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Hauts Grades

Articles récents

Pour tous les Maçons (moi inclus)

5 Novembre 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Facebook

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Le District Irlandais en France : rumeur ou intox

5 Novembre 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #histoire de la FM

Selon mes sources la RL France d’Irlande N°884 n’est autorisée par la Grande Loge d’Irlande qu’à se réunir uniquement au temple du 17 Molesworth Street, à Dublin sous peine de voir sa charte retirée immédiatement. La création d’un District Irlandais en France n’a donc jamais été à l’ordre du jour.

En ces temps troubles pour une partie de la Franc-Maçonnerie, il est parfois difficile de savoir qui dit la vérité. Ce qui est dommage c'est que la Franc-Maçonnerie est justement la recherche de la Vérité. Entre les vérités, infos, rumeurs, intox, méfiances, mensonges, calomnies il est difficile de reconnaître la Franc-Maçonnerie des origines, la Franc-Maçonnerie de Tradition. S'il est vrai que la RL France d'Irlande N°884 a été consacrée à Dublin en présence du Député Grand-Maître de la Grande Loge d'Irlande, pourquoi avoir parlé quasi immédiatement de la création d'un District irlandais en France? Je reste sur cette question : pourras-t-on se réunir en France en étant membre de la RL France d'Irlande 884 ? A priori non.

Vos réponses et interventions m'intéressent sachant que je souhaite que nos échanges restent courtois.

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Le Créationnisme

5 Novembre 2013 , Rédigé par P\J\ M\ Publié dans #Planches

Introduction

Le créationnisme est à l’ordre du jour dans le temps présent.  Défenseurs et opposants s’affrontent dans des combats parfois âpres, parfois feutrés. Mais ce qui est le plus caractéristique, notamment chez les opposants, est l’absence de la connaissance des textes sur lesquels s’appuient leurs adversaires. Aussi, par souci d’objectivité, voudrais-je demander de se mettre dans la peau d’un habitant d’une planète gravitant autour de l’étoile SIRIUS qu’un engin spatial aurait déposé en cette année 2009 sur la planète TERRE. Et qui voudrait s’informer des tenants et aboutissants de ce problème qui divise actuellement une frange de la population humaine. N’ayant subi aucune imprégnation culturelle terrienne, il pourrait se permettre de poser les questions peut-être naïves qui amèneraient probablement les haussements d’épaules des spécialistes trop spécialisés pour oser mettre en cause leurs croyances philosophiques, quelles qu’elles soient. Cet extraterrestre, appelons-le SYRIAK, demanderait certainement : « La population humaine dont l’effectif actuel approche les 7 milliards d’unités, comporte un peu plus d’un milliard d’hommes et de femmes qui font allégeance à la religion chrétienne. Ces chrétiens, et parmi eux les plus nombreux à savoir les Catholiques, sont-ils créationnistes ? » Que pouvais-je lui répondre sinon lui demander de lire avec moi des extraits du CATECHISME DE L’EGLISE CATHOLIQUE ? « Quel est ce document ? Quelle est son origine ?» serait certainement la question suivante.

Le Catéchisme de l’Eglise catholique.

Le 25 juin 1985, lors d’une assemblée extraordinaire du Synode des Evêques, le vœu a été émis par les « Pères du Synode » que soit rédigé un « Catéchisme » de toute la doctrine catholique tant sur la foi que sur la morale.  En 1986, le travail a été confié à une commission de 12 Cardinaux ou Evêques  qui était présidée par l’actuel Pape BENOIT XVI, à l’époque le Cardinal RATZINGER. 6 années de travail ont été nécessaires pour rédiger le document qui a été soumis à l’approbation du Pape de l’époque Jean-Paul II, document qu’il a approuvé le 25 juin1992. Sa publication a été ordonnée par ce Pape le 11 octobre 1992. « Comment est-il structuré ? » demanda par après SYRIAK.  Je n’ai aucune difficulté pour préciser que ce document de 561 pages est, après un prologue, divisé en 4 parties intitulées :

Première partie      LA PROFESSION DE FOI 
Deuxième partie    LA CELEBRATION DU MYSTERE CHRETIEN 
Troisième partie    LA VIE DANS LE CHRIST 
Quatrième partie   LA PRIERE CHRETIENNE

Chacune de ces parties est divisée en SECTIONS et chaque section en CHAPITRES, eux-mêmes divisés en ARTICLES dont les éléments sont détaillés en versets numérotés. « Comme tu vas certainement devoir au cours de notre entretien me citer l’un ou l’autre texte », ajouta SYRIAK, « borne-toi lors de cet exercice à citer le n° du verset ainsi que, éventuellement, la page du document où je pourrais le retrouver ».

LA SAINTE ECRITURE

« Pour commencer l’exercice, parle- moi de ce qui dénommé LA SAINTE ECRITURE ». Allons-y fut ma réponse. Voici, SYRIAK, ce que tu peux trouver à ce sujet dans ce CATECHISME . L’article 3 du chapitre deuxième (Dieu à la rencontre de l’homme) de la Première section (Je crois-Nous croyons) est consacré à LA SAINTE ECRITURE. Au verset 104 (page 35), il est affirmé que : « Dans l’Ecriture Sainte, l’Eglise trouve sans cesse sa nourriture et sa force, car en elle, elle n’accueille pas seulement une parole humaine, mais ce qu’elle est réellement : la Parole de Dieu. » Et au verset 105, il est précisé que : « Dieu est l’auteur de l’Ecriture Sainte – La vérité divinement révélée que contiennent et présentent les livres de la Sainte Ecriture, y a été consignée sous l’inspiration de l’Esprit Saint. » Ainsi que : « Notre Sainte Mère l’Eglise, de par sa foi apostolique, juge sacrés et canoniques tous les livres tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, puisque rédigées sous l’inspiration de l’Esprit saint, ils ont Dieu pour auteur et qu’ils ont été transmis comme tels à l’Eglise elle-même » Et comme si cela ne suffisait pas, il est ajouté au verset 107, page 36) que : « Les livres inspirés enseignent la vérité .…il faut déclarer que les livres de l’Ecriture enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité … » « Tout cela me semble très clair », me dit SYRIAK, « je vois que tu as entre tes mains deux livres appelés l’ANCIEN TESTAMENT et le NOUVEAU TESTAMENT, autrement dit LES EVANGILES. Font-ils tous deux partie de l’ÉCRITURE SAINTE que les versets cités du CATECHISME ont évoqué ? » Certainement fut ma réponse. « Mais que comporte cette Ecriture Sainte et qui a établi son contenu », a été la question suivante. Je t’ai déjà donné la réponse ci avant.  Elle se trouve au verset 105, à savoir que c’est l’Eglise elle-même qui les a jugés canoniques et sacrés.  Le verset 120 (page 38) nous le précise : « C’est la Tradition apostolique qui a fait discerner à l’Eglise que les écrits devaient être comptés dans la liste des Livres Saints.  Cette liste intégrale est appelée CANON des Ecritures. Elle comporte pour l’Ancien testament 46 écrits et 27 pour le nouveau. » « Une question me brûle les lèvres.  LA GENESE fait-elle partie de ce Canon des Ecritures ? » ajouta SYRIAK. Que pouvais-je lui répondre sinon que le paragraphe suivant du verset 120 fournit la liste du CANON des Ecritures qui commence évidemment par la GENESE, le premier livre de l’Ancien Testament. Le verset suivant, 121, déclare  aussi : « L’Ancien Testament est une partie inamissible de l’Ecriture sainte.  Ses livres sont divinement inspirés et conservent une valeur permanente car l’ancienne alliance n’a jamais été révoquée. … Les Chrétiens vénèrent l’Ancien Testament comme vraie parole de Dieu. » Et SYRIAK de poursuivre : « L’écrit consigné dans la GENESE  enseignerait donc fidèlement et sans erreur la vérité. Parce qu’il aurait Dieu pour auteur, ce ne serait pas une parole humaine, mais ce qu’elle serait réellement,  la vraie Parole de Dieu. » Tu as bien résumé ce qui vient d’être énoncé. « Quelque chose me chiffonne quand même. Il est dit que l’Ancien Testament est une partie inamissible de l’Ecriture Sainte. INAMISSIBLE, cela signifie quoi ? » Eh bien SYRIAK, INAMISSIBLE signifie, en théologie chrétienne, que cela ne peut pas être effacé. « Non ! Tu me surprends.  » me dit SYRIAK « Et cela même si, à la lueur des connaissances certaines du moment, certains textes sont sans conteste faux, ils ne peuvent être biffés du LIVRE SACRE. » « Exact », fut ma réponse. « C’est donc pour cela que le 7 octobre dernier, le Pape BENOIT XVI a cru bon d’enregistrer avec le concours de la télévision publique italienne, la RAI, le premier chapitre de l’Ancien Testament.  Et cette prestation a été projetée sur grand écran dans la « Basilique Sainte Croix de Jérusalem » de Rome. D’autres personnes, vedettes du spectacle notamment, se sont relayées pour lire entièrement l’intégralité des textes religieux du Livre catholique. » Cette prestation permet de croire que le Primat de l’Eglise catholique croit dur comme fer au créationnisme tel qu’il est décrit dans les premières pages de la GENESE.  Il serait indécent de ma part, SYRIAK, de dire ce religieux n’ajoute aucune foi à ce qu’il a tenu à déclamer ! Et que ce ne serait qu’un comportement hypocrite ! «  Puisque la GENESE de l’Ancien TESTAMENT est dite la VRAIE PAROLE DE DIEU », dit SYRIAK, « parle-moi un peu de son contenu.  Mais limite-toi pour l’instant  à ce qui concerne la création du monde matériel».

