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Hauts Grades

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Hommage

14 Octobre 2013 , Rédigé par Légion Etrangère Publié dans #Chevalerie

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La pauvreté

14 Octobre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Parti des Pauvres Français

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L'Art Royal

14 Octobre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Pour aborder le sujet de I'Art Royal, il faut remonter dans le temps parce qu'aujourd'hui on n’en entend plus guère parler. Il semble que cette appellation date du Moyen-Age pour désigner en priorité l'activité des alchimistes, aussi parfois dénommée le grand art, avant de dériver vers certaines pratiques magiques, puis occultistes, avant de réapparaître dans la psychologie moderne, notamment dans les travaux de C.G. Jung. Les Francs-maçons eux, incorporent l'Art Royal dans l'étude des sujets maçonniques et ils se plaisent souvent à faire remonter leurs traditions jusqu'aux lointaines origines des premières civilisations. Je ne vais pas les décevoir ce soir puisque je vais remonter beaucoup plus loin encore, jusqu'à l'apparition de l'humain, non pas pour glorifier notre ordre mais pour tenter d'expliquer, si faire se peut, la démarche de l'Art Royal. L'apparition de l'homme, descendant de son cousin le singe, est caractérisée par deux phénomènes : le langage d'une part, et de l'autre, la confection des outils. Toute l'évolution humaine s'est développée à partir du langage et, ne l'oublions pas, de la confection des objets, d'abord des outils et des armes, puis de divers objets facilitant les tâches quotidiennes. C'est grâce à une conceptualisation, une représentation mentale tout d'abord, puis une mémorisation et une transmission entre les générations ensuite, que le phénomène humain s'est développé. Le langage semble avoir joué un rôle primordial dans ce développement, mais qu'en serait-il, s'il n'avait été accompagné par l'activité manuelle, par la réalisation des objets. En résumé, on pourrait dire que le langage a donné naissance à la théorie et, l'activité manuelle à la pratique, à l'artisanat. On oppose souvent la théorie à la pratique, on débat de la primauté de l’une sur l'autre, mais en fait le développement humain conjugue les deux, toute théorie nécessitant une vérification pratique pour être justifiée ou corrigée. Cette opération de mise en oeuvre forme ce qu'on appelle l'expérience. L'humanité d'aujourd'hui n'est donc que le fruit de ces milliards d'expériences accumulées par les individus et mémorisées au cours des siècles. Mais la théorie n'a pas toujours précédé 1'expérience. Souvent l'expérimentation donne naissance au concept théorique. De grandes découvertes sont parfois le fruit du hasard ou le résultat d'intuitions géniales. D’où proviennent-elles ? Le développement du génie humain s'explique facilement par la nécessité, par la volonté de survie. Nécessité fait loi, dit-on à juste titre, mais nécessité suffit-elle à tout expliquer ? Quelle nécessité de construire des temples, des cathédrales, de sculpter des anges, de peindre des madones ? Comment expliquer cet extraordinaire développement du génie humain, tout d'abord dans 1'architecture sacrée, des pyramides aux cathédrales, par le seul concept de la nécessité ? Les ouvrages militaires, les routes et les ponts, les habitations peuvent s'expliquer par le besoin de se défendre, de se protéger, mais l'architecture sacrée ? Jamais je ne me satisferai des explications freudiennes, des théories modernes s'évertuant à trouver une explication à l'inexplicable, se servant du refoulement ou de la peur des dieux pour tenter de justifier à bon compte l'apparition de tant de génie, de tant d'énergies consacrées à un ou des buts immatériels. Il faut aller chercher dans d'autres directions, moins réductrices que les explications psychanalytiques et matérialistes à la mode pour comprendre ces phénomènes. Depuis l'apparition des premières civilisations sédentaires, l'architecture et plus précisément l'art sacré font leur apparition, et révèlent les capacités créatrices des hommes. Les Assyriens, les Égyptiens, les Chaldéens, rivalisent de génie architectural pour exprimer leur dévotion, leur reconnaissance aux dieux, avant les grecs et les romains dont la démarche nous est plus familière. Tout cela en vain, selon les chantres du matérialisme régnant en maîtres sur la culture officielle d'aujourd'hui. Vraiment ? N'existe-t-il aucune autre explication à une telle débauche de génie créateur, dont nous sommes les lointains héritiers ? Tous ces édifices sacrés n'auraient aucun sens, aucune raison d'être ? Je ne le crois pas. Qu'ils aient perdu avec le temps leur signification originelle, je peux l'admettre, mais qu'ils aient perdu toute signification, je ne le pense pas. Leur message, qui formait le ciment de ces sociétés dont certaines ont disparues, nous interpelle encore, si nous voulons nous interroger au-delà des discours des penseurs matérialistes en vogue. Personne aujourd'hui n'accepterait en Europe, la destruction volontaire d'une cathédrale gothique, au nom de la sauvegarde du patrimoine. Mais savons-nous encore qu'au début du siècle passé, plusieurs églises romanes et gothiques ont été détruites, parfois seulement pour en récupérer les pierres comme à l'abbaye de Cluny, non loin de chez nous. Mais si ces cathédrales nous interpellent, ce n’est pas pour leur seule affectation religieuse, dont une minorité se soucie encore, mais pour leur valeur architecturale et sculpturale, pour un contenu que nous ressentons à défaut de l'expliquer rationnellement. Si cette valeur est contenue dans les pierres, elle a été déposée, inscrite par le maillet et le ciseau de la main de l'homme. L’œuvre, les chefs-d’œuvre de l'antiquité au Moyen-Age, sont les fruits du travail de l'homme, de la conjugaison du génie, de l'esprit, et du travail manuel, de la mise en oeuvre, de la mise en forme des pierres, des objets. orsque nous étudions ces chefs-d’œuvre, nous nous penchons sur des ouvrages achevés, que nous détaillons pour en comprendre les structures, la géométrie, la beauté, etc. Cette démarche est efficace, et nous apprend beaucoup. Quelques-uns vont plus loin encore et tentent de redécouvrir les techniques oubliées de mise en oeuvre de ces édifices colossaux, si l'on connaît les faibles moyens techniques des hommes du passé. Mais au-delà du résultat et des techniques de mise en oeuvre, il demeure quelque chose de constant, d'immatériel, qui a permis la réalisation de ces chefs-d’œuvre. Cette «chose», c'est le travail,  l'énergie consacrée à cette mise en oeuvre, cet effort de tous les ouvriers, du plus humble au dirigeant, du transporteur au maître maçon pour les cathédrales. Tous ces efforts, ces énergies domptées, maîtrisées pour oeuvrer dans une direction unique, malgré la diversité des travaux entrepris, voilà qui mérite réflexion. Nous savons que les récompenses étaient maigres pour les ouvriers, esclaves dans les temps reculés, miséreux, puis bénévoles. Les travaux n'étaient pas accomplis par tous avec enthousiasme, amour des dieux, mais plutôt par contrainte ou nécessité encore... Cependant, dans l'accomplissement des tâches, dans la qualité des tailles des pierres, dans la précision du travail, digne des maîtres horlogers, dans la beauté et le raffinement des sculptures, nous percevons une présence humaine ou surhumaine pour certains, cette présence de la mise en oeuvre, du bonheur de la tâche accomplie, de l'effort, de l'art... Il faut bien prononcer le mot et revenir sur son histoire pour mieux saisir son contenu, oublié ou dénaturé de nos jours. L'art. Le terme vient du latin et signifiait tout d'abord la science, le savoir, avant de devenir le moyen, la méthode, puis les aptitudes, l'habileté, le savoir-faire. L'art est donc un savoir-faire, ce que l'homme ajoute à la nature. Par extension l'art est devenu l'ensemble d'une méthode, d'une discipline, nécessitant un apprentissage en vue d'une pratique. Cette définition a été reléguée depuis le XVIIIème siècle à l'artisanat, réservant progressivement l'usage du noble vocable « art » aux artistes, à ceux dont la tâche exclusive est de produire le beau. Auparavant art et artisanat signifiaient une seule et même chose. La distinction entre artiste et artisan apparaît au XVIème siècle et sera consacrée plus tard avec la création des académies des Beaux-Arts. Cette distinction est issue de la culture européenne, de la Renaissance. En simplifiant, on peut dire que l'artiste se consacre à une oeuvre de beauté, inutile pour la survie, Partisan à un ouvrage utile dont la beauté est ornementale, donc secondaire. Au XIXème siècle cette distinction s'est enrichie d'une nouvelle catégorie entre Beaux-Arts et artisanat avec la création des arts appliqués, issus du monde industriel. Dans la première moitié de notre siècle finissant, on peut signaler la tentative de réunir sous un même toit Beaux-Arts et arts appliqués avec la création de l'institut du Bauhaus à Weimar, puis à Dessau, due à l'instigation de l'architecte Walter Gropius. Derrière cette tentative, se cachait peut-être le dessein de retrouver un art total, un Art Royal ? L'Art Royal est donc avant tout un art, c'est à dire un savoir-faire, une mise en oeuvre, une pratique, non pas une théorie. Il est lié à la vie même, à la fonction humaine, au devoir d'être humain. C'est la première constatation, la première certitude. La seconde a trait à l’œuvre, au chef-d’œuvre. La caractéristique du chef-d’œuvre, c'est d'aller au-delà de la simple fonctionnalité, d'être un ouvrage de transcendance, d’œuvrer vers quelque chose de plus que l'objet dans sa seule fonction usuelle. Pourquoi décorer une arme, pourquoi construire un temple, une cathédrale ? Pour remercier les dieux ? C'est une explication. Pour dominer le peuple, lui inspirer la crainte? Cela en est une autre, mais ces explications d'ordre stratégique ou politique ne nous apprennent rien sur les qualités exceptionnelles des artisans constructeurs. Les intrigues du Vatican n'expliquent pas les dons des sculpteurs et des peintres, la majesté de la colonnade du Bernin ni la beauté du plafond de la chapelle Sixtine exécuté par Michel-Ange. L'histoire de l'humanité conserve la trace des chefs-d’œuvre, elle rejette au rebut l'intrigue politique lui ayant parfois donné naissance. Et derrière la beauté de l’œuvre se profile le travail de l'artiste ou de l’artisan consacrant son énergie à la mise en oeuvre. Sans cette opération magique de la mise en oeuvre, pas de sculpture, pas de peinture, aucun chef-d’œuvre. Il existe des peuples sans art, sans transcendance, on les appelle barbares... Quelquefois, j'ai l'impression que le monde contemporain, qui refuse toute transcendance, qui ne s'intéresse qu'à l’accomplissement des besoins nécessaires à la survie, comme notre société de consommation mercantile, s'apparente de plus en plus au parcours de ces peuples barbares. Heureusement, dans nos démocraties diverses tendances cohabitent plus ou moins bien, mais elles cohabitent tout de même. L'Art Royal pour exister doit inclure une dimension transcendantale. Qu'elle soit qualifiée de religieuse, de mystique, de spirituelle ou plus simplement de fraternelle, l'Art Royal, tout comme l'art, recherche la beauté, déjà une forme de transcendance en elle-même, comporte une dimension transcendante. Par transcendance, il faut comprendre quelque chose de plus qu'une simple activité rationnelle, tournée vers une finalité pratique ou en vue de l'obtention d'un résultat concret, quantifiable, qu'il s'agisse d'argent, de reconnaissance publique ou de tout autre avantage précis. Ces éléments ne sont pas à rejeter, ils peuvent représenter une part importante des motivations de l'activité humaine, mais ne doivent pas être déterminants. L'orgueil, le goût du lucre ou la simple nécessité ne sont pas à condamner globalement, c'est lorsqu'ils prennent le dessus sur toute autre considération qu'ils peuvent devenir exécrables. La nécessité peut produire des chefs-d’œuvre, mais les chefs-d’œuvre puisent leur inspiration à une autre source que la nécessité. Il ne faut pas comprendre mon propos en vue d'une justification du religieux ou d'une idéalisation de la pratique de l’art, mais plutôt d'une démarche intérieure, ancrée dans 1'âme humaine, d'une capacité. A ce point de notre exposé, je peux dire que l'Art Royal nécessite au moins deux conditions : premièrement, la pratique d'un savoir-faire spécifique, adaptée à chaque forme particulière; secondement, la capacité d'une transcendance liée à cette pratique. Mais de quelle pratique et de quelle transcendance parlons-nous ? Tout le monde n’est pas artiste, l'Art Royal est-il réservé à une élite ? Non. Les explications présentées jusqu'ici illustraient une démarche, un cheminement appuyé sur des faits historiques. Pour aller plus avant, il faut actualiser le passé, c'est à dire accorder la prééminence de la démarche constructive, sur le résultat final. Autrement dit, les chefs-d’œuvre que nous ont légués ces générations de constructeurs, de francs-maçons opératifs, d'artistes, ont une valeur historique indéniable, mais leur secret réside, peut-être davantage dans leur élaboration, je précise dans