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Hauts Grades

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L’Epée Flamboyante

8 Octobre 2013 , Rédigé par P\ V\ Publié dans #Planches

« Février de cette année là » chantait Maxime Le Forestier… Fin février 6009, le 27 exactement, planchait le F\ P\V\. Le voilà se replongeant dans son rituel du premier degré pour, de l’Epée Flamboyante, tenter de cerner ses secrets…»

1°) Que nous dit le Rituel du R\E\A\A\ à ce sujet ?

Dans le chapitre relatif à la Décoration de la L\, il est précisé, qu’à l’O\, sont disposés sur le plateau du V\M\ : la Patente constitutive de la L\, l’Epée Flamboyante, un maillet et un candélabre d’une étoile.
A l’ouverture des travaux, sur demande du V\M\, le Couvreur, armé de son glaive, protège la L\extérieurement.
Après l’annonce « Il est midi plein », l’Expert suit le M\D\C\, tenant son glaive de la main droite pour l’allumage de l’étoile se trouvant sur le plateau du V\M\
Une fois allumées les lumières des 3 colonnettes, tous les F\ étant à l’ordre, lorsque l’Expert et le M\D\C\ croisent l’épée et la canne au-dessus de l’Autel lors de l’Invocation, le V\M\, tenant son maillet de la main droite sur son cœur, élève l’Epée Flamboyante vers le ciel à la verticale et dit : « A\L\G\A\D\U\, je déclare ouverte… ».
Puis il redescend lentement et verticalement l’Epée Flamboyante jusqu’à frapper son plateau du pommeau de l’Epée avant de l’y déposer
Lors de la fermeture des travaux, se déroule un cérémonial identique
Lors de la tenue, l’Expert, précédé par le M\D\C\, après s’être rendu entre les colonnes, pose son glaive en s’agenouillant pour tracer et effacer le tableau de L\
Lors de la réception d’un A\ le Couvreur stoppe net l’entrée du profane du plat de son glaive en disant : « Quel est cet audacieux qui ose venir troubler nos travaux ? » et le M\D\C\ intervient aussitôt par cette parole : « Mon F\, retenez votre glaive, je vous en conjure ! »
Au moment de l’annonce de l’entrée du profane dans le Temple, le V\M\ s’exclame : « Mes F\ ! Armez-vous de vos glaives… Le V\M\ précise alors que « ce fer toujours levé pour punir le parjure… »
Une fois la confiance en Dieu déclarée par le profane, le Couvreur cesse de tenir la pointe de son glaive sur le sein du profane.
Lors du second voyage, celui de l’Eau, le profane sera soumis au son du cliquetis de glaives frappés l’un contre, symbole du combat.
Au moment du deuxième serment, le Serment Solennel, l’Expert et le M\D\C\ croisent épée et canne au dessus du récipiendaire et le V\M\ s’exclame : « Mes F\, debout et à l’ordre, glaive en main ! ». Durant cette Obligation Solennelle tous les F\ présents resteront debout, glaive en main gauche.
Le bandeau momentanément enlevé, le néophyte va découvrir face à lui une unité d’hommes à la verticale pointant la pointe de leur épée tenue de la main gauche ; l’Expert, isolé devant l’Autel des Serments, dirige son épée, tenue de la main droite, vers le parjure.
Le V\M\ déclare alors « Néophyte, ces épées ne menacent point votre personne…mais si vous trahissiez votre serment vous ne trouveriez…que des vengeurs… »
Au moment de la chaîne d’union, le V\M\ confie : « Plus d’épées menaçantes tournées contre vous… ».
Lors du 3ème serment tous les F\ sont à l’ordre, épée en main. Le V\M\ tient l’Epée Flamboyante de la main gauche, la lame très légèrement au-dessus de la tête néophyte, prêt à frapper sur la lame les 3 coups de maillet accompagnant la consécration par laquelle il « CREE, CONSTITUE et RECOIT » le nouveau F\
Cette lecture pose de nombreuses interrogations : il est fait mention de l’Epée flamboyante du V\M\, de la canne du M\D\C\ et des glaives ou épées de l’Expert, du Couvreur et des F\
Les fers à l’usage du V\M\, de l’Expert, du Couvreur et enfin des F\ de la L\ ont – ils, la même origine, la même fonction, la même signification ? Pourquoi l’épée est-elle tenue main gauche, main droite ? Quel lien avec la canne du M\D\C\ ?

2°) Essai de réponse à ces questionnements

Irène MAINGY précise que les premières épées étaient courtes et épaisses avec une lame en forme de glaïeul, d’où le nom de glaive.
Le glaive serait l’attribut du soldat (arme guerrière destructrice) mais aussi celui du législatif, de la Justice (symbole de la puissance positive)
L’épée serait réservée au chevalier avec le rite principal de l’adoubement.
Epée ou glaive quelque soit le terme utilisé, il convient de faire certaines constatations et de les analyser.
En L\ toutes les épées sont tenues de la main gauche (côté passif) sauf celle du Couvreur qui a en charge de veiller à la porte du Temple et d’écarter tout profane de même que le glaive de l’Expert pour la protection du Rituel (côté actif).  Le glaive tenu par les F\ de la L\ est une arme qui va intervenir lors du 2ème voyage de l’A\ lors de la cérémonie de réception : le cliquetis des fers symbolise le combat des hommes pour vaincre et triompher de ses passions et de celles de ses F\ De même ce glaive va être dirigé vers le Récipiendaire lorsqu’il reçoit la Lumière. Il s’agit alors d’un double signe : d’une part la transmission de l’énergie bénéfique de tous les membres de la L\ au futur initié et, d’autre part un avertissement du châtiment en cas de parjure.
L’épée du couvreur est un instrument qui interdit l’accès au Temple aux non initiés et de ce rôle de gardien d’un lieu sacré elle tire sa fonction de protection du Temple intérieurement et extérieurement.
L’épée de l’Expert est le symbole du respect des valeurs : il est le gardien du Rituel et de sa mise en œuvre. Elle est l’arme morale et spirituelle du Maçon lui rappelant ses devoirs et ses obligations.
L’Epée Flamboyante (E\F\) domine les autres puisque placée à L’Orient, sur le plateau du V\M\
Il convient d’en proposer une définition, de rechercher son origine, d’observer son emplacement, sa matière, de définir ses principales caractéristiques (arme de Lumière, Epée de l’Esprit, outil de création et de purification, instrument par excellence de transmission) avant de noter la dualité de son double tranchant puis d’aborder ses fonctions de gardienne des Mystères de l’Orient et de diffusion de l’énergie principielle et enfin d’approfondir le symbolisme maçonnique qui lui est attaché.
· Définition
Du grec « SPATHA », arme faite d’une lame d’acier pointue à deux tranchants, fixée à une poignée munie d’une garde, cette épée à lame sinusoïdale représente le symbole du pouvoir initiatique du V\M\, d’où son utilisation lors des initiations, passages ou élévations.
· Origine
La présence de l’épée se remarque dans toutes les traditions depuis la nuit des temps : voir Adam et Eve chassés du Paradis sous la menace d’une épée crachant des flammes, symbolisant tout à la fois vengeance et protection.
Au REAA., à l’ouverture des travaux, le V\M\, E\F\ en main, annonce que l’on quitte le monde profane pour entrer dans le monde sacré. L’E\F\serait une représentation de l’épée de feu des gardiens angéliques du paradis des délices dont sont pourvus les Chérubins de la Bible pour barrer l’accès vers l’O\ où se trouve l’arbre de Vie (Genèse) ?
L’E\F\ prend sa source dans la tradition Judéo-chrétiennes et s’appuie sur les textes de la Bible, elle n’a pas d’origine mythique
L’E\F\ peut être rapprochée du compas car sa pointe perce au plus profond de l’inconscience pour illuminer l’initié.
· Emplacement et matière
L’E\F\ ne relève pas de l’architecture du Temple, elle ne contribue pas à sa construction, elle symbolise la puissance royale du V\M\ Elle ne figure pas sur le tableau de L\, elle appartient à l’Orient qui est dans le Temple et donc, contrairement au maillet, elle n’a pas sa place à la table du banquet en salle humide.
Pour sa création l’épée bénéficie du feu où l’acier est forgé, de l’eau où elle est trempée, après avoir été martelée, résultante des symbolismes du Feu, du Marteau et de l’Eau, elle est l’emblème réservé aux initiés.
· Arme de Lumière
L’E\F\ est en rapport avec la foudre, l’éclair. Cette arme de feu, symbolise le combat pour la conquête de la Connaissance en tranchant l’obscurité de l’ignorance.
Elle est aussi la représentation du Soleil par le rayon brillant de sa lame ondulée, scintillante, on peut alors parler de glaive enflammé.
Cette Lumière est une mise en relation avec les Grands Mystères : elle tue dans l’impétrant la partie non initiable pour que naisse en lui une nouvelle vie par la pensée rituelle via l’accès à la vision et à l’entendement au-delà des apparences.
· Epée de la Bouche
L’E\F\ est aussi symbole de Puissance avec son double aspect : destruction de l’ignorance et création de la pureté. Marius LEPAGE souligne les fonctions de création et de purification. Pour WIRTH elle symboliserait le Verbe et donc la Parole. Epée de l’Esprit, arme spirituelle du Verbe, fragment de la croix de Lumière, posée sur la Bible ouverte au Prologue de Saint Jean, elle symbolise la présence du Verbe dans la L\et doit nous aider à retrouver l’unité perdue.
· Fonction purificatrice
Lors de la réception du récipiendaire l’E\F\ représente une purification par le feu-eau des vieux maîtres, feu de roue où le sel des sages se retrouve dans l’eau bénite.
Symbole guerrier, elle est aussi celui de la guerre sainte intérieure. Selon RAGON, elle serait une arme symbolique signifiant que l’insubordination, le vice et le crime doivent être chassés de nos Temples.
· Instrument royal de transmission
En Franc-maçonnerie, l’E\F\ est avant tout un instrument de transmission servant à la consécration du Récipiendaire, acte créateur, qui procède de la volonté du V\M\, par lequel un être nouveau doit naître de cette imprégnation sonore via les 3 coups frappés sur la lame (3, le nombre de l’A\).
Le V\M\ en dispose pour transmettre l’énergie créatrice de l’O\ Eternel, pour créer l’espace sacré où vivre l’Initiation et préserver cet espace.
L’œuvre initiatique s’accomplit par l’acte juste au moment juste et l’E\F\ héritée de la fonction royale en est l’instrument. Elle tranche nos imperfections pour atteindre un axe de Lumière, de rectitude.
Lors de l’initiation elle est un trait d’union entre l’O\ et nouveau F\ dans un espace et un temps sacralisés. Ce pont de l’épée est ouvert à un être royal en puissance : notre nouveau F\ n’est-il pas sur la route de la maîtrise ?
L’initié n’est un être humain qu’en apparence : il incarne une dimension d’éternité. Il est à la fois un individu support du Rituel mais aussi un F\ archétypal qui prendra peu à peu conscience de cette transformation au fur et à mesure des étapes du parcours des grades.
· Dualité et juste milieu
Arme tranchante, faite d’un fer céleste pour une lame effilée, l’E\F\ permet d’approcher le sens aiguisé de la faculté de compréhension, de jugement, de pensée. Mais elle est aussi à double tranchant, sa lame ondulée tourne, change car elle réfléchit la lumière solaire.
Son axe médian résout la dualité des deux tranchants : il est le milieu juste de la voie initiatique. Ce double tranchant ne donne pas la mort, mais transmet la vraie vie : il élimine ce qu’il y a de mortel dans l’être, il donne la mort à la mort car c’est de la mort du mortel que naît la naissance de la permanence.
Flamboyante d’une Lumière qui transforme la mort en vie, l’E\F\ sépare les imperfections des qualités spirituelles et élimine l’inutile, le superficiel. Elle nous arme pour un combat contre nous même car si le divin nous est caché… nous en somme la seule cause.
L’E\F\ est donc par excellence l’instrument de la justesse divine (axe de vie) qui devient justice humaine car l’ordre humain se doit d’être en résonnance avec l’ordre divin.
· Transmission de l’énergie principielle
Lorsque le V\M\ pose l’E\F\ sur la tête du novice en prononçant la parole rituelle la lumière alors dispensée est une double énergie : feu créateur et protecteur qui installe le nouveau F\ dans le cosmos de la L\
Au moment où l’on est « créé, reçu, constitué » on ne sait plus très bien qui l’on est, où l’on est et c’est au travers du symbolisme de l’ E\F\ que l’on prend conscience du changement qui s’opère en nous ; c’est par elle que l’on a une vision fulgurante de notre propre transformation qui sera l’objet d’un long travail de progression.
En fait, le divin rayonne partout sans cesse… mais nous sommes isolés de ce rayonnement par notre égo. Parfois, en certains instants, l’écran de l’égo s’efface et l’être se trouve illuminé par une parole, un symbole. Il se produit alors une prise de conscience qui imprègne l’être de façon irréversible. Au moment du sacrement l’inconnaissable peut devenir connaissable, instant furtif que l’on peut nommer Illumination.
Cette voie est intransmissible et ne s’enseigne pas : elle se vit et se vit d’autant plus pleinement que l’on y est préparé.
· Gardienne de l’Orient
L’E\F\ est gardienne de la Lumière de l’Orient, de l’Origine de la Création, celle du premier matin symboliquement représentée par le Delta Lumineux.
Gardienne de l’Orient où siège le V\M\, là où se trouve une porte symbolique, invisible ouvrant sur l’Orient Eternel. Dès lors elle a pour fonction de protéger la sacralité de l’O\ contre l’indignité des êtres. Outil de feu, elle va susciter l’aveuglement des ennemis de la Lumière, combattre les forces des ténèbres et ainsi préserver les mystères.
Il appartient au V\M\, par l’E\F\, de maîtriser les forces en action pour que l’ordre cosmique se réalise sur terre comme au ciel.
· E\ F\ et symbolisme maçonnique
Bien que souvent inerte dans le Temple, l’E\F\ est omniprésente puisqu’animée de la puissance de création maîtrisée par le V\M\
Elle nous fait naître un jour et peut nous donner l’énergie de renaître F\ en chaque instant.
Elle transmet le Verbe et donc l’énergie du Verbe Créateur. La canne du M\D\C\ va permettre à cette Lumière divine de voyager sans subir de déviance et l’épée de l’Expert éloignera le superflu pour que seule l’essence pure de cette énergie soit dispensée.
Sur l’autel du V\M\ se trouve le chandelier à trois branches représentant le Ternaire Divin. Devant le V\M\, dirigée vers l’occident, la Bible ouverte au Prologue de Saint Jean où il est écrit : « …et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie »
En Franc Maçonnerie souvent les symboles s’associent, se complètent, se réfléchissent tels des miroirs pour renvoyer leurs vraies images. Ainsi Equerre et Compas s’entrelacent et leur position varie au fur et à mesure que l’on monte en grade. Au premier degré l’équerre est sur le compas ce qui signifie que l’esprit est encore dominé par la chair et l’E\F\ a toute une symbolique associée à la cérémonie de transmission : le pommeau dans la main du V\M en provenance de l’O\ est la représentation du Père ; la lame est en direction de la Bible et l’on retrouve la Parole et sa pointe dirigée sur le couple Equerre-Compas : l’œuvre.
Ce processus amène à l’Unité.
Le fil de l’E\F\ réunit la lumière du Bien et les ténèbres du Mal pour atteindre l’unité faite de deux aspects complémentaires.
· Question existentielle
« D’où venons-nous ? De la lumière. Où allons-nous ? Vers la lumière »
En guise de conclusion je reprendrai un écrit de notre F\ Orateur intitulé « Tel un cierge en la ténèbre » publié en 2005 dans les travaux de la loge nationale de recherche V.D.H.
« Le V\M\ est ce Baptiste provisoire qui éclaire le chemin de celui qui doit venir : il est un porteur, un gestionnaire et un transmetteur de lumière. De par sa fonction il réanime à chaque tenue la quête millénaire à la recherche de l’intelligence divine.
Le rituel maçonnique transforme en lumière les atomes constitués par les F\ présents : lumineuse communion mise en œuvre par le V\M\, fragile magicien dépassé par la dimension dans laquelle la cérémonie s’inscrit. »