La création du monde matériel

Apprends, SYRIAK, qu’il existe deux versions de la création du monde juxtaposées et très différentes l’une de l’autre : elles sont aisément repérables parce que l’appellation de la divinité est différente.  Dans l’une appelée la VERSION SACERDOTALE, le terme utilisé est  ELOHIM, (qui sera traduit dans le texte ci-après par DIEU). Dans l’autre VERSION, la YAHVISTE, c’est YAHVE accompagné de Adonaï (qui sera traduit dans le texte ci-après par  la dénomination YAHVE DIEU). « Commence donc par le texte de la version sacerdotale relative à la création du monde matériel », dit SYRIAK.. Au commencement était le Néant.  Ce n’est certes pas exprimé de cette manière, mais comment interpréter autrement le verset 1.1 libellé comme suit : « Au commencement, Dieu créa le Ciel et la Terre ». « Avant la création, rien n’aurait existé !  Hormis la personne divine. Même pas l’atome géant initial dont on parle tant pour le moment. » Au verset 1.2, le narrateur a tenu aussi à préciser que :  « Or la Terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux ». Pour asseoir sa démonstration que la création se serait déroulée réellement en 6 journées, le « Prophète » qui aurait reçu les confidences du Créateur, a cru nécessaire de définir très vite les notions de jour et de nuit.  Aussi avait-il ajouté aux versets 1.3 et 1.4 que : « Dieu dit : Que la lumière soit » et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière et les ténèbres.  Dieu appela la lumière Jour et les ténèbres Nuit. Il y eut un soir et il y eut un matin : premier jour ». « Mais, » me dit SYRIAK, « même inspiré par l’ « Esprit Saint », le propos est incohérent ! Il suppute l’existence de la lumière alors que l’astre qui la produit, le Soleil, et l’astre qui la reflète, la lune, sont incréés ? » Eh oui, ta remarque est correcte, car ce n’est que 3 jours plus tard que ces astres sont fabriqués : « Dieu dit : Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit ; qu’ils servent de signes, tant pour les fêtes que pour les jours et les années ; qu’ils soient des luminaires au firmament du ciel pour éclairer la Terre et il en fut ainsi.  Dieu fit les deux luminaires majeurs ; le grand luminaire comme puissance du jour et le petit luminaire comme puissance de la nuit, et les étoiles.  Dieu les plaça au firmament du ciel pour éclairer la terre, pour commander au jour et à la nuit, pour séparer la lumière et les ténèbres, et Dieu vit que cela était bon.  Il y eut un soir et un matin : quatrième jour ». (Versets 1.14 à 1.19) « Le narrateur affirmait donc que, déjà au soir du 2ème jour de la création, la Terre était surmontée d’une voûte. Mais celle-ci était vide de tout objet. Ce n’est qu’au 4ème jour qu’il la peuple d’étoiles. Et lui donne également le rôle de voie de déambulation du soleil et de la lune qui servent de séparateurs des débuts et fins des journées éclairées. » Il y a même plus, SYRIAK, tant le soleil que la lune pouvaient arrêter sur ordre leur circulation sur cette coupole. « Et cela est arrivé ? Si oui, quand ? » Oui, lors de la conquête du Sud palestinien par les Israélites. Lorsque YAVEH,, à la demande de JOSUE, a interdit tout mouvement au Soleil et à la Lune.. « Et cela se trouve dans les textes de l’Ancien Testament ? » Oui, aux versets 10.12 à 10.14 du LIVRE DE JOSUE de l’Ancien Testament libellé comme suit : « C’est alors que JOSUE s’adressa à YAHVE, en ce jour où YAHVE livra les Amorites aux Israélites.  JOSUE dit en présence d’Israël :Soleil, arrête-toi sur Gabaon, et toi Lune sur la vallée d’Ayyâlon ! » Et le Soleil s’arrêta, et la Lune se tint immobile jusqu’à ce que le peuple se fut vengé de ses ennemis.  Cela n’est-il pas écrit dans le livre des justes.  Le soleil se tint immobile au milieu du Ciel et près d’un jour entier retarda son coucher.  Il n’y a pas eu de journée pareille, ni avant ni depuis, où YAHVE ait obéi à la voix d’un homme ». «  Etonnant. Si je comprends bien, au soir du 1er jour de la création, le Ciel et la Terre, même si leur nom est déjà prononcé, restaient indifférenciés.  Eau et terre ne formait qu’une masse informe. Quelle tâche la divinité s’est-elle aussi imposée pour le lendemain ? » Simplement, SYRIAK, de séparer les eaux. Et c’est pourquoi, en ce 2ème jour, le Livre sacré dit : « Dieu dit : Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux et il en fut ainsi.  Dieu fit le firmament qui sépara les eaux qui sont sous le firmament d’avec les eaux qui sont au dessus du firmament, et Dieu appela le firmament Ciel.  Il y eut un soir et il y eut un matin : deuxième jour ». (Versets 1.6 à 1.8) « Le ciel est donc créé. Bien séparé du reste. Sa « coupole » retiendrait les eaux « supérieures » : celles qui donnent la pluie. » Oui, SYRIAK. Et cette vision des choses est confirmée par des versets ultérieurs du texte. Comme ceux contenus dans le récit du Déluge, et notamment le verset 7.11 libellé comme suit : « En l’an 600 de la vie de NOE, le second mois, le dix-septième jour du mois, ce jour-là jaillirent toutes les sources du grand abîme et les écluses du ciel s’ouvrirent ».  Autrement dit, YAHVE rompit les digues qu’il avait posées le 2ème jour pour séparer les eaux d’en bas et celles d’en haut. « Mais, au 2ème jour de la création, la terre était encore « mélangée » aux eaux « inférieures » ? » C’est exact, car ce n’est en effet que le jour suivant, le 3ème jour, que la séparation de la Terre et des eaux se fait. « Dieu dit Que les eaux qui sont sous le Ciel s’amassent en une seule masse et qu’apparaisse le continent et il en fut ainsi.  Dieu appela le continent Terre  et la masse des eaux Mers  et Dieu vit que cela était bon ». (versets1.9 à 1.10). « Entre nous, n’est-ce pas une façon poétique de décrire des évènements, d’élaborer une explication de la naissance du monde à la mesure des connaissances des hommes de ce temps-là ? » Je pourrais le concevoir, SYRIAK, si l’on accepte qu’il n’y ait dans ce texte aucun message d’inspiration divine. Et qu’il ne s’agit que d’une fable d’origine toute humaine ! Mais le nouveau Catéchisme de l’Eglise catholique interdit une telle façon de voir. « Pourquoi ne prends-tu ces textes que dans leur sens littéral ? » Simplement parce que j’ai l’honnêteté intellectuelle de me replacer dans l’ambiance de ceux qui les ont écrits. On oublie actuellement ce qu’avait proclamé en 1893 le Pape LEON XIII dans son encyclique PROVENDITISSIMUS DEO :  « Les livres de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, tels qu’ils ont été reconnus par le Concile de Trente, doivent être reconnus comme sacrés et canoniques, non pas en ce sens que, composés par le genre humain, ils ont ensuite reçus son approbation, ni seulement qu’ils contiennent la révélation sans aucune erreur, mais parce qu’ ils ont été écrits sous l’inspiration du Saint Esprit et ont ainsi Dieu pour auteur ». « Il est difficile d’être plus explicite. Mais maintenant que l’on en a mis en évidence les contradictions de ces allégations de façon irréfutable, ne pourrait-on franchir l’impasse par le biais d’une lecture allégorique. » Ce serait, SYRIAK, en totale contradiction d’ailleurs avec ce quoi est dit dans les versets que je t’ai cité du Catéchisme.  Et les torturer de cette manière n’est qu’une fuite pour se préserver de l’angoisse éventuelle qui serait consécutive à une prise de position plus rationnelle ! « Tu m’as parlé de la version sacerdotale de la GENESE relative à la création du monde matériel.  Mais l’autre version, la Yahviste, que dit-elle ? » Le texte est très laconique et est celui-ci : Au temps où Yahvé Dieu fit la terre et le ciel,  il n'y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n'avait encore poussé, car Yahvé Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n'y avait pas d'homme pour culti­ver le sol. Toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol.

« Difficile d’être plus concis !  Les deux versions ne coïncident pas.  Tout est donc une question de foi. »

LES CARACTERISTIQUES DE LA FOI

Je le pense SYRIAK.  La foi est un acte humain, énonce le titre du verset 154 de la page 44. « Serais-tu sur la même longueur d’onde que les auteurs du Catéchisme ? » Je n’ai pas dit cela. « Et pourquoi ? » Tu vas immédiatement comprendre lorsque je t’aurai lu le contenu de ce verset 154. « Et que dit-il ? » Je te livre le texte : « Croire n’est possible que par la grâce et les secours intérieurs du Saint Esprit.  Il n’en est pas moins vrai que croire est un acte authentiquement humain.  Il n’est contraire ni à la liberté, ni à l’intelligence de l'homme et de faire confiance aux vérités révélées par Lui.  …. Dès lors il est encore moins contraire à notre dignité de présenter par la foi la soumission plénière de notre intelligence et de notre volonté au Dieu qui révèle et d’entrer ainsi en communion intime avec Lui. » Plus loin, aux versets 156, 157 et 158 consacrés à la « La Foi et l’Intelligence », on insiste : Verset 156 (page 45)  « … Néanmoins pour que l’hommage de notre foi fut conforme à la raison, Dieu a voulu que les secours intérieurs du saint Esprit soient accompagnés de preuves extérieures de sa Révélation.  C’est ainsi que les miracles du Christ et des saints, les prophéties, la propagation et la sainteté de l’Eglise, sa fécondité et sa stabilité sont des signes certains de la Révélation, adaptés à l’intelligence de tous, des motifs de crédibilité qui montrent que l’assentiment de la foi n’est nullement un mouvement aveugle de l’esprit. » « Moi », interrompt SYRIAK, « je te dis que l’on me fait tourner en rond tout comme le chien qui pivote sans arrêt  sur lui-même pour attraper le bout de sa queue. Croire aux miracles et aux prophéties permettrait de me prouver la véracité de la Révélation qui est attestée dans l’ÉCRITURE SAINTE par qui ? Mais simplement les Prophètes ! Allons donc, restons un tant soit peu sérieux . » Laisse-moi continuer en te lisant deux autres versets : Verset 157 : « La foi est certaine , plus certaine que toute connaissance humaine, parce qu’elle se fonde sur la Parole même de Dieu quine peut mentir  …. La certitude que donne la lumière divine est plus grande que celle QUE DONNE LA LUMIERE DE LA RAISON NATURELLE » Verset 159 : « Bien que la foi soit au dessus de la raison, il ne peut jamais y avoir de désaccord entre elles.  Puisque le même Dieu qui révèle les mystères et communique la foi a fait descendre dans l’esprit humain la lumière de la raison, Dieu ne pourrait se nier Lui-même, ni le vrai contredire le vrai. C’est pourquoi la recherche méthodique, dans tous les domaines du savoir, si elle est menée d’une manière vraiment scientifique et si elle suit les normes de la morale, ne sera jamais opposée à la foi :les réalités profanes  et celles de la foi trouvent leur origine dans le même Dieu.  Bien plus, celui qui s’efforce avec persévérance et humilité de pénétrer le secret des choses, celui-là, même s’il n’en a pas conscience, est conduit par la main de Dieu, qui les soutient et les fait comme ils sont. » « Restons sérieux. La foi serait donc au dessus de la raison, plus certaine que toute connaissance. », résume SYRIAK, «  Et en plus jamais la recherche méthodique menée de façon  scientifique ne pourrait jamais donner de résultat qui contredirait l’objet de la foi.  Il faudrait croire ce qui est inscrit dans les Livres Saints et notamment ce qui est relatif à la création du monde, tant inerte que vivant, dans LAGENESE de l’ANCIEN TESTAMENT. Même si cela est contredit par l’accroissement des connaissances. C’est tout simplement aberrant ! ». Comme cela a été le cas, SYRIAK, notamment dans l’affaire GALILEE. Loin de moi de croire que les théologiens qui l’ont forcé à abjurer étaient de fieffés coquins.  Ils croyaient que la terre était le centre du monde.  N’ayons pas la mémoire courte.  Les textes de GALILEE ayant reçu une grande diffusion pour l’époque, inquiétèrent le SAINT OFFICE de l’Eglise catholique.  