l'instant présent de la mise en oeuvre de chaque pièce, plutôt que dans le résultat final connu de tous. L’œuvre nous prouve par sa présence qu'elle existe, mais elle prouve surtout la capacité contenue dans l'être humain de la réaliser. C'est sur cette capacité, ce déploiement de génie que va notre admiration et notre respect. Il faut donc pour apprécier l'art, reconnaître et apprécier l'effort de chaque artisan, artiste, maître constructeur. La capacité du faire pour faire, le bonheur de se sentir exister en tant qu'être humain, grâce à cette pratique, cette mise en oeuvre de toutes ces énergies contenues en chacun de nous. C'est au cœur de cette action que la transcendance intervient, sans calcul préalable de la part de l'homme. Elle s'approprie l'être dans l'instant de l'engagement, de la mise en oeuvre, de l'action. Mais ce discours a-t-il encore une raison d'être aujourd'hui, puisque l'artisanat est dépassé par l'industrie, elle-même dépassée par la robotique, l'électronique et autres processus de création contemporains ? Pour pouvoir répondre, il faut encore regarder en arrière, pas très loin cette fois-ci, et se demander pourquoi, ces capacités ont-elles disparues ? A quel moment cet artisanat de génie se perd-il ou à tout le moins se déplace-t-il vers d'autres secteurs ? Pour simplifier, on peut prétendre que ce moment commence avec l'abandon de l'architecture sacrée et de l’art sacré au profit de l'art tout court et de l'architecture profane. Lorsque le souverain prend possession du plus bel édifice, jadis consacré à ou aux dieux, pour en faire sa résidence, le temple consacré à sa gloire temporelle. La Renaissance marque à ce sujet le tournant historique du monde ancien et du monde moderne. La Franc-maçonnerie suit le mouvement mais ne le précède pas. Plutôt que de se mettre au service des monarques et des nobles, elle s'éloigne du monde actif, opératif, pour se retrancher dans un monde théorique, spéculatif. Les secrets de fabrication tombent en mains profanes et sont transmis par des modes devenus aujourd'hui conventionnels, c'est à dire par les écoles et les universités avec leurs professeurs, et les maîtres artisans pour les métiers de l'artisanat. En un sens, les universités et le professorat sont probablement la cause de la mort de la Franc-maçonnerie opérative. La laïcisation avant l'heure de l'art sacré marque la fin du secret de « fabrication » à l'origine des loges maçonniques du Haut Moyen-Age. La Franc-maçonnerie spéculative n'est-elle qu'un sursaut des anciens pour conserver quelques prébendes, supportant mal cette évolution? C'est une hypothèse, mais il en existe une autre, vers laquelle je pencherais plutôt. Lorsqu'ils ont vu leur savoir se répandre, comme une simple technologie, accessible à tous moyennant un apprentissage ou des études, les vrais maçons ont compris que le secret de leur démarche, leur foi, leur engagement intérieur dans le processus de l’action allait disparaître. Ils ont alors cherché à sauvegarder ce secret, et ont voulu sacraliser ce processus de création, à lui imprimer un contenu transmissible à travers un langage symbolique, le langage des outils, que les francs-maçons d'aujourd'hui rabâchent trop souvent sans prendre conscience de sa dimension cachée. Les anciens avaient compris que ce n'est pas en apprenant une technologie du dehors (comprenez par transmission théorique) que 1'on pouvait réaliser des chefs-d’œuvre, mais en y accédant de l'intérieur, par la mise en oeuvre, par la prise directe de l'expérience reliant l'homme à l'objet. Ce message, qu'ils ont tenté de sauvegarder et de transmettre avec un relatif succès, semble justifier, à mes yeux, l'essentiel de la démarche maçonnique spéculative, telle qu'elle existe depuis le XVIIIème siècle. Le secret de l'Art Royal me semble résider dans cette approche de l'intérieur, approche totalement négligée dans tous les enseignements contemporains. Aujourd'hui, malgré les dénégations de ses représentants officiels, la plupart des modes d'enseignement fonctionnent sur la théorisation des données, en fait sur le clonage pour utiliser un langage contemporain imagé, et les résultats de ces méthodes s'observent malheureusement partout. L'évacuation du moral, de l'être, de la dimension intérieure de l'homme, pour pouvoir mieux égaliser (au plus bas niveau) les humains, a déjà porté et continue de porter ses fruits amers. Heureusement d'autres disciplines semblent prendre la relève pour contrebalancer les effets pervers de cette éducation « objectivée » et purement théorique. Elles nécessitent cet engagement total de l'être, ce mariage sacré entre théorie et pratique, comme certains arts martiaux, lorsqu'ils sont bien compris, ou la pratique des arts comme la musique, et certains sports, dont on encense les élites. Cet engouement s'explique peut-être par le besoin d'accéder à un art supérieur, un Art Royal, c'est à dire un art dans la pratique duquel on ne triche pas. Peut-on dire que ces êtres pratiquent un Art Royal, alors qu'ils ne sont même pas Francs-maçons ? A vous de répondre si vous comprenez bien l'Art... L'Art Royal était à l'origine une pratique des alchimistes, dont le but vulgaire visait la transmutation du plomb en or. Derrière cette façade matérialiste, il y avait une symbolique. Tout d'abord, le symbole de l'or, du matériau inaltérable, incorruptible. Ensuite le symbole de la transmutation, de la transformation d'un état existant à un autre, fruit d'une mise en oeuvre dont j'ai déjà abondamment parlé précédemment. Enfin, le rôle de l'alchimiste, de  l'intervention humaine, rôle central, puisque ses dons, son engagement, son expérience, sa sagesse sont nécessaires au succès de l'opération. Tout le monde sait que l'alchimiste visait à une transformation intérieure, de son état vil, en un état nouveau, supérieur, voire immortel. Pour parvenir à cet état comparable à l'or, il faut devenir incorruptible, terme dévalorisé qui retrouve aujourd'hui un peu de son sens, après les innombrables scandales non seulement du monde financier, où les moyens et les buts se confondent souvent, suivis des scandales politico financiers ou seulement politiques, des promesses aux trahisons des politiciens, et, plus récemment des scandales de la corruption sportive, du dopage des actifs, aux pots de vin versés aux organisateurs de joutes ! Soudainement, il semble que la nécessité d'une éthique fasse son chemin aux yeux de l'opinion publique. Pouvait-on concevoir qu'un alchimiste triche avec ses formules pour obtenir de l'or ? Peut-on admettre qu'un sportif se dope en vue de surpasser ses concurrents ? Quelle émulation si les conditions d'un concours sont truquées ? Personne n'admet la tricherie, et pourtant elle règne partout ! Des lors, peut-on s'étonner des conséquences ? Cette quête du spirituel dans l'homme, d'une essence incorruptible, voire immortelle n'a pas disparu, elle a été évincée par une intelligentsia sans convictions, athée le plus souvent, dont les idées nous ont été imposées par des courants littéraires et pseudo philosophiques. Il n’est pas de mon ressort de poser la question de l'existence de Dieu, mais simplement de rappeler que la dimension spirituelle existe dans l'être humain, qu'il soit sportif, religieux et même athée. Ce courant de pensée matérialiste qui nous étouffe a trouvé sa principale justification dans sa lutte conte l'Église et ses prélats. Or, s'il était venu le temps de se défaire de 1'emprise des religieux sur la société, l'alternative purement athée n’est pas la solution toute trouvée pour la voie de l'humanité. Dans ce combat historique contre l'oppression divine, I'homme a pris progressivement la place accordée primitivement aux Dieux, puis au Dieu unique. Depuis la Renaissance, nous observons ce phénomène de divination de I'homme en parallèle avec l'éloignement de la présence divine. Les artisans étaient anonymes lorsqu'ils construisaient des cathédrales. Ils gagnèrent un nom, une signature à la Renaissance. Aujourd'hui, les artistes produisent peu, mais sont très célèbres et poursuivis par les journalistes jusque dans leurs chambres à coucher... Aux dieux anciens invisibles ont succédé des dieux contemporains de chair, mais rarement d'esprit. L'Art Royal s'accommode mal de cette « évolution », il se meurt, il est mort peut-être. Pour la culture officielle, il a rejoint les pratiques douteuses de la divination aux côtés de l'astrologie et d'autres pratiques occultes, il a basculé dans le camp de l'irrationnel. Car I'homme moderne se veut un être rationnel, scientifique, un être pour lequel tout a un sens, à tout le moins une explication. Mais l'irrationnel n'a pas disparu, il se tient de I'autre côté, que l'on qualifie d'inconscient, mais auquel on fait appel lorsque le rationnel n'apporte plus de réponse. Comment l'Art Royal peut-il exister dans ce monde rationnel, depuis que les alchimistes sont devenus de simples chimistes ? La séparation du spirituel et du temporel a-t-elle marqué la fin de l'Art Royal, pris entre deux voies, comme l'astrologie et l'astronomie se sont scindées, l'une devenant divination et l'autre science ? « Ce schisme, probablement l'un des plus importants de l'histoire humaine, s'il a servi le progrès de la science, n'a pas servi le progrès de l'Homme. Heureux scientifiques, pour lesquels l'histoire de l'homme est pratiquement achevée. Après la mort de Dieu au siècle passé et la mort de l'Art dans la seconde moitié de notre siècle, la mort de I'homme est déjà programmée... » La quête du réel qui gouverne la démarche des scientifiques ne doit pas se confondre avec la seule étude du monde matériel. La psyché existe, les travaux des psychanalystes en ont révélé une partie et de nombreux effets dans la vie des individus. Plus abstrait encore, le monde des idées, seule réalité pour certains philosophes comme Platon, façonne le monde. Le Communisme est une idée, une abstraction, mais sa propagation a influencé le cours de l'histoire contemporaine, et provoqué quatre-vingt millions de morts en moins d'un siècle. Est-ce une réalité ou une illusion ? Si l'idée est une illusion, ses effets ont été bien concrets. Si I'Art Royal est une illusion pour beaucoup, sa pratique, peut avoir également des effets bien concrets sur les individus qui sauront en comprendre la teneur. Il n'est pas une profession, mais peut s'exercer dans toutes les professions, il n'est pas physique, mais il influence le monde physique, comme les idées influencent les comportements humains. Certes il nécessite des qualités morales, que chacun possède au fond de lui, s'il ne nie pas sa conscience. Sa mise en oeuvre s'observe dans la sincérité de ses engagements, dans L'accomplissement de ses devoirs et de ses tâches et surtout dans le respect de son prochain. Car le réel ce n'est pas seulement l'objet matériel, le plomb transformé en or, la pierre brute taillée, le réel c'est le regard sur l'autre et aussi le regard de l'autre sur soi. Cette alchimie n'est pas une pratique dans un creuset perdu au fond d'un manoir isolé, c'est une mise en oeuvre dans nos actions quotidiennes, dans nos rapports avec les autres, non seulement dans ce que nous attendons d'eux, mais dans ce que nous leur apportons. Pour terminer, je vais illustrer mon propos d'un exemple simple. Lorsqu'un artisan, réalise un objet, il s'applique, il donne le meilleur de lui-même, son engagement transcende ses connaissances de son art, pour réussir le plus bel objet, le meilleur, qui fonctionnera le mieux, durera le plus longtemps etc. Cet état d'esprit dans lequel il entreprend son ouvrage, si de tels artisans existent encore, voilà la définition de I'Art Royal. Cet artisan ne va pas réaliser cet objet pour lui-même, ne dit-on pas que les cordonniers sont les plus mal chaussés ? Il va le réaliser pour un autre, il recevra son dû en échange, mais sa véritable récompense sera dans ce travail accompli avec amour. Et le regard de l'autre, du client à qui est destiné l'objet voilà l'ultime rapport avec la réalité. Ce n'est pas l'objet qui est la seule réalité, c'est l'approbation de l'autre. Lorsque nous disons en face de tous ces objets mal foutus, inutiles, devenus le lot du quotidien dans notre société, qu'une publicité intensive nous pousse à acquérir, « de qui se moque-t-on ? Nous avons le regard du client, de l'homme qui se sent floué par un échange trompeur, par un marché de dupes. L'un produit pour le seul but de dérober le bien de l'autre, en lui livrant un faux objet, un objet inutile, vide, sans "valeur". Autrefois, notre artisan transmettait quelque chose de plus avec son objet façonné dans les "règles de I'Art". Le langage exprimait la vérité des choses... Le bel ouvrage engendre le respect, et confère la dignité à l’artisan. Le Compagnonnage n'a pas définitivement perdu cette coutume que la Franc-maçonnerie a transposée sur le seul plan moral, démarche justifiée peut-être, mais plus difficile à vérifier. Seule la fraternité peut exprimer ce rapport, si elle est bien comprise, comme doit être compris I'Art Royal... La pratique de I'Art Royal sollicite la présence de l'homme, de l'être humain dans sa totalité, être de chair certes, mais être spirituel, l'un et l'autre formant ensemble une présence. Cette pratique exige de l'être un engagement sincère, une quête sans tricherie en vue de son accomplissement.