J’ai dit, V\M\

BIBLIOGRAPHIE
* « La symbolique maçonnique » de Jules BOUCHER
* « La symbolique maçonnique du 3ème millénaire » d’Irène MAINGUY
* « Dictionnaire des symboles » par Jean CHEVALIER et Alain GHEERBRANT
* « La Formation Maçonnique » de Christian GUIGUE
* « Villard de Honnecourt » n° 59
* « Planches au 1er degré » sélectionnées sur internet site L’EDIFICE
* « L’Epée Flamboyante », ouvrage de référence d’Olivier DOIGNON (édition Maison de Vie).

Source : www.ledifice.net

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7 Octobre 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Facebook

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L’Epée

7 Octobre 2013 , Rédigé par R\ A\ Publié dans #Planches

J’ai désiré en effectuant ce travail, mettre en évidence l’importance de l’épée dans la main d’un maçon. Mais comment une arme de guerre a-t-elle pris une si haute valeur symbolique ? C’est que je vais essayer de faire ressortir ce soir, à travers un peu d’histoire dans un premier temps. Parcourant cette Terre hostile où chaque instant pouvait être fatal, les premiers hommes comprirent tout de suite l’importance d’objets nécessaires à leur sécurité. Ce fut tout d’abord ce que l’homme pu trouver dans la nature et les premières armes de défenses furent certainement des pierres ou des pièces de bois. Contraint de défendre sa vie devant toute sorte de dangers et principalement les animaux sauvages, l’homme usa d’ingéniosité pour créer toute sorte d’objet de frappe ou de jet. Avec la découverte du feu il pu rendre plus dures les pointes en bois et commença à façonner les minerais tel que le cuivre ou l’argent à l’état natif. C’est à ce moment que nous voyons apparaître des lances en bois comprenant des pointes métalliques ainsi que des haches essentiellement utilisées pour la défense ou la chasse. Les migrations de certains peuples et les conquêtes de territoire eurent pour conséquence d’armer les populations. C’est l’époque des grands déplacements ethniques et les confrontations entre tribus se font avec certaines armes individuelles ressemblant vaguement à des glaives. L’âge du fer avec la pratique d’un début de métallurgie donnera à certains envahisseurs une suprématie due à la dureté de ce métal. C’est ainsi que les DORIENS en autres conquérants s’assurèrent des victoires relativement faciles du fait de la fragilité du cuivre par rapport aux glaives en fer qu’ils utilisaient. Par la suite la pratique de la forge et la connaissance des alliages donneront des armes de grandes qualités. Avant d’aborder les armes composant les divers corps d’armées et notamment ceux du début du moyen age, il me parait important de retracer quelques passages de la Bible faisant mention de glaives ou d’épées. Notons que le glaive est considéré comme un objet tranchant ainsi qu’il représenté dans les mains de la justice alors que l’épée revêt un caractère spirituel. « C’est ainsi qu’il chasse ADAM, et il mit à l’Orient du jardin d’Eden les deux chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’Arbre de vie ». (GENESE 3 : 24). Les chérubins symbolisent les deux attributs de DIEU, la bonté et la puissance. L’épée se rapporte à la raison qui réunit ces deux attributs, selon PHILON et l’épée de feux désigne le logos et le soleil (des chérubins 21 - 27). Avant d’appartenir à l’homme l’épée est donc l’instrument des Chérubins ou des Anges. « Alors l’ETERNEL parle à l’Ange qui remit son épée dans le fourreau ». (1 CHRONIQUES 21 : 27). L’épée est aussi le moyen dont se sert DIEU pour rendre la justice. Si les hommes ne suivent pas les commandements de DIEU, ils sont menacés de l’Epée. « Ma colère s’enflamme, et je vous détruirai par l’épée, vos femmes deviendront veuves et vos enfants orphelins » (EXODE 22 : 24). « Je ferai venir contre vous l’épée, qui vengera mon alliance quand vous vous rassemblerez dans vos villes, j’enverrai la peste au milieu de vous et vous serez livrés aux mains de l’ennemi » (LEVITIQUE 26 : 25). Sa signification profonde actuelle et éternelle, c’est le Nouveau Testament qui nous la donne : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée ». (MATHIEU 10 : 34). « Prenez aussi le casque du salut et l’épée de l’esprit qui est la parole de DIEU » (EPHESIENS 6 : 17). « Repens-toi donc, sinon je viendrai à toi bientôt et je les combattrai avec l’épée de ma bouche » (APOCALYPSE 2 : 17). « Puis je vis le ciel ouvert et voici que parut un cheval blanc. Celui qui le montait s’appelle Fidèle et Véritable et il juge et combat avec justice. Son nom est la parole de DIEU. De sa bouche sortait une épée aiguë, pour frappait les nations, etc. » (APOCALYPSE 19 : 11).
Toujours dans le même sillage, Paul de TARSE parlera du Glaive de l’esprit, lui-même représenté comme un vieillard de petite taille, chauve, avec une barbe blanche, une épée dans une main et dans l’autre un livre.
A la lumière de ces textes, nous pouvons affirmer que l’épée est la parole divine, c’est le Verbe et elle est le don le plus grand puisque avoir l’épée c’est avoir la Parole de Vie qui est l’instrument de justice. Souvenez-vous de ce fameux jugement du Roi SALOMON menaçant de partager un enfant avec son épée. (ROIS 3 : 24). Je limiterai volontairement ces descriptions à la Bible qui m’est plus familière mais sachez qu’il est souvent question d’épée dans le CORAN qui mentionne en outre le nom de « Dhu al Fagar » qui est l’épée d’Ali gendre de Mahomet. Le Khîtab musulman tient en main une épée de bois pendant la prédication. Le droit de posséder une épée était réservé chez les Celtes aux hommes libres. La possession de l’épée indique aussi le pouvoir. Ce n’est pas par hasard que Napoléon Bonaparte, après sa victoire, est allé s’emparer de l’épée sur le tombeau de Frédéric de Prusse. Chez les Scythes l’axe du monde et l’activité céleste étaient représentés par une épée plantée au sommet d’une montagne. Dans la tradition Asiatique, l’épée est en rapport avec l’eau et avec le Dragon. La trempe est d’ailleurs le mariage de l’eau et du feu. L’épée sacrée japonaise dérive de l’éclair. Elle fut extraite de la queue du Dragon. Celle du Sadet de Feu du tribut Jaraï fut trouvée dans le lit du Mékong. D’ailleurs cette épée ne peut être tirée du fourreau par un profane sous peine des pires dangers. Le plus courant étant l’aveuglement. Elle est encore symbole axial et polaire, s’identifiant à l’axe de la balance. En Chine, l’épée est l’arme du Centre représentant le pouvoir impérial. L’épée du sacrificateur Védique, c’est la foudre d’INDRA elle est donc également le feu, ce qui l’identifie au Vajra. Le Bodhisattva porte l’épée flamboyante dans le monde des Assura : c’est le symbole du combat pour la conquête de la connaissance et la libération des désirs ; l’épée tranche l’obscurité de l’ignorance ou le nœud des enchevêtrements. De même l’épée de Vishnu, qui est une épée flamboyante est le symbole de la pure connaissance et de la destruction de l’ignorance. L’art de travailler le fer est parfois considéré comme un secret royal ou sacerdotal ; la forge des épées est elle-même une œuvre d’initié : sa réussite par le trempage et l’alliage est encore une fois une union de l’eau et du feu, du yin et du yang. Ainsi si l’épée est l’éclair et le feu, dans notre tradition nous savons que l’Epée est la Parole et nous pouvons relever deux choses encore : l’une est qu’au Moyen Age, lors de la construction des cathédrales les imagiers ont donné comme attribut à saint Paul l’épée suivant ce verset : « ils appelaient Barnabas, Jupiter et Paul, Mercure par ce que c’était lui qui portait la parole » (ACTES 14 : 12). L’autre se trouve dans le dictionnaire, le seul porteur de ce nom est l’Abbé Charles Michel de l’épée fondateur de l’institut des sourds-muets auxquels il enseigna le langage des signes. Il est vrai que la parole et l’éloquence sont parfois désignées par l’épée. Maintenant que nous avons établi les valeurs spirituelles que l’on attribut à l’épée, nous pouvons revenir au Moyen Age et plus particulièrement à la Chevalerie. Les combats sans merci ont peu à peu fait place à des règles de bonne conduite. On pratique l’honneur et la courtoisie. Il n’est plus question de frapper un adversaire dans le dos ou désarmé. Symbole guerrier, l’épée va devenir celui de la guerre sainte. Elle sera dans les mains des Chevaliers une arme noble contrairement au poignard des brigands. Elle est le symbole de l’état militaire et de sa vertu, la bravoure, ainsi que de sa fonction, la puissance. Les buts assignés à la chevalerie en témoignent ; le chevalier prêtait serment de secourir la veuve et l’orphelin, de défendre en tout lieu la justice et de la servir, de protéger l’Eglise et les Lieux Saints. Dans ce sens l’épée sert donc à livrer un combat contre celui qui s’attaque à la Parole. Homme fort, il avait encore à pratiquer, envers les faibles et les pauvres, cette charité morale et matérielle qu’enseigne l’église. C’est ainsi que la physionomie des combats va évoluer, les chevaliers respecteront le plus souvent les règles d’honneur et de courtoisie. Mais, il faut le dire, il s’agissait avant tout d’hommes de guerre et de rudes combattants. Certains d’entre, ont compris le message du Christianisme ; l’amour jusqu’au sacrifice de leur vie. D’ailleurs l’épée, elle même est le signe du sacrifice, elle est destructrice du Mal, de l’injustice et de l’ignorance. Mais constructrice lorsqu’elle maintient la paix de DIEU et rétablit la justice. Elle sépare le bon du mauvais, établissant un équilibre. Durant les Croisades les Templiers s’employèrent à combattre loyalement et St. BERNARD élabora un texte qui réglera toutes leurs actions. Il s’adresse à eux dans ces termes à propos de l’épée : « l’épée est tout pour vous et ce donc plus que la croix. Elle est forte image brûlante du Verbe qui s’est incarné parmi nous pour nous sauver. N’oubliez que vous portez sur votre flanc la Lumière de notre Seigneur qui devra être prestement tirée du fourreau de l’obscurité, autant de fois qu’il vous semblera juste, non pour des raisons du monde ou la colère, mais pour détruire la nuit de la mécréance, de la malignité des infidèles et que triomphe la Vérité apportée par le Christ. Répandre le sang de l’impie est faire œuvre justement de Dieu et vouer son âme au feu éternel. Chérissez votre épée comme une compagne fidèle et obéissante, et n’hésitez à vous lancer dans le trépas avec elle car elle vous permettra d’accéder à la vie éternelle ». De la forge d’où est issu le lingot de métal en fusion qui donnera la lame jusqu’à la remise au futur chevalier, l’épée reçoit, inflige et transmet la matière ignée. Lors de l’adoubement ou de la simple remise de l’épée à la suite d’un rite de passage, l’initiateur ne transmet pas seulement à l’initié, futur membre de la confrérie, une série de connaissances et ne l’ordonne pas uniquement dans son futur état, mais lui donne le feu sacré et divin qu’il devra manier avec justesse et sagesse. Le chevalier officiant faisait passer sa qualité dans l’âme et le corps de celui qu’il adoubait. Cette image d’estime et de respect de la valeur du parrain est illustrée dans la cérémonie d’adoubement du roi François 1er sur le champ de bataille de Marignan par un officiant exemplaire : Pierre du Terrail, chevalier et seigneur de Bayard. « Bayard, mon ami, avait dit le roi, je veux aujourd’hui soyer fait chevalier par vos mains, parce que celui qui a combattu à pied et à cheval, entre tous les autres, est tenu et réputé le plus digne chevalier ». Le futur chevalier jurait publiquement fidélité. Il prenait cet engagement en posant ses mains sur les évangiles et en reprenant longuement les stipulations de cette promesse qui se résume, au bout du compte dans une phrase que l’on trouve dans le Pontifical de l’évêque Guillaume Durand « soit un chevalier pacifique, vaillant, loyal et dévoué à Dieu. Envers lui-même, le chevalier n’avait qu’une obligation, mais des plus exigeantes : être en toutes circonstances, fidèle envers lui-même, envers les engagements qu’ils avaient consentis librement, envers tout ce qui fait l’honneur d’un homme ». Venait ensuite la bénédiction de l’épée et l’exposition de celle-ci sur un autel. L’écuyer récitait quelques prières du ton de celle très belle que l’on trouve encore dans le cérémonial de Guillaume Durand : « Seigneur très Saint, Père tout puissant, toi qui a permis sur terre l’emploi du glaive pour réprimer la malice des méchants et défendre la justice, qui pour la protection du peuple, a voulu constituer l’ordre de chevalerie, fais en disposant son cœur au bien, que ton serviteur que voici n’use jamais de cette épée pour léser injustement personne, mais qu’il s’en serve toujours pour défendre la justice et la droit ».
Le sens de cette bénédiction et de cette exposition est évident : le chevalier n’a le droit d’user de son arme que pour faire œuvre de chrétien.
La remise de l’épée composait l’essentiel du rituel des plus anciennes entrées en chevalerie. Nous devons aussi constater, la perte de cette qualité chevaleresque qui était prévue par le code non écrit de la chevalerie. Cette déchéance était le lot du chevalier qui avait renoncé à ses engagements. L’homme qui avait manqué aux lois de cette fraternité, se voyait le plus simplement retirer son épée, ce qui l’excluait automatiquement. Par contre, un chevalier considéré par ses pairs comme une traite, un félon, gardait toute sa qualité chez l’adversaire. Le légendaire Ganelon, s’il avait su échapper à la vengeance de Charlemagne, aurait toujours été considéré comme preux et loyal. Cette épée était donc le signe du chevalier. La lui ôter le ramenait au rang commun. Encore que ce désarmement se faisait selon un cérémonial au cours duquel l’arme était brisée (comme l’était plus récemment l’épée d’un officier dégradé). Au 18ème siècle, la mauvaise conduite de Philippe EGALITE, alors Grand Maître de la maçonnerie en France, a conduit les Maçons à briser son épée en Loge. L’épée est si personnelle au chevalier que lorsque la mort est proche, il ne peut concevoir quelle tombe aux mains de ses ennemis. Dans les traditions chrétiennes, ce sont des armes individualisées portant un nom. La littérature chevaleresque nous fait connaître « Joyeuse » l’épée de Charlemagne, « Durandal » celle de Roland, « Hauteclaire », celle d’Olivier, « Balissarde » celle de Renaud de Montauban et enfin « Escalibur » celle du roi Arthur. Dans la Chanson de Roland, le neveu de Charlemagne sentant qu’il va mourir, tente de briser son épée :

