du divin des 4 principales religions dont les écrits sont précieusement enfermés dans notre coffre placé ici, à l’Orient. 

Et c’est précisément notre Troisième voyage : 

Pour le judaïsme, comprendre Dieu, c’est avant tout comprendre comment le divin s’est révélé aux hommes. Il faut donc revenir à Abraham et à Moïse avec la révélation du Sinaï. Dieu est alors une voix qui va se graver sur les tables de la loi, texte révélé par construction. Et l’homme apprend que Dieu a créé la terre, le ciel et tout l’univers. L’homme, lui ne fut créé qu’au 6ème jour. Néanmoins, et c’est à cet égard très intéressant, Dieu apparaît systématiquement comme structurant et source d’équilibre, pour les choses et la vie ainsi que pour toutes les sciences. 

En ce qui concerne l’infini, non récusé par la religion, le judaïsme considère donc que le passage de l’infini au fini s’est opéré par le texte, mais aussi par l’alphabet, qui permettent à chacun de parcourir son chemin vers le Divin. 

Pour les chrétiens, il convient de chercher Dieu dans la trinité du Père, du Fils et de leur esprit. Et les trois doivent être Un par l’amour. 
L’élévation vers le divin se fait alors grâce au mystère de la vie et de l’amour. La parole, elle, est apportée par le fils, l’être révélé, transmetteur entre l’esprit Divin et les hommes et leurs demandant de croire et d’aimer afin, dans le respect de la différence et de la pluralité de ne faire plus qu’UN. L’infini est alors l’image de l’esprit et de l’Unité. Les chrétiens croient en l’infini temporel. 

Les Bouddhistes ne croient pas dans un Dieu unique, créateur, mais pensent que par la philosophie et la spiritualité, ou plutôt la vie spirituelle, on peut tendre vers la sagesse tel Bouddha. Ainsi, chacun peut atteindre, tel Bouddha, le nirvâna, la sagesse ultime. Sans doute, après de multiples réincarnations. S’ils ne croient pas en un Dieu unique et créateur, ils croient en des Dieux, projections de l’esprit humain, et habitants d’un royaume de félicité appartenant à la roue de la vie. En ce sens, ils croient en l’infini temporel. 

Enfin, pour les musulmans, Allah est grand ! Unique ! Omniprésent et Beau. Plus que tout, ce qu’un musulman puisse imaginer. Aucune construction intellectuelle ne peut représenter Dieu. Tenter de le faire est un blasphème. Encore plus s’il s’agit de dessins humoristiques. 
Mahomet étant un mortel, le Coran est tenu pour l’authentique parole divine. Les musulmans croient en l’infini temporel. 

Si à cet instant précis de mon propos, j’ai ressenti le besoin de revenir sur les quatre conceptions de l’esprit Divin, c’est parce que la suite de mon exposé va désormais nous rapprocher un peu plus du Grand Architecte de l’Univers, là où la physique rencontre la métaphysique. 

Mais avant, prenons le temps d’observer, objet de notre Quatrième voyage :  
En effet puisqu’il est prouvé désormais que l’Univers est en expansion, alors l’inévitabilité d’un début est probante, il suffit de faire le voyage à l’envers dans le temps à la rencontre de l’origine, à la rencontre du big bang. 

Mais avant de prendre ce toboggan de la cosmologie, j’aimerais ici faire une photo de notre Univers. En effet, nous en parlons depuis maintenant de longues minutes sans avoir pris le temps de le décrire un peu. 

Ce que nous savons aujourd’hui de lui : 
- il est immense et composé de milliards de galaxies comme la notre ou différentes de la notre. Nous connaissons son rayon à l’instant t, à peu près 14 milliard d’année lumière ; sa masse est de 10 puissance 80 tonnes ; 
- il est en expansion et est fini ; 
- il est gouverné par la gravitation (celle de Newton revisitée par Einstein) ; 
- il évolue dans un espace temps ; 
- il n’a pas de centre, pas de haut, pas de bas et pire…pas de bord ; 
- et pourtant il grandit à la vitesse de la lumière ( 20 millions de km par minute). 