Source : www.ledifice.net

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Philosophie et religion

12 Octobre 2013 , Rédigé par x Publié dans #Facebook

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L'Epée de l’Expert

11 Octobre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

L'épée remonte à l'âge de bronze. L'époque à laquelle la métallurgie rendit son invention. Il est remarquable que l'épée ait acquit tout de suite une riche connotation symbolique. A l'âge de bronze, les épées étaient richement décorées (signification que cela n'était pas purement profane). Il y avait des traditions. Exemple: Une épée déposée sur un lit entre un homme et une femme était un symbole de chasteté (de pureté). L'Egyptien, à l'époque des Ramsès, représentait le pharaon dans une posture rituelle, une main levée pour saisir l'épée que lui tend un Dieu. L'épée longue était portée par des mercenaires, elle était également manipulée par des magiciens qui chassaient les démons. Une tradition chinoise : Quand une femme chinoise rêve qu'elle tire une épée, on dit qu'elle mettra un enfant au monde. Dans les rêves des femmes, celle qui possède une épée est un signe de chance. Dans les rêves des hommes, une épée qui tombe à l'eau, annonce la mort d'une femme. Au Japon, le Samouraï possédait 2 épées: l'épée longue « Katana » pour le combat, et l'épée courte « Wakizashi » pour le combat rapproché. En Inde, l'épée est le symbole de la guerre spirituelle du combat contre l'ignorance pour atteindre la connaissance et la lumière pure (c'est là le sens de l'épée de Ushnau). Tandis que l'épée d'Indra est la foudre qui illumine le monde !

Pour faire la différence entre l'épée traditionnelle et l'épée flamboyante, je ne pourrais simplement vous dire que cette dernière, à lame sinueuse, est réservée au Vénérable Maître qui, par cette force créatrice, arme et initie. L'épée, dans le monde profane, a traversé les siècles. Au 4ème siècle avant Jésus-Christ, un courtisan de Denys l'Ancien (Tyran de Syracuse) pour faire comprendre combien le bonheur des tyrans est fragile, fit suspendre, au cours d'un banquet, au dessus de la tête de Damoclès une lourde épée, attachée à un crin de cheval. Vous comprendrez là cette signification du danger permanent qui menace une apparente prospérité. L'épée fut toujours le symbole de la force et de l'attribut essentiel de la reconnaissance en passant de Jeanne d'Arc, aux seigneurs, aux croisés, aux chevaliers du temple, aux religieux, aux militaires de la chevalerie jusqu'à nos jours pour les escrimeurs, les élèves de polytechnique et aussi de l'épée l'apparat des membres de l'institut de France (Académie). Rappelons pour mémoire également des noms d'épées célèbres, Excalibur, Durandal, Joyeuse... dont les vertus sont magnifiées dans des récits mythiques ou historiques. Par conséquent, l'épée, à travers les siècles n'avait pour but, à ceux qui la portaient, de faire des principes, des lois et de montrer leurs forces.

En maçonnerie, si doué soit-il en symbolisme interprétatif, le franc-maçon n'entre dans les profondeurs de la « forêt » des symboles maçonniques qu'après de nombreuses années de travail intérieur, plus intuitif que déductif au demeurant. S'il n'est pas doué et s'il ne travaille guère, il ne comprendra rien ou presque, à ces symboles et se privera d'une culture offerte mais négligée. Or, cette négligence se remarquera peu dans la loge quand l'expert ou le maître de cérémonie se trompera de sautoir. Mais cela arrive ! Le sien ou celui des autres officiers, il prendra n'importe quelle épée ou tiendra mal la bonne épée, bref, quand il ignorera les significations ésotériques de ses attributs. L'expert possède par conséquent une épée spéciale. C'est un attribut manuel et pectoral. L'expert pourvu de son épée spéciale se sépare rarement de cette dernière lorsqu'il quitte son siège. Cette arme blanche, attribut essentiel du frère expert, doit-on en déduire que ce maçon, à la différence de ses frères, officiers ou non, n'a pas une vocation de constructeur pacifique ? En premier lieu, il n'est pas le seul officier à posséder une épée en loge, le Vénérable Maître et le couvreur en ont également une à leur disposition. En deuxième lieu, il faut savoir que l'attribution d'une épée à ces trois officiers est une pratique assez récente. A partir du règne de Louis XV, tous les frères portèrent l'épée du côté gauche dans un fourreau. Elle symbolisait alors l'égalité sociale des maçons de l'époque qu'ils soient nobles ou roturiers. Aujourd'hui, elle est portée collectivement, dans les loges au Rite Ecossais Rectifié, hors de son fourreau, elle est tenue en main par tous les frères travaillant à ce rite ; pointe basse en position de repos ou autrement sur ordre du Vénérable Maître. Aux autres rites, il ne reste du passé que deux choses : une rosette à l'extrémité du baudrier de maître, souvenir de l'entrée du fourreau et une épée à la disposition des frères des colonnes ne s'en servant plus que pour l'initiation. En troisième lieu, il va de soi que les fonctions de Vénérable Maître, d'expert et de couvreur ne sont pas les mêmes. Leurs formes ne l'étant pas non plus. C'est flagrant pour l'épée flamboyante (épée plate à double fil) comme pour l'épée pointue du frère expert et couvreur. Cette dernière observation va me permettre de développer une interprétation symbolique de l'épée du frère expert que nous ne sommes pas les seuls maçons à soutenir. Le genre d'épée de l'expert se déduit soit de la forme de l'arme, soit de l'office de ce dernier. Lame pointue et courte, large, plate et double fil coupant du moins en donne-t-elle l'impression de loin. Cet officier la tient de façon quasi constante même assis, et il ne s'en sépare que rarement, quand il est debout. Il s'agit d'une arme offensive qui tranche. C'est-à-dire un glaive de combat. A l'énoncé de cette affirmation, je ne doute pas de la surprise ressentie par mes soeurs et mes frères, c'est pourtant à partir d'un tel combat que je vais vous l'expliquer. A l'instar du fil du glaive, le combat en question est double :

- « liturgique », l'un a trait au respect du rite,

- « ésotérique », l'autre a trait au respect de la progression initiatique.