« De son épée, sur une pierre brune,
Dix fois il frappe avec rage et douleur
L’acier en grince, il n’a brisure aucune.
Sainte Marie, aidez-moi, dis le comte.
Ah ! Durandal si bonne, quel mécompte
Je vais mourir, plus n’ai besoin de vous.

Plus loin,

Il frappe encore le perron de sardoine
L’acier encore grince, sans se briser,
Lorsque Roland voit qu’il a cet essoine,
Il plaint l’épée qu’il ne peut ébrécher :

Ah ! Durandal, que tu es blanche et belle !
Comme ta lame au soleil étincelle !

Pour cette épée j’ai pesance et douleur :
Plutôt mourir qu’elle aux païens demeure !

Il frappe encore sur une pierre bise,
Dont il abat un énorme quartier
L’épée toujours grince mais ne se brise
Et vers le ciel a rebondi l’acier.
Très doucement renouvelle sa plainte :
Ah Durandal, que tu es belle et sainte…
Sur toi n’ont droit païens à l’âme vile ;
De chrétiens seuls devez être servie ».

C’est un véritable regret funèbre que par trois fois Roland adresse à son épée. Ces chansons de geste nous indiquent l’attachement du chevalier pour son arme. Il lui attribut une valeur surnaturelle. Mais l’épée la plus extraordinaire n’est d’aucune utilité pour celui qui n’est pas digne de s’en servir. Dans la quête du Graal, nous voyons que c’est grâce à la pureté de son âme que le jeune Arthur parvient à retirer Escalibur du rocher. Cette épée fabuleuse ne peut être utilisée que par un chevalier au coeur pur. D’ailleurs, lorsque le royaume s’effondrera, Escalibur sera brisée et disparaîtra dans le lac. Plantée dans le roc, elle représente la Parole, mais aussi la conscience enfermée dans la matière. De même, le nouvel apprenti qui frappe sur la pierre brute sa première batterie, produit par les trois coups cette résonance nécessaire au réveil de la Parole présente à l’intérieur de la masse inerte. Pour les croisés et principalement pour les Templiers, elle représente la croix de lumière, elle est même un fragment de cette croix. Bien que n’étant plus Ordres militaire, la survivance des Ordres Chevaleresques jusqu’au 18ème siècle, va perpétuer le port de l’épée. Les Maçons venaient en Loge habillés comme ils l’étaient dans la vie civile et les gentilshommes ou les militaires y venaient tout naturellement avec leur épée. L’Abbé Pérrau, auteur du « secret des Francs-maçons en 1742, observe Que l’on soit gentilhomme ou non, on est toujours annoncé pour tel chez les Francs-maçons : la qualité de Frères qu’ils se donnent entre eux, les met tous de niveau pour la condition ». Comme tous les outils et objet dans la Loge l’épée va devenir elle aussi spéculative. Si elle symbolise avant tout le combat intérieur de celui qui la porte, elle marque à présent l’égalité maçonnique entre tous les Frères. Dans la plupart des rites que nous pratiquons, le Vénérable Maître a une épée qui évoque à l’Orient la Lumière et la Connaissance. Cette épée lui est nécessaire pour ouvrir les travaux et consacrer les nouveaux reçus. Il y a aussi le couvreur, à l’occident, gardien au seuil de la révélation. Ces deux épées sont à l’image des Chérubins gardiens du chemin qui mène à l’Arbre de Vie. Mais c’est dans le Rite Français et dans le Rite Ecossais Rectifié, traditionnellement d’essence Chrétienne, que l’on continue d’observer le port de l’épée. Ce rituel particulier impose un maniement de l’épée lui conférant, à tout moment, soit une valeur de protection ou bien spirituelle.Chaque Frère tient une épée : c’est certainement une survivance de l’état militaire, mais il est permis de penser que cela annonce au Maçon la perspective qu’il va devenir chevalier. Ainsi comme le chevalier, le Maçon à son épée personnelle qui est garante de son attachement à la justice et à sa religion. J’aimerai pour clôturer vous parler également de l’épée des Académiciens. Il est évident que cette épée, fruit de l’imagination des plus grands orfèvres qui se préoccupent d’en faire une arme symbolique, rappelle dans les moindres détails le caractère personnel de celui qui va la porter. Tout point particulier est traduit sur cet objet en devinette évoquant le parcours de l’élu. Cela ne vous ne fait pas penser aux armes du chevalier, blason chantant ses qualités ou son épopée ? Pour ce qui concerne la Franc-maçonnerie et pour terminer sur ce sujet, il est intéressant de constater que le recours à la tradition prend une forme chevaleresque, plutôt qu’une forme sacerdotale ou artisanale. Cela est du certainement au caractère particulier de la Maçonnerie Française, qui dès le début, a su faire ressortir les principes moraux du christianisme originel, véhiculés par cette Chevalerie Spirituelle.

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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Demande : Epée et tenue

5 Octobre 2013 , Rédigé par T.D

Nous réalisons une recherche sur deux thèmes :

1 L’Epée, ses formes et rôles dans les tenues, et ses emplacements (en particulier sa position sur le VLS)

2 Les Tenues et décors dans les différents rites.

En effet entre la règle et la tradition de nombreuses variantes apparaissent.

Quelles sont vos pratiques ?

Tous rites , toutes obédiences, tous niveau…

Merci d’avance

Pour vos réponses : thomad.dalet@orange.fr qui transmettra

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Facebook

4 Octobre 2013 , Rédigé par x Publié dans #Facebook

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La Franc Philatélie

4 Octobre 2013 , Rédigé par BW Publié dans #Planches

 

PETIT CONTE PHILOSOPHIQUE ou LA FABULEUSE HISTOIRE DES FRANCS-PHILONS   

Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.


Imaginons une Société d'hommes ( mais aussi de femmes) du nom de Franc-Philatélie répandue sur toute la surface de la Terre, faisant référence au noble métier de Facteur et perpétuant des usages et des pratiques rituelles héritées ou empruntées (selon les historiens) à une Tradition transmise de temps immémoriaux … comme ils aiment tous à le croire…

Ses membres se reconnaissent entre eux la qualité de  Francs-Philons.

Cette Société  s'est donnée  pour objet le travail sur le Timbre brut et la méditation sur le métier de  Facteur (craft)  dans sa dimension symbolique de Messager !  

Le mot Franc-Philatélie serait inspiré d'un mot anglais associé à deux mots grecs :  "free-philos-telos" dont la traduction pourrait donner  "libre ami de la taxe",  appellation qui convenons-en est déjà  pour le moins mystérieuse ...
Historiquement le premier Timbre Poste émis au monde est une invention des anglais ou des écossais, on ne sait pas trop.
Toujours est-il qu'il fut émis par les postes royales britanniques le 1er Mai 1840 sous la forme d'un portrait de la jeune reine Victoria.
De couleur noire et valant un penny il est appelé le « Penny Black "
Ce qui symboliquement fait ainsi de la "Société Philatélique Unie d'Angleterre"  la Société "Mère" de tous les Francs-Philons du monde.
D' "opérative", la Franc-Philatélie serait devenue "spéculative", on ne sait trop comment …
certainement en raison du fait que le métier de Facteur opératif s'est peu à peu effacé devant l'utilisation massive des courriels, sms, mms, tweets et autres messages virtuels qui caractérise notre société "post-moderne".
Les buts de cette Société sont le perfectionnement de soi-même par une ascèse reposant sur l'introspection à l'aide des symboles de la Franc-Philatélie.
Chaque Franc-Philon se perfectionne lui-même et espère contribuer aussi au perfectionnement de l'humanité par l'échange de messages d'amour entre tous les Hommes.
( mais étrangement les Francs-Philons y arrivent difficilement entre eux ! )
La Transmission matérielle qui était au cœur du métier de Facteur opératif des Temps Anciens se transpose ainsi symboliquement dans la démarche initiatique et spirituelle du Franc-Philon spéculatif d'aujourd'hui.
La référence au GMdel'U , Grand Messager de l'Univers, est historiquement consubstantielle à  l'histoire de cette Société.
Cette Société de Franc-Philatélie s'appuie sur la Légende du Facteur Cheval et la construction de son Palais, référence fondamentale sans laquelle il ne saurait y avoir de Franc-Philatélie véritable.
Les Francs-Philons soumettent à une initiation ou réception les candidats qu'ils ont acceptés pour entrer dans leur Société.
On distingue 3 degrés croissants :
1er degré : Apprenti Guichetier
2ème degré : Compagnon Receveur
3ème degré : Maître Facteur
Il existe aussi toute une kyrielle de "Hauts-Degrés" et de "Side-Degrees" aboutissant au dernier degré ou grade qu'est celui de Sublime et Illustre Ministre des Postes et Télécommunications,  par lequel le Franc-Philon accède au stade ultime de la Sagesse et de la Réalisation Spirituelle,  mais comme il est alors très, très âgé, il ne s'en souvient pas.
Du coup ce sont les autres qui essayent de le Reconnaître pour tel !
Les Francs-Philons prétendent vivre entre eux une chaleureuse Fraternité , ce qui n'est pas toujours vérifié dans les faits, loin s'en faut !
Les Francs-Philons se réunissaient jadis dans les arrière-salles de bistros …
ce qui a laissé depuis aux membres de cette Société une certaine aptitude addictive à lever le coude plus facilement pour l'apéro que pour siroter une tisane de verveine.
C'est pourquoi les médecins généralistes s'amusent parfois à essayer de découvrir des Francs-Philons dans leur patientèle parmi les malades souffrant à la fois de tendinite chronique du coude et de surcharge hépatique.
 