Mais la, erreur, je viens d’utiliser une donnée qui n’est peut-être pas familière à tous. Et c’est bien naturel. Qu’est-ce qu’une année lumière ? C’est une donnée bien pratique pour mesurer les distances astronomiques : le temps lumière. On calcule les distances en années-lumières, distance parcourue par la lumière en un an, sachant que sa vitesse est de 300 000 km /s ou 20 millions de km/minute. Bref en un an la lumière parcoure 10 512 000 millions de km. 

Ainsi la lune se trouve à 1 seconde lumière de la Terre et Mars à quelques minutes. Pluton la dernière planète de notre système solaire est à 5 heures lumière. Il faut comprendre que la lumière met 5 heures pour nous venir de Pluton. Si nous quittons notre système solaire pour aller sur Alpha du centaure, dont tout le monde a entendu parler, puisqu’il s’agit du soleil le plus proche dans notre galaxie, alors il faut 4,5 ans à la lumière pour nous parvenir. On comprend ici, qu’observer le ciel, c’est observer le passé. 

Si maintenant on va au bout de la voie lactée notre galaxie, celui-ci est à 50 000 années lumières. Enfin, si nous quittons notre galaxie, pour aller jusqu’à la galaxie d’Andromède, composée de trois cent milliards d’étoiles, dont beaucoup sont presque identiques à notre soleil, elle se situe à deux millions deux cent mille années lumière. 
Autant dire que lorsqu’on la regarde on la voit comme elle était il y a deux millions deux cent mille année, temps que la lumière a mis pour venir jusqu’à nous et donner son image.
Enfin n’oublions pas que notre univers est composé de milliards de galaxies et qu’il grossit à la vitesse de la lumière. 

Pour terminer cette petite photo du cosmos, ajoutons quelques étonnantes valeurs. Nous savons aujourd’hui calculer la taille, la densité et la masse de notre univers, ainsi même que l’ensemble de l’énergie qu’il contient. Sans vouloir abuser de chiffres, je n’en citerai qu’un dernier, celui de la masse totale de l’univers qui est de 10 puissance 40 tonnes. Une bien étonnante valeur, car ce chiffre correspond exactement au rapport de la force électromagnétique par la force de la gravitation. Mais on le retrouve encore dans la composition de l’univers, et plus précisément dans le nombre departicules qui est de 10 puissance 80 soit 10 puissance 40 élevé au carré. 

Fermons la parenthèse sur ce début d’approche de la magie mathématique du cosmos, que nous ouvrirons un peu plus tard dans cet exposé lorsque nous évoquerons la structure parfaite du cosmos et peut-être son code secret. 

Le moment est venu d’engager notre dernier voyage et Cinquième voyage : 

Nous pouvons maintenant engager notre ultime voyage, qui je vous rassure restera inachevé, en remontant le temps à la recherche de nos origines, à la recherche de l’instant 0, la singularité initiale, à la recherche du Big bang. Pour cela, il suffit de rembobiner le film et faire le voyage en sens inverse, d’aujourd’hui vers il y a très longtemps, il y a 14 milliards d’années environ, dans un incroyable rétrécissement de l’univers, vers un incroyable réchauffement. 

En effet, l’Univers étant en perpétuelle expansion, il est logiquement plus grand qu’à n’importe quel moment dans le passé. 
Ce qui veut dire qu’il y a un moment dans le passé où l’Univers était d’une petitesse quasi infinie, un point unique qu’on appelle singularité initiale. Le premier instant. 
 
Pour imprimer une image mentale de ce qui s’est passé ces derniers milliards d’années, il suffit d’imaginer l’explosion d’une grenade qui projette des éclats dans toutes les directions. Lorsqu’on passe le film de cette explosion à l’envers, on voit tous les éclats revenir en arrière et se réunir en un seul point, c’est ce que je vous propose de faire avec l’univers. 