Toute atteinte à l'esprit des rituels comme toute entrave à l'amélioration morale doit être combattue. Le glaive du frère expert symbolise ces combats et le maître officier porte ce nom parce qu'il a personnellement l'expérience de tels combats (expérience seulement supposée dans la grande majorité des cas). Historiquement cette appellation proviendrait du 18ème siècle lorsque le couvreur et l'expert tuilaient et initiaient. Je crois plus volontiers qu'ils étaient déjà d'incorruptibles gardiens du rite et peut-être aussi des officiers qui veillaient à ce que l'instruction des apprentis et compagnons soit donnée par les Surveillants, et qu'ainsi, s'il y avait défaillance des apprentis et compagnons, elle soit rectifiée. (Méditez chères soeurs et frères des colonnes du nord et du midi). Le combat, dont le glaive est le signe matérialisé, se situe en premier lieu au centre de toutes les initiations, à la connaissance de soi, clé du savoir intérieur, de la compréhension des autres. Combat de la pierre brute s'efforçant de devenir pierre cubique. Il se situe, en second lieu, au centre des sociétés humaines, combat de l'éthique collective contre les violences collectives. Le combat de l'ange contre le démon, de la lumière contre les ténèbres. L'épée du frère expert est, par conséquent, un glaive de lumière qui chaque fois que l'officier se lève ou se déplace dans le temple, lame brillante dressée, capte les regards des initiés pour leur rappeler que la perfection morale de l'homme est une lutte incessante, chaque jour nouvelle, judicieuse à tout instant, contre son petit moi imparfait et aussi un affrontement quotidien avec les injustices et les inégalités avérées, les abus manifestes du pouvoir, les atteintes à la liberté d'opinion, une lutte et un affrontement jamais achevés.

Le glaive est-il globalement perçu ainsi ? L'assemblée des maçons lui porte-t-elle quelque attention visuelle, surtout quand il est mal tenu par le frère expert ? Rien n'est moins sûr. L'initié découvre le glaive, ne dépend alors que de lui et aussi à l'aide de ses frères, d'une manière intelligente de s'en servir pour reconstruire son caractère inné et acquis pour combattre ce qui empêche celui-ci de « tourner rond ». Lorsqu'il y aura plus de moteurs psychiques qui tourneront ainsi que de moteurs qui tourneront mal, la société humaine tournera un peu plus rond elle aussi. Le glaive du frère expert n'est ni une épée d'opérette ni un canif, cet instrument est un symbole parmi d'autres symboles. La soeur ou le frère ne pourra oublier qu'elle ou qu'il a été parmi plusieurs éléments symboliques initiés grâce à une autre épée de lumière, différents de celle de l'expert et qu'elle flamboie comme le soleil dont elle a la couleur et comme l'étoile dont elle a le rayonnement. Il ne saura oublier, comme le frère expert armé, comme lui défenseur de la loi morale inscrite dans les constitutions d'Anderson et pourfendeur des obstacles qui ralentissent en lui l'application de cette loi. Qu'il oublie de se munir de son glaive intérieur ou qu'il utilise mal celui du frère expert présent à chaque tenue lui montrera l'usage qu'il doit en faire dans la loge et dans la vie de tous les jours. A cela, rien d'étonnant dès lors que le frère expert ait longtemps été surnommé « frère terrible »

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L’Epée

10 Octobre 2013 , Rédigé par M\ D\ Publié dans #Planches


INTRODUCTION

1. Les origines de l’épée
Au néolithique, apparaissent les premières armes, en silex, ce sont principalement des armes de chasse puis de guerre. 3000 ans avant notre ère l’âge de bronze ces armes sont alors fabriquées en bronze.
Vers 1800 avant J.C. les forgerons allongeront la lame et apparaît la première épée. Celle-ci sera l’œuvre des armuriers de la vallée du Rhin. Sa mode va alors s’étendre partout en Europe, car à l’indéniable élégance de sa lame élancée, son pommeau finement ciselé de croix et de chevrons, s’ajoute l’avantage, redoutable au combat, de maintenir l’adversaire à distance évitant le corps à corps.
Cette première épée n’évoluera pas tellement dans le temps avec la découverte du fer. Vers 600 avant J.C elle devint à la fois plus légère et plus solide, mais de nos jours elle est pratiquement toujours la même seul son usage et sa destination ont changé.
A l’origine l’épée est une arme et sert à combattre c‘est avant tout un symbole militaire.
C’est aussi un symbole royal et chevaleresque marquant le pouvoir et la noblesse du personnage.

2. L’Épée dans le monde profane, dans les religions : ses légendes.

Citons quelques légendes attachées à l’épée mais ce n’est pas le propos d’aujourd’hui que de décrire l’épée à travers les légendes.
Rappelons-nous l’épée de Siegfried, celle du Roi Arthur dans la légende des Chevaliers de la Table Ronde ainsi que de l’épée de Perceval. Souvenons-nous aussi des chansons de geste ainsi que de la légende de Roland et d’Olivier à Roncevaux.
Dans l’art combien de peintures et de sculptures ne représentent-elles pas de nobles guerriers le bras armé d’une épée tel saint Georges terrassant le dragon.

Dans cette tradition chrétienne, l’épée est une arme de noblesse appartenant aux chevaliers et aux héros. Leurs épées sont personnalisées et portent un nom : « Joyeuse » pour Charlemagne ; « Durandal » pour Roland ; « Nothung » pour Siegfried, et la fameuse «Excalibur » pour le roi Arthur.
Dans l’Ancien Testament on la retrouve : dans la Genèse «le Seigneur Dieu mit des chevaliers dans le jardin des délices qui faisaient étinceler leur épée de feu pour garder le chemin qui conduisait à l’arbre de vie. » L’épée des gardiens d’Éden.
Dans l’Évangile de Matthieu (X, 34) le Christ dit :
« Je ne suis pas venu pour apporter la paix mais l’épée. »

On a coutume dans le monde occidental de considérer l’islamisme comme une tradition essentiellement guerrière, et, par suite, lorsqu’il est question de sabre et d’épée, de prendre uniquement ce mot dans son sens le plus littéral sans même penser à se demander s’il n’y a pas là en réalité quelque chose d’autre. Mais nous essaierons de répondre à cette question plus loin.
La tradition hindoue elle-même, qui certes ne saurait passer pour spécialement guerrière, puisqu’on tend plutôt en général à lui accorder peu de place à l’action, dans le Bhagavadgîtâ on peut se rendre compte de cet aspect guerrier. L’épée elle-même peut-être regardée comme une arme à double tranchant, la dualité y étant marquée dans le sens même de l’axe, il faut y voir une allusion plus directe aux deux serpents s’enroulant autour du bâton ou du caducée.
Dans son remarquable livre « Symboles fondamentaux de la science sacrée » René Guénon écrit :
« Sous l’aspect guerrier l’épée, à moins d’être aveuglé par certains préjugés, il est facile de comprendre dans le domaine social que la guerre est dirigée contre ceux qui troublent l’ordre et qu’elle a pour but de les y ramener, constitue une fonction légitime, qui n’est au fond qu’un des aspects de la fonction de justice entendue dans son acception la plus étendue. Cependant ce n’est là que le côté le plus extérieur des choses, donc le moins essentiel : au point de vue traditionnel, ce qui donne à la guerre ainsi comprise toute sa valeur, c’est qu’elle symbolise la lutte que doit mener l’homme contre les ennemis qu’il porte en lui-même, c’est à dire contre tous les éléments qui, en lui, sont contraires à l’ordre et à l’unité. Dans les deux cas, qu’il s’agisse de l’ordre extérieur et social ou de l’ordre intérieur et spirituelle, la guerre doit toujours tendre également à établir l’équilibre et l’harmonie et « c’est pourquoi elle se rapporte proprement à la justice », et à unifier par là d’une certaine façon la multiplicité des éléments épars et en oppositions entre eux. Cela revient à dire que son aboutissement normal, et qui est en définitive son unique raison d’être : c’est la Paix. »

Mais revenons à l’Epée de justice.
Son symbolisme n’est pas toujours évident, entre l’Epée elle-même le fléau supportant les plateaux et la déesse justice quel est le plus fort de ces symbole ?
Chacun a sa force et son importance.

Pour commencer prenons la Déesse justice :
Elle est aveugle, cela empêche t’il qu’elle soit juste et égalitaire ?
Je ne le pense pas.
Il me semble que cela lui permet au contraire de ne pas se laisser influencer par les contingences extérieures (tout comme nous le faisons pour nos travaux, nous laissons nos métaux à la porte du Temple afin de pouvoir nous concentrer sur nous même).
Elle ne doit pas être influencé par ses préjugé, ni par aucun autres éléments susceptibles de perturber son jugement.
C’est pourquoi elle se doit d’être aveugle afin de bien pouvoir remplir son office.

Puis vient le Bras et les plateaux :
Que dire sur ce double outil ?
Le bras soutien et l’on place les charges et les décharges sur l’un et l’autre plateau.
Ils symbolisent le fait que pour pouvoir rendre la justice il faut être prêt à sacrifier une partie de ce que l’on est ou de ce que l’on possède afin de faire en sorte que le justiciable puisse être remis dans ses droits.
En effet, la justice sous entend que celui qui a été lésé soit remis dans son droit, et donc que cela coûte à quelqu’un, une personne, la société…
Le principe de justice ne peut exister sans principe de réciprocité, et sans soucis d’égalité.

Puis vient l’Epée :
Le premier symbole qui me vient à l’esprit, est l’Epée de SALOMON.
Bel exemple de justice, proposer de couper un enfant en deux afin de départager deux femmes qui se dispute la maternité d’un même enfant. Et celle qui en est réellement la Mère préfère voir son enfant vivre avec une inconnue plutôt que de le voir mourir.
Je lui associe également d’autre symbole. De part sa forme, elle est à lame droite qui me rappel le fil à plomb.

Revenons dans notre histoire pour citer la place prépondérante de l’épée au cours du Moyen Age au cours des tournois, des croisades.
Enfin arrive le 17ième Siècle avec ses duels et apparaît alors les premiers sabres équipant les régiments de cavalerie, dragons, hussards et cuirassiers.
Dès cette époque, l’épée, en dehors des duels ne sert plus que d’arme de parade. Elle symbolise l’état social ou la fonction de celui qui la porte. Elle représente avant tout la noblesse.
Rappelez vous du film de Sacha Guitry «si Versailles m’était compté », où l’on voit les gens du peuple assister au repas du roi ayant loué chapeau et épée, afin d’être vu par le roi.
Ainsi la coutume du port de l’épée se perpétue jusqu’à nos jours en étant portée par certains corps d’armée, de grandes écoles, des académiciens et j’en passe au cours d’événement exceptionnels.

3. L’Épée en Maçonnerie :

Cette arme ancienne doit être examinée sous deux aspects :
1. L’Épée flamboyante du V\M\
2. L’Epée de l’expert
3. L’Epée du couvreur
4. L’Épée traditionnelle en Maçonnerie symbolique.