Les Francs-Philons sont regroupés par pays au sein de Sociétés indépendantes qui éprouvent un malin plaisir à se Reconnaitre ou pas entre elles , ce qui convenons-en est un jeu quelque peu enfantin mais qui relève surtout essentiellement de considérations politiques.
Les Francs-Philons travaillent ( joyeusement pour certains et cul pincé pour d'autres ) à la Gloire du GMdl'U ,  échangent, parfois doctement, sur le sujet mystérieux de la Symbolique du Timbre selon la Kabbale  et pérorent jusqu'à plus soif sur l'ésotérisme du Céres de 1849 premier Timbre Poste français.
Cet Esotérisme entoure leurs travaux de Midi à Minuit, heure à laquelle, après de copieuses agapes bruyantes et arrosées, il est alors temps pour eux de se séparer pour tenter de retrouver l'Erotisme perdu dans le lit conjugal.
Ce comportement pour le moins surprenant ne lasse pas d'intriguer les "profanes" toujours curieux d'en savoir plus sur leurs mystérieuses activités "secrètes" … "discrètes" répondent en cœur les Francs-Philons !!!
Les Francs-Philons utilisent toutes sortes de symboles particuliers liés au métier comme les classeurs, les feuilles, les massicots , les loupes, la sacoche en cuir , les pinces à vélo, et la casquette ( avec marqué La Poste en hébreu
בית הדואר ) et se réfèrent à des Catalogues Sacrés tels que l' Yvert et Tellier, grâce à la méditation desquels ils prétendent s'améliorer et avancer vers la Connaissance Philatélique, but final et inaccessible de l'initiation, sans oublier la pratique du rituel de distribution du célèbre Calendrier de  la Nouvelle Année.
Lequel Calendrier donne lieu lors d'une Cérémonie annuelle rituelle à un échange de Mots de Passe et de Mots Sacrés sous forme de  questions-réponses, que je livre ici parce qu'il ne pleut pas :

TOC-TOC -TOC !!!! Y'A QUELQU'UN ???
QUI VA LA   ???  (
ש( ש) הולך )

C'EST LE FACTEUR  !!!  (הגורם ( דוור ) )
C'EST POURQUOI ???

POUR LE CALENDRIER, PARDI !!! (בוודאי )
L'origine britannique de la Franc-Philatélie et sa Légende anglaise du Facteur Horse roulant à gauche, explique pourquoi la position de la Sacoche se retrouve à gauche et la Pince à Vélo à droite dans les Rites Anglo-Saxons , et à l'inverse bien évidemment dans les Rites Français.
Ainsi la Société philatélique au sens "Traditionnel" du terme a gravé une devise au fronton de ses Temples :
 " Hors le Timbre Il n'Est Rien ! "
Pour certains mêmes jusqu'au boutistes appartenant à cette catégorie, et s'estimant plus Philatélistes et plus Traditionnels que tous les autres, le GMdl'U = HERMES, qu'ils écrivent H.ERMES … ce qui fait dire aux autres Francs-Philons que définir ainsi le GMdl'U revient à mettre des limites à la recherche de la Vérité.
Les tenants de la croyance GMdl'U = H.ERMES , enfermés dans leur dogme, se ressentent comme une sorte de Peuple Elu, et refusent d'ailleurs d'échanger des Timbres avec les autres ou même de les autoriser à participer à leurs réunions, peut être de peur qu'ils ne leur volent des Timbres. ( si,si, c'est arrivé ! )
Appelons X cette branche de la Franc-Philatélie, dite "Traditionnelle".
Au cours de l'histoire, de cette Société originellement Philatélique stricte, s'est développée une autre branche de la Franc-Philatélie, donnant naissance à la Société Philatélique et Cartophile, un peu concurrente.
Cette nouvelle Société abandonna ensuite la référence au GMdl'U, et se transforma même à la faveur des années en Société essentiellement Cartophile.
Appelons Y cette branche de la Franc-Philatélie, dite "Moderne".
Délaissant les symboles traditionnels du Timbre et les vieux rituels jugés obsolètes et par trop chronophages, rejetant le caractère sacré du Timbre comme une superstition obscurantiste, ils lui préfèrent la Carte Postale qui pour eux symbolisait mieux par son recto autant que par son verso leur idéal de relier les hommes entre eux et ils choisirent comme outils symboliques la Boite à Chaussures vide, idéale pour ranger les Cartes Postales et la Camionnette Renault Jaune La Poste, symbole du Progrès de l'Humanité pour lequel ils militaient ardemment.
Faisant plutôt référence à l'épopée du facteur BESANCENOT  qu'à celle du facteur CHEVAL, ils se vivent plus volontiers comme une force de réflexion, de proposition et d'action pour changer la société profane et disent ironiquement des membres de la Société X :

" Ce sont des moines un peu oblitérés, et pisse-vinaigre qui perdent leur temps à contrôler l'état de la gomme et à compter le nombre de dents ".
En retour cela fait dire peu fraternellement aux membres de la Société X en parlant des Francs-Philons Modernes :

" En tongs et chemises à fleurs, ils refont le monde en paroles, c'est tout ce qu'on veut, sauf de la Philatélie !!! "
Car cette Franc-Philatélie au sens "Moderne" conserve fièrement l'appellation de Franc-Philatélie, ce qui est naturellement son droit le plus légitime.
Mais cela crée polémique chez certains Francs-Philons "Traditionnels" qui estiment que cette Société "Moderne" devrait plutôt s'appeler Franc-Cartophilie.
Ces oppositions provoquent aussi une grande confusion dans la perception qu'a le monde profane de la Franc-Philatélie, lequel ne cherchant pas trop à comprendre ne fait aucune distinction entre leurs pratiques fondamentalement différentes.
 

Mais ignorant ces obscures querelles byzantines, la presse du monde "profane" préfère s'intéresser aux exploits affairistes de leurs brebis galeuses qu'elles soient de X ou d'Y et font leurs "marronniers" sur les Francs-Philons en général qu'ils assimilent tous, dans un raccourci saisissant, à de sacrés Francs-Philous !  

Toujours est-il que cette séparation de buts et de moyens entre les deux Sociétés aboutit au fait qu'en général les membres de la Société X n'éprouvent pas trop d'intérêt à aller visiter la Société Y, car le centre d'intérêt de la Société Y est celui de la Carte Postale et pas du tout celui du  Timbre, sujet qui passionne avant tout les premiers ...
Et cela est bien évidemment réciproque !
Mais si un membre de la Société Y vient "visiter" une réunion de membres de la Société X, dans la plupart des cas il y est accueilli chaleureusement car il vient forcément "parler" de Timbres, sinon pourquoi viendrait il ainsi perdre une soirée ?
Et cela est tout aussi réciproque !
Les Francs-Philons Modernes dans leur logique de Progrès décidèrent un jour de faire entrer des femmes dans leur Société, ce qui n'est pas une hérésie sur le plan historique, puisqu'il a bien existé des Factrices dans les Temps Anciens, telle qu'IRIS,  Déesse de l'Arc-en-ciel, et messagère des dieux.
Un Grand Dignitaire américain sulfureux du nom d'Albert Pike avait d'ailleurs bien théorisé la chose le 14 Juillet 1889 à Charleston dans ses Instructions "Moral and Dogmas", je cite :
" Nous recommandons très instamment de multiplier les Loges d'Adoption. (…). Le commerce avec la femme commune à tous ses Frères lui fait une cuirasse contre les passions qui égarent le cœur. (…) La femme t'enchaîne par tes désirs, dirons-nous à l'adepte ; eh bien, use des femmes souvent et sans passion ; tu deviendras ainsi maître de tes désirs, et tu enchaîneras la femme. "    
Pour être franc,  je ne pense pas que les instructions de ce Sublime et Illustre Ministre des Postes et Télécommunications d'Outre Atlantique aient le moins du monde influencé les Francs-Philons "Modernes" dans leur décision de s'ouvrir encore plus à la Modernité.
Mais je peux me tromper ! …
Car dans le cas contraire nous ne serions pas étonné alors d'entendre un jour à la fin d'une de leurs réunions un frère s'écrier fièrement  :  "A bas la culotte ! "
En conclusion je dirai qu'il me semble que les Francs-Philons auraient grand avantage à s'inspirer de François, le Facteur de Jacques Tati (1947 - Jour de Fête ) ce qui les aiderait à faire preuve de  plus d'humour et de légèreté et ainsi, à se prendre moins au sérieux, car c'est là malheureusement un des obstacles majeurs qui les prive durablement du dégonflement de l'Ego.           

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La Vraie Lumière !

3 Octobre 2013 , Rédigé par T.D Publié dans #Facebook

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L'intégrité

2 Octobre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Ce sujet qui nous est proposé aujourd'hui, sera pour nous je l'espère, le support de nos prochaines méditations. Nous avons eu déjà l'occasion d'évoquer l'importance que revêtait l'application des vertus que nous élevons dans nos Temples afin d'éradiquer progressivement les vices sur le chemin initiatique.
Après avoir examiné ensemble le silence, l'humilité, la sagesse et l'altruisme, nous poursuivrons aujourd'hui avec l'intégrité.

La mission de notre Ordre sert de fondement de base, et permet aux anciens et vrais maçons de la vieille Egypte d'opérer le culte du Suprême Architecte.
Ce culte lui-même est basé sur l'intégrité, le devoir, la conscience et doit être la religion du maçon nous dit notre rituel.
Par conséquent la meilleure manière d'honorer le Suprême Architecte, est encore de se comporter comme un homme de devoir, intégralement fidèle à celui-ci, et observant comme d'inflexibles lois les impulsions de sa conscience ; car c'est par sa conscience que l'homme est relié au Divin.

Au même titre que toutes les vertus que l'homme doit apprendre à développer pour exprimer sa perfection latente, l'intégrité constitue l'un des fondements de la dignité humaine. Dans l'absolu, quiconque en est dépourvu est donc indigne de lui-même et de la confiance que les autres lui accordent. Cela dit, il est relativement difficile d'être totalement intègre en pensée, en parole et en action. S'il en est ainsi, c'est parce que les circonstances de la vie nous confrontent constamment à notre propre imperfection et nous soumettent à des tentations multiples.
En dernière analyse, ces tentations sont utiles à notre évolution spirituelle, car elles nous mettent face à nous- mêmes et sont le miroir de notre propre moralité. De ce fait, elles contribuent à notre prise de conscience graduelle de ce qui est bien et de ce qui est mal dans le comportement humain.

Mais, qu'est-ce que l'intégrité ? D'une manière générale, nous pouvons dire que c'est le respect des valeurs morales auxquelles nous croyons, étant entendu que ces valeurs soient conformes au bien être matériel, physique et mental d'autrui. Etre intègre, c'est donc vivre conformément à ses idéaux, dès lors où ils ne s'opposent pas aux intérêts des autres. A l'inverse ne pas être intègre, c'est se mentir à soi-même, soit pour se conforter à mal agir tout en essayant de se donner bonne conscience, soit pour tromper ceux qui ont moins d'expérience, et ce, dans quelque domaine que ce soit. Il en résulte que l'intégrité va de pair avec l'honnêteté, vertu qui est en elle-même l'expression d'une âme pure. Elle fait également appel à l'équité, c'est-à-dire au sens de la justice, telle que nous pouvons l'appliquer dans notre vie quotidienne.

Etant donné que l'on ne peut être intègre si l'on est malhonnête, nous devons nous poser la question de savoir ce qu'est l'honnêteté. Au sens le plus courant de cette vertu, c'est respecter les biens d'autrui et ne jamais chercher à se les approprier d'une manière indigne ou en ayant recours à la tromperie. Malheureusement, depuis que le monde est monde, il y a toujours eu des personnes sans scrupule pour s'enrichir au détriment d'autrui ou s'approprier ce qui appartenait à d'autres. Cette tendance s'explique le plus souvent par un manque de spiritualité et par un besoin immodéré de posséder des biens matériels. Dans les cas extrêmes, elle résulte d'un désir de se prouver que l'on est plus « intelligent » que celui que l'on trompe ou plus « puissant » que celui que l'on dépossède. Quoi qu'il en soit, rien ne justifie le fait d'être malhonnête, si ce n'est le manque d'évolution de l'individu concerné.

La malhonnêteté ne se limite pas à son expression matérielle. Elle peut être également d'ordre intellectuel. Ainsi, mes FF et SS, vous savez très bien que certaines personnes usent et abusent de leur charisme pour implanter dans l'opinion publique des idéologies fondées sur des arrière-pensées partisanes et dogmatiques, tant dans le domaine culturel que politique ou religieux. Dans la plupart des cas, ces personnes ne sont pas sincères et manquent totalement d'honnêteté dans leurs propos. En règle générale, leur motivation est la recherche du pouvoir et des honneurs, ce qui traduit parallèlement un ego dominateur. Cette forme de malhonnêteté est à la fois insidieuse et dangereuse, car sous des apparences de sincérité et de vérité, elle peut induire en erreur des millions de personnes et asservir leur conscience.