Et l’étude qui s’ensuivit donna lieu en 1616, à un avis stipulant que : « La proposition que le soleil soit au centre du monde et soit immobile est absurde et fausse en philosophie et formellement hérétique, étant contraire à la Sainte Ecriture. » « La proposition que la terre n’est pas le centre du monde et n’est pas immobile, mais qu’elle se meut aussi d’un mouvement diurne, est également une proposition absurde et fausse en philosophie et considérée en théologie ad minus erronea in fide. » « La décision de 1616 n’était pas si grave que cela pour GALILEE qui n’est même pas nommé ! » Mais en 1632 GALILEE publie son livre « Dialogo sopra i due massimi sistemo del mondo » dans lequel sous forme dialoguée il défend la thèse de la mobilité de la terre autour du soleil.  C’en est trop pour le Magistère catholique. Le Tribunal de l’Inquisition se saisit de l’affaire et le condamne en 1633 en le déclarant :« suspect d’hérésie comme ayant cru une doctrine fausse et contraires aux Saintes et Divines Ecritures ». GALILEE se soumet, il abjure « ses erreurs », est « assigné à résidence » à ARCETRI près de FLORENCE.  Les « Dialogo » sont évidemment mis à l’index. « Est-il réel que GALILEE a dû, le 22 juin 1633, se mettre à genoux pour prononcer son abjuration ? »C’est exact. Et j’imagine sans peine son désarroi lorsqu’il a été obligé, pour échapper au bûcher, d’avouer avoir été : « … soupçonné véhémentement d’hérésie, c’est-à-dire d’avoir maintenu et cru que le Soleil est au centre du Monde et immobile, et que la terre n’est pas au centre et se meut.  Pour ce, voulant effacer dans l’esprit de vos Eminences et de tout chrétien fidèle ce soupçon véhément, à juste titre conçu contre moi, j’abjure et je maudis d’un cœur sincère et avec une foi non simulée les erreurs et les hérésies susdites, et en général toute autre erreur, hérésie, et entreprise contraire à la Sainte-Eglise ; je jure à l’avenir de ne plus rien dire ni affirmer de vive voix, et par écrit, qui permette d’avoir de moi de semblables soupçons, et s’il devait m’arriver de rencontrer un hérétique et présumé tel, je le dénoncerais à ce Saint-Office, à l’inquisiteur ou à l’ordinaire de mon lieu de résidence. » «  C’est écoeurant ! Lui que l’observation avait convaincu de la véracité de la théorie. Et l’obliger en sus à se conformer en délateur ! » Mais cela a été, SYRIAK.  Et le sera encore en tout lieu où le pouvoir théologique sera maître absolu. Cela existe toujours dans certaines contrées de ce XXIème siècle. «  Mais comment peut-on imaginer que l’on puisse, en 1992, à la fin de ce XXème siècle,  oser maintenir les vieilleries cosmologiques de l’Ancien Testament lorsque le développement des instruments d’observation et d’exploration a fait le bond prodigieux qui a permis de préciser un tant soit peu la connaissance, mais un peu énorme par rapport au connu du début du XVIIème siècle. Si l’on avait dit aux théologiens de 1633 que non seulement la Terre n’était pas le centre du monde, mais que le soleil n’était qu’une étoile quelconque parmi les cent milliards que compte la Voie Lactée, notre galaxie, que ce soleil n’était même pas au centre de la galaxie, que cette galaxie n’en était qu’une parmi un nombre incommensurable d’autres, quelle aurait été leur attitude à l’encontre du prétentieux ». Evidemment, SYRIAK. Mais laisse-moi continuer et te citer les versets 174, 176, 180 et 184 à la page 49.   La FOI y est encore évoquée. Verset 174 : « Le message de l’Eglise est donc véridique et solide, puisque c’est chez elle qu’un seul chemin de salut apparaît à travers le monde entier. » Verset 176 : « Le foi est une adhésion personnelle à Dieu qui se révèle.  Elle comporte une adhésion de l’intelligence et de la volonté à la Révélation que Dieu a faite de Lui-même par ses actions et ses paroles. » Verset 180 : « Croire est un acte humain, conscient et libre, qui correspond à la dignité de la personne humaine. » Verset 184 : « La foi est un avant-goût de la connaissance qui nous rendra bienheureux dans la vie future. » « J’y perds le peu de latin que j’ai encore à mon âge. Alors, éclaire moi.  Jusqu’à présent, on ne fait que parler de « Révélation », de « Parole de Dieu ».  Et l’on ne peut même pas citer qui était l’interlocuteur auquel Dieu aurait dicté son enseignement.  Comme dans une autre religion, l’intermédiaire était un archange, l’archange GABRIEL.  Le sujet est-il évoqué dans le Catéchisme ? » Non pas de manière explicite. Au verset 288, tu liras simplement que : « … la vérité de la création s’exprime-t-elle avec une vigueur croissante dans le message des prophètes, dans la prière des psaumes et de la liturgie, dans la réflexion de la sagesse du Peuple élu ». « Un peu court quand même !  Toujours la même rengaine.  Le message des prophètes !» ne put se retenir de dire SYRIAK. « On ne fait que parler de Dieu.  Je voudrais en savoir quand même un plus sur ce démiurge ». La réponse donnée à cette question, tu la trouves à la page 57 où l’on te dit que DIEU, « CELUI QUI EST », EST VERITE ET AMOUR. Dieu est proclamé VERITE au verset 216  parce que ; « La vérité de Dieu est sa sagesse qui commande tout l’ordre de la création et du gouvernement du monde.  Dieu qui, seul, a créé le ciel et la terre, peut seul donner la connaissance véritable de toute chose créée dans sa relation à Lui.  Dieu est vrai aussi quand Il se révèle : l’enseignement qui vient de Dieu est une doctrine de vérité. »  Dieu est proclamé AMOUR au verset 219 car «  …Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique .» A la page 58, il est ajouté que : «  Croire en Dieu, c’est …connaître la grandeur et la majesté de Dieu. Oui Dieu est si grand qu’il dépasse notre science ». La toute puissance de Dieu est multiple : (verset 268 – page 66) il faut croire : «  … qu’elle est universelle puisque Dieu qui a tout créé, régit tout et peut tout, aimante car Dieu est notre père, mystérieuse car seule la foi peut la discerner quand elle se déploie dans la faiblesse. » « Tiens, tiens.  Dieu régit tout et peut tout.  Un petit goût de prédestination. De dessein intelligent. ». Ne brûle pas les étapes, SYRIAK. Ecoute le contenu du verset 286 à la page 69, où l’on t’explique que : « L’intelligence humaine a la capacité certes de trouver déjà une réponse à la question des origines. En effet, l’existence de Dieu le Créateur peut être connue avec certitude par ses œuvres grâce à la lumière de la raison humaine, même si cette connaissance est souvent obscurcie et défigurée par l’erreur.  C’est pourquoi la foi vient confirmer et éclairer la raison dans la juste intelligence de cette vérité … » « Parlons-en de ses œuvres » .  Tu dois lire ce qui est écrit aux pages 71, 72 et 73 sur le Mystère de la Création. Ainsi tu apprendrais par la lecture du verset 295 que Dieu a créé par sagesse et amour : Nous croyons que Dieu a créé le monde selon sa sagesse. Il n’est pas le produit d’une nécessité quelconque, d’un destin aveugle ou du hasard. Nous croyons qu’il procède de la volonté libre de Dieu qui a voulu faire participer les créatures à son être, sa sagesse et sa bonté. Ainsi que par le verset 296 que Dieu crée de rien  : « Nous croyons que Dieu n’a besoin de rien de préexistant ni d’aucune aide pour créer. La création n’est pas non plus une émanation nécessaire de la substance divine. » Ou par le verset 299 que Dieu crée un monde ordonné et bon : Si Dieu crée avec sagesse, la création est ordonnée. ….  Notre intelligence, participant à la lumière de l’Intellect divin, peut entendre ce que Dieu nous dit par sa création, certes non sans grand effort et dans un esprit d’humilité et de respect devant le Créateur et son œuvre… L’Eglise a dû, à maintes reprises, défendre la bonté de la création, y compris du monde matériel » « Arrête-toi », me dit SYRIAK, « le monde matériel n’est pas ordonné». Laisse-moi encore l’occasion de te citer quelques versets sur le MONDE VISIBLE. Ainsi au verset 338 de la page 79, tu apprendras que : « Il n’existe rien qui ne doive son existence à son créateur.  Le monde a commencé quand il a été tiré du néant par la parole de Dieu : tous les êtres existants, toute la nature, toute l’histoire humaine s’enracinent dans cet événement primordial ; c’est la genèse même par laquelle le monde est constitué, et le monde a commencé ». « Arrête-toi ! Tout ce qui se passe dans le monde matériel doit son existence à Dieu.  Les tremblements de terre, les tsunamis dévastateurs, les éruptions volcaniques, les ouragans, tous les phénomènes meurtriers qui ne doivent rien à l’action humaine se réalisent selon les plans imaginés par la divinité !  Une divinité que l’on proclame sage, aimante, etc.  On est en plein délire. »  Laisse-moi t’asséner cette dernière évocation avec le verset 341 consacré à la beauté de l’Univers : « L’ordre et l’harmonie du monde créé résultent de la diversité des êtres et des relations entre eux. L’homme les découvre progressivement comme lois de la nature. Ils font l’admiration des savants. La beauté de la création reflète l’infinie beauté du créateur. Elle doit inspirer le respect et la soumission de l’intelligence de l’homme et de sa volonté ». « Pardonne-moi », précise SYRIAK, « Les savants dont il est question dans ce verset, sont-ils aveugles ? Des lois de la nature existent certes, mais ce monde dans lequel nous sommes immergés,  n’est pas statique. Tu ne vois que mouvement et changement.   Ce qui est perçu du réel n'est jamais deux fois semblable à lui-même. a terre tourne sur elle-même.   Elle tourne autour du soleil qui tourne sur lui-même et se déplace dans notre galaxie, la Voie Lactée qui elle-même se rapproche ou se distancie de ses voisines.   L’observation astronomique décèle d’autres galaxies dont nous percevons des lumières émises il y a des millions, voire des milliards d’années.  Elles occupent à l’heure présente d’autres positions dont nous ne savons rien.  Des émissions phénoménales de rayons X nous arrivent. Jamais notre planète n’occupera la position qu’elle a à cet instant.  Le soleil gaspille son énergie.  Il a ses orages. Il éructe ses gaz.  Des taches naissent, puis disparaissent.  A chaque moment, il est autre.  Et sur cette terre, les cours d’eau érodent les continents, des montagnes naissent, d’autres s’amenuisent, les sédiments se déposent, les plaques continentales se déplacent, les volcans crachent leurs gaz et cendres, les météorites tombent.  Tant dans sa composition, sa structure que la disposition de ses éléments constitutifs, la terre sera différente dans 100 ans de ce qu’elle est aujourd’hui. Et l’on nous présente cette création comme achevée, ordonnée et harmonieuse ! » Je dois t’arrêter, SYRIAK.  Tu trouves la réponse à ton interrogation au verset 310 de la page 75 : « Pourquoi Dieu n’a-t-il pas créé un monde aussi parfait qu’aucun mal ne puisse exister. Dieu pourrait toujours créer quelque chose de meilleur. » « Et quelle est la réponse à cette question ? » Ne m’interromps pas SYRIAK. Refrène ton impatience, et tu connaîtras la suite du verset : « Cependant dans sa sagesse et sa bonté infinie, Dieu a voulu créer un monde « en état de cheminement » vers sa perfection ultime. Ce devenir comporte dans le dessein de Dieu avec l’apparition de certains êtres, la disparition d’autres, avec le plus parfait aussi le moins parfait, avec les constructions de la nature aussi les destructions.  Avec le bien physique, existe donc aussi le mal physique, aussi longtemps que la création n’aura pas atteint sa perfection. » « Comment oses-tu appeler cela une réponse ! J’admire la pirouette. Une telle phrase permet de ne jamais être contredit.  En plus elle introduit une notion que l’on commence à entendre depuis quelques années : le fameux DESSEIN INTELLIGENT.  Une admirable volte-face qui en fait ne fait que contredire tout ce qui est proclamé dans l’ÉCRITURE SAINTE ». Eh oui, SYRIAK, cette volte-face était annoncée dès le verset 302 de la page 73 : «  La création a sa bonté et sa perfection propres, mais n’est pas sortie toute achevée des mains du créateur.  Elle est créée dans un état de cheminement (in statu viae) vers une perfection ultime à atteindre, à laquelle Dieu l’a destinée. Nous appelons DIVINE PROVIDENCE les dispositions par lesquelles Dieu conduit la création vers cette perfection. Le témoignage de l’Ecriture est unanime ; la sollicitude de la divine providence est concrète et immédiate, elle prend soin de tout, des moindres petites choses jusqu’aux grands évènements du monde et de l’histoire. Avec force, les livres saints affirment la souveraineté absolue de Dieu dans le cours des évènements…. »