L’Épée Flamboyante :

Cette épée est constituée d’une lame sinusoïdale qui représente le mouvement ondulatoire de la flamme intérieure qui doit exister dans le tréfonds du cœur de chaque Maçon.
C’est l’épée du Vénérable Maître en chaire, cette dernière a deux significations principales :

A. Celle de la création ;
B. Celle de la purification.

En maçonnerie, l’épée flamboyante sert principalement à la consécration de tout récipiendaire. Cette épée n’est pas une arme mais un instrument de transmission et c’est pourquoi, reprenant le rite de réception adopté par l’ancienne Chevalerie, le Vénérable Maître, lors de la consécration d’un récipiendaire, place l’épée flamboyante sur la tête, l’épaule gauche, l’épaule droite du candidat cette consécration étant réalisée sur les paroles rituelles (mots dit : je vous crée, constitue, et reçois FM) accompagnées de trois coups frappés par le maillet du Vénérable officiant à chaque invocation sur l’épée, le néophyte est ainsi consacré, et, est devenu franc-maçon.
A signaler que l’épée est tenue de la main gauche et le maillet en main droite symbole binaire féminin masculin … mais ne nous égarons pas.
Sa forme sinusoïdale à double tranchant peut être assimilé au caducée et sa forme ondulatoire rappelle le mouvement de la flamme ou du serpent symbole du savoir, de la pensée créatrice, de l’activité.
Le V.M. tel Hermès montre au récipiendaire le feu sacré de la véritable connaissance.

L’Épée traditionnelle à lame droite

Cette lame est tenue traditionnellement par chacun des membres de la loge non seulement lors de la consécration d’un nouveau Frère, mais à l’occasion de toute cérémonie officielle réception des dignitaires, manifestations maçonniques, etc.
Ces épées sont tenues de la main gauche par les membres de la loge, exception faite à l’Expert qui la tient de la main droite, afin de permettre aux frères l’accomplissement du signe d’ordre par la main droite. Et exception faite aussi lors d’une initiation lorsqu’on retire le bandeau au néophyte.

A titre anecdotique Philippe Égalité qui après avoir trahi le roi en votant sa condamnation à mort, par peur de la terreur, alors qu’il était Grand Maître du Grand Orient, trahit la Maçonnerie et fût bannit de cette dernière et son épée fût brisée. Voir en cela le livre de notre T.I.F J.J GABUT : « L’Église, les Religions, la Franc-Maçonnerie » ;

4. L’Épée dans notre rituel au REAA

Du point de vue historique, l’emploi de l’épée dans les loges maçonniques date du XVIIIème siècle. C’est à dire dès l’origine de la Maçonnerie spéculative cette mesure prise en vue d’appliquer dans les loges les principes d’égalité qui, alors, exprimaient ceux de la liberté.
Outre le tablier et les gants le Maître Maçon est décoré d’un cordon dit «écharpe » qui se porte de l’épaule droite au flanc gauche.
Cette écharpe pour le REAA est bleue bordée de rouge.
Chacun sait qu’au cours des années qui ont précédé la Révolution Française de 1789, un grand mouvement s’est éveillé en France, sous certains vocables dont les plus prestigieux ont été ceux de Liberté et d’Égalité. Plus tard en 1848 viendra le mot Fraternité.
Or, à cette époque, se trouvaient dans les loges Maçonniques des hommes de toutes origines, de toutes conditions sociales, lesquels se réunissaient sur un pied absolu d’égalité.
C’est ainsi que sous Louis XV, se réunissaient des aristocrates, et même des membres de la famille royale, des prélats, des bourgeois, des militaires, des artisans s’y côtoyaient, tous sans préséance ni distinction de rang.
Pour mieux marquer cette égalité, nos anciens ont eu recours à certains symboles que la Maçonnerie «moderne » a conservés, comme celui du port de l’épée, alors que dans la vie sociale seule la noblesse avait ce droit.
Poursuivant l’application de ces principes d’égalité et de fraternité si chers à la Maçonnerie, celle-ci a alors adopté pour les Maîtres Maçons le cordon bleu semblable au cordon de l’ordre le plus élevé de l’époque de la Monarchie française : « Le Cordon du Saint-Esprit ». D’où l’appellation toujours d’actualité des loges « Bleues. »
C’est la raison pour laquelle, depuis cette époque, les Maîtres Maçons portent dans leurs travaux et cérémonies ce cordon et cette épée autrefois apanage des nobles et aujourd’hui des Maîtres Maçons, nobles par le cœur et par l’esprit.
Quant à notre cordon bleu bordé de rouge j’émets l’hypothèse que c’est grâce à notre FF Bailly de la loge des 9 sœurs, président de la Constituante puis maire de Paris il aurait fait mettre sur les cordons les mêmes couleurs que la cocarde remise au roi lors de sa venue à Paris. A titre anecdotique ses derniers mots lorsqu’il est monté sur l’échafaud furent :
- Tu trembles ? Lui demanda son bourreau
- Mon ami c’est que j’ai froid.
Ces deux attributs l’épée et le cordon, héritier du baudrier ont vu donc leur apparition à la naissance même de la maçonnerie spéculative .En effet on voit mal nos anciens opératifs avec ces outils tracer les plans d’une cathédrale.

5. Le symbolisme de l’épée et du cordon :

Ces deux décors devinrent donc au XVIIIieme siècle la reconnaissance entre les FF de la liberté et de l’égalité. Les inégalités dues à la naissance étaient laissées à la porte du temple. Égalité certes, mais le port et de l’épée et du cordon implique aussi la notion de nivellement par le haut : ce n’était pas les nobles qui prêtaient leurs cordons ou leur épée, mais au contraire les FF de basse souche s’en emparaient, se hissant symboliquement au plus haut niveau. Il en est toujours de même dans nos loges bleues où par le travail et l’effort, et la réflexion tout FF peut s’élever.

6. Nos rencontres avec l’épée à travers notre rituel.

Lors de notre initiation au 1ier degré symbolique c’est la première fois que nous avons cette rencontre un peu paradoxale au 21ième siècle.
Une Épée mais qu’est ce que cela vient faire là se dit on.
Dés l’entrée du temple, dès qu’il a franchi la porte basse la postulant a, appuyé sur sa poitrine l’épée du FF Expert et le V.M. lui dit « monsieur cette épée que vous sentez sur votre poitrine est toujours levée pour punir le parjure. Elle est le symbole du remords qui déchirerait votre cœur si deveniez traître à la fraternité dans laquelle vous avez demandé d’être admis. »
La seconde fois l’épée est vue par le néophyte. C’est en effet au moment où le bandeau lui est retiré et où tous les FF sont debout et dirigent leurs épées en main droite vers le néophyte, le V.M. dit alors : « Néophyte, ces épées que vous voyez tournées vers vous vous annoncent que tous les FF voleront à votre secours au moment du danger ; mais elles vous annoncent aussi que, si vous trahissiez votre Serment, vous n’échapperiez pas à la vengeance de tous les FF répandus sur la terre et qui ont juré de punir le parjure. »
Enfin lors de l’adoubement du néophyte par le V.M. Qui crée, constitue et reçois le nouvel apprenti.

À chaque tenue l’épée fait partie de notre rituel et est tenue en main par le V.M. et le FF couvreur de la main gauche et par le FF Expert de la main droite.
Notre F\ Expert la tien en main droite car il est le seul a pouvoir se servir de son Epée.
Rituellement le F\ Couvreur doit se tenir à l’ordre avec son Epée en main Gauche.

Pour conclure
Elle symbolise les significations de création, d’initiation, de recréation, celle de la purification ou d’expiation. Elle peut être l’esprit et la matière, la vie ou la mort, le bien le mal, l’éclair et la foudre, la force et la sagesse, la création et la destruction, la protection et la punition. Elle protège et met en garde .

Vénérable Maître j’ai dit.
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L’Epée Flamboyante

8 Octobre 2013 , Rédigé par P\ V\ Publié dans #Planches

« Février de cette année là » chantait Maxime Le Forestier… Fin février 6009, le 27 exactement, planchait le F\ P\V\. Le voilà se replongeant dans son rituel du premier degré pour, de l’Epée Flamboyante, tenter de cerner ses secrets…»

1°) Que nous dit le Rituel du R\E\A\A\ à ce sujet ?

Dans le chapitre relatif à la Décoration de la L\, il est précisé, qu’à l’O\, sont disposés sur le plateau du V\M\ : la Patente constitutive de la L\, l’Epée Flamboyante, un maillet et un candélabre d’une étoile.
A l’ouverture des travaux, sur demande du V\M\, le Couvreur, armé de son glaive, protège la L\extérieurement.
Après l’annonce « Il est midi plein », l’Expert suit le M\D\C\, tenant son glaive de la main droite pour l’allumage de l’étoile se trouvant sur le plateau du V\M\
Une fois allumées les lumières des 3 colonnettes, tous les F\ étant à l’ordre, lorsque l’Expert et le M\D\C\ croisent l’épée et la canne au-dessus de l’Autel lors de l’Invocation, le V\M\, tenant son maillet de la main droite sur son cœur, élève l’Epée Flamboyante vers le ciel à la verticale et dit : « A\L\G\A\D\U\, je déclare ouverte… ».
Puis il redescend lentement et verticalement l’Epée Flamboyante jusqu’à frapper son plateau du pommeau de l’Epée avant de l’y déposer
Lors de la fermeture des travaux, se déroule un cérémonial identique
Lors de la tenue, l’Expert, précédé par le M\D\C\, après s’être rendu entre les colonnes, pose son glaive en s’agenouillant pour tracer et effacer le tableau de L\
Lors de la réception d’un A\ le Couvreur stoppe net l’entrée du profane du plat de son glaive en disant : « Quel est cet audacieux qui ose venir troubler nos travaux ? » et le M\D\C\ intervient aussitôt par cette parole : « Mon F\, retenez votre glaive, je vous en conjure ! »
Au moment de l’annonce de l’entrée du profane dans le Temple, le V\M\ s’exclame : « Mes F\ ! Armez-vous de vos glaives… Le V\M\ précise alors que « ce fer toujours levé pour punir le parjure… »
Une fois la confiance en Dieu déclarée par le profane, le Couvreur cesse de tenir la pointe de son glaive sur le sein du profane.
Lors du second voyage, celui de l’Eau, le profane sera soumis au son du cliquetis de glaives frappés l’un contre, symbole du combat.
Au moment du deuxième serment, le Serment Solennel, l’Expert et le M\D\C\ croisent épée et canne au dessus du récipiendaire et le V\M\ s’exclame : « Mes F\, debout et à l’ordre, glaive en main ! ». Durant cette Obligation Solennelle tous les F\ présents resteront debout, glaive en main gauche.
Le bandeau momentanément enlevé, le néophyte va découvrir face à lui une unité d’hommes à la verticale pointant la pointe de leur épée tenue de la main gauche ; l’Expert, isolé devant l’Autel des Serments, dirige son épée, tenue de la main droite, vers le parjure.
Le V\M\ déclare alors « Néophyte, ces épées ne menacent point votre personne…mais si vous trahissiez votre serment vous ne trouveriez…que des vengeurs… »
Au moment de la chaîne d’union, le V\M\ confie : « Plus d’épées menaçantes tournées contre vous… ».
Lors du 3ème serment tous les F\ sont à l’ordre, épée en main. Le V\M\ tient l’Epée Flamboyante de la main gauche, la lame très légèrement au-dessus de la tête néophyte, prêt à frapper sur la lame les 3 coups de maillet accompagnant la consécration par laquelle il « CREE, CONSTITUE et RECOIT » le nouveau F\
Cette lecture pose de nombreuses interrogations : il est fait mention de l’Epée flamboyante du V\M\, de la canne du M\D\C\ et des glaives ou épées de l’Expert, du Couvreur et des F\
Les fers à l’usage du V\M\, de l’Expert, du Couvreur et enfin des F\ de la L\ ont – ils, la même origine, la même fonction, la même signification ? Pourquoi l’épée est-elle tenue main gauche, main droite ? Quel lien avec la canne du M\D\C\ ?