De toute évidence, nombre de personnes sont convaincues d'être honnêtes et le sont effectivement. Cela dit, nous pouvons nous demander si leur honnêteté est fondée sur une intégrité réelle ou sur la peur de ce qui leur arriverait si elles étaient prises en « délit » de malhonnêteté ? Par extension, seraient-elles aussi respectueuses des lois si elles étaient assurées de pouvoir les violer en toute impunité ? Dans l'absolu, et au risque de vous surprendre, je pense qu'un individu profondément honnête est une personne qui pourrait ne pas l'être sans crainte d'être inquiété, mais qui néanmoins le reste envers et contre tout. Autrement dit, c'est un incorruptible, au sens le plus noble et le plus spirituel de ce terme. En dehors de tout contexte péjoratif, l'incorruptibilité est donc une vertu que chacun devrait avoir à cœur de développer.

Comme il est indiqué précédemment, l'intégrité fait également appel au sens de la justice, telle que nous pouvons la concevoir en tant qu'être incarné. Mais vous savez comme moi qu'il est difficile d'être juste, ne serait-ce que nous sommes imparfaits et jugeons en fonction de nos propres opinions, lesquelles ne sont pas nécessairement fondées. Cela dit, il y a des comportements qui traduisent une mauvaise foi évidente ou une volonté délibérée d'être injuste. Les plus enclins à ce genre de comportements se trouvent parmi ceux qui estiment que « la loi du plus fort est toujours la meilleur » ou que « la fin justifie les moyens ». Il est évident que quiconque fait de ces deux adages le fondement de son éthique donne par là même la preuve de son amoralité.

Conformément aux remarques précédentes, être juste, c'est déjà ne jamais utiliser sa fonction, son autorité, son pouvoir ou sa force pour obliger autrui à dire ou à faire quoi que ce soit qu'il réprouve ou qui va à l'encontre de son propre bien-être. Cela nécessite par conséquent de faire abstraction de toute relation dominant / dominé, dès lors où cette relation nous est favorable a priori. A cet égard, on peut être convaincu, que toute personne qui use de coercition pour imposer ses idées agit ainsi parce qu'elle est incapable d'en démontrer le bien-fondé, tout du moins dans des circonstances courantes. Par ailleurs, on ne peut être équitable si l'on n'est pas animé en permanence par l'amour de la vérité. En vertu de ce principe, il est impossible d'être intègre aussi longtemps que l'on se ment à soi-même.

L'intégrité ne doit pas se limiter à entretenir des relations sincères avec autrui. Elle concerne également la manière dont nous appliquons à notre propre vie les principes moraux que nous défendons auprès des autres. Or, l'homme, en raison de ses faiblesses, a tendance à mieux parler du bien qu'à le faire, d'où l'expression « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Nous devons donc nous efforcer à vivre le plus conformément possible à nos idées, de manière à être un exemple pour nous-mêmes et à nous sentir vrais au regard de notre conscience. En ce sens l'hypocrisie n'est pas uniquement l'attitude qui consiste à manquer de franchise dans nos rapports humains. Etre hypocrite, c'est aussi se trahir soi-même et s'autoriser des comportements que nous savons être mauvais et que nous réprouvons chez ceux qui en font preuve.

Enfin, l'intégrité, c'est également le respect de la parole donnée, ce qui implique de tenir nos engagements, quels qu'ils soient. Avant de promettre telle ou telle chose, nous devrions donc toujours prendre le temps de définir en notre âme et conscience si nous serons effectivement capables de nous acquitter de cette promesse. Dans le cas contraire, mieux vaut s'abstenir de s'engager à dire ou à faire quoi que ce soit. Certes, pour des raisons indépendantes de notre volonté, il peut nous arriver de devoir renoncer à ce que nous avons promis. Mais si cela devient une habitude, c'est vraiment que nous manquons de parole, voire même d'honneur. Que nous en soyons conscients ou non, il arrive alors un moment où les autres ne nous font plus confiance, ce qui est bien légitime de leur part.

Comme vous le savez, l'intégrité est également le fondement d'une autre vertu très importante : la loyauté. Dans un Ordre Traditionnel comme la FM, cette vertu consiste entre autres à servir ses idéaux philosophiques et à respecter les règles établies. En cela, il s'agit finalement d'être conforme à l'esprit de chevalerie qui doit animer tout initié sincère et tout individu ayant le sens de l'honneur. Mais, être loyal, c'est également ne jamais trahir nos proches, nos amis et tous ceux qui nous ont accordé leur confiance, même si les circonstances de la vie ou des choix personnels devaient nous éloigner d'eux. Dès lors où une Organisation ou une personne déterminée nous a procuré un bienfait quelconque, qu'il soit d'ordre spirituel, culturel, matériel, affectif ou autre, nous lui restons humainement redevables. En conséquence, faire preuve de déloyauté à son encontre sous quelque forme que ce soit, dénote, sinon de l'orgueil, du moins de l'ingratitude. Dans les deux cas, une telle attitude sur le plan cosmique est répréhensible et ne peut porter chance. Voilà ce que je souhaitais vous dire au sujet de l'intégrité.

Source : www.ledifice.net

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Le Savoir et la Connaissance

1 Octobre 2013 , Rédigé par André M\ Publié dans #Planches

Introduction

Le savoir et la Connaissance ont de tout temps intéressé les francs-maçons, car ils interfèrent fondamentalement dans les domaines scientifiques, culturels et sociologiques tout en interpellant la conscience, la philosophie et le sentiment religieux. Par ailleurs, ils sont inclus d’une manière implicite dans les rituels maçonniques puisqu’ils structurent comme nous le verrons par la suite la démarche initiatique et façonnent le langage symbolique. Il y a donc au moins deux bonnes raisons intellectuelles de s’intéresser à une telle étude. Mais au-delà du plaisir d’entreprendre cette recherche, il existe plus fondamentalement ce besoin impérieux de comprendre le sens de la vie en s’aventurant dans des espaces nouveaux, formateurs d’une exigence de vérité. Cette nécessité de lucidité et d’authenticité est la clé qui permettra de fortifier la volonté du cherchant. Ainsi armé, le franc-maçon sera plus fort pour entreprendre toutes les recherches nécessaires qui l’amènera à clarifier l’acquis de l’inné, le signifié du signifiant et le savoir de la connaissance. "Il y a qu’il y a"... .où "il est..." selon la traduction, tels sont les premiers mots d’une strophe du poème de Parménide qui entérine magistralement l’interrogation primordiale de l'homme face à son destin et qui du même coup qualifie cette force de volonté qui pourrait être le moteur de son évolution. Comprendre et rechercher l’origine de cette volonté, c’est vivre sa condition humaine. En chaque individu existe donc fondamentalement un besoin d'être et c’est en vertu de cette nécessité que les notions du savoir et de la connaissance sont l’objet de ce travail.

Définition

Selon le Larousse encyclopédique la définition du savoir est « un ensemble cohérent de connaissances acquises au contact de la réalité ou par l’étude » et toujours selon le même éditeur la définition de la connaissance est « l’ensemble des domaines où s’exerce l’activé d’apprendre ». Mais aussi : « le fait de comprendre, de connaître les propriétés, les caractéristiques, les traits spécifiques de quelque chose ». La définition du savoir ne pose à priori pas trop de problèmes puisqu’elle est une acquisition de données. Quant à celle de la connaissance il pourrait y avoir une source de confusion, en ce sens qu’elle est parfois prise comme une démarche pour acquérir la compréhension alors qu’elle ne représente qu’un domaine bien spécifique. Il faut donc chaque fois se référer au sens et au contexte général de la phrase dans le quel se trouve le mot connaissance pour choisir la bonne définition. Nous pouvons ajouter encore qu’il existe une connaissance subjective liée à l’acquisition de données qui inclut tout ce qui touche à la conscience y compris les démarches irrationnelles et une connaissance objective qui sont les données en elles-mêmes assimilable au savoir. En résumé, nous retiendrons que le savoir est une démarche intellectuelle et horizontale, lié aux domaines analytiques et établit sur une réalité observable et mesurable; tandis que la Connaissance est une approche unitaire et fusionnelle de l’homme avec son environnement, sans limitations aucunes par la réalité et sans exclusion des lois régissant le domaine sensible. Le savoir est donc l’intégration cohérente de toutes les connaissances acquises. Mais alors, où pouvons-nous situer celles qui ne sont pas apparentes, mais qui doivent exister quelque part, car rien ne peut se créer de rien ? Sont-elles dans l’inconscient sous une forme non formulées ou et, dans nos gênes prêt à nous entraîner, lorsque la situation est favorable, dans des aventures nouvelles, heureuses ou malheureuse ? Interfèrent-elles avec la conscience à notre insu en connivence avec une intelligence supérieure pour agir sur notre volonté ? Avant de répondre à toutes ces interrogations, définissons les démarches exotériques et ésotériques afin d’enrichir les développements qui vont suivre. Rappelons que l’exotérisme, analogiquement relié au savoir et à l’acquis s’intéresse d’une façon générale aux faits prouvés et reconnus par l’expérimentation scientifique et rejette évidemment tout ce qui est caché et du ressort de l’imagination tandis que l’ésotérisme, analogiquement relié à la Connaissance et à l’inné, prolonge l’étude dans d’autres dimensions grâce à l’utilisation d’un langage symbolique et analogique qui apporte au propos un éclairage nouveau et plus global.

La science et la vie en société

La science, les techniques et la recherche scientifique sont les principaux acteurs qui font référence à l’exotérisme, donc au savoir. Ils ont fait spectaculairement progresser ces cinquante dernières années les connaissances de la matière et de l’organisation de la vie. Cette accélération des connaissances sur nos origines a donné le sentiment que l’homme maîtrisait seul son destin.. Ainsi la cosmogonie a été dramatiquement transformée puisque la raison s’est substituée à l’intuition ce qui a eu pour conséquence de disqualifier la plupart des textes sacrés qui ont pourtant été pendant très longtemps la seule porte d’accès à la connaissance de notre univers et au divin. Parallèlement, les recherches appliquées d’une façon générale ont amélioré considérablement la qualité de l’activité humaine en déchargeant l’homme de tâches répétitives et souvent pénibles. Mais paradoxalement, le gain de temps obtenu n’a pas été utilisé pour une meilleure compréhension du sens de la vie. Il semble au contraire que l’augmentation de l’acquis et de la complexité qui en découlent pose plus de problèmes qu’elle en résout puisque l’homme reste toujours attachés à une vision matérialiste de son destin. Cette situation laisse le champ libre à toutes les fausses connaissances et surtout à l’apparition d’un populisme politique donneur de leçons qui discrédite les vérités ontologiques. Dans un tel contexte nous remarquons logiquement que la découverte des connaissances matérielles sans association à l’inné, donc à l’ésotérisme, ne débouchent que sur des certitudes bloquant l’évolution spirituel et l’élévation du niveau de conscience de la société. Une telle situation a comme conséquence majeure de créer un hiatus entre le progrès matériel et le bonheur d’être par la permanence d’une insatisfaction individuelle généralisée créatrice de conflits sociaux. Les causes sont à rechercher dans le fait que les connaissances purement scientifiques ne représentent qu’une facette de la réalité et qu’elles masquent par leur puissance toutes les autres enfouies dans l’inconscient. Celles-ci, comme nous le savons en maçonnerie, ne peuvent surgir à la conscience que lors d’une initiation qui révèle alors le sens de la globalité et suggèrent de nouvelles possibilités d’investigation en élargissant le champ de conscience. l’Homme nouveau dans cette dimension devient une donnée essentielle de la résolution du problème. C’est l’ésotérisme qui prend le relais de l’exotérisme en intégrant l’homme comme une composante naturelle du macrocosme dans la réflexion analytique. La nouvelle connaissance révélée sera bien sûr fortement combattue par tous les adeptes de la méthode scientifique, car considérée comme non raisonnable ce qui contribuera à alimenter le conflit entre les partisans d’un développement matériel illimité et ceux qui ne veulent pas jouer aux apprentis sorciers. Les instruments du savoir sont d’admirables moyens mis au service de la finalité de l'homme, mais une science , autrement dit une organisation de moyens séparée radicalement de la Connaissance « sagesse » , c’est à dire d’une méditation sur les fins, est vouée à l'échec puisque l’identification et la gestion des conflits resteront malheureusement insuffisants pour empêcher un désastre écologico-sociétal à l’échelle planétaire. Dans notre société libérale où l’économie est devenue une philosophie politique le temps est arrivé pour que la recherche scientifique travaille en collaboration continue avec des comités d’éthique indépendants des pouvoirs politiques, dont les membres auraient non seulement des valeurs scientifiques reconnues mais aussi des qualités spirituelles élevées, ne serait-ce pas trop demandé pour les générations futures? Comme nous le constatons, le rationalisme scientifique ne peut pas être dissocié de l’inné et de la Connaissance sous peine de détruire les équilibres naturels. La force et la qualité de cette relation dépend du niveau de conscience de l’humanité. Elle est donc essentielle à la survie de l’homme sur cette terre. Dans le cas où le progrès matériel resterait dissocié de l’inné, un abîme s’ouvrirait entre le monde moderne, qui a tendance à considérer l’esprit comme une auto-illusion du sujet pensant, et la Tradition dans lequel est inclus la Connaissance. La nécessite et le hasard resterait alors la seule voie de salut qui entraînera l’humanité dans les méandres de l’absurdité de la vie. L’homme devra alors se plier au règne de cette absurdité et l’humanité aura un problème sans mesure pour fonder une éthique sociétale qui ne débouche pas sur l’anéantissement de l’être, mais sur une nouvelle alliance de vie à redéfinir.