 « Dieu a créé un monde matériel inachevé selon ce verset.  Mais Dieu avait bien en tête la création d’un monde parfait.  Et à chaque instant qui se passe, la souveraineté absolue de Dieu est présente.  Il en prend soin.  J’en déduis que toute catastrophe naturelle qui n’est pas le résultat d’une activité humaine a Dieu comme architecte.  Un grand architecte bien mal intentionné dois-je en déduire ! Je comprends pourquoi tu n’as voulu jusqu’à présent évoquer que le création du monde matériel.  Cela te permet de montrer toute l’incohérence du propos ». Le monde matériel qui aurait été créé par la divinité est, SYRIAK, comme les rédacteurs du CATECHISME sont bien obligés à l’heure actuelle d’admettre, en constate évolution.  Ce non achèvement - et toutes ses manifestations catastrophiques - n’a rien à voir avec une quelconque faute des premiers humains, une désobéissance aux commandements de Dieu. «Continue l’examen des textes.   Il est temps maintenant de s’intéresser au monde du vivant ». Nous allons cheminer de la même manière.  Et voyons en premier lieu les textes de la GENESE. « Quelle est la version sacerdotale ? » Il y a eu en premier la création des plantes terrestres : Dieu dit : « Que la terre verdisse de verdure : des herbes portant semence et des arbres fruitiers donnant sur la terre selon leur espèce des fruits contenant leur semence »  et il en fut ainsi. La terre produisit de la verdure : des herbes portant semence selon leur espèce, des arbres donnant selon leur espèce des fruits contenant leur semence, et Dieu vit que cela était bon.  Il y eut un soir et il y eut un matin : troisième jour. « Etonnant, les plantes à chlorophylle ont besoin de la lumière solaire pour se développer.  Et le soleil n’a été créé que le 4ème jour ! » Ne sois pas si exigeant. La lumière a été créée le premier jour.  Pour les animaux vivant dans les eaux  ou peuplant l’air, la création est survenue le 5ème jour. Dieu dit : « Que les eaux grouillent d'un grouillement d'êtres vivants et que des oiseaux volent au-dessus de la terre contre le firmament du ciel » et il en fut ainsi. Dieu créa les grands ser­pents de mer et tous les êtres vivants qui glissent et qui grouillent dans les eaux selon leur espèce, et toute la gent ailée selon son espèce, et Dieu vit que cela était bon. Et Dieu les bénit et dit: « Soyez féconds, multipliez, emplissez l'eau des mers, et que les oiseaux multiplient sur la terre. » Il y eut un soir et il y eut un matin : cinquième jour. Le 6ème jour sont arrivés les autres animaux : Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce: bestiaux, bestioles, bêtes sauvages selon leur espèce » et il en fut ainsi. Et Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce et toutes les bestioles du sol selon leur espèce, et Dieu vit que cela était bon. « Et le genre humain ? » C’est aussi au cours de ce 6ème jour, mais après la création des animaux terrestres : Dieu dit : ° Faisons  l'homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu'ils dominent sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bes­tiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bes­tioles qui rampent sur la terre. » Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa. Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la; dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre. »  Dieu dit : « Je vous donne toutes les herbes por­tant semence, qui sont sur toute la surface de la terre, et tous les arbres qui ont des fruits portant semence : ce sera votre nourriture. » A toutes les bêtes sauvages, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui rampe sur la terre et qui est animé de vie, je donne pour nourriture toute la verdure des plan­tes et il en fut ainsi. Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : sixième jour. « Cette version me paraît simple.  La divinité après avoir créé le ciel et la terre, un firmament pour séparer les eaux, fait naître les continents et les mers, fait pousser les végétations, agrémente le firmament du soleil, de la lune et des étoiles, peuple d’animaux les mers et le ciel, par après les terres et finalement crée l’homme et la femme à son image. Et met toute la création à leur disposition et usage. ».Les versets 355 à 370 du Catéchisme ne font référence qu’à cette version de la GENESE. Les versets suivants font appel à l’autre version, la Yahviste : Au temps où Yahvé Dieu fit la terre et le ciel,  il n'y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n'avait encore poussé, car Yahvé Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n'y avait pas d'homme pour culti­ver le sol. Toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol. Alors Yahvé Dieu modela l'homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l'homme devint un être vivant . Dans cette version, après la création de la terre et du ciel, l’homme fait d’argile reçoit la vie de Dieu. Yahvé Dieu planta un jardin en Éden , à l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait modelé.  Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèce d'arbres séduisants à voir et bons à manger, et l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal.  Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras.  Le premier s'appelle le Pishôn : il contourne tout le pays de Havila, où il y a l'or;  l'or de ce pays est pur et là se trouvent le bdellium et la pierre de cornaline. Le deuxième fleuve s'appelle le Gihôn : il contourne tout le pays de Kush. Le troisième fleuve s'appelle le Tigre : il coule à l'orient d'Assur. Le quatrième fleuve est l'Euphrate. Yahvé Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Éden pour le cultiver et le garder. Et Yahvé Dieu fit à l'homme ce commandement : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin.  Mais de l'arbre de la connais­sance du bien et du mal  tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu deviendras passible de mort. » L’étape suivante est la création d’un jardin où poussent des arbres.  Mais déjà se profile l’idée de la mort pour l’être humain s’il n’obéit pas à son créateur. Yahvé Dieu dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul. II faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie »  Yahvé Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel, et il les amena à l'homme pour voir comment celui-ci les appellerait : chacun devait por­ter le nom que l'homme lui aurait donné. L'hom­me donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais, pour un homme, il ne trouva pas l'aide qui lui fût assor­tie. Les animaux terrestres et la gent ailée sont créés ensuite selon le même procédé que pour l’homme.  Mais l’homme leur est supérieur puisqu’ils doivent tous défiler devant lui pour recevoir leur nom. « Comment un paléontologue chrétien peut-il se satisfaire d’un tel texte. Le premier homme aurait donc connu les grands reptiles disparus voici 65 millions d’années, les brontosaures, tyrannosaures et iguanodons par exemple. Et aussi des pré-hominidés, comme le PROCONSUL, le PARANTHROPE, l’OREOPITHECUS, ou des hominidés comme l’Homme de Toumaï, ORORIN, l’Australopithèque robuste ou gracile, l’Homo Habilis, l’Home Erectus, l’Homo sapiens archaïque, l’Homo sapiens de Neandertal, tous ces êtres qui sont disparus de la planète ». Ecoute la suite, SYRIAK. .  Alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l'homme, qui s'endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu'il avait tirée de l'homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l'amena à l'homme. Alors celui-ci s'écria : « Pour le coup, c'est l'os de mes os et la chair de ma chair! Celle-ci sera appelée " femme"', car elle fut tirée de l'homme, celle-ci ! » C'est pourquoi l'homme quitte son père et sa mère et s'attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair.  Or tous deux étaient nus, l'homme et sa femme, et ils n'avaient pas honte l'un devant l'autre. « Il ne faut pas être grand clerc pour constater que les deux versions sont très différentes. Alors que dans la première, l’homme et la femme sont créés ensemble.  Et en tout dernier lieu.  Dans celle-ci, l’homme est créé en premier lieu, la végétation, les animaux terrestres et les oiseaux viennent après son apparition sur terre. Et comme l’homme pourrait s’ennuyer dans sa solitude, la divinité toute rempli de sollicitude, lui fabrique une femme à partir d’une de ses côtes. Mais pourquoi le Prophète qui a reçu les confidences du Tout Puissant tient-il à faire remarquer que l’homme et la femme étaient nus.  Et que cela n’entraînait aucune gêne.  Même plus, aucune honte. Je ne comprends pas ». Tout simplement parce que cela est une introduction à l’idée de la faute : du PECHE ORIGINEL sans lequel la religion chrétienne n’aurait pas pu se développer. Le serpent était le plus rusé de tous les ani­maux des champs que Yahvé Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin? »  La femme répondit au serpent : « Nous pouvons man­ger du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sous peine de mort. » Le serpent répliqua à la femme: « Pas du tout! Vous ne mourrez pas! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. » La femme vit que l'arbre était bon à manger et sédui­sant à voir, et qu'il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea. Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes. Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l'homme et sa femme se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin.  Yahvé Dieu appela l'homme : « Où es-tu? » dit-il. « J'ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l'homme; j'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. » Il reprit : « Et qui t'a appris que tu étais nu? Tu as donc mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger! »  L'homme répondit : « C'est la femme que tu as mise auprès de moi qui m'a donné de l'arbre, et j'ai mangé! » Yahvé Dieu dit à la femme : « Qu'as-tu fait là? » et la femme répondit : « C'est le serpent qui m'a séduite, et j'ai mangé. » Alors Yahvé Dieu dit au serpent: « Parce que tu as fait cela, maudit sois-tu entre tous les bestiaux et toutes les bêtes sauvages. Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t'écrasera la tête et tu l'atteindras au talon b. »  A la femme, il dit  : « Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi. » A l'homme, il dit : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais interdit de manger, maudit soit le sol à cause de toi!. A force de peines tu en tireras subsistance tous les jours de ta vie. Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l'herbe des champs.  A la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu'à ce que tu retournes au sol, puisque tu en fus tiré. Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise. » L'homme appela sa femme « Ève », parce qu'elle fut la mère de tous les vivants. Yahvé Dieu fit à l'homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit. Puis Yahvé Dieu dit : « Voilà que l'homme est devenu comme l'un de nous, pour connaître le bien et le mal. Qu'il n'étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l'arbre de vie, n'en mange et ne vive pour toujours ». Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d'Eden pour cul­tiver le sol d'où il avait été tiré. Il bannit l'homme et il posta devant le jardin d'Éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de vie. « En t’écoutant lire ce texte, je me suis apitoyé sur les heurs et malheurs de cette malheureuse divinité qui tout en étant la puissance suprême, celle dont les pouvoirs sont incommensurables, se met à créer des êtres faibles, crédules ou mauvais comme le serpent. Il les avait créés avec leurs organes génitaux. L’homme avait un pénis comme tous les mammifères mâles, et la femme un vagin, une matrice et des ovaires comme la plupart des mammifères femelles.  Mais ils n’en avaient conscience.  Ils ne baisaient pas.  Ils ne forniquaient pas.  Et en mangeant un malheureux fruit qui était appétissant, ils se sont aperçus qu’ils étaient nus ». Cela devait, SYRIAK, être le comble de l’indécence dans cet univers où ils étaient les seuls êtres humains. « Le créateur, la puissance suprême, celle dont les pouvoirs sont incommensurables, a créé des êtres faibles, mauvais comme le serpent ou crédules comme Adam et Eve. Il les avait créés avec leurs organes génitaux. L’homme avait un pénis comme tous les mammifères mâles, et la femme un vagin, une matrice et des ovaires comme la plupart des mammifères femelles.  Mais Adam et Eve n’en avaient pas conscience.  Ils ne baisaient pas.  Ils ne forniquaient pas.  Et c’est en mangeant un malheureux fruit qui était appétissant, qu’ils se sont aperçus qu’ils étaient nus ». Et alors, Yahvé Dieu leur a offert des vêtements de peau pour remplacer les pagnes qu’ils s’étaient cousus avec des feuilles de figuier ! En guise de conclusion provisoire … ! J’espère, SYRIAK, que ce parcours rapide de certaines pages du CATECHISME DE L’EGLISE CATHOLIQUE t’aura démontré toute l’importance accordée par cette Eglise aux premières pages de la GENESE.  Et également l’introduction de la DIVINE PROVIDENCE ainsi que du DESSEIN INTELLIGENT. Que faire dès lors ?  Le laisser aller ou le combat ? Pour terminer, je voudrais évoquer les pensées d’un Curé, l’Abbé Jean MESLIER, qui a laissé à sa mort en 1729 un dossier dans lequel il clamait notamment à ce sujet : La divine providence ? Tous les livres sont remplis des éloges les plus flatteurs de la Providence dont on vante les soins attentifs … Si je porte mes regards sur toutes les parties de ce globe, je vois l’homme sauvage et l’homme civilisé dans une lutte perpétuelle avec la Providence ; il est dans la nécessité de parer les coups qu’elle lui porte par les ouragans, les tempêtes, les gelées, les grêles, les inondations, les sécheresses et les accidents divers qui rendent si souvent tous ses travaux inutiles .  En un mot, je vois la race humaine occupée à se garantir des mauvais tours de cette Providence que l’on dit occupée du soin de son bonheur. Des pages durant, MESLIER s’attache à démonter l’irrationalité de toutes les religions, en particulier de la catholique.  Déclarer que le dieu créateur soit la bonté même au delà de ce que l’homme peut imaginer, lui est incompréhensible. Il est absurde, dit-il, d’appeler Dieu de justice et de bonté, un être qui fait tomber indistinctement tous les maux sur les bons et les méchants, sur les innocents et les coupables ; il est fantasque d’exiger que les malheureux se consolent de leur infortune, dans les bras mêmes de celui qui en est l’auteur. Ou encore demande-t-il si l’on peut se fier à un dieu qui condamne à l’enfer pour l’éternité les créatures qu’il a créées. Est-il dans la nature un homme qui se sente assez cruel pour vouloir de sang froid tourmenter, je ne dis pas son semblable, mais un être quelconque, sans émolument, sans profit, sans curiosité, sans avoir rien à craindre ?  Concluez donc, ô théologiens, que, selon vos principes mêmes, votre dieu est infiniment plus méchant que le plus méchant des hommes. Les prêtres ont fait de dieu un être si malin, si farouche, si propre à chagriner, qu’il est très peu d’hommes qui ne désirassent au fond de leur cœur que ce dieu n’existât pas. Imitez dieu, nous crie-t-on sans cesse : Eh, quelle morale aurions-nous si nous imitions ce dieu ? Son rationalisme l’amène à se déclarer moniste matérialiste. Hors la matière, il n’y a rien écrit-il ; Sur quelles bases ont-ils fondé cette prétendue certitude de l'existence d'un dieu? Sur la beauté, l'ordre, sur les perfections des ouvrages de la nature? Mais pourquoi aller chercher un dieu invisible et inconnu pour créateur des êtres et des choses, alors que les êtres et les choses existent et que, par conséquent, il est bien plus simple d'attribuer la force créatrice, organisatrice, à ce que nous voyons, à ce que nous touchons, c'est à dire à la matière elle-même? Toutes les qualités et puissances qu'on attribue à un dieu placé en dehors de la nature, pourquoi ne pas les attribuer à la nature même qui est éternelle?…. Le monde est un mélange confus de bien et mal; il s'ensuit évidemment qu'il n'a pas été créé par un être infiniment parfait, et, par conséquent, il n'y a pas de dieu. Et pour qu’aucun doute ne subsiste, il s’exclame : De l’âme immortelle ! Ah! L’autre vie!  L'âme immortelle! Est-ce que nous ne sentons pas, intérieurement et extérieurement par nous-mêmes, que nous ne sommes que matière, et que nos pensées les plus spirituelles ne sont que de la matière de notre cerveau, qu'elles sont le résultat de sa constitution matérielle et que ce que nous appelons notre âme n'est en réalité qu'une portion de la matière, la plus délicate et la plus subtile? L'âme n'est ni spirituelle ni immortelle. Elle est matérielle et mortelle aussi bien que le corps. Il n'y a donc point de récompense à espérer ni de châtiments à craindre après cette vie. Il n'y a point de bonté souveraine pour récompenser les justes et les innocents, point de justice souveraine pour punir les méchants. Il n'y a point de Dieu. MESLIER est avant tout un rationaliste qui ne met aucune borne ni exclusive aux conquêtes de la raison.  Ne dit-il pas que pour se perfectionner dans les sciences et les arts qui sont ce à quoi les hommes doivent principalement d’employer dans la vie, ils ne doivent que suivre les seules lumières de la raison ». Ou encore : « Je n’immolerai pas ma raison parce que cette raison seule peut me faire distinguer le bien du mal, le vrai du faux. Je ne renoncerai pas à l’expérience parce qu’elle est un guide bien plus sûr que l’imagination ou que l’autorité des guides que l’on voulait me donner . Mais il reste sur ses gardes, il ne veut pas tomber dans ce que l’on a dénommé par après le scientisme. Il est conscient que toute observation est inféodée au subjectivisme de l’intéressé. Avec beaucoup de perspicacité, MESLIER émet aussi la conception que la matière n’est pas statique mais dynamique.  Tout est en mouvement, tout se transforme, tout progresse : écrit-il. Une conception révolutionnaire pour son temps dans le monde de la pensée. Et il poursuit en déclarant que : La matière a institué, par des modes de mouvement, tous les différents effets ou ouvrages que nous voyons dans la nature : il n'y a que des efforts naturels. La matière obéit à des lois qui, jusqu'ici, nous semblent toujours identiques à elles-mêmes, et cependant il nous appartient d'en modifier l'expression, par exemple, dans les plantes ou arbres sur lesquels nous pouvons mettre des greffes de différentes natures. La vie corporelle, soit des hommes, soit des bêtes, soit des plantes, n'est qu'une espèce de modification et de fermentation continuelle de leur être, c'est à dire de la matière dont ils sont composés, et toutes les connaissances, les pensées et les sensations qu'ils peuvent avoir ne sont, que diverses autres modifications et fermentations. MESLIER martèle à plusieurs reprises la petite phrase : Il n'y a point de Dieu.   Et que la croyance en la divinité n’est pas naturelle. Nous savons tous que la grande majorité des hommes adoptent au plan religieux la croyance du milieu dans lequel ils sont nés et ont passés leurs jeunes années. La plupart des enfants élevés dans un clan où la religion des parents est soit la catholique ou la juive ou la musulmane seront catholiques, juifs ou musulmans. Il avait exprimé cette constatation sous la forme suivante : Tous les enfants sont des athées.  Ils n’ont aucune idée de dieu … les hommes ne croient en dieu que sur la parole de ceux qui n’en ont pas plus d’idées qu’eux-mêmes.  Nos nourrices sont nos premières théologiennes ; elles parlent aux enfants de dieu comme elles leur parlent des loups-garous … Très peu de gens auraient un dieu si l’on n’eût pas pris le soin de le leur donner. Il en scandait l’idée en d’autres endroits de son texte : Les docteurs du genre humain se conduisent très prudemment, en enseignant aux hommes les principes religieux avant qu’ils soient en état de distinguer le vrai du faux, ou la main gauche de la main droite. Il serait tout aussi difficile d’apprivoiser l’esprit d’un homme de quarante ans avec les notions disparates qu’on nous donne de la divinité, que de bannir ces notions de la tête d’un homme qui en serait imbu dès sa plus tendre enfance. MESLIER assène que : Pour démêler les vrais principes de la morale, les hommes n’ont besoin ni de théologie, ni de révélation, ni de dieux … ils n’ont besoin que de bon sens ; ils n’ont qu’à rentrer en eux-mêmes, à réfléchir sur leur propre nature, consulter leurs intérêts sensibles, considérer le but de la société et de chacun des membres qui la composent ; et ils reconnaîtront aisément que la vertu est l’avantage, et que le vice est le dommage des êtres de leur espèce …  L’humanisme est en nous-même, ajoute-t-il.