2°) Essai de réponse à ces questionnements

Irène MAINGY précise que les premières épées étaient courtes et épaisses avec une lame en forme de glaïeul, d’où le nom de glaive.
Le glaive serait l’attribut du soldat (arme guerrière destructrice) mais aussi celui du législatif, de la Justice (symbole de la puissance positive)
L’épée serait réservée au chevalier avec le rite principal de l’adoubement.
Epée ou glaive quelque soit le terme utilisé, il convient de faire certaines constatations et de les analyser.
En L\ toutes les épées sont tenues de la main gauche (côté passif) sauf celle du Couvreur qui a en charge de veiller à la porte du Temple et d’écarter tout profane de même que le glaive de l’Expert pour la protection du Rituel (côté actif).  Le glaive tenu par les F\ de la L\ est une arme qui va intervenir lors du 2ème voyage de l’A\ lors de la cérémonie de réception : le cliquetis des fers symbolise le combat des hommes pour vaincre et triompher de ses passions et de celles de ses F\ De même ce glaive va être dirigé vers le Récipiendaire lorsqu’il reçoit la Lumière. Il s’agit alors d’un double signe : d’une part la transmission de l’énergie bénéfique de tous les membres de la L\ au futur initié et, d’autre part un avertissement du châtiment en cas de parjure.
L’épée du couvreur est un instrument qui interdit l’accès au Temple aux non initiés et de ce rôle de gardien d’un lieu sacré elle tire sa fonction de protection du Temple intérieurement et extérieurement.
L’épée de l’Expert est le symbole du respect des valeurs : il est le gardien du Rituel et de sa mise en œuvre. Elle est l’arme morale et spirituelle du Maçon lui rappelant ses devoirs et ses obligations.
L’Epée Flamboyante (E\F\) domine les autres puisque placée à L’Orient, sur le plateau du V\M\
Il convient d’en proposer une définition, de rechercher son origine, d’observer son emplacement, sa matière, de définir ses principales caractéristiques (arme de Lumière, Epée de l’Esprit, outil de création et de purification, instrument par excellence de transmission) avant de noter la dualité de son double tranchant puis d’aborder ses fonctions de gardienne des Mystères de l’Orient et de diffusion de l’énergie principielle et enfin d’approfondir le symbolisme maçonnique qui lui est attaché.
· Définition
Du grec « SPATHA », arme faite d’une lame d’acier pointue à deux tranchants, fixée à une poignée munie d’une garde, cette épée à lame sinusoïdale représente le symbole du pouvoir initiatique du V\M\, d’où son utilisation lors des initiations, passages ou élévations.
· Origine
La présence de l’épée se remarque dans toutes les traditions depuis la nuit des temps : voir Adam et Eve chassés du Paradis sous la menace d’une épée crachant des flammes, symbolisant tout à la fois vengeance et protection.
Au REAA., à l’ouverture des travaux, le V\M\, E\F\ en main, annonce que l’on quitte le monde profane pour entrer dans le monde sacré. L’E\F\serait une représentation de l’épée de feu des gardiens angéliques du paradis des délices dont sont pourvus les Chérubins de la Bible pour barrer l’accès vers l’O\ où se trouve l’arbre de Vie (Genèse) ?
L’E\F\ prend sa source dans la tradition Judéo-chrétiennes et s’appuie sur les textes de la Bible, elle n’a pas d’origine mythique
L’E\F\ peut être rapprochée du compas car sa pointe perce au plus profond de l’inconscience pour illuminer l’initié.
· Emplacement et matière
L’E\F\ ne relève pas de l’architecture du Temple, elle ne contribue pas à sa construction, elle symbolise la puissance royale du V\M\ Elle ne figure pas sur le tableau de L\, elle appartient à l’Orient qui est dans le Temple et donc, contrairement au maillet, elle n’a pas sa place à la table du banquet en salle humide.
Pour sa création l’épée bénéficie du feu où l’acier est forgé, de l’eau où elle est trempée, après avoir été martelée, résultante des symbolismes du Feu, du Marteau et de l’Eau, elle est l’emblème réservé aux initiés.
· Arme de Lumière
L’E\F\ est en rapport avec la foudre, l’éclair. Cette arme de feu, symbolise le combat pour la conquête de la Connaissance en tranchant l’obscurité de l’ignorance.
Elle est aussi la représentation du Soleil par le rayon brillant de sa lame ondulée, scintillante, on peut alors parler de glaive enflammé.
Cette Lumière est une mise en relation avec les Grands Mystères : elle tue dans l’impétrant la partie non initiable pour que naisse en lui une nouvelle vie par la pensée rituelle via l’accès à la vision et à l’entendement au-delà des apparences.
· Epée de la Bouche
L’E\F\ est aussi symbole de Puissance avec son double aspect : destruction de l’ignorance et création de la pureté. Marius LEPAGE souligne les fonctions de création et de purification. Pour WIRTH elle symboliserait le Verbe et donc la Parole. Epée de l’Esprit, arme spirituelle du Verbe, fragment de la croix de Lumière, posée sur la Bible ouverte au Prologue de Saint Jean, elle symbolise la présence du Verbe dans la L\et doit nous aider à retrouver l’unité perdue.
· Fonction purificatrice
Lors de la réception du récipiendaire l’E\F\ représente une purification par le feu-eau des vieux maîtres, feu de roue où le sel des sages se retrouve dans l’eau bénite.
Symbole guerrier, elle est aussi celui de la guerre sainte intérieure. Selon RAGON, elle serait une arme symbolique signifiant que l’insubordination, le vice et le crime doivent être chassés de nos Temples.
· Instrument royal de transmission
En Franc-maçonnerie, l’E\F\ est avant tout un instrument de transmission servant à la consécration du Récipiendaire, acte créateur, qui procède de la volonté du V\M\, par lequel un être nouveau doit naître de cette imprégnation sonore via les 3 coups frappés sur la lame (3, le nombre de l’A\).
Le V\M\ en dispose pour transmettre l’énergie créatrice de l’O\ Eternel, pour créer l’espace sacré où vivre l’Initiation et préserver cet espace.
L’œuvre initiatique s’accomplit par l’acte juste au moment juste et l’E\F\ héritée de la fonction royale en est l’instrument. Elle tranche nos imperfections pour atteindre un axe de Lumière, de rectitude.
Lors de l’initiation elle est un trait d’union entre l’O\ et nouveau F\ dans un espace et un temps sacralisés. Ce pont de l’épée est ouvert à un être royal en puissance : notre nouveau F\ n’est-il pas sur la route de la maîtrise ?
L’initié n’est un être humain qu’en apparence : il incarne une dimension d’éternité. Il est à la fois un individu support du Rituel mais aussi un F\ archétypal qui prendra peu à peu conscience de cette transformation au fur et à mesure des étapes du parcours des grades.
· Dualité et juste milieu
Arme tranchante, faite d’un fer céleste pour une lame effilée, l’E\F\ permet d’approcher le sens aiguisé de la faculté de compréhension, de jugement, de pensée. Mais elle est aussi à double tranchant, sa lame ondulée tourne, change car elle réfléchit la lumière solaire.
Son axe médian résout la dualité des deux tranchants : il est le milieu juste de la voie initiatique. Ce double tranchant ne donne pas la mort, mais transmet la vraie vie : il élimine ce qu’il y a de mortel dans l’être, il donne la mort à la mort car c’est de la mort du mortel que naît la naissance de la permanence.
Flamboyante d’une Lumière qui transforme la mort en vie, l’E\F\ sépare les imperfections des qualités spirituelles et élimine l’inutile, le superficiel. Elle nous arme pour un combat contre nous même car si le divin nous est caché… nous en somme la seule cause.
L’E\F\ est donc par excellence l’instrument de la justesse divine (axe de vie) qui devient justice humaine car l’ordre humain se doit d’être en résonnance avec l’ordre divin.
· Transmission de l’énergie principielle
Lorsque le V\M\ pose l’E\F\ sur la tête du novice en prononçant la parole rituelle la lumière alors dispensée est une double énergie : feu créateur et protecteur qui installe le nouveau F\ dans le cosmos de la L\
Au moment où l’on est « créé, reçu, constitué » on ne sait plus très bien qui l’on est, où l’on est et c’est au travers du symbolisme de l’ E\F\ que l’on prend conscience du changement qui s’opère en nous ; c’est par elle que l’on a une vision fulgurante de notre propre transformation qui sera l’objet d’un long travail de progression.
En fait, le divin rayonne partout sans cesse… mais nous sommes isolés de ce rayonnement par notre égo. Parfois, en certains instants, l’écran de l’égo s’efface et l’être se trouve illuminé par une parole, un symbole. Il se produit alors une prise de conscience qui imprègne l’être de façon irréversible. Au moment du sacrement l’inconnaissable peut devenir connaissable, instant furtif que l’on peut nommer Illumination.
Cette voie est intransmissible et ne s’enseigne pas : elle se vit et se vit d’autant plus pleinement que l’on y est préparé.
· Gardienne de l’Orient
L’E\F\ est gardienne de la Lumière de l’Orient, de l’Origine de la Création, celle du premier matin symboliquement représentée par le Delta Lumineux.
Gardienne de l’Orient où siège le V\M\, là où se trouve une porte symbolique, invisible ouvrant sur l’Orient Eternel. Dès lors elle a pour fonction de protéger la sacralité de l’O\ contre l’indignité des êtres. Outil de feu, elle va susciter l’aveuglement des ennemis de la Lumière, combattre les forces des ténèbres et ainsi préserver les mystères.
Il appartient au V\M\, par l’E\F\, de maîtriser les forces en action pour que l’ordre cosmique se réalise sur terre comme au ciel.
· E\ F\ et symbolisme maçonnique
Bien que souvent inerte dans le Temple, l’E\F\ est omniprésente puisqu’animée de la puissance de création maîtrisée par le V\M\
Elle nous fait naître un jour et peut nous donner l’énergie de renaître F\ en chaque instant.
Elle transmet le Verbe et donc l’énergie du Verbe Créateur. La canne du M\D\C\ va permettre à cette Lumière divine de voyager sans subir de déviance et l’épée de l’Expert éloignera le superflu pour que seule l’essence pure de cette énergie soit dispensée.
Sur l’autel du V\M\ se trouve le chandelier à trois branches représentant le Ternaire Divin. Devant le V\M\, dirigée vers l’occident, la Bible ouverte au Prologue de Saint Jean où il est écrit : « …et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie »
En Franc Maçonnerie souvent les symboles s’associent, se complètent, se réfléchissent tels des miroirs pour renvoyer leurs vraies images. Ainsi Equerre et Compas s’entrelacent et leur position varie au fur et à mesure que l’on monte en grade. Au premier degré l’équerre est sur le compas ce qui signifie que l’esprit est encore dominé par la chair et l’E\F\ a toute une symbolique associée à la cérémonie de transmission : le pommeau dans la main du V\M en provenance de l’O\ est la représentation du Père ; la lame est en direction de la Bible et l’on retrouve la Parole et sa pointe dirigée sur le couple Equerre-Compas : l’œuvre.
Ce processus amène à l’Unité.
Le fil de l’E\F\ réunit la lumière du Bien et les ténèbres du Mal pour atteindre l’unité faite de deux aspects complémentaires.
· Question existentielle
« D’où venons-nous ? De la lumière. Où allons-nous ? Vers la lumière »
En guise de conclusion je reprendrai un écrit de notre F\ Orateur intitulé « Tel un cierge en la ténèbre » publié en 2005 dans les travaux de la loge nationale de recherche V.D.H.
« Le V\M\ est ce Baptiste provisoire qui éclaire le chemin de celui qui doit venir : il est un porteur, un gestionnaire et un transmetteur de lumière. De par sa fonction il réanime à chaque tenue la quête millénaire à la recherche de l’intelligence divine.
Le rituel maçonnique transforme en lumière les atomes constitués par les F\ présents : lumineuse communion mise en œuvre par le V\M\, fragile magicien dépassé par la dimension dans laquelle la cérémonie s’inscrit. »