Connaissance objective, subjective et initiatique

La prise de conscience de la Connaissance, sous forme d’un ensemble d’informations, n’est donc rien d’autre qu’un état d’équilibre à l’interface du monde suggéré et du monde conscient. Le présent est une perception fugitive et permanente d’un équilibre nécessaire pour transmettre et faire communiquer entre elles objectivement les connaissances afin de construire un réseau de valeurs, étroitement lié au savoir. Nous mesurons ainsi combien sont importantes les notions d’objectivité et de subjectivité. L’une servant essentiellement à acquérir des connaissances, l’autre à entretenir le doute et à ouvrir ainsi la voie de la recherche. Le Larousse ne parle que de la connaissance au contact de la réalité et de l’étude. Mais alors, que deviennent les connaissances initiatiques? Celles qui s’acquièrent en dehors de toute réalité raisonnable, c’est-à-dire celles qui surgissent avec force à la conscience de l'initié lors d’un drame symbolique qui lui apporte les émotions, puis les outils nécessaire à la compréhension d’une destinée qui semble pour certains bien difficile à accepter. Est-ce à dire (toujours selon le Larousse) que seul l’usage de l’intellect est formateur de connaissances et nourrit le savoir? Que deviennent alors les connaissances issues de la Révélation, de la Rédemption, du Saint Esprit, de l’Amour et du G\ A\ D\ L\ U\. Dans l’optique de l’initié, la définition du Larousse est ambiguë. Elle ne fait aucunement référence aux transformations des connaissances par l’intuition. Ce processus spécifique modifie la connaissance étymologiquement objective et acquise par l’étude et la réalité, en une nouvelle connaissance subjective qui pourrait d’ailleurs retrouver une nouvelle objectivité dans le cas où la perception de l’un redeviendrait celle de tous, n’est-ce pas ainsi que naissent toute les religions.? La conscience du processus de la transformation des connaissances à travers l’homme est la clé qui permet de vivre une quête de connaissance pour s’approcher toujours plus d’un savoir irrationnellement intimiste et universel. Mais ne nous trompons pas, car selon le niveau de conscience de l’homme ou du groupe qui entreprend cette quête, la force peut s’orienter en Haut ou en Bas traduisant respectivement un bien ou une perte pour l’humanité, Cette quête est indubitablement la force de l’initié. Elle est vécue dans la compréhension de ce qui existe en deçà et au-delà de la surface des eaux, dans une recherche aventureuse des intuitions naturellement cachées dans un milieu hostile, humide, obscure et fertile. Elles sont formatrices d’un savoir qu’il pressent juste et vrai. L’initié maintenant peut discerner dans la beauté du ciel azuré les myriades d’étoiles qui sont sa chair. Il est dorénavant cet Homme cosmique qui vit sa transcendance par l’acceptation de la dualité, il sait que le pavé mosaïque est le tremplin pour vivre la Lumière et rechercher un enseignement adapté à sa personnalité.

Le savoir, la société et les hommes

Pouvons-nous espérer que le savoir seul justifie des actes vraies, c’est-à-dire des constructions au service de ce qu’il y a de bon dans l’homme? En se référant à l’histoire, nous constatons que la plupart des découvertes scientifiques ont dans un premier temps été employées par les militaires dans le but de produire de nouvelles armes. Plus tard, ces techniques sont heureusement reprises dans la société civile afin de produire des biens de consommation qui contribuent à l’amélioration du bien être général des peuples. Mais, la distribution de cette richesse n’est malheureusement pas équitable, car les bien produits obéissent aux lois du marché. Ils iront donc en priorité chez les peuples qui peuvent les acheter. Nous voyons donc que la découverte de connaissances matérielles d’une façon générale ne contribue pas nécessairement à promouvoir la coexistence pacifique, ni à développer une volonté nouvelle de vivre ensemble et ni de respecter les équilibres nécessaires à la survie de cette planète. Les connaissances scientifiques et les actes politiques qui en découlent ont entraîné et continuent d’apporter plus de malheur que de bonheur comme le montre notre histoire humaine. Est-ce à dire que l’Homme éprouve de la difficulté à traduire le savoir en plus value pour l’humanité? Nous ne pouvons pas répondre à une telle question sans faire référence à la cyclologie des sociétés qui montre des comportements distincts sur le long et le court terme. Le court terme est le présent. Aujourd’hui, il est géré par un système économique libéral qui dicte l’organisation de la société humaine et qui organise le progrès, donc les connaissances en fonction des lois du marché. Le long terme obéit à des lois différentes qui n’ont rien à voir avec celles du court terme. Celles-ci sont émises en Haut pour le bien du Bas. Elles sont les gardiennes de la Vérité. Pour les comprendre, nous devons utiliser les lois de l’analogie. Ainsi, à l’instar de l’homme une civilisation naît, croît et meurt tout en subissant l’influence des cycles astrologiques. Nous sommes aujourd’hui à la fin de l’ère du poisson, bientôt nous serons dans l’ère du verseau. La fin d’un cycle est toujours difficile, car il provoque des transformations violentes afin de favoriser la venue de valeurs représentatives du cycle suivant en l’occurrence celui qui sera sous la maîtrise conjointe de Saturne et d’Uranus. Nous voyons ainsi déjà aujourd’hui apparaître une dimension spirituelle de l’homme, opposée à la conception fondamentale de la Révélation chrétienne. Cette tendance semble être la composante naturelle du sécularisme athée de ce vingtième siècle. Provoquera-t-elle la fin des religions traditionnelles?. Nous pouvons le supposer, et réfléchir sur ce constat afin de préparer les générations futures.

L’enseignement, la spiritualité et la politique

Par contre, il est indispensable de transformer l’enseignement, cet outil de la transmission des connaissances. Depuis toujours l’école ne cherche qu’à adapter les connaissances scientifiques au service de la société civile. Son but premier est l’intégration de tous les hommes dans le système économique dominant. Aujourd’hui, ce sont les notions entrepreneuriales, de compétitivité et de performances qui sont privilégiées. Elles ne sont pas l’apanage de la majorité de la population, d’où la naissance d’une forte discrimination qui crée une société à deux vitesses, Dans un tel enseignement, ce sont les valeurs horizontales, donc matérialistes qui dominent, Cela a pour conséquence que les actes sociaux sont souvent incompatibles avec le respect de la dignité humaine et posent des problèmes de conscience dramatiques pour les individus avec des niveaux de conscience élevés. Ce déficit des valeurs spirituelles a permit l’émergence d’un comportement proprement satanique caractérisé par le racisme, la purification ethnique ou même l’eugénisme, qui a eu ses lettres de noblesse sous le régime national-socialisme hitlérien ou le scientisme matérialiste qui a décimé des millions d’innocents dans les pays communistes. Cette dernière idéologie ne reconnaissait évidemment aucunes structures prônant le sentiment religieux et faisait même disparaître toute traces tangibles pouvant y faire référence. Dans ces deux derniers cas, le système politique a biaisé l’ordre naturel en privilégiant des valeurs incompatibles avec le respect de la diversité et de la dignité humaine, De telles idéologies sont évidemment nuisibles, mais comme elles font appel à l’ego et à sa glorification, elles peuvent facilement substituer l’ordre transcendantal naturel par une immanence humaine et devenir “bonne”. Dans ce contexte, c’est l’Homme qui devient Dieu ce qui a pour conséquence que l’Existence analogiquement liée au savoir se confond avec l’Essence analogiquement lié à la Connaissance. Le langage symbolique n’a plus court et il ne reste plus que la dualité au service d’un soi disant perfectionnement matériel continu et sans limite dont il est difficile de comprendre le sens par rapport à notre finitude exprimée naturellement dans la mort. Dans de telles sociétés, les rites funéraires sont minimisés à l’extrême, sauf pour les dignitaires du régime qui sont momifiés et entreposés dans des mausolées somptueux gardés par de jeunes éphèbes aux allures martiales. La mort dans ces régimes n’a plus de sens philosophique, elle n’est que l’expression naturelle du hasard sauf peut-être pour celui qui meurt, mais il ne peut plus témoigner.

L’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal

Pour continuer notre réflexion, nous allons utiliser le symbolisme de l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal afin de mieux comprendre ce qui relie l’homme au savoir et à la Connaissance. L’Existence de l’homme est analogiquement reliée à l’arbre de la connaissance du bien et du mal tandis que son Essence est en symbiose permanente avec l’arbre de vie symbolisé par le G\ A\ D\. L\ U\. L’arbre de vie plonge ses racines dans le cœur de tous les hommes et vivifie leur intelligence afin qu’ils puissent accepter leur condition humaine. Grâce à la connaissance de cette fertilité divine, nous pouvons imaginer combien l’immanentisme est une utopie dangereuse car elle peut faire croire aux hommes les plus puissants comme d’ailleurs aux plus faibles qu’ils peuvent atteindre le sommet de l’arbre de la connaissance du bien et du mal sans la reconnaissance de l’arbre de vie. L’illusion est parfaite, lorsque le sommet atteint, il pensent jouir du jardin d’Eden créé à leur insu par un ego hypertrophié. En vérité, il n’y a pas de lucidité ontologique sans reconnaissance réciproque des deux arbres. L’amour de soi-même et du genre humain est nourri naturellement par la sève vivifiante de l’arbre de vie qui irradie chaleureusement le cœur de tout homme de bonne volonté tandis que l’intellect tempéré par la raison reçoit parcimonieusement les vertus de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. C’est dans cet harmonieux équilibre que grandit l’initié vers son destin glorieux. Mais si, pour une raison ou une autre l’arbre de vie est oublié, l’intellect occupera tout le terrain de la conscience et deviendra le valet de l’ego, d’où jailliront alors tout ce que le Franc maçon à rejeter dans ses nombreux voyages c’est à dire l’orgueil, la vanité, l’égoïsme, le goût du lucre, l’intolérance, la haine du genre humain et enfin le non respect des diversités. Comme nous le voyons, l’enseignement est fondamental pour l’acquisition des connaissances. Chaque enfant qui naît est unique, il a un parcours à faire dans ce monde, Mais il a aussi une identité génétique et historique. Il fait partie d’une histoire et la façon dont celle-ci sera racontée va influer considérablement sur la qualité des connaissances qu’il va acquérir. Les traditions, les us et coutumes la famille, les idéologies vont influencer profondément son savoir, Le code maçonnique nous rappelle avec évidence cette réalité. En naissant le nouveau né est l’expression pur de l’arbre de vie. Il est innocent et reflète la vraie Lumière dont l’intensité diminuera graduellement au contact de la réalité humaine, mais qui ne disparaîtra jamais. C’est vers elle que nous sommes naturellement attiré, c’est pourquoi nous devons toujours recherché l’enfant qui sommeille en nous comme l’a si bien rappelé Jésus en disant: « Laissez venir à moi les petits enfants » . Il ne fait qu’exprimer symboliquement le retour à l’innocence. Mais les fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ont été consommés, le jugement, cet enfer, est devenu une réalité. Ainsi la naissance et la mort sont le cycle naturel de la vie manifestée. Mais au-delà des forces nécessaires à la survie, il existe donc dans l’homme un état permanent et sécurisant, garantissant la qualité de l’origine et qui apporte de l’espoir. C’est la Connaissance. Aucun savoir ne peut être dissocié de la Connaissance, c’est à dire de l’arbre de vie qui éclaire avec force sans jamais aveugler. L’amour, la méditation, l’initiation permet à chaque période cruciale de l’évolution humaine d’apporter une transmutation des connaissances acquises. Car ce qui est important ce n’est point seulement l’acquisition du savoir mais surtout la manière de le transformer en concept. L’Homme est un créateur de concept par essence, mais faut-il encore prendre conscience que la conceptualisation sans cohérence ne nourrit que l’intellect? En fait nous voulons dire qu’un savoir brut relié à rien n’a pas d’intérêt à part celui de rigidifier la pensée. Pour qu’il exprime pleinement son contenu il doit passer à travers des états émotifs, un vécu pleinement ressenti, des prises de décision effectives, voir même des souffrances afin qu’il nourrisse et soit formateur d’un réseau créateur, révélateur en quelque sorte de la Connaissance. Plus les actes de vie sont liés à une dimension exprimant aussi bien ce qui est en haut et ce qui est en bas, plus ils illuminent la société humaine qui prend alors une toute autre dimension, l’Homme n’est plus écrasé, car il aperçoit l’horizon et devine au loin sa propre vérité qui l’entraînent dans une dimension rayonnante inspiratrice des valeurs de partage et d’amour. L’initié sait alors que la Vérité est Lumière. Il pourra donc privilégier la création pur, celle inspirée par l’arbre de vie et qui s’exprime par des actes sociaux parfaitement équilibrés comme le sont ou devraient l’être, par ailleurs toutes les volontés vécues dans une loge maçonnique. Il pourra aussi à travers les arts picturaux et musicaux transformer respectivement la matière colorée en œuvres d’art et les notes en pièces musicales.