Expliquons ici, ce qu’il est commun d’appeler une singularité en astrophysique. 
Pour comprendre cette notion de singularité, il est possible de l’appréhender par l’intermédiaire de l’analyse de la notion de trou noir, autre singularité, appelé par certains, singularité finale. Mais qu’est-ce donc que ce trou noir, déjà observé dans l’Univers, dont nombreux ont déjà entendu parlé ? C’est une sorte de puits sans fonds que l’on peut représenter tel un siphon ou tout ce qui passe à proximité est inexorablement absorbé à l’intérieur sans jamais pouvoir en ressortir. Ce qui signifie concrètement qu’un objet tombant dedans, semblera, vu depuis l’extérieur, chuter indéfiniment vers un point d’espace nul où le temps s’est arrêté, de densité infinie et de température infinie. Voila pour le trou noir, cette singularité dite finale. 

Grâce à la résolution de nos équations, il aujourd’hui possible de décrire les phénomènes physiques depuis l’instant initial, enfin presque, pas tout à fait, car la aussi, et c’est tout près de l’instant initial, tout près de l’instant t=0, il existe un mur infranchissable. 
Il n’est pas primordial pour notre propos de ce jour de décrire l’ensemble des phénomènes physiques connus et expliqués depuis cet instant. Nous connaissons en effet précisément les dates de naissance des particules de certains atomes fondamentaux et même des premières galaxies. La théorie de la relativité générale explique en effet parfaitement l’évolution de l’univers dès les premières secondes suivant l’instant zéro. La physique quantique, donc des particules, voit son influence grandir naturellement au fur et à mesure qu’on se rapproche de cet instant. Mais en dessous de se fameux mur dont nous parlerons après, les théories physiques s’effondrent. 

Faisons simplement dérouler le film de la création de l’univers en accéléré. 
La dilatation de l’espace engendre une baisse de la température, qui elle-même enclenche les processus physiques de formation des premiers noyaux et les assemblages des briques élémentaires de la matière. C’est ainsi qu’une seconde après le Big bang, cette formidable explosion de ce point sans dimension, l’espace est rempli de particules diverses comme les électrons, les neutrinos, les protons, les neutrons et beaucoup d’autres qu’il serait fastidieux ici d’énumérer. Au bout de 12 secondes, la température baisse de 3 milliards de degrés Kelvin. 100 secondes plus tard, elle descend à 1 milliard de degrés. 30 minutes après la température est de 300 millions de degrés. La densité de l’univers est 10 fois plus faible que celle de l’eau, soit quasi nulle. 300 000 ans plus tard, la température est de 10 000 degrés K, et cette température combinée à la baisse de ladensité de l’univers va permettre à celui-ci de devenir transparent à la lumière. Enfin la lumière ! L’univers a alors une taille égale à 0,1 % de sa taille actuelle. Les premiers atomes apparaissent. L’expansion et la baisse de la température aidant, la matière va pouvoir s’étendre au rythme de l’univers. 

A une époque située entre 8 et 10 milliards d’années depuis la naissance de l’univers, les premières molécules présageant la vie apparaissent. La température est alors presque aussi basse qu’aujourd’hui, soit 3 degrés K. Enfin, il y a 5 milliards d’années, c’est notre étoile le soleil qui se forme à partir d’une nébuleuse faite de gaz et de poussières, résidus d’une étoile morte de première génération née bien avant…Et maintenant ? En ce moment, que ce passe-t-il ? L’Univers vit, et notre système solaire grandit d’à peu près un mètre chaque année, soit cent mètres par siècle, et le cosmos entier de 20 millions de kilomètres par minute. 