J’ai dit, V\M\

BIBLIOGRAPHIE
* « La symbolique maçonnique » de Jules BOUCHER
* « La symbolique maçonnique du 3ème millénaire » d’Irène MAINGUY
* « Dictionnaire des symboles » par Jean CHEVALIER et Alain GHEERBRANT
* « La Formation Maçonnique » de Christian GUIGUE
* « Villard de Honnecourt » n° 59
* « Planches au 1er degré » sélectionnées sur internet site L’EDIFICE
* « L’Epée Flamboyante », ouvrage de référence d’Olivier DOIGNON (édition Maison de Vie).

Source : www.ledifice.net

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7 Octobre 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Facebook

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L’Epée

7 Octobre 2013 , Rédigé par R\ A\ Publié dans #Planches

J’ai désiré en effectuant ce travail, mettre en évidence l’importance de l’épée dans la main d’un maçon. Mais comment une arme de guerre a-t-elle pris une si haute valeur symbolique ? C’est que je vais essayer de faire ressortir ce soir, à travers un peu d’histoire dans un premier temps. Parcourant cette Terre hostile où chaque instant pouvait être fatal, les premiers hommes comprirent tout de suite l’importance d’objets nécessaires à leur sécurité. Ce fut tout d’abord ce que l’homme pu trouver dans la nature et les premières armes de défenses furent certainement des pierres ou des pièces de bois. Contraint de défendre sa vie devant toute sorte de dangers et principalement les animaux sauvages, l’homme usa d’ingéniosité pour créer toute sorte d’objet de frappe ou de jet. Avec la découverte du feu il pu rendre plus dures les pointes en bois et commença à façonner les minerais tel que le cuivre ou l’argent à l’état natif. C’est à ce moment que nous voyons apparaître des lances en bois comprenant des pointes métalliques ainsi que des haches essentiellement utilisées pour la défense ou la chasse. Les migrations de certains peuples et les conquêtes de territoire eurent pour conséquence d’armer les populations. C’est l’époque des grands déplacements ethniques et les confrontations entre tribus se font avec certaines armes individuelles ressemblant vaguement à des glaives. L’âge du fer avec la pratique d’un début de métallurgie donnera à certains envahisseurs une suprématie due à la dureté de ce métal. C’est ainsi que les DORIENS en autres conquérants s’assurèrent des victoires relativement faciles du fait de la fragilité du cuivre par rapport aux glaives en fer qu’ils utilisaient. Par la suite la pratique de la forge et la connaissance des alliages donneront des armes de grandes qualités. Avant d’aborder les armes composant les divers corps d’armées et notamment ceux du début du moyen age, il me parait important de retracer quelques passages de la Bible faisant mention de glaives ou d’épées. Notons que le glaive est considéré comme un objet tranchant ainsi qu’il représenté dans les mains de la justice alors que l’épée revêt un caractère spirituel. « C’est ainsi qu’il chasse ADAM, et il mit à l’Orient du jardin d’Eden les deux chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’Arbre de vie ». (GENESE 3 : 24). Les chérubins symbolisent les deux attributs de DIEU, la bonté et la puissance. L’épée se rapporte à la raison qui réunit ces deux attributs, selon PHILON et l’épée de feux désigne le logos et le soleil (des chérubins 21 - 27). Avant d’appartenir à l’homme l’épée est donc l’instrument des Chérubins ou des Anges. « Alors l’ETERNEL parle à l’Ange qui remit son épée dans le fourreau ». (1 CHRONIQUES 21 : 27). L’épée est aussi le moyen dont se sert DIEU pour rendre la justice. Si les hommes ne suivent pas les commandements de DIEU, ils sont menacés de l’Epée. « Ma colère s’enflamme, et je vous détruirai par l’épée, vos femmes deviendront veuves et vos enfants orphelins » (EXODE 22 : 24). « Je ferai venir contre vous l’épée, qui vengera mon alliance quand vous vous rassemblerez dans vos villes, j’enverrai la peste au milieu de vous et vous serez livrés aux mains de l’ennemi » (LEVITIQUE 26 : 25). Sa signification profonde actuelle et éternelle, c’est le Nouveau Testament qui nous la donne : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée ». (MATHIEU 10 : 34). « Prenez aussi le casque du salut et l’épée de l’esprit qui est la parole de DIEU » (EPHESIENS 6 : 17). « Repens-toi donc, sinon je viendrai à toi bientôt et je les combattrai avec l’épée de ma bouche » (APOCALYPSE 2 : 17). « Puis je vis le ciel ouvert et voici que parut un cheval blanc. Celui qui le montait s’appelle Fidèle et Véritable et il juge et combat avec justice. Son nom est la parole de DIEU. De sa bouche sortait une épée aiguë, pour frappait les nations, etc. » (APOCALYPSE 19 : 11).
Toujours dans le même sillage, Paul de TARSE parlera du Glaive de l’esprit, lui-même représenté comme un vieillard de petite taille, chauve, avec une barbe blanche, une épée dans une main et dans l’autre un livre.
A la lumière de ces textes, nous pouvons affirmer que l’épée est la parole divine, c’est le Verbe et elle est le don le plus grand puisque avoir l’épée c’est avoir la Parole de Vie qui est l’instrument de justice. Souvenez-vous de ce fameux jugement du Roi SALOMON menaçant de partager un enfant avec son épée. (ROIS 3 : 24). Je limiterai volontairement ces descriptions à la Bible qui m’est plus familière mais sachez qu’il est souvent question d’épée dans le CORAN qui mentionne en outre le nom de « Dhu al Fagar » qui est l’épée d’Ali gendre de Mahomet. Le Khîtab musulman tient en main une épée de bois pendant la prédication. Le droit de posséder une épée était réservé chez les Celtes aux hommes libres. La possession de l’épée indique aussi le pouvoir. Ce n’est pas par hasard que Napoléon Bonaparte, après sa victoire, est allé s’emparer de l’épée sur le tombeau de Frédéric de Prusse. Chez les Scythes l’axe du monde et l’activité céleste étaient représentés par une épée plantée au sommet d’une montagne. Dans la tradition Asiatique, l’épée est en rapport avec l’eau et avec le Dragon. La trempe est d’ailleurs le mariage de l’eau et du feu. L’épée sacrée japonaise dérive de l’éclair. Elle fut extraite de la queue du Dragon. Celle du Sadet de Feu du tribut Jaraï fut trouvée dans le lit du Mékong. D’ailleurs cette épée ne peut être tirée du fourreau par un profane sous peine des pires dangers. Le plus courant étant l’aveuglement. Elle est encore symbole axial et polaire, s’identifiant à l’axe de la balance. En Chine, l’épée est l’arme du Centre représentant le pouvoir impérial. L’épée du sacrificateur Védique, c’est la foudre d’INDRA elle est donc également le feu, ce qui l’identifie au Vajra. Le Bodhisattva porte l’épée flamboyante dans le monde des Assura : c’est le symbole du combat pour la conquête de la connaissance et la libération des désirs ; l’épée tranche l’obscurité de l’ignorance ou le nœud des enchevêtrements. De même l’épée de Vishnu, qui est une épée flamboyante est le symbole de la pure connaissance et de la destruction de l’ignorance. L’art de travailler le fer est parfois considéré comme un secret royal ou sacerdotal ; la forge des épées est elle-même une œuvre d’initié : sa réussite par le trempage et l’alliage est encore une fois une union de l’eau et du feu, du yin et du yang. Ainsi si l’épée est l’éclair et le feu, dans notre tradition nous savons que l’Epée est la Parole et nous pouvons relever deux choses encore : l’une est qu’au Moyen Age, lors de la construction des cathédrales les imagiers ont donné comme attribut à saint Paul l’épée suivant ce verset : « ils appelaient Barnabas, Jupiter et Paul, Mercure par ce que c’était lui qui portait la parole » (ACTES 14 : 12). L’autre se trouve dans le dictionnaire, le seul porteur de ce nom est l’Abbé Charles Michel de l’épée fondateur de l’institut des sourds-muets auxquels il enseigna le langage des signes. Il est vrai que la parole et l’éloquence sont parfois désignées par l’épée. Maintenant que nous avons établi les valeurs spirituelles que l’on attribut à l’épée, nous pouvons revenir au Moyen Age et plus particulièrement à la Chevalerie. Les combats sans merci ont peu à peu fait place à des règles de bonne conduite. On pratique l’honneur et la courtoisie. Il n’est plus question de frapper un adversaire dans le dos ou désarmé. Symbole guerrier, l’épée va devenir celui de la guerre sainte. Elle sera dans les mains des Chevaliers une arme noble contrairement au poignard des brigands. Elle est le symbole de l’état militaire et de sa vertu, la bravoure, ainsi que de sa fonction, la puissance. Les buts assignés à la chevalerie en témoignent ; le chevalier prêtait serment de secourir la veuve et l’orphelin, de défendre en tout lieu la justice et de la servir, de protéger l’Eglise et les Lieux Saints. Dans ce sens l’épée sert donc à livrer un combat contre celui qui s’attaque à la Parole. Homme fort, il avait encore à pratiquer, envers les faibles et les pauvres, cette charité morale et matérielle qu’enseigne l’église. C’est ainsi que la physionomie des combats va évoluer, les chevaliers respecteront le plus souvent les règles d’honneur et de courtoisie. Mais, il faut le dire, il s’agissait avant tout d’hommes de guerre et de rudes combattants. Certains d’entre, ont compris le message du Christianisme ; l’amour jusqu’au sacrifice de leur vie. D’ailleurs l’épée, elle même est le signe du sacrifice, elle est destructrice du Mal, de l’injustice et de l’ignorance. Mais constructrice lorsqu’elle maintient la paix de DIEU et rétablit la justice. Elle sépare le bon du mauvais, établissant un équilibre. Durant les Croisades les Templiers s’employèrent à combattre loyalement et St. BERNARD élabora un texte qui réglera toutes leurs actions. Il s’adresse à eux dans ces termes à propos de l’épée : « l’épée est tout pour vous et ce donc plus que la croix. Elle est forte image brûlante du Verbe qui s’est incarné parmi nous pour nous sauver. N’oubliez que vous portez sur votre flanc la Lumière de notre Seigneur qui devra être prestement tirée du fourreau de l’obscurité, autant de fois qu’il vous semblera juste, non pour des raisons du monde ou la colère, mais pour détruire la nuit de la mécréance, de la malignité des infidèles et que triomphe la Vérité apportée par le Christ. Répandre le sang de l’impie est faire œuvre justement de Dieu et vouer son âme au feu éternel. Chérissez votre épée comme une compagne fidèle et obéissante, et n’hésitez à vous lancer dans le trépas avec elle car elle vous permettra d’accéder à la vie éternelle ». De la forge d’où est issu le lingot de métal en fusion qui donnera la lame jusqu’à la remise au futur chevalier, l’épée reçoit, inflige et transmet la matière ignée. Lors de l’adoubement ou de la simple remise de l’épée à la suite d’un rite de passage, l’initiateur ne transmet pas seulement à l’initié, futur membre de la confrérie, une série de connaissances et ne l’ordonne pas uniquement dans son futur état, mais lui donne le feu sacré et divin qu’il devra manier avec justesse et sagesse. Le chevalier officiant faisait passer sa qualité dans l’âme et le corps de celui qu’il adoubait. Cette image d’estime et de respect de la valeur du parrain est illustrée dans la cérémonie d’adoubement du roi François 1er sur le champ de bataille de Marignan par un officiant exemplaire : Pierre du Terrail, chevalier et seigneur de Bayard. « Bayard, mon ami, avait dit le roi, je veux aujourd’hui soyer fait chevalier par vos mains, parce que celui qui a combattu à pied et à cheval, entre tous les autres, est tenu et réputé le plus digne chevalier ». Le futur chevalier jurait publiquement fidélité. Il prenait cet engagement en posant ses mains sur les évangiles et en reprenant longuement les stipulations de cette promesse qui se résume, au bout du compte dans une phrase que l’on trouve dans le Pontifical de l’évêque Guillaume Durand « soit un chevalier pacifique, vaillant, loyal et dévoué à Dieu. Envers lui-même, le chevalier n’avait qu’une obligation, mais des plus exigeantes : être en toutes circonstances, fidèle envers lui-même, envers les engagements qu’ils avaient consentis librement, envers tout ce qui fait l’honneur d’un homme ». Venait ensuite la bénédiction de l’épée et l’exposition de celle-ci sur un autel. L’écuyer récitait quelques prières du ton de celle très belle que l’on trouve encore dans le cérémonial de Guillaume Durand : « Seigneur très Saint, Père tout puissant, toi qui a permis sur terre l’emploi du glaive pour réprimer la malice des méchants et défendre la justice, qui pour la protection du peuple, a voulu constituer l’ordre de chevalerie, fais en disposant son cœur au bien, que ton serviteur que voici n’use jamais de cette épée pour léser injustement personne, mais qu’il s’en serve toujours pour défendre la justice et la droit ».
Le sens de cette bénédiction et de cette exposition est évident : le chevalier n’a le droit d’user de son arme que pour faire œuvre de chrétien.
La remise de l’épée composait l’essentiel du rituel des plus anciennes entrées en chevalerie. Nous devons aussi constater, la perte de cette qualité chevaleresque qui était prévue par le code non écrit de la chevalerie. Cette déchéance était le lot du chevalier qui avait renoncé à ses engagements. L’homme qui avait manqué aux lois de cette fraternité, se voyait le plus simplement retirer son épée, ce qui l’excluait automatiquement. Par contre, un chevalier considéré par ses pairs comme une traite, un félon, gardait toute sa qualité chez l’adversaire. Le légendaire Ganelon, s’il avait su échapper à la vengeance de Charlemagne, aurait toujours été considéré comme preux et loyal. Cette épée était donc le signe du chevalier. La lui ôter le ramenait au rang commun. Encore que ce désarmement se faisait selon un cérémonial au cours duquel l’arme était brisée (comme l’était plus récemment l’épée d’un officier dégradé). Au 18ème siècle, la mauvaise conduite de Philippe EGALITE, alors Grand Maître de la maçonnerie en France, a conduit les Maçons à briser son épée en Loge. L’épée est si personnelle au chevalier que lorsque la mort est proche, il ne peut concevoir quelle tombe aux mains de ses ennemis. Dans les traditions chrétiennes, ce sont des armes individualisées portant un nom. La littérature chevaleresque nous fait connaître « Joyeuse » l’épée de Charlemagne, « Durandal » celle de Roland, « Hauteclaire », celle d’Olivier, « Balissarde » celle de Renaud de Montauban et enfin « Escalibur » celle du roi Arthur. Dans la Chanson de Roland, le neveu de Charlemagne sentant qu’il va mourir, tente de briser son épée :