L’Humanisme est en nous-mêmes

… il y a l'homme, il y a la terre, il y a la vie, il y a le sentiment de l'équilibre et de la justice, et c'est sur cette terre qui lui appartient, dans cette vie qui est sienne, que l'homme doit réaliser la justice, le bonheur, la solidarité et la fraternité universelle. Ce n'est pas en Dieu que l'homme doit chercher la puissance, la bonté, la perfection, c'est en lui-même. Par l'instruction il deviendra savant, c'est à dire puissant. Par l

'éducation, il se fera juste, c'est à dire bon. Par l'aide mutuelle et la solidarité, il réalisera sur la planète qui est son domaine la perfection possible. Il faut avoir le courage de rejeter toutes les idées préconçues et surtout d'effacer ce préjugé de la perfection des choses actuelles, comme ayant été créées définitivement par l'ordre d'un dieu. Mais pour y arriver : En vain, dit-il,  prétendrait-on guérir les mortels de leurs vices si l’on ne commence par les guérir de leurs préjugés. …  Assez longtemps les instructeurs des peuples ont fixé leurs yeux sur le ciel ; qu’ils les ramènent enfin sur la terre.  Fatigué d’une théologie inconcevable, de fables ridicules, de mystères impénétrables, de cérémonies puériles, que l’esprit humain s’occupent de choses naturelles, d’objets intelligibles, de vérités sensibles, de connaissances utiles. » Et avec emphase, MESLIER demande aux hommes de lutter ensemble pour instaurer une mise en commun de tous les biens. Et les communautés travailleraient sous la conduite des plus sages et des plus compétents pour le maintien et l’avancement du bien public.  Et les règles de distribution des vivres et produits seraient : A chacun selon son travail.  A chacun selon ses besoins. Agissez donc ô peuples crie-t-il : Unissez-vous donc, ô peuples ! Levez-vous, unissez-vous contre vos ennemis, contre ceux qui vous accablent de misère et d'ignorance. Rejeter entièrement toutes les vaines et superstitieuses pratiques des religions. N'ajoutez aucune foi aux faux mystères, moquez-vous de tout ce que les prêtres intéressés vous disent. Car c'est là la cause funeste et véritable de tous vos maux...Votre salut est entre vos mains, votre délivrance ne dépend que de vous, car c'est de vous seuls que les tyrans obtiennent leur force et leur puissance. Unissez-vous donc, ô peuples! Unissez-vous tous, si vous avez du coeur, pour vous délivrer de vos misères communes. Commencez d'abord par vous communiquer secrètement vos pensées et vos désirs. Répandez partout le plus habilement possible des écrits semblables à celui-ci par exemple, rendez odieux partout le gouvernement tyrannique des princes et des prêtres. Secourez-vous dans une cause si juste et si nécessaire et où il s'agit de l'intérêt commun de tous les peuples. Retenez pour vous-mêmes ces richesses et ces biens que vous faites venir à la sueur de votre corps, n'en donnez rien à tous ces superbes et inutiles fainéants, rien à tous ces moines et à ces ecclésiastiques qui vivent inutilement sur la terre, rien à ces orgueilleux tyrans qui vous méprisent...que vos enfants, vos parents, vos alliés quittent leur service, excommuniez-les de votre société. Ils ne peuvent pas se passer de vous, vous pouvez vous passer d'eux et n'ayez pas d'autre religion que de maintenir partout la justice et l'équité, de vous aimer les uns les autres et de garder inviolablement la paix et la bonne union entre vous. Mais aussitôt, après cette envolée lyrique, supputant l’irréalité d’un telle utopie, MESLIER retombe sur terre et se laisse aller à des propos pessimistes.  Il a déversé dans son Mémoire toute sa désespérance de voir le monde tel qu’il est, il en a analysé les causes, il en a évoqué des remèdes. Mais il ne se fait aucune illusion sur ce que les hommes en feront. Il termine son texte par ces propos désabusés : Je ne serai bientôt plus rien ! Après cela, qu'on en pense, qu'on en juge, qu'on en dise ce que l'on voudra, je ne m'embarrasse pas. Que les hommes s'accommodent et se gouvernent comme ils veulent, qu'ils soient sages ou qu'ils soient fous, qu'ils disent ou qu'ils fassent de moi ce qu'ils voudront après ma mort, je m'en soucie fort peu. Je ne prends déjà presque plus de part à ce qui se fait dans le monde. Les morts avec lesquels je suis sur le point d'aller ne s'embarrassent plus de rien et ne se soucient plus de rien. Je finirai donc ceci par le rien, aussi ne suis-je guère plus que rien et bientôt je ne serai plus rien. Et nous qui n’avons plus rien à craindre de la part de l’Inquisition, SYRIAK, allons-nous nous prélasser dans le laxisme ! J’ai choisi pour ma part le combat.  Le ferons-nous ensemble ?

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La notion de Création en Franc-maçonnerie

4 Novembre 2013 , Rédigé par C\ D\ Publié dans #Planches

Je me suis plongé dans ce travail avec beaucoup d’exaltation tant il m’a semblé que notre recherche sur ce thème, nous conduisait à faire l’effort de comprendre ce qu’est le vrai sens de l’initiation maçonnique. Il s’agit plus d’un essai, d’une ébauche, que d’un travail accompli. C’est un nouveau chantier sur lequel le cherchant que je suis aura à revenir pour affiner son ouvrage. Vous voudrez bien me pardonner les nombreuses citations de sources qui sont à la fois des références, des repères (il y en aurait eu bien d’autres), et dans la mesure où il s’agit ici de « comprendre » ce que nous cherchons véritablement, et dans un domaine où il n’y a, évidemment, rien à inventer. La notion de « création » au sein de la Franc-Maçonnerie, celle que nous pratiquons, me semble en première lecture, et sur la base de nos rituels, difficile à établir. Bien sûr, le rituel du REAA emploie ce mot de manière implicite, dans le cadre de l’initiation d’un Profane : « A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers… Je vous Crée, Constitue et Reçois Apprenti Franc-maçon… ». Il est d’ailleurs le seul à employer le verbe créer. Dans les autres Rites on trouve, par exemple au RER, le terme : « Je vous reçois Franc- Maçon apprenti », et ceci parce que  la rectification fait de l’initiation un principe qui englobe l’ensemble du parcours de son Régime. Le Rite Français « constitue et reçois Apprenti Franc-maçon ». Ainsi donc, la seule prise en compte de cette phrase rituelle, dans cet instant important de la cérémonie, ne me semble pas suffisante pour appréhender le principe fondateur d’une étape qui serait celle de la Création. Elle me semble être plutôt fondatrice du rattachement au grand corpus que forme la Franc-maçonnerie universelle en général, et à l’Obédience au sein de laquelle nous sommes, en particulier. Nous ne pouvons chercher à démontrer qu’il puisse s’agir d’un acte de création identique à celui que nous considérons de la part de Dieu, Grand Architecte de l’Univers, à l’égard de l’ensemble de la création, et comme il nous est indiqué dans les textes de la Genèse. On ne saura non plus faire l’économie de rappeler les deux grandes conceptions de la création qui sont « ex deo »pour celle qui procède à partir d’une matière préexistante et éternelle et ou Dieu, du coup, n’est pas véritablement créateur. L’homme « sort » de Dieu et est donc « ex deo ». Cette vision appartient en propre aux religions indo-européennes de l’Inde, de la Grèce, de la Rome antique et des Celtes. L’autre conception est « ex nihilo » ou Dieu est là totalement créateur. Il s’agit d’une conception issue du néant préexistant à l’ensemble de la création, et dont l’homme est partie intégrante. Cette conception nourrit les grands monothéismes que sont le mazdéisme, le judaïsme, le Christianisme et l’Islam. Elle fait de Dieu le Créateur de toute chose. En ce qui nous concerne, le sens de l’acte créateur est plus spécifiquement à rechercher au carrefour de deux notions qui sont à la fois croisées et complémentaires : Tout d’abord, le fait d’un acte relevant de la Tradition Primordiale au sens étymologique du latin tradere qui signifie « ce qui est transmis », et par elle, délégué à l’humanité en sa répétition dans le monde sensible : « vous ferez ceci en mémoire de moi ». Il s’agit, ne l’oublions pas, de la transmission consciente d’éléments invariables et sacrés, principe qui nous ramène bien à ce que nous pratiquons (cf. Jean Tourniac). Ensuite, le principe qu’il soit issu d’une source traditionnelle et authentique, avec pour condition qu’il se vérifie, par homogénéité, avec l’ésotérisme gnostique des autres grandes Traditions. Autrement dit, l’ésotérisme d’un centre secondaire de la Tradition Primordiale doit être en parfait parallélisme avec les fondements ésotériques des autres centres secondaires de la même Tradition Primordiale. Sans ces points d’équivalence, l’authenticité efficiente, et le pouvoir psychopompe de ce qui en est généré ne peuvent pas être démontrés. René Guénon nous avait précisé : « En effet, lorsqu’il s’agit de l’Unité, toute diversité s’efface, et ce n’est que lorsqu’on descend vers la multiplicité que les différences de formes apparaissent, les modes d’expression étant alors multiples eux-mêmes comme ce à quoi ils se rapportent, et susceptibles de varier indéfiniment pour s’adapter aux circonstances de temps et de lieux. Mais la « doctrine de l’Unité est unique » suivant la formule arabe : Et-Tawhîdu wâhidun, c'est-à-dire qu’elle est partout et toujours la même, invariable comme le Principe, indépendante de la multiplicité et du changement qui ne peuvent affecter que les applications d’ordre contingent » .Il me semble également nécessaire de rappeler que nous ne sommes pas dans le processus initiatique opératif des tailleurs de pierres. Si la symbolique du métier est un cadre que nous avons conservé, l’initiation ne nous est pas conférée par la démonstration matérielle de la maîtrise du geste, ni celle d’un processus de changement de l’être par les étapes de réalisation d’un chef-d’œuvre dans la matière, fruit d’un parcours passant de chantiers en chantiers, opérant une qualification véritablement opérative. L’initiation « spéculative » n’est pas pour autant sans réalité ontologique. Elle se situe simplement sur un autre plan, et place l’impétrant immédiatement dans une dimension qui ne devenait accessible qu’à un autre moment pour un opératif, à savoir la dimension purement spirituelle. Il en va ainsi du vrai sens étymologique du mot speculum qui implique l’interpénétration de deux dimensions, et place l’homme au centre de celles-ci,entre les deux. La Franc-maçonnerie de laquelle nous sommes les héritiers, traduit cette dogmatique en faisant du Temple spirituel le centre de son aboutissement, et du Temple matériel le socle de l’exégèse d’une étape à la fois détruite, dépassée et complémentaire. Par ailleurs, le rattachement de la Franc-maçonnerie à Saint Jean fixe son ancrage dans un courant immémorial de la connaissance spirituelle, archétypique, gnostique, et apocalyptique. Ainsi donc pouvons-nous chercher les sources de la justification d’un acte « créateur » à partir de ces deux fondamentaux que sont :

• le rattachement au Grand Architecte de l’Univers de qui procède la Lumière que nous transmettons ;

• ensuite, de l’analogie de notre Tradition avec d’autres Traditions authentiques desquelles nous avons pour point commun la conceptualisation de l’origine de la création, et la formalisation d’un « nouveau temple » comme but final pour l’homme initié, accompli.