Au risque d’avoir un peu le vertige, revenons plus loin, plus longtemps, plus profondément en arrière vers la première seconde. A cet age l’Univers fait à peine trois cent mille kilomètres d’un bout à l’autre. Un millième de seconde plus tôt il en fait trois cent kilomètres. 
Puis trente mètres au premier dix millionième de seconde. Et ce n’est pas fini, au premier cent millionième de seconde l’univers ne fait plus que 3 mètres d’un bout à l’autre. Et si on remonte encore le temps sa taille fait celle d’une pomme, puis d’un grain de sable, puis d’une particule invisible. 

Sa densité et sa température sont infinies. Et bientôt nous approchons de la dernière barrière, l’ultime barrière de la physique que l’on appelle « le mur de Planck ». Sa dimension est de 10 puissance moins 33 cm qui s’écrit zéro, suivi de 32 zéros avant le chiffre 1. Cette grandeur définie par Max Planck correspond à la limite de la divisibilité de la matière. Elle se déduit d’une formule universelle, formidable, dans laquelle on retrouve la vitesse de la lumière et la constante de gravitation. C’est à cette distance que s’arrêtent la physique et la cosmologie moderne. C’est à cet instantque la cosmologie moderne fait démarrer la terrible expansion de l’univers. Cet instant est connu, il vaut 10 puissance moins 43 seconde, qui s’écrit donc zéro suivi de 42 zéros avant le chiffre 1. 

Avant ce temps de Planck, passé, présent, futur perdent tout leur sens. 
Derrière ce mur se cache une réalité inimaginable et inobservable. 
Car, pour aller jusqu’au mur de Planck, le microscope qu’il nous faudrait utiliser serait tellement vorace qu’il viderait d’un seul coup toute l’énergie de notre univers. Et pourtant, ce mur de Planck est en nous et autour de nous dans tout ce que l’univers a fait. En fait, il est partout, mais à une distance colossale, au fond de tout, au fond de l’univers. Il est formidablement éloigné par l’énergie qu’il faudrait déployer pour l’atteindre. 

L’infiniment petit est aussi loin que l’infiniment grand. 
En dessous de cette distance, le tissu de l’espace-temps se déchire et perd sa continuité. Le temps n’existe plus comme nous le connaissons. 
Ce mur sépare le monde d’avant le big bang de tout le reste de l’univers. Derrière ce mur, l’espace se dissout en une sorte d’écume quantique, ou l’énergie ne semble plus n’être que de l’information. 

Depuis que les physiciens ont découvert ce mur, les théories vont bon train. Et l’une des plus curieuses, des plus étonnantes, l’une des plusprobables réside dans la transformation de quantité d’information en énergie. Tout semble montrer, qu’avant le temps de Planck, en dessous de ce mur infranchissable, l’espace et le temps ayant perdu beaucoup de leur signification, tout ne serait plus qu’information dans un temps qualifié d’imaginaire. Tout se passe comme si tout était écrit et contenu dans une formidable équation. Ce qui poussa Stephen Hawking a posé la question : « Quel est le souffle qui a mis le feu aux équations ? Pourquoi l’Univers s’est-il lancé dans cette énigme représentée par sa propre existence. D’autres plus amoureux des nombres viennent ici compléter la réflexion avec les théories sur les nombres premiers ou sur les nombres d’Univers. Car depuis le début, ces nombres existent, et sont présents dans l’univers. L’explication serait-elle cachée au sein de ces nombres ? Mais qui aurait bien pu les apporter ? Faut-il citer A. Einstein qui disait à qui voulait l’entendre : 
« Je veux savoir comment Dieu a créé le monde. Je ne m’intéresse pas à tel ou tel phénomène. Je veux connaître ses pensées, le reste n’est que détails ». Dieu n’aurait-il fait que les nombres et apporter l’énergie pour les mettre en mouvement ? Le Grand Architecte n’aurait-il créé que les équations ? 

Alors, vous et moi mes soeurs et mes frères, étions nous déjà prévus, programmés dans cette magnifique équation créée par le Grand Architecte de l'univers. Dans cette quantité d’informations gravées tel sur un CD qu’il fallait mettre en mouvement. Gravé dans un rituel atemporel, infini, qu’il convenait de découvrir. 