« De son épée, sur une pierre brune,
Dix fois il frappe avec rage et douleur
L’acier en grince, il n’a brisure aucune.
Sainte Marie, aidez-moi, dis le comte.
Ah ! Durandal si bonne, quel mécompte
Je vais mourir, plus n’ai besoin de vous.

Plus loin,

Il frappe encore le perron de sardoine
L’acier encore grince, sans se briser,
Lorsque Roland voit qu’il a cet essoine,
Il plaint l’épée qu’il ne peut ébrécher :

Ah ! Durandal, que tu es blanche et belle !
Comme ta lame au soleil étincelle !

Pour cette épée j’ai pesance et douleur :
Plutôt mourir qu’elle aux païens demeure !

Il frappe encore sur une pierre bise,
Dont il abat un énorme quartier
L’épée toujours grince mais ne se brise
Et vers le ciel a rebondi l’acier.
Très doucement renouvelle sa plainte :
Ah Durandal, que tu es belle et sainte…
Sur toi n’ont droit païens à l’âme vile ;
De chrétiens seuls devez être servie ».

C’est un véritable regret funèbre que par trois fois Roland adresse à son épée. Ces chansons de geste nous indiquent l’attachement du chevalier pour son arme. Il lui attribut une valeur surnaturelle. Mais l’épée la plus extraordinaire n’est d’aucune utilité pour celui qui n’est pas digne de s’en servir. Dans la quête du Graal, nous voyons que c’est grâce à la pureté de son âme que le jeune Arthur parvient à retirer Escalibur du rocher. Cette épée fabuleuse ne peut être utilisée que par un chevalier au coeur pur. D’ailleurs, lorsque le royaume s’effondrera, Escalibur sera brisée et disparaîtra dans le lac. Plantée dans le roc, elle représente la Parole, mais aussi la conscience enfermée dans la matière. De même, le nouvel apprenti qui frappe sur la pierre brute sa première batterie, produit par les trois coups cette résonance nécessaire au réveil de la Parole présente à l’intérieur de la masse inerte. Pour les croisés et principalement pour les Templiers, elle représente la croix de lumière, elle est même un fragment de cette croix. Bien que n’étant plus Ordres militaire, la survivance des Ordres Chevaleresques jusqu’au 18ème siècle, va perpétuer le port de l’épée. Les Maçons venaient en Loge habillés comme ils l’étaient dans la vie civile et les gentilshommes ou les militaires y venaient tout naturellement avec leur épée. L’Abbé Pérrau, auteur du « secret des Francs-maçons en 1742, observe Que l’on soit gentilhomme ou non, on est toujours annoncé pour tel chez les Francs-maçons : la qualité de Frères qu’ils se donnent entre eux, les met tous de niveau pour la condition ». Comme tous les outils et objet dans la Loge l’épée va devenir elle aussi spéculative. Si elle symbolise avant tout le combat intérieur de celui qui la porte, elle marque à présent l’égalité maçonnique entre tous les Frères. Dans la plupart des rites que nous pratiquons, le Vénérable Maître a une épée qui évoque à l’Orient la Lumière et la Connaissance. Cette épée lui est nécessaire pour ouvrir les travaux et consacrer les nouveaux reçus. Il y a aussi le couvreur, à l’occident, gardien au seuil de la révélation. Ces deux épées sont à l’image des Chérubins gardiens du chemin qui mène à l’Arbre de Vie. Mais c’est dans le Rite Français et dans le Rite Ecossais Rectifié, traditionnellement d’essence Chrétienne, que l’on continue d’observer le port de l’épée. Ce rituel particulier impose un maniement de l’épée lui conférant, à tout moment, soit une valeur de protection ou bien spirituelle.Chaque Frère tient une épée : c’est certainement une survivance de l’état militaire, mais il est permis de penser que cela annonce au Maçon la perspective qu’il va devenir chevalier. Ainsi comme le chevalier, le Maçon à son épée personnelle qui est garante de son attachement à la justice et à sa religion. J’aimerai pour clôturer vous parler également de l’épée des Académiciens. Il est évident que cette épée, fruit de l’imagination des plus grands orfèvres qui se préoccupent d’en faire une arme symbolique, rappelle dans les moindres détails le caractère personnel de celui qui va la porter. Tout point particulier est traduit sur cet objet en devinette évoquant le parcours de l’élu. Cela ne vous ne fait pas penser aux armes du chevalier, blason chantant ses qualités ou son épopée ? Pour ce qui concerne la Franc-maçonnerie et pour terminer sur ce sujet, il est intéressant de constater que le recours à la tradition prend une forme chevaleresque, plutôt qu’une forme sacerdotale ou artisanale. Cela est du certainement au caractère particulier de la Maçonnerie Française, qui dès le début, a su faire ressortir les principes moraux du christianisme originel, véhiculés par cette Chevalerie Spirituelle.

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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Demande : Epée et tenue

5 Octobre 2013 , Rédigé par T.D

Nous réalisons une recherche sur deux thèmes :

1 L’Epée, ses formes et rôles dans les tenues, et ses emplacements (en particulier sa position sur le VLS)

2 Les Tenues et décors dans les différents rites.

En effet entre la règle et la tradition de nombreuses variantes apparaissent.

Quelles sont vos pratiques ?

Tous rites , toutes obédiences, tous niveau…

Merci d’avance

Pour vos réponses : thomad.dalet@orange.fr qui transmettra

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