Ajouterais-je que nous avons aussi pour point commun avec toutes les Traditions gnostiques de vouloir permettre à l’homme de se réaliser de son vivant, pendant son incarnation, et grâce à la mise en œuvre d’une méthode et d’un enseignement. La réalisation post-mortem étant un acte qui nous échappe, et en tout cas, qui ne relève pas de la révélation des mystères qui sont les nôtres. « Au Nom du Grand Architecte de l’Univers » Le Franc-maçon est fait, lié, au Nom du Grand Architecte de l’Univers. Cet état justifie à lui seul la notion de régularité. C’est elle qui fait que nous sommes, ou non, dans un des centres secondaires de la Tradition Primordiale. Cet acte fondateur d’un nouvel homme s’inscrit dans la tradition immémoriale de l’ordre de Melki-Tsedeq et duquel la Franc-maçonnerie tire sa source d’une religion du Premier Homme (les Rites REAA, RER, Emulation, et Français, déploient cette antique source, et chacun avec sa propédeutique) : « …nous voyons que « l’ordre de Melkitsedeq » est fondamentalement le signe d’un pacte entre le Principe et ce qui s’y rattache dans le déroulement du cycle temporel propre à l’individualité humaine. Pacte entre Dieu et l’homme par le truchement du sacré, du « mis à part », de l’ «élevé », donc du « Kadosh, du « Saint ». René Guénon qui fondera l’équation que Melki-Tsedeq = Tradition Primordiale, écrira : « …un tel centre, constitué dans des conditions régulièrement définies, devait être en effet le lieu de la manifestation divine, toujours représentée comme « Lumière » ; et il est curieux de remarquer que l’expression de « lieu très éclairé et très régulier », que la Maçonnerie a conservée semble bien être un souvenir de l’antique science sacerdotale qui présidait à la construction des temples, et qui, du reste, n’était pas particulière aux Juifs… » L’ensemble du processus initiatique, dans tous les Rites, consiste au « dévoilement » et à la « révélation » de la Lumière. « L’être contingent peut être défini comme celui qui n’a pas en lui-même sa raison suffisante ; un tel être, par conséquent, n’est rien par lui-même, et rien de ce qu’il est ne lui appartient en propre ». Cette révélation ne peut donc être engendrée que par délégation transmise et concédée, de la puissance de qui elle procède. En ce qui nous concerne, ce principe générateur est conféré au groupe qui en est, de génération en génération (vrai sens de la chaîne d’union), dépositaire. De plus, il opère sur un être unique qui va, de facto, se trouver « séparé » du reste du commun de son espèce : « En même temps, pour l’être qui est parvenu à cette conscience, celle-ci a pour conséquence immédiate le détachement à l’égard de toutes les choses manifestées… Par là, l’être sort donc de la multiplicité ; il échappe, suivant les expressions employées par la doctrine taoïste, aux vicissitudes du « courant des formes », à l’alternance des états de « vie » et de « mort », de « condensation » et de «dissipation » … » Seule, la transmission de la Lumière fixe le principe d’un acte créateur puisqu’elle confère à l’impétrant une nouvelle nature, une autre dimension, et la révélation d’un autre lui-même : « L’autre homme qui est en nous, c’est l’homme intérieur ; celui-là, l’Ecriture l’appelle un nouvel homme céleste, un homme jeune, un ami, un homme noble… » Il s’agit là d’une création qui n’est pas de matière mais une création « révélatrice » d’un être enfoui, ignoré, méconnu, et qui n’attendait que de recevoir « un rayon de lumière » pour être tiré de l’obscurité dans laquelle le plongeait l’état de vieil homme. Il s’agit d’une forme de résurrection en cela qu’elle accouche (maïeutique) d’un être nouveau, en évolution / transformation, et définitivement transmuté. Si nous voulons bien retenir cette première étape, il nous faut vérifier qu’elle s’inscrit au sein du grand corpus que sont les Traditions authentiques et gnostiques, qui, toutes, n’ont qu’un seul but : conduire l’homme incarné à réintégrer le Temple de sa Gloire originelle.

Dans la Tradition Chrétienne

« Et il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu. Elle avait la gloire de Dieu : son éclat était semblable à celui d’une pierre précieuse, d’une pierre de jaspe transparente comme du cristal ». La notion de Temple spirituel tel qu’il est annoncé par Saint Jean, est l’aboutissement final d’un long processus qui a conduit l‘humanité à se sortir de sa simple expression anthropologique par une prise de conscience de sa réalité tripartite (corps-âme-esprit), ainsi que de sa relation unique, et privilégiée, avec son Créateur. Il a fallu bien des édifications de temples matériels pour en arriver là. Il aura fallu connaître l’exil et l’exode, prendre conscience qu’il est un autre plan dans lequel les tracés divins sont plus justes et plus subtils. Le cherchant qui se plie à une compréhension gnostique des Ecritures comprend, et interprète, que c’est de lui dont il s’agit. Au travers de toutes ses pérégrinations, le peuple élu n’écrit pas autre chose que la propre histoire de tout être humain. De la Genèse à l’Apocalypse le miroir (speculum) qui nous est tendu ne nous renvoi que ce que nous sommes, en l’état de nos propres vies, et de celui de nos destinées : « Tout dans l’écriture, disent et répètent après les Pères nos auteurs, nous concerne expressément dans l’actualité de notre présent. L’Ecriture est notre miroir. Elle est aussi cette « force qui nous modèle à la ressemblance divine » et qui se résume dans cette perfection de la Loi qu’est la charité… » Les textes bibliques font référence et sont constamment habités de la notion du Temple, et de sa perspective : « Partout ou je me suis déplacé avec tout Israël, ais-je dis un mot à l’un des juges d’Israël à qui j’avais ordonné de faire paître mon peuple, ais-je dis : Pourquoi ne me bâtissez-vous pas une maison de cèdre ? Maintenant tu parleras ainsi à mon serviteur David » On trouve avec EZECHIEL, dans la « Vision du Temple et du pays restaurés » une complète description des porches, parvis, sanctuaire, des annexes et de l’autel. Saint Paul en produira sa propre description dans son Epître aux Hébreux. Le Temple est le lieu même de la célébration de la Présence divine parce que sa fonction est d’abriter l’Arche d’Alliance, la Shekhinah. Toutefois, le temps sera venu ou celle-ci doit se révéler en un autre lieu, sous une autre forme : « Comme quelques-uns disaient du temple qu’il était orné de belles pierres et d’objets apportés en offrandes, Jésus dit : Les jours viendront où, de ce que vous voyez, il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée ». Saint Paul complètera en disant : « Ou bien ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint esprit qui est en vous et qui vient de Dieu, de sorte que vous ne vous appartenez plus. Vous avez été rachetés cher. Glorifiez donc Dieu dans votre corps ». La Lumière qui caractérise le principe même de la création n’a plus lieu de résider au sein du bâtiment de sacrifices devenus inutiles, mais de réintégrer le cœur du seul Temple qui convienne à sa nature : l’Homme. L’archétype du Temple est transcendé et revenu en son point d’origine. Il n’y aura désormais plus à le chercher ailleurs que dans notre propre sanctuaire intérieur et d’engager un retournement de tout notre être pour laisser remonter à la surface la Lumière qui était recouverte des eaux boueuses de la fin du cycle : « cherchez et vous trouverez, demandez et il vous sera donné » nous disent nos rituels. La Franc-maçonnerie de tradition possède cette connaissance apocalyptique, et en cela elle est conforme à l’ésotérisme de Jean. Elle est aussi fidèle à la religion primitive qui relie Adam au Christ, et par tous les Prophètes. Cette Franc-maçonnerie est juste et parfaite parce qu’en sa dogmatique du Temple fait Homme elle est aussi en homologie avec le symbolisme du Temple et de la Lumière dans les autres grandes Traditions ésotériques et gnostiques. « Je vis alors un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre avaient disparus, et la mer n’existe plus. Et je vis la Cité sainte, la Jérusalem nouvelle, descendre du ciel, d’auprès de Dieu ». Des références et des similitudes dans d’autres Centres Secondaires de la Tradition. Jean Tourniac qui, se référant à ses échanges avec René Guénon, ne manquait pas de rappeler que l’authenticité traditionnelle se vérifie par le fait que des traditions qui méritent le qualificatif de « transmis » ou de « relié » doivent descendre historiquement d’une origine commune, constituée sous la forme d’un « œuf » archétypique. Nous allons tenter d’établir des relations communes en prenant deux exemples au sein des deux grands courants gnostiques du Judaïsme et de l’Islam que sont la Cabbale et le Soufisme.

  • Esotérisme du Judaïsme : Cabbale et Cabbale de Louria

Le Lourianisme est intéressant dans la mesure où tout en conservant un ancrage avec la doctrine qu’avaient établis les grands Maîtres fondateurs de la Cabbale, il développe une théorie à la symbolique extrêmement puissante pour un chercheur maçonnique : l’acte fondateur de la création par Dieu réside, tout d’abord, en un retrait de sa part (Tsimtsoum) pour laisser un espace vide au monde. Il s’agit d’une concentration, et ce mouvement sera d’ailleurs également développé dans le soufisme qui reconnait les états de concentration et d’expansion, vécus par la création divine. C’est ce mouvement qui fera dire que « Dieu a créé l’homme comme la mer a créée les continents, en se retirant ». Ce faisant, Dieu se retire dans l’Infini (l’En Sof) et, dans un second temps, l’espace ainsi libéré devient l’Adam Kadmon dont nous remarquerons que celui-ci n’est pas seulement attaché à l’état de l’homme mais à la création complète, toute entière. Le Créateur confie les lumières des sephirot à des vases (Kélim), et si les vases des trois lumières supérieures réussissent à les contenir, les autres vases qui reçoivent les lumières inférieures se brisent. La lumière se diffuse dans tous les sens au sein de l’Adam Kadmon, et se produit alors la troisième étape. Par cette répartition de la Lumière se créé l’En Sof en tant que Dieu manifesté de la religion. Nous entrons alors dans le cycle que nous connaissons. Le Lourianisme, conformément à la pensée de tous les Maîtres cabalistes, fait de l’homme le seul être capable de reconduire son évolution vers la Rédemption. Retour à l’origine qu’il accomplira en rétablissant l’Adam Kadmon, c’est-à-dire, en réintégrant au Verger céleste la création toute entière. Théologie que nous retrouverons intégralement développée chez Saint Paul. Ainsi donc, l’homme doit cesser d’être une Sheschina en exil, il doit redevenir le Temple de la Création du Premier Jour, rassembler la Lumière qui s’était dispersée, réunifier le Nom de Dieu et rejoindre son Maître au sein de l’Infini. Isaac Louria a bâtit une doctrine au sein de laquelle le mystère maçonnique trouve aussi sa cohérence et évolue comme en territoire de connaissance. On y retrouve l’essence même de la démarche de tout cherchant en quête de spiritualité, et dont l’œuvre entière de la Cabbale peut se résumer en quelques mots : l’expérience personnelle du « Connaître-Dieu ». Malheureusement, de cette extraordinaire vision ne se perpétueront « qu’une exagération de l’ascèse et des techniques de prière ». « L’unité et l’harmonie primordiale ont volé en éclat. Le destin de l’homme sera désormais ce que les mystiques juifs appellent le TIKKOUN = la Réparation, l’effort pour recueillir dans l’intensité de l’amour les parcelles de lumières diffuses dans l’univers disjoint. Dans son exil Adam devra d’une certaine manière-et c’est l’image spécifique que suggère la mystique juive - « recueillir les pots cassés »,les recoller, rassembler les morceaux divisés de nous-mêmes et les unir. Quand le mal introduit, ajouté au monde par l’homme aura été racheté, effacé, expié, alors l’homme pourra à nouveau prétendre franchir les portes du palais royal, que pour l’instant gardent deux chérubins (Gn. 3/24). Avec le départ du Paradis commence notre longue marche d’amour, celle qui ne sera satisfaite que par le face à face avec l’Etre aimé ».