Connaissance et quête initiatique

L’inspiration est nécessaire à la création. La reconnaissance de la Beauté de l’Oeuvre n’est pas toujours évidente, car elle dépend de notre propre perception de la Beauté qui n’est en définitive que la résultante de la transmutation du savoir dont le niveau dépend de la réalisation du ternaire apprendre, comprendre et vivre appliqué à tous les actes voulus. Le franc-maçon connaît en quelque sorte ce mystère de la transmutation du savoir vu que son seul trésor, par ailleurs incommunicable par le verbe, est son vécu initiatique. Il représente ce que les profanes appellent le secret maçonnique et qu’ils tentent de définir dans des écrits qui caricaturent la démarche initiatique. Ce vécu initiatique est une référence générique qui permet de construire le temple universel. Il est la clé qui donne accès à la Connaissance formatrice d’un charisme maçonnique spécifique. Ce qui est donc important c’est la prise de conscience d’une réalité objective en l’occurrence la Tradition passée au crible des sentiments et exprimée par cette intelligence du cœur voulue par le rituel maçonnique. Cette démarche donne alors du sens aux connaissances qui sont les premières pierres sur lesquelles pourront travailler les outils du grade. Cette façon de faire montre à l’évidence l’importance d’être constamment initié dans une réalité historique reflétant en puissance notre identité génétique et karmique. Les initiations maçonniques sont alors le bras évident de la construction d’un réseau créateur reflétant la Connaissance et de notre capacité à éclairer toujours plus justement nos valeurs gnostiques cachées dans l’arbre de la connaissance.

La Gnose, un chemin vers l’Unité

La Gnose, autrement dit la Voie de la Connaissance qui n’est que la formulation en langage humain de la tradition primordiale, est une composante essentielle sur lequel l'homme doit adosser ses comportements. C’est une façon de transformer toutes les données acquises en valeurs universelles. Ce passage obligé de l’acquis à la vérité de la tradition s’effectue lors d’une initiation et la finalité souhaitée du processus gnostique est un retour à l’Unité, par la perte des valeurs analytiques et multiples. C’est donc une méthode incluant une transcendance. Elle amène l’adepte naturellement dans un style de vie respectueux de la diversité et dans une cohérence holistique des valeurs humaines. Elle est la première pierre d’un ‘humanisme universel qui n’a pas de sens sans cette cohérence transcendantale. C’est pourquoi la franc-maçonnerie l’utilise comme symbole. Elle signifie que le savoir est inclus dans la Connaissance et qu’il faut faire confiance à son intuition afin de retrouver les chemins qui mènent à la Vérité. L’Homme qui suit son intuition sait qu’il butine dans cette béatitude cosmique subtilement devenue intime mais il en accepte aussi la finalité parce qu’il pourra se libérer des pesanteurs inutiles. Plus léger, il sera à même de comprendre l’inutilité des mauvaises connaissances qui créent le surhomme. L’Homme lourd vivant en symbiose avec l’acquis ne veut pas frapper à la porte du temple, mais il a conscience d’être utile au Tout car il apporte les éléments nécessaire à la transformation des structures du monde sans en être réellement l’instigateur. En travaillant pour la fracture ou la reconstruction de la société, il assure la réalisation du cycle de la vie entretenu inéluctablement par la dualité. Il vit pleinement dans le blanc ou le noir du pavé mosaïque, mais jamais à son intersection. Le vrai initié travaille toujours sur cette ligne à la frontière de deux mondes gérés par le jugement. C’est un équilibriste qui doit s’élever afin de mieux maîtriser les pulsions duales. Il accepte naturellement une relation d’autorité entre la Connaissance et le savoir mais sans référence dogmatique afin de vivre un présent vrai, porteur d’espoir. Sa responsabilité concernant les connaissance acquises l’entraîne donc dans un nouvel espace où les mots ont toujours la même orthographe mais des sonorités différentes. Il écoute maintenant de la musique au lieu du bruit. Il connaît les notes de la partition mais son oreille recherche inlassablement les rythmes de son corps. Cette nouvelle liberté de conscience doit s’affirmer dans le partage, dans l’amour de ses F\ et du genre humain sans quoi l’initiation n’aura servit à rien. Comme Orphée, il ne peut plus se retourner, il doit continuer à marcher vers la Lumière.

La liberté, le travail et la mort

Aujourd’hui, Il est difficile de vivre et d’enseigner cette liberté initiatique, car elle suppose un gros effort sur soi-même, afin de contrer les forces du bas. En même temps, beaucoup de théories psychanalytiques aiment à découper à satiété les mécanismes de notre psychisme et font croire que tout est dans une rationalité bien sûr complexe mais parfaitement explicable. Trop de certitudes tuent le désir d’être. C’est pourquoi, l’homme rejette l’homme. Il ne faut pas avoir peur de l’effort, comme nous le rappelle constamment la symbolique du tailleur de pierre car à chaque coup donné correspond une récompense. La force qui est à l’origine de ce travail est la même pour tous les animaux sur cette terre, c’est la survie de l'espèce. L’Homme qui est le dernier maillon de l’évolution a acquis la conscience d’être et paradoxalement le doute d’être. Cette confusion s’exprime avant tout par une mauvaise gestion de l’énergie créatrice manifestée par la sexualité. Comme tout ce qui appartient à la manifestation sensible, cette énergie obéit à la conscience individuelle mais aussi à une conscience collective qui lui est supérieure. Il existe donc une cohérence, une hiérarchie vibratoire à l’instar de celle que nous connaissons dans la physique ondulatoire. C’est grâce à la liberté de conscience que l’homme se distingue dans le règne animal il peut donc par un choix délibéré transformer l’énergie sexuelle en actes sociaux véritables et vivre une vie relationnelle intense, véritable tremplin de la Créativité. Comprenons-nous bien, ce travail ne pourra pas se faire avec l’ego, ni par mimétisme. Il s’effectuera dans le cadre d'une initiation vécue de cette énergie. Les fruits obtenus lui permettront alors de devenir un homme encore plus libre, mais avec une responsabilité nouvelle liée à un niveau de conscience supérieur. Il sera alors celui qui vivra pleinement et avec amour les valeurs sociales du groupe, en particulier ceux de sa loge. C’est ainsi que nos anciens F\ ont compris le sens de la fraternité et nous ont légués le REAA.

Au-delà des actes sociaux qui sont l’une des composantes de l’énergie créatrice, il existe encore une ultime initiation qui est celle de la mort physique. Le dernier acte créateur ici bas est celui de la libération dans la continuité du cycle. Sa qualité est étroitement liée à toutes les actions entreprises antérieurement. Trois niveaux énergétiques (sexuel, social et créateur) sont ainsi reconnus par l’homme dans une seule énergie constitutive pour vivre des actes vrais tout au long de son parcours terrestre. La mort, cet ultime création est la résultante de tout ce qui a été appris et compris ici bas, elle peut alors être vécue sereinement. Dans cet état d’esprit, la cohérence structurelle exprimée par l’ordre maçonnique est la clé qui donne accès à la transcendance du sensible. L’initié peut alors paisiblement poursuivre sa quête de Vérité afin d’accéder à l’état de fils de la Lumière. A nouveau, nous constatons combien est importante la transformation de l’acquis vers une identité métaphysique inspirant notre conscience et combien la Connaissance et le savoir sont indissociablement liés aux valeurs initiatiques. Pour l’homme initié, le monde n’a pas été créé à partir d’un Dieu plus ou moins anthropomorphisé, car il est l’émanation de la possibilité universelle jaillissant de son Non-Etre. De ce point de vue, la réalité du Cosmos est incluse dans l’Unité ce qui permet d’accepter un absolu dans notre identité humaine. Si nous considérons à nouveau l’arbre de vie comme le symbole de l’Unité et si celui-ci est vivant dans le cœur de tout homme sur cette terre, alors il ne faut plus qu’un seul acte d’allégeance pour clarifier son destin c’est celui d’embrasser son âme et celui de tous les êtres sur cette terre avec son cœur. De cette façon, nous rendrons un peu plus de sens à notre vie et surtout plus de justice dans nos actes sociaux.

Conclusion

Tout au long de ce travail, nous avons tenté modestement de comprendre les mécanismes relationnels entre les connaissances, la Connaissance et le savoir. Dans ce but, nous avons utilisé le symbolisme de l’arbre de vie et de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Nous sommes ainsi restés fidèles à notre culture judéo-chrétienne, car naître dans une culture c’est avant tout en respecter son histoire; c’est aussi la comprendre et la vivre à travers ses mythes qui sont les témoins lointains de la conscience de nos ancêtres. Les initiations maçonniques du REAA sont à cet égard remarquablement cohérentes et elles apportent aux esprits curieux et amoureux de la Gnose une vision lumineuse et pleine d’enseignements. Elles permettent pour le moins à tous d’apporter un certain éclairage sur ce propos de Leibniz « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien »

Source : www.ledifice.net

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Naissance de la Maçonnerie spéculative : la Bible, la tolérance