A cet instant, je repense à mon Frère qui m’indiqua un espace de temps compris entre midi et minuit cette sphère céleste et qui sans aucun doute me mis sur le chemin. 

A cet instant, je sais que ce mur de Planck, infranchissable à l’aide des outils de la physique et des mathématiques, ne pourra nous ouvrir une fenêtre et nous laisser peut-être entrevoir la lumière, que si nous avons pris la précaution et l’intelligence de nous munir de cet outil, merveilleux, de cette oeuvre d’amour qu’est la spiritualité, qui seule nous permettra de prendre le chemin qui conduit à la création du Temple et à la mise en mouvement de l’humanité et donc de la fraternité . 
Alors, je pense à cet instant initial, où le Vénérable Maître munit de l’énergie primordiale éclaire notre Temple. Et je me dit sans cesse, 
que serait la Lumière sans les êtres qui la perçoivent, et ne m’empêche de penser et remercier les frères qui me l’ont donnée. 

J’ai dit V\ M\ 

Source : www.ledifice.net

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Le Changement Créateur

7 Novembre 2013 , Rédigé par F\ Publié dans #Planches

Notre contexte est souvent fondé sur des mises en scène conduisant à la négation de l'autre en tant que strict objet (par exemple : problèmes graves de manquement de respect à l'enfance). La question se pose d'une éthique individuelle et de la capacité à disposer d'une conscience claire, dégagée des influences paralysantes des contraintes de la vie au quotidien. 
C'est dans ce cadre que je vous propose quelques unes des réflexions dont Krisnhamurti nous a fait part dans son livre intitulé « Le Changement Créateur ».

1. Prendre conscience et faire preuve de lucidité 
La prise de conscience des mots et des idées s'effectue selon plusieurs degrés :
- c'est d'abord, une prise de conscience superficielle de la chose en l'état, - c'est ensuite une réaction psychologique sur ce que l'on pense des choses et sur ce que ces dernières nous font ressentir. Cette perception n'est donc pas la perception intrinsèque de la chose elle même, mais plutôt l'expression de notre culture et de nos réactions aux contraintes subies qui s'exprime à travers l'évocation de la chose elle même. Elle est donc source de contradiction et de séparation, compte tenu des rapports subtils établis avec le moi issu des mémoires consciente et inconsciente. 
Des questions se posent alors vis à vis de la pertinence de nos observations : - peuvent-elles être objectives et détachées de toute notion de jugement ? - sont elles mêmes observables, en dehors de nos filtres psychiques déformants ?

2. Comment vivre dans ce monde ? 
L'incertitude de nos observations pose alors le problème de la pertinence de nos réactions vis à vis des excès induits notamment, par les contradictions liées à notre contexte et l'indifférence, au sens large, pour autrui.
Comment ne pas se laisser enfermer dans une cage psychique limitante visant à considérer l'existence comme un vaste problème complexe, insoluble et figé par des contradictions apparentes ? 
Des pistes d'analyse pour la compréhension de notre contexte et l'aide à la réflexion sont proposées ci après.

2.1 Compréhension du monde 
Le monde peut être perçu comme la réunion d'un ensemble d'objets et de relations établies entre ces objets. Cet ensemble se décline alors, en termes de fragmentation en nationalités, divisions religieuses, politiques, groupes ethniques et sociaux.
Cette fragmentation artificielle est elle même génératrice de conflits, de contradictions et tend, si elle n'est pas pondérée par l'esprit de tolérance, à nuire au respect de l'homme dans sa totalité.