2) Esotérisme de l’Islam : Soufisme et Soufisme Ismaélien

Dans les descriptions sabéenne et ismaélienne, les notions de Temple sont omniprésentes. Celui-ci est placé aux limites de notre monde, et s’y intéresser c’est s’engager à pénétrer la vision du Temple céleste et spirituel. Il est la définition même d’un archétype qui met en exergue l’œuvre d’édification personnelle de tout être en recherche de sa réunification avec le divin. Ce Temple est un seuil qui conduit l’âme à retrouver le chemin de son origine : « Parce qu’il reconduit à l’origine, il est par excellence la figure et le support de cette opération mentale que désigne en arabe le terme technique de te’wil, c’est-à-dire une exegesis qui constitue aussi un exode, une sortie de l’âme vers l’Âme. Le ta’wîl, reconduction exégétique à l’origine, satisfait en Islam à cette loi d’intériorisation, cette effectuation expérimentale des correspondances symboliques, qui aussi bien achemina au même terme les Spirituels de toutes communautés, parce qu’elle est un effort foncier et fondamental de la Psyché religieuse ». Ce même ta’wîl ordonnance une succession de résurrections dont le temple ésotérique célèbre la cérémonie d’une actualisation permanente. Les rituels sabéens relatent au travers de l’histoire des Honafâ qui furent les représentants de la religion pure qui était celle d’Abraham et qui fut créée dès l’origine du monde, antérieurement à la Période d’Adam. Pour eux, la perfection est atteinte dans le revêtement de la forme humaine, celle-ci étant considérée comme un temple contenant des êtres divins. Cette transposition permet un lien direct avec l’angélologie qui est un principe fondamental de la doctrine ismaélienne, comme dans tous les courants du soufisme en général. « La condition humaine (marbûbîya) est un joyau dont le fond caché est la condition seigneuriale divine (robûbîya) ». Il s’agit, là encore, pour l’homme de s’ouvrir à une autre dimension qui transcende et conduise à percevoir les « Figures de Lumière », dirigeant les rythmes du temps et les attitudes au sein de la cosmogonie. Cette doctrine vise à ce que l’homme intérieur porte témoignage de la cohérence de l’ensemble des hiérarchies terrestre comme céleste. Nous y trouvons une voie qui fait du corps le lieu, et le moyen, de la manifestation de l’esprit. Il est mis en avant que le corps qui serait privé de l’esprit n’est qu’un corps privé de lumière, et que cette lumière qui est destinée à y prendre place est une lumière en « fusion », et par opposition à la seule lumière du corps physique qui elle reste « solidifiée ». Cette voie gnostique de l’Islam entretien la vision permanente de l’Imago Templi (l’Image du Temple) dont le temps matériel de la destruction est un passage obligé, puis dépassé. Cet état est rendu nécessaire pour que puisse s’établir le temps du Temple Céleste, celui-là même que Sohravardî désigne comme « le pays de l’esprit ». Henry Corbin, pour résumer les choses, place l’Imago Templi au « confluent des deux mers ». Il nous faut comprendre qu’il se situe entre deux états qui bornent l’état du temple de la matière, et celui du Temple habité par la Lumière du Saint Béni Soit-Il. Il y a un équilibre entre la nécessaire destruction du Temple dans notre monde pour que puisse se réaliser le Temple spirituel, et céleste. Cet accomplissement repose avec une libre volonté de se réaliser sur la Voie du Grand Œuvre et l’homme reste maître de sa destinée ontologique durant son parcours dans le monde de l’incarnation. Ceci ne peut être obtenu que par l’intermédiation spirituellement opérative de l’organisation qui porte l’enseignement du mystère qui lui a été confié en dépôt. Nous retrouvons ainsi une autre cohérence de notre propre cheminement, celui qui conduit de la pierre brute sur laquelle tout reste à faire pour la dégrossir, en passant par l’état avancé du Temple au centre duquel nous réinstaurons la Lumière de l’Esprit, et pour en terminer par la transfiguration du Temple qui lui confère sa qualité de « Temple Céleste », synthèse et globalisation des deux états précédents. « J’ai dit à mon âme : Alif. Elle me répondit : Ne dis plus rien ». Si j’ai tenu à évoquer ces points de parallélisme c’est encore une fois pour montrer à combien la légitimité d’un des centres secondaires de la Tradition Primordiale ne peut se vérifier qu’à cette aune. La création que nous cherchons, au sein de la Franc-maçonnerie de Tradition, est celle qui de fait réside au plus profond de l’initiation, dont il n’est pas inutile de rappeler qu’une des plus justes significations réside dans le mot : commencement. Pour nous rapprocher de Saint Thomas qui a mis en avant que la création ne pouvait être un « changement » puisque ce mouvement suppose que quelque chose qui change se doit d’être présent à son point de départ comme à celui d’arrivée ( ce qui est contraire à la notion de « ex nihilo » ), il conclu que la création est dans la créature, et qu’en cela elle « est » créature. Ainsi donc, et au risque de se répéter, il ne peut y avoir intrinsèquement « création » d’un nouvel être. Il y a bien plutôt « révélation », prise de conscience de l’être intérieur qui coexiste depuis notre origine, et entrée en possession de cet état qui ne peut appartenir qu’à celui qui a reçu l’action opérante des mystères. Notre ésotérisme accomplit son œuvre de création par la mise en action du processus de retour vers notre origine céleste, celle-ci passant par l’intériorisation du Temple, et l’incorporation de sa Lumière. Le passage, par les trois pas au-dessus, du Tableau / Tapis de Loge symbolise cette réalisation en passant de Malkut à Kether, allant du monde sensible au monde suprasensible de la triade supérieure, réintégrant le grand visage au petit visage, pour enfin basculer dans une dernière étape du retour au sein de l’Infini. Nous trouvons le même enseignement des symboles que ceux évoqués dans les paragraphes ci-dessus, et pour une finalité commune que constitue l’aboutissement du cycle : faire de l’homme incarné le temple de son Créateur pour rétablir l’équilibre originel. Je voudrais conclure en vous disant que je pense que le seul et véritable acte de création dans l’Ordre maçonnique se situe au centre du mystère de l’initiation par la mise en œuvre de la transformation de l’être humain en Temple (contenant) de sa spiritualité, et par le symbolisme de la transmission de la Lumière. Ainsi donc nous pouvons prétendre que nous nous situons dans la primordialité de la tradition de laquelle nous sommes issus, en lien avec les autres grands courants authentiques du centre principiel de la Tradition unique : « Elles se trouveront donc « banalisées », aucune ne pouvant exclure les autres, pas plus que les filles d’une mère unique ou les descendantes de ces filles ne peuvent contester l’héritage biologique de chacune d’elle ».

J’en ai terminé Vénérable Maître, mes Très Chers Frères.

Source : www.ledifice.net

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Rite York

3 Novembre 2013 , Rédigé par GLNF Publié dans #Rites et rituels

Nous retraçons la vie du Rite York, tout d’abord sur son continent d’origine, l’Amérique du Nord, puis en France, avant de développer les spécificités ainsi que la spiritualité d’un rite méconnu et plutôt minoritaire au sein de la GLNF.

La pratique des rituels maçonniques dans les Loges américaines

Les Américains appellent « Rite York » tout le système de grades complémentaires, ou « side-degrees », ce qui entraine en France certaines confusions de langage entre « l’usage de rituels d’origine nord-américaine au sein des Loges Symboliques » d’une part, comme c’est le cas à la G.L.N.F., et d’autre part la pratique du système complémentaire précité. Les Loges américaines utilisent, quant à elle, ce qu’elles appellent « le Rituel des Maçons Anciens Francs et Acceptés » ou « des Maçons Francs et Acceptés », selon que la Grande Loge descende des Anciens ou des Modernes, ou plus simplement encore, le Rituel de la Grande Loge de New York, du Missouri, etc. Chaque Grande Loge possède un rituel « officiel », généralement déposé dans le coffre-fort du Grand Secrétaire, mais tolère des « Us & Coutumes » spécifiques à chaque Loge dès lors qu’ils ne sont pas en contradictions avec le rituel officiel. Les Grands « Lecturers » Nationaux et de Districts, qui sont des rituélistes confirmés, visitent annuellement les Loges et s’assurent que ces dernières ouvrent, ferment, et confèrent les grades de manière adéquate. Les Loges ayant été consacrées avant la création de la Grande Loge de leur Etat peuvent garder leur rituel d’origine. Il en va de même des Loges créées avant la parution du rituel officiel, ce qui crée une mosaïque parfois surprenante pour les visiteurs. La Grande Loge de l’Etat de New York est typique de ces pratiques : la « Saint John Lodge » No. 1 utilise un rituel très proche d’Emulation ; les officiers de la « Independant Royal Arch Lodge » No. 2 sont décorés en Maçons de la Sainte Arche Royale ; le rituel de la Loge « Union Française » No. 17, dans la langue de Molière, a intégré des éléments du Rite Français, apportés par d’anciens colons des Antilles émigrés à New York. Dans l’Etat du Missouri, une Loge est très fière de conserver l’usage, pour son Vénérable Maître, d’une toque de fourrure à la Davy Crockett en lieu et place du traditionnel haut-de-forme, afin de rappeler à tous qu’elle fut fondée par des trappeurs. N’ayant jamais eu à se cacher, la Franc-Maçonnerie américaine foisonne d’exemples pittoresques et atypiques qui font aussi sa richesse et soulignent la tolérance des Grandes Loges. Ainsi, au sein d’un même Etat, ou d’un Etat à l’autre, le Frère visiteur reconnaitra immédiatement la trame rituelle qu’il pratique à la G.L.N.F., et dont le fonds est commun à la plupart des Loges. II retrouvera invariablement un autel central et les sièges du Vénérable Maître et des Surveillants aux endroits habituels, mais sera peut-être surpris de constater l’absence de « dogmes » quant à l’agencement des Loges, de la disposition des autres officiers, et de certains points particuliers du rituel, notamment des déplacements, surtout s’il s’agit de très anciennes Loges. Les Frères américains s’accommodent très facilement de ces différences puisque la phraséologie est quasi-semblable. Un Frère 1er Diacre d’une Loge du Wisconsin peut très facilement occuper la même fonction dans une Loge de l’American-Canadian Grand Lodge en Allemagne, pratiquant le rituel Texan, après que le Vénérable Maître lui ait expliqué en quelques minutes comment se déroulaient les déambulations. Les questions-réponses entre officiers d’origines maçonniques différentes n’altèrent en rien les cérémonies puisqu’à quelques différences mineures près dans les formulations, ce qui est demandé et répondu est tout à fait compatible. Depuis l'«Affaire Morgan», soi-disant ancien capitaine, et prétendument assassiné par des Francs-Maçons le 11 septembre 1826 après qu'il ait menacé de révéler « les authentiques secrets du Métier», et face aux campagnes antimaçonniques que les Loges enduraient et à la multitude de faux- Frères en possession des attouchements et mots de tous les grades, les ateliers prirent l'habitude d'ouvrir, de fermer, et de traiter toutes les affaires administratives au grade de maître. Cette tendance est toujours largement pratiquée, même si beaucoup de Grandes Loges permettent aujourd'hui l'ouverture et la fermeture des travaux au grade d’apprenti. Sur le plan purement des rituels, les Grandes Loges ont toutes des politiques différentes. Certaines interdisent toute forme d’impression, justifiant cette décision par l’application stricte de l’Obligation solennelle que contractent les Apprentis. D’autres autorisent une impression codée où n’apparaissent que les premières lettres de chaque mot, ou de « Moniteurs ». D’autres enfin autorisent l’impression des rituels « en clair », comme la Grande Loge de Nova-Scotia, mais elles sont rarissimes. Ces restrictions créent, et ont toujours créé des difficultés certaines dans la transmission orale des rituels, obligeant les Loges à mettre en place un système d’instruction personnalisée des Frères. Rappelons que chaque augmentation de salaire est assujettie à la présentation d’un travail sur la bonne connaissance du grade précédent, sous forme de questions-réponses. L’absence quasi-systématique de support écrit a de tout temps obligé les Loges à utiliser les services d’un « mentor » pour accompagner les jeunes Frères, ou de mettre en place des Comités d’Instruction pour leur faire apprendre leurs « preuves de compétences » (proof of proficiency). La grande déperdition de membres, amorcée depuis les années 1960, aggravée par l’interdiction de publier les rituels, a obligé certaines Grandes Loges, comme les Loges placées sous leurs auspices, à modifier leur mode de fonctionnement. Il est maintenant devenu de plus en plus courant de voir s’organiser partout aux Etats-Unis des « one day class », où tous les candidats présentés par les Loges d’un Etat, ou de plusieurs Districts au sein d’un Etat, reçoivent ensemble les trois grades symboliques au cours d’une seule journée, conférés par une équipe de rituélistes confirmés et performants. Les Grandes Loges réfractaires au principe de la « one day class » ont organisé des « Degree Teams », au niveau National ou de District, pour aller conférer les grades dans les ateliers en difficulté. Au niveau des Loges, la pratique du « par cœur » étant de règle pour les officiers, il est extrêmement courant de voir aussi le même principe de « Degree Team » pour chaque grade, le Vénérable Maître en chaire n’ayant au pire qu’à ouvrir, fermer, et gérer les affaires courantes de la Loge. Les augmentations de salaire sont généralement très rapides, surtout en comparaison avec les rites continentaux européens, et il est très courant pour les Maîtres d’être élevés trois mois après leur initiation, mais rappelons que durant ce laps de temps, il a reçu une instruction personnelle et consistante. Tout ce qui précède s’applique également aux juridictions de grades complémentaires, principalement les Grands Chapitres d’Arche Royale, les Grands Conseils Cryptiques et les Grandes Commanderies, formant l’essentiel du « Rite York », et permettant aux candidats de progresser harmonieusement. Il semble que cette appellation de « Rite York » soit destinée à donner un pendant au Rite Ecossais Ancien & Accepté.