30 Septembre 2013 , Rédigé par Michel BARAT Publié dans #Planches

Comme André Glucksmann le souligne dès l'ouverture de son der­nier livre consacré à René Descartes, l'homme du doute est aussi celui qui, comme militaire, assiste à la bataille de la Montagne Blanche où les troupes impériales de Ferdinand II écrasent celles de l'électeur du Palatinat, roi de Bohème, Frédéric V. Sans doute s'agit-il là d'un événement capital dans l'histoire des nations euro­péennes mais il s'agit aussi d'un événement symbolique de l'histoire de la pensée. Frédéric V, homme de tolérance et de culture, gardait en son esprit et essayait, tant faire se peut, de réaliser l'idéal éras­mien du mouvement évangélique, continuateur de l'esprit et de la tradition antique, pour qui "l'amour de la sagesse est aussi sagesse de l'amour". Ainsi s'était-il entouré des membres de sociétés occul­tistes s'efforçant de concilier en pratique le progrès des sciences et le progrès moral dans la tolérance et l'amour fraternel. Commenius adepte de la secte des Frères Moraves illustre cette tendance. Peut- être s'agit-il là de l'expression la plus noble de l'utopie mais, quoi qu'il en soit, la bataille de la Montagne Blanche met fin à ce rêve dans les faits. L'ère de la déception et du doute s'ouvre : l'amour de la sagesse divorce d'avec la sagesse de l'amour. Pourtant la maçonnerie spéculative naissante au XVIIIe siècle prolongeant la modification déjà apportée à la maçonnerie ancienne par la maçon­nerie acceptée veut renouveler ce pari sur l'accord de la raison et du coeur : c'est ainsi que dans les Loges se retrouvent tout autant des rationalistes rigoureux, fidèles à l'esprit de l'Encyclopédie que des "illuminés" (terme alors nullement péjoratif) annonciateurs du romantisme tel qu'il se développera en Allemagne. Or ces Frères font référencé à un Volume de la Loi Sacrée qui se trouve être la Bible. Cela demande réflexion car le rationalisme des uns et le mysticisme des autres en faisaient l'objet de la colère des institu­tions religieuses, d'autant plus que se retrouvaient dans le même lieu des protestants latitudinaires et des catholiques libéraux. Il apparaît alors nécessaire de réfléchir sur la présence de la Bible comme Volume de la Loi sacrée dans le cadre de la double spécifi­cité maçonnique qu'est la quête du sacré et l'affirmation de la tolé­rance. Peut-être faut-il inscrire l'originalité de la démarche maçon­nique à partir de l'exigence spirituelle de la recherche toujours renouvelée d'une vérité qui fait sens, mais sans jamais l'atteindre possessivement ; en un mot, il s'agit d'une quête du sacré et d'une exigence éthique de la tolérance comme fondement de la dignité et de la liberté du sujet humain. Or, au XVIIIe siècle, la question sur la Bible s'inscrit non pas dans la pure perspective religieuse mais comme l'aboutissement d'un affrontement idéologique entre parti­sans d'une dogmatique fermée et partisans de la tolérance entendue non seulement comme liberté de conscience mais encore comme liberté de penser. Ici, il faut apporter une précision : la liberté de conscience ouvre la possibilité d'adhérer ou non selon son libre arbitre à telle ou telle religion. La liberté de conscience, au sens strict du terme, s'inscrit donc dans la sphère de la question de la liberté religieuse. La liberté de penser, plus large encore, confère à l'homme la possibilité d'user de sa raison pour pousser sa recherche du vrai jusqu'où il le peut sans rencontrer aucune entrave, fût elle religieuse. Ainsi du XVIIe siècle au XVIIIe siècle les défenseurs de la liberté de conscience comme Bayle et ceux de la liberté de penser comme Spinoza s'inspirent soit de références bibliques soit de la critique scriptuaire naissante pour affirmer non seulement le droit à la liberté de conscience et de penser mais encore la nécessité de cette liberté pour le progrès de l'homme. L'originalité de la maçonnerie spéculative consiste précisément à affirmer cette double nécessité mais dans le cadre d'une quête spirituelle. Aussi il semble permis d'interpréter la présence de la Bible en tant que Volume de la Loi Sacrée comme le symbole de la double exi­gence initiatique et tolérante qui détermine la pratique de la Maçonnerie spéculative telle qu'elle se dégage de la Maçonnerie opérative par l'intermédiaire de la Maçonnerie acceptée. Ainsi se pose la question du serment pris sur la Bible, Volume de la Loi Sacrée indépendamment de la référence au Grand Architecte de l'Univers. En cela le Grand Architecte de l'Univers et Bible consti­tuent des références fondamentales de la pratique maçonnique mais ils n'entretiennent pas entre eux la même relation que Dieu et les Saintes Ecritures entretiennent entre eux dans le cadre des pen­sées religieuses. Il apparaît que c'est là un des points qui génèrent la suspicion des églises intégristes sur la Maçonnerie, hier comme aujourd'hui. Cette absence de liaison organique entre le Grand Architecte et la Bible peut se montrer par le simple fait que le Grand Orient de 1787 à 1878 travaillait bien à la gloire du Grand Architecte, sans pour autant demander au néophyte de prêter serment sur la Bible. En poussant l'analyse, il faut comprendre les Constitutions d'Anderson comme l'oeuvre d'un pasteur latitudinaire cherchant à dépasser les querelles religieuses et à rencontrer dans une libre quête de la vérité les catholiques libéraux. Ce processus semble s'élargir dans l'his­toire tant de la Maçonnerie que de la pensée par le passage de la liberté de conscience à la liberté de penser. Nous nous proposons d'examiner comment à sa naissance la Maçonnerie spéculative s'inscrit dans le combat pour la liberté de conscience puis de pen­ser, et cela dans la sphère spirituelle et non pas dans celle de la pure religion ou inversement dans celle de la pure philosophie : ce qui veut dire que la quête libre du sacré par le Maçon ne le conduit pas plus vers le Dieu des Religions que vers celui des philosophes, par le simple fait que cette quête demeure constamment ouverte et que son questionnement se renouvelle constamment, sans pour autant lui interdire loin de là une interprétation religieuse ou philosophi­que. Pour ce faire il faut d'abord indiquer qu'elles étaient les positions des adversaires de la liberté de conscience et la manière dont ils s'inspiraient de la Bible comme le font tout autant leurs partisans. Encore faut-il ici bien définir ce qu'est la liberté de conscience dans cette perspective, il ne s'agit pas de la simple liberté de conscience privée, mais de la liberté de conscience civile. Des penseurs catholi­ques à l'image de Bossuet pour qui "la foi sert de science au chré­tien" affirme non seulement le droit mais le devoir du Prince à imposer sa religion à son peuple : la raison en est que la souverai­neté n'est point ici populaire mais divine, et qu'il ne saurait y avoir d'autre raison que la raison de Dieu se faisant raison d'Etat, que le logos divin. C'est une pensée où aucune autonomie n'est laissée à la raison humaine, où toute philosophie ne peut être qu'ancillia theo­logiae. Ainsi, en 1685, dans un texte intitulé "Conformité de l'Eglise de France pour ramener les protestants avec celle de l'Eglise d'Afrique pour ramener les donatistes de l'Eglise catholi­que", Goibaud-Dubois interprète-t-il tant l'histoire de l'Ancien Testament que celle du Nouveau et plus particulièrement les textes pauliniens comme une légitimation du point de vue augustinien pour qui "Felix necessitas quae ad meliora compelli" 1°). La démarche maçonnique affirme l'inverse, il ne saurait y avoir de contrainte heureuse et même plus la démarche qui conduit vers une meilleure saisie du sacré ne peut être que le choix volontaire d'un libre arbitre. L'interprétation dogmatique s'inspire bien de la Bible : elle commente l'histoire de Paul contraint par Dieu à se convertir sur le chemin de Damas ou rappelle encore des formules comme celle des Nombres 16-45 : "Il a dompté par des châtiments très sévères la rébellion de son peuple". Face à la liberté de conscience revendi­quée, une certaine partie des Eglises réaffirme le compellere intrare d'Augustin en en faisant parfois un compellere remanere 2'). S'inspirer ainsi de la Bible c'est interdire toute autre lecture de ce Livre que celle du recueil de la Parole révélée. Est ici révélée la dif­férence entre une Bible, uniquement et totalement Livre de la Parole révélée et une Bible Volume de la Loi Sacrée qui appelle une interprétation de la raison humaine selon le libre arbitre d'un sujet doué d'une volonté autonome. Tel était d'ailleurs l'enjeu qui oppo­sait à l'époque, les savants historiens et philosophes qui s'adon­naient à la critique biblique, les philosophes plus tard de la Lumière aux partisans du littéralisme et du dogmatisme stricts : la critique savante, en effet, suppose pour le moins, le libre usage de la raison. Face à cette position le philosophe français, Bayle, défenseur de la liberté de conscience argumente pour montrer que l'engagement religieux dans une direction non orthodoxe ne peut être réduit à un péché contre l'esprit. La position intolérante consistait à affirmer selon Paul (Galates V) que l'erreur et l'errance en religion venaient du trouble de l'esprit par la chair. Ainsi Bayle affirme : "l'adhésion à la fausseté qu'on croit être vérité n'est pas avoir de la fausseté". Apparaît tin droit à l'erreur, un droit à l'errance qui définit bien la conception de la liberté de conscience. Aussi faut-il s'adonner, dit Bayle, à une lecture allégorique et métaphorique des propos de la Bible. De plus la Bible est aussi livre d'histoire ce qui entraîne le droit et le .devoir d'user de la raison critique pour démêler le mes­sage sacré de la transmission historique : David persécute ses enne­mis en roi guerrier et non en roi prophète. Ainsi avec Bayle nous arrivons à la conclusion que "le persécuté peut ne rien valoir mais que le persécuteur est toujours injuste". Cependant il ne s'agit encore que d'une liberté de conscience et nullement d'une liberté de penser : la première est une liberté négative du droit à l'erreur donc à l'errance, la seconde est une liberté positive du droit à la recher­che et à la quête. C'est précisément cette libre recherche du sacré qui constitue l'originalité de la pensée maçonnique transformant ainsi l'errance libre fondée sur le droit à l'erreur en une libre quête fondée sur le droit à penser. Ce passage sera accompli par l'affir­mation de la liberté de philosopher de Spinoza et par l'oeuvre des philosophes de la Lumière tel que Locke. Dans le Traité Theologico Politicus dès 1670, Spinoza s'était efforcé de montrer non seulement le bien fondé de la tolérance civile mais sa nécessité en vue de l'affirmation de la libertas philo­sophandi. Sa lecture de la Bible, jugée blasphématoire par certains, s'articule en deux points essentiels à partir d'une étude critique phi­lologique et historique : le peuple d'Israël a été élu par Dieu parce qu'il avait atteint un certain développement et non pas le peuple d'Israël connut la victoire par l'élection divine et par sa fidélité à Dieu, de plus, loin d'autoriser la contrainte l'histoire du peuple juif enseigne la liberté car il a contracté avec Dieu par une alliance libre. Mais le Traité va plus loin : "Si les hommes pouvaient régler toutes leurs affaires suivant un dessein arrêté ou encore si la fortune leur était toujours favorable, ils ne seraient jamais prisonniers de la superstition. Mais souvent réduits à une extrémité telle qu'ils ne savent plus que résoudre, et condamnés par leur désir sans mesure des biens incertains de fortune, à flotter presque sans répit entre l'espérance et la crainte, ils ont très naturellement l'âme encline à la plus extrême crédulité". Seul donc le libre usage de la raison c'est- à-dire la pensée libre leur permet une liberté de philosopher qui les met sur la route de ce qui est vrai en leur donnant la maîtrise de leurs désirs et en combattant leur crédulité au nom de la connais­sance. Aussi Spinoza résumera-t-il dans le chapitre vingtième : "Nous avons montré :

1°/ qu'il est impossible d'enlever aux hommes la liberté de dire ce qu'ils pensent ;

2°/ que cette liberté peut-être reconnue à l'individu sans danger pour l'autorité du souverain et que l'individu peut la conserver sans danger pour ce droit, s'il n'en tire point licence de changer quoi que ce soit aux droits de l'Etat ou de ne rien entreprendre contre les lois établies ;

3°/ que l'individu peut posséder cette liberté sans danger pour la paix de l'Etat et qu'elle n'engendre pas d'inconvénients dont la réduction soit aisée ;

4°/ que la jouissance de cette liberté donnée à l'individu est sans danger pour la piété ;

5°/-que les lois établies sur les matières d'ordre spéculatif sont du tour inutiles ;

6°/ nous avons montré enfin que non seulement cette liberté peut être accordée sans que la paix de l'Etat, la piété et le droit du souve­rain soient menacés mais que, pour leur conservation, elle doit l'être."

Je vous engage fermement à comparer ces conclusions de Spinoza avec celles des titres I et II des Constitutions d'Anderson concer­nant Dieu et la Religion et du Magistrat civil et subordonné. Nous ne pourrons qu'y reconnaître le même esprit, avec plus de prudence certes, l'esprit non seulement de la liberté de conscience mais encore celui de la liberté de penser. Cet esprit est celui de Locke dont la Lettre sur la Tolérance et le traité Du Caractère raisonnable du Christianisme tel qu'il est proposé par les Ecritures et conclut à une quasi religion naturelle et à l'affirmation morale, condition de la spéculation libre : "Faites aux autres tout ce que vous voulez qui vous fût fait à vous-même", formule morale que nous reprenons dans un de nos rituels. Ainsi la Bible est posée comme Volume de la Loi Sacrée c'est-à-dire comme livre où la conscience éthique se retrouve, se ressource et non comme livre de la parole révélée sans pour autant interdire, loin de là, sa lecture comme parole révélée. Nous touchons ici le point essentiel de la pensée maçonnique spécu­lative qui quitte en continuité la tradition opérative du métier juré des anciennes obligations pour affirmer que la libre disposition de notre raison à la découverte du sacré n'est possible que par un engagement éthique dont nous prenons le serment, en tant qu'homme "libre et de bonnes mœurs" sur le Volume de la Loi sacrée, source du Droit qui donc ne saurait se réduire à une consti­tution puisque cette constitution doit fonder sa légitimité dans une source sacrée fondant à la fois la dignité du sujet en quête et le sens de cette quête et encore moins dans un livre blanc qui ne saurait affirmer la liberté de penser et d'interpréter puisqu'il n'y aurait là rien à interpréter. Nous retrouvons ici l'un des principes que Spi­noza dégage de sa lecture de la Bible : "le culte de Dieu et l'obéis­sance à Dieu consistent en la seule justice et charité." Par la libre philosophie et par la libre quête du sacré qui se veut une forme supérieure de la foi, le sage est sur la voie de la connaissance des principes et peut agir pour le bien de l'humanité par une spécula­tion libre et éclairée. En resituant historiquement par rapport au mouvement général de la pensée la naissance de la Franc-Maçonnerie spéculative, nous nous apercevons qu'elle transforme la tradition du métier juré des anciennes obligations de la maçonnerie opérative liée à la construc­tion de l'édifice matérielle s'enracinant, comme le montrent les dif­férents textes à notre disposition, dans une perspective chrétienne et catholique en une quête spéculative fondée à la fois sur la recher­che d'une transcendance faisant sens et sur la liberté de penser, signe de la dignité du sujet humain pour autant qu'il travaille à la recherche de ce sens. Certes, ce mouvement était déjà amorcé par la maçonnerie acceptée mais il devient irréversible avec la maçonnerie andersonienne et la maçonnerie purement spéculative. L'avenir de cette tradition reprise au XVIIIe siècle semble avoir voulu s'inscrire dans deux directions : la première insistant sur la quête de la trans­cendance, l'autre sur la liberté de penser. La première aurait donc tendance à retourner à un symbolisme strict par delà les Constitu­tions d'Anderson et faisant signe aux Anciennes Obligations, l'autre mettant entre parenthèses la Bible se tourne vers le seul humanisme voire vers une désacralisation. Il semble à mes yeux que ces deux tendances, habituellement signalées par les études maçon­niques telles que celles de Ligou, en fait atrophient l'authentique démarche maçonnique qui, en particulier à la Grande Loge de France, se définit comme la prise volontaire d'un engagement moral et éthique sur les Trois Grandes Lumières, dont le Volume de la Loi Sacrée qui ne saurait être ici que la Bible, pour une recher­che transformant l'errance de l'homme en une quête. Il s'agit d'un double pari sur le sens transcendant et sur la liberté de penser. Ainsi à mes yeux la tradition de la Grande Loge, parfois baptisée du terme maladroit de troisième voie, constitue la continuation de la tradition maçonnique la plus pure si on veut admettre qu'une tradition est en soi évolutive puisqu'elle s'inscrit et parcourt l'his­toire.

Notes bibliographiques :
Daniel Ligou : "La Bible des Maçons" in "Le Siècle des Lumières et la Bible" sous la direc­tion de Yvon Belaval et Dominique Bournel, coll. "Bible de tous les temps", Beauchesne, Paris, 1986.
Guy Scheymol : "La Bible et la Tolérance", in. op. cit.
André Gluskman : "Descartes, c'est la France", Paris, Flammarion, 1987.
Spinoza : "Traité Théologico-politique" in II, traduction Ch. Appuhn, carnets Flammarion, Paris, 1965.

1°) Heureuse nécessité qui contraint au meilleur.
2°) Forcer à entrer - forcer à rester.

Publié dans le PVI N° 68

Source : www.ledifice.net

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