2.2 Conditions du progrès dans la réflexion 
La fragmentation évoquée ci-dessus est renforcée par les effets de notre subconscient et de nos mémoires. En outre, les contraintes au quotidien l’accélèrent par la segmentation de nos activités, de nos appartenances, de notre culture, de nos croyances.
Cette perception, souvent ressentie de manière diffuse à travers le prisme de notre mental, amène au conflit, à l'incompréhension, à l'isolement, parfois même à l'indifférence aux situations d'atteinte à la dignité humaine.
Dans ce contexte, il pourrait convenir de : 
- créer l'harmonie entre le mental et le cœur, - favoriser la complète compréhension des mécanismes en action, - neutraliser les effets négatifs de filtrage de notre prisme mental, - valoriser l'amour de l'autre,au sens ésotérique du terme, - concourir à la complète prise de conscience de ce que nous sommes. 
Cette recherche pourrait alors se fonder sur :
- l'acquisition d'une perception claire des choses, à partir de mécanismes contournant l'influence des sentiments et des émotions, - la prise de distance maîtrisée vis-à-vis des préjugés et des craintes, - la connaissance des différents niveaux de conscience de l'être.

2.3 Les conditions du changement en tant qu'acteur 
Ces conditions se déclinent suivant plusieurs aspects 
a) Voir réellement ce qui se passe autour de soi 
Voir le monde tel qu'il est, revient à se voir tel que l'on est réellement compte tenu des interactions suivantes : 
- le passé agit sur le présent pour le modifier, - le futur est le résultat du passé agissant à travers le présent, - le mental, le cerveau et les sentiments sont le résultat de l'expression du passé. 
b) Se donner les moyens de son propre changement 
Pour aider à la recherche de son équilibre, il est souhaitable de transformer les influences de l'esprit et du cœur, car : « ne vouloir que changer ce n'est que vouloir changer de prison ».
Mais changer, implique un mouvement de ce qui est vers quelque chose de différent :
- tout opposé est compris dans son contraire et ne permet pas le changement (violence, envie, colère, avidité se maintiennent), - nommer à nouveau, c'est impliquer encore la pensée et engager un processus de renforcement des processus négatifs de filtrage, - tout mouvement dans le même plan pour s'éloigner du je suis, ne fait que renforcer le je suis. 
c) Qu'est ce que le changement ? 
Changer c'est faire naître un ordre nouveau, c'est aussi faire cesser toute pensée : « cesser tout mouvement de pensée et alors surgit la fin de ce qui est »

3. Comment vivre avec ce qui est ?

3.1 Objectif 
Il s'agit de pouvoir dépasser le signifiant de chaque mot et d'entrer en rapport direct avec toute chose, de façon à éviter les conflits de nature cognitive, voire affective entre ce qui est et ce qui devrait être. 
Il s'agit au pire de vivre la confusion, mais sans entrer en conflit avec elle, car vivre sans conflit avec la confusion nous en affranchit.

3.2 La démarche 
Elle consiste essentiellement à être son propre instructeur et son propre élève, en essayant de se référencer à quelques principes : 
- prendre conscience que la beauté de l'univers se situe dans ce qui est, - vivre en harmonie avec ce qui est la vertu, - observer sans comparer, sans soupeser, c'est aussi ne pas donner prise au prisme déformant du subconscient, - regarder sans déformer est amour ; cette perception est vertu.
Il importe en toute circonstance de regarder sans déformation, de façon à :
- disposer de toute la lucidité nécessaire à l'exercice d'une sage réflexion, - se maintenir en harmonie avec le contexte, - ne pas se laisser entraîner par les influences négatives, - protéger le subconscient de toute suggestion et de toute imprégnation différées, - disposer intacte, de la capacité à mettre en œuvre les actions les plus appropriées.

Le changement créateur est donc fondamentalement le résultat d'actions et de réflexions en direction de notre être intérieur, à partir desquelles nous sommes en toute conscience, à la fois acteur et observateur. 
A travers ces dernières, Il importe d'acquérir la capacité de se détacher du contexte de façon à mieux s'en affranchir, de pratiquer lucidité et tolérance et de favoriser l'expression des fondamentaux positifs de l'être intérieur.

  

Source : www.ledifice.net

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GLNF Décret N° 1595

7 Novembre 2013 , Rédigé par JPS Publié dans #histoire de la FM

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