Introduction du Rite York en France

Les soldats du Corps Expéditionnaire Américain (AEF), commandés par le Général John J. Pershing, entrèrent en guerre aux côtés de la France à partir du 7 avril 1917. Ils emmenèrent avec eux neuf Loges Militaires, dont certaines travaillèrent en France jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918, et en Allemagne durant l’occupation. La dernière Loge Militaire, sous Patente octroyée par la Grande Loge de Virginie, cessa ses travaux en 1922. Nous ignorons si des Frères français participèrent ou non aux travaux de ces Loges américaines, mais il est avéré que Pershing et Joffre étaient tous deux des Maçons. Après la guerre, en 1929, les Officiers des forces armées américaines en poste à Paris créèrent un Chapitre de « National Sojourners » sous les titres et numéro distinctif de « Paris No. 98 », toujours en activité à ce jour. Ces clubs maçonniques, créés pendant la guerre de 1898 contre l’Espagne, étaient destinés à rassembler les Officiers et Sous-officiers Maçons épars, à la fois pour tisser un lien social entre les Frères et contourner certaines difficultés administratives, aggravées par l’éloignement et le turnover propre aux armées. En effet, et c’est toujours le cas aujourd’hui, la plupart des Grandes Loges américaines interdisaient la double appartenance, et les Frères étaient alors dans l'obligation de démissionner de leur Grande Loge d'origine, et muni d’un exeat, pouvaient alors demander leur admission dans une nouvelle Grande Loge. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les troupes américaines débarquent en France, à la fois dans le Sud et en Normandie, elles n’emportent pas cette fois de Loges Militaires, surement par le fait de l’existence de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et ses Colonies. Aux lendemains de la guerre, et en raison de l’adhésion de la France au Traité de l’Atlantique Nord amorcé en 1948, les troupes américaines et canadiennes des trois corps d’armée stationnées en France sont de plus en plus nombreuses, et comprennent beaucoup de Maçons désireux d’ouvrir des Loges sur leur lieu de garnison. La décision de transporter le siège du commandement général à Paris en 1952 renforce cette tendance. Comme ils en avaient l’habitude, nos Frères américains créèrent des clubs de National Sojourners, principalement entre 1953 et 1958, dans les grandes villes de garnison comme Fontainebleau, Châteauroux, La Rochelle et Poitier, et reçurent parallèlement des Patentes de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et ses Colonies. La plupart des Loges adoptèrent naturellement le rituel de la Grande Loge de Nouvelle-Ecosse, ou Nova-Scotia, qui avait l’avantage d’être celui de la Grande Loge de New York imprimé « en clair » en langue anglaise. Certaines Loges utilisèrent d’autres rituels, notamment californien et texan, retranscrits de mémoire par les officiers des Loges à partir du fonds commun de celui de Nouvelle-Ecosse. Comme le souligne à juste titre le TRF Michel Gortchakoff dans son étude du Rite York, les Loges « Lafayette No. 51 » et « Général John Pershing No. 62 », notamment, ont continué de fonctionner sans interruption avec le rituel de Nova-Scotia en anglais jusqu’en 1966. De la même manière, les Respectables Loges « Stability/Concorde No 29/42 » ont toujours travaillé en anglais, avec le rituel de la Grande Loge de Californie. L'Espagne, alors sous dictature franquiste, interdisait la pratique de la Franc-Maçonnerie sur son territoire, et les soldats américains des bases de l'OTAN se tournèrent alors vers la G.L.N.F pour activer des Loges près de la frontière, ce qui fut notamment le cas pour Liberty No 70, crée en 1960 à Biarritz, puis déplacée sur la base aérienne de Torrejon, près de Madrid. D'autres Loges, John J. Kestly No. 60 et George Washington No. 69 ont également fonctionné sur la base de Rota, près de Cadix. Après le départ des troupes de l’OTAN en 1966, la plupart des Loges « américaines » de la G.L.N.F en France, auxquelles appartenaient aussi des Frères français, ont continué de travailler à l’aide de traductions parfois approximatives des rituels pratiqués, dont celui de Nova-Scotia. Par la suite, de nouvelles Loges de la G.L.N.F décidèrent alors de pratiquer elles aussi ce rituel américain. Et citant à nouveau M. Gortchakoff : « (…) les nouveaux ateliers qui ont été créés, travaillant dans cet esprit, ont été dits également du Rite de Nova Scotia, mais du fait des adaptations à certains usages de la Grande Loge Nationale Française d'une part, et d'autre part d'improvisations rendues nécessaires par l'occultation de certains passages, par les approximations de traduction, et surtout par le manque de transmission orale dans la gestuelle (signes, saluts, déplacements, emplacements de certains symboles), par la mise en place de facto de certains usages, aucune des loges dites de Nova Scotia en France ne travaille réellement au Rite de la Grande Loge de Nova Scotia », même si l’essence, ou fonds du rituel, est bien purement américaine. Par la suite, de nombreuses traductions différentes du même rituel originel furent dispersées par les Frères au gré de la création des Loges, et plusieurs rituels différents sont encore en service aujourd’hui. L’oralité étant la règle dans les ateliers pratiquant le système américain, tout changement de rituel est très difficile à mettre en place puisque les Frères fondateurs d’une Loge importent naturellement le rituel qu’ils connaissent par cœur dans les ateliers nouvellement créés. Ainsi il n’est pas rare de voir, dans une même Province de la G.L.N.F, des ateliers « York » utiliser des rituels différents, certes très proches dans l’esprit, mais comportant suffisamment d'écarts en termes de phraséologie, de disposition des officiers ou de déplacements, pour qu'un réapprentissage partiel soit nécessaire.

Pratique du Rite York à la G.L.N.F et spécificités du rituel

Les Loges pratiquant le «rite York » sont immédiatement reconnaissables à la présence d’un Autel central encadré par trois chandeliers afin de marquer l'importance du Volume de la Loi Sacrée. En effet, le «rite York » est articulé autour de la Bible qui, à la différence des autres Rites, est placée au centre physique de la Loge, spécificité que l'on retrouve dans tous les grades du système. Son ouverture et sa fermeture, ainsi que les passages d'un Livre à l'autre, selon ce que commande le rituel, font l'objet d'un cérémoniel très particulière et unique dans le paysage maçonnique. Il n'est pas rare de voir d'autres Volumes de la Loi Sacrée, comme le Coran, la Torah ou les Upanishad, ou d'autres encore, disposés sur l'Autel central des Loges York, aux côtés de la Bible. Comme dans toutes les Loges, les Obligations solennelles se contractent sur la Bible. Toutefois, et il s'agit là d'autres spécificités du York, les déambulations se font également autour de la Bible, et les Signes du Serment, ou « Due Gard » font systématiquement référence aux positions des mains sur cette dernière. De même, de longs passages rituels rappellent aux candidats les obligations qu'ils doivent à la Bible, protection, étude des devoirs contenus, etc. Même si la coutume s'est perdue dans la plupart des ateliers de la G.L.N.F, il est toujours d'usage, dans toutes les Loges américaines, d'offrir une Bible dédicacée par tous les Frères présents aux candidats nouvellement élevés au grade de Maître Maçon.

Spiritualité du Rite York

Le rituel York insiste particulièrement sur la présence de la Bible dans la Loge, et donc dans la vie des Frères, en la plaçant au centre de l'atelier et au cœur même de l'engagement maçonnique. Une longue exhortation sur la Bible, unique parmi tous les rituels maçonniques, prend place immédiatement après l'Obligation solennelle du 1er grade et rappelle cette importance : « S’il arrivait jamais que l’athée, l’infidèle, l’irréligieux ou le libertin, puisse arracher la Bible de nos Autels, (...) alors nous ne pourrions plus prétendre au noble titre de Maçons Anciens, Francs, et Acceptés. Mais tant que cette Sainte Lumière brillera sur nos Autels, tant qu’elle illuminera le chemin que suivent les Francs-Maçons des rayons dorés de la Vérité (...), la Franc-Maçonnerie pourra vivre et exercer son influence bénéfique sur l’humanité. Montez donc une garde vigilante devant ce Livre de la Loi Sacrée et Immuable, comme s’il s’agissait de votre vie même. Défendez-le comme vous défendriez le drapeau de votre pays, vivez selon ses enseignements divins, avec son assurance éternelle d’une immortalité bénie ». Selon les grades, la Bible est ouverte à des passages différents, comme suit : Psaume 133, au grade d'Apprenti , Amos 7, au grade Compagnon, Ecclésiaste 12, au grade de Maître Maçon. Ce choix marque les étapes rituelles que traverse le candidat dans sa progression maçonnique et spirituelle, de la joie des Frères à se retrouver ensemble, jusqu'à la fin de l'existence. Ces passages sont également lus par le Chapelain lors des cérémonies de réception dans les trois grades. Loin d'être morbide, le concept de la mort inéluctable du corps physique et de la vie éternelle de l'âme est annoncée clairement dès le 1er grade, lors de la remise du tablier au jeune Frère Apprenti : « Il est désormais vôtre, à vous de le porter tout au long d’une vie honorable, et à votre mort, qu’il soit déposé dans le cercueil qui contiendra votre dépouille mortelle (...), et lorsque votre âme tremblante se tiendra seule et nue devant le grand trône blanc pour y recevoir le jugement des actes de votre vie terrestre, puisse-t-il être votre lot d’être accueilli par ces mots, de celui qui est le Juge Suprême : sois le bienvenu, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Seigneur ». L'omniprésence divine transparait également dans les décors des Frères et de la Loge, notamment par la présence d'un Œil-qui-voit-tout brodé ou imprimé sur la bavette des tabliers des Maîtres Maçons, et de la lettre « G » à l'Orient. Le Frère qui conduit les candidats est un Diacre (du mot anglais « Deacon ») et non un « Expert » comme on peut en trouver dans certaines traductions approximatives. Le mot Diacre est utilisé dans son sens premier et religieux de servant d'autel, d'assistant cérémoniel et de messager de la parole divine. C'est lui en effet, qui par ordre du Vénérable Maître, ouvre en grand la porte de la Loge pour l'entrée du candidat en déclarant : « Qu’il entre, au nom du Seigneur, dans cette Respectable Loge et qu’il soit reçu selon les formes anciennes et dûment établies ».

Ateliers complémentaires du Rite York

Le Rite York permet un parcours initiatique harmonieux au travers de ses différents degrés, à travers la Parole, perdue en Loge, retrouvée à l'Arche Royale, préservée au Cryptique, et sublimée à l'Ordre du Temple. Voici comment est organisé le système York en France.

Les Loges symboliques confèrent les grades d(e) :

§  Apprenti

§  Compagnon

§  Maître Maçon

Les Chapitres d'Arche Royale confèrent les grades d(e) :

§  Maître de Marque

§  Passé Maître Virtuel

§  Très Excellent Maître

§  Maçon de l'Arche Royale

Les Conseils Cryptiques, ou Conseils de Maîtres Royaux et Choisis, confèrent les grades de :

§  Maître Royal

§  Maître Choisi

§  Super-Excellent Maître

Les Commanderies de l'Ordre du Temple confèrent les grades de :

§  Chevalier de l'Ordre Illustre de la Croix Rouge

§  Chevalier de l'Ordre du Temple

§  Chevalier de Malte

§  Le Chapitre de l'Ordre Souverain des Chevaliers Précepteurs (O.S.C.P) confère le grade de Chevalier Précepteur aux Commandeurs (et Précepteurs) ayant présidé une Commanderie (ou Préceptorie) de l'Ordre du Temple, en sus de celle de Précepteur Installé.

Le Prieuré K.Y.C.H (Knights of the York Cross of Honour) confère le grade de Chevalier de la Croix d'Honneur York aux Frères ayant présidé une Loge, un Chapitre d'Arche Royale, un Conseil Cryptique et une Commanderie de l'Ordre du Temple.

Notons enfin l'Ordre de la Croix Rouge de Constantin et de ses Ordres agrégés du Saint Sépulcre et de Saint Jean l'Evangéliste, qui complètent harmonieusement les grades de Loge, de Chapitre, et de Conseil en leur donnant une signification chrétienne.

Source : www.glnf.asso.fr

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la GLTF et le GPORF ont signé un protocole d’accord

3 Novembre 2013 , Rédigé par GLTF Publié dans #histoire de la FM

Le 19 octobre, le Grand Maitre de la Grande Loge Traditionnelle de France et le Grand Prieur du Grand Prieuré des Ordres Rectifiés Français ont signé un protocole d’accord et de reconnaissance qui prévoit que :

1. Le GPORF reconnaît la régularité et l’autorité de la GLTF sur les Loges symboliques pratiquant le Rite Ecossais Rectifié du 1er au 3ème degré.

2. Il est admis que cet accord ne peut fonctionner qu’avec une parfaite compréhension entre les deux parties. Pour ce faire, elles organiseront au moins une réunion informelle par an, et plus en cas de besoin.

3. La GLTF s’engage à ce que tous les Frères des Loges pratiquant le Rite Ecossais Rectifié sous son obédience qui désirent intégrer une Loge de Maîtres Ecossais de Saint André soient informés des accords entre elle-même et le GPORF, afin qu’ils rejoignent les dites Loges du GPORF à l’exclusion de toute autre Juridiction.

4. Le GPORF assure la GLTF d’une pratique rigoureuse du Rite Ecossais Rectifié du 4ème au 6ème degré du Rite et dans l’application des rituels actuellement reconnus par les Grands Prieurés réguliers internationaux.

5. Cet accord implique une reconnaissance mutuelle des deux puissances maçonniques, la GLTF et le GPORF.

Ainsi, désormais, tous les Maîtres Maçons pratiquant le Rite Rectifié au sein des loges de la G.L.T.F., qui rempliront les conditions nécessaires et suffisantes, pourront aspirer à poursuivre dans la sérénité, leur parcours initiatique et spirituel au sein des Loges de Maîtres Ecossais de Saint André, des Commanderies et des Préfectures placées sous l’autorité du G.P.O.R.F.

Source : www.gltf.fr

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Image

3 Novembre 2013 , Rédigé par x Publié dans #Facebook

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Consécration de la RL France d'Irlande

2 Novembre 2013 , Rédigé par JP Publié dans #histoire de la FM

La consécration de la Loge France d'Irlande dans le Temple de la Grande Loge d'Irlande le 26 octobre 2013 a été immortalisée à travers une photo de circonstance. Apparaissent ici autour du Vénérable Maître de cette Loge franco-irlandaise, Jean-Claude Dorion, le député Grand Maître de la Grande Loge d'Irlande Douglas T. Grey et m'une des chevilles ouvrières de l'initiative, Michel Ducas.

Source : www.hiram.be

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Humour

1 Novembre 2013 , Rédigé par X

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Gérard de Villiers

1 Novembre 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Humeur

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Gérard de Villiers, l’Homme aux 200 titres et aux 120 millions de livres vendus est décédé hier soir. En 2009, il m’a dédicacé son livre « Pirates » avec « toute sa sympathie à un fidèle lecteur des SAS » et « un grand merci pour les l’aide apportée à Blade ». J’ai toujours été un admirateur fervent de cet auteur, adulé par les uns et décrié par les autres. Je possède les 200 titres de sa collection et sa capacité à être toujours dans l’actualité m’a toujours impressionnée.«Intrigué par ses sources, j'ai déjeuné deux ou trois fois avec lui, dit Hubert VédrineIl fait un travail de reportage à l'ancienne, cherche à comprendre sans juger. Ses descriptions brutes de fonderie, en rupture avec la doxa, sont proches de la réalité et sonnent juste. Sur un sujet spécifique, il est parfois meilleur que le ministre.»Trois semaines d'enquête sur le terrain ; un mois pour l'écriture et près de 300000 lecteurs par ouvrage depuis 1965. Un record de longévité, vanté par le New-York Times Magazine. Adieu Gérard, que le Grand Architecte te prenne sous sa Protection, tu vas me manquer. Ton héros, SAS le Prince Malko Linge va-t-il disparaître avec toi ? Il mériterai lui aussi de mourir droit dans ces bottes avec ses excès mais aussi sa grande fidélité à ses racines aristocratiques et à son château autrichien.

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